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  • « Barça walla barsakh » : deux morts dans une traversée avortée entre Dionewar et la Mauritanie
    https://www.dakaractu.com/Barca-walla-barsakh-deux-morts-dans-une-traversee-avortee-entre-Dionewar-

    « Barça walla barsakh » : deux morts dans une traversée avortée entre Dionewar et la Mauritanie
    Le rêve d’exil s’est une nouvelle fois fracassé contre la dure réalité de l’Atlantique. Une pirogue partie de Dionewar, dans la région de Fatick, avec à son bord des dizaines de candidats à l’émigration irrégulière, a été interceptée en Mauritanie après plusieurs jours d’errance en mer. Selon les révélations de Libération, ce voyage clandestin, motivé par le tristement célèbre slogan « Barça walla barsakh » (Barcelone ou la mort), a coûté la vie à deux migrants, dont l’identité reste à ce stade inconnue.
    D’après Libération, le commissaire spécial de Rosso a mis à la disposition du chef de l’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Rosso un total de 70 migrants, tous de nationalité sénégalaise, parmi lesquels cinq femmes. Ces derniers ont été interceptés par une patrouille de la Marine nationale mauritanienne, puis conduits à Nouadhibou pour les besoins de l’enquête.
    Auditionnés sommairement, les migrants ont tous livré la même version des faits. Ils affirment avoir quitté Dionewar dans la nuit du 21 décembre 2025, à bord d’une pirogue de fortune, avec pour destination finale l’archipel des îles Canaries. Mais après quatre jours passés en haute mer, confrontés à un froid glacial et à des conditions de navigation extrêmement difficiles, l’embarcation a été contrainte de rebrousser chemin. C’est au cours de ce retour forcé que la pirogue a été repérée puis interceptée par la marine mauritanienne dans les eaux relevant de sa juridiction. Selon Libération, les témoignages concordants des migrants font état de deux décès survenus durant la traversée, sans que l’on puisse pour l’instant établir l’identité des victimes ni les circonstances exactes de leur mort. Un drame de plus sur la route migratoire, souvent jalonnée de silences et de corps anonymes. Les survivants ont également révélé les dessous financiers de cette tentative d’émigration irrégulière. Chacun aurait versé au capitaine de la pirogue et à son complice des sommes comprises entre 400 000 et 600 000 francs CFA pour espérer atteindre l’Europe. Un investissement lourd, souvent financé par des familles entières, désormais endeuillées ou plongées dans l’angoisse.Plus grave encore, les migrants ont désigné un ambulancier en service dans le district sanitaire de Différ comme étant l’initiateur de ce projet de voyage clandestin avorté, rapporte Libération. Une révélation troublante qui ouvre la voie à de nouvelles investigations, notamment sur l’implication présumée de personnes censées incarner l’aide et la protection des populations.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mauritanie#fatick#rosso#differ#routemigratoire#migrationirreuguliere#sante#mortalite

  • Route des Canaries : au moins 200 migrants disparus depuis un mois dans l’Atlantique - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69137/route-des-canaries--au-moins-200-migrants-disparus-depuis-un-mois-dans

    Route des Canaries : au moins 200 migrants disparus depuis un mois dans l’Atlantique
    Par La rédaction Publié le : 09/01/2026
    Entre 200 et 300 migrants, selon les sources, ont disparu depuis un peu plus d’un mois dans l’Atlantique alors que leur pirogue surchargée, partie de Gambie, tentait de rejoindre l’archipel espagnol des Canaries. Les exilés sont originaires du Sénégal, de Gambie, du Mali et de Guinée.
    L’inquiétude grandit dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest. Depuis plus d’un mois, de nombreuses familles sont sans nouvelles de leurs proches partis vers l’archipel espagnol des Canaries. La pirogue a quitté le 5 décembre la localité gambienne de Djinack (nord) avec quelque « 300 personnes à bord dont des Sénégalais, des Gambiens, des Maliens et des Guinéens », a affirmé vendredi 9 janvier à l’AFP Omar Diop, un porte-parole de l’association Boza Fii, basée au Sénégal, et engagée dans l’aide aux personnes migrantes et aux familles de disparus de la migration. « Nous avons eu l’information sur le départ de la pirogue le 27 décembre et avons lancé les recherches » en informant des acteurs qui secourent en mer les personnes migrantes en détresse, a déclaré Omar Diop.
    L’embarcation transporte « plus de 200 personnes » qui tentaient de rejoindre l’Espagne, a indiqué de son côté à l’AFP Cheikh Mamour Bâ, un habitant du village de pêcheurs de Fass-Boye, dans l’ouest du Sénégal. Nombre de passagers de la pirogue, dont « une femme trentenaire, mère de six enfants », sont originaires selon lui de villages voisins de Fass-Boye. L’absence de nouvelles des passagers de la pirogue a été signalée par des familles comptant des proches à bord, a précisé Mamadou Guèye Thioune, membre d’un Comité gouvernemental sénégalais de lutte contre la migration irrégulière. De nombreux migrants ouest-africains se trouvaient dans l’embarcation, a-t-il ajouté, citant ces familles. La semaine dernière, un autre drame s’est joué dans la même zone. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, une embarcation de plus de 200 personnes a chaviré au large de Jinack, dans la région frontalière du Sénégal de North Bank, en Gambie. Au moins 39 migrants sont morts dans ce naufrage, selon le dernier bilan donné mardi 6 janvier par le gouvernement gambien. Quelques heures après le drame, seuls sept corps avaient été repêchés. Centre-douze personnes ont été secourues, dont 23 sont hospitalisées, mais des dizaines d’autres sont toujours portées disparues. Ces derniers mois, les départs depuis la Gambie se sont multipliés face au renforcement des contrôles côtiers au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie. Plus de 1 500 km séparent les côtes gambiennes des îles Canaries, rendant la traversée bien plus dangereuse. « La distance est importante – il faut entre quatre et sept jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », expliquait Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines fin septembre à InfoMigrants. Il n’est pas rare que des embarcations dérivent à des milliers de kilomètres des côtes ouest-africaines. En juin 2025, une pirogue avec 14 cadavres de migrants africains a été retrouvée au large du Venezuela, à 5 000 km des rives africaines. En mai, les restes de 11 corps et une pirogue en bois ont été découverts sur la côte de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, aux Caraïbes, par la police locale. Plus tôt, en janvier 2025, c’est un canot avec à son bord 19 corps en état de décomposition avancée qui a été retrouvé par les autorités de Saint-Kitts-et-Nevis, le plus petit État des Caraïbes. Des embarcations - de migrants comme de pêcheurs - parties du nord de l’Afrique de l’Ouest sont régulièrement emportées par le courant en direction des Caraïbes, ne laissant aucune chance de survie aux migrants à bord.
    En 2025, 1 906 personnes ont perdu la vie dans l’Atlantique sur la route des Canaries, selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras. La grande majorité était partie de Mauritanie. L’année précédente, Caminando Fronteras avait dénombré 9 757 migrants décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là). Une baisse notamment due à la chute des arrivées aux Canaries en 2025.

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  • Partie de Gambie pour l’Espagne, une pirogue avec plusieurs centaines de personnes embarquées à son bord portée disparue depuis plus d’un mois
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/01/09/partie-de-gambie-pour-l-espagne-une-pirogue-avec-plusieurs-centaines-de-pers

    Partie de Gambie pour l’Espagne, une pirogue avec plusieurs centaines de personnes embarquées à son bord portée disparue depuis plus d’un mois
    L’embarcation a quitté le 5 décembre la localité gambienne de Djinack. Du fait du renforcement des contrôles en mer, les départs vers l’Europe se font de plus en plus au sud de la côte ouest-africaine.
    Le Monde avec AFP
    Plusieurs centaines de migrants qui ont embarqué il y a plus d’un mois dans une pirogue partie des côtes de Gambie pour tenter de rejoindre l’Espagne, n’ont pas donné signe de vie depuis lors, a appris l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 9 janvier. Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années la migration clandestine, partent des côtes de leurs pays en empruntant la périlleuse route de l’Atlantique pour gagner l’Europe, principalement via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes. Le renforcement récent des contrôles en mer au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a conduit les départs des pirogues clandestines vers les Canaries à se déplacer vers le sud, notamment des côtes de Gambie et de Guinée à Conakry, rallongeant encore plus le temps passé en mer et ses dangers.
    La pirogue n’ayant plus donné de nouvelles depuis plus d’un mois a quitté le 5 décembre la localité gambienne de Djinack (Nord) avec quelque « 300 personnes à bord dont des Sénégalais, des Gambiens, des Maliens et des Guinéens », a affirmé vendredi à l’AFP Omar Diop, un porte-parole de l’association Boza Fii, basée au Sénégal et engagée dans l’aide aux personnes migrantes et aux familles de disparus de la migration. « Nous avons eu l’information sur le départ de la pirogue le 27 décembre et avons lancé les recherches » en informant des acteurs qui secourent en mer les personnes migrantes en détresse, a déclaré M. Diop.
    L’embarcation transporte « plus de 200 personnes » qui tentaient de rejoindre l’Espagne, selon Cheikh Mamour Bâ, un habitant du village de pêcheurs de Fass-Boye, dans l’ouest du Sénégal. Nombre de passagers de la pirogue, dont « une femme trentenaire, mère de six enfants », sont originaires selon lui de villages voisins de Fass-Boye.
    L’absence de nouvelles des passagers de la pirogue a été signalée par des familles comptant des proches à bord, a déclaré Mamadou Guèye Thioune, membre d’un comité gouvernemental sénégalais de lutte contre la migration irrégulière. De nombreux migrants ouest-africains se trouvaient dans l’embarcation, a-t-il ajouté, citant ces familles.

    #Covid-19#migrant#migration#routemigratoire#gambie#senegal#mauritanie#atlantique#sante#mortalite#migrationirreguilere#fass-boye#guinee

  • Les « ressortissants africains sont les bienvenus » en Mauritanie, affirme le Premier ministre mauritanien à Dakar - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69116/les-ressortissants-africains-sont-les-bienvenus-en-mauritanie-affirme-

    Les « ressortissants africains sont les bienvenus » en Mauritanie, affirme le Premier ministre mauritanien à Dakar
    Par La rédaction Publié le : 09/01/2026
    Alors que la Mauritanie est vivement critiquée par les associations des droits de l’Homme pour son traitement des migrants, Nouakchott, par la voix de son Premier ministre Moctar Ould Diay a affirmé jeudi que « tous les ressortissants du continent africain étaient les bienvenus » dans son pays. Une déclaration faite lors d’une visite officielle de deux jours au Sénégal, le 8 et 9 janvier.
    Le Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Diay, a affirmé jeudi 8 janvier que « tous les ressortissants du continent africain et de la sous-région » étaient « les bienvenus en Mauritanie ». Le chef de gouvernement s’exprimait en réponse à une question d’une journaliste lors d’une conférence de presse au Sénégal, où il effectue une visite officielle de deux jours.
    La Mauritanie est vivement critiquée par les associations des droits de l’Homme pour son traitement des migrants. Mais Moctar Ould Diay se défend de toute maltraitance. La « gestion de la migration et de l’entrée à nos frontières » est menée de manière « normale et classique », a-t-il martelé depuis Dakar.Pays majoritairement désertique d’Afrique de l’Ouest, situé sur la côte atlantique, la Mauritanie est devenue ces dernières années le principal point de départ pour des milliers de migrants venus de tout le continent, qui tentent désespérément de rejoindre l’Europe clandestinement par l’Atlantique en quête d’une vie meilleure. En 2024, selon les données de l’Organisation internationale des migrations (OIM), il y avait environ 200 000 migrants en Mauritanie.
    Pressée par l’Union européenne - avec qui Nouakchott a signé un accord migratoire en 2024 - la Mauritanie a donc décidé l’année dernière de durcir sa politique migratoire. Début 2025, une vaste campagne d’arrestations et de refoulements de migrants en situation irrégulière avait été lancé dans le pays. Un « climat de peur » s’était installé sur le territoire. « Les gens se cachent », avait déclaré à InfoMigrants Abdoulaye Diallo, président de l’association Ensemble pour un avenir meilleur.Les migrants arrêtés étaient généralement renvoyés aux frontières avec le Mali ou avec le Sénégal - vers la ville frontalière de Rosso notamment. « C’est tous les jours qu’il y a des refoulements », avait continué Abdoulaye Diallo. « La police arrête même des gens dans leurs maisons, des hommes lorsqu’ils vont au travail... Les refoulements ne touchent plus seulement les migrants [en route vers l’Europe] mais tout le monde ».
    Nouakchott, de son côté, avait évoqué des actes de « routine » visant à lutter contre les réseaux de trafic de migrants. En quatre mois, de janvier à avril 2025, le pays a affirmé avoir démantelé 88 réseaux de passeurs. Et intercepter plus de 30 000 migrants. Selon Mohamed Salem Ould Merzoug, le ministre mauritanien des Affaires étrangères interrogé par RFI au mois de mars, « il n’y a pas, à proprement parler, de mesures particulières enclenchées ». « Notre politique vis-à-vis de la migration irrégulière est restée la même : appliquer la règle de droit et être très ferme, par rapport aux réseaux de migrants irréguliers en particulier ».
    Mais les critiques n’ont cessé de pleuvoir. Dans un rapport publié en août dernier, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé les autorités mauritaniennes d’avoir commis de « graves violations des droits humains ». En septembre, le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme des migrants avait exhorté les autorités mauritaniennes à « mieux aligner les pratiques dans le pays sur les normes internationales en matière de droits humains » concernant les migrants.Selon l’OIM, face à ce climat délétère, près de 2 000 exilés, majoritairement guinéens, ont demandé un « retour volontaire » en 2025 pour être ramenés dans leur pays. Le double par rapport à toute l’année 2024. « Les conditions sécuritaires deviennent trop difficiles. Les contrôles ne s’arrêtent jamais », avait raconté en octobre une source anonyme à InfoMigrants pour expliquer cette hausse de rapatriements.
    L’hiver dernier, le gouvernement sénégalais s’était même dit « indigné » par les traitements subis par ses ressortissants en Mauritanie. Yacine Fall, la ministre des Affaires étrangères avait déclaré « regretter les conditions d’arrestations et d’expulsions des Sénégalais depuis la Mauritanie » [...] Bien sûr, chaque pays a ses lois mais on doit respecter" les droits des personnes et « ne pas maltraiter comme on l’a vu récemment ».
    Mais en ce début d’année 2026, le ton est redevenu plus cordial entre les deux pays. Moctar Ould Diay et son homologue sénégalais Ousmane Sonko ont répondu côte à côte aux questions des journalistes à Dakar. Ousmane Sonko a même « salué » les efforts menés ces derniers mois par Nouakchott à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie qui ont permis la « régularisation de 28 000 Sénégalais ». « On est passé de 2 000 et quelques à 28 000 Sénégalais régularisés en Mauritanie » depuis l’entrée en vigueur d’un accord le 1er juillet dernier, a-t-il souligné. « La vraie question, aujourd’hui », a-t-il continué « c’est le nombre d’Africains expulsés d’Europe et le nombre de visas refusés chaque année. Même aller et revenir est devenu presque impossible, y compris pour les élites », a-t-il conclu avec fermeté. La Mauritanie et la Sénégal ont conclu le 2 juin dernier deux accords portant sur l’immigration : l’un sur la lutte contre l’immigration clandestine, l’autre sur les conditions de séjour. Dans ce texte, Nouakchott et Dakar s’étaient notamment engagés « à lever tout obstacle à la libre circulation des ressortissants » de chacun des deux pays. « Pour tout séjour au-delà de trois mois, les Sénégalais comme les Mauritaniens ont désormais l’obligation de demander une carte de séjour. Mais cette carte pourra être accordée même en l’absence de contrat de travail ou de justificatif de revenu pour une durée d’un an. Ensuite, seulement, il faudra justifier de revenus pour la renouveler », avait expliqué RFI lors de la signature.

