#mélanie_laurent

  • Si vous allez à San Francisco, vous y verrez des seringues et de la merde (par Nicolas Casaux)
    http://partage-le.com/2018/07/si-vous-allez-a-san-francisco-vous-y-verrez-des-seringues-et-de-la-merde

    (Revue de presse Les Crises : https://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-12-08-2018 )

    La ville de San Francisco est régulièrement promue dans les médias de masse comme un modèle de gestion écologique des déchets pour son taux de recyclage de 80%. En France, le film documentaire #Demain, réalisé par #Mélanie_Laurent et #Cyril_Dion, a beaucoup participé à la diffusion de cette idée. Partout où il passe, Cyril Dion brandit le cas de San Francisco comme une preuve de ce qu’il est possible de rendre une ville écolo-durable (« L’exemple le plus impressionnant, que nous présentons dans le film, est celui de la ville de San Francisco qui recycle 80 % de ses déchets »). Si seulement.

    Affirmer que San Francisco est un modèle de ville durable est une sacrée performance. Ou peut-être est-ce au contraire d’une simplicité confondante : il suffit de répéter cette affirmation sans l’étudier, sans aucun esprit critique. En creusant un peu, on réalise rapidement qu’elle se base sur un certain nombre d’absurdités. À commencer par le fait que le taux de 80% est une arnaque comptable[1]. La ville comptabilise en effet dans son calcul du taux de déchets recyclés, entre autres bizarreries, les déchets du bâtiment et des travaux publics. Ce qu’aucune ville ne fait[2]. Sans ce tour de passe-passe, le taux de recyclage de la ville serait plutôt de l’ordre de 60%. Au passage, on notera que Recology, l’entreprise chargée de la gestion des déchets de la ville, a été condamnée à payer 1,3 million de dollars en 2014 pour des pratiques frauduleuses. Mais cette arnaque comptable n’est rien au regard de ce qui suit.

    La ville de San Francisco (870 000 habitants) produit chaque année toujours plus de déchets, en 2013 elle en a produit plus de 2 millions de tonnes, quand la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (plus d’un million d’habitants) n’en produisait que 653 226 tonnes. Un modèle. La ville de San Francisco génère chaque jour environ 1 200 tonnes[3] de déchets non recyclables et non compostables qui sont enfouies sous terre. Un modèle.

    En outre, ce qu’ils (les gouvernements, les entreprises et les médias de masse) qualifient de #recyclage n’a rien d’écologique. Le traitement des déchets se fait toujours loin hors de la ville, dans des usines énergivores (sauf pour le bois/papier qu’ils brûlent en usine de biomasse, une autre catastrophe écologique). Dans le film Demain, on ne voit que la part des déchets qui est compostée, et c’est tout. Sachant que les déchets compostés constituent la part la moins importante des déchets collectés dans la ville. Ce qu’ils n’expliquent pas dans le documentaire, c’est qu’une grande partie des déchets (métaux, plastiques, etc.), uniquement triée, est exportée et disséminée à travers le globe, jusqu’en Chine, aux Philippines et au Vietnam — d’ailleurs, depuis que la Chine a restreint ses importations de déchets en 2017, #Recology se retrouve face à un problème relativement gênant, celui de trouver comment écouler les tonnes d’ordures qu’elle expédiait habituellement vers l’empire du Milieu. C’est-à-dire que ces déchets produits par les San-Franciscains sont compressés en balles en usine puis expédiés à l’autre bout du monde pour être recyclés — sachant que le recyclage n’est pas une véritable solution, d’abord parce que le recyclage infini est un mythe[4], ensuite parce que le recyclage du plastique est particulièrement inefficace[5], et enfin et surtout parce que le recyclage, dans le cadre d’une société industrielle capitaliste de croissance, ne résout aucun des problèmes fondamentaux qu’elle implique (de #surconsommation de ressources, y compris énergétiques, de pollutions en tous genres, d’étalement urbain, de croissance démographique, etc., etc.).

    Récapitulons. Ce qu’ils nous présentent comme un #modèle de vertu écologique, de durabilité, c’est une ville dont la production de déchets par personne, relativement élevée, ne cesse de croître, et dont la gestion de ces #déchets consiste à en enfouir une partie, à en expédier une autre en Chine et ailleurs, et à en brûler une partie en incinérateur  ; c’est aussi une ville qui trafique ses calculs de taux de recyclage. Un modèle.

