• Aurore Bergé contaminée par le RN ? La macronie foyer du fascisme
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/aurore-berge-contaminee-par-le-rn-la-macronie-foyer-du-fascisme-3eHS_RIiSt

    Dans ce nouvel épisode de la VAR #Politique, Nabil Touati décrypte un phénomène politique majeur : la contamination du discours des partis « républicains » par le vocabulaire et les idées de l’extrême droite.

    • Jusqu’ici tout va mal - Février 2026 par S. Fontenelle & Y. Lindingre
      https://www.blast-info.fr/articles/2026/jusqu-ici-tout-va-mal-fevrier-2026-EILQbZeCS76iPqvE7HO0-A

      Comme pour mieux confirmer ce basculement, la ministre macroniste #Aurore_Bergé appelle très tranquillement le Rassemblement national, parti cofondé notamment par un ancien SS et un ex-milicien, à retirer ses candidats aux élections municipales du mois prochain dans certaines villes - pour empêcher la victoire de La France insoumise, qu’elle qualifie de « parti anti-France ».

      Cette référence est édifiante, puisque « l’anti-France » est une appellation forgée par l’extrême droite antisémite au moment de l’affaire Dreyfus pour désigner de prétendus ennemis de l’intérieur accusés de trahir la nation française, et dont le régime de Vichy a ensuite fait un usage intensif pour désigner les Juifs, les francs-maçons et les communistes.

      Mais personne, chez les macronistes, ne réagit à l’emploi de cette expression pour le moins très, très, très lourdement connotée par Aurore Bergé, et ce silence est un consentement qui prouve qu’à un peu plus d’un an de la fin du règne d’Emmanuel Macron, toutes les digues ont bel et bien été emportées – et que ce président qui avait promis de « faire barrage aux idées de l’extrême droite » les aura, en moins d’une décennie, installées jusque dans les divagations devenues tristement ordinaires de ses plus proches collaborateurs.

      #Macronie

  • Macerie su Macerie – PODCAST 2/03/26 – #brecht contro la #guerra
    https://radioblackout.org/podcast/macerie-su-macerie-podcast-2-03-26-brecht-contro-la-guerra

    Quando la guerra comincia Forse i vostri fratelli si trasformerannoe i loro volti saranno irriconoscibili.Ma voi dovete rimanere eguali.Andranno in guerra, noncome ad un massacro ,ad un serio lavoro. Tuttoavranno dimenticato.Ma voi nulla dovete dimenticare.Vi verseranno grappa nella golacome a tutti gli altri.Ma voi dovete rimanere lucidi. Bertolt Brecht, anni Trenta. In un tempo in […]

    #fortini #macerie-su-macerie #poesia
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/03/macerie2marzzobrecht.mp3

  • Pour faire fonctionner toute l’IA, le colonialisme, l’impérialisme, l’exploitation, l’esclavage sont indispensables. – La fourmi dans la coquille
    https://lafourmi.media/lire/pour-faire-fonctionner-toute-lia-le-colonialisme-limperialisme-lexploita

    Par leur conception, les I.A. statistiques, qui reposent dans leur immense majorité sur un entraînement nécessitant des millions ou des milliards de données, annotées, classées, filtrées par des travailleurs humains, puis sur un alignement là aussi nécessairement humain, mais aussi sur du matériel et des matières premières exploitant des ouvriers et mineurs dans le monde entier, sont structurellement dépendantes de ces chaînes de sous-traitance qui commence dans les start-ups de l’I.A. et se termine sur les tâcherons philippins, indiens, kényans ou les mineurs et mineuses congolaises, par exemple. C’est absolument inévitable, et il faut arrêter d’imaginer les start-ups comme des lieux de conception numérique détachés de ce colonialisme, qui seraient juste des enclos à développeurs informatiques branchés sur internet concevant des I.A. simplement à travers de complexes lignes de code. Toutes les start-ups dépendent des données, des métaux et des semi-conducteurs, dans une quantité qui ne permet et ne permettra jamais leur production éthique, alors même que nous n’avons pas abordé ici les conséquences sur l’environnement planétaire de cette production.

    On peut alors mettre un mot plus exact pour qualifier ces tâcherons, ces ouvriers, ces mineurs : ils sont des esclaves, modernes certes, mais pas bien différents depuis toujours, issus de pays pauvres, « d’anciennes » colonies, toujours victimes de l’exploitation par ceux qui possèdent les richesses et la puissance.

    #ia #colonialisme #esclavage

  • Coopération #France/#Madagascar : accords économiques et militaires
    https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/cooperation-france-madagascar-accords-economiques-et-militaires-16

    Après un après-midi de travail, Emmanuel #Macron, président de la République française et le colonel Michaël #Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar, ont réaffirmé les liens étroits et la #coopération entre les deux pays dans tous les domaines.

    Le psychodrame du président élu précédent qui se fait exfiltrer par la France, pour cause d’impopularité manifeste est apparemment terminé...

  • #Kanaky-Nouvelle-Calédonie : L’État macroniste n’en finit plus de #coloniser - Survie
    https://survie.org/decolonisons/prepublications/article/kanaky-nouvelle-caledonie-l-etat-macroniste-n-en-finit-plus-de-coloniser

    Le gouvernement entend faire (très) vite pour appliquer le pseudo accord de #Bougival, et son complément, l’accord #Elysée-Oudinot, conclu en janvier une fois encore sans le FLNKS. Un pari incertain d’un point de vue parlementaire, qui ne peut qu’enfoncer davantage la Kanaky-Nouvelle-Calédonie dans la crise.

    On ne pourra pas reprocher à l’#État #macroniste un manque de constance. En Kanaky-#Nouvelle-Calédonie (#KNC), le président de la #République et sa clique auront œuvré assidûment au sabotage du processus de décolonisation, puis à la perpétuation de la mainmise de la France sur l’archipel, quitte à mettre fin sur place à trente-six années d’une paix fragile. Une contre-offensive coloniale interrompue un temps par l’insurrection indépendantiste du 13 mai 2024, réprimée dans le sang, mais qu’Emmanuel Macron n’a pas tardé à reprendre avec la même irresponsabilité.

    (...)

    Le 19 janvier est annoncé un nouvel « accord unanime », selon la formule hallucinée du président de la République – oubliant commodément que le FLNKS reste à ce jour le seul représentant du peuple kanak reconnu au niveau international.

    (...)

  • Mort de Quentin D. : contre les insoumis, le double jeu de #Macron
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/mort-de-quentin-d-contre-les-insoumis-le-double-jeu-de-macron-AnK8HgpnRbW_

    Mais à quoi joue Emmanuel Macron ? S’il fait mine de se tenir à l’écart après la mort de Quentin Deranque, en sous-main, le président poursuit son travail de sape contre La France Insoumise. Nils a enquêté.

  • 𝙹𝙱𝙶 sur X : « La bouteille de lait » / X
    https://x.com/j_bg/status/2023588149763379655

