• ZONE DE CONFORT, TERRE DE BULLSHIT ?
    10/01/2019 - par Delphine Le Goff
    L’injonction connaît son petit succès depuis une dizaine d’années : afin de se réaliser pleinement, il s’agirait de « quitter sa zone de confort » à tout prix. Sous couvert d’encouragement positif à la liberté, l’expression ne cache-t-elle pas plutôt une violence sociale et managériale ?

    http://www.strategies.fr/etudes-tendances/tendances/4022588W/zone-de-confort-terre-de-bullshit-.html

    #management #zone_de_confort #bullshit


  • I was a terrible PhD supervisor. Don’t make the same mistakes I did | Education | The Guardian
    https://www.theguardian.com/higher-education-network/2016/mar/24/i-was-a-terrible-phd-supervisor-dont-make-the-same-mistakes-i-did

    Research points to high levels of depression among PhD students.

    (...) Every one of my students got depressed at the beginning of their second year. They reached a point where they finally understood what they were trying to do, but did not yet believe that they could do it.

    (...) Looking back, perhaps what they were missing was the feeling of competence. I could have had them give seminars, conference talks or even work with undergrads or first-year PhD students, anything to make them realise how much they’d already achieved.

    (...) I didn’t know how to foster trust, celebrate success or maintain motivation. I was an utterly appalling supervisor and I didn’t even realise it. Perhaps you can learn from my example.

    #recherche #management #dépression #vécu


  • Travailleurs, travailleuses entendez-vous l’éco ?
    Le pouvoir aux salarié·e·s ?

    Un nombre croissant de travailleurs ont le sentiment d’être dépossédés de leur pouvoir d’agir et de décider au sein de leur entreprise. Comment dès lors conquérir des espaces de liberté dans des organisations régies par l’injonction managériale à l’efficacité et l’impératif actionnarial de profit ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-leco/entendez-vous-leco-du-mardi-08-janvier-2019
    https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_maniement_des_hommes-9782707186577.html
    https://www.franceculture.fr/personne-tiphaine-de-rocquigny

    https://www.youtube.com/watch?v=nwXwzDqN6mc


    Nina Simone - Work Song
    #Taylorisme #management #travail #économie #salariat


  • Ryanair réclame le licenciement de son personnel basé à Eindhoven Belga - 18 Décembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_ryanair-reclame-le-licenciement-de-son-personnel-base-a-eindhoven?id=101

    La compagnie aérienne Ryanair a sollicité le licenciement collectif de tout son personnel basé aux Pays-Bas. Elle a introduit sa demande auprès de l’Uitvoeringsinstituut Werknemersverzekeringen (UWV), l’institut néerlandais chargé de fixer le droit du travailleur à diverses allocations, et la justifie par les mauvaises prestations économiques.

    Il y a quelques temps, Ryanair avait déjà fermé sa base d’Eindhoven (sud-est des Pays-Bas) et avait indiqué qu’il entendait progressivement venir à bout du personnel qui faisait opposition.

    Les syndicats néerlandais VNV et FNV ont annoncé faire appel de la demande introduite auprès de l’UWV. Le président du VNV, Joost van Doesburg, est d’ailleurs surpris que l’institut ait traité cette requête de manière ordinaire. Si celle-ci a été justifiée pour des raisons économiques, elle doit être étayée de chiffres, ce que, selon lui, Ryanair n’a pas fait. La justice avait encore constaté en octobre, lors d’une action en référé introduite par seize pilotes, que la compagnie irlandaise n’avait pas avancé de motifs économiques concernant la fermeture de la base d’Eindhoven. Le tribunal avait estimé que cette fermeture constituait plutôt une forme de sanction pour les grèves menées par le personnel.

    #dettes #subvention #pognon_de_dingue #guerre_aux_pauvres
    #conditions-de-travail #protection-sociale #esclavage #management #harcèlement #cadences #discrimination #low-cost #entreprise #monde_du_travail #transport_aérien #compagnies_aériennes


  • The Next Wave of Work Management #software
    https://hackernoon.com/the-next-wave-of-work-management-software-81f392c728e3?source=rss----3a8

    Work management software is boring. Innovations are rare and you may think that no cool new vendors appeared in the last 5 years. Indeed, Asana is 10 years old, JIRA is everywhere and Trello was released in 2011. Are there any new tools coming? Can we expect a new paradigm shift?I believe it is happening right now. There are few promising vendors that trying to disrupt work management market 🌊.Vendors: Airtable, Zenkit, Notion, CodaDriversLet’s try to generalize what drives this new wave. These drivers sorted by importance, so first one is the most important.Domain Generalization. There are no specific entities like Tasks and Projects anymore. Specialization is gone. Everything is very fluid and you can define your own semantic. It means you can relatively easy use a tool to track Leads (...)

    #management-software #startup #project-management #work-management




  • Web and Mobile Solution Use Cases for Pharmacy Management System
    https://hackernoon.com/web-and-mobile-solution-use-cases-for-pharmacy-management-system-cd823ee

    Types of Software You need for Pharmacy Management SystemPharmacy software is utilized by pharmacist’s specialists to give the solution to customers while ensuring the safe and effective use of pharmaceutical medications. This kind of pharmacy management software helps pharmacists manage a large variety of medication and their many characteristics such as potency, side effects, or toxicity.Furthermore, drug store software helps with managing drug stock and availability, alongside the principles and best practices that must be followed when administering certain drugs. These applications ordinarily incorporate out-of-the-box integration with benefits carriers. The product incorporates medicine preparing work processes, which enable clients to keep up all essential remedy data, for (...)

    #pharmacy-poc #pharmacy-management #pharmacy-system #management-system #pharmacy-erp




  • Grégoire Chamayou : « Pour se défendre, le néolibéralisme a fait refluer le trop-plein de démocratie » - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/09/gregoire-chamayou-pour-se-defendre-le-neoliberalisme-a-fait-refluer-le-tr

    Confrontés à l’activisme des années 70 puis aux exigences éthiques des consommateurs, penseurs libéraux et directions d’entreprises ont mis au point des guides de management et des théories politiques pour défendre le capitalisme contesté. En disséquant ces discours, le philosophe dresse une brillante saga du libéralisme autoritaire.

    Dans sa Théorie du drone, parue il y a cinq ans aux éditions la Fabrique, le philosophe Grégoire Chamayou se penchait sur les enjeux éthiques de cette nouvelle arme de guerre. Avec la Société ingouvernable, une généalogie du libéralisme autoritaire (la Fabrique encore), il prend à nouveau de la hauteur pour dresser une saga du néolibéralisme « par en haut », du point de vue ceux qui ont défendu les intérêts du monde des affaires, aux Etats-Unis, à partir des années 70 : dirigeants d’entreprise, lobbyistes, théoriciens comme Milton Friedman et Friedrich Hayek… Chamayou a analysé les interviews des uns, les manuels de management des autres, les comptes rendus des assemblées générales, les textes de Prix Nobel comme les récits de briseurs de syndicats… « Une littérature grise, dit-il, qui n’est pas publiée en librairie. Les zones grises, aussi, des discours des économistes. Des textes disparates à considérer comme les éléments d’un même ensemble pratique. » Au terme de ce brillant panorama, la Société ingouvernable dresse un constat : le #néolibéralisme dans lequel nous évoluons n’a rien de naturel ni de pur. C’est un système chancelant qui s’est construit à hue et à dia, de manière pragmatique, en réaction à de multiples crises d’une société jamais totalement « gouvernable ».

    Politiquement autoritaires et économiquement libéraux, les gouvernements de Trump ou d’Orbán nous semblent des aberrations. Vous dites à l’inverse qu’ils n’ont rien de contradictoires, pourquoi ?

