• La #méritocratie est la « bonne conscience des #gagnants du système »
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/02/05/la-meritocratie-est-la-bonne-conscience-des-gagnants-du-systeme_5419241_4401

    L’idée que « quand on veut, on peut » est en contradiction avec la rigidité de notre #société et du marché de l’#emploi. Les #jeunes ont le sentiment que tout est joué dès la sortie de l’#école et, de fait, les #destins sociaux sont largement déterminés à l’âge de 30 ans. Cette impression de #blocage n’est sans doute pas sans lien avec ce qui se passe actuellement.

    #gilets_jaunes


  • Les classes de Segpa font mentir ceux qui croiraient encore à la #méritocratie | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/169398/echec-scolaire-education-segpa

    Et ces chercheurs ont raison d’en vouloir autant à la méritocratie. Le second pré-requis pour enseigner en Segpa selon moi, c’est de se défaire de ce mythe libéral qui fait porter un poids déraisonnable sur les épaules des élèves. Comme le fait remarquer l’éditorialiste britannique Nick Cohen dans cette perle de billet, The lies of meritocratic Britain : l’ancienne société de classe accordait au moins à celles et ceux qui étaient en bas de l’échelle la liberté d’être et de se sentir victimes d’une injustice. Aujourd’hui, le système méritocratique nous fait croire que nous sommes responsables de notre situation, et qu’on ne doit ses mauvaises notes qu’à un excès de flemme et de stupidité. La méritocratie a donné naissance à l’immonde psychologie active, bien présente à l’école, que la sociologue Eva Illouz dénonce vigoureusement dans Happycratie (2018). Elle permet, selon elle, « d’oblitérer les facteurs sociaux objectifs et de faire peser sur l’individu l’entière responsabilité de sa situation ». Or, selon une note d’information de la direction de l’évaluation, de la prospective et de l’évaluation (Depp), on a quatre fois plus de chances d’être élève en Segpa quand on vit en foyer ou en famille d’accueil, deux fois plus quand on est immigré ou membre d’une fratrie nombreuse. Et 73% des élèves de Segpa viennent d’une CSP défavorisée contre seulement 40% pour les collégiens hors Segpa : la méritocratie est un mensonge pesant.


  • Les transclasses ou l’illusion du mérite (Chantal Jaquet, France Culture)
    https://www.youtube.com/watch?v=BwoLZgwZxLI

    « Quand on veut, on peut ».. pas vraiment pour la philosophe Chantal Jaquet pour qui le #mérite est une pure #construction_politique destinée à conforter l’#ordre_social. Car en insistant sur les #capacités personnelles des #individus, l’État se dédouanne de ses responsabilité collectives. Chantal Jaquet , philosophe et directrice du Centre d’Histoire des Philosophies modernes de la Sorbonne, a popularisé le terme de « #transclasses » dans ses derniers ouvrages. Un mot qui désigne à la fois une réalité sociale mais aussi une construction politique, celle de la #méritocratie.


  • The Culture War Comes to Linux - Motherboard
    https://motherboard.vice.com/en_us/article/yw43kj/what-happens-if-linux-developers-remove-their-code

    After #Linux adopted a new Code of Conduct, a small group of programmers threatened to rescind their code from the project. Lead Linux developers say the threat is “hollow.”

    A small group of programmers are calling for the rescission of code contributed to Linux, the most popular open source operating system in the world, following changes made to the group’s code of conduct. These programmers, many of whom don’t contribute to the Linux kernel, see the new Code of Conduct as an attack on meritocracy—the belief that people should mainly be judged by their abilities rather than their beliefs—which is one of the core pillars of open source software development. Other developers describe these attacks on the Code of Conduct as thinly veiled misogyny.

    It’s a familiar aspect of the culture war that many online and IRL communities are already dealing with, but it has been simmering in the Linux community for years. The controversy came to the surface less than two weeks after Linus Torvalds, the creator of Linux, announced he would temporarily be stepping away from the project to work on “understanding emotions.” Torvalds was heavily involved with day to day decisions about Linux development, so his departure effectively left the community as a body without a head. In Torvalds’ absence, certain developers seem committed to tearing the limbs from this body for what they perceive as an attack on the core values of Linux development.

    So far, these threats haven’t actually resulted in developers pulling code from the Linux kernel, but some Linux contributors fear that this controversy could snowball to the point where significant chunks of the Linux kernel are revoked from use. This would have huge ramifications for anyone online, given that most internet services used on a day to day basis run on Linux. I spoke with a number of Linux developers about the source of the controversy, what could be done to improve the Code of Conduct, and why they think these threats to implement a Linux “killswitch” are totally overblown.

    Voir aussi : https://seenthis.net/messages/723091 et https://seenthis.net/messages/724176

    #sexisme #code #développement #domination #Torvalds #méritocratie


  • The Post-Meritocracy Manifesto
    https://postmeritocracy.org

    Meritocracy is a founding principle of the open source movement, and the ideal of meritocracy is perpetuated throughout our field in the way people are recruited, hired, retained, promoted, and valued.

    But meritocracy has consistently shown itself to mainly benefit those with privilege, to the exclusion of underrepresented people in technology. The idea of merit is in fact never clearly defined; rather, it seems to be a form of recognition, an acknowledgement that “this person is valuable insofar as they are like me.”


  • jesuisféministe.com | Hidden Figures : Où est le racisme d’État au cinéma ?
    https://jesuisfeministe.com/2018/02/01/hidden-figures-ou-est-le-racisme-detat-au-cinema

    Nombreux sont les films qui, malgré des allures de films historiques ou d’action, ont un sous-texte patriotique. Hidden Figures ne fait pas exception. Il est, en effet, difficile de raconter la conquête de l’espace sans évoquer la nation puisque le prestige national est au cœur du projet. La cause patriotique estompe ainsi les différences au sein de sa population, pour faire face à un ennemi commun – la Russie communiste. Mais derrière ce film débordant de bons sentiments qui débutait avec une proposition féministe intéressante se cache un sous-texte gênant qui cherche à justifier le American Dream méritocratique et contribue à disculper le gouvernement américain de toute action raciste.

