• Critique : La fête est finie, de Nicolas Burlaud - Critikat
    https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/la-fete-est-finie

    Le label « Capitale européenne de la culture » fait partie de ces dispositifs qui ont tendance à susciter l’unanimité : création d’emploi, prestige accru de la ville, investissements, grands travaux, stimulation du tourisme… autant d’arguments imparables pour mettre tout le monde d’accord. Alors qu’il s’intéresse à cette fameuse année 2013 à Marseille, le jeune réalisateur Nicolas Burlaud choisit justement de s’intéresser au processus visant à créer cette impression d’unanimité. Plus que la ville, plus que la fête, le documentariste filme une mise en scène. Cette idée pertinente va ainsi nourrir un regard qui vise avant tout autre chose à repolitiser la question de la ville comme espace de lutte, dans lequel une culture cherche purement et simplement à effacer les traces de celles qui l’ont précédée.

    Disponible ici
    https://vimeo.com/141637856

  • Le centre-ville à tout prix ? #Marseille, parcours de délogés
    https://metropolitiques.eu/Le-centre-ville-a-tout-prix-Marseille-parcours-de-deloges.html

    Que sont devenus les habitants des immeubles évacués à la suite des effondrements de la #rue_d'Aubagne à Marseille ? Apolline Meyer a reconstitué le parcours des occupants d’un #immeuble, marqué par une tension entre quête de centralité urbaine, résistance à la #relégation_spatiale et besoin d’un #logement de qualité. 5 novembre 2018, deux immeubles s’effondrent rue d’Aubagne, en plein centre de Marseille. Bilan : huit morts. Plus qu’un drame isolé, ces effondrements ont provoqué une « crise du logement » sans #Terrains

    / centralité, Marseille, #habitat dégradé, logement, immeuble, relégation spatiale, rue d’Aubagne, (...)

    #centralité #habitat_dégradé
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_meyer.pdf

  • Le centre-ville à tout prix ? #Marseille, parcours de délogé·e·s
    https://metropolitiques.eu/Le-centre-ville-a-tout-prix-Marseille-parcours-de-deloge-e-s.html

    Que sont devenus les habitants des immeubles évacués à la suite des effondrements de la #rue_d'Aubagne à Marseille ? Apolline Meyer a reconstitué le parcours des occupants d’un #immeuble, marqué par une tension entre quête de centralité urbaine, résistance à la #relégation_spatiale et besoin d’un #logement de qualité. 5 novembre 2018, deux immeubles s’effondrent rue d’Aubagne, en plein centre de Marseille. Bilan : huit morts. Plus qu’un drame isolé, ces effondrements ont provoqué une « crise du logement » sans #Terrains

    / centralité, Marseille, #habitat dégradé, logement, immeuble, relégation spatiale, rue d’Aubagne, (...)

    #centralité #habitat_dégradé
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_meyer.pdf

  • « La peste, Marseille 1720 », de Michelle Porte, 1982
    https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cpa82051485/la-peste-marseille-1720

    Ce film évoque sous forme de chronique la grande peste qui décima Marseille en 1720. Un narrateur dont on n’entend que la voix (Dionys MASCOLO), qui aurait pu être un notable de l’époque, rend compte au fil des jours de la progression du mal dans la ville. Ce texte imaginé à partir de sources authentiques prend tout sa force grâce aux images filmées du Marseille d’aujourd’hui, vide de toute vie, et à la musique de DELALANDE, « Trois leçons des ténèbres ». Les tableaux représentant la peste à Marseille peints par Michel SERRE sont les seules illustrations de l’époque données au regard du spectateur.

    #film #cinéma #Michelle_Porte #Marseille #épidémie #peste #Dionis_Mascolo

  • Covid : l’étrange recette marseillaise

    L’étude des mortalités sur différents départements comparables est sans ambiguïté : la méthode marseillaise de soins marche.

    En Avril 2020, la question était déja posée : « Guerre contre le Covid-19 : les marseillais sont-ils mieux armés que les parigots ? »
    https://blogs.mediapart.fr/canis-insanus/blog/050420/guerre-contre-le-covid-19-les-marseillais-sont-ils-mieux-armes-que-l

    À l’époque déjà, le billet en concluait que sur le plan des données recueillies il semblait y avoir un net avantage pour la méthode pratiquée par l’IHU, à savoir un traitement des patients et ce sans même préjuger de la validité du traitement en question : un malade marseillais avait statistiquement plus de chance de s’en sortir qu’un malade parisien.

    Plus d’un an s’est écoulé depuis ce billet. Les polémiques n’ont pas diminué, loin s’en faut, et les questions sur la pertinence des méthodes et traitements proposés par le Pr. Raoult n’ont cessé d’enfler depuis. Quelle leçon tirer du parcours marseillais depuis avril 2020 ?

    Épluchons grâce à l’OpenData les données concernant justement la ville de Marseille et tentons de les comparer à, par exemple, celles de Lyon et Paris qui ont le mérite de s’occuper de métropoles d’environ deux millions d’individus à chaque fois. Pour faire bonne mesure, on y inclura le département du Haut-Rhin, moins urbain, mais qui s’est distingué lors du début de l’épidémie de coronavirus en France par un nombre élevé de morts.

    Dans le département où exerce le Dr Raoult, où une majorité de gens ont été testés et pris en charge (et dont certains ont bénéficié du traitement maintenant si controversé à base d’hydroxychloroquine et d’azithromycine), on observe qu’il n’y avait que 39 décès par million d’habitants pendant les semaines où a sévi le confinement alors que sur la même période, on déplorait 137 décès par million d’habitants dans les trois autres départements choisis.

    Apparemment, la différence entre le traitement (quel qu’il soit) effectué dans les Bouches-du-Rhône et le non-traitement tel qu’appliqué (avec componction ?) partout ailleurs semble donc coûter la bagatelle de près de 100 décès supplémentaires par million d’habitants, ou plus précisément, entre 40 et 185 selon les départements urbains à forte mortalité.

    Cette différence entre les Bouches-du-Rhône et les autres départements est en réalité très significative et à ce niveau là, insister sur un test randomisé pour bien s’assurer que traiter et suivre des patients permettent de meilleurs résultats confinerait à l’obstination compulsive. Du reste, les mois qui ont suivi ont amplement démontré que renvoyer les malades avec un doliprane et un arrêt de travail ne suffisait pas alors que les tester, traiter et accompagner accroissaient notablement leur espérance de meilleur résultat médical.

    Par ailleurs, les mêmes données montrent que malgré les différences de décès causés par le COVID, les départements ont sensiblement la même mortalité totale (toutes causes confondues, il n’y a pas de différence significative entre les départements). Dans le même temps, plus les départements ont de décès causés par le COVID, moins ils ont de décès par d’autres causes…

    Ceci indique que si les départements ayant davantage de décès de COVID n’ont pas plus de mortalité totale, alors inévitablement, une proportion de décès de toute cause a été affichée comme décédée du COVID.

    Cependant, si dans les Bouches-du-Rhône, il y a eu de façon très significative moins de morts du Covid, et davantage de morts d’autres causes négatifs au COVID au moment de leurs décès (alors que les taux d’infection ou d’entrées en soins critiques ne sont pas pas du tout corrélés à cette mortalité), la seule variable d’explication ne peut être qu’une différence de traitement.

    Cette différence de traitement comprend de nombreux facteurs et ne peut être restreinte aux seuls propositions médicales du Pr. Raoult puisque jouent aussi la densité des hôpitaux, les nombres de lits disponibles à tout instant, la densité de la population… bref, tous facteurs confondus qui concourent à soigner les gens (et hors vaccin qui n’existait pas encore lors du premier confinement) : si on applique les bons traitements, les meilleurs protocoles, sans doute dans des hôpitaux suffisamment équipés, on diminue par un facteur 5 ou 6 la mortalité par rapport aux pires départements, ce qui revient à dire que le traitement offre une efficacité plusieurs fois supérieure à celle des vaccins…

    Les semaines avant et après confinement, on ne trouve pas de différences significatives entre les départements, que ce soit pour les décès COVID, les autres types de décès ou tous décès confondus. Par contraste, cela implique ou bien que les traitements et protocoles appliqués dans les Bouches-du-Rhône font une énorme différence, ou bien que les services hospitaliers du Haut-Rhin, de Paris et de Lyon sont sous-développés ou disons fort dégradés par rapport à ceux du département marseillais.

    On sait donc désormais que juste avant et juste après le confinement, les mortalités « autres causes » n’ont que peu changé dans chaque département. On constate que le confinement n’a pas eu de répercussion significative sur le total des décès (et donc le tri des malades), contrairement à ce qu’ont dit les médias, sauf peut-être à Paris en éparpillant des centaines de milliers de Parisiens… en dehors de Paris.

