• Grèves et manifestations  : la contestation ouvrière doit s’élargir [Lutte de classe n°227 - novembre 2022] https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2022/10/30/greves-et-manifestations-la-contestation-ouvriere-doit-selar (25 octobre 2022)

    (…) La grève des raffineries a montré combien les travailleurs pouvaient peser sur la vie sociale et politique quand ils se mettaient en grève.

    C’est ce bras de fer qu’il faut préparer. Avec les travailleurs qui veulent se défendre, il faut discuter d’une politique de lutte  : que revendiquer et comment s’organiser pour mener la lutte  ? Des #revendications peuvent unifier les travailleurs dans un même mouvement  : des augmentations uniformes de #salaire de 300, 400 euros  ; leur indexation sur les prix, sous le contrôle des travailleurs  ; un minimum de 2 000 euros net pour toutes et tous. Mais se mettre d’accord sur les #revendications n’est pas encore suffisant. Les grèves du passé, et celle de Total, nous le montrent  : même quand la détermination et la combativité sont au rendez-vous, des appareils syndicaux peuvent s’opposer aux luttes. Il faut donc militer pour des #grèves déterminées et pour leur élargissement à l’ensemble du monde du travail. Il est tout aussi vital de militer pour que les travailleurs contrôlent effectivement leurs luttes, sans s’en remettre aux directions syndicales. Ils doivent être les dirigeants de leur propre mouvement, en réu­nis­sant des assemblées de grévistes et en élisant des #comités_de_grève.

    #lutte_de_classe #raffinerie #syndicat

  • Grèves et manifestations  : la contestation ouvrière doit s’élargir [Lutte de classe n°227 - novembre 2022] https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2022/10/30/greves-et-manifestations-la-contestation-ouvriere-doit-selar (25 octobre 2022)

    (…) La grève des raffineries a montré combien les travailleurs pouvaient peser sur la vie sociale et politique quand ils se mettaient en grève.

    C’est ce bras de fer qu’il faut préparer. Avec les travailleurs qui veulent se défendre, il faut discuter d’une politique de lutte  : que revendiquer et comment s’organiser pour mener la lutte  ? Des #revendications peuvent unifier les travailleurs dans un même mouvement  : des augmentations uniformes de #salaire de 300, 400 euros  ; leur indexation sur les prix, sous le contrôle des travailleurs  ; un minimum de 2 000 euros net pour toutes et tous. Mais se mettre d’accord sur les #revendications n’est pas encore suffisant. Les grèves du passé, et celle de Total, nous le montrent  : même quand la détermination et la combativité sont au rendez-vous, des appareils syndicaux peuvent s’opposer aux luttes. Il faut donc militer pour des #grèves déterminées et pour leur élargissement à l’ensemble du monde du travail. Il est tout aussi vital de militer pour que les travailleurs contrôlent effectivement leurs luttes, sans s’en remettre aux directions syndicales. Ils doivent être les dirigeants de leur propre mouvement, en réu­nis­sant des assemblées de grévistes et en élisant des #comités_de_grève.

    #lutte_de_classe #raffineries #syndicat #

  • La planète crame, ils bronzent
    https://www.frustrationmagazine.fr/capitalisme-ecologie-bourgeoisie

    Il se pourrait bien que l’été 2022 ait marqué un tournant : celui d’une prise de conscience plus généralisée du lien entre capitalisme et réchauffement climatique. La cause en est que les conséquences du dérèglement deviennent extrêmement perceptibles, ses effets plus directs et massifs. La dégradation concrète de nos modes de vie, qui annonce des […]

  • Rachat de RTT : on vous explique le débat sur cette mesure qui fait bondir la gauche
    https://www.francetvinfo.fr/economie/pouvoir-achat/rachat-de-rtt-on-vous-explique-le-debat-sur-cette-mesure-qui-fait-bondi
    https://www.francetvinfo.fr/pictures/ex5z4x1IW9wlQsN9TjlqoUs5gcU/1500x843/2022/08/01/phpfDfUUf.jpg

    Comme la gauche à l’Assemblée, ils fustigent une mesure qui « sert surtout à éviter de traiter le vrai sujet du pouvoir d’achat : les augmentations de salaires ». Ces personnalités, dont des représentants syndicaux de la CFE-CGC et de la CFDT Cadres, y voient « un puissant levier pour l’employeur, lui permettant de refuser l’attribution de jours de repos en arguant du paiement de ceux-ci, face à un salarié tiraillé entre son besoin de repos et l’amélioration de son pouvoir d’achat ».

    Cette histoire de monétisation des RTT ressemble beaucoup aux propos de Sarko sur « le travailler plus pour gagner plus ».

    On sait bien que cela ne peut se traduire, sur le terrain, que par une réduction brute des congés et, au-delà, par une régression supplémentaire dans la capacité des salarié·e·s à s’émanciper pour défendre leurs droits et pour conquérir leur autonomie vis à vis des schémas imposés par leurs employeurs.

    Voilà où on en arrive à force de rabâcher que la principale préoccupation des français seraient le « pouvoir d’achat ». Les syndicats et les partis de gauche (ci-dessus) ne sont pas d’une très grande clarté à ce sujet, c’est le moins que l’on puisse dire.

    Non. Les salaires sont bas et s’ils sont bas c’est parce que les salarié·e·s sont embarquée·s dans un rapport de force qui leur est défavorable.

    Ont-iels d’autres solutions que d’inverser, par elleux-mêmes, le rapport de force afin d’arracher des mains de leurs patrons ce qui leur revient ?

    Sont-iels forcément guidé·e·s par la « lutte contre l’inflation » et la nécessité de « retrouver une économie de croissance » ? Ceci représente-t-il vraiment leur intérêt ?

    L’intérêt des salarié·e·s n’est pas de se transformer en générateur·e·s de combustibles permettant d’alimenter toujours plus la machine à consommer. L’intérêt de la société n’est pas de continuer ce modèle délirant de consommation à outrance par l’offre, qui nous conduit aujourd’hui dans le mur du choc climatique.

    À l’heure où il est plus facile d’obtenir individuellement de sa banque une autorisation de découvert que de gagner collectivement des augmentations de salaires, on sait que les principaux enjeux sociaux du moment résident avant tout dans la capacité des salarié·e·s - et au-delà, des forces sociales n’ayant rien à gagner du modèle existant - à conquérir par la lutte la dépossession totale du camp adverse : économique et politique.

    Cela devrait commencer par ne plus attendre que tombent les loi régressives pour agir.

    #RTT #Lutte-sociales #syndicalisme #pouvoir-d-achat #lutte_de_classes #revendications_salariales

  • Voici comment nous avons battu Amazon ! | Angelika Maldonado et Eric Blanc
    https://www.contretemps.eu/syndicat-victoire-amazon-staten-island-exploitation

    Après des décennies de déclin syndical, les travailleurs d’Amazon à Staten Island ont remporté la plus importante victoire syndicale aux États-Unis depuis les années 1930. La campagne de syndicalisation victorieuse à l’entrepôt JFK8 ait été initiée par l’Amazon Labor Union (ALU), une initiative novatrice, indépendante et dirigée par les travailleurs et travailleuses. Pour raconter cette histoire peu de personnes sont mieux placées qu’Angelika Maldonado, la présidente du comité des travailleurs de l’ALU, âgée de 27 ans. Source : Contretemps

  • L’intolérable du présent, l’urgence de la révolution - minorités et classes, entretien avec Maurizio Lazzarato
    https://lundi.am/L-intolerable-du-present-l-urgence-de-la-revolution-minorites-et-classes

    [Dans] son denier livre, L’intolérable du présent, l’urgence de la révolution - minorités et classes, [Maurizio Lazzarato] tente d’analyser le triptyque race-classe-genre sans le vocabulaire de la politique des identités. Tout l’enjeu, selon lui, est de parvenir à lier politique et économie, guerre et capital, production et destruction et de mieux comprendre comment l’exploitation des femmes et des colonies est le complément nécessaire de tout fonctionnement économique « normal ». Le retour du racisme et du sexisme peut alors se lire en parallèle de la crise économique qui ne nous quitte plus depuis quelques années.

    Maurizio : Depuis la crise de 2008, j’essaie de réintroduire dans le débat les concepts de guerre et de révolution. Ils ont été toujours au centre des préoccupations des révolutionnaires, alors que, depuis un certain temps, ils ont été marginalisés. Guerre et révolution sont les deux alternatives que le capitalisme pose encore et toujours, comme on est train de voir en ce moment. La guerre en Ukraine n’est pas celle d’un autocrate contre la démocratie, mais elle exprime les affrontements entre impérialismes qui surgissent à fin du cycle d’accumulation commencé au début des années 70 avec les guerres civiles en Amérique du Sud. Les premiers gouvernements néo–libéraux étaient composés des militaires et des économistes de l’école de Chicago. Nous retrouvons à la fin du cycle économique ce qu’il avait fait démarrer : la guerre entre États et les guerres de classe, de race et de sexe.

    En ce qui concerne la révolution, le plus grand problème qu’elle a rencontré à partir des années soixante, c’est la question de la multiplicité. Multiplicité des rapports de pouvoir, (capital-travail, hommes-femmes, blancs-racisé-e-s), multiplicité aussi des modes de production (capitaliste, patriarcal-hétérosexuel, racial-esclavagiste). Cette multiplicité n’a pas émergé en 68, elle existe depuis la conquête des Amériques qui commence en 1492, mais c’est seulement au XXe siècle que la subjectivisation politique des mouvements des colonisés et des femmes a affirmé son autonomie du mouvement ouvrier.

    Cette multiplicité a été au centre des théories critiques des années soixante et soixante-dix (les minorités chez Deleuze et Guattari, ou bien chez Foucault la population et l’individu, ou encore chez Negri la multitude comme multiplicité des singularités,) mais au prix de ce que j’appelle un refoulement du concept de classe.

