• « Une #minorité privilégiée sacrifie la planète afin de préserver ses richesses et son #pouvoir »

    Le rejet de l’#écologie est désormais promu par des gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, et soutenus par les milieux d’affaires des #énergies_fossiles, déplorent trois spécialistes d’#écologie_politique, dans une tribune au « Monde ».

    L ’été 2026, en Europe, n’est pas seulement celui des #canicules à répétition, des #mégafeux et des #sécheresses désastreuses pour l’agriculture et la biodiversité, qui confirment avec une particulière #violence les #alertes de longue date des scientifiques et des écologistes. Il consacre également le déchaînement des attaques contre une écologie le plus souvent fantasmée, dont les défenseurs ‒ associatifs, politiques, scientifiques, fonctionnaires, tous mélangés ‒ sont accusés d’être à l’origine des maux qu’ils annonçaient, voire de participer d’un complot des « élites » utilisant le climat pour asservir le « peuple ». Comment peut-on comprendre une telle dynamique ?

    Ce #rejet de l’écologie reflète des tendances déjà à l’œuvre depuis les années 1980, mais il prend de l’ampleur au moins depuis la pandémie de #Covid-19 et il est à présent devenu mondial. Paradoxalement, on peut y voir la conséquence de l’#échec, désormais ressenti dans nos chairs, des gouvernements à enrayer le #réchauffement_climatique, en dépit de l’ambition affichée lors de l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015.

    D’un côté, les promesses technosolutionnistes d’écologisation de l’économie n’ont jamais pu substantiellement résorber les dégâts environnementaux causés par la consommation d’énergies fossiles. Exemple emblématique, l’#intelligence_artificielle (#IA) générative, brandie comme apportant des solutions inédites en dépit de son impact extrêmement polluant, promet en fait, et d’abord, de doper l’extraction du pétrole, du gaz et du charbon.

    De l’autre, les attaques contre l’écologie sont la réaction d’acteurs et de groupes d’#intérêts_financiers et technologiques qui baignent encore dans des rêves de puissance virile et suprémaciste. Les changements « rapides et profonds dans tous les secteurs et tous les systèmes », nécessaires pour « garantir un avenir viable et durable pour toutes et tous », selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [#GIEC], sont matériellement possibles, mais un Peter Thiel ou un Elon Musk n’en veulent pas.

    Depuis les années 1980, si ce n’est depuis les colonisations, une #minorité_privilégiée a choisi de faire sécession de l’#avenir_commun, de sacrifier une partie de la planète et la majorité de l’humanité afin de préserver ses richesses et son pouvoir. Ce qui est nouveau, dans la séquence actuelle, c’est que ce « programme » cynique soit devenu celui de gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, tel celui de Donald Trump aux Etats-Unis, et soutenus par les milieux d’affaires des énergies fossiles, de l’extraction d’hydrocarbures à l’agro-industrie.

    En France comme en Europe, l’#extrême_droite et une grande partie de la droite œuvrent désormais ensemble pour détricoter de façon massive des orientations environnementales pourtant insuffisantes, le dénigrement des « écologistes » étant devenu leur point de ralliement.

    #Contre-récit hélas efficace

    Comment expliquer une possible adhésion à de tels #discours, tellement contraires à l’#universalisme_humaniste et à l’intérêt de la majorité ? Au-delà de la confusion argumentaire des #réseaux_sociaux, entretenue par une presse et une édition aux mains de quelques milliardaires, on peut observer une confiscation des débats sous les invectives et, sous le couvert d’écologie « réaliste » ou « pragmatique », un contre-récit hélas efficace.

    L’#empathie pour les victimes des ravages environnementaux est empreinte de #fatalisme : la reconnaissance de l’échec de #politiques_publiques insuffisantes justifie l’abandon de toute nouvelle tentative. Cet échec est attribué aux politiques écologiques, alors qu’aucun programme à la hauteur des enjeux n’a jamais été appliqué – ne serait-ce que les propositions de la #convention_citoyenne_sur_le_climat mise en place en 2019. Certains poussent même la #mauvaise_foi jusqu’à prétendre que la France a pratiqué la #décroissance.

    L’#adaptation, faute d’avoir été vraiment préparée ‒ c’est pour beaucoup une des révélations douloureuses du moment ‒, devient un mot d’ordre néolibéral : à l’individu de s’adapter, par exemple pour « gérer son #écoanxiété », comme le recommandait le gouvernement le 23 juillet, sans jamais toucher aux causes systémiques et politiques. Or l’adaptation sans atténuation efficace aura toujours un train de retard et ne sera même plus possible, car la situation « exceptionnelle » de cet été n’est pas seulement la norme d’un #nouveau_régime_climatique, mais une étape vers le pire tant qu’on n’arrête pas la #fuite_en_avant. Les #mégabassines, dont la #loi_d’urgence_agricole prévoit de faciliter le développement plutôt que de repenser le #modèle_agricole, le montrent bien.

    L’#anti-écologisme n’est pas le simple résultat de lobbys qui réussiraient à manipuler l’opinion. Car le désaveu de l’écologie est aussi le fait d’une partie de la population à qui l’on fait croire qu’elle a davantage à y perdre qu’à y gagner. Les complicités sont étendues par les chaînes d’interdépendances qui nous attachent au monde de l’énergie fossile, et les transformations des façons de vivre sont à juste titre redoutées tant qu’elles sont prétextes à accroître les #inégalités.

    A contrario, un changement de système pour respecter les #limites_planétaires, décidé par des processus de #démocratie_délibérative et placé sous le signe de l’#égalité et de la #justice, permettrait à plus de 90 % de la population de vivre mieux, selon le Global Justice Report du [laboratoire de recherche international] World Inequality Lab. Mais ce #récit peine à concurrencer celui, simpliste et irresponsable, qui s’est imposé pour discréditer les alertes du #Club_de_Rome [groupe de réfléxion] qui, en 1972 [avec le #rapport_Meadows sur les #limites_de_la_croissance], prévoyait l’effondrement de nos sociétés si elles poursuivaient la #croissance_économique : enrichissons-nous quitte à ravager la planète, les générations futures trouveront bien des solutions si elles sont plus riches. Depuis plus de cinquante ans qu’elles se font attendre, les technopromesses de la #croissance_infinie nous mènent tout simplement au #chaos.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/22/une-minorite-privilegiee-sacrifie-la-planete-afin-de-preserver-ses-richesses
    #Steve_Hagimont #riches #richesse #techno-solutionnisme #agriculture

    • Ne doutons pas que Zaka veut toucher le maximum de monde par ses publications mais ce consensus m’énerve au plus haut point. Bien évidemment que le sujet « écologie » est éminemment politique puisqu’il s’agit de préserver les ressources naturelles que nous offre notre environnement proche pour assurer notre subsistance, la plus importante étant la production de nourriture et ce sont bien les plus démunis qui seront exposés aux pénuries alimentaires accès à l’eau potable inclus. De par le monde, certaines de ces populations sont entrées dans le dur depuis un bon moment surtout pour un accès équitable à l’eau.

    • D’une certaine façon, dire « c’est politique » ou « c’est apolitique », c’est parfois dire la même chose. Pour Zaka, c’est une façon de signifier que c’est un sujet tellement important que ça dépasse les querelles politiciennes, il souhaite signifier, àmtha, que ça nous concerne tous. Et pour d’autres, nous ici en particulier, dire « c’est politique », c’est une façon de signifier que ça nous concerne tous.

      Le terme politique est très lourdement connoté, et ça en devient une insulte, un mot péjoratif, ça en est devenu ce que les possédants veulent que ça devienne : un sujet sale, qui ne concerne personne, sauf eux, bien évidemment, qui sauront comment traiter le sujet, loin de nos regards et de nos conversations.

      Je sors moi aussi d’une cousinade, de plusieurs repas de famille, et parvenir à atteindre le niveau de discussion où on est d’accord pour dire que la politique, c’est le sujet noble qui concerne tout le monde, c’est long et ça ne tient pas dans le temps de cerveau disponible entre la viande et le fromage.

    • Oui j’entends ça (et je connais des gens très politisés qui ne supportent pas le mot politique) mais bien souvent quand on déclare quelque chose d’apolitique c’est qu’on imagine (souvent naïvement) un consensus mou autour de la question, sans remettre en cause les privilèges d’une minorité, en gros c’est business as usual modulo quelques ajustements pour corriger les « excès ». Le fait de dire que quelque chose est politique, c’est aussi induire que tout le monde n’est pas d’accord et qu’à un moment y aura des conflits à régler.

    • Et donc, remettons sur le métier le vieil adage qui veut que :
      « si tu n’occupes pas de politique, la politique, elle, s’occupe de toi » . ;-)
      Toutes ces discussions « en famille » (ou pas) à propos de ce sujet, encore une belle illustration de la #loi_de_Brandolini.

      En dernier lieu, on sait depuis un bout de temps sur quoi débouchent le plus souvent les postures « apolitiques » : #chacun_pour_sa_gueule

      Voir par ici ; https://seenthis.net/messages/1187588

      [edit]

      Pour Zaka, c’est une façon de signifier que c’est un sujet tellement important que ça dépasse les querelles politiciennes, il souhaite signifier, àmtha, que ça nous concerne tous.

      Oui, enfin, relativisons : on ne se sent pas concerné de la même manière suivant qu’on habite « sous les toits » ou qu’on déblatère sur un plateau TV climatisé et protégé de la honte par « un déo qui tient ».

  • Stockage de l’eau « hors sol » : la soit disant adaptation de l’agriculture au #réchauffement_climatique n’est qu’un mirage de plus du #techno-solutionnisme

    Sainte-Soline à sec : le modèle des mégabassines à l’épreuve des canicules
    https://reporterre.net/Sainte-Soline-sechee-par-les-canicules-prouve-la-fragilite-du-systeme-de

    La réserve d’eau de Sainte-Soline a vu ses stocks intégralement évaporés par les fortes chaleurs de cet été. Un signe de fragilité qui questionne sur la capacité des mégabassines à aider l’agriculture face au changement climatique.

    • Sainte-Soline : où est passée l’eau de la mégabassine ?
      https://www.ouest-france.fr/environnement/eau/mega-bassine/sainte-soline-ou-est-passee-leau-de-la-megabassine-d8034a6c-9b07-11f1-b

      Selon des estimations de France Stratégie, un milliard de mètres cubes d’eau disparaît par #évapotranspiration chaque année avec les retenues françaises, soit l’équivalent de 20 % de la consommation d’eau du pays [r_eally ?]. La #loi_d’urgence_agricole, votée le 21 juillet à l’Assemblée, prévoit le doublement de ce type de stockage à l’horizon 2035.

      « Il n’y a pas de solution parfaite »

      « Dans l’équilibre technico-économique des réserves, le paramètre d’évaporation va être plus important cette année_, reconnaît François Geay, directeur de l’Établissement public du Marais poitevin, qui a pour charge la gestion de l’eau sur le territoire. Ça va de 2, voire 8 à 10 % dans les années les plus sévères ».

      Mais il défend le modèle des retenues de substitution compte tenu de la spécificité de son territoire : « Dans le Marais poitevin, nos nappes sont très petites, très réactives, et donc elles débordent. L’hiver, c’est l’inondation généralisée. En tout cas, tout le marais mouillé [_oh là là, ndc] cet hiver, était sous l’eau. » Un quart de l’eau prélevée l’hiver est utilisée pour remplir les 28 retenues de substitution du territoire. « Ces 25 % ne créent pas de déficit », assure le directeur.

      « Notre territoire est l’un des plus secs de France donc effectivement, la dimension évaporation, il va falloir la prendre en compte encore plus sérieusement à l’avenir parce qu’on peut avoir des années comme celle-ci avec des canicules qui sont très exceptionnelles_, note François Geay.Il n’y a pas de solution parfaite. Ce qu’il faut, c’est toutes les additionner, dans la mesure où elles ne se contredisent pas. »

      La légalité même d’un prélèvement est contestée

      Autre volet de cette affaire : les prélèvements avancés par la Coop de l’eau 79 pourraient être illégaux. Dans son arrêté rendu le 18 décembre 2024, la cour administrative d’appel de Bordeaux a suspendu l’autorisation de remplissage de la réserve, car cette dernière menace la survie d’une espèce d’oiseau protégée, l’outarde canepetière. L’arrêté précise que « cette suspension ne fait pas obstacle à l’utilisation, par les agriculteurs d’ores et déjà raccordés à la réserve SVE15 située à Sainte-Soline […], de la quantité d’eau stockée à la date de sa décision ». Or l’eau potentiellement utilisée s’est accumulée après cette décision (il restait moins de 7 000 m³ d’eau dans la réserve le 11 octobre 2025)…

      « Cette décision a été motivée par la dégradation du milieu d’espèces animales protégées par les cultures irriguées : c’est bien l’irrigation qui est en cause, d’après Marie Bomare, juriste pour Nature Environnement Charente-Maritime, qui a porté le contentieux à la cour administrative d’appel de Bordeaux, interrogée par Reporterre. La légalité de cette pratique est très incertaine. »

      Malgré la décision de justice, entre le 19 et le 22 décembre 2024, 32 572 m³ d’eau avaient déjà été prélevés illégalement. Soit la consommation annuelle de 592 personnes.

      Le seul rapport de France stratégie sur l’eau que j’ai trouvé
      L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-06-25%20-%20NA%20156%20-%20L%27eau%20en%202050/HCSP-2025-NA156-Eau-25juin.pdf
      n’évoque l’évapotranspiration qu’en note. Donc soit je n’ai pas trouvé la bonne source, ce qui est tout à fait possible, soit le journal relaie une éxagération propagandiste - une telle quantité parait absolument phénoménale - qui ferait de la surenchère quant à l’impact des bassines, en plus de citer Françoise Habets. La FNSEA doit être colère. Bientôt des déversements de lisier devant les locaux du journal ?
      https://justpaste.it/g87g2

      edit sur l’ampleur de l’évapotranspiration, l’article indique explicitement que la Coop de l’eau 79 ment effrontément

      #mégabassines #eau_douce

    • Juste une anecdote pour se faire une idée de l’évaporation. Je me suis absenté deux semaines (très fortes chaleurs et pic à 40 °C pendant la période) et j’avais laissé à disposition des animaux de passage près du logis 4 seaux de 10 litres remplis d’eau (seau de couleur noire de surcroît). A mon retour, les seaux avait perdu plus de la moitié de leur contenu.

  • Évolution récente et projection future de la ressource mondiale en eau souterraine, Maya Costantini ; Bertrand Decharme ; Jeanne Colin - La Météorologie, 129, 39-45, 2025 (publication : May 01, 2025)
    https://lameteorologie.fr/issues/2025/129/meteo_2025_129_39

    Résumé
    Cet article analyse l’évolution des ressources en eau souterraine à l’échelle mondiale, en se basant sur des simulations de modèles climatiques. Une méthode simple est proposée pour estimer les prélèvements non renouvelables d’eau souterraine utilisée pour l’irrigation. Les résultats montrent que dans des régions clés comme l’Inde, la Chine et les États-Unis, une grande partie de l’eau utilisée est non renouvelable, aggravant la dette hydrique mondiale. Cette étude souligne que la combinaison de la diminution de la recharge sous l’effet du changement climatique et de l’augmentation des prélèvements anthropiques menace la durabilité de la ressource en eau souterraine dans les aquifères de plusieurs régions du monde.