    On se fait souvent une idée fausse du néolibéralisme comme « phobie d’Etat », anti-étatisme unilatéral. L’actualité montre à l’inverse une nouvelle fois que libéralisme économique et autoritarisme politique peuvent s’unir : le conseiller économique de Bolsonaro, Paulo Guedes, est un « Chicago boy », un ultralibéral formé à l’École de Chicago, qui a enseigné au Chili sous Pinochet. La formule de « libéralisme autoritaire » a été employée dès 1933 par un juriste antifasciste, Hermann Heller, à propos d’un discours de Carl Schmitt face à une assemblée de patrons allemands. Schmitt y défendait un Etat extrêmement fort face aux revendications sociales mais renonçant à son autorité en matière économique. « Un Etat fort pour une économie saine », résumait-il. Cinquante ans plus tard, en pleine dictature Pinochet, le théoricien néolibéral Friedrich Hayek, qui a beaucoup lu Carl Schmitt, confie à un journal chilien : « Personnellement, je préfère un dictateur libéral à un gouvernement démocratique sans libéralisme. » Mais le libéralisme autoritaire a de multiples variantes. Thatcher, elle aussi, vise « un Etat fort pour une économie libre ». En pratique, cela suppose, à des degrés divers, de marginaliser la sphère parlementaire, restreindre les libertés syndicales, éroder les garanties judiciaires… A côté de ce renforcement de l’Etat, on limite, de manière paradoxale, son champ d’intervention. C’est le concept de libéralisme autoritaire : faible avec les forts et fort avec les faibles.

    Vous faites remonter cette forme abâtardie du libéralisme aux années 70, quand le monde des affaires doit réagir à une série de crises qui menacent le système…

    Au milieu des années 70, on pense assister à une crise de gouvernabilité. Dans un rapport de la Trilatérale (1), le néoconservateur Samuel Huntington s’inquiète d’un « déferlement démocratique ». A gauche, Michel Foucault écrit que l’ensemble des procédés par lesquels on conduit les hommes sont remis en question. Non seulement on se révolte partout, mais les techniques de gouvernement sont elles-mêmes en crise. L’Etat-providence qui devait avoir un effet pacificateur a mis le feu aux poudres. Avec le quasi-plein-emploi, les travailleurs ont un rapport de force favorable. Des activistes mettent en cause les pratiques des multinationales et l’État lui-même semble hors de contrôle… Les intellectuels conservateurs s’y résignent : « Il va falloir intervenir. » La « main invisible » ne réglera pas le problème toute seule… Dans ce livre, j’étudie comment ces stratégies se sont élaborées, ce qui ne veut pas dire qu’il y aurait quelque chose comme un « comité central de la classe capitaliste » qui tirerait les ficelles. Au contraire, ce que montrent les documents - articles d’économistes, mais aussi discours de PDG, guides de management… -, ce sont des formulations contradictoires, des réactions pragmatiques à chaque conflit qui surgit. Une pensée qui se cherche en colmatant les brèches.

    Comment le monde de l’entreprise va-t-il réagir à la remise en cause de l’entreprise qui émerge dans la société civile ?

    Le #management était habitué à gérer les conflits avec ses salariés. Il va devoir apprendre à répondre à des assauts externes. En 1970, l’activiste de la New Left mobilisée contre la guerre du Vietnam, Staughton Lynd, pose cette question : pourquoi continuons-nous à manifester à Washington comme si c’était là que se jouait la guerre du Vietnam ? Puisqu’elle est le produit d’un complexe militaro-industriel, il faut attaquer les grandes entreprises de l’armement, envahir les assemblées générales d’actionnaires. Les directions de ces entreprises sont d’abord démunies : des guides pratiques rédigés à l’attention des PDG leur conseillent de surtout rester cool en cas de débordements, on monte des sessions d’entraînement où les salariés jouent le rôle des activistes et soumettent les dirigeants à tous les outrages. « Ça a été l’une des épreuves les plus dures pour le PDG »,témoigne une secrétaire de direction dans l’un des documents que j’ai étudié. Et sans doute un moment jouissif pour les salariés…

    Nestlé, confronté, de 1977 à 1984, à un boycott international qui l’accuse de « tuer les bébés » avec son lait infantile vendu dans les pays du tiers-monde, opte vite pour une autre parade, laquelle ?

    La #multinationale recrute un conseiller en relations publiques venu du renseignement militaire, Rafael Pagan. La différence entre les activistes et vous, dit-il à Nestlé, c’est que les activistes, eux, savent qu’ils font de la politique. Avec sa cellule de crise, Pagan va s’appuyer sur la pensée de Clausewitz : priver l’adversaire de sa force morale. Il classe les militants en plusieurs profils : il faut isoler les « radicaux », avec lesquels il n’y a rien à faire, rééduquer les « idéalistes », sincères mais crédules. La tactique psychologique principale, c’est de les mettre en porte-à-faux, leur montrer qu’alors même ils croient défendre une cause juste, ils font du tort à d’autres groupes. Quant aux « réalistes », on parvient facilement à les coopter, à échanger un accord contre de la gloire ou de l’argent.

    Les années 80 voient émerger les discours sur la « responsabilité sociale » des entreprises. Le dialogue devient une arme dans la panoplie des firmes. Pourquoi ?

    Cela ne figure pas dans l’histoire officielle de la « responsabilité sociale des entreprises », mais une des premières publications sur le sujet a été parrainée aux Etats-Unis par Edward Bernays, l’auteur du fameux Propaganda. Or son modèle - fabriquer du consentement de manière verticale vers un public malléable, a trouvé ses limites. Bien sûr on continuera de faire de la pub, mais il faut recourir à des tactiques plus fines. C’est l’éloge d’une nouvelle idole : la communication dialogique, qu’on oppose à la manipulation. On vante la « coproduction de sens », la « communication éthique », « l’empathie entre les parties prenantes »… Un discours pseudo-philosophique qui masque une stratégie plus offensive. Lorsque Pagan dialogue avec les activistes de #Nestlé, il ne s’agit pas de négocier, c’est une ruse. Le dialogue permet de priver les militants d’une de leurs ressources les plus précieuses, la publicisation du conflit, puisqu’il doit être mené à huis clos. Il épuise l’adversaire dans d’interminables pourparlers, et en posant le consensus comme norme absolue, il permet de disqualifier ceux qui refusent le dialogue comme des irresponsables.

    En parallèle de ces tactiques pragmatiques mises en places par les firmes, les grands théoriciens du néolibéralisme, eux, vont mener une contre-offensive intellectuelle visant à « dépolitiser » l’entreprise afin de la faire échapper aux critiques des activistes.

    Dans les années 60, la pensée « managérialiste » admettait que la firme était un « gouvernement privé », un lieu de pouvoir, qu’il fallait bien tenter de légitimer : c’est notamment le rôle des discours sur la « responsabilité sociale » des entreprises ou le « managérialisme éthique ». Mais à partir des années 70 et 80, les théoriciens néolibéraux vont considérer qu’il est très dangereux de reconnaître ces rapports de pouvoir et de tenter de les justifier. C’est le cas de Milton Friedman qui critique ainsi le « greenwashing » naissant : « Peu de choses me soulèvent davantage l’estomac que de regarder ces spots télévisés qui voudraient nous faire croire que leur seule raison d’être est la préservation de l’environnement. » Pour ces économistes, il faut au contraire inventer une doctrine de l’entreprise qui la dépolitise. Pour cela, dans les années 70, les penseurs des « nouvelles théories de la firme » vont tâcher de déréaliser l’entreprise, dénier les rapports de force qui la constituent et la présenter comme une pure fiction juridique, un simple nœud de contrats. Aujourd’hui, dans les manuels d’économie, on présente ces thèses comme des doctrines neutres. Leurs auteurs, pourtant, les ont explicitement conçues comme des armes intellectuelles pour la défense d’un capitalisme contesté.

    Après les salariés, après les activistes, les néolibéraux s’attaquent à l’Etat lui-même, devenu « ingouvernable ». Comment s’y prennent-ils ?

    Face à l’inflation des revendications, on assiste à ce que Hayek appelle une « crise de gouvernite aiguë » de l’Etat. Ça régule, ça intervient… Comment faire refluer les demandes sociales, le trop-plein de démocratie ? Des économistes de l’université de Saint-Andrews, en Ecosse, proposent une nouvelle stratégie : la micropolitique de la privatisation. Cessons de nous focaliser sur la bataille des idées, disent-ils : conquérir les cœurs et les esprits ne suffit pas à changer les pratiques. C’est l’inverse : il faut changer pas à pas les comportements, et le reste suivra. Ouvrir progressivement les services publics à la concurrence, plutôt que privatiser brutalement, permet de dépolitiser la demande : tandis que l’usager insatisfait se retournait contre les pouvoirs publics, le client mécontent change de crémerie. Une fois la libéralisation actée, ce sont les individus eux-mêmes par leurs microchoix de consommateurs, qui deviennent les moteurs du changement. Le chef de file de ce courant, Madsen Pirie, cite l’exemple de la #dérégulation, par une Thatcher fraîchement élue, en 1980, du transport interurbain par bus - amorce pour la privatisation des chemins de fer britanniques…

    Votre livre approche l’entreprise par la philosophie. Pourquoi dites-vous que cette discipline tente trop rarement de saisir cet objet ?

