• #Italie, #Espagne, #Royaume-Uni : les #européennes bousculent les échiquiers nationaux
    https://lemediapresse.fr/international/italie-espagne-royaume-uni-les-europeennes-bousculent-les-echiquiers-n

    Victoire de la #Lega, de l’abstention et recomposition #Politique en Italie, chute de la #Gauche radicale en Espagne et triomphe de l’indépendantisme en #Catalogne, polarisation pro ou anti-Brexit au Royaume-Uni... Dans cette article collectif, la rédaction du Média Presse analyse les enjeux nationaux des résultats des élections européennes.

    #International #Angleterre #Brexit #Di_Maio #Elections #Europe #Farage #Iglesias #indépendantisme #Junqueras #M5E #M5S #May #nationalisme #Podemos #Puigdemont #Renzi #Salvini #Sanchez #UE #UKIP


  • Chagos : l’ONU somme Londres de rendre l’archipel de l’océan Indien à l’île Maurice
    https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/maurice/chagos-l-onu-somme-londres-de-rendre-l-archipel-de-l-ocean-indien-a-l-i


    Au milieu de l’océan Indien, Diego Garcia, la plus grande des îles de l’archipel des Chagos, est devenue en 1966 une base militaire conjointe britannique et américaine d’importance, au détriment des habitants.
    STRINGER . / X80002

    Les Chagos se trouvent au cœur d’un litige vieux de cinq décennies, depuis la décision britannique de séparer en 1965 cet archipel de l’île Maurice et d’y installer une base militaire commune avec les Etats-Unis sur l’île principale de Diego Garcia.

    Cinglant revers pour le Royaume-Uni. Le 22 mai 2019, à l’Assemblée générale de l’ONU, une majorité de pays lui a demandé de rétrocéder l’archipel des Chagos à l’île Maurice, d’ici au mois de novembre. L’ensemble, constitué de 55 îles, abrite une base conjointe britannique et américaine, stratégique.

    Initiée par les autorités mauriciennes de Port-Louis, une résolution de rétrocession, non contraignante, mais à forte valeur politique, a été adoptée par 116 pays, six s’exprimant contre, dont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Australie et la Hongrie. Cinquante-six Etats ont choisi l’abstention. Les pays africains ont, en revanche, voté massivement en faveur de la résolution.


  • Entretien avec Vilma, activiste maya du Guatemala,
    en visite aux Lentillères

    Vilma Judith Sor et les Lentillères

    https://lavoiedujaguar.net/Entretien-avec-Vilma-activiste-maya-du-Guatemala-en-visite-aux-Lenti

    Ce système capitaliste colonial et patriarcal s’est imposé dans le monde entier, il s’est exprimé au Guatemala d’une manière bien concrète. Ça a beaucoup de lien avec les axes de développement de ce système comme les mines, l’exploitation du gaz ou du pétrole, la monoculture de la palme pour l’huile ou la canne à sucre. Il y a aussi de grands projets d’infrastructure comme des barrages hydroélectriques. Ceux-ci provoquent le plus de conflits dans tout le pays parce qu’ils sont très importants. Ils dévient les rivières, et les communautés en aval n’ont donc plus accès à la rivière et donc plus d’eau. Ce sont souvent des communautés indigènes qui vivent de la pêche mais aussi du maïs et des haricots, qui sont les moyens de subsistance basiques pour les communautés indigènes. Alors si on n’a plus d’eau, on n’a plus de vie.

    Dans tous les territoires du Guatemala il y a beaucoup de conflictualité sociale sur cette question et beaucoup de résistance pour s’opposer à ces projets. (...)

    #Guatemala #Mayas #Lentillères #Dijon #territoire #violence #organisation_communautaire #mégaprojets #résistance


  • Mayonnaise au #Moringa et zestes d’orange
    https://cuisine-libre.fr/mayonnaise-au-moringa-et-zestes-d-orange

    Fouettez le jaune d’œuf avec la moutarde, le jus de citron, le sel et le poivre. Tout en continuant de fouetter, ajoutez progressivement un fin filet d’huile d’olive jusqu’à l’obtention d’une mayonnaise épaisse et de la quantité désirée (vous pouvez mettre jusqu’à 250 ml d’huile d’olive pour 1 jaune d’œuf) Ensuite, ajoutez la poudre de moringa et lorsque vous aurez obtenu une pâte bien homogène vous pourrez ajouter le zeste de votre…

    #Huile_d'olive, #Mayonnaises, Moringa / #Sans_viande, #Sans_lactose, #Sans_gluten


  • Le déni n’est pas la solution
    http://lmsi.net/Le-deni-n-est-pas-la-solution

    Cette tribune est parue sur Mediapart en avril 2018, alors que l’île de Mayotte était secouée par de violentes chasses à l’homme et des destructions de villages à caractère nettement xénophobe. Les auteur·es ont accepté que ce texte soit reproduit ici pour revenir sur le contexte historique expliquant ces poussées de violences racistes, et déconstruire des contre-vérités trop souvent énoncées. Parmi celles-ci, l’idée d’une immémorielle spécificité de Mayotte par rapport à l’archipel des Comores est tenace, probablement parce qu’elle vient justifier l’idée aux relents coloniaux selon laquelle « Mayotte, c’est la France ». C’est justement cette réécriture de l’histoire que déconstruisent les auteur-e-s de ce texte, en partant d’une étrange tribune écrite en mars 2018 par un sénateur de Mayotte. Source : Les (...)


  • Mayotte, 101e département français depuis 2011, est le champion toutes catégories des expulsions : quand, en 2017, environ 10 000 personnes étrangères maintenues dans les centres de rétention étaient expulsées hors de l’Hexagone, on en comptait plus de 16 000 renvoyées de #Mayotte, soit plus de la moitié des #expulsions pratiquées en #France alors que l’île abrite moins de 0,4 % de la population française !
    https://www.gisti.org/spip.php?article6110
    #Gisti


  • À #Mayotte, près d’un habitant sur deux est de nationalité étrangère - Insee Première - 1737
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/3713016

    En 2017, 256 500 personnes vivent à Mayotte. Depuis 2012, la croissance de la population est particulièrement dynamique et s’est renforcée (+ 3,8 % par an en moyenne après + 2,7 % sur la période 2007-2012). Elle est principalement portée par un fort excédent des naissances sur les décès (+ 7 700 personnes par an en moyenne). Avec 5,0 enfants par femme à Mayotte, la fécondité augmente et dépasse toujours largement la moyenne métropolitaine (1,9 enfant par femme).

    L’excédent migratoire, redevenu positif, contribue également à l’augmentation de la population (+ 1 100 personnes par an entre 2012 et 2017). D’un côté, de nombreux adultes et leurs enfants arrivent des Comores. De l’autre, de nombreux jeunes de 15 à 24 ans, natifs de Mayotte, partent vers le reste de la France, essentiellement en métropole.

    Du fait de ces flux importants, et en augmentation, la population de nationalité étrangère progresse fortement : près de la moitié de la population de Mayotte ne possède pas la #nationalité française, mais un tiers des étrangers sont nés à Mayotte. Dans les communes du Nord-Est de Mayotte autour de Mamoudzou, la croissance démographique est particulièrement élevée, avec l’arrivée de nombreux habitants originaires des #Comores. La population de Mayotte reste jeune : la moitié des habitants ont moins de 18 ans.

    Le confort global des #logements a moins progressé qu’entre 2007 et 2012 : quatre ménages sur dix vivent encore à Mayotte dans un logement en tôle ou en végétal, et trois sur dix n’ont pas l’eau courante.

    #démographie


  • J’aimerais revenir sur la polémique #Kanata / #Robert_Lepage qui n’a finalement presque pas été abordée sur Seenthis, et donc peut-être pas assez en France (pourtant ça rappelle une polémique en France, avec #Exhibit_B.), sauf ici :
    https://seenthis.net/messages/717781
    https://seenthis.net/messages/747168

    Robert Lepage a décidé dans cette dernière pièce de traiter de l’histoire du Canada, et donc des #autochtones, sans actrices ou acteurs autochtones, mais même sans consulter la ou le moindre autochtone pendant la genèse de la pièce.

    Alors, laissons d’abord la parole à Maya Cousineau-Mollen :

    Kanata : Maya Cousineau-Mollen, entre espoir et tristesse
    Radio Canada, le 17 décembre 2018
    https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1142422/kanata-maya-cousineau-mollen-theatre-autochtone

    Elle s’explique aussi ici en vidéo sur Le Média, le 23 décembre 2018 :
    https://www.youtube.com/watch?v=lG5ptrcijdI

    Mais, avant de revenir là dessus, rajoutons le contexte qui manque un peu. Alors qu’il annonce la sortie de cette pièce à Montréal en été 2018, il vient de subir une autre controverse avec sa pièce #Slav, consacrée aux chants d’esclaves #noirs, avec aucun.e chanteu.se.r noir ni aucun.e noir.e consultée pendant la génèse de la pièce. Présentée pendant le Festival de Jazz de Montréal, un tonnerre de protestation a conduit le Festival à annuler la pièce après les quelques premières représentations. J’en avais un peu parlé ici :
    https://seenthis.net/messages/706476

    Peu de gens s’en souviennent, mais en 2001, Robert Lepage avait présenté sa pièce #Zulu_Time où des personnes de nombreuses origines sont représentées, mais où là encore, neuf des dix membres de la troupe étaient des Québécois blancs, le dixième étant d’origine péruvienne. De plus, les représentations étaient stéréotypées, en position d’infériorité par rapport aux personnages blancs. Des femmes provenant apparemment du Moyen-Orient ou du sous-continent indien étaient placés dans des rôles de servitude et d’assujettissement. Enfin, la seule représentation d’un homme noir, jouée par un comédien blanc, arborait un maquillage corporel noir, portant le costume traditionnel d’un guerrier zoulou, avec couvre-chef, torse nu, lance et bouclier, et dont la pièce établissait un parallèle avec le personnage du singe, joué par l’acteur d’origine péruvienne.

    Bref, pour en revenir à Kanata et à 2018, comme le rappelle Maya Cousineau-Mollen, bien qu’il y ait des critiques, il n’y a pas d’appel à l’annulation ou à la censure. Ce sont les producteurs de la pièce qui se retirent, ne voulant pas être mêlés à une telle controverse.

    C’est alors que dans sa grande mansuétude, qui démontre aussi à quel point le débat est en retard en #France sur ces questions, qu’ #Ariane_Mnouchkine décide d’offrir son #Théâtre_du_Soleil de la #Cartoucherie de Vincennes à Robert Lepage pour qu’il y monte une versions légèrement modifiée de sa pièce, et donc tout aussi critiquable. On en est là.

    #appropriation_culturelle #racisme #invisibilisation #Spectacle #Théâtre #Canada


  • Mayenne : le centre hospitalier suspend les accouchements pour 3 semaines Morgane Rubetti - 29 Décembre 2018 - Le figaro
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/12/29/01016-20181229ARTFIG00085-mayenne-le-centre-hospitalier-suspend-les-accouch

    En manque de médecins anesthésistes, le centre hospitalier du nord-Mayenne a été contraint de fermer sa maternité pendant trois semaines. D’autres services sont touchés par cette décision.

