• Prison N°5

    À travers le récit de son #emprisonnement en #Turquie, #Zehra_Dogan, journaliste et artiste, parle de l’histoire et de l’oppression du peuple kurde, mais aussi de solidarité et de résistance de toutes ces femmes enfermées.
    Ce livre est le fruit d’une détermination, transformant un emprisonnement en une résistance. Zehra Dogan, artiste kurde condamnée pour un dessin et une information qu’elle a relayés, fut jetée dans la prison n°5 de Diyarbakir, en Turquie. Elle nous immerge dans son quotidien carcéral. Découvrir le passé de ce haut lieu de persécutions et de résistances, c’est connaître la lutte du peuple kurde.

    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-prison-n-5/album-prison-n-5
    #BD #bande_dessinée #livre

    #Kurdes #résistance #auto-gestion #syndrome_de_Nusaybin #Kurdistan_turc #guerre #violence #armée_turque #couvre-feu #destruction #Sur #massacres #Cizre #Silopi #villes #PKK #Öcalan #révolte_de_Dersim #révolte_de_Kocgiri #révolte_de_Koçgiri #Cheikh_Saïd #torture #terrorisme #Kenan_Evren #Esat_Oktay_Yildray #assimilation #quartier_35 #Osman_Aydin #résistance #uniforme #tenue_unique #Sakine_Causiz #impunité #discriminations #exil_forcé #IDPs #déplacées_internes #identité #langue #exploitation #enlèvements #enlèvements #Hasan_Ocak #Mères_du_Samedi #montagne #guérilla #Kurdistan #Mères_de_la_paix #paix #violences_policières #ring_bleu #prison_de_Tarse #enfants #femmes

    (BD très très dure, mais un document historique incroyable)

  • Le marché de la #GPA en #Ukraine

    Cela fait une décennie qu’en Ukraine des femmes se font payer pour mettre au monde des bébés. Pour un certain nombre de couples sans enfant d’Europe, ces mères porteuses représentent l’ultime espoir. Quelles sont les règles de ce nouveau business ? En quête de réponses, nous partons en Ukraine visiter un centre de fertilité et rencontrer des mères porteuses, qui racontent avec lucidité pourquoi elles louent leur corps. Le reportage suit par ailleurs un couple allemand qui se rend en Ukraine pour récupérer son enfant, et donne la parole à des opposants à la GPA.

    https://www.youtube.com/watch?v=ufe_6v7ihb8


    #film #film_documentaire #documentaire
    #mères_porteuses #procréation_médicalement_assistée #parentalité #gestation_pour_autrui #Biotexcom #médecine_reproductive #trafic_d'êtres_humains #femmes #maternité_de_substitution

    • « C’est la joie ! »

      Rachel Kéké et Sylvie Kimissa, femmes de chambre de l’Hôtel Ibis Batignolles : « Je vais reprendre le travail la tête haute, j’ai eu mes droits »

      Après vingt-deux longs mois de mobilisation, elles ont obtenu un accord améliorant leurs salaires et leurs conditions de travail.

      Pousser le chariot, enlever le linge sale, changer les poubelles, laver la salle de bains, les toilettes, faire la poussière, refaire le lit entièrement, passer l’aspirateur, la serpillière… « On devait faire ça en dix-sept minutes, trente fois de suite ! », explique Rachel Kéké.
      « Y a pas de mots pour décrire la souffrance qu’on endurait, l’interrompt Sylvie Kimissa. Et c’était impossible de refuser quoi que ce soit parce qu’on avait peur d’être licenciée. » « Dur dur ménage » , chantait à l’automne 2020 dans un clip en forme d’hommage le mari de Rachel Kéké, l’artiste ivoirien Bobbyodet.

      Arrive ce jour où, pour la première fois, elles entendent parler de syndicalisme dans la bouche d’un délégué CFDT. « Tout de suite, ça m’a intéressée » , raconte Rachel Kéké. Mais ce sera d’abord beaucoup de désillusions. « On a connu des délégués du personnel qui ne faisaient pas grand-chose pour que ça change. » Alors elles commencent à s’impliquer, sans mandat.
      Devenue gouvernante, Rachel peut passer dans les étages pour mobiliser autour d’elle. D’abord pour de petits débrayages. Comme ce jour où elles n’avaient pas été payées double pour leur travail du 1er mai. « On a toutes arrêté de travailler. Le directeur n’en croyait pas ses yeux. Le lendemain, à 7 heures, il nous signait des chèques pour payer ce qu’il devait ! » , se rappelle fièrement Rachel Kéké. Sylvie Kimissa en rit encore, complices. « Rachel, c’est devenu plus qu’une sœur. On s’appelle cinq fois par jour ! »

      Les sous-traitants se succèdent. Le dernier, STN, reprend le contrat en 2016. « Les cadences étaient infernales. Si une copine était arrêtée, ils n’embauchaient pas : je me retrouvais avec quarante chambres à faire en six heures , explique Sylvie Kimissa. C’était impossible, donc on débordait tout le temps, sans être payées plus. » Un jour, elles constatent que des collègues victimes de troubles musculo-squelettiques sont mutées dans des 5-étoiles – où le travail est encore plus difficile. C’est « la goutte d’eau ».

      Estimant que ni la CFDT, ni FO, ni la CGT propreté ne sont à même de les défendre comme elles l’entendent – « sans les infantiliser » –, elles tapent à la porte de Claude Lévy, secrétaire général de la CGT-HPE (Hôtels de prestige et économiques). « Il nous a dit : “Vous savez que vous devez être payées à l’heure, pas à la chambre ?” Comment est-ce possible qu’aucun syndicat avant lui ne nous ait jamais dévoilé ce secret ?, s’indigne Rachel Kéké. On s’est dit : lui, il va nous aider. Et on s’est syndiquées ! »

      https://justpaste.it/7pqby

      Le clip « Dur dur ménage »https://seenthis.net/messages/885325

      Vidéo sur la lutte, il y a quatre mois https://seenthis.net/messages/899091

      Texte de Tiziri Kandi CGT–HPE (Hôtel de Prestige et Économique) https://seenthis.net/messages/819486

      #travail #Femmes #mères #migrantes #grève #solidarité #hôtellerie #Accor #Ibis #nettoyage #syndicalisme #sous-traitance #cadences #conditions_de_travail #précarité en #CDI #salaire

    • How Not to Solve the Refugee Crisis

      A case of mistaken identity put the wrong man in jail. Now it highlights the failure of prosecutions to tackle a humanitarian disaster.

      On October 3, 2013, a Sicilian prosecutor named Calogero Ferrara was in his office in the Palace of Justice, in Palermo, when he read a disturbing news story. Before dawn, a fishing trawler carrying more than five hundred East African migrants from Libya had stalled a quarter of a mile from Lampedusa, a tiny island halfway to Sicily. The driver had dipped a cloth in leaking fuel and ignited it, hoping to draw help. But the fire quickly spread, and as passengers rushed away the boat capsized, trapping and killing hundreds of people.

      The Central Mediterranean migration crisis was entering a new phase. Each week, smugglers were cramming hundreds of African migrants into small boats and launching them in the direction of Europe, with little regard for the chances of their making it. Mass drownings had become common. Still, the Lampedusa shipwreck was striking for its scale and its proximity: Italians watched from the cliffs as the coast guard spent a week recovering the corpses.

      As news crews descended on the island, the coffins were laid out in an airplane hangar and topped with roses and Teddy bears. “It shocked me, because, maybe for the first time, they decided to show pictures of the coffins,” Ferrara told me. Italy declared a day of national mourning and started carrying out search-and-rescue operations near Libyan waters.

      Shortly afterward, a group of survivors in Lampedusa attacked a man whom they recognized from the boat, claiming that he had been the driver and that he was affiliated with smugglers in Libya. The incident changed the way that Ferrara thought about the migration crisis. “I went to the chief prosecutor and said, ‘Look, we have three hundred and sixty-eight dead people in territory under our jurisdiction,’ ” Ferrara said. “We spend I don’t know how much energy and resources on a single Mafia hit, where one or two people are killed.” If smuggling networks were structured like the Mafia, Ferrara realized, arresting key bosses could lead to fewer boats and fewer deaths at sea. The issue wasn’t only humanitarian. With each disembarkation, public opinion was hardening against migrants, and the political appetite for accountability for their constant arrivals was growing. Ferrara’s office regarded smugglers in Africa and Europe as a transnational criminal network, and every boat they sent across the Mediterranean as a crime against Italy.

      Ferrara is confident and ambitious, a small man in his forties with brown, curly hair, a short-cropped beard, and a deep, gravelly voice. The walls of his office are hung with tributes to his service and his success. When I met with him, in May, he sat with his feet on his desk, wearing teal-rimmed glasses and smoking a Toscano cigar. Shelves bowed under dozens of binders, each containing thousands of pages of documents—transcripts of wiretaps and witness statements for high-profile criminal cases. In the hall, undercover cops with pistols tucked beneath their T-shirts waited to escort prosecutors wherever they went.

      Sicilian prosecutors are granted tremendous powers, which stem from their reputation as the only thing standing between society and the Cosa Nostra. Beginning in the late nineteen-seventies, the Sicilian Mafia waged a vicious war against the Italian state. Its adherents assassinated journalists, prosecutors, judges, police officers, and politicians, and terrorized their colleagues into submission. As Alexander Stille writes in “Excellent Cadavers,” from 1995, the only way to prove that you weren’t colluding with the Mafia was to be killed by it.

      In 1980, after it was leaked that Gaetano Costa, the chief prosecutor of Palermo, had signed fifty-five arrest warrants, he was gunned down in the street by the Cosa Nostra. Three years later, his colleague Rocco Chinnici was killed by a car bomb. In response, a small group of magistrates formed an anti-Mafia pool; each member agreed to put his name on every prosecutorial order, so that none could be singled out for assassination. By 1986, the anti-Mafia team was ready to bring charges against four hundred and seventy-five mobsters, in what became known as the “maxi-trial,” the world’s largest Mafia proceeding.

      The trial was held inside a massive bunker in Palermo, constructed for the occasion, whose walls could withstand an attack by rocket-propelled grenades. Led by Giovanni Falcone, the prosecutors secured three hundred and forty-four convictions. A few years after the trial, Falcone took a job in Rome. But on May 23, 1992, as he was returning home to Palermo, the Cosa Nostra detonated half a ton of explosives under the highway near the airport, killing Falcone, his wife, and his police escorts. The explosives, left over from ordnance that was dropped during the Second World War, had been collected by divers from the bottom of the Mediterranean; the blast was so large that it registered on earthquake monitors. Fifty-seven days later, mobsters killed one of the remaining members of the anti-Mafia pool, Falcone’s friend and investigative partner Paolo Borsellino.

      Following these murders, the Italian military dispatched seven thousand troops to Sicily. Prosecutors were now allowed to wiretap anyone suspected of having connections to organized crime. They also had the authority to lead investigations, rather than merely argue the findings in court, and to give Mafia witnesses incentives for coöperation. That year, magistrates in Milan discovered a nationwide corruption system; its exposure led to the dissolution of local councils, the destruction of Italy’s major political parties, and the suicides of a number of businessmen and politicians who had been named for taking bribes. More than half the members of the Italian parliament came under investigation. “The people looked to the prosecutors as the only hope for the country,” a Sicilian journalist told me.

      Shortly after the Lampedusa tragedy, Ferrara, with assistance from the Ministry of Interior, helped organize a team of élite prosecutors and investigators. When investigating organized crime, “for which we are famous in Palermo,” Ferrara said, “you can request wiretappings or interception of live communications with a threshold of evidence that is much lower than for common crimes.” In practice, “it means that when you request of the investigative judge an interception for organized crime, ninety-nine per cent of the time you get it.” Because rescue boats routinely deposit migrants at Sicilian ports, most weeks were marked by the arrivals of more than a thousand potential witnesses. Ferrara’s team started collecting information at disembarkations and migrant-reception centers, and before long they had the phone numbers of drivers, hosts, forgers, and money agents.

      The investigation was named Operation Glauco, for Glaucus, a Greek deity with prophetic powers who came to the rescue of sailors in peril. According to Ferrara, Sicily’s proximity to North Africa enabled his investigators to pick up calls in which both speakers were in Africa. Italian telecommunications companies often serve as a data hub for Internet traffic and calls. “We have conversations in Khartoum passing through Palermo,” he said. By monitoring phone calls, investigators gradually reconstructed an Eritrean network that had smuggled tens of thousands of East Africans to Europe on boats that left from Libya.

      By 2015, the Glauco investigations had resulted in dozens of arrests in Italy, Germany, Sweden, and the United Kingdom. Most of the suspects were low-level figures who may not have been aware that they were committing a crime by, for example, taking money to drive migrants from a migrant camp in Sicily to a connection house—a temporary shelter, run by smugglers—in Milan.

      But the bosses in Africa seemed untouchable. “In Libya, we know who they are and where they are,” Ferrara said. “But the problem is that you can’t get any kind of coöperation” from local forces. The dragnet indicated that an Eritrean, based in Tripoli, was at the center of the network. He was born in 1981, and his name was Medhanie Yehdego Mered.

      On May 23, 2014, Ferrara’s investigative team started wiretapping Mered’s Libyan number. Mered’s network in Tripoli was linked to recruiters and logisticians in virtually every major population center in East Africa. With each boat’s departure, he earned tens of thousands of dollars. In July, Mered told an associate, in a wiretapped call, that he had smuggled between seven and eight thousand people to Europe. In October, he moved to Khartoum, the capital of Sudan, for two months. The Italians found his Facebook page and submitted into evidence a photograph of a dour man wearing a blue shirt and a silver chain with a large crucifix. “This is Medhanie,” a migrant who had briefly worked for him told prosecutors in Rome. “He is a king in Libya. He’s very respected. He’s one of the few—perhaps the only one—who can go out with a cross around his neck.”

      In 2015, a hundred and fifty thousand refugees and migrants crossed from Libya to Europe, and almost three thousand drowned. Each Thursday afternoon, Eritreans tune in to Radio Erena, a Tigrinya-language station, for a show hosted by the Swedish-Eritrean journalist and activist Meron Estefanos. Broadcasting from her kitchen, in Stockholm, she is in touch with hundreds of migrants, activists, and smugglers. Often, when Estefanos criticizes a smuggler, he will call in to her program to complain.

      In February, 2015, Estefanos reported that men who worked for Mered were raping female migrants. Mered called in to deny the rape allegations, but he admitted other bad practices and attempted to justify them. “I asked, ‘Why do you send people without life jackets?’ ” Estefanos said. “And he said, ‘I can’t buy life jackets, because if I buy five hundred life jackets I will be suspected of being a smuggler.’ ” He told Estefanos it was true that people went hungry in his connection house, but that it wasn’t his fault. “My people in Sudan—I tell them to send me five hundred refugees, and they send me two thousand,” he said. “I got groceries for five hundred people, and now I have to make it work!”

      Mered was becoming wealthy, but he wasn’t the kingpin that some considered him to be. In the spring of 2013, after arriving in Libya as a refugee, he negotiated passage to Tripoli by helping smugglers with menial tasks. Then, in June, he began working with a Libyan man named Ali, whose family owned an empty building near the sea, which could be used as a connection house. According to Mered’s clients, he instructed associates in other parts of East Africa to tell migrants that they worked for Abdulrazzak, known among Eritreans as one of the most powerful smugglers. Those who were duped into paying Mered’s team were furious when they reached the connection house and learned that Mered and Ali were not connected to Abdulrazzak, and that they had failed to strike a deal with the men who launched the boats. When the pair eventually arranged their first departure, all three vessels were intercepted before they could leave Libyan waters, and the passengers were jailed.

      By the end of the summer, more than three hundred and fifty migrants were languishing in the connection house. Finally, in September, a fleet of taxis shuttled them to the beach in small groups to board boats. Five days later, the Italian coast guard rescued Mered’s passengers and, therefore, his reputation as a smuggler as well.

      In December, Mered brought hundreds of migrants to the beach, including an Eritrean I’ll call Yonas. “He was sick of Tripoli,” Yonas told me. “He was ready to come with us—to take the sea trip.” But the shores were controlled by Libyans; to them, Mered’s ability to organize payments and speak with East African migrants in Tigrinya was an invaluable part of the business. Ali started shouting at Mered and slapping him. “That’s when I understood that he was not that powerful,” Yonas recalled. “Our lives depended on the Libyans, not on Medhanie. To them, he was no better than any of us—he was just another Eritrean refugee.”

      In April, 2015, the Palermo magistrate’s office issued a warrant for Mered’s arrest. The authorities also released the photograph of him wearing a crucifix, in the hope that someone might give him up. Days later, Mered’s face appeared in numerous European publications.

      News of Mered’s indictment spread quickly in Libya. One night, Mered called Estefanos in a panic. “It’s like a fatwa against me,” he said. “They put my life in danger.” He claimed that, in the days after he was named in the press, he had been kidnapped three times; a Libyan general had negotiated his release. Mered asked Estefanos what would happen to him if he tried to come to Europe to be with his wife, Lidya Tesfu, who had crossed the Mediterranean and given birth to their son in Sweden the previous year. It was as if he hadn’t fully grasped the Italian case against him. Not only did Mered think that the Italians had exaggerated his importance but “he saw himself as a kind of activist, helping people who were desperate,” Estefanos told me.

      Shortly before midnight on June 6, 2015, Mered called Estefanos, sounding drunk or high. “He didn’t want me to ask questions,” she told me. “He said, ‘Just listen.’ ” During the next three hours, Mered detailed his efforts to rescue several Eritrean hostages from the Islamic State, which had established a base in Sirte, Libya. Now, Mered said, he was driving out of Libya, toward the Egyptian border, with four of the women in the back of his truck. As Estefanos remembers it, “Mered said, ‘I’m holding a Kalashnikov and a revolver, to defend myself. If something happens at the Egyptian-Libyan border, I’m not going to surrender. I’m going to kill as many as I can, and die myself. Wish me luck!’ ” He never called again.

      From that point forward, Estefanos occasionally heard from Mered’s associates, some of whom wanted to betray him and take over the business. Mered was photographed at a wedding in Sudan and spotted at a bar in Ethiopia. He posted photos to Facebook from a mall in Dubai. Italian investigators lost track of him. But on January 21, 2016, Ferrara received a detailed note from Roy Godding, an official from Britain’s National Crime Agency, which leads the country’s efforts against organized crime and human trafficking. Godding wrote that the agency was “in possession of credible and sustained evidence” that Mered had a residence in Khartoum, and that he “spends a significant amount of his time in that city.” The N.C.A. believed that Mered would leave soon—possibly by the end of April—and so, Godding wrote, “we have to act quickly.”

      Still, Godding had concerns. In Sudan, people-smuggling can carry a penalty of death, which was abolished in the United Kingdom more than fifty years ago. If the Italian and British governments requested Mered’s capture, Godding said, he should be extradited to Italy, spending “as little time as possible” in Sudanese custody. Although Godding’s sources believed that Mered had “corrupt relationships” with Sudanese authorities, he figured that the N.C.A. and the Palermo magistrate could work through “trusted partners” within the regime. (Sudan’s President has been charged in absentia by the International Criminal Court for war crimes, genocide, and crimes against humanity, but the European Union pays his government tens of millions of euros each year to contain migration.)

      Ferrara’s team began drawing up an extradition request. The Palermo magistrate had already started wiretapping Mered’s Sudanese number, and also that of his wife, Tesfu, and his brother Merhawi, who had immigrated to the Netherlands two years earlier. The taps on Mered’s number yielded no results. But, on March 19th, Merhawi mentioned in a call that a man named Filmon had told him that Mered was in Dubai and would probably return to Khartoum soon.

      In mid-May, the N.C.A. informed Ferrara’s team of a new Sudanese telephone number that they suspected was being used by Mered. The Palermo magistrate started wiretapping it immediately. On May 24th, as the Sudanese authorities welcomed European delegates to an international summit on halting migration and human trafficking, the police tracked the location of the phone and made an arrest.

