• Riri, Fifi et Loulou font de la science
    https://ricochets.cc/Covid19-Coronavirus-Macron-Didier-Raoult-Riri-Fifi-et-Loulou-font-de-la-sc

    Bulletin d’information scientifique de l’IHU - Nous avons le droit d’être intelligents ! Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection #Les_Articles

    / #Epidémies,_gestion_de_crise,_en_temps_de_catastrophe, #coronavirus, #Médias_et_expressions, Vidéos, films...

    #Vidéos,_films...
    https://www.youtube.com/user/ifr48
    https://ricochets.cc/IMG/distant/html/watchv9LA6Jmc0c4-53d7519.html

  • Histoires des médias, Jacques Attali | Fayard
    https://www.fayard.fr/documents-temoignages/histoires-des-medias-9782213717265

    Une #histoire de l’information et de ceux qui la font des origines à nos jours, et jusqu’aux enjeux de demain.
    « Depuis toujours, l’homme a besoin de savoir ce qui le menace, ce qui nuit aux autres ou les sert. Et pendant longtemps, seule une poignée de puissants, souverains, religieux, marchands, ont eu le monopole de l’information, de sa fabrication à sa circulation. Une information libre, diffusée par des médias accessibles à tous et établie par des professionnels cherchant la vérité est le fruit d’une histoire récente, inattendue, fascinante. Et elle est à présent terriblement menacée.
    Comment distinguer le vrai du faux, l’information de la distraction ? Quel rapport entre informer, convaincre, enseigner, distraire ? Comment la #démocratie résistera-t-elle aux formes de censure et de surveillance ? En quoi le déluge actuel et à venir d’informations, vraies ou fausses, influera-t-il sur notre façon de gérer les grands problèmes d’aujourd’hui et de demain ? Les réseaux sociaux, outils de surveillance généralisée, qui font de chacun le journaliste de lui-même, seront-ils balayés par une vague technologique plus puissante ? Les journalistes seront-ils remplacés par des automates ou resteront-ils des acteurs irremplaçables de la démocratie ?
    Tels sont les sujets de ce livre. Encore une fois, comme pour tous les autres domaines dont j’ai tenté jusqu’ici de prévoir le devenir, celui des médias, vertigineux, ne peut être imaginé et maîtrisé qu’en remontant très loin dans son histoire, ou plutôt ses histoires. Ses passionnantes histoires. »

    #livre #media #journalisme #JacquesAttali #fakenews

  • Et si les ROBOTS prenaient le CONTRÔLE ?
    https://ricochets.cc/Covid-Macron-Et-si-les-ROBOTS-prenaient-le-CONTROLE.html

    Sans aucun doute, le 21e siècle sera l’avènement de la robotique ou ne le sera pas. Comme vous l’avez surement remarqué, les objets connectés et robotisés ont envahis nos sociétés, mais les problématiques philosophiques, juridiques et sociétales générées par cette poussée technologique sont abyssales. Et Pourtant, depuis longtemps, la science fiction nous a alerté sur notre incapacité de rivaliser, à l’avenir, avec cette nouvelle forme d’intelligence. A travers son œuvre, le célèbre écrivain prophétique Isaac Asimov, ira même jusqu’à établir des lois, nécessaires selon lui, afin de protéger l’intégrité de l’être humain face à ces nouvelles créatures froide et synthétiques obéissant aux algorithmes. Cette vidéo sera divisé en 2 partie : 1/Dans un premier temps nous aborderont l’histoire de la robotique. Des (...)

    #Les_Articles #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle #Technologie #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature... #Fichage_et_surveillance #Médias_et_expressions #Vidéos,_films...
    https://www.youtube.com/c/VéritéAlternative
    https://ricochets.cc/IMG/distant/html/watchvIanLMz55a3-6e18ca4.html

  • « Suspendre le compte Twitter de Donald Trump devrait relever d’une instance indépendante »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/15/suspendre-le-compte-twitter-de-donald-trump-devrait-relever-d-une-instance-i

    La professeure de droit Florence G’sell analyse les régimes juridiques américain et européen encadrant le statut des réseaux sociaux.

    Propos recueillis par Claire Legros

    Après la suspension permanente du compte Twitter de Donald Trump, de nombreux responsables politiques ont exprimé leur malaise face au pouvoir des plates-formes dans le débat démocratique. Cette décision marque-t-elle un tournant ?

    L’idée de laisser une décision aussi radicale entre les mains d’une entreprise privée suscite en effet un vrai malaise, même si les réactions sont plus fortes en Europe qu’aux Etats-Unis. Il existe outre-Atlantique une forme d’ambivalence sur le sujet : d’un côté, on interpelle les plates-formes sur leur responsabilité et on leur demande de lutter contre les fausses informations et le complotisme ; et, de l’autre, on leur reproche de vouloir prendre le pouvoir et de détenir les clés du débat démocratique.
    Lire aussi Vif débat après la fermeture du compte Twitter personnel de Donald Trump

    Ne soyons pas naïfs, si Twitter en est arrivé à cette solution extrême, c’est certes parce que les événements sont gravissimes, surtout pour des Américains attachés à leurs monuments et à leurs symboles, mais aussi parce que Trump est déconsidéré et qu’il est l’objet d’opprobre. Il est plus facile de supprimer son compte aujourd’hui, alors que les démocrates arrivent au pouvoir. Il y a deux ans, la future vice-présidente, Kamala Harris, s’était heurtée à une fin de non-recevoir.

    Juridiquement, Twitter est dans son droit et applique ses conditions générales d’utilisation (CGU), qui précisent qu’en cas d’apologie de la violence il se réserve le droit d’intervenir et de sanctionner, en allant éventuellement jusqu’à la suspension du compte. Néanmoins, dans les faits, on peut reprocher à l’entreprise d’avoir fait preuve d’une certaine inconstance dans la façon dont elle a appliqué ses CGU depuis plusieurs années. Avant de prendre cette mesure radicale, elle a laissé passer de nombreux Tweet choquants, par exemple lorsque Trump appelait au soulèvement contre les gouverneurs des Etats qui avaient adopté des mesures de confinement. Elle n’a commencé à changer de stratégie que très récemment, au moment de l’immense émotion suscitée par la mort de George Floyd, le 25 mai 2020.

    Une chose est sûre : cette situation paradoxale appelle à mon sens une nécessaire clarification sur le statut juridique des réseaux sociaux et sur le régime à leur appliquer lorsqu’ils hébergent les comptes d’élus et de personnalités publiques. La Cour suprême pourrait avoir très prochainement à statuer sur cette question. Si elle admettait que ces comptes relèvent de l’espace public, et sont à ce titre protégés par le premier amendement, alors Twitter n’aurait pas le droit de suspendre de son propre chef le compte du président des Etats-Unis.

    L’Union européenne veut renforcer et mieux encadrer la régulation des contenus sur les plates-formes. Ces dispositions vous semblent-elles suffisantes pour préserver le débat démocratique ?

    La nouvelle proposition de règlement – le Digital Services Act – présentée le 15 décembre 2020, et qui doit encore être adoptée par le Parlement européen et le Conseil, me semble aller dans le bon sens. Sur la lutte contre les fausses informations, le complotisme et l’appel à la violence, le texte va permettre de passer d’un code de bonne conduite auquel les plates-formes peuvent adhérer sur une base volontaire à un dispositif plus contraignant : elles devront coopérer avec les autorités nationales sur le suivi des contenus illicites, et communiquer aux autorités les informations sur les utilisateurs qui posent problème.

    Ce nouveau cadre veut aussi imposer des mécanismes de signalement des contenus illicites, et prévoit que des « trusted flaggers » (« signaleurs de confiance »), des bénévoles de confiance, soient chargés d’alerter sur les contenus problématiques. Les plates-formes seront obligées de traiter en priorité les contenus qui leur seront signalés par ces acteurs. L’objectif est que les contenus les plus graves soient retirés le plus vite possible et que, dans certains cas, les autorités soient alertées.

    Un autre aspect très important de ce nouveau cadre est d’offrir des garanties aux utilisateurs en imposant une procédure de recours : les plates-formes devront communiquer les raisons de leur décision et proposer à leurs utilisateurs, en cas de contestation, de saisir un organisme de règlement des litiges, un tiers neutre chargé de la décision finale. Dans chaque Etat membre, un coordinateur national des services numériques désignera les « signaleurs de confiance » et les organismes de règlement des litiges.

