• États-Unis : Donald Trump présente son plan pour Gaza et espère un accord « très très proche »
    https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250929-%C3%A9tats-unis-donald-trump-pr%C3%A9sente-son-plan-pour-gaza-et-esp%C3

    Le territoire palestinien serait gouverné par une autorité temporaire « technocratique et apolitique », dont le Hamas serait exclu. Elle serait placée sous la supervision d’un « comité de la paix » présidé par Donald Trump lui-même et dans lequel l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair jouerait un rôle.

    • Voir pour plus de détails :
      https://seenthis.net/messages/1137564#message1137568

      The final agency is both the most important and the most sensitive. This is the international stabilization force, which will be responsible for securing the border crossings, naval approaches to Gaza and “perimeter zones” near Israel and Egypt in coordination with those two countries.

      It will also be responsible for fighting terror, including by “targeted operations to prevent the resurgence of armed groups,” disrupting weapons smuggling and neutralizing “asymmetric threats to public order.”

    • asad abukhalil أسعد أبو خليل sur X : “The plan basically entails Arab official recognition of de facto Israeli occupation of Gaza and legitimization of every Israeli war crime in the strip.” / X
      https://x.com/asadabukhalil/status/1972739094217466124

      Le plan implique essentiellement la reconnaissance officielle arabe de l’occupation de facto israélienne de Gaza et la légitimation de chaque crime de guerre israélien dans la bande.

    • Emmanuel Macron
      @EmmanuelMacron
      10:15 PM · 29 sept. 2025
      https://x.com/EmmanuelMacron/status/1972757155641184404

      Je salue l’engagement du Président Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza et obtenir la libération de tous les otages.

      Je souhaite qu’Israël s’engage résolument sur cette base. Le Hamas n’a pas d’autre choix que de libérer immédiatement tous les otages et suivre ce plan.

      Ces éléments doivent permettre une discussion approfondie avec tous les partenaires concernés pour construire une paix durable dans la région, fondée sur la solution des deux États et les éléments agréés par 142 États aux Nations Unies, à l’initiative de la France et de l’Arabie Saoudite.

      La France est prête à y contribuer. Elle sera vigilante aux engagements de chacune des parties.

      #HONTE

    • Craig Mokhiber sur X : “Trump’s so-called 21 points include the “de radicalization” of the victims of genocide but not the perpetrators, the release of all Israeli captives but only some Palestinian captives, the possible continuation of the murderous GHF scheme, colonial governance by a body” / X
      https://x.com/CraigMokhiber/status/1972760434651353589

      Les dits 21 points de Trump incluent une « déradicalisation » des victimes du génocide mais pas de ceux qui en sont responsables, la libération de tous les captifs israéliens mais seulement de certains captifs palestiniens, la possible continuation du schéma meurtrier #GHF, une gouvernance coloniale par un organisme établi par les États-Unis en consultation avec des gouvernements européens et arabes complices (le plan Blair-Kushner), un contrôle externe du développement économique, l’exclusion et le désarmement du Hamas ainsi que le contrôle externe de toutes les factions de résistance pour s’assurer qu’elles ne résistent pas au régime israélien, une force d’occupation étrangère par procuration (« force de stabilisation ») mise en place par les États-Unis et des gouvernements arabes collaborateurs, et les #États-Unis (co-auteur du #génocide) en tant que médiateur officiel.

      Aucune responsabilité pour le génocide, aucun démantèlement du régime criminel, aucune fin à l’apartheid, aucune réparation pour les victimes, aucune autodétermination. Juste plus de répression coloniale et d’impunité israélienne, garanties par les États-Unis complices.

    • Déclaration de M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur la violation du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, à l’Assemblée nationale le 18 mars 2025.
      Prononcé le 18 mars 2025
      https://www.vie-publique.fr/discours/297868-jean-noel-barrot-18032025-conflit-gaza

      Madame la députée [Marie Mesmeur],

      (...) Vous évoquez le cessez-le-feu, en tout cas la première phase du cessez-le-feu à Gaza qui a été récemment violée. N’oubliez jamais de rappeler que ce cessez-le-feu a permis, vous l’avez dit, l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, mais a permis également la libération de 33 otages, dont notre compatriote, Ofer Kalderon, qui a pu retrouver sa famille. N’oubliez jamais de saluer la mémoire de Ohad Yahalomi, dont nous avons appris le décès, avec une immense tristesse, il y a quelques semaines seulement.