    Bien qu’à chaque période, on n’observe pas de différence significative de mortalité totale entre les départements, celle-ci a augmenté pendant le confinement pour chacun d’eux. Malgré la plus grande proportion de personnes âgées dans les Bouches-du-Rhône, il n’y a eu qu’une augmentation de 14 % des décès totaux pendant le confinement par rapport aux semaines le précédant. Dans le même temps, le Haut-Rhin voit ses décès grimper de 94 %, de 58 % à Paris et de 46 % dans le Rhône.

    On ne peut s’empêcher de remarquer que les décès du covid dans le Rhône sont moindres qu’à Paris : peut-être que les docteurs lyonnais ont silencieusement appliqué, au moins en partie, les méthodes marseillaises ?

    Les choix opérés, depuis le renvoi dans leurs pénates des patients dolipranés, jusqu’à la volonté farouche de prendre en charge exclusivement par le public (le privé ayant été consciencieusement boudé depuis le début de la crise), en passant par le refus de toute latitude de prescription pour les médecins de terrain rejetés aux rangs de subalternes, ont tous participé à faire de cette crise une affaire d’État et à ruiner les processus et habitudes en place pourtant efficaces. Cette maladie, silencieuse pour un nombre écrasant de personnes, tue peu, et des personnes déjà très affaiblies, et moins encore lorsqu’elles sont correctement hospitalisées et suivies.

    Comme l’étude des surmortalités européennes le montre sur Euromomo https://www.euromomo.eu , la politique de santé suivie dans chaque pays est la seule variable vraiment explicative des différentiels observés. C’est d’ailleurs confirmé lorsqu’on regarde le classement mondial (OCDE) des décès du COVID, qui ne montre guère d’affinité entre richesse et meilleure performance : les politiques suivies sont plus pertinentes pour expliquer les résultats obtenus…

    Par contraste, dans de nombreux pays en développement, peu mentionnent le fait COVID et il n’y est pas observé de surmortalité : peu détecté, peu testé, la société ne s’arrête pas. Les dirigeants de ces pays ne sont évidemment pas meilleurs qu’en France mais ont d’autres chats à fouetter, ce qui remet le virus à sa place.

    En somme, si comme le prétend telle journaliste du quotidien Le Monde , Marseille devient le symbole de quelque chose, c’est plutôt de l’éloignement de certains politiciens, certains médecins de plateau télé de certaines régions, Paris en tête, à la médecine traditionnelle, celle qui consiste à tester, traiter et accompagner les malades.

    #décès #mortalité #doliprane #covid-19 #santé #pass_sanitaire #coronavirus #confinement #crise_sanitaire #vaccination #pandémie #EnMarche #Marseilles #Lyon #Paris #Haut-Rhin #Statistiques #OpenData #surmortalités #Raoult #Didier_Raoult

  • Les habitant·e·s face à l’« #urbanisme négocié » : le cas d’Euroméditerranée II
    https://metropolitiques.eu/Les-habitant-e-s-face-a-l-urbanisme-negocie-le-cas-d-Euromediterrane

    De quelle négociation l’« urbanisme négocié » est-il le fruit ? À partir de l’exemple d’Euroméditerranée II à #Marseille, Laurine Sézérat montre l’impossibilité structurelle d’intégrer les habitant·e·s à l’élaboration des grands projets urbains. Situé dans le 15e arrondissement à Marseille, le quartier des Crottes fait partie des plus pauvres de France. Au cours du XXe siècle, le passage à l’ère post-fordiste et la tertiarisation de l’économie favorisèrent la paupérisation de cet ancien quartier industriel. Depuis #Terrains

    / urbanisme, urbanisme négocié, Marseille, #aménagement

    #urbanisme_négocié
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_sezerat.pdf

  • « E.Macron lance à Marseille la transformation libérale de l’école : Bonne nouvelle, l’Ecole va bien se retrouver au centre du débat de la présidentielle. Mauvaise nouvelle : E Macron va faire campagne sur un programme ultra libéral pour l’école publique. »
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2021/09/03092021Article637662492148869796.aspx

    Présentant le 2 septembre son plan pour le Grand Marseille, le président de la République a annoncé un statut dérogatoire spécial pour 50 écoles marseillaises dès la rentrée 2022. Dans ces écoles, les directeurs choisiront les enseignants et disposeront d’une large autonomie pour adapter les horaires, les rythmes scolaires avec la participation « d’acteurs extrascolaires ». Cette « école du futur » reprend le vieux projet libéral d’une école privatisée. On pouvait penser que le gouvernement stopperait ses réformes d’ici les élections. Il fait le choix inverse, d’aller plus loin dans la libéralisation de l’Ecole. Et probablement d’inscrire cette contre révolution libérale dans le programme d’E Macron aux présidentielles.

    #Ecole_publique #privatisation

    • https://seenthis.net/messages/928248#message928439

      #Marseille cobaye d’un nouveau modèle d’école radicalement inégalitaire .

      🔹création d’une société pilotée par l’État pour la réhabilitation des écoles (sans nombre d’écoles ni montant de financement).

      🔹rénovation d’une 15 aine d’écoles dores et déjà financées sur les 174 écoles que E. Macron décrit lui-même comme délabrées.

      🔹10 micro-collèges et 10 micro-lycées dès 2022.

      🔹Expérimentation dans 50 écoles d’une “nouvelle méthode” , "l’école du futur" dès la rentrée 2022 à Marseille et d’autres territoires :
      – liberté pour les directeurs de recruter leur équipe (enseignants et non enseignants)
      – adapter les rythmes scolaires
      – des enseignants "qui pensent cette période du CM1 à la 5e".
      – plus de liberté contre plus de résultats
      – Possibilité de généraliser après évaluation en 2023.

      ⚠️ Casse du service public de l’ Education nationale avec autonomie des établissements, statut hiérarchique des directeurs d’école, casse des statuts des enseignants (1er/2nd degré).

      👉 c’est un programme présidentiel ultra-libéral pour l’école que Macron a présenté.

      Jlm

  • Protocole sanitaire pour la rentrée : « Jean-Michel Blanquer n’a pas dû travailler beaucoup pendant les vacances », juge la FCPE
    https://www.francetvinfo.fr/france/rentree/rentree-scolaire-le-protocole-covid-juge-totalement-insuffisant-par-la-

    Président de la FCPE du Nord, Jean-Yves Guéant estime que le protocole sanitaire pour la rentrée dans les écoles, collèges et lycées est « totalement insuffisant » : « J’avais l’impression d’un brouillon écrit sur le coin de table ».

    Tiens, y-a qq’un qui critique Blanquer vertement et qui est relayé dans la grande presse.

    • Quelles mesures fallait-il mettre en place ?

      Les mesures qu’il fallait mettre en place tout de suite, depuis maintenant plus d’un an, c’était un recrutement massif pour réduire les effectifs dans les classes pendant le temps de la pandémie, voire plus. On a un déficit d’enseignants, et d’infirmières scolaires : il ne faut pas oublier que nos infirmières scolaires vont bien souffrir étant donné qu’elles sont partagées entre les collèges et les écoles élémentaires. Cela veut dire que les infirmières ne seront pas à 100% dans leur collège et vont devoir bouger dans les différents établissements scolaires.

      .
      .
      .

      Communiqué de presse SNES-FSU académie de Limoges
      29 septembre 2020

      Le ministre Blanquer vient d’annoncer la suppression de 1 800 emplois de professeurs dans les collèges et lycées pour la rentrée 2021 alors que 28 000 élèves supplémentaires sont attendus !

      https://limoges.snes.edu/Rentree-2021-1800-suppressions-de-postes-dans-le-2nd-degre-Dogmatique-

    • Tiens, y-a qq’un qui critique Blanquer vertement et qui est relayé dans la grande presse.

      Un jour la liberté de toutes les presse ou leurs émancipation sur les sujets politiques... En attendant elle ne fait que relayer.

      🤪

    • À #Marseille Macron profite de l’occasion pour lancer un nouveau modèle scolaire radicalement inégalitaire.

      Marseille cobaye d’un nouveau modèle d’école radicalement inégalitaire .

      🔹création d’une société pilotée par l’État pour la réhabilitation des écoles (sans nombre d’écoles ni montant de financement).

      🔹rénovation d’une 15 aine d’écoles dores et déjà financées sur les 174 écoles qu’E. Macron décrit lui-même comme délabrées.

