• Totems et Tabous

    Un imposant palais, le Musée Royal de l’Afrique Centrale à Bruxelles. Rénové, il devient aujourd’hui l’Africa Museum ! Une voix venue d’Afrique hante les lieux... Elle nous raconte les origines coloniales de ce musée. Aujourd’hui, c’est le temps de l’ouverture à la restitution de cet héritage. Une restitution vers des Musées en République démocratique du Congo, au Sénégal,... C’est le temps de la réconciliation avec le passé...

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/55083_1
    #film #film_documentaire
    #Belgique #Musée_Royal_de_l'Afrique_centrale #Congo_Kinshasa #musée #Léopold_II #stéréotypes #colonisation #appropriation #colonialisme #restitution #histoire_coloniale #mémoire #imaginaire #peur #spoliation #objet #décolonisation #sauvagerie #exposition_universelle (1897) #zoo_humain #travail_forcé #Congo_belge #symbole #nationalisme #récit_national #clichés #domination #masque #culture #identité_culturelle #Zaïre #Mobutu

    #géographie_culturelle

    ping @karine4 @cede

  • 2020新冠肺炎记忆:报道、非虚构与个人叙述(持续更新)
    https://2019ncovmemory.github.io/nCovMemory/#%E5%8F%8B%E6%83%85%E7%AB%99%E7%82%B9

    lestweforget/wuhan2019: 本项目主要就中国国内媒体对新冠肺炎(2019.12-)的报道进行备份、存档。包括被当局删除在内的所有文章以 日期+标题 的格式生成PDF文件,供读者查阅。文章版权归作者及其所属机构所有。
    https://github.com/lestweforget/wuhan2019

    As the censorship in China, no one can conduct free speech right . People will forget something.

    This little project remind us, maybe just me, not forget this disaster.

    All reports from main stream media, which some will be erased by CCP someday. But the INTERNET never forget.

    #coronavirus #mémoire #censure #chine

  • De l’histoire ancienne ? Comment aborder le Kulturkampf de la droite dans les lieux de mémoire et les musées

    En Allemagne, une brochure explique comment réagir aux attaques de l’AfD notamment lors de visites guidées dans les musées…
    n.b. : la notion de Kulturkampf (combat culturel) qualifiait le conflit entre Bismarck et l’Eglise catholique.

    GESCHICHTSPOLITIK ALS TEIL DES KULTURKAMPFES VON RECHTS
    Mit dem rasanten Erstarken der Alternative für Deutschland (AfD) und dem allgemeinen Rechtsruck in der Gesellschaft geraten auch Gedenkstätten und Museen gegenwärtig verstärkt unter politischen Druck von rechts. Regelmäßig melden sich in NS- und DDR-Ge-denkstätten sowie in historischen Museen über das Bundespresseamt Gruppen der AfD für Führungen an. Immer wieder sind Mit-arbeiter_innen in Gedenkstätten mit rechts-extremen und rechtspopulistischen Besucher_in-nen konfrontiert, die nationalsozialistische Verbrechen verharmlosen oder sogar leugnen oder die heutige BRD mit der DDR gleichsetzen. Wiederholt störten oder instrumentalisierten Rechtsextreme und Rechtspopulist_innen zu-dem Gedenkveranstaltungen und inszenierten dies anschließend öffentlichkeitswirksam im Internet. Insbesondere die AfD bemüht sich gegenwärtig darum, ihren politischen Ein-fluss auf die Kulturpolitik und auf Kulturein-richtungen – und damit auch explizit auf die Gedenkstätten und Museen – zu erhöhen. In diesem Zusammenhang mehren sich parlamen-tarische Anfragen und Anträge der Partei, in denen sie beispielsweise die Restitution von ge-raubten Kulturgütern, die sich im Besitz deut-scher Museen befinden, in Zweifel zieht oder die Streichung von Subventionen für NS-Ge-denkstätten fordert.

    https://www.mbr-berlin.de/wp-content/uploads/2020/02/200113_MBR_Brosch%C3%BCre_Gedenkst%C3%A4tten_online.pdf

    trouvé ici : https://www.heise.de/tp/features/Kulturkampf-von-rechts-4657804.html

    #Allemagne #mémoire #musée #nazisme #extrême-droite #Afd

  • #Grenoble : plusieurs dizaines de personnes manifestent #contre_les_frontières (VIDÉO)

    À l’appel de plusieurs associations une manifestation se déroule actuellement à Grenoble contre « les frontières, les États impérialistes, et leur politique raciste ». Une manifestation qui se déroule dans le cadre de la journée de commémoration (6 février) des #morts_aux_frontières. Le #6_février_2014, une quinzaine de personnes avaient été tuées alors qu’elles tentaient d’entrer en Europe par la mer à Sebta, colonie espagnole au Maroc. Ce jour-là, indique le communiqué des organisateurs de la manifestation, « 15 personnes étaient mortes noyées, refoulées par la Guardia Civil. »

    https://www.ledauphine.com/social/2020/02/08/isere-grenoble-plusieurs-dizaines-de-personnes-manifestent-contre-les-fr
    #résistance #frontières #manifestation #ouverture_des_frontières #morts_aux_frontières #commémoration #asile #migrations #réfugiés
    #6_février_2020 #mémoire #Ceuta #morts #décès #mémoire

    Commentaire de @karine4 :

    la vidéo est pas super et on était plus de 300 mais bon, ils en ont parlé...

  • Pour une pratique critique de la carte en sciences sociales

    Cette communication s’appuie sur un recueil d’arguments convergents pour une mise en critique de la carte en tant que récit sur et de l’homme habitant la Terre. Son objet est initialement une intuition qui a donné lieu au fil des années à une compilation de textes et d’expérimentations cartographiques. La proposition du séminaire a été vue comme une occasion de confronter mon approche, de passer de l’intuition à une première formalisation. La position que je défends ici s’est construite à partir des travaux de l’anthropologue Tim Ingold, des démarches d’appropriation et de déconstruction de la cartographie par l’art et des positionnements de cartographes tels que Philippe Rekacewicz. De cette discussion, je définis plusieurs enjeux qui traversent la pratique cartographique et le recours aux cartes, qui me semblent justifier une pratique critique de la carte en sciences sociales.