    Le féminisme matérialiste français, à contre-courant de cette pensée des années soixante-dix, pense le rapport de domination des hommes sur les femmes comme rapport de classe, comme « rapports sociaux de sexe ». Ce rapport de domination ne profite pas seulement au capital, mais également aux hommes en tant que classe. De la même manière, le rapport de domination raciste ne profite pas seulement au capital, mais également aux blancs en tant que classe.

    Je crois que la « révolution mondiale » qui était devenue possible au XXe siècle (le mot d’ordre de Marx « prolétaires de tous les pays unissez-vous ! » ne concernait que quelques pays européens) a échoué parce qu’on n’a pas été capable de penser et d’organiser le passage de la lutte de classe (capital-travail) aux luttes des classes au pluriel.

    Il faut dire tout de suite que le refoulement des luttes de classe implique le refoulement de la guerre, car elles ne sont qu’une de ses modalités. La guerre entre États et les guerres de classe, de race et de sexe, ont toujours accompagné le développement du capital parce que, à partir de l’accumulation primitive, elles sont les conditions de son existence. La formation des classes (des ouvriers, des esclaves et des colonisés, des femmes) implique une violence extra-économique qui fonde la domination et une violence qui la conserve, stabilisant et reproduisant les rapports entre vainqueurs et vaincus. Il n’y a pas de capital sans guerres de classe, de race et de sexe et sans État qui a la force et les moyens de les mener ! La guerre et les guerres ne sont pas des réalités externes, mais constitutives du rapport de capital, même si nous l’avons oublié. Le capitalisme est production et guerre, accumulation et luttes de classe. Donc il ne faut pas abandonner le concept de classe, mais le reconfigurer.

    H : Quelle différence y a-t-il avec le concept marxiste de la classe ?

    M : Comme dit Fanon, il ne s’agit pas seulement de “distendre” le concept. L’élargissement du concept de classe mine son homogénéité, parce que les classes sont elles-mêmes constituées de multiplicités (des minorités) : la classe ouvrière contient des minorités raciales et sexuelles, la classe des femmes contient à son tour des femmmes riches et pauvres, blanches, noires, indigènes, hétérosexuelles, lesbiennes, etc. A cause de cette multiplicité, le sujet politique n’est pas donné préalablement comme avec la classe ouvrière, mais il est un sujet “imprévu”, dans le sens qu’il faut l’inventer et le construire. Il ne préexiste pas à son action.
    Ce concept de classe permet aussi de critiquer les politiques de l’identité, où les différents mouvements politiques sont toujours prêts à tomber : la classe des femmes, comme la classe ouvrière chez Marx, reussit sa révolution seulement si elle aboutit à sa propre abolition et avec elle l’abolition de l’assujettissement “femme”.

    [...]

    À partir des limites du concept de travail abstrait, on peut tirer plusieurs fils. D’abord un fil politique. Le XXe siècle est celui des révolutions, il n’y jamais eu autant de révolutions concentrées dans un temps si court dans l’histoire de l’humanité. Or, les ruptures les plus importantes ont été pratiquées par les colonisées et les femmes, c’est-à-dire par des sujets qui fournissaient du travail gratuit, du travail dévalorisé, du travail très mal payé. Les salariés, incarnation du travail abstrait, n’étaient pas au centre de ces révolutions. Les marxistes définissent le travail gratuit ou sous payé comme « non libre », comme « improductif », à la différence du travail industriel. Par conséquent, ce travail serait à négliger du point de vue révolutionnaire, car sans lien avec la « production ». Tout au contraire l’importance politique de ce travail s’avère énorme. Pendant tout le XXe siècle, il va mener à bien ses révolutions, tandis que, après 68, les innovations théoriques les plus significatives seront développées par les différents mouvements féministes.

    #Maurizio_Lazzarato #entretien #théorie #livre #classe #travail_abstrait #exploitation #classes #lutte_de_classe #capitalisme #guerre #révolution #racisme #race #colonisés #sexisme #rapports_sociaux_de_sexe #féminisme #colonialité #identités #politiques_de_l’identité #Combahee_River_Collective #Anibal_Quijano

    • cela me semble être un livre politique d’importance (lecture en cours),

      La remontée du racisme et du sexisme en France est moins liée à la question de la laïcité qu’au contrôle de cette colonisation interne. Le racisme et le sexisme reproduisent la violence sans médiation avec laquelle on a toujours contrôlé le travail gratuit, sous payé, précaire et les subjectivités soumises. Les démocraties européennes qui voilaient leur violence sans médiation parce qu’elle s’exerçait loin, au-delà de la mer et des océans, ressemblent de plus en plus aux USA dont la constitution matérielle coïncide avec la « colonisation interne » (l’esclavage des noirs après avoir éliminé les natifs). La démocratie la plus politique (selon H. Arendt) est la plus violemment raciste et génocidaire que l’histoire ait connu. Pour la même raison Israël a une fonction centrale dans la mondialisation : il constitue l’image parfaite de la colonisation interne qui ne cesse de déborder vers l’apartheid.

      #Hannah_Arendt (qui prend très cher, citations à l’appui)
      #Mario_Tronti #Karl_Marx

      #toctoc

    • (...) le capital, contrairement à ce que pensent beaucoup des marxistes est inséparable de l’État (et de la guerre). Le capitalisme est une machine à deux tètes, Capital et État, économie et politique, production et guerre qui, depuis la formation du marché mondial, agissent de concert. L’alliance Capital/État va progressivement s’intégrer, avec une accélération à partir de la Première Guerre mondiale, en produisant une bureaucratie administrative, militaire, politique qui ne se distingue en rien des capitalistes. Bureaucrates et capitalistes, en occupant des fonctions différentes à l’intérieur de la même machine politico-économique, constituent la subjectivation qui instaure et régule le rapport entre guerre de conquête et production, colonisation et ordre juridique, organisation scientifique du travail (abstrait) et pillage des natures humaines et non humaines. Le capitalisme a été toujours politique, mais pour des raisons différentes de celles avancées par Max Weber qui pointe l’imbrication des structures bureaucratiques et capitalistes. Le capitalisme a toujours été politique puisque, pour l’appréhension de sa constitution, il ne faut pas partir de la production économique mais de la distribution violente du pouvoir départageant qui commande et qui obéit. L’appropriation violente des corps des ouvriers, des femmes, des esclaves, des colonisés s’accompagne d’une société normative où l’État administratif et l’État souverain s’intègrent à l’action du Capital. La politique, l’État, l’armée, la bureaucratie administrative sont, depuis toujours, une partie constitutive du capitalisme.

      #Capital #État #guerre

    • Le changement fondamental du capitalisme au XXe siècle n’a pas été la crise financière de 1929, mais la Première Guerre mondiale (1914). La destruction est une condition du développement capitaliste (Schumpeter l’appelle « destruction créative »[créatrice, ndc]) qui, avec la « grande guerre » de relative devient absolue. La guerre de 1914 introduit une grande nouveauté : l’intégration de l’État, de l’économie des monopoles, de la guerre, du travail, de la société, de la science et de la technique dans une méga machine de production pour la guerre, une « mobilisation totale » pour la « production totale » finalisée à la destruction.
      Ernst Jünger dit dans La mobilisation totale, en 1930, que la guerre ressemble moins à un combat qu’à un énorme processus de travail. On crée, à côté des armées qui se battent au front, l’armée des communications, des transports, de la logistique, l’armée du travail, de la science et de la technique etc., pour envoyer 24h sur 24h le produit de cette mega-production, au front qui constitue le marché, lui aussi mécanisé et automatisé, où tout se consomme (se détruit)

      H : La guerre totale en est l’expression.

      M : Totale veut dire que c’est la totalité de la société qui est impliquée dans la production. La subordination de la société à la production n’a pas eu lieu dans les années 50 et 60, mais pendant la Grande Guerre. Ce que Marx appelle General Intellect naît à ce moment et il est marqué, et il le sera toujours, par la guerre.
      La « mobilisation » totale détermine un grand saut dans la production et dans la productivité, mais production et productivité sont pour la destruction. Pour la première fois dans l’histoire du capitalisme la production est « sociale », mais elle est identique à la destruction. L’augmentation de la production est finalisée à une augmentation de la capacité de détruire.

  • Féminisme, intersectionnalité et lutte de classe | Le mensuel Lutte de classe n°217 - juillet-août 2021
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2021/06/30/feminisme-intersectionnalite-et-lutte-de-classe_163726.html

    Le succès des manifestations du 8 mars 2021, après celles du mois de novembre 2020 contre les violences faites aux #femmes, montre qu’une partie de la jeunesse se mobilise pour exprimer sa révolte contre la persistance des #inégalités entre femmes et hommes et contre la #violence dont sont victimes les femmes dans la société actuelle. Dans ce contexte de relatif renouveau des mouvements féministes, la notion d’ #intersectionnalité – qui définit des groupes de personnes par la liste de discriminations qu’elles subissent simultanément (#sexisme, #racisme …), donc à leur intersection – s’est diffusée en France ces dernières années, et elle peut apparaître comme offrant des perspectives nouvelles à des jeunes en révolte contre l’oppression des femmes. Beaucoup y voient en effet une façon de choisir un féminisme radical, de s’affirmer antiracistes en même temps que féministes, voire, pour certaines, de remettre en cause le système capitaliste...

    – L’intersectionnalité, un mot nouveau pour un constat ancien
    – Derrière toutes les #oppressions, la division de la société en classes
    – Des positions réactionnaires
    – Féminisme et #conscience_de_classe
    – Contre toutes les oppressions, le combat communiste révolutionnaire

    #capitalisme #féminisme #lutte_de_classe #harcèlement_sexuel

  • Fondamentalement, qu’est-ce qui se passe ? Dans quel état est ce monde ? Face à la crise du capitalisme, quelles sont les perspectives ?...

