#lutte_contre_la_pauvreté

  • #Olivier_De_Schutter, rapporteur de l’ONU sur l’extrême #pauvreté : « La #stigmatisation des #pauvres accroît le sentiment d’anxiété et d’insécurité économique »

    Dans une tribune au « Monde », le juriste décrit les mécanismes d’une véritable « guerre contre les pauvres plutôt que contre la pauvreté », menée par un Etat-providence qui contrôle plus qu’il ne protège.

    L’économiste juif hongrois #Karl_Polanyi, alors exilé aux Etats-Unis, détaillait en 1944 dans La Grande Transformation, les raisons de la montée de l’#extrême_droite en Europe. Il soulignait que la foi sans limites des élites dans l’#autorégulation_du_marché et l’absence de mécanismes de #sécurité_sociale au moment de la crise économique de 1929 ont plongé une grande partie de la population dans une extrême pauvreté, favorisant la désignation de #boucs_émissaires et la montée des #fascismes. Tirerons-nous les leçons de son enseignement ?

    Les parallèles avec la situation actuelle sont trop nombreux pour pouvoir être ignorés. Depuis les années 1980, l’affaiblissement progressif du #système_social hérité de la période d’après-guerre plonge de plus en plus de personnes dans un état d’#insécurité_économique. Dans un contexte de crise de la croissance keynésienne et de hausse du #chômage, les fondements mêmes de notre système social ont été graduellement remis en cause par les thèses néolibérales.

    L’approche d’une #protection_sociale_universelle, fondée sur l’existence de #droits_sociaux garantis par la Constitution, a été remplacée par une approche conditionnelle. Les dépenses de sécurité sociale sont désormais considérées comme un #coût à réduire plutôt que comme un #investissement nécessaire au maintien de la #cohésion_sociale et à la #lutte_contre_la_pauvreté.

    Dérive dystopique

    En réalité, on a assisté à un grand retournement de la #politique_sociale : du rôle protecteur qui était le sien, l’#Etat-providence est passé à un rôle de #contrôle. Les dispositifs qui le constituent expriment une #méfiance envers des pauvres jugés coûteux, peu méritants, voire #fainéants. Les politiques dites « d’#activation » conditionnent désormais l’obtention d’une #prestation_sociale à une période d’activité, dans le but affiché « d’inciter » les personnes en situation de pauvreté à travailler, suggérant qu’elles sont tentées par l’#oisiveté.

    C’est ce que traduit la récente #réforme du #revenu_de_solidarité_active (#RSA), dont le versement est désormais conditionné à quinze heures d’activité gratuites par semaine. Dans une récente communication au gouvernement français, j’ai mis en garde contre les impacts de cette mesure qui, comme le soulignent la Défenseure des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’homme et le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, pourrait mener à une augmentation du taux de #non-recours aux #prestations ainsi qu’à des cas relevant de la qualification de #travail_forcé. A ce jour, le gouvernement français n’a pas répondu à nos inquiétudes à ce sujet.

    La #dématérialisation de l’accès à l’#aide_sociale est une autre illustration de cette dérive aux accents dystopiques. Le « #tout-numérique » peut aggraver le phénomène de non-recours aux #aides_sociales et fragiliser les conditions de vie de nombreuses personnes en situation de pauvreté. En outre, les outils algorithmiques permettent d’automatiser #contrôles et #sanctions.

    La #Caisse_d’allocations_familiales (#CAF) a, par exemple, ciblé de manière discriminatoire des #familles_monoparentales ainsi que des personnes en situation de handicap. Cela mène à des retraits rétroactifs de prestations, aggravant ainsi la situation des bénéficiaires. Non seulement ces formes de contrôle constituent un frein au recours aux aides sociales et à la sortie de la pauvreté, mais elles sont souvent vécues par celles et ceux qui les subissent comme une #humiliation.

    Territoires abandonnés

    L’extrême droite prospère sur l’essor des inégalités et la #peur du #déclassement au sein des classes moyennes et populaires. Dans un contexte économique morose marqué par la stagnation des salaires et de nombreuses #délocalisations, la #stigmatisation des pauvres accroît encore davantage le sentiment d’anxiété et d’insécurité économique des classes moyennes paupérisées. Elle risque ainsi de renforcer les #divisions_sociales en opposant les « pauvres » aux « encore plus pauvres », d’une part, et « nos pauvres », jugés dignes d’être aidés, aux « migrants » qui viendraient leur faire concurrence, d’autre part. Ces dynamiques alimentent le discours décliniste des populistes d’extrême droite, qui attribuent l’insécurité économique à des #boucs_émissaires désignés par leurs origines ethniques.

    Pour inverser la tendance, les politiques sociales doivent être refondées sur le principe d’#universalité de la #protection_sociale, qui constitue un droit humain. Ces efforts doivent se doubler d’un plan de #cohésion_territoriale, permettant de garantir une véritable égalité d’opportunités entre populations des zones rurales et habitants des villes, alors qu’aujourd’hui beaucoup de ruraux ont le sentiment de vivre dans des territoires abandonnés, méprisés par les élites urbaines.

    La montée des populismes d’extrême droite est le résultat direct de la refonte néolibérale du modèle social d’après-guerre. Pour enrayer leur progression, la guerre contre les pauvres doit être remplacée par une guerre contre la pauvreté.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/22/olivier-de-schutter-rapporteur-de-l-onu-sur-l-extreme-pauvrete-la-stigmatisa
    #néolibéralisme #conditionnement #conditionnalité #inconditionnalité #immigrés #populisme

    aussi signalé par @colporteur
    https://seenthis.net/messages/1142934

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    ajouté à la métaliste sur la #guerre_entre_pauvres :
    https://seenthis.net/messages/567127

  • ‘Historic’: how Mexico’s welfare policies helped 13.4 million people out of poverty

    Experts are enthusiastic about poverty reductions achieved under former Mexican president #Andrés_Manuel_López_Obrador.