    La direction l’a annoncé au personnel jeudi soir. Le centre hospitalier nord-Mayenne (CHNM) a été obligé de suspendre momentanément les accouchements. Cette décision est la conséquence d’un manque de médecins anesthésistes en intérim.

    Les enfantements seront interrompus du 30 décembre au 21 janvier 2019. D’après la direction de l’hôpital interrogée par France Bleu Mayenne, https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/mayenne-le-centre-hospitalier-en-manque-d-anesthesistes-reoriente-les-acc environ trente femmes enceintes présentes au CHNM doivent être réorientées vers les Centres Hospitaliers alentours, notamment celui de Laval. La direction l’assure : « Elles ont été informées personnellement par l’équipe médicale et sont accompagnées de façon personnalisée (...) À l’issue de cette période exceptionnelle de trois semaines, l’activité du CHNM reprendra normalement le lundi 21 janvier 2019. »

    La maternité n’est pas le seul service en danger : l’arrêt des prises en charges des chirurgies d’urgences et des chirurgies programmées (sauf endoscopies) est aussi prévu jusqu’au 14 janvier. Les patients nécessitant une prise en charge en soins intensifs - hors cardiologie - seront, eux, transférés.

    Pour l’association de défense des usagers des services de santé publique Audace 53, « cette situation est d’une extrême gravité pour la population ». Pour les membres de l’association, c’est tout le centre hospitalier qui est en danger : « Nous le disons et le répétons depuis plus de 2 ans (..) : le CHNM est en danger. La maternité, malgré prés de 730 naissances par an est sur le fil. La preuve ! »

    En réaction, Audace 53 a profité de la journée nationale de mobilisation pour l’hôpital public afin d’appeler tous les Mayennais à se rassembler le 1er décembre à 10h30 place Clémenceau à Mayenne. D’après l’association, qui réclame notamment un arrêt des fermetures de lits et des suppressions de postes, la manifestation sera soutenue par les syndicats FO et GCT. « Le CHNM doit avoir les moyens d’accueillir les patients du nord-Mayennne ! »

    Cette année, une autre maternité a été fermée mais, cette fois-ci, définitivement. Inactive depuis le mois de juin, la fermeture de la maternité du Blanc (Indre) a été votée le 19 octobre dernier malgré la mobilisation du personnel soignant. Le service avait été jugé « dangereux » par la ministre de la Santé, #agnès_buzyn.

    #maternité #hôpital #Femmes #CHR #déglingue #Mayenne la destruction programmée du système de santé français est en #enmarche #gestion



  • Lasers Reveal 60,000 Ancient Maya Structures in Guatemala - HISTORY
    https://www.history.com/news/ancient-maya-structures-guatemala-lasers

    The largest-ever survey of a region from the Maya civilization has located over 60,000 previously unknown structures in northern Guatemala. The survey, conducted with the help of lasers, challenges long-held assumptions that this area was poorly connected and sparsely populated.

    The structures researchers identified include farms, houses and defensive fortifications, as well as 60 miles of causeways, roads and canals connecting large cities across the civilization’s central lowlands. Sarah Parcak, an archaeologist who uses satellite technology, had this reaction on Twitter when preliminary images became public: “This is HOLY [expletive] territory.” (Parcak was not involved with this study).

    The ancient Maya civilization stretched from southern Mexico down to Guatemala and Belize, flourishing between 1000 B.C. and 1500 A.D. The recent study focused on 830 square miles of the #Maya Biosphere Reserve in Petén, #Guatemala. Scientists used a laser technology called #lidar, or light detection and ranging, to penetrate the thick tree canopies in the area and discover archaeological remains beneath them.

    #archéologie



  • « Pour cause d’interférences… » : venez !
    http://syntone.fr/pour-cause-dinterferences

    Quand il y a du bruit de fond ou des parasites dans le poste, ce n’est pas nécessairement que quelque chose va mal ! C’est le signe rassurant que les médias sont autant faillibles qu’accessibles. Pour cause d’interférences, nous faisons un pas de côté dans le son. Pour cause d’interférences, notre écoute prend du recul. Pour cause d’interférences, nous avons le plaisir de vous présenter… Pour cause d’interférences ! Les 26, 27 et 29 septembre 2018 à Blois, La Fondation du doute et l’École d’art de Blois donnent carte blanche à Syntone, en coopération avec la radio Studio Zef et l’École de la nature et du paysage, pour trois journées d’exploration radiophonique et trois approches sonores et critiques de ce qui fait interférence aujourd’hui.

    Pendant les trois journées et soirées de Pour cause d’interférences à la Fondation du doute et sur Studio Zef, nous faisons la part belle à l’écoute critique à travers un programme de pièces sonores, de conférences, de tables rondes et d’ateliers. C’est le huitième rendez-vous des 10 ans de Syntone, une programmation conçue par Juliette Volcler, Étienne Noiseau et pali meursault.

    #création_sonore #création_radio



  • Arabie saoudite : Peine de mort demandée pour des militantes | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/220818/arabie-saoudite-peine-de-mort-demandee-pour-des-militantes

    La peine de mort a été requise contre cinq militantes des droits de l’homme en Arabie saoudite, ont annoncé Human Rights Watch (HRW) et plusieurs groupes de défense.

    RYAD (Reuters) - La peine de mort a été requise contre cinq militantes des droits de l’homme en Arabie saoudite, ont annoncé Human Rights Watch (HRW) et plusieurs groupes de défense.

    Parmi les détenues figurent Israa al Ghomgham, militante musulmane chiite de premier plan qui a rassemblé des informations sur les manifestations de masse qui ont eu lieu dans la province Orientale à partir de 2011. Elle a été arrêtée chez elle en décembre 2015 avec son mari.

    Elle pourrait être la première femme à être condamnée à la peine capitale pour son activité relative aux droits de l’homme. Elle est notamment accusée d’incitation à manifester et d’avoir apporté un soutien moral à des émeutiers.
    L’Arabie saoudite, monarchie absolue sunnite où les manifestations publiques et les partis politiques sont interdits, a adopté ces dernières années des réformes sociales et économiques de grande envergure sous la houlette du jeune prince héritier Mohamed ben Salman (MBS).

    Mais ces réformes sont accompagnées d’une répression contre les dissidents. Des dizaines de religieux, d’intellectuels et de militants ont été arrêtés cette année, dont des femmes qui avaient fait campagne pour le droit de conduire dans ce pays musulman profondément conservateur.

    Or, les femmes se sont vus récemment accorder le droit de passer leur permis de conduire.

    « Toute exécution est effroyable, mais demander la peine de mort pour des militantes comme Israa al Ghomgham, qui ne sont même pas accusées de comportement violent, est monstrueux », a déclaré mercredi Sarah Leah Whitson, directrice de HRW au Moyen-Orient.

    ALQST, un groupe saoudien de défense des droits de l’homme basé à Londres, a rapporté la décision concernant Israa al Ghomgham au début de la semaine.

    Des militantes des droits de l’homme ! Ce sont pour les droits des femmes qu’elles se battent et que les hommes vont les décapitées.

    • #merci @mad_meg de systématiquement relever la question terminologique, il reste un long chemin à faire avant de réussir à passer des droits de l’homme aux droits humains. Il se trouve qu’on s’est accroché il y a quelques mois avec un groupe de militantes (de défense des droits humains, donc) - et non pas de militants mâles pourtant, qui souhaitaient utiliser nos cartes pour leur nouveau site, et qui ont refusé de changer l’expression « Droits de l’homme » pour « Droits humains » au prétexte que c’était l’histoire, que ça venait des « Lumières » et qu’on ne s’essuit pas les pieds sur l’Histoire. Voilà aussi ce contre quoi il faut se battre. J’ajoute que jai finalement refusé de fournir la cartographie tant que l’expresion « Droits de l’homme » figurerait sur le site.

    • Merci @reka de ne pas avoir laissé passer ça. Il y a parfois des femmes qui s’arcboutent pour conserver un statut d’inférieures à toutes les autres femmes.

      Et je souligne aussi la #traduction_sexiste de médiapart avec son « militantes des droits de l’homme » d’autant que Human Rights Watch a fait un communiqué en anglais.

      https://www.hrw.org/news/2018/08/21/saudi-prosecution-seeks-death-penalty-female-activist

      (Beirut) – Saudi Arabia’s Public Prosecution is seeking the death penalty against five Eastern Province activists, including female human rights activist Israa al-Ghomgham, Human Rights Watch said today. The activists, along with one other person not facing execution, are being tried in the country’s terrorism tribunal on charges solely related to their peaceful activism.

      The Public Prosecution, which reports directly to the king, accused the detained activists of several charges that do not resemble recognizable crimes, including “participating in protests in the Qatif region,” “incitement to protest,” “chanting slogans hostile to the regime,” “attempting to inflame public opinion,” “filming protests and publishing on social media,” and “providing moral support to rioters.” It called for their execution based on the Islamic law principle of ta’zir, in which the judge has discretion over the definition of what constitutes a crime and over the sentence. Authorities have held all six activists in pretrial detention and without legal representation for over two years. Their next court date has been scheduled for October 28, 2018.

      Attention, comme je le soulignais dans un autre seen, la traduction Gogll ne traduit pas le féminin correctement. N’empêche, l’algorithme utilise bien l’expression « droits humains ».

      #Israa_Al-Ghomgham
      #Samar_Badawi
      #Nassima_Al-Sadah
      #Loujain_al-Hathloul
      #Aziza_al-Yousef
      #Eman_al-Nafjan
      #Nouf_Abdelaziz
      #Mayaa_al-Zahrani
      #Hatoon_al-Fassi
      #Amal_al-Harbi

    • Moi aussi, j’essaie d’utiliser systématiquement cette expression. Dans ma trad pour le Nicaragua, je l’ai utilisée partout sauf pour le nom en français de la commission ad hoc à l’Onu mais ça pique les yeux. Je me suis aussi posé la question de « défenderesses » des droits humains pour defendoras (ou femmes qui défendent, ou un néologisme féministe ?) et j’ai plutôt choisi les paraphrases. Je n’aime pas cette expression ampoulée, qui fait passer pour une bizarrerie le fait que des femmes défendent quelque chose. Vous en pensez quoi, de cette expression visiblement historique elle aussi ?

    • Oui, l’euphonie tient à l’habitude. Mais défenderesse me déplaît parce que je ne comprends pas pourquoi l’usage n’a pas gardé défenseuse, plus simple, plus évident, plus symétrique avec la forme masculine. Le suffixe -esse est long, il m’évoque la manière dont il faut se déguiser pour sortir alors qu’on pourrait mettre des fringues à la con comme les gars. J’ai donc pris l’option paraphrase, comme @reka.