    Comme chaque année, les textes du Congrès annuel de Lutte Ouvrière aident à comprendre :

    Au sommaire de la Lutte de Classe n°212 (décembre 2020-janvier 2021) : Le 50e congrès de Lutte ouvrière https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2021/01/02/le-50e-congres-de-lutte-ouvriere_153820.html

    L’aggravation de la crise de l’économie capitaliste https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2021/01/02/laggravation-de-la-crise-de-leconomie-capitaliste_153821.htm

    La situation internationale https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2021/01/02/la-situation-internationale_153822.html

    La situation intérieure https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2021/01/02/la-situation-interieure_153823.html

    Aujourd’hui comme hier, socialisme ou barbarie https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2020/10/25/aujourdhui-comme-hier-socialisme-ou-barbarie_152433.html

    Motion : « Afin d’assurer la présence du courant communiste révolutionnaire à l’élection présidentielle
    de 2022 et d’y faire entendre le camp des travailleurs, Lutte ouvrière décide de présenter la candidature de Nathalie Arthaud ».

    Discussion sur les textes d’orientation (extraits) https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2021/01/02/discussion-sur-les-textes-dorientation-extraits_153825.html

    Interventions de groupes invités (extraits) https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2021/01/02/interventions-de-groupes-invites-extraits_153826.html

    Lutte de classe n° 212 / décembre 2020-janvier 2021 | Le mensuel https://mensuel.lutte-ouvriere.org//lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/212-decembre-2020-janvier-2021

    Format pdf https://mensuel.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/ldc/files/ldc212.pdf
    Format epub https://mensuel.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/ldc/files/ldc212.epub
    Format mobi https://mensuel.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/ldc/files/ldc212.mobi

    #LO #Lutte_Ouvrière #Congrès #capitalisme #crise #bilan #perspectives #Lutte_de_classe #revue #russie #Moyen-Orient #États-Unis #coronavirus #covid19 #France #Macron #répression #État #étatisme #programme_révolutionnaire #chine #réaction #prolétariat #petite_bourgeoisie #marxisme #financiarisation #crise_de_1929 #fascisme

  • Lutte de classe n° 210 / septembre-octobre 2020 | Le mensuel
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org

    Lutte ouvrière dans les élections législatives partielles https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2020/09/13/lutte-ouvriere-dans-les-elections-legislatives-partielles_15 (sans six circonscriptions les 20 et 27 septembre prochains) #Lutte-Ouvriere #LO

    #Biélorussie : l’autocrate, l’opposition libérale et la classe ouvrière https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2020/09/13/bielorussie-lautocrate-lopposition-liberale-et-la-classe-ouv #repression #minsk

    #Liban : l’explosion du port de Beyrouth… et celle du pays https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2020/09/13/liban-lexplosion-du-port-de-beyrouth-et-celle-du-pays_151444 #FranceLiban #imperialisme #corruption #Beyrouth #Hezbollah

    États-Unis : le complexe médico-industriel face à la pandémie https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2020/09/13/etats-unis-le-complexe-medico-industriel-face-la-pandemie_15 (traduction d’un article paru le 19  juillet 2020 dans la revue Class Struggle (n° 105, août-septembre 2020), éditée par le groupe trotskyste américain #The-Spark) #hopital

    Le #chômage, armée de réserve permanente du capital https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2020/09/13/le-chomage-armee-de-reserve-permanente-du-capital_151446.htm #capitalisme #Lutte_de_classe

    Le #télétravail, c’est toujours l’exploitation https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2020/09/13/le-teletravail-cest-toujours-lexploitation_151447.html

    L’#Arctique, enjeu de rivalités entre grandes puissances https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2020/09/13/larctique-enjeu-de-rivalites-entre-grandes-puissances_151448 #pétrole #transport #pipeline #transport-maritime #réchauffement_climatique #extractivisme
    –-----------------------------------------
    – Télécharger au format pdf https://mensuel.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/ldc/files/ldc210-web.pdf
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  • S’il n’y avait qu’un seul article à lire pour apercevoir le monde qui vient et s’y préparer...

    Du Covid-19 à la crise de 2020 https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2020/05/17/du-covid-19-la-crise-de-2020_147702.html

    Ce texte est daté du 8 mai 2020, mais seules les citations choisies dans la presse auraient pu être actualisées, pas le fond du constat. La crise sanitaire est loin d’être terminée, et l’économie et la société s’enfoncent de plus en plus dans la crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences pour les classes laborieuses. L’humanité a largement les moyens scientifiques et techniques de maîtriser la pandémie, même si ceux qui font autorité en matière scientifique répètent qu’il faut du temps pour cela et qu’il faut « apprendre à vivre avec le coronavirus ». Mais la société est enfermée dans le carcan de l’organisation capitaliste, avec la propriété privée des moyens de production et des États nationaux rivaux, et dont les dégâts directs ou indirects sont incommensurablement plus grands que ceux dus au coronavirus...

    Lutte de Classe n°208 - juin 2020 :
    #pdf https://mensuel.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/ldc/files/ldc208_0.pdf
    #epub https://mensuel.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/ldc/files/ldc208_0.epub
    #mobi https://mensuel.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/ldc/files/ldc208_0.mobi

    #capitalisme #crise #pandémie #coronavirus #covid_19 #impérialisme #crise_économique #étatisme #union_européenne #nationalisme #souverainisme #internationalisme #lutte_de_classe #réformisme #CFDT #CGT #révolution_sociale #dette #PCF #gafam #medef #bce #Deuxième_Guerre_mondiale #Etats_unis #chine #concurrence #concentration_du_capital #profit #loi_du_marché #allemagne #dépression #prolétariat #classe_ouvrière #afrique #famine #CNR #Conseil_national_de_la_résistance #Marx #Lénine #Trotsky

  • La #guerre_sociale en #France. Aux sources économiques de la #démocratie_autoritaire

    La tentation d’un #pouvoir_autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans le projet économique du candidat #Macron.
    Depuis des décennies, la #pensée_néolibérale mène une guerre larvée contre le #modèle_social français de l’après-guerre. La #résistance d’une population refusant des politiques en faveur du capital a abouti à un modèle mixte, intégrant des éléments néolibéraux plus modérés qu’ailleurs, et au maintien de plus en plus précaire d’un compromis social. À partir de la crise de 2008, l’offensive néolibérale s’est radicalisée, dans un rejet complet de tout équilibre.
    Emmanuel Macron apparaît alors comme l’homme de la revanche d’un #capitalisme français qui jadis a combattu et vaincu le #travail, avec l’appui de l’#État, mais qui a dû accepter la médiation publique pour « civiliser » la #lutte_de_classes. Arrivé au pouvoir sans disposer d’une adhésion majoritaire à un programme qui renverse cet équilibre historique, le Président fait face à des #oppositions hétéroclites mais qui toutes rejettent son projet néolibéral, largement à contretemps des enjeux de l’époque. Le pouvoir n’a ainsi d’autre solution que de durcir la démocratie par un excès d’#autorité. Selon une méthode classique du néolibéralisme : de l’#épuisement de la société doit provenir son #obéissance.


    https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_guerre_sociale_en_France-9782348045790.html
    #économie #néolibéralisme #livre #Romaric_GODIN

  • Le mouvement ouvrier contre la “#préférence_nationale” (France, 1870-1914) | Le mensuel de #Lutte_Ouvriere
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2019/06/29/le-mouvement-ouvrier-contre-la-preference-nationale-france-1
    #nationalisme #internationalisme #lutte_de_classe #crise_sociale #crise_economique

    L’exposé ci-dessous a été présenté le 9 juin dernier à la fête de Lutte ouvrière, à Presles.

    Sommaire :
    – Une période de dépression et de mutations économiques
    – De la question sociale à la #question_nationale
    – Le #mouvement_ouvrier face aux divisions entre travailleurs
    – La bataille pour faire avancer les consciences ouvrières
    – La création de la #CGT, une étape importante

  • L’appel aux troupes ou le retour de la guerre sociale
    21 MARS 2019 PAR ROMARIC GODIN

    En replaçant l’armée dans les stratégies de maintien de l’ordre, le gouvernement renoue avec la logique de l’État du XIXe siècle. Une évolution logique compte tenu de sa politique économique et sociale, qui détricote l’État social issu de la Libération et du Conseil national de la résistance.

    L’utilisation massive de l’#armée dans des opérations de maintien de l’#ordre est une première en #France depuis 1948 lorsque le ministre de l’intérieur socialiste Jules Moch utilisa l’armée pour contraindre les mineurs à reprendre le travail. Ce fut la dernière fois, à l’exception notable (et qu’il ne faut évidemment pas oublier) des guerres coloniales où l’armée française fut mobilisée contre des #manifestants et même contre des émeutiers. Et ce n’est pas un hasard. C’est donc une longue tradition qui, ce week-end, va se fermer. Et cette tradition n’est pas étrangère au système économique et social qui a prévalu jusqu’ici en France.

    L’immédiat après-guerre est en effet marqué par un changement majeur en France. Avec l’application partielle du programme du Conseil national de la résistance (CNR), le pays cherche à apaiser la #lutte_de_classes par la construction d’un système de protection sociale fort et paritaire. Patronat et syndicats sont contraints à discuter et à gérer ensemble cette protection à laquelle contribuent salariés et employeurs. La lutte n’a certes pas disparu, notamment dans le domaine salarial. Mais l’enjeu salarial est relativisé par l’existence de « coussins de protection » auxquels chacun participe.

    En termes de maintien de l’ordre, ce système social a une conséquence directe : l’ordre qu’il faut défendre n’est plus celui d’un clan, d’une caste ou d’une classe. C’est celui de tous. Et dès lors, il ne saurait plus exister « d’ennemi de l’intérieur » dans le domaine social. Logiquement, l’armée, dont la fonction est de combattre un ennemi, ne peut être mobilisée pour maintenir l’ordre social. C’est dans ce cadre que le gouvernement provisoire de la République crée en 1944 les « compagnies républicaines de sécurité » (CRS), excluant de fait l’armée du maintien de l’ordre.