      🔹10 micro-collèges et 10 micro-lycées dès 2022.

      🔹Expérimentation dans 50 écoles d’une “nouvelle méthode” , "l’école du futur" dès la rentrée 2022 à Marseille et d’autres territoires :
      – liberté pour les directeurs de recruter leur équipe (enseignants et non enseignants)
      – adapter les rythmes scolaires
      – des enseignants "qui pensent cette période du CM1 à la 5e".
      – plus de liberté contre plus de résultats
      – Possibilité de généraliser après évaluation en 2023.

      ⚠️ Casse du service public de l’Education nationale avec autonomie des établissements, statut hiérarchique des directeurs d’école, casse des statuts des enseignants (1er/2nd degré).

      👉 c’est un programme présidentiel ultra-libéral pour l’école qu’E. Macron a présenté.

      Jlm

  • Marseille : La solution finale ? - Annie Lacroix-Riz
    http://www.librairie-tropiques.fr/2021/09/marseille-la-solution-finale.html

    M. Valls veut nous rappeler le bon temps de l’évacuation franco-allemande du Vieux-Port de janvier 1943, prétendument organisée contre les « terroristes » ou Résistance judéo-bolchevique.


    #Marseille #Valls #politique #fascisme

  • N’oubliez jamais le vrai visage du président de la violence !

    « Macron va parader à #Marseille.
    Rappelons que son régime de la violence a tué une innocente, #ZinebRedouane le 2 décembre 2018 et que ses sbires ont tout fait pour étouffer l’enquête. »

    Le 3 décembre 2018, le procureur de la République, Xavier Tarabeux, indique à la radio que Zineb Redouane est morte d’« un choc opératoire ». Selon lui, « on ne peut pas établir de lien de cause à effet entre la blessure et le décès »

    L’autopsie en Algérie invalide l’autopsie française.

    le traumatisme facial est « imputable à l’impact d’un projectile non pénétrant pouvant correspondre à une bombe lacrymogène »« directement responsable de la mort par aggravation de l’état antérieur de la défunte »

    André Ribes, numéro 2 du parquet de Marseille, était aux côtés des forces de l’ordre lors de la manifestation avec l’accord du procureur de République de Marseille et il n’en avait informé ni enquêteurs, ni la juge d’instruction alors qu’il était chargé du début de l’enquête.

    Le Parisien dévoile que la seule caméra qui était dans l’angle de tir a été déclarée inopérante par l’IGPN qui est visée par une plainte pour « faux en écriture publique aggravée » déposée par la famille de Zineb Redouane qui accuse l’IGPN d’entraver l’enquête

    Le 20 mai 2020, le rapport d’expertise balistique indique que le fonctionnaire de police auteur du tir a été identifié, et que le tir « a été effectué selon les règles d’usage », sans visée : « la grenade de type MP7 a atteint la victime de manière totalement accidentelle »

    Le 30 novembre 2020, une modélisation réalisée par le média Disclose et l’agence Forensic Architecture conclut que la responsabilité du policier est « clairement engagée »On y voit sur video le CRS qui a tiré regarder à plusieurs reprises en direction de la fenêtre de la victime

    2 ans après le décès, la fille de Zineb Redouane, Milfet, dépose plainte contre Christophe Castaner pour « altération et soustraction de preuves », l’ex ministre de l’intérieur a entravé la manifestation de la vérité en disculpant immédiatement les CRS, qui ont lancé la grenade

    https://twitter.com/Poulin2012/status/1433032070440357888

  • Le brillant inspecteur des finances fraudait le fisc
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/08/20/le-brillant-inspecteur-des-finances-fraudait-le-fisc_6091902_3224.html

    Six mois après le décès du #banquier d’affaires Jean-Marc Forneri, deux de ses complices ont été condamnés pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale ».

    Le temps long nécessaire aux enquêtes judiciaires internationales permet parfois de préserver les nécrologies de quelques épisodes peu flatteurs. Jean-Marc Forneri, grand banquier d’affaires et patron du grand #port maritime de #Marseille, est décédé brutalement à l’âge de 61 ans, le 28 décembre 2020. Il a échappé au procès qui l’attendait pour fraude fiscale et blanchiment.

    Ce volet sombre de la vie du brillant énarque, inspecteur des finances passé par le cabinet d’Edouard Balladur au ministère des finances en 1987, sur lequel le Parquet national financier enquêtait depuis 2015 en toute discrétion, n’aurait jamais été ébruité si deux de ses complices n’avaient pas été condamnés, le 24 juin, pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale ».

    A lire le jugement de la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, M. Forneri, contre lequel l’action publique était éteinte du fait de son décès, avait organisé, notamment au moyen de sociétés-écrans aux Bahamas, la dissimulation d’une partie de ses revenus et de son patrimoine pour minorer ses impôts sur le revenu et sur la fortune. Une perquisition à son domicile en mars 2017, une demande d’entraide judiciaire adressée au Royaume-Uni en 2016 et trois demandes d’entraide adressées à la justice des Bahamas en 2016 et 2017 auront été nécessaires pour découvrir de nombreux comptes bancaires offshore ayant permis de blanchir 6,6 millions d’euros de #fraude_fiscale depuis 2005. Le tribunal décrit par le menu les « procédés frauduleux incontestablement mis en place de manière volontaire par M. Forneri pour dissimuler son patrimoine et blanchir ses revenus non déclarés ».

  • Dans le parc national des Calanques, la traque aux locations illégales de bateaux
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/08/06/dans-le-parc-national-des-calanques-la-traque-aux-locations-illegales-de-bat


    Bateaux dans une calanque entre La Ciotat et Marseille, le 4 août 2021.
    OLIVIER MONGE/ MYOP POUR « LE MONDE »

    Surfréquentée, la zone protégée qui borde Marseille subit un phénomène d’ubérisation. Une situation qui provoque des dangers pour l’environnement et des conflits, en mer comme au mouillage.

    Jumelles en main, arme et menottes au flanc, Thierry Houard, chef du secteur littoral est et haute mer du parc national des Calanques, inspecte les quelques bateaux qui mouillent à l’entrée de la calanque de Morgiou. Ce mercredi 4 août, la journée est nuageuse, sûrement la plus fraîche de l’été, mais la patrouille d’inspecteurs de l’environnement qu’il dirige est partie tôt du port de La Ciotat (Bouches-du-Rhône).

    Depuis l’ouverture de la saison estivale, les équipes du parc, en collaboration avec le parquet de Marseille et la préfecture maritime, ont lancé, parallèlement à leurs activités de contrôle habituelles, une traque aux locations illégales de bateaux. « Un phénomène que nous surveillons depuis quelques années, mais qui prend chaque saison de l’importance et entraîne des dangers pour l’environnement et de nombreux conflits d’usage, en mer comme au mouillage », assure l’agent du parc, qui évoque un « phénomène d’ubérisation dû au succès des plates-formes de location sur Internet ».

    Des règles strictes
    Sur l’eau, le cocktail est aussi explosif qu’à terre et provoque les mêmes effets de surfréquentation pour le seul parc national périurbain de France. Une affluence touristique en hausse (+ 11 % de visiteurs français dans les Bouches-du-Rhône à la mi-juillet par rapport à 2019), une soif de liberté postconfinement et une démocratisation de l’accès à certaines pratiques, comme la plaisance, grâce aux outils numériques.

    En été, sur dix bateaux repérés entre Marseille, Cassis et La Ciotat, huit seraient loués, assure le parc national. « Nous sommes passés d’une majorité d’utilisateurs propriétaires qui connaissent bien le secteur et leur embarcation, à des consommateurs d’espaces maritimes, qui veulent se faire plaisir pendant quelques heures et n’ont pas la même formation à la mer », poursuit le directeur adjoint, Nicolas Chardin. Une nouvelle population avec laquelle les rapports sont parfois tendus pour les agents assermentés.

    Si le parc national des Calanques se défend d’être opposé au principe de la location, il a édicté des règles strictes depuis décembre 2019. Un propriétaire privé qui souhaite louer son bateau pour une balade dans ses eaux ne peut le faire que cinq fois par an. Il doit obligatoirement remplir une déclaration numérique et en donner copie à son client. Comme sur le reste du littoral, impossible pour lui de proposer une prestation rémunérée de skipper s’il n’est pas un professionnel diplômé. « -Cela est considéré comme du transport de passagers et du travail déguisé- », rappelle Mathieu Imbert, chef de secteur adjoint. Avec les loueurs professionnels, d’autres règles sont en vigueur : seuls 600 bateaux bénéficient de la vignette verte, passe obligatoire pour mouiller dans le parc. Un quota qui provoque la colère de certains professionnels.

