• Une coalition contre les violences aux frontières

    Nous déposerons plainte contre la Grèce et l’UE pour les violations des droits des personnes migrantes et réfugiées fuyant la Turquie

    Ces derniers jours, les #violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s qui cherchent à accéder au territoire européen via la Grèce ont pris une tournure dramatique. Si les #violences contre les exilé·e·s atteignent aujourd’hui un niveau inouï, les conditions de cette #escalade ont été posées par les dirigeants européens depuis plusieurs années. En 2015, l’Union européenne (UE) a introduit son « #approche_hotspot », obligeant l’Italie et la Grèce à trier les migrant·e·s et réfugié·e·s arrivant sur leurs côtes. En mars 2016, l’UE a signé un arrangement avec la Turquie qui, pour un temps, a permis de contenir de nouvelles arrivées. Sans surprise, ces dispositifs ont transformé les îles grecques en prisons à ciel ouvert et exacerbé la catastrophe humanitaire aux frontières grecques. La coopération avec la Turquie – largement dénoncée par la société civile –, s’effondre aujourd’hui, alors que les autorités turques, cherchant à faire pression sur l’UE, poussent les personnes migrantes et réfugiées en sa direction.

    Pour empêcher l’arrivée d’un plus grand nombre d’exilé·e·s – principalement Syrien⋅ne·s – fuyant la guerre et maintenant les menaces turques, les agents grecs ont déployé un niveau de #violence inédit, rejoints par une partie de la population. En mer, les garde-côtes coupent la route aux bateaux des migrant·e·s et réfugié·e·s, tirant en l’air et blessant certain·e·s passager·e·s. [1] Un enfant s’est noyé durant la traversée [2] Sur terre, les refoulements à la rivière #Evros ont continué. Une vidéo - qualifiée de « fake news » par les autorités grecques [3] mais vérifiée par #Forensic_Architecture - montre un réfugié syrien tué par balle alors qu’il tentait de traverser la rivière. [4] Par ailleurs, les militant⋅e·s, agissant en solidarité avec les personnes migrantes et réfugiées sont criminalisé⋅e·s et attaqué⋅e·s par des groupes d’extrême droite. [5] Des violations graves sont en cours et les principes de base du droit d’asile sont foulés au pied.

    Cette violence vise à envoyer un message simple aux migrant·e·s et réfugié·e·s potentiel·le·s, celui que le ministère des Affaires Étrangères a exprimé via Twitter : « Personne ne peut traverser les frontières grecques ». [6] Cette politique grecque de fermeture des frontières [7] est soutenue par l’UE. Charles Michel, président du Conseil européen, a ainsi encensé les efforts des Grecs pour « protéger les frontières de l’Europe » [8]. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a qualifié la Grèce de « bouclier européen » - suggérant ainsi que les personnes migrantes et réfugiées constituent une menace physique pour l’Europe. [9] Enfin, l’agence européenne Frontex va déployer une intervention rapide dans la zone. [10] La Grèce et l’UE sont ainsi prêtes à recourir à tous les moyens pour tenter de dissuader les migrant·e·s et réfugié·e·s et empêcher la répétition des arrivées en grand nombre de 2015 – et la crise politique qu’elles ont générée à travers l’Europe.

    Nous condamnons fermement l’instrumentalisation des migrant·e·s et réfugié·e·s par la Turquie et par l’UE. Aucun objectif politique ne peut justifier de telles exactions. Il est révoltant que des personnes fuyant la violence se trouvent exposées à de nouvelles violences commises par les États européens dont le cynisme et l’hypocrisie culminent. Nos organisations s’engagent à joindre leurs efforts pour forcer les États à rendre compte de leurs crimes. Nous documenterons ainsi les violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s et déposerons plainte contre ceux qui en sont responsables. Nous soutenons également celles et ceux qui sont de plus en plus criminalisé·e·s pour leur solidarité.

    Nos efforts visent à utiliser tous les outils d’#investigation et du #droit pour faire cesser la #violence_d’État, en finir avec la multiplication et la #banalisation des pratiques de #refoulement en Grèce, et ailleurs aux frontières de l’Europe. Les migrant·e·s et réfugié·e·s ne sont pas une menace face à laquelle l’Europe doit ériger un bouclier, mais sont eux même menacés par la violence des États tout au long de leurs trajectoires précaires. Nous utiliserons les outils du droit pour tenter de les protéger contre cette #brutalité.


    https://www.gisti.org/spip.php?article6320
    #plainte #justice #frontières #migrations #asile #réfugiés #Grèce #Turquie #mourir_aux_frontières #morts #décès #îles #mer_Egée #push-back #push-backs #refoulements

  • Grèce : hausse du nombre de demandeurs d’asile en provenance de Turquie

    La Grèce connaît, depuis l’été dernier, un regain du nombre de demandeurs d’asile en provenance de la Turquie voisine. En particulier sur cinq îles de la mer Égée qui servent de centres d’accueil et d’enregistrement de ces demandeurs d’asile. L’an dernier, plus de 55 000 personnes ont ainsi débarqué sur ces îles comme à #Lesbos ou à #Samos.

    C’est sur l’île de Lesbos que se concentre la majorité des demandeurs d’asile présents sur les îles de la #mer_Égée. Ils sont actuellement plus de 20 000 à être regroupés dans et autour de #Moria, le plus grand camp d’Europe où les structures ne sont prévues que pour 3 000 personnes.

    À Samos, les demandeurs d’asile sont, eux, amassés sur les hauteurs qui dominent #Vathy, la capitale, qui est une petite ville portuaire avec une population d’environ 9 000 habitants. À l’heure actuelle, les demandeurs d’asile sont presque aussi nombreux, c’est-à-dire près de 7 000, alors que le camp de départ ne compte qu’un peu plus de 600 places. Les capacités de réception initiales sont donc dépassées plus de onze fois.

    Résultat : si vous quittez le front de mer où se trouvent des cafés, des restaurants et des petits commerces pour remonter vers la vieille ville de Vathy, vous apercevez, au bout d’environ dix minutes de marche, des centaines de tentes de fortune agglutinées sur le sol incliné de la colline qui domine la cité. Ironie de la topographie, c’est juste au-dessus du cimetière de la ville que se déploie cette sorte de bidonville géant. Un bidonville que l’on aperçoit de loin sur la route qui mène à Vathy, en raison de nombreuses bâches bleues qui tranchent sur la verdure des oliviers et des pins, au milieu desquels elles sont plantées de manière anarchique.

    Comment se passe la cohabitation entre ces deux mondes ?

    Lorsque l’on se promène dans les rues et les ruelles de Vathy, on croise autant de Grecs que de ressortissants de pays en proie à des violences, comme l’Afghanistan, la Syrie ou encore la République démocratique du Congo. Au sein de l’espace public, demandeurs d’asile et population locale sont donc contraints à la cohabitation.

    Face à une situation qui s’enlise et s’inscrit dans la durée, en raison notamment de la lenteur des procédures en cours, cette cohabitation s’avère de plus en plus difficile, comme l’a illustré une grève accompagnée de manifestations sur les îles, dont celle de Samos, il y a tout juste un mois.

    Les autorités grecques ont récemment annoncé la fermeture de ce camp de Samos et l’ouverture, d’ici peu, d’un autre centre.
    L’ouverture du nouveau centre est prévue au plus tôt pour le mois de mars. Et il ne devrait pouvoir accueillir que 1 200 personnes alors que le camp actuel en compte 7 000. Si des mesures d’urgence ne sont pas mises en place par les autorités, il paraît difficile de concevoir que le camp actuel, où les demandeurs d’asile continuent à s’entasser dans des conditions misérables, ne ferme rapidement. Et que, donc, la situation ne s’améliore durablement sur l’île de Samos.

    http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200220-gr%C3%A8-regain-demandeurs-dasile-provenance-turquie
    #statistiques #chiffres #arrivées #Grèce #îles #île #asile #migrations #réfugiés #2019 #Turquie #mer_Egée

  • Grèce. Le « #mur_flottant » visant à arrêter les personnes réfugiées mettra des vies en danger

    En réaction à la proposition du gouvernement d’installer un système de #barrages_flottants de 2,7 km le long des côtes de #Lesbos pour décourager les nouvelles arrivées de demandeurs et demandeuses d’asile depuis la Turquie, Massimo Moratti, directeur des recherches pour le bureau européen d’Amnesty International, a déclaré :

    « Cette proposition marque une escalade inquiétante dans les tentatives du gouvernement grec de rendre aussi difficile que possible l’arrivée de personnes demandeuses d’asile et réfugiées sur ses rivages. Cela exposerait davantage aux #dangers celles et ceux qui cherchent désespérément la sécurité.

    « Ce plan soulève des questions préoccupantes sur la possibilité pour les sauveteurs de continuer d’apporter leur aide salvatrice aux personnes qui tentent la dangereuse traversée par la mer jusqu’à Lesbos. Le gouvernement doit clarifier de toute urgence les détails pratiques et les garanties nécessaires pour veiller à ce que ce système ne coûte pas de nouvelles vies. »

    Complément d’information

    Le système de barrage flottant ferait partie des mesures adoptées dans le cadre d’une tentative plus large de sécuriser les #frontières_maritimes et d’empêcher les arrivées.

    En 2019, près de 60 000 personnes sont arrivées en Grèce par la mer, soit presque deux fois plus qu’en 2018. Entre janvier et octobre, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a enregistré 66 décès sur la route de la Méditerranée orientale.

    https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2020/01/greece-floating-wall-to-stop-refugees-puts-lives-at-risk
    #migrations #frontières #asile #réfugiés #Grèce #Mer_Méditerranée #Mer_Egée #fermeture_des_frontières #frontière_mobile #frontières_mobiles

    ping @karine4 @mobileborders

    • Greece plans floating border barrier to stop migrants

      The government in Greece wants to use a floating barrier to help stop migrants from reaching the Greek islands from the nearby coast of Turkey.
      The Defense Ministry has invited private contractors to bid on supplying a 2.7-kilometer-long (1.7 miles) floating fence within three months, according to information available on a government procurement website Wednesday. No details were given on when the barrier might be installed.
      A resurgence in the number of migrants and refugees arriving by sea to Lesbos and other eastern Greek islands has caused severe overcrowding at refugee camps.
      The netted barrier would rise 50 centimeters (20 inches) above water and be designed to hold flashing lights, the submission said. The Defense Ministry estimates the project will cost 500,000 euros ($550,000), which includes four years of maintenance.
      The government’s description says the “floating barrier system” needs to be built “with non-military specifications” and “specific features for carrying out the mission of (maritime agencies) in managing the refugee crisis.”
      “This contract process will be executed by the Defense Ministry but is for civilian use — a process similar to that used for the supply of other equipment for (camps) housing refugees and migrants,” a government official told The Associated Press.
      The official asked not to be identified pending official announcements by the government.
      Greece’s six-month old center-right government has promised to take a tougher line on the migration crisis and plans to set up detention facilities for migrants denied asylum and to speed up deportations back to Turkey.
      Under a 2016 migration agreement between the European Union and Turkey, the Turkish government was promised up to 6 billion euros to help stop the mass movement of migrants to Europe.
      Nearly 60,000 migrants and refugees made the crossing to the islands last year, nearly double the number recorded in 2018, according to data from the United Nations’ refugee agency.

      https://www.arabnews.com/node/1619991/world

    • Greece wants floating fence to keep migrants out

      Greece wants to install a floating barrier in the Aegean Sea to deter migrants arriving at its islands’ shores through Turkey, government officials said on Thursday.

      Greece served as the gateway to the European Union for more than one million Syrian refugees and other migrants in recent years. While an agreement with Turkey sharply reduced the number attempting the voyage since 2016, Greek islands still struggle with overcrowded camps operating far beyond their capacity.

      The 2.7 kilometer long (1.68 miles) net-like barrier that Greece wants to buy will be set up in the sea off the island of Lesbos, where the overcrowded Moria camp operates.

      It will rise 50 centimeters above sea level and carry light marks that will make it visible at night, a government document inviting vendors to submit offers said, adding that it was “aimed at containing the increasing inflows of migrants”.

      “The invitation for floating barriers is in the right direction,” Defence Minister Nikos Panagiotopoulos told Skai Radio. “We will see what the result, what its effect as a deterrent will be in practice.”

      “It will be a natural barrier. If it works like the one in Evros... it can be effective,” he said, referring to a cement and barbed-wire fence Greece set up in 2012 along its northern border with Turkey to stop a rise in migrants crossing there.

      Aid groups, which have described the living conditions at migrant camps as appalling, said fences in Europe had not deterred arrivals and that Greece should focus on speeding up the processing of asylum requests instead.

      “We see, in recent years, a surge in the number of barriers that are being erected but yet people continue to flee,” Βoris Cheshirkov, spokesman in Greece for U.N. refugee agency UNHCR, told Reuters. “Greece has to have fast procedures to ensure that people have access to asylum quickly when they need it.”

      Last year, 59,726 migrants and refugees reached Greece’s shores according to the UN agency UNHCR. Nearly 80% of them arrived on Chios, Samos and Lesbos.

      A defense ministry official told Reuters the floating fence would be installed at the north of Lesbos, where migrants attempt to cross over due to the short distance from Turkey.

      If the 500,000 euro barrier is effective, more parts may be added and it could reach up to 15 kilometers, the official said.

      https://www.reuters.com/article/us-europe-migrants-greece-barrier/greece-wants-floating-fence-to-keep-migrants-out-idUSKBN1ZT0W5?il=0

    • La Grèce veut ériger une frontière flottante sur la mer pour limiter l’afflux de migrants

      Le ministère grec de la Défense a rendu public mercredi un appel d’offres pour faire installer un "système de protection flottant" en mer Égée. L’objectif : réduire les flux migratoires en provenance de la Turquie alors que la Grèce est redevenue en 2019 la première porte d’entrée des migrants en Europe.

      C’est un appel d’offres surprenant qu’a diffusé, mercredi 29 janvier, le ministère grec de la Défense : une entreprise est actuellement recherchée pour procéder à l’installation d’un “système de protection flottant” en mer Égée. Cette frontière maritime qui pourra prendre la forme de "barrières" ou de "filets" doit servir "en cas d’urgence" à repousser les migrants en provenance de la Turquie voisine.

      Selon le texte de l’appel d’offres, le barrage - d’une “longueur de 2,7 kilomètres” et d’une hauteur de 1,10 mètre dont 50 cm au dessus du niveau de la mer - sera mis en place par les forces armées grecques. Il devrait être agrémenté de feux clignotants pour une meilleure visibilité. Le budget total comprenant conception et installation annoncé par le gouvernement est de 500 000 euros.

      “Au-delà de l’efficacité douteuse de ce choix, comme ne pas reconnaître la dimension humanitaire de la tragédie des réfugiés et la transformer en un jeu du chat et de la souris, il est amusant de noter la taille de la barrière et de la relier aux affirmations du gouvernement selon lesquelles cela pourrait arrêter les flux de réfugiés”, note le site d’information Chios News qui a tracé cette potentielle frontière maritime sur une carte à bonne échelle pour comparer les 2,7 kilomètres avec la taille de l’île de Lesbos.

      La question des migrants et des réfugiés est gérée par le ministère de l’Immigration qui a fait récemment sa réapparition après avoir été fusionné avec un autre cabinet pendant six mois. Devant l’ampleur des flux migratoires que connaît la Grèce depuis 2015, le ministère de la Défense et l’armée offrent un soutien logistique au ministère de l’Immigration et de l’Asile.

      Mais la situation continue de se corser pour la Grèce qui est redevenue en 2019 la première porte d’entrée des migrants et des réfugiés en Europe. Actuellement, plus de 40 000 demandeurs d’asile s’entassent dans des camps insalubres sur des îles grecques de la mer Égée, alors que leur capacité n’est que de 6 200 personnes.

      Le nouveau Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, élu à l’été 2019, a fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’une de ses priorités. Il a déjà notamment durci l’accès à la procédure de demande d’asile. Il compte également accélérer les rapatriements des personnes qui "n’ont pas besoin d’une protection internationale" ou des déboutés du droit d’asile, une mesure à laquelle s’opposent des ONG de défense des droits de l’Homme.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/22441/la-grece-veut-eriger-une-frontiere-flottante-sur-la-mer-pour-limiter-l

    • Vidéo avec la réponse d’ #Adalbert_Jahnz, porte-parole de la Commission Européenne, à la question de la légalité d’une telle mesure.
      La réponse est mi-figue, mi-raisin : les réfugiés ne doivent pas être empêchés par des #barrières_physiques à déposer une demande d’asile, mais la mise en place de telles #barrières n’est pas en soi contraire à la législation européenne et la protection de frontières externes relève principalement de la responsabilité de chaque Etat membre : https://audiovisual.ec.europa.eu/en/video/I-183932

      signalé, avec le commentaire ci-dessus, par Vicky Skoumbi.

    • Greece’s Answer to Migrants, a Floating Barrier, Is Called a ‘Disgrace’

      Rights groups have condemned the plan, warning that it would increase the dangers faced by asylum seekers.

      As Greece struggles to deal with a seemingly endless influx of migrants from neighboring Turkey, the conservative government has a contentious new plan to respond to the problem: a floating net barrier to avert smuggling boats.

      But rights groups have condemned the plan, warning that it would increase the perils faced by asylum seekers amid growing tensions at camps on the Aegean Islands and in communities there and on the mainland. The potential effectiveness of the barrier system has also been widely questioned, and the center-right daily newspaper Kathimerini dismissed the idea in an editorial on Friday as “wishful thinking.”

      Moreover, the main opposition party, the leftist Syriza, has condemned the floating barrier plan as “a disgrace and an insult to humanity.”

      The authorities aim to install a 1.7-mile barrier between the Greek and Turkish coastlines that would rise more than 19 inches above the water and display flashing lights, according to a description posted on a government website this past week by Greece’s Defense Ministry.

      Citing an “urgent need to address rising refugee flows,” the 126-page submission invited private contractors to bid for the project that would cost an estimated 500,000 euros, or more than $554,000, including the cost of four years of maintenance. The government is expected to assign the job in the next three months, though it is unclear when the barrier would be erected.

      Greece’s defense minister, Nikolaos Panagiotopoulos, told Greek radio on Thursday that he hoped the floating barrier would act as a deterrent to smugglers, similar to a barbed-wire fence that the Greek authorities built along the northern land border with Turkey in 2012.

      “In Evros, physical barriers had a relative impact in curbing flows,” he said. “We believe a similar result can be achieved with these floating barriers.”

      The construction will be overseen by the Defense Ministry, which has supervised the creation of new reception centers on the Greek islands and mainland in recent months, and will be subject to “nonmilitary specifications” to meet international maritime standards, the submission noted.

      A spokesman for Greece’s government, Stelios Petsas, said the barrier system would have to be tested for safety.

      But rights activists warn that the measure would increase the dangers faced by migrants making the short but perilous journey across the Aegean. Amnesty International’s research director for Europe, Massimo Moratti, condemned the proposal as “an alarming escalation in the Greek government’s ongoing efforts to make it as difficult as possible for asylum-seekers and refugees to arrive on its shores.”

      He warned that it could “lead to more danger for those desperately seeking safety.”

      The head of Amnesty International’s chapter in Greece, Gavriil Sakellaridis, questioned whether the Greek authorities would respond to an emergency signal issued by a boat stopped at the barrier.

      The European Commission has expressed reservations and planned to ask the authorities in Greece, which is a member of the European Union, for details about the proposal. Adalbert Jahnz, a commission spokesman, told reporters in Brussels on Thursday that any Greek sea barriers to deter migrants must not block access for asylum seekers.

      “The setting up of barriers is not in and of itself against E.U. law,” he said. “But physical barriers or obstacles of this sort should not be an impediment to seeking asylum which is protected by E.U. law,” he said, conceding, however, that the protection of external borders was primarily the responsibility of member states.

      The barrier was proposed amid an uptick in migrants from Turkey. The influx, though far below the thousands of daily arrivals at the peak of the crisis in 2015, has put an increasing strain on already intensely overcrowded reception centers.

      According to Greece’s migration minister, Notis Mitarakis, 72,000 migrants entered Greece last year, compared with 42,000 in 2018. The floating barrier will help curb arrivals, Mr. Mitarakis said.
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      “It sends out the message that we are not a place where anything goes and that we’re taking all necessary measures to protect the borders,” he said, adding that the process of deporting migrants who did not merit refugee status would be sped up.

      “The rules have changed,” he said.

      Greece has repeatedly appealed for more support from the bloc to tackle migration flows, saying it cannot handle the burden alone and accusing Turkey of exploiting the refugee crisis for leverage with the European Union.

      Repeated threats by Turkey’s president, Recep Tayyip Erdogan, to “open the gates” to Europe for Syrian refugees on his country’s territory have fueled fears that an agreement signed between Turkey and the European Union in 2016, which radically curbed arrivals, will collapse.

      Growing tensions between Greece and Turkey over energy resources in the Eastern Mediterranean and revived disputes over sovereignty in the Aegean have further undermined cooperation between the two traditional foes in curbing human trafficking, fragile at the best of times.

      The Greek government of Prime Minister Kyriakos Mitsotakis is also under growing pressure domestically since it came to power last summer on a pledge to take a harder line on migration than that of his predecessor, Alexis Tsipras of Syriza.

      Plans unveiled in November to create new camps on the Aegean Islands have angered residents, who staged mass demonstrations last month, waving banners reading, “We want our islands back.”

      Rights groups have also warned of the increasingly dire conditions at existing camps on five islands hosting some 44,000 people, nearly 10 times their capacity.

      Tensions are particularly acute on the sprawling Moria camp on Lesbos, with reports of 30 stabbings in the past month, two fatal.

      https://www.nytimes.com/2020/02/01/world/europe/greece-migrants-floating-barrier.html

    • Greece plans to build sea barrier off Lesbos to deter migrants

      Defence ministry says floating barrier will stop migrants crossing from Turkey.

      The Greek government has been criticised after announcing it will build a floating barrier to deter thousands of people from making often perilous sea journeys from Turkey to Aegean islands on Europe’s periphery.

      The centre-right administration unveiled the measure on Thursday, following its pledge to take a tougher stance on undocumented migrants accessing the country.

      The 2.7km-long netted barrier will be erected off Lesbos, the island that shot to prominence at the height of the Syrian civil war when close to a million Europe-bound refugees landed on its beaches. The bulwark will rise from pylons 50 metres above water and will be equipped with flashing lights to demarcate Greece’s sea borders.

      Greece’s defence minister, Nikos Panagiotopoulos, told Skai radio: “In Evros, natural barriers had relative [good] results in containing flows,” referring to the barbed-wire topped fence that Greece built along its northern land border with Turkey in 2012 to deter asylum seekers. “We believe a similar result can be had with these floating barriers. We are trying to find solutions to reduce flows.”

      Amnesty International slammed the plan, warning it would enhance the dangers asylum-seekers and refugees encountered as they attempted to seek safety.

      “This proposal marks an alarming escalation in the Greek government’s ongoing efforts to make it as difficult as possible for asylum-seekers and refugees to arrive on its shores,” said Massimo Moratti, the group’s Research Director for Europe.“The plan raises serious issues about rescuers’ ability to continue providing life-saving assistance to people attempting the dangerous sea crossing to Lesbos. The government must urgently clarify the operational details and necessary safeguards to ensure that this system does not cost further lives.”

      Greece’s former migration minister, Dimitris Vitsas, described the barrier as a “stupid idea” that was bound to be ineffective. “The idea that a fence of this length is going to work is totally stupid,” he said. “It’s not going to stop anybody making the journey.”

      Greece has seen more arrivals of refugees and migrants than any other part of Europe over the past year, as human traffickers along Turkey’s western coast target its outlying Aegean isles with renewed vigour. More than 44,000 people are in camps on the outposts designed to hold no more than 5,400 people. Human rights groups have described conditions in the facilities as deplorable. In Moria, the main reception centre on Lesbos, about 140 sick children are among an estimated 19,000 men, women and children crammed into vastly overcrowded tents and containers.

      Amid mounting tensions with Turkey over energy resources in the Mediterranean, Greece fears a further surge in arrivals in the spring despite numbers dropping radically since the EU struck a landmark accord with Ankara to curb the flows in March 2016.

      The prime minister, Kyriakos Mitsotakis, who trounced his predecessor, Alexis Tsipras, in July partly on the promise to bolster the country’s borders, has accused the Turkish president, Recep Tayyip Erdoğan, of exploiting the refugee drama as political leverage both in dealings with Athens and the EU. As host to some 4 million displaced Syrians, Turkey has more refugees than anywhere else in the world, with Erdoğan facing mounting domestic pressure over the issue.

      Greek officials, who are also confronting growing outrage from local communities on Aegean islands, fear that the number of arrivals will rise further if, as looks likely, Idlib, Syria’s last opposition holdout falls. The area has come under renewed attack from regime forces in recent days.

      It is hoped the barrier will be in place by the end of April after an invitation by the Greek defence ministry for private contractors to submit offers.

      The project is expected to cost €500,000 (£421,000). Officials said it will be built by the military, which has also played a role in erecting camps across Greece, but with “non-military specifications” to ensure international maritime standards. The fence could extend 13 to 15km, with more parts being added if the initial pilot is deemed successful.

      “There will be a test run probably on land first for technological reasons,” said one official.

      https://www.theguardian.com/world/2020/jan/30/greece-plans-to-build-sea-barrier-off-lesbos-to-deter-migrants

    • “Floating wall” to stop refugees puts lives at risk, says Amnesty International

      The plans of the Greek government to build floating fences to prevent refugee and migrants arrivals from Turkey have triggered sharp criticism by Amnesty International. A statement issued on Thursday says that the floating fences will put people’s lives at risk.

      In response to a government proposal to install a 2.7 km long system of floating dams off the coast of Lesvos to deter new arrivals of asylum seekers from Turkey, Amnesty International’s Research Director for Europe Massimo Moratti said:

      “This proposal marks an alarming escalation in the Greek government’s ongoing efforts to make it as difficult as possible for asylum-seekers and refugees to arrive on its shores and will lead to more danger for those desperately seeking safety.

      This proposal marks an alarming escalation in the Greek government’s ongoing efforts to make it as difficult as possible refugees to arrive on its shores.
      Massimo Moratti, Amnesty International

      “The plan raises serious issues about rescuers’ ability to continue providing life-saving assistance to people attempting the dangerous sea crossing to Lesvos. The government must urgently clarify the operational details and necessary safeguards to ensure that this system does not cost further lives.”

      Background

      The floating dam system is described as one of the measures adopted in a broader attempt to secure maritime borders and prevent arrivals.

      In 2019, Greece received almost 60,000 sea arrivals, almost doubling the total number of sea arrivals in 2018. Between January and October, the International Organization for Migration (IOM) recorded 66 deaths on the Eastern Mediterranean route.

      https://www.keeptalkinggreece.com/2020/01/31/amnesty-international-floating-fences-greece-refugees

    • Greece is building floating fences to stop migration flows in the Aegean

      Greece is planning to build floating fences in the Aegean Sea in order to prevent refugees and migrants to arrive from Turkey, The fences are reportedly to be set off the islands of the Eastern Aegean Sea that receive the overwhelming migration flows. The plan will be executed by the Greek Armed Forces as the tender launched by the Defense Ministry states.

      For this purpose the Defense Ministry has launched a tender for the supply of the floating fences.

      According to Lesvos media stonisi, the tender aims to supply the Defense Ministry with 2,700 meters of protection floating system of no military specifications.

      The floating fences will be used by the Armed Forces for their mission to manage a continuously increasing refugee/migration flows, as it is clearly stated in the tender text.

      It is indicative that the tender call to the companies states that the supply of the floating protection system “will restrict and, where appropriate, suspend the intent to enter the national territory, in order to counter the ever-increasing migration / refugee flows due to the imperative and urgent need to restrain the increased refugee flows.”

      The tender has been reportedly launched on Jan 24, 2020, in order to cover “urgent needs.” The floating fences will carry lights liker small lighthouses. The fences will be 1.10 m high with 60 cm under water.

      they are reportedly to be installed off the islands of Lesvos, Chios and Samos.

      The estimated cost of the floating system incl maintenance is at 500,000 euros.

      Government spokesman and Defense Minister confirmed the reports on Thursday following skeptical reactions. “It is the first phase of a pilot program,” to start initially of Lesvos, said spokesman Petsas. “We want to see if it works,” he added.

      The floating fences plan primarily raises the question on whether it violates the international law as it prevents people fleeing for their live to seek a safe haven.

      Another question is how these floating fences will prevent the sea traffic (ships, fishing boats)

      PS and the third question is, of course, political: Will these fences be installed at 6 or 12 nautical miles off the islands shores? Greece could use the opportunity to extend its territorial waters… etc etc But it only the usual mean Greeks making jokes about a measure without logic.

      https://twitter.com/Kapoiosmpla/status/1222496803154800641?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Meanwhile, opponents of the measure showed the length of the floating fence in proportion to the island of Lesvos. The comparison is shocking.

      https://www.keeptalkinggreece.com/2020/01/29/floating-fences-greece-aegean-migration-armed-forces

    • La barrière marine anti-migrants en Grèce pourrait ressembler à ça

      Au large de Lesbos, 27km de filet vont être installés pour dissuader les réfugiés et les demandeurs d’asile d’atteindre les îles grecques.

      Un mur marin en filet pour dissuader de venir. Cela fait quelques jours que la Grèce a annoncé son intention d’ériger une barrière dans la mer pour empêcher les migrants d’arriver sur les côtes. On découvre à présent à quoi pourrait ressembler ce nouveau dispositif.

      Selon les informations du Guardianet de la BBC et modélisée en images par l’agence Reuters, la barrière anti-migrants voulue par la Grèce s’étendrait sur 27 kilomètres de long au large de Lesbos. Elle serait soutenue par des pylônes qui s’élèveraient à une cinquantaine de mètres au-dessus de l’eau. Équipée d’une signalisation lumineuse, elle pourrait dissuader les réfugiés de se rendre à Lesbos. C’est, du moins, l’intention du ministre grec de l’Intérieur, Nikos Panagiotopoulos.

