• Réforme des retraites : les risques d’une radicalisation
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/21/retraites-les-risques-d-une-radicalisation_6026684_3232.html


    Manifestation contre la réforme des retraites, à Versailles, le 20 janvier, où Emmanuel Macron recevait par ailleurs de grands patrons.
    PHILIPPE LOPEZ / AFP

    Editorial. De nombreux actes violents ont été commis ces derniers jours en marge de la mobilisation contre la réforme. Pour éviter le point de rupture, Emmanuel Macron doit mieux expliquer sa politique et traiter sans transiger les violences policières.

    Editorial du « Monde ». Journée presque ordinaire en France : lundi 20 janvier, tandis qu’Emmanuel Macron accueille à Versailles deux cents grands patrons étrangers dans le cadre de l’opération « Choose France », de deux cents à trois cents personnes manifestent dans la ville, munies de pancartes : « Macron dégage ». Le conflit autour de la réforme des retraites a beau perdre en puissance, trains et métros ont beau circuler presque normalement, l’atmosphère s’alourdit. Après plusieurs semaines d’un mouvement social qui s’est caractérisé, il faut le saluer, par le nombre réduit d’incidents de la part des grévistes, le risque d’une radicalisation s’accentue.

    La cible, c’est évidemment Emmanuel Macron et son gouvernement, qui veulent présenter la réforme des retraites, vendredi, en conseil des ministres, puis la soumettre au Parlement. En réponse, des petits groupes s’organisent pour perturber leurs sorties publiques et privées : vendredi soir, plusieurs dizaines d’opposants se sont rassemblés devant le Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, où le chef de l’Etat passait la soirée. La veille, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa avait été vivement prise à partie par des militants lors d’une réunion publique à Paris. Lundi, le ministre de la culture, Franck Riester, a renoncé à présenter ses vœux pour éviter de voir la cérémonie perturbée.

    Les crispations s’accentuent
    Des députés de la majorité sont également menacés, mais la cible, c’est aussi la CFDT, qui a accepté, le 11 janvier, avec la CFTC et l’UNSA, de conclure un compromis avec le gouvernement en échange du retrait d’un âge pivot applicable dès 2022, ouvrant la voie à l’instauration d’un système universel par points. Pour la seconde fois en quatre jours, le siège parisien du syndicat a été investi, cette fois-ci par une quinzaine d’hommes cagoulés qui ont brièvement coupé l’électricité, en dénonçant « une collaboration de classe ». Revendiquée par la CGT-Energie, l’action a été condamnée « à titre personnel » par Philippe Martinez, le secrétaire général de la confédération, qui se montre néanmoins impuissant à contenir les débordements d’une fraction de ses militants.

    La multiplication de ces actions est inquiétante, car elle revient à fouler les principes qui fondent la démocratie : discussion, quête du compromis et acceptation de celui-ci. La dérive est suffisamment forte pour que tous ceux qui sont attachés à la démocratie s’en soucient et la dénoncent. S’il est vrai que le gouvernement a mal expliqué sa réforme, on ne peut lui reprocher d’avoir fait la sourde oreille : les syndicats ont été reçus à maintes reprises ; semaine après semaine, ils ont obtenu que la copie soit amendée et améliorée. De plus, le texte n’est pas figé, dans la mesure où les conclusions de la conférence sur le financement à laquelle ils participent ont vocation à être intégrées au projet de loi au printemps.

    Emmanuel Macron n’est pas le premier président exposé à la radicalité. Portraits brûlés, effigies pendues, insultes lors des déplacements, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont, eux aussi, connu leur lot d’épisodes violents. Mais, depuis deux ans et demi, les crispations s’accentuent. La personnalité du chef de l’Etat et le poids des réseaux sociaux ont exacerbé les tensions. Pour éviter le point de rupture, Emmanuel Macron doit redoubler d’efforts pour tenter d’expliquer sa politique, qui reste largement incomprise. Il doit aussi traiter sans transiger les violences policières, qui contribuent elles aussi à cette dangereuse surenchère.

  • Pourquoi Acrimed ne rejoindra pas le Conseil de déontologie journalistique et de médiation – Par Michel Ducrot
    https://www.les-crises.fr/pourquoi-acrimed-ne-rejoindra-pas-le-conseil-de-deontologie-journalistiqu

    Source : ACRIMED, Michel Ducrot, 16-01-2020 En qualité d’observatoire critique des médias, Acrimed s’est intéressée à la création du Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) [1]. À peine née (et à vrai dire avant même sa naissance), cette instance tripartite, regroupant des représentants des journalistes (organisés ou non), des patrons de presse (pudiquement rebaptisés « éditeurs ») et du public, suscite déjà le débat… voire la controverse. Nous y revenons dans ce texte. Un rapide point d’histoire pour commencer. L’idée d’un conseil de la presse en France n’est pas nouvelle. Ainsi le CDJM n’est-il ni plus ni moins que l’émanation lointaine de l’Association de préfiguration d’un conseil de presse (APCP) fondée en décembre 2006 par Yves Agnès, ancien rédacteur en chef du Monde, et présidée par (...)

  • Leaderless rebellion : how social media enables global protests | Financial Times
    https://www.ft.com/content/19dc5dfe-f67b-11e9-a79c-bc9acae3b654
    https://www.ft.com/__origami/service/image/v2/images/raw/http%3A%2F%2Fprod-upp-image-read.ft.com%2Fd09ac932-f733-11e9-9ef3-eca8fc8f2d65?s

    The mass protests that have broken out during the past year in Asia, Europe, Africa, Latin America and the Middle East share other important characteristics. They are usually leaderless rebellions, whose organisation and principles are not set out in a little red book or thrashed out in party meetings, but instead emerge on social media. These are revolts that are convened by smartphone and inspired by hashtags, rather than guided by party leaders and slogans drafted by central committees.

    The rallying power of social media is a crucial enabler for leaderless movements. When the Hong Kong demonstrations broke out in June, Joshua Wong — the most high-profile democracy activist in the territory — was in jail. In Moscow, a month later, the Russian government moved swiftly to arrest Alexander Navalny, a leading opposition figure, but demonstrations continued without him. In Lebanon, France and Chile, authorities have searched in vain for ringleaders.

    Across the world, demonstrators are using similar technologies to organise and spread their messages. Messaging services that offer end-to-end encryption — such as Telegram — are hard to spy on and are very popular. Facebook groups and Twitter allow amorphous protest movements to crowdsource ideas and articulate grievances.

    Social media also allows a movement in one place to take inspiration from news of revolts in another. The occupation of the airport in Barcelona last week was a tactic borrowed from Hong Kong. Hong Kong demonstrators have been seen carrying the Catalan flag. The Sudanese and Algerian uprisings this year borrowed each other’s imagery and slogans — in a similar fashion to the Arab Spring revolts of 2011.

    Après avoir dit tout le mal qu’il pensait des mouvements européens, le Financial Times semble se réjouir de l’équivalent à Hong Kong. Va comprendre ;-)

    “Be formless, shapeless, like water” has been a rallying cry of almost five months of protests that have rocked Hong Kong. The slogan, originally coined by the city’s most famous son and kung-fu movie star Bruce Lee, embodies the nimble and creative strategies of protesters who have no leader and mostly mobilise through social media.