    Je suis géographe, j’ai donc derrière moi une formation et une pratique de la cartographie que l’on peut qualifier de “classique” (Beguin et Pumain, 2014). J’ai appris à faire un croquis cartographique des Barkhanes (dunes) du Sahara, à faire un carte dans un tableur Excel (des localisations x, y) puis à analyser de l’information géographique, à écrire de scripts informatiques pour automatiser la mesure et le dessin des déplacements d’enquêtés, ou encore à définir mathématiquement (discrétisation) et esthétiquement (sémiologie graphique) comment représenter une variable sur un fond de carte. De par mon parcours, la carte s’est d’abord révélée être un outil, et même un multi-tool tant la cartographie a vu ses usages s’enrichir et se diversifier avec l’informatique et le développement des SIG (Système d’Information Géographique) et d’outils interactifs par le biais du web et le recours quasi-généralisé aux GPS (Global Positioning System). Cette richesse de pratiques et d’approches qu’il y a derrière la carte rend parfois difficile son appréhension. Il est fréquent, selon les affinités et les parcours des cartographes (et ce terme est très large), que l’attention soit particulièrement portée sur un aspect au détriment d’un autre, de la production de la donnée à la représentation graphique, du questionnement au traitement statistique, de l’intention au public visé. Finalement plus que la carte en elle-même ce qui peut faire défaut ce sont des informations, des indices pour situer la carte, accéder à la carte et lire la carte. Autrement dit : La carte pour qui ? La carte pour quoi ? (Groupe dupont, 1986). Bien que je revienne à ces aspects en fin de discussion, comme tout géographe qui porte une réflexivité sur la carte (Bord 2012), c’est d’abord à partir du livre de Tim Ingold, Une brève histoire des lignes (2011), que je souhaite introduire une lecture critique de la cartographie. Car s’il est particulièrement important pour la discipline géographique de s’interroger sur la normativité de la carte dans la production de connaissances scientifiques en sciences humaines, et d’en interroger le rôle dans sa diffusion croissante dans la société (Beguin et Pumain, 2014), ces questionnements et discussions sont très largement “géographo-centrés” (Groupe Dupont, 1986 ; Roques, 1993 ; Bord, 1997 ; Bavoux, 2009) et l’enjeu est souvent celui de la géographicité de la carte (Verdier, 2015) ou de la carte comme attribut de la géographie (Bord, 2012). Je trouve donc particulièrement opportun de situer ici la réflexion à l’échelle des sciences sociales afin de s’émanciper de ce tropisme disciplinaire.

    C’est donc la carte comme récit qui me semble particulièrement justifier une démarche de déconstruction de l’objet et de sa fabrique : la carte en général contribue à produire une normativité de nos rapports à l’espace et de nos discours sur l’espace. La critique de la fabrique cartographique et de son usage qui émerge de la lecture de Tim Ingold (2011) renvoie effectivement à un positionnement plus général de remise en cause de la science positiviste et de son régime de connaissances. On retrouve par ailleurs cette approche dans l’ouvrage de recension de pratiques artistiques mobilisant la carte, Géo-esthétique : “La cartographie en tant que discipline a été profondément imbriquée dans la production performative des récits de la modernité, de la rationalité et du positivisme mais aussi de l’histoire du colonialisme et des récits nationaux, et qui se trouve aujourd’hui largement re-signifiée par l’intervention de contre-pratiques et de contre-cartographies d’artistes.” (Quiros et Imhoff, 2014, p.6)
    Anthropologie de la ligne

    Tim Ingold est professeur au département d’anthropologie de l’Université d’Aberdeen en Écosse. Sa recherche vise à rompre avec le positivisme et à déconstruire la dualité nature/culture : il pense qu’en tant que scientifiques nous devrions nous appuyer sur nos “travaux pour critiquer, et remettre en cause certains présupposés dissimulés dans nos propres façons de penser” (Descola et al, 2014, p.45). Il invite ainsi à reconsidérer notre façon de produire de la connaissance sur l’expérience d’être au monde, et de ne plus nous percevoir, en tant que scientifiques, comme en dehors des objets que nous décrivons. Dans cette perspective, la cartographie en sciences sociales est, pour lui, une image et un récit qui contribue à “l’aplanissement du monde” (Descola et al, 2014, p.59).

    Dans Une brève histoire des lignes (2011), Tim Ingold se propose de décrypter l’histoire des formes que les hommes produisent en habitant le monde. Pour cela, il a recours à la ligne comme schème pour décrire différents rapports au monde :

    “Mon objectif est de montrer comment au cours de son histoire la ligne s’est progressivement détachée du mouvement qui l’avait fait naître, autrefois tracée d’un geste continu la ligne a été fragmentée sous l’influence de la modernité et transformée en une succession de traits et de points […] cette fragmentation s’est manifestée dans plusieurs domaines connexes : celui du voyage, où le trajet fut remplacé par le transport orienté vers une destination ; celui des cartes, où le croquis cartographique fut remplacé par le plan de route ; et celui de la textualité, où la tradition orale du récit fut remplacée par la structure narrative prédéfinie. La fragmentation a aussi modifié notre conception du lieu : autrefois nœud réalisé à partir d’un entrecroisement de fils en mouvement et en développement il est désormais un point nodal dans un réseau statique de connecteurs.” (Ingold, 2011, p.100).

    Par cette approche, Tim Ingold met en valeur notre distanciation de plus en plus importante vis-à-vis de l’expérience : ainsi, dans la lecture, tout comme dans le récit et le voyage, “c’est en cheminant qu’on se souvient. La mémoire doit donc s’entendre comme un acte : on se souvient d’un texte en le lisant, d’un récit en le racontant et d’un voyage en le faisant” (Ingold, 2011, p.27). Ainsi, Ingold nous invite à mieux entrevoir ce qui fait la trame de notre existence, et à garder une attention aux liens, aux accumulations et aux trajectoires. Il oppose les processus d’occupation et d’habitation de nos environnements pour “mettre en évidence les difficultés contemporaines rencontrées par les hommes obligés d’habiter dans un environnement prévu et expressément construit pour les besoins de l’occupation” (Bessy, 2012).

