• Les investisseurs floués par Madoff commencent à revoir leurs millions Valérie Demierre-Bueler - 3 Décembre 2018 - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/10040838-les-investisseurs-floues-par-madoff-commencent-a-revoir-leurs-millions.

    Dix ans après l’éclatement de l’affaire Madoff, dont la pyramide financière s’est écroulée en 2008, les milliers de victimes de l’investisseur américain véreux commencent à récupérer une partie de leur agent.

    11 décembre 2008, le monde de la finance tombe des nues. Bernard Madoff, que l’on surnommait le magicien de Wall Street, n’est en réalité qu’un escroc. Il vient d’avouer au FBI n’avoir jamais investi l’argent de ses clients. A la place, il a créé le plus grand schéma de Ponzi au monde, la plus grande arnaque de la planète. D’un coup 65 milliards de dollars disparaissent.

    Des dizaines, des centaines de milliers d’investisseurs se sont fait berner. Dix ans plus tard, alors que l’on pensait cet argent définitivement disparu, certaines victimes commencent à recevoir des remboursements. En Suisse, 1136 personnes en ont déjà bénéficié, selon un fonds américain d’aide aux victimes. Au niveau mondial, 37’000 personnes ont touché un dédommagement.

    Deux sources de remboursement
    De l’argent venu des Etats-Unis, où deux sources de remboursement ont été mises en place. La première est un fonds de solidarité d’aides aux victimes (Madoff Victim Fund) doté de 4 milliards de dollars, la moitié environ a déjà été distribuée.

    La seconde fonctionne via un fonds comprenant la liquidation des biens ayant appartenu à Bernard Madoff. En tout, 13,3 milliards de dollars ont été récupérés. Tous ses biens personnels ont été vendus aux enchères et ses comptes en banque transférés. Mais surtout, beaucoup d’argent a été récupéré auprès de ceux qui en avaient gagné grâce à lui. Des établissements financiers et des amis proches.

    « On est surpris par ce qui a pu être récupéré, confirme Stéphane Garelli, professeur à l’IMD, un institut de management basé à Lausanne. C’est certainement satisfaisant pour ceux qui vont recevoir de l’argent. Mais c’est probablement les plus gros qui vont en bénéficier, les banques, les fonds d’investissements. C’est d’ailleurs devenu une véritable industrie. Mais n’oublions pas que Madoff a aussi arnaqué de petites gens et je ne pense pas qu’ils ont récupéré ce qu’ils ont perdu à l’époque. »

    Caisses de pension de l’Etat de Vaud en partie remboursées
    Quelques victimes genevoises nous ont confirmé avoir commencé à recevoir des remboursements. Pour l’instant, ils oscillent entre 10 et 20% de leurs pertes. Les caisses de pension de l’Etat de Vaud avaient perdu 7 millions. A ce jour, elles en ont déjà récupéré 60%.

    D’autres investisseurs ont récupéré plus encore. Des victimes qui se sont lancées dans une procédure judiciaire contre l’établissement financier qui leur avait vendu des fonds Madoff. Me François Canonica qui les a représentées estime qu’elles vont pouvoir retrouver pratiquement 70% de l’argent disparu. « Ils vont retrouver 30% en raison de la procédure judiciaire entamée à Genève. Ils espèrent retrouver 10% via le Madoff Victim Fund et entre 10, 15, voire 40% grâce à leur droit au dividende. Donc pratiquement 70%. Certains ont même retrouvé 100% dans des affaires contre des banques qui ont transigé immédiatement. C’est satisfaisant, mais cela ne s’est pas fait sans souffrance ».

    Des avocats qui s’enrichissent
    A New York, des voix dénoncent la face sombre de ce système de remboursement. Une avocate estime que le processus prend trop de temps et que tout l’argent récupéré ne va pas directement aux victimes. « Le cabinet d’avocat chargé de la liquidation est aujourd’hui plus riche que Madoff l’était à l’époque, détaille Helen Chaitman, avocate et aussi victime. Il a déjà perçu 1 milliard de dollars pour organiser ces remboursements et ce n’est pas fini. »

    Bernard Madoff est aujourd’hui enfermé jusqu’à la fin de ses jours dans la prison de Butner en Caroline du Nord. Il a été condamné à une peine de 151 ans. Quant à ses victimes, elles ne retrouveront jamais l’entier de leur argent envolé.