    La bouteille de lait
    Ou comment Paul M., 43 ans, consultant en transition écologique, est devenu l’ennemi public n° 1 du Monoprix des Batignolles.
    Mardi 17 février, 07h12 — Paul pousse la porte du Monoprix. Il n’a besoin que d’une chose : du lait. Du lait demi-écrémé, bio si possible, en bouteille si on lui laisse le choix. C’est tout. Paul n’a pas de casier judiciaire. Paul n’a pas d’intentions criminelles. Paul n’est même pas tout à fait réveillé.
    C’est d’ailleurs le problème.
    Il se plante devant le rayon laitier et contemple l’étalage avec l’air hagard d’un homme qui découvre qu’il existe quatorze variantes de lait demi-écrémé. Entier, demi-écrémé, écrémé, bio, équitable, sans lactose, de chèvre, d’avoine, de soja, enrichi en oméga-3, à teneur réduite en matières grasses — et un truc en bouteille noire qui s’appelle « Lait de Régénération Cellulaire » à 8,90 euros le litre. Paul hésite. Il prend une bouteille, la repose, en prend une autre, la retourne pour lire l’étiquette, la repose.
    🔴 Au plafond, la caméra n° 7 enregistre : individu stationnaire, rayon frais, durée 47 secondes, gestes non linéaires, hésitation caractérisée. L’algorithme attribue à Paul un premier score de comportement atypique : 0.23 sur 1. Rien d’alarmant. Mais le compteur tourne.
    Paul attrape finalement un lait demi-écrémé bio à 1,15 euro et se dirige vers les caisses. Enfin, « se dirige » est un grand mot. Paul n’est pas tout à fait réveillé. Il prend l’allée centrale, tourne à droite au rayon hygiène, se retrouve devant les surgelés, fait demi-tour, longe les vins, passe devant les fruits et légumes et finit par apercevoir les caisses automatiques au fond à gauche.
    🔴 Caméras n° 3, 5, 9 et 12. Trajectoire erratique. Durée de parcours : 3 min 42 pour 40 mètres linéaires. Indice de désorientation spatiale : élevé. Passages multiples devant des zones à forte valeur marchande (alcools, cosmétiques). Le score de Paul passe à 0.47.
    Paul arrive enfin devant la caisse automatique. Il pose sa bouteille de lait. La machine lui demande 1,15 euro. Paul glisse la main dans la poche droite de son jean. Rien. Poche gauche. Rien. Poche intérieure de la veste. Rien. Il fouille, se palpe, se retourne, vérifie par terre au cas où sa carte aurait glissé.
    🔴 La caméra n° 14 observe : individu debout devant la caisse, mouvements répétés des mains vers les poches, objet précédemment porté (bouteille, 1L, forme cylindrique) non détecté dans le champ visuel immédiat. L’algorithme cherche la bouteille dans l’image. Elle est posée sur le plateau de la caisse, partiellement masquée par le coude de Paul. Le système ne la retrouve pas.
    Score : 0.71. Alerte comportementale de niveau 2 transmise au poste de supervision.
    Paul, lui, vient simplement de réaliser qu’il a oublié sa carte bancaire sur la table de la cuisine. Il soupire, abandonne la bouteille sur le plateau de la caisse, et sort du magasin les mains vides.
    🔴 Caméra n° 1, sortie : individu quitte le magasin sans transaction enregistrée. Durée totale en magasin : 6 min 14. Aucun achat validé. Score final : 0.78. Signalement transmis au réseau de surveillance partagé du quartier Batignolles-Monceau.
    Paul marche vers chez lui. Il habite à quatre cents mètres, rue Legendre. Il ne pense à rien de particulier, sinon au fait qu’il va devoir boire son café noir ce matin. Il ne remarque pas la voiture de police qui ralentit à sa hauteur, rue Boursault.
    🚓 La patrouille a reçu un signalement du système de vidéo-protection du quartier — interconnecté depuis six mois avec les dispositifs privés des commerces participants — indiquant un individu masculin, veste sombre, pas rapide, sorti d’un commerce sans achat après un comportement classifié comme « à risque ». Le véhicule roule au pas derrière Paul pendant deux cents mètres. Paul finit par sentir une présence, se retourne, aperçoit la voiture, accélère le pas — ce qui, pour l’agent au volant, constitue un « comportement d’évitement ».
    La voiture ne s’arrête pas. Paul non plus. Il rentre chez lui, légèrement mal à l’aise sans savoir pourquoi, récupère sa carte bancaire, et ressort.
    🔴 Il retourne au Monoprix. Caméra n° 1, entrée : individu identifié par correspondance morphologique (taille, vêtements, démarche) comme le sujet du signalement de 7 h 21. Deuxième visite en 18 minutes. Score d’entrée recalculé : 0.82.
    Paul reprend sa bouteille de lait — il doit en reprendre une, puisqu’il a laissé la précédente sur la caisse —, paie en trente secondes, et sort. Cette fois, il a envie d’un croissant. La boulangerie est à cinquante mètres, sur la place. Paul pousse la porte.
    La boulangerie du 17e arrondissement est équipée, depuis octobre 2025, du système SmartRetail Pro, un dispositif de caméras algorithmiques destiné à « optimiser l’expérience client et prévenir les incivilités ». Le même prestataire que Monoprix. Les systèmes partagent un protocole d’échange de données comportementales baptisé — sans ironie apparente — TrustFlow.
    🔴 Paul entre dans la boulangerie. Le système le reconnaît instantanément : non pas par son visage, évidemment — la reconnaissance faciale est interdite —, mais par la combinaison de sa taille (1,81 m), de sa veste (sombre, col relevé), de sa démarche (pas légèrement asymétrique, pied gauche en pronation) et de l’horodatage (7 h 39, cohérent avec la trajectoire du sujet signalé à 7 h 21 au Monoprix situé à 50 mètres).
    Correspondance morpho-temporelle : 94,2 %. Sujet classifié « à surveiller » par le réseau partenaire. Score importé : 0.82.
    Paul achète un croissant. Il paie. Il mange son croissant sur le trottoir. Il rentre chez lui.
    À 8 h 15, Paul est chez lui, devant son bol de café au lait, en train de consulter ses mails. Il ne sait pas que son profil comportemental anonymisé — mais parfaitement traçable — a traversé trois systèmes de surveillance en cinquante-trois minutes, accumulé un score de risque de 0.82, déclenché une alerte de niveau 2, fait l’objet d’un suivi par une patrouille de voie publique, et été enrichi par une correspondance inter-commerces via un protocole privé qu’aucun élu municipal n’a approuvé.
    À 9 h 30, Paul ressort. Il a un rendez-vous professionnel dans un café, rue de Lévis.
    🔴 Le café — un établissement indépendant, pas une chaîne — n’est pas équipé de caméras algorithmiques. Mais la rue de Lévis, elle, l’est. Le dispositif municipal de « vidéo-protection intelligente », déployé dans le cadre de l’expérimentation autorisée par la loi du 19 mai 2023 prolongée sine die à titre expérimental en 2025, couvre les principaux axes commerçants du 17e arrondissement. Paul passe devant deux caméras en quatre minutes.
    Le système municipal ne communique pas officiellement avec les systèmes privés des commerces. Mais les deux systèmes transmettent leurs données à la même plateforme préfectorale de coordination, qui agrège les signalements selon un principe pudiquement nommé « fusion de capteurs ».
    Le profil anonymisé de Paul — toujours pas identifié par son nom, juste par une empreinte morphologique et une séquence de coordonnées spatio-temporelles — apparaît désormais sur cette plateforme avec la mention : sujet observé dans trois périmètres commerciaux et deux axes de voie publique en moins de 2 heures, score comportemental cumulé : 0.84, fréquence de passage : anormalement élevée pour un jour ouvré.
    À 11 h 45, Paul sort de son rendez-vous. Il a faim. Il entre dans un Franprix, rue des Dames.
    🔴 Caméra d’entrée. TrustFlow. Correspondance : 91,7 %.
    Paul achète un sandwich, un Perrier et — parce qu’il pense à demain matin — du lait. Un deuxième litre de lait en quatre heures. L’algorithme note : achat récurrent d’un même article dans un intervalle court, incohérence avec un profil de consommation standard. Le score monte à 0.87.
    🔴 Paul mange son sandwich sur un banc, place de Lévis. Une caméra municipale l’observe. Durée de station assise : 22 minutes. L’algorithme n’a aucune opinion sur le sandwich, mais il note qu’un individu correspondant au profil surveillé reste stationnaire dans un espace public pendant une durée supérieure au percentile 80 des usagers du même banc un mardi entre 12 h et 13 h.
    Score : 0.89.
    🔴 À 14 h 10, Paul passe devant le Monoprix des Batignolles pour la troisième fois de la journée. Il ne s’arrête pas — il rentre chez lui. La caméra n° 1, extérieur, note le passage. Troisième occurrence du sujet dans le périmètre. Score révisé : 0.91.
    🔴 À 16 h 30, Paul ressort acheter du pain. Son boulanger habituel — pas la boulangerie près du Monop, un artisan rue Nollet — n’a pas de caméra. Mais la caméra municipale de l’angle Nollet-Legendre enregistre son passage. Le système préfectoral met à jour sa trajectoire. Cinquième occurrence sur le réseau de capteurs. Score : 0.93.
    🔴 À 18 h 02, Paul sort une dernière fois. Il va à la pharmacie, rue des Batignolles, acheter du Doliprane. La pharmacie est équipée. TrustFlow. Correspondance : 89,4 %. Le pharmacien ne remarque rien. L’algorithme, si. Sixième détection. Score cumulé : 0.96. Seuil d’alerte de niveau 3 atteint. Transmission automatique à la plateforme préfectorale avec recommandation de contrôle d’identité.
    🚨 À 18 h 14, Paul est interpellé par deux agents de police au coin de la rue des Batignolles et de la rue Legendre. L’un d’eux lui demande poliment ses papiers. Paul, surpris, donne sa carte d’identité. L’agent la scanne. Pour la première fois de la journée, le profil anonymisé se rattache à un nom.
    It’s a Match ! La photo de sa carte d’identité correspond bien à son portrait robot
    Paul M., 43 ans, consultant en transition écologique, domicilié 12 rue Legendre. Compte X @midy_paul. Macroniste tout va bien. Aucun antécédent. Aucune fiche. Rien.
    Mais le rapport automatisé de la plateforme indique : sujet détecté six fois en onze heures sur le réseau de capteurs du 17e arrondissement. Score comportemental cumulé : 0.96. Première visite en commerce sans transaction (7 h 21). Trajectoire erratique en magasin. Mouvements de dissimulation à la caisse. Deuxième visite dans un intervalle de 18 minutes. Fréquence de passage dans le périmètre commercial : 3 écarts-types au-dessus de la moyenne. Achat récurrent incohérent. Station prolongée en espace public.
    L’agent est embêté. Paul n’a rien fait. Mais le rapport est là, et le rapport dit que Paul n’est pas normal — statistiquement parlant. L’agent appelle son supérieur. Le supérieur consulte le procureur de permanence. Le procureur, qui a devant lui un rapport algorithmique de six pages généré automatiquement et qu’il n’a pas le temps de lire en détail, autorise une vérification approfondie. Paul est invité à suivre les agents au commissariat du 17e pour « un simple contrôle ».
    Au commissariat, Paul attend deux heures sur une chaise en plastique. On lui explique qu’il n’est ni en garde à vue ni suspect de quoi que ce soit, mais que le système a généré un « signalement nécessitant une levée de doute ». Paul demande quel système, quel signalement, quel doute. On lui répond que c’est « une procédure standard liée à la vidéo-protection ».
    À 21 h 30, Paul est autorisé à rentrer chez lui. On lui remet un formulaire qui l’informe qu’il a fait l’objet d’un « contrôle de cohérence comportementale » au titre de l’article L. 252-4 du Code de la sécurité intérieure. Il peut exercer son droit d’accès aux données le concernant en écrivant au Délégué à la protection des données de la Préfecture de police de Paris. Délai de réponse : deux mois.
    Paul rentre chez lui. Il pose sa bouteille de lait dans le réfrigérateur — la deuxième. Il s’assoit. Il regarde le plafond.
    Il n’a pas été conduit en prison. Il n’a pas été inculpé. Il n’a commis aucune infraction. Il a simplement oublié sa carte bancaire un matin de février, hésité devant un rayon de lait, et marché un peu trop souvent dans son propre quartier.
    Mais quelque part dans un datacenter de la banlieue parisienne, entre un serveur de la Préfecture et un serveur de TrustFlow, son profil existe désormais. Pas sous son nom — sous une empreinte. Une empreinte qui ressortira la prochaine fois qu’il hésitera trente secondes de trop devant un rayon.
    Paul n’a rien à cacher. Il a juste du mal à se réveiller le matin.
    PS : Toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé serait purement fortuite — y compris avec un député qui porterait le même prénom et aurait voté cette loi. Ce serait vraiment un hasard extraordinaire. Les algorithmes mentionnés dans ce récit sont fictifs. Les caméras, elles, sont bien réelles. Aucun consultant en transition écologique n’a été maltraité pendant l’écriture de cette histoire. On ne peut pas en dire autant de ses libertés fondamentales.

    Paul Midy
    @midy_paul
    https://x.com/midy_paul/status/2023415592305455122·
    22h
    Bientôt, grâce à ma proposition de loi l’Intelligence Artificielle permettra enfin de lutter contre les vols dans les commerces !
    Citation
    TF1Info
    @TF1Info
    ·
    16 févr.
    Vols à l’étalage : l’IA bientôt au secours des commerçants

    #BonjourLaMatinaleTF1

    #surveillance #vidéo #algorithme #IA #police #Macron

  • Macerie su Macerie – PODCAST 16/02/26 – Immaginari da macelleria: #cinema, nuovi media e #violenza disturbante
    https://radioblackout.org/podcast/macerie-su-macerie-podcast-16-02-26-immaginari-da-macelleria-cinema-n

    Dopo le riflessioni degli scorsi mesi sulla spettacolarizzazione del dolore e sulle dinamiche da capro espiatorio nel web, ci spostiamo sul cinema per indagare la recrudescenza della violenza messa in scena e il suo intreccio con la vita fuori dagli schermi. La rappresentazione della violenza acuta e delle atrocità, in immagini cinematografiche sempre più esplicite, […]

    #bugonia #macerie-su-macerie #social_media
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/mac16feb26.mp3

  • Affaire #epstein : pourquoi #macron et les puissants s’inquiètent
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/affaire-epstein-pourquoi-macron-et-les-puissants-sinquietent-90vijR1wRrOKi

    L’onde de choc de l’affaire Jeffrey Epstein remonte jusqu’au sommet de l’État et fait trembler la classe #politique, y compris autour d’Emmanuel Macron. Comment les puissants tentent-ils de contenir les scandales et de préserver leur image ?