    [...]

    L’eau, source de vie, est omniprésente sur notre planète et recouvre environ 71 % de sa surface. Toutefois, cette ressource précieuse est loin d’être équitablement répartie : 97 % de l’eau terrestre est concentrée dans les océans et seulement 3 % sous forme d’eau douce sur les continents. L’eau douce continentale est donc rare sur Terre. La plus grosse partie de cette eau douce continentale, environ 70 %, n’est pas exploitable directement, car elle est stockée sous forme de glace dans les glaciers continentaux et les calottes polaires groenlandaises et antarctiques. Près de 29 % sont difficilement accessibles car localisés en profondeur dans les aquifères. Finalement, seule une infime partie de l’eau douce continentale, environ 1 %, est facilement accessible : elle se trouve dans les lacs naturels ou artificiels, les rivières, les marais et les couches superficielles du sol, tous ces réservoirs constituant les eaux de surface.

    (...) On estime que 70 % de l’eau douce prélevée est dédiée à l’agriculture, majoritairement pour l’irrigation, ensuite pour l’élevage. L’industrie utilise 20 % de cette eau et les 10 % restants servent à notre usage domestique.

    [...]

    Depuis le début du XXIe siècle, la demande en eau par secteur (agriculture, industrie, usage domestique) augmente dans toutes les régions du monde, si bien que la consommation d’eau présente une croissance 1,7 fois plus forte que la croissance démographique. Une grosse partie de cette augmentation est due au secteur agricole avec l’irrigation des cultures.

    #eau #eau_douce #climat #changement_climatique #eaux_souterraines #nappes_phréatiques #nappes_fossiles #réservoirs_continentaux #agriculture #irrigation #élevage #stress_hydrique #hydrologie #écologie

    • « L’usage des grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation », Samuel Bonvoisin (Ingénieur agronome), Charlène Descollonges (Ingénieure hydrologue) et Simon Ricard (Ingénieur hydrologue)
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/19/l-usage-des-grands-reservoirs-artificiels-temoigne-d-une-meconnaissance-des-

      Face aux sécheresses intensifiées par le changement climatique, trois spécialistes de l’eau appellent, dans une tribune au « Monde », à renforcer la résilience hydrique en développant des pratiques agroécologiques et en stockant l’eau de pluie dans les nappes phréatiques et la végétation.

      L ’année 2026 est marquée par des extrêmes hydriques, #crues majeures survenues en hiver et sécheresse de l’été, qui dépasse désormais le record de 2022. En passant d’un extrême à un autre en seulement quelques mois, la situation pose la question du #stockage_de_l’eau pour l’agriculture : pourquoi ne pas prélever et stocker une partie des excédents de l’hiver afin d’irriguer quand elle vient à manquer l’été ? Si l’idée semble relever du bon sens, des confusions subsistent et peuvent conduire, de manière contre-intuitive, à une aggravation des pénuries.

      En quête d’exemple transposable à la France, le monde agricole se tourne vers le modèle espagnol. Depuis 1950, l’Espagne a abondamment investi dans la construction de #réservoirs_artificiels, réutilisant les eaux usées traitées et dessalant l’eau de mer. En dépit de ces lourds investissements, la sécheresse historique ayant touché la péninsule Ibérique entre 2021 et 2024 a provoqué une chute du niveau d’eau dans ces réservoirs artificiels. Face à un taux de remplissage critique (inférieur à 16 %), les autorités ont dû prendre des mesures de restrictions drastiques, entraînant des pertes agricoles considérables. Mais cette « catastrophe naturelle » et les impacts économiques qui lui sont associés sont-ils uniquement imputables au manque de pluie ?

      D’après une étude parue en mai dans Nature, l’Espagne figure parmi les régions du monde où le stockage artificiel destiné à l’irrigation ne protège pas nécessairement d’une pénurie d’eau – il peut même l’aggraver. Les scientifiques appellent cela l’« effet réservoir » ou le « paradoxe du développement sûr », lorsque « le renforcement des mesures de sécurité entraîne, paradoxalement, une aggravation des dégâts en cas de pénurie ».

      Cette étude révèle que les grands réservoirs destinés à l’irrigation sont les plus à risque parce que les sécheresses compromettent leur alimentation et que, en confortant l’« offre », ils soutiennent une forte demande en eau. Avec des sécheresses qui s’intensifient sous l’effet du changement climatique et une demande croissante pour l’irrigation, les scientifiques soulèvent une question cruciale : ces réservoirs resteront-ils viables s’ils deviennent de plus en plus vulnérables ?

      Une solution de « bon sens » en apparence s’avère moins évidente que prévu et requiert une analyse critique. Outre les enjeux écologiques, l’usage de ces grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation. Nous peinons à faire les liens entre les catastrophes dites « naturelles » que sont les inondations, les coulées de boue, les incendies, les sécheresses, et leurs causes structurelles d’origine anthropique que sont l’appauvrissement des sols agricoles, l’assèchement des milieux humides, l’exploitation intensive des forêts, l’artificialisation des sols et des hydrosystèmes.
      En clair, nous héritons de systèmes rendus vulnérables aux extrêmes hydriques tandis que ces aléas sont amenés à s’intensifier avec le dérèglement climatique. Plutôt que de poursuivre un investissement sans limite dans des réservoirs dont la viabilité n’est plus assurée, peut-être devrions-nous nous orienter vers des voies plus robustes.

      Des territoires pionniers

      En s’attaquant aux causes profondes de l’assèchement, l’hydrologie régénérative vise la résilience hydrique des territoires. Dans la pratique, elle fédère un ensemble de techniques suivant des principes d’aménagement : ralentir, infiltrer, stocker l’eau de pluie en priorité dans les paysages, c’est-à-dire dans les sols et les nappes, mais aussi dans la végétation (forêts et zones humides) plus dense et diversifiée.
      Ces principes s’articulent autour d’un triptyque sol-arbre-eau, qui se décline dans les milieux aquatiques, agricoles, forestiers et urbains. En contexte agricole par exemple, ces approches combinent des pratiques agroécologiques (sol), de l’agroforesterie (arbre) et des micro-ouvrages hydrauliques (eau) afin de répartir et d’infiltrer l’eau dans les parcelles, ce qui permettrait de réduire – dans une certaine mesure – la dépendance à l’irrigation. Adaptées aux contextes locaux, ces pratiques contribuent non seulement à régénérer la fertilité des sols, mais aussi à renforcer la résilience des cultures face aux vagues de chaleur, aux manques comme aux excès d’eau.

      Dans l’Ain, la Drôme et l’Ardèche, des territoires pionniers ont fait le choix de soutenir des dizaines d’agricultrices et d’agriculteurs pour implémenter et tester des pratiques d’hydrologie régénérative dans leurs parcelles. Forts des premiers retours d’expérience, ces territoires souhaitent aller plus loin, en soutenant d’autres exploitants et en élargissant le périmètre d’action aux forêts, aux rivières et aux espaces urbains. Par ailleurs, l’association Pour une hydrologie régénérative souhaite poursuivre ces démarches pilotes dans toute la France.

      La nécessité de stocker plus d’eau pour l’agriculture offre aussi l’occasion de fédérer un ensemble d’acteurs autour de projets locaux dans une recherche des bénéfices mutuels, tant pour les activités humaines que pour les milieux naturels. Ces projets pilotes ont montré qu’il était possible de dépasser les clivages autour du stockage en choisissant des alternatives aux grandes réserves de substitution. Loin d’être antinomique avec l’irrigation, l’hydrologie régénérative s’inscrit dans une vision plus large de résilience hydrique des territoires dont font partie les agrosystèmes.

      Si le stockage artificiel doit être envisagé, il est pensé comme un complément à la régénération des capacités de rétention naturelle des paysages tout en composant avec les limites des hydrosystèmes et la réalité économique des exploitations agricoles. Cette nouvelle perspective intéresse aussi bien les chambres d’agriculture que les exploitants en vue de sortir de l’impasse implacable que représente la sécheresse historique que nous vivons.

      Plus globalement, l’hydrologie régénérative nous exhorte à changer nos représentations, nos organisations et nos postures pour développer des modèles plus robustes dans un monde fluctuant. Puissent ces événements tragiques nous conduire, au-delà des seules logiques d’adaptation, vers la régénération hydrique des territoires afin de mieux les préparer aux prochaines fluctuations.

      #cycles_de_l’eau #hydrologie_régénérative #agroforesterie #agroécologie

    • « un milliard de mètres cubes d’eau disparaît par #évapotranspiration chaque année avec les retenues françaises, soit l’équivalent de 20% de la consommation d’eau du pays [ ! ?]. La loi d’urgence agricole prévoit le doublement de ce type de stockage à l’horizon 2035

      https://www.ouest-france.fr/environnement/eau/mega-bassine/sainte-soline-ou-est-passee-leau-de-la-megabassine-d8034a6c-9b07-11f1-b

      C’est sous paywall, et je trouve pas le rapport de France stratégie qui citerait cette proportion himalayenne, seulement
      L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-06-25%20-%20NA%20156%20-%20L%27eau%20en%202050/HCSP-2025-NA156-Eau-25juin.pdf
      qui n’évoque l’évapotranspiration qu’en note.

      edit trouvé l’article de O-F :
      https://justpaste.it/g87g2

      #loi_d’urgence_agricole #LUA #Florence_Habets

    • dans le résumé de la Note d’analyse, n°134, d’avril 2024 de France Stratégie
      Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et usages ? | Haut-commissariat à la stratégie et au plan
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/prelevements-consommations-deau-enjeux-usages

      Passer des prélèvements aux consommations nécessite de faire des hypothèses sur les « facteurs de consommation », réexaminés ici. En 2020, les consommations sont estimées à plus de 4,4 milliards de m3, l’irrigation agricole en représentant près des deux tiers (irrigation des cultures destinées à l’alimentation humaine et animale notamment, principalement concentrée dans le sud et l’ouest de la France). Les stockages d’eau artificiels – hydroélectricité, retenues agricoles, plans d’eau d’agrément, etc. – ne sont aujourd’hui pas considérés comme consommateurs. Une première estimation du phénomène d’évaporation montre que ces stockages pourraient engendrer des consommations de l’ordre d’un milliard de m3 par an, élevant donc la consommation annuelle à 5,4 milliards de m3.

      note :

      Les opinions exprimées engagent leurs auteurs et n’ont pas vocation à refléter la position du gouvernement.

      (la lecture du document lui-même est dense…)

    • « Notre principal défi est d’abord de renoncer à l’illusion de l’abondance de l’eau », Sara Fernandez, géographe
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/26/secheresse-notre-principal-defi-est-d-abord-de-renoncer-a-l-illusion-de-l-ab

      Nous sommes confrontés à un changement de régime hydroclimatique, face auquel nos systèmes de régulation des usages et de répartition de l’eau ne sont plus adaptés. Nos instruments de planification et de financement, comme nos infrastructures, sont fondés sur une stabilité hydrologique historique qui ne se vérifie plus. Les normes de qualité des cours d’eau et d’encadrement des rejets s’appuient sur des débits passés que l’on observe plus difficilement aujourd’hui.

      [...]

      En moyenne, un agriculteur en zone vulnérable aux nitrates agricoles est contrôlé tous les quatre-vingts ans. Une station d’épuration l’est tous les dix ans.

      [...]
      [La LUA qui va] Accélérer le développement de ces nouveaux usages [irrigation, nucléaire, data centers] et des infrastructures associées ne peut être une réponse à un #cycle_de_l’eau qui s’accélère, avec des étés de plus en plus chauds et des niveaux qui baissent de plus en plus. De telles politiques de l’offre, fondées sur le mythe d’une eau abondante que l’on pourrait diriger et apporter où l’on veut, sont une impasse.

      Notre principal défi est d’abord de renoncer à l’illusion de l’abondance pour être plus attentifs aux limites environnementales. Non pas seulement en se focalisant sur les indicateurs de débit des rivières, mais aussi en questionnant l’utilité des usages et leur capacité à aggraver les phénomènes extrêmes – par leurs émissions de gaz à effet de serre, les pollutions ou l’artificialisation des sols – ou à les atténuer, par exemple par la façon dont ils ralentissent le cycle de l’eau ou limitent les pollutions diffuses. Contenir le réchauffement climatique et les événements extrêmes qui vont avec passe d’abord par une politique d’atténuation.

    • Sécheresse : les limites des retenues d’eau défendues par la ministre de l’Agriculture
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/debout-la-terre/debout-la-terre-du-jeudi-27-aout-2026-3557028
      https://www.radiofrance.fr/pikapi/images/70a62267-8edc-42d0-9810-dc55d6a90e5a/1200x680

      Ont-elles fait leurs preuves alors ces retenues d’eau face à la #sécheresse ? Beaucoup sont déjà à sec ou pas loin, comme dans les Pays de Loire, berceau des bassines. Si je prends la plus ancienne, Mauzé sur le Mignon, écoutez bien : elle était à 240.000m3 d’eau en mars, à la sortie de l’hiver, après pompage dans les #nappes_phréatiques. Et la voilà aujourd’hui à 1000m3. Donc en gros tout a été utilisé, et la saison n’est évidemment pas terminée. Pour la plus récente cette fois, Priaires, c’est pire : on part de 160.000m3 en mars et on est à ZERO depuis.... le 7 aout !!! Tout est parti avant même la fin de l’été.

      La seule qui a encore un stock digne de ce nom aujourd’hui c’est Sainte Gemme La Plaine, avec il faut le dire un bon gros 870.000m3 à la sortie de l’hiver, mais on a dix fois moins aujourd’hui, 89.000, et là encore, saison pas terminée.

      D’ailleurs la filière #maïs (pour laquelle cette eau est très utilisée) désespère : 35% de production en baisse attendus cette année.

      Quant à la célèbre retenue de Sainte-Soline, elle a été jugée illégale en décembre 2024. Donc à part les 400.000m3 qui étaient déjà dedans et que les douze agriculteurs raccordés ont eu le droit d’utiliser dans la foulée (donc en gros l’an dernier), interdiction de la remplir ou de l’utiliser. Mais devinez quoi ? Les niveaux indiquaient 56.000m3 d’eau à la fin de l’hiver. L’eau de pluie, tombée à l’intérieur car elle n’a toujours pas été démontée. Et le 21 juillet : Nada. Plus rien, zéro, bassine à sec.

      Revoir les systèmes agricoles et les priorités d’usages de l’eau

      Des opposants avancent l’#évaporation. Phénomène documenté, un milliard de mètres cube d’eau s’évaporent chaque année des retenues françaises (l’équivalent de 20 % de la consommation d’eau du pays, c’est beaucoup).

