• Argentina. La destrucción de los Laboratorios de Producción Pública de Medicamentos
    ▻https://kaosenlared.net/argentina-la-destruccion-de-los-laboratorios-de-produccion-publica-de-m

    Con la llegada del Gobierno de Javier #Milei, la producción pública de medicamentos fue desarticulada con la disolución de la ANLAP, la agencia que coordinaba las iniciativas de 35 laboratorios en todo el país que cumplen una función esencial para el acceso igualitario a la salud, y que hoy intentan continuar su misión en un marco de fragmentación, desfinanciamiento y privatización.

    #argentine #javier_milei #médicaments #privatisation

  • « Ça devient orchestré » : le lobbying des laboratoires pour peser sur la Haute autorité de santé
    ▻https://reporterre.net/Ca-devient-orchestre-le-lobbying-des-labos-pour-peser-sur-la-Haute-autor

    Pour la première fois, le président de la Haute autorité de santé a dénoncé publiquement les pressions grandissantes de l’#industrie_pharmaceutique dans l’évaluation des #médicaments. Les patients servent même parfois de relais aux laboratoires.

    Se plaindre directement auprès du président de la République, tenter de débaucher un expert indépendant, financer des associations de patients désespérés… Tous les moyens sont bons pour peser sur les décisions stratégiques de la Haute autorité de santé (#HAS).

    Les scientifiques de la plus haute instance de santé en France rendent de précieux avis sur l’efficacité des médicaments. Ils sont déterminants pour que l’État décide ensuite de les rembourser ou non, à quel taux, et se base dessus pour négocier leurs prix avec les laboratoires… Qui ont donc tout intérêt à obtenir de bonnes notes de la part de la HAS.

  • 1700 rivières sous pression : la carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France

    Alors que la France va à nouveau rater en 2027 l’objectif européen de bon état de ses cours d’eau, une enquête de Mediacités et Reporterre permet de visualiser pour la première fois l’ampleur de la pression exercée par les #micropolluants sur le territoire.

    Elles courent tantôt à travers champs, tantôt à travers bois. Sur 16 kilomètres, les eaux tranquilles de la Launette longent un château du XVIIIe siècle, une abbaye royale et même le tombeau de Jean‐Jacques Rousseau. Mais la carte postale ne montre pas tout. Elle masque les nombreuses substances invisibles que charrie la petite rivière de l’Oise. #PFOS, #diflufénicanil et autres #pesticides, et même un médicament : entre 2022 et 2024, la station de surveillance installée sur ce cours d’eau a relevé 16 molécules au‐dessus des seuils de risque européens et français en vigueur. La Launette est un cas d’école, elle arrive en tête de notre classement des rivières subissant la plus forte pression des micropolluants.

    Ce triste palmarès est le fruit de plusieurs mois d’enquête et d’une plongée dans les millions de données des agences de l’eau. Mediacités et le média de l’écologie Reporterre se sont associés aux collectifs We Report et Mémoire Vive pour produire une carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France. Établie à partir des données publiques des stations de surveillance [consulter notre méthodologie], notre carte montre les dépassements annuels des seuils de risque par famille de substance et par micropolluant entre 2022 et 2024.

    Le constat est inquiétant. Pesticides, métaux et autres #produits_chimiques toxiques voyagent allègrement dans nos rivières : 1 691 cours d’eau en France ont enregistré au moins un dépassement pour un polluant sur la période étudiée. Soit les trois quarts des rivières pour lesquelles une mesure est disponible.

    Cette pollution est nationale : près de huit stations sur dix mesurant ces substances sur les cours d’eau en France présentent au moins un dépassement. Elle est aussi multiple : sur les 189 substances retenues dans notre enquête, 79 dépassent la valeur seuil au moins une fois. Notre analyse, qui porte sur les moyennes annuelles, permet de mettre en évidences les pollutions chroniques et le cumul des pressions toxiques exercés sur les cours d’eau. Avec le risque d’un« effet cocktail  » [lire plus bas], qui pèse de plus en plus sur l’avenir de nos rivières.

    Rendez‐vous manqué

    Un bilan «  très mauvais  », lâche la députée écologiste Julie Ozenne, co‐rapporteure d’une mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’état des cours d’eau en France. «  On n’atteindra jamais les objectifs qu’on s’était fixés avec l’Europe  », constate‐t‐elle. Depuis la mise en place de la #directive_cadre_sur_l’eau (#DCE) en 2000, le cadre de référence pour tous les pays de l’Union européenne, Bruxelles a fixé un calendrier à ses États membres pour restaurer le «  bon état  » de leurs cours d’eau. L’objectif, ambitieux, était initialement fixé pour 2015 avant d’être maintes fois repoussé. En 2027, date de la prochaine échéance, le rendez‐vous sera encore raté pour la plupart des pays européens. Contacté, le ministère de la Transition écologique n’a pas répondu à nos questions.

    En France, l’état des cours d’eau a même régressé dans plusieurs bassins depuis 2019. Pour le seul bassin Loire‐Bretagne, 21 % des cours d’eau présentent un bon état écologique, trois fois moins que l’objectif initialement fixé pour 2027. Un tiers de ses rivières ne sont pas en bon état chimique. Certes, l’urbanisation, qui altère fortement la morphologie des cours d’eau, est l’une des principales causes du mauvais état écologique des cours d’eau. Les nitrates, issus principalement des engrais agricoles, contribuent aussi fortement à cette dégradation.

    Mais l’impact de la #pollution_chimique reste très important sur l’état de nos rivières. Surtout pour les petits cours d’eau, dont le faible débit ne permet pas de diluer les polluants. À l’image de la Launette. «  Le problème, c’est que dès sa source, là où ce n’est encore qu’un tout petit petit cours d’eau, il y a déjà le gros de la pollution qui arrive  », explique Clara Morvan, directrice technique du syndicat de rivières local. «  Tout le pluvial va dans la rivière  », et avec ce ruissellement, «  beaucoup de choses arrivent, comme les #hydrocarbures_aromatiques_polycycliques (#HAP) ou les pesticides  ».

    HAP, métaux, #métalloïdes et #minéraux, pesticides, substances industrielles et #médicaments : notre carte de France offre un aperçu des molécules dépassant le plus souvent les seuils applicables, que nous avons classées par grandes familles.

    #Métaux_lourds : des #mines aux #engrais

    #Arsenic, #cuivre, #zinc… Les métaux et métalloïdes arrivent largement en tête de notre classement par substance. Tout sauf une surprise : en 2021, une vaste étude menée par Santé publique France montrait que la quasi‐totalité de la population française est exposée à ces métaux, essentiellement via l’#alimentation. Naturellement présentes dans la nature – on parle alors de fond géochimique – ces substances proviennent aussi largement des activités humaines : activité minière [lire par ailleurs notre enquête sur le retour des mines de cuivre dans le Beaujolais] ou encore utilisation agricole. Elles peuvent avoir des effets néfastes sur la #santé, notamment sur les reins, les os, le système cardiovasculaire ou favoriser certains types de cancer. A l’image de l’arsenic, de loin celle qui affiche le plus de dépassements dans notre jeu de données (3082 dépassements, plus de 60 % des mesures pour ce polluant).

    Très médiatisé ces derniers mois, après la parution en mars 2026 d’une étude de l’Anses mettant en évidence une «  imprégnation forte et croissante  » de la population française, le #cadmium apparaît également dans nos données, avec un taux de dépassement proche de 1 %. Ce métal lourd est cancérogène et augmente les risques d’#ostéoporose. Il est notamment présent dans les #engrais_phosphatés utilisés par les agriculteurs. Début juin, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi abaissant les teneurs en cadmium dans ces engrais.

    #Hydrocarbures : des cheminées aux rivières

    Notre carte met aussi en évidence l’omniprésence des substances de la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces composés organiques sont des polluants persistants, toxiques pour les humains et s’accumulant dans les tissus vivants. Ils sont issus principalement des opérations de combustion, d’usines ou de particuliers, comme le chauffage au bois.

    Selon Marina Coquery, directrice de recherche en chimie environnementale à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), les HAP ont comme particularité d’être émis parfois à une grande distance des cours d’eau. «  Ce sont des apports atmosphériques diffus, souvent urbains, qui vont être redéposés par temps de pluie sur des surfaces imperméabilisées et ruisseler jusqu’aux cours d’eau  », explique la scientifique.

    Parmi la centaine de molécules de cette famille, le benzo(a)pyrène apparaît le plus fréquemment sur notre carte, avec 1181 dépassements (30 % des mesures pour ce polluant). Le #benzo(a)pyrène a été classé comme cancérogène certain pour l’homme par le Centre international de recherche sur le #cancer.

    Pesticides : champ libre pour le #diflufénicanil

    Avec son «  sentier ludique  » parcourant la forêt dans le site naturel sensible des Deux Vallons, à quelques kilomètres au nord de Lyon, le ruisseau des Échets a de quoi séduire les familles en quête de fraîcheur. Ce petit cours d’eau, qui se jette dans la Saône, est pourtant l’un des plus pollués de la région. Métazachlore, nicosulfuron, cyprodinil… Son contenu offre un petit catalogue des #fongicides et #herbicides utilisés par les agriculteurs locaux. Au total, neuf substances ont dépassé les seuils sur au moins une année dans la station de Fleurieu‐sur‐Saône.

    Ces dépassements ne sont que la face visible d’une pollution plus large : entre 2022 et 2024, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée a identifié plus d’une centaine de pesticides dans le ruisseau. «  C’est un petit cours d’eau situé dans une zone agricole où les cultures dominantes sont les céréales et le maraîchage. Pour le #maraîchage en particulier, de nombreux traitements phytosanitaires sont appliqués  », explique Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service données techniques de l’agence. Sollicitée, la métropole de Lyon précise que ce ruisseau peut être asséché les deux tiers du temps certaines années, entraînant une faible dilution et une concentration des polluants.

    Sur les dix molécules les plus souvent au‐dessus des seuils sur notre carte, 4 sont des pesticides. Parmi les produits phytosanitaires à surnager, le #diflufénicanil, aussi connu sous le nom de #Diflufenican, se démarque avec plus de 765 dépassements, soit 16 % des mesures au‐dessus des seuils. Cet herbicide, considéré comme «  très toxique pour les organismes aquatiques  », est utilisé pour le désherbage dans les grandes cultures céréalières, notamment de #colza.

    Le diflufénicanil a la particularité de faire partie également de la famille des #PFAS [lire plus bas], comme une trentaine d’autres produits autorisés en France. Déjà interdit depuis 2018 en République tchèque, le diflufénicanil a été intégré à une liste de substances actives présentes dans 23 pesticides interdits en juillet 2025 par l’Agence de protection de l’environnement du Danemark. La même année, lors de l’examen de la loi Duplomb, des députés écologistes avaient défendu un amendement pour interdire le diflufénicanil à la vente. Sans succès.

    «  Dans notre bassin, le diflufénicanil est la principale cause de déclassement de masses d’eau par des pesticides  », indique Luc Pereira‐Ramos, à l’agence de l’eau Seine‐Normandie. «  On observe une hausse des ventes de diflufénicanil à partir de 2022. Au fur et à mesure des interdictions ou limitations de certains pesticides, les agriculteurs se reportent sur des molécules encore autorisées  », analyse‐t‐il.

    Même en cas de durcissement de la réglementation, l’herbicide se maintiendrait dans les cours d’eau pendant de nombreuses années, rappelle le scientifique. «  Ce n’est pas parce qu’on interdit une molécule qu’elle disparaît rapidement des milieux. L’#atrazine est interdit depuis près de vingt‐cinq ans et on commence seulement à observer une décrue  », souligne‐t‐il.

    Et d’autres molécules prennent la place des anciennes. Après l’interdiction de l’atrazine, les agriculteurs se sont notamment tournés vers le #S‑Métolachlore. Utilisé pour le #désherbage du #maïs, il est devenu en quinze ans l’un des plus prisés en France. Cette substance figure également en bonne place dans notre classement, avec 115 dépassements des seuils (6 % des mesures). Cet herbicide est interdit à la vente depuis 2023, mais son utilisation a été autorisée jusqu’en 2024, le temps d’écouler les stocks.

    Un autre pesticide tient une place importante dans nos données : le #chlordécone. Nous comptons 36 dépassements de cet #insecticide particulièrement utilisé dans les bananeraies jusqu’au début des années 1990, tous situés dans le département de La Martinique. Face à une absence de mesures exploitables, nous n’avons pas pu visualiser les données de la Guadeloupe, de la Guyane et de Mayotte.

    Substances chimiques industrielles : l’invasion du #PFOS

    C’est tout le paradoxe des PFAS : alors que cette famille de milliers de polluants dits «  éternels  » est devenue l’un des sujets d’inquiétude majeur de ces dernières années, seulement 6 de ces composés font l’objet d’une surveillance dans les eaux de surfaces. Un chiffre qui passera à 25 à partir de fin 2027, en application de la révision de la directive cadre sur l’eau décidée par l’Union européenne.

    Parmi les substances chimiques industrielles suivies sur le terrain, le PFOS arrive largement en tête. Dans notre base de données, il dépasse le plafond retenu presque une fois toutes les trois mesures (1 128 dépassements de seuil sur 3 580 mesures, soit 31,5 %). Pour le seul bassin Rhône‐Méditerranée‐Corse, le PFOS est responsable du déclassement de 143 stations, soit 62 % des stations en mauvais état chimique.

    «  Cela ne m’étonne vraiment pas. Le PFOS est un composé emblématique de la famille des PFAS, parce qu’il a été très largement utilisé, plus que d’autres et pendant longtemps. C’est aussi le produit de transformation de plein d’autres PFAS  », détaille Pierre Labadie, chercheur en chimie de l’environnement au CNRS.

    Selon le spécialiste, la présence de cette molécule, «  l’un des PFAS avec le potentiel de bioaccumulation le plus élevé  », est plus marqué à proximité de sources de pollutions industrielles, mais aussi domestiques, par exemple des stations d’assainissement. «  Cela veut dire que dans les produits du quotidien qu’on a utilisés pendant des décennies, il y avait du PFOS  », explique‐t‐il. Depuis 2023, le PFOS est classé comme cancérogène probable pour l’humain.

    Médicaments : une épidémie encore mal mesurée

    Dernière famille de polluants recensée sur notre carte, les résidus de médicaments proviennent très majoritairement des rejets des stations de traitement des eaux usées urbaines qui ne sont pas conçues pour les traiter. Antidiabétiques, anti‐inflammatoires, analgésiques, anxiolytiques… les médicaments consommés par les Français font partie des substances «  d’intérêt émergent  » mesurés depuis quelques années seulement par les organismes de surveillance.

    Mais bon nombre de ces molécules ne disposent pas de seuil de quantification exploitables. Parmi celles qui en possède un, le Diclofénac, un anti‐inflammatoire, affiche un taux de dépassement de 2,7 % sur notre carte. La toxicité du Diclofénac a été démontrée, notamment sur les reins des truites, mais les effets des résidus médicamenteux sur l’environnement restent mal mesurés.

    «  Les médicaments, on arrive tout doucement dessus, explique Luc Pereira‐Ramos, pour l’agence Seine‐Normandie. On en cherche depuis une dizaine d’années seulement. Il est clair que nous allons augmenter le nombre de substances recherchées au fur et à mesure.  »
    Effet cocktail

    D’autant que les seuils de risque ne concernent aujourd’hui que quelques centaines de molécules, alors que plus de 110 000 substances sont enregistrées au titre de la réglementation chimique européenne. «  C’est la face immergée de l’iceberg  », explique Pierre‐François Staub, chargé de mission Pollution des écosystèmes et métrologie à l’Office français de la biodiversité (OFB).

    L’autre écueil du cadre de surveillance actuel, c’est de ne pas considérer l’impact toxique du cumul de molécules. «  On minimise l’évaluation du risque à travers l’approche substance par substance  », précise Pierre‐François Staub. On parle d’effet de mélange lorsque l’effet de deux molécules s’additionne, et «  d’#effet_cocktail  » lorsqu’elles interagissent entre elles et que leur #toxicité est amplifiée. «  Il y a de gros débats actuellement pour faire entrer cette notion dans la définition des #seuils, explique Arnaud Chaumot, directeur de recherche au laboratoire d’écotoxicologie de l’Inrae. Mais c’est très difficile à modéliser. On a parfois des mélanges très diversifiés et on ne peut pas regarder toutes les interactions entre toutes les molécules, la possibilité de combinaison est folle.  »

    Cette pression toxique cumulée pèse sur tous les écosystèmes, mais aussi sur l’#eau_potable. En France, environ un tiers des volumes d’eau prélevée pour la potabilisation vient des eaux de surface. Et même lorsque le captage se trouve en nappe souterraine, la qualité de l’eau peut être impactée par la pollution des rivières. «  Cela implique des traitements de plus en plus coûteux pour l’eau potable, pointe Marina Coquery. Et cela crée des inégalités, car les grandes villes ont la chance de pouvoir se les payer, mais pour les petites agglomérations, c’est plus difficile.  » En France, des captages d’eau potable ferment chaque année à cause d’une pollution diffuse. «  L’#eau est un bien commun, il faut la gérer comme tel  », estime la chercheuse.

    Sur la Launette, c’est bien la philosophie qui motive tous les travaux lancés par le syndicat mixte qui gère la rivière. «  Il y a encore une trentaine d’années, elle était dans un état encore pire qu’aujourd’hui parce que toutes les stations d’épuration des eaux usées n’étaient pas aux normes et rejetaient directement dans la rivière, mais de gros efforts ont été faits  », positive Clara Morvan.

    Pourtant, une autre épée de Damoclès menace tous les efforts pour la protection des rivières : le réchauffement climatique. La succession des années sèches affaiblit les débits des cours d’eau, et donc leur capacité de dilution, comme l’explique Marina Coquery. «  A l’autre extrême, on va avoir des crues beaucoup plus intenses, irrégulières et fréquentes  » et donc une hausse des polluants amenés par la pluie.

    «  Chaque progrès obtenu sert d’abord à compenser les effets climatiques, démographiques et économiques à l’œuvre  », analyse Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service des données techniques pour l’agence de l’eau Rhône‐Méditerranée‐Corse : «  Nous avançons sur un tapis roulant qui recule  ».

    ►https://www.mediacites.fr/enquete/national/2026/06/29/1700-rivieres-sous-pression-la-carte-inedite-de-la-pollution-chimique-des
    #rivières #France #pollution #pollution_chimique #cours_d'eau #visualisation #cartographie #changement_climatique

  • Alzheimer : l’alerte des médecins sur certains médicaments courants | E-Sante.fr
    ▻https://www.e-sante.fr/alzheimer-lalerte-des-medecins-sur-certains-medicaments-courants/actualite/615087

    Certains médicaments prescrits contre la dépression, les allergies ou l’incontinence pourraient augmenter le risque de démence lorsqu’ils sont utilisés sur une longue période. Les médecins appellent à la vigilance chez les seniors.

    Près d’un senior sur dix de plus de 75 ans en France prend régulièrement ces traitements prescrits contre la dépression, les allergies ou l’incontinence. Face à ces nouvelles données soulignant un danger persistant pour la mémoire, repenser la prise en charge médicale des patients âgés s’impose pour protéger leur santé cérébrale.
    Le risque de démence bondit après trois ans

    Les données médicales révèlent une corrélation directe entre une consommation cumulative dépassant 1 095 doses quotidiennes sur dix ans et l’explosion des cas de troubles cognitifs. Cette quantité équivaut à environ trois années d’utilisation continue. Chez les patients de plus de 65 ans, ce niveau d’exposition entraîne un risque accru de 50 % de développer la [maladie d’Alzheimer](▻https://www.e-sante.fr/alzheimer-ce-changement-discret-peut-apparaitre-avant-les-pertes-de-memoire/actualite/615219) ou une autre forme de démence.

    Ce danger devient mesurable très rapidement, dès le troisième mois d’usage ininterrompu. Fait inquiétant, le risque perdure même plusieurs années après l’arrêt définitif de la substance incriminée, imposant une surveillance neurologique précoce dès l’âge de 55 ans.
    Identifier les médicaments anticholinergiques à risque

    Les professionnels de santé surveillent particulièrement les molécules présentant un fort pouvoir anticholinergique, classées avec un score maximal sur l’échelle médicale ACB. Ces traitements agissent en bloquant l’acétylcholine, un neurotransmetteur indispensable à la mémoire, à l’apprentissage et à la concentration.

