• Il faut que je vous parle de mon débat avec Ségolène Royal

    https://www.youtube.com/watch?v=AsxMBCpGX0k

    Je vous parle de mon débat avec Ségolène Royal : les coulisses, ma stratégie, mon analyse et mes observations… je crois qu’il y a beaucoup d’enseignements à en tirer ! Qu’avez-vous pensé du débat ? À votre avis, faut-il continuer à répondre positivement à ce type d’invitations ?

    Je remercie chaleureusement toutes les personnes qui me suivent et me soutiennent. Ce sont leurs nombreux messages qui me motivent à poursuivre le combat. Merci également à Carla, ma compagne, et évidemment, à Zénon le chat, pour avoir pointé le bout de son nez en début de vidéo :-)

    #journulliste #journullistes #merdias #médiacrates #médias #france #politique #propagande #clergé_médiatique #François_Boulo
    #ségolène_royal #segolene_royal #ue #union_européenne

  • Une brève histoire de Jacques Attali - Acrimed | Action Critique Médias

    À l’instar de Jean-Pierre Elkabbach ou d’Alain Duhamel, il semble être depuis toujours dans le paysage médiatique. La parution de son dernier opus, Histoire des médias, en est une nouvelle confirmation. Alors qu’Acrimed tente, depuis 25 ans et en quelques milliers d’articles, de démonter les mécanismes du fonctionnement médiatique, notre auteur se propose modestement de condenser 5 000 ans d’histoire des médias en 500 pages. Il était sans doute le seul à pouvoir accomplir ce tour de force. Qu’il nous soit permis, dans les lignes qui suivent, de brosser le portrait d’un essayiste hors pair.

    https://www.acrimed.org/Une-breve-histoire-de-Jacques-Attali


    #médias #toutologie #tartuffe #éditocrate

  • La fabrique du « rien » n’a pas de frontière

    Acrimed, qui fête discrètement ses 25 ans cette année, se voit souvent reprocher de pratiquer l’amalgame ou d’adopter une démarche critique manquant de complexité. En effet, écrire « les médias » consiste à englober l’ensemble des médias sans nuance.

    Alors oui (et à nouveau), nuançons : les médias ne sont pas tous les mêmes. Mais les élections présidentielles, au même titre que les mobilisations sociales ou les interventions militaires occidentales, sont des « verres grossissants ». Elles éclairent sur les pratiques et les dérives récurrentes de tous les médias dominants, et doivent interroger sur leur mode de fonctionnement. C’est entendu : les prescripteurs d’opinions – des présentateurs de JT aux matinaliers en passant par les éditorialistes et les chefs de service – n’ont pas la même responsabilité éditoriale ni le même poids dans les rédactions que les simples pigistes. Mais en intégrant les contraintes qui leur sont imposées, et en validant les consignes qui leur sont transmises, tous les journalistes – à des degrés divers – font tourner la machine et concourent à la production d’une information mutilée (p.11).

    Note sur : Médiacritique(s) N°38 – avril-juin 2021 : Présidentielle : Le retour du journalisme hippique

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/11/la-fabrique-du-rien-na-pas-de-frontiere

    #presse #média

  • Les ultra-riches au cœur du problème climatique
    https://www.les-crises.fr/les-ultra-riches-au-coeur-du-probleme-climatique

    Source : BBC, Roger Harrabin, 13-04-2021 Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

    Selon un rapport, les gens riches de la planète doivent changer radicalement leur mode de vie pour lutter contre le changement climatique. Selon ce rapport, les 1 % des personnes les plus riches du monde produisent deux fois plus d’émissions de carbone que les 50 % les plus pauvres, selon l’ONU. À eux seuls, les 5 % les plus riches – ceux qu’on appelle « les élites pollueurs » – ont contribué pour 37 % de la croissance des émissions entre 1990 et 2015. Les auteurs veulent dissuader les conducteurs de SUV et les habitués des transports aériens – et persuader les gens aisés de bien isoler leurs maisons.Lire la (...)

    • Mais pourquoi free bloque t’il l’envoi de la lettre d’information du PARDEM, Le Parti de la Démondialisation ?

      Depuis le 25 Avril 2021, les adresse free ne la reçoivent plus. La #mondialisation c’est donc obligatoire !
      Il est vrai que le programme de ce petit parti politique peut difficilement être accusé d’extrémisme de droite.

      On remarquera que l’option permettant de traiter les mails #indésirables a disparu du webmail de free.

      https://www.pardem.org

      I.- Annuler toutes les « réformes » néolibérales prises ces quarantes dernières années.
      II.- Reconquérir la souveraineté de la France dans les domaines politique, militaire et diplomatique, en sortant de l’Union européenne, de l’OTAN, en démondialisant pour bâtir de nouvelles relations internationales fondées sur le co-développement.
      III.- Reconquérir la souveraineté monétaire et financière en sortant de l’euro, en démantelant les marchés financiers en France, en organisant le dépérissement de la Bourse et en faisant défaut sur la dette publique pour pouvoir la restructurer. 
      IV.- Reconquérir la souveraineté économique et industrielle par le retour à la nation des grands groupes industriels, de services et médiatiques, par des mesures protectionnistes dans le cadre rénové de la Charte de La Havane de 1948, pour une mutation écologique, sociale et démocratique des modes de production, de distribution et de consommation.
      V.- Reconquérir la souveraineté fiscale condition nécessaire pour faire basculer le partage de la valeur ajoutée en faveur du travail et construire des politiques d’égalité. 
      VI.- Instaurer le droit opposable à l’emploi effectif permettant l’emploi pour tous, l’État étant l’employeur en dernier ressort.
      VII.- Restaurer, refonder et élargir la Sécurité sociale et tous les services publics pour garantir la justice sociale.
      VIII.- Bien vivre dans une société qui préserve la biodiversité et les ressources fossiles, tout en assurant son autonomie alimentaire par le développement de l’agriculture paysanne, et son autonomie énergétique par une sortie progressive du nucléaire.
      IX.- Refonder l’instruction publique, développer la recherche, promouvoir la langue et la culture françaises.
      X.- Reconstruire l’État républicain pour garantir l’intérêt général et les libertés publiques, la démocratie, la laïcité, et l’indépendance de la justice.

      #free #censure #internet #fait_divers #surveillance #france #médias #mail #messagerie #liberté_d'expression #démocratie #liberté

  • Il y a 40 ans sortait « The Burning », premier film produit par Harvey Weinstein, concentré de la culture du viol  Nicolas Dufour

    Première production de Harvey Weinstein avec son frère Bob, le film d’horreur « The Burning » sortait le 8 mai 1981. Slasher dans le sillage de « Halloween », il comprenait aussi des échos de l’idéologie d’assaut sexuel de l’époque

    Elles s’agitent dans la prairie à jouer au baseball en petite tenue. Elles se trémoussent en courant. La caméra serre les jeunes poitrines et fesses. Sur un bord du terrain, les garçons se mettent en appétit en se chambrant sur leurs prochaines audaces, leurs hypothétiques consommations charnelles.

    Après une scène d’ouverture horrifique, ainsi commence The Burning (Carnage), un film de Tony Maylam sorti il y a juste 40 ans, le 8 mai 1981. Il s’agit du premier long métrage produit par Harvey Weinstein, et il est impossible, aujourd’hui, de ne pas le voir en pensant à la tempête #MeToo déclenchée par les révélations sur le producteur, en 2017. Certains amateurs ont (re)découvert le film en 2018, lors d’une soirée spéciale au Festival du film fantastique de Neuchâtel.

    Les Weinstein veulent entrer au cinéma
    A l’orée des années 1980, Harvey Weinstein et son frère Bob cherchent à tout prix à entrer dans le business du cinéma. Enfin, à bas prix surtout : il faut trouver le moyen de produire un film bon marché qui rapporte un maximum d’argent. Ils viennent de créer leur première société, Miramax, et s’intéressent à un genre montant, le slasher, film de tueurs en série en général circonscrits à un lieu ou une ville. En 1978, John Carpenter avait fait peur au monde entier avec Halloween , dont une suite se préparait alors. En 1980, Sean S. Cunningham avait dupliqué l’expérience dans Vendredi 13 , dans lequel Jason Voorhees trucidait des ados dans un camp de vacances. Pour une mise de moins de 600 000 dollars, le long métrage faisait jackpot – à cette heure, il aurait rapporté plus de 58 millions de dollars.

    Pourquoi ne pas retenter le coup ? Les Weinstein se lancent. Harvey se souvient d’une légende urbaine sur un gardien d’un camp de loisir qui aurait agressé des jeunes dans l’Etat de New York. L’histoire est toute trouvée, c’est celle de Cropsy, le concierge à qui des gamins ont mis le feu en voulant lui faire peur, que la médecine a sauvé et qui veut se venger.

    Quelques valeurs sûres
    Malgré tout, les frères se donnent les moyens de leurs ambitions. Quelques jeunes talents – le film révèle notamment Holly Hunter et Jason Alexander – sont dirigés par l’Anglais Tony Maylam, que les Weinstein connaissent pour avoir acheté les droits de films sur Genesis qu’il a réalisés. A la musique, donc aux synthétiseurs, un Anglais aussi : Rick Wakeman, pape du rock progressif passé par Yes. Au montage, Jack Sholder, qui fera l’un des films de la franchise Freddy, Hidden puis Arachnid . Aux effets spéciaux, Tom Savini, déjà une vedette, qui a fait les grimaces et les jets de sang de Zombie de George A. Romero et qui est passé par le tournage de Vendredi 13.

    Le film dépeint de manière bien particulière les relations entre garçons et filles. Réaliste, peut-être, pour les années 1980, mais avec le « bigger than life » cinématographique. Jusqu’à la caricature prémonitoire, s’agissant d’une œuvre « créée par Harvey Weinstein » – le producteur est ainsi crédité au générique.

    A-t-on raison après coup ?
    Bien sûr, il est facile de se donner raison après coup. Mais à voir certaines scènes de The Burning, il est impossible de ne pas penser aux sordides révélations qui tomberont près de quatre décennies plus tard.
    Certes, les filles du Carnage ne sont pas dépeintes comme des sottes. Elles résistent aux jeunes mâles, se rient de leurs maladresses, poussent à l’eau le playboy musclé qui prend d’abordage leur plateforme, sur le lac au bord duquel se trouve le camp. Pourtant, The Burning reflète bien une culture masculine apposée sur ses personnages boutonneux.

    L’obsession de l’assaut sexuel
    Dans la scène du baseball, le dragueur principal, celui qui ose aborder les filles, reluque les fesses de la blonde qu’il convoite en lançant qu’elle lui « appartient de droit divin ». Il rigole, mais est-ce un gag ? Peu après, le maladroit du groupe fait le voyeur dans les douches. Il est enguirlandé par le musclé, celui de la plateforme, pas pour ce qu’il a fait, mais parce qu’il l’a fait en épiant sa présumée copine.

    Plus tard, le musclé, encore lui, n’est pas loin de violer sa soi-disant amie. Dans l’eau, elle se refuse en lui rappelant qu’il « a promis » de se tenir correctement. Mais « elle l’a laissé l’approcher », se défend-t-il, elle « en a envie ». Il la colle, l’enlace avec force. Elle s’en dégage – elle se défile, donc.

    Entre eux, les garçons digressent sur les manières de conquérir les filles, au sens plutôt littéral : les prendre d’assaut, les assiéger, afin d’obtenir l’objet de leurs obsessions.
    Source : https://www.letemps.ch/culture/y-40-ans-sortait-the-burning-premier-film-produit-harvey-weinstein-concentre

    #balancetonporc #culture_du_viol #viol #harcèlement_sexuel #violences_sexuelles #femmes #sexisme #weinstein #harcèlement #féminisme #domination_masculine #harvey_weinstein #cinéma #médias #déni #film #slasher

    • A lire aussi : Harvey Weinstein, vu par ses proies
      https://www.letemps.ch/societe/harvey-weinstein-proies

      Réalisé par Ursula Macfarlane, le documentaire « Untouchable » donne la parole aux femmes victimes du producteur d’Hollywood, dont le procès pour viol et agression sexuelle débutera en septembre à New York.

      https://www.youtube.com/watch?v=b-1fKna9l38

      Un prédateur sexuel assoiffé de pouvoir, aux méthodes de shérif. Untouchable, le documentaire réalisé par la Britannique Ursula Macfarlane, livre un portrait sans concession de Harvey Weinstein. Des témoignages, glaçants, constituent son fil rouge. Des femmes victimes de ses agressions sexuelles se confient, mais également des journalistes, d’anciens collaborateurs et sa secrétaire.

    • Ce qui est parlant aussi c’est le succès de ces films violophiles. Les phallosophe appelent ca « la catharsis », une soit disant purge de l’âme, mais en fait c’est seulement le plaisir sadique des dominants à se donner des idées de sévices à faire subir aux dominées.

  • Près de 40 films pour tous les âges

    Pour vous permettre de mettre en place des soirées cinéma ! Tous ces films sont issus de la programmation Jeune Public du #Festival_international_du_film-d'éducation, 8 films de la dernière édition de décembre 2020 et les autres #courts_métrages des éditions précédentes.

    https://yakamedia.cemea.asso.fr/univers/animer/activites-autour-des-medias-et-du-numerique/cinema/pres-de-40-films-pour-tous-les-ages
    #films #jeunes #jeunesse #jeune_public #film_d'animation #enfants #médiathèque

  • 🎁 Cadeau de « déconfinement » :
    https://ricochets.cc/%F0%9F%8E%81-Cadeau-de-deconfinement.html

    Tout d’abord chapeau bas à tous ceux qui ont réussi à transformer le #coronavirus en « crise sanitaire mondiale », en « pandémie globale. Merci aux médias alarmistes, merci aux politiques dictatoriaux, merci aux scientifiques corrompus ou dogmatiques. Nous tenons par cet article à leur exprimer toute notre gratitude. Gratitude qui vient du mot « grâce ». Oui nous avons été touchés par la grâce, grâce à vous. Cette crise est une révélation, un dévoilement, une apocalypse. Et après l’apocalypse vient un autre (...) #Les_Articles

    / coronavirus, #Médias_et_expressions, #Narration, Vidéos, films..., Epidémies, gestion de crise, en temps de (...)

