• Derrière le débat sur le « wokisme », les trois mutations du racisme : biologique, culturel, systémique

    Après avoir postulé, depuis l’esclavage, l’inégalité des races, le racisme insiste, après 1945, sur l’impossible coexistence culturelle. Plus controversée est la notion, apparue dans les années 2000, de racisme « structurel ».

    C’est un mystérieux néologisme qui désigne un ennemi aussi terrifiant qu’insaisissable : le « wokisme », ce mouvement venu des Etats-Unis, suscite depuis des mois des croisades enflammées. Pour le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ce mot renvoie à une idéologie obscurantiste qui, en imposant une police de la pensée digne de George Orwell, ouvre la voie au totalitarisme. Le réquisitoire est sans doute un peu exagéré : le wokisme n’est ni un corpus idéologique structuré ni un courant de pensée homogène, mais, plus modestement, une attitude consistant à être attentif (« awake ») aux injustices subies par les minorités.

    Si l’expression apparaît dans l’argot afro-américain dans les années 1960, si elle est présente, en 1965, dans un discours prononcé par Martin Luther King (1929-1968), si elle est aujourd’hui revendiquée par le mouvement américain Black Lives Matter, elle reste très largement méconnue des Français : selon un sondage IFOP réalisé en février 2021, 86 % d’entre eux n’ont jamais entendu parler de la « pensée woke » et 94 % ignorent ce qu’elle signifie. En France, le wokisme est « un épouvantail plus qu’une réalité sociale ou idéologique » , résume l’historien Pap Ndiaye, directeur général du Palais de la Porte Dorée (l’établissement public qui comprend le Musée national de l’histoirede l’immigration et l’Aquarium tropical de Paris).

    Les controverses françaises sur le « wokisme » ont beau reposer sur des à-peu-près et des chimères, elles ont cependant un mérite : démontrer que le mot « racisme » ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Pour les militants « woke », la statue d’un ardent défenseur de l’esclavage ou le « blackface » festif d’un homme blanc signent la survivance subtile mais réelle d’une hiérarchie raciale héritée de la traite négrière et de la colonisation. Pour leurs adversaires, cet exercice scrupuleux de vigilance antiraciste mène tout droit à la tyrannie des minorités, voire à un « racisme inversé .

    XVIe siècle : la racialisation du monde

    Si le racisme des uns ressemble si peu au racisme des autres, c’est parce que ce mot affiche une simplicité trompeuse et ce depuis sa naissance, à la fin du XIXe siècle. Popularisé en 1892 sous la plume du pamphlétaire antisémite Gaston Méry, le terme « racisme » désigne, dans le roman Jean Révolte, non pas une condamnable hiérarchie entre les hommes, mais une enviable « patrie naturelle fondée sur la communauté d’origine », souligne l’historien Grégoire Kauffmann. Pour le héros, qui « refuse d’admettre qu’un Juif ou qu’un nègre puisse devenir son concitoyen », le racisme est une forme élevée et respectable de patriotisme. Si l’origine du mot « racisme » est ambiguë, son sens l’est tout autant. « Ce terme est polysémique » , prévient Abdellali Hajjat, auteur des Frontières de l’ « identité nationale » (La Découverte, 2012). « Il est hautement problématique », renchérit l’historien des idées Pierre-André Taguieff dans son Dictionnaire historique et critique du racisme (PUF, 2013) . Parce que le racisme se nourrit des préjugés de son époque, parce qu’il épouse la circulation des hommes et des idées, parce qu’il s’adapte à l’état de la science, il se conjugue toujours au pluriel.

    Depuis le XVIIIe siècle, le racisme français a ainsi, selon Pierre-André Taguieff, affiché deux visages : le racisme « biologique et inégalitaire » de l’esclavage et de la colonisation, qui postulait l’existence d’une hiérarchie irréductible entre les races, et le « néoracisme différentialiste et culturel » de l’après-guerre, qui fait de certaines communautés, non pas des races inférieures, mais des groupes inassimilables. Depuis les années 2000, beaucoup y ajoutent un troisième : le racisme « systémique » engendré, jour après jour, par le fonctionnement routinier et discriminatoire des institutions.

    En déportant 12,5 millions d’Africains vers les Amériques, l’esclavage atlantique inaugure, au XVIe siècle, l’ère de la racialisation du monde, et façonne du même coup la matrice du racisme biologique et inégalitaire qui survivra, en France, jusqu’à la seconde guerre mondiale. Avec la traite négrière, la « race » devient le pilier d’un ordre social fondé sur des traits phénotypiques comme la couleur de la peau. « Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Européens théorisent l’infériorité supposée de certains peuples, souligne Pap Ndiaye. L’esclavage n’invente pas les préjugés sur les Noirs mais il les structure dans une pensée systémique de la hiérarchie raciale qui légitime la chosification des êtres humains. »

    Pendant que les naturalistes du XVIIIe siècle répertorient méthodiquement les plantes et les animaux, les savants classent les races humaines en leur attribuant des carac téristiques physiques, intellectuelles et morales immuables. Dans la hiérarchie culturelle de la perception du beau et du sublime élaborée par Kant (1724-1804), les Germains, les Anglais et les Français figurent au sommet : relégués en bas de l’échelle, les Noirs doivent se contenter du « goût des sornettes . « L’humanité atteint la plus grande perfection dans la race des Blancs, écrit Kant. Les Indiens jaunes ont déjà moins de talent. Les Nègres sont situés bien plus bas. »

    A la fin du XVIIIe siècle, l’obsession de la hiérarchie raciale est telle que le colon créole Moreau de Saint-Méry, député de la Martinique à l’Assemblée constituante et grand défenseur de l’esclavage, élabore une classification méticuleuse des hommes en fonction de leur couleur de peau. S’il estime que les Blancs incarnent l’ « aristocratie de l’épiderme » , il recense 128 combinaisons de métissage noir-blanc qu’il regroupe dans neuf catégories soigneusement hiérarchisées : le sacatra, le griffe, le marabout, le mulâtre, le quarteron, le métis, le mamelouk, le quarteronné et le sang-mêlé... Cette racialisation du monde aurait pu s’effacer après l’abolition de l’esclavage, en 1848, mais la colonisation, qui voit la France conquérir l’Algérie, en 1830, puis l’Indochine et une partie de l’Afrique, perpétue les hiérarchies raciales construites pendant la traite négrière. Sous la IIIe République, les préjugés sur la supériorité biologique des Blancs sont encore très vivants : c’est en vain, affirme Pierre Larousse dans le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle (1872), que « quelques philanthropes ont essayé de prouver que l’espèce nègre est aussi intelligente que l’espèce blanche .