    • Par pitié, arrêtez de venir à #marseille en juillet/août. @Aur0rax

      https://twitter.com/Aur0rax/status/1423749896776060936

      La ville suffoque. Elle n’est pas adaptée au tourisme de masse. Tout est saturé. Et pour nous qui y vivons toute l’année, c’est devenu insupportable :-/

      Ici il faut beau une grande partie de l’année. Étalez vos séjours hors saison au moins.
      Et surtout comportez vous ici comme vous vous comportez chez vous (où je doute que vous preniez les transports en commun... en maillot de bain...)

      Marseille n’est pas une ville balnéaire dédiée au tourisme. Près de 900 000 personnes y vivent toute l’année. Les conditions de vie y sont difficiles, la ville est pauvre et en souffrance. Merci de respecter les habitants.

      On parle de rendre l’accès aux calanques payant pour éviter que le tourisme de masse les DETRUISE.
      J’espere que les marseillais pourront continuer à s’y rendre gratuitement parce que pour rappel, les gens ici sont PAUVRES.

      Quel plaisir prenez-vous à vous entasser dans les chemins de rando comme sur la ligne 13 du métro parisien ? Je pige pas.
      Plus un cm2 disponible sur les plages. Vous kiffez ça vous ? Parce que pas nous.

      J’étais exaspérée que cette ville soit méprisée. Je suis désespérée qu’elle soit devenue tendance....

      #Marseille #calanques

    • avec la patrouille d’inspecteurs de l’environnement, suite

      Une large opération

      En sortant du port de La Ciotat, quelques heures plus tôt, la patrouille de Thierry Houard a pris le temps d’inspecter les bateaux qui mouillent en lisière du périmètre marin protégé. Photos, vérification des immatriculations… « Ceux-là, on les connaît, signale Mathieu Imbert, en montrant deux semi-rigides qui se dandinent sur les eaux. Ils appartiennent à deux gars du coin qui les louent. En tout, ils en ont seize. » Sur Internet, les petites annonces du duo ont été repérées et décortiquées. Et les inspecteurs, qui y voient une activité commerciale déguisée, ont lancé une procédure. Une des cinq actions juridiques ouvertes depuis le début de l’été auprès du parquet de Marseille et de son « groupe opérationnel calanques » spécialement créé en 2012.

      Mardi 3 août, une large opération coordonnée par la préfecture maritime a quadrillé le littoral phocéen. Si elle visait plutôt les Jet-Ski, dont les locations sauvages électrisent élus locaux, forces de l’ordre et usagers de la mer, elle a permis de repérer une embarcation plus imposante dans les eaux du parc national. « Un bateau pourtant loué par une entreprise agréée mais qui ne possédait pas de vignette », explique Mathieu Imbert. Le navire a été reconduit aux frontières de la zone protégée, privant ses locataires de leur journée tarifée au paradis.

      Sur leur semi-rigide, les inspecteurs de l’environnement ont appris à guetter certains indices. « Un capitaine cramé par le soleil qui convoie une famille pas bronzée du tout, un vieux qui pilote un groupe de jeunes qui font la fête… », énumèrent-ils. Autant d’assemblages qui peuvent trahir un propriétaire qui met ses services et son bateau en location. Souvent, lors des contrôles, les inspecteurs se voient offrir une première réponse bien rodée. Un ami ou un membre de la famille a mis à disposition le navire. « C’est dingue le nombre de gens qui ont la chance d’avoir des amis qui leur prêtent un bateau », s’amuse Thierry Houard.

      « Pas les outils législatifs adéquats »

      Pour le commissaire général Thierry Duchesne, adjoint du préfet maritime de Méditerranée, la montée des locations sauvages est « un phénomène de société qui prend de l’importance, avec des loueurs peu scrupuleux sur les comportements de leurs locataires ». « Certains ne savent même pas ce qu’est un chenal d’accès », s’inquiète l’officier. Cet été, la préfecture maritime assure avoir programmé des contrôles « très renforcés » autour de la zone de Marseille. « Mais, contrairement à ce qui se passe sur terre avec le code de la route, nous n’avons pas les outils législatifs adéquats qui nous permettraient de saisir les bateaux », regrette l’officier. Un dossier sur lequel planche la députée LRM des Bouches-du-Rhône Claire Pitollat, qui prône activement « une modification du code maritime et la création d’une fourrière nautique ».

      Dans ses bureaux sur le Vieux-Port, Mathieu Morin, président de la chambre syndicale du nautisme à la métropole de Marseille et fondateur de Zeboat, le plus important loueur agréé de la ville, se félicite de la démocratisation des activités nautiques mais estime que « l’économie collaborative a généré un flux non maîtrisé et non maîtrisable ». « On voit des conflits aux pompes à essence, sur les quais, dans les zones de mouillage et les cales où le plaisancier doit affronter celui qui met ses cinq bateaux à la mer », raconte-t-il.

      Directeur général de Click and Boat , le leader de la mise en relation pour la location de bateaux, Jérémy Bismuth sait bien que les critiques le visent en premier chef. Marseille est, depuis la création de sa plate-forme, il y a huit ans, la destination vedette en nombre de bateaux et de réservations, et l’été 2021 s’y annonce encore florissant. « Nous avons 580 bateaux en location, dont la moitié appartient à des professionnels », explique ce Marseillais d’origine qui connaît parfaitement le littoral. « Qu’il y ait du monde en août dans les calanques, cela n’a rien de choquant », assume-t-il. L’entrepreneur voit plutôt dans les règles du parc « une façon de protéger un petit village, qui ne profitera à personne ». Lui préfère mettre en avant les cinquante emplois créés sur place et les propriétaires, qui, « s’ils n’avaient pas l’occasion de louer leur bateau, n’auraient pas les moyens de le garder ».

      Quant aux revenus générés par les locations, il rappelle que, depuis 2020, la loi oblige toutes les plates-formes numériques à les déclarer directement aux autorités. Sur les eaux de Morgiou, Thierry Houard aborde l’avenir de façon moins optimiste. « Je n’ai pas du tout l’impression qu’on progresse. Il y a peut-être une sensibilisation plus forte à la nécessité de protéger le parc, mais elle est annihilée par l’explosion de la fréquentation », souffle l’inspecteur.

      #tourisme

  • Filmer le #centre-ville de #Marseille
    https://metropolitiques.eu/Filmer-le-centre-ville-de-Marseille.html

    Les centres-villes sont marqués par des conflits d’appropriation, mais également de représentation. Gaël Marsaud étudie comment un corpus de documentaires sur les #habitants et les habitantes de la rue de la République à Marseille construit une autre mise en récit de ce centre-ville populaire que celle des aménageurs et des pouvoirs locaux. Au début des années 2000, la rue de la République, située dans le périmètre d’Euroméditerranée, a été l’objet d’un vaste projet de réaménagement (Berry et Deboulet #Terrains

    / Marseille, #documentaire, centre-ville, #mobilisation, habitants, #rénovation_urbaine

  • Habitat indigne à Marseille : prison ferme et fortes amendes pour deux propriétaies
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/07/habitat-indigne-a-marseille-prison-ferme-et-fortes-amendes_6087396_3224.html

    Une habitante de la région parisienne marchant difficilement avec une canne, un professionnel de santé ayant pignon sur rue à Marseille : deux profils différents, mais qui, aux yeux des juges, partagent un même « appât du gain au mépris de leurs locataires ». Le tribunal correctionnel de Marseille a ainsi condamné ces deux personnes mercredi 7 juillet (pour mise en danger d’autrui, notamment) à des peines de prison ferme ainsi qu’à de fortes amendes. Des jugements perçus comme un message de sévérité lancé aux marchands de sommeil, deux ans et demi après l’effondrement de deux immeubles rue d’Aubagne (survenu le 5 novembre 2018), qui avait fait huit morts.

    #paywall

    #marseille #habitat #habitat_indigne #profiteurs

  • L’esprit d’escalier : livre numérique et jeu de cartes de Pierre Ménard. Fugue à deux voix et multiples combinaisons

    http://www.liminaire.fr/liminaire/article/l-esprit-d-escalier

    Fugue à deux voix et multiples combinaisons

    L’esprit d’escalier est un livre numérique publié en 2020 par La Marelle éditions.