    Plusieurs prescriptions très courantes se retrouvent en tête de la liste des médicaments sous haute surveillance :

    L’amitriptyline (Laroxyl) pour lutter contre la dépression.
    L’oxybutynine (Ditropan) prescrite pour l’incontinence urinaire.
    L’hydroxyzine et d’autres antihistaminiques traitant les allergies saisonnières.

    L’accumulation simultanée de plusieurs traitements, même faiblement dosés, crée un effet cocktail redoutable nommé la charge anticholinergique. Ce phénomène sature les récepteurs du cerveau et favorise la fameuse cascade médicamenteuse. Dans ce schéma dysfonctionnel, un médecin ajoute un nouveau produit chimique à l’ordonnance uniquement pour traiter la sécheresse buccale ou un autre effet secondaire du premier médicament.
    Faut-il s’inquiéter si vous prenez l’un de ces médicaments ?

    Pas nécessairement. Le risque dépend de la durée du traitement, de la dose cumulée et de l’association avec d’autres médicaments ayant un effet anticholinergique. Chez certaines personnes, le bénéfice thérapeutique reste supérieur au risque potentiel. L’essentiel est de faire régulièrement le point avec son médecin ou son pharmacien afin d’évaluer si le traitement demeure indispensable ou si une alternative plus adaptée peut être envisagée.
    Organiser le sevrage médicalisé sans danger

    Ne stoppez jamais votre traitement sans un avis médical formel. L’interruption subite d’une molécule anticholinergique expose le patient à des symptômes de sevrage sévères et à un effet rebond violent des affections initiales. Le retour brutal de l’incontinence ou des crises d’angoisse complique fortement la prise en charge globale.

    Le médecin traitant, en collaboration avec le pharmacien, doit obligatoirement instaurer une déprescription progressive pour réduire la charge toxique en toute sécurité. Ce réajustement des dosages permet au cerveau de retrouver progressivement son équilibre chimique.

    Pour réussir cette transition thérapeutique, de nombreuses alternatives non médicamenteuses prouvent leur efficacité quotidienne. La rééducation périnéale ciblée remplace avantageusement la chimie pour endiguer l’incontinence. En parallèle, les thérapies cognitivo-comportementales soulagent durablement les épisodes dépressifs légers. Ces approches naturelles garantissent le maintien d’une fonction cognitive optimale chez les seniors.

    Ces données rappellent l’importance de réévaluer régulièrement les traitements chez les seniors. Sans remettre en cause leur utilité dans certaines situations, une surveillance attentive de la charge anticholinergique pourrait contribuer à mieux préserver la santé cognitive avec l’avancée en âge.

  • La France détruit chaque année 630 millions d’euros de médicaments qui finissent à la poubelle sans avoir été ouverts
    ▻https://sciencepost.fr/la-france-detruit-chaque-annee-630-millions-d-euros-de-medicaments-qui-f

    Chaque année, la Sécurité sociale rembourse des médicaments qui ne seront jamais avalés. Prescrit, délivré, remboursé, puis jeté sans avoir été ouvert. Ce circuit absurde coûte, selon la Cour des comptes, entre 561 millions et 1,7 milliard d’euros par an à l’Assurance maladie. Le chiffre de 630 millions d’euros, issu des travaux croisés de l’IGAS et de la Cour des comptes, se situe dans la fourchette basse de cette estimation. même dans le scénario le plus optimiste, c’est le budget annuel de plusieurs hôpitaux régionaux qui part à l’incinérateur.

    À retenir

    Un sur deux ? C’est la proportion de médicaments remboursés qui ne seraient jamais consommés
    36 heures de durée de vie pour un anticancéreux à plusieurs milliers d’euros la dose
    Depuis 2022, la dispensation à l’unité existe… mais représente à peine 0,08% des ventes en pharmacie

    Sommaire

    8 503 tonnes de médicaments collectés en un an
    Un système structurellement conçu pour gaspiller
    À l’hôpital, un angle mort encore plus profond
    Les pistes existent, leur application est timide

    8 503 tonnes de médicaments collectés en un an

    En 2023, 8 503 tonnes de médicaments non utilisés ont été rapportées en pharmacie et collectées par Cyclamed, l’éco-organisme agréé par l’État. Pour situer l’échelle : c’est l’équivalent du poids de 850 camions semi-remorques chargés à bloc. Ce gaspillage a pesé 124 grammes de déchets médicamenteux par Français, « soit l’équivalent de deux boîtes de médicaments par personne ». Et ce chiffre est sous-estimé, car il ne comptabilise que les médicaments rapportés en officine, pas ceux directement jetés à la poubelle domestique, ni ceux gaspillés à l’hôpital.

    Ces médicaments ne sont plus redistribués depuis 2009, mais valorisés énergétiquement : ils sont incinérés dans des installations spécialisées pour produire électricité et chaleur. Une valorisation qui a quelque chose d’ironique : on brûle des traitements remboursés par la collectivité pour produire de l’énergie. Le don de médicaments non utilisés à des associations caritatives, lui, est interdit en France depuis 2008, même quand les boîtes n’ont jamais été ouvertes. La réglementation française interdit le don des médicaments non utilisés depuis cette date, en s’appuyant sur les recommandations de l’OMS et sur le rapport IGAS de 2005.
    Un système structurellement conçu pour gaspiller

    La Cour des comptes s’attaque à un angle mort de la politique du médicament : le gaspillage de produits prescrits, délivrés, remboursés mais non utilisés. La mécanique est simple et perverse à la fois. Dans de nombreux cas, les médecins prescrivent des boîtes entières alors que le traitement ne nécessite que quelques comprimés. Résultat : les patients se retrouvent avec des restes inutilisés. Ajoutez à cela le tiers payant, qui rend le coût réel du médicament invisible pour le patient, et vous obtenez un système où personne n’a de raison immédiate de rationner.

    Le rapport de la Cour des comptes fustige un « conditionnement inadapté au strict besoin du patient ». On parle ici de comprimés qui restent dans les boîtes ou de bouteilles de sirop non terminées, malgré la fin d’un traitement dont le patient a respecté la posologie prescrite. Un flacon de 90 gélules pour un traitement de dix jours, voilà l’absurdité concrète. L’IGAS estime que près d’un médicament remboursé sur deux n’est pas consommé. Un sur deux. Le chiffre date du rapport de 2005, mais rien dans les grandes tendances de consommation ne laisse penser qu’il s’est radicalement amélioré.

    La culture du « stock au cas où » aggrave encore la situation. En France, la consommation de médicaments est élevée avec en moyenne 41 boîtes par an et par assuré. Cette tendance est portée par les innovations thérapeutiques mais aussi par des achats réalisés par habitude ou par précaution. Ce sont souvent ces médicaments gardés au cas où qui finissent oubliés ou périmés. La consommation médicamenteuse en France reste l’une des plus élevées d’Europe.
    À l’hôpital, un angle mort encore plus profond

    Du côté de l’hôpital, il est difficile d’évaluer combien de médicaments ne sont pas utilisés. La Cour recommande donc aux établissements de santé de se doter d’armoires à pharmacie informatisées « permettant un suivi précis et régulier ». Le problème est d’autant plus grave que ce sont souvent les traitements les plus coûteux qui partent à la poubelle dans les services hospitaliers. À ce jour, seuls 61 % des établissements interrogés par la Cour affirment disposer d’indicateurs sur la quantité de médicaments périmés ou altérés dans leur stock.

    La Cour cite un cas particulièrement frappant : le daratumumab, un anticancéreux qui a représenté une dépense de « près d’un milliard d’euros pour l’Assurance maladie en 2023 », dont le délai de péremption « pourrait être réévalué à 28 jours au lieu de 36 heures actuellement ». Trente-six heures de durée de vie pour un médicament à plusieurs milliers d’euros la dose : la marge de gaspillage est vertigineuse, et elle est en partie inscrite dans les spécifications industrielles du produit lui-même.
    Les pistes existent, leur application est timide

    Pour limiter ce gaspillage, la Cour des comptes propose notamment de changer le conditionnement des médicaments ou d’augmenter le délai de péremption. Les molécules sont parfois toujours actives, des années plus tard. La dispensation à l’unité, délivrer exactement le nombre de comprimés nécessaires au traitement — est régulièrement remise sur la table. Elle est autorisée depuis 2022 pour la vente d’antibiotiques, pour lutter contre le gaspillage et l’antibiorésistance. Mais les quantités délivrées ainsi à l’unité n’ont représenté, en 2024, que 0,08 % des dépenses de médicaments délivrés en ville. Quasi nul.

    Les pouvoirs publics ont mis au point, « récemment », des « moyens pour favoriser les conditionnements les plus adaptés possibles ». Dans les faits, ces moyens « sont peu utilisés », déplore la Cour des comptes. Le potentiel d’économies estimé par la Cour oscillerait entre 224 et 867 millions d’euros par an, de quoi financer des milliers de postes de soignants, à une époque où les déserts médicaux s’étendent.

    Ce qui rend ce dossier particulièrement difficile à résoudre, c’est qu’il implique simultanément les industriels (qui fixent les tailles de conditionnement), les médecins (qui prescrivent parfois au-delà du strict nécessaire), les pharmaciens (dont la rémunération reste en partie indexée au nombre de boîtes vendues) et les patients eux-mêmes. Les signalements de ruptures de stocks ou de tensions d’approvisionnement sur les médicaments en France ont doublé entre 2021 et 2023, jusqu’à atteindre environ 5 000. On détruit donc d’un côté des médicaments parfaitement utilisables, pendant que de l’autre, des patients se heurtent à des étagères vides en pharmacie. Ce paradoxe, en lui-même, dit beaucoup sur l’état de notre politique du médicament.

  • Hirschhausen und die Deepfake-Mafia
    ▻https://www.ardmediathek.de/video/hirschhausen/hirschhausen-und-die-deepfake-mafia/wdr/Y3JpZDovL3dkci5kZS9CZWl0cmFnLXNvcGhvcmEtNWQzZjlhZjYtNTViOS00ODIyLThlNTU

    Le docteur de la nation est victime de vols d’identité par des réseaux mafieux qui vendent de faux médicament par X et Facebook. Les criminels postent sur les plateformes des faux vidéos du docteur générés par des IAs et submergent ensuite d’appels téléphoniques frauduleux les personnes qui réagissent aux publicités mensongères.

    Les malades qui se laisssnt convaincre d’achèter les médicament vendus par les criminels risquent la mort. Jusqu’ici c’est un reportage ordinaire comme on a déj’à vu.

    La partie sensationnelle du reportage commence quand le sympathique docteur essaye de faire effacer les faux par les plateformes. On apprend que pas seulement les plateformes ignorent ses messages car elles gagnent des milliards par les truands. Pire, le protagoniste et reporter montre que les institutions européennes faites pour contrer les abus jouent le jeux aussi parce que même les plus hauts fonctionnaires ont peur de Trump et des avocats des plateformes.

    Ce reportage tout public nous explique par l’exemple du docteur célèbre que l’état de droit et les institutiones europénnes sont la proie des réseaux politiques et mafieux et ne font rien pour le défendre contre les criminels.

    C’est remarquable parce que c’est l’expérience qu’on fait systématiquement quand on lutte contre les actes et structures illégales (ou extra-légales) introduites en Europe par les grandes entreprises états-uninennes.

    En général les gens qui ne sont pas directement impliqués dans les luttes ont du mal à croire que l’état et l’Europe travaillent pour les multinationales et trahissent systématiquement les citoyens qu’il sont censés protéger.

    Voilà enfin un reportage qui explique bien pourquoi il y a un problème.

    04.05.2026 ∙ Hirschhausen ∙ WDR
    Video verfügbar: bis 02.05.2031 ∙ 05:30 Uhr

    Eckart von Hirschhausen deckt die Deepfake-Mafia auf – organisierter Online-Betrug, ein globales Netz, das mit Daten und Vertrauen spielt.

    Mit täuschend echten KI-Videos, gezielter Datenauswertung und bedrängenden Anrufen werden Menschen manipuliert und unter Druck gesetzt. Die investigative Doku zeigt, wie skrupellos das System arbeitet, warum Täter schwer zu fassen sind, und wie persönliche Daten zum Geschäftsmodell werden. Ein eindringlicher Film über Macht, Missbrauch und Schutz im digitalen Zeitalter. Eckart von Hirschhausen deckt ein globales Netzwerk auf, das gezielt mit Ängsten, Gesundheit und Vertrauen spielt.

    Haben Sie auch Erfahrungen mit Deepfake-Betrug oder sogar der Deepfake-Mafia? Dann schreiben Sie uns: hirschhausen@wdr.de

    #tv #Europe #internet #mafias #santé #médicaments

  • Explosion des prix des médicaments : une menace directe pour l’accès aux soins.
    En 2024, l’Assurance maladie a dépensé plus de 2 milliards d’euros pour le Keytruda (anticancéreux vedette de Merck), soit plus de 5 % des remboursements de médicaments en France. Prix facial : 70 000 €/patient/an.

    Derrière ces chiffres, un modèle financiarisé où les prix reflètent la capacité des systèmes de santé à payer plutôt que la valeur réelle des traitements. Conséquence : ponction massive sur les budgets publics, fragilisation des hôpitaux, économies imposées sur les génériques, ruptures de stock (près de 400 en fin 2024).

    De l’UFC-Que Choisir à la Cour des comptes, de la Ligue contre le cancer à l’OMS et MSF, de plus en plus d’acteurs alertent. Tous pointent la nécessité de :

    = Transparence sur les prix réels et les brevets

    = Négociations au niveau européen

    = Usage des licences obligatoires en cas de prix abusifs

    = Relocalisation de la production

    Pourquoi ne pas aller plus loin avec la création d’un pôle public du médicament ?

    📎►https://lenouveauparadigme.fr/lexplosion-des-prix-des-medicaments-menace-lacces-aux-soins

    #santé #médicaments #bigpharma #accès_aux_soins

  • ☆

    Santé mentale : sécuriser notre avenir en relocalisant les principes actifs pharmaceutiques

    Publication : 05/06/2025 ✅️
    Admissibilité : 10k en 6 mois


    Propositions amies : ►https://politipet.fr/2834 · ►https://politipet.fr/2758 · ►https://politipet.fr/3141 · ►https://politipet.fr/2696


    ►https://politipet.fr/2899
    ▻https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/2899

    #santé_mentale #souveraineté #santé #médicaments

  • « Un revers » : le #dioxyde_de_titane n’est plus considéré comme cancérogène

    Présent dans certains #cosmétiques, #médicaments et #emballages, le dioxyde de titane est-il cancérogène ? Pour la #justice européenne, la réponse est non. Elle a ainsi donné raison, le 1er août, aux industriels qui contestaient la classification de ce composé chimique.

    Précisément, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé en appel que la Commission européenne avait eu tort d’adopter en 2019 un règlement classant le dioxyde de titane (#TiO2) comme substance cancérogène pour l’humain « par inhalation, sous forme d’une poudre contenant au moins 1 % ou plus de particules d’un diamètre inférieur ou égal à 10 micromètres ».

    Selon les juges, la Commission a commis « une erreur manifeste dans l’appréciation de l’acceptabilité et de la fiabilité d’une étude scientifique sur laquelle s’était fondée la #classification ».

    Pour l’association Avicenn — qui exerce une veille citoyenne sur les nanotechnologies —, « c’est un revers plus que regrettable en termes d’informations et de protection des travailleurs car elle supprime l’obligation d’étiquetage de danger sur les poudres de dioxyde de titane ». Le composé est utilisé dans la fabrication de nombreux produits du quotidien, comme les médicaments, les #dentifrices, le #maquillage, la #crème_solaire, les emballages, la #peinture et le #papier.

    Le dioxyde de titane reste cependant interdit dans les #additifs_alimentaires en France et partout ailleurs en Europe. Il a récemment été retrouvé jusque dans le lait maternel.

    ▻https://reporterre.net/Un-revers-le-dioxyde-de-titane-n-est-plus-considere-comme-cancerogene
    #santé #cancer #alimentation

    • Déjà il était extraordinaire que le dioxyde de titane était permis dans les médicaments, les dentifrices et les baumes pour lèvres alors qu’il était interdit dans l’alimentation.

      J’ai récemment fait une recherche sur “lecrat.fr” pour un médicament à base de fer (tardyferon B9) qui en contient, prescrit à une femme enceinte : inconnu au bataillon alors même que ce produit est disponible en France.

  • L’Assurance maladie rend la carte vitale obligatoire en pharmacie et fragilise les plus précaires | Mediapart
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/060825/l-assurance-maladie-rend-la-carte-vitale-obligatoire-en-pharmacie-et-fragi

    Depuis fin juin, présenter une carte vitale est obligatoire pour bénéficier du tiers payant en pharmacie, afin d’éviter les fraudes. Mais les personnes en difficultés n’en disposent pas toujours. Des soignants et des associations ont déjà recensé des cas de non-délivrance de #médicaments essentiels. 

    Il a fallu quelque temps à Marjorie Mailland pour dénouer le mystère. Fin juin, une personne #malade qu’elle accompagne a eu des difficultés pour récupérer son traitement pour le VIH auprès d’une #pharmacie de Marseille (Bouches-du-Rhône). La coordinatrice travaille au sein du Réseau #Santé Marseille Sud, une association qui aide des personnes souvent précaires, dont certain·es atteintes de pathologies chroniques.

    De fil en aiguille, elle découvre un communiqué de presse de l’Assurance maladie, daté du 17 juin, passé relativement inaperçu. Dans l’optique de lutter contre les « fraudes et des détournements de certains médicaments sensibles - stupéfiants, antidiabétiques ou traitements coûteux », l’organisme indique qu’il sera désormais « obligatoire de présenter sa carte vitale en pharmacie » pour bénéficier du tiers payant, « en particulier pour la délivrance de médicaments à risque ou onéreux ».

    En clair, présenter une attestation de droits à la Sécurité sociale en version papier ne suffit plus. Sans carte vitale il faudra pouvoir avancer les frais si l’on veut obtenir des médicaments dont le prix dépasse les 300 euros par boîte.
    La coordinatrice du Réseau Santé Marseille Sud est sidérée et rappelle que « beaucoup de personnes n’ont pas de carte vitale pas par volonté de ne pas l’avoir mais parce qu’[elles] ne peuvent pas en avoir une… ». Elle mentionne les demandeurs d’asiles, les personnes en attente d’ouverture de droits bénéficiant de protection universelle maladie (Puma), de la complémentaire santé solidaire (CSS) ou l’aide médicale d’État, (AME), celles et ceux qui sont en attente de réception de leur carte vitale ou AME.

    L’Assurance maladie indique à Mediapart que le délai moyen de délivrance de la carte vitale est de vingt et un jours. Les associatifs et soignants interrogés indiquent que, selon les cas, les délais peuvent s’étirer de trois à six mois, parfois plus. Début août, la coordinatrice a reçu un coup de fil d’une infirmière du réseau l’informant qu’un jeune mineur isolé, bénéficiaire de la CSS, la complémentaire santé solidaire, n’a toujours pas reçu sa carte vitale depuis quatre mois. Lui aussi a rencontré des obstacles pour obtenir son traitement pour une affection longue durée.

    #CPAM #carte_vitale

  • The FDA Is Approving Drugs Without Evidence They Work
    ▻https://jacobin.com/2025/06/fda-approval-drugs-effectiveness-risk

    5.6.2025 by Jeanne Lenzer , Shannon Brownlee - Over the last several decades, the Food and Drug Administration has allowed pharma companies to sell hundreds of drugs to patients without adequate evidence that they work and, in many cases, with clear signs that they pose a risk of serious harm.

    Nieraj Jain was puzzled by the patient sitting quietly in front of him. The woman, in her sixties, was losing her eyesight; that much was clear. Her vision was blurred, and she was having increasing difficulty seeing at night and in bright sunlight. Less obvious was the cause. A retinal specialist and surgeon at Emory University in Georgia, Jain pored over specialized scans of her eye and saw odd patches of pigment on her retina — patches that didn’t fit with any known diagnosis.

    A fleeting memory pulled him up short; hadn’t he seen another patient a few months before with a similar finding? Combing through patient records, Jain dug up five more patients at Emory with the same puzzling retinal changes. All were going blind — and all happened to be taking Elmiron, a drug for a bladder condition called interstitial cystitis. In 2018, Jain and his colleagues published their findings about this new cause of blindness, dubbing it “pigmentary maculopathy.”