    Le renforcement du dispositif de signalement de même que la possibilité de recours, encadrés par des acteurs indépendants, me semblent apporter des garanties importantes. Ce texte est d’ailleurs suivi de près aux Etats-Unis par tous ceux qui travaillent à la réforme de la fameuse section 230. Il n’est pas impossible que le nouveau règlement leur serve de source d’inspiration, comme le règlement général sur la protection des données (RGPD) l’a été pour la protection des données en Californie.

    #Médias_sociaux #Régulation

  • Musk, Bezos, Zuckerberg :
    https://ricochets.cc/Musk-Bezos-Zuckerberg.html

    Elon Musk est désormais l’homme le plus riche du monde devant Jeff Bezos. Leurs fortunes cumulées ont augmenté de 217 milliards de dollars pendant la crise sanitaire. Avec Mark Zuckerberg, ils sont les principaux visages d’une nouvelle révolution industrielle sur fond de big data, d’intelligence artificielle et de robotique. Pour ces seigneurs 3.0, il ne s’agit pas seulement de conquérir le monde. Ils s’intéressent aussi à la colonisation spatiale et aux implants cérébraux. A notre intimité, notre temps, nos horizons philosophiques… Ils ont une certaine idée de ce que le monde doit être et sont bien décidés à nous y embarquer. Et si nous n’avions pas envie ? Et si nous rêvions d’autre chose ? Et si leurs rêves à eux étaient en fait nos pires cauchemars ? “Science sans conscience n’est que ruine de (...)

    #Les_Articles #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle #Technologie #Médias_et_expressions #Vidéos,_films...
    https://www.youtube.com/c/LeBiaisVert
    https://ricochets.cc/IMG/distant/html/watchvGW4kTs3026-21cdc68.html

  • New CARE report: The 10 most under-reported humanitarian crises of 2020 | Care International
    https://www.care-international.org/news/press-releases/new-care-report-the-10-most-under-reported-humanitarian-crises-o

    GENEVA (January 12, 2021) — Today the international aid organization CARE launched its annual report highlighting the ten most under-reported humanitarian crises of 2020. The analysis is based on online media coverage in five languages throughout the year. CARE sees a concerning trend of crises being neglected year after year. 

    Six out of the ten crises are located on the African continent. The Central African Republic has appeared in the ranking for five consecutive years. Both Madagascar and Burundi – the latter this year’s number 1 with the least media coverage – have made CARE’s list four times so far. This lack of attention adds to burdens such as the severe effects of COVID-19 restrictions and the growing impact of climate change in these countries. 

    “Covid-19 has shown us that humanitarian crises can occur anywhere”, says Delphine Pinault, CARE International’s Humanitarian Advocacy Coordinator and UN representative, “but for so many people, especially women and girls, Covid-19 is just another threat on top of what they must face already. We must not be silent while the world ignores crises that started long before Covid-19 and yet still have not been addressed.”

    #Crises_humanitaires #Médias

  • Covid-19 : le prolétariat dévoilé
    http://www.regards.fr/politique/article/covid-19-le-proletariat-devoile

    En valorisant subitement les travailleurs les plus précarisés, en les exposant plus que les autres au risque sanitaire, la pandémie a provoqué l’implacable retour du réel social et dévoilé la structure de classe de notre société.

    Comme pour toutes les perturbations durables du fonctionnement de l’activité économique et sociale (catastrophes naturelles, crises, guerres, etc.), la pandémie s’est traduite par la visibilisation de l’invisibilisé. Ce que l’idéologie dominante parvient habituellement à masquer s’impose par le simple spectacle du réel. Ce que les médias dominants parviennent classiquement à voiler surgit au premier plan. Le mécanisme de crédibilisation par des « débats écrans » (sur le « communautarisme », le « danger islamisme », les « assistés sociaux parasites », etc.) perd son efficace. Bref, la pandémie fait fonction de révélateur du réel social.


    L’ampleur de la polarisation sociale
    Un premier dévoilement, déjà enclenché avec le mouvement des « Gilets jaunes », a été celui de l’ampleur de la polarisation sociale, que deux images résument : celle des départs vers les résidences secondaires à l’annonce du confinement et celle des travailleurs restés au « front » (caissières, personnels hospitaliers, éboueurs, etc.). Le retour de la faim dans les quartiers populaires a été une autre illustration de cette polarisation qui s’est installée dans la société française du fait des politiques néolibérales de ces quatre dernières décennies.

    Loin du roman d’une société subissant de manière identique un fléau, ce qui est apparu de manière évidente pour une partie majoritaire de notre société est l’inégalité devant le risque de contamination, la vulnérabilité à géométrie variable selon l’appartenance sociale, l’existence de deux pôles sociaux vivant des quotidiennetés matérielles aux antipodes les unes des autres. Le bilan humain de la pandémie sera à cet égard parlant, à la condition qu’il soit établi en prenant en compte les critères du niveau de revenu et du territoire d’habitation. L’exigence d’un tel bilan doit, pour cette raison, être intégrée dans les luttes sociales à venir.

    Sans jamais avoir lu Marx, chacun a pu se rendre compte que l’ « accumulation des richesses à un pôle (…), c’est égale accumulation de pauvreté (…) au pôle opposé » (Le Capital, livre premier). Tous ceux qui ne sont pas entièrement déconnectés des quartiers populaires peuvent constater l’ampleur de la colère sociale qui s’exprime – non pas du fait de la misère et de la précarité (qui étaient antérieures à la pandémie), mais en raison de la conscientisation de la polarisation sociale. Le spectacle médiatique de ceux qui trouvaient des vertus au confinement (par réinvestissement de la sphère familiale, retour sur soi, pratique du sport, de la cuisine ou du jardinage, etc.) et les tentatives idéologiques des grands médias visant à l’« esthétiser » ont encore plus accentué cette conscience d’une société polarisée. Les habitants des HLM surpeuplés et plus largement des logements populaires urbains, pour qui le confinement était invivable, se sont trouvés devant l’image indéniable d’une profonde dualité sociale.

    L’utilité sociale des emplois négligés
    Le second dévoilement, inédit cette fois depuis plusieurs décennies, fut l’inversion de l’ordre de valorisation des différents types d’emploi dans notre société. Contrainte de répondre à l’urgence sur le plan sanitaire et soucieuse de faire fonctionner l’économie pour préserver le plus possible ses profits, la classe dominante ne pouvait pas ne pas modifier son discours de légitimation. Infirmières, éboueurs ou travailleurs de l’industrie furent ainsi pragmatiquement mis à l’honneur. Alors que, depuis le tournant néolibéral de la décennie 80, le sommet de l’échelle de la valorisation sociale s’exprimait par les termes de « gagnant », de « start-uppeur », de « premier de cordée », d’« entrepreneurs », etc., ce furent les emplois habituellement négligés qui démontrèrent par les faits leur utilité sociale, leur caractère économiquement incontournable et vital pour l’ensemble du fonctionnement social. Ce qui se dévoile ainsi, c’est la base matérielle de la structure sociale. Ce qui devient indéniable, c’est l’existence contemporaine d’un « prolétariat » que des décennies de luttes idéologiques ont tenté d’occulter au prétexte des mutations réelles des différentes classes sociales.

    Sans jamais avoir lu Karl Marx, chacun a pu constater l’existence d’un prolétariat, c’est-à-dire d’une « classe des travailleurs salariés modernes qui, ne possédant pas en propre leurs moyens de production, sont réduits à vendre leur force de travail pour vivre » (Friedrich Engels, note du Manifeste du parti communiste, 1888). Les salariés qui ont été contraints de continuer à travailler et à prendre les transports en commun – y compris ceux des secteurs « non vitaux » ou sans que les conditions de protection ne soient réunies – n’avaient pas moins peur que les autres. Ceux qui étaient confinés et espéraient, du fait de la dégradation brusque de leur revenu, une reprise rapide du travail – même avec des protections insuffisantes – n’étaient pas des inconscients et des irresponsables. Ils étaient simplement contraints de « vendre leur force de travail pour vivre ». Seule la réduction idéologique de la notion de « prolétariat » aux travailleurs de l’industrie ou aux travailleurs surexploités avait pu banaliser l’idée d’une disparition du « prolétariat ». L’expérience de la pandémie contribue à déchirer ce voile déformant.

