• Le capitalisme n’est pas un destin
    https://laviedesidees.fr/Lowy-Guillibert-Marx-Narodnik

    Marx reste souvent lu comme un auteur déterministe, théoricien d’un processus historique conduisant au nécessaire dépassement du capitalisme. Une partie de son œuvre tardive invite à nuancer cette lecture.

    #Philosophie #Marx

    • À la suite de sa lecture de Tchernychevski, c’est la correspondance avec Vera Zassoulitch qui permet à Marx d’achever sa mutation intellectuelle. Le comprendre exige de reprendre en détail les arguments donnés par Zassoulitch ainsi que leur reprise par Marx. Cette lettre, datée du 8 mars 1881, mais aussi ses quatre brouillons préparatoires, restés inédits jusqu’à leur publication en 1924, posent la question suivante : La #Russie est-elle obligée de passer par le stade du capitalisme afin d’atteindre le socialisme ? Ce n’est pas, selon Marx, une étape nécessaire. Le processus pour lequel il est le plus connu, à savoir l’expropriation des producteurs afin de constituer un capital, puis la prolétarisation généralisée, ne s’applique pas à la Russie. Les analyses de son ouvrage majeur valent principalement pour le modèle propre à l’Europe occidentale. Il s’agit là de l’argument central de la pensée du dernier Marx : ses analyses n’ont pas vocation à être universalisées et étendues à d’autres régions géographiques. Il existe plusieurs voies pour accéder au communisme.

      #mir #possession_communale #narodniki #Nikolaï_Tchernychevski #Véra_Zassoulitch #théorie #révolution

    • Le dernier Marx, Sous la direction de Kolja Lindner - Éditions de l’Asymétrie, Toulouse, 2019, 400 pages, 20 euros.
      https://www.monde-diplomatique.fr/2020/04/CLOUET/61641

      Découvrir le « Marx tardif », de plus en plus soucieux d’étudier les sociétés précapitalistes pour préciser ses analyses : à cette fin, les éditeurs compilent des extraits des notes prises par lui lors de ses lectures d’historiens, anthropologues, etc., précédés de solides introductions théoriques. Ils montrent comment il cultive le doute méthodologique et combat toute pensée dogmatique dans les dix dernières années de sa vie. Dans ces textes, il pense la démocratie avec les Iroquois, la famille avec les brahmanes, la question foncière avec l’Algérie et l’Inde, ou la commune rurale avec la Russie. Il développe trois idées inattendues pour le lecteur habitué à une certaine vulgate marxienne : le capitalisme n’évolue pas par stades linéaires mais connaît des temporalités irrégulières et contradictoires ; les mouvements historiques ne se diffusent pas depuis l’Europe mais naissent dans une relation combinée avec la périphérie ; des traces d’émancipation peuvent être repérées dans les procédures de décision collectives qu’ont développées de nombreuses populations sans État.

      Hadrien Clouet

      Une présentation plus substantielle, avec un extrait de Karl Marx et les iroquois
      https://editionsasymetrie.org/ouvrage/le-dernier-marx

      #anthropologie #E._P._Thompson

    • “La tâche du Manifeste communiste, c’était de proclamer la disparition inévitable et imminente de l’actuelle propriété bourgeoise. Or, en Russie, à côté d’un ordre capitaliste qui se développe avec une hâte fébrile, à côté de la propriété foncière bourgeoise seulement en train de se constituer, nous constatons que plus de la moitié du sol forme la propriété commune des paysans. Une question se pose donc : la commune paysanne russe – forme, il est vrai, très désagrégée déjà de propriété commune primitive du sol – peut-elle se transformer directement en une forme communiste supérieure de la propriété foncière ? Ou bien devra-t-elle subir préalablement le même procès de dissolution qui se manifeste dans l’évolution historique de l’Occident ? La seule réponse que l’on puisse actuellement faire à cette question est la suivante : si la révolution russe devient le signal d’une révolution ouvrière à l’Occident de façon que les deux révolutions se complètent, l’actuelle propriété commune russe peut devenir le point de départ d’une évolution communiste”

      Friedrich Engels, Karl Marx, préface à l’édition russe du Manifeste du parti communiste, 1882.

    • LE DERNIER MARX, COMMUNISME EN DEVENIR - Karl Marx, Michael Löwy, Pier Paolo Poggio, #Maximilien_Rubel, 80p., octobre 2018, ens Etérotopia
      https://www.eterotopiafrance.com/catalogue/le-dernier-marx-communisme-en-devenir

      L’ouvrage : Dans les années 1881-1882, Marx développe un intérêt particulier pour les sociétés pré-capitalistes (parmi lesquelles notamment les communautés rurales russes) ainsi que pour des pays comme l’Égypte, l’Algérie ou l’Inde, où s’engagent alors des luttes contre la domination capitaliste.

    • Marx et la commune rurale russe : cui prodest ? Il Lato Cattivo [ décembre 2014 ]

      La crise actuelle du mode production capitaliste est, bien compréhensiblement, porteuse d’un nouveau intérêt pour Marx. Dans la profusion des publications – académiques ou non – qui apparaissent un peu partout, aux USA et en Europe mais pas seulement, certains travaux d’un certain intérêt ne tardent pas à percer. Il y a par contre, comme cela advient à chaque fois qu’une étude touche à la « marxologie », le défaut de vouloir découvrir et faire découvrir le vrai Marx, contre les faux Marx d’un passé généralement associé aux méchants souvenir du « socialisme réel ». Enfants d’une téléologie qui voit dans l’histoire l’affrontement du Vrai et du Faux, des telles ambitions, bien qu’elles puissent parfois être fécondes, nous disent davantage sur les fantasmes des auteurs en question et sur leur époque que sur Marx lui-même. Chaque génération, comme l’écrivit Karel Kosík dans Dialectique du concret (Maspero, Paris, 1970), cherche et découvre dans le texte marxien ce qui est nécessaire pour exercer une prise théorique sur son présent et, par conséquent, met en relief certains aspects de Marx pour en écarter d’autres ; chaque génération, en somme, s’abreuve à la source originelle pour la traduire (la trahir) une fois de plus. Le Marx évolutionniste et progressiste de la Seconde Internationale était-il une simple falsification ? Ou était-ce plutôt la lecture plus naturelle que l’on pouvait donner de Marx, dans les conditions de la Belle Époque qui précédèrent la Première Guerre mondiale ? Engels n’écrivit-il pas que la période des bouleversements violents, au moins pour les pays capitalistes les plus développés, était terminée ?

      Avec les brouillons et la lettre de Marx à Véra Zassoulitch.

      #communisme ± #téléologie #orthodoxie #dogmatisme

    • Karl Marx et le socialisme populiste russe, Maximilien Rubel, 1947
      https://www.marxists.org/francais/rubel/works/1947/rubel_19470500.htm

      I. Histoire d’un oubli historique

      Au début des années 80 du siècle dernier, la colonie des révolutionnaires russes réfugiée à Genève accueillit dans ses rangs plusieurs nouvelles recrues qui venaient de faire leurs armes dans le premier mouvement socialiste qu’eût connu la Russie des tsars : le populisme (narodnitchestvo)[1]. (Quatre de ces nouveaux arrivants seront, quelques années plus tard, les pionniers de la social-démocratie russe d’orientation marxiste : G.-V. Plékhanov, P. Axelrod, L. Deutsch et Véra Zassoulitch[2]).

      Avant leur conversion au #Marxisme, ils avaient appartenu à une des organisations illégales du mouvement populiste qui, en 1879, après l’attentat manqué de l’instituteur A. Soloviev contre Alexandre II, s’était scindé en deux fractions : le groupe dit du Partage Noir (Tchnorny Pérédiel) et celui de la Volonté du Peuple (Narodnaïa Volia). Unanimes sur le but à atteindre – leur programme était en somme la réalisation du #socialisme_agraire rêvé par tous les idéologues populistes, de Herzen à Tchernychevski et à Lavrov – ils étaient en désaccord sur les méthodes de lutte à employer en vue de renverser le régime tsariste.

      Tandis que le premier groupe voulait rester fidèle aux traditions populistes en intensifiant la propagande dans les villages et en refusant de donner à leur marche vers le peuple une signification politique, le second proclamait la nécessité d’entrer dans la lutte directe systématiquement menée avec l’autorité, d’en hâter l’effondrement et d’atteindre ainsi un objectif politique important : la convocation d’une assemblée constituante.

  • Puntata del 26/05/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-26-05-2026

    Il primo approfondimento lo abbiamo fatto in compagnia di Elisabetta Petragallo della #cub sullo #Sciopero_Generale di venerdì 29/05/26. I motivi per fare sciopero in questo momento storico non mancano ma con la nostra ospite abbiamo analizzato quelli che hanno spinto Confederazione Unitaria di Base, ADL Varese, Sindacato Generale di Base, SI Cobas, USI – […]

    #aggressione_militare #bolivia #CCNL_Multiservizi #contratto_alimentare #costo_della_vita #cuba #cuba_va #economia_di_guerra #emergenza_abitativa #fiorentini #guerra #industria_alimentare #iveco #Max_Lioce #mobilitazioni_contadine #mobilitazioni_indigene #precariato #sicobas_torino #trofarello
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/05/F_m_26_05_Elisabetta-Petragallo-CUb-Piemonte-su-sciopero-generale-29-

  • Autour de l’École de Francfort — Kritische Theorie
    https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2026/05/13/autour-de-lecole-de-francfort-kritische-theorie

    En 1923 fut fondé à Francfort l’Institut de Recherche sociale qui se donna pour but de faire de la philosophie critique ou théorie critique un instrument de changement et de transformation sociale. L’Institut s’éloigna rapidement du pseudo-communisme importé d’U.R.S.S et chercha à promouvoir une collaboration interdisciplinaire entre philosophie et sciences sociales. Loin de se figer […] L’article Autour de l’École de Francfort — Kritische Theorie est apparu en premier sur Atelier d’Écologie Sociale et Communalisme.

    #Orientation_bibliographique #Andrew_Feenberg #École_de_Francfort #Ernst_Bloch #Franz_Borkenau #Georg_Lukács #Günther_Anders #Hartmut_Rosa #Herbert_Marcuse #Max_Horkheimer #Oskar_Negt #Siegfried_Kracauer #Theodor_W._Adorno #Walter_Benjamin

  • Un’ora a #pompei, prima dell’eruzione: nasce Discovery Pompeii Alive
    https://informareonline.com/unora-a-pompei-prima-delleruzione-nasce-discovery-pompeii-alive

    Un viaggio nel 79 d.C., sviluppato in collaborazione con Warner Bros. Discovery Global Experiences, riporta Pompei in vita attraverso narrazione e tecnologia, portando i visitatori dentro la città com’era Pompei. Cosa significava trovarsi a Pompei nelle ore prima dell’eruzione del Vesuvio, come se fosse oggi? A pochi minuti dal sito archeologico, all’interno di MaxiMall Pompeii, […] L’articolo Un’ora a Pompei, prima dell’eruzione: nasce Discovery Pompeii Alive proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Approfondimenti #Cultura #maximall_pompei

  • La crescita senza più confini di #Vivenda

    La società di ristorazione traina con i suoi numeri il gruppo #La_Cascina. Protagonista del “progetto Albania” sui migranti promosso dal Governo Meloni
    Un fatturato che passa da 300 a 334 milioni di euro tra il 2024 e il 2025 con 51 milioni di pasti serviti e oltre ottomila dipendenti, 1.890 in più nel giro di dodici mesi.

    Questi freddi numeri descrivono la crescita della #Vivenda_Spa, colosso della ristorazione che da Palermo a Milano conta 150 unità locali e fa parte del gruppo La Cascina le cui aziende macinano un appalto dopo l’altro in tutta Italia. Si tratta di una compagine societaria storicamente vicino a #Giulio_Andreotti poi finita coinvolta nell’inchiesta “#Mafia_capitale” e oggi vicino all’attuale governo guidato da #Giorgia_Meloni che ha accompagnato nell’avventura dei centri per migranti previsti dal protocollo Italia-Albania gestiti da #Medihospes, cooperativa che è parte del gruppo. Per capire il presente facciamo un salto indietro al 2003.