    Hong Kong’s worst political crisis in decades, triggered by the controversial extradition bill, has evolved into a youth-led movement demanding universal suffrage. Many protesters experienced their political awakening during the pro-democracy demonstrations of 2014 now known as the Umbrella Movement — which ended in failure, with several of its leaders imprisoned.

    The protesters learnt their lesson. Now, demonstrations are largely leaderless and decentralised with activists using social media to co-ordinate and mobilise anonymously in the shadow of China’s rapidly-expanding surveillance state. Once an idea gains traction online, smaller groups spin off to co-ordinate specific actions.

    Posters are shared in Telegram chat groups to thousands of followers, who print them out and post them around the city. Crowdfunding campaigns have raised more than $15m to pay for medical bills, legal fees and advertisements in international papers. And in a city where the iPhone is ubiquitous, Apple’s Airdrop function allows information to spread rapidly at protests, where people track police movements with regularly updated live maps. GitHub pages compile video feeds from news broadcasters for supporters watching at home.

    As the movement has evolved, radical protesters also use social media to gauge public opinion, adjusting and explaining the intensity of their violence to avoid alienating moderate supporters.

    #Mouvements_sociaux #Mouvements_connectés #Emeutes_2019 #Médias_sociaux

  • Selfie, avoir 16 ans à #Naples

    Alessandro et son meilleur ami Pietro, équipés d’un iPhone, filment leur vie à Traiano, un quartier de Naples contrôlé par la mafia locale et connu pour ses trafics de drogue. Les deux jeunes racontent leur amitié et aussi l’histoire de leur ami Davide, qui a été tué par un carabinier. Davide avait seize ans, leur âge aujourd’hui.


    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/55207_1
    #film #documentaire #film_documentaire
    Filmé en #smartphone...

    #violences_policières #meurtre #Traiano #jeunes #jeunesse #camorra #quartiers_populaires #Davide_Bifolco #médias #police #impunité #Italie

  • Post-democracy : there’s plenty familiar about what is happening in Bulgaria | openDemocracy
    https://www.opendemocracy.net/en/can-europe-make-it/bulgaria-post-communism-post-democracy

    par Anna Krasteva, une vision de l’évolution depuis la chute du mur en Bulgarie. Très intéressant. Ca recoupe pas mal des choses dites par Gorbatchev dans son dernier livre sur le rôle du néo-libéralisme et des médias dans le retour de l’extrême droite.

    Six months, six years, six decades – this is how Ralf Dahrendorf (1990) summed up, in a remarkably succinct way, the post-democratic transition: creating the institutions of parliamentary democracy, laying the foundations of a market economy, building civil society.

    The future looked clear and bright as a single three-dimensional transformation joining the ‘end of history’. I want to offer a different idea of the three transformations taking place over the last three decades: post-communist, (national) populist, post-democratic.

    Democratic transformation

    “And it should be considered that nothing is more difficult to handle, more doubtful of success, nor more dangerous to manage, than to put oneself at the head of introducing new orders,” Machiavelli tells us. What is amazing about post-communist democratization is the exact opposite – how easily the democratic discourse became dominant and how quickly its symbolic-ideological hegemony was established and claimed as an “unparalleled success story.” Democratization was an explicitly formulated and designated political project realized with the consensus and contribution both of elites and citizens.

    National-populist transformation

    “In … its frontal attack on the liberal-democratic order and its protagonists, the radical right becomes a transformative force, and can indeed be said to be transforming the transformation” – this is how Мichael Minkenberg diagnosed the reversal of the democratic transformation. National-populism emerged on the Bulgarian political scene in the form of a democratic paradox: in the 1990s, democracy was fragile, but there were no strong radical far right parties; once democracy was consolidated, radical right-wing parties appeared, such as Ataka in 2005, and immediately achieved success. Thereafter we see a multiplication and diversification of far-right political actors, on the one hand, but a single enduring symbolic cartography on the other: identitarianism, post-secularism and statism. The identitarian pole concentrates on the overproduction of Othering (Roma, immigrants, LGBT, etc.) giving rise to a politics of fear.

    Another aspect of this mainstreaming of rightwing populism is the transformation of civil society into an uncivil society through the media’s aesthetic glorification of extremist “bad guys.” Vigilantes who catch refugees along the borders, leaders of football hooligans, and young people attending torch-lit marches commemorating fascist leaders have become the darlings of the Bulgarian media. Here, two opposing processes interfere with and intensify each other: ordinary extremists are turned into media heroes; media celebrities are transformed into attractive bad guys.

    Post-democratic transformation

    This is based on Colin Crouch’s concept of post-democracy as a process in which the democratic institutions continue to exist but increasingly turn into a hollow shell, as the engine of development and change shifts away from them and the democratic agora, and towards narrow private non-transparent economic-political circles.

    One characteristic manifestation of this third transformation, and a key actor, is the post-democratic party: in it, activists are replaced by lobbyists and campaigns by capital. The post-democratic party maintains close contacts less with the inside circle of its activists than with the “ellipse” of its “rings of firms”. The post-democratic party is an ideal type whose manifestations can be found in a number of parties

    An institutional vacuum has been created and it has been filled by non-public (corruption) regulations. The institutions are inactive, except when they are used for resource distribution or private score-settling among rival clientelistic networks (oligarchic circles). These networks, which include criminals, businessmen, politicians, police officers, judges, prosecutors, public figures and religious persons,[1] create a parallel regulatory order. The centre of power in this type of state is outside its institutions. The informal prevails over the public at all levels and in the private lives of people.

    This “absent” state, in which institutions formally exist but have been emptied of the common interest and captured by narrow private interests, and in which the different branches of government do not control each other but are intertwined in informal networks which have appropriated the true centre of power, is the manifestation par excellence of post-democratic transformation.

    High income inequalities expose the existence of social deficits and imbalances. But abstentionism – both as a protest vote and as self-exclusion from a political process which is perceived as excluding people – is a clear political manifestation of the disengagement of citizens. Since 1990, voter turnout in parliamentary elections has declined both in percentage and absolute numbers: from 1990 to 2017 the total population in Bulgaria declined from 8.7 million to 7 million, while the number of people who voted in parliamentary elections decreased from 6.1 million to 3.4 million.

    Post-democracy is the latest wave of post-communist transformation. It is the result of state capture and the alienation of citizens from the democratic project – socially through inequalities and politically through voter abstentionism. Yet the post-democratic transformation is the most invisible because it does not propose a new political project, but leaches away from democracy attractiveness, content, a horizon, a “metaphysic of hope”.

    Could the citizens who have constituted themselves as active and engaged citizens in the post-communist period ever succeed in reversing the tendency of erosion of democratization and in opening up a horizon for a fourth, positive, transformation? This remains to be seen.