      Ensuite, ce cessez-le-feu, en tout cas dans sa première phase, est effectivement aujourd’hui en grave danger. D’abord parce que le 2 mars dernier, Israël a décidé d’interrompre l’accès de l’aide humanitaire à Gaza ; que le 9 mars dernier, les autorités israéliennes ont interrompu la dernière ligne d’alimentation électrique vers l’enclave ; et qu’hier, des frappes israéliennes ont fait perdre la vie à plusieurs centaines de civils innocents. C’est donc une violation manifeste de ce cessez-le-feu, que nous avons condamné avec la plus grande fermeté, tout en appelant les partis, Israël et le Hamas, à reprendre des discussions constructives pour que ce cessez-le-feu puisse entrer dans une deuxième phase, devenir permanent, puisse ouvrir la voie à une solution politique : celle que nous appelons de nos voeux, celle qui repose sur deux Etats vivant côte à côte, en paix et en sécurité, avec des garanties de sécurité et des reconnaissances mutuelles.

      https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QG503

    • Citizen Média 🗞️ sur X :
      https://x.com/CitizenMediaFR/status/1973421776374726875

      « Non ! Ce n’a absolument pas un plan de paix. La première chose qui m’a frappé, c’est pratiquement pas un mot sur les Palestiniens (…) lorsque l’on connaît les positions de Tony Blair dans la guerre en Irak et les résultats dramatiques pour l’Irak. » Déclare Agnès Levallois, spécialiste du Moyen-Orient.

      https://video.twimg.com/amplify_video/1973421577342689285/vid/avc1/884x490/rmEgebNXXVsrzfw7.mp4

  • En Palestine, les Britanniques ont une responsabilité historique
    https://www.courrierinternational.com/article/opinion-en-palestine-les-britanniques-ont-une-responsabilite-

    La reconnaissance d’un État palestinien, formulée le 21 septembre par le Royaume-Uni, ne suffit pas, affirme l’historien de renom William Dalrymple. Londres a désormais le devoir moral de réparer les erreurs commises dans la région avant la création d’Israël, largement méconnues outre-Manche, et de contribuer activement à la fin de la guerre.

    https://archive.ph/piGjx

    Et je me rappelle qu’il y a quelques deux semaines, je me faisais la réflexion suivante :
    https://seenthis.net/messages/1133613#message1134083

    Et depuis, je suis tombé sur ça :
    https://www.huffingtonpost.fr/international/article/gaza-bientot-dirigee-par-tony-blair-ce-que-l-on-sait-de-cette-hypothe

    Confirmé ici :
    https://www.lefigaro.fr/international/les-etats-unis-envisageraient-de-nommer-tony-blair-au-poste-de-gouverneur-t

    et ici :
    https://www.20minutes.fr/monde/israel/4175807-20250929-guerre-gaza-trump-attend-netanyahou-maison-blanche-promet

    C’est troublant ...

    #Tony_Blair #Palestine #mandat_britannique

    (Et c’est sûrement cette idée d’un autre âge qui va « contribuer activement à la fin de la guerre ») ...

  • Crise capitaliste au moyen orient | Guillaume Deloison
    https://guillaumedeloison.wordpress.com/2018/10/08/dawla-crise-capitaliste-au-moyen-orient

    ISRAËL ET PALESTINE – CAPITAL, COLONIES ET ÉTAT

    Le conflit comme Histoire

    A la fin des guerres napoléoniennes, certaines parties du Moyen-Orient se retrouvèrent envahies par le nouveau mode de production capitaliste. Dans cette région, l’industrie textile indigène, surtout en Egypte, fut détruite par les textiles anglais bon marché dans les années 1830. Dès les années 1860, les fabricants britanniques avaient commencé à cultiver le coton le long du Nil. En 1869, on ouvrit le canal de Suez dans le but de faciliter le commerce britannique et français. Conformément à cette modernisation, on peut dater les origines de l’accumulation primitive en #Palestine à la loi de l’#Empire_ottoman de 1858 sur la #propriété_terrienne qui remplaçait la propriété collective par la propriété individuelle de la terre. Les chefs de village tribaux se transformèrent en classe de propriétaires terriens qui vendaient leurs titres aux marchands libanais, syriens, égyptiens et iraniens. Pendant toute cette période, le modèle de développement fut surtout celui d’un développement inégal, avec une bourgeoisie étrangère qui prenait des initiatives et une bourgeoisie indigène, si l’on peut dire, qui restait faible et politiquement inefficace.

