• Olivier Da Lage : « L’Inde est déjà un régime autoritaire » - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2019/09/17/olivier-da-lage-inde-deja-regime-autoritaire

    Comment est-il possible juridiquement d’exclure de la citoyenneté des Indiens musulmans qui sont des citoyens comme les autres ?
    Je vais faire une comparaison qui va peut-être vous surprendre. Quand la France a introduit la carte d’identité sécurisée, biométrique, un grand nombre de personnes âgées ont découvert qu’il leur fallait prouver qu’elles étaient françaises en cherchant des papiers très anciens. La France ne connaît pas les tremblements de terre, les inondations, les incendies qui détruisent les mairies, donc c’était une situation difficile mais pas inextricable. En Inde, où tous ces genres de catastrophe peuvent arriver et où l’état-civil ancien n’était pas tenu, beaucoup de gens ne seront tout simplement pas en mesure de prouver leur citoyenneté. Elles ne sont donc pas exclues parce qu’elles sont musulmanes ou parce qu’elles ne sont pas considérées comme de « bons citoyens », mais parce que l’examen ne permettra pas de prouver que ces personnes-là sont citoyens indiens. Donc, d’un manière douce en quelque sorte, une politique en réalité extrêmement brutale risque d’être mise en œuvre. Sur le terrain, beaucoup d’autorités locales comprennent très bien dans quelle direction on va. On sera indulgent pour certains et pas pour d’autres.
    Le pays se dirige-t-il vers une chasse aux musulmans généralisée ?
    Oui, et elle est encouragée de façon extrêmement ouverte par toute une série de personnalités dans les journaux, sur les réseaux sociaux, dans des déclarations lors de meetings. Je ne dis pas que cette chasse aura lieu. Il se peut que la Cour suprême et d’autres autorités judiciaires arrivent à restreindre les excès. Il se peut aussi que certaines personnes résistent. Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que dans l’Inde d’aujourd’hui, tout ne vient pas d’en haut. Des instincts qui ont longtemps été bridés justement parce que les autorités véhiculaient d’une façon pas toujours sincère une image de laïcité et de respect du droit, eh bien aujourd’hui, les messages qui sont envoyés d’une manière directe ou subliminale, c’est : « Vous pouvez y aller ! On vous couvre ! » Et quand vous voyez les lynchages qui ont eu lieu sans être condamnés par les autorités ou qui n’ont été condamnés qu’un ou deux ans après, on peut comprendre vers quoi on va.

    Ça me rappelle un truc, ces élites et ce populo qui glissent ensemble...

    Un grand nombre d’Indiens se rappellent que le Congrès a terminé comme un parti corrompu avec des scandales épouvantables et qui veulent bien voir dans le gouvernement Modi certains excès mais avant tout, des gens très pragmatiques qui savent faire des affaires et même des politiques bonnes pour l’économie. On verra si cela fonctionne car pour l’instant, les réalités économiques ne sont pas au rendez-vous.

    Tous les voyants sont au rouge. Les derniers sont les chiffres de la croissance, qui ne sont que la résultante de tous les autres. Les investissements étrangers ont chuté après avoir été décollé de façon assez spectaculaire après l’arrivée au pouvoir de Modi en 2014, et sa campagne du « Make in India ». La démonétisation de 2016 a été un échec. Les autorités se défendaient en affirmant avoir lutté contre la corruption. Or tous les billets qui avaient disparu sont revenus dans le circuit. En revanche, cela a considérablement déstabilisé l’économie informelle qui compte énormément dans les productions indiennes.

    Le coup d’accélérateur sur la politique nationaliste n’est-il donc qu’une diversion pour faire oublier cette réalité économique mauvaise ?
    Ce n’est pas seulement une diversion parce que cela correspond à des convictions profondes du parti au pouvoir. Mais c’est en effet utilisé comme une diversion pour cacher des résultats économiques décevants. C’est pour cette raison qu’il y a une accélération de l’agenda idéologique, puisque si Modi avait pu faire campagne sur des résultats économiques très satisfaisants, je pense qu’il l’aurait fait davantage en 2019.

    C’est pas un article tout récent. #Inde

    • Et celle-là encore :

      Donc on est déjà dans un pays autoritaire, « illibéral » pour reprendre un terme qui a connu un succès depuis quelques années. Je comparerais Modi à Recep Tayyip Erdogan en Turquie. La démocratie n’est pas remise en cause, mais elle change de nature. Celui qui a la majorité a tous les pouvoirs. La démocratie n’est alors plus le respect des minorités mais le droit de la majorité.

      #macronisme indien ?

  • F comme cinéma français, état des lieux avant travaux
    https://www.franceculture.fr/emissions/plan-large/f-comme-cinema-francais-etat-des-lieux-avant-travaux

    Le modèle économique du cinéma français serait au bord du gouffre, avec la baisse du financement des télévisions, indexé sur leur chiffre d’affaire en chute, et l’incertitude quant à la bonne volonté des plateformes Internet de contribuer à leur tour. Il ne serait plus dans l’air du temps néolibéral, comme l’attestent des rapports parlementaires ou servant de marchepied à l’accession à la présidence du Centre National du Cinéma, qui stigmatisent l’insuffisante rentabilité en salle de nombre de films ou leur financement trop dépendant de la puissance publique, ou encore un pamphlet aigri, et récompensé d’un prestigieux prix littéraire, qui, par la formule : « cinéma français : oxymore », en déplore la médiocrité. Et la France de devenir, drôle de nouvelle exception culturelle, le seul pays au monde qui pense avoir trop de cinéma d’auteur !

    #métiers_en_colère #macronisme #cinéma

  • Tribune du Collectif Pour L’Enfance | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/cdpenfance/blog/190120/tribune-du-collectif-pour-lenfance

    Invoquer « l’époque » est une façon de nier le fait que ces problèmes sont toujours les mêmes aujourd’hui, c’est une manière de détourner le vrai débat qui doit se poser avec autant de gravité aujourd’hui qu’hier. Certes il n’a jamais été autant question de protection de l’enfance en France dans les paroles, mais dans les faits et la réalité, les choses sont bien plus complexes qu’elles n’apparaissent. Nos institutions qui s’insurgent ça et là contre les violences sexuelles sur les mineurs, font des lois qui ne résolvent rien.

    Ainsi, la parole de l’enfant n’est que trop rarement prise en compte : 95 % des faits enregistrés par la gendarmerie pour des viols sur mineurs n’aboutissent pas à une condamnation de l’auteur. La plupart des signalements et des plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs et en particulier incestueuses sont classées sans suite. Des enfants sont renvoyés de force chez leur père, parfois séparés de leur mère protectrice accusée à tort de fausses allégations (syndrome d’aliénation parentale). Ces mères sont alors condamnées au pénal pour non-représentation d’enfant, même dans certaines situations où il est rationnellement impossible de mettre en cause les révélations du mineur.

    Cette quasi-impunité des violences sexuelles sur mineurs est dénoncée par les professionnels de l’enfance, mais rien n’est fait pour en traiter les causes.

    Pourquoi, par la loi du 3 août 2018 (dite « loi Schiappa »), avoir refusé de fixer un âge légal de non consentement qui permettrait de mieux protéger les mineurs ? On continue quotidiennement devant les tribunaux français à examiner, au cas par cas, si un enfant avait les capacités de discernement pour consentir à l’acte sexuel ou non, pour que la contrainte nécessaire à caractériser le viol, soit retenue. On continue de disserter pour savoir si l’adulte a bien « abusé de sa vulnérabilité », selon les termes de la nouvelle loi, comme s’il pouvait en être autrement.