    Le personnage de Al Harrison (Kevin Costner) est une illustration frappante de cette dialectique. Directeur du groupe de travail où se trouve Katherine, Harrison représente l’américain moyen : homme blanc dans la cinquantaine, il utilise un langage familier et demeure terre à terre dans un milieu ouvertement intellectuel. Il est, contrairement aux autres personnages, non pas un personnage réel, mais une création des scénaristes, un composite inspiré d’anciens directeurs de la NASA, en grande partie fictif et donc instrumentalisable. En outre, Harrison est aussi la figure de pouvoir du film : haut placé à la NASA, mais aussi implicitement représentant de la nation et du gouvernement américain. Le portrait de Kennedy surplombe son bureau, comme un regard approbateur lors des scènes pivots. Harrison perpétue le cliché du « white saviour » : c’est lui qui reconnaît le talent de Katherine, la juge à son mérite et non à la couleur de sa peau. Il représente la méritocratie idéale, sans préjugés. Par exemple, lors de cette scène marquante où, après la déclaration passionnée de Katherine à propos de la ségrégation spatiale des toilettes, il démolit à coups de pied de biche l’enseigne qui distingue les toilettes. Il vient de balayer d’un seul geste le racisme d’État.

    #racisme #cinéma #racisme_d'etat #féminisme #historicisation


  • Non, Mounir Mahjoubi, à l’école, chacun ne fait pas “le chemin qu’il veut” ! (Bondy Blog)
    http://www.bondyblog.fr/201801080913/non-mounir-mahjoubi-a-lecole-chacun-ne-fait-pas-le-chemin-quil-veut

    Vos enfants s’ils vont à l’école, si vous arrivez à les inclure dans un parcours qui leur ressemble, dans les talents qu’ils ont, chacun fera le chemin qu’il veut (…) La réussite c’est chacun qui la définit “. Ce mots sont signés Mounir Mahjoubi […] Pourtant, plus d’un demi-siècle après “Les Héritiers” de Bourdieu, les faits sont malheureusement toujours aussi têtus : la France produit toujours plus d’inégalités dans le champ scolaire. Les études, les chiffres, les enquêtes sont à ce sujet sans appel, toujours en 2018.

    Votre discours méritocratique n’a rien de disruptif, il est vieux comme le capitalisme et emblématique de l’idéologie libérale à l’œuvre en France. Il sert à convaincre que “quand on veut on peut” et à construire le mythe du self-made-man à l’américaine.

    #éducation #méritocratie #inégalités


  • Fin des #emplois_aidés : veut-on d’une société où les politiques sociales sont décidées par les multinationales ? - Basta !
    https://www.bastamag.net/Fin-des-emplois-aides-veut-on-d-une-societe-ou-les-politiques-sociales-son

    La confiance de la classe #politique dans les #associations de terrain s’est émoussée. A la suite de l’OPA de M. Macron et de ses acolytes sur l’État, la mauvaise conscience semble s’être évaporée. La #méritocratie serait-elle répandue au point que « ceux que ne sont rien » ne méritent plus d’assistance ? Les associations seraient-elles devenues inefficaces, inutiles ?

    Faut-il rappeler que nombre des actions proposées par les associations viennent combler des #lacunes des services publics ? Il s’agit d’aide aux devoirs, d’alphabétisation, de projets éducatifs, artistiques, sportifs…. Alors l’indépendance des associations n’est que très relative et surtout synonyme de #précarité de l’emploi et de conditions de travail dégradées. Combien coûteraient à l’État et aux collectivités locales toutes ces actions de terrain si elles n’étaient pas sous-traitées aux associations mais menées par des fonctionnaires décemment payés et avec une vraie sécurité de l’emploi ?


  • « Un système plus élitiste et méritocratique s’impose à l’université » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/311017/un-systeme-plus-elitiste-et-meritocratique-s-impose-l-universite?onglet=fu

    Annabelle Allouch est maître de conférences à l’université de Picardie Jules-Verne et auteure de La Société du concours, l’empire des classements scolaires (éditions du Seuil), où elle interroge « l’habillage méritocratique » de notre société et sa capacité à exacerber la concurrence sur la base des concours. Elle analyse pour Mediapart les conséquences possibles de cette réforme « aux intentions louables ».

    Ue interview très intéressante, qui au delà de l’analyse des réformes actuelles, dessine une tendance générale des évolutions de l’université. Entre autonomie et pression des classements, ce sont toujours les moins favorisés qui seront exclus et à qui on va retirer leurs capacités à se révéler après le bac, au fil de leur parcours.

    #Université #réforme #méritocratie #inégalités #Education



  • Contingent No More

    Academia is in the midst of an acute, unsustainable crisis. For those working in the higher-education industry, and increasingly for those outside of it, it has become impossible to ignore.

    New generations of faculty and students crushed by unprecedented levels of debt; the increased precariousness of the academic labor force; the systematic devaluation of academic labor itself; the corporate-style structuring of higher education—something, somehow is going to give.

    In spite of the cold facts—that “contingent faculty” make up more than 70 percent of the academic labor force, that the gap between doctorates awarded and jobs available is wider than ever, that the overwhelming majority of academic workers live in a state of economic insecurity—we remain individually hypnotized by the poisonous conviction that hard work is all we need, that the “best” people in the best programs produce the best work, etc.

    The neoliberalization of higher education is every academic’s problem. This is the reality in which we are all participating, even those of us at “top” programs, even those of us who have reached the promised land of tenure. Not surprisingly, many at the top are mostly fine with it. But their eager complicity makes it all the more incumbent on the rest of us to recognize how deeply the current system skews all relevant outcomes—from the accrual of professional prestige to basic salary-and-benefit protections—in the favor of the already privileged.

    https://thebaffler.com/the-poverty-of-theory/contingent-no-more

    #université #crise #académie #néolibéralisme #néo-libéralisme #précarité #précarisation #travail #mythe #méritocratie #hiérarchie

    Avec une belle et longue #bibliographie :

    Resources for Resistance (an introductory bibliography) :

    Craig Lambert, Harvard Magazine, “The ‘Wild West’ of Academic Publishing”

    The Conversation, Articles on Academic Journal Debate

    Hugh Gusterson, The Chronicle of Higher Education, “Want to Change Academic Publishing? Just Say No“

    Michael White, Pacific Standard, “How to Change the Centuries-Old Model of Academic Publishing”

    Jonathan Gray, The Guardian, “It’s Time to Stand Up to Greedy Academic Publishers”

    Jane C. Hu, The Atlantic, “Academics Want You to Read Their Work for Free”

    Modern Languages Association, “The Future of Scholarly Publishing” (2002 Report)

    American Council of Learned Societies, “Crises and Opportunities: The Futures of Scholarly Publishing” (2003 Report)

    Christover J. Broadhurst and Georgianna L. Martin (Eds.), “Radical Academia”? Understanding the Climate for Campus Activists

    The Sociological Imagination, Radical Education Projects

    Robin D.G. Kelley, Boston Review, “Black Study, Black Struggle”

