• Free Party Redon Amnesty International enquête sur les violences policières - expansive.info
    https://expansive.info/Free-Party-Redon-Amnesty-International-enquete-sur-les-violences-policie

    Une main arrachée pour avoir voulu danser : c’est ce qui s’est passé en France, à Redon, dans la nuit du 18 au 19 juin 2021 lors d’une free-party.

    Pendant sept heures d’affilée, les forces de l’ordre ont lancé des grenades sur des jeunes, dans des conditions extrêmement dangereuses, en pleine nuit, sans visibilité. Face à la gravité de ces faits, nous avons mené une enquête cet été pour analyser l’intervention des forces de l’ordre lors de cette free-party à #Redon, appelée #Teknival par les organisateurs, qui avait été interdite par la Préfecture.

    Notre nouveau rapport intitulé « Redon : free-party de la répression » analyse l’usage abusif et illégal de la force exercée par la gendarmerie au moment de son intervention.

    Nous publions cette enquête alors que le président de la République, Emmanuel Macron, clôture cette semaine les consultations du « Beauvau de la sécurité  » qui visaient à « moderniser la politique publique de sécurité au bénéfice des policiers, des gendarmes et de l’ensemble des Français. » Notre enquête montre bien une dérive du #maintien_de_l’ordre lors des opérations des 18 et 19 juin à l’occasion du Tecknival de Redon.

    "Il est inacceptable que des opérations de maintien de l’ordre, a fortiori pour disperser un simple rassemblement festif, conduisent, à des blessures allant jusqu’à la mutilation."

    Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty International France

    https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/france-violences-policieres-pendant-une-freeparty-redon
    https://amnestyfr.cdn.prismic.io/amnestyfr/93099a3a-e27e-41fa-afdd-e96ed9ace9d9_AI-Rapport-Redon-13092021

    Méthodes de l’enquête. C’est Anne-Sophie Simpere, notre chargée de plaidoyer au programme Libertés qui a conduit cette enquête. Elle a mené des entretiens avec 12 personnes présentes sur place, a analysé plusieurs vidéos et a eu accès à 20 témoignages écrits fournis par des collectifs. Nous avons complété notre enquête par la consultation de sources médiatiques, de documents administratifs, de communiqués de presse, de déclarations de la Préfecture et par le compte rendu de l’association Techno+ relatant le déroulé des faits.

    https://seenthis.net/messages/920788
    https://seenthis.net/messages/919669

  • Cinq ans de manifestations disséquées : comment les forces de l’ordre usent des grenades au mépris des règles - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050721/cinq-ans-de-manifestations-dissequees-comment-les-forces-de-l-ordre-usent-

    Selon une enquête de Mediapart, 51 % des jets de grenades de désencerclement et 18 % des tirs de lance-grenades opérés par les forces de l’ordre en manifestation sont non réglementaires.

    Cette semaine doivent se tenir de nouvelles tables rondes du « Beauvau de la sécurité ». Au programme, le maintien de l’ordre et le contrôle interne de la police notamment. Après plusieurs années d’opérations caractérisées par un nombre important de blessés et de mutilés, chacun connaît désormais la dangerosité des armes en dotation. Les usages en manifestation de « LBD », « GMD », « GLI-F4 » et autres armes dites de « forces intermédiaires » font débat. Leurs mésusages beaucoup moins.

    Le ministère de l’intérieur ne dispose d’aucune donnée sur cette problématique pourtant centrale. Mediapart a enquêté sur cet angle mort institutionnel pour savoir si l’utilisation de ces armes sur le terrain est conforme à ce que prévoient les textes. Après avoir disséqué et analysé cinq années d’images d’opérations de maintien de l’ordre, nous avons pu établir que plus d’un jet sur deux de grenades de désencerclement (GMD) est non réglementaire. Près d’un tir sur cinq de lance-grenades contrevient également aux réglementations en vigueur. Afin que notre travail ne puisse souffrir de contestations, nous avons décidé de rendre public l’ensemble de notre base de données (voir l’onglet Prolonger).

    Contactée par Mediapart, la police nationale rappelle l’existence du « traitement relatif au suivi de l’usage des armes » (TSUA). Chaque fonctionnaire ayant fait usage d’une arme doit indiquer dans ce fichier le lieu, la date et l’heure du tir, ainsi que son motif et ses conséquences. Le tout est validé par un supérieur hiérarchique avant transmission à l’IGPN, qui mentionne ces chiffres dans son bilan annuel. Des données qui ne renseignent néanmoins pas sur le caractère réglementaire de l’utilisation des armes. Et dont sont exclues les grenades lacrymogènes, et donc l’utilisation de lance-grenades.

    À partir des images réalisées par l’agence de presse Line Press et disponibles en ligne sur YouTube, nous avons répertorié et isolé les séquences montrant l’utilisation de grenades de désencerclement et de lance-grenades dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre. Pour ces deux armes, une analyse visuelle permet d’estimer la fréquence à laquelle leur usage est contraire aux textes encadrant leur emploi.

    #grenades_de_désencerclement #police #grenades #armes_de_la_police #maintien_de_l'ordre

  • Macron et la #Police : quatre ans de tâtonnements pour un président sans réseaux
    http://www.davduf.net/macron-et-la-police-quatre-ans-de-tatonnements

    Lu dans Le Monde | Violences policières, plusieurs hiérarques policiers en conviennent aujourd’hui : « Le pouvoir tremblait tellement [face aux #Gilets_Jaunes] qu’il a montré un soutien excessif aux troupes, il aurait fallu tenir la bride plus courte. » « Sur le terrain, l’attitude du préfet, soutenu sans condition par l’exécutif, est analysée comme un véritable blanc-seing. Des dizaines de manifestants sont éborgnés, gravement blessés à coups de LBD, le lanceur de balles de défense utilisé par des (...) Revue de presse, du web & veille en tous genres

    / Gilets Jaunes, #Maintien_de_l'ordre, Police, Allo Place (...)

    #Revue_de_presse,du_web&_veille_en_tous_genres #Allo_Place_Beauvau

  • Tourcoing. Une policière vise un collègue avec son son taser, provoquant un accident
    https://www.ouest-france.fr/societe/police/tourcoing-une-policiere-vise-un-collegue-avec-son-son-taser-provoquant-

    Trois policiers de Roubaix (Nord) seront jugés en correctionnelle pour avoir percuté un véhicule en stationnement et pris la fuite, après qu’une policière passagère a « déclenché » son taser en direction de son collègue au volant samedi à Tourcoing, a-t-on appris mardi auprès du parquet.

    Ces policiers doivent comparaître le 3 février 2022, l’une pour violences volontaires avec arme sans ITT et mise en danger de la vie d’autrui, les deux autres pour délit de fuite et complicité de délit de fuite, a indiqué la procureure de la République de Lille, Carole Étienne, sollicitée par l’AFP et confirmant des informations de la Voix du Nord.

    Trois gardes à vue
    Samedi vers 0 h 30 à Tourcoing, « un véhicule de police dans lequel se trouvaient 6 policiers du commissariat de Roubaix a percuté un véhicule en stationnement à Tourcoing », a-t-elle rapporté.

    « L’un des passagers a effectivement déclenché son taser dans [la] direction » du conducteur, a-t-elle ajouté, précisant que « le véhicule de police a quitté les lieux sans s’arrêter. »

    Les policiers ont été entendus, dont trois sous le régime de la garde à vue.

    #Tourcoing , ville qui a élu monsieur #darmanin #police #violences_policières #france #violence #maintien_de_l'ordre #violence_policière #femme

  • En #Allemagne... deux nouvelles qui se télescopent...

    1ère nouvelle:

    Deutschland braucht 400.000 Migranten pro Jahr

    Deutschland braucht viel mehr Zuwanderer. Aber qualifiziert sollten sie sein, sagt BA-Chef Scheele, um den Fachkräftemangel auszugleichen.

    –-> L’Allemagne a besoin de 400’000 migrant·es par an
    https://www.dw.com/de/deutschland-braucht-400000-migranten-pro-jahr/a-58962209

    2ème nouvelle, un sondage:

    80% of Germans think Afghanistan could unleash another wave of refugees heading their way like in 2015. Fascinatingly, though a clear majority - 62% still think “#Wir_schaffen_das

    https://twitter.com/tomescritt/status/1431183175129223170
    https://www.zdf.de/nachrichten/politik/politbarometer-bundestagswahl-union-spd-gleichauf-100.html?slide=1630041666725

    #accueil #réfugiés_afghans #travail #main-d'oeuvre #migrations #asile #réfugiés #marché_du_travail #sondage

    un hasard?

    #pragmatisme allemand?

    ping @isskein @karine4 @_kg_

  • 150 ans d’immigration italienne à Lausanne

    Longtemps pays d’émigration en raison d’une #pauvreté endémique, la Suisse voit son solde migratoire s’inverser dès le début du 20e siècle.

    Dès 1946, la croissance requiert une #main-d’œuvre considérable dans les secteurs de la #construction, de l’#hôtellerie - #restauration, du #commerce et de l’#industrie. En un quart de siècle, jusqu’à la crise de 1973, des millions d’Italien·ne·s contribuent à l’éclatante #prospérité de la Suisse.

    Confronté·e·s à la #xénophobie d’une partie de la population, endurant les sévères conditions d’existence que leur impose le statut de #saisonnier, ils·elles vont pour autant laisser des traces d’une importance majeure.

    Au-delà des clichés, l’#italianità se répand et imprime durablement sa marque dans toutes les couches de la société via l’#alimentation, la #musique, le #cinéma, les #sociabilités, le #sport, le #patrimoine, la #langue….

    C’est l’histoire passionnante de cette présence à Lausanne ‑ rythmée par les précieux récits de nombreux témoins ‑ qui est dévoilée ici.

    https://www.lausanne.ch/vie-pratique/culture/musees/mhl/expositions/Losanna-Svizzera.html

    #exposition #Lausanne #musée #migrations #immigration #Suisse #migrants_italiens #Italie #immigrés_italiens #saisonniers #italianité

  • Schaerbeek : décès d’un jeune de 26 ans après une interpellation policière
    https://bx1.be/categories/news/schaerbeek-deces-dun-jeune-de-26-ans-apres-une-interpellation-policiere

    Un jeune homme de 26 ans serait décédé ce jeudi en fin d’après-midi à la suite d’une interpellation à Schaerbeek dans la nuit de mercredi à jeudi selon une information de RTL. D’après sa sœur, il aurait été victime d’une bavure policière.

    Selon un témoin, Mounir aurait fait une hémorragie suite à des coups donnés par des policiers lors d’une arrestation mercredi soir. Selon la sœur de Mounir, il était balafré comme s’il avait reçu des coups a-t-elle expliqué à RTL. Un examen médical a révélé un hématome au cerveau et il est décédé le jeudi 29 juillet à 18h40.


    La porte-parole adjointe de la zone de police Bruxelles-Nord confirme qu’une intervention policière a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi rue du Brabant à Schaerbeek après que des témoins ont appelé la police. Une personne nue sur la voie publique endommageait un véhicule. La personne semblait agitée et sous influence de substance selon la porte-parole de la zone de police.

    Durant le transfert entre le lieu de l’intervention et l’hôpital, le jeune homme a eu un arrêt cardiaque dans l’ambulance, selon la police. Les secours l’ont “par la suite réanimé mais il est décédé de ses blessures à l’hôpital en fin d’après-midi” , ajoute la porte-parole adjointe sans préciser de quelles blessures Mounir est décédé.

    Une autopsie a été demandée par le Parquet afin de déterminer la cause du décès.

    En attendant les résultats, une marche blanche est prévue dans les prochains jours.
    #police #surveillance #violences_policières #racisme #répression #réfugiés #violence #maintien_de_l'ordre #violence_policière #Bruxelles #Belgique

  • #Bruxelles : Mauvaise querelle Mathieu - pave-marolles.be

    En septembre dernier, durant quelques jours, le quartier de la Querelle était le terrain d’affrontements violents entre la police et des jeunes Marolliens.  La Capitale rapportait les propos du bourgmestre de la Ville de Bruxelles, P. Close peu après les événements :  “Les délinquants des Marolles ont besoin d’une bonne leçon”. Tandis que M. Goovaerts, le chef de la police bruxelloise, interrogé par Het Laatste Nieuws , accusait quant à lui les parents des jeunes présents ces soirs-là : “Ces garçons doivent apprendre les bonnes manières (…). Actuellement, ce sont de vrais petits princes qui font la loi eux-mêmes ”. 

    Comme bien souvent, la plupart des journalistes ont traité les événements en se référant uniquement, ou presque, aux témoignages des pouvoirs publics et de policiers. Pour ceux-ci, la violence exposée n’est qu’une preuve supplémentaire de l’incivilité des jeunes des quartiers populaires. Peu d’articles se référant à ces affrontements parlent explicitement, voire tout court, de ce qui a embrasé le quartier. 

