• Réapproprions-nous les médias !

    #Acrimed lance avec des associations, des organisations de #journalistes, des #médias, des #syndicats et des organisations politiques une déclaration commune pour se « mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias ». Cette déclaration, à diffuser et à signer largement, est une première étape dans la construction d’une mobilisation et d’initiatives communes pour transformer les médias.

    « Nous affirmons qu’il est temps de se mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias. Pour défendre le droit d’informer et le droit à être informé. Et pour que l’information devienne enfin un bien commun et non une marchandise. »

    Pour lire l’appel complet et signer : https://www.acrimed.org/Reapproprions-nous-les-medias



  • Acing the algorithmic beat, journalism’s next frontier » Nieman Journalism Lab
    http://www.niemanlab.org/2019/02/acing-the-algorithmic-beat-journalisms-next-frontier

    Algorithms shape large parts of everyday life: our interactions with other people, what products we purchase, the information we see (or don’t see), our investment decisions and our career paths. And we trust their judgment: people are more likely to follow advice when they are being told that it came from an algorithm rather than a human, according to a Harvard Business School study.

    Machines make mistakes

    Despite our growing reliance on algorithms, the Pew Research Center found that Americans are concerned with the fairness and effectiveness of computer programs that make important decisions in their lives. 58 percent feel that algorithms are likely to reflect some level of human bias.

    And they’re right. Even though algorithms can seem “objective” and can sometimes even outperform human judgment, they are still fallible. The notion that algorithms are neutral because math is involved is deeply flawed. After all, algorithms are based on data created by humans — and humans make mistakes and have biases. That’s why American mathematician Cathy O’Neil says: “Algorithms are opinions embedded in code.”

    Machine bias can have grave consequences. A hiring algorithm at a large tech company might teach itself to prefer male applicants over female applicants. Policing software that conducts risk assessments might be biased against black people. And a content recommendation algorithm might amplify conspiracy theories.

    #Algorithmes #Journalisme #Médias


  • #Trump et le coup d’État des #multinationales

    Comment Donald Trump a-t-il conquis la Maison-Blanche ? Au travers d’analyses d’observateurs et de paroles d’électeurs, Fred Peabody dessine le saisissant portrait d’une démocratie confisquée.

    Et si le 45e président des États-Unis n’était pas le symbole d’une ère nouvelle, mais au contraire l’aboutissement d’un processus entamé depuis de longues années ? Alors que la journaliste canadienne Naomi Klein a récemment comparé l’administration Trump à un « coup d’État des grandes entreprises », son compatriote philosophe John Saul (Mort de la globalisation, éd. Payot) estime, lui, que la confiscation de la démocratie et des biens publics par les intérêts privés a débuté dès la fin des années 1970, la première élection de Ronald Reagan en 1981 la rendant effective. Sa théorie du « coup d’État au ralenti » a notamment inspiré le journaliste Chris Hedges dans son analyse de l’état de l’Amérique. Pour lui, et certains de ses pairs, également interviewés ici, l’élection de Donald Trump ne constitue que le dernier rebondissement, le plus visible sans doute, d’une dérive à laquelle ses prédécesseurs démocrates, Bill Clinton et Barack Obama, ont activement prêté la main. Des pans entiers de la population américaine, notamment dans les anciennes régions ouvrières, ont ainsi été délibérément sacrifiés par les élites au nom de la libéralisation du marché, et la crise de 2008 a contribué à accélérer cet abandon.

    Outsiders
    En écho à ces réquisitoires très argumentés, le réalisateur Fred Peabody (Tous les gouvernements mentent) explore ainsi les villes dévastées de Camden (New Jersey) et de Youngstown (Ohio), anciens bastions industriels livrés au chômage et à la misère, où des sans-abri, citoyens jadis prospères, campent à deux pas de rangées de maisons murées. Et c’est l’aspect le plus passionnant, et le plus novateur, de son film, que de donner la parole à des électeurs de Trump qui, ni haineux, ni racistes, ni religieux fanatiques, expliquent pourquoi ils n’ont pu se résoudre, une fois de plus, à voter pour un parti qui les a rayés de la carte sans sourciller. Sans illusion sur Trump, ils lui reconnaissent une seule vertu : celle de l’outsider, méprisé comme eux par les politiciens professionnels et les médias. De Washington à la Rust Belt, la « ceinture de rouille », cette balade dans une Amérique oubliée fait puissamment écho à l’actualité française.


    https://www.arte.tv/fr/videos/084760-000-A/trump-et-le-coup-d-etat-des-multinationales
    #coup_d'Etat #USA #Etats-Unis #corporation #coup_d'Etat_permanent #impôts #fiscalité #élite #pouvoir_économique #démocratie #groupes_d'intérêt #intérêt_personnel #Mussolini #fascisme #corporatisme #propagande #médias #presse #lobby #Camden (New Jersey) #pauvreté #SDF #sans-abris #sans-abrisme #villes-fantôme #capitalisme #ghost-city #pillage #Youngstown (Ohio) #sidérurgie #industrie_sidérurgique #acierie #désindustrialisation #Rusting_belt #délocalisation #chômage #drogue #Manifeste_Powell #inégalités #richesse #pauvreté #ALENA #traité_de_libre-échange #accords_de_libre-échange #syndicats #prisons #privatisation_des_prisons #emprisonnement #divisions #diviser_pour_régner #racisme #sexisme #patriarcat #film #documentaire #film_documentaire


  • India Proposes Chinese-Style Internet Censorship - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/02/14/technology/india-internet-censorship.html

    NEW DELHI — India’s government has proposed giving itself vast new powers to suppress internet content, igniting a heated battle with global technology giants and prompting comparisons to censorship in China.

    Under the proposed rules, Indian officials could demand that Facebook, Google, Twitter, TikTok and others remove posts or videos that they deem libelous, invasive of privacy, hateful or deceptive. Internet companies would also have to build automated screening tools to block Indians from seeing “unlawful information or content.” Another provision would weaken the privacy protections of messaging services like WhatsApp so that the authorities could trace messages back to their original senders.

