• Instantané d’aire d’autoroute, quand la #classe_obscène (beau nom que Lordon a trouvé pour qualifier la #bourgeoisie triomphante) est bien obligée de se mêler, brièvement, aux #classes_populaires.

    L’autoroute est chargée, la station service fourmille. Comme d’habitude, les hommes entrent et sortent de leurs toilettes librement, tandis que côté femmes, une file d’une vingtaine de personnes patiente. Arrive une femme âgée, vêtue simplement d’une robe à fleurs défraîchie, marchant d’un pas lourd avec une canne. Elle tient deux enfants par la main. Elle observe la longue queue et s’avance pour voir où elle mène :
    « - C’est pour les toilettes tout ça ?
    – Eh oui... »
    Elle sourit, gênée, et continue à remonter lentement la queue. Elle arrive à l’entrée des WC. Dans ma nuque, une voix marmonne : « Non mais je rêve, elle va pas faire ça quand même ? » La vieille femme entre. De derrière moi surgit une passionnée de fitness et de cardio-training, 1m80, bronzée aux UV, mèches oxygénées et savamment coupées, tenue sport. Elle bondit après la vieille femme et hurle : « Il y a une file d’attente là ! La moindre des politesses ce serait de demander la permission de passer devant tout le monde ! C’est pas croyable ça ! » J’écarquille les yeux :
    « - Mais enfin madame, vous voyez bien que c’est une personne âgée qui se déplace difficilement !
    – Vous voulez que je vous pisse dessus, vous ?
    – Je vous demande pardon ? »
    Au même moment, la femme devant moi, corpulente, dreads approximatives sur la tête, réconforte doucement la vieille dame : « Quand elle aura sa vieille maman avec une canne, elle comprendra. » La sportive jette ses phrases comme des couteaux : « Ouais bah ma mère elle est morte, alors d’ici à ce qu’elle ressorte de sa tombe on a le temps. »
    L’ancienne, embarrassée, tente de se justifier :
    « - Vous comprenez, ce n’est pas un handicap, la canne me sert à...
    – Vous inquiétez pas, j’ai tout à fait compris la situation, je vois bien que c’est pas un handicap et que vous n’êtes pas prioritaire.
    – C’est un problème de hanche qui a...
    – Oh la la, me racontez pas votre vie, j’ai pas envie de vous entendre. Je suis médecin, les gens payent pour me parler. Y a un minimum de politesse à avoir. »
    Je fais remarquer que la courtoisie, c’est précisément à nous d’en faire preuve. M’ignorant superbement, la sportive reprend sa place dans le rang en jetant des « Avec sa canne, là, j’hallucine ! », tandis que la femme aux dreads et moi parlons à la vieille dame et lui signalons bientôt un WC qui se libère.
    L’épilogue n’est pas plus joyeux. Tandis que j’arrive moi-même dans les toilettes, j’entends dans celles d’à côté une voix d’ouvrière ou d’employée, expliquant à une petite fille : « Bah c’est vrai que maintenant la canne ça rend pas toujours prioritaire, parce que c’est pas forcément un handicap. En plus y a des handicaps, on les voit pas. Par exemple moi, si ça se trouve j’ai un handicap et personne le sait. On peut pas savoir. »

    #humiliation #priorité #handicap #vieillesse #pauvreté #judiciarisation #fascisme #mépris_de_classe #politesse

    • @sombre : ceci dit, elle formule très clairement ce que j’ai ressenti chez nombre de spécialistes. Cette phrase est juste ignoble, mais le plus flippant, c’est le biais colossal avec lequel cette femme riche, dans la force de l’âge, en excellente santé et férue d’exercices physiques perçoit le corps d’une vieille femme pauvre. Si c’est pas un handicap labellisé, c’est du chiqué. La faiblesse du corps devient un signe de manque de volonté, de laisser aller. Je n’ose même pas imaginer le type de médecine qu’elle pratique.

      Le truc intéressant, d’ailleurs, c’est que la sportive médicale n’a quand même pas osé refuser frontalement la priorité à l’ancienne, c’était un peu trop visible (sans compter que la grand-mère s’occupait de deux enfants). En revanche, elle a fermement tenu à ce qu’elle s’humilie en demandant une permission qui allait de soi pour toute personne décente (la #common_decency d’Orwell). Qu’une pauvresse mal fagotée lui passe devant sans mot dire, c’était insoutenable. Il fallait lui faire subir un rituel de soumission en bonne et due forme pour lui concéder cette dérogation exceptionnelle. Il n’y avait donc pour elle aucune contradiction à exiger de la politesse avec la plus grande grossièreté, car la politesse n’était qu’un prétexte, le véritable enjeu étant la soumission.

