• Plus de 170 migrants secourus lors d’une tentative de traversée de la Manche
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/pres-de-160-migrants-secourus-lors-d-une-tentative-de-traversee-de-la-manche

    Plus de 170 migrants secourus lors d’une tentative de traversée de la Manche
    Le Monde avec AFP
    « Un small boat a pris feu à la limite des eaux françaises et britanniques, conduisant ses occupants à se jeter à l’eau » mardi matin, a détaillé la préfecture, qui a précisé qu’aucune victime n’était à déplorer « à ce stade ». Dans un bilan diffusé en fin de journée, la préfecture du Pas-de-Calais a fait état de onze personnes légèrement blessées, dont trois ont été transportées à l’hôpital.
    Il s’agit de l’une des principales opérations de secours en mer depuis le début des traversées de la Manche à bord d’embarcations précaires, en 2018.
    Ce bateau était parti lundi de Veules-les-Roses (Seine-Maritime), selon un communiqué la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar). Dans un premier temps, dans la nuit de lundi à mardi, cinq passagers de ce bateau « nécessitant d’être secourus » avaient été pris en charge et débarqués à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), selon la Prémar. Les autres personnes à bord avaient alors « refusé le secours proposé par les moyens français ». Mardi matin, alors que l’embarcation approchait des eaux britanniques, le moteur de l’embarcation a pris feu et « l’intégrité de l’embarcation [s’est dégradée] très rapidement ».« Cet incident souligne les terribles dangers des traversées par small boats », a réagi le gouvernement britannique, qui dit « continuer de travailler sans relâche avec la France et [ses] partenaires » pour les empêcher.
    Une enquête pour aide à l’entrée et au séjour irrégulier d’étrangers a été ouverte, et un homme, ressortissant égyptien, a été interpellé et placé en garde à vue, a précisé le parquet de Boulogne-sur-Mer à l’AFP. Au moins 15 personnes sont mortes lors de traversées clandestines de la Manche en 2026, selon un décompte de l’AFP. Depuis janvier, plus de 14 000 personnes ont rejoint clandestinement le Royaume-Uni par la mer, et environ 200 000 depuis le début des traversées de la Manche à bord d’embarcations précaires en 2018

    #Covid-19#migrant#migration#manche#royaumeuni#france#migrationirreguliere#sante#routemigratoire

  • Quatre nouveaux décès dans la Manche, dont trois femmes - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72709/quatre-nouveaux-deces-dans-la-manche-dont-trois-femmes

    Quatre nouveaux décès dans la Manche, dont trois femmes
    Par La rédaction Publié le : 30/07/2026
    Entre la nuit de mercredi et la matinée de jeudi, quatre personnes sont décédées suite à des tentatives de traversée de la Manche. Trois femmes ont été trouvées inanimées ce jeudi matin à bord d’une embarcation naviguant du côté de Dunkerque, tandis qu’un homme de 30 à 40 ans a été retrouvé mort la veille au soir suite à un naufrage au large d’Hardelot.
    Quatre personnes sont décédées sur les plages du Pas-de-Calais mercredi 29 juillet et jeudi 30 juillet. Ce jeudi matin, les décès de trois femmes ont été constatés sur la digue de Braek, à Dunkerque, a indiqué la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar) à l’agence de presse AFP.Elles étaient à bord d’un « taxi boat » repéré à 6h, au niveau de la digue du Braek, selon le communiqué de la Premar qui vient d’être publié. Le navire de recherche et sauvetage Ridens, affrété par l’Etat, a été engagé à ce moment-là pour surveillance par le CROSS Gris-Nez."Vers 06h30, son embarcation de drome opérationnelle (EDO)détecte 3 personnes inanimées dans l’embarcation", rapporte le communiqué de la Premar.
    Alerté au sujet des trois femmes inanimées, le CROSS engage alors les équipes de sapeurs-pompiers du SDIS 62 (Service départemental d’incendie et de secours) pour que celles-ci, « transbordées à bord du Ridens, soient évacuées par canot de sauvetage léger pour un débarquement au port de Dunkerque et prise en charge à terre. » D’après la radio locale DeltaFM, ce sont des sapeurs-pompiers de Dunkerque, Fort-Mardyck et Gravelines qui ont été déclenchés « pour un arrêt cardio-respiratoire ».
    Une fois au port de Dunkerque, les trois décès ont été constatés par les médecins de la structure mobile d’urgence et de réanimation (SMUR). D’après DeltaFM, les décès ont été constatés vers 8h30 par les secours sur place, tandis que la Premar n’apporte pas de précision horaire.Les trois victimes sont âgées de 20, 30 et 50 ans selon des témoins retrouvés par le Courier Picard.La veille au soir, le corps d’un homme âgé de 30 à 40 ans a été retrouvé suite à un naufrage au large d’Hardelot. « Une embarcation de type ’taxi boat’ a fait naufrage au large d’Hardelot, vers 23h30 » mercredi, entraînant la mort de cet homme, a indiqué cette fois la préfecture du Pas-de-Calais, confirmant une information de La Voix du Nord.
    Selon la préfecture, une centaine de migrants ont tenté de monter à bord de ce « taxi boat », ce soir-là. Six autres personnes, dont un enfant d’un an, ont été prises en charge par les secours suite à ce naufrage, relève l’AFP.
    Les circonstances exactes du naufrage restent à déterminer. Une enquête a été ouverte afin d’établir le déroulement précis des faits, précise l’agence de presse. Depuis le retour de conditions climatiques propices aux départs, de nouvelles vagues d’arrivées ont été enregistrées par les Britanniques : 881 migrants on atteint leurs côtes du 22 au 25 juillet, à bord de 13 embarcations au total, en provenance du Nord de la France. Il y a une semaine, en fin de matinée le 23 juillet, le corps d’un homme a été retrouvé sur la plage de Terminus, à Berck, toujours dans le Pas-de-Calais. Le corps a été découvert quelques heures après le départ d’une embarcation transportant environ 150 personnes migrantes vers le Royaume-Uni, sans qu’un lien ait été fait à cette heure entre cette découverte et l’embarcation partie plus tôt.

    #Covod-19#migration#migrant#france#manche#routemigratoire#moigrationirreguliere#sante#mortalite#pasdecalais

  • Pro-nationalisation ou soutien d’Israël ? Qui est vraiment #Andy_Burnham ?
    https://lvsl.fr/pro-nationalisation-soutien-disrael-qui-est-vraiment-andy-burnham

    Confronté à une impopularité record, #Keir_Starmer, tenant d’une ligne blairiste autoritaire, a annoncé sa démission du poste de Premier ministre britannique. Les députés travaillistes, qui détiennent une majorité à Westminster, ont déjà choisi son successeur : Andy Burnham, jusqu’à récemment maire du Grand #Manchester et figure de la gauche modérée. S’il défend un plus grand interventionnisme public dans l’économie et a pris des positions remarquées durant sa carrière, son passé dans les gouvernements Blair et Brown indiquent une forme de continuité avec la ligne ayant envoyé le #Labour à l’abîme. Le profil de ses soutiens et son rapport ambigu sur le génocide à #Gaza interrogent également. Qui est vraiment le futur locataire du 10 Downing Street ?

    #Politique #Le_Royaume-Uni_à_l'heure_du_Brexit #Corbyn #Nationalisation #Royaume-Uni

  • L’odyssée sans fin d’Issa Omar, migrant rescapé d’un naufrage dans la Manche, puis « tombé dans l’oubli »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/15/l-odyssee-sans-fin-d-issa-omar-migrant-rescape-d-un-naufrage-dans-la-manche-