    Mais nous ne devrions pas avoir besoin de discuter ainsi de la soi-disant #durabilité d’une ville comme San Francisco. Comme toutes les grandes métropoles du monde, San Francisco dépend directement de l’ensemble des infrastructures et des pratiques toutes plus insoutenables les unes que les autres de la civilisation industrielle. Il faut une sacrée dose d’ignorance historique et écologique pour ne pas comprendre que l’urbanisation de la baie de San Francisco a dramatiquement ravagé ce qui était jusqu’à il y a moins de 300 ans un écosystème sain (non pollué) et plein de vie. Où sont passés les condors de Californie, les wapitis, les ours, les loups et ainsi de suite, qui pullulaient dans la baie  ? Les conséquences du développement de la civilisation industrielle dans la baie de San Francisco rappellent les conséquences de son développement partout sur la planète : extermination et disparition de nombreuses espèces vivantes, pollution des eaux (aujourd’hui, on retrouve un peu de tout dans les eaux de San Francisco, du mercure, des résidus de médicaments en tous genres, des huiles de moteur usagées, des déchets plastiques, et ainsi de suite  ; cinq des plages les plus polluées de Californie se trouvent dans la baie, qui ne cesse de s’acidifier), pollution de l’air (en ce moment, la qualité de l’air dans la baie n’est pas loin d’être la pire de tous les États-Unis[6]), etc.

    Leur manière de mesurer la qualité écologique de la ville — et d’une ville en générale — est grotesque. Comme si on pouvait se contenter de statistiques concernant le « recyclage » des déchets produits par une ville pour l’estimer. Comme si on pouvait occulter les nombreux impacts environnementaux (sans parler des impacts sociaux), entre autres choses, de la production mondialisée des appareils électroniques les plus couramment utilisés par les San-Franciscains — iPods, iPads, iPhones, Google Glass… — ou de leurs voitures, réfrigérateurs, téléviseurs, ou de leur nourriture, ou de la construction des infrastructures qu’ils utilisent et des bâtiments dans lesquels ils vivent, et ainsi de suite. Si toutes ces choses étaient prises en compte, on s’apercevrait immédiatement de l’insoutenabilité totale de la civilisation industrielle et de son mode de vie. Mais elles ne le sont pas, évidemment, propagande oblige.

    Et comment ne pas parler des inégalités sociales  ? San Francisco est une des villes les plus chères des USA. La gentrification en cours n’a pour cesse d’épurer la ville de ses habitants les plus pauvres[7] :

    « La ville de San Francisco connaît un processus de #gentrification d’une violence sans commune mesure avec ce que l’on peut constater en France. On l’a longtemps appelé embourgeoisement, ou changement urbain dans le contexte de la recherche académique française, sans pour autant y mettre les significations que contient le terme anglo-saxon. Il faut pourtant être clair : il est bien question ici de processus similaires dans leurs conséquences, bien que la rapidité à laquelle ils se produisent diffère, ou que leur visibilité ne permette pas de les identifier aussi facilement. »

    Et comment ne pas voir toute la folie et l’inhumanité de la civilisation industrielle dans le fait que la ville ne parvient toujours pas à gérer les problèmes qui découlent de la présence des nombreux #sans-abri, souvent atteints de troubles psychiatriques, qui errent dans ses rues, résultat des politiques calamiteuses des gouvernements qui se sont succédé et symptôme du mal-être qui ronge la modernité  ? On estime qu’ils sont 7 500 à vivre dehors sur une population totale de 870 000 habitants (presque 1% de la population). Très récemment, la nouvelle maire de San Francisco, London Breed, dans une des premières interviews[8] qu’elle a accordées depuis son entrée en fonction, a expliqué qu’il y avait « plus d’excréments sur les trottoirs » que jamais, et qu’on « ne parle pas que de crottes de chiens, mais de matières fécales humaines ». Au cours des six premiers mois de l’année 2018, plus de 16 000 plaintes concernant des « excréments » ont été déposées auprès des autorités de la ville. La présence de déchets en tous genres, y compris de seringues, est actuellement un véritable problème pour la municipalité. Ainsi que l’explique le San Francisco Chronicle dans un article[9] intitulé « Pourquoi San Francisco fait face à un déluge de seringues » : « La ville de San Francisco distribue plus de seringues gratuites aux toxicomanes — 400 000 par mois, un chiffre qui ne cesse de croître — que la ville de New York, dix fois plus peuplée ». La consommation de drogue en public est un problème croissant dans toute la ville. Des habitants se plaignent, entre autres, de « devoir enjamber des gens qui s’injectent de l’héroïne dans les stations de métro ».