    Certes, le recours à la troupe en 1947 et 1948 se fait après la création de la sécurité sociale et des CRS. Mais c’est un fait alors exceptionnel à plus d’un titre. Ces grèves sont politiques et s’inscrivent dans la logique de la guerre froide. Alors que le président étasunien Harry Truman vient d’appeler, en mars 1947, au « containment » (« endiguement ») de l’influence soviétique, les grévistes peuvent alors apparaître, pour un Jules Moch, comme des « ennemis de l’intérieur ». De fait, une situation du même type a lieu, au même moment, en Italie. L’enjeu du maintien de l’ordre a été compris par le gouvernement français de l’époque comme un enjeu géopolitique, celui du maintien de la France dans le bloc occidental. Et ce fait pouvait justifier, sinon excuser, le recours à l’armée dans un cadre social qui, du reste, était naissant.

    Mais le caractère exceptionnel de ce recours se montre par le fait qu’à aucun moment, depuis, il n’a été de nouveau, jusqu’à ces derniers jours, question de la troupe pour assurer l’ordre social. En mai 1968, Charles de Gaulle, rencontrant le général Massu à Baden-Baden, a pu songer à briser ce tabou. Mais il s’en est bien gardé, choisissant, pour sortir de la crise, la voie politique, par la dissolution, et la voie sociale, par les accords de Grenelle. Il a préféré resserrer l’idée que l’ordre républicain devait avant tout s’appuyer sur la démocratie et la collaboration des classes sociales.

    Il n’en avait pas toujours été ainsi, loin de là. La France a longtemps été le pays de la bourgeoisie triomphante et dominante. En 1944, la France, malgré les avancées du Front populaire, est encore un pays extrêmement en retard sur le plan de la protection sociale. Jusqu’en 1864, la grève est interdite, de même que les syndicats jusqu’en 1884. À l’exception de l’épisode des deux restaurations (1814-1830), l’ordre, c’est alors l’ordre bourgeois. Et pour assurer cet ordre, on n’hésite pas à avoir recours à l’armée.

    C’est, du reste, la convention thermidorienne, formée de ceux qui ont fait tomber Robespierre, qui inaugure ce recours. La révolution de 1789 avait voulu également démilitariser le maintien de l’ordre, jusqu’ici assuré par les mercenaires du roi, avec la création de la garde nationale (qui n’hésita pas cependant à tirer sur le peuple au Champ-de-Mars, le 17 juillet 1791). Les Thermidoriens en appellent à l’armée nationale pour réduire les émeutes venant de la gauche comme de la droite. L’armée sauve la convention lors de l’insurrection populaire (de gauche) du 1er prairial an III (20 mai 1795), puis lors de l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an III (5 octobre 1795), où se distingua le jeune Napoléon Bonaparte. Les « centristes » d’alors, défenseurs des nouvelles classes dirigeantes acheteuses de biens nationaux, se maintiennent grâce à la troupe et le Directoire, avant de succomber au coup d’État de Brumaire, n’aura survécu que par la grâce de l’armée.

    Lorsque la bourgeoisie revient au pouvoir en 1830, elle a un recours massif – et sanglant – à l’armée pour le maintien de l’ordre. Les #émeutes parisiennes de 1832 (contées dans Les Misérables de Victor Hugo), de 1833 et de 1834, engagent la « ligne » (nom alors donné à l’infanterie). C’est aussi la troupe qui mate la #révolte des #Canuts en 1834. Un épisode rappelle alors le danger de la militarisation du maintien de l’ordre. Le 14 avril 1834, une patrouille de la ligne descend la rue Transnonain, actuelle rue Beaubourg. Au passage devant le numéro 12, un coup de feu claque et tue un soldat. Ses camarades, fous de rage, investissent le bâtiment et massacrent ses occupants, souvent encore dans leur sommeil. Il y aura douze victimes et l’épisode sera immortalisé par une gravure de Daumier. Mais la monarchie de Juillet n’a pas le monopole de ces recours à la troupe.

    Au début de la deuxième république, en juin 1848, les ouvriers révoltés dans l’est parisien contre la fin des ateliers nationaux qui les condamnent à la faim, sont écrasés par l’armée dirigée par le terrible général Cavaignac. L’intérêt défendu ici est clair : c’est la rente, l’obligation d’État dans laquelle la bourgeoisie investit sa fortune et qui était menacée par les dépenses sociales. Il y aura plusieurs milliers de morts. En #1871, c’est également l’armée qui mène la guerre contre la Commune. Il y aura plusieurs milliers de morts dans un épisode où se déchaînera la classe dominante qui n’aura de cesse d’appeler à la force militaire.

    La IIIe République entend changer de doctrine, en dépolitisant l’armée. Mais le régime d’alors est encore largement un centrisme bourgeois pour qui toute remise en cause de l’ordre social est un enjeu qui relève de l’armée. Cette dernière intervient encore régulièrement pour défendre les biens et le fonctionnement de l’économie. C’est le cas le 1er mai 1891 à Fourmies où les ouvriers du textile manifestent pour la journée de huit heures. La situation dégénère et le 145e de ligne tire à balles réelles, faisant 9 morts et 35 blessés.

    En 1906 et 1907, #Clémenceau recourt massivement à l’armée pour briser les #grèves et les #manifestations de viticulteurs du Sud-Ouest (qui s’étendent au reste de la population du Languedoc). La mutinerie du 17e de ligne en juin 1907 à Perpignan est une exception, mais elle deviendra un symbole de la lutte sociale grâce à une célèbre chanson « Gloire au 17e » ! où claquaient ces mots : « Vous auriez, en tirant sur nous, assassiné la République ! » Pour le reste, l’armée est utilisée – et avec des morts, là encore – en réponse à une demande profonde de la société. À cette dureté du pouvoir, qui refuse d’instaurer un système social à l’allemande et même un impôt sur le revenu (il faudra attendre 1914 et dans les faits les années 1920 pour qu’il soit instauré en France), répond un syndicalisme de combat frontal, celui de la CGT du congrès d’Amiens (1906). Les classes sont alors face-à-face et l’armée est au service d’un des deux combattants.

    Avec le drame de la Première Guerre mondiale et la conscription universelle, le recours à l’armée pour le maintien de l’ordre est plus délicat et accroît le risque de fraternisation. Les préoccupations des soldats et celles des ouvriers sont parfois les mêmes. Avec toute sa naïveté, « Gloire au 17e » annonçait un changement majeur. La lutte du « peuple » contre la « multitude » devient impossible. Elle est donc progressivement mise en retrait avec, en 1926, la création de la gendarmerie mobile. Parallèlement, l’État social français s’étoffe dans les années 1920, avec les premières assurances sociales et, dans les années 1930, avec le Front populaire. Le conflit social se démilitarise donc progressivement pour aboutir finalement à l’évolution de l’après-guerre.

    Le retour de la guerre sociale

    L’avènement d’un État social ne signifie certes pas la fin de la violence sociale et de la répression policière, loin de là. Mais il se traduit par l’idée que la lutte de classes n’est pas une lutte qui peut être militarisée. Elle ne peut plus l’être, parce que les classes sociales participent, en théorie, ensemble à la gestion de la société. Il n’est alors plus possible de voir dans le maintien de l’ordre une question de vie ou de mort pour l’État. Or, l’armée est une force de destruction au service de la défense de l’État. Si l’État appartient à tous, alors l’armée aussi appartient à tous et, dès lors, elle ne peut être l’arbitre des luttes entre intérêts sociaux parce qu’elle ne peut détruire ce qui la constitue. C’est alors la police, dont la fonction théorique n’est pas destructrice, qui est garante de l’ordre intérieur.

    À l’inverse, lorsque l’État est mis au service des intérêts d’une classe, il n’existe pas d’intérêt pour les oppositions à maintenir cet État et la défense de l’ordre devient existentielle. Elle implique donc que l’armée soit capable de détruire l’adversaire qui n’est pas perçu comme une partie de l’État. Il faut se souvenir de ce discours célèbre à l’Assemblée nationale d’Adolphe Thiers, en 1850, bien avant qu’il soit l’instrument de l’écrasement de la Commune. Pour justifier la nouvelle loi électorale, plus restrictive, il affirmait que « les amis de la vraie liberté, je dirais les vrais républicains, redoutent la multitude, la vile multitude, qui a perdu toutes les républiques ». Et le futur président de la République de préciser : « La France nous juge, elle sait la langue française, quoiqu’on la défigure bien indignement, elle sait ce que veut dire le peuple et ce que veut dire la multitude, elle comprendra mes paroles. Tant pis pour ceux qui veulent défendre la multitude, je leur laisse cet honneur, quelque nom qu’ils portent. Je leur laisse ce triste honneur ; ce n’est pas le peuple, le vrai peuple qui incendie les palais, les statues, égorge à Paris, qui verse le sang… »

    Ce propos est clair et il traversera tout le XIXe siècle français : le « peuple », soutien de l’État et de la liberté, s’oppose frontalement à une masse violente qu’il faut réduire et qui est hors de lui. Cet ennemi est un barbare, qui ne respecte pas les fondements de l’ordre social, donc de l’État qui le garantit. Il faut le contenir, comme il faut contenir un ennemi extérieur. L’armée s’impose donc dans cet exercice. C’est la traduction de la haine de classe.

    Mais, alors, que se passe-t-il aujourd’hui ? Les mots de Thiers prennent ici une actualité brûlante. On pourrait croire, style mis à part, les propos d’un membre de la majorité. Et ce n’est pas un hasard. Que fait en effet le gouvernement Philippe ? Il détricote l’État social issu du compromis de 1944, finalement largement accepté après l’échec des grèves de 1947-48 : l’État gère directement l’assurance-chômage et l’assurance-maladie et s’apprête à réduire les garanties de la retraite ; il privatise des activités d’intérêt général comme la Française des jeux et Aéroports de Paris ; en dépit du bon sens, il mène une politique fiscale largement favorable aux plus fortunés, sans contrepartie ; il promet des réductions de dépenses et un redimensionnement des services publics, de la santé au ferroviaire. Bref, il dynamite les fondements de la société de 1944. L’État redevient celui d’un groupe social, celui qui a intérêt aux « réformes structurelles ».

