• La plus grande victoire de la #mafia est d’avoir cessé de ressembler à la mafia

    Aujourd’hui, la mafia semble plus puissante que jamais – il suffit de regarder les chiffres de la #cocaïne pour s’en rendre compte –, mais aussi plus invisible. Comment en est-on arrivé là ?

    Quand j’ai écrit Extra pure en 2020, la cocaïne était déjà partout ; aujourd’hui, elle est partout et coûte moins cher. La production mondiale a plus que triplé et les saisies atteignent des niveaux records. C’est justement là le problème : saisir des tonnes sans faire grimper le prix revient à vider l’océan à la cuillère.

    La structure a changé : on n’a plus de cartels verticaux, mais un système de courtage, des cellules interchangeables, l’Équateur devenu une plaque tournante, l’Europe du Nord avec Anvers et Rotterdam comme portes d’entrée, la ‘Ndrangheta en tant que banquier du système. Et puis les drogues de synthèse, qui n’ont besoin ni de terre ni d’agriculteurs, mais seulement d’un hangar.

    Mais la véritable nouveauté se trouve là où l’on ne regarde pas.
    Quel est cet angle mort ?

    Oliver Bullough l’a baptisé « Moneyland », un pays sans frontières où l’argent sale circule librement tandis que les lois censées le traquer restent nationales. Le criminologue Michael Levi répète depuis des années que, en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, on mesure l’activité et jamais le résultat : on compte le nombre de signalements envoyés et non la quantité de crimes qui ont été empêchés.

    Il en résulte que l’on récupère 0,05 % des produits du crime et que les coûts de mise en conformité dépassent de cent fois l’argent saisi
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    . C’est le paradoxe du réverbère : nous cherchons les clefs là où il y a de la lumière, dans les formulaires, dans les signalements des banques, dans la bureaucratie de la conformité, alors que les clefs se trouvent dans l’obscurité et que personne ne veut s’y aventurer.
    Quels signaux plus ou moins faibles voyez-vous en France où l’on parle de plus en plus d’une mexicanisation du pays ?

    Chaque fois qu’un jeune meurt à Marseille, la France regarde le cadavre et dit : « Le Mexique ». C’est là que réside l’erreur. Le mort est la seule partie du trafic de drogue qui accepte de se laisser photographier. C’est le résidu, le bilan des erreurs, le coût d’un marché qui n’a pas encore trouvé son équilibre. Un marché qui tue est un marché immature. Quand le système fonctionne vraiment, personne ne meurt : on signe un acte notarié. Le sang n’est pas le signe de la puissance criminelle, c’est le signe de son adolescence.

    Le signal grave, c’est l’autre, et par définition, on ne le voit pas, car sa réussite coïncide exactement avec son invisibilité.

    Commençons par la langue, qui trahit toujours. Les Français parlent de « blanchiment ». En Italie, nous parlons de « recyclage ». Ce sont deux philosophies opposées.
    C’est-à-dire ?

    Le blanchiment promet la purification, la tache qui disparaît, l’argent qui redevient innocent. Le recyclage admet au contraire que la substance reste et ne change que de forme. La France s’est bercée pendant des décennies de l’illusion de pouvoir « laver » ; l’Italie a appris à ses dépens que rien ne se lave, mais se transforme. Ce n’est pas un détail lexical : Tracfin appelle encore aujourd’hui « sociétés lessiveuses » les entités qui blanchissent les fonds du crime organisé. Toute la métaphore de la lessive est présente dans le vocabulaire administratif de l’État.

    Et voici la partie historique que la France refuse de lire. Le trafic qui a inondé l’Amérique d’héroïne pendant trente ans s’appelait la « French Connection ». Le mot « français » figurait dans son nom, les laboratoires se trouvaient à Marseille, et la France a tout de même réussi à considérer cela comme l’affaire des autres : d’abord des Corses, puis des Italiens, ensuite des Maghrébins, aujourd’hui des Slaves et des Albanais.

    Chaque génération a eu son étiquette ethnique, et chaque étiquette a servi à ne pas nommer la structure. Car si les laboratoires étaient marseillais, l’argent ne restait jamais dans le milieu : il passait par des banques, des biens immobiliers sur la Côte d’Azur, des casinos, des chantiers. Le trafic peut être étranger.
    Et le blanchiment ?

    Le blanchiment, non. Le blanchiment est toujours local, par nécessité technique : pour blanchir de l’argent, il faut un notaire, un expert-comptable, un établissement de crédit, un marché public, un cadastre. Il faut donc les institutions de ce pays et les professionnels de ce pays.

    Les chiffres le montrent avec une brutalité que les chroniques n’ont pas. La Cour des comptes européenne a estimé le blanchiment à 1,3 % du PIB de l’Union chaque année, soit environ 38 milliards d’euros pour la seule France. La commission d’enquête du Sénat évalue à 50 milliards le chiffre d’affaires des réseaux spécialisés dans le blanchiment de capitaux d’origine criminelle dans le pays. Le chiffre d’affaires du trafic de drogue français est estimé par les autorités entre trois et six milliards.

    Mettons ces chiffres côte à côte : la drogue n’en représente qu’une fraction. Le Sénat l’écrit sans détours dans son rapport du 18 juin 2025 : le blanchiment d’argent est aujourd’hui le trafic le plus lucratif de France, et il n’existe pas de stratégie cohérente pour le combattre ; le système n’est qu’un assemblage de dispositifs disparates. Le titre du rapport est déjà un verdict : « Ces dizaines de milliards qui gangrènent la société. »
    Qu’en est-il des chiffres sur la supposée origine étrangère du problème ?

    Nous avons un chiffre qui met fin à tout débat sur l’origine étrangère du problème. En 2024, Tracfin a reçu plus de 215 000 déclarations de soupçons, mais le secteur non financier — notaires, greffiers, maisons de jeux — ne représente que 7 % du total. Les avocats n’en ont transmis que quinze. Les agents sportifs, une catégorie à très haut risque, n’en ont jamais transmis une seule.

    Quinze signalements pour toute une profession. Ce n’est pas un problème de frontières : c’est un problème de classe professionnelle. La ligne qui sépare l’argent sale du patrimoine propre passe par les cabinets du centre de Paris, pas par les ports. Le cas le plus révélateur remonte à sept semaines.
    Que s’est-il passé ?

    Le 9 juin 2026, la JIRS de Marseille a démantelé un réseau de blanchiment d’argent en bande organisée : treize interpellations, cinq personnes mises en examen, des sommes réinvesties dans l’immobilier ou transférées à l’étranger. 2,7 millions d’euros, des lingots d’or et quatorze voitures de luxe ont été saisis. Tout avait commencé au printemps 2024 par un simple contrôle fiscal dans la banlieue de Narbonne.

    Les sociétés utilisées comme écrans étaient des entreprises de construction de Perpignan, Narbonne et Béziers, avec une activité économique réelle et un chiffre d’affaires réel. Pas de sociétés fantômes aux Seychelles : des chantiers français qui construisaient réellement. Le président de la fédération du bâtiment des Bouches-du-Rhône admet que ces entreprises remportent les appels d’offres avec des propositions inférieures de 25, 30, voire 40 % au prix du marché, et que le secteur subit des menaces et du racket concernant les embauches sur les chantiers autour de Marseille.

    Autrement dit : l’argent de la drogue remporte des marchés publics français en vendant à perte. Il élimine les entreprises légales pour cette raison même : sa rentabilité, il l’a déjà faite ailleurs. C’est la définition parfaite d’une méthode mafieuse, et personne ne l’a importée de l’extérieur.

    Le nouveau Parquet national anticriminalité organisée a saisi, en cinq mois, près de 990 millions.
    Ce n’est donc pas suffisant…

    C’est un bon début. Mais il faut le mettre en perspective avec les 38 milliards estimés chaque année. Le rapport entre ces deux chiffres résume tout le problème français.

    C’est pourquoi le terme de « mexicanisation » est réconfortant, et doit être rejeté précisément par ceux qui dénoncent ces pratiques. Parler du Mexique revient à dire : « Ils nous importent leur violence. » Cela déplace le centre de gravité vers l’extérieur, vers l’ethnie, vers l’immigration, et transforme un problème de système économique en un problème d’ordre public.

    Les mafias ne se mesurent pas au nombre de morts qu’elles causent : elles se mesurent aux patrimoines qu’elles parviennent à blanchir. Les meurtres, c’est ce que le trafic de drogue perd. Le blanchiment d’argent, c’est ce qu’il gagne. Et aucun État n’a jamais été détruit par ce que les criminels perdent.
    La déstabilisation de certains pays européens pourrait-elle atteindre les niveaux que l’on a connus en Amérique latine ?

    La différence est structurelle, et non de degré. En Amérique latine, le trafic de drogue a érodé le monopole de l’État sur la violence, avec des territoires où l’État ne pénètre pas, des taux d’homicides à deux chiffres pour 100 000 habitants, des forces de police infiltrées jusqu’aux plus hauts échelons, des candidats assassinés en pleine campagne électorale.

    En Europe, ce n’est pas le cas. Ici, les mafias ne défient pas l’État, elles le traversent. Elles achètent des marchés publics, blanchissent des capitaux, s’immiscent dans la logistique portuaire et dans le secteur du bâtiment. Peu de violence, forte pénétration économique. Un modèle opposé, et justement pour cette raison plus difficile à percevoir.
    Quelle devrait être la réponse à adopter ?

    La dérive autoritaire n’est la réponse à aucun de ces deux modèles. Les mafias n’ont jamais eu peur d’un État fort. Elles ont peur de l’État qui contrôle l’argent. Ce qui les touche, ce sont une magistrature indépendante, les enquêtes patrimoniales, les confiscations, la transparence des marchés publics, un journalisme capable d’écrire sans craindre de poursuites abusives. Ce sont les mêmes outils que tout gouvernement autoritaire s’empresse d’affaiblir en premier lieu, car ils peuvent aussi le toucher.

    Deux exemples historiques. Le fascisme s’est vanté d’avoir vaincu la mafia grâce au préfet Mori, mais il n’a frappé que la base et a laissé intacte, voire favorisée, la bourgeoisie mafieuse qui avait rejoint le régime, à tel point qu’en 1943, ce réseau était prêt à se reconstituer. Aujourd’hui, le modèle Bukele, avec ses prisons de masse et son état d’exception permanent, a fait chuter le nombre d’homicides sans toucher au trafic de drogue ni au blanchiment d’argent. On arrête la rue, on laisse le capital intact.