      Mais les gestionnaires de Sainte Soline assurent que là, si la bassine est vide, c’est que l’eau a été utilisée par deux agriculteurs, avec autorisation de la préfecture début mai. Sauf que la préfecture m’écrivait hier soir par mail :

      « La préfecture des Deux-Sèvres n’a pas délivré d’autorisation de prélèvement. »

      Quoi qu’il en soit, ces retenues d’eau sont « un pari risqué sur l’avenir et une fuite en avant » comme le dit au Nouvel Obs l’hydrologue Yves Tremblay de l’Institut de recherche et développement.

      Peut-être que la question de vie ou de mort serait plutôt de revoir les systèmes agricoles, et les priorités des usages de l’eau.

      #bassines #mégabassines

  • 1 300m3 d’eau s’évapore de la bassine chaque jour, soit la consommation/jour d’une ville de près de 10 000 habitants.https://threadreaderapp.com/thread/2088573596557803805.html

    En effet, cette mégabassine se vide actuellement uniquement par évaporation, la justice ayant interdit les prélèvements et remplissages jusqu’à nouvel ordre (Pour rappel : le jugement de la CAA du 18/12/2024 : ). (Source du graph :
    – Le calcul a été fait sur le dernier mois du 20 juin au 20 juillet).
    Bien entendu, les chaleurs de cet été y sont pour quelque chose. Les Deux-Sèvres figurent parmi les départements les plus touchés par la sécheresse depuis juin...

  • La #France sous les flammes : la faillite criminelle du #néolibéralisme

    La France brûle, et nos dirigeants ne font qu’aggraver une situation qu’ils connaissent pourtant parfaitement. Sont-ils totalement irrationnels ? Non, répond cet éditorial, ils appliquent juste le #dogme_néolibéral qui nous entraîne dans l’abîme.

    Nos dirigeants sont-ils devenus totalement irrationnels ? Sinon, comment expliquer qu’ils s’acharnent à faire l’inverse de tout ce que les scientifiques recommandent ? Pourquoi, alors que les rapports sur les catastrophes climatiques à venir s’empilent sur leurs bureaux depuis des décennies, font-ils tout pour ne pas nous protéger de ces cataclysmes ?

    Si on leur fait crédit d’une certaine capacité de raisonnement, une autre hypothèse serait celle de l’#aveuglement_dogmatique. Ce que viennent souligner les #canicules et #incendies catastrophiques de l’été 2026, c’est l’#échec patent du néolibéralisme que nos élites pratiquent assidûment.

    Commençons par le constat. Les meilleurs climatologues du monde préviennent, via le Giec notamment, de la forte hausse des risques d’incendies, partout en Europe, liée au #changement_climatique. On sait que l’augmentation des canicules et sécheresses accroît fortement les risques de feux.

    Une politique d’#anti-adaptation

    Pourtant, on ne cesse de planter et replanter des #monocultures de #résineux, plus rentables que de vraies #forêts mais que l’on sait être ultra-inflammables.

    Pourtant, l’#Office_national_des_forêts, chargé d’entretenir et protéger nos forêts, notamment contre les incendies, a perdu 40 % de ses effectifs entre 2000 et 2022, et le gouvernement ne cesse de menacer de nouvelles coupes dans les effectifs.

    Pourtant, en 2024, le Premier ministre Gabriel Attal supprimait le #budget qui aurait permis d’acheter deux #Canadair supplémentaires.

    Pourtant, sur les 16 nouveaux Canadair promis par Emmanuel Macron après les incendies dévastateurs de 2022, seuls 4 ont été commandés, et seront livrés avec beaucoup de retard.

    Les Services départementaux d’incendie et de secours sont au bord de la rupture et les départements alertent en vain depuis des années sur le manque de #moyens.

    Le bilan est tout aussi accablant concernant les canicules. La France a déjà subi quatre vagues de chaleur extrême en 2026 ; les scientifiques alertent depuis des années sur la multiplication de ces évènements, mais nous ne nous y sommes pas préparés.

    En juin, le Haut Conseil pour le climat taclait sévèrement le retard de la France, par exemple dans l’isolation des bâtiments, et des budgets pour les politiques écologiques qui sont coupés drastiquement alors même qu’il faudrait les augmenter rapidement.

    Encore plus surréaliste : le gouvernement agit pour aggraver notre vulnérabilité. En pleine canicule du mois de juin, nos dirigeants ont décidé de remettre sur le marché locatif les pires #passoires_thermiques, où étouffent les locataires les plus précaires. En pleine sécheresse extrême, la loi d’urgence agricole, surnommée « nouvelle #loi_Duplomb », prévoit d’augmenter l’#accaparement_de_l’eau par l’#agro-industrie.

    La fuite en avant du #néolibéralisme_zombie

    Pourquoi cet acharnement à foncer dans le mur ? « Parce que nos dirigeants sont prisonniers d’un modèle », répond l’économiste Cédric Durand, coauteur de Comment bifurquer. Les principes de la planification écologique (ed. Zones, 2024).

    « La France est coincée dans ce que l’on appelle le néolibéralisme zombie. La croyance qu’il faut toujours baisser le coût du capital, baisser le coût du travail, taxer moins, et que c’est ça qui va produire de la #croissance et du PIB. On fait toujours ce pari alors que la période où cela pouvait fonctionner est révolue — si ça a fonctionné un jour », dit-il.

    Le terrible bilan politique énuméré ci-dessus répond à deux logiques propres au néolibéralisme : un affaiblissement massif des #services_publics et une foi inébranlable placée dans les vertus du #marché, qu’il convient de déréguler autant que possible. Via ces politiques, la finalité de l’État est de permettre au capital d’accumuler toujours plus de richesse.

    Au nom de l’#austérité_budgétaire, et du refus catégorique de taxer davantage le capital ou les plus hauts revenus, le gouvernement coupe les budgets publics partout où cela n’est pas jugé favorable au marché. Or, le changement climatique ne répond précisément pas aux logiques de marché.

    « En Gironde, je suis sûr que les entreprises auraient aimé que l’État dépense plus pour l’achat de Canadair. C’est le paradoxe du capitalisme qui veut payer toujours moins de taxes mais réclame ensuite que l’État le protège », dit Cédric Durand.

    Nous touchons là à ce que l’économiste marxiste James O’Connor appelait « la seconde contradiction du capitalisme ». Celui-ci, pour se développer, doit exploiter toujours plus les ressources naturelles et les écosystèmes, mais il détruit, ce faisant, ses propres conditions d’existence. Il en vient donc, autre contradiction, à appeler l’État à l’aide, ce dernier s’étant pourtant volontairement affaibli et ayant détruit ses services publics, au nom du soutien au capital.

    Derrière la stratégie néolibérale, c’est le moteur fondamental du capitalisme qui est en jeu : il lui faut accumuler toujours plus de capital dans une course infernale et complètement irrationnelle.

    « Cette tendance à élargir sans cesse les domaines d’#accumulation_du_capital, et les sources de profit, par exemple à de nouvelles dimensions de la nature comme les gènes et les microorganismes, est vitale pour le capitalisme. Il meurt s’il arrête », souligne l’économiste Hélène Tordjman, autrice notamment de La croissance verte contre la nature (éd. La Découverte, 2021).

    « Je m’interroge sur la vision de nos élites qui persévèrent dans cette voie. C’est une #rationalité de très #court_terme, qui vise à accumuler très vite jusqu’à la catastrophe, et après moi, le déluge », dit-elle.

    Pour la chercheuse, l’hypothèse d’un aveuglement dogmatique de nos dirigeants n’est pas suffisant. L’accumulation des catastrophes ces dernières années est telle qu’elle aurait dû faire éclater n’importe quelles œillères idéologiques. Si l’on continue de foncer dans le mur, ce serait donc en toute connaissance de cause.

    « On est dans une logique d’intérêt de classe bien comprise, d’une classe dominante qui s’est autonomisée, et qui assume que seuls les plus puissants et les plus forts pourront survivre et vivre dignement », dit Hélène Tordjman.

    Le milliardaire étasunien Warren Buffet le disait déjà en 2006, dans une célèbre formule : «  Il y a une #guerre_des_classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner . »

    De guerre des classes à guerre contre l’ensemble du vivant

    Rien de nouveau sous le soleil ? Sauf que la séculaire guerre des classes est devenue, dans l’Anthropocène, une guerre contre l’ensemble du vivant, qui ne menace plus seulement l’essentiel de la population d’#exploitation mais de #destruction. En toute connaissance de cause.

    « Si nous persistons dans cette voie, l’avenir de notre espèce est sombre », alertaient déjà plus de 1 000 scientifiques français dans une tribune en 2020, qui dénonçait « l’inconséquence et l’#hypocrisie de politiques […] promouvant un #consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur ».

    Six ans plus tard, le pays est à sec tandis que l’on prévoit de multiplier les #mégabassines pour l’agro-industrie, les forêts brûlent tandis que les #pompiers épuisés sont en manque d’effectifs et les budgets des politiques environnementales fondent comme neige au soleil.

    « Nous avons besoin de transformations structurelles, capables de penser au temps long que les mécanismes de marché sont incapables de prendre en compte », dit Cédric Durand. Pour y parvenir, l’économiste propose de nombreux outils de planification dans son ouvrage, à l’instar de nombreux penseurs des mondes postcapitalistes.

    Reste à trouver le moyen d’opérer la bascule. Un prérequis semble être de savoir nommer les responsables. Lorsque nos dirigeants néolibéraux apportent sous un cynisme à peine voilé leur solidarité aux victimes des incendies, ils méritent plus que jamais leur étiquette de #pompiers_pyromanes.

    https://reporterre.net/La-France-sous-les-flammes-la-faillite-criminelle-du-neoliberalisme
    #incendie #incendies #feu #feux #rationalité #irrationalité

  • Révélations sur Sainte-Soline : on a identifié le gendarme qui a failli tuer Serge Duteuil-Graziani
    https://www.liberation.fr/societe/police-justice/revelations-sur-sainte-soline-on-a-identifie-le-gendarme-qui-a-failli-tue

    150 heures de vidéo, trois mois d’investigation… Alors que la #justice a classé sans suite l’enquête sur le tir interdit qui a grièvement blessé un militant écologiste le 25 mars 2023 lors d’un rassemblement contre une mégabassine, « Libération » et « Mediapart » ont remonté les traces du projectile, parti d’un véhicule blindé.

    C’est une enquête qui, à la fin de l’année 2025, a été #classée_sans_suite, sans suspect, sans réponse. Quel gendarme a gravement blessé à la tête Serge Duteuil-Graziani, le 25 mars 2023, lors de la manifestation écologiste contre la #mégabassine de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) ? En mettant fin aux investigations, le procureur de la République de Rennes estimait qu’un doute existait. Pour répondre à cette question, Libération et Mediapart ont plongé dans les milliers de vidéos captées par les gendarmes, les journalistes et les manifestants. Cette analyse visuelle et audio révèle que le seul tir compatible avec la blessure du militant a été effectué par la tourelle d’un véhicule blindé de la gendarmerie, à environ 60 mètres. Un tir tendu de grenade lacrymogène qui a percuté à pleine vitesse le crâne de Serge Duteuil-Graziani, guide de montagne de 32 ans. Par ailleurs, un fichier vidéo crucial pour voir les instants qui précèdent et suivent ce tir n’avait pas été récupéré par la justice avant que l’affaire soit classée.

    https://justpaste.it/lm9jm

    seul un extrait est disponible hors paywall
    https://www.youtube.com/shorts/0l9JhxT5-xE

    edit
    Sainte-Soline : révélations sur le tir tendu qui a failli tuer Serge Duteuil-Graziani
    https://www.mediapart.fr/journal/france/260526/sainte-soline-revelations-sur-le-tir-tendu-qui-failli-tuer-serge-duteuil-g

    Par l’intermédiaire de leur avocate, Chloé Chalot, les quatre blessé·es ont déposé plainte avec constitution de partie civile afin qu’un juge d’instruction soit désigné, ce qui n’avait jamais été fait les concernant. En parallèle, le procureur avait déjà ouvert une information judiciaire pour faire la lumière sur d’autres « tirs tendus » de gendarmes visibles sur des images révélées par Mediapart et Libération en novembre 2025, avec l’objectif de retrouver d’éventuelles victimes qui ne se seraient jamais fait connaître.

    #police #gendarmerie #violences_policières #MDO #parquet #ministère_de_l'intérieur

  • #Mégabassines, #data_centers : « La guerre contre l’#eau s’est intensifiée »

    Dans le livre-enquête « Les Assoiffeurs », les journalistes Nicolas Celnik et Fabien Benoit montrent comment certains acteurs privés accaparent, avec la bénédiction de l’État, une ressource de plus en plus rare et de plus en plus polluée.

    DepuisDepuis dix ans, un tiers du territoire français subit des restrictions d’eau et le pays vit désormais au rythme d’épisodes de sécheresse toujours plus longs et plus intenses. Qui demain aura accès à l’eau ? De quelle qualité ? Depuis les années 1980, près de 14 000 captages d’eau potable ont dû fermer en raison de taux de pollution aux pesticides trop importants. Et le scandale de la contamination massive aux PFAS ne fait que commencer…

    À Sainte-Soline, les militants en lutte contre l’accaparement de l’eau par le modèle agricole productiviste ont reçu pour toute réponse du gouvernement un déluge de grenades.

    Dans une enquête fouillée, les journalistes Fabien Benoit et Nicolas Celnik montrent comment certains acteurs privés, des producteurs de maïs aux promoteurs de data centers, font main basse sur l’eau, avec la bénédiction de l’État.

    Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau (Les Liens qui libèrent, 2026) pointe comment certains comptent aussi capitaliser sur la raréfaction de la ressource et sur les inquiétudes concernant la santé. Entretien.

    « Mediapart » : La loi d’urgence agricole qui arrive à l’Assemblée nationale le 19 mai comporte un important volet sur l’eau. Une fois de plus, le gouvernement veut « sécuriser » l’accès à l’eau pour les agriculteurs et agricultrices irrigant·es, au détriment des autres usagers et usagères, en favorisant notamment la construction de mégabassines.

    Fabien Benoit : On a beaucoup parlé de guerre de l’eau, notamment autour des bassines. Pour nous, il y a surtout une guerre contre l’eau, c’est-à-dire contre cette ressource, pour l’accaparer, pour l’abîmer. Cette loi d’urgence agricole en est un nouvel épisode. Si on met d’ailleurs bout à bout la loi d’orientation agricole qui consacre l’intérêt majeur de l’agriculture, les arrêtés sécheresse qui exonèrent régulièrement les plus gros accapareurs de l’eau, et la révision de la directive-cadre eau européenne qui est sur la table…, on se rend compte que cette guerre contre l’eau s’est intensifiée, au détriment de sa qualité, de sa disponibilité.

    Nicolas Celnik : Il y a dans ce projet de loi deux articles qui entrent en résonance avec notre enquête : l’article 6, qui prévoit que le préfet puisse déroger aux schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) pour des projets d’ouvrage de stockage de l’eau, et l’article 5, qui rend facultative la consultation publique pour construire une bassine. Cela correspond à ce que le chercheur Sylvain Baron appelle la « préfectorialisation de la politique de l’eau ». C’est la volonté de donner aux préfets des moyens de contourner cette démocratie locale de l’eau, qui est certes imparfaite, mais qui reste une expérimentation démocratique vraiment intéressante. Là, on assiste à une « reverticalisation » des politiques de l’eau au nom des intérêts économiques.