    En philosophie, on a des théories de la souveraineté politique qui remontent au XVIIe siècle, mais peu de traités sur l’entreprise. Quand la philosophie intègre la question à ses enseignements, c’est trop souvent en reprenant les discours indigents produits dans les business schools. Il serait temps au contraire de développer des philosophies critiques de l’entreprise. Ce livre est un travail en ce sens, une enquête sur des catégories centrales de la pensée économique et managériale dominante. A la crise de gouvernabilité a répondu un contre-mouvement, une grande réaction où se sont inventés des nouveaux arts de gouverner, encore actifs aujourd’hui. Alors même que ces procédés de pouvoir nous sont appliqués en permanence, nous connaissons mal leur origine et leurs ressorts fondamentaux. Or, je crois que vendre la mèche, exposer leurs stratégies peut contribuer à mieux les contrer. Ce qui a été fait, on peut le défaire. Encore faut-il en connaître l’histoire.

    (1) Créée en 1973, la Commission trilatérale réunit des centaines de personnalités du monde des affaires et de la politique favorables à la globalisation économique.
    Sonya Faure

    Lien déjà cité par ailleurs mais sans l’interview en entier.

    #chamayou #capitalisme #entreprise #libéralisme #autoritarisme #état #privatisation


  • Grégoire Chamayou : « Pour se défendre, le néolibéralisme a fait refluer le trop-plein de démocratie » - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/09/gregoire-chamayou-pour-se-defendre-le-neoliberalisme-a-fait-refluer-le-tr

    Confrontés à l’activisme des années 70 puis aux exigences éthiques des consommateurs, penseurs libéraux et directions d’entreprises ont mis au point des guides de management et des théories politiques pour défendre le capitalisme contesté. En disséquant ces discours, le philosophe dresse une brillante saga du libéralisme autoritaire.

    (...) Chamayou a analysé les interviews des uns, les manuels de management des autres, les comptes rendus des assemblées générales, les textes de Prix Nobel comme les récits de briseurs de syndicats… « Une littérature grise, dit-il, qui n’est pas publiée en librairie. Les zones grises, aussi, des discours des économistes. Des textes disparates à considérer comme les éléments d’un même ensemble pratique. » Au terme de ce brillant panorama, la Société ingouvernable dresse un constat : le néolibéralisme dans lequel nous évoluons n’a rien de naturel ni de pur. C’est un système chancelant qui s’est construit à hue et à dia, de manière pragmatique, en réaction à de multiples crises d’une société jamais totalement « gouvernable ».

    #livre #néolibéralisme #management #gouvernementalité


  • Suicide d’une factrice : ses collègues exigent le départ des encadrants depuis 10 jours | Stéphane Ortega
    https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/suicide-dune-factrice-ses-collegues-exigent-le-depart-des-encadrants

    Depuis le 25 octobre, les factrices et facteurs du bureau de distribution de Sarlat en Dordogne ont cessé le travail. Ils exigent le départ de trois cadres dont le management est jugé responsable du passage à l’acte de leur collègue la veille. Au dixième jour de conflit, la direction de La Poste refuse toujours d’accéder à leur demande et réclame une reprise du travail. Source : Rapports de Force


  • Une question qui fâche ? Pourquoi les #universitaires qui disposent des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister, acceptent-ils de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’#Université ?

    http://sms.hypotheses.org/8471

    #université, #universitaire, #emploi, #gestion, #personnel, #travail, #néolibéralisme, #néolibéral, #management, #capitulation


  • Les forçats de la créa | Le Labo
    https://www.rts.ch/play/radio/le-labo/audio/labo-les-forats-de-la-crea?id=9863436&station=a83f29dee7a5d0d3f9fccdb9c92161b1af

    Création ou créativité ? Les uns voient de la créativité partout, dans les entreprises, partout. Et tout le monde peut être créatif. C’est inné. Et plus on a d’idées, plus on peut en avoir d’originales. Mais qu’est-ce que la créativité, ce mot à la mode et utilisé à toutes les sauces ? David Christoffel enquête comme à son habitude sur ce terme de plus en plus ambivalent, mais les réponses voudraient en faire un mot d’ordre. Ce mot du management et de la novlangue des entreprises n’est pas anodin. Son but ? Faire des employés des créateurs libérés pour le bien de l’entreprise. En vue d’un profit maximum, d’une efficience aliénée idéale. Les recettes ? Se déconnecter, respirer dans un lieu différent pour avoir des idées différentes. Se mettre en chaussette et se faire confiance. Mais tout cela est-il bien (...)

    https://rtsww-a-d.rts.ch/espace-2/programmes/le-labo/2018/le-labo_20181007_full_le-labo_3c57742b-029e-43da-ac42-2eef527a37ab-128



  • Tous évalués, tous menacés (France Inter)
    https://www.franceinter.fr/emissions/interception/interception-09-septembre-2018

    Car c’est ainsi : aujourd’hui, grâce au développement du numérique, tout le monde peut donner son #avis sur tout et sur tout le monde : les chauffeurs, les livreurs, mais aussi, les hôteliers, les restaurateurs et même les médecins. Malheur à qui n’atteint pas l’#excellence, sa #réputation peut en être durablement ternie, et son activité même, peut être mise en péril.

    Dans certaines grandes entreprises (qui s’en défendent), l’#évaluation par les clients peut même être utilisée comme outil de #gestion du personnel : pas assez de bonnes notes, et c’est une prime, ou un espoir d’avancement qui s’envole.

    Le plus souvent, le client dont on sollicite l’avis n’a même pas conscience de ce super-pouvoir, et c’est à son insu qu’il est l’auxiliaire de cette nouvelle #dictature de la #note.

    #management


  • SAF - Pour les #enfants placés, des #familles d’#accueil en pénurie, poussées « à l’épuisement »
    http://www.safsolidaires.fr/pour-les-enfants-places-des-familles-daccueil-en-penurie-poussees-a-le

    Partout en France, c’est la même #pénurie. Dans les entrefilets des quotidiens régionaux, on ne compte plus les campagnes de recrutements. Selon l’Observatoire national de l’enfance en danger (ONED), ils étaient 38 300 en 2015 à accueillir des enfants au titre de la protection de l’enfance, contre environ 50 000 en 2012. La même année, la moitié des mineurs et jeunes majeurs confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) étaient hébergés en famille d’accueil, soit 75 000 concernés. Un chiffre en constante augmentation. Mais dans une profession où les trois quarts des effectifs ont entre 55 et 65 ans, « on disparaît en silence », résume Sabine Carme, présidente du Syndicat professionnel des assistants familiaux.

    « Tout est toujours une question de budget », juge celle qui exerce depuis vingt ans. Les départements ne s’y trompent pas : l’accueil chez des particuliers est 30 % moins cher que le placement en établissement. Le salaire mensuel de base est de 1 171 euros brut par mois pour le premier enfant, 1 854 euros pour deux enfants et 2 537 euros pour trois — certains départements se montrant toutefois plus généreux. Sabine Carme regrette ainsi qu’on « pousse à un remplissage forcé au détriment de la qualité de l’accueil, de l’équilibre des enfants comme des adultes ». Jamais la profession n’a été autant touchée par les arrêts maladie, les accidents de travail, les divorces et démissions, alors que les cinq semaines de congés ne sont souvent pas prises faute de relais.



  • #bullshit_job : Les cinq grandes familles de «jobs à la con» Quentin Périnel - 1 Aout 2018 - Le Figaro
    http://www.lefigaro.fr/decideurs/vie-bureau/2018/09/01/33008-20180901ARTFIG00020-les-cinq-grandes-familles-de-jobs-a-la-con.php

    Dans un livre qui paraît en cette rentrée, l’anthropologue américain #David_Graeber étaie la notion de « bullshit job » qui l’a fait connaître en 2013. Un regard critique et cynique sur la vie de bureau contemporaine.

    Lorsqu’un article fait autant de bruit dans le monde entier, c’est forcément que son auteur a visé juste. Lorsque l’anthropologue américain et militant anarchiste David Graeber - qui a animé en mars dernier une grande et passionnante conférence au Collège de France https://www.college-de-france.fr/site/evenements-culturels/Grande-conference-David-Graeber-version-originale.htm - publie, en 2013, un article intitulé « Le phénomène des jobs à la con » dans le magazine Strike !, il ne s’attendait pas à provoquer un tel émoi : des dizaines de reprises médiatiques, des traductions dans toutes les langues du monde... « Bullshit Job » : un emploi rémunéré qui est si totalement inutile, superflu ou néfaste que même le salarié ne parvient pas à justifier son existence. Telle est sa définition du concept.

