• Découvrez les #Enquêtes_publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en septembre 2026
    https://splann.org/enquetes-publiques-septembre-2026

    Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de « Splann ! » met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne. L’article Découvrez les #enquêtes_publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en septembre 2026 est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #agriculture #arzon #assainissement #audierne #Bourg-Blanc #breal-sous-montfort #bretagne_romantique #carquefou #consultations_publiques #deniveau #dessalement #dinard #douarnenez #eau #élevage #élevage_avicole #élevage_bovin #éolien #éoliennes #erdeven #guichen #industrie #la_motte #landunvez #loctudy #méthanisation #morlaix #musoir #plan_local_d'urbanisme #plouguenast-langast #porcherie #pornichet #port #saint_malo #saint-brandan #saint-nazaire #Saint-Thégonnec_Loc-Éguiner #station_d'épuration #tinténiac #urbanisme #vallet

  • [Info « Splann ! »] Ils avalent les #déchets de l’agro : comment les #déconditionneurs risquent de semer des #microplastiques dans nos champs
    https://splann.org/deconditionneur-microplastiques-champs

    Ils sont en plein essor en Bretagne : les déconditionneurs désemballent les rebus de l’industrie agro-alimentaire. Mais en voulant trier les #biodéchets, cette technologie risque de participer à la pollution des terres agricoles aux microplastiques et, par ricochet, de devenir un problème de santé publique. L’article [Info « Splann ! »] Ils avalent les déchets de l’agro : comment les déconditionneurs risquent de semer des microplastiques dans nos champs est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #Pollutions #ademe #agriculture #agroindustrie #alimentation #biogaz #digestat #engrais #finistère #France_nature_environnement #gaspillage #inrae #locminé #méthanisation #plabennec #plastique #quévert #Saint-Nicolas-du-Tertre

  • La dégradation de l’océan se poursuit, mais toujours pas d’accord pour réduire la #pollution_plastique
    https://www.rfi.fr/fr/%C3%A9conomie/20260608-la-d%C3%A9gradation-de-l-oc%C3%A9an-se-poursuit-mais-toujours-pas-d-acc

    Les océans sont de plus en plus en mauvaise santé. C’est le constat du baromètre #Starfish dévoilé ce lundi 8 juin à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan. Le #niveau de la #mer augmente toujours plus vite, la #biodiversité #marine est menacée et la #pollution s’accumule. Selon les estimations de la fondation Ellen MacArthur, les #océans pourraient contenir plus de #plastique que de #poissons d’ici à #2050.

  • Préféré au pétrole, le bioéthanol est-il vraiment écolo ?
    https://reporterre.net/Prefere-au-petrole-le-bioethanol-est-il-vraiment-ecolo

    « Lorsque le développement de cultures utilisées pour la production de biocarburants aboutit, directement ou indirectement, à la disparition de prairies, de zones humides ou de forêts primaires, le bilan des émissions de GES [gaz à effet de serre] des biocarburants peut s’alourdir jusqu’à devenir négatif par rapport aux carburants fossiles », prévenait de son côté l’Ademe (Agence de la transition écologique) au printemps dernier.
    Un carburant pas très local

    Mais en France, les conséquences négatives seraient limitées, nous rassure la Collective du bioéthanol, car les cultures destinées à ce carburant n’occupent que 1 % de la surface agricole française. « Ce sont quand même des parcelles agricoles en moins dédiées à l’alimentation humaine », note Marie Chéron. « En pleine crise alimentaire mondiale, les automobilistes français consomment chaque jour lʼéquivalent de 9,2 millions de baguettes », révélait son organisation dans un rapport de septembre 2022. « Plus on augmente la consommation de bioéthanol, plus on accroît les facteurs de déforestation et le prix des denrées alimentaires », poursuit Marie Chéron. « Manger ou conduire, il faut choisir ! »

  • [Reportage vidéo] #micheline_gambaretti, la #détective_privée qui traque les pollueurs dans le #finistère
    https://splann.org/reportage-video-micheline-gambaretti-detective-environnement

    Ancienne enquêtrice de gendarmerie, Micheline Gambaretti est devenue en 2022 détective privée spécialisée dans les atteintes à l’environnement. Une profession qu’elle pourrait être la seule à exercer en France. Nous l’avons suivie entre les #monts_d'arrée et la commune de #Plouvorn, dans le Finistère Nord. L’article [Reportage vidéo] Micheline Gambaretti, la détective privée qui traque les pollueurs dans le Finistère est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Pollutions #Santé_publique #agroindustrie #commana #eau #écologie #élevage_intensif #environnement #méthanisation #méthaniseur #penzé #pollution #porcherie #sa_kerjean

  • Biodéchets : le tri à la source, et après ?
    https://metropolitiques.eu/Biodechets-le-tri-a-la-source-et-apres.html

    Les communes incitent désormais la population à trier leurs #déchets alimentaires. Selon la chercheuse Élisabeth Lehec, l’organisation collective pour les gérer est peu compatible avec une réduction des déchets sur le long terme. Fin 2024, une minorité de Français avait accès au tri à la source des #biodéchets, selon Le Monde ; près de la moitié de la population, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Que le verre soit jugé à moitié vide ou à moitié plein, une nouvelle sémantique #Essais

    / déchets, #déchets_organiques, biodéchets, #services_urbains, proximité, #réseaux, #compostage, #méthanisation

    #proximité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_lehec.pdf

  • Biodéchets : le tri à la source, et après ?
    https://metropolitiques.eu/Le-tri-a-la-source-des-biodechets-des-menages-et-apres.html

    Les communes incitent désormais la population à trier leurs #déchets alimentaires. Selon la chercheuse Élisabeth Lehec, l’organisation collective pour les gérer est peu compatible avec une réduction des déchets sur le long terme. Fin 2024, une minorité de Français avait accès au tri à la source des #biodéchets, selon Le Monde ; près de la moitié de la population, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Que le verre soit jugé à moitié vide ou à moitié plein, une nouvelle sémantique #Essais

    / déchets, #déchets_organiques, biodéchets, #services_urbains, proximité, #réseaux, #compostage, #méthanisation

    #proximité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_lehec.pdf

    • 47 % des déchets alimentaires ménagers sont constitués de
      gaspillage, c’est-à-dire de déchets constitués de produits consommables.