    Hum, pas forcément très différent de l’Article 13... quand les Le Pen (équivalent français de Narandra Modi) seront au pouvoir... Pas simple tout ça. Et puis si la Chine n’est plus la seule a devenir le repoussoir universel, où va-t-on ?

    Working independently as well as through trade groups, Microsoft, Facebook and dozens of other tech companies are fighting back against the proposals. They criticized the rules as technically impractical and said they were a sharp departure from how the rest of the world regulates “data intermediaries,” a term for companies that host data provided by their customers and users.

    In most countries, including under India’s existing laws, such intermediaries are given a “safe harbor.” That means they are exempted from responsibility for illegal or inappropriate content posted on their services, as long as they remove it once notified by a court or another designated authority.

    In a filing with the ministry last week, Microsoft said that complying with India’s new standards would be “impossible from the process, legal and technology point of view.”

    Officials have offered little public explanation for the proposals, beyond a desire to curb the kind of false rumors about child kidnappers that spread on WhatsApp a year ago and that incited angry mobs to kill two dozen innocent people. That wave of violence has since subsided.

    The coming national election has added urgency to the proposals. India’s Election Commission, which administers national and state elections, is considering a ban on all social media content and ads aimed at influencing voters for the 48 hours before voting begins, according to an internal report obtained by the news media. To buttress its legal authority to order such a ban, the commission wrote to the I.T. ministry last week asking it to amend the new rules to specifically prohibit online content that violates election laws or commission orders.

    C’est comme si ça me rappelait quelque chose...

    Et puis, le Alibaba local est dans la boucle. Y’a que les européens qui n’ont pas champion local à opposer aux GAFAM.

    One of the biggest cheerleaders for the new rules was Reliance Jio, a fast-growing mobile phone company controlled by Mukesh Ambani, India’s richest industrialist. Mr. Ambani, an ally of Mr. Modi, has made no secret of his plans to turn Reliance Jio into an all-purpose information service that offers streaming video and music, messaging, money transfer, online shopping, and home broadband services.

    In a filing last week, Reliance Jio said the new rules were necessary to combat “miscreants” and urged the government to ignore free-speech protests. The company also said that encrypted messaging services like WhatsApp, “although perceivably beneficial to users, are detrimental to national interest and hence should not be allowed.”

    Entre les architectures toxiques des plateformes et la toxicité des lois liberticides, on est malbarre.

    #Inde #Censure #Médias_sociaux #Article_13


  • #Didier_Porte n’a pas envie de loler
    https://la-bas.org/5442

    Ami abonné, toi qui as roulé ta bosse dans le monde dit du travail, bourlingué de jobs en tafs, pratiqué mille boulots et connu tous les milieux, tu l’as forcément croisé au cours de tes pérégrinations professionnelles : je veux parler du « petit merdeux ». Le petit merdeux est jeune, parfois brillant, souvent bien né et beau gosse, presque toujours de sexe masculin et persuadé d’appartenir à une race de seigneurs, ce qui, croit-il, l’autorise à faire chier ses contemporains en toute impunité. Et au final, quand on lui appuie sur le nez, il en coule du jus de fraise Tagada !Continuer la lecture…

    #Vidéo #Médias #Politique


  • Pour France Inter, « gilets jaunes » et antisémitisme ne font qu’un
    https://la-bas.org/5438

    « Qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois ! » C’est à Luc Ferry que reviendra le mérite d’avoir lancé le mot d’ordre désespéré d’une oligarchie prise de panique devant le soulèvement des « gilets jaunes ». Mais les forces de l’ordre ne sont pas seulement policières, il y a aussi des forces de l’ordre intellectuel et médiatique, au moins aussi violentes et qui s’exercent sans le moindre risque, en toute impunité. Sauf, malgré tout, quand un auditeur prend le temps d’analyser une tranche d’info. Il met alors en évidence la pratique de l’insinuation et de l’amalgame confusionnel qui vise à accuser les « gilets jaunes » d’antisémitisme, sans la moindre preuve. Utiliser cette arme revient à banaliser l’antisémitisme et donc à banaliser les actes antisémites. Voici le texte intégral que nous a adressé (...)

    #Articles #Médias


  • On ne joue pas avec l’antisémitisme !
    https://nantes.indymedia.org/articles/44538

    On ne joue pas avec le feu sous peine de le propager. Les actes antisémites doivent être condamnés et non instrumentalisés. Après avoir eu besoin de la présence de Marine Le Pen au 2nd tour pour accéder au pouvoir, pour mieux le conserver, la macronie amalgame honteusement l’insurrection citoyenne à l’oeuvre à un mouvement d’extrême-droite.

    #Médias #Répression #Resistances #-ismes #en #tout #genres #_anarch-fémin #antifascisme #gilets_jaunes #Médias,Répression,Resistances,-ismes,en,tout,genres,_anarch-fémin…,antifascisme,gilets_jaunes


  • L’ESJ Lille ouvre une enquête interne après des « chants homophobes » d’étudiants AFP - 13 Février 2019 - Le Figaro
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/13/97001-20190213FILWWW00139-l-esj-lille-ouvre-une-enquete-interne-suite-a-des

    L’École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille a ouvert une enquête interne suite à des « chants homophobes » et « discriminants » intervenus en février 2018, lors d’un tournoi de football inter-écoles organisé par les étudiants, a appris l’AFP aujourd’hui auprès de la direction.

    Hier, alors que les élèves évoquaient, en cours, l’affaire de cyberharcèlement sur les réseaux sociaux du groupe « Ligue du LOL » et les discriminations au sein des rédactions, « des étudiants nous ont fait remonter qu’il y avait eu des propos anormaux, à l’extérieur de l’école, dans un bus » qui les menait à Strasbourg à l’occasion du tournoi de football inter-écoles de février 2018, a expliqué à l’AFP le directeur de l’ESJ, Pierre Savary.

