• À l’Ehpad de #combourg, en #ille-et-vilaine, de nouvelles accusations de « négligences » et de « maltraitances »
    https://splann.org/ehpad-combourg-negligences-maltraitances

    Une #plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « non-assistance à personne en péril » a été déposée en février 2026 par la famille d’une ex-résidente de l’Ehpad de Combourg (35). Une affaire qui entache un peu plus la réputation de cet établissement, déjà épinglé par l’agence régionale de santé en 2023. L’article À l’Ehpad de Combourg, en Ille-et-Vilaine, de nouvelles accusations de « négligences » et de « maltraitances » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Santé_publique #agence_régionale_de_santé #ars_bretagne #association_clinique_Saint-Joseph #ehpad #jean-pierre_rossé #Joël_Le_Besco #maison_de_retraite #maltraitance #médico-social #personnes_âgées #social

  • 250 ans des États-Unis : #Trump impose sa vision, les entreprises françaises suivent
    https://multinationales.org/fr/enquetes/trumpisme-et-complicites/250-ans-des-etats-unis-trump-impose-sa-vision-les-entreprises-franc

    #Donald_Trump tente de s’approprier la célébration du 250e anniversaire de l’indépendance des #États-Unis à travers une organisation à sa botte qui organise des journées de prières et des spectacles de combat. Des travaux d’« embellissement » ont été lancés dans la capitale Washington, comme la construction d’un arc de triomphe et d’une immense salle de bal à la #Maison_Blanche. Le tout financé par l’argent public mais aussi par les dons très intéressés de multinationales et de milliardaires. Des groupes français sont aussi de la partie.

  • Les #chtites #maisons_solidaires, des tiny houses pour lutter contre le #mal-logement

    Des citoyens avec l’envie d’aider les sans-abri ont créé une association il y a 8 ans à #Lille. Le concept ? En louant leur chambre d’amis à des touristes, ils financent des tiny houses, des petites maisons destinées à accueillir des personnes sans logement. Pour accélérer leur action, l’#association a lancé une campagne de financement participatif.

    En 2018, un groupe de citoyens frustrés de ne pas pouvoir partager ses chambres d’amis avec des personnes sans logement a l’idée de les proposer à des touristes. L’argent récolté avec ces locations sert à financer de petits logements, des « tiny houses ». Il y en a déjà cinq sur la métropole lilloise, à #Saint-Maurice-Pellevoisin, habitées par des personnes en difficulté ou d’autres faisant le choix de vivre sobrement. Une #mixité_sociale pour favoriser aussi l’insertion.

    L’argent, le nerf de la guerre

    Une tiny house à fabriquer coûte environ 40 000 euros. L’association Les #chtites_maisons_solidaires a donc lancé une campagne de #financement_participatif de 60 000 euros, ce qui permettrait aussi de financer deux salariés : une spécialisée en urbanisme et le deuxième qui participe à la construction des logements. « On reçoit des loyers et on finance des jobs qui font du bien à la planète ! », lâche Christophe Thomas, président de l’association.

    Les deux prochaines petites maisons devraient être installées à #Lambersart. Dans le concept de l’association, elles seront louées à des touristes le temps d’être rentabilisées avant d’être loués à loyer très réduit à des personnes sans logement.

    "On commence par les louer à des touristes. On estime qu’il faut sept ans pour que la « tiny » soit payée. Tous les dons raccourcissent cette durée", complète enthousiaste Christophe Thomas. L’association s’est choisi un slogan : « Votre aventure, leur avenir ».
    Des appels aux dons

    L’association ne manque pas de projet pour récolter un peu d’argent. Une tiny house a été installée à Ambleteuse, dans le Pas-de-Calais pour récolter des fonds et, bientôt, un camping-car sera loué sur des Tiers-lieux de la région pour héberger des vacanciers.

    Christophe Thomas lance un appel à « l’hôte solidaire qui voudrait rejoindre notre équipe, le locataire bienfaiteur qui cherche une nuit insolite sur la Côte d’Opale ou sur les tiers lieux des Hauts-de-France... Ou, tout simplement, un donateur qui veut aider notre action ».

    Tout don ou mécénat permet à l’association de faire grandir son ambition : créer de l’habitat léger, écologique et adapté aux sans-abri.

    https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille/les-chtites-maisons-solidaires-des-tiny-houses-pour-lutte
    #tiny_house #logement #solidarité #sans-abrisme #SDF #tourisme #tourisme_solidaire

  • Violette Perrotte, directrice générale de la Maison des femmes : « Naître femme est dangereux pour la santé, c’est révoltant »
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/02/22/violette-perrotte-directrice-generale-de-la-maison-des-femmes-naitre-femme-e

    « J’abordais le sujet des violences faites aux femmes uniquement sous le prisme de la santé. J’ai élargi mon regard. »

    https://archive.ph/IOxFL

    #people #santé #VSS #femmes #maison_des_femmes

  • « Il s’est transformé de façon très insidieuse, sans que je le voie » : le désarroi des parents face à leur fils masculiniste
    https://www.lemonde.fr/intimites/article/2026/02/21/un-soir-mon-fils-me-dit-c-est-quand-meme-ton-role-de-nous-servir-le-desarroi

    Le #masculinisme progresse dans toutes les couches de la société française, selon le dernier « Rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France », publié en janvier par le Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes. On y apprend notamment que 23 % des hommes de plus de 15 ans adhèrent au « sexisme hostile », défini comme « un sexisme violent, qui se traduit par une hostilité envers les femmes et peut inclure des attitudes agressives ou dévalorisantes ».

    Chez les 15-24 ans, le baromètre du sexisme – outil statistique sur lequel s’appuient les auteurs – indique que l’écart de genre s’est encore creusé : 81 % des femmes de 15 à 24 ans considèrent qu’il est « désavantageux d’être une femme dans la société actuelle », contre 57 % des hommes du même âge, tandis que 23 % des hommes de 15 à 24 ans pensent qu’il est désavantageux d’être un homme, contre 10 % des femmes du même âge. Mais le rapport insiste sur le fait que la progression du sexisme est loin de ne concerner que la jeunesse : plus l’âge augmente, moins il est perçu comme un problème social. « Certains ados sont peut-être perdus, mais les hommes de 40-50 ans ne sont pas plus doués quand il s’agit de la sphère intime et affective », insiste Aziga Billot, psychiatre à Toulouse et chercheuse au Centre de ressources en santé mentale pour la prévention des processus de radicalités violentes d’Occitanie.

    Une vague antiféministe comme nous en avons vécu d’autres, par le passé ? « Le masculinisme n’a rien de nouveau, on peut le faire remonter à l’Antiquité, analyse Sylvie Tenenbaum, psychothérapeute et autrice du livre Le Péril masculiniste (HarperCollins, 256 pages, 19,90 euros ; version numérique 12,99 euros). Mais nous sommes face à une forme très radicale, avec l’apparition de #gourous qui vendent une image de la masculinité complètement faussée à des ados en pleine construction identitaire… Ça, c’est très nouveau. »

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  • Autoconstruire pour rester libre !

    Une maison efficace, nourricière, rapide et facile à construire, pas chère, qui n’artificialise pas les sols, en paille porteuse et matériaux écologiques, parfaitement isolée et chaleureuse.

    https://www.terrevivante.org/boutique/livres/maison-ecologique/autoconstruire-pour-rester-libre
    #autoconstruction #maison #architecture #paille #livre #construction

  • Places en #Ehpad, #autonomie, #emplois… La mise en garde de la Drees sur le #vieillissement de la #population

    Selon le service statistique du ministère de la Santé, d’ici vingt-cinq ans, il faudra créer des centaines de milliers de places en Ehpad et embaucher massivement du personnel dans le secteur du grand âge

    La population française vieillit, et le service statistique du ministère de la Santé (#Drees) alerte sur le fait que si les prochains gouvernements ne se saisissent pas du sujet, il va devenir impossible de gérer ce virage démographique.

    Une étude de la Dress, dévoilée jeudi 5 février, montre que d’ici vingt-cinq ans en France, il y aura 23 millions de personnes de plus de 60 ans contre 18 millions en 2021. Parmi elles, 750 000 de plus qu’aujourd’hui ne seront plus autonomes.

    Le service statistique du ministère de la Santé estime qu’il faudra créer 365 000 places supplémentaires dans les Ehpad et embaucher entre 150 000 et 200 000 personnes dans les #maisons_de_retraite et dans le secteur de l’#aide_à_domicile pour gérer le vieillissement de la population.

    À ce jour, moins de la moitié des 50 000 embauches promises par Emmanuel Macron lors de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2022 ont eu lieu.

    https://www.franceinfo.fr/societe/prise-en-charge-des-personnes-agees/places-en-ehpad-autonomie-emplois-la-mise-en-garde-de-la-drees-sur-le-vie
    #démographie #France #projections #statistiques #chiffres #personnes_âgées

  • Les multiples enjeux de la végétalisation des cours d’école
    https://metropolitiques.eu/Les-multiples-enjeux-de-la-vegetalisation-des-cours-d-ecole.html

    Bien-être, santé, #jeu libre, inclusion ou construction du lien social : la dynamique contemporaine de #végétalisation des cours d’école ouvre un ensemble de perspectives, constituant selon Romain et Sylvain Wagnon un bon terrain d’expérimentation pour les politiques de transition écologique. La végétalisation des cours d’école s’impose depuis quelques années comme un levier des politiques éducatives. Portée par de nombreuses collectivités locales, cette dynamique peut résulter d’une prise de #Essais

    / #changement_climatique, #enfants, #ville_à_hauteur_d'enfants, #école, #éducation, santé, maison de santé, jeu, (...)

    #santé #maison_de_santé
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-wagnon-wagnon.pdf

  • À quel milliardaire appartient votre #livre ? L’application parle d’argent dans l’#édition

    L’édition française aime à se présenter comme un paysage d’acteurs indépendants, mais sa réalité capitalistique demeure largement méconnue. Derrière marques, collections et maisons historiques, se déploient des chaînes de #propriété, dominées par de grands groupes et des investisseurs puissants. En révélant ces coulisses, l’application #WHOISBN ? propose un outil de #transparence, imparfait, mais révélateur. Et inversement.

    Ne nous emballons pas, le monde du livre n’est pas totalement entre les mains de milliardaires. Certes, cinq groupes détiennent les trois quarts des maisons du secteur — #Hachette_Livre, #Editis, #Média‑Participations, #Madrigall, et #Albin_Michel. Or, toutes ces entités ne possèdent pas nécessairement des librairies (que l’on aurait tort d’oublier dans le décompte) et certainement pas des bibliothèques ni de médiathèques.

    Toutefois, et dans cette logique capitalistique, on résumerait même la situation à ce que quatre structures de diffusion distribution appartenant aux quatre premiers groupes dirigent l’#industrie_du_livre. Entre les maisons appartenant aux structures et les éditeurs partenaires, certains représentent véritablement des géants. Rappeler que Hachette diffuse et distribue Albin Michel pose un peu mieux le contexte.

    A ce titre, non cinq milliardaires ne se partagent pas les trois quarts de l’industrie du livre française, ce qui n’empêche pas de faire preuve de curiosité. Quand vous tenez un livre entre les mains, vous voyez sa couverture, le nom de l’auteur, celui de la maison d’édition — ne cherchez pas le traducteur. Et pourtant : qui détient réellement cette société ? Derrière un simple code-barres se cache parfois un réseau complexe de participations, de #holdings, de groupes, de #milliardaires.

    C’est tout l’enjeu de WHOISBN ?, une application qui lève le voile sur ces chaînes de propriété — et, souvent, sur la concentration du capital dans l’édition.