    En effet, et malgré beaucoup d’idées-reçues, la prétendue « majorité sexuelle » n’existe pas dans notre Code Pénal puisqu’il faut toujours établir la contrainte pour caractériser un viol, même pour un enfant de 7 ans.

    #macronisme

  • Ah ben merde, je viens de tomber sur ce titre : Emmanuel Macron à la Mer de Glace pour lancer le virage écologique de son quinquennat.

    Oh là là.

    (Je ne sais pas qui a pour métier d’écrire des choses aussi bêtes. Mais ça ne doit pas être facile à vivre.)

  • À Marseille, le candidat LREM dérape face à un journaliste : « Je vais te mettre la tête dans le cul »

    https://www.lefigaro.fr/elections/municipales/a-marseille-le-candidat-lrem-derape-face-a-un-journaliste-je-vais-te-mettre

    Malgré les gros câlins de Macron, les LaRem toujours très subtils) n’arrivent pas vraiment à se détendre.

    À Marseille, le candidat LREM dérape face à un journaliste : « Je vais te mettre la tête dans le cul »

    Yvon Berland, qui avait perdu ses nerfs à la suite d’un article des Échos, s’est excusé, reconnaissant une réaction « disproportionnée ».

    • Pour ceux qui TLDR :

      Il a finalement fini par lui envoyer un SMS lapidaire : « Je vais te mettre la tête dans le cul... »

      et :

      Yvon Berland, qui est également l’ancien président de l’université Aix-Marseille

      Bref : le type ne se contente pas de gueuler en direct, il envoie des menaces passibles de poursuites pénales par SMS. Mais ce n’est pas le premier abruti venu, il a une longue carrière de président d’université.

      Ce qui confirme ce que faisait remarquer Todd : le niveau de bêtise de nos élites est proprement terrifiant.

    • Sinon, de manière quasiment unanime dans les médias dignes de Google News : le terme approprié est « pète les plombs » ou, plus fréquemment encore : « dérape ».

      Si un individu d’origine plus clairement, euh, arabo-musulmane avait envoyé un SMS à un journaliste sur le thème « Je vais te mettre la tête dans le cul », je n’ai aucun doute que ce serait déjà devenu un sujet de société aux enjeux nationaux, sur lequel tout le monde serait invité à se positionner.

    • Ahlala, on montre son vrai visage de #sale_type quand on est à la traine dans tous les sondages : 8% seulement d’intention de votes à Marseille pour LREM, ça plombe.

      Dommage, LREM ne va pas pouvoir annuler les élections et dire que Marseille est une petite commune, c’est la 2em de France.

      Et puis, à Toulouse, je me réjouis de voir des personnes ayant voté avec ferveur Macron qui me disaient il y a encore 6 mois qu’ils voteraient encore pour lui, m’expliquer leur dégout. (J’ai la victoire modeste, j’ai fait ah bon)

    • Berland : ancien président d’Aix-Marseille Université (il a terminé son mandat en juin dernier).

      Ahlala, parier sur le mauvais cheval après avoir du lâcher le pouvoir universitaire pour raison d’âge, ça rend aigri, c’est moche...

    • @touti Oh ! excellente idée d’affichage pour la permanence de la candidate LREM de ma commune qui a planté son QG de campagne juste devant chez moi ! Ça fait des semaines que je me dis qu’il faudrait faire quelque chose justement.

    • @sombre Merci et oui, mais la brutalité, ce n’est pas seulement la violence policière, c’est aussi la violence verbale, l’attitude méprisante et ordurière, c’est la violence avec laquelle les LaRem imposent leurs mensonges récurents, leur vision du monde et leur projet de société bien pourri de la gueule. Cette violence là serait aussi à déconstruire.

    • @reka :

      Cette violence là serait aussi à déconstruire.

      C’est bien ce à quoi je pensais :)
      Mais cette violence verbale, ce mépris de classe a trop longtemps infusé dans leur mental et la plupart des « marcheurs » et « marcheuses » sont devenu·es des grand·es malades qui se sentent dans une totale impunité.

  • #Lettre_ouverte à Emmanuel #Macron

    Monsieur le Président de la République,

    « Tout commence par une interruption », dit le poète*. Et si, par un impossible dialogue, nous interrompions un moment l’ordre désastreux du monde, pour le rendre à la vraie vie ?

    Depuis près de trois ans maintenant, nous vous avons beaucoup entendu, et même écouté. Nous ne vous avons que trop bien compris. Mais depuis plusieurs mois, nous nous exprimons aussi, tant à l’intention de notre ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer, qu’à la vôtre. Nous demandons qu’enfin, nos idées, nos principes, nos arguments opposés au projet de réforme du système des retraites, à la réforme des lycées, et d’une façon plus générale, au démantèlement consciencieux, appliqué et systématique du service public et de l’État social, soient eux aussi entendus. Entendus vraiment, sans être balayés d’un revers de la main. Entendus sans être méprisés, jugés naïfs ou erronés, par les mieux-sachants que vous pensez être. Entendus et pris en considération. Entendus et exaucés.

    La justice sociale est la condition de la paix. La guerre aujourd’hui menée contre les gens, dans tous les domaines de leur vie, doit cesser, par l’abrogation de ces réformes – qu’elles ne soient encore qu’au stade du projet ou que leur application ait déjà causé bien des dégâts. Par souci du Bien commun, nous sommes farouchement opposés à la retraite par points, au nouveau lycée, aux récents décrets révisant le statut des fonctionnaires ainsi que le mode de recrutement des cadres de l’État, tout comme nous le sommes au massacre à l’œuvre de l’hôpital public, de l’assurance-chômage, et de tout ce qui protégeait encore un peu les plus fragiles d’entre nous.

    Nous sommes en grève depuis le 5 décembre, et nous ne sommes pas dupes de la farce permanente qu’est devenue le débat politique, entre mensonges, grossières manœuvres (ainsi celle de l’âge d’équilibre, qui ne trompe personne), ordonnances et matraques. Nous voulons vivre sous le régime de la vérité, comme l’exige toute idée de démocratie. Rentrons les épouvantails et parlons net.

    Vous intituliez votre livre programmatique Révolution. En oubliant de préciser que c’était de révolution conservatrice et néo-libérale qu’il s’agissait. Une ode au vieux monde, en somme. Et l’on peut, à cet égard, vous reconnaître une efficacité toute thatchérienne : à mi-mandat, la liste de vos destructions – qui n’ont rien de créatrices – est longue comme les jours sans pain qui nous attendent à l’issue de votre mandat : hôpital, école et apprentissage, université et recherche, justice, services publics dans leur ensemble, dont vous organisez l’asphyxie, assurance-chômage, APL, SNCF, retraites évidemment, et tant d’autres, si bien qu’à tenter de tout recenser, le vertige nous étreint. Depuis longtemps vous avez fait sécession, et jamais au-delà des mots de campagne, le bien commun ne vous a réellement préoccupé.

    Vous vous en prenez, somme toute, avec acharnement, à tout ce qui crée du lien, entre les générations, entre les territoires, entre les milieux sociaux. À tout ce qui, au fond, fait société. Vous rêvez d’un monde d’individus isolés, seuls face à un État devenu coquille vide, seul garant par la force d’un ordre public imposé et non plus consenti. Un monde d’individus isolés où seuls les plus armés – les héritiers, donc, dont vous êtes, comme tous ceux qui vous entourent – seront à même de tracer leur voie, et où tous les autres, appauvris par l’effet de vos politiques, subiront précarité et vie amoindrie, dans toutes ses composantes : éducation, santé, culture…

    Et bien sûr, vous abandonnez toute perspective écologique, alors que l’urgence n’a jamais été plus criante, au nom du credo déjà si obsolète de la sacro-sainte Croissance, quand l’état de notre monde imposerait surtout de se demander comment décroître tout en améliorant le sort des plus fragiles d’entre nous, en Afrique, en Asie et ailleurs. Votre foi est aveugle en un ruissellement qui pourtant se caractérise avant tout par son aridité, en un néo-libéralisme dont quarante ans d’expérimentation chez nos voisins britanniques ont trouvé leur aboutissement dans un appauvrissement massif des classes populaires, le Brexit et le populisme sordide.