    Meanwhile, gastroenterologists at Emory and other institutions were uncovering another troubling finding about Elmiron: some patients on the drug were being diagnosed with colitis, a chronic inflammatory bowel disease with potentially life-threatening complications.

    According to a government database analyzed by the Lever and the McGraw Center for Business Journalism at CUNY’s Newmark Graduate School of Journalism, by the end of 2024, hundreds of patients on Elmiron had suffered vision loss or blindness. Others taking the drug were even more unlucky. Dozens of patient deaths associated with Elmiron were reported to the Food and Drug Administration (FDA), and 45 patients were hospitalized with severe colitis.

    Another problem? There’s no good evidence that Elmiron works.

    When the government approved Elmiron in 1996, the manufacturer provided close to zero data that the drug effectively treated interstitial cystitis. Regulators allowed Elmiron on the market only on the proviso that the company conduct a second study to determine if it worked. It would take eighteen years for the various companies that bought and sold the drug’s license to produce that study — and it proved to be a resounding bust. Patients who took Elmiron did no better than those given a sugar pill. (Janssen, which manufactures Elmiron, did not respond to repeated requests for comment.)

    All of which raises a question: How could a drug with such serious side effects get on the market in the first place? And how could it stay on the market for nearly three decades, even after subsequent studies failed to show it was effective? The answer to both questions strikes at the heart of what ails the FDA today.

    Elmiron is just one of hundreds of drugs that have been approved by the FDA over the last several decades on the basis of flimsy or nonexistent evidence. Drug companies have been allowed to market hundreds of prescription drugs to doctors and sell them to unsuspecting patients despite glaringly inadequate evidence that they offer any benefit and in many cases amid clear signs that they pose a risk of serious, often irreparable harm.

    From January 2013 until December 31, 2022, the FDA approved 429 drugs, most of which were authorized on the basis of inadequate evidence that they worked, according to a database of government records created for this investigation. Based on an analysis of these records, the agency has allowed dozens of treatments, like Elmiron, to remain on the market even when subsequent studies failed to show they are effective. This investigation found that from 2013 through 2022:

    Seventy-three percent of drugs approved by the FDA did not meet the agency’s four foundational standards required to show they work as expected.
    More than half of drug approvals were based on preliminary data rather than sound evidence that patients had fewer symptoms, improved function, or lived longer.
    Fifty-five of the 429 drugs approved met only one of the four standards needed to show that a drug is safe and effective; thirty-nine drugs met none of them.

    Many of the issues with drug approvals uncovered in this investigation are particularly concerning with regard to cancer treatments.

    Only 2.4 percent of the 123 cancer drugs approved from 2013 through 2022 met all four of the FDA’s scientific criteria. Twenty-nine drugs — 23 percent — met none.
    Eighty-one percent of cancer drugs were approved based on preliminary evidence rather than data showing patients would live longer. Studies of cancer drugs approved on preliminary evidence have failed to show they improve survival in the vast majority of cases.

    These statistics come after billions of dollars and years of lobbying by the pharmaceutical industry and patient advocacy groups pressuring Congress to loosen the FDA’s scientific standards.

    The resulting seismic shift from proving drugs work before they are approved to showing they work only after approval — if ever — has been quietly accomplished with virtually no awareness by doctors or the public. Insurers and taxpayers effectively pay for research after drugs hit the market as pharmaceutical companies reap the profits. Patients serve as the unwitting guinea pigs — with very real consequences.

    In the United States alone, an estimated 128,000 people are killed each year by side effects of prescription drugs that are properly prescribed. That number excludes opioid overdoses and is more than deaths from all illegal drugs combined. And the rate at which the agency approves unproven drugs has accelerated dramatically in the last ten years.

    These are just some of the findings of a two-year investigation by the Lever and the McGraw Center into all 429 new drugs approved from 2013 through 2022. A team of four experts, three of whom are physicians and one a postdoctoral fellow at Harvard, evaluated the scientific studies cited by the agency in its approval decisions.

    In addition, the authors used government reports, internal FDA documents, investigators’ notes, congressional testimony, court records, and interviews with more than one hundred researchers, legal scholars, current and former federal officials, patients, and their families.

    A fourteen-member advisory committee including physicians, epidemiologists, biostatisticians, a patient advocate, an FDA insider, and an FDA advisor provided guidance for the investigation. Several of the advisors vetted the findings for accuracy.

    These experts were shocked by some of this investigation’s findings.

    “I’ve been discouraged about the FDA before, but the last few years have been the worst,” said one of those advisors, Diana Zuckerman, founder and president of the Washington, DC–based nonprofit National Center for Health Research. “The scientific bar is often so low it would be impossible to lower it much further.”

    Examining the nation’s drug approval process has gained urgency in the wake of President Donald Trump’s executive orders demanding federal agencies deregulate numerous industries. And while Martin Makary, Trump’s pick for FDA commissioner, has written widely about medical error and the need for more rigorous medical science, Health and Human Services secretary Robert F. Kennedy Jr is known for his unsupported claims about medicines and vaccines.

    Experts say the current political reality doesn’t bode well for a drug-approval process that’s already plagued by deficiencies.

    “We need an agency that’s independent from the industry it regulates and that uses high-quality science to assess the safety and efficacy of new drugs,” says Reshma Ramachandran, a codirector of the Yale Collaboration for Regulatory Rigor, Integrity, and Transparency and an expert in analyzing clinical trials. “Without that, we might as well go back to the days of snake oil and patent medicines.”
    “We Opened Pandora’s Box”

    Between drugs, food, dietary supplements, tobacco, and medical devices, the FDA regulates $3.9 trillion worth of products each year, roughly one-eighth of the entire US economy. With a budget of approximately $6.9 billion in 2024, hundreds of offices in the United States and abroad, and more than 19,000 full-time employees (prior to recent firings), the FDA’s resources and scope make it one of the most powerful agencies in the country and highly influential around the world.

    Its reputation was built on hard-won scientific standards put into place by Congress in 1938 and 1962 after a string of medical tragedies. These new laws, sometimes called “super-statutes” because they are so far-reaching, authorized the agency to require drug companies to provide evidence that their drugs are safe and effective before they could go on the market.

    Then came AIDS. By 1988, the epidemic was in full swing: 46,000 people had died, and another 37,000 were living in the US with the poorly understood condition. AIDS activist groups wanted access to new drugs — and fast. With news cameras rolling, activists blockaded the entrance to FDA headquarters in Rockville, Maryland, holding placards saying “Federal Death Administration,” and lying on the street holding cardboard tombstones that read “Killed by the FDA.”

    Activists found ready partners in drugmakers, who were eager to get their products to market. Together the activists and companies argued before the FDA that the compassionate, lifesaving strategy would be to loosen scientific standards for establishing the efficacy of drugs.

    Among those existing standards was the strong recommendation that companies submit two or more randomized, controlled clinical trials that show a drug is effective in order to win approval. That’s because any single study, no matter how well it’s conducted, will often yield results that can happen by chance alone and do not stand up to later scrutiny.

    But these trials can be expensive and time-consuming to conduct and analyze. Between that and a shortage of FDA reviewers, new treatments for AIDS were flowing through the chronically underfunded agency at the speed of chilled molasses. It took an average of seven to twelve years to take a drug through the development pipeline, three of which could be taken up while a company’s data sat on an FDA reviewer’s desk.

    Under pressure from patient groups and drugmakers, the FDA created an “accelerated pathway” in 1992, which allowed companies to provide preliminary evidence that their AIDS drugs were effective. The new rules let these companies conduct trials tracking unreliable patient outcomes known as “surrogates,” with the expectation that drugmakers would provide more substantive evidence of real patient benefit after the drugs were on the market.

    Surrogate outcomes are laboratory tests, or imaging studies like CT scans, that don’t themselves track quality or quantity of life but are hypothesized to be reasonably likely to predict a so-called “clinical benefit.” Clinical outcomes are the ones that matter to patients, like feeling better and living longer, but relying on surrogate outcomes means that drug companies could gain approval based on shorter and cheaper studies.

    The problem is that improvements in a surrogate outcome often fail to correlate with whether a drug actually improves patients’ lives. In addition, a surrogate outcome can’t reflect the harm that a drug can cause, a limitation that has been repeatedly confirmed.

    Some external experts therefore expressed concern about approving drugs based on surrogate outcomes — and those worries were borne out by the AIDS drug AZT.

    When AZT was approved in 1987, many expected it to be a raging success based on research that counted T-cells, disease-fighting cells that the AIDS virus attacks, and other studies that tracked early survival data. But less than two years later, researchers at the Claude Bernard Hospital in Paris published their findings on 365 AIDS patients treated with AZT, concluding the results were “disappointing.” The drug was toxic to blood cells, and after six months, patients “returned to their pretreatment levels [of T-cells] and several opportunistic infections, malignancies, and deaths occurred.’’ (AZT would prove beneficial in later years when used in lower doses as part of a triple cocktail of AIDS drugs.)

    Still, the pharmaceutical industry actively promoted the treatment. With a list price of $21,000 a year per patient in 2025 dollars, AZT delivered $2 billion in profits to its drugmaker Burroughs Wellcome in 1989. Seeing the rewards to be reaped, companies began lobbying Congress to force the FDA to apply the looser AIDS standards to all sorts of drugs.

    Big Pharma’s campaign contributions jumped from $1.9 million in 1990 to $3.6 million in 1992, according to the Federal Election Committee and OpenSecrets, an independent research group. That year, Congress passed the Prescription Drug User Fee Act, which explicitly directed the FDA to allow approvals based on lower standards.

    Rep. Henry Waxman (D-CA) slammed the legislation, saying that while it “sounds good . . . it is a hoax to imply that it will do more than the FDA is already doing to bring effective AIDS drugs to the market.”

    The act also required drug companies to pay “user fees,” which the agency used to hire nearly 600 new staff. But critics say such fees have led some senior agency officials to view the industry as “partners.” The agency would go on to launch multiple “public-private partnerships” with the companies it is tasked with regulating.

    Subsequent laws directed the FDA to expedite drug approvals by further lowering standards of evidence.

    “We opened Pandora’s Box, and pharma exploited it,” says Gregg Gonsalves, an AIDS activist and professor of epidemiology at the Yale School of Public Health. In 1993, he told an FDA advisory committee that with the best of intentions, and in the face of a terrifying health crisis, AIDS activists had helped “unleash drugs with well-documented toxicities onto the market, without obtaining rigorous data on their clinical efficacy.”

    The result, said Gonsalves, is “we’ve arrived in hell.”
    The Missing Evidence

    Today, hundreds of drugs intended to treat a wide range of diseases have been approved by the FDA without critical evidence demonstrating they work.

    According to the database created for this investigation, nearly three-quarters — 311 — of the 429 drugs approved from 2013 through 2022 were put on the market despite inadequate evidence of their efficacy.

    This analysis was based on the four essential criteria cited in the FDA’s own standards and case law for assessing whether drugs work and are safe:

    Control group: Patients taking the drug were compared to a control group that was given a placebo or a comparator drug.
    Replication: At least two “well-controlled” trials showed the drug was effective.
    Blinding: Subjects in the studies and the doctors who cared for them don’t know which patients are on the drug and which are in the control group.
    Clinical end point: The studies measured the drug’s effect on patients’ survival or function rather than a surrogate measure.

    These criteria are by no means a complete list of sound scientific evidence. Instead, they comprise the minimum criteria needed to determine whether drugmakers have provided “substantial evidence” to support claims of effectiveness for new drugs.

    Yet only 118 of the 429 drugs approved over that period, a mere 28 percent, met the four criteria. One hundred and twenty-three drugs (29 percent) met three of the criteria, while thirty-nine drugs, more than 9 percent of the total, failed to meet a single criterion. That doesn’t mean these drugs don’t work, but it does mean the FDA approved them without knowing whether they are more likely to help patients than hurt them.

    More than a quarter of the drugs approved over the study period, 123, were for various forms of cancer. This might seem like good news for the war on cancer, but only three of those drugs met all four of the minimum criteria, and twenty-nine cancer drugs failed to meet a single criterion. In other words, one in four cancer drugs were approved based on studies with no comparison group, no blinding, no replication, and no clinical outcome.

    The most common way drug companies get such cancer drugs approved is by using a surrogate outcome in their clinical trials, rather than measuring actual clinical benefit. Drug companies routinely study laboratory measures like how much a tumor shrinks in response to a drug, instead of mortality or symptom relief.

    But experts say the FDA should have no illusions regarding the unreliability of such surrogate outcomes, especially since these outcomes fail to take into account the harms a drug may cause, such as liver failure and anemia. These criticisms were hammered home after the agency approved Avastin to treat metastatic breast cancer.

    Originally approved for two other types of cancers, Avastin hit the market for breast cancer in 2008. At that time, women with metastatic breast cancer faced a dire prognosis: most would be dead within five years, even after multiple rounds of chemotherapy drugs. Avastin was hailed as a breakthrough because it doesn’t kill cancer cells the way chemotherapy does but instead inhibits the growth of blood vessels, which tumors need to grow.

    Avastin was approved based on a surrogate outcome called “progression-free survival,” which doesn’t actually look at patient survival but instead measures how long a cancer drug keeps a tumor in check. But just because a tumor isn’t growing or even shrinks doesn’t mean the patient will live longer or enjoy a better quality of life.

    In 2010, worldwide Avastin sales had hit $6.8 billion. The approval for breast cancer had come with the condition that the manufacturer, Genentech, conduct another study to determine whether the drug actually worked. Two years later, the company produced two studies that suggested the opposite: the drug did not help people live longer.

    In total, the company had conducted five clinical trials, none of which demonstrated that Avastin helped breast cancer patients live longer or with less disability. The new studies also documented the drug’s more serious side effects, which included blood clots, perforated intestines, stroke, heart problems, and kidney malfunction. Genentech did not respond to repeated requests for comment.

    But when the FDA proposed withdrawing approval for Avastin for breast cancer, Genentech and several patient advocacy groups fought back, sometimes viciously. At a two-day public hearing in 2011, one of the few patient advocates testifying in favor of the FDA’s decision came with a bodyguard after being threatened verbally by others who supported Avastin. FDA staff received violent threats, and police were posted outside the building.

    The FDA ultimately withdrew its approval of Avastin for breast cancer, but the episode, still referred to as “Armageddon” by some staff, had a chilling effect. The agency would not demand another drug withdrawal in the face of company opposition for more than two decades.

    Today progression-free survival, along with a half-dozen other surrogate outcomes, has become the norm for approving cancer drugs. This investigation found that 81 percent of the 123 cancer drugs approved from 2013 through 2022 were based on studies that did not track overall survival and instead reported on progression-free survival or another surrogate.

    Such approvals have real consequences for patients. Take Copiktra, a cancer drug manufactured by Secura Bio Inc. that was approved by the FDA in 2018 based on improved progression-free survival and other surrogate outcomes. According to a Lever review of FDA records, two-thirds of leukemia and lymphoma patients taking the drug developed serious complications. Patients treated with Copiktra also died eleven months earlier than patients treated with the comparator drug.

    In December 2021, the manufacturer announced it would stop marketing the drug for follicular lymphoma. Six months later, the FDA issued a warning about “possible increased risk of death and serious side effects.” But it wasn’t until July 2024 — six years after studies showed the drug cut months off the lives of patients — that the FDA announced that Copitra should not be used as first- or second-line treatment for certain types of leukemia and lymphoma “due to an increased risk of treatment-related mortality.”

    A spokesperson for Copiktra’s manufacturer, Secura Bio, told the Lever that in May 2022, the company sent a “Dear Healthcare Professional” letter to physicians about the results of the postmarket studies “in accordance with FDA requirements.” The company said Copiktra can still be prescribed for certain conditions if two other drug treatments have failed.

    Copiktra is hardly an exception. According to a 2015 study, only 14 percent of cancer drugs approved based on a surrogate outcome, such as progression-free survival, between 2008 and 2012 were later shown to improve real-world survival. In other words, 86 percent were not supported by evidence that they helped patients live longer. What the drugs did cause were numerous serious side effects, while costing patients, taxpayers, and insurers billions of dollars a year.

    Another, more recent study found that between January 2006 and December 2023, 147 cancer drugs that had been approved on a surrogate outcome were later tested to determine if they improved overall survival. Approximately three-quarters failed to do so.

    Even when cancer drugs do improve survival, the gains can be meager. A 2022 study by researchers at the National Cancer Institute found that the median survival time for 124 cancer medicines approved from 2003 through 2021 to treat solid tumors was just 2.8 months. The average cost of such drugs is more than $24,000 per month.

    In other words, after patients and their families spend financially crippling sums and go through side effects ranging from nausea to death, their outcomes are hardly better — and could be worse — than no treatment at all.

    That outcome is not what most cancer patients expect when their doctor writes a prescription. It’s also at odds with what doctors believe about the meaning of FDA drug approvals. In 2016, researchers published the results of a survey sent to physicians that included the following question: “For [the] FDA to approve a drug, must the studies show: a.) a clinically important result; b.) a statistically significant result; c.) both; d.) None of the above.” The correct answer was none of the above.

    Only 6 percent of doctors got the answer right. Aaron Kesselheim, a researcher at Harvard Medical School and coauthor of the report, said the result was “disappointing, but not entirely surprising. Doctors aren’t taught about the approval process.”
    When the Science Never Comes

    Nothing about ProAmatine would suggest it would ever get on the market.

    This investigation found that between 1990 and 1996, the FDA rejected the blood pressure drug four times. The agency told the company, Roberts Pharmaceutical, that its studies showing ProAmatine could treat low blood pressure when a patient stands up were “poorly conducted.” Nor were the “incremental” increases in blood pressure sufficient proof of benefit since they were surrogate measures, according to the agency, which wanted evidence that patients would feel or function better. The agency instructed the company to conduct randomized, double-blind, placebo-controlled studies.

    Before the agency rejected the drug for the fourth time, in March 1996, FDA medical reviewer Maryann Gordon noted a striking incidence of severe high blood pressure among treated patients. She suggested that this side effect might account for at least some of the strokes, heart attacks, and congestive heart failure that had occurred among patients on ProAmatine. She concluded, “The mostly unexplored benefits of midodrine do not outweigh its real risks, thus making midodrine [ProAmatine] not approvable.”

    But less than three months after the FDA’s fourth rejection of ProAmatine, the agency reversed course, saying that following a meeting with the company, it had “reconsidered” its prior rejection and would approve ProAmatine after all, under “21 Code of Federal Regulations Subpart H,” a provision in the regulations that the FDA interprets as giving the agency “flexibility” in its approval decisions.

    One FDA insider who asked to remain anonymous told the Lever, “Subpart H was never meant to rescue failed drug development programs after trials had already failed to show direct benefit to patients.” Instead the provision was designed to allow the agency leeway in approving drugs that looked highly promising for life-threatening conditions for which there were few or no other treatments.

    While the condition treated by ProAmatine is not life threatening, Roberts Pharmaceutical was able to use the regulation to get the drug on the market in 1996, agreeing to submit a follow-up study no later than 2000 to determine if the drug worked.

    The year 2000 came and went. No study. In 2003, the drug patent expired. Still no study. The FDA tried to induce the company to conduct the promised postmarket study by granting a three-year patent exclusivity extension, allowing the company to maintain a monopoly on the drug and keep its prices high. In 2005, the company submitted two studies, but the FDA found them insufficient.

    In 2013, researchers at the Mayo Clinic conducted a comprehensive review of all studies of the drug and found ProAmatine provided “no significant benefit” in blood pressure change on standing up. The drug also caused a higher incidence of adverse events, and the researchers concluded “there is insufficient and low-quality evidence” to support its use.

    Yet the drug was allowed to remain on the market with no caution issued to patients or doctors until 2017. As of 2009, it had generated $257 million in sales; in 2023, the midodrine market was estimated to be $745 million. Twenty-nine years after the drug was approved, there is still no evidence that it works.

    “I think rightly or wrongly, FDA managers have decided that completely bending their standards could still lead to good drugs,” says Matthew Herder, a legal scholar at the University of Dalhousie in Halifax, Canada. “They put a lot of faith in postmarket evidence.” But the history of ProAmatine demonstrates that once a drug has been approved on an expedited basis, a requirement for postmarket evidence can have little meaning.

