• Le fast-food McDonald’s de Frontignan incendié et tagué Sylvie BONNET - 13 Décembre 2018 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/sete/fast-food-mcdonald-s-frontignan-incendie-tague-1591581.

    « Multinationale et CAC 40, mafia légale ». Ce sont les inscriptions à la peinture rouge visibles sur la façade du McDonald’s de la zone commerciale de Frontignan. Incendié dans la nuit de mercredi à jeudi, vers 04h, le fast-food est en grand partie détruit et le SRPJ de Montpellier mêne l’enquête.

    Peu de doute sur l’origine criminelle de l’incendie lorsqu’on voit les inscriptions en grandes lettres rouges peintes sur la façade de l’édifice. L’enseigne de restauration rapide McDonald’s de la zone commerciale du Barnier à Frontignan a été en grande partie détruite par les flammes. L’incendie aurait été signalé aux environs de 04h00 dans la nuit de mercredi à jeudi.
     

    Intervention de 30 sapeurs-pompiers 

    Les sapeurs-pompiers de l’Hérault sont intervenus dès que l’alerte a été donnée, avant 04h. La toiture a été partiellement détruite ainsi que du mobilier derrière les baies avec les vitrées cassées. 40 personnes sont en chômage technique ce matin.

    l y avait un tas de palettes et de pneus à l’entrée de l’établissement à la arrivée des secours, ce qui conforte la thèse de l’incendie criminel. Il a fallu près de 30 sapeurs- pompiers de tout le bassin de Thau, Sète, Frontignan et Balaruc pour arrêter les flammes.
    . . . . .

    #malbouffe #mal #bouffe #Mac_Donald #Alimentation #Santé #Frontignan #France


  • #beurk : 71 % d’Huile végétale, eau, amidon, sel, arôme, sel de fonte (E331 E341), colorant (E180a), anti agglomérant : cellulose. Le râpé du père Jean #Carrefour, #Leader_Price

    Le râpé du père Jean - Préparation à base de matières grasses végétales et de fromage.
    Imprimé sur le sachet : Ingrédients : Fromage > 28% , Huile végétale, eau, amidon, sel, arôme, sel de fonte (E331 E341), colorant (E180a), anti agglomérant : cellulose.

    Information trouvé sur : https://www.olivierdauvers.fr/2018/11/26/cher-alexandre

    « Quitte à me fâcher avec Orangina-Suntory (propriétaire de la marque), ce “Père Jean” est le “Canada Dry” du fromage râpé. Un ersatz. Tous les attributs en apparence mais si peu en réalité. Attardez-vous sur la composition, cher Alexandre : royalement 27 % de fromage. Le reste, 73 % quand même ? De l’huile (de palme !, allez-y soyez “provoc” jusqu’au bout…), de l’eau, de l’amidon de pomme de terre, etc. Bien loin d’un emmental râpé dont il reprend pourtant les codes. Ce que j’appelle “la zone grise de l’industrie agro-alimentaire”. Des produits légaux mais honteux. Surtout, le genre de produits qui nourrit légitimement la défiance alimentaire contemporaine. »

    La fiche produit est presque illisible sur #openfoodfacts , hélas. (probablement due à la mise à jour automatique de la fiche produit)
    https://fr.openfoodfacts.org/produit/3304100012251/la-rape-du-pere-jean-leader-price

    l’#ersatz est fabriqué par « Les Fromagers de Saint-Omer », à Campagne-lès-Wardrecques, Pas-de-Calais , entreprise subventionnée par la communauté d’agglomération du pays de Saint-Omer (voir la voix du nord).

     #malbouffe #capitalisme #alimentation #nécrotechnologies #huile_de_palme #industrie_palmiste #agrobusiness #obésité #junk_food #agro-alimentaire #emmental #France

    • Déjà, vendre le fromage déjà râpé est une folie emplastifiée. Après, c’est souvent moins cher que le bloc du même poids. Tout est dit ? Consommateur, économise et tais-toi.


  • Le #capitalisme raconté par le nugget ! (Et par Christophe Colomb) - Entretien avec Raj Patel - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Ge0YJug5XXU


    Une vision claire et globale, qui intègre le même type de constat que ceux amenés par Federici, par exemple.

    « Le nugget de poulet est le produit capitaliste parfait : originaire d’une volaille qui vivait à l’état sauvage dans la jungle asiatique, on l’a transformé cet animal en objet, avec un poitrail tellement important qu’il ne peut plus marcher ! Ce poulet moderne est un résumé de ce que nous pouvons faire à la nature : prendre tout ce que bon nous semble, le transformer, et le jeter à la poubelle. » Rencontre et entretien avec l’économiste Raj Patel autour de son dernier livre : « Comment le monde est devenu cheap ? »

    #exploitation #racisme #sexisme #hiérarchisation #malbouffe #énergie #transports #économie #société

    • http://rajpatel.org/2018/05/21/chicken-for-christs-sake/#more-4196

      The most telling symbol of the modern era isn’t the automobile or the smartphone. It’s the chicken nugget. Chicken is already the most popular meat in the US, and is projected to be the planet’s favourite flesh by 2020. Future civilisations will find traces of humankind’s 50 billion bird-a-year habit in the fossil record, a marker for what we now call the Anthropocene. And yet responsibility for the dramatic change in our consumption lies not so much in general human activity, but capitalism. Although we’re taught to understand it as an economic system, capitalism doesn’t just organise hierarchies of human work. Capitalism is what happens when power and money combine to turn the natural world into a profit-making machine. Indeed, the way we understand nature owes a great deal to capitalism.


  • Here’s how much forest we’ll have to destroy to feed our growing junk food addiction
    https://news.mongabay.com/2016/09/heres-how-much-forest-well-have-to-destroy-to-feed-our-growing-junk-f

    A key ingredient in junk food is vegetable oil, and 60 percent of edible vegetable oil is produced from oil palm and soybeans — crops that are currently associated with massive deforestation in Southeast Asia and South America, respectively.
    A team of researchers from Princeton University, Adelaide University in Australia, and Nanyang Technological University in Singapore estimated the amount of land — and the potential amount of forests — required to produce the palm and soybean oil used in junk foods.
    We will need an estimated 17.1 million metric tons of vegetable oil for junk food production by 2050, which would require something like an additional 5 million to 9.3 million hectares (12.3 million to 23 million acres) of soybean land and about 0.5 to 1.3 million hectares (1.2 million to 3.2 million acres) of additional oil palm land, the team determined.

    #forêt #déforestation #malbouffe #agroindustrie


    • Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a plaidé qu’il fallait un texte «  qui marche sur ses deux jambes  » et souligné «  le rôle de régulateur du CSA  » qui peut «  travailler sur les contenus  », «  sans que nous ayons besoin d’inscrire des choses par trop contraignantes dans la loi  ».