    Chaque année, les bureaux des élèves organisent le temps d’un week-end cette compétition entre les 14 écoles reconnues par la profession, les étudiants se retrouvant dans la ville de l’équipe victorieuse l’année précédente. « Des étudiants nous ont indiqué avoir été choqués par des chants homophobes, discriminants, chantés par un groupe d’élèves » et « nous ont expliqué que, quand ils avaient demandé à ce que ces chants s’arrêtent, on les avait envoyé balader », a précisé Pierre Savary.

    « Nous avons encore peu de détails » mais « il semble qu’on soit dans un phénomène collectif, très ponctuel, d’étudiants enivrés et qui se comportent comme des supporteurs de sport », a-t-il ajouté, sans viser d’élèves en particulier. « Si les faits sont confirmés, ils sont graves, peuvent être répréhensibles et ne seront pas tolérés », car « même dans un tournoi inter-écoles, les étudiants se doivent d’être exemplaires, de défendre les valeurs de respect, de tolérance, que doit avoir un journaliste », a affirmé le directeur.

    L’enquête interne devra permettre de déterminer « la teneur exacte des propos et les circonstances » pour envisager « des sanctions ». « On a subi des chants sexistes-racistes-homophobes-négationnistes. Réponse, quand on a osé se plaindre : On n’est pas ici pour faire du politiquement correct (...) Sans parler de harcèlement, ces chants sont révélateurs de certains discours et de certaines mentalités. S’ils sont présents dans les écoles de journalisme, ce n’est pas étonnant qu’on se retrouve avec des histoires comme la #LigueDuLol des années après dans les rédactions », avait dénoncé dimanche sur Twitter un étudiant de l’ESJ. « Je pense que ceux qui ont chanté, entraînés par l’effet de groupe, ne se rendaient pas compte de la portée des mots » mais « en parler entre nous a provoqué une prise de conscience » et « c’est important, car en tant que futur journaliste, on a un rôle à jouer là-dessus », juge un élève de la promotion, interrogé par l’AFP.

    #homophobie #racisme #discriminations #médias #lol #liguedulol #ligue_lol #harcèlement #ligue_du_lol #masculinisme #cyberharcèlement #sexisme #école_supérieure_de_journalisme #académie_esj_lille #Lille

    • Démission de tous les directeurs des écoles de journalisme.
      Pour commencer.
      Et puis intéressant le pauvre naze qui argumente de la meute pour justifier et qui a besoin « d’en parler » pour prendre conscience.
      Les journalistes, c’est pas les mots leur fond de commerce ?
      Ils chantent mais ne comprennent pas ce qu’ils disent, contre les femmes, contre les Noirs, contre les Arabes, contre les LGBT+ et contre les Juifs (en niant la Shoah) ?
      Mais dégagez les gars, dégagez loin, loin du journalisme, loin des gens, barrez-vous en ermite. Et Jamais ne trouvez du boulot, des contrats. JAMAIS !


  • J’ai subi des raids de la Ligue du LOL et ça a pesé sur ma carrière | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/173364/ligue-du-lol-temoignage-journaliste-harcelement-raids

    Léa Lejeune a subi du cyber-harcèlement répété qui démarrait, à chaque fois, par des tweets ou messages d’un membre de la Ligue du LOL. Elle raconte les raids incessants, leur impact sur sa carrière et son engagement pour la défense des femmes journalistes.

    Au début, on échange sur les réseaux sociaux (vous retrouverez des blagues), on a l’air potes, au fur et à mesure, ça se gâte.

    Entre 2011 et 2013, j’ai subi du cyber-harcèlement répété qui démarrait, à chaque fois, par des tweets ou messages d’un membre de la Ligue du LOL. C’était souvent des blagounettes en 140 caractères, puis des commentaires injurieux, d’autres sur ma sexualité ou encore des commentaires sur le blog féministe que je tenais à l’époque, « Les diablogues du vagin ». Ensuite, il y a eu des « raids » organisés autour de certains tweets féministes ou d’articles que je publiais en ligne, une critique ciblée mais récurrente. À l’époque, nous évoquions des concepts féministes qui commençaient à peine à émerger dans le débat public français : le patriarcat, la culture du viol et le manspreading.

    Souvent des membres de la Ligue du LOL faisaient des blagues, d’autres critiquaient mes capacités professionnelles, j’avais encore des choses à apprendre. Plusieurs fois, ils ont suggéré que j’avais eu des relations sexuelles avec mon chef de service d’alors pour avoir mon poste en CDD à Libération.

    Quand on reçoit ce genre de message au travail, on ne sait pas comment réagir : on tremble, on rougit, on tente de désamorcer les choses avec humour, de se justifier vis-à-vis d’eux ou de faire de la pédagogie. J’ai perdu beaucoup de temps à faire ça et j’ai nourri ces trolls. Un mauvais réflexe. Un jour, ils me sont tombés dessus parce qu’il y avait une erreur secondaire dans un article (sur l’intitulé de poste d’un interviewé), le raid a commencé : quarante messages en deux heures qui se moquaient de moi. Prise de panique, j’ai mal réagi et commis une erreur professionnelle, une mauvaise réaction, pour laquelle je me suis confondue en excuses le jour même au sein du journal. Mais le raid a recommencé, redoublé, des dizaines et dizaines de messages. Dans un contexte économique difficile, alors que j’avais encore des progrès professionnels à faire, cela a joué contre l’obtention de mon CDI. Mon supérieur ne m’a pas aidée à faire face au cyber-harcèlement, peut-être ne savait-il pas comment s’y prendre, je n’ai pas su me défendre. J’ai pris un autre chemin professionnel. C’est après ce raid-là que j’ai coupé les ponts avec les membres de la Ligue du LOL que je connaissais.

    Ma réponse pour y échapper a d’abord été de tweeter « chiant » ou factuel, de partager des articles économiques et de ne plus m’essayer à l’humour. Puis de me concentrer sur mon travail pour prouver que je peux faire un travail journalistique de qualité. Vous ne lirez pas mes enquêtes sur les inégalités de salaires hommes-femmes dans le CAC40, ni celle sur le vrai business model de Station F, ils sont peu partagés sur internet car je suis plus discrète.