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=HWdurZWys4I

    Ainsi que l’a récemment titré[10] le Business Insider, « Le centre-ville de San Francisco est davantage jonché de seringues, de déchets et d’excréments que certains des plus pauvres bidonvilles du monde ». Dans l’article, on apprend notamment que « la contamination de certains quartiers de San Francisco est pire que celle de certains endroits du Brésil, du Kenya ou de l’Inde ». Un modèle.

    Je me suis promené dans les rues de San Francisco. Je ne connaissais pas grand-chose de l’histoire de la ville. J’ai été stupéfait par le nombre de #clochards, de #toxicomanes et de malades mentaux qu’on y rencontre. Parfois au pied d’immeubles de luxe réservés aux super-riches, ou devant les bureaux d’#Uber, de #Microsoft, ou de #Twitter. J’ai vu les gratte-ciels, ces manifestations délirantes de l’hubris de la société industrielle, dont les constructions sont autant de désastres écologiques. Les travaux incessants qui font de toutes les villes d’interminables chantiers. Les magasins de luxe de l’#hypercapitalisme actuel. Les businessmen pressés — de faire du profit, toujours plus, en exploitant les hommes et en détruisant la planète, toujours plus — qui ignorent machinalement tous les clochards qu’ils croisent lors de leur jogging matinal. Je n’ai pas vu « des gens doux et gentils, le long des rues de San Francisco », me parler de fleurs et devenir mes amis. Je n’ai pas vu de fleurs dans les cheveux mais des oreillettes Bluetooth et des smartphones dans les mains. Bref, j’y ai vu la démence commune de la modernité.

    Il n’y a rien de #durable à #San_Francisco. Comme beaucoup d’autres, cette ville incarne précisément l’insoutenabilité, l’iniquité et la folie qui gangrènent la civilisation industrielle. Ceux qui se servent de son cas pour suggérer qu’on pourrait la rendre durable ou écologique sont les idiots utiles du #capitalisme_vert. C’est l’évidence même. Ceux qui ne le comprennent (toujours) pas aujourd’hui ne manqueront pas de le constater d’ici quelques années.


  • Une machine à fabriquer de l’impuissance - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Fabriquer-de-l-impuissance

    Retour sur la tournée #Égologie et les discussions intéressantes à ce sujet. cc @touti et @rastapopoulos et @sandburg même si les trucs les plus intéressants se sont passés dans des montagnes peuplées de chevelu·es.

    Dans une montagne un peu plus loin, une autre nous raconte son activité de conseillère conjugale de culture féministe. Nous sommes dans les Cévennes de l’illustre Pierre Rabhi et l’influence est palpable. Les femmes engagées dans des démarches écolo-spirituelles n’y sont pas plus qu’ailleurs, et pas plus que les autres, à l’abri de la violence masculine dans le couple. Sauf que celles-ci sont spécialement vulnérables, incapables de se dresser contre un compagnon qui les tient sous emprise ou exerce sur elles une violence économique ou matérielle. On leur a dit, répété, que chacun·e pouvait se prendre en main (1) et qu’il fallait arrêter de « toujours blâmer les autres ». Elles sont battues ? Ce n’est pas sa faute à lui, ce sont elles qui ont dû louper quelque chose. Et de stage d’une quelconque thérapie alternative en lecture d’un bouquin de Pierre Rabhi, elles sont incapables de reconnaître qu’elles ne sont pas responsables de la relation violente et incapables de s’enfuir, tout bêtement. Ça tombe bien, les autorités lorgnent sur les démarches de reconstruction du couple dans les cas de violence conjugale, ça coûte moins cher que de s’assurer qu’un foyer attend toutes les femmes battues, sans revenu ou sans tissu social solide (souvent conséquences de la maltraitance) quand elles arrivent à sortir des griffes de leur mec (2).

    Ainsi, un angle d’attaque qui promettait d’éviter l’impuissance (car nous ne savons pas encore comment éradiquer le patriarcat ni lutter contre cet envahissement par les substances toxiques que l’industrie et la recherche ne semblent pas vouloir arrêter d’inventer), finit en puissant outil d’acceptation de la saleté qui nous entoure. Les personnes en colère, les chieuses et les énervés ont offert plus de bataillons pour se battre contre l’abjection dans ce monde que les adeptes du développement personnel. Leur « négativité » est au fond plus prometteuse.