    Vous montrez bien dans votre livre comment ceux que vous appelez les « assoiffeurs » parviennent à s’affranchir du droit commun pour faire main basse sur la ressource.

    N. C. : Nous avons cherché à comprendre les stratégies des grands acteurs économiques (agriculture, data centers, embouteilleurs…) qui s’assurent qu’ils bénéficieront de réserves d’eau, même dans des situations de tension sur la ressource. Leur travail de lobbying a été, effectivement, de normaliser des situations d’exception. Alors qu’il existe en France une hiérarchie des usages de l’eau qui priorise la santé humaine, puis les écosystèmes et enfin les enjeux économiques, être parvenu à imposer l’agriculture comme « d’intérêt général majeur » dans la loi inverse cette hiérarchie. On normalise le fait qu’en cas de sécheresse, l’activité économique vaut autant que la préservation de l’environnement. Une mégabassine est présumée dans la loi Duplomb d’intérêt général majeur.

    F. B. : Et quand on parle de « l’agriculture qui a besoin d’eau », il faut rappeler quelques ordres de grandeur. L’agriculture représente 60 % de la consommation d’eau douce en France, 92 % de cette eau-là va à l’agriculture irriguée. Et les surfaces irriguées en France, c’est 7 à 8 % des surfaces. Donc, 93 % du monde agricole n’a pas besoin de beaucoup d’eau. Ce n’est pas « l’agriculture » qui a besoin d’énormément d’eau mais un certain modèle agro-industriel qui produit de la céréale, dont en bout de chaîne 7 % environ sert finalement à l’alimentation humaine.

    Vous dites que c’est la répression des manifestant·es de Sainte-Soline contre les mégabassines qui vous a donné l’envie de faire ce livre. Pourquoi ?

    F. B. : L’usage extrême de la violence pour réprimer des militants qui défendaient l’eau comme un patrimoine commun, ce qui est inscrit dans la loi, nous a effectivement frappés. L’idée d’accaparement de l’eau était au cœur de cette mobilisation et cela nous a conduits à nous interroger sur les acteurs qui aujourd’hui accaparent cette ressource avec le soutien de l’État.

    N. C. : Concernant l’agriculture, c’était intéressant d’essayer d’enquêter sur le fonctionnement de ce petit monde du lobbying de la FNSEA. Le principal syndicat agricole a un groupe dédié spécialement au lobbying sur la production du maïs, et ce lobby a son propre lobby interne spécialement dédié à l’irrigation du maïs. Pourquoi ? Parce qu’on a besoin de beaucoup d’eau pour le maïs, et en particulier au pic de chaleur, parce que c’est une plante tropicale.

    Ils ont travaillé à diffuser l’idée, notamment dans les médias, qu’il fallait absolument stocker l’eau d’hiver pour l’été parce que sinon l’eau « partirait à la mer ». En fait, d’après les compréhensions du cycle de l’eau, il est au contraire important de laisser l’eau s’infiltrer dans la terre, être stockée dans des zones humides, comme l’expliquent les hydrogéologues. Le lobbying de la FNSEA a aussi consisté à faire travailler le concept de « souveraineté alimentaire », qui signifiait initialement la capacité de manger ce qu’on produit, et qui désigne à présent la capacité de choisir vers qui l’on exporte notre production. Au nom de la « souveraineté alimentaire », on soutient les producteurs de maïs qui exportent pour nourrir le bétail.

    Et vous montrez aussi comment désormais la transition écologique – avec le besoin d’électrifier les usages – sert aussi de prétexte à sécuriser l’accès à l’eau pour les industriels des semi-conducteurs ou des data centers.

    F. B. : Oui, parce qu’on a une transition écologique qui est carbo-réductionniste, c’est-à-dire qui s’intéresse uniquement aux émissions de CO2, en occultant tout le reste. Et, effectivement, l’électrification, comme le numérique, implique une course aux métaux, ce qui veut dire des besoins colossaux en eau.
    C’était important pour nous de déconstruire certaines idées reçues, notamment celle d’une « transition écologique et numérique ».

    Comme si, en soi, le numérique était synonyme de mieux-disant écologique. C’est absolument faux et c’est le fruit d’un récit, forgé depuis des décennies, pour nous faire croire que le numérique s’affranchirait de la matière et de la pression sur les écosystèmes.

    En réalité, depuis les mines, en passant par la production de semi-conducteurs, le fonctionnement des data centers, jusqu’à tous les appareils numériques qu’on a entre nos mains, on a un continuum qui demande beaucoup, beaucoup de matières premières et, à chacune des étapes, énormément d’eau. À un moment, ce n’est plus soutenable.

    Face à ce secteur-là qui est dans une croissance exponentielle, notamment en raison du développement de l’intelligence artificielle (IA), il y a une forme de gouffre hydrique qui se présente devant nous. Il faut se rappeler que le secteur des data centers, c’est 30 % de croissance par an. Aux États-Unis, on construit plus de data centers que de bureaux. Là, le côté systémique est intéressant, car qui pointe le bout de son nez dans cette équation-là ? Ce sont les acteurs industriels de l’eau, qui disent : « Vous n’y arrivez pas, mais on peut vous construire une usine de désalinisation, on peut produire de l’eau pour vous. »

    Effectivement, vous le montrez bien, plus la ressource en eau est dégradée, plus il y a un marché.

    N. C. : Oui, ce sont des sortes d’intérêts bien compris où le secteur des technologies de dépollution de l’eau devient l’acteur qui permet aux autres leur forme d’accaparement. Sans ces « solutions » de traitement de l’eau de plus en plus complexes et chères, on serait obligés de se demander justement comment on utilise l’eau, comment on se la partage. En somme, de questionner les usages de l’eau.

    Là-dessus, nous racontons comment des géants de l’eau comme Veolia, Suez et d’autres, qui faisaient leur business en distribuant l’eau dans les villes, ont été obligés de revoir leur modèle, prenant acte d’un mouvement de remunicipalisation (à la suite de nombreux scandales financiers notamment). Ils se présentent depuis une dizaine d’années comme des champions de la « transition écologique » et de la dépollution. D’après leurs déclarations aux investisseurs, leurs clients ne sont pourtant pas les usagers individuels, vous et moi, qui avons besoin d’eau pure au robinet : leurs principales cibles commerciales sont les infrastructures industrielles, comme les data centers ou les usines de semi-conducteurs, qui ont besoin d’eau très pure pour ne pas corroder leurs équipements, etc.

    Ces procédés sont aussi extrêmement énergivores et ont des effets délétères sur les écosystèmes. L’eau relève d’enjeux éminemment locaux. Ce qui est prélevé ici ne peut pas être compensé en remplissant une nappe à l’autre bout du pays. Et puis derrière, quid de tous les autres effets de l’extraction minière, sur la biodiversité, sur la destruction des terres arables qu’on utilise pour alimenter cette machine ?

    F. B. : Ce solutionnisme technologique est un autre nom pour le business as usual et la destruction du vivant. La réutilisation des eaux grises, qui semble être du bon sens, c’est une façon de ne pas questionner les usages, de les pérenniser, et c’est de l’eau qui n’est pas rendue aux milieux. Donc, cela portera atteinte à la bonne santé des écosystèmes.

    Et puis, on peut dérouler le même raisonnement sur la désalinisation, qui répond à la même logique, avec toujours des conséquences très lourdes d’un point de vue écologique. L’impensé, c’est celui des interdépendances. On ne peut pas traiter le sujet de l’eau isolément, sans traiter celui de la biodiversité, de la santé des milieux, de la santé humaine. Alors que dans le débat public, dans les discours politiques, le sujet a tendance à être traité de manière uniquement technique, comme une question de flux, de stocks. Les industriels de l’eau parlent de « produire de l’eau », comme si on pouvait en fabriquer de toutes pièces, ce qui est complètement inepte.

    L’eau en bouteille a historiquement construit son modèle économique sur celui de la santé. Les industriels ne voient pas d’un mauvais œil l’inquiétude grandir sur la qualité de l’eau.

    F. B. : Le risque avec l’eau en bouteille, deux mille fois plus énergivore que l’eau du robinet, c’est que cela devienne effectivement une réponse de marché à un problème public, qui est celui de la qualité de l’eau. Et en même temps, l’industrie de l’embouteillage a subi quand même des revers, des polémiques qui font que la pureté supposée des eaux en bouteille en a pris un coup. Un doute est en train de se diffuser autour des eaux en bouteille, avec, évidemment, le cas emblématique de Nestlé, mais pas uniquement.

    Et il y a tout ce qu’on ne veut pas voir quand on parle de qualité de l’eau au sens large, qu’il s’agisse de l’eau en bouteille ou du robinet. Il y a plein de choses qu’on ne tente pas de détecter. Sur la question des PFAS, c’est particulièrement interpellant. On se rend compte qu’on contrôle 20 PFAS depuis janvier 2026, alors que l’EPA américaine parle de 14 000 variétés de PFAS ou qu’une autre agence américaine évoque plutôt 2 millions. Il y aurait sans doute une panique morale totale si on commençait à essayer de détecter tout ça.

    N. C. : Face aux pollutions au PFAS, aux pesticides, on se dit : soit on boit de l’eau en bouteille, soit on « maxifiltre » l’eau qui va arriver au robinet. Et c’est ce qu’on voit en Île-de-France avec le projet du Syndicat des eaux de la région, qui est un projet à 1 milliard pour avoir de l’eau potable pour une partie des communes d’Île-de-France, dont Paris ne fait pas partie. Ce projet mise très majoritairement sur le traitement, alors qu’il serait entre cinq et dix fois moins cher de prévenir plutôt que guérir, d’après certaines études. La régie publique Eau de Paris, par exemple, a essayé de passer des pactes avec les agriculteurs pour avoir moins d’épandage de pesticides, donc ils peuvent se permettre de mettre en place des solutions de traitement moins coûteuses.

    Mais certains y trouvent leur compte. L’entreprise DuPont, qui est une grande émettrice de PFAS, est la même qui vend des membranes de filtration des PFAS pour potabiliser l’eau. Water Europe, qui est le lobby européen des entreprises de traitement de l’eau, dont Suez-Veolia et autres, demande à la Commission européenne 255 milliards sur cinq ans, juste pour investir dans ces technologies de traitement. Il y a un risque de système à deux vitesses, entre les grandes métropoles qui pourront investir dans ces systèmes très coûteux de dépollution de l’eau et des communautés de communes rurales pour lesquelles ce sera beaucoup trop cher.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/080526/megabassines-data-centers-la-guerre-contre-l-eau-s-est-intensifiee
    #centres_de_données #guerre_de_l'eau #privatisation #rareté #pollution #sécheresse #eau_potable #pesticides #PFAS #Sainte-Soline #accaparement #guerre_contre_l’eau #agriculture #préfectorialisation #démocratie #démocratie_locale #reverticalisation #économie #intérêts_économiques #lobbying #santé #écosystèmes #intérêt_général_majeur #loi_Duplomb #irrigation #industrie_agro-alimentaire #répression #résistance #violence #FNSEA #maïs #cycle_de_l’eau #souveraineté_alimentaire #élevage #bétail #transition #numérique #matières_premières #IA #AI #intelligence_artificielle #data_centers #centres_de_données #dépollution #Veolia #Suez #business #remunicipalisation #municipalisation #semi-conducteurs #énergie #techno-solutionnisme #eaux_grises #désalinisation #interdépendances #biodiversité #eau_en_bouteille #Nestlé #qualité #qualité_de_l'eau #pesticides #business #DuPont #filtration #Water_Europe

    • Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau

      Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, un déluge de grenades s’abat sur les manifestants. Plusieurs personnes restent à terre. Deux tombent dans le coma. Marqués par cet épisode, Fabien Benoit et Nicolas Celnik se lancent dans une vaste investigation et découvrent que les mégabassines ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

      Ils livrent ici les résultats de leur enquête, menée sur plus de deux ans, sur ces entreprises qui ont fait main basse sur l’eau, ces « assoiffeurs » qui ont privatisé ce bien commun et prévoient désormais de tirer profit de la pénurie qui s’annonce, avec le soutien de l’État.

      Cet ouvrage entend mettre à jour les stratégies et plans pensés par ces entreprises pour accroître encore leur emprise en faisant appel au solutionnisme technologique, qui nous enserre collectivement et nous empêche d’enclencher une véritable discussion politique et démocratique sur le partage de l’eau.

      Du lobbying en faveur des mégabassines aux efforts des grands acteurs du numérique pour masquer leur consommation d’eau, en passant par les manœuvres des producteurs de PFAS pour vendre des solutions dépolluantes à des prix exorbitants, ce livre-enquête révèle l’ampleur du dévoiement de la « démocratie de l’eau à la française », court-circuitée par des collusions politiques et jeux de pouvoir.

      https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Les_Assoiffeurs-9791020923691-1-1-0-1.html
      #livre

    • et Veolia c’est qui ? c’est Bolloré.
      Et quels sont les députés qui ont refusé de laisser les premiers m3 d’eau gratuits aux pauvres ? c’est les députés fachos, oups les nazis, oups les députés du parti fondé par des nazis.
      A Toulouse ils te collent du Eau-Toulouse-Metropole mais en fait derrière c’est Véolia Bolloré. Du Moudenc tout craché. Et l’eau est devenue plus cher l’été, tour de passe passe.

  • Les #mégabassines du #Poitou sont au #point_mort, révèle un document interne

    Dans une lettre envoyée à des agriculteurs du Poitou, que Reporterre s’est procurée, le maître d’œuvre du projet de mégabassines égraine de nombreux #blocages semblant menacer la #viabilité même du projet.

    C’est un mail un peu spécial qu’ont reçu, le 25 août, les agriculteurs de la région où sont en construction les mégabassines des #Deux-Sèvres, de la #Vienne et de #Charente-Maritime. Illustrée de l’horizon bleu-vert de ces réserves massives d’#eau destinées à l’#irrigation, la « Lettre d’information de la Coopérative de l’eau 79 » (#Coop_de_l’eau_79, maître d’œuvre du projet) décrit un projet au point mort : la plus grande mégabassine construite est #inutilisable, les chantiers sont à l’#arrêt faute d’argent, des négociations politiques traînent...

    Autant de #difficultés qui apparaissent entre les lignes et jettent le doute sur la viabilité de ce projet au centre du débat sur la gestion de l’#eau_agricole. Ce document, que Reporterre s’est procuré et reproduit ci-dessous, interroge sur la survie des mégabassines du Poitou.

    #Sainte-Soline à sec et pour longtemps

    Le premier enseignement de ce document concerne la mégabassine de Sainte-Soline, la plus grande réserve du projet construite à ce jour et point de fixation de la contestation depuis la manifestation de mars 2023. Cette mégabassine, avec trois autres non sorties de terre, s’est vue retirer son autorisation environnementale après un arrêt de la cour d’appel administrative de Bordeaux. Dans sa lettre, la Coop de l’eau prévoit de déposer en 2026, sans préciser la date, la demande de #dérogation d’#espèce_protégée demandée par les juges. Au premier regard, une simple démarche administrative.