    Mal élu, au terme d’un hold-up électoral face à un repoussoir évident, vous avez conclu que vous bénéficiez d’un blanc-seing. Mais rapporté à l’ensemble du corps électoral, vous n’avez rassemblé que 18 % des Français inscrits sur les listes électorales au premier tour. Et si nombre d’entre nous se sont résolus au deuxième tour à glisser dans l’urne le bulletin portant votre nom pour éviter l’apparition du visage de la haine sur nos écrans le soir venu, ne pensez pas que nous adhérions pour autant à votre politique. En aucune manière. Jamais. La démocratie ne se résume pas, contrairement à vos fantasmes, à une sage consultation aux choix pré-contraints, à une benoîte procession aux urnes, tous les cinq ans, suivie d’un silence docile dans lequel un parlement aux ordres enregistre poliment les ordonnances de l’exécutif.

    Ainsi, vous fantasmant une légitimité, vous menez en notre prétendu nom une politique d’appauvrissement volontaire de l’État, le vendant à la découpe aux intérêts de la finance, exposant notre bien commun au risque d’un krach majeur tant la création de bulles financières est désormais déconnectée de la production réelle de richesses. Devant l’opposition toujours croissante à ces destructions, les membres de votre gouvernement, tout comme vous, ne peuvent plus sortir de leurs ministères sans faire face à des démonstrations de colère. Vous ne vous maintenez plus que par la violence, celle de vos forces aux ordres, des mains arrachées, des yeux crevés, des morts.

    Ce projet de société que vous portez est aux antipodes des valeurs de solidarité intergénérationnelle et d’émancipation intrinsèques à notre métier d’enseignants, qui nous engage plus fermement que tout autre sans doute auprès des générations futures.

    Nous refusons donc le projet de réforme du système des retraites dans sa globalité. Certes nous avons entendu et compris que serait préservé le principe de la répartition – les actifs occupés finançant les retraites. Mais nous ne sommes pas dupes : ce n’est bien sûr qu’une façade. Par son système à points, cette réforme introduit en effet une logique purement individualiste où chacun accumulera des points qui seront fonction de son niveau de salaire. Pour une grande majorité de salariés – et plus particulièrement pour les femmes aux carrières plus souvent interrompues et aux rémunérations inférieures – cela se traduira in fine par une diminution des retraites. Cette baisse annoncée des niveaux de retraite précipitera les plus fortunés dans les bras des sociétés financières, déjà prêtes grâce à la loi PACTE à vendre des retraites complémentaires par capitalisation, soumises aux aléas boursiers et pour lesquelles la seule logique de l’épargne individuelle prime. Quant aux autres, une fois de plus, tant pis pour eux. Ce système, déjà mis en place en Europe du Nord, ne conduit qu’à la paupérisation des retraités, tant et si bien qu’aujourd’hui, en Suède ou en Allemagne, des mesures doivent être prises pour en pallier les dégâts. Pourquoi devrions-nous nous enferrer dans cette voie ? Il n’y a pas de nécessité financière absolue à imposer cette réforme : d’autres sources de financement existent (suppression du CICE, retour de l’ISF, lutte accrue contre l’évasion fiscale…) et depuis le gouvernement Jospin, des mesures d’anticipation ont été prises. Le financement des retraites pourrait donc se faire bien autrement que sur le dos des salariés. Nous nous opposons à toute tentative, ou tentation, de capitalisation de notre système de retraite, tout comme nous refusons la corruption de l’adjectif « universel », utilisé ici contre de régimes dits « spéciaux », qui ne concernent que 3% de l’ensemble des salariés, tous secteurs confondus, et ne font que compenser dans de nombreux secteurs publics l’absence de treizième mois, de primes, les salaires inférieurs à ceux du secteur privé, les horaires de travail étendues. Nous comprenons bien également que l’adjectif « universel » est utilisé pour camoufler joliment le fait que les pensions seront toutes diminuées et l’âge du départ retardé, dans le secteur privé comme dans le public. Ce faisant, vous augmenterez non seulement la pauvreté chez les personnes âgées mais encore les inégalités et l’individualisme. Comment pouvez-vous décider ainsi froidement d’appauvrir une partie de plus en plus nombreuse de la population, qui a encore le droit de vivre, et non pas seulement de survivre ? Quelle vision du travail et de la vie après l’activité salariée faut-il avoir pour oser diminuer ainsi les traitements et plonger chacun dans l’incertitude d’un point dont la valeur variera selon la conjoncture ?

    Nous refusons aussi la réforme du lycée car elle est injuste – elle aussi tragiquement motivée par de discutables impératifs économiques passant par la suppression de nombreux postes d’enseignants. Les pires principes qui traversent et détruisent les conditions de travail au sein des entreprises privées s’ancrent chaque jour un peu plus au cœur de l’école. Rentabilité, courte vue, concurrence, performance à tous les niveaux, sélection, élitisme, flexibilité, management paternaliste, mépris pour le travail des élèves et des enseignants, sont en effet à l’œuvre derrière les réformes, ainsi qu’une volonté à peine voilée de détruire à long terme notre institution. Pourtant l’école se pense, s’invente, selon des principes justes et émancipateurs. Elle ne se gère pas, elle ne peut survivre aux petits calculs. Alors que la réforme est aujourd’hui mise en place dans l’improvisation la plus désastreuse, sans le moindre souci de la pédagogie et sans considération aucune pour l’opposition massive de la communauté éducative, nous sommes désolés de constater que tout ce que nous avions prédit se réalise. Les dégâts causés au cœur de la jeunesse par la réforme des lycées et son articulation à Parcoursup sont terribles, créant encore plus d’inégalités, entre les élèves comme entre les établissements, tant et si bien que les plus fortunés ont déjà commencé à fuir vers les écoles privées, qui n’ont jamais compté tant d’élèves. Mais sans doute est-ce le but ultime de votre politique : la privatisation de l’école.

    Nous ne voulons pas d’une école à cinquante vitesses ! Nous avons pour souci la pensée en devenir de chaque élève, l’invention pédagogique, le dialogue dialectique, le déploiement de l’imagination de chacun, le temps du silence pour réfléchir. Toutes choses rendues impossibles par cette réforme. Nous ne pouvons plus aujourd’hui travailler correctement, consciencieusement, au sein de l’école publique. Au point que parfois, nos collègues s’y donnent la mort. Il faut écouter les gens, parfois. Avant le désespoir, de préférence. Quelle vision d’avenir pour le pays faut-il bien avoir pour brutaliser ainsi la jeunesse en formation ?