    Sous le #Mandat_britannique, de nombreux propriétaires absentéistes furent rachetés par l’Association de colonisation juive, entraînant l’expulsion de métayers et de fermiers palestiniens. Étant donné que les dépossédés devaient devenir #ouvriers_agricoles sur leurs propres terres, une transformation décisive des relations de production commençait, conduisant aux premières apparitions d’un #prolétariat_palestinien. Ce processus eut lieu malgré une violente opposition de la part des #Palestiniens. Le grand tournant dans une succession de #révoltes fut le soulèvement de #1936-1939. Son importance réside dans le fait que « la force motrice de ce soulèvement n’était plus la paysannerie ou la bourgeoisie, mais, pour la première fois, un prolétariat agricole privé de moyens de travail et de subsistance, associé à un embryon de classe ouvrière concentrée principalement dans les ports et dans la raffinerie de pétrole de Haïfa ». Ce soulèvement entraîna des attaques contre des propriétaires palestiniens ainsi que contre des colons anglais et sionistes. C’est dans le même temps que se développa le mouvement des #kibboutz, comme expérience de vie communautaire inspiré notamment par des anarchistes comme Kropotkine, s’inscrivant dans le cadre du sionisme mais opposées au projet d’un état.

    La Seconde Guerre mondiale laissa un héritage que nous avons du mal à imaginer. L’implantation des juifs en Palestine, déjà en cours, mais de faible importance entre 1880 et 1929, connaît une augmentation dans les années 1930 et puis un formidable élan dans l’après-guerre ; de ce processus naquit #Israël. Le nouvel Etat utilisa l’appareil légal du Mandat britannique pour poursuivre l’expropriation des Palestiniens. La #prolétarisation de la paysannerie palestinienne s’étendit encore lors de l’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza en 1967. Cette nouvelle vague d’accumulation primitive ne se fit pas sous la seule forme de l’accaparement des #terres. Elle entraîna aussi le contrôle autoritaire des réserves d’#eau de la Cisjordanie par le capital israélien par exemple.

    Après la guerre de 1967, l’Etat israélien se retrouvait non seulement encore entouré d’Etats arabes hostiles, mais aussi dans l’obligation de contrôler la population palestinienne des territoires occupés. Un tiers de la population contrôlée par l’Etat israélien était alors palestinienne. Face à ces menaces internes et externes, la survie permanente de l’Etat sioniste exigeait l’unité de tous les Juifs israéliens, occidentaux et orientaux. Mais unir tous les Juifs derrière l’Etat israélien supposait l’intégration des #Juifs_orientaux, auparavant exclus, au sein d’une vaste colonie de travail sioniste. La politique consistant à établir des colonies juives dans les territoires occupés est un élément important de l’extension de la #colonisation_travailliste sioniste pour inclure les Juifs orientaux auparavant exclus. Bien entendu, le but immédiat de l’installation des #colonies était de consolider le contrôle d’Israël sur les #territoires_occupés. Cependant, la politique de colonisation offrait aussi aux franges pauvres de la #classe_ouvrière_juive un logement et des emplois qui leur permettaient d’échapper à leur position subordonnée en Israël proprement dit. Ceci ne s’est pas fait sans résistance dans la classe ouvrière Israélienne, certain s’y opposaient comme les #Panthéres_noire_israélienne mais l’#Histadrout,« #syndicat » d’Etat et employeur important s’efforçait d’étouffer les luttes de la classe ouvrière israélienne, comme par exemple les violents piquets de grève des cantonniers.

    En 1987, ce sont les habitants du #camp_de_réfugiés de Jabalya à Gaza qui furent à l’origine de l’#Intifada, et non l’#OLP (Organisation de Libération de la Palestine) composé par la bourgeoisie Palestinienne, basée en Tunisie et complètement surprise. Comme plus tard en 2000 avec la seconde intifada, ce fut une réaction de masse spontanée au meurtre de travailleurs palestiniens. A long terme, l’Intifada a permis de parvenir à la réhabilitation diplomatique de l’OLP. Après tout, l’OLP pourrait bien être un moindre mal comparée à l’activité autonome du prolétariat. Cependant, la force de négociation de l’OLP dépendait de sa capacité, en tant que « seul représentant légitime du peuple palestinien », à contrôler sa circonscription, ce qui ne pouvait jamais être garanti, surtout alors que sa stratégie de lutte armée s’était révélée infructueuse. Il était donc difficile pour l’OLP de récupérer un soulèvement à l’initiative des prolétaires, peu intéressés par le nationalisme, et qui haïssaient cette bourgeoisie palestinienne presque autant que l’Etat israélien.

