• Médias : le risque du vase clos

    En haut, des journaux qui imposent l’agenda du débat public. En bas, des médias périphériques aux idéologies disparates, qui s’affirment en s’opposant aux premiers. Le système hexagonal a une particularité : sa verticalité, selon une étude de Sciences-Po et du MIT. Au risque de la fracture élitiste et de se couper de la vie réelle, comme le mouvement des gilets jaunes l’a prouvé.

    Par Jérôme Lefilliâtre — Libération - https://www.liberation.fr/amphtml/debats/2019/06/19/medias-le-risque-du-vase-clos_1734861
    #journalisme #medias #mainstream

  • A #Nice, une charge de la police contre les #GiletsJaunes entraine la blessure grave d’une porte parole de ATTAC, à la veille de la visite du président chinois #Xi_Jinping.


    [photo de Eric Gaillard (à confirmer) pour Reuters]

    Les « forces de l’ordre » ont tout fait pour empêcher le rassemblement #Acte19. #Emmanuel_Macron, président, #Christophe_Castaner, ministre, #Georges-François_Leclerc, préfet et #Christian_Estrosi, maire, s’étaient accordés pour transformer la ville en château-fort tout le week-end en prévision de l’appel régional des Gilets Jaunes qui coïncidait avec la rencontre présidentielle :

    Nice sous tension entre la visite ultra sécurisée du président chinois et les interdictions de manifestations
    https://www.20minutes.fr/nice/2479195-20190322-nice-sous-tension-entre-visite-ultra-securisee-president-
    Un important dispositif de sécurité est prévu pour encadrer la visite du président chinois dimanche à Nice.
    La préfecture a également décidé de sanctuariser certains quartiers de la ville, où les « gilets jaunes » ont lancé un appel à manifester samedi.
    Les Niçois s’apprêtent à passer un week-end dans une « ville morte ».

    Le préfet des Alpes-Maritimes détaille l’interdiction de manifester et de circuler à Nice
    https://www.francebleu.fr/infos/societe/quelle-partie-de-la-ville-sera-bloquee-reponse-en-detail-avec-le-prefet-d
    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2019/03/eb605d4d-120c-401f-a003-134046ac4b57/870x489_plan-page-001_1.webp

    Vers 11h / 11h30, alors que moins d’une centaine de manifestant-e-s signifiaient très calmement leur opposition à cette cette interdiction de manifestation, plusieurs nasses ont été mises en place, dont une exclusivement pour une équipe d’une douzaine de médics présents. Vu que ça ne suffisait visiblement pas pour la hiérarchie, et malgré le ridicule de la disproportion, celle-ci a donné l’ordre de faire évacuer la zone. Les policiers ont alors procédé à leurs sommations, celles qui semblent les transformer immédiatement en machine, et ... ils ont avancé tel un rouleau compresseur. Piétinant toute personne sur leur chemin. Juste devant eux se tenait un groupe de 3 femmes, particulièrement et pacifiquement déterminées dans la démonstration de leur attachement au droit à manifester. L’une d’entre elles brandi un grand drapeau arc-en-ciel orné du mot PAIX.


    [Photo Sébastien Botella / nice matin]

    A plusieurs reprise des policiers avaient tenté de les dégager manu-militari, provoquant les sifflements indignés des gens autour. Lorsque la charge est lancée, les policier foncent dans le petit groupe, bousculant et piétinant tout le monde. Une des femmes tombe, ainsi qu’une caméra-woman. La femme la plus âgée reste au sol, inconsciente pendant un moment : sa tête a heurté un plot, elle est grièvement blessée. Mais un policier refusera sèchement qu’un des médics puisse sortir de la nasse pour lui porter secours. On peut voir l’ensemble de la scène sur cette vidéo de « Live Motard 06 » à partir de la 35è minute : https://www.facebook.com/2041691205878010/videos/2240183109532286 , vidéo libérée et sauvegardée par @BlackDjai là : https://archive.org/details/LiveMotard06LiveMotard06WasLive.SD

    On y voit distinctement et successivement le calme des manifestant-e-s, des médics qui se font contrôler et nasser, les sommations et la charge policière, la femme tombée au sol et le refus du policier de faire passer des médics...

    Ce qui est assez hallucinant c’est les tweets de France 3 Côte d’Azur :

    #GiletsJaunes Une femme a été blessée à #Nice dans le mouvement de foule provoqué par l’évacuation de la Place Garibaldi par les CRS. Elle a été évacuée par les pompiers. Il reste une dizaine de « gilets jaunes » Place Garibaldi. IMAGES
    https://twitter.com/F3cotedazur/status/1109417127512076288

    et leur article https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/nice/19e-samedi-mobilisation-gilets-jaunes-malgre-interdicti
    Ça démontre une fois de plus le décalage incroyable entre le vécu de ce que rapportent les journalistes de terrain et la « neutralisation » de l’information par la production. On voit pourtant très bien sur leurs live :
    – combien c’était calme et que c’est l’intervention des policiers qui fait monter la tension : https://www.facebook.com/watch/?v=321468795179544
    – combien la charge a été violente et sans égards : https://www.facebook.com/watch/?v=309666656390396
    Les deux vidéos ont été libérées et sauvegardées par @ZiggyWorldA ici https://archive.org/details/GiletsJaunesUneFemmeAtBlesseNiceDansLeMouvementDeFouleProvoquParLvac

    Les médecins disent avoir eut très peur pour la vie de la femme blessée en l’examinant. Ils lèvent l’engagement du pronostique vital dans l’après-midi mais la gardent au moins 48h sous surveillance : elle est dans un état « extrêmement grave », souffrant de plusieurs fractures : au crâne, au rocher (oreille interne), et d’hématomes sous-duraux : elle aura surement, comme beaucoup, des séquelles à vie. Pour l’heure « Elle est consciente, sous perfusion de morphine, car elle a de violents maux de tête »
    Un article un peu complet de France Info : https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-ce-que-l-on-sait-de-la-septuagenaire-grievement-blessee-a