    #Vidéos,_films... #Epidémies,_gestion_de_crise,_en_temps_de_catastrophe
    https://www.youtube.com/channel/UCs2ePR83VeKUh1F5mFUpWOQ
    https://ricochets.cc/IMG/distant/html/watchvN9FA6_689f-6d28cc9.html

  • Substack : how the game-changer turned poacher | Digital media | The Guardian
    https://www.theguardian.com/media/2021/may/02/substack-how-the-game-changer-turned-poacher
    https://i.guim.co.uk/img/media/ca5cf57f8d31de0916954c55643e7260daf020ea/0_297_5000_3002/master/5000.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Substack has marketed itself aggressively to people such as Roughol as a new type of tech company, one that will let writers build their own brands and communities. The company offers software to help people set up free or paid-for newsletters and promises the people creating them that they can write what they want and that they own their own mailing list and can take it with them if they leave.

    Initially, everything was great: Substack’s interface to make newsletters was much more intuitive than Mailchimp or other rivals and the company seemed keen to be friendly to small independent outlets such as Borderline, but then Substack started courting big-name writers and, with it, controversy.

    Reports earlier this year revealed Substack has offered six-figure advances to a number of US writers to leave traditional media and go it alone on its platforms. Many are making more money than they ever did in traditional media, but concerns are emerging about what Substack is now, exactly. Is it a platform for hosting newsletters and helping people discover them? Or is it a new type of publication, one that relies on stoking the culture wars to help divisive writers build devoted followings?

    The result of all this is that Substack finds itself in the middle of an identity crisis. Is it a cool online tool to help people outside legacy media build and write newsletters? Is it a publisher picking the journalists of the future? Or is it some combination of the two – and how much editorial control does it claim?

    I don’t feel convinced that Substack has come up with something that is fundamentally new

    Douglas McCabe, media analyst

    Given its team offer some writers massive advances, while leaving others to work entirely off their own merits, they are making very similar hiring choices to those made by traditional editors. The company is also hoping investors value it as a fast-growing tech company, rather than as a dowdy old media company reliant on a large staff of journalists, web developers and back-room employees.

    Substack rose to prominence among numerous rival newsletter services by positioning itself as a friend to people trying to set up solo media brands. The company takes a relatively small commission and to position itself as truly creator-friendly, it even started launching funds to help independent publishers tackle lawsuits.

    But the bid to capture big-name writers changed the nature of the service. Where once Substack was a software tool, it started to become a brand in its own right, persuading big-name columnists to defect from traditional media and launch on Substack, perhaps changing how Substack itself was perceived.

    If a company is talent-spotting for journalists and cherry-picking big names to offer them guaranteed minimum salaries of five or 10 times what most reporters could hope to earn, at what point does it stop being a technology company and start being just another new media outlet?

    #Substack #Médias #Journalisme #Newsletters

  • #Economie

    #Dette https://seenthis.net/messages/906106

    #Monnaie
    https://seenthis.net/messages/914942

    #Médias https://seenthis.net/messages/907242#message907243

    #Union_européenne #Austérité https://seenthis.net/messages/906272

    #Finance https://seenthis.net/messages/905877

    #Conflits_d'intérêts #Lobbying https://seenthis.net/messages/908244#message908244
    https://seenthis.net/messages/907214

    #Vidéos https://seenthis.net/messages/905858

    –Naufrage de l’orthodoxie économique, par Paul Ormerod (Le Monde diplomatique, juillet 1996)
    http://www.monde-diplomatique.fr/1996/07/ORMEROD/5629

    Police de la pensée économique à l’Université, par Laura Raim (Le Monde diplomatique, juillet 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/RAIM/53196

    Gilles RAVEAUD Blog : L’Association française d’économie politique réagit au délire de Pierre Cahuc et d’André Zylberberg
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2016/09/07/lassociation-francaise-deconomie-politique-reagit-au-delire

    "deux économistes parés des plus hauts titres universitaires et de recherche, viennent de publier un ouvrage intitulé… “Le négationnisme économique, et comment s’en débarrasser”.

    Faut-il mettre fin aux débats en sciences économiques ? | Les Économistes Atterrés
    http://www.atterres.org/article/faut-il-mettre-fin-aux-d%C3%A9bats-en-sciences-%C3%A9conomiques

    « Si le procédé consistant à frapper d’anathèmes les analyses contestant l’orthodoxie économique est connu, jamais l’attaque n’a été d’un aussi bas niveau. »

    Principaux courants et théories économiques (Le Monde diplomatique, juillet 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/courantseco

    –L’économie comme on ne vous l’a jamais expliquée, par Renaud Lambert & Hélène Richard (Le Monde diplomatique, septembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/09/LAMBERT/56201

    "D’ordinaire, augmenter le taux des prélèvements obligatoires accroît les recettes de l’État. Sous le climat néoclassique, au contraire, cela revient… à les réduire, puisque toutes sortes de mécanismes d’évasion et de niches fiscales permettent aux contribuables de refuser des impôts qu’ils jugent soudain trop élevés. La sagesse locale milite donc pour la plus grande prudence en la matière."

    "Mais la Grèce appartient au monde réel, et la recette néoclassique a fait bondir la dette. Pouvait-on vraiment s’en étonner, lorsque les mêmes prescriptions avaient conduit aux mêmes afflictions trente ans plus tôt en Amérique latine ?"

    "Infalsifiable, leur modèle n’échoue jamais — un privilège qui garantit une confortable légitimité. À charge pour la réalité de s’adapter."

    "Conclusion stratégique du très optimiste père de cette théorie, Robert Lucas : il fallait déréguler toujours davantage les marchés financiers. En 2003, Lucas considérait que ses appels avaient été entendus et déclarait devant l’American Economic Association que le problème des dépressions était « résolu, et pour de nombreuses années »."

    "Au cœur de la tempête, le dogme néolibéral ressemble parfois au roseau de la fable : il plie, et les « experts » aménagent leurs convictions. Quand la foudre a menacé l’euro, la Banque centrale européenne (BCE) a levé le tabou monétariste qui la guidait en rachetant massivement des obligations d’État."

    "c’est qu’il s’agissait de sauver l’essentiel : maintenir les affaires économiques à l’abri d’une démocratie jugée trop versatile. (...) Le sabir économique (qui recèle des trésors d’euphémismes) parle de « crédibilité » des politiques menées. Entendre : l’abdication par les élus de leur pouvoir de décision au profit de règles préétablies, comme les traités européens. Les capitaux sont autorisés à déstabiliser un pays (...). À la liberté dont ils jouissent répond désormais le carcan appliqué à la démocratie (...) dont les fondements théoriques surprennent parfois par leur désinvolture. Ainsi, un étrange plafond limite les déficits publics à 3 % du produit intérieur brut (PIB) au sein de la zone euro.

    Et, lorsque la potion du Fonds monétaire international (FMI) n’a pas donné les résultats escomptés en Grèce, c’est qu’Athènes s’est montré trop timoré, comme le suggère la directrice du FMI Christine Lagarde, sourde aux revirements du département de la recherche de sa propre institution : « Une des raisons pour lesquelles le programme grec a été beaucoup moins réussi [que ceux de la Lettonie ou de l’Irlande], c’est qu’il y a eu une résistance des gouvernements successifs (1).  »"

    Quand Messieurs Cahuc et Zylberberg découvrent la science | AlterEco+ Alterecoplus
    http://www.alterecoplus.fr/quand-messieurs-cahuc-et-zylberberg-decouvrent-la-science/00012139

    "la thèse qui est au cœur du livre : « depuis plus de trois décennies, l’économie est devenue une science expérimentale dans le sens plein du terme comme la physique, la biologie, la médecine ou la climatologie. »"

    "Je signale ce point parce qu’une des conclusions centrales du livre est que « Pour ne pas se faire abuser par des informations pseudo-scientifiques, en économie comme dans tout autre domaine, il y a quelques principes à respecter ». Quels sont-ils ? « Une précaution minimale consiste à s’assurer que ces informations sont extraites de textes publiés par des revues scientifiques reconnues »."

    "Vous chercherez en vain dans l’ensemble de leurs travaux le moindre article consacré à la méthode expérimentale en économie. Ils n’ont jamais rien publié sur ce sujet. Ce livre est leur première incursion dans ce domaine de telle sorte que, si l’on suit leurs propres critères, leurs analyses doivent être rejetées. Nous sommes face à un livre qui contient sa propre réfutation ! Et nous verrons, en effet, dans ce qui suit qu’il y a tout lieu d’être plus que sceptiques quant aux capacités de nos deux auteurs en matière d’épistémologie."

    "à savoir Pierre Cahuc lui-même. J’ai consulté ses quinze derniers articles, de 2002 à aujourd’hui, et j’ai eu la surprise de constater que jamais il n’a employé cette méthode révolutionnaire ! "

    "Messieurs Cahuc et Zylberberg se montrent fort habiles à manipuler la notion de « méthode expérimentale ». Dans le but de recueillir les puissants bénéfices réputationnels que produit l’identification aux sciences exactes"

    "La suite du livre est des plus étonnantes. Il s’agit essentiellement pour nos auteurs de faire savoir que l’économie orthodoxe n’ignore pas la détresse sociale et qu’elle n’est pas du côté des nantis."

    "La suite est du même tonneau : « Les pourfendeurs de la science économique ignorent [qu’il existe des approches expérimentales étudiant l’impact des programmes éducatifs sur les milieux défavorisés] ». Comprenne qui pourra"

    "Il faut dire que le débat est affreusement mal posé, ne serait-ce que parce que nos auteurs confondent les travaux économiques à proprement parler et les travaux des autres disciplines portant sur l’économie en tant qu’institution sociale. Il est clair que nos auteurs ne voient pas ces derniers d’un bon œil."

    "Mais ce qui frappe, c’est à quel point il s’agit d’une discussion économique traditionnelle. Je ne vois pas où seraient ces vérités expérimentales si bruyamment convoquées par les auteurs."

    "Il suffit d’imaginer ce qu’est pour un économiste hétérodoxe d’avoir comme « pairs » Messieurs Cahuc et Zylberberg, avec l’ouverture d’esprit qu’on leur connaît. Le lecteur pense-t-il, en son âme et conscience, que ces deux-là sont aptes à juger équitablement les travaux de collègues qu’ils n’hésitent pas à assimiler à des négationnistes ?"

    #Sciences_épistémologie #Universités #Bêtisier

    L’économie « pure », nouvelle sorcellerie, par Samir Amin (Le Monde diplomatique, août 1997)
    https://www.monde-diplomatique.fr/1997/08/AMIN/4886

    "En imputant d’office le chômage au coût prétendument élevé du travail, les économistes « purs » ignorent superbement que, dans la logique même de leur système, une quelconque modification des salaires transforme toutes les données de l’équilibre général.

    Dans la même veine, le monétarisme, dernier cri de l’économie « pure », décrète que le montant de l’offre de monnaie peut être fixé librement par la banque centrale. Une analyse élémentaire de l’émission monétaire montre pourtant que la monnaie n’est pas une marchandise comme les autres, dans la mesure où son offre est déterminée par sa demande, laquelle dépend, en partie, des taux d’intérêt.

    D’ailleurs les banques centrales, dont on souhaite alors une gestion « indépendante » (de qui ?), au prétexte qu’elles auraient le pouvoir magique de fixer l’offre de monnaie, se révèlent bien incapables de tenir ce rôle. Tout simplement parce qu’il est hors de leur portée : par le choix du taux d’intérêt, elles peuvent seulement agir — et encore de manière partielle et indirecte — sur la demande de monnaie, et non pas sur son offre. Mais alors, comment ignorer que ce choix réagit à son tour sur le niveau de l’activité (par les investissements, les consommations différées, etc.), et donc sur toutes les données de l’équilibre ?"

    "« Dis moi ce que tu veux, et je te fabriquerai le modèle qui le justifie. » Sa force est de fournir un paravent derrière lequel un pouvoir peut cacher ses objectifs réels — subis ou choisis —, tels l’aggravation du chômage et l’inégalité grandissante dans la répartition des richesses. Comme de semblables objectifs ne sauraient être affichés, il importe de « démontrer » qu’ils constituent seulement les moyens d’une transition conduisant à la croissance, au plein emploi, etc. Demain on rase gratis..."

    Guerre des économistes : dernières nouvelles du front | AlterEco+ Alterecoplus
    http://www.alterecoplus.fr/gilles-raveaud/guerre-des-economistes-dernieres-nouvelles-du-front/00012243

    Les Économistes atterrés démasqués par Messieurs Cahuc et Zylberberg | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/eric-berr/blog/301016/les-economistes-atterres-demasques-par-messieurs-cahuc-et-zylberberg
    #Médias

    "Et reconnaissons enfin que la libéralisation financière orchestrée par les économistes sérieux a conduit à une plus grande stabilité, a permis d’éviter des crises de grande ampleur tout en réduisant les inégalités.

    Afin de « sortir de cette opposition caricaturale et stérile », nos deux éminents collègues suggèrent aux journalistes de cesser « de faire systématiquement appel aux mêmes intervenants, surtout lorsqu’ils n’ont aucune activité de recherche avérée tout en étant néanmoins capables de s’exprimer sur tous les sujets. Ils devraient plutôt solliciter d’authentiques spécialistes »"

    "Enfermés dans leur approche sectaire et idéologique, les Économistes atterrés entendent continuer à saturer l’espace médiatique avec leurs analyses partisanes et non scientifiques relayées complaisamment par des médias acquis à leur cause et détenus par leurs amis, Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Serge Dassault, etc."