  • Puntata del 10/02/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-10-02-2026

    Il primo argomento della puntata è stato quello delle mobilitazioni di lavoratrici e lavoratori dei grandi alberghi milanesi, ne abbiamo parlato in collegamento telefonico con Mattia Scolari del sindacato #Cub_Milano. Infatti per il 6 febbraio, nel giorno di inaugurazione dei giochi olimpici invernali, era stato lanciato un #presidio davanti alla sede di #Federalberghi per […]

    #Assemblea_Nazionale_PdM/PdB #capitreno #caporalato #commissariamento #cottimo #ferrovie #glovo #lavoratrici_alberghi #macchinisti #milano #piattaforme #riders #sciopero #turismo
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/F_m_10_02_Mattia-Scolari-Cub-Milano-su-mobilitazioni-lavoratrici-albe

  • Macerie su Macerie – PODCAST 9/02/26 – Vacanze “post-army”: l’IDF in Val di Susa
    https://radioblackout.org/podcast/macerie-su-macerie-podcast-9-02-26-vacanze-post-army-lidf-in-val-di-s

    Viaggi “post-army”, li chiamano. Vere e proprie fughe per dimenticare le atrocità commesse dai soldati israeliani nella perenne #guerra contro la popolazione palestinese, tradizionalmente verso l’India e l’Himalaya. Oggi però queste mete si avvicinano e l’Italia è diventata una nuova tappa di questo assurdo turismo. Vacanze “defaticanti”, così vengono definite in questo caso, con una […]

    #Idf #maceriesumacerie #valsusa
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/macerie9feb26.mp3

  • Après avoir ficelé le budget 2026, la ministre Montchalin file à la Cour des comptes – Libération
    https://www.liberation.fr/economie/apres-avoir-ficele-le-budget-2026-la-ministre-montchalin-file-a-la-cour-d

    Une macroniste après un socialiste. Amélie de Montchalin va quitter son poste de ministre à Bercy, direction la rue Cambon, où se trouve la Cour des comptes. Emmanuel Macron a fait le choix de nommer cette fidèle parmi les fidèles, élue députée en 2017 avant d’entamer son parcours ministériel, pour succéder à Pierre Moscovici, parti au 31 décembre après cinq ans et demi à ce poste.

    L’actuelle ministre âgée de 40 ans, qui sort tout juste d’un long marathon parlementaire dédié à l’adoption du budget pour 2026, prend un nouveau tournant après une décennie dans les cercles macronistes. Ministre de 2019 à 2022, elle avait dû quitter son poste après sa défaite aux législatives de la même année face à Jérôme Guedj, dans l’Essonne. Après une pause de deux ans, elle avait fait son retour dans le gouvernement François Bayrou en décembre 2024, aux Comptes publics.

    Sa nomination, la première pour une femme à ce poste, devrait être entérinée ce mercredi lors d’un conseil des ministres, puis concrétisée le 22 février, avant le début de la période électorale, ce qui correspond d’ailleurs au moment choisi par Sébastien Lecornu pour procéder à son réajustement ministériel. Cette trajectoire qui bombarde une figure de la #macronie à la tête d’une institution d’Etat n’est pas sans rappeler celle de Richard Ferrand, ex-conseiller d’Emmanuel Macron devenu président de l’Assemblée nationale, et aujourd’hui président du Conseil constitutionnel.

    https://seenthis.net/messages/1143009

  • Vieni via con me

    “Raccontare come stanno le cose vuol dire non subirle”

    Otto capitoli, otto storie, un ritratto unico dell’Italia di oggi firmato dall’autore del bestseller internazionale Gomorra. Roberto Saviano scava dentro alcune delle ferite vecchie e nuove che affliggono il nostro Paese: il mancato riconoscimento del valore dell’Unità nazionale, il subdolo meccanismo della macchina del fango, l’espansione della criminalità organizzata al Nord, l’infinita emergenza rifiuti a Napoli, le troppe tragedie annunciate. Accanto alla denuncia c’è anche il racconto – commosso e ammirato – di vite vissute con onestà e coraggio: la sfida senz’armi di don Giacomo Panizza alla ’ndrangheta calabrese, la lotta di Piergiorgio Welby in nome della vita e del diritto, la difesa della Costituzione di Piero Calamandrei. Esempi su cui possiamo ancora contare per risollevarci e costruire un’Italia diversa.
    Ideato e condotto da Roberto Saviano e Fabio Fazio, Vieni via con me è stato l’evento televisivo degli ultimi anni, più seguito delle partite di Champions League e dei reality show. Ora è anche un libro che racconta queste storie in una forma ampiamente rivista e arricchita. Facendole diventare, ancora una volta, storie di tutti.

    https://www.feltrinellieditore.it/opera/vieni-via-con-me-1
    #livre #Roberto_Saviano
    #démocratie #macchina_del_fango #démocratie #délégitimation #martiri_di_Cerace #Locride #mafia #liberté_d'expression #Giovanni_Falcone #Rocco_Chinnici #honneur #baptême #picciotto_d'onore #fratelli_di_sangue #contrasto_onorato #rites #giuramento #hiérarchie #Polsi #bunker #déchets #écomafia #sous-sol #Compare_Nuzzo #Carmelo_Novella #mariages #Aspromonte #Madonna_delle_Montagne #Domenico_Oppedisano #Vincenzo_Mandalari #Pino_Neri #Pasquale_Zappia #Carlo_Antonio_Chiriaco #contrôle_du_territoire #Gianfranco_Miglio #répression #restauration #aménagement_du_territoire #sous-traitance #appels_d'offre #Naples #Terra_dei_Fuochi #Naples #ecoballe #Impregeco #Ce4 #Casalesi #Na1 #Na3 #Fibe #Impregilo #Nicola_Cosentino #camorra #écomafia #Villaricca #Operazione_Mosca #Sergio_Orsi #Michele_Orsi #Eco4 #Caserta #santé_publique #cancer #Parco_del_Vesuvio #Terzigno #Giacomo_Panizza #Don_Giacomo #Torcasio #Giampà #Giovanni_Torcasio #Lamezia_Terme #Progetto_Sud #Antonio_Torcasio #L'Aquila #tremblement_de_terre #Casa_dello_Studente #élections

  • #bande_de_nuls

    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/01/26/la-situation-de-mon-universite-c-est-bien-du-zola-l-alerte-d-une-presidente-

    Le style est direct, les mots sont abrupts. L’initiative de la présidente de l’université Paul-Valéry, à Montpellier, n’a qu’un seul objet : faire savoir au chef de l’Etat « ce que travailler dans une université sous-encadrée veut dire réellement au quotidien ». « Savoir et se taire, c’est être complice, je ne peux pas taire cette injustice », expose Anne Fraïsse dans sa lettre à Emmanuel Macron, envoyée lundi 26 janvier, que Le Monde a pu lire en amont.

    La missive fait figure d’acte désespéré, alors qu’ont commencé, le 8 janvier, les Assises du financement des universités, un événement duquel le ministre de l’enseignement supérieur, #Philippe_Baptiste, compte tirer un « diagnostic partagé, rigoureux et incontestable sur la situation financière des universités ».

    A l’automne 2025, au moment des débats budgétaires, le #ministre avait souhaité relativiser la situation des universités, lors de son audition devant la commission de la culture et de l’éducation au Sénat : « Ce n’est pas Zola non plus », avait-il estimé, suscitant un tollé dans la communauté universitaire. Rappelons que le Conseil d’analyse économique, qui conseille Matignon, avait considéré en décembre 2021 les universités comme « sous-financées » depuis les années 2010.

    « La situation de mon université, c’est bien du Zola, Monsieur le Président », tranche #Anne_Fraïsse, qui est l’une des présidentes d’établissement les plus aguerries, avec un premier mandat commencé en 2008, qui s’est poursuivi jusqu’en 2016, puis un autre à nouveau en 2020. L’université #Paul-Valéry compte parmi les moins dotées financièrement et en postes de France, onze départements disciplinaires fonctionnant avec seulement 50 %, voire 40 %, d’#enseignants titulaires.
    [...]
    Aussi incroyable que cela puisse paraître, rappelle-t-elle, les #dotations annuelles que l’Etat attribue aux universités résultent d’un arbitrage tenu secret. « Nous restons depuis quinze ans le seul pays d’Europe où l’argent de l’Etat est distribué aux universités sans critères connus, dans la plus totale opacité et injustice, illustre Anne Fraïsse. Pour un #étudiant de même discipline, une université peut recevoir deux fois moins qu’une autre. Pourquoi ? Personne ne le sait. »

    Au motif que l’établissement présente un budget en déficit, les recrutements d’enseignants-chercheurs et de personnels techniques et administratifs s’en trouvent bloqués par le ministère de l’enseignement supérieur, ce qu’Anne Fraïsse qualifie de « chantage ». « Pas d’argent, pas de postes (…), et on reprend la boucle comme des hamsters qui tournent dans leur roue », déplore la présidente qui implore le chef de l’Etat de « changer » la donne, tant « les conséquences sont funestes ».

    Les mots se succèdent, de plus en plus graves. Anne Fraïsse alerte sur la santé de ses équipes. Ces cinq dernières années, « il y a eu quatre suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à vingt-cinq ans), trois crises cardiaques au travail, deux AVC [au bureau], sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out, énumère-t-elle. Certes, ces décès ont des causes multiples, mais les statistiques sont là et ce bilan pour une université de 1 003 titulaires (576 enseignants et 427 administratifs) pour 23 000 étudiants révèle des conditions de travail insupportables. »

    « Vous savez maintenant ce que zéro création de postes veut dire pour une université comme la mienne », conclut la présidente de l’université Paul-Valéry, à l’attention d’Emmanuel Macron. « On meurt dans mon université. D’excès de travail, de stress, d’usure, de désespoir, d’indifférence », écrit-elle encore avant de saluer, d’une façon singulière et désespérée, le chef de l’Etat « comme les gladiateurs saluaient celui qui finançait les jeux et présidait à leur destinée : “Morituri te salutant” (“ceux qui vont mourir te saluent”) ».

    « La situation de mon #université, c’est bien du #Zola » : l’alerte d’une présidente à Emmanuel #Macron
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/01/26/la-situation-de-mon-universite-c-est-bien-du-zola-l-alerte-d-une-presidente-

  • Présidentielle : quand les patrons veulent remplacer #Macron
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/presidentielle-quand-les-patrons-veulent-remplacer-macron-WvlRTF8JQ8SSXndX

    À les écouter, il faudrait gérer la France comme une entreprise. À l’instar de Xavier Niel, les grands patrons se lancent dans la présidentielle, et surtout pour le pire. Nils a enquêté sur cette tendance inquiétante.

    • Le recours au 49.3 sur le budget n’est pas un simple épisode parlementaire. Il met en lumière une tension stratégique au sommet de l’exécutif entre Emmanuel Macron et son Premier ministre Sébastien Lecornu. Deux options se sont affrontées entre les deux têtes de l’exécutif : le 49.3, finalement retenu par Matignon, et le recours aux ordonnances budgétaires prévues à l’article 47 de la Constitution, activement défendu par l’Élysée. Cette seconde option, juridiquement possible, aurait permis de mettre en œuvre le budget par ordonnances à l’issue des délais constitutionnels, sans passer par les parlementaires. Une hypothèse politiquement explosive.