    Simon Batterbury, The Winnower, “Who Are the Radical Academics Today?“

    Gwendolyn Beetham, Feministing, “The Academic Feminist: Summer at the Archives with Chicana Por Mi Raza (An Interview with Maria Cotera)”

    The SIGJ2 Writing Collective, Antipode, “What Can We Do? The Challenge of Being New Academics in Neoliberal Universities”

    Culum Canally, Antipode, “Timidity and the ‘Radical’ Academic Mind: A Response to the SIGJ2 Writing Collective”

    Yasmin Nair, Current Affairs, “The Dangerous Academic Is an Extinct Species“

    Cary Nelson, American Association of University Professors, “A Faculty Agenda for Hard Times”

    Jennifer Ruth, Remaking the University, “When Tenure-Track Faculty Take On the Problem of Adjunctification“

    Thomas Duke, The Undercurrent, “The Cause of the Adjunct Crisis: How a Research Focus is Destroying Higher Education”

    Debra Leigh Scott, Adjunct Nation, “How American Universities Have Destroyed Scholarship in the U.S.“

    Mary Elizabeth Luka, Alison Harvey, Mél Hogan, Tamara Shepherd, Andrea Zeffiro, Studies in Social Justice, “Scholarship as Cultural Production in the Neoliberal University: Working Within and Against ‘Deliverables’”

    Alison Mountz, Anne Bonds, Becky Mansfield, Jenna Loyd, Jennifer Hyndman, Margaret Walton-Roberts, Ranu Basu, Risa Whitson, Roberta Hawkins, Trina Hamilton, Winifred Curran, ACME, “For Slow Scholarship: A Feminist Politics of Resistance through Collective Action in the Neoliberal University”

    Sarah Banet-Weiser, Alexandra Juhasz, International Journal of Communications, “Feminist Labor in Media Studies/Communication”

    Heather Fraser and Nik Taylor, Neoliberalization, Universities, and the Public Intellectual

    Kevin Birmingham, The Chronicle of Higher Education, “‘The Great Shame of Our Profession’”

    Mac Bousquet, How the University Works: Higher Education and the Low-Wage Nation

    Shannon Ikebe and Alexandra Holmstrom-Smith, Berkeley Journal of Sociology, “Union Democracy, Student Labor, and the Fight for Public Education”

    Anonymous, Inside Higher Ed, “Treadmill to Oblivion”

    Lucia Lorenzi, thoughts on mediocrity

    Miya Tokumitsu, Jacobin, “In the Name of Love”

    Sarah Kendzior, Vitae, “The Adjunct Crisis Is Everyone’s Problem”

    Hamilton Nolan, Gawker, “The Horrifying Reality of the Academic Job Market”

    Denise Cummins, PBS, “Why the Backlash against Adjuncts Is an Indictment of the Tenure System”

    Christopher Newfield, American Association of University Professors, “Avoiding the Coming Higher Ed Wars”

    Henry A. Giroux, Truthout, “Angela Davis, Freedom and the Politics of Higher Education”

    Charles R. Hale (Ed.), Engaging Contradictions: Theory, Politics, and Methods of Activist Scholarship

    Fred Moten and Stefano Harney, Social Text, “The University and the Undercommons: Seven Theses”

    Ji-Young Um, #alt-academy, “On Being a Failed Professor: Lessons from the Margins and the Undercommons”

    Undercommoning Collective, ROAR, “Undercommoning within, against, and beyond the University-as-Such”

    Zach Schwartz-Weinstein, Is This What Democracy Looks Like?, “Not Your Academy: Occupation and the Future of Student Struggles“

    Trish Kahle and Michael Billeaux, Jacobin, “Resisting the Corporate University”

    Levi Gahman, ROAR, “Dismantling Neoliberal Education: A Lesson from the Zapatistas“

    #résistance


  • Revue Projet » Ordonner une société par le mérite, est-ce juste ?
    http://www.revue-projet.com/articles/2017-02_girardot_ordonner-une-societe-par-le-merite-est-ce-juste
    Ben oui, le problème, c’est la justification de la #hiérarchisation des gens et de la mise en #compétition de tous contre tous qu’elle implique nécessairement !

    « La #méritocratie ne fait que substituer à l’aristocratie de la naissance une #aristocratie du (prétendu) talent. »



  • Séverine Chauvel, Course aux #diplômes : qui sont les perdants ?
    http://lectures.revues.org/21586

    Ces courts essais de synthèse sont des exercices très difficiles ; c’est d’autant plus vrai qu’ils traitent de questions fort complexes et que, par ailleurs, ils s’aventurent sur des sujets très largement balayés par les chercheurs. C’est pourtant le pari courageux que fait Séverine Chauvel en abordant la question de la reproduction des inégalités d’une génération à l’autre, en 134 pages… Dans les pays comme la France qui prétendent fonctionner selon un principe de #méritocratie, ce sont les diplômes, censés certifier les mérites, qui sont les vecteurs considérés comme légitimes de la distribution des places. Mais les diplômes sont inégalement accessibles, et pas seulement selon les mérites de chacun. Et Séverine Chauvel de questionner en trois étapes les grains de sable qui viennent enrayer la machine méritocratique, dans un contexte où la politique du « tout diplôme » a fait augmenter de manière spectaculaire le nombre de diplômés.

    #exclusion #inégalités #discrimination



  • Nicolas Duvoux : « Aux Etats-Unis, chaque pauvre doit être entrepreneur de lui-même » - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2015/08/27/nicolas-duvoux-aux-etats-unis-chaque-pauvre-doit-etre-entrepreneur-de-lui


    In fine, cela individualise la #pauvreté et fait que chaque pauvre se sent coupable de son statut social, ce qui dédouane totalement le fonctionnement de la #société et des #inégalités de toute #responsabilité.
    C’est le stade ultime de la #méritocratie : tu as la place que tu mérites !

    Ce qu’il faut surtout souligner, c’est qu’aux Etats-Unis, la fonction sociale de l’Etat est extrêmement mal vue. On ne parle pas d’#assistanat, comme en France, mais de « #dépendance » - la coloration péjorative est la même. Dépendre de l’Etat est une catastrophe morale, économique et sociale. Je l’ai constaté pendant l’enquête, même des gens très pauvres qui vivent dans des ghettos peuvent être extrêmement critiques à l’égard de l’aide sociale d’Etat. Chacun doit être l’entrepreneur de lui-même. Personne ne veut être assimilé à un pauvre. C’est de plus en plus valable en France également. Le ressort fondamental de ce rejet me semble être une demande de dignité et de respectabilité. C’est aussi l’effet de plus de trois décennies de #néolibéralisme.