    Le 5 octobre 2020, Andrzej rejoint Wendy, qui a travaillé dans le quartier dans le passé et qui avait donné rendez-vous à la place de la Querelle aux jeunes qu’elle connaît et leurs amis pour qu’ils et elles s’expriment sur ce qui s’y était déroulé les dernières semaines. 8 garçons entre 12 et 20 ans et deux filles de 16 ans prennent la parole. “Ils disent des trucs alors que c’est pas ça. Ils mentent, ils mettent ce qu’ils veulent en fait”, commence A. à propos des articles qu’il a pu lire dans les médias. « Ça ne me choque pas les médias. Ça a toujours été comme ça. [Les journalistes] modifie[nt] pour faire le buzz, pour genre… enfin, comme d’hab quoi ça modifie les choses. Mais d’un côté ça ne me choque pas parce qu’ils disent aussi une part de vérité. Il y a les preuves en plus”, explique-t’-il en montrant les dégâts causés lors de ces quelques jours. ”Ce qui s’est passé, ils ont dit ce qu’il y a mais ils ajoutent leur petit piment. C’est ça qui nous énerve en fait. Ils vont jamais parler de ce qui est à l’origine des faits. Il faut pouvoir se mettre à la place des jeunes.”

    KEZY ET LES AUTRES
    A l’origine des faits, il y a cette tension entre la police et les jeunes qui préexistaient à la Covid, et qui est encore montée d’un cran durant le confinement. Aboud et Bruno sont deux travailleurs d’une association travaillant avec les jeunes des Marolles. Nous les rencontrons dans leur association. Pour Aboul : “Il y a eu Kezy et on en a parlé parce que ça a été filmé. Mais des Kezy, il y en avait tous les jours. C’était une semaine après Adil.” Kezy, c’est le nom d’un jeune des Marolles qui, mi-avril, subissait une intervention pour le moins musclée, suite à un simple contrôle d’identité. Les images relayées de l’arrestation avaient fait le tour des réseaux sociaux et avait une nouvelle fois mis en débat le sens des contrôles Covid et le rôle de la police. 

    Quelques jours plus tard, une rencontre avait été organisée entre P. Close, le chef de corps de la police de Bruxelles Capitale/Ixelles et deux associations, le Foyer des Jeunes des Marolles (FJM) et Jeune Ambition Marolles (JAM)… mais aucun jeune du quartier. La police et le bourgmestre s’entendaient pour juger la rencontre constructive, les acteurs associatifs, légèrement moins complaisants, étaient tout de même “ravis d’entendre le bourgmestre rebondir sur la nécessité d’adopter une approche préventive et participative dans le quartier”.

    Mais depuis cette rencontre, aucune suite n’a été donnée par les autorités publiques. Pire, l’affaire Kezy a été médiatiquement l’arbre qui cachait la forêt. A discuter avec les habitants et travailleurs, l’événement n’est pas un fait isolé. Tous les habitants du quartier avec qui nous avons discuté mettent en avant des contrôles abusifs et décrivent un quotidien de violences et de harcèlement policier. 

    Quand B. raconte sa journée type pendant le confinement, “On sortait pas. On restait à la maison, on s’amusait, on jouait à la Play. On regardait des films. Et voilà”, A. nuance tout de même : “Il y avait quand même des jeunes qui étaient dehors. Ça se passait bien et mal, on se faisait contrôler pour rien. On recevait des amendes, gratuit, 250 euros.” Aboul est plus explicite encore : “Il y a eu des tabassages non justifiés. Plein de jeunes ont reçu des amendes de 300, 600, 1000 euros et l’apprenaient par après. Il y avait des faux PV.”

    MAIS QUE FAIT LA POLICE ?
    Au-delà des amendes, certains faits rapportés mettent en lumière des pratiques policières sans cadre, sans garde-fou. Les humiliations subies sont nombreuses et les cicatrices profondes. Comme celle-ci, glanée lors d’une de nos rencontres : “Au début du confinement, au Radis, des jeunes ont été alignés, il leur a été demandé de poser leur téléphone et un policier a mimé un peloton d’exécution. Ils les ont mis en joue en mimant une fusillade : “On va faire comme aux États-Unis, on va tirer dans le tas”. “ 

    Ou bien celle-là : “Certains jeunes ont été emmenés au Bois de la Cambre et tabassés. Certains [les policiers] se réfèrent verbalement aux nazis. Ils mettent leur genou sur le thorax. Aucun travail pédagogique n’est effectué. Ils sont formés comme ça. Il n’y a pas d’encadrement, de règles d’arrestation. Au lieu de faire une arrestation, ils font une tentative de meurtre. Ils montrent des photos de morsures de chiens comme des trophées. “

    Et encore : “Ils nous embarquent. Ils font une vérification au commissariat, ils nous frappent – dans la camionnette ou au commissariat – et ils nous relâchent. Juste pour nous faire chier. Comme ça on fait le trajet tout ça. “

    Ces agissements, plus que de simples écarts de conduite, sont révélateurs du comportement du corps policier et des dysfonctionnements structurels à l’institution. Selon un rapport de Police Watch, observatoire des violences policières en Belgique, paru en juin 2020, 70% des abus policiers ont eu lieu dans les quartiers du croissant pauvre. Par ailleurs, il semble non seulement que les abus soient plus fréquents dans les quartiers pauvres mais qu’ils présentent un degré de gravité plus élevé : 77% des coups et insultes rapportés se concentrent dans les quartiers du croissant pauvre.

    “Il n’y a pas de loup isolé mais un problème institutionnel à la police. Du racisme. Tout passe”, nous disent Aboul et Bruno. “Ils viennent de loin et arrivent comme des cowboys. Pour certains jeunes policiers, c’est comme un jeu de choisir d’aller à Molenbeek ou dans les Marolles pour avoir de l’action. (…) Dans leur tête, tout ce qui est habillé de la même manière est un délinquant. Ils stigmatisent une partie de la population. Si tu résistes, c’est directement outrage et rébellion. “ Selon le rapport évoqué précédemment, 70% des abus rapportés concernent des jeunes et 40%, des personnes racisées.

    Bruno et Aboul nous expliquent les difficultés des jeunes à emprunter des voies légales pour se défendre face à ses attaques : “Les policiers ne sont pas identifiés, on ne voit pas leur matricule. Un jeune s’est fait casser le bras par la police. Il n’a pas déposé plainte parce qu’il pensait qu’il n’y aurait pas de suite. Il y a une impunité. Le Comité P, c’est la police, des pairs qui jugent des pairs.” D. continue et donne ces exemples d’impunité policière : “Ils mettent des caméras. Et quand c’est la police qui frappe, ils disent que la caméra ne fonctionne pas. Et quand nous on fait quelque chose, eh ben, ils peuvent l’utiliser. La caméra ici, elle prend tout. Et comme par hasard quand on dit : « vous avez frappé », ils disent que la caméra ne fonctionne plus, qu’il faut la réparer. C’est faux. Ils sont protégés par des hauts placés.”

    Trop souvent, les comportements violents de la police sont ainsi tus. L’accumulation de ces déviances policières, plus importante encore depuis le début du confinement, que ce soit par leurs nombres ou leurs gravités, a contribué irrémédiablement à créer un climat vindicatif. La brutalité policière a une fois de plus été l’étincelle qui a mis le feu à la plaine.

    JETS DE CAILLOUX, POLICE PARTOUT
    Le vendredi 4 septembre, une voiture de police patrouille dans le quartier. Les voyant arriver, sans doute effrayés par les conséquences d’une arrestation et la possibilité de subir de nouvelles violences, plusieurs jeunes se mettent à courir. L’un d’eux est rattrapé et pris à partie par des policiers.  “Il se prenait des coups, alors son oncle a voulu intervenir », témoigne un jeune. L’homme, d’une soixantaine d’années, est mis à terre et frappé par les policiers.

    “Après, la nuit, ça a dégénéré.” relate A. “[Les jeunes ont] commencé à jeter des cailloux. [Les policiers ont]  commencé à gazer et tout.” Ce soir-là, deux mineurs seront interpellés après le caillassage de 4 véhicules de police, la vandalisation de l’éclairage public et le caillassage de la crèche des Petits Pas. Les 2 mineurs, jusqu’ici inconnus de la justice, seront mis à disposition du parquet, un juge de la jeunesse sera saisi pour des faits de rébellion armée et de port d’arme prohibée. “A ce stade, ils ne nient pas avoir été présents sur les lieux mais nient le jet de projectiles. Le juge de la jeunesse a décidé de leur maintien en famille, avec surveillance du SPJ et sous conditions.” À entendre les accusations, A. s’indigne : “Ils disent que ce sont des auteurs de ce qui s’est passé à la Querelle. En fait, ils veulent coller des jeunes qui n’ont rien à voir dans tout ça. (…). Ils vont coller quelqu’un qui a rien fait, qui va prendre un dessaisissement, aller en prison, j’sais pas combien des amendes… ça peut être un demi-million. La crèche, les voitures, les lampes…”.

    Les jours suivants, la pression policière se fera plus intense encore que ce qu’elle n’était. Dès le samedi, M., un jeune habitant près du quartier relate : “Samedi soir, des petits étaient en train de jouer au foot. Ils sont arrivés avec des gazeuses et des matraques, ils ont commencé à taper et là, toutes les lumières se sont éteintes… et tout le monde est sorti”. La crèche est de nouveau caillassée. Une camionnette et des poubelles ont ensuite été incendiées. Les pompiers mobilisés ont été pris pour cibles avec des cocktails Molotov. La police, elle, déploie une autopompe, des policiers anti-émeute arrivent en renfort, un hélicoptère survole le quartier, comme il le fera les soirs suivants. À David répond Goliath.

    Dimanche, la nuit est sensiblement identique. Des heurts ont de nouveau lieu. Mais au cours de ces affrontements, une voiture prend feu, et roule jusqu’à terminer sa course sur la façade de la crèche, Les Petits Fleuristes, rue Saint Thérèse. Si la répression était déjà importante, désormais, les politiques et les médias, dans un scénario déjà écrit, accableront les jeunes. Dès le lendemain matin, P. Close déclare « Rien ne peut justifier de tels actes de violence”, avant de continuer : « Nous appelons à la plus grande fermeté et nous espérons que la justice sera dure vis-à-vis des fauteurs de troubles. La police continuera à être très présente aux côtés des habitants, ce sont eux les premières victimes de ces débordements. “ Par “débordements”, P. Close n’évoque bien sûr pas ceux du fait des policiers, et par “habitants”, il n’évoque bien entendu pas les jeunes hommes du quartier. 

    PAS DE FUMÉE SANS FEU ?
    Pourtant l’intentionnalité des jeunes de brûler la crèche n’est pas si claire aux yeux de plusieurs habitants rencontrés. E. témoigne “Ils n’ont pas attaqué la crèche, ils ont brûlé une voiture, et la voiture elle est descendue. Donc la fumée de la voiture, elle a touché une partie de la crèche. Parce que s’ils avaient vraiment voulu brûler la crèche, elle ne serait plus là. “ B. pense, quant à elle : “Et la crèche, maintenant ça veut dire, si moi j’ai mon enfant, et je le ramène à la crèche, du jour au lendemain, je peux plus le ramener à la crèche, il y a un gros problème. C’était un accident. C’était une voiture qui est partie sur la crèche, mais quand même… la crèche elle est brûlée. “

    La crèche, pourtant, a pu, dans le passé, être la cible de la rancœur des habitants envers les politiques communales. À discuter avec certains habitants, attaquer la crèche aurait pu trouver ses raisons. “La crèche est une cible parce qu’il manque d’infrastructures et qu’elle accueille très peu d’enfants du quartier […] On a mis la crèche là sans vision d’ensemble, sans tenir compte des besoins” , explique ainsi Mohamed. Attaquer la crèche, cela aurait donc pu être une manière de s’attaquer à un symbole des dysfonctionnements des politiques publiques.

    Quelques jours plus tard, le mardi 8, P. Close présentant sûrement le bon coup médiatique, décide d’organiser une rencontre avec les habitants des Marolles. Les journalistes ne sont pas conviés à la réunion et attendent le bourgmestre à la sortie. “Des mamans y ont dit que ce qui s’était passé était de la faute des policiers”, explique Abdel.

    Parmi les personnes avec lesquelles nous nous sommes entretenues, si certains remettent en question la légitimité de la violence des jeunes, tous arrivent à un constat : la violence des jeunes est en partie le produit de la violence sociale qu’ils subissent. Ces violences s’exercent non seulement à travers les logiques sécuritaires et les pratiques policières à l’œuvre dans le quartier mais également à travers les politiques publiques mises en place en ce qui concerne l’aménagement, le logement, l’offre de services publics, etc… 

    POLITIQUES PUBLIQUES AU RABAIS
    Quelques jours après les émeutes, le bourgmestre confiait à des journalistes de la RTBF, : “On a un travail de long terme dans les Marolles qui a plutôt assaini ce quartier, même s’il reste – je ne les minimise pas – des poches de criminalité et de pauvreté.” Des investissements importants en équipements publics, et au niveau de la rénovation des logements sociaux ont été réalisés ces dernières années dans le quartier, jure-t-il la bouche en cœur à des journalistes approbateurs. La désillusion quant aux promesses politiques se discerne pourtant dans toutes les conversations que nous avons eues. “Il y a de l’argent pour tout, sauf pour rénover.” , juge ainsi Abdel. Pour A.,  “c’est toujours la même histoire. Oui, on va faire un centre, on va faire ça nanana”, avant que D. continue : “c’est que des blabla. Ça fait des années qu’il dit oui on va réparer, c’est toujours la même.” 

