• Interview #Ramón_Grosfoguel

    https://bruxelles-panthere.thefreecat.org/?p=2689

    En lien avec

    http://seenthis.net/messages/472809

    avec, par exemple

    http://seenthis.net/messages/443971

    et avec
    #privilège_blanc
    #soliloque_blanc
    #lunettes_blanches
    #décolonisation
    #indigènes_de_la_république
    #émancipation

    Toutes ces structures, qui ont leur origine dans une histoire coloniale, ne disparaissent pas avec celle-ci. Elles constituent ce que l’on s’accorde à nommer l’#Occident, et grâce à toutes ces hiérarchies, esthétiques, linguistiques, raciales, etc, les critères de l’Occident l’emporteront sur tous les autres. Ces hiérarchies ont été intériorisées, au niveau des individus, de la subjectivité, mais elles existent aussi au niveau des collectifs, des régions, des pays, elles sont intégrées à notre façon de penser la politique, à notre rapport à la nature, aux relations humaines. C’est pourquoi elles font partie de l’imaginaire du monde moderne.

    Remarquons d’ailleurs que les intellectuels critiques du Sud, qu’il s’agisse des intellectuel(le)s indigènes ou des penseur(se)s noir(e)s, des critiques islamistes ou des penseurs boudhistes, sont tous d’accord sur un point : ce système global est une civilisation, et certains la nomment la #civilisation_occidentale. Cela nous renvoie au fait que le système global n’est pas seulement un système économique mais quelque chose de beaucoup plus ample. C’est une civilisation qui a produit un système économique, pas un système économique qui a produit une civilisation. Une civilisation qui a détruit toutes les autres, et qui, dès la fin du XIXe siècle, a existé à l’échelle planétaire. Pour quelques rares populations du monde occidentalisé, elle produit la vie et donne accès à des privilèges. Pour toutes les autres, elle produit la mort et la violence .

    la perspective postcoloniale reproduit le privilège de l’homme occidental. Je veux parler de ce privilège épistémique de l’homme occidental, au monopole de la connaissance dont jouissent les hommes de cinq pays, qui sont les seuls à faire autorité, les seuls à être légitimes. Ces hommes sont français, allemands, britanniques, nord-américains (et il y a aussi, mais au second plan, des Italiens). Tout bien considéré, toutes les disciplines des sciences sociales, et même les paradigmes disciplinaires de l’université occidentalisée et de la gauche occidentalisée sont fondés sur les analyses d’hommes qui appartiennent à l’un de ces cinq pays. C’est sur cette base que s’établissent les règles de la pensée critique ou scientifique dans le domaine social, historique, philosophique.
    Peut-on, dans ces conditions, parler de diversité épistémique ? N’est-elle pas plutôt étouffée, et finalement détruite ? Nous, les penseurs décoloniaux, nous prenons au sérieux la question de la diversité épistémique. Nous voulons décentrer la pensée de l’homme occidental car elle s’inscrit dans ce que je nommé « une épistemologie raciste-sexiste ».

    Les post-coloniaux voient dans la modernité une solution : il faudrait simplement que les modernités soient diverses, plurielles, etc. Mais nous, les décoloniaux, nous voyons la modernité comme un problème. C’est une civilisation qui a créé la mort, qui élimine des êtres humains et d’autres formes de vie. Une civilisation de la mort, pas un projet d’émancipation, comme le croient les postcoloniaux. Certes, il s’agit d’un projet de civilisation, mais qui est également un projet de domination.

    #bruxelles_panthère
    #modernité


  • La déshumanisation ordinaire des victimes non-occidentales

    par #Rafik_Chekkat

    http://www.etatdexception.net/la-deshumanisation-ordinaire-des-victimes-non-occidentales

    « Je dirai sans ambages que la majeure partie de la population blanche de ce pays m’impressionne, et m’impressionne depuis très longtemps, par le fait qu’elle est au-delà de tout espoir concevable de réhabilitation morale. Ils ont été blancs, si je puis dire, trop longtemps. Ils ont été mariés au mensonge de la suprématie blanche pendant trop longtemps. L’effet dans leurs personnalités, leurs vies, leur compréhension même de la réalité, a été aussi dévastateur que la lave qui a immobilisé de manière si mémorable les citoyens de Pompéi. Ils sont incapables de concevoir que leur version de la réalité, qu’ils veulent que j’accepte, est une insulte à mon histoire, une parodie de la leur et une violation intolérable de moi-même ».
    #James_Baldwin