    Cette femme, âgée de 74 ans, est connue pour ses engagements comme porte-parole de Attac mais aussi dans d’autres associations, elle est très active, très entourée, elle n’était pas seule au moments des faits et de nombreuses vidéos et photos témoignent des violences qui lui ont été faites. Même si elle est sur un espace où la manifestation était interdite, la scène a choqué l’opinion publique. Il y a quelques crétins qui trouvent quand même malin de dire « gnagnagna elle avait qu’à pas être là », mais globalement, ça se tient. Pour l’instant. Peut être aussi que la mort de Zineb Redouane commence à être présente dans quelques esprits... Elle sera le 559ème signalement de @davduf : https://twitter.com/davduf/status/1109561600942501893
    Mais nous savons déjà tou-te-s que pour elle comme pour tous les autres, blessé-e-s, interpelé-e-s, c’est le début d’un long combat pour faire reconnaitre leurs droits.
    //edit : c’est l’avocat Arié Alimi qui la defendra.

    Le reste du week-end, Nice continuera d’être paralysée pour la rencontre entre les chefs Emmanuel Macron et Xi Jinping. Peut-être ce dernier donnera-t-il des conseils sur comment maitriser la communication, lui qui tente depuis 3 jours de contenir les informations sur le drame de l’explosion d’une usine chimique au Jiangsu. A ce jour, il y aurait plus de 60 morts et 90 blessés graves, « les autorités font tout pour dissimuler les informations » allant « jusqu’à recourir à des techniques inédites en perturbant un drone utilisé par un média » : https://seenthis.net/messages/769393

    #violences_policières #communication #mainstream

    • Gilets jaunes : la famille de la septuagénaire blessée à Nice va porter plainte, le parquet ouvre une enquête https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-la-famille-de-la-septuagenaire-blessee-a-nice-et-dans-le-

      La famille de la femme de 73 ans, blessée à Nice samedi, lors d’un rassemblement de « gilets jaunes » va porter plainte va porter plainte pour « violence volontaire en réunion avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique et sur personne vulnérable », a déclaré son avocat, Me Arié Alimi, sur franceinfo dimanche 24 mars.

      La septuagénaire est tombée après une charge des forces de l’ordre. Le procureur de Nice confirme à France Bleu Azur qu’une enquête a été ouverte samedi après-midi pour « recherche des causes des blessures subies ». Son pronostic vital était à ce moment-là réservé. Les images de vidéosurveillance de la place Garibaldi ont été saisies et « sont de très bonne qualité » dit le procureur. Un médecin légiste est allé s’entretenir samedi soir au chevet de la militante d’Attac à l’hopital Pasteur.

      La septuagénaire est « aujourd’hui dans un état extrêmement grave », dénonce Arié Alimi, avocat et membre de la Ligue des droits de l’Homme, sur franceinfo.

      Et aussi, troublant :

      « Ce qui nous inquiète, c’est que le préfet a donné à l’hôpital des instructions extrêmement fermes de ne pas communiquer à l’extérieur, y compris avec la famille qui a beaucoup de mal à obtenir des informations », a précisé l’avocat.

    • Soutien et analyse pertinente de Yannis Youlountas :

      Soutien à notre sœur de lutte, Geneviève, manifestante gravement blessée par la police, samedi à Nice. Mais attention cependant à ne pas tomber dans un piège !

      BLESSURE DE GENEVIÈVE LEGAY : COMMENT LE POUVOIR ET LES MÉDIAS À SA BOTTE CHERCHENT, UNE FOIS DE PLUS, À NOUS DIVISER

      Les photos et vidéos de la charge policière qui a renversé la manifestante niçoise sont actuellement en train de faire le tour du monde et de marquer les esprits. Cela, en raison de la charge symbolique de ces images : une militante septuagénaire immobile, avec un drapeau PAIX pour seul objet dans la main, se voit malgré tout violentée par les Robocops suréquipés du pouvoir.

      Oui, mais... Prenons garde ! Tout est dans ce « malgré tout » et d’autres termes similaires utilisés un peu partout aujourd’hui.

      Autrement dit, si Geneviève avait eu 40 ans de moins, s’était masquée le visage comme le font les émeutiers ou avait hissé un drapeau rouge ou noir, cela aurait-il été acceptable ?

      Non, bien sûr. La violence de l’État n’est jamais acceptable, qu’elle soit économique, sociale, écologique, militaire ou policière. Au prétexte des quelques miettes qu’il redistribue, l’État s’arroge le droit de contrôler totalement nos vies au service de la classe dominante qui, elle-même, contrôle l’État à tous les postes clés. L’État est l’outil par excellence de la classe dominante. Sans lui, les plus riches ne pourraient pas continuer à accumuler les titres de propriété, de créances et le profit tiré du travail des plus pauvres. Sans lui, notamment sa bureaucratie et ses forces du « maintien de l’ordre », cet ordre social totalement injuste s’effondrerait en quelques heures.

      C’est pourquoi, même quand les policiers blessent des émeutiers, il est toujours bon de rappeler quel est notre camp, quelle que soit notre façon personnelle de lutter.

      Nous devrions avoir le même respect et la même peine pour Geneviève qu’elle soit non-violente ou émeutière, et le même dégoût des méfaits de la police en service commandé par le pouvoir qui détruit nos vies et la Terre toute entière — pouvoir économique et politique qui n’en font qu’un puisque c’est le premier qui détermine le second en monopolisant les moyens de fabriquer l’opinion.

      Soutien à notre sœur de lutte Geneviève, non violente, membre des Gilets jaunes, d’Attac et d’Ensemble.

      Soutien également à tou-tes nos autres sœurs et frères de lutte, quelles que soient leurs façons de lutter contre le pouvoir mortifère pour faire advenir l’émancipation sociale.