    Edit : finalement, je garde pour moi (et pour vous) cette histoire d’affiche inspirée par le bouquin.

    • Oui, ça a un peu dévié, cette histoire !

      Je ne peux pas acheter le Diplo ici et les Tumbler renvoient automatiquement vers un site « Internet positiv » (j’ai découvert ça hier en cherchant à visiter un Tumbler women and guns). Mais j’ai confiance en J-B Malet, dont j’ai lu l’excellent bouquin sur la tomate. (Peut-être que je ne suis pas d’accord avec tout mais c’est une idée, d’aller fouiner dans ce coin.)

      Pierre RABHI
      https://www.plumedecarotte.com/pierre-rabhi

      Paysan, essayiste et penseur, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agroécologie en France. Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous, et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers.

      Il est l’auteur d’une vingtaine de livres à succès, dont Vers la sobriété heureuse (Actes Sud), ou encore La puissance de la modération (Hozhoni) et La convergence des consciences (Le Passeur).

    • Sur toute la Terre, Amma usine son câlin standard avec une rigueur dans l’exécution des tâches que n’aurait pas reniée Frederick W. Taylor : ouverture des bras ; enveloppement de l’inconnu ; bercement de dix secondes ; remise à chaque être câliné d’un pétale de rose, d’une pomme ou d’un bonbon. Ces séances d’étreintes de masse se prolongent plusieurs heures durant.

      Au sein de l’immense espace de spectacle consacré au rituel, où chacun déambule pieds nus après l’étreinte, il est aisé d’observer que certains sont soudainement pris d’une forte émotion, sanglotent et parfois s’effondrent en larmes.

      Tu m’étonnes, après avoir attendu des heures au milieu de chants hypnotiques...

      « Beaucoup d’individus de nos sociétés modernes, profondément narcissiques, sont en quête permanente d’eux-mêmes. À l’approche d’Amma, un véritable processus d’idéalisation se met en place, observe, à quelques mètres de la gourou, la psychologue Élodie Bonetto. Amma, le “leader”, peut alors incarner l’idéal de l’individu, dont la dévotion s’explique le plus souvent par son désir d’être reconnu comme exceptionnel. Trois profils types se dégagent : l’adepte socioaffectif, en quête de réconfort et de sociabilité ; l’adepte utilitariste, en quête de réalisation de soi ; et l’adepte flexible, qui se situe entre les deux. »

      La meuf a l’air super fort !

      Selon la prolixe littérature d’ETW, Mme Amritanandamayi aurait eu la peau bleue à sa naissance, comme celle du dieu Krishna. Lors de sa mise au monde, Amma n’aurait ni pleuré ni crié, et se serait contentée d’un sourire. Capable de parler à l’âge de 6 mois, elle aurait également accompli plusieurs miracles, notamment en embrassant un cobra qui terrorisait son village natal. Face à des incrédules rationalistes, Amma aurait transformé de l’eau en lait. En léchant les plaies d’un lépreux, elle l’aurait guéri.

      guides de médecine ayurvédique proposant de soigner le cancer

      Aïe.

      Ces centaines de dévots de toutes nationalités suivent, à leurs frais, celle qu’ils nomment « la déesse » afin de pouvoir travailler bénévolement aux multiples tâches qu’implique une tournée internationale digne des plus grandes vedettes de l’industrie culturelle. Parmi eux, une surreprésentation de femmes célibataires sans emploi, prêtes à dormir à même le sol si leurs économies ou leurs minima sociaux ne leur permettent pas de s’offrir un hébergement.

      Justement, je ne savais pas quoi faire de ma vie.

      Rejoindre la tournée européenne coûte près de 1 500 euros aux volontaires qui souhaitent emprunter les autocars de l’organisation ; certains s’endettent pour pouvoir les payer. Ils sont alors vêtus intégralement de blanc, identifiés par un badge et considérés comme des membres à part entière d’ETW. Les repas végétariens et l’hébergement restent à leur charge. Les bénévoles les plus pauvres mangent avec parcimonie. « Beaucoup s’épuisent et s’appauvrissent, témoigne Mme Amah Ozou-Mathis, ancienne adepte qui a participé aux tournées européennes durant cinq ans. Les journées débutent très tôt par des mantras et la récitation des cent huit noms d’Amma. Elles continuent par un travail considérable et s’achèvent par des cérémonies rituelles où beaucoup entrent en transe, qui finissent très tard. Le plus souvent, on ne dort que trois ou quatre heures par nuit. »

      Finalement, on est bien chez soi.