    #finance #pyramide_de_ponzi #madoff #bankers #escroquerie #arnaque #criminalité_financière


  • Affaire Kerviel : la Société générale jugée fautive
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/09/24/affaire-kerviel-la-societe-generale-jugee-fautive_5002795_3224.html

    Ça n’a l’air de rien, mais après huit ans de procédure, deux procès en correctionnel, deux condamnations pénales, une cassation sur les intérêts civils et un troisième procès uniquement civil, c’est la première fois, vendredi 23 septembre, que la justice rend une décision compréhensible pour l’opinion publique dans l’affaire Kerviel.

    En trente pages sèches, l’arrêt de la cour d’appel de Versailles qui condamne Jérôme Kerviel à verser un million d’euros de dommages et intérêts à la Société générale, sur les 4,9 milliards d’euros de pertes subies par la banque, replace chacun dans ses responsabilités : à l’ancien tradeur, l’entière faute pénale telle que l’ont établie le tribunal correctionnel et la cour d’appel de Paris ; à la Société générale, la plus grosse part de la responsabilité civile, puisque les défaillances de ses contrôles ont concouru à la gravité du préjudice qu’elle a subi.

    Cette nouvelle lecture a été rendue possible grâce au revirement de jurisprudence opéré par la Cour de cassation dans son arrêt Kerviel du 19 mars 2014. Tout en confirmant la condamnation de l’ancien tradeur à cinq ans d’emprisonnement dont trois ferme pour « abus de confiance, faux, usage de faux et introduction de données frauduleuses », elle avait cassé le volet civil, en donnant aux juges, pour la première fois en matière d’atteinte aux biens, un pouvoir d’appréciation souverain sur la responsabilité « causale » de la victime dans le préjudice subi.

    « Choix managériaux »
    Chaque paragraphe de l’arrêt de Versailles est rédigé de manière à ne laisser…

    … le reste derrière #paywall

    • Ça n’a l’air de rien, mais après huit ans de procédure, deux procès en correctionnel, deux condamnations pénales, une cassation sur les intérêts civils et un troisième procès uniquement civil, c’est la première fois, vendredi 23 septembre, que la justice rend une décision compréhensible pour l’opinion publique dans l’affaire Kerviel.

      En trente pages sèches, l’arrêt de la cour d’appel de Versailles qui condamne Jérôme Kerviel à verser un million d’euros de dommages et intérêts à la Société générale, sur les 4,9 milliards d’euros de pertes subies par la banque, replace chacun dans ses responsabilités : à l’ancien tradeur, l’entière faute pénale telle que l’ont établie le tribunal correctionnel et la cour d’appel de Paris ; à la Société générale, la plus grosse part de la responsabilité civile, puisque les défaillances de ses contrôles ont concouru à la gravité du préjudice qu’elle a subi.

      Cette nouvelle lecture a été rendue possible grâce au revirement de jurisprudence opéré par la Cour de cassation dans son arrêt Kerviel du 19 mars 2014. Tout en confirmant la condamnation de l’ancien tradeur à cinq ans d’emprisonnement dont trois ferme pour « abus de confiance, faux, usage de faux et introduction de données frauduleuses », elle avait cassé le volet civil, en donnant aux juges, pour la première fois en matière d’atteinte aux biens, un pouvoir d’appréciation souverain sur la responsabilité « causale » de la victime dans le préjudice subi.

      « Choix managériaux »

      Chaque paragraphe de l’arrêt de Versailles est rédigé de manière à ne laisser prise à aucune ambiguïté d’interprétation par l’une ou l’autre des parties, qui s’opposent dans une guerre judiciaire, et surtout médiatique, sans merci.
      A propos des « manquements » de la banque, la cour relève qu’ils « ne témoignent pas de négligences ponctuelles mais de choix managériaux qui ont ouvert à un salarié malintentionné comme Jérôme Kerviel un large champ d’action où il a pu développer ses agissements délictueux ».

      « Formé au sein des structures de la banque, Jérôme Kerviel en avait repéré les failles qu’il a ensuite exploitées pour concevoir et couvrir ses activités frauduleuses. C’est son parcours personnel au sein de la Société générale, notamment au middle office, qui lui a donné une connaissance très fine des systèmes qu’il a ensuite utilisés pour développer et dissimuler ses agissements », ajoute l’arrêt.

