• La #guerre_sociale en #France. Aux sources économiques de la #démocratie_autoritaire

    La tentation d’un #pouvoir_autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans le projet économique du candidat #Macron.
    Depuis des décennies, la #pensée_néolibérale mène une guerre larvée contre le #modèle_social français de l’après-guerre. La #résistance d’une population refusant des politiques en faveur du capital a abouti à un modèle mixte, intégrant des éléments néolibéraux plus modérés qu’ailleurs, et au maintien de plus en plus précaire d’un compromis social. À partir de la crise de 2008, l’offensive néolibérale s’est radicalisée, dans un rejet complet de tout équilibre.
    Emmanuel Macron apparaît alors comme l’homme de la revanche d’un #capitalisme français qui jadis a combattu et vaincu le #travail, avec l’appui de l’#État, mais qui a dû accepter la médiation publique pour « civiliser » la #lutte_de_classes. Arrivé au pouvoir sans disposer d’une adhésion majoritaire à un programme qui renverse cet équilibre historique, le Président fait face à des #oppositions hétéroclites mais qui toutes rejettent son projet néolibéral, largement à contretemps des enjeux de l’époque. Le pouvoir n’a ainsi d’autre solution que de durcir la démocratie par un excès d’#autorité. Selon une méthode classique du néolibéralisme : de l’#épuisement de la société doit provenir son #obéissance.


    https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_guerre_sociale_en_France-9782348045790.html
    #économie #néolibéralisme #livre #Romaric_GODIN

  • L’appel aux troupes ou le retour de la guerre sociale
    21 MARS 2019 PAR ROMARIC GODIN

    En replaçant l’armée dans les stratégies de maintien de l’ordre, le gouvernement renoue avec la logique de l’État du XIXe siècle. Une évolution logique compte tenu de sa politique économique et sociale, qui détricote l’État social issu de la Libération et du Conseil national de la résistance.

    L’utilisation massive de l’#armée dans des opérations de maintien de l’#ordre est une première en #France depuis 1948 lorsque le ministre de l’intérieur socialiste Jules Moch utilisa l’armée pour contraindre les mineurs à reprendre le travail. Ce fut la dernière fois, à l’exception notable (et qu’il ne faut évidemment pas oublier) des guerres coloniales où l’armée française fut mobilisée contre des #manifestants et même contre des émeutiers. Et ce n’est pas un hasard. C’est donc une longue tradition qui, ce week-end, va se fermer. Et cette tradition n’est pas étrangère au système économique et social qui a prévalu jusqu’ici en France.

    L’immédiat après-guerre est en effet marqué par un changement majeur en France. Avec l’application partielle du programme du Conseil national de la résistance (CNR), le pays cherche à apaiser la #lutte_de_classes par la construction d’un système de protection sociale fort et paritaire. Patronat et syndicats sont contraints à discuter et à gérer ensemble cette protection à laquelle contribuent salariés et employeurs. La lutte n’a certes pas disparu, notamment dans le domaine salarial. Mais l’enjeu salarial est relativisé par l’existence de « coussins de protection » auxquels chacun participe.

    En termes de maintien de l’ordre, ce système social a une conséquence directe : l’ordre qu’il faut défendre n’est plus celui d’un clan, d’une caste ou d’une classe. C’est celui de tous. Et dès lors, il ne saurait plus exister « d’ennemi de l’intérieur » dans le domaine social. Logiquement, l’armée, dont la fonction est de combattre un ennemi, ne peut être mobilisée pour maintenir l’ordre social. C’est dans ce cadre que le gouvernement provisoire de la République crée en 1944 les « compagnies républicaines de sécurité » (CRS), excluant de fait l’armée du maintien de l’ordre.

    Certes, le recours à la troupe en 1947 et 1948 se fait après la création de la sécurité sociale et des CRS. Mais c’est un fait alors exceptionnel à plus d’un titre. Ces grèves sont politiques et s’inscrivent dans la logique de la guerre froide. Alors que le président étasunien Harry Truman vient d’appeler, en mars 1947, au « containment » (« endiguement ») de l’influence soviétique, les grévistes peuvent alors apparaître, pour un Jules Moch, comme des « ennemis de l’intérieur ». De fait, une situation du même type a lieu, au même moment, en Italie. L’enjeu du maintien de l’ordre a été compris par le gouvernement français de l’époque comme un enjeu géopolitique, celui du maintien de la France dans le bloc occidental. Et ce fait pouvait justifier, sinon excuser, le recours à l’armée dans un cadre social qui, du reste, était naissant.

    Mais le caractère exceptionnel de ce recours se montre par le fait qu’à aucun moment, depuis, il n’a été de nouveau, jusqu’à ces derniers jours, question de la troupe pour assurer l’ordre social. En mai 1968, Charles de Gaulle, rencontrant le général Massu à Baden-Baden, a pu songer à briser ce tabou. Mais il s’en est bien gardé, choisissant, pour sortir de la crise, la voie politique, par la dissolution, et la voie sociale, par les accords de Grenelle. Il a préféré resserrer l’idée que l’ordre républicain devait avant tout s’appuyer sur la démocratie et la collaboration des classes sociales.

    Il n’en avait pas toujours été ainsi, loin de là. La France a longtemps été le pays de la bourgeoisie triomphante et dominante. En 1944, la France, malgré les avancées du Front populaire, est encore un pays extrêmement en retard sur le plan de la protection sociale. Jusqu’en 1864, la grève est interdite, de même que les syndicats jusqu’en 1884. À l’exception de l’épisode des deux restaurations (1814-1830), l’ordre, c’est alors l’ordre bourgeois. Et pour assurer cet ordre, on n’hésite pas à avoir recours à l’armée.

    C’est, du reste, la convention thermidorienne, formée de ceux qui ont fait tomber Robespierre, qui inaugure ce recours. La révolution de 1789 avait voulu également démilitariser le maintien de l’ordre, jusqu’ici assuré par les mercenaires du roi, avec la création de la garde nationale (qui n’hésita pas cependant à tirer sur le peuple au Champ-de-Mars, le 17 juillet 1791). Les Thermidoriens en appellent à l’armée nationale pour réduire les émeutes venant de la gauche comme de la droite. L’armée sauve la convention lors de l’insurrection populaire (de gauche) du 1er prairial an III (20 mai 1795), puis lors de l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an III (5 octobre 1795), où se distingua le jeune Napoléon Bonaparte. Les « centristes » d’alors, défenseurs des nouvelles classes dirigeantes acheteuses de biens nationaux, se maintiennent grâce à la troupe et le Directoire, avant de succomber au coup d’État de Brumaire, n’aura survécu que par la grâce de l’armée.

