• Le marché du crédit carbone est en croissance Le Devoir - Ian Bickis - La Presse canadienne à Toronto
    Les banques s’intéressent de plus en plus au marché du crédit carbone.

    Ces crédits compensatoires peuvent aussi être utilisés par le nombre croissant d’entreprises qui ont fait voeu de carboneutralité.

    Comme il est encore impossible de réduire complètement les émissions de gaz à effet de serre, les entreprises se fient au crédit carbone afin d’atteindre leur objectif de carboneutralité. Malgré le scepticisme ambiant sur l’efficacité du système, les banques veulent se placer pour un rôle de courtier.


    George Frey Agence France-Presse Comme il est encore impossible de réduire complètement les émissions de gaz à effet de serre, les entreprises se fient au crédit carbone afin d’atteindre leur objectif de carboneutralité.

    Par exemple, la Banque de Montréal a acheté l’été dernier Radicle Group, un développeur de crédits carbone qui aide les organisations à mesurer et à réduire leurs émissions. En septembre, Valeurs Mobilières TD a annoncé la création de l’unité Services-conseils en carbone. L’entreprise a aussi investi 10 millions $ dans le projet Terres boréales piloté par Conservation de la nature Canada.

    « On a assisté au cours de la période s’étendant des derniers 12 à 18 mois à une plus grande intégration du marché du carbone, signale le directeur général des Services-conseils en carbone, Andrew Hall. Nous constatons que sa croissance a été très, très rapide. Je m’attends à ce que cette tendance se poursuive. »

    De son côté, la Banque canadienne impériale de commerce cherche à établir les fondations, avec d’autres institutions bancaires, d’une nouvelle plateforme technologique pour le marché volontaire du carbone nommée Carbonplace.

    La Banque Royale du Canada avait lancé dès 2008 « ses capacités mondiales de négociation de droits d’émission de gaz à effet de serre ». Selon elle, le crédit carbone représente une part importante de toutes les transactions commerciales. Ce marché devrait connaître une forte croissance.

    Le projet Carbonplace couvre une grande variété de projets pouvant aller des cuisinières moins polluantes jusqu’à la préservation des tourbières. La valeur des échanges a dépassé 1 milliard $ US en 2021, un volume modeste comparativement aux systèmes existants, comme celui en place en Europe qui gère plusieurs centaines de milliards de dollars.

    Le marché volontaire du carbone pourrait atteindre 50 milliards $ d’ici 2030, prédit la firme de consultants McKinsey . L’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, parlait l’an dernier d’une échelle de 100 milliards $ d’ici la fin de la décennie.

    M. Carney est actuellement envoyé spécial des Nations unies pour le financement de l’action climatique. Il a été l’un des personnages importants derrière la création du groupe de réflexion Taskforce on Scaling Voluntary Carbon Markets en 2020, dont les objectifs étaient de proposer des solutions à l’accroissement de la demande.

    En mars, le groupe a changé son nom pour Integrity Council for the Voluntary Carbon Market. Il porte son attention davantage sur la crédibilité du marché que sur sa croissance.
     
    Selon la Banque Royale, la normalisation sera importante pour renforcer la crédibilité et piloter la croissance. La Banque TD, quant à elle, donne encore sa confiance aux quatre normes de vérification déjà en place depuis des années et en ses propres capacités d’analyser un projet.

    « Nous serons très sélectifs pour déterminer avec qui nous ferons affaire. Nous allons nous assurer d’utiliser les meilleurs registres disponibles », soutient Amy West, directrice générale et cheffe mondiale chez Solutions ESG de Valeurs mobilières TD.

    Elle ajoute que l’institution concentrera ses efforts sur des secteurs qu’elle connaît bien en Amérique du Nord. Elle espère insuffler de la confiance et de la transparence dans le système.

    Des opposants  
    Le concept même de marché volontaire du carbone n’a pas que des partisans.

    « Fondamentalement, cela légitime et autorise l’extraction permanente des carburants fossiles », déplore Kate Ervine, professeure agrégée à l’Université Saint Mary’s en Nouvelle-Écosse.

    Selon elle, les entreprises qui présentent des projets compensatoires ne sont pas nécessairement fiables, notamment sur le plan des résultats financiers ou environnementaux. Ce système d’échange est une source de distraction de ce qui est réellement urgent : une réduction directe des gaz à effet de serre.

    « Les banques qui s’intéressent à ce marché veulent procurer à leurs clients un instrument dont elles pourront tirer profit. Cela n’a rien à voir avec les changements climatiques. »

    Le groupe Greenpeace n’a jamais caché son opposition au marché volontaire. Le responsable canadien de la campagne Nature et alimentation, Shane Moffatt, parle même de « greenwashing » à son sujet. « C’est un obstacle aux réductions des émissions », souligne-t-il.

    Le système ne trouve grâce à ses yeux que si des entreprises de bonne foi font de sérieux efforts de réduction, mais qu’elles sont aux prises avec des problèmes à court terme. Sinon, ce n’est qu’une simple panacée.

    Mais les banques en semblent bien conscientes. Ainsi, l’Alliance bancaire zéro émission nette, qui regroupe de nombreuses institutions internationales et canadiennes, dit que les crédits compensatoires ne doivent être utilisés que dans les endroits où les solutions ne sont pas possibles d’un point de vue technique ou financier.

    Ils ne sont qu’un moyen complémentaire pour atteindre la carboneutralité.

    « On n’atteindra pas la carboneutralité sans les crédits compensatoires de carbone. Ce système ne sera pas efficace tant qu’il ne sera pas mis en place de façon permanente. Il doit être complémentaire, mesurable, vérifiable et transparent », déclare Levent Kahraman, cochef des Marchés mondiaux, chez Marché des capitaux BMO.

    #inflation #taxes #greenwashing #banques #McKinsey #climat #écologie bancaire #changement_climatique #crédit_carbone

    Source : https://www.ledevoir.com/societe/769741/le-marche-du-credit-carbone-est-en-croissance

  • Banques d’affaires : Exemple les affaires du crédit suisse !
    Comment Credit Suisse a (encore) perdu le contrôle - Mathilde Farine, Xavier Filliez - letemps.ch

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    1977 Affaire Chiasso : la banque encaisse une perte de 1,4 milliard de francs, après la découverte d’un montage permettant de cacher des fonds non déclarés venant d’Italie et de les réinvestir dans des sociétés, dont une grande partie ont perdu de la valeur.

    1998 Credit Suisse, l’Association suisse des banquiers, UBS, SBS participent à l’accord global sur les fonds en déshérence par lequel elles mettront 1,25 milliard de dollars à disposition d’organisations juives pour indemniser les personnes concernées.

    2007 Deux traders de Credit Suisse sont condamnés pour avoir surévalué le prix de produits financiers liés au marché du crédit. La banque doit encaisser une dépréciation d’actifs de 2,65 milliards.

    2008 Lors des résultats du premier trimestre, Credit Suisse évalue le coût de la crise des subprimes à 10 milliards depuis l’été 2007. (L’ardoise reste faible comparé à celle d’UBS qui aurait atteint 40 milliards.)

    2009 Credit Suisse doit payer une amende de 536 millions de dollars pour violation des sanctions américaines contre l’Iran et le Soudan entre 1995 et 2006.

    2011 Urs Rohner devient président du conseil d’administration.

    Septembre 2011 Credit Suisse paie 150 millions d’euros à l’Allemagne pour régler les affaires d’évasion fiscale.

    Mai 2014 Credit Suisse plaide coupable d’aide à l’évasion fiscale et paie 2,6 milliards de dollars aux autorités américaines.

    Octobre 2014 Bruxelles inflige des amendes à plusieurs banques, dont Credit Suisse et UBS, dans les affaires de manipulation du taux Libor.

    2016 L’affaire dite des « tuna bonds » au Mozambique éclate. Des employés de la banque sont accusés d’avoir fait des prêts secrets à hauteur de 2 milliards de dollars, où eux-mêmes et des fonctionnaires mozambicains se seraient servis en pots-de-vin. Plusieurs procédures sont encore en cours et la banque est aussi sous enquête.

    2017 Credit Suisse doit payer une amende de 5,28 milliards de dollars dans une affaire de prêts hypothécaires aux Etats-Unis.

    Mai 2017 Credit Suisse écope d’une amende d’un demi-million à Singapour dans l’affaire 1MDB en raison de lacunes dans ses contrôles anti-blanchiment.

    Février 2018 Credit Suisse (et d’autres banques) doivent fermer des fonds de placements sophistiqués liés à la volatilité et dont la valeur a perdu 96% en une journée. La perte estimée des clients est de 1,8 milliard de dollars.

    2018 Credit Suisse paie 47 millions aux autorités américaines dans l’enquête dite des « petits princes » sur les pratiques d’embauche en Asie. Des banques, dont Credit Suisse, engageaient des proches ou membres de grandes familles fortunées dans l’espoir de recruter plus facilement des clients, pratique considérée comme étant de la corruption par les autorités américaines.

    2018 La justice genevoise condamne à de la prison un gérant de fortune de la banque pour avoir causé un dommage de 143 millions de francs au préjudice, notamment, de l’ancien premier ministre géorgien Bidzina Ivanishvili, mais aussi pour s’être enrichi de 30 millions. Plusieurs procédures sont en cours et une enquête confiée à un cabinet externe montre qu’il y a eu des déficiences dans le contrôle du risque à Credit Suisse.

    Septembre 2018 La Finma, le gendarme suisse des banques, constate des manquements dans le respect des obligations de diligence dans le domaine de la lutte contre le blanchiment d’argent en lien avec les affaires Petrobras, PDVSA et FIFA.

    2019 Credit Suisse conseille le fonds d’investissement Softbank pour une obligation convertible d’une valeur de 900 millions de dollars qu’il revend ensuite à des investisseurs. Wirecard a fait faillite.

    Automne 2019 On découvre que Credit Suisse a fait suivre plusieurs de ses employés et ex-employés.

    Février 2020 Départ forcé de Tidjane Thiam après l’affaire des filatures.

    Juin 2020 Credit Suisse se trouve mêlée au scandale de la chaîne de cafés chinoises Luckin Coffee. La banque l’a aidée pour son entrée en bourse à New York en 2019, or on découvre que des chiffres, notamment de ventes, avaient été gonflés par l’entreprise.

    Novembre 2020 Implosion du hedge fund York Capital Management, Credit Suisse s’attend à une perte allant jusqu’à 450 millions de dollars.

    Décembre 2020 Le Ministère public de la Confédération accuse Credit Suisse dans une affaire de blanchiment et de trafic de stupéfiants d’une organisation bulgare.

    Février 2021  La banque révèle qu’elle a payé 600 millions de dollars pour régler une autre affaire liée à des prêts hypothécaires aux Etats-Unis datant d’avant la crise financière de 2008.

    Mars 2021 Credit Suisse doit suspendre des fonds comptant 10 milliards de dollars sous gestion en lien avec la société Greensill en faillite. La banque a remboursé 7 milliards aux clients des fonds. Sur les 3 milliards restants, 1 à 2 pourraient ne pas être retrouvés. Plusieurs enquêtes sont en cours.

    Mars 2021 L’implosion du hedge funds américain Archegos conduira à une perte d’environ 5 milliards de dollars pour Credit Suisse.

    Octobre 2021 Credit Suisse doit payer 475 millions de dollars aux autorités américaines et britanniques dans l’affaire du Mozambique. En même temps, la Finma rend ses rapports d’enquête sur cette affaire et celle des filatures.

    Cette accumulation d’affaires jette un sérieux doute sur la gestion des risques de l’entreprise, ce qui est confirmé par des rapports d’enquête externes que Le Temps a pu lire, par les employés qui ont accepté de raconter leur expérience, de même que par les conclusions de la justice ou des régulateurs dans d’autres cas. Ne serait-ce qu’en termes de frais juridiques et d’amendes, Credit Suisse a payé un total de plus de 15 milliards de francs depuis 2008 aux Etats-Unis, selon plusieurs estimations. 

    A nos questions, la banque a fini par répondre par une prise de position générale : « Credit Suisse a des bases très solides et est fier de son riche héritage et de ses racines entrepreneuriales.
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    Source de ce extrait : https://www.letemps.ch/grand-format/credit-suisse-perdu-controle

    #banque #finance #spéculation #gestion_de_fortune #subprimes #ubs #bonus #faillite #lehman_brothers #McKinsey #cds #hedge_funds #banksters #affaires

    • France, ce 24 Octobre : Credit Suisse paie 238 millions d’euros pour éviter des poursuites pénales en France
      Elle suit ainsi le chemin de HSBC private Bank, une filiale suisse du géant bancaire britannique HSBC, qui avait accepté de payer 300 millions d’euros,
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      Le 17 octobre, déjà, crédit suisse avait annoncé être parvenu à un accord définitif avec le procureur général du New Jersey pour solder une affaire ancienne concernant la vente de titres adossés à des créances hypothécaires, dont la valeur s’était brutalement effondrée lors de l’éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis.
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      La banque va donc s’acquitter d’une amende de 495 millions de dollars pour régler tous les dédommagements en justice. Un montant déjà couvert par des provisions, précise la banque dans son communiqué.
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      Tous les détails : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/credit-suisse-paie-238-millions-d-euros-pour-eviter-des-poursuites-penales

  • It’s time to redouble and refocus our efforts to fight covid, not retreat | The BMJ
    https://www.bmj.com/content/379/bmj.o2423

    As Americans embrace what #McKinsey and Company has called “#individual_endemicity” — in which people let their risk tolerance dictate the preventive measures they take—transmission rates remain at dangerous levels in nearly every county of the US.