    Avec certaines victimes, nous sommes entrées en contact pour nous serrer les coudes. Pourquoi n’avons-nous pas parlé pendant toutes ces années ? Parce que ces gens-là avaient des postes importants, étaient amis avec des rédacteurs en chef influents ou des personnes à des postes de direction à Slate, à Libération, aux Inrocks, dans la presse people ou magazine –ceux qui sont cités parmi les membres de la Ligue du LOL. Précaires, nous avions peur de perdre des opportunités de travailler. Surtout, à l’époque, le cyber-harcèlement n’était pas encore puni par la loi en France. Il y a un aspect systémique dans le harcèlement pratiqué par des journalistes hommes, blancs, en poste ou en responsabilités, qui s’en prennent à des consœurs plus jeunes et dans la précarité. Parmi leurs autres victimes, il y avait aussi beaucoup d’hommes qui ne correspondaient pas aux normes idéales de la virilité, des personnes LGBT+, d’autres personnes racisées.

    Nous n’avons pas parlé car nous n’avions plus beaucoup de preuves : la quasi-totalité de ces messages a été effacée, de nombreux comptes ont été supprimés. Il y a un problème dans cette impunité. À quel titre un canard de gauche et progressiste peut-il permettre à des journalistes en poste d’écrire des tweets de blagues sexistes, homophobes ou racistes ? Même s’il ne s’agit plus de harcèlement ciblé...

    Mais le 3 novembre 2017, quand Libération a publié une tribune de soutien à Nadia Daam, journaliste pour 28 minutes et Europe 1 cyber-harcelée par les membres du site jeuxvideos.com, Prenons la Une n’a pas signé. Car parmi les signataires, il y avait plusieurs personnes qui avaient participé à mon harcèlement dont Vincent Glad et Alexandre Hervaud qui critiquaient sans gêne les autres. La tribune utilise ces mots : « Nous voulons simplement dire aux brutes qui la persécutent qu’elle n’est pas seule, que nous pensons, comme elle, qu’ils sont des êtres lâches, minables et méprisables, et que nous attendons patiemment, mais avec confiance, que la justice et la communauté même du web les mettent hors d’état de nuire ».

    Certains anciens harceleurs, comme Vincent Glad ou Guilhem Malissen ont construit, je le crois, une réflexion sur ces thèmes, appris à mieux réagir, voire adopté notre vocabulaire. Cela prouve notamment que nous avons gagné la bataille des idées, au moins dans ce milieu journalistique parisien. Je m’en réjouis. Merci pour vos excuses messieurs, continuez à réfléchir, intégrez ces concepts. Mais aujourd’hui faisons en sorte que le secteur des médias ne porte plus cette toxicité en lui. J’espère que nous y contribuons avec Prenons la Une.

    #Masculinisme #Ligue_LOL #Médias #Cyberharcèlement


  • #MeToo : les médias mis en cause | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120219/metoo-les-medias-mis-en-cause?onglet=full

    Les médias sont pourtant, sans surprise, à l’image de la société : les violences sexistes et sexuelles sont structurelles, et touchent tous les milieux et tous les domaines de la société. Le milieu journalistique est par ailleurs considéré comme « à risque » : c’est un métier qui a longtemps été largement dominé par les hommes, nourri par les mythes très masculins, voire totalement virilistes, du grand reporter ou de l’enquêteur, et dont les rapports, parfois violents, sont jugés propices aux violences.

    « Le niveau de violence est très impressionnant dans les médias », explique ainsi Caroline De Haas, qui intervient régulièrement avec sa société de conseil Egae dans plusieurs groupes de médias pour des formations sur les violences sexuelles et sexistes (dont Mediapart – voir notre Boîte noire). Ce type de formations s’est d’ailleurs multiplié ces dernières années, y compris dans de très grandes entreprises comme France Télévisions ou le groupe Le Monde.
    La formation au cœur des débats

    Derrière les journaux et leur fonctionnement managérial, se pose aussi la question de la formation dans les écoles de journalisme. Mardi, les étudiants de l’École de journalisme de Lille (ESJ) ont mis eux-mêmes sur la table les événements de la semaine touchant des médias – la Ligue du Lol, le Huffington Post, Vice. Au point que l’école a transformé le cours d’actualité en réunion « pour ouvrir la parole, expliquer la nécessité de la lutte contre le harcèlement et les discriminations et répondre aux questions des étudiants », explique Pierre Savary, le directeur de l’ESJ.

    Les questions des futurs journalistes ont porté sur la Ligue du Lol (dont certains des membres sont issus de l’ESJ), mais aussi sur le témoignage de l’ancienne directrice du Bondy Blog, Nassira El Moaddem. La journaliste accuse sur Twitter trois anciens de sa promotion de l’ESJ, dont deux journalistes médiatiques, Hugo Clément (Konbini) et Martin Weill (TMC), de s’être fait passer pour un recruteur de Radio France au téléphone, à la fin de leurs études, en 2012.

    Contactée par Mediapart, Nassira El Moaddem parle de « harcèlement », voit une « intention de nuire » derrière ces deux coups de fil, et évoque aussi « des rumeurs propagées contre elle » à l’époque. Elle pointe du doigt « un petit club de garçons branchés, bien vus de la direction, qui se croyaient un peu au-dessus de tout, et se permettaient un certain nombre de comportements. Il y a aussi une question de milieu social : les personnes ciblées n’appartiennent pas à leur milieu ». Lorsqu’elle avait témoigné publiquement, en 2017, une camarade de promo avait réagi sur Twitter.

    Les journalistes mis en cause en ont une tout autre version. « Je n’ai jamais harcelé qui que ce soit, explique Martin Weill, qui travaille notamment pour l’émission « Quotidien ». Utiliser cette histoire pour prétendre le contraire, c’est me faire passer pour ce que je ne suis pas. » Joint par Mediapart, Hugo Clément estime qu’il « n’y a rien de nouveau, ni de caché », CheckNews ayant déjà relayé le tweet de Nassira El Moaddem au moment du lancement de Konbini, en décembre 2017.