  • Elisa Coll : « Sale chienne ingrate »

    https://tradfem.wordpress.com/2016/04/03/elisa-coll-sale-chienne-ingrate

    Ce n’est pas un secret, l’attente de recevoir du sexe comme paiement pour un transport ou un endroit où passer la nuit est l’une des plus grandes peurs des voyageuses en solo. Et ce n’est même pas nécessaire de demander à l’une d’entre elles – même mes grands-parents ont ressenti cette peur quand j’ai décidé de voyager seule pour la première fois – car ce fait ne concerne pas seulement le monde des voyages, c’est aussi un phénomène social. De manière directe ou indirecte, on nous dit constamment, à nous les femmes, que le sexe sert à récompenser les hommes qui sont bons avec nous. Ah, « bon ». Quel mot trompeur.

    Quel sens a la bonté quand tu attends une paire de jambes ouvertes en retour ?

    Traduction de l’espagnol : #Tradfem
    Original : http://www.revolutionontheroad.com/2015/12/08/maldita-perra-desagradecida
    Traduction anglaise : http://www.no-yolo.com/ungrateful-bitch

    #Elisa_Coll, originaire de Madrid, voyage à travers le monde et a fondé le blog Revolution On The Road : http://www.revolutionontheroad.com


    #voyage #culture_du_viol


    • à propos du monde du travail : Un jour d’entretien d’embauche, un « chef » me reçoit et me dit qu’il a une assez mauvaise nouvelle à m’annoncer : l’étude graphologique de ma lettre de motivation m’attribue la lettre « D ». Puis il me dit que ce n’est pas catastrophique et qu’on devrait pouvoir s’arranger...
      J’ignorais quels processus étaient jeu mais la perte de confiance en moi a été immédiate... et la détestation de ce « chef » encore plus forte puisque j’ai refusé le poste !

    • Heureusement, je pense qu’il existe aussi l’inverse : « la puissance acquise », pour tout le monde et à tout âge, une rencontre qui rassure sur ses capacités.

      C’est ce qu’il me semble expérimenter de façon frappante (et même ça me blesse aussi en tant que femme parmi les femmes) quand je rassure des hommes sur leur capacité informatique et les aide à comprendre et à créer du code. D’un coup ils comprennent très vite alors qu’ils s’embrouillaient complètement, persuadés d’être nuls.
      Donc j’en suis arrivée à me dire que j’ai peut-être un don pédagogique, mais alors ça devrait marcher autant avec les femmes. Vous comprendrez peut-être mieux mon sentiment énervé si je prends l’exemple d’une femme qui s’arrête pour aider un homme à changer une roue et la façon dont le mec est bêtement blessé dans son amour-propre d’avoir pris « une leçon » d’une femme du coup, son cerveau à l’air de se réveiller pour se dire « Ah ben si une femme peut le faire, c’est que ça doit être facile ». Voila, je vois ça agir très souvent, et après en général on me regarde de haut sans me renvoyer l’ascenseur. Vous avez déjà ressenti ça les copines ? @jacotte @monolecte @aude_v @mad_meg ? et les hommes aussi, dites moi si vous avez un sentiment là dessus !

    • il me semble que la puissance acquise c’est tout le principe de l’education masculine. C’est justement en retirant toute puissance aux femmes que les hommes se donnent l’illusion d’en avoir. C’est la base de la #fraternité, se garantir entre hommes que les femmes restent bien en dessous d’eux.

      Dans l’exemple que tu donne @touti, je ne comprend pas ce que la femme qui fournis les explications gagne en pouvoir. Elle gagne le fait de savoir que le mec qu’elle a aidé la considère comme une inférieur. Je ne pense pas que c’est pas très « empouvoirant » de se faire rappeler qu’on est un paillasson par la personne qu’on voulait aider. Le mec par contre a gagner de nouvelles connaissances et lui a pris du pouvoir. Ce que ton exemple me montre c’est que le groupe dominant trouvera toujours le moyen de faire tourné les choses à son avantage.

      Et pour une anecdote dans ce genre, il y a quelques mois j’etais dans le metro et je croise un homme qui galérait avec 2 énormes valises dans un escalier bondé. Je lui propose poliement de l’aidé à porter ces grosses valises et là il se met à gueulé comme un putois : « Mais je suis pas une femme moi ! je peu porter mes valises tout seul non mais ! je suis pas une femme moi, je suis un homme moi c’est pas une femme qui va m’aider... » il a continué comme ca probablement assez longtemps mais je suis parti en rigolant.

    • @mad_meg mon exemple ne visait pas à montrer que la femme avait gagné quoique ce soit, je me suis surement mal exprimé. D’autant que j’idéalise toujours le partage qui devrait enrichir tout le monde et que je tombe chaque fois des nues quand je vois qu’il est à sens unique, ou du moins à sens de pouvoir : Je prends ce que tu sais pour le faire mien et t’en exclure. L’exemple historique étant la prise de pouvoir des hommes sur l’enfantement.

      Le plaisir de l’altruisme, du partage des ressources et des connaissances fait oublier trop souvent que les hommes ont l’habitude de se servir des femmes comme marchepied.
      J’ai décidé de ne pas y prendre garde, si ceux que j’aide veulent me considérer ainsi, c’est qu’ils ont encore du chemin à faire, n’empêche je remarque que tout cela est très inconsciemment ancré pour propager le #patriarcat. D’autant que si je le fais remarquer à certains de ces hommes ils ne pensent pas que j’ai pu jouer un rôle d’aidante pour eux, c’est très intéressant cette capacité d’élimination.

      Très drôle ton histoire de putois masculin.

