• Petites considérations sociologiques sur le #confinement

    Cette période de confinement liée à l’épidémie du #Covid-19 constitue une #épreuve_sociale inédite, qu’on peut comparer à une expérience de laboratoire in vivo. Le grand historien médiéviste, Marc Bloch, qui avait fait la « grande guerre » et en avait été très marqué, a écrit peu après, en 1921 dans la Revue de synthèse historique, un célèbre article, « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre » (publié aux Éditions Allia en 1999). Il y décrivait la guerre de 14-18 « comme une sorte de vaste #expérience naturelle. On a le droit en effet de considérer comme telle la guerre européenne : une immense expérience de #psychologie_sociale, d’une richesse inouïe. Les conditions nouvelles d’existence, d’un caractère si étrange, avec des particularités si accentuées, où tant d’hommes à l’improviste se sont trouvés jetés, — la force singulière des sentiments qui agitèrent les peuples et les armées — tout ce bouleversement de la vie sociale, et, si l’on ose ainsi parler, ce grossissement de ses traits, comme à travers une lentille puissante, doivent, semble-t-il, permettre à l’observateur de saisir sans trop de peine entre les différents phénomènes les liaisons essentielles ».

    Indépendamment de la déclaration du Président Macron (« nous sommes en guerre… »), il peut être intéressant de tirer ce fil entre situation de #guerre_militaire et celle de confinement. Ce dernier impose de très fortes #privations et #contraintes aux individus qui, dans les sociétés occidentales, n’y sont guère habitués. Les premières questions qui viennent à l’esprit à ce sujet sont les suivantes : le confinement est-il respecté en France ? « Un peu, beaucoup, pas du tout » ? Par qui ? Comment ? Plus en campagne qu’en ville ? plus en centre-ville que dans les « quartiers » ? etc. Faute de données statistiques fiables, le premier réflexe qu’on doit avoir en la matière est celui de la prudence interprétative.

    Avant d’aborder la manière dont on peut procéder par la mobilisation d’une série d’indices, à même de nous guider vers des hypothèses de travail, commençons par un étonnement. Que voici. En fidèle téléspectateur du Journal télévisé (JT) de France 2 (défense du service public oblige…), on remarque que la question du #vécu du confinement dans les #quartiers_populaires y a été fort peu abordée, voire pas du tout. La fuite des Parisiens vers leurs #résidences_secondaires a été un sujet traité, mais la manière dont les jeunes et les familles, parfois nombreuses, vivent leur confinement dans leurs appartements #HLM semble avoir été oubliée. Est-ce un oubli volontaire ? Ou la simple trace médiatique de la moindre importance accordée aux conditions sociales d’existence des #classes_populaires dans le milieu des professionnels de l’information ? On ne saurait laisser de côté l’hypothèse du respect de l’« #union_nationale » requise en cette période de confinement. Celle-ci suppose une mobilisation de l’appareil d’information et l’opération d’un tri dans l’amoncellement des « nouvelles du front ». Priorité est donnée dans le #JT de la #télévision_publique au suivi des opérations dans les hôpitaux, à la découverte du travail de tous les soignants et de leur entier dévouement, à l’écoute des avis des grands professeurs de médecine (« infectiologues »). Bref, une #mise_en_scène télévisuelle de l’« #effort_national » — ce qui, en soi, n’est pas critiquable.
    Sur le versant des effets sociaux de cette #pandémie, les reportages sur les #familles face au confinement (#école_à_la_maison, #télétravail des parents, aménagements divers de cette nouvelle vie…) semblent surtout réservés aux familles de milieu favorisé. Sans doute parce qu’elles laissent entrer plus facilement les caméras à leur domicile. Il ne s’agit pas pour autant de crier tout de suite au complot d’Etat et/ou de dénoncer une chaine de télévision « aux ordres du gouvernement ». Sans doute peut-on penser que le #service_public_télévisé contribue à sa manière à l’union nationale en laissant prudemment dans l’ombre ce qui pourrait l’entacher.

    A géométrie variable

    Une fois examiné la manière dont le thème du confinement est traité à la télévision (publique), donnons un petit coup de projecteur sur la manière dont il est opéré en pratique. Procéder à une petite revue de presse dans les quotidiens régionaux (L’Est républicain, Le Parisien, Le Progrès), permet de recueillir des indices suggestifs, sinon probants, sur le confinement à géométrie variable lors de cette première semaine. Sans surprise, le confinement a mis un peu de temps à se mettre en place et semble respecté de manière inégale.