      De telles barrières s’élevant au-dessus du niveau de la mer pourraient ainsi rendre difficile le passage des petits bateaux et pourraient poser un problème pour les navires à hélices. Le coût du projet s’élèverait à 500.000 euros ; il faudrait quatre ans pour le mener à bien.
      “Une idée stupide et inefficace”

      L’ONG Amnesty International a vivement critiqué le projet avertissant qu’il ne ferait qu’aggraver les dangers auxquels les réfugiés sont déjà confrontés dans leur quête de sécurité. L’ancien ministre grec des migrations, Dimitris Vitsas, a, lui, décrit la barrière comme une “idée stupide” qui devrait être inefficace. “L’idée qu’une clôture de cette longueur va fonctionner est totalement stupide, a-t-il déclaré. Cela n’empêchera personne de faire le voyage.”

      Mais pour le ministre grec de la Défense, Nikos Panagiotopoulos, l’expérience vécue avec les murs terrestres justifie le projet. ”À Evros, a-t-il déclaré sur radio Skai, l’une des plus grosses stations du pays, les barrières naturelles ont eu de [bons] résultats relatifs à contenir les flux.” Il fait ainsi référence à la clôture surmontée de barbelés que la Grèce a construite le long de sa frontière terrestre nord avec la Turquie en 2012 pour dissuader demandeurs d’asile. “Nous pensons qu’un résultat similaire peut être obtenu avec ces barrières flottantes. Nous essayons de trouver des solutions pour réduire les flux”, ajoute-t-il.

      La situation est tendue sur l’île grecque où les habitants se sont mobilisés fin janvier pour s’opposer à l’ouverture de nouveaux camps. Plus récemment, lundi 3 février, une manifestation des migrants à Lesbos contre le durcissement des lois d’asile a viré à l’affrontement avec les forces de l’ordre.


      https://www.huffingtonpost.fr/entry/grece-mur-migrant-srefugies-lesbos-barriere_fr_5e397a4cc5b6ed0033acc5

    • Greece plans to build sea barrier off Lesbos to deter migrants

      Defence ministry says floating barrier will stop migrants crossing from Turkey.

      The Greek government has been criticised after announcing it will build a floating barrier to deter thousands of people from making often perilous sea journeys from Turkey to Aegean islands on Europe’s periphery.

      The centre-right administration unveiled the measure on Thursday, following its pledge to take a tougher stance on undocumented migrants accessing the country.

      The 2.7km-long netted barrier will be erected off Lesbos, the island that shot to prominence at the height of the Syrian civil war when close to a million Europe-bound refugees landed on its beaches. The bulwark will rise from pylons 50 metres above water and will be equipped with flashing lights to demarcate Greece’s sea borders.

      Greece’s defence minister, Nikos Panagiotopoulos, told Skai radio: “In Evros, natural barriers had relative [good] results in containing flows,” referring to the barbed-wire topped fence that Greece built along its northern land border with Turkey in 2012 to deter asylum seekers. “We believe a similar result can be had with these floating barriers. We are trying to find solutions to reduce flows.”

      Amnesty International slammed the plan, warning it would enhance the dangers asylum-seekers and refugees encountered as they attempted to seek safety.

      “This proposal marks an alarming escalation in the Greek government’s ongoing efforts to make it as difficult as possible for asylum-seekers and refugees to arrive on its shores,” said Massimo Moratti, the group’s Research Director for Europe.“The plan raises serious issues about rescuers’ ability to continue providing life-saving assistance to people attempting the dangerous sea crossing to Lesbos. The government must urgently clarify the operational details and necessary safeguards to ensure that this system does not cost further lives.”

      Greece’s former migration minister, Dimitris Vitsas, described the barrier as a “stupid idea” that was bound to be ineffective. “The idea that a fence of this length is going to work is totally stupid,” he said. “It’s not going to stop anybody making the journey.”

      Greece has seen more arrivals of refugees and migrants than any other part of Europe over the past year, as human traffickers along Turkey’s western coast target its outlying Aegean isles with renewed vigour. More than 44,000 people are in camps on the outposts designed to hold no more than 5,400 people. Human rights groups have described conditions in the facilities as deplorable. In Moria, the main reception centre on Lesbos, about 140 sick children are among an estimated 19,000 men, women and children crammed into vastly overcrowded tents and containers.

      Amid mounting tensions with Turkey over energy resources in the Mediterranean, Greece fears a further surge in arrivals in the spring despite numbers dropping radically since the EU struck a landmark accord with Ankara to curb the flows in March 2016.

      The prime minister, Kyriakos Mitsotakis, who trounced his predecessor, Alexis Tsipras, in July partly on the promise to bolster the country’s borders, has accused the Turkish president, Recep Tayyip Erdoğan, of exploiting the refugee drama as political leverage both in dealings with Athens and the EU. As host to some 4 million displaced Syrians, Turkey has more refugees than anywhere else in the world, with Erdoğan facing mounting domestic pressure over the issue.

      Greek officials, who are also confronting growing outrage from local communities on Aegean islands, fear that the number of arrivals will rise further if, as looks likely, Idlib, Syria’s last opposition holdout falls. The area has come under renewed attack from regime forces in recent days.

      It is hoped the barrier will be in place by the end of April after an invitation by the Greek defence ministry for private contractors to submit offers.

      The project is expected to cost €500,000 (£421,000). Officials said it will be built by the military, which has also played a role in erecting camps across Greece, but with “non-military specifications” to ensure international maritime standards. The fence could extend 13 to 15km, with more parts being added if the initial pilot is deemed successful.

      “There will be a test run probably on land first for technological reasons,” said one official.

      https://www.theguardian.com/world/2020/jan/30/greece-plans-to-build-sea-barrier-off-lesbos-to-deter-migrants

    • Schwimmende Barrieren gegen Migranten: Die griechische Regierung will Flüchtlingsboote mit schwimmenden Barrikaden stoppen

      Griechenland denkt über eine umstrittene Methode nach, um die stark wachsende Zahle der Bootsflüchtlinge einzudämmen.

      Die Zahl der Flüchtlinge, die von der türkischen Küste her übers Meer zu den griechischen Ägäis­inseln kommen, steigt derzeit wieder deutlich an. Die Regierung in Athen hat jetzt eine neue Idee vorgestellt, wie sie die Flüchtlingsboote stoppen will: mit schwimmenden Grenzbarrieren mitten auf dem Meer.

      Der griechische Regierungssprecher Stelios Petsas bestätigte gestern die Pläne. Das griechische Verteidigungsministerium hat bereits einen entsprechenden Auftrag zum Bau eines Prototyps ausgeschrieben. Das Pilotprojekt sieht den Bau einer 2,7 Kilometer langen Barriere vor, die 1,10 Meter aus dem Wasser aufragt und 50 bis 60 Zentimeter tief ins Wasser reicht. Der schwimmende Zaun soll mit blinkenden Leuchten versehen sein, damit er in der Dunkelheit sichtbar ist.
      Israel hat Erfahrungen mit Sperranlagen im Meer

      Für den Bau der Sperranlage will das Verteidigungsministerium 500000 Euro bereitstellen. Das Unternehmen, das den Zuschlag bekommt, soll innerhalb von drei Monaten liefern und für vier Jahre die Wartung der Barriere übernehmen. Verteidigungsminister Nikos Panagiotopoulos sagte dem griechischen Fernsehsender Skai, man wolle in einer ersten Phase ausprobieren, «ob das System funktioniert und wo es eingesetzt werden kann».

      Über dem Projekt schweben allerdings viele Fragezeichen. Erfahrungen mit schwimmenden Barrieren hat Israel an den Grenzen zum Gazastreifen und zu Jordanien im Golf von Akaba gemacht. In der Ägäis sind die Bedingungen aber wegen der grossen Wassertiefe, der starken Strömungen und häufigen Stürme viel schwieriger. Schwimmende Barrieren müssten am Meeresboden verankert sein, damit sie nicht davontreiben.

      Fraglich ist auch, ob sich die Schleuser von solchen Sperren abhalten liessen. Sie würden vermutlich auf andere Routen ausweichen. Und selbst wenn Flüchtlingsboote an der Barriere «stranden» sollten, wäre die griechische Küstenwache verpflichtet, die Menschen als Schiffbrüchige zu retten.

      Ohnehin scheint die Regierung daran zu denken, nur besonders stark frequentierte Küstenabschnitte zu sichern. Die gesamte griechisch-türkische Seegrenze von der Insel Samothraki im Norden bis nach Rhodos im Süden mit einem schwimmenden Zaun abzuriegeln, wäre ein utopisches Projekt. Diese Grenze ist über 2000 Kilometer lang. Sie mit einer Barriere dicht zu machen, verstiesse überdies gegen das internationale Seerecht und würde den Schiffsverkehr in der Ägäis behindern. Experten sagen, dass letztlich nur die Türkei die Seegrenze zu Griechenland wirksam sichern kann – indem sie die Flüchtlingsboote gar nicht erst ablegen lässt. Dazu hat sich die Türkei im Flüchtlingspakt mit der EU verpflichtet. Dennoch kamen im vergangenen Jahr 59726 Schutzsuchende übers Meer aus der Türkei, ein Anstieg von fast 84 Prozent gegenüber 2018.

      https://www.luzernerzeitung.ch/international/schwimmende-barrieren-gegen-migranten-ld.1190264

    • EU fordert Erklärungen von Griechenland zu Barriere-Plänen

      Das griechische Verteidigungsministerium will Geflüchtete mit schwimmenden „Schutzsystemen“ vor der Küste zurückhalten. Die EU-Kommission dringt auf mehr Information - sie erfuhr aus den Medien von den Plänen.

      Griechenland will Migranten mit schwimmenden Barrieren in der Ägäis konfrontieren - zu den Plänen des Verteidigungsministeriums sind aber noch viele Fragen offen. Auch die EU-Kommission hat Erklärungsbedarf. „Wir werden die griechische Regierung kontaktieren, um besser zu verstehen, worum es sich handelt“, sagte Behördensprecher Adalbert Jahnz. Die Kommission habe aus den Medien von dem Vorhaben erfahren.

      Jahnz sagte, der Zweck des Vorhabens sei derzeit noch nicht ersichtlich. Klar sei, dass Barrieren dieser Art den Zugang zu einem Asylverfahren verhindern dürften. Der Grundsatz der Nichtzurückweisung und die Grundrechte müssten in jedem Fall gewahrt bleiben. „Ich kann nichts zur Moralität verschiedener Maßnahmen sagen“, fügte Jahnz hinzu. Die Errichtung der Barrieren an sich verstoße nicht gegen EU-Recht.

      Griechenlands Verteidigungsminister Nikos Panagiotopoulos, dessen Ministerium das Projekt ausgeschrieben hat, zeigte sich jedoch nicht sicher, ob der Plan erfolgreich sein kann. Zunächst sei nur ein Versuch geplant, sagte er dem Athener Nachrichtensender Skai. „Wir wollen sehen, ob das funktioniert und wo und ob es eingesetzt werden kann“, sagte Panagiotopoulos.

      Das Verteidigungsministerium hatte die Ausschreibung für das Projekt am Mittwoch auf seiner Homepage veröffentlicht. Die „schwimmenden Schutzsysteme“ sollen knapp drei Kilometer lang sein, etwa 50 Zentimeter über dem Wasser aufragen und mit Blinklichtern ausgestattet sein. Die griechische Presse verglich die geplanten Absperrungen technisch mit den Barrieren gegen Ölteppiche im Meer.
      Was können die Barrieren tatsächlich ausrichten?

      Eigentlich dürften gar keine Migranten illegal auf dem Seeweg von der Türkei nach Griechenland kommen: Die Europäische Union hat mit der Türkei eine Vereinbarung geschlossen, die Ankara verpflichtet, Migranten und ihre Schleuser abzufangen und von Griechenland zudem Migranten ohne Asylanspruch zurückzunehmen.

      Doch nach Angaben des Uno-Flüchtlingshilfswerks UNHCR stieg die Zahl der Migranten, die illegal aus der Türkei nach Griechenland kamen, 2019 von gut 50.500 auf mehr als 74.600. Seit Jahresbeginn 2020 setzen täglich im Durchschnitt gut 90 Menschen aus der Türkei zu den griechischen Ägäis-Inseln über.

      Die Frage ist, ob schwimmende Sperren daran etwas ändern. „Ich kann nicht genau verstehen, wie diese Barrieren die Migranten daran hindern sollen, nach Griechenland zu kommen“, sagte ein Offizier der Küstenwache. Denn wenn die Migranten die Barrieren erreichten, seien sie in griechischen Hoheitsgewässern und müssten gemäß dem Seerecht gerettet und aufgenommen werden.

      Der UNHCR-Sprecher in Athen, Boris Cheshirkov, verweist zudem auf die Pflicht Griechenlands, die Menschenrechte zu achten. Griechenland habe das legitime Recht, seine Grenzen so zu kontrollieren, „wie das Land es für richtig hält“, sagte er. „Dabei müssen aber die Menschenrechte geachtet werden. Zahlreiche Migranten, die aus der Türkei nach Griechenland übersetzen, sind nämlich Flüchtlinge.“

      In Athen wird der Barrierebau auch als innenpolitisches Manöver angesichts der wachsenden Unzufriedenheit über die Entwicklung der Einwanderung gewertet.

      https://www.spiegel.de/politik/ausland/fluechtlinge-eu-fordert-erklaerungen-von-griechenland-zu-barriere-plaenen-a-

    • Un autre „mur flottant“, à #Gaza...

      Wie Israel tauchende und schwimmende Terroristen abwehrt

      Der Gazastreifen wird mit großem Aufwand weiter abgeriegelt. Die neue Seebarriere ergänzt die Mauer und die Luftabwehr gegen Hamas-Attacken.

      Am Sikim-Strand an Israels Mittelmeerküste, rund 70 Kilometer südlich von Tel Aviv, rollen dieser Tage die Bagger durch den feinen, beigefarbenen Sand. Sie arbeiten nicht an einer Strandverschönerung, sondern an einer Schutzvorrichtung, die Israel sicherer machen soll: eine Meeresbarriere – „die einzige dieser Art auf der Welt“, verkündete Verteidigungsminister Avigdor Lieberman stolz auf Twitter.

      Die neue Konstruktion soll tauchenden und schwimmenden Terroristen aus Gaza den Weg blockieren und aus drei Schichten bestehen: eine unter Wasser, eine aus Stein und eine aus Stacheldraht – ähnlich wie Wellenbrecher. Ein zusätzlicher Zaun soll um diese Barriere errichtet werden. „Das ist eine weitere Präventionsmaßnahme gegen die Hamas, die nun eine weitere strategische Möglichkeit verlieren wird, in deren Entwicklung sie viel Geld investiert hat“, schrieb Lieberman. Man werde die Bürger weiterhin mit Stärke und Raffinesse schützen.

      Tatsächlich ist die Meeresbarriere nicht das erste „raffinierte“ Konstrukt der Israelis, um sich vor Terrorangriffen aus dem Gazastreifen zu schützen. Seit 2011 setzt die Armee den selbst entwickelten Abfangschirm „Iron Dome“ ein, der Raketen rechtzeitig erkennt und noch in der Luft abschießt – zumindest dann, wenn der Flug lange dauert, das heißt das Angriffsziel nicht zu nahe am Abschussort liegt. Für einige Dörfer und Kibbuzim direkt am Gazastreifen bleiben die Raketen weiterhin eine große Gefahr.
      Einsatz von Drachen

      Seit vergangenem Jahr baut Israel auch eine bis tief in die Erde reichende Mauer. Umgerechnet mehr als 750 Millionen Euro kostet dieser Hightechbau, der mit Sensoren ausgestattet ist und Bewegungen auch unterhalb der Erde meldet. In den vergangenen Jahren und Monaten hat die Armee zahlreiche Tunnel entdeckt und zerstört. Dass Terrorgruppen nach Abschluss des Baus noch versuchen werden, unterirdisch vorzudringen, scheint unwahrscheinlich: „Mit dem Bau wird die Grenze hermetisch abgeriegelt“, sagt ein Sicherheitsexperte. Rund zehn der insgesamt 64 Kilometer langen Mauer seien bereits komplett fertiggestellt, bis Anfang kommenden Jahres soll der Bau abgeschlossen sein.

      Nun folgt der Seeweg: Während des Gazakrieges 2014 hatten Taucher der Hamas es geschafft, bewaffnet Israels Küste zu erreichen. Sie wurden dort von den israelischen Streitkräften getötet. Es waren seither wohl nicht die einzigen Versuche, ist Kobi Michael, einst stellvertretender Generaldirektor des Ministeriums für Strategische Angelegenheiten, überzeugt. „Es wurde nicht zwingend darüber berichtet, aber es gab Versuche.“

      Israel reagiert mit neuen Erfindungen auf die verschiedenen Angriffstaktiken der Terroristen in Gaza – doch die entwickeln bereits neue. Es bleibt ein Katz-und-Maus-Spiel. Jüngste Taktik ist der Einsatz von Drachen, die mit Molotowcocktails oder Dosen voller brennendem Benzin ausgestattet werden. Dutzende solcher Drachen wurden während der „Marsch der Rückkehr“-Proteste in den vergangenen zwei Monaten nach Israel geschickt.

      „Das ist eine neue und sehr primitive Art des Terrors“, so Kobi Michael. Aber eben auch eine wirkungsvolle, da Landwirtschaft im Süden eine große Rolle spielt und Israel zudem seine Natur schützen will. „Sie haben es geschafft, bereits Hunderte Hektar Weizenfelder und Wälder in Brand zu stecken.“ Israel setzt nun unter anderem spezielle Drohnen ein, um die brennenden Drachen noch in der Luft zu zerstören. Aber Michael ist sicher, auch hier bedarf es zukünftig eines besseren Abwehrsystems. Der Sicherheitsexperte sieht es positiv: „Sie fordern uns heraus und wir reagieren mit der Entwicklung hochtechnologischer Lösungen.“

      https://www.tagesspiegel.de/politik/seebarriere-noerdlich-des-gazastreifens-wie-israel-tauchende-und-schwimmende-terroristen-abwehrt/22617084.html
      #Israël #Palestine

    • La #barrière_maritime israélienne de Gaza est sur le point d’être achevée

      Un mur sous-marin de rochers et de détecteurs surmonté d’une clôture intelligente de 6 mètres de haut et d’un brise-lames comble un vide dans les défenses d’Israël.

      Plus de quatre ans après qu’une équipe de commandos du Hamas est entrée en Israël depuis la mer pendant la guerre de Gaza en 2014, les ingénieurs israéliens sont sur le point d’achever la construction d’une barrière maritime intelligente destinée à prévenir de futures attaques, a rapporté lundi la Dixième chaîne.

      La construction de la barrière de 200 mètres de long a été effectuée par le ministère de la Défense au large de la plage de Zikim, sur la frontière la plus au nord de Gaza. Le travail a duré sept mois.

      La barrière est destinée à combler un vide dans les défenses d’Israël le long de la frontière avec Gaza.

      Sur terre, Israël a une clôture en surface et construit un système complexe de barrières et de détecteurs souterrains pour empêcher le Hamas – l’organisation terroriste islamiste qui dirige Gaza et cherche à détruire Israël – de percer des tunnels en territoire israélien. En mer, la marine israélienne maintient une présence permanente capable de détecter les tentatives d’infiltration dans les eaux israéliennes.

      Mais il y avait une brèche juste au large de la plage de Zikim, dans la zone étroite des eaux peu profondes où ni les forces terrestres ni les navires de mer ne pouvaient opérer facilement.

      Les commandos du Hamas ont profité de cette faille en 2014 pour contourner facilement une clôture vétuste et délabrée et passer en Israël par les eaux peu profondes.

      Les forces du Hamas n’ont été arrêtées que lorsque les équipes de surveillance de Tsahal ont remarqué leurs mouvements lorsqu’elles sont arrivées sur la plage en Israël.

      La barrière est composée de plusieurs parties. Un mur sous-marin de blocs rocheux s’étend à environ 200 mètres dans la mer. A l’intérieur du mur de blocs rocheux se trouve un mur en béton revêtu de détecteurs sismiques et d’autres outils technologiques dont la fonction exacte est secrète.

      Au-dessus de l’eau, le long du côté ouest du mur nord-sud, une clôture intelligente hérissée de détecteurs s’élève à une hauteur de six mètres.

      Du côté est, un brise-lames avec une route au milieu s’étend sur toute la longueur du mur sous-marin.

      La construction a été rapide, bien qu’elle ait été entravée ponctuellement par les attaques du Hamas.

      Lors d’une de ces attaques, un combattant du Hamas a lancé des grenades sur les forces israéliennes qui gardaient les équipes de travail, avant d’être tué par les tirs israéliens en retour.

      https://fr.timesofisrael.com/la-barriere-maritime-israelienne-de-gaza-est-sur-le-point-detre-ac

    • Grèce : un mur flottant pour contrer l’arrivée de migrants

      Pour restreindre l’arrivée de migrants depuis la Turquie, le gouvernement grec vient de lancer un appel d’offres pour la construction, en pleine mer Égée, d’un « système de protection flottant ». Une annonce qui provoque de vives réactions.

      Athènes (Grèce), correspondance.– Depuis les côtes turques, les rivages de Lesbos surgissent après une douzaine de kilomètres de mer Égée. En 2019, ce bras de mer est redevenu la première porte d’entrée des demandeurs d’asile dans l’Union européenne, pour la plupart des Afghans et des Syriens. Mais un nouvel obstacle pourrait bientôt compliquer le passage, sinon couper la voie. À Athènes, le gouvernement conservateur estime détenir une solution pour réduire les arrivées : ériger une barrière flottante anti-migrants.

      Fin janvier, le ministère de la défense a ainsi publié un appel d’offres « pour la fourniture d’un système de protection flottant […] », visant « à gérer […] en cas d’urgence […] le flux de réfugiés et de migrants qui augmente sans cesse ». D’après ce document de 122 pages, le dispositif « de barrage ou filet […] de couleur jaune ou orange », composé de plusieurs sections de 25 à 50 mètres reliées entre elles, s’étendra sur 2,7 km.

      Il s’élèvera « d’au moins » 50 centimètres au-dessus des flots. Et de nuit, la clôture brillera grâce à « des bandes réfléchissantes […] et des lumières jaunes clignotantes ». Son coût estimé : 500 000 euros – dont 96 774 de TVA – incluant « quatre ans d’entretien et la formation du personnel » pour son installation en mer.

      Sollicitées, les autorités n’ont pas donné d’autres détails à Mediapart. Mais l’agence Reuters et les médias grecs précisent que le mur sera testé au nord de Lesbos, île qui a concentré 58 % des entrées de migrants dans le pays en 2019, d’après le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).

      Alors que la Grèce compte désormais 87 000 demandeurs d’asile, environ 42 000 (majoritairement des familles) sont bloqués à Lesbos, Leros, Chios, Kos et Samos, le temps du traitement de leur requête. Avec 6 000 places d’hébergement à peine sur ces cinq îles, la situation est devenue explosive (lire notre reportage à Samos).

      « Cela ne peut pas continuer ainsi, a justifié le ministre de la défense nationale, Nikolaos Panagiotopoulos, le 30 janvier dernier, sur la radio privée Skaï. Il reste à savoir si [ce barrage] fonctionnera. »

      Joint par téléphone, un habitant de Mytilène (chef-lieu de Lesbos), souhaitant garder son anonymat, déclare ne voir dans ce mur qu’un « effet d’annonce ». « Impossible qu’il tienne en mer, les vents sont trop violents l’hiver. Et ce sera dangereux pour les pêcheurs du coin. Ce projet n’est pas sérieux, les autorités turques ne réagissent même pas, elles rigolent ! »

      Pour Amnesty International, il s’agit d’une « escalade inquiétante » ; pour Human Rights Watch, d’un projet « insensé qui peut mettre la vie [des migrants] en danger ».

      L’annonce de ce mur test a non seulement fait bondir les ONG, mais aussi provoqué un malaise au sein de certaines institutions. « Si une petite embarcation percute la barrière et se renverse, comment les secours pourront-ils accéder au lieu du naufrage ? », interroge également la chercheuse Vicky Skoumbi, directrice de programme au Collège international de philosophie de Paris. Selon elle, cette barrière est « contraire au droit international », notamment l’article 33 de la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés et le droit d’asile, qui interdit les refoulements. « L’entrave à la liberté de circulation que constitue la barrière flottante équivaut à un refoulement implicite (ou en acte) du candidat à l’asile », poursuit Vicky Skoumbi.

      L’opposition de gauche Syriza, qui moque sa taille (trois kilomètres sur des centaines de kilomètres de frontière maritime), a aussi qualifié ce projet de « hideux » et de « violation des réglementations européennes ».

      Le porte-parole de la Commission européenne, Adalbert Jahnz, pris de court le 30 janvier lors d’un point presse, a par ailleurs déclaré : « L’installation de barrières n’est pas contraire en tant que telle au droit de l’UE […] cependant […] du point de vue du droit de l’[UE], des barrières de ce genre ou obstacles physiques ne peuvent pas rendre impossible l’accès à la procédure d’asile. »

      « Nous suivons le dossier et sommes en contact étroit avec le gouvernement grec », nous résume aujourd’hui Adalbert Jahnz. Boris Cheshirkov l’un des porte-parole du HCR, rappelle surtout à Mediapart que « 85 % des personnes qui arrivent aujourd’hui en Grèce sont des réfugiés et ont un profil éligible à l’asile ».

      Pour justifier son mur flottant, le gouvernement de droite affirme s’inspirer d’un projet terrestre ayant déjà vu le jour en 2012 : une barrière anti-migrants de 12,5 kilomètres de barbelés érigée entre la bourgade grecque de Nea Vyssa (nord-est du pays) et la ville turque d’Édirne, dans la région de l’Évros.

      L’UE avait à l’époque refusé le financement de cette clôture de près de 3 millions d’euros, finalement payée par l’État grec. Huit ans plus tard, le gouvernement salue son « efficacité » : « Les flux [de migrants] ont été réduits à [cette] frontière terrestre. Nous pensons que le système flottant pourrait avoir un impact similaire », a déclaré le ministre de la défense sur Skaï.

      Or pour la géographe Cristina Del Biaggio, maîtresse de conférences à l’université de Grenoble Alpes, ce mur de l’Évros n’a diminué les arrivées que « localement et temporairement » : « Il a modifié les parcours migratoires en les déplaçant vers le nord-est, à la frontière avec la Bulgarie. »

      En réponse, le voisin bulgare a érigé dans la foulée, en 2014, sa propre clôture anti-migrants à la frontière turque. Les arrivées se sont alors reportées sur les îles grecques du Dodécanèse, puis de nouveau dans la région de l’Évros. « En jouant à ce jeu cynique du chat et de la souris, le durcissement des frontières n’a que dévié (et non pas stoppé) les flux dans la région », conclut Cristina Del Biaggio.

      Selon elle, la construction d’une barrière flottante à des fins de contrôle frontalier serait une première. Le fait que ce « projet pilote » émane du ministère de la défense « est symbolique », ajoute Filippa Chatzistavrou, chercheuse en sciences politiques à l’université d’Athènes. « Depuis 2015, la Défense s’implique beaucoup dans les questions migratoires et c’est une approche qui en dit long : on perçoit les migrants comme une menace. »

      Théoriquement, « c’est le ministère de l’immigration qui devrait être en charge de ces projets, a reconnu le ministre de la défense. Mais il vient tout juste d’être recréé… ». Le gouvernement de droite conservatrice l’avait, de fait, supprimé à son arrivée en juillet dernier (avant de faire volte-face), en amorce d’autres réformes dures en matière d’immigration. En novembre, en particulier, une loi sur la procédure d’asile a été adoptée au Parlement, qui prolonge notamment la durée possible de rétention des demandeurs et réduit leurs possibilités de faire appel. Une politique qui n’a pas empêché la hausse des arrivées en Grèce.

      Porte-parole du HCR à Lesbos, Astrid Castelin observe l’île sombrer désormais « dans la haine des réfugiés et l’incertitude ». Reflet de la catastrophe en cours, le camp de Moria, en particulier, n’en finit pas de s’étaler dans les collines d’oliviers. « On y compte plus de 18 000 personnes, dont beaucoup d’enfants de moins de 12 ans, pour 3 000 places, s’inquiète ainsi Astrid Castelin. La municipalité ne peut plus ramasser l’ensemble des déchets, les files d’attente pour les douches ou les toilettes sont interminables. » Le 3 février, la police a fait usage de gaz lacrymogènes à l’encontre de 2 000 migrants qui manifestaient pour leurs droits.

      L’habitant de Lesbos déjà cité, lui, note qu’on parle davantage sur l’île de l’apparition de « milices d’extrême droite qui rôdent près de Moria, qui demandent leurs cartes d’identité aux passants » que du projet de barrage flottant. Le 7 février, en tout cas, la police grecque a annoncé avoir interpellé sept personnes soupçonnées de projeter une attaque de migrants.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/110220/grece-un-mur-flottant-pour-contrer-l-arrivee-de-migrants

  • Briefing: Behind the new refugee surge to the Greek islands

    “They told us, the young boys, to take a gun and go fight. Because of that I escaped from there [and] came here,” Mohammed, a 16-year-old from Ghazni province in Afghanistan, said while sitting in the entrance of a small, summer camping tent on the Greek island of Lesvos in early October.

    Nearby, across a narrow streambed, the din of voices rose from behind the barbed wire-topped fences surrounding Moria, Europe’s largest refugee camp.

    With the capacity to house around 3,000 people, the camp has long since spilled out of its walls, spreading into the olive groves on the surrounding hills, and is continuing to grow each day, with dangers of sickness and accidents set to increase in the winter months ahead.

    The population of the camp exploded this summer, from about 4,500 people in May to almost 14,000 by the end of October, reflecting a spike in the number of people crossing the Aegean Sea from Turkey in recent months. So far this year, nearly 44,000 people have landed on the Greek islands, compared to around 32,500 in all of 2018.

    The increase is being led by Afghans, accounting for nearly 40 percent of arrivals, and Syrians, around 25 percent, and appears to be driven by worsening conflict and instability in their respective countries and increasingly hostile Turkish policies towards refugees.
    Isn’t it normal to see a surge this time of year?

    Arrivals to Greece usually peak in the summertime, when weather conditions are better for making the passage from the Turkish coast.