      Si le CSA peut régulé pourquoi ne le fait il pas déjà ?

      Les labos feront des bénéfices pharmamineux avec tous ces insulo-dépendant·es, sans compter le business des assurances puisque que la liquidation de la sécurité social est sur la route de ces marcheur·euses au talons de fer.
      #cynisme #thanatocratie #diabète

    • Il manque une info interessante sur ouest-france
      cette loi refusé n’était pas seulement sur la pub, mais comportait une partie sur les information présentes sur l’étiquette

      L’Assemblée nationale s’est refusée, dimanche 27 mai, au terme d’un débat animé, à inscrire dans la loi l’interdiction des publicités pour des produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés à destination des enfants, ainsi qu’à rendre obligatoire l’étiquetage Nutri-Score.
      Des amendements défendus notamment par Olivier Véran (LRM, ex-PS) et d’autres « marcheurs », ainsi que des MoDem et LFI, pour rendre obligatoire la mention du Nutri-Score (étiquetage avec un code couleur) sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires ont subi le même sort, par 45 voix contre 18. « Quand on vous dit : “mange ces céréales et le Tigre est en toi”, ce qu’on oublie de vous dire (…) c’est qu’il y a aussi 50 grammes de sucres ajoutés et 30 grammes de graisse saturée », a notamment observé M. Véran, médecin, notant qu’il ne s’agit pas d’interdire mais de « donner une juste information ».

      Mais le ministre a notamment invoqué le « risque » européen que cela ferait peser sur l’expérimentation en cours concernant cet étiquetage, « une belle démarche » mais basée sur le volontariat.

      Le rapporteur, Jean-Baptiste Moreau (LRM), a aussi invoqué « l’impossibilité juridique » de rendre le Nutri-Score obligatoire, disant craindre « un sort funeste » pour l’ensemble du dispositif par « effet boomerang ». Martine Leguille-Balloy (LRM), avocate, qui a dit « travailler pour Fleury-Michon », a appelé à ne « pas agacer des gens qui peut-être demain vont mettre [la mesure] au niveau européen ».

      En savoir plus sur https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/05/27/l-assemblee-nationale-rejette-l-interdiction-des-publicites-pour-aliments-tr

      A part ca je compend pas ce que dit Martine Leguille-Balloy. Quant on est députée on peut travaillé encore pour Fleury-michon ?
      http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA722008

      –----

      Yves Gonnord, ancien patron de Fleury Michon (3 900 salariés), a retiré son soutien à Wilfrid Montassier pour l’apporter à Martine Leguille-Balloy.

      https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-herbiers-85500/legislatives-vendee-le-bocage-de-centre-droit-seduit-par-macron-5058169

    • En ce moment, je fais mes exercices devant Sauvons le capitalisme, un doc sur Netflix au sujet du livre de l’ancien secrétaire au travail de Clinton, Robert Reich. Ce matin, il racontait précisément son dégout quand, en 1971, alors en poste dans une administration de protection des consommateurs, il s’était retrouvé avec tous les pas encore lobbies agroindustriels sur le dos pour avoir demandé une loi visant l’interdiction des pubs d’aliments pour enfants… Personne n’en avait rien à foutre de santé publique, tout le monde voulait juste augmenter les profits.
      Le résultat, on le connait.

      1971… l’année de ma naissance…

      Bref, ces gorets savent pertinemment ce qu’ils font, ils connaissent les conséquences de leur cupidité.
      Et ils s’en foutent.



  • The #campus is a food desert

    Comme je réside sur le campus, je mange sur le campus. Eh bien je peux vous dire que j’en ai marre et que ça me rend malade. Pour vous dire l’ampleur de la catastrophe : on y trouve pas d’eau minérale. Et même pas d’eau du tout. Par contre, il y a tout ce qu’il faut en termes de sodas et de boissons énergisantes. J’avoue que le premier matin, j’ai trouvé ça drôle de manger un southern american petit déjeuner. Mais le deuxième matin le muffin avait du mal à passer. Le jus d’orange en poudre m’a fait pouffer. Je n’ose vous parler de la confiture que l’on trouve uniquement dans une bouteille de plastique type bouteille de ketchup. D’ailleurs j’en suis au point où je me demande si je ne vais pas utiliser du ketchup plutôt que la confiture sur mes toasts de pain de mie le matin. Avec un peu de tabasco ça peut être pas mal en fait. Je suis à bout. Heureusement que je suis dans un hôtel ultra chic. Le midi, c’est encore pire. Il n’y a pas de restaurants universitaires ni de restaurants tout court d’ailleurs. Il y #Subway, #MacDo, une version low cost de #PizzaHot, … Bref, toute la #malbouffe est au rendez-vous. Je dépéris à vue d’oeil. Et le soir on remet ça. Même problème. J’en suis malade. Et dire que les étudiant-e-s n’ont pas d’autre choix toute l’année. Je pense à la quantité d’hormones qu’ils ingurgitent. J’en perds l’appétit (c’est dire chez moi). Ce midi par contre j’ai été sauvé par un collègue paysagiste qui m’a amené manger dans un resto vietnamien pas trop loin du campus. Quel plaisir de manger du riz blanc. Et ce soir, c’est une collègue de l’administration qui m’amène manger en ville. Peut-être aurais-je même un petit verre de vin ?


    https://onpartenlouisiane.wordpress.com/2018/04/06/the-campus-is-a-food-desert
    #fac #food_desert #désert_alimentaire #alimentation #junk_food #fast-food #université


  • GB : des centaines de restaurants KFC fermés Le figaro — AFP - 21/02/2018
    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/02/21/97002-20180221FILWWW00018-gb-des-centaines-de-restaurants-kfc-fermes.php

    Des centaines de restaurants KFC au Royaume-Uni demeuraient fermés mercredi en raison d’une pénurie de poulets due à des problèmes de livraisons, provoquant la risée voire le désespoir de nombreux consommateurs. Environ 450 des 900 restaurants Kentucky Fried Chicken britanniques étaient toujours fermés, contre plus des deux tiers lundi juste après le début de la crise d’approvisionnement, a indiqué KFC.
    . . . . . .
    En cause, des problèmes rencontrés avec la société allemande DHL, son nouveau partenaire pour la livraison de poulets confronté à des « problèmes opérationnels ».
    . . . . . .
    KFC n’a pu préciser le coût pour le groupe de la crise, qui a débuté au cours du week-end avec le transfert du contrat de livraison du sud-africain Bidvest à DHL. "Nous avons signé un contrat de livraison avec un nouveau partenaire mais ils rencontrent quelques difficultés initiales, l’expédition de poulet frais dans 900 restaurants à travers le pays est assez complexe", a expliqué KFC
    . . . . . .
    Le député travailliste Neil Coyle a dit avoir été contacté par des consommateurs « déçus » tandis que les accros en manque ont conduit la police londonienne à tweeter : « S’il vous plaît ne pas nous contactez au sujet de la crise KFC - ce n’est pas un problème relevant de la police si votre restaurant préféré ne peut pas vous servir le menu que vous désirez ».
    . . . . . .
    C’est comme ça que commence l’apocalypse", a écrit sur Twitter l’utilisateur @jonevans78 tandis que @Brad_Langford s’interroge : « Comme la nation va-t-elle s’en sortir ? ». 
    . . . . . .
    Le syndicat GMB a dit avoir prévenu la direction de KFC des conséquences d’un changement de livreur, motivée par la volonté de faire des économies. Cette décision a causé la perte de 255 emplois et la fermeture d’un dépôt de Bidvest, qui opérait à partir de plusieurs « centres de distributions au Royaume-Uni » alors que « DHL tente maintenant de faire la même chose à partir d’un seul », a-t-il déploré dans un communiqué.
    . . . . . .
    Le directeur général des opérations de vente de DHL, John Boulter, a assuré que sa société s’efforçait de « retrouver le plus vite possible un service de livraison normal » et qu’elle étudiait « les raisons » des problèmes de livraison. 
    . . . . . .