    La visibilisation soudaine de ce prolétariat fait apparaître au grand jour son statut social, c’est-à-dire ses niveaux de revenu et ses conditions de travail. C’est ainsi la dégradation ininterrompue de ce statut depuis le tournant néolibéral – en d’autres termes, l’accélération des processus de précarisation, de paupérisation et de flexibilisation de la condition salariale subalterne – qui surgit sur le devant de la scène. La centration sur les personnels de santé liée à l’urgence sanitaire a mis en exergue qu’aucun secteur n’était épargné par cette dégradation continue. Non seulement le prolétariat s’est imposé comme réalité incontestable, mais la tendance à sa transformation en précariat généralisé également. La réapparition de la faim dans les quartiers populaires situe le pôle extrême de ce précariat constitué par tous ceux contraints au travail informel (celui couramment mal nommé « travail au noir »), à l’intérim ou aux CDD à répétition. Pour eux, la baisse de revenu fut immédiate et sans filet. Pour eux, la pandémie fut synonyme de restrictions alimentaires.

    Les travailleurs pour ce qu’ils sont
    Le troisième dévoilement réalisé par l’épreuve de la pandémie et du confinement fut la mise en évidence du caractère coloré et sexué de ce prolétariat en voie de précarisation généralisée. Tout en étant peu mis en exergue par les commentaires journalistiques, la féminisation des emplois les plus précaires a ainsi été exposée quotidiennement. #Caissières, #aides-soignantes, #infirmières, etc. : ces emplois avaient tendance à être idéologiquement construits comme naturellement « féminins », alors qu’ils ne le sont que par assignation discriminante.

    Le même dévoilement s’est opéré à propos de la « race » visibilisant l’assignation des immigrés et de leurs héritiers français dans ces secteurs brusquement considérés comme absolument vitaux et qui sont, comme pour les « emplois féminins », caractérisés par la précarité, les faibles salaires et les mauvaises conditions de travail. Alors que ces salariés étaient absents des écrans et des discours, les reportages sur les éboueurs, les chauffeurs ou les ouvriers du bâtiment les ont fait apparaître pour ce qu’ils sont : des travailleurs assignés aux segments les plus surexploités du marché du travail.

    Ceux qui n’apparaissaient médiatiquement que sous des figures stigmatisantes (à l’occasion de reportages sur « la crise des banlieues », sur le « communautarisme », sur « l’islamisme », etc.) ont pour une fois eu un autre visage. Même les sans-papiers ont vu – certes de manière marginale et peu relayée médiatiquement – leur image se transformer par les demandes émanant de grosses exploitations agricoles en faveur d’une autorisation exceptionnelle pour les employer. Ce que rend ainsi visible la pandémie est l’ampleur de la segmentation sexiste et raciste du marché du travail. Le sexe et la « race » apparaissent comme des modes de gestion du rapport de classes.

    Une conscience plus aiguë
    Le quatrième dévoilement porte sur l’autre extrémité de la polarisation sociale, celle de la classe dominante. Les premières mesures économiques du gouvernement ont été prises en sa faveur. Alors que se succédaient les plans d’aide sectoriels, aucune mesure significative d’allégement n’a été prise pour les salariés. Le gel des loyers et des charges n’a jamais été envisagé, alors même que le confinement faisait baisser drastiquement les revenus des plus précaires. Le « plan d’urgence économique » voté le 23 avril prévoit 900 millions d’euros pour les ménages touchant le RSA, 4 milliards pour les primes des personnels soignants et 20 milliards pour la recapitalisation des grandes entreprises publiques. Aucune contrepartie à ces nouvelles aides aux entreprises n’est prévue : ni le gel de la distribution des dividendes, ni la fixation de conditions de maintien de l’emploi. En somme, la logique qui s’exprime reste la logique néolibérale résumée dans la formule « socialisation des pertes et privatisation des bénéfices ». L’État assure bien une fonction de redistribution, mais du bas vers le haut. Un ruissellement à l’envers, en quelque sorte.

    Les quatre dévoilements rapidement décrits ci-dessus dessinent le visage de la société française contemporaine : une société fortement polarisée socialement ; segmentée selon, entre autres, des critères sexistes et racistes ; comprenant un pôle marqué par le précariat absolu ; inscrite dans une tendance au déclassement généralisé ; et gérant les impacts économiques de la pandémie par une redistribution vers le haut. Les classes populaires, tous segments confondus, sortent également de cette expérience douloureuse avec une conscience plus aiguë de ces réalités habituellement déformées par l’idéologie dominante. Plus que jamais, la lutte des classes – dans les formes multiples qu’elle peut prendre – est une réalité prégnante. L’issue de l’étape actuelle de cette lutte, c’est-à-dire celle de la question « Qui paiera l’impact économique de la pandémie ? », sera fonction de notre capacité collective à forger un « nous » incluant les différents segments des classes populaires et prenant comme centralité les plus paupérisés, les plus précaires, les plus discriminés.

    Saïd Bouamama

     #saïd_bouamama à propos des #déplorables #Social #pauvreté #précarisation #médias #ruissellement #Gilets_jaunes #travail #pandémie #invisibles

  • Opinion | Can Donald Trump Survive Without Twitter? - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2021/01/08/opinion/trump-twitter-ban.html

    par Charlie Warzel

    Reflexively, it feels a bit odd to care so much about a 74-year-old man losing access to the app he uses to complain about cable news. But the Trump presidency, and indeed almost all of his political career, is inextricable from the platform. He tweeted and tweeted, and the rest of us rejoiced or grimaced in equal measure. Either way, his tweets made news. His account, for better or worse (spoiler: worse), acted as the national media’s assignment editor for a half decade. And here we are.

    Now it’s gone.

    The obvious question now is: What does this mean for Mr. Trump’s future? Can a disgraced president addicted to outrage and innately governed by the same forces as the attention economy survive without his primary outlet?

    To think of Mr. Trump as an influencer is to suggest that his message can be contained. That his ideas live and die with him and his ability to broadcast them. To suggest that Trumpism is something bigger — that it is a platform itself — is to argue that Mr. Trump and his followers have constructed a powerful, parallel information ecosystem that is as strong and powerful (one could argue even more powerful) than any system built to oppose it. But anyone plugged into the pro-Trump universe realizes that Trumpism is bigger than the figurehead.

    So which is Mr. Trump: the influencer or the platform?

    Like all platforms, Mr. Trump is a natural engine of radicalization — for those who support him and those who oppose him. Consuming more of him leads only to a hardening of one’s ideology. Each rally and every successive tweet is more extreme than the last, propelling most of Mr. Trump’s followers deeper down the rabbit hole and intensifying their enthusiasm or disgust for the president. For this reason, like any good platform, Mr. Trump is a time suck. Evenings, weekends, holidays, you name it — are all derailed by his demand for your time and attention. Both are the ultimate currency to the Trump platform, allowing him to remain the central figure in American life.

    Traditionally, a platform is a software framework for others to build on top of. In the case of the social media platforms, their fundamental role is to amass a base of users, connect them and provide people with ways to reach those audiences at scale. Influencers and creators provide the content but live at the whims of the platforms and their rules. They rely on the platforms for audience, and even a subtle tweak of an algorithm can mean fading to obscurity.

    It is a precarious existence. When you serve at the pleasure of the platforms, you can be de-platformed. We’re about to see if Donald Trump can truly be de-platformed.

    #Médias_sociaux #Trump #Bannissement

  • Partisanen ziehen sich aus dem Netz zurück
    https://www.neues-deutschland.de/artikel/1146707.trend-infopartisan-partisanen-ziehen-sich-aus-dem-netz-zur

    08.01.2021 von Peter Nowak - Die Onlinezeitung Trend-Infopartisan war eine Plattform für konträre Positionen in der linken Szene

    Eine weitere linke Onlineplattform beendet ihre Arbeit. Die angekündigte Einstellung der Netzzeitung Trend-Infopartisan hat zu manchen nostalgischen Rückblicken geführt, die in der letzten Ausgabe dokumentiert wurden. Schließlich wurden dort mehr als 25 Jahre linke Texte und Debattenbeiträge publiziert, die in anderen Foren zu heftigen Auseinandersetzungen oder gar Trennungen geführt hätten. »Auf Trend-Infopartisan wurden Positionen von antideutschen Gruppen ebenso veröffentlicht wie Beiträge von antiimperialistischen Initiativen und das zu einer Zeit, in der sich beide Strömungen massiv bekämpften«, erklärte eine langjährige Nutzerin der Onlinezeitung, die nicht namentlich genannt werden will.

