• Disturbing new map of shows the locations of hundreds of Aboriginal massacres
    Australian History: Map reveals Australia’s shameful secret
    https://www.news.com.au/technology/environment/disturbing-new-map-of-shows-the-locations-of-hundreds-of-aboriginal-massacres/news-story/031f03b6f294b67b3bba7399cadfa35d

    AUSTRALIAN history is being turned on its head by a groundbreaking project which is documenting hundreds of horrific massacres that make up our bloody past.

    Today, a disturbing new map has revealed the terrifying scale and brutality of the 250 mass killings which took place in every Australian state apart from Western Australia and claimed the lives of some 6200 Aboriginal and Torres Strait Islander people.

    The violent clashes also resulted in the deaths of just under 100 colonists, but indigenous people were murdered far more frequently with an average of 25 killed in every massacre.

    #Australie #Aborigènes #massacres #cartographie
    Ce sont les zones les plus cultivées


  • Un des nombreux massacres de l’armée française coloniale, celui de Thiaroye au Sénégal, mérite d’être rappelé sans cesse, pour la brutalité et l’injustice de la colonisation, mais aussi parce que ces crimes ne sont ni reconnus à leur juste valeur, ni réparés par des dédommagements légitimes.

    En 1988, l’écrivain et réalisateur sénégalais, et ancien tirailleur lui même, Semben Ousmane, réalise l’excellent Camp de Thiaroye, prix spécial du jury à la Mostra de Venise, jamais diffusé à la télévision française, mais visible ici :
    https://rarefilmm.com/2018/05/camp-de-thiaroye-1988

    Fidèle à ma réputation, je me dois de signaler deux détails musicaux sur ce film qui, à ma grande suprise, n’étaient signalés ni sur wikipédia (j’ai corrigé ça) ni sur l’IMDB :

    La musique est composée et jouée, entre autre à l’harmonica, par Ismaila Lo. Il s’agit de l’artiste qui deviendra célèbre en 1994 sous le nom d’Ismael Lo, avec son tube Dibi Dibi Rek, et son harmonica qui lui valut le surnom du Bob Dylan africain :
    https://www.youtube.com/watch?v=WlqXmlrvHv8

    Ismael Lo joue aussi dans le film, justement le soldat harmoniciste qui calme Pays en lui jouant Lili Marlène. Il jouera encore dans un court métrage de Idrissa Ouedraogo, Afrique, mon Afrique (1995, dont il composera aussi la musique), et dans Tableau Ferraille, de Moussa Sene Absa (1996).

    Autre acteur et musicien dans ce film, le congolais Casimir Zoba, plus connu sous le nom de Zao, et qui joue un soldat congolais. Déjà célèbre depuis 1984 et son tube Ancien Combattant, dans lequel on retrouve la même langue imagée que dans le film, Zao continuera de composer jusqu’en 1999, mais je ne sais pas s’il tournera dans d’autres films. Après une pause, il recommence à donner des concerts depuis 2006 et je vous le recommande chaudement s’il passe près de chez vous...
    https://www.youtube.com/watch?v=K4w6kSucANY

    Le massacre de Thiaroye a déjà été couvert sur Seenthis, ici :
    https://seenthis.net/messages/316726
    https://seenthis.net/messages/316990
    https://seenthis.net/messages/317126
    https://seenthis.net/messages/317354
    https://seenthis.net/messages/440328
    https://seenthis.net/messages/704475

    #Thiaroye_44 #Thiaroye #Massacre_de_Thiaroye #tirailleurs_sénégalais #indigènes #france #afrique #sénégal #seconde_guerre_mondiale #mémoire #histoire #colonialisme #Semben_Ousmane #Camp_de_Thiaroye #Ismael_Lo #Zao


  • No Stone Unturned | British Security Forces & Collusion With Loyalists
    https://www.youtube.com/watch?v=bVSrvD04AH0

    Les auteurs de ce film sont poursuivis par la police britannique et ont besoin de soutien. Leur film montre d’une manière exemplaire les mécanismes qui se mettent en marche quand un service d’état essaie de limiter les dégats après un attentat auquel ont participé ses propres agents et indicateurs. En Allemagne nous suivons actuellement deux affaires de ce type :

    Il s’agit des meurtres commises par le groupe NSU (Nationlasozialistischer Untergrund) et l’attentat contre un marché de Noël à Berlin. Les faits qui ont été révélés dans les deux cas par des journalistes et des commissions d’enquête ressemblent systématiquement à ce qu’on apprend dans le film sur l’irlande du Nord.

    No Stone Unturned - National Union of Journalists
    https://www.nuj.org.uk/campaigns/no-stone-unturned

    The NUJ ethic code’s first obligation is “a journalist at all times upholds and defends the principle of media freedom, the right of freedom of expression and the right of the public to be informed”.

    NUJ members, Trevor Birney and Barry McCaffrey, upheld this principle and were arrested as a consequence.
    ...
    How you can help: Ask people to sign this NUJ petition -

    The NUJ has strongly condemned the arrest of Trevor Birney and Barry McCaffrey, in violation of their rights under the European Convention of Human Rights and was gravely concerned by the manner of their detention and the implication for investigative journalism in Northern Ireland.

    We the undersigned demand the immediate lifting of the threat of legal action against Trevor Birney and Barry McCaffrey.

    We further demand that the police authorities and prosecutors give due recognition to the right of journalists to protect confidential sources of information, with particular reference to Article 10 of the European Convention on Human Rights.

    We support the campaign by the NUJ in defence of Trevor Birney and Barry McCaffrey, to whom we extend our support and solidarity.

    Großbritannien : Wie weit dürfen Informanten gehen ? | Telepolis
    https://www.heise.de/tp/features/Grossbritannien-Wie-weit-duerfen-Informanten-gehen-4258818.html

    Am 31. August 2018 waren rund 100 schwer bewaffnete Polizisten an Hausdurchsuchungen und Verhaftungen in Belfast und anderen Orten Nordirlands beteiligt. Doch die Ziele der Razzien waren keine im Nordirlandkonflikt aktiven Paramilitärs oder sonstige bewaffnete Gruppen. Verhaftet wurden zwei Journalisten, durchsucht wurden die Räumlichkeiten von Medienorganisationen.

    Getroffen hat es die Journalisten Barry McCaffrey und Trevor Birney. Beide haben wesentlich an dem im Jahr 2017 erschienenen Dokumentarfilm „No Stone Unturned“ mitgewirkt. ... Am 30. November erging ein Gerichtsbeschluss wonach McCaffrey und Birney auch weiterhin nur unter Auflagen auf freien Fuß sind. Sie stehen unter polizeilicher Observation und müssen sich jede Woche auf einer Polizeiwache melden. Wollen sie verreisen, müssen sie dies vorher der Polizei kundtun.
    ...
    Dem geheimpolizeilichen Arm der nordirischen Polizei waren die mutmaßlichen Täter bekannt. Stunden vor dem Anschlag wurde die Polizei von einem Anrufer über die Pläne für das Massaker informiert. Doch man ging dem nicht nach. Stattdessen wurden alle ernsthaften Versuche einer Spurensuche unterbunden.
    ...
    Freddie Scappaticci ... war ein Informant der in der IRA die Rolle eines Folterers und Hinrichters ausübte. Scappaticci verhörte IRA-Mitglieder die ihrerseits als Spitzel beschuldigt waren. Scappaticci brach diese Menschen und ließ sie nach einem „Geständnis“ ermorden. Für den britischen Staat hatte diese Rolle einen Bonus: Scappaticci konnte so tatsächliche Informanten beseitigen, die drohten aufzufliegen und somit ihre Nützlichkeit für Großbritannien verloren hatten.
    ...
    Als bekannt wurde, dass in dem Film die mutmaßlichen Täter genannt werden sollen, besuchte die nordirische Polizei das Haus des Tatverdächtigen Ronnie Hawthorne und fragte diesen, wie er darüber denkt und ob die Polizei Schritte gegen die Filmemacher einleiten soll. Hawthorne wollte.
    ...
    Seitdem rollt die Repressionsmaschine gegen die Filmemacher von „No Stone Unturned.“
    ...
    „No Stone Unturned“ ist bislang in keinem britischen Programmkino gelaufen und wurde nicht im Fernsehen ausgestrahlt. Auch das ist ein Zeichen dafür, wie heiß das hier behandelte Thema ist. Derzeit organisiert die Journalistengewerkschaft NUJ Vorführungen des Filmes als Teil ihrer Solidaritätskampagne mit den Filmemachern.

    #Ulster #Irlande #Royaume_Uni #répression #journalisme #services_secrètes #guerre_civile #massacre



  • Le massacre de l’Union Minière à Lubumbashi (9 décembre 1941) Ludo De Witte - 9 Décembre 2018 - Congo Indépendant - Investigaction
    https://www.congoindependant.com/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941/#_edn5
    https://www.investigaction.net/fr/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941

    L’Africa Museum de Tervuren rénové, rouvre ce 9 décembre 2018 : voilà l’occasion ou jamais de revenir sur le massacre par l’armée coloniale belge (la « Force Publique »), de travailleurs noirs de l’Union Minière partis en grève en 1941. Ces ouvriers avaient arrêté le travail pour réclamer des salaires décents. Si l’on veut vraiment décoloniser notre espace public et notre histoire collective, on se doit de dire ce qu’a représenté et représente toujours cette entreprise, joyau à l’époque de la Société générale de Belgique, multinationale stratégique toujours en activité aujourd’hui sous le nom d’Umicore. Il convient de parler de l’énormité des profits accumulés par l’Union Minière/Umicore au Congo, et de rappeler que des dizaines de milliers de Congolais les ont payés de leur sueur et de leur sang, parfois de leur vie. Ce devrait être l’une des finalités du musée de Tervuren.

    Avant de raconter l’histoire de ce bain de sang, une suggestion me paraît ici de mise. Il est bon d’écrire l’histoire et encore mieux de la transposer sous une forme adaptée dans un musée, mais pour ancrer durablement dans la mémoire collective des événements autrement révélateurs et symboliques, il est nécessaire de la rendre visible dans l’espace public. A l’époque où l’identification de cadavres de soldats tombés pendant les deux guerres mondiales de 1914-18 et 1940-45 se poursuit et où se poursuit le repérage des fosses communes des victimes de la guerre civile Espagnole (1936-39), pour ne mentionner que ces cas d’espèce, le temps n’est-il pas venu qu’on exige de l’Etat belge et de l’Umicore qu’ils mettent tout en œuvre pour que soient retrouvées les cadavres des ouvriers massacrés dans l’ancien Elisabethville de 1941, et qu’on érige à leur martyre, un monument digne de leur mémoire ? Un lieu de mémoire qui, partant de ce massacre, immortalise le calvaire du peuple congolais au cours de ces années sombres et pénibles ?
    – - - - - -

    Ce que la Belgique et ses alliés durant la Deuxième Guerre ont exigé comme effort de la part des Congolais fut impitoyable. Comme je l’écris ailleurs, « Pendant ces années de guerre l’Afrique centrale s’était transformée en un immense camp de forçats au service de l’industrie de guerre alliée[ii]« . Dès le départ, le travail forcé a été à la base de la colonisation, d’abord sous le régime de l’Etat indépendant du Congo, propriété de Léopold II, mais ensuite encore lorsque cet Etat devint une colonie belge en 1908. Le Père Le Grand déclarait au Congrès colonial de 1926 : « La façon dont se font les recrutements dépassent toutes les bornes. On a vu des groupes entiers de Noirs se diriger la corde au cou vers les chantiers et on a vu des chefs médaillés [chefs à la solde de la Colonie] à l’occasion du recrutement faire la chasse à l’homme. Bientôt ils essayeront de s’évader quitte à mourir en hommes plutôt que d’avoir l’impression d’être esclaves[iii]« .

    Durant la guerre, cette situation s’est aggravée. Le nombre de Congolais astreints au travail forcé, est passé de 480.000 à 850.000 doublant donc quasiment. Mais le durcissement de l’exploitation prit encore d’autres formes, impactant la population toute entière. Ainsi le nombre de jours ouvrables durant lesquels chaque Congolais mâle adulte devait se consacrer à des « tâches de la communauté » passa de 60 à 120 jours par an. Quant à la superficie de la culture forcée (coton, manioc, riz, noix de palme), elle se vit tripler de 300.000 à 900.000 ha. Le Père Hulstaert écrit que l’ordre donné par les autorités de gagner la forêt en vue d’y récolter le caoutchouc provoqua » une vague de peur et d’horreur dans les régions de la forêt tropicale, tant la mémoire de la période terrible de la récolte du caoutchouc dans l’Etat indépendant du Congo était restée vive chez beaucoup de gens[iv]«  . La pénurie et la dévaluation du franc congolais, lié au franc belge diminua considérablement le pouvoir d’achat des salariés. C’est ici qu’il convient d’évoquer les événements sanglants de décembre 1941 à l’Union Minière du Haut Katanga.


    Colonie belge 1941 – Gouverneur Maron aux martyrs de l’UMHK à Lumumbashi

    Le premier qui ait étudié ce dossier est Jules Marchal, ancien administrateur colonial belge puis ancien ambassadeur et, à sa retraite, historien-amateur et chercheur. Il se mit à fouiller les archives de son ancien employeur. Jules Marchal découvrit, à sa grande surprise, dans des documents officiels, que la colonisation belge se fondait sur une série de crimes contre les populations qui lui étaient soumises. Scandalisé par ses découvertes, il dépensa tout son temps et toute son énergie à l’étude de centaines de milliers de documents conservés aux Archives Africaines du Département des Affaires Etrangères à Bruxelles. Une bonne douzaine d’ouvrages sont issus de ces recherches, tous couvrant la période 1885-1945. Ils rassemblent les données de base qui permettent de comprendre l’exploitation coloniale, sous Léopold II puis sous l’administration belge.

    Je vais ici largement puiser dans le récit que fait Jules Marchal des évènements de 1941 dans son Travail forcé pour le cuivre et pour l’or[v]. Pour les reconstituer, il se fonde sur le journal d’Amour Maron, gouverneur du Katanga à l’époque. Il en a trouvé une copie dans les archives du Consulat belge à Lubumbashi. J’y ajoute quelques autres données tirées de mes archives personnelles. L’intérêt de tout ceci ne se limite pas à l’année 1941. La gravité du massacre de cette année-là marque à ce point les travailleurs de l’Union Minière, elle les terrorise tant que cela permet d’expliquer pourquoi, dans les décennies qui suivent, ils n’ont joué aucun rôle de premier plan, même pas au temps de la décolonisation, même pas pour organiser des arrêts de travail de quelque envergure. Le texte qui suit est de Jules Marchal, le mien est en italique.

    PRÉLUDE
    A partir de 1928 l’Union Minière fit figure au Congo et en Europe d’employeur modèle, développant pour les travailleurs ses services médicaux et prenant en charge leur formation professionnelle au maniement de l’outillage et à son entretien. [Le directeur général en Afrique de l’Union Minière] Léopold Mottoulle, s’évertua à stabiliser la main d’œuvre africaine. Il s’appliqua à en faire, à travers des services sociaux de pointe, un réservoir d’ouvriers dévoués et industrieux. Il considérait les travailleurs comme de grands enfants, qu’il fallait diriger en bon pater familias, décidant de ce qui était bon pour eux et de ce qui ne l’était pas, fixant le niveau des salaires selon son bon plaisir.