    L’autoritarisme produit une sécurité perçue et une impunité réelle aux échelons supérieurs. Contre les mafias, c’est le contraire qu’il faut. Moins de spectacle, plus de bilans.
    En matière de lutte contre le crime organisé, l’Italie a une certaine expérience (notamment depuis les années 1980). Pensez-vous qu’elle est assez étudiée par les autres pays européens ?

    Absolument pas. L’Europe est à la traîne, le reste du monde l’est encore plus.

    L’Italie possède le meilleur savoir-faire au monde, et c’est un savoir-faire né du sang : l’article 416-bis existe parce que Pio La Torre a été assassiné ; l’article 41-bis et le système des collaborateurs de justice existent parce que Falcone et Borsellino ont été assassinés. Derrière chaque instrument législatif italien se cache un cercueil. C’est une législation écrite dans le deuil, et c’est pour cela qu’elle fonctionne : elle n’est pas née dans un séminaire, mais de l’urgence d’un État qui était en train de perdre pied.

    Presque aucun autre pays européen ne connaît le délit d’association de type mafieux. On juge les délits individuels – le trafic, le meurtre, le blanchiment d’argent –, mais pas l’organisation en tant que telle, ni la méthode, ni la force d’intimidation que représente le lien d’appartenance. Et presque partout, l’attaque contre le patrimoine fait défaut : mesures de prévention, confiscation élargie, administration judiciaire des entreprises. Le reste de l’Europe arrête des personnes ; l’Italie a compris qu’il fallait leur retirer leur argent, car un parrain en prison dont le patrimoine reste intact continue de diriger.

    Y a-t-il à ce niveau un décalage entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud ?

    L’Europe du Nord a longtemps entretenu un malentendu : celui selon lequel la mafia serait un problème folklorique du Sud, fait de casquettes et de fusils. Pendant qu’on pensait cela, la cocaïne est entrée par Rotterdam et Anvers, la ‘ndrangheta a investi dans toute l’Allemagne (Duisbourg 2007 n’a rien enseigné) et à Marseille, la DZ Mafia a mis en place un système de violence que la France peine même à nommer. Ce n’est pas que les mafias soient arrivées en Europe : c’est que l’Europe ne disposait pas des catégories pour les percevoir.

    Car le véritable phénomène est tout autre : ce ne sont pas seulement les mafias qui se sont capitalisées, c’est le capitalisme qui s’est mafiosisé. Les organisations criminelles ne sont plus le corps étranger qui s’attaque à l’économie légale. Elles sont le fournisseur de liquidités le plus fiable du marché : elles ne demandent pas de garanties, paient en espèces, et en cas de crise, elles arrivent avant les banques. Et l’économie légale a cessé de se demander d’où vient cet argent.

    Tant que l’Europe traitera la mafia comme une question d’ordre public et non de marché, de marchés publics, de logistique portuaire, de fonds publics, elle restera structurellement sans défense, et continuera à demander conseil à l’Italie sur les morts sans en copier les lois.
    S’il ne fallait retenir qu’une seule leçon de votre travail et de vos livres, laquelle ce serait ?

    La leçon est simple. On ne peut pas changer ce qu’on ne connaît pas.

    Le capitalisme criminel existe parce qu’il reste indéchiffrable. On ne peut pas le combattre si l’on ne comprend pas son mécanisme, conçu exprès pour passer inaperçu.

    Il est très facile de dire que ce sont les immigrés qui s’en prennent aux villes. La détresse a un corps, un visage, elle est dans la rue, on peut la photographier. L’argent, non. Il passe par des virements, des sociétés écrans, des marchés publics, et ne fait pas la une des journaux télévisés. Ainsi, l’indignation se porte toujours sur le pauvre visible et jamais sur le flux invisible — ce qui est exactement ce que ce flux souhaite.

    Mon travail a consisté à mettre en lumière cette ombre. J’en ai payé le prix. Chaque jour, je me demande si cela en valait la peine.
    Comment comprendre la fascination que suscitent les narcotrafiquants ? Netflix, par exemple, semble en avoir fait son fond de commerce.

    Le trafiquant de drogue ne fascine pas parce qu’il se tient en marge du système. Il fascine parce qu’il incarne le système débarrassé de toute hypocrisie. L’entrepreneur légal doit présenter un récit moral de son enrichissement : le mérite, l’innovation, la valeur apportée au territoire, et aujourd’hui, le bilan de développement durable. Le trafiquant de drogue en est dispensé. Son capital n’a pas besoin de s’excuser. Le spectateur reconnaît une structure qu’il connaît déjà : l’ascension, le risque, le capital réinvesti, l’élimination du concurrent, débarrassée des mots qui la rendent méconnaissable lorsqu’elle revêt une veste. Ce n’est pas le revers de notre monde, c’est notre monde dont on a coupé le son de la justification.

    De là naît un plaisir que j’appellerais gnostique, et c’est le véritable moteur de la série. Celui qui regarde a le sentiment d’avoir été admis au secret, d’avoir enfin vu comment fonctionne vraiment le monde. C’est la face B. Mais c’est un plaisir épistémologique, non moral, et pour cette raison dangereusement compatible avec l’inertie. Comprendre comment fonctionne la machine procure une satisfaction qui ressemble beaucoup à la capitulation.
    Que faudrait-il faire ?

    Il y a une objection à se faire à soi-même, et c’est la partie qui fait tenir tout le reste. Le narcotrafiquant n’est pas du tout dépourvu d’hypocrisie. Il dispose d’un appareil de légitimation extrêmement raffiné : la famille, l’honneur, le terrain de foot construit dans la commune, le pauvre qui se venge de l’oligarchie, la Vierge sur le mur.

    Escobar avait un discours politique, pas seulement une fortune. Il ne dit pas la vérité sur le capital : il raconte un autre mensonge, archaïque plutôt que managérial, et justement pour cela plus séduisant, car il parle le langage du mythe et non celui du communiqué de presse.

    Et là, le piège réside dans le récit lui-même. La véritable face cachée n’est pas spectaculaire. C’est le notaire, la facture gonflée, le transporteur, la société écran à Malte. La série raconte l’exception, le parrain, la fusillade, le charisme, et finit ainsi par protéger la règle, qui est la continuité parfaite entre l’économie criminelle et l’économie légale. Le narcotrafiquant représenté comme un monstre est un alibi. Si le narcotrafiquant était présenté comme un collègue, ce serait alors vraiment insupportable.
    Qu’a pu apporter en plus du livre, selon vous, l’adaptation de Gomorra aux écrans ?

    Je ne pense pas que la série apporte quelque chose : je pense qu’elle enlève. Elle enlève le « je », elle enlève la voix off, elle enlève le témoin. Il ne reste que le monde, sans personne pour le juger à notre place.

    C’est par cette soustraction que Gomorra est devenue une grammaire visuelle mondiale — au point d’universaliser Scampia. PNL tourne le clip Le monde ou rien aux Vele parce que cette banlieue est déjà la leur : Manille, Philadelphie, Paris, Le Caire… toutes les banlieues obéissent à la même logique.
    La légalisation représente-t-elle une solution pour casser les trafics de drogue ?

    Non, la légalisation ne met pas fin au trafic de drogue. Elle en élimine une partie, et il faut préciser laquelle.

    En ce qui concerne les drogues douces, l’expérience a déjà été menée et elle a fonctionné. Après la légalisation au Colorado et dans l’État de Washington, le trafic de cannabis mexicain s’est effondré : les saisies à la frontière ont été réduites à une fraction négligeable. Aucune opération de police n’avait jamais obtenu un résultat similaire. La légalisation a accompli ce que quarante ans de guerre contre la drogue n’avaient pas réussi à faire.

    Le pire modèle est celui qui reste à mi-chemin : une demande tolérée, une offre illégale. Le backdoor problem néerlandais a alimenté pendant quarante ans la filière à partir de laquelle s’est développée la Mocro Maffia. Dépénaliser la consommation sans réglementer la production est le cadeau idéal pour le crime organisé. Les Néerlandais ont reconnu le problème et tentent d’y remédier. Depuis 2023, l’Experiment gesloten coffeeshopketen, la « chaîne fermée », est en cours : dix communes — dont Breda, Tilburg, Arnhem, Groningue, Maastricht et Nimègue — où les coffee shops ne vendent que du cannabis issu d’une production légale, provenant de cultivateurs privés agréés, sous le contrôle de l’Inspection et de l’autorité alimentaire. À partir d’avril 2025, la vente de tout autre produit est interdite. Durée prévue : quatre ans.
    Quel rapport entretenez-vous maintenant avec Naples, vos terres natales mais terres où vous êtes en permanence menacé ? Comment se manifeste chez vous cette ambivalence ?

    Naples m’a chassé. C’est la blessure la plus profonde, car elle ne vient pas de mes ennemis. De la part de mes ennemis, on s’y attend, ça fait partie du jeu. Elle vient de chez moi. D’une partie de ma ville qui a décidé que le problème n’était pas la camorra, mais ceux qui en parlaient.

    Et on m’a chassé sur la base d’une fausse accusation : celle selon laquelle parler du mal détruirait le lieu qui l’abrite. C’est exactement le contraire qui s’est produit. Après ces récits, le tourisme a explosé, les ruelles dont j’avais parlé se sont remplies. Ce n’est pas à moi qu’en revient le mérite. Mais cette théorie, selon laquelle le silence protège et la parole détruit, est le mensonge le plus ancien du pouvoir criminel. Naples en est la réfutation vivante.

    C’est là que réside le paradoxe le plus obscène : ceux qui m’accusent d’avoir diffamé Naples sont très souvent ceux qui ont tiré profit de cette transformation. Ceux qui ont acheté, ceux qui ont vu la valeur d’un bien immobilier tripler dans un quartier que personne ne voulait traverser il y a vingt ans. Ils vivent de ce changement et crachent sur ceux qui l’ont déclenché.
    Si c’était à refaire, écririez-vous et publieriez-vous de nouveau vos livres à cause desquels vous êtes aujourd’hui menacé ?