    Dabei war die Gründung der Onlinezeitung lediglich ein Notbehelf. Seit den 1980er Jahren gaben Mitglieder der Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft (GEW) aus Berlin-Kreuzberg unter dem Namen »Trend« ein gedrucktes Heft heraus, das im Stile vieler linker Publikationen jener Jahre gestaltet war. Ihrem Titel wurden sie insofern gerecht, als dort bereits 1985 über Smog und Umweltverschmutzung in den Städten informiert wurde.

    #gauche #Allemagne #médias #www #histoire #archive

  • Bolloré et le parti des porcs
    https://lundi.am/Bollore-et-le-parti-des-porcs

    Quelques anecdotes récentes du management par la terreur des chaînes TV du groupe Canal+ ont amené quelques médias, ainsi que pléthore d’intervenants sur les réseaux sociaux, à questionner le rôle de Bolloré dans le paysage médiatique français. Cette séquence s’est déroulée en deux actes, avec le licenciement d’un humoriste de Canal+ pour faire la satire d’un commentateur vedette du groupe, suivi de celui d’un journaliste sportif pour avoir montrer sa solidarité au premier ; un peu comme si tous deux avaient cru travailler pour un média indépendant où ils eussent leur mot à dire. Curieusement, en réaction, “l’esprit Charlie” n’a pas déferlé sur la France, avec son lot de caricatures de Vincent Bolloré, casque colonial vissé sur la tête et ministres lui léchant les parties intimes.

    L’épisode vient rappeler au grand-public que le management à la schlague est la marque de fabrique de Vincent Bolloré. Ce dernier montre ainsi une belle cohérence avec les idées qu’il promeut à travers ses employés, ces commentateurs de plateau dont l’avancement semble indexé sur leur degré de droitisation. Le souhait de voir un monde organisé comme une caserne est ainsi exprimée, chaque jour, chaque heure, chaque minute, par une entreprise régie comme une caserne.

  • En Afrique du Sud, le ministre et ses gousses d’ail
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/04/en-afrique-du-sud-le-ministre-et-ses-gousses-d-ail_6065094_3210.html

    Rien, de toute cette année de crise, ne l’aura fait dévier d’un iota. Tito Mboweni, le ministre des finances sud-africain, un homme de 61 ans qui se disait « trop vieux » pour la fonction, lorsque le premier gouvernement de Cyril Ramaphosa était en train d’être constitué, en 2018, n’a pas cédé un pouce de terrain… sur sa façon de cuisiner.

    Que de critiques, que de sarcasmes sur ses manquements de « chef » ne lui a-t-il pas fallu endurer tout au long de 2020, année au cours de laquelle, par ailleurs, il a mené l’économie de son pays dans la tempête. Mais il continue. Sa dernière recette de l’année : un foie de bœuf sauté (encore raté, selon l’opinion sud-africaine, qui suit tout ça de près).

    Tito Mboweni aux fourneaux, c’est l’anti-instagrammeur en action, la volonté faite homme de faire les choses à sa manière, sans fioritures ni compromis. La chose est d’autant plus facile à suivre que l’ex-gouverneur de la Banque centrale, entre 1999 et 2010 – du reste, il préfère être appelé gouverneur que chef –, poste tout sur Twitter. Les ingrédients, ses questions (« Pilchards ce soir ? »), l’incroyable pyramide de gousses d’ail qu’il s’apprête à intégrer à un plat, et le résultat.

    Parfois, il prend une photo de sa table de dîner : son couvert, le plat, un verre d’eau. Déluge de moqueries (depuis « C’est quoi ce verre d’eau », jusqu’à « Depuis quand on mange avec des couverts ? »). Mais, en définitive, le voilà suivi par près d’un million d’abonnés.

    It started off well. A simple meal of ox liver with vergies. Great idea. It did not work out. I need an assistant… https://t.co/c8Ucqtx9nZ
    — tito_mboweni (@Tito Mboweni)

    Des ratages célèbres

    Il est impossible de déterminer la part de calcul, de liberté et de fantaisie dans ce feuilleton anticulinaire. De toute évidence, le ministre des finances est un cuisinier atroce authentique. Son poulet terne et gris baignant dans un vague mélange très aqueux prétendant au nom de sauce a déclenché une tempête de commentaires, de moqueries, de mèmes, et donné naissance à une publicité.

    Juste avant la fin de cette année de ratages désormais célèbres, Tito Mboweni a suggéré qu’il lui faudrait peut-être, pour 2021, se trouver un « cuisinier adjoint », et une star de la télé-réalité, chef renommé, le pourchasse d’ailleurs de ses assiduités pour tenir ce rôle.

    Soit le ministre se moque du qu’en-dira-t-on, soit il a trouvé que cette veine lui réussissait. La chose pourrait être étudiée d’un point de vue de communication politique.

    #médias_sociaux #Communication_politique #cuisine #Culture_numérique

  • Apparemment, la moraline reste un excellent médicament pour soigner le Covid.

    La vente d’alcool interdite dans plusieurs départements en prévision d’une Saint-Sylvestre sous couvre-feu
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/12/31/la-vente-d-alcool-interdite-dans-plusieurs-departements-en-prevision-d-une-s

    Au moins six départements ont pris des arrêtés préfectoraux interdisant la vente d’alcool, jeudi 31 décembre, en vue du réveillon de la Saint-Sylvestre (Ille-et-Vilaine, Côtes-d’Armor, Cher, Pyrénées-Orientales, Gard et Rhône).

    Des mesures restrictives mises en place alors que les Français célébreront la nouvelle année sous couvre-feu. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, avait demandé aux préfets de prendre des mesures pour « lutter contre les rassemblements non autorisés et les phénomènes de violences urbaines », les interdictions de la vente d’alcool faisant partie des recommandations. Les préfectures sont également appelées à mettre en place des dispositifs de contrôle « visibles » dès l’entrée en vigueur du couvre-feu.

  • 2021...2030...
    https://ricochets.cc/Macron-catastrophes-virus-fin-du-monde.html

    Chaque année, c’est la même rengaine. Comme à chaque élection, on espère à chaque nouvel an que tout va s’arranger un peu tout seul, sans faire trop d’effort. Sans même rien changer de nos vies. Un vœu comme un vote. Magie hypocrite. #Les_Articles

    / #Catastrophes_climatiques_et_destructions_écologiques, #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle, #Médias_et_expressions, Vidéos, films...

    #Vidéos,_films...
    https://www.youtube.com/c/CemilChosesATeDire
    https://ricochets.cc/IMG/distant/html/watchv3XFzncf5ec-bbb5bf2.html

  • La fin d’un homme, la fin d’un monde _ Le blog de pierre verhas
    http://uranopole.over-blog.com/2020/12/la-fin-d-un-homme-la-fin-d-un-monde.html

    La fin d’un homme
    Depuis plusieurs mois, nous évoquons l’évolution de la situation de l’informaticien et journaliste australien Julian Assange, persécuté pour avoir publié les câbles diplomatiques secrets de Washington qui révélaient les crimes de guerre des Etatsuniens et de leurs alliés en Afghanistan et en Irak, accusé par la Suède d’un prétendu viol.
     
    « Vous vous souvenez du meurtre de sang froid de civils irakiens dans Collateral Murder ? Vous vous souvenez de la torture à Guantanamo Bay ? Vous vous souvenez de la corruption politique révélée par les câbles diplomatiques ? Ce sont quelques-unes des histoires qui ont fait la une en 2010, lorsque les principaux journaux internationaux, du New York Times au Guardian en passant par Der Spiegel, se sont associés à WikiLeaks pour exposer les crimes de guerre américains et une longue liste de vérités honteuses que nos gouvernements avaient gardées secrètes. » (Ex Berliner – EXB – journal berlinois en langue anglaise, 8 septembre 2020)
     
    Assange se trouvait à Londres lorsque la Justice suédoise demanda son extradition pour une accusation de viol. Sentant le piège et craignant d’être ensuite extradé de Suède vers les Etats-Unis, Assange s’est d’abord réfugié durant sept années à l’ambassade d’Equateur à Londres d’où il ne pouvait sortir et où, à son insu, ses moindres faits, gestes et paroles étaient notés par la CIA par l’intermédiaire d’une société de surveillance espagnole qui a clandestinement installé des dispositifs d’espionnage Quelques semaines après le renversement du président progressiste Rafaele Correa qui lui avait accordé l’asile et la nationalité équatorienne, exclu du pouvoir suite à des élections contestables, le nouveau président, Lénine (!) Moreno, sous la pression du gouvernement étatsunien, retire à Assange sa nouvelle nationalité et le fait expulser de sa « résidence » équatorienne. La police londonienne l’a transféré manu militari à la prison de haute sécurité de Belmarsch, où il côtoie des terroristes et de dangereux criminels. Il a d’abord été condamné par un tribunal londonien à 52 semaines de détention pour avoir échappé à la Justice anglaise en se réfugiant à l’ambassade d’Equateur. Cette période de détention a permis aux juges britanniques de préparer le procès de l’extradition d’Assange pour répondre à la demande de la puissance étatsunienne.
     