    Siamo a Bari e la cooperativa La Cascina finisce al centro di un’inchiesta della Procura per le forniture avariate a scuole, caserme, ospedali e università pugliesi. Fanno notizia non solo alcune delle frasi intercettate dagli investigatori -che vanno da, come riporta il manifesto, “se ‘sta carne la diamo ai leoni dello zoosafari, muoiono” a “stai attento con la trielina, ancora li fai morire, i cristiani”- ma il quadro generale ricostruito dall’indagine che dà conto della qualità scadente del cibo fornito. Un terremoto giudiziario che colpisce i vertici aziendali, con i dirigenti #Salvatore_Menolascina, #Emilio_Fusco Roussier (attuale vicepresidente di #Anir_Confindustria) #Camillo_Aceto (oggi presidente della cooperativa Medihospes), #Gabriele_Scotti e #Ivan_Perrone che finiscono ai domiciliari, poi revocati.

    Nel 2004 a Roma viene registrata in Camera di commercio la #Vivenda_Spa che prende il timone del settore della ristorazione. La spinta iniziale arriva anche dalla holding pubblica #Sviluppo_Italia Spa (oggi #Invitalia) guidata da #Ferruccio_Ferranti, vicino ad Alleanza nazionale, che acquisisce il 30% della nuova società investendo dieci milioni di euro. La sede individuata per Vivenda Spa è la stessa de La Cascina: il complesso di via Francesco Antolisei 25 a Roma dove ha le radici il gruppo societario.

    I dipendenti totali del gruppo La Cascina sono 14mila. Le aziende che compongono il gruppo (La Cascina costruzioni Srl, Vivenda Spa e Medihospes) fatturano oltre 600 milioni di euro l’anno

    Quell’indirizzo in quel periodo è anche sede del giornale “Trenta giorni”, diretto da Andreotti, il cui busto accoglie nei primi anni i fornitori che si recano nella sede per firmare i contratti. Insieme alla Dc l’impulso iniziale per fondare il gruppo arriva da #Comunione_e_liberazione dato che La Cascina nasce, nel 1978, per volere di don #Giacomo_Tantardini, guida romana del movimento, e di alcuni studenti universitari che volevano aprire una #mensa per i colleghi.

    Vivenda Spa nel 2025 ha superato la quota di ottomila dipendenti, 1.890 in più rispetto al 2024. È attiva in 150 città italiane

    Le fotografie di via Antolisei finiscono su tutti i giornali nell’estate 2015 quando per Vivenda Spa e La Cascina arriva un provvedimento interdittivo “quale soggetto economico le cui figure apicali risultano partecipi ad accordi di natura corruttiva” nell’ambito dell’indagine “Mafia capitale”. Per l’allora prefetto di Roma Franco Gabrielli è necessaria la nomina di due commissari per salvaguardare la continuità dei servizi garantiti dalle società, dai richiedenti asilo ai senza dimora fino alla ristorazione con 12mila persone assistite e 37 milioni di pasti garantiti annualmente.

    Nel settembre 2015 quattro dirigenti della cooperativa patteggiano pene da due anni e sei mesi a due anni e otto mesi mettendo a disposizione della procura 400mila euro, l’equivalente della corruzione contestata. Nel luglio 2016, il Tribunale di Roma dichiara “reciso ogni rapporto con ambienti criminali” e revoca dopo un anno l’amministrazione giudiziaria. Passano dodici mesi -siamo nel maggio 2017- e si chiude anche il capitolo processuale barese. Menolascina e Fusco vengono assolti “perché il fatto non sussiste” da un’accusa di falso mentre per gli altri reati contestati di truffa e frode -a loro due insieme ad altri 15 imputati- scatta la prescrizione.

    I giudici della Corte d’Appello, come riportato da la Repubblica, parlano di violazioni “innumerevoli, gravi e ampiamente riscontrate dalle prove documentali e testimoniali acquisite” e del fatto che fornitori e dirigenti de La Cascina “erano pienamente consapevoli delle merci di qualità scadente o comunque prive degli indispensabili requisiti igienici” e “non solo non interrompevano immediatamente i rapporti con il fornitore ma addirittura tendevano a coprirlo”. All’epoca l’avvocato degli imputati dichiarò: “Un processo più di interesse mediatico che giudiziario”. Era Francesco Paolo Sisto del Foro di Bari, oggi viceministro della Giustizia.

    Il vento gira e le società del gruppo cominciano a macinare appalti. Compresa la Vivenda Spa che negli ultimi quattro anni è passata dall’assorbire il 3,5% delle quote di mercato del settore della ristorazione al 5,4%, posizionandosi dietro alle “regine” Cir Food, Gruppo Serenissima, Camst, Dussmann Service e Sodexo. Accanto alle mense, però, l’azienda implementa anche l’attività legata alla ristorazione. In collaborazione con la #Cooperativa_Solidarietà_e_lavoro, Vivenda gestisce poi i dieci ristoranti “#Maxelà” diffusi in tutta Italia. Quello più famoso si trova a Roma in piazza delle Coppelle noto per le assidue frequentazioni di deputati e senatori ma anche per gli incontri più “riservati”, come quello tra Giorgia Meloni e Letizia Moratti durante le trattative per la nomina del presidente della Repubblica. Non c’è però solo la ristorazione.

    Dal 2022 sono state incorporate in Vivenda le società #La_Cascina_global_service Srl, #Turigest Srl e #Global_cri Srl con l’obiettivo di garantire anche servizi di pulizia, gestione e manutenzione delle aree verdi oltre che logistica. Inoltre la società romana controlla anche #La_Cascina_costruzioni Srl, attiva nel settore edilizio che tra il 2022 e il 2023 ha visto crescere il suo fatturato del 700%, raggiungendo i 188 milioni di euro. Fino al 15 aprile 2022 a guida dell’azienda c’era l’attuale assessore alla Salute della Regione Basilicata #Cosimo_Latronico, ex parlamentare in quota centrodestra tra il 2013 e il 2018, che nel 2015 ha aderito al partito “#Conservatori_e_riformisti” fondato da #Raffaele_Fitto, oggi vicepresidente della Commissione europea con delega alla coesione e alle riforme.

    Per capire il “peso” di Vivenda serve ancora dar conto delle attività della Cooperativa sociale Medihospes, braccio operativo del gruppo nei servizi socioassistenziali, soprattutto per persone migranti e senza dimora, che ha fatturato più di 179 milioni di euro nel 2024 gestendo servizi in tutta Italia. E non solo: nel maggio 2024 Medihospes si è aggiudicata la gestione per 133 milioni di euro dei centri di detenzione voluti dal Governo Meloni in Albania. Proprio dove, pochi mesi dopo la vittoria dell’appalto, anche Vivenda ha aperto una sua sede locale. Con 14mila dipendenti e più di 600 milioni di euro il gruppo La Cascina non conosce ormai più confini.

    https://altreconomia.it/la-crescita-senza-piu-confini-di-vivenda
    #restauration #Albanie #Italie

  • #Maxiprocesso 4.0 : come la tecnologia supporta la memoria al #MuST23 di #Capaci

    Sono passati 40 anni da quel 10 febbraio 1986, il giorno in cui iniziò la prima storica udienza del Maxiprocesso contro #Cosa_Nostra. Un evento che ha cambiato per sempre la storia d’Italia e la lotta alla mafia.

    Oggi, quella memoria non resta chiusa nei libri di storia o negli archivi polverosi. Grazie al progetto del MuST23 – Museo Stazione 23 Maggio di Capaci e all’impegno della cooperativa #Addiopizzo_Travel, la testimonianza civile diventa un’esperienza viva, digitale e alla portata di tutti.
    Entrare nell’Aula Bunker con la Realtà Virtuale

    Hai mai desiderato varcare la soglia dell’#Aula_Bunker di Palermo? È un luogo simbolo, solitamente inaccessibile, dove il potere mafioso subì una sconfitta storica.

    Grazie ai fondi del PNRR, abbiamo sviluppato un’applicazione di Realtà Virtuale (VR) che ricostruisce fedelmente quegli spazi. Indossando il visore al MuST23, potrai:

    Esplorare l’aula a 360 gradi.
    Ripercorrere i momenti salienti del dibattimento
    Rivivere il clima di tensione di quelle giornate

    Come spiega Francesca Vannini, Presidente di Addiopizzo Travel: “Non vogliamo solo far leggere del Maxiprocesso, vogliamo che i giovani ne sentano il peso e l’emozione. La tecnologia è il ponte che permette a chi non c’era di guardare la storia negli occhi.”
    L’Intelligenza Artificiale al servizio della verità

    La memoria ha bisogno di basi solide e non c’è base più solida degli atti processuali. In collaborazione con il Tribunale, abbiamo digitalizzato migliaia di documenti originali.

    Non si tratta di semplici scansioni: grazie all’Intelligenza Artificiale, oggi queste carte diventano interattive. Sul sito maxiprocessoai.must23.it è possibile consultare gratuitamente oltre 16.000 pagine (84 documenti chiave) a partire dal 10 febbraio 2026.

    “Abbiamo liberato la memoria dalla polvere degli archivi”, racconta Dario Riccobono, Direttore di MuST23. “Attraverso l’AI, ogni cittadino può interrogare la storia e cercare la verità tra le righe. Questo immenso patrimonio di giustizia non è un capitolo chiuso, ma una bussola per il nostro presente.”
    Un’esperienza completa al MuST23 di Capaci

    Il percorso del museo si arricchisce anche di un contenuto esclusivo: un documentario speciale prodotto dalla TGR Sicilia e dalla Sede regionale RAI di Palermo, che entra a far parte dell’esposizione permanente.

    Il MuST23, nato all’interno della stazione ferroviaria di Capaci, si conferma così un polo culturale all’avanguardia. Dopo aver lanciato nel 2024 la ricostruzione virtuale della strage di Capaci, continuiamo a usare i linguaggi digitali per rendere la lotta alla mafia un messaggio attuale, dinamico e partecipato.
    Perché visitare il MuST23?

    Scegliere di visitare il Museo Stazione 23 Maggio significa sostenere un progetto di turismo etico e rigenerazione urbana. È un modo per trasformare un luogo legato al dolore in uno spazio di bellezza, cultura e futuro.

    Ti aspettiamo a Capaci per vivere la storia in prima persona.

    https://www.must23.it/2026/02/07/maxiprocesso-anniversario-40-tecnologia-memoria-intelligenza-artificiale-real
    #maxi-processo #musée #digitalisation #mafia #musée #Giovanni_Falcone #Paolo_Borsellino #Sicile #réalité_virtuelle

  • Trois médicaments que vous avez sûrement chez vous sont désormais classés comme « plus dangereux qu’utiles »
    https://www.presse-citron.net/trois-medicaments-avez-chez-vous-plus-dangereux-quutiles

    Le premier concerné est le diclofénac, principe actif du #Voltarène (et de nombreux autres génériques), un médicament classé parmi les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Synthétisé pour la première fois dans les années 1970, on l’utilise principalement pour soulager les douleurs ou les inflammations articulaires. Très efficace, son potentiel toxique sur le système cardiovasculaire est bien établi depuis 2013 (notamment grâce à cette étude publiée dans The Lancet), et reste beaucoup plus important que d’autres composés de la même famille (ibuprofène, aspirine, kétoprofène, etc.)

    Risques d’infarctus, insuffisance cardiaque, accidents thrombotiques, cardiopathie ischémique : ses effets secondaires sont nombreux. Ce qui a amené Prescrire à conclure : « Puisqu’il existe des anti-inflammatoires moins dangereux pour la même efficacité, le diclofénac ne devrait plus être utilisé en première intention ».

    Deuxième pilier de nos armoires à pharmacie : la diosmectite, plus connue sous son nom commercial #Smecta. Son action pharmacologique est principalement mécanique, car c’est une poudre argileuse qui « bloque » le système digestif en cas de diarrhée.

    Quel est le problème dans ce cas ? L’argile qu’il contient est souvent contaminée au plomb, un métal lourd délétère pour l’organisme humain : neurotoxique, reprotoxique et mutagène, il peut aussi provoquer des atteintes rénales et des troubles cardiovasculaires. Pour le moment, aucune étude scientifique solide n’a prouvé qu’il avait démontré une efficacité supérieure au fait de s’hydrater correctement lors d’un épisode diarrhéique, le premier réflexe à adopter si l’on en souffre.

    En l’absence de bénéfice prouvé et face à un risque, même minime, d’exposition à un toxique, Prescrire l‘a logiquement placé sur sa liste des médicaments à écarter.

    Enfin, le troisième composé : l’alpha-amylase, vendue sous la forme d’un sirop très utilisé contre les maux de gorge, le #Maxilase. Une enzyme digestive découverte en 1833, que l’on retrouve dans les sucs pancréatiques et dans la salive, mais qui n’a jamais montré de réelle efficacité par rapport à un placebo. Dans certains cas, bien que rares, elle peut provoquer des réactions cutanées ou allergiques sévères.