  • Découvrez les #Enquêtes_publiques et projets d’aménagements en cours en Bretagne en octobre 2025
    https://splann.org/enquetes-publiques-octobre-2025

    Chaque mois, « Splann ! » met en avant des #enquêtes_publiques programmées en Bretagne. Informez-vous sur les projets d’aménagement initiés près de chez vous et prévenez votre entourage. L’article Découvrez les enquêtes publiques et projets d’aménagements en cours en Bretagne en octobre 2025 est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #agriculture #aménagement_du_territoire #décarbonation #élevage_intensif #énergie #industrie #logement #méthanisation #photovoltaïsme #réserve_naturelle #station_d'épuration

  • La ruée vers le fumier
    https://metropolitiques.eu/La-ruee-vers-le-fumier.html

    Quels sont les #déchets agricoles et quelles logiques socio-économiques régissent leur utilisation ? Simon Joxe étudie la circularité des #biodéchets dans la communauté de communes des Mauges, en Pays de la Loire. Autrefois, les matières organiques urbaines – excréments humains, résidus alimentaires et #déchets_organiques divers – fertilisaient les champs maraîchers et céréaliers périurbains, une technique circulaire qui a perduré jusqu’aux années 1970 dans des villes comme Paris (Dufour 2023). #Terrains

    / #économie_circulaire, #méthanisation, déchets, déchets organiques, #agriculture, biodéchets

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_joxe-2.pdf

  • L’Empaillé - Méthanisation, arnaque organisée
    https://lempaille.fr/methanisation-arnaque-organisee

    février 25, 2025, edito

    Depuis une quinzaine d’année, une fable nous est servie sur un plateau par les industriels : la méthanisation transformerait des déchets en énergie verte et amenderait les sols pour le plus grand bonheur des paysans et paysannes… Il s’agit pourtant d’une industrie subventionnée à outrance qui pollue l’environnement et appauvrit les sols, avec un rendement énergétique très médiocre.

    (...)

    Dans un scénario récent, tout cumulé, l’ADEME10 envisage pour 2050 que la moitié de la Surface agricole utile métropolitaine et le tiers des forêts pourraient être utilisées pour faire du gaz.11

    (...)

    10 Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, présidée par le macroniste Sylvain Waserman.

    11 Selon les derniers chiffres de l’Ademe, afin de produire 104TWh par an de méthanisation et 100 TWh de pyrogazéification.

    • L’auteur Daniel Chateigner est aussi membre du CSNM (Collectif Scientifique National sur la Méthanisation) qui bosse sérieusement sur la question, et a mis en ligne un ensemble de fiches thématiques super documentées qui décortiquent le merdier...

      Liste des fiches :
      https://www.cnvmch.fr/a-savoir-csnm

      Tous les aspects sont passés en revue et font l’objet de fiches thématiques validées par consensus par les scientifiques du CSNMéthanisation. Ces fiches montrent toutes les impasses faites dans la précipitation de la mise en œuvre de cette filière, par ailleurs largement subventionnées par l’État et les collectivités territoriales.

      Les fiches consultables portent sur les sujets suivants :

      – Une densité trop élevée dès 2021
      – Qu’est-ce que la méthanisation ?
      – Le pouvoir méthanogène des intrants ...
      – Azote, soufre : effet dépressif
      – Biogaz et biométhane ne sont pas bio !
      – Surface agricole dans les prévisions ...
      – Fuites de gaz à effet de serre ...
      – Gaz irritants, toxiques et dangereux
      – Accélération du cycle carbone et ...
      – Lisiers et excès d’azote​
      – ...

  • Marc-André Selosse, biologiste : « Face aux inondations et aux sécheresses, nos sols sont une solution »

    Inondations dans l’Ouest, en Haute-Loire, dans les Hauts-de-France, à Cannes ou à Valence [Espagne] : que d’eau, de désarroi et de pertes économiques… Nos océans, plus chauds, évaporent plus d’eau dans une atmosphère dont le réchauffement augmente la capacité en eau. Le changement climatique nous promet des précipitations annuelles semblables ou accrues, mais davantage automnales ou hivernales, avec plus de précipitations extrêmes – et à l’inverse, des sécheresses en été (− 10% de précipitations estivales en 2050). La misère humaine sous les pluies violentes ne fait que poindre. Comment éponger cette eau ? Nos #sols sont une solution !

    En effet, sous une surface d’un mètre carré, le sol peut retenir de 40 à 500 litres d’#eau ! Les plus gros pores des sols laissent pénétrer l’eau, tandis que les plus petits la retiennent par capillarité. Entre deux pluies, les premiers se ressuient lentement dans les rivières et les nappes, tandis que les seconds nourrissent les plantes. Plus nos sols boiront d’eau, mieux nous écrêterons les #inondations et, du même coup, mieux nous mettrons en réserve pour les étés secs. Notre gestion des sols est-elle à la hauteur de ces enjeux ? Non.

    Car les trous du sol sont ceux de la vie : terriers de vers de terre ou d’insectes, creusement par le déplacement de petits organismes unicellulaires, racines ou filaments de champignon qui meurent en laissant un vide… Or, la vie s’effondre dans beaucoup de sols agricoles. D’abord, le labour tue les animaux, les champignons et les racines : autant de porosité perdue. Certes, labourer crée des trous, mais, grossiers et non moulés comme ceux des êtres vivants, ils s’effondrent, se « tassent » : on doit relabourer l’année suivante.

    Ensuite, nos sols manquent de matière organique, ces restes de végétaux morts : les engrais sont à présent en grande majorité minéraux ; nul engrais organique (fumier ou compost…) ne vient plus compenser la matière des plantes qu’on récolte. Paradoxalement, les bactéries survivent au #labour et, momentanément oxygénées par celui-ci, elles détruisent plus vite la matière organique du sol.

    Résultat : depuis l’après-guerre, les sols labourés de France ont perdu une grande partie de leur matière organique. Or, c’est elle qui relie les particules des sols, empêche l’érosion et stabilise les pores… Sans elle, la porosité devient instable et l’eau est moins retenue. Enfin, la charrue tasse le sol profond et crée des « semelles de labour » : ces zones empêchent l’eau de pénétrer plus en profondeur. Elles réduisent la portion de sol retenant l’eau et les réserves accessibles en été.

