• Affaire Pfizer-Nigeria : les victimes attendent toujours leur dédommagement Jeune Afrique 03 février 2011

    https://www.jeuneafrique.com/31695/economie/affaire-pfizer-nigeria-les-victimes-attendent-toujours-leur-d-dommagem

    L’accord signé le 30 juillet 2009 entre Pfizer et l’Etat nigerian de Kano n’a pour l’instant abouti à aucun versement aux familles des victimes présumées d’un essai clinique pratiqué par le laboratoire pharmaceutique en 1996 sur plusieurs centaines d’enfants. Quelque 35 millions de dollars sont en jeu.

    Des parents avec leurs enfants sourds et muets devant la haute cours de justice de Kano en 2008
    Depuis plusieurs années, Ali Yako assure que les médicaments administrés à son fils de quatre ans par Pfizer, numéro un mondial de la pharmacie, dans le cadre d’essais cliniques destinés à soigner sa méningite, l’ont rendu sourd avant d’entraîner sa mort. Mais dix-huit mois après la signature d’un accord entre le géant américain et l’Etat nigérian de Kano, portant sur plusieurs millions de dollars de dédommagement, Yako et les victimes présumées de cet essai attendent toujours leurs indemnités, bloquées par une bataille judiciaire autour de tests ADN voulus par le laboratoire.

    « Nous nous sentons manipulés et abandonnés à la fois par Pfizer et par le gouvernement de l’Etat de Kano », a déclaré récemment Yako lors d’une cérémonie d’inauguration d’un hôpital pédiatrique financé par Pfizer. « Nous sommes laissés de côté », a-t-il ajouté.

    Certaines familles de victimes accusent la firme pharmaceutique d’avoir volontairement retardé le paiement des compensations. Pfizer s’en défend, en assurant que ces retards sont liés au bras-de-fer portant sur les tests ADN. D’après le laboratoire, ces tests sont nécessaires pour identifier les victimes présumées, le nombre de personnes ayant déposé plainte dépassant de loin celui des personnes concernées par l’essai clinique.

    Garde fou
    « Le recueil des tests ADN est un garde-fou – intégré dans l’accord de dédommagement – pour garantir autant que possible que les fonds soient versés uniquement à ceux à qui ils sont destinés », a indiqué le géant pharmaceutique à l’AFP.

    Pfizer a pratiqué des essais cliniques en 1996 sur plusieurs centaines d’enfants et nourrissons pendant une épidémie de méningite et de rougeole dans l’Etat de Kano, situé dans le nord du Nigéria. Selon le laboratoire, l’épidémie avait tué près de 12.000 personnes et touché plus de 100.000 autres en six mois. Pfizer assure avoir avoir obtenu l’accord des autorités nigérianes pour cet essai et précise qu’environ 200 enfants ont été impliqués dans les tests, dont la moitié ont été soignés avec son antibiotique Trovan (trovafloxacine).

    « Les résultats de cette étude ont clairement prouvé que le Trovan a aidé à sauver des vies », estime la compagnie. Mais Médecins sans frontières (MSF), qui s’était efforcée à l’époque de soigner les victimes de l’épidémie de méningite au Nigeria, a durement critiqué Pfizer. « Quand les employés de MSF ont pris conscience de ce que faisait Pfizer, ils ont été scandalisés par les pratiques de la société », a déclaré l’organisation humanitaire dans un communiqué.

    Un arrangement de 75 milliards de dollars
    Selon les autorités nigérianes, les essais cliniques de Pfizer ont entraîné la mort de 11 enfants et des dommages physiologiques sur des dizaines d’autres, dont des problèmes de surdité, de cécité et de paralysie. En juillet 2009, après deux ans de bataille juridique, Pfizer et l’Etat de Kano avaient annoncé un accord à l’amiable de 75 millions de dollars.

    Cet accord prévoyait un dédommagement de 35 millions de dollars pour les victimes et 30 millions pour la construction d’un hôpital pédiatrique, en échange d’un arrêt des poursuites contre le géant américain par le gouvernement de Kano. Chaque famille de victime devait recevoir 175.000 euros de compensation et les dix derniers millions devaient couvrir les frais judiciaires de l’Etat de Kano.

    En mai 2010, le cabinet d’avocats Streamsowers & Kohn, qui représente les familles de 192 victimes, a toutefois annoncé que celles-ci rejetaient l’offre de dédommagements, en raison de tests ADN de Pfizer. Les avocats font valoir que ces tests ne sont pas accompagnés d’une vérification indépendante.

    #pfizer #niger #Afrique #cobayes #enfants #tests #trovan #cobaye #santé #covid-19 #france #coronavirus #médecine #essai_clinique #big_pharma #vaccin #santé_publique #pharma #essais_cliniques #sante #méningite #fric

  • Les soins en France, remède à la cherté de la #médecine #suisse - Le Temps
    https://www.letemps.ch/suisse/soins-france-remede-cherte-medecine-suisse

    Consulter dentistes et médecins français, remède à la cherté des prix.
    Environ 15% des Genevois renoncent à des soins pour raisons économiques.
    Consulter de l’autre côté de la frontière est une alternative

    #santé

    • Avec le pouétage qui introduit l’article  :
      https://todon.nl/@kumokun/105185870052126605

      Les assurances maladies en Suisse (privées mais obligatoires) remboursent tellement mal que 15% des Genevois renoncent à des soins pour des raisons économiques, et vont finalement de + en + se faire soigner en France.

      Le paradis des libéraux : une société malade.

      J’ai fait un petit calcul : les cotisations patronales pour la sécurité sociale FR sont de 7% jusqu’à 2,5 smics. Donc si vous êtes au Smic (1521€ bruts mensuels) c’est comme si on vous prenait 106€ bruts mensuels comme cotisation pour la sécurité sociale = 7% de votre revenu.

      En Suisse, un Smic a Genève vient d’être instauré à 4086CHF bruts par mois. Or les cotisations mensuelles à l’assurance maladie en Suisse sont entre 320CHF et 450+CHF, donc cela représente entre 7,8% et 11% de votre revenu brut.

      Donc déjà on voit qu’au niveau du Smic, les cotisations mensuelles pour l’assurance maladie coûtent moins chères en France qu’en Suisse. Mais ce n’est pas tout !! En Suisse vous avez une franchise annuelle = on ne vous rembourse qu’une fois que vous vous êtes acquitté du montant.

      Si vous cotisez 320CHF par mois votre franchise est de 2500CHF annuels, et si vous cotisez 420CHF par mois elle descend à 500CHF annuels. Autrement dit, pour commencer à être remboursé pour la santé suisse il faut payer environ 5500CHF/an. Rapporté au Smic annuel ça fait + de 11%

      Donc pour résumer, si on est au smic :

      1) en France, 7% de notre salaire brut est dédié à l’assurance maladie, et on a directement accès à la santé remboursée.

      2) en Suisse, pour seulement commencer à être remboursé il faut payer au moins 11% de son salaire brut en cotisations

      Donc pour avoir accès à la santé en Suisse on doit cotiser + qu’en France, mais apparemment c’est le modèle Suisse de l’assurance maladie qui a la faveur des libéraux, allez comprendre la logique

      PS : comme dit plus haut ce thread est un « petit calcul » ce n’est pas un rapport de l’OCDE. Mais c’est le type de calcul et de raisonnement dont sont friands les libéraux de ce réseau donc je trouvais pertinent de me mettre à leur niveau pour démontrer l’absurdité de leur analyse

  • SPK Komplex - rbb Brandenburg | programm.ARD.de
    https://programm.ard.de/TV/Programm/Sender/?sendung=282053103395183

    Ce film raconte une partie de l’histoire du collectif anti-anti-psychiatrique SPK (Sozialistisches Patientenkollektiv) des années autour de 1970. Ses membres se sont heurtés au pouvoir des anciens nazis toujours au pouvoir dans les institutions allemandes, surtout dans le corps médical et ses organisations. Très vite ces médecins meurtriers et leurs alliés dans les rangs de la soi-disant justice ont réuissi à faire enfermer ses membres les mieux connus dans la prison de
    Stammhein et la clinique carcérale Hohenasperg où ils ont été soumis aux mêmes conditions de torture blanche comme les membres de la RAF parce qu’on les considérait comme des complices des terroristes maoistes.

    Bande d’annonce du film
    https://www.youtube.com/watch?v=umBYCMF9QnA

    En même temps une campagne médiatique a été lancée contre le collectif qui ne se voyait pas comme anti-psychiatrique, et fut alors dépourvu du soutien des psychiatres qui pensaient agir pour une libération des patients tels Franco Basaglia et David Cooper.

    Le résultat de cette campagne et de la haine toujours extrême qu’expriment les ennemis du collectif sont la disparition complète de ses idées des discussions publiques et la vie cachée de prèsque tous ces anciens membres. Ce film a le mérite d’avoir porté à la connaissance du public une partie des faits. La réaction des auteurs de l’article Wikipdia (DE) sur le SPK consiste dans un renouvellement des accusations et dénonciations connus des années 1970 - on qualifie le film comme sectaire et essaye de faire comprendre qu’au fond le SPK aurait servi de tereau pouur le terrorisme de la RAF.

    Cette dernière accusation est démentie par le film. Bien au contraire les anciens membres du SPK se sont fait reprocher par leurs camarandes de la RAF de ne pas avoir renoncé aux idées propres au SPK.

    Je pense que ce film ne sera pas projeté une deuxième fois à la télévision publique allemande.

    07.06.2020 23:50 Uhr SPK Komplex Film von Gerd Kroske | rbb Fernsehen

    Anfang 1970, vor 50 Jahren, gründete der Arzt Wolfgang Huber in Heidelberg mit Patienten das „Sozialistische Patientenkollektiv“. Die antipsychiatrisch ausgerichtete Gruppe kritisierte die Behandlung von psychisch Kranken als „Verwahr-Psychiatrie“ - und verknüpfte neue Therapiemethoden mit politischen Forderungen. Bald radikalisierte sich das SPK, Gerüchte über Verbindungen zur RAF wurden laut.

    Hubers Experiment führte zu heftigen Auseinandersetzungen mit der Universität Heidelberg und der baden-württembergischen Landesregierung. Im Zuspitzen des Konflikts radikalisierte sich das SPK. Wolfgang Huber, seine Frau und weitere Mitstreiter wurden schließlich verhaftet und vor Gericht gestellt.

