• La loi de l’inceste
    Les couilles sur la table

    https://www.youtube.com/watch?v=43PMwj5NQLA

    Nous avons toutes et tous grandi dans une culture de l’inceste qui impose qu’on y soit aveugle et qu’on n’en parle pas. Alors que les victimes - et donc leurs agresseurs - sont banalement répandu·es, l’inceste est considéré comme le plus grand interdit voire le plus grand tabou de notre société. Selon l’anthropologue Dorothée Dussy, cette idée reçue entraîne un déni de la réalité de ce phénomène. Plus encore, cette vision désincarnée de l’inceste manque de prendre en compte le point de vue des femmes et des enfants, et participe à la constitution de l’inceste comme « structurant de l’ordre social ».

    En quoi les sphères intellectuelles, législatives et judiciaires véhiculent une perspective patriarcale et masculiniste de l’inceste, et plus largement du viol ? Comment l’inceste est représenté dans les œuvres d’art ?

    Dans cette deuxième partie de leur entretien, Victoire Tuaillon et Dorothée Dussy analysent ce qu’est la culture de l’inceste. Selon la directrice de recherche du CNRS, l’inceste est à la base des rapports d’oppression, d’où titre de son ouvrage majeur sur la question : « Le Berceau des dominations » (éd. Pocket, 2020 ; initialement publié en 2013 aux éditions La Discussion).

    #inceste #viol #culture_du_viol #masculinité

  • Sebastian Roché : « Les gens croient en l’efficacité de la police lorsqu’ils ne la voient pas agir »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/16/sebastian-roche-les-gens-croient-en-l-efficacite-de-la-police-lorsqu-ils-ne-

    Avec deux autres universitaires, le sociologue, spécialiste des questions de police et de sécurité, a déchiffré près de dix années d’enquêtes de victimation, un indicateur jugé fiable de l’état de l’opinion à l’égard de la police.

    Le sociologue Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS et professeur à Sciences Po Grenoble, s’est penché sur les enquêtes de victimation, menées auprès de la population, pour connaître l’état de l’opinion à l’égard de la police. A rebours des idées reçues, il démontre que c’est l’absence de contact avec les forces de l’ordre qui garantit, aux yeux des Français, son efficacité.

    La police est-elle, comme le soulignent de fréquents sondages, une institution très majoritairement appréciée ?
    Les instituts de sondage continuent de fonctionner avec une approche trop simplificatrice. En se contentant de demander « Avez-vous confiance en la police ? », on n’obtient pas de réponse sur la légitimité de la police mais sur l’utilité de l’existence d’une telle organisation. Or, très peu de gens rejettent radicalement le fait qu’il puisse y avoir une police. Une telle question ne dit rien de la confiance dans ses pratiques. Pour donner une image fidèle de la situation, la confiance doit être mesurée à trois niveaux : le caractère juste de son action, le fait qu’elle ne cause pas de dommages, et des modes d’action efficaces. Il faut mieux évaluer ces modes d’action, les replacer dans des contextes précis.

    Quelles sont les raisons habituelles de la confiance dans la police ?
    Les gens croient dans son efficacité lorsqu’ils ne la voient pas agir, n’ont pas de contact avec elle, et n’ont pas besoin d’elle parce qu’ils ne sont pas exposés à des troubles. Les responsables politiques et policiers affirment que leur mandat consiste à lutter contre la délinquance. Les victimes de cette délinquance et des incivilités imputent donc la responsabilité de ce qui leur arrive à ceux qui se disent responsables. Sans prévention des troubles, la confiance chute dans tous les types de contextes ou de populations.

    La visibilité de l’action policière n’entraîne-t-elle pas une hausse de la confiance dans son efficacité ?
    C’est exactement l’inverse qui se produit : plus les Français voient la police conduire des interventions autour de chez eux, moins ils la trouvent efficace. Et, ce n’est pas parce qu’on est victime ou à cause des incivilités dans le quartier : ces paramètres sont déjà pris en compte.

    Comment expliquer une conclusion aussi contre-intuitive ?
    Les résultats nous poussent à penser qu’une faible confiance provient des modes d’action, des façons de faire la police. En France, le ministère de l’intérieur privilégie une stratégie agressive : des interventions très visibles, qui mobilisent des effectifs nombreux, souvent lourdement équipés. La littérature internationale indique que ce mode d’action érode souvent la légitimité.

    N’est-ce pas au contraire la preuve que, dans certains quartiers, le travail de la police gêne ?
    Non, hélas. Il existe en fait une demande de police dans les quartiers défavorisés, qui sont très loin de la rejeter par principe. Ce travail suggère que ce qui n’est pas admis, en revanche, c’est la « mauvaise police » : les démonstrations de force, les raids, l’usage détourné des contrôles d’identité. Le contraire de la police de proximité.

    La confiance dans la police varie-t-elle en fonction des territoires ?
    Une fois pris en compte les effets de la victimation, des incivilités et des modes d’intervention, nous montrons que la confiance est plus faible dans les quartiers qui cumulent les désavantages en matière d’éducation, de transports, de revenus… Cette variable est beaucoup plus importante que l’origine ethnique ou les revenus du ménage. Elle renvoie aux politiques scolaires et économiques. Elle abrite aussi un effet de mémoire collective : les quartiers pauvres ont le plus subi les violences policières et s’en souviennent.

    Point positif, l’accueil en commissariat : deux tiers des Français s’en disent satisfaits…
    Nous pensions que ce contact pouvait améliorer la légitimité de la police chez les victimes. Ce n’est finalement pas le cas. Ici, le traitement de la plainte est probablement en cause : les auteurs ou les biens volés sont rarement retrouvés. Pire, pour les victimes de violences, aller au poste de police entraîne un affaissement supplémentaire de la confiance si elles ont un statut économique modeste.

    Votre étude ne couvre pas les questions liées aux contrôles d’identité et aux violences policières…
    Ces données ne figurent pas dans cette enquête, les ministères en charge ne s’y sont pas intéressés. Mais, on sait que le contrôle d’identité dégrade, et très nettement, la confiance dans la police.

    #police #violence_d'_État #violences_policières

  • Confiance dans la justice : non le #viol n’est pas un crime moins grave que les autres ! - Actu-Juridique
    https://www.actu-juridique.fr/droit-penal/confiance-dans-la-justice-non-le-viol-nest-pas-un-crime-moins-grave-q

    Pour redonner confiance en cette justice tant décriée par l’opinion publique, il a décidé (entre autres mesures) de créer une nouvelle juridiction : la cour criminelle. Une sorte de salade mixte de tribunal correctionnel (qui juge les délits) et de cour d’assises (qui juge les crimes). Cette cour sera composée de cinq magistrats. Et uniquement de cinq magistrats. Adieu jury populaire, tirage au sort, boules en bois et récusation de jurés, si chers à la France depuis la Révolution Française.

    Cette cour criminelle jugera les crimes punis de 15 à 20 ans de prison comme le viol, si le projet de loi présenté mercredi dernier est adopté par les parlementaires.

    Entendons-nous bien : en France, les infractions les plus graves, celles que l’on appelle « crimes », sont jugées par une juridiction un peu particulière, la cour d’assises, qui est composée de trois magistrats, mais aussi et surtout de français comme vous et moi, tirés au sort pour juger ce que l’humanité tient pour le plus grand mal : les violeurs, les assassins, les terroristes, notamment. On estime que chaque année, 40.000 français rendent cette justice aux côtés des magistrats, en condamnant des accusés aux plus lourdes peines de prison prévues par le code pénal : 15 ans, 20 ans, 30 ans voire la perpétuité. Cette justice-là est ainsi non pas rendue « au nom du peuple français », mais par le peuple français lui-même à qui l’on confie l’immense pouvoir de condamner ou d’acquitter.

    Le code pénal ne fait pas de différence entre les crimes, si ce n’est au stade de l’importance de la peine de prison encourue. Tous les crimes sont graves : ce sont les actes les plus terribles qu’un homme puisse commettre. Ces actes méritent donc une justice d’exception. Une justice hors du commun rendue par les français.
    Le viol, cette mort intérieure

    Mais ça, c’était avant que le Garde des Sceaux vienne préciser que sa réforme était justifiée parce qu’il existe des « crimes plus graves », ceux punis par plus de 20 ans de prison.

    Dont le viol ne fait pas partie.

    Le viol serait donc « moins grave » que les autres crimes. L’acte de pénétration, par violence, contrainte, menace ou surprise, prévu par l’article 222-23 du code pénal, serait « moins grave » que le trafic de stupéfiants en bande organisée, ou l’empoisonnement, ou la séquestration d’un mineur de 15 ans. Et ne devrait donc plus être jugé par les français eux-mêmes.

    L’histoire de la criminalisation du viol ne remonte pas au Moyen âge. Elle est si récente, que nombre d’entre nous en ont été les témoins. Celle qui l’incarna, Gisèle Halimi, immense avocate, ne nous a quittés que l’année dernière, après avoir lutté durant toute sa vie pour que les viols, dont les victimes sont majoritairement des femmes, soient considérés comme ce qu’ils sont : une mort intérieure. Une ignominie intime. Un saccage de vie. La victoire fut remportée en 1975, au procès d’Aix en Provence. C’est là que Maître Gisèle Halimi s’est battue et a obtenu que cet acte de pénétration forcée soit traité de la même façon qu’un meurtre et soit jugé par une cour d’assises, composée de français tirés au sort. Cette affaire judiciaire retentissante a donné naissance à la loi du 23 décembre 1980 qui a modifié la définition du viol.

    Serions-nous alors en train de faire un bond en arrière de 40 ans ?

    • réponse de lola lafon sur instagram
      https://www.instagram.com/p/CMJsa_Vg92p/?igshid=1bms22d940jh8

      Quelle sale idée. Celle de publier la lettre d’un violeur en une. Aujourd’hui. Quelle consternante idée de remettre la balle au centre entre une victime et son agresseur : un partout. Une pleine page c’est le pouvoir. Le langage c’est le pouvoir et ça, il maîtrise, le violeur. Il a lu des livres féministes. Il a fait des études. Il sait dire.
      A elle, on laisse le flou du « ressenti ». A lui, l’analyse sociologique, psychologique. Comme c’est original.
      Aux victimes, les collages dans la rue. Ces collages arrachés, discutés, estimés trop ceci et pas assez cela.
      Aux violeurs, les unes officielles.
      Quelle banalité, cette lettre. On est des milliers à l’avoir reçue, cette lettre. Des milliers à avoir dû, après avoir été violées, endosser le rôle de celle qui écoute, qui est sommée de « comprendre » pourquoi le viol a eu lieu. Celle qui doit se partager en deux après avoir été écrasée.
      Lettre qui pleurniche et qui insinue, quand même, qu’il y a des raisons au viol.
      Sache le, @Libé, recevoir une lettre de son violeur, ça brouille tout dans la tête de la victime. Ça, n’importe quel psy, n’importe quel avocat, flic, n’importe qui d’habitué à recevoir les plaintes pour viol conjugal, le confirmera.
      Les lettres rationalisent. Elles expliquent. Subrepticement, elles mettent deux discours à égalité. Sache le, @Libé, cette lettre ressemble en tous points à celle que j’ai reçue après.
      La lettre que j’ai reçue, #Libé, m’a tenue au silence pendant deux ans. J’ai pris cher. Cher à entendre qu’il m’aimait trop, c’était pour ça. Qu’il était malheureux c’était pour ça. Que la société l’avait mal éduqué, c’était pour ça. Que sa vie était détruite.
      Cher à entendre les autres, autour de moi, compter les points :
      peut être que vous devriez discuter
      peut être que c’est un malentendu
      tu ne vas quand même pas l’envoyer en prison ?

      Aujourd’hui, je pense à celles qui ne sont pas sorties du silence et qui viennent de s’y voir renvoyer. Ce choix « courageux » ne l’est pas, pas plus qu’il n’est novateur.
      C’était l’ordre des choses et il est en train de se casser la gueule. Et c’est réjouissant et beau et inéluctable. Aujourd’hui, on est le #8Mars.

    • explication de Valérie rey robert :
      https://threadreaderapp.com/thread/1368863126133878784.html

      Puisque cela n’est pas clair pour tout le monde, essayons d’expliquer pourquoi publier la lettre d’un violeur est une mauvaise idée (thread).
      – Toutes les raisons qui poussent un homme à violer sont développées depuis de nombreuses années par les féministes. Son point de vue situé n’apporte rien.
      – L’auteur ne consacre par une ligne à s’excuser, sa lettre est consacrée à sa défense. C’est une lettre habile, bien foutue, perverse puisqu’il y explique que
      1. c’est la relation (entre lui et la victime qui a causé le viol, quasi inéluctable)
      2. c’est sa socialisation comme homme qui l’a fait violer. c’est le passage le + pervers puisqu’il dit in fin à chaque homme qui lit « allons tu sais que ca pourrait t’arriver.. c’est banal, on fait tous ca... »
      3. c’est le fait qu’il soit lui même une victime de viol.
      Il fait d’une possibilité un déterminisme absolu, définitif.
      Quand on a des regrets (jamais exprimé dans ce texte), on va voir la police, pas un grand quotidien national.
      Pourquoi publier cette lettre ? vous le dites @libe vous vouliez « complexifier » le débat alors que ce type ne fait que reciter son bréviaire féministe mais il semble que la parole d’un violeur soit + complexe que celle d’une féministe.
      Parce que vous vous vautrez vous même dans la culture du viol, en supposant que c’est étonnant qu’un violeur sache bien écrire et formuler sa défense (parce que c’est une lettre pour préparer sa défense ni + ni moins).
      vous avez offert un boulevard à une peine minime pour ce type s’i lest jugé et vous savez quoi ? ca va marcher. la justice prendra en compte ses regrets « si sincères », sa « demarche courageuse » alors qu’on est juste face à un pervers en toute puissance.
      ca m’attriste à un point..
      Peut-on publier des propos de violeurs, de sexistes ? pas sans un contexte, pas sans analyser les dits propos. pas sans offrir au lectorat des pistes de compréhension du texte.
      Pourquoi un violeur veut il être publié dans libé ? Qu’est ce que ca dit de lui ? pourquoi ce besoin ?
      Enfin je rappelle que ce garçon n’est pas jugé (la question serait -peut-être- différente s’il l’était). Là cette lettre va aussi participer à sa défense, elle sera servie à son dossier (sans aucun doute positivement).

    • Secret @jjalmad sur twitter
      https://threadreaderapp.com/thread/1368830181088051205.html

      Je vais revenir sur un autre aspect de la publication de la lettre en Une par @libe.

      Quand on juge un homme pour viol, même s’il reconnaît les faits, c’est toujours extrêmement compliqué d’appréhender sa sincérité, sa « prise de conscience », la réalité de l’empathie pour sa victime.
      Et pourtant au tribunal, on dispose du détail des récits des faits et donc on peut voir si il paraît dire la vérité sur tout, ou minimise etc.

      On dispose aussi de ses auditions à différents moments, d’expertise psychiatrique et psychologique, du récit détaillé de la victime sur son comportement notamment après les faits (a t il nié, s’est il excusé, a t’il continué de paraître dans les lieux qu’elle fréquente, etc etc)

      Et même là c’est compliqué de faire la part entre sincérité, minimisation par calcul ou mécanisme de défense psy (sachant qu’une prise de conscience peut entraîner un effondrement dépressif donc oui il y a des mécanismes de défense), ou carrément stratégie de défense intéressée et froid calcul parce que face à des preuves très solides on a capté que reconnaître est mieux pour escompter une mince peine.

      On peut aussi imaginer qu’un agresseur qui reconnaît et s’excuse auprès de sa victime espère que ça la dissuaderait de déposer plainte.

      Bref. Même en ayant tout le détail de l’affaire, des expertises, du recul sur les faits et l’évolution de l’agresseur c’est archi compliqué de se faire une idée.
      Et il n’est pas rare que nous ayons des appréciations différentes entre collègues et/ou avec les jurés.
      Du coup publier cette lettre, telle que, sans confrontation plus avant à la réalité des faits, de son comportement, sans recul ni vérification, c’est encore une fois partir du principe que dès lors qu’il le dit, c’est que c’est sincère.

      Je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle de la légèreté avec laquelle cette lettre est publiée, et les vérifications et recoupements que ne vont pas manquer de faire des journalistes avant de publier le récit d’une victime.

      J’y vois en plus un biais de classe énorme : il s’exprime bien, a une belle plume, manie tous les codes et discours féministes. Donc ça passe, et c’est réinterprété comme un truc forcément puissant dérangeant, sincère etc.

      J’ajoute que du côté de la victime c’est pareil, les ressentis et attentes évoluent. On peut avoir une victime soulagée de la reconnaissance des faits initialement, qui est très affectée ensuite en se rendant compte que l’auteur minimise ou quoi.

      Donc vraiment ici non seulement la publication de cette lettre n’apporte absolument rien à la compréhension des mécanismes du viol, mais se vautre dans une analyse simpliste à base de « il le dit donc c’est intéressant en soi même sans vérification et mise en perspective critique » et « la victime est ok à l’instant T donc ça me dédouane de toute analyse et précautions vis à vis d’elle ».
      Bah non en fait.