    #Post_démocratie #Anna_Krasteva #Post_communisme #Bulgarie #Médias #Extrême_droite

  • Pourquoi les CM ne seront jamais remplacés par les chatbots
    https://www.ladn.eu/adn-business/digital/reseaux-sociaux-digital/mort-programmee-community-managers-2020

    Si le rôle des community managers évolue, les réseaux doivent rester « sociaux » pour conserver leur valeur ajoutée : être un canal d’échange privilégié entre les marques et leur audience.

    Ce n’est plus un secret, en dehors des marques affinitaires à la communauté de passionnés, même les plus gros annonceurs pâtissent de la logique « pay to play » des plateformes sociales.
    Sur un feed saturé, l’algorithme de Facebook doit faire des choix

    L’algorithme du réseau social de Mark Zuckerberg a déjà rendu quasi nul le reach organique des pages de marques et depuis il se complexifie. L’engagement sur une publication ne favorise plus si facilement sa viralité. Seules les interactions qualitatives comptent pour déterminer le reach. Par exemple, les débats sur une vidéo entre fans ou la durée de visionnage, mais plus les simples « j’aime » (forme d’adhésion au contenu plus faible). Instagram teste d’ailleurs la suppression de l’affichage du nombre de likes sur les publications.
    Privilégier les objectifs de notoriété

    Facebook conseille aux annonceurs d’arrêter les campagnes de recrutement et d’engagement, aux coûts devenus prohibitifs, au profit des objectifs de notoriété et vue de vidéo. Une diffusion publicitaire qui s’effectue surtout en « dark ». Il n’est d’ailleurs plus possible de sponsoriser ses publications auprès de sa propre base de fans, sauf en ayant enregistré préalablement cette audience.

    On est donc dans une démarche de diffusion massive plutôt que de construction et fidélisation de communauté. Exit les enjeux conversationnels qui laissent place à une communication top-down par campagne plus proche des médias traditionnels. Même s’il reste des traces de logique conversationelle avec l’objectif de campagne « Envoyer un message ».
    Une femme avec un t-shirt rose qui prend un selfie devant un fond bleu Lire aussi Social media : 4 bonnes pratiques qui deviennent des mauvaises habitudes
    Vers un abandon de l’animation des pages au profit d’une logique média ?

    Certaines marques ne publient désormais que très peu et ne sponsorisent que les contenus relatifs à leurs temps forts. Pourquoi s’embêter à produire régulièrement du contenu pour leurs fans s’ils ne le voient pas et qu’on ne peut plus le leur pousser ?

    #Médias_sociaux #Publicité #Facebook #Community_managers

  • “Les jeunes sont de plus en plus nombreux à vouloir quitter les réseaux sociaux” - Le monde bouge - Télérama.fr
    https://www.telerama.fr/monde/les-jeunes-sont-de-plus-en-plus-nombreux-a-vouloir-quitter-les-reseaux-soci

    Une interview de Anne Cordier sur les pratiques des jeunes par Olivier Tesquet.

    Leur usage immodéré du numérique ferait-il des jeunes d’aujourd’hui des mutants,
    voire des idiots ? Rien ne le prouve, affirme Anne Cordier, spécialiste en sciences de l’information et de la communication. S’ils reconnaissent avoir du mal à se déconnecter, ils sont aussi conscients des risques qu’ils encourent.

    On les observe d’un air interdit en train de manipuler leurs téléphones avec agilité. Pour les adultes inquiets, ce serait tout vu : les adolescents et les jeunes adultes d’aujourd’hui sont des créatures numériques d’un genre nouveau, accros à des écrans qui les abrutissent. Comme le proclame le best-seller du neuroscientifique Michel Desmurget, nos enfants risqueraient de devenir des « crétins digitaux ». À rebours de ce diagnostic alarmiste, Anne Cordier, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Rouen, autrice de Grandir connectés (C&F éditions, 2015), observe et interroge les jeunes depuis une dizaine d’années, du collège aux premières aventures post-bac. Avec bienveillance, elle déconstruit l’image d’Épinal dans laquelle nous les enfermons contre leur gré. Car leurs usages sont bien plus complexes qu’il n’y paraît.

    #Anne_Cordier #Pratiques_numériques #Digital_natives #Médias_sociaux #Culture_numérique

  • #Hirak algérien : le torrent endigué | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/opinion/hirak-algerien-le-torrent-endigue

    Le visage du hirak perdait peu à peu les traits du jeune chômeur issu des quartiers déshérités, du père de famille incapable de joindre les deux bouts
    À mesure que les vendredis passaient, ce visage se transformait donc subtilement pour prendre des teintes plus lisses, des yeux moins usés par les larmes, une bouche plus rassasiée !

    Ce sont ces « bonnes têtes » que l’on retrouve dans les images d’Épinal, et notamment sur les unes des #médias étrangers, qui ont fini par transfigurer le hirak à leur image, c’est-à-dire : le rendre profondément dépolitisé !

    Comparable dans sa mise au pas disciplinaire et son angélisme exacerbé au mouvement « Rébellion Extinction », le hirak devint donc ce qu’il ne faut surtout pas être face à un adversaire aussi redoutable que le régime algérien : exemplaire, inoffensif et malléable.

    [...]

    À la fougue et à l’esprit dissident des premières semaines s’est substitué un rituel hebdomadaire gentillet qui réagit au fur et à mesure aux polémiques et provocations du pouvoir en place et qui semble satisfait du seul fait d’occuper la rue lors de ce qu’on appelle « marches » au lieu de « manifestations ».

    Folklorisé à souhait, assaini et expurgé de son caractère social, le soulèvement devenu avec le temps simple interjection polie, a donc donné tout le temps nécessaire aux décideurs et fossoyeurs d’une liberté rêvée et possible, pour jouer sur les clivages, mettre de l’ordre dans leurs propres conflits internes et mater ce qui devait être un jour de février… une révolution !

    #dépolitisation #politique

  • Migranti, sbarchi dimezzati in un anno. Meno delitti (non in famiglia)

    Commentaire de Salvatore Monni sur twitter:

    Un titolo dove si mettono insieme due notizie che non hanno nulla in comune tra loro ma che messe insieme fanno pensare che vi sia un nesso di casualità. Il @Corriere
    oggi ci è riuscito. Chi scrive su grandi giornali ha grandi responsabilità.

    https://twitter.com/salvatoremonni/status/1209890990682787841

    #médias #titre #journalisme #presse #migrations #criminalisation #préjugés #asile #réfugiés #statistiques #chiffres #arrivées #criminalité #crimes #délits

  • Comment les Gafam sont devenus, en dix ans, des puissances impériales – Economie | L’Opinion
    https://www.lopinion.fr/edition/wsj/comment-gafam-sont-devenus-en-dix-ans-puissances-imperiales-206796

    Un bon résumé des conséquences de la concentration des géants de l’internet sur la confiance dans ce réseau

    Le tournant de la perception du public à l’égard des entreprises de la tech s’est produit en 2016, dans le sillage du référendum britannique sur le Brexit et de la présidentielle américaine, explique Margaret O’Mara, professeur d’histoire à l’université de Washington. Les autorités américaines sont arrivées à la conclusion que la Russie s’est ingérée dans les élections aux Etats-Unis en déversant des éléments de propagande sur les réseaux sociaux. Moscou est également accusée d’avoir joué un rôle similaire dans le référendum sur le Brexit.