    L’odyssée sans fin d’Issa Omar, migrant rescapé d’un naufrage dans la Manche, puis « tombé dans l’oubli »
    Par Julia Pascual
    Récit Le Somalien de 32 ans est l’un des deux survivants du pire naufrage au large de Calais, le 24 novembre 2021. Hanté par le drame, cantonné à une situation administrative précaire, sans aucun accompagnement social ni psychologique, il vit de la charité.
    « On peut me considérer comme un SDF. » Issa Omar n’hésite pas longtemps quand il s’agit de qualifier sa situation. « Je n’ai pas de vie stable, je n’ai pas d’argent, je n’ai nulle part où aller. Ma vie est en suspens », résume d’un air désabusé ce Somalien de 32 ans, qui a survécu au pire naufrage jamais survenu dans le détroit du Pas-de-Calais, le 24 novembre 2021. Cette nuit-là, 31 personnes, des Kurdes d’Irak en majorité, sont mortes noyées, près de la ligne de démarcation des eaux entre l’Angleterre et la France. Ils tentaient de rejoindre le Royaume-Uni à bord d’un canot pneumatique, parti d’une plage aux alentours de Dunkerque. Et si Mohammed, un autre homme, originaire d’Irak, a également survécu au naufrage, il a disparu au bout de quelques mois et n’a plus jamais donné de nouvelles. Des 33 passagers qui avaient embarqué à bord de la petite embarcation de 8 mètres, seul Issa Omar peut encore témoigner.
    La nuit, le jeune homme est réveillé par des cauchemars, qui sont autant de réminiscences, saturées de cris, de la longue nuit du naufrage. Un visage en particulier le hante, celui de Halima, une victime somalienne. « Je la vois tout le temps », dit-il. Il entend ses supplications, aussi. « J’ai essayé de la hisser deux fois sur le bateau, mais je n’ai pas réussi. » Elle est morte noyée. Au fur et à mesure que le temps s’écoulait, Issa Omar a vu les gens autour de lui disparaître les uns après les autres, en dépit de leur gilet de sauvetage. Il se souvient de cette femme kurde et de ses trois enfants, de deux Egyptiens, de deux Afghans, d’un Vietnamien, d’un Ethiopien… Il ne les connaissait pas avant de prendre la mer à leurs côtés, ce soir de novembre. Au bout de quelques heures en mer, ils ont commencé à écoper le bateau, dans la panique, les hurlements et les pleurs, tandis que l’eau glaciale engourdissait leurs membres.
    Issa Omar relate les appels désespérés passés aux familles et aux secours, les tentatives vaines d’attirer l’attention, dans la nuit noire, avec la lumière des téléphones. Et lui qui essayait de garder son calme. Jusqu’à ce que le bateau chavire. « Ça a été l’expérience la plus brutale et terrifiante de ma vie », confie-t-il dans un témoignage écrit, rendu public par une commission d’enquête britannique qui s’est penchée sur les conditions du drame. Il doit nager pour s’extirper du bateau qui s’est retourné sur lui, parvient à retirer sa veste et ses chaussures pour alléger son poids. « Je me suis accroché à l’épave jusqu’à ce que le soleil se lève. »
    A l’aube, Issa Omar affirme qu’une quinzaine de personnes se tiennent encore à ce qui reste du canot. « Je ne me souviens pas avoir parlé avec qui que ce soit, ceux qui étaient en vie étaient à moitié morts. Je pouvais voir des corps flotter autour de nous dans l’eau. » Il se met à nager. Il pense : « Au moins, si je meurs en nageant, je ne le sentirai pas. » Il revoit une femme à ses côtés, hurler et chercher ses enfants, déjà morts. « Elle avait perdu la tête. » Lui implore Dieu d’achever son supplice. Sa peau est brûlée par le sel. Il n’est pas tout à fait 14 heures quand un chalutier boulonnais aperçoit enfin l’embarcation naufragée, les deux survivants et une partie des corps.
    Lorsque Issa Omar se confie au Monde, ce jour de février 2026, installé dans le cabinet d’avocats qui le représente comme partie civile dans l’instruction ouverte au tribunal de Paris sur les circonstances du naufrage, il vient d’apprendre les conclusions rendues par la commission d’enquête publique britannique. Ces dernières confirment ce que l’instruction pénale française, toujours en cours, a d’ores et déjà établi : les secours français, pourtant contactés à de très nombreuses reprises par les occupants du canot la nuit du 24 novembre 2021, ne sont pas intervenus, les laissant se noyer. Ils n’ont en outre pas répondu à l’appel d’urgence « Mayday », diffusé par les garde-côtes britanniques, également appelés au secours, alors qu’un navire de la marine nationale, le Flamant, se trouvait à environ quinze minutes de navigation du point de coordonnées. « Pour le moment [le Flamant] s’occupe d’[un autre cas] », avait justifié le centre de secours français, le Cross Gris-Nez (Pas-de-Calais). Sans que cette affirmation puisse être étayée. L’enquête britannique a aussi établi que les secours français ont ordonné à un pétrolier de poursuivre sa navigation, alors qu’il est probable qu’il avait repéré le canot en détresse.
    Cette nuit-là, tous les acteurs du sauvetage en mer ont minimisé le danger encouru par Issa Omar et ses compagnons d’infortune. « Des gens qui disent qu’ils se noient, qu’ils vont mourir, qu’il y a beaucoup de femmes et d’enfants, des femmes enceintes… et quand on arrive, ce n’est pas le cas, c’est plutôt classique », a justifié un garde-côte anglais, qui a traité plusieurs appels du canot, cette nuit-là. « Souvent, [les migrants] appellent et crient au danger alors qu’ils n’ont rien », avait aussi déclaré un militaire des secours français, auditionné dans l’enquête pénale. En France, sept personnes – cinq militaires du Cross et deux officiers qui étaient à bord du Flamant – sont toujours mises en examen pour non-assistance à personne en danger. Elles contestent avoir commis une quelconque infraction le 24 novembre 2021. « L’atrocité de ce qu’Issa a vécu et sa souffrance nous obligent et renforcent la nécessité d’identifier, poursuivre et juger toutes les personnes responsables de ce drame », souligne l’avocat Matthieu Chirez, qui défend le Somalien.
    Les mois qui ont suivi le naufrage ont consisté en une longue convalescence en fauteuil roulant pour Issa Omar. Seuls survivants, Mohammed et lui sont d’abord placés sous surveillance policière, tenus à l’écart de la presse. Tandis que le premier disparaît bientôt des radars, le second est orienté, à sa sortie d’hôpital, vers un centre d’hébergement du 17e arrondissement de Paris, tenu par l’association Emmaüs Solidarité. C’est un établissement qui accueille plus de 200 hommes, des « grands exclus », qui présentent pour beaucoup des problématiques d’addiction et de longues périodes de vie à la rue.
    Issa en garde un souvenir pénible. « J’étais entouré de gens malades, qui avaient des problèmes mentaux. Il y avait souvent des morts. Je n’ai pas supporté de rester dans cet endroit. » « Ce n’est pas un centre adapté pour un jeune réfugié, convient le directeur général d’Emmaüs Solidarité, Lotfi Ouanezar. Mais c’était la seule place disponible. Issa Omar n’a pas eu d’accompagnement social, il était méfiant et avait peur d’être poursuivi. » « J’avais peur pour ma vie », répète le Somalien, qui n’a jamais consulté de psychologue, en dépit de la manifestation d’un syndrome dépressif et de troubles de la mémoire et du sommeil. Il fait des allers-retours dans la structure entre 2022 et la fin de l’année 2024. Sa santé n’est pas bonne. L’homme est asthmatique et explique avoir développé un diabète post-traumatique. Il finit par contacter un compatriote, agent de sécurité en province, qui accepte de l’héberger. Au total, une vingtaine de personnes l’auraient accueilli lors de son errance en France, notamment des réfugiés somaliens qu’il a connus en Italie, où il a vécu avant d’arriver, fin 2021, sur le littoral nord.
    « Toute ma vie a été une galère », résume Issa Omar. Né en 1993 à 90 kilomètres de Mogadiscio, il n’a que 13 ans lorsque son père, gouverneur de sa commune et membre de la minorité marginalisée madhiban, est exécuté par la milice islamiste Chabab, en pleine guerre civile. La mère décide de quitter le pays avec ses cinq enfants, pour rejoindre le Yémen. Issa Omar est l’aîné des garçons. Il y est scolarisé, y apprend à parler l’arabe, à nager aussi. Plus tard, il y travaille comme taxi, mais aussi en tant que mécanicien ou encore agent de propreté dans un hôpital.
    En 2014, la guerre civile éclate, qui oppose les rebelles houthistes, soutenus par l’Iran, aux forces gouvernementales et à une coalition de pays arabes dirigée par l’Arabie saoudite. La famille, établie dans une zone passée sous contrôle houthiste, doit fuir, encore, cette fois vers un camp de réfugiés en Ethiopie. En tant qu’homme adulte, Issa est empêché de quitter le pays. Il raconte cependant avoir refusé de participer à l’effort de guerre et avoir été incarcéré pendant six mois, période au cours de laquelle il est régulièrement battu. « En janvier 2015, un avion de combat [saoudien] a bombardé la prison où j’étais retenu (…). Les murs de ma cellule se sont effondrés », écrit-il à la commission d’enquête britannique. Plusieurs personnes décèdent dans ce raid aérien. Blessé, souffrant de plusieurs fractures, Issa Omar est transféré dans un hôpital de Sanaa, puis transporté par avion en Iran, où il demeure hospitalisé deux mois.
    « Je n’ai plus envie de vivre »
    On est en 2015, et Issa Omar profite de l’exode des Syriens pour prendre lui aussi le chemin de la Turquie. S’ensuivent des mois d’existence précaire dans le pays, notamment à Ankara, à vivre sous une tente. Issa Omar glane quelque argent en travaillant au noir comme agent de nettoyage dans un restaurant. Sans perspective, il reprend la route en septembre 2016 aux côtés de Syriens, rejoint Izmir, sur la côte ouest de la Turquie, traverse la mer Egée pour accoster sur l’île grecque de Leros. Il y est maintenu dans un camp, puis transféré sur le continent, où il poursuit son exil, périlleux, à travers les Balkans occidentaux.
    Arrivé en Italie, il gagne la Sicile, où des compatriotes sont employés et logés par un agriculteur. Il y demeure plusieurs années, mais, là encore, n’entrevoit aucune perspective de régularisation ni d’intégration véritable. A la sortie de la crise sanitaire, en novembre 2021, avec sept amis somaliens, il quitte le pays en direction de Calais, avec l’intention de demander l’asile au Royaume-Uni. « Je voulais y établir ma vie, être formé, aider ma famille », justifie-t-il. Il paye sa traversée 1 300 euros, échoue deux fois à prendre la mer. Jusqu’au soir du 23 novembre.
    Après le naufrage, alors qu’Issa et Mohammed étaient hospitalisés ensemble, le second se serait vu offrir, par des passeurs impliqués dans la tragique traversée, de l’argent et la garantie de rejoindre le Royaume-Uni en échange de son silence. « Issa a refusé car il a une responsabilité morale vis-à-vis de ceux qu’il a vus mourir. Il est devenu leur voix », croit savoir un Somalien qui le fréquente et qui a souhaité rester anonyme.
    Issa Omar n’a plus le Royaume-Uni en ligne de mire. Il ne sait pas davantage s’il veut rester en France. Il a le sentiment d’être « tombé dans l’oubli ». L’homme a un titre de séjour précaire qu’il doit renouveler tous les six mois et qui ne l’autorise pas à travailler. Il ne parle pas français, dépend de la charité et de distributions alimentaires pour se nourrir, et il lui arrive de passer des nuits à la rue, quand il n’est pas hébergé par des connaissances, dans une ville dont il veut taire le nom. Il craint que des passeurs impliqués dans la tragédie du 24 novembre 2021 ne le retrouvent pour le contraindre au silence. « Je n’ai plus envie de vivre », « Je retiens mes envies de me jeter d’un pont », dit-il parfois, tant l’existence qu’il mène lui est douloureuse. En 2024, Nikolaï Posner, alors membre de l’association d’aide aux migrants Utopia 56, a entrepris de le soutenir. A l’époque, le Somalien avait perdu jusqu’à son droit au séjour, faute d’avoir entrepris des démarches administratives. « On aurait pu imaginer que l’Etat français lui offre une protection qui lui permette de s’insérer, y compris au regard des défaillances des autorités la nuit du naufrage, mais rien, regrette M. Posner. C’est comme si les morts et les survivants étaient un détail de l’histoire. » Sur une des autorisations provisoires de séjour qui a été délivrée à Issa Omar par la Préfecture de police de Paris, un papier gris perforé, il est inscrit la référence de son dossier, en capitales d’imprimerie : « RESCAPE000 ».

    #Covid-19#migration#migrant#france#asile#migrationirreguliere#sante#santementale#droit#mortalite#somalie#calais#manche#routemigratoire

  • Manche : les traversées irrégulières continuent malgré le nouvel accord franco-britannique - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71218/manche--les-traversees-irregulieres-continuent-malgre-le-nouvel-accord

    Manche : les traversées irrégulières continuent malgré le nouvel accord franco-britannique
    Par La rédaction Publié le : 05/05/2026
    Plus de 7 000 migrants ont atteint le sol britannique depuis le début de l’année. Dans le détail, 800 exilés ont traversé la Manche en trois jours, du 1er mai au 3 mai. Et ce, malgré un nouvel accord triennal franco-britannique visant à endiguer les traversées clandestines de la Manche, signé fin avril.Après une accalmie de plusieurs jours, 800 exilés ont été interceptés par les forces britanniques dans la Manche en trois jours, entre le 1er mai et le 3 mai. Au total, 7 200 migrants ont atteint le Royaume-Uni via "small boats" depuis le début de l’année 2026, selon les chiffres du Home Office. Le chiffre est en deçà de celui de l’année dernière à la même période (11 500) mais suffira-t-il à apaiser les relations tumultueuses entre Paris et Londres ?Depuis plusieurs mois, Londres reproche à la France de ne pas faire assez pour endiguer les traversées illégales de la Manche. Les discussions entre les deux pays ont traîné en longueur pour renouveler l’accord de Sandhurst - un accord de coopération sur la sécurisation de leur frontière commune dans la Manche. Le 23 avril, finalement, un nouveau partenariat a été signé par Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur français, et son homologue britannique Shabana Mahmood.
    Un accord essentiel : sous pression du parti d’extrême droite Reform UK de Nigel Farage, le gouvernement travailliste de Keir Starmer, qui a promis de "reprendre le contrôle des frontières" et met un point d’honneur à voir la situation sur le littoral français évoluer.
    Londres va verser jusqu’à 766 millions d’euros à la France sur trois ans (2026 -2029), mais pour la première fois, une somme “flexible” de 186 millions d’euros dépendra de l’efficacité des mesures côté français. Concrètement, Paris devra apporter des preuves quantitatives et qualitatives sur le nombre d’interventions effectuées, le nombre d’interpellations, le nombre de traversées empêchées..., pour débloquer la somme. Mais "il n’y aura pas de quotas qui conditionnent quelque financement que ce soit", a affirmé le ministre Laurent Nuñez.
    Londres désapprouve l’approche française d’intervenir uniquement sur les plages. Malgré de rares interceptions qui ont eu lieu, Paris demeure réticente à l’option "d’intervention en mer" pour intercepter les "small boats". Les autorités françaises s’appuient sur le droit international de la mer qui interdit les interventions policières dans l’eau - et n’autorise que les seules opérations de secours.Actuellement, 907 effectifs sont déployés, selon le ministère de l’Intérieur. Ce chiffre doit progresser de 53 % pour atteindre 1 392 agents sur la période 2026-2029, "incluant notamment la création d’une nouvelle unité spécialisée (SIPAF, pour Service interdépartemental de la police aux frontières) de 80 effectifs".
    Reste à savoir si ce déploiement de forces réglera le problème, car, depuis plusieurs semaines, une nouvelle route migratoire a vu le jour pour rejoindre le sol britannique. De plus en plus de départs en "small boats" se font désormais depuis les côtes belges. Le 18 avril, au moins 200 migrants répartis à bord de cinq embarcations ont été repérés par les gardes-côtes de Bruxelles. "C’est la première fois que nous en voyons un si grand nombre en même temps", avait déclaré le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé. Les départs se font depuis les villes côtières d’Oostduinkerke, De Panne, Koksijde et Nieuport, toute proches de la frontière française. L’an dernier, aucun canot n’avait été repéré dans le nord-ouest la Belgique

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#accordmigratoire#manche#mortalite#sante#politiquemigratoire#routemigratoire

  • Dans la Manche, les autorités françaises expérimentent les interceptions de « taxi-boats » de migrants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/28/dans-la-manche-les-autorites-experimentent-les-interceptions-de-taxi-boats-d

