• #MJC, #maisons_de_quartier : pourquoi les lieux associatifs disparaissent-ils ?

    Pendant des décennies, les MJC et autres lieux d’éducation populaire ont permis à des générations d’enfants et de jeunes de se retrouver, de découvrir des activités, mais aussi de grandir en dehors de l’école et de la famille. Que reste-t-il de cette ambition ?

    Pendant des décennies, les MJC, maisons de quartier et autres lieux d’éducation populaire ont permis à des générations d’enfants et de jeunes de se retrouver, de découvrir des activités, mais aussi de grandir en dehors de l’école et de la famille. Des lieux souvent portés par des associations, des animateurs et des bénévoles, qui ont aussi joué un rôle important dans la vie des quartiers et des territoires. Aujourd’hui, beaucoup voient leurs moyens diminuer, leurs activités se réduire, quand ils ne ferment pas complètement. Que reste-t-il de cette ambition de l’éducation populaire et qu’est-ce qui disparaît avec ces lieux ?

    Des lieux d’éducation populaire pensés comme des « fabriques à horizon »

    François Beaune retrace la genèse paradoxale des MJC, nées d’une rencontre improbable entre volonté gaullienne de structurer la société et héritage progressiste du Conseil national de la Résistance (CNR) : « La création des MJC est issue de la volonté gaullienne de planifier la société française et du CNR . Elle est née d’idées progressistes, communistes, de Jean Zay pendant la guerre ». Il décrit comment ces structures reposaient sur une pédagogie verticale mais aimée des jeunes, incarnée par des figures comme le directeur de la MJC de Briançon : « Il avait des savoir-faire qu’il apprenait aux jeunes. C’est le type d’éducation disons verticale. On n’apprend pas à partir de ce que les jeunes ont envie de faire mais on leur donne un savoir ».

    Nora Hamadi complète ce tableau avec le récit de la maison des rêves de Longjumeau, simple cave de trente mètres carrés animée par une poignée d’éducateurs issus du quartier lui-même : « C’était surtout beaucoup d’imagination, du lino, quelques tables, quelques jeux, des grands tableaux et surtout l’abnégation de quelques animateurs qui, au plus fort de l’activité, pouvaient gérer 100 gosses sur une journée ». Elle insiste sur la logique d’accès inconditionnel qui définissait ces lieux, radicalement différente de celle des structures actuelles : « Il n’y avait pas d’inscription. Les parents n’avaient rien à voir là-dedans ».
    La fin d’un modèle, entre défiance politique et logique de marché

    Sur les raisons de la disparition progressive de ces structures, François Beaune décrit un basculement profond dans la relation entre pouvoirs publics et monde associatif, illustré par la généralisation des appels à projets au détriment des subventions pérennes. Il théorise cette évolution en identifiant le monde associatif comme un troisième pôle aujourd’hui menacé de disparition entre État et marché : « Il y a l’État, le marché, et le monde associatif, qui est un troisième terme, entre le public et le privé. Ce n’est ni le public ni le privé. Aujourd’hui, le public est au service du marché beaucoup plus qu’au service de ses citoyens ».

    Nora Hamadi documente, de son côté, la bascule concrète vécue à Longjumeau dès le milieu des années 2000, où l’accueil gratuit et inconditionnel a cédé la place à une logique de centre de loisirs tarifé et normé : « Dès le milieu des années 2000 le fonctionnement commence à changer. On n’est plus au service du public mais face à une organisation municipale qui met au centre sa propre organisation. Petit à petit, on ne répond plus à une demande des jeunes mais bien à une organisation municipale qui veut organiser et structurer ».

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins-d-ete/mjc-associations-maisons-de-quartier-pourquoi-ces-lieux-disparaissent-il
    #disparition #Briançon #Briançonnais #podcast #éducation_populaire #audio #disparition #fermeture

  • À l’Ehpad de #combourg, en #ille-et-vilaine, de nouvelles accusations de « négligences » et de « maltraitances »
    https://splann.org/ehpad-combourg-negligences-maltraitances

    Une #plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « non-assistance à personne en péril » a été déposée en février 2026 par la famille d’une ex-résidente de l’Ehpad de Combourg (35). Une affaire qui entache un peu plus la réputation de cet établissement, déjà épinglé par l’agence régionale de santé en 2023. L’article À l’Ehpad de Combourg, en Ille-et-Vilaine, de nouvelles accusations de « négligences » et de « maltraitances » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Santé_publique #agence_régionale_de_santé #ars_bretagne #association_clinique_Saint-Joseph #ehpad #jean-pierre_rossé #Joël_Le_Besco #maison_de_retraite #maltraitance #médico-social #personnes_âgées #social

  • 250 ans des États-Unis : #Trump impose sa vision, les entreprises françaises suivent
    https://multinationales.org/fr/enquetes/trumpisme-et-complicites/250-ans-des-etats-unis-trump-impose-sa-vision-les-entreprises-franc

    #Donald_Trump tente de s’approprier la célébration du 250e anniversaire de l’indépendance des #États-Unis à travers une organisation à sa botte qui organise des journées de prières et des spectacles de combat. Des travaux d’« embellissement » ont été lancés dans la capitale Washington, comme la construction d’un arc de triomphe et d’une immense salle de bal à la #Maison_Blanche. Le tout financé par l’argent public mais aussi par les dons très intéressés de multinationales et de milliardaires. Des groupes français sont aussi de la partie.

  • Nucléaire : à l’autorité de sûreté, la réorganisation interne suscite des remous | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/010726/nucleaire-l-autorite-de-surete-la-reorganisation-interne-suscite-des-remou

    Sur le fond, et c’est plus grave d’un point de vue déontologique, les organisations syndicales craignent un risque de confusion des rôles entre d’un côté l’expertise scientifique et technique, et de l’autre l’instruction des décisions de l’#ASNR .

    #nucléaire

    Mais bien sûr, les gens qui se sont inquiété de la fusion IRSN / ASN n’étaient que des oiseaux de mauvais augure n’est-ce pas…

  • 1700 rivières sous pression : la carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France

    Alors que la France va à nouveau rater en 2027 l’objectif européen de bon état de ses cours d’eau, une enquête de Mediacités et Reporterre permet de visualiser pour la première fois l’ampleur de la pression exercée par les #micropolluants sur le territoire.

    Elles courent tantôt à travers champs, tantôt à travers bois. Sur 16 kilomètres, les eaux tranquilles de la Launette longent un château du XVIIIe siècle, une abbaye royale et même le tombeau de Jean‐Jacques Rousseau. Mais la carte postale ne montre pas tout. Elle masque les nombreuses substances invisibles que charrie la petite rivière de l’Oise. #PFOS, #diflufénicanil et autres #pesticides, et même un médicament : entre 2022 et 2024, la station de surveillance installée sur ce cours d’eau a relevé 16 molécules au‐dessus des seuils de risque européens et français en vigueur. La Launette est un cas d’école, elle arrive en tête de notre classement des rivières subissant la plus forte pression des micropolluants.

    Ce triste palmarès est le fruit de plusieurs mois d’enquête et d’une plongée dans les millions de données des agences de l’eau. Mediacités et le média de l’écologie Reporterre se sont associés aux collectifs We Report et Mémoire Vive pour produire une carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France. Établie à partir des données publiques des stations de surveillance [consulter notre méthodologie], notre carte montre les dépassements annuels des seuils de risque par famille de substance et par micropolluant entre 2022 et 2024.

    Le constat est inquiétant. Pesticides, métaux et autres #produits_chimiques toxiques voyagent allègrement dans nos rivières : 1 691 cours d’eau en France ont enregistré au moins un dépassement pour un polluant sur la période étudiée. Soit les trois quarts des rivières pour lesquelles une mesure est disponible.

    Cette pollution est nationale : près de huit stations sur dix mesurant ces substances sur les cours d’eau en France présentent au moins un dépassement. Elle est aussi multiple : sur les 189 substances retenues dans notre enquête, 79 dépassent la valeur seuil au moins une fois. Notre analyse, qui porte sur les moyennes annuelles, permet de mettre en évidences les pollutions chroniques et le cumul des pressions toxiques exercés sur les cours d’eau. Avec le risque d’un« effet cocktail  » [lire plus bas], qui pèse de plus en plus sur l’avenir de nos rivières.

    Rendez‐vous manqué

    Un bilan «  très mauvais  », lâche la députée écologiste Julie Ozenne, co‐rapporteure d’une mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’état des cours d’eau en France. «  On n’atteindra jamais les objectifs qu’on s’était fixés avec l’Europe  », constate‐t‐elle. Depuis la mise en place de la #directive_cadre_sur_l’eau (#DCE) en 2000, le cadre de référence pour tous les pays de l’Union européenne, Bruxelles a fixé un calendrier à ses États membres pour restaurer le «  bon état  » de leurs cours d’eau. L’objectif, ambitieux, était initialement fixé pour 2015 avant d’être maintes fois repoussé. En 2027, date de la prochaine échéance, le rendez‐vous sera encore raté pour la plupart des pays européens. Contacté, le ministère de la Transition écologique n’a pas répondu à nos questions.

    En France, l’état des cours d’eau a même régressé dans plusieurs bassins depuis 2019. Pour le seul bassin Loire‐Bretagne, 21 % des cours d’eau présentent un bon état écologique, trois fois moins que l’objectif initialement fixé pour 2027. Un tiers de ses rivières ne sont pas en bon état chimique. Certes, l’urbanisation, qui altère fortement la morphologie des cours d’eau, est l’une des principales causes du mauvais état écologique des cours d’eau. Les nitrates, issus principalement des engrais agricoles, contribuent aussi fortement à cette dégradation.

    Mais l’impact de la #pollution_chimique reste très important sur l’état de nos rivières. Surtout pour les petits cours d’eau, dont le faible débit ne permet pas de diluer les polluants. À l’image de la Launette. «  Le problème, c’est que dès sa source, là où ce n’est encore qu’un tout petit petit cours d’eau, il y a déjà le gros de la pollution qui arrive  », explique Clara Morvan, directrice technique du syndicat de rivières local. «  Tout le pluvial va dans la rivière  », et avec ce ruissellement, «  beaucoup de choses arrivent, comme les #hydrocarbures_aromatiques_polycycliques (#HAP) ou les pesticides  ».

    HAP, métaux, #métalloïdes et #minéraux, pesticides, substances industrielles et #médicaments : notre carte de France offre un aperçu des molécules dépassant le plus souvent les seuils applicables, que nous avons classées par grandes familles.