    « On s’attendait à ce que ces entreprises aient le contrôle de leurs créations », note le professeur O’Mara. « Maintenant, cela ressemble davantage au monstre de Frankenstein. » Facebook, YouTube de Google et Amazon ont permis une croissance sans entrave de leurs plateformes depuis si longtemps qu’elles sont devenus difficiles à surveiller.

    Les sentiments des Américains à l’égard des entreprises de la tech ont changé de manière notable ces dernières années. Un sondage du Pew Research Center de juillet a montré que les adultes américains les classent au deuxième rang - derrière les églises et les organisations religieuses - pour leur impact positif sur le pays. Mais le pourcentage de ceux qui sont de cet avis cette année n’était que de 50 %, contre 71 % en 2015. Quant à ceux estimant que les entreprises de la tech ont un impact négatif, ils sont passés de 17 % à 33 %.

    Figurant au rang des plus grandes inquiétudes, Facebook a été utilisé pour diffuser des fakes news et des théories conspirationnistes, promouvoir le génocide et diffuser en direct une fusillade de masse en Nouvelle-Zélande.

    YouTube fait face à plusieurs des mêmes critiques. Il a construit des algorithmes conçus pour maximiser le « temps de visionnage » qui ont également aidé les théoriciens du complot à se constituer une audience massive. Fin 2016 et début 2017, son créateur de contenu numéro un, Felix « PewDiePie » Kjellberg, a diffusé à plusieurs reprises des images nazies et du contenu antisémite à ses plus de 50 millions d’abonnés à l’époque. Il a même été célébré par le principal site web néo-nazi. M. Kjellberg disaient à l’époque que ces contenus n’étaient qu’une « blague ».

    L’énorme main-d’œuvre contractuelle embauchée par les entreprises a eu du mal à suivre le rythme du volume de contenu violent, pornographique et autre contenu illégal qui est uploadé chaque minute.

    Dans le même temps, les entreprises sont critiquées pour leur pouvoir de déterminer ce que nous voyons et ne voyons pas.

    « Ces individus ne devraient pas décider quels discours sont autorisés dans le monde », pense Zeynep Tufekci, une professeure de l’Université de Caroline du Nord qui étudie l’impact de la technologie sur la société. Elle les décrit comme des « entités souveraines de facto » étant donné leur échelle massive, et rappelle comment, chez Facebook et Alphabet, la prise des décisions revient en ultime ressort à leurs fondateurs. Mark Zuckerberg, chez Facebook, dirige son empire par le biais du contrôle des actions, tout comme Larry Page et Sergey Brin chez Alphabet, bien que ces deux derniers aient récemment abandonné leurs postes de dirigeants.

    #Internet #Fake_news #Censure #Désamour #Médias_sociaux

  • « Dernière sommation » : quand la violence de l’État se croit légitime

    Allo, place Beauvau. Quand le journaliste #David_Dufresne commence à recenser les violences policières contre les gilets jaunes sur Twitter le 4 décembre 2018, il utilise cette interpellation directe au ministère de l’Intérieur (dont les bureaux sont situés dans l’hôtel Beauvau, dans le 8e arrondissement de Paris).

    En ce frisquet jour d’hiver, alors que commence ce qu’on a appelé l’« acte 3 » de la révolte française, Dufresne est sidéré par le silence des médias devant des #violences_policières qui lui apparaissent de plus en plus nombreuses et injustifiées. Il relaie des images captées par un adolescent bordelais montrant un camarade touché au visage par le tir d’un CRS.

    Ce sera le début, pour le journaliste désillusionné, collaborateur de Mediapart et auparavant de Libération, d’une quête de justice à coups de signalements sur Twitter — plus de 850 aujourd’hui. Cette année passée dans le ventre des manifs, pour laquelle il a été récompensé d’un Grand Prix du journalisme, est racontée d’une plume alerte et rythmée dans le roman Dernière sommation. Une lecture captivante et dérangeante, de laquelle on ressort habité par une grande question philosophique : qui a le droit d’être violent, et comment ?

    Comment nos sociétés en sont-elles venues à considérer une violence légitime, celle des policiers, et une violence répressible, celle des manifestants ? Les images sanguinolentes s’accumulant sur le compte Twitter de Dufresne posent le constat indéniable d’une violence policière que les autorités politiques ne sanctionnent guère, ni ne tentent de contenir.

    « Ne parlez pas de répression et de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit », déclare Emmanuel Macron le 7 mars. Pour David Dufresne, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Lui reviennent en tête les mots de Max Weber : « L’État revendique le monopole de l’usage légitime de la force physique. »

    « Je préférerais que ces paroles de Weber ne soient pas aussi criantes de vérité, lance-t-il, dépité. Mais, dans la France des gilets jaunes, elles résonnent plus que jamais. »

    Au fil des chapitres de #Dernière_sommation, le lecteur québécois pourra d’ailleurs associer à la situation française le souvenir amer du règlement P6 pendant le printemps étudiant — Dufresne a lui-même vécu à Montréal pendant une dizaine d’années et le mentionne comme une dérive similaire.

    « J’avais en tête ce qui s’est passé à Montréal en écrivant le roman, précise-t-il. Mais la situation de la France est plus tragique encore, puisque les forces policières relèvent directement du ministère de l’Intérieur et que les liens avec le politique sont encore plus étroits, constituant une menace plus grande à la démocratie et à l’expression des droits de la personne. Ça prend aussi une tournure particulière puisque la France est un pays doté d’une forte tradition de révolte populaire, dont la Déclaration des droits de l’homme reconnaît au peuple le droit de se soulever. Ce droit est tout à fait grignoté en ce moment. »

    Un roman pour prendre du recul

    Très ancré dans le réel et très proche des événements vécus par Dufresne lui-même, Dernière sommation prend tout de même des libertés et s’enrobe de fiction « pour constituer un poste d’observation plus large ». L’ex-journaliste y devient une version encore plus « punk » de lui-même, en la personne d’Étienne Dardel, père de famille aspiré par le mouvement des gilets jaunes de façon quasi obsessionnelle. S’intéressant d’abord aux manifestants — ceux de gauche, comme cette jeune idéaliste prénommée Vickie, ou ceux de droite, comme la mère éplorée de cette jeune militante —, le romancier dessine aussi les personnalités de préfets de police embrigadés dans les filets de l’État ou de policiers aux prises avec un syndicat impuissant.

    « La fiction m’a permis de composer des personnages cohérents en m’inspirant d’une très grande quantité de personnes croisées au fil de mon année à documenter la violence, souligne Dufresne. Mais, surtout, j’ai pu utiliser le roman comme une manière de sortir de la fournaise de l’actualité brûlante et d’essayer de tirer des conclusions, ou de trouver une signification au chaos. »

    Il n’est pas insensible à la douleur des policiers épuisés par d’éreintantes journées sur les ronds-points ou pris en étau entre le sens du devoir et le regard compassionnel qu’ils ne manquent pas de poser sur les manifestants. « Néanmoins, la souffrance des policiers ne doit pas se retourner contre les manifestants », tranche-t-il.