    • La parole des violeurs et ce que la presse en fait

      « Libération » a exprimé « son profond regret » en réaction aux protestations contre la publication d’une tribune d’un jeune homme reconnaissant un viol conjugal. Au-delà de la polémique, ce choix pose une vraie question journalistique sur la couverture médiatique des violences sexuelles.

      https://blogs.mediapart.fr/lenaig-bredoux/blog/090321/la-parole-des-violeurs-et-ce-que-la-presse-en-fait

  • Le témoignage glaçant de Flore Benguigui - C à Vous - 11/12/2020
    https://www.youtube.com/watch?v=6ptFzs8Uino

    #Sexisme et #violences_sexuelles dans la #musique. Flore du groupe L’Impératrice brise une omerta dans un long entretien accordé à Tancrède Bonora pour #CàVous​. #male_gaze

    L’Impératrice — Peur des filles
    https://www.youtube.com/watch?v=VUH-z_SBlj0

    Compile ci-dessous faite par https://twitter.com/attica45/status/1339108908875599877

    • Il y a dix ans, saturée des œuvres mâles je ne veux lire, voir et acheter que des œuvres de femmes. J’entre dans une petite librairie au centre de Toulouse, et comme je m’étonne du choix uniquement masculin (pas mauvais d’ailleurs) dans sa vitrine je finis par me moquer carrément du #sexisme_par_omission du libraire. Le libraire me répond que c’est normal car il n’y a pas de femmes écrivains… En fouillant dans sa boutique, je trouve quand même quelques écrivaines. Ma conclusion est que le libraire un poil cynique certes ne s’était même pas rendu compte de son choix genré, c’est juste normal d’éliminer les femmes. Du coup, je me sens moins seule et ça me fait super plaisir cette vague du #lire_les_femmes !
      #male_gaze
      #female_gaze

    • Merci pour le partage @james Le #female_gaze devrait aussi être une affaire d’homme. En découvrant le #male_gaze et le #female_gaze par conséquent, je me suis rendu compte que mon imaginaire – en tant qu’homme cis hétéro – était façonné en grande majorité par la moitié de l’humanité, et donc par conséquent que cette représentation biaisée du monde avait mis de coté le regard de la seconde moitié. L’image que j’ai eu dans ma tête équivaut à une carte de mmorpg, avec quelques zones d’ombre par ci par là, qu’on viendrai dézoomer d’un coup, pour se rendre compte que la carte à échelle 1:1 est à moitié (si ce n’est plus) sombre et inexplorée. Et donc forcément il y a eu un avant et un après puisque je ne pouvais plus me contenter de cette partie visible et me dire « OK, je vais continuer avec ce que je connais, cet imaginaire me suffit ». Bref, j’ai aussi ressenti que je me devait de

      rééquilibrer mon imaginaire et de récupérer toute ces images manquantes.

      C’est exactement ça. Cette phrase raisonne. Plus que jamais, il faut que des hommes lisent des livres écrites par des femmes et regardent du cinéma réalisés par femme. Et pareil pour la musique, la peinture, le théâtre, les bandes dessinées, etc.

  • Male gaze dans la littérature
    https://lmsi.net/Male-gaze-dans-la-litterature

    Les créatrices ont régulièrement mis en lumière les problèmes qu’elles rencontraient dès qu’elles voulaient faire œuvre. Il est ironique de voir comment la métaphore de la gestation a été très souvent utilisée par des auteurs hommes pour représenter le processus de création artistique. Dans le même temps, on déniait aux femmes la prétention à faire de même, selon l’antique partage producteurs/reproductrices.

    #male_gaze #art #talent #appropriation_culturelle

  • « Tout le monde savait » : Claude Lévêque, une omerta au nom de l’art
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/15/tout-le-monde-savait-claude-leveque-une-omerta-au-nom-de-l-art_6066318_3246.

    Qui n’a jamais aperçu l’artiste entouré d’adolescents plus ou moins jeunes, à un vernissage, un dîner de galerie ? Qui n’a jamais entendu de rumeurs ? « C’était comme un nuage flottant autour de lui, reconnaît une conseillère de collectionneurs qui le connaît, et s’en méfie, depuis trente ans. Tout le monde savait qu’il aimait s’entourer de jeunes éphèbes, et un bon nombre craignait le pire. Mais comment agir contre un homme qui a une telle aura, quand on n’a que des rumeurs, et qu’on n’est pas témoin de ses manœuvres ? Contre un artiste qui exerce une telle fascination, car il a produit une œuvre incroyable ? »

    • Claude Lévêque, une omerta au nom de l’#art

      Alors qu’une partie du milieu est sidérée d’apprendre que le plasticien fait l’objet, depuis 2019, d’une enquête préliminaire pour « #viols et #agressions_sexuelles sur mineurs », d’autres semblent moins surpris.

      Alors qu’une partie du milieu est sidérée d’apprendre que le plasticien fait l’objet, depuis 2019, d’une enquête préliminaire pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs », d’autres semblent moins surpris.

      Au milieu des années 1980, une artiste qui préfère rester anonyme s’était aventurée à demander à un galeriste parisien qui exposait Claude Lévêque pourquoi il ne représentait aucune femme artiste : « Je n’ai peut-être pas d’artiste femme, mais j’ai un pédophile », s’était-elle entendu rétorquer. Plaisanterie tordue, aveu, provocation ? « En tout cas, ça résume bien le contexte, raconte-t-elle aujourd’hui. Je m’étais tue, mais, quand je visitais les expositions, je vous assure que je ne lâchais pas mon petit garçon de l’oeil. »

      « Comment une telle carrière est-elle possible, alors que depuis des années "ÇA SE SAVAIT ?" », interroge la critique d’art Marie Chênel dans un Tweet très relayé. Il résume la sidération du milieu de l’art depuis les révélations du Monde, le 10 janvier, concernant la plainte du plasticien Laurent Faulon contre l’artiste Claude Lévêque et l’enquête ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), en mai 2019, pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans . M. Faulon, un sculpteur de 51 ans, dénonce des « abus sexuels » subis entre ses 10 et 17 ans de la part de M. Lévêque, assurant qu’il était, comme sa famille, sous son « emprise . Le journal en ligne Mediapart a lui aussi publié une longue enquête, le 13 janvier, qui accable l’artiste.

      L’enquête judiciaire est en cours, et la présomption d’innocence prévaut. Mais dans le milieu de l’art, où Claude Lévêque était si connu, chacun s’interroge. Qui n’a jamais aperçu l’artiste entouré d’adolescents plus ou moins jeunes, à un vernissage, un dîner de galerie ? Qui n’a jamais entendu de rumeurs ? « C’était comme un nuage flottant autour de lui, reconnaît une conseillère de collectionneurs qui le connaît, et s’en méfie, depuis trente ans. Tout le monde savait qu’il aimait s’entourer de jeunes éphèbes, et un bon nombre craignait le pire. Mais comment agir contre un homme qui a une telle aura, quand on n’a que des rumeurs, et qu’on n’est pas témoin de ses manoeuvres ? Contre un artiste qui exerce une telle fascination, car il a produit une oeuvre incroyable ? »

      Filleuls, neveux, assistants...

      Ces adolescents qui l’entourent, Claude Lévêque les présente comme ses filleuls, ses neveux, ses assistants, voir comme ses « fils . Ces doudous et nounours qu’il trimballe autour du monde, qu’il sort en plein repas, qu’il déploie dans chaque recoin de ses deux maisons, ont été, selon l’artiste, dans ses interviews, « donnés par des amis, souvenirs trop intimes pour en parler . Son obsession pour le monde de l’enfance est considérée comme une « sublimation artistique », la part de fantasme d’un adulte qui est bien plus à l’aise avec les enfants qu’avec le monde des grands.

      Et puis, comment condamner sur la base de « racontars » ? « On lui aurait donné le bon Dieu sans confession », admet l’artiste Jonathan Loppin, dont la compagne, Julie Faitot, a envoyé un signalement à la justice concernant Claude Lévêque en février 2019. Pendant les quinze ans que dura leur amitié, il avoue avoir été subjugué par cette star prête à défendre corps et âme le moindre squat, toujours disposée à prendre fait et cause pour la veuve et l’orphelin : « Claude apparaît comme un nounours au charisme fort, et un vrai aimant à enfants. En fait, il sait les ferrer. Quand j’ai compris que ces doudous étaient sans doute ceux de ses victimes, des trophées, j’ai pris une énorme claque. »

      « Je l’ai toujours vu bouleversé par la beauté des jeunes garçons, elle le secouait, et il l’assumait, ses premières oeuvres en témoignent », souligne un habitant de Nevers (Nièvre), proche des Faulon. Enfant, il a connu Lévêque comme moniteur de centre aéré dans les années 1970, sans jamais entendre de rumeurs pouvant l’incriminer. Depuis quelques jours, il fouille dans sa mémoire. « J’essaie d’analyser le phénomène d’emprise, détaille-t-il. En abordant l’environnement de cet adulte entouré de jeunes hommes, on avait d’abord un sentiment de malaise, mais la situation était ensuite validée par les proches ; familles, amis, tous semblaient acter ce qui se passait. Le trouble ressenti était alors étouffé par cette validation collective. En outre, j’en ai été témoin à deux reprises, Claude entretient aussi une relation très forte avec les mères des enfants, dont je ne sais comment elle s’articule, une relation presque amoureuse. Mécanique qu’il semble, hélas, avoir affinée avec le temps. »

      Collectionneurs, experts, galeristes, conservateurs, critiques, artistes : cette validation a été tout aussi collective dans le milieu de l’art, même si certains tenaient scrupuleusement leurs distances. « Les institutions lui ont fait confiance, à cause de la fascination qu’exerce son oeuvre, mais aussi de son engagement pour les causes sociales, politiques, analyse une directrice de musée. Tout cela était-il un écran de fumée ? Tout comme ces références à l’enfance, sans cesse convoquée, sacralisée, sanctuarisée : elles faisaient la beauté et la pureté de son travail ; désormais, elles peuvent ressembler à un sacrifice. »

      « Si c’est vrai, c’est un séisme, auquel je peine à me résoudre, glisse un autre conservateur. Ses oeuvres des années 2000, pleines d’un danger punk qui fascine, ont été un choc esthétique pour toute une génération. Nous nous sommes construits en partie avec elles. » Un artiste éperdu d’admiration pour Claude Lévêque, « bouleversé par le témoignage de Laurent Faulon », s’avoue tout autant « blessé, et en colère » : « J’ai la sensation d’avoir été manipulé, comme tout le monde de l’art l’a été. J’ai aujourd’hui l’impression que, avec toutes ces oeuvres mettant en scène l’enfance, il nous disait : "Regardez, je vous mets ça sous le nez, et vous ne voyez rien !" »

      Qu’il mette la même énergie à préparer la Biennale de Venise (2009) qu’à exposer à l’école élémentaire Pierre-Budin, à la Goutte d’Or (Paris 18e), lors d’une résidence artistique en 2012 ? Cela relevait de son engagement social. Qu’il peigne de noir les fenêtres de l’appartement mis à disposition par l’école, juste au-dessus des salles de classe ? On y voyait sa marque punk. Qu’il se déclare, un an après, toujours ami avec l’un des bambins de 8 ou 9 ans qui collabora au projet, le plus curieux, le plus créatif ? On l’admirait alors pour n’avoir pas pris la grosse tête. Tout cela peut aujourd’hui faire frémir.

      Dans les archives du Quotidien de l’art, nous avons retrouvé les paroles de l’enfant que nous avions rencontré au sein de l’école pendant la préparation de leur exposition « Seasons in the Abyss . Il interpellait ainsi l’artiste : « Je t’ai amené mon nounours, parce que je lui ai percé le cerveau. Avant, il bougeait dans son Jacuzzi, il faisait très chaud, c’était le feu, et je lui ai percé la tête ... « Le trou dans la tête », c’est aussi une phrase gravée par Lévêque sur un lit tout rouillé d’enfant, dans une oeuvre de 1986.

      #Aveuglement_collectif

      Pour comprendre aujourd’hui ce qui a pu relever d’un aveuglement collectif, les témoignages affluent, chacun s’employant à replacer une pièce dans un puzzle qui, trop longtemps, n’a pas fait sens. L’un se rappelle cette chambre d’enfant, dans la maison de Montreuil (Seine-Saint-Denis) de #Lévêque, « avec ses petites bagnoles sur les étagères », qu’il disait destinée « aux amis qui venaient avec leurs petits . L’autre, ces manèges abandonnés dans sa maison de campagne. Une troisième, l’aveu de cette mère « manifestement perdue, dans un monde parallèle, qui me racontait que Claude Lévêque dormait dans la chambre de son fils de 15 ans, et qui semblait comme flattée qu’il ait été "choisi". J’ai pris mes distances, désespérée qu’il soit impossible de lui faire comprendre que son môme était en danger .

      Galeriste et commissaire d’exposition, Stéphane Corréard dénonce aujourd’hui ce qu’il considère comme une omerta. « Beaucoup savaient, tout le monde pouvait se douter, personne n’est surpris, résume-t-il. Alors pourquoi avons-nous toléré, abrité, protégé, pendant des décennies, un supposé prédateur sexuel, un pédocriminel récidiviste ? Parce que, dans notre milieu, personne ne dit rien, jamais. La parole est cadenassée, le fonctionnement clanique. »

      Comment l’expliquer ? « La tolérance de notre milieu pour la transgression, y compris sexuelle, y est pour beaucoup », suggère-t-il. Un artiste pourrait donc franchir toutes les lignes rouges ? Laurent Faulon se souvient en tout cas très bien « des commissaires et artistes qui venaient dîner à la maison : avec Lévêque, on était comme un couple recevant des invités. Sauf que j’avais 15-16 ans. Tous découvraient les bricolages que j’avais faits dans l’atelier, et me disaient : "Tu as une oeuvre incroyable, ne t’embête pas à faire les Beaux-Arts, tu sais déjà tout !" . C’est ainsi que Laurent Faulon s’est retrouvé exposé à la Fondation Cartier de Jouy-en-Josas (Yvelines) ou au Magasin de Grenoble, à pas même 18 ans. Sans plus de questions, juste pour la reconnaissance de son talent naissant.

      Poursuivant son analyse, Stéphane Corréard évoque aussi le « souvenir de l’époque glorieuse où l’avant-garde était menacée de toute part, notamment par les réactionnaires et l’extrême droite. Nous avons alors pris le pli d’une opposition facile entre "pro" et "anti" art contemporain qui est devenue factice, mais qui continue de structurer largement le fonctionnement de notre monde de l’art . Impossible de dénoncer sur la foi de racontars, certes. « Mais ces directeurs de musée, qui racontent de façon anonyme avoir refusé que Lévêque partage une chambre d’hôtel avec un ado, n’avaient-ils pas obligation, en tant que fonctionnaires, de dénoncer des crimes dont ils avaient eu connaissance dans le cadre de leurs fonctions ? »

      Comme tous, il en est cependant conscient : la mécanique à l’oeuvre est complexe à déconstruire. Qu’un artiste puissant s’écroule, et tout un système s’effondre : ceux qui le collectionnent, le louent, l’honorent, le capitalisent. « Les relations entre les acteurs organisent la valeur de l’oeuvre en mettant l’artiste sur un piédestal, dans une relation romantique à l’art, explique ainsi un directeur d’institution. Les jeux de pouvoir sont réels, et pas seulement financiers, à tous les maillons de la chaîne, on ne peut se permettre que l’image de l’auteur soit entachée. Les liens d’interdépendance et les rapports de domination organisent le silence, à quoi s’ajoute la peur d’être blacklisté du milieu. Ils neutralisent toute possibilité de prise de parole. L’autocensure est forte, jusqu’à se frapper soi-même de cécité. La structure protège son capital. »

      Averti de la plainte de Laurent Faulon peu après son dépôt, le Mamco de Genève a pris position dès 2020, en faisant disparaître de son site toute mention de Claude Lévêque, qui y a exposé en 2003. Il est, pour l’instant, le seul. « Avec l’équipe de conservation, nous avons décidé un moratoire immédiat sur la présence de ses oeuvres en nos murs, explicite Lionel Bovier, son actuel directeur. Je n’ai jamais travaillé avec cet artiste, ni avec ses oeuvres d’ailleurs. Mais, de mon point de vue, le discrédit qui est aujourd’hui jeté sur son travail sera absolument irrémédiable si les accusations se révèlent fondées. Il ne m’appartient pas de me prononcer sur les conséquences légales des actes qui sont relatés, mais je peux témoigner de cela : je ne pourrai plus jamais regarder ce travail sans y trouver des indices des crimes qui lui sont reprochés. Par conséquent, le musée que je dirige ne montrera ni ne diffusera son travail dans le futur. »

      #pédophilie #pédocriminalité #Laurent_Faulon #abus_sexuels #emprise #rumeurs #fantasme #validation_collective #enfance #omerta #silence #impunité #transgression #domination #pouvoir #autocensure #cécité

    • Affaire Claude Lévêque : collectionneurs et musées s’accrochent aux œuvres devenues embarrassantes

      https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/15/affaire-claude-leveque-collectionneurs-et-musees-s-accrochent-aux-uvres-deve

      https://www.lalsace.fr/culture-loisirs/2021/01/16/l-embarrassant-claude-leveque

      #censure #appel_à_la_censure

      Je tiens à rappeler que Springora n’ a jamais exigé la disparition des livres de Matzneff, c’est Gallimard qui s’achète une conscience en le faisant.

      Par ailleurs, le type doit répondre des ses actes, et il mériterait surtout des soins et une gigantesque psychothérapie (plutôt que la taule et la censure), mais il me semble au contraire très important de pouvoir continuer à voir ses oeuvres, même et surtout les pires, en sachant ce que l’on savait déjà, certes plus ou moins, mais en sachant au moins que le type n’était pas là pour rigoler et qu’il nous parlait bien de choses sombres et dégueulasses.

    • Dager je déteste et je comprend pas pk on le voie dans toutes les expos d’art brut. Sinon par rapport à la censure de Matzneff et Leveque le plus ahurissant c’est qu’on accusera les victimes d’etre #cancel_culture alors que ce sont les liberaux qui en sont les instigateurs dans un geste revisionniste.

  • Male gaze dans la littérature
    https://lignesdefemmes.wordpress.com/2020/12/17/male-gaze-dans-la-litterature

    Les créatrices ont régulièrement mis en lumière les problèmes qu’elles rencontraient dès qu’elles voulaient faire œuvre. Il est ironique de voir comment la métaphore de la gestation a été très souvent utilisée par des auteurs hommes pour représenter le processus de création artistique. Dans le même temps, on déniait aux femmes la prétention à faire de même, selon l’antique partage producteurs/reproductrices.

    Nancy Huston, dans son Journal de la Création, parcourt les biographies de sept écrivaines et artistes, et des écueils qu’elles ont rencontré sur leurs chemins : Virginia Woolf, Sylvia Plath, Zelda Fitzgerald, George Sand, Elizabeth Barrett Browning, Simone de Beauvoir et Unica Zürn. Le rapprochement des lettres et journaux intimes qui accompagnent leur épopée dans un monde d’hommes est frappant : les mêmes mots semblent traverser les siècles et les pays, pour dire la contradiction dans laquelle elles se débattent. D’un côté elles sont des femmes et veulent écrire en tant que telles pour donner de la voix à leur expérience féminine toujours absente de l’Art majeur. De l’autre, pour ce faire, elles doivent devenir des hommes. On ne les accepte qu’à condition qu’elles délaissent ce qui les rend singulières. Cette tension entre le singulier et l’universel, le foyer et la scène, produira souvent des dépressions tragiques. Les vies de Sylvia Plath, d’Unica Zürn ou de Virginia Woolf sont à ce titre exemplaires. Mais l’exploration ne s’arrête pas à ce qui ressemble à une constante macabre. Huston cherche aussi les différences, les voies de sortie, dans un parallèle constant avec sa propre expérience de romancière, enceinte de plusieurs mois.