    [Bien que le logement et l’alimentation de base étaient fournis en nature par l’UM, le niveau de ces rémunérations en nature était celui d’un salaire de famine] et il se conçoit que les « grands enfants » n’étaient pas très heureux des décisions dans ce domaine du « père de famille ». Ce fut tout particulièrement le cas à la fin 1941. Le salaire de base (c’est-à-dire celui d’un manœuvre débutant), avait retrouvé, après la chute observée au cours de la crise des années 1930, son niveau de 1930 : 2 francs par jour. A la même époque, depuis le commencement de la Seconde Guerre mondiale, le coût de la vie s’était considérablement élevé. Comme lors de la Première Guerre, la monnaie nationale s’était fortement dépréciée.

    Le 6 novembre 1941, l’administration coloniale du Katanga et la direction de l’Union Minière et de la Sermikat se réunissent à Elisabethville (Lubumbashi). Monseigneur Jean-Félix de Hemptinne, évêque du Katanga, est présent. A l’ordre du jour, une enquête de l’administration coloniale qui démontre que le minimum vital pour un travailleur célibataire, de 939 francs par an au 10 mai 1940, s’est élevé à 1.503 F au 1er août 1941, soit une augmentation de 71%. Le salaire moyen en ville est de 700 F, à comparer au chiffre de 1.503 F de l’enquête. Ceci « peut expliquer dans une certaine mesure la recrudescence des vols », affirme un des participants à la réunion. Sans augmentation de salaires, « des troubles graves » sont à craindre, opine l’évêque de Hemptinne. On se met d’accord sur la nécessité d’une augmentation des salaires de 30 à 40%[vi]. Mais rien n’est mis en œuvre pour la faire appliquer.

    Des années plus tard le journal katangais L’Informateur décrit le caractère explosif de la situation en ces termes : « En avril 1941, l’attention de l’administration est attirée sur l’incidence du renchérissement permanent du coût de la vie, sur l’esprit des indigènes. A cette date, les salaires et traitements des Européens ont été revalorisés dans d’acceptables proportions, tandis que les travailleurs indigènes, à quelques exceptions près, vivent toujours sous le régime du temps de paix. A la Cité comme dans les camps d’organismes tels que l’Union Minière et le BCK, les esprits sont remontés, les meneurs, qui ne sont encore que des péroreurs de carrefour, s’agitent. Les autorités qui sont en contact direct et permanent avec le travailleur doivent consigner dans leurs rapports que les revendications des indigènes sont justifiées. Mais l’administration supérieure continue à faire la sourde oreille »[vii].

    DES GRÈVES ÉCLATENT
    Shituru, situé près de Jadotville (Likasi), avec ses usines de production de cuivre électrolytique et la fonderie de Panda toute proche, constituent à cette époque le complexe industriel le plus important de l’Union Minière. Au mois d’octobre 1941 les ouvriers blancs y avaient débrayé et rapidement eu gain de cause. A l’exemple de cette grève des Blancs, dans la nuit du 2 au 3 décembre, des Africains du camp de Shituru, auxquels se sont joints leurs camarades de Panda, décident de faire grève le 4 au matin pour obtenir une augmentation de leurs salaires. Le 3, au matin, Léon Mutamba, le porte-parole des grévistes, en informe le chef du camp de Shituru. Celui-ci alerte immédiatement la direction générale de la société à Elisabethville, laquelle avise le gouverneur Maron. La direction se déclare dans l’impossibilité de céder face à la menace et obtient du gouverneur qu’il maintienne l’ordre et la discipline chez les travailleurs.

    Se fondant sur la législation par temps de guerre, Maron promulgue le même jour un arrêté réquisitionnant tous les travailleurs, sous peine de cinq ans de prison pour les récalcitrants (…) Le jeudi 4 décembre, avant l’aube, des camions de l’Union minière transportent les soldats de la Force Publique, l’armée de la colonie, jusqu’aux camps. A l’entrée du camp de Shituru, la troupe se heurte à 500 travailleurs, en route pour Panda. Elle les maintient sur place puis les refoule. A Panda elle entoure un groupe massé près de l’école.

    Le directeur général de l’Union Minière, Léopold Mottoulle, tente d’établir le contact avec des groupes de grévistes. Il promet une augmentation de salaire à ceux qui reprendront le travail à 11h, alors que les autres n’obtiendraient rien. Il n’est pas entendu, on lui lance des pierres. Furieux et écœuré par l’attitude de ses « grands enfants », il est accueilli à Panda par les clameurs et les protestations des femmes. Elles se plaignent de l’insuffisance des rations de viande et de poisson. Parmi les équipes de jour de Shituru et Panda, soit 1.800 personnes, 1.400 ouvriers sont en grève. Seuls les recrues et les ouvriers spécialisés travaillent.

    Les officiers blancs de la Force publique, craignant d’être débordés par les grévistes, ordonnent à leurs hommes de faire preuve de sang-froid et de ne pas répondre aux provocations. Ils réclament l’envoi urgent de renforts de Lubumbashi. Le bilan des échauffourées est relativement léger : cinq blessés dont un soldat.

    Il n’y a qu’un seul incident qui tourne au drame lorsque le commandant du bataillon de la Force Publique Cardoen tue un gréviste d’une balle de revolver. Les renforts arrivent par train en début de soirée. Les soldats patrouillent la nuit. Le 5 décembre tout est calme à Shituru et Panda. 85% des membres du personnel se présentent au travail, mais le cœur n’y est pas ; il y a partout de vifs échanges. Au cours des deux journées suivantes, menaces ou rumeurs de grève se multiplient dans plusieurs sièges d’exploitation de l’Union Minière.

    GRÈVE DANS LA CAPITALE DU KATANGA
    Le lundi 8 décembre, les travailleurs débraient à Kambove et à la mine voisine de Shanguluwe. Ils réclament une augmentation de 1,50F par jour au lieu des cinquante centimes proposés. A Kambove les femmes se joignent aux hommes pour se plaindre des rations alimentaires. Le même jour, les menaces de grève se précisent à Luishia et à Kipushi. Deux pelotons sont envoyés à Kipushi. Par ailleurs, le même lundi à la Lubumbashi, la situation se dégrade d’heure en heure à la fonderie et aux camps avoisinants. Mottoulle tient personnellement le gouverneur Maron au courant, après lui avoir dit au matin regretter qu’on n’ait pas agi avec plus de fermeté à Jadotville.

    Le gouverneur prie le major Michel Vincke, le commandant militaire d’Elisabethville, d’envoyer des troupes sur place, afin de disperser les manifestants et d’arrêter les meneurs. Le procureur du roi, Paul Van Arenbergh, et le procureur général, Jean-Marie Devaux, se rendent sur les lieux, de même que le commissaire de district. Van Arenbergh fait arrêter deux meneurs, ce qui fait monter la tension. Les ouvriers se massent devant le bureau du chef de camp et, de la foule, montent des invectives. A 23h Mottoulle téléphone à Maron que la troupe se prépare à faire usage de ses armes. A minuit, les manifestants sont dispersés, après qu’un soldat ait été blessé par le jet d’une brique.

    AU STADE DE FOOTBALL
    Le mardi 9 décembre, à 6h du matin, le gouverneur Maron se rend au camp central de Lubumbashi. Il ordonne aux travailleurs de se rassembler au stade de football et met en place à la tribune un peloton de soldats— démonstration de force. René Marchal, l’administrateur du territoire, est aussi sur place. Confronté aux souffrances des travailleurs, il avait décrété en juin 1941 que tous les employeurs devaient fournir gratuitement le bois de chauffage à leurs travailleurs. Cette initiative, qui équivalait en quelque sorte à une augmentation mensuelle des salaires des travailleurs de 15F, n’avait pas été appréciée par l’administration provinciale. Plus tard, on l’avait obligé à revenir sur cette décision.[viii]

    Selon René Marchal, ce 9 décembre une foule de 1.500 à 2.000 Noirs, hommes, femmes et enfants, est rassemblée sur le terrain de football. L’administrateur territorial, qui parle la langue locale et connaît bien la population noire, est formel : « Les grévistes n’avaient aucune intention belliqueuse. Il s’agissait d’une manifestation pacifique contre la non-adaptation des salaires au coût de la vie. Par contre, l’air résolu de la troupe, et surtout des officiers, de même que l’état de surexcitation du gouverneur Maron me firent appréhender le pire. (…) Maron paraissait avoir perdu le contrôle de ses nerfs. A chaque clameur de la foule, il levait les bras et secouait ses poings en signe de colère. Il ne tenait pas en place ».[ix]

    Après un entretien de Maron avec le numéro 1 de l’Union Minière Jules Cousin, Marchal reçoit du gouverneur cet ordre : « Vous pouvez aller parler aux grévistes, mais je vous défends de leur faire la moindre promesse. Faites-les rentrer chez eux et dites leur qu’après cela on examinera leur problème. Le capitaine De Milde va vous accompagner avec sa compagnie »[x]. Il n’y avait rien de mieux à faire pour que la situation ne dégénère et, pire : envoyer le message aux grévistes qu’ils n’obtiendraient rien, après avoir été sommés de se rassembler au stade de football, accompagnés de leurs familles (la chose avait manifestement suscité des espoirs chez les grévistes), et cela sous la menace de soldats lourdement armés— non avec des fusils, mais des mitraillettes—, dans une ambiance de suspicion réciproque entre travailleurs (dont certains leaders avaient été arrêtés) et soldats (l’un d’eux avait été blessé la veille).

    Maron, Cousin et Mottoulle, l’administration coloniale et les sociétés coloniales : tous voulaient maintenir les ouvriers noirs dans le carcan du paternalisme, pilier de la colonisation belge. Dans l’univers colonial, on ne négocie pas avec ces grands enfants. Plus encore : on ne discute pas avec eux de leurs revendications même si on les considère comme légitimes. Les Noirs devaient se taire, se satisfaire de ce qu’on leur donnait et s’incliner devant les refus qu’on leur opposait. Toutes les tentatives de rébellion — et même la simple expression d’un mécontentement — devaient être réprimées, jamais reconnues !

    « SI L’ON M’AVAIT DONNÉ LE POUVOIR DE NÉGOCIER… »
    L’administrateur de territoire Marchal et son adjoint sont bien reçus par la foule : « Les grévistes s’étaient respectueusement écartés pour nous laisser passer. Tout le monde observa un silence respectueux pour m’écouter ». Les travailleurs avaient ôté leur chapeau : « la foule faisait preuve d’un respect parfait à mon égard », note Marchal. Il leur dit « qu’ils avaient des raisons de n’être pas tout à fait satisfaits, étant donné que le coût de la vie avait augmenté dans de telles proportions qu’il ne leur était plus possible, avec le taux ancien des salaires, de faire face à tous leurs besoins de famille », mais, vu l’état de guerre « que nous avons tous des sacrifices à consentir, que les Européens avaient à supporter des restrictions aussi bien qu’eux (…) Je leur donnai l’assurance que le gouvernement ferait tout son possible pour eux et que l’Union Minière était disposée à leur accorder une augmentation générale »[xi].

    Marchal va plus loin que ce qu’on lui avait permis de dire, mais le résultat est —momentanément — là : « Je terminai en les exhortant tous à rentrer chez eux directement et en les prévenant de l’état de surexcitation de la troupe… » La foule commence à quitter les lieux. Sauf plusieurs leaders qui, croyant que l’administrateur territorial a le mandat pour négocier, insistent. Marchal écrit : « plusieurs meneurs réclamèrent tout d’abord la libération de leurs camarades arrêtés la veille. D’autres réclamèrent une promesse formelle d’augmentation ». Un ouvrier propose une augmentation de 5 francs par jour, une revendication jugée par Jules Marchal comme « pas tellement exagérée ». Cet ouvrier, c’est peut-être Léonard Mpoy, qui est identifié par Jules Marchal dans son livre comme le leader de la grève. L’administrateur territorial conclut : « J’eus l’impression en tous cas qu’une solution rapide du conflit eût pu être réalisée aisément si l’on m’avait donné le pouvoir de négocier avec eux »[xii]. Malheureusement, ce n’est pas le cas…

    LE MASSACRE
    Le Gouverneur Maron s’approche à son tour de la foule et parle aux grévistes. René Marchal observant la scène écrit : « J’eus la conviction qu’il n’existait aucun danger pour personne. Encore une demi-heure de patience et, j’en suis convaincu, les grévistes seraient rentrés chez eux ». C’est alors que le capitaine De Milde, officier de la Force Publique, s’adresse aux grévistes puis leur fait trois sommations. Elles sont énoncées en lingala, la langue officielle de l’armée coloniale ; une langue, dit René Marchal, « que pas un gréviste sur 100 ne comprenait. Les sommations restèrent sans effet. Le capitaine ordonna alors à ses hommes d’avancer baïonnette au canon. Pas un gréviste ne broncha. Les soldats hésitèrent à entrer en action, puis au lieu de piquer avec leurs baïonnettes, ils voulurent faire circuler à coup de crosses de fusils. Aussitôt un des grévistes a voulu s’emparer d’un fusil. Au même instant un coup de feu partit qui déclencha instantanément une fusillade générale qui dura 8, 10, 15 secondes, je ne sais au juste »[xiii].

    La scène est horrible : « Une trentaine de cadavres jonchaient la tribune, des blessés se tortillaient dans les fils de fer barbelés, d’autres agonisaient dans une mare de sang. Une fuite éperdue des rescapés s’ensuivit. (…) la plaine de football se vida rapidement, à l’exception de quelques dizaines d’indigènes qui, sans souci du risque, se précipitèrent au secours des victimes. Des femmes surtout étaient accourues, et jetaient des cris de désespoir en reconnaissant leur mari parmi les tués ». La compagnie se retire, pendant que des infirmiers emportent les blessés sur des brancards vers une ambulance.[xiv] Bilan officiel du massacre : 45 hommes, 2 femmes et 1 enfant tués, 74 blessés. Une cinquantaine de blessés mourront le lendemain, selon le syndicaliste belge Georges Lievens, sympathisant des grévistes[xv]. A midi, à Luishia la troupe se prépare à disperser à nouveau un rassemblement de grévistes. Au même moment les travailleurs de la mine de l’Etoile, descendant sur Elisabethville pour se plaindre également de leur ravitaillement, font demi-tour à la nouvelle de ce qui vient de se produire.

    Devant l’hôpital indigène 3 à 400 personnes attendent dans le calme les nouvelles des blessés. Entre-temps, « le personnel blanc de l’Union Minière décide de protester contre le massacre en organisant une grève de quelques heures ». L’administrateur territorial écrit plus tard : « J’eus l’occasion par la suite de me rendre compte combien les travailleurs indigènes avaient apprécié cette manifestation de sympathie à leur égard »[xvi]. Mais les autorités sont d’un autre avis, car la ségrégation entre Noirs et Blancs est un des piliers du système colonial. Le syndicaliste belge Georges Lievens va faire les frais de cet acte de solidarité.