    #kfc #DHL #MDR #bêtise #incompétence #poulet #incompétence #transports #junk_food #malbouffe #Logistique #apocalypse #malbouffe #beurk

    • #KFC change de livreur pour retrouver du poulet
      http://www.lessentiel.lu/fr/economie/story/KFC-change-de-livreur-pour-retrouver-du-poulet-24143267
      Le géant américain du poulet frit a rappelé son ex-entreprise de livraison au Royaume-Uni, après de gros problèmes d’approvisionnement avec le nouveau livreur.

      « Bidvest Logistics est ravie de confirmer avoir signé un contrat de long terme pour l’approvisionnement de jusqu’à 350 restaurants KFC dans le nord du Royaume-Uni », a annoncé cette entreprise de logistique qui avait vu son précédent contrat avec le groupe prendre fin dernièrement. À la mi-février, le contrat de livraison de l’essentiel des 900 restaurants KFC du Royaume-Uni était passé de Bidvest aux entreprises #DHL et #QSL, mais l’enseigne américaine de #fast_food avait reconnu peu après que ses nouveaux livreurs connaissaient des problèmes.

      KFC avait dû fermer jusqu’à 700 restaurants pendant quelques jours.
      . . . . . .


  • Priya Fielding-Singh : « La nourriture permet d’atténuer les privations matérielles » - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/02/16/priya-fielding-singh-la-nourriture-permet-d-attenuer-les-privations-mater

    Pour la sociologue américaine Priya Fielding-Singh, expliquer la #malbouffe chez les plus pauvres par un défaut d’information ou le problème du coût est insuffisant : les parents défavorisés cèdent aux appels du soda car c’est le seul moyen dont ils disposent pour faire oublier les restrictions à leurs enfants. Il s’agit donc de changer la valeur symbolique de la nourriture.

    #alimentation #sociologie #éthologie #inégalités #pauvreté

    Elles supposent que la nourriture n’a pour nous qu’une valeur matérielle, que nous mangeons pour nous nourrir physiquement. Mais la nourriture est bien plus qu’un élément de survie : elle a une valeur émotionnelle, et même culturelle, très importante. Elle nous permet de signaler qui nous sommes, de montrer à nos proches que nous les aimons et prenons soin d’eux. Au cours de mes recherches, je me suis rendu compte que la nourriture prenait une valeur symbolique très différente pour les parents, selon qu’ils élèvent leurs enfants dans un contexte de pauvreté ou d’abondance. Pour les parents pauvres, dire non fait partie de la routine : pour de petites choses, comme une nouvelle paire de chaussures, ou pour des choses plus importantes, comme une inscription à l’université. Or dire non à ses enfants est difficile émotionnellement, et au milieu de cet océan de refus, la nourriture apparaît comme quelque chose auquel on peut dire oui facilement. Les enfants réclament tous des cochonneries, par imitation et parce qu’ils sont la cible première de la publicité pour ce genre d’aliments. Et les parents, même quand les temps sont difficiles, ont presque toujours un dollar qui peut être dépensé en bonbons, en paquets de chips ou en sodas. C’est valorisant pour eux parce qu’ils répondent aux demandes de leurs enfants. Et pour ces derniers, il s’agit d’une preuve tangible que leurs parents se soucient et s’occupent d’eux. La nourriture est une manière immédiate et peu coûteuse de créer une expérience positive dans un contexte difficile : elle permet d’atténuer les privations du quotidien. A l’autre extrême, pour les riches parents qui élèvent leurs enfants dans l’abondance, dire non au sujet de la nourriture est plus facile : ils peuvent dire oui à tellement d’autres choses… La nourriture devient même un moyen d’apprendre aux enfants certaines valeurs : la retenue, la patience, parfois même la récompense sous condition. Tous les parents que j’ai rencontrés partageaient un même souci d’œuvrer pour le bien-être de leurs enfants, d’être des parents nourriciers, aimants : c’est la manière d’y parvenir qui, selon leur statut économique, prenait des visages très différents.

    • De manière plus profonde, je pense que si nous voulons changer la valeur symbolique de la nourriture chez les parents défavorisés, il faut les sortir de la précarité et les amener à un stade où ils peuvent, de manière régulière, subvenir aux besoins de leurs familles. Il faut leur permettre davantage de stabilité et de dignité, de façon à ce qu’un paquet de chips ne soit pas un des seuls gestes à leur portée pour montrer à leurs enfants qu’ils s’occupent d’eux. J’ai pu constater par exemple que la précarité du logement favorisait les mauvaises habitudes alimentaires : quand vous ne savez pas si vous aurez un toit le mois prochain, vous mangez en recherchant une petite satisfaction immédiate, pas en pensant à votre santé sur le long terme. Paradoxalement, je crois que les mesures qui œuvrent le mieux pour l’égalité alimentaire sont celles qui n’ont rien à voir avec l’alimentation. Elles agissent par ricochet.


  • Souvenirs d’un accro aux crêpes - Culture / Next
    http://next.liberation.fr/food/2018/02/02/souvenirs-d-un-accro-aux-crepes_1627068

    « Poulet-jambon-oeuf », « merguez-champignons », « Nutella-banane-coco »… à Montmartre ou Pigalle, les festins nocturnes entre potes reviennent à l’esprit. Malbouffe sentimentale.