    #Covid-19#migrant#migration#mauritanie#senegal#expulsion#migrationirreguliere#regularisation#politiquemigratoire#sante#cartedesejour

  • Route des Canaries : chute de plus de 60% des arrivées de migrants dans l’archipel espagnol en 2025 - InfoMigrants
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    Route des Canaries : chute de plus de 60% des arrivées de migrants dans l’archipel espagnol en 2025
    Par Leslie Carretero
    En 2025, plus de 17 500 exilés sont arrivés aux Canaries, contre près de 47 000 en 2024. Soit une baisse de 62% sur un an, selon les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur. Cette chute des arrivées dans l’archipel espagnol s’explique par un renforcement des contrôles sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest à la faveur d’accords signés avec l’Espagne. Après deux années de records d’arrivées consécutifs aux Canaries, les flux migratoires vers l’archipel espagnol se sont considérablement taris en 2025. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, un peu plus de 17 700 migrants sont arrivés aux Canaries en 2025, contre près de 47 000 en 2024 et près de 40 000 en 2023. Ainsi entre 2024 et 2025, la baisse constatée est de 62%.
    Cette forte chute s’explique par le renforcement des accords conclus entre l’Union européenne et la Mauritanie, le Sénégal et le Maroc, les trois principaux pays de départ de pirogues ces dernières années. En 2024, l’UE a multiplié les visites en Afrique pour signer de nouveaux partenariats et ainsi tenter d’enrayer les départs de migrants vers l’archipel espagnol. Un an plus tard, les effets de ces accords ont commencé à se faire sentir.
    Depuis 2023, la Mauritanie est le premier lieu de départ des migrants d’Afrique de l’Ouest arrivés dans l’archipel espagnol.
    Depuis plus de 20 ans, Nouakchott reçoit pourtant des sommes conséquentes de l’Espagne et de l’UE pour la gestion des migrants. Pour la période 2022-2027, l’allocation de l’UE s’élevait à 12,5 millions d’euros. Mais les récentes arrivées massives ont poussé les Vingt-Sept à augmenter les financements. Ainsi en mars 2024, un nouvel accord signé entre l’UE et la Mauritanie a permis d’allouer une enveloppe de 200 millions d’euros au pays saharien. L’été suivant, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a effectué une visite à Nouakchott afin de signer un autre accord migratoire avec la Mauritanie - et la Gambie. En échange, les autorités mauritaniennes se sont engagées à durcir la législation locale sur l’immigration clandestine.
    Depuis le début de l’année 2025, la Mauritanie mène une politique répressive envers les migrants subsahariens qui se trouvent dans le pays en attendant de prendre la route de l’Atlantique pour rejoindre les Canaries. De très nombreux migrants ont raconté les arrestations arbitraires jusque dans la rue ou sur les lieux de travail des exilés. Les personnes ont ensuite été expulsées vers les frontières du pays, et notamment la ville de Rosso, au Sénégal, qui a vu débarquer en quelques semaines des milliers d’exilés. Entre janvier et avril 2025, la Mauritanie a ainsi intercepté plus de 30 000 migrants, avaient indiqué des sources gouvernementales en mai. Et lors d’une rencontre tenue à Madrid le 17 octobre, l’Espagne et la Mauritanie ont annoncé avoir déjoué 3 500 tentatives de migration irrégulière en 2025 sur le sol mauritanien.
    Le Sénégal aussi, second pays de départ vers les Canaries, a reçu, en octobre 2024, une aide de 30 millions d’euros de la part de l’UE pour lutter contre l’immigration clandestine. La Commission européenne finance déjà un projet de 5,75 millions d’euros visant à renforcer la capacité des forces de sécurité sénégalaises pour lutter contre l’immigration clandestine, la traite des êtres humains et le trafic de migrants.Cet accord, comme celui avec la Mauritanie, a commencé à porter ses fruits en 2025 : au premier trimestre, les forces sénégalaises ont interpellé plus de 1 900 personnes qui tentaient de prendre la mer, « dont une majorité d’étrangers - 1 000 personnes - utilisant le Sénégal comme point de départ » avait indiqué en septembre le secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), Modou Diagne.
    Le Maroc, quant à lui, a reçu en décembre 2024 une enveloppe de 2,5 millions d’euros afin de renforcer ses capacités en matière de surveillance des frontières, de mieux contrôler les points d’entrée, de lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains et de protéger le sud de l’Europe des flux migratoires venus de ce pays du Maghreb. En parallèle, depuis 2013, l’UE a déboursé plus de 360 millions d’euros - dont 234 millions proviennent du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union pour l’Afrique, indique une note de l’UE datée de février 2022 - pour aider le Maroc dans sa lutte contre l’immigration irrégulière.
    Cette chute de 62% des arrivées de migrants aux Canaries en 2025 accompagne logiquement une baisse générale de 42,6% des arrivées irrégulières sur tout le sol espagnol (36 775 en 2025 contre 64 019 en 2024). Mais un autre archipel, celui des Baléares, a lui connu une recrudescence des arrivées. En 2025, près de 7 400 personnes sont arrivées sur ce territoire espagnol, contre 5 900 en 2024. Soit une hausse de 24,5%. « Des bateaux arrivaient quasiment tous les jours cet été. Il y avait aussi des cadavres, des disparus. Ce sont des situations anormales qu’on ne voyait pas l’année dernière », racontait en octobre à InfoMigrants Carlos Martín Ciscar, porte-parole de la plateforme Acollim, un regroupement d’associations dans les îles Baléares.
    La route qui part de l’Algérie vers les Baléares est ainsi devenue en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’ONG Caminando Fronteras dans un rapport publié fin décembre. Cette hausse des départs vers cet archipel se traduit par un plus grand nombre de morts. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025, contre 517 en 2024.
    À l’inverse, les décès vers les Canaries ont chuté. Caminando Fronteras dénombre 1 906 morts et disparus sur la route atlantique. En 2024, l’ONG avait décompté 9 757 décédés ou disparus dans la même zone maritime. Soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là.

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  • Naufrage d’un bateau de migrants en Gambie : « la nation est en deuil » (président)
    https://www.dakaractu.com/Naufrage-d-un-bateau-de-migrants-en-Gambie-la-nation-est-en-deuil-preside

    Naufrage d’un bateau de migrants en Gambie : « la nation est en deuil » (président)
    Le président gambien Adama Barrow a souligné vendredi que son pays était « en deuil » après le naufrage d’un bateau transportant des personnes migrantes au large des côtes du pays, qui a fait au moins sept morts et de nombreux disparus dans la nuit du 31 décembre.
    Dans une déclaration télévisée diffusée par la présidence, M. Barrow fait part de sa « profonde inquiétude » en évoquant le naufrage dans la nuit de mercredi à jeudi d’un bateau transportant un nombre estimé à plus de 200 candidats à l’exil présumés.Le naufrage est survenu au large de la région de North Bank, dans le nord-ouest du pays.Alertée par un appel de détresse, la marine nationale avait lancé vers 01h00 du matin jeudi une opération de recherche, à laquelle avaient pris part plusieurs bateaux.Le bateau ayant fait naufrage avait ensuite été retrouvé échoué sur un banc de sable."Jusqu’à présent, 102 personnes ont été secourues, dont de nombreuses sont toujours en soins d’urgence. Malheureusement, seuls sept corps ont pu être repêchés, mais les opérations de secours se poursuivent afin de tenter de localiser ceux qui manquent toujours à l’appel", a déclaré le président, précisant que des efforts avaient été engagés pour assurer une aide aux survivants.
    « Au nom du gouvernement et du peuple de Gambie, je présente mes sincères condoléances aux familles endeuillées et à tous ceux touchés par cette déchirante tragédie », a-t-il ajouté, le visage grave.
    « Je veux dire à chaque parent et proche qui attend avec anxiété de nouvelles informations que vous n’êtes pas seuls. La nation est en deuil avec vous », a-t-il lancé, saluant toutes les entités ayant participé au sauvetage. Le président Barrow a affirmé que des précisions sur l’identité et les nationalités des victimes - dont certaines ne sont pas gambiennes - seront communiquées quand elles auront pu être établies, et qu’une enquête sera menée par le gouvernement.
    Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années la migration clandestine depuis les côtes de leurs pays en empruntant la périlleuse route de l’Atlantique pour gagner l’Europe, principalement via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes. A la recherche d’un avenir meilleur et au péril de leurs vies, ces exilés africains sont forcés d’emprunter la voie clandestine, l’Europe ayant drastiquement restreint la délivrance de visas et contrôlant de plus en plus ses frontières. Des milliers de personnes sont mortes ou disparues en tentant de rejoindre ainsi l’Europe ces dernières années. Le renforcement récent des contrôles en mer au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a conduit les départs des pirogues clandestines vers les Canaries à se déplacer vers le sud, notamment depuis les côtes de Gambie et de Guinée-Conakry, rallongeant encore plus le temps passé en mer et ses dangers.
    Dans sa déclaration vendredi, le président Barrow a estimé que ce naufrage « était un rappel douloureux de la nature dangereuse et mortelle de la migration irrégulière. Assurément, aucun rêve, voyage, ou promesse ne valent la perte de vies humaines en mer », a-t-il poursuivi. Le 26 décembre, le gouvernement gambien avait fait part de ses inquiétudes après des informations faisant état de la disparition d’une pirogue qui avait quitté les côtes nord du pays le 17 novembre, avec à son bord des ressortissants gambiens qui tentaient de rejoindre l’Europe. Selon plusieurs médias locaux, la pirogue transportait plus d’une centaine de personnes

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  • Plus de 3 000 morts sur les routes migratoires vers l’Espagne en 2025 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68949/plus-de-3-000-morts-sur-les-routes-migratoires-vers-lespagne-en-2025

    Plus de 3 000 morts sur les routes migratoires vers l’Espagne en 2025
    Par Maïa Courtois Publié le : 29/12/2025
    Cette année, 3 090 personnes ont perdu la vie sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un nombre de victimes moins élevé qu’en 2024, année record avec plus de 10 000 décès recensés. Cette baisse s’explique par les partenariats passés entre l’Espagne et les pays d’origine comme la Mauritanie pour intercepter les départs. Mais aussi par des changements de dynamiques : la route vers les Canaries est moins empruntée tandis que la route vers les Baléares est devenue plus dense et plus meurtrière en 2025.
    Huit personnes par jour ont perdu la vie, cette année, sur les routes maritimes vers l’Espagne. Le dernier rapport annuel de l’ONG espagnole Caminando Fronteras décompte 3 090 exilés décédés du 1er janvier au 15 décembre 2025. Parmi les victimes recensées figurent 437 enfants, 192 femmes et 2 461 hommes. Les mois de janvier et février ont été particulièrement marquants puisqu’à eux seuls, ils comptent pour près de la moitié des décès de l’année (1 434).
    Pour rappel, les chiffres de Caminando Fronteras se basent sur les témoignages recoupés des familles et des survivants, en plus des données officielles. Ils englobent les décès et les disparitions. Pas moins de 70 bateaux ont disparu des radars avec l’ensemble de leurs passagers, qui n’ont plus jamais donné de nouvelles à leurs proches.
    « L’approche arbitraire des opérations de sauvetage a entraîné des retards et de l’inaction, laissant couler des bateaux qui étaient manifestement en danger et causant des décès qui auraient pu être évités », épingle Caminando Fronteras dans son rapport. Plus généralement, l’ONG estime que « la principale cause de mortalité est l’influence des politiques de contrôle des migrations sur le recours aux opérations de recherche et de sauvetage ».

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    En 2024, au moins 10 457 migrants sont morts ou ont disparu en tentant de rejoindre l’Espagne, selon Caminando Fronteras. Il s’agissait alors du nombre le plus élevé enregistré par l’ONG depuis le début du recensement en 2007.
    Cette baisse du nombre de victimes entre 2024 et 2025 est à mettre en lien avec les données officielles qui font état d’une chute du nombre de traversées. Le ministère de l’Intérieur espagnol enregistre en effet une baisse de 40,4% du nombre de migrants entrés sur le territoire de façon irrégulière entre le 1er janvier et le 15 décembre par rapport à la même période l’an dernier, avec 35 935 arrivées au total (contre 60 311 en 2024).
    Ceci étant, cette baisse globale cache des dynamiques diverses en fonction des routes migratoires. Du côté de la route Atlantique, c’est-à-dire de l’Afrique occidentale vers l’archipel des Canaries, l’ONG dénombre 1 906 morts et disparus en 2025. La grande majorité étaient partis de Mauritanie. L’an dernier, Caminando Fronteras décomptait 9 757 décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là). Cette baisse est à mettre en lien avec la chute des arrivées aux Canaries en 2025. Un peu plus de 17 500 personnes ont rejoint l’archipel depuis le 1er janvier, contre près de 47 000 en 2024, selon le ministère espagnol de l’Intérieur.
    Cette chute des arrivées est attribuée par les autorités au renforcement de la surveillance des frontières au Sénégal et en Mauritanie, dans le cadre d’accords bilatéraux passés avec l’Espagne, et de partenariats migratoires avec l’Union européenne.
    Conséquence de ces accords : les autorités mauritaniennes ont déclaré avoir intercepté plus de 30 000 migrants entre janvier et avril 2025. La zone de départ était stratégique puisqu’en 2024, parmi toutes les embarcations naufragées ou disparues recensées par Caminando Fronteras, 70% étaient parties de ce pays.
    Ces contrôles renforcés n’ont « toutefois pas entraîné le déplacement des migrants vers la route occidentale de la Méditerranée, car il s’agit de deux circuits migratoires complètement différents, dont les profils, les trajectoires et les dynamiques ne sont pas interchangeables et ne peuvent être interprétés comme se remplaçant l’un l’autre », souligne Caminando Fronteras.
    L’ONG prévient toute conclusion hâtive car, à l’inverse des Canaries, la route vers l’archipel des Baléares en Méditerranée est de plus en plus empruntée. Selon les autorités, plus de 7 200 migrants ont atteint les Baléares entre janvier et décembre 2025. Soit une augmentation de 27 % par rapport à 2024.Et cette hausse se traduit par un plus grand nombre de décès. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie cette année. Elles étaient moitié moins (517) en 2024.
    Là encore, l’ONG met en avant les problématiques de sauvetage : parmi le « grand nombre de corps échoués sur les côtes des îles Baléares tout au long de l’année 2025, beaucoup s’étaient noyés peu avant d’être rejetés sur la plage. »"Des bateaux arrivaient quasiment tous les jours cet été. Il y avait aussi des cadavres, des disparus. Ce sont des situations anormales qu’on ne voyait pas l’année dernière", racontait en octobre à Infomigrants Carlos Martín Ciscar, porte-parole de la plateforme Acollim, un regroupement d’associations dans les îles Baléares.La route algérienne vers les Baléares est ainsi devenue en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’ONG dans son rapport.
    Cette route algérienne « est principalement empruntée par des ressortissants algériens, bien que des migrants syriens et palestiniens soient également fréquemment présents en plus petit nombre. En 2025, des migrants somaliens ont rejoint les ressortissants des pays d’Afrique de l’Ouest qui avaient commencé à emprunter cette route plusieurs années auparavant », précise-t-elle.
    L’ONG confirme également l’émergence de nouvelles routes, comme celle de la Guinée, avec « un nombre croissant de départs depuis le port de Kamsar ». Son observatoire décompte 11 morts et disparus sur cette route en 2025.

    #Covid-19#migrant#migration#somalie#guinee#espagne#algerie#mauritanie#espagne#routemigratoire#migrationirreguliere#sante
    #mortalite

  • Mauritanie : les flux de réfugiés maliens s’intensifient, selon l’ONU - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68957/mauritanie--les-flux-de-refugies-maliens-sintensifient-selon-lonu

    Mauritanie : les flux de réfugiés maliens s’intensifient, selon l’ONU
    Par RFI Publié le : 30/12/2025
    Les réfugiés maliens continuent d’arriver dans le sud-est de la Mauritanie. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, plus de 1 100 personnes ont franchi la frontière la semaine dernière, portant à environ 7 300 le nombre de nouveaux arrivants depuis la fin octobre. Un afflux qui s’ajoute aux plus de 300 000 réfugiés maliens déjà présents dans le pays, conséquence d’une crise sécuritaire qui dure depuis plus de dix ans et qui s’aggrave depuis deux ans.
    Ces dernières semaines, de nombreux Maliens ont de nouveau pris la fuite. Plus de 1 100 personnes ont franchi la frontière entre le Mali et la Mauritanie la semaine dernière, portant à environ 7 300 le nombre de nouveaux arrivants depuis la fin octobre, selon l’ONU. Fuyant à la fois les groupes armés jihadistes au Mali et les exactions de l’armée malienne, appuyée par des paramilitaires russes, ces civils arrivent dans des conditions de plus en plus critiques dans ce camp de réfugiés qui compte plus de 300 000 réfugiés. Et les humanitaires craignent que le mouvement continue.
    Car à Léré notamment, dans la région de Tombouctou, le blocus imposé par les jihadistes du Jnim se poursuit. L’insécurité, mais aussi la flambée des prix, poussent les habitants à partir. Pour rejoindre la Mauritanie voisine, certains parcourent plus de 70 km à pied. Parmi eux, une majorité de femmes et d’enfants et de plus en plus de personnes âgées.
    Les acteurs humanitaires redoutent un afflux plus important à cause d’une évolution du conflit. « Ce qui est inquiétant, c’est le fait que le conflit de l’autre côté de la frontière semble s’étendre aussi aux régions plus centrales du Mali, ce qui est un phénomène un petit peu plus récent et qui pourrait donc amener d’autres flux de réfugiés. Et c’est pour ça qu’avec le gouvernement et avec les partenaires, on se prépare, même avec nos moyens limités, pour un plan de contingence », estime Carole Lalève, représentante adjointe du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Mauritanie.
    À l’arrivée, des milliers de réfugiés sont accueillis dans de grands camps, comme celui de Mbera, où les conditions de vie sont très difficiles. L’eau et les abris manquent. Beaucoup choisissent aussi de s’installer dans les villages alentours, ce qui complique l’identification et le recensement des nouveaux arrivants. Selon les autorités locales et les humanitaires, près de la moitié de la population de la région mauritanienne du Hodh Chargui serait désormais d’origine malienne.