    Throughout the summer, the US recorded approximately 3,000 deaths per week, at least the equivalent of a 9/11’s worth of deaths each week, and often more. The delta and omicron surges took 350 000 American lives in seven months, almost seven times as many fatalities as claimed by the most severe flu season in years. In early September 2022, covid-19 was the second leading cause of death in the United States, claiming more lives than stroke and common cancers.

    #covid-19 #conseil

  • Réforme du calcul de l’APL : le cauchemar des agents de la CAF, Isabelle Rey-Lefebvre, Luc Martinon, 19 mars 2022

    Le cabinet de conseil #McKinsey a été missionné dès 2018 pour remédier à des difficultés informatiques [sic]. Il aura touché près de 4 millions en plus de deux ans mais, sur le terrain, la mise en application reste laborieuse.

    Un problème ? Un cabinet de conseil ! C’est, en substance, la conclusion à laquelle aboutissent, dans leur rapport publié jeudi 17 mars, les sénateurs membres de la commission d’enquête sur le recours aux cabinets de conseil privés des administrations, plutôt qu’à leurs ressources humaines internes. Rien qu’en 2021, les Capgemini, Ernst & Young, Boston Consulting Group et autres Deloitte auront facturé 1 milliard d’euros à l’Etat, trois fois plus qu’en 2018. Le résultat est-il là ? Pas avec la refonte du calcul de l’allocation logement (environ 15 milliards d’euros versés à 6,5 millions de ménages).

    Ce chantier, dit de « contemporanéisation », est pourtant crucial car il préfigure la réforme de calcul d’autres aides sociales perçues, elles, par 20 millions de ménages. C’est ce qu’a confirmé le candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron en présentant son programme, jeudi : « Pour les plus précaires, je souhaite qu’on puisse mettre en place la solidarité à la source, a-t-il développé. Le revenu de solidarité active, les allocations logement, les allocations familiales, ces dispositifs très segmentés (…) nous allons les simplifier (…) comme le prélèvement de l’impôt à la source et le fait de rendre les aides au logement contemporaines du revenu, une grande réforme du quinquennat » qui s’achève.

    Entré en vigueur en 2021, le nouveau mode de calcul des allocations logement était, en effet, censé devenir plus rapide, s’ajuster aux derniers revenus « en temps réel » et aller puiser à la source les données sur les revenus des allocataires, ainsi dispensés de déclarations trimestrielles. Il devait, en outre, permettre de faire économiser plus d’un milliard d’euros par an au budget de l’Etat. Ces objectifs sont certes atteints, mais dans la douleur et au détriment des allocataires car, malgré les 3,88 millions d’euros d’honoraires versés au cabinet de conseil McKinsey pour piloter le projet, l’opération a plutôt provoqué un crash informatique dont les conséquences empoisonnent encore aujourd’hui la vie des allocataires et le travail des agents des caisses d’allocations familiales (CAF) de la France entière.

    « Délais et retards »

    Les sénateurs refont la chronologie des incidents. Les premières difficultés, en particulier informatiques, apparaissent fin 2018 et le cabinet de conseil McKinsey est une première fois missionné pour « un premier audit sur la sécurisation de la gouvernance du projet », facturé 463 620 euros. Il révèle « un défaut technique majeur de la solution informatique de la Caisse nationale des allocations familiales [CNAF] ». En décembre 2019, la CNAF déplore « un incident technique d’ampleur, nécessitant un suivi du projet jusqu’au niveau du ministre du logement ». McKinsey est rappelé pour un diagnostic et « l’évaluation du calendrier », qu’il facture 1,101 million d’euros. Une nouvelle mission sur la sécurisation du déploiement de la réforme est demandée en avril 2020, facturée 2,316 millions d’euros.

    Les sénateurs relèvent aussi, et non sans étonnement, que McKinsey participe aux réunions de suivi hebdomadaire en présence du directeur du cabinet du ministre du logement – Julien Denormandie à cette date – et adresse parfois ses recommandations sous le sceau de l’administration, comme, détaille le rapport, c’est le cas d’un document de « présentation de la réforme » daté du 10 juillet 2020 qui annonce qu’elle « constitue la clé de voûte concernant la généralisation de la prise en compte des ressources contemporaines pour l’ensemble des prestations sociales ».

    Les sénateurs concluent : « Cet exemple démontre la dépendance de l’Etat dans le domaine informatique pour une réforme pourtant prioritaire, avec des conséquences concrètes sur le quotidien des Français. » Le ministère du logement, cité dans le rapport, s’en défend : « La maîtrise technique des systèmes d’information apportée par les consultants a constitué un apport nécessaire et décisif aux équipes ministérielles », assure-t-il.

    La réforme du calcul de l’APL, prévue pour le 1er janvier 2019, aura été reportée à quatre reprises, en août 2019, puis janvier 2020 et avril 2020, pour finalement s’appliquer le 1er janvier 2021. C’est, selon plusieurs observateurs, ce retard qui a valu à Vincent Mazauric, directeur général de la CNAF nommé en 2017 par la ministre des solidarités et de la santé – à l’époque Agnès Buzyn – son départ, en octobre 2021, vers le Conseil d’Etat.

    « Situation explosive »

    Le syndicat national Force ouvrière des cadres des organismes sociaux (SNFOCOS) dénonce, dans une lettre datée du 4 mars, adressée au nouveau directeur général de la CNAF, Nicolas Grivel, « des difficultés qui perdurent, une réforme qui retarde le processus de liquidation [le paiement de l’allocation logement] par la persistance des anomalies de droits, par la déficience du système d’information (…) et surtout l’incompréhension des allocataires en accueil physique et téléphonique (…) La situation dans les CAF est explosive. La branche famille continue sa lente descente aux enfers ! », alerte-t-il.

    Le malaise est à ce point profond qu’il faut, dans les antennes locales, souvent recourir à des vigiles pour contenir d’éventuelles incivilités et que deux grèves intersyndicales ont été organisées, les 25 juin 2019 et 29 juin 2021.

    « Nous avons subi une avalanche de réformes, de la prime d’activité, du calcul de l’APL, des modalités d’accueil des bénéficiaires, toutes mal préparées et sans formation des agents, dont les effectifs sont d’ailleurs toujours en baisse, explique Thierry Faivre, représentant des cadres au SNFOCOS. Sur cinq départs, quatre ne sont pas remplacés, les salaires n’ont pas bougé depuis dix ans. Et ce n’est pas un consultant de chez McKinsey qui peut régler ça », assure-t-il.

    Quant aux personnes qui perçoivent l’APL, 30 % d’entre elles ont vu son montant baisser d’en moyenne 73 euros par mois, et 8 % son versement être brutalement interrompu. L’Etat économise ainsi 1,2 milliard d’euros « mais une grande part de cette somme est le fait d’allocataires qui renoncent à demander ou à faire rétablir leur allocation », constate M. Faivre. « Il est si compliqué d’obtenir un rendez-vous, de remplir un dossier, de scanner et envoyer ses documents, que beaucoup se découragent », déplore-t-il.

    Précision, le 31 mars 2022 à 16h45 : le montant de 1 milliard d’euros correspond au coût des missions réalisées par l’ensemble des #cabinets_de_conseil, contrairement à ce que pouvait suggérer la formulation initiale.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/03/19/reforme-du-calcul-de-l-apl-le-cauchemar-des-agents-de-la-caf_6118251_3224.ht

    #CAF #APL #guerre_aux_pauvres #non_recours (la fabrique du)

  • Devis de vacances pour McKinsey | l’Obs | 30.08.23

    https://www.nouvelobs.com/politique/20220830.OBS62530/pendant-l-ete-l-etat-passe-un-nouveau-contrat-avec-mckinsey.html

    Le cabinet de conseil américain #McKinsey, qui fait l’objet d’une enquête du Parquet national financier pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale », s’est vu attribuer en juillet un important contrat de conseil en stratégie par un organisme public, l’UGAP.

    Le 12 juillet, au cœur de l’été, l’Union des Groupements d’Achats publics (UGAP), la centrale d’achat de l’Etat, a passé un méga marché de 375 millions d’euros avec une quinzaine de sociétés de consultants pour [des lots] de conseil en stratégie, organisation, finance et immobilier. Surprise, parmi les entreprises retenues figure la société McKinsey.

    MAIS

    McKiki est un heureux élu de rang 2 à l’UGAP ; en pratique, proba de chiffre d’affaire = 0 ; en effet, il faudrait un défaut des heureux élus de rang 1 : PwC (mandataire), plus l’ADIT, Havas Paris et Landot & associés (cotraitants).

    https://www.consultor.fr/articles/l-ugap-met-sur-les-rails-un-marche-de-conseil-a-375-millions-d-euros

  • Macron-Jekyll et Macron-Hide ! Le blog de Descartes
    https://descartes-blog.fr/2022/08/26/macron-jekyll-et-macron-hide

    J’ignore si Macron est capable de chanter « l’Internationale », mais on peut dire que son premier quinquennat a été largement guidé par le fameux couplet : « du passé faisons table rase ». Lorsque Emmanuel Macron quittera le pouvoir – et consolons-nous, aucun fléau n’est éternel – il laissera derrière lui un champ de ruines : plus de Fessenheim, fermée ; plus de baccalauréat, réduit à un simulacre digne de « l’école des fans » ; plus d’ENA et plus de corps préfectoral ou diplomatique – et bientôt plus de fonction publique au rythme ou les fonctionnaires sont remplacés par les contractuels. Et on ne compte même plus les abandons dans les domaines de l’industrie, de la recherche, des infrastructures, sans oublier de l’éducation, qui n’arrive plus à recruter des profs et former des élèves, et l’énergie où nous risquons de connaître bientôt les coupures d’électricité tournantes dont les pays du tiers monde sont familiers.

    Et voilà qu’après cinq ans de ce traitement, peut-être pour nous remonter le moral, Emmanuel Macron choisit d’ouvrir le Conseil des ministres en annonçant « la fin de l’abondance, de l’insouciance, des évidences ».

    La première question, évidente, est de savoir à qui ce discours s’adresse. Pas à l’ensemble des Français, probablement. Je veux bien admettre que notre président ne connaît pas le pays qu’il est censé gouverner. Mais même dans sa tour d’ivoire il doit être au courant : « l’insouciance » et « l’abondance » étaient le lot d’une majorité de Français… dans les années 1960. Mais depuis, deux chocs pétroliers et quarante ans de politiques néolibérales sont passés par là. Pour la grande majorité de nos concitoyens, « l’abondance » n’est qu’un lointain souvenir sinon une légende, et « l’insouciance » un luxe qu’on ne peut se payer. Quant aux « évidences » – vous savez, « le meilleur système de santé du monde », « mes enfants vivront mieux que moi », « si tu étudies bien, tu auras un bon boulot » – se sont effondrées depuis bien longtemps. La seule « évidence » qui subsiste, c’est celle de « l’homme est un loup pour l’homme ».

    Comme le président parlait devant l’ensemble du gouvernement réuni, il est tentant de supposer que ce sont les ministres qui étaient les destinataires de l’annonce. Ce qui conduirait à conclure que jusqu’à maintenant, nos ministres ont vécu dans « l’abondance, l’insouciance et les évidences ». Et à son tour, cette constatation pose une redoutable question : comment notre président, si soucieux de l’intérêt général, a pu garder en fonction des personnages aussi complaisants aussi longtemps ? En tout cas, si le président cherchait à surprendre nos ministres, il a raté son coup. Personne, ni Elisabeth Borne, ni ses petits camarades n’ont manifesté la moindre surprise. Ils devaient se douter de quelque chose…

    Il y a, certes, une minorité dans notre pays qui vit dans « l’abondance, l’insouciance » Sans compter sur « l’évidence » d’être dans le vrai et d’avoir tous les droits. Peut-être que le discours présidentiel s’adressait justement à eux ? Le président est certes « disruptif », mais je ne crois pas un instant qu’il soit disposé – ou même en capacité – d’engager cette disruption-là. On ne tire pas contre son camp et encore moins contre sa classe. L’idée qu’il pourrait annoncer la fin de l’insouciance et de l’abondance pour les privilégiés des classes intermédiaires et de la bourgeoisie est proprement surréaliste (1) .

    En fait, derrière la saillie présidentielle on trouve la logique habituelle, la même qui se trouve derrière le discours « le 1% contre le 99% ». Ce discours s’adresse en fait à un croquemitaine imaginaire. C’est lui – et pas vous ou moi – qui vit « dans l’abondance et l’insouciance ». C’est lui – et pas vous ou moi – qui émet du CO2, pollue les rivières, exploite les enfants dans les ateliers du tiers monde pour avoir des produits bon marché, pend des bains quand l’eau manque et change de smartphone une fois par an. Ce croquemitaine, ce n’est pas moi, ce n’est pas vous, surtout pas. C’est un Autre, qui se charge de tous les péchés de la société capitaliste moderne et qu’on peut défenestrer oralement sans risque qu’il crie ou se révolte – ou pire, nous rappelle nos propres péchés – puisqu’il n’existe pas. C’est la logique du bouc émissaire avec, raffinement suprême, un bouc imaginaire.

