• A Nobel Prize-winning physicist sold his medal for $765,000 to pay ...
    https://diasp.eu/p/7807944

    A Nobel Prize-winning physicist sold his medal for $765,000 to pay medical bills

    Only in America. Article word count: 307

    HN Discussion: https://news.ycombinator.com/item?id=18142147 Posted by pseudolus (karma: 1229) Post stats: Points: 116 - Comments: 108 - 2018-10-04T18:05:04Z

    #HackerNews #765000 #bills #for #his #medal #medical #nobel #pay #physicist #prize-winning #sold

    Article content:

    Physicist Leon Lederman sold his 2012 Nobel Prize medal to pay mounting health care bills. Amy Sussman/Getty Images for World Science Festival

    Leon Lederman won a Nobel Prize in 1988 for his pioneering physics research.

    But in 2015, the physicist, who passed away Wednesday, sold his Nobel Prize medal for $765,000 to pay his mounting medical bills. The University of Chicago professor (...)



  • La vie de désespoir des réfugiés relégués par l’Australie sur une île du Pacifique

    La femme du Somalien Khadar Hrisi a tenté plusieurs fois de se suicider. R, une Iranienne de 12 ans, a voulu s’immoler par le feu : à Nauru, minuscule caillou du Pacifique, des réfugiés relégués par l’Australie racontent à l’AFP une vie sans perspective, sans soins et sans espoir.

    Nauru, le plus petit pays insulaire du monde, vient d’accueillir le Forum des îles du Pacifique (Fip) mais a interdit aux journalistes l’accès aux camps de rétention où Canberra refoule les clandestins qui tentent de gagner l’Australie par la mer.

    L’AFP a toutefois réussi à y pénétrer et à rencontrer des réfugiés dont la quasi totalité ont souhaité l’anonymat pour des raisons de sécurité.

    A Nauru, près d’un millier de migrants dont une centaine d’enfants, sur 11.000 habitants, vivent dans huit camps financés par Canberra, certains depuis cinq ans, selon leurs récits.

    Dans le camp numéro 5, que l’on atteint au détour d’un chemin sous une chaleur écrasante, dans un paysage hérissé de pitons rocheux, le Somalien Hrisi veut témoigner à visage découvert.

    Il n’a plus peur, il n’a plus rien. Sa femme ne parle pas, son visage est inexpressif.

    M. Hrisi la laisse seule le moins possible, à cause de sa dépression. Elle a tenté plusieurs fois de se suicider ces derniers jours, raconte-t-il.

    « Quand je me suis réveillé, elle était en train de casser ça », dit-il en montrant des lames de rasoir jetables. « Elle allait les avaler avec de l’eau ».

    – Problèmes psychologiques -

    M. Hrisi affirme qu’ils sont allés plusieurs fois à l’hôpital de Nauru financé par l’Australie mais que celui-ci refuse de les prendre en charge. L’autre nuit, « ils ont appelé la police et nous ont mis dehors ».

    Le camp numéro 1 traite les malades, expliquent les réfugiés. Mais il n’accueille qu’une cinquantaine de personnes car l’endroit croule sous les demandes. Or beaucoup de migrants vont mal et souffrent de problèmes psychologiques liés à leur isolement sur l’île.

    Les évacuations sanitaires vers l’Australie sont rares selon eux.

    Les ONG ne cessent de dénoncer la politique d’immigration draconienne de l’Australie.

    Depuis 2013, Canberra, qui dément tout mauvais traitement, refoule systématiquement en mer tous les bateaux de clandestins, originaires pour beaucoup d’Afghanistan, du Sri Lanka et du Moyen-Orient.

    Ceux qui parviennent à passer par les mailles du filet sont envoyés dans des îles reculées du Pacifique. Même si leur demande d’asile est jugée légitime, ils ne seront jamais accueillis sur le sol australien.

    Canberra argue qu’il sauve ainsi des vies en dissuadant les migrants d’entreprendre un périlleux voyage. Les arrivées de bateaux, qui étaient quasiment quotidiennes, sont aujourd’hui rarissimes.

    Le Refugee Council of Australia et l’Asylum Seeker Resource Centre ont dénoncé récemment les ravages psychologiques de la détention indéfinie, en particulier chez les enfants.

    « Ceux qui ont vu ces souffrances disent que c’est pire que tout ce qu’ils ont vu, même dans les zones de guerre. Des enfants de sept et douze ans ont fait l’expérience de tentatives répétées de suicide, certains s’arrosent d’essence et deviennent catatoniques », écrivaient-ils.

    R, une Iranienne de 12 ans rencontrée par l’AFP, a tenté de s’immoler. Elle vit à Nauru depuis cinq ans avec ses deux parents de 42 ans et son frère de 13 ans.

    Les enfants passent leurs journées prostrés au lit. La mère a la peau couverte de plaques, elle dit souffrir et ne recevoir aucun traitement.

    – Essence et briquet -

    Le père a récemment surpris sa fille en train de s’asperger d’essence. « Elle a pris un briquet et elle a crié +Laisse-moi seule ! Laisse-moi seule ! Je veux me suicider ! Je veux mourir !+ ».

    Son fils sort lentement de son lit et confie d’une voix monocorde : « Je n’ai pas d’école, je n’ai pas de futur, je n’ai pas de vie ».

    Non loin de là, entre deux préfabriqués, une cuve est taguée du sigle « ABF » et d’une croix gammée. L’Australian Border Force est le service australien de contrôle des frontières, honni par les réfugiés.

    Ces derniers se déplacent librement sur l’île car la prison, ce sont ses 21 kilomètres carrés.

    Khadar reçoit un ami, un ancien gardien de buts professionnel camerounais qui raconte avoir secouru un voisin en train de se pendre. Son meilleur ami a été retrouvé mort, le nez et les yeux pleins de sang, sans qu’il sache la cause du décès.

    Pas de perspectives, et pas de soins. Au grand désespoir d’Ahmd Anmesharif, un Birman dont les yeux coulent en permanence. Il explique souffrir aussi du cœur et passe ses journées sur un fauteuil en mousse moisie, à regarder la route.

    Les défenseurs des droits dénoncent des conditions effroyables et font état d’accusations d’agressions sexuelles et d’abus physiques.

    Les autorités de l’île démentent. Les réfugiés « mènent leur vie normalement, comme les autres Nauruans (...) on est très heureux de vivre ensemble », assurait ainsi lors du Fip le président de Nauru, Baron Waqa.

    Mais les réfugiés soutiennent que leurs relations avec les Nauruans se détériorent.

    « Ils nous frappent toujours, ils nous lancent toujours des pierres », accuse l’adolescent iranien.

    – Economie sous perfusion -

    Un autre Iranien, un mécanicien qui a réussi à monter un petit commerce, crie sa colère. Il vient de se faire voler « la caisse, les motos, les outils ». « La police ne retrouve jamais rien quand ce sont les Nauruans qui volent les réfugiés », assène-t-il.

    Si les conditions sont vétustes dans les camps, où la plupart des logements sont des préfabriqués, beaucoup d’habitants de Nauru semblent vivre dans des conditions plus précaires encore.

    Bon nombre habitent des cabanes de tôle, les plages sont jonchées de détritus. Ils disent ne pas comprendre de quoi se plaignent les migrants.

    En attendant, les camps sont cruciaux pour l’économie de l’île, exsangue depuis l’épuisement des réserves de phosphate qui avait contribué à l’opulence du siècle dernier.

    Selon les chiffres australiens, les recettes publiques sont passées de 20 à 115 millions de dollars australiens (12 à 72 millions d’euros) entre 2010-2011 et 2015-2016, essentiellement grâce aux subventions australiennes liées aux camps.

    « Si on enlève les réfugiés, Nauru est morte : c’est pour ça que le président tient à ce que nous restions », juge le Camerounais.

    Mais tous les réfugiés rencontrés souhaitent partir, n’importe où pour certains.

    « Au XXIe siècle, les gens pensent en secondes, en instants. Le gouvernement australien a volé cinq ans de notre vie... qui s’en soucie ? », regrette le père de la petite Iranienne.


    https://actu.orange.fr/monde/la-vie-de-desespoir-des-refugies-relegues-par-l-australie-sur-une-ile-du-pacifique-CNT0000016r391/photos/un-refugie-du-sri-lanka-a-anibare-sur-l-ile-de-nauru-dans-le-pacifique-l
    #Nauru #externalisation #asile #migrations #réfugiés #Australie #photographie
    via @marty
    cc @reka

    • The #Nauru Experience: Zero-Tolerance Immigration and #Suicidal_Children

      A recent visit to Nauru revealed the effects of Australia’s offshore #detention_policy and its impact on #mental_health.

      The Krishnalingam family on the roof of an abandoned mansion in Ronave, Nauru. The family applied for resettlement in the #United_States after fleeing Sri Lanka and being certified as #refugees.

      CreditCreditMridula Amin

      TOPSIDE, Nauru — She was 3 years old when she arrived on Nauru, a child fleeing war in #Sri_Lanka. Now, Sajeenthana is 8.

      Her gaze is vacant. Sometimes she punches adults. And she talks about dying with ease.

      “Yesterday I cut my hand,” she said in an interview here on the remote Pacific island where she was sent by the Australian government after being caught at sea. She pointed to a scar on her arm.

      “One day I will kill myself,” she said. “Wait and see, when I find the knife. I don’t care about my body. ”

      Her father tried to calm her, but she twisted away. “It is the same as if I was in war, or here,” he said.

      Sajeenthana is one of more than 3,000 refugees and asylum seekers who have been sent to Australia’s offshore #detention_centers since 2013. No other Australian policy has been so widely condemned by the world’s human rights activists nor so strongly defended by the country’s leaders, who have long argued it saves lives by deterring smugglers and migrants.

      Now, though, the desperation has reached a new level — in part because of the United States.

      Sajeenthana and her father are among the dozens of refugees on Nauru who had been expecting to be moved as part of an Obama-era deal that President #Trump reluctantly agreed to honor, allowing resettlement for up to 1,250 refugees from Australia’s offshore camps.

      So far, according to American officials, about 430 refugees from the camps have been resettled in the United States — but at least 70 people were rejected over the past few months.

      That includes Sajeenthana and her father, Tamil refugees who fled violence at home after the Sri Lankan government crushed a Tamil insurgency.

      Sajeenthana, 8, with her father after describing her suicidal thoughts and attempts at self-harm in September.CreditMridula Amin and Lachie Hinton

      A State Department spokeswoman did not respond to questions about the #rejections, arguing the Nauru refugees are subject to the same vetting procedures as other refugees worldwide.

      Australia’s Department of Home Affairs said in a statement that Nauru has “appropriate mental health assessment and treatment in place.”

      But what’s clear, according to doctors and asylum seekers, is that the situation has been deteriorating for months. On Nauru, signs of suicidal children have been emerging since August. Dozens of organizations, including #Doctors_Without_Borders (which was ejected from Nauru on Oct. 5) have been sounding the alarm. And with the hope of American resettlement diminishing, the Australian government has been forced to relent: Last week officials said they would work toward moving all children off Nauru for treatment by Christmas.

      At least 92 children have been moved since August — Sajeenthana was evacuated soon after our interview — but as of Tuesday there were still 27 children on Nauru, hundreds of adults, and no long-term solution.

      The families sent to Australia for care are waiting to hear if they will be sent back to Nauru. Some parents, left behind as their children are being treated, fear they will never see each other again if they apply for American resettlement, while asylum seekers from countries banned by the United States — like Iran, Syria and Somalia — lack even that possibility.

      For all the asylum seekers who have called Nauru home, the psychological effects linger.
      ‘I Saw the Blood — It Was Everywhere’

      Nauru is a small island nation of about 11,000 people that takes 30 minutes by car to loop. A line of dilapidated mansions along the coast signal the island’s wealthy past; in the 1970s, it was a phosphate-rich nation with per capita income second only to Saudi Arabia.

      Now, those phosphate reserves are virtually exhausted, and the country relies heavily on Australian aid. It accounted for 25 percent of Nauru’s gross domestic product last year alone.

      Mathew Batsiua, a former Nauruan lawmaker who helped orchestrate the offshore arrangement, said it was meant to be a short-term deal. But the habit has been hard to break.

      “Our mainstay income is purely controlled by the foreign policy of another country,” he said.

      In Topside, an area of old cars and dusty brush, sits one of the two processing centers that house about 160 detainees. Hundreds of others live in community camps of modular housing. They were moved from shared tents in August, ahead of the Pacific Islands Forum, an intergovernmental meeting that Nauru hosted this year.

      Sukirtha Krishnalingam, 15, said the days are a boring loop as she and her family of five — certified refugees from Sri Lanka — wait to hear if the United States will accept them. She worries about her heart condition. And she has nightmares.

      “At night, she screams,” said her brother Mahinthan, 14.

      In the past year, talk of suicide on the island has become more common. Young men like Abdullah Khoder, a 24-year-old Lebanese refugee, says exhaustion and hopelessness have taken a toll. “I cut my hands with razors because I am tired,” he said.

      Even more alarming: Children now allude to suicide as if it were just another thunderstorm. Since 2014, 12 people have died after being detained in Australia’s offshore detention centers on Nauru and Manus Island, part of Papua New Guinea.

      Christina Sivalingam, a 10-year-old Tamil girl on Nauru spoke matter-of-factly in an interview about seeing the aftermath of one death — that of an Iranian man, Fariborz Karami, who killed himself in June.

      “We came off the school bus and I saw the blood — it was everywhere,” she said calmly. It took two days to clean up. She said her father also attempted suicide after treatment for his thyroid condition was delayed.

      Seeing some of her friends being settled in the United States while she waits on her third appeal for asylum has only made her lonelier. She said she doesn’t feel like eating anymore.

      “Why am I the only one here?” she said. “I want to go somewhere else and be happy.”

      Some observers, even on Nauru, wonder if the children are refusing to eat in a bid to leave. But medical professionals who have worked on the island said the rejections by the Americans have contributed to a rapid deterioration of people’s mental states.

      Dr. Beth O’Connor, a psychiatrist working with Doctors Without Borders, said that when she arrived last year, people clung to the hope of resettlement in the United States. In May, a batch of rejections plunged the camp into despair.

      Mr. Karami’s death further sapped morale.

      “People that just had a bit of spark in their eye still just went dull,” Dr. O’Connor said. “They felt more abandoned and left behind.”

      Many of the detainees no longer hope to settle in Australia. #New_Zealand has offered to take in 150 refugees annually from Nauru but Scott Morrison, the Australian prime minister, has said that he will only consider the proposal if a bill is passed banning those on Nauru from ever entering Australia. Opposition lawmakers say they are open to discussion.