    La vie des femmes qui investissent la scène publique est donc marquée par la dissociation. Les entrées de cet immense travail archéologique montre la récurrence du conflit corps/esprit, des somatisations nombreuses (anorexie, mélancolie, paralysie d’une partie du corps pour Plath et Barret Browning), des conduites addictives (Fitzgerald) ou de la tendance au suicide (Plath, Woolf, Zürn). La fatalité du génie féminin est-elle une constante ? Heureusement non. Nancy Huston revient aussi sur ces femmes qui ont tenu ensemble leur existence incarnée et leur travail artistique. Le tout étant de comprendre à quel point cela ne va pas de soi, dans les sociétés phallocratiques.

    Tout se joue comme si la femme ne pouvait être qu’énergie ou matière pour l’oeuvre masculine. Ainsi, Musset, Francis Scott Fitzgerald, ou Ted Hugues s’arrogeront la tâche de mettre en forme les illuminations de leurs compagnes. Si Georges Sand résiste plutôt vaillamment à la captation, en retournant la situation par l’utilisation à ses fins propres des lettres de son amant, Zelda Fitzgerald et Sylvia Plath n’auront pas la même marge d’autonomie. La poétesse Plath se fourvoie dans une relation professeur-élève, elle qui a pourtant tout le génie de son côté. Quand à Zelda, elle sera explicitement interdite d’écriture, ses journaux intimes étant pillés, pour servir de matière à son mari. Tout se passe comme si le rôle de la Muse venait contredire les aspirations à la liberté de toutes ces femmes. Huston montre finement à quel point l’existence féminine est une existence pour les autres, et la répression qui s’exerce sur celles qui dérogent à la règle.

    A la manière de Dieu qui organise le vivant, ou encore de Pygmalion, l’artiste mâle évolue dans un monde où tout le monde peut servir de matériau. On peut faire ici un parallèle plus large avec la colonisation du vivant. Mais aussi avec une certaine pulsion scopique, récemment renommée « male gaze ». Le mythe de Pygmalion que Huston met très justement en lien avec le Portrait Ovale d’Allan Poe illustre cette appropriation du vivant pour l’oeuvre masculine. Dans ces deux histoires, un homme solitaire et méfiant des femmes « réelles » façonne une représentation plus vraie que nature. Pygmalion voit sa statue s’animer et tombe amoureux de son œuvre. Le narrateur du Portrait Ovale retire les couleurs des joues de sa compagne pour peaufiner son tableau, qui achevé, est « la Vie-même ». Ces deux paraboles, distantes de plusieurs siècles, alertent sur le motif récurrent de la femme comme « ressource artistique », exploitée par l’oeil de l’organisateur. La tradition de l’objectification du corps des femmes est si forte, que c’est une double transgression pour elles de prétendre se faire maîtresses du regard. Elles dérogent à leur rôle de matière première, et elles prouvent que l’esthétique traditionnelle est partiale.

    L’analyse notamment des couples de créateurs/créatrices est lumineuse. Car, il est demandé à la femme artiste, en plus de son temps d’élaboration personnelle, de rester la muse de son compagnon. Ainsi, elles confineront à la folie pour servir la position de premier plan de leur mari (Fitzgerald, Zürn, Plath). Quand ce n’est pas tout simplement leur mélancolie qui est exploitée à des fins esthétiques. La recension des lettres intimes du couple Fitzgerald est paradigmatique. Plus Zelda s’enfonce dans l’alcoolisme et la folie, plus Francis y puise de nouveaux ressorts narratifs à ses romans. Comme le peintre du Portrait Ovale, Francis Scott Fitzgerald retire l’énergie vivante de sa femme, pour l’appliquer dans ses livres. La vraie situation de la muse est ainsi éclairée : condamnée à l’hystérie et à la polytoxicomanie pour nourrir les aspirations de son compagnon, il ne lui restera qu’à s’extraire par le haut (en reprenant l’arme qui lui est opposée : l’écriture), ou qu’à sombrer définitivement dans la folie. Comme ce fut le cas de Zelda, à la fin de sa vie.

    Le Journal de la Création vient ainsi compléter admirablement la critique du Phallogocentrisme, développée dans les années 70 dans le Mouvement des femmes. Il nous rappelle que les femmes ont à conquérir de haute lutte la capacité à porter un regard propre sur leur monde. Cette conquête est toujours à renouveler. Dérober nos corps aux regards et faire du corps masculin un objet de discours et de désir reste encore aujourd’hui un acte hautement subversif et rare.

    #male_gaze #femmes #féminisme #talent

  • @Fable sur Twitter.
    https://twitter.com/Fables_21e/status/1338430506174738432

    Ce thread en allemand sur les résultats d’un travail de recherche sur « Le sexisme dans la vie quotidienne » publié cette année en Allemagne explique de manière édifiante pourquoi le mouvement pour l’égalité stagne voire régresse.

    Je me permets de le traduire en français.

    D’après les recherches sur le milieu social, les hommes qui occupent des postes à responsabilités sont les plus hostiles au mouvement #MeToo.

    De plus, par rapport aux autres hommes, ils sont les moins enclins à considérer le sujet du sexisme comme pertinent socialement."

    L’éthique du succès, la réflexion en termes de faisabilité, les revendications d’exclusivité et la distinction sont les valeurs qu’ils encensent. De par leur haut niveau d’éducation, les hommes de ce milieu pensent avoir compris et percé à jour le cœur même du débat sur le sexisme.

    Les hommes interrogés soulignent être progressistes, libéraux et modernes, raison pour laquelle ils rejettent le débat sur le sexisme.

    De leur point de vue, la notion de sexisme est un outil de propagande du camp de la gauche radicale du féminisme, dans lequel chaque homme est placé sous la suspicion générale.

    Bien sûr que les femmes subissent des agressions, mais toujours selon eux, celles-ci seraient surtout le fait d’hommes des classes inférieures et / ou de migrants.

    Ce seraient plutôt les hommes les principaux concernés qui subissent le sexisme. A l’inverse, les femmes pourraient presque tout se permettre aujourd’hui.

    Du point de vue de ces « hommes établis », la politique d’égalité est un matraquage médiatique. Il n’y aurait aujourd’hui pas de discrimination à l’égard des femmes qui enfreint la Loi fondamentale.

    Les différences entre les genres seraient évolutives. La répartition des rôles se serait développée en tant que meilleure pratique et ne devrait pas être abandonnée en raison de l’idéologie de l’égalité.

    « Le sexisme fait autant partie de la vie que l’air que nous respirons. » Abolir le sexisme signifierait la fin de l’humanité.

    La rhétorique de ces hommes est une stratégie de défense offensive. L’analyse révèle un profond malaise quant à la répartition équitable du pouvoir. Ils considèrent que c’est en contradiction avec une société démocratique libre.

    Contrairement à d’autres milieux, les hommes établis (et les femmes du même milieu aussi) n’associent absolument pas le sexisme au pouvoir.

    Alors que dans les autres milieux et en particulier les femmes des autres milieux soulignent que le sexisme est lié au pouvoir et à l’abus de pouvoir, les « personnes établies » (= la soi-disant élite) ignorent systématiquement cette dimension.

    Les « personnes établies » sont généralement dans une situation d’abondance de pouvoir en raison de leur condition sociale, de leurs ressources financières et de leur position.

    Cela permet d’émettre l’hypothèse que la négation du sexisme découlant du fait qu’ils se pensent immunisés contre la misogynie a pour fonction de légitimer leur position de pouvoir et de rendre injustifiée toute critique à leur encontre par le prisme du sexisme.

    Le thread est compilé à partir d’une étude allemande. Certains des résultats s’appliquent certainement aussi à la Suisse et permettent d’expliquer pourquoi l’égalité met tant de temps à arriver. Le « milieu établi » décrit donne le ton en Suisse. https://www.bmfsfj.de/blob/141246/6e1f0de0d740c8028e3fed6cfb8510fd/sexismus-im-alltag-pilotstudie-data.pdf

  • Wissam Dief : Des fillettes « libérées » aux féministes mal-baisées
    https://scenesdelavisquotidien.com/2020/11/17/wissam-dief-des-fillettes-liberees-aux-feministes-mal-baisee

    Des fillettes « libérées » aux féministes mal-baisées

    A propos d’une plaque commémorative :

    "Si on ne peut reprocher à Guy Hocquenghem et à René Schérer (entre autres), d’avoir voulu abroger dans les années 70, le double-standard en ce qui concernait la majorité homosexuelle et hétérosexuelle, on peut tout de même s’interroger sur leur manière d’avoir subsumé sous la catégorie de l’enfance un ensemble d’expériences dont ils semblent peu tenir compte. Ainsi le projet de déconstruire un système de l’enfance, pour explorer la possibilité de relations charnelles « transversales » entre adultes et enfants, universalise l’expérience intime de l’enfance masculine homosexuelle au mépris de la majorité des concernées. Les récents débats au sujet de la profanation et du retrait de la plaque commémorative de Guy Hocquenghem à Paris, nous mettent en demeure de rappeler ici les conséquences qu’une telle vue abstraite a nécessairement sur nos corps de femmes et de petites filles."

    N’importe quelle femme pourra faire retour sur les injonctions par milliers lui ont été
    assénées très tôt au sujet de tout ce que son corps donnait à voir : d’une manière de croiser les jambes, à l’ouverture gracieuse de la bouche, en passant par le contrôle de la cambrure, du poids, de la démarche, la recherche inlassable de proximité affectueuse, le fait de mettre en scène comme un être mignon, susceptible d’émouvoir, movere, de faire bouger l’adulte. Bien sûr que ce seul pouvoir qui nous était accordé, ne pouvait qu’être surinvesti, consciemment ou non. Bien sûr, qu’à force de nous indiquer par tous les moyens que là était la seule voie de reconnaissance possible, nous ayons fini par minauder, miauler, tourner de la tête gracieusement, nous habiller-déshabiller, faire des pas de danse, des glissements savants sur le sol. Puisque avoir l’attention des adultes, et particulièrement de notre père, cet être étrange qui représentait le pont vers le Monde, nécessitait de nous ce minaudage. Qui viendrait ici, rétroverser les choses, pour affirmer que nous étions naturellement faites pour la séduction, portées instinctivement au contact charnel et sexuel avec les adultes que nous aguichions ? Il faut croire que ceux qui s’y essaient savent si peu de nos enfances.

    #viol #inceste #pedocriminalité #male_gaze #female_gaze #domination_masculine #domination_parentale #enfance

    • Les clients sont des hommes qui ont un regard sur les femmes qui les transforment en animaux de ferme. Vous pouvez le voir assez bien dans des phrases comme : « Je ne suis pas obligé d’acheter la vache entière si je veux un peu de lait ». Les clients comparent aussi volontiers les prostituées à la nourriture / aux biens de consommation : « À la maison, il y a toujours de la soupe aux pois, je veux juste des fois du rôti de porc » ou « C’est très bien de toujours conduire une Opel, mais de temps en temps, on s’autorise aussi à avoir quelque chose de plus spécial ».
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      Selon les statistiques qu’on évoque, en Allemagne, soit un homme sur cinq va voir les prostituées, soit trois hommes sur quatre. On peut calculer que chaque jour (!) un à 1,2 million d’hommes se rendent dans les maisons closes allemandes. Ne sont pas inclus les hommes qui regardent la prostitution filmée (= pornographie). Parce qu’ils sont bien des clients quelque part.

      #domination #torture #viol #culture_du_viol #prostitution #putier #male_gaze #masculinité

  • L’e-monde titre

    Les témoignages de violences sexuelles fragilisent le judo français

    https://www.lemonde.fr/sport/article/2020/11/20/les-temoignages-de-violences-sexuelles-fragilisent-le-judo-francais_6060539_

    suite à des réactions de lecteurices l’e-monde donne finalement dans la branlée...

    Le judo français ébranlé par les accusations de violences sexuelles

    #victim_blaming #violophilie #inversion_patriarcale #deni #male_gaze #viol #culture_du_viol #vocabulaire

    cf https://seenthis.net/messages/887448

  • Violences dans le judo : « Un papa ne devrait pas avoir à entendre des choses aussi effroyables »

    https://www.leparisien.fr/sports/violences-dans-le-judo-un-papa-ne-devrait-pas-avoir-a-entendre-des-choses
    Quel "drôle" de titre ! le pbl c’est pas que la gosse ai subit des violences sexuelles, le pbl c’est qu’un papa ai entendu des choses efforyables....

    Une belle illustration de comment on apprend aux survivantes de l’inceste à se taire.
    Ou peut-être une nuit 2/6 : « Apprendre à se taire »
    https://www.youtube.com/watch?v=DjasrY1UvJk

  • Ne l’appelez plus Alexia Daval
    https://sorocite.com/2020/11/16/ne-lappelez-plus-alexia-daval

    Utiliser le nom de femme mariée d’Alexia, c’est lui infliger une nouvelle violence.

    Ce lundi 16 novembre s’ouvrait, à la cour d’assises de Vesoul, le procès de Jonathann Daval, accusé du meurtre de sa femme Alexia Fouillot. Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017, Jonathann aurait étranglé Alexia puis l’aurait transportée dans les bois avant de brûler une partie de son corps. Au matin du 28 octobre, il prévient la police qu’Alexia est partie faire un jogging et n’est pas rentrée. S’en suivent plusieurs jours où Jonathann Daval apparaît en public, éploré, aux bras des parents d’Alexia, qui soutiennent celui qu’ils aiment comme leur enfant depuis dix ans.

    Trois mois plus tard, après avoir changé plusieurs fois de version devant les policier·ère·s, Jonathann Daval reconnaît être l’auteur du meurtre de sa femme. Lors d’une reconstitution, il explique l’avoir étranglée après une dispute pendant trois à quatre minutes.

    Depuis, l’affaire “Alexia Daval” fait la une des journaux. Un patronyme encore utilisé par la plupart des médias aujourd’hui, du Parisien, au JDD, en passant par RTL ou France 2. Alors que Jonathann Daval a avoué le féminicide, continuer à la nommer ainsi pour la postérité est une violence supplémentaire.

    Accablé·es par la tristesse et mû·es par le sentiment de s’être fait trahir, les parents ont d’ailleurs eux-même décidé de rendre à Alexia son nom. Dans un article de France 3 Bourgogne Franche-Comté, où les parents d’Alexia s’expriment, les journalistes précisent : “Les Fouillot ont fait changer l’inscription sur la pierre tombale de leur fille pour que n’apparaisse plus le nom “Daval”. ‘Le nom de Daval, on ne pouvait plus. Cela nous est insupportable”, confie Isabelle Fouillot.

    Il est une autre violence, issue d’une tradition patriarcale désuète. Toute notre vie, nous conservons en effet notre nom de naissance que nous transmettent notre père et/ou notre mère. Le nom de femme mariée n’est finalement qu’un nom d’usage hérité de la tradition. Utilisé dans la vie quotidienne, il ne remplace cependant en aucun cas le nom de famille, que l’on appelle de manière abusive un “nom de jeune fille”.

    Utiliser le nom “Daval” dans le cas d’Alexia est donc une forme d’irrespect. Un irrespect d’autant plus symbolique que ce qu’a vécu Alexia est un féminicide.

    Doit-on emporter le patronyme de son bourreau dans la tombe ? Faut-il encore que les assassins des femmes conservent ce droit sur leur victime ? Et les enfants de bourreau doivent-ils, quant à eux, porter ce lourd fardeau à vie ?

    Il serait donc salutaire de lancer un débat sur le nom de cette affaire. Alexia Fouillot doit-elle rester dans la postérité avec le nom de celui qui est jugé aujourd’hui pour son meurtre ?

    #féminisme #femmes #féminicide #patronyme #male_gaze

    • J’étais tellement en colère quand j’avais découvert que ma tante avait tronqué le prénom de ma grand-mère (pour économiser les lettres) et lui avait refilé le nom du vieux.
      Ça m’a pris 10 ans (et l’aide de la tutrice chargée de gérer le décès de ma mère) pour virer les trucs pourris de ma tante et restaurer ma grand-mère dans son identité.
      Déjà, à l’époque, j’avais bataillé pour qu’elle ne soit pas balancé dans le caveau du vieux («  je me le suis tapé toutes ces années, c’est pas pour continuer après  !  »). Donc je possède 3m² dans le village des ancêtres. Et j’y ai ajouté l’urne de ma mère. Chacune avec son nom de naissance.

    • @monolecte C’est la raison pour laquelle j’utilise un pseudonyme et non le patronyme qui me sert de nom de naissance. Hors de question que je porte le nom d’un type qui m’expliquait que je ne pourrais jamais être artiste à cause de mon sexe.
      @biggrizzly tant mieux si quelques médias font ce minuscule effort.

  • États-Unis : près de 100.000 plaintes pour abus sexuels déposées contre les Boys Scouts américains

    Abus = nom masculin

    1. Action d’abuser d’une chose ; usage mauvais, excessif.
    L’abus d’alcool.
    2. Droit
    Mauvais usage d’un droit, d’une prérogative, d’un privilège.
    Abus de pouvoir.

    –---

    L’expression indique que les adultes ont des droits et privilèges sexuels sur les enfants mais qu’ils en ont seulement fait un usage excessif ou/et inapproprié. J’aimerais bien que le figaro m’explique quels sont les privilèges sexuels qu’ont les éducateurs sur les gosses.

    –----
    #abus #vocabulaire #déni #violophilie #culture_du_viol #male_gaze #violence_sexuelle

  • Qu’est ce qui gêne dans le mot « humain » ?
    http://blog.plafonddeverre.fr/post/Comment-les-hommes-r%C3%A9sistent-ils

    Voici quelques titres d’articles que j’ai relevés ces derniers jours. On se demande bien à quoi s’occupent les femmes pendant que les hommes font face à des épidémies. Et je me demande pourquoi c’est si compliqué de mettre « les humains » ou « les gens » ou « les hommes et les femmes ». Cela fait partie d’une habitude à prendre, qui ne consomme aucun temps.