    Si la #loi_Duplomb — réautorisant notamment des pesticides interdits — simplifie un peu l’affaire en définissant ces réserves d’eau d’« #intérêt_public_majeur », l’arrêt de la cour d’appel administrative exige de remplir deux autres conditions qui portent sur une #espèce_menacée, l’#outarde_canepetière, en produisant études et propositions pour réduire et compenser les dégâts des travaux.

    D’après Marie Bomare, juriste pour Nature Environnement 17, il faudra plus qu’un formulaire administratif du type Cerfa pour répondre à cette exigence : « L’#outarde étant dans une situation critique, il apparaît difficile de la maintenir dans un état de conservation favorable comme le demande la loi alors que les bassines s’implantent en plein dans leur habitat. »

    « Un symbole fort »

    Or, pas de dérogation, pas de remplissage. Et, suivant le principe de « substitution » d’une mégabassine, le #remplissage ne peut avoir lieu qu’en « haute eau », c’est-à-dire quand il est possible de pomper dans les nappes phréatiques remplies par les précipitations d’automne et d’hiver. Faute de dérogation avant le printemps, la bassine pourrait rester à sec durant la saison d’arrosage. Un gros manque à gagner pour les onze agriculteurs raccordés qui comptent sur cette eau, notamment pour leurs #céréales. Mais aussi un énorme trou dans la caisse de la Coop de l’eau 79, qui facture cette eau « sécurisée » au prix fort.

    Des chantiers à l’arrêt

    Second point de blocage : voilà plus d’un an que devaient débuter les travaux d’une nouvelle bassine à #Saint-Sauvant (Vienne). Or, rien n’a été fait. « Des prochains chantiers de construction sont à l’étude, l’engagement du département est un enjeu majeur pour la suite du programme », explique poliment la Coop de l’eau 79 dans son communiqué.

    Sous cette formule évasive se cachent deux problèmes liés au #financement du projet. Comme l’expliquait récemment Reporterre, l’explosion des #coûts (notamment de sécurisation et d’électricité) a privé la Coop de l’eau de l’argent nécessaire à de nouveaux chantiers.

    Parmi les pistes de financement, les dirigeants négocient depuis plusieurs mois avec la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres, Coralie Dénoues, qui confirmait dans un article du Parisien « [bien travailler] avec la Coop de l’eau 79 pour assurer la continuité du projet et pour le soutenir ».

    Par « soutien », la Coop de l’eau 79 espère ici récupérer des financements publics pour couvrir les frais des travaux. En pratique, les promesses de la présidente semblent difficiles à tenir : « Ce projet n’apparaît pas dans le plan pluriannuel d’investissement du conseil départemental et notre budget ne permettrait pas de financer une structure déficitaire sans couper ailleurs, analyse un élu d’opposition sous couvert d’anonymat. De plus, cela ne relève pas de nos compétences : il faudrait le soutien de la région ou de l’État pour s’engager. »

    Contacté par Reporterre, le conseil départemental des Deux-Sèvres n’a pas donné suite.

    Des irrigants abandonnés en rase campagne

    Avec 4 mégabassines construites sur les 6 attendues avant 2025 et les 16 prévues au total, beaucoup d’irrigants autrefois favorables à ces infrastructures s’impatientent d’avoir un jour « leur bassine », pour laquelle ils paient l’eau bien plus cher qu’ailleurs, comme l’expliquait Reporterre.

    Dans le nord des Deux-Sèvres, sur le bassin du #fleuve_Thouet, certains agriculteurs n’ont même pas vu le moindre projet d’ouvrage. Dans des termes choisis, la Coop clarifie la situation dans son communiqué : un plan d’action est à l’étude, et « peut prendre plusieurs formes dont la clôture temporaire de la section du #Thouet ». Pour le sud des Deux-Sèvres, sur la rivière #Boutonne, la situation bloquée depuis un an est suspendue aux résultats de « travaux ». Laissant d’autres agriculteurs dans l’attente de savoir si oui, ou non, ils auront leur bassine.

    Mauvais signal pour les autres projets

    « En 2025, l’activité de la Coopérative de l’eau 79 est largement orientée vers la communication », conclut la Coop comme un aveu, avant d’encourager les agriculteurs à « [montrer leurs] pratiques, [leurs] avancées technologiques ou en matière d’assolement ». Comme une injonction à envoyer les signaux nécessaires pour recevoir le soutien attendu des pouvoirs publics. Malgré cette priorité donnée à la communication, la Coop de l’eau 79 n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    « Le bulletin le dit avec beaucoup de langue de bois, mais le constat est là : le bateau prend l’eau de toute part », affirme à Reporterre Julien Le Guet, porte-parole de Bassines non merci. Sans aller jusqu’à crier victoire, il perçoit l’accumulation de signes de fragilité comme des révélateurs : « Le statu quo sur Sainte-Soline, c’est un symbole fort. L’arrêt des chantiers offre une année de répit aux outardes. Une victoire écologiste, cela peut parfois être juste de freiner un projet. »

    Au moment où la loi Duplomb semblait ouvrir grand la porte à la généralisation du modèle, les difficultés rencontrées par ce projet phare pourraient bien rafraîchir les irrigants qui rêvent de leurs propres réserves.

    https://reporterre.net/Les-megabassines-du-Poitou-sont-au-point-mort-revele-un-document-interne
    #agriculture

    • #Mégabassines : la #France recadrée par un rapporteur de l’#ONU

      Un #rapporteur_spécial de l’ONU pointe du doigt des mesures discriminatoires prises contre une petite association, l’#Apieee. À cause de son engagement #antibassines, celle-ci aurait subi des #représailles de deux préfectures.

      Un rapporteur de l’ONU qui prend la plume pour défendre une petite association du Poitou, voilà un soutien que les adeptes de l’agro-industrie n’ont sûrement pas vu venir. L’Association de protection d’information et d’étude de l’eau et de son environnement (Apieee) pourrait ainsi être reconnue #victime de #discriminations en infraction avec le #droit_international. Et ce, grâce à une lettre (à lire en ligne ici) rédigée par Michel Forst, rapporteur spécial de l’ONU, envoyée aux autorités françaises.

      Depuis 1990, la petite association fondée à l’ombre de la forêt de Chizé, à une demi-heure de route à l’ouest de Sainte-Soline, s’emploie à protéger rivières, étangs et nappes des Deux-Sèvres contre les excès de l’agriculture. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’elle se soit engagée contre la construction de dix-neuf réserves de substitution – les fameuses mégabassines – dès l’enquête publique, en février-mars 2017.

      Cela lui a valu bien des inimitiés. Celle de deux préfectures notamment, qui ont sabré ses subventions et l’ont exclue de certaines instances de gouvernance locale. Une réaction qui a suscité les inquiétudes du rapporteur.

      Coupe de subvention et exclusion

      Dans sa lettre, Michel Forst fournit un détail exhaustif des faits et conclut, à l’adresse des pouvoirs publics : « Je vous demande instamment de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à la persécution, à la pénalisation et aux mesures vexatoires. »

      De quelle « persécution » s’agit-il ? Déjà, de la mise à l’écart de l’Apieee de moult organes de gestion des ressources en eau. Un exemple qui constitue le premier motif d’alarme du rapporteur : son exclusion du comité scientifique et technique du bassin #Sèvre_Niortaise-Mignon à la suite du refus de l’association de signer un protocole d’accord à la construction de mégabassines piloté par la #préfecture des Deux-Sèvres. On peut citer aussi son exclusion de la commission locale de l’eau de la #Boutonne, qu’elle a appris fin 2024 dans un arrêté du préfet de Charente-Maritime.

      Deuxième représaille : la perte de 8 000 euros de #subventions et donc l’obligation de mettre fin au contrat d’un animateur nature, en 2023. Le motif ? L’association aurait incité à la participation à une manifestation antibassines. Au lendemain de la grosse manifestation de Sainte-Soline de 2022, des gendarmes ont découvert dans un camion à proximité du site un devis perdu entre deux tables pliantes et un matelas : 6 tentes d’appoint, 4 blocs de 3 toilettes sèches… Pour un montant de 400 euros, ce devis est adressé à l’Apieee « pour la manifestation Bassines non merci ».

      « La France est tenue de protéger le droit de manifester »

      Un mois plus tard, le délégué régional académique de Nouvelle-Aquitaine stoppait la subvention perçue par l’Apieee pour ses actions de sensibilisation à l’environnement dans les écoles du fait de « la participation de l’association à l’organisation de la mobilisation contre les retenues de substitutions les 29 et 30 octobre 2022 ». « Nous avions refusé de participer à l’organisation précisément pour éviter ça, on n’a jamais vu ce devis ! s’indigne Joëlle Lallemand, porte-parole de l’Apieee jointe par Reporterre. J’ai transmis nos relevés de compte pour montrer que nous n’avions rien dépensé, on m’a répondu que j’avais pu payer en liquide... »

      Michel Forst, le rapporteur, considère de toute manière que « [m]ême si elle avait été impliquée » dans la manifestation de Sainte-Soline, « la France est tenue de respecter et de protéger le droit de manifester pacifiquement pour l’environnement ».

      En plus de la perte de la subvention, l’association a été exclue par la préfète des Deux-Sèvres des instances de gestion de l’eau de la région — comité ressource, commission locale de l’eau, etc. Un motif suffisant pour lancer une procédure auprès du tribunal administratif de Poitiers. Laquelle est toujours en cours.
      « Protéger les associations de terrain est crucial »

      Signée par la France en 2002, la Convention d’Aarhus (convention régionale des Nations unies sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement) oblige les États qui s’y rallient à s’assurer que les militants « ne soient en aucune façon pénalisés, persécutés ou soumis à des mesures vexatoires en raison de leur action ». Elle a institué en octobre 2021 un rapporteur spécial sur les défenseurs de l’environnement, fonction occupée par Michel Forst depuis juin 2022.

      Certes, le courrier rédigé par Michel Forst n’a aucune valeur contraignante. Mais, « les traités internationaux sont supérieurs aux lois : une telle lettre produite dans le cadre d’une procédure peut avoir un impact sur un juge administratif, s’enthousiasme Pia Savart, juriste pour France Nature Environnement, dont fait partie l’Apieee. Protéger les associations de terrain est crucial car ce sont elles qui font le travail de fond : s’en prendre à elles, c’est entraver la protection de l’environnement. »

      Depuis que la lettre a été transmise au ministère des Affaires étrangères, dès avril, rien n’a pour l’instant bougé. Contactées par Reporterre, les deux préfectures mises en cause n’ont pas donné suite.

      https://reporterre.net/Megabassines-la-France-recadree-par-un-rapporteur-de-l-ONU

  • « L’adoption de la loi Duplomb constitue un moment de rupture démocratique inédit »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/07/13/l-adoption-de-la-loi-duplomb-constitue-un-moment-de-rupture-democratique-ine

    Sans cheveux ni sourcils, le visage émacié, encore marqué par l’épreuve de la maladie et de son traitement, une femme assistait de l’un des balcons du Palais-Bourbon, mardi 8 juillet, au vote solennel de la proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb (Les Républicains, Haute-Loire), « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur ». Fleur Breteau, la quarantaine, fondatrice du collectif Cancer Colère, était invitée par des élus de gauche à assister au vote, aux côtés d’autres membres de la société civile. A l’adoption du texte, par les députés de l’arc bleu-brun et leurs supplétifs du parti présidentiel, sous les applaudissements victorieux, Fleur Breteau a crié : « Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir ! »

    En réponse, ainsi que l’ont rapporté des journalistes présents, des rires ont traversé l’Hémicycle. Voici ce qu’une majorité de la représentation nationale avait à opposer, ce jour-là, au désarroi et à l’indignation de cette jeune femme et, à travers elle, à l’inquiétude de la société civile et de l’ensemble des communautés scientifiques concernées : une hilarité désinvolte, un cynisme méprisant, un virilisme de vestiaire.

    Le cri de Fleur Breteau ne se comprend pas si l’on se contente de dire pour quoi les députés ont voté. Il faut surtout expliquer contre qui ils ont voté. Ils ont, bien sûr, voté contre tout ce que la France compte d’associations de défense de l’environnement, mais ce n’est pas très étonnant. Ils ont surtout voté contre vingt-deux sociétés savantes médicales, contre la Ligue contre le #cancer, contre les administrateurs et les personnels de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, contre le troisième syndicat agricole de France, contre la Fondation pour la recherche médicale, contre vingt mutuelles, groupes mutualistes ainsi que la Fédération des mutuelles de France, représentant plusieurs millions d’assurés, contre le Conseil scientifique du CNRS, contre la Fédération des régies d’#eau potable, contre des centaines de médecins et de chercheurs qui ont signé intuitu personae des tribunes et des lettres ouvertes.

    [...]

    Les faits ont été considérés comme accessoires, la réalité du monde physique soluble dans les intérêts particuliers d’une petite minorité d’exploitants. Aucun débat n’a ainsi été possible, ni à l’extérieur ni à l’intérieur de l’Hémicycle. Au reste, que répondre à Laurent Duplomb lorsqu’il prétend que les haies s’étendent, alors que le rythme de leur disparition (plus de 23 000 kilomètres par an) a doublé depuis 2017 ? Que répondre lorsqu’il assure que le changement climatique est plutôt bénéfique pour sa région ?

    https://archive.ph/boriq

    la privatisation de la politique est d’« intérêt général public majeur »

    #agriculture #FNSEA #écologie #pesticides #megabassines #élevages_hors-sol #loi_Duplomb

  • Duplomb dans l’aile
    https://lundi.am/Duplomb-dans-l-aile

    Alors que tous les regards étaient tournés vers la Turboteuf qui se tenait dans le Tarn contre la reprise des travaux de l’#A69, c’est dans l’Ouest du pays que les mésanges (de l’Histoire) semblent avoir frappé. Selon le communiqué que nous avons reçu dans la nuit, 4 #méga-bassines ont été désarmées ces derniers jours ; deux, illégales de longue date sur les communes de Ferrières et Benon en Charente-Maritime, une autre à Sainte-Gemme-la-Plaine en Vendée et une dernière à Fouqueure en Charente. (...) revendication #vidéo du collectif DUPLOMB (Débâchages Unis Pour L’Obstruction aux Méga-Bassines) ...

    #sabotage

  • En pleine élection agricole, le Sénat vote le retour des #insecticides tueurs d’abeilles

    Lundi 27 janvier, le Sénat a voté le retour des #néonicotinoïdes et des facilitations accordées à la construction des #mégabassines. Une proposition de #loi venue du sénateur et ancien élu de la #FNSEA Laurent Duplomb, qui devra passer en deuxième lecture à l’Assemblée nationale.

    Au Sénat, lundi 27 janvier, deux positions se sont opposées. Les tenant·es du « pragmatisme » et de la « compétitivité » l’ont emporté face à des élu·es qui craignent un « grand recul » et défendent des « alternatives ». En définitive la réintroduction des néonicotinoïdes a été votée, pour « sauver » les filières des #betteraves_à_sucre et de la #noisette. Ces insecticides tueurs d’abeilles étaient interdits en France depuis 2018. Le débat a été tout aussi enflammé concernant le #stockage_d’eau pour des fins agricoles et la redéfinition des #zones_humides, et là aussi ce sont les défenseurs de l’agriculture productiviste qui l’ont emporté.