    « Il me semble que le pouvoir illimité d’un groupe sur un autre, ce pouvoir de vie et de mort, fausse inévitablement l’idée que le groupe dominant se fait du groupe dominé et de tous ceux qui lui sont apparentés. Cette idée née du rapport puissant/faible, devenu synonyme de supérieur/inférieur, est une prémisse essentielle à toute entreprise de conquête de colonisation, bref, de domination des hommes par d’autres hommes convaincus de leur appartenance une espèce supérieure. » #Rosa-Amelia_Plumelle_Uribe, La férocité blanche.

    Nous sommes tou-te-s confronté-e-s à l’horreur, à l’angoisse, à la mort. Et en ce jour, nos pensées vont aux victimes, à leurs familles, ainsi qu’aux victimes quotidiennes des bombes et frappes en Turquie, au Yémen, Palestine, Syrie, Irak, Cote d’Ivoire, Tunisie, Centrafrique, Libye…

    Parce que l’indignation sélective est un luxe que les racisé-e-s ne peuvent pas se payer.

    #terrorisme
    #lunettes_blanches
    #soliloque_blanc
    #luttes_décoloniales
    #privilège_blanc
    #etat_d'exception


  • Avariances | Premières démarques révolutionnaires
    https://avariances.wordpress.com

    Aux amis des amis qui lui restent,

    à propos de sa Guerre véritable

    Remarques au sujet d’un texte trouvé sur le site de propagande #lundi_matin.
     

    Je vous en conjure, mes frères, restez fidèles à la terre et ne croyez pas ceux qui vous parlent d’espoirs supraterrestres ! Ce sont des empoisonneurs, qu’ils le sachent ou non. Ce sont des contempteurs de la vie, des moribonds et des empoisonnés eux-mêmes, de ceux dont la terre est fatiguée : qu’ils s’en aillent donc !
    Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra

    En un mot le #moi a deux qualités. Il est injuste en soi en ce qu’il se fait centre de tout. Il est incommode aux autres en ce qu’il les veut asservir, car chaque moi est l’ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l’incommodité, mais non pas l’injustice. Et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l’injustice.Vous ne le rendez aimable qu’aux injustes qui n’y trouvent plus leur ennemi. Et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu’aux injustes.
    Pascal, Les Pensées

    Mais, direz-vous, quel objet a-t-il en tout cela ? Celui de se vanter demain entre ses amis de ce qu’il a mieux joué qu’un autre. Ainsi les autres suent dans leur cabinet pour montrer aux savants qu’ils ont résolu une question d’algèbre qu’on n’aurait pu trouver jusqu’ici. Et tant d’autres s’exposent aux derniers périls pour se vanter ensuite d’une place qu’ils auront prise, aussi sottement à mon gré. Et enfin les autres se tuent pour remarquer toutes ces choses, non pas pour en devenir plus sages, mais seulement pour montrer qu’ils les savent, et ceux-là sont les plus sots de la bande, puisqu’ils le sont avec connaissance, au lieu qu’on peut penser des autres qu’ils ne le seraient plus s’ils avaient cette connaissance.
    Pascal, Les Pensées

     

    Nous avons voulu lire La guerre véritable, et dix fois au moins nous avons verdi. Il aura fallu du temps, plusieurs mois, pour que la nausée passe un peu, que les mots trouvent leur chemin et que se formule quelque chose qui puisse saisir cette abjection, et donne corps au refus nécessaire de cette prose avariée. Puissent les relents qu’elle exhale écarter de ce mauvais chemin ceux qui s’y seraient perdus, depuis longtemps même. Il est grand temps. L’ignominie de ce texte, qui ne fait qu’exacerber une manière détestable de penser, de voir le monde, de le comprendre, de s’adresser aux autres qu’ON déploie depuis plusieurs années maintenant, aura, nous l’espérons, le mérite d’ouvrir les yeux à la progéniture des entichés du dévoilement. Avariance donc, un concept qui consonne avec un de ceux de l’ultra-gauche officielle vieille version, et se trouve mis ici à disposition de ceux qui fréquentent encore les marchands de communauté humaine, — avant l’heure d’ailleurs, puisqu’en bonne secte alternative, quel bonheur, on pratique déjà le communisme comme d’autres la philatélie —, pour qu’ils puissent nommer ce qu’ils quittent.