    Quand certaines personnes essayèrent d’affirmer leur autorité en prétendant être des leaders de l’Intifada, on raconte qu’un garçon de quatorze ans montra la pierre qu’il tenait et dit : « C’est ça, le leader de l’Intifada. » Les tentatives actuelles de l’Autorité palestinienne pour militariser l’Intifada d’aujourd’hui sont une tactique pour éviter que cette « anarchie » ne se reproduise. L’utilisation répandue des pierres comme armes contre l’armée israélienne signifiait qu’on avait compris que les Etats arabes étaient incapables de vaincre Israël au moyen d’une guerre conventionnelle, sans parler de la « lutte armée » de l’OLP. Le désordre civil « désarmé » rejetait obligatoirement « la logique de guerre de l’Etat » (bien qu’on puisse aussi le considérer comme une réaction à une situation désespérée, dans laquelle mourir en « martyr » pouvait sembler préférable à vivre dans l’enfer de la situation présente). Jusqu’à un certain point, le fait de lancer des pierres déjouait la puissance armée de l’Etat d’Israël.

    D’autres participants appartenaient à des groupes relativement nouveaux, le #Hamas et le #Jihad_Islamique. Pour essayer de mettre en place un contrepoids à l’OLP, Israël avait encouragé la croissance de la confrérie musulmane au début des années 1980. La confrérie ayant fait preuve de ses sentiments anti-classe ouvrière en brûlant une bibliothèque qu’elle jugeait être un » foyer communiste « , Israël commença à leur fournir des armes.

    D’abord connus comme les « accords Gaza-Jéricho », les accords d’Oslo fit de l’OLP l’autorité palestinienne. Le Hamas a su exploiter ce mécontentement tout en s’adaptant et en faisant des compromis. Ayant rejeté les accords d’Oslo, il avait boycotté les premières élections palestiniennes issues de ces accords en 1996. Ce n’est plus le cas désormais. Comme tous les partis nationalistes, le Hamas avec son discours religieux n’a nullement l’intention de donner le pouvoir au peuple, avec ou sans les apparences de la démocratie bourgeoise. C’est d’ailleurs ce qu’il y a de profondément commun entre ce mouvement et l’OLP dans toutes ses composantes : la mise en place d’un appareil politico-militaire qui se construit au cours de la lutte, au nom du peuple mais clairement au-dessus de lui dès qu’il s’agit de prendre puis d’exercer le pouvoir. Après plusieurs années au gouvernement, le crédit du Hamas est probablement et selon toute apparence bien entamé, sans que personne non plus n’ait envie de revenir dans les bras du Fatah (branche militaire de l’OLP). C’est semble-t-il le scepticisme, voire tout simplement le désespoir et le repli sur soi, qui semblent l’emporter chaque jour un peu plus au sein de la population.

    Le sionisme, un colonialisme comme les autres ?

    Dans cette situation, la question de déterminer les frontières de ce qui délimiterait un État israélien « légitime » est oiseuse, tant il est simplement impossible : la logique de l’accaparement des territoires apparaît inséparable de son existence en tant qu’État-nation. S’interroger dans quelle mesure l’État israélien est plus ou moins « légitime » par rapport à quelque autre État, signifie simplement ignorer comment se constituent toujours les États-nations en tant qu’espaces homogènes.