    Quand il n’y avait plus d’ingrédients, le taulier faisait signe à un petit gars d’aller chercher les Tupperware pleins. Celui-ci se dirigeait vers une pièce obscure et revenait les mains chargées de matière première. La viande hachée : frisée et grise, comme la tignasse de Pierre Perret. Le fromage râpé : à l’œil nu, des boules Quiès. L’anglais du personnel : du « isn’t it » à chaque fin de réplique - avec le fier accent des pays endettés pour toujours auprès du FMI - afin d’impressionner le touriste torché au bon vin. Le patron : un type en Téflon, qui n’a même pas bougé cette fois où du café brûlant s’est renversé sur son orteil velu - il était en tongs. Son regard marron et sa gencive couleur crème anglaise suffisent à raconter le bonhomme : le genre à soigner une conjonctivite avec du Destop. Qu’importe, on l’aimait tous.
    Le restaurant (fast-food, évidemment) était minuscule, l’accueil magistral, les crêpes plutôt bonnes et les prix imbattables : pour 5,50 euros, tu rentrais à la maison avec une bedaine en forme de cartable. A l’intérieur, trois chaises, deux tables, pas de toilettes. Quatre clients au plus pouvaient consommer assis au chaud. Alors tout se passait dehors, en face de l’enseigne. Dans la petite rue, on était des petits groupes venus de différentes périphéries - chacun avait son accent - éclairés par la lumière jaune omelette de l’enseigne. Et l’on tournait en rond dans un petit périmètre en attendant le produit fini, en pleine nuit, quelque part entre Pigalle et la gare Saint-Lazare.

    Autoroute.

    La bonne nouvelle - « poulet-jambon-œuf ? » « Thon-emmental ? » « Nutella-banane-coco ? » « Merguez-champignons ? » - tombait au bout de six à sept minutes maximum. Un index ovale pointait le propriétaire de la mixture, lequel tirait parfois la même gueule qu’un candidat du Juste Prix. Les soirs de grande affluence, le bienheureux avait du mal à se frayer un chemin jusqu’au comptoir pour récupérer son trophée. Alors la crêpe, enroulée dans du papier aluminium et de l’essuie-tout, passait de main en main jusqu’à son destinataire. Des inconnus qui forment une chaîne humaine, des desperados qui sourient de bon cœur, des méchants qui te souhaitent bon appétit, des bouilles de nounours qui se refilent des tuyaux pour des boulots : il y a dix ans mes amis, Nuit debout existait déjà.
    Ados, on écoutait les aînés, assis sur des rondins de bois au milieu des petits immeubles, chanter des odes à la crêpe nocturne. Ce n’était pas tant la gastronomie qui les rendait lyriques, plutôt le rituel. Rouler, rôder, respirer. Le week-end, très tard, ils démarraient leurs caisses et disparaissaient entre les arbres fruitiers, l’Abribus et le supermarché. Dans les vieux téléfilms américains, les lycéens rêvaient de la Route 66 pour admirer les coyotes et les filles en short à Baxter Springs. Nous, on a fantasmé l’autoroute A 13 Paris-Yvelines-Normandie pour bouffer de la pâte mélangée à une tripotée de conneries.

    2003 ou 2004 : première crêpe vers le Faubourg-Montmartre, à Paris, après minuit, avec trois camarades. Un peu moins d’une dizaine d’euros. On découvre, on savoure, on abuse : une salée, une sucrée, une boisson chacun. Une fois l’affaire réglée, on traîne un peu dans le coin. Des amoureux se bécotent, des faux bourgeois enquillent des expressos à 7 euros et nous, on se demande s’il y aura assez d’essence dans la voiture pour rentrer - jeunes, repus et fauchés. Sur le chemin, assis sur le siège passager, un pote ne décolle pas ses mains de ses poignées d’amour. Il pousse et masse des deux côtés pour éviter que le cartable écrase un organe vital.
    De retour chez toi, tu te rends compte que le gras sur les doigts, même après avoir frotté au savon, t’empêche de saisir des objets du premier coup. Paniqué, ton cerveau imagine un plan d’urgence : enfiler des mitaines pour tenir la brosse à dents dans ta paume. Au fil des minutes, tu comprends également que ta motricité a pris un sale coup. Le poulet, le Nutella, le fromage, le poivre : pourquoi tout cela ? C’est trop tard de toute façon. Pour te rassurer, tu tentes un petit talons-fesses dans la salle de bains. Tu morfles sévère. Les gouttes de sueur qui ruissellent de ton front sentent le sirop d’érable.

    Transhumance.

    En 2007 ou 2008, un fin gourmet conseille à nous quatre le spot pas trop loin de Pigalle. Moins de monde, plus de goût, moins cher, plus d’amour dans la fabrication : la malbouffe avec des sentiments. Assurément, le taulier miaulerait du fond du cœur s’il apprenait que son thon couleur mauve avait provoqué de quelconques lésions. Quoi qu’il en soit, le coup de foudre est immédiat : c’est décidé, on ne changera plus de crêperie. Dans le coffre de la voiture, on prévoit désormais une bouteille de flotte pour se laver les pognes. Dans les poches, du liquide parce que l’établissement emmerde profond la finance - les cartes bancaires ne sont pas acceptées. Dans un coin de la tête, l’évidence : tu jettes cette crêpe dans la Méditerranée, celle-ci se transforme dans la seconde en jacuzzi. Mais Bon Dieu, que c’est bon.
    De temps à autre, on y croise des voisins proches ou lointains. Souvent, on se fait l’accolade comme si nous venions tous de recevoir le même recommandé de la faucheuse. L’air de la capitale resserre les liens. Ironie : quand on se voit par chez nous, on se dit simplement « bonjour » de loin, avec le menton et « ça va bien ? » sans attendre de réponse.

    Au fil des mois, on prend du plaisir à y aller de plus en plus tard. Parfois, un affamé de la bande envoie un SMS à 1 h 15 du matin. « Crêpe ? » Les smileys n’existaient pas. Impossible de refuser ça. Un quart d’heure après, tu déboules sur le parking en vrac : jean délavé fashion et veste en cuir et en dessous, short de foot du FC Bruges et marcel violet avec la gueule de Johnny Hallyday au niveau du téton.
    Un dimanche matin d’hiver, ta mère a mis un petit coup de poing dans ton sandwich au pain de mie. « Pourquoi tu sors à 2 heures du matin ? Qu’est-ce que tu trafiques ? » Acculé, tu lui as parlé des 70 kilomètres aller-retour pour croquer dans une crêpe Nutella-coco ou, dans les périodes de détresse, une thon-emmental bien poivrée, tout cela en plein hiver. L’amour maternel venait de prendre un sale coup : combien de dîners exquis as-tu séchés pour ces vacheries ? Elle compara le concept à une transhumance sataniste. Après cette discussion, il a fallu des semaines pour qu’elle cesse de te vouvoyer et de te réveiller en poussant ton corps avec un bâton, comme si tu étais devenu un bouc.

