• Je suis prof. Seize brèves réflexions contre la terreur et l’obscurantisme, en #hommage à #Samuel_Paty

    Les lignes qui suivent ont été inspirées par la nouvelle atroce de la mise à mort de mon collègue, Samuel Paty, et par la difficile semaine qui s’en est suivie. En hommage à un #enseignant qui croyait en l’#éducation, en la #raison_humaine et en la #liberté_d’expression, elles proposent une quinzaine de réflexions appelant, malgré l’émotion, à penser le présent, et en débattre, avec raison. Ces réflexions ne prétendent évidemment pas incarner la pensée de Samuel Paty, mais elles sont écrites pour lui, au sens où l’effort de pensée, de discernement, de nuances, de raison, a été fait en pensant à lui, et pour lui rendre hommage. Continuer de penser librement, d’exprimer, d’échanger les arguments, me parait le meilleur des hommages.

    1. Il y a d’abord eu, en apprenant la nouvelle, l’#horreur, la #tristesse, la #peur, devant le #crime commis, et des pensées pour les proches de Samuel Paty, ses collègues, ses élèves, toutes les communautés scolaires de France et, au-delà, toute la communauté des humains bouleversés par ce crime. Puis s’y est mêlée une #rage causée par tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, et avant même d’en savoir plus sur les tenants et aboutissants qui avaient mené au pire, se sont empressés de dégainer des kits théoriques tendant à minimiser l’#atrocité du crime ou à dissoudre toute la #responsabilité de l’assassin (ou possiblement des assassins) dans des entités excessivement extensibles (que ce soit « l’#islamisation » ou « l’#islamophobie ») – sans compter ceux qui instrumentalisent l’horreur pour des agendas qu’on connait trop bien : rétablissement de la peine de mort, chasse aux immigré.e.s, chasse aux musulman.e.s.

    2. Il y a ensuite eu une peur, ou des peurs, en voyant repartir tellement vite, et à la puissance dix, une forme de réaction gouvernementale qui a de longue date fait les preuves de son #inefficacité (contre la #violence_terroriste) et de sa #nocivité (pour l’état du vivre-ensemble et des droits humains) : au lieu d’augmenter comme il faut les moyens policiers pour enquêter plus et mieux qu’on ne le fait déjà, pour surveiller, remonter des filières bien ciblées et les démanteler, mais aussi assurer en temps réel la protection des personnes qui la demandent, au moment où elles la demandent, on fait du spectacle avec des boucs émissaires.

    Une sourde appréhension s’est donc mêlée à la peine, face au déferlement d’injures, de menaces et d’attaques islamophobes, anti-immigrés et anti-tchétchènes qui a tout de suite commencé, mais aussi face à l’éventualité d’autres attentats qui pourraient advenir dans le futur, sur la prévention desquels, c’est le moins que je puisse dire, toutes les énergies gouvernementales ne me semblent pas concentrées.

    3. Puis, au fil des lectures, une #gêne s’est installée, concernant ce que, sur les #réseaux_sociaux, je pouvais lire, « dans mon camp » cette fois-ci – c’est-à-dire principalement chez des gens dont je partage plus ou moins une certaine conception du combat antiraciste. Ce qui tout d’abord m’a gêné fut le fait d’énoncer tout de suite des analyses explicatives alors qu’au fond on ne savait à peu près rien sur le détail des faits : quel comportement avait eu précisément Samuel Paty, en montrant quels dessins, quelles interactions avaient eu lieu après-coup avec les élèves, avec les parents, qui avait protesté et en quels termes, sous quelles forme, qui avait envenimé le contentieux et comment s’était produit l’embrasement des réseaux sociaux, et enfin quel était le profil de l’assassin, quel était son vécu russe, tchétchène, français – son vécu dans toutes ses dimensions (familiale, socio-économique, scolaire, médicale), sa sociabilité et ses accointances (ou absences d’accointances) religieuses, politiques, délinquantes, terroristes ?

    J’étais gêné par exemple par le fait que soit souvent validée a priori, dès les premières heures qui suivirent le crime, l’hypothèse que Samuel Paty avait « déconné », alors qu’on n’était même pas certain par exemple que c’était le dessin dégoutant du prophète cul nu (j’y reviendrai) qui avait été montré en classe (puisqu’on lisait aussi que le professeur avait déposé plainte « pour diffamation » suite aux accusations proférées contre lui), et qu’on ne savait rien des conditions et de la manière dont il avait agencé son cours.

    4. Par ailleurs, dans l’hypothèse (qui a fini par se confirmer) que c’était bien ce dessin, effectivement problématique (j’y reviendrai), qui avait servi de déclencheur ou de prétexte pour la campagne contre Samuel Paty, autre chose me gênait. D’abord cet oubli : montrer un #dessin, aussi problématique soit-il, obscène, grossier, de mauvais goût, ou même raciste, peut très bien s’intégrer dans une #démarche_pédagogique, particulièrement en cours d’histoire – après tout, nous montrons bien des #caricatures anti-juives ignobles quand nous étudions la montée de l’antisémitisme, me confiait un collègue historien, et cela ne constitue évidemment pas en soi une pure et simple perpétuation de l’#offense_raciste. Les deux cas sont différents par bien des aspects, mais dans tous les cas tout se joue dans la manière dont les documents sont présentés et ensuite collectivement commentés, analysés, critiqués. Or, sur ladite manière, en l’occurrence, nous sommes restés longtemps sans savoir ce qui exactement s’était passé, et ce que nous avons fini par appendre est que Samuel Paty n’avait pas eu d’intention maligne : il s’agissait vraiment de discuter de la liberté d’expression, autour d’un cas particulièrement litigieux.

    5. En outre, s’il s’est avéré ensuite, dans les récits qui ont pu être reconstitués (notamment dans Libération), que Samuel Paty n’avait fait aucun usage malveillant de ces caricatures, et que les parents d’élèves qui s’étaient au départ inquiétés l’avaient assez rapidement et facilement compris après discussion, s’il s’est avéré aussi qu’au-delà de cet épisode particulier, Samuel Paty était un professeur très impliqué et apprécié, chaleureux, blagueur, il est dommageable que d’emblée, il n’ait pas été martelé ceci, aussi bien par les inconditionnels de l’ « esprit Charlie » que par les personnes légitimement choquées par certaines des caricatures : que même dans le cas contraire, même si le professeur avait « déconné », que ce soit un peu ou beaucoup, que même s’il avait manqué de précautions pédagogiques, que même s’il avait intentionnellement cherché à blesser, bref : que même s’il avait été un « mauvais prof », hautain, fumiste, ou même raciste, rien, absolument rien ne justifiait ce qui a été commis.

    Je me doute bien que, dans la plupart des réactions à chaud, cela allait sans dire, mais je pense que, dans le monde où l’on vit, et où se passent ces horreurs, tout désormais en la matière (je veux dire : en matière de mise à distance de l’hyper-violence) doit être dit, partout, même ce qui va sans dire.

    En d’autres termes, même si l’on juge nécessaire de rappeler, à l’occasion de ce crime et des discussions qu’il relance, qu’il est bon que tout ne soit pas permis en matière de liberté d’expression, cela n’est selon moi tenable que si l’on y adjoint un autre rappel : qu’il est bon aussi que tout ne soit pas permis dans la manière de limiter la liberté d’expression, dans la manière de réagir aux discours offensants, et plus précisément que doit être absolument proscrit le recours à la #violence_physique, a fortiori au #meurtre. Nous sommes malheureusement en un temps, je le répète, où cela ne va plus sans dire.

    6. La remarque qui précède est, me semble-t-il, le grand non-dit qui manque le plus dans tout le débat public tel qu’il se polarise depuis des années entre les « Charlie », inconditionnels de « la liberté d’expression », et les « pas Charlie », soucieux de poser des « #limites » à la « #liberté_d’offenser » : ni la liberté d’expression ni sa nécessaire #limitation ne doivent en fait être posées comme l’impératif catégorique et fondamental. Les deux sont plaidables, mais dans un #espace_de_parole soumis à une autre loi fondamentale, sur laquelle tout le monde pourrait et devrait se mettre d’accord au préalable, et qui est le refus absolu de la violence physique.

    Moyennant quoi, dès lors que cette loi fondamentale est respectée, et expressément rappelée, la liberté d’expression, à laquelle Samuel Paty était si attaché, peut et doit impliquer aussi le droit de dire qu’on juge certaines caricatures de Charlie Hebdo odieuses :

    – celles par exemple qui amalgament le prophète des musulmans (et donc – par une inévitable association d’idées – l’ensemble des fidèles qui le vénèrent) à un terroriste, en le figurant par exemple surarmé, le nez crochu, le regard exorbité, la mine patibulaire, ou coiffé d’un turban en forme de bombe ;

    – celle également qui blesse gratuitement les croyants (et les croyants lambda, tolérants, non-violents, tout autant voire davantage que des « djihadistes » avides de prétextes à faire couler le sang), en représentant leur prophète cul nul, testicules à l’air, une étoile musulmane à la place de l’anus ;

    – celle qui animalise une syndicaliste musulmane voilée en l’affublant d’un faciès de singe ;

    – celle qui annonce « une roumaine » (la joueuse Simona Halep), gagnante de Roland-Garros, et la représente en rom au physique disgracieux, brandissant la coupe et criant « ferraille ! ferraille ! » ;

    – celle qui nous demande d’imaginer « le petit Aylan », enfant de migrants kurdes retrouvé mort en méditerranée, « s’il avait survécu », et nous le montre devenu « tripoteur de fesses en Allemagne » (suite à une série de viols commis à Francfort) ;

    – celle qui représente les esclaves sexuelles de Boko Haram, voilées et enceintes, en train de gueuler après leurs « allocs » ;

    – celle qui fantasme une invasion ou une « islamisation » en forme de « grand remplacement », par exemple en nous montrant un musulman barbu dont la barbe démesurée envahit toute la page de Une, malgré un minuscule Macron luttant « contre le séparatisme », armé de ciseaux, mais ne parvenant qu’à en couper que quelques poils ;

    – celle qui alimente le même fantasme d’invasion en figurant un Macron, déclarant que le port du foulard par des femmes musulmanes « ne le regarde pas » en tant que président, tandis que le reste de la page n’est occupé que par des femmes voilées, avec une légende digne d’un tract d’extrême droite : « La République islamique en marche ».

    Sur chacun de ces dessins, publiés en Une pour la plupart, je pourrais argumenter en détail, pour expliquer en quoi je les juge odieux, et souvent racistes. Bien d’autres exemples pourraient d’ailleurs être évoqués, comme une couverture publiée à l’occasion d’un attentat meurtrier commis à Bruxelles en mars 2016 et revendiqué par Daesh (ayant entraîné la mort de 32 personnes et fait 340 blessés), et figurant de manière pour le moins choquante le chanteur Stromae, orphelin du génocide rwandais, en train de chanter « Papaoutai » tandis que voltigent autour de lui des morceaux de jambes et de bras déchiquetés ou d’oeil exorbité. La liste n’est pas exhaustive, d’autres unes pourraient être évoquées – celles notamment qui nous invitent à rigoler (on est tenté de dire ricaner) sur le sort des femmes violées, des enfants abusés, ou des peuples qui meurent de faim.

    On a le droit de détester cet #humour, on a le droit de considérer que certaines de ces caricatures incitent au #mépris ou à la #haine_raciste ou sexiste, entre autres griefs possibles, et on a le droit de le dire. On a le droit de l’écrire, on a le droit d’aller le dire en justice, et même en manifestation. Mais – cela allait sans dire, l’attentat de janvier 2015 oblige désormais à l’énoncer expressément – quel que soit tout le mal qu’on peut penser de ces dessins, de leur #brutalité, de leur #indélicatesse, de leur méchanceté gratuite envers des gens souvent démunis, de leur #racisme parfois, la #violence_symbolique qu’il exercent est sans commune mesure avec la violence physique extrême que constitue l’#homicide, et elle ne saurait donc lui apporter le moindre commencement de #justification.

    On a en somme le droit de dénoncer avec la plus grande vigueur la violence symbolique des caricatures quand on la juge illégitime et nocive, car elle peut l’être, à condition toutefois de dire désormais ce qui, je le répète, aurait dû continuer d’aller sans dire mais va beaucoup mieux, désormais, en le disant : qu’aucune violence symbolique ne justifie l’hyper-violence physique. Cela vaut pour les pires dessins de Charlie comme pour les pires répliques d’un Zemmour ou d’un Dieudonné, comme pour tout ce qui nous offense – du plutôt #douteux au parfaitement #abject.

    Que reste-t-il en effet de la liberté d’expression si l’on défend le #droit_à_la_caricature mais pas le droit à la #critique des caricatures ? Que devient le #débat_démocratique si toute critique radicale de #Charlie aujourd’hui, et qui sait de de Zemmour demain, de Macron après-demain, est d’office assimilée à une #incitation_à_la_violence, donc à de la complicité de terrorisme, donc proscrite ?

    Mais inversement, que devient cet espace démocratique si la dénonciation de l’intolérable et l’appel à le faire cesser ne sont pas précédés et tempérés par le rappel clair et explicite de l’interdit fondamental du meurtre ?

    7. Autre chose m’a gêné dans certaines analyses : l’interrogation sur les « #vrais_responsables », formulation qui laisse entendre que « derrière » un responsable « apparent » (l’assassin) il y aurait « les vrais responsables », qui seraient d’autres que lui. Or s’il me parait bien sûr nécessaire d’envisager dans toute sa force et toute sa complexité l’impact des #déterminismes_sociaux, il est problématique de dissoudre dans ces déterminismes toute la #responsabilité_individuelle de ce jeune de 18 ans – ce que la sociologie ne fait pas, contrairement à ce que prétendent certains polémistes, mais que certains discours peuvent parfois faire.

    Que chacun s’interroge toujours sur sa possible responsabilité est plutôt une bonne chose à mes yeux, si toutefois on ne pousse pas le zèle jusqu’à un « on est tous coupables » qui dissout toute #culpabilité réelle et arrange les affaires des principaux coupables. Ce qui m’a gêné est l’enchaînement de questions qui, en réponse à la question « qui a tué ? », met comme en concurrence, à égalité, d’une part celui qui a effectivement commis le crime, et d’autre part d’autres personnes ou groupes sociaux (la direction de l’école, la police, le père d’élève ayant lancé la campagne publique contre Samuel Paty sur Youtube, sa fille qui semble l’avoir induit en erreur sur le déroulement de ses cours) qui, quel que soit leur niveau de responsabilité, n’ont en aucun cas « tué » – la distinction peut paraitre simple, voire simpliste, mais me parait, pour ma part, cruciale à maintenir.