    Sur une page facebook de la Réserve sanitaire (organisme tout à fait officiel) j’ai commenté un post qui faisait le décompte de « jours hommes » mis à disposition des établissements de santé, en faisant remarquer qu’il y avait davantage de « jours femmes ». Je me suis prise une volée de bois verts au motif qu’on avait autre chose à penser.

    Des épidémies et des hommes. (France Culture)
    Comment les hommes ont résisté aux pires épidémies (Nouvel Obs)
    Des épidémies et des hommes. (Le monde)

    En cherchant sur votre moteur de recherche préféré « hommes et épidémie » vous en trouverez toute une kyrielle. Les seuls qui parlent d’hommes et de femmes sont ceux qui comparent comment le virus touche différemment les unes et les autres.

    #femmes #hommes #invisibilisation #male_gaze

    • Polémique dernièrement sur seenthis à propos des dires de paléoanthropologue de Pascal Picq sur les violences faites aux femmes et son gène … sa page WP qui le cite m’a fait tiquer sur sa distinction entre homme et humain.
      Y’a encore du chemin à faire pour que les femmes existent.

      Dans ce même texte, Picq répond à sa propre interrogation en affirmant que : « L’humain est bien une invention des hommes, qui repose sur notre héritage évolutif partagé, mais n’est pas une évidence pour autant. Homo sapiens n’est pas humain de fait. Il a inventé l’humain et il lui reste à devenir humain, ce qui sera fait lorsqu’il regardera le monde qui l’entoure avec humanité. »

      #pseudo_philosophe
      #lmsi

    • « Humain » ca reste au masculin, c’est moins affreux que « homme » et « Homme » mais c’est pas satisfaisant pour autant. « être humain » ça serait un peu mieux. « Femmes et hommes » ca me semble la meilleur tournure.

  • Les dérives du management de McDonald’s en France : sexisme, harcèlement, agressions sexuelles
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/13/sexisme-harcelement-agressions-sexuelles-des-salaries-denoncent-le-managemen

    « Mediapart » et « Streetpress » ont recueilli 78 témoignages de salariés qui décrivent un environnement où la violence professionnelle est systémique. Une plainte avait déjà été déposée par une coalition internationale de syndicats devant l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) le 18 mai. Les enquêtes de Mediapart et Streetpress viennent confirmer des situations de sexisme, d’agressions sexuelles et de harcèlement moral et sexuel chez McDonald’s. Durant deux mois d’enquête, les (...)

    #McDonald's #beauté #discrimination #GigEconomy #harcèlement #travail

    ##beauté

  • François Bégaudeau : « Il n’y a jamais de désir personnel »

    « Mon texte, “L’Affaire Pauline”, est une étude de cas. Le cas Pauline. Je pars du plus simple : le conflit entre le désir (spontané) et l’ordre (répressif), ici incarnés par une adolescente et son père. Après, je complique, avec l’idée qu’il n’y a jamais de désir personnel. On est toujours sous l’emprise d’un désir. Ici, Pauline préfère l’emprise de son désir (aller danser) à l’emprise de son père. La vraie question, ce n’est pas de savoir si on est libre ou pas. C’est celle de la qualité du désir.

    Je suis un spinozien du dimanche, mais la liberté me paraît secondaire là-dessus. Le consentement au désir est quelque chose de très paradoxal et de très obscur. Le désir nous prend bien avant qu’on puisse y consentir. Quand j’ai un désir de gâteau au chocolat, le désir me prend, sans me demander mon consentement. Le désir est toujours une capture. C’est ça qui nous embête, dans nos sociétés qui croient tant au libre-arbitre.

    Il ne faut pas perdre de vue non plus qu’on est dans une société où s’exerce un “capitalisme de la séduction”, comme dit Michel Clouscard. Est-ce que les injonctions à consommer sont en train de stimuler un désir ? J’aime trop le mot désir pour l’utiliser dans ce cas. Peut-être vaudrait-il mieux dire que ce capitalisme crée des pulsions, même si je n’aime pas créer d’un côté des mots propres et de l’autre des mots sales.

    Par ailleurs, on peut constater que le désir d’aller danser est très standardisé, conditionné par une industrie du divertissement. Cela n’invalide pas forcément ce qu’il y a de beau dans ce désir : danser. L’important, je crois, ce n’est pas de chercher un désir libre, parce que ça n’existe pas, mais un désir singulier. Peut-être ce que Deleuze appelle les devenirs.

    La littérature est intéressante pour dire ça. Je me moque un peu de l’approche psychosociale, mais ça m’intéresse beaucoup en réalité. Tout ce qui se tient à la jonction entre la pscyhologie et la sociologie est intéressant, parce que nous sommes à la fois des sujets psychologiques et sociaux. Après, pour montrer que nos affects sont très largement socialisés, il faut la jouer fine. Rentrer dans le détail des micro-conditionnements sociaux de la psyché. S’intéresser aux individus. C’est bien, c’est l’échelle de la littérature, l’échelle individuelle. Nous, les romanciers, on n’est pas trop mauvais sur l’individu. Enfin, je l’espère.
    Vis ma « vie de moche » : François Bégaudeau s’attaque à la dictature de la beauté

    Bien sûr, il faut parfois surveiller ce qu’on dit publiquement, si on ne veut pas se faire lyncher sur les réseaux sociaux. J’en suis autant effrayé que quiconque. Pas par la perspective d’une censure généralisée, à laquelle je ne crois pas, mais par le déploiement de la bêtise : quand on fait primer la morale sur la pensée, quand le premier geste consiste à juger, à dire “c’est bien” ou “c’est mal” sans passer par l’élucidation. Des instances de censure se mettent en place dans le cinéma et là où il y a de l’argent. Mais pour ce qui est de la littérature, je garde le bel optimisme du minoritaire.

    Si Philip Roth s’est vu reprocher des représentations sexistes du désir, par des féministes américaines, c’est parce qu’il a le grand défaut d’avoir été très lu et exposé, mondialement. Moi, je ne me sens pas du tout surveillé dans la littérature : tout le monde s’en fout de la littérature. Donc on peut vraiment écrire ce qu’on veut. On peut explorer la notion de consentement, par exemple, sans avoir peur de se faire flinguer. D’ailleurs j’aime une certaine crudité dans les scènes de sexe, je ne suis pas pudique là-dessus.

    J’adore Bataille, Guyotat, ou le dernier livre de Guiraudie (“Ici commence la nuit”). La question, c’est l’intérêt d’en faire – pour le roman, pour le lecteur. Les métaphores lourdes me semblent poser un problème, donc pour ma part j’aime réduire le sexe à des gestes, en behaviouriste. Quand on raconte un rapport sexuel, on a intérêt à ce que ça ne soit pas génial. Et je reste toujours un peu elliptique, au bout du compte. Avec la conviction, comme le dit la dernière phrase de mon texte, qu’“on n’en a jamais fini avec le désir”. »

    Propos recueillis par Grégoire Leménager

    Bel exemple de domination masculine que ce concept de Désir en phallosophie. Ici la seule femme mentionné est une ado fictive qui n’a qu’un prénom et qui n’incarne pas l’autorité d’un paterfamillias, tandis que 100% des références littéraires sont 100% mâles.
    Ca m’épate toujours de voire la facilité avec laquelle les femmes sont comparée à des gâteaux au chocolat ou des chemisiers #objectification tandis que des (s)pinoziens du (di)manche se tripotent sur la notion du consentement en répétant comme des péroquets ce que leur dictent leurs paires.

    #phallosophie #phallosophe #manspreading #boys_club #domination_masculine #culture_du_viol #male_gaze #patriarche #consentement #désir #inversion_patriarcale

    • J’avais pas vu que l’intervention de ce phallo fait partie d’un dossier « Comment désirer après #MeToo ? » qui est un bel exemple de #backlash

      Le désir, ce « lutin espiègle qui nous joue des tours », comme disait Lacan , connaît-il ses derniers soubresauts ? En 1998, dans « les Particules élémentaires », Michel Houellebecq notait : « Pour que la société fonctionne, pour que la compétition continue, il faut que le désir croisse, s’étende et dévore la vie des hommes. » Les hommes, surtout les femmes, semblent en train d’achever cette hydre à fantasmes formatés par l’imagerie capitaliste. En guise de flèche mortelle, un hashtag : #MeToo. Les affaires Weinstein , Polanski ou Matzneff ont rebattu les cartes du Tendre et mis au cœur du jeu la notion de consentement. Retour à l’ordre moral, pour les uns ; révolution, pour les autres. Elan vital, sauvage, le désir obéit aujourd’hui à de nouvelles lois. Lui qui repose sur le manque – à l’origine, désir signifie « absence d’un astre » – se trouve confronté à la surabondance. En un clic, il peut être exaucé. Et alors qu’il s’épanouit dans la transgression, n’étouffe-t-il pas dans une société débarrassée de nombreux tabous ? Quatorze écrivains se sont penchés sur le sujet dans « les Désirs comme désordre » (Editions Pauvert), recueil de textes aux accents étrangement plus politiques qu’érotiques. Six d’entre eux évoquent pour « l’Obs » cet obscur objet de la pensée et ses métamorphoses.

      La page d’acceuil ne met en valeur que les points de vue émis par les hommes, il faut cliqué sur le dossier pour voire que 3 femmes ont été aussi invités à répondre à la question, mais celles qui ont été élus ont aussi un discours sexistes.

      Aurélien Bellanger : « Avec Houellebecq, la partouze est apparue comme un idéal démocratique »

      Blandine Rinkel : « Le désir s’éprouve dans l’ambigu »

      François Bégaudeau : « Il n’y a jamais de désir personnel »

      Camille Laurens : « Domestiquer le désir me semble l’effet d’un puritanisme excessif »

      Laurent Binet : « Le désir de désordre est un désir de justice »

      Maria Pourchet : « La guerre des sexes a périmé trop vite la guerre des classes »

      Coté femmes on a droit à la promotion de la zone grise, la comparaison #metoo = puritanisme et l’opposition de la lutte des classes et des violences sexuelles faites aux femmes sur leur lieux de travail.

  • "No bra" rejeté, "crop top" qui divise, débardeurs acceptés : l’avis contrasté des Français sur la tenue des lycéennes
    https://www.marianne.net/societe/education/no-bra-rejete-crop-top-qui-divise-debardeurs-acceptes-lavis-contraste-des-

    Les « hauts avec décolleté plongeant » suscitent là aussi une forte opposition, avec 62% de Français favorables à une interdiction, le clivage entre les générations étant moins marqué concernant ce choix vestimentaire.

    Le clivage… Où je me rends compte que l’alt-right françaouis, omnubilée par le « décolleté plongeant », n’a aucune idée de ce que signifie « cleavage ».

  • Jeter ou ne pas jeter son soutien-gorge aux orties ?
    https://information.tv5monde.com/terriennes/jeter-ou-ne-pas-jeter-son-soutien-gorge-aux-orties-359182
    (Je vire l’illus #male_gaze, pardon.)

    En 2002 sort aux Eats-Unis, un livre intitulé « Dressed To Kill : The Link between Breast Cancer and Bras ». Cosigné par Sydney Ross codirecteur de l’Institut pour l’étude des maladies culturogènes, et par son épouse et cochercheur Soma Grismaijer, il traite du lien entre soutien-gorge et cancers du sein.

    Selon les auteurs, le soutien-gorge exerce une pression constante qui peut nuire au drainage lymphatique et entraîner un risque accru de cancer du sein. Des affirmations considérées comme infondées par la communauté scientifique.

    Dix ans plus tard, récidive américaine : deux autres chercheurs publient « Ces vêtements qui nous tuent ». Les auteurs sont présentés par leur éditeur Tredaniel comme « chercheurs en médecine naturelle et science de la nutrition depuis plus de trente ans, et codirecteurs de l’Institut de santé Hippocrate en Floride ».

    Leur argumentaire va au-delà du seul soutien-gorge et pointe aussi la dangerosité des textiles : « Porter un soutien-gorge trop serré favorise les risques de cancer du sein, les sous-vêtements synthétiques sont mis en cause dans l’infertilité chez l’homme, les colorants de textile sont les principaux responsables de la dermatite de contact, les vêtements antitaches peuvent perturber le système endocrinien, les fibres de certains vêtements de sport fatiguent les muscles et sont susceptibles de réduire les avantages concurrentiels des athlètes… »

    Bref, nous portons l’ennemi à même nos épidermes, et le titre est là pour nous en convaincre : nos vêtements sont létaux. Problème : les affirmations sur le soutien-gorge tueur de ces deux chercheurs autoproclamés tendance new age, comme les Etats- Unis en comptent tant, sont rejetées par la plus grande partie de la communauté scientifique.

    « Internet et les réseaux sociaux suggèrent régulièrement, à tort et sans preuve scientifique, que les soutiens-gorge causent le cancer du sein. Une étude de 2014, faisant appel à plus de 1500 femmes, n’a trouvé aucun lien entre le port d’un soutien-gorge et le risque de cancer du sein. »

    Petite histoire du #soutien-gorge et #corset puis

    Avis du professeur Rouillon déjà cité : « Le soutien-gorge fabrique la fragilité du sein, puis la femme en devient dépendante. C’est une arnaque extraordinaire qui dure depuis 120 ans. »

    C’est que le sein en liberté affole. Pour preuve, cette mésaventure vécue par une présentatrice française de journal télévisé il y a presque dix ans : son téton pointant sous sa robe lui avait valu l’opprobre unanime. Ses excuses pour ce sein qu’on ne saurait voir a exaspéré le mouvement no bra : au nom de quoi une femme devrait-elle s’excuser de son anatomie ?

    Assumer ses seins sans complexe et sans soutien-gorge, c’est aussi le combat mené par une Canadienne, Christina Schell, licenciée de son poste de serveuse en Colombie-Britannique pour n’avoir pas porté de soutien-gorge. Son refus contrevenait au code vestimentaire de l’établissement, qui indique que « les femmes doivent porter soit un débardeur soit un soutien-gorge sous leur chemise de travail ». Son histoire racontée par la chaîne de télévision canadienne CBC News a abouti devant le tribunal canadien des droits de la personne. La serveuse ne compte pas renoncer : « C’est sexiste et c’est pourquoi c’est une question de droits de la personne. J’ai des tétons, tout comme les hommes. »

    Ce genre de diktat concernant l’habillement féminin est qualifié outre-Atlantique d’"#hypersexualisation", un travers qui consiste à donner un caractère sexuel à un comportement qui n’en a pas.

    #no_bra #femmes #seins

    • C’est pas comme ça je le comprends ce tweet, mais peut-être. Est-ce que c’est le fait de faire une plaisanterie sur ce sujet qui te faire écrire ça ?

      De mon côté, je venais de voir passer un titre du genre « Les violences contre les femmes en hausse, déplore Castaner ». Du coup j’ai googlé pour retrouver les images des flics gazant les manifestantes le soir des César, ou brutalisant la manif féministe du samedi 7 mars. C’est cette hypocrisie (et le manque de recul terrifiant des médias gougoulisés) que j’avais en tête, et c’est ce que je lis dans ce tweet.

      Dit autrement : ce que je prends de ce tweet, c’est une façon de pousser jusqu’au ridicule la vague de déclarations indignées d’une bonne partie des médias tenant le crachoir aux grands acteurs et aux grands hommes (« on ne peut plus rien dire », « c’est la gestapo qui veut censurer un grand artiste », « le puritanisme américain », etc), suite au « bravo la pédophilie, bravo les pédophiles » d’Adèle Hanael à la remise du César à Polanski. Cette façon de faire comme si c’étaient Hanael et les manifestantes qui avaient ouvert les portes de l’enfer ce soir-là (alors que, comme tu le rappelles, c’est exactement l’inverse et ce n’est pas Polanski la victime dans cette histoire).

  • The Woman in Black

    The last judicial duel in France hinged on whether a woman could be believed.

    On a freezing December day in 1386, at an old priory in Paris that today is a museum of science and technology—a temple of human reason—an eager crowd of thousands gathered to watch two knights fight a duel to the death with lance and sword and dagger. A beautiful young noblewoman, dressed all in black and exposed to the crowd’s stares, anxiously awaited the outcome. The trial by combat would decide whether she had told the truth—and thus whether she would live or die. Like today, sexual assault and rape often went unpunished and even unreported in the Middle Ages. But a public accusation of rape, at the time a capital offense and often a cause for scandalous rumors endangering the honor of those involved, could have grave consequences for both accuser and accused, especially among the nobility.

    Marguerite de Carrouges, descended from an old and wealthy Norman family, had claimed that in January of that year she had been attacked and raped at her mother-in-law’s château by a squire (the rank below knighthood) named Jacques Le Gris, aided by one of his closest companions, one Adam Louvel. Marguerite’s father, Robert de Thibouville, had once betrayed the king of France, and some may have wondered whether this “traitor’s daughter” was in fact telling the truth.

    Marguerite’s husband, Sir Jean de Carrouges, a reputedly jealous and violent man—whose once close friendship with Le Gris had soured in recent years amid court rivalry and a protracted dispute over land—was traveling at the time of the alleged crime. But when he returned a few days later and heard his wife’s story, he angrily brought charges against Le Gris in the court of Count Pierre of Alençon, overlord to both men. Le Gris was the count’s favorite and his administrative right hand. A large and powerful man, Le Gris was well educated and very wealthy, though from an only recently ennobled family. He also had a reputation as a seducer—or worse. But the count, infuriated by the accusation against his favorite, declared at a legal hearing that Marguerite “must have dreamed it” and summarily dismissed the charges, ordering that “no further questions ever be raised about it.”

    Carrouges, without whom his wife could not even bring a case, resolutely rode off to Paris to appeal for justice to the king. A 1306 royal decree based on ancient precedent allowed the duel as a last resort for nobles involved in capital cases—e.g., murder, treason, and rape—but by now judicial duels were extremely rare. That July, at the old royal palace on the Île de la Cité, the knight formally challenged the squire, throwing down the gauntlet, as witnessed by the young Charles VI, many other royals, and the magistrates of the Parlement of Paris, the nation’s highest court.

    The challenge did not lead directly to a duel, however, but marked the start of a formal investigation by the Parlement, which would authorize a duel only if unable to reach a verdict on the basis of the available evidence. Over the next several months, famous lawyers were hired, witnesses were summoned, and testimony was gathered. Marguerite herself—now pregnant, perhaps as a result of the rape—came to Paris and testified in great detail about the alleged attack by Le Gris and his accomplice. “I fought him so desperately,” she claimed, “that he shouted to Louvel to come back and help him. They pinned me down and stuffed a capucium [a hood] over my mouth to silence me. I thought I was going to suffocate, and soon I couldn’t fight them anymore. Le Gris raped me.”