      @alexcorp : au-delà de son étonnante allégeance à la bourgeoise sportive au détriment de la vieille femme démunie, ce qui est désolant, c’est que cette ouvrière dit en partie vrai, mais pour de mauvaises raisons. Il y a effectivement des handicaps qui ne se voient pas, mais cela ne justifie pas qu’on doute de ceux qui se voient ou qu’on dénie un accueil adapté à des personnes dont le corps est visiblement fatigué, mais qui ne portent pas de carte de handicap. Bref, c’est une confusion totale, où seule la preuve bureaucratique attesterait d’une réalité et où toute éthique est absente.

    • Bravo pour ton intervention, c’est bien vu et bien bien écrit ! Mieux que : « Hier une bourge à mèches a menacé de me pisser dessus. » Et oui, c’est encore plus choquant d’apprendre qu’elle est médecin et incapable de voir en quelques secondes une hanche en vrac sur une personne qui marche dans son champ de vision.

      J’en rajoute sur la densité très différente que tu notes déjà entre chiottes des femmes et des hommes. En te lisant au début j’ai cru que la vieille dame irait chez les hommes, et que c’était ça qui ferait scandale. Il est temps de prendre leurs chiottes, plus que temps. C’est ici qu’il était question que les épouses d’architectes faisant ce type de travaux (gros, pour hommes) les briefent sur la différence entre égalité et équité et le besoin de plus de mètres carrés pour les femmes ?

    • Oui, d’autant que c’est un cas typique, d’une femme non seulement âgée, mais ayant la charge de deux enfants. Et qui explique pourquoi l’égalité en termes d’accès n’est pas une simple question arithmétique de surfaces équivalentes, mais doit nécessairement prendre en compte les usages. Les usages, eux, n’ont rien de symétrique.

      Cela étant, la médecin aurait crisé pareillement s’il s’était agi d’une file d’attente de supermarché, d’administration ou tout autre endroit où elle se retrouve traitée de la même façon que de moins riches qu’elle - ou, pire, qu’elle doive leur concéder quelque chose.

    • Puisque tu parles de file d’attente de supermarché, ça me rappelle pourquoi je vais chez Aldi, plutôt qu’au Casino à côté. La convivialité aux caisses y est nettement plus saine. Et la répartition des classes sociales est très nette. Pas « d’obscènes » chez Aldi, ou seulement par accident...


  • Dans les Cévennes, nous sommes déconnectés ce qui nous fait à toutes et tous, enfants et moi, le plus grand bien. En revanche, il m’arrive en allant faire mes courses hebdomadaires aux Vans de m’acheter le journal, non par souci de me tenir désinformé de quoi que ce soit, plus pour le plaisir de la lecture à la terrasse du Serre de bar en prenant un petit café avant de remonter dans la montagne. Naturellement je suis devenu incapable de lire quelque journal que ce soit sans faire un peu de #dyslexie_creative. J’étais par exemple assez amusé de trouver en première page cette paire qui m’a fait sourire : Booba et Kaaris débattent de l’histoire de France devant Talmoni et Justice, détention provisoire pour Boucheron et Debray.

    Arrivé à la maison pour ne pas perdre un tel joyau, je me jette sur les ciseaux et la colle, ce qui ne manque pas d’attirer l’attention de Zoé, dyslexique, et à laquelle j’explique à la fois le principe de mon petit jeu et sa pratique en ligne sur mon #facebook_bio. Vif succès. Je peux le faire ?

    Je m’empresse de lui donner ciseaux et colle. Et voilà le travail. Pas peu fier. Avec une photographie de l’auteure et ce qu’il reste d’un mauvais journal après son passage dyslexique.

    #de_la_dyslexie_creative

    Cc @reka, nécessairement fan de ce que font les petites Adèle


  • Choose a side : the battle to keep French isle McDonald’s-free | World news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/world/2018/aug/24/choose-a-side-fight-keep-france-ile-doleron-mcdonalds-free

    Tiens, c’est intéressant, je n’avais pas vu ça dans la presse française.

    Inside a ramshackle former holiday club on the picturesque Île d’Oléron off France’s Atlantic coast, a group of people were screen-printing old T-shirts with anti-burger slogans inspired by the student protests of May 1968. The artwork implored “comrades” to choose their side in the island’s battle with McDonald’s.

    “Oléron is a beautiful place, it’s important to protect it,” said Nicolas, 36, an IT worker, who volunteers on a local project to make furniture from discarded wooden pallets. “We don’t need McDonald’s in a place that is pioneering local organic food, sustainable development, zero waste – alternative ways of living that aren’t about mass consumption.”


  • Russian bots were used to sow divisions on vaccines, researchers say - STAT
    https://www.statnews.com/2018/08/23/vaccines-russian-bots

    An analysis of Twitter accounts previously identified as having been operated by Russian bots and trolls found they dove into the vaccine debate as early as January 2015, the researchers reported. They did not take one side or the other, but seemed to tweet pro-vaccine and anti-vaccine messages in roughly equal measure.

    (…) “The more the vaccine ‘debate’… is amplified it gains an undeserved sense of legitimacy and gives vaccine-hesitant individuals a pretense to forgo vaccination for themselves and their children,” said Adalja, who was harshly critical of the use of vaccinations in efforts to turn people against each other, calling it “overtly nihilistic.”