    Cinq années plus tard, le chercheur américain a étayé encore davantage sa réflexion, et publie un livre - traduit aux éditions Les liens qui libèrent - qui porte le nom du phénomène. « À tous ceux qui préfèrent être utiles à quelque chose », écrit-il en première page en guise de dédicace. Dans son essai d’environ 400 pages, l’auteur dresse notamment une typologie desdits « #jobs_à_la_con », qu’il classe en cinq grandes familles représentatives, selon lui, du monde du #travail contemporain.

    • Les larbins. Les jobs de #larbins, explique-t-il, sont ceux qui ont pour seul but - ou comme but essentiel - de permettre à quelqu’un d’autre de paraître ou de se sentir important. En bref : d’aider quelqu’un à briller et à le tirer vers le haut tout en restant dans l’ombre. « Oui, il existe encore des boulots de domestiques à l’ancienne, de type féodal, soutient David Graeber. À travers l’Histoire, les riches et les puissants ont eu tendance à s’entourer de serviteurs, de clients, de #flagorneurs et autres #laquais. » Exemple ? Jack explique qu’il était démarcheur téléphonique chargé de vendre des actions à des clients, de la part d’un courtier. « L’idée était que, aux yeux du client potentiel, le courtier aurait l’air plus compétent et plus professionnel si l’on sous-entendait qu’il était trop occupé à faire du fric pour pouvoir passer les coups de fil lui-même, précise-t-il. Mon poste n’avait donc strictement aucune utilité, si ce n’est de faire croire à mon supérieur immédiat qu’il était un gros bonnet et d’en convaincre les autres. »

    • Les porte-flingue. Naturellement, le terme n’est pas à prendre au premier degré. Il s’agit d’une appellation métaphorique pour désigner ceux dont le travail a été créé par d’autres et comporte une composante agressive. « Un pays n’a besoin d’une armée que parce que les autres pays en ont une », explique Graeber. Un exemple qui vaut aussi, selon lui, pour les #lobbyistes, les #experts en relations publiques, les #télévendeurs ou les #avocats_d_affaires. « L’université d’Oxford a-t-elle réellement besoin d’employer une douzaine d’experts en #relations_publiques, au bas mot, pour convaincre le monde de son excellence ?, questionne-t-il. Il me semble au contraire qu’il faudrait au moins autant d’attachés de presse et des années d’efforts pour détruire sa réputation d’excellence, et je me demande même s’ils y parviendraient. »

    • Les rafistoleurs. Ou bricoleurs professionnels. Qui sont les #rafistoleurs ? Ceux dont le job n’a d’autre raison d’être que les pépins ou anomalies qui enrayent une organisation : ils sont là pour régler des problèmes qui ne devraient pas exister. Le terme est notamment employé dans l’industrie du logiciel, mais il peut être d’application plus générale. « Les premiers exemples de rafistoleurs auxquels on pense, ce sont des subalternes dont le boulot est de réparer les dégâts causés par des #supérieurs_hiérarchiques négligents ou incompétents », lit-on dans le livre Bullshit Jobs. « Une fois, j’ai travaillé dans une PME comme « testeuse », témoigne une employée. J’étais chargée de relire et corriger les rapports écrits par leur chercheur/statisticien star. »

    • Les cocheurs de case. Pour qu’une organisation puisse exister et que tout le monde sache qu’elle existe, il faut des #cocheurs_de_case. Il s’agit d’employés dont la seule principale raison d’agir est de permettre à une organisation de prétendre faire quelque chose qu’en réalité elle ne fait pas. Voilà une bonne définition de la réunionnite : des réunions sans cesse, pour le principe, et sans intérêt apparent ni aucune décision de prise. Graeber explique que dans la majorité des cas, les cocheurs de case sont tout à fait conscients que leur job n’aide en rien la réalisation du but affiché. Pire encore : il lui nuit, puisqu’il détourne du temps et des ressources. « L’essentiel de mon travail consistait à interviewer les résidents afin de noter leurs préférences personnelles dans un formulaire « loisirs », explique ainsi Betsy, qui était chargée de coordonner les activités de détente dans une maison de repos. (...) Les résidents savaient très bien que c’était du pipeau et que personne ne se souciait de leurs préférences. » Le temps que Betsy passait à remplir ces formulaires était précisément du temps qu’elle ne passait pas à les divertir !

    * • Les petits chefs. *C’est peut-être le profil le plus connu... et le plus haï aussi. Les petits-chefs se divisent en deux sous-catégories. Ceux du premier type n’ont qu’une fonction : assigner ou déléguer des tâches à d’autres. Ils peuvent être considérés comme le reflet inversé des larbins : ils sont tout aussi superflus, mais au lieu d’être les subordonnés, ce sont les supérieurs. Si cette première catégorie est inutile, la seconde est nuisible : il s’agit des petits chefs dont l’essentiel du travail consiste à créer des #tâches_inutiles qu’ils confient à leurs subalternes, ou même de créer de toutes pièces des « jobs à la con. » « Il est très difficile de recueillir des témoignages de petits chefs », observe Graeber. Logique : il est difficile d’admettre être chef et d’avoir un job inutile. « J’ai dix personnes qui travaillent pour moi, mais pour autant que je puisse en juger, toutes sont capables de faire le boulot sans qu’on les surveille, constate Ben, manager intermédiaire dans une entreprise. Mon seul rôle, c’est de leur distribuer les tâches - notez que ceux qui conçoivent ces tâches pourraient parfaitement les leur confier directement. » Ben va même encore plus loin dans sa lucidité quant à son travail : « J’ajoute que bien souvent, les tâches en question sont produites par des managers qui ont eux-mêmes des jobs à la con ; du coup, j’ai un job à la con à double-titre. »

    #entreprise #management #hiérarchie


  • Rhinocéros : Leur nouveau sanctuaire n’était qu’un piège mortel L’essentiel/afp - 31 Aout 2018 - L’essentiel
    http://www.lessentiel.lu/fr/news/monde/story/leur-nouveau-sanctuaire-n-etait-qu-un-piege-mortel-11374581

    Onze rhinocéros ont trouvé la mort après avoir été transférés dans un parc naturel. Les autorités et le WWF, à l’origine du projet, se rejettent la faute.

    Le transfert de 11 rhinocéros vers un parc national du sud-est du Kenya ne devait être qu’une formalité. Il s’est transformé en un des plus grands ratés de l’histoire de la protection de la faune sauvage du pays, laissant pantois les défenseurs de l’environnement.

    Selon plusieurs témoignages corroborés par des documents consultés par l’AFP, de nombreuses mises en garde ont été émises, ignorées, voire étouffées, sur la salinité bien trop importante du point d’eau prévu pour les 11 animaux, finalement morts en juillet de déshydratation. L’heure est désormais aux accusations mutuelles.

    Fin juin, c’est en grande pompe que le ministre kényan du Tourisme et de la Faune sauvage Najib Balala et le Fonds mondial pour la nature (WWF) saluent l’aboutissement d’un projet de six ans : les rhinocéros noirs sont emmenés depuis les parcs de Nairobi et Nakuru (centre) vers un nouveau sanctuaire - un immense enclos de 100 km2 - dans le parc de Tsavo Est (sud-est).

    Lente déshydratation
    Mais après ingestion de l’eau pompée plusieurs mètres sous terre pour eux, les rhinocéros meurent les uns après les autres. Ce projet du Service kényan de la Faune (KWS), financé à hauteur d’un million de dollars par le WWF, se transforme en cauchemar. Selon le docteur Benson Kibore, directeur de l’Association kényane des vétérinaires, et qui a participé à l’autopsie des rhinocéros, cette eau était tellement salée qu’elle avait corrodé une grille en métal proche de la pompe.

    L’eau salée a vraisemblablement donné encore plus soif aux rhinocéros, qui en ont donc consommé plus. La lente déshydratation de leur corps s’est notamment traduite par un dessèchement de leurs tissus et un épaississement de leur sang.