    Lorsque la bourgeoisie revient au pouvoir en 1830, elle a un recours massif – et sanglant – à l’armée pour le maintien de l’ordre. Les #émeutes parisiennes de 1832 (contées dans Les Misérables de Victor Hugo), de 1833 et de 1834, engagent la « ligne » (nom alors donné à l’infanterie). C’est aussi la troupe qui mate la #révolte des #Canuts en 1834. Un épisode rappelle alors le danger de la militarisation du maintien de l’ordre. Le 14 avril 1834, une patrouille de la ligne descend la rue Transnonain, actuelle rue Beaubourg. Au passage devant le numéro 12, un coup de feu claque et tue un soldat. Ses camarades, fous de rage, investissent le bâtiment et massacrent ses occupants, souvent encore dans leur sommeil. Il y aura douze victimes et l’épisode sera immortalisé par une gravure de Daumier. Mais la monarchie de Juillet n’a pas le monopole de ces recours à la troupe.

    Au début de la deuxième république, en juin 1848, les ouvriers révoltés dans l’est parisien contre la fin des ateliers nationaux qui les condamnent à la faim, sont écrasés par l’armée dirigée par le terrible général Cavaignac. L’intérêt défendu ici est clair : c’est la rente, l’obligation d’État dans laquelle la bourgeoisie investit sa fortune et qui était menacée par les dépenses sociales. Il y aura plusieurs milliers de morts. En #1871, c’est également l’armée qui mène la guerre contre la Commune. Il y aura plusieurs milliers de morts dans un épisode où se déchaînera la classe dominante qui n’aura de cesse d’appeler à la force militaire.

    La IIIe République entend changer de doctrine, en dépolitisant l’armée. Mais le régime d’alors est encore largement un centrisme bourgeois pour qui toute remise en cause de l’ordre social est un enjeu qui relève de l’armée. Cette dernière intervient encore régulièrement pour défendre les biens et le fonctionnement de l’économie. C’est le cas le 1er mai 1891 à Fourmies où les ouvriers du textile manifestent pour la journée de huit heures. La situation dégénère et le 145e de ligne tire à balles réelles, faisant 9 morts et 35 blessés.

    En 1906 et 1907, #Clémenceau recourt massivement à l’armée pour briser les #grèves et les #manifestations de viticulteurs du Sud-Ouest (qui s’étendent au reste de la population du Languedoc). La mutinerie du 17e de ligne en juin 1907 à Perpignan est une exception, mais elle deviendra un symbole de la lutte sociale grâce à une célèbre chanson « Gloire au 17e » ! où claquaient ces mots : « Vous auriez, en tirant sur nous, assassiné la République ! » Pour le reste, l’armée est utilisée – et avec des morts, là encore – en réponse à une demande profonde de la société. À cette dureté du pouvoir, qui refuse d’instaurer un système social à l’allemande et même un impôt sur le revenu (il faudra attendre 1914 et dans les faits les années 1920 pour qu’il soit instauré en France), répond un syndicalisme de combat frontal, celui de la CGT du congrès d’Amiens (1906). Les classes sont alors face-à-face et l’armée est au service d’un des deux combattants.

    Avec le drame de la Première Guerre mondiale et la conscription universelle, le recours à l’armée pour le maintien de l’ordre est plus délicat et accroît le risque de fraternisation. Les préoccupations des soldats et celles des ouvriers sont parfois les mêmes. Avec toute sa naïveté, « Gloire au 17e » annonçait un changement majeur. La lutte du « peuple » contre la « multitude » devient impossible. Elle est donc progressivement mise en retrait avec, en 1926, la création de la gendarmerie mobile. Parallèlement, l’État social français s’étoffe dans les années 1920, avec les premières assurances sociales et, dans les années 1930, avec le Front populaire. Le conflit social se démilitarise donc progressivement pour aboutir finalement à l’évolution de l’après-guerre.

    Le retour de la guerre sociale

    L’avènement d’un État social ne signifie certes pas la fin de la violence sociale et de la répression policière, loin de là. Mais il se traduit par l’idée que la lutte de classes n’est pas une lutte qui peut être militarisée. Elle ne peut plus l’être, parce que les classes sociales participent, en théorie, ensemble à la gestion de la société. Il n’est alors plus possible de voir dans le maintien de l’ordre une question de vie ou de mort pour l’État. Or, l’armée est une force de destruction au service de la défense de l’État. Si l’État appartient à tous, alors l’armée aussi appartient à tous et, dès lors, elle ne peut être l’arbitre des luttes entre intérêts sociaux parce qu’elle ne peut détruire ce qui la constitue. C’est alors la police, dont la fonction théorique n’est pas destructrice, qui est garante de l’ordre intérieur.

    À l’inverse, lorsque l’État est mis au service des intérêts d’une classe, il n’existe pas d’intérêt pour les oppositions à maintenir cet État et la défense de l’ordre devient existentielle. Elle implique donc que l’armée soit capable de détruire l’adversaire qui n’est pas perçu comme une partie de l’État. Il faut se souvenir de ce discours célèbre à l’Assemblée nationale d’Adolphe Thiers, en 1850, bien avant qu’il soit l’instrument de l’écrasement de la Commune. Pour justifier la nouvelle loi électorale, plus restrictive, il affirmait que « les amis de la vraie liberté, je dirais les vrais républicains, redoutent la multitude, la vile multitude, qui a perdu toutes les républiques ». Et le futur président de la République de préciser : « La France nous juge, elle sait la langue française, quoiqu’on la défigure bien indignement, elle sait ce que veut dire le peuple et ce que veut dire la multitude, elle comprendra mes paroles. Tant pis pour ceux qui veulent défendre la multitude, je leur laisse cet honneur, quelque nom qu’ils portent. Je leur laisse ce triste honneur ; ce n’est pas le peuple, le vrai peuple qui incendie les palais, les statues, égorge à Paris, qui verse le sang… »

    Ce propos est clair et il traversera tout le XIXe siècle français : le « peuple », soutien de l’État et de la liberté, s’oppose frontalement à une masse violente qu’il faut réduire et qui est hors de lui. Cet ennemi est un barbare, qui ne respecte pas les fondements de l’ordre social, donc de l’État qui le garantit. Il faut le contenir, comme il faut contenir un ennemi extérieur. L’armée s’impose donc dans cet exercice. C’est la traduction de la haine de classe.