     

    L’expulsion manu militari de Julian Assange par la police londonienne révèle son traitement futur !
     
    Entre temps, la Justice suédoise a abandonné les poursuites contre le fondateur de Wikileaks, faute de preuves. À y réfléchir, cette affaire de viol avait un double objectif : discréditer Assange auprès de l’opinion publique et le livrer indirectement aux Etats-Unis. Tout cela pour ce qui est en définitive une banale relation sexuelle consentie non protégée !
     
    C’est d’ailleurs ce que dit Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture :
     
    « Je ne sais pas si Julian Assange a commis une agression sexuelle ou non, mais ce que je sais, c’est que la Suède ne s’est jamais souciée de le savoir. Ils voulaient utiliser ces allégations pour le discréditer. Et une fois qu’ils ont activement diffusé ces allégations aux quatre coins du monde, ils se sont ensuite assurés qu’il n’y aurait jamais de procès en bonne et due forme car, comme le procureur l’a finalement admis en novembre 2019, ils n’ont jamais eu suffisamment de preuves pour même porter plainte contre Julian Assange. »

    Nils Melzer est un éminent juriste suisse, professeur à Genève et aussi dans plusieurs pays étrangers, rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et les traitements inhumains, a pris fait et cause pour Julian Assange.
     
    Un palais de justice qui fait partie d’un système carcéral.
     
    Une première série d’audiences du procès d’extradition britannique eut lieu fin février, début mars 2020. Elles se déroulèrent à Woolwich Court attenant à la prison de Belmarsch. Craig Murray a rédigé et publié le compte-rendu de ces audiences. Il commente :
    « Woolwich Crown Court est conçu pour imposer le pouvoir de l’État. Les tribunaux normaux de ce pays sont des bâtiments publics, délibérément placés par nos ancêtres en plein centre-ville, presque toujours à proximité d’une rue principale. Le but principal de leur positionnement et de leur architecture était de faciliter l’accès au public, avec la conviction qu’il est vital que la justice soit visible par le public.
     
    Woolwich Crown Court, qui accueille le Belmarsh Magistrates Court, est construit sur un principe totalement opposé. Il n’a pas d’autre but que d’exclure le public. Rattaché à une prison située dans un marais balayé par les vents, loin de tout centre social normal, une île accessible uniquement en naviguant dans un labyrinthe de routes à double voie, tout l’emplacement et l’architecture du bâtiment sont pensés pour décourager l’accès au public. Il est entouré par la même barrière de palissage en acier extrêmement résistant qui ceinture la prison. C’est une chose extraordinaire, un palais de justice qui fait partie du système carcéral lui-même, un lieu où l’on est déjà considéré comme coupable et incarcéré dès son arrivée. Le Woolwich Crown Court n’est rien d’autre que la négation physique de la présomption d’innocence, l’incarnation même de l’injustice coulée dans du béton, de l’acier, et des vitres blindées. Il a précisément la même relation à la justice que Guantanamo Bay ou la Lubyanka. Il n’est en réalité que l’aile de condamnations de la prison de Belmarsh. »

     
    Le tribunal est présidé par la magistrate Vanessa Baraitser qui se montre particulièrement hostile à l’égard de l’accusé et de sa défense.
     
    « … dans la salle d’audience elle-même, Julian Assange est confiné au fond du tribunal derrière un écran de verre pare-balles. Il a fait remarquer à plusieurs reprises au cours de la procédure qu’il lui était ainsi très difficile de voir et d’entendre les débats. La magistrate, Vanessa Baraitser, a choisi d’interpréter cela, avec une malhonnêteté étudiée, comme un problème dû au très faible bruit des manifestants à l’extérieur, par opposition à un problème causé par le fait qu’Assange est enfermé à l’écart dans une énorme boîte de verre pare-balles.
     
    Or, il n’y a aucune raison pour qu’Assange se trouve dans cette boîte, conçue pour contenir des terroristes extrêmement violents physiquement. Il pourrait siéger, comme le ferait normalement un accusé à une audience, au sein du tribunal à côté de ses avocats. Mais la lâche et vicieuse Baraitser a refusé les demandes répétées et persistantes de la défense pour qu’Assange soit autorisé à s’asseoir avec ses avocats. »

     
    Voilà donc comment la Justice britannique traite Julian Assange ! Public limité au strict minimum, enfermement de Julian Assange dans une cage de verre pour entraver les contacts avec ses avocats, attitude hostile de la présidente du tribunal. Le procès s’annonce très mal ! Un incident révélateur : à la seconde audience, un des avocats d’Assange, Baltasar Garzon, l’ancien juge espagnol qui a fait poursuivre le dictateur Pinochet et qui souhaitait poursuivre les crimes du franquisme, devait rejoindre Madrid. Il se leva et alla vers la cage de verre pour saluer et serrer la main d’Assange. Les gardiens assis à ses côtés l’en empêchèrent !
     
     

    Baltasar Garzon, évincé de son mandat de juge d’instruction, pour sa tentative d’exhumation du passé franquiste de l’Espagne est un des avocats de Julian Assange.
     
    Des décisions pré-écrites  
    La première série d’audiences s’acheva le 8 avril 2020 pour reprendre le 7 septembre, à Westminster cette fois. Craig Murray dans son compte-rendu de la dernière audience du 30 septembre écrit :
     
    « Baraitser a de nouveau suivi son cheminement habituel qui consiste à refuser chaque requête de la défense, à la suite de décisions pré-rédigées (je ne sais pas si elles sont écrites par elle ou si elle les a copiées), même lorsque l’accusation ne s’y oppose pas. Vous vous rappelez qu’au cours de la première semaine de l’audience d’extradition proprement dite, elle a insisté pour que Julian soit maintenu dans une cage de verre, bien que l’avocat du gouvernement américain n’ait émis aucune objection à ce qu’il siège dans le tribunal, et qu’elle ait refusé d’intervenir pour faire cesser ses fouilles à nu, ses menottes et la confiscation de ses documents, même si le gouvernement américain s’est joint à la défense pour contester sa déclaration selon laquelle elle n’avait pas le pouvoir de le faire (pour laquelle elle a ensuite été vivement réprimandée par l’Association internationale du barreau).
     
    Hier, le gouvernement américain ne s’est pas opposé à une motion de la défense visant à reporter la reprise de l’audience d’extradition. La défense a invoqué quatre motifs :
     
    1) Julian est actuellement trop malade pour préparer sa défense
2) En raison du confinement, l’accès à ses avocats est pratiquement impossible
3) Les témoins vitaux de la défense, y compris de l’étranger, ne pourraient pas être présents pour témoigner
4) Le traitement des problèmes de santé mentale de Julian a été interrompu en raison de la situation de Covid-19.
     
    Baraitser a rejeté catégoriquement tous ces motifs - bien que James Lewis ait déclaré que l’accusation était neutre sur la question - et a insisté pour que la date du 18 mai soit maintenue. Elle a déclaré que Julian pouvait être amené dans les cellules du tribunal de Westminster pour des consultations avec ses avocats. (Premièrement, en pratique, ce n’est pas le cas, et deuxièmement, ces cellules ont un passage constant de prisonniers, ce qui est très manifestement indésirable avec Covid19). »

     

    L’ancien diplomate Craig Murray a fait état de toutes audiences du procès Assange.
     
    Il y a deux constats : à chaque fois, la juge Baraitser présente des décisions écrites avant l’audience – est-ce de sa propre initiative ou lui ont-elles été dictées ? – et rejette systématiquement toute requête de la défense, même si l’accusation ne s’y oppose pas ! Se conformerait-elle à des instructions préalables, on peut raisonnablement se poser la question.
     
    Enfin, nulle mesure de protection d’Assange contre le Covid 19 n’a été prise aussi bien à la salle d’audience qu’à la prison de Belmarsch. Sans doute, son éventuelle contamination aurait arrangé pas mal de monde !
     