    Nous refusons enfin, et plus largement, l’inféodation des services publics aux méthodes du management qui organise pressurisation et précarisation des employés dans le seul but de rendre grâce aux actionnaires – ou de les engraisser, si vous préférez. Les décrets du 31 décembre – jour de vos vœux supposés bienveillants à la Nation – statuent sur le recrutement des cadres de l’État et sur la rupture conventionnelle dans la Fonction publique. Appartenant à la même logique néo libérale que les réformes des retraites et de l’école, ils sont pourtant « subtilement » d’un autre ordre, moins visible mais tout aussi destructeur des principes fondateurs de notre République sociale, ceux du Conseil National de la Résistance. Avec ces mesures, c’est l’État qui s’autodétruit, réduisant en lambeaux sa dimension sociale et solidaire. On voit bien que c’est à nouveau une façon de fragiliser, d’éliminer des travailleurs jusqu’alors protégés afin de mieux servir l’État, pour les remplacer par des vacataires et contractuels aux statuts plus précaires et aux salaires moins coûteux encore. Quelle conception du lien au cœur d’une entreprise, d’une administration, entre employés et employeurs faut-il avoir pour imposer ainsi un tel changement dans les statuts ? Pour défaire sans prévenir (même si nous ne sommes pas surpris) un contrat de travail censé être pérenne ? Est-ce ainsi que se construit un ordre juste ? La conception d’un État minimal à l’œuvre derrière ces décrets met à mal le sens du bien commun, de l’intérêt général, de la continuité dégagée des impératifs de rentabilité, au profit d’une tyrannie qui placera chacun sous pression constante pour travailler plus (mais pas mieux, quand c’est ce dont nous aurions collectivement besoin). Chacun a pourtant le droit de vivre et de travailler en paix, à distance des impératifs financiers des actionnaires et des banques. Fonction publique et néolibéralisme sont nécessairement incompatibles.

    Appauvrissement volontaire des gens, de l’école, de l’État : êtes-vous en train de nous inviter à vivre à distance de l’État ? Peut-être, mais sans doute pas dans le sens qui est le nôtre. Non, nous ne céderons pas à la machine néolibérale hostile à la planète. Non, nous ne nous adapterons pas à cet environnement économique déchaîné contre l’humanité. Non, nous ne voulons pas de la financiarisation généralisée et de la marchandisation de tous les secteurs de la vie. Non, l’argent, cette fiction délirante à laquelle vous croyez dur comme fer, ne sera pas l’unique polarité orientant nos existences. Oui, nous voulons que ce système cède, qu’il se repense, qu’il s’adapte aux êtres humains et non l’inverse. Oui, nous sommes en quête d’un horizon commun, ouverts à un infini véritablement universel. Peut-être est-ce cela, de vivre à distance de ce qui nous opprime ?

    Nous sommes donc en lutte aujourd’hui, contre ce que vous incarnez, au fond. Nous voulons la fin de cette guerre sociale que vous menez. Nous voulons un pays vivable pour tous, et d’abord pour nos élèves, pour nos enfants.

    Au nom de la solidarité, contre l’individualisme et les petits arrangements entre coquins, qui se multiplient à mesure qu’avance votre mandat.

    Au nom de la paix, aussi, à laquelle chacun a le droit d’aspirer, dans sa vie comme dans son travail. Nous ne pouvons plus accepter que le travail – en tant qu’il est une relation sociale de subordination pour la plupart d’entre nous autant qu’une nécessité de survie puisque, contrairement à vos amis et vous, nous ne sommes pas millionnaires – soit de plus en plus objet de souffrance, de mal-être, de déstabilisation permanente, par la grâce d’un « new public management » pervers et culpabilisateur dont on connaît désormais les effets désastreux (nous n’oublierons ni Christine Renon, ni tous les autres morts du travail, soignants, enseignants, tous en-saignants…). Le travail des gens, ça compte.

    Au nom, enfin, d’un sens des mots enfin restitué, au nom d’une parole vraie, contre votre usage orwellien du langage, que vous videz scrupuleusement de son sens, que vous corrompez cyniquement, avec arrogance et mépris. Contre la barbarie, finalement, qui est ce qui reste quand la parole n’est plus possible. « Confiance », « universel », « équité », « liberté », « révolution » même : ces mots ont un sens, et nous y tenons, car « penser clairement est un premier pas vers la régénération politique » (George Orwell, La politique et la langue anglaise, 1946).

    Vous l’aurez compris, monsieur le Président, c’est sous l’injonction de principes universels, de l’idée d’un monde débarrassé des intérêts particuliers, au sens revivifié, que nous nous adressons à vous. En renonçant au projet de réforme de la retraite par points, en oubliant la réforme des lycées, en cessant de dévoyer les mots, mais aussi en pensant le travail comme une transformation collective du monde, il sera à nouveau possible d’envisager un pays en paix.

    Cette paix est tissée de processus collectifs, des liens nécessaires se construisant par un jeu complexe d’interdépendances, de cheminements, entre les générations, entre les genres composant l’humanité, entre les travailleurs qui se transmettent des gestes, des techniques, un savoir-faire. Cette paix est rendue possible grâce aux contrats de travail respectés, aux serments d’engagement politique tenus, à la fidélité aux déclarations d’amour. Car c’est bien d’amour, vraiment universel, lui, dont il s’agit au fond : amour du travail, dont les pensions de retraite doivent être l’ultime marque de considération et de respect ; amour de l’autre, creuset de la solidarité – qui n’est pas la charité ; amour de l’humanité sans lequel aucune politique ne mérite ce noble nom.

    Nous attendons, mais nous agissons, aussi. Et quoi qu’il arrive, quoi que vous décidiez, les gens mobilisés depuis des mois, animés par une haute idée de la justice sociale, sont d’ores et déjà une formidable promesse de pays vivable. Ils ont entrevu un infini en eux.

    Et pendant ce temps, la banquise continue de fondre.

    #Collectif_Valjean-Vautrin,
    Cité scolaire internationale Honoré de Balzac (Paris)

    https://diacritik.com/2020/01/31/lettre-ouverte-a-emmanuel-macron

  • Le prix d’un pneu et d’un enfant mort. Et les managers à la rue.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2020/02/le-prix-dun-pneu-et-dun-enfant-mort.html

    Se taire. Voilà ce qu’il faudrait être capable de faire. En l’espace de quelques jours, trois faits. Qui disent la brutalité sans fin d’un monde. Laissant espérer qu’il s’agisse d’une brutalité de fin du monde. Car de ce monde là, vraiment, il ne reste plus rien à sauver. Source : affordance.info

    • On pourrait en rire. On pourrait considérer qu’il ne s’agit que de bêtises. Qu’il s’agit de mauvaises histoires, racontées par de parfaits idiots, pleines d’injonctions à se taire et à se soumettre, ne signifiant rien.

      Mais il ne s’agit pas que de bêtises. Mais il ne s’agit pas que d’histoires. Dites trop vite. Articulées avec la volubilité de l’anus d’un cachalot mort. Il s’agit d’un projet de société. D’un vrai. De leur projet de société. Ce projet est simple.

      Matériellement il faut rappeler à chacun se tuant à la tâche que tout cadeau qui lui est fait lui sera repris dès qu’on aura fini de le briser. De le mettre à la rue.

      Humainement il faut rappeler à chacun affrontant la mort d’un proche qu’il ne pourra compter sur rien d’autre que la solidarité de ses collègues qui sont ou bien aussi pauvres que lui, ou bien aussi ses managers ; alors que lui, est à la rue pleurant son enfant mort.

      Politiquement il faut rappeler que chaque parcelle d’espace public sera à son tour gangrénée par le « new public management ». Des managers de rue. (...)

      L’intentionnalité, pourtant, continuait de me crever les yeux. Comme l’intentionnalité de la demande de remboursement des pneus devait crever les yeux des ex salariés de Michelin mais pas ceux des communiquants ou des DRH. Comme l’intentionnalité du fait de demander à d’autres salariés de compenser par des dons l’incapacité de l’entreprise à prendre en charge un congé pour le deuil d’un enfant devait crever les yeux de toutes les personnes concernées mais pas ceux des ministres et députés le demandant. Car eux, ils n’y voyaient aucune intentionnalité. Juste des procédures. Des putains de procédures. Leurs putains de procédures.