    8. Ce qui m’a gêné, aussi, et même écoeuré lorsque l’oubli était assumé, et que « le système » néolibéral et islamophobe devenait « le principal responsable », voire « l’ennemi qu’il nous faut combattre », au singulier, ce fut une absence, dans la liste des personnes ou des groupes sociaux pouvant, au-delà de l’individu #Abdoullakh_Abouyezidovitch, se partager une part de responsabilité. Ce qui me gêna fut l’oubli ou la minoration du rôle de l’entourage plus ou moins immédiat du tueur – qu’il s’agisse d’un groupe terroriste organisé ou d’un groupe plus informel de proches ou de moins proches (via les réseaux sociaux), sans oublier, bien entendu, l’acolyte de l’irresponsable « père en colère » : un certain #Abdelhakim_Sefrioui, entrepreneur de haine pourtant bien connu, démasqué et ostracisé de longue date dans les milieux militants, à commencer par les milieux pro-palestiniens et la militance anti-islamophobie.

    Je connais les travaux sociologiques qui critiquent à juste titre l’approche mainstream, focalisée exclusivement les techniques de propagande des organisations terroristes, et qui déplacent la focale sur l’étude des conditions sociales rendant audible et « efficace » lesdites techniques de #propagande. Mais justement, on ne peut prendre en compte ces conditions sociales sans observer aussi comment elles pèsent d’une façon singulière sur les individus, dont la responsabilité n’est pas évacuée. Et l’on ne peut pas écarter, notamment, la responsabilité des individus ou des groupes d’ « engraineurs », surtout si l’on pose la question en ces termes : « qui a tué ? ».

    9. Le temps du #choc, du #deuil et de l’#amertume « contre mon propre camp » fut cela dit parasité assez vite par un vacarme médiatique assourdissant, charriant son lot d’#infamie dans des proportions autrement plus terrifiantes. #Samuel_Gontier, fidèle « au poste », en a donné un aperçu glaçant :

    – des panels politiques dans lesquels « l’équilibre » invoqué par le présentateur (Pascal Praud) consiste en un trio droite, droite extrême et extrême droite (LREM, Les Républicains, Rassemblement national), et où les différentes familles de la gauche (Verts, PS, PCF, France insoumise, sans même parler de l’extrême gauche) sont tout simplement exclues ;

    – des « débats » où sont mis sérieusement à l’agenda l’interdiction du #voile dans tout l’espace public, l’expulsion de toutes les femmes portant le #foulard, la #déchéance_de_nationalité pour celles qui seraient françaises, la réouverture des « #bagnes » « dans îles Kerguelen », le rétablissement de la #peine_de_mort, et enfin la « #criminalisation » de toutes les idéologies musulmanes conservatrices, « pas seulement le #djihadisme mais aussi l’#islamisme » (un peu comme si, à la suite des attentats des Brigades Rouges, de la Fraction Armée Rouge ou d’Action Directe, on avait voulu criminaliser, donc interdire et dissoudre toute la gauche socialiste, communiste, écologiste ou radicale, sous prétexte qu’elle partageait avec les groupes terroristes « l’opposition au capitalisme ») ;

    – des « plateaux » sur lesquels un #Manuel_Valls peut appeler en toute conscience et en toute tranquillité, sans causer de scandale, à piétiner la Convention Européenne des Droits Humains : « S’il nous faut, dans un moment exceptionnel, s’éloigner du #droit_européen, faire évoluer notre #Constitution, il faut le faire. », « Je l’ai dit en 2015, nous sommes en #guerre. Si nous sommes en guerre, donc il faut agir, frapper. ».

    10. Puis, très vite, il y a eu cette offensive du ministre de l’Intérieur #Gérald_Darmanin contre le #CCIF (#Collectif_Contre_l’Islamophobie_en_France), dénuée de tout fondement du point de vue de la #lutte_anti-terroriste – puisque l’association n’a évidemment pris aucune part dans le crime du 17 octobre 2020, ni même dans la campagne publique (sur Youtube et Twitter) qui y a conduit.

    Cette dénonciation – proprement calomnieuse, donc – s’est autorisée en fait d’une montée en généralité, en abstraction et même en « nébulosité », et d’un grossier sophisme : le meurtre de Samuel Paty est une atteinte aux « #valeurs » et aux « institutions » de « la #République », que justement le CCIF « combat » aussi – moyennant quoi le CCIF a « quelque chose à voir » avec ce crime et il doit donc être dissous, CQFD. L’accusation n’en demeure pas moins fantaisiste autant qu’infamante, puisque le « combat » de l’association, loin de viser les principes et les institutions républicaines en tant que telles, vise tout au contraire leur manque d’effectivité : toute l’activité du CCIF (c’est vérifiable, sur le site de l’association aussi bien que dans les rapports des journalistes, au fil de l’actualité, depuis des années) consiste à combattre la #discrimination en raison de l’appartenance ou de la pratique réelle ou supposée d’une religion, donc à faire appliquer une loi de la république. Le CCIF réalise ce travail par les moyens les plus républicains qui soient, en rappelant l’état du Droit, en proposant des médiations ou en portant devant la #Justice, institution républicaine s’il en est, des cas d’atteinte au principe d’#égalité, principe républicain s’il en est.

    Ce travail fait donc du CCIF une institution précieuse (en tout cas dans une république démocratique) qu’on appelle un « #contre-pouvoir » : en d’autres termes, un ennemi de l’arbitraire d’État et non de la « République ». Son travail d’#alerte contribue même à sauver ladite République, d’elle-même pourrait-on dire, ou plutôt de ses serviteurs défaillants et de ses démons que sont le racisme et la discrimination.

    Il s’est rapidement avéré, du coup, que cette offensive sans rapport réel avec la lutte anti-terroriste s’inscrivait en fait dans un tout autre agenda, dont on avait connu les prémisses dès le début de mandat d’Emmanuel Macron, dans les injures violentes et les tentatives d’interdiction de Jean-Michel #Blanquer contre le syndicat #Sud_éducation_93, ou plus récemment dans l’acharnement haineux du député #Robin_Réda, censé diriger une audition parlementaire antiraciste, contre les associations de soutien aux immigrés, et notamment le #GISTI (Groupe d’Information et de Soutien aux Immigrés). Cet agenda est ni plus ni moins que la mise hors-jeu des « corps intermédiaires » de la société civile, et en premier lieu des #contre-pouvoirs que sont les associations antiracistes et de défense des droits humains, ainsi que les #syndicats, en attendant le tour des partis politiques – confère, déjà, la brutalisation du débat politique, et notamment les attaques tout à fait inouïes, contraires pour le coup à la tradition républicaine, de #Gérald_Darmanin contre les écologistes (#Julien_Bayou, #Sandra_Regol et #Esther_Benbassa) puis contre la #France_insoumise et son supposé « #islamo-gauchisme qui a détruit la république », ces dernières semaines, avant donc le meurtre de Samuel Paty.

    Un agenda dans lequel figure aussi, on vient de l’apprendre, un combat judiciaire contre le site d’information #Mediapart.

    11. Il y a eu ensuite l’annonce de ces « actions coup de poing » contre des associations et des lieux de culte musulmans, dont le ministre de l’Intérieur lui-même a admis qu’elles n’avaient aucun lien avec l’enquête sur le meurtre de Samuel Paty, mais qu’elles servaient avant tout à « #adresser_un_message », afin que « la #sidération change de camp ». L’aveu est terrible : l’heure n’est pas à la défense d’un modèle (démocratique, libéral, fondé sur l’État de Droit et ouvert à la pluralité des opinions) contre un autre (obscurantiste, fascisant, fondé sur la terreur), mais à une #rivalité_mimétique. À la #terreur on répond par la terreur, sans même prétendre, comme le fit naguère un Charles Pasqua, qu’on va « terroriser les terroristes » : ceux que l’on va terroriser ne sont pas les terroristes, on le sait, on le dit, on s’en contrefout et on répond au meurtre par la #bêtise et la #brutalité, à l’#obscurantisme « religieux » par l’obscurantisme « civil », au #chaos de l’#hyper-violence par le chaos de l’#arbitraire d’État.