    Non. Je ne le referais pas. Non pas parce que je renie quoi que ce soit de ce que j’ai écrit, mais parce que je n’ai pas été le seul à en payer le prix. Le livre est vivant et continue son chemin ; moi, je suis resté figé depuis vingt ans et ma famille s’est effondrée.
    Les derniers mots de Gomorra (« Fils de pute, je suis encore vivant ! ») sont-ils devenus, de façon presque performative, les mots qui caractérisent votre vie ?

    Je les ai écrits à 26 ans et ils sont devenus une prophétie sur ma vie.
    Quel est le lieu le plus important pour vous à Naples ? Y avez-vous un beau souvenir ?

    Je répondrais à ces deux dernières questions en citant Dante : « Il n’est pas de plus grande douleur que de se souvenir des temps heureux dans la misère »…

    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/02/la-plus-grande-victoire-de-la-mafia-est-davoir-cesse-de-ressembler-
    #criminalité_organisée #Roberto_Saviano #in/visibilité #drogue #ndrangheta #Moneyland #blanchiment_d'argent #mort #puissance #invisibilité #lessive #vocabulaire #terminologie #mots #Marseille #France #French_connection #trafic_de_drogue #argent_sale #BTP #bâtiment #appels_d'offre #marchés_publics #mexicanisation #économie #pénétration_économique #autoritarisme #loi #législation #patrimoine #argent #Rotterdam #Anvers #capitalisme #fonds_publics #lutte_contre_la_mafia #logistique #narcotrafique #mythe #légalisation #légalisation_de_la_drogue #coffee_shops #Pays-Bas

  • Procès Airbnb, coaching immobilier, chasse aux crevards... C’est l’été à Marseille !
    https://lundi.am/Le-syndrome-Florent-Richard

    Manifestation aux Goudes contre le surtourisme, désert de valises à roulette dans le quartier du Panier, banderoles de voisins contre les Rooftop illégaux à Malmousque, manifestation d’habitant.es contre un 6e restaurant branché au Vallon des Auffes, dancefloors sans fin à la Friche et soirées contre-culturelles sympa à la Belle de Mai, Jacuzzi hors de prix et jets de harissa pour réchauffer les maillots de bain des touristes à Belsunce, arrêtés de péril dans les Airbnb aux Réformés... Mais encore effondrements de bâtiments et blessées à la halle Delacroix, rénovations avec toujours autant de tact et de supposé « soin » pour les habitant.es de Noailles, chaleureusement accompagnés par les enseignes blanc immaculé des succursales culturelles comme Montevidéo (préempté 900 000 euros par la ville) ou verdâtre de bars à New Yorkais, repeints pendant le carnaval... Victor Collet poursuit ici son travail d’enquête sur la gentrification de Marseille et tout ce qui lui résiste.

    #Marseille #gentrification #tourisme #Airbnb #location_courte_durée #immobilier #spéculation #Florent_Richard

  • Archives et mémoires de Gaza
    23/05/202 – La marche du monde – RFI
    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/la-marche-du-monde/20260523-archives-et-m%C3%A9moires-de-gaza

    Une émission enregistrée en public à Marseille pour l’ouverture de la Saison Méditerranée imaginée par sa commissaire générale Julie Kretzschmer, dont l’objectif est de renforcer une communauté de destin entre les différentes rives. Et parmi les multiples enjeux et défis partagés entre les pays méditerranéens, se pose la question des archives et de la mémoire de la bande de Gaza, détruite à 80% par la guerre menée par Israël suite aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023.

    #Saison_Méditerranée #Marseille

  • À Marseille, la Saison Méditerranée ressuscite Gaza
    Fadwa Miadi 19 mai 2026 - Le Courrier de l’Atlas
    https://www.lecourrierdelatlas.com/a-marseille-la-saison-mediterranee-ressuscite-gaza

    Entre archives photographiques miraculeusement retrouvées et un phare gazaoui qui s’illumine de nouveau sur l’esplanade du Mucem, Marseille confirme sa vocation de refuge. Avec la Saison Méditerranée 2026, la cité phocéenne offre une scène majeure aux artistes des deux rives tout en réservant une place singulière aux Palestiniens. (...)

    #Saison_Méditerranée #Marseille

  • À Marseille, artistes et chercheurs réunis face à l’anéantissement de Gaza.
    Publié le 19 mai 2026 - Latifa Madani - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/artistes/a-marseille-le-crif-veut-empecher-le-mucem-de-rendre-hommage-aux-artistes-d

    Autour de personnalités comme Francesca Alabanese, Alain Damasio, Mohamed Abusal, Nour Elassyi, il s’agira de répondre à de nombreuses questions comme le rôle des artistes en temps de guerre ou encore pourquoi il faut protéger les libertés académique et artistique.
    ©Julien Jaulin/hanslucas

    Des rencontres culturelles et scientifiques dédiées à la solidarité et à la création à Gaza dérangent le Conseil représentatif des Institutions juives de Marseille (CRIF). Son président Bruno Benjamin, a battu le rappel pour empêcher qu’elles se tiennent.

    Sous le titre « Faire face à l’anéantissement de Gaza : créations, accueils, engagements », elles sont organisées...

    #Saison_Méditerranée #Marseille

  • La Saison Méditerranée a animé les deux rives du Vieux-Port à Marseille
    Par Alexandra APIKIAN, Laura CIALDELLA - Publié le 17/05/26 à 07:58- La Provence
    https://www.laprovence.com/article/culture-loisirs/29693563213861/la-saison-mediterranee-a-anime-les-deux-rives-du-vieux-port-a-marseille

    Avec une soirée gratuite de spectacles à la fois au Pharo et sur le J4 et au Mucem, la Saison Méditerranée a proposé hier soir un dialogue des deux côtés de l’entrée du port. Danse, concerts, installation...le programme était riche.

    Il est 19h30 dans le jardin du Pharo et l’heure est déjà à la fête, en ce deuxième soir de la Saison Méditerranée qui accueille « Héritières du futur ». Un concert porté par trois artistes, trois générations, trois voix féminines aux personnalités engagées.

    Sur scène, Najat Aatabou a rappelé pourquoi elle demeure une figure incontournable de la musique populaire maghrébine. Vêtue d’une combinaison verte, l’artiste marocaine aux 500 titres que l’on surnomme affectueusement « la lionne de l’Atlas » fait monter l’ambiance d’un cran en interprétant ses plus grands succès, repris en chœur par le public du soir. « Au-delà d’être une grande artiste, on l’aime aussi pour les combats qu’elle mène en faveur des droits de la femme », confie Sabrina qui ne peut s’empêcher de bouger au son de cette musique entraînante. « C’est à la fois oriental et presque électro, et ça nous met en joie » (...) .

    La sculpture « Lighthouse » (le phare) de l’artiste palestinien Shareef Sarhan avait déjà été construite sur le port de Gaza mais elle a été détruite en 2023 au début de la guerre. / photo Gilles Bader

    #Saison_Méditerranée #Marseille

  • Épisode 1/4. Mécaniques de l’incendie

    L’incendie de #Ribaute qui a ravagé les #Corbières en août 2025 a surpris par son ampleur. Au même moment, en #Espagne, brûlaient dix #feux de même intensité. Pour mieux nous préparer à ce qui nous attend, ce premier épisode plonge dans les mécaniques de l’incendie.

    Les Corbières sont un territoire de feux, pourtant lorsqu’arrive le cinquième grand feu de l’été 2025, ses habitant.es comprennent qu’ils ont affaire à quelque chose d’exceptionnel.

    « Quand j’ai relevé la tête et que j’ai vu le panache, je me suis dit celui-là il n’est pas petit », « C’est allé très très vite » confient Ludovic Esparza et Mélanie Bringuier, habitants de Saint-Laurent de la #Cabrerisse, épicentre de l’incendie et camp de base des pompiers pendant les jours de lutte. La stupeur, l’odeur, les fumées, les dégâts matériels, humains et psychologiques ; pour les habitants dont le village a été traversé par l’incendie, c’était « l’apocalypse ». Christophe Magny, chef de corps du SDIS de l’Aude, redoutait ce scénario. Depuis la caserne, et sur le stade qui abrité renforts, hélicoptères et tout ce qui a permis aux pompiers de lutter contre ces flammes extrêmes, il se souvient avec émotion de l’urgence de ces jours-ci : « Tous les éléments sont rassemblés pour qu’on ait les feux catastrophes. (…) Et je sais que cet incendie dépasse nos prévisions quand j’entends la voix qui passe les messages radios. »

    Intensité, taille, puissance ; Christophe Magny et Jean-Baptiste Filippi, chercheur au CNRS et expert en simulation incendie, nous aident à comprendre le comportement erratique de cet incendie préfigurant les feux de demain.

    Mais une fois le feu éteint, que reste-t-il parmi les cendres ? Karine Mirouze, du tiers-lieu paysan Beauregard où s’est organisée une base arrière de la solidarité dans les jours immédiats, décrit une « terre de trauma » :"On a besoin de prendre soin de la terre, mais pour prendre soin de la terre on a aussi besoin de prendre soin des gens". Pour Olga, qui a perdu sa maison en pleine garrigue dans les flammes « C’est la nature qui s’est révoltée. »

    Mathieu Bourgeois de la LPO de l’Aude nous conduit dans ce paysage post-incendie. Avec lui, nous arpentons un plateau entièrement brûlé. « On n’entend plus un oiseau, le silence est assourdissant. Mais on voit déjà l’herbe qui repousse, dès le printemps prochain il y aura à nouveau des graminées, des graines, les espèces vont revenir.  » prédit-il. Car avec Éric Rigolot, écologue du feu, nous comprenons que ce n’est pas tant le feu qui menace les écosystèmes méditerranéens, mais sa fréquence. Le problème, c’est l’anthropocène.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/mecaniques-de-l-incendie-8294516
    #feu #incendie #podcast #audio

    • Épisode 2/4. Nous avons toujours brûlé

      Le feu n’a pas toujours été un ennemi. Longtemps il a même été l’allié des sociétés humaines. Comment alors expliquer que nous l’avons sorti de nos vies ? Et qu’est-ce que cette coupure a produit ?