    But the increase this year has been “unprecedented”, according to Astrid Castelein, head of the UN refugee agency (UNHCR) office on Lesvos.

    Since the EU and Turkey signed an agreement in March 2016 aimed at stopping the flow of asylum seekers and migrants across the Aegean, arrivals to the Greek Islands during the summer have ranged from around 2,000 to just under 5,000 people per month.

    In July this year, arrivals rose to more than 5,000 and continued to climb to nearly 8,000 in August, before peaking at over 10,000 in September.

    These numbers are a far cry from the height of the European migration crisis in 2015, when over 850,000 people crossed the Aegean in 12 months and more than 5,000 often landed on the islands in a single day.

    Still, this year’s uptick has caused European leaders to warn about the potential that arrivals from Turkey could once again reach 2015 levels.
    What is Turkey threatening to do?

    Turkey hosts the largest refugee population in the world, at around four million people, including around 3.6 million Syrians.

    In recent months, Turkish President Recep Tayyip Erdogan has repeatedly threatened to “open the gates” of migration, using the spectre of increased refugee arrivals to try to pressure the EU to support controversial plans for “a safe zone” in northern Syria. He wielded it again to try to get EU leaders to dampen their criticism of the military offensive Turkey launched at the beginning of October, which had the stated aim of carving out the zone, as well as fending off a Kurdish-led militia it considers terrorists.

    But despite the rhetoric, apprehensions of asylum seekers and migrants trying to leave Turkey have increased along with arrivals to the Greek islands.

    Between the beginning of July and the end of September, the Turkish Coast Guard apprehended around 25,500 people attempting to cross the Aegean Sea, compared to around 8,600 in the previous three months.

    “This stark increase is in line with the increase in [the] number of people crossing the Eastern Mediterranean,” Simon Verduijn, a Middle East migration specialist with the Mixed Migration Centre, said via email. “The Turkish Coast Guard seems to monitor the Aegean seas very carefully.”

    “The situation has not changed,” Ali Hekmat, founder of the Afghan Refugees Association in Turkey, said, referring to the difficulty of crossing the sea without being apprehended, “but the number of boats increased.”
    Why are there so many Afghans?

    The spike in people trying to reach the Greek islands also coincides with an increase in the number of asylum seekers and migrants crossing into Turkey.

    “We’ve noticed a general… increase in movement across the country lately,” said Lanna Walsh, a spokesperson for the UN’s migration agency, IOM, in Turkey.

    So far this year, Turkish authorities have apprehended more than 330,000 people who irregularly entered the country, compared to just under 270,000 all of last year. Similar to the Greek islands, Afghans are crossing into Turkey in greater numbers than any other nationality, accounting for 44 percent of people who have been apprehended, following a spike in Afghan arrivals that started last year.

    “It’s not surprising that people see that they no longer have a future in Turkey.”

    2018 was the deadliest year for civilians in Afghanistan out of the past decade, and the violence has continued this year, crescendoing in recent months as peace talks between the United States and the Taliban gained momentum and then collapsed and the country held presidential elections. Afghanistan is now the world’s least peaceful country, trading places with Syria, according to the Institute for Economics and Peace, an Australia-based think tank that publishes an annual Global Peace Index.

    At the same time, options for Afghans seeking refuge outside the country have narrowed. Conditions for around three million Afghans living in Iran – many without legal status – have deteriorated, with US sanctions squeezing the economy and the Iranian government deporting people back to Afghanistan.

    Turkey has also carried out mass deportations of Afghans for the past two years, changes to the Turkish asylum system have made it extremely difficult for Afghans to access protection and services in the country, and legal routes out of the country – even for the most vulnerable – have dried up following deep cuts to the US refugee resettlement programme, according to independent migration consultant Izza Leghtas.

    “It’s not surprising that people see that they no longer have a future in Turkey,” Leghtas said.
    What do the refugees themselves say?

    The stories of Afghans who have made it to Lesvos reflect these difficult circumstances. Mohammed, the 16-year-old who fled Afghanistan because he didn’t want to fight, said that the Taliban had attacked the area near his home in Ghazni province. He decided to flee when local men who were fighting the Taliban told him and other young men to take up arms. “We just want to get [an] education… We want to live. We don’t want to fight,” he said.

    Mohammed went to Iran using his Afghan passport and then crossed the border into Turkey with the help of a smuggler, walking for about 14 hours before he reached a safe location inside the country. After about a month, he boarded an inflatable dinghy with other refugees and crossed from the Turkish coast to Lesvos. “There’s no way to live in Turkey,” he said when asked why he didn’t want to stay in the country. “If they found out that I am Afghan… the police arrest Afghan people who are refugees.”

    Ahmad, a 23-year-old Afghan asylum seeker also camping out in the olive groves at Moria, left Afghanistan three years ago because of tensions between ethnic groups in the country and because of Taliban violence. He spent two years in Iran, working illegally – “the government didn’t give us permission to work,” he said – before crossing into Turkey last year. He eventually found a job in Turkey and was able to save up enough money to come to Greece after struggling to register as an asylum seeker in Turkey.

    Ali, a 17-year-old Afghan asylum seeker, was born in Iran. Ali’s father was the only member of the family with a job and wasn’t earning enough money to cover the family’s expenses. Ali also wasn’t able to register for school in Iran, so he decided to come to Europe to continue his education. “I wanted to go to Afghanistan, but I heard that Afghanistan isn’t safe for students or anyone,” Ali said.
    Is pressure growing on Syrian refugees?

    UNHCR also noticed an increase in the proportion of Syrians arriving to the Greek islands in August and September compared to previous months, according to Castelein.

    Since July, human rights organisations have documented cases of Turkish authorities forcibly returning Syrians from Istanbul to Idlib, a rebel-held province in northwestern Syria, which has been the target of an intense bombing campaign by the Syrian government and its Russian allies since April. The Turkish government has denied that it is forcibly returning people to northwest Syria, which would be a violation of customary international law.

    “I left for safety – not to take a vacation – for safety, for a safe country that has work, that has hope, that life.”

    Tighter controls on residency permits, more police checks, and increased public hostility towards Syrians amidst an economic downturn in Turkey have also added to a climate of fear. “People that don’t have a kimlik (a Turkish identity card) aren’t leaving their houses. They’re afraid they’ll be sent back to Syria,” said Mustafa, a 22-year-old Syrian asylum seeker on Lesvos who asked that his name be changed.

    Until recently, Mustafa was living in the countryside of Damascus, Syria’s capital, in an area controlled by the Syrian government. His family was displaced early on in Syria’s more than eight and a half year civil war, but he decided to leave the country only now, after being called up for mandatory military service. “I didn’t know what to do. They want you to go fight in Idlib,” he said.

    Mustafa spent a month in Istanbul before crossing to Lesvos at the end of September. “I saw that the situation was terrible in Turkey, so I decided to come here,” he added. “I left for safety – not to take a vacation – for safety, for a safe country that has work, that has hope, that life.”
    How shaky is the EU-Turkey deal?

    The military campaign Turkey launched in the Kurdish-administered part of northeast Syria at the beginning of October displaced some 180,000 people, and around 106,000 have yet to return. Another 12,000 Syrians have crossed the border into Iraq.

    A ceasefire is now in place but the future of the region remains unclear, so it’s too early to tell what impact, if any, it will have on migration across the Aegean, according to Gerry Simpson, associate director of Human Rights Watch’s crisis and conflict division.

    But Turkey’s tightening residency restrictions, deportations, and talk of mass expulsions could, Simpson said, be a “game-changer” for the EU-Turkey deal, which is credited with reducing the number of people crossing the Aegean since March 2016.

    The agreement is based on the idea that Turkey is a safe third country for asylum seekers and migrants to be sent back to, a claim human rights groups have always taken issue with.

    In the more than three years since the deal was signed, fewer than 3,000 people have been returned from Greece to Turkey. But Greece’s new government, which came to power in July, has said it will speed up returns, sending 10,000 people back to Turkey by the end of 2020.

    “This idea that [Turkey] is a safe third country of asylum was never acceptable to begin with. Obviously, now we’ve seen [that] even more concretely with very well documented returns, not only of Syrians, but also of Afghans,” Leghtas, the migration consultant, said.

    “Whether that changes the two sides’ approach to the [EU-Turkey deal] is another matter because in practical terms… the only real effect of the [deal] has been to trap people on the islands,” Simpson added.

    https://www.thenewhumanitarian.org/news/2019/10/30/refugee-surge-Greek-islands
    #îles #asile #migrations #réfugiés #Grèce #Mer_Egée #réfugiés_afghans

    • Refugees trapped on Kos: An unspeakable crisis in reception conditions

      Hundreds of refugees are forced to live in boxes made out of cardboard and reed or makeshift sheds inside and outside of the Kos hotspot, in the utmost precarious and unsuitable conditions, without access to adequate medical and legal assistance. Since last April, the Kos hotspot, located on a hill at the village of Pyli, 15km outside of the city, is overcrowded, while the number of transfers of vulnerable refugees from the island to the mainland is significantly lower[1] compared to other islands, therefore creating an unbearable sense of entrapment for the refugees. RSA staff visited the island recently, spoke with refugees[2] living at the hotspot and visited the surrounding area. The images and testimonies cited in this document point out an unspeakable crisis in reception conditions.

      A former military camp in the village of Pyli serves as the Kos hotspot, despite intense protests residents; it started operating in March 2016 following the implementation of the toxic EU – Turkey Deal. According to official data, a place designed for a maximum occupancy of 816 people and 116 containers is now accommodating 3.734 people. Given the lack of any other accommodation structure on the island, the above number includes those living in makeshift sheds inside the hotspot as well as in crumbling abandoned buildings and tents outside of it. This severe overcrowding has led the authorities to use the Pre-removal Centre as an area for the stay for asylum-seekers– who are under restriction of their freedom of movement – including vulnerable individuals, women and families.

      According to UNHCR, the majority of asylum-seekers come from Syria, the Democratic Republic of the Congo, Palestine and Iraq, while children make up for 27% of the entire population. This data points out that, despite the dominant opposite and unfounded rhetoric, most of the newcomers are refugees, coming from countries with high asylum recognition rates.

      “We are living like mice”

      Two large abandoned buildings stand outside the hotspot; they are accessible only through debris, trash and a “stream” of sewage. RSA met with refugees who live there and who described their wretched living conditions. “Here, we are living like mice. We are looking for cardboard boxes and reeds to make ourselves a place to sleep. At night, there is no electricity. You look for an empty space between others, you lay down and try to sleep”, says an English-speaking man from Cameroon, who has been living in one of these abandoned buildings for two months. It is an open space full of holes in the walls and a weathered roof of rusty iron[3].

      Cardboard rooms

      African refugees, men and women have found shelter in this utterly dangerous setting. They have made a slum with big cardboard rooms, one next to the other, where the entrance is not visible. As the refugees sleeping in this area mention, there is cement and plaster falling off of the roof all the time. A vulnerable female refugee from Africa described to us her justified fear that her living conditions expose her to further danger.

      “The police told us to go find somewhere to sleep, there is no room at the hotspot. I am scared in here among so many men, because there is no electricity and it gets dark at night. But, what can I do? There was no room for me inside”.

      A blanket for each person

      The situation for Afghan families living in rooms of the other abandoned building, a few meters away, is similar. “When we take our children to the doctor, he writes prescriptions and tells us to buy them by ourselves. No one has helped us. When we arrived, they gave only one blanket to each one of us. Us women, we don’t even have the basics for personal hygiene”, says a young Afghan who has been living here for a month with her daughter and her husband. “They give us 1.5lt of water every day and pasta or potatoes almost daily”, says a young Afghan.

      In that space we met with refugees who complain about snakes getting indoors, where people sleep. Many try to shut the holes in the abandoned buildings to deter serpents from entering and to protect themselves from the cold. “We shut the holes but it is impossible to protect ourselves, this building is falling apart, it is really dangerous”, says a man from Afghanistan.

      There are no toilets outside of the hotspot; a cement trough is used as a shower for men, women and children, along with a hose from the fields nearby. There, they collect water in buckets and take it to their sheds. Alongside the road leading to the hotspot, refugees are carrying on their shoulders mattresses they have found in the trash, to put them in their tents and sheds.

      According to UNHCR, following a request by the Reception and Identification Authority, 200 tents were donated to the hotspot. This said, the Authorities have yet to find an appropriate space to set them up.

      Unbearable conditions inside the hotspot

      At the moment, there is not really a “safe zone” for unaccompanied minors, despite the fact that there is a space that was designed for this purpose, as families seem to be living in UNHCR tents in that space. The area is not completely protected and according to reports adults, who use the hygiene facilities, can enter there.

      Due to the overcrowding, lodgings have been set up in almost every available space, whereas, according to testimonies, there are serious problems with electricity, water supply, sewage disposal and cleanliness. The refugees mention that there is only one public toilet for those not living in a container, lack of clothing, shoes and hygiene products. Some told us that they left the hotspot because of the conditions there, in search of a living space outside of it. Such is the case of a Syrian refugee with his son, who are sleeping in a small construction near the hotspot entrance. “I found two mattresses in the trash. It was so filthy inside and the smell was so unbearable that I couldn’t stand it. I was suffering of skin problems, both me and the child”, he says. Tens of other refugees are sleeping in parks and streets downtown and depend upon solidarity groups in order to attend to their basic needs.

      Several refugees told us that they are in search of ways to work, even for free, in order to be of use. “I want to do something, I can’t just sit around doing nothing, it is driving me crazy. Would you happen to know where I could be of help? They say they don’t need me at the hotspot, is there anything I could do for the town of Kos? Clean, help somehow?”, a young Palestinian asks.

      Inadequate access to medical care

      Refugees living in the hotspot point out the inadequate or non-existent medical care. “We queue up and, if we manage to get to a doctor, they tell us to drink water, a lot of water, and sometimes they give paracetamol. There is no doctor at night, not even for emergencies. If someone is sick, the police won’t even call an ambulance. Take a taxi, they tell us. The other day, my friend was sick with a high fever, we called a taxi, but because the taxi wouldn’t come to the hotspot entrance, we carried him down the road for the taxi to pick us up”, says a young refugee.

      According to reports, at this moment there is only one doctor at the hotspot and only one Arab-speaking interpreter among the National Public Health Organization (NPHO) staff; during the summer, because of the limited NHPO staff, there were serious delays in medical tests and vulnerability screenings. Also, Kos hospital is understaffed, with whatever the consequences might be for the locals and the refugees in need of medical care[4].

      Not having a Social Security Number makes things even worse for those in need of medication, as they have to pay the entire price to buy it. The amount of 90 EURO that they receive as asylum-seekers from the cash program (cash card), especially when they have a health issue, is not enough. Such is the testimony of a woman from Africa, living in one of the abandoned buildings outside the hotspot. “It is dangerous here, we are suffering. It is difficult in these conditions, with our health, if you go to the hospital, they won’t give you medication. They will write you a prescription and you will have to buy it with your own money”, she tells us.

      Problems with free access to medical care for the thousands of newcomers increased sharply since July 2019 because the Foreigner Health Card system did not work and the Minister of Labor revoked[5] the circular on granting a Social Security Number to asylum-seekers, since the matter has yet to be regulated.

      Under these circumstances, survivors of a shipwreck (caused by the Coast Guard ramming a refugee boat near Kos resulting in the death of a 3-year old boy and a man) were transferred last week. According to the press, the 19-year old mother of the child, a few hours after the shipwreck and while still in shock, grave mourning and exhaustion, was transferred to the Reception and Identification Centre in order to be registered.

      Repression and police brutality

      According to the testimonies of at least four refugees, their protests are mostly dealt with repression, while there are reports on use of police violence in these situations. “Every time there is an issue, we go to the police and tell them do something, you have to protect us. They tell us to go away and if we insist, they start yelling and, if we don’t leave, they beat us”, says a minor Afghan who is living in the hotspot with his family. “If we complain, no one listens to you. It is a waste of time and you risk getting in trouble”, a 41-year old man from Africa, who has been living for the past six months inside the hotspot in a shed made of cardboard boxes, explains to us. ”A month ago, when we had the first rain, people were complaining, but it did nothing other than the riot police coming over”, they are telling us.

      Huge delays in the asylum process

      Many of those we met have yet to receive the threefold document and still have no access to the cash program. Newcomers have only received their “Restriction of Freedom Decision”, valid for 25 days; several have told us that the information on the asylum process is incomplete and they are having difficulty understanding it. At the end of the 25 days, they usually receive a document titled “Service Note of Release” where there is mention of the geographical restriction on the island of Kos. Lately, a notification for the intention to claim asylum is required.

      According to reports, at the moment there is a large number of people whose asylum process has not advanced (backlog). “Some of us have been here for 4-6 months and we haven’t even had a pre-interview[6] or an interview yet”, says a woman from Cameroon who is living in the hotspot.

      Arrivals have particularly increased in the past months, while refugees arriving in smaller islands, such as Kalymnos, Symi, are transferred to the Kos and Leros hotspots. According to UNHCR, a recent transfer of refugees from Kos to the mainland took place on 6 October and concerned 16 individuals. [7]. Due to the fact that in Kos the geographic restriction was not usually lifted in the past months, hundreds of people are trapped in these extremely precarious conditions. This appears to be happening because of the delays in the asylum process and the lack of medical staff, resulting to vulnerable individuals not being identified, combined with the lack of available space in the mainland structures and the prioritization of other islands that have hotspots.

      In Kos, there is free legal aid by four lawyers in total (a Registry lawyer, Metadrasi, Greek Refugee Council, Arsis), while there is great lack of interpreters both in the hotspot and the local hospital.

      Lack of access to education

      With regard to the refugees children’s education, evening classes in the Refugee Reception and Education Centres (RREC) have yet to start. According to UNHCR data, more than 438 children of school and pre-school age – aged 5 to 17-years old – are living in the hotspot[8] .

      In total, 108 children attend the Centre of non-typical education (KEDU) of Arsis Organization near the hotspot, funded by UNHCR. Any educational activity inside the hotspot, take place as part of an unemployment program by the Manpower Employment Organization. According to reports, the kindergarten providing formal education that operated in the previous two years inside the hotspot under the Ministry of Education is now closed as safety reasons were invoked.

      Detention: bad conditions and detention of vulnerable individuals

      The Pre-removal Centre next to the hotspot, with a capacity of 474 people, is currently detaining 325 people. According to UNHCR observations, the main nationalities are Iraq, Cameroon, Egypt, Syria and Pakistan.

      According to reports, newcomers in nearby islands that are transferred to Kos are also detained there until they submit their asylum claim. Also, people who have violated the geographic restriction are also held there. Among the detainees, there are people who have not been subjected to reception procedures process due to shortcomings of the Reception and Identification Authority[9]. Characteristically, following his visit to Kos in August 2019, Philippe Leclerc, the UNHCR Representative in Greece, reported: “I also visited the pre-removal centre on Kos, which since May 2019 has broadly been used as a place for direct placement in detention, instead of reception, of asylum-seekers, including women and those with specific needs, some of whom without prior and sufficient medical or psychosocial screening, due to lack of enough personnel”.

      In the context of the pilot project implemented in Lesvos, even extremely vulnerable individuals are being detained, despite the fact that there is no doctor in the Pre-removal Centre. An African refugee with a serious condition told us “I was in the Pre-removal Centre for three and a half months. I almost collapsed. I showed them a document from my country’s hospital, where my condition is mentioned, I asked them for a doctor, but they brought a nurse. Now I sleep in a room made of cardboard and reed outside of the hotspot”.

      According to complaints by at least two people who have been detained at the Pre-removal Centre, the police broke the camera of their mobile phones, that resulted in the phones not functioning and them losing their contacts and the only means of communication with their families. “Inside the Pre-removal Centre we didn’t have access to a doctor nor to medication. There was a nurse, but we were receiving no help. Also, we didn’t have access to a lawyer. When we complained, they transferred us to another wing, but all the wings were in an equally bad condition. Many times those who complained were being taken to the police station”, says a 30-year old man from Gambia.

      https://rsaegean.org/en/refugees-trapped-on-kos

    • 800 migrants arrive in Greece within 48 hours, living conditions described as ’horrible’

      Migrant arrivals to Greece continue unabated: Nearly 800 migrants crossed from Turkey to Greece in just 48 hours this week, marking the highest pace of arrivals in 40 months. The Council of Europe during a visit to migrant camps on the Greek islands warned of an explosive situation and described living conditions there as ’horrible.’

      On Wednesday, the Greek coastguard registered the arrival of 790 migrants in just 48 hours. As state media reported, the migrants arrived by land and by sea on boats at Alexandropouli on the mainland and the islands of Samos and Farmakonisi.

      The country has not seen this many arrivals of migrants via sea since the EU-Turkey deal came into effect in March 2016. The number of migrants arriving in Greece in the first ten months of this year has already overshot last year’s figure of around 50,500.

      According to the latest UNHCR figures, 55,348 migrants have arrived, 43,683 of them by sea, between the start of 2019 and Sunday.

      Dramatic situation

      The surge has led to dramatic overcrowding in camps on the Greek Aegean islands, where the migrant population has more than doubled over the past six months, according to the German press agency dpa. Even before, the camps were packed at more than twice their capacity. Outbreaks of violence and fires at the EU-funded island camps have further escalated the situation.

      During a visit to Greek island camps on Wednesday, Dunja Mijatovic, the Commissioner for Human Rights at the Council of Europe, said she had witnessed people queuing for food or to use a bathroom for more than three hours at refugee camps for asylum seekers on the Greek islands of Lesbos, Samos and Corinth.

      “The people I have met are living in horrible conditions and in an unbearable limbo,” she said at a news briefing on Thursday; adding the migrants were struggling to cope with overcrowding, lack of shelter, poor hygiene conditions and substandard access to medical care.

      “I saw children with skin diseases not treated. I heard about no medications or drugs at all available to these people. No access to health, no proper access to health and many other things that are really quite shocking for Europe in the 21st century,” Mijatovic continued.

      Relocation

      To ease the overcrowding, the Greek government has already started relocating people to the mainland. Prime Minister Kyriakos Mitsotakis announced that 20,000 migrants would be moved by the end of the year. With the current resurgence of arrivals, however, decongestion is not in sight. Mijatovic urged the authorities to transfer asylum seekers from islands to the mainland as soon as possible. “It is an explosive situation”, she said. “This no longer has anything to do with the reception of asylum-seekers,” she said. “This has become a struggle for survival,” she concluded at the end of her visit.

      https://www.infomigrants.net/en/post/20526/800-migrants-arrive-in-greece-within-48-hours-living-conditions-descri

    • Sur l’île de #Samos, une poudrière pour des milliers d’exilés confinés à l’entrée de l’UE

      Avec 6 000 migrants pour 650 places, le camp grec de Samos est une poudrière ravagée par un incendie à la mi-octobre. Alors que la Grèce redevient la première porte d’entrée dans l’UE, autorités comme réfugiés alertent sur la catastrophe en cours. Reportage sur cette île, symptôme de la crise européenne de l’accueil.

      La ligne d’horizon se fond dans le ciel d’encre de Samos. L’île grecque des confins de l’Europe est isolée dans la nuit d’automne. Sur le flanc de la montagne qui surplombe la ville côtière de Vathy, des lumières blanches et orange illuminent un amas de blocs blancs d’où s’élèvent des voix. Elles résonnent loin dans les hauteurs de cyprès et d’oliviers, où s’égarent des centaines de tentes. Ces voix sont celles d’Afghans et de Syriens en majorité, d’Irakiens, de Camerounais, de Congolais, de Ghanéens… Pour moitié d’entre eux, ce sont des femmes et des enfants. Un monde au-dehors qui peine à s’endormir malgré l’heure tardive.

      À deux kilomètres des côtes turques, l’île de Samos (Grèce) est rejointe en Zodiac par les exilés. © Dessin Elisa Perrigueur

      Ils sont 6 000 à se serrer dans les conteneurs prévus pour 648 personnes, et la « jungle » alentour, dit-on ici. Ce camp est devenu une ville dans la ville. On y compte autant de migrants que d’habitants. « Samos est un petit paradis avec ce point cauchemardesque au milieu », résume Mohammed, Afghan qui foule ces pentes depuis un an. Les exilés sont arrivés illégalement au fil des mois en Zodiac, depuis la Turquie, à deux kilomètres. Surpeuplé, Vathy continue de se remplir de nouveaux venus débarqués avec des rêves d’Europe, peu à peu gagnés par la désillusion.

      À l’origine lieu de transit, le camp fut transformé en 2016 en « hotspot », l’un des cinq centres d’identification des îles Égéennes gérés par l’État grec et l’UE. Les migrants, invisibles sur le reste de l’île de Samos, sont désormais tous bloqués là le temps de leur demande d’asile, faute de places d’hébergement sur le continent grec, où le dispositif est débordé par 73 000 requêtes. Ils attendent leur premier entretien, parfois calé en 2022, coincés sur ce bout de terre de 35 000 habitants.

      Naveed Majedi, Afghan de 27 ans rencontré à Vathy. © Elisa Perrigueur
      Naveed Majedi, un Afghan de 27 ans, physique menu et yeux verts, évoque la sensation d’être enlisé dans un « piège » depuis sept mois qu’il s’est enregistré ici. « On est bloqués au milieu de l’eau. Je ne peux pas repartir en Afghanistan, avec les retours volontaires [proposés par l’Organisation internationale pour les migrations de l’ONU – ndlr], c’est trop dangereux pour ma vie », déplore l’ancien traducteur pour la Force internationale d’assistance à la sécurité à Kaboul.

      Le camp implose, les « habitations » se négocient au noir. Naveed a payé sa tente 150 euros à un autre migrant en partance. Il peste contre « ces tranchées de déchets, ces toilettes peu nombreuses et immondes. La nourriture mauvaise et insuffisante ». Le jeune homme prend des photos en rafale, les partage avec ses proches pour montrer sa condition « inhumaine », dit-il. De même que l’organisation Médecins sans frontières (MSF) alerte : « On compte aujourd’hui le plus grand nombre de personnes dans le camp depuis 2016. La situation se détériore très vite. Le lieu est dangereux pour la santé physique et mentale. »

      Il n’existe qu’une échappatoire : un transfert pour Athènes en ferry avec un relogement à la clef, conditionné à l’obtention d’une « carte ouverte » (en fonction des disponibilités, de la nationalité, etc.). Depuis l’arrivée en juillet d’un premier ministre de droite, Kyriakos Mitsotakis, celles-ci sont octroyées en petit nombre.

      Se rêvant dans le prochain bateau, Naveed scrute avec obsession les rumeurs de transferts sur Facebook. « Il y a des nationalités prioritaires, comme les Syriens », croit-il. Les tensions entre communautés marquent le camp, qui s’est naturellement divisé par pays d’origine. « Il y a constamment des rixes, surtout entre des Afghans et des Syriens, admet Naveed. Les Africains souvent ne s’en mêlent pas. Nous, les Afghans, sommes mal perçus à cause de certains qui sont agressifs, on nous met dans le même sac. » Querelles politiques à propos du conflit syrien, embrouilles dans les files d’attente de repas, promiscuité trop intense… Nul ne sait précisément ce qui entraîne les flambées de colère. La dernière, sanglante, a traumatisé Samos.

      Le camp était une poudrière, alertaient ces derniers mois les acteurs de l’île dans l’indifférence. Le 14 octobre, Vathy a explosé. Dans la soirée, deux jeunes exilés ont été poignardés dans le centre-ville, vengeance d’une précédente rixe entre Syriens et Afghans au motif inconnu. En représailles, un incendie volontaire a ravagé 700 « habitations » du camp. L’état d’urgence a été déclaré. Les écoles ont fermé. Des centaines de migrants ont déserté le camp.

      L’Afghan Abdul Fatah, 43 ans, sa femme de 34 ans et leurs sept enfants ont quitté « par peur » leur conteneur pour dormir sur la promenade du front de mer. Les manifestations de migrants se sont multipliées devant les bureaux de l’asile. Des policiers sont arrivés en renfort et de nouvelles évacuations de migrants vers Athènes ont été programmées.

      Dans l’attente de ces transferts qui ne viennent pas, les migrants s’échappent quand ils le peuvent du camp infernal. Le jour, ils errent entre les maisons pâles du petit centre-ville, déambulent sur la baie, patientent dans les squares publics.

      « Nous ne sommes pas acceptés par tous. Un jour, j’ai voulu commander à dîner dans une taverne. La femme m’a répondu que je pouvais seulement prendre à emporter », relate Naveed, assis sur une place où trône le noble Lion de Samos. Un homme du camp à l’air triste sirote à côté une canette de bière. Une famille de réfugiés sort d’un supermarché les bras chargés : ils viennent de dépenser les 90 euros mensuels donnés par le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) dans l’échoppe où se mêlent les langues grecque, dari, arabe et français.

      D’autres migrants entament une longue marche vers les hauteurs de l’île. Ils se rendent à l’autre point de convergence des réfugiés : l’hôpital de Samos. Situé entre les villas silencieuses, l’établissement est pris d’assaut. Chaque jour entre 100 et 150 demandeurs s’y pressent espérant rencontrer un docteur, de ceux qui peuvent rédiger un rapport aidant à l’octroi d’un statut de « vulnérabilité » permettant d’obtenir plus facilement une « carte ouverte ».