    _ Trois pas sur deux !
     
    Voici ce que conclut Craig Murray de ces trois semaines d’audience :
     
    « … dans cette salle d’audience, vous étiez en présence du mal. Avec un placage civilisé, un semblant de procès, et même des démonstrations de bonhomie, la destruction totale d’un être humain était en cours. Julian était détruit en tant que personne sous mes yeux. Pour le crime d’avoir publié la vérité. Il a dû rester assis là à écouter des jours entiers de discussions posées sur l’incroyable torture qui l’attendait dans une prison américaine de grande sécurité, privé de tout contact humain significatif pendant des années, à l’isolement dans une cellule de seulement 4,5 mètres carrés.
     
    4,5 mètres carrés. Retenez bien cela. Trois pas sur deux. De toutes les terribles choses que j’ai entendues, la plus effrayante était peut-être ce qu’a dit le directeur Baird en expliquant que la seule heure par jour autorisée pour sortir de la cellule est passée seul dans une autre cellule absolument identique, appelée "cellule de loisirs". Cela et l’infâme "expert" du gouvernement, le Dr Blackwood, décrivant comment Julian pourrait être suffisamment drogué et physiquement privé des moyens de se suicider pour le maintenir en vie pendant des années. »

     
    Le jugement sur l’extradition est annoncé pour le 4 janvier 2021.
     
    Nils Melzer estime : « Quelle que soit la décision, je pense qu’un appel sera interjeté auprès de la Haute Cour. Probablement par Julian Assange, car je ne m’attends pas à ce que la première instance refuse l’extradition. Mais même si un miracle se produit et que le juge refuse de l’extrader, les États-Unis feront certainement appel de cette décision. »
     
    Laissons la conclusion à Nils Melzer :
     
    « Nous parlons des droits de l’homme et non des droits des héros ou des anges. Assange est une personne, et il a le droit de se défendre et d’être traité avec humanité. Peu importe de quoi il est accusé, Assange a droit à un procès équitable. Mais ce droit lui a été délibérément refusé - en Suède, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Équateur. Au lieu de cela, il a été laissé à pourrir pendant près de sept ans dans les limbes d’une pièce. Puis, il a été soudainement été traîné dehors et condamné en quelques heures et sans aucune préparation pour une violation de la liberté sous caution qui consistait à lui avoir accordé l’asile diplomatique d’un autre État membre des Nations unies sur la base de persécutions politiques, comme le veut le droit international et comme l’ont fait d’innombrables dissidents chinois, russes et autres dans les ambassades occidentales. Il est évident que ce à quoi nous avons affaire ici, c’est la persécution politique. En Grande-Bretagne, les violations de la liberté sous caution entraînent rarement des peines de prison - elles ne sont généralement passibles que d’amendes. En revanche, Assange a été condamné dans le cadre d’une procédure sommaire à 50 semaines dans une prison de haute sécurité - une peine clairement disproportionnée qui n’avait qu’un seul but : détenir Assange suffisamment longtemps pour que les États-Unis puissent préparer leur dossier d’espionnage contre lui.
     
    Que signifie le refus des États membres de l’ONU de fournir des informations à leur propre rapporteur spécial sur la torture ?  
    Qu’il s’agit d’une affaire arrangée d’avance. Un simulacre de procès doit être utilisé pour faire un exemple de Julian Assange. Le but est d’intimider d’autres journalistes. L’intimidation, d’ailleurs, est l’un des principaux objectifs de l’utilisation de la torture dans le monde. Le message que nous devons tous recevoir est le suivant : Voici ce qui vous arrivera si vous imitez le modèle de Wikileaks. »
     
    Une affaire arrangée d’avance ? Nils Melzer en est bien conscient et ne se fait guère d’illusions sur son propre sort :
     
    « En tout cas, je ne me fais pas d’illusions sur le fait que ma carrière aux Nations unies est probablement terminée. Ayant ouvertement affronté deux États P5 (membres du Conseil de sécurité des Nations unies) comme je l’ai fait, il est très peu probable qu’ils m’acceptent à un autre poste de haut niveau. On m’a dit que mon engagement sans compromis dans cette affaire avait un prix politique. Mais le silence a aussi un prix. Et j’ai décidé que je préfère payer le prix pour m’exprimer que le prix pour rester silencieux. »
     
    L’affaire Assange n’a jamais porté sur Julian Assange.
    Mais pour lui, le plus important est :
    « Mais l’affaire Assange n’a jamais porté sur Julian Assange. Il s’agit de l’éléphant dans la pièce que tout le monde semble ignorer : la mauvaise conduite officielle des états qu’Assange a exposé. En 2010, au moment des révélations, tout le monde était choqué par les crimes de guerre, la torture, la corruption, et le public du monde entier a commencé à en parler. Cela a rendu les États concernés très nerveux. Ce n’est donc pas un hasard si, quelques semaines plus tard, les autorités suédoises ont délibérément publié un gros titre dans la presse à sensation : Julian Assange est soupçonné de double viol. Immédiatement, le public du monde entier s’est désintéressé de la discussion des crimes des puissants, a changé d’orientation et a commencé à débattre du caractère et de la personnalité de Julian Assange : est-il un violeur, un narcissique, un hacker, un espion ? »  
     
    Ainsi, la fin d’un homme est programmée par l’Etat profond étatsunien avec comme supplétifs la Justice britannique et la Justice équatorienne.
     
    La fin d’un homme, la fin d’un monde.

    Pierre Verhas

  • Covid-19 : onze mois à suivre « les Experts : autoproclamés » - Christian Lehmann
    https://www.liberation.fr/france/2020/12/28/covid-19-onze-mois-a-suivre-les-experts-autoproclames_1809794

    De retour d’un voyage d’affaires à Macao, Beth Emhoff (interprétée par Gwyneth Paltrow) trompe son mari lors d’une escale à Chicago. Atteinte d’une forte fièvre et d’une toux insomniante, elle est hospitalisée et meurt bientôt, non sans avoir disséminé un nouveau virus responsable d’une pandémie dévastatrice. Nous sommes en 2011. C’est le monde d’avant, un monde lointain. On y va au cinéma sur un coup de tête, sans masque ni distanciation. Et Gwyneth Paltrow ne vante pas encore le sauna vaginal. Lorsque j’ai vu Contagion, de Steven Soderbergh, deux ans après la fausse alerte H1N1, je me souviens avoir tiqué sur le personnage d’Alan Krumwiede, interprété par Jude Law. Il m’avait semblé qu’en créant ce personnage de youtubeur complotiste, les scénaristes avaient surtout voulu confronter leurs héros du CDC (Center of Disease Control) à un antagoniste humain incarné en chair et en os, alors que le virus Mev-1 qui dévaste la planète reste invisible et insaisissable. Jude Law prête son charisme à ce conspirationniste qui prétend s’être guéri du virus en utilisant un traitement homéopathique à base de forsythia. S’autoproclamant voix du peuple et pourfendeur des lobbies pharmaceutiques, il crée des émeutes violentes quand son produit miracle disparaît des pharmacies. A l’époque, j’avais trouvé la ficelle scénaristique un peu grossière. Avec le recul, je réalise à quel point j’avais tort. A quel point j’avais sous-estimé la présence des adeptes du chaos dans nos rangs.

    Depuis le début de la pandémie, certains experts autoproclamés n’ont eu de cesse de porter une parole prétendument disruptive, d’aller à l’encontre des recommandations sanitaires comme des informations scientifiques disponibles. Si la communication gouvernementale avait réellement été aussi transparente que possible, comme l’avait promis Olivier Véran en succédant à Agnès Buzyn, leur pouvoir de nuisance aurait probablement été amoindri. (...)

    [La quasi-disparition des "rassuristes"] sur les plateaux télé des médias « mainstream » n’est en rien liée à leur dangerosité, comme l’explique à Libération le directeur de la rédaction de LCI avec une candeur sidérante : « Ces personnes ont pu avoir un temps d’antenne à un moment donné, parce que le tempo était plutôt en leur faveur, avec des propos qui faisaient écho dans la société. Ils avaient une certaine aura, ils étaient écoutés, c’est moins le cas aujourd’hui. Pour le moment, on estime que ces propos n’ont pas suffisamment d’écho dans la société pour être relayés. » La vérité scientifique, le simple respect de la méthode scientifique, la vérification des sources, tout ceci importe peu. Si demain un nouvel charlatan pique l’intérêt du public, il aura l’honneur des plateaux.