    Théorème de la soumission, par Hélène Richard (Le Monde diplomatique, octobre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/10/RICHARD/56430

    Idée reçue : « ce sont les entreprises qui créent l’emploi », par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, septembre 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/publications/manuel_d_economie_critique/a57222


    Crise de la “science économique” ? (1/2), Par Gaël Giraud, économiste en chef de l’Agence Française de Développement (AFD), directeur de la Chaire Energie et Prospérité, et directeur de recherche au CNRS. | Édition | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/edition/au-coeur-de-la-recherche/article/291115/crise-de-la-science-economique-12

    Attention, hérésie !

    « Il est vrai que de nombreux phénomènes contemporains remettent largement en cause les doctrines économiques conventionnelles. Ainsi, selon l’analyse traditionnelle, le déluge monétaire orchestré par presque toutes les Banques centrales de l’hémisphère nord –la quantité de monnaie émise par les Banques centrales double tous les trois ans en moyenne depuis 2007— aurait dû provoquer de l’inflation. Rien de tel n’a été observé, au contraire. De même, l’explosion de la dette publique des Etats-Unis (supérieure à 125% du PIB américain) aurait dû induire une hausse des taux d’intérêt auxquels cet Etat emprunte sur les marchés : les taux ont baissé. Ou encore : l’augmentation depuis trois décennies de la part des profits dans le PIB de la plupart des pays industrialisés aurait dû provoquer une augmentation de l’investissement : celui-ci est constamment en baisse depuis lors. Enfin, les programmes d’austérité budgétaire dans les pays du sud de l’Europe auraient dû conduire à un assainissement de leurs finances publiques et donc à une reprise de la croissance : on constate, à l’inverse, que les pays qui sont allés le plus loin dans l’austérité (relativement à leur budget) sont exactement ceux dont le PIB a chuté le plus vite depuis 2008. Quant à l’explosion des inégalités de patrimoine dans les pays riches, elle provient essentiellement des bulles liées aux rentes immobilière et financière, et non pas d’une logique tragique, immanente au capitalisme. »

    N.., non, il faut arrêter monsieur. Virez moi ça du plateau, vite !!

    « Il serait faux d’imaginer que cette mise à l’épreuve de l’économie par le réel est récente : l’inflation des années 1970 n’a été aucunement provoquée par une explosion des dépenses publiques, contrairement à ce qui est si souvent répété, mais évidemment par les chocs pétroliers. L’arrivée de la NSDAP au pouvoir en 1933 n’a rien à voir avec l’hyperinflation allemande, puisque cette dernière date de 1923. Et l’on pourrait multiplier les exemples… »

    Génie orthodoxe :

    "ces modèles sont ceux d’économies de troc où changer d’unité de compte monétaire ne devrait pas y avoir plus d’effet que de troquer des degrés Kelvin contre des Celsius en thermodynamique. Ou encore : multiplier par deux la quantité de monnaie en circulation ne devrait pas avoir d’autre impact que de multiplier exactement par deux tous les prix et les salaires. (...) Il est vrai que la prise au sérieux de la “non-neutralité” de la monnaie obligerait à reconsidérer certains dogmes politiques majeurs comme l’indépendance des Banques centrales. Car, si la monnaie n’est pas neutre, disjoindre la politique monétaire de la politique budgétaire n’a plus aucun sens."

    -"Krugman divise les économistes en deux tribus : les “économistes d’eau douce” (par allusion à ceux qui travaillent dans des universités nord-américaines situées près des Grands Lacs, à l’instar de Chicago) et les “économistes d’eau salée” (en référence aux universités de la Côte Est, comme Princeton)" ;

    –"qu’ils soient d’eau douce ou d’eau salée, les modèles que je décris ici relèvent tous d’un paradigme “néo-classique” hérité de travaux initiés en 1870. Ce paradigme est d’inspiration fondamentalement psychologique : chaque individu (salarié, employeur, consommateurs, épargnant…) y est supposé ajuster son comportement à la maximisation d’une certaine mesure de son “bonheur” ou de son profit[11] ---et cela dans un monde régi par de vastes enchères sans monnaie et sans ressources naturelles (et sans banques, ni système financier comme on va le voir bientôt). Un tel paradigme n’a connu aucun bouleversement majeur au vingtième siècle, même s’il a été partiellement et temporairement remis en cause par le courant keynésien durant les Trente glorieuses. C’est là sans doute une autre originalité de la “science économique” : ce que Walras, Jevons ou Menger enseignaient à la fin du dix-neuvième siècle s’enseigne encore aujourd’hui, quasiment sans modification de substance. Aucune autre science ne peut se prévaloir d’une telle “constance”…" ;

    –"Ainsi, même quand ils tiennent compte de la non-neutralité de la monnaie, ces modèles n’incorporent presque jamais le rôle des banques, c’est-à-dire d’institutions financières capables de créer de la monnaie. La plupart du temps, les banques y sont assimilées à de purs intermédiaires financiers supposés prêter à long-terme ce que les déposants leurs prêtent à court terme" ;

    –"Faut-il s’étonner, dès lors, si la profession des économistes néo-classiques est si démunie pour proposer des réformes pertinentes du secteur bancaire européen hypertrophié [17] ? Un tel secteur n’existe pas, tout simplement, dans ses modèles de prédilection. Il en va malheureusement de même des marchés financiers. Lorsque ceux-ci sont explicitement modélisés (ce qui est très rare au sein des modèles macro-économiques qui incorporent le marché des biens et le “marché” du travail), ils sont généralement caricaturés dans le style “eau douce”. Autrement dit, ils sont réputés “parfaits”, allouant de manière optimale et instantanée le risque et le capital sur l’ensemble de la planète. Et même lorsque l’on s’accorde à reconnaître qu’ils exhibent à intervalle régulier des bulles spéculatives (i.e., des prix dont les variations sont sans rapport avec les fondamentaux réels et qui ne peuvent donc pas transmettre de “bons signaux”), les conséquences n’en sont presque jamais tirées " ;

    –"Qu’aujourd’hui les marchés d’actifs financiers dérivés représentent 12 fois le PIB de l’ensemble de la planète Terre, et que seulement 7% des transactions sur ces marchés mettent en jeu un acteur économique de la sphère réelle (i.e., hors marché financier) est impossible à appréhender dans de tels modèles" ;

    –"Le constat est malheureusement accablant : pas de chômage, pas d’énergie, ni de ressources naturelles, pas de monnaie, pas de secteur bancaire, pas de système financier. Le monde que décrivent la plupart de nos modèles est un monde hors sol. (...) La découverte ébahie que nous pourrions ne plus avoir de croissance du PIB pour les siècles à venir pourrait bien faire partie de ce retour du refoulé."

    Crise de la science économique ? (2/2) | Édition | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/edition/au-coeur-de-la-recherche/article/011215/crise-de-la-science-economique-22

    -"“théorème d’équivalence ricardienne” (...) Conclusion ? L’euro injecté par l’Etat-cigale est aussitôt retiré du circuit par les fourmis prévoyantes. Cette prétendue corrélation entre dépense publique et épargne est évidemment invalidée empiriquement. Mais nous avons déjà vu que la falsification empirique, même la plus massive, n’est pas un obstacle pour les théories néo-classiques. La conséquence politique ? Un discrédit jeté sur la dépense publique (et qui est aujourd’hui bien ancré jusque dans la tête de certains de nos hauts fonctionnaires), l’idée que toute dépense est un pur coût (puisqu’elle est sans effet sur l’économie réelle) et qu’il convient de borner supérieurement a priori tout déficit public et toute dette publique. Bien entendu, remettre en cause une telle idée au motif que la théorie qui la sous-tend est indigne d’un collégien conduirait à reconnaître, par exemple, le caractère arbitraire des 3% de déficit et des 60% de dette publique maximale autorisés par les Traités européens." ;

    –"dans le monde néo-classique d’eau douce comme d’eau salée, un cataclysme comme celui de 2007-2009 est tout bonnement impossible ---et c’est la raison pour laquelle, même lorsque l’existence de bulles spéculatives est admise (voir plus haut), elle ne conduit pas, le plus souvent, à une analyse des crises que de telles bulles engendrent. En effet, dans un tel monde, si la bulle des dérivés de crédit subprime avait dû crever un jour (ce qui est advenu en 2007), cet événement aurait été parfaitement anticipé par les investisseurs, lesquels n’auraient par conséquent jamais investi dans de tels dérivés. De sorte que ladite bulle n’aurait même pas pu se former (sic !)5. En outre, pour qu’un tel krach financier puisse provoquer la faillite d’une banque comme Lehman Brothers, il eût fallu qu’existât un secteur bancaire dans les modèles économiques. Et pour que cette faillite (qui eut lieu le 15 septembre 2008) puisse provoquer une récession mondiale majeure, il eût fallu que la monnaie fût non-neutre (à court terme). Plutôt que de reconnaître qu’aucun de ces enchaînements logiques n’est compatible avec la plupart des modèles en vigueur, nous avons préféré se réfugier derrière l’idée que 2007-2009 avait été un “cygne noir” : un événement qui ne survient qu’une fois par siècle (ou par millénaire), et dont il serait extravagant d’exiger de la communauté des économistes qu’elle fût capable de l’anticiper. Autrement dit, nous avons troqué l’éthique scientifique contre celle des « astrologues ». Car, depuis le début des années 1980 (qui coïncident avec le début de l’expérience de déréglementation financière), le monde connaît une crise financière grave tous les 4 ans en moyenne…" ;

    Eux, simplistes ?!

    -" c’est alors la “complexit锑 (au sens contemporain du terme) de l’agrégation de millions de comportements partiellement coordonnés qui est entièrement esquivée par ce type d’approche." ;

    –"Au passage, une telle hypothèse a des conséquences déterminantes pour l’intelligence des phénomènes économiques : elle implique, par exemple, que le secteur des ménages n’a jamais de dette (privée). Comment, en effet, un unique ménage (représentatif !) pourrait-il avoir des dettes vis-à-vis de lui-même ? Pour qu’il y ait dettes, il faut un créancier et un débiteur distincts. Cela explique pourquoi, dans la plupart de ces modèles, les dettes privées ne sont jamais un problème. (Et nous avons vu plus haut pourquoi la dette publique, elle, en est toujours un, cf. le “théorème d’équivalence ricardienne”.)" ;

    –"Ensuite, que répondent les économistes eux-mêmes ? Le plus souvent, ils ne répondent rien. L’ouvrage de Steve Keen, que l’un de mes doctorants et moi avons traduit8, et qui contient une partie des critiques formulées ci-dessus n’a suscité rigoureusement aucun débat contradictoire entre économistes, sinon une table ronde aux Rendez-vous de l’histoire de Blois (11 octobre 2014). Enfin, les économistes néo-classiques qui consentent à discuter évoquent souvent le même genre d’argument : prises isolément, certaines des critiques qui précèdent ont été envisagées dans un cadre néo-classique." ;

    –"De même, à l’issue de la querelle des deux Cambridge sur le capital au cours des années 1960, les économistes néo-classiques nord-américains, au premier rang desquels Paul Samuelson, ont reconnu que leurs contradicteurs britanniques avaient raison12. Les premiers défendaient une définition englobante du capital, ne permettant pas de distinguer entre différents secteurs d’infrastructures, immobilier, capital financier... Les seconds défendaient l’idée que ces distinctions sont vitales pour la compréhension de l’économie. Cette querelle, pourtant fondamentale, n’est presque jamais enseignée. L’aveu final des Nord-américains reconnaissant leurs erreurs l’est encore moins. "

    "Qui plus est, quand bien même ces aménagements partiels du paradigme néo-classique ne seraient pas tout simplement ignorés, il est aisé de comprendre que la réalité systémique de l’économie exige de traiter ensemble les différents problèmes soulevés dans cet article13. (...) Car, si la moitié des jeunes Espagnols sont aujourd’hui au chômage, ce n’est évidemment pas parce qu’ils aiment prendre des vacances sans solde. Mais c’est bel et bien parce que l’Espagne, criblée de dettes privées (et non pas publiques), en particulier bancaires, entre lentement mais sûrement dans la déflation monétaire, et donc la récession. Quant à cet excès d’endettement privé, il provient lui-même de la bulle immobilière (andalouse notamment) qui, aidée par des opérations financière de titrisation massive, a gonflé en Espagne au début des années 2000, pour éclater durant la crise de 2008.14 On le voit : ne fût-ce que pour rendre compte du chômage espagnol contemporain, ce sont presque toutes les réformes analytiques évoquées supra qui doivent être mises en œuvre simultanément. A moins de cela, les aménagements à la marge permettront au mieux aux économistes de ressembler à ces savants aveugles cherchant à deviner à tâtons ce qu’est un éléphant…

    Un argument ultime est parfois invoqué : “certes, toutes ces critiques sont fondées mais, que voulez-vous, il n’existe malheureusement pas d’alternative. Alors, faute de mieux…” Argument irrecevable : les alternatives sont nombreuses."

    http://www.dailymotion.com/video/x2bpm8f_gael-giraud-les-economistes-orthodoxes-n-ont-pas-du-tout-intere

    –Quand les économistes font l’économie du débat, PAR MATHIEU BLARD | Bondy Blog
    http://bondyblog.liberation.fr/201512180001/quand-les-economistes-font-leconomie-du-debat

    "en décembre 2014, Jean Tirole, célèbre économiste, envoie une lettre à Geneviève Fioraso, alors secrétaire d’état chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour faire retirer « une réforme qui avait pour seul but de reconnaître dans l’université un espace de d’expérimentation en rupture avec la pensée économique dominante ». La secrétaire d’état s’exécute. Les auteurs y voient un soutien politique aux penseurs « mainstream » de la science économique."