    A propos des cartes, il montre que sa forme moderne efface la mémoire (Ingold, 2011, p.37). Il explique que ce qui a permis de faire la carte, les expériences des voyageurs, tous ces témoignages, sont totalement absents de la carte moderne. C’est comme si tout avait été assimilé à un passé qui a été recouvert et, reprenant l’expression de Michel de Certeau, “la carte élimine toute trace des pratiques qui l’ont produites, donnant l’impression que la structure de la carte découle directement de la structure du monde” (Certeau, 1980, p.178-179 ; Ingold, 2011, p.37). Cet aplanissement du monde par la carte peut être compris comme une forme de distanciation de la réalité, du rapport au monde dont la carte souhaite témoigner, mais aussi des étapes par lesquelles est passé le cartographe, pour concevoir sa carte, pour en produire les formes. On voit là que la critique s’applique de façon conjointe au contenu et à la forme de la carte, leur dissociation étant justement cette évolution soulignée par Ingold. Finalement le rapport au terrain, à la récolte des données, le choix du cadre ou de son absence, de l’échelle sont autant d’éléments dont la carte tait le processus de construction pour conserver la seule information que l’on souhaite communiquer. Dans cette perspective, les cartes écrasent la richesse et la diversité des expériences, les nuances des vécus et des expressions, celles du cartographe y compris et c’est peut-être par là qu’il faut commencer pour se réapproprier la carte.

    L’enchaînement des gestes qui aboutissent à la carte est peu discuté et encore moins représenté, soit par ignorance soit par manque d’intérêt, même chez les cartographes. Ainsi la distanciation au terrain est très largement sous-estimée voire ignorée, alors qu’elle est, par exemple, un effet direct lié à l’usage massif de données secondaires pour produire des cartes. L’incertitude liée aux données, à leur mise en forme, à la façon dont les informations ont été réunies sont autant d’aspects absents de la carte. Or de ce fait, la distanciation peut s’opérer dès la formulation de la carte dans l’esprit du cartographe. Cela n’est pas sans évoquer les enjeux que renferme une certaine mise en chiffres du monde (voir Alain Desrosières, La Politique des grands nombres : Histoire de la raison statistique, Paris, La Découverte, 1993).
    La carte, l’instrument de sa propre critique

    L’opposition de Tim Ingold entre la carte et le croquis cartographique est radicale dans la mesure où il ne laisse pas entrevoir de ponts. C’est pourtant ce que je souhaite revendiquer : il existe une place pour une cartographie indiciaire – en référence au paradigme de l’indice de Carlo Ginzburg (1980) – une cartographie de la trace qui viendrait rendre compte de nos trajectoires dans le monde, des lignes qui tissent une connaissance géographique sur notre “être au monde”, c’est-à-dire une cartographie qui rompt avec le schème de l’occupation et d’exercice du pouvoir sur l’espace (par la fragmentation et l’intégration) pour se positionner dans une connaissance de l’habiter.

    Tim Ingold n’évoque pas de perspectives pour la cartographie de s’émanciper de son caractère normatif. Mais je pense qu’il propose là, sans le formuler lui-même, un cadre à l’émancipation du cartographe en sciences sociales : comprendre le régime de spatialité dans lequel nous nous insérons et chercher à le fissurer, à rendre tangible d’autres rapports à l’espace. Cette approche doit [re]mettre l’expérience au cœur de la démarche cartographique pour déconstruire nos usages de la cartographie. C’est un enjeu central parce qu’il se décline à la fois dans le contenu de la carte, garder les liens avec l’expérience, et à la fois dans sa forme, proposer une expérience cartographique. Plus qu’une définition de ce que serait une cartographie critique, je préfère identifier ici des enjeux à partir desquels chacun peut se positionner. La carte est un récit qu’il convient d’appréhender par ce que l’historien Christian Jacob définit en 1992 (Bord, 2012) comme ses deux dimensions fondamentales : “la matérialisation et la communication”. Or il apparaît nécessaire de resituer ces deux aspects de la carte dans leur contribution à une certaine normativité du rapport à l’espace et de la conception de l’espace même, et, dans les pas de Brian Harley (Gould et Bailly, 1995 in Quiros et Imhoff, 2014, p.6), de considérer les “cartes “scientifiques” […] comme des formes de savoir socialement construites, des fictions esthétiques disciplinant l’espace.” De ce point de vue, la lecture de différents textes du cartographe Philippe Rekacewicz (2010, 2013, 2015) est opportune car il propose notamment des pistes pour une pratique critique de la cartographie qui font écho aux enjeux évoqués jusqu’ici : l’aplanissement du monde, où la carte doit être critiquée pour son rôle dans une spatialité de l’occupation, où les lieux sont intégrés dans des réseaux, les lignes découpent et attribuent des rôles et des fonctions. La carte est alors un objet d’exclusion. Le lien entre l’expérience et la mémoire, où la carte doit être critiquée pour son écrasement des histoires constitutives de son contenu et de sa forme, pour la distanciation qu’elle crée vis-à-vis des expériences qui se cachent derrière les lignes, points, couleurs, données. La carte donne à voir des formes comme si elles préexistaient aux hommes qui en sont les producteurs, alors que c’est l’engagement de nos corps dans le monde qui crée les formes.
    La cartographie expérimentale

    Philippe Rekacewicz est un cartographe qui a longtemps travaillé pour le journal français Le Monde Diplomatique, qui co-anime aujourd’hui le site visionscarto.net avec Philippe Rivière. De par son engagement entre cartographie, art et militance, il a largement communiqué sur ce qu’est la carte et les enjeux que revêt l’acte de cartographier (Rekacewicz, 2010, 2013, 2015, 2016). Pour lui, la carte est un dialogue permanent entre l’imaginaire et le réel, une production qui représente la manière dont le cartographe voit le monde, voire comment le cartographe aimerait que soit le monde (Rekacewicz, 2010) : ce sont des informations qui passent par le filtre de la sensibilité du cartographe. Il revendique ainsi une dimension émotionnelle de la carte, qui produit un effet sur ses lecteurs, comme il en témoigne à partir de la réaction d’une personne lors d’une exposition de ses cartes : “On sent bien que, quand le cartographe a dessiné cette carte, il était très en colère !” (Rekacewicz, 2010). Par ailleurs, Philippe Rekacewicz témoigne de ce que cartographier implique et revendique le besoin de rendre compte d’une certaine forme d’imprécision – du tâtonnement du cartographe – tout comme de l’incertitude inhérente aux données que l’on utilise. Pour lui “l’esquisse permet, si l’on peut dire, de “reproduire fidèlement” l’imprécision, et surtout de la rendre légitime” (Rekacewicz, 2010). On retrouve là la réflexion à propos du croquis cartographique chez Ingold (2011, p.112). Pour Philippe Rekacewicz, c’est une façon de relativiser les connaissances représentées ou produites par la carte. Cela questionne aussi le rôle de la donnée, de la valeur qu’on lui donne, de l’accès au terrain qu’elle permet ou non : quels sont les liens que l’on choisit de conserver vis-à-vis de l’expérience ? Comment rendre compte de la chaîne de production cartographique ? Il est intéressant de souligner que Philippe Rekacewicz y voit aussi un enjeu en termes de travail collectif : une carte est rarement issue d’une seule personne et, à partir du moment où elle mobilise des données secondaires, elle implique les gens qui ont produit ces données (Rekacewicz, 2015).