      Rappelons deux choses, pour finir :
      – être pacifiste ne signifie pas forcément être non-violent, la plus grande partie du mouvement ouvrier à son origine était contre la guerre entre les peuples, mais bien décidée à en découdre avec les possédants et les briseurs de grève ;
      – être anarchiste et anticapitaliste, quelle que soit sa façon personnelle de lutter, c’est par conséquent désirer une société dépourvue de rapport de domination et d’exploitation donc non-violente, alors que ne pas résister, c’est permettre que perdure cette société violente, donc participer à cette violence, même sans rien faire.

      Prenons garde aux pièges que nous tendent ceux qui cherchent à nous diviser et n’oublions pas notre objectif commun : la liberté authentique, l’égalité réelle et la fraternité universelle.

      source : http://blogyy.net/2019/03/24/blessure-de-genevieve-legay-comment-le-pouvoir-et-les-medias-a-sa-botte-cher

  • Un tuto pour ta rédac : comment ne pas inviter un fasciste ?

    « L’attentat islamophobe de Christchurch en Nouvelle-Zélande illustre tristement, une fois de plus, la totale irresponsabilité de ces gens du petit écran et du poste de radio. »

    Ces dernières années, quelques vieux bonshommes du PAF ont trouvé l’astuce parfaite pour conserver intacts leurs chiffres et leurs émissions en déclin : le buzz à tout prix. Leur spécialité ? Créer de la polémique en invitant ce que la pensée réactionnaire et xénophobe fait de plus laid. Résultat : ils s’assurent une audience raisonnable, une multitude de tweets et des articles d’analyse sur les propos de leurs invités.

    https://lundi.am/Un-tuto-pour-ta-re%CC%81dac-comment-ne-pas-inviter-un-fasciste
    #medias #mainstream #responsabilité #banalisation

  • What Will It Take for Worldwide #bitcoin #adoption ?
    https://hackernoon.com/what-will-it-take-for-worldwide-bitcoin-adoption-5b17943c174c?source=rss

    I find it odd that even now, in late-2018, a lot of regular people you meet still think of bitcoin as some sort of vapourware or fad from the past. I guess being constantly surrounded by crypto information makes it hard for us bitcoiners to relate back to the average crowd.In a bitcoiner’s mind there is no doubt that, after nearly 10 years, bitcoin is now a certain part of our global financial system and a certain part of everyday life.But to the wider public, bitcoin is not.How can we change this? How can we raise the awareness among the wider public and make people understand what bitcoin stands for and what are those important advantages that have allowed bitcoin to survive and flourish?The truth is, it is hard.Cypherpunks, libertarians, and sovereign individuals aside, for most people (...)

    #cryptocurrency #mainstream #fiat-crisis

  • #Journalisme : En finir avec la neutralité
    Article de Pierre Billaud et Léo Marron paru le 19 octobre 2018 sur La Fabrique de l’info, "webmagazine d’enquête et de réflexion sur le journalisme"

    À rebours d’une information « neutre » et « objective », certains journalistes font de leur engagement le moteur de leur travail. Une situation qui crée le débat au sein de la profession. Parfois décriés par leur pairs, eux assument une prise de parti.

    Combien de journalistes en France peuvent ajouter à leur CV une fiche S, une interdiction de manifestation ou un procès sans en avoir été prévenu à l’avance ? Assurément bien peu. Ils s’appellent Gaspard Glanz, Nnoman Cadoret, Alexis Kraland ou Gaspard d’Allens. Ils sont journalistes, travaillent en freelance, ont leur propre média ou collaborent régulièrement avec des références de la presse alternative.

    lire la suite : http://lafabriquedelinfo.fr/en-finir-avec-neutralite
    ou l’écouter : https://archive.org/details/Journalisme-Neutralite


    Photo : journalistes #mainstream pris à parti lors de la manifestation de réoccupation de la Zone à Défendre de Notre-Dame-des-Landes, le 17 novembre 2012. En même temps que des instructions précises sur les limites à respecter (anonymat, lieux privés...) un brassard jaune leur avait été fourni afin de pourvoir visibiliser leur présence. Certain-e-s dépasseront les consentements qui avaient été donnés et rencontreront des problèmes pour « shooter » à tout va.
    Archives photos ValK : https://frama.link/valk

    • Le problème de ce genre d’articles c’est que tout à la mise en évidence de quelques personnalités choisies, ils oublient systématiquement qu’il existe des #médias_libres depuis belle lurette et pas seulement depuis 5 ou 10 ans. Et que ces médias libres sont centrés sur un fonctionnement collectif.

      Qu’il y a une presse et des magazines indépendants, certes @lundimatin, mais aussi @cqfd, @jef_klak, @labrique, Le Postillon, @bastamag, La lettre à Lulu et bien d’autres. Des télévisions libres ou des collectifs audiovisuels (feue Zalea TV, Regarde à vue, collectif Bon pied bon oeil...) qui ne sont pas nés de la vogue du riot porn ou des dernières applis de streaming en direct. Des radios associatives engagées qui font un boulot de terrain pour les plus anciennes depuis plus de 30 ans, Canal Sud, FPP, Radio Canut, Radio Campus Lille... Elles sont aussi opportunément oubliées dans les papiers qui traitent de l’effervescence du podcast aujourd’hui, et même, tenez-vous bien, qui s’ébaubissent de ce qu’on puisse y entendre des émissions féministes, antiracistes, faites par des « vrais-gens » ou qui leur donnent la parole, bref, toutes choses fondamentales et dont on ne peut que se réjouir qu’elles essaiment, mais qu’on pouvait entendre ailleurs depuis un bout de temps pourvu qu’on le veuille.