      Parce qu’ils étaient des managers.

      Et qu’ils étaient à la rue.

    • Ce qui illustre bien que les lieutenants du macronisme font comme tous les bons ou plutôt pires soldats : ils ne font qu’obéir aux ordres. Tout comme ceux qui remplissaient les trains en partance vers les camps d’extermination.
      #extermination : voilà. C’est bien ça dont il s’agit.

  • Des #lycéens interdits de se présenter à une épreuve de contrôle continu du bac pour avoir manifesté

    Dix-sept élèves d’un #lycée de #La_Rochelle n’ont pas eu le droit de participer à une épreuve de #rattrapage en histoire-géo, après avoir manifesté et tenté de bloquer leur lycée le 20 janvier.


    https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/31/des-lyceens-interdits-de-se-presenter-a-une-epreuve-de-controle-continu-d

    #résistance #répression #blocage #enseignement #éducation

    • « Pour faire suite à votre demande en date du 22 janvier 2020 par laquelle vous souhaitez que votre enfant soit autorisé à se présenter à l’épreuve de rattrapage en histoire-géographie, j’ai le regret de vous faire savoir que je ne peux pas donner une suite favorable », peut-on lire dans ce courrier.

      De fait, après des manifestations le 20 janvier devant l’établissement, auxquelles avaient pris part certains lycées, un grand nombre d’élèves n’avaient pu participer à cet examen. Une épreuve de rattrapage a été organisée dix jours plus tard. Mais, parmi les élèves n’ayant pu participer à l’examen d’origine, 17, se sont vus refuser le droit de participer au rattrapage. Sanctionnés pour avoir manifesté, participé au blocage du lycée...ou s’être abonnés à un compte Instagram appelant au blocage du lycée.

      Tout commence donc le lundi 20 janvier au matin, devant le lycée Valin, où des barricades avaient été installées devant l’établissement en signe de protestation contre la tenue des nouvelles épreuves communes de contrôle continu, les E3C, comme le raconte le quotidien régional Sud-Ouest. Même si le passage n’était pas totalement bloqué, la tenue de l’épreuve d’histoire-géographie a été fortement perturbée. « L’établissement a maintenu l’épreuve alors que les conditions d’accès n’étaient pas assurées, donc il y a eu beaucoup d’absences », observe un parent d’élève. « Le proviseur nous a envoyé un courriel en nous disant que les conditions d’accès seraient garanties et que notre enfant devait être présent à l’épreuve. Si ce n’est pas le cas, c’est un zéro assuré sans recours possible au rectorat. Ce matin, il est venu dire qu’il fallait entrer à tout prix. Je ne vais pas envoyer ma fille sur les barricades », expliquait ainsi une maman d’élève à Sud-Ouest.

      De fait, le proviseur Fabrice Pelletier avait envoyé un mail à l’attention des élèves concernés, avertissant des sanctions en cas d’absence : « Depuis le début de la semaine, nous observons quelques manifestations de protestation et notamment un appel à bloquer l’établissement lundi matin. Les E3C sont programmées et vont bien se dérouler comme prévu. Les absents se verront réglementairement attribuer la note de zéro. Aucun recours au rectorat ne pourra modifier cette règle. »

      Le lendemain, 19 minutes avant le début des épreuves, le proviseur réitère son avertissement : « Nous sommes à une demi-heure des épreuves, je vous rappelle que tous les élèves absents aux épreuves E3C sans justificatif valable ne seront pas admis à la session de rattrapage. Je vous invite à rejoindre maintenant les salles d’examen. » Sur une photo prise par Xavier Léotye et publiée dans Sud-Ouest, on aperçoit Fabrice Pelletier au milieu des élèves mobilisés en train d’aider une jeune fille à passer par dessus la grille. « Il a réussi à en faire passer quelques-uns », remarque le photographe.

      17 élèves non autorisés à participer au rattrapage
      Au total, sur les 450 élèves convoqués ce jour-là, 27% d’entre eux ont été absents à l’examen, soit environ 120 élèves. D’où la tenue d’une épreuve de rattrapage en histoire-géographie, qui avait lieu ce jeudi. A laquelle 17 élèves se sont donc vu refuser par courrier le droit de se présenter.

      Pour justifier cette décision, le proviseur s’appuie sur l’article 12 de l’arrêté du 16 juillet 2018 relatif aux modalités d’organisation du contrôle continu, qui précise : « En cas d’absence pour cause de force majeure dûment constatée à une épreuve commune de contrôle continu, le candidat est convoqué à une épreuve de remplacement dans les conditions fixées à l’article 4. »

      Dans 17 cas, le proviseur a donc estimé que l’absence lors de la première épreuve n’était pas motivée par une raison de « force majeure ». Parmi les arguments invoqués pour justifier cette décision, expliqués dans les différents courriers envoyés : le fait d’avoir participé aux manifestations ou/et au blocage du lycée. Mais aussi, de façon plus surprenante, le fait de s’être abonné au compte Instagram @BlocusValin, toujours en ligne à l’heure où nous écrivons ces lignes et qui appelait au blocage du lycée Valin il y a déjà deux semaines.

      « Par ailleurs, son profil Instagram s’est abonné ce jour-là au compte @BlocusValin. Ainsi, le caractère imprévisible n’est pas démontré », écrit dans plusieurs courriers envoyés le proviseur du lycée, en s’appuyant sur les trois critères prouvant qu’une absence relève d’un cas de force majeure : elle doit être « extérieure », « irrésistible » et « imprévisible ».

      Les 17 courriers envoyés se terminent de la même façon : « Il convient dès lors d’appliquer le dernier alinéa de l’article 12 de l’arrêté du 16 juillet 2018 », qui explique que l’absence ne relève pas d’un cas de force majeur, « la note zéro est attribuée au candidat pour l’épreuve auquel il n’a pas assisté ».

      Contacté par CheckNews, un parent d’élève explique : « Ils ont décidé de faire un tri entre les élèves qui ont participé et ceux qui ont subi. Parmi les élèves qu’ils ont reconnus comme bloqueurs, le fait qu’ils soient membres du groupe Instagram a été perçu comme une circonstance aggravante. »

      Plusieurs élèves interrogés par CheckNews ne comprennent pas non plus comment le choix a été fait parmi les manifestants, entre ceux qui sont autorisés à participer au rattrapage et ceux qui ne le sont pas. « Moi, par exemple, j’étais abonné au compte Instagram, mais on ne me l’a pas reproché », dit l’un, qui explique également s’être présenté ce jeudi matin à l’examen de rattrapage, mais s’être vu refuser l’accès car non inscrit sur les listes. « Nous, on manifestait pour avoir des examens plus justes. Et on nous répond avec plus d’injustice encore. Je savais que je risquais un zéro, mais je ne comprends pas pourquoi seulement une vingtaine d’élèves ont été pénalisés. J’ai l’impression qu’ils ont choisi un peu au pif », estime une autre élève de première, qui n’a pas non plus pu participer au rattrapage.

      Joint par CheckNews, le proviseur du lycée nous a redirigés vers le rectorat de Poitiers. Qui n’a, pour l’heure, pas répondu à nos sollicitations.