      In the meantime, Nauru continues to draw scrutiny.
      ‘I’m Not Going Back to Nauru’

      For months, doctors say, many children on Nauru have been exhibiting symptoms of #resignation_syndrome — a mental condition in response to #trauma that involves extreme withdrawal from reality. They stopped eating, drinking and talking.

      “They’d look right through you when you tried to talk to them,” Dr. O’Connor said. “We watched their weights decline and we worried that one of them would die before they got out.”

      Lawyers with the National Justice Project, a nonprofit legal service, have been mobilizing. They have successfully argued for the #medical_evacuation of around 127 people from Nauru this year, including 44 children.

      In a quarter of the cases, the government has resisted these demands in court, said George Newhouse, the group’s principal lawyer.

      “We’ve never lost,” he said. “It is gut-wrenching to see children’s lives destroyed for political gain.”

      A broad coalition that includes doctors, clergy, lawyers and nonprofit organizations, working under the banner #kidsoffnauru, is now calling for all asylum seekers to be evacuated.

      Public opinion in Australia is turning: In one recent poll, about 80 percent of respondents supported the removal of families and children from Nauru.

      Australia’s conservative government, with an election looming, is starting to shift.

      “We’ve been going about this quietly,” Mr. Morrison said last week. “We haven’t been showboating.”

      But there are still questions about what happens next.

      Last month, Sajeenthana stopped eating. After she had spent 10 days on a saline drip in a Nauruan hospital, her father was told he had two hours to pack for Australia.

      Speaking by video from Brisbane last week (we are not using her full name because of her age and the severity of her condition), Sajeenthana beamed.

      “I feel better now that I am in Australia,” she said. “I’m not going back to Nauru.”

      But her father is less certain. The United States rejected his application for resettlement in September. There are security guards posted outside their Brisbane hotel room, he said, and though food arrives daily, they are not allowed to leave. He wonders if they have swapped one kind of limbo for another, or if they will be forced back to Nauru.

      Australia’s Home Affairs minister has said the Nauru children will not be allowed to stay.

      “Anyone who is brought here is still classified as a transitory person,” said Jana Favero, director of advocacy and campaigns at the Asylum Seeker Resource Center. “Life certainly isn’t completely rosy and cheery once they arrive in Australia.”

      On Monday, 25 more people, including eight children, left the island in six family units, she said.

      Those left behind on Nauru pass the days, worrying and waiting.

      Christina often dreams of what life would be like somewhere else, where being 10 does not mean being trapped.

      A single Iranian woman who asked not to be identified because she feared for her safety said that short of attempting suicide or changing nationality, there was no way off Nauru.

      She has been waiting two years for an answer to her application for resettlement in the United States — one that now seems hopeless given the Trump administration’s policies.

      Each night, often after the power goes out on Nauru, she and her sister talk about life and death, and whether to harm themselves to seek freedom.

      https://www.nytimes.com/2018/11/05/world/australia/nauru-island-asylum-refugees-children-suicide.html


  • Like minds: what to consider when choosing a software partner
    https://hackernoon.com/like-minds-what-to-consider-when-choosing-a-software-partner-49746eea45f

    What are the qualities you should look out for when you’re selecting the company that will implement the software side of your device? Vladimir Timashov, Delivery Manager, Healthcare & Life Sciences, at global technology consultants DataArt shares his thoughtsIn the age of digitalisation, technological demand grows daily even in highly conservative areas. Smart medical devices and enhanced medical software products such as the AI-powered insulin pump or Embody’s pre-operative planning software allow a seamless user experience, reduce risk and apply new approaches such as AI or VR to help reduce the cost of diagnosis.A lot of medical device companies are now at the beginning of their digitalisation journey. Some of these manufacturers historically have no software technology (...)

    #digitalization #health-technology #medical-devices




  • Que cachent les poubelles des hôpitaux ? Isabelle Paré - 24 mai 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/sante/528515/isabelle-pare

    À la faveur d’un marché en pleine explosion, la tendance du tout #jetable s’accroît dans le monde de la santé, où de plus en plus d’hôpitaux recourent aux instruments à usage unique. Même à des plateaux chirurgicaux entiers, préemballés, comportant scalpels, ciseaux, pinces en métal et une panoplie d’équipements sciemment jetés à la poubelle après une seule utilisation, pour épargner des coûts.

    C’est que le marché des fournitures médicales à usage unique fait florès un peu partout dans le monde. Et ce, alors que les hôpitaux sous pression tentent par tous les moyens de réduire leurs coûts, notamment ceux liés à la stérilisation des équipements, à leur entreposage et à leur entretien.


    Si le recours aux instruments médicaux en #plastique jetables (cathéters, tubes, etc.) s’est généralisé lors de l’apparition du VIH, le recours aux instruments en plastique ou en métal jetables, lui, prend de l’ampleur. Au grand dam de certains chirurgiens qui déplorent la quantité astronomique de matériel qui finit aux rebuts, échappant à toute forme de recyclage.

    « Le plafond a été atteint récemment quand j’ai eu à utiliser un ensemble complet de drain thoracique pour opérer un patient. Même la pompe de plastique utilisée pour gonfler un ballon était jetable après une seule fois, bien qu’elle n’entre jamais en contact avec le patient. Les brocheuses pour les sutures, de plastique et de métal, sont aussi jetées après un seul usage », déplore le Dr Rosaire Vaillancourt, chirurgien à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

    Conscient que la réorganisation du réseau a obligé les hôpitaux à réduire les dépenses, le chirurgien s’inquiète de l’impact environnemental de cette pratique, qui prend le pas sur le recours aux instruments classiques, stérilisés à l’autoclaveuse. « Quelles que soient les raisons pour lesquelles on jette, on devrait au moins tenter de recycler ce qui peut l’être » , allègue-t-il.

    Des kits en vrac
    Le Devoir a pu examiner un ensemble jetable de chirurgie thoracique vendu par un fournisseur spécialisé, contenant sept instruments de métal (pinces, scalpels, ciseaux opératoires) et une douzaine d’équipements de plastique, ainsi qu’une pompe, tous destinés à la poubelle. Sans compter les mètres de textiles jetables des champs opératoires, nappes de chariots, vestes, masques et coiffes maintenant utilisés en lieu et place des textiles lavables. Des ensembles d’instruments préemballés de soins, ou de chirurgies pour des dizaines d’opérations, sont proposés.

    Selon le Dr Vaillancourt, même des sondes à 3000 $ l’unité, utilisées pour traiter des cancers de l’oesophage, sont jetables après un seul usage. « On ne peut blâmer les administrateurs. Depuis la réforme Barrette, ils tentent d’augmenter la productivité. En plus, rien n’est recyclé. Le plastique, c’est une goutte dans l’océan de ce qu’on jette en une journée. »

    Des études économiques évaluent le seul « marché » américain des plateaux de chirurgie jetables à des centaines de millions de dollars par année, avec un potentiel annuel de croissance de 8,3 % d’ici 2026, dopé par le nombre accru de chirurgies projetées en raison du vieillissement de la population.

    Des contrats, des cadeaux
    Chose certaine, les fabricants d’instruments jetables multiplient les efforts pour encourager ici l’adoption de leurs produits. _ « C’est un marché en plein essor. En orthopédie, certaines compagnies garantissent des instruments gratuits, comme des appareils photo, si des contrats pour des instruments à usage unique sont conclus à long terme. C’est une forme d’#obsolescence_programmée. Les compagnies font plus d’argent ainsi qu’à vendre une seule fois. Il y a une pression de l’industrie pour faire rouler la machine, » soutient le Dr Robert Turcotte, président de l’Association des chirurgiens orthopédistes du Québec, qui travaille à l’Hôpital général de Montréal.

    Difficile de dire si ce choix est plus rentable pour les #hôpitaux, affirme ce dernier, mais cela accélère le rythme de travail, car les plateaux stériles préparés par les compagnies arrivent tout prêts avant chaque chirurgie. « On se casse moins la tête, tout va plus vite, c’est facile et rapide : un #patient, un “kit”. Ce n’est pas juste pour le risque d’infection, car la plupart des hôpitaux font un bon travail de stérilisation, certains ont même des machines dernier cri. »

    Les fabricants de ces produits, eux, brandissent le risque d’infection et de poursuites judiciaires pour promouvoir leurs produits jetables, ainsi que l’abandon du temps et des budgets dévolus à la stérilisation, la traçabilité et la réparation des équipements, et la réduction des chirurgies annulées pour cause de matériel défectueux ou mal stérilisé. Des arguments qui sonnent comme une musique aux oreilles de #gestionnaires en manque de budgets.

    Une trentaine de lobbyistes du géant mondial de fournitures médicales à usage unique, Cardinal Health, ont d’ailleurs été inscrits au Registre des #lobbyistes du Québec depuis 2014, notamment « pour promouvoir des fournitures médicales [ex : produits aux blocs opératoires] auprès des acheteurs du réseau de la santé ». Parmi les institutions visées : la presque totalité des CIUSSS du Québec, l’IUCPQ et les hôpitaux universitaires.

    Interrogé sur l’étendue du recours aux instruments jetables dans le réseau hospitalier, le ministère de la Santé n’a pu indiquer au Devoir ni le nombre ni les montants des contrats alloués à ces fournitures. « Dans certaines circonstances, l’achat de dispositifs médicaux (DM) à usage unique doit être privilégié. » Notamment pour ceux « ayant des composantes pointues ou tranchantes (aiguilles, lames) et [ceux] munis de lumières longues et étroites (cathéters, dispositifs munis de canules, etc.) », a indiqué la porte-parole du ministère.

    Au CHUM, qui vient tout juste d’emménager dans des locaux à la fine pointe de la #technologie, on dit n’avoir pas changé les pratiques en salle d’opération et recourir à des instruments standards, envoyés à la stérilisation, sauf pour les instruments invasifs. À l’IUCPQ, on indique que « les équipements de chirurgie sont utilisés selon les normes du fabricant (réutilisables ou jetables) » et que ces pratiques n’ont pas fait l’objet d’une « refonte » récemment.

    #Canada (mais ce sera la même chose en France) - #gaspillage #pollution #déchets #santé #médical #corruption #chirurgie



  • A l’hôpital, « nous sommes dans une logique fordiste : les femmes doivent accoucher à la chaîne » Basta - Nolwenn Weiler - 7 mars 2018
    https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accou

    « Beaucoup sont convaincus du fait que les femmes se sont battues pour accoucher à l’hôpital, mais ce n’est pas du tout le cas. » Derrière cette fausse évidence combattue par Marie-Hélène Lahaye, auteure du livre Accouchement, les femmes méritent mieux, se cache l’histoire d’une médicalisation à l’extrême de l’accouchement : l’usage d’hormone pour accélérer le travail, comme le recours exagéré à la péridurale ou aux épisiotomies, dont les conséquences ressemblent parfois à celles de l’excision, dessinent le portrait d’un hôpital plus soucieux de productivité que du respect des femmes. En lieu et place de cette maltraitance qui laisse des traces, des alternatives existent pourtant.
    Entretien.

    Basta ! : En France, l’hôpital possède un quasi-monopole sur l’accouchement. Dans votre ouvrage, vous rappelez que cette médicalisation à outrance a été imposée aux femmes, bien plus que revendiquée par elles. Pourquoi ?

    Marie-Hélène Lahaye [1] : Beaucoup de gens, y compris des féministes, sont convaincus du fait que les femmes se sont battues pour accoucher à l’hôpital, et cesser de mourir en mettant leurs enfants au monde. Ce n’est pas du tout le cas. Historiquement, la médicalisation de l’accouchement s’est faite sous la pression des pouvoirs publics, dans le cadre de politiques natalistes. A partir du 18ème siècle, il a été considéré qu’une nation devait avoir beaucoup d’enfants, puisque cela lui permettait d’avoir à terme de nombreux soldats pour faire la guerre et de nombreux bras pour faire tourner l’économie. Cette volonté de voir la population augmenter s’est accentuée aux 19ème et 20ème siècles, avec des lois interdisant la contraception et l’IVG, et une médicalisation croissante de l’accouchement renforçant le rôle du médecin.

    Dans l’entre-deux-guerres, pendant la période fasciste que traverse l’Europe, les lois contre la contraception et l’avortement sont encore renforcées. Parallèlement, une médicalisation croissante de l’accouchement se met en place en poussant les femmes vers les hôpitaux. Mais encore au début du 20ème siècle, les femmes résistent, elles ne veulent pas aller accoucher à l’hôpital. Les pouvoirs publics ont fini par avoir raison de cette résistance après la Seconde guerre mondiale, en proposant aux femmes qui accouchent à l’hôpital de ne plus avancer les frais, au contraire de celles qui accouchent à la maison.

    Pourquoi les femmes ne voulaient-elles pas se rendre dans les hôpitaux pour mettre leurs enfants au monde, en préférant rester chez elles ?

    Aux 18ème et 19ème siècles, les hôpitaux n’étaient vraiment pas attirants. On y accueillait les femmes sans toit, méprisées par la société, y compris par les soignants qui les accueillaient : les sans-abris, les prostituées, les petites bonnes enceintes suite aux viols de leurs patrons. La plupart de ces femmes mettaient au monde des « bâtards », qu’elles abandonnaient en général aussitôt. Les hôpitaux étaient de vrais mouroirs pour les femmes qui accouchaient, en premier lieu à cause du manque d’hygiène. Les médecins passaient de la morgue aux salles d’accouchement sans se laver les mains et transmettaient aux femmes un germe à l’origine de la fièvre puerpérale, qui les tuait massivement.


    Les conditions d’hygiène ont commencé à s’améliorer suite à la découverte de ce germe. Il y eu ensuite Pasteur, sa théorie microbienne et l’aseptisation des lieux qui est devenue plus systématique. Malgré ces progrès, les hôpitaux ont conservé cette image négative. Ils ont continué à être des lieux sans intimité, où les femmes n’étaient pas respectées. Elles continuaient par conséquent à préférer accoucher chez elles.

    Pourquoi la mortalité des femmes en couches a-t-elle diminué ?
    Après la Seconde guerre mondiale, on voit la mortalité maternelle s’effondrer partout en occident pour diverses raisons : à l’asepsie généralisée, s’ajoutent la découverte des antibiotiques, puis la possibilité de faire des transfusions sanguines. Les femmes sont aussi plus robustes et en meilleure santé. Il faut se souvenir de leurs conditions de vie au 19ème siècle : elles travaillaient dur, étaient mal nourries, enchaînaient les grossesses, sans nécessairement l’avoir voulu.