    Le Gris countered with a detailed alibi for not just the day in question but the entire week, calling numerous witnesses to establish his whereabouts in or near another town some twenty-five miles away. Le Gris’ attorney, the highly respected Jean Le Coq, kept notes in Latin that still survive, allowing us a glimpse into attorney-client discussions. Le Coq seems to have had some doubts about his client’s truthfulness, while admitting that this was the thorniest of “he said, she said” cases. Despite the lady’s many oaths, and those of the squire, he confided to his journal, “No one really knew the truth of the matter.”

    Photograph of Northern League leader Umberto Bossi smoking in his car, by Pier Marco Tacca, 2006.

    Northern League leader Umberto Bossi smoking in his car, Pavia, Italy, 2006. Photograph by Pier Marco Tacca. © Pier Marco Tacca / Getty Images.

    The Parlement ultimately failed to reach a verdict, and in September it officially ordered a trial by combat, where—in theory—God would assure a just outcome. If Carrouges won the duel, the couple would go free, their claims vindicated. But if Marguerite’s husband and champion lost, thus “proving” her accusation to be false, she too would be put to death. And not just any death. In accord with ancient tradition, she would be burned alive as a false accuser.

    By now the case had become a cause célèbre. The entire royal court was gossiping about the rape, the trial, and the likelihood of a duel. Beyond the court the dispute was being spoken of “as far as the most distant parts of the kingdom,” according to the chronicler Jean Frois­sart. News back then traveled, archival research has shown, at the rate of an average day’s journey by horseback: about thirty miles per day. Word of the scandalous affair spread far and wide via merchants, soldiers, itinerant clergy, and others who carried the latest tidings along the rutted roads to far-flung towns and villages.

    The mortal combat, set for December 29, promised to be the season’s highlight in the capital, as thousands of Parisians flocked to see it, and the young king and his court took their places in colorful viewing stands set up alongside the field at the monastery of Saint-Martin-des-Champs. Froissart portrays Marguerite, who had recently given birth to a son, praying to the Virgin as she anxiously awaits her fate. “I do not know,” he adds in a poignant aside, “for I never spoke with her, whether she had not often regretted having gone so far with the matter that she and her husband were in such grave danger—and then finally there was nothing for it but to await the outcome.”

    After many preliminary ceremonies decreed by tradition (an arms inspection, a series of solemn oaths, the requisite dubbing of Le Gris as a knight to make the combatants equal in rank, etc.), the duel began as a joust on horseback, with lances. The two combatants “sat their horses very prettily,” writes Froissart, “for both were skilled in arms. And the lords of France delighted to see it, for they had come to watch the two men fight.” Besides the resolution to a deadlocked legal case, the duel also provided eagerly anticipated blood sport for the nobility.

    After dismounting, Carrouges and Le Gris fought on foot with swords, “both very valiantly.” But Le Gris managed to get within Carrouges’ defenses and wound him in the thigh. “All who loved him were in a great fright,” adds the chronicler in what is the narrative equivalent of a cinematic reaction shot.

    Although now losing blood, Carrouges mounted a daring counterattack and “fought on so stoutly” that he managed to throw his opponent to the ground. Other accounts provide more technical detail, even suggesting that Le Gris slipped on his opponent’s blood. Froissart says simply that Carrouges “felled” his opponent and, “thrusting his sword into his body, killed him on the spot.”

    With the duel concluded, Froissart continues, “Jacques Le Gris’ body was delivered to the executioner of Paris, who dragged it to Montfaucon and hung it there.” For months afterward, at the great stone gibbet on the infamous hilltop outside the city’s northern gates, this grisly sight greeted any townsman or traveler passing by. The moral was plain: Le Gris rose in the world and then suddenly fell, he dominated but finally was vanquished, he committed a crime in secret and was publicly exposed. In the end the city expelled the contagion, and the body politic was cleansed.

    T
    he contest between Carrouges and Le Gris would turn out to be the last judicial duel sanctioned by the Parlement of Paris. In the six centuries after the quarrel ended, however, the moral that was to be derived from it changed considerably. Many skeptics—including chroniclers, historians, partisans, and even historical novelists—have cast doubt on the official verdict. Some have echoed Count Pierre’s dismissive decree, saying that Marguerite made it all up, perhaps to cover up an affair with another man. Some have suggested that her husband forced the story out of her to avenge himself on Le Gris, his former friend turned rival at court. And some, invoking the most popular theory, acknowledge the rape but say that Marguerite mistakenly accused the wrong man, an “honest” but tragic error that robbed Le Gris of his life, fortune, and good name.

    The theory of mistaken identity ultimately derives from two sources that began circulating more than a decade after the duel. The earlier of the two is the Saint-Denis Chronicle, an official royal history by the monk Michel Pintoin probably written around 1400. It states that Le Gris’ innocence “was later recognized by all, for a man condemned to death by the law confessed to having committed the heinous crime. When the lady learned this and realized that the error was her fault, she retreated to a convent after her husband’s death, vowing perpetual chastity.”

    It is one thing to slander, another to accuse.
    —Marcus Tullius Cicero, 56 BC

    A similar report with a significant difference of detail appears in Jean Juvénal des Ursins’ Histoire de Charles VI, written no earlier than the 1420s and perhaps closer to 1430. Born in 1388, two years after the fatal duel, Juvénal, a bishop, wrote at an even greater remove in time and may have been influenced by Pintoin’s account. He likewise claims that Marguerite had been deceived about her attacker’s identity, although the supposed “truth” comes out under rather different circumstances: “Later it was discovered that [Le Gris] had not really done it, but that it had been done by another, who died of illness in his bed and, at the moment of death, confessed before others that he had done the deed.”

    One ground for skepticism about these two reports—apart from their priestly sources, notoriously suspicious of women—is that each tells a substantially different story. One identifies the supposed felon as a condemned man about to be executed, the other as a sick man on his deathbed. And one includes the lady’s penitential retreat to a convent, while the other omits this finale. Furthermore, neither report has ever been independently corroborated, although the existence of two such reports, despite their differing details, may have allowed each to vouch for the other in the minds of those eager to believe them.

    The earlier, more detailed account of the supposed confession, in Pintoin’s chronicle, not only differs from the other but also diverges sharply from Marguerite’s official testimony before the Parlement in ways that make its scenario clearly impossible. According to Pintoin, Marguerite and her assailant dined together before the attack, and it was while showing him to his room for the night that he assaulted her. These details are wholly at odds with Marguerite’s court testimony about her assailant’s daytime visit, whose timing (if not its specific allegations) was corroborated by her mother-in-law’s departure that morning and her return a few hours later that same day. In his alibi, Le Gris himself cited the narrow window of time available for his alleged visit, strictly during daylight hours. And even if the assailant, as Pintoin claims, had actually (and contra the actual testimony) made his visit late in the day, it’s wholly unlikely that Marguerite, who must have been very familiar with her husband’s complaints against the squire, would have offered a meal and overnight lodging to her husband’s rival (or to a man she mistook for the same), especially during her husband’s absence.

    Centuries later the story of the “innocent” Le Gris falsely accused and forced to defend himself in a barbaric and unjust trial by combat was further popularized by Enlightenment thinkers. Diderot’s Encyclopédie and Voltaire’s Histoire du Parlement de Paris used the 1386 affair to denounce the supposed ignorance and cruelty of the Middle Ages. By the early nineteenth century, the notion that it all had been a case of mistaken identity was firmly established, as typified in an 1824 retelling by Norman historian and politician Louis Du Bois, who “explains” the supposed miscarriage of justice by speculating that the actual rapist “was a squire who doubtless bore some resemblance to the unfortunate Le Gris.”

    The mistaken-identity theory was also embraced abroad, as by American historian Henry Charles Lea, who in his influential 1866 study of medieval law, Superstition and Force, stated as a matter of fact that “Le Gris was subsequently proved innocent by the deathbed confession of the real offender.” Lea even faulted Froissart for having omitted any mention of the confession.

    Man with the Moneybag and Flatterers, by Pieter Brueghel the Younger, c. 1592. © HIP / Art Resource, NY.

    Man with the Moneybag and Flatterers, by Pieter Brueghel the Younger, c. 1592. © HIP / Art Resource, NY.

    A century and more after the philosophes had popularized the theory, it solidified as hard fact in authoritative encyclopedias. In an entry on duels, the Grand dictionnaire universel (1866–77), overseen by respected editor Pierre Larousse, describes the 1386 affair as “one of the most remarkable” in history, claiming that the wide belief in its injustice helped to bring the custom of trial by combat to a speedy end. The article offers a garbled, error-strewn version where, “in 1385,” Le Gris was accused of attacking the lady “by night,” with “his face masked,” as she awaited her husband’s return from the Holy Land. After the fatal duel, the “truth” comes out: “Sometime later, a criminal on the point of atoning for his other crimes confessed that he was guilty of the odious act of which Le Gris had been accused. This cruel error moved the Parlement to systematically reject all appeals for the duel…This was the end of judicial combat.”

    A similar story is retailed by the famed eleventh edition of the Encyclopedia Britannica (1910–11), which likewise gives the erroneous date of 1385 and has the rapist attacking the lady by night, although here “in the guise of her husband” as she awaits his return from the Crusades—an implausible bed trick recalling the story of Martin Guerre. The denouement, too, echoes the Grande dictionnaire: “Not long after, a criminal arrested for some other offense confessed himself to be the author of the outrage. No institution could long survive so open a confutation, and it was annulled by the Parlement.”

    Popular historical fiction abetted the theory of mistaken identity, exploiting its shock effect. An elaborate example appeared in 1829, just a few years after Du Bois’ conjecture that the accused squire had been mistaken for a look-alike, in L’historial du jongleur, an anonymous collection of “medieval” tales. The forty-page story “Le jugement de Dieu” begins with throngs of excited, gossiping Parisians arriving at Saint-Martin’s field to watch the long-awaited duel. As might be expected, the deadly trial by combat before the huge crowd of spectators unfolds with genuine drama and suspense. But then, just moments after Carrouges has killed Le Gris on the battlefield, a dusty courier rides up with the astounding news that another man has confessed to the crime—news that is now too late to save the innocent Le Gris. What sets this version apart, besides its unusual length, is how quickly the judicial “error” on the battlefield is revealed by the sudden arrival of the “truth.” Rather than a belated discovery taking many years—as in the chronicles—it’s just a matter of minutes from Le Gris’ death to the “proof” of his innocence.

    A
    part from the dubious, sketchy, and inconsistent reports in the two chronicles, no external evidence for this hazy legend has ever been offered in support of the oft-told tale of a last-minute confession by the “true” culprit. It’s strange that so many authorities seem to have been untroubled by the obvious factual errors in these reports, their mutual inconsistencies, or the lack of any corroborating evidence. If there are reasons for believing in the possibility of Le Gris’ innocence, the doubtful story of a belated confession by another man certainly is not and never has been one of them.

    Despite the claims of naysayers and novelizers, Marguerite’s testimony suggests that she was almost certainly not mistaken about the identity of her attackers. That testimony takes up nearly a thousand words of Latin in the Parlement’s official summary of the case, preserved today at the Archives Nationales, on the Right Bank, in the Marais, a short walk from the old priory where the battle unfolded on that cold winter day.

    Marguerite testified repeatedly under oath that on a certain day in January 1386—Thursday the eighteenth—she was attacked by the two men, Le Gris and Louvel. This happened, she said, in the morning hours at the modest château of her widowed mother-in-law, Nicole de Carrouges, on a remote Normandy estate known as Capomesnil, about twelve miles southwest of Lisieux. At the time of the attack, Jean de Carrouges was away on a trip to Paris from which he would return a few days later. Nicole, in whose care Jean had left his wife, was also absent for part of the day in question, having been called away on legal business to the nearby abbey town of Saint-Pierre. Marguerite claimed that Nicole took with her nearly all of the household servants, including a maidservant whom Jean had specifically instructed never to leave Marguerite’s side, thus leaving Marguerite “virtually alone.”

    Marguerite also testified that Adam Louvel was the first to arrive at the château, and that he began his visit by urging her to ask her husband to extend the term of an outstanding loan for one hundred gold francs. Louvel then added a greeting from Jacques Le Gris, who he said “greatly admired her” and was eager to speak with her. Marguerite replied that she had no wish to speak with Le Gris, and that Louvel should stop his overtures at once.

    The Murder of Patrona Halil and His Fellow Rebels, by Jean Baptiste Vanmour, c. 1730. Rijksmuseum.

    At this point Le Gris himself suddenly entered the château’s hall (aulam, probably referring to the main chamber or “great hall” where guests were typically received). Greeting Marguerite, he declared that she was “the lady of all the land,” that he loved her the most and would do anything for her. When Marguerite told Le Gris that he must not speak to her in this way, he seized her by the hand, forced her to sit down beside him on a bench, and told her that he knew all about her husband’s recent money troubles, offering to pay her well. When Marguerite adamantly refused his offer, saying she had no wish for his money, the violence escalated.

    The two men seized her by the arms and legs, she testified, and dragged her up a nearby stairway, while she struggled and shouted for help. Forced into an upstairs bedroom, she tried to escape by running through a door at the other end of the room but was blocked from doing so by Le Gris. The squire then threw her onto a bed but could not hold her down without help from Louvel, who rushed back into the room on Le Gris’ orders to help his friend subdue and finally rape Marguerite. She continued shouting for help, she says, until silenced by Le Gris’ hood.

    As noted in the 1850s by the Norman historian Alfred de Caix, one of the few to credit her story, Marguerite’s testimony is impressively “circumstantial and detailed.” Certain details in her account raise serious problems for the mistaken-identity theory. In particular, Marguerite testified that she saw both men in the light of day, that Louvel specifically mentioned Le Gris by name before the latter appeared shortly afterward, and that she spoke with both men at some length before they attacked her. Marguerite’s claim that Louvel mentioned Le Gris by name is especially telling, for it is hard to fit this detail into a plausible scenario in which she is genuinely mistaken, as many have claimed she was, about the identity of her assailants, particularly Le Gris.

    In his own defense, Le Gris claimed that Nicole had found nothing amiss upon her return and didn’t believe her daughter-in-law’s later allegations. In court, he also claimed to have seen Marguerite only twice in his entire life: during the Parlement’s official inquiry, and also “not less than two years earlier” at a social gathering at the home of a mutual friend, Jean Crespin, where Carrouges and Le Gris apparently put aside their recent quarrels and Carrouges ordered his wife to kiss Le Gris as a sign of renewed friendship.

    So the mistaken-identity theory has in its favor Marguerite’s relative unfamiliarity with Le Gris’ physical appearance at the time of the alleged rape in January 1386, over a year after Marguerite had first met and seen Le Gris at Crespin’s. Still, the theory cannot plausibly account for Louvel’s having named Le Gris while in conversation with Marguerite. Louvel’s naming of Le Gris just prior to the squire’s own arrival would seem to put Le Gris indisputably there—unless Marguerite’s story was a deliberate fabrication.

    It’s also significant that the Parlement of Paris found Marguerite’s story credible enough to vacate Count Pierre’s official exoneration of Le Gris and to authorize the rare judicial duel, whose official purpose, however doubtful the procedure may seem today, was to determine the truth in cases where witness testimony and other evidence was insufficient for reaching a verdict. Marguerite’s story must have seemed at least plausible to the magistrates who ordered the duel, something the Parlement had not done for over thirty years in a rape case.

    I
    f the mistaken-identity theory is wrong, that forces us back onto the sharp horns of a dilemma: Was Marguerite lying, or was she telling the truth? The view that Marguerite was lying—a conjecture unsupported by any evidence, apart from Le Gris’ dubious alibi—holds either that she concocted the rape story herself, perhaps to cover an adultery, or that it was extorted from her by her opportunistic husband in order to avenge himself on his rival. The latter explanation is the very one that Le Gris put forward in his own defense, and it has been echoed by at least one modern historian as recently as 1992. In his book Tales of the Marriage Bed from Medieval France, R.C. Famiglietti claimed that Carrouges, after learning that Marguerite had been raped, “resolved to turn the rape to his advantage” and “forced his wife to agree to accuse Jacques of having been the man who raped her.” In this view, Marguerite accused the wrong man not in honest error but in knowing collusion (or fearful compliance) with her husband. And her court testimony is reduced to nothing more than her husband’s “script”—as Famiglietti calls it—for destroying his hated rival.

    A bad reputation is easy to come by, painful to bear, and difficult to clear.
    —Hesiod, 700 BC

    The fly in this ointment is another aspect of Marguerite’s testimony that has not been given due attention—namely, the inclusion of Adam Louvel in the criminal charges. Given the absence of any witnesses in her own favor, Marguerite’s accusations against Louvel were a gratuitous and risky addition to her testimony if her story of the attack and rape was indeed a deliberate lie. The more complicated her story, the more vulnerable it was to challenge; including Adam Louvel in the charges simply added to her burden of proof. Only Le Gris’ alibi survives in the court records, but if Louvel had separate witnesses who placed him elsewhere at the time of the crime, their testimony would have exonerated Le Gris as well, just as Le Gris’ alibi would have helped exonerate Louvel. Two separate alibis are harder to disprove than one. And two suspects are harder to convict than one, unless they can be turned against each other. Yet Adam Louvel reportedly confessed to nothing, not even under torture. But if Marguerite’s story is true and Le Gris was guilty as charged, why did the squire increase his risk of being found out by bringing an accomplice in the first place?

    This tangled and still-controversial case leaves many tantalizing questions, not least of all why Jacques Le Gris did it, if indeed he did. And if the Parlement of Paris could not establish even the basic facts, there’s little chance of our discovering hidden motives all of these centuries later. But the doubts greeting Marguerite’s scandalous story, the initial rejection of her claims in court, and the shadow cast over her reputation by the later chronicle accounts are not so different from the skepticism and prejudice faced by more recent victims of sexual assault. Much as Le Gris is said to have silenced Marguerite with his hood, a legion of clerics, historians, and partisans managed to muffle and stifle her story with vague rumors and inconsistent reports that have shrouded the matter almost to the present day.