    #Université #Recherche

    –Dans nos archives. Erythrée, Maroc, Côte d’Ivoire… les dragons du XXIe siècle | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/article/dans-nos-archives-erythree-maroc-cote-divoire-les-dragons-du-

    « Le monde en 2040. En novembre, Courrier international a fêté ses 25 ans. A cette occasion, nous republions des articles qui résonnent avec l’actualité de 2015. Aujourd’hui : les futurs géants de l’économie mondiale. Enfin presque !
    [Article paru initialement dans Courrier international le 8 décembre 1994]

    Certains pays parmi les plus pauvres du monde d’aujourd’hui deviendront les puissances économiques de demain – à l’image de Singapour ou de la Corée du Sud. La clé du miracle : une économie diversifiée et libéralisée, profitable aux investissements des étrangers. » ;

    –"Pour qu’un bébé dragon grandisse bien, il faut en fait – d’après les économistes – respecter les grands principes : favoriser l’épargne et l’investissement, tout en maîtrisant l’inflation. Pour cela, la seule solution est un puissant cocktail de réformes, essentiellement à base de libéralisation des prix et des tarifs douaniers, à quoi s’ajoute l’ouverture aux capitaux étrangers."

    –« Les inégalités de revenus nuisent à la croissance »

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/15/les-inegalites-de-revenus-nuisent-a-la-croissance_4654546_3234.html "Les inégalités de revenus nuisent à la croissance" http://www.monde-diplomatique.fr/2014/03/VERGOPOULOS/50204 "La croissance des inégalités explique-t-elle la stagnation économique ?

    Eloge des syndicats, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, avril 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/04/HALIMI/52834

    L’affreux doute des libéraux américains, par Kostas Vergopoulos (Le Monde diplomatique, mars 2014)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2014/03/VERGOPOULOS/50204
    #Libéralisme #Orthodoxie #Discours_orthodoxes #FMI #Economie #Libre_échange

    Le temps des colères, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, mars 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/03/HALIMI/54932
    #FMI #OCDE #Médias #Discours_orthodoxes #Orthodoxie
    #Conflits_d'intérêts #Ploutocratie

    -"La chose s’étant faite à bas bruit, la droite, la gauche libérale et les grands médias peuvent feindre de n’avoir rien remarqué et continuer à suivre l’étoile du Berger qui guide leurs pas chaque fois que tout autour d’eux se déglingue : à crise du marché, remèdes de marché (1). Toutefois, l’inefficacité de leurs talismans habituels — baisse des impôts et des cotisations sociales, précarité plus grande, extension du libre-échange — est devenue patente. Et la démystification d’éléments centraux de ce credo a désormais recruté des ennemis de l’intérieur.

    Affaiblir les syndicats, démanteler le code du travail devaient libérer l’esprit d’entreprise et permettre la flexibilité. Deux économistes du Fonds monétaire international (FMI) ont récemment admis que le résultat de cette politique — longtemps défendue par le FMI — a surtout été de creuser les inégalités (2). Voilà qui est tout de même gênant au moment où la question d’un apartheid social occupe les esprits au point que les dirigeants occidentaux font mine périodiquement de s’en préoccuper." ;

    –"Eh bien, pas de chance là non plus. L’an dernier, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a calculé que l’enrichissement des plus riches (un groupe qui compte au moins autant d’intermédiaires parasites que de « patrons entreprenants ») avait compromis « la croissance économique à long terme » là où, au contraire, une amélioration des revenus des plus pauvres l’aurait accélérée" ;

    –"Las, l’hebdomadaire britannique The Economist, bible du libéralisme mondial, vient de concéder, un peu piteux tout de même, que « les prévisions selon lesquelles la réduction des impôts générerait assez de croissance pour être autofinancée semblent un peu irresponsables aujourd’hui (5) ». Trente ans de matraquage néolibéral flanqués par terre…" ;

    –"même ce principe fondateur du libéralisme économique (la théorie des avantages comparatifs et de la spécialisation internationale) vacille à son tour (lire « La révélation de saint Jean-Baptiste »). La concurrence des produits chinois sur le marché américain aurait ainsi entraîné la perte de deux millions et demi d’emplois aux Etats-Unis." ;

    –"En 2007-2008, la chute des banques s’expliquait par l’effondrement de leurs actifs immobiliers ; aujourd’hui, leur surexposition au secteur pétrolier les menace des mêmes désagréments. Et, avec elles, bien des pays que ces banques continuent de tenir en otage." ;

    –"Nul besoin en effet que la droite soit au pouvoir pour que ceux-ci contrôlent les ministères-clés (M. Macron). Des banques ou des fonds spéculatifs recrutent par ailleurs d’anciens dirigeants socialistes dans leurs conseils d’administration (MM. Blair, Schröder, Strauss-Kahn), sans négliger pour autant de financer les campagnes de candidats démocrates. Comme celle de Mme Hillary Clinton en ce moment."

    La révélation de saint Jean-Baptiste, par Pierre Rimbert (Le Monde diplomatique, mars 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/03/RIMBERT/54928

    • #IFI #PAS #Austérité

      Un rapport accablant
      Bonnet d’âne pour le #FMI
      https://www.monde-diplomatique.fr/2011/08/RIMBERT/20857

      FMI : la mondialisation financière nourrit les inégalités, par CHRISTIAN CHAVAGNEUX | AlterEco+ Alterecoplus
      http://www.alterecoplus.fr/en-direct-de-la-recherche/fmi-la-mondialisation-financiere-nourrit-les-inegalites-201512100600-00

      -"Pour les experts du Fonds monétaire international (FMI), il n’y a aucun doute : quand un pays ouvre son économie aux grands vents de la finance mondiale, il voit croître ses inégalités sociales. C’est la conclusion d’une étude empirique menée sur 149 pays pour la période 1970-2010." ;
      –"la libéralisation accroît les chocs liés aux crises financières. Les turbulences de la finance mondiale n’ont cessé de se répéter et de prendre de plus en plus d’amplitude depuis les années 1970. " ;
      –"par la réalité ou la menace de délocalisation des investissements, la libéralisation financière conduit à un rapport de force favorable aux employeurs et à une baisse de la part des salaires dans la répartition des revenus. L’effet est non seulement important mais durable." ;
      –"plus un pays libéralise sa finance, plus les effets sur les inégalités sont importants ; mais s’il décide ensuite de refermer un peu ses frontières, l’effet sur la réduction des inégalités n’est pas statistiquement significatif"


      Contre le FMI : le triomphe des insoumis (1) Par Antoine Dumini, François Ruffin, 30/06/2013 - FAKIR | Presse alternative | Edition électronique
      http://www.fakirpresse.info/Contre-le-FMI-le-triomphe-des.html

      -"Tout se passe comme si les recommandations du FMI servaient de programme au gouvernement. Il faut se préparer, alors, comme le préconise l’institution internationale, à « revoir les allocations chômage », à une « déréglementation des services », à une nouvelle « révision du régime des retraites qui devra reposer sur une augmentation de l’âge du départ à la retraite », etc.

      En France, le FMI agit en sous-main. Il influence, oriente les ministres, participe d’un climat libéral – parmi d’autres institutions : la Commission, les agences de notation, la Banque centrale européenne, le Médef, etc., dont les voix accordées fixent la norme économique. Y déroger réclame du courage politique. Mais ailleurs en Europe, le FMI ne recommande plus : il tient les commandes. En Grèce, évidemment. Mais au Portugal, en Espagne, en Irlande, à Chypre également." ;

      –" Le gouvernement espagnol, socialiste à l’époque, a aussitôt approuvé : « L’analyse du FMI correspond à la nôtre (…) Le gouvernement ne doit pas retarder les réformes structurelles annoncées. »" ;

      –"Ça coince en 2011, avec le chômage, la récession, les déficits ? « Cela signifie que les réformes menées doivent être renforcées » ! Et de le faire « courageusement », avec une négociation collective plus flexible, des indemnités de licenciement diminuées, etc. Ça empire en 2012, avec un taux de chômage de 24,4 %, le plus élevé du monde industrialisé ? Réponse : « Le FMI exige plus d’austérité en Espagne » !(...)et ce « pour aider à rétablir la confiance et remettre l’économie sur le chemin de la croissance ». Le triomphe n’a pas tardé : le chômage s’établit désormais à 26,2 %..." ;

      –"Seul hic : le Portugal va connaître sa troisième année de récession. Le chômage crève tous les mois un plafond, il est au-dessus de 16 % désormais.
      Sa jeunesse fuit, 100 000 Portugais quittent leur pays chaque année. Et même, l’endettement public grimpe encore : 93 % du PIB fin 2010, 107 % fin 2011, 118 % en vue pour 2013." ;

      –"Un jour viendra où l’on se moquera de la novlangue du FMI comme de la Pravda soviétique : quels que soient le taux de chômage, l’endettement, les désaveux électoraux, voire les suicides, le « programme reste globalement sur la bonne voie », notent granitiquement les chefs de mission." ;

      –"Et bien sûr, la privatisation des terres, de l’eau, du sous-sol.
      Le FMI et la Banque mondiale sont ravis : un élève modèle.
      Deux décennies durant, le Ghana suit les consignes à la lettre. Et à la place de retrouver « la voie de la croissance, de l’emploi », comme le promettaient les experts, il s’enfonce dans le marasme." ;

      –"Comme les institutions internationales ont délivré à peu près les mêmes conseils aux nations alentours, tout miser sur l’exportation, le Nigeria, le Cameroun, et surtout la Côte d’Ivoire se sont lancés à fond, à leur tour, dans le cacao, les cours ont encore été divisés par deux. Mais les compagnies du nord peuvent se fournir en chocolat à bas coût… " ;

      –"L’eau, même à la pompe, est devenue payante." ;

      –"Cette jeune femme, elle, est retenue prisonnière. Elle vient d’accoucher de deux jumeaux, dont l’un est décédé. Elle doit payer pour les journées d’hospitalisation, pour les soins, pour les médicaments. Et comme elle n’a pas un sou, elle est retenue en otage. Son mari, au chômage, est parti depuis cinq jours pour quémander un prêt à son oncle, ses cousins. « Quand j’étais petit, se souvient le médecin, je n’ai jamais payé pour des frais médicaux. Pourtant, j’ai été admis plusieurs fois à l’hôpital universitaire. »
      Tout ça va néanmoins dans le bon sens, estime le FMI : « Le libre-échange, et tout ce qui contribue au libre-échange, est juste », assène son représentant." ;

      –"epuis trois ans que la récession s’est installée, l’Argentine suit, au mieux, les conseils du FMI et des États-Unis, d’un « plan de rigueur » à un « programme de privatisations ». C’est un échec patent. Malgré cette déconfiture (...) le Fonds demeure droit dans ses certitudes" ;

      –"Durant tout ce temps, évidemment, les loups de Washington ont hurlé au « populisme ». Avant de, sur le tard, adresser un satisfecit à l’Argentine pour son redressement : entre 2003 et 2011, son PIB a triplé. "

      Contre le FMI : le triomphe des insoumis (2) - FAKIR | Presse alternative | Edition électronique
      http://www.fakirpresse.info/Contre-le-FMI-le-triomphe-des-600.html

      -"Sept jours ont suffi, néanmoins, aux experts du FMI pour, en décembre 1997, appréhender cette longue histoire, saisir ses particularités, établir un diagnostic, et dresser leur feuille de route. C’est simple : tout le passé est à balayer. Eux le raient d’un trait de plume : le marché du travail à flexibiliser, les flux financiers à libéraliser, les conglomérats à restructurer…" ;

      –" Avec quels brillants résultats ? Un marasme : la fuite des capitaux s’accélère, le taux de croissance passe de + 5 % à – 6 %, et le chômage triple, de 2,5 % à 8,5 %. En un an de direction par le FMI !" ;

      –"Chan Keun Lee, dresse un réquisitoire fort bien argumenté, qui mérite d’être cité longuement :

      « Premièrement, le FMI est incapable de prévoir les crises financières (...) Deuxièmement, le FMI n’a absolument pas su gérer la crise. (...) Troisièmement, le FMI outrepasse ses statuts (...) Si le FMI s’arroge autant de domaines régaliens, en quoi un état-nation reste-t-il nécessaire ? (...) » ;

      –"Le FMI lui-même s’est senti un peu péteux. Dès janvier 1999, dans un rapport, ses conseilleurs admettent des « erreurs », notamment en sousestimant la « sévérité des revers économiques ». Mais que dire lorsque l’ « erreur » se reproduit dix fois ?" ;

      –"en Malaisie, au sommet de l’État, ne règne pas le consensus. Deux thèses s’affrontent – et Camdessus veut soutenir son favori : ici comme ailleurs, le ministre des Finances et Vice-Premier ministre, Ibrahim Anwar, souhaite « moderniser » le pays, main dans la main avec le FMI. Mais le président Mahathir, un archaïque, dénonce au contraire les organisations internationales, qui déstabiliseraient les « structures saines » du pays. Il limoge son dauphin et l’accuse de corruption. Tandis que le viré lance un « mouvement de la réforme », bien sûr soutenu par l’Occident." ;

      –"Le président Mahathir prend alors, en ce mois de septembre, des mesures « désastreuses », complètement dépassées (...) Les experts ricanent, du n’importe quoi, des recettes d’un autre temps (..) Sauf que l’inverse se produit. (...) Même, le FMI doit faire amende honorable (...) Juste un oubli, dans ces textes : comment, en Malaisie, cette « gestion de la crise a été bien conduite » ? En désobéissant aux recommandations du FMI, qui emmenait les pays alentours dans le mur !" ;

      –"« La Grèce a mené à bien 60 % des réformes qui lui étaient demandées, relève l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Quelques 20 % sont encore en discussion au sein du gouvernement, et les autres restent à programmer. » Voilà un pays plutôt obéissant, donc." ;

      –"À l’arrivée, le pays est en lambeaux. La récession s’installe, avec un PIB en chute de 12 % depuis 2008. Du coup, l’endettement s’accroît plus qu’il ne se résorbe : 158 % en 2011, 175 % en 2012, 190 % prévu en 2013 (hors banqueroute). Le chômage dépasse les 20 %. Le taux de suicide a triplé, devenant le plus important de toute son histoire. Et sans même des chiffres, c’est une société, avec ses hôpitaux, sa solidarité, son espoir, qui s’écroule." ;

      –"Quelle solution propose alors le FMI dans un énième audit ? « La Grèce va devoir encore mener à bien 150 nouvelles réformes de son économie » ! Et en échange, on lui accordera « deux ans de plus pour ramener son déficit sous la barre des 3 % en 2016 – au lieu de 2014 comme prévu jusque-là »." ;

      –"ils mettent un pays genoux, à feu et à sang, et parlent de quoi ? De quelle priorité ? Un déficit sous les 3 % ! (...) Et le FMI n’en démord pas : « Le programme peut placer la dette grecque dans une trajectoire viable. »" ;

      –"Et à quoi est dû ce relatif succès ? Parce que l’Islande n’a pas adopté les recettes traditionnelles du FMI ! Elle a même fait tout le contraire !"