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  • Sedhiou : Le rêve brisé de cinq membres d’une même famille | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/sedhiou-le-reve-brise-de-cinq-membres-dune-meme-famille_n_478558.html

    Sedhiou : Le rêve brisé de cinq membres d’une même famille
    Auteur : Paul FAYE Correspondant Seneweb-Sedhiou
    Pour financer le voyage clandestin de ses cinq enfants, dont deux mineurs, un père de famille a vendu une partie de son troupeau à trois millions de francs CFA. Cette somme, fruit de plusieurs années de labeur, devait servir de billets de transport et d’argent de poche pour atteindre les côtes espagnoles pour y trouver du travail et envoyer de quoi sortir le reste de la famille de la misère. Le départ a eu lieu à Banjul, en Gambie, le samedi 6 décembre 2025. Mais après des jours d’incertitude et de lutte contre les flots, la pirogue de fortune a finalement échoué au large de la Mauritanie. Interceptés et ramenés à terre, les membres de la famille ont vu leur voyage s’arrêter brusquement. Plus de bœufs, plus d’argent. À quoi s’ajoute le traumatisme d’avoir failli perdre les siens dans les eaux sombres de l’Atlantique.

    #Covid-19#migrant#migration#banjul#gambie#mauritanie#routemigratoire#migrationirreguliere#sante

  • #Frontex consolida su red de control indirecto en África más allá de la ruta canaria de migración

    En las Islas Canarias, como territorio fronterizo entre África Occidental y Europa, se despliega el brazo ejecutor de la política migratoria de la Unión Europa a través de una de sus agencias con mayor presupuesto.

    Canarias es desde hace años una pieza clave en la política de control de fronteras, una de las señas de identidad de la Unión Europea (UE). Por ello, es habitual la presencia de agentes de la Agencia Europea de la Guardia de Fronteras y Costas (Frontex) en las principales islas de desembarco. Al mismo tiempo, algunas autoridades y parte de la sociedad exigen mayor despliegue de este cuerpo en el archipiélago, a pesar de las dudas que ha generado su labor. “El enfoque con el que actúa Frontex es securitario, no es humanitario”, aclara Koldobi Velasco, integrante de Acción Directa Noviolenta y Alternativa antimilitarista-MOC.

    La presencia de Frontex en el archipiélago canario desde su reactivación en 2020 hasta ahora se limita a su actividad en puerto bajo la operación Hera, que desde su puesta en marcha en 2006, en la conocida primera ‘crisis de los cayucos’, ha pasado por varias fases. En una respuesta a El Salto, Frontex señala que sus agentes están presentes en las islas en apoyo a las autoridades españolas en las tareas de gestión de fronteras. Sus funciones incluyen el control, la toma de huellas dactilares y el registro de los migrantes que llegan por mar, según indica la agencia. También, especifica, que en las entrevistas voluntarias, recopilan información sobre los países de origen de los migrantes, motivos del viaje, las rutas seguidas, las vulnerabilidades y las pruebas de participación de traficantes de personas.

    La agencia cuenta en las islas con 70 agentes y personal especializado, incluyendo 18 intérpretes y mediadores culturales, según los datos proporcionados este verano. Su periodo de estancia varía en función de las necesidades del operativo. Fuentes de Frontex señalan, además, que su intervención “se basa en la cooperación operativa con las autoridades nacionales españolas” y defiende que el personal de Frontex apoya la identificación y derivación de personas que puedan requerir protección internacional, posibles víctimas de trata de personas, menores no acompañados y otras personas vulnerables. “Los agentes también proporcionan información inicial a quienes necesitan o desean solicitar protección internacional, asegurándose de que conozcan sus derechos y los procedimientos disponibles”, declaran las mismas fuentes.

    La agencia cuenta en las islas con 70 agentes y personal especializado, incluyendo 18 intérpretes y mediadores culturales, según los datos proporcionados este verano

    El tipo de despliegue de la agencia se fundamenta en la petición que realicen los estados miembros de la UE. La fundadora del Observatori Bretxa y del Centre Delàs d’estudis per la pau, Ainhoa Ruiz Benedicto, aclara que Frontex opera siempre a petición de un estado miembro y en forma de cooperación o colaboración. En Canarias, las intervenciones tienen lugar en los puertos y en los Centros de Atención Temporal de Extranjeros (CATE). El Gobierno de Canarias ha reclamado una mayor intervención de la agencia en las islas, “con medios aéreos, embarcaciones, radares y otros sistemas que mejoren la vigilancia marítima y fronteriza”, según una nota del Ejecutivo autonómico. También demanda que la agencia pueda participar en labores de gestión humanitaria y en tareas de salvamento marítimo.

    A pesar de esta reciente petición del Gobierno regional en agosto de este año, las tareas de Frontex llevan años limitándose solo a labores de inteligencia e identificación, sin realizar tareas humanitarias. En 2023, Por Causa alertó de que Canarias iba camino de convertirse en un hotspot, un punto de entrada crítico, como son Lampedusa o Lesbos. El colapso del muelle de Arguineguín, en Gran Canaria, en 2020 ilustra este riesgo. “Es curioso que siempre se pide Frontex, pero no tiene una función de ayudar con los servicios logísticos, humanitarios, a los hospitales que se pueden desbordar o a los sistemas educativos. Todo el refuerzo que se está pidiendo al final, y esto es opinión de analista, es para interceptar estos flujos migratorios, para impedir que lleguen aquí”, recalca Benedicto.

    El operativo actual difiere del que se desplegó en la primera crisis de los cayucos y en el que buques y aeronaves de Frontex vigilaban las aguas de Canarias, Mauritania, Cabo Verde y Senegal, la cual fue la primera operación a gran escala de la agencia. La intervención de agentes de la agencia en alta mar, obliga a llegar a un acuerdo con los países del oeste africano. La organización Statewatch en el informe Exportando fronteras. Frontex y la expansión de la fortaleza europea en África occidental de este año revela que el director de la agencia, Hans Leijtens, ha expresado su reticencia a iniciar operaciones en Mauritania y Senegal: “Es mucho más difícil cooperar con los países africanos, y para ser franco, me siento muy reticente”, según sus palabras recogidas en el documento. Además, Benedicto añade que, del mismo modo que Italia y Grecia suelen recurrir más a Frontex, España prefiere seguir manteniendo el control sobre sus operaciones.

    Una de las dudas que suscita la recopilación de datos sobre las personas migrantes es el uso que se hace con esta información. Una investigación realizada por El País reveló que parte de la información obtenida en las identificaciones posteriores a los desembarcos, había sido transferida “ilegalmente” a Europol. En ese sentido, Benedicto se pregunta en qué condiciones se ha obtenido y compartido esta información con esta agencia, y si ha habido garantía de derecho y protección de datos. En la misma línea, Velasco apunta que la obtención de información de las personas migrantes es un “ejercicio de control y represión”, que circula según los intereses del control de fronteras. “Es un gran peligro porque no hay ningún tipo de protección de esa información; son datos con los que se mercadea por parte de Frontex”, subraya.
    Frontex y los supuestos patrones de pateras

    El trabajo de los agentes de Frontex en las identificaciones de las personas migrantes en los puertos de recepción canarios y las acusaciones sobre los supuestos patrones de las embarcaciones ha sido cuestionado por el Defensor del Pueblo. Este organismo recomendó en 2022 una revisión de los planes operativos de las actuaciones de Frontex en España para asegurar que se limite el contenido y duración de las entrevistas a los aspectos estrictamente necesarios, que se abstengan de realizar entrevistas sobre cuestiones que puedan guardar relación con la comisión de infracciones penales y recomienda que se lleven a cabo las comprobaciones necesarias para garantizar que las personas entrevistadas se encuentren en condiciones psicofísicas adecuadas para realizarlas y para prestar su consentimiento. El órgano, además, incide en la constatación de que este tipo de entrevistas se realizan en los momentos posteriores al desembarco, cuando las personas están “en condiciones de peligro y vulnerabilidad, se encuentran privadas de libertad, conocedoras de la posibilidad de ser devueltas y sin haber tenido asistencia jurídica en el momento de la entrevista, sino posteriormente”, matiza la recomendación.

    Por su parte, el informe Vulneración de Derechos Humanos en Canarias 2024 realizado por Novact-Iridia alerta de que en algunos casos agentes de Frontex en Tenerife no han aparecido identificados en los atestados, que no se menciona si la agencia ha participado en estos interrogatorios y subraya que son “las propias personas migrantes las que han constatado la participación de agentes de Frontex”. Al mismo tiempo, la entidad enfatiza que al no estar identificados ni referir sus intervenciones, “no se puede citar a ninguno para que testifiquen en los procedimientos judiciales”, destaca.

    La investigación realizada por Novact-Iridia recoge el caso de un joven de Costa de Marfil acusado injustamente de tráfico ilegal de personas tras un interrogatorio por parte de agentes de la Policía Nacional y de Frontex. El acusado, que fue finalmente absuelto, narró que lo llevaron a un despacho y se le presentó un agente de Frontex que le hablaba en francés y que “solamente” quería saber información sobre el itinerario. Esta persona recordó que ese agente tenía tanto su móvil como el de su mujer, quien había fallecido en el trayecto junto a su hija. Esta persona relató a la entidad que había visto en una pantalla que habían descargado todo el contenido de su teléfono. Las entidades resaltan la falta de transparencia y objetividad en los criterios de selección de los testigos en las acusaciones a los supuestos patrones de pateras y apuntan a que “la Policía Nacional y Frontex se entrevistan sin criterio unificado” .

    Control migratorio en la ruta canaria desde Senegal y Mauritania

    “Frontex está vinculada a perpetuar el proyecto neocolonial en África. Es un elemento clave para externalizar las fronteras y entrenar a fuerzas de seguridad y convierte a esos otros países en puntos fronterizos de la UE sin ningún tipo de vigilancia ni de inspección”, subraya Velasco. En el oeste del continente africano está la otra cara del control de la ruta migratoria canaria que marca Europa. Frontex considera África Occidental como una región prioritaria. La propia agencia en el informe Cooperación entre Frontex y terceros países de 2024, apunta a que ese año ante el aumento de los flujos migratorios a través de la ruta atlántica, la cooperación con Senegal, Mauritania y Gambia era fundamental.

    Frontex declara que no opera en Mauritania y Senegal. Pero según señalan varias entidades que trabajan en ámbito de las migraciones en Senegal, esta agencia está conectada indirectamente con otros cuerpos y programas que trabajan en terreno. Por ejemplo, en este país, según Ibrahima Konate, investigador independiente y fundador de la ONG Missing Voices REER, la cooperación se manifiesta en formaciones y apoyos técnicos destinados a la Policía del Aire y de Fronteras (PAF, por sus siglas en francés) y a la Dirección de Vigilancia del Territorio (DST, en francés), al intercambio de datos e información sobre las rutas migratorias y la presencia de asesores europeos en ciertas operaciones denominadas de “lucha contra la migración irregular”.

    Además, Frontex contribuyó en 2010 a la creación de la Comunidad de Inteligencia África-Frontex (AFIC) con presencia en 32 países africanos, entre ellos Senegal, Gambia y Mauritania. Tal y como detalla la web de la propia agencia, esta organismo fue creado con el objetivo de intercambiar información sobre “el tráfico de migrantes y las amenazas a la seguridad fronteriza”. El trabajo de la AFIC también ha sido analizado por Statewatch, el cual desgrana que los Estados miembros intercambian datos estadísticos, casos prácticos y descripciones de los modus operandi desde las perspectivas de gestión fronteriza, seguridad fronteriza y análisis de riesgos. Además, alerta que los proyectos relacionados suelen situarse “fuera del marco de los acuerdos de cooperación formal”, por lo cual son más difíciles de rastrear y controlar.

    En el marco de la AFIC, se encuentran a su vez las Células de Análisis de Riesgo (RAC), dirigidas por analistas locales capacitados por Frontex que se encargan de recopilar y analizar datos sobre la delincuencia transfronteriza y brindar apoyo a las autoridades encargadas de la gestión fronteriza. Esto incluye información sobre cruces fronterizos ilegales, falsificación de documentos, trata de personas y otros tipos de delitos transfronterizos, según detalla la página web de Frontex. Hay ocho células de este tipo en África. Están en Costa de Marfil, Gambia, Ghana, Senegal, Níger, Nigeria, Togo y Mauritania, donde se creó la última en 2022.

    Pero además, dependiente de Frontex están los Oficiales de Enlace de Frontex (FLO, por sus siglas en inglés) que en África se encuentran en Dakar, aunque su ámbito de actuación incluye Gambia y Mauritania, de acuerdo con la información de su página web. Konate detalla que “hay un oficial de enlace de Frontex basado en Senegal, que realiza regularmente recorridos entre el puerto de Dakar, el aeropuerto y el centro de análisis AFIC. Por lo tanto, aunque Frontex aún no tenga una base oficial en Senegal, su presencia es real y ya está integrada en los dispositivos de seguridad y control migratorio del país”, asevera.

    También en la capital de Senegal se encuentra otro organismo dirigido al control de fronteras creado por el Gobierno del país. El Comité Interministerial de Lucha contra la Migración Ilegal (CILEC, por sus siglas en francés), tal y como señala la ONG Alarm Phone, está formado en gran parte por altos mandos del Ejército senegalés y su objetivo es “perseguir a quienes llaman traficantes y acusarlos de trata de personas”. “Es un comité como Frontex, compuesto por personal de la armada y gendarmes. Después de 2022 cuando comenzamos a denunciar lo que hace Frontex, se creó este cuerpo y hacen prácticamente lo mismo que Frontex”, señala un miembro de la organización senegalesa Boza Fii. Según detalla en su página web, el CILEC tiene, entre otros cometidos, el de la gestión de fronteras, reforzar la cooperación internacional en materia de tráfico de personas y los dispositivos de seguridad en las fronteras o vigilar los puntos de salida de embarcaciones. Este organismo ha interceptado desde enero hasta septiembre de este año a 3.521 migrantes, según recoge su página oficial.

    Muchos migrantes interceptados en la costa o en alta mar son expulsados del territorio por las autoridades del país que ha realizado el operativo. Una las consecuencias de la aplicación de la política de externalización de fronteras en África están las trabas a la movilidad para los ciudadanos africanos. La Comunidad Económica de Estados de África Occidental (CEDEAO) establece la libre circulación de los ciudadanos de los países miembros. Sin embargo, Konate critica que ciudadanos con documentos de identidad CEDEAO son expulsados de Senegal hacia algunos de los países con los que hacen frontera, como Mali o Guinea. “El Estado senegalés viola flagrantemente el Protocolo sobre la libre circulación de personas dentro de la región de la CEDEAO, ya que todos estos extranjeros que abandonan Senegal forman parte de esta comunidad. En primer lugar, se dictan condenas ilegales y, en segundo lugar, se producen deportaciones encubiertas, incluso dentro de las fronteras de estos países”, sostiene.

    La realidad es que este año las llegadas por la ruta del Atlántico se han reducido drásticamente. Según datos del Ministerio de Interior de España, desde el 1 de enero hasta el 15 de noviembre de 2025 han llegado por esta vía 14.690 personas, un 63% menos con respecto al mismo periodo del año 2024. Hay varios factores que explicarían este descenso, como el el refuerzo policial en las salidas desde los países de tránsito y origen o las expulsiones masivas a Senegal y Mali de migrantes que se encontraban en Mauritania. La organización Human Rights Watch (HRW), con base en datos del Gobierno mauritano, señaló que este año el país había expulsado a 28.000 personas. Además, en Mauritania, de acuerdo a una investigación publicada por este medio, se han construido dos cárceles más para migrantes financiadas con dinero público procedente del Estado español y de la UE.

    https://www.elsaltodiario.com/islas-canarias/frontex-ruta-canaria-criticas-interrogatorios-al-control-indirecto-af

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    ping @6donie

  • Migrations : la route entre l’Afrique et les Canaries de plus en plus longue et périlleuse
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/12/11/migrations-la-route-entre-l-afrique-et-les-canaries-de-plus-en-plus-longue-e