    Il est disponible au prix de 4,99 € sur le site de La Marelle.
    Le texte se présente également sous la forme d’un jeu de cartes disponible au prix de 18 € (version numérique et frais de port inclus) sur la librairie en ligne Heures indues

    #Lectures, #Marseille, #Écriture, #Poésie, #Récit, #Voix, #Cartes, #Numérique, #Combinatoire, #Dérive, #Escaliers, #Sensation, #Amour

  • Les Dimanches de la Canebière. Politiques d’attractivité et événements culturels à l’échelle de la rue
    https://metropolitiques.eu/Les-Dimanches-de-la-Canebiere-Politiques-d-attractivite-et-evenement

    Comment les événements culturels contribuent-ils à l’attractivité urbaine ? Nicolas Maisetti étudie le cas des Dimanches de la Canebière et interroge l’avenir de la politique de reconquête socio-spatiale de l’hyper-centre de #Marseille qui a présidé à la mise en place de cet événement. À l’occasion du 90e anniversaire de la « création » de la Canebière en janvier 2017, la mairie du premier secteur de Marseille (regroupant les 1er et 7e arrondissements, au cœur du #centre-ville) inaugure les « Dimanches de la #Terrains

    / Marseille, centre-ville, attractivité, #événements_urbains, #culture

    #attractivité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-maisetti4-2.pdf

  • A #Marseille, l’école #Bugeaud bientôt rebaptisée du nom d’un tirailleur algérien

    « Une école peut porter le nom d’un #héros, pas d’un #bourreau », estime le maire socialiste Benoît Payan, qui a décidé de retirer le patronyme du conquérant de l’#Algérie au profit de celui d’#Ahmed_Litim, libérateur de Marseille.

    L’école primaire Bugeaud, dans le 3e arrondissement de Marseille, sera bientôt débaptisée pour porter le nom d’un soldat inconnu, Ahmed Litim, tirailleur algérien, libérateur de Marseille, mort à 24 ans le 25 août 1944 sous le feu des occupants nazis.

    La délibération qui doit officialiser cette décision sera présentée au conseil municipal vendredi 21 mai. Mais, pilotée de bout en bout par le maire socialiste Benoît Payan, leader du Printemps marseillais, elle devrait être largement soutenue par la majorité de gauche, écologiste et citoyenne qui dirige la ville.

    « Une école de la République peut porter le nom d’un héros, mais pas celui d’un bourreau », assure le maire de Marseille au Monde pour expliquer son choix. « Chaque matin, des enfants rentrent sous un fronton où sont inscrits à la fois la devise de la République – “Liberté, Egalité, Fraternité” – et le nom de Bugeaud, ce qui est totalement contradictoire », s’indigne-t-il. Maréchal de France, gouverneur général de l’Algérie dès 1840, Thomas Bugeaud (1784-1849) s’est d’abord illustré dans les campagnes napoléoniennes, réprimant férocement les rébellions, notamment en Espagne. Mais il reste dans l’histoire comme l’officier qui a soumis l’Algérie et forcé l’émir Abd El-Kader à déposer les armes, en 1847.

    Une victoire militaire obtenue par des méthodes dénoncées à l’époque jusque devant la Chambre des pairs, notamment la mise à mort de milliers de civils, enfumés dans les grottes où ils avaient trouvé refuge. « Bugeaud met aussi en place la politique de la terre brûlée, dont l’objectif est de dégoûter à jamais la population de toute résistance. Quand il débarque à Alger, il apporte avec lui des malles entières de médaillons portant l’inscription “arabe soumis” », rappelle l’historien Ahmed Bouyerdene, conseiller scientifique de l’exposition Abd El-Kader prévue au printemps 2022 au MuCEM, à Marseille.

    #paywall

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/11/a-marseille-l-ecole-bugeaud-debaptisee-pour-porter-le-nom-d-un-tirailleur-al
    #école #toponymie #toponymie_politique #tirailleurs #France

    ping @cede

  • Notes anthropologiques (LXII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-LXII

    « La violence sacrificielle manipulée par les seigneurs a servi à renforcer les inégalités sociales, en concentrant et en centralisant le pouvoir. Maurice Godelier rappelle justement que, dans la théorisation du don, Mauss ajoute une quatrième obligation, souvent oubliée, aux trois étapes classiques de la réciprocité : donner, recevoir, rendre. Il s’agit de l’obligation de faire des dons aux dieux et aux hommes qui les représentent. Les offrandes et les sacrifices auraient la capacité de “contraindre” les divinités à continuer à dispenser aux humains les biens dont ils sont les maîtres (pluie, nourriture, plantes, richesses diverses). Dans ces rapports, les dieux et les esprits sont toujours supérieurs aux hommes, qui restent perpétuellement les débiteurs. La formation de classes sociales et la divinisation des seigneurs (rois, souverains) qui manipulent ces croyances sont corrélatives de cet “endettement”. C’est la dette de la vie (de l’énergie qui anime les hommes, de leur sang) que les hommes doivent payer régulièrement aux divinités par le truchement de ceux qui les représentent, voire de ceux qui les incarnent. Le sacrifice humain est donc une prédation et il n’est pas étonnant que les félins, les plus grands prédateurs du règne animal, apparaissent constamment dans l’iconographie des peuples américains. »

    Dans un premier temps, Je me propose de commenter ce passage de Carmen Bernand tiré de son livre Histoire des peuples d’Amérique.

    La première remarque concerne le don aux dieux, qui serait selon l’opinion de Maurice Godelier une quatrième obligation, le plus souvent oubliée, dans les étapes concernant le don : le don aux dieux viendrait donc couronner les différents moments qui définissent d’un point de vue théorique la pratique du don : donner, obligation de recevoir, obligation de rendre et, enfin obligation de faire des dons aux dieux. Dans cette affaire, Maurice Godelier et à sa suite Carmen Bernand confondent, volontairement ou non, deux circonstances différentes qui peuvent se présenter en fonction du donneur : il s’agit de rendre à qui donne. (...)

    #anthropologie #Carmen_Bernand #Maurice_Godelier #Marshall_Sahlins #Luc_de_Heusch #don #dette #dieux #assujettissement #aliénation #banques #insoumission #zapatistes

  • Comment le rap construit sa centralité à #Marseille ?
    https://metropolitiques.eu/Comment-le-rap-construit-sa-centralite-a-Marseille.html

    Comment s’opère l’association entre un répertoire culturel et un territoire urbain ? À partir d’une enquête ethnographique auprès d’artistes marseillais, Rémi Boivin met en lumière les « ressources écologiques » que ces derniers mobilisent pour construire à Marseille la centralité du rap. Peut-on associer un répertoire culturel et un territoire ? Cet article se propose de mettre ce questionnement à l’épreuve d’un cas empirique : le rap à et de Marseille au cours des années 2010. En s’appuyant sur une #Terrains

    / Marseille, #musique, centralité, #centre-ville, #culture

    #centralité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_boivin.pdf

  • Marseille (Dé)coloniale | Ancrages

    https://ancrages.org/agenda/marseille-decoloniale

    Depuis sa création, Ancrages s’est donnée pour mission de dévoiler les angles morts de l’histoire (dé)coloniale à Marseille et de valoriser la transmission des vagues de peuplement issues des migrations, en s’appuyant sur des partenaires de la recherche, des institutions patrimoniales et des demandes sociales des habitants. Aujourd’hui, nous somme heureux de rejoindre les partenaires de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (FME) à l’occasion des vingt ans de la loi Taubira, qui reconnait l’esclavage et la traite comme crimes contre l’humanité. En résonance avec le « Mois des Mémoires », découvrez notre programme d‘événements « Marseille (Dé)coloniale » autour des expositions, balades et ateliers de médiation, qui montrent combien ces périodes participent encore de nos « imaginaires » et constituent des héritages multiples de la narration urbaine. Pour en savoir plus, cliquez ici.

    #études_décoloniales

  • Dans #Orwell (1984) Winston travaille au ministère de la Vérité où il réécrit a postériori l’actualité pour que #BigBrother ait raison, même quand il a tort. A #Marseille le maire socialiste Benoit Payan vient de débaptiser l’école primaire Bugeaud pour lui donner le nom d’un tirailleur. La réécriture de l’histoire c’est faire disparaître de force le passé, quand il s’accomode mal avec le #Socialisme local. Le SocMar (socialisme marseillais en #novlangue) a frappé.
    http://michelcampillo.com/blog/1984.html

  • Marseille : la chasse aux fêtards
    https://cqfd-journal.org/Marseille-la-chasse-aux-fetards

    Les témoignages concordent. Cette année, le carnaval de la Plaine, « c’était vraiment chouette ». Et même : « Ça faisait trooooooop du bien ! » Imaginez : l’espace de quelques heures, retrouver la foule, le rire, les chants, les déguisements cocasses. Se dire que bordel, on avait oublié ce qu’on ressent au fond des tripes quand Marseille est une fête. Et voir, en fin de défilé, les flammes avaler l’effigie de Gérald Darmanin et de quelques autres tristes sires…

    D’après la préfecture de police, ils étaient quelque 6 500 dans les rues ce dimanche 21 mars. Un chiffre gonflé pour crier plus fort au scandale ? Des carnavaliers s’interrogent. Reste qu’ils (et elles) étaient assurément des milliers et que dans le lot, beaucoup ne portaient pas de masque anti-Covid – en tout cas pas tout le temps. Pas forcément l’idéal en termes de risque sanitaire.