      Two weeks later, the suspect was extradited to Italy on a military jet. The next morning, at a press conference in Palermo, the prosecutors announced that they had captured Medhanie Yehdego Mered.

      Coverage of the arrest ranged from implausible to absurd. The BBC erroneously reported that Mered had presided over a “multibillion-dollar empire.” A British tabloid claimed that he had given millions of dollars to the Islamic State. The N.C.A., which had spent years hunting for Mered, issued a press release incorrectly stating that he was “responsible for the Lampedusa tragedy.” Meanwhile, the Palermo prosecutor’s office reportedly said that Mered had styled himself in the manner of Muammar Qaddafi, and that he was known among smugglers as the General—even though the only reference to that nickname came from a single wiretapped call from 2014 that, according to the official transcript, was conducted “in an ironic tone.” Ferrara boasted that Mered had been “one of the four most important human smugglers in Africa.”

      On June 10th, the suspect was interrogated by three prosecutors from the Palermo magistrate. The chief prosecutor, Francesco Lo Voi, asked if he understood the accusations against him.

      “Why did you tell me that I’m Medhanie Yehdego?” the man replied.

      “Did you understand the accusations against you?” Lo Voi repeated.

      “Yes,” he said. “But why did you tell me that I’m Medhanie Yehdego?”

      “Yeah, apart from the name . . .”

      Lo Voi can’t have been surprised by the suspect’s question. Two days earlier, when the Italians released a video of the man in custody—handcuffed and looking scared, as he descended from the military jet—Estefanos received phone calls from Eritreans on at least four continents. Most were perplexed. “This guy doesn’t even look like him,” an Eritrean refugee who was smuggled from Libya by Mered said. He figured that the Italians had caught Mered but used someone else’s picture from stock footage. For one caller in Khartoum, a woman named Seghen, however, the video solved a mystery: she had been looking for her brother for more than two weeks, and was stunned to see him on television. She said that her brother was more than six years younger than Mered; their only common traits were that they were Eritreans named Medhanie.

      Estefanos told me, “I didn’t know how to contact the Italians, so I contacted Patrick Kingsley,” the Guardian’s migration correspondent, whose editor arranged for him to work with Lorenzo Tondo, a Sicilian journalist in Palermo. That evening, just before sunset, Ferrara received a series of messages from Tondo, on WhatsApp. “Gery, call me—there’s some absurd news going around,” Tondo, who knew Ferrara from previous cases, wrote. “The Guardian just contacted me. They’re saying that, according to some Eritrean sources, the man in custody is not Mered.”

      Ferrara was not deterred, but he was irritated that the Sudanese hadn’t passed along any identification papers or fingerprints. That night, Tondo and Kingsley wrote in the Guardian that Italian and British investigators were “looking into whether the Sudanese had sent them the wrong man.” Soon afterward, one of Ferrara’s superiors informed Tondo that the prosecution office would no longer discuss the arrest. “I’ve decided on a press blackout,” he said.

      In recent years, smuggling trials in Italy have often been shaped more by politics than by the pursuit of truth or justice. As long as Libya is in chaos, there is no way to prevent crowded dinghies from reaching international waters, where most people who aren’t rescued will drown. At disembarkations, police officers sometimes use the threat of arrest to coerce refugees into identifying whichever migrant had been tasked with driving the boat, then charge him as a smuggler. The accused is typically represented by a public defender who doesn’t speak his language or have the time, the resources, or the understanding of the smuggling business to build a credible defense. Those who were driving boats in which people drowned are often charged with manslaughter. Hundreds of migrants have been convicted in this way, giving a veneer of success to an ineffective strategy for slowing migration.

      When the man being held as Mered was assigned state representation, Tondo intervened. “I knew that this guy was not going to be properly defended,” he told me. “And, if there was a chance that he was innocent, it was my duty—not as a journalist but as a human—to help him. So I put the state office in touch with my friend Michele Calantropo,” a defense lawyer who had previously worked on migration issues. For Tondo, the arrangement was also strategic. “The side effect was that now I had an important source of information inside the case,” he said.

      On June 10th, in the interrogation room, the suspect was ordered to provide his personal details. He picked up a pencil and started slowly writing in Tigrinya. For almost two minutes, the only sound was birdsong from an open window. An interpreter read his testimony for the record: “My name is Medhanie Tesfamariam Berhe, born in Asmara on May 12, 1987.”

      That afternoon, Berhe, Calantropo, and three prosecutors met with a judge. “If you give false testimony regarding your identity, it is a crime in Italy,” the judge warned.

      Berhe testified that he had lived in Asmara, the capital of Eritrea. Like many other refugees, he had fled the country during his mandatory military service.

      “So, what kind of work have you done in your life?” the judge asked.

      “I was a carpenter. And I sold milk.”

      “You what?”

      “I sold milk.”

      “Are you married?”

      “No,” Berhe said.

      “Who did you live with in Asmara?”

      “My mom.”

      “O.K., Mr. Medhanie,” the judge said. “I’m now going to read you the, um, the crimes—the things you’re accused of doing.”

      “O.K.”

      The judge spent the next several minutes detailing a complex criminal enterprise that spanned eleven countries and three continents, and involved numerous accomplices, thousands of migrants, and millions of euros in illicit profits. She listed several boatloads of people who had passed through Mered’s connection house and arrived in Italy in 2014. Berhe sat in silence as the interpreter whispered rapidly into his ear. After the judge finished listing the crimes, she asked Berhe, “So, what do you have to say about this?”

      “I didn’t do it,” he replied. “In 2014, I was in Asmara, so those dates don’t even make sense.”

      “And where did you go after you left Asmara?”

      “I went to Ethiopia, where I stayed for three months. And then I went to Sudan.” There, Berhe had failed to find a job, so he lived with several other refugees. Berhe and his sister were supported by sporadic donations of three hundred dollars from a brother who lives in the United States. Berhe had spent the past two and a half weeks in isolation, but his testimony matched the accounts of friends and relatives who had spoken to Estefanos and other members of the press.

      “Listen, I have to ask you something,” the judge said. “Do you even know Medhanie Yehdego Mered?”

      “No,” Berhe replied.

      “I don’t have any more questions,” the judge said. “Anyone else?”

      “Your honor, whatever the facts he just put forward, in reality he is the right defendant,” Claudio Camilleri, one of the prosecutors, said. “He was delivered to us as Mered,” he insisted, pointing to the extradition forms. “You can read it very clearly: ‘Mered.’ ”

      Along with Berhe, the Sudanese government had handed over a cell phone, a small calendar, and some scraps of paper, which it said were the only objects in Berhe’s possession at the time of the arrest. But when the judge asked Berhe if he owned a passport he said yes. “It’s in Sudan,” he said. “They took it. It was in my pocket, but they took it.”

      “Excuse me—at the moment of the arrest, you had your identity documents with you?” she asked.

      “Yes, I had them. But they took my I.D.”

      Berhe told his lawyer that the Sudanese police had beaten him and asked for money. As a jobless refugee, he had nothing to give, so they notified Interpol that they had captured Mered.

      The prosecutors also focussed on his mobile phone, which had been tapped shortly before he was arrested. “The contents of these conversations touched on illicit activities of the sort relevant to this dispute,” Camilleri said. At the time, Berhe’s cousin had been migrating through Libya, en route to Europe, and he had called Berhe to help arrange a payment to the connection man. “So, you know people who are part of the organizations that send migrants,” the judge noted. “Why were they calling you, if you are a milkman?”

      The interrogation continued in this manner, with the authorities regarding as suspicious everything that they didn’t understand about the lives of refugees who travel the perilous routes that they were trying to disrupt. At one point, Berhe found himself explaining the fundamentals of the hawala system—an untraceable money-transfer network built on trust between distant brokers—to a prosecutor who had spent years investigating smugglers whose business depends on it. When Berhe mentioned that one of his friends in Khartoum worked at a bar, the judge heard barche, the Italian word for boats. “He sells boats?” she asked. “No, no,” Berhe said. “He sells fruit juice.”

      The prosecutors also asked Berhe about the names of various suspects in the Glauco investigations. But in most cases they knew only smugglers’ nicknames or first names, many of which are common in Eritrea. Berhe, recognizing some of the names as those of his friends and relatives, began to implicate himself.

      “Mera Merhawi?” a prosecutor asked. Mered’s brother is named Merhawi.

      “Well, Mera is just short for Merhawi,” Berhe explained.

      “O.K., you had a conversation with . . .”

      “Yes! Merhawi is in Libya. He left with my cousin Gherry.”

      Believing that coöperation was the surest path to exoneration, Berhe provided the password for his e-mail and Facebook accounts; it was “Filmon,” the name of one of his friends in Khartoum. The prosecutors seized on this, remembering that Filmon was the name of the person identified in a wiretap of Mered’s brother Merhawi. The prosecution failed to note that Berhe has twelve Filmons among his Facebook friends; Mered has five Filmons among his.

      After the interrogation, the Palermo magistrate ordered a forensic analysis of Berhe’s phone and social-media accounts, to comb the data for inconsistencies. When officers ran everything through the Glauco database, they discovered that one of the scraps of paper submitted by the Sudanese authorities included the phone number of a man named Solomon, who in 2014 had spoken with Mered about hawala payments at least seventy-eight times. They also found that, although Berhe had said that he didn’t know Mered’s wife, Lidya Tesfu, he had once corresponded with her on Facebook. Tesfu told me that she and Berhe had never met. But he had thought that she looked attractive in pictures, and in 2015 he started flirting with her online. She told him that she was married, but he persisted, and so she shut him down, saying, “I don’t need anyone but my husband.” When the prosecutors filed this exchange into evidence, they omitted everything except Tesfu’s final message, creating the opposite impression—that she was married to Berhe and was pining for him.

      Like so many others in Khartoum, Berhe had hoped to make it to Europe. His Internet history included a YouTube video of migrants in the Sahara and a search about the conditions in the Mediterranean. The prosecutors treated this as further evidence that he was a smuggler. Worse, in a text message to his sister, he mentioned a man named Ermias; a smuggler of that name had launched the boat that sunk off the coast of Lampedusa.

      By the end of the interrogation, it hardly mattered whether the man in custody was Medhanie Tesfamariam Berhe or Medhanie Yehdego Mered. Berhe was returned to his cell. “The important thing is the evidence, not the identity,” Ferrara told me. “It only matters that you can demonstrate that that evidence led to that person.” The N.C.A. removed from its Web site the announcement of Mered’s arrest. This was the first extradition following a fragile new anti-smuggling partnership between European and East African governments, known as the Khartoum Process. There have been no extraditions since.

      Within the Eritrean community, Estefanos told me, “everyone was, like, ‘What a lucky guy—we went through the Sahara and the Mediterranean, and this guy came by private airplane!’ Everybody thought he would be released in days.” Instead, the judge allowed Berhe’s case to proceed to trial. It was as if the only people who were unwilling to accept his innocence were those in control of his fate. Toward the end of the preliminary hearing, one of the prosecutors had asked Berhe if he had ever been to Libya. In the audio recording, he says “No.” But in the official transcript someone wrote “Yes.”

      Tondo and Kingsley wrote in the Guardian that the trial “risks becoming a major embarrassment for both Italian and British police.” Tondo told me that, the night after the article’s publication, “I got a lot of calls from friends and family members. They were really worried about the consequences of the story.” Tondo’s livelihood relied largely on his relationship with officials at the magistrate’s office, many of whom frequently gave him confidential documents. “That’s something that began during the Mafia wars, when you could not really trust the lawyers who were defending mobsters,” he said. Tondo was thirty-four, with a wife and a two-year-old son; working as a freelancer for Italian and international publications, he rarely earned more than six hundred euros a month. “I survived through journalism awards,” he said. “So what the fuck am I going to do”—drop the story or follow where it led? “Every journalist in Sicily has asked that sort of question. You’re at the point of jeopardizing your career for finding the truth.”

      In Italy, investigative journalists are often wiretapped, followed, and intimidated by the authorities. “The investigative tools that prosecutors use to put pressure on journalists are the same ones that they use to track criminals,” Piero Messina, a Sicilian crime reporter, told me. Two years ago, Messina published a piece, in L’Espresso, alleging that a prominent doctor had made threatening remarks to a public official about the daughter of Paolo Borsellino, one of the anti-Mafia prosecutors who was killed in 1992. Messina was charged with libel, a crime that can carry a prison sentence of six years. According to the Italian press-freedom organization Ossigeno per l’Informazione, in the past five years Italian journalists have faced at least four hundred and thirty-two “specious defamation lawsuits” and an additional thirty-seven “specious lawsuits on the part of magistrates.”

      At a court hearing, Messina was presented with transcripts of his private phone calls. “When a journalist discovers that he’s under investigation in this way, he can’t work anymore” without compromising his sources, Messina told me. Police surveillance units sometimes park outside his house and monitor his movements. “They fucked my career,” he said.

      Messina’s trial is ongoing, and he is struggling to stay afloat. A few months ago, La Repubblica paid him seven euros for a twelve-hundred-word article on North Korean spies operating in Rome. “The pay is so low that it’s suicide to do investigative work,” he told me. “This is how information in Italy is being killed. You lose the aspiration to do your job. I know a lot of journalists who became chefs.”

      Prosecutors have wide latitude to investigate possible crimes, even if nothing has been reported to the police, and they are required to formally register an investigation only when they are ready to press charges. In a recent essay, Michele Caianiello, a criminal-law professor at the University of Bologna, wrote that the capacity to investigate people before any crime is discovered “makes it extremely complicated to check ex post facto if the prosecutor, negligently or maliciously, did not record in the register the name of the possible suspect”—meaning that, in practice, prosecutors can investigate their perceived opponents indefinitely, without telling anyone.

      In 2013, the Italian government requested telephone data from Vodafone more than six hundred thousand times. That year, Italian courts ordered almost half a million live interceptions. Although wiretaps are supposed to be approved by a judge, there are ways to circumvent the rules. One method is to include the unofficial target’s phone number in a large pool of numbers—perhaps a set of forty disposable phones that have suspected links to a Mafia boss. “It’s a legitimate investigation, but you throw in the number of someone who shouldn’t be in it,” an Italian police-intelligence official told me. “They do this all the time.”

      Tondo continued reporting on the Medhanie trial, embarrassing the prosecutors every few weeks with new stories showing that the wrong man might be in jail. At one of Berhe’s hearings, a man wearing a black jacket and hat followed Tondo around the courthouse, taking pictures of him with a cell phone. Tondo confronted the stranger, pulling out his own phone and photographing him in return, and was startled when the man addressed him by name. After the incident, Tondo drafted a formal complaint, but he was advised by a contact in the military police not to submit it; if he filed a request to know whether he was under investigation, the prosecutors would be notified of his inquiry but would almost certainly not have to respond to it. “In an organized-crime case, you can investigate completely secretly for years,” Ferrara told me. “You never inform them.” A few months later, the man with the black hat took the witness stand; he was an investigative police officer.

      Tondo makes a significant portion of his income working as a fixer for international publications. I met him last September, four months after Berhe’s arrest, when I hired him to help me with a story about underage Nigerian girls who are trafficked to Europe for sex work. We went to the Palermo magistrate to collect some documents on Nigerian crime, and entered the office of Maurizio Scalia, the deputy chief prosecutor. “Pardon me, Dr. Scalia,” Tondo said. He began to introduce me, but Scalia remained focussed on him. “You’ve got balls, coming in here,” he said.

      This spring, a Times reporter contacted Ferrara for a potential story about migration. Ferrara, who knew that she was working with Tondo on another story, threatened the paper, telling her, “If Lorenzo Tondo gets a byline with you, the New York Times is finished with the Palermo magistrate.” (Ferrara denies saying this.)

      One afternoon in Palermo, I had lunch with Francesco Viviano, a sixty-eight-year-old Sicilian investigative reporter who says that he has been wiretapped, searched, or interrogated by the authorities “eighty or ninety times.” After decades of reporting on the ways in which the Mafia influences Sicilian life, Viviano has little patience for anti-Mafia crusaders who exploit the Cosa Nostra’s historic reputation in order to buoy their own. “The Mafia isn’t completely finished, but it has been destroyed,” he said. “It exists at around ten or twenty per cent of its former power. But if you ask the magistrates they say, ‘No, it’s at two hundred per cent,’ ” to frame the public perception of their work as heroic. He listed several public figures whose anti-Mafia stances disguised privately unscrupulous behavior. “They think they’re Falcone and Borsellino,” he said. In recent decades, Palermo’s anti-Mafia division has served as a pipeline to positions in Italian and European politics.

      In December, 2014, Sergio Lari, a magistrate from the Sicilian hill town of Caltanissetta, who had worked with Falcone and Borsellino and solved Borsellino’s murder, was nominated for the position of chief prosecutor in Palermo. But Francesco Lo Voi, a less experienced candidate, was named to the office.

      The following year, Lari began investigating a used-car dealership in southern Sicily. He discovered that its vehicles were coming from a dealership in Palermo that had been seized by the state for having links to the Mafia. Lari informed Lo Voi’s office, which started wiretapping the relevant suspects and learned that the scheme led back to a judge working inside the Palermo magistrate: Silvana Saguto, the head of the office for seized Mafia assets.

      “Judge Saguto was considered the Falcone for Mafia seizures,” Lari told me. “She was in all the papers. She stood out as a kind of heroine.” Lari’s team started wiretapping Saguto’s line. Saguto was tipped off, and she and her associates stopped talking on the phone. “At this point, I had to make a really painful decision,” Lari said. “I had to send in my guys in disguise, in the middle of the night, into the Palermo Palace of Justice, to bug the offices of magistrates. This was something that had never been done in Italy.” Lari and his team uncovered a vast corruption scheme, which resulted in at least twenty indictments. Among the suspects are five judges, an anti-Mafia prosecutor, and an officer in Italy’s Investigative Anti-Mafia Directorate. Saguto was charged with seizing businesses under dubious circumstances, appointing relatives to serve as administrators, and pocketing the businesses’ earnings or distributing them among colleagues, family, and friends. In one instance, according to Lari’s twelve-hundred-page indictment, Saguto used stolen Mafia assets to pay off her son’s professor to give him passing grades. (Saguto has denied all accusations; her lawyers have said that she has “never taken a euro.”)

      Lari refused to talk to me about other prosecutors in the Palermo magistrate’s office, but the police-intelligence official told me that “at least half of them can’t say they didn’t know” about the scheme. Lari said that Saguto was running “an anti-Mafia mafia” out of her office at the Palace of Justice.

      Except for Lari, every prosecutor who worked with Falcone and Borsellino has either retired or died. The Saguto investigation made Lari “many enemies” in Sicilian judicial and political circles, he said. “Before, the mafiosi hated me. Now it’s the anti-mafiosi. One day, you’ll find me dead in the street, and no one will tell you who did it.”

      The investigations of the Palermo magistrate didn’t prevent its prosecutors from interfering with Calantropo’s preparations for Berhe’s defense. A week after the preliminary hearing, he applied for permission from a local prefecture to conduct interviews inside a migrant-reception center in the town of Siculiana, near Agrigento, where he hoped to find Eritreans who would testify that Berhe wasn’t Mered. Days later, Ferrara, Scalia, and Camilleri wrote a letter to the prefecture, instructing its officers to report back on whom Calantropo talked to. Calantropo, after hearing that the Eritreans had been moved to another camp, decided not to go.

      “It’s not legal for them to monitor the defense lawyer,” Calantropo said. “But if you observe his witnesses then you observe the lawyer.” Calantropo is calm and patient, but, like many Sicilians, he has become so cynical about institutional corruption and dubious judicial practices that he is sometimes inclined to read conspiracy into what may be coincidence. “I can’t be sure that they are investigating me,” he told me, raising an eyebrow and tilting his head in a cartoonish performance of skepticism. “But, I have to tell you, they’re not exactly leaving me alone to do my job.”