      « C’est un passage en force encore plus violent car il contourne totalement le Parlement », alerte le constitutionnaliste Jean-Philippe Desrosier. « Le président veut jouer avec la Constitution et toute la Constitution (…) J’espère que ce ne sera effectivement pas le cas, car je me passerais volontiers des articles 16 et 36. » Pourquoi Emmanuel Macron voulait-il emprunter cette voie ? Parce qu’elle présente un avantage décisif : en cas de censure du gouvernement, le budget serait resté applicable. À l’inverse, le 49.3 expose à une double chute : celle du gouvernement et du texte budgétaire. « Trois 49.3 et un aller-retour au Sénat, on en a encore jusqu’à la mi-février pour doter la France d’un budget, c’est longuet », confie un proche de l’Élysée au Média. En assumant le 49.3, Sébastien Lecornu a choisi le risque politique maximal. Un choix qui révèle un désaccord réel avec le chef de l’État, malgré une relation présentée comme loyale. Cette séquence fragilise aussi le récit économique macroniste et nourrit les tensions jusque dans l’ancienne majorité.

      À un an de la fin du quinquennat, ce 49.3 agit comme un révélateur : l’exécutif ne parle plus d’une seule voix.

  • Que sont les #xénobots, ces #organismes à base de cellules de #xénope ?
    https://www.numerama.com/sciences/2161379-que-sont-les-xenobots-ces-robots-biologiques-qui-bouleversent-les-

    Les xénobots attirent aujourd’hui l’attention. Cette nouvelle catégorie de « #robots vivants », fabriqués à partir de #cellules d’#amphibien et conçus grâce à des #algorithmes, est capable de se déplacer, de se #réparer et même, dans certaines expériences, de se #reproduire en assemblant de nouveaux agrégats cellulaires. Ces #entités questionnent la frontière entre #machine et #organisme. Des études récentes détaillent mieux leur fonctionnement moléculaire et ravivent les débats éthiques sur le contrôle de ces formes de vie programmables.

    #it_has_begun

    • et donc cet amphibien c’est https://fr.wikipedia.org/wiki/Xenopus_laevis

      Xenopus laevis est une espèce d’amphibiens de la famille des Pipidae[1]. En français, elle est nommée Xénope lisse, Xénope du Cap ou Dactylère du Cap[réf. nécessaire].

      Cette espèce envahissante[2] est vecteur de maladies telles que la chytridiomycose qui affecte les amphibiens[3].

      Depuis août 2024, cette espèce est inscrite dans la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union européenne [archive][4].

    • attends, c’est pas fini, la réalité dépasse la fiction

      Test de grossesse

      Cette espèce fut utilisée pour des tests de grossesse dans le test de Hogben, une méthode développée par Lancelot Hogben dans les années 1940-1950. Ce test consistait à injecter l’urine de la femme testée dans l’ovaire de la grenouille, si cette dernière pondait dans les 24 heures suivantes, cela signifiait que le test était positif[11]. Ce test constituait un progrès car l’animal n’avait pas besoin d’être tué et pouvait être réutilisé.

      La fin de ce type de test a eu pour effet la dissémination hors des élevages de cette grenouille porteuse saine d’un parasite, le Chytridiomycète Batrachochytrium dendrobatidis, un des responsables du déclin des populations d’amphibiens dans différentes régions du monde[12].

  • #barrages hydroélectriques : le discret retour de la #privatisation voulue par l’UE
    https://lvsl.fr/barrages-hydroelectriques-le-discret-retour-de-la-privatisation-voulue-par-lue

    Depuis au moins dix ans, la Commission européenne presse Paris d’ouvrir à la #concurrence les concessions des barrages hydroélectriques. Deuxième source d’électricité, amortis et rentables, pilotables et jouant un rôle central dans la gestion de l’eau, ceux-ci ont été préservés de la rapacité du secteur privé depuis un siècle. Tout en prétendant maintenir les barrages dans le giron public, une proposition de loi directement issue des négociations avec l’UE prépare en réalité leur privatisation rampante et instaure un mécanisme similaire à l’ARENH, qui a ruiné #EDF. Alors que la bataille pour sauver nos barrages va reprendre, l’option alternative de la quasi-régie et surtout la désobéissance à l’idéologie du marché continuent à être (...)

    #Économie #alstom #Engie #General_Electric #Grenoble #hydroélectricité #Macron #néolibéralisme #Union_Européenne

  • La #malédiction du #mitterrandisme plane encore sur la France | #Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/130126/la-malediction-du-mitterrandisme-plane-encore-sur-la-france

    L’anniversaireL’anniversaire de la mort, le 8 janvier 1996, de François Mitterrand a été l’occasion habituelle d’un tir de barrage éditorial et médiatique. Une tendance se dégage, de la série Mitterrand confidentiel sur France Télévisions au documentaire réalisé par Mazarine Pingeot, la fille du défunt, François Mitterrand, une autre vie possible sur La Chaîne parlementaire, en passant par le cycle de l’Institut François Mitterrand sur le statut « d’homme de lettres » de l’ancien président et François Mitterrand. Conversations intimes, de Jean Glavany.

    Après le « droit d’inventaire » proclamé par Lionel Jospin dans les années 1990 et la tentative d’oubli des années 2010, François Mitterrand tente de revenir sous la forme d’un mythe.

    Les contours de ce mythe sont dessinés par l’irruption de l’ancien président dans la fiction avec la série de l’audiovisuel public. L’héroïsation y est complète. François Mitterrand y apparaît comme un homme sensible et courageux, amoureux de la poésie et poète amoureux, incarnation de la jeunesse des Trente Glorieuses devenue un vieux sage attaqué de toute part. Une sorte de Lamartine moderne. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le poète de Mâcon revient comme un leitmotiv dans la série.

    La façon dont le récit expulse toutes les parts sombres du personnage trahit la volonté de le faire sortir de l’histoire pour le faire entrer dans le mythe. Et c’est bien aussi ce à quoi s’emploie, par exemple, un Jean Glavany, expliquant doctement que le vieux président avait déjà compris, au début des années 1990, que « la prochaine guerre sera[it] en Ukraine ».

    Agrandir l’image : Illustration 1
    Francois Mitterrand à l’abbaye de Cluny le 17 septembre 1988. © Photo Chamussy / Sipa
    Il faut dire que la figure de Mitterrand reste une référence à gauche, de Jean-Luc Mélenchon, qui n’a jamais caché son admiration pour l’ancien président, à Bernard Cazeneuve, qui a prononcé l’oraison d’hommage à Jarnac.

    Certes, le Parti socialiste (PS) actuel s’est fait discret dans son hommage. Mais c’est aussi que, progressivement, la figure de Mitterrand quitte les rives de la politique quotidienne pour voguer vers celle de la référence républicaine. Il y a dans ces publications quelque chose qui cherche à faire de l’ancien président socialiste l’équivalent d’un de Gaulle pour la psyché collective. Il n’y est pas encore, mais c’est désormais là que se situe le « prochain combat », pourrait-on dire en copiant le moine copiste Jean Glavany.

    Aussi est-il bon de rappeler ce qu’a été François Mitterrand et quelle est sa responsabilité dans la situation actuelle du pays et de la gauche.

    L’opportunisme fait homme
    François Mitterrand est l’incarnation de ce que l’on appelait naguère « l’opportunisme ». Pour lui, la conquête du pouvoir et son maintien à celui-ci justifient tout. Et contrairement à ce qu’essaie de nous faire croire la série de France Télévisions, cette ivresse du pouvoir n’est motivée par nul idéal, par aucune conception du monde.

    C’est bien pour cette raison qu’il a été à son aise tout au long de la IVe République, lorsqu’il pouvait user de la force parlementaire réduite de sa petite formation, l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), pour glaner pas moins de onze ministères. C’est aussi pour cela que celui qui voyait la France de « Lille à Tamanrasset » a pu devenir dans les années 1960 le leader de la gauche anticolonialiste.

    Bien sûr, les gens changent. Mais François Mitterrand donne l’impression que les idées n’ont jamais été que des outils qu’il utilisait lorsqu’il le fallait pour imposer sa domination sur le pays ou sur la gauche.

    Limiter Mitterrand aux quelques mois qui suivent son élection, c’est se tromper sur l’homme comme sur l’époque.

    Au reste, on ne s’étonnera pas qu’une fois arrivé au pouvoir, François Mitterrand n’ait réalisé aucune des promesses de ses trois précédentes candidatures. En 1965, il était l’opposant au régime présidentiel. En 1974, il était l’opposant à la domination du capital. En 1981, il était l’opposant à l’austérité.

    Or, les années Mitterrand ont été celles d’un régime personnel renforcé jusqu’à l’absurde, d’une soumission du politique au capital et de l’établissement des régimes néolibéraux de rigueur et de modération salariale. Mais peu importe, ce qui comptait pour Mitterrand, c’est qu’il fût à l’Élysée et qu’il en fasse le château fort de cette monarchie républicaine qu’il avait autrefois fustigée.

    #Mitterrand #gauche

    Sa seule boussole a été de rester au cœur du jeu politique pour parvenir au pouvoir. L’affaire de l’Observatoire en 1959, lorsqu’il organisera un faux attentat pour relancer sa carrière, est, de ce point de vue, un moment clé pour comprendre le personnage. Bien sûr, on peut lui reconnaître du génie d’avoir su s’imposer comme l’homme de la situation six ans plus tard au moment de la présidentielle. Reste à savoir si ce type de pirouette doit être une référence.

    Bien entendu, la décennie 1980 comporte un certain nombre d’avancées, de la retraite à 60 ans à l’abolition de la peine de mort. Mais n’étaient-ce pas là des concessions aux temps qui ressemblent à la première vague de libéralisation réalisée sous le septennat de Giscard d’Estaing ? Limiter Mitterrand à ces quelques mois qui suivent son élection, c’est se tromper sur l’homme comme sur l’époque.

    De « l’argent qui corrompt » à l’argent roi
    Les années Mitterrand, ce sont les hideuses années de l’argent roi. Le président qui, en 1974, dénonçait « l’argent qui corrompt tout, jusqu’à la conscience des hommes », finira en 1992 par nommer avec enthousiasme Bernard Tapie à un ministère.

    Avec le locataire de la bergerie de Latche, la gauche a changé de nature. Elle a certes gagné deux élections présidentielles mais elle a perdu toute prétention à émanciper la société du capital. Elle est devenue une force d’accompagnement du néolibéralisme, discutant du poids des chaînes des travailleurs avec la droite.

    Pierre #Mauroy, Michel #Rocard, Laurent #Fabius, Jean-Pierre #Chevènement #Parti_socialiste

    Le « ni-ni » de 1988 représentait explicitement cette position : dans la contre-révolution néolibérale, la gauche mitterrandienne défendait une stratégie de libéralisation modérée. D’un côté, on accélérait la financiarisation de l’économie, on soutenait la politique du franc fort et la liberté de circulation des capitaux ; de l’autre, on tentait d’amortir le choc avec le revenu minimum d’insertion (RMI) et le maintien des transferts sociaux.

    Mais c’était un équilibre voué à l’échec, car le capital demandait toujours plus. Prise dans ses contradictions, la gauche s’est effondrée en 1993, connaissant sa pire défaite à des législatives depuis 1967.

    Le bourgeois charentais qu’était François Mitterrand s’est toujours méfié des travailleurs et de leur autonomie.

    Le vieux Mitterrand n’en avait cure. Affaibli, malade, isolé, il est resté en poste, au sein de ce palais de l’Élysée qu’il avait tant convoité. Bernard Cazeneuve a salué l’action d’unification de la gauche qu’avait eue l’ancien président. Mais il oublie de dire que cette unification s’est faite au prix d’un affaiblissement historique de cette même gauche. Car l’écho de la lourde défaite aux élections législatives de 1993 s’entend jusqu’à aujourd’hui.