    Pastrami.
    Ta copine t’a traîné dans une crêperie traditionnelle parisienne quelques mois après l’élection de François Hollande. Les ingrédients ne tentaient pas d’emporter une dent avec eux dans l’intestin, le fromage n’avait pas de reflets cuivrés et les cuistots avaient des lacets à leurs chaussures : c’était comme découvrir la direction assistée ou le Pento. Succulent. Pourtant, à chaque bouchée, tu n’as pensé qu’à la crêpe fast-food et sa forme de fer à repasser quand celle-ci est inclinée à 90 degrés. Ce n’est pas tant avaler sa mixture qui t’a manqué, mais ce foutu folklore. Les 70 bornes dans une voiture balafrée au compteur assoupi, les discussions en arpentant le périphérique, les détours par des nationales quand l’autoroute était fermée. Pour des raisons inconnues, Paris la nuit nous rendait prolixes, profonds, poétiques et la crêpe colle à l’arrière-train ce souvenir-là.

    Le lendemain, tu as déboulé en solo chez ton fournisseur habituel. Le taulier en Téflon était là, assis sur le trottoir, en face de son honorable enseigne, clope à la bouche, mine fatiguée. Pas un client. La concurrence est rude, tout fout le camp.

    2017 : les crêperies fast-food sont arrivées en périphérie. Les enseignes sont colorées, les sauces portent des noms de nationalité et le choix est pachydermique - ce n’est plus une bouffe, mais le concours Kangourou (jeu-concours sur les mathématiques). Elles proposent du pastrami, des condiments et même des bonbons dans la mixture. Elles restent ouvertes jusque tard la nuit et filent une petite machine qui clignote dès lors que la commande est prête. A quoi bon traîner sa carcasse jusqu’à Paris, quand celui-ci vient à vous ? Magie.
    De notre bougre installé entre Pigalle et Saint-Lazare, nous savons simplement qu’il a déjà entamé une révolution. Aux dernières nouvelles, il proposait un supplément pomme de terre. Et surtout, il avait ajouté une chaise.
    Ramsès Kefi

    J’adore les articles de ce journaliste quand ils portent sur ses souvenirs, la vie du quartier, son rapport à la bouffe ou ce qu’il raconte sur ses parents. Il me fait beaucoup rire ce Ramsès :-)
    Par exemple le passage :

    L’air de la capitale resserre les liens. Ironie : quand on se voit par chez nous, on se dit simplement « bonjour » de loin, avec le menton et « ça va bien ? » sans attendre de réponse.

    c’est d’une pertinence. Quand tu croises quelqu’un de la cité dans le centre ça fait tout drôle et il y a comme une connivence qui s’installe directement, comme si on n’était pas à notre place là, qu’on vivait le même exil temporaire lol

    #quartiers_populaires #malbouffe #crêpes


  • Comment les géants de la #malbouffe ont sapé (et continuent à saper) l’étiquetage nutritionnel - Observatoire des multinationales
    http://multinationales.org/Comment-les-geants-de-la-malbouffe-ont-sape-et-continuent-a-saper-l

    La France a finalement adopté, après une bataille de lobbying aux multiples rebondissements, un système officiel d’étiquetage nutritionnel des aliments, le NutriScore, avec pour objectif de commencer à lutter contre la malbouffe et ses impacts sanitaires. Mais les géants de l’agroalimentaire comme Mars, Nestlé et Coca-Cola ont réussi à obtenir que ce système reste facultatif et manoeuvrent aujourd’hui pour imposer un système d’étiquetage qu’ils ont eux-mêmes conçus, bien plus favorables à leurs intérêts.


  • A Nasty, Nafta-Related Surprise: Mexico’s Soaring Obesity - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/12/11/health/obesity-mexico-nafta.html

    The phenomenon is not limited to Mexico. Research shows free trade is among the key factors that have accelerated the spread of low-nutrient, highly processed foods from the West, “driving the obesity epidemic in China, India, and other developing countries worldwide,” according to the T.H. Chan School of Public Health at Harvard.

    #nutrition" #libre_échange" #etats-unis #santé #malbouffe #obésité


  • How Big Business Got Brazil Hooked on Junk Food - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2017/09/16/health/brazil-obesity-nestle.html

    It is hard to overstate the economic power and political access enjoyed by food and beverage conglomerates in Brazil, which are responsible for 10 percent of the nation’s economic output and employ 1.6 million people.

    In 2014, food companies donated $158 million to members of Brazil’s National Congress, a threefold increase over 2010, according to Transparency International Brazil. A study the organization released last year found that more than half of Brazil’s current federal legislators had been elected with donations from the food industry – before the Supreme Court banned corporate contributions in 2015.

    The single largest donor to congressional candidates was the Brazilian meat giant JBS, which gave candidates $112 million in 2014; Coca-Cola gave $6.5 million in campaign contributions that year, and McDonald’s donated $561,000.

    #obésité #malbouffe


  • Nous mangeons trop de produits ultra-transformés
    https://reporterre.net/Nous-mangeons-trop-de-produits-ultra-transformes

    Ces aliments peuvent jouer un rôle dans des marchés de niche, comme les friandises, les pâtisseries, les aliments à destination clinique, les rations de survie ou pour l’effort (armée, sport…) ou, pourquoi pas, l’alimentation dans l’espace, autant de situations, sportives, festives, pathologiques…, où les aliments ultra-transformés peuvent vraiment être utiles. Le problème, c’est qu’aujourd’hui ils ne sont pas des produits de niche mais de consommation courante au point de constituer plus de 50 % de l’apport calorique dans de nombreux pays, surtout dans les grandes villes.

    Or, ils sont souvent plus pauvres en #micronutriments protecteurs et riches en énergie (calories) provenant des sucres, matières grasses (ajoutées) notamment. C’est pourquoi certains scientifiques parlent de calories « vides », donc vides de micronutriments !

    Une étude brésilienne [4] a montré qu’au-delà de 13 % de calories quotidiennes provenant des produits ultra-transformés, le risque d’obésité commence à augmenter significativement. Il n’est donc pas exagéré de conseiller de ne pas dépasser 1 calorie sur 6 en provenance des produits ultra-transformés, et non 1 sur deux comme cela tend à devenir le cas dans les pays occidentalisés, notamment anglo-saxons, la France semblant mieux résister que d’autres pays européens — sans doute en raison de sa tradition culinaire.

    #alimentation


  • La liste des 200 produits alimentaires pouvant contenir des nanoparticules.
    https://infonano.agirpourlenvironnement.org

    Les nanoparticules se sont introduites secrètement dans nos assiettes via certains additifs alimentaires. Leur présence superflue nous fait courir des dangers sanitaires et environnementaux graves. Refusons d’être les cobayes de cette technologie incontrôlée.
    Interpellons les industriels !