      Sur une estive des Pyrénées Orientales, les pompiers, la sécurité civile et Carole Duperron de la société d’élevage du 66 s’affairent à la préparation d’un chantier-école brûlage dirigé : brûler dans des conditions strictement encadrées la végétation de surface afin de maintenir les milieux ouverts pour le pastoralisme et pour prévenir les incendies estivaux.

      Brûler ainsi n’est pas nouveau, c’est même l’héritage d’une pratique ancestrale. Élise Boutié, anthropologue, l’explique : « Nous avons eu plusieurs relations avec le feu en tant que société humaine, il a d’abord été utilisé par les populations autochtones, par les sociétés pastorales, c’était des feux avec qui on avait une relation. » Le foyer, c’est la maison. Et puis, au 19ᵉ siècle des politiques publiques ont construit le feu comme un ennemi intérieur, nous coupant de ces savoir-faire. Martine Chalvet, historienne, partagera avec nous ses recherches autour des acteurs industriels qui participèrent à la construction de l’incendie comme une menace.

      Pourtant avec Christopher Carcaillet, spécialiste des anciens régimes de feux, nous comprenons que le feu est un élément essentiel de certains écosystèmes. Comme celui du Pic St Loup où il nous amène un jour de grand vent. Avec lui nous lisons les cicatrices des arbres, témoins du passage de plusieurs incendies. « Un arbre est moins résilient à un feu au cours du 20ᵉ siècle qu’au 18ᵉ siècle. En un an il avait cicatrisé et pansé la blessure que lui avait infligée le feu. Aujourd’hui il faut 6 à 7 ans pour que l’arbre puisse retrouver son écorce. » explique l’écologue. Lire ainsi la nature, à rebours, c’est comprendre combien le dérèglement climatique modifie les cycles naturels.

      Carole Duperron est consciente de la délicatesse de l’exercice du brûlage dirigé dans un tel contexte. Mais cela permet aussi au pastoralisme de reprendre une place longtemps occupée en tant qu’outil de prévention incendie. Pour comprendre comment la déprise agricole est profondément liée au changement de régime de feu d’aujourd’hui, nous revenons dans les Corbières écouter Ludovic, Daniel Esparza et Karine Mirouze, vignerons, raconter comment la monoculture a façonné le paysage qui a brûlé l’été dernier. Ce qui brûle, c’est finalement le monde que nous avons fabriqué.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/nous-avons-toujours-brule-9973650

    • Épisode 3/4. #Marseille. Quand la ville flambe

      Que se passe-t-il quand l’incendie franchit les collines et entre dans la ville ? En juillet 2025, le quartier de l’#Estaque, aux portes de #Marseille, a brûlé. Dégâts matériels, intervention des pompiers contestée : le #risque a changé.

      « J’étais en train de travailler dans le jardin et j’ai vu d’un coup la lumière au sol devenir orangée, j’ai compris qu’il y avait le feu » se souvient Julien Daniel. Comme lui, le 8 juillet 2025, de nombreux Marseillais ont observé la couleur cramoisie du ciel, puis le panache énorme, et une pluie de cendres. Ce jour-là, 90 habitations ont été touchées.

      À l’Estaque, quartier à flan de collines, le feu s’est propagé par les vallons. Pour Jordan Szcrupak, paysagiste et spécialiste de l’urbanisme de l’inflammabilité, ces endroits sont « emblématiques de toutes les problématiques des lisières périurbaines. » Avec lui nous arpentons ces rues sinueuses, bordées par des vallons boisés pour comprendre comment, « ces espaces résiduels, mal définis du point de vue de l’usage et de la propriété privée » ont permis une rapide propagation du feu « qui n’a que faire du découpage cadastral ». Cet incendie a été particulièrement violent pour les habitants du quartier qui déplorent ce qu’ils ont vécu comme une intervention tardive des pompiers. En réponse, Vincent Pastor, du SDIS des bouches du Rhône, nous partage ses inquiétudes sur la nouvelle « erraticité des incendies. Leurs comportements sont de plus en plus difficiles, ces feux vont vite, avec de très grosses intensités. » Les effets du dérèglement climatiques sont une composante supplémentaire dans ces incendies qui naissent comme ici en bordure d’une autoroute de sortie de ville, traversent des collines asséchées par les canicules et atteignent des espaces densément urbanisés.

      Comme Lucile Oza, qui a laissé sa maison derrière elle, la plupart des habitants ne s’attendaient pas à de tels dégâts. Six mois plus tard, dans un quartier marqué par les carcasses de maisons brûlées, le sentiment d’abandon par les autorités est toujours vif. Relogement, déblaiement, soutien : Mathilde Favier, présidente de l’association des victimes de l’incendie du 8 juillet 2025, et Pierre Ciavarella, habitant de l’Estaque, racontent les heures du feu, les jours qui ont suivi et la solidarité intense qui s’est déployée dans ce quartier au passé ouvrier : « Si on n’avait pas pu compter sur la solidarité de tout un chacun ça aurait été encore plus dur. Il n’y a eu aucune prise en charge véritable, je pense que les pouvoirs publics n’ont pas pris la mesure de la gravité de l’évènement. Ils commencent à peine à le faire. » Tandis que certains sont encore aux prises avec leurs assurances d’autres, comme les résidents d’un immeuble qui a entièrement brûlé attendent toujours des solutions de relogement. Ils vivaient là depuis 5 générations mais n’étaient pas propriétaires. Le feu exacerbe les inégalités. « S’il faut distinguer feux et incendie, il faut aussi distinguer feux, incendies, et risques. Qu’est-ce qui est en risque ? Les intérêts économiques » juge pour sa part l’anthropologue Élise Boutié.

      Réellement traumatisés, les citadins qui ont rencontré ce feu essaient de comprendre l’impact de ce dernier sur leur vie. Dans un futur où l’on peut s’attendre à ce que d’autres villes brûlent « essayer de tisser une relation à cet élément » semble une piste nécessaire.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/marseille-quand-la-ville-flambe-9017249

  • Vortex - Agenda des concerts undergrounds de Marseille
    https://vortexfrommars.org/?lang=fr

    Le Vortex est l’agenda des #concerts et événements cools sur #Marseille ! Vous y trouverez un agenda plutôt complet, ainsi qu’une liste des orgas de concerts, des labels , des lieux de concerts, des radios, disquaires, libraires ainsi qu’une liste des groupes du coin.

    #musique

  • Le ambizioni dell’antimafia francese

    Tra Corsica e Marsiglia, le bande continuano a farsi guerra e mietere vittime. Intanto, a Parigi ha cominciato a operare la procura nazionale contro la criminalità organizzata, creata sul modello della Dna italiana

    Alain Orsoni, imprenditore ed ex leader nazionalista della Corsica, ucciso al funerale della madre. Una magistrata a Grenoble rapita da banditi che volevano un riscatto in criptovalute dal marito imprenditore. Un ventenne ammazzato per mettere a tacere suo fratello, Amine Kessaci, attivista impegnato nella lotta ai narcotrafficanti. In Francia non passa mese senza un fait divers, un caso di cronaca, cruento e spietato. Negli ultimi anni lo Stato ha cercato di contrastare la violenza e i traffici. Da gennaio è entrata in attività la Procura nazionale contro la criminalità organizzata (Pnaco), ispirata alla Direzione nazionale antimafia e antiterrorismo (Dna) ideata da Giovanni Falcone. Sarà questa autorità a coordinare le inchieste su questi ultimi casi eclatanti.

    Nell’Esagono è difficile parlare di una mafia così come la conosciamo in Italia, ma di organizzazioni criminali sempre più voraci e violente: «Al momento – ha detto la procuratrice nazionale Vanessa Perrée durante un incontro pubblico con Roberto Saviano a Parigi il 16 febbraio – abbiamo ancora a che fare soprattutto con gangster interessati principalmente al denaro», e non al potere politico ed economico, come le organizzazioni mafiose italiane. «Non sono uomini d’onore, ma criminali per i quali non c’è differenza tra regole e legge, perché in realtà non ci sono né regole, né leggi», ha aggiunto.

    Questa caratteristica riguarda soprattutto le organizzazioni legate al traffico di droga, quelle nate nelle banlieue di Marsiglia, come la DZ Mafia (per Perrée, un marchio che dalla città portuale si è allargato in altre città, Clermont-Ferrand, Digione, Besançon, come fosse un franchising) e il gruppo chiamato Yoda. Sono queste le principali bande dietro i regolamenti di conti del 2023 e 2024. Se il Paese ha registrato 139 morti nel 2023 e 110 nel 2024 nell’ambito di regolamenti di conti tra criminali, la maggior parte dei “narcomicidi”, come li chiamano in Francia, è avvenuta a Marsiglia: 49 persone uccise nel 2023 (di cui quattro vittime collaterali), 24 l’anno successivo, qualcuna di meno nel 2025.

    Molte bande sono cresciute con i traffici di hashish dal Marocco e negli ultimi anni sono passate alla cocaina, quella che arriva in grandi quantità nei porti del Nord Europa, tra cui quello di Le Havre, dove pure sono stati registrati omicidi e violenze per il controllo dei varchi di uscita degli stupefacenti dallo scalo. Più polvere bianca, a costi più accessibili, con un risultato: il consumo di cocaina in Francia «sta esplodendo» ha spiegato Perrée durante l’incontro pubblico. L’aumento riguarda anche i sequestri di droga. Nel 2025 sono state intercettate 84,3 tonnellate di cocaina contro le 53,5 dell’anno precedente.

    L’offerta è forte e la distribuzione è capillare: «Abbiamo un’uberizzazione (in riferimento al servizio di “taxi” Uber, ndr) del traffico: le piazze di spaccio diminuiscono a favore di persone che consegnano». Questo sistema coinvolge persone sempre più giovani «che vanno a commettere reati, a volte per somme modiche, dopo esser stati reclutati tramite Snapchat, TikTok o altre piattaforme». Un caso di cronaca parla per tutti: il 4 ottobre 2024 un 14enne, soprannominato “Pepito” – assoldato come sicario tramite social network da un detenuto della DZ Mafia – ha ucciso un autista di 39 anni, innocente. Uno scambio di persona che ha lasciato tre bambini orfani di padre. Il 12 febbraio scorso il tribunale dei minori di Parigi ha condannato l’adolescente a 17 anni di detenzione. «Mi sembra sia necessario porre l’accento sulla questione dei minori, dato che un numero sempre maggiore di giovani è reclutato attraverso i social media per commettere reati gravissimi in cambio di somme irrisorie – ha detto la procuratrice nel corso di un’audizione alla commission des lois al Senato, il 14 gennaio –. La legge prevede misure per punire più severamente chi li recluta, e ci aiuterà a invertire la tendenza in modo che lo sfruttamento di questi minori diventi più un problema che un vantaggio».