    According to a 2022 analysis by the US Department of Health and Human Services Office of Inspector General, more than one-third of drugs approved on an accelerated pathway have never seen a confirmatory trial. When they did conduct the studies, regulators found companies took anywhere from a few months to twelve years to do so. This investigation found that confirmatory trials can take even longer — up to thirty years — and may not be performed at all.

    ProAmatine, no longer sold under its brand name, is currently manufactured by multiple companies under the generic name midodrine. Three generic manufacturers of midodrine failed to respond to requests for comment.

    Even when postmarket studies are submitted, they often provide no new information. Bishal Gyawali, an oncologist and associate professor at Queen’s University in Kingston, Canada, and two Harvard colleagues looked at cancer drugs approved based on surrogate outcomes between December 1992 and May 2017. Twenty percent of the time, the company submitted a follow-up study that looked at the same surrogate it used to get the drug approved — even though the point of the additional study was to determine whether the drug offered an actual clinical benefit. In another 21 percent, the follow-up trial used a different surrogate end point, rather than clinical outcomes.

    Such scenarios are so common that the agency has created a term, “dangling approvals,” for the status of drugs whose postmarket trials failed or weren’t conducted before their deadline. As of 2021, the FDA had allowed ten of thirty-five cancer treatments to remain on the market even after their follow-up studies failed. The manufacturers eventually withdrew eight of the ten treatments, but only after patients received ineffective treatments for years and companies reaped healthy financial rewards.

    Among the drugs with dangling approvals was one that had generated controversy before: Avastin, the failed breast cancer drug. Avastin has been shown to improve survival for some cancers, and in 2009, the FDA authorized the drug for recurrent glioblastoma, a fatal brain cancer, based on progression-free survival. In 2017, after the requisite “confirmatory” trials, the agency granted it full approval — even though the follow-up studies failed to show it helped patients live any longer.

    Avastin remains on the market for recurrent glioblastoma — at a cost of $153,000 per year. European regulators refused to approve the drug for that use, citing concerns about safety and efficacy. A spokesperson for Genentech said some patients could benefit, noting that 11 percent of patients were able to discontinue treatment with steroids.

    Then there’s Keytruda, which is widely advertised on TV for a number of cancers. Granted expedited approval in 2017 to treat a certain type of gastric cancer, the drug subsequently failed its postmarket study. Keytruda was sold for this use for nearly four years before regulators withdrew its approval in 2021. It remains on the market for other cancers. Keytruda maker Merck did not respond to requests for comment.

    While drug companies profit from the sales of unproven drugs, everyone else — patients, insurers, and the government — pays a heavy price. In just four years, from 2018 through 2021, the taxpayer-funded health insurance programs Medicare and Medicaid shelled out $18 billion for drugs approved on the condition that their manufacturers produce confirmatory trials that had yet to be delivered.

    “Everybody from the [FDA] commissioner on down keeps telling us that approving these marginal drugs will lead to an accumulation of benefits to patients over time, but if a drug doesn’t work, it doesn’t work, and putting them all together doesn’t add up to an effective treatment,” says Fran Visco, a breast cancer survivor and president and cofounder of the National Breast Cancer Coalition. “The entire medical oncology treatment world is built on a shaky foundation of limited evidence and uncertain patient benefit, but rather than admit that, we keep tweaking it and building on top of it. And it’s not just that you are giving people things that don’t work; these drugs will harm them, and they are financially toxic.”
    A Treatment World Built on Nothing

    In defending dangling approvals, Richard Pazdur, a physician and the head of the cancer drug division at the FDA, wrote in 2021 that when a drug fails in a clinical trial, it “does not necessarily mean that the drug is ineffective.” In one sense, Pazdur is right. Not having convincing evidence that a drug works is not the same as knowing it does not work.

    What the scenario does mean is no one knows if it works or not. This investigation’s database shows that hundreds of drugs are now being put on the market before anybody knows if they’re effective.

    In the past, having a promising surrogate end point was used by drug companies to decide whether proceeding to a clinical trial was worth the investment. Now drugs are put on the market, sold to thousands if not millions of patients, and the evidence to determine if they actually work is allowed to come later, if it comes at all.

    The arrangement can have devastating costs for people like Laura MacMillan.

    Starting in 2001, Laura MacMillan was diagnosed with a series of puzzling medical conditions. First came interstitial cystitis. Two years later, when she was only forty-five, she developed severe abdominal pain and diarrhea that was diagnosed as colitis. “I could barely leave my house,” she says. “I had frequent accidents and could only go to stores where I knew there was a bathroom.”

    Twelve years later, she began to see wavy lines as her vision progressively dimmed. One evening, she drove over a cement island in a parking lot, leaving her with a flat tire and $4,700 of damage to her car. Her ophthalmologist could find no known diagnosis for her eye condition and could offer no treatment. Between the colitis and progressing blindness, MacMillan’s world was closing in.

    Finally, in 2021, MacMillan came across Nieraj Jain’s troubling findings of blindness linked to the interstitial cystitis drug Elmiron and instantly put two and two together. She had been on Elmiron for twenty years and had experienced the same retinal changes Jain uncovered. She stopped the drug, and within weeks, her colitis symptoms went away. A subsequent colonoscopy showed her gut had completely healed, but MacMillan’s vision loss is permanent.

    “I can’t drive anymore,” she says. “I had to stop working thirteen years ago. When I get up in the morning, it can take about two hours for the blurriness to subside enough for me to see words on my tablet. Last summer, my husband and I drove [1,000 miles] to Toronto to see the Blue Jays play the Yankees. Even though we had good seats, I couldn’t see a damn thing. So we won’t ever be able to do that again.”

    MacMillan is relatively lucky compared to the hundreds of others uncovered by this investigation who suffered serious injuries or died while taking the drug.

    The FDA continues to approve medicines based on evidence as flimsy, contradictory, and inadequate as the data for Elmiron. Citing the need for “flexibility” and the importance of encouraging drug development when there are few treatment options, the agency has all but abandoned its hard-won standards for sound science, according to numerous experts.

    Jerome Hoffman, professor emeritus of medicine at the University of California, Los Angeles, and the lead analyst of the database created for this investigation, says:

    Most of us imagine that the primary goal of the FDA is to make sure that the drugs it approves are more likely to help people than to harm them. If so, the FDA would require drugmakers to submit rigorous studies. Instead, the agency seems to have forgotten about that goal and is more interested in promoting the interests of industry than protecting the public health.

    In 2014, the Elmiron Study Group published their results of the long-awaited clinical trial that showed Elmiron was no better than a placebo. “I thought that the next day it would be over for Elmiron,” says Curtis Nickel, a urologist at Kingston Hospital in Ontario, Canada, who led the study group. “Doctors would stop prescribing it. The FDA would order it off the market.” But none of that happened.

    Instead, after twenty-four years, Elmiron is still being sold, and doctors continue to prescribe it. Hundreds of thousands of patients have been exposed to the drug, and the American Urological Association lists it as the only FDA-approved medication for interstitial cystitis. The agency finally added a warning to the drug label in 2020, alerting doctors and patients to the risk of vision loss.

    Nowhere is there any mention that studies have never shown Elmiron is effective.

    #USA #médicaments #iatrocratie #industrie_pharmaceutique #lobbyisme

  • Face à la pénurie de psychotropes, des patients atteints de troubles psychiques confient leur désarroi | Blanche Ribault
    ▻https://www.streetpress.com/sujet/1748954819-penurie-psychotropes-patients-maladies-mentales-temoignages-

    Depuis janvier, des milliers de patients atteints de maladies psychiques sont en rupture de traitement forcée. Entre crise de panique et trouble de l’anxiété, ils racontent les conséquences de ces pénuries et le manque d’alternatives. Source : StreetPress

  • #PFAS dans l’#eau : les sites les plus polluants de #France identifiés

    On commence à identifier les responsables : 146 sites industriels sont à l’origine de la quasi-totalité des rejets de PFAS dans l’eau, selon une étude publiée mardi 1er avril par #Générations_futures (►https://www.generations-futures.fr/actualites/rejets-pfas-icpe). Au total, l’association a cartographié les 225 usines les plus émettrices.


    Ce #rapport inédit s’appuie sur l’exploitation des données collectées par les Directions régionales de l’environnement (Dreal) auprès de quelque 2 700 Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).

    « Près de 1 600 établissements ayant effectué leurs analyses ont détecté des PFAS dans leurs #rejets, mais dans la plupart des cas, ce sont des rejets minimes », explique Pauline Cervan, toxicologue au sein de l’association.

    13 « super-émetteurs »

    Parmi les sites pollueurs, l’association a également identifié 13 « super-émetteurs » — notamment #Arkema près de Lyon, #Solvay dans le Gard et #Chemours dans l’Oise.

    Avec également quelques (mauvaises) surprises : à Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques, l’usine pharmaceutique #Finorga a évacué jusqu’à 181,9 kilos de fluor organique en un jour vers la station de traitement.

    Les sites industriels identifiés fabriquent des #pesticides, des #médicaments, ou ont recours à des mousses anti-incendies, comme les raffineries #TotalEnergies, particulièrement polluantes.

    « La lueur d’espoir, c’est qu’il apparaît possible de mener des actions ciblées sur ce nombre restreint d’usines », estime Pauline Cervan. Générations futures demande de renforcer la surveillance de ces #polluants_éternels, de réguler les émissions, et d’appliquer le principe pollueur payeur, afin que ces industriels payent pour la #dépollution nécessaire de l’#eau_du_robinet.

    ▻https://reporterre.net/PFAS-dans-l-eau-les-sites-les-plus-polluants-de-France-identifies
    #plastique #pollution #responsabilité #industrie #cartographie #cartographie #visualisation #eau_potable

  • Trump executive orders threaten healthcare of millions of Americans

    Orders repeal directives expanding healthcare access and options for lower-income and middle-class Americans

    ▻https://www.theguardian.com/us-news/2025/jan/22/trump-executive-orders-healthcare?CMP=oth_b-aplnews_d-1

    Within his first 48 hours back in office, Trump has signed several executive orders that threaten the healthcare of millions of Americans.

    Amid a flurry of executive orders, some of which were signed live on TV on inauguration night, the US president issued several orders that repeal Biden-era directives that had expanded healthcare access and options for lower-income and middle-class Americans.

    Those orders are expected to affect the medical insurance coverage for upwards of 20m people in the US.

    “The previous administration has embedded deeply unpopular, inflationary, illegal, and radical practices within every agency and office of the Federal Government,” Trump said in the official statement, which referenced several health-related orders.The statement goes on to accuse diversity, equity and inclusion (DEI) policies of having “corrupted” institutions for Americans.

    #Trump_décadence
    #États-Unis
    #santé
    #sécurité_sociale
    #médicaments
    #big_pharma

  • Révélations sur les #contaminations de la plus grande mine à ciel ouvert de l’Hexagone

    « La #pollution de l’#eau par la mine ? Il n’y a pas de problème. » Face au discours sur les « #mines_propres », Splann ! révèle les pollutions générées par la mine d’#andalousite de #Glomel, au cœur de la #Bretagne, exploitée par la multinationale #Imerys.

    En Centre Bretagne, la commune de #Glomel, étendue sur près de 80 km2, est un véritable château d’eau. Ses sources, ses ruisseaux et ses marais dominent les bassins versants de l’#Ellé et du #Blavet. On y trouve encore certains habitats naturels emblématiques de la région, landes, tourbières et autres prairies humides. C’est pour protéger cette richesse qu’ont été créés la réserve naturelle régionale des landes et marais de Glomel, ainsi que deux sites Natura 2000 et plusieurs zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique.

    Le paradoxe est que Glomel abrite aussi la plus grande mine à ciel ouvert en activité de l’hexagone : sur place, la #multinationale Imerys peut extraire chaque année jusqu’à 1,5 million de tonnes de roches et raffine dans ses deux usines un quart de la production mondiale d’andalousite.

    La « #Damrec » comme on dit ici en référence à l’ancien nom d’Imerys, est longtemps passée inaperçue. Déjà, qui connaît l’andalousite, ce minéral résistant aux très hautes températures ? On le retrouve sous forme d’additif dans les #bétons ou les #peintures, dans les blocs moteurs de camions ou dans les fours de toute l’#industrie, de la #métallurgie au #nucléaire. Mais si l’andalousite est couramment utilisée par la grande industrie pour ses propriétés réfractaires, nous n’avons jamais directement affaire à elle.

    D’immenses cratères au cœur de la Bretagne

    Le site de Glomel est resté d’autant plus discret qu’il n’est, aux yeux de l’administration, qu’une carrière : on imagine un modeste carreau au bord d’une route déserte, quelques camions. Sauf que…

    Sauf qu’il s’agit bel et bien d’une mine avec ses immenses #cratères, ses usines, ses #bassins_de_décantation remplis d’#eau_acide et ses montagnes de #déchets qui avancent dans le paysage, avalant les champs, les fermes et les chemins. Tout ceci inquiète nombre de riverains, qui voient se multiplier les cas de #cancer et se demandent ce qu’il restera des zones humides, des sources et des captages dans cet avenir où rien ne sera plus précieux que l’eau.

    Mais Imerys compte bien aller au bout de ce #gisement. Après une enquête publique houleuse et d’âpres débats, l’État vient de l’autoriser à poursuivre l’#exploitation jusqu’en 2044 en creusant une quatrième #fosse_d’extraction : un #trou grand comme quinze terrains de football et aussi profond que cinq immeubles parisiens empilés.

    Une étude partiale payée par l’industriel

    Sur le site internet d’Imerys Glomel, on lit qu’« une des priorités du site concerne la gestion des rejets aqueux […] dans les rivières, zones humides et nappes souterraines alentour ». L’enjeu est de taille, puisqu’en aval de la mine se trouve la réserve naturelle régionale de #Magoar_Penvern. Puis, à 6 km du site industriel, un premier captage d’#eau_potable dans l’Ellé alimente les 6000 habitants des communes voisines.

    Dans le #Kergroaz, un minuscule ruisseau qui serpente dans le sous-bois, Imerys rejette chaque année environ 1,5 million de mètres cubes d’#eaux_usées. Ces eaux sont traitées, et les exigences de la préfecture ont conduit l’entreprise à investir récemment dans une unité destinée à limiter la quantité de #manganèse et de #fer dans ses rejets. Mais même après traitement, ils contiennent des quantités très importantes de #contaminants : la préfecture des Côtes-d’Armor autorise le site à rejeter chaque jour dans ses eaux usées jusqu’à 9 kg d’#hydrocarbures et, entre autres, jusqu’à 11 kg par jour au total de #cobalt et de #nickel, des #métaux cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

    Pourtant, Imerys assure n’avoir « aucun impact sur les eaux » et a financé une étude sur cinq ans de l’état écologique du #Crazius, où se jette le Kergroaz. Cette étude payée par l’industriel conclut à un « bon état » du cours d’eau pour certains paramètres, mais ce qui frappe, c’est que les métaux les plus toxiques émis par le site ne semblent pas avoir été recherchés dans le cours d’eau.

    Pourquoi s’intéresser à la présence de fer et d’aluminium, et non à des contaminants bien plus redoutables comme l’#arsenic, le #cadmium, le #cobalt ou le #nickel, qui sont par ailleurs présents dans les déchets de cette mine ? Interrogé, Imerys n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pour y voir plus clair, Splann ! a décidé de faire analyser les sédiments du Crazius.

    « Les quantités de #contaminants présentent manifestement un danger »

    En juillet puis en septembre, Splann ! a prélevé plusieurs jeux d’échantillons de sédiments dans le lit du ruisseau d’abord en amont du point de rejet de la mine, pour disposer d’un échantillon « témoin » ; puis dans un deuxième temps au niveau où Imerys rejette ses eaux usées ; et finalement à 2 km de là en aval dans le même cours d’eau, dans la réserve naturelle régionale.

    Ces sédiments ont été analysés par un laboratoire accrédité Cofrac. Les résultats de ces analyses ont été interprétés avec l’aide de Frédéric Gimbert, spécialiste des pollutions minières et chercheur en écotoxicologie au CNRS de Besançon.

    Alors que les sédiments du prélèvement témoin, en amont, ne présentent aucune contamination, au niveau du point de rejet d’Imerys, les concentrations en nickel sont jusqu’à 60 fois supérieures à la valeur guide pour un bon état écologique des sédiments d’eau douce. Les concentrations en cobalt sont jusqu’à 20 fois supérieures à cette valeur. Les analyses révèlent aussi la présence de métaux toxiques qu’Imerys n’est pas censé déverser : les sédiments contiennent quatre fois la valeur guide pour l’arsenic et une teneur anormale en cadmium, tous deux également cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

    « De telles quantités de contaminants présentent manifestement un danger et un #risque potentiel pour l’environnement, estime Frédéric Gimbert. Il faudrait également rechercher ces mêmes contaminants dans les #sols où se déposent les #poussières issues de l’#activité_minière et conduire plus largement une étude d’évaluation des #risques, pour l’environnement, mais aussi pour la santé publique. »

    Les analyses de Splann ! révèlent également que la contamination s’étend au-delà du périmètre immédiat de la mine. À deux kilomètres en aval du site, au cœur de la réserve naturelle régionale de Magoar Penvern, les concentrations en cobalt et en nickel sont plus de dix fois supérieures aux valeurs guides pour un cours d’eau en bon état écologique.

    Un captage d’eau potable en aval de la mine

    Qu’en est-il à six kilomètres en aval, dans la rivière Ellé où #Eau_du_Morbihan prélève une partie de l’eau qui sera ensuite traitée pour être distribuée aux communes voisines ? Pour le savoir, notre équipe s’est rendue à #Toultreincq [qui signifie trou saumâtre en breton, NDLR], dont l’usine de potabilisation est justement en plein travaux. Une toute nouvelle unité de traitement est en construction pour un coût de six millions d’euros d’argent public.

    « La pollution de l’eau par la mine ? C’est simple : ce n’est pas un sujet. Il n’y a aucun problème », déclare, dès le début de notre visite, Dominique Riguidel, le directeur d’Eau du Morbihan qui s’est déplacé en personne pour nous le dire. L’ouverture de nouveaux captages d’#eau_souterraine permettront de « diversifier les ressources et de limiter les prélèvements dans l’Ellé », explique-t-il. C’est-à-dire précisément à limiter la dépendance au captage de #Pont Saint-Yves, sur l’Ellé, en aval de la mine.

    Mais le directeur d’Eau du Morbihan est formel : tout ceci n’a aucun rapport avec le fait qu’Imerys rejette chaque année 1,5 million de mètres cubes d’eaux usées contenant des #sulfates, des hydrocarbures et des #métaux_lourds en amont de ce captage. « La nouvelle unité permettra de mieux traiter les #pesticides et les #médicaments », justifie-t-il.

    Un ingénieur chimiste, expert en contaminations pour des organismes de #santé_publique, s’interroge : « J’ai du mal à croire que tous ces travaux n’aient aucun rapport avec l’agrandissement de la mine. Vu l’argent que ça coûte de changer une installation, ça ne se fait pas sans raison objective. Et il n’est pas courant d’avoir de tels traitements de l’eau en tête de bassin versant, où elle est normalement moins polluée. »

    Pour connaître la qualité de l’eau sur l’Ellé, en aval de la mine, le plus simple est de s’adresser à l’agence régionale de santé (ARS), qui surveille les captages. Nous lui avons demandé de nous communiquer les analyses de l’eau captée en aval de Glomel.

    « Il n’existe pas de contrôle sanitaire sur la ressource ‘Pont Saint-Yves’ exclusivement », a répondu l’ARS. Le captage d’eau le plus exposé aux pollutions de la mine ne serait donc pas surveillé : l’agence publique ne contrôle la qualité des eaux brutes qu’après qu’elles aient été mélangées à la station de traitement. Une fois dilués dans les eaux prélevées ailleurs, les contaminants d’Imerys passent inaperçus. Ce qui pousse certains riverains désabusés à résumer ainsi la situation : « La mine de Glomel utilise la réserve naturelle régionale comme station d’épuration » pour traiter ses effluents chargés en métaux toxiques. « Mais si la contamination continue d’augmenter, explique l’ingénieur chimiste, l’eau de ce captage risque de ne plus être utilisable pour produire de l’eau potable. »

    Un lac rempli de métaux lourds

    « Quand j’étais ado, par une chaude journée d’été, je m’amusais à repérer les plans d’eau des environs sur les photos satellites. J’ai découvert un lagon bleu à Glomel. J’ai demandé à ma mère : ‘pourquoi on n’est jamais allées s’y baigner ?’ ». Voilà comment Camille a découvert la mine de Glomel : un espoir de baignade. Espoir déçu : le lac de douze hectares dont elle parle, une ancienne fosse d’extraction, recueille en continu des eaux acides et les boues de traitement des usines du site.