    #Métaux_lourds : des #mines aux #engrais

    #Arsenic, #cuivre, #zinc… Les métaux et métalloïdes arrivent largement en tête de notre classement par substance. Tout sauf une surprise : en 2021, une vaste étude menée par Santé publique France montrait que la quasi‐totalité de la population française est exposée à ces métaux, essentiellement via l’#alimentation. Naturellement présentes dans la nature – on parle alors de fond géochimique – ces substances proviennent aussi largement des activités humaines : activité minière [lire par ailleurs notre enquête sur le retour des mines de cuivre dans le Beaujolais] ou encore utilisation agricole. Elles peuvent avoir des effets néfastes sur la #santé, notamment sur les reins, les os, le système cardiovasculaire ou favoriser certains types de cancer. A l’image de l’arsenic, de loin celle qui affiche le plus de dépassements dans notre jeu de données (3082 dépassements, plus de 60 % des mesures pour ce polluant).

    Très médiatisé ces derniers mois, après la parution en mars 2026 d’une étude de l’Anses mettant en évidence une «  imprégnation forte et croissante  » de la population française, le #cadmium apparaît également dans nos données, avec un taux de dépassement proche de 1 %. Ce métal lourd est cancérogène et augmente les risques d’#ostéoporose. Il est notamment présent dans les #engrais_phosphatés utilisés par les agriculteurs. Début juin, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi abaissant les teneurs en cadmium dans ces engrais.

    #Hydrocarbures : des cheminées aux rivières

    Notre carte met aussi en évidence l’omniprésence des substances de la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces composés organiques sont des polluants persistants, toxiques pour les humains et s’accumulant dans les tissus vivants. Ils sont issus principalement des opérations de combustion, d’usines ou de particuliers, comme le chauffage au bois.

    Selon Marina Coquery, directrice de recherche en chimie environnementale à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), les HAP ont comme particularité d’être émis parfois à une grande distance des cours d’eau. «  Ce sont des apports atmosphériques diffus, souvent urbains, qui vont être redéposés par temps de pluie sur des surfaces imperméabilisées et ruisseler jusqu’aux cours d’eau  », explique la scientifique.

    Parmi la centaine de molécules de cette famille, le benzo(a)pyrène apparaît le plus fréquemment sur notre carte, avec 1181 dépassements (30 % des mesures pour ce polluant). Le #benzo(a)pyrène a été classé comme cancérogène certain pour l’homme par le Centre international de recherche sur le #cancer.

    Pesticides : champ libre pour le #diflufénicanil

    Avec son «  sentier ludique  » parcourant la forêt dans le site naturel sensible des Deux Vallons, à quelques kilomètres au nord de Lyon, le ruisseau des Échets a de quoi séduire les familles en quête de fraîcheur. Ce petit cours d’eau, qui se jette dans la Saône, est pourtant l’un des plus pollués de la région. Métazachlore, nicosulfuron, cyprodinil… Son contenu offre un petit catalogue des #fongicides et #herbicides utilisés par les agriculteurs locaux. Au total, neuf substances ont dépassé les seuils sur au moins une année dans la station de Fleurieu‐sur‐Saône.

    Ces dépassements ne sont que la face visible d’une pollution plus large : entre 2022 et 2024, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée a identifié plus d’une centaine de pesticides dans le ruisseau. «  C’est un petit cours d’eau situé dans une zone agricole où les cultures dominantes sont les céréales et le maraîchage. Pour le #maraîchage en particulier, de nombreux traitements phytosanitaires sont appliqués  », explique Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service données techniques de l’agence. Sollicitée, la métropole de Lyon précise que ce ruisseau peut être asséché les deux tiers du temps certaines années, entraînant une faible dilution et une concentration des polluants.

    Sur les dix molécules les plus souvent au‐dessus des seuils sur notre carte, 4 sont des pesticides. Parmi les produits phytosanitaires à surnager, le #diflufénicanil, aussi connu sous le nom de #Diflufenican, se démarque avec plus de 765 dépassements, soit 16 % des mesures au‐dessus des seuils. Cet herbicide, considéré comme «  très toxique pour les organismes aquatiques  », est utilisé pour le désherbage dans les grandes cultures céréalières, notamment de #colza.

    Le diflufénicanil a la particularité de faire partie également de la famille des #PFAS [lire plus bas], comme une trentaine d’autres produits autorisés en France. Déjà interdit depuis 2018 en République tchèque, le diflufénicanil a été intégré à une liste de substances actives présentes dans 23 pesticides interdits en juillet 2025 par l’Agence de protection de l’environnement du Danemark. La même année, lors de l’examen de la loi Duplomb, des députés écologistes avaient défendu un amendement pour interdire le diflufénicanil à la vente. Sans succès.

    «  Dans notre bassin, le diflufénicanil est la principale cause de déclassement de masses d’eau par des pesticides  », indique Luc Pereira‐Ramos, à l’agence de l’eau Seine‐Normandie. «  On observe une hausse des ventes de diflufénicanil à partir de 2022. Au fur et à mesure des interdictions ou limitations de certains pesticides, les agriculteurs se reportent sur des molécules encore autorisées  », analyse‐t‐il.

    Même en cas de durcissement de la réglementation, l’herbicide se maintiendrait dans les cours d’eau pendant de nombreuses années, rappelle le scientifique. «  Ce n’est pas parce qu’on interdit une molécule qu’elle disparaît rapidement des milieux. L’#atrazine est interdit depuis près de vingt‐cinq ans et on commence seulement à observer une décrue  », souligne‐t‐il.

    Et d’autres molécules prennent la place des anciennes. Après l’interdiction de l’atrazine, les agriculteurs se sont notamment tournés vers le #S‑Métolachlore. Utilisé pour le #désherbage du #maïs, il est devenu en quinze ans l’un des plus prisés en France. Cette substance figure également en bonne place dans notre classement, avec 115 dépassements des seuils (6 % des mesures). Cet herbicide est interdit à la vente depuis 2023, mais son utilisation a été autorisée jusqu’en 2024, le temps d’écouler les stocks.

    Un autre pesticide tient une place importante dans nos données : le #chlordécone. Nous comptons 36 dépassements de cet #insecticide particulièrement utilisé dans les bananeraies jusqu’au début des années 1990, tous situés dans le département de La Martinique. Face à une absence de mesures exploitables, nous n’avons pas pu visualiser les données de la Guadeloupe, de la Guyane et de Mayotte.

    Substances chimiques industrielles : l’invasion du #PFOS

    C’est tout le paradoxe des PFAS : alors que cette famille de milliers de polluants dits «  éternels  » est devenue l’un des sujets d’inquiétude majeur de ces dernières années, seulement 6 de ces composés font l’objet d’une surveillance dans les eaux de surfaces. Un chiffre qui passera à 25 à partir de fin 2027, en application de la révision de la directive cadre sur l’eau décidée par l’Union européenne.

    Parmi les substances chimiques industrielles suivies sur le terrain, le PFOS arrive largement en tête. Dans notre base de données, il dépasse le plafond retenu presque une fois toutes les trois mesures (1 128 dépassements de seuil sur 3 580 mesures, soit 31,5 %). Pour le seul bassin Rhône‐Méditerranée‐Corse, le PFOS est responsable du déclassement de 143 stations, soit 62 % des stations en mauvais état chimique.

    «  Cela ne m’étonne vraiment pas. Le PFOS est un composé emblématique de la famille des PFAS, parce qu’il a été très largement utilisé, plus que d’autres et pendant longtemps. C’est aussi le produit de transformation de plein d’autres PFAS  », détaille Pierre Labadie, chercheur en chimie de l’environnement au CNRS.

    Selon le spécialiste, la présence de cette molécule, «  l’un des PFAS avec le potentiel de bioaccumulation le plus élevé  », est plus marqué à proximité de sources de pollutions industrielles, mais aussi domestiques, par exemple des stations d’assainissement. «  Cela veut dire que dans les produits du quotidien qu’on a utilisés pendant des décennies, il y avait du PFOS  », explique‐t‐il. Depuis 2023, le PFOS est classé comme cancérogène probable pour l’humain.

    Médicaments : une épidémie encore mal mesurée

    Dernière famille de polluants recensée sur notre carte, les résidus de médicaments proviennent très majoritairement des rejets des stations de traitement des eaux usées urbaines qui ne sont pas conçues pour les traiter. Antidiabétiques, anti‐inflammatoires, analgésiques, anxiolytiques… les médicaments consommés par les Français font partie des substances «  d’intérêt émergent  » mesurés depuis quelques années seulement par les organismes de surveillance.

    Mais bon nombre de ces molécules ne disposent pas de seuil de quantification exploitables. Parmi celles qui en possède un, le Diclofénac, un anti‐inflammatoire, affiche un taux de dépassement de 2,7 % sur notre carte. La toxicité du Diclofénac a été démontrée, notamment sur les reins des truites, mais les effets des résidus médicamenteux sur l’environnement restent mal mesurés.

    «  Les médicaments, on arrive tout doucement dessus, explique Luc Pereira‐Ramos, pour l’agence Seine‐Normandie. On en cherche depuis une dizaine d’années seulement. Il est clair que nous allons augmenter le nombre de substances recherchées au fur et à mesure.  »
    Effet cocktail

    D’autant que les seuils de risque ne concernent aujourd’hui que quelques centaines de molécules, alors que plus de 110 000 substances sont enregistrées au titre de la réglementation chimique européenne. «  C’est la face immergée de l’iceberg  », explique Pierre‐François Staub, chargé de mission Pollution des écosystèmes et métrologie à l’Office français de la biodiversité (OFB).

    L’autre écueil du cadre de surveillance actuel, c’est de ne pas considérer l’impact toxique du cumul de molécules. «  On minimise l’évaluation du risque à travers l’approche substance par substance  », précise Pierre‐François Staub. On parle d’effet de mélange lorsque l’effet de deux molécules s’additionne, et «  d’#effet_cocktail  » lorsqu’elles interagissent entre elles et que leur #toxicité est amplifiée. «  Il y a de gros débats actuellement pour faire entrer cette notion dans la définition des #seuils, explique Arnaud Chaumot, directeur de recherche au laboratoire d’écotoxicologie de l’Inrae. Mais c’est très difficile à modéliser. On a parfois des mélanges très diversifiés et on ne peut pas regarder toutes les interactions entre toutes les molécules, la possibilité de combinaison est folle.  »

    Cette pression toxique cumulée pèse sur tous les écosystèmes, mais aussi sur l’#eau_potable. En France, environ un tiers des volumes d’eau prélevée pour la potabilisation vient des eaux de surface. Et même lorsque le captage se trouve en nappe souterraine, la qualité de l’eau peut être impactée par la pollution des rivières. «  Cela implique des traitements de plus en plus coûteux pour l’eau potable, pointe Marina Coquery. Et cela crée des inégalités, car les grandes villes ont la chance de pouvoir se les payer, mais pour les petites agglomérations, c’est plus difficile.  » En France, des captages d’eau potable ferment chaque année à cause d’une pollution diffuse. «  L’#eau est un bien commun, il faut la gérer comme tel  », estime la chercheuse.

    Sur la Launette, c’est bien la philosophie qui motive tous les travaux lancés par le syndicat mixte qui gère la rivière. «  Il y a encore une trentaine d’années, elle était dans un état encore pire qu’aujourd’hui parce que toutes les stations d’épuration des eaux usées n’étaient pas aux normes et rejetaient directement dans la rivière, mais de gros efforts ont été faits  », positive Clara Morvan.