    Lundi 18 mars, lors du « grand débat des idées », Emmanuel Macron a mis en garde contre la confusion entre « l’extrême violence politique » et « ce que peuvent être les mouvements sociaux dans toute démocratie ». Mais cette distinction fait deux économies majeures. D’abord, elle identifie la violence politique à la dégradation de bâtiment à vocation commerciale et elle identifie donc la politique à un système économique. Ensuite, elle oublie que le mouvement des gilets jaunes est un mouvement social prenant acte de l’impasse des mouvements sociaux dans un contexte de réformes. Or, qui a dit qu’il ignorerait, quoi qu’il arrive, le mouvement social, sinon ce même chef de l’État ? La réalité est bien différente : en cherchant à détruire l’État social, Emmanuel Macron crée un rapport de force en faveur d’une partie de la société. Et cette privatisation conduit naturellement à une guerre sociale et à l’appel à la troupe. Comme en 1795, 1834 ou 1871. Bienvenue au XIXe siècle.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/210319/l-appel-aux-troupes-ou-le-retour-de-la-guerre-sociale?onglet=full

  • Sur le fil – ou la vie sauvage
    https://oulaviesauvage.blog/2018/12/18/sur-le-fil

    Les Gilets jaune, le Referendum d’initiative populaire (RIC), l’extrême droite, le populisme de gauche, et la lutte de classe. Un texte de Dimitris Alexakis sur le point de basculement actuel du mouvemet...

    Une victoire contre Macron ne sera obtenue que si, de l’intérieur du mouvement, les participant.e.s aux mobilisations travaillent à mettre en échec les tentatives de l’extrême-droite visant à le récupérer. Ce travail consiste aujourd’hui à renforcer ses revendications sociales.

    Orienter le mouvement sur des positions étrangères à la lutte de classes est manifestement la fonction, habile, du Référendum d’initiative citoyenne — habile dans la mesure où il s’agit d’une revendication démocratique. « Pourquoi, se demande un ami, opposer revendications démocratiques et sociales ? On veut les deux. » La question en cache peut-être une autre, plus délicate : comment s’opposer à l’extrême-droite si la pièce qu’elle avance présente toutes les garanties d’une revendication démocratique ? Autant, semblent penser certain.e.s, la prendre de vitesse sur ce point.

    Dans un communiqué de presse publié le 17 décembre, le groupe La France insoumise annonce qu’il déposera une proposition de loi afin d’inscrire le Référendum d’initiative citoyenne (RIC) dans la Constitution, et Edouard Philippe a déjà annoncé qu’un débat serait organisé en ce sens. Une telle complaisance, et à ce niveau, à l’égard d’une revendication provenant d’un mouvement que ce même gouvernement a par ailleurs réprimé de façon acharnée, devrait à tout le moins nous mettre en alerte.

    La lutte se mène sur le fil du rasoir et tout abandon d’une position de classes pourrait, comme l’écrit Yves Pagès dans un texte publié le même jour, s’avérer mortelle — en particulier pour celles et ceux que les annonces d’Emmanuel Macron ont laissé délibérément sur la touche, chômeuses, chômeurs, précaires, travailleuses et travailleurs pauvres, jeunesse des banlieues populaires.

    Le fait que la revendication du RIC ait quasiment éclipsé en l’espace de quelques jours les revendications sociales portées par le mouvement dans la période précédente ne doit sans doute rien au hasard.

    L’audience simultanée que recueillent les thèses d’Etienne Chouard auprès des Gilets Jaunes constitue un autre signe de cette menace et incite à la vigilance.

    Lors d’une assemblée toulousaine, une gilet jaune proposait récemment que la revendication du RIC soit adoptée par ce collectif local au détriment de toutes les autres, comme si la fonction du RIC était décidément de brader l’avancée sociale de ces dernières semaines. Face à ce cheval de Troie et à l’engouement qu’il suscite, la réponse peut être délicate, et il n’est pas certain qu’un rejet en bloc soit la solution la plus efficace. Les participant.e.s aux AG seraient peut-être plus avisé.e.s de dénoncer la manœuvre, de nourrir la discussion en produisant des éléments critiques, de mettre en cause le positionnement d’Etienne Chouard qui joue, en la matière, un rôle de défricheur, et d’exiger qu’une revendication institutionnelle ne soit pas affichée au détriment mais au bénéfice et en appui des revendications sociales (hausse du SMIC et des minimas sociaux, retour de l’ISF) — les seules qui aient jusqu’à présent fait trembler le gouvernement et déstabilisé l’extrême-droite.

    #gilets_jaune #lutte_de_classe #RIC #ectrême-drooite

  • Mathilde Larrère : « De tout temps, la révolte populaire s’est heurtée au mépris des élites »

    Du point de vue de l’histoire, le mouvement des Gilets jaunes ressemble-t-il à Mai 68 ? À l’insurrection de la Commune ? Aux prémices d’une révolution ? Interrogée par Reporterre, l’historienne Mathilde Larrère explique comment les Gilets jaunes s’inscrivent dans une « lignée de mouvements interclassistes ».

    L’historien manie la comparaison avec précaution. Car il faut être très attentif aux différences de contexte. Se révolter contre l’impôt sous l’Ancien Régime n’a rien à voir avec une révolte fiscale en 2018. Se révolter sous une dictature n’a rien à voir avec se révolter en démocratie. Une fois qu’on a dit ça, on peut réfléchir, et donc tirer des continuités avec des mouvements populaires qui se sont déroulés de l’Ancien Régime jusqu’à nos jours.

    Les Gilets jaunes s’inscrivent ainsi dans cette lignée de mouvements interclassistes, pas uniquement ouvriers, qui s’élèvent contre une situation de vie chère vécue comme injuste. Au XVIIIe siècle, la plupart des émeutes prérévolutionnaires avaient cette motivation : contre la faim, contre l’impôt injuste. Au XIXe siècle également, il y a eu de très nombreuses révoltes populaires dénonçant les inégalités.

    Deuxième continuité, dans toutes les périodes, la révolte s’est heurtée au discours de mépris social des élites. Le recours notamment au terme de « jacqueries » pour déconsidérer un mouvement. Les dominants refusent de reconnaître la capacité de politisation des acteurs révoltés. De la Révolution française jusqu’à nos jours, c’est le propre des pouvoirs libéraux que de nier cette question sociale… qui finit par s’imposer par la force, faute d’être entendue.

    Même si le contexte diffère, la question sociale s’invite régulièrement dans l’Histoire. Alors que le discours dominant ne pose les problèmes que de manière gestionnaire, économique, ce qui monte, c’est le social. Comment on vit, comment on s’en sort. Avec les Gilets jaunes, ce n’est pas tant la question écologique que l’injustice sociale qui a éveillé la colère. J’ai vu un tag qui disait : « L’écologie c’est la guerre aux pauvres ». Dans un monde néolibéral, quand les mesures sont injustement réparties, c’est vrai.

    #gilets_jaunes #lutte_de_classe #écologie

  • Contre le chaos de l’impérialisme en putréfaction, le programme de lutte de la classe ouvrière |
    Le mensuel de #Lutte_Ouvrière
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2018/09/16/contre-le-chaos-de-limperialisme-en-putrefaction-le-programm

    Il y a un lien profond, organique, entre les différents événements d’une situation mondiale chaotique, aussi bien dans son économie que dans les relations internationales et dans l’évolution politique des puissances impérialistes, et jusque dans l’incapacité de l’humanité à faire face aux conséquences écologiques de sa propre activité, du réchauffement de la planète à la transformation des océans en poubelles.

    – Lutte entre capitalistes pour la plus-value…
    – … sur fond de guerre de classe impitoyable contre les exploités
    – Les conflits militaires, manifestation des guerres économiques
    – La nécessité d’un programme de classe pour les exploités et d’un parti pour l’incarner

    #crise #imperialisme #capitalisme #lutte_de_classe

    #podcast https://audio.lutte-ouvriere.org/audiolo/podcast/ldc

  • Du Féminisme illustré - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/du-feminisme-illustre-brochure-3323
    https://paris-luttes.info/home/chroot_ml/ml-paris/ml-paris/public_html/IMG/arton3323.jpg?1432910598

    Les éditions Blast & Meor ont publié en 2015 leur première brochure, une petite lecture à emporter en vacances. La première partie est constituée de l’article « Le Féminisme illustré ou Le Complexe de Diane » paru dans le journal Le Fléau social en 1974. Il est suivi d’un long entretien avec Constance Chatterley (qui signe l’article), réalisé en janvier 2015 à Paris.

    Extrait 1 (1974) : Ce n’est pas le mouvement révolutionnaire masculin qui a absorbé le féminin, c’est la société capitaliste qui les a absorbés tous les deux. Les mouvements antérieurs n’ont pas échoué parce qu’ils ont négligé les femmes. Ils ont négligé les femmes - et le reste - parce qu’ils ont échoué. Trompées, les femmes n’ont pas été les seules. Elles ont servi de masse de manœuvre à autre chose que leur émancipation, exactement comme le prolétariat dans son ensemble. Et c’est ce qui se reproduira, pour les unes et les autres, si les prolétaires n’attaquent pas les bases de la société dans les prochains mouvements.

    Extrait 2 (2015) : La notion de genre, c’est ce qui aide la société, c’est-à-dire un peu tout le monde, du journaliste à la prof de collège en passant par la mère de famille, à penser les rapports homme/femme quand ils cessent d’apparaître naturels, fixes, allant plus ou moins de soi. Avant on parlait de « nature » pour se résigner à l’inégalité des sexes, maintenant on parle de « genre » pour croire qu’on peut la réduire. Finalement, ce que dit le concept de genre, c’est qu’il n’y a pas de nature humaine, donc pas de nature masculine ni féminine. Franchement, je le savais déjà, et vous aussi.

    C’est le prétexte pour revenir de manière forcément critique sur 40 années d’évolution de la société française et du capitalisme. On y aborde plus ou moins dans le désordre : féminisme, homosexualité, militantisme, communauté et identité, sexe et genre, domination et exploitation, lutte de classe, révolution, communisme, et cinéma.