    À l’origine de cet affrontement : la #proposition_de_loi (#PPL) visant à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » à l’initiative du sénateur Les Républicains (LR) #Laurent_Duplomb, finalement adoptée à 233 voix contre 109. Cet agriculteur, ancien élu de la FNSEA-JA (Jeunes Agriculteurs) et ancien président de la chambre d’agriculture de Haute-Loire, et dont le fils est lui-même, depuis l’an dernier, président des #Jeunes_Agriculteurs du département, a réussi à mettre son texte à l’agenda du Sénat en pleine élection agricole, après avoir déjà présenté la semaine dernière un amendement au budget pour supprimer l’Agence Bio.

    La PPL a ainsi court-circuité la poursuite du travail parlementaire sur la #loi_d’orientation_agricole – dont l’examen par la chambre haute est suspendu depuis la dissolution de juin 2024 et doit commencer le 4 février –, parfois en le doublonnant, mais surtout en allant encore plus loin dans la remise en cause de mesures environnementales.

    « La plume officielle de la FNSEA »

    La réintroduction des néonicotinoïdes, emblématique de ce texte, concerne l’#acétamipride, une molécule qui, après son interdiction, avait bénéficié d’une dérogation jusqu’en 2020. Elle est destinée à lutter contre les insectes suceurs dans les cultures de végétaux feuillus et de fruits à coque. Même si l’amendement de compromis présenté par la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a nuancé le texte initial porté par Laurent Duplomb, le faisant évoluer d’une réautorisation stricto sensu de la substance à une nouvelle #dérogation, la gauche et les écologistes étaient unanimes contre tout aménagement ouvrant la voie à un retour de ce produit toxique dans les champs.

    L’opposition a tenté, en vain, de « débunker » les assertions des défenseurs du texte – les deux rapporteurs, le président de la commission des affaires économiques, la ministre de l’agriculture et, plus largement, les élu·es des partis gouvernementaux. Ainsi, pour Daniel Salmon, du groupe Écologiste Solidarité et territoires, élu en Ille-et-Vilaine : « Ce genre de procédure [la dérogation – ndlr] nous amène à traîner sans chercher les alternatives. Or les alternatives existent déjà. Certes, sans néonicotinoïdes, les rendements baissent. Mais regardons les betteraves à sucre : on produit 70 % de sucre en plus de ce qu’on consomme. Produire plus, pourquoi pas, mais ça se fait au détriment de la santé et de la biodiversité. »

    Le socialiste Jean-Claude Tissot, lui-même agriculteur et membre de la Confédération paysanne, a dénoncé avec cette PPL « un contresens historique » et « un populisme rétrograde en rupture totale avec la transition écologique », et rappelle qu’en avril 2023, le directeur scientifique de l’Inrae avait été auditionné dans l’enceinte du Sénat. « Il nous avait expliqué que l’acétamipride est pire que l’imidaclopride [autre néonicotinoïde interdit – ndlr], et que c’était le #chlordécone de l’Hexagone, relate le sénateur de la Loire. Ce que vous faites s’appelle de l’#obscurantisme. Vous niez la #science car vous mettez le rendement économique devant tous les paramètres. Qu’allez-vous dire à nos petits-enfants qui vont subir des #dérèglements_hormonaux ? » L’opposition a, à plusieurs reprises, dénoncé une remise en cause du principe de non-régression du droit de l’environnement.

    À des années-lumière de ces interrogations, Laurent Duplomb n’a cessé d’assurer, lui, que cette PPL ne constituait en aucun cas « une #régression ». Tout au contraire, l’éleveur de Haute-Loire s’est vanté de « mettre fin à dix années d’interdiction » pour reconquérir des parts de marché perdues face à d’autres pays européens où l’acétamipride est autorisé, comme la Pologne, sur un ton qui frisait bon le paternalisme face à une opposition interloquée. « L’enfant, quand il fait une erreur, on le lui dit et on l’éduque. Eh bien, pour une fois, on va éduquer en corrigeant les erreurs que nous avons faites dans le passé. »

    « Ayons le courage de sortir de l’#obscurantisme_vert », « Continuez, madame, de mettre les agriculteurs dans le corner », a également lancé le sénateur FNSEA, incriminant au passage « le lobby de la Confédération paysanne ».

    Mais c’est surtout un discours collant aux éléments de langage de la FNSEA-JA et de la #Coordination_rurale qui a dominé l’hémicycle lundi soir, alors qu’agricultrices et agriculteurs sont appelés ces jours-ci, jusqu’à vendredi, à élire leurs représentantes et représentants syndicaux : il fallait « sauver la ferme France », et le corapporteur du texte Franck Menonville (Union centriste) fustigeait « une surtransposition mortifère » et « une avalanche de normes toujours plus contraignantes »...

    Nicole Bonnefoy, pour les socialistes, a ainsi dénoncé « la plume officielle de la FNSEA au Sénat, qui en cette période électorale veut montrer son influence au Parlement ». « Jamais les mots #santé et #biodiversité ne sont utilisés, alors que ce sont des choses essentielles. On ne parle ici que d’#économie », a déploré la sénatrice.

    #Pulvérisation de #pesticides par #drone

    Dans son introduction générale, le président de la commission des affaires économiques, Pierre Cuypers, avait souligné que le texte était « né du constat que le projet de loi agricole évitait soigneusement les sujets qui fâchent, comme l’utilisation des #produits_phytosanitaires. […] Le texte se veut court, pour s’attaquer à quelques irritants majeurs, comme la séparation du conseil et de la vente des produits phytosanitaires ». Force est de constater que la discussion au Sénat n’a en rien levé les profonds désaccords sur ces sujets.

    Le gouvernement a toutefois apporté quelques nuances : la séparation de la vente et du conseil vaudra pour les distributeurs de produits phytosanitaires, pas pour les fabricants comme le voulait le texte initial. L’exécutif a également bloqué sur la volonté des rapporteurs du texte de lever l’interdiction du rabais sur les pesticides : c’était là une « ligne rouge », a expliqué Annie Genevard, qui a fait retirer ce point.

    Pour le reste, la ministre de l’agriculture a suivi les orientations de la PPL, proposant des modifications à la marge pour « sécuriser le texte » d’un point de vue juridique, et elle a remis à la Conférence de l’eau promise par le premier ministre lors de sa déclaration de politique générale la discussion sur une nouvelle « hiérarchie des usages de l’#eau ».

    Pulvérisation de pesticides par drone, possibilité pour le ministère de demander à l’Anses l’examen prioritaire d’un produit en vue de son autorisation de mise sur le marché, facilitation des projets de bâtiments d’élevage et de stockage d’eau ouvrant la voie à de nouvelles #retenues_collinaires et mégabassines pour « #intérêt_général_majeur », assouplissement de la définition des zones humides : les principales mesures contenues dans cette PPL ont donc été adoptées et constituent autant de périls pour la préservation des écosystèmes et la santé des populations. L’opposition a pointé en outre, sur plusieurs dispositions, le risque de se mettre en porte-à-faux vis-à-vis du droit européen.

    L’avenir du texte, cependant, n’est pas acquis. La deuxième lecture, à l’Assemblée nationale, pourrait faire apparaître beaucoup plus de réserves parmi les député·es MoDem et Renaissance, où l’on défendait, pendant les débats sur la loi d’orientation agricole au printemps dernier, une approche plus modérée face à la levée des garde-fous environnementaux.

    https://www.mediapart.fr/journal/politique/280125/en-pleine-election-agricole-le-senat-vote-le-retour-des-insecticides-tueur

  • L’« agribashing », un élément de langage endossé par les pouvoirs publics pour un phénomène quasi introuvable
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/12/27/l-agribashing-un-element-de-langage-endosse-par-les-pouvoirs-publics-pour-un

    Cinq ans après leur mise en place, les observatoires de l’agribashing, chargés d’évaluer, à l’échelle des départements, les « atteintes idéologiques » au monde agricole, ont eu une activité très limitée, voire nulle, selon des documents obtenus par l’ONG ARIA.

    • Quel a été le bilan de ces mesures ? Loin des discours qui ont légitimé, en 2019, l’ouverture de la chasse à l’agribashing, ce phénomène demeure cinq ans plus tard quasi introuvable. Tout en se situant au centre de propositions parlementaires visant à durcir la réponse pénale face aux actions des militants environnementalistes.

      [...]

      La préfecture de Vendée mentionne deux réunions, en janvier 2020 et en avril 2021, mais leurs comptes rendus ne signalent aucune #atteinte_idéologique. En janvier 2020, 198 délits commis sur des exploitations sont identifiés, dont 140 vols divers, un vol avec violence, 34 cambriolages, 23 actes de destructions. Aucune mention de liens avec l’activisme écologiste ou antispéciste. En avril 2021, le constat n’est guère différent, le seul délit pouvant relever d’une atteinte « idéologique » est une intrusion dans une exploitation porcine, mais le compte rendu de la réunion de l’observatoire ne précise pas les motivations du prévenu. Le dispositif mis en place ne semble pas avoir été d’une grande nécessité puisque ensuite, selon la préfecture de Vendée, « l’instance ne s’est pas réunie de 2022 à 2024 »

      De même, la préfecture de Seine-Maritime relève une unique réunion, le 17 janvier 2020, pour lancer l’observatoire. Le compte rendu de celle-ci signale « le phénomène d’attaques militantes antispécistes caractérisées par des intrusions suivies de tags et la diffusion des vidéos prises lors de ces forfaits sur les réseaux sociaux, notamment les élevages de porcs ». « Des incendies sont également à déplorer », est-il par ailleurs mentionné, sans plus de détails. « Les services de renseignement sont particulièrement attentifs à l’émergence de nouveaux groupes tels que L214, ajoute la note. Le sujet de la réglementation récente relative à l’interdiction de l’utilisation de produits phytosanitaires peut également nourrir le climat d’hostilité envers les pratiques des professions agricoles. » Les seuls éléments circonstanciés d’atteintes idéologiques sont, en novembre 2018, « des vidéos tournées lors d’intrusions (…) mises en ligne sur Internet par l’association Direct Action Averywhere [sic] ainsi que le réseau “L214” » et, en octobre 2019, « des tags à caractère antispécistes réalisés sur le mur d’une exploitation agricole à Sommery »..

      Le Monde [c’est-à-dire ici Stéphane Foucart, ndc] a contacté les #préfectures ayant fait l’objet de ces demandes d’accès aux documents, afin de recueillir leurs commentaires sur la teneur (ou l’absence) de ces documents relatifs aux observatoires de l’agribashing. Seules celles de Seine-Maritime et d’Ille-et-Vilaine ont répondu à nos sollicitations, le 25 novembre, assurant qu’elles apporteraient ultérieurement des réponses à nos questions, avant de ne plus donner suite. Les autres n’ont pas accusé réception. « A notre connaissance, seule la préfecture de la Vienne a communiqué sur le suivi des délits touchant les exploitations du département, qui compte près de 4 000 irrigants, dit de son côté Antoine Gatet, le président de France Nature Environnement (FNE). La préfecture a compté 133 plaintes en 2022 et 90 en 2023. »

      L’opacité sur les chiffres réels de l’agribashing ne se joue pas uniquement à l’échelon départemental. Le Monde a également sollicité la gendarmerie nationale à deux reprises, afin d’obtenir un bilan des actions menées par la cellule Demeter depuis sa création, en 2019 – nombre d’enquêtes, d’interpellations, de condamnations, etc. Aucune suite n’a été donnée à ces demandes.

      https://justpaste.it/7ybn3
      #Police #économie #FNSEA #Modèle_agricole #agriculture #Demeter #agribashing #écoterrorime #mégabassines #irrigants #pesticides #élevage_industriel #propriétaires #patrons #agriculteurs

    • Elections dans les chambres d’agriculture : début de la campagne le 7 janvier, report du scrutin à Mayotte
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/12/27/elections-dans-les-chambres-d-agriculture-debut-de-la-campagne-le-7-janvier-

      Alors que le secteur est en crise et que des tensions opposent les syndicats, les agriculteurs sont appelés à voter du 15 au 31 janvier, par correspondance ou voie électronique, pour élire leurs représentants professionnels.

      À suivre, sans illusion.

  • La Rochelle, le 20 juillet : nassage, gazage, matraquage…
    https://lundi.am/La-Rochelle-le-20-juillet-nassage-gazage-matraquage

    Nous sommes plusieurs milliers à constituer le cortège... Jusque là, la progression est ponctuée par les annonces en tête de cortège, une gestuelle particulière vient ponctuer le temps. Tour à tour différents signes se posent : silence, grouper, tout droit... La situation évolue au gré de la présence des forces de l’ordre. Jusqu’à 13H30, jusqu’à la charge brutale et démesurée qui fait suite à des ordres de dispersion vite balancés par haut-parleur par un membre des robocops... Quelques secondes avant la charge des lacrymos sont balancées. Nous sommes faits comme des rats. Cette charge prévisible nous entasse les uns contre les autres. La dispersion est impossible.

    C’est l’écrasement à la verticale des corps les uns contre les autres. Certain(e)s commencent à crier. Il suffirait que iel tombe et iel serait piètiné(e). En tête de cortège les #forces_de_l’ordre sont aussi présentes. Nous sommes nassés et compressés. Déjà les robocops sont sur nous, en queue de cortège. Je suis arraché à mon trinôme et expulsé vers la droite. Des gaz partout. Je sens un choc contre mon dos. Une matraque est venue atterrir là. J’ai le temps d’apercevoir il ou elle se prendre des coups de matraques assénés violemment sur le haut du corps, sur les bras levés pour se protéger. Puis, sans en avoir pris la décision, je me retrouve dans une cour d’immeuble avec 20, 30 personnes. C’est un vrai cul-de-sac. Iels courent partout, cherchant une issue. A droite un mur élevé en béton, en face pareil. Le mur de gauche est moins élevé. C’est un vieux mur en pierre, coiffé de tuiles romanes. Il doit faire environ 2m50. En faisant la courte échelle j’aide 4 ou 5 personnes à le franchir. A ce moment là nous ne savons pas ce qu’il y a derrière ce mur.