    Migrations : la route entre l’Afrique et les Canaries de plus en plus longue et périlleuse
    Par Mustapha Kessous
    Le vent, les vagues et, au loin, la promesse de l’Europe. Depuis 2019, la route des Canaries, archipel espagnol situé au large du Maroc, est l’une des voies les plus empruntées par les migrants pour rejoindre le Vieux Continent. Mais cette année, ce trajet périlleux à travers l’océan Atlantique – et ses courants meurtriers – connaît un repli sans précédent : du 1er janvier au 30 novembre, 16 807 personnes, principalement originaires du Mali, ont accosté sur l’une des îles des Canaries, soit une chute de 60 % par rapport à la même période de 2024, selon le ministère de l’intérieur espagnol.
    Frontex, l’agence européenne des frontières, attribue cette baisse aux contrôles migratoires accrus au Maroc mais aussi en Mauritanie, principal pays de départ. Un durcissement qui fait suite aux accords conclus pour renforcer la lutte contre la migration irrégulière : l’un entre Madrid et Rabat, en février 2023, l’autre entre l’Union européenne (UE) et Nouakchott, en mars 2024, contre une aide de 210 millions d’euros. « Nous respectons nos engagements », rappelle un conseiller ministériel mauritanien.
    Rien qu’au premier trimestre de cette année, 88 réseaux de passeurs ont été démantelés et plus de 30 000 migrants ont été interceptés par les autorités de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Dès février, et pendant plusieurs mois, celles-ci ont procédé à une vaste campagne d’arrestations et de refoulements, une « répression » qui a été dénoncée, cet été, dans un rapport de l’ONG Human Rights Watch, accusant la Mauritanie de « graves violations » des droits des migrants.
    Côté marocain, la route des Canaries n’est pas la seule à s’être refermée : les autorités de ce pays contrôlent aussi les départs vers les Baléares et vers l’Espagne continentale. De plus en plus d’exilés sont ainsi poussés à tenter « l’aventure », comme ils disent, de l’Algérie. « Ainsi, on peut dire que le Maroc et la Mauritanie jouent véritablement leur rôle de garde-frontière de l’Europe. L’externalisation du contrôle des flux migratoires voulue par Bruxelles fonctionne, note Roberto Forin, directeur adjoint du Mixed Migration Centre, un réseau mondial de recherche indépendant. Mais il y a des conséquences à ce renforcement des frontières. »
    Et celles-ci se mesurent déjà : s’agissant des Canaries, la traversée de l’Atlantique est devenue plus longue et plus risquée. « Pour échapper aux contrôles, les points de départ se déplacent de plus en plus vers le Sud, depuis le Sénégal, la Gambie et même la Guinée », constate Andrea Gallinal Arias, enseignante à Sciences Po Lille, spécialiste des politiques migratoires aux îles Canaries.
    « On observe une réactivation de ces routes du Sud, déjà empruntées entre 2006 et 2008 avant qu’elles ne se tarissent, précise Delphine Perrin, chercheuse à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), spécialiste des politiques migratoires africaines, basée à Dakar. Celles-ci se déplacent en fonction des contraintes et des contrôles. » M. Forin ajoute, pour sa part, que « les passeurs se sont organisés et leurs réseaux se sont encore davantage professionnalisés pour proposer des départs depuis le Sénégal, la Gambie et la Guinée ».
    L’Organisation internationale pour les migrations assure au Monde avoir également observé cette tendance mais n’est pas encore en mesure de pouvoir chiffrer le nombre de départs de ces zones du Sud. Elle dit « mettre en œuvre un suivi au plus près des flux basés sur ces routes ».
    De la centaine de kilomètres qui séparent les côtes marocaines des Canaries aux 2 400 kilomètres depuis Conakry, les distances se sont étirées jusqu’à devenir vertigineuses pour certains migrants. « Ils passent encore davantage de jours en mer. Sept, parfois huit, voire dix », note Mme Gallinal Arias. Les forts courants de l’océan et les embarcations de fortune, souvent des pirogues de pêcheurs, rendent le voyage vers l’archipel espagnol particulièrement dangereux, quel que soit le point de départ.
    Les interceptions au large se multiplient, les sauvetages aussi, comme le 30 novembre, où la marine mauritanienne a secouru 141 personnes – Sénégalais et Gambiens pour la plupart – non loin des rivages de Nouadhibou, dans le nord du pays. « Ces sauvetages sont devenus fréquents parce que les bateaux des migrants se perdent, explique le conseiller ministériel mauritanien. Presque chaque jour, nous retrouvons des corps sur nos plages. »
    Les naufrages se comptent par dizaines et les morts par centaines. Au cours des cinq premiers mois de l’année 2025, l’ONG espagnole Caminando Fronteras a comptabilisé 1 865 migrants qui ont perdu la vie en mer en tentant de rejoindre l’Espagne par l’Atlantique ou la Méditerranée. « La route Atlantique reste la plus meurtrière, avec un total de 1 482 morts. La route au départ de la Mauritanie est la plus mortelle, avec 1 318 victimes », a-t-elle détaillé dans son rapport Surveillance du droit à la vie à la frontière occidentale euroafricaine. « Les migrants prennent davantage de risques, même celui de ne jamais arriver aux Canaries, relève Mme Gallinal Arias. Certaines embarcations ont été retrouvées aux Caraïbes. »
    A mesure que les routes se déplacent vers le Sud, le Sénégal et la Gambie veulent éviter que leurs plages deviennent des points de départ durables. Ces pays – qui ont également des accords migratoires avec l’Espagne – disent combattre le phénomène et communiquent, notamment sur les réseaux sociaux, à chaque interception de pirogue ou démantèlement de réseaux. Selon le Comité interministériel sénégalais de lutte contre la migration irrégulière, 3 763 migrants – dont plus de 2 000 ressortissants étrangers – ont été interpellés entre janvier et octobre. Ils étaient 5 192 au total en 2024.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#canaries#migrationirreguliere#mauritanie#routemigratoire#mortalite#sante

  • Rosso - Drame en haute mer : 4 morts, 89 migrants secourus… les révélations glaçantes de survivants sur les sept jours d’enfer
    https://www.dakaractu.com/Rosso-Drame-en-haute-mer-4-morts-89-migrants-secourus-les-revelations-gla

    Rosso - Drame en haute mer : 4 morts, 89 migrants secourus… les révélations glaçantes de survivants sur les sept jours d’enfer
    Une traversée clandestine transformée en cauchemar, un réseau bien huilé, des vies brisées et une enquête qui expose l’horreur d’un trafic toujours plus audacieux.
    Selon les informations rapportées par L’Observateur, une pirogue transportant 89 migrants sénégalais, dont un mineur, a été interceptée au large de Nouadhibou, après sept jours d’errance en mer. Une tragédie marquée par quatre morts, dont deux ressortissants sénégalais de Touba, identifiés comme Cheikh Ndiaye et Khadim Ndiaye.
    Une pirogue partie pour l’Europe, revenue avec des cadavres
    Partis depuis Carrefour Diaroumé (Sédhiou), les migrants avaient été acheminés jusqu’en Gambie avant d’embarquer vers un « voyage sans retour ».
    Selon L’Observateur, chacun avait versé entre 50 000 et 800 000 FCFA à un réseau de recruteurs identifiés :
    • Babacar Fall,
    • Yaram (sans autres précisions),
    • Mandarou Dièye alias Dame,
    • Yoro Bâ dit Yaram,
    • Yankhoba.
    Mais au bout de sept jours, les vivres manquent, l’épuisement gagne, la mer devient infernale. C’est dans cet état d’urgence absolue que la marine mauritanienne, appuyée par la Croix-Rouge Internationale, intercepte l’embarcation à Nouadhibou.
    Un récit d’horreur : comment les quatre personnes sont mortes
    Les survivants livrent à L’Observateur un témoignage glaçant.
    Les conditions extrêmes de navigation auraient entraîné :
    • La chute dans l’eau de deux personnes, dont Khadim Ndiaye, emportées par une mer agitée.
    • La mort de Cheikh Ndiaye, retrouvé sans vie après une nuit passée dans une caisse à carburant où il aurait été intoxiqué par les vapeurs.
    • Une quatrième victime, décédée lors de sa prise en charge à Nouadhibou, toujours non identifiée.
    Un équipage identifié, des commanditaires en fuite : L’enquête de la Division Nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants (DNLT) permet d’identifier sept membres de l’équipage :
    Alassane Ndour, Babacar Cissé, Ahmed Cissé, Cheikh Ndiaye, Mamadou Cissé, Mouhamed Sy et Daha Sonko.
    Tous ont reconnu leur implication, expliquant avoir été recrutés par Babacar Fall et Yaram, les “capitaines principaux”.
    Ils affirment avoir pris tour à tour les commandes de la pirogue, tentant tant bien que mal de rallier l’Europe.
    Arrêtés en Mauritanie, ils n’ont toutefois pas été remis aux autorités sénégalaises.
    Pendant ce temps, plusieurs recruteurs cités comme Moundarou Dièye alias Dame, Moussa Cissé, Yoro Bâ dit Yaram, Amadou Faty, Modou Ndao, Cheikh Abdou, Ibrahima et Yankhoba restent introuvables. La chasse continue.
    Les rescapés remis aux autorités, les suspects devant la justice
    À Rosso, 89 migrants sénégalais ont été remis au Chef de l’Antenne régionale de la DNLT. Quant aux membres de l’équipage identifiés, ils ont été déférés ce lundi à 11 heures devant le Procureur de la République Financier du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mauritanie#rosso#migrationirreguliere#trafic#mortalite#sante#routemigratoire

  • Mauritanie : 132 migrants secourus au large des côtes après avoir erré six jours en mer - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68385/mauritanie--132-migrants-secourus-au-large-des-cotes-apres-avoir-erre-

    Mauritanie : 132 migrants secourus au large des côtes après avoir erré six jours en mer
    Par La rédaction Publié le : 27/11/2025
    Les gardes-côtes mauritaniens ont intercepté, mercredi, 132 exilés, dont des femmes et des mineurs, partis six jours plus tôt des côtes sénégalaises. Selon les témoignages des passagers, les capitaines avaient abandonné l’embarcation après une panne de carburant.
    Mercredi 26 novembre, 132 exilés qui tentaient de rejoindre les îles Canaries ont été secourus au large de la Mauritanie par les gardes-côtes. Selon un communiqué des autorités mauritaniennes, parmi les passagers figurent 104 Sénégalais, dont 20 femmes, 3 mineurs et un nourrisson. Six autres personnes proviennent de Guinée-Conakry. Les 22 passagers restants, dont 7 femmes (une étant mineure), sont Gambiens. D’après les gardes-côtes, l’embarcation était partie de Mbour, au sud de Dakar, au Sénégal, le 20 novembre dans la soirée, soit six jours plus tôt. Les passagers ont été ramenés au port de Nouadhibou, au nord-ouest de la Mauritanie, où ils ont été pris en charge par les secours. Selon les témoignages des rescapés relayés par des médias locaux, les capitaines de la pirogue ont quitté le bateau et laissé les passagers à leur sort après une panne totale de carburant en pleine mer.
    À la mi-novembre, les gardes-côtes mauritaniens avaient déjà secouru 227 migrants partis de Gambie et dont l’embarcation était à la dérive depuis dix jours. Dans un communiqué, les autorités ont précisé que les rescapés se trouvaient « dans un état d’épuisement extrême dû à la faim et à la soif ». Plusieurs survivants parlaient « d’événements graves au cours de la traversée, notamment des actes de violence », sans plus de détails.
    Depuis les accord signés avec l’Union européenne et l’Espagne, la Mauritanie intensifie ces derniers mois les contrôles sur ses côtes et les interceptions de migrants en situation irrégulière pour empêcher les traversées vers l’Europe. Le 17 octobre, la Mauritanie et l’Espagne annonçaient avoir réussi, grâce à leur coopération conjointe, à contrecarrer près de 3 500 tentatives de départs clandestins depuis le début de l’année 2025. En 2024, plus de 10 000 cas avaient déjà été déjoués. Aussi, plus de 30 000 migrants ont été interceptés sur le sol mauritanien entre janvier et avril 2025. En quatre mois, le pays a également démantelé 88 réseaux de passeurs. Toutefois, avec le durcissement de sa politique migratoire, Nouakchott multiplie les arrestations, et un climat de peur s’est installé dans le pays.
    Les interceptions se sont aussi intensifiées au Sénégal, où les autorités ont interpellé au premier trimestre 2025 plus de 1 900 « personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers », rapportait début septembre le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI). Et en effet, le nombre d’arrivées aux îles Canaries tend à diminuer ces derniers mois. Entre le 1er janvier et le 15 novembre, 14 690 exilés ont débarqué dans l’archipel espagnol, contre 39 713 à la même période l’an dernier, d’après les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur. Soit une baisse de 63 %.
    Pour éviter les contrôles accrus depuis les côtes sénégalaises et mauritaniennes, de plus en plus de candidats à l’exil tentent de partir d’encore plus au sud, depuis la Gambie ou la Guinée. Mais partir depuis ces deux pays multiplie les risques en mer pour les migrants. « Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », précisait récemment à InfoMigrants Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines.
    Les ONG alertent aussi régulièrement sur les « bateaux fantômes », ces embarcations qui dérivent en mer puis qui disparaissent sans laisser de traces.
    Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 10 457 migrants sont décédés ou portés disparus sur les routes migratoires menant vers l’Espagne en 2024. Soit une moyenne de 30 morts ou disparus par jour. Pour les cinq premiers mois de 2025, l’ONG enregistre 1 865 personnes mortes en tentant de rejoindre l’Espagne, dont près de 1 500 sur la route des Canaries.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#mauritanie#gambie#guinee#routemigratoire#canaries#migrationirreguliere#sante#atlantique

  • Las causas del descenso de cayucos en la ruta canaria están al otro lado del mar: torturas, cárceles y abusos

    Dos investigaciones recientes advierten de las vulneraciones de derechos fundamentales que sufren los migrantes en Mauritania, uno de los principales puntos de salida hacia el Archipiélago

    El número de personas que han sobrevivido a la ruta canaria en lo que va de año se ha desplomado un 58,6%. Entre enero y octubre han sido rescatados, según los datos del Ministerio del Interior, 14.099 migrantes a bordo de 231 embarcaciones. En el mismo periodo de 2024, la cifra ascendía a los 34.087 supervivientes localizados en 506 barcazas. Los grandes protagonistas de esta travesía mortal han sido los #cayucos mauritanos. De este modo, Mauritania se ha convertido en socio estratégico de la Unión Europea y de España para frenar la inmigración irregular. Los acuerdos han conseguido su propósito: el número de llegadas ha caído. Sin embargo, investigaciones recientes han arrojado luz sobre la cara oculta de la vigilancia fronteriza y han destapado las vulneraciones de derechos que sufren quienes intentan salir del país.

    Apenas 700 kilómetros separan Canarias de una de las principales ciudades de Mauritania, Nouadhibou. El aumento de las salidas desde este país hicieron que la Unión Europea anunciara en marzo del año pasado 210 millones de euros para el régimen mauritano con el propósito de reforzar la vigilancia de fronteras. “Esto es parte del enfoque de externalización fronteriza en curso de la UE en África: buscar evitar las llegadas irregulares a Europa subcontratando los controles migratorios a los países de origen y tránsito”, explica la organización Human Rights Watch (HRW) en su último informe.

    Este control no siempre se hace con garantías. El estudio, titulado “Me acusaron de intentar ir a Europa”: Abusos de control migratorio y externalización de la UE en Mauritania, recoge las ’’continuas violaciones de los derechos de los migrantes’’ perpetradas por las autoridades mauritanas encargadas de cumplir con los controles migratorios por tierra y por mar. Human Rights Watch ha documentado entre 2020 y 2025 decenas de casos de tortura, violación, acoso sexual, arrestos, detenciones arbitrarias, extorsiones, confiscación de dinero, expulsiones colectivas y condiciones de detención inhumanas.

    Los niños tampoco han escapado a esta violencia y han sufrido detenciones, malos tratos y falta de alimentos. Las 78 víctimas entrevistadas por HRW eran negras y subrayaron que el racismo jugó un papel clave en el maltrato que sufrieron. “Si tienes piel negra, no te respetan, te insultan y te quitan los papeles”, dijo un migrante senegalés. Entre los testimonios recogidos en la investigación está el de una mujer de 43 años que señala a un policía por pedir dinero a los migrantes a cambio de no expulsarlos y “obliga a las mujeres a dormir con él… o [se enfrentan] a la deportación”.

    La investigación registra también diferentes casos de tortura. Las víctimas fueron acusadas de contrabando de migrantes. Mamadou (nombre ficticio), de nacionalidad mauritana, cuenta que la policía lo torturó durante tres días en una habitación privada. “Empezaron a azotarme con cables en la espalda. Me abofetearon la cara”, dice su testimonio. “Tenían un cable eléctrico y me impactaron con la corriente”, añade.

    Los centros de detención

    Tanto la investigación de HRW como la publicada recientemente por la Fundación porCausa y ‘El Salto diario’ recogen que las autoridades realizan redadas y detienen de forma arbitraria a personas negras. Los detenidos son abandonados en las desérticas fronteras de Senegal y Malí, obviando en este último caso la elevada presencia en la zona de la organización yihadista JNIM, filial de Al Qaeda en El Sahel. Muchas de estas expulsiones se han producido de forma colectiva, sin evaluar las circunstancias individuales de cada persona y si se trata o no de solicitantes de protección internacional.

    Mauritania recibe a cientos de malienses que escapan de un país que lleva en guerra más de una década. En muchos casos, este país no es solo un lugar de tránsito, sino también de destino para refugiados del norte y del centro de Mali, atravesado directamente por la guerra.

    En otros casos, los migrantes son arrestados en centros en condiciones de hacinamiento, con uso restringido de los baños y con “poca o ninguna comida”. Ibrahim Kamara, un joven de 23 años de Sierra Leona, fue internado en la cárcel de Ksar en agosto de 2022: “[La policía] me golpeó mucho y no me dio comida. Me trataron como a un animal. Cuando quería ir a orinar [o] hablar con un oficial, me golpeaba la mano o la espalda”.

    Mauritania cuenta desde el pasado 17 de octubre con dos nuevas cárceles para migrantes gracias a la financiación de un proyecto europeo. Los dos centros han sido rehabilitados por la agencia de cooperación española FIAP (Fundación para la Internacionalización de las Administraciones Públicas), dependiente del Ministerio de Asuntos Exteriores. La dirección de estos espacios, inspirados en los Centros de Atención Temporal de Extranjeros (CATE) de Canarias, corresponde a la Policía de Mauritania y en ellos podrán pernoctar menores de edad y bebés lactantes.