    Mais, à la décharge des fêtards, comment ne pas rappeler que trois jours auparavant, Jean Castex appelait à un confinement digne du film Enfermés dehors d’Albert Dupontel ? « On sait aujourd’hui qu’on se contamine infiniment moins quand on se promène en plein air qu’en étant regroupés, sans masque, en intérieur », rassurait le Premier ministre. Comment oublier que d’après l’Agence régionale de santé de Bretagne, aucun cluster particulier n’a été découvert après la soirée techno du Nouvel An et ses quelque 2 500 teufeurs réunis sans masque dans un hangar à Lieuron (Ille- et-Vilaine) ? Et comment ne pas comprendre que certains aient eu envie d’une petite pause après douze mois de vie covidée, marqués par les décisions absurdes et contradictoires d’un président erratique qui continue de rationner l’hôpital public ? Au terme d’une année morose pour le mouvement social, comment délégitimer la volonté de protester joyeusement contre un gouvernement qui continue d’enchaîner les réformes régressives ?

    Passée maîtresse dans l’art de l’outrance verbale, la droite locale s’est empressée de crier à « un véritable attentat sanitaire contre les Marseillais », selon les termes de la sénatrice Valérie Boyer (LR). Un peu plus à gauche, le maire Benoît Payan (PS) disait sa « colère ». Ses adjoints à la culture et à la sécurité étaient plus mesurés. Il faut dire qu’au moins un élu d’arrondissement de la majorité municipale figurait dans le cortège...

    #carnaval_de_la_Plaine #Marseille #attentat_sanitaire #carnaval

  • #Marseille privatopia : les #enclaves_résidentielles à Marseille : logiques spatiales, formes et représentations

    Marseille : privatopia ?

    La forte multiplication des « #résidences_fermées_sécurisées » est une tendance observée dans les #villes européennes et françaises, après celles d’Amérique latine, des USA, d’Afrique du sud etc. En #France, elle a surtout été repérée et analysée en contextes péri-urbains (Ile de France, Côte d’Azur, banlieues de Toulouse et Montpellier). Partout où elle se développe, cette tendance est souvent attribuée aux inquiétudes des habitants pour la #sûreté, ou leur #qualité_de_vie, ainsi qu’à des #replis_sociaux, thèmes récurrents dans les médias et discours politiques. Elle est aussi liée au rôle d’une « offre » portée par les majors de l’immobilier. Mais elle est aussi soutenue indirectement, dans le contexte néolibéral, par des pouvoirs publics qui se déchargent ainsi de l’aménagement et de la gestion d’#espaces_de_proximité.

    Nous observons et analysons depuis 2007 cette prolifération des #fermetures à Marseille. Après un premier état des lieux (Dorier et al, 2010), nous avons mené une second #inventaire exhaustif en 2013-2014. Et depuis lors, nous menons une veille ciblée sur certains secteurs. Démarrée au début des années 90, la diffusion des #enclosures atteint des sommets à Marseille où elle n’a quasiment pas été régulée : des #marges et des #enclaves se construisent ainsi dès qu’on s’éloigne du centre historique (Dorier, Dario, 2016). Au point que la #fermeture des #espaces_résidentiels, de leurs #rues et espaces de plein air semble en train de devenir la norme (Dorier, Dario, 2018)

    Depuis 25 ans, Marseille n’a cessé de se cloisonner de plus en plus et ce processus est venu aggraver les #inégalités d’#accès_aux_équipements et aux « #aménités » urbaines. Le #parc bâti du centre ville paupérisé s’est dégradé jusqu’à l’effondrement et au risque de péril imminent de centaines d’immeubles, qui ont du être évacués en urgence depuis novembre 2018, comme on le voit sur la carte de droite (voir aussi page dédiée). Pendant ce temps, les quartiers du sud et de l’est, ainsi que les zones en rénovation, se sont transformées en mosaïques résidentielles clôturées, sous le double effet de la #promotion_immobilière et de ré-aménagements voulus par les associations de #copropriétaires. Ils dessinent des espaces pour classes moyennes à aisées, sous forme de #lotissements et d’#ensembles_immobiliers majoritairement fermés et sécurisés, chacun doté de ses propres espaces « communs » privés : parkings, voirie privée, jardins.

    Cette « #Privatopia » tourne d’abord le dos au centre historique, à ses ilots anciens décrépis où l’action publique s’est illustrée par son inefficience pendant des décennies. La fermeture se diffuse d’abord dans les zones favorisées, puis dans les périphéries ouvertes à l’urbanisation, enfin dans les zones de rénovation urbaine : la création de nouvelles résidences fermées est devenue un moyen pour valoriser des opérations immobilières et y attirer des classes moyennes, face aux copropriétés dégradées et aux ensembles HLM appauvris. Lorqu’un bailleur rénove un ensemble de logements sociaux, celui-ci est également « résidentialisé », même si, avec des années de recul sur cette pratique, on sait désormais que clôturer ne résoud pas les problèmes socio-économiques des quartiers, ni même les problèmes de sécurité. Au contraire, la fragmentation physique pourrait bien alimenter les tendances aux séparatismes sociaux en tous genres.

    D’après nos enquêtes, en dehors des formes d’entresoi spécifique de quartiers particulièrement aisés, comme la colline Périer, et ses « gated communities » surplombant la mer, la fermeture est d’abord fortement associée au « tout voiture » qui caractérise encore Marseille et à la concurrence pour le stationnement résidentiel : les premiers espaces à être clôturés sont les parkings. Elle est également liée à 25 années de désengagement croissant de la municipalité dans la gestion de proximité (propreté, entretien des espaces verts, sécurisation publique des rues) ainsi qu’un encouragement de l’urbanisation privée par des ventes de parcelles publiques ou des zones d’aménagement favorisant la promotion immobilière. La fermeture résidentielle traduit l’affirmation d’une économie résidentielle, le rôle des promoteurs, syndics, copropriétés étant crucial : la « sécurisation » (privée) est supposée faire augmenter la valeur marchande des biens immobiliers… Enfin, la fermeture traduit une accentuation des replis sociaux : à Marseille la clôture « a posteriori » de rues qui étaient auparavant ouvertes au passage représente 55% des cas observés.

    Certains espaces du 8ème, 9ème, 12ème , nord du 13ème arrondissements (Les Olives), caractéristiques de cette urbanisation privée, deviennent un assemblage désordonné de copropriétés et d’enclaves de moins en moins accessibles et traversantes. La fermeture se diffuse par mimétisme, les ensembles résidentiels forment des « agrégats », qui bloquent les circulations : une véritable situation de thrombose dans certains quartiers, anciens comme récents (les Olives, Ste Marthe). Le comble, c’est que dans ces quartiers, les plus favorisés, au cadre de vie « a priori » le plus agréable, les déplacements à pied ou en vélo tiennent désormais de l’exploit. Les détours imposés par les barrières qui enserrent chaque rue ou jardin privé de résidence obligent à prendre la voiture pour accompagner un enfant à l’école du coin, acheter le pain… La ville perd de plus en plus en cohérence, et, avec cette juxtaposition de résidences sécurisées certains quartier ressemblent plus à une mosaïque de co-propriétés qu’à… une ville. Cela a été mis en évidence et modélisé par la toute récente thèse de Julien Dario (2019), réalisée dans le cadre de ce projet.

    A Marseille, depuis 2007, nous avons opté pour une étude empirique, directe, sur le terrain. Nous pu ainsi vérifier l’hypothèse qu’aux initiatives spontanées de fermeture de rues et de lotissements a posteriori, longtemps après leur construction, s’ajoutent des stratégies nouvelles. Elles associent promotion privée et action publique, et sont destinées à faire évoluer le peuplement de quartiers de la ville, à travers la production de logement « de qualité » attirant des classes moyennes et supérieures. Promoteurs et décideurs semblent juger utile de les rassurer à travers la livraison d’ensembles qui sont quasiment tous fermés dès la construction … En 12 ans, de 2008 à 2020 une série d’études, de masters et thèses ont permis de décrire et quantifier ce processus, d’observer la progression d’une fragmentation urbaine qui s’accroît aux échelles fines et d’évaluer ses impacts.