    Toothless and frail, Gloria Palacios, 84, stooped as she set up her rickety sidewalk shop in Mexico City’s roughshod Doctores neighborhood. On sale: peanuts, cigarettes, chewing gum, chocolates and chips.
    When asked how much she made in a day, Palacios’s disabled son Gustavo, who helps run the tiny store, simply laughed. “If we make 100 pesos ($5) it’s a lot,” he said. Happily, said Palacios, the family has a different lifeline.
    With their house crumbling and bills piling up, the only thing keeping them afloat is a bimonthly transfer of 6,200 pesos ($330) implemented by the government of previous president Andrés Manuel López Obrador for adults over 65.
    “God bless López Obrador,” said Palacios. “Without him what would we do? I think we wouldn’t even have enough to eat.”
    Palacios is one of millions of people across Mexico who have benefited from the welfare policies of López Obrador, or Amlo as he’s commonly known. And now, thanks to a report released last week by the country’s national statistics agency, we know just how effective those policies were.
    When Amlo took office in 2018, there were nearly 52 million people living below the poverty line: by the time he left office six years later, that number had dropped by 13.4 million, a decrease of almost 26%. Extreme poverty also dropped from nearly 9 million people to just 7 million.
    In a country that has long suffered from deep inequality and struggled with economic precarity, the steep drop in the number of people living in poverty is a remarkable achievement and suggests Amlo’s policies had a measurable impact on the lives of millions of everyday Mexicans.
    “It’s something extraordinary, historic, the reduction [of poverty],” said Amlo’s successor and ally Claudia Sheinbaum during a news conference on Thursday. “‘For the good of all – first the poor’ is not just a slogan, but a reality in Mexico.”
    Some independent Mexican analysts have been equally enthusiastic about the poverty reductions achieved under Amlo.

    “There has never been a single six-year term in which poverty has been reduced or decreased so significantly,” said Viri Ríos, a public policy expert and director of Mexico Decoded. “This is a watershed moment for the Mexican economy.”
    Amlo was elected in a 2018 landslide with a promise to eradicate corruption and tackle inequality. Among the legacies of his administration were the tripling of the minimum wage from 88.40 pesos ($4.75) per day when he took office to the current rate of 278.80 pesos ($15) a day.
    This had a knock-on effect on other sectors of the economy, according to Valeria Moy, a Mexican economist and director general of IMCO, a public policy thinktank.
    “When the minimum wage increases, other wages and incomes in the economy begin to rise – even in the informal economy – because there is a greater availability of resources,” she said. “I don’t know if the [poverty reduction] was purely because of López Obrador’s policies, but I do think the push in the minimum wage moved the rest.”
    Ríos was more emphatic.
    “We’re talking about a labor market that had a minimum wage well below the standard of living,” she said. “And now it’s reached a level that allows 13.4 million families to escape poverty. It’s a historic achievement.”
    Amlo also transformed the social welfare system, implementing a system of cash transfers for elderly people, like Palacios, for young people doing apprenticeships and for farmers planting fruit trees, among others. He then doubled the amount spent on these transfers.
    The universal cash transfer system, which replaced a well-regarded conditional system for the poorest fifth of households requiring children to go to school and families to attend health check-ups, has received some criticism as it meant that, in the case of the pension system for example, anyone, even well-off Mexicans over 65, were entitled to a transfer.
    “We lost focus and lost the ability to give to the poorest,” said Gonzalo Hernández Licona, the former head of the National Council for the Evaluation of Social Development Policy (CONEVAL), a now defunct agency which used to measure poverty before the task was transferred to the statistics institute. “While the amount has grown, the way the amount is distributed has worsened.”
    This might help explain why the 19% reduction in extreme poverty was much lower than the nearly 26% reduction in overall poverty. Many of the poorest Mexicans live in remote rural places, where accessing social welfare is hard if not impossible.
    “The big problem [with the cash transfers] is not that they’re universal,” said Ríos. “The big problem is that the Mexican government has not made an effort to make it truly universal – that is, to make it reach everyone.”
    Meanwhile, the report from the statistics agency also revealed other glaring issues under Amlo’s government: while access to food security, social security and dignified living conditions all increased, the number of people without access to health services more than doubled, from 20.1 million people in 2018 to more than 44 million in 2024.
    “I think the great debt that the Mexican state still owes its people is improving access to healthcare,” said Ríos. “As a percentage of GDP, our spending on health is similar to countries in sub-Saharan Africa.”
    Palacios, who has considerable medical expenses but no access to medical insurance said she felt “horrible”.
    “Medicines are so expensive,” she said. “And I don’t have anything.”
    Sheinbaum admitted there was still more work to do.
    “Do we still have progress to make? Yes,” she said. “With 30% of Mexico’s population living in poverty, we obviously have to keep moving forward.”

    https://www.theguardian.com/world/2025/aug/18/mexico-welfare-policies-amlo
    #pauvreté #welfare #Mexique #lutte_contre_la_pauvreté #gauche #AMLO #statistiques #chiffres #inégalités #économie #réduction_de_la_pauvreté #Etat_providence #politiques_sociales #santé #sécurité_alimentaire

  • L’importanza delle rimesse internazionali

    Tagliare i costi delle transazioni per ridurre povertà e disuguaglianze.

    Le rimesse sono i trasferimenti di denaro o beni che lavoratori e lavoratrici espatriati inviano nel loro Paese di origine. Queste vengono inviate per diverse ragioni, come prendersi cura dei membri della famiglia, coprendo le spese quotidiane o eventuali problemi finanziari imprevisti, o rimborsare prestiti familiari ricevuti per finanziare i costi della migrazione o per aiutare altri familiari a lasciare il paese in futuro.

    Come riporta il rapporto di CeSPI e Deloitte 1, la ragione per cui le persone espatriate inviano soldi a casa è strettamente legata ai motivi della loro emigrazione o a quelli per cui la loro famiglia le ha fatte emigrare. L’invio di soldi fa parte di un processo più grande e complesso che riguarda come le persone gestiscono i loro risparmi. Questo processo si sviluppa nel tempo (durante l’evolversi del progetto migratorio) e nello spazio (tra il paese di arrivo e il paese d’origine). Nella pratica, questi fattori interagiscono tra loro e influenzano il comportamento delle persone.

    Tuttavia, queste relazioni transnazionali comportano problemi dovuti ad asimmetrie informative e alla debolezza delle istituzioni e degli strumenti finanziari sia nel paese di residenza sia in quello di origine. Cresce “l’esigenza, da parte della diaspora, di influenzare le scelte finali di consumo della famiglia, indirizzandole ad esempio verso l’istruzione delle nuove generazioni, piani assistenziali e assicurativi, o altre forme di investimento in grado di preparare e assicurare un futuro rientro” 2.
    Come funzionano le transazioni?