      #Austérité #Discours_orthodoxes #Orthodoxie #PS #FMI #IFI #Espagne #PSOE #Espagne_PSOE #Portugal #Novlangue #Afrique #Amérique_du_Sud #Asie #Grèce #Islande

      Comme quoi, même un petit pays ayant la folie de "s’isoler" en refusant le bonheur et l’avancée civilisationnelle que représentent l’appartenance à l’UE et ses "réformes structurelles" peut naviguer hors des ténèbres promises à ceux qui voudraient quitter la belle union.
      Ah oui c’est vrai, "petit pays", "petite population", "pas comparable" etc.

      Miracle à l’islandaise : à Reykjavik, le taux de chômage est tombé à 1,9%. Par Pierre Magnan
      http://geopolis.francetvinfo.fr/miracle-a-l-islandaise-a-reykjavik-le-taux-de-chomage-est-tomb

      -"Selon le Premier ministre, « nous n’aurions pu sortir de la crise si nous avions été menbre de l’Union européenne », avait-il dit en novembre 2015. Sigmundur Davíð Gunnlaugsson avait même été plus loin en affirmant que ne pas être membre de la zone euro avait été une chance pour l’Islande : « Si toutes ces dettes avaient été en euros, et si nous avions été obligés de faire la même chose que l’Irlande ou la Grèce et de prendre la responsabilité des dettes des banques en faillite, cela aurait été catastrophique pour nous sur le plan économique. »" ;
      –"Le pays a mené une politique mêlant contrôle des capitaux (une idée mal vue en Europe), austérité budgétaire mais aussi hausse des impôts et surtout dévaluation importante de sa monnaie (60%) qui a entraîné une importante inflation, aujourd’hui maîtrisée... et une reprise de la croissance. Résultat, Reykjavik n’a pas sacrifié sa politique sociale et le FMI a été totalement remboursé de ses avances financières."

      "L’Islande a laissé ses banques faire faillite, et jeté des banquiers en prison. Et voici ce qui s’est produit"
      http://www.express.be/business/fr/economy/lislande-a-laisse-ses-banques-faire-faillite-et-jete-des-banquiers-en-prison-et-voici-ce-qui-sest-produit/214182.htm
      #Islande #UE #Finance

      CADTM - Belgique : 50 milliards d’austérité en 5 ans, pour quels résultats ?
      http://www.cadtm.org/Belgique-50-milliards-d-austerite
      #UE_Belgique_Austérité

      "Les plans d’austérité prescrits aujourd’hui aux pays européens ressemblent à s’y méprendre aux plans d’ajustement structurel imposés depuis trente ans par la Banque mondiale et le FMI aux pays dits pauvres, avec les résultats que l’on connaît : une dette impayable et des peuples entiers dépossédés de leur souveraineté et plongés dans une pauvreté extrême. Plusieurs études, et les chiffres d’Eurostat, le montrent sans détour : plus les pays européens ont appliqué d’austérité, plus leur dette a augmenté |10|"

      "Tout citoyen-ne est en droit de se demander pourquoi, malgré le fait que ces politiques ont prouvé leur inefficacité partout sur la planète, et alors que des institutions comme la Commission européenne ou le FMI ont elles-mêmes reconnu leurs erreurs à plusieurs reprises |12|, nos gouvernements persistent et signent dans cette orientation. Une bonne partie de la réponse se trouve dans le fait que ce n’est pas le bon sens qui dirige le monde, mais bien les rapports de force. Or, lorsqu’on analyse les politiques d’austérité sous cet angle, on se rend très vite compte que celles-ci servent les intérêts des « 1% »."

      "- 13.000 entreprises belges ont envoyé 62 milliards au Luxembourg en 2014 |16| ;
      – Les quelques 732 citoyens qui ont fondé des sociétés offshores dans des paradis fiscaux (affaire Panama Papers) ne seront apparemment pas inquiétés ;
      – Le gouvernement décide d’aller en appel contre la décision de la Commission européenne demandant à la Belgique de récupérer 700 millions d’euros indûment octroyés à des multinationales dans le cadre du système des rulings fiscaux."

      –"« Vivre avec la dette » : le conseil d’experts du FMI aux pays riches" « Bonnet d’âne pour le FMI »…

      http://www.liberation.fr/economie/2015/06/02/vivre-avec-la-dette-le-conseil-d-experts-du-fmi-aux-pays-riches_1321651 "« Vivre avec la dette » : le conseil d’experts du FMI aux pays riches"
      http://www.monde-diplomatique.fr/2011/08/RIMBERT/20857 « Bonnet d’âne pour le FMI »

      « Certains pays riches peuvent se permettre de « vivre avec leur dette » et doivent se garder de rembourser en avance leurs créanciers au prix de cures d’austérité « néfastes », indique une étude publiée mardi par des experts du FMI. »  ; « cette recommandation ne concerne toutefois qu’une certaine catégorie de pays, ceux disposant d’une marge de manoeuvre budgétaire et qui se financent à bas coûts sur les marchés, précise cette étude. » ; « « Le coût de mesures visant à délibérément réduire le stock de dette a des chances d’excéder les bienfaits d’une dette plus faible en termes d’assurance contre les crises », assure l’étude, qui a été validée par l’économiste en chef du FMI Olivier Blanchard mais ne représente pas la position officielle de l’institution. »

      http://zinc.mondediplo.net/messages/2775#message13076
      #FMI #Dette #Dette_publique #Discours_orthodoxes #Novlangue

      Quand le FMI critique... le néolibéralisme : "Ses bienfaits ont été exagérés" - Politique Economique - Trends-Tendances.be
      http://trends.levif.be/economie/politique-economique/quand-le-fmi-critique-le-neoliberalisme-ses-bienfaits-ont-ete-exageres/article-normal-507041.html
      #FMI #IFI #Grèce #Austérité #Discours_orthodoxes

    • Gilles RAVEAUD » Blog Archive » Baisses d’impôts, déficits et dette : ce que dit le rapport Carrez (2010)
      http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2013/06/17/impots-deficits-et-dette-ce-que-dit-le-rapport-carrez-2010/#comment-25052

      Depuis vingt ans, la France diminue les charges des entreprises. Par Samuel Laurent
      http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/11/08/depuis-vingt-ans-la-france-diminue-les-charges-des-entreprises_1786486_82344
      Depuis vingt ans, la France diminue les charges des entreprises
      http://mobile.lemonde.fr/politique/article/2012/11/08/depuis-vingt-ans-la-france-diminue-les-charges-des-entreprises_178648

      Non, les entreprises ne sont pas écrasées par les « charges ». Par SANDRINE FOULON ET GUILLAUME DUVAL | AlterEco+ Alterecoplus
      http://www.alterecoplus.fr/Medef-Gattaz-Bezieux-non-les-entreprises-ne-sont-pas-ecrasees-par-les-c

      À combien étaient imposés les plus riches lorsque l’économie allait bien ? | La socioéconomie, pour mettre un peu de social dans l’économie
      https://socioeconomie.wordpress.com/2011/11/27/a-combien-sont-imposes-les-plus-riches

      30 ans d’injustice fiscale : L’impôt, est-ce que ça marche ? Par François Ruffin - FAKIR | Presse alternative | Edition électronique
      http://www.fakirpresse.info/30-ans-d-injustice-fiscale-L-impot.html

      Non, Pierre Gattaz, la France n’a pas le Smic le plus élevé d’Europe. Par Pauline Moullot - Libération
      http://www.liberation.fr/desintox/2016/01/15/non-pierre-gattaz-la-france-n-a-pas-le-smic-le-plus-eleve-d-europe_142641

      « En Allemagne, qui l’a introduit le 1er janvier 2015, contrairement à ce que ses opposants prévoyaient (ils tablaient sur la suppression de 900 000 emplois), le chômage n’a jamais été aussi bas depuis la réunification en 1990. Un résultat contredisant l’idée selon laquelle le coût du salaire minimum empêche la création d’emplois. »

      #Fiscalité

      La richesse mondiale a doublé depuis 2000 (et 9 autres chiffres révoltants) - Rue89 - L’Obs
      http://rue89.nouvelobs.com/2013/10/10/richesse-monde-crise-europe-choc-deux-rapports-246485
      #Stats

      Les 10 plus grosses multinationales au monde pèsent davantage, financièrement, que 180 États. 13 SEPTEMBRE 2016 PAR OLIVIER PETITJEAN - Observatoire des multinationales
      http://multinationales.org/Les-10-plus-grosses-multinationales-au-monde-pesent-davantage-finan

      « Il n’en reste pas moins dans un monde de plus en plus dominé par une froide logique comptable et financière, y compris au niveau de la gestion des États, les chiffres mis en avant par Global Justice Now parlent d’eux-mêmes. »

      #France , éternelles "réformes"
      #Macron #PS #LR
      Intouchables entreprises privées, épisode I : quand le contribuable paye pour le MEDEF
      https://www.frustrationmagazine.fr/intouchables-entreprises-privees-episode-i-quand-le-contribuable

    • #DataGueule S4E11 - Le #PIB, cette fausse boussole IRL
      http://irl.nouvelles-ecritures.francetv.fr/datagueule-S4E11-1.html

      L’Insee intègre le trafic de drogues au calcul du PIB
      http://www.boursorama.com/actualites/l-insee-integre-le-trafic-de-drogues-au-calcul-du-pib-22034855797384a449
      http://s.brsimg.com/static-1517407988/cache/i/content/images/e/3/5/e35aac3fc2a42646b0b72255abc20302-300x170.jpg

      « La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’institut statistique européen avait alors demandé aux États membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. L’objectif était d’harmoniser les données, ces activités étant considérées comme légales dans certains États (Pays-Bas), ce qui gonfle leur PIB. Après la demande d’Eurostat, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont intégré ces données. Ce nouveau système s’est à chaque fois traduit par une révision à la hausse de leur PIB. »

      Chasse aux dogmes économiques - Chroniques de l’Anthropocène
      https://alaingrandjean.fr/points-de-repere/chasse-dogmes-economiques

      Réformer la comptabilité privée pour réformer le capitalisme - Alain Grandjean. Chroniques de l’Anthropocène.
      https://alaingrandjean.fr/2016/01/26/reformer-la-comptabilite-privee-pour-reformer-le-capitalisme/#_ftnref


      #Alternatives

      -"La comptabilité d’entreprise, telle que nous la connaissons aujourd’hui a été codifiée au Moyen-Age" ;
      –" On peut dire dès lors que la nature ne compte pas pour le décideur qui se base sur ces comptes-là puisqu’elle n’est pas comptée" ;
      –" la comptabilité est la base de la représentation qu’on a de ce qu’est la richesse, de ce qu’est le profit et donc est bien au cœur du système économique. Sujet stratégique mais ignoré parce qu’il ennuie presque tout le monde, à l’exception de ceux qui en vivent, les experts comptables et les commissaires au compte…" ;
      –"Dans les entreprises de ce secteur-là, en théorie, le profit n’est pas le moteur de la décision. Dans la pratique, elles sont néanmoins soumises aux même règles comptables. De très grandes mutuelles d’assurance font partie de l’ ESS ; elles sont sans doute gérées un peu différemment des groupes privés mais la représentation comptable de leur activité et de leur impact sur l’environnement est construite de la même manière.
      Il s’agit donc de réformer la comptabilité de manière très profonde de sorte que la nature se retrouve au cœur de la comptabilité et pas à l’extérieur." ;
      –"Dans cette vision anglo-saxonne, incarnée dans l’institution gardienne du temple, l’IASB, c’est le marché qui fixe la « juste » valeur de tous les actifs de comptabilité. Ce mode d’enregistrement des comptes de l’entreprise a évidemment un inconvénient majeur : il est très court-termiste." ;
      –"Jacques Richard (...) pousse à adopter en particulier le référentiel CARE. « La comptabilité adaptée aux Renouvellement de l’Environnement (CARE) est une méthode comptable qui rend compte de l’engagement réel de l’entreprise en matière de développement durable La méthode CARE tend à éliminer les clivages entre la gestion financière et la gestion environnementale Elle tente de raisonner en coût de restauration (coût historique) et permet, via le mécanisme de l’amortissement, la conservation par l’entreprise des trois capitaux – financier, naturel et humain (comme proposé par la Banque mondiale). »"