    • Répression policière contre des lycéens à Strasbourg

      200 lycéens et des enseignants, soutenus par des gilets jaunes et des militants CGT, bloquaient le lycée Marie-Curie ce matin vers 7h pour protester contre le nouveau bac. La police est intervenue violemment et a interpellé trois jeunes.
      Pendant ce temps, le ministre Blanquer, attendu à Strasbourg ce jeudi, décommandait sa venue. Courageux mais pas téméraire, d’autant que cet après-midi à 14 h rendez-vous avait été donné pour une nouvelle manifestation intersyndicale et Gilets jaunes, place de la Bourse. L’occasion de crier notre refus de la casse des retraites solidaires et de protester contre la répression policière.

      https://la-feuille-de-chou.fr/archives/104338

      #Strasbourg #répression_policière

  • « La prochaine offensive du patronat et de #Macron sera de supprimer les congés payés. La #CFDT clamera victoire car cela sera effectif qu’à partir de 2036. »
    Ce syndicat de patrons propose de stocker des congés pour partir plus tôt à la retraite !
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/francois-asselin-cpme-conges-retraite_fr_5e330d0ac5b6f2623325f99b

    François Asselin, patron de la CPME, estime qu’il faudra travailler plus intensément pendant la vie active... pour pouvoir travailler moins longtemps sur toute une vie.

    • Malin. Mais je propose mieux ! Le travail 24/24 et on a le droit de stocker les heures de sommeil pour la retraite.

      Ils sont géniaux.

      Un peu d’audace, allons plus loin !

      Ne perdons pas plus de temps en mesures sociales hostiles à l’entreprise : supprimons les congés payés et la retraite qui font vieillir bien trop vite les travailleurs. Hop.

  • La violence aveugle | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/250120/la-violence-aveugle

    Tout se passe comme si, pour Emmanuel Macron et son gouvernement, la légitimité de l’élection présidentielle rendait légitime toute action du président. La monarchie républicaine l’autorise à contourner le débat parlementaire pour faire passer ses réformes, mais aussi à réprimer violemment la contestation dans la rue, en même temps qu’à vouloir brutalement mettre au pas les médias : la République ne s’encombre guère de démocratie. C’est ainsi que le pouvoir actuel peut s’aveugler, ou du moins chercher à nous aveugler, à l’aveuglante évidence des violences perpétrées par sa police.

    Reste à s’interroger : Emmanuel Macron n’est-il pas en retour aveuglé lui-même par les violences gouvernementales qu’il autorise tout en les déniant ? Il n’a pas été élu pour mener la France, à marche forcée, vers le capitalisme des fonds de pension : sondages et mobilisations contre la réforme des retraites le confirment. Les Français n’ont pas voté pour BlackRock, mais contre le Rassemblement national. Emmanuel Macron l’a emporté, non pour son néolibéralisme (économique), mais au nom du libéralisme (politique) : c’était pour faire barrage à la « démocratie illibérale », à la manière du Hongrois Viktor Orban, qu’incarne en France Marine Le Pen. Mais ce régime, qui ne tient aucun compte des avertissements répétés de son Défenseur des droits, et de toutes les institutions, en France et à l’étranger, qui s’inquiètent de ses dérives violentes, n’est-il pas en train de sombrer dans l’illibéralisme dont il prétend nous protéger ? Le président de la République ne fait-il pas le lit du Rassemblement national ? L’extrême droite au pouvoir ne pourrait-elle pas se contenter de marcher sur ses traces ?

    Le président croit-il vraiment, par la manière forte, nous préserver du Rassemblement national – et sous cette menace, sauver son régime ? Contre les mouvements sociaux, Emmanuel Macron s’enivre d’aller de victoire en victoire ; ce pourrait bien être jusqu’à la défaite finale dans les urnes. Il paraît que les dieux aveuglent ceux qu’ils veulent perdre. Au royaume des aveugles, la lucidité est plutôt du côté des éborgnés.

    Sur le lien entre #répression et vision étriquée de la #démocratie. Bref, #macronisme.

    @val_k, ne t’arrête pas à

    Certes, le gouvernement vient d’infléchir son discours.

    qui risque de t’énerver !

    • Non, Monsieur Macron, nous ne sommes plus en démocratie

      On connaît la formule : « la dictature, c’est ferme ta gueule » ; « la démocratie, c’est cause toujours ». Normalement, ce devrait être pour rire. Le problème, depuis longtemps déjà, c’est que beaucoup de supposés « démocrates » se contentent très bien de la formule : causez toujours. Et c’est vrai : trente ans que « ça cause » – dans le vide : aux gouvernements successifs, tous différents paraît-il, mais qui font tous la même chose. Et tous d’aller de stupéfaction en stupéfaction : TCE 2005, FN 2002 et 2017, Gilets Jaunes. Pour tous ces prétendus médiateurs, les alarmes n’auront pourtant pas manqué depuis vingt ans. Qu’ils s’examinent et s’interrogent : « quel compte réel en aurons-nous tenu ? » Et la réponse à la question éclairera aussitôt le présent politique et ses formes.
      Du côté des pouvoirs, ce ne sont à l’évidence plus celles de la démocratie. Car il n’y a plus de démocratie là où plus rien de ce qui monte de la population n’est écouté. Il n’y a plus de démocratie quand un projet de loi dont tout atteste qu’il est refusé par une écrasante majorité est maintenu envers et contre tout. Il n’y en a plus quand le gros de la population est voué à l’enfoncement dans la précarité. Quand, les uns après les autres, tous les corps de métier se révoltent contre la destruction de leurs conditions d’exercice, et, pour toute réponse, n’obtiennent que les regards vides de leurs directeurs et la continuation de la destruction sans le moindre temps mort.
      C’est pourquoi Emmanuel Macron s’enfonce un peu plus chaque fois qu’il répète que « la démocratie, c’est la parole, pas la violence », quand toute sa pratique du pouvoir atteste que la parole ne sert à rien – et qu’au lieu de son écoute il fait donner la police. Le pays entier gronde, et le pouvoir est sourd – on devrait dire plus exactement : et le pouvoir s’en fout. Ce serait même une définition possible, sinon de la dictature, du moins de la sortie de la démocratie : quand le pouvoir s’en fout.

      C’est ce que les Gilets jaunes ont compris : quand toutes les voies de recours offertes à la parole de la population ont été tentées, depuis si longtemps et en vain, alors il ne reste plus d’autre solution que de faire autre chose. Il n’y a pas de violence politique de rue sans une faillite antécédente, abyssale, de la médiation institutionnelle. De la « démocratie », il ne reste alors plus que la forme vide de l’élection, ultime argument des gouvernants sécessionnistes qui ne veulent plus rien avoir à connaître des gouvernés. « Il a été élu régulièrement », « il est légitime ». Formules creuses d’un pouvoir séparé, qui pensait que « ne pas écouter » suffirait, que l’inertie ferait le reste, mais découvre que non, et n’a plus comme réflexe que de constituer ses opposants en « ennemis de l’Etat », pour leur appliquer une violence policière sans précédent depuis 70 ans, et les dispositions de l’anti-terrorisme. Au reste, tout le monde le sait : du moment où la police mettrait casque à terre, ce pouvoir n’aurait pas une semaine d’espérance de vie, et c’est bien à ce genre d’expérience de pensée qu’on connaît la nature réelle d’un régime politique.