      Samuel et Alice, un couple de Ghanéens ont mis des semaines à obtenir un rendez-vous avec le gynécologue de l’hôpital. © Elisa Perrigueur

      La « vulnérabilité » est théoriquement octroyée aux femmes enceintes, aux personnes atteintes de maladies graves, de problèmes psychiques. Le panel est flou, il y a des failles. Tous le savent, rappelle le Dr Fabio Giardina, le responsable des médecins. Certains exilés désespérés tentent de simuler des pathologies pour partir. « Un jour, on a transféré plusieurs personnes pour des cas de tuberculose ; les jours suivants, d’autres sont venues ici, nombreuses, en prétextant des symptômes, relate le médecin stoïque. On a également eu beaucoup de cas de simulations d’épilepsie. C’est très fatigant pour les médecins, stressés, qui perdent du temps et de l’argent pour traiter au détriment des vrais malades. Avec la nouvelle loi en préparation, plus sévère, ce système pourrait changer. »

      En neuf mois, l’établissement de 123 lits a comptabilisé quelque 12 000 consultations ambulatoires. Les pathologies graves constatées : quelques cas de tuberculose et de VIH. L’unique psychiatre a démissionné il y a quelques mois. Depuis un an et demi, deux postes de pédiatres sont vacants. « Le camp est une bombe à retardement, lâche le Dr Fabio Giardina. Si la population continue d’augmenter, on franchira la ligne rouge. »

      Dans le couloir où résonnent les plaintes, Samuel Kwabena Opoku, Ghanéen de 42 ans, est venu pour sa femme Alice enceinte de huit mois. Ils ont mis longtemps à obtenir ce rendez-vous, qui doit être pris avec le médecin du camp. « Nous, les Noirs, passons toujours au dernier plan, accuse-t-il. Une policière m’a lancé un jour : vous, les Africains [souvent venus de l’ouest du continent – ndlr], vous êtes des migrants économiques, vous n’avez rien à faire là. » Ils sont les plus nombreux parmi les déboutés.
      Le maire : « L’Europe doit nous aider »

      Samuel, lui, raconte être « menacé de mort au Ghana. Je devais reprendre la place de mon père, chef de tribu important. Pour cela, je devais sacrifier le premier de mes fils, eu avec mon autre femme. J’ai refusé ce crime rituel ». Son avocate française a déposé pour le couple une requête d’urgence, acceptée, devant la Cour européenne des droits de l’homme. Arrivés à Samos en août, Samuel et Alice ont vu le gynécologue, débordé, en octobre pour la première fois. L’hôpital a enregistré 213 naissances sur l’île en 2019, dont 88 parmi la population migrante.

      Des ONG internationales suisses, françaises, allemandes sillonnent l’institution, aident aux traductions, mais ne sont qu’une quinzaine sur l’île. « Nous sommes déconnectées des autorités locales qui communiquent peu et sommes sans arrêt contrôlées, déplore Domitille Nicolet, de l’association Avocats sans frontières. Une situation que nous voulons dénoncer mais peu de médias s’intéressent à ce qui se passe ici. »

      Une partie de la « jungle » du camp de Vathy, non accessible aux journalistes ni aux ONG. © Elisa Perrigueur

      Chryssa Solomonidou, habitante de l’île depuis 1986 qui donne des cours de grec aux exilés, est en lien avec ces groupes humanitaires souvent arrivés ces dernières années. « Les migrants et ONG ont rajeuni la ville, les 15-35 ans étaient partis à cause de la crise », relate-t-elle. Se tenant droite dans son chemisier colorée au comptoir d’un bar cossu, elle remarque des policiers anti-émeute attablés devant leurs cafés frappés. Eux aussi sont les nouveaux visages de cette ville « où tout le monde se connaissait », souligne Chryssa Solomonidou. En grand nombre, ils remplissent tous les hôtels aux façades en travaux après une saison estivale.

      « J’ai le cœur toujours serré devant cette situation de misère où ces gens vivent dehors et nous dans nos maisons. C’est devenu ici le premier sujet de conversation », angoisse Chryssa. Cette maman a assisté, désemparée, à la rapide montée des ressentiments, de l’apparition de deux univers étrangers qui se croisent sans se parler. « Il y a des rumeurs sur les agressions, les maladies, etc. Une commerçante vendait des tee-shirts en promotion pour 20 euros. À trois hommes noirs qui sont arrivés, elle a menti : “Désolée, on ferme.” Elle ne voulait pas qu’ils les essayent par peur des microbes », se souvient Chryssa.

      Il y a aussi eu cette professeure, ajoute-t-elle, « poursuivie en justice par des parents d’élèves » parce qu’elle voulait faire venir des migrants dans sa classe, ce que ces derniers refusaient. L’enseignante s’est retrouvée au tribunal pour avoir appelé les enfants à ignorer « la xénophobie » de leurs aînés. « Ce n’est pas aux migrants qu’il faut en vouloir, mais aux autorités, à l’Europe, qui nous a oubliés », déplore Chryssa.

      « L’UE doit nous aider, nous devons rouvrir les frontières [européennes – ndlr] comme en 2015 et répartir les réfugiés », prône Giorgos Stantzos, le nouveau maire de Vathy (sans étiquette). Mais le gouvernement de Mitsotakis prépare une nouvelle loi sur l’immigration et a annoncé des mesures plus sévères que son prédécesseur de gauche Syriza, comme le renvoi de 10 000 migrants en Turquie.

      Des centaines de migrants ont embarqué sur un ferry le 21 octobre, direction Athènes. © Elisa Perrigueur

      Les termes de l’accord controversé signé en mars 2016 entre Ankara et l’UE ne s’appliquent pas dans les faits. Alors que les arrivées en Grèce se poursuivent, la Turquie affirme que seuls 3 des 6 milliards d’euros dus par l’Europe en échange de la limitation des départs illégaux de ses côtes auraient été versés. Le président turc Erdogan a de nouveau menacé au cours d’un discours le 24 octobre « d’envoyer 3,6 millions de migrants en Europe » si celle-ci essayait « de présenter [son] opération [offensive contre les Kurdes en Syrie – ndlr] comme une invasion ».

      À Samos, où les avions militaires turcs fendent régulièrement le ciel, ce chantage résonne plus qu’ailleurs. « Le moment est très critique. Le problème, ce n’est pas l’arrivée des familles qui sont réfugiées et n’ont pas le choix, mais les hommes seuls. Il n’y a pas de problèmes avec les habitants mais entre eux », estime la municipalité. Celle-ci « n’intervient pas dans le camp, nous ne logeons pas les réfugiés même après les incendies, ce n’est pas notre job ».

      L’édile Giorgos Stantzos multiplie les déclarations sur Samos, trop éclipsée médiatiquement, selon les locaux, par la médiatisation, légitime, de l’île de Lesbos et de son camp bondé, avec 13 000 migrants. Au cours d’un rassemblement appelé le 21 octobre, Giorgos Stantzos a pris la parole avec les popes sur le parvis de la mairie de Samos. « Nous sommes trop d’êtres humains ici […], notre santé publique est en danger », a-t-il martelé sous les applaudissements de quelques milliers d’habitants.

      La municipalité attend toujours la « solution d’urgence » proposée par l’État grec et l’UE. Bientôt, un nouveau camp devrait naître, loin des villes et des regards. Un mastodonte de 300 conteneurs, d’une capacité de 1 000 à 1 500 places, cernés de grillages de l’OTAN, avec « toutes les facilités à l’intérieur : médecins, supermarchés, électricité, etc. », décrypte une source gouvernementale. Les conteneurs doivent être livrés mi-novembre et le camp devrait être effectif à la fin de l’année. « Et le gouvernement nous a assuré qu’il organiserait des transferts de migrants vers le continent toutes les semaines d’ici la fin novembre pour désengorger Samos », précise le maire Giorgos Stantzos.

      Sur les quais du port, le soir du 21 octobre, près de 700 Afghans, Syriens, Camerounais, Irakiens… ont souri dans le noir à l’arrivée du ferry de l’État aux lumières aveuglantes. Après s’y être engouffrés sans regret, ils ont fait escale au port du Pirée et voulu rejoindre des hébergements réquisitionnés aux quatre coins du continent. Quelque 380 passagers de ce convoi ont été conduits en bus dans le nord de la Grèce. Eux qui espéraient tant de cette nouvelle étape ont dû faire demi-tour sous les huées de villageois grecs : « Fermez les frontières », « Chassez les clandestins ».

      Boîte noire :

      L’actuel camp de conteneurs de Vathy, entouré de barbelés, n’est accessible qu’avec l’autorisation du gouvernement, et il est donc uniquement possible de se rendre dans la « jungle » de tentes alentour.

      Dès le 10 octobre, nous avons formulé des demandes d’interviews avec le secrétaire de la politique migratoire, Giorgos Koumoutsakos (ou un représentant de son cabinet), la responsable du « hotspot » de Samos et/ou un représentant de l’EASO, bureau européen de l’asile. Le 15 octobre, nous avons reçu une réponse négative, après les « graves incidents » de la veille. Nous avons réitéré cette demande les 20 et 23 octobre, au cours de notre reportage à Samos. Avec un nouveau refus des autorités grecques à la clef, qui évoquent une « situation trop tendue » sur les îles.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/311019/sur-l-ile-de-samos-une-poudriere-pour-des-milliers-d-exiles-confines-l-ent

  • Drownings of Turkey’s Purge
    –-> 31 Turkish citizens drowned in the Aegean sea while seeking to escape the ongoing post-coup crackdown in Turkey.

    Thousands of people have fled Turkey over the past three years due to a massive witch-hunt launched by the Justice and Development Party (AK Party) government against its critics such as academics, Kurdish politicians and especially the real or imagined sympathizers of the Gülen group, in the wake of a failed coup attempt on July 15, 2016. The gov’t accuses the group of masterminding the failed coup while the group denies any involvement.

    More than 500,000 people have been investigate and some 96,000 including academics, judges, doctors, teachers, lawyers, students, policemen and many from different backgrounds have been put in pre-trial detention over Gulen links July 2016.

    Many try to escape Turkey via illegal ways as the government cancelled their passports. Purge-victim Turks often cross Evros river to escape from the snowballing persecution. Around 14,000 people crossed the Evros frontier from January through September of 2018, a Wall Street Journal said, underlining that around half of those crossing the Evros river were Turkish citizens.


    https://turkeypurge.com/wp-content/uploads/2019/10/combinepdf.pdf
    #purge #Turquie #morts #décès #Evros #frontières #Mer_Egée #mourir_aux_frontières #Grèce #mourir_en_mer #migrations #asile #réfugiés #coup

    ping @isskein

  • Turkey stops 300,000 irregular migrants en route to EU so far this year

    Turkey has prevented some 269,059 irregular migrants, the highest ever, from crossing into Europe in the first eight and a half months of this year.

    The country is located in between European and African continents and is often used as a junction point to enter the European countries.

    Each year thousands of illegal migrants, many of them fleeing war, hunger and poverty back in their home countries, take a dangerous route to cross into Europe for a better life.

    Some of the migrants reach Turkey on foot before eventually taking a dangerous journey across the Aegean to reach the Greek islands. People have lost their lives trying to make the journey of “hope” while many of them were rescued by Turkish security forces.

    Turkey continues to fight against irregular migration, particularly in the northwestern province of Edirne and the Aegean Sea.

    According to the migration authority’s most recent data, the authorities have intercepted some 269,059 irregular migrants between the period of Jan. 1 and Sept. 12. The number is expected to rise until the end of the year. Last year Turkey intercepted 268,003 illegal migrants. The number was 146,485 in 2015, 174,466 in 2016 and 175,752 in 2017 – meaning the number has almost doubled over the last three years.

    In all, Turkey stopped more than 1,530,677 illegal migrants in the last 15 years.

    The majority of the irregular migrants captured this were Afghans, some 117,437. They were followed by 43,204 Pakistanis and 29,796 Syrians.

    The country’s Thrace region has become a hot spot for irregular migrants.

    In Edirne, one of Turkey’s westernmost provinces, 73,978 irregular migrants have been captured this year. It is also worth mentioning that the number of terrorists captured in Edirne has increased by 70% compared to the last year. In the Aegean Sea, on the other hand, 31,642 migrants were captured. Meanwhile, 28 irregular migrants were killed in the sea while trying to reach Europe.

    Last year, 25,398 irregular migrants were captured in the Aegean while 65 lost their lives.

    https://www.dailysabah.com/politics/2019/09/18/turkey-stops-300000-irregular-migrants-en-route-to-eu-so-far-this-year
    #Turquie #EU #frontières #externalisation #asile #migrations #accord_UE-Turquie #réfugiés #Evros #îles #Mer_Egée #visualisation #infographie

    ping @isskein @karine4

  • Militarisation des frontières en #Mer_Egée

    En Mer Egée c’est exactement la même stratégie qui se met en place, et notamment à #Samos, où une #zeppelin (#zeppelin_de_surveillance) de #Frontex surveillera le détroit entre l’île et la côte turque, afin de signaler tout départ de bateaux. L’objectif est d’arrêter « à temps » les embarcations des réfugiés en les signalant aux garde-corps turques. Comme l’a dit le vice-ministre de l’immigration Koumoutsakos « on saura l’heure de départ de l’embarcation, on va en informer les turques, on s’approcher du bateau... »
    S’approcher pourquoi faire, sinon, pour le repousser vers la côte turque ?
    Le fonctionnement de la montgolfière sera confié aux garde-cotes et à la police grecque, l’opération restant sous le contrôle de Frontex.

    –-> reçu via la mailing-list de Migreurop, le 30.07.2017

    #militarisation_des_frontières #frontières #contrôles_frontaliers #Turquie #Grèce #migrations #réfugiés #asile #police #gardes-côtes #surveillance

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    Commentaire de Martin Clavey sur twitter :

    Cynisme absolu : Frontex utilise des drones pour surveiller les migrants en méditerranée ce qui permet à l’Union européenne de ne pas utiliser de bateau de surveillance et donc ne pas être soumis au #droit_maritime et à avoir à les sauver

    https://twitter.com/mart1oeil/status/1158396604648493058

    • Σε δοκιμαστική λειτουργία το αερόσταστο της FRONTEX

      Σε δοκιμαστική λειτουργία τίθεται από σήμερα για 28 ημέρες το αερόστατο της FRONTEX στη Σάμο, μήκους 35 μέτρων, προσδεμένο στο έδαφος, εξοπλισμένο με ραντάρ, θερμική κάμερα και σύστημα αυτόματης αναγνώρισης, το οποίο θα επιτηρεί αδιάλειπτα και σε πραγματικό χρόνο το θαλάσσιο πεδίο.

      Σύμφωνα με ανακοίνωση του Λιμενικού, στόχος είναι η αστυνόμευση του θαλάσσιου πεδίου και η καταπολέμηση του διασυνοριακού εγκλήματος. Δημιουργείται ωστόσο το ερώτημα αν οι πληροφορίες που θα συλλέγει το αερόστατο θα χρησιμοποιούνται για την αναχαίτιση ή την αποτροπή των πλεούμενων των προσφύγων που ξεκινούν από τα τουρκικά παράλια για να ζητήσουν διεθνή προστασία στην Ευρώπη.

      « Πρώτα απ’ όλα ξέρεις τι ώρα φεύγει από τους διακινητές το σκάφος, ενημερώνεις την τουρκική πλευρά, πηγαίνεις εσύ κοντά, δηλαδή είναι ένα σύνολο ενεργειών » σημείωνε την περασμένη εβδομάδα σε συνέντευξή του στον ΑΝΤ1 ο αναπληρωτής υπουργός Μεταναστευτικής Πολιτικής Γιώργος Κουμουτσάκος, μιλώντας για τα αποτελέσματα που αναμένεται να έχει το αερόστατο στην ενίσχυση της επιτήρησης των συνόρων.

      Το Λιμενικό είναι η πρώτη ακτοφυλακή κράτους-μέλους της Ε.Ε. που χρησιμοποιεί αερόστατο για την επιτήρηση της θάλασσας, δέκα μήνες μετά την πρώτη παρόμοια πανευρωπαϊκή χρήση μη επανδρωμένου αεροσκάφους μεσαίου ύψους μακράς εμβέλειας.

      « Αυτό καταδεικνύει την ισχυρή και ξεκάθαρη βούληση του Λ.Σ.-ΕΛ.ΑΚΤ. να καταβάλει κάθε δυνατή προσπάθεια, χρησιμοποιώντας τη διαθέσιμη τεχνολογία αιχμής, για την αποτελεσματική φύλαξη των εξωτερικών θαλάσσιων συνόρων της Ευρωπαϊκής Ενωσης, την πάταξη κάθε μορφής εγκληματικότητας καθώς και την προστασία της ανθρώπινης ζωής στη θάλασσα », σημειώνει το Λιμενικό.

      Η λειτουργία του αερόστατου εντάσσεται στην επιχείρηση « Ποσειδών » που συντονίζουν το Λιμενικό και η ΕΛ.ΑΣ. υπό την επιτήρηση της FRONTEX.

      Παράλληλα, στο νησί θα τεθεί σε λειτουργία φορτηγό εξοπλισμένο με παρόμοια συστήματα, προκειμένου να μπορούν να συγκριθούν τα αποτελέσματα και η λειτουργία του επίγειου και του εναέριου συστήματος.

      https://www.efsyn.gr/ellada/koinonia/205553_se-dokimastiki-leitoyrgia-aerostasto-tis-frontex

    • Zeppelin over the island of Samos to monitor migrants trafficking

      Greek authorities and the Frontex will release a huge surveillance Zeppelin above the island of Samos to monitor migrants who illegally try to reach Greece and Europe. The installation of the ominous balloon will be certainly a grotesque attraction for the tourists who visit the island in the East Aegean Sea.

      Deputy Minister of Migration Policy Giorgos Koumoutsakos told private ANT1 TV that the Zeppelin will go in operation next week.

      “In Samos, at some point, I think it’s a matter of days or a week, a Zeppelin balloon will be installed in cooperation with FRONTEX, which will take a picture of a huge area. What does that mean? First of all, you know what time the ship moves away from the traffickers, inform the Turkish side, you go near, that is a set of actions,” Koumoutsakos said.

      The Zeppelin will be monitored by the GNR radar unit of the Frontext located at the port of Karlovasi, samiakienimerosi notes adding “It will give a picture of movements between the Turkish coast to Samos for the more effective guarding of our maritime borders.”

      The Deputy Minister did not elaborate on what exactly can the Greek Port Authority do when it comes “near” to the refugee and migrants boats.

      According to daily efimerida ton syntakton, the Norwegian NGO, Aegean Boat Report, revealed a video shot on July 17. The video shows how a Greek Coast Guard vessel approaches a boat with 34 people on board and leaves them at the open sea to be “collected” by Turkish authorities, while the passengers, among them 14 children, desperately are shouting “Not to Turkey!”

      It is not clear, whether the Greek Coast Guard vessel is in international waters as such vessels do not enter Turkish territorial waters. According to international law, the passengers ought to be rescued. The Greek Coast Guard has so far not taken position on the issue, saying it will need to evaluate the video first, efsyn notes.

      “There is no push backs. Everything will be done in accordance with the international law. Greece will do nothing beyond the international law,” Koumoutsakos stressed.

      PS I suppose, tourists will be cheered to have their vacation activities monitored by a plastic Big Brother. Not?

      https://www.keeptalkinggreece.com/2019/07/26/zeppelin-samos-migrants-refugees

    • Once migrants on Mediterranean were saved by naval patrols. Now they have to watch as #drones fly over
      https://i.guim.co.uk/img/media/8a92adecf247b04c801a67a612766ee753738437/0_109_4332_2599/master/4332.jpg?width=605&quality=85&auto=format&fit=max&s=c0051d5e4fff6aff063c70

      Amid the panicked shouting from the water and the smell of petrol from the sinking dinghy, the noise of an approaching engine briefly raises hope. Dozens of people fighting for their lives in the Mediterranean use their remaining energy to wave frantically for help. Nearly 2,000 miles away in the Polish capital, Warsaw, a drone operator watches their final moments via a live transmission. There is no ship to answer the SOS, just an unmanned aerial vehicle operated by the European border and coast guard agency, Frontex.

      This is not a scene from some nightmarish future on Europe’s maritime borders but a present-day probability. Frontex, which is based in Warsaw, is part of a £95m investment by the EU in unmanned aerial vehicles, the Observer has learned.

      This spending has come as the EU pulls back its naval missions in the Mediterranean and harasses almost all search-and-rescue charity boats out of the water. Frontex’s surveillance drones are flying over waters off Libya where not a single rescue has been carried out by the main EU naval mission since last August, in what is the deadliest stretch of water in the world.

      The replacement of naval vessels, which can conduct rescues, with drones, which cannot, is being condemned as a cynical abrogation of any European role in saving lives.

      “There is no obligation for drones to be equipped with life-saving appliances and to conduct rescue operations,” said a German Green party MEP, Erik Marquardt. “You need ships for that, and ships are exactly what there is a lack of at the moment.” This year the death rate for people attempting the Mediterranean crossing has risen from a historical average of 2% to as high as 14% last month. In total, 567 of the estimated 8,362 people who have attempted it so far this year have died.

      Gabriele Iacovino, director of one of Italy’s leading thinktanks, the Centre for International Studies, said the move into drones was “a way to spend money without having the responsibility to save lives”. Aerial surveillance without ships in the water amounted to a “naval mission without a naval force”, and was about avoiding embarrassing political rows in Europe over what to do with rescued migrants.

      Since March the EU’s main naval mission in the area, Operation Sophia, has withdrawn its ships from waters where the majority of migrant boats have sunk. While Sophia was not primarily a search-and-rescue mission, it was obliged under international and EU law to assist vessels in distress. The switch to drones is part of an apparent effort to monitor the Mediterranean without being pulled into rescue missions that deliver migrants to European shores.

      Marta Foresti, director of the Human Mobility Initiative at the Overseas Development Institute, an influential UK thinktank, said Europe had replaced migration policy with panic, with potentially lethal consequences. “We panicked in 2015 and that panic has turned into security budgets,” she said. “Frontex’s budget has doubled with very little oversight or design. It’s a knee-jerk reaction.”

      The strategy has seen Frontex, based in Warsaw, and its sister agency, the European Maritime Safety Agency, based in Lisbon, invest in pilotless aerial vehicles. The Observer has found three contracts – two under EMSA and one under Frontex – totalling £95m for drones that can supply intelligence to Frontex.

      The models include the Hermes, made by Elbit Systems, Israel’s biggest privately owned arms manufacturer, and the Heron, produced by Israel Aerospace Industries, a state-owned company. Both models were developed for use in combat missions in the occupied Palestinian territory of Gaza. Frontex said its drone suppliers met all “EU procurement rules and guidelines”.

      There is mounting concern both over how Frontex is spending EU taxpayers’ money and how it can be held accountable. The migration panic roiling Europe’s politics has been a boon for a once unfashionable EU outpost that coordinated national coastal and border guards. Ten years ago Frontex’s budget was £79m. In the latest budget cycle it has been awarded £10.4bn.

      Demand from member states for its services have largely been driven by its role in coordinating and carrying out deportations. The expansion of the deportation machine has caused concern among institutions tasked with monitoring the forced returns missions: a group of national ombudsmen, independent watchdogs appointed in all EU member states to safeguard human rights, has announced plans to begin its own independent monitoring group. The move follows frustration with the way their reports on past missions have been handled by Frontex.

      Andreas Pottakis, Greece’s ombudsman, is among those calling for an end to the agency policing itself: “Internal monitoring of Frontex by Frontex cannot substitute for the need for external monitoring by independent bodies. This is the only way the demand for transparency can be met and that the EU administration can effectively be held into account.”
      Acting to extradite helpless civilians to the hands of Libyan militias may amount to criminal liability

      The Frontex Consultative Forum, a body offering strategic advice to Frontex’s management board on how the agency can improve respect for fundamental rights, has also severely criticised it for a sloppy approach to accountability. An online archive of all Frontex operations, which was used by independent researchers, was recently removed.

      The switch to drones in the Mediterranean has also led to Frontex being accused of feeding intelligence on the position of migrant boats to Libya’s coast guards so they can intercept and return them to Libya. Although it receives EU funds, the Libyan coast guard remains a loosely defined outfit that often overlaps with smuggling gangs and detention centre owners.

      “The Libyan coast guard never patrols the sea,” said Tamino Böhm of the German rescue charity Sea-Watch. “They never leave port unless there is a boat to head to for a pullback. This means the information they have comes from the surveillance flights of Italy, Frontex and the EU.”

      A Frontex spokesperson said that incidents related to boats in distress were passed to the “responsible rescue coordination centre and to the neighbouring ones for situational awareness and potential coordination”. Thus the maritime rescue coordination centre in Rome has begun to share information with its Libyan counterpart in Tripoli, under the instructions of Italy’s far-right interior minister, Matteo Salvini.

      The EU is already accused of crimes against humanity in a submission before the International Criminal Court for “orchestrating a policy of forced transfer to concentration camp-like detention facilities [in Libya] where atrocious crimes are committed”.

      The case, brought by lawyers based in Paris, seeks to demonstrate that many of the people intercepted have faced human rights abuses ranging from slavery to torture and murder after being returned to Libya.

      Omer Shatz, an Israeli who teaches at Sciences Po university in Paris, and one of the two lawyers who brought the ICC case, said Frontex drone operators could be criminally liable for aiding pullbacks. “A drone operator that is aware of a migrant boat in distress is obliged to secure fundamental rights to life, body integrity, liberty and dignity. This means she has to take actions intended to search, rescue and disembark those rescued at safe port. Acting to extradite helpless vulnerable civilians to the hands of Libyan militias may amount to criminal liability.”

      Under international law, migrants rescued at sea by European vessels cannot be returned to Libya, where conflict and human rights abuses mean the UN has stated there is no safe port. Under the UN convention on the law of the sea (Unclos) all ships are obliged to report an encounter with a vessel in distress and offer assistance. This is partly why EU naval missions that were not mandated to conduct rescue missions found themselves pitched into them regardless.

      Drones, however, operate in a legal grey zone not covered by Unclos. The situation for private contractors to EU agencies, as in some of the current drone operations, is even less clear.

      Frontex told the Observer that all drone operators, staff or private contractors are subject to EU laws that mandate the protection of human life. The agency said it was unable to share a copy of the mission instructions given to drone operators that would tell them what to do in the event of encountering a boat in distress, asking the Observer to submit a freedom of information request. The agency said drones had encountered boats in distress on only four occasions – all in June this year – in the central Mediterranean, and that none had led to a “serious incident report” – Frontex jargon for a red flag. When EU naval vessels were deployed in similar areas in previous years, multiple serious incidents were reported every month, according to documents seen by the Observer.

      https://amp.theguardian.com/world/2019/aug/04/drones-replace-patrol-ships-mediterranean-fears-more-migrant-deaths

      #Méditerranée #mer_Méditerranée #Libye

    • L’uso dei droni per guardare i migranti che affogano mette a nudo tutta la disumanità delle pratiche di controllo sui confini

      In troppi crediamo al mito di una frontiera dal volto umano, solo perché ci spaventa guardare in faccia la realtà macchiata di sangue.

      “Se avessi ignorato quelle grida di aiuto, non avrei mai più trovato il coraggio di affrontare il mare”.

      Con queste parole il pescatore siciliano Carlo Giarratano ha commentato la sua decisione di sfidare il “decreto sicurezza” del Governo italiano, che prevede sanzioni o l’arresto nei confronti di chiunque trasporti in Italia migranti soccorsi in mare.

      La sua storia è un esempio della preoccupante tensione che si è creata ai confini della “Fortezza Europa” in materia di leggi e regolamenti. Secondo il diritto internazionale, il capitano di un’imbarcazione in mare è tenuto a fornire assistenza alle persone in difficoltà, “a prescindere dalla nazionalità o dalla cittadinanza delle persone stesse”. Al contempo, molti paesi europei, e la stessa UE, stanno cercando di limitare questo principio e queste attività, malgrado il tragico bilancio di morti nel Mediterraneo, in continua crescita.

      L’Agenzia di Confine e Guardia Costiera Europea, Frontex, sembra aver escogitato una soluzione ingegnosa: i droni. L’obbligo legale di aiutare un’imbarcazione in difficoltà non si applica a un veicolo aereo senza pilota (UAV, unmanned aerial vehicle). Si può aggirare la questione, politicamente calda, su chi sia responsabile di accogliere i migranti soccorsi, se questi semplicemente non vengono proprio soccorsi. Questo principio fa parte di una consolidata tendenza a mettere in atto politiche finalizzate a impedire che i migranti attraversino il Mediterraneo. Visto l’obbligo di soccorrere le persone che ci chiedono aiuto, la soluzione sembra essere questa: fare in modo di non sentire le loro richieste.

      Jean-Claude Juncker sostiene che le politiche europee di presidio ai confini sono concepite per “stroncare il business dei trafficanti”, perché nella moralità egocentrica che ispira la politica di frontiera europea, se non ci fossero trafficanti non ci sarebbero migranti.

      Ma non ci sono trafficanti che si fabbricano migranti in officina. Se le rotte ufficiali sono bloccate, le persone vanno a cercare quelle non ufficiali. Rendere la migrazione più difficile, ha fatto aumentare la richiesta di trafficanti e scafisti, certamente non l’ha fermata. Invece che stroncare il loro business, queste politiche lo hanno creato.

      Secondo la logica della foglia di fico, l’UE sostiene di non limitarsi a lasciare affogare i migranti, ma di fornire supporto alla guardia costiera libica perché intercetti le imbarcazioni che tentano la traversata e riporti le persone nei campi di detenzione in Libia.

      Ma il rapporto del Global Detention Project, a proposito delle condizioni in questi campi, riferisce: “I detenuti sono spesso sottoposti a gravi abusi e violenze, compresi stupri e torture, estorsioni, lavori forzati, schiavitù, condizioni di vita insopportabili, esecuzioni sommarie.” Human Rights Watch, in un rapporto intitolato Senza via di fuga dall’Inferno, descrive situazioni di sovraffollamento e malnutrizione e riporta testimonianze di bambini picchiati dalle guardie.

      L’Irish Times ha riportato accuse secondo cui le milizie associate con il GNA (Governo Libico di Alleanza Nazionale, riconosciuto dall’ONU), starebbero immagazzinando munizioni in questi campi e userebbero i rifugiati come “scudi umani”. Sembra quasi inevitabile, quindi, la notizia che il 3 luglio almeno 53 rifugiati sono stati uccisi durante un attacco dei ribelli appartenenti all’Esercito Nazionale Libico, nel campo di detenzione di Tajura, vicino a Tripoli.

      Secondo una testimonianza riportata dall’Associated Press, a Tajura i migranti erano costretti a pulire le armi delle milizie fedeli al GNA, armi che erano immagazzinate nel campo. Secondo i racconti di testimoni oculari dell’attacco, riportati dalle forze ONU, le guardie del campo avrebbero aperto il fuoco su chi tentava di scappare.

      Nel mondo occidentale, quando parliamo di immigrazione, tendiamo a focalizzarci sul cosiddetto “impatto sulle comunità” causato dai flussi di nuovi arrivati che si muovono da un posto all’altro.