    Après des événements comme les #massacres du 13 novembre dernier, ON ne peut quand même pas dire n’importe quoi, et ce qu’en d’autres circonstances ON a pu faire passer pour une tournure d’esprit subtile et nouvelle, aux accents provocateurs, promettant d’ouvrir des possibles subversifs, fait l’effet d’un mauvais spot publicitaire exhibant avec cynisme des postures aussi obscènes qu’attendues. Pascal, utilisé comme une cerise pourrie sur ce gâteau faisandé, vient ici servir de caution snobinarde, un glaçage dissocié sur un appareil raté, à ce raisonnement aussi profondément philosophique qu’un clip de #Daesh. Pour ce mauvais coup-là, ON a dû puiser dans les méandres des raisonnements les plus jésuitiques conservés certainement, malgré le chemin parcouru depuis, de ce qu’on appelle une bonne éducation. Tout le monde le savait, mais là, c’en est trop.

    • Pascal se retrouve promu général en chef de Daesh, [or] les Pensées pourraient se lire comme un manifeste anachroniquement anti-appelliste.

      " si on doit déglinguer tous ceux qui se divertissent, c’est plus qu’un génocide qu’il faut programmer. "

      "ON nous propose d’ailleurs l’éloge de ces terroristes qui n’ont pas peur de la mort. Viva la Muerte, encore."

      "est-ON donc si impuissant à commettre le moindre crime qu’il faille ainsi justifier ceux des autres ? "

      " Ce qui est formidable avec le Parti Imaginaire, c’est qu’il peut être dégueulasse sans avoir rien fait. "

      « Et maintenant il faut des armes » .... pour fusiller « hipsters, athées,chrétiens, libertins, alcooliques, baiseurs et baisés ».

      ON va même jusqu’à dénoncer ce « vice chrétien » qui consisterait à « défendre quelqu’un parce qu’il est attaqué »

      http://seenthis.net/messages/428725

      #destitution_de_la-sensibilité

    • Foin des esprits forts ! Cette avariance qui s’enorgueillit de ne point croire a tout du spectre faible...

      Que de moyens déployés, et quelle sépulcrale grandiloquence pour parvenir à réduire à un véritable autisme ce qui relève tout de même, la phraséologie en moins, d’un exercice de #Soliloque_blanc des plus communs et des plus accessibles à ce qu’il reste aujourd’hui en France d’indécrottables nostalgiques de la Vraie Révolution Occidentale, qu’il s’agisse du modèle 71 modifié 68 , du modèle Makhno modifié Durutti, - ou de leurs concurrentes autoritaires. Depuis le caveau sourd et aveugle d’où nous est parvenu ce codicille, à qui donc ces derniers sous-sous-pro-situs s’imaginent-ils parler - et dans quel monde s’imaginent-ils le faire ?

      Leurs invocations à jouir sans entraves en toute innocence, soigneusement rédigées dans les formes - lardées des italiques de rigueur et illustrées d’une gravure so XVIIème sentent tout de même leur formol à plein nez - et l’adhésion rassurante à plus d’un fétiche moderne désormais mal en point. Quelle misère de s’enivrer aux exhalaisons de semblables amours nécrophiles !
      L’histoire, elle, n’est pourtant pas morte, mais ces gens sont plus que vieux, qui peuvent bien continuer de dormir un rêve d’émancipation passé, dans sa glorieuse poussière, et trouver à s’en étourdir à leur guise. Voire, sans risquer autre chose que de susciter un vague ennui ou une franche hilarité devant une telle pétrification de la pensée, se laisser aller lorsque l’envie leur en prend, au cynique baroque, joignant le burlesque à l’incongru, d’une telle masturbation publique...