      Alors cette critique de la prétendue « neutralité journalistique », elle ne date pas d’hier. Cette remise en question du fonctionnement médiatique, elle n’est pas surgie de la conscience éclairée de quelques défectrices ou défecteurs des grands groupes. Et le fait de systématiquement oublier l’#histoire des médias libres pour pouvoir continuer à tout traiter par le prisme de la sacro-sainte « actualité » et de la « personnalité remarquable » (toutes deux aussi illusoires que la « neutralité ») fait précisément partie du problème.

    • C’est amusant parce que c’est justement exactement ce que dit #Benjamin_Ferron dans l’interview qui lui est accordée à la fin :

      Cela a toujours plus ou moins existé. Dans les années 1970, on assiste à l’émergence du journalisme alternatif issu à la fois de l’univers du militantisme et du journalisme professionnel. Cette forme de production a plusieurs caractéristiques qui en fait un espace particulièrement flou. Il existe une presse underground, parallèle, alternative, qu’on retrouve récemment, notamment en marge des contestations contre la loi Travail. Mais ce phénomène est plus ancien. À ce titre, la première plateforme qui revendique cette double appartenance au champ journalistique et au champ militant est Indymedia.

      C’est une concentration de médias indépendants qui se crée à l’occasion des manifestations contre l’OMC à Seattle, en 1999. Ces journalistes militants mettent en place une organisation visant à produire de l’information sur le mouvement social en cour du point de vue des militants. Ils anticipent le traitement défavorable de leurs revendications par les médias dominants. Ils organisent alors leur propre production d’information. Donc ce qu’on a pu constater récemment, avec le mouvement Nuit debout, les manifestations contre la loi Travail s’observait déjà il y a 20 ans.

      Autre exemple : la Coordination Permanente des Médias Libres, créée en 1999 et qui regroupe aujourd’hui 74 médias. Ce groupe a évolué vers un pôle plus proche du champ journalistique et de ses enjeux. Lorsque cette coordination s’est reformée, (une deuxième fois en 2014, à l’occasion des rencontres des médias libres et du journalisme de résistance), les producteurs d’information étaient tous issus d’une nouvelle génération de personnes qui ont fait des formations de haut niveau, pour partie dans le journalisme et qui viennent de médias traditionnels. Ils investissent cet univers des médias libres comme espace de revendication militante. La trajectoire d’Hervé Kempf est à ce titre emblématique.

      Alors oui, il n’y a pas tous les médias dont tu parles dans la Coord des #Médias_Libres. Peut-être parce que certains ne se retrouvent pas dans l’aspect professionnel / salarié de cette coord. Pour rappel, elle est ici http://medias-libres.org/les-medias-libres
      Selon moi il manque plutôt toute la constellation née entre #indymedia et cette coordination : des médias libres qui tendent peut-être plus vers de l’#automedia : https://mediaslibres.org avec en particulier le réseau #Mutu qui s’est beaucoup développé. Un autre réseau qui se développe pas mal ces temps-ci est #demosphere, agendas militants locaux animés par des bénévoles (dont je fais partie ;) ) On pourrait aussi citer le réseau #Ritimo...

      Quand au collectif #photo #vidéo engagé « Bon Pied Bon Œil », #BPBO, j’en ai fait partie quelques années et je viens de déterrer une archive puisque le blog n’existe plus : https://web.archive.org/web/20161020193015/http://bonpiedbonoeil.net/index.php?p=gallery pour que tu puisses constater, si le cœur t’en dit, que si si, y’avait bien du #Riot_Porn à sa création, puisque ce collectif est né d’une (excitante) rencontre en pleine répression et de l’envie d’en témoigner. C’est au fur et à mesure de l’implication des un-e-s et des autres dans les mouvement sociaux, et aussi un peu à force de questionnements relous des unes sur la notion de #sécurité vs #spectacle, que cette dimension s’est estompée. On peut suivre encore certains des photographes et vidéastes sur facebook https://www.facebook.com/bonpiedbonoeil.net , twitter https://twitter.com/BonPiedBonOeil/lists/bpbo-team/members , et un peu par là : https://www.flickr.com/groups/2218195@N21 . Une part de moi reste attachée à ce collectif, je n’exclue pas de refaire des choses avec elleux puisque son fonctionnement est basé sur l’anarchisme (pour faire court) : chacun-e fait ce qui lui semble bon de faire. Je l’ai quitté justement exactement pour les raisons qui me font un peu râler à la fin de l’enregistrement : la sensation d’être une secrétaire de l’ombre. C’est un rôle qui, clairement, invisibilise la place des femmes dans les luttes. Partout où je suis passée, de la zad au mexique en tout cas, j’ai vu le même schéma : on se met un peu à l’écart, « au service de », on ne fait pas d’auto-promo, ce qui justement généralement nous arrange particulièrement quand on est anticapitaliste... et paf, tour de passe passe mascu, quand il est question d’interroger des « personnes avisées », y’a que des mecs !
      Pardon, je m’égare, mais j’avoue, des fois... on en a gros !!!

  • Émeutes à Nantes. Ils sont venus en nombre rendre hommage à Aboubakar Fofana
    Julie CATEAU. Modifié le 06/07/2018 à 06h00

    https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/emeutes-nantes-ils-sont-venus-en-nombre-rendre-hommage-aboubacar-586558
    https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/bb573345526ee957ecca767efeca5603-emeutes-nantes-ils-sont-venus-en Environ 1 200 personnes ont participé à la marche blanche, dans le quartier du Breil à Nantes, en hommage à Aboubakar Fofana, tué, mardi 3 juillet, lors d’un contrôle policier. | Jérôme Fouquet

    Un millier de personnes ont défilé en hommage à Aboubakar Fofana, jeune de 22 ans décédé mardi 3 juillet, lors d’un contrôle de police, à Nantes. Dans le calme et les larmes.