    Die SPK-Prozesse nahmen in der Härte, mit der sie von beiden Seiten geführt wurden - von Versuchen, Rechtsanwälte auszuschließen, bis zur Totalverweigerung der Angeklagten - die späteren Stammheim-Prozesse gegen RAF-Mitglieder vorweg. Am Ende wurde das SPK zur kriminellen Vereinigung erklärt; Huber und seine Frau wurden zu langen Haftstrafen verurteilt und verloren ihre Approbationen.

    Seither haftet dem SPK der fragwürdige Ruf an, die RAF unterstützt zu haben und letztendlich in deren Terror aufgegangen zu sein. Dieser Ruf überlagert, worum es Huber und dem SPK eigentlich ging: um die Rechte von Patienten und um Therapien zur Selbstermächtigung.

    In „SPK KOMPLEX“ erzählt Dokumentarfilmregisseur Gerd Kroske über Interviews mit Hubers Weggefährten, mit Ermittlern, Richtern und Journalisten sowie über eine Fülle von unveröffentlichten Aufnahmen und Archivmaterial aus dem „Deutschen Vorherbst“ die weitgehend unbekannte Geschichte des SPK und ihrer Folgen bis heute. Eine Geschichte vom Irresein und Irrewerden, von öffentlicher Wahrnehmung und den Mechanismen von Gewalt.

    Sonntag, 07.06.20
    23:50 - 01:40 Uhr
    110 Min.
    VPS 23:30
    Geänderte Sendezeit!
    rbb Fernsehen

    Das Sozialistische Patientenkollektiv Heidelberg - Interview mit Buchautor Christian Pross
    https://www.youtube.com/watch?v=m9_qby8kqVE

    #iatrocratie #histoire #Allemagen #nazis #médecine #psychiatrie #capitalisme #résistance

  • Revue Médicale Suisse | Asile, santé et discrimination : attention aux mots
    https://asile.ch/2020/12/28/revue-medical-suisse-asile-sante-et-discrimination%e2%80%89-attention-aux-mots

    La prise en charge médicale des personnes issues de l’asile peut être conditionnée par la façon dont les patients leur sont adressés. Un article paru dans la Revue médicale suisse interroge la pratique et les biais liés à une communication médicale pouvant être involontairement stigmatisante. Les auteurs rappellent que dans le domaine de l’asile, les personnes […]

  • Paul Farmer on How We Tell the Story of a Pandemic | The Nation
    https://www.thenation.com/article/culture/paul-farmer-fever-feuds-interview

    PF: Anytime you write off a population or a group of people as beyond salvation, that’s often a marker of clinical nihilism. We see that here largely in the direction of poor people, people of color, and sometimes the elderly. We have a long history of not doing enough for people who can’t pay for care, and this is one of the scourges of fee-for-service medicine. How could it be otherwise?

  • Patients cobayes dans une clinique psychiatrique argovienne jusqu’en 1990
    https://www.rts.ch/info/regions/autres-cantons/11848097-patients-cobayes-dans-une-clinique-psychiatrique-argovienne-jusquen-199

    Comme ailleurs en Suisse, la clinique psychiatrique de Königsfelden, à Windisch (AG), a testé des médicaments encore non autorisés sur des centaines de patients entre 1950 et 1990, regrettent mercredi les autorités.

    Les autorités ne s’étaient pas émues de cette situation, déplore le Conseil d’Etat argovien. En Argovie, le scandale concerne principalement 31 préparations médicamenteuses non homologuées au moment des faits, révèle une enquête menée par l’Institut d’histoire de la médecine de l’Université de Berne sur mandat du gouvernement argovien. Les résultats de leurs recherches ont été présentés mercredi aux médias.

    Les historiens ont examiné 830 dossiers de patients datés de 1950 à 1990 dont 50 issus d’une station d’observation d’enfants à Rüfenach (AG). Les personnes qui se sont fait administrer des médicaments dans le cadre des essais incriminés ont souvent présenté des effets secondaires.

    Traitements parfois interrompus
    « Lorsque ces derniers étaient importants, les traitements à l’essai étaient généralement interrompus. Aucun décès lié directement aux tests médicamenteux n’est connu », écrivent les historiens dans leur rapport.

    Avant les années 1980, aucun document écrit ne prouve que les patients ont été largement informés au sujet des tests de médicaments pratiqués sur eux ni qu’on leur aurait laissé le choix de donner leur accord ou de refuser un tel traitement.

    Contrôles insuffisants
    Comme ailleurs en Suisse, les essais effectués en Argovie se sont d’abord déroulés sans véritable base légale. Ils n’ont été régulés qu’à partir des années 1970. On ne peut toutefois pas en conclure qu’ils n’ont posé aucun problème, écrit l’auteur de l’étude Urs Germann.

    Les essais de médicaments réalisés à la clinique de Königsfelden étaient connus des spécialistes, de l’administration et du monde politique. Le rapport d’enquête le démontre. Les instances cantonales n’ont toutefois joué leur rôle de contrôle que « de manière très légère et superficielle ». Elles ont accordé la plus grande autonomie à la direction de la clinique et ont fait confiance à sa compétence.

    ats/jpr

    #santé #Suisse #cobaye #cobayes #cobayes_humains #médicaments #médecine #pharma #industrie_pharmaceutique #médicament

  • Le professeur Jean-Bernard Fourtillan, vu dans « Hold-up », interné en psychiatrie - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/faits-divers/le-professeur-jean-bernard-fourtillan-vu-dans-hold-up-interne-en-psychiat

    Contactée vendredi pour confirmer l’internement de cette figure du mouvement anti-vaccin, la préfecture du Gard s’est bornée à un bref communiqué. « Les services de l’État sont sollicités ce jour au sujet d’une mesure individuelle d’hospitalisation qui relève d’une prescription médicale, souligne-t-elle. Dans ce cadre, aucune précision ne sera apportée à cette situation individuelle. »
    Recherché par la justice

    Le procureur de Nîmes, Eric Maurel, a donné davantage d’explications au quotidien Midi Libre. Le septuagénaire était notamment recherché par la justice pour avoir donné des traitements expérimentaux à des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson et d’avoir exercé illégalement la profession de médecin ou de pharmacien.

    Fin 2019, les autorités de santé avaient en effet annoncé le démantèlement d’un vaste essai clinique « sauvage et illégal », dont il était l’auteur. Plus de 400 patients cobayes avaient reçu des patchs de valentonine, une substance dont ce fervent catholique disait avoir eu la révélation divine, et capable, selon lui, de guérir les maladies neurodégénératives et les insomnies…

  • A Argenteuil, des malades du Covid-19 rentrent plus vite chez eux grâce à l’oxygénothérapie à domicile
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/12/02/a-argenteuil-des-malades-du-covid-19-rentrent-plus-vite-chez-eux-grace-a-l-o

    Depuis la mi-octobre, 140 patients ont été pris en charge par l’unité Covid-19 du centre hospitalier et suivis quotidiennement par des infirmières à domicile.

    Il y a quinze jours, Lucien Joyes a ressenti « un grand froid dans la nuit ». Il ne le savait pas encore, mais il s’agissait des premiers symptômes du Covid-19. Après deux courtes hospitalisations de cinq et trois jours au centre hospitalier (CH) d’Argenteuil, dans le Val-d’Oise, il est désormais soigné dans son appartement. Au pied de son lit installé dans le salon, contre la fenêtre et face à la télévision, une machine lui propulse de l’oxygène dans les narines par le biais d’un long tube en plastique.

    « J’ai une famille qui m’entoure, ils sont aux petits soins et font tout pour me rendre la vie agréable », dit en souriant l’homme de 70 ans, soulagé d’être sorti de l’hôpital qu’il ne connaît que trop bien, ses différents problèmes de santé l’ayant déjà mené les années passées dans les services de neurologie, de cardiologie et de pneumologie.

    Si Lucien a pu rentrer chez lui si vite, c’est grâce au dispositif d’oxygénothérapie à domicile mis en place par le centre hospitalier d’Argenteuil depuis la mi-octobre pour faire face à la deuxième vague de l’épidémie.

    Une petite équipe d’infirmières et d’aides-soignantes se partage une trentaine de patients sur un territoire allant de Sannois à Carrières-sur-Seine et d’Herblay à Gennevilliers, dans un rayon d’environ 8 kilomètres autour d’Argenteuil. Tous les matins, elles se rendent au domicile des malades passés par l’hôpital et dont l’état a été jugé assez bon pour leur permettre de finir chez eux leur sevrage en oxygène.

    Au bout de dix à quinze jours en général, si leur saturation en oxygène, c’est-à-dire leur taux d’oxygène dans le sang, devient supérieure à 94 %, ils passeront à un suivi téléphonique quotidien, jusqu’à leur complète guérison. La société Vitalaire viendra alors récupérer les extracteurs d’oxygène mis à leur disposition.

    « Ça m’a soulagée de rentrer chez moi »

    Pour leur tournée, Cécile Hubert, infirmière depuis vingt-sept ans au CH d’Argenteuil, et Natalia Pereira da Silva, aide-soignante depuis 2003, ont une routine bien au point. Devant le domicile de chaque patient, Natalia passe à Cécile, en plus de son masque, les différents équipements nécessaires à sa protection et à celle du malade : charlotte, surblouse, surchaussures et gants. Le tout sera jeté à la poubelle à la fin de chaque consultation.

    Pendant que Cécile mesure la tension, les fréquences respiratoire et cardiaque, la saturation en oxygène et prend la température du malade, Natalia note tout sur une fiche de suivi. Des données qui seront ensuite entrées sur la plate-forme Terr-eSanté, un outil de coordination, d’échange et de partage d’informations entre professionnels de santé pour assurer le suivi optimal des patients.

    Si ce dispositif demande une grande organisation, il représente un avantage sans conteste pour les personnes désireuses de quitter l’hôpital, à l’image de Françoise Tourbin, 73 ans. « C’est bon, les hôpitaux j’y vais trop fréquemment », souffle cette grande fumeuse qui vient de se faire opérer du cœur. Après plus d’un demi-siècle de cigarette, elle venait juste d’arrêter de fumer quand elle a attrapé le Covid-19. Après un passage éclair à l’hôpital le temps d’un bilan de santé, elle accueille désormais les soignantes à la porte de son petit pavillon sans tube d’oxygène dans le nez.

    Comme tous les soignés à domicile, son oxygénothérapie était accompagnée de corticoïdes en cachet et de piqûres d’anticoagulant réalisées par une infirmière libérale. Un traitement que l’on sait, depuis la première vague, efficace contre la maladie.