    Pendant ce temps, les lacrymos continuent à pleuvoir. Je ne suis pas trop gêné car équipé... Je me retourne et vois que personne n’est là à proximité pour m’aider à mon tour à franchir ce mur. Pas loin, côté rue j’entends les forces de l’ordre, des cris. J’aperçois une poubelle au pied d’un mur donnant sur un jardin d’une maison côté rue. Je la couche et réussi à monter sur un cabanon de jardin, puis sur le toit de la maison. Au dessus, l’hélicoptère tourne. A quelques mètres en dessous des lacrymos tombent dans le jardin. Je n’ai qu’une peur : je suis très visible d’en haut et les #FDO peuvent me localiser grâce à l’hélico. Rapidement je passe sur le toit suivant. Je me rends vite compte qu’il surplombe une maison abandonnée. Peur de passer à travers. Il faut que je descende. Une verrière en très mauvais état est accolée au mur de la maison côté jardin. Je repère que le jardin ressemble à une friche, partout des ronces, des lauriers sauces... Je m’assoies sur les armatures en fer de la verrière et tout doucement je glisse vers le bord. A nouveau peur de passer à travers. Enfin je mets les pieds au sol et me dirige comme je peux à travers les ronces vers la partie la plus couverte par des végétaux afin de souffler et me planquer. J’y retrouve 4 des personnes que j’avais aidées à franchir le mur. Elles sont tapies, essayant de se faire les plus petites possibles. Le bruit que j’ai fait en me frayant un chemin leur à fait peur. Elles pensaient que des forces de l’ordre arrivaient. Elles pensaient violence et garde à vue. Comme moi. Rapidement nous décidons d’attendre là. L’hélico continu à tourner au dessus de nos têtes assez régulièrement. Il revient toutes les 15 minutes. Impossible de bouger pendant 2 heures. J’aperçois à deux mètres un vieil escabeau en métal. Je l’arrache des ronces et autres végétaux en me disant qu’il pourrait peut être servir plus tard. Le temps passe. Nous n’échangeons que quelques mots de temps en temps.

    Subitement nos têtes se dressent. Un bruit de crépitement. Comme du bois qui brûle dans une cheminée . Nous comprenons qu’un feu est là, à quelques mètres. Puis des voix se font entendre, et rapidement le bruit spécifique d’un extincteur. La maison abandonnée est le siège d’un départ de feu. Sans doute en raison des lacrymos... De l’autre côté du mur, dans la cour d’immeuble que nous avons fuis, dans la rue, encore des déflagrations de grenades, des cris…

    Au bout de deux heures je décide de pousser plus loin la reconnaissance du jardin. (...)

    https://seenthis.net/messages/1063866

    #écologie #nasse #manifestation #police #mégabassines

  • Grâce à une « négligence » de CNews, Maxime Sirvins enquête sur cet « impressionnant arsenal saisi sur des manifestants » et fait tomber toute la communication officielle :
    https://threadreaderapp.com/thread/1813931917282349401.html

    Il a suffi d’un simple message sur Facebook pour que la personne me confirme qu’il s’agit bien d’elle et qu’il doit aller récupérer ses affaires confisquées à 40km de là.

    Quand on lui demande s’il est courant des raisons du contrôle, la personne répond via un message vocal qu’il ne sait même pas ce qu’est cette mobilisation ni ce que sont les #Megabassines. Sur ses réseaux, aucun messages ne va non plus dans le sens d’un militant.

    La personne allait juste « faire des courses » avec sa compagne quand, par hasard, ils se sont fait contrôler avec forcément, en tant que chasseurs dans la campagne, des munitions et des outils dans le coffre.

    Donc en plus de diffuser l’identité de la personne, @CNEWS, qui parle de « l’impressionnant arsenal saisi sur des manifestants », prouve l’inverse et met en plus à mal la communication officielle. Pshit...

  • Mégabassines : où en est la ruée vers l’or bleu ?
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/07/18/megabassines-ou-en-est-la-ruee-vers-l-or-bleu_6251929_3244.html


    Une réserve d’eau pour l’irrigation agricole, à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), le 12 avril 2023. DAMIEN MEYER/AFP

    Les défenseurs de l’environnement ont fait du terrain judiciaire leur principal champ de bataille. Car, en droit français et européen, ce n’est pas la garantie d’irriguer pour certains exploitants qui est mise en avant, mais la vocation des retenues de substitution à permettre le rétablissement d’une gestion équilibrée et durable de la ressource, comme l’affirment en substance tous les documents stratégiques officiels. Ainsi, le futur délégué interministériel aura pour mission première de promouvoir une « gestion raisonnée et performante » de l’#eau pour l’#agriculture, « dans le respect des équilibres des milieux et des autres usages s’inscrivant dans la gouvernance territoriale de l’eau, en particulier l’#eau_potable ». Dans les régions en déséquilibre structurel – où l’on prélève plus d’eau que la nature ne le permet –, comme c’est le cas dans le bassin de la Sèvre niortaise et du Marais poitevin depuis 1994, cela signifie qu’il faut moins puiser dans la nature.

    C’est la raison pour laquelle, le 9 juillet, le tribunal administratif (TA) de Poitiers a annulé l’autorisation pluriannuelle de prélèvements agricoles qu’avaient signée les quatre #préfets de l’ancienne région Poitou-Charentes en 2021. Celle-ci aurait permis à des irrigants de puiser 87 millions de mètres cubes d’eau cette année-là, tout en s’engageant à ne plus dépasser 84 millions de mètres cubes par an à partir de 2025. Les magistrats ont calculé, d’une part, que cela reviendrait à dépasser de 25 % à 30 % la consommation réelle observée durant cette dernière décennie. Ils ont observé, d’autre part, que la pression supplémentaire aurait lieu « à la faveur des prélèvements hivernaux », en particulier pour pomper les 10,6 millions de mètres cubes nécessaires au remplissage des #mégabassines. Cela se ferait au détriment des agriculteurs qui n’ont pas accès aux retenues et qui sont soumis aux restrictions d’arrosage en cas de sécheresses l’été.

    Les agriculteurs de la Coopérative de l’eau 79 ont immédiatement dénoncé une « décision incohérente ». Mais le TA de Poitiers avait déjà annulé pour les mêmes raisons l’autorisation pluriannuelle précédente de 2016. Le 3 octobre 2023, il a aussi refusé le feu vert délivré à la construction de quinze mégabassines, toujours dans l’ex-Poitou-Charentes.
    Le droit, dans ce domaine, « ce sont des maths », résume Marie Bomare, responsable juridique de l’association Nature Environnement 17 (Charente-Maritime), qui centralise les procédures lancées dans cette région. Il y en a tant qu’une quinzaine d’associations – dont la sienne et plusieurs adhérentes de France Nature Environnement, des fédérations départementales de pêche, la Ligue pour la protection des oiseaux, UFC-Que choisir… – ont publié, en juin, un récapitulatif de tous les recours, appels et pourvois en cassation contre les 93 réserves de substitution programmées dans l’ex-Poitou-Charentes et les prélèvements d’eau correspondants.

    De son côté, le gouvernement a décidé de restreindre les possibilités de lancer une procédure à l’encontre de mégabassines. Nonobstant les compétences acquises en la matière par les magistrats de Poitiers et ceux de la cour d’appel de Bordeaux, systématiquement sollicités en deuxième instance dans ces affaires, un décret publié le 10 mai annonce que la totalité des contentieux portant sur les ouvrages hydrauliques agricoles sera exclusivement du ressort du tribunal administratif de Paris à partir du 1er septembre. Et désormais, les délais pour déposer un recours passent de quatre à deux mois.

    #justice_environnementale #irrigation

  • Manifestations contre les #mégabassines à Sainte-Soline : la coordination rurale appelle à « sortir les fusils » ...

    https://www.revolutionpermanente.fr/Sans-l-armee-il-y-aura-des-morts-la-Coordination-Rurale-menace-

    Sur RMC, dans une rhétorique de guerre civile, le représentant de la Coordination Rurale Patrick Legras est allé jusqu’à appeler à la mobilisation de l’armée, menaçant : « s’il n’y a pas l’armée, il y aura des morts ». Déjà le 13 juillet, la coordination rurale, était sans équivoque sur ses intentions dès le titre de son communiqué : « Ne laissons pas la guerre civile s’installer dans nos campagnes » .

  • Stop méga-bassines : De Saint-Sauvant à la Rochelle, Les rendez-vous et objectifs de la mobilisation - La Grappe
    https://lagrappe.info/?Stop-mega-bassines-du-16-au-21-juillet-Plus-de-120-organisations-appelle

    Acte 1 : du 16 au 21 juillet : Tous-tes au Village de l’Eau à Melle

    Toute la semaine et dès le mardi 16 juillet, le Village de l’Eau à Melle sera un lieu de débats, de convivialité politique, de formation et de fête. Une riche programmation (https://www.bassinesnonmerci.fr/bnm79/2023/11/09/20-21-juillet-2024-stop-mega-bassines-prochaine-mobilisation-internationale/#prog-stopbassines-2024) permettra d’échanger autour des luttes pour l’eau à travers le pays et le monde. Le village sera un lieu privilégié pour s’informer sur les luttes paysannes, écologistes et sociales en cours. Un espace pour se former à l’action collective et approfondir nos alliances internationales pour la justice sociale et climatique. Un moment pour préparer la rentrée sociale. Dès cet été, il s’agit de commencer à s’organiser pour amplifier et faire confluer nos forces contre les politiques néo-libérales, le ravage écologique, la précarité sociale et la montée de l’extrême droite.

    Acte 2 : 19 juillet - Saint-Sauvant - Pas de méga-bassines ni dans la Vienne ni ailleurs !

    Le vendredi 19/07, nous vous donnons rendez-vous dans la Vienne à 12h00 dans la forêt de Saint-Sauvant, ancien maquis de la résistance Francs Tireurs Partisans, pour une grande marche populaire et un convoi de vélos. Cette journée marquera notre détermination à empêcher le démarrage de tout nouveau chantier de bassines, notamment celui annoncé pour septembre 2024 à Saint-Sauvant. Elle aura aussi pour objectif de visibiliser des coopératives agro-industrielles de la Vienne à la Limagne, qui militent activement pour les méga-bassines. Le démarrage des travaux en Vienne engendrerait inévitablement une escalade de la tension. Il est encore temps de faire « bassine arrière » alors même que ce chantier est fragilisé par le recours juridique contre le permis d’aménager dont l’audience se tiendra le 16 juillet.

    Acte 3 : 20 juillet – La Rochelle - Terminal agro-industriel portuaire de la Pallice - Bloquons les méga-bassines à la source !

    Le samedi 20/07, rendez-vous à 10h00 à La Rochelle pour une manifestation fleuve. Nous confluerons massivement en direction du terminal agro-industriel du port de La Pallice, dans une ambiance de carnaval. Nous appelons à prendre kayaks, paddle et autres bateaux gonflables pour l’encercler et le bloquer joyeusement. À la croisée des importations de soja et des exportations de céréales, des flux de pesticides et d’engrais chimiques, le port est le dernier maillon de la chaîne du système-bassines. La prolifération des méga-bassines en amont et l’agrandissement du port en aval sont les deux faces d’une même pièce d’un business juteux capturé par les méga-coopératives, telles que Sica Atlantique ou Océalia ou les autres acteurs majeurs du port comme Total, Lafarge ou Bolloré. Le port est le point nodal d’un système qui fait primer la spéculation financière et le libre échange sur la préservation des communs que sont la terre et l’eau, la juste rétribution des travailleur-euses de la terre, la défense de la biodiversité, l’accès populaire à une alimentation qualitative et la solidarité internationale. En confluant sur le port de La Pallice, le mouvement contre les méga-bassines entend remonter à la source du ravage.

  • Démanteler la catastrophe : tactiques et stratégies, Les soulèvements de la terre
    https://lundi.am/Demanteler-la-catastrophe-tactiques-et-strategies
    https://lundi.am/local/cache-gd2/5f/a9a094fc4c23560ad583f9e2185b6b.png?1715673633

    edit Sommaire et premières pages

    https://lafabrique.fr/wp-content/uploads/2023/12/Premières-secoussesBAT-pages-1-5-6-15-20-copie.pdf

    « Faire redescendre l’écologie sur #terre » écrivions-nous dans l’appel fondateur de janvier 2021. Il ne s’agit pas d’une simple formule, mais bien d’une ligne politique. Si la Terre est un objet céleste, c’est plutôt du sol et de la glèbe qu’il est ici question. Faire redescendre l’écologie sur terre, c’est renoncer à vouloir « sauver la planète ». Cette ambition de superhéros est bien trop grande pour nous. La Terre n’a pas besoin de nous. Elle nous a précédé·es et nous survivra. Cette prétention est aussi démesurée que ses conséquences sont dérisoires. Elle se réduit bien souvent à réclamer qu’un hypothétique « gouvernement mondial » prenne des « mesures » contre le bouleversement climatique.
    Comme le ciel, le #climat paraît hors de notre portée. Telle une totalité inaccessible, il nous surplombe et nous excède. La première vague du « mouvement climat » nous a confronté·es à cette impuissance. De COP en marches massives, de camps actions climat en rapports du GIEC, nous ne sommes pas par- venus à infléchir significativement le ravage en cours. Face à cette impasse, nous faisons le pari d’une écologie terre à terre qui s’ancre dans les luttes foncières et territoriales.

    (...) La question foncière se situe à l’intersection de la question écologique, de la question sociale et de la question coloniale.

    #capitalisme #écologie #désarmement #SdlT #livre

    • « Premières secousses » : le manifeste des Soulèvements de la Terre
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/04/26/premieres-secousses-le-manifeste-des-soulevements-de-la-terre_6230064_3232.h

      Après avoir échappé à la dissolution, le mouvement détaille ses pratiques militantes radicales et tente de structurer sa pensée politique.
      Par Nabil Wakim

      Livre. Comment structurer la pensée radicale quand les fumées des grenades lacrymogènes se sont dissipées ? Dans un livre manifeste, intitulé Premières secousses (La Fabrique, 296 pages, 15 euros) et signé collectivement Les Soulèvements de la Terre, cette organisation polymorphe tente de définir les grandes lignes politiques d’un mouvement jusqu’ici en priorité tourné vers l’action.

      Le contexte, d’abord : après les manifestations contre l’installation de gigantesques retenues d’eau à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) et les opérations menées contre des cimenteries, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, avait demandé la dissolution du groupe. Une décision ensuite annulée par le Conseil d’Etat. Le collectif le souligne d’ailleurs dès les premières lignes : « Ce livre avait toutes les chances d’être interdit et mis au pilon au moment où nous avons commencé à l’écrire. » Un ouvrage à la forme étonnante, qui mêle une justification a posteriori des actes les plus visibles, une autohistoire des luttes des Soulèvements et une réflexion intellectuelle sur la radicalité des mouvements sociaux.

      Le moins que l’on puisse dire, c’est que la tentative ratée de dissolution n’a pas refroidi les ardeurs des militants. Dès les premières pages, le livre explique que le mouvement se reconnaît en premier lieu dans trois modes d’action. D’abord, le #blocage, défini comme « une suspension d’une infrastructure responsable du ravage écologique » – arrêter un chantier, par exemple. Le « désarmement », présenté comme la « mise en pièces d’infrastructures ou de chantiers qui accélèrent la catastrophe en cours », autrement dit, le #sabotage. Et, enfin, « l’#occupation_de_terres » – à la manière de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), souvent citée en exemple.

      Radicalisation des modes d’action

      Une part importante de l’ouvrage raconte d’ailleurs la façon dont les Soulèvements ont progressivement radicalisé leurs modes d’action, et réussi à entraîner dans leur sillage d’autres militants, qu’il s’agisse d’agriculteurs, de syndicalistes ou d’écologistes. Le livre raconte par le menu la bataille qui s’est déroulée autour des #mégabassines dans le pays niortais. Et explique comment les actions de sabotage ou d’occupation de lieux n’étaient pas forcément consensuelles au départ. Elles le sont progressivement devenues, estiment les auteurs, dans l’enthousiasme de la contestation commune mais aussi face à la #répression.