    La suite (gratuite) : http://www.pave-marolles.be/mauvaise-querelle

    #Marolles #pauvreté #violences_policières #police #violence_policière #racisme #répression #maintien_de_l'ordre #violence #justice #brutalité_policière #violences_policieres #bourgmestre #confinement #arbitraire #violence_sociale #logiques_sécuritaires #pratiques_policières #affrontements # Police_Watch #impunité

  • La CRS 8 passe le mur du son pour réprimer les révoltes - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/la-crs-8-passe-le-mur-du-son-pour-15215

    Début juillet, la création d’une nouvelle unité de #CRS, opérationnelle dès le 2 juillet, a été annoncée par Darmanin. Elle est stationnée à Bièvres, à 17km au sud-ouest de Paris. Cette unité spéciale de 200 CRS disponible 24h/24 et 7j/7 pourrait être « déployée en 15 minutes dans un rayon de 300 km en cas de troubles graves à l’ordre public et de violences urbaines » selon le sinistre Darmanin. On ne comprend pas bien ce que signifie : 300 km en 15 minutes, c’est plus rapide que le mur du son, fortiches les condés pour mater les révoltes.

    La création de cette unité fait suite aux demandes de la police. Selon les keufs, elle est nécessaire pour faire face à l’augmentation des manifestations violentes et des violences urbaines, notamment dans des villes moyennes qui n’auraient pas connu auparavant ce type de phénomènes. Cette réthorique et cette la création / l’expérimentation de nouvelles unités toujours plus violentes font partie d’une stratégie de contrôle social et de domination policière, qui vise en priorité les quartiers populaires. Il faut d’ailleurs s’attendre à voir ce genre d’unités être normalisées à l’avenir, car selon le ministère de l’intérieur, « si la CRS 8 démontre son utilité et son efficacité, alors il y aura d’autres CRS 8 ».

    Un article du « Canard enchaîné » 14/7/2021 toujours bien renseigné auprès de la maison Bourmann dit que ces superCRS, avec à sa tête un ancien béret vert des commandos marine, sont payés à se tourner les pouces. Les autres, eux, sont payés pour taper sur les manifestants.

    • La nouvelle unité de « super CRS » de darmanin expérimenté à Nantes !
      https://www.nantes-revoltee.com/la-nouvelle-brigade-de-super-crs-experimentee-a-nantes

      Nous en parlions il y a peu. En juillet, le ministère de l’Intérieur officialisait la création d’une unité spéciale au sein des #CRS, disponible 24H sur 24 et 7 jours sur 7 : les FAR – Forces d’Action Rapide, également nommée CRS 8. Des super-flics, volontaires, chargés de mater la population, présentés comme capables de se déployer « en 15 minutes dans un rayon de 300 kilomètres » selon #Darmanin, et composés de 200 agents sélectionnés, équipés de véhicules spéciaux capables de « traverser les barricades ». A leur tête, un ancien béret vert des commandos marines. L’expérimentation est destinée à se généraliser si elle « démontre son utilité et son efficacité ».

      Justement, c’est la ville de Nantes qui est choisie comme laboratoire. L’unité est « dépêchée en urgence à #Nantes, ce mercredi 4 août, sur ordre du directeur général de la #police nationale », après que deux jeunes gens, âgés de 19 ans et 20 ans, ont été blessés par balles. Cette unité quadrille les cités nantaises dès ce soir avec ses fourgons spéciaux. Selon le Ministère de l’Intérieur, cette CRS 8 répond « à l’augmentation des manifestations violentes et des violences urbaines, notamment dans des villes moyennes qui ne connaissaient pas auparavant ce type de phénomènes ». C’est le dernier outil de militarisation du maintien de l’ordre et de renforcement du contrôle. Nantes est au coeur des attentions du pouvoir : expulsion de la Maison du Peuple, plainte contre Nantes Révoltée, barbouzeries diverses et répression contre les cortèges …

      Il paraît évident que les phénomènes mafieux, communs à de nombreuses villes de France, sont utilisés comme prétexte pour tester cette unité dans les quartiers nantais. Des CRS n’ont de toute façon aucune prise sur des règlements de compte. En revanche, un CRS a abattu un jeune homme, Aboubacar, dans le quartier du Breil en juillet 2018. Une affaire toujours pas jugée.

      Depuis une quinzaine d’années, Nantes est une #ville_laboratoire des nouvelles techniques de #maintien_de_l’ordre, dans les #banlieues comme contre les manifestations. Les effectifs de police y sont déjà extrêmement nombreux, et quasiment chaque année, ils sont augmentés. Une unité de CRS est même déjà spécialement implantée à Nantes depuis les mobilisations anti-aéroport, et le dernier préfet a créé une équipe d’enquêteur spéciale “ultra-gauche”. Verra-t-on dès samedi ces « super-CRS » contre la manifestation ?

  • #Croatie : une saison touristique sans assez de travailleurs saisonniers

    Barmen, cuisiniers, serveurs : tous les postes sont à pourvoir et certains #hôtels pourraient bien rester fermés faute de #personnel. Ni les Croates ni les saisonniers des pays voisins ne veulent plus travailler pour des #salaires de misère, et l’importation de #main-d’oeuvre en provenance du Népal, de Thaïlande ou du Bengladesh ne suffit pas.

    « Je donne mille kunas à celui qui me trouvera un serveur ! » Voici le cri de désespoir d’un restaurateur de Pula qui cherche encore à embaucher, alors que la saison a commencé et que les touristes se pressent en Istrie. Un matin, après une nuit orageuse, plusieurs de ses employés ne sont tout simplement jamais revenus. Depuis, le restaurateur a le plus grand mal à leur trouver des remplaçants. Il attend des travailleurs de Serbie, qui seraient toujours en train de régler des « problèmes de papiers ».

    En Croatie, beaucoup pensaient pourtant que les patrons n’auraient pas de mal cette année à trouver des employés, avec le retour de beaucoup de Croates de la diaspora durant la pandémie. Certains pensaient même que les salaires pourraient baisser en raison de cette abondance de main d’oeuvre. Mais c’est tout le contraire qui se produit : comme en 2019, la Croatie manque de bras.

    Entre le 1er janvier et le 16 juin 2021, le ministère de l’Intérieur a ainsi délivré 31 157 permis de séjour et de travail à des ressortissants de pays tiers, soit 13% de plus qu’à la même période l’année dernière et un cinquième de moins qu’en 2019. Dans le secteur du tourisme et de la restauration, le ministère a délivré 4191 permis.

    La Croatie a perdu 10% de sa population

    Krešimir Sever, président des Syndicats indépendants croates, note que la Croatie, comme d’autres États en transition, a bâti sa compétitivité en recourant à des employés privés de droits et sous-rémunérés. « Cette politique a mené à une émigration considérable, surtout depuis l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne, et elle concerne principalement des citoyens jeunes, hautement éduqués et spécialisés. D’après certaines études, 10% de la population aurait déjà quitté la Croatie », explique Krešimir Sever, précisant que le pourcentage réel pourrait être encore plus élevé.

    Ce déficit est compensé par l’importation d’ouvriers étrangers, ajoute-t-il, ce qui d’année en année contribue à faire encore plus baisser le prix du travail et à multiplier les contrats précaires. Cette dangereuse combinaison fait que l’émigration se poursuit toujours plus, affirme-t-il. « Malgré le retour d’une partie des travailleurs croates en raison de la pandémie, la pénurie de main d’œuvre se fait toujours sentir dans certains secteurs, comme le tourisme, la restauration, le bâtiment. On manque aussi d’artisans comme des électriciens et des serruriers », continue le syndicaliste.

    « Entre mars 2020 et mai 2021, les autorités ont versé 1,4 milliard d’euros à plus de 680 000 travailleurs, dans le cadre de mesures de soutien, notamment à 120 000 artisans et employeurs », explique-t-il, en soulignant que les fraudes ont été très nombreuses durant cette période : congés annuels forcés, travail de personnes officiellement en congé, non-paiement de la différence entre le salaire convenu et l’aide d’Etat, baisses de salaire sans accord de l’employé, télétravail sans annexe au contrat de travail, non-respect des horaires de travail, non-paiement d’heures supplémentaires en télétravail, etc.

    “De plus en plus de travailleurs viennent du Népal, des Philippines, du Bangladesh, de Chine, d’Inde, de Russie, de Corée, voire de Thaïlande ou du Mexique.”

    Krešimir Sever explique que les autorités avaient préparé l’adoption d’une loi spéciale pour mettre en suspens, pour la durée de la crise, certaines clauses de la Loi du travail et certaines conventions collectives en vigueur. Mais elles ont dû renoncer à ces mesures en raison de la forte pression des syndicats croates, soutenus par des organisations syndicales européennes et internationales, et grâce à des protestions directement adressées à la Commission européenne. « Les employeurs demandent davantage de flexibilité et les syndicats une meilleure protection. De fait, le droit du travail est l’une des principales causes de la situation qui prévaut aujourd’hui en Croatie, il doit être modifié. Les négociations pour une refonte de la Loi sur la travail ont commencé le 23 juin, mais elles ne seront ni faciles, ni rapides. Les autorités prévoient que la nouvelle loi puisse entrer en vigueur au milieu de l’année 2022 », précise-t-il.

    En attendant, la Croatie continue d’accueillir des travailleurs de Serbie, de Bosnie-Herzégovine, de Macédoine du Nord et du Kosovo, mais eux aussi sont de moins en moins nombreux et ils préfèrent aller travailler en Europe de l’Ouest. « De plus en plus de travailleurs viennent du Népal, des Philippines, du Bangladesh, de Chine, d’Inde, de Russie, de Corée, voire de Thaïlande ou du Mexique, par le biais d’agences de recrutement. La majorité de ces gens se font embaucher dans le secteur de la construction, dans le tourisme et la restauration. On leur propose les mêmes salaires qu’aux locaux pour les mêmes emplois. Mais le problème est que les Croates ne peuvent pas vivre avec ces salaires, alors que les étrangers réussissent tout de même à en envoyer une partie de ces sommes à leurs familles », explique Sever.

    Des hôtels resteront fermés

    Marina Cvitić, présidente des Syndicats d’Istrie, du Kvarner et de Dalmatie (SIKD) signale que, faute de personnel, de nombreux hôtels sur l’Adriatique risquent de rester fermés cette saison. « Les travailleurs sont dans l’incertitude depuis plus d’un an, et rares sont ceux dans le secteur touristique qui ont touché plus de six salaires pleins. Rares sont les saisonniers qui ont eu l’opportunité de travailler pendant plus de trois ou quatre mois. Mais quand les échéances des crédits arrivent, il faut (sur

    )vivre. Les salariés touchaient 60% de leur salaire durant la pandémie, mais il était illusoire de penser que les saisonniers allaient attendre que les agences les recontactent. Ils ont cherché un emploi dans d’autres secteurs », souligne-t-elle.

    Pour trouver des volontaires, certaines entreprises, poursuit-elle, ont commencé à distribuer des primes non imposables d’au moins 130 euros et les syndicats ont négocié avec certaines le versement durant la saison d’un montant non imposable maximal de 5000 kunas (670 euros). Malgré ces initiatives, les travailleurs manquent toujours, poursuit Marina Cvitić. Pour elle, cette pénurie est à imputer aux employeurs et au gouvernement croate. Les Syndicats d’Istrie, du Kvarner et de Dalmatie demandent une réunion d’urgence des syndicats, des employeurs et des ministères du Tourisme et de l’Emploi pour envisager des mesures concrètes à même de résoudre le problème du manque de main-d’œuvre.

    https://www.courrierdesbalkans.fr/Croatie-meme-la-hausse-des-salaires-ne-retient-pas-les-travailleu

    #tourisme #saisonniers #travailleurs_saisonniers #migrations #travail

  • La Baule : station balnéaire bourge du 44. Ce week-end des jeunes font la fête sur la plage, feux d’artifices, tmts. Quand la police est venue les chasser suite à l’appel du « Punch In Baule » (oui oui !), forcément, ça a riposté.
    Un jeune s’est pris un tir de LBD et « est tombé »
    Probable compa aujourd’hui
    Pour des jeunes qui veulent fêter leur bac et l’été « Les fonctionnaires font alors usage de grenades lacrymogène, d’une grenade de désencerclement et d’un tir de lanceur de balles de défense (LBD). Les 300 jeunes ne se dispersent que peu. »
    Oui ça m’a amusée de me dire que les bourges aussi goutaient la lacrymo mais une désencerclante ?! Le mineur qui s’est pris le LBD vient de St Nazaire et avait déjà une mesure d’éloignement : il risque de prendre cher 😕
    Et le maire qui surenchérit sécuritaire... pour une teuf 🤢

    Source bleue : https://www.francebleu.fr/amp/infos/faits-divers-justice/des-echauffourees-entre-300-jeunes-et-des-policiers-a-la-baule-1625914151

    #police #violences_policieres #armes #lacrymo #grenade #lbd #maintien_de_l'ordre

  • Redon - La grenade GM2L bien en cause - Maxime Reynie
    https://www.youtube.com/watch?v=QsCffM2aMYo

    Redon, entre Nantes et Rennes, dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 juin. Des centaines de personnes cherchent à se rassembler pour un Teknival en hommage a Steve Maia Caniço décédé il y a deux ans lors de la fête de la musique à Nantes. Très rapidement des #gendarmes mobiles tentent d’empêcher l’installation du rassemblement. A 2h41 du matin, un jeune homme perdra sa main à cause d’une #grenade_GM2L.