    A Montigny-lès-Cormeilles, Josiane Loyot accueille aussi ses visiteuses sans oxygène, mais elle est gentiment rappelée à l’ordre car sa saturation n’est pas encore jugée assez bonne. « A l’hôpital, j’ai été mal reçue. Ils ont du boulot et nous, les patients, on est plus ou moins chiants, mais ça se voit qu’ils n’en peuvent plus, les soignants. J’ai demandé à sortir, ça m’a soulagée de rentrer chez moi », raconte cette femme de 72 ans entre deux plaisanteries. Quand son fils sera reparti sur son chantier en Côte d’Ivoire, elle fera appel au service de portage de repas à domicile mis en place par la mairie pour les personnes âgées.

    Lits libérés pour d’autres malades

    « Quand on est à l’hôpital, on est contraints par une institution », opine Catherine Le Gall, chef des urgences du CH d’Argenteuil, qui reconnaît que les malades sont contents de rentrer plus vite chez eux. La coordinatrice du dispositif de suivi à domicile dresse un bilan positif de cette expérience : sur 140 patients pris en charge depuis la mi-octobre, aucun n’est mort à domicile et seulement 10 % d’entre eux ont eu besoin de repasser par l’hôpital, essentiellement pour des examens complémentaires. « Cent dix malades, c’est l’équivalent de l’activité d’un service de trente lits », souligne-t-elle. Autant de lits libérés pour d’autres malades, dans un hôpital qui voit passer dans ses urgences de 160 à 200 personnes par jour.

    A Argenteuil comme partout en France, la question du nombre de lits disponibles pour accueillir l’afflux de nouveaux patients atteints du Covid-19 était au cœur de toutes les préoccupations cet automne. D’autant plus dans un département comme le Val-d’Oise, touché très gravement par la première vague. Au printemps, « l’hôpital a été submergé, tout a été déprogrammé et ça a désorganisé les soins, se souvient Catherine Le Gall. Alors, pour cette deuxième vague, on n’a pas voulu vivre la même chose ».

    De mars à mai, l’hôpital comptait 200 lits réservés au Covid-19, dont quarante en réanimation, tandis que, de septembre à novembre, seulement 75 « lits Covid » ont été ouverts, dont dix-huit en réanimation. Au pic de la première vague, les soignants ont dû gérer 242 patients en même temps, tandis que, à celui de la deuxième vague, 91 malades du Covid-19 se trouvaient à l’hôpital.

    Une situation observée dans l’ensemble du Val-d’Oise, dernier département français avec Mayotte à passer en vert sur la carte du déconfinement à la fin mai. Quand le territoire comptait 180 lits de réanimation occupés par des patients du Covid-19 le 8 avril, ils n’étaient plus que 70 à la mi-novembre.

    « La trajectoire est bonne mais l’objectif n’est pas atteint », souligne toutefois Anne Carli, déléguée départementale du Val-d’Oise de l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, qui ne veut pas se féliciter trop tôt de la fin de cette deuxième vague. « On est encore très loin du seuil d’incidence de cinquante nouveaux cas par semaine pour 100 000 habitants, qui constitue le seuil d’alerte. »

    Qualité du lien entre la médecine de ville et l’hôpital

    Les raisons pour lesquelles cette deuxième vague s’est mieux passée que la première sont nombreuses, et notamment la meilleure prise en charge des malades grâce aux corticoïdes, aux anticoagulants et une oxygénothérapie préférée à l’intubation.

    « La grande différence entre les deux vagues, c’est la qualité du lien entre la médecine de ville et l’hôpital », appuie également Anne Carli. Au printemps, c’est en effet surtout l’hôpital qui a été en première ligne pour faire face à cette maladie infectieuse émergente, avec des professions libérales plus difficilement associées. « Mais le Val-d’Oise a beaucoup investi sur le lien ville-hôpital », explique la déléguée départementale, notamment par le biais de l’outil Terre-eSanté mis à disposition par l’ARS d’Ile-de-France depuis plus d’un an, mais dont les professionnels de santé peinaient à s’emparer. « Cette crise a rendu l’outil indispensable », insiste Anne Carli.

    Un constat partagé par Catherine Le Gall, dont les équipes ont commencé à utiliser l’outil avec le Covid-19. « Il permet de mettre en place un parcours de soins coordonnés entre différents professionnels de santé », explique-t-elle. Par exemple, dans le cas d’un suivi de Covid-19, sont mis en relation autour d’un même patient le médecin des urgences, son infectiologue, son médecin traitant, les infirmières, le centre de télésurveillance, et un pneumologue quelques mois plus tard. Le malade a également accès à son dossier et peut informer ses médecins de ses nouveaux symptômes.

    « Dans le futur, il faudrait créer des cercles de soins pour d’autres pathologies », s’enthousiasme Catherine Le Gall. Pour gérer le Covid-19, « un médecin seul dans son coin, c’est dangereux, et l’hôpital seul, c’est un canard boiteux. Le lien entre la ville et l’hôpital, c’est l’avenir pour les malades ». D’autant plus dans une région comme l’Ile-de-France frappée par la désertification médicale.

    #covid-19 #HAD #médecine_de_ville #hôpital #santé-publique

    • Débat d’experts autour de l’oxygénothérapie à domicile
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/12/02/debat-d-experts-autour-de-l-oxygenotherapie-a-domicile_6061896_3244.html

      De nombreux spécialistes estiment que les recommandations de la Haute Autorité de santé concernant une prise en charge à domicile sont « dangereuses ». Par Delphine Roucaute

      Faut-il encourager la prise en charge des personnes atteintes du Covid-19 à domicile, même quand elles ont besoin d’apports constants en oxygène ? Pour répondre à cette question, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié un ensemble de recommandations pratiques, le 9 novembre, au moment où les services hospitaliers étaient submergés par la deuxième vague. L’institution estime que cette prise en charge doit être réservée à deux situations : d’abord pour les patients hospitalisés et pouvant achever leur sevrage en oxygène à domicile, donc en aval de l’hôpital, et ensuite pour les malades non hospitalisés, mais ayant néanmoins des besoins en oxygène, donc en amont de l’hôpital.

      Les critères d’éligibilité au dispositif sont les mêmes pour les deux types de patients. D’abord, un environnement favorable, c’est-à-dire un domicile salubre, à moins de 30 minutes d’un hôpital et du SAMU, la présence d’un tiers vingt-quatre heures sur vingt-quatre et l’accompagnement d’une équipe de médecins. Mais aussi des critères liés au patient, qui ne doit pas avoir une saturation en oxygène trop basse ni de contre-indication signalant des risques de forme grave de la maladie (diabète, insuffisance rénale, etc.).

      Appel à la prudence

      Ces recommandations, pourtant très contraignantes, ont été jugées insuffisantes par plusieurs spécialistes. Dans un Tweet, la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF) a déclaré que « le maintien à domicile de patients devenant oxygénorequérants est dangereux ». Dans le même temps, la Société de pneumologie de langue française a appelé à la prudence et publié ses propres « rappels réglementaires et techniques », insistant sur la nécessité d’un encadrement par un pneumologue, alors que la HAS place la responsabilité de coordination entre les mains des médecins généralistes.

      Si l’oxygénothérapie en aval de l’hôpital fait plutôt consensus parmi les spécialistes, c’est bien l’opportunité d’une prise en charge directement à domicile qui fait débat. Le président de la SPILF, Pierre Tattevin, explique cette différence : « Dans le cas du Covid, quand on commence à avoir besoin d’oxygène à domicile, c’est que ça commence à être grave. Même à l’hôpital, c’est difficile à suivre. » Par ailleurs, insiste-t-il : « Organiser le suivi du patient en lien avec un généraliste, c’est compliqué. Il y a un risque de manque de réactivité en cas de problème. »

      « Sur le fond, on est d’accord que l’oxygénothérapie en amont est risquée et relève de l’exceptionnel ; ces recommandations sont là pour créer des repères et fixer le cadre si ce genre de cas se présente pour des médecins généralistes », explique Paul Frappé, président du Collège de la médecine générale, qui a participé au groupe de travail mis en place par la HAS. Car ces cas existent déjà, souvent à la demande de patients ne désirant pas entrer à l’hôpital. Près de 30 000 patients atteints du Covid-19 requérant une oxygénothérapie ont été pris en charge par les prestataires de santé à domicile (PSAD), 20 000 au cours de la première vague et 10 000 au cours de la seconde. Les prescriptions d’oxygénothérapie émanant de médecins généralistes n’ont pas dépassé 5 % des patients lors de la seconde vague, selon le président de la Fédération des PSAD.

      Il ne faut pas oublier que ces recommandations sont émises en situation de crise sanitaire, pour désengorger les services hospitaliers. « L’oxygénothérapie à domicile est un moyen de conserver les chances des patients en cas de saturation des services », et notamment dans l’éventualité d’une troisième vague, fait ainsi valoir de son côté Jean-Pierre Thierry, conseiller médical de France Assos Santé, organisation représentant les patients.

      « Une demande des patients »

      De l’avis d’Aurélien Dinh, praticien dans le service des maladies infectieuses de l’hôpital Raymond-Poincaré (AP-HP) et l’un des créateurs du dispositif Covidom (télésurveillance des patients atteints de Covid-19) de l’AP-HP, ces recommandations « ne sont pas suffisamment prudentes, car il y a souvent une aggravation brutale de l’état du patient après sept jours de maladie ». Pour autant, l’équipe qui a pris en charge en aval de l’hôpital 75 malades oxygénorequérants lors de la première vague, sans aucun décès ni réhospitalisation, est prête à tenter l’expérience.

      L’équipe de Covidom a ainsi engagé une réflexion pour les patients qui ont besoin d’une oxygénothérapie à moins de 2 litres d’oxygène, âgés de moins de 65 ans et sans comorbidité particulière. « Nous pourrions les hospitaliser de vingt-quatre à quarante-huit heures pour les évaluer, faire un bilan biologique, puis mettre en place le dispositif à domicile, s’assurer qu’ils seront entourés », explique le docteur Dinh.