    Quand il pleut beaucoup, certains sols agricoles devenus moins capables de laisser entrer l’eau débordent, voire, s’ils ont perdu leur cohérence, se transforment en coulées de boue. Bien des inondations, comme à Valence ou dans les Hauts-de-France, sont faites de sols incohérents, qui s’écoulent : et c’est de la boue qu’on nettoie…

    Les vertus de l’élevage extensif

    En filigrane apparaissent les remèdes favorisant des sols plus gourmands en eau. Il faut réduire ou supprimer le labour et développer le semis direct, sur sol non labouré : cette agriculture dite « de conservation » occupe 33 % des surfaces cultivées en Amérique du Nord, contre seulement… 4 % chez nous. Il faut apporter de la matière organique au sol, comme le fait l’agriculture biologique, qui remplace les #engrais_minéraux par du fumier. Les déchets humains (nous produisons chacun un quintal de déchets organiques par an !) et les déchets de l’agroalimentaire doivent retourner massivement aux sols.

    De fait, la concurrence de la #méthanisation qui utilise la matière organique à des fins énergétiques ne fait l’objet d’aucune réflexion sur la balance entre les utilisations bioénergétiques et le retour aux sols. Notons que les pâtures non labourées ont, elles, des sols riches en vie souterraine et en matière organique (celle des racines mortes des plantes broutées) : elles stockent bien l’eau et soulignent les vertus de l’élevage extensif.

    La matière organique peut aussi provenir de cultures d’hiver, dites « intermédiaires » : elles remplacent les sols hivernaux bruns et nus, favorisent la vie souterraine et freinent l’érosion, puis livrent au sol de la matière organique à leur destruction au printemps. L’apport au sol de telles cultures intermédiaires représente 0,1 à 10 tonnes de carbone par hectare, soustraites au CO2 atmosphérique : enrichir les sols en matière organique lutte donc contre le réchauffement climatique.

    Enfin, la plantation d’arbres, dont les racines cassent les semelles de labour et fracturent le sol profond, aide l’eau à pénétrer plus loin. C’est l’un des intérêts des haies ou de l’agroforesterie (qui plante des arbres au-dessus des cultures ou des pâtures). D’ailleurs, les troncs et les racines des arbres stockent du carbone (environ 100 tonnes par kilomètre de haie) et luttent également contre le réchauffement climatique.

    Berlin, ville-éponge

    Notre incapacité à entretenir la soif en eau des sols n’est pas seulement agricole : l’#artificialisation_des_sols par les infrastructures de transports et les zones pavillonnaires, commerciales ou industrielles annihile plus encore leur rôle de stockage. Depuis 1970, 10 % de notre surface agricole, au voisinage des villes surtout, a été artificialisée. Le rythme (26 m2 par seconde !) est 3,7 fois plus rapide que notre croissance démographique ! Nos villes deviennent d’autant plus vulnérables aux pluies violentes.

    La loi « zéro artificialisation nette » (ZAN), qui veut enrayer l’artificialisation des sols en 2050, a donc un lien étroit avec le bien-être des habitants. Hélas, les difficultés à concilier le ZAN avec nos modes de développement local ont conduit le Sénat à détricoter ce texte… On comprend aussi la nécessité de restaurer des sols végétalisés dans nos rues et nos espaces urbains. La ville de Berlin fait ici figure de pionnière, restaurant ses sols pour devenir une ville-éponge et lutter contre les inondations et la sécheresse. Demain, notre #urbanisme doit gérer des sols urbains et périurbains salutaires.

    On le voit, toute notre société méconnaît et mutile la capacité des sols à stocker l’eau. Bien sûr, adapter nos sols ne suffira pas à éviter toutes les inondations. Face à une inondation domestique, vous n’épongez pas avant d’avoir bouché la fuite : de même, préparer nos sols à éponger sans agir sur le changement climatique serait ridicule et inefficace. Mais l’adaptation par des sols plus gourmands en eau sauvera des vies et des biens : on la doit aux victimes potentielles des inondations de demain… d’autant plus que ces sols, en meilleure santé, seront plus nourriciers.

    Marc-André Selosse est professeur du Muséum national d’histoire naturelle et à l’Institut universitaire de France. Spécialiste de la microbiologie des sols, il intervient dans des formations d’agriculteurs et plusieurs écoles d’#agronomie.
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/05/marc-andre-selosse-biologiste-face-aux-inondations-et-aux-secheresses-nos-so

    #agriculture

  • « On intensifie l’élevage en développant la #méthanisation », Marie-Pascale Deleume d’Eau et rivières de Bretagne
    https://splann.org/grand-entretien-marie-pascale-deleume-methanisation

    Nous avons reçu à Guingamp Marie-Pascale Deleume, ingénieure agronome de formation, impliquée au sein d’Eau et rivières de Bretagne et de France Nature environnement, opposée au développement de la méthanisation. L’article « On intensifie l’élevage en développant la méthanisation », Marie-Pascale Deleume d’Eau et rivières de Bretagne est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #agriculture #biogaz #élevage #énergie

  • https://lvsl.fr/methanisation-la-nouvelle-derive-de-lagriculture-industrielle

    Produire de l’énergie rapporte bien plus qu’élever des vaches, de produire du lait ou des céréales pour le marché alimentaire.

    Les cultures sont en effet bien plus intéressantes que les déchets agricoles pour produire du gaz. Les effluents ont un potentiel énergétique faible, a contrario des cultures qui sont bien plus méthanogènes, c’est à dire qu’elles produisent plus de méthane. La fermentation du fumier est par exemple moins efficace que celle du maïs. Présentée comme un moyen de compenser les faibles revenus agricoles et permettant d’avoir un prix fixe pendant quinze ans pour les agriculteurs, la méthanisation fait aujourd’hui des agriculteurs des producteurs d’énergie. Les dérives de ce modèle entraînent alors de grandes tensions entre production alimentaire et production énergétique qui tendent à se confondre en allant vers une agriculture industrielle.