    Come spiega l’International Monetary Fund 3, la persona che vuole inviare la somma di denaro, paga un’agente (una banca o un servizio di trasferimento di denaro formale o meno) usando contanti, assegni, carte di credito o debito, o anche tramite internet. L’agenzia di invio (come, ad esempio, Western Union) comunica con il suo partner nel paese destinatario affinché effettui il pagamento della rimessa al beneficiario. I costi coinvolti in questa transazione sono la commissione di invio (solitamente pagata dal mittente) e di conversione valuta. Ci possono poi essere commissioni aggiuntive, ad esempio, alcuni piccoli operatori possono addebitare una tassa al destinatario per ritirare i soldi, soprattutto per coprire movimenti inaspettati del tasso di cambio.
    Perché è importante parlare di rimesse?

    Come riporta il rapporto di CeSPI e Deloitte, le rimesse hanno assunto un ruolo rilevante a livello internazionale per vari aspetti:

    per volumi e tassi di crescita, “raggiungendo a livello mondiale i 700 miliardi di dollari USA nel 2019”, infatti “nel periodo 2000-2020 il volume mondiale delle rimesse è cresciuto ad un tasso medio annuo del 9%”;

    – per la loro dimensione rispetto ad altri flussi finanziari internazionali, infatti, “secondo i dati elaborati dalla Banca Mondiale, il volume delle rimesse, nonostante la flessione legata alla pandemia, è cinque volte quello dei fondi per gli aiuti allo sviluppo”;

    - per la loro dimensione rispetto all’economia dei paesi che ricevono le rimesse, dato che in alcuni paesi rappresentano fino al 40% del PIL;

    - per essere flussi finanziari anticiclici: le rimesse sono una fonte stabile di finanziamento, che può persino aumentare durante le recessioni economiche, aiutando direttamente il reddito delle famiglie che le ricevono;

    – per il ruolo di supporto in caso di calamità naturali o emergenze, fornendo un aiuto immediato e diretto alle persone colpite.

    Inoltre, parlare di rimesse è importante perché diversi studi mostrano come queste abbiano un impatto macroeconomico, contribuendo a ridurre la povertà e le disuguaglianze nei paesi del Sud globale.

    Nella sua ricerca, Azizi (2019) 4, utilizzando dati di 103 paesi del Sud Globale dal 1990 al 2014, ha trovato un’associazione positiva e significativa tra le rimesse e lo sviluppo del settore finanziario. Questo sviluppo è particolarmente importante perché favorisce la crescita a lungo termine e riduce la povertà. Azizi ha anche riscontrato un impatto diretto e decrescente sulla povertà e sull’ineguaglianza. In media, un aumento del 10% delle rimesse per persona può ridurre di circa l’1% la quota di popolazione in povertà, diminuire dell’1,8% la lacuna di povertà e del 2,5% la gravità della povertà.

    Le rimesse hanno anche un impatto forte e statisticamente significativo nel diminuire l’ineguaglianza. In media, un aumento del 10% delle rimesse per persona può ridurre dello 0,3% il coefficiente di Gini 5 nei paesi del Sud globale. Questo significa che le rimesse contribuiscono a incrementare la quota di reddito detenuta dalle persone più povere, riducendo quella delle persone più ricche.

    Anche uno studio del 2005 di Adams e Page, con l’analisi di dati da 71 paesi del Sud globale, ha concluso che sia le migrazioni internazionali che le rimesse hanno un impatto significativo nel ridurre la povertà. In media, evidenziano che un aumento del 10% della percentuale di migranti internazionali nella popolazione di un paese ridurrà del 2,1% la percentuale di persone che vivono con meno di 1 dollaro al giorno, e che un aumento del 10% delle rimesse ufficiali internazionali pro-capite ridurrà, in media, del 3,5% la percentuale di persone che vivono in povertà.

    Risultati simili si trovano nello studio recente di Saptono, Mahmud e Lei (2022) 6, che, analizzando set di dati di 65 paesi dal 2002 al 2016, affermano che le rimesse, rispetto al PIL, riducono significativamente la povertà nei paesi a basso e medio reddito. Un aumento del 10% nelle rimesse porterà a una diminuzione del 10,12% della popolazione che vive con meno di 1,90 dollari al giorno e ridurrà il divario di povertà del 4,75% e del 6,65% per chi vive con meno di 1,90 e 3,20 dollari al giorno, rispettivamente.

    Prima di arrivare alle conclusioni, si riportano i risultati di uno studio del 2021 di Ahmed, Mughal e Martínez-Zarzoso, i quali suggeriscono che una riduzione dei costi di invio delle rimesse ha un impatto significativo sull’importo delle rimesse ricevute dai paesi del Sud globale. In particolare, una diminuzione dell’1% del costo di trasferimento di 200 dollari USA è associata a un aumento delle rimesse in entrata fino all’1,6%.

    Siccome le rimesse rappresentano un elemento cruciale non solo per il sostegno economico delle famiglie, ma anche per lo sviluppo economico e la riduzione della povertà e delle disuguaglianze nei paesi del Sud globale, e che la riduzione dei costi di transazione ha un impatto sostanziale sulla quantità di rimesse ricevute, è essenziale che questi costi vengano tagliati. La comunità internazionale, infatti, attraverso gli SDGs (Obbiettivi di Sviluppo Sostenibile), in particolare l’obiettivo 10.c, ambisce a ridurre i costi di transazione delle rimesse a meno del 3% ed eliminare i corridoi di rimesse con costi superiori al 5% entro il 2030.

    Questo obiettivo si riferisce al costo totale di invio come percentuale dell’importo della transazione, fissato convenzionalmente a 200 dollari; “secondo le stime di Banca Mondiale l’obiettivo è in grado di liberare 16 miliardi di dollari complessivi, in termini di minori costi e quindi di maggiori risorse a disposizione dei riceventi e delle rispettive economie” 7. Per quanto riguarda l’Italia, in termini di costi medi di invio, si è quasi raggiunto l’obbiettivo del 5%.

    Ridurre i costi di transazione delle rimesse non solo incoraggia una quota maggiore di rimesse a fluire attraverso canali finanziari formali, ma contribuirà anche a ridurre la povertà e le disuguaglianze nei Paesi del Sud globale 8.
    Cosa possono fare i governi?

    Ahmed, Mughal e Martínez-Zarzoso suggeriscono che i governi possono svolgere un ruolo chiave nel ridurre i costi delle transazioni promuovendo la concorrenza tra gli operatori di trasferimento di denaro e le banche. Questo è particolarmente importante in contesti dove le normative contro il riciclaggio di denaro e il finanziamento del terrorismo hanno aumentato i costi, colpendo soprattutto le piccole istituzioni finanziarie.