    • Je comprend pas ce qui t’empeiche de dire « Défenseuse » si le suffixe en -esse te va pas et que tu aime « défenseuse ». Pas de problème avec la paraphrase non plus. Les suffixes en esse ont un coté ancien régime - noblesse, papesse, philosophesse, peintresse, comptesse...
      Le dictionnaire cordiale accepte defenseuse :
      https://www.universalis.fr/dictionnaire/defenseuse
      wikipédia dit que le dictionnaire de l’AF ne reconnait pas défenseuse, mais c’est une raison de plus pour s’en servir. L’AF choisissant toujours le mot ou la tournure qui va exprimer haine ou/et mépris des femmes et tout ce qui est féminin de près ou de loin.

      Sinon pour revenir à ces millitantes qui risquent la peine de mort. Je me disait qu’au moins le féminin était conservé à « militante » car il y a 5 femmes, sinon le féminin aurais disparu. Sur le e-monde en fait elles disparaissent.
      https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/08/23/riyad-requiert-la-peine-de-mort-pour-cinq-militants-des-droits-de-l-homme_53

      Riyad requiert la peine de mort pour cinq militants des droits de l’homme

      Parmi eux, Israa Al-Ghomgham pourrait devenir la première femme condamnée à la peine capitale pour son engagement en faveur des libertés.

      Et pour illustré ceci une photo de 5 hommes et Israa Al-Ghomgham enfant.

      Du coup c’est curieux de parler de 5 millitantes chez médiapart. D’autre part j’ai pas vu l’usage du mot féminisme, seulement « militante pour les droits de l’homme » ou « pour la liberté » en anglais les journaux vont jusqu’a osé dire parfois « militante pour les liberté des femmes » mais le mot féminisme est proscrit.

    • Merci @mad_meg, je n’avais pas fait de recherche sur défenseuse et j’en étais restée au refus de mon correcteur d’ortho. L’AF, vu que c’est pas des philologues (il y a même un biologiste qui n’a publié qu’en anglais), ils peuvent se branler la nouille avec leur dictionnaire débile qui sort une fois par siècle.

      #écriture_incluse et #invisibilisation
      C’est pas pour des raisons fantaisistes qu’on se bat pour que les femmes apparaissent dans le discours, c’est pour qu’elles apparaissent dans la réalité !


  • Qui sont les féministes du monde arabe ? - ChEEk Magazine
    http://cheekmagazine.fr/societe/qui-sont-les-feministes-du-monde-arabe

    Nasawiyat ! sonnerait presque comme une injonction cinq années après le début des printemps arabes : ce nom, qui signifie féministe en arabe, est aussi le titre de la série de portraits de jeunes femmes militantes, réalisés par la jeune journaliste Charlotte Bienaimé et diffusés dès 2014 sur France Culture. Ce sont ces rencontres radiophoniques qui lui ont inspiré le livre, paru en début d’année, Féministes du monde arabe, Enquête sur une génération qui change le monde.

    Je mets cette référence sur seenthis, en fait je cherchais un texte féministe écrit en arabe (je ne parle pas arabe) je croyais facile de passer d’une langue à l’autre sur internet, pff, naïve que je suis. Ou alors ignorante des passerelles … mais vous, vous êtes déjà allé sur un site chinois, arabe, inuits, que sais-je, ça doit être facile depuis un moteur de recherche, je ne parle pas de commerce hein, juste comme ça, par curiosité, du tourisme web.

    Et quand je demande à google de traduire « féministe » en arabe il me donne #نسوية et me suggère

    Définitions de féministe
    nom
    Personne qui favorise le féminisme.
    C’est un féministe, un homme rose !

    Mais franchement où est-ce qu’il sont allés trouver cette définition de l’#homme_rose ?

    #Nasawiyat

    • Enorme cet homme rose ! Il ressemble en fait à la définition d’origine du mot féministe ; un homme malade qui est tellement faible qu’il ressemble à une femme...

      Pour ta recherche, je passerait par wikipédia pour trouvé des noms de féministes arabes et à partir des titres que je trouve je chercherait ce qui est dispo dans les autres langues et à partir de là j’irais sur un moteur de recherche et puis je le mettrais sur @seenthis et je demanderait à @simplicissimus si c’est bien ce que je cherche.

      Ici une liste de féministes qui est dispo en arabe aussi
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_f%C3%A9ministes

    • héhé, c’est à peu près ce que j’ai fait, en essayant d’éviter WP le plus possible, j’ai du coup repéré quelques féministes marocaines, palestiniennes, iraniennes, mais qui s’expriment en français ou dont on parle en français.
      J’ai aussi cherché des journaux arabes en ligne et j’ai tapé dans leur recherche

      #نسوية

      pour tomber sur des articles que je traduis dans un traducteur auto et qui parle pas du tout de féminisme au final :D

      Bon tant pis, j’ai fait un plugin SPIP aujourd’hui, inspiré du traducteur de @seenthis pour permettre d’utiliser Yandex en traducteur à la volée. Je voulais en profiter pour faire des exemples avec quelques textes courts revendicatifs et féministes en différentes langues tant qu’à faire :)

      Il faut attendre qu’il soit publié
      https://contrib.spip.net/Traducteur-Yandex

    • « Nasawiyat ! sonnerait presque comme une injonction cinq années après le début des printemps arabes »... Quel début ! Pas certain de savoir ce qu’on appelle « le printemps arabe », mais davantage convaincu en revanche qu’on dit plutôt nisâ’iyya pour féminisme et niswiyya pour l’adjectif. Imaginons un article qui parlerait du « faminisme européen »... Pour l’enquête cela ferait un bon point de départ de remarquer qu’en arabe le pluriel du mot femme (niswân) n’a rien à voir avec son singulier (mar’a), ce qui n’est pas le cas pour les hommes (rajul/rijâl). Je n’ai pas d’explication pour le très surréaliste « #homme_rose » de Google, totalement inexplicable à partir de la langue arabe, mais ce ne serait pas la première fois que Google Trad dit n’importe quoi (ce qui n’est pas une raison pour le prendre au sérieux !)

    • Le concept de féminisme n’est peut-être pas le bon quand on sait que pour nombres de femmes arabes musulmanes du Maghreb par exemple, le mot féministe est associé aux relations coloniales entre occident et orient d’une part et d’autre part à un rejet de la religion et de la culture musulmanes.

    • @ninachani
      Je ne connais pas ce sujet et je préfère le répéter.
      Quelques textes cependant soulignent le même caractère d’émancipation réclamé par le féminisme au Maghreb que celui construit autour du nationalisme arabe. (Il faut que je source)

      Je note ici quelques féministes du monde arabe, pas forcément musulmanes :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9minisme_musulman
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibtissam_Lachgar
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Shahla_Sherkat
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Valentine_Moghadam

    • @touti ce n’est pas le contenu qui est remis en question c’est le terme. Évidemment qu’il y a des femmes qui se battent et réclament leurs droits mais si tu veux réussir à tomber sur des textes issus de militantes et activistes au cœur de la société, je pense que ce n’est pas forcément la bonne entrée pour l’Afrique du nord en tout cas. Quand aux féministes (au sens occidental) non musulmanes, bien sûr qu’elles existent mais elles sont loin d’être majoritaires et la plupart des activistes ne se situent pas hors de la culture musulmane, déjà statistiquement parce que l’écrasante majorité de la population vit selon les préceptes musulmans. Pour le Maroc par exemple, cherche du côté du Rif et des femmes qui se sont engagées dans le mouvement Hirak par exemple. Les activistes sont rarement activistes sur un seul rapport de domination. De la même façon pour la Palestine, les femmes qui s’engagent contre la colonisation sont aussi les femmes qui sont le plus à la pointe du combat pour les droits des femmes. Alors que faire entrer dans ta recherche le fait religieux fera que tu n’accéderas pas à la majorité des militantes.
      Tu vois par exemple, ici elles avaient organisé un grand rassemblement de femmes à Casablanca : https://www.tsa-algerie.com/hirak-appel-a-un-grand-rassemblement-feminin-a-casablanca-le-7-juillet
      C’est juste un exemple.

    • @ninachani je ne souhaite pas polémiquer sur ce que doit être une féministe, le féminisme est pluriel et vise à libérer les femmes de la domination masculine.
      Merci du lien. D’après l’article, ces femmes courageuses prennent beaucoup de risque pour leurs hommes, mais je ne vois pas l’idée de se libérer du patriarcat

      « Aujourd’hui, plus que jamais les voix des femmes doivent porter la voix des femmes d’Al Hoceima qui bravent les matraques quasi-quotidiennement en sortant dans les rues de la ville exprimer leur colère et demander la libération de leurs maris, leurs fils, leurs frères ou camarades aujourd’hui derrière les barreaux »,

      J’ai été - en france- il y a dix ans à LaForge de Belleville à des prises de paroles de femmes algériennes qui disaient s’organiser par nécessité clandestinement contre le pouvoir et contre le patriarcat, elles racontaient comment ce combat se passait à huis clos et comment elles tentaient de se faire entendre à l’internationale, par exemple en venant nous interpeller. C’était super violent ce qu’elles racontaient et on n’était pas là pour dire si le féminisme était occidental ou ouvrier ou pouvait ou non être musulman.

      Actuellement, un exemple en Tunisie pour l’égalité des femmes https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/0302115652408-egalite-hommes-femmes-devant-lheritage-un-projet-de-loi-divis

    • Je ne sais pas si j’ai bien compris ce que tu veux mais essaye de checher du coté de Marie Ajami (ماري عجمي Syrie), Houda Shaaraoui et Nabaouia Moussa (هدى شعراوي، نبوية موسى Egypt).

    • @touti bon je n’arrive décidément pas à me faire comprendre. Le lien que je donnais n’était pas une action autour de revendications sur les droits des femmes puisque c’était lié à la répression contre le Hirak. Je voulais juste te montrer que dans le cadre de ces luttes contre la répression étatique par exemple, les femmes s’organisent et dans leurs rangs se trouvent aussi les femmes qui revendiquent leurs droits en tant que femmes, celles qui agissent. Et c’est toujours parmi les activistes, celles qui sont sur le terrain que la pensée concernant les luttes et les droits à défendre est la plus intéressante. D’ailleurs cela va sans dire que toute implication dans la lutte est émancipatrice, que ce soit sur les droits des femmes ou bien sur une lutte plutôt anti-coloniale. Prendre la parole en public, s’engager, manifester c’est s’affirmer et commencer déjà à se libérer. Mais bon voilà c’était juste pour orienter la recherche et trouver une autre entrée.

    • Oui merci @ninachani je comprends ta démarche et la possibilité d’orienter ma recherche par une autre entrée.
      Je reste dubitative sur la porosité des luttes. Pour faire court, j’ai entendu trop souvent qu’il faut libérer les hommes pour que viennent le tour des femmes et je grince un peu des dents quand je vois des féministes présentées comme « militantes des droits de l’homme ».