    Dufresne, malgré des airs de militant anti-flic, est un apôtre de la nuance. Chez les gilets jaunes, un mouvement composite s’il en est, il voit autant de militants « admirables » que de représentants de tout ce qu’il exècre. « J’ai considéré que mon travail n’était pas de faire de la discrimination en fonction des idéologies avec lesquelles je sympathise. La violence de l’État est illégitime, qu’elle frappe à gauche ou à droite. »

    Autre constat sans appel du néo-romancier : « le journalisme est mort ». « Je ne dis pas que Twitter est la solution, nuance-t-il. Les possibilités des réseaux sociaux sont également fort limitées. Il y a peut-être une certaine forme de couverture directe sur Internet qui me semble salutaire, comme celle que fait par exemple un titre comme Streetpress. Mais, de manière générale, le milieu journalistique ambiant en France est acoquiné au pouvoir et diffuse une #pensée_unique. C’est un problème grave. »

    https://www.ledevoir.com/lire/568975/fiction-francaise-derniere-sommation-quand-la-violence-de-l-etat-se-croit-
    #violence #violence_étatique #légitimité #livre #recension #journalisme #presse #médias #réseaux_sociaux #twitter #maintien_de_l'ordre

    ping @davduf @karine4

  • Lebanon’s revolutionaries launch their own newspaper
    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2019/12/lebanon-revolution-uprising-newspaper-october-government.html

    The first issue of 17 Teshreen Newspaper was published Nov. 28. The newspaper’s name is Arabic for October 17, a reference to the day Lebanon’s anti-government uprising began — an uprising that is ongoing and hasn’t lost momentum.

    Journalists and social activists started the monthly newspaper, which is free of charge and full of articles, illustrations, crosswords and other quizzes inspired by the popular protests that broke out amid deteriorating economic and social conditions in Lebanon.

    Centered on the front cover of the black-and-white paper is a lyric from an Umm Kulthum song, “We are the people, there is nothing impossible for us.”

    In an op-ed titled “Our street is free … our voice is free,” Lebanese film director Bashir Abu Zeid writes, “We wrote to people by the people … We decided to write in praise of our revolution and to document its events. Lebanon has risen up and will never be the same again.”

    Contributions from journalists and activists abounded, including a piece from Lebanese journalist Khaled Saghieh titled, “The people want to take back the country.” Activist Ibrahim Halawi writes “Are we sectarian?” and activist Ward Ezzedine writes, “I am not an easy woman.”

    Several writers from Syria and Egypt contributed pieces. Syrian writer Furat Hammoud’s piece is titled “The intellectuals.”

    The newspaper also features illustrated portraits of the late activist Alaa Abu Fakhr, and Hussein al-Attar. Another page chronologically documents the most important events over 50 days of popular protests.

    “I discussed the idea of the newspaper with a friend of mine in one of the sit-ins on the fourth day of the demonstrations,” Abu Zeid told Al-Monitor, "but it was postponed as we got busy with the events that took place. Initially, we wanted to issue it on Nov. 17, on the revolution’s first month anniversary.”

    Five friends founded the newspaper and contacted writers and activists to write stories, Abu Zeid said. It took about two weeks to compile the paper. Abu Zeid said they printed 3,000 copies of the first issue to distribute at sit-ins in Beirut, Tripoli, Nabatiyeh and Tyre. He said they raised funds at the demonstrations, “especially from the Kafr Rumman roundabout in Nabatiyeh, and through contacts with friends.”

    A reprint of the first issue is already underway since the demand “exceeded our expectations,” Abu Zeid said. “We are working on the second issue, and the newspaper is open to anyone interested in contributing content that matches the paper’s subjects.”

    Abu Zeid explained that the newspaper is an alternative to other media outlets, which have come to serve political interests as opposed to popular ones. He said the newspaper explains why Lebanese are taking to the streets, and the nature of their demands. “At the same time, it helps in creating spaces for discussions," he said. "We hope that the newspaper will continue to be issued even if the protests are over.”

    Khodr Salame, a contributor to the newspaper, told Al-Monitor, “The value of this newspaper lies in the fact that it is the first outlet that connects the various sit-in squares, the working groups with their different backgrounds and messages, the wave of popular protests and the Lebanese people in general. When the newspaper team contacted me, I was very excited, as I believed since day one in the need for a platform to share ideas.”

    The newspaper was the topic of the day in Lebanon among demonstrators, who were eager to get a copy, especially since its website is still under construction. The newspaper is dear to the Lebanese, who are revolting for the first time since the end of the civil war in 1990.

    #liban #médias #hirak

  • Insultes, violences, velléités de censure : quand certains policiers et élus s’en prennent à la presse
    https://www.bastamag.net/Violences-policieres-haine-internet-amendements-journalistes-censure-liber

    Les intimidations se multiplient contre les journalistes qui filment, photographies ou documentent les violences policières lors des manifestations. Déjà, après Mai 68, certains syndicats policiers demandaient de « museler certaines radios insidieuses ». Une petite musique anti-journalistes se répand de la part de certains élus et organisations syndicales de policiers. Le 7 décembre, Le Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP), affilié à la CFE-CGC, a nommément ciblé cinq journalistes (...) #Décrypter

    / A la une, #Politique, Démocratie !, #Médias_libres

    #Démocratie_ !

  • With People in the Streets Worldwide, Media Focus Uniquely on Hong Kong | FAIR
    https://fair.org/home/with-people-in-the-streets-worldwide-media-focus-uniquely-on-hong-kong

    FAIR conducted a study of New York Times and CNN coverage of four important protest movements around the world: Hong Kong, Ecuador, Haiti and Chile. Those outlets were chosen for their influence and their reputation as the most important, agenda-setting outlets in the print and television media. Full documentation, including links to all articles in the sample, can be found here. All relevant results to “country+protests” on those outlets’ websites were counted, except purely rehosted content, since each protest began. This was March 15 for Hong Kong, October 3 for Ecuador, October 14 for Chile and July 7, 2018, for Haiti. The end date for the study was November 22, 2019.

    genre #acrimed #médias

  • Zeynep Tufekci, Twitter et les gaz lacrymogènes. Forces et fragilités de la contestation connectée
    https://journals.openedition.org/lectures/38417

    La revue Lectures/Liens Socio" est un outil collectif pour les sociologues, recensant la majeure partie des ouvrages de sociologie.

    Lecture par Matthieu Demory

    Depuis près d’une décennie, avec le déploiement massif des outils numériques, les mouvements sociaux contestataires prennent des formes diverses et inédites. Toutefois, les usages de Facebook, Twitter et bien d’autres réseaux sociaux n’en constituent pas uniquement des facilitateurs et ne résolvent pas tous les problèmes que les dissidents politiques rencontrent pendant leurs mobilisations. Une problématique sociale complexe que Zeynep Tufekci, activiste et professeure à l’Université de Caroline du Nord, met en lumière dans son ouvrage1. Cette ancienne programmeuse informatique qui se revendique comme techno-sociologue examine avec finesse les mutations que subissent les revendications collectives à l’ère des technologies numériques sans pour autant leur accorder un statut exclusivement bénéfique.