    Voilà pourquoi Prescrire a choisi de la lister à côté des autres composés, étant donné qu’il existe de nombreux autres traitements dont l’efficacité est mieux établie et qui sont moins risqués, tels que les pastilles à la chlorhexidine ou au cétylpyridinium. Ils réduisent l’irritation convenablement et leur balance bénéfices-risques est plus favorable.

    Si vous utilisez régulièrement ces trois médicaments, il est inutile de céder à la panique. Prescrire ne fait que des recommandations à visée pédagogique, en phase avec l’un des principes les plus importants de la médecine contemporaine : il vaut mieux se tourner vers des solutions dont l’efficacité et l’utilité clinique sont incontestables, plutôt que de continuer à consommer des substances en étant guidé uniquement par l’habitude. Cette liste ne signifie en aucun cas que ces traitements sont soudainement devenus dangereux ; elle formalise simplement qu’ils ne doivent plus être considérés comme des références.

  • ALIMENTATION : TOUT EST FAIT POUR VOUS FAIRE CHOISIR DES PRODUITS MAUVAIS POUR LA SANTÉ

    Qui aujourd’hui a les moyens de bien manger ? En France, des millions de personnes ne mangent pas à leur faim ou ont une alimentation peu diversifiée et dangereuse pour leur santé. Malgré la stabilisation de l’inflation, les prix restent trop élevés pour la grande majorité des Français et ils ont un impact sur ce qu’ils décident d’acheter : moins de produits frais, de fruits, de légumes. Contraintes dans leurs choix alimentaires, les personnes précaires sont aussi « les premières victimes de maladies liées à une mauvaise alimentation ». Un tiers des apports caloriques journaliers des Français vient d’aliments ultra transformés.

    Et tout ceci n’est pas la faute des consommateurs comme on l’entend bien souvent…
    “Tout est organisé pour que les consommateurs choisissent des produits mauvais pour leur santé” c’est ce que dénonce Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch France dans son livre “Les Dangers de l’alimentation”. Elle y propose un décryptage des dérives de notre système agro-alimentaire, un système gangréné par les intérêts du privé au détriment de notre santé et des écosystèmes naturels. Karine Jacquemart invite aussi à l’action et à la résistance collectives, pour reprendre le pouvoir sur notre alimentation et donc sur nos vies.

    À l’heure où 1 français sur 3 n’est pas toujours en capacité de se procurer une alimentation saine en quantité suffisante pour manger trois repas par jour selon le Secours Populaire.
    1 étudiant sur 5 a recours à l’aide alimentaire et 1 agriculteur sur 5 vit sous le seuil de pauvreté.

    Karine Jacquemart le rappelle, l’accès à une alimentation saine, digne et de qualité est un droit fondamental et pourtant il n’est aujourd’hui pas suffisamment garanti en France.
    Dans le même temps, l’industrie agro alimentaire a vu ses profits doubler en pleine inflation. Les scandales se répètent, se ressemblent. Ils montrent à quel point l’alimentation est un enjeu politique majeur pour notre présent et notre avenir.

    Alors comment reprendre le pouvoir sur notre alimentation ? Comment déverrouiller le système agro-alimentaire et donner accès à une alimentation saine, choisie et produite dans le respect des écosystèmes ? Réponses à ces questions et bien d’autres dans cet entretien de Paloma Moritz avec Karine Jacquemart

    https://www.youtube.com/watch?v=QYAp8Cln9IA

    #alimentation #politique #interview #Karine_Jacquemart

  • Une belle figure de l’anarchie : #Max_Nettlau
    https://www.partage-noir.fr/une-belle-figure-de-l-anarchie-max-nettlau

    Cette année, à fin avril, on a fêté les soixante-dix ans de Max Nettlau parmi tous ses amis dispersés dans le monde, fête discrète, fête ignorée des foules que seules intéressent les pétarades publicitaires des malfaiteurs et des pitres qui les exploitent. Quelques-uns de nos collaborateurs devaient nous remettre, à cette occasion des études qui nous auraient permis de nous associer tangiblement au tribut d’hommages mérités qui de tous les milieux anarchistes et sympathisants, est monté à (…) #La_Conquête_du_pain

    / Edouard Rothen, Max Nettlau

    #_Edouard_Rothen
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/conquetedupain-n038.pdf

  • #Publish_or_perish”. Per ridere e riflettere sul mondo accademico

    Il gioco inventato da #Max_Hui_Bai è una satira ma anche un modo per far emergere le difficoltà dei ricercatori per stare al passo con le tempistiche di pubblicazione. Con la speranza che la loro condizione possa migliorare.

    “Benvenuti nella vita caotica dell’editoria accademica. In questo gioco, sei un ricercatore senza prospettive che cerca di fare l’unica cosa che conta: sfornare pubblicazioni, velocemente”. Sono le premesse del gioco da tavolo “Publish or perish. Un party game umoristico sulla pubblicazione accademica” realizzato e prodotto da Max Hui Bai, ricercatore e psicologo sociale indipendente, in cui i giocatori si danno battaglia a colpi di citazioni, pubblicazioni, workshop e convegni per prevalere come ricercatori e studiosi di successo. Un’occasione per divertirsi ma anche per riflettere sulle difficoltà affrontate ogni giorno da chi lavora nel mondo accademico. E forse portare a un cambiamento.

    “Il termine ‘Publish or perish’ si usa per indicare il fatto che, se si vuole sopravvivere nel mondo accademico, la valuta più importante è la quantità di articoli e ricerche che si riescono a produrre -racconta Max Bai ad Altreconomia-. Devi avere molte pubblicazioni, idealmente su riviste prestigiose. Ma allo stesso tempo un lavoro accademico può richiedere molto tempo e risorse e non sempre portare ai risultati sperati”. Può capitare che uno studioso resti bloccato per molto tempo in un lavoro i cui risultati non siano utilizzabili ma in quello stesso periodo di tempo sarà giudicato dal mondo accademico sul numero di pubblicazioni e di citazioni ottenute. Ma che cosa succede a chi non riesce a stare al passo con le tempistiche di pubblicazione richieste? “Si va incontro a una lenta ‘morte accademica’, cioè si avrà difficoltà a ottenere fondi e finanziamenti, avanzare nella propria carriera o ottenere una posizione di successo”, prosegue Bai. Un problema che è stato aggravato dalla pandemia da Covid-19. “Il settore universitario e della ricerca è stato colpito duramente ma non in modo uniforme. Le facoltà e gli studiosi che disponevano di maggiori risorse sono stati in grado di superare meglio questa crisi, ma chi non aveva questi fondi ha avuto forti difficoltà a pubblicare”.

    Lo scopo del gioco è proprio questo: ottenere il maggior numero possibile di citazioni attraverso la pubblicazione di articoli scientifici dai titoli bizzarri e improbabili come “Pattern di procrastinazione nel mondo accademico: un caso studio su me stesso”. Ricevendo in cambio citazioni, premi e recensioni. I giocatori possono accumulare riconoscimenti ma anche ostacolarsi a vicenda e allearsi. Fintanto che il giocatore con più riconoscimenti accademici non verrà eletto vincitore.

    Max Bai ha avuto l’idea di sviluppare “Publish or perish” durante una serata di giochi di ruolo tra colleghi. Il ricercatore si è reso conto che anche la vita accademica aveva aspetti interessanti e che potevano diventare oggetto di satira. Il gioco infatti contiene diversi elementi parodistici. Ad esempio le regole impongono che quando un giocatore “pubblica una ricerca” gli altri partecipanti gli devono tributare un applauso e fargli i complimenti. E chi non lo fa riceve una penalità.

    Chi ha potuto provare il gioco in anteprima ha espresso pareri per lo più favorevoli. Un successo sottolineato anche dalla campagna di raccolta fondi sul sito Kickstarter che ha raccolto oltre 260mila dollari (al 16 ottobre) su un obiettivo base di cinquemila. “Le persone hanno apprezzato il gioco per diversi motivi: alcuni accademici ne hanno visto una satira del loro mondo, altri un modo per comunicare a persone esterne le loro difficoltà quotidiane -prosegue Bai-, e alcuni hanno semplicemente apprezzato i quiz e le curiosità scientifiche proposte”. Infatti tra le carte del gioco ve ne sono ben cento che contengono domande a risposta multipla su curiosità scientifiche e di cultura generale (lo sapevate che il cervello è l’organo più grasso del corpo umano e che i polpi hanno il “sangue blu”?) a cui i giocatori possono rispondere per ottenere bonus.

    Lo scopo di “Publish or perish” però non è solo quello di divertire ma anche di lanciare un messaggio e denunciare una situazione che per molti sta diventando sempre più insostenibile. Un primo passo, secondo il ricercatore, consiste proprio nel superamento di un sistema che porta gli studiosi a essere valutati esclusivamente in base alle loro pubblicazioni. Dando maggior risalto ad altre attività e finalità che si possono intraprendere, al di fuori della ricerca, come iniziative sociali o attività di tutoraggio accademico.

    “Ho creato questo gioco anche per fare in modo che le persone che lo usano si fermino a riflettere sulla realtà del mondo accademico e magari fare qualcosa per cambiarlo -conclude il ricercatore-. Anche se so che questo gioco non avrà impatti rivoluzionari spero che spinga a dedicare più tempo alla riflessione e che infine porti il mondo accademico a cambiare in meglio”.

    https://altreconomia.it/publish-or-perish-per-ridere-e-riflettere-sul-mondo-accademico
    #édition_scientifique #ESR #recherche #université
    #jeu #satire #publications #citations #impact_factor #H-index

  • The #Allopathic #Complex and Its Consequences
    https://archive.is/2024.12.09-230659/https://breloomlegacy.substack.com/p/the-allopathic-complex-and-its-consequences

    #luigi #mangione's last words

    LM Dec 09, 2024

    The second amendment means I am my own #chief_executive and commander in chief of my own military. I authorize my own act of #self-defense in response to a hostile entity making war on me and my family.

    Nelson Mandela says no form of viooence can be excused. Camus says it’s all the same, whether you live or die or have a cup of coffee. MLK says violence never brings permanent peace. Gandhi says that non-violence is the mightiest power available to mankind.
    That’s who they tell you are heroes. That’s who our revolutionaries are.

    Yet is that not capitalistic? Non-violence keeps the system working at full speed ahead.

    What did it get us. Look in the mirror.

    They want us to be #non-violent, so that they can grow fat off the blood they take from us.

    The only way out is through. Not all of us will make it. Each of us is our own chief executive. You have to decide what you will tolerate.
    In #Gladiator 1 #Maximus cuts into the military tattoo that identifies him as part of the roman legion. His friend asks “Is that the sign of your god?” As Maximus carves deeper into his own flesh, as his own blood drips down his skin, Maximus smiles and nods yes. The tattoo represents the emperor, who is god. The god emperor has made himself part of Maximus’s own flesh. The only way to destroy the emperor is to destroy himself. Maximus smiles through the pain because he knows it is worth it.

    These might be my last words. I don’t know when they will come for me. I will resist them at any cost. That’s why I smile through the pain.

    They diagnosed my mother with severe neuropathy when she was forty-one years old. She said it started ten years before that with burning sensations in her feet and occasional sharp stabbing pains. At first the pain would last a few moments, then fade to tingling, then numbness, then fade to nothing a few days later.
    The first time the pain came she ignored it. Then it came a couple times a year and she ignored it. Then every couple months. Then a couple times a month. Then a couple times a week. At that point by the time the tingling faded to numbness, the pain would start, and the discomfort was constant. At that point even going from the couch to the kitchen to make her own lunch became a major endeavor

    She started with ibuprofen, until the stomach aches and acid reflux made her switch to acetaminophen. Then the headaches and barely sleeping made her switch back to ibuprofen.

    The first doctor said it was psychosomatic. Nothing was wrong. She needed to relax, destress, sleep more.

    The second doctor said it was a compressed nerve in her spine. She needed back surgery. It would cost $180,000. Recovery would be six months minimum before walking again. Twelve months for full potential recovery, and she would never lift more than ten pounds of weight again.

    The third doctor performed a Nerve Conduction Study, Electromyography, MRI, and blood tests. Each test cost $800 to $1200. She hit the $6000 deductible of her #UnitedHealthcare plan in October. Then the doctor went on vacation, and my mother wasn’t able to resume tests until January when her deductible reset.

    The tests showed severe #neuropathy. The $180,000 surgery would have had no effect.

    They prescribed #opioids for the pain. At first the pain relief was worth the price of constant mental fog and constipation. She didn’t tell me about that until later. All I remember is we took a trip for the first time in years, when she drove me to Monterey to go to the aquarium. I saw an otter in real life, swimming on its back. We left at 7am and listened to Green Day on the four-hour car ride. Over time, the opioids stopped working. They made her MORE sensitive to pain, and she felt withdrawal symptoms after just two or three hours.

    Then gabapentin. By now the pain was so bad she couldn’t exercise, which compounded the weight gain from the slowed metabolic rate and hormonal shifts. And it barely helped the pain, and made her so fatigued she would go an entire day without getting out of bed.

    Then Corticosteroids. Which didn’t even work.

    The pain was so bad I would hear my mother wake up in the night screaming in pain. I would run into her room, asking if she’s OK. Eventually I stopped getting up. She’d yell out anguished shrieks of wordless pain or the word “fuck” stretched and distended to its limits. I’d turn over and go back to sleep.

    All of this while they bled us dry with follow-up appointment after follow-up appointment, specialist consultations, and more imagine scans. Each appointment was promised to be fully covered, until the insurance claims were delayed and denied. Allopathic medicine did nothing to help my mother’s suffering. Yet it is the foundation of our entire society.

    My mother told me that on a good day the nerve pain was like her legs were immersed in ice water. On a bad day it felt like her legs were clamped in a machine shop vice, screwed down to where the cranks stopped turning, then crushed further until her ankle bones sprintered and cracked to accommodate the tightening clamp. She had more bad days than good.

    My mother crawled to the bathroom on her hands and knees. I slept in the living room to create more distance from her cries in the night. I still woke up, and still went back to sleep.
    Back then I thought there was nothing I could do.

    The high copays made consistent treatment impossible. New treatments were denied as “not medically necessary.” Old treatments didn’t work, and still put us out for thousands of dollars.
    UnitedHealthcare limited specialist consultations to twice a year.
    Then they refused to cover advanced imaging, which the specialists required for an appointment.

    Prior authorizations took weeks, then months.

    UnitedHealthcare constantly changed their claim filing procedure. They said my mother’s doctor needed to fax his notes. Then UnitedHealthcare said they did not save faxed patient correspondence, and required a hardcopy of the doctor’s typed notes to be mailed. Then they said they never received the notes. They were unable to approve the claim until they had received and filed the notes.

    They promised coverage, and broke their word to my mother.
    With every delay, my anger surged. With every denial, I wanted to throw the doctor through the glass wall of their hospital waiting room.

    But it wasn’t them. It wasn’t the doctors, the receptionists, administrators, pharmacists, imaging technicians, or anyone we ever met. It was UnitedHealthcare.

    People are dying. Evil has become institutionalized. Corporations make billions of dollars off the pain, suffering, death, and anguished cries in the night of millions of Americans.

    We entered into an agreement for healthcare with a legally binding contract that promised care commensurate with our insurance payments and medical needs. Then UnitedHealthcare changes the rules to suit their own profits. They think they make the rules, and think that because it’s legal that no one can punish them.

    They think there’s no one out there who will stop them.

    Now my own chronic back pain wakes me in the night, screaming in pain. I sought out another type of healing that showed me the real antidote to what ails us.

    I bide my time, saving the last of my strength to strike my final blows. All extractors must be forced to swallow the bitter pain they deal out to millions.

    As our own chief executives, it’s our obligation to make our own lives better. First and foremost, we must seek to improve our own circumstances and defend ourselves. As we do so, our actions have ripple effects that can improve the lives of others.

    Rules exist between two individuals, in a network that covers the entire earth. Some of these rules are written down. Some of these rules emerge from natural respect between two individuals. Some of these rules are defined in physical laws, like the properties of gravity, magnetism or the potential energy stored in the chemical bonds of potassium nitrate.

    No single document better encapsulates the belief that all people are equal in fundamental worth and moral status and the frameworks for fostering collective well-being than the US constitution.

    Writing a rule down makes it into a law. I don’t give a fuck about the law. Law means nothing. What does matter is following the guidance of our own logic and what we learn from those before us to maximize our own well-being, which will then maximize the well-being of our loved ones and community.

    That’s where UnitedHealthcare went wrong. They violated their contract with my mother, with me, and tens of millions of other Americans. This threat to my own health, my family’s health, and the health of our country’s people requires me to respond with an act of war.

    END

    #UnitedHealthcare #LuigiMangione #Luigi_Mangione #mangione

    https://seenthis.net/messages/1087255

  • L’#extrême_droite s’enracine dans les #universités

    Pour sa première rencontre avec des étudiants, le nouveau ministre français de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, #Patrick_Hetzel, a choisi de se rendre à une conférence de l’#Union_nationale_interuniversitaire (#UNI), un syndicat radicalisé à l’extrême droite, dont des adhérents ont commis des violences et dont un ancien responsable s’est affiché avec un néonazi. C’est faire peu de cas de la présence de plus en plus agressive de l’extrême droite dans les universités. Un des derniers exemples en date : l’agression d’un étudiant de Solidaires à Paris fin septembre.

    Cela faisait à peine quatre jours qu’Axel, étudiant en sciences politiques à l’université Paris-Panthéon-Assas, avait repris les cours. Ce vendredi 27 septembre peu avant midi, cet adhérent de Solidaires étudiants sort de la fac pour sa pause déjeuner. « Juste devant le portail, il y avait une petite dizaine de militants d’extrême droite qui tractaient pour une manif en faveur de Philippine (jeune femme tuée une semaine auparavant par un homme sous OQTF, dont l’extrême droite a fait un symbole du « laxisme » en matière d’immigration, NDLR). C’étaient des militants que l’on a déjà vu tracter pour les #Natifs (groupuscule qui regroupe d’anciens de #Génération_identitaire, dissous en 2021) et la #Cocarde_étudiante (#syndicat d’extrême droite). J’ai montré assez fermement que je ne voulais pas de leur #tract. Puis j’ai vu sur un panneau un #sticker de la Cocarde. Je l’ai recouvert d’un sticker antifa. J’ai été alpagué par un des gars qui m’a mis un coup d’épaule, pas violent mais intimidant, en me demandant ce que je faisais là. J’ai suivi mon chemin sans rien dire, me faisant traiter de baltringue et de connard. » A 12h02, Axel envoie alors un message que nous avons consulté à des amis, prévenant de la présence de fachos agressifs devant la fac.

    Mais arrivé au métro quelques dix minutes plus tard, il sent une présence derrière lui, et a à peine le temps de se retourner qu’il se retrouve propulsé au sol et frappé sur le corps et au visage. « J’ai hurlé, et ils ont pris la fuite, ça a duré quelques secondes mais c’était très violent. » Il a deux dents cassées et 10 jours d’arrêt de travail. Il a déposé plainte le lendemain, et deux passants ont témoigné en sa faveur.

    Les fantômes d’Assas la brune

    Dans cette université d’Assas, où est né le GUD (Groupe Union Défense, une bande de gros bras agressant violemment les étudiants de gauche) il y a 56 ans, l’incident rappelle de bien mauvais souvenirs. Dans les années 1970 et 1980, l’établissement était devenu le fief de l’extrême droite, avec une neutralité bienveillante de la direction et du corps enseignant -beaucoup de profs étaient ouvertement d’extrême-droite, comme le député Front national Jean-Claude Martinez. Les étudiants de gauche rasaient les murs, jusqu’à une relative normalisation dans les années 2000. « Aujourd’hui, hormis en droit, explique une étudiante, les étudiants sont soit peu politisés, soit plutôt de gauche. »

    Mais depuis quelques années, les traditions brunes de l’établissement semblent connaître un certain renouveau. Le 23 mars 2023, des étudiants d’Assas qui se rendaient à la manifestation contre la réforme des retraites, ont été agressés au niveau du Panthéon par une quinzaine de gros bras. « Un étudiant a eu le nez cassé. Les agresseurs étaient casqués, masqués, et avec des gants coqués », raconte un militant. Sur les réseaux sociaux, l’action est revendiquée par l’extrême droite, sous un sigle nauséabond : « #Waffen_Assas ».

    Les références nauséabondes au nazisme ont refleuri depuis le 7 octobre. La semaine dernière, un « Heil Hitler » a été tagué dans les toilettes. L’an dernier, sur les murs ont été collés des stickers détournant le logo d’uue association étudiante, marquée à gauche (« #Assas_in_Progress », transformé en « SS in progress ») et agrémentés d’une #croix_gammée.

    Des enseignants se sont aussi lâchés. Des étudiants ont signalé à la direction un chargé de TD qui aurait fait un #salut_nazi, quelques jours après la tuerie perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023.

    Pour les étudiants engagés à gauche, les liens étroits entre le #GUD et la Cocarde étudiante sont clairs : « La veille des élections des conseils de l’université de novembre 2022, une croix celtique du GUD avait été taguée devant la fac et le lendemain, des hommes habillés en noir et masqués avec des parapluies distribuaient agressivement des tracts pour la Cocarde Assas, bousculant les gens qui refusaient les tracts. » Sur les réseaux sociaux, #Luc_Lahalle, actuel assistant parlementaire de l’eurodéputée RN Catherine Griset, une intime de Marine Le Pen, posait en compagnie de Alois Vujinovic, un proche du chef du GUD, #Marc_de_Cacqueray, condamné à six mois de prison ferme en janvier 2019 pour des dégradations commises autour de l’Arc de Triomphe lors de la manifestation des gilets jaunes du 1er décembre 2018.

    À Lorient, des étudiants de l’UNI partisans de Zemmour impliqués dans des agressions et menaces

    Le 9 octobre dernier, à Lorient, Les Soulèvements de la Terre organisait une rencontre dans un bar-restaurant végétarien de la ville. Des étudiants d’extrême droite sont repérés à un arrêt de bus, à quelques 100 mètres du lieu. Des militants de gauche les photographient. Parmi eux, l’un est reconnu : Brieg L.

    « À un moment, raconte un militant de gauche présent ce jour-là, les camarades qui les observent les voient passer des cagoules et commencer à charger dans notre direction. Ils nous ont prévenus, des participants sont sortis, et les agresseurs ont finalement renoncé. Ils sont restés en embuscade dans une rue perpendiculaire, mais repérés, ils ont fini par fuir ». Une pantalonnade de pieds nickelés qui néanmoins inquiète, tant la situation à la fac de Lorient est tendue depuis un an.

    Dans la nuit du 30 septembre, les murs de l’université ont été recouverts de tags signés du GUD - « Radicalisez-vous contre la vermine gauchiste » - et s’en prenant à l’Union pirate, syndicat étudiant de gauche, la bête noire de l’extrême droite.

    En décembre dernier, des tracts anonymes avaient été retrouvés dans la fac, avec ces mots : « Comment déglinguons-nous l’Union pirate ? ». Avec un QR code qui, une fois scanné, renvoyait à une vidéo où l’on voyait un homme tirer sur le drapeau de ce syndicat, avec ce commentaire : « Comment nous déglinguons l’Union pirate. » « C’est un appel au meurtre », juge un étudiant. Or, la vidéo en question a été postée sur les réseaux sociaux via un compte utilisé par un certain Brieg L. - le même qui a tenté de s’en prendre aux Soulèvements de la Terre. Il a récemment été entendu par la police dans l’affaire de la vidéo du simulacre d’exécution.

    Or Brieg L., qui a milité pour Zemmour lors de la campagne pour la dernière présidentielle, est aussi de l’Union nationale interuniversitaire (UNI), comme en témoigne cette photo où il pose fièrement après un collage d’affiches. L’UNI : le syndicat auquel le ministre de l’Enseignement supérieur a rendu visite le 12 octobre dernier…

    L’UNI, syndicat radicalisé

    L’UNI, auquel le ministre dit avoir rendu visite pour « entendre [leurs] propositions et inquiétudes », est un syndicat historiquement lié à l’aile dure de la droite gaulliste qui s’est radicalisé à l’extrême droite. Créé en 1968 pour contrer le gauchisme dans les facs avec l’aide du Service d’Action civique (SAC, sorte de police parallèle, dissous en 1982), l’UNI, malgré des positions très droitières, était jusqu’à très récemment toujours resté fidèle à la droite dite « « républicaine ». #Olivier_Vial, son président - qui conseille par ailleurs les maires de stations de montagne dans leurs actions de lobbying anti-écologiste, est membre du bureau politique des Républicains.