    Dans la Manche, les autorités françaises expérimentent les interceptions de « taxi-boats » de migrants
    Par Julia Pascual, Maud Jullien (« Lighthouse Reports ») et Tomas Statius (« Lighthouse Reports »)
    Plus de 6 000 personnes ont rejoint l’Angleterre à bord de petits canots pneumatiques depuis le début de l’année 2026. Un niveau de traversées important, alors que la France a modifié sa doctrine d’intervention en mer pour juguler les départs de migrants vers l’Angleterre. La nouvelle approche – décrite dans un ordre d’opération interpréfectoral non public du 25 novembre 2025 – consiste à permettre à des embarcations de la gendarmerie maritime d’intercepter des small boats, pratique jusque-là exclue dans la Manche, car jugée trop dangereuse en raison des risques de chavirements et de noyades.
    Les auditions menées par la commission d’enquête parlementaire en cours sur les accords du Touquet ont permis d’en savoir plus sur la réalité de ces manœuvres. Entendu le 8 avril, le directeur général des étrangers en France, Laurent Touvet, a ainsi rappelé que la nouvelle doctrine « a fait l’objet de très nombreux échanges avec les autorités judiciaires (…) pour éviter que les forces de gendarmerie maritime ne soient mises en cause lors de cette action ».L’objectif, pour les pouvoirs publics, est de mettre à mal les traversées par taxi-boats, un mode opératoire qui représente plus de la moitié des départs. Il consiste à faire partir un canot d’un point éloigné du détroit du Pas-de-Calais, pour lui faire ensuite longer la côte avant de se rapprocher d’une plage pour faire embarquer les personnes directement dans l’eau. Le but ? Contourner la présence policière sur les plages.
    L’interception consiste à « entourer les bateaux de migrants avant qu’ils ne soient trop chargés » pour ensuite les conduire vers un port, a détaillé Laurent Touvet. Le haut fonctionnaire a insisté sur la primauté de la sauvegarde de la vie humaine. De sorte que, selon M. Touvet, si la technique d’interception a été « déployée une dizaine de fois depuis novembre [2025] », elle n’aurait « donné lieu à aucune interception (…), car les conditions de sécurité n’étaient pas suffisantes ».
    Un bilan contredit par le préfet maritime Benoît de Guibert, auditionné le 2 avril, ainsi que par le secrétaire général de la mer, Xavier Ducept, auditionné le 26 mars. Tous deux ont mentionné trois interceptions depuis fin 2025, qui auraient toutes permis « de prononcer des condamnations pour les passeurs identifiés », a précisé M. de Guibert.D’après des informations recueillies par Le Monde, au moins trois autres interceptions ont eu lieu depuis ces auditions. Le 7 avril, un canot parti de Belgique a été intercepté au large de Loon-Plage (Nord) et ses 14 passagers ont été interpellés par la police aux frontières. Le 8 avril, un canot a, cette fois, été intercepté au large de Leffrinckoucke, et 12 individus ont été interpellés. Le 13 avril, une embarcation a encore éte interceptée avec 13 personnes à bord au large de Zuydcoote.
    L’ordre interpréfectoral de novembre 2025 indiquait pourtant que les manœuvres ne viseraient que les « taxi-boats en amont des phases d’embarquement de migrants ». Le 18 avril, un canot a encore été intercepté mais cette fois par les autorités belges au large de leurs côtes.
    En 2024, Le Monde avait révélé, en partenariat avec le média Lighthouse Reports, que des interceptions ont été expérimentées à partir de mars 2023 avant d’être jugées non concluantes par le secrétariat général à la mer. Une vidéo de l’époque montrait des gendarmes percutant un taxi-boat à grande vitesse dans le but de lui faire rejoindre les côtes. Dans une autre séquence, à Dunkerque, un bateau de la police créait des vagues pour déstabiliser un canot de migrants. Des « vagues molles », a assuré la direction générale des étrangers en France, dans une réponse écrite à la commission d’enquête parlementaire qui l’interrogeait sur cet événement.
    Le Monde a révélé, par ailleurs, qu’à l’été 2023 un gendarme avait demandé à un membre d’équipage de la Société nationale de sauvetage en mer de l’aider à arrêter un bateau au large de la plage de Berck (Pas-de-Calais). Le sauveteur avait refusé. A la commission d’enquête parlementaire, le ministère de l’intérieur a reconnu les faits en plaidant une erreur d’appréciation du gendarme, un réserviste « sous le coup de l’adrénaline ». La mise en œuvre des interceptions en mer a été décidée sous la pression des Britanniques, qui viennent de garantir le versement de 766 millions d’euros à la France sur trois ans, en particulier pour renforcer la présence policière à la frontière.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#migrationirreguliere#politiquemigratoire#manche#sante

  • Traversée de la Manche : au moins 200 migrants repérés au large des côtes belges - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70979/traversee-de-la-manche--au-moins-200-migrants-reperes-au-large-des-cot

    Traversée de la Manche : au moins 200 migrants repérés au large des côtes belges
    Par La rédaction Publié le : 20/04/2026
    Au moins 200 migrants répartis à bord de cinq embarcations ont été repérés samedi par les gardes-côtes belges. « C’est la première fois que nous en voyons un si grand nombre en même temps », a réagi le gouverneur de Flandres occidentale. Les services de secours belges ont signalé avoir repéré au moins 200 migrants en mer, samedi 18 avril dans la matinée. Ces derniers étaient partis des côtes belges dans l’espoir de rejoindre l’Angleterre. Ils étaient répartis à bord de cinq embarcations. « Nos services de secours se sont rendus sur place pour accompagner les bateaux vers les eaux françaises », a expliqué la porte-parole de l’agence flamande des services maritimes et côtiers (MDK) à l’agence Belga. « C’est la première fois que nous en voyons un si grand nombre en même temps », a déclaré le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé. Ce dernier a déclenché la phase de pré-alerte du plan d’urgence provincial, une mesure qui permet aux autorités de pouvoir réquisitionner des bateaux en cas de besoin.
    Depuis plusieurs semaines, le gouverneur tire la sonnette d’alarme : le nombre d’embarcations qui partent des côtes de la Belgique augmente. « La semaine prochaine, tous les services de sécurité se mettront autour de la table pour prendre des mesures supplémentaires », a-t-il indiqué. Mi-mars, il avait même demandé la fermeture de la frontière franco-belge dans sa région, estimant que la pression exercée par les migrants cherchant à rejoindre le Royaume-Uni par la mer était devenue « insoutenable ».
    Ces derniers mois, face au renforcement des contrôles le long du littoral français, les passeurs se sont adaptés. Ainsi, les tentatives de départs depuis le nord-ouest de la Belgique se sont multipliés. « Ces bateaux pneumatiques longent la côte [belge] et prennent des passagers à plusieurs endroits sur la plage, jusqu’à ce que 80 à 100 personnes soient entassées dans un même bateau, souvent sans gilet de sauvetage », expliquait, le 13 mars, le chef de corps de la police de la côte ouest, Nicholas Paelinck, cité par les médias belges. « Ces bateaux se dirigent ensuite vers Calais avant de prendre le cap vers l’Angleterre. »
    Une fois dans la zone de sauvetage française, plusieurs demandes d’assistance ont été émises. Selon les autorités françaises, de multiples opérations de sauvetage ont eu lieu ce week-end pour assister des embarcations parties de Belgique. Au total, 23 personnes ont été secourues au cours de la journée de samedi.
    Selon la préfecture de la Manche et de la mer du Nord, une première personne a été secourue après un signalement effectué par un navire de pêche très tôt samedi matin. Quelques instants plus tard, un second exilé a été secouru par les autorités françaises. Selon la préfecture, le bateau parti de Belgique a embarqué « d’autres candidats à l’exil au niveau de la plage de Grand Fort Philippe » avant de reprendre sa route. C’est une fois en direction du Royaume-Uni qu’un migrant présent à bord a souhaité être secouru.
    Enfin, deux dernières opérations ont été menées par la France samedi. Lors de la première, une personne a été secourue. Puis 20 migrants ont été récupérés lors de la seconde. Ces deux embarcations étaient, elles aussi, parties de Belgique.
    Samedi, les embarcations qui ont pris la mer - depuis les côtes belges et françaises - pour le Royaume-Uni étaient nombreuses. Selon le Home Office, plus de 600 migrants ont atteint les côtes anglaises lors de cette seule journée. Et depuis le début de l’année, 6 077 personnes sont arrivées au Royaume-Uni

    #Covid-19#migration#migrant#belgique#manche#merdunord#routemigratoire#migrationirreguliere#royaumeuni#politiquemigratoire#sante

  • Il capitale sottostante: #estrattivismo come chiave di lettura del presente
    https://radioblackout.org/2026/04/il-capitale-sottostante-estrattivismo-come-chiave-di-lettura-del-pres

    Il nuovo numero di #zapruder dal titolo «Il capitale sottostante. Realtà e immaginario della #miniera» contribuisce a fornire delle chiavi di lettura della fase attuale a partire dalla storia delle miniere.

    #L'informazione_di_Blackout
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/04/Zapruder-2026_04_09_2026.04.09-10.00.00-escopost.mp3

    • Il capitale sottostante. Realtà e immaginario della miniera

      Mattia Frapporti e Gioacchino Orsenigo

      La società mineraria

      Daniele Valisena

      Una specie di alleanza. Il metabolismo del carbone in Belgio

      Giacomo Tagliani

      Il rovescio della modernità. Immaginari minerari nel cinema italiano del secondo dopoguerra

      Jacopo Rasmi

      Miniera cyborg. Storia critica dell’estrazione mineraria

      Pauline Massè

      La (mini)era dell’orso

      Alessandro Albana

      «Imparare da Daqing» (e poi dimenticarsene). La miniera come specchio delle contraddizioni nella Cina contemporanea

      Riccardo Rosa

      #Newcastle, consuma e crepa. Macerie di una città produttiva

      Franco Tomassoni

      È stato il capitale. L’impero portoghese e il petrolio angolano

      Maxime Boidy

      «Bande de grévistes». L’archivio iconografico dello sciopero di #Béthune del 1902

      Agostino Petrillo

      Minatori col giardino. Sperimentazione urbanistica e paternalismo in Germania

      Marta Gentilucci

      C’è un abisso. La metamorfosi delle lotte contro l’estrazione mineraria

      Lorenzo D’Angelo

      Cristalli di tempo. Contesti e articolazioni dell’estrazione

      Leonardo Lippolis

      Miniera, fabbrica, città. #Manchester e l’immaginario di una catastrofe urbana

      Brenda Fedi

      Let’s start a war (said Maggie one day)

      https://www.mimesisedizioni.it/libro/9791222323763

      #extractivisme #Allemagne #Belgique

  • Marine nationale : sauveteurs en alerte dans la Manche

    Des milliers de personnes tentent de traverser la Manche. Mais depuis un terrible naufrage en 2021 qui avait mis en cause les sauveteurs français, les #procédures ont été renforcées. Les patrouilleurs de la Marine sont chargés de protéger ces embarcations et de ne pas les intercepter. Sur #terre, les forces de l’ordre tentent d’empêcher les départs. Mais en #mer, la France et le Royaume-Uni ont un rôle de sauvetage. Ils vont tout faire pour éviter un naufrage des migrants ou une collision avec un cargo.

    https://www.tf1.fr/tf1/jt-20h/videos/marine-nationale-sauveteurs-en-alerte-dans-la-manche-01390914.html
    #marine_nationale #sauvetage #Manche #France #UK #Angleterre #armée #frontières #migrations #réfugiés #vidéo #La_Manche #Cross_Gris-nez #CROSS #frontière_maritime #frontière_terrestre #taxi-boat #à_voir #marine_militaire

  • Nucléaire : le projet de deux réacteurs EPR 2 à Bugey avance
    https://www.enviscope.com/nucleaire-le-projet-de-deux-reacteurs-epr-2-a-bugey-avance

    Le projet de construction de deux #réacteurs #EPR2 à #Bugey correspond au troisième projet du programme industriel de nouveaux réacteurs #nucléaires d’#EDF, mis en place à la demande de l’État. La mise en service des réacteurs EPR2 de Bugey est visée entre 2040 et 2045.

    (...)

    L’EPR 2 de Bugey est le premier projet d’EPR 2 en bordure de #fleuve, les eaux du #Rhône devant permettre le #refroidissement du processus. Les deux autres projets sont situés en bord de mer, pour des raisons de refroidissement : le premier se situe à #Penly , en bordure de la #Manche, en #Normandie, le deuxième à #Gravelines, près de la Mer du Nord en Haut de France. Pour les EPR de Bugey, une partie du refroidissement sera assurée par des #aéroréfrigérants, un aéroréfrigérant supplémentaires ayant été intégré dans le projets pour mieux prendre en compte les capacités de refroidissement par le fleuve, dans un contexte de #réchauffement #climatique.

    La technologie EPR2, est une optimisation du réacteur EPR, dont quatre exemplaires fonctionnent dans le monde ; #Flamanville en France mis en service après un retard et des surcoûts considérables, 2 en #Chine, 1 en #Finlande.* (...)