    El primer centro tiene 107 plazas y estará en Nouakchott, la capital del país. El segundo está en Nouadhibou y tiene capacidad para 76 personas. La apertura de estas cárceles requirió un desembolso total de al menos 1.080.625 euros de fondos europeos. Preguntada por este periódico, desde la FIAP apuntan que la supervisión de derechos humanos dentro de estos espacios corresponde a la Comisión Nacional de Derechos Humanos mauritana.

    “Dentro de los centros estará la Media Luna Roja para la gestión de las personas, la Instancia nacional de lucha contra la trata y el tráfico de personas mauritana, la Organización Internacional para las Migraciones (OIM) y Acnur para identificar a las personas que puedan tener protección internacional”, sostienen desde la FIAP.

    Para abrir estos centros, las autoridades mauritanas se desplazaron a Gran Canaria y El Hierro para conocer “de primera mano” el modelo. A diferencia de los campamentos instalados en España, en Mauritania sí podrán pernoctar en los CATE niños e incluso bebés. Entre el mobiliario adquirido para equiparlos, según la documentación consultada por este periódico, hay cuatro cunas, dos para cada recurso. El objetivo, según la FIAP, es mantener unidas a las familias.

    https://www.eldiario.es/canariasahora/migraciones/causas-descenso-cayucos-ruta-canaria-lado-mar-torturas-carceles-abusos_1_12
    #Mauritanie #îles_Canaries #Canaries #route_atlantique #migrations #réfugiés #externalisation #Espagne #Nouadhibou #externalisation_des_frontières

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    • “They Accused Me of Trying to Go to Europe”

      Racial and ethnic profiling, extortion, mass arrests, detention for days or weeks with little to no food, collective expulsions, beatings and torture: these are just some of the violations migrants, asylum seekers, and others have experienced over the past several years at the hands of security forces in the context of border and migration control in Mauritania, a country in northwest Africa. Meanwhile, those same forces have continued to receive financial and material support from the European Union (EU) and Spain.

      Located south of Morocco, Mauritania is bordered by the Atlantic Ocean, Senegal, Mali, Algeria, and the Moroccan-occupied Western Sahara. Both a destination and transit country for mainly West and Central African migrants, Mauritania also hosts asylum seekers and refugees, the majority from Mali, where armed conflict and violence have worsened in recent years. With lighter-skinned Beidan Mauritanians, descendants of Arabs and Berbers, predominating in the security forces and upper levels of government, discrimination against Black Mauritanians – Haratine and Afro-Mauritanians – and Black migrants has persisted.

      Due to the increasing migration pressures and insecurity in the Sahel, Mauritania has grown in geostrategic importance for the EU and Spain, whose Canary Islands are some 700 kilometers from Mauritania’s northernmost city, Nouadhibou.

      The sea migration route from northwest Africa to the Canaries, known as the “Atlantic Route” or “Northwest African Route,” has grown increasingly active since 2020, becoming one of the busiest and deadliest irregular routes to Europe. In 2024, a record 46,000 migrants and asylum seekers – mostly from West, Central, or North Africa, with Malians the most numerous – arrived in the Canaries in small boats. That year, the majority of departures along the route were from Mauritania. Others embarked from Senegal, The Gambia, Morocco, and the Western Sahara.

      In total, more than 147,000 people arrived in the Canaries by boat between 2020 and 2024, with 11,300 more arriving during the first half of 2025. Estimates of how many people lost their lives en route during this period vary from 4,300 to 24,800. Tens to hundreds of thousands of others were rescued or intercepted at sea, or blocked from departing, by Mauritanian, Moroccan, Senegalese, and Gambian forces, supported by EU funds and Spanish forces deployed in Mauritania and Senegal.

      In March 2024, the EU announced a new migration partnership with Mauritania and €210 million in funding for the Mauritanian government to reinforce border and migration management, counter-smuggling, and security, while addressing “root causes” of migration through support to refugees, job creation, infrastructure, and more. This is part of the EU’s ongoing “border externalization” approach in Africa: seeking to prevent irregular arrivals in Europe by outsourcing migration controls to countries of origin and transit. In Mauritania, the EU and Spain had been pursuing this strategy long before the 2024 partnership, despite ongoing violations of migrants’ rights by Mauritanian authorities.

      This report focuses on the impacts of migration control along the Atlantic Route during the last five years, documenting abuses by Mauritanian security forces and revealing how EU border externalization disregarded and exacerbated human rights violations.

      https://www.hrw.org/report/2025/08/27/they-accused-me-of-trying-to-go-to-europe/migration-control-abuses-and-eu
      #rapport #HRW #profilage_racial #torture #détention #arrestations_de_masse #expulsions_collectives #extorsions #violence

  • Frontex launches aerial surveillance in West Africa – its fundamental rights officer raises concerns

    #Frontex has agreed with Cape Verdean authorities to station aircraft to detect boats heading for the Canary Islands. Agreements with other governments in West Africa had failed.

    The EU border agency Frontex announced on Friday that it will in future station aircraft for aerial surveillance in the Atlantic on Cape Verde. For the start of the mission, Frontex Director Hans Leijtens travelled to the island nation’s capital Praia this week, where he met with the state minister, the ministers of defence and interior and other senior government officials.

    The agreement, negotiated for months, aims to improve EU migration control in West Africa. The aircraft, chartered from private companies and equipped with surveillance technology, will monitor the search and rescue regions of Senegal, Mauritania and Gambia for boats carrying refugees heading towards the Canary Islands, a Spanish territory. When sightings occur, crews hired by Frontex inform the responsible authorities in West Africa, who are expected to intercept people and bring them back. Frontex has been practising a comparable pullback mechanism with Libya’s coast guard since 2017.

    The flights from Praia are carried out, according to information obtained by “nd”, with a twin-engine Beechcraft aircraft bearing the registration 2-WKTJ, which is registered to the British company DEA – the same firm that also flies for Frontex’s pullback regime with Libya.

    Agreement with Senegal and Mauritania failed

    It is the first such Frontex deployment in an African country. Cape Verde’s National Police, Coast Guard, the Ministry of Foreign Affairs and the Ministry of Defence took part in the talks on the technical implementation. Authorities from Portugal were also involved; the two states have cooperated closely on maritime security since Cape Verde gained independence. The agency also planned consultations with Spanish authorities, a Frontex spokesperson told “nd”.

    The Cape Verde mission fills a gap left by failed negotiations with Senegal and Mauritania. Frontex had originally sought status agreements with both countries to allow the agency to station personnel or equipment in their territorial waters or on land. Despite earlier positive signals, both governments refused to enter into such talks. Flights from Praia will therefore take place in international waters outside the twelve-mile zones of Senegal, Mauritania and Gambia.

    Operations could also occur in Cape Verdean waters, as migrant boats repeatedly drift into the country’s maritime zone due to failed crossings or lack of fuel. According to Frontex, Cape Verdean authorities have also registered cases in which people travelled from Senegal to the islands on sailboats or yachts and then continued their journey to Europe.

    Frontex also intends to expand its “network of liaison officers” in third countries to include the region. The network currently consists of six offices in Ankara, Belgrade, Tirana, Moldova, Islamabad and Dakar, with another planned in Morocco. The future “Rabat cluster” is expected to support aerial surveillance flights from Cape Verde.

    Dissent over legal basis

    Frontex intends to base its aerial operations in Cape Verde on a working arrangement from 2011, although this agreement covers only strategic cooperation, not the stationing of Frontex assets. As “nd” learned, the agency had negotiated with the government in Praia about renewing the arrangement, which was originally planned for completion in 2025. This renewal apparently did not materialise.

    Frontex appears to take the position that no renewal is required for deploying aircraft or drones from Cape Verde. “Any such activities would be carried out together with our Cabo Verdean partners under the existing Working Arrangement signed in 2011, which forms the basis for our cooperation,” a spokesperson told “nd”.

    As in Libya, Frontex will not station its own personnel on Cape Verde. The reconnaissance services will again be contracted from private firms. Videos they record at sea are streamed in real time to Frontex headquarters in Warsaw.

    Frontex fundamental rights officer is critical

    The Frontex Fundamental Rights Officer, Jonas Grimheden, has examined the plans and expressed concerns. In May, he issued an opinion on Frontex’ “Multipurpose Aerial Aurveillance” (MAS) on the West African route. According to information seen by “nd”, it explicitly concerned operations in the search and rescue regions of Cape Verde, Senegal and Mauritania, located in international waters outside the twelve-mile zones.

    The aircraft or drones commissioned by Frontex are to pass information on detected migrant boats to the search and rescue authorities of the relevant states. There are, however, reports of shortcomings in human rights protection in Mauritania and Senegal. Effective safeguards therefore need to be in place before the service begins, Grimheden believes, according to an internal communication viewed by “nd”. His office had called for an action plan addressing these issues, emphasising in particular the principle of non-refoulement.

    Grimheden did not want to comment publicly on his assessment: “Thanks for your interest in my views on this. This is related to an ongoing process, so I prefer not to comment on that externally,” he wrote last week to “nd”.

    Drastic increase and decrease on Atlantic route

    From 2020, numbers on the West Atlantic route increased sharply, according to Pro Asyl: from under 3,000 people in 2019 to more than 23,000 in 2020, over 40,000 in 2023 and 46,000 in 2024. Explanations include conditions in countries of origin – such as Senegal, where international fleets deplete fishing grounds and political conflicts persist – as well as intensified migration control on other African routes.

    Spain, as the nearest neighbouring state, also cooperates closely with countries in the region on migration control. According to Interior Minister Fernando Grande-Marlaska, strengthened cooperation with Senegal has reduced arrivals from its coast by more than 90 percent this year. Spain has 40 officers stationed in Senegal who patrol with the Gendarmerie and National Police on land, at sea and on rivers, supported by vessels, a helicopter and surveillance aircraft.

    The EU is investing heavily in maritime migration control in West Africa. Mauritania received €20 million this year for two new naval vessels for patrols between the country and the Canary Islands. In 2024, the EU had already paid €15 million to combat “illegal activities at sea”. Mauritania has set up two reception centres for intercepted migrants from land an sea routes with Spanish funds and the EU Emergency Trust Fund. According to a source involved in their establishment, they are “obviously detention centres”. People intercepted with the help of Frontex aerial surveillance from Cape Verde would likely end up there as well.

    https://digit.site36.net/2025/11/15/frontex-launches-aerial-surveillance-in-west-africa-its-fundamental-ri
    #migrations #asile #réfugiés #externalisation #Cap_Vert #surveillance_aérienne #frontières #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #route_atlantique #Sénégal #Gambie #Mauritanie #îles_Canaries #Praia #DEA #complexe_militaro-industriel

    ping @reka @6donie

  • #Frontex, agent intouchable du #renseignement_migratoire

    L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex, est devenue, en vingt ans [1], le bras armé des politiques sécuritaires de l’Union européenne (UE) et de ses États membres. Initialement créée pour coordonner le contrôle des #frontières, organiser les #expulsions et produire des « #analyses_de_risques » des mouvements de populations, Frontex a élargi son champ d’intervention bien au-delà des questions migratoires.

    Nonobstant des enquêtes institutionnelles et journalistiques ayant démontré que ses officiers s’étaient rendus coupables de graves #violations_de_droits, tout semble organisé pour que la responsabilité de l’agence Frontex ne soit ni engagée ni reconnue. En sus de ses traditionnelles activités de #surveillance et de #contrôle des frontières prévues dans le règlement (UE) 2019/1896, l’agence tentaculaire dotée de moyens exponentiels est devenue tout à la fois agent du renseignement, négociateur, influenceur et membre d’un réseau de dissuasion violente, que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter.

    Produire de l’information, qu’importe sa véracité

    Comme pour tout bon agent du renseignement, recueillir et exploiter des informations relevant de la vie privée est un axe essentiel du travail de Frontex. Elle collecte ces #données par le biais des États membres, d’agences européennes et d’organisations partenaires, mais aussi dans le cadre de ses propres opérations (maritimes, aériennes, terrestres). Elle est présente aux #frontières_maritimes (Méditerranée centrale et Manche), ainsi qu’aux #frontières_terrestres et aériennes de plusieurs pays (#Albanie, #Géorgie, #Monténégro, #Serbie, #Macédoine_du_Nord, #Moldavie, #Ukraine). Elle a progressivement élargi ses activités vers la zone #pré-frontière de l’UE et ouvert des bureaux #satellites temporaires dans des pays tiers du voisinage méridional et en #Afrique_de_l’Ouest [2].

    Quantité d’informations sont susceptibles d’être enregistrées : certaines sont générales, telles les routes migratoires empruntées, les dates de franchissement de frontière, les listes de passagers ou le pays de provenance ; d’autres, plus spécifiques, sont relatives aux #données_biographiques, aux incidents au cours d’opérations, jusqu’au lieu où se cachent les personnes au moment du contrôle. Les données recueillies nourrissent divers fichiers, parmi lesquels celui d’#Eurosur, instrument de surveillance et d’échange d’informations entre Frontex et les États membres, ou le #Joint_Operation_Reporting_Application (#Jora). Elles donnent aussi – et surtout – lieu à la production de #rapports_analytiques, avec une photographie de la situation aux frontières, supposés permettre de déterminer le niveau de « #risques » de déplacements vers le continent européen.

    Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) estime que, malgré les moyens déployés, les « analyses de risques » produites par l’agence sont fondées sur des informations peu fiables, obtenues lors d’entretiens menés sans le consentement des migrant·es ni protection de leur identité [3]. Il a également émis des réserves quant à la sécurisation des données et l’ampleur de la collecte.

    L’#opacité des activités de Frontex inquiète aussi le Médiateur européen, qui a traité plusieurs plaintes concernant l’impossibilité d’accéder à des documents et informations. Il faut préciser que l’agence est très réticente à fournir les informations demandées, y compris à ses propres contrôleurs, chargés depuis 2019 d’évaluer en permanence le respect des droits fondamentaux dans ses activités opérationnelles [4].

    Frontex reconnaît elle-même que ses chiffres comportent des #erreurs : alors qu’elle communique chaque année sur le nombre de franchissements de frontières non autorisés, elle admet qu’« il n’existe aucun dispositif permettant d’établir le nombre exact de personnes ayant franchi les frontières [5] ». Mais pour elle, il s’agit presque d’une question secondaire : selon sa directrice adjointe, Aija Kaljana, « il est essentiel de devenir une organisation axée sur le #renseignement, car les ressources humaines et techniques sont limitées [6] ». L’ambition de Frontex est donc de passer d’une agence du contrôle migratoire à un #service_de_renseignement.

    Travailler en synergie, y compris hors du champ migratoire

    L’agence, au cœur d’un vaste réseau d’échanges de données, coopère avec de nombreux services, civils ou militaires, ayant des objets aussi variés que la pêche, la lutte contre le #narcotrafic ou la #sécurité_aérienne [7]. Frontex a créé, en 2018, la #Maritime_Intelligence_Community–Risk_Analysis_Network (#MIC-RAN), soit une communauté du #renseignement_maritime et un réseau d’analyse des risques, pour collecter des données et diffuser des rapports sur les #menaces_maritimes (i.e. l’appropriation illégale des zones maritimes, les conséquences du réchauffement climatique, les « usages illégaux » de la mer). Autre illustration de la diversité de ses collaborations : l’agence négocie des accords avec des sociétés d’affrètement comme #EASP_Air, #DEA_Aviation ou #Airbus [8] qui fournissent des #aéronefs, le personnel pour les exploiter et l’infrastructure technique pour la transmission des données enregistrées, en temps réel, au siège à Varsovie [9]. Elle capte également des données depuis l’espace, car elle a conclu un contrat avec #Unseenlabs, une entreprise française spécialisée dans la surveillance maritime par radiofréquence depuis l’espace, ou se sert des satellites du programme #Copernicus d’observation de la Terre qui sont utilisés pour la sécurité, la protection civile, la gestion de l’environnement et la recherche sur le changement climatique [10].

    Engagée dans des projets de recherche et développement, l’agence finance ceux qui se focalisent sur le matériel de surveillance [11]. Elle a étroitement suivi les avancées du programme #ITFlows, un outil de prédiction des flux migratoires à partir de techniques d’analyse automatisée de données, en y contribuant activement via la fourniture d’informations récoltées dans le cadre de ses missions [12]. Dans le même registre, elle a organisé avec des garde-côtes italiens, début 2025, un atelier international intitulé Évolution des garde-côtes : l’#intelligence_artificielle et les systèmes sans pilote améliorent les opérations de recherche et de sauvetage. Vaste programme à l’heure où le recours à l’intelligence artificielle (#IA) pose de sérieuses questions éthiques [13].

    Au-delà des frontières de l’Europe, Frontex multiplie des #campagnes qui sont de véritables opérations de séduction, afin de s’assurer du concours des États tiers pour empêcher les départs depuis les pays d’origine. Ainsi est-elle à l’initiative du projet #Africa–Frontex_Intelligence_Community (#Afic) dans huit pays africains (#Côte_d’Ivoire, #Gambie, #Ghana, #Mauritanie, #Niger, #Nigeria, #Sénégal et #Togo), officiellement lancé pour « collecter et analyser des données sur la #criminalité_transfrontalière et soutenir les autorités impliquées dans la #gestion_des_frontières ». Frontex a également organisé des séances opérationnelles de #sensibilisation à la lutte contre la #fraude_documentaire et la fraude à l’identité en #Albanie, #Bosnie-Herzégovine, #Égypte, #Géorgie, #Moldavie, #Macédoine_du_Nord, #Serbie et en #Tunisie.