    Le nuove organizzazioni marsigliesi sono spietate. Lo sa bene Amine Kessaci, attivista di 22 anni che ha perso due fratelli per mano criminale. Il 29 dicembre 2020 suo fratello Brahim, coinvolto in attività di spaccio, è stato vittima di un regolamento di conti tra bande, ucciso e bruciato all’interno di un’automobile. Da quel giorno Amine, già attivo nel sociale con l’associazione Conscience da lui creata, ha fatto della lotta al narcotraffico una delle sue battaglie, cercando di creare una rete di aiuto ai familiari delle vittime. Un impegno che gli è costato molto caro: il 13 novembre scorso, un altro fratello, Medhi, estraneo ai traffici, è stato ucciso in un agguato. Qualcuno vuole mettere a tacere il giovane militante, che ormai vive sotto scorta. Il 5 febbraio, durante un meeting politico a Aix-en-Provence, Kessaci è stato allontanato dagli agenti per il rischio di un imminente agguato: secondo quanto ricostruito da Le Parisien, la Gendarmerie temeva l’attacco di un commando della DZ Mafia.

    Corsica, colpi di coda

    Sembra invece di vedere uno stile diverso, più antico, in Corsica, su cui si sono riaccesi i riflettori dopo l’omicidio di Alain Orsoni, 71 anni, imprenditore attivo nel settore del gioco d’azzardo ed ex presidente dell’Ac Ajaccio, club di calcio che ha militato a lungo nei principali campionati francesi. Qui lo scenario è differente da quello dell’Esagono: criminalità, imprenditoria e politica si intrecciano.

    La stessa vittima, già a capo del Front de libération nationale corse (Flnc), aveva lasciato l’isola nel 1996, durante una faida interna ai nazionalisti corsi. Rientrato dal suo “esilio” nel 2008, era scampato a un attentato grazie all’intervento provvidenziale della polizia, ma la spirale violenta non è stata interrotta. Il 12 gennaio era al cimitero di Vero, a una trentina di chilometri dal capoluogo, per il funerale della madre. Qualcuno, forse un cecchino dotato di un’ottima mira, lo ha colpito al cuore uccidendolo sul colpo. Una scena da film.

    La storia ci racconta di una rivalità tra il clan Orsoni e il gruppo del Petit Bar, locale del capoluogo e luogo di ritrovo di una banda. Nel maggio 2025 il figlio di Orsoni, Guy, è stato condannato per il tentato omicidio di un componente della gang rivale, Pascal Porri, che aveva provato a ucciderlo. A dicembre, un appartenente al clan del Petit Bar – André Bacchilelli – è stato condannato a 30 anni di reclusione per l’omicidio di un avvocato, Antoine Sollacaro, difensore di Orsoni, avvenuto nel 2012, e il tentato omicidio di un amico dell’imprenditore. Una scia di sangue che, lenta ma inesorabile, prosegue tutt’oggi. Il modello Dna.

    Sull’omicidio di Orsoni indagano insieme la Pnaco e la procura di Marsiglia: «Questa modalità d’azione – ha spiegato Perrée nell’audizione al Senato – ci permetterà di agire in modo complementare, da un lato, con un attore che conosce le reti locali e, dall’altro, una forza d’urto nazionale». Questo è un obiettivo della nuova procura nazionale, che potrà coordinare lo svolgimento delle indagini su tutti i territori, condividendo informazioni e strategie.

    Una svolta nelle strategie anticrimine+

    «La criminalità organizzata in Francia non è una novità – ha specificato la procuratrice Perrée all’incontro con Saviano –. Ce ne occupiamo dal 2004, quindi da 20 anni», quando sono stati creati i tribunali interregionali specializzati (Jirs). Prima di assumere la guida della nuova procura, Perrée, magistrata di 52 anni, aveva diretto l’Agenzia nazionale di gestione e recupero dei beni sequestrati e confiscati e, prima ancora, la sezione “Criminalità organizzata” della procura di Parigi.

    «Ci siamo resi conto che in Francia la criminalità organizzata si stava evolvendo e avevamo bisogno di un organismo nazionale, simile alla Procura nazionale antiterrorismo, per coordinare gli sforzi ed essere più efficaci». La nuova struttura ha preso il posto dalla Junalco, una sezione specializzata della procura di Parigi creata nel 2019, da cui ha ereditato 170 inchieste e otto dei suoi sedici magistrati, destinati ad aumentare di dieci unità entro settembre.

    Come la Dnaa italiana, la Pnaco ha anche altri compiti, come l’analisi dei fenomeni criminali e il coordinamento. Non si occuperà soltanto di traffici di droga, ma anche di migrazioni irregolari, prostituzione, tratta degli esseri umani, dei relativi aspetti finanziari, ma anche delle nuove tendenze delle attività illecite, come le truffe internazionali e soprattutto i rapimenti dei possessori di criptovalute: sono già diversi i casi di questo tipo, tra i quali quello più noto riguarda il cofondatore della start-up Ledger, David Balland, e – ultimo in ordine di tempo – quello di una magistrata di Grenoble, moglie di un imprenditore del settore.

    La Pnaco ha grandi ambizioni ma pochi mezzi, nota il quotidiano Libération, mentre si aspettano ancora i decreti attuativi per l’entrata in funzione dei nuovi provvedimenti su pentiti e infiltrati civili che – insieme ad altri strumenti come le sezioni speciali nelle carceri, per controllare meglio i detenuti più pericolosi – dovranno contrastare la criminalità organizzata. L’avvio delle attività della procura nazionale «non è che l’inizio», riprendendo lo slogan del Sessantotto francese. Sicuramente, la prima tappa di un lungo percorso.

    https://lavialibera.it/it-schede-2631-le_ambizioni_dell_antimafia_francese
    #antimafia #France #Alain_Orsoni #Amine_Kessaci #gangster #argent #criminalité #trafic_de_drogue #Marseille #DZ_Mafia #Yoda #narchomicides #homicides #drogue #haschisch #cocaïne #Le_Havre #ports #uberisation #Brahim_Kessaci #Medhi_Kessaci #Corse #Petit_Bar #clan_Orsoni #Guy_Orsoni #Pascal_Porri #André_Bacchilelli #Antoine_Sollacaro

    • Le #parquet_national_anticriminalité_organisée entre en fonction

      Le parquet national anticriminalité organisée est entré en fonction le 5 janvier 2026. Cette nouvelle juridiction va permettre de mieux lutter contre la criminalité organisée, fléau qui constitue une menace grandissante pour nos institutions et notre démocratie.

      Le 5 janvier 2026, le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) a été installé par Gérald Damanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice, au tribunal judiciaire de Paris. Prévu par la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, il permet d’adapter l’organisation judiciaire aux modes opératoires toujours plus professionnels des réseaux criminels (narcotrafic, filières d’immigration clandestines, traite des êtres humains, proxénétisme…), et vise à apporter une réponse pénale d’une grande fermeté.

      Le Pnaco a une double mission :

      traiter les infractions les plus graves relevant de la très grande criminalité organisée, y compris économique et financière. Le Pnaco intervient depuis la conduite des enquêtes judiciaires jusqu’à l’exécution et l’application des peines ;
      coordonner l’ensemble des acteurs judiciaires de la lutte contre la criminalité, à l’échelle régionale (juridictions interrégionales spécialisées), nationale et en lien avec les partenaires européens et internationaux.

      Dirigé par Vanessa Perrée, procureure de la République anticriminalité organisée, le Pnaco est composé d’une équipe de 16 magistrats, avec une montée en puissance progressive à 30 magistrats à l’horizon septembre 2026, 13 greffiers, trois assistants spécialisés, trois attachés de justice et juristes, ainsi que des officiers de liaison membres des services des douanes, du renseignement, de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale.

      Le #Pnaco repose sur une architecture judiciaire autonome éprouvée, sur le modèle des parquets nationaux financier (PNF) et antiterroriste (PNAT). Il dispose de moyens et d’outils procéduraux dédiés.

      Parmi les priorités de cette nouvelle juridiction pénale spécialisée : endiguer le blanchiment d’argent issu du narcotrafic qui représente chaque année 6 milliards d’euros.

      https://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/parquet-national-anticriminalite-organisee-entre-fonction
      #criminalité_organisée #lutte #démocratie

    • Association #conscience

      Grandir à #Frais-Vallon, dans les quartiers nord de Marseille, c’est apprendre très tôt à vivre dans un environnement marqué par la #précarité, l’#insécurité et le #sentiment_d’oubli. Mais c’est aussi un lieu où naissent la #solidarité, l’#entraide et la force du #collectif.

      C’est dans ce quartier qu’Amine Kessaci a grandi. Au fil des années, il a été témoin des difficultés que rencontrent trop de familles et de jeunes : le manque d’opportunités, l’injustice sociale et la fatalité qui semble parfois condamner certains à l’échec, à la prison ou au pire.

      Refusant d’accepter cette réalité comme une fatalité, Amine décide d’agir. En 2020, il crée l’association Conscience avec une conviction simple : les habitants des #quartiers_populaires méritent les mêmes chances que les autres.

      Depuis, l’association s’engage chaque jour aux côtés des habitants pour accompagner, soutenir et ouvrir des perspectives, en particulier pour les plus jeunes. Derrière chaque action, il y a la même détermination : redonner de l’espoir et prouver que le changement est possible.

      https://associationconscience.org
      #lutte #résistance

  • #Journal du regard : Mars 2026

    https://liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-mars-2026

    https://www.youtube.com/watch?v=fKnTZ2gwD2M

    Chaque mois, un film regroupant l’ensemble des images prises au fil des jours, le mois précédent, et le texte qui s’écrit en creux. « Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l’écriture “préalable” ». Jorge Luis Borges, Fictions

    (...) #Journal, #Vidéo, #Architecture, #Art, #Écriture, #Voix, #Sons, #Mémoire, #Paysage, #Ville, #Journal_du_regard, #Regard, #Dérive, #Photographie, #Paris, #Nice, #Marseille, #Printemps, #Voyage (...)