    • @touti je ne parle pas de porosité des luttes, pour moi ça ne veut rien dire. Les femmes sont des êtres humains et au même titre que les hommes et les enfants elles sont opprimées quand il y a colonisation parce que le colonialisme n’épargne pas les femmes (c’est le moins qu’on puisse dire) donc elles ont tout intérêt à s’y engager. Quand elle lutte pour se libérer de l’occupant israélien par exemple elle lutte en tant qu’être humain et en tant que femme et cette lutte l’émancipe de fait parce qu’elle nécessite une attitude, des actes, une parole, un positionnement qui va la libérer par le chemin qu’elle va emprunter en tant qu’activiste. Être féministe c’est reprendre contrôle de ce qui est possible dans sa vie, c’est choisir et il n’y a pas de lutte sans choix. Sinon ça veut dire que la lutte féministe n’est qu’une lutte contre ses frères, pères etc alors que c’est bien plus global : l’oppresseur ce peut être les hommes de mon clan mais également l’état israélien, les soldats, les juges israéliens etc On n’est pas opprimée en tant que femme par son père et opprimée en tant que palestinienne par les israéliens. L’identité n’est pas morcelable.

    • @ninachani, dans ce cas nous ne sommes juste pas d’accord, ni sur la pensée ni sur ses termes parce qu’il ne me suffit pas qu’une femme lutte pour une cause politique pour la qualifier de féministe.

    • Je ne parle pas simplement des luttes pour une cause politique, je parle des luttes de libération. Dans ce cas c’est une démarche féministe puisque pour moi œuvrer à sa propre libération est une démarche féministe. Mais bon je m’éloigne…



  • Sauce à la #Roquette
    http://www.cuisine-libre.fr/sauce-a-la-roquette

    Faire blanchir la roquette 5 minutes à l’eau bouillante. La réduire en purée au mortier avec les noix. Ajouter le sucre et les épices ainsi que le vinaigre. Bien mélanger. Monter en mayonnaise avec l’huile d’olive.

    #Huiles, Roquette, #Mayonnaises / #Moyen-Âge, #Végétarien, #Végétalien, #Sans_viande, #Sans_œuf, #Sans_lactose, #Sans_gluten


  • L’œuvre négative du colonialisme français aux Antilles : la production et la reproduction d’une pigmentocratie Saïd Bouamama - 15 Juin 2018 - wordpress.com
    https://bouamamas.wordpress.com/2018/06/15/loeuvre-negative-du-colonialisme-francais-aux-antilles-la-produ

    La Guadeloupe et la Martinique sont célébrées dans le discours dominant comme le symbole du métissage réussi. L’angle mort de ce discours est celui de la reproduction de ce que Raphaël Confiant nomme la « pigmentocratie[i] » qui structure le système social des Antilles dites « françaises » de l’époque esclavagiste et coloniale jusqu’à aujourd’hui. Ce système social reste en effet caractérisé, rappelle le chercheur canadien Adrien Guyot, par « une hiérarchisation sociale basée sur les notions de race et de couleur, amenant par là même la création de néologismes comme « éthnoclasse » pour faire référence aux classes sociales dont le principal critère d’appartenance est l’ethnie[ii] ». Sur le plan économique la structure des Antilles dites « françaises » reste coloniale. La prise en compte des contextes historique, économique et géostratégique est incontournable pour saisir cette réalité coloniale qui se reproduit.
     


      Le génocide des autochtones et intensification de la traite
    C’est avec l’arrivée de Christophe Colomb que commence la violence puis le génocide des peuples autochtones des Antilles. La colonisation d’Haïti par les espagnols en 1496, de Puerto-Rico en 1508, de la Jamaïque en 1509 et de Cuba en 1511 impose la domination espagnole sur l’ensemble des Grandes Antilles. Le résultat de cette domination ne tarde pas : l’extermination des peuples autochtones. « Rien que pour l’île d’Hispaniola où débarque Colomb lors de son premier voyage, on dénombre 300000 personnes en 1492, 50000 en 1510, 16000 en 1530, 1000 en 1540[iii] » rappelle l’historien Frédéric Dorel. Pour les petites Antilles la résistance des peuples autochtones (Les Kalinas ou Kallinagos que les colonisateurs espagnols appellent « indiens Caraïbe ») est telle que les espagnols ne parviennent pas à s’implanter[iv]. La colonisation française qui débute en 1635 poursuit le génocide des peuples autochtones enclenché par les espagnols : « Les nouveaux conquérants entreprennent l’élimination systématique des Indiens et la colonisation des petites Antilles par le moyen de la traite africaine[v] » résume Chantal Maignan–Claverie, spécialiste des Antilles françaises.

    La résistance des peuples autochtones conduit en réponse au projet d’éliminer les « Caraïbe » comme groupe social sur leur propre terre. Trois leviers sont actionnés pour atteindre ce but : L’appel à la traite pour répondre au besoin en main-d’œuvre du capitalisme de plantation ; l’expulsion des autochtones de leurs îles (Ainsi en 1650 les « Caraïbes », sont expulsés de Martinique) ; la pratique systématique du viol des femmes autochtones. « Le viol des femmes indiennes par les colons s’inscrivait dans une politique « d’épuration ethnique » visant à faire disparaître les Caraïbes en tant que groupe[vi] » souligne l’historien Nicolas Rey. L’extermination des autochtones a, bien sûr, comme conséquence immédiate une intensification de la traite.

    La résistance des esclaves fut comme ailleurs au rendez-vous. Elles prennent en premier lieu la forme de révoltes. Argumentant son projet d’abolition de l’esclavage, Victor Schoelcher met en avant ces révoltes récurrentes. Répondant à ses opposants qui affirment que les noirs préfèrent la servitude, il déclare : « Pourquoi donc alors tant de révoltes d’esclaves de tous côtés ? […] Si les Nègres se félicitent tant de leur sort, pourquoi donc alors les colons tremblent-ils sans-cesse[vii] ? ».

    La seconde forme de la résistance fut comme dans toute la région le marronnage c’est-à-dire la fuite des esclaves pour constituer une société parallèle libre dans les montagnes des colonies. Si la taille des îles ne permet cependant pas à cette forme de révolte de prendre l’ampleur qu’elle a prise dans d’autres pays du continent américain, elle contribue avec les insurrections à mettre à l’ordre du jour la question de l’abolition. Abolir l’esclavage apparaît aux yeux de républicains de plus en plus nombreux comme la seule manière de sauvegarder les colonies et le capitalisme de plantation qui les caractérisent.

    Le capitalisme de plantation  
    Le capitalisme de plantation que permet la traite débute par la culture du tabac pour très vite se réorienter vers la canne à sucre et la banane. Au même moment où en Europe le travail servile est abandonné au profit du salariat, l’esclavage devient aux Antilles la forme prédominante du travail. Le capitalisme de plantation peut dès lors se résumer comme suit :
    « Elle suppose, d’une part, l’organisation du travail de centaines d’esclaves encasernés ou casés, travaillant en brigades surveillées par des équipes de gardes-chiourme, pour la production extensive d’une plante unique (la canne à sucre) dont la transformation industrielle (toujours effectuée sur place, sur la plantation même) donnent lieu à des produits (essentiellement le sucre, la mélasse et le rhum) valorisables avec profit sur un marché. Elle implique par conséquent, d’autre part, l’investissement d’importants capitaux […], La plantation suppose enfin l’existence d’un vaste marché aux prix rémunérateurs dans les métropoles européennes[viii]. »
    La concentration des terres dans les mains de latifundistes est ainsi dès le début du capitalisme de plantation une caractéristique essentielle des économies antillaises. La concrétisation matérielle en est l’habitation-sucrerie, « centre moteur de l’économie coloniale[ix] ». En Martinique, rappelle l’historien Antillais Jean-Pierre Sainton, « une trentaine de propriétaires se partageait plus de 43 % des terres » dès 1671 en ajoutant qu’ « avec un temps de retard, l’évolution sera similaire en Guadeloupe[x] ». Quelques dizaines de familles blanches possèdent la plus grande partie de la terre et contrôlent ainsi l’ensemble de l’économie.
    L’abolition de l’esclavage ne mettra pas fin à la concentration foncière mais au contraire l’accentuera. L’indemnisation des propriétaires d’esclaves au moment de l’abolition contribuera à cette reproduction et accentuation de la concentration foncière. La loi du 30 avril 1849 prévoit en effet que les maîtres recevront une indemnité de dédommagement de 470 francs 20 centimes par esclave en Guadeloupe et de 430 francs 47 centimes pour la Martinique. Pour les anciens esclaves aucune indemnisation n’est prévue. « La restructuration post-esclavagiste, grandement impulsé par le capital bancaire, accentuera le degré d’accaparement des principaux moyens de production par la minorité oligarchique[xi] » résume le chercheur en sciences politiques Alain Philippes Blérald. Si la concentration foncière est commune, les processus vont cependant être différents pour les deux colonies. En Martinique les grandes familles békés de l’industrie sucrière restent les propriétaires des grands domaines, alors qu’en Guadeloupe le capital financier prend le relais. Les multinationales Somdia, Grands Moulins, Shneider, etc., investissent massivement dans le capitalisme de plantation. Cette différence a bien entendu des effets sur la structure foncière contemporaine.

    Le projet d’une généralisation de l’auto-exploitation en Guadeloupe
    En Guadeloupe la crise de l’économie sucrière sous le double effet du développement du sucre de betterave et de la concurrence de nouveaux pays producteurs conduira au retrait de ces grands groupes à la recherche d’investissement plus rentables. La production passe ainsi de 175 000 tonnes en 1965 à 107 000 tonnes en 1975 et à 56 000 tonnes en 1981[xii].

    L’Etat français accompagne ce retrait en achetant près de 11 000 hectares confiés à une société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER). Sur ces terres vivent 3300 agriculteurs soit 1000 ouvriers agricoles et 2300 exploitants ayant un « bail de colonat partiaire », un statut hérité de la période de l’abolition définit comme suit par le géographe Guy Lasserre : « le propriétaire maintint la jouissance gratuite de la case et du jardin vivrier aux esclaves libérés qui acceptaient de rester sur le domaine. Une parcelle de 1 ou 2 ha était attribuée en métayage au colon, à charge pour lui de livrer ses cannes au propriétaire de l’habitation. Le colon partiaire recevait pour son travail, le tiers ou la moitié de la valeur de la production[xiii]. »

    La naissance de la SAFER en 1965 se réalise alors que la production cannière a commencé sa chute et que des mobilisations des salariés agricoles pour de meilleurs salaires d’une part et pour l’accès à la terre, d’autre part, se développent. A partir de 1977 ces mobilisations se radicalisent et prennent la forme d’une occupation et d’une mise en exploitation des terres vacantes non exploitées. C’est ce contexte qui explique le projet de « réforme foncière » dès la décennie 60 mais avec une accélération à partir de la décennie 80. Le projet est résumé comme suit par le sociologue Christian Deverre : « [Un] transfert de la production directe à des exploitants individuels, mais contrôle du débouché final par les anciens groupes de planteurs, [Une] substitution du prix du marché au salaire comme forme de soumission du travail agricole […] Ce type de « réforme agraire » [est] basée sur l’hypothèse de l’acceptation par le paysan de son auto-exploitation – et de celle de sa famille[xiv] ».