    Cette entrée en matière du président jette une lumière crue sur l’état du pays. Emmanuel Macron avait commencé sa première présidence tout feu tout flamme, persuadé qu’il fallait prendre le système de vitesse et que la réforme c’est comme une bicyclette, qui tombe dès qu’elle cesse d’avancer. Le Macron de 2017 allait changer non seulement la France de l’intérieur, mais aussi celle de l’extérieur : l’Europe allait être reconstruite, le conflit mémoriel avec l’Algérie aplani, la France allait parler d’égal à égal avec les Américains et les Russes. Même en laissant de côté la question de savoir si ces objectifs ont été atteints et pourquoi ils ne l’ont pas été, on ne peut que constater que le deuxième mandat du président, loin d’être la continuité du premier, en est la négation. Là où un président jeune, plein d’ardeur, annonçait un avenir libéralement radieux – ou radieusement libéral, les deux se disent – le deuxième s’ouvre dans une atmosphère qu’on peut qualifier de crépusculaire, avec un président usé et à court d’idées. Annoncer la fin de « l’abondance, de l’insouciance et des évidences », c’est annoncer l’austérité – qu’on rebaptisera « sobriété » pour faire joli – les soucis et les incertitudes. Et devant cette situation, Macron s’est enfermé dans une position purement réactive : on n’anticipe pas les problèmes, on réagit à eux. On ne se fixe pas d’objectifs, on pare les coups. On n’attaque plus ses adversaires, on ne fait que se défendre. La politique énergétique est la caricature de cette posture : pendant cinq ans, alors que toutes les alarmes sonnaient, on n’a rien fait. On n’a même pas cherché à réexaminer la décision absurde qu’était la fermeture de la centrale de Fessenheim. Alors qu’on a révisé en 2019 une « PPE » – sigle barbare qui veut dire pour les initiés « programmation pluriannuelle de l’énergie », censé être un instrument de planification sur dix ans permettant d’anticiper les difficultés – on découvre trois ans plus tard que rien n’a été prévu, et qu’il est trop tard pour faire quoi que ce soit si ce n’est partager la pénurie.

    Après avoir eu un président hyperactif persuadé contre toute évidence d’avoir raison sur tout, nous avons un président qui s’excuse à chaque pas d’avoir mal fait. Annoncer aujourd’hui la « fin de l’abondance, de l’insouciance, des évidences », c’est un double aveu. D’abord, d’avoir gouverné cinq ans avant de découvrir le problème, et ensuite de ne rien avoir fait pour l’anticiper. Et cette admission apparaît en cette rentrée à chacune de ses interventions. Devant les recteurs d’académie réunis pour la conférence de rentrée, il a parlé de « élèves malheureux », de « professeurs désabusés », de « parents inquiets », pour conclure que « Quelque chose ne marche pas dans notre organisation collective ». Un peu comme un nouveau président qui découvrirait l’héritage de son prédécesseur. Seulement voilà, le prédécesseur d’Emmanuel Macron, c’est un certain Macron Emmanuel.

    Comble de cette transformation ? Ce fameux « conseil national de la refondation ». Dont les initiales n’ont certainement pas été choisies au hasard : ce sont les mêmes – et curieusement, personne n’a dénoncé ce hold-up mémoriel – que celles du « conseil national de la résistance », cet organisme de coordination entre gaullistes, centristes et communistes qui aboutit au programme qui, après 1945, permettra la modernisation du pays. C’est quand même ironique que ce soit Macron, qui a passé cinq and à effacer consciencieusement l’héritage du CNR première version, qui lui rende hommage par initiales interposées en créant le CNR seconde version. Un hommage du vice à la vertu, en quelque sorte.

    Seulement voilà, le CNR première époque était un lieu où des gens qui avaient des idées essayaient de se mettre d’accord sur la meilleure voie à suivre pour aller vers un objectif commun, celui de « défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ». Le CNR deuxième époque est au contraire une béquille pour un pouvoir qui n’a plus vraiment d’objectif ni d’idées. Le recours systématique à des cabinets de conseil – McKinsey, Boston Consulting Group – n’est pas seulement un scandale du point de vue de la colonisation de l’Etat par des intérêts privés. C’est aussi un révélateur de l’incapacité du pouvoir à élaborer lui-même des objectifs, des idées, des projets. Là aussi, on a fait table rase du rôle des partis politiques en tant qu’intellectuels collectifs, pour ne garder que leur fonction d’écurie électorale. Notre président veut réformer, mais ne sait ni quoi, ni comment. Il a besoin qu’on lui dise, et paye des gens pour cela. Ou bien on transfère le soin d’avoir des idées à la « base ». On a un bon exemple dans le discours aux recteurs : notre président a valorisé l’idée des « projets » présentés par les établissements. Une façon de dire « comme on ne sait pas quoi faire, on vous donne un peu d’argent et à vous de trouver la solution ».

    En ce début de mandat, on pourrait dire paraphrasant Churchill que Christophe Colomb était le premier macroniste : il ne savait pas où il était, il ne savait pas où il allait, et tout ça aux frais du contribuable. Ce qui laisse une question pendante : Macron a-t-il changé ? Je pense plutôt qu’il se dédouble. Il y a Macron-Hyde, qui a ravagé le pays pendant cinq ans n’écoutant que lui-même et n’admettant jamais une erreur. Et puis il y a Macron-Jekyll, autocritique, modeste, conciliant, prêt à tout discuter. La potion qui provoque la transformation ? Et bien, c’est la perte de sa majorité au Parlement qui l’oblige à se faire séducteur là où hier il était impérieux. Mais ne nous trompons pas. Si demain il récupérait ses marges de manœuvre – par exemple, par la grâce une dissolution réussie – on peut être sûr de revoir, à la place des traits avenants du docteur Jekyll, le visage dépravé de mister Hyde.

    Descartes

    (1) En fait, on peut se demander si le discours de Macron ne se dirige d’abord… à lui-même. Après tout, qui plus que lui a vécu ces cinq dernières années “dans l’abondance, dans l’insouciance, dans les évidences” ? On peut interpréter sa déclaration comme un moment d’instrospection…

    #emmanuel_macron #macron #enMarche #Jekyll #Hide #abondance #insouciance #néo_libéralisme #privilégiés #bourgeoisie #bouc_émissaire #réformes #refondation #cnr #McKinsey #Boston_Consulting_Group #Projet

  • Opioïdes aux Etats-Unis : Walmart, Walgreens et CVS condamnés à verser 650 millions de dollars Le Temps
    https://www.letemps.ch/monde/opioides-aux-etatsunis-walmart-walgreens-cvs-condamnes-verser-650-millions-d

    Les pharmacies de Walmart, Walgreens et CVS ont été condamnées mercredi par un juge fédéral en Ohio, dans le nord des Etats-Unis, à verser 650,6 millions de dollars à deux comtés de cet Etat, Lake et Trumbull, a annoncé le cabinet d’avocats qui a défendu les deux comtés, The Lanier Law Firm.

    Cette somme permettra de « financer des programmes d’éducation et de prévention et de rembourser les agences et organisations pour les frais encourus pour gérer la crise », a-t-il ajouté. Walmart a annoncé dans un communiqué son intention de faire appel, dénonçant un procès « truffé d’erreurs juridiques et factuelles ».

    Les trois géants de la distribution aux Etats-Unis, qui avaient distribué massivement des antidouleurs dans ces deux comtés, avaient été jugés coupables en novembre.

    « Une épidémie de drogue soutenue par la cupidité des entreprises »
    Les avocats des deux comtés dans l’Ohio étaient parvenus à convaincre le jury que la présence massive d’opiacés constituait bien une nuisance publique et que les pharmacies y avaient participé en ignorant pendant des années des signaux d’alarme sur des prescriptions suspectes.

    Les responsables des comtés « voulaient simplement être dédommagés du fardeau d’une épidémie de drogue soutenue par la cupidité des entreprises, la négligence et le manque de responsabilité de ces chaînes pharmaceutiques », a commenté leur avocat, Mark Lanier, cité dans le communiqué.

    Les chaînes de pharmacies estiment que les pharmaciens ne font que respecter des ordonnances légales rédigées par des médecins, qui prescrivent des substances approuvées par les autorités sanitaires. Certaines parties avaient conclu des accords avec les comtés de Lake et Trumbull pour mettre fin aux poursuites en échange de versements financiers. C’est le cas des chaînes de pharmacies Rite Aid et Giant Eagle.

    Des distributeurs jugés responsables pour la première fois
    C’était la première fois que des distributeurs de médicaments, et non pas des producteurs, étaient jugés responsables dans cette crise sanitaire à l’origine de plus de 500 000 morts par overdose en 20 ans aux Etats-Unis, et qui a donné lieu à une myriade de procédures lancées par des collectivités.

    La condamnation de producteurs d’opiacés sur la base de lois sur les nuisances publiques a cependant connu des revers, en Californie et en Oklahoma. L’été dernier CVS, Walgreens, Rite Aid et Walmart avaient accepté de verser 26 millions de dollars au total à deux comtés de l’Etat de New York.

    Lire aussi : Crise des opioïdes aux Etats-Unis : l’indécent ballet des groupes pharma https://www.letemps.ch/opinions/crise-opioides-aux-etatsunis-lindecent-ballet-groupes-pharma

    #McKinsey #oxycodone #naloxone #opioides #sackler #big_pharma #santé #fentanyl #opiacés #addiction #opioïdes #drogues #drogue #pharma #usa #santé_publique #etats-unis #purdue_pharma #oxycontin #carfentanil #overdose #Walmart #Walgreens #CVS

    • Le groupe Purdue Pharma :
      Selon une enquête du New Yorker, le groupe aurait réalisé près de 35 milliards de dollars de bénéfice grâce au seul OxyContin entre 1996 et 2019.

      Un plan prévoit désormais le versement de 6 milliards de dollars à titre d’indemnisation à plus de 140 000 victimes directes qui avaient porté plainte, ainsi que des collectivités.

  • The opioid crisis isn’t just the Sacklers’ fault – and making Purdue Pharma pay isn’t enough on its own to fix the pharmaceutical industry’s deeper problems
    https://theconversation.com/the-opioid-crisis-isnt-just-the-sacklers-fault-and-making-purdue-ph

    Until the Food and Drug Administration approved #OxyContin in 1995, […] #marketing techniques were forbidden for opioids, which authorities considered to be too dangerous for them.

    […]

    In 1949, Endo Products claimed that Percodan, its new oxycodone product, shouldn’t face strict federal controls because it was chemically similar to codeine, a relatively weak opioid used in cough syrups. The company insisted it wasn’t addictive when used as prescribed.

    Expert pharmacologists working with federal regulators pushed back. Noting that oxycodone produced an “intense” addiction, they pointed out that people did not always follow doctors’ orders – especially with addictive drugs.

    Purdue’s real innovation with OxyContin was commercial, not scientific. The company was the first to market a powerful opioid using the most aggressive strategies other drug companies regularly used to get pharmaceutical innovations into bodies with great speed and efficiency – while maximizing profits.

    Once Purdue showed it could be done, competitors quickly followed suit. The industry replaced U.S. medicine’s century-old habits of opioid precautions with a reckless boosterism.

    Purdue, that is, didn’t act alone.

    Other drugmakers such as Endo and Janssen imitated and even surpassed Purdue’s example once the taboo had been broken.

    Generic manufacturers such as Allergan and Teva then profited by expanding and prolonging the boom, as did wholesale drug distributors and retail chain pharmacies. Even the prestigious #McKinsey consulting firm got into the game, advising others how to maximize sales.

    The complicity of so many industries makes opioid litigation complex and hard to follow. Cities, states and other plaintiffs didn’t just sue Purdue. They turned to the legal system to make sure that all the other companies pay to repair the harms they caused in building the historic opioid boom that has contributed to more than 500,000 overdose deaths since 1996.

    To date the largest national opioid settlement is with the three main opioid distributors and Johnson & Johnson, manufacturer of the Duragesic and Nucynta opioids. It totals $26 billion, significantly more than what Purdue and the Sacklers are paying.

    But financial settlements cannot solve every problem that made this crisis possible. Purdue and its competitors were able to put profits over consumer safety for so long, in part, because their marketing strategies closely approximated how other medicines are sold in the U.S.

    The opioid crisis, in other words, revealed in an exaggerated fashion problems prevalent in the pharmaceutical industry more generally. Until those broader problems are resolved, the unhappy history of addictive prescription drugs will keep repeating itself.

    Dommage que la responsabilité des « #autorités » ne soit qu’implicitement évoquée.

    #pharma #opioides #opiacés #mode #états-unis

  • How The CEO Of A Leading LGBTQ Rights Group Played A Role During The Opioid Crisis | HuffPost UK U.S. News
    https://www.huffingtonpost.co.uk/entry/amit-paley-mckinsey-purdue-opioids_n_62d19d55e4b0ed8ba48ef1f3

    In the summer of 2016, America’s opioid epidemic was raging, and Purdue Pharma, one of the drug manufacturers at the center of the maelstrom, was seeking outside help to manage its collapsing reputation.