    Mais, alors, que se passe-t-il aujourd’hui ? Les mots de Thiers prennent ici une actualité brûlante. On pourrait croire, style mis à part, les propos d’un membre de la majorité. Et ce n’est pas un hasard. Que fait en effet le gouvernement Philippe ? Il détricote l’État social issu du compromis de 1944, finalement largement accepté après l’échec des grèves de 1947-48 : l’État gère directement l’assurance-chômage et l’assurance-maladie et s’apprête à réduire les garanties de la retraite ; il privatise des activités d’intérêt général comme la Française des jeux et Aéroports de Paris ; en dépit du bon sens, il mène une politique fiscale largement favorable aux plus fortunés, sans contrepartie ; il promet des réductions de dépenses et un redimensionnement des services publics, de la santé au ferroviaire. Bref, il dynamite les fondements de la société de 1944. L’État redevient celui d’un groupe social, celui qui a intérêt aux « réformes structurelles ».

    Lundi 18 mars, lors du « grand débat des idées », Emmanuel Macron a mis en garde contre la confusion entre « l’extrême violence politique » et « ce que peuvent être les mouvements sociaux dans toute démocratie ». Mais cette distinction fait deux économies majeures. D’abord, elle identifie la violence politique à la dégradation de bâtiment à vocation commerciale et elle identifie donc la politique à un système économique. Ensuite, elle oublie que le mouvement des gilets jaunes est un mouvement social prenant acte de l’impasse des mouvements sociaux dans un contexte de réformes. Or, qui a dit qu’il ignorerait, quoi qu’il arrive, le mouvement social, sinon ce même chef de l’État ? La réalité est bien différente : en cherchant à détruire l’État social, Emmanuel Macron crée un rapport de force en faveur d’une partie de la société. Et cette privatisation conduit naturellement à une guerre sociale et à l’appel à la troupe. Comme en 1795, 1834 ou 1871. Bienvenue au XIXe siècle.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/210319/l-appel-aux-troupes-ou-le-retour-de-la-guerre-sociale?onglet=full

  • Grenzen der Verhandlungsdemokratie / Bolivien. Mit der Ermordung des Vizeinnenministers durch Bergarbeiter eskaliert die Auseinandersetzung zwischen der Regierung und den sozialen Bewegungen
    http://www.jungewelt.de/m/artikel/293723.grenzen-der-verhandlungsdemokratie.html
    A propos des conflits de classe au sein de coopératives minières.

    Die wenigsten bolivianischen Minenarbeiter, die in Kooperativen arbeiten, sind echte Genossenschafter. Vielfach werden sie unter extremen Bedingungen von den Eigentümern ausgebeutet.

    Eine Regierung der sozialen Bewegungen ist ein Widerspruch in sich. Damit lebt Bolivien seit Beginn der Amtszeit von Präsident Evo Morales. Morales selbst wurde im Januar 2006 als Anführer einer solchen – der Gewerkschaft der Kokabauern – Staats- und Regierunsgchef. Im Bündnis mit anderen Organisationen errang er mit 54 Prozent der Stimmen einen für bolivianische Verhältnisse überwältigenden Wahlsieg. Seine Partei, der »Movimiento al socialismo« (MAS, Bewegung zum Sozialismus), ist bis heute ein Sammelbecken von Aktivisten und Funktionären aus verschiedenen Gewerkschaften und Verbänden. Seit 2006 haben sich jedoch einige der Verbündeten von einst abgewandt. Sie werfen der Regierung vor, das eigene Projekt einer Neugründung Boliviens verraten zu haben.

    Die Situation im Land ist angespannt. Erstmals verlor der MAS im Frühjahr eine landesweite Abstimmung. Es ging darum, ob Morales und sein Vizepräsident Álvaro García Linera bei der nächsten Präsidentschaftswahl 2019 erneut antreten dürfen. Und Ende August ist der Vizeinnenminister Rodolfo Illanes von Mitgliedern der Nationalen Vereinigung der Bergbaukooperativen »Fencomin« ermordet worden. Er wollte die protestierenden Bergarbeiter zu Verhandlungen mit der Regierung bewegen. Bei der Konfrontation starben auch fünf Bergleute. Vier von ihnen wurden vermutlich von Polizeikugeln getroffen. Die bolivianische Generalstaatsanwaltschaft hat mittlerweile Anklage gegen den Vorsitzenden der »Fencomin« erhoben. Ähnliche Konflikte gab es auch bereits in der Vergangenheit. So war der Außenminister im Zuge von Protesten gegen den Bau einer Straße vor einigen Jahren von Protestierenden festgesetzt worden. Der Mord an einem Vertrauten von Morales steht aber für eine neue Qualität der politischen Auseinandersetzung in Bolivien.

    Der Aufstieg von Morales und seiner Partei sind in der Geschichte des Landes beispiellos. Keiner seiner Vorgänger amtierte so lange wie Morales. Er ist neben dem 2013 verstorbenen ehemaligen venezolanischen Präsidenten Hugo Chávez einer der wichtigsten Köpfe der Linkswende in Lateinamerika. Durch die Verstaatlichung der Öl- und Gasvorkommen und die Umverteilung der Gewinne aus dem Rohstoffhandel hat sich die soziale Lage im Land seit 2006 verbessert. Die öffentlichen Ausgaben sind um 750 Prozent gestiegen. Die Regierung handelt nach der seit 2009 in der Verfassung verankerten Maxime, dass die Gewinne aus der Rohstoffausbeutung dem Volk zugutekommen sollen. Auch die jüngsten Auseinandersetzungen hängen damit zusammen.

    Ende August hat die Regierung bekanntgegeben, dass der Anteil der Bevölkerung, der unter extremer Armut leidet in den vergangenen zehn Jahren von 32,8 auf 16,8 Prozent fast halbiert worden ist. Am Ende von Morales’ Amtszeit 2020 soll er auf unter zehn Prozent reduziert worden sein, kündigte der Präsident an. Auch der Abstand zwischen Arm und Reich ist geschrumpft. Hatten die reichsten zehn Prozent der Bevölkerung 2005 noch 128 mal soviel Vermögen wie die ärmsten zehn Prozent, waren es 2015 nur noch 37 mal so viel. Das Bruttosozialprodukt verdreifachte sich zwischen 2005 und 2013.1
    Konflikt mit Bergbaukooperativen

    Die in der Vereinigung »Fencomin« zusammengeschlossenen Bergbaukooperativen gehörten von Anfang an zu den Unterstützern der Regierung. Die »Mineros« (Bergleute) hatten am eigenen Leib erfahren, welche Folgen die Politik der Privatisierung, der Kürzung von Sozialleistungen und des Ausverkaufs an ausländische Investoren mit sich bringt, die in den 80er Jahren in Bolivien durchgesetzt wurde. Als die staatliche Minengesellschaft »Comibol« in dieser Zeit viele ihrer Bergwerke schließen musste, weil sich der Abbau der Mineralien nicht mehr lohnte, verloren die Bergleute ihre Existenzgrundlage. Einige von ihnen erkämpften mit Protesten und Blockaden den Zugang zu den Bergwerken, um die Rohstoffe auf eigene Rechnung zu fördern.