    Pourtant, une quinzaine de tests aquifères ont été menés entre février et mai. Leurs résultats, consultés par l’AFP en août, indiquent une salinité dangereuse. Selon le Dr Kibore, ces données n’ont même pas été communiquées aux vétérinaires lorsque les premiers rhinocéros sont tombés malades, leur faisant perdre un temps précieux pour trouver l’origine de la maladie.

    « Interférences » du WWF
    Lorsque le transfert a été confirmé, « j’étais horrifié, j’étais sûr qu’il y aurait un problème », assure de son côté Nehemiah Rotich, un ancien responsable du KWS. Le transfert, imaginé par l’organe exécutif du KWS, avait été refusé à plusieurs reprises par le conseil d’administration du KWS en raison de l’eau et du manque de végétation dans le sanctuaire.

    Brian Heath, un ancien membre du conseil, a dénoncé des pressions du WWF pour que le transfert ait lieu. Devant le Parlement, l’ancien président du conseil d’administration du KWS et célèbre paléoanthropologue Richard Leakey a également fustigé des « interférences » du WWF.

    Le conseil dont faisaient partie MM. Leakey et Heath a finalement approuvé le transfert en octobre 2017 à la condition que le sanctuaire soit amélioré. Leur mandat a pris fin en avril, et trois mois plus tard, le déplacement des rhinocéros a eu lieu, sans qu’un nouveau conseil (pas encore nommé) ne se soit penché sur la question.
    Bras-de-fer
    Les actuels responsables du KWS, dont l’exécutif, ont refusé de répondre à l’AFP, notamment à la question de savoir qui a finalement approuvé le transfert. D’autres éléments suggèrent par ailleurs un bras-de-fer sur la question, comme le compte-rendu d’une réunion de mai 2017 portant sur le projet, et à laquelle ont participé des responsables du KWS et Martin Mulama, expert en rhinocéros pour le WWF. Un premier compte-rendu, vu par l’AFP, ne faisait aucune référence à d’éventuelles préoccupations. Plusieurs participants s’en sont plaints et une deuxième version du compte-rendu indique que « l’habitat dominant ne permet pas qu’un transfert ait lieu ».
    . . . . . .
    La construction récente d’un pont ferroviaire à travers le parc national de Nairobi et d’autres infrastructures dans des zones protégées sont pour elle le signe d’une « époque très très sombre pour le Kenya » et sa faune sauvage.

    #Rhinocéros #Kenya #WWF #ONG #Faune #eau #KWS #Nairobi #écologie #biodiversité #bêtise #Afrique #management


  • La vacance de monsieur Hulot

    Nicolas Hulot : « Je prends la décision de quitter le gouvernement »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-28-aout-2018

    Nicolas Hulot a annoncé ce mardi sa décision de quitter le gouvernement, un an après son arrivée au ministère de la Transition écologique et solidaire.

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15273-28.08.2018-ITEMA_21786479-8.mp3

    Nicolas Voisin a dit :

    Ce 28 aout 2018, pour la première fois, un ministre a fait le procès du libéralisme, avoué que les lobbys gouvernent, constaté que la société (nous) s’en accommode, dénoncé ce que nous savons tous : ce modèle est un suicide. Puis il démissionna.

    Il faut écouter intégralement cette interview, ne pas se contenter d’extraits et encore moins des commentaires.
    Et ce n’est pas un fan de Hulot qui vous le recommande, loin s’en faut...

    • J’ai hésité à l’écrire, mais ce matin en rentrant de l’école sur la route le long du fjord, j’ai arrêté la voiture (électique je précise...) pour écouter ; j’étais sur le cul.

      Je ne suis pas fan du monsieur, mais je dois avouer que j’étais impressionné d’entendre un ministre d’état - pour la première fois - faire une déclaration, répondre aux questions d’une manière aussi puissante que minimaliste. Pas un mot de trop, un vocabulaire choisi pour en même temps rester dans les clous et en même temps dénoncer d’une manière assez violente et assez claire l’imposture macroniste (et rien que pour ça, chapeau). J’étais à des millions d’annés lumière de penser que la critique la plus radicale de la partition du pouvoir politique qui est en train de se jouer en France en ce moment allait venir de l’intérieur, du coeur même du pouvoir. Ça faisait aussi quelques années lumières que je n’avais pas entendu un responsable politique parler aussi vrai et aussi sincèrement. Pour un fois, je n’avais pas l’impression d’être ni dans la société du spectacle, ni dans la grossière langue de bois (hier, il y avait un lobbyiste à Élysée...). À côté de cette intervention, celle de Benjamin Griveaux qui réagissait sur une autre chaine était totalement minable, absolument effarente. Quelle langue les macroniens ont-ils inventé... Elles et ils parlent toutes et tous de la même façon, mais plus le temps va, plus on se rend compte que leurs narrations et leurs discours sont - outre d’une crapuleuse imposture - d’un vide sidéral.

    • Il y a quelques jours, un Indonésien m’aborde : Française, ha, #Nicolas_Hulot. Et il me fait l’éloge du bonhomme : télévision, politique. Surprise, d’habitude c’est plutôt de footeux qu’on me parle. Je fais « Ouais, ouais » et je pense au héros des pailles qu’on va interdire pour sauver la planète. Contente d’apprendre que le gars ne s’était pas perdu. Peut-être que son fan javanais avait vent de sa prochaine démission ?

    • Sur le #glyphosate et les #pesticides, il fait un bilan généreux de son action...
      « On me dit, sois patient. Mais ça fait trente ans qu’on est patient. »
      Cet été, « sur le changement climatique, on a perdu la main. »
      Je le trouve un peu limité sur l’articulation justice économique-écologie. Parce que ce que d’autres écolos comme Jean Gadrey ne cessent de répéter, c’est que les recettes habituelles ne servent à rien pour lutter contre le chômage de masse et les inégalités (il se murmure même qu’elles en sont responsables) et que l’écologie (de la transition éco à l’écosocialisme), c’est LA seule idéologie du moment qui propose une réponse à nos problèmes sociaux et économiques. Devant des interlocuteurs qui lui disent que ses priorités, elles ne sont pas prioritaires dans le contexte économique, je trouve ses réponses faiblardes, plus que faiblardes. Il répond que si, l’écologie est une priorité en soi et il déconnecte de l’éco. Des réponses qui ne portent pas beaucoup atteinte au projet néo-libéral macroniste. Ce qui est cohérent avec la position qu’il se donne, de mettre de l’écologie dans l’importe quelle idéologie (ici néo-libérale) à condition qu’elle soit de bonne volonté. Bof.

    • « Édouard et Manu, z’ont été sympa avec moi, je les aime. Mais bizarrement, chaque fois qu’on causait d’un truc concret, ils se barraient. Je comprends, hein, mais je suis un peu déçu. Alors je pars mais sans hostilité, je les aime encore beaucoup. »

      Ben je trouve ça dégueulasse. J’ai bossé pour des élu·es EELV qui ont réussi à faire, à force de ténacité, une part de ce qu’il n’a pas pu faire. Par exemple, il y en a un qui a mis sur pied un plan de financement de la rénovation thermique des logements avec remboursement sur les éco d’énergie pour permettre aux ménages de proprios pauvres d’en profiter. Le plan a été saboté une fois son mandat fini. Ignorer ce boulot et rester dans le camp macroniste en se flagellant de n’avoir pas su convaincre Manu, non mais ! On a besoin d’analyses plus fines que ça, plus fines que ce message auto-centré, qui manque d’analyse politique sur ce qu’est le néo-libéralisme aujourd’hui en France et ailleurs - même si, @reka a raison de le dire, son constat envi est juste.

    • @aude_v Je suis d’accord avec ce que tu dis sur l’absence de réflexion éco-sociale de Hulot, mais on ne peut pas dire que ça soit nouveau. Hulot, c’est pas Gorz... Ça a même toujours été ce qui l’empêchaît d’être crédible (pour moi en tout cas) : le côté « la nature les ptits zoiseaux » sans aucune pensée sociale sur la question. En plus, finalement, il a toujours revendiqué cette position.

    • Il y a des bouts de l’interview, ils sont tout de même épatants. Les pistes qu’il trace sont autrement plus ambitieuses que ce qu’on nous a relayé (les pailles « bientôt » interdites). Mais sans convenir qu’il a collaboré avec des malfaisants, il exonère ceux qui n’affaiblissent le politique que quand ça les arrange, et il fait comme s’il n’y avait personne derrière l’écologie (ce en quoi il n’a qu’à moitié tort).