      Nelle nostre discussioni, ci chiediamo se i migranti portino un guadagno per l’economia oppure intacchino risorse già scarse. Raramente ci fermiamo a guardare nella sua cruda e tecnica realtà la concreta applicazione del controllo alle frontiere, quando si traduce davvero in fucili e filo spinato.

      Ci ripetiamo che i costi vanno tutti in un’unica direzione: secondo la nostra narrazione preferita, i controlli di confine sono tutti gratis, è lasciare entrare i migranti la cosa che costa. Ma i costi da pagare ci sono sempre: non solo il tributo di morti che continua a crescere o i budget multimilionari e sempre in aumento delle nostre agenzie di frontiera, ma anche i costi morali e sociali che finiamo con l’estorcere a noi stessi.

      L’ossessione per la sicurezza dei confini deve fare i conti con alcune delle più antiche e radicate convinzioni etiche proprie delle società occidentali. Prendersi cura del più debole, fare agli altri quello che vogliamo sia fatto a noi, aiutare chi possiamo. Molti uomini e donne che lavorano in mare, quando soccorrono dei naufraghi non sono spinti solo da una legge che li obbliga a prestare aiuto, ma anche da un imperativo morale più essenziale. “Lo facciamo perché siamo gente di mare”, ha detto Giarratano al Guardian, “in mare, se ci sono persone in pericolo, le salviamo”.

      Ma i nostri governi hanno deciso che questo non vale per gli europei. Come se fosse una perversa sfida lanciata a istinti morali vecchi di migliaia di anni, nell’Europa moderna un marinaio che salva un migrante mentre sta per affogare, deve essere punito.

      Infrangere queste reti di reciproche responsabilità fra gli esseri umani, ha dei costi: divisioni e tensioni sociali. Ed è un amaro paradosso, perché proprio argomenti di questo genere sono in testa alle nostre preoccupazioni percepite quando si parla di migrazioni. E mentre l’UE fa di tutto per respingere un fronte del confine verso i deserti del Nord Africa, cercando di tenere i corpi dei rifugiati abbastanza lontani da non farceli vedere da vicino, intanto l’altro fronte continua a spingere verso di noi. L’Europa diventa un “ambiente ostile” e quindi noi diventiamo un popolo ostile.

      Ci auto-ingaggiamo come guardie di confine al nostro interno. Padroni di casa, infermiere, insegnanti, manager – ogni relazione sociale deve essere controllata. Il nostro regime di “frontiera quotidiana” crea “comunità sospette” all’interno della nostra società: sono persone sospette per il solo fatto di esistere e, nei loro confronti, si possono chiamare le forze dell’ordine in ogni momento, “giusto per dare un’occhiata”.

      Il confine non è solo un sistema per tenere gli estranei fuori dalla nostra società, ma per marchiare per sempre le persone come estranee, anche all’interno e per legittimare ufficialmente il pregiudizio, per garantire che “l’integrazione” – il Sacro Graal della narrazione progressista sull’immigrazione – resti illusoria e irrealizzabile, uno scherzo crudele giocato sulla pelle di persone destinate a rimanere etichettate come straniere e sospette. La nostra società nel suo insieme si mette al servizio di questo insaziabile confine, fino a definire la sua vera e propria identità nella capacità di respingere le persone.

      Malgrado arrivino continuamente immagini e notizie di tragedie e di morti, i media evitano di collegarle con le campagne di opinione che amplificano le cosiddette “legittime preoccupazioni” della gente e le trasformano in un inattaccabile “comune buon senso”.

      I compromessi che reggono le politiche di controllo dei confini non vengono messi in luce. Questo ci permette di guardare da un’altra parte, non perché siamo crudeli ma perché non possiamo sopportare di vedere quello che stiamo facendo. Ci sono persone e gruppi che, come denuncia Adam Serwer in un articolo su The Atlantic, sono proprio “Focalizzati sulla Crudeltà”. E anche se noi non siamo così, viviamo comunque nel loro stesso mondo, un mondo in cui degli esseri umani annegano e noi li guardiamo dall’alto dei nostri droni senza pilota, mentre lo stato punisce chi cerca di salvarli.

      In troppi crediamo nel mito di una frontiera dal volto umano, solo perché ci spaventa guardare in faccia la tragica e insanguinata realtà del concreto controllo quotidiano sui confini. E comunque, se fosse possibile, non avremmo ormai risolto questa contraddizione? Il fatto che non lo abbiamo fatto dovrebbe portarci a pensare che non ne siamo capaci e che ci si prospetta una cruda e desolante scelta morale per il futuro.

      D’ora in poi, il numero dei migranti non può che aumentare. I cambiamenti climatici saranno determinanti. La scelta di non respingerli non sarà certamente gratis: non c’è modo di condividere le nostre risorse con altri senza sostenere dei costi. Ma se non lo facciamo, scegliamo consapevolmente i naufragi, gli annegamenti, i campi di detenzione, scegliamo di destinare queste persone ad una vita da schiavi in zone di guerra. Scegliamo l’ambiente ostile. Scegliamo di “difendere il nostro stile di vita” semplicemente accettando di vivere a fianco di una popolazione sempre in aumento fatta di rifugiati senza patria, ammassati in baracche di lamiera e depositi soffocanti, sfiniti fino alla disperazione.

      Ma c’è un costo che, alla fine, giudicheremo troppo alto da pagare? Per il momento, sembra di no: ma, … cosa siamo diventati?

      https://dossierlibia.lasciatecientrare.it/luso-dei-droni-per-guardare-i-migranti-che-affogano-m

    • Et aussi... l’utilisation de moins en moins de #bateaux et de plus en plus de #avions a le même effet...

      Sophia : The EU naval mission without any ships

      Launched in 2015 to combat human smuggling in the Mediterranean, the operation has been all but dismantled, symbolizing European division on immigration policy.


      The Italian air base of Sigonella extends its wire fencing across the green and yellow fields of Sicily, 25 kilometers inland from the island’s coastline. Only the enormous cone of Mount Etna, visible in the distance, stands out over this flat land. Posters depicting a sniper taking aim indicate that this is a restricted-access military zone with armed surveillance.

      Inside, there is an enormous city with deserted avenues, runways and hangars. This is the departure point for aircraft patrolling the Central Mediterranean as part of EU Naval Force Mediterranean Operation Sophia, Europe’s military response to the human smuggling rings, launched in 2015. But since March of this year, the planes have been a reflection of a mutilated mission: Sophia is now a naval operation without any ships.

      The Spanish detachment in #Sigonella has just rotated some of its personnel. A group of newly arrived soldiers are being trained in a small room inside one of the makeshift containers where the group of 39 military members work. The aircraft that they use is standing just a few meters away, on a sun-drenched esplanade that smells of fuel. The plane has been designed for round-the-clock maritime surveillance, and it has a spherical infrared camera fitted on its nose that allows it to locate and identify seagoing vessels, as well as to detect illegal trafficking of people, arms and oil.

      If the EU had systematically shown more solidarity with Italy [...] Italian voters would not have made a dramatic swing to the far right

      Juan Fernando López Aguilar, EU Civil Liberties Committee

      This aircraft was also made to assist in sea rescues. But this activity is no longer taking place, now that there are no ships in the mission. Six aircraft are all that remain of Operation Sophia, which has been all but dismantled. Nobody would venture to say whether its mandate will be extended beyond the current deadline of September 30.

      The planes at Sigonella continue to patrol the Central Mediterranean and collect information to meet the ambitious if vague goal that triggered the mission back at the height of the refugee crisis: “To disrupt the business of human and weapons smuggling.” The operation’s most controversial task is still being carried out as well: training Libya’s Coast Guard so they will do the job of intercepting vessels filled with people fleeing Libyan war and chaos, and return them to the point of departure. Even official sources of Europe’s diplomatic service admitted, in a written reply, that the temporary suspension of naval assets “is not optimal,” and that the mission’s ability to fulfill its mandate “is more limited.”

      In these four years, the mission has had some tangible achievements: the arrest of 151 individuals suspected of human trafficking and smuggling, and the destruction of 551 boats used by criminal networks. Operation Sophia has also inspected three ships and seized banned goods; it has made radio contact with 2,462 vessels to check their identity, and made 161 friendly approaches. For European diplomats, the mission has been mainly useful in “significantly reducing smugglers’ ability to operate in high seas” and has generally contributed to “improving maritime safety and stability in the Central Mediterranean.”

      Sophia’s main mission was never to rescue people at sea, yet in these last years it has saved 45,000 lives, following the maritime obligation to aid people in distress. The reason why it has been stripped of its ships – a move that has been strongly criticized by non-profit groups – can be found 800 kilometers north of Sicily, in Rome, and also in the offices of European politicians. Last summer, Italy’s far-right Interior Minister Matteo Salvini began to apply a closed-port policy for ships carrying rescued migrants unless a previous relocation agreement existed with other countries. Salvini first targeted the non-profit groups performing sea rescues, and then he warned his European colleagues that Italy, which is leading the EU mission, would refuse to take in all the rescued migrants without first seeing a change in EU policy. A year later, no European deal has emerged, and every time a rescue is made, the issue of who takes in the migrants is negotiated on an ad hoc basis.

      Operation Sophia has saved 45,000 lives

      Although arrivals through this route have plummeted, Salvini insists that “Italy is not willing to accept all the migrants who arrive in Europe.” Political division among member states has had an effect on the European military mission. “Sophia has not been conducting rescues since August 2018,” says Matteo Villa, a migration expert at Italy’s Institute for International Policy Studies (ISPI). “Nobody in the EU wanted to see a mission ship with migrants on board being refused port entry, so the ‘solution’ was to suspend Sophia’s naval tasks.”

      The decision to maintain the operation without any ships was made at the last minute in March, in a move that prevented the dismantling of the mission just ahead of the European elections. “Operation Sophia has helped save lives, although that was not its main objective. It was a mistake for [the EU] to leave it with nothing but airplanes, without the ships that were able to save lives,” says Matteo de Bellis, a migration and refugee expert at Amnesty International. “What they are doing now, training the Libyans, only serves to empower the forces that intercept refugees and migrants and return them to Libya, where they face arbitrary detention in centers where there is torture, exploitation and rape.”

      Ever since the great maritime rescue operation developed by Italy in 2013, the Mare Nostrum, which saved 150,000 people, its European successors have been less ambitious in scope and their goals more focused on security and border patrolling. This is the case with Sophia, which by training the Libyan Coast Guard is contributing to the increasingly clear strategy of outsourcing EU migratory control, even to a country mired in chaos and war. “If Europe reduces search-and-rescue operations and encourages Libya to conduct them in its place, then it is being an accomplice to the violations taking place in Libya,” says Catherine Wollard, secretary general of the non-profit network integrated in the European Council of Refugees and Exiles (ECRE).

      Training the Libyans only serves to empower the forces that intercept refugees and migrants and return them to Libya, where they face torture, exploitation and rape

      Matteo de Bellis, Amnesty International

      The vision offered by official European sources regarding the training of the Libyan Coast Guard, and about Operation Sophia in general, is very different when it comes to reducing mortality on the Mediterranean’s most deadly migration route. “Operation Sophia was launched to fight criminal human smuggling networks that put lives at risk in the Central Mediterranean,” they say in a written response. European officials are aware of what is going on in Libya, but their response to the accusations of abuse perpetrated by the Libyan Coast Guard and the situation of migrants confined in detention centers in terrible conditions, is the following: “Everything that happens in Libyan territorial waters is Libya’s responsibility, not Europe’s, yet we are not looking the other way. […] Through Operation Sophia we have saved lives, fought traffickers and trained the Libyan Coast Guard […]. We are performing this last task because substantial loss of life at sea is taking place within Libyan territorial waters. That is why it is very important for Libya’s Coast Guard and Navy to know how to assist distressed migrants in line with international law and humanitarian standards. Also, because the contribution of Libya’s Coast Guard in the fight against traffickers operating in their waters is indispensable.”

      Criticism of Operation Sophia is also coming from the European Parliament, which funded the trip that made this feature story possible. Juan Fernando López Aguilar, president of the parliament’s Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs, attacks the decision to strip Sophia of its naval resources. The Socialist Party (PSOE) politician says that this decision was made “in the absolute absence of a global approach to the migration phenomenon that would include cooperative coordination of all the resources at member states’ disposal, such as development aid in Africa, cooperation with origin and transit countries, hirings in countries of origin and the creation of legal ways to access the EU. Now that would dismantle [the mafias’] business model,” he says.

      López Aguilar says that the EU is aware of Italy’s weariness of the situation, considering that “for years it dealt with a migratory pressure that exceeded its response capacity.” Between 2014 and 2017, around 624,000 people landed on Italy’s coasts. “If they EU had systematically shown more solidarity with Italy, if relocation programs for people in hotspots had been observed, very likely Italian voters would not have made a dramatic swing giving victory to the far right, nor would we have reached a point where a xenophobic closed-port narrative is claimed to represent the salvation of Italian interests.”

      Miguel Urbán, a European Member of Parliament for the Spanish leftist party Unidas Podemos, is highly critical of the way the EU has been managing immigration. He talks about a “militarization of the Mediterranean” and describes European policy as bowing to “the far right’s strategy.” He blames Italy’s attitude for turning Sophia into “an operation in the Mediterranean without a naval fleet. What the Italian government gets out of this is to rid itself of its humanitarian responsibility to disembark migrants on its coasts.”

      For now, no progress has been made on the underlying political problem of disembarkation and, by extension, on the long-delayed reform of the Dublin Regulation to balance out frontline states’ responsibility in taking in refugees with solidarity from other countries. Sophia will continue to hobble along until September after being all but given up for dead in March. After that, everything is still up in the air.

      https://elpais.com/elpais/2019/08/29/inenglish/1567088519_215547.html
      #Sophie #Opération_Sophia #Sicile

    • L’uso dei droni per guardare i migranti che affogano mette a nudo tutta la disumanità delle pratiche di controllo sui confini

      In troppi crediamo al mito di una frontiera dal volto umano, solo perché ci spaventa guardare in faccia la realtà macchiata di sangue.

      “Se avessi ignorato quelle grida di aiuto, non avrei mai più trovato il coraggio di affrontare il mare”.

      Con queste parole il pescatore siciliano Carlo Giarratano ha commentato la sua decisione di sfidare il “decreto sicurezza” del Governo italiano, che prevede sanzioni o l’arresto nei confronti di chiunque trasporti in Italia migranti soccorsi in mare.

      La sua storia è un esempio della preoccupante tensione che si è creata ai confini della “Fortezza Europa” in materia di leggi e regolamenti. Secondo il diritto internazionale, il capitano di un’imbarcazione in mare è tenuto a fornire assistenza alle persone in difficoltà, “a prescindere dalla nazionalità o dalla cittadinanza delle persone stesse”. Al contempo, molti paesi europei, e la stessa UE, stanno cercando di limitare questo principio e queste attività, malgrado il tragico bilancio di morti nel Mediterraneo, in continua crescita.

      L’Agenzia di Confine e Guardia Costiera Europea, Frontex, sembra aver escogitato una soluzione ingegnosa: i droni. L’obbligo legale di aiutare un’imbarcazione in difficoltà non si applica a un veicolo aereo senza pilota (UAV, unmanned aerial vehicle). Si può aggirare la questione, politicamente calda, su chi sia responsabile di accogliere i migranti soccorsi, se questi semplicemente non vengono proprio soccorsi. Questo principio fa parte di una consolidata tendenza a mettere in atto politiche finalizzate a impedire che i migranti attraversino il Mediterraneo. Visto l’obbligo di soccorrere le persone che ci chiedono aiuto, la soluzione sembra essere questa: fare in modo di non sentire le loro richieste.

      Jean-Claude Juncker sostiene che le politiche europee di presidio ai confini sono concepite per “stroncare il business dei trafficanti”, perché nella moralità egocentrica che ispira la politica di frontiera europea, se non ci fossero trafficanti non ci sarebbero migranti.

      Ma non ci sono trafficanti che si fabbricano migranti in officina. Se le rotte ufficiali sono bloccate, le persone vanno a cercare quelle non ufficiali. Rendere la migrazione più difficile, ha fatto aumentare la richiesta di trafficanti e scafisti, certamente non l’ha fermata. Invece che stroncare il loro business, queste politiche lo hanno creato.

      Secondo la logica della foglia di fico, l’UE sostiene di non limitarsi a lasciare affogare i migranti, ma di fornire supporto alla guardia costiera libica perché intercetti le imbarcazioni che tentano la traversata e riporti le persone nei campi di detenzione in Libia.

      Ma il rapporto del Global Detention Project, a proposito delle condizioni in questi campi, riferisce: “I detenuti sono spesso sottoposti a gravi abusi e violenze, compresi stupri e torture, estorsioni, lavori forzati, schiavitù, condizioni di vita insopportabili, esecuzioni sommarie.” Human Rights Watch, in un rapporto intitolato Senza via di fuga dall’Inferno, descrive situazioni di sovraffollamento e malnutrizione e riporta testimonianze di bambini picchiati dalle guardie.

      L’Irish Times ha riportato accuse secondo cui le milizie associate con il GNA (Governo Libico di Alleanza Nazionale, riconosciuto dall’ONU), starebbero immagazzinando munizioni in questi campi e userebbero i rifugiati come “scudi umani”. Sembra quasi inevitabile, quindi, la notizia che il 3 luglio almeno 53 rifugiati sono stati uccisi durante un attacco dei ribelli appartenenti all’Esercito Nazionale Libico, nel campo di detenzione di Tajura, vicino a Tripoli.

      Secondo una testimonianza riportata dall’Associated Press, a Tajura i migranti erano costretti a pulire le armi delle milizie fedeli al GNA, armi che erano immagazzinate nel campo. Secondo i racconti di testimoni oculari dell’attacco, riportati dalle forze ONU, le guardie del campo avrebbero aperto il fuoco su chi tentava di scappare.

      Nel mondo occidentale, quando parliamo di immigrazione, tendiamo a focalizzarci sul cosiddetto “impatto sulle comunità” causato dai flussi di nuovi arrivati che si muovono da un posto all’altro.

      Nelle nostre discussioni, ci chiediamo se i migranti portino un guadagno per l’economia oppure intacchino risorse già scarse. Raramente ci fermiamo a guardare nella sua cruda e tecnica realtà la concreta applicazione del controllo alle frontiere, quando si traduce davvero in fucili e filo spinato.

      Ci ripetiamo che i costi vanno tutti in un’unica direzione: secondo la nostra narrazione preferita, i controlli di confine sono tutti gratis, è lasciare entrare i migranti la cosa che costa. Ma i costi da pagare ci sono sempre: non solo il tributo di morti che continua a crescere o i budget multimilionari e sempre in aumento delle nostre agenzie di frontiera, ma anche i costi morali e sociali che finiamo con l’estorcere a noi stessi.

      L’ossessione per la sicurezza dei confini deve fare i conti con alcune delle più antiche e radicate convinzioni etiche proprie delle società occidentali. Prendersi cura del più debole, fare agli altri quello che vogliamo sia fatto a noi, aiutare chi possiamo. Molti uomini e donne che lavorano in mare, quando soccorrono dei naufraghi non sono spinti solo da una legge che li obbliga a prestare aiuto, ma anche da un imperativo morale più essenziale. “Lo facciamo perché siamo gente di mare”, ha detto Giarratano al Guardian, “in mare, se ci sono persone in pericolo, le salviamo”.

      Ma i nostri governi hanno deciso che questo non vale per gli europei. Come se fosse una perversa sfida lanciata a istinti morali vecchi di migliaia di anni, nell’Europa moderna un marinaio che salva un migrante mentre sta per affogare, deve essere punito.

      Infrangere queste reti di reciproche responsabilità fra gli esseri umani, ha dei costi: divisioni e tensioni sociali. Ed è un amaro paradosso, perché proprio argomenti di questo genere sono in testa alle nostre preoccupazioni percepite quando si parla di migrazioni. E mentre l’UE fa di tutto per respingere un fronte del confine verso i deserti del Nord Africa, cercando di tenere i corpi dei rifugiati abbastanza lontani da non farceli vedere da vicino, intanto l’altro fronte continua a spingere verso di noi. L’Europa diventa un “ambiente ostile” e quindi noi diventiamo un popolo ostile.

      Ci auto-ingaggiamo come guardie di confine al nostro interno. Padroni di casa, infermiere, insegnanti, manager – ogni relazione sociale deve essere controllata. Il nostro regime di “frontiera quotidiana” crea “comunità sospette” all’interno della nostra società: sono persone sospette per il solo fatto di esistere e, nei loro confronti, si possono chiamare le forze dell’ordine in ogni momento, “giusto per dare un’occhiata”.

      Il confine non è solo un sistema per tenere gli estranei fuori dalla nostra società, ma per marchiare per sempre le persone come estranee, anche all’interno e per legittimare ufficialmente il pregiudizio, per garantire che “l’integrazione” – il Sacro Graal della narrazione progressista sull’immigrazione – resti illusoria e irrealizzabile, uno scherzo crudele giocato sulla pelle di persone destinate a rimanere etichettate come straniere e sospette. La nostra società nel suo insieme si mette al servizio di questo insaziabile confine, fino a definire la sua vera e propria identità nella capacità di respingere le persone.

      Malgrado arrivino continuamente immagini e notizie di tragedie e di morti, i media evitano di collegarle con le campagne di opinione che amplificano le cosiddette “legittime preoccupazioni” della gente e le trasformano in un inattaccabile “comune buon senso”.

      I compromessi che reggono le politiche di controllo dei confini non vengono messi in luce. Questo ci permette di guardare da un’altra parte, non perché siamo crudeli ma perché non possiamo sopportare di vedere quello che stiamo facendo. Ci sono persone e gruppi che, come denuncia Adam Serwer in un articolo su The Atlantic, sono proprio “Focalizzati sulla Crudeltà”. E anche se noi non siamo così, viviamo comunque nel loro stesso mondo, un mondo in cui degli esseri umani annegano e noi li guardiamo dall’alto dei nostri droni senza pilota, mentre lo stato punisce chi cerca di salvarli.

      In troppi crediamo nel mito di una frontiera dal volto umano, solo perché ci spaventa guardare in faccia la tragica e insanguinata realtà del concreto controllo quotidiano sui confini. E comunque, se fosse possibile, non avremmo ormai risolto questa contraddizione? Il fatto che non lo abbiamo fatto dovrebbe portarci a pensare che non ne siamo capaci e che ci si prospetta una cruda e desolante scelta morale per il futuro.

      D’ora in poi, il numero dei migranti non può che aumentare. I cambiamenti climatici saranno determinanti. La scelta di non respingerli non sarà certamente gratis: non c’è modo di condividere le nostre risorse con altri senza sostenere dei costi. Ma se non lo facciamo, scegliamo consapevolmente i naufragi, gli annegamenti, i campi di detenzione, scegliamo di destinare queste persone ad una vita da schiavi in zone di guerra. Scegliamo l’ambiente ostile. Scegliamo di “difendere il nostro stile di vita” semplicemente accettando di vivere a fianco di una popolazione sempre in aumento fatta di rifugiati senza patria, ammassati in baracche di lamiera e depositi soffocanti, sfiniti fino alla disperazione.

      Ma c’è un costo che, alla fine, giudicheremo troppo alto da pagare? Per il momento, sembra di no: ma, … cosa siamo diventati?

      https://dossierlibia.lasciatecientrare.it/luso-dei-droni-per-guardare-i-migranti-che-affogano-m

    • Grèce : le gouvernement durcit nettement sa position et implique l’armée à la gestion de flux migratoire en Mer Egée

      Après deux conférences intergouvernementales ce we., le gouvernement Mitsotakis a décidé la participation active de l’Armée et des Forces Navales dans des opérations de dissuasion en Mer Egée. En même temps il a décidé de poursuivre les opérations de ’désengorgement’ des îlses, de renfoncer les forces de garde-côte en effectifs et en navires, et de pousser plus loin la coopération avec Frontex et les forces de l’Otan qui opèrent déjà dans la région.

      Le durcissement net de la politique gouvernementale se traduit aussi par le retour en force d’un discours ouvertement xénophobe. Le vice-président du gouvernement grec, Adonis Géorgiadis, connu pour ses positions à l’’extrême-droite de l’échiquier politique, a déclaré que parmi les nouveaux arrivants, il y aurait très peu de réfugiés, la plupart seraient des ‘clandestins’ et il n’a pas manqué de qualifier les flux d’ ‘invasion’.

      source – en grec - Efimerida tôn Syntaktôn : https://www.efsyn.gr/politiki/kybernisi/211786_kybernisi-sklirainei-ti-stasi-tis-sto-prosfygiko

      Il va de soi que cette militarisation de la gestion migratoire laisse craindre le pire dans la mesure où le but évident de l’implication de l’armée ne saurait être que la systématisation des opérations de push-back en pleine mer, ce qui est non seulement illégal mais ouvertement criminel.

      Reçu de Vicky Skoumbi via la mailing-list Migreurop, 23.09.2019

  • #Grèce : Des enfants demandeurs d’asile privés d’école

    À cause de sa politique migratoire appuyée par l’Union européenne qui bloque des milliers d’enfants demandeurs d’asile dans les îles de la mer Égée, la Grèce prive ces enfants de leur droit à l’éducation, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
    Le rapport de 51 pages, intitulé « ‘Without Education They Lose Their Future’ : Denial of Education to Child Asylum Seekers on the Greek Islands » (« ‘Déscolarisés, c’est leur avenir qui leur échappe’ : Les enfants demandeurs d’asile privés d’éducation sur les îles grecques », résumé et recommandations disponibles en français), a constaté que moins de 15 % des enfants en âge d’être scolarisés vivant dans les îles, soit plus de 3 000, étaient inscrits dans des établissements publics à la fin de l’année scolaire 2017-2018, et que dans les camps que gère l’État dans les îles, seuls une centaine, tous des élèves de maternelle, avaient accès à l’enseignement officiel. Les enfants demandeurs d’asile vivant dans les îles grecques sont exclus des opportunités d’instruction qu’ils auraient dans la partie continentale du pays. La plupart de ceux qui ont pu aller en classe l’ont fait parce qu’ils ont pu quitter les camps gérés par l’État grâce à l’aide des autorités locales ou de volontaires.

    « La Grèce devrait abandonner sa politique consistant à confiner aux îles les enfants demandeurs d’asile et leurs familles, puisque depuis deux ans, l’État s’est avéré incapable d’y scolariser les enfants », a déclaré Bill Van Esveld, chercheur senior de la division Droits des enfants à Human Rights Watch. « Abandonner ces enfants sur des îles où ils ne peuvent pas aller en classe leur fait du tort et viole les propres lois de la Grèce. »

    Human Rights Watch s’est entretenue avec 107 enfants demandeurs d’asile et migrants en âge d’être scolarisés vivant dans les îles, ainsi qu’avec des responsables du ministère de l’Éducation, de l’ONU et de groupes humanitaires locaux. Elle a également examiné la législation en vigueur.

    L’État grec applique une politique appuyée par l’UE qui consiste à maintenir dans les îles les demandeurs d’asile qui arrivent de Turquie par la mer jusqu’à ce que leurs dossiers de demande d’asile soient traités. Le gouvernement soutient que ceci est nécessaire au regard de l’accord migratoire que l’EU et la Turquie ont signé en mars 2016. Le processus de traitement est censé être rapide et les personnes appartenant aux groupes vulnérables sont censées en être exemptées. Mais Human Rights Watch a parlé à des familles qui avaient été bloquées jusqu’à 11 mois dans les camps, souvent à cause des longs délais d’attente pour être convoqué aux entretiens relatifs à leur demande d’asile, ou parce qu’elles ont fait appel du rejet de leur demande.

    Même si l’État grec a transféré plus de 10 000 demandeurs d’asile vers la Grèce continentale depuis novembre, il refuse de mettre fin à sa politique de confinement. En avril 2018, la Cour suprême grecque a invalidé cette politique pour les nouveaux arrivants. Au lieu d’appliquer ce jugement, le gouvernement a émis une décision administrative et promulgué une loi afin de rétablir la politique.

    D’après la loi grecque, la scolarité est gratuite et obligatoire pour tous les enfants de 5 à 15 ans, y compris ceux qui demandent l’asile. Le droit international garantit à tous les enfants le même droit de recevoir un enseignement primaire et secondaire, sans discrimination. Les enfants vivant en Grèce continentale, non soumis à la politique de confinement, ont pu s’inscrire dans l’enseignement officiel.

    Selon l’office humanitaire de la Commission européenne, ECHO, « l’éducation est cruciale » pour les filles et garçons touchés par des crises. Cette institution ajoute que l’éducation permet aux enfants de « retrouver un certain sens de normalité et de sécurité », d’acquérir des compétences importantes pour leur vie, et que c’est « un des meilleurs outils pour investir dans leur avenir, ainsi que dans la paix, la stabilité et la croissance économique de leur pays ».

    Une fille afghane de 12 ans, qui avait séjourné pendant six mois dans un camp géré par l’État grec dans les îles, a déclaré qu’avant de fuir la guerre, elle était allée à l’école pendant sept ans, et qu’elle voulait y retourner. « Si nous n’étudions pas, nous n’aurons pas d’avenir et nous ne pourrons pas réussir, puisque nous [ne serons pas] instruits, nous ne saurons parler aucune langue étrangère », a-t-elle déclaré.

    Plusieurs groupes non gouvernementaux prodiguent un enseignement informel aux enfants demandeurs d’asile dans les îles, mais d’après les personnes qui y travaillent, rien ne peut remplacer l’enseignement officiel. Par exemple il existe une école de ce type dans le camp de Moria géré par l’État sur l’île de Lesbos, mais elle ne dispose qu’à temps partiel d’une salle dans un préfabriqué, ce qui signifie que les enfants ne peuvent recevoir qu’une heure et demie d’enseignement par jour. « Ils font de leur mieux et nous leur en sommes reconnaissants, mais ce n’est pas une véritable école », a fait remarquer un père.