    Die »Mineros« schlossen sich zu Kooperativen zusammen. Viele ihrer Mitglieder arbeiten unter prekären Bedingungen und verdienen schlecht. Manche Kooperativen aber sind aufgrund guter Erträge zu großen Unternehmen geworden. In diesen ist über die Zeit eine Hierarchie entstanden, denn besonders die wohlhabenden Kooperativenmitglieder beschäftigen viele weitgehend rechtlose Leiharbeiter. Der Grund dafür ist, dass einige einen ertragreichen Minenabschnitt zugeteilt bekommen haben und in den Jahren hoher Rohstoffpreise reich geworden sind, so dass sie kaum noch selbst arbeiten müssen. Andere hatten weniger Glück.2

    Der ehemalige Vizeinnenminister Rafael Puente meinte 2014: »Die genossenschaftlichen Bergleute haben nichts zu tun mit Kooperativen. In Wirklichkeit sind sie Unternehmen, deren Besitzer die sogenannten Partner sind (und nicht einmal alle von ihnen), die eine große Zahl an Arbeitern führen und ausbeuten, die keine soziale Sicherheit haben, keine Arbeitssicherheit, keine Pensionsfonds, nichts. Ganz zu schweigen von Frauen- und Kinderarbeit in dem Sektor.«3

    In den bzw. für die Kooperativen arbeiten nach Angaben von Puente etwa 119.000 Bergleute, während private Unternehmen 8.000 und staatliche rund 7.500 »Mineros« beschäftigen. Sie liefern sich teilweise erbitterte Kämpfe um Schürfrechte. So kam es im Jahr 2006 in Huanuni zu teils bewaffneten Auseinandersetzungen zwischen Mitarbeitern der Kooperativen und solchen der staatlichen Minengesellschaft »Comibol«. 16 Menschen starben durch Scharfschützen. Nach Verhandlungen wurde die Mine verstaatlicht.
    Interessenausgleich

    Die Kooperativen blieben in den vergangenen zehn Jahren ein Faktor im politischen Leben Boliviens. Im ersten Kabinett von Evo Morales amtierte einer ihrer Vertreter als Bergbauminister. Die nach außen wie Verteilungskämpfe unter Minenarbeitern wirkenden Verteilungskämpfe treten mit Abständen immer wieder auf, verbunden mit Streiks und Blockaden ganzer Städte – einer in Bolivien üblichen Protestform. 2012 entbrannte in Colquiri ein Streit um eine ertragreiche Ader. Arbeiter der privat betriebenen Mine gerieten in Opposition zu genossenschaftlich organisierten Bergleuten, weil beide Seiten die Ader ausbeuten wollten. Die gewerkschaftlich organisierten Bergleute eines multinationalen Konzerns standen zunächst im Konflikt sowohl zum Staat als auch zu den Genossenschaften. Diese wiederum schlossen einen Vertrag mit dem Konzern ab und traten damit in Konkurrenz zu dessen Angestellten. Um den Konflikt zu lösen, verstaatlichte die Regierung die Mine und der Staatskonzern »Comibol« einigte sich mit den Kooperativen über die Sicherung ihres Anteils.

    Eine solche Form der Konfliktschlichtung durch Interessenausgleich, wie sie in Bolivien unter Morales üblich ist, hat allerdings ihre Grenzen. Das gilt besonders, wenn die Vertreter sozialer Bewegungen rücksichtslos ihre Partikularinteressen gegen die mit dem Allgemeinwohl argumentierende Regierung durchsetzen wollen, die sich ja selbst als eine »Regierung der sozialen Bewegungen« versteht: ein Widerspruch.

    Auch der aktuelle Streit spielt sich zwischen Regierung und organisierter sozialer Bewegung ab. Nach der Verabschiedung eines Kooperativengesetzes dürfen die Bergbaugenossenschaften keine Verträge mehr mit ausländischen Investoren ohne die Zustimmung der Regierung unterzeichnen. Schließlich gehörten die Rohstoffe des Landes allen Bolivianern. In der Verfassung von 2009 allerdings wird den Genossenschaften ein Sonderrecht eingeräumt, dort heißt es: »Der Staat anerkennt und respektiert die vorbestehenden Rechte der Bergbaukooperativen wegen ihres sozial-produktiven Charakters.«4 Neben dem Recht, eigenständig Verträge zu schließen, fordert der Verband »Fencomin« in den aktuellen Protesten auch kostenlose Energieversorgung sowie die Aufhebung von Umweltauflagen und spricht sich dagegen aus, dass sich die eigenen Arbeiter gewerkschaftlich organisieren dürfen. Schließlich gebe es in den Kooperativen keinen Interessengegensatz zwischen Kapital und Arbeit.

    Zusammengefasst handelt es sich also um einen Konflikt um den Zugang zu Bodenschätzen und die Verteilung der Gewinne aus dem Handel mit Rohstoffen, um einen klassischen kapitalistischen Konflikt zwischen einer organisierten Interessengruppe und der Regierung. Einen solchen gab es im Juli 2016 auch mit dem Gewerkschaftsdachverband »Central Obrera Boliviana« (COB), nachdem eine staatliche Textilfabrik wegen fehlender Profite geschlossen und 850 Menschen von einem auf den anderen Tag entlassen worden waren. Staatliche Unternehmen müssten Gewinne machen, äußerte Evo Morales. Während die meisten der Arbeiter einer Abfindung zustimmten, forderte ein Teil die Weiterbeschäftigung in einem neu gegründeten Staatsunternehmen. Es kam zu den ersten landesweiten Streiks seit drei Jahren. Die Regierung setzte sich mit den Arbeitern an den Verhandlungstisch. Eine Lösung steht noch aus.
    Kritik von links

    In den vergangenen zehn Jahren ist es dem Kabinett Morales in fast allen Fällen gelungen, auf dem Verhandlungsweg Lösungen zu finden. Proteste auf der Straße sind dabei stets die Begleitmusik gewesen. Angesichts der schwierigen Situation der lateinamerikanischen Linken, die sich auch in Venezuela oder Brasilien in der Defensive befindet, kommen die derzeitigen Proteste für Evo Morales aber zur Unzeit.