    Une idée simple, et diablement pertinente

    WHOISBN ? dans sa version anglaise, devenue QUISBN ? en français, se présente comme un outil de transparence. Grâce à l’ISBN — un numéro unique de 13 caractères, mis en forme via un code-barres, l’application identifie « qui possède la maison d’édition du livre que vous tenez entre les mains, puis quelle entreprise possède cette maison d’édition, puis qui possède l’entreprise qui possède l’entreprise… jusqu’au bénéficiaire ultime ».

    En d’autres termes : il suffit de scanner pour découvrir que se cache bien souvent un milliardaire — un détecteur de propriété, appliqué au monde littéraire. Une application modeste — mais potentiellement explosive. Ou presque.

    Aux origines : un projet engagé

    Lancée via son site internet, WHOISBN ? s’inscrit dans une volonté de réappropriation critique de l’#économie_de_l’édition. Le site se revendique comme un moyen « d’explorer les liens capitalistiques du monde de l’édition ».

    C’est un coup de projecteur sur un univers trop souvent invisible — celui des chaînes d’#actionnaires, des prises de participation, des #concentrations_financières. L’objectif : révéler les structures derrière les marques d’édition, interroger la nature de la propriété, inviter à la réflexion sur ce que signifie être édité.

    Comment ça fonctionne, concrètement

    Le fonctionnement est d’une grande simplicité (trop, probablement). Vous scannez le code-barres ISBN d’un livre — soit via une application mobile disponible uniquement pour #Android. L’interface vous renvoie l’arborescence capitalistique de la #maison_d’édition. Ainsi, un simple roman de poche mène facilement à un milliardaire — une carte d’identité économique du livre, accessible en un clic.

    À qui profite ce “miroir de l’édition” ?

    La démarche est évidemment engagée. WHOISBN ? offre un miroir parfois cruel de l’industrie du livre : un secteur culturel qui se présente volontiers comme libre, exigeant, créatif, voire artisanal — mais souvent soumis aux logiques financières les plus classiques (et parfois les plus brutales).

    Pour les lecteurs, c’est un outil d’information : savoir d’où vient un livre, qui contrôle l’édition permet de nourrir la réflexion sur la pluralité culturelle, l’#indépendance_éditoriale, voire la sécurité d’un certain pluralisme dans l’offre littéraire. Pour les auteurs, c’est l’occasion de connaître la nature réelle de leurs éditeurs — un détail qui peut avoir des conséquences sur la diffusion, les choix éditoriaux, la liberté d’écriture.

    Et pour le débat public ? Une excellente manière de questionner le rôle du capital dans la culture : entre investissement, concentration, prise de contrôle, l’édition, plus que jamais, ressemble à une affaire de gros sous.

    Quand les milliardaires investissent dans les bibliothèques

    Le recours à des capitaux privés n’est pas qu’une abstraction : ces dernières années, plusieurs milliardaires ont mis la main sur des maisons d’édition françaises majeures. Par exemple, le groupe Hachette Livre est désormais détenu par #Vincent_Bolloré, et certaines de ses filiales — comme #Fayard — subissent des critiques quant à leur ligne éditoriale.

    De même, le groupe #Editis, second acteur de l’édition en France, appartient aujourd’hui à #Czech_Media_Invest (#CMI), la holding du milliardaire tchèque #Daniel_Křetínský.

    Et ce n’est pas anecdotique : la concentration du capital éditorial entre quelques mains — souvent en dehors du monde littéraire — pèse sur l’indépendance éditoriale, le choix des publications, la diversité culturelle. Une tendance dénoncée depuis longtemps, mais rendue ici visible, palpable.

    Un milliardaire ici, un fonds d’investissement là…

    Si WHOISBN ? fait office de loupe — et se donne pour mission de changer la donne — il introduit des erreurs significatives.

    #Bernard_Arnault, présenté comme propriétaire de #Madrigall ne possède en réalité qu’une participation à la hauteur de 10 %. Ainsi, l’outil propose une vision partielle : il rattache une maison de son propriétaire elle est rattachée, sans intégrer toute la finesse des montages réels.

    De même, certaines maisons se retrouvent dans des groupes n’ont pas été rachetées à 100 %, d’autres relèvent de participations croisées, d’accords complexes ou de minoritaires actifs. D’autres ont des liens capitalistiques avec ces grosses structures, mais sans avoir cédé une majorité de leur capital. Ou encore, certains ouvrages ne sont pas rattachés à des entités capitalistiques d’envergure, alors qu’elles découlent de fonds et d’investissements de grosses entreprises, loin de l’édition indépendante.

    WHOISBN offre donc une image instructive, mais certainement pas exhaustive. Une loupe utile, non une radiographie intégrale. Dans cette nuance se loge son vrai intérêt, autant que sa limite : dans toute chaîne alimentaire, se trouve un prédateur en fin de course, qui est le dernier. Avec les milliardaires, c’est souvent le cas... Disons que l’app constitue dès lors un instrument de vigilance tronqué, qui replace le livre dans son écosystème économique.

    Ce n’est ni une enquête journalistique ni une analyse rigoureuse : en ces conditions, gare aux raccourcis, pour prendrait pou argent comptant les informations communiquées. Les cuisines des industries culturelles sont rarement aussi simples qu’un coup de scan... À tester à cette adresse.

    https://actualitte.com/article/127989/inclassables/a-quel-milliardaire-appartient-votre-livre-l-application-parle-d-argent-
    #livres #app #ISBN #propriétaires

  • De nombreux #pesticides détectés dans l’air des #logements en #France

    L’#étude #Pestiloge, menée de novembre 2020 à février 2023, visait à quantifier la concentration de pesticides dans l’#air et les #poussières domestiques, pour ensuite évaluer les risques liés à l’exposition à ces substances.

    De nombreux pesticides ont été détectés dans l’air et les poussières à l’intérieur des logements en France hexagonale, bien qu’interdits parfois depuis des années, selon les résultats d’une étude nationale publiés ce jeudi 27 novembre 2025 et rapportés par l’AFP.

    L’étude Pestiloge, financée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et menée de novembre 2020 à février 2023, visait à quantifier la concentration de pesticides dans l’air et les poussières domestiques, pour ensuite évaluer les risques liés à l’exposition à ces substances. Cette campagne a permis de rechercher 81 pesticides dans l’air et 92 dans les poussières, dans 571 logements au sein de 321 communes réparties dans 84 départements.

    Quatre pesticides dans l’air de plus 80 % des logements

    Selon le bilan publié par l’Anses, quatre pesticides ont été détectés dans l’air de plus 80 % des logements : deux #insecticides, le #lindane et la #transfluthrine, et deux #insectifuges, le #DEET et l’#icaridine. Ces pesticides et un autre insecticide, la #perméthrine, ont été retrouvés dans plus d’un logement sur deux, tandis qu’un #fongicide, le #folpel, a été détecté dans plus de 60 % des logements.

    Enfin, le #chlorprophame, un #herbicide, était présent dans 70 % des logements lors de cette campagne de détection réalisée par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Pour certains de ces produits - le lindane et la perméthrine -, les concentrations étaient même « généralement plus élevées dans les logements que dans l’air extérieur ».

    En l’absence de valeurs de référence ou de seuils réglementaires, il est toutefois impossible de dire si l’exposition aux concentrations relevées représente ou non un risque pour la santé des occupants, indique l’Anses.

    Les pesticides plus souvent détectés dans les poussières

    Quant aux pesticides, « plus souvent détectés dans les poussières que dans l’air des logements », 13 d’entre eux ont été détectés dans plus de neuf logements sur dix.

    Il s’agit de cinq fongicides (#boscalid, #dicloran, #difénoconazole, #propiconazole, #tébuconazole), quatre insecticides (#acétamipride, #cyperméthrine, #imidaclopride, #perméthrine), deux herbicides (#glyphosate, #terbutryne) et deux répulsifs d’insectes (#DEET, #icaridine). Et quatre autres substances ont été retrouvées dans plus d’un logement sur deux (#fipronil, #lindane, #pyriproxyfène, #transfluthrine).

    Ces mesures témoignent de la persistance, bien après leur utilisation, de la #contamination en pesticides dans l’air et les poussières des logements français. « Un nettoyage régulier des surfaces et l’aspiration des poussières restent parmi les meilleurs outils pour limiter » cette persistance, rappelle l’agence de sécurité sanitaire.

    Certains de ces produits n’étant plus commercialisés depuis des années, « une vigilance doit être maintenue quant à la présence de vieux meubles ou charpentes en bois qui ont pu être traités par des produits biocides aujourd’hui interdits », souligne l’Anses. Et « utiliser de vieux stocks de produits phytopharmaceutiques ou biocides n’est pas recommandé ».

    https://www.ouest-france.fr/environnement/pesticides/de-nombreux-pesticides-detectes-dans-lair-des-logements-en-france-1bd63
    #maison #espace_domestique

    • PESTILOGE : des pesticides dans nos logements

      Pourquoi cette étude ?

      Les pesticides ne sont pas uniquement présents dans les champs. Ils peuvent aussi se retrouver dans nos logements, via les produits que nous utilisons pour lutter contre les insectes, traiter le bois ou protéger nos animaux, mais aussi par transfert depuis l’extérieur, notamment dans les zones agricoles. Certaines substances, interdites depuis des années, persistent dans les poussières et les matériaux.

      Pour mieux comprendre cette exposition, l’Observatoire de la Qualité des Environnements Intérieurs (OQEI) a lancé la campagne PestiLoge, une étude inédite sur la présence des pesticides dans l’air et les poussières des logements français.
      Une campagne nationale sans précédent

      Intégrée à la deuxième campagne nationale logements (CNL2), PestiLoge a été menée entre novembre 2020 et février 2023, couvrant toutes les saisons.

      571 logements ont été étudiés, répartis dans 321 communes et 84 départements.

      Les équipes ont réalisé :

      - Des prélèvements d’air intérieur pendant 7 jours, analysés pour 81 pesticides.
      - Des collectes de poussières (via aspirateurs), tamisées et analysées pour 92 pesticides.

      Ces substances incluent des insecticides, fongicides, herbicides et répulsifs, sélectionnés par l’Anses selon des critères sanitaires et la faisabilité analytique.

      Les principaux enseignements

      Dans l’air intérieur

      – 10 pesticides jamais détectés, dont 5 herbicides (acétochlore, carbétamide, flumétraline, oryzalin, tébuthiuron), 3 insecticides (béta-cyfluthrine, diméthoate, tau-fluvalinate) et 2 fongicides (prochloraze, triticonazole).
      - 37 substances très rarement détectées (moins de 5 % des logements).
      – 4 pesticides omniprésents (dans plus de 80 % des logements) :
      Insecticides : lindane, transfluthrine
      Répulsifs : DEET, icaridine
      – Le fongicide folpel est détecté dans plus de 60 % des logements, et l’herbicide chlorprophame dans 70 %.
      - Dans certains logements, les concentrations dépassent 10 ng/m³ (DEET, icaridine, lindane).

      Avec la perméthrine, ces produits sont quantifiés dans plus de la moitié des foyers.

      Dans les poussières

      – 5 pesticides jamais détectés : brodifacoum, dichlorvos, fénarimol, flumétraline, triallate.
      - 13 substances présentes dans plus de 90 % des logements :
      Fongicides : boscalid, dicloran, difénoconazole, propiconazole, tébuconazole
      Herbicides : glyphosate, terbutryne
      Insecticides : acétamipride, cyperméthrine, imidaclopride, perméthrine
      Répulsifs : DEET, icaridine
      - Concentrations très élevées pour certains :
      Perméthrine >1 000 ng/g dans plusieurs logements
      Glyphosate, cyperméthrine et PBO (pipéronyl butoxide) >100 ng/g
      - 8 pesticides dépassent 1 000 ng/g dans au moins 5 % des logements (perméthrine, imidaclopride, glyphosate, cyperméthrine, PBO, fipronil, icaridine, pyriproxyfène).