      Si la présidente de la HAS, Dominique Le Guludec, reconnaît une communication un peu hâtive, elle ne compte pas revenir sur les préconisations et préfère traiter directement avec les sociétés savantes. « Il faut faire confiance aux médecins, on a besoin de toutes les forces disponibles. Dès qu’on voit que l’état du patient ne s’améliore pas rapidement, il faut passer la main à l’hôpital », explique-t-elle. « On a précisé que la prise en charge directement à domicile en amont de l’hôpital est exceptionnelle, renchérit Catherine Grenier, directrice de l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins à la HAS. Mais c’est aussi une demande des patients. Il est important de prendre en compte le caractère délétère de l’hospitalisation. »

    • Le truc, c’est que quand la sat des covidés s’enfonce, tu as 5-10 min pour lui sauver la peau. Alors que le patient ne se rend même pas compte qu’il est en train d’étouffer. C’est spécifique au covid19 et ça s’appelle l’hypoxie heureuse. Cette politique de HAD est purement criminelle dans ce contexte particulier.
      Mais ça fait de beaux chiffres de sorties d’hosto et ça sort les gus des stats de mortalité covid.

      https://association-victimes-coronavirus-france.org/quest-ce-que-lhypoxie-heureuse

    • Oui, enfin pas tout à fait puisque la controverse porte plutôt, contre une indication aussi vague que générale d’oxygénothérapie à domicile, sur le fait de préciser que c’est en aval des hospitalisations que celle-ci peut-être mise en oeuvre, après le pic éventuel de symptômes respiratoires.

    • En sachant que la soit disant hypoxie est réellement une hypoxémie , (baisse du taux d’oxygène dans le sang) qui n’est « joyeuse » que parce qu’elle n’entraîne pas, à ce stade, une hypoxie (organes insuffisamment fournis en oxygène).

      Une véritable hypoxie n’est jamais joyeuse.

      What We Have Learned About COVID-19 : Part One - Mass General Advances in Motion
      https://advances.massgeneral.org/pulmonary/article.aspx?id=1269

      Happy Hypoxia : Not Hypoxia and Not New

  • Face au Covid, l’efficacité des réseaux autogérés de soignants, plus réactifs que le gouvernement - Basta !
    https://www.bastamag.net/Medecine-de-ville-deuxieme-vague-generalistes-infirmieres-liberales-pharma

    Pour organiser ces tournées spéciales d’infirmières et de médecins généralistes, ces soignants se sont appuyés sur leur communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS). Expérimentées sur le terrain depuis une quinzaine d’années, et formalisées par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, les CPTS réunissent des médecins, infirmières, sages-femmes, kinésiologues ou podologues qui décident de se regrouper pour partager leur savoirs et mutualiser leurs moyens. Il en existe plusieurs centaines en France, certaines très actives, d’autres moins.
    Je lis, j’aime, je vous soutiens

    Leurs objectifs : faciliter l’accès aux soins et mieux organiser la prévention. « Pour nous, la santé ne se réduit pas à la prise en charge par les médecins, explique Sophie Dubois, pharmacienne, et directrice de la CPTS du 13ème arrondissement de Paris. Nous travaillons donc avec le secteur médico-social. » Pendant le confinement, tous les soirs, un médecin et un infirmier étaient présents pour faire le tour des Ehpad, assurer une présence médicale et intervenir au niveau des soins palliatifs. « On a aussi organisé des tournées sur le centre d’hébergement d’urgence qui abrite des personnes sans domicile, cite Sophie Dubois. Un médecin et une médiatrice en santé [chargée d’accompagner des personnes qui sont confrontés à des obstacles dans l’accès aux soins] y faisaient une vacation une fois par semaine, des infirmiers trois fois par semaine. »

    Une auto-organisation très efficace

    « Être en hyper local, au sein d’un territoire que l’on connaît, c’est vraiment garant d’efficacité, insiste Sophie Dubois. Cela nous a été tellement utile pour trouver du matériel, et notamment des équipements de protection, qui manquaient partout. » Habituée à travailler avec la mairie, la CPTS du 13ème arrondissement a récupéré les kits d’hygiène des cantines, inutiles puisque les écoles étaient fermées. « Nous avons aussi pu nous servir des kits prévus pour les élections et qui n’avaient pas été utilisés. 5000 masques FFP2 ont par ailleurs été récupérés à la Bibliothèque nationale de France [située dans le même arrondissement]. Enfin, des toiles ont été achetées chez un fournisseur agricole et confiées à des couturières du quartier pour fabriquer des sur-blouses. » Avoir ce matériel a permis de protéger les soignants, et de garder des lieux de soins ouverts.

    La réactivité des communautés autogérées de soignants a permis d’offrir une continuité de soins à des patients qui auraient, sans cela, été laissés de côté

    De nombreux centres Covid ont été créés partout en France, souvent en collaboration avec les collectivités locales. Partout l’auto-organisation s’est révélée efficace. « Le terrain a été plus rapide que les institutions », résume Claire Beltramo. « Le fait de nous connaître nous a rendus très réactifs, ajoute Sophie Dubois. Nous sommes habitués à tenir compte les uns des autres. Il y a eu beaucoup de solidarité. » Dans de nombreux endroits, l’accueil des patients a été géré bénévolement par des kinés, sages-femmes ou podologues – autant de soignants souvent impliqués dans des CPTS mais dont l’activité était très réduite, voire nulle, en raison de la crise. Cette réactivité a permis d’offrir une continuité de soins à des patients qui auraient, sans cela, été laissés de côté.

    Pour la CPTS du 20ème de Paris, ce travail invisible est « un scandale que l’on peut chiffrer à plusieurs dizaines de milliers d’euros ». Dans leur analyse de cette première vague, les soignants « de ville » insistent sur le fait qu’ils ne pourront pas s’engager à une telle hauteur pour la deuxième vague qui a débuté en octobre. D’autant que certains d’entre eux ont payé un lourd tribut lors du premier pic de contamination : 20 % des médecins et 40 % des infirmières sont tombés malades dès les premières semaines.

    Pour cette deuxième vague de l’épidémie de Covid, les pratiques restent encore trop « hospitalo-centrées » et la parole des médecins généralistes largement ignorée

    « Globalement les soignants "de ville" ne sont pas totalement tenus à l’écart comme lors de la première vague où le discours était d’appeler le Samu en cas de symptômes », note Sophie Bauer, vice-présidente de la fédération des CTPS. Mais les pratiques restent trop « hospitalo-centrées » dit-on parmi les soignants. La parole des médecins généralistes est toujours largement ignorée, alors qu’ils ont tiré la sonnette d’alarme dès la fin du mois d’août sur l’aggravation de la situation. « Les ARS étaient entièrement concentrées sur le dépistage, on ne pouvait parler de rien d’autre, déplore Claire Beltramo. On aurait pu réfléchir ensemble à l’organisation des sorties d’hôpital, qui ne vont pas tarder à arriver. On l’a fait de notre côté, bien sûr. Mais on aurait aimé le faire en lien avec les institutions. On a quand même fait nos preuves, pendant la première vague. »

    #Santé_publique #Médecine_ville #Auto-organisation #Autogestion #Communs

  • Les patients schizophrènes ont eu moins accès à la réanimation lors de la 1re vague Covid • HOSPIMEDIA
    https://www.hospimedia.fr/actualite/articles/20201105-psychiatrie-les-patients-schizophrenes-ont-eu-moins-acces

    Une étude récente montre une mortalité augmentée des personnes schizophrènes hospitalisées dans le cadre d’une contamination au Covid par rapport aux patients Covid+ hospitalisés sans pathologie mentale. Elle révèle aussi que ces personnes ont eu moins accès à la réanimation que les patients non schizophrènes, à comorbidités équivalentes.

    Disparities in Intensive Care Unit Admission and Mortality Among Patients With Schizophrenia and COVID-19 : A National Cohort Study
    https://academic.oup.com/schizophreniabulletin/advance-article/doi/10.1093/schbul/sbaa158/5935036

    Abstract
    Patients with schizophrenia (SCZ) represent a vulnerable population who have been understudied in COVID-19 research. We aimed to establish whether health outcomes and care differed between patients with SCZ and patients without a diagnosis of severe mental illness. We conducted a population-based cohort study of all patients with identified COVID-19 and respiratory symptoms who were hospitalized in #France between February and June 2020. Cases were patients who had a diagnosis of SCZ. Controls were patients who did not have a diagnosis of severe mental illness. The outcomes were in-hospital mortality and intensive care unit (ICU) admission. A total of 50 750 patients were included, of whom 823 were SCZ patients (1.6%). The SCZ patients had an increased in-hospital mortality (25.6% vs 21.7%; adjusted OR 1.30 [95% CI, 1.08–1.56], P = .0093) and a decreased ICU admission rate (23.7% vs 28.4%; adjusted OR, 0.75 [95% CI, 0.62–0.91], P = .0062) compared with controls. Significant interactions between SCZ and age for mortality and ICU admission were observed (P = .0006 and P < .0001). SCZ patients between 65 and 80 years had a significantly higher risk of death than controls of the same age (+7.89%). SCZ patients younger than 55 years had more ICU admissions (+13.93%) and SCZ patients between 65 and 80 years and older than 80 years had less ICU admissions than controls of the same age (−15.44% and −5.93%, respectively). Our findings report the existence of disparities in health and health care between SCZ patients and patients without a diagnosis of severe mental illness. These disparities differed according to the age and clinical profile of SCZ patients, suggesting the importance of personalized COVID-19 clinical management and health care strategies before, during, and after hospitalization for reducing health disparities in this vulnerable population.

    Covid-19 : mortalité plus élevée des patients schizophrènes lors de la première vague, selon une étude
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/covid-19-mortalite-plus-elevee-des-patients-schizophrenes-lors-de-la-premie

    La surmortalité des patients schizophrènes est due à plusieurs facteurs, selon M. Fond, qui avance plusieurs hypothèses : « ce sont des patients plus réfractaires aux soins, dans un contexte où les soignants sont débordés » , ajoutant que la schizophrénie « accélère le vieillissement ». « Un patient schizophrène compte comme deux patients en termes de soins infirmiers, surtout s’il a des troubles du comportement, mais cette surcharge de travail n’est pas prise en compte » , assure M. Fond. Selon lui, « même si ce n’est pas politiquement correct, quand on annonce au téléphone un patient d’Ehpad et schizophrène, c’est une perte de chance certaine ».

    La surmortalité a été spécialement forte dans la tranche d’âge 65-80 ans selon le chercheur, où la différence entre le groupe avec une maladie mentale et le groupe « contrôle » est de 8%. Les schizophrènes sont « des patients très isolés qui ont plus tendance à demander à ne pas être réanimés » , ajoute-t-il. Ils ont aussi davantage de facteurs de comorbidité, comme l’hypertension ou le diabète.