    Avec une majorité de produits de type confiserie, pour que les plus fragiles en profitent bien ;(
    #malbouffe #nanotechnologies


  • Naomi Klein : « Le cabinet de copains de Trump a peut-être l’air très fort, mais ces gens ont peur » Solidaire - Naomi Klein - 15 Février 2017

    L’activiste canadienne Naomi Klein voit dans le nouveau gouvernement des États-Unis un coup d’État très clair des grandes entreprises. Dans un article qu’elle a écrit pour The Nation et que nous publions ci-dessous traduit en français, elle explique comment ce coup d’État a été inspiré par la peur. En effet, dans le monde entier, l’influence des mouvements sociaux qui menacent les intérêts de l’establishment ne cessent de croître. Klein estime donc que ces mouvements ont désormais une tâche difficile mais nécessaire. Et que « nous pouvons toujours les vaincre ».

    Zoomons sur Washington et observons ce qui s’y passe. Les gens qui possèdent déjà une part absolument obscène de la richesse de notre planète, et dont la fortune ne cesse d’augmenter d’année en année – les derniers chiffres montrent que huit hommes possèdent autant que la moitié de l’humanité –, sont bien déterminés à s’emparer d’encore davantage. Les personnalités-clés qui composent le cabinet de Donald sont non seulement des ultra-riches, mais ces individus ont amassé leur argent en nuisant aux personnes les plus vulnérables de notre planète, et à la planète elle-même. Cela fait apparemment partie du profil requis pour le job.

    Les gens qui possèdent déjà une part absolument obscène de la richesse de notre planète sont bien déterminés à s’emparer d’encore davantage.
    Il y a le banquier des produits pourris, Steve Mnuchin, le choix de Trump pour occuper les fonctions de ministre van Finances. Sa « machine à expulsions », illégale, a mis des dizaines de milliers de gens à la porte de leur logement.

    Passons des hypothèques à la malbouffe, c’est-à-dire à Andrew Puzder, que Trump a nommé ministre de l’Emploi. En tant que CEO de son empire du fast-food, cela ne lui suffisait pas de payer ses travailleurs d’un salaire scandaleux tout à fait insuffisant pour vivre, mais son entreprise a également été condamnée pour vol dans divers procès : des travailleurs n’étaient pas payés pour leur tâche et pour leurs heures supplémentaires.

    Après la malbouffe, la fausse science. Pour diriger les Affaires étrangères, Trump a désigné Rex Tillerson. En tant que cadre de direction puis CEO d’Exxon Mobil, Tillerson a financé des recherches prétendument scientifiques et en amplifié la diffusion, tout en exerçant en coulisses un lobbying intense contre les actions internationales totalement pertinentes en faveur du climat. Ces manœuvres ont fortement contribué au fait que le monde a perdu des décennies pour sortir des combustibles fossiles et ont grandement accéléré la crise climatique. En conséquence, d’innombrables personnes perdent déjà actuellement leur habitation à cause de tempêtes et de la montée du niveau des océans, meurent à cause de sécheresses et de canicules et, au bout du compte, des millions de gens verront leur pays être submergé par les eaux. Comme toujours, les gens qui sont frappés en premier lieu et le plus fortement sont les plus pauvres, et essentiellement des non-Blancs.

    Des logements volés. Des salaires volés. Des cultures et des pays volés. Tout cela est immoral. Et tout cela rapporte énormément d’argent.

    Sous le feu
    Mais un contre-courant populaire s’est développé. Et c’est précisément la raison pour laquelle ce gang de CEO – et les secteurs dont ils sont issus – se sont inquiétés à juste titre de voir leur fête approcher de la fin. Ils ont pris peur. Les banquiers comme Mnuchin se rappellent l’écroulement financier de 2008, lors duquel on a ouvertement parlé de nationalisation des banques. Ils ont assisté à la montée du mouvement Occupy et vu la résonance qu’a eue le message anti-banques de Bernie Sanders durant sa campagne.

    Des patrons du secteur des services comme Andrew Puzder ont une peur bleue de la force croissante de Fight for $15 (le mouvement qui lutte pour le salaire horaire minimum de 15 dollars, NdlR), qui a engrangé des victoires dans des villes et des États de tout le pays. Et, si Bernie avait gagné cette primaire qui fut étonnamment serrée, le mouvement aurait bien pu avoir un champion à la Maison blanche. On peut imaginer l’effroi que cela représente pour un secteur qui repose fondamentalement sur l’exploitation du travail afin de maintenir les prix très bas et les profits très hauts.

    Il ne faut pas se leurrer : le mouvement pour le climat constitue pour Exxon Mobil une menace existentielle.
    Et personne n’a plus de raisons de craindre la montée des mouvements sociaux que Tillerson. Suite à l’essor mondial du mouvement pour le climat, Exxon Mobil est sous le feu sur tous les fronts. Des oléoducs transportant son pétrole sont bloqués non seulement aux Etats-Unis mais aussi ailleurs dans le monde. Les campagnes pour le désinvestissement s’étendent comme des feux de forêt et entraînent l’incertitude pour les marchés. Et, au cours de l’année dernière, diverses tromperies effectuées par Exxon ont fait l’objet d’enquêtes judiciaires. Il ne faut pas se leurrer : le mouvement pour le climat constitue pour Exxon Mobil une menace existentielle. Les objectifs concernant le réchauffement de la Terre figurant dans les accords climatiques de Paris sont totalement incompatibles avec la consommation de tous les combustibles fossiles que des entreprises comme Exxon ont dans leurs réserves, ce qui constitue la source de leur valeur sur le marché. C’est pourquoi les propres actionnaires d’Exxon ont posé de plus en plus de questions embêtantes pour savoir s’ils étaient sur le point de se retrouver avec des paquets d’actions n’ayant plus aucune valeur.

    Le monde de l’entreprise prend le contrôle du gouvernement
    Telle est la toile de fond de la victoire de Trump. Nos mouvements ont commencé à gagner. Je ne dis pas qu’ils étaient assez forts. Ils ne l’étaient pas. Je ne dis pas que nous étions suffisamment unis. Nous ne l’étions pas. Mais quelque chose était bel et bien en train de basculer. Et, plutôt que de courir le risque que les mouvements continuent à progresser, ce gang de porte-parole de l’industrie des combustibles fossiles, de colporteurs de malbouffe et de prêteurs prédateurs se sont alliés pour prendre le contrôle du gouvernement et protéger leurs richesses mal acquises.

    Trump et ses lieutenants rigolent bien des faibles protestations quant aux conflits d’intérêts – toute l’affaire n’est qu’un seul très grand conflit d’intérêts.
    Que ce soit clair : ceci n’est pas un changement pacifique du pouvoir. C’est une prise de contrôle des commandes par le monde de l’entreprise. Ceux qui achetaient les deux plus grands partis pour défendre leurs intérêts ont décidé qu’ils en avaient marre de jouer le jeu. Apparemment, tous ces dîners fins avec les politiciens, toutes ces cajoleries et pots-de-vin légalisés insultaient leur sentiment de pouvoir de droit divin.