      Ce que cela signifie

      De nombreux pesticides ont été détectés dans l’air et les poussières des logements, alors même que certains font l’objet d’une restriction, voire d’une interdiction d’usage depuis plusieurs années. Cela témoigne de leur persistance dans les milieux intérieurs.

      Un nettoyage régulier des surfaces et l’aspiration des poussières restent parmi les meilleurs moyens pour limiter cette persistance. Une vigilance particulière doit être portée aux vieux meubles ou charpentes en bois qui ont pu être traités par des produits biocides aujourd’hui interdits, ainsi qu’aux stocks anciens de produits phytopharmaceutiques ou biocides.

      Et demain ?

      Les données issues de PestiLoge, couplées à celles de la CNL2, offrent un éclairage unique sur la contamination en pesticides dans l’air et les poussières des logements français. Elles alimentent déjà les travaux de l’Anses pour développer des valeurs sanitaires de référence et améliorer l’évaluation des risques liés aux pesticides, en considérant différentes sources et voies d’exposition. Ces données pourront également contribuer à des évolutions réglementaires.

      https://www.oqei.fr/fr/campagnes-et-etudes/pestiloge
      #rapport

  • See the White House’s East Wing demolition from satellite images | CNN
    https://www.cnn.com/2025/10/23/us/east-wing-white-house-satellite-photos-invs
    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/october-28-2024.jpg
    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/october-23-2025.jpg
    The White House on October 28, 2024 and on Thursday.
    Planet Labs PBC

    As excavators dug into the side of the White House this week, photos and videos made clear just how dramatically President Donald Trump’s plans to build a new ballroom will affect the historic structure.

    Now, satellite images offer a new perspective on the scope of the work.

    A satellite image taken Thursday morning shows the entire East Wing of the White House has been demolished. Piles of debris outline where the building, which traditionally served as the office of the First Lady, once stood.

    In a spot that previously housed a portico, an excavator can be seen consolidating the rubble to be hauled away. The colonnade that led from the Executive Residence to the East Wing has also been nearly removed, with only the last section, which touches the Residence, remaining.

    Nearby, construction for the ballroom that will replace the East Wing is already underway. A small area that could be part of the new building’s foundation has been excavated, and a cement mixer can be seen waiting in front of the Treasury Department.

    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/ap25296603874064.jpg
    Construction workers, bottom right, stand atop the US Treasury building and watch as demolition work continues on the East Wing of the White House, on Thursday, October 23. The demolition is part of President Donald Trump’s plan to build a ballroom on the eastern side of the White House.
    Jacquelyn Martin/AP

    (la galerie contient 13 photos)

    • ... c’est sous Theodore Roosevelt, en 1902, que l’aile Est a pris la forme qu’on lui a connue ces dernières décennies. Puis Franklin D. Roosevelt ajouta en 1942 de nouveaux bureaux pour accompagner l’explosion du personnel présidentiel — décision elle aussi controversée car prise en pleine Seconde Guerre mondiale. FDR profita aussi de cette extension pour creuser un refuge souterrain : le Presidential Emergency Operations Center. (...)

      [...]

      Les historiens regrettent quant à eux, au-delà de l’absence de décision collective et d’implication du Congrès, le changement de nature de l’édifice. « C’est contraire à la vision des Pères Fondateurs de l’Amérique », a ainsi averti dans nos colonnes Edward Lengel, historien, ancien responsable (2016 à 2018) de la White House Historical Association, la fondation privée qui veille à la préservation de l’histoire de la #Maison_Blanche.

      « Avant d’être un lieu de pouvoir, la Maison Blanche a d’abord été une résidence pour les Présidents, mais aussi symboliquement la maison du peuple, poursuit l’historien. Jusqu’à la guerre civile (1861-1865), elle était accessible aux Américains, qui pouvaient y entrer sans aucun contrôle de sécurité. Elle avait été pensée comme un contraste au palais de Versailles. Elle ne devait pas être au-dessus des gens. En faire un lieu pour distraire les dignitaires et les élites est à l’opposé de ce que la Maison Blanche symbolise pour les Américains. »

      https://www.leparisien.fr/international/etats-unis/bureaux-de-la-premiere-dame-cinema-bunker-cetait-quoi-laile-est-de-la-mai

      Trump, hors-la-loi, en son bunker
      https://www.leshumanites-media.com/post/trump-hors-la-loi-en-son-bunker

      Donald Trump aussi connaît l’endroit. Le 29 mai 2020, en plein mouvement Black Lives Matter, alors que des milliers de manifestants se rassemblaient devant les grilles de la Maison-Blanche et que plusieurs affrontements avaient éclaté à Lafayette Square, le Secret Service avait décidé d’évacuer le président, ainsi que Melania et Barron Trump, vers le PEOC par mesure de sécurité.​ Selon plusieurs sources de presse (AP, New York Times, CNN, Washington Post), Trump serait resté dans le #bunker environ une heure, avant de regagner ses appartements.

      Un laps de temps suffisant pour lui donner des idées ? D’après plusieurs sources de CBS News citées depuis le 22  octobre  dernier, le bunker situé sous l’aile Est de la Maison-Blanche sera modernisé dans le cadre du vaste chantier de reconstruction lancé par Trump. Les journalistes de CBS (notamment Jennifer  Jacobs, correspondante à la Maison-Blanche) ont confirmé que la White House Military  Office supervise directement cette "rénovation", parallèlement à la démolition complète de l’aile  Est et à la construction de la nouvelle salle de bal présidentielle. On n’en saura pas plus : c’est « secret défense ». Après les journalistes, même les membres du Congrès seront tenus à l’écart. Après avoir entrepris de purger l’armée de tout élément déloyal, le secrétaire d’État à la Guerre, Peter Hegseth e exigé le 15 octobre que toute interaction avec les membres du Congrès, leurs collaborateurs ou les médias soit validée par l’Office of Legislative Affairs du département de la Défense. Le texte stipule que «  toute communication non autorisée pourrait compromettre les priorités du Département essentielles à l’atteinte de nos objectifs législatifs  »

      On n’en saura pas davantage sur les plus 70 millions de dollars d’« armes légères, munitions et accessoires de munitions » affectés à l’ICE (police de l’immigration) depuis le 20 janvier. Gaz lacrymogènes, balles en poivre ? Que recouvrent exactement les « armes chimiques » qui figurent parmi les ordres de commande ? S’agit-il d’aller débusquer le narcotrafiquant dans la jungle amazonienne ou colombienne ? De traquer le migrant clandestin dans la jungle urbaine de Chicago, Los Angeles ou New York ? Ou, plus vraisemblablement, de mater l’« ennemi intérieur » qui s’époumone en « No Kings » ? Car, selon toute vraisemblance, ce redoutable « ennemi intérieur » s’apprête à remporter dans les grandes largeurs les prochaines élections de mi-mandat (midterms) dans un an, le 23 novembre 2026. Donald Trump ne peut pas perdre ces élections ; il perdrait alors sa majorité au Congrès. Mais il ne peut non plus les gagner. Seule solution : les annuler, en invoquant un cas de force majeure (une insurrection ?) qu’il aura lui-même provoqué. Réfugié dans son bunker archi-sécurisé et modernisé de la Maison-Blanche, il tiendra jusqu’au bout du bout.

      #É-U

    • « L’extravagante salle de bal que veut créer Trump à la Maison Blanche cristallise son exercice clinquant et brutal du pouvoir », Michel Guerrin, rédactrice-rédac chef
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/12/l-extravagante-salle-de-bal-que-veut-creer-trump-a-la-maison-blanche-cristal

      On peut s’attendre à tout avec Donald Trump, mais de là à faire subir un tel sort à la #Maison_Blanche… Le président américain vient de détruire une aile entière au bulldozer dans le but de la remplacer, d’ici à 2029, par une salle de bal grande comme un terrain de football. L’opacité du projet, sa rapidité, sa brutalité, et l’on en passe, tout cela dit beaucoup des méthodes du président américain, de sa personnalité, de ses goûts. Et de la façon dont ce pays considère son patrimoine architectural.
      Car dans un pays neuf, où le droit d’auteur est relatif et le patrimoine tout autant, on gomme aisément pour construire autre chose. Cette fois, pourtant, l’émoi aux Etats-Unis est grand. Plusieurs sondages montrent que les deux tiers, voire plus, de la population s’indignent d’une Maison Blanche amputée de son aile est, celle de droite quand on admire la façade. C’est lié au choc des photos, publiées le 20 octobre. Deux étages réduits à des gravats.

      La Maison Blanche est le bâtiment le plus célèbre du pays, un des plus aimés aussi. Des associations d’architectes et d’historiens ont pris la plume pour dire leur indignation. Et pour rappeler l’histoire de la Maison Blanche en général, et celle de son aile est en particulier, construite en 1902, rénovée en 1942, qui abritait de multiples bureaux dont celui de la première dame, avec un bunker en sous-sol, sans avoir le prestige de son pendant, à l’ouest, abritant le bureau Ovale – que Donald Trump a redécoré de manière clinquante.

      La destruction vaut constat stupéfiant, expliqué par le Wall Street Journal du 27 octobre. Il existe une loi américaine de 1966 sur la préservation du #patrimoine_historique et des commissions diverses veillant sur les flambeaux du pays, mais la Maison Blanche (et d’autres bâtiments fédéraux) y échappe. Autrement dit, les bâtiments moyens du pays sont mieux protégés que les exceptionnels. La raison est merveilleuse : le président américain, en lien direct avec les électeurs, est plus légitime à décider du sort de la Maison Blanche qu’une obscure commission.

      Les anciens présidents prenaient néanmoins l’habitude de consulter les experts avant d’ériger un balcon, un portique, un jardin, une piscine, un bowling ou un court de tennis. Harry Truman (1884-1972) a même demandé l’accord du Congrès avant de lancer de gros travaux dans les années 1940. Trump, lui, s’assoit sur des décennies de bonnes pratiques en toute légalité, ne demandant l’avis de personne. Il pourrait détruire la Maison Blanche tout entière s’il le voulait. Il ne se comporte plus en locataire mais en propriétaire d’une « Maison du peuple » qui ne l’est plus vraiment.

      Coût en constante augmentation

      Trump avait promis que son projet n’affecterait pas la structure globale. Mais le mensonge est un ressort de son ancien métier de #promoteur_immobilier – détruire pour reconstruire, sans larmes pour le passé. A New York, en 1980, afin d’ériger sa Trump Tower sur la Ve Avenue, il démolit un superbe immeuble Art déco et les bas-reliefs qu’il avait pourtant promis de donner au Metropolitan Museum of Art.


      Le président américain, Donald Pig Trump, montre une représentation de sa proposition de salle de bal à la Maison Blanche, lors de sa rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, à Washington, le 22 octobre 2025. ALEX WONG / GETTY IMAGES VIA AFP

      Venons-en au projet de salle de bal. Il est légitime sur le principe. La Maison Blanche ne pouvant accueillir que 140 convives, des tentes temporaires sont plantées sur la pelouse sud pour les gros dîners d’Etat, avec cuisine extérieure, chauffage d’appoint et toilettes portables – indigne d’une superpuissance, dit-on, y compris chez les démocrates.

      Pas grand-chose à dire, non plus, sur l’esthétique de la future salle de réception, dans la logique néoclassique du bâtiment : en forme de temple grec, avec colonnes, caissons au plafond, fenêtres cintrées, boiseries, lustres, dorures du sol au plafond – non sans lien avec le « nouvel âge d’or », surnom que Trump donne à son règne. L’architecte du projet, James McCrery, est à l’unisson : un trumpiste convaincu, qui place son travail au service de Dieu, et qui a surtout construit des églises.