    Selon les témoignages des directeurs de la #sécurité_publique ou des gendarmes, différents profils de « #déviants » à la #norme apparaissent, comme ici dans la région du Grand est particulièrement touchée. Le lieutenant de gendarmerie François qui coordonne le dispositif dans le sud du Territoire de Belfort fait le diagnostic suivant : « Une grande majorité les respecte… Mais une partie n’a pas compris l’#esprit_du_confinement et une autre n’est pas prête à le comprendre. » Le maire (et infirmier) de la ville ouvrière de Valentigney (proche de l’usine de Sochaux-Peugeot et avec une grande ZUS, les Buis), observe « dans le quartier mais également au centre-ville des comportements dangereux, irresponsables ». La journaliste de L’Est s’est donc rendue dans la cité des #Buis pour aller y voir de plus près et, là, elle a rencontré une dizaine de jeunes près d’une place, plutôt amènes.

    Pris en défaut

    Laissons la relater la scène et la manière dont ces jeunes pris en défaut de groupement non autorisé tentent de se justifier : « Chez nous, on ne tient pas en place », note l’un d’entre eux qui, comme ses potes, se sent à l’abri du virus. « On se lave les mains, on garde nos distances, c’est la base », souligne un deuxième. Un troisième Doubien montre son attestation : « On a le droit de sortir fumer une clope. Surtout que certains n’ont pas le droit de fumer chez eux… Et puis, on s’ennuie ici, il n’y a rien à faire ! Rester un mois enfermé, c’est inimaginable. » Jeudi soir, ils ont même organisé un barbecue : « Quand on a vu les policiers, on a couru pour leur échapper. Et vous savez ce qu’ils ont fait, Madame, ils ont gazé notre viande. C’est du gâchis. » (Est républicain, 21/03/2020). Dans un article du même jour, le directeur général de la compagnie des bus du Pays de Montbéliard livre des informations congruentes : « En cette période de grave #crise_sanitaire, certains jouent aux #malins. On a dû raccourcir une ligne, que nous sous-traitons, parce que des #jeunes montaient chaque jour dans le bus, à la même heure, pour le squatter ! » Enfin, à Bourg-en-Bresse, selon le commissaire de police, « Ce sont plutôt les plus jeunes et les plus anciens qui bravent l’interdiction. Malheureusement, on a verbalisé certains jeunes à tour de bras dans certains quartiers. Des jeunes disent qu’ils s’en fichent et que le coronavirus est une invention pour casser l’économie » (Le Progrès, 22/03/2020).

    Ces témoignages ne suffisent pas à baliser tout le terrain d’enquête. Loin de là. Ils ont pour principal intérêt de mieux faire entrevoir les raisons qui peuvent conduire certaines fractions de la population à ne pas vouloir – et surtout ne pas pouvoir – respecter le strict confinement désormais imposé en France. Le groupe des plus #réfractaires au confinement a de fortes chances de se retrouver dans une population plutôt jeune et masculine, soit en situation de #décrochage_scolaire, soit appartenant à la population « flottante » des quartiers. A lire entre les lignes ces articles de presse, on pressent quelques facteurs clés de leur penchant pour la #transgression de la règle du confinement : bien sûr, en tout premier lieu, « l’#ennui » et le besoin quasi vital de se retrouver « entre potes » mais aussi la difficulté de cohabiter harmonieusement avec leurs parents et de devoir respecter des interdits au domicile familial (l’exemple de « fumer »). Les divers types de #résistance qu’on voit surgir dans les quartiers déshérités de la République méritent examen et ne doivent pas être renvoyés trop facilement du côté de la #faute_morale.

    Sentiment de #marginalité

    Même s’il est incontestable que le non-respect des règles de confinement fait courir collectivement des #risques_sanitaires, il dit quand même beaucoup de choses sur le sentiment de marginalité (#outcast) qu’ont d’eux-mêmes ces individus. On pourrait à ce titre, se risquer à faire l’analogie avec le mouvement des gilets jaunes et la signification sociale des formes de violence (inusitée) qu’il a employées pour se faire entendre des « puissants ».

    La pratique de la lecture est distribuée de manière très inégale selon les groupes sociaux

    A partir de ces premières incursions en terre de confinement, faut-il déplorer comme notre historien national (autoproclamé) Stéphane Bern le fait dans Le Figaro (22/3/2020), « la perte du #sens_civique » dans notre vieille France ? Ne convient-il pas plutôt de rappeler que ce confinement constitue une très forte #contrainte qui est – et sera – vécue de manière très différente selon les #conditions_sociales de nos concitoyens. D’abord les conditions matérielles : on sait bien que ceux qui possèdent un grand logement, un jardin, qui peuvent sortir les enfants à la campagne, etc., souffrent moins du confinement. Ensuite, les #conditions_culturelles : le président Macron a dit à ses concitoyens : « Lisez ! » Mais la pratique de la #lecture est distribuée de manière très inégale selon les groupes sociaux.
    Ce long moment de confinement opère déjà comme un très grand amplificateur des #inégalités spatiales et sociales. C’est peu dire que les semaines qui s’annoncent vont constituer une véritable épreuve pour ceux qui appartiennent à la catégorie des « pauvres », définis aussi bien à partir de leur #capital_économique que de leur #capital_culturel.

    https://www.alternatives-economiques.fr/stephane-beaud/petites-considerations-sociologiques-confinement/00092259
    #sociologie #Stéphane_Beaud #classes_sociales

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    citations pour @davduf :

    Jeudi soir, ils ont même organisé un barbecue : « Quand on a vu les policiers, on a couru pour leur échapper. Et vous savez ce qu’ils ont fait, Madame, ils ont gazé notre viande. C’est du gâchis. » (Est républicain, 21/03/2020).