    Pourtant, une autre épée de Damoclès menace tous les efforts pour la protection des rivières : le réchauffement climatique. La succession des années sèches affaiblit les débits des cours d’eau, et donc leur capacité de dilution, comme l’explique Marina Coquery. «  A l’autre extrême, on va avoir des crues beaucoup plus intenses, irrégulières et fréquentes  » et donc une hausse des polluants amenés par la pluie.

    «  Chaque progrès obtenu sert d’abord à compenser les effets climatiques, démographiques et économiques à l’œuvre  », analyse Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service des données techniques pour l’agence de l’eau Rhône‐Méditerranée‐Corse : «  Nous avançons sur un tapis roulant qui recule  ».

    https://www.mediacites.fr/enquete/national/2026/06/29/1700-rivieres-sous-pression-la-carte-inedite-de-la-pollution-chimique-des
    #rivières #France #pollution #pollution_chimique #cours_d'eau #visualisation #cartographie #changement_climatique

  • Julien Le Guet : « Monsieur Darmanin est le plus grand écoterroriste de France »
    https://reporterre.net/Julien-Le-Guet-Monsieur-Darmanin-est-le-plus-grand-ecoterroriste-de-Fran

    En fait, l’opposition aux mégabassines est l’opposition à l’agriculture agro-industrielle ?

    Oui. La mégabassine n’est que le symptôme de pratiques agroindustrielles qui sont en train de causer notre perte. La raison essentielle de l’extinction de la biodiversité en France n’est pas le changement climatique, mais la destruction des habitats naturels, des nappes phréatiques, des rivières. À travers cette lutte sur les bassines, c’est le système agricole en France qu’on critique. Mais ce n’est pas un argumentaire antimaïs. Il n’y a pas de plantes maudites, il y a juste les usages qu’on en fait. Le maïs est une plante sacrée en Amérique du Sud, qui a nourri toute une civilisation. Et il existe en France des agriculteurs qui pratiquent la semence de maïs population, qui sont des maïs sélectionnés pour supporter mieux la sécheresse.

    #bassines #maïs #agroindustries #élevages_industriels #accaparement

  • Smashphone !
    https://lundi.am/Smashphone

    Les experts de la question (ici la chercheuse Anne Cordier) disqualifient ainsi toute tentative d’intrusion dans leur pré-carré (c’est nous qui soulignons) : « Les détracteurs des réseaux sociaux sont en réalité des détracteurs des ados, de l’éducation, de la recherche, celle qui se construit patiemment, rigoureusement, avec des protocoles répliqués. Ils jouent de cet amalgame et nourrissent une panique morale qui leur est profitable. »

    En renvoyant toute critique non scientifique au domaine de l’irrationnel, au mieux celle de parents trop paniqués qui n’ont rien compris, au pire celles de journalistes du Figaro prêts à faire feu de tout bois pour que progresse la réaction, ces scientifiques suppriment le débat (ou se le gardent pour eux) : il faudrait leur laisser le temps de terminer leurs études, puis de rejoindre d’obscurs conseils convoqués par le(ur)s dirigeants afin qu’ils puissent, à l’aune de leur compréhension incomparable du phénomène, éclairer la société en préconisant des mesures que ces mêmes dirigeants reprendront, ou non, à leur compte. La même Anne Cordier préconise ainsi d’attendre qu’elle et ses collègues aient statué avant de prendre des mesures conséquentes : « Si demain le consensus scientifique considère que les réseaux sociaux sont addictifs, alors effectivement, on basculera dans une tout autre discussion. Mais il faut dans un premier temps que les experts statuent sur cette question. »

    Ce prétexte du manque d’études scientifiques (sans parler de la production d’études bidons) pour délayer le passage à l’action est maintenant bien connu : il a servi à retarder l’interdiction du plomb et de l’amiante, la prise en compte du changement climatique dans l’agenda politique, à fabriquer du doute quand à la nocivité de la clope, et sert encore aujourd’hui de prétexte contre le bannissement du glyphosate.

    Cet article s’emploie donc à une critique du smartphone selon d’autres procédés que ceux de l’exercice pur de la rationalité scientifique : outre l’existence de preuves scientifiques (car il y en a quand même quelques unes), des enquêtes journalistiques, des sondages, notre propre expérience, le principe de précaution, l’intuition, la détestation de la situation actuelle, l’amour de la critique critique ou l’empathie pour ses concitoyens ont été des carburants très efficaces pour l’écriture de ce texte.

    Au risque de décevoir les personnes en recherche de cohérence d’impartialité, les processus décrits ne sont pas tous cohérents, ni observables en même temps chez un même usager de smartphone, et n’opèrent pas tous dans la même direction ou selon une même logique. Et puisqu’on ne manque pas de discours, d’articles, d’œuvres, de penseurs, de dirigeants politiques et économiques (sans parler du fonctionnement matériel même de la société) qui légitiment l’usage du smartphone, cet article est uniquement à charge.

    #smartphone #critique_techno #recherche #journalisme et #Anne_Cordier #acceptabilité

  • #Mégabassines, #data_centers : « La guerre contre l’#eau s’est intensifiée »

    Dans le livre-enquête « Les Assoiffeurs », les journalistes Nicolas Celnik et Fabien Benoit montrent comment certains acteurs privés accaparent, avec la bénédiction de l’État, une ressource de plus en plus rare et de plus en plus polluée.

    DepuisDepuis dix ans, un tiers du territoire français subit des restrictions d’eau et le pays vit désormais au rythme d’épisodes de sécheresse toujours plus longs et plus intenses. Qui demain aura accès à l’eau ? De quelle qualité ? Depuis les années 1980, près de 14 000 captages d’eau potable ont dû fermer en raison de taux de pollution aux pesticides trop importants. Et le scandale de la contamination massive aux PFAS ne fait que commencer…

    À Sainte-Soline, les militants en lutte contre l’accaparement de l’eau par le modèle agricole productiviste ont reçu pour toute réponse du gouvernement un déluge de grenades.

    Dans une enquête fouillée, les journalistes Fabien Benoit et Nicolas Celnik montrent comment certains acteurs privés, des producteurs de maïs aux promoteurs de data centers, font main basse sur l’eau, avec la bénédiction de l’État.

    Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau (Les Liens qui libèrent, 2026) pointe comment certains comptent aussi capitaliser sur la raréfaction de la ressource et sur les inquiétudes concernant la santé. Entretien.

    « Mediapart » : La loi d’urgence agricole qui arrive à l’Assemblée nationale le 19 mai comporte un important volet sur l’eau. Une fois de plus, le gouvernement veut « sécuriser » l’accès à l’eau pour les agriculteurs et agricultrices irrigant·es, au détriment des autres usagers et usagères, en favorisant notamment la construction de mégabassines.

    Fabien Benoit : On a beaucoup parlé de guerre de l’eau, notamment autour des bassines. Pour nous, il y a surtout une guerre contre l’eau, c’est-à-dire contre cette ressource, pour l’accaparer, pour l’abîmer. Cette loi d’urgence agricole en est un nouvel épisode. Si on met d’ailleurs bout à bout la loi d’orientation agricole qui consacre l’intérêt majeur de l’agriculture, les arrêtés sécheresse qui exonèrent régulièrement les plus gros accapareurs de l’eau, et la révision de la directive-cadre eau européenne qui est sur la table…, on se rend compte que cette guerre contre l’eau s’est intensifiée, au détriment de sa qualité, de sa disponibilité.

    Nicolas Celnik : Il y a dans ce projet de loi deux articles qui entrent en résonance avec notre enquête : l’article 6, qui prévoit que le préfet puisse déroger aux schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) pour des projets d’ouvrage de stockage de l’eau, et l’article 5, qui rend facultative la consultation publique pour construire une bassine. Cela correspond à ce que le chercheur Sylvain Baron appelle la « préfectorialisation de la politique de l’eau ». C’est la volonté de donner aux préfets des moyens de contourner cette démocratie locale de l’eau, qui est certes imparfaite, mais qui reste une expérimentation démocratique vraiment intéressante. Là, on assiste à une « reverticalisation » des politiques de l’eau au nom des intérêts économiques.

    Vous montrez bien dans votre livre comment ceux que vous appelez les « assoiffeurs » parviennent à s’affranchir du droit commun pour faire main basse sur la ressource.

    N. C. : Nous avons cherché à comprendre les stratégies des grands acteurs économiques (agriculture, data centers, embouteilleurs…) qui s’assurent qu’ils bénéficieront de réserves d’eau, même dans des situations de tension sur la ressource. Leur travail de lobbying a été, effectivement, de normaliser des situations d’exception. Alors qu’il existe en France une hiérarchie des usages de l’eau qui priorise la santé humaine, puis les écosystèmes et enfin les enjeux économiques, être parvenu à imposer l’agriculture comme « d’intérêt général majeur » dans la loi inverse cette hiérarchie. On normalise le fait qu’en cas de sécheresse, l’activité économique vaut autant que la préservation de l’environnement. Une mégabassine est présumée dans la loi Duplomb d’intérêt général majeur.

    F. B. : Et quand on parle de « l’agriculture qui a besoin d’eau », il faut rappeler quelques ordres de grandeur. L’agriculture représente 60 % de la consommation d’eau douce en France, 92 % de cette eau-là va à l’agriculture irriguée. Et les surfaces irriguées en France, c’est 7 à 8 % des surfaces. Donc, 93 % du monde agricole n’a pas besoin de beaucoup d’eau. Ce n’est pas « l’agriculture » qui a besoin d’énormément d’eau mais un certain modèle agro-industriel qui produit de la céréale, dont en bout de chaîne 7 % environ sert finalement à l’alimentation humaine.

    Vous dites que c’est la répression des manifestant·es de Sainte-Soline contre les mégabassines qui vous a donné l’envie de faire ce livre. Pourquoi ?

    F. B. : L’usage extrême de la violence pour réprimer des militants qui défendaient l’eau comme un patrimoine commun, ce qui est inscrit dans la loi, nous a effectivement frappés. L’idée d’accaparement de l’eau était au cœur de cette mobilisation et cela nous a conduits à nous interroger sur les acteurs qui aujourd’hui accaparent cette ressource avec le soutien de l’État.

    N. C. : Concernant l’agriculture, c’était intéressant d’essayer d’enquêter sur le fonctionnement de ce petit monde du lobbying de la FNSEA. Le principal syndicat agricole a un groupe dédié spécialement au lobbying sur la production du maïs, et ce lobby a son propre lobby interne spécialement dédié à l’irrigation du maïs. Pourquoi ? Parce qu’on a besoin de beaucoup d’eau pour le maïs, et en particulier au pic de chaleur, parce que c’est une plante tropicale.