    Il s’agit on le voit d’une tentative de généralisation du colonat partiaire dont l’effet est de faire passer l’exploitation d’une forme directe à une forme indirecte. Le discours idéologique d’accompagnement est, bien entendu, celui de la « justice sociale ». Dans les faits, précise Christian Lasserre, nous sommes en présence : « [D’un] contournement de l’obstacle que représente la hausse continue des coûts salariaux sur les domaines capitalistes. Toute l’organisation des redistributions foncières tend à maintenir la production de canne sur les nouvelles exploitations, tandis que les usines restent entre les mains et sous la gestion des grands groupes sucriers[xv]. »

    La Cofepp par exemple (Compagnie financière européenne de prise de participation) est prédominante dans le contrôle de la production de cannes à sucre. Actionnaire principale à 51 % de la SMRG (Sucrerie Rhumerie de Marie Galante), la Cofepp est contrôlée par la famille Cayard, des Békés de Martinique. Elle a fait un bénéfice de 23 millions d’euros en 2015 et contrôle 80 % du rhum guadeloupéen mais aussi 70 % du Rhum martiniquais et réunionnais[xvi].

    La culture de la banane qui bénéficie de la baisse de celle de la canne à sucre et qui devance désormais celle-ci est également dominée par de grands groupes industriels et financiers sous la forme du colonat. Les gros planteurs békés dominent l’ensemble du système sur fond de « collusion entre l’Etat et planteurs békés […] dénoncée à de nombreuses reprises[xvii] ». Ces gros planteurs disposent, en outre, de moyens de réagir dont sont dépourvus les petits et moyens producteurs. Ceux-ci disposent « d’un monopole de fait » que l’économiste Athanasia Bonneton résume comme suit : « lorsque les cours de la banane baissent dans le marché métropolitain, les gros planteurs réduisent la coupe. Par contre, les petits et moyens planteurs ne peuvent pratiquement pas refuser de fournir leurs régimes[xviii]. »
     
    Le « grand féodalisme » béké en Martinique
     
    La concentration foncière et le pouvoir des grandes familles békés est encore plus forte en Martinique. Le capital local a gardé en Martinique une prédominance perdue en Guadeloupe. Nous empruntons l’expression « grand féodalisme » béké à André Breton qui l’utilise en 1942 pour caractériser Eugène Aubéry, une des figures caricaturale des grandes familles béké[xix]. L’origine de cette différence avec la Guadeloupe est le résultat de la séquence historique de la révolution française :

    « Le destin de la Guadeloupe s’est séparé de celui de la Martinique lors de la période révolutionnaire, au cours de laquelle s’est déroulée une séquence d’événements dont la portée symbolique demeure encore aujourd’hui particulièrement prégnante. Les planteurs de la Martinique se réfugièrent en effet dans le giron de la Grande-Bretagne, échappant ainsi à la première libération des esclaves promulguée en 1794 à la Guadeloupe par le représentant de la Convention Victor Hugues, suite à sa reconquête de l’île sur les Anglais. L’esclavage fut rétabli sur l’île par Bonaparte en 1802, au prix d’une répression sanglante contre la résistance menée, sous la conduite de certains de leurs officiers, par les anciens esclaves devenus soldats de la République. Mais la plantocratie locale, décimée durant les troubles, se trouvait trop amoindrie pour absorber les événements postérieurs du XIXe siècle, à savoir l’abolition définitive de l’esclavage en 1848 et la concentration foncière autour des usines centrales de la seconde moitié du siècle. La Martinique, quant à elle, avait conservé intactes les vieilles structures antérieures à la Révolution, les planteurs ayant pu maintenir leur contrôle sur les terres et garantir la prééminence du capital local, ce qui a assuré le prolongement direct du système mis en place aux origines[xx]. »
     
    Plus de 75 ans après la citation d’André Breton la situation reste fondamentalement la même. Le leader indépendantiste Guy Cabort-Masson résume comme suit en 2002 la place des Békés dans l’économie martiniquaise : « Une caste faisant 0,8 % de la population contrôlant 60 % des terres utiles, plus de 15 % de l’économie du pays alors que le peuple de couleur n’a qu’environ 10 % de cette économie atomisée en « entreprises » ayant en moyenne entre 1 et 2 employés ![xxi] » Sept ans plus tard, un reportage de l’émission Spéciale Investigation intitulé « les derniers maîtres de la Martinique » avance les chiffres suivants : « ces personnes qui représentent 1 % de la population martiniquaise, détiennent 52 % des terres agricoles et 20 % de la richesse de l’île[xxii]. »

    La répartition des terres et des richesses selon un critère de couleur conduit à une structure sociale basée sur « hiérarchie socio-raciale[xxiii] ». Esquissant une description de cette hiérarchie, le sociologue Miche Giraud décrit comme suit la classe dominante en 1980 : « constituées de propriétaires latifundistes, des dirigeants et des principaux actionnaires des usines, des grands commerçants, dont l’immense majorité sont des Blancs créoles regroupés en quelques familles étendues le plus souvent alliées entre eux. Ces derniers possèdent plus des 2/3 des terres cultivables, la quasi-totalité des usines à sucre, les 9/10 des plantations de bananes, la totalité des conserveries d’ananas et ont également le quasi-monopole du commerce d’import-export[xxiv]. » Si les chiffres avancés ont légèrement variés depuis 1980, la structure de base reste fondamentalement la même.

    Une telle structure sociale où la couleur est le symptôme visible de la place sociale n’est possible que par l’intériorisation profonde d’un sentiment d’infériorité. « Aux Antilles la perception se situe toujours sur le plan de l’imaginaire. C’est en termes de Blanc que l’on y perçoit son semblable. […] C’est donc en référence à l’essence du Blanc que l’Antillais est appelé à être perçu par son congénère[xxv] » analysait déjà Frantz Fanon en 1953. « Les structures idéologiques héritées de l’esclavage restent gravées dans les mémoires, malgré l’évolution liée au cours de l’histoire[xxvi] » confirme l’ethnologue Ulrike Zandle 61 ans après. Ces structures continuent à irriguer la quotidienneté martiniquaise en imposant le « blanc » comme critère du souhaitable et du légitime. Un tel processus existe bien sûr également en Guadeloupe et ailleurs mais sa prégnance en Martinique est notable. Cette prégnance est un résultat historique conduisant à une correspondance plus forte qu’ailleurs entre hiérarchie sociale et hiérarchie de couleur. 
     
    Le pacte colonial maintenu
    Les inégalités colorées liées à la concentration foncière sont encore renforcées par le maintien d’un lien avec la « métropole » qui garde toutes les caractéristiques du « pacte colonial ». L’expression est définit comme suit par un document officiel de 1861 : « Sous l’empire de ce qu’on appelait le pacte colonial, la France se réservait le droit exclusif d’approvisionner ses colonies de tous les objets dont elles avaient besoin ; il était défendu aux colonies de vendre leurs produits à d’autres pays que la métropole, et de les élever à l’état de produit manufacturés ; le transport entre la métropole et les colonies était réservé aux bâtiments français[xxvii]. » Officiellement ce « pacte colonial » n’existe plus, les acteurs économiques étant libres de commercer avec qui ils veulent. Dans les faits au contraire le pacte reste, selon nous, une réalité indéniable.

    Le premier principe figurant dans cette définition, le monopole de l’approvisionnement, reste une réalité des colonies dites « françaises » des Antilles. Un regard sur les importations suffit à prendre la mesure du lien de dépendance. En 2016 la France hexagonale fournit 68.9 % du montant des importations pour la Martinique et 60, 6 % pour la Guadeloupe[xxviii]. Le deuxième partenaire étant les autres pays de l’Union Européenne (avec 13 % pour la Guadeloupe et 14.8 % pour la Martinique), nous sommes en présence d’une socialisation européenne du pacte colonial. Les importations avec les autres pays des Caraïbes plane péniblement à 5 ou 6% selon les années.

    Le deuxième principe du pacte colonial, le monopole de la métropole sur les exportations, reste lui aussi activée aujourd’hui. Les destinations des exportations révèlent la même dépendance que celle des importations. Pour la Guadeloupe les données sont les suivantes : 40 % vers la France ; 17, 7 % vers la Martinique et 12 % vers le reste de l’Union européenne. Pour la Martinique les données sont les suivantes : 73.6 % vers la France et 19 % vers deux autres colonies françaises (la Guadeloupe et la Guyane).

    Le troisième principe du pacte colonial, la spécialisation des colonies dans des cultures de rentes et de la métropole dans les produits manufacturés, est tout aussi vivace. La structure des exportations est sensiblement le même pour les deux pays, révélant la nature coloniale du lien avec la France : Ils importent des biens de consommation non durable (produits alimentaires, pharmaceutiques, etc.), des biens d’investissement (produits de l’industrie automobile, machines et équipements, etc.) et des biens intermédiaires (caoutchouc, plastiques, etc.). Ils exportent des produits agro-alimentaires (Bananes, cannes, etc.). Daniel Guérin résume comme suit en 1956 cette dépendance économique : « En bref les Antilles servent de marchés à peu près exclusifs pour les denrées alimentaires et les produits fabriqués métropolitains qu’elles échangent contre leur sucre et […] contre leur banane[xxix] ». A part des variations dans la part du sucre ou de la banane dans les exportations, rien n’a véritablement changé.

    L’enjeu économique des Antilles dites « françaises » ne se limite pas au capitalisme de plantation. Comme pour les colonies du pacifique la Zone Economique Exclusive (47 000 km² pour la Martinique et 86 000 km² pour la Guadeloupe) contient des nodules polymétalliques exploitables. A ces enjeux strictement économique, il faut ajouter ceux relevant de la géostratégie que le géographe François Taglioni résume comme suit :

    La Caraïbe présente, en outre, par l’intermédiaire des DOM français, un solide réseau de points d’appui. Fort-de-France, abrite une station-relais pour les transmissions en provenance des satellites. La Guadeloupe est une escale aérienne garante de l’indépendance militaire française. […] Enfin les forces navales françaises, anglaises et néerlandaises affirment leur présence militaire dans la zone. Les nodules polymétalliques exploitables, à des coûts certes encore très élevés, sur les fonds marins représentent peut-être pour l’avenir une richesse non négligeable.[xxx].

    Une telle logique économique avec 7000 km de séparation a, bien entendu, un coût que payent les peuples guadeloupéen et martiniquais. La dernière étude de l’INSEE datée de 2015 sur la comparaison des prix entre l’hexagone et les colonies des Antilles met en évidence des écarts de prix « significatifs » : le niveau général des prix est 12,3 % plus élevé en Martinique qu’en métropole (12.5 % pour la Guadeloupe). Cet écart est essentiellement issu d’un poste peu compressible, les produits alimentaires, qui indiquent un différentiel beaucoup plus important : 38 % pour la Martinique et 33 % pour la Guadeloupe[xxxi].