    En 2013, il déclarait s’opposer à toute « alliance et accord avec l’extrême droite ». Une ligne balayée moins d’une décennie plus tard : au deuxième tour de la présidentielle de 2022, l’UNI a appelé à voter contre Emmanuel Macron.

    « L’UNI et #Génération_Z, quand j’y étais, c’était la même chose », explique Christopher, qui a un temps adhéré aux deux organisations, avant de partir, effrayé par leur extrémisme raciste. Étudiant à Dijon en 2022, c’est par le biais de l’UNI qu’il a fini par rejoindre les jeunes zemmouriens : « L’UNI joue un peu le rôle de rabatteur, se souvient-il. Ils se présentent comme un syndicat étudiant de droite, mais sans plus. Ils sont cools, ils organisaient des fêtes sympas, mais ils étaient aussi chez Zemmour, et c’est tout naturellement que j’ai fini aussi chez Génération Z. A Dijon, c’était la même organisation ». Propos racistes et antijuifs, croix gammées taguées dans une cité, chants nazis, homophobes et négrophobes : Christopher est reparti effrayé par ce qu’il a vu et a fini par tout raconter à Blast et au média local Kawa TV.

    Un ancien responsable de l’UNI pose près d’une croix gammée

    À Dijon, l’un des plus fervents partisans des Zemmour est un certain #Iannis_Moriaud. Lui aussi un ancien responsable de l’UNI dans ses années étudiantes - il s’est présenté sur une des listes du syndicat en 2014 - et resté très proche de ses amis militants de l’époque . Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des sympathies néonazies : en 2022, il se fait photographier avec #Maxime_Brunerie, le militant d’extrême droite qui a tiré sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002. Mais, stupide étourderie, l’agrandissement de la photo révèle un élément inattendu de la décoration intérieure : un drapeau nazi, et des tasses ornées de la croix gammée.

    Nombreux sont les militants d’extrême droite adhérents ou proches de l’UNI, ce syndicat choyé par le ministre. Ainsi, le 7 avril dernier, deux activistes du groupuscule #Nemesis ont perturbé le carnaval de Besançon en brandissant des pancartes xénophobes devant la tribune : « Violeurs étrangers dehors » et « Libérez nous de l’immigration ». L’une d’elle, #Yona_Faedda, placée en garde à vue, collait il y a quelques mois encore des affiches pour l’UNI.

    À un niveau plus institutionnel, le président de l’UNI dans les Alpes maritimes, #Andrea_Orabona, est devenu le suppléant du député RN #Lionel_Tivoli, réélu aux dernières législatives, tandis que dans ce même département, le secrétaire général de l’UNI, #Gabriel_Tomatis, était en même temps responsable départemental du #RNJ (les jeunes du Rassemblement national) et collaborateur de la députée RN #Alexandra_Masson.

    C’est donc certains des plus radicaux des étudiants qu’Hetzel a choisi d’honorer de sa présence en priorité, bien loin désormais de ce qui reste la droite dite républicaine. Ancien prof de gestion à Assas et Lyon III, les deux universités françaises les plus gangrenées par l’extrême droite, ancien recteur d’université, Patrick Hetzel évolue dans le monde universitaire depuis trois décennies. Il en connaît parfaitement tous les rouages et tous les acteurs, et sait donc parfaitement à qui il parle lorsqu’il s’adresse à l’UNI…

    https://www.blast-info.fr/articles/2024/lextreme-droite-senracine-dans-les-universites-1Dtcjtq5QuOP87ODJNIMUg

    #facs #ESR

    • Patrick Hetzel, coup de barre à droite dans l’enseignement supérieur

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/11/15/patrick-hetzel-coup-de-barre-a-droite-dans-l-enseignement-superieur_6394606_

      L’ex-député Les Républicains du Bas-Rhin devenu ministre enchaîne les polémiques, assumant ses prises de position conservatrices. L’absence de projet clair pour les universités et la recherche inquiète la communauté scientifique.
      Par Soazig Le Nevé

      Sur le trottoir, en face de la Sorbonne, des lauréats de la promotion 2024 de l’Institut universitaire de France se sont rassemblés pour lire à haute voix le discours qu’ils n’ont pas été autorisés à adresser , dans le grand amphithéâtre, au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Vendredi 18 octobre, les signataires – 68 enseignants-chercheurs sélectionnés par un jury international pour la qualité exceptionnelle de leurs recherches – voulaient profiter de la cérémonie pour lui exprimer leur « vive inquiétude, suscitée par [s]es implications et prises de position ».

      Depuis sa nomination comme ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche au sein du gouvernement de Michel Barnier, le 21 septembre, l’ex-député (Les Républicains, LR) du Bas-Rhin, âgé de 60 ans, alimente les polémiques. Samedi 12 octobre, il s’est ainsi rendu à la tribune du congrès de l’UNI, syndicat étudiant marqué à droite, qui, lors de l’élection présidentielle de 2022, n’avait pas appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour face à la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen.

      Le 1er novembre, sur CNews, Patrick Hetzel a regretté que le directeur de Sciences Po ait levé – dans l’attente des conclusions de la section disciplinaire – la suspension prise à l’encontre de quatre étudiants accusés d’avoir filmé, lors d’un « forum carrière », une mobilisation du comité Palestine pointant du doigt l’implication de sociétés françaises dans la guerre entre Israël et le Hamas. « A titre personnel, je serais favorable à leur exclusion, a déclaré le ministre à l’antenne. Depuis mon arrivée, je ne fais que rappeler la loi et indiquer qu’il faut de la fermeté et qu’à aucun moment nos établissements ne doivent être instrumentalisés. » Dans la foulée, sur le réseau social X, il a dénoncé le choix du conseil d’administration de Sciences Po Strasbourg de rompre ses liens avec l’université israélienne Reichman, décision qu’il assimile à une « prise de position politique ».

      « Bâton de maréchal »

      Son entrée au gouvernement a donné lieu à une exhumation par des enseignants et des chercheurs des interventions du député Hetzel sur les bancs de l’Assemblée nationale et sur les réseaux sociaux. Elles retracent l’itinéraire d’un tenant d’une droite conservatrice, s’opposant au mariage pour tous en 2013, à l’extension de la procréation médicalement assistée aux femmes seules et aux couples lesbiens en 2021, à la constitutionnalisation du droit à l’avortement en 2024. Sur le plan scientifique, sa demande d’une autorisation de recours à l’hydroxychloroquine avant même les résultats des essais cliniques durant la pandémie de Covid-19 a laissé pantoise une partie de la communauté universitaire.

      L’Alsacien, qui avait piloté le programme de Michel Barnier lorsqu’il était candidat à la primaire des Républicains en 2021, est venu à la politique sur le tard. Professeur de sciences de gestion à l’université, il est d’abord passé par la haute fonction publique : recteur de l’académie de Limoges (2005-2007), conseiller éducation du premier ministre François Fillon (2007-2008) puis directeur général de l’enseignement supérieur (2008-2012) au moment où entrait en application la loi relative aux libertés et responsabilités des universités portée par Valérie Pécresse, alors ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

      Dans un style aimable et discret, ce fils d’hôteliers-restaurateurs de la petite commune de Sarre-Union (Bas-Rhin), qui parlait exclusivement l’alsacien chez lui et a appris la langue française à l’école, n’en a pas moins échafaudé un véritable plan de carrière jusqu’à obtenir un ministère – son « bâton de maréchal », raillent ses détracteurs.

      En 2006, alors qu’il est recteur de l’académie de Limoges après un brillant parcours universitaire – doctorat, agrégation, habilitation à diriger des recherches –, son nom est soufflé au premier ministre d’alors, Dominique de Villepin (2005-2007). Mais il échouera à le recruter, face à l’opposition d’une élue de la Corrèze, Bernadette Chirac, qui voulait « garder son recteur d’académie », se souvient Patrick Gérard, lequel dirigeait le cabinet du ministre de l’éducation nationale de l’époque, Gilles de Robien. Pour sortir de la crise du CPE (contrat première embauche), M. de Villepin nommera Patrick Hetzel à la tête d’une commission du débat national université-emploi.

      « Limoges est l’une des plus petites académies et le recteur affichait une modestie de bon aloi », se souvient Dominique Antoine, ex-secrétaire général du ministère de l’éducation nationale, qui fut très étonné de le voir nommé, deux ans plus tard, conseiller éducation au cabinet du premier ministre François Fillon. « Ma deuxième surprise est venue en 2012, quand il m’a annoncé qu’il serait député. Il était très assuré de son fait, il avait visiblement tout organisé », poursuit le haut fonctionnaire, qui comprend alors que « Patrick Hetzel est un homme de réseaux ».

      « Fermeté bienvenue »

      Universitaire, haut fonctionnaire ou député LR : dans quelle peau se glisse désormais Patrick Hetzel en prenant les rênes du ministère de la rue Descartes ? « Il ne sera pas dans la politicaillerie, mais dans les sujets de fond », veut croire son ami Patrick Gérard, qui reconnaît que, sur les bancs de l’Assemblée, l’ex-député a pu avoir une « expression personnelle » correspondant en partie à ses valeurs religieuses. D’après ses proches, le #luthérien Patrick Hetzel n’est pas du genre à renier ses engagements pour embrasser « une pensée mainstream ».

      A l’UNI, Olivier Vial se réjouit encore d’avoir accueilli le nouveau ministre lors de son congrès – « une “tradition” qu’honorent tous les ministres de droite » depuis 2009, date à laquelle il a pris la présidence du syndicat. Il voit en lui « une fermeté bienvenue : quand il y a un obstacle, il ne le contourne pas, il va au fond du problème, comme sur les blocages étudiants et sur la dérive islamo-gauchiste », déroule-t-il.

      Sa proposition, lancée en avril alors qu’il était encore député, de mener une enquête sur « l’entrisme idéologique et les dérives islamo-gauchistes dans l’enseignement supérieur » pourrait bien reprendre forme. « La science ne doit pas se confondre avec le militantisme », martèle le ministre dans Le Figaro le 21 octobre, suscitant les railleries de ceux qui le renvoient à l’épisode de l’hydroxychloroquine et lui collent une étiquette « anti-science ». Ses amis le disent « meurtri » par une telle accusation. Ils rappellent un contexte, celui du printemps 2020 en Alsace, avec des morts et des avions transportant des malades pour qu’ils soient soignés en Allemagne.

      Auprès des présidents d’université, la première action du ministre, vendredi 4 octobre, a été de leur faire parvenir un rappel à « leur responsabilité dans la préservation des libertés académiques et leur rôle dans la prévention de risques éventuels pour la sécurité au sein de leur établissement » lors de « manifestations et prises de position de nature politique, en lien avec le conflit au Proche-Orient ». « C’était un peu comme s’il nous avait dit qu’on pouvait nous aussi passer en conseil de discipline ! », s’étrangle l’un d’entre eux, encore ébahi d’une telle défiance.

      L’inconnue de la feuille de route

      Les prévisions budgétaires pour 2025 sont en berne, une vague d’inquiétude traverse les chefs d’établissement du supérieur, contraints de débourser 500 millions d’euros de plus qu’en 2024 pour financer diverses mesures dans le cadre de la réduction du déficit public. Lors de l’assemblée générale de leur association, France Universités, aucune réponse n’est venue de la part du ministre. « L’échange était très convenu, relate un participant. Pas d’orientation claire sur la recherche et sur la formation, rien de construit concernant une feuille de route ou sur ses priorités… »

      Quel sera le poids de celui que ses détracteurs voient comme un « simple professeur de gestion » pour discuter des grandes orientations nationales avec les organismes de recherche ? « Cette connaissance fine des enjeux scientifiques, il ne l’a pas », estime un chef d’établissement. Un autre garde le souvenir d’un Patrick Hetzel, alors directeur de l’enseignement supérieur, « ne répondant pas aux courriers », et même « se planquant quand il avait à traiter un sujet compliqué, par exemple la création de l’université Paris-Saclay. Sa prudence confinait à la lâcheté, alors que nous avions besoin d’un interlocuteur ».

      Une dernière inquiétude naît avec le retour d’un projet de loi sur l’immigration au mois de janvier. Un an après la censure par le Conseil constitutionnel de l’instauration d’une caution de retour pour les étrangers non européens et de l’inscription dans la loi d’une différenciation des frais d’inscription – mesures envisagées par le précédent gouvernement –, le volet étudiant de la future loi reste un mystère. Patrick Hetzel a simplement indiqué qu’il ferait « des propositions » au ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau.