    La Caution scientifique

    Parce que la colonisation est justifiée, au XIXe siècle, par la « mission civilisatrice » de la France, la pensée raciale, cependant, se transforme. « A la hiérarchie biologique de la traite négrière s’ajoute, au XIXe siècle, une hiérarchie culturelle des civilisations, explique le sociologue Abdellali Hajjat, chargé de cours à l’Université libre de Bruxelles . Parmi les " indigènes " , la IIIe République distingue l’Arabe musulman, fourbe mais civilisé, du bon sauvage noir, proche de l’animal. Aux yeux des colonisateurs, le monde musulman, qui a une histoire commune avec l’Europe, est une civilisation, même si elle est menaçante, alors que le monde subsaharien est situé, lui, hors de la civilisation. »

    Dans un siècle marqué par les fulgurants progrès de la science, cette « raciologie républicaine », selon le mot de l’historienne Carole Reynaud-Paligot, se nourrit de discours savants. Les anthropologues comparent les anatomies, jaugent les boîtes crâniennes, mesurent les angles faciaux. « Au XIXe siècle, la pensée raciale se pare d’une caution scientifique, poursuit Abdellali Hajjat. Les nouvelles disciplines comme l’anthropologie, l’ethnologie ou la philologie élaborent des discours qui justifient l’inégalité des races. Les savoirs, dans toute leur diversité, consolident et légitiment la pensée raciale de la IIIe République. »

    A la fin du XIXe siècle, l’anthropologie physique devient ainsi l’un des viviers du racisme « scientifique . Dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Paul Broca, fondateur, en 1859, de la Société d’anthropologie de Paris, distingue ainsi les races « éminemment perfectibles, qui ont eu le privilège d’enfanter de grandes civilisations », de celles qui ont « résisté à toutes les tentatives qu’on a pu faire pour les arracher à la vie sauvage » . « Jamais un peuple à la peau noire, aux cheveux laineux et au visage prognathe, n’a pu s’élever spontanément jusqu’à la civilisation » , écrit-il.

    Pendant la IIIe République, cette hiérarchie des races et des civilisations est profondément ancrée dans les esprits, y compris dans ceux des Républicains. « Il faut dire ouvertement, affirme Jules Ferry en 1885, que les races supérieures ont un droit sur les races inférieures » , celui de les « civiliser » . Pendant que les écoliers apprennent dans Le Tour de la France par deux enfants (1877) que la « race » blanche est la « plus parfaite » de toutes, leurs parents découvrent, dans les « villages nègres » des expositions universelles, des Africains parqués comme des animaux qui tressent des nattes et cisèlent des bracelets.

    Il faut attendre le début du XXe siècle pour que ce racisme biologique et inégalitaire commence à vaciller. Le déclin s’amorce avec l’affaire Dreyfus (entre 1894 et 1906), qui voit naître les premiers mouvements de défense de l’universalité du genre humain. Mais le coup de grâce intervient au lendemain de la seconde guerre mondiale. « La Shoah disqualifie définitivement le racisme, analyse l’historien Emmanuel Debono. A la Libération, le premier geste de l’Organisation des Nations unies et de l’Unesco [sa branche consacrée à l’éducation], tout juste créées, est de condamner le racisme chimiquement pur qu’est le nazisme. L’antiracisme s’impose, pour la première fois de l’histoire, comme une norme internationale. » En récusant catégoriquement la validité scientifique du concept de « race », en proclamant solennellement l’égale dignité de tous les hommes, les institutions internationales nées à la Libération installent, selon le philosophe Etienne Balibar, un nouveau « paradigme intellectuel » : « l’humanité est une », proclament les documents de l’Unesco des années 1950.Ce discours est si neuf que le pasteur noir américain Jesse Jackson sillonne le sud des Etats-Unis pour le promouvoir. « Une organisation internationale avait fait des recherches et conclu que les Noirs n’étaient pas inférieurs, racontait-il en 2002, dans une interview à un journal aux Etats-Unis. C’était énorme ! »

    Le racisme biologique et inégalitaire de l’avant-guerre ne survit pas à ce nouveau paradigme. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les racistes « à l’ancienne » se font de plus en plus rares : les Français qui croient à la supériorité biologique de certaines races représentent aujourd’hui moins de 10 % de la population. « L’Unesco a indéniablement réussi à délégitimer le concept de race » , constate Abdellali Hajjat. L’ « inertie » des catégories raciales bâties pendant l’esclavage et la colonisation est cependant très forte : « Le racisme est un train à grande vitesse, poursuit-il. Même quand on appuie fermement sur le frein, il met du temps à ralentir. »

    La hantise du métissage

    Malgré les déclarations de principe des instances internationales des années 1950, le racisme continue en effet à prospérer, mais le climat de l’après-guerre l’oblige à changer de visage. Au lieu de distinguer et de hiérarchiser les races humaines, comme il le faisait pendant l’esclavage et la colonisation, le racisme , selon Pierre-André Taguieff, adopte dans la seconde moitié du XXe siècle une tonalité « culturelle et différentialiste » : il célèbre désormais le culte des identités parti culières. « Le néoracisme met en avant des différences irréductibles fondées, non plus sur la biologie, mais sur les moeurs » , constate Emmanuel Debono.

    Résolument hostile à l’ouverture des frontières, ce « new racism », selon le mot de l’historien britannique Paul Gilroy, clame haut et fort sa hantise du métissage : ce qui est reproché aux étrangers, résume Pierre-André Taguieff, ce n’est plus leur infériorité biologique, mais le fait « d’être culturellement inassimilables et d’incarner, en tant que corps étranger, une menace de désordre pour le groupe national menace polymorphe de défiguration, de dénaturation, de désinté gration, voire de souillure . « C’est le racisme de l’inégalité des cultures et du chacun chez soi, explique Pap Ndiaye, auteur de La Condition noire. Essai sur une minorité française (Gallimard, 2009). Chacun dans sa culture, chacun sur son territoire. »

    Dans les années 1970, le Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece) du philosophe Alain de Benoist est le laboratoire théorique de cette doctrine qui finit par irriguer l’extrême droite, puis une grande partie de la droite. Les « grécistes » , observe le politiste Sylvain Crépon, en 2010, dans la revue Raison présente , tournent peu à peu le dos aux théories biologiques racialistes pour défendre la notion « anthropologique » de culture, et prôner, au nom de la pureté, une « étanchéité entre les peuples . Dans une France de plus en plus métissée, le Front national, qui émerge sur la scène politique en 1983, se fait le porte-parole de cette pensée identitaire.

    Face à ce « néoracisme » qui manie avec habileté le vocabulaire des modes de vie, les asso ciations antiracistes « classiques » et « généralistes » comme la Ligue des droits de l’homme, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme ou le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples sont vite dépassées. « Leur discours de principe sur l’universalité du genre humain a du mal à penser les différences culturelles, d’autant que ces militants traditionnels sont rarement issus de l’immigration », observe l’historienPap Ndiaye.Il faut attendre les années 1980 pour voir émerger une nouvelle génération d’activistes : l’organisation, en 1983, de la Marche pour l’égalité, puis la création, en 1984, de SOS-Racisme rajeunissent et élargissent le cercle de la mobilisation.