    Ils ont travaillé à diffuser l’idée, notamment dans les médias, qu’il fallait absolument stocker l’eau d’hiver pour l’été parce que sinon l’eau « partirait à la mer ». En fait, d’après les compréhensions du cycle de l’eau, il est au contraire important de laisser l’eau s’infiltrer dans la terre, être stockée dans des zones humides, comme l’expliquent les hydrogéologues. Le lobbying de la FNSEA a aussi consisté à faire travailler le concept de « souveraineté alimentaire », qui signifiait initialement la capacité de manger ce qu’on produit, et qui désigne à présent la capacité de choisir vers qui l’on exporte notre production. Au nom de la « souveraineté alimentaire », on soutient les producteurs de maïs qui exportent pour nourrir le bétail.

    Et vous montrez aussi comment désormais la transition écologique – avec le besoin d’électrifier les usages – sert aussi de prétexte à sécuriser l’accès à l’eau pour les industriels des semi-conducteurs ou des data centers.

    F. B. : Oui, parce qu’on a une transition écologique qui est carbo-réductionniste, c’est-à-dire qui s’intéresse uniquement aux émissions de CO2, en occultant tout le reste. Et, effectivement, l’électrification, comme le numérique, implique une course aux métaux, ce qui veut dire des besoins colossaux en eau.
    C’était important pour nous de déconstruire certaines idées reçues, notamment celle d’une « transition écologique et numérique ».

    Comme si, en soi, le numérique était synonyme de mieux-disant écologique. C’est absolument faux et c’est le fruit d’un récit, forgé depuis des décennies, pour nous faire croire que le numérique s’affranchirait de la matière et de la pression sur les écosystèmes.

    En réalité, depuis les mines, en passant par la production de semi-conducteurs, le fonctionnement des data centers, jusqu’à tous les appareils numériques qu’on a entre nos mains, on a un continuum qui demande beaucoup, beaucoup de matières premières et, à chacune des étapes, énormément d’eau. À un moment, ce n’est plus soutenable.

    Face à ce secteur-là qui est dans une croissance exponentielle, notamment en raison du développement de l’intelligence artificielle (IA), il y a une forme de gouffre hydrique qui se présente devant nous. Il faut se rappeler que le secteur des data centers, c’est 30 % de croissance par an. Aux États-Unis, on construit plus de data centers que de bureaux. Là, le côté systémique est intéressant, car qui pointe le bout de son nez dans cette équation-là ? Ce sont les acteurs industriels de l’eau, qui disent : « Vous n’y arrivez pas, mais on peut vous construire une usine de désalinisation, on peut produire de l’eau pour vous. »

    Effectivement, vous le montrez bien, plus la ressource en eau est dégradée, plus il y a un marché.

    N. C. : Oui, ce sont des sortes d’intérêts bien compris où le secteur des technologies de dépollution de l’eau devient l’acteur qui permet aux autres leur forme d’accaparement. Sans ces « solutions » de traitement de l’eau de plus en plus complexes et chères, on serait obligés de se demander justement comment on utilise l’eau, comment on se la partage. En somme, de questionner les usages de l’eau.

    Là-dessus, nous racontons comment des géants de l’eau comme Veolia, Suez et d’autres, qui faisaient leur business en distribuant l’eau dans les villes, ont été obligés de revoir leur modèle, prenant acte d’un mouvement de remunicipalisation (à la suite de nombreux scandales financiers notamment). Ils se présentent depuis une dizaine d’années comme des champions de la « transition écologique » et de la dépollution. D’après leurs déclarations aux investisseurs, leurs clients ne sont pourtant pas les usagers individuels, vous et moi, qui avons besoin d’eau pure au robinet : leurs principales cibles commerciales sont les infrastructures industrielles, comme les data centers ou les usines de semi-conducteurs, qui ont besoin d’eau très pure pour ne pas corroder leurs équipements, etc.

    Ces procédés sont aussi extrêmement énergivores et ont des effets délétères sur les écosystèmes. L’eau relève d’enjeux éminemment locaux. Ce qui est prélevé ici ne peut pas être compensé en remplissant une nappe à l’autre bout du pays. Et puis derrière, quid de tous les autres effets de l’extraction minière, sur la biodiversité, sur la destruction des terres arables qu’on utilise pour alimenter cette machine ?

    F. B. : Ce solutionnisme technologique est un autre nom pour le business as usual et la destruction du vivant. La réutilisation des eaux grises, qui semble être du bon sens, c’est une façon de ne pas questionner les usages, de les pérenniser, et c’est de l’eau qui n’est pas rendue aux milieux. Donc, cela portera atteinte à la bonne santé des écosystèmes.

    Et puis, on peut dérouler le même raisonnement sur la désalinisation, qui répond à la même logique, avec toujours des conséquences très lourdes d’un point de vue écologique. L’impensé, c’est celui des interdépendances. On ne peut pas traiter le sujet de l’eau isolément, sans traiter celui de la biodiversité, de la santé des milieux, de la santé humaine. Alors que dans le débat public, dans les discours politiques, le sujet a tendance à être traité de manière uniquement technique, comme une question de flux, de stocks. Les industriels de l’eau parlent de « produire de l’eau », comme si on pouvait en fabriquer de toutes pièces, ce qui est complètement inepte.

    L’eau en bouteille a historiquement construit son modèle économique sur celui de la santé. Les industriels ne voient pas d’un mauvais œil l’inquiétude grandir sur la qualité de l’eau.

    F. B. : Le risque avec l’eau en bouteille, deux mille fois plus énergivore que l’eau du robinet, c’est que cela devienne effectivement une réponse de marché à un problème public, qui est celui de la qualité de l’eau. Et en même temps, l’industrie de l’embouteillage a subi quand même des revers, des polémiques qui font que la pureté supposée des eaux en bouteille en a pris un coup. Un doute est en train de se diffuser autour des eaux en bouteille, avec, évidemment, le cas emblématique de Nestlé, mais pas uniquement.

    Et il y a tout ce qu’on ne veut pas voir quand on parle de qualité de l’eau au sens large, qu’il s’agisse de l’eau en bouteille ou du robinet. Il y a plein de choses qu’on ne tente pas de détecter. Sur la question des PFAS, c’est particulièrement interpellant. On se rend compte qu’on contrôle 20 PFAS depuis janvier 2026, alors que l’EPA américaine parle de 14 000 variétés de PFAS ou qu’une autre agence américaine évoque plutôt 2 millions. Il y aurait sans doute une panique morale totale si on commençait à essayer de détecter tout ça.

    N. C. : Face aux pollutions au PFAS, aux pesticides, on se dit : soit on boit de l’eau en bouteille, soit on « maxifiltre » l’eau qui va arriver au robinet. Et c’est ce qu’on voit en Île-de-France avec le projet du Syndicat des eaux de la région, qui est un projet à 1 milliard pour avoir de l’eau potable pour une partie des communes d’Île-de-France, dont Paris ne fait pas partie. Ce projet mise très majoritairement sur le traitement, alors qu’il serait entre cinq et dix fois moins cher de prévenir plutôt que guérir, d’après certaines études. La régie publique Eau de Paris, par exemple, a essayé de passer des pactes avec les agriculteurs pour avoir moins d’épandage de pesticides, donc ils peuvent se permettre de mettre en place des solutions de traitement moins coûteuses.

    Mais certains y trouvent leur compte. L’entreprise DuPont, qui est une grande émettrice de PFAS, est la même qui vend des membranes de filtration des PFAS pour potabiliser l’eau. Water Europe, qui est le lobby européen des entreprises de traitement de l’eau, dont Suez-Veolia et autres, demande à la Commission européenne 255 milliards sur cinq ans, juste pour investir dans ces technologies de traitement. Il y a un risque de système à deux vitesses, entre les grandes métropoles qui pourront investir dans ces systèmes très coûteux de dépollution de l’eau et des communautés de communes rurales pour lesquelles ce sera beaucoup trop cher.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/080526/megabassines-data-centers-la-guerre-contre-l-eau-s-est-intensifiee
    #centres_de_données #guerre_de_l'eau #privatisation #rareté #pollution #sécheresse #eau_potable #pesticides #PFAS #Sainte-Soline #accaparement #guerre_contre_l’eau #agriculture #préfectorialisation #démocratie #démocratie_locale #reverticalisation #économie #intérêts_économiques #lobbying #santé #écosystèmes #intérêt_général_majeur #loi_Duplomb #irrigation #industrie_agro-alimentaire #répression #résistance #violence #FNSEA #maïs #cycle_de_l’eau #souveraineté_alimentaire #élevage #bétail #transition #numérique #matières_premières #IA #AI #intelligence_artificielle #data_centers #centres_de_données #dépollution #Veolia #Suez #business #remunicipalisation #municipalisation #semi-conducteurs #énergie #techno-solutionnisme #eaux_grises #désalinisation #interdépendances #biodiversité #eau_en_bouteille #Nestlé #qualité #qualité_de_l'eau #pesticides #business #DuPont #filtration #Water_Europe

    • Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau

      Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, un déluge de grenades s’abat sur les manifestants. Plusieurs personnes restent à terre. Deux tombent dans le coma. Marqués par cet épisode, Fabien Benoit et Nicolas Celnik se lancent dans une vaste investigation et découvrent que les mégabassines ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

      Ils livrent ici les résultats de leur enquête, menée sur plus de deux ans, sur ces entreprises qui ont fait main basse sur l’eau, ces « assoiffeurs » qui ont privatisé ce bien commun et prévoient désormais de tirer profit de la pénurie qui s’annonce, avec le soutien de l’État.

      Cet ouvrage entend mettre à jour les stratégies et plans pensés par ces entreprises pour accroître encore leur emprise en faisant appel au solutionnisme technologique, qui nous enserre collectivement et nous empêche d’enclencher une véritable discussion politique et démocratique sur le partage de l’eau.

      Du lobbying en faveur des mégabassines aux efforts des grands acteurs du numérique pour masquer leur consommation d’eau, en passant par les manœuvres des producteurs de PFAS pour vendre des solutions dépolluantes à des prix exorbitants, ce livre-enquête révèle l’ampleur du dévoiement de la « démocratie de l’eau à la française », court-circuitée par des collusions politiques et jeux de pouvoir.

      https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Les_Assoiffeurs-9791020923691-1-1-0-1.html
      #livre

    • et Veolia c’est qui ? c’est Bolloré.
      Et quels sont les députés qui ont refusé de laisser les premiers m3 d’eau gratuits aux pauvres ? c’est les députés fachos, oups les nazis, oups les députés du parti fondé par des nazis.
      A Toulouse ils te collent du Eau-Toulouse-Metropole mais en fait derrière c’est Véolia Bolloré. Du Moudenc tout craché. Et l’eau est devenue plus cher l’été, tour de passe passe.

  • GitHub Copilot is moving to usage-based billing - The GitHub Blog
    https://github.blog/news-insights/company-news/github-copilot-is-moving-to-usage-based-billing

    TL;DR: Today, we are announcing that all GitHub Copilot plans will transition to usage-based billing on June 1, 2026.