  • Si l’écosystème des médias gauchistes ( #Mediapart, Le Monde, #Libération ) est devenu si puissant, c’est en partie grâce à l’argent des impôts des Français qui leur est distribué sous forme de subventions, et aussi parce que mentir ne leur a jamais causé aucun problème vis-à-vis du gouvernement qui leur est favorable. Pendant ce temps la culture de l’ #Effacement ou #CancelCulture fait des ravages et la presse en est souvent complice.
    https://www.ojim.fr/culture-de-leffacement-le-mal-galope-en-amerique

  • Belgique : "Journalope", "Collabo","On va te pendre" : quand les agressions verbales et les menaces se multiplient pour les journalistes de terrain Barbara Boulet, RTBF, 29 Avril 2021

    C’est un 1er avril qui n’aura pas amusé mon collègue Pierre-Yves. Pierre-Yves Meugens est reporter à Bruxelles. Cet après-midi-là, pour la radio, il part relayer une équipe au bois de la Cambre où s’est organisée une grande "boum" en dépit des mesures sanitaires. https://www.rtbf.be/info/regions/detail_des-milliers-de-personnes-reunies-au-bois-de-la-cambre-une-operation-de-

    Il est à peu près 17h30 quand Pierre-Yves arrive sur place. Entre les projectiles qui volent, les autopompes qui arrosent, et la charge de la cavalerie, il reçoit des jurons. "A 8 ou 9 reprises sur la soirée, des gens qui voyaient le sigle RTBF sur mon micro, me criaient des insultes comme ’Merdia’ ou ’Journalope’, se souvient Pierre-Yves. A un moment, une voiture est passée, un passager m’a crié ’collabo’. Je n’ai pas répondu. Ce n’est qu’à la fin de la soirée, quand un plus jeune, apparemment ivre, criait en boucle ’journalope’ que j’ai fini par réagir, j’en ai eu marre. Je lui ai demandé pourquoi il disait ça et s’il imaginait une démocratie sans journalistes. Je lui ai expliqué que j’étais là notamment pour leur laisser la parole, à lui et aux autres participants. Il m’a dit que de toute façon, j’allais déformer. Je vais le dire franchement : ce soir-là je suis rentré découragé, même si la majorité des gens ont été respectueux et même charmants"

    Un policier conseille de partir
    Dix jours plus tôt, au même endroit, c’est une équipe de l’émission télé Investigation qui se fait malmener, en marge d’une manifestation contre la "dictature sanitaire". "Dégagez ! Vous n’avez rien à faire ici" s’époumone un manifestant, puis "Je ne te cause pas sale pute", à la journaliste qui tente de défendre son droit d’être là. Des participants devront même s’interposer entre un homme particulièrement agressif et l’équipe. Un policier en civil ira jusqu’à conseiller à l’équipe de quitter les lieux pour sa sécurité. Et au moment où les collègues s’éloignent, fusent encore des "Menteurs !" et autres "Bande de collabos". "J’avais le sentiment qu’il ne s’agissait plus d’une simple question de défiance, se souvient aujourd’hui la journaliste Clémence Dath. Mais bien d’une forme de haine » . La RTBF a décidé de déposer une plainte en justice pour ces faits.

    Ces exemples-là se sont multipliés ces dernières semaines. Et pas uniquement sur les lieux de manifestations tendues, d’ailleurs. Ainsi, un de ces dimanches matins, à Liège, mon collègue technicien radio Renaud Huvelle pousse la porte d’une rôtisserie du quartier des Guillemins à Liège. Le suit un homme d’une quarantaine d’années très énervé, qui se met à l’insulter et à le traiter d’assassin. Renaud n’était pas de service ce week-end-là, mais il portait un masque siglé RTBF. "L’homme était difficile à interrompre, se souvient Renaud. Il semblait vouloir en venir aux mains. J’ai essayé de calmer la situation en minimisant mon rôle à la RTBF. La serveuse a essayé d’appeler la police. Il est finalement parti au bout de 10 minutes".

    Voitures banalisées, matériel moins siglé
    Avec la crise sanitaire et les mesures adoptées par le gouvernement, sans généraliser pour autant, les situations de tensions se sont multipliées pour les équipes de terrain. Au point qu’aujourd’hui, il leur arrive de mettre en place des stratégies – improvisées ou non- pour les éviter. Par exemple, le week-end dernier, les collègues télé qui ont couvert les événements de Droixhe se sont consciencieusement abstenus de rester statiques et visibles pendant les minutes qui ont précédé l’intervention en direct. "Il y a quelques années, ces réflexes n’existaient pas", commente Anne Poncelet qui coordonne la couverture de l’actualité liégeoise à la RTBF. "Récemment, j’ai même retiré la garde de week-end d’une journaliste enceinte car j’avais peur qu’elle soit confrontée à de pareilles tensions".

    Des équipes de deux personnes au moins
    Cela fait aussi un moment que la RTBF anonymise davantage les reporters : matériel moins siglé et dans certains cas, même, des voitures banalisées. A la rédaction, où des cas sont "surtout remontés depuis la fin de l’année dernière", le problème est d’ailleurs pris au sérieux par la direction de l’information, qui l’inscrit systématiquement à l’ordre du jour de ses comités éditoriaux pour faire le point avec les chefs d’équipe, rappeler les consignes de sécurité ou annoncer de nouvelles mesures. La RTBF essaie de ne plus envoyer de journalistes ou cadreurs seuls sur les manifestations, par exemple.

    "Nous avons une double crainte, commente le directeur de l’Information Jean-Pierre Jacqmin. D’abord, bien sûr, qu’un membre de l’équipe se fasse agresser. Ensuite, il y a le risque de perdre le contrôle éditorial". C’est le cas où une équipe ne peut plus maîtriser son intervention en direct.

    Ce qui s’est passé avec l’équipe d’investigation (à qui un policier a conseillé de quitter la manifestation) pose aussi sérieusement question : la presse finira-t-elle par déserter certains lieux d’actualités pour raison de sécurité ? Des journalistes vont-ils finir par craindre d’aller sur le terrain ?

    Jean-Pierre est en contact régulier avec les directions des autres rédactions francophones pour échanger sur le problème et envisager des solutions. Parce qu’il faut bien dire que le phénomène n’est pas propre à la RTBF et à sa particularité d’être un média de service public.

    Une tendance de fond
    Le journaliste du JT d’RTL Loïc Parmentier nous raconte avoir lui aussi été malmené avec son collègue caméraman dans une petite artère à l’orée du bois de la Cambre. C’était le 2 avril dernier, vers 22h30, à l’issue de ce qu’on pourrait appeler "l’after de la boum". Ils sont pris à partie par une dizaine d’hommes agressifs qui vocifèrent "bande de collabos. On va vous tondre, on va vous pendre". Et qui les accusent d’être "à la solde" tantôt "du gouvernement", tantôt " du capital ". L’un d’eux faisait mine de vouloir donner des "coups de boule". "Impossible de discuter" , se souvient Loïc, qui estime que le problème est devenu récurrent.

    C’est précisément aussi l’avis de l’Association des journalistes professionnels, l’Ajp. La secrétaire générale Martine Simonis ne cache d’ailleurs pas son inquiétude : "On doit faire le constat d’un climat hostile, de menaces. Avant, on avait des événements sporadiques lors de manifs qui tournent mal. Des cas isolés. On a aujourd’hui beaucoup plus un mouvement de fond qui vise les journalistes. Donc avec des groupes qui pensent qu’il faut agresser des journalistes. Que les journalistes sont leurs ennemis. Ces groupes sont très minoritaires mais très actifs et très visibles dans l’espace public". Aucun média ne serait d’ailleurs épargné. Même si l’audiovisuel et les photographes de presse écrite sont sans doute plus exposés, en raison de leur plus grande visibilité.

    Journalistes perçus comme symboles de l’autorité
    La secrétaire générale explique que ce public-là perçoit les journalistes comme des symboles de l’autorité, ce qu’ils ne sont pas : "Pour toutes ces personnes en opposition – et c’est tout à fait leur droit de l’être- les journalistes sont les seuls qu’ils peuvent atteindre pour se défouler. Les politiques, ils ne les atteignent pas. Les représentants de l’ordre, ils préfèrent ne pas s’y frotter. Ils assimilent les journalistes au pouvoir… Ce qui est une vraie erreur d’analyse".

    Comme journalistes, nous ne sommes pas les porte-parole des autorités, même s’il faut admettre que la crise sanitaire en particulier a montré la difficulté de trouver au quotidien la juste distance, le recul critique nécessaire.

    Photographe grièvement blessé à Reims
    Si ce climat hostile a atteint la Belgique aujourd’hui, il a aussi sérieusement progressé partout en Europe. Avec de récentes dérives graves : fin février, un photographe de L’Union, à Reims en France, a été grièvement blessé, après une agression par un groupe de 13 personnes, à proximité de la voiture qui portait le logo du journal. "Ce sont des attaques qu’on voyait avant dans des pays compliqués pour la liberté de la presse comme le Mexique ou certains pays de l’Est. Et tout à coup, on voit que les attaques physiques se passent aussi ici".

    La situation s’aggrave en Europe
    Heureusement, toutes les agressions sont loin d’être aussi graves. Mais quand même. D’après la plateforme du conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes, l’an dernier, en Europe, 70 alertes ont été recensées pour des cas (sérieux) de harcèlement et d’intimidations (dont 4 pour la Belgique). 52 pour des faits de violences physiques (aucune en Belgique). A titre de comparaison, en 2019, il n’y en avait "que" respectivement 43 et 33. Plus préoccupant encore : pour ce début d’année 2021, il y a déjà eu 29 alertes pour violences physiques, c’est presque autant que pour toute l’année 2019.

    La méthode trumpienne favorise les agressions
    "En Europe, on observe deux tendances nouvelles, analyse Ricardo Gutiérrez, secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes (FEJ). Des agressions physiques, souvent dans le cadre de couvertures de manifs. Il y a eu des cas en France, en Grèce, en Italie, en Pologne, en Russie, en Espagne, en Turquie, au Royaume-uni et en Serbie. Et puis on a des attaques verbales qui émanent de politiciens de haut rang, parfois même de premiers ministres. Même au Royaume Uni, une ministre s’en est prise à une journaliste. C’est la méthode trumpienne, faire passer les journalistes pour les ennemis du peuple. Les discréditer en les critiquant verbalement. Le problème est que ces critiques verbales quand elles émanent de l’autorité publique, incitent au passage à l’acte. Quelqu’un d’un peu énervé dans une manif tapera plus vite sur un journaliste quand le Premier ministre du pays aura verbalement agressé les médias".

    Inertie des États
    Le secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes pointe aussi l’inertie des États en la matière : "La liberté de la presse est un droit qui exige des États qu’ils prennent des mesures pour que ce droit s’exerce pleinement. Mais ils ne le font pas. Ils ont presque tous (sauf la Russie) voté une recommandation en 2016, mais à part la Suède et les Pays-Bas [où la situation a pris des proportions énormes, voir encadré ci-dessous], personne n’a pris d’initiatives ni de mesures concrètes depuis lors. C’est ça qui est grave : les États se donnent une image de protecteur de liberté de la presse mais ils ne prennent pas de mesures concrètes". Dans le rapport d’évaluation du Conseil de l’Europe, pas de trace de la Belgique : "Elle n’y est pas du tout citée car elle n’a rien fait" , regrette Ricardo Gutiérrez.

    La suite : https://www.rtbf.be/info/inside/detail_journalope-collabo-on-va-te-pendre-quand-les-agressions-verbales-et-les-

    #journalisme #médias #censure #presse #_journaliste #fait_divers #politique #conseil_de_l_europe #presse #propagandistes

  • Immersion dans le Centre de formation des journalistes Elodie Gabillard, vendredi 23 avril 2021

    « Les petits soldats du journalisme » [1] continuent de marcher au pas. C’est en tous cas ce qu’il ressort du documentaire « En Formation » : une immersion, le temps d’une année scolaire, dans une promotion du Centre de formation des journalistes (CFJ). Sélectionné au festival « Filmer le Travail » de Poitiers, le film a obtenu le prix du public. Entretien avec les réalisateurs Julien Meunier et Sébastien Magnier.

    https://vimeo.com/513750482

    Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce film ? Quel rapport entretenez-vous aux médias ?

    Sébastien Magnier : Petit, je me souviens avoir voulu être journaliste, sans trop savoir ce que c’était. J’ai toujours regardé les informations ; aujourd’hui je lis plutôt les journaux, j’écoute la radio, tout cela m’intéresse. En tant qu’usager des médias, j’ai aussi développé un regard critique. À la fac, j’avais un professeur qui contribuait à Acrimed et je regardais l’émission de Daniel Schneidermann, Arrêt sur images. À force d’écouter la radio, j’ai commencé à me poser des questions : les journalistes racontaient tous la même chose, parlaient tous de la même manière. Ils semblaient former un corps, sans individualité. J’ai voulu savoir comment ils étaient formés.

    Julien Meunier : Je me souviens que lorsque Sébastien m’en a parlé, c’était il y a cinq ou six ans, à un moment où je me posais pas mal de questions sur les canaux de l’information. De plus en plus de citoyens se mettaient, via les réseaux sociaux, à produire de l’information. J’étais curieux de savoir ce qu’une école répondait à cela : si, d’un côté, il y a des professionnels que l’on est censé croire, que penser de ce phénomène nouveau qui pousse les citoyens à faire un travail de journaliste ? Quelle est la différence entre un journaliste formé au CFJ et un individu lambda qui, chez lui, avec son téléphone portable, raconte ce qui se passe au coin de sa rue, va faire un petit micro-trottoir et mettre ça sur Youtube ? Je me disais qu’il y aurait quelque chose de l’ordre d’une définition du journalisme qui allait se donner dans les cours du CFJ. Par ailleurs, je savais qu’il y avait des studios de télé et de radio dans lesquels des jeunes allaient se mettre en scène, imiter ce qu’ils s’imaginent du métier de journaliste. Dès lors, on a su qu’on pourrait faire un film, qu’il y aurait une matière cinématographique, quelque chose de l’ordre de l’image qui parle d’elle-même.