    Comme pour conforter sa place centrale dans le réseau d’information qui surveille tout et constamment, c’est avec les services de répression, tels l’#Office_européen_de_police (#Europol) et l’#Organisation_internationale_de_police_criminelle (#Interpol), que l’agence a intensifié ses relations. Depuis 2008, Frontex signe des accords de coopération et des plans d’action conjoints avec Europol pour partager avec cette agence les informations qu’elle recueille, singulièrement via Eurosur, à des fins de lutte contre la criminalité ou le terrorisme. Sur le terrain, cette entente s’est notamment matérialisée durant des opérations relevant de la politique de sécurité et de défense commune (opérations #Sophia et #Jot_Mare en 2015). Plus surprenant : en 2024, Frontex a codirigé une opération internationale visant à lutter contre la #contrebande_de_drogue par voie maritime en fournissant un soutien technique et opérationnel [14] ; elle est aussi intervenue pour des opérations de soutien pendant les #Jeux_olympiques en France [15], pendant la compétition de l’Euro en Allemagne, ou encore durant la guerre en Ukraine... Elle outrepasse ainsi sa mission initiale et s’érige comme un organe de « super-contrôle ».

    De son côté, Interpol travaille avec l’UE et Frontex dans le domaine de la sécurisation des frontières, sous forme de collaborations techniques, de #formations et de projets de recherche communs. Frontex a élaboré un manuel de référence contenant des alertes de falsification et des cartes de contrôle rapide servant d’aides visuelles à la décision lors de la vérification de documents. Ce dispositif est désormais au cœur du système de bibliothèque électronique de documents #Frontex-Interpol (#Fields). Les #bases_de_données d’une agence de surveillance des frontières et celles d’une organisation de lutte contre la criminalité sont dès lors interconnectées.

    Une agence opaque et délétère qui influence les législations

    Plusieurs enquêtes documentées décrivent les actes illicites commis par l’agence sur ses terrains d’intervention. Il n’est plus à démontrer qu’elle s’est rendue complice ou coupable, à de nombreuses reprises, de #refoulements (#push-backs) en Grèce, pourtant interdits par le droit international. Des refoulements qui sont recensés dans sa base de données #Jora comme de simples opérations de « #prévention_de_départs [16] ». Des pratiques similaires ont été dénoncées à la frontière bulgare, où des violences ont été commises par des garde-frontières participant aux opérations de Frontex [17]. À #Chypre, de nombreux ressortissant·es syrien·nes ont été illégalement enfermé·es et d’autres ont été expulsé·es vers la Syrie, sous les yeux d’officiers de Frontex [18]. Des pratiques épinglées par l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), qui a émis des doutes sur « la capacité de l’agence FRONTEX à […] veiller au respect et à la protection des droits fondamentaux dans toutes ses activités aux frontières extérieures ».

    L’agence va jusqu’à fabriquer de fausses informations lorsqu’elle prétend sauver des vies en mer, alors qu’elle transmet la position des embarcations en détresse aux #garde-côtes_libyens, dont les comportements violents envers les personnes migrantes sont notoires [19]. Il lui arrive aussi d’interrompre la prise de vue aérienne au-dessus de la mer Méditerranée pour ne pas avoir à référer d’abandon de personnes en mer [20]. En 2023, un navire où s’entassaient près de 200 migrants au large des côtes italiennes (Crotone) ne présentait, selon le rapport d’incident de Frontex, « pas d’intérêt particulier ». La même année, Frontex a omis d’envoyer un signal de détresse lors du naufrage de l’Adriana (Pylos), provoqué par une manœuvre des garde-côtes grecs [21]. Faut-il le rappeler, alerter les secours relève pourtant d’une obligation internationale de droit maritime. La multiplication des cas de refoulements ou le silence gardé à la vue d’embarcations en détresse contribuent à abaisser les standards de protection. L’agence fait en outre croire qu’elle s’intéresse au sort des personnes expulsées, voire améliore leur situation, lorsqu’elle met en avant les effets bénéfiques qu’aurait eu le retour dans le pays d’origine [22]. La violation des #droits_fondamentaux se banalise et, dans un contexte d’impunité généralisée, est traitée en matière migratoire comme un dommage collatéral.

    Malgré ces multiples mises en cause, Frontex exerce une influence croissante sur les instances politiques et les législations européennes. Ses « analyses de risques » sont l’unique source d’information de la Commission européenne, et l’image construite d’une perpétuelle « #crise aux frontières » qu’elles donnent à voir sert à justifier l’augmentation des contrôles et des mesures sécuritaires. Depuis des années, l’agence véhicule une image négative de la migration en la présentant comme une menace dont il faudrait se protéger.

    Cette image trouve sa traduction dans les réformes législatives. L’insistance de Frontex à alerter, dans ses rapports d’activité, sur « les #mouvements_secondaires […] à grande échelle » ou sur la persistance de la #pression_migratoire a sans nul doute contribué à l’adoption, en 2024, du #pacte_européen_sur_la_migration_et_l’asile. Un pacte dans la mise en œuvre duquel Frontex détient un rôle clé, avec, notamment, les nouvelles attributions qui lui sont confiées aussi bien lors des procédures frontalières (« #filtrage ») que dans l’organisation des #expulsions. Onze États sont en train de s’équiper d’un système informatique numérisé de gestion des retours sur le modèle du #Return_Case_Management_System (#Recamas) mis au point par Frontex.

    La réforme du règlement #Eurodac ouvre une nouvelle brèche en permettant à l’agence de consulter le #répertoire_central_des_rapports_et_statistiques (#CRRS) et d’avoir accès aux #statistiques de l’agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (#EU-Lisa).

    Enfin, la #réforme en cours des directives « Facilitation » et « Retour » risque de renforcer les pouvoirs de l’agence, en augmentant – encore – son #budget et en l’autorisant à transférer à des pays tiers des données relatives à des ressortissants aux fins de #réadmission.

    Une agence peu fiable, mais intouchable

    Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 74 352 personnes ont trouvé la mort depuis 2014 en tentant de franchir les frontières [23]. En dehors du champ de la migration, l’acteur, personne physique ou morale, qui serait impliqué dans une telle hécatombe serait poursuivi et jugé, voire condamné. Malgré les preuves tangibles de la #responsabilité de Frontex, comme de l’UE et de ses États membres, dans ces drames, aucun d’entre eux n’a jamais été inquiété. Bien au contraire, la Commission européenne confirme son agenda politique basé sur la mise à l’écart des personnes exilées en donnant à l’agence un rôle de premier plan dans les politiques migratoires européennes et en proposant de tripler ses effectifs. Les États s’appuient toujours plus sur Frontex : en 2024, la #Belgique a adopté une loi pour permettre le déploiement d’officiers de l’agence sur son territoire afin de soutenir la police fédérale dans l’exécution des expulsions. Le #Royaume-Uni a signé un accord de coopération avec Frontex sur divers aspects de la gestion des frontières, comme la surveillance et l’évaluation des risques, l’échange d’informations, le renforcement des capacités et le partage d’expertise. Dans ces conditions, pourquoi l’agence intouchable s’arrêterait-elle là, même coupable du pire ? La meilleure défense étant l’attaque, la criminalisation des solidarités et la décrédibilisation de celles et ceux qui dénoncent ses actions – à l’image de la campagne Abolish Frontex accusée de « discours haineux » – sont érigées en stratégie de dissuasion. De même, celles et ceux qui pallient l’action défaillante des États, comme les ONG de sauvetage en mer, sont assimilées à des réseaux de passeurs. Une #rhétorique qui ressemble à s’y méprendre à celle des partis populistes.

    https://migreurop.org/article3472.html
    #migrations #réfugiés #directive_retour #directive_facilitation

    ping @karine4 @reka

  • #Mauritanie : près de 2 000 « retours volontaires » ont eu lieu depuis le début de l’année

    Le nombre de « retours volontaires » depuis la Mauritanie se multiplie depuis cette année. Selon l’OIM, près de 2 000 exilés ont été ramenés dans leur pays depuis janvier 2025. Le double par rapport à toute l’année 2024.

    Le nombre de retours volontaires depuis la Mauritanie explose. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, entre janvier et septembre, 1 754 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire ». Un chiffre auquel il faut ajouter les 200 migrants rapatriés le 21 octobre dernier.

    Au total, au moins 1 954 migrants ont pu être ramenés chez eux via un « retour volontaire » depuis la Mauritanie. Un chiffre qui a doublé par rapport à l’année 2024. L’année dernière, 995 « retours volontaires » ont été opérés par l’OIM.

    Une majorité de Guinéens

    À l’intérieur de ces vols, on retrouve majoritairement des Guinéens. Depuis le mois d’août, ils ont occupé au moins 762 places, selon nos informations confirmées par l’OIM.

    Ils ont été rapatriés à bord de 4 #vols organisés cet été. Le 5 août, 190 migrants, dont 111 enfants, ont bénéficié d’un « retour volontaire ». Le 2 septembre, 195 migrants (107 enfants et 55 femmes) sont montés à bord d’un vol charter de l’OIM. Quelques semaines plus tard, le 23 septembre, il y avait 177 Guinéens, dont 36 femmes et 120 enfants, à bord du vol. Et enfin, le 21 octobre, ce sont 200 migrants, dont 90 enfants et 53 femmes, qui ont été rapatriés.

    « Les conditions sécuritaires deviennent trop difficiles »

    Cette hausse des demandes de « retours volontaires » est notamment due aux conditions de vie des migrants en Mauritanie, selon une source dans le pays à InfoMigrants. « Les conditions sécuritaires deviennent trop difficiles. Les contrôles ne s’arrêtent jamais et la police va jusqu’à rentrer dans les maisons pour arrêter des gens », raconte cette même source qui souhaite rester anonyme.

    Selon elle, « près de 2 000 demandes de ’retours volontaires’ de Guinéens sont encore en attente ». « Les prochains prochains retours volontaires assistés sont en cours de planification et préparation », nous explique l’OIM.

    Il évoque également des difficultés avec les #visas, « extrêmement compliqués à obtenir », notamment à cause de la nouvelle législation adoptée en début d’année.

    Il y a trois mois, c’est la communauté sénégalaise en Mauritanie qui dénonçait les mêmes #mauvais_traitements. « Nous sommes un peu perturbés, étonnés et franchement fatigués des rafles qui se multiplient du jour au lendemain », expliquait Oumar Ndaw, le vice-président de la Fédération des associations et groupements des Sénégalais en Mauritanie.

    « Globalement, nous observons une augmentation générale des demandes », acquiesce l’organisation onusienne. Se basant sur « des témoignages recueillis auprès des migrants assistés », elle complète : « Plusieurs d’entre eux évoquent des changements dans la politique migratoire en Mauritanie qui pourraient avoir influencé leur décision de retour ». Mais « ces éléments restent à approfondir dans le cadre d’une analyse plus structurée », ajoute l’OIM.

    Le traitement des migrants a également été dénoncé par l’ONU. Au terme d’une visite de dix jours en Mauritanie en septembre, le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme des migrants, Gehad Madi, a exhorté Nouakchott à « respecter les norme internationales en matière de droits humains ».

    « Au cours de ma visite, j’ai entendu des témoignages faisant état de cas d’#arrestations_arbitraires, de #détentions prolongées dans des conditions difficiles et d’#expulsions_collectives sans évaluation individuelle ni accès à une assistance juridique », avait-il déclaré Gehad Madi dans un communiqué. « Je suis également préoccupé par la situation des #femmes et des #enfants migrants, particulièrement exposés aux risques de #violence, de #séparation_familiale et de #vulnérabilité accrue. »

    Politique migratoire durcie

    Pour lutter contre l’immigration irrégulière, la Mauritanie serre la vie depuis le début de l’année, période à laquelle une vaste campagne d’expulsions de migrants avait été mené. Elle avait mené à l’expulsion de plus de 28 000 personnes durant les six premiers mois de l’année, selon le gouvernement Mauritanien.

    Un tournant qui s’explique notamment car la Mauritanie, vaste pays désertique situé sur la côte atlantique ouest-africaine, est devenue le principal lieu de départ des canots arrivés aux #Canaries, selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras. Au cours de l’année 2024, 46 843 exilés ont atteint l’archipel espagnol situé au large des côtes marocaines, du jamais vu.

    Ainsi, inquiète de voir cette route migratoire se réactiver, l’Union européenne a signé un #accord avec le pays en 2024. Au programme : renforcement de la #coopération entre agences, démantèlement des réseaux de passeurs, construction de #centres_de_rétention et délégation des contrôles, le tout grâce à une enveloppe de 210 millions d’euros accordée au pays saharien.

    Et depuis, le nombre de migrants arrivant aux Canaries depuis l’Afrique de l’Ouest a drastiquement chuté. Moins de 14 000 personnes sont arrivées aux Canaries cette années, soit une baisse de 59%.

    Interrogé par l’ONG Human Rights Watch en août, le gouvernement mauritanien « rejette catégoriquement les allégations de torture, de discrimination raciale ou de violations systématiques des droits des migrants ». Il a cité les mesures récentes prises pour améliorer le respect des droits, notamment l’"interdiction stricte des expulsions collectives" et les nouvelles #Procédures_Opérationnelles_Standard (#POS) adoptées en mai 2025 pour réglementer les débarquements et la « prise en charge » des migrants, avec des garanties solides en matière de droits et de protection.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/67716/mauritanie--pres-de-2-000-retours-volontaires-ont-eu-lieu-depuis-le-de

    #retours_volontaires #IOM #OIM #chiffres #statistiques #externalisation #migrations #réfugiés #renvois #expulsions #rafles

    ping @6donie @reka

    –-

    voir aussi :
    Mauritania once again deports a large number of migrants
    https://seenthis.net/messages/1115330

  • Route des Canaries : plus de 120 exilés secourus par la marine nationale au large du Sénégal - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67517/route-des-canaries--plus-de-120-exiles-secourus-par-la-marine-national

    Route des Canaries : plus de 120 exilés secourus par la marine nationale au large du Sénégal
    Par La rédaction Publié le : 15/10/2025
    Lundi, la marine sénégalaise a porté secours à 123 migrants à bord d’une pirogue partie « d’un pays voisin », à une centaine de kilomètres de la pointe de Sangomar, dans le sud du pays. Dans le même temps, mardi, une embarcation de 230 exilés en provenance de la Gambie a atteint l’archipel espagnol des Canaries.
    Les tentatives de départ vers les Canaries se poursuivent, et continuent de se faire toujours plus au sud. Lundi 13 octobre, 123 « candidats à l’émigration irrégulière » ont été interceptés par la marine nationale sénégalaise, selon un message posté sur X, à 110 km de Sangomar (dans le sud-ouest du Sénégal), point de départ récurrent des traversées vers l’archipel espagnol.
    Partis « d’un pays voisin », indique la marine, les migrants « ont été débarqués à la base navale Amiral Faye Gassama [à Dakar, ndlr] et mis à la disposition des services compétents ». Dans le même temps, un canot avec à son bord environ 230 exilés, dont 13 femmes et 6 mineurs, a atteint les Canaries mardi, rapporte l’agence de presse espagnole EFE. Repérée par la Garde Civile espagnole au large de l’archipel, l’embarcation a rejoint le port de La Restinga, à El Hierro, où la Croix-Rouge et des équipes médicales ont pris en charge les migrants. Trois personnes ont été transférées à l’hôpital, ajoute EFE.
    D’après le récit des exilés, originaires de Gambie, du Sénégal, du Mali et de Guinée-Conakry, ils étaient partis huit jours plus tôt depuis Barra, en Gambie, à plus de 1 500 km des îles espagnoles.
    Tentatives de départ encore plus au sud
    Ces derniers mois, face aux renforcements des contrôles côtiers au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie, les tentatives de traversée par la mer pour rejoindre les Canaries se déplacent de plus en plus au sud, vers la Gambie ou la Guinée.Le 22 septembre, près de 200 migrants subsahariens sont arrivés sur l’île d’El Hierro, après être partis sept jours plus tôt de Gambie. Le 16 septembre encore, une pirogue transportant une centaine de migrants a été secourue au large des côtes dakaroises. Là encore, l’embarcation était partie de Gambie cinq jours plus tôt, avec pour destination les Canaries.
    Les opérations de contrôle et les interceptions de migrants se sont intensifiées sur les côtes sénégalaises et mauritaniennes, notamment depuis le renouvellement d’accords de coopération entre ces deux pays et l’Union européenne, dans le but de limiter les départs d’embarcations clandestines vers l’Europe. Concrètement, plus de 30 000 migrants ont été interceptés sur le sol mauritanien entre janvier et avril 2025. En quatre mois, le pays a aussi démantelé 88 réseaux de passeurs. Avec le durcissement de sa politique migratoire, Nouakchott multiplie les arrestations, et un climat de peur s’est installé dans le pays.
    Du côté du Sénégal, les autorités ont interpellé au premier trimestre 2025 plus de 1 900 « personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers », a rapporté début septembre le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI). Par ailleurs, 32 pirogues ont été saisies et 74 suspects, des convoyeurs, arrêtés et déférés devant la justice. Depuis janvier, les arrivées ont nettement diminué aux Canaries : selon les autorités espagnoles, un peu moins de 13 000 personnes ont rejoint l’archipel depuis le début de l’année, contre plus de 30 000 à la même période en 2024. Soit une baisse d’environ 58%.
    Sauf que prendre la mer depuis la Gambie ou la Guinée pour tenter de rallier les îles espagnoles, c’est partir d’encore plus loin et donc prendre encore plus de risques. « La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », rappelait la chercheuse Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines, à InfoMigrants fin septembre.
    Les embarcations peuvent aussi disparaître dans l’immensité de l’Atlantique, sans laisser de traces, et ainsi devenir des « bateaux fantômes », hors des radars des autorités ou des ONG.
    Cette traversée est donc extrêmement meurtrière. Le 29 août, au moins 69 corps avaient été repêchés après le naufrage d’une embarcation au large de la Mauritanie. Là aussi, la pirogue était partie de Gambie. Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 10 457 migrants sont décédés ou portés disparus sur les routes migratoires menant vers l’Espagne en 2024. Soit une moyenne de 30 morts ou disparus par jour. Pour les cinq premiers mois de 2025, l’ONG enregistre 1 865 personnes mortes en tentant de rejoindre l’Espagne, dont près de 1 500 sur la route des Canaries.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#canaries#gambie#guinee#mauritanie#routemigratoire#migrationirreguliere#CILMI