    Pour comprendre la situation actuelle il faut appréhender la restructuration générale des rapports de classes à partir des années 1970. Parallèlement aux deux « crises pétrolières » de 1973-74 et 1978-80, à la fin du #nationalisme_arabe et l’ascension de l’#islamisme, la structure économique et sociale de l’État d’Israël change radicalement. Le #sionisme, dans son strict sens, fut la protection et la sauvegarde du « travail juif », soit pour le capital israélien, contre la concurrence internationale, soit pour la classe ouvrière contre les prolétaires palestiniens : ce fut en somme, un « compromis fordiste » post-1945, d’enracinement d’une fraction du capital dans dans un État-nation. Le sionisme impliquait qu’il donne alors à l’État et à la société civile une marque de « gauche » dans ce compromis interclassiste et nationaliste. C’est ce compromis que le Likoud a progressivement liquidé ne pouvant plus garantir le même niveau de vie au plus pauvres. Pourtant la définition d’Israël comme « État sioniste » résiste. Agiter des mots comme « sioniste », « lobby », etc. – consciemment ou pas – sert à charger l’existence d’Israël d’une aire d’intrigue, de mystère, de conspiration, d’exceptionnalité, dont il n’est pas difficile de saisir le message subliminal : les Israéliens, c’est-à-dire les Juifs, ne sont pas comme les autres. Alors que le seul secret qu’il y a dans toute cette histoire, c’est le mouvement du capital que peu regardent en face. La concurrence généralisé, qui oppose entre eux « ceux d’en haut » et aussi « ceux d’en bas ». L’aggravation de la situation du prolétariat israélien et la quart-mondialisation du prolétariat palestinien appartiennent bien aux mêmes mutations du capitalisme israélien, mais cela ne nous donne pour autant les conditions de la moindre « solidarité » entre les deux, bien au contraire. Pour le prolétaire israélien, le Palestinien au bas salaire est un danger social et de plus en plus physique, pour le prolétaire palestinien les avantages que l’Israélien peut conserver reposent sur son exploitation, sa relégation accrue et l’accaparement des territoires ».

    La #solidarité est devenue un acte libéral, de conscience, qui se déroule entièrement dans le for intérieur de l’individu. Nous aurons tout au plus quelques slogans, une manifestation, peut-être un tract, deux insultes à un flic… et puis tout le monde rentre chez soi. Splendeur et misère du militantisme. Entre temps, la guerre – traditionnelle ou asymétrique – se fait avec les armes, et la bonne question à se poser est la suivante : d’où viennent-elles ? Qui les paye ? Il fut un temps, les lance-roquettes Katioucha arrivaient avec le « Vent d’Est ». Aujourd’hui, pour les Qassam, il faut dire merci à la #Syrie et à l’#Iran. Il fut un temps où l’on pouvait croire que la Révolution Palestinienne allait enflammer le Tiers Monde et, de là, le monde entier. En réalité le sort des Palestiniens se décidait ailleurs, et ils servirent de chair à canon à l’intérieur des équilibres de la #Guerre_Froide. Réalité et mythe de la « solidarité internationale ».

    Nous savons trop bien comment la #religion peut être « le soupir de la créature opprimée, le sentiment d’un monde sans cœur » (Karl Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel). Mais cette généralité vaut en Palestine, en Italie comme partout ailleurs. Dans le Proche et Moyen-Orient, comme dans la plupart des pays arabes du bassin méditerranéen, l’islamisme n’est pas une idéologie tombée du ciel, elle correspond à l’évolution des luttes entre les classes dans cette zone, à la fin des nationalisme arabe et la nécessité de l’appareil d’état pour assurer l’accumulation capitaliste. Le minimum, je n’ose même pas dire de solidarité, mais de respect pour les prolétaires palestiniens et israeliens, nous impose tout d’abord d’être lucides et sans illusions sur la situation actuelle ; de ne pas considérer le prolétariat palestinien comme des abrutis qui se feraient embobiner par le Hamas ni comme des saints investi par le Mandat du Ciel Prolétarien ; de ne pas considérer le prolétariat israélien comme des abruti qui serait simplement rempli de haine envers les palestinien ni comme des saint dont la situation ne repose pas sur l’exploitation d’autres. L’#antisionisme est une impasse, tout comme l’#antimondialisme (défense du #capital_national contre le capital mondialisé), ou toutes les propositions de gestion alternative du capital, qui font parties du déroulement ordinaire de la lutte des classe sans jamais abolir les classes. Sans pour autant tomber dans un appel à la révolution globale immédiate pour seule solution, il nous faut partir de la réalité concrètes et des divisions existantes du mode de production, pour s’y attaquer. Le communisme n’est pas le fruit d’un choix, c’est un mouvement historique. C’est avec cette approche que nous cherchons à affronter cette question. Il en reste pas moins que désormais – à force de réfléchir a partir de catégories bourgeoises comme « le droit », « la justice » et « le peuple » – il n’est pas seulement difficile d’imaginer une quelconque solution, mais il est devenu quasi impossible de dire des choses sensées à cet égard.

    (version partiellement corrigée de ses erreurs typo et orthographe par moi)