    Enfin, à Bourg-en-Bresse, selon le commissaire de police, « Ce sont plutôt les plus jeunes et les plus anciens qui bravent l’interdiction. Malheureusement, on a verbalisé certains jeunes à tour de bras dans certains quartiers. Des jeunes disent qu’ils s’en fichent et que le coronavirus est une invention pour casser l’économie » (Le Progrès, 22/03/2020).

  • Notes anthropologiques (XXXVII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXXVII

    Et si nous parlions encore une fois d’argent ?
    L’argent comme monnaie d’échange

    Le sens du mot monnaie est ambigu, il peut désigner tout objet permettant des échanges : des couvertures, des nattes, des fèves de chocolat ou tout autre objet pouvant servir de moyen d’échange. Le mot est pris alors dans le sens général de « monnaie d’échange ». Cette monnaie d’échange, que l’on pourrait qualifier d’« universelle » est reconnue comme telle par les partenaires de l’échange soit qu’elle se trouve utilisée sous cette forme dans une société donnée, et de ce fait reconnue par tous les membres de ladite société, soit qu’elle ait été acceptée provisoirement comme telle après entente préalable entre les partenaires d’un échange. Nous voyons bien que la « monnaie d’échange » n’a rien d’universel et que c’est un abus de langage de parler à son sujet de « marchandise universelle » ou d’« une marchandise qui contiendrait toutes les marchandises », ce serait penser notre société (ou notre civilisation) comme universelle, comme la seule possible, comme unique. La monnaie d’échange est conventionnelle, c’est une convention sociale en relation avec une société bien définie, ou alors une convention établie provisoirement. Prétendre, par exemple, que l’argent est la monnaie universelle c’est se soumettre à l’impérialisme qui est le propre de notre civilisation partie à la conquête de l’univers. (...)

    #anthropologie #histoire #échanges #don #argent #monnaie #marchandise #Maurice_Godelier #Marx #Malinovski #Mauss

  • l’histgeobox: Feu!Chatterton: „Malinche“
    http://lhistgeobox.blogspot.com/2018/06/feuchatterton-malinche.html

    Avec quelques centaines d’hommes, Hernan Cortés débarque sur les côtes mexicaines en 1519. L’intrépide conquistador parvient en quelques mois à terrasser un puissant empire peuplé de millions d’habitants. Profitant d’un concours de circonstances favorables, l’intrépide conquistador exploite à merveille la supériorité de l’armement des Européens et les divisions au sein des populations autochtones. La rencontre de Malinche, une jeune esclave parlant à la fois le nahuatl et le maya lui ouvre des perspectives inouïes.
    Nous possédons peu de données biographiques fiables (1) sur cette femme aux noms multiples, aux origines incertaines, aux desseins inconnus. Cinq cent ans après sa disparition, celle qui fut appelée Malintzin, Marina, Malinalli ou Malinche, reste une figure très vivace, une icône, dont la mémoire fut tantôt révérée ou bannie. Qui était-elle ?

    • La Maldición de Malinche, Amparo Ochoa, Gabino Palomares
      https://www.youtube.com/watch?v=eyUwolkWINk


      (chanson de Gabino Palomares écrite en 1975, enregistrée en 1978)

      La maldición de Malinche - Wikipedia, la enciclopedia libre
      https://es.wikipedia.org/wiki/La_maldici%C3%B3n_de_Malinche

      «La maldición de Malinche», denuncia la explotación europea y norteamericana de los pueblos indígenas latinoamericanos. Pero sobre todo pone en evidencia el racismo y clasismo que los indígenas sufren en sus propios países. Es una fuerte crítica al malinchismo latinoamericano, es decir, a la preferencia por las culturas europeas o norteamericanas a expensas de la cultura nacional.

      Paroles

      Del mar los vieron llegar
      mis hermanos emplumados,
      eran los hombres barbados
      de la profecía esperada.

      Se oyó la voz del monarca
      de que el Dios había llegado
      y les abrimos la puerta
      por temor a lo ignorado.

      Iban montados en bestias
      como Demonios del mal,
      iban con fuego en las manos
      y cubiertos de metal.