      « Organisation défaillante »

      Mais, souligne la cour, « quelles que soient la ruse et la détermination de l’auteur des faits, ou la sophistication des procédés employés, un tel préjudice n’aurait pas pu être atteint sans le caractère éminemment lacunaire des systèmes de contrôle de la Société générale, qui ont généré un degré de vulnérabilité élevé ».

      « Cette organisation défaillante et cette accumulation de manquements en matière de sécurité et de surveillance des risques, qui préexistaient aux faits, ont permis la commission des délits et retardé leur détection. » Elles ont également « eu un rôle causal essentiel dans la survenance et le développement du préjudice jusqu’à un seuil critique. C’est ainsi qu’a pu se créer une situation en tout point exceptionnelle, à la fois par l’ampleur du dommage et par les risques qu’elle a fait peser sur l’ensemble de l’économie ».

      La cour refuse toutefois de remettre en cause le montant de ce préjudice, contesté par la défense de Jérôme Kerviel, en rejetant la demande d’expertise qu’elle avait formulée.
      « Dès lors, conclut l’arrêt, si les fautes pénales commises par Jérôme Kerviel ont directement concouru à la production du dommage subi par la Société générale, les fautes multiples commises par la banque ont eu un rôle majeur et déterminant dans le processus causal du très important préjudice qui en a découlé pour elle. »

      Tradeur « malintentionné »

      La cour ne suit pas pour autant les réquisitions de l’avocat général Jean-Marie d’Huy qui avait estimé que la banque devait être reconnue « entièrement responsable » de son préjudice. En condamnant Jérôme Kerviel à ne payer qu’un million d’euros sur les 4,9 milliards d’euros de préjudice, elle souligne que la banque doit assumer aux yeux de la société le prix de sa propre faute.

      Elle rappelle, comme l’avait relevé avant elle la Commission bancaire, que les règles de sécurité que la Société générale a violées ne sont pas seulement destinées « à protéger la banque et l’intérêt de ses actionnaires mais aussi l’ensemble du système bancaire et la confiance des citoyens dans celui-ci ». A charge donc, pour l’administration fiscale de voir désormais si la ristourne fiscale de 2 milliards d’euros obtenue par la Société générale doit être ou non remise en cause.

      Mais en demandant à Jérôme Kerviel de payer une somme à échelle « humaine », la décision de la cour d’appel de Versailles ouvre à la Société générale la possibilité d’en exiger le remboursement, ce qui n’était pas envisageable pour un montant de 4,9 milliards d’euros.

      La banque ne va pas s’en priver, qui entend saisir les revenus que son ex-employé pourrait tirer de l’exploitation de son affaire en droits d’auteur sur son livre ou sur le film qui s’en est inspiré. Elle le ramène au statut beaucoup plus commun d’ancien tradeur « malintentionné » et non pas à celui de martyr du système bancaire qu’il s’est construit.

    • Affaire du Sentier II
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Sentier_II

      Après plus de sept années de procédure, un procès fleuve s’est tenu entre février et juin 2008, procès clôturé par un jugement du Tribunal de Grande instance de Paris, en date du 11 décembre 2008. (...)

      la profession bancaire a fait valoir qu’un éventuel défaut de vigilance relève de la compétence des autorités de contrôle (Commission Bancaire, Banque de France) et non du juge pénal. C’est cette thèse qui a finalement été retenue par les magistrats du TGI de Paris.

    • « Je tablais sur deux ans de prison, comme dans la jurisprudence des années 80. Je pris 150 ans. Ce fut un tremblement de terre. Rien à voir avec une quelconque justice. On m’a fait un procès en sorcellerie. C’est une habitude chez mes concitoyens : quand ils ne supportent plus de se regarder dans une glace, ils brûlent une sorcière, et repartent ensuite, exorcisés, l’âme en paix et le regard clair. Mais je ne me reconnais pas dans ce rôle de sorcière que l’on veut me faire jouer, à contre-emploi. Je ne suis pas un criminel. Je suis l’un des fondateurs de la nouvelle économie. »