    Au lieu d’être utilisées pour nourrir humains et animaux, des denrées et cultures sont englouties en masse dans les méthaniseurs, mettant en péril la sécurité et la souveraineté alimentaire. Le risque est donc une utilisation abusive des cultures alimentaires au profit de la production énergétique et de dériver vers un modèle à l’allemande, où d’immenses surfaces de maïs sont plantées uniquement pour produire du biogaz.

    Pour l’heure, l’ampleur du phénomène reste limitée en France. Selon les estimations de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), les cultures ne représenteraient que 5% des intrants en 2020. Toutefois, lorsque les prix des cultures principales baisse sur le marché, il existe un risque important de valorisation énergétique de ces dernières, un risque amené à croître du fait de la concurrence étrangère encouragée par la multiplication des accords de libre-échange signés par l’Union européenne. De plus, depuis la loi sur la transition énergétique de 2015, un nouveau type de culture apparaît : les cultures intermédiaires à vocation énergétique. Représentant 29 % des intrants, ces cultures sont plantées et récoltées entre deux cultures principales et jouent un rôle de couvert végétal pour protéger les sols puis sont utilisées comme intrant dans les unités de méthanisation. Cela peut néanmoins varier facilement selon l’Association française du gaz, puisque l’utilisation de ces cultures peut permettre de répondre à des situations transitoires, notamment lors de mauvaises récoltes. Cependant, aucune limite n’est fixée dans l’introduction de ces cultures intermédiaires dans les méthaniseurs, contrairement aux cultures principales qui ne peuvent dépasser 15 % des intrants par an.

    Toutefois, contourner la loi pour laisser place au « maïs énergétique » est de plus en plus fréquent, puisque le pourcentage des ressources agricoles réellement utilisées est inconnu malgré les études identifiant le volume du gisement disponible de chaque culture. Avec les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) à l’horizon 2028 qui fixe une cible de production de biogaz à 103 TWh, la production d’énergie va privilégier les cultures nobles plutôt que les déchets de culture pour répondre à ces objectifs. L’entreprise Margaron SAS, à Roybon (Isère) fournit par exemple des pommes de terres aux méthaniseurs. Le tubercule ici ne s’apprécie plus seulement pour son intérêt nutritionnel, mais aussi selon ses capacités à produire du méthane. Et il en va de même pour le maïs, dont l’arrivée en Bretagne correspond à l’avènement de l’élevage intensif.

    Si ces risques sont connus par les services de l’Etat, la nécessité de faire tourner les méthaniseurs en continu nécessite un approvisionnement 24 heures sur 24. La tentation d’utiliser des cultures en principe destinées à l’alimentation humaine ou animale est donc forte. Pour contourner la loi, il suffit d’ailleurs de déclarer une céréale, habituellement culture principale, comme « culture dérobée » ou CIVE, tandis que les contrôles sont presque inexistants. Si la méthanisation présente donc de vrais atouts pour la transition énergétique et le revenu des agriculteurs, un scénario à l’allemande est loin d’être impossible. Un tel système ne bénéficierait guère aux agriculteurs, mais plutôt aux grands groupes comme Engie et TotalEnergies, ravis de pouvoir continuer à vendre du gaz repeint en vert.

    #méthanisation #biogaz #biocarburants #agro-extractivisme

    • Produire du maïs ou des pommes de terre pour méthaniser devrait être interdit.

      Mettre des panneaux solaires sur les parcelles, à mon avis, aurait sans doute beaucoup plus d’avantages ...

      Ne pas perdre de vue qu’ une bonne partie des cultures de céréales en France servent à alimenter l’élevage intensif bovin très émetteur de gaz à effet de serre (et la viande, riche en acides gras saturés n’est pas un aliment dont la consommation en grande quantité est nutritionnellement souhaitable).

      Et une part importante de la production agro-alimentaire française est exportée .
      Donc le couplet « sécurité et souveraineté alimentaire » est à beaucoup relativiser.

      En 2022 la production agricole était de 96 milliards d’euros et le Chiffre d’affaires des Industries alimentaires de 237 milliards d’euros.

      Et là dessus 83 milliards d’euros de produits agricoles et de produits des industries alimentaires sont exportés .
      dont des exportations de 11, 9 milliards d’euros de céréales brutes, 5, 7 milliards de viande et produits carnées, 2,5 milliards d’animaux vivants, et 8,9 milliards de lait et produits laitiers.

      Et les panneaux solaires n’exigent pas d’engrais ...

      Donc à regarder de près.

    • Que ce soit panneau solaire ou méthaniseur, les agriculteurs n’ont pas pour vocation première de produire de l’énergie. Encore un enfumage pour les maintenir sous la coupe de grands groupes industriels. Ils ont déjà été réduit en esclavage par leur banque, ensuite par les industriels de la chimie, puis par les gros consortiums de l’agro-alimentaire. Maintenant, des officines de productions énergétiques. Le tout sous la houlette de leur syndicat mafieux qui en croque à toutes les gamelles disponibles.

    • Ils sont sous la coupe des grands industriels (ou des grandes coopératives, ce qui revient presque au même), dès maintenant.
      Il n’y a que le très petit nombre qui font de la vente à la ferme et quelques petits maraichers (ventes sur les marchés forains) qui y échappent.

      Ce n’est pas cela le facteur différenciant.

      Il faut regarder le bilan environnemental car celui de l’agriculture actuelle est absolument catastrophique .

      Et faire en sorte que les agriculteurs gagnent correctement leur vie.

  • « Le dispositif de récupération des biodéchets est un miroir aux alouettes », Sabine Barles, urbaniste

    Jusqu’au tournant du XXe siècle, le mot « déchet » n’est pas employé pour désigner les matières organiques, tout simplement parce que ces résidus – épluchures, os, excréments… – sont considérés comme très utiles, notamment pour l’agriculture, où ils servent d’engrais. On les appelle boues, ordures (du latin horridus, qui veut dire « horrible »), ou immondices (du latin immunditia, « saleté »), ce qui n’empêche pas de les valoriser.

    Le mot déchet (qui vient du verbe choir) désigne, au contraire, ce qu’on n’utilise pas dans la fabrication ou la transformation d’un objet, comme les chutes de tissu lors de la confection d’un vêtement.

    [...]

    Depuis le 1er janvier, les collectivités doivent organiser le tri à la source des déchets organiques. Cette mesure marque-t-elle une étape dans ce nouveau récit ?