    Mais le coût payé ne concerne pas que le niveau de vie. Les guadeloupéens et martiniquais payent également ce rapport colonial sur le plan de la santé. L’utilisation de pesticides à outrance, y compris ceux dont la dangerosité est avérée, est une caractéristique de ce modèle. Avec la complicité de l’Etat français des pesticides interdits en France ont continués à être utilisés massivement en Guadeloupe et Martinique. Le scandale du chlordécone, un pesticide cancérogène et mutagène, en est une illustration dramatique. Il a été utilisé massivement aux Antilles dites « française » de 1972 à 1993 alors qu’il était interdit dans l’hexagone à partir de 1989. L’Etat français a, en effet, accordé, sur pression des gros planteurs, un moratoire de trois ans. Les effets sur la santé étaient pourtant déjà connus : cancer de la prostate, puberté précoce, prématurité lors des grossesses, troubles de la motricité et de la mémoire visuelle, etc. La journaliste du Monde Faustine Vincent résume comme suit les conséquences de cette dérogation meurtrière :
    La quasi-totalité des Guadeloupéens et des Martiniquais sont contaminés par ce pesticide ultra-toxique, utilisé massivement de 1972 à 1993 dans les bananeraies. Une situation unique au monde. […] Les Antilles sont contaminées pour des siècles, car la molécule est très persistante dans l’environnement − jusqu’à sept cents ans. A partir du début des années 2000, on a découvert que le chlordécone, qui passe dans la chaîne alimentaire, avait non seulement contaminé les sols, mais aussi les rivières, une partie du littoral marin, le bétail, les volailles, les poissons, les crustacés, les légumes-racines… et la population elle-même. La quasi-totalité des 800 000 habitants de la Guadeloupe (95 %) et de la Martinique (92 %) sont aujourd’hui contaminés[xxxii].

    Interdire dans l’hexagone et autoriser aux Antilles, voilà un bel exemple d’un traitement d’exception, qui est une des caractéristiques essentielles du colonialisme. Le mépris pour la santé des indigènes révélé ici par les pesticides est du même type que le mépris révélé en Polynésie avec les essais nucléaires.
     
    Les dessous d’une déportation de la jeunesse
    Le modèle colonial de développement crée logiquement une « disproportion entre la population et les ressources que le système économique actuel met à sa disposition » remarque en 1956 Daniel Guérin[xxxiii]. Toute une littérature se développe alors pour expliquer cette « poussée démographique » et proposer des solutions. Les explications sont généralement essentialistes et les solutions orientées vers le malthusianisme. Les causes sont ainsi recherchées dans la culture antillaise et la piste privilégiée en solution est celle du contrôle des naissances. Or nous le savons depuis longtemps un des facteurs déterminants de la fécondité se situe dans les conditions matérielles d’existence.

    L’inquiétude sur la fécondité antillaise est à inscrire dans le contexte des décennies 50 et 60 qui inaugure des transformations profondes aux Antilles dites « française ». La première d’entre elle est l’ébranlement du complexe d’infériorité que les écrits d’Aimé Césaire résument. Frantz Fanon décrit comme suit en 1955 ce processus de réaffirmation de soi : « Pour la première fois, on verra un professeur de lycée donc apparemment un homme digne, simplement dire à la société antillaise « qu’il est beau et bon d’être nègre […] Ainsi donc l’Antillais, après 1945, a changé ses valeurs. Alors qu’avant 1939 il avait les yeux fixés sur l’Europe blanche […] il se découvre en 1945, non seulement un noir mais un nègre et c’est vers la lointaine Afrique qu’il lancera désormais ses pseudopodes[xxxiv]. »

    L’Afrique est pendant la décennie 50 en pleine effervescence anticoloniale avec une guerre d’Algérie qui devient rapidement une centralité dans le positionnement politique des militants africains. Se penchant sur l’identité antillaise en 1979, le sociologue Jean-Pierre Jardel résume comme suit les bouleversements de ces deux décennies :
     Depuis deux décennies environ, des changements rapides se produisent aux différents paliers de la réalité socio-culturelle des Antilles françaises. Les discours prononcés par des hommes politiques, les idées diffusées par les écrivains de la négritude, l’autonomie ou l’indépendance acquise par plusieurs îles de l’archipel Caraïbe, ont fait comprendre à une large fraction de la population qu’il existait une entité antillaise ayant ses propres valeurs, face aux valeurs de la métropole européenne. On se trouve donc en présence d’une phase de réajustement des normes et par conséquent d’une situation conflictuelle généralisée.[xxxv]

    Les émeutes de Fort de France du 20 décembre 1959 et celles du Lamentin en mars 1961 sonnent comme un avertissement aux yeux des autorités françaises. De cette époque date l’encouragement à une émigration de la jeunesse des Antilles dites « françaises » vers la métropole qui sera systématisé trois ans plus tard par la création du BUMIDOM en 1963 (Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer). De 1963 à 1982, ce bureau utilise toute une panoplie de moyens divers et de promesses (de formation, de logement, d’emplois, de salaires élevés, etc.) pour pousser à l’exil toute une jeunesse afin de désamorcer une crise sociale et politique latente. Le journaliste et écrivain guadeloupéen Hugues Pagesy donne la lecture suivante de l’action du BUMIDOM en quatrième de couverture de l’ouvrage qu’il lui consacre :

    « La traite négrière n’aurait-elle servi à rien pour que, 115 ans après l’abolition de l’esclavage, un organisme d’État répondant au nom de BUMIDOM […] mette en place un système pour vider la Réunion, la Guadeloupe et la Martinique, de toute une partie de leur jeunesse ? Sous prétexte de lutter contre le manque d’activité qui frappe ces régions, le BUMIDOM va en fait organiser une déportation de ces jeunes vers la France, que d’aucuns dénonceront comme étant un vrai génocide par substitution. […] L’empire qui perd petit à petit une bonne partie de ses territoires veut museler ceux d’Outre-mer. Les prétextes évoqués sont leur démographie galopante et un chômage endémique[xxxvi].

    Au total se sont près de 260 000 personnes qui ont migrés vers l’hexagone sous l’effet direct ou indirect du Bumidom dont 42 622 martiniquais et 42 689 guadeloupéens[xxxvii] : une véritable saignée dans la jeunesse antillaise compte tenu de la taille de la population et de l’âge des personnes concernées. Aimé Césaire qualifie à l’assemblée nationale cette politique de « génocide par substitution » et la délégation guadeloupéenne à la Tricontinentale de la Havane en janvier 1966 (Conférence de solidarité des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine) dénonce « la politique coloniale du gouvernement français à la Guadeloupe, notamment l’expatriation de la jeunesse[xxxviii] ».
     
    « Dissiper les malentendus » sur la question nationale
     « L’heure est venue de clarifier les problèmes et de dissiper le malentendus », c’est par ces mots que Frantz Fanon conclue l’article consacré aux émeutes de Fort de France du 20 décembre 1959 cité plus haut. Pour lui cette révolte indique une mutation dans le processus d’émergence d’une conscience nationale antillaise. Celui-ci est complexe du fait des spécificités de la colonisation aux Antilles : ancienneté pluriséculaire de la colonisation, génocide des peuples autochtones, hétérogénéité de peuplement liée à l’esclavage et aux immigrations suscitées par le colonisateur, ampleur du processus d’assimilation liée à la violence esclavagiste initiale puis par la durée pluriséculaire de la domination, histoire politique spécifique de chacune des îles, etc.

    L’ensemble de ces facteurs explique l’épisode de 1946 où « des larges masses antillaises » rappelle Aimé Césaire ont approuvées la départementalisation c’est-à-dire ont votées pour rester française. Césaire lui-même a soutenu cette option en raison du danger que constitue la proximité avec les Etats-Unis : « Une autre objection plus sévère encore est l’existence à côté des Antilles d’un voisin dont la puissance et l’appétit ne sont que trop connus[xxxix]. » Coincés entre deux dominations, les Antillais ont dans le contexte de l‘époque considérés qu’obtenir une égalité plus grande dans le cadre français étaient la seule voie possible complète Aimé Césaire[xl]. 

    Au moment où Césaire tire ce bilan de la loi de 1946 (en 1956), les peuples des Antilles dites « françaises » ont fait leur expérience de l’impasse de l’assimilationnisme. Si des spécificités sont indéniables dans le processus de conscientisation nationale, celui-ci est tout aussi indéniablement en accélération rapide dans les deux colonies.

    En Martinique le processus se traduit par la création de l’OJAM (’Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique) qui inaugure son action politique par l’apposition d’immense banderoles sur les murs de tous les bâtiments publics de l’île, portant le slogan « la Martinique aux Martiniquais » le 23 décembre 1962. Un tabou est brisé. Pour la première fois une organisation revendique ouvertement l’indépendance. Dans le même temps le « manifeste de l’OJAM » est placardé sur les murs proclamant :
    Que la Martinique est une colonie, sous le masque hypocrite de département français, comme l’était l’Algérie, parce que dominée par la France, sur le plan économique, social, culturel et politique. […] En conséquence l’O.J.A.M […] Proclame le droit des martiniquais de diriger leurs propres affaires. Demande aux Guadeloupéens, aux Guyanais de conjuguer plus que jamais leurs efforts dans libération de leur pays pour un avenir commun. Soutien que la Martinique fait partie du monde antillais. Appelle les jeunes de la Martinique, quelles que soient leurs croyances et leurs convictions, à s’unir pour l’écrasement définitif du colonialisme dans la lutte de libération de la Martinique[xli].

    La réponse de l’Etat français est, bien sûr, la répression. 18 militants de l’OJAM sont déférés devant la Cour de sûreté de l’Etat pour « atteinte à l’intégrité du territoire ». 5 militants écopent de peine de prisons et les autres sont relaxés. Si l’OJAM ne survit pas à cette épreuve, le mouvement indépendantiste existe désormais, même s’il reste encore minoritaire et éparpillé. A partir de la fin de la décennie 60 et tout au long de la décennie 70, les organisations indépendantistes se multiplient : Mouvement National de Libération de la Martinique (MNLA) en 1969, Groupe Révolution socialiste (GRS) en 1970, Groupe d’Action Prolétarienne (GAP) au début de la décennie 70, Mouvement Indépendantiste Martiniquais (MIM) en 1978, le Pati kominis pour lendépandans èk sosyalizm (Parti Communiste pour l’Indépendance et le Socialisme) en 1984, le Parti pour la Libération de la Martinique (PALIMA) en 1999. Malgré cet éparpillement l’idée indépendantiste progressera de manière significative depuis dernières décennies du siècle dernier. Lors des élections régionales de 1986 les indépendantistes ne comptent que pour 3 %, 6 ans plus tard le MIM devient la première force organisée du pays. Aux régionales de 1998 le MIM obtient 31, 71 % des suffrages et son président, Alfred Marie-Jeanne, devient président du conseil régional (il sera reconduit à ce poste en 2004). En dépit des multiples divisions et de la bureaucratisation suscitée par la participation au jeu institutionnel et encouragée par l’Etat français, le projet indépendantiste est désormais une réalité incontournable en Martinique.