    LE JOUR D’APRÈS
    Que faire des corps ? Mottoulle propose de les inhumer dans une fosse commune, mais l’administration refuse. Une cinquantaine de détenus de la prison locale sont réquisitionnés pour creuser des tombes individuelles au cimetière de la ville. On désire faire vite, sans les rites habituels des funérailles, loin des familles, parce qu’on craint que cette cérémonie ne provoque de nouveaux désordres. Il fait encore nuit – la nuit du 9 au 10 – quand environ 45 cadavres sont jetés dans deux camions et transportés vers le cimetière, où les détenus achèvent de creuser les dernières tombes. Un détachement de soldats prend position autour des tombes. Le jour se lève — un jour qui « restera sans doute le jour le plus horrible de ma vie », écrit l’administrateur territorial Marchal, qui est présent. « Des miasmes repoussants empestaient l’atmosphère. Des liquides fétides ruisselaient des deux véhicules. Les cadavres gluants glissaient des mains des prisonniers et dégringolaient au sol avec un bruit sourd. Spectacle d’une horreur indescriptible »[xvii]. Sans cérémonie aucune, sans un dernier hommage, et pour les proches et survivants, sans identification de l’endroit où ils sont enterrés : « le mystère règne autour de la sépulture clandestine des cadavres déchiquetés de ces victimes »[xviii].


    Le 9 décembre 1941 à Lubumbashi, martyrs de L’UMHK (Gouverneur Maron)

    Pendant que les corps sont inhumés, le travail reprend dans tous les chantiers et usines de I’Union Minière. La plus grande grève de l’histoire coloniale belge se termine. L’UMHK alloue une somme de 300 francs à la famille de chacune des victimes, se fondant sur le montant semblable habituellement versé en cas de décès d’un travailleur, alors que, en juillet 1941, le tribunal de première instance d’Elisabethville avait accordé une indemnité de 1.000 francs à la famille d’un travailleur de la Gécomines, tué dans un accident de travail. Le bain de sang terrifie les esprits : l’Union Minière en sera quitte avec les grèves de travailleurs africains jusqu’à la fin du Congo Belge.

    LES SUITES
    Le 11 décembre l’Union Minière décide une hausse générale des salaires de 25% et de 50% par rapport à ceux d’octobre. Ainsi le salaire de 2 francs passe à 3 francs, celui de 12 francs à 15 francs. Deux semaines plus tard la hausse est communiquée aux capitas de l’Union Minière. L’administrateur territorial Marchal écrit : « Cette décision n’était que trop justifiée depuis longtemps. Elle arriva malheureusement un peu tard. Ce que je n’ai pu m’expliquer, c’est la mauvaise grâce avec laquelle l’Union Minière se résigna à concéder un réajustement si manifestement impérieux. (…) Il y eut surtout une faute psychologique impardonnable de la part de l’Union Minière et du gouvernement se refusant nettement de mettre quoi que ce soit en œuvre pour rechercher sur place une solution pacifique du conflit, alors que celle-ci eût certainement été trouvée immédiatement par une concession de la plus élémentaire justice ; dans le domaine du réajustement des salaires. (…) la répression de cette grève [fut menée d’une façon] inconsidérée, stupide et criminelle »[xix].

    Il reste à la Justice de condamner nombre de gens appréhendés comme meneurs aux différents sièges d’exploitation et à la Sûreté et au Parquet d’enquêter sur le rôle des syndicalistes blancs, impliqués dans la grève selon Cousin. Les ouvriers blancs avaient cessé le travail immédiatement après le massacre, « pour protester contre l’assassinat dont venaient d’être victimes nos frères noirs », en affirmant « que c’était la Société Générale qui avait fait tirer le gouvernement et que, si la Générale avait fait tirer sur les Noirs, elle le ferait un jour sur nous ». Un groupe d’ouvriers européens avait, en passant devant le bureau de la direction générale de l’UMHK crié « Nous ne voulons plus travailler avec des assassins »[xx]. Le syndicaliste belge Georges Lievens est accusé d’avoir fomenté la grève. Licencié par l’Union Minière, il est condamné le 31 décembre 1941 à 8 jours de prison et à 25 francs d’amende pour injures au procureur Van Aerenbergh, qu’il a accusé d’être vendu à l’administration coloniale et à l’Union Minière. De 1941 à 1944, il erre à travers tout le Congo, pour retourner fin 1944 à Elisabethville, où il se fait engager par le Service des Finances de la ville. Il continue de dénoncer les responsabilités belges dans le massacre, ce qui provoque son licenciement[xxi].

    Près d’une année après le massacre, Maron est promu inspecteur d’État, tout en conservant son poste de gouverneur du Katanga. De très hautes distinctions honorifiques étaient réservées à Amour Maron : commandeur des Ordres du Lion et de Léopold II, officier de l’Ordre de Léopold et de l’étoile africaine, commandeur de l’Ordre du Christ du Portugal, et porteur de l’étoile des services en or[xxii]. Il n’est pas le seul à ne pas avoir pâti du rôle qu’il a joué dans les événements : « Quelques mois après la grève, dans le salon de réception de la résidence du gouverneur, quelques minutes après l’annonce d’une très haute promotion [accordée au capitaine De Milde] par Mr. le ministre [Albert] de Vleeschauwer », écrivit l’administrateur Marchal, j’entendis cette réflexion de la bouche même d’un magistrat : « Tel est le prix du sang de cinquante martyrs »[xxiii].

    ORGANISER L’OUBLI
    Depuis, l’oubli s’organise. L’angoisse d’une population terrorisée par les événements y aide. Cette brutale démonstration de force est complètement occultée par la presse coloniale. Le Courrier d’Afrique, sous le titre « Désordres graves à I’Union Minière », parle « de graves menaces sur la troupe appelée à intervenir pour maintenir l’ordre dans certains centres de l’UMHK ». Un jour, à l’anniversaire de la boucherie, des fleurs sont déposées sur le lieu du drame. Ce geste est très mal vu de l’Union Minière, qui décide de détruire le stade de football. Depuis lors, « le lieu est devenu un terrain inoffensif ; un terrain vague hérissé de quelques herbes où les gosses s’adonnent volontiers à des parties de jeux », peut-on lire dans le journal katangais Mwango-Hebdo, à la fin de l’année 1973.[xxiv]

    La population n’a que de vagues souvenirs des événements, bien que le massacre ait retenti dans la conscience collective. Dans la peinture populaire et dans des récits assez vagues on impute la responsabilité du massacre au gouverneur Maron, qui aurait déclenché le bain de sang en tuant un leader des grévistes[xxv]. Lors d’un séjour à Lubumbashi en 2008, j’ai parlé avec d’anciens ouvriers de l’Union Minière qui n’avaient pas vécu le drame, mais qui furent engagés plus tard par cette société. Jean Munonga (1939) estimait que de 20 à 30 travailleurs avaient été tués ; Kamanda Ngongo (1930) me parla de 30 à 40 morts. Dans Mwango-Hebdo le commis Mulongoi, un survivant du massacre, parle de 120 morts.Plus tard, sous Mobutu, l’ancien PDG de la Gécamines, Mulenda Mbô, voulut ériger un monument aux morts à l’ancien emplacement du stade de football. Une fondation avait été constituée, et un projet de monument élaboré : un ensemble de statues devaient représenter un ouvrier qui travaille, trois autres en grève, et un policier ou un soldat qui les frappe. Mais le projet n’a pas été mené à bonne fin. A l’endroit de la fusillade il y a eu d’abord un dépôt d’immondices. Ensuite on y a installé un atelier de pierres tombales.[xxvi]L

    Notes
    [i] Auteur de L’assassinat de Lumumba (Karthala, Paris, 2000) et de L’ascension de Mobutu (Investig’Action, Bruxelles, 2018). Cet article, qui doit beaucoup au livre de Jules Marchal Travail forcé pour le cuivre et l’or (1999), a donc été rédigé en français par deux Néerlandophones, Marchal et moi-même. José Fontaine a bien voulu en corriger la langue et je l’en remercie infiniment.
    
[ii] L. De Witte, « Congolese oorlogstranen : Deportatie en dwangarbeid voor de geallieerde oorlogsindustrie (1940-1945) », DeWereldMorgen, 9/1/2016.

    [iii] F. Buelens, Congo 1885-1960. Een financieel-economische geschiedenis, p. 239.

    [iv] G. Hulstaert, dans ARSOM, Le Congo belge durant la Seconde Guerre Mondiale, p. 588.

    [v] La grève et le massacre de 1941, dans J. Marchal, Travail forcé pour le cuivre et pour l’or (1999), pp. 196-199.

    [vi] Sous-commission de la main d’œuvre indigène du Katanga, « Compte-rendu de la réunion du 6 novembre 1941 », dact., 4 p., s.d., Archives LDW.
    
[vii] « La tuerie de la Lubumbashi », l’Informateur, 23 février 1946.

    [viii] René Marchal, « La grève indigène du camp de la Lubumbashi et le massacre du 9 décembre 1941 », le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives LDW.

    [ix] Ibid.

    [x] Ibid.
    
[xi] Ibid.

    [xii] Ibid. Sur Léonard Mpoy, voir Donatien Dibwe dia Mwembu et Bogumil Jewsiewicki, « De la surpolisation à l’antipolitique, quelques remarques en marge de l’histoire du mouvement ouvrier à l’Union minière du Haut-Katanga (UMHK) et à la Gécamines, 1920-1996 », Brood en Rozen, p. 195.

    [xiii] René Marchal, « La grève indigène du camp de la Lubumbashi et le massacre du 9 décembre 1941 », le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives LDW.

    [xiv] Ibid.
    
[xv] G. Lievens, « Lettre ouverte à Monsieur Rolus, dirigeant de la Main-d’Oeuvre Indigène de l’Union Minière du Haut Katanga », Elisabethville, tract de 2 p., 9 décembre 1947, Archives LDW.
    
[xvi] René Marchal, « La grève indigène du camp de la Lubumbashi et le massacre du 9 décembre 1941 », le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives LDW.

    [xvii] Ibid.
    
[xviii] G. Lievens, « Lettre ouverte à Monsieur Rolus, dirigeant de la Main-d’Oeuvre Indigène de l’Union Minière du Haut Katanga », Elisabethville, tract de 2 p., 9 décembre 1947, Archives LDW.

    [xix] « Biographie de Lievens G.P. Ses démêlés avec l’Union Minière », Manuscrit, 2 p., Archives LDW.
    
[xx] Info dans G. Lievens, « Lettre ouverte à Monsieur Rolus, dirigeant de la Main-d’Oeuvre Indigène de l’Union Minière du Haut Katanga », Elisabethville, tract de 2 p., 9 décembre 1947, Archives LDW.
    
[xxi] « Biographie de Lievens G.P. Ses démélés avec l’Union Minière », Manuscrit, 2 p., Archives LDW.

    [xxii] Biographie Amour-Emile-Valentin Maron, Biographie Belge d’Outre-Mer, Ac. Royale des Sciences d’Outre-Mer, T. VI, 1968, col. 692-694.

    [xxiii] René Marchal, « La grève indigène du camp de la Lubumbashi et le massacre du 9 décembre 1941 », le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives LDW.

    [xxiv] Mwango-Hebdo, « Massacre de 1941. Témoignages de rescapés », fin 1973, doc. Archives LDW. Le 30 novembre 1973, le président Mobutu avait évoqué le massacre dans un discours, ce qui était l’occasion pour Mwango-Hebdo de consacrer quelques articles au drame.

    [xxv] « XXXIV. Maron Alphonse, Governor of Katanga. When he massacred the people of the UMHK », in André Yav (compiled and written), « Vocabulaire du ville de Elisabethville : A history of Elisabethville from its beginnings to 1965 », Archives of Popular Swahili, Vol. 4, Issue 4, 2001. Voir aussi « The history of Zaire as told and painted by Tshibumba Kanda Matulu in conversation with Johannes Fabian », First Session, Part 1, Archives of Popular Swahili, Vol. 2, Issue 2, 1998. Dans ces récits le leader tué serait Léonard Mpoy, mais Mpoy a survécu le drame : en 1974 il est interviewé comme témoin du drame dans la revue Mwango : J. Fabian, « Commenting Kalundi’s comments : Notes on the ethnography of translating the ‘Vocabulary of the town of Elisabethville’ », Journal of Language and Popular Culture in Africa, Volume 1, Issue 3, 2001.
    
[xxvi] « La place a servi… » : Donatien Dibwe Dia Mwembu, communication par email, le 16 novembre 2018.

    #Congo #Tervuren #belgique #colonies #esclavage #massacre #terreur #Katanga #mine #minerai #Union_Minière #Umicore #caoutchouc #Jules_Marchal


  • The Ghost of King Leopold II Still Haunts Us – Media Diversified

    https://mediadiversified.org/2015/04/20/the-ghost-of-king-leopold-ii-still-haunts-us-belgium-colonization-

    Merci Meta pour le signalement !

    In an article entitled “The Early Spread and Epidemic Ignition of HIV-1 in Human Populations” in the magazine Science in October 2014, Nuno Faria and his fellow researchers revealed the location of Ground Zero for one of the world’s most deadly infectious diseases—HIV. They discovered that HIV-1 originated in Kinshasa, the capital city of the Democratic Republic of Congo (DRC) and explain that the deadly virus spread throughout the Congo via the railroad network. HIV-1 was subsequently transmitted by Haitian professionals back to Haiti and then to the United States (1).

    Faria and colleagues presented their research findings as follows:

    Our estimated location of pandemic origin explains the observation that Kinshasa exhibits more contemporary HIV-1 genetic diversity than anywhere else. It clarifies why the oldest known HIV-1 sequences were sourced from this city and why several early cases indicative of AIDS are linked to Kinshasa (p. 57).

    #congo #léopold #massacre #génocide #colonialisme

    • ça me rappelle le livre « Les fantômes du roi Léopold » que j’avais lu il y a 20 ans...
      Les Fantômes du Roi Léopold, un #holocauste oublié

      « Le remarquable document d’Hochschild dépasse toutes les autres études sur le Congo. Il montre comment l’Europe entière - et les États-Unis - s’est rendue complice de l’holocauste perpétré par le roi Léopold sur le peuple congolais. », Nadine Gordimer.
      « Un ouvrage exceptionnel, profondément stimulant, qui m’a bouleversé comme l’avait fait en son temps Au cœur des ténèbres, et pour la même raison : parce qu’il révèle les horreurs cachées commises au Congo. Passé obscur, sur lequel Hochschild fait la lumière, c’est notre passé à tous. », Paul Theroux.
      Dans les années 1880, alors que l’Europe se lance dans la colonisation de l’Afrique, le roi #Léopold_II de #Belgique s’empare, à titre personnel, des immenses territoires traversés par le fleuve Congo, afin de faire main basse sur ses prodigieuses richesses. Réduite en esclavage, la population subit travail forcé, tortures et mutilations, au point qu’on estime à 10 millions le nombre d’Africains qui périrent. Tandis que Léopold II continue de cultiver sa réputation d’humaniste, des voix commencent à dénoncer ce crime de masse, donnant naissance au premier mouvement international de défense des droits de l’homme du XXe siècle…
      Avec une force d’évocation exceptionnelle, Adam Hochschild peint le portrait d’un roi mégalomane et décrit les combats de ses opposants, la vie des témoins - explorateurs, missionnaires - et celle des victimes. S’il révèle un épisode tragique de l’histoire contemporaine, il dissèque aussi l’ensemble du système colonial, offrant des clés indispensables à la compréhension d’une actualité dramatique.


      https://www.librairiedialogues.fr/livre/852912-les-fantomes-du-roi-leopold-un-holocauste-oublie-adam-hoch

      Ce livre m’avait profondément marquée...
      #livre

    • Et ce reportage passé sur arte sur la question #sida et #HIV, en lien avec le #colonialisme et la #colonisation :
      Sida, un héritage de l’époque coloniale

      Des scientifiques mènent une enquête au coeur de l’Afrique, à la recherche des origines du VIH. Un documentaire captivant, diffusé à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre.

      Il est l’un des plus grands tueurs de la planète. Avec plus de 36 millions de morts et près de 37 millions de personnes infectées, le sida constitue à ce jour la pandémie la plus destructrice de l’histoire contemporaine. Afin de mieux la connaître, une équipe de scientifiques part sur les traces de son origine, au cœur de l’Afrique, dans l’ancien Congo belge. En parvenant à mettre la main sur d’anciens prélèvements humains contenant le virus, ils arrivent à la conclusion que la première transmission du sida – du chimpanzé à l’homme – se situe autour de l’an 1908, des décennies avant les premiers cas connus.

      Catastrophe en germe
      Les chercheurs ne s’arrêtent pas là. Ils se plongent dans l’histoire coloniale du Congo pour comprendre comment le VIH a pu se propager. Au début du XXe siècle, soucieuses de ne pas perdre la main-d’oeuvre indigène qu’elles exploitent, les autorités coloniales lancent des campagnes massives de vaccination contre la maladie du sommeil, où l’on a souvent recours à des seringues mal stérilisées. De même, la syphilis, qui se répand alors, augmente considérablement les risques de transmission du sida entre les hommes. Parallèlement, le chemin de fer se développe dans le pays car Kinshasa est une plaque tournante de l’industrie minière. Le virus devient mouvant. Lors de l’indépendance du Congo, en 1960, la pandémie couve. Dans les années 1970, les ravages successifs de la guerre civile, puis les errements du régime prédateur de Mobutu, qui ruine l’économie, créent les conditions chaotiques d’une propagation fulgurante du virus...
      Carl Gierstorfer signe un documentaire passionnant, où l’enquête scientifique se mêle à des images d’archives, parfois dures, témoignant de la cruauté et des ravages de la colonisation. Il rappelle également qu’à l’heure où les maladies infectieuses se développent dans le monde entier, les conditions d’une nouvelle pandémie sont peut-être à nouveau réunies.

      https://www.arte.tv/fr/videos/051599-000-A/sida-un-heritage-de-l-epoque-coloniale

      #film_documentaire #documentaire #film #épidémies #santé #maladie

    • Je viens de voir qu’il y a une « Avenue Léopold II » dans le 16e arrondissement et je me demande « quelle est la date limite » : on aurait pas idée de nommer une rue Pol Pot, Pétain, Staline ou Hitler, mais Léopold II ne pose pas de problème. Date limite, vers 1900 ?

      

      Il y a des exceptions comme Robespierre qui a ses rus en province ou en banlieue mais pas à Paris parce que c’était un personnage « assoiffé de sang » :

      Une rue Robespierre dans la capitale, par Alexis Corbière

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2011/06/27/une-rue-robespierre-dans-la-capitale_1541487_3232.html

      ❝Une rue Robespierre dans la capitale, par Alexis Corbière

      Robespierre n’était pas au sein du Comité de salut public le personnage « assoiffé de sang » qu’un vulgaire révisionnisme historique a dépeint par la suite.

      Publié le 27 juin 2011 à 13h35 - Mis à jour le 27 juin 2011

    • @cdb_77 c’est peut-être un autre pétin ? si c’est la bonne orthographe sinon c’est Pétain

      https://www.france24.com/fr/20130409-france-derniere-rue-marechal-petain-debaptisee-belrain

      Le petit village de Belrain, dans la Meuse (Est), possédait la dernière rue en France dénommée en hommage au Maréchal-Pétain. Sur décision de ses élus, le lieu a été débaptisé et attend son nouveau nom. La dernière « rue du Maréchal-Pétain », en France, a été débaptisée.

      Seulement en 2013 !

    • • il y a une rue de Petin à Baileux, juste à côté des bières de Chimay dans le Hainaut belge,

      • il y a une rue du Petin à Verchin, sur les bords de la Lys dans le Pas-de-Calais

      • il y a un Henri Pétin (et quelques autres cf. les homonymes en haut de page)

      Henri Pétin — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_P%C3%A9tin

      Henri Pétin est un homme politique français né le 16 avril 1870 à Paris et décédé le 20 janvier 1911 à La Seyne-sur-Mer (Var).

      Biographie
      Auteur de théâtre et de chansons sous le pseudonyme d’Henri de Mamers, il est aussi à la tête d’une maison de commerce en métaux à La Seyne-sur-Mer et se lance dans la construction navale. Maire de La Seyne-sur-Mer de 1904 à 1911, conseiller général, il est député du Var de 1909 à 1910, siégeant au groupe radical-socialiste.


  • Who writes history? The fight to commemorate a massacre by the Texas #rangers

    In 1918, a state-sanctioned vigilante force killed 15 unarmed Mexicans in #Porvenir. When their descendants applied for a historical marker a century later, they learned that not everyone wants to remember one of Texas’ darkest days.

    The name of the town was Porvenir, or “future.” In the early morning hours of January 28, 1918, 15 unarmed Mexicans and Mexican Americans were awakened by a state-sanctioned vigilante force of Texas Rangers, U.S. Army cavalry and local ranchers. The men and boys ranged in age from 16 to 72. They were taken from their homes, led to a bluff over the Rio Grande and shot from 3 feet away by a firing squad. The remaining residents of the isolated farm and ranch community fled across the river to Mexico, where they buried the dead in a mass grave. Days later, the cavalry returned to burn the abandoned village to the ground.

    These, historians broadly agree, are the facts of what happened at Porvenir. But 100 years later, the meaning of those facts remains fiercely contested. In 2015, as the centennial of the massacre approached, a group of historians and Porvenir descendants applied for and was granted a Texas Historical Commission (THC) marker. After a three-year review process, the THC approved the final text in July. A rush order was sent to the foundry so that the marker would be ready in time for a Labor Day weekend dedication ceremony planned by descendants. Then, on August 3, Presidio County Historical Commission Chair Mona Blocker Garcia sent an email to the THC that upended everything. Though THC records show that the Presidio commission had been consulted throughout the marker approval process, Garcia claimed to be “shocked” that the text was approved. She further asserted, without basis, that “the militant Hispanics have turned this marker request into a political rally and want reparations from the federal government for a 100-year-old-plus tragic event.”

    Four days later, Presidio County Attorney Rod Ponton sent a follow-up letter. Without identifying specific errors in the marker text, he demanded that the dedication ceremony be canceled and the marker’s production halted until new language could be agreed upon. Ponton speculated, falsely, that the event was planned as a “major political rally” for Beto O’Rourke with the participation of La Raza Unida founding member José Ángel Gutiérrez, neither of whom was involved. Nonetheless, THC History Programs Director Charles Sadnick sent an email to agency staff the same day: “After getting some more context about where the marker sponsor may be coming from, we’re halting production on the marker.”

    The American Historical Association quickly condemned the THC’s decision, as did the office of state Senator José Rodríguez, a Democrat whose district includes both Presidio County and El Paso, where the ceremony was to be held. Historians across the country also spoke out against the decision. Sarah Zenaida Gould, director of the Museo del Westside in San Antonio and cofounder of Latinos in Heritage Conservation, responded in an email to the agency that encapsulates the views of many of the historians I interviewed: “Halting the marker process to address this statement as though it were a valid concern instead of a dog whistle is insulting to all people of color who have personally or through family history experienced state violence.”

    How did a last-gasp effort, characterized by factual errors and inflammatory language, manage to convince the state agency for historic preservation to reverse course on a marker three years in the making and sponsored by a young Latina historian with an Ivy League pedigree and Texas-Mexico border roots? An Observer investigation, involving dozens of interviews and hundreds of emails obtained through an open records request, reveals a county still struggling to move on from a racist and violent past, far-right amateur historians sowing disinformation and a state agency that acted against its own best judgment.

    The Porvenir massacre controversy is about more than just the fate of a single marker destined for a lonely part of West Texas. It’s about who gets to tell history, and the continuing relevance of the border’s contested, violent and racist past to events today.

    Several rooms in Benita Albarado’s home in Uvalde are almost overwhelmed by filing cabinets and stacks of clipboards, the ever-growing archive of her research into what happened at Porvenir. For most of her life, Benita, 74, knew nothing about the massacre. What she did know was that her father, Juan Flores, had terrible nightmares, and that in 1950 he checked himself in to a state mental hospital for symptoms that today would be recognized as PTSD. When she asked her mother what was wrong with him, she always received the same vague response: “You don’t understand what he’s been through.”

    In 1998, Benita and her husband, Buddy, began tracing their family trees. Benita was perplexed that she couldn’t find any documentation about her grandfather, Longino Flores. Then she came across the archival papers of Harry Warren, a schoolteacher, lawyer and son-in-law of Tiburcio Jáquez, one of the men who was murdered. Warren had made a list of the victims, and Longino’s name was among them. Warren also described how one of his students from Porvenir had come to his house the next morning to tell him what happened, and then traveled with him to the massacre site to identify the bodies, many of which were so mutilated as to be virtually unrecognizable. Benita immediately saw the possible connection. Her father, 12 at the time, matched Warren’s description of the student.

    Benita and Buddy drove from Uvalde to Odessa, where her father lived, with her photocopied papers. “Is that you?” she asked. He said yes. Then, for the first time in 80 years, he began to tell the story of how he was kidnapped with the men, but then sent home because of his age; he was told that the others were only going to be questioned. To Benita and Buddy’s amazement, he remembered the names of 12 of the men who had been murdered. They were the same as those in Harry Warren’s papers. He also remembered the names of the ranchers who had shown up at his door. Some of those, including the ancestors of prominent families still in Presidio County, had never been found in any document.

    Talking about the massacre proved healing for Flores. His nightmares stopped. In 2000, at age 96, he decided that he wanted to return to Porvenir. Buddy drove them down an old mine road in a four-wheel-drive truck. Flores pointed out where his old neighbors used to live, even though the buildings were gone. He guided Buddy to the bluff where the men were killed — a different location than the one commonly believed by local ranchers to be the massacre site. His memory proved to be uncanny: At the bluff, the family discovered a pre-1918 military bullet casing, still lying on the Chihuahuan desert ground.

    Benita and Buddy began advocating for a historical marker in 2000, soon after their trip to Porvenir. “A lot of people say that this was a lie,” Buddy told me. “But if you’ve got a historical marker, the state has to acknowledge what happened.” Their efforts were met by resistance from powerful ranching families, who held sway over the local historical commission. The Albarados had already given up when they met Monica Muñoz Martinez, a Yale graduate student from Uvalde, who interviewed them for her dissertation. In 2013, Martinez, by then an assistant professor at Brown University, co-founded Refusing to Forget, a group of historians aiming to create broader public awareness of border violence, including Porvenir and other extrajudicial killings of Mexicans by Texas Rangers during the same period. The most horrific of these was La Matanza, in which dozens of Mexicans and Mexican Americans were murdered in the Rio Grande Valley in 1915.

    In 2006, the THC created the Undertold Markers program, which seemed tailor-made for Porvenir. According to its website, the program is designed to “address historical gaps, promote diversity of topics, and proactively document significant underrepresented subjects or untold stories.” Unlike the agency’s other marker programs, anyone can apply for an undertold marker, not just county historical commissions. Martinez’s application for a Porvenir massacre marker was accepted in 2015.

    Though the approval process for the Porvenir marker took longer than usual, by the summer of 2018 everything appeared to be falling into place. On June 1, Presidio County Historical Commission chair Garcia approved the final text. (Garcia told me that she thought she was approving a different text. Her confusion is difficult to understand, since the text was attached to the digital form she submitted approving it.) Martinez began coordinating with the THC and Arlinda Valencia, a descendant of one of the victims, to organize a dedication ceremony in El Paso.
    “They weren’t just simple farmers. I seriously doubt that they were just killed for no reason.”

    In mid-June, Valencia invited other descendants to the event and posted it on Facebook. She began planning a program to include a priest’s benediction, a mariachi performance and brief remarks by Martinez, Senator Rodríguez and a representative from the THC. The event’s climax would be the unveiling of the plaque with the names of the 15 victims.

    Then the backlash began.

    “Why do you call it a massacre?” is the first thing Jim White III said over the phone when I told him I was researching the Porvenir massacre. White is the trustee of the Brite Ranch, the site of a cross-border raid by Mexicans on Christmas Day 1917, about a month before the Porvenir massacre. When I explained that the state-sanctioned extrajudicial execution of 15 men and boys met all the criteria I could think of for a massacre, he shot back, “It sounds like you already have your opinion.”

    For generations, ranching families like the Brites have dominated the social, economic and political life of Presidio County. In a visit to the Marfa & Presidio County Museum, I was told that there were almost no Hispanic surnames in any of the exhibits, though 84 percent of the county is Hispanic. The Brite family name, however, was everywhere.

    White and others in Presidio County subscribe to an alternative history of the Porvenir massacre, centering on the notion that the Porvenir residents were involved in the bloody Christmas Day raid.

    “They weren’t just simple farmers,” White told me, referring to the victims. “I seriously doubt that they were just killed for no reason.” Once he’d heard about the historical marker, he said, he’d talked to everyone he knew about it, including former Texas Land Commissioner Jerry Patterson and Mona Blocker Garcia.

    I visited Garcia at her Marfa home, an 1886 adobe that’s the same age as the venerable Marfa County Courthouse down the street. Garcia, 82, is Anglo, and married to a former oil executive whose ancestry, she explained, is Spanish and French Basque. A Houston native, she retired in the 1990s to Marfa, where she befriended the Brite family and became involved in local history. She told me that she had shared a draft text of the marker with the Brites, and they had agreed that it was factually inaccurate.

    Garcia cited a story a Brite descendant had told her about a young goat herder from Porvenir who purportedly witnessed the Christmas Day raid, told authorities about the perpetrators from his community and then disappeared without a trace into a witness protection program in Oklahoma. When I asked if there was any evidence that the boy actually existed, she acknowledged the story was “folklore.” Still, she said, “the story has lasted 100 years. Why would anybody make something like that up?”

    The actual history is quite clear. In the days after the massacre, the Texas Rangers commander, Captain J.M. Fox, initially reported that Porvenir residents had fired on the Rangers. Later, he claimed that residents had participated in the Christmas Day raid. Subsequent investigations by the Mexican consulate, the U.S. Army and state Representative J.T. Canales concluded that the murdered men were unarmed and innocent, targeted solely because of their ethnicity by a vigilante force organized at the Brite Ranch. As a result, in June 1918, five Rangers were dismissed, Fox was forced to resign and Company B of the Texas Rangers was disbanded.

    But justice remained elusive. In the coming years, Fox re-enlisted as captain of Company A, while three of the dismissed lawmen found new employment. One re-enlisted as a Ranger, a second became a U.S. customs inspector and the third was hired by the Brite Ranch. No one was ever prosecuted. As time passed, the historical records of the massacre, including Harry Warren’s papers, affidavits from widows and other relatives and witness testimony from the various investigations, were largely forgotten. In their place came texts like Walter Prescott Webb’s The Texas Rangers: A Century of Frontier Defense, which played an outsize role in the creation of the heroic myth of the Texas Rangers. Relying entirely on interviews with the murderers themselves, Webb accepted at face value Fox’s discredited version of events. For more than 50 years, Webb’s account was considered the definitive one of the massacre — though, unsurprisingly, he didn’t use that word.