  • Après les municipales à Marseille, la droite se réveille dans un champ de ruines - Marsactu
    https://marsactu.fr/apres-les-municipales-a-marseille-la-droite-se-reveille-dans-un-champ-de-ru

    Le score catastrophique de la liste de Martine Vassal laisse des traces parmi élus et militants de la droite et du centre. Droit d’inventaire, nécessité de renouveau, tentation de passage au Rassemblement national... les troupes sont en pleine crise de nerfs.

    https://www.resultats-elections.interieur.gouv.fr/municipales2026/ensemble_geographique/93/13/13055

    “C’est une humiliation. Une humiliation de plus dans cette campagne catastrophe.” Ce lundi 23 mars, le réveil est douloureux au sein de la droite et du centre marseillais. Les troupes ont la gueule de bois et les 5,36 % des suffrages engrangés au second tour des municipales par Martine Vassal, candidate de la droite et du centre à la mairie de #Marseille, par ailleurs présidente de la métropole et du département, résonnent comme “une honte”, glisse un militant. Au lendemain du scrutin, la droite contemple un paysage de dévastation. Le groupe Une volonté pour Marseille, éclos après les élections de 2020, passe d’une grosse trentaine d’élus à sa création, à quatre conseillers municipaux : Martine Vassal, Romain Simmarano, Fabienne Bendayan et Stéphane Pichon.

  • Philippe Pujol, prix Albert-Londres : « Les Marseillais ont la migraine et ils veulent la soigner d’une balle dans la tête » [titraille Ration : dans le texte, la phrase citée désigne les électeurs du RN]
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/philippe-pujol-prix-albert-londres-les-marseillais-ont-la-migraine-et-ils
    https://www.liberation.fr/resizer/v2/RQOUJHP7TBFA7CKNLV2DXRLX2M.jpg?auth=e838e10bdfa4cfe11db395780f55fb37c5c37
    Au premier tour des élections municipales à Marseille, le #RN a récolté le score historiquement haut de 35,02 %, le plaçant en deuxième position juste derrière le maire sortant Benoît Payan. (Yohanne Lamoulère/Tendance Floue pour Libération)

    Paris n’est pas la France ; c’en est la capitale. Pour comprendre le pays, #Marseille offre un constant temps d’avance. Mais Marseille n’est pas un laboratoire, ses habitants ne sont pas des rats. Marseille est juste en avance sur les galères de son époque ; un concentré de France à l’échelle de moins d’un million d’habitants. Tout en une ville : quartiers populaires, noyaux villageois, HLM et petits propriétaires, cités de pauvres, ghettos de riches, immigration, solidarité, racisme, insécurité, désindustrialisation, paupérisation là, gentrification ici, aseptisation partout ailleurs, identités multiples, capacité à se parler autant qu’à se battre, union et rejets, espoir et ressentiment…

    [...]

    LFI morose, les likes et les followers n’ont jamais fait des électeurs

    (...) Les quartiers populaires n’ont pas bougé. On croyait que la fureur ferait bouillir la marmite, mais les likes et les followers n’ont jamais fait des électeurs. C’est du vent numérique qui cette fois n’a poussé aucun navire.

    [...]

    Une droite de parvenus remplacée par une extrême droite de condamnés

    https://justpaste.it/mt5ky

    • À Marseille, le résultat du RN n’est pas une « percée », mais une continuité
      https://www.mediapart.fr/journal/politique/190326/marseille-le-resultat-du-rn-n-est-pas-une-percee-mais-une-continuite

      Contrairement aux idées reçues sur l’ancrage à gauche de la cité phocéenne, l’extrême droite y réalise des scores importants depuis les années 1980. La ville a été le premier laboratoire d’une alliance entre la droite traditionnelle et le Front national. L’électorat parachève désormais cette bascule.

      (...) c’est surtout l’« accord de gestion » de Jean-Claude Gaudin avec le FN aux élections régionales de 1986, alors qu’il était président de région, qui pose un jalon important dans cette histoire. Cette alliance conduit le futur maire de Marseille (de 1995 à 2020) à faire élire les frontistes Gabriel Domenech et Claude Scannapieco à la vice-présidence de la région, avec les voix du FN, de l’UDF et du RPR. Journaliste au quotidien local d’extrême droite Le Méridional, Gabriel Domenech y publia des éditos « très offensifs, xénophobes » au début des années 1980, relate Nicolas Maisetti.
      « C’était une alliance entre la droite et l’extrême droite très tôt dans l’histoire politique de la droite. Cela témoigne d’une porosité, non seulement des électorats, mais aussi des appareils partisans, alors que Jean-Claude Gaudin n’était même pas membre de la droite RPR, mais du centre-droit », ajoute-t-il. En parallèle, durant ces années, la ville subit l’effondrement de la métallurgie navale et ferroviaire, entraînant des effets en chaîne.

      https://justpaste.it/lpkh6

      #extrême_droite #bourgeoisie (en plus solide // Knafo à Paris)

  • Fast habitat et nomadisme enchanté
    https://lundi.am/Fast-habitat-et-nomadisme-enchante

    Pensé par des fondateurs issus des grandes écoles de commerce, formés aux cycles courts et à la circulation permanente, le coliving promeut une manière d’habiter sans ancrage, rapide et simplifiée. À Marseille, il s’implante dans des îlots déjà fragilisés, où la sociabilité est préfabriquée par l’architecture, administrée par des plateformes et strictement filtrée par le pouvoir d’achat. Ce modèle ne répond pas à la crise du logement : il la rend fonctionnelle.

    Le sujet est brûlant. Il cristallise plusieurs fractures contemporaines : financiarisation du logement, gentrification accélérée du centre-ville, contournement méthodique des règles protectrices et dilution du droit à habiter durablement. Ce qui se joue ici dépasse largement le coliving. À terme, le risque est clair : faire de Marseille une simple étape dans le parcours résidentiel des cadres des firmes transnationales. Une ville ouverte à tous, sauf à ceux qui y vivent. Une ville sans mémoire — donc sans avenir commun.

    #ville #logement #coliving #Marseille #financiarisation_du_logement

  • Heures indues : de Mars à Juin 2025

    https://www.youtube.com/watch?v=70BKZx2iN_4?si=58S1VSlA5na5Srt7

    Une courte séquence filmée à quatre, en famile, tous les mois. L’ensemble de ces scènes du quotidien mises bout à bout, publié un an après, dessine notre portrait en creux.

    (...) #Journal, #Vidéo, #Architecture, #Art, #Famille, #Sons, #Mémoire, #Paysage, #Ville, #Heures_indues, #Regard, #Dérive, #Paris, #Marseille, #Nice, (...) ❞

  • La mort annoncée des centres de santé qui soignent les inégalités
    https://reporterre.net/L-Etat-signe-la-mort-brutale-et-incomprehensible-des-centres-de-sante-co

    Le gouvernement veut couper les financements des centres de santé communautaire. Des milliers de patients, notamment précaires, risquent de perdre un accompagnement global « indispensable et précieux ».

    Sans idéologie, le gvt flingue la mutualisation et l’entraide communautaires.

    • Le premier ministre met fin à l’expérimentation de la santé communautaire dans les quartiers populaires
      https://www.mediapart.fr/journal/france/050226/le-premier-ministre-met-fin-l-experimentation-de-la-sante-communautaire-da

      Depuis 2021 étaient financées, de manière expérimentale, 26 structures de santé dans des quartiers populaires, qui ont fait leur preuves. Mais le couperet budgétaire vient de tomber : l’expérimentation cesse, et les centres concernés ne pourront plus compter que sur des aides de l’État très fortement diminuées.

      « On nous prive du jour au lendemain de l’essentiel de nos financements, on est menacés de fermeture dès le mois d’avril. C’est un tel mépris institutionnel des professionnels, un manque de respect total pour les habitants des quartiers populaires. Depuis hier, on leur distribue des tracts à l’accueil. Ils nous soutiennent et ils nous disent : “vous étiez à notre fête de quartier”, “vous avez accompagné notre sortie scolaire”. On fait partie de la vie des gens », résume Élisa Francfort, coordonnatrice du Château en santé, situé au pied des barres d’immeubles du quartier Kalliste à #Marseille (Bouches-du-Rhône).
      Mediapart a consacré de nombreux reportages à ce centre de santé (ici et là) , mais aussi à la Case de santé à #Toulouse (Haute-Garonne), au Village 2 santé à #Échirolles, près de Grenoble (Isère), à la maison de santé Pyrénées-Belleville à #Paris, ou encore à la Place Santé, au cœur de la cité des Francs-Moisins à #Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

      Ces structures sont des pionnières de la #santé communautaire en France, qui mélange du #soin et du travail social pour aller vers les habitants des #quartiers_populaires, souvent éloignés des soins, isolés, égarés dans les méandres du système de santé, sans droits, etc.

      Depuis juin 2025, les acteurs et actrices du secteurs réclamaient une réunion au ministère de la santé, pour enfin être informé·es des « arbitrages » sur leur modèle. Elle a eu lieu le jeudi 29 janvier. La médecin généraliste Dora Lévy explique : « On s’attendait à une baisse de nos financements. Mais pas à ça ! » « Pendant vingt minutes, ils nous ont expliqué qu’ils voulaient nous sécuriser. Ils l’ont dit vingt fois », complète Élisa Francfort.

      Finalement, le conseiller de la ministre de la santé, Stéphanie Rist, leur a annoncé leur entrée dans le dispositif #France_santé, voulu par le premier ministre Sébastien Lecornu. Une labellisation de cent vingt maisons de santé qui bénéficieront d’une subvention de 50 000 euros par an. « Notre cahier des charges n’a rien à voir, et notre enveloppe budgétaire non plus », déplore la docteure Lévy. La maison de santé Pyrénées-Belville perçoit par exemple « 600 000 euros par an de subventions ».

      La fin d’une « dynamique incontestable »

      Cette réunion a donc acté la fin de l’expérimentation de vingt-six structures d’exercice coordonné participatives (Secpa), labellisées par le ministère de la santé en 2021 et 2022 dans des quartiers populaires de Dunkerque à Poitiers, ou de Belfort à Valence. Elles bénéficiaient d’un financement de 10 millions d’euros par an environ, soit 380 000 euros en moyenne par structure.

      « C’est le ministère de la santé qui est venu nous chercher pour qu’on développe notre modèle dans le cadre d’une expérimentation », rappelle Élisa Francfort. « Ils ont pris conscience des inégalités de santé pendant le #covid_, prolonge Benjamin Cohadon, coordonnateur du Village 2 santé d’Échirolles. _Car la mortalité a été très forte dans les quartiers populaires, là où vivent les “premiers de corvée” », c’est-à-dire les soignant·es, caissières, livreurs, éboueurs, etc., en première ligne durant la pandémie.
      « On a travaillé avec eux sur le cahier des charges, poursuit la médecin généraliste Jessica Guibert, l’une des fondatrices du Village 2 santé. On a pu développer ce qu’on faisait jusque-là en bricolant : pas seulement des soins, mais aussi de l’accès aux droits, de l’interprétariat, des groupes ou des ateliers dédiés à l’alimentation, à la lutte contre les violences et les discriminations, à la prévention des risques du travail, etc. Car tout cela a un impact sur la santé. »

      La méthode de l’#expérimentation prévoyait une évaluation avant une éventuelle #généralisation. Entre 2024 et 2025, ces vingt-six structures ont donc été évaluées à plusieurs reprises, toujours de manière positive. En avril 2025, le conseil stratégique de l’innovation en santé, qui dépend du ministère de la santé, a voté « à l’unanimité » pour leur entrée dans le droit commun parce qu’il les juge « efficaces », portées par une « dynamique incontestable ».

      Tout semblait donc prêt pour l’entrée de la #santé_communautaire dans le droit commun en France. Le processus a suivi son cours sous les nombreux et nombreuses ministres de la santé qui se sont succédé. Mais au moment de trouver des financements pérennes, le couperet budgétaire est tombé.

      « On a investi beaucoup d’énergie, on a embarqué des équipes, des habitants du quartier, on a augmenté le nombre de nos patients, qui sont de plus en plus lourds. Certains ont investi dans de nouveaux locaux, parfois sur leurs propres fonds, et ne pourront pas se retourner », met en garde Dora Lévy.

      « Pérennisées et financées », mais...

      De très nombreuses études scientifiques (par exemple ici) ont pourtant démontré l’efficacité de cette approche de la santé, y compris d’un point de vue économique : les patients vont mieux, et leurs frais de santé en sont donc diminués. En 2021, les pouvoirs publics semblaient l’avoir compris.
      Mais c’est surtout « un bon modèle de santé, aux effets bénéfiques, poursuit Dora Lévy. On fait sortir les gens de situation terribles d’isolement, de maladie, de violences. Nous, les médecins, nous ne sommes plus tout seuls, démunis face à des situations très complexes. »

      Dans le quartier parisien Pyrénées-Belleville, la maison de santé s’adresse aux populations d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, d’un foyer de travailleurs migrants, de personnes âgées très isolées dans cet arrondissement parisien, visitées à domicile par les équipes d’infirmiers et d’infirmières.

      À Marseille, le Château en santé emploie un médiateur qui est aussi interprète pour la population turque et kurde, très nombreuse dans le quartier. À Échirolles, le recours à un service d’interprétariat a été généralisé, car « on s’est rendu compte que l’interprétariat par des proches pouvait être très néfaste », explique Jessica Guibert.

      Elle insiste aussi sur le travail « des accueillant·es » qui va bien au-delà du secrétariat : « Elles prennent des rendez-vous pour les patients, coordonnent leurs parcours, les orientent dans un système de soins de plus en plus complexe. »
      Lors des questions au gouvernement, mardi 3 février, la député écologiste de l’Isère Cyrielle Chatelain a interpellé le premier ministre Sébastien Lecornu. Il a assuré que « les vingt-six structures Secpa seront bien pérennisées et financées ». Puis il a botté en touche vers la ministre de la santé, Stéphanie Rist, qui « précisera dans les heures qui viennent les sommes qui leur seront allouées ».

      Contacté par Mediapart, le ministère indique que « la décision de généraliser cette expérimentation a été prise ». Seulement, il faut encore « définir un modèle financier pérenne », ce qui sera fait « très prochainement », promet-il. Les agences régionales de santé et les collectivités locales seront mises à contribution. La santé communautaire ne sera donc pas étendue et restera un modèle réservé à quelques territoires seulement, porté à bout de bras par des militant·es.

      Les structures existantes ne se font guère d’illusions sur la possibilité que le ministère aille plus loin que les 50 000 euros annuels annoncés. Aux yeux de Benjamin Cohadon, « c’est un signal dramatique : il n’y pas de continuité de l’État. Dans trois mois, je dois licencier des gens dans un quartier populaire ».

      Non mais oui quoi, on va pas raquer pour soigner un système de santé qui reste le meilleur du monde.

      #accès_aux_soins #droit #guerre_aux_pauvres

  • “Votre cloud, notre fournaise” : résister à la dématérialisation depuis Marseille
    https://www.terrestres.org/2026/01/22/resister-a-la-dematerialisation-depuis-marseille

    Derrière le monde des marchandises, il y a les arrière-mondes de la production ou du transport. Derrière les écrans, il y a une énorme infrastructure matérielle et physique. Et derrière les clouds, il y a les indispensables data centers, qui prolifèrent en avalant l’espace et l’électricité. À Marseille, assaillie par les câbles, la résistance s’organise. L’article “Votre cloud, notre fournaise” : résister à la dématérialisation depuis Marseille est apparu en premier sur Terrestres.

    #Infrastructures #Luttes #Monde_numérique #Technocritique #Territoire

  • Marseille : la ruée vers l’or numérique écrase l’opposition locale

    Après une dizaine de #data_centers en autant d’années, #Marseille sature. Les projets se tournent alors vers l’arrière-pays avec une taille toujours plus importante. Dans un contexte politique très favorable, difficile pour les opposants de faire bouger les lignes.

    https://synthmedia.fr/politiques/marseille-la-ruee-vers-lor-numerique-ecrase-lopposition-locale

    Un schéma classique dans la région : déplacer ce qui pollue, au nord-ouest, vers l’étang de Berre.

    #nuisances
    #numérique

  • La Zone à Patates, une ZAD en périurbain
    https://metropolitiques.eu/La-Zone-a-Patates-une-ZAD-en-periurbain.html

    L’utilisation du foncier dans les espaces périurbains est sous tension. À Pertuis, dans le Vaucluse, la création d’une zone d’activité économique sur des terres agricoles engendre des formes nouvelles de #mobilisation. « Qui ose encore bétonner des terres destinées à nourrir ? » ; « Qui sème le béton aura bientôt la dalle » ; « béton = inondation »… C’est avec ces slogans – et bien d’autres ! – que plusieurs centaines de personnes ont défilé dans la zone d’activités et les espaces agricoles de #Terrains

    / #périurbain, mobilisation, #zone_à_défendre, #conflit, #agriculture, #Marseille, #métropole

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_fonticelli.pdf

  • Affaire Hedi à Marseille : « Certains policiers disent ne se souvenir de rien », selon Me Preziosi, avocat de la victime

    L’avocat de Hedi, grièvement blessé lors d’une intervention de la #BAC en juillet 2023 à #Marseille, était l’invité d’ICI Matin. Une reconstitution s’est tenue mercredi soir. Me Jacques Preziosi décrit un jeune homme encore très marqué et des policiers qui n’expriment aucun regret.

    Les faits remontent à une nuit de juillet 2023, en marge des émeutes déclenchées après la mort de Naël à Nanterre. Hedi, 24 ans, est violemment interpellé par quatre policiers de la brigade anticriminalité à Marseille. Il subit de graves blessures à la tête, nécessitant l’ablation puis la pose d’une prothèse crânienne.

    https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-d-ici-matin-ici-provence/me-jacques-preziosi-avocat-au-barreau-de-marseille-1643293

    #violences_policières

  • Le Département et la Région suspendent leur coopération avec le Mucem à Marseille
    Par Victor Tillet | Publié le 12/12/25
    https://www.laprovence.com/article/culture-loisirs/16297158671168/le-departement-et-la-region-suspendent-leur-cooperation-avec-le-mucem-a-

    Dénonçant respectivement « l’importation du conflit » israélo-palestinien et « le diktat antisémite », Martine Vassal et Renaud Muselier ont annoncé sur X cette décision. Elle fait suite à la rupture du partenariat entre le musée national et Digital Realty.

    C’est le début d’une tempête autour du Mucem. Ce jeudi 11 décembre, le musée national annonçait la rupture de son partenariat avec un de ses mécènes : l’entreprise américaine Digital Realty, qui exploite quatre centres de données à Marseille. Et est par ailleurs associée à la compagnie israélienne d’immobilier Mivne Real Estate, qui porte de son côté des projets dans des colonies israéliennes situées en Cisjordanie et dans le Golan syrien. La coalition de collectifs marseillais « Divest from Digital Realty » l’accuse ainsi de soutenir la colonisation de ces territoires.

    En marge de cette annonce, Ariel Kenig, responsable des mécénats au Mucem, justifiait ainsi la fin du partenariat entre le Mucem et Digital Realty : « Cette décision a pour but de permettre au musée de poursuivre ses missions de service public et d’accueil des artistes dans un contexte apaisé. » Sauf que quelques heures plus tard, dans la soirée de jeudi, la sphère politique a vite mis à mal cette quiétude recherchée.
    Sur le réseau social X, Renaud Muselier et Martine Vassal ont annoncé chacun à leur tour la suspension de toute coopération avec le Mucem. Premier à dégainer, le président de la Région écrivait : « Quelle tristesse pour ce musée dont je fus le président du jury… La paix durable au Proche-Orient doit être l’objectif commun, et cette décision est une soumission au diktat antisémite ! Dès lors, la Région Sud suspend toute coopération potentielle avec cet établissement. »

    De son côté, la présidente du Département et de la Métropole Aix-Marseille-Provence, pointait : « Quand le militantisme antisémite s’infiltre dans l’un des emblèmes de Marseille. Importer le conflit du Proche-Orient au Mucem est insupportable et inadmissible. Le Département et la Métropole suspendent toute collaboration . » (...)