    Ce sont donc les progrès de la médecine générale et l’amélioration des conditions de vie qui font chuter la mortalité maternelle. Ce n’est ni l’hôpital, ni l’obstétrique [spécialité médico-chirurgicale qui a pour objet la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, ndlr]. Entre 1945 et 1950, plus de la moitié des femmes continuent à accoucher à domicile ! Ensuite, dans les décennies suivantes, la médicalisation augmente, sans qu’il y ait d’impact notable sur la mortalité des femmes qui accouchent. 10 % des femmes ont un accouchement compliqué, et pour elles, il est évident que l’obstétrique est nécessaire. Mais toutes les autres peuvent parfaitement accoucher sans !

    Ces progrès de la médecine se sont peu à peu transformés en standardisation de l’accouchement, avec une hyper médicalisation qui peut également entraîner des complications, dites-vous. Pourquoi ?
    Aujourd’hui en France, toutes les femmes, ou presque, accouchent à l’hôpital. Le protocole qu’on leur impose n’est pas du tout prévu pour les sauver ou les protéger, mais pour que l’hôpital tourne le plus vite possible. Il s’agit d’une logique fordiste : les femmes doivent accoucher à la chaîne, avec des sages-femmes qui courent d’une salle à l’autre, en accélérant le travail ici, et en le ralentissant ailleurs... Il n’y a pas d’accompagnement humain, ni de prise en compte des souhaits individuels, mais des normes déconnectées de la réalité physiologique de l’accouchement. Parmi ces normes : le dogme selon lequel le col de l’utérus doit s’ouvrir d’un centimètre par heure. Pour contrôler ce rythme, totalement arbitraire, on impose aux femmes des touchers vaginaux réguliers, c’est à dire qu’on leur enfonce deux doigts très profondément dans le vagin pour mesure l’ouverture du col. Ce peut être une personne différente à chaque fois.

    Si ce timing, cette norme, ne sont pas respectés, on propose alors aux femmes de leur injecter de l’ocytocine de synthèse qui imite l’hormone naturelle du même nom, responsable du bon déroulement de l’accouchement en assurant les contractions de l’utérus. En 2016 en France, 52 % des femmes reçoivent de l’ocytocine de synthèse pour que leur accouchement soit accéléré. Peut-être faut-il rappeler que l’accouchement est un processus très lent. L’utérus, devenu pour l’occasion le muscle le plus puissant de l’organisme, pousse petit à petit le fœtus vers la sortie, au cours d’une période s’étalant sur de nombreuses heures, parfois même sur plusieurs jours. Le bébé avance millimètre par millimètre, en toute sécurité vers sa naissance.

    En quoi ces « accélérations » d’accouchement peuvent-elles être problématiques ?
    Les injections d’ocytocine de synthèse ne sont pas sans conséquences, ce que l’on se garde bien de dire aux femmes. Première conséquences : la douleur. Si les contractions sont naturelles, le corps produit en même temps des endorphines qui atténuent la douleur et rendent les choses supportables. Avec les hormones de synthèse, certaines femmes peuvent se retrouver avec une contraction qui ne cesse pas, au lieu des vagues qui arrivent régulièrement et qui permettent de récupérer entre chaque contraction. Elles ont d’autant plus mal qu’on leur impose de rester allongées sur le dos, alors que pour gérer la douleur, il vaut mieux être mobile. Résultat : on leur pose une péridurale. 82 % des femmes en France accouchent avec une péridurale. Dans d’autres pays, seules 15 à 20% des femmes en ont besoin.

    Deuxième conséquence : les risques de complications comme la souffrance fœtale ou l’hémorragie de la délivrance. Le bébé n’arrive pas forcément à supporter les violentes contractions entraînées par l’injection d’ocytocine. Cela augmente les taux de césariennes, pour le soustraire rapidement à la violence des contractions. Les hémorragies de la délivrance sont aussi plus nombreuses. Pourquoi ? Parce que l’utérus, sur-sollicité par l’ocytocine de synthèse peut se retrouver en incapacité de fermer les vaisseaux sanguins reliés au placenta, ce qu’il fait normalement en se contractant une dernière fois quand le placenta est sorti. Enfin, l’exposition à l’ocytocine de synthèse augmente de 30 % les risques de dépression post-partum. Dès 1997, l’OMS a classé l’accélération de l’accouchement par l’ocytocine comme une pratique fréquemment utilisée à tort.

    Vous questionnez le recours trop systématique à la péridurale. Ne s’agit-il pas néanmoins d’un indéniable progrès, qui libère les femmes de la douleur ?
    Il est très compliqué de questionner cette technique, tant elle apparaît effectivement comme un instrument de libération des femmes de la terrible malédiction divine spécifiant : « Tu accoucheras dans la douleur. » Mais la péridurale ne garantit pas un accouchement indolore ; et bien des femmes sont fort déçues de la réalité lorsque le jour de l’accouchement arrive. D’abord, la péridurale n’est pas posée immédiatement. Souvent, les femmes doivent attendre, certains hôpitaux ne l’administrant qu’une fois le col ouvert de 4 ou 5 centimètres. Les soignants ne tiennent pas forcément compte de ce que demandent les femmes. De plus, dans 10 à 20% des cas, la péridurale ne fonctionne pas, ou alors sur seulement une moitié latérale du corps. Il y a enfin divers effets secondaires, notamment une augmentation de 40% du risque de césarienne et d’extraction instrumentale du bébé – avec des forceps.

    Curieusement, la littérature scientifique est incapable de lier, d’une part, le taux de satisfaction des femmes, d’autre part le fait d’avoir eu une péridurale. Une étude menée en 2013 par le collectif inter-associatif autour de la naissance Ciane révèle même que la proportion de femmes satisfaites de leur accouchement est nettement supérieure chez celles n’ayant pas bénéficié d’une péridurale. Il ne s’agit évidemment pas de s’opposer par principe à cette pratique, qui peut réellement soulager les femmes. Mais son usage doit dépendre du point de vue de chacune. J’ajoute que si une femme demande une césarienne alors que cela n’est pas nécessaire, cela doit être possible également. Il s’agit de laisser les femmes choisir, de les respecter, et de faire confiance à leurs capacités à mettre au monde leur enfant sans danger pour elles, ni pour leur bébé.

    Vous évoquez également de nombreux mauvais traitements, comme par exemple l’interdiction de boire et de manger, ou l’obligation d’accoucher sur le dos...

    En 2016 en France, 88,5 % des femmes étaient couchées sur le dos durant toute la durée de leur travail. 95 % l’étaient au moment de l’expulsion. C’est d’ailleurs l’image que tout le monde a de l’accouchement : une femme allongée sur le dos, les jambes en l’air. Cette position n’a pourtant rien de naturel, au contraire. Elle a été imposée au fil de 20ème siècle, avant tout pour le confort des médecins qui n’ont plus besoin de se baisser, et voient mieux « ce qui se passe ». Douloureuse et inconfortable, elle est aussi aberrante au niveau physiologique puisqu’elle ne fait pas profiter le fœtus des effets de la gravité, ni de tous les mouvements du corps et du bassin de la femme permettant sa bonne progression.

    Par ailleurs, certaines femmes rapportent que ce qu’elles ont trouvé le plus pénible lors de leur accouchement, ce n’est pas d’avoir mal, mais d’avoir faim et soif ! En France, de nombreuses maternités interdisent aux femmes de boire et de manger pendant qu’elles accouchent. Le corps médical avance le risque d’étouffement, si l’estomac des femmes est plein et qu’elles doivent subir une anesthésie générale. Rappelons le fait que plus de 80 % des femmes ont une péridurale : brandir les risques dus à une anesthésie générale paraît donc un peu tordu. On sait en plus aujourd’hui comment vider l’estomac en cas d’intervention urgente, c’est ce qui se passe quand des personnes ont de graves accidents de voiture de retour d’un bon dîner bien arrosé par exemple… Interdire aux femmes de boire et manger relève du dogme, et non de la science. C’est aussi une maltraitance au vu du prodigieux effort physique que représente un accouchement, que l’on peut comparer à un marathon.

    Vous mettez en cause le recours aux épisiotomies de routine. Pourquoi ?
    L’autre argument employé pour justifier la position allongée des femmes, avance qu’il serait plus facile, pour le médecin, de procéder à une épisiotomie. Cette « opération » consiste à sectionner sur plusieurs centimètres, au bistouri ou au ciseau, la chair, la muqueuse et le muscle du périnée de la femme qui accouche, juste avant la naissance du bébé, puis à recoudre cette incision. Cette mutilation inclut la section définitive de nerfs, voire d’une partie profonde du clitoris dont on sait maintenant qu’il se prolonge de part et d’autre du vagin. Les conséquences de l’épisiotomie ressemblent pour beaucoup des femmes à celles de l’excision : douleurs intenses pendant plusieurs semaines, perte d’estime de soi, souffrance pendant les relations sexuelles, chute de libido, dépression. Pour justifier cette pratique cruelle, le mondé médical a d’abord invoqué la protection du bébé : protéger le cerveau des enfants, qui risquerait d’être endommagé lors du passage dans le vagin de leur mère. Puis on s’est rendu compte que ce n’était pas valide.

    On a donc gardé la pratique, mais on a dit que c’était pour protéger le périnée des femmes, et empêcher les déchirures. Ce qui est également faux. Les études démontrent que l’épisiotomie non seulement n’évite pas les très rares déchirures importantes du périnée, mais surtout en augmente la gravité. Preuve de l’irrationalité de cette pratique : la grande variation des chiffres d’un pays à l’autre, d’un hôpital à l’autre et d’un soignant à l’autre. En 2010 en France, 27 % des femmes qui ont accouché ont subi une épisiotomie (44 % pour les femmes accouchant de leur premier enfant). La même année, elles étaient 75 % à Chypre et 73 % au Portugal, ces deux pays occupant le haut du classement dans la découpe du sexe des femmes. En revanche, elles n’étaient que 7 % en Suède et 5 % au Danemark. Dans les hôpitaux de Nanterre et Besançon, qui se sont engagés contre les épisiotomies de routine, les soignants ne pratiquent ce geste que sur moins de 1 % de leurs patientes !

    Le corps des femmes est capable de mettre les enfants au monde, rappelez-vous. Peut-être l’accouchement pourrait-il même être l’occasion pour elles de se découvrir des forces insoupçonnées ?
    Les femmes qui accouchent, quand on les laisse tranquilles, ont des forces décuplées. Et si elles crient ce n’est pas forcément de douleur, mais parce qu’elles vivent des sensations très fortes. Un peu comme quand on saute en parachute ou qu’on est sur des montagnes russes. Mais dans une société sexiste, l’image d’une femme puissante, qui crie, cela ne cadre pas. On préfère une vision de la femme fragile, avec un corps défaillant, qui tombe dans les pommes à la moindre émotion. Il vaut mieux qu’elle se taise, qu’elle ne bouge pas, qu’elle soit souriante et bien coiffée. Certains médecins présentent d’ailleurs la péridurale comme le moyen idéal d’avoir des salles d’accouchement silencieuses.

    Il faut arrêter d’affirmer aux femmes qu’elles risquent de mourir en mettant leurs enfants au monde. 90 % d’entre elles peuvent accoucher sans aucune aide, médicale j’entends. Ce dont elles ont besoin, c’est de soutien émotionnel, parce que c’est intense. C’est ce que font normalement les sages-femmes. Évidemment, il faut pour cela qu’elles soient très disponibles, et qu’elles ne courent pas d’une salle à l’autre comme c’est le cas actuellement dans les hôpitaux, et comme cela risque de s’aggraver au fil des réformes que subit l’hôpital public.

    Peut-on néanmoins espérer que cette situation évolue dans le bon sens ?
    C’est un système qui reste compliqué à changer de l’intérieur. En France, il est difficile pour une femme de trouver une alternative à l’hôpital. Les sages-femmes à domicile, celles qui veulent travailler différemment et décident de s’installer en libéral, sont mises en difficultés par les pouvoirs publics qui exigent d’elles de payer des assurances très élevées. Quant aux maisons de naissance, elles restent très marginales. Le changement viendra peut-être grâce à nos voisins ? Aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, les services de médecine encouragent les femmes à accoucher chez elles, parce qu’elles y sont mieux, plus tranquilles. Elles ne subissent pas d’actes médicaux dommageables, et les risques ne sont pas plus élevés. Les pays où l’accouchement est très médicalisé ne sont pas ceux où les décès sont les moins nombreux. En France, où le médicalisation est forte, la mortalité maternelle est de 8,4 décès pour 100 000 naissances. Aux Pays-Bas où, en 2010, un quart des femmes ont accouché à domicile accompagnées d’une sage-femme, la mortalité maternelle est de 4,9 sur 100 000 naissances.

    Il faudrait que les responsables politiques cessent de déléguer la question de l’accouchement aux seuls médecins. Il s’agit d’une vraie question de santé publique, et de liberté des femmes. Il y a en France 800 000 accouchements par an. Au moins 20 000 à 40 000 femmes y sont réellement maltraitées. 6% des femmes qui accouchent développement des stress post traumatiques, parce qu’elles ont été menacées dans leur intégrité physique [2]. Comme les soldats qui reviennent de la guerre ou les victimes d’attentats, elles ont peur, font des cauchemars, sont en grande fragilité psychologique. Pour certaines, cela peut porter atteinte au lien qu’elles nouent avec leur enfant. A contrario, une femme qui a pu exprimer sa pleine puissance, qui a été valorisée et considérée, sera moins sujette au baby blues et aux difficultés avec son nouveau-né. Les conditions d’accouchement sont un véritable problème de santé public. Il est temps que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’empare de cette question.

    Propos recueillis par Nolwenn Weiler
    Marie-Hélène Lahaye, Accouchement, les femmes méritent mieux, Éditions Michalon, 2018, 20 euros.

    Notes
    [1] Marie-Hélène Lahaye, juriste, est auteure du blog Marie accouche là, explorations politiques et féministes autour de la naissance. http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr Elle viens de publier Accouchement, les femmes méritent mieux, aux Éditions Michalon, 2018, 20 euros.
    [2] Voir ici https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00010882/document . Le chiffre de 20 000 à 40 000 femmes est une extrapolation (prudente) des 6% de stress-post traumatiques sur les 800 000 accouchements qui ont lieu chaque année.

    #Femmes #hôpital #médicalisation #accouchement #productivité #médecine #grossesse #Sages-femme #santé publique #maltraitance #péridurale


  • Front Santé Sexuelle de Medic’Action : appel à #témoignages dans le cadre d’un mois contre la médecine misogyne
    https://nantes.indymedia.org/articles/39810

    Le 8 mars est peut-être l’occasion pour les boîtes de nuit de proposer une soirée « cocktail gratuit pour les filles » ou pour votre collègue Michel de faire la vaisselle à la place de sa femme, cela reste pour les militantes une date incontournable pour clamer haut et fort les revendications féministes. C’est dans cet objectif que le FSS de Médic’Action prend l’initiative de consacrer un mois au thème de la médecine misogyne.