  • Sénégal : plus de 250 migrants, partis d’un « pays voisin », secouru par la marine au large de Dakar - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67091/senegal--plus-de-250-migrants-partis-dun-pays-voisin-secouru-par-la-ma

    Sénégal : plus de 250 migrants, partis d’un « pays voisin », secouru par la marine au large de Dakar
    Par La rédaction Publié le : 23/09/2025
    La marine sénégalaise a porté secours, lundi, à 259 migrants partis d’un « pays voisin », ont indiqué les autorités sur le réseau social X. Ces derniers mois, les départs vers les Canaries espagnoles se font plus au sud, depuis la Guinée et la Gambie, afin d’échapper aux contrôles renforcés au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc. Mais cet itinéraire rallonge le temps de traversée et accentue les risques encourus dans l’Atlantique.
    Lundi 22 septembre, les autorités sénégalaises ont secouru 259 migrants à une centaine de kilomètres au large de Dakar, a indiqué la marine nationale sur le réseau social X. Ils « ont été débarqués à la base navale Amiral Faye Gassama [à Dakar, ndlr] et mis à la disposition des services compétents », a précisé la même source.
    Ces exilés avait pris la mer depuis un « pays voisin », a ajouté la marine, sans donner plus de précisions.
    La semaine dernière, c’est un pêcheur sénégalais qui avait porté assistance à 112 personnes à la dérive au large des côtes dakaroises. L’embarcation de migrants, partie de Gambie, n’avait plus de moteur. Selon le pêcheur, le capitaine avait quitté le bateau, abandonnant la centaine d’exilés à son bord. Depuis plusieurs mois, les migrants désireux de rejoindre les Canaries espagnoles sont de plus en plus nombreux à prendre la mer depuis la Guinée ou la Gambie. « Ce récent déplacement est dû au resserrement d’autres voies migratoires : celle du Maroc depuis un moment, et plus récemment celle de la Mauritanie et même du Sénégal du fait des contrôles accrus sur les côtes », explique à InfoMigrants Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines.
    Plus de 30 000 migrants ont été interceptés sur le sol mauritanien entre janvier et avril 2025. En quatre mois, le pays a aussi démantelé 88 réseaux de passeurs. Nouakchott intensifie ses efforts pour combattre l’immigration irrégulière. La Mauritanie mène depuis le début de l’année une politique migratoire plus stricte. Conséquence, les arrestations se multiplient et un climat de peur s’est installé dans le pays. Du côté du Sénégal, les autorités ont interpellé au premier trimestre 2025 plus de 1 900 « personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers », a rapporté début septembre le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI). Par ailleurs, 32 pirogues ont été saisies et 74 suspects, des convoyeurs, arrêtés et déférés devant la justice. L’an dernier, Dakar avait intercepté plus de 5 000 candidats à l’émigration illégale vers Europe.
    Mais partir de Gambie ou de Guinée multiplie les risques en mer pour les migrants. « Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] -, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », affirme Delphine Perrin.
    Les ONG alertent régulièrement sur les « bateaux fantômes », ces embarcations qui errent en mer et qui disparaissent sans laisser de traces. Dans l’immensité de l’océan Atlantique, les pirogues peuvent dériver à des milliers de kilomètres, au large des côtes américaines. Début juin, un bateau avec 14 cadavres de migrants africains en état de décomposition a été retrouvé près du Venezuela. Les personnes sont mortes sur la route de déshydratation et de faim.
    En mai, les restes de 11 corps et une pirogue en bois ont été retrouvés sur la côte de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, aux Caraïbes, par la police locale. Plus tôt, en janvier 2025, c’est un canot avec à son bord 19 corps en état de décomposition avancée qui a été retrouvé par les autorités de Saint-Kitts-et-Nevis, le plus petit État des Caraïbes. Selon l’ONG Caminando Fronteras, 10 457 migrants sont décédés ou portés disparus sur les routes migratoires menant vers l’Espagne en 2024. Soit une moyenne de 30 morts ou disparus par jour. Et pour les cinq premiers mois de 2025, l’ONG a comptabilisé 1 865 personnes mortes en tentant de rejoindre l’Espagne, dont près de 1 500 sur la route des Canaries.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#migrationirreguliere#routemigratoire#gambie#mauritanie#guinee#sante#mortalite

  • Route des Canaries : « La Gambie est une potentielle zone de départ » pour les migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67045/route-des-canaries--la-gambie-est-une-potentielle-zone-de-depart-pour-

    Route des Canaries : "La Gambie est une potentielle zone de départ" pour les migrants
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 19/09/2025
    Face aux renforcements des contrôles côtiers au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie, de nombreux migrants prennent désormais la mer depuis la Gambie pour tenter de rallier les Canaries espagnoles. Un trajet en Atlantique hautement risqué de plus de 1600 km. "Il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien", rappelle la chercheuse Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines. Entretien.
    Le 16 septembre, une pirogue composée d’une centaine de migrants a été secourue au large des côtes dakaroises. L’embarcation était partie de Gambie cinq jours plus tôt. Elle avait pour destination les îles Canaries à plus de 1 600 km de là. La veille, le 15 septembre, 235 personnes, entassées elles aussi sur une pirogue, avaient été secourues par les services espagnols. Leur bateau surchargé avait été repéré dans la matinée par la Garde civile à environ 20 km de La Restinga, sur l’île d’El Hierro, la plus petite de l’archipel des Canaries. Les exilés, originaires d’Afrique de l’Ouest, étaient en mer depuis 11 jours. Ils avaient quitté le port de Gunjur, dans le sud de la Gambie.
    Le 29 août, au moins 69 corps avaient été repêchés après le naufrage d’une embarcation au large de la Mauritanie. Là encore, la pirogue était partie de Gambie.
    Le petit pays ouest-africain, encastré dans le Sénégal, est-il en train de devenir un nouveau point de départ clandestin vers l’Union européenne ? Jusqu’à présent, les embarcations qui arrivaient à atteindre l’archipel espagnol via l’océan Atlantique partaient généralement du Maroc, de Mauritanie ou du Sénégal. InfoMigrants a interrogé Delphine Perrin, chargée de recherche à l’IRD (Institut de recherche pour le développement), membre du POMAF, un collectif de chercheurs spécialistes des politiques migratoires africaines.
    InfoMigrants : Assiste-t-on à un déplacement des départs irréguliers depuis les plages gambiennes ?
    Delphine Perrin : La Gambie est une zone de départ potentielle comme l’ensemble des pays côtiers de cet espace (Mauritanie, Sénégal, Guinée), sachant que les départs avaient déjà eu tendance à se déplacer – du Maroc vers la Mauritanie et vers le Sénégal. Depuis récemment, donc, on note une augmentation des départs de Gambie, mais aussi plus au Sud, de Guinée-Bissau et de Guinée.
    Ces départs en revanche ne sont pas inédits. On pouvait observer une dynamique similaire dans les années 2006-2008 à l’époque où les contrôles côtiers s’étaient considérablement développés de la Libye à la Mauritanie en passant par le Maroc.
    Ces voies de migration sont liées à l’absence de délivrance de visas, donc de possibilité de migrer de manière régulière vers l’Europe
    Ce récent déplacement est de nouveau dû au resserrement d’autres voies migratoires : celle du Maroc depuis un moment, et plus récemment celle de la Mauritanie et même du Sénégal du fait des contrôles accrus sur les côtes. De plus, la Mauritanie a cette année intensifié la lutte contre la migration irrégulière, mais aussi réduit la tolérance de la présence des ressortissants des pays voisins, en accentuant les contrôles y compris pour l’entrée sur son territoire, et en expulsant des milliers de ressortissants ouest-africains vers le Sénégal et le Mali. Plus de 30 000 migrants ont été interceptés sur le sol mauritanien entre janvier et avril 2025. En quatre mois, le pays a aussi démantelé 88 réseaux de passeurs. Nouakchott intensifie ses efforts pour combattre l’immigration irrégulière. La Mauritanie mène depuis le début de l’année une politique migratoire plus stricte. Conséquence, les arrestations se multiplient et un climat de peur s’est installé dans le pays. Il faut bien sûr ajouter que ces voies [irrégulières] de migration sont liées à l’absence de délivrance de visas, donc de possibilité de migrer de manière régulière vers l’Europe ou ailleurs. Les Gambiens ont besoin d’un visa pour se rendre dans la plupart des pays du monde et dans une vingtaine de pays africains.
    IM : Est-ce un risque pour les migrants de partir d’aussi loin - comme du port de Gunjur - pour tenter de rejoindre les Canaries ?
    D.P : Partir de plus au sud pour tenter de rejoindre les Canaries représente évidemment un risque accru pour les migrants.
    Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] -, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger.
    IM : L’accroissement des départs à partir des côtes gambiennes - mauritaniennes et sénégalaises - peut-il aussi être mis en lien avec la fermeture d’autres voies de passage ?
    D.P : Oui, l’insécurité dans le Sahel, par exemple, peut mener à opter pour des routes alternatives. On ne veut plus emprunter les routes du Mali et du Niger pour se rendre en Libye [d’où partaient des milliers de migrants à destination de Lampedusa, porte d’entrée dans l’Union européenne, ndlr]. Idem pour la Tunisie [autre point de départ vers l’Union européenne] Les Gambiens pouvaient s’y rendre sans visa, mais la xénophobie y connaît une forte croissance. Elle s’accompagne d’expulsions collectives aux frontières. Cette xénophobie se propage également fortement en Algérie et au Maroc.
    InfoMigrants a écrit de nombreux articles sur la politique anti-migrants menée par le président tunisien Kais Saied. Depuis deux ans, les autorités mènent de vastes campagnes d’arrestations et interpellent les Noirs vivant en Tunisie, notamment dans la région de Sfax, pour les empêcher de prendre la mer vers l’Europe. Des milliers de Subsahariens ont été envoyés dans le désert, à la frontière avec la Libye ou l’Algérie. Abandonnés au milieu de nulle part, les migrants mettent des jours à revenir dans le centre-est de la Tunisie.
    Les personnes en situation irrégulière peuvent aussi être condamnées pour "séjour irrégulier" et écopent de plusieurs mois de détention. La situation est telle que, selon des exilés en contact avec InfoMigrants, "les prisons sont remplies de Subsahariens", enfermés aux côtés de prisonniers de droit commun.
    IM : Quelle est la situation économique en Gambie ? Pousse-t-elle actuellement de plus en plus de Gambiens à tenter la route des Canaries ?
    D.P : La Gambie fait partie des espaces qui ont une certaine tradition de l’émigration, principalement vers des pays anglophones, en Afrique de l’Ouest (Nigéria, Sierra Leone, Ghana), mais aussi vers le Royaume-Uni ou les États-Unis. Depuis les années 1990, les destinations se sont diversifiées, notamment vers l’Espagne, l’Italie, lorsque ces derniers sont devenus de nouveaux pays d’immigration. On trouve en réalité des Gambiens partout, au Sénégal, comme en Espagne. Les raisons du départ des Gambiens sont multiples, comme c’est le cas dans d’autres pays de la région : raisons économiques bien sûr, manque d’emploi, mais surtout manque de perspectives de réalisation de soi, notamment pour les jeunes, pour les femmes, ainsi que pour les LGBT (que l’on retrouve par exemple aux côtés des Sénégalais pour demander asile auprès du HCR en Mauritanie).
    Le manque de perspectives ressenti a aussi des origines plurielles : échec de la transition politique / démocratique après les espoirs suscités par le départ de [l’ex-dictateur] Yahya Jammeh en 2017 et désabusement vis-à-vis de la classe politique (Adama Barrow se maintenant au pouvoir depuis lors), jeunesse sous pression par les multiples attentes sociétales et familiales, dans des contextes sociaux très verticaux et patriarcaux, éducation et université en berne. Toutefois, il faut aussi rappeler que la Gambie est un pays d’immigration ouest-africaine, elle a d’ailleurs une proportion d’immigrés assez importante pour la région (environ 9% de la population selon les données officielles). Elle fait partie de l’espace de libre circulation et de libre résidence de la CEDEAO, mais dispense aussi de visas d’entrée l’ensemble des ressortissants africains. Les départs des côtes gambiennes ne concernent donc pas seulement les Gambiens, on retrouve généralement plusieurs nationalités dans les embarcations : des ressortissants africains venus initialement en Gambie pour d’autres raisons mais ayant ensuite saisi l’opportunité de partir.
    IM : Quelle politique migratoire la Gambie mène-t-elle ?
    Comme l’ensemble des pays de la région, la Gambie est sous pression extérieure pour contrôler et contenir les migrations. Elle a donc été amenée, notamment par l’OIM [Organisation internationale des migrations], à adopter une "politique migratoire nationale" en 2020, pour gérer les migrations, à la fois l’immigration et l’émigration, avec un programme sur 10 ans. La Gambie a adopté une loi sur les réfugiés en 2008 et accueille de nombreux réfugiés. Le pays est intégré dans les programmes internationaux et régionaux de lutte contre la traite des personnes (loi de 2007), contre le trafic de migrants (loi de 2019 réformant la loi sur l’immigration de 1965) et contre la migration irrégulière.
    Il arrive que les gardes-côtes gambiens interceptent des pirogues et des migrants, et de telles actions ont été récemment médiatisées pour mettre en exergue la volonté et les efforts de la Gambie à lutter contre la migration irrégulière. Des campagnes sont aussi menées pour dissuader les départs. Selon Banjul, entre janvier et août 2025, "les patrouilles d’immigration ont intercepté 711 migrants éventuels, refusé l’entrée à 29 personnes et expulsé 59 immigrants sans papiers de différentes nationalités », a déclaré Abdoulie Sanyang, le ministre de l’Intérieur du pays.
    IM : La Gambie a-t-elle déjà signé un accord avec l’UE pour lutter contre l’immigration irrégulière ?
    En 2006, l’Espagne et la Gambie avaient signé un accord-cadre de coopération sur les migrations et le développement. Un accord bilatéral de lutte contre la migration irrégulière avait aussi été signé avec l’Italie en 2010. La coopération avec l’Espagne s’est récemment renforcée, en 2024, comme avec le Sénégal et la Mauritanie, pour empêcher les départs des côtes et mettre en avant la possibilité d’une migration légale. Comme vous l’aviez mentionné sur votre site, des agents de la Guardia Civil et de la Police espagnoles sont déployés sur le port de Banjul au nom de la coopération sur la migration et contre les trafics.