    An Observer review of hundreds of emails shows that the state commission was aware of potential controversy over the marker from the very beginning. In an email from 2015, Executive Director Mark Wolfe gave John Nau, the chair of the THC’s executive committee, a heads-up that while the marker was supported by historical scholarship, “the [Presidio County Historical Commission] opposes the marker.” The emails also demonstrate that the agency viewed the claims of historical inaccuracies in the marker text made by Mona Blocker Garcia and the county commission as minor issues of wording.

    On August 6, the day before the decision to halt the marker, Charles Sadnick, the history programs director, wrote Wolfe to say that the “bigger problem” was the ceremony, where he worried there might be disagreements among Presidio County residents, and which he described as “involving some politics which we don’t want a part of.”

    What were the politics that the commission was worried about, and where were these concerns coming from? Garcia’s last-minute letter may have been a factor, but it wasn’t the only one. For the entire summer, Glenn Justice, a right-wing amateur historian who lives in a rural gated community an hour outside San Angelo, had been the driving force behind a whisper campaign to discredit Martinez and scuttle the dedication ceremony.

    “There are radicals in the ‘brown power’ movement that only want the story told of Rangers and [the] Army and gringos killing innocent Mexicans,” Justice told me when we met in his garage, which doubles as the office for Rimrock Press, a publishing company whose catalog consists entirely of Justice’s own work. He was referring to Refusing to Forget and in particular Martinez, the marker’s sponsor.

    Justice has been researching the Porvenir massacre for more than 30 years, starting when he first visited the Big Bend as a graduate student. He claims to be, and probably is, the first person since schoolteacher Harry Warren to call Porvenir a “massacre” in print, in a master’s thesis published by the University of Texas at El Paso in 1991. Unlike White and Garcia, Justice doesn’t question the innocence of the Porvenir victims. But he believes that additional “context” is necessary to understand the reasons for the massacre, which he views as an aberration, rather than a representatively violent part of a long history of racism. “There have never been any problems between the races to speak of [in Presidio County],” he told me.

    In 2015, Justice teamed up with former Land Commissioner Jerry Patterson and Sul Ross State University archaeologist David Keller on a privately funded excavation at the massacre site. He is working on a new book about the bullets and bullet casings they found — which he believes implicate the U.S. Army cavalry in the shooting — and also partnered with Patterson to produce a documentary. But they’d run out of money, and the film was taken over by noted Austin filmmaker Andrew Shapter, who pitched the project to PBS and Netflix. In the transition, Justice was demoted to the role of one of 12 consulting historians. Meanwhile, Martinez was given a prominent role on camera.

    Justice was disgruntled when he learned that the dedication ceremony would take place in El Paso. He complained to organizer Arlinda Valencia and local historical commission members before contacting Ponton, the county attorney, and Amanda Shields, a descendant of massacre victim Manuel Moralez.

    “I didn’t want to take my father to a mob scene,” Shields told me over the phone, by way of explaining her opposition to the dedication ceremony. She believed the rumor that O’Rourke and Gutiérrez would be involved.

    In August, Shields called Valencia to demand details about the program for the ceremony. At the time, she expressed particular concern about a potential Q&A event with Martinez that would focus on parallels between border politics and violence in 1918 and today.

    “This is not a political issue,” Shields told me. “It’s a historical issue. With everything that was going on, we didn’t want the ugliness of politics involved in it.” By “everything,” she explained, she was referring primarily to the issue of family separation. Benita and Buddy Albarado told me that Shields’ views represent a small minority of descendants.

    Martinez said that the idea of ignoring the connections between past and present went against her reasons for fighting to get a marker in the first place. “I’m a historian,” she said. “It’s hard to commemorate such a period of violence, in the midst of another ongoing humanitarian crisis, when this period of violence shaped the institutions of policing that we have today. And that cannot be relegated to the past.”

    After communicating with Justice and Shields, Ponton phoned THC Commissioner Gilbert “Pete” Peterson, who is a bank investment officer in Alpine. That call set in motion the sequence of events that would ultimately derail the marker. Peterson immediately emailed Wolfe, the state commission’s executive director, to say that the marker was becoming “a major political issue.” Initially, though, Wolfe defended the agency’s handling of the marker. “Frankly,” Wolfe wrote in his reply, “this might just be one where the [Presidio County Historical Commission] isn’t going to be happy, and that’s why these stories have been untold for so long.” Peterson wrote back to say that he had been in touch with members of the THC executive committee, which consists of 15 members appointed by either former Governor Rick Perry or Governor Greg Abbott, and that an email about the controversy had been forwarded to THC chair John Nau. Two days later, Peterson added, “This whole thing is a burning football that will be thrown to the media.”

    At a meeting of the Presidio County Historical Commission on August 17, Peterson suggested that the executive board played a major role in the decision to pause production of the marker. “I stopped the marker after talking to Rod [Ponton],” Peterson said. “I’ve spent quite a bit of time talking with the chairman and vice-chairman [of the THC]. What we have said, fairly emphatically, is that there will not be a dedication in El Paso.” Through a spokesperson, Wolfe said that the executive committee is routinely consulted and the decision was ultimately his.

    The spokesperson said, “The big reason that the marker was delayed was to be certain about its accuracy. We want these markers to stand for generations and to be as accurate as possible.”

    With no marker to unveil, Valencia still organized a small commemoration. Many descendants, including Benita and Buddy Albarado, chose not to attend. Still, the event was described by Jeff Davis, a THC representative in attendance, as “a near perfect event” whose tone was “somber and respectful but hopeful.”

    Most of THC’s executive committee members are not historians. The chair, John Nau, is CEO of the nation’s largest Anheuser-Busch distributor and a major Republican party donor. His involvement in the Porvenir controversy was not limited to temporarily halting the marker. In August, he also instructed THC staff to ask the Presidio historical commission to submit applications for markers commemorating raids by Mexicans on white ranches during the Mexican Revolution, which Nau described as “a significant but largely forgotten incident in the state’s history.”

    Garcia confirmed that she had been approached by THC staff. She added that the THC had suggested two specific topics: the Christmas Day raid and a subsequent raid at the Neville Ranch.

    The idea of additional plaques to provide so-called context that could be interpreted as justifying the massacre — or at the very least setting up a false moral equivalence — appears to have mollified critics like White, Garcia and Justice. The work on a revised Porvenir massacre text proceeded quickly, with few points of contention, once it began in mid-September. The marker was sent to the foundry on September 18.
    “It’s hard to commemorate such a period of violence, in the midst of another ongoing humanitarian crisis, when this period of violence shaped the institutions of policing that we have today.”

    In the end, the Porvenir descendants will get their marker — but it may come at a cost. Martinez called the idea of multiple markers “deeply unsettling” and not appropriate for the Undertold Marker program. “Events like the Brite Ranch raid and the Neville raid have been documented by historians for over a century,” she said. “These are not undertold histories. My concern with having a series of markers is that, again, it casts suspicion on the victims of these historical events. It creates the logic that these raids caused this massacre, that it was retribution for these men and boys participating.”

    In early November, the THC unexpectedly announced a dedication ceremony for Friday, November 30. The date was one of just a few on which Martinez, who was still planning on organizing several public history events in conjunction with the unveiling, had told the agency months prior that she had a schedule conflict. In an email to Martinez, Sadnick said that it was the only date Nau could attend this year, and that it was impossible for agency officials to make “secure travel plans” once the legislative session began in January.

    A handful of descendants, including Shields and the Albarados, still plan to attend. “This is about families having closure,” Shields told me. “Now, this can finally be put to rest.”

    The Albarados are livid that the THC chose a date that, in their view, prioritized the convenience of state and county officials over the attendance of descendants — including their own daughters, who feared they wouldn’t be able to get off work. They also hope to organize a second, unofficial gathering at the marker site next year, with the participation of more descendants and the Refusing to Forget historians. “We want people to know the truth of what really happened [at Porvenir],” Buddy told me, “and to know who it was that got this historical marker put there.”

    Others, like Arlinda Valencia, planned to stay home. “Over 100 years ago, our ancestors were massacred, and the reason they were massacred was because of lies that people were stating as facts,” she told me in El Paso. “They called them ‘bandits,’ when all they were doing was working and trying to make a living. And now, it’s happening again.”

    #mémoire #histoire #Texas #USA #massacre #assassinat #méxicains #violence #migrations #commémoration #historicisation #frontières #violence_aux_frontières #violent_borders #Mexique


  • Une lanceuse d’alerte au placard : l’archiviste qui avait raconté le massacre du 17 octobre 1961
    https://www.franceculture.fr/histoire/une-lanceuse-dalerte-au-placard-larchiviste-qui-avait-raconte-le-massa

    Brigitte Lainé est morte début novembre. On lui doit un apport historiographique inestimable sur le 17 octobre 1961, quand des milliers d’Algériens ont été réprimés dans les rues de Paris par le #préfet #Maurice_Papon. Elle a payé cher d’avoir fait connaître cet épisode tabou de la guerre d’Algérie.

    Vous aurez beau chercher, vous ne trouverez nulle par le nom de Maurice Papon. Pas une seule mention du préfet de police collaborationniste sauvé de l’épuration, qu’on retrouvera plus tard à le tête de la Préfecture de police de Paris, dans le court texte publié par les Archives de Paris cette mi-novembre à la mort de #Brigitte_Lainé. L’historienne y fut pourtant archiviste la majeure partie de sa carrière, entre 1977 et 2008, et c’est elle, avec un autre archiviste, Philippe Grand, qui a joué un rôle immense dans l’#historiographie du #massacre des Algériens le #17_octobre_1961 à Paris.

    Encore un titre mal choisi, on lance l’alerte au moment des faits, pas 16 ans après !


  • Bombardements chimiques dans le #Rif : le massacre oublié - H24info
    https://www.h24info.ma/debats-idees/bombardements-chimiques-rif-massacre-oublie

    Le lien entre la guerre chimique dans le Rif dans les années 1920 et l’apparition de plusieurs cas de cancers aujourd’hui a été établi par plusieurs chercheurs. Mais à ce jour, aucune étude officielle marocaine ne s’est toutefois penchée sérieusement sur la question.

    Bien que le sujet ne soit plus tabou depuis quelques années au Maroc, il est inutile de chercher des chiffres officiels sur le nombre de cas de cancers parmi les populations du Rif. Car le ministère de la Santé n’est pas près de les livrer.

    Mais d’après plusieurs ouvrages, notamment celui de Mimoun Charqi, « Armes chimiques de destruction massive sur le Rif », plus de 70% des adultes et 50% des enfants souffrant d’un cancer et qui étaient suivis en 2015 à l’hôpital d’oncologie de Rabat proviennent de la même zone du Rif, notamment des régions de Nador et d’Al Hoceima.

    #massacre #armée_française #maroc #pétain


  • Eolien offshore Dieppe Le Tréport : la plate forme de forage a fait fuir le poisson Halima Najibi - 6 Novembre 2018 - france 3 Région
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/somme/eolien-offshore-dieppe-treport-plate-forme-forage-fait-

    La saison de pêche cet été est désastreuse selon les pêcheurs. Une baisse de moitié par rapport à l’année dernière. Tous les petits bateaux s’inquiètent de ne plus aller au large avec l’installation du parc éolien offshore au large de Dieppe-Le Tréport. 

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=q2IpHLQA78M

    Une saison de pêche désastreuse de juin à octobre pour les pêcheurs crotellois et normands basés au Tréport. Des professionnels qui estiment que c’est la plate-forme de forage présente durant cette période qui est à l’origine de cette carence en poissons. Une plate-forme, je vous le rappelle, qui procédait à l’analyse des sols dans le cadre du futur champ éolien maritime Dieppe-LeTréport. 

    Le futur parc éolien offshore, c’est 62 mâts de 210 mètres de haut à partir de la surface de la mer. Et sous les eaux, un futur chantier colossal d’enfouissement. Le tout, sur la zone la plus poissonneuse de la Manche Est. 

    « Sur chaque éolienne il y aura quatre pieux enfoncés à 70 mètres de fond, l’ensemble des battages représente 500 000 chocs avec un marteau pneumatique d’une dimension industriel, l’enquête prouve que c’est la destruction des espèces dû aux battages des pieux ». Explique Olivier Becquet, le vice-président du comité des pêches de Normandie. 

    250 emplois seraient ainsi menacées selon le maire (PCF) du Tréport, Laurent Jacques.

     #énergie #électricité #éoliennes #énergie_éolienne #écologie #éolienne #pêche #poisson #massacre


  • L’ONF utilise-t-il illégalement du glyphosate en forêt domaniale de Saint-Gobain dans l’Aisne ? Célia Mascre - 3 Novembre 2018 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/aisne/laon/onf-utilise-t-elle-illegalement-du-glyphosate-foret-dom

    Ces derniers mois, de nombreux témoignages attestant de l’utilisation du glyphosate dans la forêt de Saint-Gobain (Aisne) par l’Office national des forêts (ONF), se multiplient. Est-ce avéré ? Est-ce légal ?

     ?
    La forêt domaniale de Saint-Gobain (Aisne), près de Laon, à l’automne 2018. / © William Church

    Le 2 octobre, l’ONF a annoncé via une note de service "qu’à compter de [cette] date, la gestion pratiquée par l’ONF exclut totalement toute prescription et tout usage du glyphosate dans les forêts publiques". 

Depuis plusieurs années, les associations de protection de l’environnement françaises tirent la sonnette d’alarme. Elles dénoncent une gestion des forêts industrialisée et non respectueuse de l’écosystème.

    La forêt domaniale de Saint-Gobain, dont 9 000 hectares sur 13 000 sont gérés par l’ONF, n’y échapperait pas. Située à moins de trente kilomètres du chef-lieu de l’Aisne et à deux heures en voiture de Paris, ce massif forestier est connu pour ses futaies de chênes et de hêtres qui se mêlent à d’autres feuillus : frênes, châtaigniers, érables, merisiers, tilleuls, ormes, saules, aulnes, etc.


    Une multiplication sans précédent des coupes à blanc sur des superficies de plus en plus importantes. / © William Church

    C’est en tout cas ce qu’affirment certains défenseurs de l’environnement comme William Church, président de l’association Une forêt et des Hommes. Depuis ses 5 ans, il explore le site et le connaît par cœur. Au printemps 2017, il dit avoir observé des épandages de glyphosate sur des parcelles proches de chemins très empruntés.

    Contactée, l’ONF confirme avoir utilisé du glyphosate à une seule reprise sur "une parcelle en travaux et donc interdite au public" et de manière "très précautionneuse, loin des cours d’eau". L’ONF précise qu’elle souhaite "quitter progressivement cette pratique" et que cette utilisation était "exceptionnelle".


    Des signes d’érosion des sols sur les coupes rases en pente. / © William Church

    Que dit la loi ?
    Ce n’est pas l’utilisation du glyphosate en soi qui pose problème. C’est plutôt le lieu où il est utilisé. En matière d’usages non agricoles, l’utilisation du glyphosate par les collectivités dans les espaces ouverts au public est interdite en France depuis le 1er janvier 2017. C’est sur ce point que la version des environnementalistes et de l’ONF se contredisent : l’ONF parle de parcelles interdites au public, tandis que les Amis de la forêt disent avoir constaté des épandages sur des parcelles proches de chemins très empruntés.