      « Nous n’avions pas anticipé l’ampleur inédite du feu qui s’est abattu sur nous ce jour-là », reconnaissent ainsi les militants à propos des affrontements de Sainte-Soline. « Tactiquement, nous sommes défaits. Politiquement, mille questions se posent. Sensiblement, c’est dur », analysent encore Les Soulèvements, qui entrent en détail dans les débats du mouvement après ces événements.

      Si l’#agro-industrie se trouve dans le viseur du mouvement, c’est également le cas du secteur du #ciment, considéré comme « l’une des industries les plus universellement associées au ravage environnemental ». Le livre est moins centré sur le secteur des énergies fossiles, pourtant premier responsable du réchauffement climatique.

      Il s’agit, par ailleurs, de marquer ses positions, en se différenciant de mouvements écologistes plus classiques, trop focalisés, selon les auteurs, sur la question climatique. « L’écologie qui fait la morale est au mieux impuissante, au pire contre-productive », écrivent Les Soulèvements de la Terre. Les militants insistent toutefois, dans le même temps, sur la nécessité de la « #composition », une démarche qui justifie le fait de travailler avec des activistes plus traditionnels qui acceptent de défiler à leurs côtés, sans se mêler aux actions de sabotage, mais sans les condamner.

      Dessiner les prochaines étapes

      Sur le fond, Les Soulèvements de la Terre mettent l’accent sur une articulation entre les questions écologiques, sociales et coloniales. Et vont puiser – en vrac – leurs références intellectuelles dans les œuvres de Karl Marx, d’Edouard Glissant, de Kristin Ross ou de la philosophe Simone Weil, dans l’histoire de la Commune de Paris ou celle du syndicalisme révolutionnaire. Ils prennent néanmoins un malin plaisir à souligner un désaccord politique avec le chercheur suédois Andreas Malm, auteur, chez le même éditeur, de Comment saboter un pipeline – et considéré par le ministère de l’intérieur comme l’un des inspirateurs du mouvement.

      Les auteurs tentent également de dessiner les prochaines étapes de leur engagement, en insistant sur la nécessaire organisation par la base et par les collectifs locaux, et en refusant un « léninisme vert » autoritaire. Forts de leur expérience dans les modes d’action radicaux, Les Soulèvements se rêvent en « force d’intervention » militante, en soutien à des mouvements sociaux. Mais souhaitent aussi participer à rendre certains territoires « ingouvernables » pour les institutions – comme un message adressé directement au ministre de l’intérieur.

      #organisation_politique #tactique #stratégie

  • Nouveautés
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html

    Retour à Sainte-Soline. Le 25 mars 2023, près de 20 000 manifestants convergent vers le chantier de la mégabassine de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) pour protester contre l’accaparement de l’eau par une poignée de gros céréaliers soutenus par l’Etat. La manifestation est interdite et les protestataires vont tomber dans le piège tendu par les forces de répression. Plus de 3 000 gendarmes tirent quelque 5 000 munitions (grenades explosives ou assourdissantes, balles de LBD…), parfois en tirs tendus et sur les blessés. Un « usage disproportionné et indiscriminé de la force », selon la Ligue des droits humains. Les autorités iront même jusqu’à interdire l’accès aux secours durant plusieurs heures. Bilan : plus de 240 blessés, dont certains entre la vie et la mort (lire article). Et le gouvernement, maître de l’information, ira répandre dans les médias ses mensonges…
    https://youtu.be/3ymjnILRclQ


    Un an après, deux médias libres, Off investigation et Reporterre, retracent avec Sainte-Soline, autopsie d’un carnage (2024, 70 min), réalisé par Clarisse Feletin et Maïlys Khider, le déroulement de cette opération de répression qui voulait faire peur et décourager la contestation. Quand la démocratie ne suffit plus à contrôler la population, les puissants mutilent et prennent le risque de tuer ! Pour faire connaître au plus grand nombre la vérité sur les événements, la diffusion est libre mais on peut participer au soutien des prochaines enquêtes.

    #anarchisme #Sainte-Soline #répression #Reporterre #OffInvestigation #Mégabassine #cinéma

  • « Les #mégabassines provoquent une sécheresse anthropique des cours d’#eau » - POLITIS
    https://www.politis.fr/articles/2024/03/bassines-non-merci-les-megabassines-provoquent-une-secheresse-anthropique-de

    Les bassines sont toujours installées dans des bassins classés zone de répartition des eaux (ZRE) c’est-à-dire des lieux en déficit chronique de ressources en fonction des besoins locaux. C’est le cas pour le bassin de la Sèvre niortaise, pour le bassin du Clain dans la Vienne, pour la Charente… Or, ces endroits ne sont pas arides car il y a des nappes souterraines où, normalement, l’eau peut se stocker naturellement. Ils parlent de réserves de substitution pour faire passer le message qu’en prélevant de l’eau l’hiver, les nappes et les cours d’eau se porteront mieux en été. Or, chaque année, ils peinent à atteindre les volumes d’irrigation autorisée car il y a des arrêtés de sécheresse !

    Cela fait 30 ans qu’on sait qu’on pompe trop dans ces bassins par rapport à la quantité d’eau disponible. Les mégabassines provoquent une sécheresse anthropique. L’objectif originel des bassines, financées à 70 % par de l’argent public via les agences de l’eau, était de respecter la directive cadre européenne sur l’eau de 2000 et la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) de 2006. Dans les endroits où on a des bassines depuis longtemps, comme en Vendée, les cours d’eau sont constamment à sec l’été.

    Dans le bassin des Autistes par exemple, comme ils prélèvent des millions de mètres cubes d’eau à partir du mois de novembre, cela retarde la recharge des nappes phréatiques. Conséquence : s’il ne pleut qu’au début de l’hiver, l’eau est sécurisée pour les grandes plaines céréalières et le maïs, mais pas pour l’eau potable ou pour les milieux aquatiques.

  • SAINTE SOLINE, AUTOPSIE D’UN CARNAGE

    Le 25 mars 2023, une #manifestation organisée par des mouvements de défense de l’environnement à #Sainte-Soline (#Deux-Sèvres) contre les #megabassines pompant l’#eau des #nappes_phréatiques pour l’#agriculture_intensive débouche sur de véritables scènes de guerre. Avec près de 240 manifestants blessés, c’est l’une des plus sanglantes répressions de civils organisée en France depuis le 17 octobre 1961 (Voir en fin d’article le documentaire de Clarisse Feletin et Maïlys Khider).

    https://www.off-investigation.fr/sainte-solineautopsie-dun-carnage
    Vidéo :
    https://video.off-investigation.fr/w/9610c6e9-b18f-46b3-930c-ad0d839b0b17

    #scène_de_guerre #vidéo #répression

    #Sainte_Soline #carnage #méga-bassines #documentaire #film_documentaire #violences_policières #violence #Gérald_Darmanin #résistance #militarisation #confédération_paysanne #nasse
    #off_investigation #cortège #maintien_de_l'ordre #gaz_lacrymogènes #impuissance #chaos #blessés #blessures #soins #élus #grenades #LBD #quads #chaîne_d'élus #confusion #médic #SAMU #LDH #Serge_Duteuil-Graziani #secours #enquête #zone_rouge #zone_d'exclusion #urgence_vitale #ambulances #évacuation #plainte #justice #responsabilité #terrain_de_guerre #désinformation #démonstration_de_force #récit #contre-récit #mensonge #vérité #lutte #Etat #traumatisme #bassines_non_merci #condamnations #Soulèvements_de_la_Terre #plainte

    à partir de 1h 02’26 :

    Hélène Assekour, manifestante :

    « Moi ce que je voudrais par rapport à Sainte-Soline c’est qu’il y ait un peu de justice. Je ne crois pas du tout que ça va se faire dans les tribunaux, mais au moins de pouvoir un peu établir la vérité et que notre récit à nous puisse être entendu, qu’il puisse exister. Et qu’il puisse même, au fil des années, devenir le récit qui est celui de la vérité de ce qui s’est passé à Sainte-Soline ».

    • question « un peu de vérité », il y avait aussi des parlementaires en écharpe, sur place, gazé.es et menacé.es par les quads-à-LBD comme le reste du troupeau alors qu’ils protégeaient les blessés étendus au sol ; personne n’a fait de rapport ?

      Il y a eu une commission d’enquête parlementaire aussi, je crois, qui a mollement auditionné Gérald ; pas de rapport ?

  • Deux porte-parole des Soulèvements de la Terre encore ciblés par la justice
    https://reporterre.net/Deux-porte-parole-des-Soulevements-de-la-Terre-encore-cibles-par-la-just

    Léna Lazare et Basile Dutertre, porte-parole des Soulèvements de la Terre, seront en procès en novembre prochain. Cela s’ancre dans un « continuum de répression du mouvement écologiste » assurent leurs soutiens.

    Encore un #procès pour Les #Soulèvements_de_la_Terre. Léna Lazare et Basile Dutertre, tous deux porte-parole du mouvement écologiste, seront au tribunal le 22 novembre prochain. Ils risquent deux ans emprisonnement et 7 500 euros d’amende chacun. C’est ce qu’ils ont appris à l’issue d’une matinée d’audition dans le commissariat parisien du 7e arrondissement, le mercredi 24 janvier. « On peut sans doute y voir une volonté d’#acharnement_judiciaire à notre égard », soupire Léna Lazare.

    Leur tort ? Ne pas s’être présentés devant la commission d’enquête parlementaire qui examinait les violences commises durant la manifestation contre les #mégabassines à Sainte-Soline. Cette instance composée de députés de divers groupes les avait convoqués le 11 juillet dernier.

    Les questions portaient sur des affaires judiciaires en cours, ont argué les militants, ce qui est illégal. La séparation des pouvoirs législatif et judiciaire n’étant pas garantie, ils ont décliné la convocation et ont finalement répondu par écrit aux questions. Cela n’a pas suffi au président de la commission, Patrick Hetzel. Ce député Les Républicains a donc décidé de porter plainte. C’est la première fois dans l’histoire que deux personnes seront jugées pour de tels faits.

    « Continuum de répression du mouvement écologique »
    « Les parlementaires ont outrepassé leurs droits avec cette convocation qui s’inscrit dans un continuum de répression du mouvement écologique. C’est une convocation plus politique que judiciaire », a déclaré le sénateur écologiste Thomas Dossus.

    #Assemblée_nationale #police #justice #répression

    • Il y a 4 mois, la commission dont il est question :

      Commission d’enquête sur la structuration, le financement, les moyens et les modalités d’action des groupuscules auteurs de violences à l’occasion des manifestations et rassemblements intervenus entre le 16 mars et le 3 mai 2023, ainsi que sur le déroulement de ces manifestations et rassemblements

      https://seenthis.net/messages/1018130

  • Stocker l’#eau en #sous-sol, mieux que les #mégabassines

    Les #eaux_souterraines s’épuisent partout dans le monde. Une catastrophe qui ne cesse de s’accélérer d’après une étude publiée dans la revue Nature, qui déconseille la création de #réserves_d’eau en surface telles que les mégabassines. Des chercheurs de l’université de Santa Barbara (Californie) y présentent la plus grande évaluation de niveaux des eaux souterraines dans le monde, s’étendant sur près de 1 700 #aquifères, ces sols ou roches #réservoirs contenant des #nappes_d’eau_souterraine.

    L’étude tire la sonnette d’alarme quant à l’épuisement des ressources en eau : le niveau diminue dans 71 % des réserves mesurées. Surtout, le #déclin perçu dans les années 1980 puis 1990 s’est largement accéléré depuis les années 2000. Scott Jasechko, co-auteur de l’étude et professeur agrégé à la Bren School of Environmental Science & Management, présente toutefois des motifs d’espoir par l’action humaine. Le chercheur prend l’exemple de la ville de #Tucson, en Arizona, où l’eau provenant du fleuve Colorado est utilisée pour reconstituer l’aquifère dans la vallée voisine d’#Avra.

    « Moins cher, moins perturbateur et moins dangereux »

    D’après lui, les #stockages_souterrains réalisés dans ces réserves déjà existantes sont bien plus efficaces et moins onéreux que les stockages d’eau en surface. « Le remplissage intentionnel des aquifères nous permet de stocker ces réserves jusqu’au moment où nous en avons besoin, indique Scott Jasechko. On peut dépenser beaucoup d’argent pour construire des infrastructures pour retenir l’eau à la surface. Mais si on a la bonne géologie, stocker de grandes quantités d’eau sous terre est moins cher, moins perturbateur et moins dangereux. »

    Ce type d’intervention a toutefois participé à diminuer le débit du #Colorado. Épuisé par les activités humaines, le fleuve n’a la plupart du temps plus assez d’eau pour atteindre son embouchure dans le golfe de Californie. D’après l’étude, la seule autre solution pour contenir l’épuisement des réserves d’eau souterraines est une réglementation institutionnelle (délivrance de permis, frais d’utilisation) pour en restreindre l’accès.

    https://reporterre.net/Stocker-l-eau-en-sous-sol-mieux-que-les-megabassines

    • Rapid groundwater decline and some cases of recovery in aquifers globally

      Groundwater resources are vital to ecosystems and livelihoods. Excessive groundwater withdrawals can cause groundwater levels to decline1,2,3,4,5,6,7,8,9,10, resulting in seawater intrusion11, land subsidence12,13, streamflow depletion14,15,16 and wells running dry17. However, the global pace and prevalence of local groundwater declines are poorly constrained, because in situ groundwater levels have not been synthesized at the global scale. Here we analyse in situ groundwater-level trends for 170,000 monitoring wells and 1,693 aquifer systems in countries that encompass approximately 75% of global groundwater withdrawals18. We show that rapid groundwater-level declines (>0.5 m year−1) are widespread in the twenty-first century, especially in dry regions with extensive croplands. Critically, we also show that groundwater-level declines have accelerated over the past four decades in 30% of the world’s regional aquifers. This widespread acceleration in groundwater-level deepening highlights an urgent need for more effective measures to address groundwater depletion. Our analysis also reveals specific cases in which depletion trends have reversed following policy changes, managed aquifer recharge and surface-water diversions, demonstrating the potential for depleted aquifer systems to recover.

      https://www.nature.com/articles/s41586-023-06879-8

      via @freakonometrics

  • Commission d’enquête parlementaire
    Mercredi 27 septembre 2023 A 16h00 : Commission d’enquête sur la structuration, le financement, les moyens et les modalités d’action des groupuscules auteurs de violences à l’occasion des manifestations et rassemblements intervenus entre le 16 mars et le 3 mai 2023, ainsi que sur le déroulement de ces manifestations et rassemblements
    M. Patrick Hetzel, président, M. Florent Boudié, rapporteur

    - Audition de M. Julien Le Guet, Mme Anne-Morwenn Pastier, Mme Lucile Richard, M. Jérôme Graefe, M. Jérémie Fougerat, collectif Bassines non merci !

    https://videos.assemblee-nationale.fr/direct.13899161_651432255c69b

    #mégabassines #bassines
    #Sainte_Soline