    A première vue, récupérer les matières organiques semble être une mesure positive. Mais au-delà même des difficultés de faisabilité, le dispositif est un miroir aux alouettes, une façon de nous laisser croire qu’on agit sans aborder les problèmes de fond. Pour que cette collecte soit vraiment utile, il ne suffit pas de déposer un bac et d’organiser une tournée supplémentaire. Il faut un objectif.

    Les #villes concentrent un gisement d’#engrais qui, si on le mobilise, peut contribuer à la nécessaire transformation de l’#agriculture et à la sortie des engrais industriels, à la fois à l’échelle locale pour développer l’agriculture urbaine, mais aussi plus largement à l’échelle régionale. Car il n’existe pas de ville autarcique, c’est une illusion. Chacune entretient des liens avec des territoires qui l’approvisionnent et qu’elle peut approvisionner. Et il est logique et nécessaire que les villes rendent à la #campagne ce qu’elles lui prennent, comme elles l’ont fait jusqu’au début du XXe siècle.

    Malheureusement, la question de cette complémentarité entre la ville et la campagne n’est pas abordée aujourd’hui. Pourtant, l’agriculture n’est jamais très loin de la ville. L’objectif n’est pas que le compost fasse des milliers de kilomètres, mais il peut en parcourir dix à vingt.

    Pour une région comme l’Ile-de-France et le bassin de la Seine, où plus de 40 % de l’espace est agricole, la récupération des fertilisants urbains permettrait, avec la généralisation d’un système de #polyculture et d’élevage biologique, de sortir des engrais industriels. On sait que cela fonctionne, mais ce n’est pas à l’agenda politique.

    Quels sont les principaux freins à de tels changements ?

    La valorisation agricole des #biodéchets se heurte à plusieurs obstacles : la production d’#énergie continue d’avoir la faveur de nombreuses collectivités, qui sont aussi souvent dépendantes des filières existantes. Ces filières nécessitent des équipements lourds – la massification entraînant des économies d’échelle – qui doivent être nourris en permanence. C’est le cas de l’#incinération, qui s’est considérablement développée depuis les années 1970 et permet la production de chaleur. Les villes équipées n’ont aucun intérêt à priver leurs incinérateurs de #déchets.

    Dans d’autres cas, la #méthanisation, qui consiste à dégrader les matières organiques par l’action de bactéries pour produire du biogaz, vient directement concurrencer le compostage des biodéchets. Or, ce procédé ne produit qu’une quantité limitée d’énergie et conduit à la perte d’une matière organique qui serait bien plus utile à l’agriculture. La priorité de l’utilisation agricole par rapport à la valorisation énergétique est pourtant inscrite depuis 2008 dans la hiérarchie officielle des traitements des déchets.

    Que faudrait-il faire pour aller plus loin ?

    Outre la mise en place d’une filière structurée de valorisation agricole, le plus urgent est aujourd’hui de diminuer les quantités de biodéchets. De 20 % à 30 % des produits alimentaires sont perdus à différents niveaux de la chaîne : une partie non négligeable du gaspillage intervient dans la sphère domestique et les services de restauration collective, mais beaucoup de pertes ont lieu plus en amont. Il serait nécessaire d’engager une réflexion sur l’ensemble du système #agri-alimentaire, ce qui n’est pas du ressort des collectivités qui gèrent les déchets.

    Le #recyclage, présenté comme l’alpha et l’oméga de la croissance verte, est une mauvaise réponse s’il est pensé en bout de chaîne, comme c’est le cas aujourd’hui. Une vraie stratégie de sobriété énergétique et matérielle suppose des implications économiques et politiques autrement importantes et une transformation profonde de la société. On en est encore loin.
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/04/sabine-barles-urbaniste-le-dispositif-de-recuperation-des-biodechets-est-un-

    https://justpaste.it/fthlb

    #histoire #écologie

  • Miguel Amorós, Crise agricole et dilemme énergétique, 2023 – Et vous n’avez encore rien vu…
    https://sniadecki.wordpress.com/2023/08/24/amoros-agricole-fr

    L’agriculture industrielle est une agriculture sans agriculteurs. On dira la même chose de l’élevage intensif des macro-fermes. Les effets positifs de l’un et de l’autre se sont avérés être une augmentation sensible de la production et une baisse des prix qui ont conduit à une expansion démographique urbaine. Les aspects négatifs sont pires : abandon des terres et émigration vers les villes, perte des savoirs et savoir-faire, disparition ou privatisation des variétés locales, déforestation et destruction de la faune, production de déchets non recyclables, plus grande résistance des parasites et émergence de nouvelles maladies des plantes, disparition de la couche fertile du sol, surexploitation des aquifères, contamination des sols et de l’eau et dégradation de la qualité des aliments. L’argument majeur en faveur de la monoculture industrielle et de l’élevage intensif a été l’éradication de la faim dans le monde, une promesse clairement non tenue.

    […]

    Il n’y a pas de transition d’une société basée sur un modèle énergétique centralisé, industriel et extractiviste vers un monde décentralisé, désurbanisé et respectueux de la terre et de la nature. La société capitaliste d’après la transition se veut la même que la précédente, structurée de la même manière mais avec un discours écologique. Le capital n’a pas d’idéologie fixe, pas de langage particulier ; la seule préoccupation des dirigeants, soudain soucieux d’écologie, ce sont les affaires. Elles gravitent désormais autour du vert.