    Le rendez-vous était à 18 h. Il y avait du monde dès 17 h 30, rue des Plantes, dans le quartier du Breil, à Nantes, pour témoigner du soutien à Aboubakar Fofana, ce jeune homme de 22 ans, mort, mardi 3 juillet, après une interpellation de la police. La famille avait appelé au calme pour cette marche blanche. Et ce fut respecté. Saïd, un des organisateurs de cet hommage, habitant du quartier du Breil, y a veillé dès le départ. Vêtu d’un Tee-shirt gris et d’un keffieh noir et blanc, il appelle, dès le début, les journalistes à se rassembler d’un seul côté. « C’est pour vous, on va faire tampon, au cas où. »

    Au cas où ça dérape avec les jeunes qui ne décolèrent pas de la perte de leur ami… Lui encore qui appelle à la minute de silence, en toute fin de marche, invitant les personnes à adresser leurs condoléances à la famille. Et de nombreux rappels : « Ne parlez pas à la famille, respectez le deuil. » L’atmosphère est intense. Des larmes. Des personnes viennent au compte-gouttes déposer une rose sur le lieu du drame. Des jeunes filles hésitent car elles ne veulent surtout pas apparaître sur les écrans de télévision.

    Des larmes et des inquiétudes aussi. Comme celles de ces femmes voilées, habitantes du Breil : « On a peur, oui, ça aurait pu être notre fils. » Une autre hurle, excédée : « On dit que c’est un quartier sensible, mais moi j’y vis tranquillement. On subit sans arrêt les provocations des policiers. » Et cette colère, unanime, de la part des jeunes, des hommes, des femmes, des plus âgés, des habitants du quartier et militants associatifs : « Ils auraient pu tirer ailleurs, dans les pneus, sur une autre partie du corps, ils sont payés pour ça non ? »

    #violences_policières

    • Jeune homme tué à Nantes : le policier affirme finalement avoir tiré « par accident »
      franceinfo avec AFPFrance TélévisionsMis à jour le 06/07/2018
      https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/jeune-homme-tue-a-nantes-le-policier-affirme-finalement-avoir-tire-par-

      Le policier auteur du tir ayant provoqué la mort d’un jeune homme mardi dans le quartier du Breil à Nantes a menti. Il affirme désormais avoir tiré « par accident », indique son avocat, vendredi 6 juillet. « Il a reconnu avoir fait une déclaration qui n’était pas conforme à la vérité, a déclaré à l’AFP son avocat Laurent-Franck Lienard. Nous sommes en attente de son déferrement. Normalement il doit être déféré dans l’après-midi ». La veille, il avait été placé en garde à vue par l’IGPN pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

  • Jackson Lears · What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking: #Russiagate · LRB 4 January 2018
    https://www.lrb.co.uk/v40/n01/jackson-lears/what-we-dont-talk-about-when-we-talk-about-russian-hacking

    Like any orthodoxy worth its salt, the religion of the Russian hack depends not on evidence but on ex cathedra pronouncements on the part of authoritative institutions and their overlords. Its scriptural foundation is a confused and largely fact-free ‘assessment’ produced last January by a small number of ‘hand-picked’ analysts – as James Clapper, the director of National Intelligence, described them – from the CIA, the FBI and the NSA. The claims of the last were made with only ‘moderate’ confidence. The label Intelligence Community Assessment creates a misleading impression of unanimity, given that only three of the 16 US intelligence agencies contributed to the report. And indeed the assessment itself contained this crucial admission: ‘Judgments are not intended to imply that we have proof that shows something to be a fact. Assessments are based on collected information, which is often incomplete or fragmentary, as well as logic, argumentation and precedents.’ Yet the assessment has passed into the media imagination as if it were unassailable fact, allowing journalists to assume what has yet to be proved. In doing so they serve as mouthpieces for the intelligence agencies, or at least for those ‘hand-picked’ analysts.

    [...]

    The consequence is a spreading confusion that envelops everything. Epistemological nihilism looms, but some people and institutions have more power than others to define what constitutes an agreed-on reality. To say this is to risk dismissal as the ultimate wing-nut in the lexicon of contemporary Washington: the conspiracy theorist. Still, the fact remains: sometimes powerful people arrange to promote ideas that benefit their common interests. Whether we call this hegemony, conspiracy or merely special privilege hardly matters. What does matter is the power to create what Gramsci called the ‘common sense’ of an entire society. Even if much of that society is indifferent to or suspicious of the official common sense, it still becomes embedded among the tacit assumptions that set the boundaries of ‘responsible opinion’. So the Democratic establishment (along with a few Republicans) and the major media outlets have made ‘Russian meddling’ the common sense of the current moment. What kind of cultural work does this common sense do? What are the consequences of the spectacle the media call (with characteristic originality) ‘Russiagate’?

    The most immediate consequence is that, by finding foreign demons who can be blamed for Trump’s ascendancy, the Democratic leadership have shifted the blame for their defeat away from their own policies without questioning any of their core assumptions. Amid the general recoil from Trump, they can even style themselves dissenters – ‘the resistance’ was the label Clintonites appropriated within a few days of the election. #Mainstream Democrats have begun to use the word ‘progressive’ to apply to a platform that amounts to little more than preserving Obamacare, gesturing towards greater income equality and protecting minorities. This agenda is timid. It has nothing to say about challenging the influence of concentrated capital on policy, reducing the inflated defence budget or withdrawing from overextended foreign commitments; yet without those initiatives, even the mildest egalitarian policies face insuperable obstacles. More genuine insurgencies are in the making, which confront corporate power and connect domestic with foreign policy, but they face an uphill battle against the entrenched money and power of the Democratic leadership – the likes of Chuck Schumer, Nancy Pelosi, the Clintons and the DNC. Russiagate offers Democratic elites a way to promote party unity against Trump-Putin, while the DNC purges Sanders’s supporters.