    Il réfute par ailleurs la carte comme objectivation du monde et revendique une production subjective de la carte, qui est bien plus qu’un objet de référencement pour la science géographique (Rekacewicz, 2010). Dans ce registre, s’il ne rompt pas avec la cartographie régionale, il la met en discussion, à l’instar d’Elisée Reclus (Reclus, 1903 ; Monsaingeon, 2014 ; Chollier et Ferretti, 2016), en soulignant l’existence avant tout cartographique des frontières. Il parle “d’indigente représentation visuelle” à propos de la frontière (le même trait noir ou rouge) qui aplanit une réalité plus complexe et diverse de la frontière “qui divise des peuples, ou les regroupe. Soit elle menace, soit elle protège, ici c’est un mur, là un grillage, parfois une ligne et souvent… rien” (Rekacewicz, 2010). A propos de cet “aplanissement du monde” il y reconnaît également l’expression de l’occupation et de l’autorité : “c’est en tout cas les frontières qui permettent de grouper les pays et d’esquisser une géographie régionale. Mais toujours avec le risque d’exclure l’autre, de nier l’existence de “ceux qui ne sont pas dans le groupe” (Rekacewicz, 2010).

    Enfin, il perçoit dans ces différents mouvements de contre-cartographie “un exercice libre de déconstruction de l’espace et des phénomènes sociaux, pour lequel les protagonistes se permettent de pervertir les conventions les plus classiques.” (Rekacewicz, 2013). Ces pratiques cartographiques d’artistes et leurs postures critiques sont un écho extrêmement consistant et fertile pour se positionner sur les enjeux que j’ai soulevés jusqu’ici. Ces mouvements ne se privent d’ailleurs pas de discuter et de conceptualiser leur approche, dont le projet est ainsi résumé en introduction de l’ouvrage Géo-esthétique : “à travers notamment une critique des articulations entre espace, pouvoir, savoir et des géographies imaginatives, il s’agirait de défaire ces topographies instituées, autant physiques qu’imaginaires, et d’ouvrir les disciplines de l’espace et la “rationalité cartographique” (Farinelli, 2003) à une révision géo-historique.” (Quiros et Imhoff, 2014). C’est la déconstruction des usages de la cartographie et la reconnaissance d’autres formes de représentation qui permettent de se réapproprier la cartographie tout en rappelant sans cesse, dans un écho à Michel de Certeau, que la carte n’est pas le monde.
    Bibliographie

    Bavoux J-J., (2009), « Chapitre 6 – Quels sont les rapports entre la carte et le géographe ? », in Bavoux J-J. (dir), La géographie. Objets, Méthodes, Débats, Paris, Armand Colin, « U », p. 114-133.

    Beguin M. et Pumain D., (2014), La représentation des données géographiques, Paris, Armand Colin.

    Bessy C., (2012), « L’attention aux lignes », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 2012/3 (n° 59-3), p. 143-149.

    Bord J-P, (2012) L’univers des cartes. La carte et le cartographe, Paris, Belin.

    Bord J-P., (1997), « Le géographe et la carte. Point de vue et questionnement de la part d´un géographe cartographe, Cybergeo : European Journal of Geography » [En ligne], Cartographie, Imagerie, SIG, document 17.

    Chollier A. et Ferretti F. (éds.), (2016), Élisée Reclus. Écrits cartographiques, Genève, Éditions Héros-Limite.

    Descola Ph., Ingold T., Lussault M., (2014), Être au monde. Quelle expérience commune ?, Lyon, Presses universitaires de Lyon.

    Ginzburg C., (1980), « Signes, traces, pistes. Racines d’un paradigme de l’indice », Le Débat, 1980/6 n° 6, p. 3-44.

    Gould P. et Bailly A., (1995), Le pouvoir des cartes. Brian Harley et la cartographie. Paris, Economica, Anthopos.

    Groupe DUPONT., (1986), « GÉOPOINT 86 : La Carte pour qui ? La carte pour quoi ? : Cartes et pratiques géographiques. » Colloque Cartes géographiques et cartographie, 26 au 31 mai 1986, Avignon : Groupe DUPONT.

    Ingold T., (2011), Une brève histoire des lignes, Bruxelles, Editions Zones Sensibles.

    Monsaingeon G., (2014), Mappamundi, art et cartographie, Marseille, Ed. Parenthèses.

    Plourde M-C., (2016), « Compte-rendu de lecture, Philippe Descola, Tim Ingold, Michel Lussault – Être au monde. Quelle expérience commune ? », Revue Emulations [en ligne].

    Quiros K. et Imhoff A. (dirs.), (2014), Géo-esthétique, Paris, Éditions B42.

    Reclus E., (2002), « L’enseignement de la géographie », in J. Cornualt (éd.), Du sentiment de la nature, Charenton, Premières pierres, p. 162-164.

    Rekacewicz Ph., (2010), « La carte, un objet graphique », entretien réalisé par Vincent Casanova et Caroline Izambert, Vacarme, 50/Cahier, pp. 70-72.

    Rekacewicz Ph., (2015), « La cartographie : entre science, art et manipulation », Conférence à l’université de Lille, cycle La Carte invente le monde, le 08/12/2015 à 18:00 | Durée 01:46:18.

    Rekacewicz Ph., (2013), « Cartographie radicale », Le Monde Diplomatique, Février 2013, p.15, [en ligne].

    Rekacewicz Ph. et Tratnjek B., (2016), « Cartographier les émotions », Carnets de géographes 9, [en ligne].

    Roques G., (1992), « La carte, le géographe et le cartographe », Tréma, 1, [en ligne].

    Verdier N., (2015), « Entre diffusion de la carte et affirmation des savoirs géographiques en France. Les paradoxes de la mise en place de la carte géographique au XVIIIe siècle », L’Espace géographique, 44, p. 38-56.