    […]

    Cette association obligatoire interroge le caractère renouvelable de l’énergie produite dans les «  parcs  », les «  jardins  » et autres «  fermes  », d’autant plus que, ne l’oublions pas, les matériaux industriels utilisés dans leur construction grèvent le bilan carbone des usines : béton armé et acier pour les fondations, aluminium et cuivre pour l’évacuation dans les lignes à haute tension, plastique renforcé de fibre de verre ou de carbone pour les «  lames  » ou pales, terres rares pour les aimants permanents des rotors (terres rares dont l’extraction et la purification sont des processus très polluants), wafers de polysilicium et films de métaux, peu abondants, semi-conducteurs pour les panneaux solaires (dont certains sont toxiques comme l’arsenic et le cadmium), matériau pour les supports et onduleurs de courant, lithium et cobalt pour les batteries, etc. Si l’on ajoute à cela les terrassements, excavations et autres travaux d’installation et d’entretien, qui se répètent au moment du démantèlement, c’est-à-dire après vingt ou trente ans, plus le recyclage problématique de la ferraille, on aura le tableau complet de la possibilité réelle de renouvellement d’un type d’énergie qu’il serait plus juste d’appeler «  énergie alternative dérivée des énergies fossiles  ». Ne parlons pas du caractère «  propre  » des autres énergies considérées comme renouvelables comme celles issues de la combustion de la biomasse ou des bio-carburants, et de l’énergie hydro-électrique elle-même. Bref, les énergies renouvelables ne sont qu’un mirage. Elles ne résolvent en rien la crise. Elles ont un impact environnemental important et peu d’impact économique local, ne créent pas d’emplois, menacent les forêts et les cultures, causent des dommages au paysage et à la faune et contribuent autant que l’agro-industrie à la désertification des campagnes espagnoles. Elles ne profitent qu’aux oligopoles énergétiques et aux groupes financiers, introduisent des dépendances technologiques inutiles, et qui plus est, ne sont même pas renouvelables.

    […]

    ans une incroyable dépense de ressources, la société de la consommation irresponsable entrerait dans un net déclin, auquel les dirigeants répondraient en recourant éventuellement aux armes. Il est donc vain de s’efforcer de trouver une solution pacifique à la crise par une «  décroissance économique planifiée démocratiquement  » – par qui ? – comme si l’économie mondiale et les agglomérations urbaines pouvaient accepter de bon gré leur extinction. La production d’énergie et de nourriture ne peut être considérée comme un phénomène sans rapport avec le marché, le système financier et le fait métropolitain.

    […]

    Tant que le tissu social ne se recomposera pas en dehors des institutions et contre elles, la défense du territoire sera faible et cherchera des compromis avec le développementisme sur la base d’une demande de moratoire temporaire ou de réduction de la taille des projets.

    #Miguel_Amoros #transition #énergie #écologie #critique_techno #urbanisme #agriculture #nourriture #démocratie

  • La #méthanisation, stade suprême de l’#agriculture_industrielle, par Claire Lecœuvre (Le Monde diplomatique, décembre 2022)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2022/12/LECOEUVRE/65358

    Parée de vertus sur le papier, la production de #biogaz rencontre pourtant de plus en plus d’oppositions locales. Outre les mauvaises odeurs qui mobilisent contre elles de nombreux voisins, l’usage des digestats n’est pas sans incidence sur l’environnement, en particulier les rivières. Mais, au-delà des remèdes à apporter aux multiples nuisances, deux visions de la filière s’opposent : d’un côté, un écosystème avec de petits méthaniseurs, consommant et produisant ce dont il a besoin localement, à l’échelle d’une exploitation ; de l’autre, un système productiviste qui repose sur d’immenses #méthaniseurs, centralisant les lisiers de dizaines de fermes, et qui vise à produire de grandes quantités d’énergie à répartir sur un réseau national ou à vendre à l’étranger, avec de plus grosses centrales — mais qui ne se contente plus de recycler et doit être alimenté par une production accaparant une partie des surfaces agricoles.

  • Rassemblement contre la méthanisation | La belle verte
    https://soundcloud.com/vos-gueules-les-mouettes/rassemblement-contre-la-methanisation

    Le 30 août 2020 avait lieu un rassemblement contre la méthanisation en France suite au débordement de la cuve du méthaniseur de Châteaulin rendant, pendant plusieurs jours, l’eau du robinet impropre à la consommation. 180 000 perrsonnes du Finistère étaient privées d’eau potable... Durée : 1h05. Source : Vos Gueules les Mouettes

  • Pollution de l’eau dans le Finistère : interrogations sur la méthanisation industrielle
    https://www.actu-environnement.com/ae/news/pollution-eau-finistere-methanisation-industrielle-35978.php4

    La restriction de l’usage de l’eau dans 50 communes bretonnes résulte d’une pollution occasionée par une installation de méthanisation. Un événement qui interroge sur le fort développement de la filière et les risques qu’il comporte.

    « Cet événement (…) est également révélateur de la fragilité de notre modèle d’approvisionnement en eau », pointe ERB. L’association déplore l’abandon, ces quarante dernières années, de centaines de petits captages communaux et le recours à des interconnexions qui « éloignent toujours plus le consommateur de la ressource ». Résultat ? En cas d’accident de ce type, « ce modèle ne laisse alors aucune alternative qu’une restriction d’usage pour des milliers de consommateurs ».

    #méthanisation #eau_potable #bretagne #agriculture

  • On en avait déjà un peu parlé ici mais ça faisait un moment que rien n’avait été publié à ce sujet. Julie Lallouët-Geoffroy (Reporterre) nous fait une piqûre de rappel en nous livrant les résultats d’une enquête de terrain en trois volets sur la #méthanisation, devenu un modèle économique de valorisation industrielle promu par les pouvoirs publics ayant de fortes similitudes avec les campagnes de promotion pour les #biocarburants. Et ça craint ...

    La méthanisation, l’usine à gaz qui séduit les gros agriculteurs
    https://reporterre.net/la-methanisation-l-usine-a-gaz-qui-seduit-les-gros-agriculteurs

    https://reporterre.net/methanisation-un-digestat-bien-indigeste-pour-les-sols-et-les-eaux

    https://reporterre.net/La-methanisation-risque-d-accelerer-la-concentration-des-fermes

  • Une loi impose aux supermarchés de recycler leurs invendus alimentaires
    http://www.bastamag.net/De-la-javel-sur-les-invendus-alimentaires-la-grande-distribution-enfin

    Fait rarissime, les députés ont adopté à l’unanimité le 21 mai au soir, des amendements au projet de loi sur la transition énergétique qui visent à limiter le gaspillage alimentaire. Il sera désormais interdit aux distributeurs du secteur alimentaire de rendre leurs invendus impropres à la consommation. « Voir de l’eau de Javel déversée sur les poubelles des grandes surfaces avec des aliments consommables, ça scandalise », a souligné le député socialiste Guillaume Garot, auteur d’un rapport sur ce thème en (...)