      Sólo el valor de unos cuantos
      les opuso resistencia
      y al mirar correr la sangre
      se llenaron de vergüenza.

      Por que los Dioses ni comen,
      ni gozan con lo robado
      y cuando nos dimos cuenta
      ya todo estaba acabado.

      Y en ese error entregamos
      la grandeza del pasado,
      y en ese error nos quedamos
      trescientos años de esclavos.

      Se nos quedó el maleficio
      de brindar al extranjero
      nuestra fé, nuestra cultura,
      nuestro pan, nuestro dinero.

      Y les seguimos cambiando
      oro por cuentas de vidrio
      y damos nuestra riqueza
      por sus espejos con brillo.

      Hoy en pleno siglo XX
      nos siguen llegando rubios
      y les abrimos la casa
      y los llamamos amigos.

      Pero si llega cansado
      un indio de andar la sierra,
      lo humillamos y lo vemos
      como extraño por su tierra.

      Tú, hipócrita que te muestras
      humilde ante el extranjero
      pero te vuelves soberbio
      con tus hermanos del pueblo.

      Oh, Maldición de Malinche,
      enfermedad del presente
      ¿Cuándo dejarás mi tierra
      cuando harás libre a mi gente?

      EDIT: Tomado de AlbumCancionYLetra.com
      http://www.albumcancionyletra.com/la-maldicion-de-la-malinche_de_gabino-palomares___254375.aspx

    • Quelques infos sur Seenthis à propos de la Malinche : @la_voie_du publie les écrits de Georges Lapierre, anthropologue étudiant la société mexicaine. Parmi ces écrits j’avais repéré « Vierges Indiennes et Christ Noir », mis en ligne sous forme de feuilleton bimensuel d’octobre 2016 à décembre 2017.

      https://www.lavoiedujaguar.net/-Vierge-indienne-et-Christ-noir-

      « Les dieux anciens semblent ne pas vouloir abandonner la terre du Mexique pour le ciel de la transcendance malgré l’effort conjugué des premiers missionnaires franciscains en 1524 et des évangélistes aujourd’hui. Pour donner le change, ils ont dû, ces dieux, changer un peu d’apparence, modifier leur garde-robe, se déguiser, prendre l’aspect d’un saint chrétien, la figure de la Vierge ou du Christ : changer d’apparence, c’est assez facile pour un dieu, cela entre dans ses possibilités sinon dans ses attributions.

      Ainsi déguisés, ils ont pu passer inaperçus et rester dans un coin de leur ancien sanctuaire, ils ont évité d’être balayés grossièrement par le souffle de la tempête venue avec les conquistadores.

      Évidemment le temps ne va pas simplifier cette résistance sibylline des dieux, ils ont dû parfois se contorsionner pour être à la page et suivre l’histoire du Mexique, du Mexique colonial puis du Mexique indépendant, du Mexique créole, du Mexique métis et du Mexique indien. Je me suis intéressé à cette vie cachée des dieux et à leur métamorphose, vaste sujet ! »

      Et dans cet essai se trouve un « hommage à la Malinche » :

      https://www.lavoiedujaguar.net/Hommage-a-la-Malinche

      La cosmogonie mésoaméricaine, malgré son caractère guerrier apporté par l’ascendance nahuatl sur les peuples autochtones, repose sur une réalité sociale qu’elle ne peut ignorer : celle d’un monde paysan attaché à la terre, aux cycles agricoles, aux saisons, soucieux de la pluie et de la sécheresse, fasciné par la vie végétale, les germinations secrètes et les maturations heureuses, séduit par la féminité de la terre, par celle qui donne la vie. La rencontre entre un peuple nomade et guerrier et des peuples sédentaires a donné une cosmogonie originale fondée sur la dualité, respectant aussi bien le côté solaire et diurne du monde que son côté lunaire et nocturne. En s’implantant au Mexique, le christianisme, la religion du ciel et du père, la religion du pouvoir, a dû faire quelques concessions à la féminité comme elle avait été amenée à le faire en Europe. L’Église catholique est restée partagée entre deux visions du monde, entre ciel et terre. Au Mexique, elle a bien cherché à tirer les gens du côté du ciel. Elle a dû faire des concessions à la terre. Le protestantisme et les sectes évangéliques sont prêts à prendre le relais de l’Église catholique : arracher les gens à la terre et à la vie communale pour leur offrir en échange le ciel de la transcendance et de l’abstraction.

  • Hommage à la Malinche

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Hommage-a-la-Malinche

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir,
    une « petite archéologie de la pensée mexicaine »,
    paraît en feuilleton, deux fois par mois,
    sur « la voie du jaguar ».