    #féminisme #genre #lutte_de_classe #mouvement_révolutionnaire

  • La lutte d’ensemble du monde du travail est une nécessité | #éditorial de #LO
    https://www.lutte-ouvriere.org/editoriaux/la-lutte-densemble-du-monde-du-travail-est-une-necessite-97639.html #lutte_de_classe #ordonnances #regression_sociale #macron

    Extrait :

    Depuis le mois de septembre, il y a eu des journées d’action où le monde du travail a été appelé à faire entendre sa protestation. À chaque fois, il y a eu des grèves et des manifestations. En plus de ces journées, plusieurs catégories de travailleurs se sont mobilisées contre cette politique gouvernementale : ceux de la Fonction publique, les routiers, les dockers et d’autres encore. Le gouvernement a dû concéder aux routiers puis aux dockers que ses ordonnances ne s’appliqueront pas à eux. Leurs conventions collectives resteront la base de leurs contrats de travail.

    Cela n’empêche pas le grand #patronat, le gouvernement et les médias qui relaient leur point de vue de ricaner sur le fait qu’il n’y a pas eu de #mobilisation_ouvrière d’ampleur capable de leur faire vraiment peur. Ils peuvent rire, mais tôt ou tard, une de leurs provocations, une des plus marginales peut-être, allumera la mèche de l’explosion sociale.

    Leur « ouf » de soulagement après chaque journée d’action syndicale montre qu’ils craignent la réaction ouvrière. C’est cette crainte qui est la cause, dans toutes les entreprises, des mesures répressives et vexatoires qui visent à intimider les travailleurs. Le patronat voudrait casser ceux qui relèvent la tête car il sait que l’aggravation de l’#exploitation peut provoquer des révoltes sociales.

    Le grand patronat et le gouvernement voudraient que la classe ouvrière soit à leurs pieds, obéissante, matée. Car ils savent que collectivement elle représente une force immense qui peut mettre en échec tous leurs projets. Pour l’instant, notre force collective ne s’est pas réellement manifestée et nos adversaires le savent. Il ne s’agit pas d’être optimiste ou pessimiste en se demandant quand viendra une réaction générale du camp des travailleurs. Ce genre de mouvement surprend tout le monde quand il surgit, à commencer par ceux qui se révoltent.

    La moindre réaction collective à l’échelle d’une entreprise, les petits débrayages ou les journées d’action, toutes ces mobilisations font partie d’un combat général entre le camp des travailleurs et celui de la bourgeoisie. Quand la nécessité d’unir nos forces s’imposera, nous ferons reculer nos ennemis bien au-delà de ce qui peut apparaître possible aujourd’hui.

  • Grenzen der Verhandlungsdemokratie / Bolivien. Mit der Ermordung des Vizeinnenministers durch Bergarbeiter eskaliert die Auseinandersetzung zwischen der Regierung und den sozialen Bewegungen
    http://www.jungewelt.de/m/artikel/293723.grenzen-der-verhandlungsdemokratie.html
    A propos des conflits de classe au sein de coopératives minières.

    Die wenigsten bolivianischen Minenarbeiter, die in Kooperativen arbeiten, sind echte Genossenschafter. Vielfach werden sie unter extremen Bedingungen von den Eigentümern ausgebeutet.

    Eine Regierung der sozialen Bewegungen ist ein Widerspruch in sich. Damit lebt Bolivien seit Beginn der Amtszeit von Präsident Evo Morales. Morales selbst wurde im Januar 2006 als Anführer einer solchen – der Gewerkschaft der Kokabauern – Staats- und Regierunsgchef. Im Bündnis mit anderen Organisationen errang er mit 54 Prozent der Stimmen einen für bolivianische Verhältnisse überwältigenden Wahlsieg. Seine Partei, der »Movimiento al socialismo« (MAS, Bewegung zum Sozialismus), ist bis heute ein Sammelbecken von Aktivisten und Funktionären aus verschiedenen Gewerkschaften und Verbänden. Seit 2006 haben sich jedoch einige der Verbündeten von einst abgewandt. Sie werfen der Regierung vor, das eigene Projekt einer Neugründung Boliviens verraten zu haben.

    Die Situation im Land ist angespannt. Erstmals verlor der MAS im Frühjahr eine landesweite Abstimmung. Es ging darum, ob Morales und sein Vizepräsident Álvaro García Linera bei der nächsten Präsidentschaftswahl 2019 erneut antreten dürfen. Und Ende August ist der Vizeinnenminister Rodolfo Illanes von Mitgliedern der Nationalen Vereinigung der Bergbaukooperativen »Fencomin« ermordet worden. Er wollte die protestierenden Bergarbeiter zu Verhandlungen mit der Regierung bewegen. Bei der Konfrontation starben auch fünf Bergleute. Vier von ihnen wurden vermutlich von Polizeikugeln getroffen. Die bolivianische Generalstaatsanwaltschaft hat mittlerweile Anklage gegen den Vorsitzenden der »Fencomin« erhoben. Ähnliche Konflikte gab es auch bereits in der Vergangenheit. So war der Außenminister im Zuge von Protesten gegen den Bau einer Straße vor einigen Jahren von Protestierenden festgesetzt worden. Der Mord an einem Vertrauten von Morales steht aber für eine neue Qualität der politischen Auseinandersetzung in Bolivien.

    Der Aufstieg von Morales und seiner Partei sind in der Geschichte des Landes beispiellos. Keiner seiner Vorgänger amtierte so lange wie Morales. Er ist neben dem 2013 verstorbenen ehemaligen venezolanischen Präsidenten Hugo Chávez einer der wichtigsten Köpfe der Linkswende in Lateinamerika. Durch die Verstaatlichung der Öl- und Gasvorkommen und die Umverteilung der Gewinne aus dem Rohstoffhandel hat sich die soziale Lage im Land seit 2006 verbessert. Die öffentlichen Ausgaben sind um 750 Prozent gestiegen. Die Regierung handelt nach der seit 2009 in der Verfassung verankerten Maxime, dass die Gewinne aus der Rohstoffausbeutung dem Volk zugutekommen sollen. Auch die jüngsten Auseinandersetzungen hängen damit zusammen.

    Ende August hat die Regierung bekanntgegeben, dass der Anteil der Bevölkerung, der unter extremer Armut leidet in den vergangenen zehn Jahren von 32,8 auf 16,8 Prozent fast halbiert worden ist. Am Ende von Morales’ Amtszeit 2020 soll er auf unter zehn Prozent reduziert worden sein, kündigte der Präsident an. Auch der Abstand zwischen Arm und Reich ist geschrumpft. Hatten die reichsten zehn Prozent der Bevölkerung 2005 noch 128 mal soviel Vermögen wie die ärmsten zehn Prozent, waren es 2015 nur noch 37 mal so viel. Das Bruttosozialprodukt verdreifachte sich zwischen 2005 und 2013.1
    Konflikt mit Bergbaukooperativen

    Die in der Vereinigung »Fencomin« zusammengeschlossenen Bergbaukooperativen gehörten von Anfang an zu den Unterstützern der Regierung. Die »Mineros« (Bergleute) hatten am eigenen Leib erfahren, welche Folgen die Politik der Privatisierung, der Kürzung von Sozialleistungen und des Ausverkaufs an ausländische Investoren mit sich bringt, die in den 80er Jahren in Bolivien durchgesetzt wurde. Als die staatliche Minengesellschaft »Comibol« in dieser Zeit viele ihrer Bergwerke schließen musste, weil sich der Abbau der Mineralien nicht mehr lohnte, verloren die Bergleute ihre Existenzgrundlage. Einige von ihnen erkämpften mit Protesten und Blockaden den Zugang zu den Bergwerken, um die Rohstoffe auf eigene Rechnung zu fördern.

    Die »Mineros« schlossen sich zu Kooperativen zusammen. Viele ihrer Mitglieder arbeiten unter prekären Bedingungen und verdienen schlecht. Manche Kooperativen aber sind aufgrund guter Erträge zu großen Unternehmen geworden. In diesen ist über die Zeit eine Hierarchie entstanden, denn besonders die wohlhabenden Kooperativenmitglieder beschäftigen viele weitgehend rechtlose Leiharbeiter. Der Grund dafür ist, dass einige einen ertragreichen Minenabschnitt zugeteilt bekommen haben und in den Jahren hoher Rohstoffpreise reich geworden sind, so dass sie kaum noch selbst arbeiten müssen. Andere hatten weniger Glück.2

    Der ehemalige Vizeinnenminister Rafael Puente meinte 2014: »Die genossenschaftlichen Bergleute haben nichts zu tun mit Kooperativen. In Wirklichkeit sind sie Unternehmen, deren Besitzer die sogenannten Partner sind (und nicht einmal alle von ihnen), die eine große Zahl an Arbeitern führen und ausbeuten, die keine soziale Sicherheit haben, keine Arbeitssicherheit, keine Pensionsfonds, nichts. Ganz zu schweigen von Frauen- und Kinderarbeit in dem Sektor.«3

    In den bzw. für die Kooperativen arbeiten nach Angaben von Puente etwa 119.000 Bergleute, während private Unternehmen 8.000 und staatliche rund 7.500 »Mineros« beschäftigen. Sie liefern sich teilweise erbitterte Kämpfe um Schürfrechte. So kam es im Jahr 2006 in Huanuni zu teils bewaffneten Auseinandersetzungen zwischen Mitarbeitern der Kooperativen und solchen der staatlichen Minengesellschaft »Comibol«. 16 Menschen starben durch Scharfschützen. Nach Verhandlungen wurde die Mine verstaatlicht.
    Interessenausgleich

    Die Kooperativen blieben in den vergangenen zehn Jahren ein Faktor im politischen Leben Boliviens. Im ersten Kabinett von Evo Morales amtierte einer ihrer Vertreter als Bergbauminister. Die nach außen wie Verteilungskämpfe unter Minenarbeitern wirkenden Verteilungskämpfe treten mit Abständen immer wieder auf, verbunden mit Streiks und Blockaden ganzer Städte – einer in Bolivien üblichen Protestform. 2012 entbrannte in Colquiri ein Streit um eine ertragreiche Ader. Arbeiter der privat betriebenen Mine gerieten in Opposition zu genossenschaftlich organisierten Bergleuten, weil beide Seiten die Ader ausbeuten wollten. Die gewerkschaftlich organisierten Bergleute eines multinationalen Konzerns standen zunächst im Konflikt sowohl zum Staat als auch zu den Genossenschaften. Diese wiederum schlossen einen Vertrag mit dem Konzern ab und traten damit in Konkurrenz zu dessen Angestellten. Um den Konflikt zu lösen, verstaatlichte die Regierung die Mine und der Staatskonzern »Comibol« einigte sich mit den Kooperativen über die Sicherung ihres Anteils.