    D’autres assurent le transport vers des écoles situées à l’extérieur des camps, mais ne peuvent pas emmener les enfants qui sont trop jeunes pour s’y rendre tout seuls. Certains élèves vivant à l’extérieur des camps de l’État suivent un enseignement informel et ont également reçu l’aide de volontaires ou de groupes non gouvernementaux afin de s’inscrire dans l’enseignement public. Ainsi des volontaires ont aidé un garçon kurde de 13 ans vivant à Pipka, un site situé à l’extérieur des camps de l’île de Lesbos, désormais menacé de fermeture, à s’inscrire dans un établissement public, où il est déjà capable de suivre la classe en grec

    Des parents et des enseignants estimaient que la routine scolaire pourrait aider les enfants demandeurs d’asile à se remettre des expériences traumatisantes qu’ils ont vécues dans leurs pays d’origine et lors de leur fuite. À l’inverse, le manque d’accès à l’enseignement, combiné aux insuffisances du soutien psychologique, exacerbe le stress et l’anxiété qui découlent du fait d’être coincé pendant des mois dans des camps peu sûrs et surpeuplés. Évoquant les conditions du camp de Samos, une fille de 17 ans qui a été violée au Maroc a déclaré : « [ça] me rappelle ce que j’ai traversé. Moi, j’espérais être en sécurité. »

    Le ministère grec de la Politique d’immigration, qui est responsable de la politique de confinement et des camps des îles, n’a pas répondu aux questions que Human Rights Watch lui avait adressées au sujet de la scolarisation des enfants demandeurs d’asile et migrants vivant dans ces îles. Plusieurs professionnels de l’éducation ont déclaré qu’il existait un manque de transparence autour de l’autorité que le ministère de l’Immigration exerçait sur l’enseignement dans les îles. Une commission du ministère de l’Éducation sur la scolarisation des réfugiés a rapporté en 2017 que le ministère de l’Immigration avait fait obstacle à certains projets visant à améliorer l’enseignement dans les îles.

    Le ministère de l’Éducation a mis en place deux programmes clés pour aider les enfants demandeurs d’asile de toute la Grèce qui ne parlent pas grec et ont souvent été déscolarisés pendant des années, à intégrer l’enseignement public et à y réussir, mais l’un comme l’autre excluaient la plupart des enfants vivant dans les camps des îles gérés par l’État.

    En 2018, le ministère a ouvert des écoles maternelles dans certains camps des îles, et en mai, environ 32 enfants d’un camp géré par une municipalité de Lesbos ont pu s’inscrire dans des écoles primaires – même si l’année scolaire se terminait en juin. Le ministère a déclaré que plus de 1 100 enfants demandeurs d’asile avaient fréquenté des écoles des îles à un moment ou un autre de l’année scolaire 2017-2018, mais apparemment ils étaient nombreux à avoir quitté les îles avant la fin de l’année.

    Une loi adoptée en juin a permis de clarifier le droit à l’éducation des demandeurs d’asile et, le 9 juillet, le ministère de l’Éducation a déclaré qu’il prévoyait d’ouvrir 15 classes supplémentaires destinées aux enfants demandeurs d’asile des îles pour l’année scolaire 2018-2019. Ce serait une mesure très positive, à condition qu’elle soit appliquée à temps, contrairement aux programmes annoncés les années précédentes. Même dans ce cas, elle laisserait sur le carreau la majorité des enfants demandeurs d’asile et migrants en âge d’être scolarisés, à moins que le nombre d’enfants vivant dans les îles ne diminue.

    « La Grèce a moins de deux mois devant elle pour veiller à ce que les enfants qui ont risqué leur vie pour atteindre ses rivages puissent aller en classe lorsque l’année scolaire débutera, une échéance qu’elle n’a jamais réussi à respecter auparavant », a conclu Bill Van Esveld. « L’Union européenne devrait encourager le pays à respecter le droit de ces enfants à l’éducation en renonçant à sa politique de confinement et en autorisant les enfants demandeurs d’asile et leurs familles à quitter les îles pour qu’ils puissent accéder à l’enseignement et aux services dont ils ont besoin. »

    https://www.hrw.org/fr/news/2018/07/18/grece-des-enfants-demandeurs-dasile-prives-decole
    #enfance #enfants #éducation #îles #mer_Egée #asile #migrations #réfugiés #école #éducation #rapport #Lesbos #Samos #Chios

    Lien vers le rapport :
    https://www.hrw.org/report/2018/07/18/without-education-they-lose-their-future/denial-education-child-asylum-seekers

  • Over 200 Migrants Drown in Three Days in Mediterranean — Death Toll for 2018 Passes 1,000

    This weekend, some 204 migrants have died at sea off Libya, pushing the total number of migrant drownings in the entire Mediterranean so far this year to over 1,000 people.

    Today (1/07), a small rubber boat packed with migrants capsized off AlKhums, east of Tripoli, with an estimated 41 people surviving after rescue. On Friday (28/06), three babies were among the 103, who died in a shipwreck similar to Sunday’s incident, also caused by smugglers taking migrants to sea in completely unsafe vessels.

    So far this year, the Libyan Coast Guard has returned some 10,000 people to shore from small vessels.

    “I am traveling to Tripoli once again this week and will see firsthand the conditions of migrants who have been rescued as well as those returned to shore by the Libya Coast Guard,” said William Lacy Swing, IOM Director General. “IOM is determined to ensure that the human rights of all migrants are respected as together we all make efforts to stop the people smuggling trade, which is so exploitative of migrants,” said Swing.

    IOM staff were deployed to provide support and first aid to the the 41 migrants who survived the capsize of their small rubber vessel that capsized off AlKhums. This is the second major shipwreck in as many few days. On Friday, a rubber dinghy capsized north of Tripoli and the 16 survivors (young men from Gambia, Sudan, Yemen, Niger and Guinea) were rescued by the Libyan Cost Guard. However, an estimated 103 people lost their lives.

    Adding to grim and tragic scene, the bodies of three babies were taken from the sea by the Libyan Coast Guard. IOM provided assistance at the disembarkation point, including provision of food and water and health assistance. IOM is also in the process of providing psychosocial aid at Tajoura detention centre where the survivors have been transferred. The need for physcosocial support is high as the survivors spent traumatizing time in the water as their engine broke only 30 minutes after departing Garaboli. The survivors have received psychosocial first aid at the detention centre and IOM continues to monitor their condition.
    From Friday to Sunday, close to 1,000 migrants were returned to Libyan shore by the Libyan Coast Guard, who intercepted small crafts as they made their way towards the open sea. Upon disembarkation to shore, migrants have received emergency direct assistance, including food and water, health assistance and IOM protection staff has provided vulnerability interviews. Those rescued and returned by the Libyan Coast Guard are transferred by the Libyan authorities to the detention centres where IOM continues humanitarian assistance.
    “There is an alarming increase in deaths at sea off Libya Coast,” said IOM Libya Chief of Mission Othman Belbeisi, adding: “Smugglers are exploiting the desperation of migrants to leave before there are further crackdowns on Mediterranean crossings by Europe.”

    “Migrants returned by the coast guard should not automatically be transferred to detention and we are deeply concerned that the detention centres will yet again be overcrowded and that living conditions will deteriorate with the recent influx of migrants,” added Belbeisi.

    https://www.iom.int/news/over-200-migrants-drown-three-days-mediterranean-death-toll-2018-passes-1000
    #Méditerranée #asile #migrations #réfugiés #mourir_en_mer #morts #décès #statistiques #chiffres #2018 #mer_Méditerranée

    en français:
    https://news.un.org/fr/story/2018/07/1018032

    • Dopo l’allontanamento delle ONG è strage quotidiana sulla rotta del Mediterraneo centrale

      Nel giorno in cui il ministro dell’interno e vice-presidente del Consiglio rilancia da Pontida l’ennesimo attacco contro le ONG, che vedranno “solo in cartolina” i porti italiani, e mentre tre navi umanitarie sono bloccate nel porto de La Valletta, per decisione del governo maltese, nelle acque del Mediterraneo Centrale si continua a morire. Si continua a morire nell’indifferenza della maggior parte della popolazione italiana, schierata con chi ha promesso che, chiudendo i porti, e le vie di fuga, ai migranti da soccorrere in mare, le condizioni di vita degli italiani colpiti dalla crisi potranno migliorare. Una tragica illusione. Il vero pericolo per tutti oggi non viene dal mare, ma dalla costituzione di un fronte sovranista ed identitario europeo, che potrebbe cancellare lo stato di diritto e la democrazia rappresentativa. E allora non ci sarà più spazio nè per i diritti umani nè per i diritti sociali. i più forti imporranno le loro leggi ai più deboli.

      Questa volta nessuno potrà accusare le navi umanitarie, come hanno fatto fino a oggi direttori di giornali in Italia ed esponenti della sedicente Guardia costiera libica. Adesso i libici, in assenza delle navi umanitarie, sono costretti ad avvalersi delle navi commerciali in navigazione nelle loro acque, per operazioni di soccorso che da soli non sono in grado di garantire, salvo poi attaccare le ONG. Per le persone “soccorse” in mare da questi mezzi il destino è segnato, lo sbarco avviene a Tripoli, porto più vicino ma non “place of safety“, e dopo poche ore, per coloro che sono trasferiti dal centro di prima accoglienza al porto, ai vari centri di detenzione gestiti dalle milizie, il destino è segnato.

      Si ripetono intanto attacchi scomposti contro gli operatori umanitari, che rilanciano la macchina del fango che da oltre un anno si rivolge contro le ONG, accusate di tutti i possibili reati, per il solo fatto di salvare vite umane in mare. Si vogliono eliminare tutti i testimoni dell’Olocausto nel Mediterraneo. Senza un voto del Parlamento si è cercato di introdurre in via surrettizia il reato di solidarietà, in spregio al principio di legalità, affermato dalla Costituzione italiana.

      Questa striscia di morte, che si allunga giorno dopo giorno, con una cadenza mai vista prima, deriva direttamente dalla eliminazione delle navi umanitarie e dall’arretramento degli assetti militari italiani ed europei che in passato, anche se si verificavano gravi stragi, riuscivano tuttavia a garantire più solleciti interventi di soccorso. Il blocco di tre navi umanitarie a Malta, come il sequestro della Juventa lo scorso anno, potrebbero essere stati causa di una forte riduzione della capacità di soccorso in acque internazionali, tra la Libia e ‘Europa, una capacità di soccorso che gli stati non hanno voluto mantenere negli standards imposti dalle Convenzioni internazionali a ciascun paese responsabile di una zona SAR ( ricerca e soccorso). La presenza delle navi umanitarie è stata bollata come un fattore di attrazione delle partenze, se non come vera e propria complicità con i trafficanti, come ha ripetuto in più occasioni Salvini. Ne vediamo oggi le conseguenze mortali.

      Anche l’UNHCR ha espresso la sua preoccupazione per la diminuzione degli assetti navali in grado di operare interventi di soccorso nelle acque del Mediterraneo centrale. Secondo l’OIM negli ultimi tre giorni sono annegate oltre 200 persone, una serie di stragi ignorate dall’oipinione pubblica italiana e nascoste dai politici concentrati nel rinnovato attacco contro le ONG. La “banalità” della strage quotidiana in mare costituisce la cifra morale del governo Salvini-Di Maio. Con il sommarsi delle vittime, e l’allontanamento dei testimoni, si vuole produrre una totale assuefazione nella popolazione italiana. Per alimentare altro odio ed altra insicurezza, utili per le prossime scadenze elettorali.

      Nelle prime settimane di insediamento del nuovo governo, ed in vista del Consiglio europeo di Bruxelles del 28-29 giugno scorso, il ministero dell’interno ha disposto in modo informale la chiusura dei porti ed il divieto di ingresso nelle acque territoriali, per alcune imbarcazioni delle Organizzazioni non governative che avevano effettuato soccorsi nelle acque internazionali antistanti le coste libiche. Sono state anche ritardate le operazioni di sbarco di centinaia di persone, soccorse da unità militari ( come la nave americana Trenton), o commerciali ( come il cargo Alexander Maersk), che, solo dopo lunghi giorni di attesa, hanno potuto trasbordare i naufraghi che avevamo a bordo e proseguire per la loro rotta. In molti casi si sono trasferite le responsabilità di coordinamento dei soccorsi alle autorità libiche, con i risultati che sono sotto gli occhi di tutti.

      Le ultime vicende delle navi umanitarie Acquarius , Lifeline e Open Arms, dopo il sequestro, lo scorso anno, della nave Juventa, ancora bloccata a Trapani, hanno aperto una nuova fase di tensioni anche a livello internazionale, in particolare con il governo maltese e con le autorità spagnole. Il governo italiano ha chiuso i porti alle poche navi umanitarie ancora impegnate nelle attività di ricerca e salvataggio (SAR) sulla rotta del Mediterraneo centrale, mentre si è rilanciata la criminalizzazione delle Ong, e più in generale di chiunque rispetti il dovere di salvare vite umane in mare, malgrado importanti decisioni della magistratura (di Ragusa e di Palermo) riconoscessero come lecite, anzi doverose, le attività di soccorso umanitario delle stesse Ong sotto inchiesta.

      Da ultimo si è appreso che ci sarebbero motivi “di ordine pubblico” alla base della decisione del ministro dell’Interno Matteo Salvini di vietare l’accesso ai porti italiani alla Open Arms.
Questi motivi, stando a informazioni che non sono state formalizzate in un provvedimento notificato agli interessati, sarebbero costituiti dalle “vicende giudiziarie” in cui è stata coinvolta la nave delle Ong spagnola, dissequestrata con una sentenza del Gip poi confermata dal tribunale di Ragusa, e dalle “manifestazioni”(rischio proteste) che si sono verificate in occasione del sequestro preventivo alla quale era stata sottoposta nel porto di Pozzallo.

      Si configura così come problema di “ordine pubblico” il doveroso espletamento di una operazione SAR che si è svolta nel pieno rispetto della legge e del diritto internazionale, per legittimare un provvedimento, ancora segretato, forse una circolare probabilmente da redigere, del ministro Toninelli, che vieta l’ingresso alle navi delle Ong nelle acque territoriali e nei porti italiani .

      L’allontanamento delle ONG per effetto delle “chiusure” informali dei porti, e la istituzione unilaterale di una zona SAR libica, oltre al blocco imposto alle navi umanitarie dalle autorità maltesi, riducono la presenza dei mezzi di soccorso nel Mediterraneo centrale e hanno già comportato un aumento esponenziale delle vittime.

      La realizzazione del progetto italiano di istituire una zona SAR , completata con una forte pressione sull’IMO a Londra, sta producendo tutti i suoi effetti mortali, considerando che la Guardia costiera “libica” non può coprire tutte le azioni di soccorso che è chiamata ad operare (spesso da assetti italiani), avendo a disposizione soltanto sei motovedette. Si tratta di mezzi ceduti dai precedenti governi italiani, oggi abbastanza logorati malgrado siano stati curati nella manutenzione dai marinai delle unità italiane, di stanza nel porto di Tripoli, nell’ambito della missione NAURAS. Non si sa come e quando arriveranno in Libia le 12 motovedette promesse alla Guardia costiera di Tripoli da Salvini, che doveva fare approvare la sua proposta in Consiglio dei ministri, approvazione che ancora non c’e’ stata. Una iniziativa che potrebbe infuocare ancora di più lo scontro tra le milizie libiche per il controllo dei porti, e del traffico di gas e petrolio.
      La creazione fittizia di una zona SAR libica, che sembra sia stata notificata anche all’IMO, sta legittimando gli interventi più frequenti della Guardia costiera di Tripoli, che arrivano a minacciare anche gli operatori umanitari mentre sono impegnati negli interventi di soccorso in acque internazionali. Interventi di soccorso che sono sempre monitorati dalle autorità militari italiane ed europee, che però non intervengono con la stessa tempestività che permetteva in passato il salvataggio di migliaia di vite.

      Il cerchio si chiude. Adesso arriva anche il supporto europeo alla chiusura contro le ONG, anche se non si traduce in alcun atto dotato di forza normativa vinclante. Tutte le politiche europee sull’immigrazione, anche i respingimenti, avverranno “su base volontaria”. Ma le navi di Frontex ( e di Eunavfor Med) rimangono vincolate agli obblighi di soccorso previsti dai Regolamenti europei n.656 del 2014 e 1624 del 2016. Atti normativi, vincolanti anche per i ministri,che subordinano le azioni contro i trafficanti alla salvaguardia della vita delle vittime, non esternazioni di leader sull’orlo di una crisi di nervi alla fine di un Consiglio europeo estenuante ed inconcludente.

      L’illegalità di scelte politiche e militari che vanno contro il diritto internazionale viene giustificata con lo spauracchio di manifestazioni democratiche di protesta. Non e’ a rischio soltanto la libertà di manifestazione o il diritto a svolgere attività di assistenza e di soccorso umanitario. Il messaggio lanciato dal governo italiano, e ripreso dal governo maltese, è chiaro, riguarda tutti, non solo i migranti. E’ la strategia mortale della dissuasione, rivolta ai migranti ed agli operatori umanitari. Altro che “pacchia”. Per chi si trova costretto a fuggire dalla Libia, senza alternative sicure per salvare la vita, il rischio del naufragio si fa sempre più concreto. Anche se gli “sbarchi” sono drasticamente calati, rispetto allo scorso anno, è in forte aumento il numero delle vittime, morti e dispersi, abbandonati nelle acque del Mediterraneo.

      In questa situazione la magistratura italiana è chiamata a fare rispettare le regole dello stato di diritto e gli impegni assunti dall’Italia con la firma e la ratifica delle Convenzioni internazionali di diritto del mare. Ma è anche importante il contributo della società civile organizzata, delle associazioni, di tutto quel mondo del volontariato che in questi ultimi mesi è stato messo sotto accusa con lo slogan della “lotta al business dell’immigrazione”. Quando erano state proprio le Organizzazioni non governative a denunciare chi faceva affari sulla pelle dei migranti e chi ometteva i controlli, denunce fatte in Parlamento e nel lavoro quotidiano di tanti cittadini solidali. L’attacco contro il sistema di accoglienza è stato utilizzato per delegittimare e bloccare chi portava soccorso in mare, mentre gli stati venivano meno ai loro obblighi di salvataggio. Verranno dalla società civile europea e dagli operatori umanitari le denunce che inchioderanno i responsabili delle stragi per omissione.

      Rispetto alle richieste di soccorso, e persino rispetto alle istanze che si stanno proponendo per avere chiarite le basi normative e i contenuti dei provvedimenti amministrativi, sulla base dei quali si sta interdicendo l’ingresso nelle acque territoriali e nei porti italiani alle navi delle ONG, impegnate in attività SAR nelle acque internazionali a nord delle coste libiche, silenzi e ritardi. Si può riscontrare silenzio e ritardo nell’attività delle pubbliche amministrazioni riconducibili al Ministero delle infrastrutture ( quanto al divieto di ingresso) e dell’interno (quanto alle note di rilevazione ed alla dichiarazione di una situazione di pericolo per l’ordine pubblico). Le decisioni dei ministri, su materie così importanti che incidono sulla vita ( e sulla morte) delle persone, non possono essere comunicate sui social, con messaggi Twitter o attraverso Facebook.

      Se gli avvistamenti iniziali ed il coordinamento “di fatto” (come rilevato dalla magistratura) della Guardia costiera “libica” sono effettuati da parte di autorità militari italiane, in sinergia con gli assetti aero-navali europei delle missioni Themis di Frontex ed Eunavfor MED, le autorità italiane non possono dismettere la loro responsabilità di soccorso.

      In questi casi il ministero dell’interno italiano ha l’obbligo di indicare un porto sicuro (place of safety) di sbarco in Italia, dal momento che la Libia non offre porti sicuri, e che Malta ha negato in diverse occasioni l’attracco a navi commerciali o umanitarie, che avevano operato soccorsi nelle acque del Mediterraneo centrale.

      Contro la scelta di chiudere i porti e di interdire l’ingresso delle navi delle ONG nelle acque territoriali, tanto per sbarcare naufraghi soccorsi in alto mare, quanto per effettuare rifornimenti e cambi di equipaggio, occorre rilanciare una forte iniziativa sul piano sociale, politico e legale. Per affermare il diritto alla vita, un diritto incondizionato, che non può essere piegato a finalità politiche o giudiziarie. Per battere quell’ondata di disinformazione e di rancore sociale che sta disintegrando il tessuto umano della nostra Repubblica, e la stessa Unione Europea, indicando nei migranti e in chi li assiste la ragione di tutti i mali che affliggono i cittadini italiani. Come se si trattasse di nemici interni da eliminare. Di fronte a tutto questo, la resistenza è un dovere.

      https://www.a-dif.org/2018/07/01/dopo-lallontanamento-delle-ong-e-strage-quotidiana-sulla-rotta-del-mediterran

    • La rotta più pericolosa del mondo

      Nel primo weekend in cui Tripoli ha coordinato i soccorsi in mare ci sono stati tre naufragi che hanno portato il numero complessivo dei morti e dei dispersi nel solo mese di giugno a 679. Secondo l’Alto commissariato delle Nazioni Unite per i rifugiati (Unhcr), il dato in meno di un mese è più che raddoppiato. Matteo Villa, un ricercatore dell’Ispi, ha elaborato i dati dell’Unhcr e dell’Organizzazione internazionale delle migrazioni (Oim) sulle morti registrate in relazione alle partenze dalla Libia e ha stabilito che dal 1 giugno la rotta del Mediterraneo è diventata la più pericolosa al mondo: “Muore una persona ogni dieci”.
      Un dato allarmante che riporta il tasso di mortalità e il numero assoluto dei morti ai livelli di quelli registrati prima della riduzione delle partenze nel luglio del 2017. “Dopo la repentina diminuzione delle partenze dal 16 luglio 2017, il numero assoluto dei morti e dei dispersi si è ridotto, ma ora siamo tornati incredibilmente ai livelli di prima”, afferma Villa (il tasso di mortalità invece era comunque aumentato nell’ultimo anno). Per il ricercatore questo fattore è legato a tre elementi: “Le ong sono coinvolte sempre di meno nei salvataggi, i mercantili non intervengono perché temono di essere bloccati per giorni in attesa di avere indicazioni sul porto di sbarco (come è successo al cargo danese Maersk) e la guardia costiera libica non ha né i mezzi né la competenza per occuparsi dei salvataggi”.


      https://www.internazionale.it/bloc-notes/annalisa-camilli/2018/07/03/morti-migranti-mediterraneo-libia
      #mortalité

    • Les tweet de Matteo Villa sur les morts en 2018 :

      Since June 1st, #migrant attempted crossings from #Libya have become THE RISKIEST since accurate public recordings started in 2016. ALMOST 1 IN 10 died or went missing upon departure from the Libyan coast bettween June 1st and July 2nd.

      After the sudden drop in #migrant departures from #Libya since 16 July 2017, the absolute number of dead and missing had abated. Astoundingly, we are now BACK to pre-drop levels. 679 persons have died or gone missing upon leaving Libya since June 1st.

      n 2018 so far, only about HALF of those departing from #Libya has made it to Italy (vs 86% last year). 44% have been brought back by the Libyan Coast Guard (vs 12% last year). 4.5% have died or gone missing (vs 2.3% last year).

      The increase in absolute dead and missings and in the risk of journey has occurred WHILE the Libyan Coast Guard rescued the highest number of persons in a single month since May 2016.

      Why is this happening: - NGOs carry out less and less SARs, may stop altogether; - commercial ships fear high losses if they do SARs and are held for days waiting for port; - Libyan Coast Guard understaffed and underequipped.

      https://twitter.com/emmevilla/status/1014068492872704000

      data set
      https://docs.google.com/spreadsheets/d/1ncHxOHIx4ptt4YFXgGi9TIbwd53HaR3oFbrfBm67ak4/edit#gid=0
      (si @simplicissimus n’a rien à faire dans les prochains jours...)

      MAJOR CORRECTION: dead and missing from Libya since 1 June amount to 565, not 679 as previously stated. Risk of journey skyrocketed from 2.3% in Jan-May 2018 to 7.6% (NOT 9.0%). Absolute levels are still maximum since drop in sea arrivals in July 2017.

      https://twitter.com/emmevilla/status/1014266248094474240

    • Record deaths at sea: will ‘regional disembarkation’ help save lives?

      Never has it been more dangerous for people in search of protection to make the crossing to Europe. The estimated death rate on boat migration journeys across the Mediterranean has risen from 4 per 1000 in 2015 to 24 per 1000 in the first four months of 2018, according to available data.

      While the death rate is higher than ever, the size of migration flows across the Mediterranean has shrunk dramatically. The number of refugees and other migrants who crossed the Mediterranean in June was down 94% compared to the peak of the migration and refugee crisis in 2015. This means that migration policy-makers now have an opportunity to move on from crisis response to a search for long-term solutions.

      Yet, Mediterranean boat migration is an increasingly thorny issue for intra-European relations, and a new surge in arrivals remains imaginable. It still dominates the political discourses of all major European countries. In Germany, Angela Merkel’s coalition remains wobbly due to disagreements over migration policy. Anxiety about migration is therefore much higher than the current number of border-crossings would suggest, and continues to shape policy-making. This was evident in the fraught discussions in the lead-up to the agreement reached by the European Council on 29 June. In fact, the pressure to reach agreement and deliver action seems to have overshadowed concerns about the feasibility of the proposed schemes.


      https://blogs.prio.org/2018/07/record-deaths-at-sea-will-regional-disembarkation-help-save-lives
      #mortalité
      signalé par @isskein

    • Responsibility for surging death toll in Central Med laid squarely at Europe’s door

      The number of people drowning in the Central Mediterranean or being taken back to squalid detention centres in Libya has surged as a result of European policies aimed at closing the central Mediterranean route, Amnesty International said in a new briefing published today.


      https://www.amnesty.org/en/latest/news/2018/08/surging-death-toll-in-central-med
      #responsabilité

      Lien vers le briefing:
      https://www.amnesty.org/en/documents/eur30/8906/2018/en

      #rapport #Amnesty_international

    • Combien de migrants sont morts en Méditerranée ? Où sont-ils enterrés ?
      L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) recense près de 17000 morts et disparus en Méditerranée depuis 2014

      Bonjour,

      Votre question renvoie vers un tweet de Pierre Sautarel (administrateur de Fdesouche, revue de presse consacrée aux thèmes favoris de l’extrême droite - immigration, sécurité, identité, etc.) qui s’appuie sur une erreur de chiffre dans une dépêche Reuters pour remettre en cause le décompte du nombre de migrants décédés en Méditerranée.

      « Plus de 100 000 migrants sont morts noyés [entre la Libye et l’Italie] depuis 2014, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) », lit-on dans l’extrait du texte de l’agence que poste Sautarel. Et celui-ci de commenter : « Mais pas trace d’un cadavre sur une plage ou dans un filet de pêche… Plus c’est gros plus ça passe… »

      De fait, il y a un « 0 » de trop dans la dépêche Reuters dont Sautarel reproduit un extrait. Il s’agit probablement d’une erreur de traduction, puisque sur le site de Reuters, le texte en français fait état de « plus 100 000 morts », mais la version originale en anglais, en compte « more than [plus de] 10 000 ». Cette erreur a donné l’occasion à Pierre Sautarel (et à d’autres) de remettre en cause le décompte des migrants morts, s’appuyant par ailleurs sur le fait que (selon lui) il n’y a aucune trace des cadavres.

      Comment, et par qui, sont comptés les morts ? Où sont-ils enterrés ?
      16862 morts et disparus en Méditerranée depuis 2014, selon l’OIM

      La source de Reuters (et de quasiment tous les médias) sur ce sujet est l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Entre le 1er janvier 2014 et le 30 juillet 2018, l’OIM, rattachée à l’ONU, a recensé 5773 « morts », dont on a retrouvé les corps, et 11089 « disparus », dont les dépouilles n’ont pas été récupérées immédiatement après les naufrages mais qui ont généralement été signalés par des survivants.

      Au total, l’OIM comptabilise donc 16 862 victimes en Méditerranée en quatre ans et demi.

      Selon l’organisation, dans leur immense majorité, ces décès et ces disparitions surviennent en Méditerranée centrale, entre la Libye, la Tunisie, Malte et l’Italie : 14587 morts et disparus dans cette zone selon l’OIM (on retrouve les « plus de 10 000 » dont parle Reuters).

      Cela représente plus de 86% du total méditerranéen. Il s’agit de la route migratoire la plus meurtrière au monde, selon l’OIM.
      Des sources essentiellement secondaires

      L’Organisation internationale pour les migrants collecte ces chiffres via le Missing Migrants Project (Programme des migrants disparus). Dans une publication de 2017, des chercheurs en charge du MMP précisent (en anglais) la méthodologie de cette comptabilité : « La base de données du MMP fournit une vue d’ensemble des données sur les morts des migrants, mais il dépend premièrement de sources secondaires d’information. » Ces sources secondaires sont évaluées en fonction de leurs avantages et de leurs inconvénients.

      Dans chaque cas (CheckNews a isolé ceux survenus en Méditerranée) l’OIM recense la date, le « nombre de morts », le « nombre minimum estimé de disparus », « le nombre de survivants ». Et renvoie vers des sources en ligne. A chaque type de source un chiffre (voir la méthodologie de collecte des données) : 1 quand un seul média a rapporté l’événement, 2 pour des témoignages de migrants à l’OIM, 3 quand plusieurs médias en font état, 4 si une organisation non-gouvernementale ou internationale en atteste, et 5 s’il y a au moins une source officielle (étatique ou gardes-côtes notamment) ou plusieurs sources humanitaires.

      Par exemple, le 30 juillet une personne meurt et deux survivent dans un naufrage près de Tanger selon un média local arabophone (indice : 1). Autre exemple : le 18 juillet, l’OIM enregistre 19 morts et (au moins) 25 disparus dans un naufrage au nord de Chypre, dont 103 personnes réchappent. Elle s’appuie sur Reuters, CNN en turc et un média turc, qui tiennent leurs infos des gardes-côtes turcs (indice : 5).