    Conclusion

    Vers 1640, 1641, l’évêque de Puebla, Juan de Palafox, relance le culte de la Vierge d’Ocotlán. Ocotlán est une colline qui domine la ville de Tlaxcala. Juan de Palafox est un évêque influent, il va même être nommé vice-roi par intérim en 1642, puis il sera archevêque de Mexico. Un chapelain est nommé et un véritable sanctuaire est désormais consacré à l’image de la Vierge. En relançant le culte de la Vierge, Juan de Palafox initie une politique religieuse offensive. Cette politique a un double objectif : le premier vise à réduire l’influence des ordres monastiques et en particulier des franciscains, qui, depuis leur couvent de Huamantla, entre Puebla et Tlaxcala, contrôlent un vaste territoire et continuent à faire ombrage à l’Église séculière. (...)

    #Mésoamérique #culte #Xochiquetzal #Malinche #homme-dieu #persistance

  • Notes anthropologiques (VII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-VII

    Le plus souvent les anthropologues sont empêtrés dans ce qu’ils connaissent. Le monde où ils sont nés, ont fait leurs études, et jusqu’à leurs études d’anthropologie, leur offre le point de vue, conscient ou non, à partir duquel ils vont s’efforcer d’appréhender d’autres civilisations. Au nom de l’objectivité scientifique, ils maintiendront leur distance et se garderont de basculer du côté de l’indicible : devenir cet autre qu’ils étaient chargés d’étudier. En chavirant de l’autre côté, ils perdraient leur raison d’être. L’objectivité dont ils s’enorgueillissent n’est qu’une attitude de sauvegarde qui leur permet de rester ancrés à un monde, en fait à leur propre subjectivité, à cette civilisation qui les a modelés, qui a modelé leur manière d’appréhender la réalité qui les entoure, que ce soit les arbres, les insectes ou les autres peuples. (...)

    #anthropologie #potlatch #don #échange #Marcel_Mauss #Malinowski

  • Notes anthropologiques (VI)

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-VI

    Autrefois, au moment de la découverte du Nouveau Monde, les cartographes faisaient surtout allusion aux temps antiques pour rendre compréhensibles, à leurs propres yeux et aux yeux de leurs lecteurs, les mœurs et les usages des peuples qu’ils découvraient. De nos jours les anthropologues se réfèrent surtout à leur civilisation, à ce qu’ils connaissent, pour rendre compréhensibles à leurs propres yeux et à ceux de leurs lecteurs les peuples qu’ils étudient. Ce changement d’attitude est, en lui-même, significatif. Au XVIe siècle la colonisation de nouveaux territoires ne faisait que commencer et l’on cherchait surtout à établir des comptoirs commerciaux sur les côtes ou au bord des fleuves sans nécessairement entreprendre la conquête d’un empire colonial. Les peuples et leur mode de vie étaient perçus comme une curiosité et l’observation de leurs mœurs était encore, pour peu de temps, désintéressée. (...)

    #anthropologie #potlatch #don #échanges #Marcel_Mauss #Malinowski #Viveiros_de_Castro

  • Le meilleur maire du monde est belge et s’investit pour les migrants

    Le maire de la ville belge de #Malines a été désigné meilleur maire du monde 2016 pour sa gestion de cette cité de la diversité qui compte 128 nationalités, a annoncé mardi la fondation des maires urbains.

    http://www.rts.ch/info/monde/8386896-le-meilleur-maire-du-monde-est-belge-et-s-investit-pour-les-migrants.htm
    #solidarité #asile #migrations #réfugiés #Belgique
    cc @isskein

  • Comment meurent les faits : autopsie de la propagation d’une intox – Medium
    https://medium.com/@samuellaurent/comment-meurent-les-faits-autopsie-de-la-propagation-dune-intox-9d7d7e3f4b14

    Les scientifiques eux-mêmes n’ont plus d’autorité. AirParif, Prev’Air, les associations qui mesurent la pollution, tout cela ne compte pas. Ou du moins est balayé par la moindre dissonance. Un article, dans lequel un “expert” ne cite que quelques cartes météo, ne contacte personne, n’apporte qu’une argumentation très minimale, suffira à les balayer, dès lors que celui qui le lit est convaincu qu’il a raison. Le fait ne compte plus, ou infiniment moins, face à la conviction, au présupposé.

    […]

    C’est le monde dans lequel nous vivons désormais. Un monde de surinformation, de mal-information, où l’anecdotique devient central, où les faits deviennent des opinions, où croire est plus important que comprendre. Et où le journalisme, du moins celui qui a pour but de respecter, rapporter , faire comprendre, ces faits, est, si ce n’est agonisant, du moins gravement malade.