    #Santé #violences #médicales #obstétriques #misogynie #soins #lyon #Santé,violences,témoignages,médicales,obstétriques,misogynie,soins


  • #Santé #périnatale : comment va la France ? - A la une - Destination Santé
    https://destinationsante.com/sante-perinatale-va-france.html

    Autres informations qui ressortent de l’enquête périnatale : « les #accouchements ont plus souvent lieu dans des #maternités publiques, spécialisées et de grande taille, mais le nombre de petites maternités (moins de 500 accouchements par an) n’a pas diminué ». La présence du corps médical semble s’être renforcée lors de la naissance : « la part des services ayant en permanence sur place un obstétricien (de 54% en 2010 à 61% en 2016), un anesthésiste (de 75% à 81%) et un pédiatre (de 34% à 40%) a augmenté. »

    Paradoxalement, et en raison de la demande croissante des femmes dans ce sens, le recours à la #médicalisation tend à reculer, avec une proportion stagnante de césariennes et une diminution du nombre d’épisiotomies (passant de 27% à 20% entre 2010 et 2016). L’administration d’oxytocine, hormone déclenchant le travail et présentant des risques pour la santé maternelle, devient quant à elle moins fréquente.


  • #Justine_Kreher : Lettre aux groupes LGBT, aux systèmes de santé et aux médias concernant les jeunes diagnostiqué-e-s à tort comme transgenres

    Lorsque les enfants de 7 ans sans signes précédents de dysphorie reviennent à la maison et demandent « Maman, est-ce que je peux changer de sexe » après avoir été exposé-e-s à des programmes de familiarisation aux enjeux trans, des parents ont peur. Il est clair qu’il faut absolument mettre fin partout aux conduites d’intimidation de toutes les personnes réticentes aux stéréotypes de genre. Mais il sera extrêmement dommageable pour la bonne réputation et la confiance qu’ont établies avec la population les défenseurs des droits des personnes homosexuelles au cours des dernières décennies si jamais il est prouvé que ces programmes accroissent la persistance de la dysphorie de genre ou que certains thérapeutes de genre auprès des jeunes se comportent avec négligence. Voici une citation d’une mère dont la fille, ici encore, n’a jamais présenté d’indications précédentes de dysphorie enfantine. (Elle n’est pas la seule à dire ces choses, et ces parents sont généralement ouverts d’esprit, des libéraux tolérants à l’endroit des personnes homosexuelles et non des conservateurs).

    « Ma propre fille prétend être un garçon. C’est un cauchemar. Cette attitude est sortie de nulle part à l’âge de 15 ans – ce n’est pas le cas d’une fille qui a toujours voulu être un garçon, ou qui a toujours agi en garçon. C’est une fille qui était fière d’être une fille jusqu’à ce qu’elle se développe physiquement et que les garçons et les hommes commencent à la traiter comme un morceau de viande et une citoyenne de deuxième classe. Le cauchemar est que les médecins et les thérapeutes ne sont pas autorisés à s’interroger sur pourquoi elle veut être un garçon … Ils sont donc prêts à prescrire des injections de testostérone et une double mastectomie malgré le fait qu’elle est mineure. Ces « traitements médicaux » physiques pour son problème psychologique sont permanents et barbares. Il serait contraire à « l’éthique » pour les professionnels de fournir tout autre traitement. C’est un cauchemar pour une mère. »

    Les protocoles appliqués aux trans stérilisent des enfants, causent des effets permanents, nécessitent des interventions chirurgicales invasives et risquées, et créent une dépendance hormonale à vie.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.thehomoarchy.com/letter-of-concern-sent-to-lgbt-rights-health-media-orgs-over-youth-bei

    #lgbt #act-up #psy #médicalisation


  • « Les personnes trisomiques ont-elles le droit de s’exprimer à la télé ? Le CSA ne le pense pas »
    https://jeanyvesnau.com/2016/09/08/les-personnes-trisomiques-ont-elles-le-droit-de-sexprimer-a-la-tele-le-

    [Avertissement après discussion dans les commentaires : ce que cet article ne dit pas, c’est que la vidéo en question a notamment été financée par le mouvement pro-vie, qui instrumentalise donc à travers elle la question du handicap pour remettre en cause le droit à l’avortement.]

    Un clip #vidéo avait été réalisé pour la Journée mondiale de la trisomie du 21 mars 2014. Il dure 2 minutes 30. En différentes langues sept jeunes trisomiques européens (dont des Français) s’adressent à une femme enceinte d’un enfant #trisomique. A leur manière ils expliquent leur capacité à mener une vie qui peut, aussi, être heureuse. Et qui peut rendre heureux autour d’eux. Entre mars et avril 2014, plusieurs chaînes françaises en avaient diffusé un extrait de 30 secondes (à titre gracieux) dans leur espace publicitaire, à la demande des associations parrainant cette initiative.

    La vidéo a été vue plus de sept millions de fois sur YouTube. On entend notamment ces six mots : « Chère future maman, n’aie pas peur. » Ces six mots, ces images et cet air de piano sont perçus par certains comme proprement inacceptables. C’est le cas des belles âmes torturées du #CSA. La diffusion de cette vidéo « au sein des espaces publicitaires des chaînes de télévision » avait entraîné une « intervention » de ce gardien du temple. En juin 2014 il l’avait estimée « #susceptible_de_porter_à_controverse » et ne relevant pas d’un « message d’intérêt général » seule condition autorisant une diffusion gratuite pendant le temps publicitaire.

    (...) Les sept jeunes trisomiques ont quant à eux estimé que cette « intervention » du CSA était de la « #censure », que l’on bafouait leur droit à s’exprimer. « Ils ont ainsi été amené à saisir le Conseil d’Etat, dont l’audience se tenait mercredi 7 septembre, pour défendre leur droit à s’exprimer, nous explique Le Monde daté du 9 septembre (Charlotte Heymelot). Une démarche inédite. » Mieux : les sept ont choisi de saisir le Conseil d’Etat sans avocat, un geste symbolique. « Pour une fois, ils veulent que leur parole soit entendue, sans qu’on parle à leur place ».

    (...) Le CSA ? Pour justifier sa position il avait indiqué que la finalité du clip (parce qu’il s’adressait à une future mère) pouvait « paraître ambiguë et ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle » 1. On appréciera ce jargon, ces empoulements corsetés. Dans un communiqué expliquant cette position, l’instance bien-pensante avait indiqué avoir reçu des plaintes, l’amenant à considérer le message du clip comme « #susceptible_de_troubler_en_conscience des femmes qui, dans le respect de la loi, avaient fait des choix de vie personnelle différents ».

    Le Conseil d’Etat ? Mercredi, la rapporteure publique lui a demandé de ne pas suivre les demandes des requérants, estimant que l’adresse du clip à une future mère lui conférait un aspect trop engagé, et donc non susceptible d’être diffusé dans un espace publicitaire. Chacun sait, sur son canapé, que la #publicité télévisée est tout, sauf engagée.

    Donc si vous êtes « troublé·e en conscience » par une publicité sexiste ou consumériste (oui, je sais, pléonasmes), vous pouvez vous plaindre au CSA qui ne manquera pas de faire interdire la diffusion.

    Ou bien serait-ce la continuation par d’autres moyens de la politique dite de #santé_publique incitant massivement les #femmes à avorter de tout foetus jugé « non-conforme » ? On n’ose y penser. On est par ailleurs tout à fait libre de faire ce choix pour de multiples raisons légitimes qui n’ont rien à voir avec celles de l’Etat ou avec la conformité, mais cette décision du CSA représente certainement l’une des rares fois où l’injonction de procréer se trouve très officiellement tempérée... par la toute aussi crapuleuse injonction à la normalité.

    • Cette publicité est à l’évidence une manière de contrer le droit des femmes à avorter.
      Elle est dans la droite ligne de tout ce que fait les « pro-vie » et autres anti avortement.
      C’est cette méthode appliquée dans les hôpitaux, en obligeant la femme qui veut avorter à voir l’échographie et à lui détailler le corps du foetus.
      C’est une grave erreur de dire qu’il y a injonction à avorter de tout foetus non-conforme, c’est une parole politique et anti-avortement, pas une réalité.
      Si c’était le cas on arrêterait de faire survivre à tout prix (tout prix, oui) les grands prématurés, qui sont des handicapés actuels et à venir, la plupart du temps très lourdement : donc affirmation totalement ridicule, et anti choix d’avortement.
      De plus, qui pourrait affirmer que, effectivement, c’est un message « d’intérêt public » si ce n’est les fachos religieux et autres anti-femmes qui luttent contre l’avortement ?

    • Cas difficile. D’un côté, on voit bien que le message est ambigu, car il s’adresse à une future mère et renvoie à la question de l’avortement sans le dire. Et de l’autre, il y a la question de la visibilité des Down, des potentialités que sont leurs vies - quand ils sont acceptés et soutenus - et ce d’abord par leur famille of course, mais aussi d’un point de vue social et institutionnel, il ne faut quand même pas se leurrer, la vie des Down ressemble à celle du clip quand un certain nombre de conditions favorables sont réunies - et dans ce sens, le clip est au minimum maladroit. Leur nouvelle campagne n’a pas cette ambiguité :
      https://www.youtube.com/watch?v=YhCEoL1pics

    • @perline c’est vrai que ce message est une aubaine pour les anti-ivg (qui ne manquerons pas de se servir de cette campagne contre les femmes) mais d’un autre coté on peu comprendre les problématiques des personnes atteintes de trisomie et les laisser exprimé leur point de vue.

      Cette campagne ne demande pas de loi obligeant les femmes à porter ces enfants, elle ne dit pas que les femmes subissent une injonction à l’IVG comme tu le dit dans ton message.

      Par contre ce qui me pose problème dans cette campagne c’est le coté sexiste de ne s’adressé qu’à la mère (il y a une seul mention du père pour réparer le vélo) puisque ce sont les mères qui vont se coltiner le boulot (statistiquement c’est le cas). Et c’est vrai qu’elle est uniquement centré sur les intérêt des trisomiques et pas du tout sur l’intérêt des mères.

      La campagne est focalisé sur le point de vue des trisomiques, illes disent « nous on est heureuseux de vivre » mais c’est vrai qu’entre les lignes j’entend « et ta vie sera un cauchemarre » (parfois ca sera difficile... tu m’étonne).

      Bien sur je comprend parfaitement les femmes qui avortent lorsqu’elles découvrent que le fœtus qu’elle porte est atteint de trisomie (perso je le ferais plutot 100000 fois qu’une), mais de l’autre je comprend parfaitement que les trisomiques veuillent vivre la courte existence dont ils peuvent disposer.

      Il y a un conflit d’interet entre les femmes et les enfants trisomiques, entre féminisme et capacitisme/validisme. Mais là il ne s’agit pas d’une demande de législation, seulement de l’expression d’un point de vue d’un groupe discriminé.

      #féminisme #capacitisme #validisme

    • J’allais m’emporter contre vous, @perline, vous signalant que j’avais précisé que l’avortement est à mes yeux, comme je l’ai indiqué, parfaitement légitime, indiscutable, relevant d’un choix intime, que le foetus soit porteur ou non d’un handicap :

      On est par ailleurs tout à fait libre de faire ce choix pour de multiples raisons légitimes qui n’ont rien à voir avec celles de l’Etat ou avec la conformité

      Mais comme vous soulevez le point tout à fait juste que cette vidéo a dû bien plaire aux pro-vies, ce qui est un problème de taille, je suis allée vérifier qui avait fait la vidéo (j’aurais dû le faire avant) : on trouve de fait la catholique et anti-IVG fondation Jérôme Lejeune dans ses sponsors. Pas très étonnant, après réflexion, vue l’instrumentalisation sentimentale du handicap qui est en effet réalisée au sein de ce mouvement.

      Sur la sur-#médicalisation des #grossesses, je crois qu’il y a déjà pas mal de matière sur seenthis. Une femme est (ou plutôt devrait être) libre d’avoir ou de ne pas avoir d’enfant, d’avorter ou de ne pas avorter, de faire ce choix en raison d’un handicap détecté ou pour toute autre raison, de mener sa grossesse avec un suivi institutionnel ou alternatif. Le seul rôle de l’Etat là-dedans est (devrait être) de s’assurer d’une information équilibrée et de donner à la femme un cadre social et médical l’accompagnant dans son choix.

      J’enlève donc la vidéo et je pose un avertissement dans mon premier billet.

    • @supergeante nos messages se sont croisés.
      par rapport à ceci :

      il ne faut quand même pas se leurrer, la vie des Down ressemble à celle du clip quand un certain nombre de conditions favorables sont réunies

      Pour la France j’en profite pour lier avec cette info : https://seenthis.net/messages/521910

      @intempestive merci pour cette enquète sur le sponsor et les modifications de ton message de départ et merci @perline d’avoir soulevé ce problème et m’avoir permis de voire la fondation Lejeune planqué dans ce cheval de Troy.

      #cheval_de_Troy

    • @intempestive Ce n’est pas étonnant que la fondation Lejeune soutiennent Coordown, puisque c’est une fondation qui vise à l’acceptation des T21. JLejeune était par ailleurs en plus d’être médecin (il a découvert le mécanisme de la T21 et a œuvré auprès de familles et de personnes T21), un catho anti-avortement et a lié ces deux combats dès les années 70. Je ne sais pas si c’est le principal bailleur de fonds de Coordown, qui est une asso italienne, je n’arrive pas à trouver qui les finance.

    • Ce qui est pénible c’est que le terrain ne semble occupé principalement que par des assos anti-avortement. Apparemment, les Amis d’Eleonore n’est pas dans ce cas même si ils n’hésitent pas à apparaître aux côtés de la fondation Lejeune dans les échanges autour de la bioéthique ou la diffusion de ce clip. Vous en savez plus ?

    • Discussion éclairante merci. J’avais relayé l’affaire de mon côté, tout en étant informée pourtant du rôle malin qu’y tiennent les pro-vie. Les interventions que je lis ici pallient ma paresse intellectuelle... J’espère en lire d’autres, un de ces jours, qui m’aideront à clarifier aussi mes idées sur le fond. Car je rejoins la problématique soulevée par @mad_meg :

      c’est vrai que ce message est une aubaine pour les anti-ivg (qui ne manquerons pas de se servir de cette campagne contre les femmes) mais d’un autre coté on peu comprendre les problématiques des personnes atteintes de trisomie et les laisser exprimé leur point de vue.