    Il affirme n’avoir « jamais harcelé personne, ni en 2012 lors de nos études à l’ESJ de Lille, ni depuis ». « Bonne ou mauvaise, une blague potache, non répétée, ne tombe pas sous le coup de la loi », poursuit le journaliste, qui se plaint de recevoir ces derniers jours des « messages injurieux, menaces de mort et d’attaques en meute sur les réseaux sociaux ».

    Sept ans après les faits, et à la lumière des événements de la semaine, l’épisode suscite en tout cas aujourd’hui une introspection générale, chez les anciens étudiants comme les directeurs de l’école. Plusieurs anciennes camarades de promo contactées par Mediapart reconnaissent ne pas avoir « pris la mesure de la gravité » de cet épisode à l’époque, n’avoir « pas cautionné » ces coups de fil, mais sans non plus les « condamner ». Elles y ont alors vu « une blague douteuse », mais pas de « harcèlement ». « Aujourd’hui, en ayant mûri et avec ce qu’on apprend cette semaine, je relis les choses avec une autre grille de lecture. Il y avait sans doute une forme de domination, de volonté d’asseoir son pouvoir. Et peut-être aurait-il fallu tout mettre à plat avec tous les étudiants et discuter, c’est souvent comme cela qu’on en sort par le haut », confie l’une d’elles.

    « Avec le recul de quelques années », Pierre Savary évoque un « coup de téléphone malveillant » visant une « étudiante non dénuée de caractère », de la part « d’un trio d’étudiants à forte personnalité, sur fond de “masculinité dominante” et de “grande inimitié entre eux” ». Dans un billet de blog, ce mardi, l’ancien directeur général de l’école, Marc Capelle, concède qu’il aurait dû employer le terme de « harcèlement », mais estime que la direction n’a en aucun cas ignoré « cette affaire », convoquant les étudiants, et leur demandant de s’excuser.

    #Ligue_LOL #Médias #Harcèlement

    • Quelques perles tout de même.
      "une « étudiante non dénuée de caractère »", ah, ça, les femmes, en général - normalement on dit "qui ont du caractère", la litote et la négation sont intéressantes- c’est un argument pour justifier un acharnement contre elles.
      Elle n’ont qu’à pas avoir du "caractère" et s’écraser mollement devant les mâles, qui, eux, ont le droit d’avoir du "caractère", d’être des chieurs patentés.
      "convoquant les étudiants, et leur demandant de s’excuser" mais pas devant lui, pas par écrit, sans vérifier. A l’évidence.
      Lui aussi se défile, donc.
      Quelle morale enseignée à l’ESJ Lille ? Hier, et aujourd’hui ?


  • Ligue du LOL : après les accusations de cyberharcèlement, les sanctions
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/02/12/ligue-du-lol-apres-les-accusations-de-cyberharcelement-les-sanctions_5422300

    A Libération – dont le service de fact-checking Checknews a été le premier à faire état de ces agissements vendredi 8 février –, le numéro trois du service Web Alexandre Hervaud et le journaliste pigiste Vincent Glad, fondateur de la « Ligue du LOL », ont été mis à pied à titre conservatoire lundi. Une partie de la conférence de rédaction, à laquelle n’ont pas participé les deux intéressés, a été consacrée au sujet. Le climat était grave, presque pesant, avec des chefs « aux mines d’enterrement », selon une personne présente.

    Après avoir informé l’assistance des mesures prises, Laurent Joffrin, directeur de la publication et de la rédaction, a annoncé l’ouverture d’une enquête interne pour établir les faits précis. « Cela ne préjuge en rien d’une culpabilité quelconque et nous lançons donc une enquête interne pour savoir ce qu’il s’est passé, a expliqué au Monde M. Joffrin. Nous n’avons rien à cacher. C’est nous qui sortons l’information. Nous réagissons tout de suite. » De plus, le journal a consacré sa une de mardi et quatre pages au sujet : « Les médias à l’heure des comptes », a titré le quotidien de gauche.

    #Ligue_LOL #Médias


  • Anti-terrorrisme et censure du web, l’état ne peut pas (encore) faire ce qu’il veut
    https://nantes.indymedia.org/articles/44517

    Le 31 janvier 2019, le rendu du jugement du 20 décembre 2018 au tribunal administratif est tombé. Il était intenté par la CNIL contre la décision du ministère de l’intérieur de procéder au retrait et au déréférencement administratifs (blocage par les fournisseurs d’accès à #internet et dans les moteurs de recherche) des sites Indymedia Nantes et Grenoble (voire notre précédent article sur le sujet [1]).

    #Informatique #Médias #Répression #contrôle #social #Informatique,Médias,Répression,contrôle,social


  • Voiture vigipirate brûlée : les journalistes et les flics piétinent le secret de l’instruction
    https://nantes.indymedia.org/articles/44508

    paris-luttes.info Une voiture vigipirate en feu, une émeute de plusieurs milliers de personnes, une personne mutilée... C’en était trop pour les flics et les journalistes du parisien qui tentent d’allumer un contre feu pour camoufler leurs échecs. Au mépris de la loi, concept qui leur est pourtant très cher...

    #Médias #Resistances #anti-repression #paris #Médias,Resistances,anti-repression


  • Pour en finir avec une mobilisation des #gilets_jaunes en baisse !
    https://nantes.indymedia.org/articles/44500

    Naturellement, la mobilisation d’hier des Gilets Jaunes « serait » à la baisse. Pourtant, Policiers en colère compte 240 000 manifestants à 15 heures 30, soit un chiffre définitif supérieur. La manip ne nous a pas échappés. Il y a un mois, le syndicat de Police donnait son chiffre à 18 puis 17 heures, comptant 4 manifestants sur le même espace géographique. Certainement sur consigne du gouvernement, il publie désormais son chiffre à 15 heures 30, ce qui lui permet de l’amputer d’UN QUART l’ampleur de la mobilisation. 240 000, cela veut donc dire 300 000 bien tassé. D’autant qu’il y avait 10 000 gilets jaunes à Bordeaux. Et que, curieusement, les chiffres de l’Intérieur, bien que grossièrement minorés, sont bons : 6000 à Toulouse (compter le double), 5000 à Bordeaux, 4000 à Paris...La résistance des (...)