    Selbst wenn die Bergleute von der rechten Opposition in Verbindung mit den USA beeinflusst worden sein sollten, wie der Präsident mutmaßt – Beispiele dafür gab es in der Vergangenheit durchaus –, verweist doch der Konflikt auf die spezifischen Probleme der Neugründung Boliviens. Die Niederlage bei der Abstimmung im Februar über die Möglichkeit einer erneuten Wiederwahl des Präsidenten verdeutlicht, Morales ist nicht mehr unangefochten. Zumal die Regierung erst jüngst ein Korruptionsskandal erschütterte. Ausgerechnet beim für Entwicklungsprojekte aufgelegten »Indigenen-Fonds« standen einige Projekte lediglich auf dem Papier. Regierungsmitglieder und staatliche Bedienstete steckten sich das Geld in die Taschen.

    Der MAS wird von vielen Seiten kritisiert. Er agiere undemokratisch, ohne Einbeziehung der Bevölkerung und konzentriere die politische Macht, bemängelte etwa der Philosoph und Politikwissenschaftler Luis Tapia. Von einer Neugründung Boliviens könne längst keine Rede mehr sein, da die weitreichende Verfassung nicht umgesetzt werde. In der Regierungspartei sammelten sich Karrieristen, die nur in den MAS eingetreten seien, um Posten im Staat oder in staatlichen Unternehmen zu halten oder zu bekommen.5 Vor diesem Hintergrund sind die Forderungen des Vorsitzenden des Gewerkschaftsdachverbandes COB nach weiteren Verstaatlichungen durchaus problematisch. Unter den gegebenen Bedingungen brächten sie neue Probleme mit sich. Mit ihnen entstünde mehr Bürokratie, ein Einfallstor für Korruption und Klientelismus, was wiederum die Legitimität von Kabinett und Regierungspartei schwächen würde. Außerdem könnten die vorgeschlagenen Verstaatlichungen in der Industrie, im Bergbau und der Erdöl- und Erdgasförderung dazu führen, dass die verschiedenen gewerkschaftlichen Bewegungen sich mit ihren Forderungen verstärkt an die Regierung wendeten. Das derzeitige System, das sich in Richtung Staatskapitalismus bewegt, würde verfestigt. Eine sozialistische Perspektive aber erfordert andere als klassisch sozialdemokratische Politikformen, wie sie derzeit von Morales und seinen Ministern vertreten werden.
    Revolution von unten

    Zu Beginn der Amtszeit von Evo Morales war von einer demokratisch-kulturellen Revolution die Rede. Die Grundlage hierfür bildete die kommunitär-gemeinschaftliche Tradition Boliviens. Diese »Communidad« strahlt ausgehend von ländlichen Regionen auf die Stadt und die verschiedenen Bewegungen aus.6 Eine Regierung mit Bezug auf die »Communidad« könnte die Verhältnisse in einem revolutionären Prozess umgestalten, wie die argentinische Philosophin Isabel Rauber schon 2007 im Hinblick auf Venezuela und Bolivien schrieb:

    »Wenn auch das Gewicht des bürokratischen und oligarchischen Staates zunächst überwiegt, so lehren die Erfahrungen, dass es möglich ist, sich darüber hinwegzusetzen und das zu tun, was getan werden muss, um die eigenen Kräfte aufzubauen, zu entwickeln und zu stärken: die Beteiligung des Volkes als Protagonist in diesem Prozess und damit den Aufbau der Macht des Volkes, was zugleich das Erwachsen des kollektiven Akteurs ist, seiner revolutionären Bewusstheit und Organisation.«7

    Die Gefahr, dass es statt dessen durch die Re­organisation des Staates, der in den 80er Jahren abgebaut wurde, zu einer Restitution des Bürokratismus sowie einer neuen Form von Oligarchie kommt, die sich mit dem MAS als Staatspartei verbindet, ist real.

    Um die Beziehungen zwischen Regierung und Bevölkerung, organisiert in den verschiedenen sozialen Bewegungen, auf eine neue Ebene zu heben, wären neue Politikformen nötig. Wenn die Regierung die Kooperativen unter ministerielle Kontrolle stellt, wie eine Woche nach dem Mord an Vizeminister Illanes geschehen, dann ist das zwar durchaus verständlich, geht es ihr, wie sie erklärte, doch darum, richtige Kooperativen von falschen zu scheiden, die in Wirklichkeit Unternehmen seien. Das Ziel, die Rechte der Arbeiter zu stärken, könnte aber auch auf eine andere Weise erreicht werden als allein durch die Anwendung des Allgemeinen Arbeitsgesetzes auf die Kooperativen. Würde sich der MAS als kollektiver Organisator eines Transformationsprozesses verstehen und nicht, überspitzt gesagt, als Türöffner für Staatsposten agieren, könnte sie die beschriebenen Klassenwidersprüche in den Kooperativen aufgreifen. Die Regierungspartei könnte den lohnabhängigen Bergleuten in einem Kampf um ein kooperativ-solidarisches System zur Seite stehen.

    Eine Regierung, die einen solchen Charakter annimmt, würde sich in einem Prozess weg von bürokratischen hin zu sozialistischen Verhältnissen bewegen, die sie gemeinsam mit den verschiedenen Gruppen in der Bevölkerung entwickelt. Die Regierung könnte einen solchen Prozess durch geeignete Rahmenbedingungen flankieren, etwa in der Form, dass echte Kooperativen bei Gründung und Aufbau unterstützt werden. Solange nur Teile der Wirtschaft kooperativ organisiert sind und es keinen Zusammenschluss von Produzenten und Konsumenten gibt, müsste die Regierung dafür sorgen, dass die Kooperativen keine Sonderrechte geltend machen können, sondern nach und nach Teil einer die gesamte Gesellschaft umfassenden sozialistischen Gemeinwirtschaft werden.