      Démission surprise de Nicolas Hulot  : le verbatim de son interview
      https://www.ouest-france.fr/politique/nicolas-hulot/demission-surprise-de-nicolas-hulot-le-verbatim-de-son-interview-593947

      Nicolas Hulot  : Oui. Non, mais attendez… Je le redis ici  : j’ai une profonde admiration pour Emmanuel Macron. Et pour Edouard Philippe. Et ce n’est pas, croyez-moi, pour atténuer l’effet de la décision de ce matin. Mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la même grille de lecture. On n’a pas compris que c’est le modèle dominant qui est la cause. Est-ce qu’on le remet en cause  ?

      Léa Salamé  : Vous voulez dire le libéralisme  ?

      Nicolas Hulot  : Oui, oui. Mais je l’avais dit dès le départ, je me suis moi-même largement prononcé sur des traités comme le CETA et on va en avoir une floppée d’autres […] Mais attendez, moi, je ne critique personne. J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Est-ce que nous nous sommes mis en situation de passer un contrat d’avenir avec l’Afrique  ? La réponse est non. Où est passée la taxe sur les transactions financières  ? […] Le nucléaire, cette folie inutile. Economiquement, techniquement dans lequel on s’entête. C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre, j’en prends ma part de responsabilité. Et je pense que ce que les gens attendent d’un ministre, c’est que s’il n’est pas à la hauteur, s’il n’arrive pas à ses fins. Et bien, il doit en tirer des leçons. Je les tire ce matin […]

      Pour ce qui est de la responsabilité française, j’invite parfois les observateurs qui critiquent, notamment les écologistes patentés, à comparer aussi avec les autres pays. La France est plutôt leader dans ce domaine là. Mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas une raison pour nous en accommoder. Nous n’y arriverons que si le gouvernement dans son ensemble a la même impulsion, la même ambition, la même feuille de route, la même vision. Moi, je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert. C’est pas l’idée que je m’étais fait. Je suis rentré dans un esprit de coopération, pas de confrontation. Je ne dis pas que rien n’a été fait […] sur le glyphosate, contrairement à ce que dit Yannick Jadot, la France a été en pointe et elle a montré le chemin.

      Léa Salamé  : Rappelez-nous quels sont les acquis, les petits pas que vous avez réussi à faire ?

      Nicolas Hulot  : On a changé de tropisme sur les pesticides, on est rentré dans une dynamique qui va nous permettre de se séparer d’un certain nombre de molécules. On a programmé la sortie des hydrocarbures. C’est quand même des choses qui sont essentielles et importantes. J’espérais qu’on allait mettre le climat et la biodiversité dans l’article 1 de la constitution. Mais même là nos sénateurs ou l’opposition sur un truc qui n’est pas quand même une révolution culturelle, simplement par posture politicienne, étaient prêts à s’y opposer. Tant que nous serons dans ces affrontements perpétuels, alors que l’humanité a emprunté un chemin tragique… Je crois qu’au moins on peut m’accorder des convictions. Mais un homme, une femme, quel qu’il soit, même s’il a des convictions, s’il est isolé dans un gouvernement, s’il est isolé dans la société… Si vous regardez tout l’été, les résistances anti-éoliennes. Alors ok, on ne veut pas d’éoliennes, on ne veut pas de centrales nucléaires, on ne veut pas de centrales thermiques… Comment on fait si on additionne tous les refus. Et puis ceux qui critiquent, à tort ou à raison, qu’est-ce qu’ils proposent  ? […]

      (...)

      Quand on se réjouit - ça va vous paraître anecdotique - de voir sortir de Saint-Nazaire un porte-conteneurs qui va porter 50 000 conteneurs. Superbe performance technologique. Est-ce bon pour la planète ? La réponse est non. C’est sur toutes ces incohérences, ces contradictions. Et puis, dans cette équation impossible […] est-ce qu’on essaie un peu d’être disruptif, d’investir dans la transition écologique. Les investissements qui permettent de réduire nos dépenses énergétiques qui ne sont pas des dépenses mais des investissements. Est-ce qu’on s’est autorisé à essayer de sortir un peu de l’orthodoxie économique et financière  ? Est-ce que la finance de spéculation qui spécule sur les biens communs on l’a véritablement remise en cause  ?

      On va me dire mais en un an, on ne peut pas tout faire. Certainement, sauf qu’il y a une telle urgence. On me dit mais prends ton temps. Sois patient. Mais ça fait 30 ans qu’on est patient. Ça fait 30 ans qu’on laisse les phénomènes se dérouler et qu’ils sont en train de nous échapper. On me dit  : fixe-toi deux-trois priorités. Mais tout est prioritaire  ! Les sujets de santé-environnement qui viennent nous exploser à la figure dont on va se rendre compte qu’ils ont des conséquences…

      Léa Salamé  : L’économie est aussi prioritaire. Quand on est ministre, on sait qu’il y a des arbitrages à faire. D’un côté, il y a une urgence économique et de l’autre, une urgence écologique et que parfois, elle est contradictoire.

      Nicolas Hulot  : On peut essayer de choisir dans l’économie ce qui participe à la solution. Y aussi des grandes opportunités dans la transition écologique, énergétique. Vous avez même la possibilité de passer dans un modèle agricole qui soit intensif en emplois et non en pesticides […] C’est cette vision d’ensemble.

    • En fait, je crois que j’ai voulu interprèter entre les lignes. Je suis assez d’accord avec vous, le personnage est loin d’être parfait, je formule les même critiques que Aude et les autres (autocentrisme, inneficacité des actions), et il fait partie de la société du spectacle, de l’écologie spectacle, mais dans sa narration d’hier, il y a pris une position assez claire. Il ne pouvait pas faire autrement que de rester poli avec Macron et sa clique de crapules (j’admire Macron et Philippe, je ne veux pas gêner l’action du gouvernement, etc...) mais il faut comprendre les sens réle de ces déclarations, lire ce qu’il y a derrière les mots : ici, rien, ces « statements » n’ont aucun poids face au reste de son discours, et c’est ça que jai trouvé exceptionnel. Même s’il feint de tresser des lauriers au pouvoir macroniste, l’essentiel de ce qu’il dit est puissamment un dénonciation et une expression assez concrète du système Macron : en direct et venant d’un ministre d’état lui même, je crois n’avoir jamais vu ça. Pour le reste, ça ne dédouane pas Hulot de la manière dont il agit (spectacle), ce n’est pas mieux ni moins bien qu’Arthus Bertrand ou similaires (enfin si, un peu mieux parce qu’Arthus Bertrand, ça pu vraiment la merde).

      Je n’ai aucun doute sur la capacité des macronistes à récuperer et absorber l’événement de la manière la plus subtile, ils sont champions du monde dans ce domaine. C4est en effet triste, mais la seule chose dont je me réjouisse, c’est que cet événement va rester dans la mémoire et contribue à fragmenter encore plus à faire craqueler et discréditer le système Macron.

    • L’électrochoc est de taille, notamment pour Emmanuel Macron qui perd sa pastille verte. Poliment mais de facto, avec un réquisitoire implacable, Nicolas Hulot a renvoyé le Président comme le gouvernement dans le vieux monde, celui qui ne sait pas embrasser le temps long et qui se moule dans les exigences dogmatiques des traités européens, celui qui pense croissance à tout prix et impose des cures de régime toujours plus sévères pour les comptes publics. Dans cet univers, l’écologie ne se paie que de mots, de bonnes intentions communicationnelles qui sombrent dans les méandres de la règle d’or et de la rapacité du capital.

      Grosse perte pour Macron

      À sa façon, Nicolas Hulot a sanctionné le gouvernement pour son incapacité à sortir d’un imaginaire pré-réchauffement climatique et des mécanismes de la décision publique dictés par l’urgence et sous contrainte des lobbys. Glyphosate, pesticides, nucléaire… Les reculs se suivent et se ressemblent. Hulot a pointé du doigt l’austérité et le libéralisme économique comme des freins majeurs pour mener une politique écologiste.

      « On se fixe des objectifs mais on n’en n’a pas les moyens parce qu’avec les contraintes budgétaires, on sait très bien à l’avance que les objectifs qu’on se fixe on ne pourra pas les réaliser », a-t-il simplement expliqué, dévoilant même que des plans sont présentés comme nouveaux alors qu’ils ne sont que réorganisation de budgets existants – par exemple, la rénovation énergétique du logement. Les traités de libre-échange, comme le Ceta, contredisent également la marche écologique, a-t-il également affirmé. En effet.