      Mais voilà, la salle de bal ne cesse de grossir depuis la divulgation du projet, au milieu de l’été, sans en connaître tous les ressorts ni les plans. On est passé d’une capacité de 650 sièges à 1 000 le 15 octobre, 1 350 aujourd’hui. Le coût est à l’unisson : 200 millions de dollars, puis 300 millions, maintenant 350 millions de dollars (environ 298 millions d’euros), apportés un peu par Trump, beaucoup par des donateurs privés, bénéficiant par ailleurs de contrats avec l’Etat fédéral.

      Tout cela peut encore évoluer, d’autant que Trump, véritable maître d’ouvrage de la salle de bal, vient de changer d’architecte, en nommant Shalom Baranes, le premier ne partageant pas sa folie des grandeurs (Washington Post du 5 décembre). Le président des Etats-Unis ne devrait pas plus être contrarié par la Commission nationale de planification de la capitale, qui devrait examiner les plans définitifs, puisqu’il en a récemment changé la plupart des membres [...].

      Mais déjà le projet de Trump est si disproportionné qu’il menace l’intégrité d’une Maison Blanche conçue en 1792 par l’architecte James Hoban : un corps central dominant deux ailes plus basses. Son aile festive sera en effet de 8 360 mètres carrés, soit bien plus que la structure centrale (5 110 mètres carrés). Or, l’âme des lieux repose sur la symétrie classique. Et sur la modestie. La Maison Blanche a été voulue familiale, avec des pièces modestes, exemplaire d’une démocratie, loin des folies de palais présidentiels, royaux ou dictatoriaux. Trump veut au contraire son « moment Louis XIV », écrit Debbie Millman, professeure à la School of Visual Arts, dans le New York Times du 3 octobre, avec un projet extravagant qui cristallise son exercice #clinquant et brutal du pouvoir.

      L’ancien magnat de l’immobilier s’assoit sur l’histoire pour dessiner son image de grand architecte du pays. Sur la forme, il contourne la bureaucratie, faisant de la vitesse une nouvelle norme. Sur le fond, la salle de bal fait écho à son décret pour la « promotion d’une belle architecture civique fédérale », visant à mettre fin à tout geste actuel dans les bâtiments gouvernementaux et au-delà. Et en amputant la Maison Blanche, il fragilise les emblèmes du passé partout dans les villes américaines, qu’ils soient classiques, modernes ou contemporains.

      #architecture

  • Ok Seenthis, maintenant fais moi une carte de France qui agrège toutes ces autres cartes, pour me donner LE trou du cul du monde où il fait bon vivre :

    Aucun polluant dans l’eau potable (ou le moins possible) :
    https://seenthis.net/messages/1140946

    Avec des nappes phréatiques pas trop pourries :
    https://seenthis.net/messages/1013319
    https://seenthis.net/messages/989999

    Sans fuite dans le réseau d’eau potable :
    https://seenthis.net/messages/1046929

    Utilisant le moins de pesticides dans les environs :
    https://seenthis.net/messages/1085286

    Avec le moins de sécheresse dans les 50 prochaines années :
    https://seenthis.net/messages/1101579

    Pas proche d’un site SEVESO :
    https://seenthis.net/messages/754202

    Avec une faible pollution de l’air :
    https://seenthis.net/messages/1015774

    Avec une densité correcte de voies cyclables :
    https://seenthis.net/messages/1018111

    À moins de 15min d’une ligne de train (si possible en vélo) :
    https://seenthis.net/messages/1038770
    https://seenthis.net/messages/1065638

    Avec encore des haies/du bocage (diversité) :
    https://seenthis.net/messages/1104833

    Et bien sûr pas dans une commune de gros racistes :
    https://seenthis.net/messages/1015774

    J’oublie sûrement encore quelques critères.

    Voilà, j’aimerais bien avoir le résultat dans moins de 10 ans (d’ici à ce que je puisse changer de région). Merci.

    #cartographie #France #intelligence_collective :)

  • #Eyal_Weizman : Israël déploie à #Gaza une « #architecture_de_la_mort »

    Comment établir la #matérialité du #génocide ? Depuis le 7 octobre 2023, Forensic Architecture travaille à dévoiler par la #cartographie la #destruction_systématique, par #Israël, des #infrastructures de la société palestinienne, qui s’en trouve « déracinée ». Entretien avec son fondateur.

    Regroupant des architectes, des journalistes, des universitaires comme des artistes, le laboratoire pluridisciplinaire #Forensic_Architecture s’est illustré ces dernières années en enquêtant sur différents crimes de guerre, en Syrie ou en Ukraine, ou encore sur des violences policières. En septembre 2022, Forensic Architecture avait notamment montré comment l’armée israélienne a sciemment exécuté la journaliste Shireen Abu Akleh (Al Jazeera) au cours d’un reportage à Jénine (Cisjordanie).

    Au lendemain du 7-Octobre, l’équipe a commencé à travailler sur l’offensive israélienne contre Gaza, convaincue que s’y déroulait une entreprise de #destruction d’une ampleur inédite.

    Ce travail a abouti à la publication de plusieurs rapports visant à mener une « #cartographie_du_génocide ». L’un de ces rapports a montré en juillet l’organisation de la #famine par Israël, notamment à travers les attaques contre l’#agriculture.

    Le fondateur de Forensic Architecture, l’architecte israélien Eyal Weizman, explique à Mediapart pourquoi son organisation, basée à l’université Goldsmiths à Londres (Royaume-Uni), et qui compte désormais une douzaine de bureaux dans le monde, a choisi d’accompagner la plainte pour génocide déposée contre Israël devant la Cour internationale de justice à La Haye (Pays-Bas). Il revient sur la notion de « #génocide_colonial » au cœur de son prochain livre. Entretien.

    Mediapart : Forensic Architecture a commencé à documenter le génocide perpétré à Gaza juste après le 7-Octobre. De quelle manière travaillez-vous sur ce terrain ? Est-ce un travail de même nature que les enquêtes que vous avez menées jusque-là ?

    Eyal Weizman : Non, c’est complètement différent. Normalement, Forensic Architecture peut passer un an à travailler sur une séquence d’une seconde. Dans un cas de violence policière, par exemple, comme on l’a fait en France avec notre partenaire #Index, c’est dans cette temporalité que nous travaillons.

    Concernant le génocide en cours à Gaza, on ne peut évidemment pas fonctionner comme ça. Nous avons donc commencé par collecter des informations sur des dizaines de milliers d’événements, puis nous avons essayé de comprendre quels liens existaient entre toutes ces situations.

    Face à des #crimes_de_guerre, nous essayons d’établir si ce sont des civils ou des combattants qui ont été tués, si c’était proportionné, etc. Dans le cas d’un génocide, c’est la relation entre une énorme multiplicité de cas qui est déterminante. Est-ce qu’il y a un #système, un #dessein, un #plan ?

    L’#intentionnalité est au cœur de la notion de génocide, selon la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Elle peut être établie par des #schémas_d’action qui donnent un sens à des cas a priori isolés. Au-delà de toutes les déclarations génocidaires du gouvernement israélien depuis le 7-Octobre, notre travail a consisté à faire apparaître ces schémas sur nos cartes.

    De quelle manière ? Quels sont vos outils ?

    Concrètement, dans chaque cas que nous investiguons, le bombardement de tel centre alimentaire, la destruction de tel terrain agricole, nous sauvegardons les vidéos, les images que nous recevons, nous les authentifions et nous analysons « l’#incident » : cela s’est passé là à telle heure, tel jour, etc.

    Ensuite, nous avons différents #modèles_mathématiques pour regarder les relations entre ces différents événements. Quel est le système derrière ? Pouvons-nous établir qu’il y a un plan visant à détruire le peuple palestinien en tout ou en partie, ce qui est la définition du génocide ?

    Si nous voyons qu’Israël détruit systématiquement les #terres_agricoles, qu’ensuite il empêche l’#aide_alimentaire d’entrer dans Gaza et cible les centres de #distribution_alimentaire, le #dessein qui apparaît alors est celui d’affamer la population. La famine à Gaza est créée par cette multiplicité d’actions.

    L’article II, c) de la convention des Nations unies mentionne la « #soumission_intentionnelle » de la population à « à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ». Vous ne tuez pas les gens directement, mais vous les tuez en détruisant l’#infrastructure qui rend leur vie possible.

    Si vous détruisez l’accès à la #nourriture, si vous détruisez les #hôpitaux, si vous détruisez les #écoles, si vous détruisez les #maisons, ce que j’appelle une « #violence_architecturale », alors les conditions de vie sont anéanties et la mort arrive lentement, parfois indirectement.

    La famine ravage aujourd’hui Gaza. Or vous montrez, notamment dans le dernier rapport de Forensic Architecture, qui couvre la période du 18 mars au 1er août, comment cela correspond à un objectif d’#anéantissement méthodiquement poursuivi.

    Gaza est une bande de terre longue et fine qui a deux types de sols. Des #sols sablonneux, du côté ouest, et des sols argileux à l’est. Quasiment toute l’agriculture à Gaza se situe à l’est de la route Salah al-Din, artère principale de la bande de Gaza. Et c’est cette partie qui a justement été la plus ciblée pour pousser la population vers les terres les plus difficiles à cultiver.

    Ce que nous avons vu depuis le début du génocide, c’est une campagne systématique pour détruire la #souveraineté_alimentaire palestinienne, par la destruction des #champs, des #vergers, la destruction des moyens de pêcher – tous les bateaux ont été détruits…

    Les Palestiniens n’ont plus les moyens de se nourrir. Ils dépendent entièrement de l’#aide_humanitaire qui passe par les checkpoints contrôlés par Israël. Israël a un contrôle total, peut ouvrir ou fermer le robinet. Parfois, il a dû l’ouvrir un peu sous la pression internationale, mais jamais assez.

    Toute la matrice de la société palestinienne, tous les lieux de distribution de la nourriture, les familles, les associations caritatives, les mosquées, les boulangeries, tout ce qui permet la #résilience de la population, a été systématiquement ciblé. C’est une tentative de détruire la société palestinienne, en attaquant les #liens_invisibles qui la constitue.

    À la place, Israël a construit des espaces nouveaux pour la distribution de nourriture qui sont en réalité des trappes de la mort.

    C’est-à-dire ?

    Vous devez penser Gaza à la fois comme une zone de #démolition et comme une zone de #construction. Parce que les #bulldozers israéliens détruisent les bâtiments palestiniens, mais avec les décombres, ils construisent une #architecture complètement nouvelle.

    Par exemple, ils ont construit des centres de distribution alimentaire à partir des gravats des maisons détruites, selon ce que j’appelle une architecture de la mort. Ils le font dans une petite enceinte qui devient un genre de « #trappe_de_mort » où les gens peuvent se faire facilement tirer dessus par les forces israéliennes. Tout est fait pour qu’il soit très compliqué et très dangereux d’essayer d’y obtenir de la nourriture.

    Les #gravats des maisons servent aussi à construire des jetées dans la mer, des petites #collines qui permettent à l’armée de surveiller Gaza, un territoire globalement plat.

    L’architecture, en tant qu’#organisation_de_l’espace, est un très bon cadre pour analyser le génocide car elle est basée, elle aussi, sur une intention.

    C’est ce qui forme la base de votre contribution à la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël, devant la Cour internationale de justice, pour génocide.

    Oui, c’est tout ce travail qui a permis de produire un rapport de 825 pages pour l’équipe juridique de l’Afrique du Sud, qui sert de base factuelle dans cette procédure.

    Nous amenons des éléments de #preuve concernant la destruction des hôpitaux, de l’agriculture, de l’#éducation, l’organisation de la famine, et nous montrons comment tout cela marche ensemble.