    François Mitterrand a donné en héritage à la gauche française un modèle de gestion qui l’a menée où elle est aujourd’hui : une force minoritaire, isolée du mouvement social et largement impuissante. Cet héritage, aucun inventaire n’en a jamais été fait. Il a deux faces qui se confondent.

    #1981-83 : #renoncement_économique

    La première face, c’est l’isolement du monde du travail. En 1981, l’ambition du #programme de la gauche ne pouvait se faire qu’avec l’appui d’un large mouvement social, d’une pression collective du travail sur le capital. Mais le bourgeois charentais qu’était François Mitterrand s’est toujours méfié des #travailleurs et de leur autonomie. Jamais il n’a eu l’ambition de donner le pouvoir aux masses laborieuses dans leurs entreprises. Les nationalisations ont été négociées avec les patrons, et les entreprises ont immédiatement été confiées à des technocrates pour en assurer la « viabilité économique ».

    Sans appui des #ouvriers et des #employés, la gauche en était donc réduite à négocier avec le #capital les conditions de son maintien au pouvoir. Et l’on retombe ainsi à la deuxième face du mitterrandisme : se faire élire sur un programme de gauche et gouverner main dans la main avec le patronat. Il fallait être aussi peu doué de sens politique qu’un Bernard Arnault pour quitter Paris pour New York en 1981. Mais le futur patron de LVMH sut fort bien jouer, par la suite, de ses amis socialistes pour fonder son empire.

    L’héritage maudit du mitterrandisme
    En 1997, Lionel Jospin, critique de la pratique mitterrandienne du pouvoir, tomba lui aussi dans ce piège. Au point qu’en 2002 il se trahit en déclarant que « son programme n’était pas socialiste » et en paya le prix fort. Dix ans plus tard, la génération formée dans les années 1980, celle des François Hollande, Michel Sapin et Pierre Moscovici, reprend la formule magique de 1981. Le fameux « discours du Bourget » est du Mitterrand pur jus : « l’ennemi qui n’a pas de visage, la finance », est une formule de l’ancien président (Hollande, lui, se contentera de parler d’adversaire).

    Et comme avec lui, la promesse va être oubliée le jour même de l’élection du député de Corrèze à l’Élysée. Mais comme le capitalisme vient encore de connaître une crise, la politique devra être encore plus violente envers le monde du travail. Le mitterrandisme tardif ne peut plus se contenter d’ouvrir les marchés financiers, il lui faut désormais s’en prendre au droit du travail et réprimer les mouvements sociaux.

    #PS 

    La gauche ne se remettra jamais de ce dernier avatar du #machiavélisme mitterrandien. Son affaiblissement sera désormais structurel. L’évolution engagée par « le tournant de la rigueur » de 1983 s’achève par le recyclage de la social-démocratie dans le macronisme, comme une sorte de fusion définitive de François Mitterrand avec Bernard Tapie incarné par Emmanuel Macron, ce président lui aussi dévoré d’ambition personnelle et qui assume désormais son statut de fondé de pouvoir du patronat au sein de l’État.

    Tout va ensemble. François Mitterrand ne croyait qu’au pouvoir, ce qui l’a amené à « s’adapter » au vrai pouvoir sous-jacent à la démocratie française, celui du capital, plutôt qu’à « changer la vie ». De cet abandon est née une désillusion profonde, terrible, qui traverse depuis quarante ans la vie politique française qui affaiblit la gauche et a servi de terreau à l’extrême droite.

    Parce qu’il a été #omniprésent dans la vie politique pendant un demi-siècle et qu’il est l’artisan d’un #échec_profond et structurel, #François_Mitterrand a été une malédiction pour la gauche et pour la France. Cette malédiction prend une autre forme, encore plus dangereuse pour la gauche : l’obsession pour les élections, en particulier la #présidentielle, qui limite la vision et borne les projets.

    L’auteur du #Coup_d’État_permanent avait, dès les années 1960, fait ce choix de l’#électoralisme et du #présidentialisme. Lui qui n’avait rien saisi aux enjeux du mouvement de Mai-68 et qui, pendant les années 1970, a passé son temps à tenter de convertir, par le faux-semblant du discours sur l’autogestion, les masses à l’électoralisme. C’est en se privant d’une action profonde au sein de l’outil productif que la gauche va signer son impuissance future. Dès lors, la seule alternative au sein du système va devenir l’extrême droite…

    Les tentatives actuelles de placer François Mitterrand sur le piédestal du « dernier homme d’État » est donc un piège qui trahit encore cette croyance dans l’homme providentiel dont la gauche devrait absolument se défier, parce qu’elle porte en elle l’impuissance et la soumission à la logique de la Ve République. Plus que jamais, trente ans après, il est temps que l’esprit de Mitterrand quitte une fois pour toutes la gauche française, car cet esprit la ronge en profondeur. 

    #Romaric_Godin

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  • Greece a testing ground for smart surveillance technologies

    Europe is rapidly building an AI-ready smart-border regime — bankrolled by the EU, pushed by Germany and tested in Greece. Defense and security firms are among the biggest winners. Much of it is unfolding under the radar, with safeguards for people on the move lagging behind.

    Border guards patrolling Greece’s frontier with North Macedonia to prevent irregular crossings have long relied on an unusual early-warning system: the storks nesting on a bridge over the Axios River. When the birds suddenly scatter, officers know someone is likely moving in the bushes below – usually migrants trying to slip out of Greece and head toward Northern Europe. Soon, their role will be obsolete.

    Smart border technology, cameras and drones, will take their place – tireless, unblinking, and financed by Brussels. Greece plans to extend the high-tech surveillance model it built along the Evros land border with Turkey – designed to stop asylum seekers entering the European Union – to its northern frontier. The aim this time is to seal the exit routes used for secondary movement toward Western Europe.

    What is being planned here is part of a broader shift driven by Berlin, Brussels and Athens: Germany wants fewer arrivals, the EU is funding new technologies, and Greece has become the test bed for Europe’s AI-enabled border regime.

    This cross-border investigation by Solomon, Die Tageszeitung (Germany), SWI Swissinfo (Switzerland) and Inkstick Media (US) took us to eight countries – including on-the-ground reporting in seven – and involved interviews with more than two dozen officials, insiders and frontline officers. We also reviewed hundreds of pages of public and internal documents, freedom-of-information request responses, procurement records and technical documentation. Taken together, the findings show how Europe is rapidly building a smart border system, who profits from it, and what risks it creates. Among the key findings:

    - How Brussels’ efforts to seal the Balkan route, combined with Berlin’s demand to curb onward movement to Germany, are driving the expansion of Greece’s new border architecture;

    – Previously unpublished details about Greece’s plan to replicate the “Evros model” – the high-tech fence-and-sensor system along the Turkish land border – at its northern borders with North Macedonia and Albania;

    - How E-Surveillance, the EU-funded program backing Greece’s new automated border monitoring, reflects a wider European trend: powerful systems advancing with vague data rules and thin public oversight;

    - How defense giants, security firms, university labs and research institutions, backed by an influential Brussels lobby, profit from a new ecosystem of EU-funded border projects.

    Drones and AI at the border

    Last September, senior EU border officials attended an internal meeting to be briefed on innovation at the headquarters of Frontex, the EU border agency, in Warsaw. According to participants, a Frontex-tested drone surveillance network was presented. It featured vertical-take-off (V-BAT) drones hovering along the Bulgarian-Turkish border, transmitting real-time video to a command hub where the system alerted the police about migrant-crossing attempts and “criminal activities.”

    One of the contractors is Shield AI. The California-based company is run by a former Navy SEAL, Brandon Tseng. Tseng claimed that the 60-day pilot in Bulgaria – a country which, like Greece, is accused of systematically violating asylum seeker rights – significantly reduced irregular border crossings and crime, citing Bulgarian officials. Shield AI declined to answer questions about the system, its deployment, costs, or data use. Frontex confirmed in a written response that the pilot demonstrated a prevention effect “contributing to a visible reduction or temporary stop of criminal activities,” adding that the deployment had “comprehensive fundamental-rights safeguards” and that the preventive effect was “an indirect outcome.”

    Such pilots illustrate the agency’s strategy for deploying “next-generation European border surveillance capabilities” across the EU’s external frontiers – and how pilots can be hard to distinguish from operational deployments.

    Frontex has also created an internal AI Hub and an AI Roundtable to identify which of the agency’s AI systems could be classified as “high-risk” under the EU AI Act. According to the regulation, systems used in migration, asylum and border control management “affect persons who are often in particularly vulnerable positions” and should, “in no circumstances,” be used either to circumvent asylum seeker rights such as through surveillance-assisted pushbacks, in which people located with the help of drones and sensors are forced back across the border before they can apply for international protection.

    Frontex stated that it “does not operate or deploy high-risk AI systems.” Greece’s Hellenic Coast Guard also said it “does not operate artificial-intelligence systems” and that all procurements include data-protection clauses — even as it acknowledged using EU-provided “electronic platforms which have an AI mechanism.” The Coast Guard declined to specify which platforms it uses, citing the confidential nature of this information and the need to protect operations.

    The choice of words is not accidental, as authorities prefer to talk about “algorithms,” “automation” or “innovation,” says Dr. Niovi Vavoula, an Associate Professor and Chair in Cyber Policy at the University of Luxembourg. “They hide behind broader words to avoid scrutiny and to keep systems upgradeable without relabelling them as AI.”

    The European Commission has said that, contrary to deployed systems, research pilots remain outside the full legal framework — a distinction that Vavoula calls increasingly untenable. Pilots at live borders now closely resemble operations, yet are still shielded from full transparency, data protection impact assessments and public scrutiny. In her view, once such systems are tested on real people in uncontrolled, active operations (as in the Bulgaria pilot), “we are past the purely testing research phase” and any research exceptions “shouldn’t be applicable”.

    The Evros Model Goes North

    Such concerns are often dismissed at a time when migration has been reframed as a security threat across Europe. “Everything to do with borders is being more and more exempt from democratic oversight, accountability, transparency,” said Bram Vranken, a researcher at Corporate Europe Observatory, a Brussels-based watchdog tracking tech and defense lobbying.

    This new narrative is evident in the replication of the “Evros model” — the high-tech fence-and-sensor system Greece installed along its border with Turkey to spot and stop irregular migration, equipped with long-range cameras, thermal sensors, drones, and central command hubs.

    Under the EU’s €35.4 million“E-Surveillance” program, Greece is bringing the Evros system to its northern borders.

    Meeting minutes and technical and other documents reviewed for this investigation detail plans for Mobile Incident-Management Centers: 4×4 vehicles with thermal cameras, drones, and encrypted communications systems, operating alongside new fixed surveillance sites and feeding real-time alerts to regional and national command centers.

    Internal documents describe these units as “essential” for monitoring blind spots where “no other advanced electronic or automated surveillance systems” exist.