    Une des préconisations des chercheurs est « que les personnels de ces unités soient mieux formés à la psychiatrie, et que cette formation soit valorisée par l’hôpital ».

    #covid-19 #folie #psychiatrie #vieillissement #surmortalité #Guillaume_Fond

  • Cyberattaques : alerte au rançongiciel sur les secteurs de la santé américain et canadien
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/10/30/cyberattaques-alerte-au-rancongiciel-sur-les-secteurs-de-la-sante-americain-

    (...) « Les attaques par rançongiciels sur les hôpitaux américains, pendant une pandémie, sont probablement les cyberattaques les plus dangereuses ayant jamais visé les Etats-Unis. Ce problème est hors de contrôle, et des gens vont en souffrir » a alerté sur son compte Twitter John Hultquist, responsable du renseignement au sein de l’entreprise américaine spécialisée FireEye.

    [...]

    Des conseils arrivés trop tardivement pour certains hôpitaux. Plusieurs établissements de santé américains ont vu au cours des dernières heures leur fonctionnement perturbé par des attaques informatiques. C’est notamment le cas du Sky Lakes Medical Center, dans l’Oregon, où les « communications [sont] compliquées » selon un communiqué publié par l’établissement.

    Les hôpitaux de Canton-Potsdam, de Massena et de Gouverneur, des villes de l’Etat de New-York, ont dû déconnecter une partie de leurs systèmes informatiques, et certaines ambulances ont dû être déroutées vers d’autres établissements. Un réseau d’hôpitaux du Vermont a aussi vu son fonctionnement informatique être affecté, sans qu’il soit question officiellement d’un rançongiciel. Le Ridgeview Medical Center, dans le Minnesota, a lui aussi été attaqué, tout comme le Sonoma Valley Hospital, en Californie.
    [...]

    Un médecin travaillant dans un hôpital touché par une attaque et interrogé par l’agence de presse Reuters a raconté que certaines fonctions vitales, comme la transmission numérique des résultats d’examen, étaient impossibles. « Les événements en cours peuvent causer des morts, peut-être dans plusieurs hôpitaux » (...)

    #hôpital #médecine #rançongiciel

  • #Covid-19, avec la saturation des hôpitaux, moins de transferts en TGV, plus d’ hospitalisation à domicile ?
    PRISE EN CHARGE EN HOSPITALISATION A DOMICILE (HAD), Ministère des solidarités et de la santé, 14/05/2020
    https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/prise-en-charge-had-covid-19.pdf

    La prise en charge des patients Covid-19 en HAD
    2.1. Les typologies de patients
    Les patients atteints du Covid-19 ne requérant pas de soins en réanimation ou en surveillance continue 24H/24 mais présentant l’une des caractéristiques suivantes :
     Manifestations respiratoires nécessitant une surveillance rapprochée ;
     Existence de comorbidités nécessitant une surveillance renforcée ;
     Situation de complexité psychosociale (patients isolés, vulnérables, précaires, etc.).
    Dans ce cadre, l’HAD peut notamment assurer la surveillance des patients (cf. protocole détaillé au §2.3), la mise en place d’une #oxygénothérapie, l’administration des médicaments de la réserve hospitalière, la réalisation de soins palliatifs, la surveillance médicale incluant une #assistance_respiratoire ou une réadaptation pluridisciplinaire.

    [...]
    2.3. Le protocole de surveillance des patients Covid-19
    Surveillance médicale en accord avec le médecin traitant (sauf situation dérogatoire), selon un rythme dépendant de la situation, éventuellement appuyée par la télémédecine.

    Coronavirus (COVID-19)
    Surveillance au minimum biquotidienne par l’IDE :
     Des constantes et signes cliniques suivants : température, pouls, TA, saturation en oxygène, signes respiratoires, transit, poids, autres selon comorbidités ;
     Dans le cadre d’un algorithme décisionnel fixant des seuils de vigilance (renforcement de la surveillance mais maintien à domicile) et des seuils d’alertes (avis médical dans un délai court, discussion de transfert en hospitalisation conventionnelle) élaboré par les établissements d’HAD ;
     Avec un retour quotidien systématique des informations vers l’HAD, pour les HAD collaborant avec des professionnels de santé libéraux.
    Nécessité d’une vigilance accrue en début de 2ème semaine après le début des symptômes en raison du risque d’aggravation.
    Surveillance biologique le cas échéant, selon la symptomatologie, l’existence de comorbidité (ex. diabète) ou surveillance thérapeutique (ex. anticoagulants).
    Organisation en tant que de besoin d’une consultation par un médecin spécialiste (téléconsultation).

    #Had #hospitalisation_à_domicile

  • PERSONNEL NON PAYÉ - AP-HP RENDEZ L’ARGENT Thread by Jeannus
    https://threadreaderapp.com/thread/1320015194710560769.html

    [PERSONNEL NON PAYÉ - #AP-HP RENDEZ L’ARGENT]

    Alors tout commence vers mars quand l’épidémie explose, confinement, tout ça vous savez. A l’époque je suis en 5e année de médecine à Paris Descartes. Rapidement la fac en coopération avec l’aphp commence à recruter des étudiants pour
    Aller dans diverses missions COVID. Pour ma part, je débute une première mission sous la direction de la responsable du Bureau du Personnel Médical (= BPM) de l’HEGP, mon taff consiste à lister tous les #étudiants recrutés, les heures faites etc dans un but de RÉMUNÉRATION
    (les étudiants recrutés à l’HEGP je précise)

    Assez vite finalement je dois abandonner mes fonctions car les étudiants recrutés passent sous la responsabilité du Bureau du Personnel Non Médical (= BPNM) pour des raisons d’administration (pas possible de payer autrement)

    Le but étant que les étudiants soit rémunérés selon le #salaire horaire d’un.e IDE niveau 1 ou 2 (je me rappelle plus) mais globalement 12€/h.

    Et moi, je me retrouve dans mon ancien service de rea parce qu’ils ont besoin d’externes pour faire du travail aide soignant,
    Infirmier, de secrétariat, d’appel des familles etc....

    J’y reste pendant plus de 6 semaines, (je vois pas ma famille, je suis explosée au COVID tous les jours mais bref), je fais en tout plus de 100h, dont des weekends, parfois je fais deux semaines d’affilée sans pause
    J’abrège pour en arriver au total de ce que je suis censée toucher : 1500€ de salaire COVID à peu près (en plus de la prime COVID).

    En parallèle, pendant ces 6 semaines, la fac et les chefs de sevice nous garantissent qu’on va être payés, et merci, et vous êtes formidables, et
    Qu’est ce qu’on ferait sans vous etcetcetc

    Avril arrive, pas de salaire COVID, mais je suis pas la seule. Ok les élus étudiants nous disent que ça va arriver y’a du retard.
    Mai arrive, pas de salaire COVID.
    Juin arrive, prime COVID ok comme tt le monde mais pas de salaire COVID
    Donc là je commence à m’impatienter, avec les externes d’autres services concernés on va voir la responsable du BPNM qui nous dit qu’effectivement c’est bizarre, qu’on devrait être payés. Elle prend nos noms, nos heures, nos RIB, tout ce qu’il faut.

    Là, je vous avoue que je sais plus ce qui s’est passé exactement à chaque mois mais le résumé est le suivant :

    On retourne demander où est notre salaire. Et là d’un seul coup la responsable du BPNM dit qu’on nous avait jamais dit qu’on allait être payés, qu’on a pas signé de
    Contrats (!!!!!!!!!!!!!!!! on est externes !!!!!?!), qu’il est hors de question qu’on soit payés, que les consignes de « là haut » s’y opposent formellement, que la fac nous a promis ça sans l’accord de l’aphp.

    Nous sommes plus de 50 étudiants concernés seulement sur l’HEGP
    (et je reçois encore des messages toutes les semaines de nouvelles personnes qui se manifestent)
    J’estime environ 50000€ de salaires non versés...

    #covid-19 #externes #médecine #hôpital #soignants #cost-killers #toctoc

  • Harcèlement sexuel, violences morales : le cauchemar des stages des internes en médecine générale, Soazig Le Nevé
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/23/harcelement-sexuel-violences-morales-le-cauchemar-des-stages-des-internes-en

    Deux thèses décrivent la « culture de la violence » qui sévit envers les internes en médecine générale, notamment dans les hôpitaux universitaires.

    Le dénigrement, l’humiliation, le harcèlement et la violence : la souffrance constituerait un passage obligé lors des stages des étudiants en médecine à l’hôpital et, dans une moindre mesure, en cabinet libéral.

    « On a réussi à faire pleurer tous les internes » , s’est ainsi vanté un praticien, selon des propos rapportés par un étudiant que Sara Eudeline et Amélie Jouault ont cité dans leurs thèses sur les violences subies par les étudiantes et étudiants en médecine générale et les facteurs qui en sont à l’origine. Soutenus jeudi 22 octobre à la faculté de médecine de Sorbonne Université, leurs travaux ont reçu une mention très honorable avec félicitations du jury.

    Les deux jeunes médecins, qui ont mené l’enquête auprès de plus de deux mille internes en médecine générale, issus de trente-sept universités, soit près de 20 % de l’effectif, ont souhaité documenter une situation qu’elles avaient elles-mêmes vécue dans des hôpitaux universitaires. Le livre de la médecin Valérie Auslender, Omerta à l’hôpital. Le livre noir des maltraitances faites aux étudiants en santé (Michalon), publié en 2017, les a encouragées à libérer une parole ressentie comme honteuse.

    « La quasi-totalité des étudiants en médecine ont subi des violences, qu’elles soient d’ordre physique, verbal, sexuel, liées à un bizutage ou à un dépassement des horaires de travail , affirme Amélie Jouault. Cela n’a rien d’un problème à la marge. » Les étudiants en médecine seraient même particulièrement vulnérables, plus de la moitié d’entre eux estimant leur état de santé comme moyen ou mauvais, et 31 % ayant déjà eu des idées suicidaires.