      De tels cadavres n’ont assurément plus rien à craindre de personne. J’aurai pour ma part passé quinze minutes plaisamment morbides en leur compagnie. Je leur réserve volontiers une pensée dans mes cimetières !

    • Pour la typo, ils ont plutôt pastiché Tiqqun (ON, les itals ), et pas causé de jouir sans entraves, plus personne peut faire ça depuis que la jouissance est devenue impérative...

      2016, depuis les faubourgs de la capitale de la perversion
      Blaise, Arnold, Nico, la crémière et les autres
      PS : C’est pénible, non, toutes ces petites manières typographiques, italiques et majuscules intempestives ? Raison de plus pour prendre la tangente…


      c’est un détail de
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Melencolia_de_Dürer

      mais peut-être n’avez vous pas lu « La guerre véritable », @martin5 ? là l’hilarité n’est ni franche ni légère.

    • J’ai parcouru rapidement « la guerre véritable » tout à l’heure, avant de revenir aux avariants... Je ne doute pas que ce texte (qui ne m’a pas intéressé plus que ça, plusieurs mois après les faits) puisse mériter une critique - mais certainement pas celle proposée par ces « avariant ». Mon propos vise bien les présupposés, clichés et autres fétiches embaumés qui encombrent leur prose comme leur pose.
      Pour le « pastiche », on a tout de même ici une esthétique convenue depuis au moins les premiers fascicules de l’EdN, il y a plus de trente ans, détournée contre l’EdN, reprise par des anti-industriels, reprise par Tiqqun, par d’autres pro situ sur le net... tout ça relève tout de même d’un exercice de style des plus nombriliste. (Et je reconnais volontiers être d’autant plus sensible à ce genre de complaisance que j’ai moi-même un goût immodéré pour la pointe de Dürer et de ses confrères. De là à figer mon propos dans une telle caricature formelle il y a tout de même un gouffre)

      ON nous assène ici que les attentats de novembre sont de bonne guerre. C’est parce que la France fait la guerre que des passants se sont fait tirer dessus, normal, rien à redire, fair play, puisqu’ON assimile ici tout un chacun à l’état qui nous gouverne

      Ce passage est tout de même gênant de nombrilisme et transpire le #déni. A qui nos avariants espèrent-ils faire croire ici que les occidentaux seraient les seuls à avoir des civils tués lors d’opérations militaires ou armées visant prétendument des gouvernants ? Le niveau de connivence dans le mépris raciste et de nez dans sa crasse attendu ici du lecteur, est tout de même assez insupportable.

      En effet, on n’écrit plus « jouir sans entraves » aujourd’hui.

      On exprimera plutôt son adhésion à ce cliché platement hédoniste par une périphrase (qui permettra de donner plus longuement à lire l’étendue tout aussi convenue et résolument blanche de l’idée qu’on parvient à se faire du beau rôle qu’on se réserve) :

      on s’enivrera, on baisera et on lira Nietzsche, Pascal et Apollinaire bien autant qu’on voudra, en dégustant un porc royal et en rêvant d’autres perspectives communistes et révolutionnaires, dans lesquelles la sensiblerie ne cohabiterait pas avec la justification de tels massacres, et tout ça sans doute même sans croire en Dieu.

      Onfray n’aurait pas dit mieux !

      Et on aura pris garde de déformer beyond recognition la défiance que mérite cette défunte prétention à une forme résolument idéaliste d’ #innocence_sociale , de spontanéisme 2.0 mêlé de volontarisme crassement libéral, auquel s’accrochent nos momies révolutionnaires bien qu’il soit démasquée depuis quelques temps déjà : on chausse donc doctement ses #lunettes_blanches pour être certain de ne rien écrire d’inconfortable :

      ON construit au fil du texte une figure de la détestation dont les traits sont les suivants : ceux qui ne croient en rien (les athées dit-ON aussi, si ON avait voulu être un peu plus léger on aurait pu se contenter de lever bannière contre les laïcards pour mieux épouser les moqueries d’un Médine qui raille Nietzsche et ses descendants dans sa vidéo-propagande Don’t Laïk, quand, sur les mêmes ressorts et pour arriver au même endroit, ON se l’accapare), ceux qui baisent (les libertins, dont ON sait aussi qu’en plus d’aimer baiser, ils ont cru en rien avant même la mort de dieu puisqu’ON a des lettres et qu’ON joue sur les mots), ceux qui boivent, ceux qui chantent

      quand on professe que personne n’est innocent, on entend alors, en somme, que tout le monde doit payer et surtout être puni, en l’occurrence pour les méfaits de l’État.