  • Deux migrants meurent lors d’une tentative de traversée de la Manche - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70687/deux-migrants-meurent-lors-dune-tentative-de-traversee-de-la-manche

    Deux migrants meurent lors d’une tentative de traversée de la Manche
    Par La rédaction Publié le : 01/04/2026
    Deux migrants sont morts mercredi lors d’une tentative de traversée irrégulière de la Manche, selon la préfecture maritime. Selon une source policière citée par l’AFP, les deux victimes étaient des hommes, l’un soudanais et l’autre afghan. Ces deux décès sont les premiers enregistrés en mer en 2026.Selon une source policière citée par l’AFP, les deux victimes étaient des hommes, l’un soudanais et l’autre afghan. La troisième personne blessée, une femme, a été transportée à l’hôpital sans que son pronostic vital ne soit engagé.Contactée par InfoMigrants, la Prémar a expliqué que l’embarcation était déjà remplie quand elle est arrivée au large de Gravelines. « On ne sait pas encore d’où venait le canot mais il était chargé avec un premier groupe de personnes. Il est venu au large de Gravelines pour récupérer un autre groupe. C’est au moment de l’embarquement de ce second groupe que le drame a eu lieu », précise un porte-parole.Selon le communiqué officiel, les secours sont intervenus auprès de huit migrants en difficulté. Trois nécessitaient « une prise en charge médicale immédiate ».Cinq autres personnes secourues, non blessées, ont elles été interpellées et placées en garde à vue, toujours selon la source policière.L’embarcation avait été repérée par la gendarmerie maritime vers 07h30 au large de Zuydcoote (Nord), tout près de la frontière belge - ce qui laisse penser que le premier groupe ait pu embarquer sur le canot en Belgique avant de faire route vers la France pour récupérer un second groupe.Les traversées illégales de la Manche sont très dangereuses en raison de plusieurs facteurs notamment la fragilité des embarcations fournies par les passeurs, la surcharge des canots, et les mouvements de foule au moment de monter à bord.
    Le fait de venir au large récupérer des migrants s’apparente au mode opératoire des « taxi-boats », qui consiste à embarquer des passagers en les forçant à entrer dans l’eau. Ce procédé est de plus en plus utilisé sur les côtes du nord de la France pour éviter les interceptions terrestres par la police sur les plages."Il en résulte une augmentation considérable des risques encourus par les migrants, l’embarquement se faisant directement dans l’eau, dans des conditions toujours plus chaotiques", soulignait la Prémar il y a quelques mois.Ces deux décès sont les premiers enregistrés en mer pour 2026. Au moins 29 migrants ont péri en mer l’an dernier en tentant de rejoindre le Royaume-Uni depuis la France, selon un décompte de l’AFP à partir de sources officielles.
    Les drames migratoires se déroulent aussi sur terre. Le corps d’un migrant a été découvert début mars dans un canal le long du camp de Loon-Plage, près de Dunkerque. Fin janvier, un autre migrant d’origine subsaharienne avait trouvé la mort à Marck, près de Calais. Il avait été écrasé après avoir chuté d’un camion, dans lequel il se cachait afin d’atteindre le Royaume-Uni

    #Covid-19#migration#migrant#manche#sante#mortalite#routemigratoire#soudan#afghanistan#migrationirreguliere

  • Immigration : les accords du Touquet dénoncés par des ONG devant une commission d’enquête parlementaire française - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70618/immigration--les-accords-du-touquet-denonces-par-des-ong-devant-une-co

    Immigration : les accords du Touquet dénoncés par des ONG devant une commission d’enquête parlementaire française
    Par RFI Publié le : 30/03/2026
    Dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’immigration à la frontière franco-britannique, les associations de défense des personnes exilées ont été auditionnées jeudi 26 mars. Elles ont unanimement condamné la politique répressive et l’impasse dans laquelle se trouvent les personnes coincées entre les deux pays.
    Une politique répressive qui met en danger les personnes exilées. C’est ce que décrivent d’une même voix les associations qui interviennent à la frontière franco-britannique. Cinq d’entre elles étaient auditionnées jeudi 26 mars par la Commission d’enquête parlementaire, chargée d’un travail de six mois afin de faire le point sur l’action publique menée sur le littoral. Toutes les personnes interrogées ont dépeint un tableau très sombre, celui d’un territoire rendu de plus en plus inhospitalier et de conditions de survie catastrophiques à la frontière.
    Dans le viseur de l’ONG Human Rights Observer (HRO), la politique du « zéro point de fixation », mise en place sous le président Hollande après la démantèlement de la « jungle » de Calais en 2016, qui consiste à des expulsions quasi quotidiennes des camps de migrants.
    Ces méthodes ne découragent pourtant pas les exilés. "Inlassablement les campements sont expulsés, les affaires sont saisies, voire détruites, a alerté un membre de HRO au Parlement. Peu importe la longévité et la fréquence de ces opérations, les personnes se réinstallent. Elles reviennent, reprennent leur place, occupent à nouveau le même terrain. Les traversées continuent."Cette politique n’a qu’un seul effet, d’après l’association Utopia 56, elle aussi auditionnée, celui de mettre davantage en danger les exilés. Une représentante de l’association a listé devant les parlementaires : "Des pneumatiques qui vont être percés avant leur mise à l’eau ; la dispersion de groupes de personnes par la police en tenue anti-émeutes qui fait usage de gaz lacrymogène, de grenades de désencerclement, de coups de tonfa ; le tout depuis des 4x4 ou des buggys lancés à vive allure au milieu des personnes sur les plages."Des enquêtes préliminaires sont d’ailleurs en cours à l’encontre des forces de l’ordre après des interventions sur des bateaux chargés de passagers déjà mis à l’eau. La seule solution pour Claire Millot, de l’association Salam, viendra d’un changement de législation. « Ce n’est pas une impasse, c’est une souricière. On ne peut sortir dignement ni par l’avant vers le Royaume-Uni, ni par l’arrière vers la France. Ils sont coincés là, ils n’ont pas de solution », alerte-t-elle.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#accordmigratoire#manche#droit#sante

  • Des #passeurs faisaient traverser la #Manche à des migrants en #yacht en échange de 15 000 euros

    Deux passeurs de nationalité ukrainienne ont été condamnés par la justice britannique à des peines de cinq et six ans de prison pour trafic de migrants. Les deux hommes étaient à la tête d’un « trafic d’êtres humains dit ’VIP’ », selon les autorités britanniques : ils transportaient des migrants depuis les côtes de Seine-Maritime vers l’Angleterre à bord d’un yacht, en échange de 15 000 à 18 000 euros.

    Deux hommes de nationalité ukrainienne, âgé de 37 et 43 ans, ont écopé mi-mars de peines de prison de cinq et six ans par un tribunal britannique pour trafic de migrants de la France vers le Royaume-Uni. Si une telle condamnation est courante des deux côtés de la Manche, le mode de fonctionnement de ce réseau étonne.

    Les deux hommes « dirigeaient un trafic d’êtres humains dit ’VIP’ », indique un communiqué de la National crime agency (NCA) publié le 12 mars et repéré par Ici Normandie. Les individus transportaient des migrants depuis les côtes de Seine-Maritime vers l’Angleterre à bord d’un yacht, l’Uforia.
    L’enquête débute en juillet 2025 lorsque des gendarmes de Rouen remarquent l’étrange ballet de ce yacht dans le port du Havre. Prévenus par les autorités françaises, les gardes-côtes britanniques suivent sa trace dans la Manche, l’abordent au large des côtes de l’île de Wight, puis l’escortent au port de Gosport, dans le Hampshire. À bord se trouvent les deux Ukrainiens condamnés et cinq passagers – quatre Albanais et une Vietnamienne qui cherchaient à entrer de manière irrégulière au Royaume-Uni.

    « Ces hommes exploitaient ce qu’on peut décrire comme une sorte de service de ferry, transportant à chaque fois un petit nombre de personnes de l’autre côté de la Manche, mais leur facturant un prix exorbitant pour ce service », a déclaré Saju Sasikumar, de la NCA.
    Entre 15 000 et 18 000 euros la traversée

    Selon les témoignages des migrants interpellés, ils ont séjourné dans un hôtel de Fécamp, en Seine-Maritime, avant d’être emmenés le 20 juillet au port du Havre (à une quarantaine de kilomètres) pour embarquer sur l’Uforia. En échange, les exilés ont dû débourser entre 15 000 et 18 000 euros.

    Grâce à une collaboration entre les forces françaises et britanniques, les enquêteurs ont pu retracer les activités de ce réseau et « mettre en évidence en série de traversées durant les mois d’été 2024 et 2025, l’Uforia ayant fait escale à Brighton et dans d’autres marinas de la côte sud à plusieurs reprises », écrit la NCA dans son communiqué.

    L’agence britannique évoque un évènement qui s’est produit le 10 août 2024. Ce jour-là, le responsable du port d’Itchenor dans le West Sussex, au sud de l’Angleterre, avait signalé « une activité suspecte à la police après que l’Uforia a été aperçu entrant dans le port avec six migrants à bord », raconte la NCA.

    D’après les preuves recueillis par les enquêteurs, le navire avait aussi quitté Fécamp en juin 2025 avec trois migrants à bord et navigué vers la région de Chichester, dans le sud de l’Angleterre.

    L’année dernière, le Royaume-Uni a connu une forte hausse des arrivées de migrants. En 2025, plus de 41 000 personnes sont arrivées en Angleterre après une traversée de la Manche. C’est le deuxième nombre le plus élevé après le record des 45 774 arrivées enregistrées en 2022, selon les données du ministère de l’Intérieur britannique.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/70561/des-passeurs-faisaient-traverser-la-manche-a-des-migrants-en-yacht-en-
    #prix #coûts #migrations #réfugiés #frontières

    Commentaire : Tout cet #argent injecté dans l’#économie criminelle qui pourrait circuler dans l’économie formelle... oh que les États sont bêtes avec leurs politiques migratoires !

    ping @karine4

  • Traversées maritimes des migrants : les négociations patinent entre la France et le Royaume-Uni
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/28/traversees-maritimes-des-migrants-les-negociations-patinent-entre-la-france-

    Traversées maritimes des migrants : les négociations patinent entre la France et le Royaume-Uni
    Par Cécile Ducourtieux (Londres, correspondante) et Julia Pascual
    La frontière franco-britannique risque-t-elle d’être « désarmée » ? La question se pose alors que le financement par les Britanniques du dispositif de surveillance du littoral français arrive à échéance le 31 mars. Et aucun accord n’a été trouvé entre Paris et Londres pour un nouveau cycle de financement. « Les négociations ont échoué, tout est remonté au niveau du ministre », confie une source place Beauvau. Ces négociations portent sur une enveloppe d’environ 750 millions d’euros sur trois ans, en vertu du traité bilatéral de Sandhurst.Entre 2023 et 2026, la contribution britannique au bénéfice de la France pour sécuriser les frontières s’est déjà élevée à 541 millions d’euros. Sur cette période, les traversées maritimes de la Manche par des personnes migrantes à bord de petits canots pneumatiques n’ont cessé de croître. Plus de 41 000 personnes ont rejoint l’Angleterre en small boats, contre environ 29 000 en 2023.
    A en croire le Times du 23 mars, Londres réclame que les fonds ne soient versés qu’en fonction d’objectifs de traversées évitées à atteindre. « Les Anglais veulent nous coller des objectifs chiffrés et du reporting opérationnel au quotidien. Ils voudraient piloter le dispositif », ajoute la source française citée plus haut.
    Auditionné le 26 mars par la commission d’enquête parlementaire sur le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes migrantes, le secrétaire général de la mer, Xavier Ducept, a reconnu que les Britanniques « ont la volonté de montrer à leur opinion publique que les fonds qui sont engagés dans le cadre de Sandhurst le sont efficacement ». Mais il a mis en garde contre toute forme de chantage : « Ce que nous souhaitons, c’est que (…) les Britanniques puissent participer au financement des dispositifs d’interception, qui sont très onéreux. Mais qu’ils ne conditionnent pas ces dispositifs à une forme d’efficacité qui pourrait être extrêmement dangereuse pour les migrants, pour les services, pour la France. (…) Le secours d’abord. Et le droit », a-t-il déclaré.Lors de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron au Royaume-Uni, en juillet 2025, la France a consenti à modifier sa doctrine d’intervention en mer pour arraisonner les small boats – une pratique jugée trop dangereuse jusque-là – et le Royaume-Uni a acté le principe d’un nouveau paquet d’aides financières. Depuis, trois interceptions ont eu lieu, selon M. Ducept.
    D’après nos informations, les Britanniques auraient rejeté les demandes françaises concernant, par exemple, le paiement des salaires des effectifs du futur centre de rétention de Dunkerque (Nord), prévu pour ouvrir fin 2026, mais aussi le paiement des réservistes qui patrouillent sur les plages, ou encore celui d’un lieu de cantonnement pour des CRS. Le Home Office refuse de s’exprimer sur ces négociations, mais un porte-parole rappelle que « la France est [leur] partenaire le plus important en matière de migration et [que le] travail commun permet de réduire considérablement les traversées en petites embarcations », ajoutant que « 40 000 traversées ont été évitées » depuis l’arrivée du gouvernement Starmer au pouvoir, en juillet 2024.
    Le porte-parole valorise également l’accord dit « one in, one out » (« une entrée, une sortie »), conclu à l’été 2025 entre Keir Starmer et Emmanuel Macron et qui prévoit que Londres peut renvoyer en France des migrants arrivés en small boats. En contrepartie de quoi, et sur une base réciproque, Londres accepte d’accueillir sur son territoire des personnes migrantes se trouvant en transit en France. « Grâce à notre accord historique, les migrants illégaux arrivant en small boats sont renvoyés directement chez eux », assure le porte-parole. En réalité, seules 377 personnes ont été renvoyées en France, entre l’été 2025 et le début de février 2026, selon des données du Home Office, contre 380 qui ont fait le voyage en sens inverse. Cet accord n’a « pas d’impact direct sur les flux », a reconnu le secrétaire général de la mer lors de son audition.
    La ministre de l’intérieur, Shabana Mahmood, ne compte pas pour autant y renoncer et les Anglais auraient demandé sa reconduite, alors qu’il doit cesser en juin. La Britannique, d’origine pakistanaise et fière de sa foi musulmane, classée à droite du Parti travailliste, porte une série de réformes réduisant conséquemment l’accueil des réfugiés au Royaume-Uni. Depuis le 2 mars, le statut de réfugié accordé à une personne ne sera plus permanent mais temporaire. La ministre veut aussi doubler la période durant laquelle une personne munie d’un visa doit attendre avant de pouvoir réclamer un droit de séjour permanent – elle passerait de cinq à dix ans. Mais Mme Mahmood est de plus en plus isolée au sein des élus du Labour, des dizaines d’entre eux s’opposant à cette « droitisation » du parti, notamment parce qu’il perd de plus en plus d’électeurs au profit du Green Party, le parti écologiste britannique, beaucoup plus à gauche.