    12. On cible donc des #mosquées alors même qu’on apprend (notamment dans la remarquable enquête de Jean-Baptiste Naudet, dans L’Obs) que le tueur ne fréquentait aucune mosquée – ce qui était le cas, déjà, de bien d’autres tueurs lors des précédents attentats.

    On s’attaque au « #séparatisme » et au « #repli_communautaire » alors même qu’on apprend (dans la même enquête) que le tueur n’avait aucune attache ou sociabilité dans sa communauté – ce qui là encore a souvent été le cas dans le passé.

    On préconise des cours intensifs de #catéchisme_laïque dans les #écoles, des formations intensives sur la liberté d’expression, avec distribution de « caricatures » dans tous les lycées, alors que le tueur était déscolarisé depuis un moment et n’avait commencé à se « radicaliser » qu’en dehors de l’#école (et là encore se rejoue un schéma déjà connu : il se trouve qu’un des tueurs du Bataclan fut élève dans l’établissement où j’exerce, un élève dont tous les professeurs se souviennent comme d’un élève sans histoires, et dont la famille n’a pu observer des manifestations de « #radicalisation » qu’après son bac et son passage à l’université, une fois qu’il était entré dans la vie professionnelle).

    Et enfin, ultime protection : Gérald Darmanin songe à réorganiser les rayons des #supermarchés ! Il y aurait matière à rire s’il n’y avait pas péril en la demeure. On pourrait s’amuser d’une telle #absurdité, d’une telle incompétence, d’une telle disjonction entre la fin et les moyens, si l’enjeu n’était pas si grave. On pourrait sourire devant les gesticulations martiales d’un ministre qui avoue lui-même tirer « à côté » des véritables coupables et complices, lorsque par exemple il ordonne des opérations contre des #institutions_musulmanes « sans lien avec l’enquête ». On pourrait sourire s’il ne venait pas de se produire une attaque meurtrière atroce, qui advient après plusieurs autres, et s’il n’y avait pas lieu d’être sérieux, raisonnable, concentré sur quelques objectifs bien définis : mieux surveiller, repérer, voir venir, mieux prévenir, mieux intervenir dans l’urgence, mieux protéger. On pourrait se payer le luxe de se disperser et de discuter des #tenues_vestimentaires ou des #rayons_de_supermarché s’il n’y avait pas des vies humaines en jeu – certes pas la vie de nos dirigeants, surprotégés par une garde rapprochée, mais celles, notamment, des professeurs et des élèves.

    13. Cette #futilité, cette #frivolité, cette bêtise serait moins coupable s’il n’y avait pas aussi un gros soubassement de #violence_islamophobe. Cette bêtise serait innocente, elle ne porterait pas à conséquence si les mises en débat du #vêtement ou de l’#alimentation des diverses « communautés religieuses » n’étaient pas surdéterminées, depuis de longues années, par de très lourds et violents #stéréotypes racistes. On pourrait causer lingerie et régime alimentaire si les us et coutumes religieux n’étaient pas des #stigmates sur-exploités par les racistes de tout poil, si le refus du #porc ou de l’#alcool par exemple, ou bien le port d’un foulard, n’étaient pas depuis des années des motifs récurrents d’#injure, d’#agression, de discrimination dans les études ou dans l’emploi.

    Il y a donc une bêtise insondable dans cette mise en cause absolument hors-sujet des commerces ou des rayons d’ « #alimentation_communautaire » qui, dixit Darmanin, « flatteraient » les « plus bas instincts », alors que (confère toujours l’excellente enquête de Jean-Baptiste Naudet dans L’Obs) l’homme qui a tué Samuel Paty (comme l’ensemble des précédents auteurs d’attentats meurtriers) n’avait précisément pas d’ancrage dans une « communauté » – ni dans l’immigration tchétchène, ni dans une communauté religieuse localisée, puisqu’il ne fréquentait aucune mosquée.

    Et il y a dans cette bêtise une #méchanceté tout aussi insondable : un racisme sordide, à l’encontre des #musulmans bien sûr, mais pas seulement. Il y a aussi un mépris, une injure, un piétinement de la mémoire des morts #juifs – puisque parmi les victimes récentes des tueries terroristes, il y a précisément des clients d’un commerce communautaire, l’#Hyper_Cacher, choisis pour cible et tués précisément en tant que tels.

    Telle est la vérité, cruelle, qui vient d’emblée s’opposer aux élucubrations de Gérald Darmanin : en incriminant les modes de vie « communautaires », et plus précisément la fréquentation de lieux de culte ou de commerces « communautaires », le ministre stigmatise non pas les coupables de la violence terroriste (qui se caractérisent au contraire par la #solitude, l’#isolement, le surf sur #internet, l’absence d’#attaches_communautaires et de pratique religieuse assidue, l’absence en tout cas de fréquentation de #lieux_de_cultes) mais bien certaines de ses victimes (des fidèles attaqués sur leur lieu de culte, ou de courses).

    14. Puis, quelques jours à peine après l’effroyable attentat, sans aucune concertation sur le terrain, auprès de la profession concernée, est tombée par voie de presse (comme d’habitude) une stupéfiante nouvelle : l’ensemble des Conseils régionaux de France a décidé de faire distribuer un « #recueil_de_caricatures » (on ne sait pas lesquelles) dans tous les lycées. S’il faut donner son sang, allez donner le vôtre, disait la chanson. Qu’ils aillent donc, ces élus, distribuer eux-mêmes leurs petites bibles républicaines, sur les marchés. Mais non : c’est notre sang à nous, petits profs de merde, méprisés, sous-payés, insultés depuis des années, qui doit couler, a-t-il été décidé en haut lieu. Et possiblement aussi celui de nos élèves.

    Car il faut se rendre à l’évidence : si cette information est confirmée, et si nous acceptons ce rôle de héros et martyrs d’un pouvoir qui joue aux petits soldats de plomb avec des profs et des élèves de chair et d’os, nous devenons officiellement la cible privilégiée des groupes terroristes. À un ennemi qui ne fonctionne, dans ses choix de cibles et dans sa communication politique, qu’au défi, au symbole et à l’invocation de l’honneur du Prophète, nos dirigeants répondent en toute #irresponsabilité par le #défi, le #symbole, et la remise en jeu de l’image du Prophète. À quoi doit-on s’attendre ? Y sommes-nous prêts ? Moi non.

    15. Comme si tout cela ne suffisait pas, voici enfin que le leader de l’opposition de gauche, celui dont on pouvait espérer, au vu de ses engagements récents, quelques mises en garde élémentaires mais salutaires contre les #amalgames et la #stigmatisation haineuse des musulmans, n’en finit pas de nous surprendre ou plutôt de nous consterner, de nous horrifier, puisqu’il s’oppose effectivement à la chasse aux musulmans, mais pour nous inviter aussitôt à une autre chasse : la #chasse_aux_Tchétchènes :

    « Moi, je pense qu’il y a un problème avec la #communauté_tchétchène en France ».

    Il suffit donc de deux crimes, commis tous les deux par une personne d’origine tchétchène, ces dernières années (l’attentat de l’Opéra en 2018, et celui de Conflans en 2020), plus une méga-rixe à Dijon cet été impliquant quelques dizaines de #Tchétchènes, pour que notre homme de gauche infère tranquillement un « #problème_tchétchène », impliquant toute une « communauté » de plusieurs dizaines de milliers de personnes vivant en France.