      #étudiants_étrangers

  • Polluer, c’est coloniser

    « Les structures qui rendent possibles la distribution mondiale des #plastiques et leur complète intégration dans les #écosystèmes et le quotidien des humains reposent sur une #relation_coloniale au #territoire – c’est-à-dire sur le présupposé que les colons et les projets coloniaux ont accès aux #terres_autochtones pour mener à bien leurs visées d’#occupation et de #colonisation. »

    Salué comme incontournable dès sa parution en anglais, Polluer, c’est coloniser est d’abord un livre de méthode, qui cherche à définir une #éthique, une manière collective d’être au monde. Au fil d’une enquête sur l’histoire, la conception et la réglementation de la pollution engendrée par les plastiques, il montre que cette dernière n’est pas une expression ou un effet du #colonialisme mais la mise en œuvre de rapports coloniaux à la terre, rapports que peuvent involontairement reproduire des militant·es et des scientifiques animé·es des meilleures intentions.
    Mais, éthique ne voulant pas dire leçon de morale, l’ouvrage rejette les jugements expéditifs et les idées toutes faites. La clé réside dans l’attention aux lieux : parce qu’une méthode est toujours située, inscrite dans des relations particulières à des territoires, elle est investie d’une responsabilité particulière vis-à-vis d’eux. S’appuyant sur un travail mené à #Terre-Neuve-et-Labrador, #Max_Liboiron propose de bâtir une #science_anticoloniale, avec le double souci d’échapper aux cadres de pensée uniformisants et de livrer des enseignements dont d’autres, ailleurs, pourront s’emparer.

    http://www.editionsamsterdam.fr/polluer-cest-coloniser
    #pollution #plastique #recherche #science #méthodologie #Canada #peuples_autochtones
    #livre
    ping @reka

  • #napoli : #maxiprocesso contro la rete di lotta #disoccupati_7_novembre
    https://radioblackout.org/2024/10/napoli-maxiprocesso-contro-la-rete-di-lotta-disoccupati-7-novembre

    Lunedì 28 Ottobre si svolgerà a Napoli, nell’Aula Bunker del carcere di Poggio Reale, il Maxiprocesso che vede imputati 43 tra partecipanti al Movimento di Lotta 7 Novembre, del Cantiere 167 Scampia, del SiCobas Napoli e Caserta e del Laboratorio Politico Iskra. In risposta, alle 8:30 di lunedì partirà il corteo da Piazza Nazionale, Napoli. […]

    #L'informazione_di_Blackout #precari_e_disoccupati #repressione_delle_lotte_sociali
    https://cdn.radioblackout.org/wp-content/uploads/2024/10/MaxiprocessoDisoccupati7Novembre.mp3

  • "Tous doivent être décapités" : Révélations sur les #atrocités commises dans le bastion africain de #TotalEnergies

    Les villageois de la péninsule d’#Afungi, dans le nord du Mozambique, connaissaient bien ces conteneurs : une douzaine de boîtes en acier collées les unes contre les autres pour former un mur, avec une barrière au milieu. Ils servaient de portail de fortune pour un site de production de #gaz_naturel en cours de construction par TotalEnergies, dans une région isolée en proie à une violente insurrection islamiste.

    Ces mêmes villageois avaient été pris entre les feux croisés de l’#armée_mozambicaine et des combattants affiliés à l’#Etat_islamique. Après avoir fui leurs maisons, ils étaient allés chercher la protection des soldats du gouvernement. Au lieu de cela, ils ont trouvé la violence.

    Les soldats ont accusé les villageois d’avoir participé à l’#insurrection. Ils ont séparé les hommes — un groupe de 180 à 250 personnes — de leurs femmes et de leurs enfants. Puis ils les ont entassés dans les deux conteneurs situés de part et d’autre de l’entrée, les frappant à coups de pied et de crosse.

    Les soldats ont détenus ces hommes pendant trois mois. Ils les ont battus, affamés, torturés puis finalement exécutés. Finalement, seuls 26 prisonniers ont survécu.

    En discutant avec des survivants et des témoins et en faisant du porte-à-porte, j’ai pu reconstituer un récit détaillé des #atrocités perpétrées au cours de l’été 2021 par un #commando_mozambicain, dirigé par un officier qui disait avoir pour mission de protéger “le projet de Total”.

    La nouvelle du massacre ne peut qu’ajouter aux airs de désastre qui entourent désormais un projet qui — avec le développement d’un second #champ_gazier par #ExxonMobil — a été présenté comme le plus gros investissement privé jamais réalisé en Afrique, avec un coût total de près de 50 milliards de dollars.

    La construction de la #concession_gazière est interrompue depuis 2021, date à laquelle les rebelles islamistes ont envahi la région, massacrant plus de 1000 personnes. La justice française a déjà ouvert une enquête sur la gestion de TotalEnergies à la suite de la mort de sous-traitants lors de cette attaque.

    Ce second #bain_de_sang, que nous révélons, a été perpétré non pas par des islamistes mais par une unité militaire mozambicaine opérant à partir de la guérite de TotalEnergies.

    L’alliance de la major pétrolière avec l’armée mozambicaine soulève inévitablement des questions sur la gestion de #Patrick_Pouyanné, PDG de TotalEnergies.

    Il avait prévu de faire du mégaprojet mozambicain la vitrine de ses ambitions pour un avenir à faible émission de carbone. Au lieu de cela, sa stratégie d’investissements risqués dans des régions instables du monde risque désormais de se heurter aux efforts juridiques croissants visant à traduire les #multinationales devant la justice internationale.

    Pour évaluer à quel point l’entreprise est exposée, deux questions sont primordiales : TotalEnergies savait-elle qu’elle travaillait avec des tortionnaires et des tueurs ? Savait-elle — ou aurait-elle dû savoir — que des atrocités avaient été commises dans ses conteneurs ?

    En réponse à un résumé détaillé de cet article, #Maxime_Rabilloud, directeur général de #Mozambique_LNG, la filiale de TotalEnergies dans le pays, a déclaré que son entreprise n’avait “aucune connaissance des événements présumés décrits” ni “aucune information indiquant que de tels événements ont eu lieu”.

    Il a également déclaré que la société n’était pas présente sur le terrain au moment des #meurtres, ayant confié le site aux forces de sécurité mozambicaines. “Néanmoins, étant donné la gravité des allégations, nous prenons votre message très au sérieux”, a-t-il ajouté.

    https://www.politico.eu/article/totalenergies-mozambique-patrick-pouyanne-atrocites-afungi-palma-cabo-delga
    #Afrique #Françafrique #Mozambique #viols #violence #torture #massacre

    • L’explosion de Deepwater Horizon en 2010 — qui a tué onze travailleurs de la plate-forme et dont la marée noire a dévasté des centaines de kilomètres de côtes du golfe du Mexique, au large des Etats-Unis — a été un moment charnière pour le secteur des combustibles fossiles, a déclaré Patrick Pouyanné lors d’une conférence à Londres en 2017.

      Les pénalités financières “absolument énormes” de 62 à 142 milliards de dollars (selon le calcul utilisé) imposées au géant pétrolier britannique BP ont annoncé l’arrivée de ce que Patrick Pouyanné a appelé un nouveau “risque juridique” interdisant d’opérer dans les pays où de telles amendes pourraient être prononcées.

      La solution de Patrick Pouyanné a consisté à chercher des territoires moins réglementés au Moyen-Orient, où l’entreprise a débuté, et en Afrique, berceau d’Elf Aquitaine, le producteur de pétrole absorbé par Total en 1999.

      Opérer dans ces régions comporte souvent un risque politique plus élevé — corruption, instabilité, insurrection — reconnaît Patrick Pouyanné. Mais c’est le genre de risque face auquel Total, l’une des plus grandes entreprises du monde (cotée à 150 milliards d’euros), est bien équipée. La taille de l’entreprise lui a également permis de diversifier ses investissements dans le monde entier, en veillant à ce qu’aucun projet ne soit suffisamment important pour faire couler l’ensemble de l’entreprise.

      C’est ainsi qu’en mai 2019, Patrick Pouyanné a annoncé la pièce maîtresse de sa nouvelle stratégie : l’achat d’une participation de 26,5% et le rôle d’opérateur principal dans un champ gazier géant situé dans une zone de guerre à l’autre bout de la planète. “Nous aimons le risque, c’est pourquoi nous avons décidé de nous lancer dans l’aventure du Mozambique”, a-t-il déclaré une semaine plus tard à l’Atlantic Council de Washington.

      “L’avantage d’être une grande entreprise avec un portefeuille très important est que nous pouvons absorber ce type de risque…” Mentionnant la Papouasie-Nouvelle-Guinée comme “un autre bel endroit” dans lequel Total investit, il a ajouté : “[Ni l’un ni l’autre], même s’il y a un effondrement, ne mettront Total en danger.”

  • #Charles_Perron
    https://www.partage-noir.fr/charles-perron

    On peut affirmer sans exagérer qu’il y a eu dans l’entourage d’Elisée Reclus des gens que seul le contact avec le grand penseur et géographe a fait accéder à une certaine notoriété, soit parce qu’ils ont reçu de Reclus une stimulation qui les a menés à une activité personnelle féconde, soit parce qu’ils ont travaillé avec lui à une cer­taine phase de leur vie. Cela vaut à mon avis particulièrement pour Charles Perron, le cartographe de La Nouvelle Géographie universelle, œuvre principale de Reclus. C’est par son travail pour cet ouvrage que ce peintre sur émail et retoucheur pho­tographe a pu devenir Perron le car­tographe qui, au cours des longues années de genèse de cette grande œuvre, s’est fait un nom en tant qu’illustrateur cartographique en Suisse occidentale, mais aussi en France, et par là même a pu (...)

    #Itinéraire #Élisée_Reclus #@narlivres #Bakounine #Max_Nettlau

  • Quand le #comité_d’éthique du #CNRS se penche sur l’#engagement_public des chercheurs et chercheuses

    #Neutralité ? #Intégrité ? #Transparence ?

    Le Comité d’éthique du CNRS rappelle qu’il n’y a pas d’#incompatibilité de principe, plaide pour un « guide pratique de l’engagement » et place la direction de l’institution scientifique devant les mêmes obligations que les chercheurs.

    Avec la crise climatique, la pandémie de covid-19, l’accroissement des inégalités, le développement de l’intelligence artificielle ou les technologies de surveillance, la question de l’#engagement public des chercheurs est d’autant plus visible que les réseaux sociaux leur permettent une communication directe.

    Cette question dans les débats de société n’est pas nouvelle. De l’appel d’#Albert_Einstein, en novembre 1945, à la création d’un « #gouvernement_du_monde » pour réagir aux dangers de la #bombe_atomique à l’alerte lancée par #Irène_Frachon concernant le #Médiator, en passant par celle lancée sur les dangers des grands modèles de langage par #Timnit_Gebru et ses collègues, les chercheurs et chercheuses s’engagent régulièrement et créent même des sujets de #débats_publics.

    Une question renouvelée dans un monde incertain

    Le #comité_d'éthique_du_CNRS (#COMETS) ne fait pas semblant de le découvrir. Mais, selon lui, « face aux nombreux défis auxquels notre société est confrontée, la question de l’engagement public des chercheurs s’est renouvelée ». Il s’est donc auto-saisi pour « fournir aux chercheurs des clés de compréhension et des repères éthiques concernant l’engagement public » et vient de publier son #rapport sur le sujet [PDF].

    Il faut dire que les deux premières années du Covid-19 ont laissé des traces dans la communauté scientifique sur ces questions de prises de paroles des chercheurs. Le COMETS avait d’ailleurs publié en mai 2021 un avis accusant Didier Raoult alors que la direction du Centre avait rappelé tardivement à l’ordre, en août de la même année, et sans le nommer, le sociologue et directeur de recherche au CNRS Laurent Mucchielli, qui appelait notamment à suspendre la campagne de vaccination.

    Le COMETS relève que les chercheurs s’engagent selon des modalités variées, « de la signature de tribunes à la contribution aux travaux d’ONG ou de think tanks en passant par le soutien à des actions en justice ou l’écriture de billets de blog ». Il souligne aussi que les #réseaux_sociaux ont « sensiblement renforcé l’exposition publique des chercheurs engagés ».