    Tender documents reviewed by our team include broad secrecy clauses and stiff penalties for disclosure – standard, officials say, for national security contracts. But the same documents are thin on key safeguards: for example, daytime footage has a 15-day deletion limit, but no such explicit rule exists for thermal images. Encryption and auditing requirements are exhaustive, while privacy and data protections for people caught in the system are not.

    Dr. Vavoula calls this a “second black box”: technical opacity layered with legal omissions.

    In Evros, the system has proven effective in deterring asylum seekers from reaching EU soil, according to Greek and EU officials, as shown in a previous Solomon investigation. Which is why Evros is now more of a blueprint than a test site: the same technology used to keep migrants out of Europe will be used to keep them inside Greece, limiting movement toward the Balkans and beyond.

    For years, Greece resisted EU pressure to bolster checks at its northern exits. After a scathing 2021 Schengen evaluation, the EU demanded upgrades. The new system is expected to be fully operational in 2027. Police sources briefed on the plans say the system will automate what once depended on human observation: a crossing detected on thermal camera, auto-tracked by drone, and relayed to a rapid-response unit.
    Ample funding and political pressure

    Greece’s northern frontier has long served as a quiet exit route for people trying to reach Western Europe via the Balkan corridor, and Greek policy was to tolerate the movement to a degree, seeing it as a way to ease pressure inside the country.

    Greece’s new rush to secure those exits is partly driven by German pressure, according to Greek migration and security officials involved in the deliberations. Berlin has taken one of Europe’s hardest lines on migration, tightening asylum rules and insisting on tougher border controls across the bloc.

    When Germany’s new chancellor, Friedrich Merz, met Greek Prime Minister Kyriakos Mitsotakis in May 2025, the message was blunt: “Secondary migration from Greece to Germany must decrease. Returns must increase.” Germany received over 25,000 asylum applications in 2024 from people already recognized as refugees in Greece.

    Asked by this investigation whether the German Interior Ministry could confirm that it was putting pressure on Greece, the official line was: “The Federal Government supports measures that contribute to an effective protection of the EU’s external borders and the fight against inhumane smuggling.”

    A senior Greek official summed up the dynamics: “Brussels wants results. Berlin wants fewer arrivals. Athens delivers both – it is that simple.” The political pressure is palpable, driven by the fact that migration remains one of the top voter concerns across much of Europe.
    Smart border winners

    The EU money at stake is vast. For 2021-2027, Greece has over €1.5 billion in EU Home Affairs funding at its disposal. Greece’s border allocation (BMVI) is the largest in the EU. Its Home Affairs package is second only to Germany’s.

    Our investigation found that much of it is earmarked for surveillance and automation:

    – a unified maritime surveillance system using radars, cameras and patrol vessels;

    - new surveillance equipment;

    - encrypted police communications in border zones;

    - offshore patrol vessels with Vertical Take-Off and Landing (VTOL) drones;

    - €100 million to extend and equip the Evros fence.

    Greek officials say one of the goals is full coverage of the land border with Turkey through a mix of personnel and high-tech detection systems. Some 2,000 border guards are currently deployed there, assisted “by technology, equipment, the fence, which is an important means of deterrence,” said Michalis Chrisochoidis, Greece’s civil protection minister.

    Spending on high-tech deterrence dwarfs investment in search and rescue or services for asylum seekers. A Solomon investigation found that just €600,000 (or 0,07 percent) of total EU border management funding to Greece was earmarked for search and rescue. In October 2025 the Greek Migration Ministry decided to cut spending and benefits for asylum related services by a hefty 30 percent.

    Across the EU, member states plan to spend less than 0.04 percent of their border funds on assistance and protection for people on the move, funnelling nearly all resources into infrastructure and surveillance.
    A corporate windfall

    Defense and security companies are major beneficiaries of Europe’s border-security boom.

    Shield AI, the US company behind the Bulgaria pilot, sells its V-BAT drones not only to Greece but also to the Netherlands and the US Coast Guard and Navy.

    Israeli defense giants, long embedded in Europe’s border-security market, are also deeply involved. Israel’s Aerospace Industries (IAI) and Elbit Systems – the country’s biggest defense company – provide Heron and Hermes drones to Frontex and Greece, including for the monitoring of vessels departing Libya for Crete.

    In 2023, IAI acquired Greece’s Intracom Defense (IDE), embedding Israeli industry inside Greece’s defense ecosystem. Other Israeli companies — including Aeronautics and Rafael — supply UAVs, sensors and analytics to Greek and EU missions. Earlier investigations have documented the reach of Israeli-made surveillance tools in Europe’s border systems and in Greek refugee camps, with companies tied to Israel’s defense sector providing key software and hardware.

    Greek firms profit too. Construction giant GEK Terna helped extend the Evros fence; Space Hellas led a multi-million expansion of the Automated Border Surveillance System in Evros; And companies like ESA Security and Byte delivered the “smart” camp monitoring systems (Centaur and Hyperion).

    Behind the contracts is a powerful lobbying network in Brussels. A web of interlocking associations – including ASD (representing Europe’s aerospace, security and defense industries); EOS (the security-industry association); and ECSO (set up in 2016 as the European Commission’s cybersecurity public-private partner) – pushes for a tech-first agenda and more public money for security R&D. Industry figures often rotate across associations advising the Commission.
    The Great Tech Bazaar

    At a major defense expo in Athens last spring, the future of Europe’s border control was on full display: radar-fusion platforms, AI powered camera networks, “heat maps” predicting migration flows. Startups pitched tools that blur the line between civil and military tech – a trend encouraged by EU policy. Even the European Commission had a booth. Its Joint Research Centre is heavily involved in, among other things, migration-route forecasts.

    The line between civilian and military tech is increasingly blurred. Programs like the EU Defense Innovation Scheme bring start-ups, companies, research centers and universities into defense and policing supply chains, creating a pipeline where tools built for commercial use are quickly turned into surveillance products.

    One example is ROBORDER, an EU-funded project to build a “fully-functional autonomous border surveillance system.” Its consortium spanned major research institutions — including the center for Research and Technology Hellas, the University of Athens and a German R&D behemoth (the Fraunhofer Society) — as well as NATO and Greece’s Defense Ministry. The project’s results then fed into REACTION, the EU-funded AI border surveillance program coordinated by Greece’s Migration Ministry. Due by the end of 2025, it promises an “automated picture” of Greek land and sea borders for early warning and response.

    Beyond winning contracts, the real prize, according to experts, is data. Dr. Vavoula said migration has become “a primary testing ground” for harvesting mass amounts of personal data that can be used to train AI models predicting movements or “riskiness” — with huge potential for bias.
    EU “set on” AI

    The EU sets the technological direction, funds it, and expects member states to align. Greece has become one of the most enthusiastic adopters.

    The EU’s Integrated Border Management Strategy is backed by the €6.7 billion BMVI fund (2021–27), while Horizon Europe adds hundreds of millions for security and border-tech research.

    Greece is building its own AI-powered surveillance hub, THORAX – a nearly €49 million system fusing radar, drone, and sensor data from the army, police and coast guard, using machine learning to flag and deal with threats.

    In 2025, the Commission proposed tripling overall home-affairs funding to €81 billion for 2028–2034, including €15.4 billion for border management, €12 billion for migration and €11.9 billion for Frontex. One of the explicit goals is to “fully digitalise border control management” and modernise law-enforcement capacities.

    Lobbying has played a key role: Companies like Airbus, Thales, Leonardo and Indra lobbied for a unified security market and then won many of the resulting contracts.

    “The EU is set on the idea of imposing AI in border management,” said Theofanis Papadopoulos, head of Greece’s Managing Authority for Migration and Home Affairs Funds. “They make these calls, fully oriented toward AI and e-surveillance. They provide funding, launch calls with this very specific orientation and this gives reason for the Member States to move towards this direction.”

    Minutes from a meeting of the committee that oversees how Greece uses EU migration and home-affairs funds confirm it: a Hellenic Police official described an integrated surveillance system as “a requirement of the European Commission” for closing the northwest route and curbing secondary migration.

    Similar tools are already being tested outside the EU — including in Britain, where a Home Office pilot using facial-age estimation algorithms on asylum seekers, uncovered through freedom-of-information requests, has raised concerns about bias and reliability and the checkered track record of some of the companies involved.
    The Human Cost

    Hans Leijtens, the executive director of Frontex, has said cutting-edge technologies can “sav[e] lives that otherwise may have been lost.” The Commission has argued they will enhance efficiency while respecting fundamental rights.

    But on the ground, the record is troubling. In June 2023, an overcrowded fishing vessel carrying hundreds of migrants from Libya sank inside Greece’s search and rescue zone. The deadliest shipwreck in the Mediterranean in recent history unfolded in plain view of Europe’s surveillance systems — not for lack of sensors or aircraft, but amid what critics describe as a failure of political will. In a written response, the Hellenic Coast Guard insisted its primary mission is the protection of life at sea, noting that its crews have rescued more than 268,000 people in over 6,500 incidents.

    Rights groups warn that “technology contributes to the growing trend of human rights violations at borders,” and that drones and cameras frequently support pushbacks and abuse. “These tools are not trained to show compassion,” Dr. Vavoula cautions. At the border, she added, the rationale is deterrence, not protection.

    Safeguards remain minimal. Tender files for Greece’s E-surveillance program this investigation reviewed are detailed on technical requirements but vague on oversight, data retention, or remedies.

    Insiders described the paperwork involved in data protection impact assessments as box-ticking exercises.

    In 2024, Greece’s Data Protection Authority issued a record fine on the country’s Migration Ministry for deploying two EU-funded camp surveillance systems without proper safeguards – violations first exposed by Solomon journalists.

    Other EU projects show similar weaknesses. Nestor, a “next generation” pre-frontier surveillance system detecting movements well before people reach the EU’s borders, relied heavily on self-assessment, with an ethics board made up mostly of consortium members, according to documents reviewed for this investigation. The European Commission said that the project was evaluated by independent experts through the European Research Executive Agency.

    Stergios Aidinlis, associate professor of AI law at the University of Durham, argues that ethics and legal oversight in such programs can be “too formalistic” and warns about the potential conflicts of interest when governments or companies are the ones doing the oversight, as in the case of NESTOR, where the Athens-based, state-affiliated Center for Security Studies heads the ethics advisory board. The center declined to comment.

    From Warsaw’s conference rooms to the Evros riverbanks the same trend appears: systems are expanding faster than the safeguards meant to govern them. Across Europe, billions in public money are flowing into an increasingly automated border infrastructure. Oversight and projections, officials and experts acknowledge, have not kept pace.

    https://wearesolomon.com/mag/format/investigation/greece-a-testing-ground-for-smart-surveillance-technologies
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  • Le mythe de la bonne IA

    Dans une perspective décoloniale, il n’y a pas de bonne IA, estime le philosophe #Arshin_Adib-Moghaddam. Lecture.