      C’est que le « cause toujours » a, ces derniers temps, beaucoup reçu le renfort du « ferme ta gueule ». Oui, les gueules ont été fermées à coups de LBD, de grenades et de matraques. Mais aussi d’interpellations préventives, de directives aux parquets, de surveillance électronique, de versement de l’état d’urgence dans la loi ordinaire, et pour bientôt : de reconnaissance faciale et de lois de censure numérique. Tout ça mis ensemble commence à faire un tableau. « Essayez donc la dictature », nous enjoint par défi Emmanuel Macron. Comment dire… c’est bien, pour notre malheur, ce qu’on nous fait « essayer » en ce moment. Si une part si importante de la population est dans un tel état de rage, c’est d’abord par les agressions répétées qui lui sont faites, mais aussi parce que, précisément, après tant d’années à avoir été réduite à l’inexistence politique, elle aimerait bien « essayer la démocratie ».

      https://www.humanite.fr/non-monsieur-macron-nous-ne-sommes-plus-en-democratie-683764

  • Une grenade aussi dangereuse va remplacer celle retirée par le ministère de l’Intérieur
    https://www.bastamag.net/retrait-GLIF4-ministere-interieur-christophe-castaner-remplace-par-GM2L-pl

    « Un faux geste sans changement de stratégie », dénonce la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Les raisons de ce scepticisme ? Christophe Castaner a annoncé, le 26 janvier, le retrait immédiat de la GLI-F4, une grenade explosive composée notamment de 26 grammes de TNT. Cette charge explosive a valu à un zadiste et, d’après le décompte du journaliste David Dufresne, à cinq gilets jaunes, de perdre leurs mains, arrachées par l’explosion. La France est le seul pays d’Europe à l’utiliser, selon un rapport (...) En bref

    / #Violences_policières, #Droits_fondamentaux, #Atteintes_aux_libertés

  • ماكرون ليس بطلًا.. ولن نَقِف في صف المُصفِّقين له.. ومُشادّته الكلاميّة المُفتَعلة مع حارس إسرائيلي مسرحيّة مُمِلّة.. وهذه هي أسبابنا | رأي اليوم
    https://www.raialyoum.com/index.php/%d9%85%d8%a7%d9%83%d8%b1%d9%88%d9%86-%d9%84%d9%8a%d8%b3-%d8%a8%d8%b7%d9%8

    Macron n’est pas un héros et nous ne ferons pas partie de ceux qui l’applaudissent. Sa dispute avec un garde israélien est une pièce de théâtre. voilà notre analyse.

    ماكرون ليس بطلًا، ولن يكون، وإذا كان قد أُهين من قبل بعض رجل الأمن الإسرائيليين، فإنّه يستحق هذه الإهانة، لعلها تذكّره هو وغيره من الزّعماء الغربيين بمواقفهم المُنحازة للاحتلال الإسرائيلي وجرائمه، وهُم الذين ظلّوا لعُقود، يُلقون علينا مُحاضرات حول فوائد الجُنوح للسّلام، والحِوار مع العدو، وعندما فعل البعض منّا ذلك، وسقطوا في المِصيَدة، جرى التخلّي عنهم، بل ومُطالبتهم بالتّنازل بالكامل عن جميع حُقوقهم في الأرض والكرامة، وإلا فإنّهم يُعادون الساميٍة، ويكفي الإشارة إلى تأخّر الرئيس الفرنسي ساعات عن لقاء نظيره الفِلسطيني، وهو مَوقفٌ يفتقد إلى اللّياقةِ بأشكالها كافّة.
    لن تخدعنا هذه المُشادّة، ولن تدفعنا للتّصفيق لماكرون أو غيره، فمن يقِف في خندق الاحتلال، ويُشَجِّع مُمارساته الإجراميّة بدعمه أو صمته، هو مُعادٍ للساميّة العربيّة والإسلاميّة، بل وللإنسانيّة جمعاء، وقَطعًا لن يدوم هذا الوضع، وساعتها لن ينسى الشّعب الفِلسطيني من وقَف معه، ومن وقف مع عدوّه، وحينها لكُلِّ حادثٍ حديث.

    #palestine #macron

  • #Benalla : un témoin clé implique l’Elysée dans l’affaire des coffres - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/220120/benalla-un-temoin-cle-implique-l-elysee-dans-l-affaire-des-coffres?onglet=


    #saison_10
    #episode_1

    L’affaire Benalla prend encore une nouvelle dimension. Un témoin clé a impliqué, mardi 21 janvier, lors d’une audition devant la Brigade criminelle, plusieurs membres de la présidence de la République dans la disparition de deux coffres-forts appartenant à l’ancien chargé de mission d’Emmanuel #Macron, selon des informations recueillies par #Mediapart.

    Militaire de carrière qui a fréquenté Alexandre Benalla à l’été 2018, avant de prendre ses distances avec lui, Chokri Wakrim a été entendu, mardi 21 janvier 2020, pendant près de douze heures par les enquêteurs chargés d’élucider l’un des plus épais mystères de cette affaire à tiroirs : la disparition, au lendemain des révélations du Monde du 18 juillet sur les violences de la Contrescarpe, d’un #coffre-fort que Benalla conservait à son domicile d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

    • “Alexandre Benalla lui aurait alors indiqué qu’il s’agissait de données « sensibles » sur la campagne électorale, ainsi que sur le président et son épouse, notamment des « relevés bancaires ». Prudent, Chokri Wakrim a toutefois précisé aux enquêteurs ne pas avoir pu le vérifier par lui-même.”

      “ par Mediapart, Alexandre Benalla s’est contenté de répondre par des emojis « mort de rire » et « bisou », en plus de quelques considérations déplacées sur notre rédaction.”

      Véridique il a même Twitté l’échange ce...

  • Emmanuel Macron a déclaré avoir demandé au ministère de l’Intérieur de lui faire des « propositions » pour améliorer la « déontologie » des forces de l’ordre. « Des comportements qui ne sont pas acceptables ont été vus ou pointés », a-t-il affirmé. Plusieurs syndicats de policiers ont dénoncé les propos du chef de l’État en mettant en avant les violences contre les agents des forces de l’ordre. Ces derniers jours, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert trois enquêtes pour des faits commis lors de la manifestation parisienne de jeudi dernier contre la réforme des retraites. Le procureur de la République de Toulouse a ouvert hier une enquête préliminaire sur le croche-pied d’un policier à une manifestante samedi à Toulouse. Le parquet de Paris a ouvert la semaine dernière une information judiciaire pour « homicide involontaire » au sujet du décès de Cédric Chouviat à la suite d’un plaquage au sol par des policiers à Paris.


    http://www.urtikan.net/author/cambon
    Entre 1999 et 2019, 65 personnes ont perdu un œil du fait de l’usage d’un lanceur de balles de défense (LBD) ou d’une grenade de désencerclement par la police – dont 16 pour la seule année 2019 –, d’après un décompte publié en décembre par le collectif de lutte contre les violences sécuritaires Désarmons-les. Le journaliste David Dufresne, qui recense les violences policières depuis le début du mouvement des « Gilets jaunes », a répertorié plus de 800 signalements entre novembre 2018 et décembre 2019, ayant notamment provoqué deux décès et cinq pertes de main. En juin dernier, dans son rapport annuel, l’IGPN notait que la moitié des 1 180 enquêtes judiciaires ouvertes à l’encontre de policiers en 2018 concernaient des faits de violences volontaires.
    Dessin de Cambon pour #Urtikan.net

  • Quelle « violence légitime » ?, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 14 janvier 2020)
    https://blog.mondediplo.net/quelle-violence-legitime

    Les confirmations, comme la pourriture du poisson, venant toujours par la tête, le plus effrayant est à situer tout en haut. Dans le bureau du préfet de police de Paris, il y a un individu comme on n’en avait pas vu depuis Papon — rappel que l’histoire ne passe jamais complètement. L’opinion ne s’y trompe pas quand tous les faits, gestes, attitudes, dégaines, rictus, sourires du préfet Lallement la renvoient irrésistiblement à des évocations de l’Occupation, c’est-à-dire génériquement à une époque sommet de la violence pulsionnelle d’institution. Le sentiment de licence est tel que l’usuelle limitation de l’expression au registre corporel, protectrice puisqu’on ne peut rien lui faire dire formellement, a cédé à son tour, et livré passage à l’explicite : « nous ne sommes pas dans le même camp », « les partis contestataires ». Tout le monde maintenant, sauf peut-être Anne Sinclair, connaît les propos du préfet Lallement. Là où d’habitude c’est le black bloc qui défonce, ici la ruine de la vitrine aura été autoadministrée. En deux phrases confirmant tous les sourires tordus, la fiction de « la police gardienne de l’ordre républicain » a volé en éclats.