    (...) parmi les nouveaux venus, le docteur Louis Fouché, de l’hôpital de la Conception à Marseille. Nouvelle star des anti-masques, il utilise la rhétorique de Chomsky sur « la fabrication du consentement » pour se faire inviter à Radio Courtoisie et chez Alain Soral, ou servir la soupe au gourou Thierry Casasnovas, qui explique dans une vidéo que boire du jus de légumes peut faire repousser un membre. Nul doute qu’un brillant avenir lui est réservé, de CNews à Sud Radio.

    Scott Z. Burns, scénariste de Contagion
    https://www.lesinrocks.com/2020/03/18/cinema/actualite-cinema/le-scenariste-de-contagion-se-confie-a-propos-du-coronavirus

    Je n’aurais jamais pensé, en écrivant le scénario de Contagion, que l’une des variables serait un #gouvernement qui ne croit pas en la #science et qui ensuite désinforme la population. Mais c’est ce que nous avons.

    #mensonge_d'État #désinformation #pandémie #Covid-19 #conspirationnistes #rassuristes #media

  • Appel à « l’action directe » : un média indépendant face à la justice | Pierre Plate
    http://cqfd-journal.org/Appel-a-l-action-directe-un-media

    Après la publication d’un article prônant le sabotage comme mode d’action politique, le média participatif drômois Ricochets s’est retrouvé dans le viseur de la justice. à l’issue d’impressionnantes investigations qui ont mené les enquêteurs jusqu’en Belgique, un des bénévoles du site internet a été jugé pour « provocation à la commission de destructions ». Sa relaxe, prononcée le 17 novembre par le tribunal de Valence, ne fait qu’interroger davantage sur les motivations sous-jacentes de l’enquête. Source : CQFD

    • L’info la plus grave sur le long terme :

      Afin de réprimer davantage « la haine en ligne », le garde des Sceaux a transmis une proposition au Conseil d’État : selon Le Monde (19/11), il s’agirait de permettre de juger certains délits de presse (dont, a priori, celui dont Gé était accusé) en comparution immédiate – une procédure expéditive qui finit souvent à la case prison. Si cette réforme est adoptée par le Parlement, seules les personnes écrivant pour un média sous l’autorité d’un « directeur de la publication » seront jugées via une procédure classique.

      Donc atteinte très importante aux médias libres et non hiérarchisés.

      #presse #liberté_d'expression #médias_libres

    • De fait de très nombreux justiciable acceptent les CI (où la détention provisoire peut être ordonnée, y compris pour des infractions ou délits qui ne la prévoit pas). Je ne trouve pas de données sur la proportion de demande de report à l’audience. Parmi les militant, la proportion est moindre, mais vouloir se débarrasser d’une procédure et accepter est aussi assez fréquent.

      Célérite et justice pénale : L’exemple de la comparution immédiate, Camille Viennot
      https://www.cairn.info/revue-archives-de-politique-criminelle-2007-1-page-117.htm

      Au regard de ces conditions difficiles d’exercice des droits de la défense, on pourrait imaginer que les demandes de renvoi à une audience ultérieure soient fréquentes, d’autant plus que ce délai est obligatoirement accordé au prévenu qui le sollicite . Ce report permet, en effet, au prévenu d’être jugé entre deux et six semaines  plus tard afin de mieux préparer sa défense mais il est, cependant, strictement encadré par la possibilité pour le tribunal de placer le prévenu sous contrôle judiciaire ou, par décision spécialement motivée, en détention provisoire. En pratique, cette seconde mesure est prononcée dans l’immense majorité des cas. Le caractère quasi-systématique de cette mesure dissuade donc fortement les prévenus de recourir au renvoi et entraîne, en conséquence, certaines interrogations quant à l’effectivité de la protection des droits de la défense garantis par l’article 6 de la CESDH. En effet, le choix de demander le renvoi au cours d’une procédure de comparution immédiate implique, de facto, une forte probabilité du prononcé d’un placement en détention provisoire et l’on peut donc s’interroger quant à la réelle liberté de choix du prévenu, garantissant la protection de ses droits.

      (...) La rareté du recours au renvoi s’explique aussi selon certains avocats par l’impossibilité, dans certains barreaux, d’un suivi du dossier par l’avocat de permanence ou même par l’absence de rémunération attractive procurée au regard de l’investissement en temps nécessaire. En pratique, les avocats expliquent donc brièvement au prévenu la possibilité de demander le renvoi mais ceux-ci, n’en comprenant vraisemblablement pas les enjeux, répondent mécaniquement : « je veux savoir tout de suite ». Cependant, lorsque le tribunal leur demande s’ils consentent à être jugés le jour même, ils se retournent souvent vers leur avocat en lui demandant ce qu’il faut répondre. Cette attitude souligne, chez certains prévenus, l’absence de conscience de l’alternative qui leur est offerte et illustre par là même les mécanismes de délégation propres au champ juridique.

      #répression #comparution_immédiate #droit_de_la_défense #Justice

  • Nouveau journal papier RICOCHETS pour janvier 2021 !
    https://ricochets.cc/Nouveau-journal-papier-RICOCHETS-pour-janvier-2021.html

    Le site internet RICOCHETS.cc a connu du succès ces derniers mois, avec le record du nombre de visites mensuel battu en novembre, mais on a envie de goûter à nouveau au son du papier. Quoiqu’il se passe, nouvelle assignation à résidence surveillée (confinement), extension du couvre-feu, retour à l’anormale, loi martiale, insurrection..., nous sortirons un nouveau numéro papier courant janvier. Si besoin, ce numéro sera diffusé sous le manteau, dans les caves clandestines, par correspondance (Le (...) #Les_actus_de_RICOCHETS

    / #Drôme, #Médias_et_expressions

  • Un pas de plus dans l’infamie - Freddy Gomez, A Contretemps, Bulletin bibliographique
    http://acontretemps.org/spip.php?article818

    On ne sait pas comment ça finira, mais on n’aura pas cessé d’alerter sur comment ça a commencé et se poursuit. Ce « ça », c’est l’infamie qu’on expérimente depuis maintenant deux grosses années [quatre en fait, ndc], une infamie qu’on ne cherche pas à adjectiver, mais que l’on ne peut que constater à chaque rassemblement et #manifestation où nous nous rendons, une infamie qui nous livre à l’infinie violence d’une #police dépourvue de toute conscience – y compris celle de ses propres intérêts –, une infamie qui, de palier en palier et d’acte en acte, ne répond qu’à un seul objectif, fixé par l’#État_policier : briser nos résistances, terroriser nos indignations, mutiler nos colères, organiser l’auto-confinement de nos désirs pluriels et convergents d’émancipation.

    Le samedi 12 décembre, jour de manifestation parisienne « autorisée », un nouveau cap fut franchi dans « la méthode », comme disent les stratèges flicards de cabinet. Il s’agissait, clairement, d’expérimenter sur une foule compacte de plusieurs milliers de personnes [1] un nouveau dispositif à l’allemande procédant par « bonds offensifs » aléatoires, véloces et répétés à l’intérieur du cortège en distribuant des horions à tour de bras et en ramassant du gardé à vue pour faire du chiffre. Tout cela à partir de critères assez basiques pour être compris par les cognes de base : quand c’est habillé de noir, c’est du black bloc ; à défaut de noir, on tape à côté. Cinquante mètres après la place du Châtelet, d’où partait, en remontant le Sébasto, la manifestation déclarée « pour la défense des #libertés », la première pénétration sauvage de flics eut lieu, de droite et de gauche par charges multiples. Premier avantage : créer des situations de panique à l’intérieur du cortège ; second avantage : le scinder, le morceler, le maintenir sous contrôle serré, multiplier les nasses en son sein, le réduire à n’être plus qu’un troupeau qui peut être abattu sur place à tout moment. La « méthode » procède d’une scélératesse inouïe. Elle est pensée pour déstabiliser, frapper de stupeur, humilier, terrifier. L’impression dominante, c’est que la rue ne nous appartient plus, qu’on défile dans une cour de prison, que le destin nous échappe. Tout ce qui fait de la manifestation un moment unique de réappropriation de l’espace nous est refusé. La fuite aussi, d’ailleurs, puisque le nassage latéral ne la permet pas.