    Der marxistische Theoretiker Karl Korsch (1886–1961) hat einen solchen Prozess hin zu einer vollkommenen Form der Vergesellschaftung vor knapp hundert Jahren als »Industrielle Autonomie« bezeichnet: »Industrielle Autonomie besteht darin, dass in jeder Industrie (›Industrie‹ hier im Sinne des englischen ›industry‹, also jede planmäßige wirtschaftliche Betätigung, einschließlich der Landwirtschaft) als Ausüber der Herrschaft über den Produktionsprozess an die Stelle des bisherigen Privateigentümers oder der von ihm eingesetzten Produktionsleiter die Vertreter aller arbeitenden Produktionsbeteiligten treten, während gleichzeitig die schon dem privatkapitalistischen Eigentum an den Produktionsmitteln durch die staatliche ›Sozialpolitik‹ aufgenötigten Einschränkungen des Eigentums zu einem effektiven Obereigentum der Gesamtheit weiter entwickelt werden.«8

    Die Voraussetzungen für eine solche Alternative zur derzeitigen sozialdemokratischen Umverteilungs- und Verstaatlichungspolitik sind so schlecht nicht, ist doch die Regierung weiterhin in der Hand des MAS. Sie könnte in einer Art Doppelherrschaft von oben und unten die Veränderung der Verhältnisse vorantreiben und so wieder zu einer revolutionären Kraft werden. Aber auch die sozialen Bewegungen müssen ihren Kurs ändern und ihre Interessen stärker mit einer allgemeinen sozialistischen Perspektive vermitteln, um sich letztlich in ein neues, die Bedürfnisse aller befriedigendes sozialistisches Gemeinwesen aufzuheben.

    Anmerkungen

    1 http://www.telesurtv.net/english/news/Bolivia-Has-Cut-Extreme-Poverty-in-Half-Since-2006-20160830-0021.html u. http://www.telesurtv.net/english/telesuragenda/10-Years-of-Evo-Morales-20151021-0015.html

    2 Vgl. Frederik Caselitz: Kooperativen ohne Kooperation, in: ila. Zeitschrift der Informationsstelle Lateinamerika, https://www.ila-web.de/ausgaben/362/kooperativen-ohne-kooperation

    3 http://www.paginasiete.bo/opinion/2014/4/4/cria-cuervos-17950.html

    4 Politische Verfassung. Plurinationaler Staat Bolovien (2009), http://www.bolivia.de/fileadmin/Dokumente/Presse-Medien_Dt%2BSp/Interessante%20Dokumente/CPE_aleman.pdf

    5 Interview mit Luis Tapia, in: Ulrich Brand (Hg.): Lateinamerikas Linke. Ende des progressiven Zyklus?, Hamburg 2016, S. 44 f.

    6 Vgl. Silvia Riviera-Cusicanqui: Der Aufbau neuer gesellschaftlicher Kräfteverhältnisse. Erfahrungen in Bolivien. Die indigene Bewegung und die Linke, in: Wahlergebnisse in Lateinamerika – neue Perspektiven für die Linke, Berlin 2006, S. 15–31. (Pankower Vorträge, H. 97)

    7 Isabel Rauber: Die demokratisch-kulturelle Revolution. Betrachtungen aus Lateinamerika, in: Utopie Kreativ (2007), H. 206, S. 1119

    8 Karl Korsch, Was ist Sozialisierung? Ein Programm des praktischen Sozialismus, in: ders.: Gesammelte Schriften, Bd. 2, Frankfurt a.M. 1980, S. 118

    #Bolivie #lutte_de_classes #politique

  • Oskar Lafontaine, James Madison et Friedrich August von Hayek
    http://www.jungewelt.de/m/2016/02-20/013.php


    Oskar Lanfontaine cite James Madison dans son discours pour la conférence permanente du Plan B en Europe.

    Nach dem Zweiten Weltkrieg wurde der Traum von einem vereinten Europa, den Victor Hugo auf der Pariser Friedenskonferenz am 21. August 1849 geboren hat, wieder lebendig. Die Menschen wollten endlich Frieden, sie wollten Demokratie, Wohlstand und soziale Sicherheit.

    Das heutige Europa ist nicht das Europa Victor Hugos, sondern das Europa, das der Säulenheilige des Neoliberalismus, Friedrich August von Hayek, entworfen hat. Internationale Verträge, so seine Idee, sollten sicherstellen, dass das Wirken der Marktkräfte nicht durch demokratische Entscheidungen behindert werden könne. Das ist der Geist, der die europäischen Verträge und die transatlantischen Verträge wie TTIP bestimmt. Es ist derselbe Geist, der schon die Gründerväter der Vereinigten Staaten leitete: » The Primary function of Goverment is to protect the minority of the opulent from the majority of the poor .« »Die vorrangige Funktion einer Regierung ist es, die Minderheit der Reichen vor der Mehrheit der Armen zu schützen«, sagte James Madison, einer der Gründerväter der amerikanischen Verfassung.

    Je connaissais le célèbre dicton de Waren Buffet , mais je suis surpris par ces mots énoncés sans ambiguïté par l’auteur de la constitution de 1776 qui promet le bonheur à chacun.

    Quand on regarde la phrase dans son contexte elle est encore plus révélatrice.
    http://politics.stackexchange.com/questions/8793/what-did-james-madison-try-to-say-when-talking-about-agraria

    In 1787, James Madison, the fourth President of the United States, traditionally regarded as the Father of the United States Constitution, in the debates on Constitution, declared the following:

    “The man who is possessed of wealth, who lolls on his sofa or rolls in his carriage, cannot judge the wants or feelings of the day-laborer. The government we mean to erect is intended to last for ages. The landed interest, at present, is prevalent; but in process of time, when we approximate to the states and kingdoms of Europe, — when the number of landholders shall be comparatively small, through the various means of trade and manufactures, will not the landed interest be overbalanced in future elections, and unless wisely provided against, what will become of your government? In England, at this day, if elections were open to all classes of people, the property of landed proprietors would be insecure. An agrarian law would soon take place. If these observations be just, our government ought to secure the permanent interests of the country against innovation. Landholders ought to have a share in the government, to support these invaluable interests, and to balance and check the other. They ought to be so constituted as to protect the minority of the opulent against the majority. The senate, therefore, ought to be this body; and to answer these purposes, they ought to have permanency and stability.”

    Après la lecture de ce classique on comprend mieux les textes modernes :

    Why It’s Impossible to Indict a Cop
    http://www.thenation.com/article/why-its-impossible-indict-cop

    SCOTUS and the license to kill

    Chapter 563 of the Missouri Revised Statutes grants a lot of discretion to officers of the law to wield deadly force, to the horror of many observers swooping in to the Ferguson story. The statute authorizes deadly force “in effecting an arrest or in preventing an escape from custody” if the officer “reasonably believes” it is necessary in order to “to effect the arrest and also reasonably believes that the person to be arrested has committed or attempted to commit a felony…or may otherwise endanger life or inflict serious physical injury unless arrested without delay.”

    But this law is not an outlier, and is fully in sync with Supreme Court jurisprudence.

    The feeling of being under occupation by an armed force that cares more about meeting revenue quotas than public security corrodes all trust in law enforcement, and is the sort of environment in which police are more likely to open fire.