    « Ils sont arrivés en France car le gouvernement français, qui était très hostile à Vladimir Poutine, les accueillait à bras ouverts », nous explique Jean-Luc #Mélenchon. « À bras ouverts », donc, comme dans un discours de Le Pen – le père ou la fille. Et l’on a bien entendu : le motif de l’#asile est une inexplicable « hostilité » de la France contre le pauvre Poutine – et certainement pas une persécution sanglante commise par ledit Poutine, se déclarant prêt à aller « buter » lesdits Tchétchènes « jusque dans les chiottes ».

    « Il y a sans doute de très bonnes personnes dans cette communauté » finit-il par concéder à son intervieweur interloqué. On a bien lu, là encore : « sans doute ». Ce n’est donc même pas sûr. Et « de très bonnes personnes », ce qui veut dire en bon français : quelques-unes, pas des masses.

    « Mais c’est notre #devoir_national de s’en assurer », s’empresse-t-il d’ajouter – donc même le « sans doute » n’aura pas fait long feu. Et pour finir en apothéose :

    « Il faut reprendre un par un tous les dossiers des Tchétchènes présents en France et tous ceux qui ont une activité sur les réseaux sociaux, comme c’était le cas de l’assassin ou d’autres qui ont des activités dans l’#islamisme_politique (...), doivent être capturés et expulsés ».

    Là encore, on a bien lu : « tous les dossiers des Tchétchènes présents en France », « un par un » ! Quant aux suspects, ils ne seront pas « interpellés », ni « arrêtés », mais « capturés » : le vocabulaire est celui de la #chasse, du #safari. Voici donc où nous emmène le chef du principal parti d’opposition de gauche.

    16. Enfin, quand on écrira l’histoire de ces temps obscurs, il faudra aussi raconter cela : comment, à l’heure où la nation était invitée à s’unir dans le deuil, dans la défense d’un modèle démocratique, dans le refus de la violence, une violente campagne de presse et de tweet fut menée pour que soient purement et simplement virés et remplacés les responsables de l’#Observatoire_de_la_laïcité, #Nicolas_Cadène et #Jean-Louis_Bianco, pourtant restés toujours fidèles à l’esprit et à la lettre des lois laïques, et que les deux hommes furent à cette fin accusés d’avoir « désarmé » la République et de s’être « mis au service » des « ennemis » de ladite #laïcité et de ladite république – en somme d’être les complices d’un tueur de prof, puisque c’est de cet ennemi-là qu’il était question.

    Il faudra raconter que des universitaires absolument irréprochables sur ces questions, comme #Mame_Fatou_Niang et #Éric_Fassin, furent mis en cause violemment par des tweeters, l’une en recevant d’abjectes vidéos de décapitation, l’autre en recevant des #menaces de subir la même chose, avec dans les deux cas l’accusation d’être responsables de la mort de Samuel Paty.

    Il faudra se souvenir qu’un intellectuel renommé, invité sur tous les plateaux, proféra tranquillement, là encore sans être recadré par les animateurs, le même type d’accusations à l’encontre de la journaliste et chroniqueuse #Rokhaya_Diallo : en critiquant #Charlie_Hebdo, elle aurait « poussé à armer les bras des tueurs », et « entrainé » la mort des douze de Charlie hebdo.

    Il faudra se souvenir qu’au sommet de l’État, enfin, en ces temps de deuil, de concorde nationale et de combat contre l’obscurantisme, le ministre de l’Éducation nationale lui-même attisa ce genre de mauvaise querelle et de #mauvais_procès – c’est un euphémisme – en déclarant notamment ceci :

    « Ce qu’on appelle l’#islamo-gauchisme fait des ravages, il fait des ravages à l’#université. Il fait des ravages quand l’#UNEF cède à ce type de chose, il fait des ravages quand dans les rangs de la France Insoumise, vous avez des gens qui sont de ce courant-là et s’affichent comme tels. Ces gens-là favorisent une idéologie qui ensuite, de loin en loin, mène au pire. »

    Il faudra raconter ce que ces sophismes et ces purs et simples mensonges ont construit ou tenté de construire : un « #consensus_national » fondé sur une rage aveugle plutôt que sur un deuil partagé et un « plus jamais ça » sincère et réfléchi. Un « consensus » singulièrement diviseur en vérité, excluant de manière radicale et brutale tous les contre-pouvoirs humanistes et progressistes qui pourraient tempérer la violence de l’arbitraire d’État, et apporter leur contribution à l’élaboration d’une riposte anti-terroriste pertinente et efficace : le mouvement antiraciste, l’opposition de gauche, la #sociologie_critique... Et incluant en revanche, sans le moindre état d’âme, une droite républicaine radicalisée comme jamais, ainsi que l’#extrême_droite lepéniste.

    Je ne sais comment conclure, sinon en redisant mon accablement, ma tristesse, mon désarroi, ma peur – pourquoi le cacher ? – et mon sentiment d’#impuissance face à une #brutalisation en marche. La brutalisation de la #vie_politique s’était certes enclenchée bien avant ce crime atroce – l’évolution du #maintien_de l’ordre pendant tous les derniers mouvements sociaux en témoigne, et les noms de Lallement et de Benalla en sont deux bons emblèmes. Mais cet attentat, comme les précédents, nous fait évidemment franchir un cap dans l’#horreur. Quant à la réponse à cette horreur, elle s’annonce désastreuse et, loin d’opposer efficacement la force à la force (ce qui peut se faire mais suppose le discernement), elle rajoute de la violence aveugle à de la violence aveugle – tout en nous exposant et en nous fragilisant comme jamais. Naïvement, avec sans doute un peu de cet idéalisme qui animait Samuel Paty, j’en appelle au #sursaut_collectif, et à la #raison.

    Pour reprendre un mot d’ordre apparu suite à ce crime atroce, #je_suis_prof. Je suis prof au sens où je me sens solidaire de Samuel Paty, où sa mort me bouleverse et me terrifie, mais je suis prof aussi parce que c’est tout simplement le métier que j’exerce. Je suis prof et je crois donc en la raison, en l’#éducation, en la #discussion. Depuis vingt-cinq ans, j’enseigne avec passion la philosophie et je m’efforce de transmettre le goût de la pensée, de la liberté de penser, de l’échange d’arguments, du débat contradictoire. Je suis prof et je m’efforce de transmettre ces belles valeurs complémentaires que sont la #tolérance, la #capacité_d’indignation face à l’intolérable, et la #non-violence dans l’#indignation et le combat pour ses idées.

    Je suis prof et depuis vingt-cinq ans je m’efforce de promouvoir le #respect et l’#égalité_de_traitement, contre tous les racismes, tous les sexismes, toutes les homophobies, tous les systèmes inégalitaires. Et je refuse d’aller mourir au front pour une croisade faussement « républicaine », menée par un ministre de l’Intérieur qui a commencé sa carrière politique, entre 2004 et 2008, dans le girons de l’extrême droite monarchiste (auprès de #Christian_Vanneste et de #Politique_magazine, l’organe de l’#Action_française). Je suis prof et je refuse de sacrifier tout ce en quoi je crois pour la carrière d’un ministre qui en 2012, encore, militait avec acharnement, aux côtés de « La manif pour tous », pour que les homosexuels n’aient pas les mêmes droits que les autres – sans parler de son rapport aux femmes, pour le moins problématique, et de ce que notre grand républicain appelle, en un délicat euphémisme, sa « vie de jeune homme ».