    Yet the case does reveal the way in which scandal, as a cousin to the word slander (both derive from the Old French escandle), ultimately resides in the spoken or written word, whether in the gossip of neighbors or the hearsay of the chronicler. Historical scandals, much like the contemporary ones filling our tabloids, news sites, and now-ubiquitous Facebook feeds, are built on a widely shared sense of certainty about “what really happened”—a feeling that often belies the elusive truth. While some touched by scandal may resurrect their lives and reputations, others never will: what happened, or is said to have happened, may follow them even through the pages of history.

    #viol #culture_du_viol #violophilie #duel #metoo #historicisation

    Il y a une église de Sainte Marguerite de Carrouges en normandie

    • Ben, je croyais que le dernier duel judiciaire en France était celui opposant M. de Jarnac à Lachâtaigneraye, le 10 juillet 1547.

      D’ailleurs, WP dit bien,…

      Duel judiciaire — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Duel_judiciaire

      En France, l’un des tout derniers duels judiciaires autorisés a lieu fin décembre 1386, à Paris, ordonné par la chambre des seigneurs du parlement de Paris et approuvé par Charles VI.
      […]
      Le dernier duel à être autorisé publiquement a lieu le 10 juillet 1547 au château de Saint-Germain-en-Laye : il oppose Guy Chabot de Jarnac à François de Vivonne, à la suite d’une demande de Jarnac au roi Henri II de pouvoir venger son honneur.

    • Pas étonnant que l’histoire de France et wikipédia l’ai oublié vu que ca concerne une femme.
      du coup j’ajoute #invisibilisation et wikipédia dit "un des derniers" du coup c’est pas le dernier, c’est seulement le dernier qui compte car il n’implique aucune femme.

      Ah mais c’est pire que ca ! J’avais pas fini de lire "Des siècles plus tard, l’histoire des « innocents » Le Gris faussement accusés et forcés de se défendre dans un procès barbare et injuste au combat a été davantage popularisée par les penseurs des Lumières. L’Encyclopédie de Diderot et l’Histoire du Parlement de Paris de Voltaire se sont servis de l’affaire de 1386 pour dénoncer l’ignorance et la cruauté supposées du Moyen Âge." - (je vais chercher ca )

    • Mais si le mari et le champion de Marguerite perdaient, prouvant ainsi que son accusation était fausse, elle aussi serait mise à mort. Et pas n’importe quelle mort. Conformément à la tradition ancienne, elle serait brûlée vive en tant que fausse accusatrice.

      @simplicissimus pendant que tu passe par ici. Je cherche depuis un moment une histoire que j’avais entendu dans une conf écouté sur la chaine youtube de la cour de cassassions qui mentionnant un certain Othon (1er ? )qui rendait la justice dans une histoire impliquant le viol de l’épouse du plaignant et s’étant tromper il avait fait punir sa propre épouse en réparation. Est-ce que ca te dit quelquechose ? Dans mes recherches pour étayé cette histoire j’ai fait choux blancs.

    • Au-delà des apparences : Jean Froissart et l’affaire de la dame de Carrouges
      https://journals.openedition.org/crm/13079
      Il y a quand même une fiche wiki sur ce duel
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Duel_Carrouges-Legris
      Et comme d’hab « Une autre école émet l’hypothèse que Jacques Legris était innocent. Les éléments de preuve apportés par le comte d’Alençon semblent crédibles[interprétation personnelle]. » Cette affirmation non sourcée n’est pas supprimé car on y valide la culture du viol.

      –—
      Louis de Carbonnières. La procédure devant la chambre criminelle du parlement de Paris au XIVe siècle [compte-rendu]

      https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_2007_num_165_1_463497_t10_0221_0000_3

    • Mais si l’histoire de Marguerite est vraie et que Le Gris a été reconnu coupable, pourquoi l’écuyer a-t-il accru son risque d’être découvert en faisant appel à un complice ?

      Celle ci est bien typique du point de vue masculin de l’historien ! La réponse est d’une simplicité déconcertante et il le dit lui même au début. En 1380 comme en 2020 tu peu violer peindard même en bande tu risque pas grand chose.
      « Comme aujourd’hui, les agressions sexuelles et les viols sont souvent restés impunis et même non signalés au Moyen Âge. »
      et « L’histoire de Marguerite a dû sembler au moins plausible aux magistrats qui ont ordonné le duel, ce que le Parlement n’avait pas fait depuis plus de trente ans dans une affaire de viol. » et « Mais si le mari et le champion de Marguerite perdaient, prouvant ainsi que son accusation était fausse, elle aussi serait mise à mort. Et pas n’importe quelle mort. Conformément à la tradition ancienne, elle serait brûlée vive en tant que fausse accusatrice. » ce qui est tout de même bien pire que de mourrir dans un duel ! Mais l’historien se demande comment le violeur à pris le risque de violer avec son pote et trouve que c’est en faveur du violeur ...

      #male_gaze

    • Pour l’église Saint Marguerite de Carrouges c’est pas que cette femme violée ai été cannonisé (les curés font parti de ceux qui l’accusent de mentir) mais le village de Sainte Marguerite avait pour seigneur un Carrouges (probablement de la même famille que cette femme).

    • Centuries later the story of the “innocent” Le Gris falsely accused and forced to defend himself in a barbaric and unjust trial by combat was further popularized by Enlightenment thinkers. Diderot’s Encyclopédie and Voltaire’s Histoire du Parlement de Paris used the 1386 affair to denounce the supposed ignorance and cruelty of the Middle Ages.

      « Le duel entre Carrouges et Legris est très documenté, il est notamment mentionné par Brantôme, Diderot et d’autres. Ce duel est souvent cité en exemple comme l’illustration d’une injustice profonde : Voltaire s’en sert ainsi pour faire du jugement de Dieu une injustice. »
      http://cornucopia16.com/blog/2014/01/20/compte-rendu-de-la-septieme-seance-de-chorea

      #déni

    • Cinq siècles durant, les descendants de Le Gris dénoncèrent ce jugement de Dieu comme une erreur judiciaire.

      Ce jugement de Dieu fut le dernier autorisé en France. Il y eu bien des demandes de procès par combat soumises au Parlement de Paris mais aucune ne put déboucher sur un duel de Jugement de Dieu et plus aucun duel n’opposa des nobles en mettant en jeu le salut de leur âme immortelle.

      Comment fabrique t-on une légende ? :

      Jean Froissard, le chroniqueur qui écrivit vers 1390 affirme que le roi et la foule se réjouirent de l’issue du duel mais l’avocat de Le Gris affirme que les avis étaient très partagés.
      La chronique de Saint Denis, compilation en latin datant de 10 à 15 ans après le duel, affirme que Marguerite avait eu tort mais avait été de bonne foi et qu’un criminel avait avoué le crime par la suite.
      Autour de 1430, Jean Juvenal des Ursins répéta ce récit dans sa chronique française en mettant en scène, à la place du criminel, un mourant sur son lit.

      La légende de l’accusation fausse, du châtiment injuste et de la révélation tardive eut la vie dure.

      Marguerite avait juré avoir vu Le Gris et Adam Louvel en pleine lumière, parlé un certain temps avec eux avant d’être attaquée. Mais surtout Marguerite avait mis en cause deux hommes ce qui rend invraisemblable la confession tardive d’un seul coupable. De plus, l’hypothèse du mensonge de Marguerite, avec ou sans la contrainte de Carrouges, se heurte à l’inclusion d’Adam Louvel dans l’accusation. C’était ajouter un risque supplémentaire, une histoire plus compliquée.

      Cette idée que Marguerite aurait accusé de bonne foi un innocent pour s’apercevoir ensuite de son erreur est un mythe construit par une société chevaleresque troublée par les doutes jamais ôtés sur la culpabilité ou l’innocence des trois acteurs.

      Et cette légende qui innocente tout le monde survécut :
      Elle est mentionnée dans l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert (1767) où il est dit que Le Gris fut condamné à tort et un criminel découvert ensuite.
      De la même façon, elle est citée par Voltaire. Embarassed
      Louis Du Bois, en 1824, dans son récit de l’histoire normande, répète la légende en précisant que Marguerite avait confondu un homme très ressemblant avec Le Gris et qu’elle se fit ensuite religieuse par désespoir.
      En 1848, Auguste Le Prevost publie une histoire de Saint Martin du Tilleul ayant appartenu au père de Marguerite. Lui, affirme que Marguerite disait juste, que Le Gris était coupable et il constate que depuis le Moyen-Age, sa culpabilité a été souvent remise en cause car la cour du roi Charles VI était favorable à Le Gris, hostile à Marguerite et il déplore que les historiens contemporains suivent cette pente en rappelant que l’indignation d’une femme avait peu de poids dans cette cour du Moyen-Age et qu’avait été rappelée par Le Gris la traîtrise du père de Marguerite, Robert de Thibouville. Le Prevost rappelle alors les notes de Jean le Coq : « après avoir exposé avec une grande loyauté les arguments dans les 2 sens, c’est contre son client qu’il fait pencher la balance ».

      A l’inverse,vers 1890, F. Le Grix White, qui se disait descendant de Le Gris, conteste certains détails de la chronique de Froissart mais croit dans les aveux d’un autre homme.

      Malgré l’insistance d’Auguste Le Prevost qui incite à relire les sources premières, la 11ème édition de l’Encyclopedia Britannica (1910) transforme le récit comme un duel ayant fait perdre toute foi dans le Jugement de Dieu : un certain Legris accusé par la femme de Carrouges de s’être introduit chez elle, en se faisant passer pour son mari dont elle attendait le retour des croisades, la viola. Le Parlement de Paris ordonna un duel où Le Gris vaincu fut pendu puis, peu après, un criminel accusé pour un autre crime, avoua être l’auteur du viol et la décision fut annulée par le Parlement. (!!!)

      Dans les années 1970, la même Encyclopedia Britannica relate le même récit mais en précisant que Marguerite fut « séduite ».
      Finalement, ce récit disparaît de la 15ème édition de l’Encyclopedia Britannica mais sans aucun rectificatif.

      http://lebaldeversailles.forum-actif.eu/t2388-le-dernier-jugement-de-dieu

      « Et cette légende qui innocente tout le monde survécut »
      Non la légende n’innocente pas tout le monde, elle innocente tout le monde avec un pénis. Et elle fait de Marguerite de Carrouges une menteuse adultère puisque du viol il y eu un enfant...

    • Je t’ai pas fournis beaucoup d’éléments faut dire. Otton 1er c’est probablement pas la période la mieux documenté
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Otton_Ier_(empereur_du_Saint-Empire)
      Il a eu deux femmes Otton (mais c’etait peut etre des hommes car wikipédia les indique comme conjoint au masculin)
      Édith d’Angleterre (1) - on sais juste qu’elle est morte brutalement et qu’il en était peiné
      Adélaïde de Bourgogne (2) - morte après son époux en 999

      ca va pas etre facile de trouvé cette histoire car wikipédia dit :
      « La justice reste une prérogative royale mais Otton n’a pas de cour suprême pour l’aider dans cette tâche. Elle est rendue par oral. »

      trouvé au passage = les femmes de l’an mille
      https://books.google.fr/books?id=c8dXDwAAQBAJ&pg=PT267&lpg=PT267&dq=edith+d%27angleterre+mort+o

    • Ah j’ai trouvé c’etait Othon III pas Othon Ier !

      Le théologien augustinien Jan van Haeght, chargé de trouver un thème adéquat, choisit la légende de la justice de l’empereur Otton III. Suivant cette légende, Otton III fit décapiter un comte, faussement accusé de tentative de séduction par l’impératrice, après qu’elle eut elle-même tenté en vain de conquérir celui-ci. Avant l’exécution, la comtesse promit à son époux de prouver son innocence en subissant l’épreuve du feu. C’est ainsi qu’après la décollation, elle démontra que l’accusation était fausse en tenant en main, sans se brûler, une barre de fer incandescente. Convaincu par ce jugement de Dieu, Otton III condamna sa propre épouse au bûcher. En allant jusqu’à la sacrifier, il se comporta en juge intègre.

      https://artsandculture.google.com/asset/justice-of-emperor-otto-iii-beheading-of-the-innocent-count-and-ordeal-by-fire-dirk-bouts/5AGtQbEd3j5HnA?hl=fr
      https://lh3.ggpht.com/Ght-fZiu57y-n5cQ8Qmlki5r6zXj82BgngQQZur8xKCUJqS2Brbjd0tXaMMV=s1200


      Dirk Bouts, La justice de l’empereur Otton III : Le supplice du comte innocent et L’épreuve du feu
      Dirk Boutscirca 1473-1475

      pour l’icono de Bouts voire ici
      http://kerdonis.fr/ZBOUTS01
      et sur cette page il y a le supplice de Saint Érasme aussi c’est mon martyre préféré !

      Mon souvenir avait déformé l’histoire, ici il est aussi question de viol, ou tentative de viol (qu’on appel séduction chez les historiens) et donc on retrouve cette fois la condamnation à laquelle Marguerite de Carrouges à échappé... parce que l’épouse du violeur à résisté à la torture...

    • oui, #brava @mad_meg !
      la recherche, c’est comme le vélo, ça s’apprend en allant ; plus on en fait, plus on trouve ;-)

      sinon, les tentatives de séduction faussement dénoncées par de viles manipulatrices, ça ne nous rajeunit pas ! Au moins Joseph et la femme de Putiphar dans la Genèse, mais ça ne m’étonnerait pas qu’il y en ait des versions encore antérieures.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_et_la_femme_de_Putiphar

    • Il me résistais depuis longtemps ce teuton d’Othon !
      Pour la femme sans nom de Putiphar, ca doit être aussi vieux que la culture du viol. Les femmes mentent toujours et le viol ca n’existe pas. Même au XXIeme on donne aux violeurs des Césars et des prix Renaudot pour les félicité.

      et pour l’antériorité du viol de Mme Putiphare il y a le conte des deux frères
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Conte_des_deux_fr%C3%A8res

      Le soir venu Bata mène le bétail à l’étable et Anubis rentre chez lui auprès de sa femme. Mais la maison est plongée dans le noir. La lumière est éteinte et le repas du soir n’est pas préparé. Dans la crainte d’une dénonciation, l’épouse qui a été prise de désir, dans sa panique, s’est enduite de graisse et de suif pour faire croire qu’elle a été battue. La femme dit à Anubis que Bata a voulu la séduire mais que devant son refus, il l’a battue. Elle ajoute que si Anubis permet à Bata de continuer à vivre, elle se tuera avant que ce dernier ne s’en prenne à elle.

      –-

      Le Conte des deux frères est une histoire égyptienne qui date du règne de Séthi II, qui régna au XIIe siècle avant notre ère à la XIXe dynastie (Nouvel Empire). L’histoire est consignée dans le papyrus d’Orbiney, actuellement conservé au British Museum qui l’a acquis en 1857.

      Plus vieux il y aura peut etre des tablettes akkadiennes mais pour aller plus loin dans le temps ca va etre difficile sans la machine de H.G.Wells

    • J’y ai repensé et il y a peut etre la chaste Suzanne mais elle à pas subit de viol, plutot une agression sexuelle car pour le viol en fait si la femme survie c’est qu’elle est coupable de mentir.
      Et les peintres s’en sont donné à cœur joie niveau culture du viol aussi sur ce motif
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Suzanne_et_les_Vieillards

      cc @antoine1 et @touti peut être que tout ceci vous intéressera.

  • Tous les virus ne sont pas microscopiques... Le masculinisme a muté et est devenu une guerre menée via les réseaux sociaux par des « moralistes » anonymes qui ciblent les féministes les plus visibles et leurs organisations, à qui on veut retirer tout droit de parole et d’association.
    C’est Marc Lépine qui serait fier de ses nouveaux émules... Lire SUZANNE MOORE, traduite sur TRADFEM : https://tradfem.wordpress.com/2020/04/01/suzanne-moore-les-femmes-doivent-avoir-le-droit-de-sorganiser-ent

    • La censure dont a été victime Selina Todd ce week-end doit nous alerter. Il nous faut protéger les droits des femmes biologiques.

      J’avoue n’avoir pas lu le texte mais seulement l’accroche que je met ici. Je suis pas trop fana de l’expression femme biologique, pourquoi ne pas dire « femelles humaines » ?

      Femme un mot chargé en #mâle_gaze car par exemple les lesbiennes ne sont pas des femmes (Wittig) et on (des mâles humains) m’a dit beaucoup de fois que je suis pas une vrai femme (car trop jeune, trop vieille, pas mère, pas bandante, pas gentille...) alors qu’on va pas me contesté que je suis une femelle et les femmes trans peuvent être des femme, si elles collent au stéréotypes qui font bander les mâles hétéros mais elles ne pourrons jamais devenir des femelles.
      Femme biologique c’est une expression paradoxale, car etre une femme c’est une construction qui n’est pas biologique c’est une expression de domination masculine (femme = épouse = propriété d’un paterfamilias) alors que femelle humaine c’est claire, il y a de la biologie, de l’animal (car on est de bêtes) et des bêtes femelles d’une certaine espèce et pas du bétail pour paterfamilias comme sous entend le mot femme. Après que des mâles aient envie de devenir du bétail pour paterfamilias finalement qu’est ce qu’on en à a faire ? Perso je lutte pour les femelles humaines, les mâles qui veulent être du bétail pour paterfamilias ne m’intéresse pas. Et les femmes trans lesbiennes ne sont pas des femmes puisque les lesbiennes ne sont pas des femmes et les lesbiennes cis par contre sont bien des femelles. Enfin pour les hommes trans, c’est encore des femelles même si ils veulent collé au stéréotype du propriétaire de bétail « femme ». Je leur garde un peu de sororité dans la mesure ou c’est pas des femelles de droite, auteur de féminicide, prostitueur et autre saleté que font les hommes avec leurs privilèges.

    • Ça m’interroge aussi comment bien parler de ces sujets, notamment avec les controverses entre féminisme et trans-activisme, car avec les mots multi-sémantiques, et qui suivant le contexte et l’époque et qui les utilise veulent pas dire la même chose, c’est compliqué.

      En général, dans les féminismes (dans plusieurs féminismes différents quoi, dans la majorité), « féminité » c’est bien une construction sociale. Mais par contre les mêmes personnes féministes utilisent « femme » parfois dans le sens « personne correspondant aux stéréotypes du féminin » (donc les femmes trans sont bien des femmes), et parfois dans le sens « femelle » humain, née avec les organes femelles (quand bien même il existe des exceptions, comme dans absolument tout, chez les humains la norme reste binaire).