    Des arbres bien alignés, d’une même essence, d’un même âge. Un appauvrissement génétique, une uniformisation des paysages, une catastrophe pour la biodiversité. / © William Church

    "Ils reconnaissent une parcelle mais il y en a eu 4 ou 5", affirme William Church. « Les épandages n’ont pas été effectués sur des parcelles privées, c’est faux ! Ils ont été fait sur des parcelles en forêt domaniale, proche de chemins très empruntés par des promeneurs, des cyclistes et proche d’un parking menant à une route gravillonnée sur laquelle une association de personnes handicapées organise régulièrement des marches. Il s’agit de la parcelle longeant le chemin qui relie Saint-Gobain à Saint-Nicolas-aux-Bois et de la route du Mont Tortue. Au mois de mars 2017, on s’est rendu là-bas pour organiser le rallye des enfants comme tous les ans et on a découvert que tout était détruit »


    Première étape : le sous-bois est exploité ; ne restent que les semenciers. Mais la mise à nu brutale des sols, l’oxydation des éléments nutritifs empêchent la régénération naturelle. / © William Church

    Pourquoi utiliser du glyphosate ?
    Commercialisé sous diverses marques et substance de base des désherbants, le glyphosate est classé "cancérigène probable" depuis 2015 par l’Organisation mondiale de la santé.


    Donc, l’ONF a recours à une régénération artificielle coûteuse, avec des plants inadaptés au sol et au climat (plus de 50% d’échec)… Des arbres bien alignés. Et la ronce qui commence à proliférer. On laisse un « arbre remarquable » pour faire croire que l’on s’intéresse… / © William Church

    Produit uniquement par Monsanto dans un premier temps, sous le nom commercial de Roundup, il est depuis 2000 tombé dans le domaine public, et est désormais fabriqué et commercialisé par un grand nombre de sociétés.

    En forêt, il est surtout utilisé pour tuer les ronces, qui prolifèrent au printemps, période de végétation active. Elles empêchent les jeunes pousses de voir la lumière et donc de se développer, et rendent certains endroits inaccessibles. Deux à trois mois après le traitement, le feuillage du roncier se ternit nettement et prend un aspect fané des taches de l’ordre du centimètre, grises ou brunes, apparaissent irrégulièrement sur le limbe. Les feuilles et les tiges se dessèchent ensuite plus ou moins brutalement.


    Quelques années plus tard. Une seule essence, un même âge. / © William Church

    "Amener de la chimie dans un espace naturel, ça dépasse l’entendement. Niveau biodiversité, c’est une catastrophe", dénonce William Church. Les parcelles traitées au glyphosate se retrouvent totalement brûlées. Les "prédateurs" naturels des ronces sont les cervidés. "Les biches viennent manger les ronces à une période où elles sont en gestation. Les ronces traitées sont dangereuses pour les fœtus".

    Les conséquences d’un tel traitement sont diverses et cela pose problème d’autant que la forêt de Saint-Gobain est classée Natura 2000, un réseau qui rassemble des sites d’une grande valeur patrimoniale par leur faune et leur flore exceptionnelles, mais aussi PEFC (Programme for the endorsement of forest certification), qui certifie la plupart des forêts françaises.


    Bien alignés. Biodiversité anéantie… / © William Church

    Mis en place en 1999 par l’industrie du bois, le label PEFC est censé garantir une gestion éco-responsable des forêts. Cette certification cache en fait des pratiques peu recommandables en matière de protection de l’environnement, comme la gestion prétendument durable de forêts à l’aide de napalm et de neuro-toxiques. "La vérité, c’est que les pratiques forestières ont très peu évolué et que les pouvoirs publics ont préféré miser sur la certification plutôt que de renforcer la loi forestière", conclut Sylvain Angerand, de Une forêt et des Hommes .


    Quarante ans plus tard… Plus de sous-bois, pas d’étagement de la végétation, pas d’oiseau, pas de fleur, pas d’animaux. La forêt de demain : un désert. / © William Church

    Vers l’industrialisation de la gestion des forêts ?
    L’étape d’après, c’est ce qu’on appelle la coupe à blanc. Autrement dit l’abattage massif des arbres pour ensuite replanter en ligne. Une méthode peu en phase avec la nature pour les forestiers qui préféreraient une gestion sylvicole davantage personnalisée. "Avant, l’agent patrimonial de forêt connaissait chaque arbre, chaque végétal, chaque espèce, le moindre mètre carré de la forêt. On observait les arbres et on coupait ceux qui avaient atteint une certaine maturité. Avec les coupes à blanc, on fait disparaître notamment les espèces inféodées à une biodiversité particulière."


    Des routes créées sans études d’impact, ouvertes en permanence, non surveillées. Braconnage et tas d’ordures au cœur de la forêt. / © William Church

    Aujourd’hui, l’ONF favorise une gestion davantage automatisée, plus "efficace", avec moins d’humain. "Des engins de 40 tonnes débarquent peu importe le temps qu’il fait, ils font des dégâts considérables avec des ornières d’un mètre trente par temps de pluie… On détruit les sols. C’est une bombe à retardement écologique," dénonce William Church.


    Des sols ravagés. / © William Church

    Sur le sujet précis du glyphosate, le service régional de l’alimentation de la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt (Draaf) des Hauts-de-France, évoque un sujet "très sensible" et refuse de faire un commentaire. Le responsable du service invite "les plaignants à contacter l’administration."

    Ce sera chose faite pour M. Church qui finalisait justement ce vendredi la création d’un collectif SOS Forêt Île-de-France, Hauts-de-France et Nord afin de mener des actions juridiques et pourquoi pas porter plainte.


    Une prolifération des ronces, preuve de la mauvaise gestion actuelle de la forêt. / © William Church

    #ONF #forêt #Saint-Gobain #massacre #forêts #environnement #biodiversité #bois #france #arbres #glyphosate #monsanto #roundup #agriculture #santé #herbicide #bayer #pollution #economie #france

    • La forêt se découpe en silence

      La découpe forestière et la découpe sociale sont intimement liées. Dans les forêts françaises comme ailleurs, le moteur de la rentabilité est à l’oeuvre. Pour l’Office national des Forêts (ONF), les arbres se font tronçonner au rythme des cours du bois mondialisés, avec la même brutalité que les droits sociaux.
       
      La forêt de #Mormal, dans l’Avesnois, est le plus vaste massif forestier du #Nord-Pas-de-Calais. Dévastée par les deux guerres mondiales (1), c’est une forêt encore fragile, mais vigoureuse, connue pour sa remarquable population de cerfs. Comme toutes les forêts domaniales (2), elle est gérée par l’Office National des Forêts (ONF). Cet organisme public est censé respecter un plan d’aménagement, soigneusement conçu pour garder un équilibre harmonieux entre l’abattage des arbres destinés à la vente et la régénération de la forêt, si possible naturelle. Le tout, en permettant au public d’y batifoler et aux chasseurs d’y réguler la population animale (et humaine, à l’occasion). Ça, ce sont les missions théoriques de l’ONF. En réalité, l’office piétine allégrement les objectifs qu’il s’est lui-même fixés et découpe ses forêts à tout-va. . . . .
      La suite : http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/1021-la-foret-se-decoupe-en-silence


  • Le génocide des Tziganes et la mémoire
    https://blogterrain.hypotheses.org/11598

    Aujourd’hui a lieu en République tchèque la Roma Pride, défilé annuel des #Roms et des #Sintis. Dans Le Monde du 3 octobre dernier, le journaliste Blaise Gauquelin évoquait l’une des revendications de ce défilé : la mise en place d’une fondation destinée à entretenir la mémoire du #génocide oublié des #Tziganes, victimes de #massacres_nazis dont l’ampleur est souvent sous-estimée. Une entreprise mémorielle d’autant plus importante que le défilé protestera aussi contre les propos tenus en juin par Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien et vice-président du Conseil. Après avoir exprimé sa volonté de recenser les Roms présents en Italie pour expulser ceux d’entre eux qui y résident illégalement, il avait ajouté : « Malheureusement nous allons devoir garder les Roms italiens parce que nous ne pouvons pas les expulser ».
    Le génocide des Tziganes est longtemps resté « une catastrophe invisible », selon les termes de Michael Stewart, anthropologue à l’University College de Londres, dans le numéro 54 de Terrain. L’occasion de relire cet article qui analyse la persécution et le génocide particulièrement « désorganisés » et « désordonnés » des Tziganes durant la Seconde Guerre mondiale, et rattache le caractère localisé de leur persécution à l’échec, après le conflit, de la reconnaissance de cette catastrophe. Il souligne ainsi le caractère problématique de la notion d’intention génocidaire : « Vus de l’extérieur au moment où ils ont lieu, tous les génocides semblent par nature ambigus et non plausibles. »

    L’inventaire des crimes du XXe siècle – du massacre des Arméniens par les Turcs en 1915 à celui d’un million de personnes à Bali en 1965, en passant par la campagne menée contre les Mayas du Guatemala trente-six ans durant (de 1960 à 1996) sous couvert de guerre contre-insurrectionnelle, et jusqu’au Darfour d’aujourd’hui (où, encore une fois, une définition restrictive de la notion de génocide permet au gouvernement soudanais de se débarrasser à bon compte de minorités gênantes) – permet de discerner un schéma assez évident.

    Vus de l’extérieur au moment où ils ont lieu, tous les génocides semblent par nature ambigus et non plausibles. Durant la Seconde Guerre mondiale, le monde regardait ailleurs, préférant ne pas savoir. En Bosnie, il se laissait représenter par un envoyé des Nations unies d’une incompétence criminelle, qui, à force d’atermoiements et de pleurnicheries, permit aux nettoyeurs ethniques de faire de sa présence l’une des armes les plus importantes de leur crime de masse. Au Rwanda, le monde fit mine de n’avoir pas le temps de remarquer ce qui se passait. À l’heure où j’écris, la communauté internationale rougit et regarde ses pieds, niant que la boucherie du Darfour constitue un génocide à proprement parler, et espérant que personne ne la forcera à agir contre le régime criminel de Khartoum. C’est toujours après coup qu’il est possible d’affirmer sans ambiguïté qu’un génocide a eu lieu. Ce n’est qu’alors que les leaders mondiaux, et derrière eux les peuples du monde, font le vœu de ne plus jamais voir cela se reproduire. Il serait absurde d’imaginer que les recherches qui sous-tendent une publication comme celle-ci changeront notre disposition, bien enracinée, à ne pas croire et à ne pas agir face à ces catastrophes créées par les hommes. Ces recherches peuvent toutefois remettre les pendules à l’heure pour un groupe de victimes, et changer notre façon de comprendre comment les meurtres de masse se produisent.

    https://journals.openedition.org/terrain/13989



  • National Security Pros, It’s Time to Talk About Right-Wing Extremism

    Ask any of us who works in national security what to do about ISIS, and we’d have no problem pitching you ideas. Even if we lack expertise in the topic or don’t work directly on it, we’d still have opinions and thoughts, because we’ve been swimming in a sea of articles, op-eds, books, hearings, programs, and overall research and debate for years. But ask us about right-wing extremism, a violent ideology that’s killed more Americans than ISIS in the last decade, and most of us would pause — either because we were unaware of the problem or, worse, we were afraid to speak openly about it.

    So let’s talk about it now.

    Over the last decade, individuals and groups fueled by this virulent ideology have committed 71 percent of the known politically or religiously inspired killings in our country — that is, 274 of the 387 Americans murdered by extremists. Reports now indicate it was part of the recent murder of 17 school children and teachers in Florida, just as it was part of mass shootings that have happened everywhere from California to Charleston. It has not just hit inside the US, but has struck many of our closest allies, both causing near-tragedies and horrible massacres. It is not a new threat; it has killed hundreds of Americans in past decades. But it is growing in power and influence, worrisomely being stoked by foreign nations like Russia that wish our nation harm. It is a clear, present, and proven danger to the United States. Yet we find it awkward to talk about.

    There are many reasons why we have a hard time acknowledging the deadly threat from the cluster of groups that gather inside our country under the hateful flags of white nationalism, white supremacy, anti-government militia, and Neo-Nazism. One reason is to avoid appearing too partisan, a desire to be even-handed. There is irony in that we seek to avoid appearing biased, even when the threat espouses bias to the point of justifying hating and even killing their fellow Americans. So, after each episode of right-wing violence, we avoid talking about it, even to the point of reaching in the opposite direction. For instance, after these groups united to march on Charlottesville, culminating in the killing of a young woman, major U.S. papers ran more op-eds condemning the counter-protesters, who have yet to commit a mass killing, than those who committed the crime.

    I must pause here to pre-empt the inevitable “what-aboutism” — the kind of attempts to change the conversation that wouldn’t happen in an article on a group like ISIS. Yes, far-left violence is bad. (See how easy it is to write that? There’s no need to caveat violent extremists of any flag as “very fine people.”) But over the last decade, 3 percent of extremist killings in the U.S. have been committed by members of far left-wing groups — a fraction of the 71 percent by right-wing extremists and 26 percent by Islamic extremists. Those figures are the ADL’s, which documents them case by case. If you don’t like the ADL’s categorization, you could use the data gathered by colleagues of mine at the New America Foundation, which drew on the statements of law enforcement officials to determine motivation in the various attacks. That dataset shows that attacks by right-wing extremists outnumber those by left-wing groups more than 17 to one. Or you could use the one compiled by the Southern Poverty Law Center, which since the rise of the “alt-right” in 2014, has documented 43 people killed and more than 60 injured by young men whose social media use evinced a similar ideology — and often a “lone-wolf” style familiar from other forms of terrorism. And this was before Parkland. In short, from a standpoint of scale, trends, and impact, we have a problem that shouldn’t require what-aboutism or ignoring the bulk of the problem. Nor is the “alt-left,” or “violent left,” a viable political movement. Certainly, it has not bled into the broader mainstream of party politics and key media outlets, nor held multiple armed standoffs after seizing government facilities, nor even paralyzed entire American cities in fear.

    We also have to admit that we are quiet about right-wing extremist violence out of calculation. The cost-vs.-gain equations that shape our choices are simply different from other topics. Compare the professional benefits to the potential risks of publishing an article, creating a college course, writing a book or dissertation, organizing a conference, hosting a speech, creating a university or thinktank project, funding a foundation program, etc., on right-wing extremism. It is not just that there is no great profit in it. It is that every one of these endeavors would be far more difficult, and would likely create far more headaches for us and our bosses, than a similar project on pretty much any other topic in our field.

    This isn’t to say there aren’t fantastic researchers on this topic; there are many, who have valuably shaped much of what we know about the issue. But we in the rest of the field must acknowledge that they’ve chosen a more professionally risky path than most of us, even though the very object of their study has killed more Americans over the last few years than essentially any other problem we are working on.

    The same problem plagues government. For an elected official, or, worse, a U.S. government employee, to speak about this threat carries proven political and professional risks; doing so has literally cost people their jobs. And that was before we had the first president in the modern era to express sympathy for and be celebrated by these groups.