    • Victoire : le Mucem ne renouvelle pas son partenariat avec Digital Realty, complice de la colonisation israélienne en Palestine
      12/12/25
      https://www.bdsfrance.org/victoire-le-mucem-ne-renouvelle-pas-son-partenariat-avec-digital-realty

      (...) La campagne BDS France accueille avec une grande satisfaction l’annonce d’une victoire importante obtenue après plusieurs mois de mobilisation de la part de collectifs militants et associatifs, écologiques et d’artistes : le Mucem – Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, à Marseille – ne renouvellera pas en 2026 son partenariat de mécénat avec le géant étasunien des data centers, Digital Realty, mis en cause pour sa complicité avec la colonisation israélienne. (...)

      #BDS

    • – Je pense que la critique du génocide israélien, ainsi que la mise en scène d’un soutien hystérique à Israël, sont désormais les marqueurs les plus nets de la fracture politique entre la gauche et la droite (et la bourgeoisie barbarisée). Même plus que l’opposition entre soutiens et opposants aux « grands hommes artistes » accusés de violer des femmes. Donc la radicalisation des imputations d’antisémitisme à chaque fois qu’il s’agit d’Israël, ça va devenir industriel.

      – Mais au-delà, je me demande à quel point ça n’est pas ici un élément de la culture war de la droite contre toutes ces institutions (musées, centres culturels, associations…) qu’elle accuse d’être un peu trop « woke » à son goût. Le Mucem promeut une vision de la Méditerranée qui ne correspond vraiment pas au bon gros suprémacisme françaouis et anti-islam qui fleurit par ailleurs dans la région. Son approche critique de l’histoire coloniale scandalise régulièrement la droite nostalgique de l’Empire.

      Sur TripAdvisor, la lecture des mauvaises notes est un vrai bonheur : ça te me dénonce le marxisme culturel qui critique la colonisation (qui n’est pas un crime, je te le rappelle, contrairement à ces Européens qui pratiquent l’àpoilisme hippie).

      The typical discourse of cultural Marxism against the colonizing company of Europe, truffled in some interesting detail, but an eye to the bundle, an exhibition completely dedicated to naturism! Not to the “natural spaces” as we thought when we entered the room but “naturist spaces”, that is, hippie communities of people who go in balls. It was going into the room and out. I suppose it will be a phenomenon of great importance in the development of Mediterranean culture and in my ignorance I cannot see it.

      Our visit was the day after the opening of the Olympic Games. We were on notice. We were not surprised at all to see this display of moral and artistic decline in a France lost to the cause.

      Je me demande donc à quel point cette imputation soudaine d’antisémitisme, ça n’est pas un moment pratique, tout à fait trumpien, pour régler ses comptes avec un musée qui devrait un peu plus célébrer l’œuvre civilisatrice de la colonisation française tout autour de la Méditerranée.

    • Ce racisme est pas « simplement » pro-israélien. Il a ici plus qu’ailleurs ses propres raisons d’être anti Arabe. Marseille, c’est une « ville arabe » (oui, elle est aussi juive, corse, comorienne, etc.). Ce que vilipendent droite et extrême droite (autant dire département et région), pendant que d’autres, Arabes ou pas, apprécient Marseille aussi pour son arabité, ou/et la place prise par des minorités (d’écart en écart, la dernière en date, de plus en plus visible, pourrait être dite queer d’allure).

      Quant au superbe Mucem, c’est vrai qu’il a quelque de gauche, et de national. C’est l’étalon du musée de la pédagogie à la papa, au risque de rester fermé à la création et à la pensée en train de se faire. L’été dernier, pénultième muséification de Di Rosa, de l’art issu et inspiré du populaire, avec sa touche locale, ancrée et... paternelle (les appelants à canards fabriqués par le père pour l’étang de Thau). Oui, ça se veut pas colonial, un peu écolo, anti-discrimination. la charte Netflix, mais comme à l’époque où Netflix avait pas les budgets d’HBO et ne pouvait que se faire doubler.

      Pour sa part, la ville avait monté, hors les murs, sur le Vieux Port, une expo qui documentait les rafles et destructions de 1943 que j’avais aimé.
      https://www.marseille.fr/mairie/les-vieux-quartiers-apres-destruction

      Avec un musée national, des feuilletons en prime time, la CGA CGM, des vedettes du show biz, Marseille reste "la verrue de l’Europe" (©NSADP) ?

      #Marseille #diktat_pro_israélien

    • A Marseille, le MuCEM lâché par plusieurs collectivités territoriales, sur fond de conflit israélo-palestinien
      https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/16/le-mucem-lache-par-plusieurs-collectivites-territoriales-sur-fond-de-conflit

      La région #PACA, le département des Bouches-du-Rhône et la #Métropole_Aix-Marseille-Provence protestent contre la rupture par le musée d’un contrat avec un mécène, #Digital_Realty, accusé d’avoir des activités liées aux colonies en Cisjordanie. Une prise de position qui prend un tour politique à quelques mois des élections municipales.

      Siégeant au conseil d’administration du MuCEM sans voix délibérative, les collectivités ne sont pas des financeurs de premier plan de l’établissement, dont le budget s’élève à 22 millions d’euros. Elles font valoir, pour justifier leur prise de position, leur participation financière à hauteur de 40 % lors de la construction du musée et, depuis son ouverture, une aide de 550 000 euros en dix ans de la région et la mise à disposition des panneaux d’affichage électronique de la Métropole valorisée à hauteur de 100 000 euros. (...) Pour les observateurs marseillais, la #droite locale chercherait avant tout à reconquérir une communauté juive phocéenne de plus en plus courtisée par le Rassemblement national sur fond de montée de l’antisémitisme. Ni Renaud Muselier, président du conseil régional de PACA, ni Martine Vassal, présidente du département et de la Métropole, ni la mairie de Marseille n’ont donné suite à nos sollicitations.

      (...) Face à l’escalade [des actions de scandalisation de ce mécénat], la direction de l’établissement a interrogé Digital Realty sur la nature de ses intérêts dans les territoires palestiniens. Elle a aussi saisi le ministère de la culture, sa tutelle, qui lui a confirmé que les activités de cette société américaine ne contreviennent pas à la charte de mécénat des musées nationaux.

      [...]
      Le musée et son mécène ont fini par acter la fin de leur partenariat. « Cette décision vise à ce que le musée poursuive ses missions de service public dans un contexte apaisé », fait savoir un représentant de Digital Realty France. Le calcul, il est vrai, est rapide : si le soutien financier de la société américaine – environ 100 000 euros par an – n’est pas négligeable, il reste marginal au regard des 22 millions de budget de l’établissement. De son côté, Digital Realty, qui a déjà investi 400 millions dans quatre centres de données à Marseille, et prévoit d’en créer un cinquième pour un investissement de 300 millions d’euros, a préféré couper court à une polémique susceptible de ternir son image et de peser sur ses affaires.

      [...]

      ... la direction du MuCEM a répondu au CRIF : il ne s’agit pas d’une rupture, mais d’une « décision conjointe » du musée et du mécène. « Elle n’est ni unilatérale, ni brutale, ni idéologique », surligne Pierre-Olivier Costa, rappelant que, depuis huit mois, les activités du musée sont régulièrement interrompues par des militants, « sans d’ailleurs que le CRIF ne s’en soit ému à l’époque ».
      « Comme vous le voyez, ajoute le président du MuCEM, nous n’avons en rien cédé à la pression venant de groupes d’activistes. » Mais lorsque artistes et chercheurs menacent de boycotter le musée, ce dernier n’a pas d’autre choix. « Nous touchons là au cœur même de la mission qui est la nôtre : faire dialoguer artistes, chercheurs et publics dans la sérénité, la sécurité et la confiance. »

      https://justpaste.it/dhosb

      #Mucem #mécénat #RN #français_juifs #élections

    • C’est un truc qui m’a choqué, en allant visiter des connaissances à Marseille il y a quelques années.

      Leur maison se trouve dans une de ces #gated_community. Malgré ce premier rempart de la fermeture de la résidence, la maison à l’intérieur, elle aussi est conçue comme une forteresse, des murs autour du jardin. Et les habitants du lotissement qui pourraient partager un espace commun, ne font qu’y mettre leur bagnole, chacun chez soi.

      Malgré cela, persiste une sensation chez ma connaissance, d’être en insécurité. Comme quoi, quand tu commences à te barricader, tu ne t’arrêtes plus. Je ne parle pas de la suite. C’est encore plus déprimant.

      Marseille, pour le peu que je la connais, dispose de peu d’espace réellement publics où il fait bon s’arrêter, ou même rien que passer. Se déplacer à pied. Mais je connais très peu cette ville. Mais pour le peu que je la connais, ça ne donne vraiment pas envie.

    • la surface urbaine de l’asie du s e se découpe notablement ainsi , ça n’a plus rien d’un privilège , dans nos métropoles le phénomène a tendance à s’étendre

    • J’avais vu La Zona (2007), sur ce sujet, pas trop mal sans plus.

      Plus récemment, le maire d’un coin où je passe courir avait soudainement fermé un ensemble de rues en cul de sac avec juste une grille, au bénéfice des riverains qui s’appropriaient ainsi un sacré quartier, avec bien sûr toutes les charges de voirie payées par la municipalité. Il restait juste un sas pour les piétons ouvert en journée. J’étais tellement furieux que j’avais fomenté de mettre un antivol Décat’ à 3€ sur la grille à chaque passage, histoire de bien faire chier mon monde. Finalement, il n’y a pas eu besoin, la justice a obligé le maire à rouvrir le passage assez rapidement.

  • #Journal du regard : Novembre 2025

    https://liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-novembre-2025

    https://www.youtube.com/watch?v=eNIS5Rpn5_M

    Chaque mois, un film regroupant l’ensemble des images prises au fil des jours, le mois précédent, et le texte qui s’écrit en creux. « Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l’écriture “préalable” ». Jorge Luis Borges, Fictions

    (...) #Journal, #Vidéo, #Architecture, #Art, #Écriture, #Voix, #Sons, #Mémoire, #Paysage, #Ville, #Journal_du_regard, #Regard, #Dérive, #Photographie, #Voyage, #Paris, #Mer, #Marseille, #Automne, (...)