    Wathelet O., (2009), « Tim Ingold, Lines. A Brief History », L’Homme, 190.

    https://cne.hypotheses.org/237
    #carte #cartographie #ressources_pédagogiques #Tim_Ingold #Philippe_Rekacewicz #cartographie_critique #géographicité #géographie #récit #carte_comme_récit #normativité #fabrique_cartographique #modernité #rationalité #positivisme #colonialisme #récits_nationaux #nationalisme #contre-cartographie #art #ligne #mémoire #distanciation #croquis_cartographique #croquis #cartographie_indiciaire #être_au_monde #spatialité #espace #expérience #matérialisation #communication #Christian_Jacob #fictions_esthétiques #imaginaire #réel #sensibilité #émotions #imprécision #tâtonnement #incertitude #esquisse #donnée #données #subjectivité #objectivité #frontière #frontières #aplanissement #occupation #autorité #contre-cartographie

    @reka

  • En Espagne, la Guerre civile est l’objet de luttes mémorielles incessantes. Quel est le rôle des majorités politiques, des historiens et de la société civile dans ces affrontements autour de la mémoire ? #Espagne #histoire #mémoire #luttes #politique

    https://sms.hypotheses.org/11268

    S’il est un pays où les politiques mémorielles se sont manifestées et confrontées par vagues successives, c’est bien l’Espagne. Les majorités politiques en place, le rôle des historiens, et celui de la société civile tiennent dans ces affrontements et ces usages politiques du passé une place majeure. Dans ce film du Centre d’histoire sociale du XXe siècle, les historiennes Charlotte Vorms et Elodie Richard en analysent les contours historiographiques et en font ressortir les enjeux.

    Le régime franquiste en Espagne a alimenté durant des décennies des politiques mémorielles qui œuvraient à falsifier l’histoire espagnole. Le régime né d’un coup d’État en 1936 contre une jeune seconde République née en 1931, avait besoin d’une légitimation historique. L’histoire de la guerre civile fut un élément fondamental d’une propagande qui exaltait les victimes du camp franquiste tombées sur le front et stigmatisait le camp des « rouges ». Cette histoire écrite par des idéologues et des journalistes, fut renouvelée dans les années 1960 par une école historique franquiste créée au sein du Ministère de l’information (...)

  • Comment signaler les déchets nucléaires par-delà les millénaires ?
    https://theconversation.com/comment-signaler-les-dechets-nucleaires-par-dela-les-millenaires-12

    Partant de l’hypothèse que chaque génération se chargera de maintenir la transmission, le premier scénario parie sur une « continuité entre présent et futur ».

    Cependant, sur une période plurimillénaire, plusieurs risques surgissent : des incompréhensions liées à la non-intelligibilité des archives constituées, des mécompréhensions entraînées par une mauvaise interprétation des documents et, enfin, la destruction matérielle des supports d’informations. À cet égard, pour l’Andra, « même si tout sera fait pour conserver une mémoire institutionnelle des sites (par le biais des archives), il serait irresponsable d’exclure la possibilité de sa perte ».

    #Signalétique de l’apocalypse
    Alerter de la #dangerosité des #déchets_nucléaires par-delà les millénaires
    Laetitia Ogorzelec-Guinchard
    https://journals.openedition.org/terrain/18319#authors

    #nucléaire #administration_du_désastre #langage #symbole #tête_de_mort #sémiologie #sémantique #pictogramme #pérennité #monument #mémoire #archives #radioactivité

  • I monumenti alla Resistenza in Italia

    Wikiradio del 25/04/2017 - Rai Radio 3

    https://www.raiplayradio.it/audio/2017/04/I-monumenti-alla-Resistenza-in-Italia---Wikiradio-del-25042017-ce46345f

    Il 25 aprile 1977 a #Bergamo viene inaugurato il Monumento alla Resistenza di Giacomo Manzù con Flaminio Gualdoni

    Repertorio:

    – Primo anniversario della Liberazione - Settimana Incom Archivio Storico Istituto Luce;
    – Testimonianze di uomini e donne della resistenza - dal documentario PARTIGIANI - La storia siamo noi Archivio Rai.
    –Fuochi sulla montagna-Casa del vento.
    – Frammento di intervista a Manzù su realizzazione del monumento alla resistenza di Bergamo - TGR Archivio Rai

    #podcast #wikiradio #RaiRadio3 #monument #mémoire #résistance #partisan #Italie #WWII

  • La #commémoration du génocide des #Arméniens à #Valence

    Enjeux d’une #revendication_politique portée par une symbolique religieuse chrétienne, pour la transmission d’une #mémoire_identitaire.

    Face à l’atomisation qui minait sa propre cohérence et menaçait sa pérennité avec les perspectives de dissolution des appartenances religieuses traditionnelles induites par la modernité française, la religion identitaire arménienne s’est réinventée à travers la #reconnaissance et la commémoration du #génocide, sorte de nouveau #paradigme_ethno-religieux_arménien.

    Pour télécharger l’article :
    https://lecpa.hypotheses.org/files/2020/01/commemoration-du-genocide-armenien.pdf

    https://lecpa.hypotheses.org/1335
    #mémoire #identité

  • ENFANCE VOLÉE, CHRONIQUE D´UN DÉNI
    Comment la société Française a totalement changé son regard sur le problème des violences sexuelles sur mineurs, en à peine un demi-siècle.

    La société Française a totalement changé son regard sur le problème des violences sexuelles sur mineurs, en à peine un demi-siècle.
    C´est seulement depuis un siècle qu´on parle clairement d’agressions sexuelles sur les enfants, même si ce n´est pas un fait nouveau. Véritable baromètre des moeurs, les réactions de la société civile au crime sexuel sur mineur esquissent l´histoire morale, politique et culturelle de ce problème majeur, et d´une si longue indifférence à son égard, aux dépens des victimes. Le film entend retracer l´histoire de ce tabou avec l´aide ponctuelle d´historiens, psychiatres, magistrats, politiques, l´utilisation d´archives, mais surtout en donnant une large place aux témoignages de personnes de différentes générations ayant vécu ces agressions.

    http://www.lcp.fr/emissions/288920-enfance-volee-chronique-dun-deni

  • Bombe, de Gregory Corso
    http://liminaire.fr/livre-lecture/article/bombe-de-gregory-corso

    https://www.youtube.com/watch?v=8RwNhOqr-7A&list=PLq6sxdljP9A8b9_HQLJjPVhH-NqBsGqIX&index=7&t=0s

    Dans le cadre de sa résidence au C19 d’Évry, avec l’association Préfigurations (coordination Franck Senaud), #François_Bon va réaliser et diffuser les 23 et 24 janvier 2020 un montage présentant l’intégralité de la version française du texte de Gregory Corso traduite par Jean-Jacques Lebel en 1965 chez Denoël, à partir de tous les éléments que chacun lui aura envoyé d’ici le 10 janvier. Gregory Corso s’installe à San Francisco en 1956 et participe à toutes les activités du groupe de la Beat Generation. (...) #Livre & #Lecture / François Bon, #Art, #Cinéma, Lecture, Livre, #Poésie, #Langage, #Vidéo, #Voix, #Sons, #Violence, #Politique, #Mémoire, Société, (...)