      Ces éléments de langage sont ensuite relayés sans discernement par des centaines de supports d’information du monde entier, dont les reportages évoquent, depuis plus de trente ans, l’ambiance des tournées d’Amma ainsi que les « émotions » ressenties par le journaliste ayant reçu le darshan — un classique du genre.

      « Non, l’empire d’Amma n’a rien d’une ONG caritative, affirme M. Sanal Edamaruku, qui vit en exil en Finlande, où il préside l’Association des rationalistes indiens. Amma, c’est une entreprise, un “business” sale. On peut ajouter Amma à la longue liste des charlatans qui sévissent en Inde. La plus parfaite opacité règne quant à la destination exacte des fonds collectés lors de ses tournées. » Nous avons pu consulter des documents officiels émanant du ministère de l’intérieur indien, ainsi que des déclarations fiscales d’une branche américaine de l’organisation d’Amma. Le recoupement des déclarations officielles des deux entités juridiques, rassemblées sur plusieurs années, montre qu’elles ne coïncident absolument pas : les sommes que la maison mère déclare avoir reçues s’avèrent très largement inférieures aux sommes que la filiale américaine déclare lui avoir versées. Où est passée la différence ?

      Dénonçant des « malversations » et des violences, parmi lesquelles des viols, au sein de l’organisation, elle souligne les liens étroits existant entre Amma et le pouvoir politique nationaliste hindou. La multinationale du câlin est parvenue à obtenir l’interdiction pour « blasphème » de ce livre dans l’État du Kerala. Dès 1985, l’ouvrage de l’ex-policier Sreeni Pattathanam, qui évoquait des morts suspectes survenues dans l’ashram d’Amma, avait été lui aussi censuré pour « blasphème » — son auteur est aujourd’hui le secrétaire régional pour le Kerala de l’Association des rationalistes indiens.

      « Attention ! Si Amma construit bel et bien en Inde des infrastructures — hôpitaux, écoles, universités — dont on retrouve des photographies dans sa propagande, il ne faut pas se leurrer, avertit M. Edamaruku. Le plus souvent, ce sont des établissements privés, destinés à générer du profit, qui permettent à son organisation de s’institutionnaliser et d’asseoir un peu plus son pouvoir. » Vantée lors des tournées comme l’initiatrice de grandes réalisations caritatives, ETW est aujourd’hui à la tête d’un réseau d’universités et d’un hôpital universitaire, regroupés sous le label « Amrita », qui comptent plus de 18 000 élèves. Le clip de présentation de ce réseau s’enorgueillit de ses 23 centres de recherche scientifique, à l’origine de 51 brevets.

      #secte #exotisme #Inde #raclure

      Et les imbéciles qui la louent : #Hulot etc.

    • 2011 dans Le Monde. #journalisme

      Amma, la multinationale du câlin
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/26/amma-la-multinationale-du-calin_1593754_3224.html

      Ces millions d’étreintes – à raison d’un million par an – financent indirectement une ONG, véritable multinationale du caritatif. Embracing the World (« étreindre le monde ») intervient dans des domaines aussi variés que la protection de la planète, la promotion du droit des femmes ou encore l’éducation des plus jeunes, et ce sur tous les continents.

      L’essentiel est financé par les dons des participants, le reste des recettes provient de la vente de produits dérivés. Saris (en solde, à Pontoise !), étoles, livres de prière traduits dans toutes les langues, CD et DVD. Mais aussi tee-shirts, sacs à main, porte-clés, statues, peluches, cartes postales, encens, pierres, bijoux et même des montres à l’effigie d’Amma sont vendus toute la journée dans un coin de la salle par des dames – toujours vêtues de blanc.

      Dans ses livres, ses conférences données à l’ONU ou dans de prestigieuses universités, Amma tient un discours qu’il est difficile de critiquer. Qui oserait dire qu’il ne souhaite pas plus d’amour et de bonheur sur terre ? « Attention à l’ethnocentrisme, met en garde Nadine Weibel, Amma est dans la pure traditon hindoue et c’est une véritable figure en Inde. Ce qui peut nous paraître étrange ou simpliste est en fait le fruit d’une tradition millénaire. »

    • Ahaha je te suis @aude_v !
      Billetterie : Journée avec Pierre Rabhi au Centre Amma
      https://www.weezevent.com/journee-avec-pierre-rabhi-au-centre-amma

      Une journée de rencontres et d’échanges avec Pierre Rabhi dans le beau cadre du Centre Amma - Ferme du Plessis.

      raaa zut, c’est passé, on ne connaitra pas le prix, un aperçu du programme cependant

      http://www.etw-france.org/venue-de-pierre-rabhi-au-centre-amma

      PROGRAMME PREVISIONNEL DE LA JOURNEE

      9h : ouverture des portes et visites guidées possibles du lieu

      10h30-11h30 : Conférence de Pierre Rabhi : « en route vers un nouveau paradigme ».