      Du coup oui, possible que parler plus souvent de « femelles » peut être une solution. Mais ça reste « pas naturel » car ça fait très animaux pour la plupart des gens.

    • le sexe n’est pas une donnée matérielle mais une simple assignation

      Je ne supporte plus l’expression « assigné·e F ou H à la naissance » quand il s’agit de personnes cisgenre. Comme si cette assignation était un acte arbitraire qu’il s’agissait de « déconstruire ». C’est peut-être comme ça que le ressentent des personnes intersexe et trans, mais pour les personnes cis comme moi c’est de l’abus, de faire de tou·tes des gendernauts (plus du tout occupé·es de féminisme et de justice mais de faire valoir leur identité perso). Parler de socialisation me semble plus juste et on a vu que ça vaut aussi pour les nourrissons.

      Je connais les conséquences d’une condamnation pour transphobie lors d’un procès invisible sur les réseaux sociaux. Dans mon cas, cela a été synonyme de menace de viol et de mort sur moi et les enfants, avec l’intervention de la police. (...) Pendant que Polanski recevait un César, Todd était obligée de se taire.

      Ça n’a rien à voir (ou alors de très loin, parce que les mêmes réseaux qui arrivent à faire valoir les droits des trans échouent à faire cesser la reconnaissance excessive témoignée à Polanski) mais ça a de quoi interroger. Et oui, c’est hallucinant que sous prétexte de féminisme des femmes cis soient frappées par des mecs cis ou mecs non-binaires, encore plus qu’elles subissent des #violences_masculines typiques ou menaces de. De mecs qui se disent plus féministes que des féministes. Et qui en profitent pour se refaire leur feminist cred (de proféministes de merde, la posture d’allié ne sert pas à ça).

      On ne parle jamais d’hommes qui devraient laisser un espace aux hommes trans. Ce sont une fois encore les femmes qui doivent céder.

      Nous sommes une majorité à souhaiter la meilleure vie possible à la petite minorité de personnes trans. Cette vie que nous leur souhaitons est une vie sans violence masculine. Les pires violences que subissent les trans ne sont pas le fait de féministes, contrairement à ce que l’on pourrait penser si l’on s’en tient aux accusations sur twitter.

      Les femmes doivent se protéger de la violence masculine, ce pourquoi nous réclamons des espaces en non-mixité. Ce besoin de protection doit être garanti pour les femmes les plus vulnérables, notamment celles qui vivent dans des centres d’hébergement d’urgence et les détenues. Il s’agit encore et toujours du patriarcat à l’oeuvre. D’ailleurs, comment en sommes-nous arrivés à ces nombres affolants et sans cesse croissants de jeunes filles qui demandent à se faire prescrire des traitements contre les troubles de la dysphorie du genre, alors qu’un nombre non négligeable d’entre elles finissent par regretter d’avoir eu recours à un dispositif qui les a rendues stériles ?

      Les femmes ont le droit de dénoncer les violeurs. Nous avons le droit de nous exprimer et de nous organiser sans nous entendre dire que nous exprimer est, en soi, dangereux. Continuez de me dire d’aller « crever au fond d’un fossé » et de me traiter de « terf », vous ne serez pas les premiers : quoique vous disiez, je m’identifie comme une femme qui ne compte pas se tenir tranquille.

    • D’ac avec Antonin pour trouver abusive cette notion d’assignation du sexe, alors qu’il s’agit d’une simple observation par le ou la médecin, exacte dans 99% des cas. Ce sont les stéréotypes de genre qui sont assignés, plus tard, et l’idéologie trans tend à enchâsser ces stéréotypes. La situation me semble appeler un débrouillage sémantique. Les féministes que nous traduisons rejettent le terme « femme trans » que s’est approprié la frange militante/masculiniste des hommes qui disent « s’identifier comme » femmes, Et la très grande majorité des féministes rejettent aussi le label « cisgenre » qui suggère que l’ensemble des non-trans s’identifiant aux stéréotypes accollés à leur sexe (rien de plus faux, surtout dans le cas des féministes) et y voient une OPA démontrable contre les femmes et leurs droits. Ce sont plutôt des femmes aux opinions « libérales » qui se laissent convaincre de se qualifier de « cisgenres », laissant l’appellation femme dériver vers laune identité purement sociale et choisie plutôt que marquée par la biologie et imposée par le patriarcat, contrairement à l’idéologie du ressenti et d’un libre choix ouvert aux hommes. Enfin, c’est c que j’en comprends - et je suis particulièrement prudent des tentatives mascuines de jouer « les féminismes » l’un contre l’autre sur la base de définitions plus polémistes qu’objectives...

    • Pardon, j’essaie d’habitude de faire la différence entre cissexuel·le et cisgenre et d’utiliser les deux dans leur sens le plus précis. Une certaine autrice que je connais bien a été présentée comme « cissexuelle et cisgenre » par des activistes pro-trans qui voulaient virer son bouquin des rayons d’une librairie anarchiste. Je la connais assez bien pour savoir qu’elle est cissexuelle (née femelle, identité sociale féminine) mais pas cisgenre (elle est régulièrement mégenrée et a une expression de genre ambiguë) et d’ailleurs il n’y a peut-être que Ken et Barbie qui sont cisgenre parce que les personnes qui se disent non-binaires et les personnes trans ne sont pas les seules personnes qui galèrent avec les normes de genre.

      En revanche, je dis « femme trans » et « homme trans » par souci d’apaisement, parce que je trouve très violent de dire « trans femme » comme vous faites quand ce mot est si investi par des personnes.

      Mais je refuse de dire « trou de devant » et « trou de derrière » comme si les femmes n’avaient que des trous à foutre (pourquoi pas trou du haut qui accessoirement sert à autre chose qu’à tailler des pipes ?), comme si un vagin (vestibule de l’appareil reproductif femelle) et un anus (sortie de l’appareil digestif) n’étaient que des orifices dédiés à la pénétration sexuelle et que leur fonction propre était secondaire.

      De même, je refuse de parler en général de « personnes » enceintes ou qui ont leurs règles. Ces personnes sont assez souvent des femmes pour ne pas les invisibiliser. Voilà comment j’essaie de m’accommoder, rester audible, « faire violence » le moins possible.

    • Mais sur ces questions, entre les automatismes (moi qui dis « cisgenre » par manque de diligence) et le langage identitaire qu’on répète parce que c’est comme ça qu’il faut parler (1), c’est peu de dire que beaucoup de paroles sont devenues insensées.

      (1) Par exemple j’ai vu apparaître « mixité choisie » parce que « non-mixité » semblait trop dur et pas si vrai puisqu’il y a d’autres mixités que de genre. Ok. Mais maintenant on dit « non-mixité choisie » parce que personne ne comprenait « mixité choisie » ou parce que des meufs qui ont confondu avec « non-mixité » l’ont répété plus souvent. L’impression d’être dans une volière de perroquets des fois. Ce serait drôle si les personnes qui utilisent des termes « problématiques » ne se faisaient pas assassiner avant qu’on comprenne si :
      –c’était simple ignorance ;
      –c’était de la méchanceté ;
      –elle a des arguments audibles.

    • Je crois qu’il y a beaucoup de mauvaise foi chez ceux qui combattent pour imposer leur idéologie et qu’il ne faut pas perdre trop de temps à chercher à les « apaiser ». Ce qui est en cause pour les femmes dans leur désir d’espaces où des hommes (bio) ne s’imposent pas, c’est tout simplement la liberté d’association, qui a toujours été combattue par les dominants de race ou de genre. Que penserait-on par exemple de Blanc-hes qui s’identifieraient comme Noir-es et chercheraient à imposer cette perception aux Noir.-es pour éluder la position dominante des Blanc-hes ? Il est bien pratique, lorsque des hiérarchies deviennent dénoncées, de se dre « non-binaires » pour esquiver cette critique, comme a tenté de le faire Arnaud Gauthier-Fawas à « Arrêt sur images » l’an dernier.

    • D’accord avec ce que vous dites tou·tes le 3 il me semble pas y avoir de grosse contradiction entre ce que nous disons ici.
      Revenir à femelle et mâle ca me semble clarifié pas mal les choses par rapport aux questions trans et sans cherché l’apaisement des personnes trans et allié·es de mauvaise foi.
      Le truc qui me chiffonne par contre c’est la récupération opportuniste des intersexes par les trans et allié·es. Les intersexe n’ont absolument pas les mêmes problématiques que les trans et pour elleux la question de l’assignation à un sexe se pose puisqu’illes sont intersexe justement et qu’on les mutile contre leur volonté pour les assigné·es de force à un sexe ou l’autre alors que les trans sont soit mâle soit femelle et ce sont elleux qui s’assignent tout·es seule en se cachant derrière les intersexes qui sont du coup devenus invisible. J’ai vu arrivé les questions d’assignation avec Anne-Fausto-Stearling qui parlait des intersexes et très rapidement les trans se sont emparé de ce vocabulaire pour servir leur intérêt individualiste et cela au détriment des intersexes et des femmes-femelles et au bénéfice des hommes-mâles.

      J’en parlais il y a pas longtemps avec une féministe qui me parlait d’Océan. J’ai essayé de lui expliqué qu’à mes yeux Océan c’est un auteur de féminicide, il a tué la lesbienne invisible, pire il l’a annihilé totalement comme si on avait même plus le droit de l’évoqué sans commetre un crime de lèse transidentité et je voie pas ce qui est super à anihilé la seule lesbienne qui faisait des one-woman-show en france un peu visible du grand public pour la remplacer par un homme hétéro fut-il trans.
      La discutions c’est arrêté là elle n’a pas voulu répondre à ma question et on a changé de sujet pour pas s’embrouillé le reste de la soirée. Et à chaque fois que j’en parle à une féministe de cette tendance je ne trouve jamais de réponse à mes arguments, on me renvoie c’est que c’est des personnes qui souffrent et que c’est pas important la sécurité des femmes-femelles en prison ou dans les vestiaires, sauna et autres lieux de non mixité par rapport à la souffrance d’une femme trans.

    • D’accord avec vous Mad Meg. Il n’y a pas que les personnes intersexe qui sont récupérées et en fait exploitées par le transactivisme. Toutes les femmes et tous les hommes qui regimbent face aux stéréotypes de genre sont sommairement qualifié-es de « cis » s’iels ne s’identifient pas comme « trans », un terme ("cis") censé englober quiconque ne s’identifie pas à Ken ou Barbie. Beaucoup de gais, de lesbiennes et même de trans progressistes ont d’ailleurs commencé à refuser cette assignation à résidence" sous le parapluie du lobbying trans.

    • Pour ce qui est de l’utilisation du mot « femelle », il a un sens très péjoratif en français que n’a pas le nom ou l’adjectif « female » en anglais. L’anglais utilise presque indifféremment les concepts de « female » et « woman » - comme ceux de « sex » et « gender » jusqu’à il y a peu - et cela ne facilite pas la compréhension mutuelle, surtout en contexte polémique. Je doute que les femmes voudront ou devraient s’identifier comme « femelles » pour abandonner le mot « femmes » aux hommes que cette identité intéresse. Je ne vois pas beaucoup de femmes en être convaincues en tout cas.

    • Ça me semble important, de n’avoir un vocabulaire ni complaisant ni irrespectueux parce que côté pro-trans se trouvent plein de féministes que j’aime bien et qui, je pense, font une erreur historique (qu’elles regretteront quand le parapluie trans va se déchirer). En attendant, garder la possibilité de leur causer s’impose. Et un peu de respect pour les personnes, au passage. Je ne veux pas que les personnes trans se sentent offensées par mon propos en tant que personnes trans (vraiment pas) mais critiquées si elles sympathisent avec une idéologie individualiste toxique dont s’emparent des masculinistes gynophiles qui pensent que leur place est partout. Question de respect, de compromis, de terrain où il est possible de se parler.

      Je n’avais pas pensé à Océan comme meurtrier de la lesbienne invisible mais oui, je ressentais un peu sa transition comme ça. J’ai une copine lesbienne en Malaisie dont une amie est devenue un mec trans hétéro, fini les problèmes (son passing est nickel et cette société musulmane est moins transphobe que la nôtre) et même s’il est encore un peu engagé sur les questions de genre elle vit ça comme une trahison.

    • Ok pour laisser mon idée de femelles de coté ^^ c’etait une tentative.
      Pour ce que tu dit @antonin1 sur l’acceptation des trans dans la culture Malaisienne, il me semble justement que le transgenrisme est très compatible avec le patriarcat le plus hardcore. Du temps où les femmes n’avaient pas le droit de joué la comédie c’etait les hommes qui tenaient ces rôles, au Japon dans l’opéra, en europe à la renaissance, et dans plein de cultures il y a des trans. Pour l’albanie ou ce sont des hommes trans, c’est soit des veuves soit des vierges et uniquement pour continuer la boucherie de la vendetta quant tous les hommes se sont entre tués même si aujourd’hui certaines femmes deviennent des hommes par solidarité et pas par choix de devenir des hommes ca reste vraiment problématique. J’avais vu un docu qui parlait des femmes trans en Iran, les molah tellement homophobe imposaient aux gays de changer de sexe pour rester hétéros et quant aux lesbiennes elles ont toujours été invisible et probablement mariée de force sans qu’on leur offre la possibilité de devenir des hommes. Bref tout ca pour dire que à mes yeux le transgenrisme c’est plutot un reliquat sexiste très rétrograde qu’une avancé sociale.
      humm à ecrir tout ca je me dit que ca va me couter cher car je ne suis pas anonyme ^^

    • « D’accord avec vous Mad Meg. Il n’y a pas que les personnes intersexe qui sont récupérées et en fait exploitées par le transactivisme. »
      Stp @martin4 le vouvoiment n’est pas très poli sur le net. ^^
      Je parlais des intersexes rapport à la remarque sur l’assigniation que faisait @antonin1 à mes yeux l’assigniation concerne les intersexes mais pas les trans. A part peut etre les malades de distrophie de genre qui sont très très rare et ont besoin d’un psychiatre et chirurgie loure pour ne pas se suicidé mais ca n’est que très très peu des trans et là aussi on joue sur les 2 tableaux. C’est une maladie quand ca sert l’argumentaire trans et c’en est pas une si sa sert l’argumentaire trans.

    • OK. Désolé pour le vouvoiement, j’apprends graduellement les codes...`Quant au risque d’être « irrespectueux » dont parle Antonin, c’est pour cela qu’il est important de cibler l’idéologie (trans)genriste et non des personnes qui s’identifient comme « trans ». Le lobby transactiviste se sert de glissements sur ce plan pour tenter de discréditer toute critique de ses outrances comme « transphobe »... y compris celles de personnes trans qui refusent d’être ainsi charriées.

    • Pas de soucis @martin4 la netiquette à des codes un peu différents de la vie de tous les jours. Le vouvoyement c’est un peu vieux monde vertical alors que le web c’est plutot horizontal (on essaye en tout cas). J’espère pas avoir dit de truc irrespectueux contre les personnes trans mais c’est possible qu’Océan soit pas fana de ce que j’ai dit sur son féminicide de la lesbienne invisible....

    • un peu hors sujet, mais j’aimerais rappeler que le 8 mars dernier, à Paris, pendant la manif pour les droits des femmes donc, des personnes du CAPP se sont salement fait agressées par des « antifas ».

      https://twitter.com/CAPP_Radfem/status/1237836773235011584

      http://osezlefeminisme.fr/des-femmes-des-survivantes-de-la-prostitution-agressees-lors-des-man

      L’idée semblait être de « se faire des abolos ». C’est aussi arrivé à Bruxelles, Madrid et Toulouse. Déjà 1. je vois pas du tout le rapport entre antifascisme et antiabolitionisme. Autant bouter hors de la manif un cortège de femmes fafs (et c’est d’ailleurs arrivé à Paris), je comprends, mais là ?

      Du coup 2.qui sont ces gens (ceux qui se mettent en tête de frapper des abolos) ? J’ai eu du mal à ne pas tout de suite penser au genre de trans qui collent « Les Terfs au bûcher » mais visiblement personne n’en sait rien, et d’ailleurs très peu de gens parlent de ce machin, aucun scandale, alors que pour moi c’est... enfin chai pas c’est grave quoi.

      L’association « abolitionisme =fascisme » j’imagine qu’elle vient des vieux trucs cathos moralisateurs, mais je veux dire merde, Dworkin quoi. Et depuis la fin des années 70, c’est vraiment pas nouveau...

    • J’avais pas vu cette histoire merci pour le signalement @tintin
      Les militantes pro-trans que je connais sont aussi pro-putiers et ont très peu de conscience politique. Cette années j’en ai rencontré une qui m’expliquait toute contente qu’elle a offert une prostituée à un proche un peu retardé mental qui avait du mal à pécho et qui était encore puceau à 19 ans. Je lui ai dit qu’elle aurais mieux fait de lui couper la bite.

      Et j’ai rencontré aussi une « travailleuse du sexe » qui m’expliquait que son travail était bénéfique un peu comme une psy. Elle m’explique alors qu’elle a permis à un de ses putiers, père d’une gamine de 12 ans, de découvrir que son fantasme c’etait de coucher avec sa fille de 12 ans et donc elle se déguise en gamine de 12 ans avec lui. J’ai faillit vomir car mon agresseur allait se chauffer aux putes avant de venir se branler sur moi quant je dormais quand j’avais 13 ans jusqu’à mes 18 ans que je me barre de la maison familliale. Je lui ai demandé comment elle savait que ce père n’allait pas violer sa fille maintenant qu’elle l’avait aidé à « découvrir son vrai fantasme et le réalisé » et elle me répond « je le connais je sais que c’est un mec bien »... un putier un mec bien... j’en étais malade et je le suis toujours.
      Et paradoxe assez fantastique quelques minutes plus tard elle explique à quel point elle méprise ses putiers (elle les appelait des clients) mais bon elle a confiance qu’il viol pas la gosse ! Du coup celle là je la considère plutot comme une « travailleuse du viol » qu’une « travailleuse du sexe ».

    • L’association « abolitionisme =fascisme » j’imagine qu’elle vient des vieux trucs cathos moralisateurs

      En France, beaucoup de mouvements abolitionnistes sont tenus par des féministes « universalistes » c’est à dire en pratique islamophobes et anti-intersectionnalité... c’est peut-être une des raisons de ce mélange des genres.

    • @mad_meg désolé de te faire ruminer des histoires pareilles en pleine confiture... Je sais pas quoi dire... J’espère que tu tiens le coup.