    • « effarée par le côté distinction sociale »
      Oui, d’autant que la prise en charge est très chère.
      Je l’entends parfaitement mais il ne faut pas s’arrêter à ça.
      On peut être libre d’étudier ce sujet des zèbres sans tomber dans ce piège, du moins je l’espère. J’ai une amie qui après des années à avoir refusé cette #anormalité prétentieuse parce qu’elle répétait depuis toute petite et à en pleurer « je veux être comme tout le monde, normale », je m’y intéresse aussi en me demandant comment avancer sans blesser personne.
      Néanmoins quand je vois le parcours d’échec scolaire de certains enfants zèbres (40% ne passe pas le bac) et toutes les réactions hostiles parce que ce serait uniquement un désir prétentieux des parents mais que du coup rien n’est fait, que s’ille s’ennuie on va lui donner des leçons en plus, parce que mais oui c’est normal qu’ille soit toujours seul·e à lire assis pendant la récréation, parce que c’est normal qu’ille refuse toute activité qu’ille ne dorme jamais, ou qu’ille est envie de se suicider à 12 ans … et que toute la famille souffre sans savoir. Bref, je peux vous assurer qu’il serait bien que l’éducation nationale sorte de cette ornière, tout autant que chacun de nous, pour accepter qu’il y a des personnes qui ont des cerveaux foutus différemment et qui ont besoin d’aide.
      #empathie #hypersensibilité #décalage

      Coming-out intellectuel… faut-il parler de son surdouement ?
      http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2009/05/17/coming-out-intellectuel

      Florilège d’idées reçues sur les enfants intellectuellement précoces
      http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2015/06/30/florilege-didees-recues-sur-les-enfants-intellectu

      Les enfants précoces sont des sentinelles embarrassantes
      http://www.humanite.fr/tribunes/les-enfants-precoces-sont-des-sentinelles-embarras-510997

    • il serait bien que l’éducation nationale sorte de cette ornière

      Oui, qu’un jour on se rende compte que huit heures par jour sur une chaise, pendant dix ans : c’est une torture pour tous les enfants, et pour certains (les plus curieux de la vraie vie) plus que pour d’autres.

    • Quand une nana se sent sure d’elle et de ses compétences, elle est immédiatement taxée d’arrogance.
      Par contre, un esbrouffeur — c’est à dire un mec incompétent tout rempli de son incommensurable estime de lui-même — sera toujours bien considéré, y compris bien longtemps après que les preuves de la fatuité aient commencé à lourdement s’empiler sur la balance.

      Depuis que je n’éprouve plus le besoin de faire valider mes compétences par autrui, d’être rassurée et réassurée en permanence, je suis effectivement devenue agressive et arrogante pour beaucoup.
      Et le meilleur, c’est que je m’en bats les steaks !

      C’est purement libérateur et je pense que c’est cette liberté qui rend fous les dominants.

    • Pour revenir au film, l’ #impuissance_acquise, c’est exactement le processus d’exclusion que j’ai identifié derrière la fameuse #culture_générale.

      La culture générale, c’est censé être le viatique minimum de la vie en société, ce genre de savoir informel universellement partagé dans un corps social.
      En réalité, il s’agit de la clé inviolable pour la #reproduction sociale.
      La culture générale réellement mesurée dans toutes les épreuves où elle est mobilisée est en fait une culture profondément bourgeoise et élitiste, le produit de toute une enfance soumise à un dressage spécifique.

      Tout comme dans le film, la culture générale permet de trier ceux qui ont bénéficié du dressage spécifique aux classes dominantes tout en faisant porter la responsabilité de l’échec programmé aux jeunes issus des classes non formatées, ce qui permet, in fine de valider la #méritocratie dans tous les esprits et de faire en sorte que nul ne puisse contester sa place dans la #hiérarchie sociale !

      Étonnant, non ?

      #domination

    • Quand j’ai entendu l’émission j’en ai pleuré.

      Pareil, ça nous est tombé dessus cet été, se rendre compte d’une évidence ça plombe, pleurer de soulagement parce que, bingo, ça concorde enfin avec toutes ces souffrances incompréhensibles et … ces renoncements. Ça plombe parce qu’on a été obligé de créer une stratégie, parfois d’amputation mentale, pour que l’hypersensibilité cognitive ne dérange ni soi même ni les autres. Qu’aucun professionnel (prof, psy etc) ne prenne en considération ces spécificités, entraine vers la question de la maladie mentale alors que non, c’est une chance quand on s’en rend compte à temps …

      Pour recroiser avec vous, ça fait longtemps que la société et surtout ceux qui la gouvernent se passe de l’intelligence, arase les savoirs ou son accès et fait en sorte de se dispenser des intellectuel·le·s, (ce mot est presque pire aujourd’hui que féministes et s’utilise en insulte dans les cours de récré) . Bref, sont devenues inutiles, les personnes qui se servent des capacités de leurs cerveaux pour élaborer une pensée créative vivante à partager. (Je ne parle pas des bouffis de l’académie qui prennent FK et autre bouse comme lanterne).
      Exit la pensée critique une fois mélangée à la sauce capitaliste pour en amoindrir les effets, les artistes du devant de la scène sont relégués à repeindre le décorum politique, jusqu’à la gerbe. (cf @philippe_de_jonckheere )

      Se trouvent exclus tous ceux qui ne peuvent/veulent plus marcher dans cette mascarade. Combien de temps encore avant de faire société intelligente ? Comme je regarde pas mal de films et lis beaucoup sur les zèbres en ce moment, excusez mais je ne retrouve plus la source dans laquelle des psys spécialistes de cette capacité affirment que chez les chômeurs un nombre plus important que le moyenne répond à ces critères d’intelligence différente.

    • une fois que tu sais ça, ça ne te sert à rien si tu continues à te faire coller dessus des diagnostics indigents

      @aude_v peut-être mais tu disposes d’une piste pour ne plus renoncer à ce que tu es, et aucun psy ne peut le faire à ta place. Donc justement, ne pas s’en tenir à l’aspect DRH ou secte des zèbres parce que c’est très concret et spécifique et qu’il existe des solutions, tout comme se construit/déconstruit la confiance en soi ou que les réseaux neuronaux sous certaines conditions peuvent emprunter d’autres chemins pour se reformer. Pas pour gagner en compétitivité et sur la tête des autres mais se libérer des limites qu’on s’est fait poser ou que l’on s’est posé soi même, c’est quand même un beau « challenge » (héhé). Il y a des associations de zèbres et des lieux de rencontres, vraiment peu et pas assez, peut-être pas bien faites et encore à créer mais ça aide à reprendre confiance. Et c’est plus facile sur Paris qu’en province, as usual.


  • Pourquoi les meilleurs éléments démissionnent-ils ? - JDN
    http://www.journaldunet.com/management/formation/1171408-pourquoi-les-meilleurs-elements-d-une-entreprise-demissionnent-ils/?een=a76ec1dd7ffdde902427ed07bac58771


    Mais ce n’est pas du tout un problème de #travail coopératif. C’est un problème d’#organisation standard de l’#exploitation. C’est d’ailleurs pour cela que je ne suis super plus motivée pour retourner dans le #salariat.
    Survivre dans le salariat, c’est surtout apprendre à dire #non.

    Les chercheurs expliquent que dans tous les secteurs, les employés les plus compétents sont trop sollicités par leurs collègues, ce qui les conduit éventuellement au burn-out et à la démission.