    Nous considérons le procès intenté par l’Afrique du Sud contre Israël comme une chance pour les droits humains et le droit international. Ce qui s’y joue est, selon nous, très important. Qu’un pays qui a souffert de l’apartheid, qui a expérimenté le colonialisme de peuplement, un pays du Sud, attaque Israël, défendu par les pays occidentaux dans leur ensemble…, c’est un événement historique. C’est pourquoi nous sommes très engagés dans cette plainte.

    Nous n’avons pas l’illusion que la Cour puisse avoir un impact sur les événements en cours, mais il existe une puissance historique, symbolique dans cette affaire.

    Dans l’enquête que vous avez menée sur l’assassinat de la photojournaliste #Fatma_Hassona, vous dites que les forces israéliennes ont pixelisé l’image satellitaire de la toiture de sa maison pour brouiller les preuves. Est-ce de plus en plus compliqué pour vous de travailler avec les #images ? Les témoins qui vous envoient des photos, des vidéos, prennent aussi des risques énormes.

    Oui, c’est un enjeu. C’est très difficile de télécharger des vidéos à Gaza. Les connexions sont systématiquement coupées, trouver du réseau est difficile. Mais malgré les difficultés, malgré le fait que les personnes risquent leur vie pour tourner des images, les gens continuent à nous envoyer des #vidéos de Gaza comme des bouteilles à la mer.

    Vous ouvrez la bouteille, vous lisez ce message avec un soin infini pour honorer le risque qu’ils ont pris. Nous avons donc des protocoles très précis pour ne pas exposer nos sources sur le terrain. Nous faisons très attention à retirer toutes les indications qui pourraient permettre d’identifier ou de localiser nos sources.

    Nous ne sollicitons jamais de vidéos, de photos. Les gens nous les envoient parce qu’ils nous connaissent et qu’ils nous font confiance. Mais nous préférons encore les prendre lorsqu’elles sont déjà en ligne, parce que cela assure mieux la sécurité des personnes.

    Le climat dans lequel vous travaillez sur Gaza est particulièrement difficile. Votre bureau allemand a dû récemment fermer.

    L’État allemand a retiré les financements et, effectivement, cela a conduit à fermer ce bureau en janvier. De façon générale, après le 7-Octobre, j’ai été accusé d’être antisémite dans plusieurs pays où nous travaillons, en Israël bien sûr mais particulièrement en Allemagne. Pour moi qui viens d’une famille juive rescapée d’Auschwitz, entendre cela dans ce pays est particulièrement douloureux.

    Cela dit, nous avons encore une très petite équipe dans ce pays, qui vient juste de dévoiler un très important cas de violence policière lié aux manifestations de soutien à Gaza. La police avait accusé des manifestants d’avoir violemment molesté un policier à Berlin. Le gouvernement en avait profité pour interdire les manifestations de soutien à la Palestine. Nous avons pu établir que les faits étaient à l’opposé de la version officielle. En réalité, le policier a frappé un manifestant tellement fort qu’il s’est cassé la main. Donc, ils pensaient se débarrasser de nous mais ils n’ont pas complètement réussi…

    Concernant le climat, mon université à Londres est actuellement sous enquête pour antisémitisme et je sais que c’est en partie à cause de l’activité de Forensic Architecture.

    Je veux être très sérieux sur ce sujet, parce qu’il y a vraiment de l’antisémitisme, notamment en France, et il est meurtrier. La sécurité des juifs là où ils vivent doit être garantie.

    Mais Israël, à force de faire passer la défense des droits humains, le droit international pour de l’antisémitisme, crée encore plus d’#antisémitisme. Ce qui me donne de l’espoir, ce sont ces jeunes juifs dans différents pays qui rejettent l’État génocidaire. Ils sont le futur.

    Vous travaillez à un livre qui sortira dans quelques mois. Vous y parlez de ce que vous appelez « le génocide colonial ». Pouvez-vous nous en dire plus sur ce concept ?

    Quand on pense au génocide, nous avons en tête l’Holocauste. Un crime perpétré sur un temps et un espace resserré. Mais un génocide peut prendre différentes formes.

    Le génocide des Palestiniens n’a pas commencé le 7-Octobre. Pour le comprendre, il faut regarder l’#histoire_longue et la transformation de l’environnement, des lieux de vie palestiniens.

    Je voudrais, à travers un travail sur les cartes, sur les sols, revenir sur l’histoire de la création de la bande de Gaza, de l’expulsion des Palestiniens du sud de la Palestine et la façon dont les villages palestiniens ont été littéralement rayés de la carte. Il faut comprendre comment les #colonies_israéliennes ont été localisées sur ce territoire, en particulier les #kibboutz, construits sur les ruines des #villages_palestiniens.

    Ce sera, à travers l’#histoire_de_l’environnement et l’histoire des sols, une longue histoire de Gaza. Une grande partie des habitants de Gaza étaient auparavant des #bédouins. Pas des nomades, mais des #agriculteurs qui habitaient autour du fleuve #Waadi_Gaza. Ils y avaient élaboré des #techniques_agricoles très sophistiquées. Je travaille en particulier sur le village d’#Al-Ma’in, d’où viennent l’historien Salman Abu Sitta et le célèbre médecin palestinien Ghassan Abu Sitta.

    Nous essayons de reconstruire précisément la manière dont la colonisation a transformé le #paysage, l’#environnement. C’est ce qui permet d’inscrire le génocide post 7-Octobre dans un bien plus long processus de #colonialisme_de_peuplement, qui est une forme de génocide.

    Après le 7-Octobre, Israël a transformé Gaza en #désert. Mais là encore, c’est une histoire bien plus longue. On connaît le slogan revendiqué en Israël d’avoir fait « #fleurir_le_désert ». Mais Gaza n’a jamais été un désert. La région a toujours été habitée par des bédouins palestiniens qui cultivaient notamment de l’#orge à destination des Britanniques, qui s’en servaient pour la #bière. Jusqu’en 1948, c’était un territoire luxuriant.

    Vous travaillez sur l’#effacement de ces #traces. Voire, sur l’#effacement_des_traces_de_l’effacement, qui est aussi une caractéristique des entreprises génocidaires.

    Quand les Israéliens détruisaient un village palestinien, ils ne détruisaient pas seulement les bâtiments. Ils labouraient la terre, et même les #cimetières et les #routes.

    Et, s’il y avait un champ qui était labouré dans un sens, ils le labouraient dans l’autre sens. Pour effacer toute trace, effectivement, des formes de vie qui existaient jusque-là. Aujourd’hui, j’observe les mêmes phénomènes, à la différence que le labour est fait par des bulldozers.

    La destruction, c’est une chose. Par mon activité au sein de Forensic Architecture, j’ai vu beaucoup de destructions de bâtiments. Mais ce que je vois à Gaza, ce n’est pas simplement des bâtiments détruits, je vois la destruction des sols eux-mêmes, de la terre, ce que j’appelle « déraciner » Gaza.

    À l’époque de la création d’Israël, une forme de #torture vis-à-vis des Palestiniens était de les amener sur les lieux où leur village avait été rasé et dont il ne restait rien. Pas même une trace.

    C’est pour cela que vous avez voulu vous focaliser sur les sols, la #terre ?

    Oui, parce que organiser la #désertification à Gaza est politique. Construire des #barrages pour détourner l’#eau au profit d’Israël, c’est utiliser l’environnement pour expulser les Palestiniens de leurs #terres.

    #Créer_le_désert est une caractéristique continuelle du génocide. C’est la destruction des formes d’#habitabilité. D’abord Israël crée un désert, puis y envoie les Palestiniens. Si l’on pense au génocide arménien et au génocide en #Namibie par les Allemands, dans ces deux cas le désert a été un « outil » de destruction.

    Je travaille aussi sur les dommages causés en profondeur aux sols. Depuis le 7-Octobre, Israël a lancé des bombes qui explosent à 30 mètres sous terre, officiellement pour détruire les tunnels du Hamas.

    Ces bombes contiennent énormément de #produits_chimiques qui contaminent en profondeur les sols, et ce, pour des décennies. De l’eau salée a aussi été injectée dans la terre, ce qui a endommagé l’aquifère. La poussière de tous les bâtiments détruits à Gaza s’est infiltrée en profondeur et, là encore, va créer une pollution pour de très nombreuses années. C’est aussi politique. Contaminer les #sous-sols, c’est aussi détruire les capacités d’habiter des générations à venir.

    Je pense que le colonialisme de peuplement, comme l’a dit l’anthropologue Patrick Wolfe, a une logique d’#élimination. La plupart des gens qui meurent dans le génocide colonial ne meurent pas de façon violente. Bien sûr, il y a des #massacres. Mais les gens meurent de #causes_secondaires. C’est comme un génocide sur la durée.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/010925/eyal-weizman-israel-deploie-gaza-une-architecture-de-la-mort

    #architecture_Forensique #ressources_pédagogiques #contamination #pollution #bombes #verticalité

    voir aussi :
    DIAGRAMMES - INTENTION GÉNOCIDAIRE
    https://seenthis.net/messages/1118337
    signalé par @reka

    ping @isskein

  • Protection policière : Les poules de Yaël Braun-Pivet sous bonne escorte | Le Canard enchaîné
    https://www.lecanardenchaine.fr/politique/51570-les-poules-de-braun-pivet-sous-bonne-escorte

    A la fin de la session parlementaire, Yaël Braun-Pivet n’avait qu’une envie : enfourcher son vélo électrique et partir sur les routes pour «  échanger avec les Français à bâtons rompus  » («  Paris Match  », 31/7). Elle a donné des consignes très précises aux CRS qui gardent sa maison du Vésinet. Les poulets ont été priés de bien vouloir nourrir ses poules. Caltez, volaille !

    La prestigieuse CRS1 est rapidement montée sur ses ergots. C’est que cette flicaille n’appartient pas à n’importe quelle basse-cour. La compagnie qui fournit des motards pour l’escorte présidentielle est dévolue à la protection des personnalités. Pas à la surveillance des ­gallinacés.

    #police_croupion

  • Abitare illegale

    Tra Europa e Stati Uniti un viaggio nelle più differenti esperienze abitative, dalle case occupate italiane ai wagenplatz in Germania, dai villaggi rom e sinti del nord Italia, ai pueblos ocupados in Spagna. Ma non solo: ecovillaggi e comuni, slum urbani e baraccopoli, autocostruzioni e tendopoli. Una ricerca che decostruirà le certezze sull’abitare del così detto primo mondo, scritta con la passione dell’attivista e il rigore dello studioso.

    https://milieuedizioni.it/product/abitare-illegale

    #habitations #illégalité #marginalité #habité #habiter #maisons #Europe #USA #Etats-Unis #livre #marges

  • [Nantes] 2004-2024 : Les 20 ans d’une loi d’exclusion Projection et Échange
    https://nantes.indymedia.org/events/149328/nantes-2004-2024-les-20-ans-dune-loi-dexclusion-projection-et-echa

    15 mars 2004, il y a tout juste 20 ans, la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques est instaurée après avoir provoqué des débats, des polémiques et des exclusions de lycéennes. Ce film va à la rencontre de certaines d’entre elles, dont Lila et Alma Levy, qui…

    #Anti-répression #Antifascisme #Art/culture #Education #islamophobie_d'Etat #Racisme #Maison_des_haubans #Nantes

  • La #maison_en_A : une #alternative solide, pas chère et à construire seul

    À 65 ans, #Elizabeth_Faure a construit quasiment toute seule sa #maison_en_forme_de_A, pour 40 000 euros. Une alternative féministe, écologiste et peu chère, qui essaime grâce à ses conseils.