      @baroug j’ai l’impression que c’est en train de changer et que le CAPP en question ne porte pas ce genre de discours... mais bon j’en sais rien, je ne suis pas dedans. Et quand on se tourne vers au moins une fondatrice, Dworkin, c’est pas du tout ce genre de chanson.

    • Merci @tintin ne t’inquiete pas je ne l’ai pas ruminé celle là, je l’ai juste posé ici et j’ai fait un gros dodo de 6h ce qui est un record pour moi. Et au reveil je rumine « Lallement ton camps c’est le camps de la mort »
      Bonne journée à toi et à toutes et tous.

    • En effet, le trajet de Dworkin, de Catharine Mackinnon et de John Stoltenberg dément tout à fait le travail de salissage fait par l’industrie de la porno pour les associer à la droite religieuse ou autre, alors que leur projet dre permettre un recours civil des personnes à qui la pornograhie portait préjudice était ancré dans une résistance collective des milieux populaires et majoritairement Noirs de Minneapolis et St.Louis en 1983-1984, résistance au dumping de la porno et de la prostitution dans les quartiers les plus pauvres de ces villes. Elles ont documenté ce travail peu connu et occulté par la presse libérale dans le pamphlet « AGAINST THE FLOOD » , peu connu mais affiché en ligne avec d’autres textes radfem marquants sur https://radfem.org

    • Je pense avoir passé ici les nouvelles de l’agression du 8 mars. En ce moment, le récit qui s’impose, c’est « les TERF sont fascistes, elles ont des liens avec l’extrême-droite en Amérique du Nord ».
      https://www.liberation.fr/debats/2020/02/26/le-debat-sur-la-place-des-femmes-trans-n-a-pas-lieu-d-etre_1779708
      Je ne sais pas ce à quoi elles se réfèrent mais en Amérique du Nord la question de l’avortement est hyper tendue et aucune féministe trans-exclusive que je connais (Murphy, etc.) ne ferait alliance avec des raclures qui réussissent à dicter à des femmes dans certains États ce qu’elles doivent faire d’un fœtus qui s’est accroché à leurs ovaires (je dis ça vite, je ne sais plus où ça s’accroche). Mais le bruit court et les perroquets répètent ça sans esprit critique.

      J’en parle depuis cinq ans que j’observe ce phénomène grégaire (et la facilité sororale avec laquelle on se traite de transphobe en toute bienveillance, comme si la phobie n’était pas une accusation grave et comme si tout défaut de complaisance était comparable à une expédition pour aller casser du gay ou de la pute trans). Mes copines féministes qui ont lu plus que moi me disent à quel point tout ça leur semble assis sur un manque de culture féministe et de réflexion individuelle, ça se propage comme un virus (comme le nom de cette page).

      C’est d’autant plus triste que beaucoup tient à cette absurdité de « privilège cis » qu’il faudra dégommer un jour : c’est un privilège d’être un mec cis, pas une femme. Or, une manière peu fine d’envisager les choses conclut que les personnes trans étant discriminées, parfois violentées en raison de ce qu’elles représentent, elles devraient être en haut des préoccupation de toutes et dicter l’agenda. Je vois plein de chouette féministes tomber dans le panneau.

      Certaines en oublient ce qu’est le genre : une expérience sociale et acceptent la définition de l’identité de genre comme ce que chacun·e s’est imaginé de soi (homme ou femme, non-binaire, licorne). Mélusine par exemple donne une leçon de féminisme matérialiste sur Twitter, expliquant que les ovaires ne font pas l’expérience sociale, puis finissant sur le sentiment d’être femme. Ah tiens, l’expérience sociale vient du sentiment individuel maintenant.

      Bref... Et sûr que des idéologies très réacs acceptent la transidentité plus facilement que l’homosexualité et des expressions de genre ambiguë tant que ça reste hiérarchisé. J’avais écrit « binaire et hiérarchisé » mais ce paradis des droits des femmes edit : qu’est le Pakistan a créé un 3e genre officiel et plein de pays qui s’engouffrent dans des politiques très favorables à la reconnaissance du sentiment d’être femme ou de ne pas être homme ont des politiques merdiques en matière de genre. Et ça ne fait pas gamberger des jeunes féministes grégaires, que les gouvernements qui tiennent au droit des fœtus à rester accrochés deviennent si « progressistes » en matière de droits des trans...

      Quant à la violence que ces rumeurs autorisent, ben non, strictly no, comme @tintin. Où on en est si le féminisme justifie que d’autres féministes (a fortiori des hommes !) viennent faire taire des féministes ?

    • J’oubliais, dans ma dernière expérience queer, on a rdv avec une travailleuse du sexe latina autochtone de classe populaire pour entendre son vécu sur la prostitution. Ok, c’est super, on va pouvoir décaler notre regard, entendre d’autres expériences. J’arrive au rdv, la meuf n’est pas là mais il y a un gars avec une expression de genre ambiguë. Finalement le truc commence et c’est elle, une femme trans qu’on peut légitimement prendre pour un homme puisqu’elle a un corps d’homme sur son expression de genre ambiguë. Ensuite, cette personne prend la parole comme ses potes doctorant·es, un vocabulaire hyper savant et de grandes notions abstraites. Le premier truc qu’elle nous dit c’est un explication foucaldienne de comment elle refuse de laisser le biopouvoir transformer son corps et justifie très savamment d’être une femme avec un corps masculin, le menton simplement rasé de très près. Autant pour les classes populaires qui s’expriment !

      (Je veux bien mais il y a un petit parasitage avec les classes intermédiaires universitaires, soit le couple queer de chargé·es de cours doctorant·es qui nous invite dans leur grand et bel appart en petite couronne et se présente sans cesse comme racisé alors qu’il est de la bourgeoisie blanche mais d’un pays périphérique, le mec (trans) ayant d’ailleurs les yeux bleus et un nom français, par hasard).

      L’impression d’être au concours de la plus malheureuse avec des points « check ton privilège » distribués malhonnêtement. Moi qui vis dans 12 m2 et me force à amener chez moi l’un des instruments du groupe de musique en question alors que je n’ai pas la place, je note qu’ici un tambour ne se remarque pas alors que chez moi il est direct au milieu. Bref.

      Ensuite j’écoute la « travailleuse du sexe » qui nous explique que ses clients sont si gentils, elle prend bien soin d’eux. Mais les autres femmes, celles qui vont devoir sucer parce que les putes sucent, se laisser enculer parce que les putes vendent des sodomies, toutes ces meufs dont la vie est sûrement bien plus sympa dans une société prostitutionnelle, elle nous explique qu’elle n’a aucune solidarité envers elles, elle a besoin de croûter et elle est la plus malheureuse alors elle fait ce qu’elle veut.

      (Moi, in petto mais j’ai pas le droit de le dire : connard, mets-toi ta solidarité masculine dans le cul et arrête de nous dire que tu es féministe.) Mais j’argumente gentiment et je me fais expliquer la vie par l’une des deux doctorant·es qui me sort deux fois le même discours (elle n’a pas pris la peine de rester sobre et son élocution est aussi très lente, merci l’alcool) comme quoi c’est une expérience sociale que je ne peux pas comprendre (moi qui suis si bourgeoise blanche dans mon 12 m2, ce que je ne nie pas entièrement) alors j’ai la chance qu’on m’explique en toute bienveillance.

      Soirée de merde ! L’impression de toucher le fond en matière de décence. Quelle que soit la situation du jeune mec queer qui suce des bites parce que c’est la meilleure manière qu’il a trouvé de gagner sa vie (pas de jugement), je ne vais pas bouffer de ce féminisme simplement parce qu’on me dit que c’est bon.

    • Ah oui sacrée soirée de merde… solidarité. J’ai l’impression d’être en décalage complet pour une partie non négligeable des news ou communiqués des groupes militants du coin, inclus le planning familial qui ici relaye aussi le genre comme identité perso et l’anti-terf, en tout cas dans les fils publics. Avec comme tu dis ce genre de vocabulaire savant, déconnecté de ce que vivent la majorité des prostituées ou femmes en général. Et déjà que je trouve pas des masses de temps pour participer à beaucoup de choses, ça me rebute encore plus d’ouvrir la bouche (encore plus en tant que mec, logiquement encore plus douteux que j’émette un avis).

    • Bon j’en profite pour passer un appel, j’adorerais que les bio de Dworkin soit traduites. Je n’ai lu que ses discours et coït, et j’ai trouvé les discours et les récits biographiques très forts, alors que les trucs théoriques m’ont un peu perdu, pour dire le moins (quand elle dit qu’une femme ne peut pas violer parce que pas l’organe, c’est... enfin bon, je tolère tout à fait une certaine exhaltation, et à vrai dire je pense que je suis prêt à entendre beaucoup de choses de la part de cette femme, c’est juste qu’à chaque fois qu’elle raconte sa vie, c’est... la foudre). Sinon j’ai pas grand chose à apporter au débat, loin d’être calé en féminisme, traîne à peine dans les milieux, me demande quand même si ce sont bien des mecs qui ont attaqué le cortège du CAPP, et si tout ça à un rapport direct avec les machins terf vs trans en cours...

    • Pourtant ya pas que des jeunes au planning ici, moi ça fait depuis la rentrée que j’ai le flyer dans la cuisine parce que si j’avais un peu de temps c’est à ça que j’avais envie de participer, mais j’ai un mélange de « j’ai pas le temps » et de « pfff ça fait peur si je me retrouve avec ces débats sous le nez sans jamais pouvoir rien dire ».

    • Tous les plannings se déchirent (il n’y en a que quatre qui sont perdus et ont signé la tribune dégueue de Libé), c’est un peu générationnel mais cet angle désidéologise grandement le conflit.

      @baroug, la réduction ad Hitlerum de l’abolitionnisme ne tient pas trop la route. Delphy s’est super bien engagée sur le voile et contre l’islamophobie, or elle est abolitionniste ou contre la reconnaissance sociale de la prostitution (je fais la nuance mais je ne crois pas qu’elle soit si répandue, certainement pas dans ces violences qui se multiplient). Elle n’est pas la seule, je ne sache pas par exemple que @mona soit islamophobe et pourtant elle a publié un très bon article contre les réglementaristes. Et un détail : parmi les meufs violentées à la manif, certaines étaient survivantes de traite et de prostitution, pas trop des féministes blanches bourgeoises catho. C’est des clichés qui font mal, qui alimentent cette guerre violente et bête, faites de préjugés répétés et de raisonnements à l’emporte-pièce.

    • Je sais bien pour Delphy et Mona mais précisément leurs positions sont assez marginales du point de vue des forces politiques. Les mouvements organisés sont très majoritairement divisés sur cette ligne : ce n’est pas un jugement de ma part — d’autant plus que je n’ai absolument aucune légitimité pour le faire —, mais en terme de forces politiques en France il me semble que c’est un constat assez clair.

    • Je pense que l’aspect générationnel est assez important car le féminisme souffre toujours d’un problème d’historicisation ou de mémoire. On fait souvent comme si le féminisme commencait dans les années 1970 avec le MLF et MLAC et des fois on va jusqu’aux suffragistes mais les Saint-Simoniennes on connais pas et je parle pas des fouriéristes. La nouvelle génération considère que le féminisme est né chez les queer dans les années sida (enfin pour celles avec qui j’ai discuté c’est grosso-modo l’idée) et voient le féminisme des plus agées comme le truc de Schiappa... Faudrais leur parlé de Madelaine Pelletier peut etre ou des vesuviennes.

      https://www.liberation.fr/debats/2017/03/07/christine-bard-il-faut-en-finir-avec-le-cliche-des-feministes-bourgeoises

      https://www.youtube.com/watch?v=d8w_XvbDiW4

    • Et puis en fait je trouve en ce moment problématique de réduir la lutte des femmes pour leurs droits à l’existence du mot « féminisme ».
      Je pense que les femmes se battent pour pas etre du bétail depuis qu’il y a des femmes. Par exemple l’origine du nom d’Athène témoigne d’une tentative des femmes pour obtenir des droits.

      D’où vient le nom d’Athènes ?

      Selon la légende, deux grands dieux se disputaient la protection d’une petite ville. Cécrops, le roi de cette ville, cherchait en effet à lui donner un nom. Il décida que ce serait la divinité qui ferait le présent le plus utile aux autochtones qui remporterait le « concours ». Poséidon, le dieu des océans, fit jaillir des roches de l’acropole une fontaine d’eau salée ; Athéna, quant à elle, offrit un olivier. Le roi, pour départager les deux concurrents, fit appel à son peuple pour qu’il votât. Les hommes choisirent Poséidon, et les femmes Athéna ; mais il y avait dans l’assemblé plus de femmes que d’hommes. Ainsi, la déesse victorieuse donna son nom à la cité.
      On peut voir apparaître dans cette légende la première forme de démocratie, où tout le monde vote, sans exception, car Cécrops, le roi dont on parle dans cette histoire ancienne, a sûrement vécu aux alentours de 1600 - 1700 avant J.C. Une page spéciale de ce site est d’ailleurs consacré à la démocratie dans cette cité.
      Cette légende sert aussi « d’excuse » : les Anciens s’en sont servi afin d’expliquer pourquoi les femmes furent, par la suite, interdites de plusieurs choses : le droit de vote, bien sûr, mais aussi, par exemple, celui de donner leur nom à leurs enfants. La suite du récit raconte donc que Poséidon, furieux après sa défaite, menaçait de ravager la pays ; les hommes intervirent pour l’apaiser, en interdisant aux femmes ces privilèges.

      http://hellada.free.fr/athenes.html
      Si des hommes ont voulu interdire aux femmes de voté, c’est qu’il y avait des femmes pour le revendiquer sinon pas besoin d’interdire.

      Même chose pour Lysistrata qui rend compte d’une grève des femmes qui s’est fini en viol de masse et dont les hommes ont fait une comédie.
      https://seenthis.net/messages/783981

    • Et puis en ce moment on est en plein #backlash de tous les cotés
      En témoigne cette image posté hier sur seenthis en plein conseil de guerre de la couille contre le corona pendant que les meufs se tapent le sale boulot (88 % des infirmières, 90 % des caissières, 82 % des enseignantes de primaire, 90 % du personnel dans les EHPAD sont des femmes. Sans même parler du personnel de crèche et de garderie mobilisés pour garder les enfants de toutes ces femmes mobilisées en première ligne.)

    • Moi c’est une copine qui a bossé au mouvement du nid qui m’a convaincu. Un an, dans un bus, la nuit, à distribuer capotes et tout le bazar, à discuter, c’est très concret, très ici et maintenant, on fait quoi ? Et en même temps, ça n’empêche pas de dire un truc aussi simple que : c’est pas normal, que les hommes aient cet accès au corps des femmes. Et on a pas envie que ça continue, même en mieux.

    • N’oublions pas que les Pangolins ont été massacrés et vendus sur les marchés pour que la bite de ces messieurs soit bien dure. Et les femmes vont crever pour des pourritures qui continuent à ne regarder que leur bite.

    • Je vois aussi plein de jeunes femmes, à Osez le féminisme et dans les organisations, dont on peut supposer qu’elles sont réglementaristes et transinclusives, hein, elles sont jeunes et un peu de gauche et ces positions sont surreprésentées. Et surprise, elles sont plutôt hostiles à la reconnaissance sociale de la prostitution (sans être forcément abolitionniste je sais quoi faire) et se posent des questions sur l’inclusion des trans (plutôt favorables mais sans complaisance sur l’identité de genre auto-proclamée). Sur le voile, je ne sais pas trop mais chaque meuf sceptique sur la capacité du voile à libérer les femmes ne peut pas être taxée d’islamophobe. Il y a toujours tellement plus de nuances que camp du bien/camp du mal sur les questions de voile, prostitution et transinclusivité. Plein de nuances à explorer mais on met en scène des débats hyper trash et clivés au lieu d’essayer de s’entendre et de mobiliser notre intelligence.

      Sur l’abolition, j’ai rencontré une meuf du Nid à qui j’ai dit que l’abolition me semblait une mesure extrême, qu’on peut continuer à laisser pisser tout en travaillant culturellement à faire comprendre qu’on n’achète pas le consentement. Cette femme m’a dit que parmi les membres du Nid il y avait des survivantes de prostitution qui ne souhaitaient pas apparaître publiquement, que cette parole est peu présente dans l’espace public à cause de leur refus, et cela empêche leur voix de se faire entendre. Quant aux châtiments terribles qui sont infligés aux clients, elle me disait que c’est un stage façon « hommes violents » pour faire comprendre des trucs de base avec lesquels n’importe quel mec pourrait commencer sa vie sexuelle plutôt qu’aller au boxon avec son oncle. Si c’est vrai, ça interroge sur le foin que sont capables de faire les réglementaristes parce que c’est pas grand chose au vu de la menace continue que les clients font vivre aux prostituées (elles disent qu’elles gèrent mais ajoutent qu’elles gèrent en étant toujours aux aguets).

      Soit cette meuf était une immonde merde manipulatrice, soit vraiment on a affaire à un espace public dans lequel les féministes subissent un gros backlash qui caricaturent et ringardisent à fond des positions plus fines et nuancées et moins fascistes que ce qui est couramment exprimé à leur propos. Moi dans cette guerre je ne veux pas être un·e idiot·e utile.

    • Sur la photo qui a tourné ces derniers jours, j’ai vu une version cadrée autrement où on voyait des femmes. Il semble qu’il y en avait 6 à cette réunion au sommet... N’empêche, en ce moment il n’y a que des féministes pour faire apparaître le prisme du genre pendant que les hommes qui causent partout restent dans leur universel masculin.

    • je colle ça ici parce que je vais pas en faire un billet dédié non plus. Ce sont 10 #podcast à propos des travailleuses·rs du sexe. « La politique des putes » réalisé par Océan dont parle @mad_meg
      https://art19.com/shows/intime-politique
      source : https://www.brestculture.fr/la-selection-de-podcasts-d-avril-20.html
      Sans modifier mes préjugés sur le #strass, il y a énormément d’infos pour chaque épisodes. je suis tombé sur un lien de la revue période @periode déjà publié sur seenthis : Sur le travail sexuel : une perspective féministe révolutionnaire par Johanna Brenner
      https://seenthis.net/messages/356308
      et celui-ci : Sex, Work and Capitalism by Nancy Holmstrom
      http://logosjournal.com/2014/holmstrom
      et en dérivant un peu plus un p’tit article publié par le Canard enchaîné. source twitter


      #prostitution