    For Amit Paley, a rising associate partner at the global consulting giant McKinsey & Co., it was an opportunity. He had worked closely with Purdue before and seemed eager to do so again. So, on a Friday evening in June, Paley scrambled to come up with a list of past examples of how companies selling dangerous products had reduced risk in order to avoid liability and salvaged their reputations with an outraged public.

    He suggested looking to pharmaceuticals that carried risky side effects — but also, to consider Twitter, noting it was “lauded for opening discourse but also [a] hotbed of lots of hatred and anonymous vicious attacks,” and trains, saying, “people initially thought they would be very dangerous.”

    “Ideally, we would highlight products/services that are positive,” he wrote to another McKinsey consultant, “but carry risks of being abused.”

    Today, Paley has a new job: executive director and CEO of the country’s largest LGBTQ crisis hotline, The Trevor Project, which he has led since 2017. The Trevor Project provides thousands of young LGBTQ people every year with crisis and suicide prevention counseling through its national hotline, and it drives research and lobbies for resources dedicated to preventing youth LGBTQ suicide. Under Paley, the organization has overseen the launch of a 24/7 digital crisis service, a six-fold increase in the number of young people it serves, and the start of a global launch outside the United States.

    The Trevor Project is also among the countless nonprofits now grappling with the fallout of the opioid crisis: A report the group put out in January said the misuse of prescription drugs was associated with a threefold increase in suicide attempts by LGBTQ people.

    Purdue Pharma was dissolved last year in a settlement that set aside $4.5 billion for states suffering the impacts of the opioid crisis.

    By the time of Paley’s work with Purdue, the opioid epidemic and its deadly toll were undeniable. Purdue was beginning to attract public notoriety and legal scrutiny, and its aggressive marketing of OxyContin was widely blamed by experts for creating a generation of people addicted to opioids. In 2015, more than 33,000 people in the United States died of an overdose involving an opioid, a number that soared in the years to come. In 2016, a national federal survey found that almost 4 million people in the U.S. were abusing prescription oxycodone.

    Besides helping McKinsey compete for Purdue’s crisis response business, Paley collaborated with Purdue executives over a period of four or five weeks on a strategic 10-year plan to boost the sales of opioids and other Purdue products. Later, as McKinsey competed to handle data analysis for Purdue, his team suggested ways to use data to support Purdue’s sales goals and undermine its critics.

    “Seven years ago, when I was a consultant at McKinsey, I was assigned to a project for Purdue,” Paley said as part of a statement to HuffPost. “If I knew then what I know now, I would not have agreed to do any consulting for that company, and I regret that I did.”

    Paley’s work with Purdue has not been previously reported. Of his seven years working for McKinsey, his biography on The Trevor Project’s website says only that he “served numerous non-profit organizations, Fortune 500 companies, and governments.”

    His role came to light thanks to McKinsey’s $573 million settlement with a coalition of 47 state attorneys general over the firm’s role in driving the opioid crisis. For more than a decade, McKinsey provided Purdue with detailed advice on how to maximize sales of its blockbuster opioid, OxyContin. The settlement terms allowed McKinsey to avoid any admission of wrongdoing, but required it to make public more than 100,000 emails, presentations, and other internal documents from the years it spent advising several of the nation’s leading opioid makers.

    HuffPost reviewed hundreds of emails, slideshows, agendas and documents that Paley traded with colleagues and clients.

    His first assignment was to a project to create a 10-year strategic plan for Purdue, with a goal of helping the company reach $700 million in annual distributions.

    “I want him to feel the love from us.”
    - Instructions Amit Paley received on how to treat a Purdue Pharma executive

    Most of the strategies McKinsey laid out were aimed at protecting Purdue’s share of the opioid market, such as by creating an in-house litigation team to challenge rival opioid makers using intellectual property law, and helping its recently expanded sales force pump more prescriptions into regional health care networks and long-term care facilities. “Protect OxyContin,” “Protect Butrans” and “Protect Hysingla” — the latter two are other Purdue brand-name narcotics — were labeled priorities number one, two and three.

    Paley’s role in the 10-year plan project was to be the engagement manager, or the liaison between Purdue executives and the rest of the consulting team. Starting in September 2015, Paley worked with Purdue on an almost daily basis, often taking a car service up to the company’s headquarters in Stamford, Connecticut. He fielded lists of new and ongoing business initiatives from Purdue’s top executives, which the McKinsey team then fleshed out as long-term profitability strategies that they presented to Purdue.

    McKinsey places a high value on “client continuity,” and so, after his work on the 10-year plan, Paley hustled to stay involved with Purdue.

    He helped McKinsey win the rights to overhaul Purdue’s global procurement process, and he helped assemble a new consulting team when Purdue turned to McKinsey for corporate development advice.

    “I want him to feel the love from us,” Laura Moran, a McKinsey partner overseeing the project, told Paley as he was corresponding with Ed Mahony, a Purdue executive vice president.

    In May 2016, Paley became a key member of a McKinsey bid to create a big data strategy for Purdue. Paley, because he had experience with Purdue, would have helped lead the data project on a day-to-day basis, according to versions of the proposal dated the day it was submitted to Purdue. A source close to The Trevor Project said it would be inaccurate to describe Paley as a leader of any of McKinsey’s Purdue-related work and noted that his promotion to associate partner was in the pipeline but not yet in effect. “The description of his role is inflated to win the account,” he said.
    Paley’s bio as presented in versions of McKinsey’s Big Data proposal on the day it was sent to Purdue.
    Paley’s bio as presented in versions of McKinsey’s Big Data proposal on the day it was sent to Purdue.UCSF Opioid Industry Documents

    As part of its pitch, the team proposed a long list of ways that McKinsey’s proprietary analysis capabilities could help Purdue sell more products. One option McKinsey presented was to strategically redeploy salespeople to regions where demand was greatest; another was identifying “undiagnosed patients” who weren’t taking Purdue’s “high-value products” but could be.

    McKinsey also pitched using data analysis to shield Purdue from a growing public backlash. The firm had previously helped another pharmaceutical company combat negative impressions on Facebook and Twitter with methods like creating a patient advocacy group, McKinsey said, and could do something similar for Purdue.

    Big data could even help discredit negative press, it said in its pitch: Weeks earlier, the Los Angeles Times dropped a damning report on how Purdue had marketed OxyContin as offering 12 hours of pain relief despite knowing that the effects often wore off sooner — “the perfect recipe for addiction,” in the words of a leading researcher. The story relied partly on research performed by Purdue itself. McKinsey nevertheless claimed it could produce data to counter the Times’ “anecdotal” reporting.

    “Fingers crossed that we win this!” Paley wrote to his team members as they prepared to submit the proposal. Purdue ultimately awarded the contract to a rival firm.

    In June 2016, Paley helped McKinsey compete for a slice of Purdue Pharma’s crisis management business. That was when he drew up the list of other hazardous consumer products. Purdue did not carry out McKinsey’s recommendations, a spokesman for McKinsey said.

    “Fingers crossed that we win this!”
    - Paley, as his team competed for new Purdue business

    “Amit served Purdue for a relatively brief period of time while in a junior role,” Greg Romano, the spokesman, wrote in reply to questions for this story. “It would be incorrect to present his client service to Purdue as central or leading.”

    As for Paley coming up with a list of high-risk products that could serve as an example to Purdue, Romano said: “That work was not to understand how to avoid liability or improve public reputations. … Rather, it looked at ways in which the company could change its business model to better address the risks of opioid misuse.”

    In an email with McKinsey colleagues, Paley described the job as a “competitive proposal related to crisis response.” And in a response to a colleague who asked if Purdue was trying to “improve impressions of opioids” or address risk by taking the lead of other companies that had faced tort liability, Paley replied, “both.”

    The source close to The Trevor Project stressed that Paley worked on just one project out of dozens that McKinsey handled for Purdue and billed only 168 hours. He was not in a senior role while working on the 10-year plan or while crafting subsequent proposals, this person said, and was “at most [in] a mid-level position.”

    “The Trevor Project CEO search was a thorough and robust process which resulted in hiring the most qualified candidate in Amit Paley,” Gina Muñoz, the chair of the board of directors, said in a statement. “The Board of Directors remains steadfast in our choice of CEO and we are proud of the transformational growth and expansion of life-saving programming at The Trevor Project that Amit has led since the start of his tenure.”

    “We have full confidence in Amit as CEO of The Trevor Project and stand firmly behind him,” she continued.

    Paley’s team leaders at McKinsey seemed acutely aware that their work could be reputationally toxic. In May 2017, Moran, his supervisor on several projects, told another consultant, Arnab Ghatak, that she planned to give Purdue print copies of a presentation rather than a digital version. “These guys will be deposed,” she reasoned. “Best our emails are not sucked into it.”

    Ghatak and Martin Elling, also Paley’s onetime supervisors, were both fired from McKinsey after a 2019 lawsuit brought by Massachusetts Attorney General Maura Healey revealed that the two had discussed destroying all documents related to Purdue. Moran and Elling did not reply to a request for comment, and Ghatak could not be reached.

    But if members of the team had personal misgivings about their work for a company at the heart of the opioid epidemic, they did not readily discuss it. On Nov. 9, 2015, Paley and the rest of his team received an email from a McKinsey analyst about a New York Times opinion piece, “How Doctors Helped Drive The Addiction Crisis.” The article laid out how opioids were driving up American mortality rates.

    “Worth a quick read,” the analyst said. There is no record of anyone responding.

    Paley left McKinsey to lead The Trevor Project in July 2017. He had volunteered for The Trevor Lifeline for six years.

    “I left McKinsey to become CEO of The Trevor Project so I could devote all of my time, energy and expertise to scaling this organization’s life-saving work,” he said in his statement to HuffPost. “I am proud of my impact at The Trevor Project over the past five years and I will continue dedicating my life to supporting and saving lives of LGBTQ young people around the world.”

    When he left the firm, he had glowing words about his time there. “I am so grateful for all the friends and mentors I have made at McKinsey,” he wrote in a farewell message posted to the firm’s Facebook page. “You are the most inspiring, talented group of people I have ever met.”

    #Opioides #McKinsey #Purdue_pharma #Trevor_Project

  • Opioïdes, l’insurmontable crise aux Etats-Unis - 107 000 morts par overdose en 2021 Valérie de Graffenried

    Nouveau record américain : 107 000 morts par overdose en 2021. La responsabilité des entreprises pharmaceutiques et médecins qui prescrivent des antidouleurs trop facilement est montrée du doigt.

    Comment ne pas être pris de vertige ? En mai, les autorités sanitaires américaines annonçaient un nouveau « record » : 107 000 morts par overdose en 2021, 15% de plus que l’année précédente. L’équivalent, en moyenne, d’une personne toutes les cinq minutes. La spirale infernale ne s’arrête pas. Si les chiffres augmentent chaque année, la hausse était encore plus marquée entre 2019 et 2020 : +30%. Malgré les efforts de prévention, de lutte contre les trafiquants de drogues ou de distribution plus large de naloxone, qui permet de « ressusciter » une personne en train de faire une overdose via un spray nasal ou une injection, ce mal qui ronge la société américaine peine à se résorber. La pandémie n’a fait qu’aggraver la situation. . . . . . . . . .

    La suite payante, le lien : https://www.letemps.ch/monde/opioides-linsurmontable-crise-aux-etatsunis

    #McKinsey #oxycodone #naloxone #opioides #sackler #big_pharma #santé #fentanyl #opiacés #addiction #opioïdes #drogues #drogue #pharma #mafia #usa #santé_publique #etats-unis #purdue_pharma #oxycontin #carfentanil #overdose #constipation

  • Cabinets de conseil : Capgemini, le coûteux prestataire dont l’Etat ne sait plus se passer

    L’Etat a confié au moins 1,1 milliard d’euros de missions à Capgemini en cinq ans. L’omniprésence du cabinet fait grincer des dents au sein de l’administration, où des voix dénoncent missions coûteuses, projets ratés, opacité et de conflits d’intérêts.

    C’est un puissant cabinet de conseil privé qui gagne des milliards d’euros grâce à de lucratives missions publiques. Une usine à consultants à qui les ministères externalisent un nombre croissant de tâches, au point de développer vis-à-vis de ses experts une dangereuse dépendance. Une entreprise qui entretient des liens étroits avec l’appareil d’Etat. Il n’est pas question ici de la firme McKinsey, mais de Capgemini, un cabinet français qui semble disposer d’un poids bien supérieur à ses confrères américains sur la conduite des affaires de l’Etat.

    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/07/02/cabinets-de-conseil-capgemini-le-couteux-prestataire-dont-l-etat-ne-sait-plu


    Etienne Grass, patron de la branche « #services_publics » de Capgemini Invent, lors d’une convention sur la #santé, à Paris, le 2 octobre 2021. GABRIELLE FERRANDI / CHAM

    https://justpaste.it/5y61t

    #Cabinets_de_conseil

    • L’embarrassante mission secrète du cabinet de conseil Capgemini pour les douanes françaises

      Des consultants privés de l’entreprise ont eu accès à des données couvertes par le secret fiscal dans le cadre d’un projet informatique, suscitant des remous au sein de l’administration.