    Une autre riveraine se rappelle : « Pendant une réunion en 2022, j’ai demandé ce que contenait cette fosse qu’on appelle ‘la #fosse_2’. Imerys m’a répondu ‘Du #mica et des #oxydes_de_fer’. » Pas de quoi s’inquiéter, donc, Camille aurait pu s’y baigner. Mais dans un tableau perdu dans les 3000 pages du dossier d’enquête publique, on apprend que ces #boues contiennent de fortes concentrations de cadmium, de #chrome, de cobalt, de nickel et de #plomb : des métaux dits « lourds », cancérigènes, neurotoxiques et reprotoxiques.

    Les boues de cette #fosse contiennent aussi les produits chimiques utilisés dans l’usine. Lors d’une réunion publique, les porte-parole de l’entreprise ont assuré que « le procédé d’extraction ne fait pas intervenir de composés chimiques ». Pourtant, les documents de l’enquête publique indiquent que les usines de Glomel utilisent 75 tonnes par an de substances nocives pour l’#environnement et la santé.

    Par exemple, le #méthyl-isobutyl carbinol, un #solvant dangereux pour les #nappes_souterraines, l’#acrylamide, cancérigène, mutagène et reprotoxique, le #sulfonate_de_sodium et l’#amylxanthate, toxiques pour la #vie_aquatique.

    Les #déchets_miniers ont contaminé les #eaux_souterraines

    Chaque année, une trentaine de tonnes de ces produits sont déversées dans le « joli lac ». Imerys affirme que la fosse est « étanche », mais aucune membrane n’empêche ces boues acides de s’infiltrer dans les eaux souterraines. Et il en va de même dans tous les autres espaces du site où sont entreposées ces boues : la « fosse n°1 » (2 millions de m³) et « l’ancienne digue » (900 000 m³).

    Les contaminants de ces déchets toxiques ont commencé à migrer vers les eaux souterraines : c’est ce qu’indiquent certains éléments qu’Imerys a communiqués à l’administration. L’un des appareils de mesure de l’industriel relève que les taux de contaminants ont explosé entre 2012 et 2021.

    Par exemple, les déchets de la mine contiennent des concentrations importantes de nickel, un métal qui provoque des #cancers du poumon et des sinus et des #maladies_cardiovasculaires. Or, sous le site minier, les eaux souterraines contiennent 40 fois la teneur en nickel maximale autorisée pour les eaux brutes destinées à la consommation. Les autres contaminants (cobalt, cadmium, arsenic, produits chimiques…) susceptibles d’avoir migré vers la nappe ne semblent pas surveillés.

    En juin 2024, en prolongeant l’exploitation de vingt ans, les services de l’État ont autorisé l’entreprise à générer au total environ 12 millions de m3 de déchets supplémentaires, autant de déchets qui seront entreposés sur place et qui sont censés ne pas entrer en contact avec les eaux souterraines pour les décennies et les siècles à venir. Alors que jusqu’ici, Imerys n’a pas réussi à empêcher la contamination des eaux souterraines.

    Qui traitera les eaux acides ?

    En 2044, en théorie, l’extraction d’andalousite sera terminée et viendra le temps de la « #remise_en_état », comme on dit. Mais la roche exploitée à Glomel a une particularité : elle contient de la #pyrite, c’est-à-dire du #soufre. Quand la roche mise à nu par l’extraction ou les déchets miniers du site rencontrent de l’eau (la pluie par exemple), cette eau se transforme naturellement en #acide_sulfurique et entraîne vers l’aval les contaminants présents dans la roche. C’est ce qu’on appelle le #drainage_minier_acide, l’une des pollutions les plus redoutables liées à l’activité minière.

    Actuellement, toutes les eaux qui ruissellent sur le site sont collectées et traitées par lmerys pour perdre leur acidité. Mais qui va traiter ces eaux de ruissellement dans un siècle pour empêcher cette marée acide de contaminer le bassin de l’Ellé ? Dans les documents de l’enquête publique, Imerys assure qu’après la remise en état, « les #eaux_pluviales ne seront plus susceptibles de s’acidifier ». Les montagnes de déchets seront « étanchéifiées » avec une couche de résidus miniers très fins puis quelques centimètres de terre. L’entreprise assurera un suivi du site pendant dix ans après la fin de l’activité.

    On sait pourtant que le #drainage_minier_acide est sans limite de temps, comme le rappelle l’association de géologues miniers SystExt. À #Chessy-les-Mines, dans le Rhône, un gisement riche en pyrite a été exploité depuis le Moyen Âge. La mine a fermé après un effondrement dans la galerie principale, survenu en 1877. Un rapport confidentiel du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) publié en 2019, que Splann ! s’est procuré, décrit le traitement des eaux acides mis en place à #Chessy.

    L’État a constaté que ces eaux minières, quoique traitées « depuis 130 ans », étaient trop polluantes, si bien qu’il a dû y construire une toute nouvelle station de traitement en 2005. Le drainage minier acide de Chessy dure donc depuis 150 ans sans que, d’après le rapport, l’acidité ou les concentrations de métaux dans les eaux n’aient baissé au cours du temps.

    À Chessy, le problème se pose sur 20 hectares ; à Glomel, il se poserait sur 265 hectares. La création d’une nouvelle fosse et de nouveaux #stockages de déchets augmentent d’autant la quantité d’eaux acides dont auront à s’occuper les six ou sept générations à venir.

    Une extension contestée en #justice

    « Les pollutions minières du passé posent des problèmes insurmontables, et l’État, qui doit les gérer tant bien que mal, le sait très bien, estime Dominique Williams, membre d’Eau et rivières de Bretagne. Pourtant, il reproduit les mêmes erreurs à une échelle dix fois supérieure. Les services de la préfecture ont délivré cette autorisation sans prendre la mesure de l’ampleur de cette pollution. »

    La préfecture des Côtes-d’Armor et la direction régionale de l’environnement ont été alertées de la contamination aux métaux lourds que révèle l’enquête de Splann !, et des problèmes soulevés par l’étendue considérable du drainage minier acide après la fermeture du site. La Région Bretagne a elle aussi « soumis ces informations à l’État afin qu’il puisse répondre aux inquiétudes exprimées » tout en indiquant à Splann ! qu’elle prenait « au sérieux l’alerte émise » sur la pollution de la réserve naturelle régionale.

    Or, malgré nos sollicitations, l’État ne s’est pas exprimé. Quant au groupe Imerys, notre rédaction lui a donné la possibilité de revenir sur ses déclarations concernant l’absence de métaux lourds et d’impact sur les eaux : il n’a pas souhaité nous répondre. Mais l’extension de la mine est d’ores et déjà contestée devant la justice. Fin octobre, l’association Eau et rivières de Bretagne a déposé un recours contre l’ouverture de la nouvelle fosse au tribunal administratif de Rennes.

    ▻https://basta.media/Revelations-contaminations-plus-grande-mine-ciel-ouvert-Glomel-Bretagne-Ime
    #France #extractivisme #mines

  • #Maladies_chroniques : un #rapport de l’Etat préconise une offensive d’une brutalité inédite

    Sur demande du gouvernement démissionnaire de Gabriel Attal, l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires sociales viennent de rendre un rapport chiffrant les recettes que l’Etat pourrait dégager d’une nouvelle offensive d’ampleur contre la prise en charge des #affections_de_longue_durée (#ALD).

    Conquis social emblématique arraché au sortir de l’après-guerre, la #prise_en_charge des affections longue durée (ALD) est une nouvelle fois dans le viseur des « experts » de l’#austérité. Alors que le gouvernement démissionnaire d’Attal prépare activement sa succession depuis plusieurs semaine avec une liste d’offensives austéritaires de premier ordre, de la réduction de l’indemnisation maladie des fonctionnaires à l’accélération de la casse de l’école, on observe le retour d’une petite musique austéritaire contre la prise en charge des affections de longue durée (ALD).

    Pour rappel, les ALD sont les maladies chroniques nécessitant au moins 6 mois de soins. Elles concernent pas moins de 12 millions de personnes en France, pour un coût estimé à 12.3 milliards d’euros par an. Déjà partiellement prise en charge, avec seulement 29 pathologies reconnues comme étant des ALD et une distinction entre ALD exonérante et ALD non-exonérante (n’ouvrant pas le droit au remboursement du ticket modérateur), les chantres de l’austérité appellent à une #offensive historique. Dans leur rapport, l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) proposent deux options, sous forme de « #réformes_structurelles », qui impliquent un dépeçage du système tel qu’il existe actuellement.

    La première impliquerait la mise en place d’ « une ALD à deux niveaux », faisant la distinction entre les ALD « les plus graves » et les ALD « les moins graves », assorti d’un déremboursement partiel des soins des ALD considérées comme moins graves, pour des bénéfices d’entre 400 et 600 millions d’euros. La seconde option implique tout simplement la #suppression du système d’ALD, remplacé par un #plafonnement des coûts à charge des patients à 1000€/an, qui pourrait rapporter 800 millions d’euros à l’Etat, tout en étant défavorable à 82% des patients.

    Parmi les autres pistes étudiées, le rapport IGF-Igas décrit également les recettes que permettraient de réaliser la mise en place d’une #franchise sur les transports des patients (entre 90 et 123 millions d’euros d’économies), le déremboursement du ticket modérateur d’une partie des #médicaments et #prescriptions (148 millions d’euros d’économies), ainsi que l’assujettissement à l’#impôt_sur_le_revenu des indemnités perçues par les patients (entre 300 et 600 millions d’euros d’économies).

    Une telle offensive a d’ailleurs d’ores et déjà reçu l’approbation de la rapporteure de la branche maladie du Sénat, #Corinne_Imbert, membre de LR au même titre que le nouveau premier ministre Michel Barnier, qui a expliqué qu’elle n’est « pas étonnée que ce genre de piste soit mise sur la table » et « est-ce qu’il faut renoncer à cette réflexion dans un cadre budgétaire très contraint ? Je ne pense pas. Je crains que l’on n’y échappe pas ». La sénatrice, qui défend la nécessité de mettre les prescriptions du rapport IGF-Igas en application, explique que « par devoir de #responsabilité, il faut étudier des pistes, et le Parlement ensuite se prononcera ».

    De leur côté, plusieurs associations ont vivement dénoncé le rapport. France Assos Santé explique par exemple que « les personnes en ALD sont celles qui accusent déjà le plus de reste à charge. Ce sont aussi les premières confrontées aux dépassements d’honoraires qui explosent – et pour lesquels rien n’est fait – et aux frais déjà non remboursés dans le cadre de l’ALD. La remise en cause de la prise en charge à 100 % aura un impact non seulement sur les personnes malades elles-mêmes, mais également sur l’ensemble de la population, dans la mesure où ces dépenses seront transférées aux usagers et aux complémentaires santé, lesquelles les répercuteront sur le montant des cotisations, elles aussi en hausse constante. »

    Un constat partagé par la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath), qui dénonce dans un communiqué « [les] choix idéologiques présentés comme des évidences et qui consistent, au final, à faire financer par les malades leurs dépenses de santé en réduisant la couverture sociale actuelle. »

    Comme rappelé plus haut, le précédent gouvernement avait déjà étudié un projet similaire au printemps, avant de rapidement rétropédaler face au tollé qu’avait suscité une telle proposition. Alors que le gouvernement prépare une offensive austéritaire sans précédent avec près de 130 milliards d’euros de coupe austéritaire d’ici à 2028, la question se pose de savoir si le gouvernement Barnier reprendra l’offensive sur ce terrain dans les mois qui viennent. Quoiqu’il en soit, le sujet est de nouveau au premier plan avec un mode opératoire qui est toujours le même : un rapport télécommandé qui vient justifier une réforme au détriment des plus malades et des plus précaires.

    Face à l’austérité qui vient de tous les côtés, il faut d’ores et déjà se préparer à lutter contre une offensive historique qui viendra donner un coup supplémentaire contre nos droits et face à la destruction méthodique de notre système de santé. Des attaques austéritaires brutales contre lesquelles le mouvement ouvrier doit opposer et construire un plan de bataille pour faire face à la casse du système de sécurité sociale et exiger une santé de qualité au service de toutes et tous.

    ▻https://www.revolutionpermanente.fr/Maladies-chroniques-un-rapport-de-l-Etat-preconise-une-offensiv
    #réforme #gravité

  • HIV drug could be made for just $40 a year for every patient | Global development | The Guardian
    ▻https://www.theguardian.com/global-development/article/2024/jul/23/hiv-aids-prevention-vaccine-lenacapavir-sunlenca-pharmaceuticals-gilead

    A new drug described as “the closest we have ever been to an HIV vaccine” could cost $40 (£31) a year for every patient, a thousand times less than its current price, new research suggests.

    Lenacapavir , sold as Sunlenca by US pharmaceutical giant Gilead, currently costs $42,250 for the first year. The company is being urged to make it available at a thousand times less than that price worldwide.

    UNAids said it could “herald a breakthrough for HIV prevention” if the drug was available “rapidly and affordably”.

    …

    “It’s not an exaggeration to say that meeting the 2030 goal of ending new HIV transmissions hinges on Gilead ensuring people in the global south have fair access to lenacapavir.”

  • Des centaines de médicaments génériques pourraient ne plus être vendus en Europe à cause d’irrégularités
    ▻https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/06/20/en-europe-des-centaines-de-medicaments-generiques-sont-sur-la-sellette-a-cau

    Les Etats membres doivent, sur demande de Bruxelles, suspendre la commercialisation des produits visés jusqu’à leur mise en conformité, mais ils peuvent y surseoir. En France, 72 médicaments sont concernés. Une décision est attendue d’ici le 24 juin.

    Par Zeliha Chaffin
    Publié aujourd’hui à 08h24, modifié à 09h27

    Temps de Lecture 3 min.

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    URBS

    Casse-tête en vue pour les Etats membres de l’Union européenne (UE). La Commission européenne a notifié aux Vingt-Sept la suspension des autorisations de mise sur le marché de plusieurs centaines de médicaments génériques commercialisés sur le continent. Bruxelles, qui se fonde sur un avis émis par l’Agence européenne des médicaments (EMA), invoque « l’insuffisance des preuves concernant la fiabilité des données d’essai », en particulier des études de bioéquivalence, qui visent à démontrer qu’un médicament générique libère la même quantité de substance active dans l’organisme que le médicament de référence qu’il copie.
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    Les laboratoires pharmaceutiques sont sommés d’y mettre bon ordre au plus vite en fournissant de nouvelles données scientifiques conformes aux exigences de qualité européennes. Problème : la liste des médicaments notifiés, à laquelle aucun Etat membre n’échappe, est longue. L’EMA compte près de 2 250 références touchées, l’Allemagne arrivant en tête avec 208 références, devant les Pays-Bas (188), le Portugal (112) et la France (98).

    En pratique, le chiffre est plus réduit, nombre d’entre elles concernant un même médicament vendu sous des présentations (gélules, comprimés, injections, poudre à diluer…), des dosages et dans des pays différents. Ainsi, pour la France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recense tout compte fait 72 génériques affectés.
    Mettre en péril

    Malgré tout, refaire des études de bioéquivalence nécessite du temps, et l’injonction de la Commission pourrait mettre en péril l’équilibre déjà précaire de l’approvisionnement en produits de santé sur le continent. Faut-il retirer de la vente les génériques listés, au risque de créer des pénuries de médicaments délétères pour les patients, ou maintenir sur le marché ces produits aux dossiers réglementaires non conformes en attendant leur régularisation ? Bruxelles laisse le choix à chaque Etat membre de décider, produit par produit de la conduite à suivre, en donnant la possibilité de reporter la suspension de deux ans pour les génériques jugés « d’une importance cruciale au niveau national », et dont les alternatives existantes pourraient ne pas être disponibles en quantités suffisantes.
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    L’Hexagone n’a pas encore tranché. L’ANSM doit se prononcer sur les 72 génériques identifiés en France avant le 24 juin. Parmi les traitements sur la sellette figurent plusieurs antirétroviraux, utilisés dans le traitement de l’infection par le VIH (sida), des antidiabétiques (metformine, sitagliptine, vildagliptine), des anticancéreux ciblant des cancers du sein, du pancréas ou du sang, des antiépileptiques (topiramate, lacosamide), mais aussi des génériques de l’olanzapine, indiqués dans les troubles bipolaires et la schizophrénie, de la betahistine (contre les vertiges) ou encore du propofol, un anesthésique courant à l’hôpital, et du tadalafil, copie du médicament de référence Cialis, connu pour ses effets similaires au très populaire Viagra.
    Inspection de routine

    L’autorité de santé indique qu’ « il n’y a pas de risque identifié pour les patients traités par l’un de ces médicaments », dont beaucoup sont commercialisés depuis de nombreuses années. L’agence est actuellement en train d’évaluer la situation au cas par cas en concertation avec les laboratoires pharmaceutiques. Une grande partie des principaux génériqueurs opérant sur le territoire, dont Biogaran, Viatris, Sandoz, Arrow ou EG Labo, ont au moins un médicament inscrit sur la liste de l’EMA. Informés de la procédure européenne depuis plusieurs mois, certains ont toutefois d’ores et déjà soumis les résultats de nouvelles études de bioéquivalence. Les éventuelles suspensions pourraient, en conséquence, être moins nombreuses qu’anticipées.
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    La décision de Bruxelles frappe par l’importance du nombre de médicaments et de laboratoires pharmaceutiques (plus d’une centaine de génériqueurs, petits ou grands, sur tout le continent). Comment l’expliquer ? Pour cela, il faut remonter au point de départ en Inde, dans les bureaux de Synapse Labs.
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    L’histoire débute en novembre 2020. L’agence espagnole du médicament mène alors une inspection de routine dans les locaux de la société indienne, installée à Pune dans la région du Maharashtra. Le sous-traitant ne fabrique pas de médicaments, mais il fournit pour les laboratoires pharmaceutiques, dont de très nombreux industriels vendant leurs traitements en Europe, des services de recherche et développement allant de la conduite d’essais cliniques à la réalisation d’études de pharmacovigilance ou de bioéquivalence. A ce titre, l’entreprise est soumise aux contrôles des autorités sanitaires des différents pays dans lesquels ses clients opèrent. Ces dernières peuvent ainsi venir s’y assurer que les prestations effectuées respectent les normes internationales de bonnes pratiques.
    Forte dépendance

    Lors de sa visite en 2020, le gendarme du médicament espagnol relève cependant des irrégularités « jetant de sérieux doutes sur la validité et la fiabilité des données des études » dans les dossiers de bioéquivalence examinés de 2009 à 2019, note un rapport de l’EMA. Une nouvelle inspection du sous-traitant indien en novembre 2022 confirme les observations constatées deux ans plus tôt. L’agence espagnole alerte alors l’Agence européenne des médicaments le 27 juin 2023.
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    S’ensuivent plusieurs mois d’échanges entre l’autorité de santé de l’UE et Synapse Labs, au cours desquels l’EMA examine minutieusement les dossiers litigieux, avant de recommander, le 21 mars, la suspension des autorisations de mise sur le marché d’une partie des génériques testés par Synapse Labs qui sont commercialisés en Europe. Deux mois plus tard, le 24 mai, l’avis de l’EMA se transforme finalement en injonction de la Commission européenne.

    L’affaire met surtout en exergue une faiblesse bien connue de l’industrie pharmaceutique, à savoir sa forte dépendance à quelques gros fournisseurs ou prestataires mondiaux, aux différents maillons de la chaîne du médicament. A l’image de la fabrication de principes actifs, concentrée pour certaines molécules très consommées, dans les mains d’une poignée d’industriels. Pour éviter l’écueil, certains laboratoires diversifient leurs sources. Mais cela a un coût que tous ne veulent pas, ou parfois ne peuvent pas, assumer.