    The state of emergency that Missouri governor Jay Nixon declared on November 17 seems all too likely to encourage the police overkill, both petty and heavily militarized, that shocked the world over the summer, when much of the state’s use of force against demonstrators was of dubious legality.

    Malheureusement ces observations ne se limitent pas aus États-Unis. Quand on ouvre le livre Les Raisins de la colère , on y rencontre des déscriptions qui ressemblent trop à la situation des réfugiés en route pour l’Europe aujourd’hui. Pourvu que les peuples d’Europs sachent les acceuillir autrement que les carliforniens chez Steinbeck.

    The Theos Project : The Grapes of Wrath by John Steinbeck
    http://theosproject.blogspot.de/2010/05/grapes-of-wrath-by-john-steinbeck.html?m=1

    They are heading west! To California! They know there is work in California, because they have handbills that say so—printed handbills—handbills that say there is a need for workers: fruit pickers and farm hands. Why, a fella’ could work for a while, picking oranges and grapes, then buy himself a nice plot of land. Those handbills wouldn’t have been printed out if there were no jobs. That’d just be a waste of money.

    So the Joes follow the handbills to California. It’s a difficult journey. Grandma and Grandpa die, and some desert the family when times get tough.

    When they arrive in California, things go from bad to worse. There are no jobs in California. The land owners printed the handbills in order to flood the state with desperate, hungry workers. With a massive surplus of labor, land owners can hire workers to work for food, or in some cases for less than enough to feed a family. The plan works great for the land owners. The only problem is that there are now hundreds of thousands migrant workers hungry and virtually homeless.

    Les autre se disent que ce n’est pas grave, le système fonctionne même si pour nous il est kaputt .

    The system is working fine - AMERICAblog News
    http://americablog.com/2015/10/system-working-fine.html

    “The system is broken” can be cut-and-pasted into speeches about wealth inequality, racist police terror, regulatory laxity, and nearly every other problem politicians claim to have an answer to. Unfortunately for speechwriters everywhere, the slogan demonstrates a fundamental misunderstanding of the American system’s purpose. The system isn’t broken; it’s working exactly as intended.

    The system does not exist for the people. It never has. James Madison, one of the most prominent framers of the new republic, declared at the secretly-held constitutional convention of 1787 that the primary function of the American government was “to protect the minority of the opulent against the majority.”

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    source de la citation de James Madison :
    Notes of the Secret Debates of the Federal Convention of 1787, Taken by the Late Hon Robert Yates, Chief Justice of the State of New York, and One of the Delegates from That State to the Said Convention , TUESDAY JUNE 26TH, 1787, The Avalon Project, Documents in Law, History and Diplomacy, Lilian Goldman Law Library, Yale Law School, http://avalon.law.yale.edu/18th_century/yates.asp

    #propagande #USA #libéralisme #lutte_de_classes #rêve_américan

  • À qui appartient la #connaissance ?
    par Hervé Le Crosnier @hlc
    http://blogs.mediapart.fr/edition/les-possibles/article/050815/qui-appartient-la-connaissance

    Le terme « société de la connaissance » est devenu un signe de ralliement pour décrire les sociétés contemporaines [1]. Il désigne d’une part le basculement technique qui offre une place de plus en plus grande aux machines de « traitement de l’#information » dans le processus productif. D’autre part, il souligne la place de la connaissance dans la capacité à faire société… quand celle-ci est partagée. Source d’innovations productives et sociales, la connaissance est également l’enjeu d’un affrontement mondial concernant son mode de production, d’appropriation, son usage et les règles de son partage. Si nous entrons dans une « société de la connaissance », c’est donc au sein même des processus de gestion du savoir que résident les formes nouvelles de la #lutte_de_classes. Car loin d’être inter-classistes, comme le rêvaient les promoteurs de la « société #post-industrielle » dans les années 1970, l’organisation de la production et l’usage de la connaissance conduisent au contraire à un renforcement de nouvelles formes de #domination. Au point que l’on peut penser que cette appellation recouvre en réalité la seconde phase de la #mondialisation, celle qui instaure un nouvel ordre mondial de l’usage des #savoirs.

    • L’article nous dit :

      Si nous devons vivre une « société de la connaissance », dans laquelle les savoirs, les pratiques collaboratives, le design ouvert, les principes d’élaboration et de création collective seraient la norme, il nous faudra la construire en nous opposant aux forces de mainmise sur tout le travail intellectuel de la planète.

      Je profite donc de l’occasion pour vous faire part d’une #initiative qui me tient à cœur, mais qui ne peut être mise en place seul.

      Dans le monde de l’édition les #auteurs, dont font partie les #traducteurs, sont totalement soumis au bon vouloir des éditeurs, lesquels sont eux-mêmes dépendant des grands diffuseurs et des grands distributeurs. Résultat, les producteurs ne reçoivent pour leur travail que 10 % du prix de vente H.T. pour les auteurs et 4 % pour les traducteurs (il est vrai que ces derniers sont généralement payés sous la forme d’avances sur droits d’auteur, lesquelles sont souvent supérieures aux droits réellement dû par l’éditeur ; pour en savoir plus sur cet imbroglio je vous invite à vous rendre sur le site de l’Association des Traducteurs Littéraires de France). Bel exemple du pouvoir du capital sur la production, n’est-ce pas ?

      Face à cette situation, nombreux sont les auteurs qui se tournent vers l’autoédition et vendent leur livre… via Amazon, ce qui leur permet de recevoir 70 % des ventes mais ne résout rien en termes de domination et de lutte_des_classes.

      Mais lorsqu’il s’agit, comme moi, d’une autoédition commune à l’auteur et au traducteur, la question des droits d’auteurs se posent, notamment quand l’auteur ne peut employer le traducteur, pour des raisons économiques, et vice-versa. C’est alors que m’est apparu l’idée de former une #association de producteurs-consommateurs de #littérature_latinoamécaine (c’est mon domaine mais l’idée peut, bien sûr, être reproduite pour toutes les œuvres) dans le but de permettre aux auteurs de vivre de leur travail et aux lecteurs de lire à moindre coût. Grosso modo, l’association serait composée de deux ensembles aux pouvoirs égales : Auteurs et Lecteurs. Ceux-ci en devenant membres (j’imagine une cotisation volontaire) auraient le droit de lire et de télécharger (le projet tourne dans un premier temps autour de l’#édition_numérique) l’ensemble de œuvres de ceux-là. Les auteurs ne seraient pas rétribuer en fonction de leur vente de livre (puisqu’il n’y a pas de vente) mais recevraient : pour les auteurs originaux, 50 % des revenus de l’association répartis également entre tous, et 40 % pour les traducteurs. Ainsi, plus de relation commerciale entre auteurs et lecteurs, mais également, sous-entendu, le refus de la privatisation de la connaissance, au point de nier la création comme un acte individuel.