      Le sentiment du devoir accompli, Boris G. part en congés. Son algorithme a repéré une possible fraude à la TVA concernant deux jets privés Falcon 7X, pour lesquels l’importateur aurait omis de payer plusieurs millions d’euros lors de leur livraison sur le territoire français. Voilà une excellente nouvelle pour son employeur, les douanes françaises, qui ont parié sur l’intelligence artificielle pour cibler les fraudes à l’importation, en mettant sur pied, quelques mois plus tôt, un « service d’analyse de risque et de ciblage » (SARC). Sa mission : croiser des bases de données pour y détecter, grâce à des algorithmes sophistiqués, des anomalies statistiques menant à de possibles irrégularités.

      Un détail étonne toutefois dans la signature du courriel que Boris G. envoie, le 27 juillet 2017, pour faire part de ses résultats : ce spécialiste de l’intelligence artificielle, qui travaille sur des données ultrasensibles couvertes par le secret fiscal, n’est pas un fonctionnaire des douanes, mais un consultant privé de Capgemini.

      Malgré les risques, le SARC a en effet externalisé une partie de son projet de détection automatique des fraudes au géant français du conseil informatique, en 2017 et 2018. D’après les éléments recueillis par Le Monde, le projet consistait à mettre en place un « puits de données » rassemblant plusieurs fichiers provenant des douanes et de l’administration fiscale, sur lequel les consultants privés pourraient ensuite se brancher pour mener leurs analyses. Sur ce serveur informatique figuraient des données sur l’ensemble des marchandises franchissant les frontières françaises, y compris des biens sensibles comme le matériel de guerre. Mais également des informations très précises sur les opérations de contrôle menées par les douanes.

      « Des prérogatives régaliennes de l’Etat »

      Certaines de ces données ont-elles pu être extraites des serveurs des douanes par des consultants de Capgemini peu scrupuleux ? Un document suggère en tout cas qu’aucun garde-fou n’était prévu, puisqu’une consultante a pu faire une copie sur son ordinateur d’une partie du fichier Banaco, qui contient des informations aussi précises que le nom de l’entreprise contrôlée par les douanes et le résultat du contrôle. Or, l’arrêté de déclaration de ce fichier est clair : il ne doit être accessible qu’aux douaniers.

      Le Monde a également appris que le directeur du SARC, Perry Menz, avait informé plusieurs consultants de Capgemini que l’importateur des jets Falcon 7X identifiés par leur algorithme était déjà dans le viseur de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED). Une information ultraconfidentielle, puisque l’entreprise visée, Dassault Aviation, n’était à l’époque pas au courant elle-même. Cette imprudence étonne d’autant plus que Dassault Aviation était par ailleurs à l’époque client de Sogeti, une filiale de Capgemini.

      « C’est un problème de confier à un prestataire privé des données sensibles, qui relèvent des prérogatives régaliennes de l’Etat », réagit Fabien Milin, représentant du syndicat Solidaires Douanes. « Pour un projet aussi sensible, on ne ferait jamais appel à un cabinet extérieur », assure une source à la direction générale des finances publiques, une autre administration qui utilise des techniques informatiques similaires pour le contrôle fiscal, sans faire appel à des prestataires privés.

      Une plainte déposée au PNF

      Au sein des douanes, la mission de Capgemini a fait grincer des dents. D’autant qu’une équipe d’agents publics travaillait en parallèle sur le même projet et que les résultats de Capgemini étaient « décevants », comme l’a reconnu elle-même la direction du SARC, lors d’une rencontre avec les syndicats. Lors de cette réunion, organisée en mars 2018, des représentants syndicaux ont interrogé en vain leur hiérarchie sur le coût de cette prestation, et se sont émus des « risques d’une telle opération, de par la sensibilité et la confidentialité des données, ainsi que les éventuels conflits d’intérêts ».

      Le patron de la douane en personne, Rodolphe Gintz, a été destinataire à la même période d’une note d’alerte d’un agent des douanes. Mis en difficulté par sa hiérarchie, puis contraint au départ, ce fonctionnaire a par la suite déposé une plainte pour violation du secret fiscal auprès du Parquet national financier (PNF), en novembre 2021, qui n’a pour l’instant donné lieu à l’ouverture d’aucune enquête. « Je suis indigné de voir une telle inertie judiciaire face au courage de mon client lanceur d’alerte, qui dénonce des faits d’intérêt public incontestables », s’étonne son avocat, Me Pierre Farge.

      La direction des douanes n’a pas donné suite aux sollicitations du Monde. Des correspondances internes de l’époque montrent toutefois qu’elle a assumé le choix de l’externalisation malgré les critiques. « Bien sûr qu’il convient de préserver [la] confidentialité, écrivait ainsi Gil Lorenzo, le numéro deux du département de lutte contre la fraude des douanes, en mai 2017. Pour autant nous devrons travailler avec des partenaires privés, il ne peut en être autrement, car les ressources internes nous manquent. » Quelques semaines plus tard, le patron du SARC, Perry Menz, se rassurait sur le fait qu’« il n’y a pas de problème légal (…) compte tenu des clauses de confidentialité que l’administration a fait signer [ à Capgemini] ». Mais comment Capgemini s’est-il lui-même assuré du respect de ces règles par ses salariés ? Contactée, l’entreprise n’a pas souhaité répondre.

      https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/07/02/l-embarrassante-mission-secrete-du-cabinet-de-conseil-capgemini-pour-les-dou

    • A l’Agence nationale de l’habitat, les consultants privés de Capgemini font la loi

      L’ANAH a dépensé plus de 30 millions d’euros depuis 2016 pour des prestations du cabinet de conseil, afin de répondre aux demandes du gouvernement sur la rénovation énergétique.

      Une trentaine d’agents de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) ont assisté à une drôle de scène, le 27 juin. En ce lundi matin, une consultante du cabinet de conseil Capgemini présente les résultats d’un audit mené par ses équipes sur le fonctionnement du département des aides et des relations aux usagers (DARU) de l’ANAH, qui pilote MaPrimeRénov’, le dispositif d’aides publiques à la rénovation énergétique des bâtiments.

      Si la salle écoute poliment, rares sont ceux qui ignorent l’évident conflit d’intérêts de Capgemini : depuis des années, ses consultants et développeurs informatiques travaillent par dizaines auprès de l’ANAH pour développer MaPrimeRénov’, et sont tenus responsables de la plupart des problèmes qui secouent l’agence publique, placée sous la tutelle des ministères de l’écologie et de l’économie.

      Un homme, présent dans la salle, en sait quelque chose : David Marx, le consultant en chef de Capgemini à l’ANAH. Depuis le départ de la patronne du DARU, fin mai, il assure l’intérim à la tête de ce département de l’ANAH, qui compte une petite quarantaine de personnes, au mépris des règles de séparation entre agents publics et consultants privés. « Lorsque ça nous a été annoncé en réunion, on était tellement abasourdis qu’un prestataire extérieur puisse devenir notre chef que personne n’a réagi », témoigne un membre de l’équipe sous le couvert de l’anonymat.

      Aux yeux de nombreux agents de l’ANAH, cet événement couronne une longue série de dérives liées à l’omniprésence de Capgemini. Coût exorbitant des missions, dépendance malsaine, intrusion du privé dans les décisions publiques, brouillage des frontières entre consultants et fonctionnaires, choc des cultures… Autant de problèmes soulignés en mars dans le rapport au vitriol de la commission d’enquête du Sénat sur l’emprise des cabinets de conseil sur l’Etat, qui trouvent ici une nouvelle illustration.

      « Pas d’autre choix que d’externaliser »

      D’aussi longtemps qu’ils se souviennent, la plupart des employés de l’ANAH ont toujours vu « les gars de Cap ». « On vit avec eux, on finit par les connaître », rapporte l’une des salariés. Géant français du conseil et des prestations informatiques, le cabinet a mis un pied dans la maison en 2016, avec une première mission d’assistance à la dématérialisation des procédures de demande de subventions, facturée 4,7 millions d’euros.

      Mais le jackpot est arrivé en 2019, quand le premier ministre Edouard Philippe a confié à l’ANAH la création de MaPrimeRénov’ – une aide unifiée destinée à des centaines de milliers de ménages pour mener des travaux de rénovation énergétique dans leurs habitations. Le lancement étant exigé au 1er janvier 2020, il a fallu en quelques mois amender les réglementations, mettre en place une plate-forme informatique pour les demandes d’aides et installer un centre d’appels pour répondre aux usagers.

      Une mission impossible pour l’ANAH, qui ne compte alors qu’une centaine d’agents. Il est exclu pour elle de recruter, en raison de la règle budgétaire qui plafonne le nombre d’emplois de chaque agence de l’Etat pour l’ensemble de l’année. « Pour répondre à la demande urgente du premier ministre, il n’y avait donc pas d’autre choix que d’externaliser », soupire un agent présent depuis le début du projet.

      Un premier contrat est signé en mai 2019 avec Capgemini Invent, la branche de conseil du groupe. Des consultants commencent alors à plancher sur l’organisation de MaPrimeRénov’avec une poignée d’agents de l’ANAH. Des développeurs issus de la branche technique du groupe (Technology Services), les rejoignent bientôt pour bâtir la plate-forme informatique. Idean, une autre filiale de Capgemini, conçoit la charte graphique.

      Les consultants de « Cap » se glissent dans toutes les réunions, sollicitent les agents pour nourrir leurs présentations PowerPoint, qui finissent parfois dans les comités de pilotage avec les ministères, sans aucune mention de la contribution d’un prestataire extérieur. « On ne sait pas ce qu’ils retiennent des chiffres qu’on leur donne, comment ils les présentent à la hiérarchie », se désole une agente. « Puisqu’ils fabriquent les présentations à destination de la direction générale, ils contrôlent l’information et peuvent ainsi s’autocouvrir », abonde un collègue.

      Une dépendance « perverse »

      Le lancement de MaPrimeRénov’, en 2020, n’a pas mis fin à la mission de Capgemini – bien au contraire. L’ANAH, qui compte officiellement 207 agents publics, emploierait actuellement en parallèle plus de 70 développeurs informatiques et 20 consultants de Capgemini, d’après une source interne. Une présence massive et onéreuse, puisque des documents consultés par Le Monde chiffrent les missions du cabinet à plus 30 millions d’euros depuis 2016. Cette somme ne prend pas en compte l’externalisation du centre d’appels, où travaillent plusieurs centaines d’employés de Docaposte, la filiale informatique de La Poste.

      En 2021, la multiplication de bugs sur la plate-forme MaPrimeRénov’, dénoncée par des milliers d’usagers sur un groupe Facebook et dans une pétition, a catalysé le ressentiment contre Capgemini, jugé responsable de ces errements. « Outre les bugs liés à leurs choix techniques, ils ont dépriorisé beaucoup de fonctionnalités importantes pour pouvoir tenir le calendrier du projet, en nous promettant de les introduire plus tard. Mais ça n’a pas été le cas, car il y a toujours plus urgent », témoigne un agent, qui déplore « une énorme perte de temps ».

      Si la pression du politique pour livrer une solution dans des temps resserrés a joué, une autre agente souligne le problème des consultants « qui changent tous les six mois, qu’on doit reformer à chaque fois, et qui ne connaissent rien à la rénovation énergétique et aux publics modestes auxquels on s’adresse ». « On est obligés de repasser sans cesse sur leur travail, qui est truffé d’erreurs », se désole-t-elle.

      Malgré ces déconvenues, l’ANAH a signé en début d’année un nouvel avenant au contrat avec Capgemini, facturant 8,5 millions d’euros le premier semestre 2022. L’agence a renoncé à faire un nouvel appel d’offres pour ouvrir le marché à des concurrents, au nom du « droit de suite » du cabinet pour finaliser le projet. Mais elle lui a également confié la responsabilité de deux nouvelles missions, France Rénov’ (un guichet unique pour la rénovation de l’habitat) et MaPrimeAdapt’ (une future aide financière destinée aux seniors).

      Les missions pour l’agence de l’habitat sont si importantes que Capgemini a mis en place une « ANAH Academy » pour former ses consultants. « Ils ont acquis un poids tellement fort que ce serait compliqué de s’en passer aujourd’hui, convient un agent pourtant critique. Si un nouveau prestataire arrivait, tout le monde péterait les plombs. » Une dépendance jugée « perverse » par sa collègue : « Ils sont là depuis tellement d’années qu’on se demande pourquoi ne pas avoir carrément embauché des fonctionnaires qualifiés pour assumer ces missions pérennes… » https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/07/02/a-l-agence-nationale-de-l-habitat-les-consultants-prives-de-capgemini-font-l

    • « Il est possible que l’on soit allé trop loin » : comment les cabinets de conseil se sont installés à l’hôpital

      Depuis les années 1990, les consultants ont progressivement étendu leur toile dans les établissements, en faisant notamment la promotion de la politique de réduction du nombre de lits.

      C’est un tweet posté par un directeur du cabinet de conseil Capgemini, en juillet 2019, quelques mois avant que le pays bascule dans la crise sanitaire. Le consultant s’y dit « fier » d’avoir accompagné « avec succès » l’hôpital de Nancy et cite, à l’appui, un article annonçant que « la suppression de 179 lits et de près de 600 équivalents temps plein dans les effectifs » au CHU de Nancy vient d’être approuvée par les autorités publiques.