      Vécu : face à ma réticence à procéder au dépistage précoce de la trisomie (n’étant pas sûre que je parviendrais à avorter en cas de réponse positive), une gynécologue que j’estime par ailleurs fait une tête déconfite et m’annonce qu’elle aura besoin d’une décharge écrite de ma part. On n’en est pas arrivées là. Mais ça m’aide à comprendre que les personnes trisomiques et plus encore leurs parents puissent se sentir au bas mot mal acceptées, voire coupables d’exister ou d’avoir laissé exister leur enfant. Et derrière ce constat, il y a des questions qui continueront d’alimenter le discours d’intolérance des pro-vie tant que nous ne parviendront pas à les poser ouvertement. Par exemple (pardon si je lance là un débat archi-sensible que je suis malheureusement incapable d’assumer) : le fait qu’il soit si difficile d’entendre que la politique de dépistage en question relève de l’eugénisme. Les connotations du mot sont insupportables. Mais peut-être faudrait-il dépasser ce malaise en assumant que notre société défend parfois les causes qui lui paraissent justes et nécessaires avec une part d’obscurité tout aussi inhérente à son existence même. Je dis bien « peut-être faudrait-il ». J’espère que vous pourrez faire preuve de compréhension et ne pas m’imputer des velléités d’entrisme d’extrême-droite pour avoir essayé d’exprimer mes interrogations irrésolues sur un sujet qui me touche.

    • Il suffit de montrer des trisomiques dans leur quotidien, y compris ceux qui sont visibles, acteur-rices, modèles, etc. pour que le public comprenne qu’on peut vivre trisomique. C’est comme tous les schémas qui ne sont pas dictés par les canons de la mode : si tu n’as pas deux bras, deux jambes, un buste et le tout dans un format irréel, tu n’as pas le droit de vivre dans les médias, tu n’as pas le droit d’être visible.
      Mais, par ailleurs, tous les trisomiques ne sont pas comme ceux de la pub, c’est à dire avec une certaine autonomie et capables de s’exprimer, etc. La trisomie n’est qu’une constatation technique, les conséquences vont de la mort in utero car problèmes cardiaques lourds, à un retard mental tout à fait compatible avec notre société.
      Il y a donc un mensonge grave dans cette publicité qui présente les conséquences de la trisomie comme minimes.
      Tu accouches d’un polyhandicapé ou d’un enfant avec un QI de 80, tu n’as pas la même vie.
      Je remarque que le suicide de la mère seule à bout, avec deux enfants dont une trisomique suffit à lui seul à montrer ce que peut être un quotidien avec des difficultés d’argent, de solitude, de non-aide dans cette société où tu es seul-e quoi qu’il arrive. Sans oublier l’angoisse permanente de « que va-t-il devenir quand je serai mort » !
      Aux États-Unis, des associations existent et sont très efficaces. Tu dis j’ai un enfant trisomique et tu es pris en charge, conseils, aides, trucs, et bien plus, et tu n’es jamais seul, tu as toujours quelqu’un qui te comprend, tu peux toujours souffler, avoir les infos, te faire aider, pour quoi que ce soit.
      C’est un angle communautaire qui est rayonnant. Quel que soit ton problème tu vas trouver des personnes qui ont le même, tu vas trouver les expériences de toute la vie de l’association, et tu vas pouvoir affronter ton problème, de quelque nature qu’il soit, avec plus de socle solide.
      Ici, c’est tout le contraire : aucune info, rejet de partout, associations très faibles, causes internes et externes, bref, si tu es enceinte d’un trisomique, ou autre malformation mentale, ici tu as tout intérêt à avorter, aux USA tu peux te poser la question.
      Arrêtons d’en faire une responsabilité-culpabilité personnelle, la mère évidemment.
      C’est la société tout entière qui doit assumer les statistiques de la vie sur cette terre.

    • L’euphémisation est encore plus flagrante dans la seconde campagne, celle relevée par @supergeante, où l’héroïne de la pub est une jeune femme trisomique avec très peu de signes physiques du syndrome. Le seul argument au fond c’est « regardez, elle est normale » - et pas « on a droit d’être différent·es ».

      Des projets comme Beaux jeunes monstres (parmi bien d’autres, groupes musicaux, troupes de théâtre...) font mille fois plus pour secouer les #représentations sur le #handicap, mais restent malheureusement pour cette raison-là minoritaires
      http://www.lecollectifwow.be/Beaux-Jeunes-Monstres-36

      @fabxtra : cela me pose également question. La surmédicalisation des grossesses à travers le #diagnostic_prénatal permet certes une prise en charge adaptée et précoce dans certains cas importants, mais en rajoutant une bonne dose d’anxiété et d’examens pour tout le monde. La Haute autorité de santé elle-même avait d’ailleurs souligné le fait que les amniocentèses (utilisées notamment pour dépister le syndrome de Down) servent essentiellement à écarter les très nombreux faux positifs générés par le tri-test. Et elle conseillait de les user avec davantage de parcimonie, étant donné qu’elles sont très anxyogènes (l’anxiété étant également une question de santé publique). L’appareil médical s’auto-alimente, en somme.

      Le cas des grand·es prématuré·es que vous évoquiez, @perline, est d’ailleurs très différent : une fois que l’enfant est né·e, encore heureux que tout soit fait, en termes d’assistance médicale, pour lui permettre de vivre. Cela ne contredit en rien le fait qu’il y a en amont une forte incitation à ce que les grossesses « non-conformes » (un·e prématuré·e pouvant ou non en avoir fait partie) restent une exception. Avec pour effet, un effondrement statistique des naissances d’enfants porteurs/ses du syndrome de Down et d’autres. Du point de vue de l’Etat, c’est très rationnel. Sur le plan #éthique, il y a d’autres choses à dire que la mélasse qu’en font les pro-vie. Encore une fois, il n’y a pas à discuter les choix intimes des parents - je relève simplement que ces choix se font dans un cadre médical et social qui n’est pas neutre. Et comme vous le soulignez, un autre cadre social permet d’autres choix. Quant à la nécessité d’une responsabilisation sociale et non individuelle, je suis on ne peut plus d’accord.

      @supergeante : je suppose que l’exploration des biographies des membres du CA de Coordown nous renseignerait un peu, mais je ne parle pas assez l’italien pour le faire
      http://www.coordown.it/www/chisiamo.php

    • Oui : « on a le droit d’être différent » et « regardez comme elle est normale », ce n’est pas le même projet politique du tout, surtout comme quand le dit Perline, les personnes mises en avant sont des personnes avec un Down qui leur permet un développement intellectuel et psychomoteur, une autonomie qui n’est pas celui de toutes les personnes ayant trois chromosomes 21. Tout le monde n’est pas Pablo Pinéda, ni ne vit jusqu’à soixante ans avec la T21, notamment à cause des problèmes cardiaques, moteurs, d’obesité et de développement cérébral.

    • Bon je vais essayer de participer calmement à ce débat, cela ne va pas être facile mais je vais essayer, je confierai presque à @supergeante de me surveiller, de me prendre la tension et d’intervenir si elle sent que cela bout de trop en moi.

      J’ai un vrai problème personnel avec cette notion d’avortement dans le cas d’une amniocyntène qui viendrait révéler façon spoiler que ben voilà on n’est pas très sûr que l’enfant il soit tout à fait normal. Je préfère préciser que je n’ai évidemment aucun problème avec l’IVG.

      Juste pour détendre l’atmosphère, je vais vous dire que sur les trois enfants dont je suis le père et pas un peu fier en plus, deux de ces enfants présentaient des risques qui nous étaient présentés comme, inquiétants, pour ce qui est de Madeleine, aujourd’hui 17 ans, merveilleuse adolescente qui s’intéresse à tout plein de trucs et notamment à son prochain, voire rédhibitoires, les risques, pour ce qui était d’Adèle, 12 ans aujourd’hui une intelligence et une créativité remarquables de l’avis de beaucoup, en revanche le troisième enfant qui avait les meilleures statistiques, Nathan, 16 ans aujourd’hui, lui, ben il n’est pas comme les deux autres que c’en est même extrêmement compliqué au quotidien.

      Vous l’aurez compris, par bonheur, non seulement nous n’avons pas écouté les médecins ivres de leur imagerie médicale pour ce qui est des filles et par bonheur aussi, Nathan a très largement sa chance de vivre une existence dans laquelle il devrait connaître quelques bonheurs et tout cas nous en donner pas mal, en dépit de son handicap mental.

      Je vais passer rapidement sur le fait, pas besoin d’enfoncer une porte ouverte, que c’est vraiment dommage qu’effectivement, on ne donne pas davantage la parole aux personnes handicapées, entre autres choses quand on le fait on apprend tout plein de trucs, une bonne partie de ma compréhension de ce que c’est que d’être autiste me vient d’une jeune femme que je trouve extraordinaire, une certaine Amanda Baggs et notamment sa vidéo https://www.youtube.com/watch?v=JnylM1hI2jc


      In my language que je trouve vraiment merveilleuse, on se rendrait d’immenses services dans notre compréhension de nous-mêmes en donnant toute sa place à de telles expressions de l’altérité. Il ne fait aucun doute qu’une grande partie des difficultés des personnes handicapées à se faire une place qui est logiquement la leur dans notre société vient notamment de notre rapport honteux à cette altérité.

      On note au passage que c’est un standard du truc que par ailleurs une certaine frange dextrogêne de la pensée n’hésite pas à instrumentaliser le handicap pour servir leur crémerie, des fois les personnes handicapées ont les capacités pour démonter ce genre de mécanismes pervers, je pense notamment une certaine Michelle Dawson avec laquelle j’ai beaucoup appris sur le sujet.

      Dans les différents groupes et communautés de parents d’enfants handicapés, j’ai souvent heurté les sensibilités de mes compagnes et compagnons de route en leur expliquant que je n’avais aucune difficulté à admettre qu’à tout prendre j’aurais préféré que mon fils Nathan ne soit pas handicapé mental que cela correspondait à une blessure narcissique et que cela me faisait souffrir. L’image que je donne pour sous-tendre cet argument qui ne passe pas toujours hyper bien c’est que si l’on pouvait renseigner des fiches avec des cases à cocher pour ce qui est des souhaits parentaux pour l’enfant à naître, il faudrait être sacrément pervers pour cocher la case autiste en se disant que tiens cela pourrait être fun. Alors pour être honnête, oui, cela peut arriver de temps en temps que cela le soit mais ce n’est pas sans un certain revers de la médaille. Et même si c’était à refaire, comment dire… je laisserai volontiers ma part à quelqu’un d’autre.

      En revanche ce qui m’intéresse au premier chef c’est que contrairement à ce que la société me renvoie à propos de Nathan, c’est qu’il a une personnalité en plus d’être handicapé et je chéris cette personnalité, vous n’avez pas idée. Et je trouve merveilleux que cette personnalité parvienne à s’exprimer au travers de ce qui sont des obstacles majeurs à l’épanouissement. On l’aura compris je suis très fier de mes filles comme souvent un père, pour une bonne part pour ce que je suis parvenu à leur transmettre, un vrai talent pour l’empathie chez Madeleine et une créativité de tous les moments chez Adèle. Le miracle veut que j’ai aussi réussi à transmettre des tas de trucs à Nathan, par exemple un vrai goût pour le rugby et les échecs, deux domaines dans lesquels je suis désormais dépassé par lui, pour mon plus grand bonheur.

      La transmission cela ne fonctionne pas que dans le sens parent-enfant. Heureusement. Et s’il y a une chose que Nathan m’a transmise et qui fait de moi une bien meilleure personne que ce j’étais sans doute programmé pour être, c’est un vrai goût pour cette différence et la pleine réalisation des richesses qu’elle contient. Ce n’est juste pas une phrase en l’air.

      Parmi les salauds qui n’auront pas facilité l’accès au monde à Nathan il y a sa principale du collège qui un jour a tenu à Nathan ce discours extraordinaire qu’il coûtait cher à la société et qu’il était temps qu’il se comporte d’une façon plus conforme pour qu’il y ait une manière de retour sur investissement : vous n’imaginez pas ma fureur, et bien ce jour-là mon habituel esprit d’escalier m’a laissé en paix et j’ai pu expliquer calmement à cette femme que Nathan avait donné bien davantage à la société que cette dernière avait donné pour lui, que Nathan quand il était scolarisé à l’école Decroly avait été une source inépuisable d’enseignement de la différence pour ses camarades de classe et qu’il avait fait largement aussi bien avec ses potes du rugby qui sont extraordinaires avec lui depuis qu’il est arrivé au club, il y a dix ans.

      Et on voudrait se couper de tels enseignements ? En pleine crise du capitalisme ? Ce serait une très mauvaise idée.

    • La principale du collège… comment dire…
      Bravo pour ton #sang-froid. Je me rends compte que c’est ce qui me manque le plus.

      Et merci pour ton partage. J’ai une copine avec un gamin polyhandicapé de l’âge de ma fille (ils étaient ensemble au jardin d’enfants et la mienne était la seule qui voulait bien jouer avec lui : j’avais oublié depuis, mais je sais à présent à quel point sa mère ne pouvait pas oublier ce genre de petite chose). Elle se bat au quotidien pour que son fils soit le plus possible intégré dans la vie quotidienne, mais effectivement, l’une des rares réponses de la #société, c’est de parquer à l’écart, comme on le fait en fait avec pratiquement toutes les formes de #différence sans que cela ne nous semble dérangeant.

      J’aime bien cet aspect de l’esprit village qui pousse à intégrer tout le monde (enfin, surtout les natifs…) et qui fait que quand monsieur Monolecte a repris le cinéma, y avait le Kiki livré avec, un gars un peu plus vieux que nous, genre Forest Gump (les fulgurances en moins) qui avait le droit au ciné gratuit en échange de la pose des affiches en ville ou à sa gamelle au restaurant du bas, en échange de la pluche des patates.

      Bon, sa mère est morte. La tutrice lui a payé une télé (que sa mère avait toujours refusé) et on ne le voit plus parce qu’il passe sa vie devant. On espère que le nouveau proprio du resto a gardé le Kiki, sinon, il doit se nourrir de chips…

      Mais ces derniers temps, j’ai vraiment l’impression qu’on se racornit tous dans le sacro-saint esprit de #compétition et de #rentabilité maximum, et que déjà qu’il n’y a plus de place pour les gens juste « normaux », il y en a encore moins pour les autres, les différents, ceux qui ont juste besoin d’un peu plus d’attention ou de tout petits efforts…

    • Merci pour cet éloge de la différence, @philippe_de_jonckheere, et pour sa superbe conclusion.

      C’est un problème très sérieux, que les réflexions autour de la #bioéthique et notamment la critique de l’eugénisme soient complètement phagocytées par les intégristes catholiques aujourd’hui.

      Je crois aussi que la politique de dépistage pré-natal et ce qu’elle implique dans le rapport à la grossesse, à l’enfant, à la société, a un fort impact sur la manière dont les personnes porteuses d’un handicap sont perçues. La principale du collège de Nathan lui a tenu l’ignoble discours comptable de l’Etat.