    #Livre_&_lecture #Société #Corps
    https://c-19.fr
    http://prefigurations.com
    https://francksenaud.fr
    https://www.tierslivre.net
    https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4873
    https://www.blackheraldpress.com/le-joyeux-anniversaire-de-la-mort

  • Sous la pression d’activistes, Liverpool se penche sur son passé esclavagiste - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/261219/sous-la-pression-d-activistes-liverpool-se-penche-sur-son-passe-esclavagis

    #Liverpool fut le premier port négrier européen au XVIIIe siècle, d’où sont partis plus de bateaux que l’ensemble des ports français, dont Nantes et Bordeaux. Dès 1740, Liverpool avait dépassé l’activité de ses concurrents nationaux, Londres et Bristol. Dans les années 1790 jusqu’à l’abolition du commerce d’#esclaves par le #Royaume-Uni en 1807, quelque 120 bateaux quittaient chaque année Liverpool vers l’Afrique, soit les trois quarts environ de la flotte partant d’Europe. Ils sont 1,5 million d’Africains à avoir été emmenés de force en Amérique sur des bateaux affrétés à Liverpool – un peu plus de 10 % de l’ensemble des populations esclavagisées.

    (sans parler de celleux qui ont perdu la vie dans les entrepôts infâmes des ports de la côte africaine où ielles étaient entassées avant embarquement)
    #esclavage #traite_négrière #plantation #plantationocène #musée #mémoire

  • Allers simples pour Gaza

    « Qui es-tu ? Pourquoi es-tu ici ? Que fais-tu ? Quel est l’intérêt d’être ici sans les deux personnes que tu aimes le plus ? Ton père et ta mère ? Comment as-tu pu t’éloigner de ta mère pendant quatre ans ? Comment ça ? Jusqu’à quand ? » Ces questions me réveillent ; alors je suis terrifiée. Et ce sentiment horrible me suit durant tout l’après-midi.

    « Celui qui pense à retourner à Gaza doit d’abord réfléchir… au moyen d’en ressortir », estime l’écrivaine palestinienne Nesma Jaber.
    https://lemonde-arabe.fr/23/12/2019/gaza-allers-simples

    #Gaza #Palestine #Israel #cimetiere #mémoire #guerre

  • Spomenik. L’Utopie de la mémoire
    œuvre photographique d’Alberto Campi @albertocampiphoto
    Editions — La Cité
    https://www.lacite.info/editions

    A commander sans modération !

    Spomenik. Ce mot à la sonorité ronde et métallique signifie mémorial en serbo-croate. Sous le leader yougoslave Tito, il est devenu synonyme de monument antifasciste. Un modèle qui a fleuri entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la dissolution de la République fédérative socialiste de Yougoslavie, divisée en sept républiques. Majestueux et captivants, les #spomeniks matérialisent les vestiges d’une mémoire collective.


    #livre #photo #histoire #Yougoslavie

  • Panthère Première » Luta ca caba inda / La lutte n’est pas finie

    Filipa César et les archives de la guerre d’indépendance en Guinée-Bissau

    En quarante ans, les pellicules des films du mouvement de libération de Guinée-Bissau ont réduit comme peau de chagrin. « Sans intérêt », selon la cinémathèque portugaise. L’artiste Filipa César y voit au contraire une matière vivante à bouturer dans les trous de la mémoire collective.

    https://pantherepremiere.org/texte/luta-ca-caba-inda-la-lutte-nest-pas-finie

    Par Alice Leroy

    #archives #guerre_d'indépendance #guinée-bissau #mémoire

  • #Spomenik. L’utopie de la #mémoire


    Livre de photo signé #Alberto_Campi (@albertocampiphoto)

    https://www.albertocampiphoto.com/presentazione-del-libro-spomenik-lutopie-de-la-memoire

    Pour voir quelques clichés sur le site web d’Alberto :
    https://www.albertocampiphoto.com/portfolio/items/38

    Le livre sera en vente bientôt online au prix de 20 EUR... il faut encore un peu de patience pour la mise en place de la vente (car auto-édition et auto-production)... Mais ça sera prêt pour vos cadeaux de Noël, si jamais ça vous tente...

    Le livre est en 4 langues :
    – français
    – italien
    – anglais
    – serbo-croate

    #spomenik #livre #monuments #photographie

    ping @philippe_de_jonckheere @visionscarto @isskein @reka @fil @nepthys @simplicissimus

  • Rimossa a Roma la targa per “#Orso

    Lorenzo Orsetti. “Ci stiamo riorganizzando per rimetterla, probabilmente lo faremo in corteo insieme al quartiere e alle persone solidali. Il 15 dicembre ci sarà un evento sul nostro territorio, Artists for Rojava, al Brancaleone, potrebbe essere un buon momento per ribadire tutti insieme l’importanza di dedicare il parco a “Orso” #Lorenzo_Orsetti” dice Luca Blasi, dello spazio sociale Astra.

    È stata rimossa questa mattina la targa commemorativa dedicata a Lorenzo Orsetti detto “Orso”, il giovane fiorentino deceduto mentre combatteva al fianco delle forze curde contro l’avanzata delle milizie Isis.

    La targa era stata inaugurata lo scorso giugno in presenza del padre di Alessandro Orsetti, padre di Lorenzo, alcuni esponenti del III municipio e il centro sociale Astra, con la partecipazione del quartiere.

    L’idea è nata dalla volontà di dare un nome al lembo di terra che si staglia tra la Nomentana Vecchia e quella Nuova, un’area che versava nell’abbandono e che le realtà attive sul territorio hanno recuperato negli ultimi anni rendendolo uno spazio fruibile dalla cittadinanza e il luogo di un festival musicale e culturale indipendente, l’Ifest.

    La mozione per dedicare a Lorenzo Orsetti la no man’s land che per abitudine viene chiamata “pinetina” o “parco nomentano” è stata votata diversi mesi fa dal parlamentino municipale e subito dopo sono stati inviati i documenti all’ufficio toponomastica del comune per rendere ufficiale l’attribuzione. Il comune però è rimasto immobile, e in questo rallentamento burocratico si è inserita la polemica delle forze politiche di destra municipale che hanno sollecitato le autorità comunali, in particolare i Servizi Giardino, a rimuovere la targa temporanea, in assenza dell’avvenuta convalida da parte del comune.