    #MalInformation #ComplotPartout

  • DFJP | L’initiative de mise en œuvre rompt avec des règles fondamentales de la démocratie
    http://asile.ch/2015/12/22/dfjp-linitiative-de-mise-en-oeuvre-rompt-avec-des-regles-fondamentales-de-la-d

    L’initiative populaire « Pour le renvoi effectif des étrangers criminels (initiative de mise en œuvre) » court-circuite le Parlement et restreint considérablement les compétences des tribunaux. Elle rompt avec des règles fondamentales de la démocratie et remet en question l’État de droit. Ses dispositions sont en contradiction avec les droits de l’homme et avec l’accord sur la […]

  • Merauke Integrated Food and Energy Estate (MIFEE)
    https://awasmifee.potager.org/?page_id=37

    The Merauke Integrated Food and Energy Estate (MIFEE) is a vast mega-project, a plan for over a million hectares of plantations and industrialised agriculture that threatens the people and environment across the southern part of West Papua. Indonesian and foreign companies have each claimed their share of the land, and offer the local Malind people next-to-nothing in exchange for the forest that has sustained them for countless generations.

    West Papua, where the MIFEE project is set to take place, is a conflict zone. The Papuan people have been struggling for decades for their freedom and self-determination. West Papua is also the next frontier for Indonesia’s plantations industry – after Sumatra and Borneo’s forests have been decimated for the pulp and oil-palm industries, now Papua becomes the target. Although some plantations already exist, MIFEE represents another order of magnitude, opening the floodgates to development projects across Papua in which the losers will be the Papuan people.

  • ‘A Kind of Purgatory’ : African Refugees in Israel

    By some estimates, 60,000 African asylum-seekers — mainly from Sudan and Eritrea — reside in Israel. For these men, women and children, the journey to the country is perilous: traversing hostile countries, often encountering bandits and facing the Egyptian and Sinai deserts before they even reach the border. Many who start the journey don’t make it. For those who do, they face a kind of purgatory rather than a home.

    http://sossinai.org/?p=978

    http://timethemoment.files.wordpress.com/2014/06/mg_3348.jpg?w=735
    http://timethemoment.files.wordpress.com/2014/06/mg_5774.jpg?w=735
    http://timethemoment.files.wordpress.com/2014/06/mg_5862.jpg?w=735
    http://timethemoment.files.wordpress.com/2014/06/mg_9443.jpg?w=735
    Toutes les photos du reportage, ici :
    http://lightbox.time.com/2014/07/07/african-refugees-in-israel/#11

    Des photos sur le #centre_de_détention de #Holot :
    http://timethemoment.files.wordpress.com/2014/06/mg_0251.jpg?w=735
    http://timethemoment.files.wordpress.com/2014/06/mg_5271.jpg?w=735
    #détention #rétention #détention_administrative

    #mur #barrière_frontalière #Egypte #Israël #Malin_Fezehai #photographie
    cc @albertocampiphoto

  • Le clip de Robin Thicke est une insulte à la #condition_féminine | VICE France
    http://www.vice.com/fr/read/le-clip-de-robin-thicke-est-une-insulte-a-la-condition-feminine

    Oui, j’en suis bien consciente, je ne suis pas en train de vous faire la révélation du siècle. Oui, cette vidéo est une insulte envers les femmes, et c’est évident pour quiconque a déjà rencontré une femme, parce que le féminisme se bat pour l’égalité ; de ce point de vue, regarder des filles nues danser maladroitement autour de prédateurs masculins habillés qui chantent « fais-le comme si ça faisait mal » ne semble pas vraiment aller dans ce sens.

    • Tu fais pas la différence entre :

      -- des meufs qui montent une action où elles décident de se dénuder ;
      -- un clip avec des meufs payées pour être à poil et mettre en valeur le chanteur ;
      -- des photos de nu tout court, qui ne servent ni à militer ni de faire valoir.

      Il me semble que c’est pas bien compliqué, pourtant. Mais si « corps nu » = un-seul-message-univoque, ok, c’est compliqué à comprendre…

    • Ok, merci @baroug, je commence à comprendre. C’est plus simple quand c’est bien expliqué ;-)

      Donc, le déterminant c’est le choix libre et conscient de se dénuder, « des meufs qui montent une action où elles décident de se dénuder », là c’est du féminisme. Merde, non, c’est pas ça, les nanas du clip n’ont pas l’air d’avoir été forcées, j’ai l’impression que c’est également un choix libre et conscient que de se mettre nue, mais la c’est pas du féminisme…
      Je pensais avoir compris mais c’est pas encore ça :-(

      Bon dieu, je suis bête, tu le dis après, le déterminant c’est le fait d’être en face de « meufs payées pour être à poil et mettre en valeur l’artiste », dans ce cas c’est pas du féminisme. Donc les femen ne sont pas payées, c’est pour ça que c’est du féminisme. Je me demande comment elles font pour financer le délire parisien, la vie de tous les jours, Inna doit avoir de la famille dans la banque, c’est pas possible autrement.
      Merde, non, c’est pas ça, les photos de nues sont pas faites pour la gloire. L’ambition c’est de gagner sa vie. Les modèles féminins qui posent pour des photos ou du dessin, sont bien payés et c’est bien pour mettre en valeur l’artiste et pourtant là c’est du féminisme.