    For the DNC, the great value of the Russian hack story is that it focuses attention away from what was actually in their emails. The documents revealed a deeply corrupt organisation, whose pose of impartiality was a sham. Even the reliably pro-Clinton Washington Post has admitted that ‘many of the most damaging emails suggest the committee was actively trying to undermine Bernie Sanders’s presidential campaign.’ Further evidence of collusion between the Clinton machine and the DNC surfaced recently in a memoir by Donna Brazile, who became interim chair of the DNC after Debbie Wasserman Schultz resigned in the wake of the email revelations. Brazile describes discovering an agreement dated 26 August 2015, which specified (she writes)

    [...]

    • La video en question, sur RT (télévision russe pro-poutine et qui ne floute pas les gens, pour info de précaution en diffusion) callée au moment qui concerne Romain à 5h17... : https://youtu.be/V2d90Ttb0n8?t=5h17m23s

      Les mots du père de Romain :

      Ca n’arrive pas qu’aux autres.
      Romain D, le jeune homme très gravement blessé en voulant filmer la manifestation du jeudi 26 mai, c’est Romain Dussaux, mon fils.
      Les mots me manquent alors pour ceux qui voudraient savoir regardez le lien de la télévision russe

      https://www.facebook.com/ldussaux/posts/10210106385964715

      Romain se bat du mieux qu’il peut... avec courage.

      https://www.facebook.com/ldussaux/posts/10210128418275509

      Je viens de lire ça... c’est assez troublant.

      https://www.facebook.com/ldussaux/posts/10210128875686944

    • Après visionnage : le camion de pompier reste très longtemps sur place, comme en attente. A 5h49 une voix appelle « hey les gars y’a un problème » et ont entend Romain hurler de douleur. La suite se passe très vite : deux flics rentrent, mais après l’appel. L’ambulance part presque aussitôt. C’est bien plus dans le délais d’attente qu’il me semble y avoir un souci sur l’évolution de la blessure ; j’avoue être gênée par la version dans Libération qui transmets un témoignage donnant la sensation que des flics sont rentrés avant l’aggravation de l’état de Romain : https://youtu.be/V2d90Ttb0n8?t=5h49m8s

      Cela ne va pas dans le sens du témoignage livré par Libération :

      Troisième épisode : un camion de pompiers débarque enfin sur les lieux. Romain y est embarqué sur un fauteuil roulant, visage bandé mais manifestement éveillé, voire souriant pour rassurer ses proches. Deux CRS harnachés et casqués montent alors à bord. Un témoin affirme qu’un troisième CRS portant une mallette de survie se serait glissé dans le camion.

      Impatience.
      La suite nous est racontée par deux autres témoins oculaires, Paul et Marie (1). Peu de temps après avoir démarré, l’estafette des pompiers se gare quelques centaines de mètres plus loin, le temps qu’un autre véhicule, mieux médicalisé, ne prenne en charge Romain. « Le voyant entrer bien portant dans le camion des pompiers, on a trouvé bizarre que deux CRS s’y engouffrent. Du coup, on l’a suivi. » Ils disent ensuite avoir vu, via une vitre latérale, « deux CRS casqués se pencher sur lui », le pompier de service restant « en retrait » de la cabine. Nos témoins n’ont pu observer directement le corps de Romain, seulement les deux CRS. Mais ils affirment que « leurs gestes étaient violents, au point de faire bouger le fourgon ». Premier secours, acte d’intimidation ? Dans un appel téléphonique passé à des proches depuis le camion de pompiers (Libération a eu accès à la bande audio), on entend juste Romain crier sa douleur.

    • Je ne suis pas tranquille... En voyant ce qui se développe sur les réseaux sociaux, où beaucoup n’attendent, légitimement, que la preuve d’un faux pas policier qui fasse enfin condamner la répression, je me dit que le témoignage cité ainsi par Libération fera plus de mal qu’autre chose. Il va être très facile de montrer, avec les images, que les flics n’étaient pas dans le camion de pompiers quand l’état de Romain s’est aggravé et qu’au contraire ils se sont précipité pour intervenir à l’appel du pompier et des hurlements de douleur. Les fautes sont pourtant suffisamment présentes ailleurs : avant, lors des jets de grenade de désencerclement à l’aveugle, puis dans le délais d’attente sans doute imposé par des conditions de sécurité policières et des ordres hiérarchiques... C’est là qu’il y a mise en danger de la vie d’autrui et c’est bien l’ensemble de l’armement militaire des « forces de l’ordre » contre les manifestations sociales et les dérives anti-démocratiques attisées par un syndicat comme Alliance comme par les membres « responsables » du gouvernement qu’il faut dénoncer, fermement.

    • Merci @val_k ! L’analyse de la situation médicale à chaud dans la 2e vidéo est extrêmement importante. En gros, un passant probablement du milieu médical en sait plus que les policiers : le samu aurait du venir et repartir rapidement pour intervention médicale (on voit la flaque de sang parterre et son visage en sang).

      Si on regarde le rush de RT on voit que :

      – à 5h20min Romain Dussaux est blessé
      5h33 les pompiers arrivent
      – à 5h49 la situation de Romain semble s’aggraver (cris)
      – à 5h50 les pompiers partent mais s’arrêtent aussitôt 100 m plus loin
      6h15 les pompiers partent enfin vers un hôpital

      55 MINUTES ! 55 minutes pour l’évacuer, alors qu’il était en plein Paris avec minimum 5 hôpitaux à moins de 5 minutes : http://www.openstreetmap.org/?mlat=48.8475&mlon=2.4093#map=15/48.8475/2.4093

    • Il faut peut-être préciser que les pompiers de Paris, comme les gardes mobiles chargés ici de la « protection » immédiate de l’ambulance, sont des militaires aux ordres du préfet de police. Pas le SAMU. Les deux CRS ne sont sans doute appelés que pour constater ce qui se passe dans le camion avant son départ. Ça reste en famille, transparence garantie.