    La présidente du comité d’éthique, Christine Noiville, égrène sur le site du CNRS, les « interrogations profondes » que ces engagements soulèvent :

    « S’engager publiquement, n’est-ce pas contraire à l’exigence d’#objectivité de la recherche ? N’est-ce pas risquer de la « politiser » ou de l’« idéologiser » ? S’engager ne risque-t-il pas de fragiliser la #crédibilité du chercheur, de mettre à mal sa réputation, sa carrière ? Est-on en droit de s’engager ? Pourrait-il même s’agir d’un devoir, comme certains collègues ou journalistes pourraient le laisser entendre ? »

    Pas d’incompatibilité de principe

    Le comité d’éthique aborde les inquiétudes que suscite cet engagement public des chercheurs et pose franchement la question de savoir s’il serait « une atteinte à la #neutralité_scientifique ? ». Faudrait-il laisser de côté ses opinions et valeurs pour « faire de la « bonne » science et produire des connaissances objectives » ?

    Le COMETS explique, en s’appuyant sur les travaux de l’anthropologue #Sarah_Carvallo, que ce concept de neutralité est « devenu central au XXe siècle, pour les sciences de la nature mais également pour les sciences sociales », notamment avec les philosophes des sciences #Hans_Reichenbach et #Karl_Popper, ainsi que le sociologue #Max_Weber dont le concept de « #neutralité_axiologique » – c’est-à-dire une neutralité comme valeur fondamentale – voudrait que le « savant » « tienne ses #convictions_politiques à distance de son enseignement et ne les impose pas subrepticement ».

    Mais le comité explique aussi, que depuis Reichenbach, Popper et Weber, la recherche a avancé. Citant le livre d’#Hilary_Putnam, « The Collapse of the Fact/Value Dichotomy and Other Essays », le COMETS explique que les chercheurs ont montré que « toute #science s’inscrit dans un #contexte_social et se nourrit donc de #valeurs multiples ».

    Le comité explique que le monde de la recherche est actuellement traversé de valeurs (citant le respect de la dignité humaine, le devoir envers les animaux, la préservation de l’environnement, la science ouverte) et que le chercheur « porte lui aussi nécessairement des valeurs sociales et culturelles dont il lui est impossible de se débarrasser totalement dans son travail de recherche ».

    Le COMETS préfère donc insister sur les « notions de #fiabilité, de #quête_d’objectivité, d’#intégrité et de #rigueur de la #démarche_scientifique, et de transparence sur les valeurs » que sur celle de la neutralité. « Dans le respect de ces conditions, il n’y a aucune incompatibilité avec l’engagement public du chercheur », assure-t-il.

    Liberté de s’engager... ou non

    Il rappelle aussi que les chercheurs ont une large #liberté_d'expression assurée par le code de l’éducation tout en n’étant pas exemptés des limites de droit commun (diffamation, racisme, sexisme, injure ...). Mais cette liberté doit s’appliquer à double sens : le chercheur est libre de s’engager ou non. Elle est aussi à prendre à titre individuel, insiste le COMETS : la démarche collective via les laboratoires, sociétés savantes et autres n’est pas la seule possible, même si donner une assise collective « présente de nombreux avantages (réflexion partagée, portée du message délivré, moindre exposition du chercheur, etc.) ».

    Le comité insiste par contre sur le fait que, lorsque le chercheur s’engage, il doit « prendre conscience qu’il met en jeu sa #responsabilité, non seulement juridique mais aussi morale, en raison du crédit que lui confère son statut et le savoir approfondi qu’il implique ».

    Il appuie aussi sur le fait que sa position privilégiée « crédite sa parole d’un poids particulier. Il doit mettre ce crédit au service de la collectivité et ne pas en abuser ».

    Des #devoirs lors de la #prise_de_parole

    Outre le respect de la loi, le COMETS considère, dans ce cadre, que les chercheurs et chercheuses ont des devoirs vis-à-vis du public. Notamment, ils doivent s’efforcer de mettre en contexte le cadre dans lequel ils parlent. S’agit-il d’une prise de parole en nom propre ? Le thème est-il dans le domaine de compétence du chercheur ? Est-il spécialiste ? A-t-il des liens d’intérêts ? Quelles valeurs sous-tendent son propos ? Le #degré_de_certitude doit aussi être abordé. Le Comité exprime néanmoins sa compréhension de la difficulté pratique que cela implique, vu les limites de temps de paroles dans les médias.

    Une autre obligation qui devrait s’appliquer à tout engagement de chercheurs selon le COMETS, et pas des moindres, est de l’asseoir sur des savoirs « robustes » et le faire « reposer sur une démarche scientifique rigoureuse ».

    Proposition de co-construction d’un guide

    Le COMETS recommande, dans ce cadre, au CNRS d’ « élaborer avec les personnels de la recherche un guide de l’engagement public » ainsi que des formations. Il propose aussi d’envisager que ce guide soit élaboré avec d’autres organismes de recherche.

    La direction du CNRS à sa place

    Le Comité d’éthique considère en revanche que « le CNRS ne devrait ni inciter, ni condamner a priori l’engagement des chercheurs, ni opérer une quelconque police des engagements », que ce soit dans l’évaluation des travaux de recherche ou dans d’éventuelles controverses provoquées par un engagement public.

    « La direction du CNRS n’a pas vocation à s’immiscer dans ces questions qui relèvent au premier chef du débat scientifique entre pairs », affirme-t-il. La place du CNRS est d’intervenir en cas de problème d’#intégrité_scientifique ou de #déontologie, mais aussi de #soutien aux chercheurs engagés « qui font l’objet d’#attaques personnelles ou de #procès_bâillons », selon lui.

    Le comité aborde aussi le cas dans lequel un chercheur mènerait des actions de #désobéissance_civile, sujet pour le moins d’actualité. Il considère que le CNRS ne doit ni « se substituer aux institutions de police et de justice », ni condamner par avance ce mode d’engagement, « ni le sanctionner en lieu et place de l’institution judiciaire ». Une #sanction_disciplinaire peut, par contre, être envisagée « éventuellement », « en cas de décision pénale définitive à l’encontre d’un chercheur ».

    Enfin, le Comité place la direction du CNRS devant les mêmes droits et obligations que les chercheurs dans son engagement vis-à-vis du public. Si le CNRS « prenait publiquement des positions normatives sur des sujets de société, le COMETS considère qu’il devrait respecter les règles qui s’appliquent aux chercheurs – faire connaître clairement sa position, expliciter les objectifs et valeurs qui la sous-tendent, etc. Cette prise de position de l’institution devrait pouvoir être discutée sur la base d’un débat contradictoire au sein de l’institution ».

    https://next.ink/985/quand-comite-dethique-cnrs-se-penche-sur-engagement-public-chercheurs-et-cherc

    • Avis du COMETS « Entre liberté et responsabilité : l’engagement public des chercheurs et chercheuses »

      Que des personnels de recherche s’engagent publiquement en prenant position dans la sphère publique sur divers enjeux moraux, politiques ou sociaux ne constitue pas une réalité nouvelle. Aujourd’hui toutefois, face aux nombreux défis auxquels notre société est confrontée, la question de l’engagement public des chercheurs s’est renouvelée. Nombre d’entre eux s’investissent pour soutenir des causes ou prendre position sur des enjeux de société – lutte contre les pandémies, dégradation de l’environnement, essor des technologies de surveillance, etc. – selon des modalités variées, de la signature de tribunes à la contribution aux travaux d’ONG ou de think tanks en passant par le soutien à des actions en justice ou l’écriture de billets de blog. Par ailleurs, le développement des médias et des réseaux sociaux a sensiblement renforcé l’exposition publique des chercheurs engagés.

      Dans le même temps, de forts questionnements s’expriment dans le monde de la recherche. Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les modalités de l’engagement public, son opportunité et son principe même. Ils se demandent si et comment s’engager publiquement sans mettre en risque leur réputation et les valeurs partagées par leurs communautés de recherche, sans déroger à la neutralité traditionnellement attendue des chercheurs, sans perdre en impartialité et en crédibilité. Ce débat, qui anime de longue date les sciences sociales, irrigue désormais l’ensemble de la communauté scientifique.

      C’est dans ce contexte que s’inscrit le présent avis. Fruit d’une auto-saisine du COMETS, il entend fournir aux chercheurs des clés de compréhension et des repères éthiques concernant l’engagement public.

      Le COMETS rappelle d’abord qu’il n’y a pas d’incompatibilité de principe entre, d’un côté, l’engagement public du chercheur et, de l’autre, les normes attribuées ou effectivement applicables à l’activité de recherche. C’est notamment le cas de la notion de « neutralité » de la science, souvent considérée comme une condition indispensable de production de connaissances objectives et fiables. Si on ne peut qu’adhérer au souci de distinguer les faits scientifiques des opinions, il est illusoire de penser que le chercheur puisse se débarrasser totalement de ses valeurs : toute science est une entreprise humaine, inscrite dans un contexte social et, ce faisant, nourrie de valeurs. L’enjeu premier n’est donc pas d’attendre du chercheur qu’il en soit dépourvu mais qu’il les explicite et qu’il respecte les exigences d’intégrité et de rigueur qui doivent caractériser la démarche scientifique.

      Si diverses normes applicables à la recherche publique affirment une obligation de neutralité à la charge du chercheur, cette obligation ne fait en réalité pas obstacle, sur le principe, à la liberté et à l’esprit critique indissociables du travail de recherche, ni à l’implication du chercheur dans des débats de société auxquels, en tant que détenteur d’un savoir spécialisé, il a potentiellement une contribution utile à apporter.

      Le COMETS estime que l’engagement public doit être compris comme une liberté individuelle et ce, dans un double sens :

      -- d’une part, chaque chercheur doit rester libre de s’engager ou non ; qu’il choisisse de ne pas prendre position dans la sphère publique ne constitue en rien un manquement à une obligation professionnelle ou morale qui lui incomberait ;

      -- d’autre part, le chercheur qui s’engage n’a pas nécessairement à solliciter le soutien de communautés plus larges (laboratoire, société savante, etc.), même si le COMETS considère que donner une assise collective à une démarche d’engagement présente de nombreux avantages (réflexion partagée, portée du message délivré, moindre exposition du chercheur, etc.).

      S’il constitue une liberté, l’engagement nécessite également pour le chercheur de prendre conscience qu’il met en jeu sa responsabilité, non seulement juridique mais aussi morale, en raison du crédit que lui confère son statut et le savoir approfondi qu’il implique. En effet, en s’engageant publiquement, le chercheur met potentiellement en jeu non seulement sa réputation académique et sa carrière, mais aussi l’image de son institution, celle de la recherche et, plus généralement, la qualité du débat public auquel il contribue ou qu’il entend susciter. Le chercheur dispose d’une position privilégiée qui crédite sa parole d’un poids particulier. Il doit mettre ce crédit au service de la collectivité et ne pas en abuser. Le COMETS rappelle dès lors que tout engagement public doit se faire dans le respect de devoirs.

      Ces devoirs concernent en premier lieu la manière dont le chercheur s’exprime publiquement. Dans le sillage de son avis 42 rendu à l’occasion de la crise du COVID-19, le COMETS rappelle que le chercheur doit s’exprimer non seulement en respectant les règles de droit (lois mémorielles, lois condamnant la diffamation, l’injure, etc.) mais aussi en offrant à son auditoire la possibilité de mettre son discours en contexte, au minimum pour ne pas être induit en erreur. A cet effet, le chercheur doit prendre soin de :

      situer son propos : parle-t-il en son nom propre, au nom de sa communauté de recherche, de son organisme de rattachement ? Quel est son domaine de compétence ? Est-il spécialiste de la question sur laquelle il prend position ? Quels sont ses éventuels liens d’intérêts (avec telle entreprise, association, etc.) ? Quelles valeurs sous-tendent son propos ? ;
      mettre son propos en perspective : quel est le statut des résultats scientifiques sur lesquels il s’appuie ? Des incertitudes demeurent-elles ? Existe-t-il des controverses ?

      Le COMETS a conscience de la difficulté pratique à mettre en œuvre certaines de ces normes (temps de parole limité dans les médias, espace réduit des tribunes écrites, etc.). Leur respect constitue toutefois un objectif vers lequel le chercheur doit systématiquement tendre. Ce dernier doit également réfléchir, avant de s’exprimer publiquement, à ce qui fonde sa légitimité à le faire.