    La décennie 60 est également celle qui voit s’organiser un mouvement indépendantiste en Guadeloupe. C’est au sein du mouvement étudiant en métropole, dans l’AGEC (Association Générale des Etudiants Guadeloupéen), qu’est lancé pour la première fois le mot d’ordre d’indépendance nationale. En Guadeloupe même c’est en 1963 qu’est constitué le GONG (Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe) dont certains membres fondateurs sont issus de l’AGEG. Peu nombreux les militants du GONG sont très actifs. Ils ont présent systématiquement pour soutenir chaque grève ouvrières, ce qui les rend rapidement populaire. « Chaque fois que des ouvriers, qu’ils soient du bâtiment ou de la canne étaient en grève ou en difficulté quelconque, le GONG, et ses militants devaient venir leur prêter main-forte[xlii] » se souvient le militant nationaliste Claude Makouke. Le mouvement social qui secoue la Guadeloupe en 1967 et le massacre qui l’accompagne, est le prétexte que prendra l’Etat français pour décapiter ce mouvement indépendantiste ayant une audience populaire grandissante.

    A l’origine du mouvement se trouve une grève des ouvriers du bâtiment pour exiger une hausse de 2,5 % des salaires. Les négociations entre le patronat et le syndicat CGTG échouent le 26 mai et une manifestation devant la Chambre de commerce de Pointe-à-Pitre se transforme en émeute. Les CRS tirent sur la foule provoquant les premiers décès. Les affrontements s’étendent alors à toute la ville. Lorsqu’elles cessent le lendemain un bilan officiel annonce 8 morts. La réalité du massacre mettra vingt ans à percer. En 1985 Georges Lemoine, secrétaire d’Etat chargé des départements et territoires d’Outre-mer reconnaîtra le chiffre de 87 victimes et plus d’une cinquantaine de blessés. C’est dans ce contexte que l’Etat français décide de profiter de la situation pour décapiter le mouvement indépendantiste. L’organisation et ses militants sont accusés de la responsabilité des émeutes et des victimes. 19 militants du GONG sont arrêtés et inculpés « d’atteinte à la sureté de l’Etat et à l’intégrité du territoire ». La presse colonialiste exulte à l’image du journal France-Antilles qui titre en première page et en gros caractère le 13 juin : « Le Gong est décapité. Dix-neuf arrestations à Paris et en Guadeloupe[xliii] ». Le mouvement massif de solidarité qui s’organise alors sauvera les inculpés dont le jugement de février 1968 prononce 6 peines avec sursis et 13 acquittements. En Guadeloupe même cependant 70 autres militants attendent leur jugement. Six d’entre eux écoperont de peines de prison ferme allant d’1 à 6 mois.

    Le GONG ne survie pas à cette dure épreuve mais ses militants sont nombreux à être présent dans la création ultérieure d’autres organisations indépendantistes. Ils réinvestissent d’abord leurs forces dans la dynamique syndicale en créant l’UTA (Union des Travailleurs Agricole) en 1970, l’Union des Paysans Pauvres de Guadeloupe (UPG) en 1972 et enfin l’Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTG) qui regroupe les deux précédente et d’autres syndicats en 1973. Tels sont les facteurs qui expliquent le lien étroit entre indépendantistes et syndicalistes en Guadeloupe. En témoigne l’élection à la tête de l’UGTG de l’indépendantiste Elie Domota et sa désignation comme porte-parole du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon– Collectif contre l’exploitation outrancière), un regroupement syndical, associatif et politique qui a mené le vaste mouvement social en janvier et février 2009.

    En 1977 ces militants créent l’Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe (UPLG) qui reste jusqu’à aujourd’hui la principale organisation politique indépendantiste. A côté de celle-ci existe également le Mouvement pour une Guadeloupe Indépendante (MPGI) crée en 1981, le Konvwa pou liberasyon nasyonal Gwadloup (KNLG) fondé en 1997 et Fòs pou konstwi nasyon Gwadloup (Forces pour batir la nation guadeloupéenne) fondé en 2010. Des tentatives de luttes armées ont également eu lieu par le GLA (Groupe de Libération Armée) qui mène une série d’attentats contre des édifices publics en 1980 et 1981, puis par l’ARC (Alliance Révolutionnaire Caraïbe) menant le même type d’actions de 1983 à 1989.

    Si comme en Martinique la multiplicité des organisations, l’institutionnalisation de certains leaders, la répression et les divisions du mouvement nationaliste, le rapport des forces disproportionné avec une des principales puissances mondiale, etc., rendent difficile une perspective d’indépendance à court terme, cela ne veut pas dire que la question de l’indépendance nationale est enterré. « Le Mouvement Patriotique Guadeloupéen au niveau organisationnel et militant connaît une passe difficile, un mouvement de reflux, mais c’est là le paradoxe, les idées nationalistes n’ont jamais cessé de progresser et d’irriguer au quotidien la vie des guadeloupéens[xliv] » résume le journaliste Danik Zandwonis.

    Comme nous le disions dans nos précédents articles consacrés à Mayotte, la Kanaky et la Polynésie, la faiblesse de la conscience internationaliste et du mouvement anticolonialiste en France fait partie du rapport des forces défavorable auquel sont confrontés les militants nationalistes des colonies françaises. Qu’un tel mouvement se développe et que le rapport de forces mondial se transforme et la perspective indépendantiste redeviendra un objectif atteignable rapidement. A plus ou moins long terme l’indépendance est inévitable : la situation géographique, la rationalité économique et la communauté des traits culturels avec les autres peuples de la région orientent structurellement vers un projet de fédération des Antilles.

    Saïd Bouamama

    Notes :  
    [i] Raphaël Confiant, Aimé Césaire, une traversée paradoxales du siècle, Stock, Paris, 1993,
    [ii] Adrien Guyot, L’Amérique, un ailleurs partagé, Départment of Modern Languages and Cultural Studies, University of Albama, 2016, pp. 104-105. .
    [iii] Frédéric Dorel, La thèse du « génocide indien » : guerre de position entre science et mémoire, Revue de civilisation contemporaine Europes/Amériques, N° 6, 2006.
    [iv] Nicolas Rey, Quand la révolution aux Amériques était nègre … Caraïbes noirs, negros franceses et autres « oubliés » de l’histoire, Karthala, Paris, 2005, p. 48.
    [v]Chantal Maignan-Claverie, Le métissage dans la littérature des Antilles françaises. Le complexe d’Ariel, Karthala, Paris, 2005, p. 118.
    [vi] Nicolas Rey, Quand la révolution aux Amériques était nègre … Caraïbes noirs, negros franceses et autres « oubliés » de l’histoire, op. cit., p. 53.
    [vii] Victor Schoelcher, Abolitions de l’esclavage ; Examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des Sang-Mêlés, Porthmann, Paris, 1840, p. 138.
    [viii] Alain Bihr, Recension du livre de Caroline Oudin-Bastide, Travail, capitalisme et société esclavagiste. Guadeloupe, Martinique (XVIIe-XIXe siècle), Revue « Interrogation ? », n° 10, mai 2010.
    [ix] Alain Philippe Blérald, Histoire économique de la Guadeloupe et de la Martinique : du XVIIe siècle à nos jours, Karthala, Paris, 1986, p. 26. 
    [x] Alain Philippe Blérald, Histoire économique de la Guadeloupe et de la Martinique : du XVIIe siècle à nos jours, Karthala, Paris, 1986, p. 26. 
    [xi] Ibid, p. 138.
    [xii] Christian Deverre, Crise sucrière et réforme foncière en Guadeloupe, Cahiers d’économie et sociologie rurales, n° 17, 1990, p. 100.
    [xiii] Guy Lasserre, La Guadeloupe. Etude géographique, Union Française d’Edition, Bordeaux, 1961, p. 393.
    [xiv] Christian Deverre, Crise sucrière et réforme foncière en Guadeloupe, Cahiers d’économie et sociologie rurales, op. cit., p. 108.
    [xv] Ibid, p. 111.
    [xvi] Luce Blanchard, Qui se cache derrière le projet de centrale thermique d’Albioma à Marie-Galante, https://blogs.mediapart.fr/luce-blanchard/blog/020217/qui-se-cache-derriere-le-projet-de-centrale-thermique-dalbioma-marie, Consulté le 10 juin 2018 à 19 h 55.
    [xvii] Muriel Bonin et Cécile Cathelin, Conversion environnementale de la production bananière guadeloupéenne : une stratégie politique et économique, Economie rurale, n° 341, mai-juin 2014, p. 76.
    [xviii] Athanasia Bonneton, La banane en Guadeloupe : les conditions économiques et sociales de la culture et de la commercialisation, CDDP Guadeloupe, 1988, p. 52.
    [xix] André Breton, Martinique charmeuse des serpents, 10/18, Paris, 1973.
    [xx] Jean-Luc Boniol, Janvier-mars 2009, trois mois de lutte en Guadeloupe, Les Temps modernes, 1/2011, n° 662-663, pp. 82-113.
    [xxi] Guy Cabort-Masson, Interview à la revue Antilla, n° 961, 9 novembre 2001, p. 6.
    [xxii] Les derniers maîtres de la Martinique, http://www.fxgpariscaraibe.com/article-27520586.html, consulté le 11 juin 2018 à 16 h 30.
    [xxiii] Ulrike Zander, La hiérarchie « socio-raciale »en Martinique. Entre persistance postcoloniale et évolution vers un désir de vivre ensemble, Revue en ligne Asylon (s), n° 11, mai 2013, http://www.reseau-terra.eu/article1288.html#nh37, consulté le 11 juin 2018 à 16 h50.
    [xxiv] Michel Giraud, races, clases et colonialisme à la Martinique, L’Homme et la société. Volume n° 55. Nº 1, 1980, p. 206.
    [xxv] Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Seuil, Paris, 1971, p. 132.
    [xxvi] Ulrike Zander, La hiérarchie « socio-raciale »en Martinique. Entre persistance postcoloniale et évolution vers un désir de vivre ensemble, op. cit.
    [xxvii] Rapport du secrétaire d’Etat de la Marine et des Colonies du 2 février 1861, Revue maritime et coloniale, tome 2, Lahure, Paris, juillet 1861, p. 53.
    [xxviii] L’ensemble des données de cette partie sont issues de deux documents de l’Institut d’Emission des Département d’Outre-Mer (IEDOM) : Guadeloupe 2016 et Martinique 2016, Paris, 2017.
    [xxix] Daniel Guérin, Les Antilles décolonisées, Présence Africaine, Paris, 1956, p. 55.
    [xxx] François Taglioni, Géopolitique et insularité : l’exemple des petites Antilles, in André-Louis Sanguin (coord.), Vivre dans une île, L’Harmattan, Paris, 1997, p. 179.
    [xxxi] INSEE première, n° 1589, avril 2016, https://www.insee.fr/fr/statistiques/1908163, consulté le 13 juin 2018 à 10 h 00.
    [xxxii] Faustine Vincent, Scandale sanitaire aux Antilles, Le Monde du six juin 2018, https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/06/06/scandale-sanitaire-aux-antilles-qu-est-ce-que-le-chlordecone_5310485_3244.ht, consulté le 13 juin 2018 à 10 h 45.
    [xxxiii] Daniel Guérin, Les Antilles décolonisées, op. cit., p. 37.
    [xxxiv] Frantz Fanon, Antillais et Africains, in Pour la révolution africaine, La Découverte, Paris, 2001, p. 31 et 34.
    [xxxv] Jean-Pierre Darnel, Langues et identité culturelle aux Antilles françaises, Pluriel débat, n° 17, année 1979, p. 27.
    [xxxvi] Hugues Pagesy, Kolombie 2 : Bumidom la vérité, Editions Nestor, Gourbeyre – Guadeloupe, 2017, quatrième de couverture.
    [xxxvii] André Calmont, et Cédric Audebert, Dynamique migratoire de la Caraïbe, Karthala, Paris, 2007, p. 99.
    [xxxviii] Première conférence Tricontinentale, Interventions et résolutions, La Havane, 1966, p. 90.
    [xxxix] Aimé Césaire, Introduction au livre de Daniel Guerin, Antilles décolonisées, op. cit., p. 9.
    [xl] Ibid, pp. 10-11.
    [xli] Manifeste de l’OJAM, https://afcam.org/index.php/fr/dossiers/dossiers-4/les-collectivites-invitees-au-haut-comite/2-uncategorised/4194-le-manifeste-de-l-o-j-a-m, consulté le 14 juin 2018 à 8 h 30.
    [xlii] Xavier-marie Bonnot et Francois-Xavier Guillerm, Le sang des nègres, Galaade, Paris, 2015.
    [xliii] Raymond Gama et Jean-Pierre Sainton, Mé 67 : Mémoire d’un évènement, Société Guadeloupéenne d’Edition et de Diffusion, 1985, p. 122.
    [xliv] Danik I. Zandwonis, Guadeloupe. L’indépendance est plus proche qu’on ne le dit …, http://7seizh.info/2014/12/11/guadeloupe-lindependance-est-plus-proche-quon-ne-le-dit, consulté le 14 juin 2018 à 16 h 45.