      EDIT : pour archive, à propos de l’ambiguïté du statut des pompiers de Paris dans leurs interventions sur les manifs et ses conséquences sur l’accès à l’information — parano, rumeurs :

      http://seenthis.net/messages/476818

      http://www.humanite.fr/securite-un-temoin-evoque-des-consignes-de-ne-pas-secourir-les-manifestants

    • autre analyse trouvée sur indymedia nantes :
      Romain D. dans le coma : « Bavure » ou tactique de répression du mouvement social ?"
      https://nantes.indymedia.org/articles/34901

      Je tiens à préciser ces quelques éléments :
      1- lors d’un tel évènement sur la voie publique, il est d’usage que la police accompagne l’ambulance
      2- le camion bouge, c’est normal, des personnes se déplacent à l’intérieur...
      3- Oui, Romain crie. Comme on le voit, il n’a pas perdu connaissance de suite, et les secouristes l’ont de toute évidence examiné, donc touché ses blessures graves : ça fait mal.
      4- Le coma peut survenir quelques minutes à quelques heures après le choc : une hémorragie met du temps à se propager et d’autres éléments médicaux entrent en compte...
      5- Nous ne pouvons pas clairement infirmer ou affirmer une énième attaque physique policière sur une personne innocente, faible et sans défense.

      Il me semble étrange qu’un journal tel que Libération, détenu majoritairement par deux hommes très riches issus d’une classe sociale bourgeoise (dont un franco-israëlien bien connu domicilié fiscalement en Suisse) aborde le sujet. La police est tout de même la bras armé du capitalisme... et donc des bourgeois.
      En fait, l’article sème le doute sur les conséquences du lancer de grenade... ceci explique cela ?

      ... A qui profite le doute ? Aux armes de la police.

      L’article ne tombe pas dans une parano binaire hein, mais souligne les points de défiance nécessaires. J’ajouterai que feu l’esprit canal doit pas mal accentuer les choses puisque l’article de libé annonce plus ou moins un scoop dans l’émission de Barthes qui fait sa dernière semaine avec son petit journal : y’a surement aussi du teasing pour qu’il fasse un carton avant de partir... sur TF1 !

    • Moralité... deux jours après et malgré de multiples décryptages qui démontrent l’erreur, émotionnellement logique, contenue dans le témoignage suggérant la possibilité de violences policières dans le camion... RIEN !
      Le Petit Journal a heureusement concentré son analyse sur la grenade. Évidemment vu la rumeur parallèle, l’intéret du public n’accroche pas. Cette rumeur est en train de gonfler, partout, se cristallise sur le passage du soit-disant tabassage. Et c’est logique.
      Pendant ce temps, Libé a modifié son article pour dire que hou la la ils se sont trompés sur la dénomination des CRS mais absolument rien sur les erreurs, évidentes, dans le témoignage.
      Pire, des pages militantes n’ont visiblement pas pris le temps de regarder les vidéo et font des records de fréquentation avec cette fausse info. Certaines pages « militantes » savent très bien qu’il y a de grosses failles là dedans mais transmettent quand même sans la moindre précaution. Et l’une d’entre elle, antifa, a fait un montage video qui coupe le passage prouvant que les flics sont montés APRÈS les hurlements de Romain. Évidemment cette vidéo, mensongère du coup, tourne partout et bien peu de commentaires interviennent pour prévenir de la manipulation :/
      https://www.facebook.com/ActionAntifascisteNp2c/videos/1016411138396319

      Si je suis en colère et que je n’arrive pas à décrocher de ce sujet c’est qu’il me semble hyper symptomatique de ce qui ne pourra changer tant que celleux qui se présentent comme responsables, medias, politiques, feront sciemment des choix sensationnalistes et donc mercantiles, plutôt qu’éthiques.

      Pendant ce temps là se prépare #Eurosatory, le juteux « SALON INTERNATIONAL DE DEFENSE ET DE SECURITE »
      Tranquille.

      En cristallisant la colère et l’indignation sur une responsabilité individuelle de deux flics plutôt que sur l’armement de la police et les donneurs d’ordre, cette rumeur, qui va exploser comme un ballon de baudruche, me semble un vrai gâchis, pour ne pas dire plus...

      Il est peut-être encore temps d’intervenir ?

    • Merci pour le très bon boulot de décryptage que tu as fait @val_k.

      @camillepolloni ajoute aussi
      https://twitter.com/CamillePolloni/status/739601194973298689

      pas clair non plus ce truc de deuxième véhicule, sur toute la séquence le blessé reste dans le même, qui quitte ensuite les lieux.

      Peut-être faire un billet spécifique, ici ou ailleurs, qui pourra circuler plus facilement ? Pour l’instant, j’ai vu des commentaires sur fb, twitter ou sur ce fil, mais manque un papier synthétique et factuel là-dessus (sauf si j’ai raté un truc). Peut-être est-il en cours de préparation chez Buzzfeed ou ailleurs, je ne sais pas. Sinon, ça vaudrait le coup...

    • Hélas @intempestive : même #David_Perrotin alimente le truc en fait, d’où mon désespoir total :
      https://twitter.com/davidperrotin/status/739547470049480705
      Et pour le billet j’écris de manière trop émotionnelle pour me charger d’un tel boulot. Pis ça fait 3 mois que j’essaye de ne pas me noyer chaque jour dans le flot d’infos et que je constate mon échec chaque soir. Là dessus, sur cet état d’urgence permanent, j’aimerai bien écrire mais...
      Bref je cherche moi aussi LA publication qui fasse dégonfler le ballon en douceur pour le transformer en relai contre les armes plutôt qu’en pétard mouillé (oué j’aime les métaphores en plus, c’est dire si mon écriture n’est pas idéale !)
      Mais si quelqu’un-e lance un pad collectif à publier ensuite sur les #médias-libres je suis partante hein !