    Pour ce faire Zeynep Tufecki mobilise un spectre très large des sciences sociales. De la sociologie aux considérations historiques et politiques, en passant par une anthropologie fine des mobilisations contestataires, cet ouvrage présente une richesse de réflexions scientifiques, et ce, toujours à l’appui d’un fort empirisme. Le travail proposé repose sur de multiples méthodes : des expériences personnelles, des observations participantes, des entretiens avec des activistes, des analyses quantitatives de bases de données ainsi que des observations ethnographiques de comportements en ligne. Les enquêtes empiriques ont été menées en Égypte, aux États-Unis, au Liban, au Qatar, en Tunisie et en Turquie. A cela s’ajoutent des éléments de connaissance sur le mouvement des droits civiques aux États-Unis, le mouvement des parapluies à Hong Kong, les mouvements Podemos en Espagne et Syriza en Grèce. Et même si les réflexions reposent essentiellement sur des revendications antiautoritaires de gauche, Zeynep Tufekci s’attache à les comparer à d’autres formes de contestations, conservatrices notamment, tel que le mouvement du « Tea Party » aux États-Unis. Quand bien même, à la lecture, le parti pris de l’auteure semble évident, celui-ci n’entache à aucun moment l’objectivité des propos. L’enquête empirique est systématiquement mise en relation avec des théories et des données secondaires, assurant alors la justesse des analyses. En somme, cette production scientifique apporte des éléments de connaissance très riches. Il s’agit là d’un travail de qualité, original, qui plus est accessible aux candides des mouvements sociaux.

    La première partie de l’ouvrage intitulée « L’émergence d’un mouvement » se divise en quatre chapitres mettant en exergue les caractéristiques saillantes de la reconfiguration des contestations collectives au regard des réseaux sociaux et de leurs usages.

    L’auteure consacre la deuxième partie de son ouvrage, titrée « Les outils de l’activiste », à un examen des réseaux sociaux et de leurs fonctionnements.

    La troisième et dernière partie de cet ouvrage ; « Par-delà les manifestations », examine les rapports entre dissidents et gouvernements autoritaires, à l’aune des signaux mutuels que se transmettent les uns et les autres.

    « La technologie n’est ni bonne ni mauvaise ; et n’est pas neutre non plus »3 nous rappelle l’auteure dans l’épilogue. Il s’agit là d’une réflexion valable pour l’ensemble de l’ouvrage qui, en dialoguant systématiquement entre théorie et empirie, insiste sur la complexité des relations entre mouvements collectifs et réseaux sociaux. Ces contestations connectées profitent de nouvelles forces autant qu’elles souffrent de fragilités inédites. La diffusion d’information, le gain d’attention et la fédération d’individus éloignés géographiquement, culturellement ou même socialement, sont des éléments bénéfiques pour les mobilisations collectives. En revanche, parallèlement à une organisation fragile des mouvements, les médias sociaux, appropriés ou délégitimés par les gouvernements autoritaires, entrainent des formes nouvelles de censure et de contrôle des populations.

    #Zeynep_Tufekci #Liens_socio #Médias_sociaux #Mouvements_sociaux

  • Benjamin Redd 🏳️‍🌈 sur Twitter : “Some personal news. Today I was let go from my job at The Daily Star, my home for almost four years. I had been helping organize a strike because workers are owed up to half a year’s salary — despite the paper being owned by Lebanon’s billionaire prime minister .” / Twitter
    https://mobile.twitter.com/benredd/status/1202305286427549699

    #priorités #conflit_d'interêt #Liban #médias

  • Suivre la mobilisation du 5 décembre avec Basta ! et ses partenaires
    https://www.bastamag.net/greve-5-decembre-guide-des-participants-manifestations-retraites-assemblee

    Petit guide pour suivre le mouvement social qui commence le 5 décembre, avec Basta !. Basta !, ses partenaires et ses journalistes vous aident à suivre le mouvement de grève du 5 décembre, les manifestations et les assemblées générales, là où nous pouvons être présents. Un dossier spécial du portail des #Médias_libres vous proposera une sélection d’articles parmi les plus pertinents publiés par la presse indépendante, à consulter ici ou via l’application mobile (sur Androïd) à télécharger ici. Le site (...) En bref

    / #Luttes_sociales, Médias libres

  • En #Kiosque : La Brique N°60 - Automne 2019 - Invisibles, et pourtant... On est là

    2. Édito : S’arrêter au milieu de la rue...
    3. Transparence de la vie publique
    4-5. La démocratie -selon V. Spillebout
    6-7. Les CHU ont chu
    8. Accès aux soins des personnes trans
    9. Lutte des femmes de voyage à Hellemmes
    10. Crêpes-party des antispés
    10-11. Les clochard.es de Lille
    12-13. Liaisons Bien Dangereuses 2 (roman-photo)
    14. Camembert rose : Culture ! Agenda de l’automne.
    15. SNCF : espace « ventes » en colère
    16. Chroniques en jaune et noir (poésie)

     #la_brique #presse #médias #information

  • Donnez un nouvel élan à Basta !
    https://www.bastamag.net/Bastamag-media-independant-campagne-de-dons-soutien-des-lecteurs

    Votre soutien, en tant que lecteurs et lectrices, est le pilier de notre indépendance. Vous seuls pouvez nous donner le nouvel élan dont nous avons besoin pour aborder cette nouvelle décennie qui s’annonce cruciale sur bien des aspects. Objectif : récolter 100 000 euros d’ici le 31 décembre. Nous vivons une période de basculements. Basculement écologique, avec l’échéance climatique et des atteintes sans précédents à la biodiversité. Si les sociétés et les modes de production n’évoluent pas, la (...) #Chroniques

    / #Médias_libres, A la une

  • Inside Purdue Pharma’s Media Playbook : How It Planted the Opioid “Anti-Story” — ProPublica
    https://www.propublica.org/article/inside-purdue-pharma-media-playbook-how-it-planted-the-opioid-anti-story

    In 2004, Purdue Pharma was facing a threat to sales of its blockbuster opioid painkiller OxyContin, which were approaching $2 billion a year. With abuse of the drug on the rise, prosecutors were bringing criminal charges against some doctors for prescribing massive amounts of OxyContin.

    That October, an essay ran across the top of The New York Times’ health section under the headline “Doctors Behind Bars: Treating Pain is Now Risky Business.” Its author, Sally Satel, a psychiatrist, argued that law enforcement was overzealous, and that some patients needed large doses of opioids to relieve pain. She described an unnamed colleague who had run a pain service at a university medical center and had a patient who could only get out of bed by taking “staggering” levels of oxycodone, the active ingredient in OxyContin. She also cited a study published in a medical journal showing that OxyContin is rarely the only drug found in autopsies of oxycodone-related deaths.

    “When you scratch the surface of someone who is addicted to painkillers, you usually find a seasoned drug abuser with a previous habit involving pills, alcohol, heroin or cocaine,” Satel wrote. “Contrary to media portrayals, the typical OxyContin addict does not start out as a pain patient who fell unwittingly into a drug habit.”

    The Times identified Satel as “a resident scholar at the American Enterprise Institute and an unpaid advisory board member for the Substance Abuse and Mental Health Services Administration.” But readers weren’t told about her involvement, and the American Enterprise Institute’s, with Purdue.

    Among the connections revealed by emails and documents obtained by ProPublica: Purdue donated $50,000 annually to the institute, which is commonly known as AEI, from 2003 through this year, plus contributions for special events, for a total of more than $800,000. The unnamed doctor in Satel’s article was an employee of Purdue, according to an unpublished draft of the story. The study Satel cited was funded by Purdue and written by Purdue employees and consultants. And, a month before the piece was published, Satel sent a draft to Burt Rosen, Purdue’s Washington lobbyist and vice president of federal policy and legislative affairs, asking him if it “seems imbalanced.”

    Purdue’s tactics are reminiscent of the oil and gas industry, which has been accused of promoting misleading science that downplays its impact on climate change, and of big tobacco, which sought to undermine evidence that nicotine is addictive and secondhand smoke is dangerous.

    Media spinning was just one prong of Purdue’s strategy to fend off limits on opioid prescribing. It contested hundreds of lawsuits, winning dismissals or settling the cases with a provision that documents remain secret. The company paid leading doctors in the pain field to assure patients that OxyContin was safe. It also funded groups, like the American Pain Foundation, that described themselves as advocates for pain patients. Several of those groups minimized the risk of addiction and fought against efforts to curb opioid use for chronic pain patients.

    She has become an influential voice on opioids, addiction and pain treatment. Her writings have been published in The Wall Street Journal, USA Today, The Atlantic, Slate, Health Affairs, Forbes, Politico and elsewhere. She frequently appears on panels, television shows and in newspaper articles as an expert on the opioid crisis and pain prescribing guidelines. “We’ve entered a new era of opiophobia,” she recently told The Washington Post.

    Satel has been a resident scholar at the American Enterprise Institute since 2000. Among the notable figures who have spent time at AEI are the late Supreme Court Justice Antonin Scalia and former Trump national security adviser John Bolton. Current fellow Scott Gottlieb returned to AEI this year after serving as commissioner of the U.S. Food and Drug Administration, which approves and regulates prescription drugs like OxyContin.

    Purdue said its annual payments of $50,000 to AEI were part of the institute’s corporate program. That program offers corporations the opportunity to “gain access to the leading scholars in the most important policy areas for executive briefings and knowledge sharing,” according to the institute’s website.

    Purdue’s counterattack against an ambitious investigative series about OxyContin abuse may have contributed to that drop. An October 2003 series in the Orlando Sentinel, “OxyContin Under Fire,” found that Purdue’s aggressive marketing combined with weak regulation had contributed to “a wave of death and destruction.”

    The series, however, was marred by several errors that were detailed in a front-page correction nearly four months later. The reporter resigned, and two editors on the series were reassigned. While acknowledging the mistakes, the newspaper did not retract the series, and its review upheld the conclusion that oxycodone was involved in a large number of the overdoses in Florida.

    Dezenhall Resources, in an email, took credit for forcing the newspaper to issue the corrections. “Dezenhall’s efforts resulted in a complete front-page retraction of the erroneous 5-day, 19-part, front-page Orlando Sentinel series,” Hershow wrote in a 2006 email summarizing Dezenhall’s work for Purdue under the subject line “Success in Fighting Negative Coverage.”

    Purdue officials and the company’s public relations agencies came up with a 13-point plan to generate media coverage of the errors. It included getting a doctor to talk about how the series “frightened and mislead (sic) the people of Florida” and having a pain patient write a newspaper opinion column on the subject. The Sentinel series, one Purdue official wrote to other company executives and Dezenhall’s Hershow, was an opportunity to let the country know about “all of the sensational reporting on OxyContin abuse over the past 4 years. The conclusion: this is the most overblown health story in the last decade!”

    In the six years after Purdue challenged the Sentinel’s findings, the death rate from prescription drugs increased 84.2% in Florida. The biggest rise, 264.6%, came from deaths involving oxycodone. The state became a hotbed for inappropriate opioid prescribing as unscrupulous pain clinics attracted out of state drug seekers. The route traveled by many from small towns in Appalachia to the Florida clinics was nicknamed the “Oxycontin Express.”

    In 2017, 14 years after the Sentinel series was published, the Columbia Journalism Review described it as “right too soon” and said it “eerily prefigured today’s opioid epidemic.”

    Purdue also added Stu Loeser to its stable. The head of an eponymous media strategy company, Loeser was press secretary for Michael Bloomberg when he was mayor of New York City, and he is now a spokesman for Bloomberg’s possible presidential bid.

    Soon after Loeser began representing Purdue, Satel wrote in a 2018 piece for Politico headlined, “The Myth of What’s Driving the Opioid Crisis,” about “a false narrative” that the opioid epidemic “is driven by patients becoming addicted to doctor-prescribed opioids.”

    Loeser told Purdue executives in an email that “we are going to work with AEI to ‘promote’ this so it comes across as what it is: their thoughtful response to other writing.” His team was working to target the Satel story “to land in social media feeds of people who have searched for opioid issues and potentially even people who have read specific stories online,” he added.

    Loeser said in an interview that he didn’t end up working with AEI to promote the story. He said Purdue is no longer a client.

    Une belle bande d’ordures accoquinée avec une brochette de journaux peu regardants (quoique parmi les meilleurs du monde, ce qui est encore plus inquiétant).

    #Opioides #Sackler #Purdue_Pharma #Médias #Fake_news #Conflits_intérêt #Complicités #New_York_Times #Public_relation

  • C’était le mardi 5 novembre à 20 heures, à la MRES : « L’entreprise Macron » avec Rémi Lefebvre, co-directeur de publication de l’ouvrage collectif au titre éponyme (PUG, avril 2019).
    https://www.amis.monde-diplomatique.fr/Ecoutez-la-conference-de-Remi-Lefebvre.html

    https://www.amis.monde-diplomatique.fr/IMG/mp3/lille191105.mp3

    Comment résoudre l’énigme de l’élection d’Emmanuel Macron https://www.pug.fr/produit/1662/9782706143120/l-entreprise-macron , ce jeune homme politique dépourvu des ressources qui expliquent habituellement la victoire à une présidentielle ? Pour comprendre ce succès et saisir sa portée, l’ouvrage revisite la campagne et la mobilisation électorales, part à la recherche des électeurs de La République en Marche à la présidentielle et aux législatives puis, enfin, s’attache aux élites, cadres et militants d’une entreprise, dont le principal défi est désormais d’assurer sa pérennité. Les auteurs proposent ainsi quelques clés essentielles non seulement pour comprendre ce qui s’est joué en 2017, mais aussi pour interroger le nouvel ordre partisan et électoral qui s’est mis en place et ainsi éclairer l’avenir en montrant que toute nouvelle entreprise politique est une construction fragile.