      L’OIM estime que le décompte n’est pas exhaustif, des cas de décès pouvant ne pas être portés à la connaissance des médias, ONG ou autorités locales. « Dans la plupart des régions, les chiffres sont probablement largement sous-estimés par rapport au nombre de vies perdues », selon un de ses rapports (en anglais).
      « Mortes sans laisser de traces »

      Autre source pour prendre la mesure des morts sur les routes migratoires : le réseau United for intercultural action. Se fondant également sur les articles de presse et les rapports d’ONG, une équipe basée à Amsterdam a compté, entre 1993 et 2018, 34 361 migrants morts lors de leur voyage vers l’Europe ou après leur arrivée. La liste a été publiée dans le quotidien britannique The Guardian, le 20 juin 2018, journée mondiale des réfugiés. Près de 80% de ces personnes sont mortes en mer.

      Le Guardian précise que cette liste non plus n’a pas de prétention exhaustive : « le vrai nombre pourrait être beaucoup plus élevé, puisqu’au fil des ans plusieurs milliers de personnes sont mortes sans laisser de traces lors de leur voyage par la terre ou la mer. »
      « Les Etats ne semblent pas faire d’efforts »

      Vous nous demandez aussi où sont les dépouilles des noyés de la Méditerranée. Comme nous l’écrivions plus haut, une majorité des corps ne sont pas retrouvés. Interrogée par CheckNews, Julia Black, qui coordonne le Missing Migrants Project à l’OIM fait le point : « 5773 corps et 11 089 disparus ont été enregistrés par le MMP depuis 2014, ce qui veut dire qu’à peu près 34% des migrants morts sont effectivement retrouvés. » Mais, l’Organisation internationale pour les migrations « n’a malheureusement pas de données sur où sont enterrées ces personnes », regrette Julia Black.

      « En général, les corps sont récupérés quand cela peut être fait sans compromettre les efforts de sauvetage », résume pour CheckNews Simon Robins, chercheur à l’université de York et responsable du projet Mediterranean Missing (auquel prend part l’OIM), qui vise à retrouver et identifier les morts en mer. Et de déplorer : « Les Etats ne semblent pas faire du tout d’effort pour recenser et publier des données concernant les corps qu’ils récupèrent. Cela est fait par la société civile et l’OIM. »
      « Cadavres traités comme des déchets »

      D’abord, donc, une majorité des victimes n’est pas retrouvée après les naufrages. Mais quand des corps arrivent sur des plages, la gestion s’avère compliquée. D’autant que « renvoyer une dépouille coûte cher et nécessite de la documentation. Cela n’est fait que si la famille est prête à investir la somme nécessaire et à remplir les papiers administratifs. Surtout, il faut que le corps soit identifié », souligne Simon Robins.

      Il incombe donc aux locaux de s’occuper des dépouilles non réclamées. Mediterranean Missing a consacré des rapports à la gestion des corps en Sicile (Italie) et à Lesbos (Grèce). Dans de nombreux cas, impossible d’identifier les migrants. Début 2016, la BBC publiait une enquête rapportant l’existence (d’au moins) 1278 tombes anonymes réparties dans 70 sites entre la Turquie, la Grèce et l’Italie (à l’époque, l’OIM recensait 8412 morts et disparus depuis 2014). Et le média britannique d’écrire : « En Turquie et en Grèce, les autorités locales, qui ont du mal à faire face à l’afflux de migrants et à la quantité inédite de corps qui s’échouent sur leurs plages, ont reconnu ne pas pouvoir tenir un compte précis des enterrements. » Des cimetières anonymes existent aussi en Tunisie, a constaté La Croix, et en Espagne, remarque RFI.

      En Libye, l’existence de fosses communes a même été rapportée (ici ou là). Les fondateurs de l’association Last Rights, qui veut donner un nom et une sépulture à tous les morts des migrations, Syd Bolton et Catriona Jarvis, confirment à CheckNews avoir recueilli « plusieurs témoignages » allant dans ce sens : « En Afrique, les autorités sont débordées et on entend parfois parler de cadavres traités comme des déchets. Ce n’est pas le cas, à notre connaissance, en Europe. »
      « Catastrophe »

      Cependant, « l’Union européenne n’a pas de politique vis-à-vis des migrants morts. C’est un problème qui incombe à chaque Etat, en fonction de sa loi et de ses pratiques nationales et régionales. Ces lois ne sont pas coordonnées ou harmonisées », détaille auprès de CheckNews la juriste Stefanie Grant, qui a rédigé un mémo juridique sur la question (en anglais) pour Mediterranean Missing. En revanche, au mois de juillet 2018, tous les Etats membres à l’exception de la Hongrie ont signé un engagement auprès de l’ONU sur les migrations. Le chapitre « Sauver des vies et faire des efforts coordonnés pour les migrants disparus » impose aux signataires de :

      Collecter, centraliser et systématiser les données concernant les corps, et assurer la traçabilité après l’enterrement […] établir des chaînes de coordination au niveau transnational pour faciliter l’identification et l’information des familles […] faire tous les efforts, y compris au travers de la coopération internationale pour retrouver, identifier et rapatrier les restes des migrants décédées à leurs pays d’origine […] et dans le cas d’invididus non identifiés, faciliter l’identification et la récupération des restes mortuaires.

      « Il ne manque plus qu’aux dirigeants de faire preuve de bonne volonté, c’est un processus très long », estiment les fondateurs de Last Rights, Syd Bolton et Catriona Jarvis. Ils expliquent à CheckNews que pour l’heure « les municipalités européennes doivent enterrer les morts qui arrivent sur leur territoire », mais qu’en termes de statistiques et de décompte, les pratiques varient d’une ville à l’autre.

      Pour les militants de Last Rights, cette situation explique pour partie le scepticisme de certains citoyens devant le drame des migrants : « Si l’Europe avait pris le parti de recenser exactement les disparus en mer et de s’occuper des dépouilles, personne ne pourrait douter de la catastrophe qui se déroule en Méditerranée. »

      http://www.liberation.fr/checknews/2018/08/09/combien-de-migrants-sont-morts-en-mediterranee-ou-sont-ils-enterres_16713

    • « La traversée de la Méditerranée se révèle plus mortelle que jamais »

      Plus de 1600 personnes ont trouvé la mort durant les premiers mois de 2018 lors de leur traversée de la Méditerranée. Selon un nouveau rapport publié lundi par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la route maritime « est plus mortelle que jamais pour les migrants ».

      Le rapport, intitulé Voyages désespérés, constate que, même si le nombre de migrants tentant de rejoindre l’Europe a diminué, le taux des décès a augmenté vertigineusement. Entre janvier et juillet 2018, une personne sur 18 tentant la traversée est morte ou a disparu en mer. Au cours de la même période en 2017, on enregistrait un décès pour 42 personnes s’entassant dans les embarcations de fortune.

      « Le rapport confirme une fois de plus que la route méditerranéenne est l’un des passages maritimes les plus meurtriers du monde », affirme Pascale Moreau, directrice du bureau du HCR pour l’Europe, dans un communiqué.
      Mesures sécuritaires en ligne de mire

      Les mesures européennes de contrôle qui visent l’immigration irrégulière, les restrictions infligées aux ONG qui limitent les opérations de secours, ainsi que l’accès restreint aux ports italiens, en particulier depuis le changement de gouvernement dans la Péninsule, ont certes conduit à une diminution du flux migratoire. Mais le HCR tient à souligner que ces mesures entraînent une hausse du taux de mortalité.

      Comme solution, le HCR appelle les pays européens à s’engager en faveur de la mise en place de voies d’accès alternatives, légales et sécurisées pour les personnes fuyant la guerre et les persécutions. L’organisation onusienne suggère aussi aux Européens de s’entendre sur des ports de débarquement dans plusieurs pays, afin que l’accueil des migrants ne repose pas uniquement sur l’Espagne, la Grèce et l’Italie.

      https://www.letemps.ch/monde/traversee-mediterranee-se-revele-plus-mortelle-jamais

    • La traversée de la Méditerranée est plus meurtrière que jamais, selon un nouveau rapport du HCR

      Trois ans après la diffusion des images choquantes d’Alan Kurdi, cet enfant syrien dont le corps sans vie avait été retrouvé échoué sur une plage turque, la traversée de la mer Méditerranée est un itinéraire encore plus meurtrier qu’auparavant, indique un nouveau rapport du HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

      Selon le nouveau rapport « Voyage du désespoir », plus de 1600 personnes ont déjà perdu la vie ou ont disparu cette année en tentant de rejoindre l’Europe.

      Si le nombre de personnes arrivées en Europe est en diminution, le taux de décès, surtout parmi ceux qui rejoignent le continent par la Méditerranée, a considérablement augmenté, souligne le rapport. En Méditerranée centrale, pour chaque groupe de 18 personnes ayant entrepris la traversée entre janvier et juillet 2018, une personne est décédée ou a disparu, contre une sur 42 au cours de la même période en 2017.

      « Ce rapport confirme une fois de plus que la traversée de la Méditerranée est l’une des voies les plus meurtrières au monde », a déclaré Pascale Moreau, la Directrice du bureau du HCR pour l’Europe. « Alors même que le nombre d’arrivants sur les côtes européennes diminue, il ne s’agit plus de tester la capacité de l’Europe à gérer les chiffres mais à faire preuve de l’humanité nécessaire pour sauver des vies. »

      Ces derniers mois, le HCR et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont appelé à une approche prévisible et régionale afin de garantir le sauvetage et le débarquement des personnes en détresse en mer Méditerranée.

      Le HCR exhorte également l’Europe à accroître les possibilités de voies d’accès légales et sûres pour les réfugiés, notamment en augmentant le nombre de places de réinstallation et en éliminant les obstacles au regroupement familial – ce qui permettrait de fournir d’autres options à des périples dont l’issue risque d’être fatale.

      Le rapport souligne également les dangers auxquels sont confrontés les réfugiés lorsqu’ils voyagent le long des routes terrestres vers l’Europe ou lorsqu’ils traversent celle-ci. Notant les mesures prises par certains pour empêcher les réfugiés et les migrants d’accéder à leur territoire, le rapport exhorte les États à faire en sorte que les personnes cherchant la protection internationale puissent facilement accéder aux procédures d’asile. Il lance également un appel aux États afin que ceux-ci renforcent les mécanismes de protection des enfants qui voyagent seuls et demandent l’asile.

      L’auteur à succès et Ambassadeur de bonne volonté du HCR, Khaled Hosseini, lui-même réfugié afghan, a publié un livre illustré dont la parution coïncide avec le tragique troisième anniversaire de la mort d’Alan Kurdi. Intitulé « Sea Prayer », l’ouvrage rend hommage aux milliers de réfugiés qui ont perdu la vie en fuyant la guerre, la violence et les persécutions à travers le monde.

      « Quand j’ai vu ces images épouvantables du corps d’Alan Kurdi, j’ai eu le cœur brisé », a déclaré Khaled Hosseini. « Pourtant, trois ans plus tard et malgré le fait que des milliers d’autres personnes perdent la vie en mer, notre mémoire collective et l’urgence que nous avions à vouloir faire mieux semblent s’être estompées. »

      En juin et juillet 2018, Khaled Hosseini s’est rendu au Liban et en Italie, où il a pu constater les conséquences désastreuses pour les familles qui ont perdu des proches alors que ceux-ci tentaient de rejoindre l’Europe.

      « En Sicile, j’ai vu un cimetière isolé et mal entretenu qui était rempli de tombes d’anonymes, dont de nombreux enfants, qui se sont noyés durant leur périple ces dernières années, comme Alan Kurdi », a-t-il expliqué. « Chacune de ces personnes n’est plus qu’un chiffre, un code sur une tombe, mais il s’agissait d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont osé rêver d’un avenir plus prometteur. Trois ans après le décès d’Alan, il est temps d’unir nos forces pour éviter d’autres tragédies et rappeler à nos amis, nos familles, nos communautés et nos gouvernements que nous sommes solidaires avec les réfugiés. »

      L’intégralité du rapport (en anglais) est disponible à l’adresse : http://www.unhcr.org/desperatejourneys

      Faits marquants

      Le long de l’itinéraire de la Méditerranée centrale, dix incidents ont eu lieu depuis le début de l’année, au cours desquels 50 personnes, voire davantage, sont décédées. La plupart d’entre elles étaient parties de Libye. Parmi ces incidents, sept se sont déroulés depuis juin.
      Depuis l’Afrique du Nord vers l’Espagne, plus de 300 personnes ont perdu la vie jusqu’à présent, soit déjà une nette augmentation par rapport au total de l’année 2017, durant laquelle 200 décès avaient été enregistrés.
      En avril dernier, lorsque 1200 personnes ont rejoint l’Espagne par la mer, le taux de décès est passé à une personne qui trouve la mort pour chaque groupe de 14 personnes qui arrive en Espagne par la mer.
      Plus de 78 décès de réfugiés et de migrants ont été enregistrés jusqu’à présent le long des routes terrestres en Europe ou aux frontières de celle-ci, contre 45 au cours de la même période l’an dernier.

      http://www.unhcr.org/fr/news/press/2018/9/5b8ccee9a/traversee-mediterranee-meurtriere-jamais-nouveau-rapport-hcr.html

      Lien vers le #rapport :
      http://www.unhcr.org/desperatejourneys

    • En septembre, près d’un migrant sur 5 partant de Libye aurait disparu en Méditerranée

      Sur les six premiers mois de 2018, une personne sur 18 qui tentait de traverser la Méditerranée y a disparu. D’après un chercheur italien, en septembre ce chiffre a radicalement augmenté, passant à un mort ou disparu sur cinq.

      Ils sont plus de 30 000. Trente mille hommes, femmes et enfants, qui ont trouvé la mort en Méditerranée en essayant d’atteindre l’Europe sur des embarcations de fortune. Depuis le début de l’année, et encore plus au cours des quatre derniers mois, la mortalité du trajet a explosé. Et ce, même si le nombre de personnes qui tentent la traversée a chuté.

      En septembre, le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) révélait qu’en 2017, une personne qui essayait d’atteindre l’Europe sur 42 trouvait la mort en Méditerranée et qu’en 2018, ce chiffre était passé à une personne sur 18. En septembre, ce chiffre a encore grimpé : ils étaient un sur cinq à perdre la vie ou à « disparaître » entre la Libye et l’Europe, selon le chercheur Matteo Villa, de l’Institut italien pour les études de politique internationale. Il a compilé, sur la base des chiffres officiels du HCR, de l’Organisation internationale des migrations (OIM), des récits publiés dans la presse et de témoignages récoltés lui-même, les données concernant les départs de Libye, les arrivées en Europe et les interceptions réalisées par les garde-côtes libyens (1). Il en ressort, pour le mois de septembre, qu’une personne sur dix a réussi à atteindre l’Europe, sept sur dix ont été interceptées par les Libyens et ramenées sur la rive sud de la Méditerranée, et deux sur dix ont disparu.
      « Politiques de dissuasion »

      « La chose la plus importante est qu’autant le risque de mourir que les décès avérés ont considérablement augmenté si vous comparez deux périodes : celle allant de juillet 2017 à mai 2018, soit avant l’arrivée du gouvernement actuel et le durcissement des politiques de dissuasion contre les ONG, et celle allant de juin à septembre 2018, soit après le changement de gouvernement italien et le début des politiques de dissuasion », explique Matteo Villa à Libération.

      Selon le chercheur, l’effet du durcissement de la politique migratoire du gouvernement italien, en particulier, est tangible : « Avant les politiques menées par Minniti [l’ancien ministre de l’Intérieur italien, en poste entre décembre 2016 et juin 2018, ndlr] ne fassent effet, à peu près 12 migrants mouraient chaque jour. Pendant les politiques de Minniti, il y en avait 3 par jour. Depuis Salvini [le nouveau ministre de l’Intérieur italien d’extrême droite, ndlr], le chiffre est monté à 8 morts par jour », détaille encore le chercheur.
      « Navires sous-équipés »

      Peut-on pour autant faire le lien direct entre la fermeture des ports italiens, depuis cet été, aux ONG qui portent secours aux migrants en mer, ou les difficultés rencontrées notamment par l’Aquarius, que le Panama ne veut plus immatriculer, et la hausse de la mortalité ? « C’est difficile à dire, mais à mon avis, oui. Les données racontent une histoire spécifique : sans les ONG en mer, les seuls navires qui restent sont ceux des garde-côtes libyens, qui sont sous-équipés et sous-staffés, donc ils ne pourront pas éviter un grand nombre de décès en mer », explique Matteo Villa.

      Dans le même temps, les départs de Libye n’ont jamais été aussi peu nombreux, depuis 2012, signale-t-il : « C’est plus difficile de trouver une place dans un bateau aujourd’hui. » Pour autant, la politique de dissuasion menée envers les migrants ne peut être considérée comme satisfaisante, selon lui : « L’hypothèse était que, étant donné le risque de mourir, les gens ne tenteraient plus de traverser la mer depuis la Libye. Mais les gens essaient toujours, et cela débouche sur un nombre très haut de morts avérées. »


      https://www.liberation.fr/planete/2018/10/01/en-septembre-pres-d-un-migrant-sur-5-partant-de-libye-aurait-disparu-en-m
      #mortalité

    • Migrant Deaths in Western Mediterranean This Year Double Those Recorded in 2017: UN Migration Agency

      IOM’s Missing Migrants Project (MMP) team, based at IOM’s Global Migration Data Analysis Centre (GMDAC) in Berlin, has confirmed that two migrant boats were lost in the Alboran Sea in late August and early September and at least 113 people lost their lives. Since the beginning of the year, 547 people are estimated to have died in these waters, more than double the 224 deaths documented in all of 2017.

      On 30 August, a boat carrying 52 migrants, including six women (one of whom was pregnant) disappeared, according to the NGO Alarm Phone. The boat left on 29 August from Nador, Morocco, and both Spanish and Algerian authorities were involved in the unsuccessful search for the lost boat.

      Days later, on 3 September, another boat, with 61 migrants on board, went missing in the Alboran Sea after it departed for mainland Spain. The bodies of 13 people were found on the shores of Morocco and Algeria in the following days.

      “What’s concerning is that we’ve seen a consistent increase in the number of migrant deaths recorded in the Western Mediterranean each year since IOM began keeping track,” said Frank Laczko, Director of IOM’s Data Analysis Centre. “These numbers, however, tell only a partial story of the tragedy unfolding in the Western Mediterranean. For each person lost at sea, families are left wondering if their loved one is dead or alive.”

      The families of the 113 people who disappeared in these two shipwrecks are forced to live in limbo, not knowing the fate of their loved ones. They will have no place to mourn and lay their loved ones to rest.

      Unfortunately, deaths in the waters between North Africa and the Spain are not a new phenomenon. The Andalusian Association for Human Rights has documented the deaths of over 6,000 people on this route since 1997.

      Laczko noted, “The increase in recorded deaths in 2018 is linked to the increase in attempted sea crossings from North Africa to Spain compared with the past five years, as well as the number of fatalities in each shipwreck.” Of the 547 deaths and disappearances recorded so far in 2018, more than half (289) occurred in seven shipwrecks in which more than 20 people died or were lost at sea. Between 2014 and 2017, two or fewer such incidents were recorded each year.

      There are also strong indications that many migrants have been lost without a trace in the Western Mediterranean this year. The remains of more than 60 people have been found on beaches in Spain, Morocco and Algeria in 2018 that are not associated with any known shipwreck.

      Furthermore, non-governmental organizations operating in Spain and Morocco have received numerous requests from family members reporting loved ones lost in the Alboran Sea in shipwrecks which cannot be confirmed.

      IOM’s Missing Migrants Project collects data on migrant deaths from various sources, including coast guards, non-governmental and civil society organizations, and media reports. However, reports on migrant deaths are scattered and incomplete, and there are no complete data on border deaths released by Spanish or Moroccan authorities.

      In general, Missing Migrants Project data on migrant deaths and disappearances are best understood as minimum estimates: the true number of fatalities during migration is likely much higher. This lack of data reinforces the marginality and invisibility of migrant deaths and leads to an environment in which deaths seem to be tolerated as an assumed risk of irregular migration.


      https://reliefweb.int/report/spain/migrant-deaths-western-mediterranean-year-double-those-recorded-2017-un-m
      #mortalité #Méditerranée #asile #migrations #réfugiés #statistiques #chiffres #mourir_en_mer #2017 #morts #décès #2014 #2015 #2016 (et estimations #2018)

      Pour télécharger le pdf:
      https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Migrant%20Deaths%20in%20Western%20Mediterranean%20This%20Year%20Double%20

      ping @isskein @reka

    • #Méditerranée_occidentale : les décès de migrants ont doublé cette année par rapport à 2017 (OIM)

      Selon l’Agence des Nations Unies pour les migrations (OIM), la mer Méditerranée reste l’une des voies les plus meurtrières pour les migrants, malgré la baisse du trafic sur la partie centrale. D’après le Projet de l’OIM sur les migrants disparus (MMP), en date du 24 octobre, 1.969 migrants « irréguliers » sont morts en Méditerranée, dont plus des deux tiers dans les eaux entre l’Afrique du Nord et la Sicile.

      Mais la voie de la Méditerranée occidentale reste la plus meurtrière parmi les routes méditerranéennes menant en Europe.

      « Depuis le début de l’année, 547 personnes ont péri dans la Méditerranée occidentale. Ce chiffre s’élevait à 224 pour toute l’année 2017 », a déclaré le porte-parole de l’OIM, Joel Millman, lors d’un point de presse vendredi à Genève.

      Selon Joel Millman, l’illustration de cette tragédie est le naufrage de deux bateaux sur la mer d’Alboran qui ont fait au moins 113 morts entre fin août et début septembre.

      Le 30 août, un bateau transportant 52 migrants, dont six femmes (une enceinte), a disparu, selon l’ONG Alarm Phone. Le bateau est parti le 29 août de Nador (Maroc) et les autorités espagnoles et algériennes ont participé à la recherche infructueuse de l’embarcation portée disparue.

      Le 3 septembre, un autre bateau, avec 61 migrants à bord, a disparu à une centaine de kilomètres au sud de l’île espagnole d’Alboran. Les corps de 13 personnes ont été retrouvés par la suite sur les côtes marocaines et algériennes.

      L’OIM rappelle que les décès dans les eaux entre l’Afrique du Nord et l’Espagne ne sont pas « malheureusement un phénomène nouveau ». « L’Association andalouse des droits de l’homme a documenté le décès de plus de 6.000 personnes sur cette route depuis 1997 », a ajouté M. Millman.
      L’Espagne reste la porte d’entrée en Europe des migrants arrivées par la Méditerranée en 2018

      « L’augmentation des décès enregistrés en 2018 est liée à l’augmentation du nombre de tentatives de traversées par la mer entre l’Afrique du Nord et l’Espagne par rapport aux cinq dernières années, ainsi que par le nombre de morts dans chaque naufrage », a déclaré de son côté Franck Laczko, le Directeur du Centre mondial d’analyse des données sur la migration (CMADM) de l’OIM. Sur les 547 décès et disparitions enregistrés à ce jour en 2018, plus de la moitié (289) ont eu lieu lors de sept naufrages au cours desquels plus de 20 personnes sont mortes ou portées disparuesen mer. Entre 2014 et 2017, deux incidents de ce type ou moins ont été enregistrés chaque année.

      Il existe également de fortes indications selon lesquelles de nombreux migrants sont portés disparus cette année, sans laisser de traces dans la Méditerranée occidentale. Les restes de plus de 60 personnes ont été retrouvés sur des plages en Espagne, au Maroc et en Algérie en 2018, qui ne sont pas pourtant associés à des naufrages connus.

      Malgré une traversée périlleuse en Méditerranée, les migrants continuent d’emprunter cette voie pour tenter de rejoindre l’Espagne, l’Italie ou la Grèce. D’après l’OIM, 95.909 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe cette année par la mer en date du 24 octobre, dont 45.976 rien qu’Espagne, la principale destination de débarquement cette année.

      En réalité, depuis les arrivées de fin septembre, l’Espagne a accueilli, en 2018, plus de migrants irréguliers qu’elle ne l’a fait pour toutes les années 2015, 2016 et 2017 combinées. En comparaison, ils étaient 147.170 à la même période dans la région l’an dernier et 324 267 au même moment en 2016.

      Recensant 46% de toutes les arrivées irrégulières cette année, l’Espagne (45.976 arrivées par la mer en plus de 5.202 par voie terrestre) continue de recevoir près de trois fois plus de migrants que la Grèce (26.340) et huit fois et demi de plus que l’Italie (21.935).

      https://news.un.org/fr/story/2018/10/1027622

    • Plus de 2.260 migrants sont morts en tentant de traverser la Méditerranée en 2018

      Des arrivées en baisse, mais plus de 2.260 morts : la Méditerranée est restée l’an dernier la voie maritime la plus meurtrière pour les migrants, selon le HCR qui a appelé les pays européens à « sortir de l’impasse ».

      Un total de 2.262 migrants sont « morts ou portés disparus » en tentant de traverser la Méditerranée en 2018, contre 3.139 l’année précédente, selon les chiffres publiés par le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) sur son site internet.

      https://www.courrierinternational.com/depeche/plus-de-2260-migrants-sont-morts-en-tentant-de-traverser-la-m

      Sur le site de l’HCR (04.01.2019) :


      https://data2.unhcr.org/en/situations/mediterranean

    • Méditerranée : forte baisse des traversées en 2018 et l’Espagne en tête des arrivées (HCR)

      C’est toujours la voie maritime la plus meurtrière au monde pour les migrants : plus de 2 260 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée en 2018, selon les chiffres publiés par le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), jeudi 3 janvier.

      https://news.un.org/fr/story/2019/01/1032962

    • Irregular migration death, disappearance toll exceeds 30,000 during 2014-2018: IOM

      At least 30,510 deaths occurred between 2014 and 2018 during irregular migration around the world, the UN International Organization for Migration (IOM) said in a report Friday.

      More than 19,000 deaths and disappearances were recorded due to drowning, not only in the Mediterranean Sea but also in the Rio Grande, the Bay of Bengal and many other overseas routes, said the IOM citing data gathered by its Missing Migrants Project.

      Nearly half of the five-year total fatalities of at least 14,795 men, women and children were recorded on the central Mediterranean route between North Africa and Italy.

      The Missing Migrants Project estimates that at least 17,644 lives were lost at sea on all three trans-Mediterranean routes in the last five years, equivalent to roughly 10 times the number of people who drowned when the luxury liner Titanic sank in 1912.

      “Irregular migration poses significant risks to those who undertake such journeys, and safe, legal pathways are urgently needed so that fewer people resort to this option,” said Dr. Frank Laczko, director of IOM’s Global Migration Data Analysis Centre.

      “Even though many focus on the Mediterranean, the truth of the matter is that people die on migratory routes worldwide,” he said.

      Due to the lack of official information on deaths during migration, and a lack of detail on most of those who die during migration, the IOM said the figures are best understood as a minimum estimate.

      Deaths recorded during migration throughout Africa comprise the second-largest regional total of the 30,000 deaths logged since 2014, with 6,629 fatalities recorded since 2014.

      Nearly 4,000 of those deaths occurred in northern Africa, where a lack of reliable data and extensive anecdotal reports indicate that many more migrants have died than are recorded.

      In Asia, where data are similarly scarce, the deaths of more than 2,900 people were recorded during migration, including 2,191 in Southeast Asia and 531 in the Middle East.

      At least 2,959 people died migrating in the Americas in the last five years, more than 60 percent of whom (at least 1,871) lost their lives on the border between Mexico and the United States.

      There were more than 1,000 deaths in the rest of Latin America and the Caribbean between 2014 and 2018, although the difficulty in obtaining reliable reports — particularly at sea or through remote jungle areas — means that migrant deaths were likely far higher, said the IOM.

      http://www.xinhuanet.com/english/2019-01/12/c_137737134.htm

  • Là où se mêlent les eaux. Des Balkans au Caucase, dans l’Europe des #confins

    Une ville sans cimetière, une langue comprenant quatre-vingt-trois
    consonnes, une marina qui n’existe pas sur les cartes, d’anciens sous-marins soviétiques à vendre, des frontières que seul un aveugle peut traverser, des vallées perdues et des fronts de mer reconquis, des jeunes radicalisés et des vieux-croyants…
    Sur les marches de l’Europe, des Balkans au Caucase, s’étendent des espaces incertains, broyés dans les rouages d’une interminable « transition », mais propices à des rencontres improbables. Comprendre où va aujourd’hui l’Europe demande d’embarquer à bord d’une histoire des confins : à la fois récit de voyage et reportage d’après guerres, où l’on croise aussi bien les spectres de Tito et d’Enver Hodja que les figures réelles de révolutionnaires non repentis ou de mafieux imaginatifs.
    Dans ce texte où l’ambition littéraire se conjugue à un savoir panoramique, afin de remonter le fil des mémoires du continent, Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin ont caboté sur les rives de l’#Adriatique, de la #mer_égée et de la #mer_Noire. Ce trajet est celui des #minorités oubliées, des pays qui n’existent plus ou pas encore, des #migrations sans cesse recommencées et des rendez-vous toujours ratés.
    Le rythme de la voile raconte ce cheminement de la côte Adriatique aux rivages caucasiens d’#Adjarie et d’#Abkhazie, de la #Crimée à la #Transnistrie. Jusqu’au delta du #Danube, là où le fleuve et toutes les poussières de l’Europe viennent se mêler aux eaux de la #mer.


    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-L___o___se_m__lent_les_eaux-9782348036057.html
    #livre #frontières #migrations

  • Kathryn Clark - Home
    http://www.kathrynclark.com

    Inspired by the historical storyboard of the Bayeux Tapestry, Refugee Stories is a series of embroidery panels that follow the journey of the Syrian refugees into Europe. The monumental scale of the crisis, the second largest mass migration in history, is documented in various points along the refugees’ journey out of Syria and into Western Europe. Each point along their journey was affected by geography: whether by sea or land, pastoral farmland or war torn desert. Using international news stories, Google Earth, and numerical data from the United Nations, each panel pieces together the journey in one schematic map.

    http://www.kathrynclark.com/refugee-stories.html


    #art #cartographie #narration #Syrie #conflit #réfugié·es

  • La frontière est mobile : la preuve par Dublin et l’Irlande

    La frontière est une donnée mouvante : pour le migrant « #dubliné », qui sera renvoyé dans le premier pays atteint en Europe, ou pour l’Irlande elle-même qui pourrait, Brexit oblige, voir se poser de nouveau la question de sa limite avec le Royaume-Uni.