    Je suis prof et j’enseigne la laïcité, la vraie, celle qui s’est incarnée dans de belles lois en 1881, 1882, 1886 et 1905, et qui n’est rien d’autre qu’une machine à produire plus de #liberté, d’#égalité et de #fraternité. Mais ce n’est pas cette laïcité, loin s’en faut, qui se donne à voir ces jours-ci, moins que jamais, quand bien même le mot est répété à l’infini. C’est au contraire une politique liberticide, discriminatoire donc inégalitaire, suspicieuse ou haineuse plutôt que fraternelle, que je vois se mettre en place, sans même l’excuse de l’efficacité face au terrorisme.

    Je suis prof, et cette #vraie_laïcité, ce goût de la pensée et de la #parole_libre, je souhaite continuer de les promouvoir. Et je souhaite pour cela rester en vie. Et je souhaite pour cela rester libre, maître de mes #choix_pédagogiques, dans des conditions matérielles qui permettent de travailler. Et je refuse donc de devenir l’otage d’un costume de héros ou de martyr taillé pour moi par des aventuriers sans jugeote, sans cœur et sans principes – ces faux amis qui ne savent qu’encenser des profs morts et mépriser les profs vivants.

    https://lmsi.net/Je-suis-prof

    #Pierre_Tevanian

    –—

    –-> déjà signalé sur seenthis :
    https://seenthis.net/messages/882390
    https://seenthis.net/messages/882583
    ... mais je voulais mettre le texte complet.

  • A l’hypermarché de Roncq, près de Lille, le nouveau secrétaire d’État en charge des retraites laisse le souvenir d’un DRH qui « licenciait à tout-va ». 18 Décembre 2019 - nouvelobs
    https://www.nouvelobs.com/social/20191218.OBS22475/a-auchan-l-ex-drh-laurent-pietraszewski-a-laisse-de-mauvais-souvenirs-a-l

    Ancien directeur des ressources humaines de magasins du groupe Auchan, Laurent Pietraszewski, nommé mercredi secrétaire d’État en charge des retraites, a laissé un « mauvais souvenir » aux délégués CFDT qui l’ont côtoyé dans le Nord - Pas-de-Calais.

    « Le premier contact avec lui, il avait fait très fort » , indique Guy Laplatine, délégué syndical CFDT pour le groupe Auchan Retail France, qui se souvient d’un épisode de « chasse aux sorcières particulièrement violent » à Béthune (Pas-de-Calais) au « début des années 2000 ».

    “« Il avait fait mettre en garde à vue une déléguée syndicale qu’il soupçonnait d’avoir donné un petit pain à une employée de la galerie marchande, comme si elle l’avait volé » , raconte-t-il. « C’était complètement disproportionné. Il n’a jamais pu prouver que c’était vrai et, de fait, ça ne l’était pas ».”
    La jeune femme, « très active » sur le plan syndical, avait « passé une nuit au poste » de police. Elle avait finalement été réintégrée après une mobilisation des salariés.

    Interrogé sur cet épisode en 2017, Laurent Pietraszewski a déclaré au « Monde » a estimé que « la sanction prononcée, quelques jours de mise à pied, était mesurée et adaptée. Elle n’a pas été contestée aux prud’hommes ».

    « Un cadeau empoisonné »
    Après Béthune, Laurent Pietraszewski a notamment travaillé plusieurs années pour l’hypermarché Auchan de Roncq (Nord), près de Lille. « Quand il est arrivé, c’était un cadeau empoisonné », se remémore Luc Fourrier, 57 ans dont 37 au sein du groupe et lui aussi délégué syndical CFDT.

    « C’est des mauvais souvenirs, il n’a jamais été sincère. Le rôle des ressources humaines, c’est d’être à l’écoute, mais lui, c’était tout le contraire », dit-il à propos de Laurent Pietraszewski, qu’il décrit comme un homme « carriériste », qui « licenciait à tout-va. C’est un homme hypocrite et méchant ».

    #laurent_pietraszewski #méchanceté #hypocrisie #auchan #Roncq #Béthune #violence #harcèlement

    • Les 71 872 euros payés par auchan à Laurent Pietraszewski auraient été une sorte de prime de licenciement, longtemps après son élection.

      Aucune explications pour les 32286 € payés par auchan au titre de l’année 2017,
      idem pour les 59165 € au titre de l’année 2016.

  • The Token Underground 0x1: BZRX token — a smart move or a pre-programmed fail?
    https://hackernoon.com/the-token-underground-0x1-bzrx-token-a-smart-move-or-a-pre-programmed-fa

    The Token Underground 0x1: BZRX token — a smart move or a pre-programmed fail?We are back with the next installment of the Token Underground. Bringing to the spotlight today a token model of BZRX token recently introduced by the bZx Team. This one grabbed our attention due to a number of reasons. First, it’s relatively fresh, and has some novel ideas, and — perhaps more surprisingly — was developed to integrate a token into some of a lending protocol business, while more bespoke decentralized lending projects like Dharma operate without any token whatsoever.In our pilot issue Token Underground 0x0 we outlined our approach to analyzing token design. It is based on stripping down the ecosystem to a set of elementary economic interactions. We strongly feel that a decentralized framework needs a (...)

    #bzrx-token #token-economy #blockchain #web3 #mechanism-design

  • Unveiling #blockchain’s full Potential
    https://hackernoon.com/unveiling-blockchains-full-potential-784519610708?source=rss----3a8144ea

    Unveiling Blockchain’s full Potential — A new Era of Internet Protocols and ApplicationsWhat you can expect from the read:Introduction to cryptoeconomic mechanism design, a new art of designing protocols next to cryptography or machine learning, including what it is and what is the rationality, and how you can leverage it in your own applications and protocolsA discussion why Blockchain is the missing technological piece to harness cryptoeconomic mechanisms in Internet applications and servicesTwo example HTTP protocols showcasing the power and practicabilitySummary of future emerging killer applications resulting from the application of cryptoeconomicscourtesy of Kristina FlourCryptoeconomic mechanism designing is the true ingenuity of Blockchain. In this article we explore the (...)

    #cryptoeconomics #future-internet #mechanism-design #technology

  • Keyboards for Developers, Part 2 — Mechanical Keyboards
    https://hackernoon.com/keyboards-for-developers-part-2-mechanical-keyboards-5b5795e8f8ad?source

    Keyboards for Developers, Part 2 — Mechanical KeyboardsIn Part 1 of this post I talked about laptop keyboards. It was something I just really needed to get off my chest. I was annoyed by the ultrabook laptops’ #keyboard design trends, and hoped that a laptop company would release one that’s actually good.Now, onto the topic I really wanted to write about — actual real keyboards.Mechanical keyboards used to be a fairly niche item of interest. I started getting into mechanical keyboards back in around 2010. The reason I did so was mainly for gaming — I was an avid Starcraft 2 player, and mech keyboards were all the hype among the pros.Fast forward a few years, mech-keys have become relatively mainstream (at least among computer power-users like software engineers/programmers), and there’s entire (...)

    #software-engineer #keyboards-for-developers #mechanical-keyboards #macbook

  • Part 2 of 2: How I built my first DIY mechanical keyboard in less than 2 hours
    https://hackernoon.com/part-2-of-2-how-i-built-my-first-diy-mechanical-keyboard-in-less-than-2-

    Software Configuration. Also read PART 1.This tutorial is meant to be a continuation of Part 1: Building the keyboard.We left Part 1 with a half keyboard case, soldered diodes, switches, and pro-micro. The pro-micro also is receiving power, so we are ready to continue with the software configuration before attaching the base.Step 1. Create config fileTo create my numerical pad configuration file, I used QMK Configurator which can be found here. Make sure that the keyboard layout settings are properly chosen. I chose snagpad, because my PCB is a snagpad PCB, and since I’m making a numpad I chose LAYOUT_numpad_5x4.Fill the design layout with the proper keycodes.Compile, then download config file.Step 2. Format keyboard using the config fileFor this step, you need to download, and install QMK (...)