    Le long de la route bordée de merisiers, les champs s’étalent à perte de vue dans le vallon, sous un ciel azur. Puis, derrière quelques maisons, un grand triangle apparaît dans le paysage tout vert. En se rapprochant, au fond d’un lotissement, la figure est, en réalité, une maison. Une maison en forme de A.

    Bienvenue chez Elizabeth Faure. C’est dans le village de Lusignac, en Dordogne, qu’elle a construit sa maison quasiment toute seule, en 2013, à 65 ans, pour 40 000 euros. Une « maison pour les fauchés », comme elle le dit, dans laquelle on a rapidement envie de rester.

    L’édifice en bois de 180 m2 sur deux étages est doté d’une terrasse donnant sur un petit bois. L’autre côté s’ouvre sur un jardin peuplé de bananiers du Japon, d’aeoniums, de yuccas et d’un potager. Posée sur des piliers, la bâtisse a peu d’emprise au sol.

    https://www.youtube.com/watch?v=t6-DCuS4fSY

    « J’ai fait au moins cher »

    En train de cueillir quelques herbes aromatiques pour le repas, Elizabeth avait proposé, avant même notre rencontre, de venir dormir la veille dans le dortoir des invités au premier étage, puis de rester déjeuner. La « vieille hippie », comme elle se surnomme, aime recevoir du monde et a rendu sa maison conviviale.

    Malgré l’inclinaison des murs formée par le toit à double pente, on ne se sent pas du tout écrasé, au contraire, la hauteur sous plafond est confortable. La cuisine et le salon forment une large pièce éclairée grâce à plusieurs grandes fenêtres. Les poutres apparentes, les murs sont ornés de calligraphies et, à côté des chaises en bambou, une balançoire trône au milieu du séjour.

    « Ces meubles, c’est de la récup’. Dans cette maison, j’ai fait au moins cher », dit la septuagénaire aux yeux bleus perçants derrière ses lunettes. Elizabeth explique n’avoir « rien inventé » : « Les maisons en forme de A existent depuis la nuit des temps, c’est la forme la plus solide et la plus simple, donc la moins chère, à construire soi-même. »

    Autodidacte

    Lorsqu’elle a démarré son projet en 2013, Elizabeth vivait du RSA, le revenu de solidarité active : « Je n’ai jamais cherché à faire du fric dans ma vie. Si j’ai voulu être bâtisseuse, c’était pour aider les pauvres, les riches n’avaient pas besoin de moi. »

    Après une enfance au Maroc, Elizabeth est arrivée en France à l’adolescence. Rapidement, elle a cherché à partir, d’abord au Canada, puis en Angleterre. « Mon père a refusé de payer mes études d’architecte, il trouvait que ça ne servait à rien, car j’étais une fille. Je me suis débrouillée seule pour les financer et je suis allée à Londres. »

    À la fin des années 1960, elle a vécu dans des maisons menacées de démolition par la construction d’une autoroute autour de la capitale britannique, et en parallèle, elle en a rénovées plusieurs pour des familles dans le besoin. « En occupant ces squats, on a gagné la lutte contre l’autoroute. Des gens y habitent encore pour 1 livre par mois [près de 1,20 euro] », sourit-elle, avant d’allumer sa cigarette roulée et de se servir un verre de vin rouge.

    Après s’être mariée à un Anglais et avoir donné naissance à sa fille en 1975, Elizabeth a multiplié les chantiers de rénovation à New York, Paris ou en Dordogne, souvent gracieusement.

    En 2003, une idée lui est venue en regardant un reportage sur des cabanes pour SDF, réalisées par l’association Emmaüs. « C’était vraiment pas terrible, se souvient-elle. On peut être pauvre, sans être obligé de vivre dans la misère. Je me suis dit que je pouvais faire mieux. » Elle a proposé à l’association de fabriquer des maisons en A de 25 m2 pour 6 000 euros. Sans succès.
    « On me disait que je n’y arriverais jamais »

    Pas de quoi lui faire perdre sa détermination pour autant. « Je me suis dit qu’un jour, je la construirais pour moi. L’idée était de montrer que si une vieille de 65 ans sans trop de moyens pouvait construire sa maison, tout le monde pouvait le faire. » En 2013, la désormais célibataire a sauté le pas et a acheté le terrain à la mairie de Lusignac.

    « À la base, un ami devait m’aider, mais il a préféré partir en vacances et je me suis retrouvée toute seule. » Malgré les critiques — « les gens me disaient que j’étais folle, que je n’y arriverais jamais » —, elle a démarré en février 2013 par la construction d’une cabane de jardin afin de vivre sur le chantier.

    Seconde étape, les fondations sous la pluie : « C’était difficile, il y avait de la boue partout et le sol était très dur, je devais creuser à la pelleteuse puis terminer au marteau-piqueur », retrace Elizabeth. Elle s’est ensuite occupée de l’installation de la fosse septique, « le plus important dans une maison ! »

    Pour lever les premiers des dix-huit triangles formant la structure de la maison, Elizabeth a fait appel à « [s]on meilleur pote anglais Hugues et le cantonnier du village, qui est venu avec un ami ». Pour le reste, « je devais trouver des astuces pour porter des choses lourdes. Quand tu es seul, tu dois être malin. Tu te construis toi-même, tu apprends tes limites et tu te dépasses, c’est super pour l’estime de soi ! »

    Le plancher posé, Elizabeth a installé les panneaux constitués de copeaux de bois, pour avoir une bonne isolation thermique. « Pour les fixer sur la structure, il a fallu 15 kilos de clous ! » Elle a également utilisé de la laine de verre et du polystyrène extrudé à l’extérieur. Pour la toiture, elle a posé des tuiles en bitume pour éventuellement installer des panneaux solaires. « Je l’aurais bien fait, mais je n’ai pas les sous. »

    Sept mois plus tard, la structure a été terminée et Elizabeth a emménagé dans sa maison. Restait l’isolation avant la chute des températures à l’automne. En juin 2014, un an et demi après le début des travaux, « je prenais ma douche dans ma salle de bain, l’essentiel était là ».

    La levée des triangles, les pauses dans la piscine gonflable avec Hugues autour d’un verre de vin rouge, l’installation de l’électricité et de la plomberie… tout est raconté dans le documentaire La Maison en A de Morgane Launay, une amie d’Elizabeth qui a tout plaqué pour suivre le chantier pendant un an. Présenté dans des cinémas de la région, puis mis en accès libre sur internet en 2018, le documentaire a été repéré par les magasins de bricolage Castorama, qui feront un reportage sur la maison en A en 2020. De quoi créer un boom.
    Des tutos pour essaimer

    « Malgré le Covid et les restrictions sanitaires, des centaines de gens défilaient chez moi pour voir la maison, ils avaient plein de questions pour construire la leur, se rappelle Elizabeth. J’ai reçu aussi des appels de personnes au Canada, aux Comores, en Nouvelle-Calédonie… C’était fou. »

    L’affluence est devenue telle qu’elle a limité les visites au samedi. « Je recevais encore 50 personnes toutes les semaines. Mon amie Morgane a proposé de créer une chaîne YouTube avec des tutoriels, pour éviter de répéter tout le temps la même chose. »

    Leur chaîne sobrement intitulée La Maison en A propose ainsi une cinquantaine de vidéos détaillant toutes les étapes du projet, du permis de construire à l’étude thermique en passant par l’assemblage de l’ossature. À l’image, on y voit par exemple Elizabeth expliquer, un décamètre et un crayon à la main, comment gérer les imprévus : « Là, on va être obligé de raccourcir ce madrier pour que ça passe, je suis nulle à chier à la tronçonneuse, mais on s’en fout, on fait ce que l’on peut ! » s’exclame-t-elle, toujours avec un franc-parler naturel.

    Malgré les plus de 800 000 vues sur le documentaire et les 3 millions de personnes qui suivent sa chaîne YouTube et ses réseaux sociaux, Elizabeth n’a pas touché d’argent. « Ce n’était pas le but, j’ai réalisé le rêve de ma vie : permettre aux gens de faire leur maison tout seul, pour pas cher. »

    Depuis, une centaine de maisons en A ont été construites en France, y compris une en Russie, et 200 autres sont en construction dans l’Hexagone. En Dordogne, une dizaine de personnes se sont installées pour cette raison. Face à l’engouement, dans le territoire du Ribéracois où elle habite, « on ne délivre plus de permis de construire pour les maisons en A, sous prétexte qu’elles dénaturent le paysage rural, c’est lamentable », souffle Elizabeth.

    Parmi les membres de la communauté de la maison en A, « il y a des jeunes et des vieux de tous les milieux sociaux, plusieurs sont devenus des amis ». En revanche, Elizabeth ne supporte pas ceux qui lui disent comment elle aurait dû faire telle ou telle chose. « Face à ces mecs-là, je n’ai plus la patience. La dernière fois, un type me dit que mes conseils pour faire de la peinture à la farine ne fonctionnent pas. Évidemment, il avait sauté des étapes... », raconte celle qui a toute sa vie fait face à la présomption d’incompétence sur les chantiers.

    C’est pour cette raison qu’Elizabeth préfère travailler avec des femmes, à l’exception de son meilleur ami Hugues. Que ce soit Morgane Launay, la réalisatrice du documentaire, ou Ambre Chatelain, qui écrit une bande dessinée en aquarelle sur Elizabeth, cette dernière préfère parler de leurs talents plutôt que des siens. « L’idée de cette BD, c’est de s’adresser aux petites filles, pour leur montrer qu’elles aussi pourraient construire leur maison. On a tout de même décidé de garder quelques gros mots, ça permet d’être plus libre ! »

    https://reporterre.net/La-maison-en-A-une-alternative-solide-pas-chere-et-a-construire-seul
    #auto-fabrication #logement #auto-construction
    #tuto #tutoriel

  • Editions Allia - Livre - L’Art d’en sortir
    https://www.editions-allia.com/fr/livre/1069/l-art-d-en-sortir

    Tour à tour cinéaste, metteur en scène, chef de troupe et tête chercheuse : ces entretiens nous embarquent à la poursuite de l’insaisissable Marc’O !

    Marc-Gilbert Guillaumin, dit Marc’O avait 6 ans de moins en 2019 soit 92 ans.
    https://seenthis.net/messages/790992
    #histoire #Allia

  • Dans les #banlieues, la naissance d’une #écologie_populaire et émancipatrice

    Accusés d’être indifférents aux questions écologiques, voire d’y être opposés, les habitants des #quartiers_populaires sont pourtant en première ligne des effets du dérèglement climatique. À l’avant-poste d’une écologie qui se veut plus discrète, conscients des #inégalités_structurelles des territoires qu’ils occupent, ils sont de plus en plus nombreux à revendiquer une écologie populaire et émancipatrice.

    En mai 2021, dans les quartiers populaires de #Bagnolet, en #Seine-Saint-Denis, le syndicat Front de mères et l’association #Alternatiba créent la première #Maison_de_l’écologie_populaire, sous le nom de #Verdragon. L’objectif  ? Mettre en place des projets écologiques au plus près des besoins des habitants des quartiers populaires. Dès l’ouverture, les membres du syndicat #Front_de_mères, créé deux ans plus tôt par la politologue et militante #Fatima_Ouassak, sont taxés de #communautarisme après la parution d’une tribune adressée au maire de Bagnolet qui les accuse de propager des idées «  indigénistes et racialistes  » et d’utiliser Alternatiba comme caution écologiste.