      Ce lien entre cause environnementale et normes néolibérales, Nicolas Hulot l’avait pourtant démontré dans son film Le syndrome du Titanic en 2009. On pourra s’étonner qu’il n’en ait pas tiré davantage de conséquences en acceptant d’entrer dans un gouvernement qui n’a jamais caché sa foi dans la loi du marché. Hulot a tenu à mener cette expérience et la conclusion sonne comme un désaveu pour une orientation politique clairement incompatible avec le combat vital contre les émissions de gaz à effet de serre, la destruction de la biodiversité, la folie consumériste. Hulot espérait sans doute constituer un rempart écologiste en macronie mais il s’est trouvé esseulé face à un mur. Comme s’il avait découvert à ses dépens que le gouvernement épousait la normalité d’un modèle plus soucieux des intérêts du capital que de la planète. « Le modèle dominant » est en cause et il n’est pas remis en cause, a-t-il amèrement regretté. À raison.

      Impossible politique écologiste

      La vision sans profondeur temporelle de ce gouvernement comme des précédents, comme de l’Union européenne, est clairement dénoncée par Nicolas Hulot. L’ancien présentateur d’Ushaïa et fondateur de la FNH a, dans cette interview, écorché la façon dont la politique se fabrique. Le défi écologique ne semble pas pouvoir entrer dans les clous de notre régime, les piles de dossiers traités toujours dans l’urgence répondent au temps court, à d’autres exigences. Les cercles du pouvoir politique sont trop interconnectés avec des groupes aux intérêts financiers contraires aux nécessités environnementales.

      Nicolas Hulot a également formulé cet aveu qui interroge la présence des personnalités de la société civile dans le monde politique institutionnel : « Peut-être n’ai-je pas les codes ». Peut-être faut-il surtout changer les codes. Mais nous n’y sommes pas. Et la situation « tragique » dans laquelle nous nous trouvons sur le plan environnemental avance à pas pressés. Nicolas Hulot a eu le mérite de la poser sur la grande table publique, sans détour, avec tout le poids de sa popularité dans notre pays et de sa sincérité ce matin. Les raisons de l’échec sont structurelles nous dit Hulot. Alors il faut modifier du sol au plafond notre système démocratique, social, économique. En un mot, faire grandir et gagner la force politique qui porte ces ruptures.
      Clémentine Autain

      http://www.regards.fr/politique/article/demission-de-hulot-macron-perd-sa-pastille-verte#comments

    • La nouvelle a atteint l’Indonésie, moi qui pensais parler de ça à mes potes écolo, pas eu besoin, il et elle avaient déjà vu passer la nouvelle. On en a un peu discuté et je voudrais affiner mon propos.

      C’est vrai que son truc sur le porte-conteneurs et autres, c’est assez classe. Mais ce qui m’embête, c’est qu’il présente une écologie contradictoire avec ce dont plein de gens ont besoin maintenant : des empois et des rémunérations qui ne sont pas tirées vers le bas. Je suis une piètre économiste mais il y a un tas de gens comme Gadrey, Dominique Méda, Éloi Laurent qui montrent que les investissements qui sont fait actuellement alimentent la crise climatique et que d’autres sont possibles pour une économie plus intensive en emplois et plus écologique et soutenable écologiquement et socialement. Quand on lui dit, comme l’intervieweuse : « Oui mais l’écologie, ça commence à bien faire, il y a des pauvres partout », il ne sait pas quoi répondre alors qu’il y a des pauvres partout et ça va continuer parce que ces propositions-là ne sont pas la prédation habituelle de budgets publics vers de grosses compagnies qui promettent de ruisseler (impôts-recherche et cie), parce que ces propositions-là sont ignorées - y compris par Hulot dans cette interview.

      C’est grave, parce que c’est comme proposer le nucléaire ou la bougie, présenter un faux choix. Un choix que, plus grave, peu de gens vont pouvoir arbitrer comme lui. Il nous inquiète à juste titre ou bien il nous fait plaisir en ne sortant pas le cocorico chaque fois qu’on chie un gros truc (ici un porte-conteneurs) mais il clive à mort alors que l’enjeu, c’est de réconcilier les classes populaires avec l’écologie parce que l’enjeu, c’est que nous adoptions des politiques écologiques et démocratiques, pas que les mêmes qui ont orienté les budgets publics vers la poche des acteurs éco les plus aisés finissent par organiser l’"administration du désastre".

      Intellectuellement, politiquement, je ne suis pas épatée par l’écologie réformiste sociale mais c’est quand même mieux que ce faux dilemme. Hulot ne sait pas quoi répondre quand l’intervieweuse l’emmène sur ce stéréotype éculé de l’écologie contre les pauvres et contre l’économie (et contre la croissance, ce qui est un enjeu culturel très risqué et qui a peut-être été perdu depuis 2002, quand l’écologie réformiste radicale s’en est emparée). Enfin si, qu’il a choisi sa priorité et il le dit de manière convaincante mais ça ressemble à du conservationnisme, ce loisir de mec blanc bourge qui a longtemps passé pour la seule écologie possible. C’est pas la seule, loin de là.

      Voilà pourquoi, même si la justesse du constat et les sorties m’ont un peu plu au début, je trouve qu’il alimente une idée dangereuse. Le mec était ministre d’État parce que l’écologie est un enjeu transversal, je ne lui demande pas de bien théoriser sur ce sujet mais de respecter le boulot de plein d’élu·es écolo de terrain qui (avec cette idée que l’écologie c’est le logement, les transports, c’est un peu tout) ont fait plein d’expériences de transition écologique dans lesquelles les budgets publics servaient à autre chose qu’à faire exploser les poches des gros capitalistes (désolée pour le cliché mais je ne sais plus comment appeler les classes qui se goinfrent grâce aux « erreurs » néo-libérales) et créaient plus d’emplois que Deliveroo et Uber réunis.

      Ce mec est un ennemi et je crois que ça se voit enfin. À condition de prendre un peu le temps d’y réfléchir, parce qu’a priori c’est très séduisant, ce franc parler calme mais résolu, gentil mais un peu critique. Un peu, pas trop !

    • J’ai écouté, dans le lien fourni au début, l’intégralité de l’entretien ; c’est un #grand_moment_de_radio

      À l’écoute, j’ai l’impression qu’en fait, il prend sa décision en parlant. Au tout début, à plusieurs reprises, on se dit «  il fait partie du gouvernement  ». Puis arrive le moment de «  l’examen de conscience  », où il passe en revue les «  choix  » qu’il a eus à faire — la série de questions auxquelles la réponse est invariablement " non " (décidément, le glyphosate, ça passe pas, le nucléaire on touche à rien et on laisse tourner les centrales, etc.), et, là, il se rend compte qu’il est en train de brûler ses vaisseaux. C’est le sommet de son émotion et c’est qu’il prend sa décision. Comme indiqué ultérieurement par L. Salamé, il n’était pas dans cet esprit avant l’interview. C’est en s’entendant qu’il se convainc. D’où la force du moment.

      Après, on passe plutôt dans un exercice de damage control, où il ressort les arguments rationnels qu’il a dû ressasser un bon nombre de fois depuis plus d’un an et où, surtout, il essaye de pas trop fâcher ses «  nouveaux amis  » du gentil gouvernement. Dont il est d’ailleurs plutôt facile de finalement ne leur reprocher que le #on_s'occupera_de_gérer_le_long_terme_quand_on_aura_fini_de_gérer_le_court_terme … prenant sur lui de n’avoir pas su impulser le changement nécessaire.

      Et c’est là que je me rappelle son métier d’origine : animateur télé qui descendait de son survol en ULM pour débarquer sur un plateau préparé par son équipe, mettre les pieds devant le feu de camp et titiller les émotions, la sienne, celle des participants et celle des spectateurs devant tant de grandiose beauté de la nature… Il sait toujours faire ça vraiment très bien et il nous (en tous cas, moi) embarque avec lui et lui-même avec.

      Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’opinion d’@aude_v

      Pour finir, en écrivant ça, ça me fait penser à Sabine Paturel. Mais je ne voudrais pas troller…
      https://www.youtube.com/watch?v=gD7trwyPGKA

    • Nicolas Hulot ou l’histoire du « lobbyiste lobbyé » – Politique | L’Opinion
      https://www.lopinion.fr/edition/politique/nicolas-hulot-l-histoire-lobbyiste-lobbye-160311

      Hulot ou la double méprise : il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant à chaque arbitrage défavorable. Et pas à sa place dans ce gouvernement, lui qui confesse désormais ouvertement qu’il voulait « changer de modèle économique ». Jusqu’à preuve du contraire, ça n’a jamais été la ligne du chef de l’Etat.