    La perversion et la lubricité de certains médecins et personnels soignants ne connaît pas de limite. Comme ce praticien qui, dans la chambre d’un patient, lance à une interne n’ayant pas répondu correctement à sa question : « Tu vois la fenêtre ? Tu l’ouvres et tu sautes. » Ou celui-là, qui s’enquiert auprès de la stagiaire dont il est responsable de comment « [s]a chatte est épilée » , et de « quand on s’organise [une] partouze ? ». Ou encore cet autre qui lâche : « Tu vois cette patiente, elle a eu quatre enfants, mais toi à ton âge je suis sûre que ta chatte est pas comme ça. »

    Parcours quasi sacrificiel

    Sara Eudeline souligne que les internes n’ont pas forcément conscience de ce qu’ils vivent, tant ils ont « intériorisé » la violence : « Ils savent que s’ils en parlent, on leur dira qu’ils sont faibles. » Au cours de leur cursus, 93,6 % des étudiants de l’échantillon ont déclaré avoir subi des violences psychologiques de façon occasionnelle ou répétée, 53 % des violences de nature sexuelle et sexiste, 49,6 % des violences physiques, et près de 20 % un bizutage.

    De ces statistiques jaillit « la culture de la violence intégrée aux études de médecine », analyse Amélie Jouault. Pour faire médecine, il faudrait ainsi accepter un parcours quasi sacrificiel. « Si tu n’en as pas “chié”, tu ne peux pas faire partie de la corporation », résume l’auteure.

    Bloc opératoire, chambre de patient, salle de pause, cabinet du maître de stage en médecine ambulatoire : aucun lieu n’est épargné par le phénomène, mais les débordements sont plus nombreux dans les services où les situations de travail sont dégradées. « Dans un système qui dysfonctionne, l’étudiant est une cible facile, tout en bas de la structure pyramidale qu’est l’hôpital », décrit Amélie Jouault. « Une chirurgienne m’a jeté des ciseaux sur la tête parce que j’ai donné les ciseaux à fil et non [les ciseaux] de dissection lors de l’opération. J’ai eu du sang du patient sur la tête », raconte une interne citée dans la thèse.

    Plus loin, une autre énumère les humiliations répétées qu’elle a subies : « Me faire jeter une compresse de sang dans la figure, me faire menacer de me crever les yeux, me faire taper sur les doigts avec une pince. Le chirurgien m’a littéralement jeté l’utérus dessus une fois celui-ci retiré. »

    Malgré la gravité des faits, le nombre de dépôts de plainte est quasi nul. Car ceux qui harcèlent, agressent ou humilient sont aussi ceux qui évaluent les futurs médecins. « Dans un rapport de stage, l’étudiant ne peut rien dire. Il ne se confie pas. S’ils l’ont fait avec nous, c’est parce que le questionnaire était anonyme », relève Amélie Jouault. De même, alors que les dépassements d’horaires sont légion (68 % des étudiants en ont fait part), seuls 30 % osent les signaler dans leur rapport.

    « Un moment particulier »

    « La culture des médecins doit évoluer de toute urgence, commente Agnès Hartemann, responsable de la cellule « Bien-être et paroles étudiantes » de Sorbonne Université. L’esprit carabin n’est plus du tout d’actualité. » Pour la première fois cette année, à la demande du doyen de la faculté, les chefs de clinique, dont l’une des missions est d’encadrer les étudiants dans leurs stages, seront formés à la pédagogie et bénéficieront d’une séance d’une heure sur la maltraitance et le harcèlement sexuel. Un groupe de travail œuvre également sur la définition d’une procédure précise amenant à des sanctions en cas de violence.

    « Le message de la tolérance zéro est majeur, abonde la docteure Donata Marra, présidente du Centre national d’appui à la qualité de vie des étudiants en santé, qui forme des enseignants et des représentants des internes. Nous vivons un moment particulier où des jeunes nous demandent de diffuser ce qui se passe pour les aider à identifier ce que sont un comportement maltraitant, prédateur ou simplement vraiment maladroit, et comment y faire face. »

    D’après elle, de nombreux enseignants sont désormais prêts à contribuer à faire évoluer les pratiques. « Ils veulent être en mesure de former leurs étudiants à la gestion du stress, à la communication et à la façon de réagir en cas de problème à travers l’empowerment. » Mais la docteure Marra le reconnaît : il reste « beaucoup à faire pour améliorer la bientraitance des étudiants en santé ».

    #travail #santé #médecine #médecins #internes #apprentissage #harcèlement #harcèlement_sexuel #maltraitance

  • How often do leading biomedical journals use statistical experts to evaluate statistical methods? The results of a survey
    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0239598

    We received eligible responses from 107 of 364 (28%) journals surveyed, across 57 fields, mostly from editors in chief. 34% (36/107) rarely or never use specialized statistical review, 34% (36/107) used it for 10–50% of their articles and 23% used it for all articles. These numbers have changed little since 1998 in spite of dramatically increased concern about research validity.

    #statistiques #médecine #publications #vérification

  • Des stérilisations massives de femmes migrantes sont dénoncées aux États-Unis | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/e-lopez/blog/150920/des-sterilisations-massives-de-femmes-migrantes-sont-denoncees-aux-e

    Divers groupes de défense et de soutien juridique des États-Unis ont déposé une plainte ce lundi 14 septembre contre le personnel embauché par le Service de lutte contre l’Immigration (Immigration and Customs Enforcement Service, ICE), non seulement pour avoir ignoré les protocoles visant à freiner la propagation du #COVID- 19 dans ses locaux, mais aussi pour avoir procédé à des #stérilisations massives et injustifiées de #femmes #migrantes #détenues.

    #stérilisations_forcées

  • Whistleblower : There Were Mass Hysterectomies at ICE Facility
    https://lawandcrime.com/high-profile/like-an-experimental-concentration-camp-whistleblower-complaint-alleges

    The full statement : U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) does not comment on matters presented to the Office of the Inspector General, which provides independent oversight and accountability within the U.S. Department of Homeland Security. ICE takes all allegations seriously and defers to the OIG regarding any potential investigation and/or results. That said, in general, anonymous, unproven allegations, made without any fact-checkable specifics, should be treated with the (...)

    #ICE #DHS #violence #femmes #santé

    ##santé

  • Staggering Number of Hysterectomies Happening at ICE Facility, Whistleblower Says
    https://www.vice.com/en_us/article/93578d/staggering-number-of-hysterectomies-happening-at-ice-facility-whistleblower-sa

    A whistleblower complaint filed Monday by several legal advocacy groups accuses a detention center of performing a staggering number of hysterectomies on immigrant women, as well as failing to follow procedures meant to keep both detainees and employees safe from the coronavirus.

    The complaint, filed on behalf of several detained immigrants and a nurse named Dawn Wooten, details several accounts of recent “jarring medical neglect” at the Irwin County Detention Center in Ocilla, Georgia, which is run by the private prison company LaSalle South Corrections and houses people incarcerated by Immigration and Customs Enforcement (ICE). In interviews with Project South, a Georgia nonprofit, multiple women said that hysterectomies were stunningly frequent among immigrants detained at the facility.

    “When I met all these women who had had surgeries, I thought this was like an experimental concentration camp,” said one woman, who said she’d met five women who’d had hysterectomies after being detained between October and December 2019. The woman said that immigrants at Irwin are often sent to see one particular gynecologist outside of the facility. “It was like they’re experimenting with their bodies.”

  • Ce livre sort au Canada en anglais à la fin du mois, et en français l’année prochaine.

    C’est un témoignage rare et détaillé du rôle nefaste et même criminel qu’ont joué la médecine et les médecins, directement ou indirectement, dans l’entreprise raciste de colonisation du Canada, et jusqu’à aujourd’hui.

    Petite vérole, tuberculose, stérilisations forcées, enlèvements, expériences, abus, et même envers les enfants... Avec de nombreux exemples historiques, mais aussi plus récents comme celui de la campagne #TiensMaMain dont l’auteur a été l’un des protagonistes, ce document est aussi tragique, que tristement généralisable à d’autres endroits du monde...

    On en reparlera lors de l’édition en français, car ce livre intéressera probablement du monde en France, non ?

    Fighting for A Hand to Hold - Confronting Medical Colonialism against Indigenous Children in Canada
    By Samir Shaheen-Hussain
    Foreword by Cindy Blackstock
    Afterword by Katsi’tsakwas Ellen Gabriel
    Published by McGill-Queen’s University Press (Indigenous and Northern Studies series, septembre 2020)
    https://fightingforahandtohold.ca

    (Lux Éditeur traduit le livre vers le français. La publication est prévue pour le début de 2021)

    Fighting for A Hand to Hold exposes the Canadian medical establishment’s role in the displacement, colonization, and genocide of Indigenous Peoples — colonial genocide. Through meticulously gathered government documentation, historical scholarship, media reports, public inquiries, and personal testimonies, Samir Shaheen-Hussain connects the draconian medevac practice with often-disregarded crimes committed against and medical violence inflicted upon Indigenous children across the country for more than a century and a half: fomented smallpox epidemics and avoidable tuberculosis deaths; experiments and abuse in residential schools, Indian Hospitals, reserves, and communities; forced sterilization; child abduction and disappearances.

    This devastating history and ongoing medical colonialism prevent Indigenous communities from attaining internationally recognized measures of health and social well-being because of a pervasive culture of systemic anti-Indigenous racism that persists in the Canadian public health care system— and in capitalist settler society at large. This book draws on the innovative work of Indigenous scholars and activists to conclude that a broader decolonization struggle calling for reparations, restitution (including land reclamation), and self-determination for Indigenous Peoples is critical to achieve reconciliation in Canada.

    Thématique déjà abordée ici :
    https://seenthis.net/messages/662802#message662802
    https://seenthis.net/messages/695159#message695159
    https://seenthis.net/messages/703634#message703634

    #Samir_Shaheen-Hussain #Canada #Québec #Médecine #Soins #Autochtones #Peuples_autochtones #Discriminations #Racisme #Colonialisme #Colonisation #Histoire #Crimes #ça_continue...

  • The physician as a neoliberal subject – A qualitative study within a private-public mix setting - ScienceDirect
    https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0277953620303713

    Highlights

    Neoliberalization influences how physicians perceive their role, practice & patients.


    Perceived roles go from serving the common good to an entrepreneur of oneself.


    The Physician-Entrepreneur chooses healthier patients to avert risk.


    Physicians’ professional ethos is in tension with neo-liberal subjectivity.


    Researchers should examine how subjectification relates with institutional context.