    Désormais, ils suppriment l’intermédiaire et font ce que tout grand chef fait quand il veut que quelque chose soit fait comme il l’entend : ils le font eux-mêmes. C’est Exxon qui est ministre des Affaires étrangères. C’est Hardee qui est ministre de l’Emploi. C’est General Dynamics qui est ministre de la Défense. Et, pour tout le reste, ce sont les types de Goldman Sachs. Après avoir privatisé l’État par petits morceaux pendant des décennies, ils ont décidé de s’emparer du gouvernement lui-même. La dernière frontière du néolibéralisme. C’est pourquoi Trump et tous ses lieutenants qu’il a nommés rigolent bien des faibles protestations quant aux conflits d’intérêts – toute l’affaire n’est qu’un seul très grand conflit d’intérêts.

    Surfer sur la peur de Trump
    Bon, alors, que faisons-nous ? En premier lieu, nous devons toujours nous rappeler leurs faiblesses, même s’ils exercent le pouvoir de manière brute. La raison pour laquelle le masque est tombé et que nous voyons maintenant sans fard la manière dont les grandes entreprises dirigent les choses, ce n’est pas parce que ces grandes entreprises se sentaient toutes-puissantes, c’est parce qu’elles étaient en panique.

    Une partie de la base de Trump regrette déjà son vote, et cette partie ne fera qu’augmenter.
    En outre, une majorité d’Américains n’a pas voté pour Trump. 40 % sont restés chez eux et parmi ceux qui sont allés voter, une nette majorité a voté pour Clinton. Trump a gagné grâce à un système truqué. Et même dans ce système, il n’a pas gagné. Ce sont Clinton et l’establishment du Parti démocrate qui ont perdu. Trump n’a pas gagné avec un enthousiasme débordant et un haut pourcentage de voix. L’establishment du Parti démocrate n’a pas jugé important de mener campagne autour d’améliorations concrètes de la vie des gens. Ils n’avaient pour ainsi dire rien à offrir aux gens dont la vie a été ruinée par les attaques néolibérales. Ils ont pensé qu’ils pouvaient surfer sur la peur de Trump, et cela n’a pas marché.

    La bonne nouvelle, c’est : tout ceci rend Donald Trump incroyablement vulnérable. C’est le type qui est arrivé au pouvoir en racontant les plus gros et les plus éhontés de mensonges, en se vendant comme le champion des travailleurs qui s’opposerait enfin au pouvoir des grandes entreprises et à leur influence à Washington. Une partie de sa base regrette déjà son vote, et cette partie ne fera qu’augmenter.

    L’heure est à l’optimisme
    Qu’est-ce qui nous attend d’autre ? Ce gouvernement va très vite tomber sur le dos de tout le monde. On parle d’un budget du « choc et de l’effroi », (« shock and awe » est un terme militaire qui désigne l’écrasement de l’adversaire et l’anéantissement de sa volonté de combattre par l’emploi d’une très grande puissance de feu et des démonstration de force spectaculaires, NdlR) : en dix ans, 10 trillions ( c’est-à-dire 10 milliards de milliards) de dollars seront supprimés. La tronçonneuse sévira sur tout, des programmes contre la violence envers les femmes aux arts, du soutien aux énergies renouvelables aux polices de proximité. Ils pensent clairement que cette stratégie de Blitzkrieg va nous renverser. Mais ils pourraient être surpris – cela pourrait bien tous nous unir pour une cause commune. Si l’ampleur de la Marche des femmes en est un signe, nous sommes alors bien partis.

    Ce gouvernement va très vite tomber sur le dos de tout le monde.
    Construire des coalitions solides en des temps de politique de bunker est un dur travail. Il faut affronter des questions difficiles avant que le progrès soit possible. Et le financement de fondations et la culture de la célébrité parmi les activistes peuvent monter les gens et les mouvements les uns contre les autres au lieu d’encourager la collaboration. Mais les difficultés ne peuvent pas mener au désespoir. Pour reprendre une phrase populaire de la gauche en France, « l’heure est à l’optimisme, laissons le pessimisme pour des temps meilleurs ».

    Personnellement, je ne peux pas vraiment mobiliser de l’optimisme. Mais, en ce moment où tout est menacé, nous pouvons et nous devons faire appel à notre détermination la plus inébranlable.

    Naomi Klein

    #Naomi_Klein #Etats_Unis #Trump #Peur #mouvements_sociaux #establishment #Steve_Mnuchin #malbouffe #Andrew_Puzder #fausse_science #Rex_Tillerson #Exxon_Mobil #Climat #vol #CEO #Mnuchin #Andrew_Puzder #prêteurs_prédateurs #General_Dynamics #Goldman_Sachs #Hardee #shock_and_awe #Blitzkrieg



  • #Le_grand_A

    L’#Hypermarché est-il un ogre qui dévore et détruit tout sur son passage ou est-il source de développement ? Comment fonctionnent les filières d’approvisionnement ? Les producteurs locaux sont-ils les laissés-pour-compte de ce gigantisme ? Les clients sont-ils les victimes de la guerre économique liée au modèle de #consommation ou en sont-ils les bénéficiaires ? Les hypermarchés sont-ils responsables de la #malbouffe ? Le petit commerce et la vie des centres-villes sont-ils victimes ou coupables de ne pas s’être adaptés ?


    http://www.futuropolis.fr/fiche_titre.php?id_article=790365
    #supermarché #grande_distribution #aménagement_du_territoire #livre #BD #bande-dessinée
    #ressources_pédagogiques


  • Food Dissidence, épisode II : le retour au naturel - The Dissident
    http://the-dissident.eu/9625/food-dissidence-episode-ii-le-retour-au-naturel

    Si ces transformations ont permis une baisse des prix intéressante pour les consommateurs, ainsi qu’une réduction du temps consacré à la préparation des repas -libérant ainsi un espace de liberté pour les ménagères des Trente Glorieuses-, elles ont des effets délétères sur la qualité des produits et sur la santé de ceux qui les ingèrent. En 2007, la revue médicale britannique « The Lancet » publie une étude faisant le lien entre un certain nombre d’additifs alimentaires et l’hyperactivité chez les enfants. Alors que la deuxième moitié du XXe siècle est le témoin de l’émergence de la #malbouffe et de l’inquiétante montée de l’obésité, celle-ci atteint aujourd’hui des enfants de plus en plus jeunes.

    Cette facilité alimentaire est d’autant plus pernicieuse qu’elle touche plus fortement ceux qui sont les plus vulnérables financièrement et sociologiquement. Ainsi, les populations occidentales défavorisées ont pris l’habitude au cours des dernières décennies de consommer exclusivement des plats tout prêts, surgelés ou en conserve, avec des conséquences néfastes pour leur santé. Mais le coût d’une telle #alimentation ne cessant d’augmenter, le moment est arrivé où ces populations n’ont plus été en mesure d’en acheter, tout en étant devenues incapables de cuisiner des produits bruts.


