• Le délitement sans fin de la médecine scolaire
    https://www.liberation.fr/france/2019/01/02/le-delitement-sans-fin-de-la-medecine-scolaire_1700758

    Un élève qui peine en classe simplement parce qu’il a besoin de lunettes. Un autre qui n’arrive pas à entrer dans les apprentissages parce qu’en fait, il entend mal. En principe, tous les enfants de 6 ans, à leur arrivée au CP, doivent être auscultés par un médecin scolaire pour un bilan de #santé. C’est obligatoire. « Sauf que seuls 24,88 % des enfants ont effectivement fait ce bilan, avec des écarts entre départements allant de 0,8 % à 100 %», déplore Marianne Barré, la secrétaire générale du SNMSU-Unsa, le syndicat majoritaire représentant les médecins scolaires.

    Elle a devant les yeux les résultats de la dernière enquête menée par son syndicat et soupire : « En réalité, je me demande si ces études ont un quelconque intérêt. On empile les rapports établissant l’état catastrophique de la #médecine_scolaire. Mais rien ne change. Pire, la situation se dégrade encore. » Le nombre de médecins scolaires vient de tomber sous la barre des 1 000 : ils sont 976 professionnels en activité pour… 12,5 millions d’élèves. « Certains départements n’ont aujourd’hui plus du tout de médecin scolaire, comme l’Indre par exemple », déplore Patricia Colson, du Snamspen Sgen-CFDT (deuxième syndicat représentatif). Un tiers des postes de médecins scolaires ne sont pas pourvus, et même un sur deux en Seine-Saint-Denis, par exemple.

    En octobre 2017, l’Académie de médecine avait rendu un rapport « sur la situation alarmante de la médecine scolaire en France », faisant état par endroits d’un seul médecin censé prendre en charge 46 000 élèves… Les conséquences de cette pénurie, très concrètes, touchent en premier lieu les enfants de familles défavorisées. Ceux-là mêmes dont les parents connaissent déjà de telles difficultés pour payer la nourriture et un logement qu’ils n’ont ni le temps ni les moyens de faire les démarches pour aller voir un médecin de ville. En France, 14 % de la population (soit 8,8 millions de personnes) vit sous le seuil de pauvreté, dont des enfants. 1,2 million d’entre eux sont dans une très grande précarité, selon un rapport qui fait autorité datant de 2015 (1). L’école est censée être un refuge pour ces enfants. « Evidemment, les écoles en #éducation prioritaire et dans les territoires ruraux sont nos priorités, mais nous ne parvenons même plus à couvrir nos priorités », constate Marianne Barré avec amertume.

    Le plan pauvreté, annoncé début septembre par Emmanuel Macron, l’a déçue. « Il n’y a pas grand-chose nous concernant, si ce n’est cette idée de faire appel à la médecine générale pour le bilan de santé à 6 ans. Ce n’est absolument pas une solution. Ce bilan de santé est surtout important pour les enfants de milieux défavorisés, et tout l’intérêt justement était que l’examen se fasse à l’école, sans que les parents n’aient à faire de démarche ni avancer les frais. » Patricia Colson : « Les médecins généralistes sont débordés, ils n’arrivent déjà pas à assurer toutes leurs missions, alors comment pourraient-ils prendre en charge aussi la médecine scolaire ? » Elle pointe aussi le manque de formation spécifique pour détecter les pathologies induites par l’école, type stress, peur de l’échec, harcèlement… « Nos métiers sont complémentaires. Ils doivent le rester. Il faut rendre notre métier attractif. En revalorisant les salaires, mais pas seulement. Cela passe aussi par redonner du sens, que l’on puisse accomplir nos missions de prévention. Aujourd’hui, l’état de pénurie est tel, que c’est impossible. »


  • Médecine scolaire : Un rapport enterré pour enterrer les mesures ? (LeCaféPédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/LEXPRESSO/Pages/2016/06/14062016Article636014830077566126.aspx

    Avec un médecin scolaire pour 12 000 élèves, le système éducatif français semble avoir enterré toute ambition. Pour les médecins du SNMSU, la coup est pleine. Ils exigent la publication d’un rapport enterré depuis 2015. Et l’application de ses préconisations.

    #éducation #médecine_scolaire #santé


  • Médecine scolaire : crise d’anémie (Libération)
    http://www.liberation.fr/societe/2014/11/09/medecine-scolaire-crise-d-anemie_1139940

    […] la désaffection s’explique essentiellement par des conditions de travail qui se détériorent et le manque de reconnaissance du métier. Les salaires sont les plus bas parmi les médecins de la fonction publique - autour de 2 000 euros bruts mensuels en début de carrière, 3 600 euros en fin, 4 450 euros pour ceux, minoritaires, qui ont été promus première classe. Or, leurs secteurs d’affectation ne cessent de s’étendre.

    Des besoins et des missions toujours plus nombreuses

    Déjà, avec des effectifs qui s’étiolent, les médecins scolaires - des femmes à plus de 90% - ne sont plus en mesure d’assumer leurs missions de base. Selon les textes officiels, ils doivent examiner tous les enfants qui entrent au CP, ce qui permet souvent de détecter des problèmes de vue ou d’audition, voire des handicaps plus graves, qui, pris tôt, peuvent être d’autant mieux traités.

    #éducation #médecine_scolaire


  • Profs et parents inquiets des difficultés de la médecine scolaire (LeFigaro.fr)
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/05/02/01016-20140502ARTFIG00278-profs-et-parents-inquiets-des-difficultes-de-la-m

    La situation de la médecine scolaire devrait encore s’aggraver puisque 70 % de ses effectifs seront partis à la retraite d’ici à dix ans.

    Les déserts médicaux ne sont pas seulement régionaux. Ils progressent au sein même de l’Éducation nationale. Une pénurie sans précédent de médecins scolaires inquiète parents, établissements et enseignants et fait craindre la mort prochaine de cette médecine fondée en 1945.

    Ils sont aujourd’hui environ 1 300 praticiens, titulaires ou vacataires, contre plus de 2 000 en 2001, pour consulter les 12 millions d’élèves répartis dans les écoles, collèges et lycées français. Soit un médecin pour 10.000 écoliers, parfois même un pour 15.000, selon les inégalités de territoire.

    #éducation #médecine_scolaire #inégalités #territoires #déserts_médicaux