    #atmega #mechanical-keyboards

  • Philippe Besson, écrivain lèche-majesté

    https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180830.OBS1585/philippe-besson-ecrivain-leche-majeste.html

    « Il n’y a chez moi aucun copinage pour service rendu. »

    Quelle ingratitude. Quand on pense à ce que Besson a fait pour lui. Quand on lit ce que Besson a fait pour lui : « Un personnage de roman », publié en septembre 2017, livre lèche-majesté qui, en 248 pages salivaires, relevait le défi périlleux de la flatterie totale. On n’avait jamais autant flagorné, du moins publiquement. Besson, Fosbury de la génuflexion, révolutionnait la discipline. Après lui, la servilité ne serait plus jamais la même. Il tombait à plat ventre devant Macron, cette divinité aztèque seule à même de sauver notre civilisation. Il se couchait sur toutes les flaques de boue, crotté et heureux. Pour s’entendre dire, un an plus tard, qu’il n’est pas digne d’un copinage ? Qu’il n’a pas rendu service ? Qu’il mérite d’être nommé consul, qu’il aurait pu le devenir sans se donner toute cette peine ? Dans la longue histoire de la courtisanerie, c’est du jamais-vu.

    #méchanceté

  • A Plethora of Stablecoins : Price-Stable Protocol Utility Tokens
    https://hackernoon.com/a-plethora-of-stablecoins-price-stable-protocol-utility-tokens-c6805ae6f

    Imagine this: It’s the year 2020 and it turns out there’s no “single stablecoin to rule them all.” Instead, all utility tokens are now designed to be price-stable. Centralized #crypto exchanges have either closed shop or refashioned themselves as underground gambling platforms. Decentralized exchanges power seamless, instantaneous and often automatic conversions between the various protocol tokens. Each one is pegged to some real-world basket of goods, often essentials like the price of food, water or housing. Capital is allocated efficiently and instantaneously to the most promising new projects and innovations. Investors are indistinguishable from users and are handsomely rewarded for spotting promising protocols and allocating their computational resources and governance expertise to (...)

    #stable-coin #mechanism-design #blockchain #token

  • Follow your dreams (literally): How I designed and launched the Official #scrabble #keyboard
    https://hackernoon.com/follow-your-dreams-literally-how-i-designed-and-launched-the-official-sc

    This past month, I released a project that I’ve been working on for a while that brought together a major consumer brand and a growing startup to produce a pretty amazing (if I do say so myself), officially licensed collaboration. I wanted to share my story around how I came up with this idea, worked to make it happen while still doing my day job, and what the results looked like.The project is an officially licensed Scrabble-themed mechanical keyboard, which was made via a combination of my design, Hasbro’s brand, and #massdrop as the seller and manufacturer. Also, there’s just keycaps too, if you want to use/get your own mechanical keyboard and customize it!I’m full time at Amazon working on Alexa, but in my free time I’m into a bunch of hobbies, especially mechanical keyboards. If you (...)

    #mechanical-keyboards

    • Ce que montre l’exemple d’au moins deux des quatre princes évoqués dans ce documentaire, c’est qu’à l’origine de la dissidence, on trouve rarement un désaccord politique comme ce fut le cas du prince Talal Ben Abdelaziz Al-Saoud1 à la fin des années 1950 et au début des années 1960. Il s’agit de façon plus prosaïque d’une réaction de dépit suite à une frustration d’ordre financier, engendrant en représailles une prise de position politique hostile. On reste néanmoins confondu devant la naïveté de plusieurs de ces princes qui, après avoir publiquement critiqué le régime, voyagent sans prendre de précaution particulière, voire empruntent un avion mis à leur disposition par le régime honni.

  • L’armée américaine prépare ses soldats à la guerre spatiale - Sciences - Numerama
    http://www.numerama.com/sciences/265175-larmee-americaine-prepare-ses-soldats-a-la-guerre-spatiale.html

    Ces derniers sont une équipe de soldats américains, qui « jouent aux #méchants » pour mettre dans des condition imprévisibles les troupes classiques. Captain Christopher Barnes, directeur de l’entrainement du 26th Space Aggressors Squadron, décrit le travail de cette unité des plus originales : « Notre travail est non seulement de comprendre les différents types de menaces et de potentiels ennemis, mais également d’être capable de les décrire et les reproduire pour les #gentils, notre Air Force. »

    #Etats-Unis #narrative #infantilisme

  • Manœuvres américano-saoudiennes dans la « guerre des récits » : Corbeaux noirs sur la MBC – Culture et politique arabes
    https://cpa.hypotheses.org/6264

    ... dans un article très éclairant publié par la revue Foreign Policy plus d’un mois avant la véritable promotion du feuilleton, on apprend qu’il s’agit d’un partenariat, très officiel, entre les pro-USA de l’officieuse chaîne saoudienne MBC et différents pros des médias aux USA recrutés par les officiels locaux. Ali Jaber, le directeur de la MBC, s’est ainsi rendu à Washington pour évoquer ses projets avec les responsables de la coalition contre Daech (il y a d’ailleurs évoqué le précédent de Selfie sur sa chaîne, l’année dernière). On découvre également – ce qui ne se dit guère ailleurs – que Black Crows répond à un projet bien précis, celui de contrer les récits développés par Daech et ses émules, en particulier à travers ses vidéos sur internet, grâce à la mise en circulation à grande échelle de contre-récits, qu’on espère aussi percutants

    #cpa

  • Pour Valls, Hollande et Macron sont « #méchants »
    http://www.bfmtv.com/politique/pour-valls-hollande-et-macron-sont-mechants-1163568.html

    Il tente d’aller de l’avant. Malgré l’humiliation qu’il a vécue cette semaine, avec le refus de La République en marche de l’investir sous ses couleurs pour les élections législatives, Manuel Valls ne se laisse pas abattre. Dans un entretien accordé au JDD, il avoue avoir déjà pensé à abandonner, mais se montre désormais prêt à s’imposer.
    […]
    « Je suis extrêmement lucide sur Macron et sur son équipe. Hollande est méchant, mais dans un cadre. Macron, lui, est méchant, mais il n’a pas de codes donc pas de limites », a-t-il lâché.

  • L’intelligence du méchant
    http://www.laviedesidees.fr/L-intelligence-du-mechant.html

    Est-il rationnel d’agir avec #justice ? La #philosophie_morale contemporaine semble le penser, mais on peut en douter : la raison nous recommande souvent de servir avant tout nos intérêts, quitte pour cela à être injuste. Et il faut en conséquence bien plus pour convaincre le méchant que la seule force du raisonnement.

    Livres & études

    / justice, #terrorisme, philosophie morale, méchanceté

    #Livres_&_études #méchanceté

  • Facebook Failed to Protect 30 Million Users From Having Their Data Harvested by Trump Campaign Affiliate
    https://theintercept.com/2017/03/30/facebook-failed-to-protect-30-million-users-from-having-their-data-har

    In 2014, traces of an unusual survey, connected to Facebook, began appearing on internet message boards. The boards were frequented by remote freelance workers who bid on “human intelligence tasks” in an online marketplace, called Mechanical Turk, controlled by Amazon. The “turkers,” as they’re known, tend to perform work that is rote and repetitive, like flagging pornographic images or digging through search engine results for email addresses. Most jobs pay between 1 and 15 cents. “Turking (...)