  • Les nouveaux aliments enfin autorisés sur le marché européen | EurActiv.fr
    http://www.euractiv.fr/sections/agriculture-alimentation/les-nouveaux-aliments-enfin-autorises-sur-le-marche-europeen

    Après huit ans de blocage, les ministres de l’Agriculture et le Parlement européen ont adopté une loi permettant une mise sur le marché plus rapide des nouveaux aliments, tels que les insectes, champignons, algues, ou nouveaux colorants.

    La mise sur le marché européen des nouveaux aliments prendra moins de temps. Le Conseil a récemment validé la version révisée de la loi sur ces aliments issus entre autres de procédés innovants de fabrication qui sera donc publiée dans le journal officiel le 8 décembre.

    Le 28 octobre, le Parlement européen avait déjà approuvé le texte révisé de la réglementation sur les nouveaux aliments. Cette approbation avait entrainé une vive réaction dans les rangs des Verts européens, qui accusent l’UE de fermer les yeux sur les inquiétudes des citoyens.
    Ce vote a au contraire été accueilli avec joie pas l’industrie agroalimentaire. « Il est d’une importance cruciale pour l’industrie de la nourriture et des boissons en Europe, parce qu’il a le potentiel de stimuler l’innovation, et donc de répondre aux demandes des consommateurs, qui veulent des options sûres, écologiques et abordables », a déclaré FoodDrinkEurope, une association européenne de représentation de l’industrie.

    On se prépare en loucedé à gober la pilule de #TTIP #TAFTA

    #junkfood #malbouffe



  • Veetal | All for your day
    http://veetal.de/en

    J’ai reçu mon paquet de Veetal Vegan aujourd’hui (un équivalent allemand de #soylent) du coup je viens de prendre mon premier repas « new gen » Ça ressemble un peu à de la purée de flocons d’avoine.

    Je prévois de remplacer la plupart de mes déjeuners au boulot avec. On verra si j’en recommande une fois les paquets d’essais terminés ^_^(Permalink)



  • Le burger-éprouvette passe de 250 000 à 10 € en deux ans | Mr Mondialisation
    https://mrmondialisation.org/le-burger-eprouvette-passe-de-250-000-a-10e-en-deux-ans

    En 2013, la première dégustation de burger fabriqué en laboratoire avait lieu à Londres. L’occasion pour Mark Post, scientifique néerlandais et créateur du burger in vitro de faire valoir son projet. Mais le prix exorbitant du bout de viande, estimé à 250 000 € ne permettait pas d’imaginer une production de masse. Ce bémol de taille pourrait faire partie du passé, puisque l’on apprend aujourd’hui que le coût de production de ce que la presse Britannique surnomme le « Frankenburger » aurait drastiquement chuté pour désormais avoisiner les 10 €.

    c’est super appétissant comme vous pouvez le voir

    « Dans vingt ans, on pourra avoir dans nos supermarchés deux produits ayant exactement le même goût et la même apparence. L’un provenant de la vache qui comportera une écotaxe et impliquera que des animaux aient été tués. L’autre venant du labo sans que personne n’ait eu à souffrir et potentiellement moins cher. »

    Si les arguments avancés par Mark Post sont séduisants et nous permettent d’imaginer, à l’instar de l’association PETA, que cette nouvelle forme de production sonnerait à terme le glas des abattoirs et des élevages industrialisés, elle n’est pas sans poser quelques questions d’ordre éthiques.

    Outre le mythe de la protéine animale indispensable à la survie et la bonne condition physique qui se verront perpétués, l’exploitation d’animaux sensibles est une condition sine qua non pour le prélèvement de tissus musculaires indispensables aux laborantins. Mais quid quand le procédé sera adapté aux protéines végétales ? Faire pousser des salades en laboratoire sera-t-il moins éthique ? Pour Tara Garnett, directrice du département de recherche sur la nourriture à l’Université d’Oxford, le problème est tout autre :

    « On a 1,4 milliard de personnes sur la planète qui sont obèses ou en surpoids et en même temps 1 milliard qui se couchent avec le ventre vide. La solution n’est pas simplement de produire plus mais de changer notre système d’approvisionnement et le prix de la nourriture. »

    #malbouffe #viande_in_vitro #agriculture_cyborg #agro-industrie #zootechnie #système_technicien #administration_du_désastre #inégalités
    à mettre en perspective avec http://seenthis.net/messages/251701


  • Le fructose est le principal moteur du diabète
    http://www.lemonde.fr/sante/article/2015/01/30/le-fructose-est-le-principal-moteur-du-diabete_4566577_1651302.html

    Représentant 90 % des formes de la maladie, le diabète de type 2 a pris des proportions épidémiques dans le monde : environ une personne sur dix dans le monde en est atteinte et la fréquence augmente avec l’âge. Dans le diabète de type 1, une anomalie immunitaire ne permet plus au pancréas de fabriquer de l’insuline, l’hormone permettant aux cellules de stocker du glucose, ce qui augmente le taux de sucre dans le sang. S’installant de manière insidieuse, le diabète de type 2 résulte d’une baisse de la sensibilité des cellules à l’insuline liée à l’obésité et à la sédentarité.

    La résistance à l’insuline est associée à une augmentation de la concentration de cette hormone dans le sang (hyperinsulinémie), qui a pour effet de favoriser l’accumulation de graisse abdominale, l’élévation des triglycérides, ainsi que d’autres désordres métaboliques. L’hyperinsulinémie est un facteur de risque cardiovasculaire, corrélée à une diminution de l’espérance de vie de l’ordre de cinq à dix ans.

    #junk_food #malbouffe #santé

    • Précision importante :-)

      Ces données pourraient surprendre s’agissant d’un sucre que l’on trouve naturellement dans les fruits, d’où son nom. Mais le problème vient du fait que dans le sirop de maïs à haute teneur en fructose, ce dernier représente près de 50 % du poids de l’additif sucré, alors qu’il ne constitue qu’1 % du poids d’une pêche mûre, soulignent James DiNicolantonio, du Saint Luke’s Mid America Heart Institute (Kansas City, Missouri), et ses collègues. Outre cette faible concentration, la consommation d’un fruit ou d’un légume entiers apporte également de l’eau, des fibres, des antioxydants, qui sont bénéfiques pour l’organisme.

    • Le vrai responsable, c’est surtout le « sirop de glucose-fructose », élaboré à partir des années 70 avec les surplus de maïs amerlocains, qu’il fallait bien écouler. Les premiers à avoir utilisé ce succédané de sucre (évidemment beaucoup moins cher que le sucre de canne) furent les fabricants de sodas. Depuis, on retrouve ce machin dans toute la bouffe industrielle : biscuits, plats cuisinés, et même dans le bon vieux saucisson...
      A lire : Toxic , de William Reymond.