    Zeliha Chaffin

    #Santé_publique #Médicaments #Industrie_pharmaceutique #Génériques #Tests #Mondialisation

  • La pénurie de Ventoline vient s’ajouter aux autres ruptures de stock de médicaments, voici pourquoi
    ▻https://www.huffingtonpost.fr/life/article/la-penurie-de-ventoline-vient-s-ajouter-aux-autres-ruptures-de-stock-

    Alors que l’ANSM assure à nos confrères que des « mesures de gestions » ont été prises, les causes de cette tension peuvent s’expliquer par le prix - trop bas pour être un marché attractif pour les laboratoires par rapport aux pays voisins - et par une hausse de la demande.

  • « Moins de médicaments » : l’étonnante offensive des laboratoires pour réduire les prescriptions
    ▻https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/06/05/moins-de-medicaments-l-etonnante-offensive-des-laboratoires-pour-reduire-les

    Les industriels pharmaceutiques lancent une campagne nationale visant à promouvoir la sobriété médicamenteuse auprès des patients de plus de 65 ans. Objectif : baisser le train des dépenses de l’Assurance-maladie.
    Par Zeliha Chaffin

    « Réduisons le volume. Moins de médicaments, c’est médicamieux. » Voilà un cheval de bataille que l’on n’imaginait pas venant des industriels pharmaceutiques, dont le modèle économique repose sur les ventes de médicaments. Le Leem, l’organisation professionnelle représentant les laboratoires, a pourtant dévoilé, mardi 4 juin, un plan d’action pour promouvoir la sobriété médicamenteuse.
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    Elaboré sur une durée de trois ans, ce dernier, qui sera décliné en trois volets, vise à sensibiliser les patients à leur consommation de médicaments. Car, si les Français ne sont plus, depuis 2018, les champions européens en la matière, ils restent encore en bonne position sur le podium, juste derrière l’Allemagne.
    Or ces prescriptions à rallonge ne sont pas toujours sans conséquences sur la santé, la prise simultanée de plusieurs médicaments amplifiant les risques d’interactions (perte d’efficacité, effets indésirables) entre les traitements. « Ainsi, pour chaque nouvelle spécialité ajoutée à une prescription, la probabilité qu’un patient souffre d’un effet indésirable lié au médicament augmente de 12 % à 28 % », note l’Assurance-maladie.

    Les patients âgés de plus de 65 ans, qui cumulent souvent plusieurs pathologies, sont particulièrement concernés. Près de la moitié d’entre eux prennent au moins cinq médicaments différents par jour, et 14 % en avalent même plus de dix quotidiennement. C’est justement auprès de cette population que le Leem démarre la première étape de son plan triennal. A partir du 9 juin, une campagne nationale de communication débutera dans les médias, sur les réseaux sociaux et, en septembre, sur les panneaux d’affichage publicitaires afin d’attirer l’attention sur les risques de la polymédication.

    2 millions d’euros déboursés

    En parallèle, des campagnes d’information et de formations seront déployées auprès des médecins généralistes. Un outil d’aide à la prescription sera également mis à leur disposition. Ce dernier les alertera au moment de la rédaction de l’ordonnance, lorsqu’un patient de plus de 65 ans dépasse le seuil de cinq médicaments, pour inviter le médecin à « réviser l’ordonnance ». Car, là aussi, les Français sont dans le peloton de tête : « 80 % des consultations de médecine générale donnent lieu à une prescription en France. Aux Pays-Bas, c’est 43 %, soit moins d’une consultation sur deux », observe Paul Frappé, président du Collège de la médecine générale.

    Au total, le Leem a déboursé 2 millions d’euros pour financer ce premier volet, qui sera suivi, dès 2025, de deux autres : l’un ciblant la consommation d’antibiotiques et l’autre visant à lutter contre le gaspillage de médicaments.

    Cette initiative des laboratoires pharmaceutiques n’est toutefois pas fortuite. Derrière l’enjeu de #santé_publique, elle répond aussi à l’engagement pris par les industriels auprès du gouvernement dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024. Afin de réduire le train des dépenses, l’Etat avait fixé aux laboratoires un objectif annuel d’économies de 300 millions d’euros par le biais des baisses de volumes de ventes de #médicaments.

    #industrie_pharmaceutique

  • Inchiesta su #Ousmane_Sylla, morto d’accoglienza
    ▻https://www.monitor-italia.it/wp-content/uploads/2024/03/cpr-roma-1-e1710760515480.jpeg

    A distanza di un mese dal suicidio di Ousmane Sylla nel #Cpr di #Ponte_Galeria, il 4 febbraio 2024, sono emersi nuovi elementi sulla sua triste vicenda, non raccontati nelle prime settimane. La prima cosa che sappiamo ora per certo è che Ousmane voleva vivere. Lo dimostrano i video e le foto che ho avuto da persone che lo hanno conosciuto, che lo ritraggono mentre balla, gioca, canta, sorride e scherza con il suo compagno di stanza. La sua vita però è stata stravolta da una violenza ingiustificabile, che scaturisce dalle dinamiche perverse su cui si basa il nostro sistema di accoglienza (ma non solo) e che impongono di farsi delle domande.

    Già nei primi giorni dopo la morte si venne a sapere che Ousmane aveva denunciato maltrattamenti nella casa famiglia di cui era stato ospite, prima di essere trasferito al Cpr di Trapani. Gli avvocati che si stanno occupando del caso e alcune attiviste della rete LasciateCIEntrare hanno rintracciato la relazione psico-sociale redatta dalla psicologa A.C. del Cpr di Trapani Milo il 14 novembre 2023. Era passato un mese dal suo ingresso nella struttura, a seguito del decreto di espulsione emesso dalla prefettura di Frosinone in data 13 ottobre 2023.

    La relazione dice che Ousmane “racconta di essere arrivato in Italia sei anni fa; inizialmente ha vissuto in una comunità per minori a Ventimiglia in Liguria, poi una volta raggiunta la maggiore età è stato trasferito presso la casa famiglia di Sant’Angelo in Theodice (Cassino). Racconta che all’interno della struttura era solito cantare, ma questo hobby non era ben visto dal resto degli ospiti. Così, un giorno, la direttrice del centro decide di farlo picchiare da un ospite tunisino. In conseguenza delle percosse subite, Sylla si reca al consiglio comunale di Cassino, convinto di trovarsi in Questura, per denunciare la violenza di cui si dichiara vittima”.

    La casa famiglia di Sant’Angelo in Theodice è menzionata anche sulla scritta lasciata da Ousmane – sembrerebbe con un mozzicone di sigaretta – su una parete del Cpr di Roma, prima di impiccarsi a un lenzuolo, la notte tra il 3 e il 4 febbraio 2024.

    “LASCIATEMI PARLARE”
    Sulle cronache locali della Ciociaria, l’8 ottobre 2023 venne pubblicata la notizia di un giovane profugo africano presentatosi in consiglio comunale venerdì 6 ottobre (due giorni prima) per denunciare di aver subito violenze fisiche e maltrattamenti nella casa famiglia di cui era ospite, in questa frazione di Cassino di circa cinquecento abitanti. “Lasciatemi parlare o mi ammazzo”, avrebbe gridato, secondo Ciociaria oggi, che riferiva inoltre che “il giovane adesso ha paura di tornare nella casa famiglia”. La struttura era stata inaugurata sei mesi prima, il 3 aprile 2023, dal sindaco di Cassino Enzo Salera, originario proprio di Sant’Angelo, e dall’assessore con delega alle politiche sociali Luigi Maccaro, alla presenza del funzionario dei servizi sociali, Aldo Pasqualino Matera. Si trovano diversi articoli datati 4 aprile 2023, corredati di foto della cerimonia e della targa con il nome della casa famiglia. La struttura si chiamava Revenge, che significa rivincita ma anche vendetta.

    La casa famiglia è stata chiusa tra dicembre e gennaio per “irregolarità”; le indagini sono ancora in corso. Era gestita dalla società Erregi Progress s.r.l.s. con sede in Spigno Saturnia, in provincia di Latina; la titolare della società e responsabile della casa famiglia è Rossella Compagna (non Campagna, come riportato in alcune cronache), affiancata nella gestione dall’avvocato Michelangiolo Soli, con studio legale a Minturno. Oggi sappiamo che mancavano le autorizzazioni della Asl locale all’apertura, e altri adempimenti; e che la maggior parte degli operatori che si sono succeduti nel corso dei circa nove mesi di apertura non ha mai percepito lo stipendio, né la malattia: almeno quelli che non erano vicini alla responsabile. Alcuni di essi hanno fatto causa alla società e sono in attesa di risarcimento. Altri non avevano neanche le qualifiche per operare in una struttura per minori stranieri non accompagnati.

    Sono stata a Sant’Angelo in Theodice e ho incontrato diverse persone che hanno conosciuto Ousmane, che lo hanno seguito e aiutato durante il mese e mezzo circa della sua permanenza in paese. Grazie a loro ho potuto capire chi era Ousmane e ciò che ha vissuto in quel periodo. Ousmane è arrivato a Sant’Angelo tra la fine di agosto e l’inizio di settembre, insieme a un ragazzo marocchino, oggi maggiorenne. Provenivano da Ventimiglia, dove avevano trascorso insieme circa un mese in un campo della Croce Rossa Italiana, prima di essere trasferiti nella casa famiglia di Cassino. Ousmane non era però “da sei anni in Italia”, come trascritto dalla psicologa del Cpr di Trapani nella sua relazione. Sembrerebbe che fosse arrivato l’estate prima, nel 2023, a Lampedusa, come si intuisce anche dalla sua pagina Fb (“Fouki Fouki”). Il 3 agosto ha pubblicato un video in cui canta sulla banchina di un porto, quasi certamente siciliano. Forse era arrivato nella fase di sovraffollamento, caos e ritardi nei trasferimenti che spesso si verificano sull’isola in questa stagione. Avrebbe poi raggiunto Roma e successivamente Ventimiglia.

    Il suo “progetto migratorio” era quello di arrivare in Francia, dove ha un fratello, cantante rap e animatore d’infanzia, Djibril Sylla, che ho incontrato di recente: è venuto a Roma per riconoscere il corpo di Ousmane e consentirne il ritorno in Africa. Ousmane parlava bene il francese e lo sapeva anche scrivere, come dimostra la scritta che ha lasciato sul muro prima di uccidersi. Con ogni probabilità è stato respinto al confine francese, verso l’Italia. Ousmane non era minorenne; si era dichiarato minorenne probabilmente perché né allo sbarco né al confine con la Francia ha potuto beneficiare di un orientamento legale adeguato che lo informasse dei suoi diritti e delle possibilità che aveva. Il regolamento “Dublino”, in vigore da decenni, prevede che i migranti restino o vengano rinviati nel primo paese in cui risultano le loro impronte (ci sono delle apposite banche dati europee), impedendo loro di raggiungere i luoghi dove hanno legami e comunità di riferimento o semplicemente dove desiderano proseguire la loro vita.

    Una volta respinto, però, anziché fare domanda di protezione internazionale in Italia, Ousmane si è dichiarato minore, pur essendo ventunenne. Non sarà facile ricostruire chi possa averlo consigliato, guidato o influenzato in queste scelte e nei suoi rapporti con le autorità, dal suo arrivo in Italia in poi. Sappiamo, tuttavia, che dichiarandosi “minore” ha determinato l’inizio, incolpevole e inconsapevole, della fine della sua breve vita, non più in mano a lui da quel momento in poi.

    Dichiarandosi maggiorenne, Ousmane avrebbe potuto presentare una domanda di protezione. Nel paese da cui proveniva, la Guinea Conakry, vige una dittatura militare dal 2021. I migranti possono chiedere protezione internazionale se manifestano il timore, ritenuto fondato da chi esamina il loro caso, di poter subire “trattamenti inumani e degradanti”, ovvero un danno grave, nel proprio paese di provenienza, laddove lo Stato di cui sono cittadini non fornisca loro adeguate protezioni. A Ousmane è accaduto l’inverso: i trattamenti inumani e degradanti li ha subiti in Italia.

    Sin dal suo arrivo nella casa famiglia di Cassino, Ousmane ha patito uno stillicidio di vessazioni, minacce e deprivazioni, come ci riferiscono tutte le persone che lo hanno assistito e accompagnato in quel mese e mezzo, che testimoniano delle modalità inqualificabili con cui veniva gestita quella struttura, della brutalità con cui venivano trattati gli ospiti, del clima di squallore e terrore che vigeva internamente. Abbiamo ascoltato i messaggi vocali aggressivi che la responsabile inoltrava ai suoi operatori, sia ai danni degli operatori che degli ospiti, scarsamente nutriti e abbandonati a sé stessi, come appare anche dalle foto. Ousmane, a causa del suo atteggiamento ribelle e “resistente”, sarebbe stato punito ripetutamente con botte, privazione di cibo, scarpe, coperte e indumenti, e di servizi cui aveva diritto, non solo in quanto “minore”, ma in quanto migrante in accoglienza: per esempio, l’accesso ai dispositivi di comunicazione (telefono e scheda per poter contattare i familiari), la scuola di italiano, il pocket money.

    Tutte le persone con cui ho parlato sono concordi nel descrivere Ousmane come un ragazzo rispettoso, intelligente, altruista e sensibile; sano, dinamico, grintoso, si ispirava alla cultura rasta e cantava canzoni di rivolta e di libertà in slang giamaicano e in sousou, la sua lingua madre. La sua unica “colpa” è stata opporsi a quello che vedeva lì, riprendendo con foto e video le ingiustizie che subiva e vedeva intorno a sé. A causa di questo suo comportamento è stato discriminato dalla responsabile e da alcuni personaggi, come un ragazzo tunisino di forse vent’anni. Dopo un mese di detenzione lo stesso Ousmane raccontò alla psicologa del Cpr di Trapani che la responsabile della casa famiglia l’avrebbe fatto picchiare da un “ospite tunisino”.

    Il 6 ottobre 2023, forse indirizzato da qualche abitante del luogo, Ousmane raggiunse il consiglio comunale di Cassino, nella speranza che le autorità italiane potessero proteggerlo. Una consigliera comunale con cui ho parlato mi ha descritto lo stato di agitazione e sofferenza in cui appariva il ragazzo: con ai piedi delle ciabatte malridotte, si alzava la maglietta per mostrare i segni di percosse sul torace. Ousmane non fu ascoltato dal sindaco Salera, tutore legale dei minori non accompagnati della casa famiglia. Ousmane fu ascoltato solo dalla consigliera che comprendeva il francese, in presenza di poche persone, dopo che il sindaco e la giunta si erano allontanati. A quanto pare quel giorno si presentò in consiglio anche una delegazione di abitanti per chiedere la chiusura della struttura, ritenuta mal gestita e causa di tensioni in paese.

    Una settimana dopo, il 13 ottobre, Ousmane tornò al consiglio comunale, dichiarando di essere maggiorenne. Pare che prima avesse provato a rivolgersi alla caserma dei carabinieri – chiedeva dove fosse la “gendarmerie” – per mostrare i video che aveva nel telefono: la sua denuncia non fu raccolta, perché in quel momento mancava il maresciallo. Di nuovo, forse non sapremo mai da chi Ousmane sia stato consigliato, guidato e influenzato, nella sua scelta di rivelare la sua maggiore età. Perché non gli fu mai consentito di esporre denuncia e di ottenere un permesso di soggiorno provvisorio, per esempio per cure mediche, o per protezione speciale, visto che aveva subito danni psicofisici nella struttura di accoglienza, e che voleva contribuire a sventare dei crimini?

    Come in molte strutture per minori migranti, la responsabile era consapevole della possibilità che molti dei suoi ospiti fossero in realtà maggiorenni. “Una volta che scoprono che sono maggiorenni, devono tornare a casa loro, perché le strutture non li vogliono”, spiega in un messaggio audio ai suoi operatori. In un altro dei messaggi che ho sentito, questa consapevolezza assume toni intimidatori: “Quindi abbassassero le orecchie, perché io li faccio neri a tutti quanti”, diceva. “Io chiudo la casa, e poi riapro, con altra gente. Dopo un mese. Ma loro se ne devono andare affanculo. Tutti! Ne salvo due o tre forse. Chiudiamo, facciamo finta di chiudere. Loro se ne vanno in mezzo alla strada, via, e io faccio tutto daccapo, con gente che voglio io. Quindi abbassassero le orecchie perché mi hanno rotto i coglioni”. Nello stesso messaggio, la responsabile aggiunge: “Tu devi essere educato con me; e io forse ti ricarico il telefono; sennò prendi solo calci in culo, e io ti butto affanculo nel tuo paese di merda”.

    La minore età può essere usata come arma di ricatto. I migranti che si dichiarano minori, infatti, entrano nel circuito delle strutture per minori stranieri non accompagnati, e ottengono un permesso di soggiorno per minore età appena nominano un tutore (solitamente il sindaco). In caso di dubbio sulla minore età questi vengono sottoposti ad accertamenti psico-fisici, che consistono nella radiografia del polso e in una serie di visite specialistiche presso una struttura sanitaria.

    Per l’accoglienza di un minore straniero non accompagnato, il ministero dell’interno eroga ai comuni che ne fanno richiesta (tramite le prefetture) dai novanta ai centoventi euro al giorno, che finiscono in buona parte nelle tasche degli enti gestori (che per guadagnare possono risparmiare su cibo, servizi, personale, in quanto non sono previsti controlli davvero efficaci sulla gestione dei contributi statali). Ma anche i comuni hanno da guadagnare sull’accoglienza ai minori. A questo proposito, vale la pena richiamare le parole pronunciate dall’assessore ai servizi sociali Maccaro in occasione dell’apertura della casa famiglia e riportate in un articolo di Radio Cassino Stereo, presente in rete: “Una nuova realtà sociale al servizio del territorio è una ricchezza per tutto il sistema dei servizi sociali che vive della collaborazione tra pubblico e privato sociale. Siamo certi che questa nuova realtà potrà integrarsi in una rete sociale che in questi anni sta mostrando grande attenzione al tema dei minori”.

    Le autorità possono in qualsiasi momento sottoporre i giovani stranieri non accompagnati ad accertamento dell’età. È così che questi ragazzi divengono vulnerabili e costretti a sottostare a qualsiasi condizione venga loro imposta, poiché rischiano di perdere l’accoglienza e finire nei Cpr. Molti migranti ventenni con un viso da adolescente, come Ousmane, vengono incoraggiati a dichiararsi minori: più ce ne sono, più saranno necessarie strutture e servizi ben sovvenzionati (molto più dei servizi per maggiorenni).

    NEL LIMBO DEI CPR
    Dopo la seconda apparizione in consiglio comunale, il 13 ottobre, anziché essere supportato, tutelato e orientato ai suoi diritti, Ousmane è stato immediatamente colpito da decreto di espulsione, e subito trasferito (il 14 ottobre) nel Cpr di Trapani Milo, dove trascorrerà tre mesi. Inutile il tentativo dell’avvocato del Cpr Giuseppe Caradonna di chiederne dopo un mese il trasferimento, con una missiva indirizzata alla questura di Trapani, in cui scriveva “continua purtroppo a mantenere una condotta del tutto incompatibile con le condizioni del Centro [Cpr] (probabilmente per via di disturbi psichici derivanti da esperienze traumatiche) al punto da mettere a serio rischio la propria e l’altrui incolumità. A supporto della presente, allego una relazione psico-sociale, redatta in data odierna dalla dottoressa A.C., psicologa che opera all’interno della struttura, la quale ha evidenziato dettagliatamente la condizione in cui versa Ousmane Sylla. Pertanto, mi permetto di sollecitare un Suo intervento per far sì che quest’ultimo venga trasferito al più presto in una struttura più idonea e compatibile con il suo stato di salute mentale”.

    La psicologa aveva scritto: “Ritengo che l’utente possa trarre beneficio dal trasferimento presso un’altra struttura più idonea a rispondere ai suoi bisogni, in cui siano previsti maggiori spazi per interventi supportivi e una maggiore supervisione delle problematiche esposte”. Richiesta alla quale la questura di Trapani risponderà negativamente, con la motivazione che “lo straniero aveva fatto ingresso nella struttura munito di adeguata certificazione sanitaria che attesta l’idoneità alla vita in comunità ristretta e che costituisce condicio sine qua non per l’accesso all’interno dei Cpr”.

    Chi aveva redatto quella “adeguata certificazione sanitaria” di cui Ousmane era munito all’ingresso nel Cpr di Trapani, se ancora portava addosso i segni delle violenze subite, come testimoniato dalla consigliera cassinese che lo aveva ascoltato nella settimana precedente, rilevandone anche lo stato di estremo disagio psicologico?