    The result is that far-right extremism mirrors that of Islamic extremism in its forms, spread, and goals. The head of counter-terrorism policing in the U.K., which broke up four planned far-right terrorist attacks in just the last year, says both groups “create intolerance, exploit grievances, and generate distrust of state institutions.” But the politics of doing something about these two dangers are directly opposite. In America, it is politically savvy to talk strongly and repeatedly about terrorism and extremism, except the version of it that has killed the largest number of our fellow citizens over the last decade.

    Finally, we avoid talking about right-wing extremism because to do so invites personal risks and annoyances that, generally speaking, don’t much afflict other areas of security studies. These range from online harassment (via social networks that have become a breeding ground for it) to physical stalking and violence.

    I don’t have all the answers about what to do about the plague of violence fueled by right-wing hate groups. But I do know we’ll never find them as long as those of us interested in national security downplay and avoid it. It is long past time to start talking about a threat that is regularly killing our fellow citizens.


    https://www.defenseone.com/threats/2018/02/national-security-pros-its-time-talk-about-right-wing-extremism/146319
    #sécurité #sécurité_nationale #USA #Etats-Unis #extrême_droite #extrémisme #massacres #violence

    Over the last decade, individuals and groups fueled by this virulent ideology have committed 71 percent of the known politically or religiously inspired killings in our country — that is, 274 of the 387 Americans murdered by extremists.



  • Égypte des armes françaises au cœur de la répression - Amnesty International France
    https://www.amnesty.fr/controle-des-armes/actualites/france-egypte-aux-armes-policiers-egyptiens

    Des véhicules blindés et des munitions fournis par la France sont au cœur de la répression sanglante des manifestations en 2013. Nos équipes ont enquêté.

    Des centaines de véhicules blindés, des navires de guerre, des machines à produire des munitions et même le fleuron de la production militaire française, l’avion de chasse Rafale. Nul inventaire à la Prévert, mais l’impressionnante liste des armes vendues par la France à l’Égypte depuis 2012. Montant global, selon l’estimation du rapport publié ce mardi 16 octobre : plus de quatre milliards d’euros d’armes françaises livrées à l’armée égyptienne entre 2012 et 2017.
    Officiellement. Car dans les faits une partie des véhicules blindés a en réalité été livrée aux forces du ministère de l’Intérieur, ou détournée vers elles, ces mêmes forces de police chargées de la féroce répression des manifestions.

    #Egypte #armes #répression #massacres #Sissi #Renault


  • #Chrono-cartographie du #massacre du #17_octobre_1961

    Aux cartes minutieuses des lieux où se sont produites violences et massacres le 17 octobre 1961, Léopold Lambert, architecte, essayiste et directeur de la publication de la revue The Funambulist joint une analyse de la temporalité de cette guerre coloniale d’abord dénommée « opération de police ».

    Dans la recherche que je mène sur la structure des cinq épisodes d’#état_d’urgence déclarés par la #France depuis 1955, un événement-clé est le massacre du 17 octobre 1961 à #Paris, peu avant la fin de la révolution algérienne. Ce qui frappe dans la commémoration annuelle (bien timide au regard de l’importance de l’événement) : l’unicité supposée de lieu et de temps. Selon le récit communément admis, les scènes les plus violentes, des policiers jetant des Algérien.ne.s dans la Seine, se produisirent autour de la #place Saint_Michel, au centre de Paris, et advinrent à un moment d’exaspération où les manifestations de masse étaient interdites. Ce que révèlent au contraire les recherches, c’est la multiplicité des lieux et des moments du massacre. C’est ce qu’essaie d’illustrer cette série de cartes, qui utilise des images aériennes (à plus ou moins 3 ans de la date en question) ; j’ai suivi la méthode précédemment utilisée pour montrer la relation entre l’organisation de la ville et la sanglante répression de la Commune de Paris (voir les cartes)

    Pour comprendre l’événement, il faut le replacer dans son contexte historique : en #1961, la révolution menée par le #Front_de_Libération_Nationale (#FLN), qui vise à décoloniser l’#Algérie, entre dans sa septième année. Née dans la Casbah d’Alger, le mouvement décolonial s’étend au reste de l’Algérie, ainsi qu’aux grandes villes françaises, où vivent de nombreux Algérien.ne.s (350.000 en 1962). Bien que plusieurs administrations s’occupant des Nord-Africains vivant et travaillant en France aient déjà été créées par l’État français – pour les années 1920 et 1930 voir Policing Paris : The Origins of Modern Immigration Control Between the Wars de Clifford Rosenberg (Cornell, 2006) — les Algérien.ne.s en France ne sont pas, du point de vue administratif, considéré.e.s comme des sujets coloniaux, et avaient théoriquement les mêmes droits que tout citoyen français, l’Algérie étant considérée comme faisant partie de la France. En réalité, la ségrégation est évidente en ce qui concerne l’emploi et le logement, et la police, en particulier à Paris, pratique quotidiennement le #profilage_racial. La #Brigade_Nord-Africaine (#BNA) qui ciblait explicitement les Nord-Africains et avait été un auxiliaire de la Gestapo durant l’Occupation (1940-1944), fut dissoute en 1945 mais en 1953 est créée une nouvelle branche de la police parisienne qui fonctionne sur le même mode : la #Brigade_des_Agressions_et_Violences (#BAV). Le profilage racial comme tactique coloniale et contre-insurrectionnelle atteint son apogée lorsque le 5 octobre 1961 un #couvre-feu est déclaré par la Préfecture de Police de la Seine (zone métropolitaine de Paris) : il ne vise que les Algérien.ne.s.

    Un personnage est central, pas uniquement pour le massacre du 17 octobre 1961 mais plus généralement pour la tradition de #violence de l’État français des années 40 aux années 80 : #Maurice_Papon. Sous l’Occupation nazie (1940-1944), en tant que Secrétaire général de la préfecture de Bordeaux, il organise la déportation de 1.600 juif/ve.s du Sud de la France avers le camp de Drancy, dans la banlieue parisienne ; ils seront déportés à Auschwitz. Son procès pour sa participation à l’Holocauste n’eut lieu qu’en 1998 et, après la Libération, il occupa de nombreuses responsabilités officielles, toutes en rapport avec le colonialisme français et la contre-insurrection — ce qui en fait une sorte d’alter ego historique de Robert Bugeaud (souvent cité dans les textes de The Funambulist), très actif dans la contre-insurrection et sur le front colonial, tant en France qu’en Algérie, dans les années 1830 et 1840 :
    – 1945 : chargé de la sous-direction de l’Algérie au ministère de l’Intérieur.
    – 1946 : participe à la Commission interministérielle sur les Antilles françaises.
    – 1949 : première nomination comme préfet de Constantine (Algérie).
    – 1951 : Secrétaire général de la Préfecture de police de Paris.
    – 1954 : nommé Secrétaire général du Protectorat du Maroc.
    – 1956 : revient à Constantine en tant qu’IGAME (préfet avec des pouvoirs extraordinaires) pour mener la contre-insurrection contre les mouvements décoloniaux du Nord-Est de l’Algérie. En 1956 et 1957, des rapports font état de 18.316 “rebelles” [sic] tués par la police et l’armée coloniales françaises, et de 117.000 personnes “regroupées” dans des camps — voir le livre de Samia Henni, Architecture of Counterrevolution : The French Army in Northern Algeria (gta, 2017)

    En 1958, le FLN à Paris est particulièrement actif dans son organisation politique clandestine, levant et transférant des fonds tout en exécutant ses opposant.e.s, des Algérien.ne.s considérés comme “traîtres.ses” et des officiers de police français. Le 13 mars 1958, des policiers manifestent devant l’Assemblée nationale pour exiger plus de latitude et plus d’impunité dans l’exercice de leurs fonctions. Le lendemain Papon, fort de son expérience tactique et stratégique en matière de contre-insurrection, est nommé Préfet de la Seine et est chargé d’anéantir le FLN dans la zone métropolitaine de Paris. Comme le montrent les cartes 3 et 4, le 28 août 1958 Papon organise des rafles massives d’Algérien.ne.s, dont 5.000 sont détenus dans le tristement célèbre “Vel d’Hiv,” le vélodrome où le 17 juillet 1942 12.884 juif/ve.s furent parqués avant d’être déportés à Auschwitz. En janvier 1959, Papon crée le Centre d’Identification de Vincennes (CIV) où les Algérie.ne.s peuvent être légalement “assignés à résidence” [sic] sans procès (voir la carte 18). En mars 1961, il crée une nouvelle branche de la police placée directement sous ses ordres : la Force de Police Auxiliaire, composée de harkis (des volontaires algériens de l’armée et de la police française, en France et en Algérie). On laisse à ces policiers la plus grande latitude pour anéantir le FLN et les nombreux Algérien.ne.s soupçonnés d’avoir des liens avec l’organisation décoloniale — dans la mesure où le FLN menaçait les Algérien.ne.s réticent.e.s à payer l’impôt révolutionnaire, cela voulait dire pratiquement tous les Algérien.ne.s — sont arbitrairement arrêté.e.s et torturé.e.s dans les commissariats et dans les caves d’autres bâtiments (cf cartes 5, 6, 7). Certain.e.s des torturé.e.s sont ensuite jeté.e.s à la Seine, plusieurs mois avant le massacre du 17 octobre 61, associé à cette atroce pratique.

    Les références que j’ai utilisées pour cet article (voir plus bas) sont très précises et complètes dans la description du massacre du 17 octobre 61 et de son contexte historique, mais, de façon très surprenante, elles omettent un élément important de ce contexte : le 21 avril 1961, quatre généraux de l’armée coloniale française en Algérie, Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et André Zeller tentent un coup d’État contre le président, Charles De Gaulle, qui est alors en train de négocier l’indépendance algérienne avec le Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA). Le 23 avril l’état d’urgence est déclaré en France, et le 26 avril les généraux sont arrêtés : le coup d’État échoue. L’état d’urgence reste néanmoins en vigueur pour prévenir d’autres tentatives, ou des actions terroristes de l’Organisation Armée Secrète (OAS) en faveur de l’Algérie française. L’état d’urgence dura jusqu’au 9 octobre 1962 (un mois après l’indépendance de l’Algérie) et n’était pas à l’origine dirigé contre les Algériens – à la différence de ceux de 1955 et de 1958 –, mais il ne fait aucun doute que les pouvoirs extra-exécutifs qu’il accordait ont influé grandement sur la conduite de Papon à la fin de l’année 1961.

    Comme on l’a mentionné, l’une des mesures prises par Papon est le couvre-feu du 5 octobre 61 visant les Algériens. Cette mesure motive la Fédération française du FLN à organiser des manifestations de masse le 17 octobre. Tous les hommes algériens doivent rejoindre le cortège, sans arme — toute personne trouvée en possession d’un couteau sera sévèrement châtiée par le FLN — dans le centre de Paris dans la soirée pour former trois cortèges et protester contre le couvre-feu en particulier, et le colonialisme français en général. Ce que les cartes ci-dessous essaient de montrer est la difficulté pour les Algérien.ne.s vivant et travaillant en banlieue d’arriver en centre-ville pour rejoindre les manifestations. On peut ici insister, comme nous le faisons souvent sur The Funambulist , sur la centralité ségrégative de Paris, toujours opérationnelle aujourd’hui. Ponts et stations de métro sont des lieux de grande violence, dans la mesure où leur étroitesse permet un contrôle sévère et systématique par la police (voir les cartes 8, 9, 10, 11 et 12). Dans nombre de ces lieux, les Algérien.ne.s sont arrêtés, systématiquement tabassé.e.s avec des bâtons, parfois abattu.e.s par balles et jeté.e.s à la Seine (voir les cartes ci-dessous pour plus de détails). Bien qu’on sache que Papon n’a pas donné d’ordres directs pour le massacre, il était présent dans la salle de commandement de la Préfecture de Police, à quelques mètres du bain de sang de Saint-Michel (voir carte 12), et l’absence de tout ordre pour empêcher violences et tueries, ainsi que les fausses rumeurs, sur la radio de la police, que les Algérien.ne.s avaient tué des policiers, en fait l’officiel responsable effectif du massacre — pour lequel il ne sera jamais poursuivi.

    C’est encore plus vrai si on regarde au-delà des meurtres « de sang chaud » commis lors de la manifestation. Plus tard dans la nuit, et les jours suivants, les tabassages systématiques et même les meurtres continuent dans les centres de détention improvisés, de taille variée — les plus grands étant le State de Coubertin (1.800 détenus, voir carte 16), le Parc des Expositions (6.600 détenus, voir carte 17), et le CIV (860 détenus, voir carte 18) —, dans les opérations de police menées sur les ponts et aux portes de Paris (voir carte 19), et contre les manifestations de femmes et enfants algériens organisées par le FLN le 20 octobre (voir carte 21).

    Le nombre d’Algérien.ne.s tué.e.s ou blessé.e.s dans cette semaine sanglante d’octobre 61 demeure inconnu, entre autres du fait dont le archives de la police ont été organisées de telles façon à montrer un nombre de mort.e.s bien inférieur à la réalité — certains des mort.e.s figurent sur la liste des expulsé.e.s vers l’Algérie — mais on estime que 200 à 300 Algérien.ne.s, et que 70 à 84 autres furent tué.e.s après avoir été jeté.e.s à la Seine. Il a fallu des années pour reconnaître ces mort.e.s, contrairement aux neuf victimes du massacre du 8 février 1962, tuées par la police de Papon au métro Charonne lors de la grande manifestation contre les attentats de l’OAS. Ces neuf Français.es étaient membres du Parti Communiste et de la CGT. Leur mémoire fut saluée quatre jours plus tard dans les rues de Paris par un cortège de plus de 500.000 personnes ; aucun rassemblement de masse n’avait protesté le massacre des Algérien.ne.s. En 2001, une plaque fut apposée sur le pont Saint-Michel « À la mémoire des nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 ». Comme c’est souvent le cas lorsqu’il s’agit de la mémoire des crimes coloniaux en France, les responsables ne sont pas nommés : c’est un crime sans criminels et, comme on l’a noté plus haut, ce mode de narration rétrécit considérablement la portée du massacre dans le temps et l’espace. C’est pourquoi l’on peut préférer une autre plaque, apposée en 2007 à Saint-Denis, en banlieue : « Le 17 octobre 1961, pendant la guerre d’Algérie, trente mille Algériennes et Algériens de la région parisienne manifestèrent pacifiquement contre le couvre-feu qui leur était imposé. Cette manifestation fut brutalement réprimée sur ordre du préfet de police de Paris. Des manifestants furent tués par balles, des centaines d’hommes et de femmes furent jetées dans la Seine et des milliers furent battus et emprisonnés. On retrouvera des cadavres dans le canal de Saint-Denis. Contre le racisme et l’oubli, pour la démocratie et les droits humains, cette plaque a été dévoilée par Didier Paillard, maire de Saint-Denis, le 21 mars 2007. » Mais néanmoins le contexte du colonialisme reste ignoré, illustrant une fois de plus que la France ne s’est jamais confrontée avec la violence de son passé, structurellement raciste et coloniale. La même ignorance prévaut pour la violence actuelle, qui en est directement issue

    Plus de 27% de la population française actuelle était en vie en 1961, et de nombreux acteurs du massacre du 17 octobre, manifestant.e.s algérien.ne.s et policiers français, en portent encore le souvenir, les blessures traumatiques (pour les premier.e.s) et la responsabilité impunie (pour les seconds). L’histoire oublie souvent de mentionner comment bourreaux et victimes ont à cohabiter dans une société indifférente à la violence de la relation qui les a liés, voire qui nie cette violence. À cet égard, la généalogie de cette violence n’est pas uniquement perpétuée au fil des générations, mais aussi par la racialisation de la société française, dirigée et contrôlée par une classe et une police en très grande majorité blanches — l’exemple le plus frappant en est la Brigade Anti-Criminalité (BAC) créée en 1971 selon la logique coloniale de la BNA et de la BAV, et particulièrement active dans les banlieues. À l’autre bout du spectre, des sujets racisés dont les vies sont souvent géographiquement, socialement et économiquement discriminées. Paris n’ayant pas structurellement évolué depuis la seconde moitié du 19e siècle, la spatialité militarisée à l’œuvre dans les cartes ci-dessous reste aujourd’hui prégnante.


    https://vacarme.org/article3082.html
    #cartographie #visualisation #police #violences_policières #colonisation #décolonisation
    cc @reka @albertocampiphoto


  • Bhambatha

    En 1906, les colons britanniques introduisent une nouvelle taxe dans la colonie du Natal en Afrique du Sud. Dans le but d’inciter les jeunes Noirs à travailler pour les fermiers blancs en labourant leurs terres, les Britanniques imposent la taxe à chaque homme noir âgé de plus de 18 ans possédant une hutte.