    #Médias #Répression #Resistances #contrôle #social #Médias,Répression,Resistances,contrôle,social,gilets_jaunes


  • Documentaire : #internet, aliénation ou émancipation ? (avec du #b17, de la Quadrature, du framasoft, du #linux #Nantes, etc.)
    https://nantes.indymedia.org/articles/44492

    Un film documentaire en 10 chapitres, composé d’interviews autour du sujet complexe des données personnelles : nos usages du web, les dérives, les espoirs de la loi #rgpd, les solutions locales, etc. Sur Peertube : https://peertube.mastodon.host/videos/watch/ea2d5153-4704-4a6e-8a13-d09a411c9760 Sur Youtube ... cherche-toi même si tu veux alimenter ton traçage :p

    #Informatique #Education #Médias #facebook #gafam #faimaison #google #loire-atlantique #vendée #Informatique,Education,Médias,facebook,linux,gafam,faimaison,internet,rgpd,google


  • #Didier_Porte se fait du souci pour Les Républicains
    https://la-bas.org/5429

    Je te le dis sans barguigner, ami abonné, on vit une époque bien chamboulée, bien chtarbée. Ça déconne à plein tube de partout, tout particulièrement du côté Les Républicains, complètement à la ramasse depuis quelques mois. Leur chef reçoit Éric Zemmour en fanfare, comme si c’était l’arrière-petit-fils du Général. Un député Les Républicains du Pas-de-Calais s’invite à la télé de l’Assemblée nationale pour y faire des propositions constructives, comme la gouvernance par l’assassinat : un mode de gouvernance qui a certes cours dans de nombreux pays, mais bon, chez nous, on n’a pas encore trop l’habitude. Au moins d’en parler à la télé.Continuer la (...)

    #Vidéo #Médias #Politique #Economie


  • Lutter contre le réchauffement médiatique | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/dominique-g-boullier/blog/050219/lutter-contre-le-rechauffement-mediatique

    par Dominique Boullier

    La propagation rapide de contenus falsifiés, choquants ou illégaux, ne s’explique pas seulement par la vérité/fausseté intrinsèque de ces messages ni par les stratégies des diffuseurs patentés de ces infox. Les « machines à réplications » que sont devenues les plates-formes numériques jouent un rôle d’accélération qu’il faut prendre en compte. Comme une étude publiée dans Science (Vosoughi et al., 2018) l’a montré, les fake news se propagent d’autant mieux qu’elles ont un « score de nouveauté » élevé. Il existe une prime au choquant, au radicalement nouveau, aussi aberrant soit-il, qui va favoriser la captation de l’attention, un effet de « priming » (amorçage) dit-on en sciences cognitives qui fait « passer devant » tout type de signal présentant cette caractéristique. La nouveauté et certaines saillances sont les sources de la distraction et de l’interférence avec nos buts (Gazzaley and Rosen, 2016. Ce modèle est typique d’un régime d’attention que j’ai appelé « l’alerte » (Boullier, 201e4, 2016) qui pousse à être aux aguets en permanence au détriment de la fidélité à des habitudes ou de la projection dans un effort cognitif de longue durée. Les machines à réplications sont en effet totalement prises dans l’économie de l’attention qu’il vaudrait mieux appeler d’ailleurs désormais « la guerre de l’attention », tant l’offre est abondante et tous les coups permis. Cela n’invalide pas la traque des sites et comptes organisés pour la publication délibérée de fake news : durant la campagne électorale américaine de 2016, seulement 10 de ces comptes généraient la propagation de 65% des tweets de fake news (Hindman et Barash, 2018). Signalons cependant que cette approche ne permet pas de traiter le mécanisme amplificateur propre aux plates-formes.

    Alors qu’il fallait recopier un tweet dans un autre tweet auparavant, et donc prendre du temps, voire même en profiter pour placer un commentaire sur le tweet republié, il suffit désormais de réagir, de saisir au vol dans un tweet un indice, une « saillance » qui choque, qui marque et qui suffit à déclencher le retweet. Chacun des utilisateurs se fait ainsi complice de la surcharge cognitive générale, puisque tous ses contacts seront alertés. La viralité est le bon terme ici puisqu’il s’agit bien d’une intoxication mentale collective activée par chaque transmetteur et pourtant équipée et amplifiée par les plates-formes.

    Le choc émotionnel contribue à la viralité d’autant plus que les plates-formes facilitent la réplication systématique. Cependant, à un moment du cycle attentionnel de la crise, ce sont les messages de compassion, tout aussi émotionnels, qui vont reprendre le dessus et parmi eux, certains qui sont plus informatifs, qui aident à coordonner les secours, les aides et des informations pour les familles à distance par exemple. Or, rien dans les « affordances » des plates-formes n’empêche de cliquer vingt fois par jour sur des vidéos de frayeur qui se propageront à bien plus grande vitesse que les vidéos de recommandations qui rassurent. Les infrastructures mentales que sont les plates-formes deviennent ainsi des enjeux essentiels pour la gestion de crise et le climat attentionnel et informationnel. La mise en place d’un service de crise comportant notamment le « safety check » sur Facebook n’est qu’un début pour rendre effective la responsabilité des plates-formes en matière de communication. Ces réseaux deviennent en effet quasiment les référents spontanés, parfois même à la place des médias traditionnels et des services publics.