    #barbarie génocide #histoire #colonialisme #colonisation #Noirs #Noir #nègre #Antilles #Guadeloupe #Martinique #Mayotte, #Kanaky #Polynésie #DOM #Haïti #Hispaniola #Caraïbe #France #néo-colonialisme #libéralisme_postcolonial #peuples_autochtones #békés #Révolte #Kalinas #métissage #banane #sucre #mélasse #rhum #canne_à_sucre #Indépendance
    #SAFER #auto-exploitation #migration #Cofepp #SMRG #BUMIDOM #OJAM #MNLA #GAP #MIM #PALIMA #AGEC #GONG #UTA #UPG #UGTG #LKP #UPLG #MPGI #KNLG #GLA #Cayard #importations #exportation #UE #union_européenne #prix #Santé #chlordécone
    Eugène_Aubéry Guy_Cabort_Masson #Alfred_Marie_Jeanne #Elie_Domota


  • La plus grande #grotte #sous-marine du #monde #découverte au #Mexique
    https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/geologie-plus-grande-grotte-sous-marine-monde-decouverte-mexique-69

    Cet #article de #Xavier_Demeersman a été publié le #19_janvier #2018 sur #futura_sciences. Il traite de la #découverte d’un #passage entre les #réseaux de grottes sous-marines de #Sac_Actun et #Dos_Ojos dans le #Yucatán. Ces #cénotes, #puits d’#eau douce provenant des eaux de pluie ayant percé le plafond d’une #grotte #karstique, sont les points de #départ de #réseaux #souterrains que les scientifiques n’ont pas fini d’ #explorer...

    C’est dans les eaux du #gouffre de 43 mètres de profondeur de #Hoyo_Negro (en français «  trou noir  »), dans le réseau de #Sac_Actun, qu’a été trouvé le #squelette de #Naia en #2007. Comme certains animaux de l’#âge_de_glace, la jeune fille qui vivait dans la région il y a environ 13.000 ans est malheureusement tombée dans ce trou. Bien des siècles et des millénaires plus tard, les descendants de la civilisation #maya considéreront ces #cénotes (dérivé du maya dz’onot signifiant «  puits sacrés  ») comme des bouches à travers lesquelles ils pouvaient communiquer avec les #dieux des mondes #souterrains. De nombreux objets de leur #culture y ont été pêchés.


  • #The_Explorers_Club - About - Summit of #Mount_Everest

    https://explorers.org/about/history/summit_of_mount_everest

    “We couldn’t find the #summit,” #Hillary later phrased it, in good humor. “It wasn’t until we came to a place where we could see that the ridge ahead dropped away, and we could see #Tibet in front of us, that I realized we must be pretty close to the summit. Up above us the snow rounded off into a dome, and we realized that that must be the top.” (Quoted in #LIFE_The_Greatest_Adventures_of_All_Time, 2000)

    TRADUCTION :
    « Nous ne pouvions pas trouver le #sommet, dit plus tard joyeusement Hillary. Ce ne fut qu’au moment où nous arrivions à voir l’arrête redescendre loin devant et à voir le Tibet face à nous que je rendis compte que nous devions être plutôt proches du sommet. Au dessus de nous la neige s’arrondissait en formant un dôme et nous prîmes conscience que cela devait être le sommet. »

    This #article of the #Explorers_Club summarizes the history of the first exploration which arrived at the summit of the #roof_of_the_World. The New Zealander Edmund P. Hillary and #Nepalese Sherpa Tenzing Norgay succeeded this achievement on #May_29, #1953, marking the recognition of an expedition of 3 months.
    TRADUCTION :
    Cet #article de l’#Explorers_Club nous résume l’histoire de la première expédition parvenue au sommet du #toit_du_monde. L’explorateur #néo-zélandais Edmund P. Hillary et le sherpa #népalais Tenzing Norgay ont réussi cet exploit le #29_mai #1953, marquant la consécration d’une expédition de 3 mois.


  • Mayotte : de quoi la violence est-elle le nom ?
    Sophie Blanchy, Damien Riccio, Nicolas Roinsard et Juliette Sakoyan, Médiapart, le 24 avril 2018
    https://blogs.mediapart.fr/nicolas-roinsard/blog/240418/mayotte-de-quoi-la-violence-est-elle-le-nom-6

    Mayotte, le dernier-né des départements français, le plus méconnu aussi, a connu ces deux derniers mois un conflit social sans précédent. Trop souvent réduit à la seule question migratoire, ce conflit témoigne aussi et surtout d’une gouvernance postcoloniale qui (re)produit sa part de violence en dessinant de nouvelles divisions sociales et régionales.

    #France #Mayotte #Territoire_occupé #Comores #Discrimination #Nationalité #Racisme #Néocolonialsme #Outre-Mer

    Aussi :

    À Mayotte, l’éternel débat sur le droit du sol
    Pascal Charrier, La Croix, le 10 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/676236

    « La situation à Mayotte est liée à la politique diplomatique de la France »
    Abdelhak El Idrissi, France Culture, le 13 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/676245


  • #May_Mundt_Leach : L’idéologie de la tolérance a pris le contrôle du féminisme et menace de détruire le mouvement
    https://tradfem.wordpress.com/2018/04/04/lideologie-de-la-tolerance-a-pris-le-controle-du-feminisme-et-men


    Le mot «  tolérance  » vient du latin tolerare, qui signifie «  endurer, soutenir, souffrir  » et, littéralement, «  supporter  ». Dans le patriarcat, les femmes ont été longuement conditionnées à un état perpétuel de tolérance. La tolérance des coutumes des hommes, de leurs cultures, de leurs comportements et de leur sexualité a toujours été imposée aux femmes par les lois édictées par les dieux mâles, les états masculins et les hommes de leurs familles. De la «  chasse aux sorcières  », où des centaines de milliers de femmes ont été publiquement torturées et tuées pour avoir refusé de s’incliner face à l’autorité de l’Église, jusqu’aux formes souvent brutales d’anti-lesbianisme envers les femmes qui choisissent d’avoir des relations sexuelles avec des femmes plutôt qu’avec les hommes, la persécution est apparemment inévitable pour les femmes qui refusent de se montrer tolérantes de l’autorité masculine. Aujourd’hui, la formation à la tolérance commence très tôt : on apprend aux fillettes à supporter les garçons qui les humilient dans la cour de récréation, à détourner le regard de la pornographie en ligne et à se fermer les oreilles à la misogynie qu’elles entendent partout autour d’elles.

    Traduction : Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2018/03/30/tolerance-taken-feminism-threatens-destroy-movement
    May Mundt-Leach est étudiante universitaire au Royaume-Uni et membre de l’organisation féministe radicale Kvinnorum, qui s’efforce d’offrir aux femmes des espaces et des rassemblements non mixtes. Les opinions exprimées ici ne sont représentatives que des siennes.

    #tolérance #Janice_Raymond #cisgenre #femme #féminisme #prostitution



  • L’œuvre négative du colonialisme français à Mayotte : Un îlot de pauvreté dans un océan de misère
    Publié le 23 mars 2018 par Saïd Bouamama
    https://bouamamas.wordpress.com/2018/03/23/loeuvre-negative-du-colonialisme-francais-a-mayotte-un-ilot-de-

    (...) En dépit de cette histoire et de ces facteurs communs d’une part et des résolutions des Nations-Unies d’autre part, l’Etat français orchestre la séparation de Mayotte du reste de l’archipel en 1976. Alors que le référendum d’autodétermination du 22 décembre 1974 se prononce de manière massive pour l’indépendance de l’archipel, l’Etat français décide unilatéralement de prendre en compte les résultats île par île et non sur l’ensemble de l’archipel. Lors de ce référendum d’autodétermination se sont 94.57 % des Comoriens qui se prononcent pour l’indépendance. Seule l’île de Mayotte donne un résultat divergent avec 63,22 % de voix contre l’indépendance. (4)

    Malgré le positionnement des Nations-Unies pour une prise en compte des résultats sur l’ensemble de l’archipel, l’Etat français organise illégalement un référendum spécifique à Mayotte le 8 février 1976 donnant une couverture pseudo-juridique à cet acte de brigandage étatique. Le fait que 99.4 % des électeurs de Mayotte se prononcent pour le maintien de l’île dans la république française est pris comme justification pour justifier une balkanisation de l’archipel.

    Une telle décision est une violation de la loi française du 23 novembre 1974 qui énonce dans son article 5 « que si le classement des résultats se fera île par île, la proclamation en sera globale ». (5) Elle est également une violation du droit international conduisant les Nations-Unies à condamner l’organisation des référendums du 8 février et du 11 avril 1976. (6) (...)

    #Mayotte #Territoire_occupé #Comores