    Garantire un mercato equo può aiutare a mantenere bassi i costi. Un altro modo potrebbe essere migliorare la trasparenza e comparabilità dei prezzi dei servizi di trasferimento delle rimesse, ad esempio mantenendo aggiornato un registro online dei costi. Infine, fornire migliori informazioni alle persone mittenti e alle loro famiglie sui costi dei trasferimenti può aiutarli a fare scelte più informate, aumentando l’uso di servizi di trasferimento più economici.

    In conclusione, le rimesse rappresentano non solo un sostegno cruciale per mitigare i bisogni immediati e quotidiani dei destinatari, ma anche un motore di sviluppo macroeconomico nei paesi riceventi. Infatti, questi trasferimenti contribuiscono a promuovere lo sviluppo finanziario, a ridurre la povertà e le disuguaglianze. Data la loro rilevanza per lo sviluppo globale, è essenziale che i governi adottino politiche mirate per ridurre i costi di trasferimento delle rimesse, in linea con gli obbiettivi di sviluppo sostenibile. Questo permetterà ai destinatari di trarre maggior beneficio dai fondi inviati e faciliterà un aumento generale dei flussi.

    https://www.meltingpot.org/2024/07/limportanza-delle-rimesse-internazionali
    #remittances #migrations #réfugiés #coût #lutte_contre_la_pauvreté #remises

    • Valorizzazione delle rimesse dei migranti: modelli a confronto

      Le rimesse hanno assunto una rilevanza internazionale sia per dimensione assoluta, sia in relazione agli altri flussi finanziari internazionali. Nonostante la pandemia abbia portato ad una contrazione dei volumi a livello globale, in molti paesi, come l’Italia, le rimesse verso il resto del mondo hanno continuato a crescere.

      La valorizzazione di questi ingenti flussi finanziari, attraverso meccanismi e strumenti che consentano di generare processi di sviluppo rappresenta una sfida internazionale a cui anche il G20 ha prestato attenzione. Il paper affronta il tema della valorizzazione delle rimesse dei migranti, a partire dall’esperienza italiana, individuando nell’inclusione finanziaria una chiave di volta fondamentale e analizzando alcuni modelli di strumenti finanziari attivabili, fra cui i diaspora bond.

      https://www.cespi.it/it/ricerche/valorizzazione-delle-rimesse-dei-migranti-modelli-confronto
      #rapport

  • Study details ‘transformative’ results from L.A. pilot that guaranteed families $1,000 a month

    Some of L.A.’s poorest families received cash assistance of $1,000 a month as part of a 12-month pilot project launched nearly three years ago. There were no strings attached and they could use the money however they saw fit.

    Now, a new study finds that the city-funded program was overwhelmingly beneficial.

    Participants in the program experienced a host of financial benefits, according to an analysis co-authored by University of Pennsylvania and UCLA researchers. Beyond that, the study found, the initiative gave people the time and space to make deeper changes in their lives. That included landing better jobs, leaving unsafe living conditions and escaping abusive relationships.

    “If you are trapped in financial scarcity, you are also trapped in time scarcity,” Dr. Amy Castro, co-founder of the University of Pennsylvania’s Center for Guaranteed Income Research, told The Times. “There’s no time for yourself; there’s no time for your kids, your neighbors or anybody else.”

    The Basic Income Guaranteed: Los Angeles Economic Assistance Pilot, or BIG:LEAP, disbursed $38.4 million in city funds to 3,200 residents who were pregnant or had at least one child, lived at or below the federal poverty level and experienced hardship related to COVID-19. Participants were randomly selected from about 50,000 applicants and received the payments for 12 months starting in 2022. The city paid researchers $3.9 million to help design the trial and survey participants throughout about their experiences.

    Castro and her colleagues partnered with researchers at UCLA’s Fielding School of Public Health to compare the experiences of participants in L.A.’s randomized control trial — the country’s first large-scale guaranteed-income pilot using public funds — with those of nearly 5,000 people who didn’t receive the unconditional cash.

    Researchers found that participants reported a meaningful increase in savings and were more likely to be able to cover a $400 emergency during and after the program. Guaranteed-income recipients also were more likely to secure full-time or part-time employment, or to be looking for work, rather than being unemployed and not looking for work, the study found.

    “Instead of taking the very first job that was available, that might not have been a lasting, good fit for the family, [the participants were] saying, ‘Hold on a minute, I have a moment to sit and think and breathe, and think about where I want my family to be,’ ” said Dr. Stacia West, also a co-founder of the University of Pennsylvania’s Center for Guaranteed Income Research.

    In a city with sky-high rents, participants reported that the guaranteed income functioned as “a preventative measure against homelessness,” according to the report, helping them offset rental costs and serving as a buffer while they waited for other housing support.

    It also prevented or reduced the incidence of intimate partner violence, the analysis found, by making it possible for people and their children to leave and find other housing. Intimate partner violence is an intractable social challenge, Castro said, so to see improvements with just 12 months of funding is a “pretty extraordinary change.”

    People who had struggled to maintain their health because of inflexible or erratic work schedules and lack of child care reported that the guaranteed income provided the safety net they needed to maintain healthier behaviors, the report said. They reported sleeping better, exercising more, resuming necessary medications and seeking mental health therapy for themselves and their children.

    Compared with those who didn’t receive cash, guaranteed income recipients were more likely to enroll their kids in sports and clubs during and after the pilot.
    LOS ANGELES, CA - DECEMBER 28, 2023 - Martha Lopez Dubon, 39, spends a light moment with her daughters Sofia Fuentes, 6, left, and Lizzy Fuentes, 9, while waiting for customers at The Dubon Store in Los Angeles on December 28, 2023. Lopez is a recipient of the Basic Income Guaranteed: Los Angeles Economic Assistance Pilot, or BIG: LEAP. Lopez, an immigrant from Honduras who began selling clothing in the street at the beginning of the pandemic. When Lopez started receiving the $1,000 payments from the BIG: LEAP program in February 2022, she used half to pay rent. She saved the other half, with the goal of opening her own clothing store which she now operates. In 2022, the city of Los Angeles launched the Basic Income Guaranteed: Los Angeles Economic Assistance Pilot, or BIG: LEAP. Through the program, 3,200 low-income people received monthly payments of $1,000 - and there were no restrictions on how the money could be spent. (Genaro Molina/Los Angeles Times)

    Los Angeles resident Ashley Davis appeared at a news conference Tuesday about the study findings and said that her health improved because she could afford to buy fruits, vegetables and smoothies. Before, she was pre-diabetic and “my cholesterol was going through the roof,” Davis said.