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#accordmigratoire#manche#politiquemigratoire#droit#sante#asile

  • How ‘stopping the boats’ kills: A digital counter-forensic investigation of the human cost of the UK’s externalised border in the Channel

    The report demonstrates how these border policing practices, which authorities claim ‘save lives’ by preventing crossing attempts, have amplified the risks facing people compelled to make illegalised journeys to reach the UK. It also shows that British and French officials knew, or ought to have known, the deadly consequences of their policies.

    Decades of increased security and policing at the UK’s externalised border have not ended illegalised journeys and, despite being a political priority since 2019, small boat journeys have not stopped. As this report shows, greater enforcement has not only failed to achieve its stated objective, but led to more deaths in the Channel. Whether this reality can be recognised by policy-makers and prompt a fundamental reassessment of UK border externalisation remains an open question. For now, as the next phase of bilateral cooperation for 2026-29 is set to begin, the UK government appears determined to continue using large payments to leverage the French to adopt ever riskier tactics to police its border, regardless of the human costs.

    The entangled effects of three border policing practices behind these mechanisms are examined in detail in the report:

    1. ‘Upstream’ anti-smuggling measures and supply-chain disruption: International cooperation has reduced the availability of dinghies and other materials needed for small boat journeys, leading facilitators to source larger and lower quality inflatables which are increasingly overcrowded. Anti-smuggling measures have also reduced the opportunities for under-resourced groups to organise their own journeys—strengthening the hold of professionalised smugglers on the market—and fuelled competition for places onboard.
    2. Expanded aerial surveillance: Although framed primarily in terms of supporting search and rescue operations, analysis of flight tracks and state documentation showed most aerial surveillance of the Channel is focused on coordinating police patrols on the ground, and gathering data and intelligence for prosecutions. By enabling faster detection and police intervention, surveillance has contributed to overcrowding and the advent of new dangerous tactics for small boat departures.
    3. Increased police activity on the French coast: The ever larger numbers of police on the French coast, funded by the UK, has altered the geography of small boat departures, and driven the adoption of the ‘taxi boats’ which present greater risks for travellers who must board dinghies already afloat. Police’s violent tactics, especially the use of riot control weapons such as tear-gas, stun grenades, and rubber bullets, have also directly endangered travellers and led to panics, crushes, and people drowning in shallow waters.

    https://www.borderforensics.org/investigations/channel
    #Manche #UK #Angleterre #France #migrations #réfugiés #décès #mourir_aux_frontières #Border_Forensics #stop_the_boat

    • Le renforcement des contrôles policiers rend la traversée de la Manche plus mortelle, selon des chercheurs

      Dans une étude publiée la semaine dernière, des chercheurs britanniques et l’organisation Border Forensics ont disséqué la politique migratoire menée à la frontière entre le Royaume-Uni et la France ces dernières années. Selon eux, l’augmentation des décès est directement liée au renforcement des contrôles.

      Pendant un an, des chercheurs britanniques du Centre for Sociodigital Futures et de Border Forensics – une organisation qui enquête sur les frontières à l’aide de cartographes – ont étudié les différents moyens de surveillance à la frontière franco-britannique déployé ces dernières années. Et le constat est sans appel : l’augmentation des décès est directement liée au renforcement des contrôles.

      Pour arriver à ce constat, les enquêteurs ont mis en relation les données géographiques des incidents dans la Manche, les données de vol des avions de surveillance, des témoignages recueillis sur le terrain ou encore les données compilées par les associations du littoral.

      Ainsi, entre 1999 et 2026, au moins 525 décès de migrants ont été recensés à la frontière britannique avec l’Europe. Parmi ces décès, 197 personnes sont mortes ou ont disparu dans la Manche, dont 129 – près d’un quart de tous les décès enregistrés à la frontière extérieure du Royaume-Uni – entre 2023 et fin 2025.

      Selon cette « contre-expertise », l’augmentation des morts dans la Manche est directement liée aux accords franco-britanniques conclus pour « stopper les bateaux » de migrants.

      Les chercheurs notent que depuis 2020, au fur et à mesure des accords, les financements alloués au gouvernement français pour endiguer les traversées en petites embarcations ont explosé, dépassant les 620,3 millions de livres sterling. Mais « les centaines de millions de livres sterling investies dans le renforcement des frontières françaises n’ont pas enrayé l’immigration clandestine vers le Royaume-Uni ».

      Et d’ajouter : « Au contraire, elles l’ont déplacée des ’routes canalisées’ utilisées ces dernières décennies – camions, trains et ferries – vers la haute mer, où les dangers encourus par les voyageurs se sont accrus à chaque accord conclu ».

      Un phénomène déjà largement documenté par des ONG et médias mais il s’agit ici de la première enquête de chercheurs reliant « de manière exhaustive » les données géospatiales relatives aux traversées de « small boats », aux décès et aux pratiques de surveillance des frontières dans le nord de la France, estime l’un des auteurs à Mediapart et The Independant, qui révèlent ce rapport.

      De nombreux témoignages recueillis par InfoMigrants ces dernières années démontrent aussi que la militarisation de la frontière entre la France et le Royaume-Uni pousse les exilés a emprunté des itinéraires toujours plus dangereux.
      « Un changement de mentalité au sein des forces de l’ordre françaises »

      Les chercheurs signalent même que 2023, année de la « déclaration conjointe des dirigeants » - un accord migratoire conclut entre les deux pays actuellement en cours de renégociation - , a connu « une augmentation spectaculaire du nombre de décès dans la Manche », notamment car « un changement de mentalité au sein des forces de l’ordre françaises » s’est engendrée.

      Ce changement s’explique donc pas le renforcement des contrôles, selon les chercheurs, qui distinguent trois domaines : les interventions concernant le commerce de matériel nautique, la surveillance terrestre et la surveillance maritime. Ainsi, le rapport précise que « prises ensemble, toutes ces pratiques de surveillance des frontières (…) ont démontré que les politiques étatiques visant à empêcher les traversées en petites embarcations étaient un facteur déterminant de l’augmentation du nombre de décès parmi les migrants dans la Manche ».

      Selon le rapport, les opérations contre les chaines d’approvisionnement ont un impact sur le nombre de canots pneumatiques et pousse les migrants à recourir à du matériel de « qualité inférieure » car « les matériaux habituels sont indisponibles ». Et comme la diminution du nombre d’embarcations « ne réduit pas la demande globale de traversées mais accroît la demande par rapport à l’offre », le « nombre de personnes par canot a augmenté ». Un phénomène qui n’a « cessé d’augmenter d’année en année ».

      Ensuite, les chercheurs pointent l’augmentation des effectifs de police sur le littoral. De 45 officiers en 2019 réparti dans la zone de Calais, ce chiffre est passé à 1 200 aujourd’hui et couvre toute la côte de Dunkerque à la baie de Somme.

      Et les policiers ont des méthodes de plus en plus offensives. Des opérations durant lesquelles des policiers ont lacéré des embarcations ont été recensées. Et depuis peu, les autorités françaises ont expérimenté un nouveau dispositif pour empêcher les départs de canots de migrants dans la Manche : l’interception des « taxi-boats » en mer.
      L’embarquement, « moment le plus mortel du voyage »

      Ainsi, cette surveillance policière accrue « contribue directement à réduire le nombre total d’embarcations disponibles les jours de traversée » et conduit les passeurs « à adopter de nouvelles tactiques » toujours plus dangereuses comme les « taxi-boats », note le document.

      Par exemple, de plus en plus de départs depuis la Belgique ont été recensés ces dernières semaines, augmentant la durée en mer et ainsi les risques encourus.

      Tous ces contrôles ont fait de la traversée de la Manche « un itinéraire de plus en plus dangereux » commente le rapport qui, dans une cartographie recensant les incidents en mer, démontre que les décès ont de plus en plus lieu au niveau des côtes françaises.

      L’embarquement « est devenu le moment le plus mortel du voyage ». C’est même à ce moment précis, par écrasement dû à la violence et la précipitation de la montée dans le bateau, que sont décédés certains migrants.
      Les autorités françaises rappellent la responsabilité des passeurs dans les décès enregistrés

      La surpopulation des embarcations entraînent aussi des incidents au bout de seulement quelques heures de navigation, averti le rapport, citant l’exemple du 12 juillet 2024, lorsqu’un canot pneumatique a fait naufrage près du Cap Gris-Nez « une heure seulement après son départ ». « Le nombre important de personnes à bord a fait que, malgré le fait que le navire de sauvetage français ait constaté le dégonflement du flotteur et la chute de personnes à l’eau, quatre personnes se sont noyées et quatre autres ont disparu avant que 56 personnes ne puissent être secourues », rappelle l’enquête.

      En conclusion, les experts estiment que les autorités ne tiennent pas compte de la détermination des exilés et « des raisons qui poussent tant de personnes à tenter de monter de force à bord de canots pneumatiques ». Et, ce faisant, « occultent les effets des politiques anti-trafic, certes ’efficaces’, mais malavisées ».

      Du côté des autorités françaises, on rappelle que les trafiquants d’êtres humains ont aussi une grande part de responsabilité dans le bilan des décès. Ce sont les passeurs qui surchargent les canots - dont l’approvisionnement est compliqué par les démantèlements des filières. Les risques d’affaissement des embarcations sont donc démultipliés. « Ils jouent avec les limites », dénonçait en 2024 à InfoMigrants un porte-parole de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar). « Je rappelle qu’on peut couler en quelques secondes si on ne sait pas nager ». Même près du rivage.

      Interrogés par InfoMigrants fin 2025 suite à la signature de l’accord « one in one out », de nombreux migrants avaient eux fait part de leur détermination à rejoindre l’Angleterre, malgré les accords et durcissements de la politique de chaque côte de la frontière. « En France, je n’ai nulle part où aller alors je n’ai pas d’autre choix que de tenter ma chance au Royaume-Uni », racontait à notre rédaction Ahmed, un Soudanais de 26 ans dont la demande d’asile a été refusée en France. « Peu importe, je vais quand même continuer mon chemin. Je suis venu d’Afrique, j’ai traversé le désert, la mer Méditerranée… J’ai fait trop de route pour arrêter maintenant et avoir peur d’un accord », témoignait de son côté Khaled, un Soudanais de 18 ans.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/70616/le-renforcement-des-controles-policiers-rend-la-traversee-de-la-manche

  • L’accord « One in One out » continue de porter atteinte aux droits humains en plus d’être inefficace
    https://migreurop.org/article3558.html

    Dans ce communiqué de presse, plus de 14 organisations alertent sur les effets de l’accord franco-britannique d’août 2025 qui a mis en place le dispositif expérimental « One in, one out », et appellent à la non-reconduite de cet accord qui marchande les vies des personnes exilées et porte atteinte à leurs droits. Le 26 février dernier, le ministère de l’intérieur a communiqué sur cet accord dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur les conséquences des accords du Touquet. (…) #Actions_collectives

    / #Royaume-Uni, #France, #Politiques_migratoires, #Manche

    https://spcommreports.ohchr.org/TMResultsBase/DownLoadPublicCommunicationFile?gId=30524
    https://www.theguardian.com/world/2026/mar/12/judge-halts-removal-eritrean-asylum-seeker-france-one-in-one-out

  • Manche : 78 migrants, partis de Belgique, secourus au large des côtes françaises - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70500/manche--78-migrants-partis-de-belgique-secourus-au-large-des-cotes-fra