    Comment avez-vous choisi l’école ?
    S. M. : Le CFJ compte parmi les écoles les plus réputées - une des 14 écoles reconnues par la profession - et puis, c’est à Paris, là où Julien et moi habitons. C’est donc la première école que nous avons démarchée et ils ont immédiatement accepté.

    J. M. : Nous nous sommes présentés très simplement, en expliquant notre intérêt pour l’école, la formation des journalistes, notre envie de faire un film. Nous nous sommes rendu compte que ça n’avait jamais été fait, notamment dans le documentaire de création. Nous pensions que c’était un lieu secret, que nous mettrions des mois à percer. Pas du tout. Ils nous ont ouvert grand les portes de l’école.

    Est-ce que vous vous êtes lancés dans ce film en vous disant que vous alliez « filmer l’ennemi ? »

    J. M. : C’est une question vraiment compliquée parce qu’en tant que citoyens, les pratiques journalistiques majoritaires ne nous conviennent pas. Mais, en tant que documentaristes, très naturellement, il y a eu la volonté d’ouvrir le regard, de se laisser la possibilité de rencontrer autre chose que ce qu’on imaginait. Donc en pratique, on ne les a pas abordés comme des ennemis. Mais ça n’empêche pas le regard critique, avant, pendant et après, au montage, lorsqu’on reconstruit notre regard.

    S. M. : En allant filmer ces gens, il ne s’agissait pas de les juger. Nous avons adopté un point de vue de témoin. Je me souviens que beaucoup d’élèves étaient méfiants et nous demandaient pour qui on travaillait. Quant à la direction du CFJ, elle nous a dit : « On fait le même métier ! » Je pense qu’ils se sont dit que ça pouvait leur faire un peu de publicité. C’est une école privée qui fonctionne avec des donations et les frais de scolarité des étudiants et des étudiantes…

    J. M. : Nous même, nous étions surpris d’un tel accueil. Rien ne nous a été caché. De la part de l’école, il y avait vraiment une volonté de respecter notre travail. Nous avons pu, dès le début du tournage, filmer le concours d’entrée et les délibérations du jury, ce qui n’est pas anodin. Donc au moment de la rencontre, la question de l’ennemi ne se pose pas, ni même vraiment plus tard. Mais cela ne nous empêche pas de nous inscrire en faux. Surtout au montage, parce que notre pratique de documentaristes se confronte à la pratique journalistique. Nous sommes quasiment à l’opposé de la pratique journalistique majoritaire. Cela nous a obligés aussi à réaffirmer nos pratiques de documentaristes.

    S. M. : Nous avons voulu marquer la différence entre le regard du journaliste et celui du documentariste ; s’inscrire contre la pratique, mais pas contre les gens. Nous restions longtemps au même endroit, laissions tourner la caméra, refusant de construire des personnages.

    J. M. : C’est peut-être aussi la différence entre une démarche de journalistes et une démarche de documentaristes. Nous aurions été journalistes, nous aurions recueilli l’information, posé des questions, mené l’enquête. En tant que documentaristes, il nous faut quelque chose du cinéma qui nous excite ou qui nous interpelle pour pouvoir en faire un film.

    Ce qui m’a frappée dans votre film, c’est que ce que vous avez choisi de nous montrer s’apparente plus à une formation théâtrale qu’à une formation de journalistes. À les entendre sans cesse répéter leurs textes, corriger leurs intonations, on finit par se demander si on n’est pas au Cours Florent. Tout semble privilégier la forme au fond : même les rares livres que l’on aperçoit servent de pieds de table ! À aucun moment, nous ne voyons les étudiants et étudiantes effectuer un travail de terrain : être à la source de l’information, réaliser des entretiens, se documenter, enquêter. Pourquoi ce choix ?

    S. M. : Nous n’avons pas répondu à un désir d’exhaustivité... Mais s’ils font un travail d’enquête, on ne l’a pas vu.

    J. M. : Nous n’avons, justement, pas fait un travail de journaliste. Nous sommes allés uniquement là où nous voulions. Néanmoins, il nous semble qu’il n’y a pas de cours sur l’histoire du journalisme, sur l’éthique. Mais cela paraît tellement extraordinaire aux spectateurs du film que je deviens de moins en moins affirmatif et me demande si on n’est pas passé à côté ! C’est toujours le format qui est travaillé : le format du micro-trottoir, le format du reportage. Au fond, ce que je pense, c’est que le CFJ forme les jeunes au monde du travail. Et la réalité du monde du travail, ce n’est pas l’enquête. D’ailleurs, les deux conférences auxquelles nous avons assisté, c’était : « Comment devenir son propre employeur et fabriquer son propre média. » C’est vraiment des questions « Pôle Emploi »...

    S. M. : Je me souviens que lorsque les élèves arrivaient le matin, ils ou elles faisaient une conférence de rédaction mais je ne les ai jamais vu réaliser un travail d’enquête ou d’investigation. Les élèves partaient donc faire un sujet sur un thème, prédéterminé par l’actualité. Ils allaient faire semblant, et poser les mêmes questions que tel ou tel journaliste lors de tel ou tel événement. Il n’y avait pas d’enquête.

    J. M. : Ce qui est révélateur c’est que quand ils revenaient avec leur sujet, les élèves n’étaient jamais notés sur la qualité de l’information, mais toujours sur la forme : il fallait que ça fasse tant de minutes, que l’exposition arrive au début, que les images accompagnent bien le texte, que de temps en temps il y ait une prise de parole qui rythme l’article. Ils sont là pour apprendre l’écriture journalistique, le fond n’a aucune importance. Que ce soit un salon du chocolat, la semaine de la mode ou un accident nucléaire, c’est identique.

    Pendant les repérages, dans un couloir, nous avons vu plusieurs élèves effectuant des allées et venues en récitant leur brève. Effectivement, ils auraient pu passer pour des acteurs qui répètent leur texte. Nous, immédiatement, cela nous a fait penser à une secte. La scène était vraiment étonnante, et très cinématographique. À ce moment-là, nous avons compris qu’il se passait quelque chose à l’image, qu’un journaliste débutant n’avait pas la même prosodie qu’un étudiant de deuxième année et que cela allait s’entendre. Nous avons compris que leur corps et leur voix seraient des outils cinématographiques pour comprendre les questions de formats, d’écriture, de pratiques journalistiques et d’intégration de ces pratiques professionnelles. Quasiment tout ce qui nous intéressait dans la question de l’information se retrouvait résumé dans ces images d’un corps ou d’un visage face à un micro.

    S. M. : C’est frappant chez l’étudiant qui doit réciter sa brève sur les migrants morts en Méditerranée. Il avait une énergie incroyable, il était hyper tendu, très stressé, il avait envie de faire du mieux possible. Et pourtant, la répétition dilue complètement le drame qui se joue. On assiste à une perte de sens et à une distanciation par rapport à la réalité. Pourtant, il avait commencé en disant « le sujet m’intimide ».

    J. M. : Ce qui semble paradoxal c’est que l’école a conscience de cela. Elle prétend chercher les individualités, et surtout pas un journaliste lambda. Des intervenants sont payés pour leur apprendre à respirer et sortir de cette caricature de voix journalistique. C’est comme si l’école refusait ce formatage tout en le produisant. Il faut entrer dans le moule pour trouver du travail. Il n’est pas question de ne former que des marginaux et en même temps, il y a un souci d’essayer d’en faire autre chose que des robots.

    S. M. : Oui, c’est assez maigre comme solution, ça n’est jamais remis en question par l’école, il n’y a pas de volonté...

    J. M. : Il n’y a pas le temps, puisque toutes les demi-heures, tu dois rédiger un papier d’une minute trente. Ils n’ont pas le temps de penser...

    Votre film se construit à travers une succession de plans où les étudiants et les étudiantes semblent complètement interchangeables : la caméra se pose dans un coin du studio et les sujets défilent, ce qui donne une impression de fabrication en série.... Combien de promotions avez-vous filmées ? Pendant combien de temps ?

    S. M. : Nous sommes restés un an et avons filmé de mai 2015 à juillet 2016. On a suivi trois promotions, même si c’est surtout la première année qui apparaît à l’écran. Quant aux élèves, nous n’avions pas envie de les identifier pour justement ne pas construire des personnages.

    J. M. : Nous ne voulions pas entrer dans une narration linéaire, ni dans une psychologie ou une sociologie des futurs journalistes. On focalise – ce qui veut dire exclure beaucoup de choses – sur la pratique. Nous avons décidé de ne regarder que ce qu’ils font et non pas qui ils sont.
    
Votre film est presque un huis-clos. Le seul moment hors de l’école a lieu juste après les attentats du Bataclan et là encore, les journalistes sont tellement concentrés au même endroit qu’ils donnent l’impression d’être enfermés dehors. Était-ce pour vous une manière de dénoncer un entre-soi ?

    S. M. : Nous les avons filmés à l’extérieur à d’autres moments mais, avec cette séquence, nous voulions marquer la différence entre la manière dont ils travaillent à l’école et la confrontation avec le réel.

    J. M. : Avec la séquence du Bataclan, c’est la première fois dans le film qu’ils sortent. Il y a une confrontation avec le réel parce qu’on les sent perdus, c’est compliqué pour eux de se retrouver face aux gens, etc. Mais il y a quand même quelque chose de l’entre-soi aussi parce qu’autour d’eux, il y a des journalistes. Ils sont tous au même endroit, c’est un éclairage de plateau et on sent bien que tout le monde fait le même reportage au même moment. Il y a effectivement quelque chose du monde journalistique qui les suit dehors.

    Il y avait une séquence qu’on aimait bien, dans laquelle les élèves sortaient dans la rue pour travailler le duplex. C’était au moment de l’attentat de Charm el-Cheikh : ils sont dehors et miment, micro en main, un duplex. Sauf qu’ils sont rue du Louvre à Paris. On les entend dire : « Derrière moi, les Égyptiens, la plage, les touristes russes qui partent. » Et on voit le marché du quartier, une classe d’enfants qui passe ! Cette séquence racontait vraiment comment, même hors de l’école, ils sont dans leur bulle et jamais dans le réel. Nous avons enlevé la séquence pour des raisons de structure et de narration, mais je pense qu’on en trouve un écho dans celle du Bataclan, même s’il s’agissait surtout ici de montrer la rupture. En témoigne cette étudiante qui, devant les lieux de l’attentat, suggère d’interviewer des enfants. Sa proposition peut choquer, mais elle montre bien que dehors, ils sont perdus, ils sont déconnectés.

    En fait, nous sommes face à un miroir déformant de notre pratique qui consiste à rencontrer le réel : pour eux, le scénario est déjà écrit, ils savent ce qu’ils veulent, ce qu’ils cherchent. Bizarrement, le réel n’est pas leur sujet. On le voit bien avec, par exemple, l’importance donnée par les intervenants à l’idée de raconter une histoire, de capter l’attention à travers un storytelling permanent. Ils travaillent principalement sur des tech-niques de récit et des formats préétablis. Et quand la singularité du réel devient incontournable, ils ne savent plus quoi en faire.

    Pendant une heure, nous voyons ces étudiants et étudiantes défiler, se comporter « en bons petits soldats » pour reprendre l’expression de François Ruffin. Et arrive la dernière séquence, qui sonne un peu comme une mutinerie : soudain émergent des questionnements extrêmement intéressants et même des prises de parole touchantes. Je pense à cet étudiant qui dit : « Je suis venu dans une école de journaliste en pensant faire de l’information et je me retrouve à faire de l’émotion. » Mais quid des enseignants ?

    S. M. : La séquence de fin, ce moment où les étudiants échangent autour de leurs pratiques, ce n’était pas prévu, ce n’est pas organisé par l’école. C’est le seul moment où nous sommes un peu intervenus parce que beaucoup d’élèves étaient chamboulés et s’interrogeaient par rapport à leur manière de faire. Ça nous paraissait important de créer un moment qui puisse faire émerger ces discussions.

    J. M. : L’école avait évidemment conscience de la difficulté de la situation. Leur réponse consistait à dire : « Nous sommes là pour vous écouter si vous avez des problèmes. » Donc on savait qu’il y aurait des moments de discussion, mais de manière informelle et individuelle. C’est pour cela que nous avons proposé ce temps collectif. Les intervenants ne sont pas dans le montage parce que, s’ils étaient présents, ils et elles ont eu l’intelligence de ne pas phagocyter la parole, de laisser les étudiants et les étudiantes s’exprimer. Cela a seulement été rehaussé au montage pour les faire disparaître un peu plus.

    S. M. : Et puis, cette séquence, c’était aussi l’occasion de donner la parole aux étudiants. Jusqu’ici, ils faisaient les exercices sans poser de questions. Avec le Bataclan, il y a eu rupture. Certains se seront fait eux-mêmes interviewer parce qu’ils avaient un ami à l’hôpital et se seront retrouvés devant des journalistes très insistants ; d’autres auront eu tout un week-end pour regarder la télévision, observer les pratiques de leurs aînés et les confronter avec leurs propres pratiques. Tout d’un coup, ils et elles se posent des questions. Et une parole qui n’existait pas avant, apparaît. Maintenant, on ne dit pas que cette pratique journalistique va changer : on travaille un doute, tout est possible... Ils restent deux ans à l’école et après, ils ont toute une vie de journaliste dans différentes rédactions qui font que... rien n’est écrit !

    Avez-vous projeté votre film au CFJ ?
    Le montage du film s’est terminé en décembre 2019 et en raison de la situation sanitaire, ça n’a pas encore été possible. Mais nous avons très envie de montrer ce film, d’en discuter, de poser et répondre aux questions. Nous croyons vraiment que ça peut donner lieu à des discussions profitables pour tout le monde. C’est presque quelque chose que nous souhaitons rendre à l’école qui nous a si bien accueillis, ce moment où deux pratiques se croisent et se rencontrent.