    “I was neglecting my own needs,” said Davis, who described herself as a single mother of a special-needs child. She switched careers and is now studying to be a nurse, she said.

    Abigail Marquez, general manager of the Community Investment for Families Department, which helped oversee BIG:LEAP, said she’s spent 20 years working on various anti-poverty programs.

    “I can say confidently that this is by far the most transformative program,” Marquez said.

    BIG:LEAP was one of the largest of more than 150 guaranteed-income pilot programs launched nationwide in recent years. The program was funded through the city budget and included $11 million that city leaders moved from the Police Department budget in response to nationwide protests after the murder of George Floyd by a Minneapolis police officer in 2020.

    Despite the positive research findings, programs like BIG:LEAP have raised concerns among some taxpayer groups.

    “It’s simply wrong for the city government to take tax dollars earned and paid by people who are trying to pay their own bills and transfer that money to other people chosen by the government to receive it,” the Howard Jarvis Taxpayers Assn. said in a statement. “Guaranteed-income programs are appropriately funded voluntarily by charitable organizations and foundations, not forcibly through the tax code.”

    Councilmember Curren Price, whose South Los Angeles district includes some of the city’s most impoverished neighborhoods, introduced a motion Tuesday to continue a version of the pilot with a focus on people in abusive relationships and young adults in need of mental health and emotional support.

    Price said he would contribute $1 million toward the next phase from his council funds. Councilmember Hugo Soto-Martinez also pledged $1 million.

    Beyond that, it’s not clear where the next round of funding would come from. Price expressed hope the city would continue to support the effort through the general budget.

    “I don’t know how realistic it is that it’s going to be $40 million again,” Price said. “But I think it’s realistic that we could receive something.”

    https://www.latimes.com/california/story/2024-07-31/study-details-what-happened-when-la-residents-were-guaranteed-1000-dollars-

    #revenu_de_base #rdb #revenu_universel #ça_marche #pauvreté #efficacité #Los_Angeles #USA #Etats-Unis #lutte_contre_la_pauvreté #argent #temps

    ping @karine4

    • Report: Landmark guaranteed income program in City of Los Angeles produces “overwhelmingly positive” results

      Groundbreaking study demonstrates impact of direct cash over a 12-month period, showing increased ability of recipients to exit intimate partner violence, decreased food insecurity, and improved quality of life across a number of additional domains.

      Philadelphia, PA — City of Los Angeles residents who received $1000 monthly cash payments for a year as part of the Basic Income Guaranteed: Los Angeles Economic Assistance Pilot (BIG:LEAP) program reported positive trends in financial well-being, food security, intimate partner violence, parenting, sense of community, and reduced fear of community violence.

      “BIG:LEAP participants experienced overwhelmingly positive outcomes with the infusion of unconditional cash,”write the authors of a new report produced by the Center for Guaranteed Income Research (CGIR) at Penn’s School of Social Policy & Practice (SP2), in partnership with The University of California, Los Angeles (UCLA) Fielding School of Public Health.

      The program provided a guaranteed income (GI) to 3,200 households living in deep poverty within Los Angeles, California, the second largest and most unaffordable city in the country. Implemented by the city’s Community Investment for Families Department (CIFD) and supported by the city’s general fund with investments from local council district leaders, BIG:LEAP serves as an example of a government-led direct cash program executed at a large scale with public resources and infrastructure.

      According to the report’s authors, BIG:LEAP marks a number of milestones — the first large-scale randomized controlled trial of unconditional cash positioned to determine how much change can occur in recipients’ lives within a 12-month period, the largest GI study that has concluded since the U.S. government’s experiments with income tax in the 1960s and 1970s, and the first GI study since the 1970s to consider intimate partner violence and community violence.

      “The City of Los Angeles is working urgently to provide Angelenos with economic opportunities and resources in our efforts to alleviate poverty throughout L.A. These are encouraging results and I’m looking forward to expanding this program in more stable economic times. We must continue to implement creative solutions to the challenges we face and I look forward to continuing that work with locked arms,” says City of Los Angeles Mayor Karen Bass.

      Michael D. Tubbs, founder of Mayors for a Guaranteed Income (MGI), says, “Every day, folks are working hard and doing their part, yet still falling short. Guaranteed income gives them the flexibility to meet their families’ needs and the stability to reach for a better future.” MGI is a coalition of over 125 mayors committed to advancing a federal guaranteed income.

      Part of a series of CGIR publications collectively named The American Guaranteed Income Studies, the report found that despite extreme financial pressures and profound effects of the COVID-19 pandemic, recipients benefited from GI in several ways over the duration of the program:

      - Improved safety and autonomy — GI recipients reported reduced severity and frequency of intimate partner violence (IPV), with recipients using GI to prevent and exit circumstances of IPV.
      - Strengthened sense of community — GI recipients were considerably more likely to report reduced fear of neighborhood violence and increased positive interactions with neighbors.
      - Improved financial well-being — GI recipients demonstrated a significantly increased ability to cover a $400 emergency compared to the control group.
      - Enhanced food security — GI recipients showed a notable decrease in food insecurity and an increase in health-promoting behaviors.
      – Increased enrichment for children — Compared to those in the control group, parents receiving GI were significantly more likely to maintain their children’s extracurricular activities and reported more time for parenting.

      “In Los Angeles, a city of extreme wealth and extreme poverty, the opportunities for upward economic mobility can seem out of reach,” write the researchers, Drs. Bo-Kyung Elizabeth Kim, Amy Castro, Stacia West, and colleagues. “BIG:LEAP, the largest GI program at its time of launch, represented a bold and significant investment to provide economic security and a solid foundation for mobility to a diverse group of caregivers with children.”

      Los Angeles City Councilmember Curren Price proposed the pilot in 2021. “Through this program, we witnessed transformation beyond measure. BIG:LEAP didn’t just help Angelenos address health issues, school expenses, childcare, or emergency needs; it empowered participants to start businesses, move into their own homes, and reclaim hope from despair,” says Price. “The undeniable impact of programs like BIG:LEAP speaks volumes—it has the power to rewrite destinies and is vital for a brighter future.”

      Adds Council President Pro-tem Marqueece Harris-Dawson, “The BIG:LEAP program offers significant change for some and life-altering benefits for others. The data underscores its effectiveness and success in improving health and wellbeing, and stability for all who participated.”