    Instead of counting premium requests, every Copilot plan will include a monthly allotment of GitHub AI Credits, with the option for paid plans to purchase additional usage. Usage will be calculated based on token consumption, including input, output, and cached tokens, using the listed API rates for each model.

    This change aligns Copilot pricing with actual usage and is an important step toward a sustainable, reliable Copilot business and experience for all users.

    To help customers prepare, we are also launching a preview bill experience in early May, giving users and admins visibility into projected costs before the June 1 transition. This will be available to users via their Billing Overview page when they log in to github.com.

    Va falloir cracher au bassinet les zamis :-)

  • ne croit pas que, comme le prétend le poète, dix-sept ans soit l’âge auquel on n’est pas sérieuseux ; elle si elle devait le définir elle dirait plutôt que c’est celui dont on ne guérit jamais », pontifiait la subclaquante remâchant pour la cent milliardième fois ses souvenirs frelatés tout en faisant de grands moulinets avec la main.

    « Enfin on n’en guérit jamais… à moins de devenir un·e social·e-traître·sse évidemment », poursuivit-elle in petto en se rappelant que le mâche-laurier à l’origine de la formule était la parfaite illustration de cet adage.

    #MaisFaitesLaTaire.

  • Les #chtites #maisons_solidaires, des tiny houses pour lutter contre le #mal-logement

    Des citoyens avec l’envie d’aider les sans-abri ont créé une association il y a 8 ans à #Lille. Le concept ? En louant leur chambre d’amis à des touristes, ils financent des tiny houses, des petites maisons destinées à accueillir des personnes sans logement. Pour accélérer leur action, l’#association a lancé une campagne de financement participatif.

    En 2018, un groupe de citoyens frustrés de ne pas pouvoir partager ses chambres d’amis avec des personnes sans logement a l’idée de les proposer à des touristes. L’argent récolté avec ces locations sert à financer de petits logements, des « tiny houses ». Il y en a déjà cinq sur la métropole lilloise, à #Saint-Maurice-Pellevoisin, habitées par des personnes en difficulté ou d’autres faisant le choix de vivre sobrement. Une #mixité_sociale pour favoriser aussi l’insertion.

    L’argent, le nerf de la guerre

    Une tiny house à fabriquer coûte environ 40 000 euros. L’association Les #chtites_maisons_solidaires a donc lancé une campagne de #financement_participatif de 60 000 euros, ce qui permettrait aussi de financer deux salariés : une spécialisée en urbanisme et le deuxième qui participe à la construction des logements. « On reçoit des loyers et on finance des jobs qui font du bien à la planète ! », lâche Christophe Thomas, président de l’association.

    Les deux prochaines petites maisons devraient être installées à #Lambersart. Dans le concept de l’association, elles seront louées à des touristes le temps d’être rentabilisées avant d’être loués à loyer très réduit à des personnes sans logement.

    "On commence par les louer à des touristes. On estime qu’il faut sept ans pour que la « tiny » soit payée. Tous les dons raccourcissent cette durée", complète enthousiaste Christophe Thomas. L’association s’est choisi un slogan : « Votre aventure, leur avenir ».
    Des appels aux dons

    L’association ne manque pas de projet pour récolter un peu d’argent. Une tiny house a été installée à Ambleteuse, dans le Pas-de-Calais pour récolter des fonds et, bientôt, un camping-car sera loué sur des Tiers-lieux de la région pour héberger des vacanciers.

    Christophe Thomas lance un appel à « l’hôte solidaire qui voudrait rejoindre notre équipe, le locataire bienfaiteur qui cherche une nuit insolite sur la Côte d’Opale ou sur les tiers lieux des Hauts-de-France... Ou, tout simplement, un donateur qui veut aider notre action ».

    Tout don ou mécénat permet à l’association de faire grandir son ambition : créer de l’habitat léger, écologique et adapté aux sans-abri.

    https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille/les-chtites-maisons-solidaires-des-tiny-houses-pour-lutte
    #tiny_house #logement #solidarité #sans-abrisme #SDF #tourisme #tourisme_solidaire

  • Où sont Maisy et Shannon ?
    https://www.visionscarto.net/ou-sont-maisy-et-shannon

    En septembre 2008 à Maniwaki (Québec), Shannon Alexander et Maisy Odjick, deux adolescentes anishnabées de 16 et 17 ans disparaissent sans laisser de traces. Elles n’ont à ce jour jamais été retrouvées. En 2011, Emmanuelle Walter découvre, via un communiqué des Nations unies, la surreprésentation des femmes autochtones du Canada parmi les victimes de meurtres, phénomène dont il n’est à l’époque jamais question au Québec et peu au Canada anglais. Plus tard, elle décide de s’appuyer sur la (…) Billets

    #Billets_

  • Violette Perrotte, directrice générale de la Maison des femmes : « Naître femme est dangereux pour la santé, c’est révoltant »
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/02/22/violette-perrotte-directrice-generale-de-la-maison-des-femmes-naitre-femme-e

    « J’abordais le sujet des violences faites aux femmes uniquement sous le prisme de la santé. J’ai élargi mon regard. »

    https://archive.ph/IOxFL

    #people #santé #VSS #femmes #maison_des_femmes

  • « Il s’est transformé de façon très insidieuse, sans que je le voie » : le désarroi des parents face à leur fils masculiniste
    https://www.lemonde.fr/intimites/article/2026/02/21/un-soir-mon-fils-me-dit-c-est-quand-meme-ton-role-de-nous-servir-le-desarroi

    Le #masculinisme progresse dans toutes les couches de la société française, selon le dernier « Rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France », publié en janvier par le Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes. On y apprend notamment que 23 % des hommes de plus de 15 ans adhèrent au « sexisme hostile », défini comme « un sexisme violent, qui se traduit par une hostilité envers les femmes et peut inclure des attitudes agressives ou dévalorisantes ».

    Chez les 15-24 ans, le baromètre du sexisme – outil statistique sur lequel s’appuient les auteurs – indique que l’écart de genre s’est encore creusé : 81 % des femmes de 15 à 24 ans considèrent qu’il est « désavantageux d’être une femme dans la société actuelle », contre 57 % des hommes du même âge, tandis que 23 % des hommes de 15 à 24 ans pensent qu’il est désavantageux d’être un homme, contre 10 % des femmes du même âge. Mais le rapport insiste sur le fait que la progression du sexisme est loin de ne concerner que la jeunesse : plus l’âge augmente, moins il est perçu comme un problème social. « Certains ados sont peut-être perdus, mais les hommes de 40-50 ans ne sont pas plus doués quand il s’agit de la sphère intime et affective », insiste Aziga Billot, psychiatre à Toulouse et chercheuse au Centre de ressources en santé mentale pour la prévention des processus de radicalités violentes d’Occitanie.

    Une vague antiféministe comme nous en avons vécu d’autres, par le passé ? « Le masculinisme n’a rien de nouveau, on peut le faire remonter à l’Antiquité, analyse Sylvie Tenenbaum, psychothérapeute et autrice du livre Le Péril masculiniste (HarperCollins, 256 pages, 19,90 euros ; version numérique 12,99 euros). Mais nous sommes face à une forme très radicale, avec l’apparition de #gourous qui vendent une image de la masculinité complètement faussée à des ados en pleine construction identitaire… Ça, c’est très nouveau. »

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  • Autoconstruire pour rester libre !

    Une maison efficace, nourricière, rapide et facile à construire, pas chère, qui n’artificialise pas les sols, en paille porteuse et matériaux écologiques, parfaitement isolée et chaleureuse.

    https://www.terrevivante.org/boutique/livres/maison-ecologique/autoconstruire-pour-rester-libre
    #autoconstruction #maison #architecture #paille #livre #construction

  • Places en #Ehpad, #autonomie, #emplois… La mise en garde de la Drees sur le #vieillissement de la #population

    Selon le service statistique du ministère de la Santé, d’ici vingt-cinq ans, il faudra créer des centaines de milliers de places en Ehpad et embaucher massivement du personnel dans le secteur du grand âge

    La population française vieillit, et le service statistique du ministère de la Santé (#Drees) alerte sur le fait que si les prochains gouvernements ne se saisissent pas du sujet, il va devenir impossible de gérer ce virage démographique.

    Une étude de la Dress, dévoilée jeudi 5 février, montre que d’ici vingt-cinq ans en France, il y aura 23 millions de personnes de plus de 60 ans contre 18 millions en 2021. Parmi elles, 750 000 de plus qu’aujourd’hui ne seront plus autonomes.

    Le service statistique du ministère de la Santé estime qu’il faudra créer 365 000 places supplémentaires dans les Ehpad et embaucher entre 150 000 et 200 000 personnes dans les #maisons_de_retraite et dans le secteur de l’#aide_à_domicile pour gérer le vieillissement de la population.

    À ce jour, moins de la moitié des 50 000 embauches promises par Emmanuel Macron lors de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2022 ont eu lieu.

    https://www.franceinfo.fr/societe/prise-en-charge-des-personnes-agees/places-en-ehpad-autonomie-emplois-la-mise-en-garde-de-la-drees-sur-le-vie
    #démographie #France #projections #statistiques #chiffres #personnes_âgées

  • est sincèrement désolée de pinailler une nouvelle fois, chère France Cul’, mais là elle écoute le court balado que vous avez consacré la place de la science physique dans les toiles de Van Gogh et où vous mettez en doute — probablement à raison — le fait que le plasticien eût pu vouloir représenter la turbulence cosmique en peignant « La Nuit étoilée » et donc illustrer la Loi de Kolmogorov. La vieille Garreau est d’accord sur ce point : la plupart du temps on prête aux artistes bien plus d’intentions qu’iels n’en ont réellement.

    Ce qui la fait cependant tiquer c’est l’argument que vous avancez : vous déclarez en effet que « il est peu probable qu’un peintre impressionniste ait voulu représenter fidèlement un phénomène physique qui, de surcroît, est invisible à l’œil nu ». Or... bah si, justement, c’est même à cela que sert la peinture, c’est sa raison d’être — du moins depuis que l’invention de la photographie l’a dispensée de la plate copie de ce que l’on prend pour le « réel ». Bien sûr cette fonction n’est pas évidente quand on considère les peintres pompières ou pompiers, mais tous les courants artistiques ultérieurs — a fortiori l’impressionnisme et le cubisme — sont là pour nous montrer ce que nous ne voyions pas, ce que nous ne savions pas que nous voyions et même ce que nous ignorions qu’il était possible de voir... sauf peut-être à être soi-même artiste, ce qui on vous rassure est beaucoup moins un don qu’un métier.

    Voilà, chère France Cul’. Avant de traiter d’un sujet le mieux serait que vous consultiez le flux SeenThis de Mamie Nicole afin d’obtenir son aval.

    Quoi ? Vous n’y êtes pas encore abonnée ? Alors ça ce n’est pas juste, parce qu’elle il y a Gai-Luron et Belle Lurette qu’elle vous suit sur les réseaux.