    #maintien_de_l'ordre

  • Redon : des notes de gendarmerie accablent le préfet et le ministère - Mediapart

    Les comptes-rendus de la gendarmerie sur les opérations de Redon, obtenus par Mediapart, attestent du fait qu’une antenne du GIGN a participé à la destruction du matériel prévu pour la free party. Ils révèlent que des agents du service des renseignements, infiltrés parmi les teufeurs, ont informé en temps réel leur hiérarchie de l’état du jeune homme qui a perdu sa main, sans qu’aucune décision ne soit prise pour lui porter secours.

    Mediapart publie des extraits des comptes-rendus de la gendarmerie sur les opérations menées pour interdire la free party près de Redon (Ille-et-Vilaine). Au cours de cette intervention, dans la nuit du 18 au 19 juin, un jeune homme de 22 ans a eu la main arrachée. Ces notes évoquent un dispositif totalement disproportionné et révèlent l’impassibilité, voire l’indifférence des forces de l’ordre, pourtant informées en temps réel de l’état d’urgence vitale du jeune teufeur. 

    En effet, lorsque celui-ci a la main arrachée, des agents d’un service de #renseignement, infiltrés parmi les jeunes, informent leur hiérarchie. Pour autant, aucune assistance ne lui est portée. Quant aux pompiers, comme nous l’avions raconté, interdits d’accès par le préfet, ils sont restés immobilisés à un rond-point, comme retranscrit dans un rapport d’intervention. 

    Le 19 juin, « en liaison étroite avec le cabinet du ministre de l’intérieur », ainsi qu’il l’a précisé à la presse, le préfet d’Ille-et-Vilaine, Emmanuel Berthier, a fait intervenir 14 militaires de l’antenne du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (AGIGN) de Nantes pour saccager tout le matériel (enceintes, tables de mixage, groupes électrogènes) prévu pour la fête. Une présence et un rôle pour le moins inattendus. Les militaires du #GIGN, qui constituent l’élite de la gendarmerie, sont formés et équipés de moyens et armements spécifiques, très sophistiqués, pour accomplir leurs missions. Ils interviennent généralement pour des faits très graves : terrorisme, prises d’otages, arrestations de dangereux forcenés, émeutes dans les prisons, risques ou menaces sur des intérêts vitaux pour l’État.

    Interrogés, le cabinet du ministre Gérald Darmanin, celui du préfet d’Ille-et-Vilaine, ainsi que la direction générale de la gendarmerie nationale, n’ont pas souhaité répondre à nos questions, prétextant les enquêtes en cours. (...)

    Un haut gradé de la gendarmerie nous explique que les #grenades_GM2L, qui remplacent les GLI-F4, à charge explosive, ont une composition pyrotechnique susceptible d’arracher un membre. Et comme nous l’avons indiqué dans un article (à lire ici), leur bouchon allumeur présente des dysfonctionnements qui ont contraint le ministère de l’intérieur à interdire leur lancer à la main, depuis le 1er juillet.

    [...]

    Autre fait notable révélé par ces notes, le rôle particulièrement étrange joué par l’Agence régionale de santé (#ARS). Alors qu’elle doit venir en soutien dans l’organisation des secours, l’ARS a tenu le rôle d’informatrice pour les gendarmes. Ainsi, le 19 juin, à 16 h 07, le centre opérationnel de la gendarmerie relaye « l’information de l’ARS » qui signale « la présence de teufeurs autour du centre de vaccination de Redon ». La suite du rapport précise qu’une « unité de gendarmerie locale » est sur place pour les contrôler.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/080721/redon-des-notes-de-gendarmerie-accablent-le-prefet-et-le-ministere?onglet=
    #Maintien_de_l'ordre #Darmanin

    • Le ministre de l’intérieur limite l’usage d’une grenade défaillante, la GM2L, sans l’interdire
      https://www.mediapart.fr/journal/france/080721/le-ministre-de-l-interieur-limite-l-usage-d-une-grenade-defaillante-la-gm2

      Une directive du cabinet du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, restreint, depuis le 1er juillet, l’usage de la grenade assourdissante et lacrymogène, la GM2L, en raison d’une défaillance. Pour autant, le ministère n’en interdit pas le recours.

      Utilisée par les forces de l’ordre pour son effet à la fois assourdissant et lacrymogène, la grenade GM2L présente des défaillances techniques. Depuis le 1er juillet, le cabinet du ministère de l’intérieur Gérald Darmanin restreint l’usage de cette grenade sans pour autant l’interdire.

      « Conformément à la directive du 1er juillet 2021, signée par M. Pierre de Bousquet, préfet, directeur du cabinet du ministre de l’intérieur, le lancer à la main de la grenade GM2L est désormais interdit dans toutes les situations opérationnelles et quelle que soit l’unité concernée », précise une note interne à la gendarmerie nationale datée du 7 juillet.

      En cause, un dysfonctionnement du bouchon allumeur. C’est ce que plusieurs gradés de la gendarmerie et de la police nous ont transmis comme précision à ce jour, le cabinet de Gérald Darmanin refusant de répondre.

      Le bouchon allumeur est le mécanisme qui permet à la grenade d’exploser et qui est vissé sur la grenade par le policier ou le gendarme qui va l’utiliser. Comme le précise une note de la direction centrale et de la formation de la police nationale, « la mise à feu provoquée par l’intermédiaire d’un bouchon allumeur entraîne la combustion du mélange lacrymogène et l’ouverture de la grenade ».

      « En fait, un problème sur le bouchon provoque soit une explosion trop rapide, préjudiciable pour le policier, soit trop tardive et donc dangereuse pour le manifestant par exemple, résume ainsi un haut fonctionnaire de la police.

      « Le bouchon peut également causer des blessures comme cela a été le cas à Nancy, sur un passant qui l’a reçu dans le bras à 10 cm de profondeur, en novembre 2020. »

      Malgré ce risque, le ministère continue, néanmoins, d’autoriser « l’emploi de cette grenade avec le lance-grenade », comme énoncé dans la directive.

      Un haut gradé de la gendarmerie estime que le ministère de l’intérieur protège ainsi « les forces de l’ordre sans se passer de cette grenade », classée arme de catégorie A2, c’est-à-dire « matériel de guerre ».

      Utilisée depuis 2018, cette arme a remplacé en janvier 2020 la grenade lacrymogène explosive GLI-F4, composée de 25 grammes de tolite (TNT). La grenade GLI-F4, extrêmement dangereuse et responsable de plusieurs #amputations, présentait également des défauts, comme nous l’avions révélé (à lire ici).

      Fabriquée par la même société d’armement, Alsetex, la GM2L reste tout aussi dommageable et susceptible de causer des mutilations du fait de sa composition pyrotechnique.

      Interrogé par la sénatrice communiste, Laurence Cohen, en février 2020, sur les risques de mutilation en cas d’utilisation d’une telle arme, le ministère de l’intérieur expliquait que l’emploi de ces grenades « n’est jamais anodin » et que « le danger potentiel lié à leur usage » n’est pas sous-estimé.

      Ainsi que le rapportait Libération, en mai 2019, dans son mémoire devant le Conseil d’État, le ministère écrivait : « Le choix de la grenade GM2L, dont la puissance (et donc la dangerosité pour quiconque voudrait ramasser un tel projectile) est quasiment similaire à celle de la GLI-F4, malgré l’absence d’explosif […]. »

      Le 5 décembre 2020, le journaliste Maxime Reynié rapportait le cas d’une manifestante qui aurait eu plusieurs doigts arrachés par une grenade GM2L lors de la mobilisation contre la loi « sécurité globale ».

      « La seule différence avec la GLI-F4, outre qu’elle n’est pas composée de TNT, est que la GM2L ne génère aucun éclat lors de son explosion mais sa charge pyrotechnique peut arracher une main », nous précise un formateur au sein de la police avant d’ajouter que « les dysfonctionnements de cette grenade soulèvent de nombreuses questions en termes de graves blessures qu’elle peut occasionner. »

      « Le lien avec Redon va vite être posé, forcément, explique-t-il. L’enquête devra déterminer s’il s’agit d’une grenade GM2L qui a arraché la main du jeune. Si c’est le cas, et si elle a dysfonctionné, cela aggrave évidemment la situation. Mais il faut garder en tête que même sans ces défaillances, cette grenade peut mutiler. »

      Et là encore, comme ce fut le cas pour la GLI-F4, lorsque Christophe Castaner avait tardé à l’interdire, préférant attendre l’épuisement des stocks, son successeur, Gérald Darmanin, laisse les forces de l’ordre faire usage d’une arme pas moins dangereuse que sa prédécesseuse, et de surcroît défectueuse.

      #bouchers

  • Cinq ans de manifestations disséquées : comment les forces de l’ordre usent des grenades au mépris des règles

    Enquête de fond par Sébastien Bourdon, Emile Costard et Antoine Schirer | Mediapart - 5 juillet 2021
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050721/cinq-ans-de-manifestations-dissequees-comment-les-forces-de-l-ordre-usent-

    Cette semaine doivent se tenir de nouvelles tables rondes du « Beauvau de la sécurité ». Au programme, le maintien de l’ordre et le contrôle interne de la police notamment. Après plusieurs années d’opérations caractérisées par un nombre important de blessés et de mutilés, chacun connaît désormais la dangerosité des armes en dotation. Les usages en manifestation de « LBD », « GMD », « GLI-F4 » et autres armes dites de « forces intermédiaires » font débat. Leurs mésusages beaucoup moins.

    Le ministère de l’intérieur ne dispose d’aucune donnée sur cette problématique pourtant centrale. Mediapart a enquêté sur cet angle mort institutionnel pour savoir si l’utilisation de ces armes sur le terrain est conforme à ce que prévoient les textes. Après avoir disséqué et analysé cinq années d’images d’opérations de maintien de l’ordre, nous avons pu établir que plus d’un jet sur deux de grenades de désencerclement (GMD) est non réglementaire. Près d’un tir sur cinq de lance-grenades contrevient également aux réglementations en vigueur. Afin que notre travail ne puisse souffrir de contestations, nous avons décidé de rendre public l’ensemble de notre base de données.
    Contactée par Mediapart, la police nationale rappelle l’existence du « traitement relatif au suivi de l’usage des armes » (TSUA). Chaque fonctionnaire ayant fait usage d’une arme doit indiquer dans ce fichier le lieu, la date et l’heure du tir, ainsi que son motif et ses conséquences. Le tout est validé par un supérieur hiérarchique avant transmission à l’IGPN, qui mentionne ces chiffres dans son bilan annuel. Des données qui ne renseignent néanmoins pas sur le caractère réglementaire de l’utilisation des armes. Et dont sont exclues les grenades lacrymogènes, et donc l’utilisation de lance-grenades.

    À partir des images réalisées par l’agence de presse Line Press et disponibles en ligne sur YouTube, nous avons répertorié et isolé les séquences montrant l’utilisation de grenades de désencerclement et de lance-grenades dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre. Pour ces deux armes, une analyse visuelle permet d’estimer la fréquence à laquelle leur usage est contraire aux textes encadrant leur emploi.

    Au total, notre base de données s’appuie sur plus de 145 heures d’images filmées entre mai 2016 et décembre 2020, qui couvrent donc les grands mouvements sociaux de ces dernières années : manifestations contre la loi travail, contre la loi sécurité globale, mobilisation contre la réforme des retraites, et nombreux « actes » des « gilets jaunes ». Des luttes locales ou sectorielles également : ZAD de Notre-Dame-des-Landes, manifestations de pompiers, soignants, agents pénitentiaires, cheminots… ou bien encore les mouvements contre les violences policières autour des « affaires » Théo, Adama Traoré, Liu Shaoyo… [la liste des vidéos consultées, ainsi que la base de données de cette enquête sont à retrouver dans l’onglet Prolonger ou directement ici accessible ici https://docs.google.com/spreadsheets/d/1vOxy7TTBW35YsoaN7PDXIjMjGZUkzlJkrgVJWA4pEYY/edit#gid=1144164338 ].

    #violences_policieres #maintien_de_l'ordre #armes #grenades #lance-grenades #manifestations #Police #zad #gilets_jaunes #controle_social #terreur

  • Les dimensions spatiales du maintien de l’ordre.

    Carnets de débats

    Marion Lecoquierre et Félix Tréguer. #Villes sous contrôle et #technologisation du maintien de l’ordre. Entretien avec #Félix_Tréguer [Texte intégral]

    Carnets de recherches

    Clément Monseigne. Maintien de l’ordre et maintien des ordres : les #logiques_spatiales du régiment des Gardes-françaises à Paris à la veille de la Révolution

    Jonas Campion. Des espaces « exceptionnels » à sécuriser : éléments d’histoire de la cohabitation policière à la frontière franco-belge (xxe- xxie siècles)

    Camille Guenebeaud. Au-delà des murs. Maintenir l’ordre à la #frontière franco-britannique

    Andrea Kretschmann. Les #villes_artificielles comme espaces de formation de l’ordre politique : l’entrainement aux scénarios apocalyptiques des polices européennes

    Aurélien Restelli. « Avant la manif ». L’#aménagement_préventif de l’espace manifestant

    Aïcha Bourad et Fanny Parent. La #foule et l’#ordre : gouvernement spatial des conduites dans les meetings électoraux

    Naoko Tokumitsu. Le développement de dispositifs techniques de #surveillance des #espaces_publics et la participation des habitants au maintien de l’ordre au #Japon

    Romane Joly et Vincent Lebrou. Des #jardins pour maintenir l’ordre ? Enquête ethnographique dans un quartier populaire strasbourgeois

    Carnets de terrain

    Bénédicte Michalon, Tristan Bruslé, Olivier Clochard, Mathilde Darley, Olivier Milhaud et Marie Morelle. Enquêter dans les lieux d’#enfermement. Retour collectif sur une expérience de recherche

    Damien Carrière
    Garde-à-vous à Manesar. Une observation participante parmi les gardiens de sécurité en Inde [Texte intégral]

    Carnets de lectures

    Franck Ollivon. Marie Morelle, #Yaoundé carcérale. Géographie d’une ville et de sa #prison. Lyon : ENS Editions, 2019, 228 p.

    Léopoldine Manac’h. BABELS, La police des migrants. Filtrer, disperser, harceler. Paris : éditions du Passager clandestin, 2019, 120 p.

    Alex Mahoudeau. Mathieu Rigouste, La Domination Policière. Une violence industrielle. Paris : La Fabrique, 2012, 257 p.

    Carnets de soutenances

    Franck Ollivon. La prison chevillée au corps. Pour une approche géographique du placement sous #surveillance_électronique

    Arthur Oldra. Spatialités individuelles et jeux de places dans l’espace public urbain. De quelques perspectives géographiques à propos des #militaires en opération #Vigipirate/#Sentinelle.

    https://journals.openedition.org/cdg/6590
    #maintien_de_l'ordre #géographie #espace #revue

    #espace_public #quartiers_populaires #Strasbourg #lieux_d'enfermement

    ping @davduf

  • Maintien de l’ordre : une unité spéciale de CRS installée dans l’Essonne
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/01/l-unite-speciale-de-crs-installee-par-gerald-darmanin-sera-operationnelle-de


    Un CRS surplombe une manifestation contre la loi sécurité globale, en décembre 2020.
    CHARLES PLATIAU / REUTERS

    La CRS 8 est composée de deux cents hommes spécialement formés au maintien de l’ordre et capables de se déplacer très rapidement « en tout point du territoire », en cas de manifestations violentes et de violences urbaines.

    Ses hommes seront mobilisables vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, et pourront être déployés en tout point du territoire. Une unité spéciale de deux cents CRS spécialement formés au maintien de l’ordre et capables de se déplacer très rapidement a été installée, jeudi 1er juillet, par Gérald Darmanin à Bièvres, où elle est stationnée, à 17 kilomètres au sud-ouest de Paris. Sur place, dans l’Essonne, le ministre de l’intérieur a fait valoir que cette unité pourrait être « déployée en quinze minutes dans un rayon de 300 kilomètres en cas de troubles graves à l’ordre public et de violences urbaines ».

    La création de cette unité, voulue par le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, avait été évoquée en début d’année pour répondre à l’augmentation des manifestations violentes et des violences urbaines, notamment dans des villes moyennes qui ne connaissaient pas auparavant ce type de phénomènes.

    « Outil souple et mobile »
    La DGPN (direction générale de la police nationale) a mené une « réflexion sur ses capacités de réaction, de projection et de mobilité sur les territoires concernés », jusqu’à la création de cette unité spéciale, la CRS 8, qui sera opérationnelle dès vendredi, a-t-on expliqué au ministère de l’intérieur.

    « Outil à la fois souple et mobile par son organisation, la CRS 8 permettra d’assurer une grande rapidité d’intervention avec des moyens optimisés. Elle constitue une nouvelle lame au couteau suisse des unités de forces mobiles », a ajouté le ministère. « Sauf exception liée à l’urgence opérationnelle », cette unité n’a « pas vocation à rester sur une zone d’intervention plus de quelques jours ».

    En installant cette nouvelle unité, Gérald Darmanin a fait valoir que « la CRS 8 [était] une expérience qui a vocation à être généralisée ». « Si la CRS 8 démontre son utilité et son efficacité, alors il y aura d’autres CRS 8 », a insisté le ministre. M. Darmanin a rendu un hommage appuyé aux CRS et aux gendarmes mobiles en promettant une augmentation de leurs effectifs dans le projet de loi d’orientation et de programmation de la sécurité intérieure qu’il préparera pour 2022. « Je ne veux plus que votre formation soit sacrifiée », a-t-il dit, en référence aux heures supplémentaires accumulées par les CRS appelés à se déplacer partout sur le territoire.

  • Petite #métaliste (probablement pas complète) sur l’#instrumentalisation de l’#accueil de #réfugiés à des fins de #repeuplement ou pour accueillir de la nouvelle #main-d'oeuvre en Europe.

    A mettre en lien avec le sous-métaliste sur les villes-refuge :
    https://seenthis.net/messages/878327

    –-> les articles cités ici se focalisent sur la question de l’instrumentalisation de l’accueil à des fins économique/démographiques/sociaux

    #dépeuplement #démographie #travail #marché_du_travail #migrations #économie

    ping @karine4

  • #Redon : la préfecture a empêché les pompiers de secourir les blessés
    30 juin 2021 - Par Pascale Pascariello | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/300621/redon-la-prefecture-empeche-les-pompiers-de-secourir-les-blesses

    Lors de la free party organisée à Redon les 18 et 19 juin, les gendarmes ont gravement blessé des teufeurs, dont un a eu la main arrachée par une grenade. Les pompiers, qui auraient pu intervenir pour secourir des jeunes dans un état sanitaire dramatique, en ont été empêchés par la préfecture.

    « J’ai honte d’être pompier. Un jeune risquait de mourir. Nous le savions. Mais nous ne pouvions pas intervenir. » Lors de la free party qui s’est déroulée les 18 et 19 juin à Redon (Ille-et-Vilaine), un jeune homme de 22 ans a perdu sa main. D’autres ont été gravement blessés. Mais, selon les documents et témoignages recueillis par Mediapart, la préfecture a bloqué les pompiers à l’entrée du site. Mettant ainsi des vies en danger.

    Cette nuit-là, responsable de la mise en œuvre des secours, la préfecture motive son refus par le fait qu’aucun plan d’évacuation des blessés n’a été anticipé, et que l’accès au site n’est donc pas sécurisé pour les pompiers. L’argument révèle un très haut niveau d’amateurisme dans la préparation de l’événement, un manque de discernement évident dans l’appréciation de la gravité de la situation. Mais aussi une bonne part de mauvaise foi selon le même pompier, bouleversé : « Quand il s’agissait d’aller chercher des gendarmes blessés à l’intérieur, il n’y avait pas de problème, d’autres gendarmes nous escortaient. »

    Ce n’est que le lendemain, le 19 juin, aux alentours de 18 heures, que les pompiers auront accès directement au site afin de secourir des jeunes dont deux, signalés comme « urgence absolue », et « plusieurs tombés à l’eau ». /.../

    #violences_policieres #maintien_de_l'ordre #mutilation #crime_d'etat

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      Dans la nuit du 18 au 19, 400 gendarmes mobilisés pour empêcher une fête qui n’a pas été autorisée font face à des jeunes venus rendre hommage à Steve, décédé deux ans plus tôt lors de la fête de la musique après une intervention policière. « À partir de minuit, nous avons commencé à recevoir de nombreux appels de jeunes qui étaient sous les tirs de grenades lacrymogènes », nous confie un pompier. « Certains étaient pris de panique, d’autres suffoquaient », poursuit-il.

      « Nous suivions ce qu’il se passait sur les réseaux sociaux. Cela en dit long sur notre absence d’information », précise un autre secouriste.

      À 2 h 45, les pompiers reçoivent un appel pour « un blessé main arrachée par grenade ». Il s’agit d’une « urgence vitale ». Quatorze minutes plus tard, le camion des pompiers arrive à quelques centaines de mètres du site, mais privé d’accès sécurisé, il reste immobilisé sur un rond-point.

      À l’entrée du site sont aussi bloqués depuis minuit deux responsables de l’association Techno+, Ombline Pimond et Sébastien Petit. Près de l’ancien hippodrome, ils suivent à distance la situation de gendarmes qui tentent d’empêcher l’organisation de la fête.

      « Depuis 1995, nous intervenons notamment sur les free parties et les raves. Nous sommes une association reconnue par le ministère de la santé et notre mission consiste à réduire les risques liés aux pratiques festives, à la prise de drogue ou d’alcool. » Cette fois, l’accès leur est donc refusé par les gendarmes. « Nous avons appelé la préfecture du Morbihan, département voisin qui était initialement prévu pour l’organisation d’une free party. Nous avons alors demandé à être mis en contact avec une personne de la préfecture d’Ille-et-Vilaine et nous avons également appelé l’Agence régionale de santé [ARS]. »

      Quels ordres a donnés la préfecture ? En tout cas, elle a interdit l’accès aux pompiers pour secourir les jeunes

      Sébastien Petit, un des responsables de l’association Techno+

      Il est 2 h 33 lorsque la personne d’astreinte à l’ARS décroche et découvre alors la situation. « “Je vais appeler la préfecture”, nous a-t-elle dit. Elle n’avait été informée ni de la free party ni de l’intervention des gendarmes », explique Ombline Pimond.

      Alors que les forces de l’ordre intensifient les tirs de LBD, de grenades lacrymogènes, de grenades de désencerclement et de type GM2L (à composition pyrotechnique), les volontaires de Techno+ restent toujours bloqués.

      Quand la situation de la main arrachée se confirme, les gendarmes ne permettent toujours pas aux pompiers d’accéder au site pour secourir le jeune mutilé. Ils laissent passer l’association pour qu’elle aille chercher le blessé. « Quels ordres a donnés la préfecture ? En tout cas, elle a interdit l’accès aux pompiers pour secourir les jeunes, selon l’un des responsables de Techno+, Sébastien Petit. C’est une hérésie de nous avoir demandé d’aller le secourir compte tenu de l’extrême gravité de sa blessure », déplore-t-il.

      « Tout le monde à ce moment-là autour de nous parlait de cette mutilation. Je ne parvenais pas à imaginer que ce soit possible », rapporte la présidente de Techno+, Ombline Pimond, qui tient cependant à préciser : « Si certains volontaires se forment aux premiers secours, nous ne sommes pas des secouristes. Nous n’intervenons que dans des fêtes et nous ne sommes absolument pas formés à ce genre de blessures ni pour intervenir au milieu de tirs de grenades. »

      À tel point que seuls dix d’entre eux décident d’aller sur la zone des tirs. « Je suis la seule infirmière de l’association sur le site à ce moment-là, donc je n’ai pas hésité, bien sûr. Mais je devais également protéger les autres volontaires de l’association. C’est pourquoi nous avons formé un petit groupe plus aguerri pour aller secourir les jeunes. »

      J’ai regardé hélas vers le bas de son bras, en lambeaux. C’était hyper choquant. Une mutilation de guerre que je n’oublierai jamais

      Thomas, 30 ans, venu en aide au jeune mutilé

      Le problème est qu’au milieu des gaz lacrymogènes, sans être guidés et sans expérience, les bénévoles de Techno+ ne trouvent pas le jeune mutilé.

      Au même moment, Thomas∗, un ingénieur du son de 30 ans venu de Toulouse avec son amie pour faire la fête, se retrouve coincé à bord de son camion, en file indienne derrière d’autres véhicules, sur un petit chemin menant vers l’entrée de l’hippodrome, à quelques dizaines de mètres des tirs des gendarmes.

      « L’air était irrespirable. On y voyait presque rien. » Après avoir mis à l’abri son amie dans la cour d’une ferme, Thomas retourne près de son camion. « Il y a toute ma vie dedans. Depuis le Covid, nous y habitons avec mon amie pour des raisons financières. » Après des tirs incessants de grenades lacrymogènes, « d’autres à fortes détonations explosaient à intervalles réguliers. J’attendais que ça passe avec la boule au ventre. C’était effrayant. »

      Il retrouve Armel∗, un de ses amis, et ensemble ils patientent alors près du camion. Lorsqu’il entend soudain « quelqu’un hurler “Ne regardez pas” ». Il voit deux personnes en train de soutenir un « jeune qui semblait en état de choc, sonné ,et j’ai regardé hélas vers le bas de son bras, en lambeaux. C’était hyper choquant. Une mutilation de guerre que je n’oublierai jamais. »

      Près de l’ancien hippodrome, à Redon, dans la nuit du 18 au 19 juin 2021. © DR Près de l’ancien hippodrome, à Redon, dans la nuit du 18 au 19 juin 2021. © DR

      « Au cours de la soirée, certains disaient que les pompiers ne pouvaient pas venir », précise-t-il. Thomas et Armel décident donc de dégager un chemin pour que le véhicule à bord duquel le jeune homme a été installé puisse rejoindre au plus vite la route. « Certains avaient quitté leur voiture en laissant les clefs sur le contact. On en a profité. D’autres non, et nous les poussions à la main. Mais tout m’a semblé rapide, peut-être parce que nous étions dans un état d’une telle urgence que rien d’autre ne semblait exister. »

      Anéanti, Thomas est aujourd’hui encore traumatisé. « Comment peut-on arriver à perdre autant d’humanité ? Détruire une vie pour interdire une fête alors que nous n’étions pas une menace... »

      Heureusement, une jeune femme a réussi à conduire le jeune homme mutilé à l’hôpital. Les pompiers l’apprennent à 3 h 30. « C’était un soulagement mais qui n’efface pas la colère », nous raconte un pompier. À 3 h 48, Sébastien de Techno+ échange à nouveau avec l’Agence régionale de santé sur la situation dangereuse et sur le besoin de faire venir des secours.

      Aux alentours de 4 heures, les volontaires de l’association prennent en charge un premier blessé. Une jeune fille qui a reçu des éclats de grenade à la cheville. « Aidée par une de ses amies, elle a quitté les lieux en empruntant un chemin dans les ronces. Depuis, nous l’avons eue au téléphone. Elle nous a expliqué s’être rendue aux urgences par ses propres moyens. Elle a eu un traumatisme de la malléole et une infection de la jambe due à sa prise en charge tardive », déplore Ombline.

      À 4 h 8, les pompiers reçoivent un appel d’un « gendarme blessé » léger. Deux minutes plus tard, il est pris en charge, et conduit à l’hôpital où il est admis vers 4 h 30. Lorsque les gendarmes sont pris en charge, l’ambulance est parfois « encadrée par un groupe d’intervention de gendarmerie spécialisé dans la récupération des GD [gendarmes] blessés », précisent les pompiers.

      Jeune homme blessé, ancien hippodrome de Redon, 19 juin 2021. © Association Techno + Jeune homme blessé, ancien hippodrome de Redon, 19 juin 2021. © Association Techno +
      Vers 6 heures, « alors que le jour se levait, la situation a commencé à s’apaiser et nous avons pu arriver vers une autre partie du site, un autre champ où nous avons pu commencer à souffler », explique la présidente de Techno+.

      L’association monte alors une tente pour continuer de venir en aide aux jeunes, mais « il fallait une unité de soins avec des secours ». L’infirmière doit soigner une personne qui « semble avoir reçu un tir de LBD entre les deux yeux. Là encore, ce sont ses amis qui l’ont évacuée. »

      À 7 h 29, puis à 8 h 28 et encore à 9 h 36, l’association réclame à nouveau à l’ARS des équipes de secours. En vain. Pourtant, à 8 h 25, les pompiers sont intervenus. Mais c’était, de nouveau, pour venir soigner un gendarme dont l’état ne nécessitera pas son évacuation.

      Vers 9 h 40, les pompiers s’apprêtent à envoyer des équipes. Ils prévoient de mettre en place un poste médical avancé (PMA) mais aussi, « en prévision d’interventions des forces de l’ordre », ils préparent 3 bateaux ainsi que des plongeurs « pour la fin d’après-midi ».

      Mais à 12 h 12, toujours rien. La présidente de Techno+ demande des précisions au sous-préfet Jacques Ranchère. « “Il faut qu’on s’organise”, m’a-t-il dit. »

      À 16 heures, alors que la rumeur d’une nouvelle charge des gendarmes s’amplifie, la présidente de l’association interroge de nouveau le sous-préfet et l’alerte sur les dangers que représente une telle opération, certains jeunes étant alors épuisés, alcoolisés et « le site étant en bordure de rivière ». Mais il la rassure et « lui garantit qu’aucune charge n’est prévue », rapporte-t-elle. Les pompiers, eux, s’y préparent depuis le matin.
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      Et effectivement, vers 17 heures, des tirs de grenades lacrymogènes recommencent. Une jeune femme reçoit des éclats de grenade au visage. Cette fois sur place, les pompiers la prennent en charge vers 18 h 30 ainsi que « cinq raveurs dont deux en urgence absolue » et « plusieurs personnes tombées à l’eau ». Dix gendarmes seront également pris en charge, « classés urgence relative ».

      Mediapart a pu consulter des documents de secouristes d’Ille-et-Vilaine ainsi que les alertes lancées à la préfecture et à l’Agence régionale de santé (ARS) par l’association de prévention Techno+. Difficile de savoir combien de jeunes ont été blessés puisqu’ils sont nombreux à avoir dû se débrouiller par leurs propres moyens comme ça a été le cas pour le jeune homme dont la main a été arrachée.

      L’association Techno+ a cependant réalisé un premier bilan qui chiffre à 22 le nombre de jeunes auxquels elle a pu apporter les premiers soins. Deux étaient en état de détresse psychologique et vingt autres blessés. Parmi les blessures, l’association a notamment relevé une joue transpercée et une mâchoire touchée par des éclats de grenade, des traumatismes, certainement causés par des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD), notamment au front. Sur ces 22 blessés, seuls quatre ont pu être pris en charge par les pompiers, entrés sur le site le 19 juin, vers 18 heures.

      L’un des pompiers que nous avons interrogé reste encore choqué par cette soirée. « Nous ne pouvions pas nous engager en tant que pompiers dans cette zone. C’était trop dangereux. Mais la préfecture comme la gendarmerie n’ont pas réfléchi à la mise en danger qu’ils faisaient courir à ces jeunes. C’est si inquiétant de voir cela. Ce sont nos enfants. »

      « J’ai eu l’impression d’être isolée et enfermée en criant à l’aide sans être vraiment entendue », explique Ombline, qui déplore que le ministère de la santé ne l’ait pas rappelée « alors qu’il nous soutient et nous finance ».
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      Contactée par Mediapart, la préfecture d’Ille-et-Vilaine déclare qu’« à 1 h 51, un chef de groupe, un infirmier et une ambulance ainsi qu’un engin-pompe étaient sur place. Des moyens supplémentaires ont été engagés à plusieurs reprises au cours de la nuit pour prendre en charge des victimes, dont certaines s’étaient entre-temps rendues à l’hôpital par leurs propres moyens ». Mais la préfecture n’apporte aucune réponse concernant l’absence de plan d’évacuation des blessés ou d’accès sécurisé pour les pompiers.

      Elle ne livre pas plus d’explications sur l’absence de prise en charge de nombreux blessés, parmi lesquels le jeune homme mutilé.

    • Mais la préfecture comme la gendarmerie n’ont pas réfléchi à la mise en danger qu’ils faisaient courir à ces jeunes. C’est si inquiétant de voir cela. Ce sont nos enfants.

      La gendarmerie a au contraitre tres bien reflechit et elle sais très bien ce qu’elle fait lorsqu’elle pousse dans l’eau les fêtards qui commémorent la noyade de Steve Caniço. Elle sais aussi tres bien ce qu’elle fait lorsqu’elle arrache la main d’une personne et la prive de soins. Elle sait aussi tres bien ce qu’elle fait lorsqu’elle tire des grenades entre les yeux des gamins...

      On est au stade de l’homicide prémédité et de sa tentative car les gendarmes savent parfaitement que leurs méthodes tuent puisqu’ils ont deja tué Steve Caniço comme cela et ils recommence dans le but de tuer des jeunes teufeurs le jour de la mémoire du dernier jeune qu’ils ont assassinés par noyade. Ce jour là donc ils s’efforce de noyer d’autres jeunes et c’est par une récidive de tentative de meurtre qu’ils fetent le dernier meurtre qu’ils ont commis avec exactement le meme mode opératoire. Le préfet aurais déjà du être incarcéré pour homicide et tentative d’homicide, il est en récidive et sera surement récompensé pour cette tentative de meurtre de masse des jeunes teufeurs par noyade.

      En Macronie les gendarmes sont payés par nos impôts pour amputé et noyé vos enfants, les préfets sont des assassins multirécidivistes et le gouvernement leur distribue les primes si ils mutilent des enfants.

    • Autre complément : l’Asso Techno+ met à disposition de toute personne, victimes, avocats, médias, curieux·ses, le témoignage collectif des 43 volontaires de l’association de santé communautaire et de réduction des risques lors du #teknival de #Redon du 19 juin 2021.
      >> 43 volontaires témoignent
      >> Déroulement heure par heure des évènements depuis l’intérieur de la nasse policière
      >> Liste des 22 victimes prises en charge par l’association

      https://technoplus.org/fete-libre/repression-teuf/6703-teknival-de-redon-du-19-juin-2021-techno-temoigne

    • « J’ai honte d’être pompier. Un jeune risquait de mourir. Nous le savions. Mais nous ne pouvions pas intervenir. »

      Je ne suis pas pompier mais je suis né à Redon et je connais bien ce pays. Le pays de r’don où y’a des marrons dans la gueule qui se perdent. J’ai honte d’être français et j’en peu plus de cette république en mocassins.

    • https://seenthis.net/messages/921023

      D’après ton expérience et avec le recul dont tu disposes, que penses-tu des évènements qui viennent de se dérouler à Redon, où les gendarmes et les CRS semblent avoir déployé un niveau de violence rare face à une « rave party » illégale ? Quelle est ta réaction ? Que peux-tu nous en dire par rapport à ce que tu as pu vivre, notamment dans les années 1990 ?

      Bonne question, ce regain de répression en cours est vraiment inédit. À la grande époque des interdictions dans les années 1990, nous n’avons pas vécu ce niveau de violence, ces charges policières, ce gazage massif, des destructions de matériel et de murs de sons. À l’époque, on se contentait d’une saisie. Et tout cela pour un évènement qui commémorait justement la mort d’un raver à Nantes, dans des circonstances peu flatteuses pour les autorités. Qu’est-ce que le jeune raver étudiant, qui cherche à occuper ses week-ends avec ses potes, peut représenter comme danger potentiel pour l’ordre public ? Est-ce que ça nécessite des interventions dignes des manifestations les plus réprimées, comme s’il s’agissait de terroristes ou de casseurs des blacks blocs ?

      Les priorités de ce ministère de l’intérieur m’échappent, cela va de pair avec leur déni flagrant à l’encontre des scènes musicales pendant la pandémie, clubs en tête. Les conditions qui sont accordées aux festivals, cet été, sont tellement draconiennes qu’elles remettent en cause leur seuil de rentabilité et la tenue de fêtes où l’on peut danser. On peut dire ce que l’on veut des gouvernements conservateurs de Grande-Bretagne ou d’Allemagne, mais ils sont moins féroces avec la fête, les jeunes et les concerts.

      Il y a quelques années, nous n’aurions pas imaginer qu’on puisse mourir noyé ou avoir sa main arrachée parce qu’on a voulu transgresser des lois qui sont systématiquement transgressées depuis des années au moment de la fête de la musique. En plus, toutes les études réalisées de Barcelone à Liverpool, ont démontré qu’aucun cluster ne s’est développé pendant ces évènements. Donc, la répression qui est en cours est parfaitement inique, tenant du délit de faciès, d’un racisme anti-jeune et dans le rejet de cette contre-culture qui, j’en suis convaincu , est une sous-culture rebelle a leurs yeux.

      Je n’ai aucun souvenirs de blessés lors des premiers #teknivals, tout au plus quelques gardes à vue et des saisies de matériel.

    • https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/redon-polemique-autour-de-la-rave-les-pompiers-empeches
      (dsl, @val_k, je te l’ai piqué sur ta TL chez Gazouillis-Land)

      Suite à la rave party de Redon, qui s’est tenue les 18 et 19 juin dernier, les polémiques ne cessent d’enfler sur la violence de l’intervention des forces de l’ordre. Médiapart publie un article avec les témoignages de pompiers, affirmant avoir été empêchés d’intervenir. La préfecture dément.

      Le préfet « dément » prétend qu’il fallait « neutraliser le son » :
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rave-party-de-redon-pour-le-prefet-il-fallait-neutralis

      Huit murs de son fracassés

      « A priori, le préfet préfère avoir des gens mutilés que des gens qui s’amusent » s’énerve un teufeur sur une vidéo de l’évacuation qu’il a postée sur Twitter.

      Les sonos ont été brisées à coup de masse. « Il fallait neutraliser le son », répète le préfet, « c’était la seule solution pour faire cesser la rave. »

      (Le rêve de tout préfet qui se respecte : faire cesser les « raves »)

    • rave party à Redon. Matériel détruit, violences… Les teufeurs annoncent des dépôts de plaintes.
      https://www.ouest-france.fr/bretagne/redon-35600/rave-party-a-redon-materiel-detruit-violences-les-teufeurs-annoncent-de

      Ce mardi 6 juillet, des participants à la rave de Redon et associations en soutien, ont indiqué que des plaintes allaient être déposées, notamment auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme, pour le matériel détruit et les violences, lors des affrontements avec les forces de l’ordre, le 18 juin. Un jeune homme avait eu la main arrachée. « L’association Freeform a saisi l’IGGN (Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale) concernant la destruction du matériel, avec pour objectif une saisine de l’IGA (Inspection générale de l’administration). »

      l’IGGN étant la cousine de l’IGPN, il ne faut pas en attendre grand chose. Vu la récente déclaration du procureur de Rennes sur l’heure de la mort de Steve Maia Caniço, deux ans plus tôt. Ce que tout le monde savait déjà.
      https://www.amnesty.fr/presse/blesse-grave-a-redon-amnesty-international-france

    • Une tribune par un large collectif de musicien-ne-s et d’oeuvrier-e-s de la culture (dont moi-même) revient sur la criminalisation de la musique et de la culture populaire et lance un appel « à la multiplication des fêtes libres ».
      Publié chez les invités de Mediapart le 26 juillet 2021 https://seenthis.net/messages/924156
      lien direct : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/260721/propos-de-redon-liberte-party

  • Les armes sonores : comment faire mal sans une égratignure
    Attaquer les tympans, les yeux, l’estomac mais aussi le cerveau simplement avec du son, c’est l’objectif de plusieurs pays qui expérimentent ce type d’arme.
    https://www.vice.com/fr/article/qj8z3b/les-armes-sonores-comment-faire-mal-sans-une-egratignure

    Pourquoi gazer lorsque l’on peut calmer une foule par la seule force du son ? Les baffles ne servent pas seulement à danser. Le son peut être utilisé à des fins militaires. En juin, les forces de l’ordre françaises ont, par exemple, utilisé un canon à son pour disperser un rassemblement aux Invalides.

    L’inventeur de ce canon à son racontera en 2004 que cette arme « produit l’équivalent d’une migraine instantanée » et certaines personnes « en tomberont à genoux ». Interrogée par nos soins, la préfecture de police n’a pas souhaité répondre à nos questions sur l’utilisation de cette arme. « Les matériels utilisés sont inscrits dans le schéma inscrit du maintien de l’ordre, nous n’irons pas au-delà de vos questions » nous répond-on, après plusieurs jours d’attente pour cette réponse succincte.

    #Maintien_de_l'ordre #repression #armes_sub-lethales #police

  • Affaire de #Lieuron : nouvelle stratégie de la police

    « Nous avons appris que les gendarmes convoquent des personnes ayant reçu des amendes pendant la teuf de Lieuron. Il est important de se rappeler qu’il n’y pas d’obligation légale de se rendre à ces convocations et nous déconseillons fortement de le faire »

    Si vous avez contesté une amende, il n’y a pas de raisons que les flics vous convoquent : en cas de refus de la contestation vous serez directement convoqué au tribunal de police. Si vous ne l’avez ni contesté ni payé, il n’y a pas de raisons non plus que vous soyez convoqué. Cela semble évident que ces convocations sont en réalité des moyens détourné pour recueillir des infos sur la teuf.

    Vous ne pouvez pas être contraint de force à vous rendre à une convocation liée à une amende, les flics ne peuvent pas venir vous chercher chez vous. Cependant, la décision de vous y rendre vous exposerait à une audition, dans laquelle les gendarmes pourront vous interroger sur la teuf, vous poser des questions auxquelles vous n’êtes pas préparés, et qui n’auront sûrement rien à voir avec le sujet des amendes. Vos déclarations pourront éventuellement provoquer une garde à vue si vous vous incriminez pour des délits liés à la teuf. C’est la seule possibilité pour les keufs de vous mettre en garde à vue, puisqu’aucune GAV n’est possible pour une simple contravention. Vous n’avez donc rien à gagner à vous y rendre. Il est important de refuser de participer à ces procédures, à la fois pour vous mais aussi pour tous les inculpés de l’affaire de Lieuron. /.../

    Si vous êtes convoqués, si vous avez des questions ou des informations sur ces procédures, contactez-nous par mail defense.collective(at)riseup.net ou via les réseaux sociaux, ou par téléphone au 0770034219 (ne pas laisser de messages vocaux)

    Faites attention également à ne pas divulguer d’informations incriminantes par téléphone ou sur les réseaux.

    source : https://nantes.indymedia.org/articles/56086
    #freeparty #repression #controle_social #Maintien_de_l'ordre

  • La nuit de la fête de la Musique, j’ai effacé une dizaine de tweets pour, je pensais, respecter la mémoire d’un mort et le besoin de paix de ses proches.
    Mais ça va pas.
    Et c’est faux.
    Depuis plusieurs années la préfecture de Loire-Atlantique et son bras armé font un jeu de « négociations » avec les victimes et/ou proches de victimes sur la base de « si vous ne pacifiez pas, l’ultra-gauche va récupérer ça et ce sera le chaos. »
    C’est malin, pervers, à la limite de la torture mentale, et... ça marche.

    Les préfectures continuent encore et toujours à bénéficier d’une aura de la fallacieuse « neutralité » de l’Ordre et du Pouvoir. C’est évidemment faux mais ça impressionne et franchement quand tu es endeuillé, tu as besoin de croire en une force pacificatrice, d’où qu’elle vienne.
    Je suis trop fatiguée pour me sentir capable de reprendre tout ce que nous (moi et des dizaines d’autres) avons dû débunker comme mensonges prefectoraux années après années : zad de Notre-Dame-des-Landes, du Testet, fausses attaques des hôpitaux Necker ou Pitié-Salpétrière, etc. etc. Mais accepter de taire encore le chantage pervers des préfectures : non.
    Pourtant quand des proches de victimes font pression pour taire ma colère, je le fais.
    Mais pour clarifier ce qui s’est passé hier à Nantes : initialement la Marche #JusticePourSteve aurait dû pouvoir aller sans la moindre réserve n’importe où. Et logiquement sur les lieux de fête de la musique d’il y a deux ans, là où Steve a été noyé et des dizaines d’autres blessé-e-s.
    Mais depuis le meurtre, pardon, « la fête qui a dégénéré » et « l’accident », selon les termes préfectoraux admis, le site est entièrement encagé et il a été interdit d’accès par arrêté la semaine dernière, ainsi que tout le secteur autour. (cf https://www.20minutes.fr/nantes/3066159-20210620-nantes-pointe-ouest-ile-nantes-reste-fermee-jusqu-mardi-m )

    Et là est le piège

    Pour une meilleure vision des lieux :
    – vue d’ensemble de la pointe de l’Ile de Nantes

    – la teuf de la musique 2019, où Steve est mort, se tenait là où est l’étoile « 47°... »

    – la marche a pu aller jusqu’où le corps a été retrouvé, au niveau de la cale près de la « Grue Jaune » & le manège

    – la famille a été « autorisée » et « escortée » jusqu’à la fresque-mémoire, entre les deux lieux, au niveau de la « Grue Grise » et du parking Wilson

    C’est là qu’il y a perversité de la Préfecture. Après avoir interdit le secteur, puis joué sur le fait que la marche n’était pas autorisée, cette dernière s’est donc retrouvée bloquée.
    Les proches de Steve ont demandé et demandé encore à passer, dignement, calmement, mais non.
    Vidéo : https://twitter.com/MarionLpz/status/1407035319673884672
    Les prises de paroles se sont donc faites à proximité de la « Grue Jaune ». Après dispersion, la famille a finalement reçu l’autorisation de se rendre à la fresque. Seule. Et là, les comptes twitter « Police Nationale 44 » puis « Préfet des Pays de la Loire » se sont empressés de communiquer, les premier en y ajoutant de manière indécente une capture photo d’une caméra de surveillance où on les voit escorter la famille.

    [#Manifestation] Rassemblement Terrasse des Vents- grue jaune. La famille de Steve Maia Caniço a été autorisée à venir se recueillir.

    https://twitter.com/PoliceNat44/status/1407045641612808196

    C’est à cause de ça que je suis intervenue, ainsi que beaucoup d’autres, pour démonter la supercherie : non la famille n’a pas reçu l’autorisation de se recueillir sur le lieu initialement souhaité. Sans doute même ne l’a-t-elle pas demandé ce jour là au vu des barrières et déploiements policiers autour.
    L’émotion, déjà grande avant, s’est transformée rapidement en colère.
    Pendant ce temps un autre cortège partait du centre-ville, plus festif revendicatif, et vous avez surement entendu parler du gazage général du centre qui a eut lieu ensuite. Sinon, j’avais tenté un suivi par ici : https://twitter.com/ValKphotos/status/1407018844393246720 mais mon crane au bord de l’implosion m’a obligée à lâcher le suivi vers 22h30.
    C’est plus tard dans la soirée et la nuit que des personnes, très sincères et pensant nécessaire d’apaiser les choses, sont intervenues un peu partout pour dire que si, si, la famille avait pu se recueillir, qu’il ne fallait pas mentir pour envenimer les choses, ... Bref, j’ai effacé tous mes tweets qui concernaient ce moment.

    Alors oui, la préfecture a « fait un geste » en acceptant que les proches accèdent au lieu de la fresque-mémoire puisqu’il faisait partie du périmètre interdit.
    Et indéniablement c’était important.

    Mais le lieu de la rave brisée demeure encagé.
    Comme la vérité.

    Entendons-nous bien : ce qui se joue là ce n’est pas « l’affaire #Steve_Maia-Canico » et je ne veux surtout pas minorer son importance : au contraire.
    Ce qui se joue c’est ce qui « fait autorité ».
    Les forces de l’ordre ?
    La communauté en pleine connaissance des faits ?
    En menant ce jeu d’interdiction / autorisation après négociation, la préfecture marque 2 points politiques stratégiquement primordiaux
    – forcer les victimes à gérer la pacification.
    – imposer la négociation, le dialogue et le retour à « l’autorisation préfectorale » dans une ville où, depuis août 1955 et la mort de Jean Rigollet tué par la police*, elle était boycottée.
    *Ref et contexte : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ves_de_Saint-Nazaire_en_1955


    Ça peut sembler être des détails, des broutilles mais pour qui a suivi plusieurs « affaires » de violences policières, on reconnait facilement les schémas qui consistent à acheter une paix sociale pour endosser le moins de responsabilité possible et pour que les potentielles répercussions soient noyées par l’oubli. Les parents de #Remi_Fraisse ont énormément souffert lorsqu’ils l’ont compris. Et je n’ai pas envie de nommer d’autres familles / proches mais celleux qui refusent de négocier dès le départ, sachant déjà qu’elles n’ont rien à perdre par expérience de « quartier » ou de « vie sociale » et qui choisissent la médiatisation plutôt que la discrétion ne gagnent pas forcément plus face à la justice mais perdent beaucoup moins d’illusions. Et ce n’est franchement pas rien.

    Et quitte à parler de la volonté des proches, je préfère quand elleux même définissent leur propre rapport à la répression et à la colère : https://loopsider.com/fr/video/steve-maia-canico-son-frere-et-soeur-se-confient-sur-leur-vie-sans-leur-f

    Fil de réflexions initialement construit sur twitter et enrichi pour sa libération seenthissée : https://twitter.com/ValKphotos/status/1407259546482057217

    #contrôle_social #repression #violences_policières #violence_d'Etat #Maintien_de_l'ordre

  • Main arrachée d’un gilet jaune, la justice siffle la gendarmerie
    http://www.davduf.net/main-arrachee-d-un-gilet-jaune-la-justice-siffle

    Lors d’une manifestation devant l’Assemblée nationale, en 2019, Sebastien Maillet a vu sa main arrachée par une grenade de la gendarmerie. Pour la justice, le lancer de la GLI-F4 était ni nécessaire ni proportionné. Il y a faute de l’Etat. Mes révélations sur Blast. #Police

    / Une, #Gilets_Jaunes, #Maintien_de_l'ordre #GLIF4

  • Le Conseil d’Etat juge illégal le recours à la « technique des nasses » par les forces de l’ordre lors des manifestations
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2021/06/10/le-conseil-d-etat-juge-illegal-le-recours-a-la-technique-des-nasses-par-les-

    Le Conseil d’Etat a annulé, jeudi 10 juin, quatre dispositions phares du schéma national de maintien de l’ordre sur lequel il avait été saisi par plusieurs syndicats et associations. Parmi elles, la très sensible « technique des nasses », utilisées pour encercler des groupes de manifestants. —« Si cette technique peut s’avérer nécessaire dans certaines circonstances précises, elle est susceptible d’affecter significativement la liberté de manifester et de porter atteinte à la liberté d’aller et venir »—, note le Conseil d’Etat dans son communiqué. « Le Conseil d’Etat annule ce point car rien ne garantit que son utilisation soit adaptée, nécessaire et proportionnée aux circonstances », est-il précisé dans le communiqué.