      Last summer, Meron Estefanos brought Yonas and another Eritrean refugee, named Ambes, from Sweden to Palermo. Both men had lived in Mered’s connection house in Tripoli in 2013. After they gave witness statements to Calantropo, saying that they had been smuggled by Mered and had never seen the man who was on trial, Tondo contacted Scalia and Ferrara. “I was begging them to meet our sources,” Tondo recalled. “But they told us, ‘We already got Mered. He’s in jail.’ ” (Estefanos, Calantropo, Yonas, and Ambes remember Tondo’s calls; Ferrara says that they didn’t happen.)

      Although Mered is reputed to have sent more than thirteen thousand Eritreans to Italy, the prosecutors seem to have made no real effort to speak with any of his clients. The Glauco investigations and prosecutions were carried out almost entirely by wiretapping calls, which allowed officials to build a web of remote contacts but provided almost no context or details about the suspects’ lives—especially the face-to-face transactions that largely make up the smuggling business. As a result, Ali, Mered’s Libyan boss, is hardly mentioned in the Glauco documents. When asked about him, Ferrara said that he didn’t know who he was. Ambes showed me a photograph that he had taken of Ali on his phone.

      After Yonas and Ambes returned to Sweden, the Palermo magistrate asked police to look into them. E.U. law requires that asylum claims be processed in the first country of entry, but after disembarking in Sicily both men had continued north, to Sweden, before giving their fingerprints and their names to the authorities. Investigating them had the effect of scaring off other Eritreans who might have come forward. “I don’t believe that they are out there to get the truth,” Estefanos said, of the Italian prosecutors. “They would rather prosecute an innocent person than admit that they were wrong.”

      Calantropo submitted into evidence Berhe’s baptism certificate, which he received from his family; photos of Berhe as a child; Berhe’s secondary-school report card; Berhe’s exam registration in seven subjects, with an attached photograph; and a scan of Berhe’s government-issued I.D. card. Berhe’s family members also submitted documents verifying their own identities.

      Other documents established Berhe’s whereabouts. His graduation bulletin shows that in 2010, while Mered was smuggling migrants through Sinai, he was completing his studies at a vocational school in Eritrea. An official form from the Ministry of Health says that in early 2013—while Mered was known to be in Libya—Berhe was treated for an injury he sustained in a “machine accident,” while working as a carpenter. The owner of Thomas Gezae Dairy Farming, in Asmara, wrote a letter attesting that, from May, 2013, until November, 2014—when Mered was running the connection house in Tripoli—Berhe was a manager of sales and distribution. Gezae wrote, “Our company wishes him good luck in his future endeavors.”

      Last fall, one of Berhe’s sisters travelled to the prison from Norway, where she has asylum, to visit him and introduce him to her newborn son. But she was denied entry. Only family members can visit inmates, and although her last name is also Berhe, the prison had him registered as Medhanie Yehdego Mered.

      Last December, the government of Eritrea sent a letter to Calantropo, confirming that the man in custody was Medhanie Tesfamariam Berhe. “It’s very strange that the European police never asked the Eritrean government for the identity card of Medhanie Yehdego Mered,” Calantropo said. (Ferrara said that Italy did not have a legal-assistance treaty with Eritrea.) When I asked Calantropo why he didn’t do that himself, he replied, “I represent Berhe. I can only ask on behalf of my client.”

      The prosecution has not produced a single witness who claims that Berhe is Mered. Instead, Ferrara has tried to prove that Mered uses numerous aliases, one of which may be Berhe.

      A few years ago, Ferrara turned a low-level Eritrean smuggler named Nuredine Atta into a state witness. After he agreed to testify, “we put him under protection, exactly like Mafia cases,” and reduced his sentence by half, Ferrara said. Long before Berhe’s arrest, Atta was shown the photograph of Medhanie Yehdego Mered wearing a cross. He said that he recalled seeing the man on a beach in Sicily in 2014, and that someone had told him that the man’s name was Habtega Ashgedom. In court, he couldn’t keep his story straight. In a separate smuggling investigation, prosecutors in Rome discounted Atta’s testimony about Mered as unreliable.

      After the extradition, Atta was shown a photo of Berhe. “I don’t recognize him,” he said. Later, on the witness stand, he testified that he was pretty sure he’d seen a photo of Berhe at a wedding in Khartoum, in 2013—contradicting Berhe’s claim that he had been selling milk in Asmara at the time. Berhe’s family, however, produced a marriage certificate and photographs, proving that the wedding had been in 2015, in keeping with the time line that Berhe had laid out. In court, Ferrara treated the fact that Atta didn’t know Mered or Berhe as a reason to believe that they might be the same person.

      Ferrara is also trying to link Berhe’s voice to wiretaps of Mered. The prosecution had Berhe read phrases transcribed from Mered’s calls, which they asked a forensic technician named Marco Zonaro to compare with the voice from the calls. Zonaro used software called Nuance Forensics 9.2. But, because it didn’t have settings for Tigrinya, he carried out the analysis with Egyptian Arabic, which uses a different alphabet and sounds nothing like Tigrinya. Zonaro wrote that Egyptian Arabic was “the closest geographical reference population” to Eritrea. The tests showed wildly inconsistent results. Zonaro missed several consecutive hearings; when he showed up, earlier this month, Ferrara pleaded with the judge to refer the case to a different court, meaning that Zonaro didn’t end up testifying, and that the trial will begin from scratch in September.

      Many of the wiretapped phone calls that were submitted into evidence raise questions about the limits of Italian jurisdiction. According to Gioacchino Genchi, one of Italy’s foremost experts on intercepted calls and data traffic, the technological options available to prosecutors far exceed the legal ones. When both callers are foreign and not on Italian soil, and they aren’t plotting crimes against Italy, the contents of the calls should not be used in court. “But in trafficking cases there are contradictory verdicts,” he said. “Most of the time, the defense lawyers don’t know how to handle it.” Genchi compared prosecutorial abuses of international wiretaps to fishing techniques. “When you use a trawling net, you catch everything,” including protected species, he said. “But, if the fish ends up in your net, you take it, you refrigerate it, and you eat it.”

      On May 16th, having found the number and the address of Lidya Tesfu, Mered’s wife, in Italian court documents, I met her at a café in Sweden. She told me that she doesn’t know where her husband is, but he calls her once a month, from a blocked number. “He follows the case,” she said. “I keep telling him we have to stop this: ‘You have to contact the Italians.’ ” I asked Tesfu to urge her husband to speak with me. Earlier this month, he called.

      In the course of three hours, speaking through an interpreter, Mered detailed his activities, his business woes, and—with some careful omissions—his whereabouts during the past seven years. His version of events fits with what I learned about him from his former clients, from his wife, and from what was both present in and curiously missing from the Italian court documents—though he quibbled over details that hurt his pride (that Ali had slapped him) or could potentially hurt him legally (that he was ever armed).

      Mered told me that in December, 2015, he was jailed under a different name for using a forged Eritrean passport. He wouldn’t specify what country he was in, but his brother’s wiretapped call—the one that referred to Mered’s pending return from Dubai—suggests that he was probably caught in the United Arab Emirates. Six months later, when Berhe was arrested in Khartoum, Mered learned of his own supposed extradition to Italy from rumors circulating in prison. In August, 2016, one of Mered’s associates managed to spring him from jail, by presenting the authorities in that country with another fake passport, showing a different nationality—most likely Ugandan—and arranging Mered’s repatriation to his supposed country of origin. His time in prison explains why the Italian wiretaps on his Sudanese number picked up nothing in the months before Berhe was arrested; it also explains why, when the Italians asked Facebook to turn over Mered’s log-in data, there was a gap during that period.

      To the Italians, Mered was only ever a trophy. Across Africa and the Middle East, the demand for smugglers is greater than ever, as tens of millions of people flee war, starvation, and oppression. For people living in transit countries—the drivers, the fixers, the translators, the guards, the shopkeepers, the hawala brokers, the bookkeepers, the police officers, the checkpoint runners, the bandits—business has never been more profitable. Last year, with Mered out of the trade, a hundred and eighty thousand refugees and migrants reached Italy by sea, almost all of them leaving from the beaches near Tripoli. This year, the number of arrivals is expected to surpass two hundred thousand.

      In our call, Mered expressed astonishment at how poorly the Italians understood the forces driving his enterprise. There is no code of honor among smugglers, no Mafia-like hierarchy to disrupt—only money, movement, risk, and death. “One day, if I get caught, the truth will come out,” he said. “These European governments—their technology is so good, but they know nothing.”

      Thirteen months after the extradition, Berhe is still on trial. At a hearing in May, he sat behind a glass cage, clutching a small plastic crucifix. Three judges sat at the bench, murmuring to one another from behind a stack of papers that mostly obscured their faces. Apart from Tondo, the only Italian journalists in the room were a reporter and an editor from MeridioNews, a small, independent Sicilian Web site; major Italian outlets have largely ignored the trial or written credulously about the prosecution’s claims.

      A judicial official asked, for the record, whether the defendant Medhanie Yehdego Mered was present. Calantropo noted that, in fact, he was not, but it was easier to move forward if everyone pretended that he was. The prosecution’s witness, a police officer involved in the extradition, didn’t show up, and for the next hour nothing happened. The lawyers checked Facebook on their phones. Finally, the session was adjourned. Berhe, who had waited a month for the hearing, was led away in tears.

      https://www.newyorker.com/magazine/2017/07/31/how-not-to-solve-the-refugee-crisis

      #Operation_Glauco #Glauco #opération_glauco #Mered_Medhanie

    • Italy Imprisons Refugees Who Were Forced to Pilot Smuggling Boats At Gunpoint

      The Italian press cheer these operations as a key part of the fight against illegal immigration, lionizing figures like #Carlo_Parini, a former mafia investigator who is now a top anti-human trafficking police officer in Italy. Parini leads a squad of judicial police in the province of Siracusa in eastern Sicily, one of several working under different provincial prosecutors, and his aggressive style has earned him the nickname “the smuggler hunter.”

      There is only one problem: the vast majority of people arrested and convicted by these police are not smugglers. Almost 1400 people are currently being held in Italian prisons merely for driving a rubber boat or holding a compass. Most of them paid smugglers in Libya for passage to Europe and were forced to pilot the boat, often at gunpoint.

      https://theintercept.com/2017/09/16/italy-imprisons-refugees-who-were-forced-to-pilot-smuggling-boats-at-g

      #Usaineu_Joof

    • A Palerme, le procès d’un Erythréen tourne à l’absurde

      La justice italienne s’acharne contre Medhanie Tesfamariam Behre, accusé d’être un cruel trafiquant d’êtres humains, alors que tout indique qu’il y a erreur sur la personne.


      http://mobile.lemonde.fr/afrique/article/2018/01/23/a-palerme-le-proces-d-un-erythreen-tourne-a-l-absurde_5245779_3212.ht

    • People smuggler who Italians claim to have jailed is living freely in Uganda

      One of the world’s most wanted people smugglers, who Italian prosecutors claim to have in jail in Sicily, is living freely in Uganda and spending his substantial earnings in nightclubs, according to multiple witnesses.

      https://www.theguardian.com/law/2018/apr/11/medhanie-yehdego-mered-people-smuggler-italians-claim-jailed-seen-ugand

      Lien pour voir le documentaire, en suédois (avec sous-titres en anglais) :
      https://www.svtplay.se/video/17635602/uppdrag-granskning/uppdrag-granskning-sasong-19-avsnitt-13?start=auto&tab=2018

    • voir aussi:
      Friends of the Traffickers Italy’s Anti-Mafia Directorate and the “Dirty Campaign” to Criminalize Migration

      The European effort to dismantle these smuggling networks has been driven by an unlikely actor: the Italian anti-mafia and anti-terrorism directorate, a niche police office in Rome that gained respect in the 1990s and early 2000s for dismantling large parts of the Mafia in Sicily and elsewhere in Italy. According to previously unpublished internal documents, the office — called the #Direzione_nazionale_antimafia_e_antiterrorismo, or #DNAA, in Italian — took a front-and-center role in the management of Europe’s southern sea borders, in direct coordination with the EU border agency Frontex and European military missions operating off the Libyan coast.

      https://seenthis.net/messages/913769

  • Dans la série « il n’y a pas d’islamophobie institutionnelle en France » : Les sénateurs interdisent les sorties scolaires aux mères voilées accompagnatrices
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/03/31/les-senateurs-interdisent-les-sorties-scolaires-aux-meres-voilees-accompagna

    Les amendements ont été adoptés, mardi, par 177 voix (LR et RDSE) contre 141 (PS, RDPI à majorité LRM, CRCE à majorité communiste, écologistes), au terme d’une discussion nourrie autour d’une dizaine d’amendements allant dans le même sens.

    • Elle s’appuie sur une expertise psychiatrique demandée par le juge à une pédopsychiatre, qui conclut que les trois enfants ne sont pas autistes et que Rachel souffre d’un syndrome de Münchhausen par procuration, signifiant qu’elle provoque ou imagine elle-même des troubles chez ses enfants dans le but d’attirer l’attention sur elle7,8,5. L’aliénation parentale est également retenue[réf. nécessaire] contre Rachel dans cette première décision judiciaire9, qui évoque un « comportement maternel inquiétant, empreint de nomadisme médical »10. La décision judiciaire de placement devient effective le 5 août 2015, sur ordre du conseil général de l’Isère, de façon imprévue car de nombreuses personnes pensaient que Rachel bénéficierait d’un délai en raison des congés estivaux11. Les trois enfants (alors âgés de 4, 6 et 8 ans) sont placés en foyer d’accueil12.

      on retrouve le #SAP et #syndrome_de_Munchhausen_par_procuration porté par ces imbéciles de #psychanalistes_lacaniens
      #sexisme #discrimination #mère_célibataire

      Sur le Syndrome de Munchhausen par procuration voire ici aussi https://seenthis.net/messages/792078

    • merci @fil pour le docu
      oui, c’est terrifiant les carences de ce pays

      très impressionnée aussi de ne voir que des femmes

      Et je me dis que nous avons échappé au pire avec ma fille, que ce soit l’école, les services sociaux, les flics ou les psys, ils ont tout fait pour m’enfoncer, certains me menaçant de me « dénoncer » à l’ASE et de la placer à la DASS. Je leur garde à tous une haine féroce.

      Les femmes qui gèrent une famille monoparentale sont les brebis émissaires sur lesquelles se défoulent les petits soldats de ces institutions archaïques.

      J’ai une amie qui s’est démenée pendant des années pour son neveu qui avait été placé car sa mère souvent en psychiatrie n’arrivait pas à l’élever sans aide. Elle s’est heurtée à chaque fois à la justice et à l’ASE ; Le docu souligne bien à quel point aucun en justice ou en travailleurs sociaux n’est formé au handicap et comment maltraitance et troubles autistiques sont confondus.

      Pauvre femme et pauvres enfants, presque dix ans privée de leur amour.

  • Les mères isolées dans le piège des politiques d’activation
    « Il faut travailler, madame », par Lucie Tourette (Le Monde diplomatique, février 2021)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/02/TOURETTE/62792

    En 2008, l’allocation parent isolé a basculé dans le champ du revenu de solidarité active (RSA). Depuis cette réforme, l’administration pousse avec insistance les femmes élevant seules des enfants vers le marché du travail. Alors que le nombre d’emplois aidés s’effondre, ces allocataires subissent une injonction à laquelle elles ne peuvent répondre, sans pour autant être libérées de l’obligation d’être de « bonnes mères ». 


    Louise Bourgeois. — « Altered States » (États modifiés), 1992
    © The Easton Foundation - ADAGP, Paris, 2021, Centre Pompidou, MNAM-CCI, RMN, Photographie : Jean-Claude Planchet

    À la fin des années 2000, Mme Bouha Bechri, qui vit en Haute-Loire, près du Puy-en-Velay, se sépare de son mari. À presque 50 ans, marocaine, venue en France pour rejoindre son époux, elle avait toujours été mère au foyer. Victime de violences conjugales, « elle s’est sauvée de la mort en partant », se souvient l’une de ses nièces. Après de nombreuses nuits sans sommeil, elle a trouvé refuge, épuisée, chez ses enfants les plus âgés. Sa plus jeune fille, alors âgée d’une dizaine d’années, se souvient des rendez-vous chez l’assistante sociale : « Elle avait dit à ma mère d’aller travailler. Alors qu’elle a de l’arthrose, qu’elle est diabétique et qu’elle ne parle pas français. Et quand on y retournait pour dire qu’on avait des revenus trop bas pour finir le mois, elle nous disait : “Il faut travailler.” » Comme beaucoup d’autres mères de famille monoparentale, Mme Bechri a perçu le revenu de solidarité active (RSA) majoré pendant un an avant de toucher le RSA classique.

    Le RSA majoré est accordé, sans condition d’âge, à un parent isolé qui assume seul la charge d’un ou de plusieurs enfants. Le principe de base est le même que celui du RSA : permettre aux allocataires de bénéficier d’un revenu minimum garanti. Pour les parents isolés, une majoration est versée jusqu’au troisième anniversaire de l’enfant le plus jeune, ou pour une durée d’un an si tous les enfants ont plus de 3 ans au moment de la séparation. Les éventuelles autres ressources sont déduites du montant de l’allocation. Un parent isolé avec un enfant perçoit au maximum 966,99 euros. Fin 2018, 229 200 foyers touchaient le RSA majoré, dont 96 % de femmes. La moitié des bénéficiaires avaient moins de 30 ans. Si l’on prend en compte les personnes à charge, 683 200 personnes étaient couvertes par le RSA majoré, soit 1 % de la population.

    En 2008, le RSA majoré a remplacé l’allocation parent isolé (API), créée en 1976. Au début, certains allocataires y ont vu un simple changement de sigle. C’est le cas de Mme Farida Boukaba, domiciliée au (...)

    #paywall #RSA #femmes #méres_isolées #activation_des_dépenses_passives #droits_sociaux

  • Catherine Corless, bonne fée des enfants oubliés d’Irlande
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/01/21/catherine-corless-bonne-fee-des-enfants-oublies-d-irlande_6067007_4500055.ht


    L’historienne Catherine Corless (à droite) et Carmel Larkin, survivante du « home » de Tuam en 2019, lors d’une veillée pour les 796 victimes de Tuam.
    CHARLES MCQUILLAN / GETTY IMAGES / AFP

    PORTRAITLes recherches de cette historienne locale ont conduit à la reconnaissance, mi-janvier, des responsabilités de l’Etat et de l’Eglise catholique dans la maltraitance et le décès de 9 000 enfants, au sein des « maisons pour mères et bébés », entre 1922 et 1998.

    « Tout a commencé sur cette table de cuisine », ont pris l’habitude de relater les journalistes anglo-saxons qui ont eu la chance de rencontrer Catherine Corless, chez elle, dans sa ferme familiale de Tuam (grosse bourgade du comté de Galway, dans l’ouest de l’Irlande).

    A 66 ans, cette historienne ­amatrice, grand-mère au doux visage mais au sourire rare, est devenue une véritable héroïne en Irlande. Seule, donc, depuis sa table de cuisine, cette femme modeste mais déterminée est parvenue à exhumer un passé national douloureux et honteux, à redonner voix et dignité à des dizaines de victimes et à obliger l’Etat irlandais et l’Eglise catholique à reconnaître leurs torts.

    • Sans son travail obstiné, l’enquête publique qui a conclu, à la mi-janvier, que 9 000 enfants étaient morts entre 1922 et 1998 dans les « maisons pour mères et bébés » irlandaises, n’aurait jamais eu lieu.

      Ces dizaines de structures, éparpillées dans tout le pays et tenues par des institutions religieuses, dissimulaient les grossesses des femmes non mariées, jugées honteuses aux yeux d’une société et d’un clergé misogynes. Les femmes y étaient rudement traitées, leurs enfants étaient systématiquement placés par les nonnes dans des familles d’accueil ou d’adoption. Le manque de soin, d’hygiène et d’amour était tel que la mortalité infantile y était affolante.

      Une héroïne

      Mercredi 13 janvier, le gouvernement irlandais a multiplié les louanges à l’égard de Catherine Corless, « héroïne de notre pays » pour le leader des travaillistes, Alan Kelly.

      Elle est née à Tuam, et enfant, comme tous les gamins de la ville, elle connaissait le home, une sévère bâtisse entourée de hauts murs gris, une « maison pour mères et bébés » tenue par les sœurs du Bon Secours depuis les années 1920. L’institution a fermé en 1961, ses bâtiments ont été détruits et le site en partie remplacé par des logements communaux.

      Catherine Corless se rappelle des enfants du home, « ils étaient très calmes, peureux et misérables ». Dans l’école qu’elle fréquente petite fille, ils sont placés au fond de la classe et on ne leur adresse pas la parole.

      Un autre souvenir la poursuit : pour imiter un de ses camarades et faire une blague, elle tend un vieux papier de bonbon vide à une fillette. « Sur le moment, j’ai trouvé ça drôle. Mais, les années passant, j’ai compris l’impact de ce geste pour ces enfants qui n’avaient jamais de douceurs, même pas à Noël. Cela m’a hantée », raconte-t-elle à la BBC Radio 4 en 2017.

      A l’origine, un petit sanctuaire

      Au début des années 2010, cette ancienne secrétaire dans une usine textile, qui s’est arrêtée de travailler pour élever ses quatre enfants, est intriguée par la découverte d’un petit sanctuaire, avec quelques fleurs et un ours en peluche, aménagé sur le site du home.

      Elle apprend qu’en 1975 deux garçons qui jouaient à cet endroit ont découvert des petits squelettes au fond d’un trou en déplaçant une plaque de béton. Passionnée d’histoire locale et de généalogie (elle a suivi des cours du soir sur le sujet), Catherine Corless contacte les autorités locales. Le siège des sœurs du Bon Secours, à Cork (dans le sud de l’­Irlande), lui répond qu’il n’a plus les registres du home de Tuam. Elle n’a pas davantage de succès au conseil du comté, à Galway : on lui refuse l’accès aux documents au prétexte qu’elle n’a pas de diplôme universitaire.

      Elle ne se décourage pas, obtient les plans du cadastre, consulte des cartes anciennes à la bibliothèque universitaire de Galway et, minutieusement, reconstitue l’aspect du home avant sa destruction. « Personne ne voulait savoir, j’étais en colère, c’est ce qui m’a motivée », confie-t-elle à la BBC. Le registre d’état civil de Galway finit par lui répondre : des certificats de décès d’enfants au home sont bien disponibles.

      Aucune trace de sépultures

      Entre 2011 et 2013, Catherine Corless débourse 4 euros pour chacun d’eux. Il y en a 796 au total sur la période 1921-1961… Des nouveau-nés et des enfants, âgés de 9 ans au plus, morts de pneumonie, de « négligence » , de « malnutrition » ou de « tuberculose ».

      L’historienne vérifie dans les cimetières du comté : aucune trace de sépultures de pensionnaires du home. Elle en est convaincue : les restes humains retrouvés sur le site sont bien ceux de ces enfants. Quant à l’excavation dans laquelle ils ont été placés, elle découvre avec horreur qu’elle correspond à l’emplacement d’une ancienne fosse septique. En mai 2014, après des mois d’indifférence, ses découvertes font enfin la « une » de l’Irish Mail on Sunday. Acculé, le gouvernement irlandais de l’époque diligente des fouilles à Tuam et lance une commission d’enquête.

      En 2017, les fouilles donnent raison à Mme Corless : les restes ne sont pas ceux d’enfants morts de la Grande Famine, au milieu du XIXe siècle, comme la rumeur le prétendait à Tuam, mais bien ceux des enfants du home.

      Interrogée par le Guardian en 2014, Catherine Corless expliquait en vouloir moins aux gens de Tuam, restés si longtemps silencieux, qu’à l’Eglise catholique. « C’est elle qui a dit que le sexe hors mariage était un péché, qui blâmait toujours les femmes, jamais les hommes, qui a martelé ça dans la tête des gens. »

      Désormais honorée par les plus prestigieuses facultés du pays (Trinity College et University College Dublin), cette femme discrète dit avoir entrepris ses travaux « pour les enfants morts », pour leur redonner une dignité. Mais elle a aussi expliqué qu’un secret de famille l’avait poussée à aller de l’avant. C’est seulement après la mort de sa mère qu’elle a découvert que celle-ci était une enfant « illégitime », née hors mariage. « J’aurais tellement voulu briser ce silence avec elle », confiait Catherine Corless à la BBC en 2018.

  • Dans “La puissance des mères”, Fatima Ouassak politise la maternité
    https://www.lesinrocks.com/2020/08/24/actualite/medias-actualite/dans-la-puissance-des-meres-fatima-ouassak-politise-la-maternite

    Son essai a aussi pour ambition d’inciter les #mères à se défaire des stéréotypes sociétaux liés à la maternité. Des clichés qui, selon l’autrice, les priveraient de toute forme de pouvoir ou d’émancipation. Si elle déplore l’invisibilisation des luttes des mères dans les mouvements féministes, la politologue en est convaincue : « le #féminisme pourrait être pour les mères un puissant outil d’#émancipation et de #libération ». Pour elle, il s’agit de « redonner de la valeur sociale, symbolique et politique à ce que les mères sont et font déjà. Et de conquérir le pouvoir politique que les mères n’ont pas. » En citant les deux pans majeurs des combats des mères, à savoir refuser l’injonction à être mère d’un côté et se battre en tant que mère de l’autre, elle démontre en quoi les luttes des mères sont aussi des luttes féministes.

    #Fatima_Ouassak

  • 36 migrants rescued off Lesbos on Sunday

    36 migrants from Iran and Afghanistan, traveling from Turkey, were rescued off the coast of Lesbos on Sunday. The migrants were taken to Petra port on the island where they were tested for the novel coronavirus, and then taken into quarantine.

    The small boat carrying 36 migrants was spotted off the coast of Lesbos on Sunday, June 14, according to the French news agency Agence France Presse (AFP). The Greek press agency ANA-MPA said that the boat was carrying 16 men, 10 women, two of whom are pregnant, and 10 minors.

    The boat, continued ANA-MPA, had “become stranded” between the Turkish coast and the north-west coast of the island of Lesbos.

    Quarantine

    After being taken in by the Greek coastguard, the migrants were first taken to Lesbos’s Petra port where they were tested for the novel coronavirus by a medical team. The group were then moved to Megala Therma, a temporary camp on the north of the island for a “seven-day” quarantine, according to AFP.

    According to ANA-MPA, this is the “third such boat” arriving on Lesbos since the beginning of June. So far, reported the agency, a total of 108 migrants have arrived on the island this month, in stark contrast to the greatly reduced numbers since mid-March, when Greece like most other countries around the world shut down due to restrictions to curb the spread of the COVID-19 pandemic.

    Pro-migrant organizations like Aegean Boat Report regularly post on social media when boats arrive on the Greek islands. Their latest post refers to an arrival of “40 migrants” on Sunday, June 9.

    AFP reported that the migrant boat this weekend was in fact spotted on Saturday morning, but the rescue operation by the Greek coastguard “did not take place until midnight.” Distress hotline Alarm Phone, which monitors migrant boats across the Mediterranean, repeatedly tweeted about the situation of those on board.

    Throughout Saturday, they sent out a series of urgent tweets, some with videos and pictures calling on the Greek and Turkish coastguards to help the people on board, since it appeared one of the pregnant women had gone into labor.

    ’Hurry, we are so scared’

    Those on board the boat told Alarm Phone to tell the authorities to “hurry” because they were “so scared.” In a subsequent tweet, Alarm Phone said “we could hear the people in the boat scream.” They said that someone on the boat had told them “the [pregnant] woman is dying.” Alarm Phone asked “Europe: What are you doing?”

    Later still on Saturday, they published a photo of the woman who they said was giving birth, under a blanket or tarpaulin, her face pixeled out. “The woman is giving birth in the dark on a dinghy in distress,” Alarm Phone wrote. “All competent authorities have knowledge of the situation. The Greek and Turkish Coast Guards, Frontex and NATO bear the full responsibility of these lives and any fatalities.”

    ’Brutal pushbacks’

    On May 29, Aegean Boat Report, which also monitors migrant boats in the Mediterranean and advocates for migrant rights in the region, accused the Greek coastguard of “brutally pushing back” another boat carrying “around 40” people. They said the Greek coastguards “destroyed their engine, [and] sprayed them with an unknown white powder.” This was just one instance of several, said migrant organizations.

    Throughout the lockdown, Greece has continued to transfer some migrants and asylum seekers off the Aegean islands to the mainland, in an attempt to ease overcrowding. AFP reports however that because of a shortage of accommodation on the mainland too, many migrants and asylum seekers have taken to sleeping in Victoria Square in the center of Athens. A phenomenon that was last seen in 2015 when more than a million migrants arrived in Greece in the hope of making it on to other countries in the EU.

    https://www.infomigrants.net/en/post/25368/36-migrants-rescued-off-lesbos-on-sunday

    #covid-19 #migration #migrant #grece #lesbos #meregee #quarantaine #traversee #alarmphone #test

  • Are You Syrious Daily Digest 6/4/20

    https://medium.com/are-you-syrious/ays-daily-digest-6-4-20-riot-police-violently-raids-a-detention-centre-in-gr

    70members of the riot police stormed a detention centre and were beating the confined people confined with batons. Reportedly, there are five people in a critical condition, many were injured and people had not been given food for a long time, according to the first reports that AYS and other groups received.
    The most comprehensive report of the incident reads: The government and the Minister of Civil Protection are responsible for the barbaric crackdown on migrant protests over food in the midst of the corona pandemic. Not only are they cynically indifferent to the human lives of the 450 migrants held in the PRO.KE.K.A (Pre-removal Detention Centre), but they are endangering their health with bad food and that of poor nutrition quality.
    On April 3, when the food arrived, they found that it was not eatable, and refused to eat it. This kind of food was simply “not for humans”.
    Officials have promised that this will change, which did not happen, however.
    Then, starting with a large group of Arab protesters came out of the cells, almost everybody went to the rooftop and started a hunger strike. This was followed by an attack of the police in full battle gear. The police took them out of the cells, hitting them with batons, while they also used electric tasers, as the people complained. Dozens of people were beaten for taking part while lying in the yard, it is reported.
    They smashed the cameras on their phones so they can’t take pictures of the injuries. And they haven’t given them food since then. According to police sources, a man was taken to the hospital in critical condition.

    Underlying racism in official reporting

    There is underlying racism in the way Greece reports about COVID-19, separating the report on the general number of infected people and the number of infected people inside the camps. It is clear that if COVID-19 is present in the camps, it came from outside the camps. These types of reports leave room for interpretations, and all kinds of conclusions and conspiracy theories that connect people on the move currently trapped in the camps with COVID-19. In this way they spread a dehumanizing rhetoric very present in governmental reporting, but also within the bureaucratic reports of the big organisations following their lead.

    Illegal Deportations and Pushbacks to Turkey, Ordered by the Greek Government, Executed by the Greek Coast Guard
    Aegean Boat Report reports:
    “While the eyes of the world are occupied with the COVID-19 pandemic, Greek government seems to be taking advantage of the situation, a new tactic to tackle flows towards the Greek Aegean islands has been implemented.
    In the last weeks at least nine incidents of people being found drifting in the sea, in life rafts without propellant, has been reported by Turkish coast guard. This could easily have been disregarded as Turkish propaganda, if it hadn’t been for the evidence from Samos.
    April 1th at 08.00 a boat landed on Mourtia Beach, Samos east, carrying approximately 25 people. There where several people on the beach this morning witnessing the landing, pictures, and videos was taken. Port police were called by a person on-site, later port police denied having received any information on such incident, and that no new arrivals had been reported on Samos.
    Witnesses report that two boats from HCG arrived in Mourtia bay after the landing, the refugees were taken on one of the boats from port police, a boat took off heading southeast. A picture taken by a local journalist shows that two boats from HCG were in fact in Mourtia bay this morning, but port police deny that any of their vessels were in the area this morning.
    The last boat that landed in Mourtia beach was February 19th, nevertheless, later this very day people who walk on this beach every day, found a rubber boat, engine, a fuel tank and clothes that weren’t there the day before. Port police told people who contacted them about this that there had been no arrivals, and that they should remember that it was April fools day.
    Turkish Coast guard picked up 26 people 13.30 this same day, in a life raft that had drifted towards Aydin national park, 10 children, 6 women and 10 men. According to the statement from the passengers, obtained by TCG, they claimed that they had crossed to the island of Samos; were later rounded up by the Greek Coast guard, put on a life raft, and dragged to Turkish waters.
    Pictures taken by locals from Mourtia Beach, compared to pictures taken by Turkish coast guard leaves no doubt, people photographed on Samos is the same that TCG found drifting in a raft outside Aydin national park. When we also take into account the statements from locals regarding this landing, the evidence is overwhelming.
    If this had been an isolated incident, this could have been an HCG crew taking things in their own hands, but it’s not. Nine known cases in the last two weeks, from Simi in the south to Lesvos in the north, shows that this is not an isolated incident, this is boat crews acting on orders from the top.”

    Due to a dispute between local government and the Greek Ministry of migration, 152 new arrivals on Lesvos are still stuck out in the open without any sufficient infrastructure which meets basic needs, such as electricity, toilets or other sanitary facilities, @f_grillmeier (Twitter) reported. 25 people of those 152 who also arrived after March 1 have been staying in a discarded bus at Mytilini Harbour close to an old swimming pool, but have now been tranferred to Kara Tepe.

    56people are in tents and underneath broken boats close to Petra, 32 people are reportedly in staying tents at mountain-region of Agios Stefanos, 39 in a chapel close to Kliou, north. According to the media, the local government has not indicated a safe temporary place for those who have to quarantine for 14 days after arrival. The Ministry of Migration says that it is the responsibility of local authorities.

    Anxiety and Despair Among People Confined in Camps Across the Country
    As a consequence of the locked camps’ regime that seems to be unsustainable in the long run, as it is now, there is growing despair among the people held in the centres across Serbia, guarded by the army. The people staying in these camps are complaining that they are not allowed to provide their families and themselves with enough proper food for a healthier survival within the facilities in which they are held. They say that in the Krnjača camp there is a small shop with no clear pricing, and everything is much more expensive than in the other shops outside of the camp. They are forced to buy food in these shops which they claim are owned by some of the staff, and even there not everyone gets to have a chance to shop.

    The SCRM introduced obligatory isolation for new arrivals sent to Preševo camp, which with a population of 1,501 making it the largest camp .
    Growing mental health issues, gaps in service provision and supply, conflicts between different groups and the toxic influence of smugglers’ propaganda inspiring some to protest violently, these are some of the issues InfoPark documented from the testimonies of people held in these centres.

    CROATIA
    Pushbacks continue
    Although the official sources claim the “pressure on the border” has reduced, and that there are not that many people trying to cross the green border into Croatia, the reports on pushbacks have not ceased. AYS has received information on several cases of pushbacks in the area close to Velika Kladuša in Bosnia and Herzegovina. Also, L’ ALTRA VOCE have recently shared an account of a pushback of a group of boys who tried to enter Croatia, but were beaten up and had their belongings taken away, they say. The images they sent them display heavily bruised arms and extremities on the boys’ bodies.
    Sixteen cops beat them with great violence using steel bars. They insulted and beat them. Then they took everything away from him: cell phones, money, shoes, jackets. And they pushed them into the cold water of a river.

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Grèce #Détention #Camp #Racisme #Refoulement #Merégée #Turquie #Samos #Mourtia #Mythilène #karatepe #Agiosstefanos #Petra #Kliou #Klidi #Sintiki #Privatisation #Serbie #Armée #Presevo #Krnjaca #Santémentale #Croatie #Refoulement #Velikakladusa #Bosnie-Herzégovine

  • Femmes artistes, de l’ombre à la lumière ?
    Rencontres femmes d’histoire 2020 animées par Nassira El Moaddem

    C’était hier. Elle a été question des artistes plasticiennes, photographe et danseuse. @mad_meg aurait dû participer mais a eu un empêchement.

    Nous avons appris à l’ouverture des conférences, qu’à partir de 2021 la Mission départementale aux droits des femmes et à l’égalité ne renouvellera pas sa participation financière aux rencontres au prétexte qu’elles seraient hors sujet. Elles sont pourtant en plein dedans. Pour rappel, les rencontres de l’année dernière avait pour thème les agricultrices https://seenthis.net/messages/755605

    Cela est un coup dur pour l’association alors que la secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les femmes et hommes et de la lutte contre les discriminations est du Mans (mais Le Mans n’est pas macronien).

    Brouhaha dans la salle. La pause déjeuner a été l’occasion pour les Rosie qui participent actuellement à toutes les manifestations (et dont le groupe s‘étoffe manif après manif) de s’organiser et faire leur performance sur le plateau du palais des congrès avant la reprise de la seconde session.

    Maintenant le programme de la journée

    Une première et brillante présentation de Martine Lacas https://www.babelio.com/auteur/Martine-Lacas/130575) et un retour historique sur les peintres femmes de la fin du XVIIIe au début du XIXe, une période où les femmes avaient une place reconnue.

    Martine Lacas prépare actuellement une exposition, qui aura lieu au musée du Luxembourg, de femmes artistes de cette même période.
    Des questionnements : femme artiste ou artiste femme ?
    Des déconstructions sur le genre et le genre : les « grands » sujets (fresques historiques) et les « petits sujets » (scènes de la vie quotienne) ; les sentiments, la sensualité et l’émotion, etc. Et des exemples qui contredisent les clichés.

    Par ailleurs, elle a cité plusieurs Geneviève Fraisse, qui semble nourrir sa propre réflexion.

    Ensuite, Matylda Taszycha , commissaire d’expo et critique d’art, nous a présenté l’association AWARE dont elle est responsable scientifique. L’association s’est donné pour mission redonner une place aux artistes femmes du XXe siècle.
    Voici le site https://awarewomenartists.com
    Elle a évoqué au passage l’activisme des Guerillas Girls https://www.guerrillagirls.com

    Pour la dernière présentation de la matinée, Aymar du Chatenet , journaliste, éditeur et amateur d’art nous a parlé de Nadia Léger dont il vient de publier une monographie, « Nadia Léger, l’histoire extraordinaire d’une femme de l’ombre » (monographie un peu chère pour les finances d’une femme artiste). https://www.decitre.fr/livres/nadia-leger-9782365901376.html

    Une œuvre impressionnante occultée par celle de son mari.
    Nadia Khodossievitch est née en Biélorussie en 1904. Elle rejoint les suprématistes à Smolensk et part pour Paris avec son mari le peintre polonais Stanisław Grabowski en 1925. Elle y rencontre Fernand Léger, devient son élève puis sa maîtresse, sa femme (après son divorce) et en vient à diriger l’atelier de son mari. À la mort de ce dernier, elle fonde le musée Fernand-Léger où sont exposées les œuvres de Fernand.

    L’œuvre de Nadia recouvre les différentes palettes de l’art moderne, y compris, en fervente communiste qu’elle était, le réalisme soviétique.

    Si la publication de la monographie de Nadia Léger a été très remarquée par les professionnel·les de l’art et les institutions artistiques, aucune rétrospective des œuvres de l’artiste femme n’est à ce jour en projet, pas même au musée Fernand-Léger !

    Ici un entretien avec l’auteur
    https://www.gazette-drouot.com/article/aymar-du-chatenet-la-memoire-de-nadia-leger/9425
    Une question restée sans réponse au moment du débat avec le public, du mari ou de la femme a influencé l’autre ? Ce qui est certain, d’après du Chatenet, est que Nadia Léger avait un vrai talent et un style personnel.

    Pause !

    Des élèves de l’école des beaux arts du Mans ont lu des textes de Virginie Despentes, Virginia Woolf, Gina Pane (qui a enseigné aux beaux-arts du Mans), Marguerite Duras, et d’autres.

    Une table ronde réunissait Scarlett Coten, Cécile Proust et Sana Yazigi.

    Scarlett Coten est photographe, trente ans de carrière derrière elle, vit au RSA malgré le prestigieux prix Leica reçu en 2016 qui n’a débouché, en France, sur aucune proposition d’exposition ou de publication. Soutenue financièrement par sa famille dont elle a perçu une avance sur héritage, la caf lui réclame 10 000 euros de remboursement.

    Elle a beaucoup travaillé comme reporter dans les pays arabes. Sa perception des hommes qu’elle y a croisé au cours de ses voyages, loin des stéréotypes de nos journaux, lui ont donné envie de faire des portraits de jeunes hommes qu’elle a choisi
    précisément pour ces raisons http://www.scarlettcoten.com/mectoub

    Elle a ensuite poursuivi son expérience aux États-Unis http://www.scarlettcoten.com/plan-americain
    N’attendant plus rien de la France quant à voir son travail exposé ou publié, c’est aux États-Unis que sera édité un livre de photographies regroupant ces deux séries sous le titre Look at me.

    Les expo du Festival international de la photographie d’Arles sont à plus de 95 % masculines. Pour les 50 ans de la manifestation, la pression a été si forte de la part des photographe et de l’opinion publique que la parité a dû être respectée.

    Cécile Proust est chorégraphe, performatrice et féministe. Et l’une des femmeuses http://femmeuses.org/modxFem/index.php?id=1
    Selon Cécile, la création chorégraphique a été largement dominée par les femmes jusque dans les années 1980 où la création d’institutions (autre que l’Opéra) sous Mitterrand a été l’occasion pour des hommes, venus de la danse mais aussi des arts plastiques, de s’imposer au point d’être aujourd’hui en situation de légère domination.

    Elle nous a présenté cette vidéo amusante (ce n’est pas tout à fait la même, dommage elle est coupée) d’une performance et écriture inclusive Prononcez FénanOQ http://femmeuses.org/modxFem/index.php?id=58

    Scarlett et Cécile pensent que des quotas doivent être imposés pour donner aux artistes femmes la place qu’elles méritent.

    La dernière présentation était celle de Sana Yazigi , graphiste syrienne installée au Liban à cause de la guerre. Elle est co-fondatrice du site d’archives des œuvres picturales de la Révolution syrienne Creativememory, en arabe, anglais et français.
    https://creativememory.org/fr/archives

    On y trouve les œuvres classées par genre (affiches, dessins, caricatures…), une carte de la Syrie où sont situés les artistes, le contexte dans lequel l’œuvre a été réalisée, un travail énorme.

    Ici un entretien qu’elle a donné a onorient
    http://onorient.com/sana-yazigi-la-memoire-creative-de-la-revolution-syrienne-27705-20190404

    Ensuite nous avons regardé le film de Tim Burton Big eyes qui relate l’imposture d’un #grand_homme s’attribuant le travail de sa femme
    http://www.premiere.fr/film/Big-Eyes

    Alors madame la secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les femmes et hommes et de la lutte contre les discriminations, Femmes d’histoire est vraiment hors sujet ?

    Et comme toujours en France, la journée s’est terminé par un banquet ! Non, mais par un pot très sympa partagé avec l’association, les intervenantes et le public.

    J’aurai pu apporter mon témoignage qui aurait confirmé ce qui a été dit : la galère pour gagner sa vie comme artiste femme, les portes qui se ferment à partir de quarante ans, les résidences d’artistes réservées à celleux qui font partie du réseau qui va bien.

    L’hiver dernier, je discutais au téléphone avec une « copine » qui me demandais, classique, comment j’allais. Je n’allais pas bien, j’avais de grosses galères de fric, je ne pouvais plus payer mon logement, et l’autre de me répondre d’un ton très léger « oh, mais tu as l’habitude, c’est pas grave ». Je ne sais pas si c’est grave, qu’est-ce qui est grave exactement mais sa réponse m’a choqué et m’a fait violence. Non, on ne s’habitue pas et je dirais même de moins en moins en vieillissant parce que oui, je fatigue plus vite à vivre au jour le jour. Finalement c’est une vraie amie qui m’a sortie d’affaire (et je la remercie grandement) mais la situation reste très précaire.

    Malgré cela, dès que j’aurais un peu moins de dettes, je donnerai un peu de sous à l’association pour que la manifestation perdure avec ce même souci de qualité des interventions.

    • Merci pour ton compte rendu @odilon
      C’est désespérant de savoir que l’association se fait coupé les vivres et que toutes ces artistes n’ont pas de rétrospectives. Je commence à connaitre pas mal de femmes artistes et ca fait vraiment mal au cœur de voir comme elles sont traitées.

      Je suis désolé de te savoir dans la galère ainsi que de subir le genre de réflexion que tu rapporte. Une amie m’a dit récemment que c’etait pas la peine de m’occupé du sujet des retraites car je n’en aurais de toute façon jamais. Ça m’a blessé aussi, comme si je n’aurais jamais le droit de me reposé et de ne pas être continuellement stressé par le travail ou comme si je ne travaillait pas vraiment.

      De mon coté, c’est ironique, au lieu de venir au Mans et de suivre le programme qui avais causé mon désistement (et qui a été décalé à la mi-février), j’ai du partir à Bologne pour le travail. Hier j’ai donc participé à une table ronde avec des femmes artistes et féministes ! Le salon était organisé par une femme et je ne sais pas si le salon était paritaire en femmes artistes. Les intervenantes ainsi que moi étions d’accord pour dire que les femmes restent sous-estimées. J’essaye de faire un compte rendu rapidement de ce salon.
      https://boomcontemporaryart.com/edizione-2020

    • Très bien @mad_meg
      J’ai oublié de préciser quelques statistiques mais je n’ai plus les chiffres en tête. De mémoire :
      – une forte majorité de diplomé·es des écoles d’art et photographie sont des femmes
      – les artistes femmes représentent environ 20 % des expo des grands musées.
      – Si la structure est dirigée par une femme, ce pourcentage est d’environ 40 %

    • Merci @odilon pour ton retour, ça avait l’air très bien !

      Concernant l’effacement des femmes.
      Je travaille avec Wikipédia en ce moment, ça me sert pour récupérer des infos comme les dates de naissance ou quelques liens importants, puis à fouiller ensuite. Je ne vais pas enfoncer Wikipédia sur l’écriture du français, ni sur sa façon d’édulcorer les biographies quand on compare aux pages en anglais, mais plutôt sur sa sous représentation de personnages féminins.
      Par exemple la page sur Sartre parle de « la femme de Boris Vian » qui sera l’amante de Sartre jusqu’à la fin de sa vie sans même citer son nom. Une courte recherche ne permet même pas de savoir qui elle est, ce qu’elle a fait, à part aider Sartre et puisque Vian a eu plusieurs femmes.

      J’ai commencé à noter plusieurs #femmes_oubliées par WP
      Fanny Deleuze
      Madeleine Laïk
      Françoise Laborie
      Renée Saurel
      Hélène de Gunzbourg

      dont on retrouve cependant à la bnf ou ailleurs les importantes contributions

      #femme_de
      #mère_de
      #sœur_de
      #ex_de
      #femmes_sans_nom

  • Une vie à découvert : LA GALERE DES MAMANS SOLOS – Révolution Féministe
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2019/12/01/une-vie-a-decouvert-la-galere-des-mamans-solos

    FS : Peux-tu nous parler de ta situation de « maman solo » et des circonstances qui ont fait que tu es une maman solo ? Reçois-tu une pension de la part du père ?

    MS : Oui, la question financière, c’est clair que c’était pour moi hyper-important à une période, parce que j’ai vécu deux vies de couple et j’ai fait un enfant à chaque fois, avec deux pères différents, donc ça fait deux situations différentes. Je suis maman solo suite à une séparation, et ces séparations m’ont permis de prendre conscience de ce qu’est la vie de couple, que c’était quoi finalement le couple, par rapport à mes attentes et la finalité de la vie. La séparation, c’était me retrouver sans pression sociale, familiale ou personnelle, c’était me sentir libérée, débarrassée d’un carcan.

    SOUCIEUSE.jpg

    FS : Tu as donc vécu la vie de couple comme un carcan ?

    MS : Ce n’était pas si joyeux que ça, au final. Parce que, avec mes deux partenaires, c’était assez compliqué. Ca a été des expériences, et je ne veux pas généraliser, mais la séparation a été un vrai choix de ma part, surtout la deuxième fois. Ca fait 6 ans que je vis seule, j’ai une petite pension de la part du père de ma grande, et il me donne exactement la même somme depuis 2006.

    FS : Pas d’augmentation du coût de la vie ?

    MS : Absolument pas. Même si ça avait été mentionné dans le jugement que ça devait être réévalué, en fonction des études de ma fille par exemple, et j’avais fait inscrire que les charges un peu exceptionnelles devaient être divisées en deux. Je n’avais pas pris d’avocate, je pensais pouvoir me débrouiller toute seule…

    FS : Une avocate ça coûte cher, sauf si on a une aide judiciaire…

    MS : C’est ça, j’étais au SMIC à cette époque et je n’en voyais pas l’intérêt. Mais pour ma deuxième séparation, j’ai pris une avocate parce que la situation était très complexe. Et c’est là que j’ai découvert la justice patriarcale, c’est-à-dire qu’on m’avait dit : « la justice, tu verras, elle est toujours du côté des mères », et en fait, à cette période, la justice était plutôt du côté des pères : je revois encore le père de ma grande faire sa victime, être hyper-écouté par les juges qui en plus étaient des femmes, il les a complètement mises de son côté. Et je me suis dit, heureusement, je suis autonome financièrement, j’ai le permis, je sais me débrouiller, mais moralement et au niveau stress, la barre était haute.

    FS : Est-ce qu’il a essayé d’utiliser votre enfant contre toi ? Est-ce qu’il s’en est servi comme pion pour que tu aies des problèmes avec la justice ou autrement ?

    MS : Oui, il l’a fait à titre personnel, et avec la justice, il l’a tenté. Il a fait aux juges le coup de la vie difficile et il a dit « mais quand même, j’ai décidé d’ouvrir un compte à ma fille et de lui mettre une petite somme tous les mois ». Très bien. Sauf qu’il rajoute à la fin : « je m’autorise à pouvoir piocher dedans en cas de coup dur ». Là, j’ai halluciné parce que les juges n’ont rien dit. Ils ont juste dit : « Monsieur, on comprend ». C’est n’importe quoi, tu ne peux pas dire que tu fais ça pour ton enfant et en même temps, ce n’est pas vraiment pour ton enfant, puisque tu le fais pour toi. C’est juste pour te montrer la façon dont il a essayé de se créer une façade de bon père de famille que les juges ont acceptée sans poser de questions.

    FS : Donc il ne faisait pas des visites régulières, c’était « je viens si je veux » ?

    MS : Ca, c’était avant qu’on ne passe devant le juge. Après, ça s’est calé, c’était obligatoire. Mais il lui est arrivé alors de me ramener la petite parce que, d’après ses dires, elle avait « fait une crise ». Il trouvait des prétextes pour s’en débarrasser s’il avait autre chose à faire. Et sans aucune pédagogie : du jour au lendemain, il part avec une autre femme et il explique brutalement à notre fille que c’est sa nouvelle famille : ce n’est pas possible de fonctionner comme ça avec des enfants.

    Monsieur paye une pension qu’il peut compter dans ses charges, donc c’est déductible d’impôts. Et moi, c’est compté dans mes revenus donc c’est imposable. Ce n’est pas trop mon truc de calculer ça mais à une période, ça m’a fait passer dans la catégorie des personnes qui devaient payer des impôts. Alors que 150 Euros par mois, c’est rien pour élever un enfant. Parce que, il y a 6 ans, j’ai fait le choix de revenir dans une grande ville : mes filles ont une grande différence d’âge, j’ai voulu qu’elles aient chacune leur chambre et j’ai dû prendre un appartement plus grand. Tout ça a un coût. Et quand j’ai quitté cette campagne, j’ai regardé les loyers un peu partout, et puis finalement, j’ai dû me retourner vers les bailleurs sociaux pour trouver un appartement qui soit dans mes prix. Donc je suis une cadre moyenne qui vit dans un logement social. (rires)

    Pas drôle, ça : les logements sociaux sont prioritairement attribués à des gens comme toi, pas des gens en-dessous de la ligne de flottaison.

    #femmes #pères #mères #couple #famille #pauvreté #divorce

  • Retraites amères pour les #classes_populaires

    Le projet de réforme ne permet pas de garantir une réduction des #inégalités. Il existe au contraire de bonnes raisons de penser que celles-ci risquent de s’accroître.

    Bien sûr, il existe encore de nombreuses inconnues sur le fonctionnement du futur système de retraite liées à l’#âge_pivot à 64 ans, aux règles sur l’évolution de la #valeur_du_point, aux conditions concrètes de prise en compte de la #pénibilité, aux conditions de #revalorisation des #salaires des #enseignants et des autres #fonctionnaires, à l’avenir des #pensions_de_réversion ou encore au devenir des 24 milliards d’euros de recettes annuelles de la #Cades [Caisse d’amortissement de la dette sociale] à partir de 2024… Tous ces sujets sont encore sur la table après deux ans de concertation dont on peut se demander à quoi elle a servi pour en arriver à un tel gâchis : mis à part le Medef, plus aucun partenaire social n’a confiance en la parole du gouvernement. Mais pour celles et ceux qui sont attachés au système par #répartition tout en considérant qu’il doit être unifié et amélioré, le cœur du sujet, c’est qu’un #système_universel par points n’est pas forcément juste, ni même plus juste que l’actuel.

    L’#universalité est un moyen, pas un but. Les points ou les trimestres sont des outils, pas des formules magiques. Or, en l’espèce, le mantra « un euro cotisé donne les mêmes droits à tous » pour séduisant qu’il puisse paraître dans sa simplicité conduit à des #injustices difficilement justifiables. Tout d’abord parce qu’il ne tient aucun compte des différences d’espérances de vie suivant la #trajectoire_sociale, et en particulier des espérances de vie en bonne santé. Dans notre société où l’#héritage_social est celui qui est le mieux partagé, cette #fausse_égalité conduirait à ce que les #classes_moyennes et populaires continuent plus que jamais de payer massivement pour les retraites bien plus longues des plus aisés. La mise en place d’un âge pivot à 64 ans, comme le veut le gouvernement, aggraverait encore ce défaut.

    On nous explique que ce serait un progrès de passer du système actuel qui prévoit la prise en compte des 25 meilleures années dans le privé ou des 6 derniers mois dans public pour le calcul de la retraite, à un calcul sur la totalité de la carrière grâce au système par points. C’en serait indéniablement un pour celles et ceux qui ont travaillé longtemps moins de 150 heures par trimestre dont les cotisations ne leur donnent aucun droit aujourd’hui. Mais fallait-il absolument changer de système pour y parvenir ? Non, il suffirait de modifier cette règle.

    Qu’en sera-t-il pour les autres ? Si, pour les « carrières plates » en termes de rémunération, il n’y aura pas de pertes et que, au contraire, les grandes fulgurances de fin de carrière seront moins profitables, aucune simulation ne permet aujourd’hui de garantir une réduction des inégalités si on prend en compte l’ensemble des situations. Il existe au contraire de bonnes raisons de penser que celles-ci risquent de s’accroître. Les #cadres sortis à 23 ou 24 ans d’une grande école, avec tout de suite un CDI bien payé en poche, n’auront plus à travailler jusqu’à 67 ans pour percevoir une retraite à taux plein et seront à coup sûr gagnants. Ainsi que les #hauts_fonctionnaires, de Bercy et d’ailleurs, qui reçoivent des #primes conséquentes. Ils n’ont par nature jamais de trous dans leur carrière et pourront eux aussi s’arrêter de travailler plus tôt.

    Ce ne sera pas le cas pour les plus nombreux. Bien entendu pour les enseignants et toutes les autres catégories de fonctionnaires qui reçoivent peu de primes, sauf revalorisation improbable massive de leurs rémunérations. Mais aussi pour les ouvrier·e·s, les employé·e·s, les technicien·ne·s qui ont commencé à travailler à 20 ans en étant mal payés, qui ont connu le chômage à plusieurs reprises, avant de décrocher un CDI vers 30 ans et commencer alors une carrière un peu plus rémunératrice. Ce ne sera pas le cas non plus pour les employé·e·s sous statut privé pendant des années dans les services publics avant d’être titularisé·e·s. Ni pour les #mères_célibataires obligées de travailler moins pour éduquer plus. Tous verront leur retraite amputée du fait que la règle des meilleures années ne permettra plus d’effacer les années de galère pour le calcul du niveau de leurs pensions.

    Ceux-ci et celles-ci sont pour l’essentiel les enfants des classes populaires et moyennes. Ils vont, d’une génération à l’autre, devoir travailler au-delà de 64 ans pour glaner suffisamment de points afin de rendre leurs pensions tout juste acceptables. Il ne nous a pas échappé bien sûr que ce fonctionnement par points était déjà celui des régimes complémentaires actuels du secteur privé. Il n’en reste pas moins que sa généralisation dans le cadre du nouveau système universel renforcerait beaucoup les injustices qu’il engendre déjà. En prenant en compte de la même manière les rémunérations perçues à l’âge de 25 ans et à 60 ans, les systèmes par points dénaturent la fonction sociale fondamentale d’un système de retraite par répartition : offrir aux retraités une pension qui reflète leur niveau de vie en fin de carrière ou durant les meilleures années de celle-ci.

    Au lieu de promouvoir une telle injustice à travers la retraite par #capitalisation, la majorité actuelle réussit à le faire en prétendant défendre et améliorer la retraite par #répartition. Tout en parachevant l’étatisation de la #protection_sociale et en dotant le pays d’un mécanisme qui permettrait, en jouant sur la valeur du point, de réduire peu à peu les retraites futures sans avoir besoin de changer les règles du jeu. C’est un exploit qu’il convient de saluer, mais à force de détourner de leur sens les #valeurs de la République, cela conduit le pays dans une #impasse.

    https://www.liberation.fr/debats/2019/12/19/retraites-ameres-pour-les-classes-populaires_1770224

    –-> un ami économiste me signale que cette analyse de la réforme des #retraites est très intéressante...

  • La pilule de l’obéissance

    À l’origine, le remède ne devait concerner que les #enfants « hyperactifs », une pathologie relativement rare. Mais depuis quelques années, aux États-Unis, tout bambin quelque peu turbulent peut se voir prescrire de la #Ritaline, un #médicament voisin des amphétamines qui fait également fureur sur les campus. Après avoir inondé le marché américain, la pilule miracle se répand en France.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/12/BRYGO/61087
    #santé #enfance #hyperactivité

    • Déjà en cours il y a une dizaine d’années. Je ne connais pas l’ampleur du problème, mais j’avais rencontré une mère abandonnée — je trouve ça mieux que « mère célibataire » qui peut laisser penser que sa situation était un choix — épuisée qui n’arrivait pas à contrôler l’énergie de son petit dernier (essentiellement par manque d’aide et de ressources). Elle était soulagée par la mise sous Ritaline de son gosse. C’était effrayant de voir ce gosse domestiqué façon robot, mais je ne pouvais absolument rien dire à ce sujet à cette mère qui était déjà dans une grande souffrance.


    • #shit_storm en vue

      Le petit dernier, l’Adhansia, sort des usines de Purdue Pharma , le laboratoire de l’OxyContin, considéré comme le principal responsable de la crise des #opioïdes (400 000 morts en vingt ans) (11). « Je viens d’un programme où on essaie de baisser les doses, de favoriser les thérapies comportementales, d’arrêter les médicaments, poursuit Mme O’Rourke. Mon but, c’est qu’ils soient capables d’être des enfants, de jouer et d’apprendre. Je n’ai jamais vu d’effets négatifs à long terme, excepté une croissance perturbée. Le plus grand problème, ce serait l’addiction, surtout pour les adolescents, ainsi que la revente. » Pour elle, ça ne fait pas de doute, « la télévision est responsable en grande partie du TDAH. C’est la première baby-sitter du pays ». Dans sa salle d’attente, encore un garçon. Jayden, 12 ans, « ne tient pas en place ». Diagnostiqué hyperactif, il est sous psychotropes depuis quatre ans. Sa mère, Tasha, commente : « Quand il ne les prend pas, il est insupportable. » L’école ? « Je pense que c’est ennuyeux, répond Jayden. Lire est ennuyeux. Rester assis toute la journée est ennuyeux. Je préfère jouer au base-ball avec mon père, ou à Fortnite, World of Warcraft ou NBA 2K [des jeux vidéo] avec mes copains. »

    • On ne parle que des garçons par rapport à ces produits. C’est peut être une solution que les femmes (mères, personnel enseignant et personnel medical qui sont largment fémininisés) ont trouvé pour rendre un peu moins insupportables les comportements masculins.