      Un point de vue de l’autre bord…

    • « Il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant ... »

      «  L’équipe Macron commence le dénigrement ( bashing) de Nicolas Hulot. Des barbares . [Nicolas Beytout, à sa façon en est un également ! ] Et ça va s’amplifier. La suite sera glauque. Les Benalla de la communication présidentielle sont au travail .... »

    • Je ferais bien un recueil de citations de #Gorz_André en vis-à-vis du Verbatim. Il en sortirait à coup sûr ceci : un penseur de l’écologie politique qui sur le fond mouche un phénomène médiatique, qui sur ce plan réussit sa démission. Mais pour le reste... Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe. Et soucieux de garder de bonnes relations avec ceux qui représentent cette societe qu’il semble critiquer tout en admirant ses chantres. La vision de l’un et l’incohérence de l’autre...
      Par contre, ne négligeons pas de tenter de ramasser les quelques fruits de cette démission médiatique !

    • Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe .

      Tout à fait.

      J’ai l’habitude, mais ça me chagrine à chaque fois quand je lis que « personne ne propose de vraies solutions ». Le programme « L’avenir en commun » propose un nombre de choses allant dans le sens que vous décrivez, tous, là. Et plusieurs fois ces jours-ci, j’entends dire « aucun politique ne tient ce langage ». Quand il faudrait plutôt dire « aucun média de masse ne s’intéresse à ces problématiques et n’interroge les politiques sur ces problématiques en y passant le temps nécessaire ».

      Le Hulot, on ne nous en a parlé que pour les pailles en plastique... mais à côté de cela, il réfléchissait visiblement sur l’agriculture intensive en main d’œuvre (par exemple) et sur quelques autres sujets... Exactement comme « le politique peut tout s’il le veut bien », « le comité de rédaction peut parler de tout s’il le veut bien » lui aussi... ce qui permettrait d’avoir une vision plus complète de la réalité.

    • Je ne connais pas très bien Hulot mais certainement qu’il connaissait bien ses sujets, agriculture bio et cie. La seule phrase où il mentionne ça est nickel. Tout ça a été balisé par un nombre incroyable de gens, moi j’ai vu ceux et celles des Verts et leurs partenaires asso, il y en a d’autres dans des partis de gauche, plein de fonctionnaires aussi qui ont plein d’idées et en mettent certaines en œuvre, avec leurs moyens. C’est un monde florissant (pas limité aux ego qui se battaient à feu EELV), pas toujours passionnant et des fois un peu technocrate, écrasé par les politiques, du PS à LR et aujourd’hui l’extrême centre. Et de cela, il n’est pas question.

      Enfin si, il dit qu’il n’y a personne derrière lui : il est « tout seul dans ce gouvernement », il n’a pas de parti pour peser, pas de société civile « structurée qui descend dans la rue pour sauver la biodiversité ». Le sabotage de l’écologie depuis son utilisation en 2007, il la met sur le compte des « gens » au mépris d’analyses systémiques sur le bouclage du pouvoir par le gouvernement représentatif, a fortiori majoritaire, pas d’analyse sur la captivité de « l’ensemble de la société » qui s’en branlerait, de l’écologie, alors que nous sommes nombreux et nombreuses à voir une société noyautée par les intérêts capitalistiques.

      Oui, il dit bien qu’il reste dans le gouvernement quelques minutes avant de dire qu’il part et sa phrase sur « la décision la plus difficile de sa vie » est bancale. Mais il dit avoir pris sa décision hier soir. Bizarre.

    • Hulot a le sens du spectacle en tous cas : alors que sa démission relevait de l’arlésienne, puisqu’il la brandissait comme une menace depuis le début, il est parvenu à en faire un moment médiatique important, presqu’une surprise. Du côté du pouvoir, je doute que la remise en question soit très profonde, l’épisode doit être considéré comme une grossière erreur de #management : si on veut garder un·e cadre, il faut savoir jouer habilement de ses espoirs et susceptibilités, et éviter, surtout, la couleuvre qui fera déborder le vase.

    • Dix ONG interpellent Macron : la démission de Hulot est « une invitation à changer de cap »

      Dans une tribune publiée jeudi, ces ONG rappellent à Emmanuel Macron que l’action en faveur de l’environnement « n’est plus une option mais une urgence ».

      Une démission, « symptôme d’une immense incompréhension ». La démission de Nicolas Hulot « est une invitation à changer de cap tout en osant rompre avec la facilité des Trente glorieuses et ’cinquante’ gaspilleuses » et « invite à un sursaut », écrivent ces ONG. Emmanuel Macron « aurait tort de mésestimer le symbole que représente cette démission surprise » qui est « le symptôme d’une immense incompréhension », conseillent-elles en observant que « la transition écologique n’est ni une promenade de santé ni un supplément d’âme pour politiciens sans imagination ».

      « L’action n’est plus une option ». « Face aux conservatismes qui s’expriment à tous les niveaux de l’Etat, la démission de Nicolas Hulot appelle un sursaut » et « nul doute (...) qu’Emmanuel Macron devra faire sien l’aphorisme de Pierre Mendès-France ’gouverner c’est choisir’ », insistent les signataires. « Face aux menaces climatiques, militaires et l’effondrement des écosystèmes, l’action n’est plus une option mais une nécessité, une urgence, une éthique », pressent ces ONG

      Le « en même temps » ne fonctionne pas, selon ces ONG. Selon elles, « la volonté d’Emmanuel Macron de ménager la chèvre écologique et le chou productiviste n’a pas contribué à créer la condition d’une politique écologique lisible et cohérente ». « En matière écologique, nous ne pouvons plus soutenir l’agriculture biologique et ’en même temps’ le glyphosate, la sobriété énergétique et ’en même temps’ le nucléaire, une redynamisation des centre-villes et ’en même temps’ (le mégacomplexe) Europacity et l’artificialisation des terres agricoles, la nécessaire préservation de la biodiversité et ’en même temps’ la baisse du prix du permis de chasse, la mise en oeuvre de la COP21 et ’en même temps’ la multiplication des projets autoroutiers, les fermes-usines et ’en même temps’ une agriculture paysanne, le libéralisme et ’en même temps’ l’écologie », énumèrent-elles.

      Les ONG signataires de la tribune : la Fondation pour la nature et l’Homme, Agir pour l’environnement, France nature environnement, Générations futures, les Amis de la Terre, Réseau sortir du nucléaire, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, Association pour la protection des animaux sauvages, Virage énergies et Société nationale de protection de la nature.


  • Danièle Linhart : « Les méthodes de management centrées sur le ’savoir être’ des salariés ne sont qu’une application exacerbée du taylorisme » - Observatoire des multinationales @observatoiremultinat
    http://multinationales.org/Daniele-Linhart-Les-methodes-de-management-centrees-sur-le-savoir-e

    Les nouvelles méthodes de #management se prétendent au service de l’épanouissement des salariés, de leur « savoir être » et de la « réalisation de soi » en entreprise. #Danièle_Linhart, spécialiste de l’évolution du travail et de l’emploi, démonte ces impostures et montre comment le management moderne s’inscrit dans la lignée du travail à la chaîne théorisé par Taylor et Ford pour toujours mieux asservir les salariés. Objectif : déposséder les travailleurs de leurs savoirs et de toute forme de pouvoir dans l’entreprise. « Le patronat ne veut surtout pas que la contestation massive qui s’est exprimée en 1968 ne se reproduise », explique-t-elle. Entretien.

    #asservissement #taylorisme


  • 10 must-read books on the future of work
    https://hackernoon.com/10-must-read-books-on-the-future-of-work-ef38dd1cf99d?source=rss----3a81

    The Ready’s free magazineThe forces of complexity, humanity, and technology are putting pressure on our organizations that can’t be met by traditional ways of working. Our organizations need to be better for their people and better for the world. This requires a paradigm shift from ‘plan & predict’ to ‘sense & respond’.Over the last few years, I discovered that implementing agile is not enough to solve this challenge, so I embarked on a journey to broaden my perspective. When I joined The Ready, I was given a list of the most influential books on the future of work and organizational design.In this post I share with you my 10 favourite books on the future of work. They are in no particular order, and I’ve included links to videos related to the book, in case you prefer watching over (...)

    #management #future-of-work