    • Oui, merci.

      Il n’y a pas que pour le dépistage prénatal que ce genre de questions se posent. Je me souviens de mon professeur d’Économie publique, à la fin des années 1970 qui nous avait présenté la question des règles de réanimation néonatale. Le point de vue comptable n’était là que pour évaluer l’impact des décisions — on était certes dans les années de la RCB (Rationalisation des Choix Budgétaires), mais le critère économique n’était pas (pas encore…) le seul critère à intégrer.

      40 ans plus tard, la question de la réanimation néonatale reste un tabou complet. Il est prudent de se renseigner auprès de membres du personnel de santé sur les pratiques effectives des différents services : prolongation (ou non) de la réanimation, consultation (ou non…) des parents, etc. Avec la fin de vie, où l’on retrouve les mêmes questions, c’est peut-être le domaine dans lequel l’inégalité devant le système de soins est la plus criante. Inégalité résultant de l’accès inégal à l’information.

    • @intempestive et @monolecte La principale en question aura un jour sur son bureau un livre sur lequel je travaille, pour le moment il s’intitule les Salauds , il lui sera dédié, la diatribe sur le retour sur investissement de la société n’étant pas, et de loin, la pire des saloperies qu’elle a servie à Nathan, il y a vraiment matière à roman. Et elle n’est pas seule dans ce domaine, je dois dire que j’avais été très touché quand son instit de CP qui se piquait de théâtre avait fait travailler sa classe sur une pièce de théâtre et avait donc confié à Nathan le rôle du fou du village. Et des comme ça j’en ai quelques unes dans ma besace.

      @monolecte, puisque c’est Monsieur monolecte qui s’occupe du cinéma chez toi, tu devrais lui toucher un mot de l’opération Ciné Ma Différence , c’est une opération que l’on a un samedi sur deux ici à Fontenay, une séance du samedi après-midi spécialement ouverte aux enfants et adultes handicapés mentaux, dans laquelle les neurotypiques sont les bienvenus aussi, à condition d’accepter que la projection risque d’être augmentée notamment au niveau de la bande sonore, mais aussi de théâtre devant l’écran ou encore d’ombres chinoises et j’en passe. Je ne raterais pour rien au monde une telle séance, cela me fait un bien fou d’entendre tout ce petit monde rire, mais pas au bon moment etc...

    • Désolée de revenir, j’ai du mal avec la notion de « différence » appliquée aux handicapés, surtout « mentaux ».
      Ce n’est pas le refus de la « différence » qui met les handicapés mentaux très loin, le plus loin possible de nous, les pas handicapés mentaux (qu’on croit), c’est la peur.
      Et ça c’est sacrément plus grave, politiquement, humainement, sociétalement.
      La peur amène l’agressivité, le retour sur soi et son cadre connu, la guerre (proche, lointaine, peu de gens, beaucoup de gens).
      C’est pourquoi les politiques mettent en avant l’Autre, le danger, la peur, pour regrouper les âmes qui se retrouvent, pleines de qualité, dans leur groupe, le bon groupe (après, la définition dudit groupe c’est à peu près tout ce que vous voulez, et surtout la plupart du temps n’importe quoi).
      Les handicapés, surtout mentaux, font peur, surtout en France.
      Je le redis, c’est très différent autre part, USA, Brésil, etc.
      Une personne qui parle fort, crie à contretemps, a des gestes asynchronisés, mon Dieu que ça fait peur.
      Dit comme ça, hein, c’est con, peur de quoi ?
      Mais oui, ça fait peur parce que pour comprendre ce que dit quelqu’un qui parle à sa manière, pas très clair à tous points de vue, ben faut faire un effort, n’est-ce pas.
      Et là, c’est plus possible, en plus on devrait tendre l’oreille, regarder bien les mouvements de lèvres, les gestes, pour arriver à comprendre ce que moi je dirais en trois mots, clairs nets et précis ?
      Voilà, ça ne tient qu’à ça la peur des handicapés, surtout mentaux, et à rien de plus, en tous cas ici en France.
      Moi ce qui me fait un bien fou, c’est d’aller à l’étranger et de croiser des handicapés, mentaux, physiques, dans la rue : de voir des gens normaux, quoi.

    • @perline Bien d’accord avec toi pour l’inadéquation du terme de différent pour handicapé , c’est définitivement une manière de refus, une forme d’ostracisme. Et handicapé n’est pas un gros mot.

      Pour ce qui est de la peur, je ne suis pas certain que ce soit de la peur, je dirais davantage quelque chose qui ressemble à de la honte. Et cette honte j’ai une idée très précise de la manière dont elle pourrait être combattue, cela prendrait du temps mais cela fonctionnerait à tous les coups : intégrer les enfants handicapés de façon militante et systématique dans les établissements.

      Il y a une dizaine d’années, je crois qu’en France seulement 5%, peut-être 10%, des enfants autistes étaient scolarisés dans des d’établissements qui n’étaient pas spécialisés. En Belgique c’était 17 fois plus, je crois que l’on tournait alors aux alentours de 85%. On aura compris que les chiffres que j’avance sont à la louche mais l’ordre de grandeur est là.

      Je fais souvent le test, depuis le temps que je le fais, je regrette vraiment de n’en avoir pas gardé une trace statistique, auprès des gens de ma génération, celle des années 60, en posant la question : est-ce que tu te souviens d’un enfant handicapé dans ta classe pendant ta scolarité ? Il est arrivé une fois ou l’autre que l’on me réponde oui, et d’ailleurs chaque fois, de façon émue. Mais la plupart du temps, les gens de ma génération n’ont pas connu de camarades handicapés dans leur classe. Dans mon cas c’est tout particulièrement étonnant puisque j’ai grandi à Garches, où se trouve un hôpital de renom qui s’occupe notamment des enfants handicapés suite à un accident de la route et donc de nombreuses familles s’installent dans cette ville par ailleurs fort ennuyeuse. Et bien je n’ai jamais eu dans ma classe, de toute ma scolarité (dont certaines classes ont été approfondies), de camarade handicapé.

      En revanche je me souviens très bien d’une jeune fille dans la résidence où j’habitais qui était en fauteuil roulant, et je me souviens aussi que tous les matins un mini bus passait la prendre pour l’emmener dans son école, accompagnée de toute une troupe d’enfants dont les visages laissaient peu de doute sur la nature de leur handicap. Je me demande vraiment quelle enfance et quelle scolarité cette jeune fille a eues.

      Au contraire, dans l’école de mes enfants, l’école Decroly, connue pour sa bienveillance envers les enfants handicapés, je constate que les camarades de classe de mes deux filles n’ont aucune gêne, aucune avec Nathan, ils et elles sont habitués et se montrent à la fois bienveillants et normaux dans leur approche, les filles lui claquent la bise et les garçons le checkent et tentent des conversations de garçons (ça ne marche pas toujours). Sans compter que les quelques années que Nathan a passées dans cet établissement auront compté parmi les plus heureuses de son enfance.

      Enfin sur la question de la patience qu’il faut pour laisser le temps et l’espace à une personne handicapée mentale pour s’exprimer, ce n’est pas si simple, oui, il faut être patient, oui ça paye, mais non c’est pas humain de le faire tout le temps, certains soirs de plus grosse fatigue, il m’arrive de faire semblant d’écouter les explications confuses (et longues) de Nathan.

    • @aude_v

      En attendant, quand je vois comment avec une simple dépression tu peux finir complètement exclue ou pire, Ps (...)

      Peut-être juste que contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, y compris les mieux intentionnées une dépression c’est tout sauf simple. Ce qui rejoint le reste de la conversation de manière je trouve pertinente. Cf.peur, fainéantise et rejet de ce que l’on ne connait pas, mais aussi épuisement, découragement, passager ou plus profonds des proches et entourages. On peut aimer sa tante T21, sa girlfriend bipolaire, son amie alcoolique, son fils autiste, son père sénile, son parent dépressif (et pas déprimé), sa sœur tétraplégique etc. (fill the blanks) et devoir parfois mettre des limites, se protéger, pour pouvoir souffler et tenir sur la durée. Cela peut-être vécu comme un abandon, mais sans vouer un culte au bien-être à tout prix, à la joie obligatoire et à la performance, être ce qu’on appelle maintenant proche aidant (que je préfère à aidant proche) c’est « simplement » pas du gâteau. Et l’empathie et la bienveillance ont peu avoir là dedans. Il faut pouvoir durer aux côtés.

      PS : et dans durer, il y a...

    • Non, @philippe_de_jonckheere je n’ai évidemment pas eu d’enfant handicapé dans mes (très anciennes...) classes.
      En revanche, je me souviens très bien du livre « Babette, handicapée méchante ».
      Et quand j’y pense, rien n’a changé depuis.
      Bon, on fait quand un truc, n’importe quel truc, un truc collectif, parce que y’en a marre dans tous les sens ?
      Ca me turlupine depuis un bon moment.
      Ma fille me raconte qu’elle a vue, à Paris, une chaise roulante ne pas pouvoir monter dans deux bus, le premier ça marchait pas, le second le conducteur ne savait pas le faire marcher. Mais c’est possible ça d’être conducteur de transport en commun sans savoir faire marcher l’accès aux chaises (déjà lui-même techniquement scandaleux) ????
      La fille dans la chaise a gueulé, et une dame est passée lui disant « Ne vous énervez pas, il fait beau ».
      Ma fille est sage, polie et calme, elle n’a rien fait ni rien dit, moi, je me demande si je ne lui aurais pas fait un croche-pied à la dame.
      Peut-être qu’un petit plâtre quelques semaines l’aurait très légèrement approchée d’une sorte de handicap, in vivo ?

    • Ah oui, les handicapés dans les transports en France, c’est tout un mode d’exclusion qui est mis en place pour les chasser de l’espace public. J’ai vu un très vieux couple cet été, lui, souffrant de devoir pousser sa chaise sur les centaines de mètres de longueur du TGV, elle, dedans, bavant, suivi par un jeune homme qui tirait un chariot élévateur. 10 bonnes minutes pour la faire entrer dans le train avec son siège, comme si c’était une exception charitable. J’ai discuté avec le jeune homme qui repliait ensuite le chariot, il m’a dit que la rampe d’accès handicapé automatisée qui existait avant avait été supprimée dans les TGV. J’ai eu honte, vraiment.
      En Hongrie, j’avais été frappée de voir comment se côtoyaient dans le même bassin, des vieux décharnés, des enfants handicapés, avec au bord leur chaise roulante, des filles en bikini souriantes de jeunesse, des obèses, des malades et des ados, adultes, poilu·es, grands ou petits, accolés aux uns et aux autres pour profiter du bain d’eau ferrugineuse orange. Mais non, ce n’était pas en France, le pays des droits de l’homme bien portant.

    • @aude_v je pensais abonder dans ton sens avec le premier paragraphe de mon intervention. Le reste était dans la continuité du fil de conversation dérivé du point qui était soulevé (incompréhension & peur de l’inconnu) en relation avec des expériences de proches ou perso. Rien qui nie à mon sens ce que tu as pu traverser ou traverse encore, que je ne connais aucunement.

    • @aude_v : je plussoie ce que vient d’écrire @nicolasm (ça va de soi, mais ça fait du bien de le dire de temps en temps).

      Rares sont les groupes humains qui savent ne pas se recroqueviller dès qu’ils sentent une petite différence (qu’ils évacuent bien rapidement comme petite déficience), une faille, une manière distincte de se mouvoir et de penser ou simplement de regarder et d’être avec les autres. Les collectifs militants ou censément « éclairés » ne changent strictement rien à cela : ce sont les mêmes terribles logiques de crainte et d’efficacité qui s’appliquent - parfois même plus brutalement qu’ailleurs. Ce sont des choses que tu questionnes fort bien dans ton blog, cet individualisme, ce culte de la performance, ce cynisme libéraux, qui finissent par être parfaitement intégrés même dans les milieux qui combattent certaines formes du libéralisme.

    • Il faut bien dire aussi que nous sommes formaté·e·s à évoluer dans un parcours de vie individualiste qui, du coup, n’accepte pas le moindre « travers » (avec beaucoup de guillemets), sur sa route. Nous ne gérons pas nos vies afin d’œuvrer à l’intérêt commun de la communauté mais pour soi, au mieux pour sa cellule familiale. Dans une société où c’est l’intérêt commun qui domine, les personnes les plus vulnérables sont prises en considération par tous sans que cela soit perçu comme une « charge ». C’est encore l’#effet_capitaliste dans ses basses œuvres qui poussent à la performance et à la discrimination de celles et ceux qui sont vu par le système comme « défaillant ». Enfin je crois.

    • Une anecdote (ce n’est qu’une anecdote) : mon fils rentre en cm2 dans une classe à triple niveau cm1-cm2-ulis. Les « ulis » ce sont les enfants nécessitant un suivi particulier. Il y a aussi dans la classe deux instits différents, parce que l’instit’ principale est à 75%.
      Ma première réaction a été « 3 niveaux, 2 instits, ça démultiplie les difficultés et les pertes en ligne ». Et l’incompréhension complète avec les ulis au milieu de tout cela, je me demandais comment cela allait être possible.
      Après explication par le directeur de l’école (favoriser la mixité), et concomitance de ce fil de discussion, j’ai positivé la situation auprès de mon gamin... on verra bien. Au moins, il n’aura pas entendu un discours négatif sur cette situation et il aura été prévenu qu’il doit un respect équivalent à ces enfants en particulier comme à tous les autres.
      Par contre, à la réunion avec les parents, l’instit a marmonné au milieu de toutes ses autres explications qu’elle ne comprenait pas pour sa part ces mélanges et qu’elle est d’avis que c’est pour faire des économies. Visiblement, elle ressent cela comme une source de complication. Mais elle semble être prête à étudier la possibilité d’en accepter certains aux autres cours (en plus du sport, des arts visuels... et du 3ème que je ne me souviens plus).

      @aude_v : tu peux te réveiller, on te lit tou•te•s, mais on a parfois bien du mal à te répondre avec la même intelligence... alors on se tait ;-)

    • Caroline avait 12 ans quand je l’ai connu, moi j’en avais 8, nous étions dans la même classe. Elle était toujours souriante, même si sa bouche ne souriait qu’à moitié parce qu’elle était hémiplégique depuis un accident de la route, son retard mental ne lui permettait pas de tout comprendre rapidement. Je me souviens qu’elle restait assise pendant la gym et elle m’encourageait, je la soutenais pour qu’elle marche cahin caha et en classe, nous étions côte à côte. Les adultes s’étonnaient de notre amitié, j’ai ressenti ces regards de plus en plus présents, su que personne ne nous aiderait à rester amis et en grandissant et je suis restée dans l’ignorance de quoi faire avec elle. Je ne voulais pas de ma pitié.