    En réponse à ces attaques, Alternatiba publie un communiqué de soutien qui rappelle que «  ce sont les milieux populaires et particulièrement les personnes racisées qui sont et seront les plus touchés par l’aggravation du #changement_climatique  ». Depuis, le lieu poursuit sa vie, entre l’organisation de soirées pour discuter des rapports du GIEC, d’expositions sur les luttes paysannes, ou encore via la distribution de paniers de légumes avec l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). Mais les attaques qu’ont subies les co-fondatrices de Verdragon peu après l’ouverture du lieu révèlent la difficulté de faire émerger un endroit qui réunit les habitants des quartiers populaires autour de l’écologie. Comme si ces derniers, emmurés dans des grandes tours, devaient s’accommoder d’un territoire où s’entassent datacenters, usines polluantes ou échangeurs autoroutiers, sans jamais espérer s’en affranchir.

    Des réalités multiples

    D’abord, qu’entend-on par quartiers populaires  ? Dans sa thèse, la géographe #Léa_Billen rappelle que cette catégorie a tendance à gommer des réalités plurielles  : «  Ce que j’appelle “quartiers populaires” désigne des quartiers classés en #politique_de_la_ville. Mais il s’agit d’une toute petite partie de ce qu’on appelle plus largement “quartiers populaires”, des territoires à la fois très divers d’un point de vue urbain, avec des quartiers de #grands_ensembles, des #faubourgs_ouvriers, des centres anciens plus ou moins dégradés et du point de vue de leurs habitants, avec une #mixité_sociale plus ou moins importante. Mais ce qui les rassemble, ce sont des #inégalités_sociales, urbaines et économiques très fortes.  » Son travail de terrain s’est concentré sur les initiatives qui «  transforment les modes de vie au quotidien  », comme l’installation de #composteurs de quartier ou de #jardinières partagées, les #groupements_d’achats de produits écologiques ou encore la mise en place d’ateliers d’#autoréparation.

    Des initiatives qui s’inscrivent dans une diversité de modes d’action  : mobilisations contre un projet d’aménagement, interpellation de la ville ou du bailleur, actions de sensibilisation… S’il n’existe pas à ce jour d’études quantitatives pour le démontrer, «  ces initiatives sont beaucoup plus nombreuses qu’on ne le croit en quartiers populaires, d’après la géographe. Elles sont juste très discrètes, car les personnes qui les portent ne communiquent pas forcément sur leurs actions en dehors du territoire concerné. Parfois, même, les personnes qui font vivre ces initiatives ne se revendiquent pas de l’écologie.  »

    Pouvoir aux régies

    Cette écologie, plus silencieuse, se retrouve par exemple dans les #régies_de_quartier. Apparues dans les années 1980, elles viennent au départ répondre au problème de chômage des habitants des quartiers prioritaires. Elles fonctionnent sur un modèle hybride  : elles cumulent le statut d’association à celui d’entreprise d’insertion et les habitants sont majoritaires aux côtés d’élus, de représentants d’associations ou d’institutions aux instances de décision. Au départ, les régies de quartier se chargent principalement de l’entretien des lieux publics ou des résidences de quartiers et de l’insertion par l’emploi. Depuis l’arrivée de l’écologiste et ancien membre d’EELV Mathieu Glaymann à la direction de la régie de quartier de Saint-Denis, la régie s’est transformée en laboratoire de la #transition_écologique. Récupération et valorisation de cartons et de cagettes en bois, vide-grenier toutes les trois semaines, livraison en cyclo-logistique, ateliers zéro déchet, entretien des espaces publics avec des produits éco-labellisés… Les projets fleurissent sur le territoire.

    «  Ces initiatives sont beaucoup plus nombreuses qu’on ne le croit en quartiers populaires. Elles sont juste très discrètes.  »

    Aujourd’hui, 60 % du chiffre d’affaires de la régie de Saint-Denis repose sur des projets en lien avec la transition écologique  : «  Les régies de quartier en Seine-Saint-Denis comptent environ 500 salariés, affirme Mathieu Glaymann. Et dans notre régie, nous recrutons dans 95 % des cas des habitants de Saint-Denis. Il ne faut pas sous-estimer cet outil.  » Un puissant levier d’#émancipation, donc, qui fait écho à la stratégie d’#ancrage_territorial que la politologue et militante Fatima Ouassak revendique dans son essai La Puissance des mères. Pour un nouveau sujet révolutionnaire (La Découverte, 2020 : https://www.editionsladecouverte.fr/la_puissance_des_meres-9782348059377). L’autrice fait référence à l’#attachement ressenti par les habitants pour un territoire, critère indispensable selon elle, pour garantir sa protection.

    La théorie de l’indifférence

    Si le terme «  écologie  » est néanmoins toujours mis à distance par certains, «  c’est parce [qu’il] est associé à un discours dominant qui exclut les habitants des quartiers populaires et qui considère que l’écologie ne les concernerait pas, voire qu’ils y seraient même hostiles, note Léa Billen. Ce discours est performatif  : il produit un sentiment d’#impuissance chez ces habitants qui peuvent effectivement finir par penser que ce n’est pas pour eux  ». Pour en saisir les causes profondes, il faut revenir à l’histoire des politiques qui ont bâti ces quartiers. À partir des années 1960, le gouvernement décide de construire des grands ensembles pour répondre au défi du relogement des classes moyennes.

    Or, «  la construction des grands ensembles n’est pas accompagnée d’aménagements alentour  : il manquait beaucoup d’équipements publics, sociaux et culturels. Et malgré les plaintes des habitants de la classe moyenne, l’État est resté passif, analyse #Hacène_Belmessous, auteur de l’ouvrage Petite histoire politique des banlieues populaires (Syllepse, 2022), pour lequel il a fouillé les archives des municipalités populaires en périphérie des villes. Ces populations ont fini par céder à l’achat de maisons individuelles, laissant place à une population immigrée extra-européenne à qui l’on avait longtemps refusé l’accès à ces logements.  » Par la suite, la politique de #rénovation_urbaine dans les banlieues populaires qui se poursuit en 2003 après les émeutes des années 1990 est «  d’abord une tentative d’éliminer un problème politique  », poursuit le chercheur. L’objectif n’est pas de créer un meilleur cadre de vie pour les habitants, mais plutôt «  d’ouvrir les cités pour que la police puisse intervenir  ».

    Des quartiers qui étouffent

    Ces inégalités ont structuré les banlieues populaires. S’y ajoutent aujourd’hui des injustices environnementales. Documentées aux États-Unis depuis les années 1980, où les nuisances et pollutions frappent plus fréquemment les populations afro-américaines, elles deviennent une préoccupation en Europe à partir des années 2000. «  On étouffe à l’intérieur, entre les quatre murs des appartements HLM, trois étroits, trop chauds l’été, véritables passoires thermiques l’hiver, où l’air est pollué par l’ameublement bon marché  », constate aujourd’hui l’essayiste Fatima Ouassak, dans son ouvrage Pour une écologie pirate (Seuil, 2023). Mais aussi à l’extérieur, «  entre les quatre murs du quartier, submergés par le bruit des voitures, les odeurs nauséabondes, l’éclairage artificiel et la pollution atmosphérique  », poursuit-elle.

    «  Le problème n’est pas le message, mais le messager. Pour embarquer les catégories populaires, il faut créer des rapports plus horizontaux.  »

    En 2021, le Réseau action climat (RAC) et l’Unicef ont publié un rapport sur les liens entre la pauvreté des enfants et la pollution de l’air. Chez les enfants, «  cette exposition peut entraîner des problèmes respiratoires et immunitaires, mais aussi des pathologies telles que le diabète, l’obésité ou la dépression  », souligne le rapport. Si les populations les plus riches résident aussi dans les centres urbains, là où la pollution atmosphérique est la plus forte, les conséquences ne sont pas les mêmes pour les plus précaires. «  Les inégalités d’accès aux soins, liées aux revenus ou à la catégorie sociale, font qu’un même degré d’exposition a un impact différent sur la santé  », confirme l’Observatoire des inégalités dans une de ses analyses.
    S’émanciper des clichés

    Ces injustices sont de plus en plus largement dénoncées. Contre un discours écologique «  déconnecté des réalités des classes populaires  », #Féris_Barkat, né à Illkirch près de Strasbourg, a cofondé l’association #Banlieues_climat fin 2022, à tout juste 20 ans. Son but  ? Sensibiliser les jeunes de banlieue aux enjeux écologiques et leur permettre d’être formateurs à leur tour. Selon lui, l’écologie est avant tout un moyen de mettre en lumière des inégalités sociales «  peu audibles pour les politiques  ». Plusieurs membres de Banlieues climat sont ainsi allés former des parlementaires. Sept au total – dont le député La France insoumise François Ruffin et l’écologiste Marie-Charlotte Garin – ont bénéficié d’une formation de trois heures donnée par Féris, Sanaa, Someïa, Aymen, Imane et Khadim, le 17 janvier à l’Assemblée nationale. L’idée de cette formation est d’interpeller les élus. Pour le cofondateur de Banlieues climat, si leur message ne passe pas auprès des jeunes de banlieue, «  c’est une question de posture  »  : «  Le problème n’est pas le message, mais le messager. Pour embarquer les catégories populaires, il faut créer des rapports plus horizontaux.  »

    Il y a aussi «  un manque de représentativité  », constate #Amine_Kessaci, âgé de 21 ans et originaire des quartiers nord de Marseille. En juin 2020, il a créé l’association Conscience qui mène des projets de sensibilisation et organise des campagnes de ramassage de #déchets dans son quartier. L’initiative prend vite et sera bientôt déclinée localement dans d’autres quartiers populaires en France. Un succès rapide qu’il attribue au fait que «  ces initiatives sont portées par d’autres jeunes de quartiers  ». Aujourd’hui, s’il se présente aux élections européennes de juin, sur la liste menée par l’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, c’est principalement pour porter la voix des quartiers populaires et déconstruire les stéréotypes qui leur sont associés.

    À l’affirmation que l’écologie ne parlerait pas aux habitants des quartiers, il répond  : «  Au contraire  ! Le 2 décembre, plusieurs personnes de mon quartier sont montées à Paris avec moi au meeting de Marie Toussaint. Elles se sont retrouvées dans son discours et ont compris ce qu’elle défendait.  » De son côté, Féris Barkat annonce que l’association Banlieues climat aura bientôt un lieu dédié à leur formation, depuis peu certifiée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Car, conclut-il, «  si les classes populaires ne sont pas outillées dès le départ à cause des inégalités d’accès à la connaissance, nous misons, au contraire, sur l’intelligence  ».

    https://www.socialter.fr/article/banlieue-climat-inegalites-ecologie-populaire
    #écologie

  • Les maisons de santé aux prises avec le #financement par projet
    https://metropolitiques.eu/Les-maisons-de-sante-aux-prises-avec-le-financement-par-projet.html

    Éclairant l’héritage militant de trois maisons de santé, Renaud Gay et François-Xavier Schweyer analysent le soutien des autorités municipales et sanitaires locales à leur action contre les #inégalités de santé ainsi que les limites et ambiguïtés de leurs financements par projet. Les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), qui regroupent des professionnel·les exerçant en libéral et censé·es travailler de manière coordonnée, se sont imposées dès la fin des années 2000 comme l’une des principales #Terrains

    / santé, inégalités, financement, #socialisme_municipal, maison de santé

    #santé #maison_de_santé
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_gay-schweyer.pdf

  • A #Genève, une maison accueille des pensionnaires #Alzheimer précoce. Une première en Suisse.

    https://www.rts.ch/play/tv/12h45/video/a-geneve-une-maison-accueille-des-pensionnaires-alzheimer-precoce--une-premiere-

    #Maison_Hemma. La maison des personnes actives à la mémoire fragile

    La maison Hemma a ouvert ses portes en septembre 2023. Elle est habitée par des personnes qui sont au milieu de leur vie active et qui rencontrent des problèmes de mémoire. Hemma est une villa double spacieuse et confortable. Elle peut accueillir jusqu’à 8 personnes. Chaque habitant dispose de sa propre chambre aménagée à son goût. Les habitants utilisent ensemble les pièces communes, c’est à dire les cuisines, les salles de bain, les salons ou la salle de loisirs. Les habitants peuvent accueillir leurs familles et leurs amis quand ils veulent. Des espaces privatifs sont prévus à cet effet. La maison Hemma dispose également d’un grand jardin. Bref : il y a tout ce qu’il faut pour se sentir bien chez soi.