      Le professeur Stéphane Velut, neurochirurgien du CHU de Tours, a archivé le message. D’abord parce que ce plan, présenté comme remarquable à l’été 2019, a coûté son poste, au printemps 2020, au directeur de l’agence régionale de santé (ARS) Grand-Est. Celui-ci avait estimé, en pleine lutte contre le Covid-19, qu’il n’y avait « pas de raison » d’interrompre les suppressions de postes et de lits à l’hôpital de Nancy. Un faux pas politique que le gouvernement a sanctionné. Le professeur Velut a aussi suivi cette histoire de près, car, en dépit de la crise aiguë qui affecte le système de soins, un programme de réduction de coûts analogue guette le CHU où il exerce.

      « Il est prévu que l’hôpital de Tours, qui compte plusieurs sites, soit restructuré et rénové. Mais le financement de ce projet, tel qu’il nous a été présenté en 2017, était assujetti à la suppression de 250 lits, explique le neurochirurgien. Pour nous faire avaler cette pilule, nous avons eu droit à des séminaires organisés par Capgemini. »

      Le médecin ne savait « même pas que ce corps de métier – les consultants – existait. Ils nous expliquaient que l’hôpital de demain serait un “aéroport” – on rentre, on opère, on sort –, utilisaient des expressions comme “redimensionnement capacitaire” sans nous dire à l’époque que ça signifierait près de 25 % de lits en moins ».

      De jeunes cadres expliquent alors aux chefs de service qu’ils peuvent améliorer leur pratique, en comparant la durée moyenne de séjour des patients au CHU de Tours à celle de l’hôpital de Grenoble, bien inférieure. « Or, les activités ne sont pas comparables, Grenoble fait davantage de traumatologie de la colonne vertébrale, s’agace le neurochirurgien. On assistait à un lavage de cerveau, si bien qu’au bout de quelques mois, lors d’une réunion de praticiens, nous avons décidé d’évincer Capgemini. » Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, le nouvel hôpital et le plan d’économies ne sont plus à l’agenda, mais « ils vont y revenir, prévient le médecin. Simplement, je crois comprendre qu’ils supprimeront moins de lits que prévu initialement ».

      Un appel d’air

      Au fil des ans, les cabinets de consultants ont vu leur influence croître et sont devenus un appui incontournable pour bon nombre d’établissements et pour les ARS, ces agences régionales chargées de la mise en œuvre de la politique de santé dans les régions. Ils sont régulièrement perçus, parmi les soignants, dans la crise profonde que traversent les hôpitaux, comme le bras exécutant de la politique de réduction des coûts.

      « Les consultants sont entrés dans le secteur de la santé au début des années 1990 : une loi avait prévu que tout hôpital devait faire un projet stratégique. Or, à l’époque, les directeurs d’hôpitaux ne savaient pas comment conduire de tels projets. Ils se sont donc tournés vers les cabinets de conseil, principalement Bossard, où je travaillais, et Ernst & Young », se souvient Antoine Georges-Picot, énarque, consultant en santé depuis vingt-cinq ans, notamment chez Capgemini et aujourd’hui à la tête du cabinet GovHe. La contribution de ces cabinets prend une tout autre ampleur dans les années 2000, lorsque la puissance publique demande à l’hôpital d’être performant, mieux organisé et de réduire ses coûts.

      Pour accompagner ce mouvement, le gouvernement crée une nouvelle structure, la Mission nationale d’expertise et d’audit hospitaliers (MEAH). Elle diligente des études sur divers sujets, depuis le temps d’attente aux urgences jusqu’à la gestion des pharmacies à l’hôpital. En passant des marchés publics, en diffusant des cahiers des charges, en structurant de grosses missions de conseil, la MEAH crée un appel d’air : certains gros cabinets, qui auparavant ne trouvaient pas les hôpitaux suffisamment attractifs pour en faire leurs clients, se mettent à s’intéresser à eux.

      A la fin des années 2000, l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) prend le relais, avec un objectif : « l’efficience hospitalière ». L’ANAP change de braquet, elle pilote de plus gros projets et mobilise de plus gros budgets, pour accompagner des hôpitaux en grande difficulté financière. « En gros, l’ANAP payait les consultants, les consultants rendaient un diagnostic sur l’hôpital : “Voilà tous les problèmes et voilà comment il serait possible de les résoudre, par exemple en augmentant la rotation des patients sur les lits hospitaliers ou en développant les soins ambulatoires”, raconte un ancien consultant spécialisé dans le domaine de l’hôpital − il souhaite rester anonyme − qui a participé à ces missions. Et, derrière, un contrat tripartite était signé entre l’hôpital, l’ANAP et l’agence régionale de santé. »

      Des équipes de deux à cinq jeunes gens dynamiques débarquent dans les hôpitaux, y restent parfois un mois et demi, le temps de voir tous les services, administratif, médicaux, logistique, technique. Ces missions sont onéreuses, le prix à la journée par consultant avoisinant les 1 200 à 1 500 euros. Dans le métier, on dit volontiers que « 1 euro dépensé pour un consultant doit en rapporter 5 ou 6 à l’hôpital », grâce aux économies qui seront réalisées.

      « Perte de compétences des équipes »

      « Comment des consultants extérieurs peuvent-ils paraître plus compétents que des personnes qui évoluent depuis quinze ans dans le milieu hospitalier ? », s’est interrogé Martin Hirsch, alors directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), lors de son audition au Sénat, en janvier, par la commission d’enquête sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques. Alors que les hôpitaux sont « très sollicités par les cabinets de conseil, a-t-il précisé, une des premières décisions que j’ai prises a été de mettre fin à des prestations et de ne pas utiliser des marchés “ouverts” avec de grands cabinets de consultants pour des prestations stratégiques pour l’AP-HP qui représentaient des montants significatifs ».

      La Cour des comptes, qui s’est penchée sur le sujet, a souligné, dans un référé publié en 2018, un « recours mal maîtrisé » des établissements publics de santé aux consultants, ayant pour conséquence, « en sus des dépenses immédiates (…), la perte de compétences des équipes ».

      Une étude portant sur les hôpitaux anglais est même parvenue à la conclusion que « plus un hôpital fait appel à des consultants, plus son efficience diminue », a révélé le professeur à l’Essec Jérôme Barthélemy, dans une tribune publiée le 26 juin dans les colonnes du Monde. Notamment parce que les coûts induits par les prestations de conseil réduiraient la capacité des hôpitaux à investir dans leurs propres compétences ou parce que, dans certains cas, les consultants ne semblent pas suffisamment connaître le fonctionnement des hôpitaux pour améliorer leur performance.

      « Il y a trois raisons pour lesquelles les hôpitaux ont recours au cabinet de conseil, avance de son côté Antoine Georges-Picot. “Je n’ai jamais fait”, par exemple reconstruire un hôpital ou fusionner des établissements ; “Je n’ai pas le temps et pas les ressources” ou “Si je le fais en interne, le message ne passera pas, donc je fais appel à l’extérieur pour mettre les sujets sur la table”. »

      « Le monde réel est imparfait »

      Un hôpital est devenu un cas d’école en la matière. Au milieu des années 2000, la construction du Centre hospitalier sud-francilien, regroupement des hôpitaux d’Evry et de Corbeil-Essonnes (Essonne), dans le cadre d’un partenariat public-privé, vire au naufrage. Pour faire tourner l’hôpital, des consultants sont finalement dépêchés, sur une période longue, pour un budget considérable.

      Dans la foulée de cette expérience calamiteuse, la ministre socialiste de la santé Marisol Touraine met en place, fin 2012, le « Copermo », pour Comité interministériel de la performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers. Il lui revient de sélectionner les projets d’investissements des hôpitaux nécessitant un financement de l’Etat et d’assurer le suivi des établissements en difficulté. Les projets actuels de modernisation des CHU de Nancy et de Tours, et, au-delà, plusieurs dizaines de projets d’investissements et de plans de retour à l’équilibre financier ont été examinés et validés par le Copermo.

      « L’objectif est alors d’éviter que la France construise à nouveau des hôpitaux trop grands, explique cet ancien d’un grand cabinet de conseil, qui a présenté plusieurs dossiers au Copermo. Il faut donc envoyer le message que l’hôpital sera construit de manière parfaitement rationnelle, selon des standards d’efficience extrêmement élevés. Donc, en gros, il faut s’engager à réduire le nombre de lits de 20 %. Les consultants tiennent le stylo, mais ce ne sont pas eux qui décident. » L’hôpital fait donc appel à un cabinet de conseil « avec l’intention d’obtenir la validation du Copermo, donc de Bercy et du ministère de la santé, poursuit-il. Le consultant est là pour que le dossier soit signé. De toute évidence, quand on acquiert un peu d’expérience en la matière, on sait très bien que ce qu’on va suggérer, écrire, sera bien sûr difficile à tenir ».

      Dans le discours qui a conclu le Ségur de la santé, cette vaste consultation des acteurs du système de soins du printemps-été 2020, Olivier Véran, alors ministre de la santé, s’est exclamé : « S’agissant du Copermo, disons-le nettement, il a vécu. » L’heure n’est plus à « la fermeture systématique des lits ».

      Sans attendre ce changement de cap, intervenu sous le coup d’une crise hospitalière profonde, accélérée par la pandémie de Covid-19, certains consultants ont pris de la distance avec le métier. « Il est tout à fait possible qu’on soit allé trop loin, témoigne cet ancien, désabusé. Le problème du consultant est qu’il évolue toujours dans un monde parfait. Sur le papier, il peut trouver une solution pour mieux remplir les lits ou réduire les durées de séjour. Mais le monde réel est imparfait, les soignants ne sont pas des robots, les locaux et les équipements sont souvent vétustes et mal fichus. »

      Benoît Péricard, énarque, ancien directeur d’hôpital puis consultant, passé notamment chez KPMG, estime que « peut-être un tiers des hôpitaux en France ont passé commande auprès de cabinets de conseil ». Pour un résultat « globalement très décevant ». « A la grande époque, il y a environ dix ans, les propositions des cabinets de conseil n’étaient pas à la hauteur de ce qu’il fallait, affirme-t-il. C’était de l’offre un peu plaquée, passe-partout, qu’on retrouve dans l’industrie, avec les fameuses méthodes du “lean management” [la gestion par la réduction des coûts]. »

      « Le conseil est une expertise un peu vaporeuse par moments », renchérit Nathan Guilbault, 26 ans, désormais étudiant infirmier, après avoir travaillé quatre ans dans le conseil en santé. « On sait que la meilleure façon d’aider les hôpitaux serait de modifier certaines règles, dit-il. Par exemple, celle du 70/30 des plans de retour à l’équilibre financier : l’effort doit provenir à 70 % des économies de charges et à 30 % seulement du développement de l’activité, même si les besoins de la population vont croissant sur le territoire. » Le jeune homme avait « l’espoir d’être utile. Finalement, notre travail offre des solutions, mais très court-termistes, et, en cela, nous sommes mauvais pour l’hôpital. »

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/07/03/il-est-possible-que-l-on-soit-alle-trop-loin-comment-les-cabinets-de-conseil

    • Ma petite expérience de l’ANAH et de MaPrimeRénov’
      dont le site a été réalisé par Capgemini.
      Sur le site de MaPrimeRénov’ à part ouvrir un compte, déposer sa demande en téléversant les preuves fiscales, l’interface du site ne permet pas grand chose d’autre.
      Tu me rétorqueras que l’interface ne fait pas tout, et tu auras bien raison.
      Après la dépose du dossier pour demander la visite de l’expert d’une société privée mandatée par l’ANAH qui te fait miroiter une prise en charge des travaux de 80% pour les foyers démunis (plafonnée à 30.000€), je ne me voyais pas maitre d’œuvre du chantier, j’ai été dirigée vers des architectes aux devis impossibles pour moi. J’ai perdu 6 mois en démarches pour un programme de rénovation énergétique où la Prime Rénov’ sert essentiellement à ceux qui ont les moyens de payer et gérer le chantier.

      Mais le plus excellent, c’est la raison pour laquelle je ne peux pas payer une telle somme, car le budget extravagant engloutit par Capgemini empêche la réalisation d’autres projets, ou sont réalisés dans la souffrance.
      Tout en râlant sur le budget alloué à CapGemini qui organise une réunion d’une demie journée pour changer la couleur d’un bloc, les personnes pour qui je travaille dans le même secteur ont dû plafonner drastiquement le budget d’un extranet des collectivités régionales, et se félicitent de l’avoir réalisé en ayant à disposition des petits indépendants en sous traitance corvéables pour pas grand chose, comme moi, tiens tiens.

      Petit rappel
      https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/07/02/a-l-agence-nationale-de-l-habitat-les-consultants-prives-de-capgemini-font-l

      L’ANAH a dépensé plus de 30 millions d’euros depuis 2016 pour des prestations du cabinet de conseil, afin de répondre aux demandes du gouvernement sur la rénovation énergétique.

      #MaPrim’Renov

  • McKinsey Guided Companies at the Center of the Opioid Crisis - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/06/29/business/mckinsey-opioid-crisis-opana.html

    In patches of rural Appalachia and the Rust Belt, the health authorities were sounding alarms that a powerful painkiller called Opana had become the drug of choice among people abusing prescription pills.

    It was twice as potent as OxyContin, the painkiller widely blamed for sparking the opioid crisis, and was relatively easy to dissolve and inject. By 2015, government investigations and scientific publications had linked its misuse to clusters of disease, including a rare and life-threatening blood disorder and an H.I.V. outbreak in Indiana.

    Opana’s manufacturer, the pharmaceutical company Endo, had scaled back promotion of the drug. But months later, the company abruptly changed course, refocusing resources on the drug by assigning more sales representatives.