      On reconnaît ici l’air bien connu d’un lamento sur la culpabilisation de l’homme blanc, qui prétend situer sur le terrain clérical du reproche et de la punition ce qui ressort d’ une approche matérialiste des rapports sociaux qui, reconnue pour telle, serait alors autrement moins aisée à balayer d’un revers de manche.

      Bref, le texte initial (la guerre véritable) est peut-être très mauvais.
      Mais je tiens que le propos « avariant » n’a rien de « révolutionnaire ». Qu’il ne l’est qu’au sens où il s’agit d’une révolution pétrifiée, confite dans une nostalgie blanche assurément malheureuse - et cela en soit ne serait pas grand chose, si cela ne conduisait ses auteurs à venir prétendre asseoir leur radicalité en faisant platement chorus avec l’offensive de négation sociale que l’on peut lire et entendre partout ou presque, de l’extrême droite à l’extrême gauche, contre les tentatives de formulation de critiques et d’auto-organisations en termes actuels .

      @Koldobika

      Merci pour le lien !

    • https://lundi.am/La-guerre-veritable
      http://www.non-fides.fr/?Remarques-au-sujet-d-un-texte-trouve-sur-le-site-de-propagande-lundi-mati

      Alors, pourquoi en arrive-t-ON là ? Le chemin pris est risqué, — mais sans doute imagine-t-ON n’avoir peur de rien (trop croire au discours c’est aussi ça) —, et dans une époque attentive et intelligente, ce texte suffirait à discréditer l’ensemble d’une entreprise dans laquelle ON a beaucoup investi. Peut-être qu’il est insupportable de ne plus être l’ennemi dont on parle dans les conférences de rédaction et les ministères, insupportable que les fiches S ne soient pas pour soi seul, insupportable de voir ce qu’ON s’échinait à bâtir comme le monopole de la radicalité disputé par beaucoup plus gros que soi, par ceux qui ont encore beaucoup moins peur et se donnent beaucoup plus de moyen pour enrôler. ON constate que les attentats ont suscité « des crises d’hypocrisie », peut-être une manière de confesser une autre crise qui serait à l’origine de ce texte, une crise de jalousie sinistre, qui conduit, ON a du savoir faire et de la réthorique, à ce devenir flagorneur et courtisan. A vouloir toujours être le méchant, ON se voit déjà calife à la place du calife, mais is it a so good idea ? Certes, les désertions ne sont pas aussi nombreuses pour le plateau des Mille Vaches que pour la Syrie, les communes sont moins populeuses que les faubourgs de Raqqa, et c’est peut-être rageant. Alors qu’ON s’est mis en situation de faire commerce auprès de quelques générations d’étudiants en mal de sensations, d’un millénarisme en quête de radicalité comme placebo d’expériences de luttes réelles et pour combler les besoins de premiers émois, ON ne tient sans doute plus trop en place quand ressurgit un autre fanatisme plus conséquemment nihiliste. Peut-être aussi qu’en bon épicier, on a besoin de temps en temps, pour redonner de l’attrait à la marchandise et de la hauteur à la courbe des ventes, de dynamiser radicalement la com’, comme tous les dealers de came surcoupée qui, alors que le produit ne fait plus tellement recette, le coupent encore, en guise de dernières cartouches, avec des composants de substitutions plus forts. Espérant mieux satisfaire une clientèle en passe de se lasser.

    • http://www.lesinrocks.com/2016/10/04/actualite/medias-actualite/net-linsurrection-cest-site-lundi-matin-11869020

      Depuis le printemps, le site Lundi matin est le fer de lance de la contestation contre la loi Travail “et son monde”. Avec une rhétorique proche de celle du Comité invisible, il annonce tambour battant que “la présidentielle n’aura pas lieu”. Enquête sur un objet médiatique non identifié.

      https://seenthis.net/messages/428725 via lundimatin