      En second lieu, les savoirs sur lesquels le chercheur assoit son engagement doivent être robustes et reposer sur une démarche scientifique rigoureuse. Engagé ou non, il doit obéir aux exigences classiques d’intégrité et de rigueur applicables à la production de connaissances fiables – description du protocole de recherche, référencement des sources, mise à disposition des résultats bruts, révision par les pairs, etc. Le COMETS rappelle que ces devoirs sont le corollaire nécessaire de la liberté de la recherche, qui est une liberté professionnelle, et que rien, pas même la défense d’une cause, aussi noble soit-elle, ne justifie de transiger avec ces règles et de s’accommoder de savoirs fragiles. Loin d’empêcher le chercheur d’affirmer une thèse avec force dans l’espace public, ces devoirs constituent au contraire un soutien indispensable à l’engagement public auquel, sinon, il peut lui être facilement reproché d’être militant.

      Afin de munir ceux qui souhaitent s’engager de repères et d’outils concrets, le COMETS invite le CNRS à élaborer avec les personnels de la recherche un guide de l’engagement public. Si de nombreux textes existent d’ores et déjà qui énoncent les droits et devoirs des chercheurs – statut du chercheur, chartes de déontologie, avis du COMETS, etc. –, ils sont éparpillés, parfois difficiles à interpréter (sur l’obligation de neutralité notamment) ou complexes à mettre en œuvre (déclaration des liens d’intérêt dans les médias, etc.). Un guide de l’engagement public devrait permettre de donner un contenu lisible, concret et réaliste à ces normes apparemment simples mais en réalité difficiles à comprendre ou à appliquer.

      Le COMETS recommande au CNRS d’envisager l’élaboration d’un tel guide avec d’autres organismes de recherche qui réfléchissent actuellement à la question. Le guide devrait par ailleurs être accompagné d’actions sensibilisant les chercheurs aux enjeux et techniques de l’engagement public (dont des formations à la prise de parole dans les médias).

      Le COMETS s’est enfin interrogé sur le positionnement plus général du CNRS à l’égard de l’engagement public.

      Le COMETS considère que de manière générale, le CNRS ne devrait ni inciter, ni condamner a priori l’engagement des chercheurs, ni opérer une quelconque police des engagements. En pratique :

      – dans l’évaluation de leurs travaux de recherche, les chercheurs ne devraient pas pâtir de leur engagement public. L’évaluation de l’activité de recherche d’un chercheur ne devrait porter que sur ses travaux de recherche et pas sur ses engagements publics éventuels ;

      – lorsque l’engagement public conduit à des controverses, la direction du CNRS n’a pas vocation à s’immiscer dans ces questions qui relèvent au premier chef du débat scientifique entre pairs ;

      – le CNRS doit en revanche intervenir au cas où un chercheur contreviendrait à l’intégrité ou à la déontologie (au minimum, les référents concernés devraient alors être saisis) ou en cas de violation des limites légales à la liberté d’expression (lois mémorielles, lois réprimant la diffamation, etc.) ; de même, l’institution devrait intervenir pour soutenir les chercheurs engagés qui font l’objet d’attaques personnelles ou de procès bâillons.

      – au cas où un chercheur mènerait des actions de désobéissance civile, le CNRS ne devrait pas se substituer aux institutions de police et de justice. Il ne devrait pas condamner ex ante ce mode d’engagement, ni le sanctionner en lieu et place de l’institution judiciaire. A posteriori, en cas de décision pénale définitive à l’encontre d’un chercheur, le CNRS peut éventuellement considérer que son intervention est requise et prendre une sanction.

      Plus généralement, le COMETS encourage le CNRS à protéger et à favoriser la liberté d’expression de son personnel. Il est en effet de la responsabilité des institutions et des communautés de recherche de soutenir la confrontation constructive des idées, fondée sur la liberté d’expression.

      Si le CNRS venait à décider de s’engager en tant qu’institution, c’est-à-dire s’il prenait publiquement des positions normatives sur des sujets de société, le COMETS considère qu’il devrait respecter les règles qui s’appliquent aux chercheurs – faire connaître clairement sa position, expliciter les objectifs et valeurs qui la sous-tendent, etc. Cette prise de position de l’institution devrait pouvoir être discutée sur la base d’un débat contradictoire au sein de l’institution.

      Pour télécharger l’avis :
      https://comite-ethique.cnrs.fr/wp-content/uploads/2023/09/AVIS-2023-44.pdf

      https://comite-ethique.cnrs.fr/avis-du-comets-entre-liberte-et-responsabilite-engagement-public

      #avis

    • La construction des prix à la SNCF, une socio-histoire de la tarification. De la #péréquation au yield management (1938-2012)

      Cet article analyse les conditions de production et de légitimation des systèmes de prix des billets de train en France, depuis la création de la SNCF en 1938. Initialement fondé sur le principe d’un tarif kilométrique uniforme, le système historique de péréquation est lentement abandonné au cours des décennies d’après-guerre, au profit d’une tarification indexée sur les coûts marginaux. Au tournant des années 1980-1990, ce paradigme est lui-même remplacé par un dispositif de tarification en temps réel – le yield management – visant à capter le maximum du surplus des consommateurs. Les transformations des modèles tarifaires à la SNCF, qui s’accompagnent d’une redéfinition de la notion éminemment polymorphe de service public ferroviaire, résultent du travail de quelques acteurs de premier plan. Ces « faiseurs de prix », qui mobilisent les instruments de la discipline économique et usent de leur capacité d’influence, agissent dans des contextes (politiques, sociaux, techniques et concurrentiels) particuliers, qui rendent possibles, nécessaires et légitimes les innovations qu’ils proposent.

      https://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-2014-1-page-5.htm

      #Jean_Finez

    • Noël : est-ce vraiment moins cher de réserver son train SNCF 3 mois à l’avance ?

      C’est un fait : les tarifs des trajets en train pour la période de Noël ont explosé entre octobre et fin décembre 2023. Nous avons suivi, semaine après semaine, leur évolution. Voici les résultats, parfois surprenants, de notre enquête.

      « Plus on réserve un train à l’avance, plus les prix sont bas. » La phrase de la SNCF semble logique. Mais est-elle vérifiée ? À l’approche des fêtes de Noël, nous avons décidé de nous lancer dans une petite enquête. Numerama a relevé les tarifs d’une vingtaine de trajets en train à travers la France, sur les douze dernières semaines, pour en mesurer l’évolution.

      Nous avions une question principale : est-ce vrai qu’il vaut mieux réserver son billet de train trois mois à l’avance, pour le payer moins cher ? Suivie d’une autre : comment les tarifs évoluent-ils à travers le temps, et à quel rythme les trains deviennent-ils complets ?

      Nous avons choisi arbitrairement dix allers-retours à travers la France. La date est toujours la même, pour simuler un voyage pour les fêtes de fin d’année : un aller le 22 décembre, un retour le 27 décembre. Nous avons choisi un train par jour et suivi l’évolution du tarif des billets chaque semaine, à compter du mercredi 4 octobre, soit la date de l’ouverture des ventes (qui avaient d’ailleurs mis en panne SNCF Connect).
      Prendre ses billets tôt pour Noël permet d’éviter le pire

      Après douze semaines de relevés et une agrégation des données, le premier constat est clair : les tarifs ont énormément augmenté sur cette période. Il est évident que, même s’il y a des exceptions, il reste très intéressant de prendre son billet le plus tôt possible. C’est d’ailleurs ce que la SNCF nous a confirmé, par mail : « Plus on réserve à l’avance, plus les prix sont bas. Le mieux est donc de réserver dès l’ouverture des ventes, ou alors dans les semaines qui suivent. »

      Sur ce graphique, nous avons matérialisé la hausse de tous les trajets confondus. À part une ou deux exceptions (en TER), tous les billets ont augmenté, parfois beaucoup. Certains trajets se sont retrouvés complets très vite — nous les avons matérialisés avec un petit rond barré sur le graphique ci-dessous.

      Les prix peuvent parfois varier du simple au double. Le trajet Nantes-Bordeaux, par exemple, est passé de 58 euros à 136 euros (dernières places en première classe), soit une augmentation de 164 %. Un Strasbourg-Paris a terminé à 153 euros, au lieu de 93 euros il y a trois mois.

      Des hausses de prix jusqu’à 150 %

      Au global, les TGV sont les trains qui subissent les plus grosses hausses à travers le temps, sauf quelques exceptions (Marseille-Nice n’a pas changé d’un iota au fil des 12 semaines, par exemple).

      Sur cette carte réalisée par l’équipe design de Numerama, Adèle Foehrenbacher et Claire Braikeh, on observe quels sont les trajets qui ont subi la plus forte hausse (en rouge foncé), par rapport à ceux qui n’ont pas beaucoup bougé sur 3 mois (en rose).

      Pour les retours de Noël sur la journée du 27 décembre, les trajets les plus onéreux sont les mêmes (Paris-Toulouse, Paris-Strasbourg, Nantes-Bordeaux).

      Certains billets sont moins chers quelques jours avant le départ

      Lorsque nous avons commencé cette enquête, nous nous sommes demandé s’il serait possible qu’un billet devienne moins cher à l’approche de la date du voyage, ce qui est plutôt contre-intuitif. Une occurrence est venue, sur la dernière semaine, être l’exception qui confirme la règle : le trajet Paris-La Rochelle (en jaune ci-dessous) est devenu, au dernier moment, moins cher à l’approche du voyage, par rapport au tarif d’il y a trois mois.

      Autre cas curieux : nous avons constaté au fil des semaines une variation à la baisse sur le trajet Nancy-Grenoble, avec une correspondance. « Ce phénomène est extrêmement rare », nous assure la SNCF. « Nancy-Grenoble n’est pas un train direct. Il se peut que l’un des deux trains se remplissent moins vite et que des petits prix aient été rajoutés à un moment donné », explique-t-on. Le voyage a fini par augmenter de nouveau, pour devenir complet deux semaines avant le départ.

      Le trajet n’est pourtant pas le seul exemple. Prenons le trajet en TER et Train NOMAD Caen-Le Havre. Le 4 octobre, le voyage revenait à 38,4 euros. Surprise ! Dès la semaine suivante, il est tombé à 18 euros, pour rester fixe pendant plusieurs mois. Jusqu’au 13 décembre, où le prix a re-grimpé jusqu’à 48 euros — l’horaire du train de départ ayant été modifié de quelques minutes. Ici, ce n’est pas la SNCF, mais les conseils régionaux qui valident les prix. Par mail, l’établissement régional des lignes normandes nous assure que « la baisse des prix 15 jours après l’ouverture des ventes est impossible ». C’est pourtant le constat que nous avons fait, dès une semaine après l’ouverture.

      Pourquoi de telles hausses ?

      Cela fait plusieurs années que la SNCF a commencé à modifier la manière dont elle décide des tarifs, selon le journaliste spécialisé Gilles Dansart. La compagnie aurait décidé de « faire payer beaucoup plus cher à mesure que l’on s’approche de la date de départ du train », alors qu’auparavant, elle se calquait sur la longueur des kilomètres parcourus pour étalonner ses prix, a-t-il analysé sur France Culture le 21 décembre.

      Contactée, la SNCF nous explique : « Les prix sont les mêmes que pour n’importe quelles dates. Il n’y a pas de prix spécifiques pour Noël. Ce qui fait évoluer les prix, c’est le taux de remplissage et la demande. À Noël les trains se remplissent plus vite et les paliers maximum peuvent être atteints plus rapidement. »

      Ces paliers sont un véritable enjeu, lorsque l’on voit que certains trajets se retrouvent complets très rapidement — le Paris-Toulouse du 22 décembre s’est en effet retrouvé complet, selon nos constats, en à peine une semaine, début octobre.

      En 10 ans, la SNCF a perdu 105 TGV, soit 30 000 sièges, a calculé récemment France 2 dans un reportage. « On n’arrivait plus à remplir les TGV, il y avait des taux d’occupation à moins de 60 % », a expliqué à leur micro Christophe Fanichet, directeur général de SNCF Voyageurs.

      Cette politique de financement de la SNCF ne va pas aller en s’arrangeant pour les voyageurs et voyageuses : l’entreprise a déjà entériné une augmentation du prix des TGV pour 2024, rappelle le Parisien.

      https://www.numerama.com/vroom/1593454-noel-est-ce-vraiment-moins-cher-de-reserver-son-train-3-mois-a-lav

    • Mais on sait que l’investissement sur l’infra était sous dimensionnée autour de 2005, donc voir monter les coûts de péages de l’infra n’a rien d’anormal.
      Nos voisins sont-ils sous le prix réel ? Alors il vont subir un effet boomerang plus tard (effet dette).