    #MaisFaitesLaTaire.

    • 100% d’accord avec toi @nicole
      Faut éteindre la radio et la télé qui sont des tueurs de rêves et prendre le temps de la contemplation une nuit allongée sur une plage et comme une évidence le mouvement terrestre et celui des étoiles t’apparaitront.
      Francecul, y’a pas que les doigts à sortir.

    • L’Art fait des vagues sur la terre, des étoiles sous la mer, du foin dans le ciel si ça lui chante. Van Gogh était loin d’être cinglé, il souffrait certes mais Gauguin l’aura bien fait chier avec les femmes, son alcoolisme et l’absinthe pour qu’il en arrive à se couper l’oreille. Et par exemple, pour la chambre à Arles, à l’époque où on menait l’enquête pour Palettes d’Alain Jaubert, on avait retrouvé le plan du cadastre de l’hôtel et de leurs chambres, sa chambre n’avait pas d’angles à 45 degrés. Van Gogh avait bien respecté la perspective contrairement à ce que l’on pouvait imaginer en observant le tableau !

  • Les multiples enjeux de la végétalisation des cours d’école
    https://metropolitiques.eu/Les-multiples-enjeux-de-la-vegetalisation-des-cours-d-ecole.html

    Bien-être, santé, #jeu libre, inclusion ou construction du lien social : la dynamique contemporaine de #végétalisation des cours d’école ouvre un ensemble de perspectives, constituant selon Romain et Sylvain Wagnon un bon terrain d’expérimentation pour les politiques de transition écologique. La végétalisation des cours d’école s’impose depuis quelques années comme un levier des politiques éducatives. Portée par de nombreuses collectivités locales, cette dynamique peut résulter d’une prise de #Essais

    / #changement_climatique, #enfants, #ville_à_hauteur_d'enfants, #école, #éducation, santé, maison de santé, jeu, (...)

    #santé #maison_de_santé
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-wagnon-wagnon.pdf

  • If AI coding is so good … where are the performance numbers? – Pivot to AI
    https://pivot-to-ai.com/2026/01/13/if-ai-coding-is-so-good-where-are-the-performance-numbers

    (...)

    We have one public study of AI coding performance that applied any reasonable methodology to the coding itself. That’s the METR study from July last year.

    METR got 16 experienced open-source developers with “moderate AI experience.” The devs fixed real bug reports in their own projects. They used either Cursor with Claude Code or no AI help, at random.

    METR actually screen-recorded and timed the work. The devs said they’d worked 20% faster — but they’d actually been slowed down by 19%. [blog post; paper, PDF]
    https://metr.org/blog/2025-07-10-early-2025-ai-experienced-os-dev-study

    And that’s why you have to measure. Vibe self-reports are wrong. You must measure.

    (...)

    In fact, IEEE Spectrum ran a story where an ardent vibe coder notices exactly that: “AI Coding Assistants Are Getting Worse: Newer models are more prone to silent but deadly failure modes.” [IEEE]

    – A task that might have taken five hours assisted by AI, and perhaps 10 hours without it, is now more commonly taking seven or eight hours, or even longer. It’s reached the point where I am sometimes going back and using older versions of large language models.

    (...)

    En rapport aussi avec :
    https://seenthis.net/messages/1153910

    AI Coding Degrades : Silent Failures Emerge - IEEE Spectrum
    https://spectrum.ieee.org/ai-coding-degrades

  • À quel milliardaire appartient votre #livre ? L’application parle d’argent dans l’#édition

    L’édition française aime à se présenter comme un paysage d’acteurs indépendants, mais sa réalité capitalistique demeure largement méconnue. Derrière marques, collections et maisons historiques, se déploient des chaînes de #propriété, dominées par de grands groupes et des investisseurs puissants. En révélant ces coulisses, l’application #WHOISBN ? propose un outil de #transparence, imparfait, mais révélateur. Et inversement.

    Ne nous emballons pas, le monde du livre n’est pas totalement entre les mains de milliardaires. Certes, cinq groupes détiennent les trois quarts des maisons du secteur — #Hachette_Livre, #Editis, #Média‑Participations, #Madrigall, et #Albin_Michel. Or, toutes ces entités ne possèdent pas nécessairement des librairies (que l’on aurait tort d’oublier dans le décompte) et certainement pas des bibliothèques ni de médiathèques.

    Toutefois, et dans cette logique capitalistique, on résumerait même la situation à ce que quatre structures de diffusion distribution appartenant aux quatre premiers groupes dirigent l’#industrie_du_livre. Entre les maisons appartenant aux structures et les éditeurs partenaires, certains représentent véritablement des géants. Rappeler que Hachette diffuse et distribue Albin Michel pose un peu mieux le contexte.

    A ce titre, non cinq milliardaires ne se partagent pas les trois quarts de l’industrie du livre française, ce qui n’empêche pas de faire preuve de curiosité. Quand vous tenez un livre entre les mains, vous voyez sa couverture, le nom de l’auteur, celui de la maison d’édition — ne cherchez pas le traducteur. Et pourtant : qui détient réellement cette société ? Derrière un simple code-barres se cache parfois un réseau complexe de participations, de #holdings, de groupes, de #milliardaires.

    C’est tout l’enjeu de WHOISBN ?, une application qui lève le voile sur ces chaînes de propriété — et, souvent, sur la concentration du capital dans l’édition.

    Une idée simple, et diablement pertinente

    WHOISBN ? dans sa version anglaise, devenue QUISBN ? en français, se présente comme un outil de transparence. Grâce à l’ISBN — un numéro unique de 13 caractères, mis en forme via un code-barres, l’application identifie « qui possède la maison d’édition du livre que vous tenez entre les mains, puis quelle entreprise possède cette maison d’édition, puis qui possède l’entreprise qui possède l’entreprise… jusqu’au bénéficiaire ultime ».

    En d’autres termes : il suffit de scanner pour découvrir que se cache bien souvent un milliardaire — un détecteur de propriété, appliqué au monde littéraire. Une application modeste — mais potentiellement explosive. Ou presque.

    Aux origines : un projet engagé

    Lancée via son site internet, WHOISBN ? s’inscrit dans une volonté de réappropriation critique de l’#économie_de_l’édition. Le site se revendique comme un moyen « d’explorer les liens capitalistiques du monde de l’édition ».

    C’est un coup de projecteur sur un univers trop souvent invisible — celui des chaînes d’#actionnaires, des prises de participation, des #concentrations_financières. L’objectif : révéler les structures derrière les marques d’édition, interroger la nature de la propriété, inviter à la réflexion sur ce que signifie être édité.

    Comment ça fonctionne, concrètement

    Le fonctionnement est d’une grande simplicité (trop, probablement). Vous scannez le code-barres ISBN d’un livre — soit via une application mobile disponible uniquement pour #Android. L’interface vous renvoie l’arborescence capitalistique de la #maison_d’édition. Ainsi, un simple roman de poche mène facilement à un milliardaire — une carte d’identité économique du livre, accessible en un clic.

    À qui profite ce “miroir de l’édition” ?

    La démarche est évidemment engagée. WHOISBN ? offre un miroir parfois cruel de l’industrie du livre : un secteur culturel qui se présente volontiers comme libre, exigeant, créatif, voire artisanal — mais souvent soumis aux logiques financières les plus classiques (et parfois les plus brutales).

    Pour les lecteurs, c’est un outil d’information : savoir d’où vient un livre, qui contrôle l’édition permet de nourrir la réflexion sur la pluralité culturelle, l’#indépendance_éditoriale, voire la sécurité d’un certain pluralisme dans l’offre littéraire. Pour les auteurs, c’est l’occasion de connaître la nature réelle de leurs éditeurs — un détail qui peut avoir des conséquences sur la diffusion, les choix éditoriaux, la liberté d’écriture.

    Et pour le débat public ? Une excellente manière de questionner le rôle du capital dans la culture : entre investissement, concentration, prise de contrôle, l’édition, plus que jamais, ressemble à une affaire de gros sous.

    Quand les milliardaires investissent dans les bibliothèques

    Le recours à des capitaux privés n’est pas qu’une abstraction : ces dernières années, plusieurs milliardaires ont mis la main sur des maisons d’édition françaises majeures. Par exemple, le groupe Hachette Livre est désormais détenu par #Vincent_Bolloré, et certaines de ses filiales — comme #Fayard — subissent des critiques quant à leur ligne éditoriale.

    De même, le groupe #Editis, second acteur de l’édition en France, appartient aujourd’hui à #Czech_Media_Invest (#CMI), la holding du milliardaire tchèque #Daniel_Křetínský.

    Et ce n’est pas anecdotique : la concentration du capital éditorial entre quelques mains — souvent en dehors du monde littéraire — pèse sur l’indépendance éditoriale, le choix des publications, la diversité culturelle. Une tendance dénoncée depuis longtemps, mais rendue ici visible, palpable.

    Un milliardaire ici, un fonds d’investissement là…

    Si WHOISBN ? fait office de loupe — et se donne pour mission de changer la donne — il introduit des erreurs significatives.

    #Bernard_Arnault, présenté comme propriétaire de #Madrigall ne possède en réalité qu’une participation à la hauteur de 10 %. Ainsi, l’outil propose une vision partielle : il rattache une maison de son propriétaire elle est rattachée, sans intégrer toute la finesse des montages réels.

    De même, certaines maisons se retrouvent dans des groupes n’ont pas été rachetées à 100 %, d’autres relèvent de participations croisées, d’accords complexes ou de minoritaires actifs. D’autres ont des liens capitalistiques avec ces grosses structures, mais sans avoir cédé une majorité de leur capital. Ou encore, certains ouvrages ne sont pas rattachés à des entités capitalistiques d’envergure, alors qu’elles découlent de fonds et d’investissements de grosses entreprises, loin de l’édition indépendante.

    WHOISBN offre donc une image instructive, mais certainement pas exhaustive. Une loupe utile, non une radiographie intégrale. Dans cette nuance se loge son vrai intérêt, autant que sa limite : dans toute chaîne alimentaire, se trouve un prédateur en fin de course, qui est le dernier. Avec les milliardaires, c’est souvent le cas... Disons que l’app constitue dès lors un instrument de vigilance tronqué, qui replace le livre dans son écosystème économique.

    Ce n’est ni une enquête journalistique ni une analyse rigoureuse : en ces conditions, gare aux raccourcis, pour prendrait pou argent comptant les informations communiquées. Les cuisines des industries culturelles sont rarement aussi simples qu’un coup de scan... À tester à cette adresse.

    https://actualitte.com/article/127989/inclassables/a-quel-milliardaire-appartient-votre-livre-l-application-parle-d-argent-
    #livres #app #ISBN #propriétaires

  • De nombreux #pesticides détectés dans l’air des #logements en #France

    L’#étude #Pestiloge, menée de novembre 2020 à février 2023, visait à quantifier la concentration de pesticides dans l’#air et les #poussières domestiques, pour ensuite évaluer les risques liés à l’exposition à ces substances.