      Quand elle m’a invité en 6em à son anniversaire, elle avait intégré un autre établissement, j’ai décliné l’invitation parce que moi même je me sentais (déjà) anormale et que je croyais devoir avoir des amis normaux.

    • @biggrizzly

      Mais elle semble être prête à étudier la possibilité d’en accepter certains aux autres cours (en plus du sport, des arts visuels... et du 3ème que je ne me souviens plus).

      Tout est dit, elle veut bien étudier la possibilité d’en accepter certains : elle veut bien, étudier, la possibilité, d’en, accepter, certains, quel incroyable enchâssement de conditions !

      Et sinon le truc dont tu ne te souviens plus c’est la musique : sports, arts pla et musique sont les trois mamelles de la désintégration en ULIS.

    • @philippe_de_jonckheere : Oui, voilà, c’est la musique, et l’intervenante attend que les plannings du sport soient figés pour pouvoir définir les siens.
      J’ai d’autres griefs vis à vis de cette enseignante... qui est plus dépassée par les évènements à mon sens... que réellement malveillante. Sachant qu’être dépassée parfois est aussi le signe qu’on n’en a rien à foutre.

      On est tous tellement dans notre quotidien de gens normaux qu’on ne comprend pas quand on te dit que ton gamin va devoir apprendre plus lentement du fait de ceci ou cela (le triple niveau, la cohabitation avec les ulis...). Pour comprendre, y-a qq possibilités possibilités : tu fais partie des parents d’enfant ULIS... ou... ben... euh... tu fais abstraction quelques instants de l’absurdité de cette idée selon laquelle il faut que ton gamin ne prenne aucun retard pour plus tard et tout et tout... et tu as aussi la possibilité qu’un évènement fasse passer ton propre gamin de l’autre côté de la barrière... bref, groumf. Je lis vos (tes) témoignages avec beaucoup d’intérêt.

    • et cet article qui tombe à propos
      « Les enfants sourds n’ont pas accès à l’instruction »
      http://www.liberation.fr/france/2016/09/13/les-enfants-sourds-n-ont-pas-acces-a-l-instruction_1494486

      La fameuse loi de 2005 sur le handicap a reconnu la langue des signes comme une langue à part entière et garantit aux parents le droit de scolariser leur enfant dans l’école de quartier et le choix du mode de communication utilisé en classe. Mais « dans les faits, l’Education nationale ne l’a jamais appliquée, tacle Catherine Vella. Très rares sont les enfants sourds qui ont une scolarité convenable. Ils ont le droit d’entrer dans une école mais ils n’ont pas accès à l’instruction. On ne met pas le message scolaire à la portée linguistique des élèves sourds. Najat Vallaud-Belkacem a fait toute une campagne sur la laïcité l’an dernier, qui n’a pas été sous-titrée ni traduite en langue des signes alors que c’était une campagne nationale et c’est l’affaire de tous. » Et de dénoncer la pression mise sur certaines familles pour renoncer à la langue des signes et opter pour la pose d’un implant cochléaire, qui permet d’entendre.

      https://www.youtube.com/watch?v=iTug7zspKUE

    • A Toulouse, depuis l’année dernière, pour la première fois en France, une femme sourde a réussi son CAPES Lettres contre vents et marées pour pouvoir enseigner à l’école des non sourds. C’est une belle victoire après d’âpres études, car d’après ce qu’elle m’a dit, avec son CAPES LSF passé précédemment en tant que sourde, elle n’avait le droit d’enseigner qu’à des sourds.

      http://sourds06.over-blog.com/article-35920056.html


  • Faire des #enfants avant 35 ans : une injonction sexiste malgré la réalité biologique - le Plus
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/890976-faire-des-enfants-avant-35-ans-une-injonction-sexiste-malgr

    À mon sens, cette thématique de l’âge de limite de la #procréation pour les #femmes, s’exerçant comme une sorte de memento mori qui s’adresserait à nos ovaires, est l’expression de l’injonction à la #maternité comme réalisation de soi qu’est censée accomplir une femme. Une femme normale, équilibrée, en contact avec sa féminité, en contact avec la #société, ayant trouvé l’accomplissement de soi matériel autant qu’affectif, s’emploie à gravir une dernière marche sur le chemin de sa réalisation en tant que femme : devenir mère.

    #patriarcat
    Dans un tel contexte injonctif, on comprend bien pourquoi il ne paraît pas comme relevant d’une certaine rigueur scientifique que d’actualiser les données statistiques dont la médecine se sert pour dire aux femmes de ne pas oublier de faire des enfants.


  • Des patients en réanimation communiquent avec les yeux
    http://www.futura-sciences.com/magazines/high-tech/infos/actu/d/technologie-eye-tracking-patients-reanimation-communiquent-yeux-597

    Pour des patients hospitalisés placés sous intubation, l’impossibilité de parler est une source de stress très importante. Le CHU de Tours teste depuis le printemps un dispositif d’oculométrie, ou eye tracking en anglais, grâce auquel les malades peuvent communiquer avec les équipes soignantes via un écran qu’ils contrôlent avec les yeux.

    #médical #care


  • Etats-Unis : le premier « Viagra » féminin va faire son entrée sur le marché - Yahoo Actualités France
    https://fr.news.yahoo.com/etats-unis-premier-viagra-f%C3%A9minin-va-faire-entr%C3%A9e-055306138

    Selon plusieurs études médicales, au moins 40% des femmes non ménopausées présenteraient à différents degrés une #hypoactivité_sexuelle, ne résultant d’aucun problème biologique, psychologique ou d’une interaction de médicaments.

    ...

    Le médicament peut en effet provoquer une importante chute de la tension artérielle, de la somnolence et même des syncopes. Ces risques sont accrus et plus sévères quand les patients boivent de l’alcool ou prennent certains autres médicaments, ajoute la Dr Woodcock.

    ...

    La mise sur le marché de l’#Addyi intervient après de nombreux mois d’un « lobbysme » intensif de Sprout. Ce médicament avait même suscité une polémique, différents groupes féministes s’affrontant à coup de pétitions. L’une d’elles, lancée par le groupe Even the Score, accusait la FDA de #sexisme en rejetant son approbation à deux reprises, rappelant que le Viagra est commercialisé depuis 1998 pour soigner les dysfonctionnements sexuels masculins.

    La FDA avait vigoureusement rejeté ces accusations.

    Parmi les farouches opposantes à l’Addyi, la psychologue et thérapeute Leonore Tiefer de l’Université de New York, accuse les groupes pharmaceutiques de « médicaliser le sexe » pour gagner de l’argent.

    #sexualité #féminisme #big_pharma #médicalisation_du_sexe


  • Why I Had to Buy My Wife’s Inhaler on the Dark Web

    http://motherboard.vice.com/read/why-i-had-to-buy-my-wifes-inhaler-on-the-dark-web

    Given that a person with severe asthma could literally die without these inhalers, you would expect insurance companies to price them low enough for anyone to afford. It would be pretty unethical, or at the very least irresponsible, to charge a premium for them. Right?

    Wrong.

    Many common medicines that people need (such as those prescribed for ADHD, anxiety, depression and many, many other things) are made very affordable, according to an insurer’s drug tier list. Asthma inhalers, however, are not.

    #asthme #médical #santé #secsos


  • Apple watch : les questions qui fâchent
    http://www.internetactu.net/2015/03/17/apple-watch-les-questions-qui-fachent

    Nous avions déjà pointé quelques limites au système de santé pour les montres et smartphones d’Apple : notamment sur le fait que ses capacités de mesure ne pouvaient pas être supprimées (voir également notre dossier sur les limites les applications de santé). Sur The Verge, Josh Dzieza nous explique que la montre d’Apple va surtout nous servir à utiliser moins…

    #économie_comportementale #bodyware

    • Au cœur de l’Apple Watch, un problème philosophique majeur, Vincent Billard
      http://rue89.nouvelobs.com/2014/09/10/coeur-lapple-watch-probleme-philosophique-majeur-254767

      (...)Le point sur lequel j’aimerais attirer l’attention est la dimension de cette montre, mise en avant par le patron de la firme californienne lui-même, liée à la surveillance de nos activités physiques.

      Avec cette toute nouvelle catégorie d’objet, la montre intelligente, apparue très récemment, et avec le « kit de santé » qui va avec, le fameux « #HealthKit » intégré à l’iPhone, il semble qu’Apple ait bien l’intention de contribuer à accélérer de manière radicale l’expansion d’une forme inédite de rapport à notre #corps.

      Il s’agit de ce que les anglo-saxons appellent le « #Quantified_Self », que l’on peut comprendre comme la mise en #mesure systématique de notre propre corps : non seulement mesurer son rythme cardiaque à tout moment (comme le permettra l’Apple Watch), mais centraliser en une seule application toutes les évaluations chiffrables de nos diverses activités, telles que le nombre de pas faits dans la journée, le nombre d’heures de sommeil, le nombre de calories dépensées, notre courbe de poids, notre taux de glycémie, etc.

      Certains imaginent déjà le cauchemar que pourrait constituer le fait de voir se répandre sur les réseaux sociaux ce genre d’évaluations égocentriques de soi-même, ou les dangers liés à la divulgation de ces renseignements personnels à des organismes prêts à les faire fructifier. Tout cela est vrai, mais il s’agit en réalité de bien plus encore.

      La #médicalisation de l’#existence

      Même si c’est de manière encore timide (la montre d’Apple ne remplit pas pour l’instant toutes les fonctions, mais d’autres objets sont déjà connectables avec le kit santé de l’iPhone), nul doute qu’il s’agit ici d’un premier pas décisif de la firme dans le domaine de la « médicalisation de l’existence ».

      Ce phénomène n’est certes pas nouveau, mais il tend à s’amplifier. Dès les années 70, le philosophe Ivan Illich avait expliqué dans un essai remarqué ( « Némésis médical », éd. Seuil) que ce phénomène consistait selon lui à accorder trop de place à la médecine dans notre conception de la #santé. (...)

      Cette vision médicale du corps est en réalité devenue pour nous si courante que nous n’y faisons même plus attention, chacun parle comme s’il était lui-même médecin : « Mon cholestérol, mon écho, ma colo, ma fibro, ma mammo, mes T4, mon IRM, mes Gamma-GT, mon PSA… moi ! C’est la référence médicale qui constitue la nouvelle identité du corps », dénonçait en 2002, le professeur Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d’éthique.

      Mouvement de médicalisation

      Pourtant, Jean-Paul Sartre dans « L’Etre et le néant » avait déjà montré qu’il y a deux manières bien différentes d’appréhender notre corps :

      il y a notre propre corps vu de l’intérieur en quelque sorte, de notre point de vue. Ainsi je peux saisir ma jambe comme ensemble de sensations, possibilité de marcher ou de faire du foot, etc. ; et il y a le corps vu de l’extérieur, comme un objet parmi les autres objets, tel que le perçoit la médecine. Je peux bien sûr moi aussi parfois voir mon corps ainsi (lorsque je regarde une radio ou consulte un bilan sanguin), mais pour Sartre cela doit rester exceptionnel.
      Le Quantified Self, c’est justement cette manière de mélanger les deux, ou plutôt de ne plus regarder continuellement mon corps, et ensuite ma santé, qu’avec les yeux de la médecine et des mathématiques. Or, pour cela il faut des capteurs, un « tracking de mon activité corporelle. Et c’est précisément ce qu’apportent, à un degré inédit puisque réalisé en permanence, à la fois la montre intelligente d’Apple et ce site de centralisation de toutes les données qu’est le HealthKit.
      (...)

      La #Santé_totalitaire

      C’est le titre choc que deux professeurs de #psychopathologie ont donné à un ouvrage réédité récemment dans la collection Champs : “La Santé totalitaire”, de Roland Gori et Marie-José Del Volgo. Pour eux, la rationalisation du rapport au corps se fait au détriment de l’oubli de sa nature profonde, et notamment de son rapport avec l’esprit.

      Or, précisément, en mettant en avant le fitness et toutes les activités sportives censées entretenir notre corps, Apple renforce cette pression exercée sur nous, cette #surveillance permanente de nous-mêmes. Cette obsession de la santé devient pour certains insupportable.

      Ainsi la jeune philosophe Claire Marin, dans un ouvrage récent, “L’Homme sans fièvre” (éd. Armand Colin), dénonce-t-elle le fait que “ la santé devenue une injonction sociale, doit faire l’objet d’une attention, d’un effort, d’une sorte de ‘travail’’ (faire du sport, manger sainement, ne pas faire d’excès). ’ Mais paradoxalement, derrière ce ‘ devoir ’ de fitness, c’est la #hantise_de_la_maladie qui se cache. Ainsi notre monde surmédicalisé devient obnubilé par la peur de la défaillance physique.

      Le dédoublement du #rapport_à_soi

      Quoi que l’on pense de cette médicalisation de l’existence, il est difficile de nier que ce phénomène institue en quelque sort un dédoublement de notre rapport à nous-mêmes. Comme le dit encore une fois Claire Marin :

      ‘ Nous sommes ainsi de plus en plus familiers d’une double représentation de notre corps : une approche #sensible immédiate et une image anatomique (ou tout type d’imagerie médicale) que la médecine superpose désormais à cette première couche’ de nous-mêmes.”.


  • Americans May See Appeal of #Medical Tourism in #Cuba - NYTimes.com
    http://www.nytimes.com/2015/02/18/world/americas/americans-may-see-appeal-of-medical-tourism-in-cuba.html?ref=todayspaper&_r

    Anuja Agrawal jumped on the phone. President Obama had just announced that he would restore diplomatic relations with Cuba — and Ms. Agrawal, who runs a medical tourism company in Orlando, Fla., did not want to miss her opening.

    She reached a health care administrator in Cuba, agreeing to move ahead with a deal that they had been discussing for months in the hope that American patients could soon start traveling to the island for medical treatment.

    “There was a lot of excitement about it,” said Ms. Agrawal, the chief executive of Health Flights Solutions, adding that if Americans start traveling to Cuba for affordable medical treatments, it could mean a big economic boost for the country’s health system. “For them, they’re looking at it literally like winning the lottery.”

    #Etats-Unis #médecine #prix


  • La médicalisation de l’échec scolaire avec Stanislas Morel
    http://www.loldf.org/spip.php?article475

    Phobie scolaire, dyslexie, précocité intellectuelle, hyperactivité... On a parlé d’éducation, d’échec scolaire et des inégalités à l’école avec le sociologue Stanislas Morel qui vient de publier "La médicalisation de l’échec scolaire" aux éditions la dispute. Présentation de l’éditeur : "Phobie scolaire, dyslexie, précocité intellectuelle, hyperactivité : les enseignants et les professionnels du soin sont aujourd’hui submergés par les demandes de traitement de « difficultés scolaires » imputées à un ensemble de plus en plus étendu de « troubles ». Comment expliquer cette manière de concevoir l’échec scolaire comme un problème strictement individuel et de nature psychologique ou médicale ? Dans cette enquête, l’auteur, maître de conférences en sociologie, questionne la médicalisation de l’échec scolaire et montre (...)