    Propos recueillis et transcrits par Élodie Gabillard

    Les réalisateurs :
    Julien Meunier est diplômé de la faculté de cinéma Censier Paris III Sorbonne Nouvelle, où il rencontre Sébastien Magnier. Il part ensuite étudier la bande dessinée à Angoulême puis revient au cinéma par le documentaire. Depuis 2008, il réalise des films et travaille toujours en co-réalisation. Il s’agit de sa première collaboration avec Sébastien Magnier.

    Avec « En formation », Sébastien Magnier, également diplômé de la faculté de cinéma Censier Paris III Sorbonne Nouvelle, réalise son premier film. Il a travaillé pendant 15 ans comme documentaliste au CNC, a rejoint en 2012 la rédaction du journal du festival « Le cinéma du Réel », qui marque sa rencontre avec le documentaire de création.

    Source : https://www.acrimed.org/Immersion-dans-le-Centre-de-formation-des

     #journalisme #médias #france #censure #presse #_journaliste #fait_divers #politique #internet #CFJ* #ACRIMED #ESJ ?

  • Quelle place pour le Covid dans le monde des images ?
    André Gunthert – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/9714

    Inversion des nécessités sanitaires et pédagogiques en plateaux médiatiques, mais aussi dans les productions artistiques où la fable d’un monde sans #COVID19 ressemble de plus en plus à une nostalgie... problématique.

    Plus d’un an après le début de la pandémie, la visibilité problématique de ses effets éclaire notre rapport aux images (voir ma récente chronique pour Arrêt sur images). Dans l’espace audiovisuel, un écart sépare désormais les images d’enregistrement et les adaptations filtrées que sont les fictions ou, de manière encore plus nette, les talk-shows et autres émissions d’information. Alors que les premières restituent logiquement les contraintes qui s’imposent au quotidien, soit les mesures de distanciation et particulièrement le masque, les secondes tendent à en effacer ou à en minorer la trace.

    #représentation #médias #déni

  • Je découvre le : Syndrome du grand méchant monde
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_du_grand_m%C3%A9chant_monde

    Le syndrome du grand méchant monde, ou en anglais : Mean World Syndrome, est une expression créée par George Gerbner pour décrire le phénomène selon lequel les actes de #violence rapportés dans les #médias d’#information contribuent à créer chez le public l’image d’un monde plus dangereux qu’il ne l’est en réalité.

    Gerbner, précurseur pour les recherches portant sur les effets de la télévision sur la société, affirme que les téléspectateurs tendent à penser le monde extérieur comme intimidant et inhospitalier. Ses travaux établissent une corrélation directe entre le temps consacré à la télévision et l’intensité du sentiment d’insécurité, bien que la direction du lien de causalité demeure débattue. Il est en effet possible qu’une personne craintive choisisse de s’écarter du monde extérieur et de s’adonner à des activités solitaires telles que la télévision.

    #attention #FUD

  • #Black_Panthers (1/2)

    L’#histoire captivante de l’une des organisations les plus subversives et controversées du XXe siècle. D’inspiration marxiste-léniniste, les Black Panthers s’imposèrent comme une alternative radicale au mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King. Mêlant archives rares et nombreux témoignages, une plongée coup de poing au cœur du « #Black_Power ».

    Oakland, #Californie, 1966. Un an après les #émeutes de #Watts, à #Los_Angeles, deux étudiants, Huey P. Newton et Bobby Seale, fondent un collectif d’#autodéfense pour surveiller les actions de la police dans le ghetto noir. En devenant, la même année, un mouvement politique de libération afro-américaine, le Black Panther Party (BPP) se fait le porte-voix d’une communauté brutalisée dans une Amérique dominée par les Blancs. D’inspiration marxiste-léniniste, l’organisation s’impose comme une alternative radicale au mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King. En parallèle à ses « #programmes_de_survie » (petits déjeuners gratuits pour les enfants, dispensaires…), elle revendique un penchant pour l’insurrection. Slogans, coupe afro, poing levé : les Black Panthers ouvrent un nouvel imaginaire de lutte pour la communauté noire. Le FBI, effrayé par l’aura du mouvement, y compris auprès de la jeunesse blanche, intensifie le contre-espionnage. L’arrestation de Huey P. Newton, mis en cause dans l’assassinat d’un policier, déstabilise l’organisation. En 1968, en réaction au meurtre de Martin Luther King, son porte-parole #Eldridge_Cleaver refuse de se rendre après un duel avec la police. Il s’exile à Alger et y crée la section internationale du parti.

    « Give More Power to the People »
    De son avènement au cœur des sixties à sa chute impitoyable, le réalisateur Stanley Nelson retrace l’histoire captivante et méconnue des Black Panthers. Luttant contre la suprématie blanche et le capitalisme, ses membres ont marqué l’imaginaire collectif par la radicalité de leur militantisme, leur rhétorique à la fois agressive et fédératrice mais aussi leurs codes vestimentaires et leur manière révolutionnaire d’occuper l’espace public. Au son seventies et groovy du titre « Give More Power to the People » des Chi-Lites, ce documentaire restitue la beauté rageuse du mouvement sans occulter ses tourments et parts d’ombre – violence et bataille d’ego – au moyen d’archives colossales et d’interviews fouillées de militants, d’agents du FBI ou d’historiens. Il rappelle aussi que son point de départ – la violence policière – est toujours d’actualité.

    https://www.arte.tv/fr/videos/098427-001-A/black-panthers-1-2

    #insurrection #violence #auto-défense #violences_policières #avant-garde #Oakland #oppression #apparence #image #Black_is_beautiful #look #médias #aide_sociale #auto-défense_armée #COINTELPRO #BPP #FBI #machisme #genre #journal #Martin_Luther_King #Algérie #mouvements_de_libération #Huey_Newton #Bobby_Seale

    #film #film_documentaire #documentaire

    ping @karine4 @cede

  • Covid VS Grippe : les mauvais calculs des décodeurs

    https://www.youtube.com/watch?v=E8IWRZ-_nDU

    Le 22 janvier à 18h, l’équipe « des décodeurs » a publié un article m’accusant de réaliser des mauvais calculs et de déformer la réalité dans ma vidéo « Grippe VS Covid, qui est vraiment le plus mortel ? ».

    En une du Monde ce week-end, on pouvait voir le logo de ma vidéo avec la mention « Faux » bien visible.

    L’avantage, c’est que ça me fait de la publicité gratuite et j’ai pu constater que ça a permis à de nombreuses personnes de découvrir la vidéo.

    Le désavantage, c’est que Le Monde m’a aussi envoyé par la même occasion un certain nombre de personnes qui sont venues proférer des insultes en assumant ne pas avoir regardé la vidéo, mais juste en se fiant à la soi-disant démonstration des décodeurs. C’est assez triste de constater qu’il existe des personnes qui considèrent que les journalistes sont payés pour penser à leur place.

    Avec la chaîne Décoder l’éco, j’essaye de faire exactement l’inverse. Je vous montre les définitions précises des concepts comme le PIB, le chômage, la dette et depuis un moment, les statistiques des décès, pour que vous ne vous fassiez plus prendre au piège de discours de journalistes ou de politiques qui vous donnent des chiffres sans expliquer ce qui se cache derrière.

    Je vous donne aussi à chaque fois les chemins pour trouver les données vous-mêmes sur internet.

    Dans cette vidéo on va voir le procédé tout simple qu’utilisent les décodeurs pour essayer de décrédibiliser ce que je dis et qui est à peu près la même à chaque fois qu’ils font cet exercice.

    Ils commencent par dire que j’ai raison sur un certain point, de façon à faire croire qu’ils ont une analyse objective. Ensuite ils partent sur quelque chose qui n’a absolument rien à voir avec ce que j’analyse dans la vidéo en faisant croire qu’il s’agit d’une preuve que ce que je dis est faux.

     #décodeurs #médias #journalisme #france #les_déconneurs #le_monde #média #presse

  • La police hollandaise saisit les serveurs de nostate.net

    Paris-luttes.info :
    https://paris-luttes.info/la-police-hollandaise-saisit-les-14889

    Les serveurs de nostate.net ont été saisis par la police hollandaise le 29 mars 2021. Ils hébergeaient notamment le site web francophone Montréal Contre-Info ainsi que de nombreux autres sites anarchistes anglophones et germanophones.

    Le serveur a été confisqué par la police néerlandaise le 29 mars 2021 avec tous les projets hébergés là-bas. Nous n’avons aucune information officielle sur les raisons.

    Pour une diversité des médias alternatifs
    Apprenons à :

    installer des serveurs



    désinstaller d’autres serveurs

     :)

    #pression #repression #automedias #mediaslibres #droit_d'informer #liberté_d'informer

  • Un média participatif poursuivi pour avoir publié un texte favorable au sabotage
    https://reporterre.net/Un-media-participatif-poursuivi-pour-avoir-publie-un-texte-favorable-au-
    + « Demain matin mercredi 7 avril, notre tribune de soutien et de défense de la liberté d’expression et de débat va être publiée sur #RICOCHETS (avec possibilité pour tout le monde de la signer) et sur de nombreux autres médias. »
    https://ricochets.cc/REPORTERRE-publie-l-article-traitant-de-sabotages-vise-par-le-prefet-de-la

    Le texte avait déjà circulé sur plusieurs sites et pages Facebook, sans déclencher une quelconque réaction des autorités. Celles-ci se sont réveillées avec Ricochets. Une enquête a été ouverte dès la publication de l’article sur le site. Un des membres de l’équipe d’animation a été perquisitionné et placé en garde à vue pendant vingt-huit heures. Entre-temps, la police a fouillé de fond en comble son domicile et emporté ses ordinateurs, son téléphone portable, ses clés USB et ses disques durs. Elle s’est aussi attardée sur sa bibliothèque. « Ils ont pris tous les livres qui avaient trait à l’écologie radicale, raconte à Reporterre ce bénévole. Je suis artiste, je fais des montages vidéo. En se saisissant de mon matériel, la police m’a privé de mon outil de travail », ajoute-t-il.

    D’impressionnantes investigations ont ensuite été engagées, menant les enquêteurs jusqu’en Belgique, où ils ont interrogé l’hébergeur du site. L’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH) aurait même apporté son expertise juridique aux enquêteurs.

    #repression #medias #automedias #liberté_d'informer #droit_d'informer

  • 141 | Zeynep Tufekci on Information and Attention in a Networked World – Sean Carroll
    https://www.preposterousuniverse.com/podcast/2021/04/05/141-zeynep-tufekci-on-information-and-attention-in-a-networked

    Podcast avec Zeynep Tufekci

    Le sujet est passionnant : comment passe-t-on de la censure (blocage) à l’activité de "noyer le poisson". Que devient la crédibilité dans un tel monde de manipulations croisées ?

    par l’autrice de « Twitter & les gaz lacrymogènes »
    https://cfeditions.com/lacrymo

    In a world flooded with information, everybody necessarily makes choices about what we pay attention to. This basic fact can be manipulated in any number of ways, from advertisers micro-targeting specific groups to repressive governments flooding social media with misinformation, or for that matter well-meaning people passing along news from sketchy sources. Zeynep Tufekci is a sociologist who studies the flow of information and its impact on society, especially through social media. She has provided insightful analyses of protest movements, online privacy, and the Covid-19 pandemic. We talk about how technology has been shaping the information space we all inhabit.

    #Zeynep_Tufekci #Manipulation #Information #Médias_sociaux

  • xBhp.com - India’s biggest motorcycling platform!
    https://www.xbhp.com
    https://www.youtube.com/watch?v=AxH_ycSJxy4&t=1s

    This is the first video from xBhp Dominar Great Asian Odyssey where we rode more than 16,000 kms across 11 countries from India to Singapore and Sri Lanka on 3 @Bajaj Dominar​ motorcycles powered by @Castrol POWER1 Biking & riding on #MRFTyres​. This video here is a brief summary of our experiences in India, Nepal, and Bhutan! Many more to come. Follow us at xbhp.com/dominargreatasianodyssey/

    #Inde #Asie #moto #médias

  • Facebook menace et censure un gros média militant pour des motifs purement politiques
    https://ricochets.cc/Facebook-menace-et-censure-un-gros-media-militant-pour-des-motifs-purement

    Facebook censure à nouveau un média engagé. Cette fois le réseau dit « social » menace de carrément fermer la page ! Les censures et pressions viennent de partout (policiers, préfets, médias de milliardaires, lois...) pour faire taire les voix dissidentes qui pourraient encore troubler le système totalitaire en place. La solidarité et la résistance collective s’imposent. Il faudra aussi ne plus comper sur les supports fournis par les GAFAM pour diffuser l’information contestataire, et donc que "le (...) #Les_Articles

    / #Médias_et_expressions

    https://cerveauxnondisponibles.net/2021/04/03/facebook-menace-de-supprimer-cnd
    https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/posts/3883339401702204

  • Le conseil départemental de la Drôme soutient officiellement RICOCHETS !
    https://ricochets.cc/Le-departement-de-la-Drome-soutient-officiellement-RICOCHETS.html

    Nous venons de recevoir un courrier provenant directement du conseil départemental de la #Drôme, une missive plutôt surprenante qui nous réjouit. Il est signé par : Marie-Pierre Mouton, présidente du conseil départemental de la Drôme Fabien Limonta, vice-président, chargé de la Culture et des anciens combattants Voyez plutôt : Valence, le 1er avril 2021 Chers responsables du média RICOCHETS.CC, En ces temps difficiles affectés par la pandémie de coronavirus, où le gouvernement actuel tend à réduire (...) #Les_Articles

    / Drôme, #Médias_et_expressions