• Maria Mies, Patriarcat et exploitation dans l’économie mondialisée, 2005
    https://sniadecki.wordpress.com/2019/02/09/mies-patriarcat

    Le patriarcat a aussi été renforcé à travers les traités de l’OMC, notamment l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), car nombre de ces nouveaux services incluent l’activité des femmes comme domestiques. Certaines féministes s’en félicitent au motif que cela libèrerait les femmes du fardeau des tâches ménagères. Mais en y regardant de plus près on constate que ce sont surtout des femmes des pays du sud et de l’Est dont beaucoup n’ont même pas de papiers qui font office de nouvelles bonnes pour les classes moyennes et même les femmes des milieux ouvriers des pays industrialisés, qui peuvent de ce fait mener librement leur carrière. En tous cas, on ne saurait parler de libération quand une femme parvient à se hisser dans la hiérarchie capitaliste par l’exploitation d’une autre femme. Il s’agirait plutôt d’une nouvelle forme de colonialisme.

    Ces stratégies détournent habilement les concepts et le langage de la libération des femmes et les revendications d’égalité. Pour bien des féministes encore aujourd’hui, l’égalité est le principal but de la libération des femmes. Elles ne revendiquent pas la fin du patriarcat et du capitalisme. A en juger par les résultats d’une telle stratégie dans le contexte d’une restructuration néolibérale mondiale, on ne saurait y déceler d’amélioration pour la majorité des femmes. S’il est vrai que certaines ont bénéficié de cette stratégie pour monter dans l’iceberg de l’économie capitaliste, c’est principalement au détriment d’autres personnes, femmes ou hommes. Le capitalisme continue d’avoir besoin du patriarcat pour entretenir différents niveaux d’inégalité et d’exploitabilité. Le système ne permet pas de défendre l’égalité pour tous, en particulier au niveau des élites. Si « égalisation » il y a, elle concerne donc les femmes et les hommes situés au-dessous de la surface, qui deviennent« égaux » aux travailleurs les moins chers de la planète. Telles sont les règles de la mondialisation néolibérale et de la concurrence mondiale.

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