    Nos études se sont focalisées sur les fermetures massives des aires privilégiées (Colline Périer, Littoral Sud, Nord-Est avec la technopole de Chateau Gombert), et la transformation résidentielle de certains territoires périphériques en zones d’investissements immobiliers rentables, attirant des classes moyennes et supérieures (Littoral Nord, Sainte Marthe, grand centre ville/Euromed, franges du parc National des Calanques comme la ZAC de la Jarre). les résidences fermées deviennent ainsi un outil de plus value foncière… et de recompositions urbaines, valorisant toutes les zones ayant un attrait environnemental, tout en en restreignant l’accès.

    La diffusion d’un modèle

    Notre méthodologie a permis de prendre la mesure du phénomène à l’échelle d’une ville entière, et sur la durée, ce qui n’a pas été réalisé ailleurs en France. A deux reprises (2008-2009 et 2013-2014), la commune entière a été arpentée, chaque ensemble résidentiel fermé a été géolocalisé dans un SIG, inventorié, décrit, photographié, afin d’établir un corpus exhaustif : 1001 résidences ou lotissements étaient enclos en 2009, plus de 1550 en 2014. L’ensemble des clôtures ont été datées à partir d’enquête directe ou par photo-interprétation. Cette démarche est relatée dans deux rapports de recherche (Dorier et al., 2010 et 2014), 13 masters et une thèse (Dario, 2019).

    Le recours au SIG (Système d’information géographique) a permis de tracer leur histoire, en croisant les localisations avec des images aériennes anciennes, le cadastre, la chronologie des programmes immobiliers. En 2011 et 2012, la première étude du LPED est actualisée à travers plusieurs mémoires d’étudiants sous la direction d’E.Dorier et S.Bridier. Ceux-ci observent une accélération des dynamiques d’enclosures dans les quartiers sud (Dario J. 2010, Toth P.2012), leur multiplication et leur diffusion dans les quartiers nord (Balasc et Dolo 2011, Dolo 2012, Robillard 2012). La propagation se fait beaucoup par mimétisme : plus de la moitié des ensembles fermés sont collés les uns aux autres, par grappes, transformant la physionomie et les usages possibles de l’espace urbain et développant des « marges » urbaines cloisonnées. On peut le vérifier, à travers l’exemple d’une marge Nord-Est de Marseille, sur les franges ville-espaces péri-urbains Les Olives : une juxtaposition désordonnée de lotissements fermés.

    Nous avons aussi beaucoup observé, recueilli de nombreux témoignages auprès de résidents, de riverains, de syndics, d’agences, de techniciens de l’urbanisme… Nous avons séjourné dans plusieurs de ces résidences. Nous poursuivons la veille sur certains contextes sensibles à haut potentiel spéculatif immobilier, comme la frange du massif des calanques ou sainte Marthe, ou encore des espaces où les fermetures sont conflictuelles. Par des analyses d’archives, des enquêtes fines sur des contextes urbains, des entretiens avec acteurs et habitants, des analyses de périmètres de la politique de la ville, le suivi de conflits de voisinages nous avons ensuite analysé les facteurs historiques et les impacts associés à cette dynamique d’enclosures, les inégalités sociales, les impacts sur la circulation, les inégalités environnementale (D.Rouquier 2013, J.Dario, 2019 et la thèse en cours de P. Toth, consacrée aux 8ème et 9ème arrondissements).

    Au final, on met à jour une dynamique de transition libérale, individualiste et sécuritaire, associée au règne de la voiture dans la ville (beaucoup de clôtures ont au départ pour justification le seul parking), qui freine d’autres évolutions souhaitables (transition écologique, inclusion sociale). Si le phénomène se banalise, on constate aussi une complexité territoriale du processus et son épaisseur historique. Dans des contextes de fortes recompositions urbaines (spatiales, foncières, sociales, démographiques), et dans les périmètres de nouvellement urbain, la fermeture d’espaces résidentiels est utilisée comme outil de diversification de l’habitat et de mixité sociale. Le processus n’a pas partout les mêmes motifs ni les mêmes impacts socio-environnementaux. D’où l’intérêt d’approches qualitatives par observations sensibles, entretiens avec des acteurs et habitants, dépouillements d’archives historiques (histoires de rues).

    Les quartiers sud

    En observant le facteur de proximité dans la diffusion, ainsi que le potentiel de valorisation immobilière des terrains vacants ou susceptibles de l’être, plusieurs scénarios de prospective ont été mis au point par Julien Dario pour anticiper l’évolution des espaces susceptibles d’être fermés, transmis à la Ville dans le cadre d’un contrat, comme aide à la décision (Dario 2011, 2014 et 2019). Dans les quartiers sud, on est frappé par la perspective de 53% de taux d’évolution spontané probable de la fermeture dans les 8ème et 9ème arrondissements, si aucune intervention publique ne vient réguler la tendance. Les surfaces touchées par les enclosures (résidences et périmètres d’entreprises) déjà localement très importantes pourraient y atteindre le tiers de la surface totale urbanisée. Des études de cas à échelle fine ont permis d’anticiper plusieurs conflits liés à ces processus (progressifs ou brutaux) en lien avec des dynamiques sociale locales.

    Les cas des lotissements « Coin Joli » et « Barry » (analysés ici par J.Dario entre 2011 et 2019) montrent comment certains dispositifs informels préfigurant l’enclosure sont mis en place progressivement, informellement, parfois subrepticement : enrochements, systèmes physiques fixes contraignants (plots métalliques) permettant encore le passage prudent de deux roues et piétons ; panneaux de sens interdit « privés » et informels apposés à l’extrémité de certaines rues. On passe d’une délimitation par panneautage à une fermeture symbolique et partielle, avant d’évoluer vers l’enclosure, qui peut être conflictuelle en privant de passage les riverains, en réduisant les perméabilités urbaines.

    Les quartiers nord : diffusion des ensembles résidentiels fermés dans les contextes de rénovation urbaine

    Un fait remarquable est la diffusion des enclaves résidentielles fermées au cœur et en bordure des zones urbaines sensibles (ZUS) telles qu’elles ont été définies par l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU). Bénéficiant de la TVA réduite, les promoteurs sont incités à y produire une nouvelle offre de logement privée, afin de permettre une diversification et l’installation de classes moyennes. Mais les enclosures, supposées rassurer les candidats à l’accession à la propriété, et maintenir un niveau de prix élevé ne favorisent pas les relations sociales … et nos études montrent qu’en fait de « mixité », apparaissent de nouvelles formes de fragmentations et même de tensions résidentielles (Dorier et al, 2010, 2012), qui s’accompagnent, par ailleurs de formes d’évitement fonctionnel (Audren, 2015, Audren Baby-Collin, Dorier 2016 , Audren, Dorier, Rouquier, 2019). Le secteur du Plan d’Aou dans le 15ème arrondissement de Marseille, où la restructuration résidentielle est achevée a été analysé à l’aide d’étudiants (Balasc et Dolo 2011). Dans ce secteur cohabitent des zones de logements HLM en fin de réhabilitation, des lotissements anciens qui se sont fermés ou sont en cours de fermeture, des projets immobiliers récents, conçus sécurisés. La juxtaposition de ces différents types d’habitats aux profils sociaux différenciés engendre plus une fragmentation qu’une mixité Fonctionnelle, malgré la proximité. Les interrelations sont faibles entre les ensembles et les espaces. (Dorier, Berry-Chikahoui et Bridier, 2012)

    une crise des urbanités

    Tandis que cette transformation des espaces de copropriétés et rues privées de Marseille se poursuit, des pans entiers de vieux quartiers populaires se délabrent. En 2019, notre cartographie de ces ensembles résidentiels privés fermés ainsi que des HLM « résidentialisés » et enclos (dans les projets de rénovation urbaine) tranche avec la géographie des constructions déclarées en péril et brutalement évacuées de leurs habitants, suite à l’effondrement de deux immeubles vétustes du quartier Noailles, près du Vieux port de Marseille. Notre carte révèle des politiques de l’habitat à plusieurs vitesses, où des décennies de laisser-faire public face à la ville privée s’expriment d’un côté par la dégradation du bâti, et de l’autre par la multiplication de formes de repli et d’entre soi urbain ayant des impacts sur les circulations et sur l’accès aux équipements. A ce stade, des rééquilibrages publics sont indispensables. Quelques initiatives publiques pour maintenir des traverses piétonnières ont été lancées dans certains quartiers très touchés, elles sont compliques par les évolutions législatives (qui facilitent la clôture des espaces privés) ainsi que par la dévolution de la compétence en matière de voirie à la Métropole. Rétablir des accès et servitudes de passage pour les piétons est compliqué dans les espaces privés : il faut passer par une DUP, puis par l’achat d’une bande de terrain par la collectivité pour tracer un cheminement piétonnier. Des interventions seraient possibles dans certains cas où les clôtures ont été posées sur des rues non privées, ou hors de la légalité. Mais la collectovité ne s’auto-saisit pas des cas d’infraction. Les actions au cas par cas risquent de ne pas suffire à endiguer cette véritable crise d’urbanité.