    #Médecine #médecins #néolibéralisme

  • Michèle Rubirola : une homéopathe à la mairie de Marseille
    https://safe-med.fr/2020/07/17/michele-rubirola-une-homeopathe-a-la-mairie-de-marseille

    Mais cela ne l’ébranle point. Conscient du potentiel de l’homéopathie, Michèle Rubirola plaide pour « la complémentarité des pratiques dans l’intérêt du patient », chez qui « il y a aussi une volonté d’être plus acteur de sa santé ». Dans une déclaration en hommage à un collègue, en 2019, elle avait indiqué qu’elle valide « cette vision et cette pratique de la médecine. Celle ou l’humain est au centre ». Elle estime que « l’important est de faire avant tout un diagnostic, et ensuite la thérapeutique est réfléchie, partagée avec les patients, les parents. Loin du pouvoir médical qui méprise celui qui souffre ».

    Michèle Rubirola s’insurge par ailleurs contre les médias et les médecins de « plateau télé » qui font passer leurs collègues homéopathes pour des ignorants, alors qu’ils ont fait tous la faculté de médecine. Ainsi, elle regrette que les homéopathes soient « décriés et mis au ban de la communauté médicale par la société scientifique basée sur l’Evidence Based Medecine issue d’études de cohorte, de preuves scientifiques, sans prendre en compte la vie, les besoins et les possibilités du patient, et qui classe les médecines alternatives dont fait partie l’homéopathie, de charlatanisme, de croyance… ».

    Donc à Marseille, pour la mairie, ils avaient le choix entre les bains de siège à l’hydrochloroquine, et les pilules magiques remplies de rien.

  • Trump’s New Favorite COVID Doctor Believes in Alien DNA, Demon Sperm, and Hydroxychloroquine
    https://news.yahoo.com/trump-favorite-covid-doctor-believes-120603903.html
    https://s.yimg.com/uu/api/res/1.2/sKHqRSwe5RzR6ZTkmrvAzg--~B/aD02NTg7dz0xMTcwO3NtPTE7YXBwaWQ9eXRhY2h5b24-/https://media.zenfs.com/en-US/thedailybeast.com/090570c863d2bb8ba892afc86ba36b57

    Before Trump and his supporters embrace Immanuel’s medical expertise, though, they should consider other medical claims Immanuel has made—including those about alien DNA and the physical effects of having sex with witches and demons in your dreams.

    Immanuel, a pediatrician and a religious minister, has a history of making bizarre claims about medical topics and other issues. She has often claimed that gynecological problems like cysts and endometriosis are in fact caused by people having sex in their dreams with demons and witches.

    She alleges alien DNA is currently used in medical treatments, and that scientists are cooking up a vaccine to prevent people from being religious. And, despite appearing in Washington, D.C. to lobby Congress on Monday, she has said that the government is run in part not by humans but by “reptilians” and other aliens.

  • Le bilan journalier dérisoire de la pandémie en France, qui ne justifie en rien la VIOLENCE de ce gouvernement #EnMarche
    23 Juillet 2020 : Coronavirus : 7 nouveaux décès, près de 1000 nouveaux cas confirmés en 24 heures en France
    https://www.lefigaro.fr/sciences/coronavirus-7-nouveaux-deces-pres-de-1000-nouveaux-cas-confirmes-en-24-heur
    . . . . . . .
    Au cours des dernières 24h, 7 personnes hospitalisées ont perdu la vie des suites d’une infection au coronavirus.

    Selon les chiffres de la Direction générale de la santé (DGS) publiés ce mercredi 22 juillet, 6366 patients sont toujours pris en charge par les services hospitaliers, 455 d’entre eux sont en réanimation.

    « Le virus circule sur l’ensemble du territoire national », indique la DGS, en soulignant le nombre croissant de clusters. Sur les 561 détectés depuis le 9 mai, 212 sont encore en activité et 14 ont été découverts dans la journée.
    . . . . . . .
    #macro_lepenisme #maintien_de_l'ordre macronien #violence #épidémie #pandémie pas #en_vedette #imposture #confinement
    C’est pas à la une des #médias de #france #propagande #journulliste #journullistes #medias #politique #médiacrates #mass_merdias

    • Amputations, défigurations, fracas maxillo-facial ou dentaire, dilacération oculaire ou énucléation, fracas crânien, hémorragies cérébrales…

      Couvrez ces plaies que je ne saurais voir…
      Le 24 janvier 2019, le professeur Laurent Thines, neurochirurgien au CHU de Besançon, après avoir constaté les dégâts occasionnés par les #LBD, informe les pouvoirs publics et lance une pétition.
      https://www.legrandsoir.info/couvrez-ces-plaies-que-je-ne-saurais-voir.html
      Il écrit : « J’ai été particulièrement choqué par les photos prises et les lésions observées chez les personnes blessées lors des mouvements de manifestation. Beaucoup, très jeunes (potentiellement nos enfants), ont été mutilés alors qu’ils ne représentaient aucune menace spécifique ». Et d’ajouter : « amputation de membre, défiguration à vie, fracas maxillo-facial ou dentaire, dilacération oculaire ou énucléation, fracas crânien, hémorragies cérébrales engageant le pronostic vital et entrainant des séquelles neurologiques, autant de mutilations qui produisent de nouveaux cortèges de « Gueules cassées »…Tant de vies ont été ainsi sacrifiées (…)…Pour toutes ces raisons nous, soignants (médecins, chirurgiens, urgentistes, réanimateurs, infirmiers, aides-soignants…) apolitiques et attachés à l’idéal de notre pays, la France, au travers de la déclaration des Droits de l’Homme, de la Femme et du Citoyen, demandons qu’un moratoire soit appliqué sur l’usage des armes sublétales de maintien de l’ordre en vue de bannir leur utilisation lors des manifestations »(1) .

      Première parenthèse : on dit « létal » pour éviter « mortel », « bâton souple de défense » pour ne pas dire « matraque », « lanceur de balles de défense » pour cacher que le lanceur est une arme d’attaque, « forces de l’ordre » pour indiquer que la violence n’est pas imputable aux policiers, « blessures oculaires » pour que le vilain mot « éborgnement » ne soit pas prononcé.

      Seconde parenthèse : la revendication de l’ « apolitisme » des signataires nous ferait tousser comme un contaminé au Covid-19 si l’on ne comprenait pas qu’il signifie « de diverses opinions politiques ».

      Avec Cathy JURADO, Laurent THINES publie à présent un recueil de textes dont ils disent : « né au cœur des ronds-points et des manifestations de Gilets Jaunes, il témoigne de ce combat historique, par le biais d’une évocation poétique sans concession de la répression contre ce mouvement mais aussi de la ferveur et du courage des militants. Les droits d’auteur seront reversés intégralement au Collectif des Mutilés pour l’Exemple ».

      C’est publié par « Le temps des Cerises » , excellent éditeur qui a publié.

      Maxime VIVAS Pour participer à ce geste de solidarité, contactez : poemesjaunes@gmail.com
      Pour en savoir plus, lisez l’article ci-contre https://www.legrandsoir.info/feu-poemes-jaunes.html

      Note (1) La réponse au cours de l’année a été la violence policière répétée contre le personnel soignant, matraqué et gazé. En mars 2020, des policiers se sont rendus, à la nuit tombée, avec des véhicules de service aux gyrophares allumés, devant des hôpitaux pour y applaudir (à distance) le personnel soignant qui est aux premières lignes dans la lutte contre le Coronavirus. Dérisoire initiative d’un corps de métier qui bénéficie, pour « maintenir l’ordre » de masques de protection qui font défaut dans les hôpitaux et qui usa de la matraque si les soignants manifestaient pour en réclamer. Puis, les manifestations ont repris et les brutalités contre le personnel soignant aussi.

      #violence #violences_policières #police #répression #violences #violence_policière #emmanuel_macron #giletsjaunes #resistances #social #mutilations #mutilés #maintien_de_l'ordre #gilets_jaunes #justice #répression #violence #armes_non_létales #flashball #blessures #langage

    • Le Ségur de la honte ! Jean-Michel Toulouse, ancien directeur d’hôpital public - 22 juillet 2020
      https://pardem.org/actualite/1057-le-segur-de-la-honte

      Certes il était illusoire d’espérer que des décisions à la mesure des besoins de l’hôpital, du personnel et des patients seraient prises au Ségur de la Santé. Sauf à croire au miracle ! 


      Mais la réalité dépasse la fiction : trois syndicats se sont déshonorés en signant les « accords » séguro-macroniens. Non seulement les revendications répétées des personnels hospitaliers depuis de très longs mois ont été piétinées mais il ne subsiste aucun espoir que les problèmes de fond qui minent la santé publique soient réglés.


      Mais l’honneur et la lutte n’ont pas disparu. Ils étaient incarnés le 14 juillet entre République et Bastille à Paris et dans de nombreuses villes par les soignants qui manifestaient et par les 15 organisations médicales et non médicales, qui ont refusé d’être complices du Ségur de la honte.

      Ils ont signé : la #CFDT, #FO et l’ #UNSA - les syndicats les moins représentatifs dans de nombreux hôpitaux et chez les médecins. Après 6 semaines de négociation bâclées, voici ce qu’ont accepté ces organisations : 


      – Un « socle » de 7,6 milliards d’euros pour les personnels para-médicaux (infirmières, aides-soignantes, kinésithérapeutes, etc.) et non médicaux (administratifs, agents des services hos-pitaliers, techniciens divers, etc.) est attribué à 1,5 million d’hospitaliers : une augmentation de salaire versée en deux temps, soit 90 euros au 1er septembre prochain et 93 euros au 1er mars 2021. Au total 183 euros nets mensuels sont octroyés aux agents des hôpitaux et des #EHPAD. Ce qui ne rattrape même pas le blocage du point indiciaire depuis 10 ans ! En effet pour ce rattrapage il aurait fallu 280 euros nets mensuels. Il s’agit donc d’une obole qui montre le mépris du pouvoir pour les salariés, qualifiés de « héros » par Macron ! Il est vrai que la notion de héros est commode : elle dépolitise le problème et, en outre, un héros n’a pas de besoin ! 


      – Une « révision des grilles salariales » - sans autre précision - en avril 2021, et cela ne représentera que 35 euros nets mensuels en moyenne ! Voilà la reconnaissance macronnienne pour celles et ceux qui ont tenu le pays à bout de bras pendant 3 mois et ont limité les dégâts de l’incompétence de ce pouvoir.


      – La « revalorisation » des heures supplémentaires, des primes pour travail de nuit, mais « plus tard » et sans autre précision, ce qui signifie que ce sera indolore pour ce pouvoir !