    Chef du clan zulu Amazondi, Bambatha va parvenir à unir sa communauté contre cette nouvelle loi injuste. Bénéficiant des conseils d’un chef plus âgé d’une autre tribu zoulou, Bambatha va organiser la rébellion. Il devient ainsi un héros pour les opprimés mais surtout l’un des premiers chefs africains à organiser une réelle rébellion solidaire contre les Anglais. En effet, d’autres chefs de tribus se rallieront à Bambatha dans cette quête de justice.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bhambatha_:_War_of_the_Heads_1906
    #film #Afrique_du_sud #résistance #rébellion #histoire #terres #christianisme #poll_tax #taxes #Richmond_uprising #Zoulou #confiscation_de_terres #Natal #gorges_de_la_Mome #massacre #Rehad_Desai

    • #Bataille des gorges de la Mome

      La bataille des gorges de la Mome est livrée le 10 juin 1906, au KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, pendant la #révolte de Bambatha. Elle oppose les troupes locales de la colonie britannique du Natal commandées par le colonel Duncan McKenzie aux insurgés zoulous, dirigés par Bambatha, chef de la tribu des Zondi, en rébellion contre l’autorité coloniale et les taxes auxquelles cette dernière les assujettit. Bambatha est tué dans l’affrontement, qui prend fin avec la défaite des Zoulous.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_gorges_de_la_Mome
      #histoire


  • #Miners_Shot_Down

    In August 2012, mineworkers in one of South Africa’s biggest platinum mines began a wildcat strike for better wages. Six days into the strike, the police used live ammunition to brutally suppress the strike, killing 34 and injuring many more.The police insisted that they shot in self- defense. Miners Shot Down tells a different story, one that unfolds in real time over seven days, like a ticking time bomb.

    The film weaves together the central point-of-view of three strike leaders, Mambush, Tholakele and Mzoxolo, with compelling police footage, TV archive and interviews with lawyers representing the miners in the ensuing commission of inquiry into the massacre. What emerges is a tragedy that arises out of the deep fault lines in South Africa’s nascent democracy, of enduring poverty and a twenty year old, unfulfilled promise of a better life for all. A campaigning film, beautifully shot, sensitively told, with a haunting soundtrack, Miners Shot Down reveals how far the African National Congress has strayed from its progressive liberationist roots and leaves audiences with an uncomfortable view of those that profit from minerals in the global South.


    http://www.minersshotdown.co.za
    #Afrique_du_sud #film #documentaire #mines #extractivisme #violences_policières #histoire #massacre #Marikana_commission_for_inquiry #grève #Lonmin #travail #pauvreté #platine #massacre_de_Marikan #syndicat #Cyril_Ramaphosa #National_union_of_mine_workers (#NUM) #AMCU #matières_premières #violence #Lonmin_mining_company #Greg_Marinovich #police #impunité


  • General’s final confession links 1956 massacre to Israel’s secret plan to expel Arabs - Israel News - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/.premium.MAGAZINE-general-s-confession-links-massacre-to-israel-s-secret-pl

    “’Yiska’ Shadmi, the highest IDF officer tried for the Kafr Qasem massacre, admitted before his death that his trial was staged to protect military and political elites. Historian Adam Raz believes that behind the horrific 1956 event was a secret plan to transfer Israel’s Arabs

    [...]

    I was surprised to discover that it’s easier to write about the history of Israel’s nuclear program than about Israel’s policies regarding its Arab citizens.” The court has yet to hand down its judgment, but Raz’s Hebrew-language book “Kafr Qasem Massacre: A Political Biography,” is being published this month by Carmel Press. It is the first such comprehensive study of the affair.

    #sionisme #massacre #crimes #impunité



  • Mexico 68

    Joani Hocquenghem

    https://lavoiedujaguar.net/Mexico-68

    Vue de son premier gratte-ciel, la Torre Latinoamericana qui depuis 1953 la surplombe de ses 180 mètres, la ville est énorme déjà, gonflée par l’exode rural. Débordant du vieux centre colonial autour du zócalo, elle s’étire à perte de vue au long de ses deux axes presque perpendiculaires, le paseo de la Reforma et l’avenue Insurgentes.

    Au-delà d’une mince rangée de buildings, elle s’étale de tous côtés en constructions d’une hauteur rapidement décroissante, immeubles de quatre ou cinq étages, vecindades horizontales autour de cours fermées, puis au sud et à l’ouest en banlieues résidentielles, villas des quartiers de Polanco et de Las Lomas, espaces verts où les vastes casernes du Camp militaire numéro 1 font une tache plus sombre, et au nord et à l’est, au-delà des halles de la Merced et du pénitencier de Lecumberri, en masures, hangars et bidonvilles sous le ciel brouillé par les fumées des fonderies, usines à papier, cimenteries, centrales électriques et de l’énorme raffinerie du quartier d’Azcapotzalco. (...)

    #Mexique #1968 #Tlatelolco #massacre #Elena_Poniatowska


  • Massacre de Bisesero au Rwanda : les parties civiles mobilisées pour éviter un déni de justice - Survie
    https://survie.org/themes/genocide-des-tutsis-au-rwanda/nos-actions-en-justice/article/massacre-de-bisesero-au-rwanda-les-parties-civiles-mobilisees-pour-eviter-un

    Comme le révèle aujourd’hui Mediapart, les parties civiles ont été informées le 27 juillet dernier de la volonté des juges du Pôle « Crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre » du tribunal de Paris (auquel le dossier a été transmis en 2012), de clore cette instruction, sans que plusieurs points cruciaux n’aient été éclaircis.

    Pas d’étonnement pour ma part mais un dégoût total !
    #françafrique #génocide #Rwanda #impunité #Bisesero #tutsis #massacre #turquoise #armée_française


  • Massacre des Italiens d’#Aigues-Mortes

    Le #massacre des Italiens d’Aigues-Mortes est une suite d’événements survenus les 16 et 17 août 1893, à Aigues-Mortes (Gard, #France), ayant conduit au massacre de #travailleurs_italiens de la #Compagnie_des_Salins_du_Midi, par des villageois et des ouvriers français. Les estimations vont d’une dizaine de morts (officiellement 8) à 150 morts (selon la presse italienne de l’époque), ainsi que de nombreux blessés, victimes de lynchages, coups de bâton, noyade et coups de fusils.

    Cet événement est aussi l’un des plus grands scandales judiciaires de l’époque, puisqu’un acquittement général fut prononcé.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_des_Italiens_d%27Aigues-Mortes
    #migrants_italiens
    #histoire #migrations #justice
    via @albertocampiphoto


  • Ce n’est pas un sacre, c’est un massacre Nancy Huston - 22 Aout 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/534990/ce-n-est-pas-un-sacre-c-est-un-massacre

    Cher François,

    Ces jours-ci, le monde tangue sous le choc d’un nouveau scandale de pédophilie qui, en Pennsylvanie cette fois, vient « éclabousser » l’Église catholique : sur une période de 70 ans, 1000 enfants abusés ou violés par des prêtres, et, compte tenu de la célérité des intéressés à escamoter les preuves et de la honte des victimes à témoigner, l’on peut être certain que ce chiffre est encore inférieur à la vérité. Certain aussi que, pour nombreux qu’ils soient, les cas connus ne forment que la pointe de l’iceberg.


    Comme moi, comme d’autres, vous avez dû être frappé par la ressemblance entre cette salve de révélations « scandaleuses » et une autre, qui défraie l’actualité depuis bientôt un an : celle des témoignages #MeToo sur le harcèlement sexuel. Ici et là, même propension des hommes à profiter de leur pouvoir pour satisfaire leurs besoins sexuels. Si l’on mettait à la disposition des enfants du monde entier un site Internet où ils pourraient déposer leur plainte en toute sécurité, ce « #balancetonpretre » provoquerait un tsunami mondial qui, par sa violence et son volume, dépasserait à coup sûr celui de « #balancetonporc ». Seraient encore reléguées au silence, il est vrai, les nombreuses victimes qui, en raison de leur jeune âge (18 mois, exemple entendu ce matin) ou de leur misère (enfants du Tiers-Monde, illettrés et/ou non connectés), n’auraient pas accès au site.

    Ce nouveau scandale vous a poussé à publier une longue « lettre au peuple de Dieu ». Mais, François, jamais la honte, la prière, le jeûne et la repentance ne mettront fin à ce fléau. À moins de changer les données qui engendrent ces gestes intempestifs, ils continueront à se produire. Pour les harceleurs de tout poil, il serait de la toute première importance de chercher les causes de leur acting-out machiste. Pour les prêtres catholiques, en revanche, point n’est besoin de chercher. La raison est là, évidente, flagrante comme le nez au milieu du visage.

    Ils ont peur
    Pourquoi s’en prennent-ils de façon si prépondérante aux enfants et aux adolescents ? Non parce qu’ils sont pédophiles — la proportion de vrais pédophiles parmi les prêtres est sûrement aussi minuscule que dans la population générale — mais parce qu’ ils ont peur , et que les plus jeunes sont les plus faibles, les plus vulnérables, les plus faciles à intimider, les moins aptes donc à les dénoncer. S’ils abordaient avec leur sexe tumescent — ce pauvre sexe nié, perpétuellement réprimé — des adultes de leur paroisse, ou s’ils allaient rendre visite aux travailleur(euse)s du sexe, ils seraient « pris » tout de suite. Avec les jeunes, ça peut durer des années… des décennies. On prend les nouveaux enfants de choeur… les fillettes qui viennent de faire leur première communion… cette toute jeune femme, dans le secret du confessionnal… ce tout jeune homme, pendant les vacances en colonie… On a sur elle, sur lui, sur eux, une ascendance, un pouvoir plus qu’humain, quasi divin… Et l’année d’après on recommence, avec les mêmes ou d’autres… François, ce n’est pas un sacre, c’est un massacre.

    À moins de se dire que seuls les pédophiles et les pervers sont intéressés par le sacerdoce chrétien, le problème n’est ni la pédophilie ni la perversion. Il faut abandonner ces clichés une fois pour toutes. Le problème, c’est que l’on demande à des individus normaux une chose anormale. C’est l’Église qui est « perverse » dans son refus de reconnaître l’importance de la sexualité et les conséquences désastreuses de son refoulement.

    Ces dernières décennies, nous autres, pays chrétiens — ou États laïques issus du christianisme —, avons pris l’habitude de dénoncer les coutumes d’autres cultures que nous considérons comme barbares ou injustes : je pense notamment à l’#excision ou au port de la #burqa. À ceux qui les pratiquent, nous aimons à faire remarquer que nulle part dans le Coran (par exemple) il n’est stipulé que l’on doive couper leur clitoris aux petites filles ou couvrir le visage des femmes, que ces pratiques ont commencé pour des raisons précises, à un moment précis de l’Histoire, afin d’aider les sociétés à mieux organiser les mariages et gérer la distribution des richesses. Les jugeant foncièrement incompatibles avec les valeurs universelles (liberté, égalité, fraternité) et les droits de l’individu — notamment le droit à l’intégrité corporelle —, nous nous estimons en droit de les interdire sous nos latitudes.

    Or ceux qui les pratiquent les considèrent comme irréfragables, constitutives de leur identité… de la même manière exactement que l’Église considère le #dogme du célibat des prêtres ! N’entrons pas, ici, dans le débat byzantin des raisons plus ou moins avouables pour lesquelles, après la scission des deux Églises, orientale et latine, celle-ci a tenu à se distinguer de celle-là en rendant obligatoire le célibat de ses officiants. Il est bien connu que Jésus n’a rien dit à ce sujet. Si lui-même n’a pas pris femme, il y avait parmi ses apôtres des hommes mariés, et, à d’autres époques et sous d’autres formes, le christianisme a autorisé et autorise encore ses prêtres à se marier. Le dogme catholique du célibat ne remonte qu’au Moyen Âge, un grand millier d’années après la mort du Christ.

    Les dégâts d’un dogme
    Ce qu’il s’agit de souligner, c’est que ce dogme, qui fait largement autant de dégâts que l’excision ou que la burqa, est lui aussi le résultat d’une certaine évolution historique. Cela veut dire qu’elle peut être annulée par une autre décision historique, décision que vous seul, cher François, êtes en mesure de prendre. Oui, vous seul avez la possibilité de lever l’injonction au célibat sous toutes les latitudes, protégeant ainsi d’innombrables enfants, adolescents, hommes et femmes à travers le monde.

    La preuve a été refaite et refaite. Le célibat obligatoire des prêtres ne marche pas. La plupart des prêtres ne sont pas chastes. Ils n’arrivent pas à l’être. Il faut en prendre acte et enterrer une fois pour toutes ce dogme inique. Il est criminel de tergiverser alors que, partout où il sévit, le massacre continue. Vous le savez, François ; nous le savons tous. Le rôle de l’Église est de protéger non les forts mais les faibles, non les coupables, mais les #innocents. « Et Jésus dit : Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent » (Matthieu 19 : 14). Depuis mille ans, combien de millions d’enfants ont été détournés de l’Église, dégoûtés de l’Église, empêchés de venir à Jésus, en raison de ce traumatisme ?

    Alors, dites STOP, François. En tant qu’autorité suprême de l’Église catholique, ce serait de loin l’acte le plus important, le plus courageux et le plus chrétien de tout votre mandat. Vous ne le feriez pas pour votre gloire personnelle… et pourtant, cela ne fait pas de doute, cette décision vous apporterait une gloire immense. Pendant des siècles, les prêtres et leurs ouailles vous remercieraient de votre prescience, de votre humanité, de votre sagesse.
    Ayez ce courage, je vous en conjure. Le moment est venu. L’Église doit cesser de cautionner (et donc de perpétuer, c’est-à-dire de perpétrer ) des crimes qui, à travers le monde et les âges, ont bousillé des vies sans nombre. Dites BASTA, François.
    Et si vous ne le faites pas, de grâce… expliquez-nous au moins pour quelles raisons vous ne voulez pas le faire.

    #enfants #femmes #garçons #filles #pape #prêtres #viols #machisme #pédophilie #massacre #catholicisme #sexe #perversité