    De nombreux pesticides ont été détectés dans l’air et les poussières à l’intérieur des logements en France hexagonale, bien qu’interdits parfois depuis des années, selon les résultats d’une étude nationale publiés ce jeudi 27 novembre 2025 et rapportés par l’AFP.

    L’étude Pestiloge, financée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et menée de novembre 2020 à février 2023, visait à quantifier la concentration de pesticides dans l’air et les poussières domestiques, pour ensuite évaluer les risques liés à l’exposition à ces substances. Cette campagne a permis de rechercher 81 pesticides dans l’air et 92 dans les poussières, dans 571 logements au sein de 321 communes réparties dans 84 départements.

    Quatre pesticides dans l’air de plus 80 % des logements

    Selon le bilan publié par l’Anses, quatre pesticides ont été détectés dans l’air de plus 80 % des logements : deux #insecticides, le #lindane et la #transfluthrine, et deux #insectifuges, le #DEET et l’#icaridine. Ces pesticides et un autre insecticide, la #perméthrine, ont été retrouvés dans plus d’un logement sur deux, tandis qu’un #fongicide, le #folpel, a été détecté dans plus de 60 % des logements.

    Enfin, le #chlorprophame, un #herbicide, était présent dans 70 % des logements lors de cette campagne de détection réalisée par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Pour certains de ces produits - le lindane et la perméthrine -, les concentrations étaient même « généralement plus élevées dans les logements que dans l’air extérieur ».

    En l’absence de valeurs de référence ou de seuils réglementaires, il est toutefois impossible de dire si l’exposition aux concentrations relevées représente ou non un risque pour la santé des occupants, indique l’Anses.

    Les pesticides plus souvent détectés dans les poussières

    Quant aux pesticides, « plus souvent détectés dans les poussières que dans l’air des logements », 13 d’entre eux ont été détectés dans plus de neuf logements sur dix.

    Il s’agit de cinq fongicides (#boscalid, #dicloran, #difénoconazole, #propiconazole, #tébuconazole), quatre insecticides (#acétamipride, #cyperméthrine, #imidaclopride, #perméthrine), deux herbicides (#glyphosate, #terbutryne) et deux répulsifs d’insectes (#DEET, #icaridine). Et quatre autres substances ont été retrouvées dans plus d’un logement sur deux (#fipronil, #lindane, #pyriproxyfène, #transfluthrine).

    Ces mesures témoignent de la persistance, bien après leur utilisation, de la #contamination en pesticides dans l’air et les poussières des logements français. « Un nettoyage régulier des surfaces et l’aspiration des poussières restent parmi les meilleurs outils pour limiter » cette persistance, rappelle l’agence de sécurité sanitaire.

    Certains de ces produits n’étant plus commercialisés depuis des années, « une vigilance doit être maintenue quant à la présence de vieux meubles ou charpentes en bois qui ont pu être traités par des produits biocides aujourd’hui interdits », souligne l’Anses. Et « utiliser de vieux stocks de produits phytopharmaceutiques ou biocides n’est pas recommandé ».

    https://www.ouest-france.fr/environnement/pesticides/de-nombreux-pesticides-detectes-dans-lair-des-logements-en-france-1bd63
    #maison #espace_domestique

    • PESTILOGE : des pesticides dans nos logements

      Pourquoi cette étude ?

      Les pesticides ne sont pas uniquement présents dans les champs. Ils peuvent aussi se retrouver dans nos logements, via les produits que nous utilisons pour lutter contre les insectes, traiter le bois ou protéger nos animaux, mais aussi par transfert depuis l’extérieur, notamment dans les zones agricoles. Certaines substances, interdites depuis des années, persistent dans les poussières et les matériaux.

      Pour mieux comprendre cette exposition, l’Observatoire de la Qualité des Environnements Intérieurs (OQEI) a lancé la campagne PestiLoge, une étude inédite sur la présence des pesticides dans l’air et les poussières des logements français.
      Une campagne nationale sans précédent

      Intégrée à la deuxième campagne nationale logements (CNL2), PestiLoge a été menée entre novembre 2020 et février 2023, couvrant toutes les saisons.

      571 logements ont été étudiés, répartis dans 321 communes et 84 départements.

      Les équipes ont réalisé :

      - Des prélèvements d’air intérieur pendant 7 jours, analysés pour 81 pesticides.
      - Des collectes de poussières (via aspirateurs), tamisées et analysées pour 92 pesticides.

      Ces substances incluent des insecticides, fongicides, herbicides et répulsifs, sélectionnés par l’Anses selon des critères sanitaires et la faisabilité analytique.

      Les principaux enseignements

      Dans l’air intérieur

      – 10 pesticides jamais détectés, dont 5 herbicides (acétochlore, carbétamide, flumétraline, oryzalin, tébuthiuron), 3 insecticides (béta-cyfluthrine, diméthoate, tau-fluvalinate) et 2 fongicides (prochloraze, triticonazole).
      - 37 substances très rarement détectées (moins de 5 % des logements).
      – 4 pesticides omniprésents (dans plus de 80 % des logements) :
      Insecticides : lindane, transfluthrine
      Répulsifs : DEET, icaridine
      – Le fongicide folpel est détecté dans plus de 60 % des logements, et l’herbicide chlorprophame dans 70 %.
      - Dans certains logements, les concentrations dépassent 10 ng/m³ (DEET, icaridine, lindane).

      Avec la perméthrine, ces produits sont quantifiés dans plus de la moitié des foyers.

      Dans les poussières

      – 5 pesticides jamais détectés : brodifacoum, dichlorvos, fénarimol, flumétraline, triallate.
      - 13 substances présentes dans plus de 90 % des logements :
      Fongicides : boscalid, dicloran, difénoconazole, propiconazole, tébuconazole
      Herbicides : glyphosate, terbutryne
      Insecticides : acétamipride, cyperméthrine, imidaclopride, perméthrine
      Répulsifs : DEET, icaridine
      - Concentrations très élevées pour certains :
      Perméthrine >1 000 ng/g dans plusieurs logements
      Glyphosate, cyperméthrine et PBO (pipéronyl butoxide) >100 ng/g
      - 8 pesticides dépassent 1 000 ng/g dans au moins 5 % des logements (perméthrine, imidaclopride, glyphosate, cyperméthrine, PBO, fipronil, icaridine, pyriproxyfène).

      Ce que cela signifie

      De nombreux pesticides ont été détectés dans l’air et les poussières des logements, alors même que certains font l’objet d’une restriction, voire d’une interdiction d’usage depuis plusieurs années. Cela témoigne de leur persistance dans les milieux intérieurs.

      Un nettoyage régulier des surfaces et l’aspiration des poussières restent parmi les meilleurs moyens pour limiter cette persistance. Une vigilance particulière doit être portée aux vieux meubles ou charpentes en bois qui ont pu être traités par des produits biocides aujourd’hui interdits, ainsi qu’aux stocks anciens de produits phytopharmaceutiques ou biocides.

      Et demain ?

      Les données issues de PestiLoge, couplées à celles de la CNL2, offrent un éclairage unique sur la contamination en pesticides dans l’air et les poussières des logements français. Elles alimentent déjà les travaux de l’Anses pour développer des valeurs sanitaires de référence et améliorer l’évaluation des risques liés aux pesticides, en considérant différentes sources et voies d’exposition. Ces données pourront également contribuer à des évolutions réglementaires.

      https://www.oqei.fr/fr/campagnes-et-etudes/pestiloge
      #rapport

  • See the White House’s East Wing demolition from satellite images | CNN
    https://www.cnn.com/2025/10/23/us/east-wing-white-house-satellite-photos-invs
    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/october-28-2024.jpg
    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/october-23-2025.jpg
    The White House on October 28, 2024 and on Thursday.
    Planet Labs PBC

    As excavators dug into the side of the White House this week, photos and videos made clear just how dramatically President Donald Trump’s plans to build a new ballroom will affect the historic structure.

    Now, satellite images offer a new perspective on the scope of the work.

    A satellite image taken Thursday morning shows the entire East Wing of the White House has been demolished. Piles of debris outline where the building, which traditionally served as the office of the First Lady, once stood.

    In a spot that previously housed a portico, an excavator can be seen consolidating the rubble to be hauled away. The colonnade that led from the Executive Residence to the East Wing has also been nearly removed, with only the last section, which touches the Residence, remaining.

    Nearby, construction for the ballroom that will replace the East Wing is already underway. A small area that could be part of the new building’s foundation has been excavated, and a cement mixer can be seen waiting in front of the Treasury Department.

    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/ap25296603874064.jpg
    Construction workers, bottom right, stand atop the US Treasury building and watch as demolition work continues on the East Wing of the White House, on Thursday, October 23. The demolition is part of President Donald Trump’s plan to build a ballroom on the eastern side of the White House.
    Jacquelyn Martin/AP

    (la galerie contient 13 photos)

    • ... c’est sous Theodore Roosevelt, en 1902, que l’aile Est a pris la forme qu’on lui a connue ces dernières décennies. Puis Franklin D. Roosevelt ajouta en 1942 de nouveaux bureaux pour accompagner l’explosion du personnel présidentiel — décision elle aussi controversée car prise en pleine Seconde Guerre mondiale. FDR profita aussi de cette extension pour creuser un refuge souterrain : le Presidential Emergency Operations Center. (...)

      [...]

      Les historiens regrettent quant à eux, au-delà de l’absence de décision collective et d’implication du Congrès, le changement de nature de l’édifice. « C’est contraire à la vision des Pères Fondateurs de l’Amérique », a ainsi averti dans nos colonnes Edward Lengel, historien, ancien responsable (2016 à 2018) de la White House Historical Association, la fondation privée qui veille à la préservation de l’histoire de la #Maison_Blanche.

      « Avant d’être un lieu de pouvoir, la Maison Blanche a d’abord été une résidence pour les Présidents, mais aussi symboliquement la maison du peuple, poursuit l’historien. Jusqu’à la guerre civile (1861-1865), elle était accessible aux Américains, qui pouvaient y entrer sans aucun contrôle de sécurité. Elle avait été pensée comme un contraste au palais de Versailles. Elle ne devait pas être au-dessus des gens. En faire un lieu pour distraire les dignitaires et les élites est à l’opposé de ce que la Maison Blanche symbolise pour les Américains. »

      https://www.leparisien.fr/international/etats-unis/bureaux-de-la-premiere-dame-cinema-bunker-cetait-quoi-laile-est-de-la-mai

      Trump, hors-la-loi, en son bunker
      https://www.leshumanites-media.com/post/trump-hors-la-loi-en-son-bunker

      Donald Trump aussi connaît l’endroit. Le 29 mai 2020, en plein mouvement Black Lives Matter, alors que des milliers de manifestants se rassemblaient devant les grilles de la Maison-Blanche et que plusieurs affrontements avaient éclaté à Lafayette Square, le Secret Service avait décidé d’évacuer le président, ainsi que Melania et Barron Trump, vers le PEOC par mesure de sécurité.​ Selon plusieurs sources de presse (AP, New York Times, CNN, Washington Post), Trump serait resté dans le #bunker environ une heure, avant de regagner ses appartements.