    #Cambridge_Analytica #Amazon #MechanicalTurk #Facebook #algorithme #profiling #profiling

  • Turc mécanique d’Amazon, comment les travailleurs du clic sont devenus esclaves de la machine
    http://www.cnetfrance.fr/news/turc-mecanique-d-amazon-comment-les-travailleurs-du-clic-sont-devenus-esc

    Dans le sillage du Turc mécanique d’Amazon, des millions de “travailleurs du clic” effectuent des “micro-tâches”, au service des algorithmes. Cela préfigure-t-il le travail du futur ? L’intelligence artificielle et les robots nous voleront-ils un jour notre travail ? Le débat est épineux, mais une seule certitude : nos jobs sont sur le point de se transformer radicalement. D’un côté, des firmes de la Silicon Valley qui recherchent des ingénieurs et des développeurs qualifiés pour concevoir leurs (...)

    #Amazon #MechanicalTurk #algorithme #travail #travailleurs

  • Robocop, un pas plus proche :

    Le robot de la firme sud-coréenne Hankook Mirae, pèse une tonne et demie et mesure 4m de haut.

    http://phys.org/news/2016-12-avatar-style-korean-robot-baby.html

    “Our robot is the world’s first manned bipedal robot and is built to work in extreme hazardous areas where humans cannot go (unprotected),”

    Comme la zone démilitarisée ?

    https://www.youtube.com/watch?v=Du5nyhSKra0


  • Le cortège de tête ne connaît pas les vacances [vidéo du mois]
    https://lundi.am/Le-cortege-de-tete-ne-connait-pas-les-vacances-video-du-mois

    Nouveau phénomène de société, la « pornographie émeutière » inonde les réseaux sociaux. La formule est simple : une chanson à la mode accompagne des images de violence de rue, de policiers à terre et de vitres qui tombent. Dans une inquiétante communion cybernétique et virale, nos jeunes têtes blondes s’abreuvent dès qu’elles le peuvent de ces représentations subversives qui n’ont d’autre but que de propager la défiance vis-à-vis de tout ce qui gouverne ou prétend gouverner. Au coeur de l’été, alors que les (...)

  • Culturegraphy: understanding the world through networks
    http://www.digicult.it/internet/culturegraphy-understanding-the-world-through-networks
    #Culturegraphy investigates cultural information exchange over time also known as ‘memes’. These networks can provide new insights into the rich interconnections of cultural development. The graphics represent complex relationships of movie references by combining macro views summarizing 100 years of movie influences.

    Atlas of power-laws is inspired by the work of Albert-Laszlo Barabasi, a Hungarian-American physicist, best known for his work in the research of network theory. The idea that there are similarities throughout social, technological and natural networks inspired Albrecht to visualize the diversity of the power laws behind them. This project tries to answer the question: can network science guide us to a more unified view of the world?

    Analysis of Space reveals and visualizes the design process behind a mapping project of undiscovered areas of Cape Town. After taking pictures in the area of research, Albrecht uploaded them on #Amazon #Mechanical_Turk, asking people around the world to tag the images

    .
    http://kimalbrecht.com
    http://www.baltanlaboratories.org/article/exhibition/culturegraphy
    #design #information

  • Un hôpital soutenu par MSF bombardé en Syrie
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/02/15/un-hopital-soutenu-par-msf-bombarde-en-syrie_4865403_3218.html

    Un hôpital soutenu par Médecins sans frontières (MSF) a été bombardé, lundi 15 février, dans le nord de la Syrie. L’hôpital est situé à Marat Al-Nouman, à 280 kilomètres au nord de Damas.

    Dans un communiqué, l’ONG a confirmé le bombardement, et dit que l’hôpital a été touché par au moins quatre roquettes et que huit membres du personnel sont portés disparus.
    […]
    Autre hôpital touché à proximité d’Alep
    A Azaz, à proximité d’Alep, un missile sol-sol est tombé à proximité d’un hôpital. C’est la deuxième fois qu’il est touché, selon l’ONG Syria Charity, qui l’administre. Un premier bilan fait état d’un blessé grave. La structure avait déjà été évacuée, les patients se trouvant dans des abris dans les sous-sols, à la suite d’une première frappe. L’ONG se pose la question de l’évacuation de tous ses patients.

    Les avions russes ont procédé à de nombreuses frappes aériennes ces dernières semaines dans la région d’Idlib, en soutien au régime syrien. Barack Obama, le président des Etats-Unis, a exhorté dimanche Vladimir Poutine, le président de la Russie à mettre fin aux bombardements de l’aviation russe – qui ont débuté le 30 septembre – contre les « forces de l’opposition modérée » en Syrie.

    Tout Le Monde est là…
    Dans le titre « bombardé »,
    hôpital 1 : 4 roquettes
    hôpital 2 : missile sol-sol
    et, pour finir l’article sans transition : #méchants_avions_russes
    #propagande

    Les précédents bombardements d’hôpitaux de MSF étaient, eux, aériens, et plutôt effectués par des avions états-uniens et séoudiens.

  • Bombardement de la tombe de Hussein al-Houthi par la « coalition ».
    http://francais.rt.com/international/2237-yemen-frappes-arabie

    Les forces aériennes de la coalition ont pris pour cible des postes de commandement houthis, une usine de mines et un centre de télécommunications. A Saada, les bombardements ont touché la tombe d’Hussein al Houthi, le fondateur du mouvement chiite éponyme. D’autres provinces ont été touchées, près de la frontière saoudienne et à Aden.

  • Il ne s’agit pas à proprement parler d’un syndicat géré en ligne, détaille The Daily Beast, mais plutôt d’une plateforme pour que les digital workers s’accordent sur des revendications minimales et, si la chose est envisageable, rééquilibrent le rapport de force en leur faveur.

    http://www.thedailybeast.com/articles/2014/12/03/amazon-s-turkers-kick-off-the-first-crowdsourced-labor-guild.html
    http://www.slate.fr/story/95395/proletariat-web-amazon-turkers

    #mechanical_turk #cognitariat #digital_labor

  • « Prendre parti contre ces #barbares » #djihadistes : le directeur de #France_24 craque - Le nouvel Observateur
    http://rue89.nouvelobs.com/2014/09/18/prendre-parti-contre-barbares-djihadistes-directeur-france-24-craqu

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    « Nous devons, sur nos antennes, avec nos invités, dans nos débats, ouvertement prendre parti contre ces barbares. Je vous demande donc de veiller à chaque mot, chaque plan. Les images que nous diffusons avec des drapeaux noirs flottant au vent et de jeunes gens en pleine santé doivent obligatoirement être soumises au synthé : vidéo de #propagande. Y compris en arabe. [...]

    La ligne éditoriale de la chaîne est claire : ce sont des terroristes et des barbares. J’attire particulièrement l’attention du booking sur les invités. Je ne veux plus voir un seul crétin qui justifierait les actions de ces sauvages sous prétexte politique sunnite/chiite. Pour une fois, il y a les #gentils et les #méchants ! Eux, sont les pires ennemis de notre #civilisation. Nous allons devoir gérer leur existence pour au moins cinq ans. Au moindre dérapage, je serai intransigeant. Notre devoir est de lutter contre eux. Tout le temps. Avec au moins 43 millions de téléspectateurs, nous avons une responsabilité immense. »

    L’original en #paywall : http://www.arretsurimages.net/articles/2014-09-17/Djihadistes-barbares-crise-dans-l-audiovisuel-exterieur-apres-un-mai