      Décidément @baroug, je suis vraiment pas malin, je pensais avoir compris mais en fait rien du tout.

      #monde_moderne_pas_pour_moi

    • Je ne dis pas que dans un cas c’est du féminisme et pas dans les autres, je dis que ce n’est pas la même chose. Se mettre nue, pour militer d’une part — qu’on soit d’accord ou non avec les idées défendues, ou leur absence — pour gagner sa vie de l’autre, ça me semble assez différent. Et dans ce dernier cas, le fait que « l’œuvre », soit foncièrement misogyne ou non me semble aussi poser une grosse différence. Après, on peut aussi se poser la question du contexte, et de plein d’autres facteurs, mais j’imagine que ça devient excessivement compliqué.

    • Alléluia !! Je me sens moins c%#. Si toi aussi tu commences à trouver que ça devient excessivement compliqué, ça me rassure de voir que je ne suis pas le seul à ne pas être très malin.

      Bien que je ne sois pas très malin, j’ai l’impression que tu viens quand même de définir le déterminant objectif dans cette affaire, à savoir la complexité .

      On aura certainement l’occasion d’en reparler

      #monde_complexe

  • C’est assez fascinant de voir comment le Monde (avec Reuters) reprend (et aggrave) le discours du candidat de l’opposition.

    1. tel que rapporté dans la dépêche
    Maduro agite la menace d’une malédiction sur les Vénézuéliens
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/04/07/maduro-agite-la-menace-d-une-malediction-sur-les-venezueliens_3155457_3222.h

    Candidat à l’élection présidentielle au Venezuela, Nicolas Maduro a affirmé samedi 6 avril qu’un sortilège vieux de plusieurs siècles s’abattrait sur ceux qui ne lui apporteraient pas leur voix le 14 avril . « Si quelqu’un parmi le peuple vote contre (moi), il vote contre lui-même et la malédiction de Macarapana s’abattra sur lui », a mis en garde le président par intérim, dauphin désigné par Hugo Chavez lui-même avant sa mort d’un cancer en mars.

    2. rapporté le jour même par El Nacional (opposition)
    http://www.el-nacional.com/tu_decides_2013/Maduro-heredero-Cacique-Guaicaipuro_0_167383290.html

    El candidato oficialista instó a los habitantes de Amazonas a “no fallarle a Chávez” y a votar masivamente. “Vamos a jurar de corazón que vamos a obtener una victoria el 14-A”, acotó al tiempo que aseveró que votar en su contra, es votar contra ellos mismos, pues asegura que “si llegara a ganar la burguesía privatizarían la educación, las salud e irían por los indios” y caería sobre esta región “la maldición de Macarapana”.

    Le candidat du gouvernement invite les habitants du Territoire fédéral de l’Amazone à « ne pas manquer à Chávez » et à voter massivement. « Nous allons jurer de tout notre cœur que nous allons obtenir une victoire le 14 avril » note-t-il en même temps qu’il affirme que voter contre lui serait voter contre eux-mêmes car si « la bourgeoisie venait à gagner, ils privatiseraient l’éducation, la santé et ils viendraient (embêter ?) les indiens » et « la malédiction de Macarapana » tomberait sur cette région.

    3. le jour même Capriles (candidat de l’opposition) répond sur Twitter le texte cité dans la suite de la dépêche Le Monde/Reuters

    Son concurrent, Henrique Capriles a tourné en dérision cette évocation. « Maintenant, dans leur désespoir, ils menacent le peuple d’une malédiction. Le peuple est aux côtés de Dieu, donc rien de tout cela ne se produira », a-t-il dit lors d’un meeting électoral dans l’Etat de Tachira.

    Pour El Nacional, c’est sur Twitter
    http://www.el-nacional.com/politica/Capriles-Ahora-amenazan-pueblo-maldicion_0_167383336.html

    A través de su cuenta de Twitter, Capriles aseguró que eso no pasará porque el pueblo está con Dios.

    «Ahora los Enchufados en su desesperación amenazan con una maldición al Pueblo!El Pueblo está con Dios y nada de eso pasará!», escribió.

    Enchufar , veut dire brancher une prise électrique et donc enchufados (terme employé systématiquement par Capriles) veut dire « branchés » (au pouvoir).
    Le terme n’est pas repris dans la dépêche du Monde pourtant traduite mot pour mot. Je soupçonne une double interprétation moins… neutre.