    « La société délirante dans laquelle nous vivons ressemble à un #mensonge parfaitement mis en scène que l’on nous persuade d’accepter comme une réalité », estime Arshin Adib-Moghaddam dans son livre The myth of good AI : a manifesto for critical Artificial intelligence (Le mythe de la bonne IA : un manifeste pour une intelligence artificielle critique, Manchester university press, 2025, non traduit). Cette société délirante n’est pas le produit de l’IA, constate pourtant le professeur de philosophie et codirecteur du Centre pour les futurs de l’IA de l’université de Londres. Mais, l’IA vient la renforcer parce qu’elle « floute les lignes de nos modes de compréhension de la vérité et du mensonge, du #pouvoir et de la résistance, de la subjectivité et de l’objectivité, de la science et de la fiction ». Ce qui change avec l’IA, c’est que Big Brother n’est plus une autorité qui nous contrôle de l’extérieur, mais une perturbation qui vient altérer nos #facultés_cognitives elles-mêmes.

    Pour Arshin Adib-Moghaddam, ni Orwell, ni Foucault ne peuvent nous aider à saisir le monde actuel. L’assaut contre notre #autonomie est massif, à l’image du projet délirant de #Torre_Centilena à #Ciudad_Juarez, équipée de 1791 lecteurs de plaques d’immatriculation, 74 drones et 3000 caméras panoramiques pour surveiller la frontière américano-mexicaine à perte de vue. Le pouvoir n’est plus incarné. « Le pouvoir est en train de devenir liquide, il prend la forme de tout ce qu’il colonise et devient quasiment invisible ». Le régime de #surveillance est en passe de devenir « microbien ». C’est-à-dire que non seulement il est partout, qu’il est intégré au plus profond de nous, mais qu’il tend à exercer un #contrôle_total, partout, tout le temps en étant totalement intrusif et en régissant jusqu’à notre psychisme même. Adib-Moghaddam parle de « #psycho-codification » du monde pour évoquer cette #intrusion inédite des méthodes qui altèrent jusqu’à ce que l’on pense, jusqu’à nos intentions disions-nous récemment. Cette intrusion nous entraîne dans une #guerre_posthumaine, entre les humains et les machines. Nous sommes désormais la cible de #drones, de #machines, d’#algorithmes qui s’en prennent à nos individualités mêmes. Partout, le meurtre et la torture s’étendent sans avoir plus de comptes à rendre, à l’image de la police des frontières américaines, ICE, qui déploie son emprise, comme d’autres armées et d’autres polices, via des machines de surveillances totalitaires. Comme le pointait pertinemment le journaliste Olivier Tesquet suite aux révélations que l’ICE aurait arrêté plus de 75 000 personnes aux Etats-Unis sans historique criminel (soit un tiers des 220 000 personnes arrêtées depuis 9 mois) : « plus l’ICE s’appuie sur #Palantir pour « rationaliser » l’appareil répressif, plus les arrestations deviennent arbitraires. Ce n’est pas un bug mais une fonctionnalité : la machine produit la catégorie d’indésirables dont l’administration Trump a besoin ».

    Derrière ces transformations bien réelles, l’IA les prolonge encore, en s’en prenant à nos sens mêmes, jusqu’à nous faire douter de la réalité même.

    Derrière cette société délirante, il faut entendre qu’il y a une « utilisation infâme » des technologies. De la reconnaissance faciale qui criminalise les #minorités raciales aux logiciels de récidives qui discriminent les populations racisées aux scores de risques qui refusent des aides et des prêts aux populations minorisées et pauvres… une même #oppression se déploie pour renforcer et cimenter les #inégalités_structurelles de la société.

    Dans ce contexte, estime Arshin Adib-Moghaddam, on entend beaucoup parler d’#éthique, d’IA responsable, qui serait à même, bientôt, demain, de réparer les systèmes et « d’atténuer les dommages ». Mais l’IA peut-elle être éthique ?

    L’IA peut-elle être éthique ?

    Non répond le philosophe. L’IA est là pour imposer sa #terreur, comme le disaient Hagen Blix et Ingeborg Glimmer. L’IA est là pour produire de l’#incertitude, de l’#angoisse, et cette peur est une méthode de #gouvernance. « L’IA augmente la capacité de ceux qui l’utilisent à nous terrifier, dans un but de #contrôle, de #surveillance et de #profit ». L’écrivain iranien Jalal Al-e Ahmad parle de « #westoxification » (contraction entre West, l’Occident, et intoxication pour désigner une forme d’absorption toxique, de submersion par la #culture_occidentale – le terme a été traduit en français en « #occidentalité ») pour désigner l’oppression de la modernité occidentale, comme le chercheur et sociologue péruvien Anibal Quijano dénonce la « #colonialité », c’est-à-dire le fait que les rapports de pouvoir colonialistes perdurent notamment depuis les technologies.

    Dans son livre, Arshin Adib-Moghaddam commence par débugger le discours des machines éthiques. Les fondations idéologiques de la science sont dysfonctionnelles, rappelle le philosophe. La science a accompagné le projet politique de la #modernité, comme l’expliquaient Ulises A. Mejias et Nick Couldry dans Data Grab (voir notre recension). Les Lumières ont transformé le #racisme en science. Et l’IA n’est qu’une extension d’un #système_techno-colonial, remanié par le #néofascisme en cours.

    L’idée même d’éthique est poreuse à ces idées problématiques, explique-t-il. L’éthique se présente comme un mécanisme universel, mais oublie que cette philosophie qui pense pouvoir rendre nos machines et nos actions responsables, est une pensée spécifique, historique, contingente à la philosophie occidentale… Et qui l’est d’autant plus qu’elle a oublié les apports des autres philosophies. Arshin Adib-Moghaddam évoque nombre de philosophes asiatiques, arabes ou juifs effacés de la tradition philosophique au profit des philosophes grecs et européens. « Les façons de poser les questions éthiques autrement ont été balayées ». Pour les thuriféraires de l’IA, la vénération de sa puissance tourne à la #religion. Mais si la machine peut-être Dieu, ce #fondamentalisme s’annonce aussi dangereux que l’extrémisme religieux, prévient Arshin Adib-Moghaddam. Pourtant, qui s’inquiète de l’interfaçage des machines à nos cerveaux, du devenir posthumain que nous promettent les développeurs de l’IA ? Kant, Hume ou Locke, ces grands penseurs de l’Occident, ont tous tenu des propos racistes, ont tous défendu l’idée que les barbares devaient être civilisés par les Européens. Et ces grandes pensées occidentales sont celles-là même qui viennent alimenter de leurs données l’IA moderne. « L’IA est ethnocentrée et cet #ethnocentrisme ne sera pas corrigé par les données », par l’amélioration des traitements ou par un sursaut éthique. Les manuels d’éthique doivent être réécrits, estime Adib-Moghaddam, qui invite à partir d’autres philosophies pour bâtir d’autres IA.

    L’IA : machine à discriminer

    Arshin Adib-Moghaddam dénonce le terme de #biais qui a colonisé la critique de l’IA. Les biais sont un terme bien dépolitisé pour évoquer l’#oppression_structurelle inscrite dans les #données, dans notre histoire. Le racisme des sociétés occidentales a été intériorisé dans une « #géopolitique_eugéniste » qui ne domine pas seulement les relations internationales ou économiques, mais qui psycho-codifie jusqu’à nos corps et nos esprits. Le #racisme a été la stratégie impériale et scientifique qui a encore des effets quotidiens, qui inocule nos outils, comme la #médecine, qui tue encore des patientes et des patients parce qu’elles et ils sont noirs, parce qu’elles sont des femmes et parce que les #données_médicales ne sont pas collectées sur elles et eux. Les rapports et les études sur le sujet s’accumulent sans que la médecine elle-même ne réagisse vraiment, comme si elle ne s’était jamais départie des origines racistes de la science, que dénonçait par exemple le sociologue #Eduardo_Bonilla-Silva dans son livre Racism without Racists : Color-Blind Racism and the Persistence of Racial Inequality in the United States (Le racisme sans les racistes : le racisme indifférent à la couleur et la persistance des inégalités raciales en Amérique, Rowman & Littlefield , 2003, non traduit). Même durant le Covid, les quartiers racisés ont été plus décimés que les autres.

    On peut alors dénoncer les #biais_racistes des systèmes, de la reconnaissance faciale aux pratiques algorithmiques d’Uber. Mais c’est oublier que nous sommes cernés par des données algorithmiques « blanchisées » (#whitewashing), c’est-à-dire à la fois blanchies parce qu’ignorantes de la couleur de ceux qu’elles écartent et blanchies parce qu’elles masquent leurs dysfonctionnements raciaux. Nous sommes coincés entre un passé pollué et un présent problématique. Nous restons par exemple coincés dans les constats où les cancers de la peau sont plus importants pour les populations de couleurs alors qu’ils sont moins diagnostiqués pour les patients noirs que blancs. Ces données et ces erreurs pourtant ne sont pas corrigées, pas prises en compte. La perspective d’augmenter notre capture par des données n’annonce pourtant pas d’amélioration, au contraire, d’abord et avant tout parce que cette invasion doit être comprise pour ce qu’elle est : une extension de l’héritage de l’#eugénisme raciste de la #science, une forme d’expansion biopolitique du contrôle plus qu’une promesse de justice et d’égalité.

    Les mauvaises données produisent de mauvais algorithmes et de piètre systèmes d’IA, rappelle le philosophe. Or, nous sommes cernés de mauvaises données. Les #préjudices du passé envers certaines populations sont intégrés aux systèmes qui vont produire l’avenir. Cela ne peut pas bien se passer. Pourtant, fort de ces constats, terribles, les recommandations éthiques paraissent bien trop mesurées. Elles invitent à améliorer la représentation et la diversité des ingénieurs et des éthiciens, à améliorer les principes éthiques, à améliorer l’éducation des ingénieurs… dénonce Arshin Adib-Moghaddam. Autant de mesures qui tiennent plus de l’#orientalisme qu’autre chose, pour faire référence au concept développé par l’intellectuel palestino-américain Edward Saïd dans son livre éponyme (Le Seuil, 1978), ouvrage fondateur des études postcoloniales. Pour Saïd, la tradition artistique et scientifique orientaliste n’est qu’une étude de l’Orient par l’Occident, une interprétation de l’Orient, une condescendance au service de l’impérialisme.

    Du #techno-orientalisme au #privilège_épistémique

    Pour Arshin Adib-Moghaddam, le techno-orientalisme qui consiste à améliorer la diversité des développeurs ou à produire une équité par des corrections techniques n’est en rien une solution. ll ne remet pas en cause le pouvoir de la #technologie. « Les personnes historiquement marginalisées et vulnérables continuent à être inventées comme objets de la technologie ». Les erreurs à leurs égards, finalement, renforcent l’obsession à mieux les surveiller sous prétexte d’#objectivité, pour mieux hiérarchiser la société par le calcul. « Le techno-orientalisme ne vise qu’à renforcer les frontières entre nous et eux, l’est et l’ouest, les noirs et les blancs, entre les nationaux et les autres ». Shoshana Zuboff a montré que la tolérance à l’extrémisme est bien souvent un modèle d’affaire acceptable. Dans une étude sur la toxicité de Twitter, le Centre de lutte contre la haine numérique avait montré qu’une dizaine de comptes sur X pouvaient produire du contenu haineux et conspirationniste capable de rapporter… 19 millions de dollars en revenus publicitaires. « Le techno-orientalisme s’impose comme un incubateur pour l’expansion impériale afin de maximiser les revenus pour quelques personnes sélectionnées ». L’#impérialisme de X prolifère et impose sa #colonialité. Comme les projections de Mercator ont valorisé l’Occident, nous montrant un Groenland par exemple aussi grand que la Chine, quand en réalité il ne fait qu’un quart de la superficie de la Chine. L’impérialisme de X, comme l’impérialisme de l’IA rend possible un « privilège épistémique » qui « confère à une poignée d’hommes le privilège d’interpréter, de juger et de planifier l’avenir de la majorité ». Partout, une poignée d’hommes blancs parlent d’un avenir inévitable (le leur), utilisent ces outils pour diffuser leurs idées sans nuances, mégalomanes, patriarcale et coloniales influentes, sans se préoccuper du sort des autres. Derrière leurs idées rances, ils défendent avant tout leur #identité. Les néo-Nazis comme les terroristes d’ISIS tuent au nom de l’identité, comme le soulignait Paul Gilroy dans Against Race. Les médias sociaux sont devenus des paradis pour les fausses informations des extrémistes, où ils peuvent se faire les avocats de leurs agendas hystériques avec plus ou moins d’impunité. La #stupidité y est le meilleur capital, assène le philosophe.