      Un laps de temps suffisant pour lui donner des idées ? D’après plusieurs sources de CBS News citées depuis le 22  octobre  dernier, le bunker situé sous l’aile Est de la Maison-Blanche sera modernisé dans le cadre du vaste chantier de reconstruction lancé par Trump. Les journalistes de CBS (notamment Jennifer  Jacobs, correspondante à la Maison-Blanche) ont confirmé que la White House Military  Office supervise directement cette "rénovation", parallèlement à la démolition complète de l’aile  Est et à la construction de la nouvelle salle de bal présidentielle. On n’en saura pas plus : c’est « secret défense ». Après les journalistes, même les membres du Congrès seront tenus à l’écart. Après avoir entrepris de purger l’armée de tout élément déloyal, le secrétaire d’État à la Guerre, Peter Hegseth e exigé le 15 octobre que toute interaction avec les membres du Congrès, leurs collaborateurs ou les médias soit validée par l’Office of Legislative Affairs du département de la Défense. Le texte stipule que «  toute communication non autorisée pourrait compromettre les priorités du Département essentielles à l’atteinte de nos objectifs législatifs  »

      On n’en saura pas davantage sur les plus 70 millions de dollars d’« armes légères, munitions et accessoires de munitions » affectés à l’ICE (police de l’immigration) depuis le 20 janvier. Gaz lacrymogènes, balles en poivre ? Que recouvrent exactement les « armes chimiques » qui figurent parmi les ordres de commande ? S’agit-il d’aller débusquer le narcotrafiquant dans la jungle amazonienne ou colombienne ? De traquer le migrant clandestin dans la jungle urbaine de Chicago, Los Angeles ou New York ? Ou, plus vraisemblablement, de mater l’« ennemi intérieur » qui s’époumone en « No Kings » ? Car, selon toute vraisemblance, ce redoutable « ennemi intérieur » s’apprête à remporter dans les grandes largeurs les prochaines élections de mi-mandat (midterms) dans un an, le 23 novembre 2026. Donald Trump ne peut pas perdre ces élections ; il perdrait alors sa majorité au Congrès. Mais il ne peut non plus les gagner. Seule solution : les annuler, en invoquant un cas de force majeure (une insurrection ?) qu’il aura lui-même provoqué. Réfugié dans son bunker archi-sécurisé et modernisé de la Maison-Blanche, il tiendra jusqu’au bout du bout.

      #É-U

    • « L’extravagante salle de bal que veut créer Trump à la Maison Blanche cristallise son exercice clinquant et brutal du pouvoir », Michel Guerrin, rédactrice-rédac chef
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/12/l-extravagante-salle-de-bal-que-veut-creer-trump-a-la-maison-blanche-cristal

      On peut s’attendre à tout avec Donald Trump, mais de là à faire subir un tel sort à la #Maison_Blanche… Le président américain vient de détruire une aile entière au bulldozer dans le but de la remplacer, d’ici à 2029, par une salle de bal grande comme un terrain de football. L’opacité du projet, sa rapidité, sa brutalité, et l’on en passe, tout cela dit beaucoup des méthodes du président américain, de sa personnalité, de ses goûts. Et de la façon dont ce pays considère son patrimoine architectural.
      Car dans un pays neuf, où le droit d’auteur est relatif et le patrimoine tout autant, on gomme aisément pour construire autre chose. Cette fois, pourtant, l’émoi aux Etats-Unis est grand. Plusieurs sondages montrent que les deux tiers, voire plus, de la population s’indignent d’une Maison Blanche amputée de son aile est, celle de droite quand on admire la façade. C’est lié au choc des photos, publiées le 20 octobre. Deux étages réduits à des gravats.

      La Maison Blanche est le bâtiment le plus célèbre du pays, un des plus aimés aussi. Des associations d’architectes et d’historiens ont pris la plume pour dire leur indignation. Et pour rappeler l’histoire de la Maison Blanche en général, et celle de son aile est en particulier, construite en 1902, rénovée en 1942, qui abritait de multiples bureaux dont celui de la première dame, avec un bunker en sous-sol, sans avoir le prestige de son pendant, à l’ouest, abritant le bureau Ovale – que Donald Trump a redécoré de manière clinquante.

      La destruction vaut constat stupéfiant, expliqué par le Wall Street Journal du 27 octobre. Il existe une loi américaine de 1966 sur la préservation du #patrimoine_historique et des commissions diverses veillant sur les flambeaux du pays, mais la Maison Blanche (et d’autres bâtiments fédéraux) y échappe. Autrement dit, les bâtiments moyens du pays sont mieux protégés que les exceptionnels. La raison est merveilleuse : le président américain, en lien direct avec les électeurs, est plus légitime à décider du sort de la Maison Blanche qu’une obscure commission.

      Les anciens présidents prenaient néanmoins l’habitude de consulter les experts avant d’ériger un balcon, un portique, un jardin, une piscine, un bowling ou un court de tennis. Harry Truman (1884-1972) a même demandé l’accord du Congrès avant de lancer de gros travaux dans les années 1940. Trump, lui, s’assoit sur des décennies de bonnes pratiques en toute légalité, ne demandant l’avis de personne. Il pourrait détruire la Maison Blanche tout entière s’il le voulait. Il ne se comporte plus en locataire mais en propriétaire d’une « Maison du peuple » qui ne l’est plus vraiment.

      Coût en constante augmentation

      Trump avait promis que son projet n’affecterait pas la structure globale. Mais le mensonge est un ressort de son ancien métier de #promoteur_immobilier – détruire pour reconstruire, sans larmes pour le passé. A New York, en 1980, afin d’ériger sa Trump Tower sur la Ve Avenue, il démolit un superbe immeuble Art déco et les bas-reliefs qu’il avait pourtant promis de donner au Metropolitan Museum of Art.


      Le président américain, Donald Pig Trump, montre une représentation de sa proposition de salle de bal à la Maison Blanche, lors de sa rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, à Washington, le 22 octobre 2025. ALEX WONG / GETTY IMAGES VIA AFP

      Venons-en au projet de salle de bal. Il est légitime sur le principe. La Maison Blanche ne pouvant accueillir que 140 convives, des tentes temporaires sont plantées sur la pelouse sud pour les gros dîners d’Etat, avec cuisine extérieure, chauffage d’appoint et toilettes portables – indigne d’une superpuissance, dit-on, y compris chez les démocrates.

      Pas grand-chose à dire, non plus, sur l’esthétique de la future salle de réception, dans la logique néoclassique du bâtiment : en forme de temple grec, avec colonnes, caissons au plafond, fenêtres cintrées, boiseries, lustres, dorures du sol au plafond – non sans lien avec le « nouvel âge d’or », surnom que Trump donne à son règne. L’architecte du projet, James McCrery, est à l’unisson : un trumpiste convaincu, qui place son travail au service de Dieu, et qui a surtout construit des églises.

      Mais voilà, la salle de bal ne cesse de grossir depuis la divulgation du projet, au milieu de l’été, sans en connaître tous les ressorts ni les plans. On est passé d’une capacité de 650 sièges à 1 000 le 15 octobre, 1 350 aujourd’hui. Le coût est à l’unisson : 200 millions de dollars, puis 300 millions, maintenant 350 millions de dollars (environ 298 millions d’euros), apportés un peu par Trump, beaucoup par des donateurs privés, bénéficiant par ailleurs de contrats avec l’Etat fédéral.

      Tout cela peut encore évoluer, d’autant que Trump, véritable maître d’ouvrage de la salle de bal, vient de changer d’architecte, en nommant Shalom Baranes, le premier ne partageant pas sa folie des grandeurs (Washington Post du 5 décembre). Le président des Etats-Unis ne devrait pas plus être contrarié par la Commission nationale de planification de la capitale, qui devrait examiner les plans définitifs, puisqu’il en a récemment changé la plupart des membres [...].

      Mais déjà le projet de Trump est si disproportionné qu’il menace l’intégrité d’une Maison Blanche conçue en 1792 par l’architecte James Hoban : un corps central dominant deux ailes plus basses. Son aile festive sera en effet de 8 360 mètres carrés, soit bien plus que la structure centrale (5 110 mètres carrés). Or, l’âme des lieux repose sur la symétrie classique. Et sur la modestie. La Maison Blanche a été voulue familiale, avec des pièces modestes, exemplaire d’une démocratie, loin des folies de palais présidentiels, royaux ou dictatoriaux. Trump veut au contraire son « moment Louis XIV », écrit Debbie Millman, professeure à la School of Visual Arts, dans le New York Times du 3 octobre, avec un projet extravagant qui cristallise son exercice #clinquant et brutal du pouvoir.

      L’ancien magnat de l’immobilier s’assoit sur l’histoire pour dessiner son image de grand architecte du pays. Sur la forme, il contourne la bureaucratie, faisant de la vitesse une nouvelle norme. Sur le fond, la salle de bal fait écho à son décret pour la « promotion d’une belle architecture civique fédérale », visant à mettre fin à tout geste actuel dans les bâtiments gouvernementaux et au-delà. Et en amputant la Maison Blanche, il fragilise les emblèmes du passé partout dans les villes américaines, qu’ils soient classiques, modernes ou contemporains.

      #architecture

  • Ok Seenthis, maintenant fais moi une carte de France qui agrège toutes ces autres cartes, pour me donner LE trou du cul du monde où il fait bon vivre :

    Aucun polluant dans l’eau potable (ou le moins possible) :
    https://seenthis.net/messages/1140946

    Avec des nappes phréatiques pas trop pourries :
    https://seenthis.net/messages/1013319
    https://seenthis.net/messages/989999

    Sans fuite dans le réseau d’eau potable :
    https://seenthis.net/messages/1046929

    Utilisant le moins de pesticides dans les environs :
    https://seenthis.net/messages/1085286

    Avec le moins de sécheresse dans les 50 prochaines années :
    https://seenthis.net/messages/1101579

    Pas proche d’un site SEVESO :
    https://seenthis.net/messages/754202

    Avec une faible pollution de l’air :
    https://seenthis.net/messages/1015774

    Avec une densité correcte de voies cyclables :
    https://seenthis.net/messages/1018111

    À moins de 15min d’une ligne de train (si possible en vélo) :
    https://seenthis.net/messages/1038770
    https://seenthis.net/messages/1065638

    Avec encore des haies/du bocage (diversité) :
    https://seenthis.net/messages/1104833

    Et bien sûr pas dans une commune de gros racistes :
    https://seenthis.net/messages/1015774

    J’oublie sûrement encore quelques critères.

    Voilà, j’aimerais bien avoir le résultat dans moins de 10 ans (d’ici à ce que je puisse changer de région). Merci.

    #cartographie #France #intelligence_collective :)