    N’oublions pas que cet « engagement » des membres du réseau est désormais encouragé dans les nouvelles versions de l’algorithme de Edge Rank. Cela permettra de valoriser toujours plus la transmission des données personnelles aux « partenaires » que sont les marques pour qu’elles placent leur publicité de façon toujours plus intrusive et fine dans le newsfeed personnel. La conséquence immédiate de ce réchauffement en est, pour filer la métaphore, « la fonte généralisée de la calotte d’esprit critique » qui refroidissait tout l’espace public. Cependant, Whatsapp, propriété de Facebook et mis en cause en Inde par les rumeurs diffusées en ligne et à l’origine de lynchages, va réduire l’effet de propagation de ses groupes en limitant le transfert de messages à 5 destinataires. Comme on le voit, divers acteurs commencent à envisager sérieusement que les architectures de réplications qu’ils ont eux-mêmes créées deviennent toxiques pour la vie publique, sans se contenter de rejeter la faute sur les utilisateurs irresponsables ou sur des émetteurs mal intentionnés. Parmi les choix d’architecture, celui qui a systématisé le principe des notifications n’est pas pour rien dans la réactivité qu’il suscite chez les utilisateurs de smartphones (mais aussi de PC) et dans l’encouragement à une multiactivité qui permet de ne rien rater (comme le veut le slogan Fear of Missing Out, peur de rater quelque chose). Les ressorts cognitifs de l’attention et de sa rareté sont certes individuels, les tendances lourdes à la vitesse et à la réputation sont certes culturelles, mais les dispositifs techniques amplifient les réplications à haute fréquence au détriment des autres régimes d’attention, puisqu’ils sont en concurrence.

    Tout l’espace public est affecté : publications, publicité, débat public et publications scientifiques

    Au-delà de la communication interpersonnelle, tous les régimes de publication sont affectés. L’espace public conçu avec les révolutions anglaise, américaine et française est désormais remis en cause, et les cyclones, les incendies et les inondations attentionnelles occupent entièrement notre « temps de cerveau disponible ». C’est vrai pour les médias traditionnels aussi, qui constituaient les régulateurs de ce climat, de cette « chambre intérieure collective » (Sloterdijk, 2003), de « l’esprit du temps ».

    Le débat public est lui aussi désormais totalement infesté par cette contrainte de la haute fréquence qui ne repose que sur la seule « petite phrase », déjà connue dans les anciens temps froids médiatiques (McLuhan, 1968). Cette petite phrase est amplifiée désormais par la viralité des tweets, dont Trump devient le centre de production à la chaine, le réacteur nucléaire qui irradie même toutes les traditions diplomatiques, pourtant fameuses pour leur lenteur. Quoi de mieux pour empêcher de débattre que de chasser un tweet choquant par un autre tweet insultant ou délirant ? Tous les followers, ces suiveurs (ni audience ni public) qui constituent une version numérique des rats ou des enfants du joueur de flute de Hamelin, se retrouvent sidérés et amplifient encore ces effets en republiant les tweets, que ce soit pour les soutenir, les critiquer ou les moquer. Ce réchauffement médiatique engendre une réactivité qui tue toute réflexivité. Or, tout l’espace public était supposé permettre de produire ce débat contradictoire argumenté qui, au bout du compte et idéalement, devait à la fois contribuer à la formation de l’opinion des citoyens et favoriser une meilleure décision, éclairée par les arguments.

    Pensons enfin à ce qu’est devenu le régime de publication scientifique qui a été au cœur de l’émergence des démocraties et du modernisme à la fois, ce débat institué entre pairs à travers la médiation des publications dans des revues. Désormais, le slogan « publish or perish » s’est imposé à toute l’économie cognitive collective et se traduit par une frénésie de la quantité, qui se traduit même dans l’inflation des citations ou dans la publication avant toute révision pour rester le premier sur une thématique. Ce stress généralisé est lui-même captée par quelques grands groupes éditoriaux qui ont mis en coupe réglée les bibliothèques publiques pour les obliger à payer des publications entièrement réalisées par leurs propres chercheurs sur des financements publics le plus souvent. L’Open Access tend cependant à contester cette hégémonie mais pourra-t-il contrecarrer cette autoréférence du nombre de publications que les institutions publiques de recherche elles-mêmes encouragent ? Le réchauffement médiatique gagne ainsi ceux qui devraient garder la tête froide et la priorité au temps long, les chercheurs eux-mêmes.

    Mais un « Fukushima des données personnelles » se profile à travers les fuites de données des grandes plates-formes comme Facebook mais aussi à travers une succession ininterrompue de hacks toujours plus fréquents et massifs. Ils peuvent désormais exploiter les failles de milliards d’objets connectés que l’on lance sur le marché sans inspection sérieuse et en toute irresponsabilité. Or, si la sécurité est autant délaissée sur le plan des investissements, c’est en particulier parce qu’elle exigerait un certain ralentissement de tout le réseau (on parle de secondes au maximum, cependant !). L’arbitrage entre sécurité et vitesse s’est toujours fait au profit de la vitesse, avantage perçu immédiatement par les clients-utilisateurs au détriment de la sécurité, dont la nécessité n’est perçue qu’après une catastrophe (et cela dans tous les domaines).

    N’oublions pas cependant que des armées de designers, d’analystes de données et de spécialistes de l’expérience utilisateur ont consacré des heures de conception et de tests pour s’assurer que les membres des réseaux sociaux resteraient toujours plus longtemps sur le réseau au point de ne plus le quitter (1 heure par jour en moyenne passée par les membres de Facebook en version mobile aux USA). Les affordances (Norman, 1988) et les nudges (Thaler et Sunstein, 2010) , toutes ces méthodes comportementales de suggestions rendues quasi incontournables grâce à leur design, sont alors conçus dans cet objectif de captation de l’attention. Il serait cependant possible d’exploiter les mêmes méthodes pour ralentir le rythme des applications et rendre perceptible l’amélioration apportée à l’expérience. Les revendications de liberté de choix dans les usages des réseaux sociaux ou de responsabilité individuelle sont légitimes mais pèsent peu face à des artifices de conception qui savent exploiter toutes les faiblesses de nos cerveaux et de nos passions et nous faire réagir sans vraiment prendre de décisions au sens délibératif.