    #macron #lallement #luttes #violences-policières

  • Emmanuel Macron répond sèchement à un enseignant opposé à la réforme des retraites : « Vous n’êtes pas sympathique, ni respectueux »
    https://www.francetvinfo.fr/economie/retraite/reforme-des-retraites/emmanuel-macron-repond-sechement-a-un-enseignant-oppose-a-la-reforme-de

    Vous patachonnez dans la tête. Vous mélangez tout. Ça n’a rien à voir.
    Emmanuel Macron

     ??? mais ???

    cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Patachon

    Un #patachon était, aux xviiie et xixe siècles, un #conducteur ou une personne affectée au service ou à la garde d’une patache, sorte de #diligence de mauvaise qualité, lourde et lente. Il désignait aussi un douanier ou un membre de l’administration fiscale affecté à un navire de service, lui aussi appelé #patache.

    Les patachons, toujours en route, étant réputés mener une vie déréglée et boire beaucoup ; l’expression mener une vie de patachon est restée dans la langue française.

    NB : En #jargon_cheminot, un patachon était un train de marchandise non prioritaire.

  • Sortir des clous et des nasses...

    POURQUOI MACRON NE CÉDERA PAS
    Par Ian Manook, écrivain

    Macron ne cédera rien parce qu’il n’est pas là pour gouverner. Il n’est même pas là pour être réélu et encore moins pour faire une carrière politique. Il se fout de tout ça, et donc il se fout de ce qu’on pense ou dit de lui, de sa cote de popularité, de son avenir politique, il se fout de tout ça. Macron est un condottiere mandaté par des commanditaires pour détricoter et privatiser tout ce qui est collectif et solidaire en France. Et sa récompense ne sera pas d’être réélu ou de prendre place dans le paysage politique français, sa récompense sera d’aller siéger dans tous les conseils d’administration des sociétés qu’il aura privatisées pour ses commanditaires. Ce n’est rien d’autre qu’un homme de main qui obéit à des ordres et qui a agi en deux temps : en pourrissant l’État français de l’intérieur sous un Hollande complètement manipulé, et en prenant ensuite prétexte de ce pourrissement pour mener à bien son pillage en règle de l’état. Voilà pourquoi il se moque de tous ces scandales à répétition le concernant et concernant son gouvernement. Voilà pourquoi nous avons un gouvernement « de crise » composé sans vergogne à moitié de millionnaires, voilà pourquoi il garde un Président de l’Assemblée mis en examen, pourquoi sa ministre de la justice peut dire en rigolant qu’elle a juste oublié de déclarer trois appartements au fisc. Voilà pourquoi il met sans honte un voyou à la tête de la police et autorise à cette police des comportements de voyous. Voilà surtout pourquoi il ne cède et ne cédera devant aucune grève. Parce qu’il s’en fout. Il se fout de vous, il se fout du pays, il se fout de la misère et de la pauvreté, il se fout des éborgnés et des amputés par sa police. Il s’en fout. Il détricotera tout jusqu’au bout sans écouter personne, sans état d’âme, et ne pense qu’à la fortune personnelle que chaque action contre le bien public lui garantit. Et il partira en laissant un pays épuisé et exsangue, trop sonné pour se défendre contre le plus violent des systèmes de finance ultralibérale qu’on puisse imaginer. Il laissera tomber tout le monde. Le pays comme ceux qu’il aura manipulés pour en faire ses pires factotums et qui, seuls, devront affronter la vengeance populaire. Voilà pourquoi il ne cède et ne cédera pas, et voilà pourquoi la seule façon de le faire céder est de nous montrer plus obstinés, plus jusqu’au-boutistes, plus tenaces et plus violents que lui. Nous ne pouvons plus rester sur le terrain politique. Le seul mouvement qui l’ait ébranlé, c’est celui des Gilets Jaunes, parce qu’il l’a désarçonné là , politiquement et sur le terrain, où il ne s’y attendait pas. En un an, il a neutralisé ce danger en le ramenant dans les mains de ceux qui défilent dans les clous, dans des couloirs et dans des nasses où ils acceptent pratiquement de se faire tabasser. Il faut sortir des clous. Disperser le mouvement, redéfinir les manifestations. Sortir des clous et des nasses. Il faut qu’enfin se bougent ceux pour qui nous nous battons vraiment, étudiants et lycéens. Il faut reprendre les ronds-points, les ponts, les périphériques, éclater les défilés dans les villes et dans le pays. Le forcer à disperser et affaiblir ses milices. C’est une question de survie du pays. Il a déjà entrepris la privatisation des hôpitaux, de la SNCF, des gares, des aéroports, des barrages, de la Sécu. Il s’attaque à celle des routes, de la police, des universités, de la culture, de la justice. Cet homme ne veut plus d’état, sinon pour l’armée et la police, et nous savons tous qu’un tel état s’appelle une dictature.

    source : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1038898769802056&set=a.188909871467621&type=3&theater
    archive : https://web.archive.org/web/20200114062710/https://m.facebook.com/photo.php?fbid=1038898769802056&set=a.188909871467621&type=3&theater

    #envolée_littéraire #lucidité_éphémère

  • De la collaboration avec le pouvoir politique, à la trahison de la lutte ouvrière, une constante de la CFDT !
    https://blogs.mediapart.fr/leo-mira/blog/120120/les-pitreries-de-laurent-berger

    La déclaration de Laurent Berger, « Nous avons obtenu le retrait de l’âge pivot, une victoire pour la CFDT » est non seulement clownesque, mais méprisante envers ces femmes et ces hommes qui depuis 38 jours font le sacrifice de leurs salaires et de leur vie privée, en particulier durant la période des fêtes de fin d’année, dans un combat exemplaire ; seul capable de faire bouger un pouvoir arrogant et indifférent à la volonté populaire. Si ce leader bureaucrate considère que cette fausse concession préparée dans les salons des ministères est une victoire pour sa chapelle, la lutte menée par les milliers d’ouvriers et d’employés des secteurs public et privé, soutenus par la CFE-CGC, la CGT, FO, FSU, Solidaires, l’UNEF, l’UNL, s’inscrit, elle, dans la défense de l’intérêt général face à une réforme dictée par les intérêts du MEDEF et des fonds de pensions. Les pitreries d’un acteur médiocre dans cette guignolesque comédie, scénarisée sur les plateaux de télévision, pourraient faire rire s’il ne s’agissait pas d’un enjeu majeur pour le pays. Rompre avec un système de retraite basé sur la solidarité, pour le remplacer, à terme, par un système fondé sur l’individualisation au profit de l’assurance privée ; c’est cette logique financière que veulent nous imposer la macronie et Laurent Berger. Vouloir briser la grève par cette manœuvre politico-syndicale est non seulement grotesque, mais aussi indigne d’une centrale syndicale qui se prétend être la première de France.

    Berger salue la décision du gouvernement de revenir sur l’#AgePivot Tiens, Tiphaine Auzière, la fille de Brigitte #Macron est avocate de la CFDT !
    On rétablit l’esclavage et on négocie le poids des chaînes en famille !

    #greve11janvier #Retraites