      To qualify, participants were required to be at least 18 years old, have at least one dependent within the household or be expecting a child, be financially or medically impacted by COVID-19, and fall below the federal poverty threshold. Researchers measured participant impact against a randomized control group of 4,992 other residents who did not receive payments, though both study groups were compensated for completing surveys and interviews.

      One participant commented, “[BIG:LEAP] saved my life really … I’d probably be living on the streets. I probably would have had my kids taken … it gave me a sense of security instead of always wondering if I’m gonna be able to get money for the next meal.”

      The researchers say the study’s “remarkable” results suggest GI programs could serve as critical and commonsense approaches to supporting families and communities. “As the country, led by individual municipalities and innovative … leaders, moves toward shoring up the porous social safety net, GI appears to be an effective strategy to promote overall health and well-being,” the authors write.

      About the Center for Guaranteed Income Research

      The Center for Guaranteed Income Research (CGIR) is an applied research center specializing in cash-transfer research, evaluation, pilot design, and narrative change. CGIR provides mixed-methods expertise in designing and executing empirical guaranteed income studies that work alongside the existing safety net. Headed by its founding directors, Drs. Amy Castro and Stacia West, CGIR is housed at the School of Social Policy & Practice at the University of Pennsylvania.

      About Penn’s School of Social Policy & Practice (SP2)

      For more than 110 years, the University of Pennsylvania School of Social Policy & Practice (SP2) has been a powerful force for good in the world, working towards social justice and social change through research and practice. SP2 contributes to the advancement of more effective, efficient, and humane human services through education, research, and civic engagement. The School offers five top-ranked, highly respected degree programs along with a range of certificate programs and dual degrees. SP2’s transdisciplinary research centers and initiatives — many collaborations with Penn’s other professional schools — yield innovative ideas and better ways to shape policy and service delivery. The passionate pursuit of social innovation, impact, and justice is at the heart of the School’s knowledge-building activities.

      https://sp2.upenn.edu/report-landmark-guaranteed-income-program-in-city-of-los-angeles-produces
      #sécurité_alimentaire #alimentation #autonomie #sécurité #bien-être

      #rapport

    • #Center_for_Guaranteed_Income_Research

      The Center for Guaranteed Income Research (CGIR) is an applied research center specializing in cash-transfer research, evaluation, pilot design, and narrative change. We provide mixed-methods expertise in designing and executing empirical guaranteed income studies that work alongside the existing safety net. CGIR’s team, headed by its Founding Directors, Dr. Amy Castro and Dr. Stacia West, led the design and research for the Stockton Economic Empowerment Demonstration (SEED), and currently serve as the centralized research partners for Mayors for a Guaranteed Income (MGI). Dr. Castro and Dr. West have 20 combined years of experience in research, advocacy, and social work practice on economic justice, asset building, and cash-transfers.

      https://www.penncgir.org
      #justice_économique

  • Des chèques qui sauvent des vies - Québec Science
    https://www.quebecscience.qc.ca/societe/des-cheques-qui-sauvent-des-vies

    Comment lutter contre la pauvreté extrême dans les pays en développement ? En donnant de l’argent aux pauvres, tout simplement ! Si l’aide sociale existe depuis des décennies dans plusieurs pays industrialisés (depuis 1970 au Québec), une centaine de pays à revenu faible et moyen offrent maintenant des allocations ou des pensions de vieillesse aux personnes les plus démunies, qui peuvent ainsi répondre à leurs besoins essentiels comme elles l’entendent.

    Ainsi, depuis 2006, au Pérou, tous les ménages pauvres comptant au moins une femme enceinte ou un enfant reçoivent 100 soles (35 $ CA) par mois. En Haïti, le programme Ti Manman Cheri, fondé en 2013, vire chaque trimestre 1000 gourdes (10 $) aux familles admissibles, pour chaque enfant qui fréquente l’école primaire. Au Sénégal, les ménages vulnérables reçoivent 25 000 francs CFA (54 $) tous les trois mois, un programme fondé en 2014. Parfois assortis de conditions – comme envoyer son enfant à l’école ou le faire vacciner –, ces modestes paiements constituent souvent le seul filet de protection sociale.

    Les effets socioéconomiques de ces mesures – sur l’indépendance économique, l’autonomisation des femmes ou la sécurité alimentaire, par exemple – ont fait l’objet de plusieurs études. Leurs bénéfices pour la santé publique ne sont cependant pas encore reconnus à leur juste valeur, soutient Aaron Richterman, médecin et professeur à la division des maladies infectieuses de l’hôpital de l’Université de Pennsylvanie. Dans deux études récentes, ses collègues et lui ont montré que les programmes de transferts d’argent diminuent la mortalité chez les femmes et les enfants de cinq ans et moins, en plus de lutter efficacement contre l’épidémie de VIH.

  • Nobel d’économie 2019 : une approche très gestionnaire de la lutte contre la pauvreté | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/analyse/2019/11/17/nobel-deconomie-2019-une-approche-tres-gestionnaire-de-la-lutte-contre-la-pau

    En octobre fut décerné le Prix #Nobel d’#économie à #Esther_Duflo, #Abhijit_Banerjee et leur collègue #Michael_Kremer, afin de récompenser l’approche expérimentale de la lutte contre la pauvreté qu’ils ont élaborée depuis la fin des années 90 – une distinction qualifiée de radicale, voire révolutionnaire, par la presse française. Cette caractérisation ne peut manquer d’interroger : en quelle mesure les évaluations des randomistas, destinées à orienter les financements des bailleurs de fonds, sont-elles véritablement subversives ?