    Eine solche Form der Konfliktschlichtung durch Interessenausgleich, wie sie in Bolivien unter Morales üblich ist, hat allerdings ihre Grenzen. Das gilt besonders, wenn die Vertreter sozialer Bewegungen rücksichtslos ihre Partikularinteressen gegen die mit dem Allgemeinwohl argumentierende Regierung durchsetzen wollen, die sich ja selbst als eine »Regierung der sozialen Bewegungen« versteht: ein Widerspruch.

    Auch der aktuelle Streit spielt sich zwischen Regierung und organisierter sozialer Bewegung ab. Nach der Verabschiedung eines Kooperativengesetzes dürfen die Bergbaugenossenschaften keine Verträge mehr mit ausländischen Investoren ohne die Zustimmung der Regierung unterzeichnen. Schließlich gehörten die Rohstoffe des Landes allen Bolivianern. In der Verfassung von 2009 allerdings wird den Genossenschaften ein Sonderrecht eingeräumt, dort heißt es: »Der Staat anerkennt und respektiert die vorbestehenden Rechte der Bergbaukooperativen wegen ihres sozial-produktiven Charakters.«4 Neben dem Recht, eigenständig Verträge zu schließen, fordert der Verband »Fencomin« in den aktuellen Protesten auch kostenlose Energieversorgung sowie die Aufhebung von Umweltauflagen und spricht sich dagegen aus, dass sich die eigenen Arbeiter gewerkschaftlich organisieren dürfen. Schließlich gebe es in den Kooperativen keinen Interessengegensatz zwischen Kapital und Arbeit.

    Zusammengefasst handelt es sich also um einen Konflikt um den Zugang zu Bodenschätzen und die Verteilung der Gewinne aus dem Handel mit Rohstoffen, um einen klassischen kapitalistischen Konflikt zwischen einer organisierten Interessengruppe und der Regierung. Einen solchen gab es im Juli 2016 auch mit dem Gewerkschaftsdachverband »Central Obrera Boliviana« (COB), nachdem eine staatliche Textilfabrik wegen fehlender Profite geschlossen und 850 Menschen von einem auf den anderen Tag entlassen worden waren. Staatliche Unternehmen müssten Gewinne machen, äußerte Evo Morales. Während die meisten der Arbeiter einer Abfindung zustimmten, forderte ein Teil die Weiterbeschäftigung in einem neu gegründeten Staatsunternehmen. Es kam zu den ersten landesweiten Streiks seit drei Jahren. Die Regierung setzte sich mit den Arbeitern an den Verhandlungstisch. Eine Lösung steht noch aus.
    Kritik von links

    In den vergangenen zehn Jahren ist es dem Kabinett Morales in fast allen Fällen gelungen, auf dem Verhandlungsweg Lösungen zu finden. Proteste auf der Straße sind dabei stets die Begleitmusik gewesen. Angesichts der schwierigen Situation der lateinamerikanischen Linken, die sich auch in Venezuela oder Brasilien in der Defensive befindet, kommen die derzeitigen Proteste für Evo Morales aber zur Unzeit.

    Selbst wenn die Bergleute von der rechten Opposition in Verbindung mit den USA beeinflusst worden sein sollten, wie der Präsident mutmaßt – Beispiele dafür gab es in der Vergangenheit durchaus –, verweist doch der Konflikt auf die spezifischen Probleme der Neugründung Boliviens. Die Niederlage bei der Abstimmung im Februar über die Möglichkeit einer erneuten Wiederwahl des Präsidenten verdeutlicht, Morales ist nicht mehr unangefochten. Zumal die Regierung erst jüngst ein Korruptionsskandal erschütterte. Ausgerechnet beim für Entwicklungsprojekte aufgelegten »Indigenen-Fonds« standen einige Projekte lediglich auf dem Papier. Regierungsmitglieder und staatliche Bedienstete steckten sich das Geld in die Taschen.

    Der MAS wird von vielen Seiten kritisiert. Er agiere undemokratisch, ohne Einbeziehung der Bevölkerung und konzentriere die politische Macht, bemängelte etwa der Philosoph und Politikwissenschaftler Luis Tapia. Von einer Neugründung Boliviens könne längst keine Rede mehr sein, da die weitreichende Verfassung nicht umgesetzt werde. In der Regierungspartei sammelten sich Karrieristen, die nur in den MAS eingetreten seien, um Posten im Staat oder in staatlichen Unternehmen zu halten oder zu bekommen.5 Vor diesem Hintergrund sind die Forderungen des Vorsitzenden des Gewerkschaftsdachverbandes COB nach weiteren Verstaatlichungen durchaus problematisch. Unter den gegebenen Bedingungen brächten sie neue Probleme mit sich. Mit ihnen entstünde mehr Bürokratie, ein Einfallstor für Korruption und Klientelismus, was wiederum die Legitimität von Kabinett und Regierungspartei schwächen würde. Außerdem könnten die vorgeschlagenen Verstaatlichungen in der Industrie, im Bergbau und der Erdöl- und Erdgasförderung dazu führen, dass die verschiedenen gewerkschaftlichen Bewegungen sich mit ihren Forderungen verstärkt an die Regierung wendeten. Das derzeitige System, das sich in Richtung Staatskapitalismus bewegt, würde verfestigt. Eine sozialistische Perspektive aber erfordert andere als klassisch sozialdemokratische Politikformen, wie sie derzeit von Morales und seinen Ministern vertreten werden.
    Revolution von unten

    Zu Beginn der Amtszeit von Evo Morales war von einer demokratisch-kulturellen Revolution die Rede. Die Grundlage hierfür bildete die kommunitär-gemeinschaftliche Tradition Boliviens. Diese »Communidad« strahlt ausgehend von ländlichen Regionen auf die Stadt und die verschiedenen Bewegungen aus.6 Eine Regierung mit Bezug auf die »Communidad« könnte die Verhältnisse in einem revolutionären Prozess umgestalten, wie die argentinische Philosophin Isabel Rauber schon 2007 im Hinblick auf Venezuela und Bolivien schrieb:

    »Wenn auch das Gewicht des bürokratischen und oligarchischen Staates zunächst überwiegt, so lehren die Erfahrungen, dass es möglich ist, sich darüber hinwegzusetzen und das zu tun, was getan werden muss, um die eigenen Kräfte aufzubauen, zu entwickeln und zu stärken: die Beteiligung des Volkes als Protagonist in diesem Prozess und damit den Aufbau der Macht des Volkes, was zugleich das Erwachsen des kollektiven Akteurs ist, seiner revolutionären Bewusstheit und Organisation.«7

    Die Gefahr, dass es statt dessen durch die Re­organisation des Staates, der in den 80er Jahren abgebaut wurde, zu einer Restitution des Bürokratismus sowie einer neuen Form von Oligarchie kommt, die sich mit dem MAS als Staatspartei verbindet, ist real.

    Um die Beziehungen zwischen Regierung und Bevölkerung, organisiert in den verschiedenen sozialen Bewegungen, auf eine neue Ebene zu heben, wären neue Politikformen nötig. Wenn die Regierung die Kooperativen unter ministerielle Kontrolle stellt, wie eine Woche nach dem Mord an Vizeminister Illanes geschehen, dann ist das zwar durchaus verständlich, geht es ihr, wie sie erklärte, doch darum, richtige Kooperativen von falschen zu scheiden, die in Wirklichkeit Unternehmen seien. Das Ziel, die Rechte der Arbeiter zu stärken, könnte aber auch auf eine andere Weise erreicht werden als allein durch die Anwendung des Allgemeinen Arbeitsgesetzes auf die Kooperativen. Würde sich der MAS als kollektiver Organisator eines Transformationsprozesses verstehen und nicht, überspitzt gesagt, als Türöffner für Staatsposten agieren, könnte sie die beschriebenen Klassenwidersprüche in den Kooperativen aufgreifen. Die Regierungspartei könnte den lohnabhängigen Bergleuten in einem Kampf um ein kooperativ-solidarisches System zur Seite stehen.

    Eine Regierung, die einen solchen Charakter annimmt, würde sich in einem Prozess weg von bürokratischen hin zu sozialistischen Verhältnissen bewegen, die sie gemeinsam mit den verschiedenen Gruppen in der Bevölkerung entwickelt. Die Regierung könnte einen solchen Prozess durch geeignete Rahmenbedingungen flankieren, etwa in der Form, dass echte Kooperativen bei Gründung und Aufbau unterstützt werden. Solange nur Teile der Wirtschaft kooperativ organisiert sind und es keinen Zusammenschluss von Produzenten und Konsumenten gibt, müsste die Regierung dafür sorgen, dass die Kooperativen keine Sonderrechte geltend machen können, sondern nach und nach Teil einer die gesamte Gesellschaft umfassenden sozialistischen Gemeinwirtschaft werden.