      En entrant dans ce « rêve », le lecteur entre dans la peau d’un des personnages les plus décriés de cette dernière décennie, Bernard Madoff. Issu d’une famille modeste, #Madoff incarne l’American Dream. Dès 1960, il flirte avec l’illégalité pour devenir ce qu’il a toujours souhaité être  : riche et influent. Dans les années 90, grâce à des fonds d’investissements privés, il devient l’un des hommes les plus courtisés de la planète. Mais bientôt, la crise des #subprimes ébranle le système. Madoff est jugé coupable. La faillite est totale : il écope de 150 années de prison ferme. À la fois vainqueur et victime d’un système  ? L’auteur montre que l’époque ne pouvait que favoriser ce type d’escroquerie. L’ère Reagan, en supprimant les contrôles, facilite les #transactions. Madoff n’est que le maillon d’une chaîne, l’un des noeuds d’un système qui avait déjà tissé sa toile : la puissance du marché. S’il est économique, politique et social, le prisme adopté par l’auteur est aussi personnel : reclus en prison, Madoff déroule sa propre vie sous forme de flash-back. Et cette vie, qu’il aura voulu héroïque, n’est que le symptôme d’une culture qui a fait de son émergence un mythe fondateur : celui du pionnier, de l’aventurier.

      #dominique_Manotti
      http://www.editions-allia.com/fr/livre/649/le-reve-de-madof


  • http://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2013/12/30/jacques-attali-madoff-et-les-gouvernements-occidentau

    Jacques Attali : “Madoff et les gouvernements occidentaux font la même chose”
    « Au fond, la seule différence entre Monsieur Madoff et les gouvernements occidentaux, c’est que Monsieur Madoff est en prison, à part ça ils font la même chose (…) Une nouvelle crise aura lieu. Regardez les chiffres : Partout la dette publique augmente, partout la planche à billets fonctionne, partout les moteurs réels de la croissance, qui devraient être le progrès technique, ne fonctionnent pas… »

    http://www.dailymotion.com/video/x18zxlr_attali-une-nouvelle-crise-aura-lieu_news

    #Jacques-Attali
    #Madoff
    #gouvernements-occidentaux


  • La revue d’#gibier : Le scandale Madoff, cinq ans après, Actualités
    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203182571573-la-revue-d-gibier-le-scandale-madoff-cinq-ans-apres-636502.ph

    Cinq ans jour pour jour après l’arrestation du plus grand escroc du siècle, le procès de ses collaborateurs réserve encore des surprises.

    L’arrestation du plus grand escroc financier des temps modernes remonte exactement à cinq ans. Celui qui avait monté une fraude sur plus de 65 milliards de dollars, en utilisant une pyramide de Ponzi, vieille forme d’escroquerie financière, purge ses 150 ans de prison tandis qu’à New York le procès de cinq de ses ex-employés se poursuit. Leurs témoignages ont apporté de nouveaux éclairages sur l’état d’esprit de Bernie Madoff avant son arrestation. On y apprend qu’il avait planifié depuis plusieurs années l’inéluctable moment où sa supercherie serait découverte, et couché sur le papier sa stratégie pour éviter d’être obligé de passer devant ses 200 salariés avec des menottes. Frank DiPascali, un de ses plus proches cadres, entré dans la compagnie en 1975, à l’âge de 19 ans, raconte que son patron lui révéla le pot aux roses lors d’une réunion le 3 décembre 2008, une semaine avant son arrestation, et lui lâcha, en larmes : «  Je suis au bout du rouleau  ». L’écroulement du système fut plus rapide que Madoff ne l’avait prévu. Il n’en informa sa femme Ruth que la veille d’être arrêté, le jour de la fête annuelle de la firme, alors qu’elle était venue le rejoindre au bureau. Ce qui la plongea dans un état «  catatonique  », affirment les personnes présentes. De même, son fidèle collaborateur se souviendra toujours de l’instant où Bernie l’appela par le téléphone intérieur pour lui annoncer que le FBI était dans les bureaux....

    #Madoff
    Sur les quelque 60 milliards évaporés, seuls 10 ont pu être récupérés pour les victimes - Reuters


  • Qaddafi approached by Bernie Madoff | WikiLeaked
    http://wikileaks.foreignpolicy.com/posts/2011/02/23/qaddafi_approached_by_bernie_madoff

    le cauchemar est profond #cablegate #wikileaks

    Lehman Brothers, Allen Stanford, and Bernard #Madoff. The cable describes a meeting between the U.S. ambassador and Mohamed Layas, chairman of the Libyan Investment Authority. The two discussed possible investment opportunities for U.S. businesses in #Libya as well as the country’s financial state more broadly: