• La #Hongrie, entre #xénophobie officielle et recours aux #travailleurs_immigrés

    Comment pallier la #décroissance_démographique et la pénurie de main-d’œuvre sans faire appel à de la #main-d’œuvre_étrangère qui serait trop visible ? C’est le #dilemme auquel est confronté le parti de Viktor Orbán. Les élections législatives ont lieu dimanche.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/020422/la-hongrie-entre-xenophobie-officielle-et-recours-aux-travailleurs-immigre

    #travailleurs_étrangers #main_d'oeuvre #pénurie #travail

  • Roumanie : pénurie de main-d’œuvre, les travailleurs asiatiques à la rescousse

    Quatre millions de Roumains ont émigré à l’étranger depuis l’intégration à l’UE en 2007 et les entreprises peinent à recruter. La solution ? Faire venir des travailleurs d’Asie. Dans la région de #Cluj-Napoca, ils viennent du #Sri_Lanka et du #Vietnam pour travailler dans l’#hôtellerie ou l’#industrie. Reportage.

    « Nous sommes partis à cause de la chute de l’activité touristique. Il y avait eu les attentats en 2018, puis avec la pandémie de covid-19, c’est devenu encore plus difficile », raconte Ravindu Wanigathunga. Le jeune homme de 26 ans originaire du Sri Lanka, est aujourd’hui chef pâtissier dans un complexe hôtelier de Cluj-Napoca. « Ici, je gagne un peu plus que chez moi et le coût de la vie n’est pas trop élevé. Si j’étais parti en Europe de l’Ouest, je gagnerais plus, mais le coût de la vie serait très élevé, voilà pourquoi j’ai préféré la Roumanie. » Ravindu est arrivé en Transylvanie il y a quelques mois. « Je me suis trouvé une bonne place, les gens sont corrects, mais le Sri Lanka me manque. »
    Comme lui, ils sont des dizaines de milliers à être venus de pays asiatiques – Sri Lanka, mais aussi #Népal, Vietnam, #Philippines, #Bangladesh, #Inde et #Pakistan – pour travailler en Roumanie. Depuis 2007 et l’intégration européenne, le pays a vu quatre millions de ses habitants partir vers les pays de de l’Ouest et du Nord chercher une vie meilleure. Aujourd’hui, selon le ministère roumain du Travail, on compte 480 000 #emplois_vacants et 200 000 demandeurs d’emploi. La solution : faire venir des travailleurs étrangers non européens. Depuis un an, la Roumanie a quadruplé le quota des visas travail pour les travailleurs étrangers hors UE : fixé à 25 000 début 2021, il est passé à 50 000 en juillet 2021, puis à 100 000 début 2022. Principalement à destination du secteur du bâtiment et de l’hôtellerie-restauration.
    Un tremplin vers l’Europe de l’Ouest ?
    Ils sont quinze Sri-lankais à travailler avec Rovindu dans le complexe hôtelier de Cluj-Napoca. Shen BasNayake, 24 ans, est moins nostalgique de son pays natal, probablement parce qu’il n’est arrivé qu’il y a deux mois et demi et que sa mère, Renuka, est aussi en Roumanie. Arrivée il y a trois ans, celle-ci travaille comme femme de chambre. C’est en Roumanie que Shen et Renuka ont vu la neige pour la première fois.
    Leur collègue Salindu a 29 ans et dix années d’expérience dans une chaîne hôtelière internationale à Tangalle, dans son île natale. Le fait que la Roumanie soit un État membre de l’UE était un argument suffisant pour qu’il accepte l’offre, dans un contexte de déclin de l’activité touristique au Sri Lanka. Gamimi Gulathunga, 57 ans, est le vétéran du groupe. Il n’en est pas à sa première expérience à l’étranger, lui qui a déjà travaillé à Dubaï et en Arabie Saoudite. Mais son cœur est « toujours au Sri Lanka », assure-t-il.
    Janith Kalpa considère cette expérience de travail en Roumanie comme un potentiel tremplin vers un pays d’Europe de l’Ouest. Du moins, ce jeune serveur l’espère. De toute façon, la Roumanie est membre de l’UE, donc « sur le CV, ça ne fera pas de mal », estime-t-il. Il a également travaillé à Dubaï, mais il préfère les clients roumains. « Les gens ici sont polis, ils nous demandent d’où nous venons, comment nous allons. Le pourboire est plus généreux aussi. » Et puis, il dit qu’il aime les femmes roumaines et raconte qu’un ancien employé sri lankais a même fondé une famille ici. Pourquoi pas lui ?

    “Je ne trouvais tout simplement personne à embaucher, aussi je me suis tourné vers une agence à Bucarest et j’ai choisi cette option.”

    « Je ne trouvais tout simplement personne à embaucher, aussi je me suis tourné vers une agence à Bucarest et j’ai choisi cette option », confie Eugen Tușa, le propriétaire du complexe hôtelier de Cluj Napoca. « Je leur ai préparé un logement, je sais que je peux compter sur eux. On a des gens qui sont là depuis trois ans, certains sont partis, d’autres sont venus, mais dans l’ensemble, je suis satisfait. » « Ils sont très responsables, souriants et les clients apprécient ça », ajoute Teona Tușa. « Avec les Roumains, on s’est parfois heurté à un manque de sérieux ou à des exigences diverses, mais même quand on les remplissait, ce n’était quand même pas bien. »

    Les quinze travailleurs sri-lankais de cet hôtel ne représentent qu’une petite fraction du contingent de travailleurs asiatiques installés dans la région de Cluj-Napoca. L’une des entreprises qui en compte le plus est le fabricant italien d’appareils électroménagers De’Longhi, implanté dans la zone industrielle de Jucu, à 20 kilomètres de Cluj-Napoca, là où se trouvait l’usine Nokia jusqu’à sa fermeture en 2011. Sur les 3000 employés de l’usine italienne, 330 sont Sri-lankais.

    Trente Sri-lankais avaient d’abord été embauchés, qui en ont ensuite recommandé 300 autres. « Nous les avons embauchés et cela s’est avéré réussi, car les gens étaient reconnaissants et l’absentéisme et le pourcentage de départs parmi eux étaient extrêmement faibles », explique Florina Cicortaș, directrice des ressources humaines de l’entreprise. En récompense de ces bonnes recommandations, les employés de la première phase ont reçu des primes. L’entreprise a des coûts supplémentaires car elle fournit aussi les logements, mais ces coûts sont compensés par le fait que l’absentéisme et le pourcentage de départ sont faibles, relativise la DRH.

    “On travaille pour pouvoir envoyer de l’argent à la famille au pays, pour les enfants, ma femme et mes parents.”

    Il y a quatre ans, c’était les Vietnamiens qui représentaient le principal contingent de travailleurs non européens en Roumanie. Sur la centaine d’employés de l’entreprise de fabrication d’armoires métalliques d’Adrian Kun, elle aussi établie dans la zone industrielle de Cluj-Napoca, ils représentent même la majorité des travailleurs. « Je n’arrivais et n’arrive toujours pas à trouver des travailleurs ici, donc nous avons contacté une agence de recrutement directement au Vietnam, nos représentants s’y sont rendus et nous avons fait la sélection », explique Adrian Kun.

    De manière informelle, les travailleurs roumains de l’entreprise se disent parfois mécontents du fait que les travailleurs étrangers sont logés et nourris gratuitement, voire qu’ils gagneraient plus qu’eux. Mais s’ils bénéficient effectivement d’un logement inclus dans leur contrat de travail, dans des espaces aménagés à proximité de l’usine, « les travailleurs étrangers ne sont pas avantagés par rapport aux Roumains », se défend le chef d’entreprise. Un travailleur vietnamien gagnerait environ 500 euros – 2 à 3 fois plus que dans son pays d’origine – alors qu’un Roumain se voit offrir 800 euros. Mais même avec ce salaire, Adrian Kun a du mal à attirer les travailleurs roumains.

    Minh Van, 41 ans, travaille dans l’entreprise depuis trois ans. Il est contrôleur qualité. Il n’est pas rentré chez lui depuis tout ce temps et n’a pu pris des vacances qu’à l’automne dernier. « J’avais un salaire assez bas au Vietnam, aujourd’hui j’ai un bon revenu. On travaille pour pouvoir envoyer de l’argent à la famille au pays, pour les enfants, ma femme et mes parents », explique-t-il. Entre-temps, il est devenu un intermédiaire pour faire venir de nouveaux travailleurs du Vietnam, afin de remplacer ceux qui terminent leur contrat et souhaitent retourner dans leur pays natal.

    “La pénurie de main-d’oeuvre en Roumanie est telle que pour beaucoup d’employeurs, il n’y a pas d’alternative.”

    Recourir à des travailleurs étrangers présente des difficultés en termes de démarches administratives – qui prennent du temps avant de rendre l’embauche possible – et de communication entre collègues, mais aussi parce que beaucoup n’ont pas de qualification dans le domaine dans lequel ils viennent travailler, il faut donc les former. « Mais la pénurie de main-d’oeuvre en Roumanie est telle que pour beaucoup d’employeurs, il n’y a pas d’alternative », reconnaît Augustin Feneșan, président de l’Association des employeurs et artisans de Cluj.

    Encore faut-il que les quotas de visa travail établis par le gouvernement le leur permettent. Pour l’instant, la législation du travail donne la priorité aux Roumains et aux travailleurs de l’UE et de nombreux employeurs n’obtiennent pas l’autorisation d’aller chercher des travailleurs dans les pays asiatiques. Mais la récente et forte augmentation des #quotas de #visa travail par les autorités roumaines laissent entrevoir une arrivée de plus en plus massives de travailleurs étrangers en Roumanie.

    https://www.courrierdesbalkans.fr/Penurie-de-main-d-oeuvre-en-Roumanie-les-travailleurs-asiatiques-

    #travailleurs_étrangers #main_d'oeuvre #pénurie #travail #main-d’œuvre_étrangère

  • Germany needs greater immigration to avoid labour shortages - minister

    Germany will need increased immigration to prevent severe labour shortages from undermining productivity and endangering a successful energy transition, its economy minister said as Europe’s largest economy faces a demographic crisis.

    “We have 300,000 job openings today and expect that to climb to a million and more,” Robert Habeck, a leader of the Greens party, told a news conference. “If we don’t close that gap, we will have real productivity problems.”

    “Naturally, (this means) better combining qualifications, training and possibilities for families and jobs, but in Germany certainly stepped-up immigration as well, and in all areas, for engineers, crafts people, carers. We have to organise this,” said Habeck, who is also Vice Chancellor in Germany’s new three-way ruling coalition led by Social Democrat Olaf Scholz.

    The employer-friendly German Economic Institute estimates that the labour force will shrink by more than 300,000 people this year as there are more older workers retiring than younger ones entering the labour market.

    This gap is expected to widen to more than 650,000 in 2029, leaving an accumulated shortage of people of working age in 2030 of roughly 5 million. The number of Germans in employment grew to nearly 45 million in 2021 despite the coronavirus pandemic.

    After decades of low birth rates and uneven immigration, a shrinking labour force poses a demographic time bomb for Germany’s public pension system, in which fewer employees are burdened with the task of financing the pensions of a growing mass of retirees who are enjoying longer life expectancy.

    The governing parties agreed in their coalition negotiations to lower the hurdles for skilled workers from abroad and make working more attractive again with various measures, including lifting the national minimum wage to 12 euros ($13.60) per hour.

    https://www.reuters.com/world/europe/germany-needs-greater-immigration-avoid-labour-shortages-minister-2022-01-1

    #Allemagne #marché_du_travail #économie #migrations #main_d'oeuvre #main_d'oeuvre_étrangère #pénurie #pénurie_de_main_d'oeuvre #transition_écologique #productivité #crise_démographique #démographie #immigration

    ping @isskein @karine4

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    ajouté à ce fil de discussion sur économie et migrations :
    https://seenthis.net/messages/705790

  • L’#immigration_italienne en Suisse

    Par sa proximité et son robuste marché de l’emploi, la Suisse attire les ressortissants italiens depuis longtemps déjà. Malgré des fluctuations à travers les années, ils restent la plus grande communauté étrangère du pays et leur nombre va croissant. Bref historique chiffré.

    En 1888, le recensement fédéral fait état de 41’881 Italiens établis en Suisse, un chiffre qui passe à 202’809 en 1910. La Première Guerre mondiale (1914 à 1918) fera baisser les effectifs : les transalpins ne sont plus que 134’628 en 1920.

    Besoin de main d’oeuvre
    Dans les années 1950, on lance en Suisse de grands chantiers : barrages, routes, tunnels... Et la main d’oeuvre manque. On fait donc appel à des travailleurs étrangers dont de nombreux Italiens, principalement originaires du sud du pays. (voir reportage ci-dessous)

    Des ouvriers peu ou pas qualifiés arrivent alors en masse. Entre 1950 et 1970, le nombre d’Italiens travaillant en Suisse est multiplié par quatre, passant à 583’855. A l’époque, ils représentent 54% de la population étrangère du pays.

    Une vie à la dure
    On leur impose à la frontière un examen médical humiliant. Ils habitent souvent des baraquements sommaires et exercent des métiers difficiles, voire dangereux. En 1965, sur les 88 victimes de l’accident du barrage de Mattmark (Valais), 56 étaient italiennes. En outre, leur statut de saisonniers ne les autorise à rester en Suisse que neuf mois par an et ils n’ont pas le droit de travailler lorsqu’ils rentrent en Italie.

    Les familles de ces immigrants ne peuvent pas, légalement, s’établir en Suisse avec eux. Certaines viennent malgré tout et vivent le plus discrètement possible. Dans les années 1970, des centaines d’enfants vivent cachés, sans pouvoir sortir ni être scolarisés. Ce sont « les enfants du placard ». (voir reportage ci-dessous)

    Les Italiens de Suisse aujourd’hui
    Depuis 2007, on constate un nouvel afflux d’immigrés en provenance d’Italie. Ces nouveaux arrivants sont jeunes et souvent très qualifiés. Ils viennent en Suisse exercer des professions pour lesquelles ils ne trouvent pas de poste en Italie. Il faut dire que le chômage des jeunes y atteint 35%.

    Sur les deux millions d’étrangers présents en Suisse en 2016, les Italiens formaient toujours la première communauté (15,1%), devant les Allemands (14,4%), les Portugais (12,8%) et les Français (6%).

    https://www.rts.ch/decouverte/monde-et-societe/monde/migrations/10759720-l-immigration-italienne-en-suisse.html

    #migrants_italiens #Suisse #Italie #migrations #histoire #travailleurs_étrangers #vidéo #gare #contrôles_frontaliers #Brig #Valais #contrôle_sanitaire #contrôles_sanitaires #visites_médicales #saisonniers #frontières #travail #main_d'oeuvre

    @sinehebdo —> dans la première vidéo on parle de #travailleurs_itinérants pour qualifier les saisonniers italiens...
    #mots #vocabulaire #terminologie

  • "Mobilisons-nous pour sécuriser nos assiettes"

    La main d’œuvre manque plus que jamais. Il est nécessaire de se mobiliser pour subvenir aux #besoins_alimentaires de la population.


    https://desbraspourtonassiette.wizi.farm
    #plateforme #agriculture #travail #pôle_emploi #coronavirus #covid-19 #Wizifarm #start-up #main_d'oeuvre #alimentation #nourriture

    Ajouté à la métaliste agriculture et coronavirus :
    https://seenthis.net/messages/836693

  • La #Bulgarie face à la pénurie de professionnels de #santé | Euronews
    https://fr.euronews.com/2020/01/24/la-bulgarie-face-a-la-penurie-de-professionnels-de-sante

    Devant les Urgences du principal #hôpital de la capitale bulgare, Sofia, des ambulances toutes neuves sont prêtes à partir. L’#Union_Européenne a apporté un soutien massif à la Bulgarie pour améliorer ses #infrastructures médicales. Mais la véritable urgence ici, c’est la #main_d'oeuvre, pas les machines.

    [..,]

    Les médecins et les infirmières bulgares quittent massivement le pays à la recherche d’un meilleur #salaire en #Europe occidentale.

  • Three Theses on Neoliberal Migration and Social Reproduction

    Today there are more than 1 billion regional and international migrants, and the number continues to rise: within 40 years, it might double because of climate change. While many of these migrants might not cross a regional or international border, people change residences and jobs more often, while commuting longer and farther to work. This increase in human mobility and expulsion affects us all. It should be recognized as a defining feature of our epoch: The twenty-first century will be the century of the migrant.

    The argument of this paper is that the migrant is also a defining figure of neoliberal social reproduction. This argument is composed of three interlocking theses on what I am calling the “neoliberal migrant.”

    Thesis 1 : The first thesis argues that the migrant is foremost a socially constitutive figure. That is, we should not think of the migrant as a derivative or socially exceptional figure who merely travels between pre- constituted states. The movement and circulation of migrants has always played an important historical role in the social and kinetic production and reproduction of society itself.1

    Thesis 2 : The second thesis therefore argues that social reproduction itself is a fundamentally kinetic or mobile process. The fact that a historically record number of human beings are now migrating and commuting between countries, cities, rural and urban areas, multiple part time precarious jobs, means that humans are now spending a world historical record amount of unpaid labor-time just moving around. This mobility is itself a form of social reproduction.

    Thesis 3 : The third thesis is that neoliberalism functions as a migration regime of social reproduction. Under neoliberalism, the burden of social reproduction has been increasingly displaced from the state to the population itself (health care, child care, transportation, and other traditionally social services). At the same time, workers now have less time than ever before to do this labor because of increasing reproductive mobility regimes (thesis two). This leads then to a massively expanded global market for surplus reproductive laborers who can mow lawns, clean houses, and care for children so first world laborers can commute longer and more frequently. Neoliberalism completes the cycle by providing a new “surplus reproductive labor army” in the form of displaced migrants from the global South.

    We turn now to a defense of these theses.

    Thesis 1 : The Migrant is Socially Constitutive

    This is the case, in short, because societies are themselves defined by a continual movement of circulation, expansion, and expulsion that relies on the mobility of migrants to accommodate its social expansions and contractions.

    The migrant is the political figure who is socially expelled or dispossessed, to some degree as a result, or as the cause, of their mobility. We are not all migrants, but most of us are becoming migrants. At the turn of the twenty- first century, there were more regional and international migrants than ever before in recorded history—a fact that political theory has yet to take seriously.2

    If we are going to take the figure of the migrant seriously as a constitutive, and not derivative, figure of Western politics, we have to change the starting point of political theory. Instead of starting with a set of pre-existing citizens, we should begin with the flows of migrants and the ways they have circulated or sedimented into citizens and states in the first place—as well as emphasizing how migrants have constituted a counterpower and alternative to state structures.

    This requires first of all that we take seriously the constitutive role played by migrants before the 19th century, and give up the arbitrary starting point of the nation-state. In this way we will be able to see how the nation-state itself was not the origin but the product of migration and bordering techniques that existed long before it came on the scene.3

    Second of all, and based on this, we need to rethink the idea of political inclusion as a fundamentally kinetic process of circulation, not just as a formal legal, economic, or other kind of status. In other words, instead of a formal political distinction between inclusion/exclusion or a formal economic distinc- tion between productive/unproductive, we need a material one of circulation/ recirculation showing how social activity is defined by lived cycles of socially reproductive motions.

    One way to think about the constitutive role played by migrants is as a kinetic radicalization of Karl Marx’s theory of primitive accumulation.

    Primitive Accumulation
    Marx develops this concept from a passage in Adam Smith’s Wealth of Nations: “The accumulation of stock must, in the nature of things, be previous to the division of labour.”4 In other words, before humans can be divided into owners and workers, there must have already been an accu- mulation such that those in power could enforce the division in the first place. The superior peoples of history naturally accumulate power and stock and then wield it to perpetuate the subordination of their inferiors. For Smith, this process is simply a natural phenomenon: Powerful people always already have accumulated stock, as if from nowhere.

    For Marx, however, this quote is perfectly emblematic of the historical obfuscation of political economists regarding the violence and expulsion required for those in power to maintain and expand their stock. Instead of acknowledging this violence, political economy mythologizes and naturalizes it just like the citizen-centric nation state does politically. For Marx the concept of primitive accumulation has a material history. It is the precapitalist condition for capitalist production. In particular, Marx identifies this process with the expulsion of peasants and indigenous peoples from their land through enclosure, colonialism, and anti-vagabond laws in sixteenth-century England. Marx’s thesis is that the condition of the social expansion of capitalism is the prior expulsion of people from their land and from their legal status under customary law. Without the expulsion of these people, there is no expansion of private property and thus no capitalism.

    While some scholars argue that primitive accumulation was merely a single historical event in the sixteenth to eighteenth centuries, others argue that it plays a recurring logical function within capitalism itself: In order to expand, capitalism today still relies on non-capitalist methods of social expulsion and violence.5

    The idea of expansion by expulsion broadens the idea of primitive accumulation in two ways. First, the process of dispossessing people of their social status (expulsion) in order to further develop or advance a given form of social motion (expansion) is not at all unique to the capitalist regime of social motion. We see the same social process in early human societies whose progressive cultivation of land and animals (territorial expansion) with the material technology of fencing also expelled (territorial dispossession) a part of the human population. This includes hunter-gatherers whose territory was transformed into agricultural land, as well as surplus agriculturalists for whom there was no more arable land left to cultivate at a certain point. Thus social expulsion is the condition of social expansion in two ways: It is an internal condition that allows for the removal of part of the population when certain internal limits have been reached (carrying capacity of a given territory, for example) and it is an external condition that allows for the removal of part of the population outside these limits when the territory is able to expand outward into the lands of other groups (hunter gatherers). In this case, territorial expansion was only possible on the condition that part of the population was expelled in the form of migratory nomads, forced into the surrounding mountains and deserts.

    We later see the same logic in the ancient world, whose dominant polit- ical form, the state, would not have been possible without the material tech- nology of the border wall that both fended off as enemies and held captive as slaves a large body of barbarians (through political dispossession) from the mountains of the Middle East and Mediterranean. The social conditions for the expansion of a growing political order, including warfare, colonialism, and massive public works, were precisely the expulsion of a population of barbarians who had to be walled out and walled in by political power. This technique occurs again and again throughout history, as I have tried to show in my work.

    The second difference between previous theories of primitive accumulation and the more expansive one offered here is that this process of prior expulsion or social deprivation Marx noted is not only territorial or juridical, and its expansion is not only economic.6 Expulsion does not simply mean forcing people off their land, although in many cases it may include this. It also means depriving people of their political rights by walling off the city, criminalizing types of persons by the cellular techniques of enclosure and incarceration, or restricting their access to work by identification and checkpoint techniques.

    Expulsion is the degree to which a political subject is deprived or dispossessed of a certain status in the social order. Accordingly, societies also expand and reproduce their power in several major ways: through territorial accumulation, political power, juridical order, and economic

    profit. What is similar between the theory of primitive accumulation and the kinetic theory of expansion by expulsion is that most major expan- sions of social kinetic power also require a prior or primitive violence of kinetic social expulsion. The border is the material technology and social regime that directly enacts this expulsion. The concept of primitive accu- mulation is merely one historical instance of a more general kinopolitical logic at work in the emergence and reproduction of previous societies.

    Marx even makes several general statements in Capital that justify this kind of interpretive extension. For Marx, the social motion of production in general strives to reproduce itself. He calls this “periodicity”: “Just as the heavenly bodies always repeat a certain movement, once they have been flung into it, so also does social production, once it has been flung into this movement of alternate expansion and contraction. Effects become causes in their turn, and the various vicissitudes of the whole process, which always reproduces its own conditions, take on the form of periodicity.”7 According to Marx, every society, not just capitalist ones, engages in some form of social production. Like the movements of the planets, society expands and contracts itself according to a certain logic, which strives to reproduce and expand the conditions that brought it about in the first place. Its effects in turn become causes in a feedback loop of social circulation. For Marx, social production is thus fundamentally a social motion of circulation or reproduction.

    In short, the material-kinetic conditions for the expansion of societies re- quires the use of borders (fences, walls, cells, checkpoints) to produce a system of marginalized territorial, political, legal, and economic migrants that can be more easily recirculated elsewhere as needed. Just as the vagabond migrant is dispossessed by enclosures and transformed into the economic proletariat, so each dominant social system has its own structure of expansion by expulsion and reproduction as well.

    Expansion by Expulsion

    Expulsion is therefore a social movement that drives out and entails a deprivation of social status.8 Social expulsion is not simply the deprivation of territorial status (i.e., removal from the land); it includes three other major types of social deprivation: political, juridical, and economic. This is not a spatial or temporal concept but a fundamentally kinetic concept insofar as we understand movement extensively and intensively, that is, quantitatively and qualitatively. Social expulsion is the qualitative transformation of deprivation in status, resulting in or as a result of extensive movement in spacetime.

    The social expulsion of migrants, for example, is not always free or forced. In certain cases, some migrants may decide to move, but they are not free to determine the social or qualitative conditions of their movement or the degree to which they may be expelled from certain social orders. Therefore, even in this case, expulsion is still a driving-out insofar as its conditions are not freely or individually chosen but socially instituted and compelled. Expulsion is a fundamentally social and collective process because it is the loss of a socially determined status, even if only temporarily and to a small degree.9

    Expansion, on the other hand, is the process of opening up that allows something to pass through. This opening-up also entails a simultaneous extension or spreading out. Expansion is thus an enlargement or exten- sion through a selective opening. Like the process of social expulsion, the process of social expansion is not strictly territorial or primarily spatial; it is also an intensive or qualitative growth in territorial, political, juridical, and economic kinopower. It is both an intensive and extensive increase in the conjunction of new social flows and a broadening of social circulation. Colonialism is a good example of an expansion which is clearly territorial as well as political, juridical, and economic.

    Kinopower is thus defined by a constitutive circulation, but this circulation functions according to a dual logic of reproduction. At one end, social circulation is a motion that drives flows outside its circulatory system: expulsion. This is accomplished by redirecting and driving out certain flows through exile, slavery, criminalization, or unemployment. At the other end of circulation there is an opening out and passing in of newly conjoined flows through a growth of territorial, political, juridical, and economic power. Expansion by expulsion is the social logic by which some members of society are dispossessed of their status as migrants so that social power can be expanded elsewhere. Power is not only a question of repression; it is a question of mobilization and kinetic reproduction.

    For circulation to open up to more flows and become more powerful than it was, it has historically relied on the disjunction or expulsion of mi- grant flows. In other words, the expansion of power has historically relied on a socially constitutive migrant population.

    Thesis 2: Mobility is a form of Social Reproduction

    People today continually move greater distances more frequently than ever before in human history. Even when people are not moving across a regional or international border, they tend to have more jobs, change jobs more often, commute longer and farther to their places of work,10 change their residences repeatedly, and tour internationally more often.11

    Some of these phenomena are directly related to recent events, such as the impoverishment of middle classes in certain rich countries after the financial crisis of 2008, neoliberal austerity cuts to social-welfare programs, and rising unemployment. The subprime-mortgage crisis, for example, led to the expul- sion of millions of people from their homes worldwide (9 million in the United States alone). Globally, foreign investors and governments have acquired 540 million acres since 2006, resulting in the eviction of millions of small farmers in poor countries, and mining practices have become increasingly destructive around the world—including hydraulic fracturing and tar sands.

    In 2006, the world crossed a monumental historical threshold, with more than half of the world’s population living in urban centers, compared with just fifteen percent a hundred years ago. This number is now expected to rise above seventy-five percent by 2050, with more than two billion more people moving to cities.12 The term “global urbanization,” as Saskia Sassen rightly observes, is only another way of politely describing large-scale human migration and displacement from rural areas, often caused by corporate land grabs.13 What this means is not only that more people are migrating to cities but now within cities and between suburban and urban areas for work. This general increase in human mobility and expulsion is now widely recognized as a defining feature of the twenty-first century so far.14

    Accordingly, this situation is having and will continue to have major social consequences for social relations in the twenty-first century. It there- fore demands the attention of critical theory. In particular, it should call our attention to the fact that this epic increase in human mobility and migration around the world is not just a minor or one-time “inconvenience” or “eco- nomic risk” that migrants make and then join the ranks of other “settled” urban workers. It is a continuous, ongoing, and nearly universal massive ex- traction of unpaid reproductive labor.

    Urban workers have become increasingly unsettled and mobile.The world average commuting time is now 40 minutes, one-way.15 This unpaid transport time is not a form of simply unproductive or unpaid labor. It is actually the material and kinetic conditions for the reproduction of the worker herself to arrive at work ready for labor. Not only this, but unpaid transport labor also continuously reproduces the spatial architecture of capitalist urban centers and suburban peripheries.16 The increasing neoliberal privatization of roadway construction and tollways is yet another way in which unpaid transport labor is not “unproductive” at all but rather continues to reproduce a massive new private transport market.This goes hand in hand with the neoliberal decline of affordable public transportation, especially in the US.

    Unfortunately, transport mobility has not traditionally been considered a form of social reproductive activity, but as global commute times and traffic increase, it is now becoming extremely obvious how important and constitu- tive this migratory labor actually is to the functioning of capital. If we define social reproduction as including all the conditions for the worker to arrive at work, then surely mobility is one of these necessary conditions. Perhaps one of the reasons it has not been recognized as such is because transport is an activity that looks least like an activity, since the worker is typically just sitting in a vehicle. Or perhaps the historical identification of vehicles and migration as sites of freedom (especially in America) has covered over the oppressive and increasingly obligatory unpaid labor time they often entail.

    The consequences of this new situation appeared at first as merely tempo- ral inconveniences for first-world commuters or what we might call BMWs (bourgeoise migrant workers).This burden initially fell and still falls dispropor- tionally on women who are called on to make up for the lost reproductive labor of their traveling spouses (even if they themselves also commute). Increasingly, however, as more women have begun to commute farther and more often this apparently or merely reproductive neoliberal transport labor has actually pro- duced a growing new market demand for a “surplus reproductive labor army” to take up these domestic and care labors. This brings us to our third thesis.

    Thesis: 3: Neoliberal Migration is a Regime of Social Reproduction

    The third thesis is that neoliberalism functions as a migration regime of social reproduction. This is the case insofar as neoliberalism expands itself in the form of a newly enlarged reproductive labor market, accomplished through the relative expulsion of the workers from their homes (and into

    vehicles) and the absolute expulsion of a migrant labor force from the global south to fill this new market.

    Migration therefore has and continues to function as a constitutive form of social reproduction (thesis one). This is a crucial thesis because it stresses the active role migrants play in the production and reproduction of society, but it is not a new phenomenon. Marx was of course one of the first to identify this process with respect to the capitalist mode of production. The proletariat is always already a migrant proletariat. At any moment an employed worker could be unemployed and forced to relocate according to the demands of capitalist valorization. In fact, the worker’s mobility is the condition of modern industry’s whole form of motion. Without the migration of a surplus population to new markets, from the rural to the city, from city to city, from country to country (what Marx calls the “floating population”) capitalist accumulation would not be possible at all. “Modern industry’s whole form of motion,” Marx claims, “therefore depends on the constant transformation of a part of the working population into unemployed or semi-employed ‘hands.’”17 As capitalist markets expand, contract, and multiply “by fits and starts,” Marx says, capital requires the possibility of suddenly adding and subtracting “great masses of men into decisive areas without doing any damage to the scale of production. The surplus population supplies these masses.”18

    What is historically new about the neoliberal migration regime is not merely that it simply expels a portion of the population in order to put it into waged labor elsewhere. What is new is that late-capitalist neoliberalism has now expelled one portion of the workers from a portion of their ownun-waged reproductive activity in order open up a new market for the waged activity of an as yet unexploited productive population of migrants from the global South. In other words reproductive labor itself has become a site of capitalist expansion. Wherever objects and activities have not yet been commodified, there we will find the next frontier of capitalist valorization.

    The consequence of this is a dramatic double expulsion. On the one hand, the bourgeois migrant worker is expelled from her home in the form of unpaid reproductive transport labor so that on the other hand the proletarian migrant worker can be expelled from her home as an international migrant and then expelled from her home again as a commuting worker to do someone else’s reproductive activity. The burden of social reproduction then falls disproportionately on the last link in the chain: the unpaid reproductive labor that sustains the domestic and social life of the migrant family. This is what must be ultimately expelled to expand the market of social reproduction at another level. This expulsion falls disproportionally on migrant women from the global south who must somehow reproduce their family’s social conditions, commute, and then reproduce someone else’s family’s conditions well.19

    Neoliberalism thus works on both fronts at the same time. On one side it increasingly withdraws and/or privatizes state social services that aid in social reproductive activities (child care, health care, public transit, and so on) while at the same increasing transport and commute times making a portion of those activities increasingly difficult for workers. On the other side it introduces the same structural adjustment policies (curtailed state and increased privatization) into the global South with the effect of mass economic migration to Northern countries where migrants can become waged producers in what was previously an “unproductive” (with respect to capital) sector of human activity: social reproduction itself.

    Conclusion

    This is the sense in which migrants play a constitutive role in the kinopolitics of social reproduction and neoliberal expansion. In other words, neoliberal migration has made possible a new level of commodification of social reproduction itself. Waged domestic labor is not new, of course, but what is new is the newly expanded nature of this sector of labor and its entanglement with a global regime of neoliberal expulsion and forced migration.

    One of the features that defines the uniquely neoliberal form of social reproduction today is the degree to which capitalism has relied directly on economically liberal trade policies and politically liberal international governments in order to redistribute record-breaking numbers of “surplus migrant reproductive labor” into Western countries. Global migration is therefore not the side-effect of neoliberal globalization; it is the main effect. Neoliberalism should thus be understood as a migration regime for expanding Western power through the expulsion and accumulation of migrant reproductive labor.

    https://philosophyofmovementblog.com/2019/02/28/three-theses-on-neoliberal-migration-and-social-reproducti

    #migrations #exploitation #néolibéralisme #mobilité #travail #main_d'oeuvre #reproduction_sociale #philosophie

    Mise en exergue d’une citation (fin de l’article) :

    Global migration is therefore not the side-effect of neoliberal globalization; it is the main effect. Neoliberalism should thus be understood as a migration regime for expanding Western power through the expulsion and accumulation of migrant reproductive labor.

    Article publié ici :


    https://polygraphjournal.com/issue-27-neoliberalism-and-social-reproduction

  • #Branko_Milanović sur arte :

    « La solution que je propose, c’est d’avoir des migrations circulaires. Il y aura des migrations parce qu’il y a besoin de #main_d'oeuvre. Mais d’autre part on ne donnerait pas aux immigrés le droit d’accéder à la citoyenneté en restant dans le pays. ’Circulatoire’ ça veut dire qu’ils devraient retourner dans leur pays après, disons, 4 ou 5 ans et leur immigration serait conditionnée par le poste de travail. S’il n’y a pas de poste de travail, il n’y a pas de migration. Je sais que c’est pas une solution idéale, que beaucoup de gens sont contre, il y a aussi un aspect discriminatoire »

    https://twitter.com/ARTEfr/status/1095373970893930496

    #migration_circulaire ##Branko_Milanovic #marché_du_travail #droits #migrations

    Une migration au service de l’#économie... et de nos belles sociétés capitalistes...
    #capitalisme #néolibéralisme

    Les migrants ne seraient pas des personnes, mais des #marchandises... On les envoie là où le capital les appelle !

    Les effets pervers de ce système, on l’a connu en #Suisse notamment... avec les #enfants_du_placard :
    https://seenthis.net/messages/214887

  • #Clandestino

    Hubert Paris, journaliste au magazine américain Struggle, se rend en #Algérie dans le cadre d’un reportage sur les migrants clandestins à travers le monde. Faussement flegmatique, se laissant porter par ses rencontres et ses découvertes, il découvre les accords internationaux, les fonctionnaires peu respectueux de leur rôle social, le recrutement de main d’œuvre clandestine et bon marché. Il rencontre également les « #harragas », candidats à la traversée et suit leur périple afin de témoigner de leur histoire.

    Habitué des enquêtes satiriques, le dessinateur de presse Aurel nous montre une autre facette de son talent avec cette fiction politique et sociale basée sur des faits réels issus de plusieurs reportages qu’il a effectué aux côtés de journalistes tel que Pierre Daum du Monde Diplomatique. Une plongée sans concession dans les dessous de l’immigration clandestine racontée à hauteur d’homme…


    http://www.glenatbd.com/bd/un-reportage-d-hubert-paris-envoye-special-tome-1-9782723488648.htm
    #migrations #AENAES #Espagne #travail

    Une planche :

    #fraise #agriculture #femmes

    Et une autre planche, sur l’#invisibilité (#in/visibilité) :

    #BD #bande_dessinée

    • Et le #traité #AENEAS, cité dans la BD :

      La Commission salue l’adoption d’un programme d’assistance financière et technique en faveur des pays tiers dans le domaine de la migration et de l’asile

      Suite à la proposition de la Commission européenne, le Conseil a adopté aujourd’hui le Règlement établissant un programme spécifique d’assistance technique et financière en faveur des pays tiers dans le domaine de la migration et de l’asile, programme rebaptisé AENEAS (du nom du héros de l’Enéide de Virgile). Ce programme pluriannuel de #coopération, doté d’une enveloppe de 250 millions d’euros pour la période 2004-2008 permet l’intégration systématique des questions liées à la migration dans les dialogues politiques et les instruments de coopération avec les pays tiers. Il constitue un des éléments par lesquels la Commission concrétise ses engagements(1) pour prendre davantage en compte la migration dans son action extérieure.

      http://europa.eu/rapid/press-release_IP-04-243_fr.htm?locale=en
      #main_d'oeuvre

    • La Rançon de la fraise
      #Film de Béatrice Limare

      Il était une fois, une fraise qui venait de Californie. Brevetée aux États-Unis, elle a traversé l’océan, il y a un demi-siècle pour devenir l’or rouge du sud de l’Espagne. Cette fraise qui fit, et fait encore, la fortune d’une partie de l’Andalousie, c’est celle que l’on trouve sur nos marchés et dans nos supermarchés dès le mois de février. Ces grosses fraises, bien brillantes, qui viennent narguer nos papilles en plein hiver. Papilles souvent déçues, mais les distributeurs n’en ont cure : la fraise hors saison, ça marche ! La réalisatrice donne la parole aux ardents défenseurs de cette fraise qui en vivent et les non moins ardents détracteurs qui en dénoncent le prix exorbitant à payer pour produire ce frais contre-nature. Pour les premiers, qu’ils soient agriculteurs, producteurs, pépiniéristes, importateurs, grossistes, dispatcheurs, tous assument ce mode de production comme s’il s’agissait là de l’agriculture du futur. Pour les seconds, médecins chercheurs, écologistes, défenseurs des droits de l’homme, toute cette industrie, est une addition de catastrophes : sanitaire, humaine, sociale et environnementale. Ce documentaire montre tous les artifices obligatoires pour tromper la nature, les tonnes de plastique et tous les additifs chimiques souvent douteux, parfois illégaux, mais nécessaires aux taux de rendement. Elles montrent aussi les agressions sur l’environnement comme sur la couche d’ozone. Sans oublier, les conditions de vie déplorables des saisonnières qui viennent de Roumanie, de Pologne, et de plus en plus du Maroc. Mais la fraise espagnole ne va plus aussi bien. Elle est maintenant concurrencée par la fraise marocaine. Le soleil y est plus chaud en hiver qu’en Andalousie, la main d’œuvre est sur place et les règlements sont moins contraignants. Ce qui n’est pas pour réjouir les opposants à la fraise hors saison. Jusqu’ici, entre les pépiniéristes du Nord de l’Espagne, les producteurs andalous et les marchés européens, chaque fraise devait parcourir près de 4 000 kilomètres. Avec le Maroc, le chemin risque d’être encore un peu plus long

      http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/34611_1

      Un compte-rendu :
      Béatrice Limare, La rançon de la fraise

      1Qu’il s’agisse d’analyser les ressorts de l’agriculture industrielle, ou bien de présenter des alternatives possibles, un nombre croissant de documentaires se penche ces dernières années - avec plus ou moins de succès - sur la production alimentaire1.

      https://lectures.revues.org/1051

  • L’intérim tue, le patronat brise des vies - La cgt
    http://www.cgt.fr/L-interim-tue-le-patronat-brise.html

    Les boites d’#intérim et les entreprises utilisatrices se mettent d’accord pour faire intervenir des intérimaires sur les postes les plus à risques, sans formation, et souvent sans respecter l’obligation légale de fournir le matériel minimum : chaussures de sécurité, casque, lunettes de protection…

    Deux fois plus d’#accidents du #travail

    De fait, on recense deux fois plus d’accidents du travail chez les intérimaires que chez les autres salariés des entreprises où ils sont missionnés. Ce n’est pas un hasard, car lorsqu’un intérimaire se blesse, l’accident est imputé à l’agence d’intérim mais n’entre pas dans les statistiques de l’entreprise où a eu lieu l’accident, ce qui évite à celle-ci de payer les pénalités liées au nombre d’accidents !

    #crime

    • Fin juillet 2015, Mamadou Traoré, #intérimaire sans-papier chez Manpower a fait un malaise sur le chantier de la SADE (Filiale de Véolia) et est décédé à l’hôpital quelques heures plus tard. Comme il travaillait sous alias et n’était pas régularisés, la direction de Manpower a omis de déclarer son décès. A la SNCF par exemple l’amiante est partout et tue depuis des décennies. Aux ateliers d’Oullins les cheminots ont multiplié les actions depuis 2005 qui ont conduit à la fermeture de grands ateliers. Mais l’indemnisation des #victimes reste une autre histoire... Dans la manutention sur le port du Havre, les jeunes très touchés par le #chômage entrent souvent sur le marché du travail par l’intérim et il est clair que la sécurité passe après la productivité. Pour l’entreprise, peu importe puisque c’est rentable...

      En 2015, la #CGT a poursuivi plusieurs actions pour dénoncer les #accidents_du_travail en occupant des agences d’intérim à Marseille, Saint-Nazaire, Montluçon et Paris. Il a également fallu une campagne nationale de l’Union syndicale de l’intérim CGT pour forcer le #patronat_de_l’intérim à ouvrir une négociation nationale sur la santé et la sécurité des intérimaires.

      Avec toute la CGT, la CGT Intérim affirme que boîtes d’intérim et entreprises utilisatrices ne doivent plus se renvoyer la responsabilité pour finalement ne rien faire : elles sont complices de la mise en danger de la vie de tous les intérimaires ! La revendication principale de la CGT Intérim est bien sûr la fin de l’intérim et de toute la #précarité qu’elle charrie et impose à ces travailleurs : si une entreprise a besoin d’un salarié, qu’elle le recrute elle-même ! À travail égal, sécurité égale pour tous les travailleurs de l’entreprise !

      Source : Extraits Article du Réactif n°84 – janvier, février, mars 2017
      et Hors-série la Mèche septembre 2016 et avril 2017

      #main_d'oeuvre #marche_ou_crève

  • California Farmers Backed Trump, but Now Fear Losing Field Workers

    MERCED, Calif. — Jeff Marchini and others in the Central Valley here bet their farms on the election of Donald J. #Trump. His message of reducing regulations and taxes appealed to this Republican stronghold, one of Mr. Trump’s strongest bases of support in the state.


    https://www.nytimes.com/2017/02/09/us/california-farmers-backed-trump-but-now-fear-losing-field-workers.html?_r=0
    #agriculture #main_d'oeuvre #travail #migrations #USA #Etats-Unis

  • Histoire d’un fiasco spectaculaire, celui du « Uber du ménage » - Rue89 - L’Obs
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/26/histoire-dun-fiasco-spectaculaire-celui-uber-menage-262263

    Mais il existe un autre son de cloche. Des interviews menées pour cet article avec plus d’une demi-douzaine d’anciens employés racontent une histoire plus compliquée. D’après eux, la chute de la société n’a rien à voir avec les poursuites judiciaires.

    Homejoy faisait face à des problèmes plus immédiats :

    des pertes s’accumulant,
    une piètre fidélisation de la clientèle,
    une expansion internationale coûteuse,
    de banals problèmes de mise en œuvre,
    des pépins techniques,
    une fuite constante de ses meilleurs employés, préférant des contrats en direct avec les (désormais ex-) clients.

  • Refugee influx a major opportunity for Germany, leading economist says | World news | The Guardian

    http://www.theguardian.com/world/2015/nov/05/refugee-influx-a-major-opportunity-for-germany-leading-economist-says

    Marcel Fratzscher, the head of the German Institute for Economic Research (DIW), has said the hundreds of thousands of newcomers this year as well as the hundreds of thousands more expected over the coming years, are a major opportunity for Germany and that its strong financial position makes it ideally placed to welcome them.

    “In the long run the refugees are an incredible opportunity for Germany,” Fratzscher said. “Because of the surplus in the public budget, and a labour market that’s doing incredibly well, there’s probably never been a better moment in the last 70 years for Germany to deal with the challenge.”

    #réfugiés #allemagne

  • L’Allemagne a besoin de migrants et facilite leur mise à l’emploi
    http://www.rtbf.be/info/monde/europe/detail_les-pays-europeens-ont-ils-besoin-des-migrants-pour-assurer-leur-avenir?

    "A court et moyen terme, il sera de plus en plus difficile d’améliorer, voire même de maintenir le niveau d’activité de l’économie allemande. Et à plus long terme, c’est la question du coût vieillissement qui va se poser.

    La conclusion est donc claire : l’Allemagne doit impérativement augmenter sa population pour assurer son avenir. Et c’est tout de suite : en mai dernier, 557 000 postes de travail étaient à pourvoir.

    Il y a des besoins urgents de main d’œuvre qualifiée dans de nombreux secteur : la santé, l’aide aux personnes ou encore l’industrie."(Permalink)

    #emploi #immigration

  • Le paradis c’est exactement ici

    Tu vas dans un sens qui plaît à la #sécurité_israélienne : direction les #territoires_occupés. Tu passes moins d’heures au #checkpoint. La route traverse la ville de #Qalandyia, le chauffeur t’indique le #camp_de_réfugiés. Des personnes vivent ici depuis 1948 –une vie de déterré- d’autres viennent d’arriver. C’est de là que descendent les gamins qui lancent parfois des pierres. Il y a 2 mois, en réaction à la mort d’un gamin assassiné, il y a eu des jets de gravats contre les miradors. Comme punition collective, les israéliens ont posé des blocs de béton. Résultat : le checkpoint est plus lent à passer ; le chaos interminable aux heures de pointe. La frustration des gens augmente et le ras-le-bol devant les discriminations, les tracasseries des soldats, éreinte. La ville est prise dans un étau, le mur l’a entouré. C’est invivable. Pourtant, ils tiennent.

    #Ramallah Dream

    Tu montes vers Ramallah. Paysage d’une ville nouvelle. Ramallah récolte des capitaux étrangers grâce à la politique économique de l’ancien premier ministre #Salam_Fayyad. Une grande partie de l’aide des pays donateurs y arrive. La ville est en plein(e) boom (bulle) économique. Les grues des immeubles en construction sont nombreuses, les immeubles de plus de 10 étages légion. Jolis cafés, boutiques coquettes, restaurants sélects ; tiens, même un hôtel Mövenpick – Ouvert en 2010, les israéliens ont immédiatement interdit l’importation des célèbres glaces de l’enseigne – enfin de vraies raisons sécuritaires !- Pas un diplomate suisse pour protester contre l’outrage, on achètera quand même votre technologie militaire, soyez sans crainte- Ramallah en jette par son dynamisme, mais on peut penser, comme certains analystes, que les israéliens contrôlent stratégiquement ce développement. Laisser grandir Ramallah lui laisser des attributs, ne serait-ce pas en faire de facto la petite capitale des territoires occupés ? Multiplier simultanément, pour les palestiniens de #Jérusalem_Est les entraves, les vexations, tout faire pour les décourager puis les chasser facilement, délégitimiser l’idée de deux états avec Jérusalem pour capitale ? Au droit au retour que demandent les Palestiniens les israéliens répondent par les expulsions devant le mur qui déblaie les paysans devant soi et avale la terre. #Israël tient la #Palestine à la gorge, laisse passer un peu d’air, serre plus fort au besoin. Lis Benjamin Barthe : "Ramallah Dream" (éd.Découverte 2011). Tu ouvres grand les yeux. La résistance de ce peuple est hallucinante.

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    Un modèle de #colonisation

    De fait, israël est partout. Ton shawarma vient d’israël, ton halva, ton agneau ton poulet, ton boeuf, tes aubergines, tes carottes, viennent d’israël, ton jus d’orange, ton café, ton chocolat, tes glaçons viennent d’israël. Ton Mars ton lait ton Kit et Kat viennent d’israël. Tout ce qui entre est d’israël, sujet au bon vouloir du prince. En sens inverse, tout ce qui vient des territoires occupés est étiqueté israël, en violation encore du droit international. Si israël ne reverse pas aux Palestiniens mensuellement le produit des taxes qu’elle perçoit à son compte, c’est la banqueroute immédiate pour l’Autorité Palestinienne. La dépendance économique est totale. La sujétion militaire aussi : en deux minutes, les forces d’israël seront au palais présidentiel, feront tomber Abbas, si elles le veulent. Les policiers Palestiniens ne sont pas armés. La Palestine, c’est la cour d’une prison. Certains sont dans la cour, d’autres dans des cellules d’autres dans le placard de leur cellule. Certains dans un sac dans le placard. La #résistance de ce peuple est hallucinante.

    Pour un clic ou pour un rien

    #Facebook est la fenêtre de la prison derrière laquelle des gamins agitent des mouchoirs. Le 8 novembre, 30 palestiniens ont été arrêté, dont un grand nombre des jeunes filles, parce qu’elles tapotaient des slogans entre deux mots d’amour sur le net. La plus forte armée du monde fracasse les portes des maisons pour sortir du lit des kids de 12 ans qui pourraient être tes fils et tes filles si tu avais oublié de leur mettre le contrôle parental, et qui ont écrit Fuck Israël sur leur mur virtuel – les gros terroristes !-. Un mur virtuel face au gros mur et aux "raisons sécuritaires" qui cassent leur vie pour vrai. L’armée israélienne pourchasse les gamins, les prend en photo et les arrête pour un clic ou pour un rien. Elle les tue aussi. Arbitrairement, par ennui, stratégie ou accident.

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    Le paradis c’est exactement ici

    Fadwah t’emmène de nuit à Jéricho avec ses filles. Elle te montre sur les collines les colonies illégales : ici Ariel, ici Ma’ale Adumim, ici encore une colonie et une autre, comme de petits Los Angeles sur la terre colonisée, toujours en hauteur, toujours au-dessus. Comme à Hébron où les soldats sont sur les toits avec les colons, et balancent sur les palestiniens en-dessous d’eux tous ce qui leur tombe sous la main ou leur urinent dessus. Plus loin un camp militaire ; là où il y a de grosses lumières ; c’est une source d’eau accaparée. Là une prison, ici une route barrée, et derrière ces murs un centre militaire délivrant des autorisations de passage au compte-gouttes. Ce territoire est mité, bouffé par les installations d’occupations militaires et les colonies illégales en regard du droit international. Mais Israël pisse à la raie du droit international. Trop de radicalisme rend con, pas assez de radicalisme complice. L’écoeurement monte. Tu te demandes comment ils font pour respirer dans cet espace confiné, résister. Dans la voiture monte une clameur sur une chanson de Faïrouz, voix fortes. أنا لحبيبي وحبيبي إلي Je suis à mon amour et mon amour est à moi. Les filles tapent dans les mains, il faut bien se lâcher, sinon on devient dingues ici. Tu lis cette inscription sur le T-shirt de l’une d’elle –humour palestinien-

    « Paradise is just where you are ». Le paradis c’est exactement là où tu te tiens.

    Retiens bien la leçon.

    C’est quand que le Dalaï Lama ou Frère François viennent faire une visite à Ramallah ?

    Texte de Sylvain Thévoz.

    http://commecacestdit.blog.tdg.ch/archive/2013/11/10/temp-ef443a12c178d312f37f79c259d0ce66-249638.html

    • ... suite... toujours sur le blog de Sylvain Thévoz...

      Rouages de la #domination

      Avant le passage du checkpoint de #Qalandyia. Une femme te dit : tu vas aller sur ma terre. Moi je n’ai plus le droit d’y aller. Tu viens de l’autre bout de l’Europe et tu peux voyager avec facilité. Je n’y ai plus accès. Elle habite à 10 kilomètres de chez elle, de l’autre côté du mur. Un jour, elle a pu obtenir une autorisation pour le franchir. Elle s’est rendue avec une amie sur son terrain pour voir sa maison. Des personnes lui ont demandé ce qu’elle faisait là. Elle a dit qu’elle admirait la nature. Elle ne pouvait pas dire pourquoi elle était là. On l’aurait chassée. Des gamins habitent à 20 km de la mer Méditerranée. Ils n’y sont jamais allé. Des vieux ne l’ont plus revue depuis 60 ans.

      Pendant le passage de Qalandyia. Tu comprends petit à petit le tourbillon administratif et ses complexités. 1) Les résidents des #Territoires_occupés ont une #carte_orange, ils ne peuvent entrer dans le bus et passent à pieds le checkpoint, leurs automobiles ont des #plaques_vertes, et ne sortent pas des territoires. 2) Les résidents « permanents » de #Jérusalem ont des #cartes_d’identité_bleues, leurs automobiles ont des #plaques_jaunes, elles peuvent entrer dans les territoires occupés. Obtenir toute pièce administrative est un chemin de croix.

      Un seul peuple, régi arbitrairement par le découpage d’un #mur et l’occupation. La #séparation du mur impose des statuts complètement différent. L’ordre administratif impose à des familles d’être séparées, de ne plus pouvoir se voir ; à des villageois de perdre l’usage de leurs champs. Ce dernier est juste de l’autre côté du mur, mais il faut un détour de 45 kilomètres, franchir un checkpoint, pour y rentrer, à des heures spécifiques, étriquées, et toujours au risque des brimades, refus, pertes de temps imposée. Tu lis René Backmann, un mur en Palestine (Folio, 2009). Lire, comprendre, avoir bien visible devant les yeux ces rouages de domination. Ici, ça malaxe et broie de vies. Le soleil brille, l’air est si doux. Des chats jouent dans la rue.

      Passage de Qalandyia. Les #militaires_israéliens montent à trois dans le #bus, gilet pare-balle et arme en bandoulière. Ils contrôlent les documents de chacun-e-. Avec rudesse. Une jeune soldate demande du menton à un homme de retirer la casquette de sa tête, ce qu’il fait. Il la remet. Elle lui demande de la retirer une deuxième fois, ce qu’il fait encore. Il te glisse doucement : « they are crazy ». Ils demandent à une femme au fond du bus de sortir. Elle ne veut pas. La soldate insiste pour qu’elle sorte. Elle gagne du temps. Les passagers du bus la soutiennent. Les #soldats vont parler au chauffeur du bus et s’en vont. Le chauffeur du bus se lève. Il demande à la femme de sortir. Elle y est obligée, prend son enfant sous le bras. Les soldats l’entourent à 4. Le bus repart. Un homme engueule le chauffeur du bus durant le reste du voyage.

      Après le passage de Qalandyia. Dans le bus, une mère de famille qui revient de #Gaza, y travaille comme pédiatre. Gaza-Ramallah : 83 kilomètres. Des familles entière séparées. Pour aller à Gaza elle doit passer par la Jordanie, puis de là en Egypte, avant d’entrer dans la bande par le #poste_frontière. C’est comme si, pour aller à Berne, tu devais passer par Paris en avion et entrer par l’Allemagne (en beaucoup plus compliqué risqué et coûteux). Les comparaisons sont faiblardes et bancales, car tu es libre, toi.

      Sa voisine enseigne à l’université Al-Quds (Jérusalem). Excédée de tout, fatiguée, mais avec une rage qui ne laisse pas place au doute. Elle vient d’aller voir sa sœur malade à Bethléem. Pour cela, il lui faut sortir de #Ramallah, passer le check-point de Qalandyia, entrer à Jérusalem, passer le checkpoint de #Bethléem, et rebelote dans l’autre sens pour rentrer chez elle. 6h minimum de déplacement pour aller de Genève à Morges. Elle parle de l’interminable attente pour avoir cette autorisation pour entrer seulement 24h en Israël. Pendant ce temps, sa sœur meurt. Elle lui parle par téléphone. Elle dit : je suis résolue, je n’arrêterai pas de lutter jusqu’à la fin de l’occupation, mais je me sens aussi comme un hamster qui se démène dans sa cage. Jusqu’à quand ?