    Dans les années 1980 et 1990, ces nouveaux acteurs de la scène politique analysent le « néoracisme » non comme un système de valeurs collectif hérité de l’esclavage et la colonisation, mais comme l’expression d’une dérive « morale et individuelle », écrivent les chercheurs Fabrice Dhume, Xavier Dunezat, Camille Gourdeau et Aude Rabaud dans Du racisme d’Etat en France ? (Le Bord de l’eau, 2020). Pour SOS-Racisme, les Français hostiles aux immigrés sont des « acteurs déviants, isolés, adhérant à la doctrine raciste et/ou portés par une idéologie violente » , ajoutent les chercheurs. Face à ces errances individuelles, les militants de SOS-Racisme défendent avec conviction les vertus du métissage, de la fraternité et de la tolérance. « Ils estiment que le racisme est le fruit de l’ignorance et de la peur . La loi et l’éducation constituent donc les deux piliers de leur engagement. La loi parce qu’elle permet, depuis la législation Pleven de 1972, de sanctionner les propos racistes, l’éducation parce qu’en luttant contre les préjugés, elle ouvre la voie à un changement des mentalités. », analyse la philosophe Magali Bessone, professeure de philosophie à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et autrice de Faire justice de l’irréparable. Esclavage colonial et responsabilités contemporaines (Vrin, 2019).

    « Une matrice idéologique »

    Cette conception du racisme est questionnée à partir des années 2000. Dans un monde qui se mobilise contre les discriminations la directive européenne sur l’égalité de traitement date de 2000, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, de 2005 (supprimée en 2011) , l’idée d’un racisme « systémique » émerge peu à peu dans les milieux militants et universitaires. Ses défenseurs ne nient pas que le racisme est souvent adossé à un discours explicite de haine, mais ils estiment qu’il est souvent, voire surtout, un système de pouvoir qui imprègne discrètement, et en silence, le fonctionnement des institutions républicaines.

    Alors que le néoracisme « culturel et différentialiste » émanait d’individus affichant ouvertement une idéologie nativiste, le racisme dit « systémique » se passe de discours d’exclusion : il est, plus banalement et plus massivement, le fruit des pratiques répétitives, souterraines et discrètes de la police, de la justice, de l’entreprise ou de l’école. Comme le savent les jeunes issus de l’immigration, comme le démontrent les enquêtes de sciences sociales, ce racisme « ordinaire », qui n’est ni intentionnel ni systématique, distribue inégalement les places et les richesses.

    Le sociologue Fabien Jobard établit ainsi, dans une étude réalisée en 2007-2008 à Paris, qu’un Maghrébin a 9,9 fois plus de risques de se faire contrôler par la police qu’un Blanc, un Noir 5,2 fois plus. Cinq ans plus tard, les économistes Nicolas Jacquemet et Anthony Edo constatent lors d’un « testing » que malgré un faux CV parfaitement identique, « Pascal Leclerc » obtient deux fois plus d’entretiens d’embauche que « Rachid Benbalit . « En mettant en lumière l’ampleur des discriminations, ces travaux démontrent qu’elles ne peuvent être le fait de quelques brebis galeuses animées de croyances ouvertement racistes », observe Magali Bessone.

    Pour nombre de militants et d’universitaires, ces pratiques insidieuses et silencieuses relèvent d’un racisme « institutionnel », « structurel », voire « d’Etat . Ces mots ne signifient nullement qu’en France, un principe de hiérarchie raciale est inscrit dans le droit, comme il l’était lors de l’apartheid en Afrique du Sud ou du nazisme en Allemagne : ils renvoient plutôt, selon la politiste Nonna Mayer, à un racisme « déguisé ou subtil », qui se manifeste par des contrôles au faciès, des discriminations à l’embauche, voire des « micro-agressions quotidiennes comme des plaisanteries ou des regards, à première vue plus bénignes, mais qui maintiennent les populations racisées à distance, en position d’infériorité » .

    Le « catéchisme » antiraciste

    Les premiers jalons de cette réflexion sur le racisme « systémique » remontent, en France, à l’après-guerre. « Dès 1956, [le psychiatre et essayiste] Frantz Fanon affirme ainsi qu’une société coloniale est une société structurel lement raciste, souligne Magali Bessone. Le racisme n’y est pas, selon lui, le fruit d’une subjectivité déviante mais une norme collective et partagée. En 1972, la sociologue Colette Guillaumin défend, elle aussi, l’idée que le racisme ne renvoie pas au comportement intentionnel de quelques personnes ignorantes ou malveillantes, mais à une matrice idéo logique faite de normes, de pratiques, de catégories et de procédures. »

    Il faut cependant attendre les années 2000 pour que cette analyse, longtemps cantonnée dans un cercle étroit d’intellectuels et de militants, s’impose dans le débat public. « La question des discriminations est propulsée au premier plan en 2004, lors de l’interdiction des signes religieux à l’école, puis en 2005, lors des émeutes urbaines et des polémiques autour de la loi sur les " aspects positifs de la colonisation " , poursuit la philosophe. Les deuxièmes, voire les troisièmes générations de l’immigration postcoloniale, constatent avec amertume que l’injonction à l’intégration est toujours à recommencer : elle est aussi forte pour eux que pour leurs parents, voire leurs grands-parents. »

    C’est dans ce climat que naissent, dans les quartiers populaires, les collectifs de l’anti racisme que l’on qualifie parfois de « politique » - le Parti des indigènes de la République, le Conseil représentatif des associations noires, La Vérité pour Adama. A l’éloge du métissage célébré par SOS-Racisme dans les années 1980 se substitue, dans les années 2000-2020, une dénonciation du racisme systémique fondée sur un nouveau lexique « racisé », « décolonial », « privilège blanc . « Ces militants qui s’intéressent à l’histoire et à la sociologie s’efforcent de conceptualiser la trame du racisme ordinaire , souligne Abdellali Hajjat. Ils estiment que certains gestes apparemment anodins du quotidien constituent des rappels à l’ordre racial. »

    Dans un pays intensément attaché aux principes universalistes, cette conception « structurelle » du racisme est aujourd’hui âprement critiquée. Dans L’Antiracisme devenu fou, le « racisme systémique » et autres fables (Hermann, 2021), Pierre-André Taguieff vilipende l’idée d’un « racisme sans racistes » : parce qu’il est devenu « victimaire » , le « catéchisme » antiraciste d’aujourd’hui a rompu, selon lui, avec la « tradition du combat contre les préjugés raciaux fondée sur l’universalisme des Lumières » . Une conviction partagée par la philosophe Elisabeth Badinter, qui estime que ces combats « identitaires » remettent en cause l’universalisme républicain .

    Cette idée est réfutée par Pap Ndiaye. « L’antiracisme contemporain, dans l’ensemble, ne tourne pas le dos à l’universalisme : il cherche au contraire à l’approfondir en évitant qu’il reste incantatoire, abstrait ou " décharné " , selon le mot d’Aimé Césaire. Les militants d’aujourd’hui sont finalement plus pragmatiques que leurs aînés : alors que les antiracistes de l’après-guerre espéraient, par le redressement moral, extirper le mal de la tête des racistes, les militants d’aujourd’hui veulent, plus simplement, faire reculer une à une les discriminations. » Cette ambition égalitaire n’est pas contraire à l’universalisme, estime l’historien : elle est même au coeur de la promesse républicaine.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/01/06/biologique-culturel-systemique-le-racisme-en-trois-mutations_6108458_3232.ht
    #racisme #racisme_biologique #racisme_culturel #racisme_systémique #Jean-Michel_Blanquer #Blanquer #obscurantisme #idéologie #police_de_la_pensée #Martin_Luther_King #Black_Lives_Matter #épouvantail #racisme_inversé #tyrannie_des_minorités #racialisation #Gaston_Méry #préjugés #esclavage #traite #traite_négrière #hiérarchie_raciale #colonisation #hiérarchie_raciale #pensée_raciale #mission_civilisatrice #antiracisme #néoracisme #new_racism #marche_pour_l'égalité #SOS-racisme #histoire #pouvoir #nativisme #racisme_ordinaire #discriminations #testing #racisme_d'Etat #décolonial #privilège_blanc #universalisme #racisme_sans_racistes #universalisme_républicain

    –-> ajouté à ce fil de discussion autour du wokisme :
    https://seenthis.net/messages/933990
    et plus précisément ici :
    https://seenthis.net/messages/933990#message943325

    • à faire débuter l’anti-racisme politique durant les années 2000, ce journal ne fait que propager une arrogante vulgate militante où l’on se complait à confondre le mot dont on se pare et la chose que l’on cherche à (ré)inventer, avec des bonheurs contrastés (l’appel des indigènes de la république est publié en janvier 2005, or le soulèvement de novembre 2005 n’a concerné ses tenants que de loin).

  • Tod eines opportunistischen Killers
    https://www.heise.de/tp/features/Tod-eines-opportunistischen-Killers-6222916.html?seite=all

    20.10.2021 von Gerd Roettig - Colin Powell zeigt vor den UN am 5. Februar 2003 eine Ampulle, vermeintlich mit Milzbranderregern. Der Irak, sagte er, verfüge wahrscheinlich über solche Massenvernichtungswaffen. Bild: U.S. Government

    Colin Powell war nicht der größte Lügner der Regierung Bush Juniors. Bei der Durchsetzung des Angriffskriegs auf den Irak vor knapp zwei Jahrzehnten spielte er aber eine Schlüsselrolle.

    Der vor wenigen Jahren verstorbene Schriftsteller #Gore_Vidal beschrieb seine Heimat einst als United States of Amnesia, als Land des Vergessens. Vidal, einer der scharfzüngigsten Kritiker der Regierung Georg W. Bushs – oder, wie er sie selbst nannte, #Cheney-Bush-Junta – befürchtete bereits damals, dass deren völkerrechtliche Verbrechen in Serie nicht nur nicht aufgeklärt zu werden drohten, sondern alsbald historisch verklärt werden würden.

    Diese Befürchtung bestätigte sich einmal mehr vor wenigen Monaten, als auch hiesige Medien den Tod von Ex-Pentagon-Chef Donald Rumsfeld mit ausgesprochen milden Tönen quittierten. Gegen den notorischen Scharfmacher und Hauptarchitekten des neokonservativen Programms einer über Leichen gehenden US-Hegemonie war immerhin auch hierzulande Klage wegen Kriegsverbrechen, gefährlicher Körperverletzung und Verstoßes gegen die UN-Folterkonvention eingereicht worden, woran sich offenbar nur noch die Wenigsten zu erinnern vermochten.

    Mit Colin Powell ist gestern nun ein weiteres führendes Mitglied der ersten Regierung Georg W. Bushs im Alter von 84 Jahren gestorben. Und erneut kommen die meisten Nachrufe einer Geschichtsfälschung gleich, in dem sie Powell beinahe als naives Opfer einer Politik beschreiben, für die er selbst nicht gestanden hätte.

    Anders als Rumsfeld, der sich in seiner politischen Laufbahn schon früh als aktiver Kriegstreiber empfahl, nahm Powell tatsächlich stets die Rolle des befehlsergebenen Soldaten ein, mithilfe derer er sich auch in der US-amerikanischen Öffentlichkeit einen Nimbus von Glaubwürdigkeit und Integrität zu erkaufen wusste:

    Ein soziales Kapital, das der Regierung Bush-Cheney sehr zupasskam, als es darum ging, die Weltöffentlichkeit mit dem Lügenmärchen von Saddam Husseins Massenvernichtungswaffen hinters Licht zu führen und die US-Gesellschaft für den völkerrechtswidrigen Angriffskrieg gegen den Irak zu mobilisieren.

    Powells spätere Behauptung, dass seine 2003 vor den UN abgelegte Falschaussage auf einem „großen Versagen der Geheimdienste“ gründete, ist gelinde gesagt wenig glaubhaft.

    Powell trug mit seiner UN-Rede zum Krieg bei

    Selbst Powells ehemaliger Stabschef Lawrence Wilkerson urteilte später, dass die Rede sowohl wegen ihrer „Unaufrichtigkeit“ als auch wegen Powells „Gravität“ einen entscheidenden „Beitrag der zweijährigen Bemühungen der Bush-Regierung leistete, die Amerikaner für den Krieg zu gewinnen“.

    „Diese Bemühungen“, schrieb Wilkerson 2018, „führten zu einem Krieg, der zu katastrophalen Verlusten für die Region und die von den USA geführte Koalition führte und den gesamten Nahen Osten destabilisierte“.

    Trotz millionenfachen Leids, unzählbarer Toten und einer auf absehbare Zeit hoffnungslosen Lage eines mutwillig zerstörten Staates, der erst durch die US-Invasion zum Exporteur terroristischer Gewalt wurde, blieben die Hauptakteure unbehelligt.

    Während Georg W. als welpenmalender netter Onkel auch in Talkshows des liberalen Mainstreams wieder gern gesehener Gast ist und Dick Cheney immer noch damit beschäftigt sein dürfte, sein in Öl- und Waffenindustrie gemachtes Geld zu zählen, äußerte Powell bereits 2005, seine Rede vor der UN-Vollversammlung zu bereuen, und befreite dabei gleichzeitig Leute wie Ex-CIA-Chef George Tenet von ihrer Verantwortung.

    Dabei hatte der „gute Soldat“ (Powell über Powell) bereits seine frühe Karriere damit begründet, stets das zu liefern, was seine Vorgesetzten von ihm hören wollten.

    1968 war der damals Anfang Dreißigjährige im Dienstgrad eines Majors nach #Vietnam versetzt und zu jener Division abkommandiert worden, aus deren Reihen nur kurze Zeit zuvor das Massaker von Mỹ Lai begangen worden war: Diesem waren mehr als 500 vietnamesischen Zivilisten zum Opfer gefallen, was nach Bekanntwerden wesentlich zum Anwachsen der Antikriegsproteste in den USA führen sollte.

    Eine direkte Mittäterschaft an diesen Kriegsverbrechen ist Powell nicht anzulasten. Sehr wohl war er aber Teil der Vertuschung und des Stillschweigens durch die US-Armee.

    In Berichten an die Armeeführung spielte Powell die Gewaltexzesse als Ausrutscher herunter. Hinweisen auf andere Kriegsverbrechen ging er nur halbherzig nach: „Es mag vereinzelte Fälle von Misshandlung von Zivilisten und Kriegsgefangenen geben, aber dies spiegelt keineswegs die allgemeine Haltung der gesamten Division wider.“

    Die Beziehungen zwischen den US-amerikanischen Soldaten und der vietnamesischen Bevölkerung seien vielmehr ausgezeichnet.

    Powell sagte, was seine Vorgesetzten hören wollten

    Diese Haltung, seinen Vorgesetzten genau das zu sagen, was sie hören wollten, und nicht die Wahrheit zu sagen, wurde zu einem der Markenzeichen der militärischen Karriere Powells, auf deren Höhepunkt er es zum Vier-Sterne-General brachte und als solcher federführend an der US-Invasion in #Panama (1989) und des Zweiten Golfkrieges (1991) beteiligt war.

    Auch seine Auffassung von Recht und Unrecht dürfte Powell bereits aus dem Vietnamkrieg mitgebracht haben, der Vieles der von Bush und Konsorten begonnenen und unter Obama fortgesetzten Kriegsserie im Nahen Osten vorweggenommen hatte. In seinen Vietnam-Memoiren aus den 90er-Jahren erinnerte sich Powell:

    Wenn ein Hubschrauber einen Bauern in einem schwarzen Pyjama entdeckte, der auch nur entfernt verdächtig aussah, umkreiste der Pilot ihn und feuerte auf ihn. Wenn er sich bewegte, wurde dies als Beweis für feindliche Absichten gewertet, und der nächste Schuss fiel nicht vor ihm, sondern auf ihn. Brutal? Das mag sein (….) Aber das Töten oder Getötetwerden im Gefecht führt dazu, dass die Wahrnehmung von Recht und Unrecht getrübt wird.
    Colin Powell

    Wie sehr durch die ewig dauernden Kriege die Wahrnehmung von Recht und Unrecht auch jenseits der Gefechte getrübt ist, zeigt nun die Mystifizierung Powells, die dessen Tod unmittelbar folgt.

    Sie macht vor dem „progressiven“ Lager nicht halt. Jamaal Bowman, afroamerikanischer Kongressabgeordneter und Mitglied der Democratic Socialists twitterte Stunden nach Powells Tod, dass für ihn als schwarzer Mann, „der gerade versuchte, die Welt zu verstehen, Colin Powell eine Inspiration“ gewesen sei. „Er stammte aus New York City, besuchte das City College und stieg in die höchsten Ränge unserer Nation auf.“

    In der Tat gehörte Colin Powell einer Generation Afroamerikaner an, für die das Militär neben dem Hochleistungssport eine der sehr wenigen Möglichkeiten sozialen Aufstiegs in einer zutiefst rassistischen und segregierten Gesellschaft bot.

    Gleichzeitig sollte dies nicht vergessen machen, dass Powell dabei Nutznießer von Kämpfen anderer war, für die er selbst nie bereit zwar, sich einzusetzen.

    Der Bürgerrechtsaktivist Kwame Ture machte bereits in einem Fernsehinterview 1995 darauf aufmerksam, dass Powell seine Position als ranghoher Militär ironischerweise den Errungenschaften der Bürgerrechtskämpfe im Allgemeinen und dem Wirken von #Martin_Luther_King im Besonderen zu verdanken habe.

    Letzterer hatte seinen Einsatz für die Emanzipation der Schwarzen in den USA in dem gleichen Schicksalsjahr #1968 mit dem Leben bezahlen müssen, als Ersterer mit seiner soldatischen Karriere in Vietnam durchstartete.

    Für Kwame Ture gab es bereits damals keinen Zweifel: „Mr. Powell ist ein Lügner. Mr. Powell ist ein Verräter an seinem Volk, und Mr. Powell ist ein Verräter an der Menschheit. Wenn Sie King lieben, können Sie Powell niemals lieben.“

    #USA #impérialisme #guerre #histoire #militaire

  • #Black_Panthers (1/2)

    L’#histoire captivante de l’une des organisations les plus subversives et controversées du XXe siècle. D’inspiration marxiste-léniniste, les Black Panthers s’imposèrent comme une alternative radicale au mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King. Mêlant archives rares et nombreux témoignages, une plongée coup de poing au cœur du « #Black_Power ».

    Oakland, #Californie, 1966. Un an après les #émeutes de #Watts, à #Los_Angeles, deux étudiants, Huey P. Newton et Bobby Seale, fondent un collectif d’#autodéfense pour surveiller les actions de la police dans le ghetto noir. En devenant, la même année, un mouvement politique de libération afro-américaine, le Black Panther Party (BPP) se fait le porte-voix d’une communauté brutalisée dans une Amérique dominée par les Blancs. D’inspiration marxiste-léniniste, l’organisation s’impose comme une alternative radicale au mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King. En parallèle à ses « #programmes_de_survie » (petits déjeuners gratuits pour les enfants, dispensaires…), elle revendique un penchant pour l’insurrection. Slogans, coupe afro, poing levé : les Black Panthers ouvrent un nouvel imaginaire de lutte pour la communauté noire. Le FBI, effrayé par l’aura du mouvement, y compris auprès de la jeunesse blanche, intensifie le contre-espionnage. L’arrestation de Huey P. Newton, mis en cause dans l’assassinat d’un policier, déstabilise l’organisation. En 1968, en réaction au meurtre de Martin Luther King, son porte-parole #Eldridge_Cleaver refuse de se rendre après un duel avec la police. Il s’exile à Alger et y crée la section internationale du parti.

    « Give More Power to the People »
    De son avènement au cœur des sixties à sa chute impitoyable, le réalisateur Stanley Nelson retrace l’histoire captivante et méconnue des Black Panthers. Luttant contre la suprématie blanche et le capitalisme, ses membres ont marqué l’imaginaire collectif par la radicalité de leur militantisme, leur rhétorique à la fois agressive et fédératrice mais aussi leurs codes vestimentaires et leur manière révolutionnaire d’occuper l’espace public. Au son seventies et groovy du titre « Give More Power to the People » des Chi-Lites, ce documentaire restitue la beauté rageuse du mouvement sans occulter ses tourments et parts d’ombre – violence et bataille d’ego – au moyen d’archives colossales et d’interviews fouillées de militants, d’agents du FBI ou d’historiens. Il rappelle aussi que son point de départ – la violence policière – est toujours d’actualité.

    https://www.arte.tv/fr/videos/098427-001-A/black-panthers-1-2

    #insurrection #violence #auto-défense #violences_policières #avant-garde #Oakland #oppression #apparence #image #Black_is_beautiful #look #médias #aide_sociale #auto-défense_armée #COINTELPRO #BPP #FBI #machisme #genre #journal #Martin_Luther_King #Algérie #mouvements_de_libération #Huey_Newton #Bobby_Seale