    • A lire : un extrait de « La médicalisation de l’échec scolaire » de Stanislas Morel
      http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-m%C3%A9dicalisation-l%C3%A9chec-scolaire-stanislas-morel

      Les analyses ont aussi permis d’interroger les effets réels de la médicalisation de l’échec scolaire. A bien des égards les deux principales approches médico-psychologiques de l’échec scolaire (psychanalyse et neurosciences cognitives) ne produisent pas, à proprement parler, de traitement médical de l’échec scolaire. La première tente de contourner la demande de résolution des problèmes scolaires en rapportant les difficultés des enfants à des problèmes psychoaffectifs sous-jacents. Elle ne prétend donc pas s’attaquer directement à l’échec scolaire. A l’exception des traitements médicamenteux qu’elle propose aux enfants hyperactifs, la seconde, s’appuie surtout sur une pédagogie scientifique fondée sur les neurosciences cognitives. Preuve de cette omniprésence du scolaire, les controverses actuelles entre neurosciences et approches inspirées de la psychanalyse rejouent, au sein du monde médical, certaines grandes questions qui traversent depuis des siècles le monde de l’éducation et plus particulièrement les débats sur l’échec scolaire : Comment transmettre des savoirs ? Quelle place accorder aux savoirs scolaires ? Doit-on traiter la difficulté de front ou la contourner ? La cause des difficultés d’apprentissage doivent-elles être cherchées dans l’histoire du « sujet » ou dans une défaillance technico-pédagogique ?

    • merci du signalement

      le véritable enjeu de la médicalisation actuelle des difficultés d’apprentissage n’est pas tant la mise au point d’un traitement efficace de l’échec scolaire qu’un double transfert de la légitimité pédagogique. Tout d’abord des sciences humaines et sociales vers les sciences expérimentales. Ensuite, des métiers de l’enseignement vers les professionnels du soin.


  • Le chômage et l’espérance de vie - lesirritantsdepoleemploi.net
    http://www.lesirritantsdepoleemploi.net/article-le-chomage-et-l-esperance-de-vie-125457663.html

    Le chômage tue : « Après un an d’inactivité, l’#espérance_de_vie diminue »

    INTERVIEW – Le nombre de #chômeurs sans activité a progressé de 5,7% sur l’année 2014. Un pourcentage inquiétant selon le psychiatre Michel Debout, qui alerte sur le risque de #traumatisme engendré par le chômage.

    En 2014, le chômage a fortement augmenté. Le nombre de chômeurs sans activité a progressé de 5,7% sur l’année. Le chômage de longue durée s’est lui aussi amplifié : le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi depuis plus d’un an a bondi de 9,3% en un an. Concernant les chômeurs inscrits depuis trois ans ou plus, la hausse atteint 19,1% sur un an. Pour le professeur Michel Debout, auteur avec Gérard Clavairoly de l’ouvrage "le traumatisme du chômage - Alerte sur la santé de 5 millions de personnes (Éditions de l’Atelier, janvier 2015), le chômage est un problème de #santé publique.

    Qui dit chômage, dit forcément problème de santé ?
    Non, il ne s’agit pas de dire que tous les chômeurs sont malades. En revanche, on peut parler de risque sur la santé. La perte d’emploi peut constituer – ce n’est pas automatique – un psycho-traumatisme et engendrer un état de stress. Celui-ci se traduit par une perte d’appétit, de sommeil, d’irritabilité et autres signes d’anxiété et ainsi aboutit à une perte d’estime de soi. À tel point que l’augmentation du chômage est corrélée à l’augmentation du nombre de suicides.

    L’absence d’emploi peut-elle entraîner des pathologies autres que psychiques ?
    Oui, cet état anxieux peut aussi causer des maladies circulatoires (hypertension, infarctus), une chute des défenses immunitaires et des rechutes de maladies comme le cancer. Quand on est fragilisé par ce genre de situation, on est plus exposé au développement de pathologies. Résultat : après un an de chômage, les personnes sans emploi voient leur espérance de vie diminuer d’une année par rapport aux travailleurs.

    Quels sont les signes qui doivent alerter ?
    Le « syndrome de la robe de chambre » est un signe d’alerte. Quand les chômeurs ne prennent plus la peine de s’inscrire dans le quotidien, n’organisent plus leur journée, ne mangent plus à des horaires réguliers, ne sortent plus et se replient sur eux-mêmes, c’est qu’ils entrent dans une spirale qui les tire vers l’isolement et peut être mortifère. Idem quand on constate une augmentation du tabac ou de la boisson.

    Quelles solutions proposez-vous ?
    Aux chômeurs, je dis que ce n’est pas de leur faute, qu’il ne faut pas culpabiliser et qu’ils ne doivent pas s’isoler. Gardez du lien humain et social, en pratiquant par exemple une petite activité sportive, culturelle ou associative. Aux politiques, je suggère de rendre obligatoire un rendez-vous médical dans les deux-trois mois qui suivent la perte d’emploi. Ce serait l’équivalent du médecin du travail pour les chômeurs. Ils ne sont pas tous malades mais puisqu’il y a un risque il faut qu’il y ait prévention. On leur signifierait que leur santé intéresse la société entière et qu’on ne les abandonne pas .

    #médicalisation et #abandon

    • Le chômage n’est pas l’envers du travail mais l’un de ses moments.

      Le chômage tue 14 000 Français par an. Le Point
      http://www.lepoint.fr/emploi/le-chomage-tue-14-000-francais-par-an-04-02-2015-1902276_30.php

      Privé d’emploi, on boit, on fume et on mange plus. Les chômeurs sont ainsi confrontés à une #surmortalité qu’une très sérieuse étude met en lumière.

      Selon une étude, la mortalité des chômeurs est en effet trois fois supérieure à celle des travailleurs [car, c’est bien connu, les chômeurs ne sont pas des travailleurs, et que le travail, c’est la santé, ndc]

      L’étude est passée presque inaperçue. Il est vrai qu’elle est tombée au moment de la vague d’attentats sur Paris. Publiée dans la grande revue d’épidémiologie, International Archives of Occupational and Environmental Health (1), elle révèle que le chômage tue chaque année en France 14 000 personnes. Soit presque deux fois plus que les accidents de la route. Un chiffre #effrayant et totalement inédit.

      Pendant douze ans, les chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont suivi 6 000 Français âgés de 35 à 64 ans dans huit régions. Après avoir écarté tous les facteurs de risque et autres biais possibles, leurs conclusions sont sans appel : perdre son emploi fait chuter l’#espérance_de_vie ! La mortalité des chômeurs est en effet trois fois supérieure à celle des travailleurs. Non seulement les scientifiques ont découvert que les personnes sans emploi affichaient un taux de mortalité par suicide plus élevé que les actifs, mais aussi que la perte de travail favorisait l’apparition de pathologies cardiovasculaires. Les chômeurs ont ainsi un risque d’AVC et d’infarctus augmenté de 80 % par rapport aux actifs. Ils sont aussi plus nombreux à mourir de cancer. Le constat est identique chez les femmes ou les hommes.

      « La condition de chômeur induit des #conduites à #risque »

      Une hécatombe qui touche également de plein fouet les personnes socialement privilégiées, dont le profil socio-économique et le niveau d’études sont supérieurs à la moyenne, et ce, alors qu’elles prêtent naturellement plus attention à leur santé. « La condition de chômeur induit des conduites à risque, on fume plus, on boit plus, on mange plus déséquilibré, on voit donc apparaître hypertension, diabète et obésité, qui impactent la santé ; mais il existe un effet spécifique associé au chômage indépendant des autres facteurs de risque, souligne Pierre Meneton, chercheur en santé publique à l’Inserm. Une surmortalité que l’on n’explique pas bien, sans doute liée à la dimension psychologique du chômage, avec des phénomènes tels que la #dépression ou le manque de sommeil. » Comme l’écrivent les épidémiologistes, en conclusion de leur étude, « tuer des emplois [ sic , ndc] signifie tuer des gens, au sens figuré comme au sens propre ».

      (1) « Unenmployment is associated with high cardiovascular event rate and increased all-cause mortality inmiddle-aged socially privileged individuals », Pierre Meneton, Serge Hercberg, Joël Ménard, Int Arch Occup Environ Health, janvier 2014.

      #indignité #violence_auto_administrée #pauvreté #misère_existentielle_socialement_contruite #travail


  • La médicalisation de l’échec scolaire
    http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-m%C3%A9dicalisation-l%C3%A9chec-scolaire-stanislas-morel

    La médicalisation de l’échec scolaire est un phénomène social qui résulte de l’action convergente d’acteurs ou de groupes d’acteurs appartenant à des univers sociaux très différents : hommes politiques, hauts fonctionnaires et experts chargés de définir les politiques de lutte contre l’échec scolaire, chercheurs, professionnels du soin, enseignants, parents, etc. Si la médicalisation est le produit de transformations globales (sanitarisation de la société, individualisation des politiques publiques, relativisation des facteurs sociaux, etc.), elle n’est intelligible qu’à condition de restituer les logiques spécifiques à travers lesquelles elle est appréhendée et mise en œuvre dans chaque univers. (...) Source : (...)


  • ‘F*ck it, I quit’: Reporter quits on air after revealing she’s pot club owner! | Dangerous Minds
    http://dangerousminds.net/comments/fck_it_i_quit

    This clip is great: TV reporter Charlo Greene of KTVA in Alaska, quit her job live on-air after revealing she was the founder of the AK Cannabis Club.

    Via the Sydney Morning Herald:

    Her announcement followed a story on the #Alaska #Cannabis Club, a “collective” that “connects medical marijuana cardholders in need to #medical #marijuana cardholders with green.”

    The aptly named Ms Greene revealed at the end of the story that she was the club’s owner and, as such, was left with little choice but to leave her job.

    “Now everything you heard is why I, the actual owner of the Alaska Cannabis Club, will be dedicating all of my energy for fighting for freedom and fairness which begins with legalizing marijuana here in Alaska.

    “And as for this job, well, not that I have a choice but, f—- it, I quit.”

    https://www.youtube.com/watch?v=rYcSqIuqkz4

    #légalisation #journaliste


  • « Il y a deux siècles, je serais morte en couches ». Vraiment ?
    http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/2014/09/09/il-y-a-deux-siecles-je-serais-morte-en-couches-vraiment

    Parmi les personnes qui pourfendent mes billets figurent des femmes protégeant bec et ongles le pouvoir médical qui leur aurait sauvé la vie ainsi qu’à leur bébé. En énumérant les complications qui ont nécessité l’usage de machines bruyantes, de substances pharmaceutiques et d’improbables instruments, elles affirment qu’elles seraient mortes en couches si elles avaient dû donner naissance il y a deux siècles. Il est indéniable que la mortalité périnatale était monstrueuse à cette époque et que de nombreux progrès médicaux ont eu lieu depuis lors. Cependant, lorsque l’on se penche sur les causes de décès maternel avant le XXe siècle, il n’est pas si évident que l’armada médicale actuelle et son utilisation ostentatoire soient les principaux facteurs de la baisse du nombre de décès liés à l’accouchement. (...)

    • #accouchement #naissance #médicalisation #surmédicalisation #hôpital #maternité #sage-femme #matrone

      Aussi, intéressant commentaire d’une professionnelle de santé au Maroc :

      Bonjour

      je trouve votre article passionnant, parce qu’il ouvre de nombreuses pistes de réflexions.

      Néanmoins, je voudrais vous apporter mon témoignage d’une professionnelle de la santé vivant dans un pays Africain, où les taux de mortalité périnatales dans les campagnes sont encore très élevés, alors qu’ils sont, en ville, assez proches de la moyenne des pays développés, avec une médicalisation importante de l’accouchement qui se passe en très grande majorité à l’hôpital, mais nettement moins importante qu’en France pour des raisons économiques, les examens sont plus limités, la notion de césarienne de confort n’existe pas vraiment, etc…

      D’un point de vue hygiène, nutritionnel, etc… il y a aujourd’hui peu de différences entre une marocaine des couches populaires qui vit à la campagne ou à la ville. Ce sont d’ailleurs les mêmes, le plus souvent, le Maroc connaît un gros exode rural.

      Nous avons la chance d’être un pays qui ne connaît pas de famine ou de carence alimentaires graves, si les connaissances en hygiène sont très loin d’être parfaites, il y a une forte sensibilisation effectuée depuis des années, paradoxalement, certains centres de santé sont moins hygiéniques que les maisons où les femmes accouchent encore beaucoup à la campagne.

      Je précise tout cela, car la situation est réellement différente pour d’autres populations, notamment les nomades, ou les populations sahéliennes.

      Pourtant, la médicalisation est clairement le facteur important qui fait chuter la mortalité périnatale. Les centres de santé ou les maisons des mères (projet de l’Unesco) sont construits pour accueillir les femmes pour leur accouchement. Ce ne sont pas des hôpitaux, mais il y a un personnel médical formé, et surtout une ambulance prête à emmener les femmes en urgence dans un hôpital quand les choses s’annoncent mal.

      En moyenne, dans chaque centre, ce sont entre cent et deux cent femmes qui bénéficient chaque année de ce transfert hospitalier.

      Le problème, c’est que quand ça dérape, il faut pouvoir agir très vite. La surmédicalisation actuelle que vous dénoncez, est liée, si j’ai bien compris, à une logique de gestion des « flux de production ». Elle est liée aussi à d’autres choses, comme un refus du risque, et la recherche de plus en plus fréquente de responsabilité médicale quand un accouchement se passe mal.

      La plupart des femmes qui ont été sauvées par un transfert en urgence dans un hôpital étaient des femmes en bonne santé, qui n’avait pas été mariées de force à 14 ans :D mais qui avaient eu leur premier bébé vers 19 ou 20 ans, sans être violées, qui avaient un squelette normal.

      Vous souhaitez un juste ré-équilibrage, face à une médicalisation que vous jugez excessive. Mais si vous voulez mourir en couches, il y a des tas de possibilités pour le faire, dans des conditions générales nettement meilleures que celles d’il y a deux siècles.

      Les progrès mêmes de la science médicale, l’identification des risques d’éclampsie, par exemple (plus liée à la femme qu’aux conditions « socio-économiques ») et leur traitement préventif sont liés à cette même médicalisation. L’éclampsie, aujourd’hui, est la cause de mortalité périnatale la plus importante en Afrique.