    The push was known internally as the Sales Force Blitz — and it was conducted with consultants at McKinsey & Company, who had been hired by Endo to provide marketing advice about its chronic-pain medicines and other products.

    The newly released McKinsey records include more than 15 years of emails, slide presentations, spreadsheets, proposals and other documents. They provide a sweeping and detailed depiction of a firm that became a trusted adviser to companies at the core of an epidemic that has claimed half a million American lives.

    While the firm held remarkable sway at Purdue, it also advised the largest manufacturer of generic opioids, Mallinckrodt. It worked with Endo on marketing Opana and helped it grow into a leading generics manufacturer. It advised Johnson & Johnson, whose subsidiary Tasmanian Alkaloids was the largest supplier of the raw materials extracted from poppies used to make many top-selling opioids. Then, as the full brunt of the epidemic became apparent, it counseled government agencies on how to address the fallout.

    McKinsey’s opioid clients already wanted to grow their businesses. What the firm offered was know-how and sophistication, the documents show, and, as it noted in one presentation, “in-depth experience in narcotics.”

    And when opioid prescriptions began to decrease during a government crackdown, the records show, McKinsey devised new approaches to drive sales.

    McKinsey agreed to provide the documents to the attorneys general last year as part of a nearly $600 million settlement in which it admitted no wrongdoing. The firm has since apologized for its advice to opioid makers but, in a statement on Wednesday, suggested that its work with companies other than Purdue was “much more limited” and that it “did not counsel or recommend to Endo that it promote Opana more aggressively.”

    “We recognize the terrible consequences of the opioid epidemic and have acknowledged our role in serving opioid manufacturers,” said a McKinsey spokesman. “We stopped that work in 2019, have apologized for it and have been focused on being part of the solution.”

    The tangled path that led to Opana’s rise illustrates McKinsey’s deep involvement in the opioid business, with its work for one client rippling out with consequences for others.

    Years earlier, the firm had helped usher the drug onto the market, advising Endo’s partner, Penwest Pharmaceuticals, on its launch in 2006. Two years later, the documents show, McKinsey performed a project for Purdue that paved the way for Endo to extend Opana’s reach.

    Purdue was seeking approval from the Food and Drug Administration for a new version of OxyContin that would be more difficult to snort or inject. After the F.D.A. denied its application in 2008, Purdue enlisted McKinsey’s help. The consultants interviewed a former drug dealer about OxyContin abuse, oversaw scientific studies, prepared regulatory documents and coached company officials on how to deal with the F.D.A., which had been a McKinsey client. The agency gave its approval in 2010, and later allowed Purdue to claim the new pills were resistant to abuse.

    Soon, OxyContin sales declined — while Opana sales rose. In an internal document, Endo attributed the uptick in part to “patient dissatisfaction with new OxyContin formulation.” Data on abuse showed similar trends: a decline for OxyContin and a rise for Opana.

    As concerns about Opana grew, Endo hired a new chief executive in 2013: Rajiv De Silva, a former leader within McKinsey’s pharmaceutical practice who soon tapped the firm to help chart a growth strategy.

    A few months after Mr. De Silva took over, McKinsey helped Endo execute a complicated maneuver known as a “tax inversion” — a legal form of tax avoidance that the Obama administration would decry as an “abuse” of the system. For tax purposes, the Pennsylvania company was now based in Ireland, where the rate was substantially lower.

    The production of pills by companies like Endo and Purdue depended on a complex and tightly regulated global supply chain stretching from the fields of Tasmania to factories in the American heartland.

    Here, too, was McKinsey.

    Long before a patient in the United States filled a prescription for OxyContin, a farmer on another continent harvested a poppy rich in a substance called thebaine. Tasmanian Alkaloids, the Johnson & Johnson subsidiary, controlled the majority of this market.

    From far-flung fields and extraction facilities, the raw materials made their way to American processing plants. The top U.S. producers at this stage were another Johnson & Johnson subsidiary, Noramco, and Mallinckrodt, the big generics manufacturer.

    The documents reveal McKinsey’s work advising them behind the scenes. By the firm’s own account, it had deep expertise in the international trade of legal narcotics. “We serve the majority of the leading players,” the consultants wrote in a 2009 memo.

    In 2009, the firm recommended a technique known as segmentation. The best marketing campaigns — whether for food, cars or electronics — divided consumers into segments based on how they acted and thought, then developed tailored messages to win them over, the consultants said.

    In Purdue’s case, the customer was a physician with a license to prescribe controlled substances, and the product was OxyContin.

    The consultants interviewed dozens of physicians and solicited the views of hundreds more in a survey. Four groups of doctors emerged, each with a distinct profile. The consultants then developed messages to appeal to each group’s practical and emotional needs.

    Another McKinsey approach, known as targeting, tried to identify doctors who would provide the greatest return on sales representatives’ time.

    Purdue, dissatisfied with dipping OxyContin sales in 2013, had enlisted McKinsey’s help. Revenues were down, the consultants advised, in large part because of government actions to tamp down the opioid epidemic. Doctors were writing prescriptions for fewer tablets and lower doses, and wholesalers and pharmacies were imposing new controls.

    McKinsey recommended a more aggressive response than the one Purdue’s vice president for sales and marketing, Russell Gasdia, had been pursuing. Mr. Gasdia had accepted that OxyContin revenue was dropping in part “due to less abuse,” one McKinsey consultant wrote, and he was focused on promoting a less potent opioid.

    In 2019, around the time of the Philadelphia project, McKinsey decided to stop advising companies on opioids — after the firm’s 15-year relationship with Purdue became public as part of a court filing by the Massachusetts attorney general’s office. Since Mr. Latkovic’s 2017 speech, McKinsey had collected $7.8 million in fees from Purdue, the documents show.

    The disclosure that McKinsey had advised Purdue led to debate within the firm. “We may not have done anything wrong, but did we ask ourselves what the negative consequences of the work we were doing was, and how it could be minimized?” one consultant wrote.

    Dr. Ghatak, a driving force behind McKinsey’s work for Purdue and Endo, found himself in the spotlight. Much as he had done for pharmaceutical executives, he crafted talking points, this time for himself.

    Some of McKinsey’s former clients faced potentially crushing damages in court. Purdue filed for bankruptcy protection in 2019, and Mallinckrodt did the same the following year. Johnson & Johnson had previously sold its narcotics business to a private investment firm and has settled a number of lawsuits related to its marketing of opioids, which the company said in a statement was “appropriate and responsible.”

    Endo has also floated the possibility of bankruptcy amid a wave of litigation over its marketing of opioids, especially Opana. The company said in a regulatory filing that it had received a subpoena in 2020 from the U.S. attorney’s office for the Western District of Virginia, which years earlier had won guilty pleas from Purdue executives. This time, according to Endo’s disclosure, the office wanted information on McKinsey.

    #Opioides #McKinsey #Plus_degueulasse_tu_meurs

  • « Malgré que ses analyses aient été balayées par les résultats du premier tour, #Bruno-Latour, qui avait soutenu Y. Jadot, continue à mener une opération de police sur l’écologie politique, avec des arguments plus que contestables. Quelques éléments en thread 👇 » Philippe Vion-Dury


    Dans un entretien à Mediapart, le philosophe dit ne pas croire qu’Emmanuel Macron l’ait lu et s’inspire de sa pensée, contrairement à ce que le président a récemment affirmé. L’auteur de « Où atterrir ? » réfléchit désormais à l’avenir possible de la « classe écologique » dont il prédisait l’hégémonie, après que le candidat pour lequel il avait appelé à voter a recueilli moins de 5 % des suffrages.
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/230422/macron-la-gauche-l-ecologie-les-lecons-presidentielles-de-bruno-latour

    Un entretien dans Médiapart carrément réactionnaire ! Quand on parle de #nation-écologique, c’est grave. Qu’il soit celui qui défende les choix stratégiques d’#EELV et en ces mots, en dit long...

    • « De l’itw où Macron le cite, Bruno Latour (BL) retient le concept de "nation écologique", voyant là l’occasion d’un concept. De tous les mots qui pourraient ressaisir l’idée de communauté au sens écologique, y en a-t-il un pire ?
      D’autant que la nation est précisément ce qui unit à partir d’une exclusion. Étrange de la part de BL qui dans son mémo propose une classe écologique en refusant tout antagonisme de classe (contre qui se définit-elle ?).

      On sent la référence implicite aux concepts d’#écologie-de-guerre et de #patriotisme-écologique lancés par Pierre Charbonnier pour lesquels j’ai émis quelques critiques par ailleurs : Il me semble qu’il y a de nombreux soucis dans cette analyse de Charbonnier sur l’"écologie de guerre" et le tournant que représenterait l’#Ukraine. Le concept me semble fébrile et passer à côté de plusieurs choses. https://legrandcontinent.eu/fr/2022/03/18/la-naissance-de-lecologie-de-guerre

      Concernant le résultat d’EELV, BL n’en démord pas, il faut recommencer. Et il faut le faire seul. Car #LFI, c’est pas l’écologie 🚔
      Le problème est que Jadot a été trop sérieux, pas que son programme était surnuméraire ou ses assises idéologiques introuvables. »

      "Mais là on arrive à quelque chose de tout à fait grave pour un intellectuel présenté comme la star de l’écologie : la méconnaissance totale de l’histoire de l’écologie politique. Je vous laisse découvrir ce passage"

      " La plupart des courants de l’écologie politique sont révolutionnaires. C’est un fait. Écologie sociale. Écosocialisme. Écologie anti-industrielle. L’écologie s’est en permanence hybridée avec l’anarchisme et le socialisme, entre autres, c’est archi documenté. La nuance est dans la conquête du pouvoir, peut être. Ça c’est plus récent. Mais c’est que de facto, l’écologie ne pouvait s’associer au communisme marxiste de l’après guerre, ultra dominant.

      Modeste dans son attitude l’écologie politique ? Mais c’est effacer d’un trait le Larzac, les faucheurs, toutes les utopies locales, les luttes menées depuis la Guerre des demoiselles.... Table rase : l’écologie est devenu un sympathique concile social democrate.

      Et pour les jours heureux, on repassera. Je vous laisse lire :"

      « Non seulement là encore des pans entiers de l’écologie politique sont abattus (le buen vivir, l’abondance frugale, les liens qui libèrent, la sensibilité au vivant, etc), mais BL nous ramène dans une vision absolument austère, négative, privative, bref livre les armes à nos ennemis.

      Par ailleurs, le problème des Insoumis, c’est qu’ils veulent se servir de l’Etat pour changer la vie, alors que BL préférerait qu’on se contente d’en discuter en infra.
      On a besoin d’un État "apprenant". On est étonné que BL s’étonne que ses élèves finissent à #McKinsey. On attendant impatiemment là aussi la définition du concept.

      Pour être sûr de son coup, BL met un dernier coup de pelle dans la nuque de l’écologie politique... Qui ne doit en fait pas être politique mais "esthétique". Bon bah là on comprendre que trois entrechats à peine séparent les sociaux libéraux de gauche et de droite.

      L’écologie politique a toujours été qu’un certain mode d’organisation de la société détruit nos liens aux mondes dont nous sommes faits et dont nous dépendons. Donc il faut changer de mode d’organisation, autrement dit rompre avec le syst capitaliste, productiviste, industriel...

      Mais ce n’est pas étonnant que cela échappe à BL, puisque selon lui, le capitalisme... N’existe pas ! Même les plus ultraliberaux doivent se fendre la poire en lisant ça. »

      "Je suis passablement agacé, vous l’aurez compris, mais moins par les positions politiques de Latour ou par sa philosophie qui offre des prises intéressantes sur notre contemporanéité, mais par le manque de culture en philosophie politique et surtout en écologie politique.
      En réalité, je ne suis pas certain que Bruno Latour soit un écologiste. Je pense que c’est un épistémologue et un philosophe qui a raccroché les wagons au train en marche.
      A-t-il lu avec attention : Illich, Khor, Schumacher, Léopold, Charbonneau, Ellul, Naess, Gorz, et tous ceux que oublié de citer, les moins connus, les oubliées, les précurseurs, les anarchistes comme Reclus, Kropotkine, ceux qui annonçaient notre catastrophe ?
      S’est-il intéressé à ces trois siècles de luttes violentes menées pour protégés l’intégrité des mondes et leurs vivants ?"❞

      https://twitter.com/PhilGood_Inc/status/1517870292932116480?cxt=HHwWgICylam_x5AqAAAA

  • MC Kinsey & les Copains : le pillage organisé de l’Etat Décoder l’éco
    C’est clair et net. La meilleure explication sur les liens entre mcKinsey, émmanuel macron, et EnMarche

    https://www.youtube.com/watch?v=nHa1k5pVCSQ

    Le 20/03/2022, L’association Bon Sens et Le Collectif des Syndicats et Associations Professionnels Européens (CSAPE) avec pour avocat Me Martine BAHEUX ont déposé plainte devant le Pôle financier du Tribunal judiciaire de Paris.
    Les plaignants relèvent les liens entre le président du Conseil constitutionnel avec le cabinet de conseil McKinsey par son propre fils, ainsi que les liens entre ce même cabinet et l’Etat. Ces liens entachent aussi bien l’écriture de toutes les lois d’exception depuis le début de la crise Covid-19, que leur validation par le Conseil Constitutionnel.
    Enfin, la plainte concerne également une atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation de par des actes d’intelligences de responsables publics avec une puissance étrangère, la société McKinsey France, elle-même filiale de McKinsey Inc., une société américaine.
    Cette plainte fait suite à la Commission d’enquête du Sénat sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques. On y apprend que les sociétés de conseils, et en particulier Mc Kinsey, sont au centre du monde de l’industrie et de la finance américains. Tous leurs fameux conseils ont pour finalité d’enrichir ces entreprises américaines grâce aux impôts des français.