    Der marxistische Theoretiker Karl Korsch (1886–1961) hat einen solchen Prozess hin zu einer vollkommenen Form der Vergesellschaftung vor knapp hundert Jahren als »Industrielle Autonomie« bezeichnet: »Industrielle Autonomie besteht darin, dass in jeder Industrie (›Industrie‹ hier im Sinne des englischen ›industry‹, also jede planmäßige wirtschaftliche Betätigung, einschließlich der Landwirtschaft) als Ausüber der Herrschaft über den Produktionsprozess an die Stelle des bisherigen Privateigentümers oder der von ihm eingesetzten Produktionsleiter die Vertreter aller arbeitenden Produktionsbeteiligten treten, während gleichzeitig die schon dem privatkapitalistischen Eigentum an den Produktionsmitteln durch die staatliche ›Sozialpolitik‹ aufgenötigten Einschränkungen des Eigentums zu einem effektiven Obereigentum der Gesamtheit weiter entwickelt werden.«8

    Die Voraussetzungen für eine solche Alternative zur derzeitigen sozialdemokratischen Umverteilungs- und Verstaatlichungspolitik sind so schlecht nicht, ist doch die Regierung weiterhin in der Hand des MAS. Sie könnte in einer Art Doppelherrschaft von oben und unten die Veränderung der Verhältnisse vorantreiben und so wieder zu einer revolutionären Kraft werden. Aber auch die sozialen Bewegungen müssen ihren Kurs ändern und ihre Interessen stärker mit einer allgemeinen sozialistischen Perspektive vermitteln, um sich letztlich in ein neues, die Bedürfnisse aller befriedigendes sozialistisches Gemeinwesen aufzuheben.

    Anmerkungen

    1 http://www.telesurtv.net/english/news/Bolivia-Has-Cut-Extreme-Poverty-in-Half-Since-2006-20160830-0021.html u. http://www.telesurtv.net/english/telesuragenda/10-Years-of-Evo-Morales-20151021-0015.html

    2 Vgl. Frederik Caselitz: Kooperativen ohne Kooperation, in: ila. Zeitschrift der Informationsstelle Lateinamerika, https://www.ila-web.de/ausgaben/362/kooperativen-ohne-kooperation

    3 http://www.paginasiete.bo/opinion/2014/4/4/cria-cuervos-17950.html

    4 Politische Verfassung. Plurinationaler Staat Bolovien (2009), http://www.bolivia.de/fileadmin/Dokumente/Presse-Medien_Dt%2BSp/Interessante%20Dokumente/CPE_aleman.pdf

    5 Interview mit Luis Tapia, in: Ulrich Brand (Hg.): Lateinamerikas Linke. Ende des progressiven Zyklus?, Hamburg 2016, S. 44 f.

    6 Vgl. Silvia Riviera-Cusicanqui: Der Aufbau neuer gesellschaftlicher Kräfteverhältnisse. Erfahrungen in Bolivien. Die indigene Bewegung und die Linke, in: Wahlergebnisse in Lateinamerika – neue Perspektiven für die Linke, Berlin 2006, S. 15–31. (Pankower Vorträge, H. 97)

    7 Isabel Rauber: Die demokratisch-kulturelle Revolution. Betrachtungen aus Lateinamerika, in: Utopie Kreativ (2007), H. 206, S. 1119

    8 Karl Korsch, Was ist Sozialisierung? Ein Programm des praktischen Sozialismus, in: ders.: Gesammelte Schriften, Bd. 2, Frankfurt a.M. 1980, S. 118

    #Bolivie #lutte_de_classes #politique

  • Oskar Lafontaine, James Madison et Friedrich August von Hayek
    http://www.jungewelt.de/m/2016/02-20/013.php


    Oskar Lanfontaine cite James Madison dans son discours pour la conférence permanente du Plan B en Europe.

    Nach dem Zweiten Weltkrieg wurde der Traum von einem vereinten Europa, den Victor Hugo auf der Pariser Friedenskonferenz am 21. August 1849 geboren hat, wieder lebendig. Die Menschen wollten endlich Frieden, sie wollten Demokratie, Wohlstand und soziale Sicherheit.

    Das heutige Europa ist nicht das Europa Victor Hugos, sondern das Europa, das der Säulenheilige des Neoliberalismus, Friedrich August von Hayek, entworfen hat. Internationale Verträge, so seine Idee, sollten sicherstellen, dass das Wirken der Marktkräfte nicht durch demokratische Entscheidungen behindert werden könne. Das ist der Geist, der die europäischen Verträge und die transatlantischen Verträge wie TTIP bestimmt. Es ist derselbe Geist, der schon die Gründerväter der Vereinigten Staaten leitete: » The Primary function of Goverment is to protect the minority of the opulent from the majority of the poor .« »Die vorrangige Funktion einer Regierung ist es, die Minderheit der Reichen vor der Mehrheit der Armen zu schützen«, sagte James Madison, einer der Gründerväter der amerikanischen Verfassung.

    Je connaissais le célèbre dicton de Waren Buffet , mais je suis surpris par ces mots énoncés sans ambiguïté par l’auteur de la constitution de 1776 qui promet le bonheur à chacun.

    Quand on regarde la phrase dans son contexte elle est encore plus révélatrice.
    http://politics.stackexchange.com/questions/8793/what-did-james-madison-try-to-say-when-talking-about-agraria

    In 1787, James Madison, the fourth President of the United States, traditionally regarded as the Father of the United States Constitution, in the debates on Constitution, declared the following:

    “The man who is possessed of wealth, who lolls on his sofa or rolls in his carriage, cannot judge the wants or feelings of the day-laborer. The government we mean to erect is intended to last for ages. The landed interest, at present, is prevalent; but in process of time, when we approximate to the states and kingdoms of Europe, — when the number of landholders shall be comparatively small, through the various means of trade and manufactures, will not the landed interest be overbalanced in future elections, and unless wisely provided against, what will become of your government? In England, at this day, if elections were open to all classes of people, the property of landed proprietors would be insecure. An agrarian law would soon take place. If these observations be just, our government ought to secure the permanent interests of the country against innovation. Landholders ought to have a share in the government, to support these invaluable interests, and to balance and check the other. They ought to be so constituted as to protect the minority of the opulent against the majority. The senate, therefore, ought to be this body; and to answer these purposes, they ought to have permanency and stability.”

    Après la lecture de ce classique on comprend mieux les textes modernes :

    Why It’s Impossible to Indict a Cop
    http://www.thenation.com/article/why-its-impossible-indict-cop

    SCOTUS and the license to kill

    Chapter 563 of the Missouri Revised Statutes grants a lot of discretion to officers of the law to wield deadly force, to the horror of many observers swooping in to the Ferguson story. The statute authorizes deadly force “in effecting an arrest or in preventing an escape from custody” if the officer “reasonably believes” it is necessary in order to “to effect the arrest and also reasonably believes that the person to be arrested has committed or attempted to commit a felony…or may otherwise endanger life or inflict serious physical injury unless arrested without delay.”

    But this law is not an outlier, and is fully in sync with Supreme Court jurisprudence.

    The feeling of being under occupation by an armed force that cares more about meeting revenue quotas than public security corrodes all trust in law enforcement, and is the sort of environment in which police are more likely to open fire.

    The state of emergency that Missouri governor Jay Nixon declared on November 17 seems all too likely to encourage the police overkill, both petty and heavily militarized, that shocked the world over the summer, when much of the state’s use of force against demonstrators was of dubious legality.

    Malheureusement ces observations ne se limitent pas aus États-Unis. Quand on ouvre le livre Les Raisins de la colère , on y rencontre des déscriptions qui ressemblent trop à la situation des réfugiés en route pour l’Europe aujourd’hui. Pourvu que les peuples d’Europs sachent les acceuillir autrement que les carliforniens chez Steinbeck.

    The Theos Project : The Grapes of Wrath by John Steinbeck
    http://theosproject.blogspot.de/2010/05/grapes-of-wrath-by-john-steinbeck.html?m=1

    They are heading west! To California! They know there is work in California, because they have handbills that say so—printed handbills—handbills that say there is a need for workers: fruit pickers and farm hands. Why, a fella’ could work for a while, picking oranges and grapes, then buy himself a nice plot of land. Those handbills wouldn’t have been printed out if there were no jobs. That’d just be a waste of money.

    So the Joes follow the handbills to California. It’s a difficult journey. Grandma and Grandpa die, and some desert the family when times get tough.

    When they arrive in California, things go from bad to worse. There are no jobs in California. The land owners printed the handbills in order to flood the state with desperate, hungry workers. With a massive surplus of labor, land owners can hire workers to work for food, or in some cases for less than enough to feed a family. The plan works great for the land owners. The only problem is that there are now hundreds of thousands migrant workers hungry and virtually homeless.

    Les autre se disent que ce n’est pas grave, le système fonctionne même si pour nous il est kaputt .

    The system is working fine - AMERICAblog News
    http://americablog.com/2015/10/system-working-fine.html

    “The system is broken” can be cut-and-pasted into speeches about wealth inequality, racist police terror, regulatory laxity, and nearly every other problem politicians claim to have an answer to. Unfortunately for speechwriters everywhere, the slogan demonstrates a fundamental misunderstanding of the American system’s purpose. The system isn’t broken; it’s working exactly as intended.

    The system does not exist for the people. It never has. James Madison, one of the most prominent framers of the new republic, declared at the secretly-held constitutional convention of 1787 that the primary function of the American government was “to protect the minority of the opulent against the majority.”

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    source de la citation de James Madison :
    Notes of the Secret Debates of the Federal Convention of 1787, Taken by the Late Hon Robert Yates, Chief Justice of the State of New York, and One of the Delegates from That State to the Said Convention , TUESDAY JUNE 26TH, 1787, The Avalon Project, Documents in Law, History and Diplomacy, Lilian Goldman Law Library, Yale Law School, http://avalon.law.yale.edu/18th_century/yates.asp

    #propagande #USA #libéralisme #lutte_de_classes #rêve_américan

  • Anti-dreyfusards, va-t-en-guerre, pétainistes, colonialistes : les socialistes sont restés fidèles à leur histoire
    http://endehors.net/news/anti-dreyfusards-va-t-en-guerre-petainistes-colonialistes-les-socialistes-

    Lu sur BiblioObs : "L attitude du gouvernement vis-à-vis des immigrés s inscrit dans « une tradition socialiste » de fourvoiement en période de crise politique et morale. Par Shlomo Sand. Lire la suite ici — Actualité