    C’est une forme de « syndrome de la réussite » : plus l’employé est performant, plus on en exigera de lui.

    Nous nous sommes entretenus avec Rob Cross, professeur de commerce à l’université de Virginie, pour en savoir plus sur le déroulement de ce processus et les moyens de l’éviter.

    • Pour avoir longtemps été chef d’équipe, c’est un vrai problème qui n’a pas toujours de solution. Au delà de la compétence il y a également le sérieux et l’ardeur au travail. Dans uen équipe il y a ceux qui bossent bien et peuvent même être très compétents et chaque fois que vous avez un truc important ou urgent, voire difficile à faire faire, c’est à eux que vous vous adressez, et d’autres au contraire, auxuels on ne peut rien demander soit par manque d’implication soit par manque de compétence, soit évidemment les deux, et il ne fait aucun doute que c’est une attitude parfaitement étudiée de leur part.

      Et donc invariablement quand vous êtes préssé de donner certaines tâches à faire, c’est un peu toujorus aux mêmes que vous le demandez, lesquels finiront inévitablement par ressentir en injustice le fait que vous adressiez si souvent à eux.

      Bien souvent c’est une situation sans solution et biaiser rend parfois les choses pires encore. en tout cas c’est une équation que je n’ai jamais su résoudre. Jamais.

    • Si, c’est simple : le job d’un chef d’équipe, c’est de faire bosser les bras cassés. Pour les autres, globalement, on n’a pas besoin de chef…
      Pareil pour les profs : leur job, c’est de réussir à faire apprendre à ceux qui ont des difficultés ou qui ne veulent pas, sauf que c’est toujours nettement plus valorisant et agréable de bosser avec les bons élèves. Sauf que ce sont eux qui ont le moins besoin du prof (en dehors de la « neutralisation » des éléments perturbateurs).

      Manière, toute la logique est totalement pervertie.
      On va féliciter un chef qui a une bonne équipe de bosseurs, mais globalement, faudrait féliciter celui qui arrive à tourner avec des éléments peu valorisés jusque là. Sauf que sur le mode de concurrence interne et institutionnalisée, l’équipe de bons éléments aura de meilleurs résultats comparatifs avec l’autre et aura donc tendance à être plus soutenue, plus dotée, plus encouragée et donc les inégalités se creusent entre les équipes, les meilleurs s’épuisent, les moins moins se désinvestissent et y a plus rien qui marche.

    • Bon aller, je vais le redire : y a pas de « nature » humaine parce que nous sommes des animaux sociaux nidicoles.

      Nos comportements sociaux sont induits et renforcés par les structures sociales et les croyances qui étayent la société où l’on devient humain.
      Comme nous nous pensons en #méritocratie et que nous nions les #inégalités de départ, nous avons tendance effectivement à surinvestir dans les winners et à laisser de côté les losers . Parce que chacun a la place qu’il mérite dans notre #mythologie actuelle.

      Quand c’était « l’homme juste » qui était le modèle, les comportements opportunistes n’étaient pas valorisés socialement, contrairement à l’abnégation. Ce qui donnait des shémas comportementaux collectifs assez différents… en dehors des classes dominantes qui ont toujours conscience de leur intérêt supérieur et immédiat à transgresser les normes pour maintenir leur avantage de classe et leur domination sur les autres => genre, l’Église qui prône la tempérance et le don de soi (surtout pour les pauvres) mais dont le clergé développe pendant ce temps des mœurs dont la dissolution a provoqué plusieurs schismes et reste encore légendaire !

    • Il manque à l’article un truc important. L’idéologie managériale de la priorité. L’article parle d’un monde du travail idéal ou on pourrait dire « je ne vais pas à cette réunion car cela ne sert à rien ». Je me suis entendue dire à plusieurs reprises, me plaignant d’une surcharge structurelle de travail, ou demandant du renfort en personnel (ponctuel ou structurel) : tu dois gérer les #priorités. C’est à dire, accepter d’être surchargée, de ne jamais rien finir, de ne pas travailler correctement. En gros, non seulement les plus impliqués et compétents sont les plus sollicités mais en plus il leur est renvoyé la responsabilité de l’organisation de la surcharge. En leur demandant, au passage de renoncer à ce qui fait qu’on les recrute ou apprécie au départ : les fameuses compétences, la polyvalence et la volonté de faire correctement leur travail (et parfois même oh folie, la capacité à le penser).

      Le passage le plus drôle de l’article est celui-là :

      Dans l’article de la Harvard Business Review, les auteurs recommandent aux employeurs "d’aider les employés les plus actifs et surchargés à filtrer et hiérarchiser les demandes, de leur donner la permission d’en refuser (ou d’y accorder seulement la moitié du temps requis) et de les encourager à faire appel à une tierce personne lorsque la demande en question ne nécessite pas leur unique contribution.

    • Il y a une solution, peut-être très difficile : supprimer les chefs et travailler sur les systèmes autogérés (non je ne suis pas un rêveur baba des années 1970). Je tends à penser que pour certaines activités hyper hiérarchisées (comme les journaux), ça marcherait beaucoup mieux si on éradiquait les chefferies.

    • @reka tu prêches une convaincue : la hiérarchie, c’est le mal.
      Maintenant, le soucis, c’est que tu ne changes pas certaines mentalités d’un coup de baguette magique. Certain⋅e⋅s sont tout à fait prêt⋅e⋅s pour l’autonomie et d’autres ne pensent qu’à exploiter les autres pour ne pas tirer une rame, en manipulant, mentant, trichant.
      Bien sûr, à terme, l’abolition de la chefferie rendrait totalement inopérant et inutile ce genre de stratégie (à quoi bon se faire chier à être Iznogoud, s’il n’y a plus de place du calife à prendre ?), mais faudrait quand même une phase de transition.

      Après, si tu replaces les rapport du travail dans un cadre plus grand comme l’abolition de l’aliénation à l’emploi à cause de la marchandisation de la survie (en gros, dans la perspective du revenu inconditionnel), les bras cassés ne seront plus du tout obligés de travailler et donc de venir casser les ovaires des autres.