      – La création de 15 000 postes - sans précision non plus - alors qu’il en faudrait 100 000. De plus, ces postes seront à discuter avec les directions d’établissement, ce qui n’est pas acquis !


      – S’agissant des médecins, le Ségur leur octroie 450 millions d’euros (au lieu de 1 milliard), et 16 « autres mesures » à venir… La principale étant la « revalorisation » de la prime de service exclusif qui passera de 490 euros à 700 euros nets mensuels pour les PHPT (Praticiens hospitaliers plein temps), puis à 1 010 euros en 2021, à condition que ces #PHPT aient 15 ans d’ancienneté...


      – Toujours pour les médecins, révision des grilles salariales mais au rabais (100 millions d’euros), et en 2021, avec la fusion des trois premiers échelons déjà prévue par le plan Buzyn, et en créant 3 échelons supplémentaires en fin de carrière, c’est-à-dire aux calendes grecques !


      – Enfin pour les jeunes médecins et les internes, 124 millions d’euros pour les indemnités aux jeunes praticiens, qui seront portées au niveau du SMIC horaire ! Mais sans revalorisation de leurs grilles indiciaires ! Et cela alors que 30 % des postes sont vacants. Pas de mesure sur les gardes et la permanence des soins. Ce n’est pas avec cela que l’hôpital public sera plus attractif ! On risque même assister à une fuite générale des compétences vers le privé.

      Volet 2 (organisation et investissement) : du pareil au même !
      Monsieur Véran, ministre de la Santé, déclare que ce plan n’est pas fait « pour solde de tout compte ». En effet ! Nous apprenons que ce ne sera pas 15 000 postes qui seront créés mais seulement 7 500 car les 7 500 autres sont déjà inscrits dans le collectif budgétaire prévu dans le plan Buzyn « Ma santé 2022 » ! 


      Ce plan Ségur, animé par Nicole Notat, annoncé par Macron et Castex, proclame que 20 milliards de plus sont alloués aux hôpitaux. Mais en réalité il y en a déjà 13 qui sont sensés contribuer à éponger les dettes des hôpitaux (sur une dette de 30 milliards), ce qui réduit à 6/7 milliards l’ensemble des autres mesures ! 
Notat, qui a remis son rapport sur le volet 2 le 21 juillet, poursuit donc son travail d’enfumage macronien. Ce volet n°2 se limite, en effet, à injecter, sur 4 à 5 ans, 6 à 7 milliards d’euros pour financer les bâtiments, les équipements et le numérique. 6 milliards en 4-5 ans pour l’ensemble de ces mesures alors que l’hôpital est rongé par l’austérité et la réduction de moyens depuis 30 ans ! Sans compter qu’il faudra partager avec le secteur privé « assurant des missions de service public » !

      Considérant l’état des hôpitaux publics, on voit le fossé abyssal qui sépare les besoins réels et cette aumône méprisante ! En guise « d’investissement massif » - comme le promettait Macron - ce ne seront que 2,5 milliards pour les établissements de santé (projets territoriaux de santé, Ville-Hôpital, pour « casser les silos » !), 2,1 milliards pour le médico-social et les EHPAD (rénovation d’un quart des places, équipement en rails de transfert, capteurs de détection de chute, équipements numériques) et 1,5 milliard pour l’investissement dans le numérique et « les nouvelles technologies » . Il est donc évident que ce plan est loin de permettre de « changer de braquet ». Alors que ce sont des milliers de lits qui ont été supprimés depuis 30 ans (quelque 12 000 ces 5 dernières années), le plan Véran-Notat prévoit 4 000 créations mais seulement « à la demande » et « en fonction des besoins » (évalués par qui ?), et pour des motifs de « grippe saisonnière ou d’autres pics d’activité exceptionnels ». En réalité pas un lit ne sera créé pour compenser la destruction systématique de nos hôpitaux. Le COPERMO (Comité interministériel pour la performance et la modernisation de l’offre de soins hospitaliers), véritable instrument de verrouillage de l’investissement dans les hôpitaux publics, sera supprimé et remplacé par un « Conseil national de l’investissement » qui « accompagnera les projets, établira les priorités, répartira les enveloppes uniquement pour ceux qui seront financés sur fonds publics (on ne voit pas comment l’hôpital public serait financé autrement…), ou qui seront supérieurs à 100 millions d’euros » ! Autant dire que seul change le nom du COPERMO mais qu’est conservé l’instrument de verrouillage des investissements hospitaliers ; même si l’intention de le faire cautionner par quelques élus est annoncée comme une mesure formidable !
Ce volet 2 traite de « déconcentration de la gestion des investissements » et envisage de donner plus de pouvoirs aux Délégations départementales des ARS et « aux territoires ». Mais l’on sait que ces Délégations doivent respecter les « plans régionaux de santé » décidés par les ARS... Cette association des élus est donc un leurre !

      Véran annonce que les tarifs de la T2A « vont continuer d’augmenter » les années prochaines, alors que cela fait 10 ans qu’ils baissent… Par ailleurs le ministre propose « de mettre en place une enveloppe qui permettra aux hôpitaux de sortir plus rapidement de ce système » et « d’accélérer la réduction de la part de la T2A... » . Face au caractère fumeux de ces propos il est raisonnable d’être circonspect !

      Parmi « les 33 mesures » annoncées, citons aussi la volonté d’ « encourager les téléconsultations » , de décloisonner l’hôpital, la médecine de ville et le médico-social mais sans mesure concrète, « libérer les établissements des contraintes chronophages » et autres baragouinage sans mesure concrète.


      Le gouvernement veut « une gouvernance plus locale » et une revitalisation des services. Les candidats chefs de service devront présenter un projet : mais c’est déjà le cas ! On ne voit pas très bien le changement… Les pôles sont maintenus, même si les hôpitaux seront libres d’en décider.


      S’agissant des Instituts de formation en soins infirmiers (#IFSI), le gouvernement propose de doubler les formations d’aides-soignantes d’ici 2025 et d’augmenter de 10% celles des #IDE (Infirmières diplômées d’Etat). Ces mesures s’imposaient car l’on sait que la « durée de vie professionnelle » d’une IDE est de 6 ans... Mais au lieu d’augmenter massivement les postes d’IDE et de renforcer les IFSI, le gouvernement « lance une réflexion sur une nouvelle profession intermédiaire entre les IDE et les médecins » … ce qui lui permettra de gagner du temps et ne résoudra pas les manques d’effectifs dans les services !


      S’estimant satisfait d’avoir « remis de l’humain, des moyens et du sens dans notre système de santé » le Ministre conclut en annonçant un autre « Ségur de la santé publique » pour la rentrée et un « comité de suivi » des volets 1 et 2 du Plan Ségur.

      Qui peut se faire encore des illusions après cet enfumage cynique ?
      L’aumône concédée aux soignants, loin de leurs revendications qui préexistaient au Covid-19, ne suffit même pas à corriger le blocage du point d’indice depuis 10 ans alors que des centaines de milliards d’euros sont offerts aux multinationales et au #MEDEF.


      Rien n’est dit sur les ordonnances Juppé de 1995, sur la loi #HPST (hôpital, patients, santé, territoire) de la ministre de la Santé de Sarkozy, Roselyne Bachelot, qui vient de faire un grand retour en qualité de ministre de la culture ! Rien sur les lois Touraine et Buzyn qui ont continué à fermer des lits et détruire des postes !

      Rien sur le matériel, les respirateurs, les médicaments, les postes à créer, les hôpitaux à moderniser ! Rien sur les lits de réanimation dont on a vu la pénurie pendant ces 6 derniers mois ! Rien sur les 30 000 morts dont le pouvoir est responsable, faute de production locale de masques, de gel hydro-alcoolique, de gants, de tenues de protection, de médicaments, alors qu’une autre vague de la Covid-19 menace ! Où est le plan de relocalisation des industries de santé ?

      La signature de cet « accord » par la CFDT, FO et l’UNSA est une infamie ! Et cela alors que ces syndicats savent que Macron-Castex vont remettre sur la table la contre-réforme des retraites ! 


      Ils prétendaient après le volet 1 que les « autres volets » Ségur arrivaient : investissement et financement des hôpitaux, réforme de la #T2A, organisation territoriale, et « gouvernance » de l’hôpital. Pipeau !


      Qui peut se faire encore des illusions après cet enfumage cynique ? 


      Qui peut encore gober les déclarations officielles faisant des soignants des héros alors qu’ils ont été maltraités, le sont et le seront encore après ce Ségur de la honte ?


      Comment l’hôpital public va-t-il s’en sortir alors que la France est en voie de paupérisation et qu’il y aura un million de chômeurs de plus à la fin de l’année ?

      Ce qu’il faut retenir, c’est que 15 organisations n’ont pas signé cet « accord » déshonorant ! Parmi lesquelles la CGT, Sud, l’AMUF, la Confédération des praticiens des Hôpitaux, le Syndicat Jeunes Médecins, l’Union syndicale Action Praticiens des Hôpitaux, le Syndicat des professionnels IDE, etc. Leur manifestation du 14 juillet contre ce « plan » Macron-Castex-Véran-Notat est le début de la réplique contre l’indécent « hommage » de ce pouvoir aux soignants ! Il faut espérer que le mouvement social n’en restera pas là ! Que les citoyens s’en mêleront !

      Un seul objectif s’impose à nous : virer ce pouvoir inféodé aux multinationales, à la finance et à l’Union européenne !

      #Santé #santé_publique #soin #soins #enfumage #baragouinage #ségur #capitalisme #économie #budget #politique #olivier_véran #nicole_notat #agnès_buzyn #jean castex #alain_juppé #roselyne_bachelot #marisol_touraine #paupérisation #médecine #hôpital #inégalités #médecins #médecine #services_publics #conditions_de_travail #infirmières #infirmiers #soignants #soignantes #docteurs #budget #argent #fric #ue #union_européenne

  • Une étude randomisée en double aveugle sur l’effet du #parachute pour prévenir les morts en cas de chute hors de l’avion. Les volontaires ont été répartis en deux groupes, un avec et un sans parachute.

    Toute ressemblance avec certains débats récents au sujet de l’utilisation du pastis pour soigner la COVID-19 serait évidemment pure coïncidence.

    https://www.bmj.com/content/363/bmj.k5094

    (Le British Medical Journal publie un article de ce genre tous les ans.)

    #statistiques #médecine #double_aveugle #randomisation