    Ousmane affermava, ripetutamente, di voler tornare in Africa. Lo diceva anche alle operatrici della casa famiglia con cui abbiamo parlato: “Gli mancava la mamma”, hanno riferito, con la quale non poteva neanche comunicare, perché privato del telefono. Un’operatrice ricorda che una volta la disegnò, perché Ousmane amava anche disegnare, oltre che cantare e giocare a pallone. Studiava l’italiano con lei ed “era molto bravo”, dice, apprendeva rapidamente.

    Voleva tornare in Africa, non perché volesse rinunciare al sogno di una vita migliore in Europa, in Francia o in Italia, anche per poter aiutare la famiglia che vive in povertà in un sobborgo di Conakry (madre, sorelle e fratelli più piccoli), ma perché non aveva trovato qui alcuna forma di accoglienza degna di chiamarsi tale, se non nelle persone che lo hanno assistito, ascoltato e che testimoniano oggi in suo favore; persone che hanno fatto il possibile per lui, tuttavia non sono “bastate” a salvargli la vita; non per loro responsabilità, ma perché ignorate o sovrastate dalle istituzioni e dalle autorità che avrebbero potuto e dovuto tutelare Ousmane.

    Dopo tre mesi trascorsi nel Cpr di Trapani, Ousmane verrà trasferito a fine gennaio nel Cpr di Roma, per continuare a restare in un assurdo limbo, in condizioni “inumane e degradanti” nelle quali è ben noto versino i Cpr. L’Italia non ha accordi bilaterali con la Guinea Conakry, come con tanti altri paesi di provenienza dei migranti detenuti nei Cpr.

    Il 19 settembre 2023, il sito istituzionale integrazionemigranti.gov.it, informava che il giorno prima il Consiglio dei ministri aveva varato nuove norme contro l’immigrazione irregolare: “Si estende – come consentito dalla normativa euro-unitaria – a diciotto mesi (sei mesi iniziali, seguiti da proroghe trimestrali) il limite massimo di permanenza nei centri per il rimpatrio degli stranieri non richiedenti asilo, per i quali sussistano esigenze specifiche (se lo straniero non collabora al suo allontanamento o per i ritardi nell’ottenimento della necessaria documentazione da parte dei paesi terzi). Il limite attuale è di tre mesi, con una possibile proroga di quarantacinque giorni. […] Inoltre, si prevede l’approvazione, con decreto del presidente del Consiglio dei ministri, su proposta del ministro della difesa, di un piano per la costruzione, da parte del Genio militare, di ulteriori Cpr, da realizzare in zone scarsamente popolate e facilmente sorvegliabili”. È il cosiddetto Decreto Cutro.

    Secondo la relazione del Garante nazionale per le persone private della libertà personale, sono transitate nei Cpr 6.383 persone, di cui 3.154 sono state rimpatriate. Quelle provenienti da Tunisia (2.308), Egitto (329), Marocco (189) e Albania (58), rappresentano il 49,4%. In base allo scopo dichiarato per cui esistono i Cpr, la maggioranza è stata trattenuta inutilmente.

    Come riporta il Dossier statistico sull’immigrazione 2023, “il governo si ripromette di aprire altri dodici centri, uno per ogni regione, in luoghi lontani dai centri abitati […]. Nei dieci centri attivi in Italia possono essere ospitate 1.378 persone. Tuttavia, complici la fatiscenza delle strutture e le continue sommosse, la cifra reale si dimezza. […] Dal 2019 al 2022, otto persone sono morte nei Cpr, in circostanze diverse. Infiniti sono i casi di autolesionismo e di violenza. Numerose sono le inchieste che confermano come in questi luoghi si pratichi abuso di psicofarmaci a scopo sedativo”.

    Il caso più noto è quello del ventiseienne tunisino Wissem Ben Abdel Latif, deceduto nel novembre 2021, ancora in circostante sospette, dopo essere rimasto legato a un letto per cento ore consecutive nel reparto psichiatrico del San Camillo di Roma. La detenzione amministrativa di Ousmane si sarebbe potuta protrarre molto a lungo, inutilmente. Sono pochissimi i migranti che a oggi beneficiano dei programmi di “rimpatrio assistito”, che prevedono anch’essi accordi e progetti con i paesi di origine per la loro effettiva attuazione. Con la Guinea Conakry non ci risultano accordi neanche sui rimpatri assistiti.
    Ousmane, trovato impiccato a un lenzuolo la mattina del 4 febbraio, non vedeva forse vie di uscita e ha scelto di morire per “liberarsi”, chiedendo, nel messaggio lasciato sul muro prima di togliersi la vita, che il suo corpo venisse riportato in Africa “affinché riposi in pace” e sua madre non pianga per lui. Alcuni migranti che hanno condiviso con lui la detenzione nel Cpr di Trapani, dicono fosse stato “imbottito di psicofarmaci”. A oggi, sono ancora tanti i lati oscuri di questa vicenda, ma sono in molti a invocare verità e giustizia per Ousmane Sylla, come per tutte le persone schiacciate dall’insostenibile peso del “sistema”, al quale alcune di esse – come Ousmane – hanno provato a ribellarsi, con coraggio e dignità.

    ▻https://www.monitor-italia.it/inchiesta-su-ousmane-sylla-morto-daccoglienza
    #migrations #asile #réfugiés #Italie #décès #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #Trapani #détention_administrative #rétention

    –-

    Vu que Ousmane a été arrêté à Vintimille pour l’amener dans un centre de détention administrative dans le Sud de l’Italie et que, selon les informations que j’ai récolté à la frontière Vintimille-Menton, il avait l’intention de se rendre en France, j’ai décidé de l’inclure dans les cas des personnes décédées à la #frontière_sud-alpine.
    Ajouté donc à cette métaliste des morts à la frontière #Italie-#France (frontière basse, donc #Vintimille / #Alpes_Maritimes) :
    ►https://seenthis.net/messages/784767

    • On va préciser : il parle d’effets indésirables sur les génériques.
      Or, il est maintenant établi depuis le Levothyrox que les excipients peuvent influer sur la manière dont le principe actif est libéré et agit dans l’organisme.

      Mais il a fallu des dizaines de milliers de plaintes de patients pour que les toubibs arrêtent de traiter les patients comme des débiles et reconnaissent qu’effectivement, les modifications effectuées sur les génériques par les labos n’étaient pas neutres.

      Donc, changer le traitement d’un patient, avoir des plaintes sur le changement et le traiter par le mépris ne devrait plus être admissible.

      Les toubibs — vu leur comportement général face au covid — seraient bien avisés de revenir à un peu d’humilité.
      Leur validisme paternaliste me sort vraiment par les trous de nez, d’autant que la situation sanitaire générale est vraiment à chier et qu’une partie d’entre eux n’y est pas pour rien.

    • un toubib en qui j’ai une confiance non nulle me signalait depuis son expérience clinique, et à rebours d’un penchant commun (ne pas favoriser les labos) que des molécules génériquées pouvaient être moins efficaces. comment c’est fabriqué ne compte pas seulement en matière d’effets secondaires (et pour les traitements anti cancer, ça peut être moche) mais aussi en terme d’efficacité thérapeutique directe semble-t-il.
      j’en concluait qu’il fallait dépouiller les labos ’inventeurs’ de toute la recette plutôt que de faire de pauvres génériques pour pauvres.
      #médicaments #génériques

    • J’utilise une cortisone et d’entrée de jeu le docteur m’a dit pas le générique surtout les patient‧es se plaignent de brûlures . Le générique coûte genre dix centimes d’euros de moins. Du coup je dois faire l’avance tous les mois et attendre le remboursement cpam puis mutuelle. C’est un médoc pas cher du tout mais ça fait suer. Le pharmacien me dit à chaque fois la composition est la même pourtant ! Gna gna gna ! M’énerve. #médicaments#excipients#effets_secondaires.

  • L’accueil, une clinique d’hospitalité

    L’Utopie concrète du soin psychique

    A la suite de l’essai Emancipation de la psychiatrie qui remet en perspective les acquis institutionnels de la psychothérapie institutionnelle et du secteur de psychiatrie publique généraliste, L’accueil, une clinique d’hospitalité, utopie concrète du soin psychique, le reprend à partir de pratiques cliniques d’accueil du soin psychique émancipatrice de la « valeur humaine » en psychiatrie. L’humain, technique alternative en est l’enjeu politique majeur d’accès inconditionnel aux soins psychique dans la société, que ce soit pour les populations autochtones ou pour les réfugiés et exilés migrant de l’humanitaire.

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/11/15/laccueil-une-clinique-dhospitalite

    #santé

  • #Taux_de_change : retour sur la politique israélienne des #otages

    Eyal Weizman, fondateur du collectif Forensic Architecture, revient sur la manière dont les #civils installés autour de #Gaza ont servi de « #mur_vivant » lors des massacres du 7 octobre perpétrés par le #Hamas, et retrace l’évolution de la politique israélienne à l’égard des otages.

    Au printemps 1956, huit ans après la Nakba (un terme arabe qui désigne « la catastrophe » ou « le désastre » que fut pour les Palestiniens la création d’Israël), un groupe de fedayins palestiniens franchit le fossé qui sépare Gaza de l’État d’Israël. D’un côté se trouvent 300 000 Palestiniens, dont 200 000 réfugiés expulsés de la région ; de l’autre, une poignée de nouvelles installations israéliennes. Les combattants palestiniens tentent de pénétrer dans le kibboutz de Nahal Oz, tuent Roi Rotberg, un agent de sécurité, et emportent son corps à Gaza, mais le rendent après l’intervention des Nations unies.

    #Moshe_Dayan, alors chef de l’état-major général d’Israël, se trouvait par hasard sur place pour un mariage et a demandé à prononcer, le soir suivant, l’éloge funèbre de Rotber. Parlant des hommes qui ont tué #Rotberg, il a demandé : « Pourquoi devrions-nous nous plaindre de la #haine qu’ils nous portent ? Pendant huit ans, ils se sont assis dans les camps de réfugiés de Gaza et ont vu de leurs yeux comment nous avons transformé les terres et les villages où eux et leurs ancêtres vivaient autrefois. » Cette reconnaissance de ce que les Palestiniens avaient perdu, les hommes politiques israéliens d’aujourd’hui ne peuvent plus se permettre de l’exprimer. Mais Dayan ne défendait pas le #droit_au_retour : il a terminé son discours en affirmant que les Israéliens devaient se préparer à une #guerre_permanente et amère, dans laquelle ce qu’Israël appelait les « #installations_frontalières » joueraient un rôle majeur.

    Au fil des ans, le #fossé s’est transformé en un système complexe de #fortifications - une #zone_tampon de 300 mètres, où plus de deux cents manifestants palestiniens ont été tués par balle en 2018 et 2019 et des milliers d’autres blessés, plusieurs couches de #clôtures en barbelés, des #murs en béton s’étendant sous terre, des mitrailleuses télécommandées - et des équipements de #surveillance, dont des tours de guet, des caméras de vidéosurveillance, des capteurs radar et des ballons espions. À cela s’ajoute une série de #bases_militaires, dont certaines situées à proximité ou à l’intérieur des installations civiles qui forment ce que l’on appelle l’#enveloppe_de_Gaza.

    Empêcher le retour des réfugiés

    Le #7_octobre_2023, lors d’une attaque coordonnée, le Hamas a frappé tous les éléments de ce système interconnecté. #Nahal_Oz, l’installation la plus proche de la clôture, a été l’un des points névralgiques de l’attaque. Le terme « #Nahal » fait référence à l’unité militaire qui a créé les installations frontalières. Les installations du Nahal ont débuté comme des avant-postes militaires et sont devenues des villages civils, principalement de type #kibboutz. Mais la transformation n’est jamais achevée et certains résidents sont censés se comporter en défenseurs quand la communauté est attaquée.

    La « #terre_des_absents » a été la #tabula_rasa sur laquelle les planificateurs israéliens ont dessiné le projet des colons sionistes après les expulsions de 1948. Son architecte en chef était #Arieh_Sharon, diplômé du Bauhaus, qui a étudié avec Walter Gropius et Hannes Meyer avant de s’installer en Palestine en 1931, où il a construit des lotissements, des coopératives de travailleurs, des hôpitaux et des cinémas. Lors de la création de l’État d’Israël, David Ben Gourion l’a nommé à la tête du département de planification du gouvernement. Dans The Object of Zionism (2018), l’historien de l’architecture Zvi Efrat explique que, bien que le plan directeur de Sharon soit fondé sur les principes les plus récents du design moderniste, il avait plusieurs autres objectifs : fournir des logements aux vagues d’immigrants arrivés après la Seconde Guerre mondiale, déplacer les populations juives du centre vers la périphérie, sécuriser la frontière et occuper le territoire afin de rendre plus difficile le retour des réfugiés.

    Dans les années 1950 et 1960, le #plan_directeur de Sharon et de ses successeurs a conduit à la construction, dans les « #zones_frontalières », définies à l’époque comme représentant environ 40 % du pays, de centres régionaux ou « #villes_de_développement » qui desservaient une constellation d’#implantations_agraires. Ces villes de développement devaient accueillir les immigrants juifs d’Afrique du Nord – les Juifs arabes – qui allaient être prolétarisés et devenir des ouvriers d’usine. Les implantations agraires de type kibboutz et #moshav étaient destinées aux pionniers du #mouvement_ouvrier, principalement d’Europe de l’Est. Les #terres appartenant aux villages palestiniens de #Dayr_Sunayd, #Simsim, #Najd, #Huj, #Al_Huhrraqa, #Al_Zurai’y, #Abu_Sitta, #Wuhaidat, ainsi qu’aux tribus bédouines #Tarabin et #Hanajre, sont occupées par les villes de développement #Sderot et #Ofakim et les kibboutzim de #Re’im, #Mefalsim, #Kissufim et #Erez. Toutes ces installations ont été visées le 7 octobre.

    La première #clôture

    À la suite de l’#occupation_israélienne de 1967, le gouvernement a établi des installations entre les principaux centres de population palestinienne à Gaza même, dont la plus grande était #Gush_Katif, près de Rafah, à la frontière égyptienne ; au total, les #colonies israéliennes couvraient 20 % du territoire de Gaza. Au début des années 1980, la région de Gaza et ses environs a également accueilli de nombreux Israéliens évacués du Sinaï après l’accord de paix avec l’Égypte.

    La première clôture autour du territoire a été construite entre 1994 et 1996, période considérée comme l’apogée du « #processus_de_paix ». Gaza était désormais isolée du reste du monde. Lorsque, en réponse à la résistance palestinienne, les colonies israéliennes de Gaza ont été démantelées en 2005, certaines des personnes évacuées ont choisi de s’installer près des frontières de Gaza. Un deuxième système de clôture, plus évolué, a été achevé peu après. En 2007, un an après la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, Israël a entamé un #siège à grande échelle, contrôlant et limitant les flux entrants de produits vitaux - #nourriture, #médicaments, #électricité et #essence.

    L’#armée_israélienne a fixé les privations à un niveau tel que la vie à Gaza s’en trouve presque complètement paralysée. Associé à une série de campagnes de #bombardements qui, selon les Nations unies, ont causé la mort de 3 500 Palestiniens entre 2008 et septembre 2023, le siège a provoqué une #catastrophe_humanitaire d’une ampleur sans précédent : les institutions civiles, les hôpitaux, les systèmes d’approvisionnement en eau et d’hygiène sont à peine capables de fonctionner et l’électricité n’est disponible que pendant la moitié de la journée environ. Près de la moitié de la population de Gaza est au #chômage et plus de 80 % dépend de l’#aide pour satisfaire ses besoins essentiels.

    L’enveloppe de Gaza

    Le gouvernement israélien offre de généreux #avantages_fiscaux (une réduction de 20 % de l’impôt sur le revenu par exemple) aux habitants des installations autour de Gaza, dont beaucoup longent une route parallèle à la ligne de démarcation, à quelques kilomètres de celle-ci. L’enveloppe de Gaza comprend 58 installations situées à moins de 10 km de la frontière et comptant 70 000 habitants. Au cours des dix-sept années depuis la prise de pouvoir par le Hamas, malgré les tirs sporadiques de roquettes et de mortiers palestiniens et les bombardements israéliens sur le territoire situé à quelques kilomètres de là, les installations n’ont cessé d’augmenter. La hausse des prix de l’immobilier dans la région de Tel-Aviv et les collines ouvertes de la région (que les agents immobiliers appellent la « Toscane du nord du Néguev ») a entraîné un afflux de la classe moyenne.

    De l’autre côté de la barrière, les conditions se sont détériorées de manière inversement proportionnelle à la prospérité croissante de la région. Les installations sont un élément central du système d’#enfermement imposé à Gaza, mais leurs habitants tendent à différer des colons religieux de Cisjordanie. Démontrant l’aveuglement partiel de la gauche israélienne, certaines personnes installées dans le Néguev sont impliquées dans le #mouvement_pacifiste.

    Le 7 octobre, les combattants du Hamas ont forcé les éléments interconnectés du réseau de siège. Des tireurs d’élite ont tiré sur les caméras qui surplombent la zone interdite et ont lancé des grenades sur les #tours_de_communication. Des barrages de roquettes ont saturé l’#espace_radar. Plutôt que de creuser des tunnels sous les clôtures, les combattants sont venus par le sol. Les observateurs israéliens ne les ont pas vus ou n’ont pas pu communiquer assez rapidement ce qu’ils ont vu.

    Les combattants ont fait sauter ou ouvert quelques douzaines de brèches dans la clôture, élargies par les bulldozers palestiniens. Certains combattants du Hamas ont utilisé des parapentes pour franchir la frontière. Plus d’un millier d’entre eux ont pris d’assaut les bases militaires. L’armée israélienne, aveuglée et muette, n’a pas de vision claire du champ de bataille et les détachements mettent des heures à arriver. Des images incroyables sont apparues sur Internet : des adolescents palestiniens ont suivi les combattants à vélo ou à cheval, sur une terre dont ils avaient peut-être entendu parler par leurs grands-parents, maintenant transformée au point d’en être méconnaissable.

    Les #massacres du 7 octobre

    Les événements auraient pu s’arrêter là, mais ce ne fut pas le cas. Après les bases, ce furent les installations, les horribles massacres maison par maison, et le meurtre d’adolescents lors d’une fête. Des familles ont été brûlées ou abattues dans leurs maisons, des civils incluant des enfants et des personnes âgées ont été prises en otage. Au total, les combattants ont tué environ 1 300 civils et soldats. Plus de 200 personnes ont été capturées et emmenées à Gaza. Jusqu’alors, rien, dans la #violence ni la #répression, n’avait rendu de tels actes inévitables ou justifiés.

    Israël a mis des décennies à brouiller la ligne de démarcation entre les fonctions civiles et militaires des installations, mais cette ligne a aujourd’hui été brouillée d’une manière jamais envisagée par le gouvernement israélien. Les habitants civils cooptés pour faire partie du mur vivant de l’enveloppe de Gaza ont subi le pire des deux mondes. Ils ne pouvaient pas se défendre comme des soldats et n’étaient pas protégés comme des civils.

    Les images des installations dévastées ont permis à l’armée israélienne d’obtenir carte blanche de la part de la communauté internationale et de lever les restrictions qui avaient pu être imposées précédemment. Les hommes politiques israéliens ont appelé à la #vengeance, avec un langage explicite et annihilationiste. Les commentateurs ont déclaré que Gaza devrait être « rayée de la surface de la Terre » et que « l’heure de la Nakba 2 a sonné ». #Revital_Gottlieb, membre du Likoud à la Knesset, a tweeté : « Abattez les bâtiments ! Bombardez sans distinction ! Assez de cette impuissance. Vous le pouvez. Il y a une légitimité mondiale ! Détruisez Gaza. Sans pitié ! »

    L’échange de prisonniers

    Les otages civils des installations dont Israël a fait un « mur vivant » sont devenus pour le Hamas un #bouclier_humain et des atouts pour la #négociation. Quelle que soit la façon dont le #conflit se termine, que le Hamas soit ou non au pouvoir (et je parie sur la première solution), Israël ne pourra pas éviter de négocier l’#échange_de_prisonniers. Pour le Hamas, il s’agit des 6 000 Palestiniens actuellement dans les prisons israéliennes, dont beaucoup sont en #détention_administrative sans procès. La prise en otages d’Israéliens a occupé une place centrale dans la #lutte_armée palestinienne tout au long des 75 années de conflit. Avec des otages, l’#OLP et d’autres groupes cherchaient à contraindre Israël à reconnaître implicitement l’existence d’une nation palestinienne.