    • INTERVIEW Depuis les années 80, l’Amérique a délaissé l’action publique pour lutter contre la pauvreté au profit de programmes philanthropiques privés basés sur la volonté individuelle. Dans un essai paru mercredi, le sociologue Nicolas Duvoux montre que l’#Etat_social a été pratiquement éradiqué. Et remplacé par les fondations des Bill Gates ou Warren Buffet.
      Alors que la crise fragilise les plus faibles et que les #inégalités de #richesse ne cessent de s’accroître, la lutte contre la pauvreté est devenue un défi majeur des Etats développés [sic]. Aux Etats-Unis, l’aide aux plus démunis, principalement issus de la population noire, a radicalement changé de visage. Dans les Oubliés du rêve américain (PUF), paru mercredi, le sociologue Nicolas Duvoux constate ainsi qu’à l’intervention de l’Etat s’est substituée celle de Warren Buffet et Bill Gates. Désormais, c’est la #philanthropie qui fait office de politiques publiques aux Etats-Unis. Une évolution qui gagnera un jour la France ? Même si elle a un parfum très XIXe siècle, l’approche philanthrope a aussi pour effet de relancer le rêve américain ! Essentiellement basés sur la volonté individuelle, les programmes d’aide permettent de regagner estime de #soi et sentiment d’autonomie, bref, de ne plus se sentir pauvre, honte absolue en Amérique. (...)
      Warren Buffet soulignait ainsi qu’il payait moins d’impôts que sa secrétaire. La redistribution à laquelle ils se livrent, à travers le secteur associatif, est si considérable qu’elle se substitue, en partie, aux prestations sociales publiques, qui, elles, ont été drastiquement réduites. (...)
      Personne ne veut être assimilé à un pauvre. C’est de plus en plus valable en France également. Le ressort fondamental de ce rejet me semble être une demande de dignité et de #respectabilité. C’est aussi l’effet de plus de trois décennies de néolibéralisme. (...) inculquer des formes de « savoir être » qui permettent aux participants de se projeter dans l’avenir, à se présenter comme quelqu’un qui a des ressources plutôt que comme quelqu’un de démuni. (...) transformer la société en transformant les gens de l’intérieur, notamment en les aidant à acquérir des techniques - pour gérer leurs émotions ou pour gérer les interactions difficiles avec des voisins violents et armés. Cela a un côté très américain : le #salut passe d’abord par une réforme personnelle. (...)
      incarcération massive des jeunes Noirs : la probabilité d’aller en prison pour les hommes noirs sans diplômes, nés entre 1975 et 1979, est de l’ordre de 70 %. La prison est devenue quelque chose de tout à fait « normal » qui contribue à reproduire les inégalités. On peut penser que c’est tard, à la fin de son second mandat, mais c’est une orientation politique qui est courageuse dans un pays où tout homme politique se doit d’être dur face au crime (« tough on crime »)

      #lutte_contre_la_pauvreté #workfare #état_pénal #gouverner_les_pauvres #néolibéralisme (faire fond sur la liberté des sujets, cf. Michel Foucault) #autonomie_comme_sentiment #diviser_les_pauvres #racaille (les jeunes hommes noirs, destinés à la prison)

    • [L’empowerment] répond aux limites de l’intervention publique qui, elle, ne donne pas de place à l’initiative des gens. C’est d’ailleurs pour cela que ces programmes suscitent une vraie #adhésion. Les personnes pauvres ne veulent plus recevoir, de manière passive et méprisante, des prestations venues de l’extérieur. Mais la limite de ces programmes, c’est qu’on transfère la responsabilité de trouver une solution aux problèmes à des gens qui ont peu de ressources. Et ils contribuent à légitimer la richesse des riches ! La philanthropie a tout de même pour effet de transformer en générosité ce qui est avant tout de l’accumulation privée de richesse, exonérée de fiscalité. C’est l’une des différences majeures entre les philanthropes d’aujourd’hui et ceux du temps de Rockfeller, qu’on surnommait les « barons voleurs » et qu’on accusait de corrompre les politiques et d’exploiter les ouvriers : Bill Gates ou Warren Buffet sont, eux, extrêmement populaires.

      Vous avez aussi noté que le quasi-unanimisme, autour de ces programmes, se fait, en réalité, contre les jeunes hommes noirs. Pourquoi ?
      La #solidarité des participants se construit #contre_la_minorité la plus démunie : ceux qu’on perçoit comme des délinquants - sauf s’ils passent à leur tour par le récit de la rédemption. Tout se passe comme s’il fallait absolument rejeter une minorité qui pose des problèmes pour être intégré à son tour moralement dans la société.

      #intégration_morale #respectabilité #guerre_entre_pauvres

      Une petite note. En matière d’empowerment, il semble qu’il en soit tout autrement dans des collectifs contestataires. La nécessité pour des collectifs de pauvres (chômeurs, précaires, par ex.) de disposer en leur sein d’acteurs non démunis de ressources (syndicalistes, ex étudiants, intermittents) pour forcer l’espace public (en faire exister un) sans risquer d’emblée marginalisation, invisibilité maintenue ou criminalisation ne va pas sans contradictions internes et elle se couple, spécialement en période de reflux dune survalorisation des moins intégrés socialement (les plus dominés étant alors présentés, au nom du concret, comme les seuls porteurs de la vérité).

      Bon, il semble qu’il faille essayer de cueillir ce livre, c’est l’un des rares académiques à enquêter sur le terrain et à donner, avec toute la politesse bourgeoise et scientifique requise, des éléments critiques qui peuvent être utilisés dans une autre perpective que la sienne.

    • Les personnes pauvres ne veulent plus recevoir, de manière passive et méprisante, des prestations venues de l’extérieur

      Encore la confusion entre sociale et aide aux pauvres, « les #assistés ». Non la #sécurité_sociale ne signifie pas que l’on aide les plus démunis mais que l’on socialise, au contraire de privatiser, des ressources pour sécuriser la vie des individus. Parfois cette sécurité est réservée à un moment de la vie particulièrement instable.

    • L’autonomie, fiction nécessaire de l’insertion ? Nicolas Duvoux
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4026

      Les politiques d’insertion sont exemplaires de la #normativité de l’autonomie dans la société française contemporaine. La contractualisation des relations entre les usagers et les institutions invite les premiers à prouver expressément qu’ils veulent adhérer à la société pour bénéficier de la solidarité de celle-ci. Ces politiques sont de part en part traversées par une logique de la reconnaissance des formes de relation à soi. Chacun y est considéré comme responsable de sa vie, et chacun va devoir trouver en soi les motifs de sa participation à la société.

      Cependant, la valorisation de l’autonomie individuelle a pour pendant une condamnation accrue des comportements considérés comme déviants. Ce renversement est structurel. Pour en rendre compte, on peut suivre ici François Dubet lorsqu’il affirme que « de manière plus ou moins latente, le principe d’autonomie est sous-tendu par une conception héroïque d’un sujet capable de se construire lui-même et donc porté à “blâmer la victime” ». La référence à l’autonomie dans l’insertion apparaît dès lors comme une façon d’adapter cet idéal aux possibilités effectives des individus.