    Le 12 décembre, à Paris, plus de 3 000 flics dopés à la haine occupèrent, rue par rue, le périmètre de la manif, chargeant constamment et sans raison un cortège déjà réduit à n’être plus qu’une foule emprisonnée et vouée à la bastonnade. Comment admettre une telle pratique ? Au nom de quel intérêt supérieur de l’État ? Pour qui nous prend-on pour nous traiter ainsi ? Au nom de quelle logique devrait-on admettre que des flics surarmés interviennent à la féroce au sein d’un cortège déjà maté du fait de leur écrasante présence pour le disloquer sous les coups. Et ce, non pour des actes commis ou en voie d’être commis, mais à partir des seules intentions que la hiérarchie policière prêterait à tel ou tel manifestant. Comment nommer cela ? Il fut un temps où aucune manifestation placée sous contrôle serré des flics ne se passait sans que résonnât ici ou là, et parfois à voix forte, le rituel slogan « Le fascisme ne passera pas ! ». On pourrait être en droit de se demander pourquoi on ne le l’entend plus, désormais. Et avancer comme explication que, pour nombre de manifestants d’aujourd’hui, la police est devenue si détestable, sa hiérarchie si sûre d’être couverte et l’État si objectivement dépendant d’elle que la Macronie, née d’un « vote utile » contre l’extrême droite, chasse désormais – et comment ! – sur son terrain. Ce qui est passé avec elle, c’est une politique de dévastation généralisée où aucun droit social, aucune garantie démocratique gagnés de vieille lutte, aucun refus de se plier à ses diktats ne sauraient être tolérés. Ce régime s’est mis de lui-même dans les pognes d’une police dirigée par des psychopathes à casquette prêts à tout pour écraser la « canaille » que nous sommes. Ce 12 décembre 2020, on aura au moins compris à quoi elle est prête, cette police. Il n’est pas sûr que sa démonstration de force brutale nous ait définitivement découragés, mais il est certain que cette date, où aucun black bloc n’a pété aucune vitrine, restera à jamais celle où cette police s’est lâchée sans complexe contre celles et ceux qui, souvent très jeunes, manifestaient un réel courage dans la constance de leurs convictions.

    Au total, il y eut 149 interpellations, 123 gardes à vue de 24 à 48 heures dont la plupart des interpellés, éradiqués du cortège comme black blocs potentiels, seront relâchés sans charge. Six d’entre eux en revanche se verront déférés en comparution immédiate devant le tribunal pour « groupements en vue de… », pour « outrage » ou pour « dissimulation de visage », chef d’inculpation qui, en situation de Korona galopant, ne manque pas d’être ubuesque. Il faut vraiment être juge et macronard pour faire preuve d’une telle sagacité.

    Vue par les #médias mainstream et le journalisme de préfecture, l’infamante gestion policière de cette manifestation fut décrite comme une parfaite réussite. À preuve : les sauvages manifestants dont elle a l’habitude de faire son spectacle avaient été privés de saccages. (...)

    #fascisation

    • Il fut un temps où le bloc bourgeois ordonna à sa police de tirer au ventre. L’Histoire avec une grande hache fourmille d’exemples de tueries en masse de ce genre. Il en fut un autre où, au sein même du bloc bourgeois, des « démocrates sincères », porteurs d’une tradition d’humanisme intransigeant, furent capables de défendre, becs et ongles, cette essentielle #liberté_de_manifester qu’à juste titre ils voyaient comme une soupape. Car ces gens-là, simplement éclairés, étaient des opposants au désordre, mais dotés de la capacité d’en discerner les causes et les effets dans leur propre camp – c’est-à-dire celui où s’épanouissaient leurs privilèges, leurs statuts et leurs rangs – quand il pouvait être menacé par des foules hostiles prêtes à tout pour laver les offenses que leur classe leur faisait subir. Souvent apparentée à la gauche, mais débordant aussi ses rivages, cette fraction du bloc bourgeois était le fruit d’une tradition historique, celle de la Révolution française, qui fut interclassiste. Jusqu’à mai 68 et la décennie agitée qui suivit la convulsion, cette fraction joua son rôle : elle défendit la liberté d’expression et de manifestation et elle veilla, tant que faire ce pouvait, à dénoncer les agissements des polices d’un Papon ou d’un Marcellin.

      On s’étonna, au vu de la très sévère répression qu’on appliqua aux Gilets jaunes, de l’absence majuscule de réaction pétitionnaire ou manifestante de cette fraction éclairée du bloc bourgeois. La raison, pourtant, en était simple. C’est qu’elle avait cessé d’être, que ces « grandes consciences » ou ces « belles âmes » avaient tout bonnement disparu, comme s’étaient considérablement réduites les zones d’influence où elle s’exerçait (...)

      #tradition_humaniste #bourgeoisie #démocrates

  • Samedi, c’est Parapluie et c’est demain
    https://lundi.am/Samedi-c-est-Parapluie

    « La prison… Le bagne… L’échafaud ! dira-t-on. Mais que sont ces perspectives en comparaison d’une vie d’abruti, faite de toutes les souffrances (…) Entêtés dans vos égoïsmes étroits, vous demeurez sceptiques à l’égard de cette vision, n’est-ce pas ? Le peuple a peur semblez-vous dire. Nous le gouvernons par la crainte de la répression ; s’il crie, nous le jetterons en prison ; s’il bronche, nous le déporterons au bagne ; s’il agit, nous le guillotinerons ! Mauvais calcul, Messieurs, croyez-m’en ! Les peines que vous infligez ne sont pas un remède contre les actes de révolte. La répression, bien loin d’être un remède, voire même un palliatif, n’est qu’une aggravation du mal. (…) Du reste, depuis que vous tranchez les têtes, depuis que vous peuplez les prisons et les bagnes, avez-vous empêché la haine de se manifester ? Dites ! Répondez ! ».

    On a trouvé la chef du black bloc !
    https://blogs.mediapart.fr/zazaz/blog/151220/trouve-la-chef-du-black-bloc
    https://seenthis.net/messages/891698

    • (...) il faut savoir que les parapluies sont autant de hiéroglyphes secrets, d’étranges sémaphores qui cachent une habile dispositif qui déclencheraient magiquement des casses en manifestation. Ce fait surprenant a été évoqué de manière très sérieuse par Le Canard Enchaîné du mercredi 9 décembre 2020. Le Canard est formel :

      « selon la préfecture de Police, (…) les modes opératoires sont rodés. Au signal d’un parapluie qui s’ouvre, tout le monde enfile sa tenue de combat –noir intégral. (…) et le groupe passe à l’action ».

      Trois jours plus tard une certaine Moun était arrêtée parce qu’elle coïncidait avec le mode opératoire révélé par Le Canard selon les indications de la préfecture de Police trois jours auparavant. Le Canard est toujours très bien informé sur ce qui se pense (ou plutôt ne se pense pas) au sommet de l’État, parce que c’est directement là qu’il se tuyaute pour trouver des infos. C’est ici qu’on comprend, qu’au sommet de l’État, il se raconte des histoires qui se médiatisent et qu’ensuite cette médiatisation transforme ces bobards en réalité.

      #manifestation #police #media #maintien_de_l'ordre #black_bloc

  • L’info qui occupait ma radio ce matin : le gouvernement britannique, qui a merdé la crise Covid, fait du bruit au sujet d’une nouvelle « mutation », histoire qu’on croit que c’est peut-être pas sa faute. Ami journaliste, on appelle ça : « faire un raoult » ; ça veut dire que c’est pas intéressant.

    (Sérieusement : des articles sur une mutation du virus qui accélérerait, ou pas, ou moins, ou plus, sa transmission, c’est plusieurs fois par mois sur les interwebz.)

    • Oui, ils préfèrent les conjectures (je connais ça aussi, et sur les #mutations virales et leur danger, pour quiconque s’intéresse à la chose, il y a de quoi), que de dire le vrai tel qu’on peu l’établir. Des gros trucs qui cartonnent ( tabassent, comme peut le dire un des langage d’jeunes), plutôt que des « détails » utiles (aérosol ou hypothèse de la suppression nulle part). Comme ils préfèrent mettre en avant Zemmour ou Raoult.

      Dans la domination d’un imaginaire capitaliste (ses clôtures, idéalistes à tout prendre), faut bien laisser un peu d’espace à une imagination qui invente et cherche des rapports entre réalité et potentiel, concéder de la place à cette ressource gâchée, détruite, empêchée, qui reste une nécessité de base (voir le bel entretien à partir de la pandémie de Stengers https://seenthis.net/messages/892363)

      #covid-19 #media #information_scientifique