    (observations menées conjointement à nos études sur le mal logement et des évacuations à Marseille).

    le projet ci-dessous a fait l’objet d’une exposition art-science, présentée à l’Espace Pouillon, campus centre Saint Charles de l’Université Marseille Privatopia 8-24 octobre 2020.

    Depuis 2014, une collaboration avec l’artiste peintre Anke Doberauer (photos et tableaux) a été rendue possible grâce à une résidence commune à la Fondation Camargo (2014). La jeune cinéaste Marie Noëlle Battaglia a également réalisé en 2020 un documentaire « En remontant les murs » inspiré par nos recherches, et en lien avec l’équipe (avant première le 18 octobre 2020, dans le cadre du festival Image de ville). Ces collaborations ont déjà donné lieu à des présentations croisées, comme celle du 3 avril 2019 organisée par le Goethe Institut à la Friche de la belle de mai, et pourraient déboucher sur une exposition et un ouvrage commun.

    Rapports de recherche-action :

    Dorier E. Dario J. Rouquier D. Bridier S. , (2014), Bilan scientifique de l’étude « Marseille, ville passante », Contrat de collaboration de recherche : « Développement urbain durable à Marseille » n°12/00718, 13 cartes, 18 croquis, 24 tableaux. juin 2014, 90 p.

    Dorier E. (dir), BERRY-CHIKHAOUI I., BRIDIER S., BABY-COLLIN V., AUDREN G., GARNIAUX J. (2010), La diffusion des ensembles résidentiels fermés à Marseille. Les urbanités d’une ville fragmentée, rapport de recherche au PUCA, Contrat de recherche D 0721 ( E.J. 07 00 905), 202 p, 35 cartes et croquis, 30 graphiques, 68 illustrations photographiques.

    Ces rapports ont donné lieu à de nombreuses restitutions publiques auprès des services de l’Urbanisme de la Ville, la Communauté urbaine, l’Agence d’Urbanisme (Agam), le département.

    Articles scientifiques :

    Dorier E. Dario J., 2018, « Gated communities in Marseille, urban fragmentation becoming the norm ? », L’Espace géographique, 2018/4 (Volume 47), p. 323-345. URL : https://www.cairn.info/journal-espace-geographique-2018-4-page-323.htm (traduction texte intégral ) texte intégral (ENG.) DORIER DARIO Espace geo anglais EG_474_0323

    Dorier E. Dario J., 2018, « Les espaces résidentiels fermés à Marseille, la fragmentation urbaine devient-elle une norme ? » l’Espace géographique, 2018-4 pp. 323-345.

    Dorier E., Dario J., 2016, « Des marges choisies et construites : les résidences fermées », in Grésillon E., Alexandre B., Sajaloli B. (cord.), 2016. La France des marges, Armand Colin, Paris, p. 213-224.

    Audren, G., Baby-Collin V. et Dorier, É. (2016) « Quelles mixités dans une ville fragmentée ? Dynamiques locales de l’espace scolaire marseillais. » in Lien social et politiques, n°77, Transformation sociale des quartiers urbains : mixité et nouveaux voisinages, p. 38-61 http://www.erudit.org/revue/lsp/2016/v/n77/1037901ar.pdf

    Audren, G., Dorier, É. et Rouquier, D., 2015, « Géographie de la fragmentation urbaine et territoire scolaire : effets des contextes locaux sur les pratiques scolaires à Marseille », Actes de colloque. Rennes, ESO, CREAD, Université de Rennes 2. Actes en ligne.

    Dorier E, Berry-Chickhaoui I, Bridier S ., 2012, Fermeture résidentielle et politiques urbaines, le cas marseillais. In Articulo– – Journal of Urban Research, n°8 (juillet 2012).

    Thèses

    Audren Gwenaelle (2015), Géographie de la fragmentation urbaine et territoires scolaires à Marseille, Université d’Aix Marseille, LPED. Sous la dir. d’Elisabeth Dorier et de V.Baby-Collin

    Dario Julien (2019) Géographie d’une ville fragmentée : morphogenèse, gouvernance des voies et impacts de la fermeture résidentielle à Marseille, Sous la dir. d’Elisabeth Dorier et de Sébastien Bridier. Telecharger ici la version complète. Cette thèse est lauréate du Grand prix de thèse sur la Ville 2020 PUCA/ APERAU/ Institut CDC pour la Recherche, Caisse des Dépôts

    Toth Palma (soutenance prévue 2021), Fragmentations versus urbanité(s) : vivre dans l’archipel des quartiers sud de Marseille Université d’Aix Marseille, LPED , Sous la direction de Elisabeth Dorier

    Posters scientifiques :

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E., 2014, Les Ensembles résidentiels fermés à Marseille, in SIG 2014, Conférence francophone ESRI, 1-2 octobre 2014 – http://www.esrifrance.fr/iso_album/15_marseille.pdf

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E, 2014, Marseille, fragmentation spatiale, fermeture résidentielle, LPED – Aix-Marseille Université, poster scientifique, Festival international de géographie de Saint Dié, oct 2014. https://www.reseau-canope.fr/fig-st-die/fileadmin/contenus/2014/conference_Elisabeth_Dorier_poster_LPED_1_Marseille.pdf

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E., 2014, Marseille, Voies fermées, Ville passante, LPED – Aix-Marseille Université, poster. http://www.reseau-canope.fr/fig-st-die/fileadmin/contenus/2014/conference_Elisabeth_Dorier_poster_LPED_2_Marseille.pdf

    Contributions presse et médias

    Dorier E. Dario J. Audren G. aout 2017, collaboration avec le journal MARSACTU. 5 contributions à la série « Petites histoires de résidences fermées », collaboration journal MARSACTU / LPED, aout 2017. https://marsactu.fr/dossier/serie-petites-histoires-de-residences-fermees

    Dorier E. et Dario J. 23 aout 2017, interview par B.Gilles, [Petites histoires de résidences fermées] Les beaux quartiers fermés de la colline Périer, interview pr B.Gilles, MARSACTU, https://marsactu.fr/residences-fermees-dorier

    Dorier E. Dario J. 30 janv. 2017, interview par L.Castelly, MARSACTU : https://marsactu.fr/discussion-ouverte-residences-fermees

    Dorier E. , et Dario.J. 20 mars 2014, interview in MARSACTU , société : 29% de logements sont situes en residences fermees à Marseille

    Dorier E. Dario J., 4 oct 2013, « Hautes clôtures à Marseille », in Libération, le libé des géographes. (1 p, 1 carte) http://www.liberation.fr/societe/2013/10/03/hautes-clotures-a-marseille_936834
    Dorier E. , 7 avril 2013, « Le phénomène des résidences fermées est plus important à Marseille qu’ailleurs », Marsactu, talk quartiers, archi et urbanisme, http://www.marsactu.fr/archi-et-urbanisme/le-phenomene-des-residences-fermees-est-plus-important-a-marseille-quailleu

    Dorier E. Dario J., 10 fev 2013, « Fermetures éclair » in revue Esprit de Babel, Fermetures éclair

    télévision

    M6, Résidences fermées à Marseille – étude du LPED. Journal national, octobre 2013 : https://www.youtube.com/watch?v=hDM

    FR3, 19/20, Résidences fermées à Marseille – étude du LPED, 24 mai 2013, https://www.youtube.com/watch?v=o-O

    FR 5 (minutes 38 à 50) : « En toute sécurité », documentaire de B.Evenou, http://www.france5.fr/emission/en-t

    podcast radio

    Collaboration entre chercheurs et cinéaste, janvier 2021 : https://ecoleanthropocene.universite-lyon.fr/documenter-la-geographie-sociale-grand-entretien-a

    Collaboration entre chercheurs et artiste peintre, octobre 2020 : Sonographies marseillaises – Radio Grenouille et Manifesta 13 « Ce monde qui nous inspire #4 Marseille ville privée ? »

    https://urbanicites.hypotheses.org/688

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