    #médias #diplo #Le_Monde_diplomatique #macron #Radio #Audio #Lille #Rémi_Lefebvre #Radio_Campus_Lille https://www.campuslille.com/index.php/entry/categories/eul-bce

  • La jet-set des escrologistes, par Nicolas Casaux
    https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10156947033822523

    Dans le monde anglophone (et parfois aussi dans le monde francophone, pour certains, dont le travail est traduit en français) : George Monbiot, Naomi Klein, Bill McKibben. Dans le monde francophone : Nicolas Hulot, Cyril Dion, Aurélien Barrau, Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Delannoy, Maxime De Rostolan. Il y en a d’autres.

    Habitués des #médias de masse, ils tiennent des #discours qui, malgré quelques différences ou nuances, forment une même et unique perspective, correspondant à la définition grand public de l’écologisme.

    Ladite perspective s’appuie sur une évaluation très partielle de la situation. Sur le plan écologique, elle tend à réduire les nombreux aspects de la #catastrophe en cours à un problème de taux de #carbone dans l’atmosphère (réchauffement climatique), et de « ressources naturelles » que la civilisation (industrielle) doit — condition sine qua non de sa perpétuation, leur ambition principale — s’efforcer de mieux gérer. Que les autres êtres vivants, les autres espèces et les communautés biotiques qu’elles forment possèdent une valeur intrinsèque, ne se réduisent pas à de simples « ressources », est rarement évoqué.

    Sur le plan social, lorsqu’ils soulignent des problèmes, nos #escrologistes pointent du doigt les #inégalités économiques ou le chômage. Certains vont jusqu’à dire du mal du capitalisme, mais ne critiquent en réalité que certains excès du système économique dominant. D’autres fois, ils dénoncent, plus honnêtement, quelque « #capitalisme dérégulé » ou « débridé » (Naomi Klein dans "Tout peut changer"). Mais ils ne parlent que très rarement, voire pas du tout, des injustices fondamentales que constituent la #propriété privée, la division hiérarchique du travail, le #travail en tant que concept capitaliste, des rapports de #domination qu’implique une organisation technique de la #société — la bureaucratie, l’État. Ils n’expliquent jamais, ou très rarement et très timidement, sans rien en tirer, qu’à l’instar de l’État en tant que forme d’organisation sociale, les régimes électoraux modernes n’ont rien de démocratique, qu’ils relèvent plutôt de l’#aristocratie élective, et que leur fonctionnement est clairement verrouillé, garanti et gardé par divers mécanismes coercitifs, y compris par la #violence physique.

    Ils se contentent d’en appeler à une sorte de nouvelle révolution verte, au moyen d’un new deal vert (Green New Deal) qu’agenceraient les gouvernants. Car aux yeux de nos escrologistes, il s’agit toujours de compter, pour sauver la situation — pardon, la #civilisation, mais aussi la planète, prétendument, puisqu’il est possible et souhaitable, d’après eux, de tout avoir — sur les dirigeants étatiques ou d’entreprise. New deal vert censé permettre de créer des tas d’emplois verts, au sein d’entreprises vertes, dirigées par des patrons verts — une exploitation verte, une #servitude verte —, de donner forme à une civilisation industrielle verte dotée de commodités technologiques vertes, smartphones verts, voitures vertes, etc., alimentés par des énergies vertes, et ainsi de suite (on parle désormais, de plus en plus, d’énergies "non-carbonées" plutôt que d’énergies "vertes", ce qui permet, à l’aide d’un autre #mensonge, de faire rentrer le #nucléaire dans le lot ; partout, vous pouvez remplacer "vert" par "non-carboné" ou "zéro carbone", ou "carboneutre", l’absurdité est la même).

    Au bout du compte, leur #réformisme à la noix vise uniquement à repeindre en vert le désastre en cours : repeindre en vert les oppressions, les dominations, les injustices. À faire croire qu’il est possible de rendre verte, durable, la civilisation technologique moderne — une rassurance dont on comprend aisément pourquoi elle est la bienvenue dans les médias de masse, pourquoi elle plait à tous ceux dont c’est la principale ambition. Un mensonge grossier : rien de ce qu’ils qualifient de vert ne l’est réellement. Une promesse creuse et, au point où nous en sommes rendus, criminelle. Affirmer, en 2019, comme le fait Aurélien Barrau dans son livre de promotion de l’écologie, pardon, de l’#escrologie, que ce qu’il faut, c’est "que nous nous engagions solennellement à ne plus élire quiconque ne mettrait pas en œuvre des mesures fermes" (pour tout repeindre en vert), "que les citoyens n’envisagent même plus de choisir pour représentant quiconque ne s’engagerait pas" (à tout repeindre en vert), zut alors.

    On peut croire à tout ça. C’est très con, mais on peut y croire. Surtout lorsqu’on fait partie des puissants, de ceux qui tirent leur épingle du désastre actuel — mais pas seulement, puisque, conditionnement aidant (c’est à ça que servent nos escrologistes) c’est même la religion dominante.

    Mais comment font certains pour continuer à dire que nous voulons tous la même chose, que nous devrions cesser de critiquer ces #éco-charlatans parce que nous voulons comme eux au bout du compte, que nous sommes tous pareils, etc. ?!

    #greenwashing

  • Hongkong : un homme blessé et un autre transformé en torche humaine - Le Point
    https://www.lepoint.fr/monde/hong-kong-la-police-tire-a-balles-reelles-sur-des-manifestants-11-11-2019-23

    Face à la contestation, les autorités durcissent le ton. La police de Hongkong a ouvert le feu contre des manifestants lundi, blessant au moins l’un d’entre eux, ont rapporté des médias locaux, alors que de nouveaux heurts ont éclaté dans la région administrative spéciale. Un manifestant a été blessé par balle par un policier, un homme transformé en torche humaine et la circulation paralysée dans toute la ville... Lundi a été l’une des journées les plus violentes et chaotiques en cinq mois de mobilisation pro-démocratie.

    Vous avez compris comme moi que l’homme transformé en torche humaine est une victime de la police ? En fait, si on relit attentivement, on s’aperçoit que ce n’est pas vraiment dit, juste insinué...

    Ca tombe bien parce que l’info semble en réalité assez différente :
    http://french.almanar.com.lb/1550144
    « Hong Kong : les manifestants pro-démocratie brûlent vif un homme qui les critiquait. »
    Et apparemment les témoignages sont clairs : « L’agression d’une violence rare a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, dont les forums utilisés par les manifestants.
    Les trois vidéos de la scène qui y ont été postées montrent cet homme en t-shirt vert se disputant avec d’autres personnes sur une passerelle.
    Une des vidéos montre un homme en noir aspergeant la victime avec un liquide avant d’y mettre le feu, semant la panique chez les personnes autour. ».

    #médias #faits_alternatifs #fakenews