    En bref

    / #Alimentation, #Société_de_consommation, #Politique

    • La loi n° 2016-138 du 11 février 2016 contre le gaspillage alimentaire votée à l’initiative d’élus, dont le conseiller municipal de Courbevoie Arash Derambarsh, contient plusieurs dispositions destinées à empêcher les grandes surfaces de jeter de la nourriture et de rendre leurs invendus impropres à la consommation, notamment en les inondant d’eau de javel (lire notre article Lutte contre le gaspillage alimentaire : la loi du 11 février 2016)

      La loi de 2016 prévoit donc :

      – inscription dans le code de l’environnement d’une hiérarchie de la lutte contre le gaspillage alimentaire, allant de la prévention à la #méthanisation ;
      – obligation de recourir à une convention pour les dons réalisés entre un distributeur de denrées alimentaires et une association caritative ;
      – obligation pour les surfaces de plus de 400 m² de proposer, dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la loi, une convention de don à une ou plusieurs associations pour la reprise de leurs invendus alimentaires encore consommables ;
      – interdiction de la javellisation des invendus ;
      – information et éducation à la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les écoles ;
      – intégration de la lutte contre le gaspillage alimentaire dans le reporting social et environnemental des entreprises.

      C’est ainsi qu’un distributeur du secteur alimentaire qui rendrait délibérément impropres à la consommation les invendus alimentaires encore consommables, sans préjudice des dispositions réglementaires relatives à la sécurité sanitaire, est désormais puni d’une amende de 3 750 €. Il encourt également la peine complémentaire d’affichage ou de diffusion de la décision prononcée, dans les conditions prévues à l’article 131-35 du code pénal.

  • Après les #Gaz_de_schiste, voici les gaz de couche, le nouveau filon des pétroliers
    http://www.bastamag.net/Les-gaz-de-couche-nouveau-filon

    Dix ans après la fermeture de la dernière mine de charbon en France, les bassins houillers du Nord ou de Lorraine font de nouveau parler d’eux. Ils sont le terrain de jeu d’entreprises désireuses d’exploiter du « gaz de couche ». Pour être extrait, ce gaz, contenu dans des couches de charbon profondément enfouies, pourrait nécessiter les mêmes méthodes que celles utilisées pour les hydrocarbures de schiste, avec de lourds impacts environnementaux. C’est le cas en Australie où les mobilisations citoyennes (...)

    #Débattre

    / Gaz de schiste, Pollutions , #L'enjeu_de_la_transition_énergétique, #Multinationales

    #Pollutions_

  • Bon article sur la #méthanisation des #rejets des #élevages :

    Cet éleveur laitier d’une cinquantaine d’année croyait sa carrière terminée quand, en 2003, il a été exproprié d’une partie de ses terres à Vivier-au-Court près de Charleville-Mézières. La méthanisation – la récupération du gaz naturel issu de cette fermentation – lui a offert une manière de « rebondir » et une autre vision de son métier d’éleveur. Depuis, il produit près de 2 millions de kilowatt heures d’électricité par an qu’il vend à #EDF. Il chauffe également ses bâtiments agricoles avec le gaz produit.

    A quelques dizaines de kilomètres, à Clavy-Warby, Sylvie Di Gracia et Antoine Oudet envisagent, eux, de fournir six maisons en chauffage au gaz naturel avec un système similaire. Jean Mineur, installé à Etrépigny, s’appuie, lui, sur ce procédé pour orchestrer sa conversion en agriculture biologique. La taille de ces élevages est de l’ordre d’une soixantaine de têtes.

    [...]

    C’est notamment ce que craignent les opposants à un projet de ferme industrielle dans la Somme. L’installation, surnommée la « ferme des mille vaches », prévoit un élevage d’un millier de laitières adossé à un méthaniseur d’une puissance de 1,3 mégawatt, largement supérieure à la moyenne française (220 kilowatts). « Le risque c’est que l’élevage laitier devienne un sous-produit de la méthanisation », redoute Laurent Leray, secrétaire national chargé de l’élevage à la #Confédération_paysanne.

    « Dans ce projet, l’unité de méthanisation sert surtout de caution écologique à un élevage industriel », juge Christian Couturier, directeur du pôle énergie de #Solagro, association d’ingénieurs qui accompagne les agriculteurs vers des pratiques plus durables.

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/09/12/le-methane-agricole-un-nouvel-agro-business_3475749_3244.html

    #énergie #agriculture #développent_durable

    • Je pense que la méthanisation des rejets agricoles, enfin de l’élevage, peut être qualifiée de durable si on se contente de petites unités liées à (une coopérative) de petites exploitations ne nécessitant pas l’introduction de grandes quantités de denrées consommables — l’utilisation de l’herbe n’est pas une mauvaise idée. Dans ce cas, on limite les dégâts sur l’ environnement , on garantit un salaire à l’agriculteur (volet social ) et on améliore la viabilité économique des exploitations (les petites et moyennes, j’insiste).

    • Dans une agriculture vertueuse, l’agriculture familiale, il n’y a pas de rejet non utilisé : on alimente les humains, on alimente les animaux, lequel font des déjections sur de la paille et le tout retourne à la terre pour la fertiliser. La boucle est bouclée. Couper l’herbe comme il est dit dans le texte, c’est de l’herbe en moins pour les vaches à qui on va acheté de l’alimentation hors exploitation. De toutes les façons, on tire sur les ressources agricoles et les ressources en eau. De plus, ça incite à l’élevage alors qu’il est notoire que c’est une catastrophe pour l’environnement et l’avenir des humains. Mettre des oignons « mal calibrés » pour alimenter la machine, c’est franchement idiot.

    • Concernant votre premier argument sur la fertilisation des terres avec le fumier, la méthanisation ne l’empêche pas puisque le digestat est utilisable pour cette même opération.

      Concernant l’herbe, je pensais essentiellement à des coupes lorsque le troupeau n’est pas en train de pâturer, en particulier l’hiver et que les stocks constitués sont suffisants pour éviter l’achat extérieur.