      « Je préfère jouer au base-ball avec mon père, ou à Fortnite, World of Warcraft ou NBA 2K [des jeux vidéo] avec mes copains. »
      Il me semble qu’il y a une histoire de domination masculine dans tout ceci, les filles sont « rithalinés » sans chimie par la culture du viol.

    • Quand même @monolecte il y a aussi des femmes qui foutent le père dehors, souvent avec raison d’ailleurs ! et même si il est très content de retrouver sa « liberté » et qu’il ne paye pas la pension, j’estime que cela n’en fait pas une « femme abandonnée » pis on dirait qu’on parle d’un chien. Non plus qu’une femme célibataire, d’ailleurs. #famille_monoparentale c’est pas mal parce que oui, même seule avec un enfant c’est une famille, n’en déplaise à certaines pourritures de psys. Alors disons #mère_monoparentale ?

    • @mad_meg

      les filles sont « rithalinés » sans chimie par la culture du viol

      Affreusement d’accord avec toi :/

      https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/cbl.30337

      It is estimated that half to three‐quarters of all women with attention‐deficit/hyperactivity disorder (ADHD) are undiagnosed. Boys are more likely to be given an ADHD diagnosis (13.2%) than girls (5.6%). Girls are also diagnosed, on average, 5 years later than boys (boys at age 7, girls at age 12) (Foley, 2018).

  • Le numéro 0 de la revue #Nunatak , Revue d’histoires, cultures et #luttes des #montagnes...


    Sommaire :

    La revue est disponible en ligne :
    https://revuenunatak.noblogs.org/files/2016/09/nunatakzero.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

    –-----

    métaliste des numéros recensés sur seenthis :
    https://seenthis.net/messages/926433

    #revue #montagne #Alpes #montagnes

  • Le foulard des accompagnatrices scolaires : une question plus civique que religieuse
    Anne-Sophie Lamine, The Conversation, le 25 juin 2019
    https://theconversation.com/le-foulard-des-accompagnatrices-scolaires-une-question-plus-civique

    L’interdiction de sorties scolaires aux mères d’élèves qui arborent un signe religieux vient, une fois de plus, de faire l’objet de débats. Un amendement a été voté dans ce sens par le Sénat le 15 mai, puis a été rejeté le 13 juin par la commission mixte paritaire de députés et sénateurs.

    #France #discrimination #islamophobie #femme #mères #mamans #écoles #sorties_scolaires #voile #foulard #signe_religieux #loi

  • #Mir_Streiked !

    „Mir Streiked!“ ist die Hymne für der Schweizerischen Frauen*streiktag 2019. SASA, KimBo, Mer Ayang und Sascha Rijkeboer komponieren in ihrer musikalischen Unterschiedlichkeit ein Lied, das gleichzeitig bewegt, anklagt und mobilisiert.

    https://www.youtube.com/watch?v=m001Efj0ymI&feature=share


    #grève_féministe #14_juin #femmes #grève #Suisse #chanson #14_juin_2019 #hymne
    #musique_et_politique (ping @sinehebdo)

    v. aussi le #manifeste académique de la grève :
    https://seenthis.net/messages/777511

    et une tribune sur le #féminicide, tribune publiée en lien avec la grève :
    https://seenthis.net/messages/780868

    • "Les femmes gagnent 108 milliards de moins que les hommes"

      Alors que l’égalité salariale est au coeur de la grève des femmes prévue le 14 juin, Manuela Honegger, politologue et politicienne indépendante, relève qu’en une année « les femmes gagnent 108 milliards de moins que les hommes ».

      « L’écart de revenu entre l’homme et la femme reste notre préoccupation première », a affirmé dans La Matinale Manuela Honegger, membre du collectif genevois pour la grève des femmes. De plus, le travail domestique effectué par les femmes n’est toujours pas reconnu.

      « On estime aujourd’hui que faire à manger a plus de valeur en Suisse que ce que le secteur financier produit, la valeur que les femmes produisent tous les jours gratuitement et qui péjore leur vie est énorme. A la fin de l’année, les femmes gagnent 108 milliards de moins que les hommes », a précisé la politicienne.

      De plus, « sur la base des différences salariales, les femmes devraient seulement travailler jusqu’à 57 ans et pas jusqu’à 64 ans », a-t-elle encore indiqué.
      Chiffre pas connu

      « La politique ne nous prend pas au sérieux, nous les femmes, et ne met pas nos préoccupations au centre », a encore souligné la politicienne. Alors que tout le monde connaît le nombre d’étrangers vivant en Suisse, « cela fait 25 ans que l’UDC martèle ces chiffres », combien de personnes connaissent le pourcentage des femmes qui font la lessive ou qui assument l’éducation des enfants ?

      « Les femmes accomplissent 80% de la lessive faite en Suisse et assument 70% de l’éducation des enfants. Ce sont des réalités à mettre sur l’agenda politique, c’est pourquoi nous avons choisi la grève. La grève est un moyen de pression pour dire stop », a conclu #Manuela_Honegger.

      https://www.rts.ch/info/suisse/10179694--les-femmes-gagnent-108-milliards-de-moins-que-les-hommes-.html

      #salaire

    • Vers la grève féministe en Suisse

      Dans cet entretien, Anouk (étudiante, investie dans les mouvements étudiants et de l’immigration coloniale et post-coloniale) et Maimouna (militante queer antiraciste « qui penche du côté marxiste de la force » et qui travaille dans un syndicat interprofessionnel du secteur public) nous livrent un récit du processus qui va porter nombreuses femmes* en Suisse à se mettre en grève pour la journée du 14 juin 2019. Nous saissons l’occasion pour relayer le manifeste de la grève, dont il est beaucoup question dans l’interview, et une émission radio sur cette lutte, dont le titre annonce : Ne changeons pas les femmes, changeons la société !

      – PEM : Le 14 juin se tiendra en Suisse une grève des femmes et féministe : Quel a été votre rapport à cette grève ?

      M : J’ai participé à cette grève surtout par l’organisation des travailleuses au sein de mon syndicat, mais également pendant une période par le biais de la coordination romande et du collectif genevois. Pour des raisons de santé, je n’ai pas pu participer à tout l’aspect collectif et de coordination des six derniers mois. Cette grève m’a accompagnée durant toute l’année et le fait de participer à sa construction sur les lieux de travail a sûrement été une des expériences militantes les plus intéressantes de ma vie.

      A : De mon côté, j’ai une position assez ambiguë par rapport à la grève. Rationnellement et politiquement, je suis super emballée par le processus. Je suis convaincue de la nécessité de s’y investir, et de la justesse d’organiser une grève générale à partir d’une position féministe. Mais d’un point de vue subjectif, j’arrive pas à me sentir concernée ou impliquée d’une quelconque manière. Pour plusieurs raisons, je n’arrive plus du tout à m’identifier aux discours du type “nous les femmes”, même si j’ai une compréhension du monde et des manières de me comporter profondément féministes. Du coup, je me suis tenue un peu à l’écart de tout le processus d’organisation de la grève, et j’ai juste participé aux débuts de la rédaction du manifeste, et j’ai été co-organisatrice de la journée du 10 février.

      – PEM : Pouvez-vous nous dire comment en Suisse on en est arrivé à organiser une grève féministe ? Quels ont été les éléments déclencheurs ?

      M : En Suisse, cette grève a été impulsée par des femmes syndicalistes après une énième discussion au parlement sur un projet de loi sur l’égalité salariale qui n’a abouti à rien. Je pense que c’est un aspect assez intéressant, notamment par rapport à d’autres endroits où ce genre de mobilisation a eu lieu, comme dans l’Etat espagnol, où le rôle des syndicats était beaucoup moins fort, voire un frein à l’organisation de cette mobilisation. Néanmoins, l’impulsion ne vient pas des directions syndicales mais plutôt de la base. Elles ont d’ailleurs plutôt été forcées à rejoindre le mouvement sous pression de leurs militantes. Je trouves aussi assez intéressant que ça vienne pas forcément de femmes très jeunes à la base, mais plutôt de militantes assez expérimentées, même si ça a très vite pris chez les femmes plus jeunes. Certaines étaient déjà là en 1991, lors de la première grève des femmes en Suisse d’ailleurs.

      A : Il y a une autre particularité par rapport à la Suisse. Ici, la construction de la grève s’appuie sur un réseau militant de syndicalistes féministes, de féministes organisées dans des partis de gauche radicale, et aussi de féministes autonomes, qui s’étaient toutes mobilisées contre cette loi sur l’augmentation de l’âge de la retraite - soutenue par les centrales syndicales au niveau national. Il y a donc une filiation entre cette opposition référendaire dans le champ institutionnel et l’impulsion de la grève féministe.

      – PEM : Pouvez-vous préciser quel a été le rôle des syndicats par rapport au mouvement ?

      M : Il faut bien comprendre que ce mouvement vient de la base. Il y a eu cette énorme manifestation à Berne qui a réuni 22 000 personnes en septembre 2018. Pour la petite histoire, chaque deux ans la plus grande organisation syndicale, l’USS [1], organise une manifestation nationale. Il s’agit avant tout d’une démonstration de force mais souvent avec un contenu politique très institutionnel. Donc du coup, comme chaque deux ans, l’USS a choisi un thème, et cette année-là c’était l’égalité salariale. Il n’y avait pas la volonté de parler de la grève qui se prépare aujourd’hui mais l’idée c’était simplement de mettre en avant cette revendication qui pouvait plaire à tout le monde. Le mouvement a fini par presque troller cette manifestation en créant un tronçon appelant à la grève féministe en 2019, ce qui a fait apparaître clairement nos revendications comme bien plus larges et radicales. Ça s’est fait littéralement aux nez et à la barbe des centrales syndicales qui ne voulaient parler que d’égalité salariale.

      A : Dès le début, et en raison de la manière dont le mouvement s’est structuré, il a appelé à aller plus loin qu’une grève « classique », qui reste contenue à un cadre de rapport salarié uniquement. Tout ceci ouvre des perspectives beaucoup plus larges, et ça remue le mouvement ouvrier dans son ensemble, notamment sur la question du travail reproductif, et de la grève politique (qui est d’ailleurs implicitement interdite par notre Constitution [2]).

      M : C’est vraiment important cette question de grève politique en Suisse. On a réussi à la rendre licite grâce à des mécanismes assez alambiqués, sachant que le droit de grève bien qu’inscrit dans notre constitution, est très limité.

      – PEM : Comment s’est organisé et structuré le mouvement pour la grève ? Quelles sont les formes d’organisation que vous vous êtes données et est-ce qu’elles sont présentes sur l’ensemble du territoire suisse (les différents cantons, dans les villes ou en campagne, etc.) ?

      M : En fait, le mouvement est né en Suisse romande et Suisse italienne et la Suisse allemande a rejoint le mouvement un peu plus tard. Actuellement, quasiment tous les cantons suisses et les grandes villes ont un collectif organisant la grève. Honnêtement, quand ça a commencé, ça aurait pu être ce genre d’initiatives super sympas lancées par dix meufs motivées qui aboutit à 5000 femmes dans la rue un an plus tard. Mais là, ça a pris bien plus d’ampleur ! Je pense que la manière dont le mouvement s’est construit, notamment la démocratie interne, la décentralisation, et surtout la totale liberté laissée aux collectifs - avec juste le Manifeste comme garde-fou - font que c’est un mouvement à la fois très large et radical.

      A : Oui, j’ai le souvenir d’une militante syndicale qui disait que ça avait impulsé la formation de collectifs sur plein de lieux de travail, ce qui en Suisse, est dingue ! En tous cas, je pensais pas que ça serait un truc aussi énorme, et que ça lancerait autant de personnes à s’organiser sur leur lieu de travail, de formation, etc. Au-delà même du 14 juin, ça ouvre des perspectives d’organisation beaucoup plus larges.

      M : La décentralisation du mouvement est très particulière mais aussi très adaptée à notre contexte fédéral. C’est vraiment une organisation décentralisée, qui part des collectifs locaux. C’est très difficile pour moi de parler de ce qui passe dans les cantons suisses alémaniques. Ce que je vois sur les réseaux sociaux (car le mouvement y est assez actif), c’est qu’en fait, finalement, dans des endroits où j’aurais pas pensé, il y a des choses qui se construisent.

      A : Le caractère de radicalité du mouvement est aussi lié au fait qu’il se construit au niveau national, au-delà des barrières linguistiques, mais d’une manière décentralisée comme tu l’as dit. C’est quand même très rare en Suisse. Mais l’organisation ne se fait pas uniquement selon des bases purement géographiques (ville, canton, etc.), mais aussi en fonction des lieux d’activité, sur les lieux de travail et de formation, etc.

      M : Je pense que c’est grâce aux organisatrices qui ont vraiment tout mis en place pour permettre la plus grande démocratie possible, ce qui est hallucinant et qui a représenté un travail phénoménal. S’assurer toujours qu’il existe des espaces de dialogues où les questions de contenu mais aussi de forme peuvent être entendues et discutées, ce qui a notamment permis de créer ce Manifeste avec une adhésion très large, a, d’après moi permis cette construction très large d’un mouvement.

      – PEM : Qu’est-ce qu’a apporté au mouvement la rédaction d’un manifeste ? Quels thèmes principaux en sont ressorti ?

      M : Alors, le manifeste regroupe dix-neuf revendications. Elles concernent tout : le rapport au corps, le rapport au travail, notamment l’inégalité salariale, mais la question du travail reproductif est également très développée. Je pense qu’on trouve pas le terme “anti-capitalisme” dans le texte (même si le terme capitalisme doit y apparaître), mais dans le fond, on est dans des revendications vraiment en rupture. Beaucoup de revendications tournent autour du monde du travail. Déjà parce que ce mouvement est très syndical mais aussi parce que les enjeux autour des inégalités sur les lieux de travail sont encore loin d’être résolus. Il n’y a pas de réelles protections contre les inégalités salariales, les protections contre le sexisme sur le lieu de travail sont peu ou mal mis en place, et la dévalorisation sociale et salariale des métiers typiquement féminins existe. On est quand même un pays où les personnes travaillant dans l’économie domestique ne sont même pas soumises à la loi sur le travail dont le texte est censé protéger les travailleuses et travailleurs.

      A : Oui, notamment celle de réduction du temps de travail ! Et la question des violences sexistes est aussi importante pour nous. C’est vrai qu’avec le Manifeste, on donne une vision d’unité, comme si tout le monde était d’accord sur tout, mais il y a quand même eu des grosses contradictions internes. D’ailleurs, la force du cas suisse, c’est d’avoir pu dépasser ces contradictions et de ne pas s’être scindé. C’est peut-être lié à la culture du compromis suisse [rires]. Dans tous les cas, il y a eu un travail politique phénoménal sur les sujets de dissension, pour aboutir à une orientation d’un féminisme de classe et anticapitaliste, et aussi sur la question de la pénalisation des violences de genre. À la première séance de rédaction du Manifeste en août passé, les nombreuses personnes présentes étaient réparties en groupes de travail « par thématique », où on discutait de nos revendications et leur articulation. Il se trouve que j’ai eu la bonne idée d’aller au groupe sur les violences faites aux femmes. C’était assez difficile, et il a fallu un travail important (que des camarades ont mené tout au long de l’année) pour éviter une orientation pro-punitive, et amener une vision globale sur les conséquences de ces orientations en termes de rapports sociaux de race, et plus largement de répression. Mais c’est une position qui est extrêmement ambivalente et compliquée à trouver et défendre, entre d’un côté dire que les violences de genre sont un sujet politique fondamental (et qu’on ne va pas s’en occuper « après » pour le dire vite), mais de l’autre, se demander comment on peut y répondre sans converger avec l’appareil répressif d’Etat. Il y a donc eu tout un travail : déjà, sur le moment même, et avec les relectures et amendements successifs du Manifeste. Plus largement, et dans un deuxième temps, on a organisé avec SolidaritéS [3] une journée d’étude qui a réuni des personnes actives dans les organisations qui luttent concrètement contre les violences de genre, pour essayer d’élaborer des pistes d’actions anti-punitives, mais concrètes et ancrées dans notre réalité. Il y avait beaucoup de personnes impliquées dans l’organisation de la grève, et l’idée était de revenir ensuite dans les différents collectifs et mettre ça en avant. Au final, quand on regarde le Manifeste maintenant, on remarque que ce travail collectif (qui prend différentes formes) a porté ses fruits.

      – PEM : Du coup, est-ce que vous diriez que le Manifeste, rédigé en août dernier, rend bien compte de la pluralité des composantes du mouvement tel qu’il est aujourd’hui ?

      M : Le mouvement s’est organisé en mixité choisie, sans hommes cisgenres. Pour la composante sociale, dans les collectifs que je connais, principalement en Suisse romande, on compte majoritairement des femmes* déjà militantes, peu de femmes non blanches, par contre plutôt très intergénérationnelle. Néanmoins, quelques femmes ayant un parcours migratoire ont été très actives, ce qui a permis d’amener des revendications concrètes et précises sur les questions d’asile et d’accueil. L’exemple qu’a donné Anouk, et il y en aurait d’autres, montre bien qu’en tant que minorités dans la minorité, c’est très dur de réussir à mettre en avant ses revendications s’il n’y a pas un vrai travail d’organisation en interne. On l’a notamment vu pour les questions LBTIQ, où finalement des revendications spécifiques n’ont pas été visibilisées et ce alors qu’en Suisse on serait dans un contexte assez propice à la mise en avant de revendications par exemple liées à la parentalité, aux parcours trans* ou encore d’égalité juridique. De ce que j’ai perçu, en tout cas en Romandie, il nous a été difficile de nous organiser entre nous pour faire émerger ces revendications. Par contre, le travail fait par les femmes migrantes et leurs alliées ont réussi à imposer des revendications puissantes sur cette question, autant dans le manifeste que dans l’organisation collective. Ces questions, par exemple le fait de ne pas avoir de permis de séjour ou juste un permis provisoire en tant que travailleuse – en lien avec tout le travail syndical qui est mené sur ce front depuis des années - sont bien comprises et intégrées. Par contre, on n’a pas constaté la même chose sur les questions de race. Pour être bien claire, quand on parle de femmes migrantes en Suisse, on parle de femmes qui viennent du troisième cercle (le Sud global) comme on dit, mais aussi d’Europe du Sud.

      A : C’est vrai qu’il y a eu un travail politique pour orienter ces revendications dans un sens émancipateur pour tout le monde. Donc le Manifeste n’est bien sûr pas parfait, mais c’est le fruit d’un travail politique de longue haleine, parfois éreintant, mené par un grand nombre de personnes. Au début, il y avait carrément des propositions islamophobes, ou abolitionnistes (du travail du sexe)… Le fait que ce genre de choses ne soient pas passées (même si le Manifeste n’est pas explicite sur ces questions), c’est aussi le fruit d’un travail. Ça permet de le garder ouvert à une organisation politique sur les rapports coloniaux, sur le travail du sexe, etc.

      M : Sur ces questions, on constate qu’il y avait cette peur au début, comme dans tout mouvement unitaire : « que vont faire les femmes qui ne sont pas organisées à gauche, et comment elles vont pouvoir adhérer à ce manifeste ? ». Finalement, on se rend compte que plus il y a de revendications, plus elles sont larges, plus elles sont radicales, et - c’est assez contre-intuitif - plus elles sont rassembleuses. En fait, ça a permis de créer un mouvement ultra large. La question des “femmes de droites” - doit-on les intégrer,, comment leur parler, est-ce qu’on les effraient ou pas - a souvent été posé, surtout au début dans les collectifs locaux. Je me souviens très clairement d’une femme qui disait « si les femmes de droite se reconnaissent dans le manifeste, elles viendront, et sinon tant pis ». Il faut juste imaginer que lors de l’appel de la première coordination nationale à Bienne, il devait y avoir 500 à 600 personnes, qui sont des personnes qui organisent activement cette grève.