    #Covid-19#migrant#migration#gambie#espagne#mauritanie#senegal#politiquemigratoire#frontiere#developpement#migrationirreguliere#routemigratoire

  • Un rapporteur de l’ONU exhorte la Mauritanie à améliorer la protection des personnes migrantes
    https://www.dakaractu.com/Un-rapporteur-de-l-ONU-exhorte-la-Mauritanie-a-ameliorer-la-protection-de

    Un rapporteur de l’ONU exhorte la Mauritanie à améliorer la protection des personnes migrantes
    Le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme des migrants a exhorté vendredi les autorités mauritaniennes à « mieux aligner les pratiques dans le pays sur les normes internationales en matière de droits humains » concernant les personnes migrantes, au terme d’une visite dans ce pays.
    La Mauritanie, pays majoritairement désertique d’Afrique de l’Ouest, situé sur la côte atlantique, est devenu ces dernières années un point de départ pour de nombreux personnes migrantes venues de tout le continent, qui tentent désespérément de rejoindre l’Europe clandestinement par la mer en quête d’une vie meilleure.
    Au terme d’une visite de 10 jours dans le pays, le rapporteur a exhorté les autorités « à renforcer la mise en oeuvre de ses engagements juridiques en matière de protection des migrants et à mieux aligner les pratiques dans le pays sur les normes internationales en matière de droits humains », selon un communiqué de l’ONU.Cette mission avait pour objectif d’évaluer « les lois, politiques et pratiques actuelles du pays » et « leur impact sur les droits humains des migrants ».
    « Au cours de ma visite, j’ai entendu des témoignages faisant état de cas d’arrestations arbitraires, de détentions prolongées dans des conditions difficiles et d’expulsions collectives sans évaluation individuelle ni accès à une assistance juridique », déclare Gehad Madi dans ce communiqué. Le rapporteur se dit également « préoccupé par la situation des femmes et des enfants migrants, qui sont particulièrement exposés aux risques de violence, de séparation familiale et de vulnérabilité accrue. » A propos d’allégations de pratiques discriminatoires et de comportement répréhensible de la part de certains agents de sécurité, l’expert « exhorte les autorités mauritaniennes à mener des enquêtes sur ces incidents et à prendre des mesures préventives ». Dans le même temps, M. Madi salue « la volonté politique manifestée par les autorités de répondre à ces questions » et félicite le gouvernement mauritanien « d’avoir relevé les défis liés à la migration, notamment en adoptant des lois contre la traite et le trafic de migrants ».
    Dans un rapport publié en août, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé les autorités mauritaniennes d’avoir commis de « graves violations des droits humains » à l’encontre de migrants et de demandeurs d’asile entre 2020 et début 2025. En début d’année, une vaste campagne d’expulsions de migrants avait suscité de vives critiques en Afrique de l’Ouest. Des milliers de migrants ont perdu la vie ces dernières années en tentant de rejoindre l’Europe depuis l’Afrique via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations souvent surchargées. Sur la seule année 2024, l’ONG espagnole Caminando Fronteras a établi un bilan de 10.457 personnes mortes ou disparues en mer. Les Canaries constituent la principale porte d’entrée des migrants en Espagne, malgré l’extrême dangerosité de cette route maritime depuis la côte nord-ouest de l’Afrique.

    #Covid-19#migrant#migration#mauritanie#expulsion#droit#sante#routemigratoire#migrationirreguliere

  • Mauritanie : interception d’un bateau transportant 171 migrants vers les Canaries - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/66791/mauritanie--interception-dun-bateau-transportant-171-migrants-vers-les

    Mauritanie : interception d’un bateau transportant 171 migrants vers les Canaries
    Par Clémence Cluzel Publié le : 05/09/2025
    Une embarcation transportant 171 migrants, dont des femmes et des mineurs, à destination des îles Canaries a été interceptée en mer, mardi, par les forces de sécurité mauritaniennes. Huit adultes en état critique ont été hospitalisés. Une semaine plus tôt, une pirogue d’environ 160 passagers avait fait naufrage au large du pays. Seuls 17 personnes avaient pu être secourues.
    Les autorités mauritaniennes ont intercepté mardi, un bateau transportant 171 migrants vers les îles Canaries, alors que celui-ci s’approchait de leurs eaux territoriales après avoir subi une panne mécanique. Dans un communiqué daté du 3 septembre, les autorités ont précisé que 15 femmes et trois mineurs se trouvaient parmi les passagers arrêtés dans l’Atlantique. Ils ont été « débarqués sains et saufs » au port de Nouakchott, après une opération de sauvetage menée par par la gendarmerie, les gardes-côtes et la protection civile en haute-mer. Les migrants ont ensuite été pris en charge par des équipes médicales.
    Huit personnes dans un état critique ont par ailleurs été hospitalisées, indique le communiqué. Selon les premières investigations, tous les migrants seraient originaires de différents pays d’Afrique de l’Ouest.Ce nouvel incident illustre la hausse considérable des départs d’embarcations surchargées depuis la Mauritanie. Avec le renforcement des contrôles au Sénégal ou au Maroc, la route s’est déplacée vers le nord : la Mauritanie est ainsi devenue en 2024 le principal pays de départs des migrants vers les Canaries d’après le rapport de la Sécurité nationale espagnole. Une situation qui constitue un véritable défi pour les autorités mauritaniennes.
    La route de l’Atlantique, depuis les côtes ouest-africaines (Sénégal, Mauritanie, Gambie) vers les îles espagnoles des Canaries, est l’une des plus actives vers l’Europe. Depuis une dizaine d’années, elle est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants subsahariens. Après un record en 2024, le nombre d’arrivées a fortement chuté cette année dans l’archipel espagnol. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, 12 126 exilés sont arrivés aux Canaries depuis janvier par pirogues, contre 25 571 sur la même période l’année dernière. Soit une baisse de 52,6%.
    Les candidats au départ, depuis les côtes sénégalaises, mauritaniennes ou gambiennes, fuient la pauvreté, le chômage ou l’absence de perspectives. Ils embarquent clandestinement, moyennant finances, sur des pirogues ou des embarcations précaires, complètement inadaptées à de telles traversées.
    Cette route Atlantique est aussi l’une des plus dangereuses. Il faut plusieurs jours de navigation pour parcourir les 1 500 km jusqu’aux Canaries dans des conditions décrites comme terribles par les survivants, à la merci de la faim et la soif, du soleil, des éléments et des avaries.
    Plus de 10 400 migrants sont morts ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne en 2024, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un chiffre sous-estimé car de nombreuses embarcations perdues en mer ne sont jamais retrouvées. Au cours des cinq premiers mois de 2025, un total de 1 482 décès a été comptabilisé par l’ONG sur cette route.
    Du fait d’une météo plus favorable, l’été est la pleine saison des départs de pirogues. Mais avec cette multiplication des départs, c’est aussi les naufrages et drames en mer qui se succèdent. La semaine dernière, une pirogue a fait naufrage au large de la Mauritanie. Sur plus 160 passagers, tous Gambiens et Sénégalais, seuls 17 migrants ont pu être secourus tandis que 69 corps ont été repêchés. De tels drames se produisent régulièrement sur cette route migratoire. En mars 2025, au moins 70 personnes sont décédées après avoir fait naufrage dans l’Atlantique en cherchant à rejoindre les Canaries. Parties de Mauritanie, les exilés avaient dérivé dans l’océan pendant plusieurs jours. Quelques mois plus tôt, en janvier 2025, ce sont 50 migrants qui se sont noyés après le naufrage de leur embarcation en direction des îles Canaries, avait rapporté l’ONG Caminando Fronteras

    #Covid-19#migrant#migration#mauritanie#canaries#routemigratoire#migrationirreguliere#mortalite#sante

  • #Sénégal : plus de 1 900 migrants interpellés au 1er trimestre 2025

    Selon le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), 1 946 migrants ont été interpellés, 74 convoyeurs arrêtés et 32 #pirogues saisies par les forces de sécurités sénégalaises durant le 1er semestre 2025. Des chiffres qui relatent l’ampleur du phénomène migratoire au Sénégal malgré les efforts entrepris pour lutter contre l’immigration clandestine vers l’Europe.

    Au premier trimestre 2025, les forces de défense et de sécurité sénégalaises ont interpellé « 1 946 personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers - 1 000 personnes - utilisant le Sénégal comme point de départ » a indiqué mardi 2 septembre le secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), Modou Diagne.

    Le contrôleur général de police a également précisé que 32 pirogues avaient été saisies et 74 suspects, des convoyeurs, arrêtés et déférés devant la justice. Ces chiffres ont été présentés à l’occasion d’un atelier s’inscrivant dans le cadre de la #Stratégie_nationale_de_lutte_contre_la_migration_irrégulière avec la #vision_Sénégal_2050 (#SNLMI).

    « La migration irrégulière est un défi de longue date, qui ne peut être résolu par un coup de baguette magique » a déclaré #Modou_Diagne. « Nous voulons réduire drastiquement ce phénomène à l’horizon 2035 », a-t-il cependant insisté.

    Face à l’ampleur de ces #départs irréguliers vers l’Europe, le Sénégal a accentué ses efforts ces dernières années afin de freiner le flux des migratoires.

    Multiplication des efforts

    Les #opérations_de_contrôle menées par les autorités de Dakar se sont donc multipliées sur le #littoral ces derniers mois. Un renforcement notamment dû au renouvellement d’accords de #coopération entre les #pays_de_transit (dont le Sénégal mais aussi la Mauritanie) et l’#Union_européenne, pour limiter les départs d’embarcations clandestines vers l’Europe. Dakar avait ainsi reçu une aide de 30 millions d’euros en octobre 2024 pour contrer ces départs mais aussi secourir les migrants en mer.

    « La #surveillance renforcée des #côtes commence à porter ses fruits », a souligné le Modou Diagne, saluant notamment les avancées réalisées dans le démantèlement des filières de #passeurs et l’intensification de la #répression à leur encontre.

    La SNLMI, validée en 2023 afin de lutter contre le phénomène d’ampleur de l’immigration clandestine au Sénégal, s’axe sur cinq volets : #prévention et #sensibilisation, répression des #filières_de_passeurs, gestion et #surveillance_des_frontières, #protection, retour et #réintégration des migrants. C’est pour coordonner toute ses actions que la CILMI a été créé en 2024 par le président de la République du Sénégal.

    L’accent est notamment mis sur la prévention pour dissuader les jeunes Sénégalais de partir clandestinement. Plusieurs campagnes de sensibilisation sont menées dans le pays depuis le début de l’année et des comités départementaux et régionaux de #lutte_contre_la_migration_irrégulière ont également été mis sur pied pour « impliquer les communautés dans cette #prévention ».

    https://x.com/Min_Interieur/status/1889799947647959160

    Le secrétaire permanent a insisté sur « la nécessité d’aller au-delà du volet sécuritaire » et d’"offrir aux jeunes et aux femmes des alternatives crédibles pour bâtir un avenir au Sénégal". Des #programmes_économiques générateurs de #revenus sont aussi en cours de déploiement dans le pays pour tenter de dissuader la population de prendre la route de l’exil.

    Une route très empruntée, mais très meurtrière

    Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants subsahariens. Après un record en 2024, le nombre d’arrivées a fortement chuté cette année. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, 12 126 exilés sont arrivés aux #Canaries depuis janvier par pirogues, contre 25 571 sur la même période l’année dernière. Soit une baisse de 52,6%.

    En 2024, le Sénégal est devenu le second pays de départ vers cette destination selon le rapport de la Sécurité nationale espagnole. Si les départs sont moins nombreux cette année depuis les côtes sénégalaises en raison des mesures répressives et sécuritaires adoptées, cela ne signifie pas pour autant que les pirogues ne partent plus. La route de l’Atlantique s’est simplement déplacée plus au nord faisant désormais de la #Mauritanie, le principal lieu de départ des personnes désireuses de gagner les Canaries. La route au départ de la #Guinée est aussi de plus en plus utilisée par les migrants.

    Dans un pays touché par un #chômage_de_masse et une #crise_économique ainsi que par la raréfaction des #poissons due à la #surpêche, des milliers de jeunes Sénégalais tentent de traverser l’Atlantique pour rejoindre les Canaries, prenant des #risques énormes. Il faut au moins cinq jours de navigation pour parcourir les 1 500 km qui séparent le pays de l’archipel, dans des conditions décrites comme terribles par les survivants, à la merci de la faim et la soif, du soleil, des intempéries et des avaries.

    Cela en fait l’une des routes les plus meurtrières avec de fréquents naufrages recensés. L’un des derniers drames en date remonte au 28 août. Partie de Gambie avec plus 160 personnes à bord, toutes gambiennes et sénégalaises, une pirogue a fait naufrage au large de la Mauritanie. Au moins 69 corps ont été repêchés et seuls 17 migrants ont pu être secourus.

    Plus de 10 400 migrants sont morts ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne en 2024, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un chiffre sous-estimé car de nombreuses embarcations perdues en mer ne sont jamais retrouvées. Au cours des cinq premiers mois de 2025, un total de 1 482 décès a été comptabilisé par l’ONG sur cette route.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/66735/senegal--plus-de-1-900-migrants-interpelles-au-1er-trimestre-2025
    #statistiques #chiffres #2025 #migrations #réfugiés #route_atlantique #dissuasion #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #frontières #externalisation
    ping @6donie

  • Mauritanie : naufrage d’une pirogue gambienne, le bilan pourrait atteindre entre 60 et 90 morts
    https://www.dakaractu.com/Mauritanie-naufrage-d-une-pirogue-gambienne-le-bilan-pourrait-atteindre-e

    Mauritanie : naufrage d’une pirogue gambienne, le bilan pourrait atteindre entre 60 et 90 morts
    Un drame maritime sans précédent a frappé les côtes mauritaniennes. Une pirogue partie de la Gambie le 21 août, transportant environ 160 passagers vers les côtes espagnoles, a chaviré au large, laissant derrière elle un bilan humain dramatique. Selon les garde-côtes mauritaniens, 69 corps ont déjà été repêchés, mais des sources locales estiment que le nombre de victimes pourrait atteindre 90 morts.
    La pirogue, surchargée et prise de panique par les passagers, aurait chaviré dans des conditions encore à préciser. Les survivants racontent des scènes de chaos et de désespoir, où les cris et la panique auraient contribué à la catastrophe. Les garde-côtes mauritaniens n’ont pu sauver que 17 hommes, parmi lesquels un Ghanéen, six Gambiens et plusieurs Sénégalais. Le reste des passagers est porté disparu ou retrouvé décédé.Assane Guèye, président de la communauté sénégalaise en Mauritanie, a témoigné de la gravité de la situation :« J’ai vu de mes propres yeux plus de 70 corps enterrés sur la côte. Mais comme la mer continue de rejeter des corps, ce nombre pourrait encore augmenter. »
    Parmi les survivants, deux frères ont raconté la fin tragique de leur aîné, épuisé par la traversée :
    « Fatigué et à bout de force, il leur a dit : ‘Sauvez-vous, moi je n’en peux plus. C’est ma fin.’ »Ces récits illustrent la cruauté de ce drame et la détresse des passagers confrontés à la violence de la mer.
    Dès l’annonce du naufrage, l’ambassade du Sénégal à Nouakchott a dépêché une délégation dirigée par le Lieutenant-chef Major Diakhate, accompagné d’Assane Guèye et de responsables de la colonie sénégalaise, pour identifier les victimes et soutenir les survivants.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mauritanie#mortalite#atlantique#migrationirreguliere#routemigratoire#sante

  • Au moins 40 morts et 80 disparus après un naufrage au large de la Mauritanie - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/66642/au-moins-40-morts-et-80-disparus-apres-un-naufrage-au-large-de-la-maur

    Au moins 40 morts et 80 disparus après un naufrage au large de la Mauritanie
    Par Romain Philips Publié le : 28/08/2025
    Une pirogue d’environ 130 personnes a fait naufrage au large de la Mauritanie mercredi. Seulement 17 personnes ont pu être secourues par les gardes-côtes mauritaniens.Un nouveau drame a eu lieu au large de la Mauritanie. Mercredi, une embarcation de migrants a fait naufrage au large du pays. Seulement 17 personnes, tous des hommes, ont été secourues par les gardes-côtes mauritaniens. Un chiffre confirmé par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à InfoMigrants.
    La pirogue, partie de Gambie, avait à son bord plus de 130 personnes d’origines sénégalaise et gambienne. Il y a au moins 40 morts, selon le dernier bilan communiqué à InfoMigrants. Celui-ci pourrait encore s’alourdir, car quelque 80 exilés sont encore portés disparus. Sur une vidéo tournée par des ressortissants sénégalais en Mauritanie, on peut voir une dizaine de corps rejetés par la mer et éparpillés sur une plage mauritanienne. Les papiers d’identité d’un ressortissant sénégalais, originaire de la région de Touba, ont été retrouvés sur au moins un des cadavres.
    Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants subsahariens. Les candidats au départ, depuis les côtes sénégalaises, mauritaniennes ou gambiennes, fuient la pauvreté, le chômage ou l’absence de perspectives. Ils embarquent clandestinement, moyennant finances, sur des pirogues ou des embarcations précaires, complètement inadaptées à de telles traversées.
    Il faut plusieurs jours de navigation pour parcourir les 1 500 km jusqu’aux Canaries dans des conditions décrites comme terribles par les survivants, à la merci de la faim et la soif, du soleil, des éléments et des avaries.Après un record en 2024, le nombre d’arrivées a fortement chuté depuis le début de l’année. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, 11 883 exilés sont arrivés aux Canaries par cayucos - les pirogues utilisées pour faire la traversée -, contre 22 304 sur la même période l’année dernière. Soit une baisse de 46,7%.
    Cette route est aussi l’une des plus meurtrières. Plus de 10 400 migrants sont morts ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne en 2024, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un chiffre sous-estimé car de nombreuses embarcations perdues en mer ne sont jamais retrouvées. Au cours des cinq premiers mois de 2025, un total de 1 482 décès a été comptabilisé par l’ONG sur cette route.
    De tels naufrages ont déjà eu lieu au large des côtes africaines. En mars 2025, au moins 70 personnes sont décédées après avoir fait naufrage sur la route des Canaries. Parties de Mauritanie, les exilés avaient dérivé dans l’océan pendant plusieurs jours. Quelques mois plus tôt, en janvier 2025, ce sont 50 migrants qui se sont noyés après le naufrage de leur embarcation en direction des îles Canaries, avait rapporté l’ONG Caminando Fronteras.

    #Covid-19#migrant#migration#mauritanie#senegal#gambie#routemigratoire#sante#mortalite#migrationirreguliere#atlantique