    Les « grands » médias Français, complices et bénéficiaires de la situation font semblant de croire que ces cabinets sont embauchés pour des raisons idéologiques. Les indices à notre disposition montrent plutôt un immense pillage en bande organisée dont les responsables étrangers comme Français sont clairement identifiés.

    Retrouvez le texte complet et toutes les liens ici : https://docs.google.com/document/d/1bKdouVAfnrYoNAEWlGvhwLs8Y3V1P3UfoBSxg-nPBoQ/edit?usp=sharing

    #mcKinsey #émmanuel_macron, et #EnMarche #économie #pillage #France

  • « Les allers-retours entre haute fonction publique et cabinets de conseil ont installé un cadre intellectuel commun au sein de ces élites » 

    Réputés pour la qualité de leurs travaux, les cabinets de conseil sont très prisés des responsables politiques, car ils leur permettent de s’abriter derrière cette « expertise » pour imposer une modernisation des services de l’Etat, observe le sociologue Pierre Lascoumes dans un entretien

    « Un président de société est plus crédible si ses projets sont étayés par une étude réalisée par l’un ou l’autre des grands du conseil. A plus forte raison un ministre, dont les services administratifs sont parfois lacunaires ou très hexagonaux. Avec un rapport de McKinsey ou du Boston Consulting Group, on se retrouve un peu dans la position de Moïse redescendant de la montagne avec les Tables de la Loi. »

    [...]
    Le rapprochement entre les élus, la haute fonction publique et les cabinets de conseil remonte en France aux années 1980, avec la décentralisation et les grandes privatisations. Des passerelles se mettent alors en place, et des carrières se construisent par des allers-retours entre ces trois mondes. Emmanuel Macron a lui-même suivi ce type de parcours, puisqu’il a fait l’ENA, puis travaillé dans une grande banque d’investissement avant de se lancer en politique. Karim Tadjeddine, responsable de l’activité secteur public chez McKinsey, a suivi le même chemin, en restant dans les coulisses politiques. On peut encore citer l’exemple de François-Daniel Migeon, aujourd’hui au cabinet Thomas More. Polytechnicien, il a travaillé à la Banque mondiale, chez #McKinsey, au ministère de la fonction publique, avant d’être nommé sous Nicolas Sarkozy directeur général de la modernisation de l’Etat. Tous trois incarnent ces liens endogames entre le privé et le public.

    https://justpaste.it/70tb8

    #cabinets_de_conseil #ministères #politiques_publiques

  • Dominique Costagliola : « Le #storytelling de McKinsey sur le #Covid n’est pas scientifique » - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/dominique-costagliola-le-storytelling-de-mckinsey-sur-le-covid-n-est-pas-sc

    Il y a quand même déjà près de 18 000 #morts du Covid depuis le début d’année. Cent personnes meurent en moyenne tous les jours en ce moment. Mais cela ne pose aucun problème à personne. A ce rythme, le nombre de décès à la fin de l’année sera considérable - peut-être encore 40 000 !

    Par le passé, on a adopté des mesures en matière de #sécurité routière, notamment avec l’obligation du port de la ceinture, alors qu’il y avait moins de décès que cela. Chaque mort évitable est un échec. Il faut bien sûr une balance, en prenant en considération l’ensemble des facteurs. On constate aujourd’hui une #désorganisation dans certains secteurs, comme les compagnies aériennes, au Royaume-Uni, du fait des absences pour Covid. Donc, l’absence de mesure peut avoir un effet économique délétère. Aujourd’hui, on ne discute pas des enjeux globaux. Et si une part de ces personnes contaminées développent des pathologies dans le futur, cela nous coûtera plus cher, y compris en termes de capacité de travail.

    Pour l’instant, il y a des incertitudes sur les #Covid_longs, sur les effets neurologiques ou cardiovasculaires à moyen terme de l’infection. Mais on ne peut pas faire comme si cela n’existait pas. On ne voit jamais la logique scientifique des décisions prises par le gouvernement. Au final, elles sont toujours basées sur l’opinion d’une seule personne, le président, alors que les décisions de santé publique devraient être collectives.

    • Le cabinet McKinsey, qui fait aujourd’hui l’actualité, avait même publié un rapport en octobre dernier, « Pandemic to endemic, how the world can learn to live with Covid-19 », dans lequel le masque est présenté comme une contrainte. En faisant cela, on ne réussira jamais, comme en Asie, à dire aux personnes touchées par une maladie infectieuse respiratoire qu’il est recommandé de mettre un masque pour éviter de contaminer ses voisins. McKinsey n’a aucune compétence en santé publique. Avec un tel message dépeignant le masque comme une contrainte, on tue définitivement un outil de prévention dont on pourrait pourtant avoir à nouveau besoin bientôt.

      […]

      Je comprends qu’il ne peut pas y avoir uniquement des aspects sanitaires dans les décisions prises par les responsables politiques. Il y a un équilibre à gérer. Mais il faudrait au moins qu’une partie de leur raisonnement soit basée sur des éléments scientifiques et de santé publique, c’est-à-dire sur l’idée d’une solidarité vis-à-vis des personnes les plus fragiles. Le masque pourrait servir dans le futur. Mais on a tiré à boulet rouge sur lui.

  • Cabinets de conseil : le boulet dans la campagne d’Emmanuel Macron

    REPLAY émission « Sens public », sur LCP, jeudi 30 mars

    A partir de la 50ème minute, avec l’ineffable Courtecuisse, président de Syntec, un boulet à lui tout seul, qui achève de conférer à cette bande l’allure d’une horde d’épouvantables malfaisants :-)

    https://www.publicsenat.fr/emission/sens-public/sondages-marine-le-pen-resiste-mckinsey-la-polemique-enfle-195736

  • Scandale McKinsey : la torpeur sélective du PNF (RI)
    https://www.crashdebug.fr/scandale-mckinsey-la-torpeur-selective-du-pnf-ri

    En privé, Macron est furieux face à l’incendie Mc Kinsey qui se propage. La crainte majeure du président ? "Le sujet pourrait sortir des réseaux sociaux et s’inviter dans les conversations des Français, s’inquiète un ténor LREM #McKinsey #chuchotement — Nils Wilcke (@paul_denton) March 31, 2022

    Il y a des sujet apparemment que l’on ne peux pas aborder pic.twitter.com/ma1TAVqILK — 𝕶𝖊𝖙𝖆 🇷🇺Никакой пощады (@WaxKeta) March 30, 2022

    par Régis de Castelnau.

    J’ai expliqué en long en large et en travers les dimensions pénales du scandale McKinsey.

    En relevant que naturellement, la magistrature en général et le PNF en particulier continuaient à se déconsidérer en ne bougeant pas une oreille pour se saisir d’un considérable scandale d’État portant sur des détournements massifs d’argent public. On peut (...)

  • C’est Politique ! Le blog - L’ Actualité Politique, saupoudrée d’humour…parce qu’il faut garder le moral !
    https://cpolitic.wordpress.com

    Tout finit par se savoir, Macron ! Scandale Mc Kinsey, Profs méprisés, Euthanasie des vieux en plein Covid, Ventes d’armes à Poutine…
    https://cpolitic.wordpress.com/2022/03/20/tout-finit-par-se-savoir-macron-scandale-mc-kinsey-profs-meprise

    Tout finit par se savoir. Rien de plus vrai comme dicton. Parce qu’il y aura toujours un témoin qui pourra donner l’info. Toujours une archive qui traîne.
    On commence avec du lourd, du très lourd…

    Le Scandale McKinsey. On savait que la Macronie avait sous-traité diverses tâches à des cabinets privés d’origine américaine. Mais nous savons dorénavant pour combien d’euros. Et c’est là, que le bas blesse : 1 milliard d’euros en 2021, 2,4 milliards en 4 ans ! Gloups !
Ça en fait des masques, des blouses, des surblouses, des respirateurs…

    On connaissait également les liens incestueux entre Victor Fabius patron de la filiale française de Mc Kinsey et Company et le Conseil Constitutionnel https://cpolitic.wordpress.com/2022/01/21/passe-vaccinal-conseil-constitutionnel-se-couche-encore via son père Laurent Fabius. Malheureusement la pieuvre a étalé ses tentacules au Conseil d’Etat et de nombreux ministères. Une vraie mafia !

    Sur le fond, cette mafia produit des powerpoint creux, à la chaine pour ses divers clients internationaux et qui en plus à des problèmes d’éthiques graves : exil fiscal et déboire judiciaires aux USA !

    Que du bonheur… avec notre argent public ! Comme quoi il y a bien de l’argent magique.
    Plus de détails par ici :

    Comme promis l’intégrale de la saison 1 "McKinsey, ton univers impitoyable"

Je vous présente un nouvel ami Aamir Malik, vice président de Pfizer et ancien collègue de Victor chez McKinsey.

Mais que va décider le conseil constitutionnel…
1/n https://twitter.com/p_duval/status/1490598163102810112
    -- Duval Philippe (@p_duval) February 7, 2022

    Cabinets de conseil : « Le cabinet McKinsey a fait des copier/coller de documents qu’ils remettaient à d’autres pays que la France, comme en Australie (…) Ils changeaient simplement les chiffres »

 @ElianeAssassi, sénatrice @senateursCRCE #SeineSaintDenis#SensPublic https://twitter.com/enmodemacaron/status/1504417039590510599
    -- Public Sénat (@publicsenat) March 17, 2022

    "#McKinsey doit régler un forfait fiscal symbolique de 175 dollars" mais aux États Unis

"L’autorité de tutelle de la #DITP a pourtant assuré que McKinsey est en règle avec l’administration fiscale française", c’est #Macron qui a créé cette DITP…#MacronNousPrendPourDesCons https://t.co/30VPBBxRNo
    -- Lorentz mathias (@LorentzMathias) March 17, 2022

    Je pense que ça résume bien la situation #macron #mckinsey pic.twitter.com/tA7gJvtZ30
    -- Bonnie Parker (@MelleBonnieP) March 19, 2022

    je vais faire la #MarchePourLa6eRepublique pour en finir avec la Présidence Mensonge Permanent Corruption par #McKinseyGate #Pfizergate #bayer #blackrock #plusjamaismacron#MelenchonPresident2022 Retour de la Souveraineté du Peuple #6emeRepublique #ric #referendumrevocatoire https://t.co/HWXiyfOPlp
    -- Taous93FI  (@Taousertova93) March 20, 2022

    • cnews et sondage ifop, donc à lire avec ne pince à linge sur le nez
      Guerre en Ukraine : 52% des Français convaincus par certains arguments russes
      https://www.cnews.fr/videos/france/2022-03-27/guerre-en-ukraine-52-des-francais-convaincus-par-certains-arguments-russes

      Une enquête de l’IFOP menée dans le cadre de la semaine de la presse et des médias s’est penchée sur l’adhésion des Français aux arguments mis en avant par la Russie pour justifier l’invasion de l’Ukraine.

      Il ressort que 52% des sondés croient à au moins l’une des thèses russes sur l’origine de la guerre en Ukraine. 28% pensent par exemple que l’intervention russe est soutenue par des Ukrainiens russophones souhaitant se libérer des persécutions qu’ils subissent. Et 10% disent croire que « l’Ukraine est gouvernée actuellement par une junte infiltrée par des mouvements néonazis ».

      Les plus perméables aux discours de Vladimir Poutine sont les sympathisants de Jean-Luc Mélenchon et d’Éric Zemmour, révèle le sondage de l’Ifop. 


      Du complotisme sanitaire à la propagande du Kremlin
      Selon cette étude, il existe un lien entre les Français adhérant aux thèses antivax et ceux qui soutiennent la politique de Vladimir Poutine. Ainsi, 71% des antivax croient au récit poutinien sur l’Ukraine. L’adhésion à la propagande russe est plus faible (43%) chez les Français ne croyant à aucune de ces théories contre les vaccins.

      Au total, 25% des sondés croient à au moins une thèse antivax et au moins une thèse de la propagande russe.

      La guerre de l’information menée par le Kremlin bénéficie « d’un contexte de brouillard informationnel "post-covid" » qui serait propice « à l’essor des théories complotistes », affirme également l’Ifop. Ainsi, 35% des Français sondés déclarent « croire aux théories du complot ».

      NDR dans les commentaires
      – Attention CNEWS ! Attention ! Le titre n’est pas bon : « 52% des sondés croient à au moins l’une des thèses russes ». Mettre la moitié d’un pays dehors sans au moins une raison qui se tienne… compliqué !
      – 52% des français ne croient pas à la thèse des médias mainstream, savoir le diable poutine contre le héros zelensky...ça me rassure que la moitié des français ne marchent pas dans cette propagande grossière.
      – Les journaux en France mentent, ils savent qu’on sais qu’ils mentent, mais ils continuent de mentir.