      Des gens vont à l’hôpital en Israël. Ils obtiennent des autorisations de 24h. Pour faire les examens, rester en observation, recevoir les résultats, il leur faudrait le double et plus. #Humiliations en passant aux checkpoints où il n’y a pas de contacts humains. Une voix derrière une paroi dit : tu poses tes affaires là, tu avances de quatre pas, tu lèves les mains. Tu avances de huit pas. Bien. Une voix lui crie dessus si elle ne fait pas exactement ce que la voix veut qu’elle fasse. Tu recules de huit pas ! (c’est donc cela ce qu’ils appellent processus de paix) Une voix qui la rend pareil à une chose. Une voix qui se protège d’elle-même peut-être, de sa propre humanité, derrière la cloison. Les gants en plastique sur sa peau. Elle dit : être traité comme moins qu’une chose. On prend plus soin du matériel que des gens ici.

      A la sortie de Qalandyia, l’embouteillage est monstrueux. Chaos de voitures et de bus qui se poussent. On reste deux heures coincé à parler. Sa fille l’appelle, elle veut savoir quand elle sera rentrée à la maison. Elle dit : bientôt...

      J’arrive.

      http://commecacestdit.blog.tdg.ch/archive/2013/11/11/temp-f9afa4438e6215f437d22345b4dd3f28-249691.html

    • ... suite...

      Prier en athée

      Comment cuisiner une bonne #colonie ? D’abord avoir une bonne casserole bien étanche, ne rien laisser sortir ni entrer que l’on ait décidé. Avoir de bonnes valves bien serrées pour pouvoir réguler la pression et un contrôle sur le feu, laisser mijoter à feu doux. Quand la pression est trop forte, ouvrez un peu les vannes ou baissez le feu doucement. Voilà, comme ça, vous pouvez aussi rajouter un peu d’huile, arroser le tout de sauce grasse, ça rend le dessus du panier plus docile et le bouillon plus digeste. Servir chaud mais pas trop. Ne jamais laisser refroidir surtout. Vous devez maintenir la #pression. Un conseil : si vous en avez les moyens, fractionnez, divisez le contenu et cuisinez-le dans quatre casseroles séparées. Il n’en sera que plus tendre à traiter. Montrez toujours bien qui est le chef et qui tient la spatule.

      La colonie, une économie

      Passer le checkpoint à pieds, dans les longs couloirs à bestiaux : 80mètres de tubes grillagés qui avalent tous les matins leur quota de travailleurs sous-payés et les recrache au soir après les avoir bien digérés fragmentés et malaxés dans ses entrailles durant la journée. L’économie du #mur est bonne pour Israël. Les coûts de construction, ce sont les USA qui les paient. Les gains, c’est l’économie locale qui les prend. Le #contrôle_social est maximal. Les palestiniens qui veulent obtenir un permis de travail en Israël doivent avoir au moins 35 ans, être marié, avec des enfants, n’avoir pas eu, sur trois générations, un proche qui ait tiré une pierre ou eu maille à partir avec la puissance d’occupation ; cas échéant, le permis est refusé. A la moindre incartade, il est retiré. Très bon incitatif pour se tenir à carreaux en toute occasion. Les #droits_du_travail sont régulièrement violés, il y a très peu de risques de plaintes. Si plaintes il y a, peu de chance qu’il y soit donné suite. La compétition entre travailleurs sous-payés est forte. La #main_d'oeuvre palestinienne est petit à petit remplacée par des chinois, philippins, etc., Un bon business que ce mur finalement. Pareil pour l’#eau. Les puits sont confisqués. Entourés d’une haute barrière. L’eau est ensuite revendue à ses propriétaires expropriés. Même business pour les #oliviers arrachés sur le tracé du mur. Rien à dire : une colonisation bien en place, ça rapporte. Et moins ça conteste, moins ça résiste, plus c’est rentable.

      Les #bédouins sous la tente. Feu de bois pour faire cuire à manger : riz et poulet dans de larges casseroles. Tu te demandes ce que les moutons peuvent manger : pierre et terre ocre à perte de vue sans une mèche d’herbe. Grillages à perte de vue : tu te demandes comment les bédouins peuvent encore bouger. A la nuit ça chante et ça danse. Tu te demandes comment ça peut encore danser et chanter. On t’offre le thé.

      #Hébron

      Les gamins lancent des #pierres tous les jours, mettent les bouchées double le vendredi. Le déroulement est le suivant : un colon colle un gnon à un gamin ou pire.... Le gamin rentre chez lui. La nouvelle se répand. Les petits descendent dans la rue et caillassent le checkpoint pour venger leur copain. Les soldats sortent en nombre : #grenades assourdissantes et #gaz_lacrymogènes : le grand manège. Les gamins se déplacent et caillassent les soldats depuis un autre endroit. Et ça dure ainsi une partie de l’après-midi et de la nuit, à jouer au chat et à la souris dans la vieille-ville. Les marchands continuent de vendre, les passants de passer. Scènes surréalistes au milieu des étals. Une femme court avec sa poussette entre pierres et gaz pour faire son chemin. Un oiseleur, tranquille, ne bouge pas. Il reste sur sa chaise devant sa devanture, comme si de rien n’était. C’est le quotidien. Avec les pierres, les gamins lancent des insultes. Les mots fusent comme des noms d’oiseaux. Les marchands engueulent les petits quand les pierres les frôlent. C’est mauvais pour le tourisme, (pas plus de 40 personnes par jour), mauvais pour les affaires, mais c’est l’#intifada, la #résistance. Les marchands sont solidaires des petits qui zigzaguent dans le marché pour se planquer. Jets continus. Jours après jours, ça ne faiblit pas. Malgré les caméras partout, dans les coins, sur les toits, sur les tours, dans la mosquée, sur les casques des soldats. Il y a ces kids qui ramassent les pierres et à 40 mètres visent quelque part entre casque et gilet pare-balle sans parvenir à toucher. Les explosion de rages jubilatoires se paieront cash, c’est sûr. En attendant, ils font le V de la victoire. Une petite fille sur le chemin de l’école met un mouchoir devant son nez.

      Prier en athée

      Un soldat traverse la rue en courant. Il marche sur une pierre que les gamins ont lancé, se tord la cheville et grimace. Les commerçant rient mais se détournent pour que les soldats ne les voient pas. La rue entière trouve le soldat ridicule et lui aussi doit sentir qu’il l’est, maladroits et pataud, bêtement méchant à suer derrière des gamins sous les pierres. Mais il doit agir comme un soldat, protéger les colons qui viennent se mettre au milieu des palestiniens et les harceler pour qu’ils partent, parce que dans une écriture mythique d’un récit historiquement non attesté il se trouverait là le tombeau de quatre patriarches et matriarches. Adam, Eve, Abraham, Sarah, Isaac, Rebecca, Jacob et Léa. Sur ce point fictif, tout le monde est d’accord, c’est un lieu saint pour les trois religions. Sur ce tombeau des patri-matri-arches se trouve une mosquée, une synagogue ; et ce fût un temps une église. Aujourd’hui musulmans et juifs y prient côte à côte dans le même lieu, mais désormais séparés par des portiques de sécurité et l’armée. Tu y entres pour y prier en athée. Si cela a été possible hier pourquoi cela ne le serait-il pas demain ? Le samedi, les juifs prient dans la mosquée, mais ne prennent plus soin, dit l’imam, d’enlever leurs chaussures en entrant...

      La #poésie vaincra

      Le poète #Mahmoud_Darwich a sa tombe dans un musée en forme de livre à Ramallah. Dans une salle : ses affaires personnelles, lunettes, stylo, cafetière. Il en était addict au café, et pouvait dire, selon le café qu’on lui servait, à sa saveur, à qui il avait à faire. Un film passe en continu où subitement, en lisant, il se met à pleurer. Le public de l’assistance se lève, l’applaudit. Il pleure encore plus, essuie ses larmes et tout en les essuyant, doucement d’abord, puis de plus en plus fort, recommence à lire. Sur sa tombe, il n’y a pas de combat d’appropriation, non, ici c’est très calme. Il flotte un air doux, passage des oiseaux et du vent. Deux vers entêtants reviennent en boucle : « Ce siège durera jusqu’à ce que nous enseignions à nos ennemis Quelques morceaux choisis de notre poésie anté-islamique. » et : « Lui ou Moi. Ainsi débute la guerre. Mais elle s’achève par une rencontre embarrassante, Lui et Moi. »

      http://commecacestdit.blog.tdg.ch/archive/2013/11/13/comment-tu-aimes-249762.html