    https://maisonhemma.ch
    #Hemma

    #démence_sénile #maison_de_retraite #EHPAD #vieillesse #Suisse #reportage

  • #Conférence #Palestine : « quand la solidarité se transforme en occupation, La Palestine des bailleurs de fonds » par Sbeih Sbeih
    https://nantes.indymedia.org/events/139838/conference-palestine-quand-la-solidarite-se-transforme-en-occupati

    Sbeih Sbeih, sociologue palestinien, nous parlera de la « Palestine des bailleurs de fonds ». Il questionne l’hypocrisie de l’aide internationale en matière de développement en se concentrant sur des actions qui renforcent la « société civile »sans permettre l’indépendance des palestiniens. Sans remettre en cause les raisons profondes du…

    #Maison_des_haubans #Nantes

  • « On fait comme si on allait survivre » : le département PS de l’Hérault supprime 100% de ses subventions à la culture
    https://www.liberation.fr/culture/on-fait-comme-si-on-allait-survivre-le-departement-socialiste-de-lherault

    Les structures artistiques financées par des tutelles à gauche sont-elles mieux préservées des coupes budgétaires que celles qui dépendent des collectivités de droite et ne cachent pas leur désir de se débarrasser d’une conception de la culture comme service public ? Kléber Mesquida, président (PS) du conseil départemental de l’Hérault, se distingue en ayant annoncé, lundi 27 janvier, lors d’une réunion avec les vice-présidences, une coupe de 100 % du budget alloué à la culture dans son département. On peut le dire autrement : l’Hérault, doté d’un budget annuel de 2 milliards d’euros, dont la part culturelle non obligatoire représente entre 5 et 6 millions d’euros, sera le seul département de France qui consacrera zéro centime à la culture dès 2025. L’annonce, confirmée par le service de communication du département, n’est pas encore officielle. Nathalie Garraud, codirectrice du théâtre des 13 Vents à Montpellier, ne s’explique pas ce silence : « Il est anxiogène de ne pas savoir fin janvier de combien le budget 2025 sera amputé, surtout si la suppression est totale. Aujourd’hui, la moindre somme compte. Rien a été notifié aux structures. » Et précise : « L’économie des théâtres publics repose sur un financement croisé, il est très important financièrement mais aussi symboliquement que tous les territoires d’un partenaire soient impliqués. »

  • « Les ruines de Mayotte ont mis en évidence l’importance de la tôle ondulée », Jean-Baptiste Fressoz
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/01/02/les-ruines-de-mayotte-ont-mis-en-evidence-l-importance-de-la-tole-ondulee_64

    « On a été capables de rebâtir Notre-Dame en cinq ans, ce serait quand même un drame qu’on n’arrive pas à rebâtir Mayotte », lâchait Emmanuel Macron, le 19 décembre 2024, en déplacement sur l’île. Le 30 décembre, François Bayrou proposait un délai plus court encore : « Peut-être deux ans. » Et pour y parvenir, le premier ministre évoquait le recours à des maisons préfabriquées, bon marché, « faciles à monter ».

    Urgence, reconstruction, préfabrication : dans une thèse récemment soutenue à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville, Antoine Perron a raconté l’histoire de cette association qui s’impose comme une évidence après les catastrophes du XXe siècle (« La machine contre le métier. Les architectes et la critique de l’industrialisation du bâtiment [France 1940 à 1980] »).

    Si l’idée de préfabrication apparaît au XIXe siècle, la pratique demeure marginale jusqu’à la première guerre mondiale. En 1918, face au manque de matériaux et de main-d’œuvre, l’espoir d’une reconstruction rapide des régions dévastées par les combats s’évanouit. La #préfabrication s’impose pour loger les réfugiés. Le service des travaux de première urgence utilise d’anciennes baraques militaires, puis fait appel à la société Eternit qui commercialise des #maisons_préfabriquées en plaques d’amiante-ciment.

    Un capital important

    La préfabrication suscite un regain d’intérêt après la seconde guerre mondiale. Le déficit de logements est alors immense. En 1947, la France produisait un #logement pour 1 000 habitants par an, cinq fois moins que les pays d’Europe du Nord. Le ministère de la #reconstruction lance une série de concours visant à accélérer et à moderniser la construction par la préfabrication. Des subventions sont accordées en échange du respect par les entrepreneurs de plans types et de prix plafonds amputant parfois d’un tiers les devis classiques.

    La préfabrication est employée à grande échelle pour construire des villes entières. Ces concours se soldent le plus souvent par des échecs. La raison est principalement technique : transporter des éléments lourds est coûteux, leur précision dimensionnelle est insuffisante, ils jouent davantage avec les effets de la dilatation, et leur jointage est problématique : souffrant de nombreuses malfaçons, ces logements « modernes » d’après-guerre seront unanimement critiqués et souvent démolis.

    Si la préfabrication lourde fut un échec, l’utilisation d’éléments produits en usine a connu en revanche un succès extraordinaire. Les ruines de #Mayotte ont mis en évidence l’importance de la tôle ondulée. Dans Quoi de neuf ? (Seuil, 2013), l’historien britannique David Edgerton soulignait son caractère crucial dans l’histoire des techniques du XXe siècle. Apparu dans le Royaume-Uni en voie d’industrialisation, son usage devient massif lors de l’#urbanisation rapide du monde pauvre après 1950.

    Comme il s’agit d’un des rares éléments qui ne peuvent être produits sur place, les #tôles_ondulées constituent un capital important. Elles sont récupérées, réutilisées et revendues. En 1994, au Rwanda, les Hutu pillèrent systématiquement les tôles ondulées des Tutsi. Et quand les Hutu durent fuir au Congo, ils emportèrent les tôles ondulées ou les enterrèrent dans leurs champs. Si la tôle ondulée est une technique clé du monde pauvre, elle n’est pas antithétique à la construction en dur : en Australie ou en Nouvelle-Zélande, elle est utilisée par les colons depuis le XIXe siècle et a même acquis de nos jours un cachet d’architecture vernaculaire.

    La « reconstruction de Mayotte » est un défi sans commune mesure avec celle de Notre-Dame. Des centaines de milliers de logements ont été détruits ou endommagés. Rappelons que la France entière ne produit qu’environ 400 000 logements par an. Il est aussi probable que la reconstruction de l’île dépende moins de solutions techniques toutes faites comme les « maisons préfabriquées faciles à monter » invoquées par François Bayrou que de la disponibilité de matériaux de construction éprouvés et bon marché (pisé, briques, parpaing, ciment, tôle ondulée…).

    Quant à la construction en dur qui a montré son utilité pendant le cyclone, elle dépend surtout de la sécurisation du statut des populations précaires qui pourront investir à la fois leur temps et leur argent dans l’#autoconstruction de leur maison.

    #habitat #villes

    • Faut-il « empêcher la reconstruction des bidonvilles » à Mayotte ? La promesse de François Bayrou fait débat
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/01/03/la-promesse-d-empecher-la-reconstruction-des-bidonvilles-a-mayotte-fait-deba

      « On voit mal comment l’Etat, qui peine déjà à répondre aux besoins, pourrait envoyer les forces de l’ordre empêcher la reconstruction des bidonvilles, complète le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, Manuel Domergue. Les annonces du premier ministre sont néanmoins dangereuses : des citoyens pourraient se sentir autorisés à les appliquer, créant un risque d’affrontement avec les personnes qui tentent de se récréer un toit. »

      (...) La situation des immigrés à Mayotte, même en situation régulière, est compliquée par le fait qu’ils ont très rarement accès aux aides sociales, conditionnées dans le département à l’obtention d’un titre de séjour de dix ans. Et par le refus de déterritorialiser leurs titres de séjour : « Ils ne peuvent donc pas se rendre dans l’Hexagone ou à La Réunion, ce qui permettrait pourtant de réduire le besoin de relogement sur place », explique la doctorante.

      (...) La loi sur la rénovation de l’habitat dégradé, promulguée en avril, a, pour sa part, étendu la possibilité pour un propriétaire guyanais ou mahorais de demander l’intervention des forces de l’ordre si un habitat informel est érigé sur son terrain : ce délai de flagrance a été porté à 96 heures, au lieu de 48 heures.

      Quelles solutions seront proposées pour héberger ou reloger les ex-habitants des #bidonvilles ? Les élus mahorais insistent sur la nécessité d’expulser ceux qui sont en situation irrégulière – environ un adulte sur deux serait concerné, sans considérer ceux qui, parents d’un enfant français, ne seront pas expulsables, selon des enquêtes récentes.

      https://justpaste.it/gqiwk

    • Bidonvilles à Mayotte : le préfet prend un arrêté pour restreindre la vente de tôles bac acier
      https://www.francetvinfo.fr/meteo/cyclone-ouragan/cyclone-chido-a-mayotte/bidonvilles-a-mayotte-le-prefet-prend-un-arrete-pour-restreindre-la-ven

      Le préfet de Mayotte annonce, vendredi 3 janvier, sur X, avoir pris un arrêté "restreignant la vente de tôles bac acier aux particuliers réparant leur domicile sur présentation d’un justificatif d’identité et d’un justificatif de domicile, et les professionnels". Il entre en vigueur samedi. Lors de son déplacement dans le département, le Premier ministre François Bayrou a promis de prendre des mesures pour "interdire et empêcher la reconstruction des bidonvilles". Il a détaillé son plan « Mayotte debout » pour la reconstruction sur l’archipel après le passage du cyclone Chido.

      "Cette mesure vise à protéger les Mahorais, alors que lors du passage du cyclone Chido, les constructions et clôtures en tôle ont été détruites et les tôles ont constitué des projectiles, occasionnant un risque pour la vie humaine et la sécurité des biens et des personnes", justifie vendredi le préfet de Mayotte.

      edit Mayotte : Malgré l’engagement de François Bayrou, la plupart des bidonvilles sont déjà reconstruits
      https://www.20minutes.fr/societe/4131833-20250103-mayotte-malgre-engagement-bayrou-plupart-bidonvilles-deja

      La maison que rebâtit Soubira Attoumani avec son frère à Cavani Sud est ainsi « moins résistante que celle qui était là avant », soupire l’homme de 41 ans. Il désigne les tôles en patchwork : « Vous voyez la différence de couleur ? Certaines étaient celles d’origine, d’autres ont été récupérées, d’autres achetées ». « Avant, on pouvait étudier quelle planche on mettait, l’endroit où on construisait, aujourd’hui c’est la précipitation », explique-t-il.
      Pour Abdou Ansoirdine aussi, « c’était mieux avant, quand c’était neuf ». Le boulanger confie avoir dépensé 400 euros pour racheter « 27 tôles » mais avoir dû se rabattre sur « de la récupération, à gauche, à droite, pour le reste ».
      Chaher a « mis deux jours » à remettre sur pied la maison familiale, entièrement détruite par les vents. Sourire aux lèvres, il montre fièrement les panneaux solaires installés sur le toit, qui lui procurent une précieuse électricité, défaillante sur l’île après Chido.

      Les habitants sont obligés de « bricoler » pour ne pas « avoir à dormir dehors », se désole Youssoufi Said qui a été contraint d’utiliser du bois plutôt que de la tôle. « L’urgence, c’est de s’abriter pour faire face à la saison des pluies, puisqu’il n’y a pas de solutions proposées par l’Etat », soupire, fataliste, Soubira Attoumani.