    La frontière est simultanément différenciée et sélective. Elle peut être #barrière au franchissement et à l’accueil de certains, perçus comme indésirables, et ouverte au franchissement pour d’autres, exemptés de contrôles et toujours bienvenus ; elle peut être ouverte aux flux de marchandises et de capitaux, en les attirant même par des différentiels savamment promus, et fermée à ceux de la migration et du refuge.

    On nous la présente volontiers comme nécessaire, pas seulement comme moyen d’un projet collectif et de l’établissement d’une juridiction, mais comme une condition de l’être au monde pour une collectivité. La métaphore de la #peau ou de la #membrane est ainsi couramment utilisée et admise, y compris dans une rhétorique qui se veut positive, humaniste et réaliste. La peau ou la membrane est la condition de l’être au monde du #corps vivant, lui permettant de se délimiter par une enveloppe, mais aussi de percevoir, d’interagir et d’échanger, tout en restant cohérente en tant qu’organisme. Très bien, mais qu’est-ce que cette métaphore basée sur l’unité et l’indivisibilité intrinsèque du corps ou de la cellule a à voir avec un groupe humain ? Rien ! Le groupe humain, la communauté, la collectivité est par définition construite. Si elle définit une #identité, elle n’en épuise jamais les possibilités d’#appartenance des êtres qui la constituent et qui peuvent être simultanément membres d’autres groupes. En ce sens, elle peut cohabiter avec d’autres identités qui la transcendent, elle peut aussi évoluer vers d’autres regroupements construits ou choisis, plus grands, plus petits, autres. Elle peut aussi, et doit même si elle veut rester dynamique et dans le monde, toujours s’ouvrir, échanger et accueillir. Si la frontière est donc évolutive par nature, elle n’est pas vivante, car elle ne peut être essentialisée ni érigée en principe unique d’#appartenance, pas plus que la collectivité ou la communauté, dont elle n’est qu’une modalité pratique d’existence à un moment donné, dans un contexte donné. La frontière est ainsi variable et évolutive, elle est une modalité politique matérielle d’un projet, d’une intention et d’un #récit_collectif. Mais voilà qu’encore un autre aspect de sa nature contemporaine apparaît au grand jour avec deux événements qui nous viennent tous deux d’#Irlande. C’est-à-dire des confins nationaux qui ont réussi leur arrimage dans un projet européen qui les englobe, projet qui a aujourd’hui ses propres frontières, celles-ci passant justement par l’Irlande.

    Le règlement européen dit de Dublin (en fait, une suite d’accords et de conventions du même nom qui font système) introduit une innovation majeure dans le traitement de la migration extra-européenne et des demandes d’asile. Le premier pays officiellement atteint est celui dont relève le ou la réfugié(e) pour l’examen de sa demande d’accueil ou de permis de séjour. Autrement dit, le franchissement d’autres #frontières_internes à l’Europe ne garantit nullement la possibilité de voir sa demande considérée là où on se trouve dans un territoire que l’on a gagné. Pour les migrants qui ne disposent pas de visa même temporaire leur permettant d’arriver par un aéroport, la frontière se trouve avec les technologies biométriques sur le bout de leurs doigts ou inscrite dans leur iris, traces qui les ramèneront là où ils ont été enregistrés, quelles que soient les frontières franchies ultérieurement. Fini le mythique franchissement, même illégal d’une frontière qui fait que l’on relève d’une autre juridiction. Fini le pied de nez aux forces de l’ordre poursuivantes que l’on sème définitivement en atteignant l’autre côté. Fini le sentiment de nouvelles possibilités, même provisoire, que son franchissement procure, fini l’accès même temporaire à une juridiction, un système, une société rêvée et désirée. Elle n’est plus de l’autre côté de sa propre frontière, elle est inaccessible, car la frontière est ailleurs. La frontière est là où vous étiez lorsque vous en avez franchi une autre. Elle est aussi inscrite dans votre corps en connexion avec une base de données. Elle est mobile et ubiquiste.

    Elle l’est d’autant plus que le système de Dublin s’inscrit dans un dispositif plus large encore. Un dispositif qui repousse les frontières de l’Union au-delà et en deçà de son territoire. Au #Niger aujourd’hui même, le ministre de l’Intérieur français se félicite de voir désormais des routes migratoires vers l’Europe coupées. C’est que la sous-traitance officielle du #filtrage ou de la #rétention migratoire aux voisins que sont le #Maroc, la #Libye ou la #Turquie se doit d’être toujours plus repoussée vers l’amont des #routes_migratoires, vers l’extérieur de l’Union. La frontière mobile de l’Europe est dans le #Sahara aussi. Mais la frontière apparaît au même moment là ou on ne l’attendait pas dans la #mer_Egée, entre les « #hotspots » de la zone grise des #îles grecques qui ourlent la côte turque, îles devenues zone frontalière avec une nouvelle frontière qui les séparent du reste de l’Europe. On est loin de Dublin, certes, à l’autre bout de l’Union exactement, mais c’est bien le système du même nom qui s’y déploie.

    Mais voilà aussi l’Irlande rattrapée, cette fois indirectement (avec les frasques du Royaume-Uni avec lequel l’île est partagée) mais concrètement par la mobilité de la frontière. Un #Brexit improbable destiné à rassurer en renforçant et reconstruisant des frontières, des vraies, des fixes déboucherait-il lui aussi sur la frontière mobile ? A priori, c’est simple, on sort de l’Europe et on récupère ses frontières, intégralement, les siennes chez soi ! Oui, mais lesquelles ? Celles que l’on a projetées à Calais ? Non, sûrement pas ! Celles que l’on a projetées à Gibraltar ? Ah non ! surtout pas. Mais celles qui incluent notre Irlande du Nord, ça oui. Pas si vite ! les accords inter-irlandais, ceux si précieux pour la paix dans notre province, prévoient autre chose, ils prévoient la frontière ouverte. Alors la frontière en deçà de notre #Irlande_du_Nord, nous séparant d’elle ? Ah ! sûrement pas. Soit, mais il ne reste alors que la frontière… mobile, celle qu’on ne voulait plus !

    La frontière est mobile, qu’on se le dise ! Qu’on le dise surtout aux populistes qui la vendent comme fantasme d’une réalité intemporelle et comme rempart à toutes les peurs ! Les réfugiés eux le savent déjà, à leurs dépens.

    http://www.liberation.fr/debats/2018/04/08/la-frontiere-est-mobile-la-preuve-par-dublin-et-l-irlande_1641946
    #frontières #frontière_mobile #asile #migrations #réfugiés #Dublin #Règlement_Dublin #frontière_ouverte #frontière_fermée #biométrie

  • Reçu via la mailing-list Migreurop, message de Vicky Skoumbi

    Les refoulements illégaux à #Evros (frontière gréco-turque) non seulement continuent mais leur nombre ne cesse d’augmenter.

    Selon le nouveau rapport du Conseil grec pour les Réfugiés, cette pratique de refoulement à la frontière nord-est de la Grèce est sur le point de devenir systématique. Personne n’y échappe : mineurs, femmes enceintes, demandeurs d’asile dont la demande est en cours de traitement et même des syriens ayant obtenu le statut des réfugiés peuvent à tout moment se retrouver embarqués sur un zodiaque en route vers la côte turque du fleuve qui sépare les deux pays. Le Conseil Grec pour les réfugiés a recueilli des nouveaux témoignages de 18 réfugiés qui ont été victimes de plusieurs violations de leur droits ,allant des injures et de coups de matraques jusqu’à la soustraction des documents administratifs et des téléphones portables, l’enlèvement et la détention arbitraire en vue d’un refoulement vers la Turquie, le tout perpétré par la police grecque en étroite collaboration avec de groupes armés cagoulés. Ces dénonciations viennent confirmer de rapports similaires antérieurs d’Amnesty International et de l’ONG allemande ProAsyl ; ils campent un décor cauchemardesque d’anomie la plus complète à laquelle seraient soumis les demandeurs d’asile à la frontière d’Evros. Dans le collimateur de ces opérations secrètes de la police grecque se trouve tout étranger avec ou sans papiers qui croise le chemin des forces de l’ordre. Un Syrien dont la demande d’asile est en cours de traitement a été arrêté au moment où il se rendrait à son travail, tandis qu’une femme algérienne, enceinte de huit mois, a été refoulé de force vers la Turquie, manquant ainsi son rendez-vous fixé avec l’office grec d’asile. Source Efimerida tôn Syntaktôn

    Ce #rapport est d’autant plus inquiétant qu’il est publié juste une dizaine de jours après la noyade de plusieurs personnes de nationalité turque, dont deux garçons de 3 et 5 ans dans les eaux glacées d’Evros. Il s’agissait d’une famille d’enseignants licenciés et poursuivis par le régime d’Erdogan.

    La police grecque enlève et refoule nuitamment à la frontière, les réfugiés se noient et l’Europe est saine et sauve...

    http://www.ekathimerini.com/226012/article/ekathimerini/news/greek-council-for-refugees-warns-of-rise-in-pushbacks-in-evros

    Greek Council for Refugees warns of rise in pushbacks in Evros

    The Greek Council for Refugees has issued a 14-page report containing refugee testimonies of “systematic pushbacks” by Greek police in the country’s northeastern border with Turkey in the Evros region.

    In a series of interviews, the victims – including families with children, pregnant women, and minors – describe beatings and inhuman treatment in the hands of the police in breach of international humanitarian law.

    The organization warns of a rise in the number of pushbacks and urged Greek authorities to investigate the claims.

    #Grèce #Turquie #frontières #refoulements #push-back #asile #migrations #réfugiés

    Ici le lien vers le rapport, en grec :
    http://gcr.gr/index.php/el/news/press-releases-announcements/item/790-anafores-gia-systimatikes-epanaproothiseis-ston-evro-apo-eksypiretoymenous-t

    • Rapport qui date de 2013... mais qui montre une continuité de la pratique des push-backs :
      #Frontex entre Grèce et Turquie : la Frontière du déni

      Dernier #rapport en anglais et en grec du Conseil Grec pour les Réfugié-e-s publiant un certain nombre de témoignages attestant de refoulements à la frontière gréco-turque en particulier au niveau de la rivière #Evros.

      Des refoulement ont également eu lieu de personnes en possession de documentations les autorisant á séjourner en UE, par ex. un réfugié en Allemagne souhaitant entrer en Grèce pour y accueillir son épouse et entamer avec elle les démarches de regroupement selon Dublin III.
      Les détails sordides faisant état de traitements inhumains et dégradants, de la violence physique à l’intimidations, abondent, que ce soit envers des hommes, des femmes ou des enfants.

      Ces témoignages attestent d’une tendance à l’arrestation par des personnes en noir, cagoulées, qui ne portent pas d’uniforme officiel de police. Les personnes interceptées sont transportées de force en bus vers des lieux de détention insalubres puis abandonnées à la frontière. Il est malheureusement évident que les entraves à la demande d’asile sont nombreuses.

      Ces pratiques ne sont pas nouvelles. Elles font notamment écho à de nombreux rapports publiés depuis 2011/2012, notamment le rapport de la campagne Frontexit sur la frontière gréco-turque en 2014 (disponible en EN/FR/Turc et grec)

      http://www.frontexit.org/index.php/fr/docs/58-rapport-frontex-greceturquie-frontiere-deni/file

      #Poséidon #opération_Poséidon #Mer_Egée #cartographie et #visualisation (mais la version mise sur le site a des cartes en très mauvaise résolution) #identification #screening #frontières #Turquie #Lesbos #Corinthe

      cc @i_s_

  • Greece to speed up migrant transfer after Turkey deal

    Greece will speed up the relocation of thousands of migrants from its overcrowded islands to the mainland before the onset of winter after reaching a deal with Turkey, a key ally in helping to tackle Europe’s migration crisis, government sources said yesterday (11 December).

    Athens persuaded Ankara last week to accept migrant returns, including Syrian refugees, from the mainland and not just from the Aegean islands as previously agreed under a 2016 EU-Turkey pact, a government source told AFP.

    http://www.euractiv.com/section/justice-home-affairs/news/greece-to-speed-up-migrant-transfer-after-turkey-deal
    #new_deal #accord #Grèce #Turquie #asile #migrations #réfugiés #îles #mer_Egée #renvois #expulsions #réfugiés_syriens #accord_UE-Turquie
    cc @isskein @i_s_

  • Grecia mantiene confinados más de 12.000 refugiados en cinco islas del Egeo

    Las inclemencias meteorológicas agravarán por desgracia la ya difícil situación de los ‘hotspots’ de #Lesbos, Chíos, #Samos, #Kos y #Leros, transformados en “lugares de confinamiento indefinido para los solicitantes de asilo”, decía hace unos días Nicola Bay, director de Oxfam en Grecia. Miles de mujeres, hombres y niños muy pequeños siguen viviendo allí en precarias tiendas de campaña, durmiendo literalmente en el suelo, esperando una respuesta a su solicitud de asilo en Europa. Algunos llevan así casi 19 meses.

    Desde que entró en vigor el acuerdo UE-Turquía sobre refugiados, en marzo del 2016, la situación en estos ‘hotspots’ se ha ido deteriorando hasta límites insospechados. Actualmente, según el Gobierno griego, más de 15.000 refugiados están atrapados en estas islas, el doble de su capacidad de acogida. Entre ellos, más de 12.000 viven recluidos en los ‘hotspots’, con acceso limitado al agua potable y a los servicios básicos.


    http://www.elperiodico.com/es/internacional/20171204/grecia-mantiene-confinados-a-mas-de-12000-refugiados-en-cinco-islas-del
    #statistiques #îles #chiffres #réfugiés #Grèce #asile #migrations #Chios #attente #anti-chambre

    • Greece: 13,000 Still Trapped on Islands

      The Greek government has moved more than 7,000 asylum seekers from the islands to the mainland as an emergency measure, as it had promised in early December 2017. But with more than 5,000 people arriving since December, it has also increased the number of unsuitable makeshift shelters in the already overcrowded island camps.

      https://www.hrw.org/news/2018/03/06/greece-13000-still-trapped-islands
      #accord_UE-Turquie
      cc @i_s_ @isskein

    • « Samos est le pire endroit en Grèce pour les réfugiés »

      A Samos, où les arrivées d’exilés se poursuivent malgré l’accord de 2016 entre l’UE et la Turquie, les conditions de vie dans le camp de transit sont devenues inhumaines. Sur cette île transformée de facto en prison, les habitants, au départ tous solidaires des réfugiés, cèdent parfois aux sirènes d’une « radicalisation raciste ».

      « Regardez comment nous vivons ! » s’exclame Manos, en désignant la clôture qui entoure sa propriété agrippée au flanc de la colline. C’est une maison modeste, conçue au départ pour les vacances. Jusqu’à ce que Manos et son épouse Vasso prennent leur retraite et viennent s’installer définitivement sur l’île dont ils sont originaires. Ils pensaient y couler des jours tranquilles, d’autant que la vie sur l’île est moins chère qu’à Athènes. Sauf que désormais, au bout du minuscule petit jardin, il y a ces silhouettes adossées au grillage. Et juste derrière, un océan de tentes et de bicoques précaires en bois : La « jungle » de Samos, où s’installent tous ceux qui arrivent clandestinement sur l’île mais ne peuvent plus loger, faute de places, à l’intérieur du hot spot, qu’on distingue un peu plus loin. Cet ancien camp militaire a été reconverti en centre de « transit » pour les réfugiés et migrants arrivées des côtes turques, toutes proches.

      Les dirigeants européens se félicitent régulièrement d’avoir mis un terme à la crise migratoire amorcée en 2015 ? A Samos, ce « succès » fait grincer des dents. Car les îles grecques proches de la Turquie payent le prix lourd de cette normalisation. Les arrivées peuvent avoir diminué, elles n’ont jamais cessé. Et désormais, tous ceux qui accostent à Samos, comme sur les îles voisines, sont contraints de rester sur place jusqu’à l’achèvement de la longue procédure de demande d’asile. Cela peut prendre six mois, un an, parfois plus encore.

      Dans le jardin de Manos et de Vasso, le face-à-face est saisissant. Les nouveaux « voisins », les doigts agrippés au grillage, gémissent et implorent de l’aide : « On s’entasse les uns sur les autres, c’est sale, il y a des rats et des serpents partout », énumèrent en cœur ces Congolais, d’une voix plaintive. « Ceux-là sont vraiment gentils et je leur fais souvent à manger. La nourriture du camp est infecte », murmure Vasso. Mais Manos tient aussi à montrer les branches cassées de son amandier, la porte fracturée du frigo extérieur : « Une nuit, des gamins un peu ivres y ont trouvé mes gouaches s’en sont emparé et ont maculé de peinture les murs de la maison. Juste comme ça, sans raison, raconte ce professeur de dessin retraité. Un autre jour, c’est le pare-brise de ma voiture qui a été cassé. » Le grillage est une barrière fragile, maintes fois détruite, maintes fois réparée par Manos. « C’est une honte ! L’Europe nous a sacrifiés pour sa tranquillité », gronde-t-il.

      « Faux certificats »

      Conçu à l’origine pour 648 places, le hot spot et la « jungle » qui l’entoure ont accueilli 6 000 personnes au plus fort de cet hiver. A Vathi, la capitale de l’île, il n’y a guère plus de 8 000 habitants. A la différence des autres îles grecques, le hot spot de Samos a été installé, non pas dans un endroit isolé, mais juste à la sortie de cette petite ville qui se déploie en amphithéâtre verdoyant autour d’un joli port. « L’aspect positif, c’est que les réfugiés peuvent échapper quelques heures à l’enfer de ce camp et venir respirer en ville. Il y a donc moins de tensions qu’ailleurs à l’intérieur du hot spot. Mais toute cette nouvelle population, c’est aussi un choc pour les gens du coin », souligne Manos Logothetis, le directeur général de l’office de santé public et l’un des deux seuls médecins du hot spot. « Jusqu’en 2008, il n’y avait qu’une seule Africaine à Samos. Les gens ne connaissent pas l’Afrique, nous n’avions pas de colonies ! Et voilà qu’on met face à face une population vieillissante, dont la moitié a plus de 60 ans, confrontée à des réfugiés ou migrants, pour la plupart très jeunes. C’est normal que certains aient peur. Notre île est devenue une belle prison où les réfugiés sont coincés le temps de statuer sur leur sort », soupire le médecin.

      Sur son bureau, il montre un paquet de photocopies : « Ce sont de faux certificats médicaux saisis par la police. Tous ceux qui arrivent ici se prétendent malades. C’est le moyen le plus rapide pour se faire évacuer à Athènes. Mais il y a de vrais malades, et ceux-là se perdent parfois dans la masse de ceux qui trichent. » En réalité, personne ne veut rester dans ce hot spot aux conditions de vie inhumaines. « Ils arrivent ici après un dangereux périple, et personne ne leur dit rien. On les dirige vers le camp, à eux de comprendre ensuite comment ça marche. Tous les documents sont en grec, il n’y a aucune aide juridictionnelle prévue. Ils s’installent où ils peuvent, sans sanitaires. Mais même à l’intérieur du camp, les douches sont insuffisantes, les toilettes déglinguées », se désole Domitille Nicolet, une jeune juriste française, arrivée ici il y a quelques mois pour Avocats sans frontières (ASF) et qui tente avec quatre collègues de gérer « 300 dossiers », ballottés dans le labyrinthe de la légendaire bureaucratie grecque. Les lenteurs administratives ont été accentuées par les réductions du nombre de fonctionnaires imposées par la crise économique. Et les contrôles se sont multipliés, en principe pour lutter contre la corruption. « Résultat, pour commander une cartouche d’encre, il me faut cinq autorisations, un appel d’offres. Et ça peut prendre un an », soupire Manos Logothetis.

      « Il faut faire la queue pour tout »

      « Il y a beaucoup d’incompétence. Mais c’est aussi une stratégie volontaire », considère de son côté Antonis Rigas, coordinateur de Médecins sans frontières (MSF), qui vient d’ouvrir une clinique en ville. « Dès le départ, la situation a été difficile dans les hot spots. Parce qu’il fallait faire passer un message : décourager ceux qui seraient tentés par la traversée depuis la Turquie. A Samos, quand on a récemment proposé de réparer les ampoules cassées et d’améliorer le système hydraulique dans le hot spot, on nous a répondu que les réfugiés n’avaient qu’à faire les réparations eux-mêmes », explique-t-il, avant d’insister : « Aujourd’hui, Samos est devenu le pire endroit en Grèce pour les réfugiés. » Début mai, en visite sur l’île, Dimitrios Vitsas, le ministre grec des migrations l’a lui aussi reconnu, promettant de tenter d’alléger la pression sur l’île.

      Les nouveaux arrivants, près d’un millier rien qu’en avril, sont désormais évacués sur les îles voisines de Kos ou Leros. Sept cents réfugiés ont également été transférés à Athènes au début du mois, et un nouveau camp éloigné de la ville est également prévu. « Mais cette construction prendra beaucoup de temps. Et en attendant, on a du mal à comprendre pourquoi l’Europe, le continent le plus riche du monde, n’accepte pas de partager le fardeau migratoire imposé à la Grèce : 15 000 personnes coincées sur les îles, ce n’est pas insurmontable à l’échelle europèenne ! » s’exaspère Bogdan Andrei, un Roumain qui a créé Samos Volonteers, la plus grande ONG qui aide les réfugiés sur l’île.

      Depuis trois ans, Bogdan les voit arriver plein d’espoirs, malgré les traumatismes vécus. « Et voilà qu’il leur faut endurer la promiscuité, la saleté. Il faut faire la queue pour tout : l’obtention d’un papier, les repas, les douches. Puis attendre. Sans cesse attendre, sans même savoir pour combien de temps. Une vie privée d’horizon qui rend souvent dépressif », se désole-t-il.

      « Le pire a été évité »

      Cette attente sans fin est visible à Vathi. Elle s’est même incrustée dans la carte postale : dès le matin, ils sont nombreux à fuir le bourbier infâme du hot spot, pour aller passer en ville ce temps qui ne compte pour rien. Assis en grappes sur les bancs des places, les yeux rivés sur leurs portables, ils ont forcément changé la physionomie des lieux. Et plus le temps passe, plus ce huis clos devient tendu.

      « En 2015, les gens d’ici, comme ailleurs en Grèce, ont fait preuve d’une solidarité incroyable. Ils ont spontanément aidé tous ceux qui arrivaient des côtes turques. Puis quand ils ont été coincés ici, l’ambiance a changé », se souvient Nikos Kaklamanis, un neurologue qui est aussi le responsable local de la section de Syriza, le parti de gauche au pouvoir à Athènes. Une association de citoyens en colère s’est créée dès 2016, dénonçant la saleté, « les risques de maladie », mais aussi « l’islamisation de l’île ». Puis on a fait pression sur ceux qui louaient des logements aux ONG afin qu’ils cessent de le faire, et un an plus tard des parents en colère ont voulu chasser les enfants réfugiés d’une école.

      « Pour l’instant, le pire a été évité à chaque fois. Car les responsables politiques locaux évitent la surenchère extrémiste. Elle profite toujours à l’extrême droite, personne d’autre ne gagne de voix en stigmatisant les réfugiés, en Grèce comme ailleurs », rappelle le docteur Logothetis, qui appartient à la branche locale de Nouvelle Démocratie, le parti conservateur grec. Il avoue cependant ne pas être toujours suivi par la direction de son parti. « Les gens de Samos ne sont pas racistes. Ils ont vécu une situation totalement inédite depuis trois ans. Ils sont déboussolés ! Il y a eu plusieurs braquages, sur une île qui n’a jamais connu de délinquance. Et la présence de ce hot spot horrible est une honte qui pèse sur le moral, la vie quotidienne », défend Manos, le prof de dessin à la retraite.

      Issu des rangs de Syriza à gauche, Nikos Kaklamanis redoute, lui, une « radicalisation raciste de l’île ». Elle s’exprime déjà. Des restaurants et des bars refusent désormais les réfugiés, et particulièrement les Africains. Ioanna, une jeune Samiote qui a ouvert un bar à chicha sur le port, n’en revient toujours pas. « Soudain j’ai été ostracisée par tous mes amis et connaissances ! Ils ne me parlent plus », lâche, amère, cette jeune femme qui songe désormais à quitter l’île. « Le poison qui dévaste l’Europe se répand insidieusement chez nous aussi hélas. Partout, le réfugié devient l’équivalent du Juif des années 30 », s’inquiète Nikos Kaklamanis.


      https://www.liberation.fr/planete/2019/05/23/samos-est-le-pire-endroit-en-grece-pour-les-refugies_1728873

  • Overcrowded Greek refugee camps ill-prepared for winter: UNHCR

    Greece must speed up winter preparations at refugee camps on islands in the Aegean Sea where there has been a sharp rise in arrivals, the United Nations refugee agency said on Friday.


    https://www.reuters.com/article/us-europe-migrants-greece/overcrowded-greek-refugee-camps-ill-prepared-for-winter-unhcr-idUSKBN1CB19F

    #Grèce #hiver (again!) #asile #migrations #réfugiés #îles #camps_de_réfugiés

  • New UN Migration Report Shows Complex Evolution of Pathways, Cost of Eastern Mediterranean Route

    New data released by IOM, the United Nations Migration Agency, reveals a complex evolution of migrant arrivals in Europe via the so-called Eastern Mediterranean Route. The Agency’s main findings are that the cost of getting into Europe has increased significantly when compared to 2016, the routes have changed, and different countries of destination are being prioritized.

    http://www.iom.int/news/new-un-migration-report-shows-complex-evolution-pathways-cost-eastern-mediterra
    Lien vers le rapport :
    http://migration.iom.int/docs/Flow_Monitoring_Surveys_Analysis_June_2017.pdf
    #parcours_migratoires #itinéraires_migratoires #asile #migrations #réfugiés #Egée #Balkans #Mer_Egée #Grèce

  • Punish the smuggler or reward the smuggler? Recent refugee arrivals in Greece

    Media coverage of the refugee situation in Greece focuses heavily on the Syrians and secondarily on Afghans and Iraqis. While these are indeed the three most highly represented nationalities among asylum seekers in Greece, the past six to twelve months have seen a gradual shift.

    Fast forward to 2017, taking the period from 10 May to 27 June 2017, a total of 982 asylum seekers reached the island of Lesvos. The top nationalities were: DRC (202), Syria (160), Iraq (116), Afghanistan (61). The rest were from Iran, Kuwait (Bidoon), Palestine, Guinea, Eritrea, Mali, Burkina Faso, Morocco, Yemen, Togo, Gambia, Cameroon, Ivory Coast, Sri Lanka, Dominican Republic, Ghana, Sudan and Nigeria. One person each came from Bolivia, Cuba, South Africa, Haiti and Uganda. Similar trends are noted on the other islands which act as the entry point to Greece.

    Those of us acquainted with Moria reception and identification centre in Lesvos have noticed the nationality change among the new arrivals over the last two years: many more Africans and less Arabs. Groups of Syrians, Iraqis and Afghans are still coming grouped together, while Africans from different nationalities arrive in different groups with other nationalities. The smuggling fees vary according to nationality.

    One may wonder why people from Africa, whether northern or sub-Sahara, take the route to Europe through Greece, rather than the intuitively more direct route to Italy or Spain. A look at flight routes and visa regimes provides the answer. One may reach the Greek islands from as far away as central Africa, using Turkish Airlines, a Turkish visa and a smuggler picked at Istanbul airport or the Aegean coast, for less than 1,500 dollars total.

    Turkish Airlines has 200 destinations worldwide and at reasonable prices. For example, one way flight from Kinshasa to Istanbul costs 833 dollars, Abidjan to Istanbul, 709 dollars and Casablanca to Istanbul 458 dollars.

    Secondly, visas for Turkey are generally easily obtained. From the nationalities arriving in Lesvos in June, all except Cubans and Palestinians, depending on where they were registered, are exempt from any visa requirement or need only an electronic visa, easily obtained online for the cost of 20 dollars.

    Eritreans are often rejected asylum seekers from Israel, deported to Rwanda with cash, which they use to escape again through the Aegean route. Women from the Dominican Republic are usually trafficked to Turkey and once they manage to escape to Greece, seek assistance to return to their country. Citizens of sub-Saharan Africa come from a number of conflicts in the region, both internal and cross-border, including purges in the DRC and the Boko Haram. North Africans face chronic instability in their countries.

    https://www.opendemocracy.net/can-europe-make-it/fotini-rantsiou/punish-smuggler-or-reward-smuggler-recent-refugee-arrivals-in-greece

    #Grèce #mer_Egée #asile #migrations #réfugiés #parcours_migratoires #Turquie #routes_migratoires #Afrique #réfugiés_syriens #Turkish_airlines #visas #réfugiés_érythtréens

  • From Assos to Lesbos: In the Aegean Sea

    I came across #Önder_Tokuç, an artist based in Assos, whose “The Aegean Sea” collection has taken me back to the epic poem “Boat to Lesbos” written by Nouri Al-Jarrah. The Syrian poet who lives in exile since 1986 describes the Aegean Sea like a huge bloodstain. This was exactly what pushed Önder Tokuç to produce his powerful art works, consisting of ceramic statues and oil on canvas paintings.


    http://harekact.bordermonitoring.eu/2017/07/05/from-assos-to-lesbos-in-the-aegean-sea

    #art #migrations #naufrages #mourir_en_mer #mer_Egée #mourir_en_mer #asile #migrations #réfugiés #Méditerranée #sculpture #Onder_Tokuc

    Le site de Önder Tokuç:


    https://ondertokuc.wordpress.com

    cc @reka

  • Number of migrants trapped on Aegean islands increases

    A total of 3,873 migrants are on currently on Lesvos with another 3,847 on #Chios and 1,939 on #Samos, according to police figures made public on Monday.
    In total there are 9,548 migrants on those islands compared to 8,892 a month ago. In May Chios was shouldering most of the burden, hosting 3,889 migrants compared to 3,083 people on Lesvos.


    http://www.ekathimerini.com/219568/article/ekathimerini/news/number-of-migrants-trapped-on-aegean-islands-increases

    #mer_Egée #îles #migrations #asile #réfugiés #attente #anti-chambre #piège #Lesbos #chiffres #statistiques