      –PEM : Pourquoi est-il important de faire grève pour faire valoir ces raisons ?

      M : Il y a un truc que je trouve intéressant dans le droit suisse, la grève est considérée comme l’ultima ratio. Donc c’est le dernier outil que les travailleurs et travailleuses mettent en place pour obtenir leurs revendications, après que tout a échoué. Là, ça fait 38 ans qu’on a une égalité dans la constitution qui n’est pas appliquée, et tout part quand même de là ! On peut se dire que c’est très réformiste et partiel, mais littéralement, ça veut dire qu’en Suisse, il y a aucune possibilité de sanction ni de contrainte pour vraiment combattre l’égalité salariale même dans son sens le plus strict. Tu peux faire reconnaître - mais c’est très compliqué – que tu n’es pas payée la même chose que ton collègue masculin et toucher le différentiel ainsi qu’une indemnité représentant six mois de salaire et c’est la seule sanction que tu auras en tant qu’employeur. En gros, une mise en conformité plus une petite amende. De plus, ce n’est pas soumis à un contrôle régulier, sauf pour les entreprises de plus de 100 employé-e-s, ce qui représente environ 2% des employeurs en Suisse. On en est là. Donc c’est pour ça que c’est important de faire grève, c’est pour montrer qu’on en a marre du système suisse de la négociation et de la « paix du travail » et que oui, en tant que femmes ont a tout essayé mais que là ça suffit et que donc on utilise l’outil de l’ultima ratio.

      A : Pour moi, cette grève a permis de montrer, dans ce système suisse, qui est officiellement « pacifié » et qui jure que par cette fameuse « paix du travail », que la conflictualité sociale, elle existe ; que les antagonismes de classe, ils existent. La conflictualité, c’est pas nous qui l’inventons, elle est réelle. Du coup, l’analyse qu’on fait en étant marxistes et féministes, c’est de lier les raisons larges pour lesquelles on fait grève (qui ne concernent pas uniquement les inégalités dans le travail salarié), à ce mode de production particulier. Donc une fois qu’on a dit ça, notre mode d’action doit rendre compte de ça.

      M : Sur la question de la grève, ça a pas été sans tension, vraiment ! Évidemment, faire grève en Suisse en 2019, c’est aussi le rappel de la grève de 1991 [4], qui a été un des plus beaux moments de luttes en Suisse. C’est aussi le rappel de ces femmes qui se sont battues en 1971 pour obtenir le droit de vote [5]. Il y a des femmes qui ont fait grève en 1991, et nous en 2019, on lutte aussi !

      A : Il faut préciser que cette grève s’inscrit dans un renouveau de perspectives de luttes de la gauche politique et syndicale. Il faut rappeler brièvement que le système suisse permet de s’opposer à des projets du parlement (et d’en proposer) en récoltant un certain nombre de signatures. Les initiatives ou référendum sont ensuite soumises au vote de la population suisse. Je précise, car j’ai vu beaucoup de discussions sur ce système de démocratie semi-directe en France, en lien avec la revendication du RIC défendues par certain·es Gilets Jaunes. Or, un élément pour moi central est à chaque fois laissé de côté : le système suisse est fondé sur l’exclusion politique d’une partie importante (environ un cinquième) de la population et des classes populaires, à savoir la population “d’origine étrangère”. En effet, les droits politiques sont conditionnés à la possession de la nationalité suisse, qui est extrêmement difficile à obtenir. En l’espace d’un an, la gauche politique est parvenue à faire refuser un projet d’augmenter l’âge de la retraite des femmes (appelé PV2020), et une autre loi (appelée RIE3) sur la défiscalisation massive du capital des multinationales implantées en Suisse (ce qui représente un transfert massif de richesses des collectivités publiques, notamment du Sud global, vers les actionnaires de Nestlé, Glencore, etc.). J’ai l’impression que ça a vraiment créé une dynamique de gauche qui est de nouveau capable d’arracher des grandes victoires. En même temps, on a lancé tout récemment un référendum contre la soeur jumelle de la RIE3 , donc contre une loi qui prévoyait exactement les mêmes dispositifs fiscaux ; on a fait aboutir le référendum, mais on l’a perdu en votation car la réforme a été massivement approuvée. Et on a certes refusé l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes, mais il y a déjà un projet au Parlement pour l’augmenter à nouveau. Cette question des initiatives et référendums constitue un grand débat au sein de nos organisations, et pour ma part, je ne crois pas qu’il faille rejeter une lutte institutionnelle par référendum en bloc, parce que comme on l’a vu, ça permet de lancer des dynamiques d’opposition substantielle. Par contre, sur la base de cette séquence politique, on voit que si on les considère comme une fin en soi, on n’a pas fini de s’opposer aux mêmes projets de loi, et on passe notre temps à récolter des signatures.

      M : Oui, au bout d’un moment, à ce jeu, ils gagnent en fait ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a ce dessin qui tourne et qui montre une femme avec une batte de base-ball disant “j’ai décidé de changer de méthode”.

      – PEM : Quelles autres expériences de lutte à l’échelle globale ou dans l’histoire suisse sont importantes pour vous ?

      M : La grève générale de 1918 ! Parce que j’ai découvert cette grève il y a un an et demi au moment du centenaire, et parce que l’organisation des syndicats au niveau national, l’USS (Union syndicale suisse) qui a organisé une super journée de conférence [rires] avec des historien·nes où, littéralement, leur conclusion c’était que c’était pas si bien parce qu’au final, on n’a rien gagné. C’est les syndicats qui disent ça ! Ça m’a donné envie de creuser, j’ai découvert plein de trucs, notamment que c’était pas tant un échec que ça, et je pense que ça montre aussi à quel point en Suisse, on ne connaît pas l’histoire des luttes.

      A : Au centre des revendications de la grève générale de 1918, il y avait celle du droit de vote des femmes ! Cette revendication dont on dit souvent qu’elle apparaît beaucoup plus tard, a été portée par le mouvement ouvrier dès 1918. Face aux frappadingues pour qui la grève féministe divise la classe ouvrière – ce qui est une analyse complètement hors sol quand on voit le développement massif de collectifs sur les lieux de travail – on se rend compte que dès le début, il y a un lien organique entre les luttes féministes et le mouvement ouvrier, simplement parce que les femmes font partie du mouvement ouvrier ! Après personnellement, l’histoire des luttes des travailleurs immigrés, et notamment italiens est importante politiquement pour moi.

      M : Ce qui est terrible, c’est qu’on est hyper à la ramasse et qu’on ne connaît presque pas notre histoire, parce qu’on a vraiment un roman national très fort : en Suisse, on dit qu’on est riche parce qu’on sait faire des compromis, que les valeurs paysannes et protestantes sont celles qui assurent notre prospérité et qu’on obtient jamais rien par la force. Par exemple, sur l’obtention du droit de vote des femmes en 1971, ce que tout le monde croit, c’est que le gentil parlement a décidé d’autoriser les femmes à voter parce que c’était quand même un peu la honte d’avoir attendu si longtemps. Or j’ai appris cette année, en creusant un peu, qu’il y avait eu une énorme mobilisation populaire, notamment des femmes autour de cette question.

      – PEM : Les institutions semblent réagir de manière plutôt bienveillante voire encourager certaines initiatives qui vont se tenir à l’occasion du 14 Juin : comment expliquez-vous cette bienveillance (paternaliste ?), et comment, dans ce contexte, garantir une certaine offensivité lors de cette journée de grève ?

      M : On constate effectivement une offensive massive du Parti socialiste (gauche gouvernementale) et des directions syndicales pour essayer de récupérer et pacifier cette grève en en retirant les aspects les plus combatifs. En même temps, c’est vrai qu’en Suisse , où qu’on soit sur l’échiquier politique il devient compliqué de dire qu’on est contre l’égalité. Les solutions choisies, comme dans beaucoup d’autres endroits, c’est de dire qu’on utilise pas la bonne méthode ou que l’on a mal compris l’égalité. On l’a vu syndicalement avec la réaction des employeurs. D’abord, il y a eu une offensive pour dire que cette grève n’était pas licite. Puis, sous la pression des collectifs, les employeurs du publics - sur Genève et sur Vaud, en tout cas - ont fini par dire qu’il n’y aurait pas de sanction pour cette grève, tout en sous-entendant que ça en était pas vraiment une. Une conseillère d’état PLR [6] à Genève a même affirmé que le mot grève n’avait qu’une valeur historique, et qu’en réalité il s’agissait d’une grande fête. On passe évidemment notre temps à rappeler que nous avons des revendications de ruptures et que oui c’est bien une grève. Le problème c’est qu’on n’est pas toujours entendu, face au discours dominant, notamment des médias. C’est ce qui permet à des meufs de l’exécutif ou de droite de participer aux mobilisations, qu’elles essaient de vider de leur sens...

      A : Oui, mais en même temps, elles vont marcher derrière des syndicalistes et des féministes qui revendiquent la réduction générale du temps de travail, et qui refusent catégoriquement l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes ! D’une certaine manière, c’est bon signe, ça veut dire que les collectifs ont réussi à imposer un rapport de force qui fait que les autorités se sentent obligées d’y participer. Surtout, les dynamiques d’organisation que cette grève a impulsées sur les lieux de travail, de vie et de formation, c’est pas quelque chose qui est “récupérable”. Pour moi c’est ça le plus important : le 14 juin n’est pas une fin en soi, c’est un but qui permet à des collectifs d’essaimer un peu partout, et de développer ou renforcer notre organisation collective.

      M : Ce qui est complètement dingue avec cette grève, c’est que malgré la radicalité du Manifeste (et même grâce à cette radicalité), des dizaines de milliers de femmes vont se mobiliser ce 14 juin. Ça permet de contrer cette idée très répandue, selon laquelle il faudrait pas être trop radicale, ou faire trop de bruit, pour pouvoir mobiliser largement. Or ce qu’on a constaté c’est qu’en permettant aux femmes de s’exprimer et en ancrant les revendications dans une réalité, ça marche, et c’est énorme !❞


      http://www.platenqmil.com/blog/2019/06/13/vers-la-greve-feministe-en-suisse

    • Un « ras-le-bol général » : vendredi, c’est la grève des femmes en Suisse

      Vingt-huit ans après une première mobilisation nationale, syndicats et collectifs féministes appellent à la mobilisation pour mettre fin aux inégalités femmes/hommes.

      Le reste du monde a le 8 mars. La Suisse a son 14 juin. Vendredi 14 juin 2019, collectifs féministes et syndicats organisent une « grève des femmes », pour l’égalité avec les hommes, 28 ans après la première du nom, en 1991.

      Une grève que les organisateurs espèrent nationale et globale. « Il ne s’agit pas seulement d’une grève du travail rémunéré, explique au Parisien Anne Fritz, coordinatrice de la mobilisation à l’Union syndicale suisse, à l’origine de la mobilisation. Il y aura aussi une grève du ménage, du prendre soin, de la consommation… » De toutes ses tâches, encore majoritairement effectuée au quotidien par des femmes, peu reconnues et non rémunérées.
      Une date symbolique

      Un mot d’ordre, l’égalité, et plusieurs déclinaisons : égalité des salaires, fin des violences sexistes, fin de la précarité des femmes… Plusieurs manifestations seront organisées ce jour-là, dans tout le pays. « Le plus important, c’est que chaque femme puisse participer à son niveau, là où elle est », poursuit Anne Fritz.

      La date du 14 juin est hautement symbolique en Suisse. En 1981, était introduit dans la Constitution un article concernant l’égalité entre les femmes et les hommes. Dix ans plus tard, près de 500 000 personnes - pour un pays de 3,46 millions d’habitants - se mobilisaient pour dénoncer les inégalités toujours persistantes.

      Près de trois décennies plus tard, les femmes continuent de toucher 20 % de moins que les hommes, il n’existe pas de congé paternité et les places en crèche sont rares et chères, freinant la participation des femmes à la vie active.

      L’année dernière, une loi sur l’égalité salariale a été votée dans le pays. Mais la version adoptée en définitive était nettement édulcorée, par rapport au texte initial. La dernière version ne prévoit pas, par exemple, de sanction pour les entreprises discriminantes.
      Le patronat suisse grince des dents

      Un sentiment de trop peu, qui fait germer l’idée d’une nouvelle grève, à l’image de celle de 1991, dans les milieux féministes, et au sein de l’Union syndicale suisse. Le mouvement #MeToo, ainsi que diverses mobilisations internationales, pour défendre l’avortement ou critiquer certains dirigeants comme le président américain Donald Trump ou Jair Bolsonaro, le président brésilien, sont aussi passés par là.

      Pour Anne Fritz, c’est un « ras-le-bol général des femmes » qui a permis de concrétiser cette grève anniversaire. Elle est née en cette année symbolique de 1991. Aujourd’hui, elle estime que les femmes ne sont « pas entendues en manifestation. C’est la raison pour laquelle il faut faire grève ».

      Plusieurs entreprises et administrations ont affiché leur soutien à cette grève des femmes. À Genève par exemple, la ville fermera des crèches. Mais l’Union patronale essaie de contrer le mouvement. Le syndicat le considère comme « illicite », car ne visant « pas uniquement les conditions de travail », selon les propos Marco Taddei, un de ses représentants, à l’AFP.

      Difficile de prévoir l’ampleur du mouvement de vendredi, la grève ne faisant pas partie de la culture suisse. Depuis l’instauration en 1937 de la « paix du travail », une convention signée entre patronats et syndicats, la négociation est souvent préférée à la grève. Anne Fritz espère « énormément » de personnes. Ou au moins autant qu’en 1991.

      http://m.leparisien.fr/societe/un-ras-le-bol-general-vendredi-c-est-la-greve-des-femmes-en-suisse-13-0

    • Les guettes ont appelé Lausanne à une nuit mauve

      Du haut de la cathédrale, quatre femmes ont lancé la mobilisation du 14 juin. Un cri inédit, relayé une bonne partie de la nuit avant la grande journée de vendredi.

      l faut « garder le dos bien droit, mettre les mains en porte-voix et s’adresser à Lausanne ». Un rapide conseil, glissé par Renato Häusler, guet de la cathédrale de Lausanne, à celles qui s’apprêtent à prendre sa place. Pour la première fois depuis 614 ans, la voix d’une femme va donner l’heure à la ville. A 23 heures, ce jeudi 13 juin en guise d’échauffement, puis à minuit, 1 heure et 2 heures, avec en prime un appel à la grève des femmes, à la grève féministe.

      C’est ainsi qu’à minuit, Nadia Lamamra, représentante du collectif vaudois pour la grève, Nicole Christe, cheffe du Service de l’architecture de la Ville de Lausanne, Joëlle Moret, déléguée à l’égalité et la chanteuse Billie Bird crient de concert « C’est la grève, c’est la grève ! ». Et après un bref silence, les acclamations montent de l’esplanade où plusieurs centaines de personnes affluent depuis 22 heures. « Il y a enfin un peu de reconnaissance, même dans les professions très atypiques les bastions masculins finissent par tomber », apprécient les guettes en chœur. La grève nationale du 14 juin est lancée à Lausanne, la cathédrale peut s’enflammer et briller en mauve dans la nuit.

      « C’était un moment fou, j’en ai eu des frissons. Il y avait un grand silence, on entendait juste les tambours, il y avait quelque chose de mystique et, tout à coup, tout le monde a hurlé. J’ai failli pleurer », raconte Anne-Julie.

      Au pied de la cathédrale, en continu, il y a les banderoles et les pancartes, les danses et les accolades, les chants et les slogans comme autant de cris du cœur. Entres autres : « Fortes, fières et pas prêtes de se taire » ou « Patriarcat t’es foutu, les femmes sont dans la rue ». « Ça me rend euphorique cet engouement, j’espère que ce sera le début d’un vrai mouvement. Il faut que les gens comprennent ce que l’on vit, commente Charlotte. Je pense aussi à celles qui ont de grandes difficultés, les travailleuses pauvres, les mères isolées ou celles qui ne peuvent pas être là parce qu’elles sont empêchées par quelque chose ou quelqu’un. »

      Puis comme la cathédrale, la place de la Riponne s’embrase. Autour d’un feu de camp, la foule donne de la voix tandis que quelques objets volent au milieu des flammes. Du carton, un tee-shirt ou un soutien-gorge, avalés par les flammes sous les applaudissements. « Symboliquement c’est déjà très fort ce que l’on voit ce soir, observe Yesmine. J’ai vécu près de la cathédrale et tous les jours j’ai entendu un homme crier. Alors aujourd’hui c’est beaucoup d’émotions, quelque chose se concrétise. »


      Beaucoup d’émotions et pas mal d’actions, au moment de se disperser dans la ville aux alentours d’1h30. Un peu partout, l’eau des fontaines devient violette, comme la cheminée de Pierre-de-Plan. Les stickers militants fleurissent sur les murs et 56 rues sont même rebaptisées. C’est l’oeuvre du collectif ruElles, parti arpenter la ville toute la nuit avec de la colle et de faux panneaux en papier. « Une soixantaine de rues lausannoises portent le nom de personnes illustres ayant marqué l’histoire suisse. Trois d’entre elles seulement sont des femmes, explique les membres. Ce soir, les femmes sortent de l’ombre de l’Histoire et vont dans les rues. » Elles feront de même ce vendredi 14 juin, dès 8 heures et pour toute la journée.

      https://www.24heures.ch/vaud-regions/guettes-appele-lausanne-nuit-mauve/story/13485264

    • Toutes les femmes du Courrier…

      … se joignent aux revendications de la grève féministe / grève des femmes*. Toutes, nous croiserons les bras en ce vendredi 14 juin, vingt-huit ans après la journée historique qui avait vu 500 000 femmes s’unir à travers toute la Suisse pour exiger, enfin, l’égalité dans les faits.

      Car nous observons chaque jour l’ampleur du fossé qui nous sépare de l’égalité. Aujourd’hui comme hier, nous exigeons une meilleure reconnaissance de toutes les tâches que nous exécutons au quotidien ainsi que le respect de notre personne et de notre individualité. Par notre refus de travailler ou d’exécuter des travaux domestiques durant vingt-quatre heures, nous posons nos limites. 91-19… Et cette impression de tourner en rond.

      C’est ce que ressentent aussi les femmes du Courrier, qui se sont réunies pour énoncer leurs doléances. Notre cahier de revendications en cinq axes complète celles du manifeste de la grève et, surtout, rejoint l’expérience d’innombrables femmes, par-delà la branche économique du journalisme. Les problèmes soulevés touchent des facettes très différentes de nos vies et, pourtant, s’imbriquent pour former un continuum sexiste.

      Nous demandons la valorisation du travail des femmes. Comme tant de pairs, nous portons une immense partie de la charge émotionnelle au travail. Est attendu de nous que nous soyons patientes, à l’écoute, gestionnaires du quotidien. Quand on se tournera vers les hommes pour ce qui relève de compétences jugées plus techniques et mesurables. Invisibilisé, notre travail est pourtant essentiel à la bonne marche de toute entreprise.

      Nous attendons que notre parole soit écoutée, notre légitimité reconnue comme celle de nos collègues masculins.

      Nous voulons concilier vie privée et professionnelle sans nous épuiser dans de doubles journées, que nous soyons mères ou proches-aidantes. Cela passe par le respect de notre temps de repos, des congés (parentaux notamment) suffisants et la possibilité d’aménager notre temps de travail selon nos besoins. Il n’existe pas de recette magique applicable à toutes. Et nous méritons d’être considérées au-delà des stéréotypes de genre.

      Nous exigeons la parité à tous les niveaux de l’entreprise, de la base aux instances dirigeantes.