    • Je suis d’accord avec toi sur le fait que dans les mentalités, on a intégré la chefferie comme quelque chose qui est plus qu’une obligation : une nécessité comme l’air pour respirer. Et c’est en effet aussi sur ça qu’il faut travailler. J’ai souvent été effaré de constater dans les milieux d’entreprises dans lesquels je suis passé, le niveau effrayant de soumission à la chefferie fut-elle crapuleuse et/ou incompétente, sans parler de celles et ceux qui disent avoir « besoin » de cette hiérarchie, besoin d’être guidé·e·s quitte à sacrifier en tout conscience une part de leur autonomie. C’est un vrai réel problème

    • Ça, c’est horrible : les gens qui sont convaincus qu’il leur faut un chef sur l’épaule pour faire quoi que ce soit ! C’est juste du conditionnement.
      Et le fait qu’on accepte de subir le chef, y compris et surtout quand il est totalement incompétent (bon, d’un autre côté, la soumission au chef débile, c’est un peu écrit dans le code du travail… c’est même ce qui en justifie l’existence !).

      Et parfois le conditionnement est tellement puissant que dès que les chef tourne le dos, y en a qui se sentent obligé⋅e⋅s de se conduire comme des amibes décérébrées…


  • Pourquoi les élites écoutent du hip-hop
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/201215/pourquoi-les-elites-ecoutent-du-hip-hop

    « Il faut que tout change pour que rien ne change. » La célèbre phrase du Guépard s’applique aux métamorphoses récentes de l’élite américaine. Entretien avec #Shamus_Khan, professeur à Columbia, sur les stratégies mises en œuvre pour relégitimer les privilèges et produire un contexte culturel évitant la contestation des inégalités croissantes.

    #Culture-Idées #Culture #diversité #domination #école #élite #Essais #Méritocratie #ouverture #Pierre_Bourdieu #reproduction_sociale #Université


  • Transformer les journalistes en intermittents de l’info, Jacques Rosselin - Rue89 - L’Obs
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/07/01/transformer-les-journalistes-intermittents-linfo-260051

    Sans changement radical de l’environnement économique de l’information et de ses règles, les médias, les journalistes et les pouvoirs publics auront beau se décarcasser, rien n’avancera. Oui, un changement radical. La mécanique est trop usée pour se contenter d’un rafistolage.

    Et si on finançait directement les journalistes ?

    Un #revenu_de_base individuel suffisant pour être en mesure de... produire accessible aux titulaires d’une #carte_professionnelle ?

    Jacques Attali : « Le statut de demain, c’est celui d’intermittent du spectacle »
    http://www.marianne.net/jacques-attali-statut-demain-c-est-celui-intermittent-du-spectacle-1002348

    ...nous convaincre et prend l’exemple du secteur de la musique où se côtoient le musicien indépendant, le musicien d’orchestre aux contrats de courtes durées et le musicien affilié « à vie » auprès d’une grande structure. Ainsi, le #salariat et ses avantages ne concerneraient que cette dernière catégorie où se concentreraient les « grands talents. » Aux yeux d’Attali, une société basée sur un tel système « ne [serait] pas précaire, dans la mesure où chacun pourra réaliser son talent. » Et tant pis pour les moins inspirés : « Evidemment, pour ceux qui n’auront pas de talent, ce sera plus difficile » concède-t-il.

    La #méritocratie perpétuellement recyclée...

    • Il y a un léger problème de sélection non ? La carte professionnelle s’obtient si ton revenu est d’au moins 50% <del>du journalisme</del> des médias.

    • Et au moins le SMIC... et en fait, c’est moins d’être journaliste que d’être payé par un média qui compte.
      Comme je le disais à Jacques, si c’est pour continuer à nourrir les Zemmour and co qui ont une carte de journalistes, ça reste à chier.

      Par contre, comme le problème se pose aussi pour les artistes, les intermittents et des tas d’autres personnes, un bon revenu universel serait quand même une bonne solution.

    • Tu as raison, je corrige ; perso cette année je n’ai pas pu (pas cherché à) renouveler ma carte de presse, car la dénomination de ce que je fais n’est plus « du journalisme ». Même si avec @visionscarto on n’en est quand même pas très éloignés.

      Pour la question du revenu universel je crois qu’elle se pose pour tout le monde ; et ce n’est pas parce qu’elle est portée par les « intellectuels précaires » qu’elle devrait se limiter à ce secteur.


  • La bourse au mérite divisée par deux
    http://www.lemonde.fr/vie-etudiante/article/2015/05/28/la-bourse-au-merite-divisee-par-deux_4642651_4468406.html

    Les futurs bénéficiaires de la bourse au mérite, attribuée aux élèves qui obtiendront la mention « très bien » au bac, ne toucheront plus que 900 euros contre 1 800 euros auparavant, selon un décret paru au Journal officiel jeudi 28 mai.

    #méritocratie


  • [Babeuf] Manifeste des Plébéiens (1795) | labyrinthes
    https://labyrinthes.wordpress.com/2015/05/21/babeuf-manifeste-des-plebeiens-1795

    Il est temps que le peuple, foulé, assassiné, manifeste d’une manière plus grande, plus solennelle, plus générale qu’il n’a jamais été fait, sa volonté, pour que non seulement les signes, les accessoires de la misère, mais la réalité, la misère elle-même soient anéanties. Que le peuple proclame son Manifeste. Qu’il y définisse la #démocratie comme il entend l’avoir, et telle que, d’après les principes purs, elle doit exister. Qu’il prouve que la démocratie est l’obligation de remplir, par ceux qui ont trop, tout ce qui manque à ceux qui n’ont point assez ! Que tout le déficit qui se trouve dans la fortune des derniers, ne procède que de ce que les autres les ont volés. Volé légitimement, si l’on veut ; c’est-à-dire, à l’aide de lois de brigands qui, sous les derniers régimes comme sous les plus anciens, ont autorisé tous les larcins ; à l’aide de lois, telle que toutes celles qui existent en ce moment ; à l’aide de lois, d’après lesquelles je suis forcé, pour vivre, de démeubler chaque jour mon ménage, de porter, chez tous les voleurs qu’elles protègent, jusqu’au dernier haillon qui me couvre ! Que le Peuple déclare qu’il entend avoir la restitution de tous ces vols, de ces honteuses confiscations des riches sur les pauvres.

    Nous prouverons que le terroir n’est à personne, mais qu’il est à tous.

    Nous prouverons que tout ce qu’un individu en accapare au-delà de ce qui peut le nourrir, est un vol social. […]

    Nous prouverons que tout ce qu’un membre du corps social a au-dessus de la suffisance de ses besoins de toute espèce et de tous les jours est le résultat d’une spoliation de sa propriété naturelle individuelle, faites par les accapareurs des biens communs.

    Que, par la même conséquence, tout ce qu’un membre du corps social a au-dessus de la suffisance de ses besoins de toute espèce et de tous les jours est le résultat d’un vol fait aux autres co-associés, qui en prive nécessairement un nombre plus ou moins grand de sa quote-part dans les biens communs.