    [...]
    S’agissant de la presse, l’instance considère que les journalistes « n’ont pas à quitter les lieux lorsqu’un attroupement est dispersé » et qu’ils n’ont pas « l’obligation d’obéir aux ordres de dispersion » des forces de l’ordre. « Les journalistes doivent pouvoir continuer d’exercer librement leur mission d’information, même lors de la dispersion d’un attroupement. »

    (...) Concernant la technique de la « nasse », dite de « l’encerclement », le ministère a estimé que le Conseil ne l’interdisait pas mais demandait « que les conditions d’emploi soient précisées ». « Le gouvernement va s’y employer », affirme le ministère.

    (...) A Beauvau, on a relevé que la juridiction administrative précisait en outre que les journalistes « ne devaient pas faire obstacle aux forces de l’ordre ».

    #police #maintien_de_l'ordre

    • Maintien de l’ordre : le désaveu politique du Conseil d’Etat
      https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2021/06/11/le-conseil-d-etat-annule-quatre-dispositions-du-schema-national-du-maintien-

      Quatre dispositions du schéma national du maintien de l’ordre ont été annulées par la juridiction. Parmi celles-ci, la pratique de la « nasse », qui consiste à encercler les manifestants, a été jugée jeudi illégale car insuffisamment précise.

      C’est un camouflet pour le ministère de l’intérieur. Dans une décision rendue publique, jeudi 10 juin, le Conseil d’Etat a annulé quatre dispositions majeures du schéma national du maintien de l’ordre (SNMO), la « bible » des forces de sécurité en matière de gestion des manifestations. La réflexion autour de cette nouvelle doctrine, lancée en juin 2019 par Christophe Castaner, alors ministre de l’intérieur, avait été parachevée quinze mois plus tard – avec une année de retard sur le calendrier prévu – le 16 septembre 2020, à l’occasion de la publication d’un document de 29 pages.

      Le texte, aux dires des associations, avait été formalisé « sans réelle concertation ni transparence » dans le but de doter police et gendarmerie de règles d’action communes après des mois d’affrontements avec les « gilets jaunes ». Dès sa parution, il avait été critiqué, notamment en raison de la consécration du recours à des services non spécialisés – brigades anticriminalité, brigades de recherche et d’intervention ou de répression de l’action violente – dans les opérations de maintien de l’ordre, ou de la confirmation d’usage des grenades de désencerclement et des lanceurs de balles de défense (LBD) à l’origine de dizaines de mutilations et de blessures graves, essentiellement entre 2018 et 2019.
      Lire aussi Le ministère de l’intérieur dévoile la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre

      Défense de la liberté d’informer
      Les plus vives dénonciations, portées par une quarantaine d’associations dont la Ligue des droits de l’homme (LDH), le Syndicat de la magistrature (SM) ou le Syndicat national des journalistes (SNJ), visaient également des pratiques considérées comme gravement attentatoires aux libertés publiques, parmi lesquelles celle de la « nasse », consistant à encercler des protestataires un temps indéfini, et dont l’usage était devenu quasi systématique en cas de manifestation d’ampleur. Si le SNMO validait son recours « utile, sur le temps juste nécessaire (…) aux fins de contrôle, d’interpellation ou de prévention d’une poursuite des troubles », le Conseil d’Etat a purement et simplement annulé cette disposition en considérant qu’elle n’encadrait pas de manière suffisamment précise les cas dans lesquels il était possible de mettre en œuvre cette technique.
      C’est cependant en matière de défense de la liberté d’informer que la juridiction suprême de l’ordre administratif s’est montrée la plus incisive en rappelant son caractère essentiel à la vie démocratique « en ce qu’elle permet de rendre compte des idées et opinions exprimées et du caractère de cette expression collective ainsi que, le cas échéant, de l’intervention des autorités publiques et des forces de l’ordre ». Et en annulant trois mesures emblématiques relatives au travail des journalistes lors des manifestations.

      Le SNMO prévoyait ainsi que le port d’équipements de sécurité par des reporters soit assorti d’éléments d’identification et n’induise aucune « infraction ou provocation ». Cette obligation aux termes « ambigus et imprécis » ne relève pas, a estimé le Conseil d’Etat, de la compétence du ministre de l’intérieur, auquel il n’appartient pas davantage « d’édicter ce type de règles à l’attention des journalistes comme de toute personne participant ou assistant à une manifestation » .

      Idem en matière d’obligation faite aux journalistes de quitter les lieux d’une manifestation après un ordre de dispersion. Balayant cette injonction, le Conseil d’Etat a jugé la mesure entachée d’illégalité. Aussi, pour « rendre compte des événements qui s’y produisent », les journalistes peuvent-ils « continuer d’exercer librement leur mission lors de la dispersion d’un attroupement sans être tenus de quitter les lieux, dès lors qu’ils se placent de telle sorte qu’ils ne puissent être confondus avec les manifestants et ne fassent obstacle à l’action des forces de l’ordre ».

      Enfin, en réservant aux seuls journalistes « accrédités auprès des autorités » un droit d’accès au canal d’informations dédié des forces de l’ordre lors de manifestations, sans autre forme de précision, le SNMO aurait porté « une atteinte disproportionnée à la liberté de la presse et à la liberté de communication ». La disposition a également été annulée.

      Arrêt jugé trop timide

      Pour les associations, une telle décision apparaissait loin d’être acquise. Au cours de la procédure, le rapporteur public, dont les conclusions préfigurent en règle générale la position du Conseil d’Etat, n’avait, en effet, rien trouvé à redire aux dispositions soumises à l’examen du juge administratif suprême, se bornant à requérir l’annulation des conditions imposées au port d’équipements spéciaux par les journalistes. « Le Conseil d’Etat, se félicite Me Patrice Spinosi, qui intervenait au nom du SNJ et la LDH, a clairement mis un coup d’arrêt à la volonté caractérisée du gouvernement de fragiliser l’indépendance de la presse. Un journaliste n’est pas un manifestant, il est là pour informer. Sans lui, il n’y a plus de regard. »

      Plusieurs associations se montrent toutefois déçues par l’arrêt, jugé trop timide. Eric Mirguet, directeur du pôle programme et plaidoyers de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, une ONG partie à la procédure, déplore ainsi « une décision a minima » . L’interdiction des nasses, notamment, « est basée sur la seule liberté de manifester alors que c’est aussi une pratique dangereuse qui peut porter atteinte à l’intégrité physique des personnes qui y sont soumises, qui est indiscriminée en ce qu’elle s’applique à des individus ciblés sur leur seule présence dans un lieu donné et non des actes qu’on leur reprocherait ».

      Parmi d’autres, l’association, qui a publié en mars 2020 un volumineux rapport d’observation sur les conditions du maintien de l’ordre, fruit d’une année de travail sur le terrain, estime que le Conseil d’Etat « a fait le choix de taire ces préoccupations » . Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur a fait savoir que « des modifications seront apportées pour permettre d’atteindre les objectifs voulus par le texte, tout en respectant les orientations de la décision rendue par le Conseil d’Etat », qui a validé « la très grande majorité du texte ».

  • États-Unis : un an après la mort de George Floyd, la ville d’#Austin « réinvente » sa sécurité publique en réduisant le budget de sa police
    https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/etats-unis-un-an-apres-la-mort-de-george-floyd-la-ville-d-austin-reinve

    Enclave progressiste dans un Texas conservateur, Austin a mis de côté un tiers des ressources des forces de l’ordre après la mort de George Floyd à Minneapolis. Un an plus tard, franceinfo se penche sur les premiers enseignements de cette réforme.

    […] Jusqu’à l’an dernier, le financement des forces de l’ordre dans la capitale texane représentait 40% de l’enveloppe budgétaire municipale. Le nouveau budget, voté en août 2020, met sur pause une hausse de 50% de ces dépenses sur sept ans, rapporte le Texas Monthly. Les crédits destinés aux policiers sont ramenés de 434,4 millions de dollars à 292,9 millions par an. Cette réduction entraîne la suppression de 180 postes de policiers – dont 150 vacants – sur un total d’environ 1 800 agents. La formation de quatre nouvelles promotions de policiers est retardée, et le budget dédié aux heures supplémentaires réduit.

    #budget #aide_sociale #social #sans_domicile_fixe #logement #maintien_de_l'ordre #violences_familiales #définancement #services_médicaux_d'urgence #police_scientifique #psychiatrie

    • Le mouvement de « définancement » s’imagine que si l’argent alloué à la #police et les #prisons était dédié à d’autres programmes, il pourrait résoudre les problèmes sociaux sous-jacents que la police est censée gérer ou contenir. Or, c’est ignorer le fait que la police et les prisons sont déjà le programme social le moins cher, l’expression même de l’austérité ; et aideront donc peu à la redistribution des richesses[84]. « Abolir » la police, en pratique, veut souvent dire qu’on la remplace par n’importe quelle autre institution (par exemple, les médiateurs professionnels, les travailleurs sociaux ou la sécurité privée) qui exhibera probablement des pathologies similaires ou en lien avec celles de la police[85]. Pourtant, même les visions les plus radicales de l’abolition tendent à buter contre les problèmes sociaux réels que les États capitalistes assignent à la police. En mettant les victimes en position de contrôle sur la punition et la responsabilité, on pourrait reproduire le biais punitif du régime carcéral actuel[86]. Cependant, même si l’appel à une réduction des dommages et à des réparations est entièrement justifié, il doit être clair que la réalisation de celles-ci dépasserait de loin ce qu’une société capitaliste pourrait permettre (sans même parler de leur coût). En effet, cela impliquerait de reconnaître qu’une remise en état n’est pas la même chose qu’une réparation (annuler ses dettes, c’est sortir des relations sociales en rachetant ses parts) et que le capitalisme fait de nous tou·tes des bâtards (même si personne n’est que ça)[87].

      Il n’est peut-être pas si étonnant que le slogan appelant à « définancer la police » ait pris de l’ampleur dans un pays qui possède non seulement des forces de l’ordre particulièrement meurtrières, mais aussi une tradition de se faire justice soi-même[88]. Le terme « d’abandon organisé » devrait nous rendre attentif·ves au fait que lorsque la politique est réduite à la police, l’absence de la police peut être tout aussi politique que sa présence. On peut trouver plusieurs exemples de ce genre de politique, de la présence d’une absence, non seulement dans l’imaginaire américain du Wild West, mais aussi dans nombre de situations de guerre (à la fois civile et non-civile) ainsi que dans certains quartiers appauvris abandonnés par l’État, tels que les favelas brésiliennes largement administrées par des bandes armées. On peut aussi trouver des exemples moins connus des États américains du Sud à l’époque des lois ségrégationnistes de Jim Crow où la police refusait souvent d’entrer dans des quartiers noirs sauf si des Blancs déclaraient avoir été les victimes de crimes commis par un·e Noir·e[89]. Plus récemment, nous en avons eu un aperçu dans des « zones libres de la police » déclarées dans certaines villes américaines, telles que le CHAZ de Seattle[90], lequel, s’il était considéré comme une nation indépendante (comme certain·es des participant·es ont pu le suggérer), aurait le taux d’homicide le plus élevé du monde[91]. Les quartiers sud de Chicago, dont le taux de meurtre a brièvement atteint les niveaux du Brésil cet été, nous donne une vision plus claire de ce à quoi pourrait ressembler le fait d’abolir la police sans abolir le capitalisme. La « police » privée de l’Université de Chicago dans le Hyde Park, un îlot de richesse dans la pauvreté des quartiers sud, est mieux financée que tous les commissariats locaux de la ville réunis. Après tout, la sécurité privée est une solution nettement plus rentable pour les riches. À quoi bon dépenser ses impôts pour financer la police au service de l’ensemble d’une ville quand tout ce dont on a réellement besoin est de protéger ses propres enclaves ?

      https://agitations.net/2021/05/12/barbares-en-avant-endnotes

  • Viol de Tommi* : le commissariat du 19 ème encore une fois épicentre des violences policières racistes
    | Désarmons-les ! : https://desarmons.net/2021/05/02/viol-de-tommi-le-commissariat-du-19-eme-encore-une-fois-epicentre-des-vio

    Ce dont Tommi a besoin, comme toutes les victimes de violences, c’est de rester maître de ses choix, d’être accompagné dans le respect et la prise en compte de ses ressentis. La quête de vérité qui commence pour lui est primordiale pour réparer le mal qui lui a été infligé.

    #ViolencesPolicieres #Maintien-de-l'ordre #journalisme-de-prefecture