    La coercition est forte avec les technologies. Microsoft et Google déploient des technologies de surveillance à l’encontre des Palestiniens. Saïd disait que la #déshumanisation des Palestiniens était l’un des grands héritage de l’orientalisme. Pour Arshin Adib-Moghaddam, une IA vraiment éthique devrait assurer que ses traitements et données soient auditables en accord avec les législation qui défendent les #droits_humains au niveau international, national et local. Le déploiement sans limite des technologies aux frontières, par la police et les militaires, nous montre qu’il n’en est rien.

    L’IA pour peaufiner l’oppression

    L’oppression structurelle, codifiée dans des institutions genrées et racistes, dans des normes politiques et sociales omniprésentes, s’apprête à entrer plus profondément dans nos esprits avec l’IA générative. Quand on pose des questions à ces moteurs, ils produisent certaines réponses qui sont le reflet des sociétés occidentales qui les produisent. A la question y-a-t-il un génocide à Gaza, #ChatGPT répond non. A la question peut-on torturer une personne, ChatGPT répondait par l’affirmative si cette personne venait d’Iran, de Corée du Nord ou de Syrie. Ces « #erreurs » qui n’en sont pas mais qui peuvent nous être présentées comme telles, sont bien sûr corrigées parfois. Les #modèles_de_langage galvanisent les préjudices raciaux comme le montrait l’étude menée par Valentin Hofmann (qu’on évoquait ici : https://danslesalgorithmes.net/2024/06/04/open-source-lia) qui montrait que l’IA s’adapte aux niveaux de langage de son interlocuteur ou qu’elle classe les mêmes CV différemment selon les consonances culturelles des noms et prénoms. Mais ils ne sont que les reflets des sociétés qui les produisent. Les modèles de langage sont bien les produits racistes de sociétés racistes, affirme celui qui avait dénoncé le caractère raciste de l’IA dans un précédent livre. Les corrections sont possibles, au risque d’enseigner superficiellement aux modèles à effacer le racisme, tout en le maintenant à des niveaux plus profonds. « En fait, nous sommes confrontés par une forme furtive de #technoracisme soigneusement dissimulée par un univers d’IA de plus en plus opaque ». Dans ces IA, les musulmans sont toujours associés à la violence.

    Weizenbaum nous avait prévenu : les humains sont plus enclins à se confier à une machine qu’à un humain. Et ce pourrait être exploité plus avant par les machines de coercition de demain. La CIA a beaucoup travaillé sur les drogues et outils permettant de mettre les gens en confiance, rappelle Arshin Adib-Moghaddam. Si les méthodes d’interrogation utilisées à Abu Ghraib ont été sur la sellette, le Mikolashek Report montrait par exemple que les frontières entre la torture, les abus et les techniques d’interrogations dites légitimes étaient plus poreuses que strictes. A Abu Ghraib, la torture n’était pas un accident. Les individus qui ont été torturés n’étaient pas isolés. A Abu Ghraib, les interrogatoires ne devaient pas laisser de traces sur les prisonniers et le système médical a donné ses conseils aux militaires pour y parvenir. C’est lui qui a proposé des modalités d’interrogatoires coercitives. A Abu Ghraib comme à Guantanamo Bay, des procédures ont été mises en place, comme le fait d’empiler les prisionniers nus pour profiter du fort tabou de l’homosexualité dans la culture arabe et musulmane.

    Que fera l’IA qui est déjà appelée à assister les interrogatoires de la CIA ou de la police ? Aura-t-elle encore plus que les humains la capacité de briser notre humanité, comme s’en inquiétaient des chercheurs ? Sera-t-elle l’outil parfait pour la #torture, puisqu’elle pourra créer du contexte psychologique ou informationnel pour rendre les gens toujours plus vulnérables à la #manipulation, comme des #chatbots compagnons, dressés contre nous.

    La torture à Abu Ghraib a été rendu possible parce qu’elle a épousé totalement la culture de ceux qui l’ont pratiqué. « L’histoire récente de l’IA n’apporte aucune preuve que les systèmes d’IA soient plus objectifs que les humains, à mesure qu’ils déploient les mêmes biais qu’eux, avec bien moins de responsabilité ».

    L’IA pour pour penser à notre place et prendre le contrôle des esprits

    Pour le philosophe, le contrôle de l’esprit est le Graal des systèmes d’IA. Ce que veulent ceux qui déploient l’IA, c’est qu’elle prenne le contrôle des esprits.

    Mais, dans les systèmes de domination, la résistance apparaît souvent là où on ne l’attend pas, disait Anibal Quijano. Pourtant, souligne Arshin Adib-Moghaddam, la société civile ne regarde pas suffisamment ce qui se déploie, elle semble peu impliquée dans le très dynamique secteur de l’IA militaire. Face à l’inégalité de pouvoir entre utilisateurs de l’IA et producteurs d’IA qui se sédimente avec le déploiement et l’extension des outils d’IA partout, peu est fait pour nous protéger. L’érosion lente de la #vie_privée, l’objectivation posthumaine… nous éloignent de la dé-technologisation qu’appelle de ses vœux Carissa Véliz dans son livre, Privacy is Power (Penguin, 2021).

    Pour Adib-Moghaddam, nous devrions pourtant chercher à protéger notre humanité, plutôt que de chercher à flouter les différences entre l’homme et la machine, comme l’attendent les tenants du posthumanisme. Adib-Moghaddam souhaiterait un futur qui soit post-IA, dans lequel l’IA, au moins telle que nous la connaissons aujourd’hui, n’ait pas sa place. Tant que nous la laisserons exploiter les données passées nous laisserons construire une IA fondamentalement destructrice, extractive, qui perpétue l’#irrationalité et l’agenda des conservateurs et de l’extrémisme de droite, en exploitant les données pour renforcer les différences entre un nous et un eux dans lesquels personne ne se reconnaîtra autres que les plus privilégiés.

    La promesse d’une bonne IA est centrale dans l’approche éthique que pousse la Silicon Valley, enrôlant les meilleurs chercheurs avec elle, comme ceux du MIT, du Berkman Klein Center for internet et society de Harvard. Leur travail est remarquable, mais la poursuite d’une IA éthique ne nous aide pas à trouver des restrictions au déploiement de technologies qui maximalisent la #surveillance_de_masse et la #violence_systémique. « Tant qu’il n’existera pas de #restrictions, les délibérations morales et politiques sur l’informatisation demeureront secondaires par rapport à l’impératif de profit ».

    A l’heure de l’IA, la lutte pour la #démocratie risque d’être plus essentielle que jamais et plus difficile que jamais. Le mythe de la bonne IA nous promet un monde dont les fondations et constructions sociales ne changeront pas. « L’âge de l’IA nous promet un rapport léthargique et résigné au monde ». C’est sans surprise que ceux qui refusent cette IA là sont qualifiés d’être irrationnels, radicaux ou idéalistes… Mais ne soyons pas dupes. « Il est plus facile de prendre le parti des puissants à l’heure de l’IA, alors que nous devrions prendre la direction inverse ». « Les technologies d’IA sont un danger pour nos démocraties car elles inhibent nos choix en donnant de l’impulsion aux seuls extrêmes ». Elles nous confinent dans un espace de pensée restreint. Pour Arshin Adib-Moghaddam, il nous faut reconnaître notre humanité, une humanité qui ne peut être programmée par des machines qui ne seront jamais sensibles.

    Être humain, c’est savoir se protéger

    Être humain signifie savoir se protéger de la pénétration, c’est-à-dire un droit à être laissé tranquille, seul. Nous devons réaffirmer la nécessité d’un « bouclier de la vie privée ». La critique féministe et décoloniale nous donne des armes, comme le fait Françoise Vergès par exemple en croisant les deux. Ressentir, penser, percevoir ou croire doivent rester des valeurs humaines, sans altération des machines. C’est notre #intimité même que tente d’envahir le complexe industriel de l’IA.

    Ainsi par exemple, être créatif c’est indubitablement être humain. La #créativité des machines n’est qu’un effort pour rendre confus nos sens et émotions, au profit du profit et dans une aversion de l’art comme un comportement insurrectionnel. Psycho-codifiés, TikTok, FB ou X sont des moyens d’envahir nos sanctuaires intérieurs. Les machines peuvent faire n’importe quelle tâche sans ressentir la douleur et la discipline nécessaire que l’auto-amélioration nécessite. D’où des productions sans âme, « inutiles pour l’émancipation sociale comme politique ». En associant l’art au seul profit, la matrice technologique propose de faire suffoquer l’essence même de l’art, comme s’il n’était qu’une extension technologique, qu’un moyen de contrôler la subjectivité humaine.

    De quelque endroit qu’on l’analyse, l’IA ne nous offrira aucun antidote à l’#impéralisme, au #colonialisme et à l’#extrémisme. « Nous sommes tous devenus les objets du #colonialisme_des_données extraites de nos corps mêmes ». Le colonialisme était horizontal, géopolitique dans son expansion. Le colonialisme des données, lui, est intimement vertical. Il vise à objectifier des individus vulnérables au profit des sociétés technologiques du Nord global. Les grandes entreprises exigent de nous psycho-codifier en permanence et partout. Arshin Adib-Moghaddam défend un manifeste post-IA qui seul peut gagner la bataille entre le poète et la machine, le stylo et l’épée, le modérateur biaisé et l’activiste paisible. Nous avons besoin de #justice et d’#émancipation_sociale, rien d’autre. Ce qui n’y œuvre pas n’a pas d’intérêt. L’#ignorance, l’#évitement et la #passivité que nous promettent l’IA et ses tenants, ne nous proposent aucun avenir. « Si nous avons besoin d’une bonne IA, nous avons besoin d’une bonne IA qui réponde à nos termes », qui puisse nous permettre de reprogrammer le futur plutôt que de subir la perpétuation du passé.

    Être humain, c’est savoir se protéger. Et face aux machines, l’enjeu est encore de le pouvoir.

    https://danslesalgorithmes.net/2025/12/11/le-mythe-de-la-bonne-ia
    #décolonial #IA #AI #intelligence_artificielle