      Quand à l’élevage intensif destiné à la seule viande, je suis tout à fait d’accord que c’est absurde comme vous l’aviez bien montré dans votre article paru sur le bloc-note de @reka. Par contre, l’élevage bovin pour la production laitière me pose beaucoup moins de problème puisque le cheptel laitier actuel est suffisant – cela permettrait de diviser par près de 4 le nombre de bovins – pour l’Europe. Ainsi, pourrait être effectuer la reconversion de tout ou partie
      des terres ainsi dégagées vers d’autres cultures. De plus, le maïs serait moins cultivé et des économies d’eau effectuées.

    • Ah ben non @af_sobocinski :) fumier et digestat c’est pas du tout équivalent. Le fumier c’est une bouse de vache sur un peu de paille, ça coûte pas un rond, à personne, et c’est un fertilisant magnifique. Le digestat, (à manier avec précaution) est le sous-produit d’un investissement considérable pour produire un peu d’électricité à partir de déjections animales saturées de flotte. Et c’est parce que ces déjections sont saturées d’eau qu’il faut rajouter des matières végétales sèches. C’est un système vicieux et onéreux, pour le producteur et pour les citoyens parce que largement subventionnés et ça, simplement pour justifier l’élevage intensif et ne surtout pas le remettre en cause un système qui va dans le mur. Du lait, on en produit trop, et on inonde avec nos surplus et à des prix qui défient toute concurrence les pays les plus pauvres en ruinant leur propre agriculture.
      L’hiver la végétation s’arrête et l’herbe ne pousse plus. Par contre les vaches mangent toujours. C’est la même problématique que pour les agrocarburants en fait.
      Après, je n’ai pas compris ce que tu disais.

    • 1/ Au temps pour moi si je n’ai pas été clair à la fin. Je voulais dire que que concernant l’élevage bovin pris dans son ensemble, l’élimination de la filière exclusivement #viande pour ne conserver que la filière #lait ne me dérangerait pas. Cela permettrait de diviser entre 3 et 4 fois la taille du cheptel #bovin européen et donc libérer des terres pour d’autres cultures (Eurostats). Quant au maïs, largement destiné à l’ensilage, il devrait voir sa production diminuer et donc permettre une certaine économie en #eau.

      2/ Pour l’herbe, j’ai oublié effectivement le détail de la « non-pousse » hivernale mais j’avais posé la condition de la non-utilisation de denrées extérieures pour alimenter le bétail.

      3/ Par contre, je trouve l’argument sur le fait que la méthanisation soit coûteuse pour le citoyen et l’agriculteur non valable. En effet, l’agriculteur doit investir des sommes importantes pour la création de l’unité de méthanisation mais tout projet de production énergétique coûte cher en investissement : par exemple, l’usine marémotrice de la Rance n’est rentable que depuis quelques années mais bon, ce n’est pas un aussi bon exemple que celui de l’#éolien offshore.

      Quant à l’argument de l’énergie subventionnée, valable pour le nucléaire, il est également valable pour l’ensemble des énergies renouvelables dont l’essor, nécessaire, ne pourra résulter, comme vous le défendez, que dans un intense investissement de l’État dans la R&D et dans l’aide à l’installation et donc par l’usage massif de la subvention.

      Enfin, le meilleur scénario — à mes yeux — de #transition_énergétique, celui de l’association #Négawatt repose largement, pour le volet agricole, sur le scénario Afterres2050 de #Solagro qui utilise largement la méthanisation.

      Voir page 14 de la synthèse : http://www.negawatt.org/telechargement/SnW11//Scenario-negaWatt-2011_Dossier-de-synthese.pdf

      Donc pour conclure, la méthanisation peut être durable si elle ne soutient pas la création/ le maintien de fermes d’élevage intensif de vaches à viande. Enfin, pour ce qui est de la surproduction de lait, c’est effectivement un problème mais qui peut être réglé par le retour aux quotas de production.

      Au final, une étude coût/rendement de l’ensemble de ce bazar serait très intéressante.

  • Le gouvernement propose un plan de #méthanisation agricole axé sur des projets de taille intermédiaire
    http://www.actu-environnement.com/ae/news/methanisation-algues-vertes-directive-nitrates-elevage-18180.php

    Vendredi 29 mars, Dephine Batho, ministre de l’Ecologie, et Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, ont présenté un plan « Energie Méthanisation Autonomie Azote » (EMAA). Objectif ? « Développer en France, à l’horizon 2020, 1.000 méthaniseurs à la ferme », avancent les ministères ajoutant qu’il « mobilisera 2 milliards d’euros d’investissement et permettra de créer environ 2.000 emplois pérennes ». Fin 2012, il y avait 90 unités de méthanisation agricole en France et le rythme des nouveaux projets est de 70 par an depuis 2011. Le plan EMAA vise un quasi-doublement de ce rythme avec 130 nouveaux projets par an entre 2013 et 2020.

    Ah la la !

    Quid des apports carbonés ?

    Ce plan "risque de transformer en « énergiculteurs » ceux dont le métier est de produire des aliments", déplore la Confédération paysanne qui craint que "des activités annexes [de méthanisation puissent] vite devenir principales". Même crainte pour France Nature Environnement (FNE) qui juge que "l’agriculture ne doit pas être un sous-produit d’une politique énergétique".

    Un autre point soulevé par la Confédération paysanne concerne la composition de la biomasse méthanisée. "C’est en y ajoutant des sources riches en carbone que le processus de méthanisation est le plus efficace", explique le syndicat agricole qui rappelle que "cela se passe massivement en Allemagne qui incorpore plus d’un million d’hectares de maïs dans les digesteurs".

    Une critique reprise par FNE qui "met (…) en garde concernant l’utilisation de ressources agricoles à des fins énergétiques". "La méthanisation ne doit pas avoir recours à des cultures dédiées, ce qui engendrerait un changement d’affectation des sols", estime la fédération qui indique "[ne pas vouloir] du modèle allemand : de grosses unités de méthanisation nécessitant des milliers d’hectares de maïs pour les alimenter". FNE demande donc que soient précisés les termes "modèle français" et "méthanisation agricole collective de taille intermédiaire".

    Par ailleurs, "FNE rappelle que, par définition, la méthanisation ne réduit pas les quantités d’azote présent dans les digestats". Pour FNE le plan ne serait pas une réponse au problème des nitrates "dû à une trop grande concentration d’élevage et une importation de massive de soja, aliment riche en azote".

    #agrobusiness #pollution