      Hélas, je n’arrive pas encore à mobiliser sur cette question, alors si l’idée vous paraît bonne, je vous invite à m’aider à la réaliser, et notamment si vous êtes traducteurs, car la viabilité du projet est proportionnelle au nombre de titres que nous pourrons proposer.

      Merci de votre attention, et si cette intervention n’a pas sa place sur @seenthis, n’hésitez pas à me le faire savoir.

  • Straczynski : « The New Aristocracy » - Boing Boing
    http://boingboing.net/2014/05/03/straczynski-the-new-aristoc.html

    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=760992300602302&id=139652459402959&_fb_noscript=1

    THE RULES OF THE NEW ARISTOCRACY

    It doesn’t matter how much food costs increase, doesn’t matter if you can only afford fast food, we will always be able to buy steak. And we will invest heavily in fast food stocks to ensure we make money off this. Doesn’t matter how much gas costs, we will always be able to afford it.

    In addition to poor food choices and health coverage, your kids will grow up without proper nutrition which will cause them problems on every level, from physical to educational difficulties. Our kids will grow up straight and true and healthy.

    It doesn’t matter how much an education costs, doesn’t matter if your kids can’t afford to go to college or come out with massive debt, we will always be able to send our kids to university. And because a lot of our income is derived from tax incentives and taxpayer-financed bailouts your taxes are sending our kids to school. But you do not have the right to any of our money to send your kid to school.

    If you or your kids want to start a business, you will find that because we’ve sucked all the money out of the economy, there is simply no available cash around to help you finance your startup. (Unless you want to go to your friends online at sites like Indiegogo, and isn’t that just cute?) We just cut our kids a check and tell them to go have fun.

    Your kids are born with a glass ceiling above which they will almost certainly never have the opportunity to rise. Our kids are born with a marble floor beneath which they will never be allowed to fall.

    If you accidentally provide incorrect information on your tax return, you could lose your house, your possessions, and your livelihood. We lie all the time on our tax information and none of us ever have to deal with this. We squirrel away trillions of dollars in overseas accounts and do all we can to ensure that your money never leaves our control because we’ll doubtless need to scoop out more of it soon.

    You live in a Company Town; we pay you to work for us, while making sure that we own all the stores in town that sell our goods, the doctors offices where you go in town, the restaurants where you eat, and that we charge you just enough to make sure that at the end of the week you don’t have any leftover money to squirrel away, so you can never leave the company town, can never get ahead, and can never risk criticizing the company town. You work for us. We own the town where you live. We own you.

    If one of you takes a hundred dollar bill from the cash register, you will go to jail. If we take billions out of the savings of ordinary people then crash the economy, costing thousands of jobs, not one of us will ever be prosecuted. Because the New Aristocracy is above such things. So we’ll just keep on doing it. Enjoy the ride.

    Your local police belong to us now. We have militarized them into soldiers who treat you like terrorists. If you speak against us, we will ensure that you are tear gassed and beaten and handcuffed and caged into “free speech zones” designed to make you forget that the whole country was supposed to be a free speech zone. But now you have free speech only when and where we say you can have it. Meanwhile, we can say and do pretty much anything we want, to you or anyone else, and get away with it.

    If you happen to figure out our game and talk about it, we will accuse you of Class Warfare, in order to distract anyone from realizing that yes, there was a class war, that it was against you, that the war is over, and we won.

    Yes, you get a chance to vote for congresspeople and senators and presidents. But only after we’ve decided, long before the first ballot is ever cast, which candidate we will finance. Those we like, those who will give us what we want first and foremost, we will finance and you will get to vote on one of the two pre-screened candidates we have given you. If we don’t like them, if we think they will challenge us, we will not finance them and you will never have the chance to vote on them. Because you don’t get a real vote in the New Aristocracy.

    We own the White House. We own Congress. They pass the bills we write for them. They make the laws we want them to make, and make sure that they only limit you, never us. We own the courts. We own the lawyers. They are the club we use to beat you into submission.

    There are no Democratic or Republican Senators, or Congresspeople or Presidents. Those parties have not existed for decades. There is only the Party of the New Aristocracy. The rest is Kabuki theater. It is Mexican Wrestling. It is the illusion of choice, of difference, of democracy. This is not a democracy. It is a monarchy of money. In that monarchy, we are the Aristocracy, the royalty, and what we say, goes.

    If you dump trash illegally, you will be fined and potentially arrested. If we dump hundreds of tons of toxic waste into rivers and streams, none of us will ever be arrested and if we are fined, we will simply raise our prices so that you are the one to actually pay for what we did.

    We are the New Aristocracy, and we do not pay fines.

    We are the New Aristocracy, and we are immune from prosecution.

    We are the New Aristocracy, and we find your poverty and your powerlessness and your struggles disgusting. You are beneath us.

    Understand something: we don’t want you to succeed. We don’t want someone coming along to slice the pie into smaller pieces. We want to own all of it. If we really wanted more of you where we are, do you think we would have spent the last thirty years consolidating every major company into smaller and smaller groups owned by fewer and fewer people?

    We are the New Aristocracy because we were born into it. We got our money the old fashioned, Medieval way: our parents gave it to us. We were born into the wealth that we stole from you and your family over the last fifty years. You were not born into anything other than poverty and struggle. You will never be us. You will never have our advantages. And we like it that way.
    We like that you peer through the bars of your cage to all that we have. We like that you think you can have it yourself one day. Because that illusion keeps you on our side. But you will never have those things. We’ve made sure of that. Because what you’re looking at is ours, and we do not share.

    The world we have carefully constructed for you is like one of those boardwalk games of chance where if you knock down the big pins with a baseball, you win a huge prize. But the pins are weighted and positioned so that you will never, ever knock them down. Yet you’ll keep paying anyway, and keep throwing, until you exhaust yourself and your wallet. And we like it that way.

    We don’t want you to have opportunities, we don’t want you to have an education, we don’t want you to have a voice in what happens to you, we don’t want you healthy, we don’t want you to do anything but be frightened, helpless, docile consumers who will eat and watch and buy what we tell you to eat and watch and buy while we keep all the good stuff to ourselves.

    Because you’re not in our club.

    Because we are the New Aristocracy.

    And you are the New Peasants.

    And we very, very, very much like it that way.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Lutte_des_classes

    #exploitation #capitalisme #lutte_de_classes #dystopie