    Manche : 78 migrants, partis de Belgique, secourus au large des côtes françaises
    Par La rédaction Publié le : 23/03/2026
    Vendredi soir, 78 migrants ont été secourus dans la Manche par les autorités françaises. Ce groupe d’exilés avait quitté les côtes belges dans le but d’atteindre le Royaume-Uni. Ces derniers mois, les départs de migrants depuis la Belgique se sont multipliés. Une technique pour tenter d’échapper à la surveillance renforcée le long du littoral français.
    Un canot chargé de 78 migrants a connu une panne moteur vendredi 20 mars dans la soirée au large des côtes françaises. L’embarcation a été rapidement secourue par les services français et les exilés ramenés au port de Calais, indique un communiqué de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar). Cette opération n’a rien d’exceptionnel. Régulièrement, les autorités françaises procèdent à des sauvetages au large de leurs côtes. Mais fait plus rare : ce canot avait pris la mer depuis les rives belges afin d’atteindre le Royaume-Uni."Dans la nuit, le Maritime rescue coordination center (MRCC) d’Ostende [nord-ouest de la Belgique, ndlr] signale au Cross Gris-Nez avoir engagé le navire belge Orka pour assurer la surveillance d’une embarcation de migrants partie de la Belgique", précise la Prémar. "Afin de relever l’Orka, le Cross Gris-Nez engage alors l’Oyapock [de la gendarmerie maritime], lui-même relevé par le patrouilleur le Cormoran".
    "Déterminés à rejoindre le Royaume-Uni, les migrants qui effectuent les traversées à bord d’embarcations précaires refusent l’assistance proposée par les moyens français et ne l’acceptent que confrontés à des situations d’extrême urgence", rappelle la préfecture. Ainsi, "le choix est fait de ne pas contraindre les migrants à embarquer sur les moyens de sauvetage de l’État, pour éviter de mettre en péril leur vie en cas de naufrage".
    Depuis des années, la Belgique est utilisée par les trafiquants comme un lieu de stockage des embarcations de migrants avant leur mise à l’eau en France. Le pays n’était pas, jusque-là, considéré comme une terre de départ vers l’Angleterre, en raison des forts courants au large des côtes et d’une distance plus longue pour rejoindre les rives britanniques. Environ 100 km séparent le nord de la Belgique au port de Douvres (sud de l’Angleterre), contre 45 km entre Calais et les côtes anglaises. Mais face au renforcement des contrôles le long du littoral français, les passeurs se sont adaptés. Ces derniers mois, les tentatives de départs depuis le nord-ouest de la Belgique se sont multipliés. "Ces bateaux pneumatiques longent la côte [belge] et prennent des passagers à plusieurs endroits sur la plage, jusqu’à ce que 80 à 100 personnes soient entassées dans un même bateau, souvent sans gilet de sauvetage", selon le chef de corps de la police de la côte ouest, Nicholas Paelinck, cité par les médias belges. "Ces bateaux se dirigent ensuite vers Calais avant de prendre le cap vers l’Angleterre."
    Le 9 mars, le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé, a tenté d’alerter : "Nous avons déjà atteint la moitié du total des interpellations de l’année dernière. La situation est explosive", a-t-il déclaré à la presse locale. En 2025, la zone de police Westkust (qui regroupe les communes de La Panne, Coxyde et Nieuport) interpellait en moyenne deux passeurs par mois. Mais rien que la semaine dernière, ce nombre a bondi à 25. Alors que l’an dernier, aucun canot n’a été repéré dans le nord-ouest la Belgique, au moins cinq tentatives de traversée de la Manche ont été enregistrées dans la région - au large des villes côtières notamment La Panne, Koksijde et Nieuport - depuis le 1er janvier 2026, assurait début mars la police belge à la BBC.
    Dans ce contexte, Londres et Bruxelles veulent agir vite pour fermer cette nouvelle route. Mi-mars, le ministre britannique à la Sécurité des frontières et à l’Asile, Alex Norris, s’est rendu en Belgique avec pour objectif affiché de mettre fin aux tentatives de traversée de la Manche depuis ce pays. Lors de ce déplacement, le ministre belge de l’Intérieur, Bernard Quintin, a également réclamé une intervention "rapide". "De cette manière, nous pouvons empêcher que la situation ne s’aggrave", a-t-il affirmé. "Nous avons déjà une bonne collaboration avec nos collègues britanniques, mais nous voulons renforcer le partage d’informations", a expliqué Bernard Quintin.
    La Belgique a déjà entrepris des mesures pour empêcher les départs de canots : des obstacles, comme des blocs de béton armé, ont été installés sur la côte pour rendre difficile l’accès aux dunes et aux plages aux véhicules avec remorques transportant des "small boats".
    Bruxelles a également mis l’accent sur les équipements de vision nocturne et d’imagerie thermique lors des patrouilles policières pour intercepter un maximum de migrants en partance vers le Royaume-Uni. La police fédérale belge a par ailleurs annoncé qu’elle renforçait ses patrouilles, tant terrestres, que maritimes et aériennes grâce au déploiement des avions de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières. Ainsi, le port de Nieuport fait l’objet d’une surveillance accrue. "La question est de savoir combien de temps cela pourra durer”, s’inquiète le gouverneur Carl Decaluwé.

    #Covid-19#migration#migrant#france#belgique#royaumeuni#manche#routemigratoire#sante#frontex#UE

  • Manche : plus de 800 personnes arrivent en une semaine en Angleterre à la faveur du beau temps

    Un peu plus de 800 migrants ont atteint le Royaume-Uni la semaine dernière, entre le 3 et le 7 mars. Des départs survenus à la faveur d’une fenêtre météorologique favorable.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/70246/manche--plus-de-800-personnes-arrivent-en-une-semaine-en-angleterre-a-

    –-> Le sous-titre pourrait être : « De l’#inutilité de dépenser des millions pour ’fermer la #frontière' »... la preuve ici par les chiffres : il suffit de quelques jours de beaux temps pour que des dizaines de personnes sans autres ressources que leur détermination réussissent à déjouer le super technologique et coûteux système de contrôle frontalier mis en place par #Angleterre et #France depuis des années :
    « entre 2017 et 2022, 425 millions d’euros »

    https://www.alternatives-humanitaires.org/fr/2025/08/06/la-politique-migratoire-de-letat-francais-a-la-frontiere-

    #efficacité #inefficacité #militarisation_des_frontières #frontières #migrations #Manche #contrôles_frontaliers #budget #statistiques #chiffres #réfugiés #passages

    ping @reka

  • Belgique et Royaume-Uni veulent agir contre les traversées de la Manche depuis les côtes belges - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70355/belgique-et-royaumeuni-veulent-agir-contre-les-traversees-de-la-manche

    Belgique et Royaume-Uni veulent agir contre les traversées de la Manche depuis les côtes belges
    Par La rédaction Publié le : 13/03/2026
    En déplacement sur le littoral, les ministres belge et britannique ont plaidé pour une intervention "rapide" afin de lutter contre l’augmentation des traversées de la Manche depuis les côtes belges.
    Face aux cinquante kilomètres de mer qui séparent la ville d’Adinkerke, en Belgique, des côtes anglaises, le ministre belge de l’Intérieur, Bernard Quintin, a affirmé jeudi 12 mars vouloir "renforcer" la collaboration avec le Royaume-Uni pour lutter contre l’immigration irrégulière et les traversées de la Manche au départ du plat pays, selon l’agence Belga.
    "Nous avons déjà une bonne coopération avec nos collègues britanniques, mais nous souhaitons renforcer davantage notre échange d’informations. Depuis le Brexit, cet échange est devenu plus difficile. Nous avons besoin d’un cadre juridique approprié pour garantir un partage fluide des informations", a-t-il déclaré.
    Un intervention "rapide" est crucial, a-t-il plaidé. "De cette manière, nous pouvons empêcher que la situation ne s’aggrave".
    À ses côtés, le ministre britannique à la Sécurité des frontières et à l’Asile, Alex Norris, acquiesce. En visite en Belgique, il cherche à mettre fin aux tentatives de traversée de la Manche à bord de petites embarcations qui, selon les autorités, ont augmenté ces derniers mois."La situation est explosive, comme nous l’avions prédit”, juge même le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé, devant la presse belge. Et d’ajouter qu’en moins de trois mois : "Nous avons déjà atteint la moitié du total des interpellations de l’année dernière".En 2025, la zone de police Westkust (qui regroupe les communes de La Panne, Coxyde et Nieuport) interpellait en moyenne deux passeurs par mois. Mais rien que la semaine dernière, ce nombre a bondi à 25.
    Et au total, 74 migrants ont été arrêtés dans cette même zone en deux mois alors que sur les 12 de l’année dernière, ce sont 178 exilés dans toute la Flandre occidentale qui ont été interpellés. Un chiffre qui inquiète les autorités mais qui reste toutefois historiquement bas puisqu’en 2021, 4 100 migrants avaient été interceptés sur les côtes belges.Depuis des années, la Belgique est utilisée par les trafiquants comme un lieu de stockage des embarcations de migrants avant leur mise à l’eau en France. Le pays n’était pas, jusque-là, considéré comme une terre de départ vers l’Angleterre, en raison des forts courants au large et d’une distance plus longue pour rejoindre les rives britanniques.
    Face à ce changement de situation, le gouvernement britannique a alloué 1,3 million de livres (près d’1,5 millions d’euros) aux autorités belges pour tenter d’enrayer les traversées. De son côté, Bruxelles a déjà entrepris des mesures pour empêcher les départs de canots : des obstacles, comme des blocs de béton armé, ont été installés sur la côte pour rendre difficile l’accès aux dunes et aux plages aux véhicules avec remorques transportant des "small boats".
    "Le fédéral nous a envoyé des renforts et cela porte ses fruits. Nous pouvons nous réjouir de continuer à intercepter les passeurs. Le port de Nieuport, en particulier, fait désormais l’objet d’une surveillance accrue. La question est de savoir combien de temps cela pourra durer", poursuit le gouverneur. Mais selon lui, "les passeurs s’adaptent aux mesures prises par les services de police". Ainsi, il plaide pour que l’État investisse dans davantage de "matériel innovant, tel que des caméras spéciales capables de détecter les embarcations".

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#belgique#manche#routemigratoire#migrationirreguliere#sante

  • Traversées de la Manche : de plus en plus de migrants prennent la mer depuis la Belgique pour atteindre l’Angleterre - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70149/traversees-de-la-manche--de-plus-en-plus-de-migrants-prennent-la-mer-d

    Traversées de la Manche : de plus en plus de migrants prennent la mer depuis la Belgique pour atteindre l’Angleterre
    Par La rédaction Publié le : 03/03/2026
    Selon les autorités belges, de plus en plus de canots de migrants partent des côtes de la Belgique pour tenter d’atteindre le Royaume-Uni en traversant clandestinement la Manche. Cette nouvelle route émerge alors que les réseaux de passeurs essayent d’échapper à la surveillance renforcée le long du littoral français.
    Mardi 24 février, un canot composé de 22 migrants a quitté la plage belge d’Oostduinkerke, à une dizaine de kilomètres de la frontière française, pour tenter de traverser la Manche et rejoindre de manière irrégulière le Royaume-Uni. Le lendemain, 15 exilés ont été retrouvés près du port de plaisance de Nieuwpoort, non loin d’Oostduinkerke. « Ils transportaient un bateau pneumatique, un moteur électrique et des jerricans d’essence », a indiqué à la BBC la police belge. Selon l’enquête, ce groupe « avait l’intention de se rendre au Royaume-Uni », a expliqué la police.
    Ces départs depuis la côte belge ne sont pas des cas isolés. Alors que l’an dernier, aucun canot n’a été repéré dans le nord-ouest la Belgique, au moins cinq tentatives de traversée de la Manche ont été enregistrées dans la région - au large des villes côtières notamment De Panne, Koksijde et Nieuwpoort - depuis le 1er janvier 2026, assure la police belge à la BBC. Depuis des années, la Belgique est utilisée par les trafiquants comme un lieu de stockage des embarcations de migrants avant leur mise à l’eau en France. Le pays n’était pas, jusque-là, considéré comme une terre de départ vers l’Angleterre, en raison des forts courants au large et d’une distance plus longue pour rejoindre les rives britanniques. Environ 100 km séparent le nord de la Belgique au port de Douvres (sud de l’Angleterre) contre 45 km entre Calais et les côtes anglaises.
    Face à ce changement de situation, le gouvernement britannique a alloué 1,3 million de livres (près d’1,5 millions d’euros) aux autorités belges pour tenter d’enrayer les traversées.Et Bruxelles a déjà entrepris des mesures pour empêcher les départs de canots : des obstacles, comme des blocs de béton armé, ont été installés sur la côte pour rendre difficile l’accès aux dunes et aux plages aux véhicules avec remorques transportant des « small boats ».La Belgique a également mis l’accent sur les équipements de vision nocturne et d’imagerie thermique lors des patrouilles policières pour intercepter un maximum de migrants en partance vers le Royaume-Uni.
    La police fédérale belge a par ailleurs annoncé qu’elle renforçait ses patrouilles, tant terrestres, que maritimes et aériennes grâce au déploiement des avions de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières.Cette nouvelle route inquiète car les autorités craignent que l’importante distance à parcourir pour rejoindre l’Angleterre depuis la Belgique ne provoque davantage de drames. Ce n’est pas la première fois que les réseaux de trafiquants tentent de s’adapter en trouvant d’autres itinéraires et ainsi déjouer la surveillance policière.
    La militarisation de la frontière dans le nord de la France - déploiement policiers, drones, caméras thermiques, avions Frontex - avait déjà poussé les passeurs à envisager d’autres endroits pour mettre à l’eau les embarcations, dans des canaux de la région mais aussi à des dizaines de kilomètres plus au sud, dans la Somme. En réponse, les autorités du département ont multiplié, là aussi, les mesures de surveillance policière. Depuis des années, Londres alloue d’importantes sommes d’argent à Paris pour contrôler les traversées irrégulières de la Manche par des migrants. Entre 2023 et 2026, le Royaume-Uni a ainsi versé 540 millions d’euros à la France pour la gestion de l’immigration.Laurent Touvet, le patron de la Direction générale des étrangers en France (DGEF), interrogée au Parlement la semaine dernière par une commission d’enquête sur les accords du Touquet, estime que 85 % des sommes totales sont déployées pour des missions sécuritaires et 15 % pour des missions sociales, sanitaires et humanitaires comprenant notamment les sauvetages en mer.
    Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, 41 472 personnes ont rejoint irrégulièrement le Royaume-Uni sur des petites embarcations en 2025. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018. Par ailleurs, au moins 29 migrants sont morts en mer en 2025, d’après un décompte de l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques

    #Covid-19#migration#migrant#france#belgique#manche#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#droit

  • Immigration : les accords du Touquet évalués par une commission d’enquête parlementaire française - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69825/immigration--les-accords-du-touquet-evalues-par-une-commission-denquet

    Immigration : les accords du Touquet évalués par une commission d’enquête parlementaire française
    Par RFI Publié le : 13/02/2026
    Depuis ce jeudi 12 février, une commission d’enquête parlementaire se penche sur les accords du Touquet et ses effets. Durant cinq mois, elle va passer au crible l’efficacité et le coût de ce traité bilatéral entre la France et la Grande-Bretagne, qui organise depuis 2003 la gestion de la frontière franco-britannique et donc, le flux des personnes souhaitant rejoindre le territoire britannique depuis les côtes du nord de la France.
    Les accords du Touquet visent à contrôler la frontière franco-britannique, depuis les côtes françaises, d’où partent bateaux et trains (par le tunnel de la Manche). Ils prévoient la surveillance de cette frontière par les autorités françaises, en échange de compensations financières britanniques, qui se compteraient en centaines de millions d’euros.
    En plus de 20 ans, le littoral du nord de la France s’est doté de nombreux moyens de surveillance : des barbelés, des drones, des patrouilles de forces de l’ordre et des caméras de surveillance. Mais la problématique demeure. Les traversées de la Manche, à bord de smallboats, des bateaux pneumatiques surchargés, se poursuivent et n’ont même jamais été aussi nombreuses.Selon le ministère de l’Intérieur britannique, près de 40 000 personnes ont effectué la traversée en 2025 ; un record. Vingt-six personnes y ont perdu la vie. Elles étaient 89 en 2024.
    Pour Elsa Faucillon, la députée du groupe Gauche Démocrate et Républicaine à l’Assemblée, à l’origine de la commission d’enquête parlementaire, il était temps d’évaluer ces accords, qui, selon elle, ont transformé la France en « bras armé » de la politique migratoire britannique. « C’est une politique publique, donc on ne connaît finalement que très peu de choses ; les sommes qui sont données par les Britanniques, à quoi elles servent précisément, ce que dégage aussi le gouvernement français, explique l’élue. Il s’agit aussi d’évaluer des politiques qui perdurent, pour très peu d’efficacité, au regard des objectifs affichés. » Elsa Faucillon note que si le but des accords du Touquet est d’empêcher les traversées, cela ne fonctionne pas. En revanche, cette politique a, selon elle, un réel effet néfaste sur des milliers de personnes. « Je souhaiterais que ce soit un axe majeur quand on évalue des politiques publiques », conclut-elle. Elsa Faucillon évoque les risques toujours plus grands pris par les candidats à l’exil pour contourner les contrôles mais aussi les conditions de vie de ces personnes, en attendant de pouvoir tenter la traversée.
    Près de 3 000 personnes vivent dans des campements de fortune, entre les villes de Calais et Dunkerque, soumis à une politique de « zéro point de fixation ». Elle consiste à des expulsions quasi hebdomadaires, voire quotidienne par endroit, des lieux de vie.
    Les membres de la commission d’enquête parlementaire comptent recevoir les anciens présidents et ministres de l’Intérieur, à l’origine des accords du Touquet et des traités qui les ont complétés : Nicolas Sarkozy ou encore Bernard Cazeneuve. Seront interrogés aussi les responsables des forces de l’ordre, à terre comme en mer, pour évoquer notamment le financement des opérations de sauvetage, jugé insuffisants. Des chercheurs, des associations humanitaires et des élus locaux viendront également apporter leur expertise.
    Elsa Faucillon, la députée Gauche Démocrate et Républicaine, espère ainsi mettre la lumière sur une logique de « mise en scène » et de « course à l’échalote avec l’extrême droite ». « Ça suffit les débats qui ne se basent sur rien, sur des ministres qui nous parlent de submersion migratoire alors que les chiffres ne le disent pas, détaille l’élue. J’ai la naïveté ou le grand espoir de penser qu’il est nécessaire de documenter et de ramener des données scientifiques, justement parce qu’il y a un enjeu démocratique sur la question de l’immigration ». Une fois les auditions terminées, la commission d’enquête parlementaire devrait remettre son rapport fin juin 2026.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#accordmigratoire#politiquemigratoire#manche#sante

  • Manche : près de 50 000 migrants ont tenté de traverser la Manche en 2025, plus de 6 000 secourus côté français - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69574/manche--pres-de-50-000-migrants-ont-tente-de-traverser-la-manche-en-20

    Manche : près de 50 000 migrants ont tenté de traverser la Manche en 2025, plus de 6 000 secourus côté français
    Par La rédaction Publié le : 02/02/2026
    Sur l’ensemble de l’année 2025, 49 966 personnes à bord de 795 « small boats » ont tenté de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni, selon le bilan annuel de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord. Dans le même temps, 6 177 migrants ont été secourus en mer par les forces françaises, 25 personnes sont mortes et deux ont été portées disparues. Les « tentatives de traversée de la Manche par des migrants déterminés à rejoindre le Royaume Uni » n’ont « pas connu d’accalmie » en 2025, selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar). Vendredi 30 janvier, la Prémar a publié le bilan annuel de ses opérations. Le document indique que l’an dernier, 49 996 personnes à bord de 795 embarcations ont tenté de traverser la Manche depuis la France vers l’Angleterre à bord de « small boats ». Dans le même temps, 6 177 migrants ont été secourus en mer côté français.
    Une tendance à la hausse. En 2024, 45 203 exilés, à bord de 830 embarcations, avaient tenté la traversée de la Manche depuis les côtes françaises, toujours selon la Prémar. En revanche, le chiffre de personnes secourues est en baisse : en 2024, 6 310 migrants avaient été secourus par les autorités françaises. Cette même année, 72 personnes avaient péri dans la Manche et trois avaient été portées disparues. La préfecture avait attribué cette hausse de la mortalité à des « asphyxies consécutives d’écrasement, directement liées au surchargement » des canots.
    Les « risques que les passeurs font courir aux migrants sont toujours plus importants », souligne vendredi dans son rapport annuel la Prémar. Le nombre de personnes par embarcation « ne cesse d’augmenter » : 26 en 2021, 45 en 2023, 63 en 2025, et cette année-là dix embarcations transportaient plus de 100 personnes. « La Manche est un espace particulièrement contraint » où « se superposent de nombreuses activités », notamment la pêche, le transport maritime de marchandises et de passagers ainsi que les énergies marines renouvelables, note le vice-amiral d’escadre Benoit de Guibert, pointant des conditions de navigation « extrêmement difficiles ».
    La préfecture rappelle régulièrement que cette zone maritime est l’une des plus fréquentées au monde, avec plus de 600 navires de commerce qui y transitent par jour, aux côtés de précaires embarcations de migrants, souvent surchargées. De plus, les conditions météorologiques y sont souvent difficiles avec 120 jours de vent supérieur ou égal à force 7 en moyenne annuelle.
    Autant de facteurs qui rendent cette route migratoire particulièrement dangereuse. L’an dernier, la Prémar a comptabilisé 25 exilés morts dans la Manche, et deux portés disparus. L’AFP, de son côté, a dénombré 29 migrants morts dans cette zone maritime en 2025, selon un décompte effectué à partir de sources officielles françaises et britanniques.
    L’année 2025 a par ailleurs vu s’étendre « singulièrement » le phénomène des « taxi boats », assure la Prémar. Au total, 45% des embarcations en 2025 étaient des « taxi boats », un mode opératoire qui s’est développé depuis 2023, et qui consiste à mettre à l’eau des canots à l’abri des regards - notamment depuis des cours d’eau à l’intérieur des terres - pour échapper à la surveillance des forces de l’ordre près des principales plages de départ. Ces canots pneumatiques s’approchent ensuite par la mer des plages où les attendent les migrants, qui embarquent directement dans l’eau, dans des conditions souvent chaotiques, avant de poursuivre leur route vers l’Angleterre.
    Côté britannique, 41 472 migrants sont arrivés sur les côtes à bord de petites embarcations en 2025, selon les chiffres du Home Office. C’est le deuxième nombre le plus élevé après le record des 45 774 arrivées enregistrées en 2022. Dans un communiqué publié mi-décembre, le Home Office a qualifié le nombre de traversées de la Manche « de honteux » et a assuré que le « gouvernement britannique prend des mesures » pour enrayer le phénomène. En effet, l’exécutif travailliste a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière son cheval de bataille. Un vaste plan anti-immigration a vu le jour en novembre pour décourager les migrants de venir au Royaume-Uni et tenter d’endiguer les traversées illégales de la Manche : la durée des titres de séjour va passer de cinq ans à deux ans et demi, les conditions d’obtention du titre de séjour permanent vont se durcir. Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique, a aussi décrété que les demandeurs d’asile n’auront « qu’une seule chance » de déposer une demande et une seule de faire appel - espérant ainsi accélérer dans le même temps les expulsions vers les pays d’origine.
    Ces nouvelles mesures s’ajoutent à des engagements pris par la France et l’accord dit « un pour un » conclu avec Paris durant l’été 2025. Cet accord consiste à renvoyer en France des migrants arrivés au Royaume-Uni à bord de « small boats », en échange de l’accueil par la Grande-Bretagne de migrants se trouvant en France.

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#manche#routemigratoire#migrationirreguliere#sante

  • La Défenseure des droits alerte sur l’usage d’armes contre des migrants voulant traverser la Manche - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69439/la-defenseure-des-droits-alerte-sur-lusage-darmes-contre-des-migrants-