    “Ci stiamo riorganizzando per rimetterla, probabilmente lo faremo in corteo insieme al quartiere e alle persone solidali. Il 15 dicembre ci sarà un evento sul nostro territorio, Artists for Rojava, al Brancaleone, potrebbe essere un buon momento per ribadire tutti insieme l’importanza di dedicare il parco a “Orso” Lorenzo Orsetti” dice Luca Blasi, dello spazio sociale Astra.

    https://ilmanifesto.it/roma-rimossa-la-targa-commemorativa-per-orso
    #Rome #Kurdistan #mémoire #plaque_commémorative #plaque #toponymie #toponymie_politique #Rojava #mémoire

  • Le 6 décembre 1989, le pays a changé à tout jamais. Quatorze femmes sont mortes à l’École Polytechnique de Montréal, tout simplement parce qu’elles étaient des femmes. Étudiantes brillantes, elles étaient aussi des amies, des sœurs bien-aimées et des filles adorées.
    https://urbania.ca/article/30-ans-apres-le-meurtre-dannie-turcotte-a-polytechnique-sa-niece-garde-sa-me
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2014/12/tragedie-polytechnique-14-victimes

    Geneviève Bergeron (née en 1968, 21 ans), étudiante en génie civil.
    Hélène Colgan (née en 1966, 23 ans), étudiante en génie mécanique.
    Nathalie Croteau (née en 1966, 23 ans), étudiante en génie mécanique.
    Barbara Daigneault (née en 1967, 22 ans), étudiante en génie mécanique.
    Anne-Marie Edward (née en 1968, 21 ans), étudiante en génie chimique.
    Maud Haviernick (née en 1960, 29 ans), étudiante en génie des matériaux.
    Barbara Klucznik-Widajewicz (née en 1958, 31 ans), étudiante infirmière.
    Maryse Laganière (née en 1964, 25 ans), employée au département des finances.
    Maryse Leclair (née en 1966, 23 ans), étudiante en génie des matériaux.
    Anne-Marie Lemay (née en 1967, 22 ans), étudiante en génie mécanique.
    Sonia Pelletier (née en 1961, 28 ans), étudiante en génie mécanique.
    Michèle Richard (née en 1968, 21 ans), étudiante en génie des matériaux.
    Annie St-Arneault (née en 1966, 23 ans), étudiante en génie mécanique.
    Annie Turcotte (née en 1969, 20 ans), étudiante en génie des matériaux.

    #mémoire #féminicide

  • La sidération, ou pourquoi on ne se débat pas (toujours) lors d’un viol - Cosmopolitan.fr
    https://www.cosmopolitan.fr/la-sideration-ou-pourquoi-on-ne-se-debat-pas-toujours-lors-d-un-viol,20

    Elles n’ont pas réagi. Ou ont arrêté de réagir à un moment donné. Pourtant, elles n’avaient pas envie. Elles donneraient tout pour avoir réussi à crier non, à se débattre pour échapper à cet agresseur. Elles n’ont pas réussi. Elles, ce sont en réalité 70% des femmes (d’après une étude suédoise datant de 2017) victimes de violences sexuelles (agression ou viol). Elles ont toutes fait face au mécanisme de sidération.

    La sidération est « une impossibilité à contrôler le stress et y répondre », explique Muriel Salmona, psychiatre et psychotraumatologue, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, spécialiste du sujet.
    Le processus de sidération : un court-circuitage pour la survie

    Concrètement, que se passe-t-il dans le cerveau ? Face à un danger, le cerveau nous prépare à la fuite. Une partie du cerveau précisément : l’amygdale cérébrale ordonne la production « d’hormones du stress » comme l’adrénaline ou le cortisol. Les symptômes apparaissent, tels que l’accélération du pouls ou la contraction des muscles.

    Seulement, quand il n’est pas possible de prendre la fuite (ce qui est largement le cas dans ce genre de situation, face à la menace de l’agresseur), le corps est saturé de cet excès d’hormones. Et parce qu’on peut mourir de stress (avec un arrêt cardiaque par exemple), l’organisme se court-circuite.

    La dissociation traumatique, ou l’impression de se détacher de soi

    Muriel Salmona insiste : « la sidération n’est pas liée à la personne mais au danger auquel elle fait face ». Elle n’existe pas seulement dans le cas des agressions sexuelles ou viols, mais pour tous événements traumatisants. Les victimes d’attentats peuvent être frappées par la sidération par exemple.

    « Elle dépend de l’attitude de l’agresseur, de son comportement, de la menace mise en place », liste-t-elle. L’agresseur va observer la victime et en fonction de comment elle réagit, il va mettre en place une stratégie pour sidérer, ce n’est jamais une pulsion, il a pensé les choses ». Un regard, une parole, un geste, et la victime bascule.

    Lors de ce court-circuitage, le cerveau a en réalité libéré des molécules, équivalentes de la morphine (oui, celle qui anesthésie les patients à l’hôpital) et de la kétamine. Il a permis au corps d’accepter l’inacceptable. Un état non sans conséquences : la victime entre dans une seconde phase, celle de la dissociation.

    Récits de #viol au passage...
    #sidération #dissociation #psychologie #victimes

  • « #Habiter le monde, c’est être libre de se déplacer »

    Exister, c’est « sortir de soi et de chez soi ». Pourtant, les hommes sont-ils égaux quand il s’agit de vivre chez l’autre ?, interroge la philosophe ivoirienne #Tanella_Boni dans un récit très personnel.

    Invitée à s’interroger sur le verbe « habiter » pour la collection « Paradisier » des éditions Museo, la philosophe ivoirienne Tanella Boni ne livre pas un essai aride sur ce qu’habiter le monde peut vouloir signifier. Au contraire, elle a opté pour un récit personnel et intime. C’est qu’en plus d’être professeure de philosophie à l’Université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan, l’actuelle membre du comité d’organisation de la Fédération internationale des sociétés de philosophie est aussi une romancière (prix Ahmadou-Kourouma 2005 pour Matins couvre-feu) et une poétesse reconnue.