      12h : méditation guidée par Bri. Dipamrita dans le parc du Centre Amma – Ferme du Plessis

      12h30 : déjeuner / buffet
      13h30 : possibilité de visite guidée de la Ferme du Plessis

      15h-16h30 : « il n’y a pas de changement de société sans changement humain ».
      Table ronde animée par Divyanand / Mathieu Labonne (coordinateur général de la Ferme du Plessis et directeur de Colibris) avec :
      – Pierre Rabhi
      – Bri. Dipamrita (présidente d’ETW-France et envoyée d’Amma en France)
      – Christophe Massin (médecin psychiatre, écrivain, prix psychologies-Fnac 2014)

      Le Sommet des consciences les 20-21 juillet 2015 à l’Elysée – ETW France – Amma
      http://www.etw-france.org/le-sommet-des-consciences-le-20-juillet-a-lelysee

      Rassemblement de hautes figures spirituelles, religieuses et morales, le Sommet des consciences est une initiative conjointe de #Nicolas_Hulot, envoyé spécial du Président de la République française, de l’association Alliance of religions and conservation (ARC), de Bayard (propriétaire de La Croix), du R20 (réseau associant collectivités locales et entreprises) et du Conseil Économique, Social et Environnemental.

      Plus de quarante personnalités morales et religieuses du monde entier seront réunies le 20 juillet à l’Élysée, puis le lendemain au Conseil économique et social, à Paris. Elles vont, à cette occasion, lancer un « appel des consciences » destiné aux négociateurs de l’accord de Paris sur le climat.
      Amma, invitée à l’Elysée, sera représentée par Swami Amritaswarupananda, accompagné de Br. Shubamrita et Bri. Dipamrita.

      Quelques-unes des personnalités présentes :
      François Hollande, Président de la République ; Kofi Annan ; Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO ; Mohammad Yunus, Prix Nobel de la paix ; Pierre Rabhi ; Cheikh Khaled Bentounes ; Sœur Chan Khong, représentant la Communauté de Thich Nhat Hanh ; Sa Sainteté Bartholomée 1er ; Son Eminence Le Cardinal Turkson, Président du Conseil Pontifical pour la Justice et la Paix…

      une phrase exceptionnellement plate (mais à méditer longuement)

      « Je réfléchis souvent en profondeur à l’avenir de la terre, à la préservation de la nature et à la disparition de l’harmonie entre l’humanité et la nature… L’humanité est à la croisée des chemins. » – Amma

      moi aussi a dit Rosa Luxembourg

      En illustration de tout ceci la photo de la page d’accueil de la ferme du Plessis, un régal !
      http://fermeduplessis.com

      #spiritualité #individualisme #sectes_institutionnelles #croyances

    • Super Amma

      Face à des incrédules rationalistes, Amma aurait transformé de l’eau en lait. En léchant les plaies d’un lépreux, elle l’aurait guéri.

      Mais Jésus était encore plus fort :

      Jésus changeait l’eau en vin, et tu t’étonnes que 12 mecs le suivaient partout !

      Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant… S’il vous répond, vous êtes schizophrène.

      Pierre Desproges

    • https://seenthis.net/messages/714664

      La ville de San Francisco est régulièrement promue dans les médias de masse comme un modèle de gestion écologique des déchets pour son taux de recyclage de 80%. En France, le film documentaire #Demain, réalisé par #Mélanie_Laurent et #Cyril_Dion, a beaucoup participé à la diffusion de cette idée. [Il a dirigé jusqu’en 2013 le mouvement Colibris ; et il est fondateur de Kaizen, revue partenaire du mouvement.] Partout où il passe, Cyril Dion brandit le cas de San Francisco comme une preuve de ce qu’il est possible de rendre une ville écolo-durable (« L’exemple le plus impressionnant, que nous présentons dans le film, est celui de la ville de San Francisco qui recycle 80 % de ses déchets »). Si seulement...

      Si vous allez à San Francisco, vous y verrez des seringues et de la merde (par Nicolas Casaux)