    Ce qui vaut pour les publications élaborées (ou presque, car lorsqu’on duplique des contenus, l’effort est minime), doit aussi s’appliquer aux réactions les plus élémentaires installées dans les applications : un seul like par jour, un seul retweet par jour, une seule recommandation ou pouce en l’air sur un site de presse, etc. Tout cela réduirait considérablement la course aux scores qui est devenue une obsession du marketing comme des individus publiants. Et cela permettrait par la même occasion de tuer le business de l’astroturfing, des fermes à clic et des robots qui génèrent quasiment 8% des tweets, ce qui rend tous les scores « d’engagement » ou de « reach » totalement fantaisistes mais pourtant rassurants pour le marketing.

    La responsabilité des chaines d’information répétitives

    Revenons cependant sur les enjeux médiatiques de masse et sur les mesures qu’il est possible de prendre dans leur cas, car il serait simpliste de penser que les problèmes attentionnels ne sont dûs qu’aux réseaux sociaux. Les chaines d’information dite « continue » ont constitué d’une certaine façon la première alerte du réchauffement médiatique. La permanence n’est pas tant le problème que la répétition à laquelle elle contraint. Car les contenus ne sont pas suffisamment nouveaux pour justifier des alertes tous les quarts d’heure. Or, la fréquence des bulletins d’information exige un remplissage qui parfois se voit nettement, avec les images que l’on passe « en boucle », de même que les bandeaux d’information qui passent eux aussi « en boucle ». Cette figure de la boucle est délétère du point de vue de la réflexivité car elle entraine une sidération pour un message qui n’est plus nouveau ni d’ailleurs analysé : le cerveau humain se met « en boucle » lui-même et ressasse les images qui le captivent d’autant plus qu’elles sont spectaculaires, c’est-à-dire inédites ou choquantes (novelty and salience).

    #Médias_sociaux #Accélération #Culture_numérique



  • Gilets jaunes, lives et vidéos : « On assiste à l’émergence d’un contre-pouvoir médiatique important »
    André Gunthert, maître de conférence en histoire visuelle à l’Ehess, analyse pour Marianne l’influence qu’ont eu les lives et les vidéos dans le mouvement des gilets jaunes, creusant l’écart entre internautes, médias traditionnels et alternatifs.
    https://www.marianne.net/societe/gilets-jaunes-lives-et-videos-assiste-l-emergence-d-un-contre-pouvoir-medi

    Les gens qui ont confiance en leur gouvernement et leurs médias ne construisent pas de théorie du complot car celle-ci nécessite un effort, une recherche d’information, une critique. Il est beaucoup plus facile de regarder les dix minutes de synthèse des chaînes d’information, faites par des pros, consommables et prête à l’emploi. Quand les gens prennent un chemin plus difficile, c’est qu’ils ont de bonnes raisons.

    #GiletsJaunes #gilets_jaunes #decryptage #medias #theorie_du_complot #education_populaire #critique_des_medias #cultire_visuelle #contrepouvoir


  • #Notre-Dame-des-Landes: la « reconquête » de la ZAD par la #légalisation
    https://fr.squat.net/2019/02/05/notre-dame-des-landes-la-reconquete-de-la-zad-par-la-legalisation

    NDDL, la reconquête (2018, Thibault Férié feat. le CMDO, le POMPS, N. Klein, S. Lecornu) Suite au chapitre « ZAD » du road-movie Messa Guerrillera [2017, Florent Tillon feat. Parti Imaginaire], j’ai encore la honte -d’autrui- de vous présenter maintenant « Notre-Dame-des-Landes, la reconquête », un documentaire qui pourrait bien s’appeler « Behind the scenes : Légalisation de la ZAD », et […]

    #Vidéos #médias


  • Macron dépouille discrètement les personnes sous-tutelle
    https://la-bas.org/5425

    Lundi 28 janvier, nous avons appris avec inquiétude l’étendue des difficultés financières auxquelles était confronté le journal l’Humanité. [1] Rien d’étonnant, après tout, la presse papier dans son ensemble traverse de violentes secousses depuis le décollage internet. Mais cette fois-ci, c’est grave : le journal de Jaurès pourrait disparaître. L’Humanité est en « cessation de paiement », placée sous la « protection » du tribunal de commerce de Bobigny, qui doit rendre son verdict ce jeudi 7 février. [2] Ainsi depuis le début de la semaine dernière, toute la gauche et même une partie de la droite lancent des (...) Continuer la (...)

    #Médias #Société #Vidéo #Idées #France


  • Le fil du site de https://souriez.info sur https://seenthis.net/people/souriez est désormais en panne depuis plusieurs mois faute de récupération RSS

    @seenthis que se passe-t-il ? merci de ton aide

    #médias_alternatifs #boycott_facebook

    Debord stratège - Souriez vous êtes filmés
    https://souriez.info/Debord-stratege

    Emission du 25 janvier 2019 //

    Les Amis d’ORWELL rendent une petite visite amicale à DEBORD, autour d’un ouvrage paru récemment aux éditions l’Échappée :« STRATÉGIE », une compilation minutieuse des fiches de lecture manuscrites qui ont participé à la construction de la pensée de Guy Debord dans le domaine de la stratégie et de l’histoire militaire.


  • « Violences contre les #Médias » : amalgames et mauvais procès
    https://nantes.indymedia.org/articles/44410

    Depuis le début du mouvement des « #gilets_jaunes », une défiance s’exprime envers les médias dominants et s’est traduite par un certain nombre de discours critiques et d’initiatives, allant de l’organisation de manifestations devant des sièges de grands médias au blocage d’imprimeries. Elle s’est également exprimée par des agressions verbales et physiques contre des journalistes de terrain. Certains éditorialistes, directeurs de journaux ou prétendus « experts » ne se sont pas privés des mettre toutes ces expressions de la colère à l’égard des grands médias dans un seul et (trop) grand sac : celui de la haine des médias et de la démocratie. Retour sur ces amalgames et mauvais (...)

    #Répression #Resistances #contrôle #social #anti-repression #Médias,Répression,Resistances,contrôle,social,anti-repression,gilets_jaunes