    Que c’est sans doute à tort que cette opinion a apprécié la journée de celui qui fait une montre, vingt fois plus que la journée de celui qui trace des sillons.

    Que c’est cependant à l’aide de cette fausse estimation, que le gain de l’ouvrier horloger l’a mis à portée d’acquérir le patrimoine de vingt ouvriers de charrue, qu’il a, par ce moyen, expropriés.

    Que tous les prolétaires ne le sont devenus que par le résultat de la même combinaison dans tous les autres rapports de proportion, mais partant tous de l’unique base de la différence de valeur établie entre les choses par la seule autorité de l’opinion.

    Qu’il y a absurdité et injustice dans la prétention d’une plus grande récompense pour celui dont la tache exige un plus haut degré d’intelligence, et plus d’application et de tension d’esprit ; que cela n’étend nullement la capacité de son estomac.


  • Le ciel des travailleurs
    http://www.greekcrisis.fr/2015/03/Fr0417.html

    Dans un premier temps, durant la soirée du lundi (9 mars), une nouvelle avait été diffusée par les medias, faisant état d’une altercation verbale qu’aurait eu lieu entre Yanis Varoufákis et Wolfgang Schäuble, au soir de l’Eurogroupe. Le ministre des Finances allemand et de l’Europe unifiée... à travers les victimes des génocides économiques en cours et futurs, aurait rétorqué devant son (supposé) homologue grec, que les mesures visant à lutter contre la crise humanitaire sont unilatérales car non chiffrées, et que de ce fait, elles devraient être suspendues (hebdomadaire “To Pontíki”). Source : greek crisis

    • Les exemples ne manquent pas. Eleni est à la fois une victime et une rebelle dans cette guerre, à géométrie très variable. Fait très rare, dans les rayons du supermarché AB, appartenant essentiellement à la maison belge Delhaize, des tracts étaient posés mardi matin (10 mars) sur les articles en rayon, faisant état du cas d’Eleni, une employée, humiliée et ensuite licenciée par la direction après 15 ans de #travail à mi-temps. Sa faute : elle avait réclamé l’application de la #législation sur la pause de dix minutes ; supprimée par la direction.

      D’après le tract, que les clients lisaient alors dans un silence de cimetière, “l’entreprise AB, recycle comme on dit ses salariés dans le but de réduire ses coûts, pour ce qui est des #salaires, des cotisations et des primes, imposant sur les lieux de travail de conditions de bagne, en réduisant les droits des salariés, par les cadences insupportables, par la terreur et par des humiliations. Plus précisément, les salariés plus anciens sont essentiellement visés car ils ont davantage de droits que les nouveaux venus. Les anciens salariés sont donc poussés à la démission dans le but de les remplacer. Ils sont en effet remplacés par les nouveaux, sans droits (le mémorandum est passé par là) et très mal payés, étant donné que leurs maigres salaires sont financés par les programmes dits d’aide de l’UE, tandis que l’ANPE finance alors les cotisations de l’employeur. En réalité, ces employés offrent pratiquement du TRAVAIL GRATUIT, et cela très cyniquement car au nom de la... lutte contre le #chômage. En plus, l’entreprise AB-Delhaize a le culot d’offrir une ristourne de 10% aux clients qui préfèrent désormais faire leurs courses un dimanche, au moment où les droits des salariés sont bafoués et leurs salaires sont considérablement réduits. Beau monde alors... que celui des patrons !”


      Tracts devant l’entrée du supermarché AB. Athènes, le 10 mars

      Eleni, poursuit l’entreprise AB devant la justice, tandis que les syndicats ou plutôt #collectifs, annoncent une quinzaine d’#actions durant ce mois de mars 2015. D’autres petits tracts sous les caddys, annonçaient tant la couleur du temps qui fait : “Horaires dits souples et travail non payé. Voilà le vrai terrorisme” et “Le mémorandum n’est pas une image à la télé”.

      C’est le vieux truc de la #B-scale, double échelle de salaires qui sépare les nouveaux employés des anciens, le salaire n’étant le plus souvent pas le seul élément modifié par cette politique de précarisation (horaires, durée et conditions de travail, etc).
      La double échelle des salaires fut d’abord mise en oeuvre dans l’Amérique de Reagan contre une aristocratie salariale, les contrôleurs aériens, avant de donner lieu dans divers pays du monde à de multiples conflits, en particuliers dans les transports et parmi les chauffeurs de bus dépendants de sociétés locales (#grève de #traminots). On ruine des identités collectives fondées sur une condition partagée (puis chacun est conduit à se bricoler de l’identité, en repli, pour ne pas tout à fait disparaître subjectivement).

      Peu après cette offensive de « libéralisation » des années 80, les #inégalités de salaires qui avaient été battues en brèche par les luttes des 60’ et 70’ ont explosé, la France socialiste des années 90 étant à cet égard un cas d’école tout à fait spectaculaire où se cumulent balkanisation contractuelle, salaire au #mérite, #individualisation des salaires, etc.

      #Gouverner les populations implique entre autre moyen de prendre appui sur une lutte de classes devenue interne à un salariat généralisé.

      #restructuration #décomposition


  • L’école, une jungle ultralibérale ? (NouvelObs.com)
    http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20140905.OBS8335/l-ecole-une-jungle-ultraliberale.html

    Le système scolaire est le lieu des paradoxes français les plus extraordinaires. Voilà en effet l’espace social où sont invoquées, avec une vigueur et une constance qu’on ne trouve plus ailleurs, les notions d’égalité des chances" et de « #méritocratie » que tout, dans les faits, contribue à démentir.

    Un espace où les « valeurs de la République », du « progrès social » et du « vivre-ensemble » sont martelées à l’excès, alors que la réalité repose sur une loi du plus fort digne des sociétés ultralibérales.

    […]

    Le problème (explicité dans cet ouvrage), c’est que le grand public confond souvent deux notions : « #massification » et « #démocratisation ». Oui, de plus en plus d’enfants des milieux populaires se lancent dans des études longues - cela, c’est la massification.

    Mais cet accès ne signifie nullement que la réussite est davantage ouverte à tous. Car les élèves issus des milieux qui connaissent moins l’Education nationale (les modestes, donc) n’intègrent pas les mêmes filières que leurs camarades des « bonnes » familles. Du coup, le bon grain reste pour ces derniers, l’ivraie pour les autres.

    #éducation #système_scolaire #ségrégation_sociale #inégalités #égalité_des_chances