    4. le lendemain, Maduro précise ce qu’il voulait dire
    http://www.el-nacional.com/tu_decides_2013/Maduro-traicion-vienen-derrota-maldiciones_0_167983236.html

    A su llegada (…) explicó el maleficio de Maracapana, del que habló este sábado. “En Maracapana hubo traición y cayó un maleficio sobre nuestra historia”, precisó. Indicó que el mismo se produjo por “la traición a su propia raza”, e indicó que “esta generación de soldados patriotas ha logrado romper el maleficio de la traición”.

    À Maracapana il y a eu trahison et c’est ainsi que le maléfice est tombé sur notre histoire. C’est la trahison de sa propre race qui a produitle maléfice. Mais "cette génération de soldats patriotes a réussi à rompre le maléfice de la trahison.

    5. La défaite de Maracapana (lieu où pousse les maracas… à l’emplacement même de Caracas) en 1567
    http://es.wikipedia.org/wiki/Batalla_de_Maracapana a marqué le début de la fin de la résistance des indiens Caraïbes dans le Venezuela central. Le cacique Guaicaipuro qui dirigeait la coalition y fut battu par une alliance entre les espagnols et des indiens rivaux des Caraïbes.

    6. La malédiction de Malinche
    La notice de WP, qui inclut déjà l’épisode sur « la malédiction de Maracapana » (écrit par un probable partisan…) fait référence à la Malédiction de Malinche, chanson mexicaine de Gabino Palomares, interprétée par lui-même et Amparo Ochoa à Managua en 1983
    http://www.youtube.com/watch?v=eyUwolkWINk

    Se nos quedó el maleficio
    de brindar al extranjero
    nuestra fe, nuestra cultura
    nuestro pan, nuestro dinero.

    Il nous reste le maléfice
    d’offrir à l’étranger
    notre foi, notre culture
    notre pain, notre argent.

    (…)

    ¡Oh, Maldición de Malinche!
    ¡Enfermedad del presente!
    ¿Cuándo dejarás mi tierra?
    ¿Cuándo harás libre a mi gente?

    Malédiction de Malinche
    Maladie d’aujourd’hui
    Quand quitteras-tu ma terre ?
    Quand libéreras tu mon peuple

    (paroles complètes et vie de la #Malinche ici (espagnol) http://www.margen.org/desdeelmargen/num6/malinche.html

    7 Enfin, revenons à l’article initial du Nacional et la vidéo qui l’ouvrait.
    http://www.youtube.com/watch?v=tOCaXG0R4TQ


    où Nicolás Maduro revendique son ascendance indienne (dans la vidéo incluse dans l’article, un peu plus longue, dans les instants qui précèdent, il revendique ses deux grands-mères indiennes) et se déclare l’héritier de Guaicaipuro (et autres).

    Je suis indien et ouvrier.

  • L’emballement médiatique à l’ère de #Twitter : toujours plus sur toujours moins de sujets - Samsa | nouveaux médias
    http://www.samsa.fr/2012/04/24/lemballement-mediatique-a-lere-de-twitter-toujours-plus-sur-toujours-moins-de-

    Trois élèves ingénieurs de l’école des Mines se sont penchés sur l’impact de Twitter sur l’écosystème de l’information. Dans un article qu’ils viennent de faire paraître dans la Gazette des Mines (http://www.annales.org/gazette/2012/gazette_66_03_12.htm) et qu’ils m’autorisent à reproduire ci-dessous, Nicolas Govillot, Nicolas Manquest et Dimitri Petrakis mettent en évidence l’effet de concentration produit par Twitter : un nombre plus restreint de sujets captent l’attention médiatique de manière plus intense. En résumé : moins de sujets font plus de bruit. Ils détaillent ci-dessous leur méthode de travail

    paradoxe d’une #information toujours plus disponible mais de plus en plus focalisée

    #médias #journalisme #malinfo

  • Militantisme 2.0 sauce moutarde : l’indignation qui vient ? (article publié dans le numéro 9 du journal dijonnais Blabla).
    « (...) Le militantisme 2.0 c’est l’univers virtuel et la surdose quotidienne d’informations, la politique empâtée dans un cercueil molletonné, d’où l’on peut crier en majuscule autant qu’on voudra et ne jamais sortir. Quand on a tellement de sites à lire, de commentaires à poster, de cyber-pétitions, de mails à faire suivre que l’on peut changer le monde nuit après nuit derrière son ordinateur. Jusqu’à ce que tout le reste paraisse bien fatiguant. Ce sont ces innombrables listes de discussion avec 300 abonné-e-s qui se tiennent informé-e-s, 15 personnes qui passent de temps en temps à travers l’écran et l’illusion d’être beaucoup. »
    http://www.brassicanigra.org/blabla/numero-13/09-militantisme-2-sauce-moutarde-l-indignation-qui-vient.html
    #militantisme #web2.0 #malinformation