    A partir de son expérience de vie entre Abidjan et Toulouse et de ses souvenirs d’enfance, elle questionne cette « spécificité humaine » qu’est l’habiter, qui s’exprime de diverses manières à travers les âges et les cultures. « En Afrique, explique-t-elle au Monde, on oublie peu à peu comment vivre avec l’ensemble du vivant. Il ne s’agit certes pas de revivre comme avant, mais on peut néanmoins s’interroger sur l’érosion de ce lien avec le vivant qui nous amène à construire des villes sans espaces verts, par exemple, ou à utiliser des matériaux modernes introduits par le colonisateur et qui nous oblige à utiliser la climatisation, alors que l’on n’en avait pas besoin avant. Il est important de revaloriser les savoir-faire locaux pour contrer cette obsession moderniste. »
    Lire aussi La Colonie, quartier général de l’intelligentsia « décoloniale »

    Dans Habiter selon Tanella Boni, elle montre comment en Côte d’Ivoire, dans des temps pas si anciens, « l’eau, la terre, le feu, le vent, l’arbre et l’animal étaient parties prenantes de la société des humains qui vivaient en symbiose avec la nature. Des valeurs fondamentales – comme la solidarité – trouvaient leur ancrage dans cette société hiérarchisée où les inégalités avaient toute leur place. On était solidaire parce qu’il y avait des puissants et des faibles, des hommes et des femmes, des enfants et des personnes âgées. » Il importe aujourd’hui, affirme-t-elle, de revaloriser ces savoir-faire traditionnels qui « ont fait leurs preuves » et permettent d’habiter durablement le monde, de manière écologique, et de renoncer à la standardisation de la mondialisation qui a abouti à l’effacement des mondes locaux.
    « Profondes empreintes »

    Tanella Boni rappelle qu’habiter le monde ne se dit pas uniquement dans des structures matérielles, mais s’exprime également dans les imaginaires et les langues que l’on vit. Or le « grand chambardement » qu’a été la colonisation a profondément bouleversé les manières africaines d’être au monde et frappé les esprits et les psychés. En imposant, par exemple, un droit colonial sur des lois coutumières, la France a introduit de la dissonance dont l’écho retentit encore aujourd’hui contribuant aux délétères – et parfois meurtriers – conflits fonciers. « Le pays dominant laisse toujours de profondes empreintes sur nos manières de penser et d’agir », écrit-elle. La question qui se pose alors est de savoir comment ne pas être habité par l’ancien colon.

    En pillant et en détruisant les œuvres d’art, dont il est question aujourd’hui de les restituer aux Etats africains demandeurs, c’est tout une manière d’habiter les mondes que la colonisation a sapée. Les statuettes que les Baoulé, Wan, Gouro, Mona désignent par ce que l’on pourrait traduire par « humains de bois », analyse Tanella Boni, ne sont jamais des objets mais « l’esprit d’un humain qu’un sculpteur qui a appris les règles de son art “rencontre”. Il sculpte ou incruste cet esprit dans le bois » et ensuite les « humains de bois » « jouent leur propre rôle, de protection des vivants ».

    En procédant de la sorte, la France coloniale a affirmé haut et fort aux colonisés que le monde qu’ils habitaient n’étaient pas le leur, comme l’Europe ou les Etats-Unis peuvent le proclamer aujourd’hui à la face de ceux que l’on qualifie désormais de « migrants ». Or, explique Tanella Boni, « se déplacer dans une autre région de son pays fait partie de l’habiter. Migrer dans un autre pays, c’est aussi habiter. (…) Habiter, ce n’est pas être figé en un lieu », c’est se mouvoir, « être libre de se déplacer », et évoluer, ne pas être fermé sur soi.

    Habiter, c’est se sentir chez soi. Mais il arrive que l’on puisse être étranger chez soi, lorsque l’on est mis au ban de la société, à l’image des enfants microbes, ces enfants des rues d’Abidjan qui volent, agressent et parfois tuent. L’on peut également être étranger chez soi lorsqu’il s’agit d’« habiter un monde hétéronormé et patriarcal dans un corps de femme », explique encore Tanella Boni, qui a été pendant deux décennies la seule femme à enseigner au département de philosophie de l’université Félix Houphouët-Boigny.
    « Strates d’habitation »

    Les appartenances sont mouvantes et relèvent aussi d’un choix. En cela, migrer n’est pas une sinécure. C’est une épreuve existentielle qui renvoie « à une manière d’exister, d’être et de connaître ». Epreuve, car il n’est pas toujours aisé d’endosser différentes « strates d’habitation », de composer sa manière de vivre et d’être au monde à partir des différents legs qui sont les nôtres, qu’il s’agisse d’éléments culturels ou de langues. Comment alors se dire soi dans la langue de l’autre ? En l’apprivoisant et en la faisant sienne sans pour autant oublier sa propre langue, suggère l’écrivaine, qui confie se situer « à la croisée des langues », c’est-à-dire écrire en français « en présence d’autres langues qui [l]’habitent ».

    La migration est épreuve également parce qu’elle « n’en finit pas de durer, puisqu’elle apparaît comme un passage éprouvant pour le corps, la mémoire, l’imagination, et toutes nos facultés ». La schizophrénie guette lorsque l’on éprouve une double absence, celle du pays de départ et celle du pays d’arrivée qui refuse de vous accueillir pleinement. « Vivre entre ici et là-bas, ne pas savoir où l’on habite est une histoire de folie qui peut durer toute une vie. » Et de rappeler qu’exister, c’est littéralement « sortir de soi et de chez soi ». Dès lors, refuser aux migrants le droit de vivre hors de chez eux n’est rien d’autre que nier leur humaine condition. Et rejouer la partition coloniale qui distinguait en l’Occident une zone de l’être et dans les pays colonisés, une zone du non-être.

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/10/habiter-le-monde-c-est-etre-libre-de-se-deplacer_6018695_3212.html#xtor=AL-3
    #mobilité #liberté #liberté_de_circulation #être_au_monde #colonisation #Afrique #solidarité #droit_colonial #lois_coutumières #foncier #conflits_fonciers #chez_soi #langue #langues #corps #mémoire #double_absence
    #faire_monde
    ping @karine4 @cede

  • Une #plaque pour commémorer les #victimes de l’#incendie du foyer des #Tattes, à #Genève... 5 ans déjà...

    #Suisse #asile #réfugiés #migrations #mémoire

    Et pour celleux qui ont envie d’en savoir un peu plus, un texte que j’avais écrit quand on a essayé d’expulser une des victimes de l’incendie, #Ayop :
    https://asile.ch/2015/03/27/ayop-se-leve-tot-heureusement

    Sur seenthis avec le tag #incendie_des_tattes :
    https://seenthis.net/tag/incendie_des_tattes

    ping @isskein