    #film #film_documentaire #documentaire

    ping @karine4 @cede

  • On parle souvent d’Israfrique aujourd’hui, coopération israélo-africains sous couvert de trafic d’armes, de corruption etc. Mais l’histoire de ces relations est intéressante, et pas très glorieuse pour israel :

    « Attendez les Uzis » — Les relations israéliennes avec Martin Luther King et les leaders africains n’étaient guère idéales dans les années 60, malgré la nostalgie
    Eitay Mack, Mondoweiss, le 21 juillet 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/07/27/attendez-les-uzis-les-relations-israeliennes-avec-martin-luther

    dès les début des années 1960, l’État d’Israël a fourni de l’aide militaire à presque tous les pays africains sub-sahariens, du Libéria à Madagascar. L’aide militaire incluait de l’entraînement et des armes, mais aussi la construction à partir de rien d’unités militaires et policières entières. En particulier, le Mossad israélien (l’institut israélien pour le renseignement et les opérations spéciales) a aidé à l’établissement et à l’entraînement de services de sécurité intérieure et de services de renseignement. Dans certains pays, les forces de sécurité qu’Israël a aidé à entraîner et à établir dans les années 1960 ont été des éléments clés dans la répression et dans les efforts pour empêcher pendant des décennies une transition vers un régime démocratique.

    #Martin_Luther_King #Congo #Ouganda #Rwanda #Centrafrique #RCA

    A rajouter à la compile #Israfrique :
    https://seenthis.net/messages/685758

  • Se souvenir de la diffamation par le FBI contre #Martin_Luther_King
    https://www.les-crises.fr/se-souvenir-de-la-diffamation-par-le-fbi-contre-martin-luther-king-par-be

    En 2017, lorsque le FBI a encensé le leader des droits civils pour des raisons de relations publiques dans un tweet, Ben Norton a publié un rappel sur l’histoire sale de l’agence. King s’adressant à un rassemblement contre la guerre du Vietnam à l’Université du Minnesota à St. Paul, le 27 avril 1967. (Société historique du Minnesota, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons) « D’abord, ils vous ignorent. Ensuite, ils vous ridiculisent. Et puis ils vous attaquent et veulent vous brûler. Et puis ils construisent des monuments à votre mémoire », déclarait le dirigeant socialiste et organisateur syndical Nicholas Klein en 1914 (dans une citation souvent attribuée à tort au Mahatma Gandhi). Klein a ajouté : « Dans cette déclaration, vous avez l’histoire de tous ces agissements ». En 2017, près de 50 ans après son (...)

    #Histoire #USA #Histoire,_Martin_Luther_King,_USA

  • A history of non-violence

    Que reste-t-il de la non-violence et de la #désobéissance_civile aujourd’hui ? Retour sur la naissance et les évolutions du mouvement de non-violence aux Etats-Unis depuis #Martin_Luther_King. Ce #documentaire aborde aussi bien sa place au cœur du combat pour les #droits_civiques, en opposition aux actions violentes de #Malcolm_X, que les enjeux contemporains auxquels la non-violence prend une part active.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=665&v=KqGTOgddbwQ

    #non-violence #non_violence #film #vidéo #histoire #violence

  • Incroyable, encore une fois, le New-York Times va à l’encontre de ses positions sioniste (peut-être est-ce que c’est fait pour faire chier Trump ?) et publie cette tribune :

    Time to Break the Silence on Palestine
    Michelle Alexander, The New-York Times, le 19 janvier 2019
    https://www.nytimes.com/2019/01/19/opinion/sunday/martin-luther-king-palestine-israel.html

    And so, if we are to honor King’s message and not merely the man, we must condemn Israel’s actions: unrelenting violations of international law, continued occupation of the West Bank, East Jerusalem, and Gaza, home demolitions and land confiscations. We must cry out at the treatment of Palestinians at checkpoints, the routine searches of their homes and restrictions on their movements, and the severely limited access to decent housing, schools, food, hospitals and water that many of them face.

    We must not tolerate Israel’s refusal even to discuss the right of Palestinian refugees to return to their homes, as prescribed by United Nations resolutions, and we ought to question the U.S. government funds that have supported multiple hostilities and thousands of civilian casualties in Gaza, as well as the $38 billion the U.S. government has pledged in military support to Israel.

    And finally, we must, with as much courage and conviction as we can muster, speak out against the system of legal discrimination that exists inside Israel, a system complete with, according to Adalah, the Legal Center for Arab Minority Rights in Israel, more than 50 laws that discriminate against Palestinians — such as the new nation-state law that says explicitly that only Jewish Israelis have the right of self-determination in Israel, ignoring the rights of the Arab minority that makes up 21 percent of the population.

    Michelle Alexander est une avocate, professeure, spécialiste du racisme aux Etats-Unis. En 2017, elle a reçu le Prix Martin Luther King de l’Université de l’Ohio. Dans cet article elle revient justement sur Martin Luther King qui eut le courage de dénoncer la guerre du Vietnam, pour dire qu’il est temps aujourd’hui de dénoncer la situation en Palestine...

    #Palestine #USA #Michelle_Alexander #Guerre #Martin_Luther_King #Occupation #Droit_au_retour #Apartheid #BDS #New-York_Times

  • La longue marche pour l’#égalité

    Peu d’histoires de la lutte des Africains-Américains pour l’égalité parviennent à se défaire d’un parti pris idéologique. Caroline Rolland-Diamond propose une impressionnante synthèse qui dégage, derrière les oppositions, les lignes structurantes d’un combat de deux siècles, et toujours en cours.


    http://www.laviedesidees.fr/La-longue-marche-pour-l-egalite.html
    #Noirs #USA #Etats-Unis #histoire #livre #abolitionnisme #esclavage #Martin_Luther_King #Rosa_Parks

  • #Martin_Luther_King a eu un rêve

    C’était il y a tout juste 50 ans, le 4 avril 1968 au Lorraine Motel de Memphis, Tennessee. Venu soutenir une grève des éboueurs, le pasteur américain Martin Luther King Jr était tué d’une seule balle tirée en direction du balcon de sa chambre. Un demi-siècle après la mort du prix Nobel de la Paix, de cet infatigable militant des droits civiques, que reste-t-il de l’héritage de cet homme de paix, leader charismatique et figure mythique de l’Amérique des années 50 et 60 ?

    Jean-Paul Moulin est éditeur, il dirige les éditions 21g, qui dans cette collection baptisée Destins d’histoire, brosse le portrait de plusieurs grandes figures qui ont changé notre monde. La bande dessinée Martin Luther King le rêve assassiné est signée par deux scénaristes américains, Michael Teitelbaum et Lewis Helfand, et un dessinateur indien Naresh Kumar. Elle a été traduite et adaptée en français par Jean-Christophe Dallery.

    Sébastian Danchin est historien et musicien, spécialiste des musiques africaines-américaines. Il a notamment publié un beau livre aux éditions du Chêne intitulé Memphis Blues, co-écrit avec l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau et une Encyclopédie du Rythm and Blues et de la Soul parue chez Fayard.


    www.rfi.fr/emission/20180404-martin-luther-king-eu-reve

    Un reportage radio de @daphne (@wereport)

  • Inventaire cartographique et visuel des rues nommées d’après #Martin_Luther_King

    Dans un numéro spécial consacré à la question de la Race (the Race Issue) et pour le cinquantième anniversaire de sa mort, le célèbre National Geographic consacre un article et un post aux rues qui portent le nom de Martin Luther King.

    L’article intitulé « Where the Streets have MLK’s Name » de Wendi C. Thomas contient un reportage photo réalisé par différent.es photographes, ainsi qu’un moteur de recherche qui permet d’accéder via une carte interactive Open StreetMap à plus de 1000 odonymes dana le Monde avec pour chaque odonyme un plan de localisation et éventuellement une street view d’après Google Street.


    https://neotopo.hypotheses.org/1023
    #toponymie #cartographie #visualisation #noms_de_rue

  • #Etats-Unis : le #racisme, un mal qui n’en finit pas
    https://www.mediapart.fr/journal/international/090418/etats-unis-le-racisme-un-mal-qui-n-en-finit-pas

    Washington, 4 avril 2018. Eva B. Stallings, révérende à Norfolk (Virginie), participe à un rassemblement contre le racisme © Thomas Haley Cinquante ans après l’assassinat de #Martin_Luther_King, le 4 avril 2018 à Memphis (Tennessee), tout pourrait être à refaire. De Washington, où s’est tenu mercredi un rassemblement organisé par les Églises chrétiennes, à Montgomery (Alabama), où un mémorial en hommage aux victimes de lynchages sera inauguré à la fin du mois, Mediapart suit le chemin d’une Amérique en proie aux discriminations.

    #International

  • #Etats-Unis : le #racisme, un mal qui n’en finit pas (1)
    https://www.mediapart.fr/journal/international/090418/etats-unis-le-racisme-un-mal-qui-n-en-finit-pas-1

    Washington, 4 avril 2018. Eva B. Stallings, révérende à Norfolk (Virginie), participe à un rassemblement contre le racisme © Thomas Haley Cinquante ans après l’assassinat de #Martin_Luther_King, le 4 avril 2018 à Memphis (Tennessee), tout pourrait être à refaire. De Washington, où s’est tenu mercredi un rassemblement organisé par les Églises chrétiennes, à Montgomery (Alabama), où un mémorial en hommage aux victimes de lynchages sera inauguré à la fin du mois, Mediapart suit le chemin d’une Amérique en proie aux discriminations.

    #International

  • 1968 riots: Four days that reshaped Washington, D.C. - Washington Post

    https://www.washingtonpost.com/graphics/2018/local/dc-riots-1968

    On April 4, 1968, the country was still reeling from racial tensions that had sparked deadly riots the year before in Detroit and Newark. But the capital city was said to be special. Some whites called it “the colored man’s paradise.” For thousands of blacks, there was a darker side to paradise, one where humiliation, poverty, segregation and discrimination had accumulated for a century.

    Then, shortly after 8 p.m., word reached the District that the Rev. #Martin_Luther_King Jr. had been slain in Memphis. His assassination ignited an explosion of rioting, looting and burning that stunned Washington and would leave many neighborhoods in ruins for 30 years.

    #états-unis #émeutes_urbaines #urban_matter

  • #Martin_Luther_King, sa part méconnue
    https://www.mediapart.fr/journal/international/040418/martin-luther-king-sa-part-meconnue

    © Mediapart Invitée de Mediapart Live, Sylvie Laurent, américaniste et historienne, auteure de Martin Luther King. Une biographie intellectuelle et politique, aborde les aspects méconnus de la personnalité de Martin Luther King, cinquante ans jour pour jour après son assassinat.

    #International #Etats-Unis #lutte_des_classes #racisme

  • Fifty years since the assassination of Martin Luther King Jr. - World Socialist Web Site

    https://www.wsws.org/en/articles/2018/04/04/king-a04.html

    Fifty years since the assassination of Martin Luther King Jr.
    By Fred Mazelis

    4 April 2018

    April 4 marks the 50th anniversary of the assassination of Martin Luther King, Jr. in Memphis, Tennessee, where he had gone to support the struggle of African-American sanitation workers for decent wages and human dignity. In the days leading up to this anniversary, the media has been filled with articles on the life and legacy of the slain civil rights leader.

    The example of King raises questions that have lost none of their urgency in the past five decades. A serious discussion of this period shines a bright light on present-day American society and exposes the lies and hypocrisy of the defenders of the status quo who falsify King’s legacy.

    #droits_civiques #Martin_Luther_King

  • 50 ans après l’assassinat de Martin Luther King, le retour de la question noire ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/50-ans-apres-lassassinat-de-martin-luther-king-le-retour-de-la-questio


    « Je peux me rappeler du temps où les noirs se contentaient de tourner en rond, se grattant là où ça ne les démangeait pas, riant quand on ne les chatouillait pas. Mais ce temps est entièrement révolu. Nous parlons sérieusement désormais, et nous sommes déterminés à obtenir notre juste place dans ce monde du bon dieu. », étaient les mots du dernier discours de Martin Luther prononcé le 3 avril 1968, la veille de son assassinat.

    #droits_civiques #Martin_Luther_King

  • #Martin_Luther_King : la sentinelle de la nation américaine (1929-1968)
    https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/martin-luther-king-la-sentinelle-de-la-nation-americaine-1929-1968


    Que reste-t-il de Martin Luther King aujourd’hui ? Un jour férié ? Un discours ? Repartons sur les traces de celui qui devint le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix en 1964 pour sa lutte non-violente contre la ségrégation raciale et pour la paix.

    #droits_civiques #Martin_Luther_King

  • Je n’avais pas entendu parler de The Invaders (aussi connu sous de Black Organizing Project), un groupe d’activistes de Memphis proches du Black Panther Party. D’abord opposés à Martin Luther King, ils finissent par se rapprocher de lui et par assurer sa garde rapprochée quand il est à Memphis. Comme par hasard, ils sont éloignés de lui (probablement par un agent double, Marrell McCullough) lorsqu’il est assassiné en 1968.