    Dans les années 1960, la position israélienne consistait à nier l’existence d’un peuple palestinien, et donc qu’il était logiquement impossible de reconnaître l’OLP comme son représentant légitime. Ce déni signifiait également qu’il n’y avait pas à reconnaître les combattants palestiniens comme des combattants légitimes au regard du droit international, et donc leur accorder le statut de #prisonniers_de_guerre conformément aux conventions de Genève. Les Palestiniens capturés étaient maintenus dans un #vide_juridique, un peu comme les « combattants illégaux » de l’après 11-septembre.

    En juillet 1968, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) a détourné un vol d’El-Al et l’a fait atterrir en Algérie, inaugurant une série de détournements, dont l’objectif explicite était la libération de prisonniers palestiniens. L’incident d’Algérie a conduit à l’échange de 22 otages israéliens contre 16 prisonniers palestiniens, bien que le gouvernement israélien ait nié un tel accord. Seize contre 22 : ce taux d’échange n’allait pas durer longtemps. En septembre 1982, après l’invasion du Liban par Israël, le Commandement général du FPLP d’Ahmed Jibril a capturé trois soldats de l’armée israélienne ; trois ans plus tard, dans le cadre de ce qui a été appelé l’accord Jibril, Israël et le FPLP-CG sont finalement parvenus à un accord d’échange de prisonniers : trois soldats contre 1 150 prisonniers palestiniens. Dans l’accord de 2011 pour la libération de Gilad Shalit, capturé par le Hamas en 2006, le taux d’échange était encore plus favorable aux Palestiniens : 1 027 prisonniers pour un seul soldat israélien.
    Directive Hannibal

    Anticipant de devoir conclure de nombreux accords de ce type, Israël s’est mis à arrêter arbitrairement davantage de Palestiniens, y compris des mineurs, afin d’augmenter ses atouts en vue d’un échange futur. Il a également conservé les corps de combattants palestiniens, qui devaient être restitués dans le cadre d’un éventuel échange. Tout cela renforce l’idée que la vie d’un colonisateur vaut mille fois plus que la vie d’un colonisé, calcul qui évoque inévitablement l’histoire du #colonialisme et du commerce d’êtres humains. Mais ici, le taux de change est mobilisé par les Palestiniens pour inverser la profonde asymétrie coloniale structurelle.

    Tous les États ne traitent pas de la même manière la capture de leurs soldats et de leurs citoyens. Les Européens et les Japonais procèdent généralement à des échanges secrets de prisonniers ou négocient des rançons. Les États-Unis et le Royaume-Uni affirment publiquement qu’ils ne négocient pas et n’accèdent pas aux demandes des ravisseurs et, bien qu’ils n’aient pas toujours respecté cette règle à la lettre, ils ont privilégié l’abstention et le silence lorsqu’une opération de sauvetage semblait impossible.

    Cette attitude est considérée comme un « moindre mal » et fait partie de ce que les théoriciens des jeux militaires appellent le « jeu répété » : chaque action est évaluée en fonction de ses éventuelles conséquences à long terme, les avantages d’obtenir la libération d’un prisonnier étant mis en balance avec le risque que l’échange aboutisse à l’avenir à la capture d’autres soldats ou civils.

    Lorsqu’un Israélien est capturé, sa famille, ses amis et ses partisans descendent dans la rue pour faire campagne en faveur de sa libération. Le plus souvent, le gouvernement y consent et conclut un accord. L’armée israélienne déconseille généralement au gouvernement de conclure des accords d’échange, soulignant le risque pour la sécurité que représentent les captifs libérés, en particulier les commandants de haut rang, et la probabilité qu’ils encouragent les combattants palestiniens à prendre davantage d’otages. Yahya Sinwar, qui est aujourd’hui le chef du Hamas, a été libéré dans le cadre de l’#accord_Shalit. Une importante campagne civile contre ces échanges a été menée par le mouvement religieux de colons #Gush_Emunim, qui y voyait une manifestation de la fragilité de la société « laïque et libérale » d’Israël.

    En 1986, à la suite de l’#accord_Jibril, l’armée israélienne a publié la directive controversée Hannibal, un ordre opérationnel secret conçu pour être invoqué lors de la capture d’un soldat israélien par une force armée irrégulière. L’armée a nié cette interprétation, mais les soldats israéliens l’ont comprise comme une autorisation de tuer un camarade avant qu’il ne soit fait prisonnier. En 1999, #Shaul_Mofaz, alors chef de l’état-major général, a expliqué cette politique en ces termes : « Avec toute la douleur que cela implique, un soldat enlevé, contrairement à un soldat tué, est un problème national. »

    Bien que l’armée ait affirmé que le nom de la directive avait été choisi au hasard par un programme informatique, il est tout à fait approprié. Le général carthaginois Hannibal Barca s’est suicidé en 181 avant J.-C. pour ne pas tomber aux mains des Romains. Ceux-ci avaient fait preuve d’une détermination similaire trente ans plus tôt : lorsque Hannibal tenta d’obtenir une rançon pour les soldats qu’il avait capturés lors de sa victoire à Cannes, le Sénat, après un débat houleux, refusa et les prisonniers furent exécutés.

    Le 1er août 2014, lors de l’offensive sur Gaza connue sous le nom d’« #opération_Bordure_protectrice », des combattants palestiniens ont capturé un soldat de Tsahal près de Rafah, et la #directive_Hannibal est entrée en vigueur. L’armée de l’air a bombardé le système de tunnels où avait été emmené le soldat, tuant 135 civils palestiniens, dont des familles entières. L’armée a depuis annulé la directive. Toutefois, la plupart des bombardements actuels vise les #tunnels où se trouvent les postes de commandement du Hamas et les otages : le gouvernement semble ainsi, par ces bombardements aveugles, non seulement menacer les Gazaouis d’une #destruction sans précédent, mais aussi revenir au principe de préférer des captifs morts à un accord. #Bezalel_Smotrich, ministre israélien des finances, a appelé à frapper le Hamas « sans pitié, sans prendre sérieusement en considération la question des captifs ». #Gilad_Erdan, ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, a déclaré que les otages « ne nous empêcheraient pas de faire ce que nous devons faire ». Mais dans cette guerre, le sort des #civils de Gaza et des Israéliens capturés est étroitement lié, tout comme celui des deux peuples.

    ▻https://www.mediapart.fr/journal/international/041123/taux-de-change-retour-sur-la-politique-israelienne-des-otages
    #Israël #Palestine #Eyal_Weizman #à_lire

    • En ce lundi, l’#armée_israélienne affirme avoir frappé, via les airs et au sol, plus de 600 cibles dans #Gaza ces vingt-quatre dernières heures. Dans le détail : « des dépôts d’armes, positions de lancement de missiles antichar, caches du #Hamas » et « des dizaines » de chefs du mouvement islamiste tués. Des chars israéliens sont postés à la lisière de #Gaza_City et le principal axe routier nord-sud est coupé. C’est vendredi en fin de journée que l’État hébreu a lancé son opération d’envergure, annoncée depuis près de deux semaines déjà. Mêlant #incursions_terrestres localisées – surtout dans le nord de l’enclave palestinienne – et #bombardements intensifiés. Samedi, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a prévenu : la #guerre sera « longue et difficile ».

      Vendredi, 17 h 30. La #bande_de_Gaza plonge dans le noir. Plus d’électricité, plus de réseau téléphonique, ni de connexion internet. Le #black-out total. Trente-six heures de cauchemar absolu débutent pour les Gazaouis. Coupés du monde, soumis au feu. L’armée israélienne pilonne le territoire : plus de 450 bombardements frappent, aveugles. La population meurt à huis clos, impuissante. Après avoir quitté Gaza City au début de la riposte israélienne (lire l’épisode 1, « D’Israël à Gaza, la mort aux trousses »), Abou Mounir vit désormais dans le centre de la bande de Gaza, avec ses six enfants. Ce vendredi, il est resté cloîtré chez lui. Lorsqu’il retrouve du réseau, le lendemain matin, il est horrifié par ce qu’il découvre. « Mon quartier a été visé par des tirs d’artillerie. L’école à côté de chez moi, où sont réfugiées des familles, a été touchée. Devant ma porte, j’ai vu tous ces blessés agonisants, sans que personne ne puisse les aider. C’est de la pure #folie. Ils nous assiègent et nous massacrent. Cette façon de faire la guerre… On se croirait au Moyen-Âge », souffle le père de famille, qui dénonce « une campagne de #vengeance_aveugle ». L’homme de 49 ans implore Israël et la communauté internationale d’agir urgemment. « La seule et unique solution possible pour nous tous, c’est la #solution_politique. On l’a répété un million de fois : seule une solution politique juste nous apportera la paix. »

      Toujours à Gaza City avec sa famille, la professeure de français Assya décrit ce jour et demi d’#angoisse : « On se répétait : “Mais que se passe-t-il, que va-t-il nous arriver ?” On entendait les bombardements, boum, boum, boum… Ça n’arrêtait pas ! Ma petite-fille de 1 an, la fille de mon fils, quand il y avait de grosses explosions, elle pleurait. Alors nous, on faisait les clowns pour lui faire croire que c’était pour rire. Et elle se calmait… Chaque matin, c’est un miracle qu’on soit encore là… » Chaque jour aussi, Assya demande si nous, journalistes, en savons plus sur un cessez-le-feu.

      Plus de 8 000 Gazaouis ont péri, mais leurs suppliques résonnent dans le vide jusqu’à présent. Elles sont pourtant de plus en plus pressantes, face à la #situation_humanitaire qui se dégrade dramatiquement. Ce samedi, des entrepôts des Nations unies ont été pillés. « C’est le signe inquiétant que l’ordre civil est en train de s’effondrer après trois semaines de guerre et de #siège de Gaza. Les gens sont effrayés, frustrés et désespérés », a averti Thomas White, directeur des opérations de l’UNRWA, l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens. Assya confirme : l’un de ses cousins est revenu avec des sacs de sucre, de farine, des pois chiches et de l’huile. Quand elle lui a demandé d’où ça venait, il lui a raconté, le chaos à Deir Al-Balah, dans le sud de l’enclave. « Les gens ont cassé les portes des réserves de l’UNRWA, ils sont entrés et ont pris la farine pour se faire du pain eux-mêmes, car ils n’ont plus rien. La population est tellement en #colère qu’ils ont tout pris. » Depuis le 21 octobre, seuls 117 camions d’#aide_humanitaire (lire l’épisode 2, « “C’est pas la faim qui nous tuera mais un bombardement” ») ont pu entrer dans la bande de Gaza dont 33 ce dimanche), via le point de passage de Rafah au sud, à la frontière égyptienne. L’ONU en réclame 100 par jour, pour couvrir les besoins essentiels des Gazaouis. Le procureur de la Cour pénale internationale Karim Khan a averti : « Empêcher l’acheminement de l’aide peut constituer un #crime. […] Israël doit s’assurer sans délai que les #civils reçoivent de la #nourriture, des #médicaments. »

      Les corps des 1 400 victimes des attaques du 7 octobre sont dans une #morgue de fortune. Beaucoup ont subi des sévices, ont été brûlés. L’#horreur à l’état pur

      En écho à cette situation de plus en plus dramatique, Israël a intensifié sa guerre de la #communication. Pas question pour l’État hébreu de laisser le Hamas ni les Palestiniens gagner la bataille de l’émotion au sein des opinions. Depuis une dizaine de jours, les autorités israéliennes estiment que les médias internationaux ont le regard trop tourné vers les Gazaouis, et plus assez sur le drame du 7 octobre. Alors Israël fait ce qu’il maîtrise parfaitement : il remet en marche sa machine de la « #hasbara ». Littéralement en hébreu, « l’explication », euphémisme pour qualifier ce qui relève d’une véritable politique de #propagande. Mais cela n’a rien d’un gros mot pour les Israéliens, bien au contraire. Entre 1974 et 1975, il y a même eu un éphémère ministère de la Hasbara. Avant cela, et depuis, cette tâche de communication et de promotion autour des actions de l’État hébreu, est déléguée au ministère des Affaires étrangères et à l’armée.

      Un enjeu d’autant plus important face à cette guerre d’une ampleur inédite. C’est pourquoi, chaque jour de cette troisième semaine du conflit, l’armée israélienne a organisé des événements à destination de la #presse étrangère. Visites organisées des kibboutzim où les #massacres de civils ont été perpétrés : dimanche dans celui de Beeri, mercredi et vendredi à Kfar Aza, jeudi dans celui de Holit. Autre lieu ouvert pour les journalistes internationaux : la base de Shura, à Ramla, dans la banlieue de Tel Aviv. Elle a été transformée en morgue de fortune et accueille les 1 400 victimes des attaques du 7 octobre, afin de procéder aux identifications. Dans des tentes blanches, des dizaines de conteneurs. À l’intérieur, les corps. Beaucoup ont subi des sévices, ont été brûlés. L’horreur à l’état pur.

      Mais l’apogée de cette semaine de communication israélienne, c’est la convocation générale de la presse étrangère, lundi dernier, afin de visionner les images brutes des massacres. Quarante-trois minutes et quarante-quatre secondes d’une compilation d’images des GoPro embarquées des combattants du Hamas, des caméras de vidéosurveillance des kibboutzim, mais aussi des photos prises par les victimes avec leurs téléphones, ou par les secouristes. Le tout mis bout à bout, sans montage. Des images d’une violence inouïe. Une projection vidéo suivie d’une conférence de presse tenue par le porte-parole de l’armée israélienne, le général Daniel Hagari. Il le dit sans détour : l’objectif est de remettre en tête l’ignominie de ce qui s’est passé le 7 octobre dernier. Mais également de dire aux journalistes de mieux faire leur travail.

      Il les tance, vertement : « Vous ! Parfois, je prends trente minutes pour regarder les infos. Et j’ai été choqué de voir que certains médias essayent de COMPARER ce qu’Israël fait et ce que ces vils terroristes ont fait. Je ne peux pas comprendre qu’on essaye même de faire cette #comparaison, entre ce que nous venons de vous montrer et ce que l’armée fait. Et je veux dire à certains #médias qu’ils sont irresponsables ! C’est pour ça qu’on vous montre ces vidéos, pour qu’aucun d’entre vous ne puisse se dire que ce qu’ils font et ce que nous faisons est comparable. Vous voyez comment ils se sont comportés ! » Puis il enfonce le clou : « Nous, on combat surtout à Gaza, on bombarde, on demande aux civils d’évacuer… On ne cherche pas des enfants pour les tuer, ni des personnes âgées, des survivants de l’holocauste, pour les kidnapper, on ne cherche pas des familles pour demander à un enfant de toquer chez ses voisins pour les faire sortir et ensuite tuer sa famille et ses voisins devant lui. Ce n’est pas la même guerre, nous n’avons pas les mêmes objectifs. »

      Ce vendredi, pour finir de prouver le cynisme du Hamas, l’armée israélienne présente des « révélations » : le mouvement islamiste abriterait, selon elle, son QG sous l’hôpital Al-Shifa de Gaza City. À l’appui, une série de tweets montrant une vidéo de reconstitution en 3D des dédales et bureaux qui seraient sous l’établissement. Absolument faux, a immédiatement rétorqué le Hamas, qui accuse Israël de diffuser « ces mensonges » comme « prélude à la perpétration d’un nouveau massacre contre le peuple [palestinien] ».

      Au milieu de ce conflit armé et médiatique, le Président français a fait mardi dernier une visite en Israël et dans les territoires palestiniens. Commençant par un passage à Jérusalem, #Emmanuel_Macron a réaffirmé « le droit d’Israël à se défendre », appelant à une coalition pour lutter contre le Hamas dans « la même logique » que celle choisie pour lutter contre le groupe État islamique. Il s’est ensuite rendu à Ramallah, en Cisjordanie occupée, au siège de l’Autorité palestinienne. « Rien ne saurait justifier les souffrances » des civils de Gaza, a déclaré Emmanuel #Macron. Qui a lancé un appel « à la reprise d’un processus politique » pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas. Tenant un discours d’équilibriste, rappelant que paix et sécurité vont de pair, le Président a exigé la mise en œuvre de la solution à deux États, comme seul moyen de parvenir à une paix durable. Une visite largement commentée en France, mais qui a bien peu intéressé les Palestiniens.

      Car si les projecteurs sont braqués sur Israël et Gaza depuis le début de la guerre, les Palestiniens de #Cisjordanie occupée vivent également un drame. En à peine trois semaines, plus de 120 d’entre eux ont été tués, selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne. Soit par des colons juifs, soit lors d’affrontements avec les forces d’occupation israéliennes. Bien sûr, la montée de la #violence dans ce territoire avait commencé bien avant la guerre. Mais les arrestations contre les membres du Hamas, les raids réguliers menés par l’armée et les attaques de colons prennent désormais une autre ampleur. Ce lundi matin encore, l’armée israélienne a mené un raid sur le camp de Jénine, au nord de la Cisjordanie, faisant quatre morts. Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, plus de 100 véhicules militaires et deux bulldozers sont entrés dans le camp. Déjà, mercredi dernier, deux missiles tirés depuis les airs en direction d’un groupe de personnes avait fait trois morts à #Jénine.

      À chaque mort de plus, la colère monte derrière les murs qui encerclent les Territoires. À Gaza, mais aussi en Cisjordanie

      À chaque mort de plus, la colère monte derrière le mur qui encercle les territoires palestiniens. Du sud, à Hébron, au nord, à Naplouse, en passant par Jénine et Ramallah, les #manifestations ont émaillé ces trois dernières semaines, s’intensifiant au fil du temps. À chaque fois, les Palestiniens y réclament la fin de l’#occupation, la mise en œuvre d’une solution politique pour un #accord_de_paix et surtout l’arrêt immédiat des bombardements à Gaza. Ce vendredi, quelques milliers de personnes s’étaient rassemblés à Ramallah. Drapeaux palestiniens à la main, « Que Dieu protège Gaza » pour slogan, et la rage au ventre. Yara était l’une d’entre eux. « Depuis le début de la guerre, le #traitement_médiatique en Europe et aux États-Unis est révoltant ! L’indignation sélective et le deux poids deux mesures sont inacceptables », s’énerve la femme de 38 ans. Son message est sans ambiguïté : « Il faut mettre un terme à cette agression israélienne soutenue par l’Occident. » Un sentiment d’injustice largement partagé par la population palestinienne, et qui nourrit sa colère.

      Manal Shqair est une ancienne militante de l’organisation palestinienne Stop The Wall. Ce qui se passe n’a rien de surprenant pour elle. La jeune femme, qui vit à Ramallah, analyse la situation. Pour elle, le soulèvement des Palestiniens de Cisjordanie n’est pas près de s’arrêter. « Aujourd’hui, la majorité des Palestiniens soutient le Hamas. Les opérations militaires du 7 octobre ont eu lieu dans une période très difficile traversée par les Palestiniens, particulièrement depuis un an et demi. La colonisation rampante, la violence des colons, les tentatives de prendre le contrôle de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem et enfin le siège continu de la bande de Gaza par Israël ont plongé les Palestiniens dans le #désespoir, douchant toute perspective d’un avenir meilleur. » La militante ajoute : « Et ce sentiment s’est renforcé avec les #accords_de_normalisation entre Israël et plusieurs pays arabes [les #accords_d’Abraham avec les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan, ndlr]. Et aussi le sentiment que l’#Autorité_palestinienne fait partie de tout le système de #colonialisme et d’occupation qui nous asservit. Alors cette opération militaire [du 7 octobre] a redonné espoir aux Palestiniens. Désormais, ils considèrent le Hamas comme un mouvement anticolonial, qui leur a prouvé que l’image d’un Israël invincible est une illusion. Ce changement aura un impact à long terme et constitue un mouvement de fond pour mobiliser davantage de Palestiniens à rejoindre la #lutte_anticoloniale. »

      #7_octobre_2023 #à_lire

    • Ma petite-fille de 1 an, la fille de mon fils, quand il y avait de grosses explosions, elle pleurait. Alors nous, on faisait les clowns pour lui faire croire que c’était pour rire.

      C’est exactement ce qu’on faisait ma femme et moi à notre fils de 4 ans en 2006 au Liban.