      Enfin, la lutte contre le sexisme doit s’appliquer à chacune de nos pages. Elle passe par la généralisation du langage épicène, des images non stéréotypées, des formulations s’abstenant de ramener les femmes à leur seul statut de mère, de fille ou d’épouse, sans cliché machiste.

      Le chantier ne fait que commencer. Et nous aurons toutes et tous à gagner de ce monde plus égalitaire. Solidaires, les hommes du Courrier nous soutiennent d’ailleurs dans notre lutte. Nous leur confions, l’espace d’une journée, la tâche de confectionner un journal spécial dédié à la grève, qui paraîtra samedi. Cette édition ancrera la date du 14 juin 2019 dans les mémoires. Pour qu’elle ne devienne pas une date anniversaire, mais une date charnière, le marqueur d’un changement de société dans toute sa profondeur.

      https://lecourrier.ch/2019/06/13/toutes-les-femmes-du-courrier

    • Swiss women strike for more money, time and respect

      Women across Switzerland are preparing for a nationwide strike in protest against what they say is the country’s unacceptably slow pace to equality.

      Friday’s protest comes 28 years after similar action saw half a million women take to the streets in 1991.

      Swiss women have long campaigned to accelerate the pace of gender equality.

      They joined millions of other women in Europe after World War One ended in 1918 in demanding the right to vote - but did not get it until 1971.

      At the time of the 1991 strike there were no women in the Swiss government, and there was no statutory maternity leave.

      Appenzell, the last Swiss canton to refuse women the right to vote, had just been ordered to change its policy by Switzerland’s Supreme Court.


      https://www.bbc.com/news/world-europe-48615911

    • Les journaux romands se mettent au violet

      Que ce soit sur un mode humoristique, ironique ou sérieux, la presse romande relate largement la grève des femmes vendredi.

      Les quotidiens romands parlent abondamment de la grève des femmes dans leurs éditions de vendredi. La plupart se sont parés de violet, la couleur du mouvement.

      « Suissesses en colère », écrit « 24 heures » en une. Le quotidien vaudois illustre sa première page avec le dessin d’une femme en violet sur fond jaune, poing dressé en l’air. Plus sobre, la « Tribune de Genève » titre « Une journée de grève pour exiger l’égalité » avec la photo de manifestantes vêtues en violet.

      « 20 Minutes » titre « Hall of femmes » en référence à l’expression anglophone « Hall of fame », temple de la renommée en français. Du côté de Neuchâtel, « Arcinfo » propose la photo d’une foule de femmes en première page avec le titre « Respect ».

      Le « Journal du Jura » opte lui pour un dessin de presse humoristique, montrant une mère en train d’accoucher à 15h24, heure symbolique à laquelle les femmes ne sont plus payées par rapport aux hommes. « L’étoffe des héroïnes » lance quant à lui le « Quotidien jurassien ».

      Un dessin orne également la une de « La Liberté », celui d’une femme en gants de boxe. « Pour que la lutte porte ses fruits », titre le journal fribourgeois. « Grève féministe Jour G », renchérit Le Courrier, qui a abandonné sa traditionnelle couleur rouge pour le violet.

      « Le Temps » montre un dessin où plusieurs hommes sont représentés, mais aucune femme. « Un genre vous manque, et tout un journal est dépeuplé », titre le quotidien. Son édition de vendredi est parsemée de cases blanches, là où une journaliste devait écrire un article.

      https://www.tdg.ch/suisse/suisse-romandejournaux-romands-mettent-violet/story/25605124

    • En Suisse, les femmes appelées à la grève pour dénoncer les inégalités

      Les organisateurs souhaitent mettre en lumière les différences salariales, mais aussi insister sur la reconnaissance du travail domestique et dénoncer les violences contre les femmes.


      https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/14/en-suisse-les-femmes-appelees-a-la-greve-pour-denoncer-les-inegalites_547605

    • Why Swiss women are back on strike today

      On June 14, 1991, half a million women in Switzerland joined the first women’s strike. Now, nearly 30 years later, they’re mobilising again.

      Many people in Switzerland were taken by surprise on that spring day in 1991. The idea came from a small group of women watchmakers in the Vaud and Jura regions. Organised by trade unionist Christiane Brunner, it became one of the biggest political demonstrations in Swiss history.

      About 500,000 women throughout the country joined in the women’s strike through various types of actions. They called for equal pay for equal work, equality under social insurance law, and for the end of discrimination and sexual harassment.
      Why 1991?

      The choice of date was not arbitrary: on June 14 a decade prior, Swiss voters had approved a new article in the constitution on equality of the sexesexternal link. But the principle laid down in the constitution had not been translated into concrete legislation. The gap between men’s and women’s pay was still glaring.

      The 1991 strike was also intended to mark the 20th anniversary of women getting the vote at the federal level, a goal achieved very late in Switzerland compared to all other countries in Europe and most of the world.
      Why a strike?

      The idea of presenting the mobilisation of 1991 as a strike at first struggled to find acceptance. “At the outset, the Swiss trade union congress was not enthusiastic,” recalls historian Elisabeth Joris, who specialises in women’s and gender history in Switzerland. “The word was going round: ‘This is a day of action, not a strike’, because the very notion of a strike was linked to paid work, while women worked in very varied settings and often not for a paycheque.”

      On the other hand, talking in terms of a strike took on a highly political significance. “Every social movement takes place in a historical context, it is linked to other events,” notes Joris. Declaring a nationwide political strike meant appealing to the precedent of the other great nationwide political strike in Swiss history: the general strike of 1918, which included women’s suffrage among its demands, and in which women played an important role.

      “Women were borrowing a tradition from the workers’ movement, but gave it a wider meaning, transforming and adapting it to the needs of the feminist movement,” explains Joris. The idea of a women’s strike was not new, either. In 1975 there was such a strike in Iceland, to mark International Women’s Year. Even the choice of March 8 as International Women’s Day commemorates the strike by New York garment workers in 1909 and 1910.

      A different kind of strike

      The 1991 strike movement had many obstacles to overcome. In the economic and political world, there was much opposition. At the time, Senate President Max Affolter urged women not to get involved in it and risk “forfeiting men’s goodwill towards their aspirations”.

      On the other hand, the varied working environment of women, often outside the realm of paid work, did not lend itself to traditional forms of mobilisation. “The 1991 women’s strike involved a wide range of actions,” points out Elisabeth Joris. “This was able to happen because the strike was organised on a decentralised basis, unlike traditional strikes.”
      Snowballs for politicians

      Even if its historical significance was not recognised at the outset, the 1991 strike had a decisive impact on progress regarding equality of the sexes and the struggle against discrimination in Switzerland. The newfound strength of the women’s movement showed itself in 1993, when the right-wing majority in parliament declined to elect the Social Democratic Party candidate Christiane Brunner to a seat in the Federal Council, preferring a man.

      “The majority in parliament thought it could do the same thing it had done ten years before with Lilian Uchtenhagen [another Social Democrat who failed to win the election]”, notes Joris. “But Christiane Brunner was the women’s strike. The reaction was immediate. A few hours later, the square in front of parliament was full of demonstrators. Some parliamentarians found themselves pelted with snowballs.”

      Francis Matthey, the candidate elected to the Swiss executive branch, came under such pressure from his own party as well as demonstrators that he felt obliged to resign. A week later Ruth Dreifuss was elected in his place. “Since that time, the idea of there being no women in cabinet is just not acceptable.”

      In 1996, legislation was brought in to ensure the equality of the sexes, which had been one of the demands of the strike. In 2002, Swiss voters approved legislation legalising abortion. In 2004, the article in the constitution on maternity leave, which had been in the constitution since 1945, was finally implemented in a piece of enabling legislation.
      ‘A new generation that favours feminism’

      And yet, in spite of the victories of the women’s movement, equality remains a burning issue. Pay gaps between women and men remain considerable. The #metoo movement has brought to the fore – like never before – the issue of sexual harassment and discrimination based on a person’s gender or sexual orientation.

      “Already around the 20th anniversary there was talk of another women’s strike, but the idea didn’t take hold,” notes Elisabeth Joris. “To succeed, a movement needs an emotional energy to it. This energy has now accumulated. There is a huge generation of young women in their 20s and 30s that favours feminism.”

      “In 2019, we are still looking for equality, and realise that there has to be a lot more than this – the culture of sexism is part of everyday life in Switzerland, it’s invisible, and we are so used to getting along that we hardly notice it is there,” says Clara Almeida Lozar, 20, who belongs to the collective organising the women’s strike at the Swiss Federal Institute of Technology Lausanne.

      https://www.swissinfo.ch/eng/feminism_why-swiss-women-are-back-on-strike-today/45025458

  • Enfants volés d’Angleterre

    Au #Royaume-Uni, les #services_sociaux sont financièrement encouragés à retirer leurs enfants à des parents soupçonnés de #maltraitance ou jugés à l’avance incapables d’assumer leur rôle, à l’instar des mères célibataires ou des couples désargentés.

    Chaque année en Angleterre, les services sociaux retirent à leurs parents des dizaines de milliers d’enfants. Non que ces parents soient violents, maltraitants ou abusifs mais au motif qu’ils sont potentiellement dangereux pour leur progéniture. Ce sont le plus souvent des parents économiquement fragiles, précaires, des familles monoparentales. Autant de situations qui induisent, selon les services sociaux britanniques, un risque potentiel.

    Un tiers de ces enfants au moins serait retiré de manière totalement abusive. Dénoncé par #Ken_Loach dans son film #Lady_Bird, le scandale commence en 1989 lorsque #Margaret_Thatcher fait voter le Children Act qui introduit la notion de « #probabilité_de_faire_du_mal ». Pour enlever des enfants à leur famille, une simple #suspicion de #maltraitance_future, non avérée, suffit à enclencher une procédure à laquelle il est très difficile de se soustraire. La procédure est confiée aux autorités locales qui sont encouragées financièrement à retirer le plus d’enfants possible. Chaque comté reçoit des #quotas d’#adoption et si le quota n’est pas atteint, le #budget d’aide à l’enfance en est réduit d’autant.

    Ensuite la machine est encore plus infernale puisque parmi les enfants retirés, certains parfois dès leur naissance, des milliers sont confiés à des agences privées, parfois cotées en bourse, qui vont les faire adopter par des couples sans enfants.

    Régis et Gena ont été victimes de ce silencieux scandale. Ils racontent.

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/enfants-voles-dangleterre


    #enfants_volés #enfance #UK #Angleterre #audio #enfants #anticipation #Thatcher

    • Les Enfants volés d’Angleterre

      Au Royaume-Uni, les services sociaux sont financièrement encouragés à priver de leurs enfants des parents soupçonnés de maltraitance. Plus de deux millions d’enfants sont ainsi « fichés » par les services sociaux anglais et leurs parents, pris dans la tourmente d’une machine administrative devenue folle. Confiés dans un premier temps à des familles d’accueil, ces enfants « volés » sont proposés à l’adoption par des agences spécialisées, privatisées par David Cameron. Soumis à une obligation de silence, les parents légitimes, généralement démunis, n’ont ensuite aucune possibilité légale de retrouver un jour leurs enfants.


      http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/49439_1

      #film #documentaire #Pierre_Chassagnieux #Stéphanie_Thomas

    • Et effectivement, à (re)voir, le film de #Ken_Loach, #Ladybird...

      Maggie, sur la scène d’un karaoké, chante tandis que Jorge, un client admiratif, la regarde et l’écoute. Rassurée par la bienveillance de ce réfugié politique latino-américain, Maggie se confie. Elle est la mère célibataire de quatre enfants issus de pères différents, et reste encore cabossée par sa dernière relation avec un homme qui la battait. L’assistance publique, dont elle n’est que trop familière, finit par lui retirer la garde de ses enfants après qu’elle les a laissés seuls un soir où un incendie s’est déclaré. Mais pour une fois, elle a trouvé en Jorge un homme attentionné et qui ne la malmène pas. Lui l’écoute, ce que se refusent à faire les services sociaux. Maggie, qui semble avoir réussi à enrayer le cercle vicieux de la violence conjugale, reste enfermée dans une image négative aux yeux de l’assistance sociale qui refuse de lui rendre ses enfants. Ensemble Jorge et Maggie vont se battre pour récupérer leur dignité et le droit à fonder une famille…

      Notes : Ladybird est issu d’un fait divers découvert par Ken Loach grâce une correspondance avec une admiratrice inconnue. Cette dernière lui a confié son histoire, comment les services sociaux suite à un incendie lui ont retiré tour à tour ses six enfants. Le titre, lui, provient d’une comptine anglaise « Ladybird, Ladybird, va-t’en vite de chez toi, ta maison est en feu, et tes enfants s’en sont allés, tous sauf une, c’est la petite Ann, et elle s’est cachée sous, la poêle . »


      https://www.lacinetek.com/fr/tous-les-films/2463-ladybird-ken-loach-vod.html

    • Le film de ken Loach Ladybird a été réalisé il y a 25 ans. Mais il semble que l’Angleterre ne s’intéresse toujours pas au sort des enfants sauf à organiser leur trafic sexuel.

      #pédophilie #services_sociaux

      je signalais il y a quelques jours le dyptique documentaire de Pierre Chassagnieux et Stéphanie Thomas sur ce sujet

      https://seenthis.net/messages/777819
      « Les enfants perdus d’Angleterre »
      et
      « Les enfants volés d’Angleterre »

      Le fait que ce #trafic_d'enfants soit étouffé avec interdiction aux journalistes d’évoquer ces #enlèvements est tout à fait hallucinant.

      La loi impose le silence aux parents et aux journalistes qui ne peuvent raconter leur drame sous peine de condamnations judiciaires.

      #liberté_de_la_presse
      #tabou #censure

      « C’est le business n°1 en Angleterre : voler les enfants. » rediffusion 15/nov/2016
      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10078-15.04.2019-ITEMA_22036237-0.mp3

      Un enfant kidnappé par les services sociaux se vend 40.000€ sur internet

    • Pour te dire que tout est bien verrouillé le documentaire télévisé est interdit de visionnement en Angleterre (testé sur #TOR). Faut espérer que l’émission de France Culture traverse la manche.

    • Remarque qu’en tant que #mère_célibataire à deux reprises et en France j’ai été menacé de me faire retirer ma fille. Une fois par des policiers qui ont forcé ma porte en pleine nuit et une autre par le service hygiène et sécurité de la ville de Clichy auquel j’avais fait appel pour habitat indigne. A chaque fois, ces menaces ont été faites pour que je garde le silence sur leurs agissements illégaux.
      #guerre_aux_pauvres

  • Les enfants volés d’Angleterre sur France 5

    https://www.france.tv/documentaires/societe/951473-les-enfants-voles-d-angleterre.html

    Au Royaume-Uni, les services sociaux sont financièrement encouragés à retirer leurs #enfants à des parents soupçonnés de maltraitance ou jugés à l’avance incapables d’assumer leur rôle, à l’instar des #mères_célibataires ou des couples désargentés. Proposés à l’adoption, ces enfants ne retrouveront jamais leur famille. En 2015, 7740 enfants étaient en attente d’adoption par des couples, aux revenus aisés, qui peuvent dresser en ligne leur profil idéal de recherche. La loi impose le silence aux parents et aux journalistes qui ne peuvent raconter leur drame sous peine de condamnations judiciaires.

    réalisé par : Pierre Chassagnieux, Stéphanie Thomas

    Il faut voir ce documentaire accablant sur les #maltraitances infligées aux enfants (et à leurs parents). On y voit les services sociaux anglais complices de #traffic_sexuel des enfants. Un #tabou non relayé.

    #documentaire #enfance_volée #services_sociaux #pédophilie #prostitution #reification_liberale #guerre_aux_pauvres #vols_de_bébés

  • #Liora_Farkovitz : Comment se défendre au tribunal de la famille face à un ex-conjoint agresseur
    https://tradfem.wordpress.com/2019/03/31/comment-se-defendre-au-tribunal-de-la-famille-face-a-un-ex-conjoi

    La 8e Conférence accueillait notamment, M. Lundy Bancroft, qui s’active depuis plus de dix ans dans des dossiers de mères victimes de violence conjugale ayant perdu la garde de leurs enfants face à leur agresseur au Tribunal de la famille. Bien connu comme co-fondateur du Battered Mothers Testimony Project (Projet de témoignage des mères violentées) au Massachusetts, M. Bancroft est également l’auteur de trois ouvrages sur la dynamique et les répercussions de la violence conjugale : Why Does He Do That ?, The Batterer as Parent et When Dad Hurts Mom. Il s’est mérité le Prix Pro Humanitate 2004, décerné par le North American Resource Center for Child Welfare, pour son livre The Batterer as Parent (L’agresseur comme parent).

    Les mères violentées tiennent tête aux préjugés

    Les sept conférences précédentes sur les enjeux de garde des mères violentées ont validé et quantifié une situation de crise émergente pour la justice et les droits de la personne dans nos tribunaux de la famille. Des juges livrent des enfants maltraités aux agresseurs mêmes auxquels leurs mères protectrices avaient de peine et de misère réussi à échapper. Mais pour la première fois dans l’histoire de la conférence, Bancroft a fait de l’autodéfense contre cette injustice le thème des rencontres et des allocutions de la conférence de cette année.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.suite101.com/content/author-lundy-bancroft-teaches-battered-mothers-to-fight-back-a331711#ixzz1
    #mères_violentées #violences_masculines #isolement #emprise #droits_de_la_personne

  • (Dé)passer la frontière

    En ce début de 21e siècle, l’heure est à la #fermeture_des_frontières. Si ce durcissement des #politiques_migratoires peine à produire les résultats escomptés, il participe à la multiplication de situations de violations des #droits_humains, partout dans le monde.

    Les frontières, leur gestion et leur actualité traversent les débats publics et médiatiques sur les #migrations, attisant les controverses et les fantasmes, en particulier en Europe et en Amérique du Nord. Les frontières cristallisent un grand nombre d’enjeux – sociaux, (géo)politiques, économiques, historiques – et mobilisent une grande diversité d’idées, de projets de société et d’acteur·rices. Étudier, questionner la frontière et tout ce qu’elle véhicule comme #symboles est donc indispensable pour penser l’avenir des territoires et de leurs populations dans une perspective de respect de la #dignité_humaine, autrement que sous le seul angle d’analyse de « la crise migratoire ».

    L’objectif principal de ce nouveau numéro de la collection Passerelle est donc de proposer des pistes d’analyse et de réflexion sur les enjeux autour des frontières : dans un monde globalisé, entre territorialisation et dématérialisation, qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ? Quels sont les intérêts politiques et économiques qui régissent les mouvements d’ouverture pour certain·es, et de fermeture pour d’autres ? Cette publication invite également à explorer les multiples formes de #résistance à travers la voix de celles et ceux qui défient les politiques de fermeture, mais aussi les idées et propositions qui remettent en cause le régime des frontières actuel.

    Il s’agit donc bien d’établir des liens entre ce sujet d’une actualité brûlante et des dynamiques de long terme dans les différentes parties du monde, d’en éclairer les différents enjeux et de donner de la visibilité aux luttes actives d’hier et d’aujourd’hui. C’est cette perspective qui est au cœur du débat à travers les articles compilés ici : des réflexions, des témoignages et des pistes d’horizons politiques qui nous permettront de mieux saisir les enjeux des frontières, afin de nous armer de meilleurs outils de solidarité internationale pour la #justice_sociale et la garantie des droits fondamentaux de toutes et tous.


    https://www.coredem.info/IMG/pdf/_de_passer_la_frontiere-2.pdf

    Sommaire :


    #souveraineté_nationale #symbole #murs #Israël #barrières_frontalières #externalisation #externalisation_des_frontières #spectacle #victimisation #business #tunnel #Roya_Citoyenne #frontière_sud-alpine #La_Roya #caravane #Amérique_centrale #disparitions #mères #justice #passeport_aborigène #internationalisme #liberté_de_circulation #Touaregs #nomadisme #nomades #confédéralisme_démocratique #membrane

    ping @isskein @reka

    #frontières