    Un article :

    The Invaders : A Uniquely Memphis Story
    Smart City Memphis, le 30 mars 2008
    http://www.smartcitymemphis.com/2016/11/the-invaders-a-uniquely-memphis-story

    Un film :

    The Invaders de #Prichard_Smith (2016)
    http://www.imdb.com/title/tt5039442

    Une critique du film :

    ‘The Invaders’ set to take New York City by storm
    Real Times Media, le 11 novembre 2015
    http://realtimesmedia.com/index.php/memphis/56787-film-review-%E2%80%98the-invaders%E2%80%99-set-to-take-new-yor

    Un article qui en parle :

    It’s Been 50 Years, and Most Don’t Know the FBI & Police Admitted Their Role in the Assassination of Dr. King
    Andrew Emett, The Free Thought Project, le 4 avril 2017
    http://thefreethoughtproject.com/fbi-memphis-polices-admitted-involvement-assassination-mlk

    Et même dans un document officiel :

    Findings on MLK Assassination, National Archives, pages 411-413
    https://www.archives.gov/research/jfk/select-committee-report/part-2d.html#inciting

    Et apparemment RFI va en parler lors de son hommage à Martin Luther King, 50 ans après son assassinat...

    #The_Invaders #Black_Organizing_Project #USA #Memphis #Lorraine_Motel #Black_Panther_Party #Martin_Luther_King #MLK #Noirs #Racisme #FBI #agents_doubles #assassinat_politique

  • Waiting for a Perfect Protest ? - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/09/01/opinion/civil-rights-protest-resistance.html

    La violence dans les manifestations est inévitable, et les appels à ne pas manifester de la part de soi-disant sympathisants des mouvements est en fait un coup de poignard dans le dos.

    Thanks to the sanitized images of the Rev. Dr. Martin Luther King Jr. and the civil rights movement that dominate our nation’s classrooms and our national discourse, many Americans imagine that protests organized by the Southern Christian Leadership Conference, the Student Nonviolent Coordinating Committee and countless local organizations fighting for justice did not fall victim to violent outbreaks. That’s a myth. In spite of extensive training in nonviolent protest and civil disobedience, individuals and factions within the larger movement engaged in violent skirmishes, and many insisted on their right to physically defend themselves even while they proclaimed nonviolence as an ideal (examples include leaders of the SNCC and the Deacons for Defense and Justice in Mississippi).

    The reality — which is underdiscussed but essential to an understanding of our current situation — is that the civil rights work of Dr. King and other leaders was loudly opposed by overt racists and quietly sabotaged by cautious moderates. We believe that current moderates sincerely want to condemn racism and to see an end to its effects. The problem is that this desire is outweighed by the comfort of their current circumstances and a perception of themselves as above some of the messy implications of fighting for liberation. This is nothing new. In fact, Dr. King’s 1963 “Letter From Birmingham Jail” is as relevant today as it was then. He wrote in part:

    I have almost reached the regrettable conclusion that the Negro’s great stumbling block in the stride toward freedom is not the White Citizens Councilor or the Ku Klux Klanner but the white moderate who is more devoted to order than to justice; who prefers a negative peace which is the absence of tension to a positive peace which is the presence of justice; who constantly says, “I agree with you in the goal you seek, but I can’t agree with your methods of direct action.”

    National polling from the 1960s shows that even during that celebrated “golden age” of nonviolent protest, most Americans were against marches and demonstrations. A 1961 Gallup poll revealed that 57 percent of the public thought that lunch counter sit-ins and other demonstrations would hurt integration efforts. A 1963 poll showed that 60 percent had an unfavorable feeling toward the planned March on Washington, where Dr. King gave his “I Have a Dream” speech. A year later, 74 percent said that since black people had made some progress, they should stop their demonstrations; and by 1969, 74 percent said that marching, picketing and demonstrations were hurting the civil rights cause. As for Dr. King personally, the figure who current moderates most readily point to as a model, 50 percent of people polled in 1966 thought that he was hurting the civil rights movement; only 36 percent believed he was helping.

    The civil rights movement was messy, disorderly, confrontational and yes, sometimes violent. Those standing on the sidelines of the current racial-justice movement, waiting for a pristine or flawless exercise of righteous protest, will have a long wait. They, we suspect, will be this generation’s version of the millions who claim that they were one of the thousands who marched with Dr. King. Each of us should realize that what we do now is most likely what we would have done during those celebrated protests 50 years ago. Rather than critique from afar, come out of your homes, follow those who are closest to the pain, and help us to redeem this country, and yourselves, in the process.

    #Manifestations #USA #Martin_Luther_King

  • #Martin_Luther_King_Jnr., Pan-African
    http://africasacountry.com/2017/01/martin-luther-king-jnr-pan-african

    Last night, on the eve of Martin Luther King Jnr. Day, an official holiday here in the U.S., I felt the impulse to go in search of references to MLK’s engagement with the African continent. Starting from when he was a guest of Prime Minister Kwame Nkrumah at #Ghana’s independence in March 1957, where he […]

    #ESSAYS #African_Americans_and_Africa #History #MLK_Day

  • “It is not enough for me to stand before you tonight and condemn riots. It would be morally irresponsible for me to do that without, at the same time, condemning the contingent, intolerable conditions that exist in our society. These conditions are the things that cause individuals to feel that they have no other alternative than to engage in violent rebellions to get attention. And I must say tonight that a riot is the language of the unheard. And what is it America has failed to hear? It has failed to hear that the plight of the negro poor has worsened over the last twelve or fifteen years. It has failed to hear that the promises of freedom and justice have not been met. And it has failed to hear that large segments of white society are more concerned about tranquility and the status quo than about justice and humanity”

    “The Other America”, speech by Martin Luther King, Grosse Pointe High School, March 14 1968
    http://www.gphistorical.org/mlk/mlkspeech #Baltimore #Martin_Luther_King #riots

  • La #Non-violence comme philosophie
    http://www.larevuedesressources.org/la-non-violence-comme-philosophie,2524.html

    Tout un chacun est prêt à reconnaître que notre monde est violent. Mais l’est-il davantage que les époques qui l’ont précédé ? La violence n’est-elle pas constitutive de toute société, comme René Girard l’a démontré ? Comment, dès lors, envisager de ne pas s’y résigner et lutter contre son empire ? Dans un diptyque dont voici le premier volet, le philosophe Jean-Marie Muller nous incite à l’optimisme, au pragmatisme et à la lutte. RP Il nous faut bien reconnaître que la non-violence est étrangère à notre (...)

    #Controverses

    / #Gandhi, #Simone_Weil, #Emmanuel_Lévinas, #Martin_Luther_King, Non-violence

    • http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/enracinement/weil_Enracinement.pdf

      Jamais on n’a osé nier l’obligation envers la patrie autrement qu’en niant la réalité de la patrie. Le pacifisme extrême selon la doctrine de Gandhi n’est pas une négation de cette obligation, mais une méthode particulière pour l’accomplir. Cette méthode n’a jamais été appliquée, que l’on sache ; notamment elle ne l’a pas été par Gandhi, qui est bien trop réaliste. Si elle avait été appliquée en France, les Français n’auraient opposé aucune arme à l’envahisseur ; mais ils n’auraient jamais consenti à rien faire, dans aucun domaine, qui pût aider l’armée occupante, ils auraient tout fait pour la gêner, et ils auraient persisté indéfiniment, inflexiblement dans cette attitude. Il est clair qu’ils auraient péri en bien plus grand nombre et bien plus douloureusement.