    • Mouais, il y a plusieurs compréhensions du terme. Je dirais plutôt à l’aune de ce qu’enseigne la vie dans le capitalisme - et non pas la philosophie classique - prendre collectivement la liberté de se donner une loi contre celles de ce monde.

      Mais ce qui parait dominer ici actuellement c’est plutôt l’individualisation et l’évitement du conflit collectif, donc pour qui a pour rôle de prévenir les conflits, le majoritaire, ce que dit Duvoux, une norme de l’intégration sociale ; et minoritairement, une vague et impossible aspiration quasi-autarcique. Dans les deux cas, la possibilité d’une estime de soi dans un monde de violence et d’inégalités. Être respectable, suffisamment « normal », ou ne pas se mépriser d’avoir à jouer une participation obligée en parant ses quelques « arts de faire », les écarts aux normes que l’on arrive à développer ou tenir, d’une légitimité idéologique, d’une couche de généralité. (ainsi le dernier édito de Jeff Klak qui se termine par « se tenir chaud » résume-t-il bien le motif dont sont tissés les bandes, groupes et familles élargies où, sous des oripeaux de plus ou moins bon goût, chacun se devrait de trouver refuge).

    • L’autonomie obligatoire. Sociologie du gouvernement de soi à l’école, d’Héloïse Durler (une note de lecture)
      http://lectures.revues.org/17435

      « Sois autonome ! » ou comment dépasser les contradictions d’une « injonction paradoxale » d’une « valeur phare des normes éducatives » contemporaines qui prescrit à l’enseignant d’ « amener l’élève à vouloir librement ce qui lui est imposé dans le cadre scolaire » (p. 10). Tel est l’enjeu au cœur du livre d’Héloïse Durler issu de sa thèse de doctorat. (...)
      Selon elle, on peut raccrocher « l’entreprise d’engagement scolaire » à la « montée managériale par l’autonomie » au travers du « new public management » qui n’épargne ni le monde du travail, l’action sociale ni les politiques éducatives. Par ailleurs, cette entreprise n’est pas étrangère à l’idéologie du « projet » plusieurs fois évoquée et rapidement explorée (p. 34-35) mais, pour parachever la démonstration, il était possible de lui imposer un même traitement qu’aux autres mots-plastiques récurrents des discours concernant les dispositifs éducatifs que sont les notions de « compétence », « objectifs », « qualité » ou de « participation ». En suivant, on peut interroger comment cette « autonomie obligatoire » s’inscrit dans la « nouvelle école capitaliste » de Laval et al. dès lors que les logiques néolibérales du monde du travail pénètrent plus avant le monde l’éducation, davantage orienté depuis les années 1960 vers « l’insertion professionnelle et sociale des jeunes générations » (p. 148) voire pour envisager la construction de la « servitude volontaire aujourd’hui ».

      #autonomie_obligatoire

    • @aude_v pardon, mais quand j’écris plus haut « se tenir chaud » résume-t-il bien le motif dont sont tissés les bandes, groupes et familles élargies où, sous des oripeaux de plus ou moins bon goût, chacun se devrait de trouver refuge", il me semble que ce n’est pas une manière d’encenser cet aspect "affinitaire". C’est souvent un aspect nécessaire (car c’est là que certains partages peuvent avoir lieu, les exemples sont légion : apprendre à parler dans un collectif ça commence souvent par une zone d’entente moins étendue que celle où se prononce "la parole publique", lire et/ou écrire pour qui n’est pas déjà rodé à le faire "dans son coin" à partir du commun, ça nécessite svt une dimension d’"atelier"), mais il est parfaitement insuffisant si il n’est pas lié, ouvert, circulant, confronté à de de l’hétérogène plus déroutant encore que l’hétérogénéité qui déjà le constitue. Par exemple du fait d’une participation à des conflits dans lesquels sont impliqués de plein droit des inconnus, ce qui me parait une vérification indispensable. Et parfois il n’y a même pas besoin d’affinité pour se trouver lié par une cause et par là à ceux qui s’en sont emparé. Sans doute n’avons nous pas vécu le même genre de malheurs de la militance.

    • Phrases ardues, je sais pas si celle là l’était tant que ça, @aude_v, mais je vois bien qu’il m’arrive souvent de m’exprimer de façon confuse. Au point de me dire que je devrais me limiter à envoyer du matériel sans écrire.

      Sinon, pas très sûr de la polarité ascétisme/consumérisme. Pour ce que j’ai connu, il est systématique qu’à un moment ou un autre, des « militants » en viennent à se plaindre de fournir du travail pour des gens qui l’utilisent en free riders. Par exemple, lors de permanences destinées à des précaires et chômeurs. Mais on voit là même chez des syndicalistes. Et un « groupe révolutionnaire » qui déplore la « passivité générale » dit aussi quelque chose du même genre. Cette plainte est celle de celui qui « travaille » et se « sent exploité », ce ceux qui désirent et sont confrontés à une forme d’acédie vis à vis des objet et des rites (aussi incertains soient ils) qu’ils ont élus parmi ceux qui leur paraissent destinés à être aimés.

      Chez les chômistes et pocherons, quand il se passe quelque chose, quand par exemple un « cas », une action, un instant, se lie à une montée en généralité, à une perspective réellement vécue, quand quelqu’un qui ne fait « que passer » permet d’apprendre, de découvrir quelque chose, ce qui est déjà marquer des points, la question du « consumérisme » n’a pas lieu d’être (prenez ce que vous voulez, comme vous pouvez, barrez vous vite si vous voulez, vous nous privez de rien, on est là pour ça, on a tout à gagner). Et puis c’est aussi la manière de faire qui va déterminer une « relation de service » ou de l’entraide éventuelle. Le contre don est pas une norme.

      Je crois que cette façon de se poser et de se dire est un pendant masochiste de la joie qu’il y a à s’approprier, transformer quelque chose. Un régurgitement dû au reflux politique, la parole d’un défaut d’affinité à la matière en jeu. Faudrait passer à autre chose. Et souvent ça tourne en boucle.

      Bon, je met ton papier en liste de lecture...

    • Ceux dont tu causes, avec leurs réus si importantes, ressemblent à des apprentis politiciens (ils disent même pas comme on le voit dans des collectifs précaires chômeurs, « ah là je peux pas j’ai du taff », les taches utiles restant à effectuer par les disponibles). Et si ils ratent leur parcours et/ou renvoient pas l’ascenseur, on peu l’avoir mauvaise. M’enfin faire rire des carriéristes, c’est rarement un bon investissement.