    La Défenseure des droits alerte sur l’usage d’armes contre des migrants voulant traverser la Manche
    Par La rédaction Publié le : 26/01/2026
    Dans une décision rendue publique mi-décembre, la Défenseure des droits a dénoncé un usage des armes « de force intermédiaire » par les forces de l’ordre françaises à l’encontre des migrants tentant de traverser la Manche. Dans certains cas, cet usage ne respecte pas les règles en vigueur et se fait dans des « conditions de visibilité réduite » et de manière disproportionnée.
    Ce sont des scènes qui se déroulent sur les plages du littoral nord de la France. Des policiers français sont déployés pour tenter d’arrêter les migrants qui tentent de prendre la mer pour rejoindre le Royaume-Uni à bord de small boats.Pour ce faire, ils utilisent des armes dites « de force intermédiaire » telles que des pistolets à impulsion électrique, des lanceurs de balles de défense (LBD) ou encore des grenades lacrymogènes.Ces interventions ont été durement critiquées par la Défenseure des droits Claire Hédon dans une décision rendue le 17 décembre 2025. Ce rapport fait suite à une quarantaine de réclamations, déposées en grande majorité par l’association d’aide aux migrants Utopia 56.
    Au terme de son enquête, cette autorité administrative indépendante estime que l’utilisation d’armes « de force intermédiaire » "est contraire aux obligations de discernement et de [leur] usage [qui doit être] absolument nécessaire et proportionné". « A l’issue des investigations réalisées dans chacune des saisines reçues, la Défenseure des droits constate, s’agissant de la légitime défense invoquée, que les forces de sécurité n’apportent pas les informations nécessaires pour établir la réalité des atteintes dont elles se disent victimes, par un manque de précisions dans les comptes rendus et par l’absence de tout enregistrement vidéo », juge Claire Hédon dans sa décision.
    Des armes utilisées « dans des conditions de visibilité réduite »
    Par ailleurs, la Défenseure des droits dénonce également un usage des armes par les forces de l’ordre « dans des conditions de visibilité réduite ». « De nuit, à distance du groupe visé, consécutivement à l’usage de gaz lacrymogène, [ou] face à un groupe compact et mobile », liste-t-elle.
    Si ces armes sont autorisées dans un cadre précis comme la légitime défense, Claire Hédon rappelle que leur utilisation « peut occasionner de graves lésions physiques sur les personnes, notamment les plus vulnérables ». Elle souligne que toute riposte doit donc s’inscrire « dans le cadre légal », et donc reposer sur une « force absolument nécessaire et proportionnée », conformément à une note de service datant de 2023. Dans ses recommandations, la défenseure des droits préconise « une obligation » de rendre compte par écrit de tout usage d’une arme de force intermédiaire et qu’un rappel soit adressé aux policiers « sur l’obligation de rendre compte de manière fidèle et précise de tout usage d’arme ».
    Enfin, concernant la destruction d’embarcations, « bien que justifiée (...) par la volonté de prévenir une atteinte à la vie des personnes qui prennent place à bord », celle-ci « n’est pas suffisamment encadrée », selon ce rapport, qui affirme que les autorités font « parfois » usage de leurs armes « dans l’unique but d’empêcher les personnes de prendre une embarcation, en les dispersant et en les éloignant de la mer ».
    Une telle intervention ne peut pas, d’après l’institution chargée de veiller au respect des droits et libertés, relever du cadre de la légitime défense ni de celui du maintien de l’ordre public.
    La défenseure des droits recommande de définir les critères devant être réunis pour justifier les destructions des embarcations et de proscrire l’usage des armes lorsque celles-ci visent uniquement à empêcher des personnes de monter à bord. Depuis plusieurs années, le phénomène des « small boats » s’est généralisé. Cette technique consiste à mettre un canot gonflable à l’eau avant que les migrants n’embarquent, « puis de longer la côte afin de récupérer en différents lieux d’autres passagers à proximité du rivage », explique la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar). Selon des documents officiels français, cette méthode s’est avérée extrêmement efficace, avec un taux de réussite de 81 % en 2025.
    Le nombre de migrants arrivés au Royaume-Uni depuis la France par « small boats » est passé de 36 566 en 2024 à 41 472 en 2025. C’est le deuxième nombre le plus élevé après le record des 45 774 arrivées enregistrées en 2022, selon les données du ministère de l’Intérieur britannique. Il s’agit également d’une hausse de 13 % par rapport au nombre d’arrivées recensées en 2024 (36 566), et cela en dépit de l’entrée en vigueur du pacte « un pour un ». Désormais, les risques encourus par les migrants sont plus importants car l’embarquement se fait directement dans l’eau, dans des conditions particulièrement chaotiques. Il n’est pas rare que les canots chavirent à cause de la météo ou de la panique et que des migrants, tombés à l’eau, se noient.

    #Covid-19#migrant#migration#france#manche#migrationirreguliere#routemigratoire#sante#mortalite#droit#smallboat

  • La France interdit de territoire dix militants d’extrême droite britanniques pour des actions contre des migrants
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/14/la-france-interdit-de-territoire-dix-militants-d-extreme-droite-britanniques

    La France interdit de territoire dix militants d’extrême droite britanniques pour des actions contre des migrants
    Le Monde avec AFP
    Dix militants d’extrême droite se livrant notamment à des actions sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais contre des migrants qui souhaitaient rejoindre le Royaume-Uni ont été interdits de territoire, a annoncé, mercredi 14 janvier, le ministère de l’intérieur. L’attention des services du ministère a été appelée « à plusieurs reprises, et par différents acteurs, sur la présence d’activistes d’extrême droite », du mouvement Raise the Colours, se livrant à des actions de destruction de small boats, précise le ministère.
    Ces actions sont « de nature à occasionner de graves troubles à l’ordre public », a-t-il justifié. Il explique avoir pris mardi en conséquence des mesures d’interdiction administrative du territoire à l’encontre de dix ressortissants britanniques, « identifiés comme militants au sein du mouvement ». « Dès lors, l’entrée et le séjour en France leur sont interdits », écrit-il. La justice française avait ouvert une enquête préliminaire pour « violences aggravées » commises sur des migrants dans la nuit du 9 au 10 septembre à Grand-Fort-Philippe, près de Dunkerque, à la suite du signalement par une association.
    Dans la nuit du 9 au 10 septembre, quatre hommes arborant des drapeaux anglais et du Royaume-Uni ont agressé verbalement et physiquement un groupe de migrants à Grand-Fort-Philippe, en leur disant qu’ils n’étaient pas les bienvenus en Angleterre et en volant certaines de leurs affaires, avait rapporté à l’Agence France-Presse Félicie Penneron, coordinatrice d’Utopia 56 près de Dunkerque.
    En 2025, 41 472 migrants ont réussi à traverser la Manche au départ de la France sur de petites embarcations pour rejoindre la Grande-Bretagne. Il s’agit du nombre le plus élevé après le record enregistré en 2022. Un accord a été signé cet été entre les deux pays pour tenter de mettre fin aux traversées en small boats alors que le premier ministre britannique est confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK. L’accord prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de petites embarcations au Royaume-Uni, en échange de l’accueil par le pays de migrants se trouvant en France, sur le principe du « un pour un ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#politiquemigratoire#extremedroite#manche#migrationirreguliere#sante#droit

  • "Ils présentent #Calais comme un #champ_de_bataille" : ces groupuscules britanniques #anti-migrants dans le nord de la France

    « #Opération_Overlord », « #Raise_the_Colors »... Des groupes de civils britanniques d’#extrême_droite organisent depuis plusieurs mois des actions dans le nord de la France pour lutter contre les traversées illégales de la #Manche. Face à ce phénomène anti-migrants, des associations françaises condamnent l’inaction des gouvernements britannique et français. « Se faire justice soi-même ne résoudra pas le problème », a déclaré le Home Office à InfoMigrants.

    Le mouvement britannique baptisé « Opération Overlord » organise des actions dans le nord de la France pour tenter d’empêcher les traversées clandestines de la Manche. Ses membres - des civils - patrouillent le long du littoral français pour détruire les petites embarcations à bord desquelles des migrants espèrent rejoindre les côtes du Royaume-Uni.

    Sur les réseaux sociaux, les membres « d’Opération Overlord » publient des vidéos pour expliquer qu’ils « traquent [les migrants dans] les dunes » et recherchent des canots pneumatiques. Le journal britannique The Guardian rappelle que ces groupes d’autodéfense harcèlent des migrants et qu’ils n’agissent dans aucun cadre légal.

    Un autre de ces groupes se fait appeler Raise the Colours. Leur montée en puissance inquiète les associations d’aide aux migrants en France.

    « Force civile de contrôle des frontières »

    Raise the Colours attire déjà des milliers de personnes. Plus de 5 500 Britanniques se seraient portés #volontaires pour se rendre en France et participer à ces #patrouilles. Sur son site web, le mouvement sollicite ouvertement des dons allant de 10 à 2 000 livres sterling (entre 11 et 2 300 euros environ) pour financer une « force civile de contrôle des frontières ».

    Le groupe a également diffusé des demandes d’équipement comprenant des gilets anti-couteaux, des caméras thermiques, des drones, des radios cryptées et de puissantes lampes torches.

    Raise the Colours n’a pas répondu aux sollicitations d’InfoMigrants.

    « Une #auto-justice en grande partie symbolique »

    Dans son ouvrage intitulé « Towards a vigilant society : from citizen participation to anti-migrant vigilantism » ("Vers une société vigilante : de la participation citoyenne à la vigilance anti-migrants"), l’auteur Matthijs Gardenier examine ce phénomène qui met en scène des patrouilles spectaculaires, des appels à la vindicte populaire et au harcèlement en ligne.

    « Ces actions façonnent une vision du monde qui présentent la situation à Calais et à #Douvres non pas comme une crise humanitaire, mais comme un champ de bataille, représentant les migrants comme des envahisseurs et les justiciers comme des défenseurs héroïques », écrit Matthijs Gardenier. « Bien que cette #auto-justice soit en grande partie symbolique, mise en scène principalement pour être visible sur les réseaux sociaux, elle contribue néanmoins à créer une atmosphère conflictuelle et débouche parfois sur des #intimidations dans le monde réel ».

    Début décembre, neuf associations - dont Utopia 56 - ont dénoncé ces « pratiques d’intimidation » et condamné la « réponse insuffisante » des gouvernements britannique et français, estimant que cela « contribue à normaliser et à encourager des pratiques violentes et xénophobes qui menacent directement les personnes exilées ainsi que leurs soutiens associatifs ».

    Contacté par InfoMigrants, un porte-parole du ministère britannique de l’Intérieur a expliqué « comprendre la frustration suscitée par les traversées illégales. Cependant, se faire justice soi-même ne résoudra pas le problème. Cette semaine, le ministre de l’Intérieur a annoncé les plus grandes réformes depuis des décennies pour lutter contre l’immigration clandestine, rétablir l’ordre et le contrôle à nos frontières et rendre l’arrivée au Royaume-Uni moins attrayante pour les migrants clandestins. »

    Mi-novembre, le gouvernement britannique a durci encore sa politique migratoire à l’encontre des demandeurs d’asile et des réfugiés à travers un vaste plan anti-immigration afin de décourager les migrants de venir au Royaume-Uni. Avec la nouvelle loi, la durée des titres de séjour va passer de cinq ans à deux ans et demi, les conditions d’obtention du titre de séjour permanent vont se durcir. Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique, a aussi décrété que les demandeurs d’asile n’auront « qu’une seule chance » de déposer une demande et une seule de faire appel - espérant ainsi accélérer dans le même temps les expulsions vers les pays d’origine.

    « Nous avons arrêté et expulsé près de 50 000 personnes en situation irrégulière, et notre accord historique avec la France prévoit que les personnes arrivant par petits bateaux soient désormais renvoyées », ajoute le ministère.

    Montée en puissance des « chasseurs de migrants » à travers l’Europe

    Les Britanniques ne sont pas les seuls à ériger des groupes de défense anti-immigration. À travers l’Europe, des mouvements similaires ont gagné en popularité, se présentant comme les défenseurs des communautés locales et intervenant là où, selon eux, les autorités ont échoué.

    Le réseau Radicalisation Awareness Network (RAN), une initiative financée par l’Union européenne (UE), a étudié « l’internationalisation croissante » de l’extrémisme de droite. Ses recherches montrent comment les #réseaux_sociaux contribuent à normaliser les #discours_haineux, en particulier ceux qui visent les migrants et les demandeurs d’asile.

    Ces groupes se présentent généralement en protecteurs face à des migrants qui représenteraient une menace.

    Selon l’étude, les mouvements d’extrême droite en Europe ne se limitent plus aux sous-cultures jeunes comme les #skinheads ou les #néonazis. Ils impliquent désormais des adultes de tous âges et de toutes professions.

    Le RAN cite une étude norvégienne qui montre un changement notable : l’âge moyen de la #radicalisation est passé d’environ 22 ans dans les années 1990 à 31 ans dans les années 2010. Les personnes plus âgées, qui disposent de plus de ressources, de contacts et d’expérience sont de plus en plus souvent à l’origine de ces mouvements.

    Au Royaume-Uni, l’organisation anti-extrémisme Hope Not Hate constate également une forte hausse des actions anti-migrants : en 2022, les « #chasseurs_de_migrants » sont allés protester 253 fois devant des centres d’hébergement pour demandeurs d’asile, soit deux fois plus qu’en 2021. Ces incidents, filmés et publiés en ligne, montrent souvent des militants confrontant le personnel hôtelier ou filmant les demandeurs d’asile entrant et sortant des bâtiments.

    Bien financé et bien structuré

    La journaliste brésilienne Andrea Dip s’est penchée sur la dynamique de groupes comme Raise the Colours dans le paysage politique d’extrême droite. Selon elle, ces mouvements ne sont ni chaotiques ni désorganisés.

    Une étude réalisée en 2025 par le Forum parlementaire européen pour les droits sexuels et reproductifs (EPF) a révélé que des groupes d’extrême droite - russe ou américain parfois - ont transféré plus d’un milliard d’euros à travers l’Europe entre 2019 et 2023.

    Ces réseaux diffusent des discours anti-immigrés dans les médias, les ONG et les partis politiques. Leurs messages, qui incluent des slogans tels que « Make Germany great again » (Rendre à l’Allemagne sa grandeur) ou « La Pologne aux Polonais », sont délibérément conçus pour présenter le #nationalisme comme du #patriotisme.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68809/ils-presentent-calais-comme-un-champ-de-bataille--ces-groupuscules-bri
    #milices #migrations #réfugiés #UK #Angleterre #France