    • Pis ça fait 3 mois que j’essaye de ne pas me noyer chaque jour dans le flot d’infos et que je constate mon échec chaque soir.

      Oui, je comprends tout à fait. Et puis c’est une rumeur qui mêle des choses bien lourdes : un « grand » journal qui pour une fois parle de violences policières, mais en ajoutant une tartine de confusion dans l’opération ; une accusation de violences policières (un tabassage dans le camion des pompiers) qui pour une fois est peut-être abusive (on est plutôt accoutumé·es à l’inverse), mais qui se greffe sur une autre violence policière bien réelle (une grenade dans la tête) et éhontément peu relayée dans les « grands » médias (une personne dans le coma, ça ne devait pas encore être assez grave pour mériter le JT) ; une vidéo émanant de la chaîne pro-Poutine Russian Today qui pour une fois pourrait permettre de lever une rumeur... Le tout pour aboutir au fait que, dans un contexte où les violences policières sont en grande partie passées sous silence, une des rares qui buzzent (la supposition de tabassage dans le camion des pompiers) n’est pas du tout avérée.

      J’ajouterais que l’analyse de la vidéo est un élément essentiel pour démonter la rumeur, mais il y a une enquête plus poussée à faire afin de comprendre comment tout cela s’est monté : retrouver les pompiers et les gardes mobiles, les sources de Libé, d’autres sources... Bref, bien autre chose qu’un buzz à forwarder ou à liker.

      Cc @ari @samizdat @indymedia @paris @rebellyon @larotative pour la discussion.

    • J’allais l’ajouter, @intempestive : merci pour le suivi.
      J’avoue avoir la gorge encore plus nouée à la lecture de ce témoignage. Je ne me remets pas du 26 mai. Quelque chose a basculé, à Nantes et à Paris. Et en moi aussi. Et c’est super compliqué de l’écrire, comme si tous les fils sensibles que je tissais s’étaient emmêlés et que certains cadres avaient rompus.

    • Je vais essaye de clore ce non-article puisque je n’arriverai sans doute jamais à l’écrire.
      Ce qui se passe autour de Romain D. m’a profondément touchée parce qu’en plus de ce qu’a très bien égrainé @intempestive, à savoir le cumul #violences_policières, #armement, #maintien_de_l-ordre et #fabrique_du_consentement, #médias #mainstream et #confusionnisme, #marchandisation et #récupération, #buzz-ness, #etat_d-urgence permanent... (à compléter)
      s’ajoute le #sensible bien difficilement transmissible : la disparition par #maltraitance et #casse_sociale, dans les luttes et dans les rues, des gens qui rêvent, des gens qui espèrent, des gens fragiles, des gentils, des doux et des dingues, des gens à mobilité ou réflexion réduite, des gens comme toi et moi, quoi. La grande majorité du [nous] .
      J’ai la sensation d’avoir atteint mes limites ce jour là, le 26 mai.
      L’arrivée en douce de #Eurosatory et en force de #Euro2016 vont finir de tuer l’un de ces autres mondes possibles que nous avons tenté de faire émerger. Heureusement, nous savons qu’il y a en d’autre, mais chaque révolte réprimée rend la naissance du suivant encore plus violente...

  • U.S. struggling over what to do with Syrian rebels once tied to #al_Qaida
    http://www.mcclatchydc.com/news/nation-world/world/article48058665.html

    Notamment le groupe Ahrar al Cham, un groupe qui se qualifie lui même https://www.washingtonpost.com/opinions/the-deadly-consequences-of-mislabeling-syrias-revolutionaries/2015/07/10/6dec139e-266e-11e5-aae2-6c4f59b050aa_story.html (comme le qualifie aussi Charles Lister http://seenthis.net/messages/435209#message435697) de #mainstream,

    Last July, an ultraconservative Islamist rebel group made a splash by publicly offering to work with Western powers to resolve the Syrian civil war and build “a moderate future,” a surprising overture from a force that regularly fights alongside al Qaida loyalists.

    But the very next month, the same rebel group eulogized Mullah Mohammed Omar, the Taliban chief who sheltered Osama bin Laden before and after the 9/11 attacks, as a steadfast warrior who embodied “the true meanings of jihad and sincerity.”

  • http://www.newyorker.com/culture/cultural-comment/unmournable-bodies

    “We may not be able to attend to each outrage in every corner of the world, but we should at least pause to consider how it is that mainstream opinion so quickly decides that certain violent deaths are more meaningful, and more worthy of commemoration, than others.
    France is in sorrow today, and will be for many weeks to come. We mourn with France. We ought to. But it is also true that violence from “our” side continues unabated. By this time next month, in all likelihood, many more “young men of military age” and many others, neither young nor male, will have been killed by U.S. drone strikes in Pakistan and elsewhere.”

    #charlieHebdo #mainstreammedia

  • Le pov Khodorkovski sort de prison ...
    Comme un symbole des victimes de poutine.
    M’enfin, c’est pas un angelot, non plus ...
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Khodorkovski

    En 1995, lors de la privatisation des entreprises russes par distribution de parts aux habitants puis ventes aux enchères, Khodorkovski rachète le groupe Ioukos (en russe : Юкос) pour 360 millions de dollars lors d’une vente critiquée : les deux seuls acheteurs autorisés par le pouvoir de Boris Eltsine à participer aux enchères étaient des compagnies détenues à 51 % par la Menatep2. En 2004, la valeur de Ioukos est estimée à 27 milliards de dollars, soit une multiplication par 75 par rapport au prix d’achat lors de cette vente controversée.

    Mikhaïl Khodorkovski fait par ailleurs partie d’un groupe de sept oligarques, appelé Semibankirchtchina, qui aide et finance la réélection de Boris Eltsine en 1996. Il a aussi siégé au conseil d’investissement du Groupe Carlyle, dans la branche énergétique3.