    #nihilisme #santé #vaccins #twitter #bots (russes évidemment)

    • Le résumé de l’étude (texte complet derrière #paywall)

      Weaponized Health Communication: Twitter Bots and Russian Trolls Amplify the Vaccine Debate | AJPH | Ahead of Print
      https://ajph.aphapublications.org/doi/10.2105/AJPH.2018.304567

      Abstract

      Objectives. To understand how Twitter bots and trolls (“bots”) promote online health content.

      Methods. We compared bots’ to average users’ rates of vaccine-relevant messages, which we collected online from July 2014 through September 2017. We estimated the likelihood that users were bots, comparing proportions of polarized and antivaccine tweets across user types. We conducted a content analysis of a Twitter hashtag associated with Russian troll activity.

      Results. Compared with average users, Russian trolls (χ2(1) = 102.0; P < .001), sophisticated bots (χ2(1) = 28.6; P < .001), and “content polluters” (χ2(1) = 7.0; P < .001) tweeted about vaccination at higher rates. Whereas content polluters posted more antivaccine content (χ2(1) = 11.18; P < .001), Russian trolls amplified both sides. Unidentifiable accounts were more polarized (χ2(1) = 12.1; P < .001) and antivaccine (χ2(1) = 35.9; P < .001). Analysis of the Russian troll hashtag showed that its messages were more political and divisive.

      Conclusions. Whereas bots that spread malware and unsolicited content disseminated antivaccine messages, Russian trolls promoted discord. Accounts masquerading as legitimate users create false equivalency, eroding public consensus on vaccination.

      Public Health Implications. Directly confronting vaccine skeptics enables bots to legitimize the vaccine debate. More research is needed to determine how best to combat bot-driven content.

      a Twitter hashtag associated with Russian troll activity
      mais encore ?

    • aucun #DOI ne résiste à sci-hub :)

      This analysis is supplemented by a qualitative study of #VaccinateUS — a Twitter hashtag designed to promote discord using vaccination as a political wedge issue. #VaccinateUS tweets were uniquely identified with Russian troll accounts linked to the Internet Research Agency—a company backed by the Russian government specializing in online influence operations. 20

      [20]. Popken B. Twitter deleted Russian troll tweets. So we published more than 200,000 of them. Available at:
      https://www.nbcnews.com/tech/social-media/nowavailable-more-200-000-deleted-russian-troll-tweetsn844731.


  • Fonds de cartes | Éducation

    http://education.ign.fr/primaire/fonds-de-cartes

    Révisez vos connaissances géographiques grâce aux fonds de cartes IGN de la France métropolitaine, des départements d’outre-mer et de l’Europe.

    Les fonds de cartes en téléchargement ci-après sont disponibles selon les termes de la licence ouverte Etalab.
    Il est simplement demandé aux utilisateurs d’apposer la mention IGN 2012 ou 2016 - Licence ouverte.
    Les fichiers au format pdf sont modifiables avec Adobe Illustrator CS5.

    – Fonds de cartes de la France métropolitaine
    – Fonds de cartes des départements d’outre-mer
    – Fonds de cartes de l’Europe

    #géographie #cartographie et #pas_mal_du_tout et #merci et #on_progresse


  • Droit à la Ville et luttes dans les quartiers populaires : défendons nos logements ! - Université d’été solidaire et rebelle des mouvements sociaux et citoyens

    https://ue2018.org/Droit-a-la-Ville-et-luttes-dans-les-quartiers-populaires-defendons-nos

    spécialement pour @cdb_77

    Droit à la Ville et luttes dans les quartiers populaires : défendons nos logements !

    Samedi 25 – 9h30-16h30 Amphi 5

    Modules

    Démocratie, municipalisme, droit à la ville

    50 ans après la publication du Droit à la ville, la question de la place des habitants dans la prise en main de leurs conditions de vie et de leur environnement urbain reste plus que prégnante. De nombreux quartiers sont concernés par des processus de gentrification, de spéculation immobilière, de financiarisation ou de rénovation urbaine entrainant l’éviction des classes populaires du centre vers les périphéries des métropoles. Face à ces dynamiques d’exclusion urbaine, des luttes d’habitant.es s’organisent, multipliant les initiatives et les résistances. Qu’il s’agisse de la politique de rénovation urbaine, ou plus récemment de la Loi ELAN, nous faisons face aujourd’hui à la déstructuration du logement social et à l’aggravation de la situation sociale notamment dans les quartiers populaires. A partir des expériences des participants, cette rencontre vise à articuler nos luttes, échanger sur nos stratégies communes et construire des campagnes d’action. Nous discuterons des perspectives des luttes d’habitants dans les quartiers populaires souvent liées au projet de rénovation urbaine. Nous prolongerons également les échanges suite aux activités organisées pour les 50 ans du Droit à la Ville dans plusieurs villes (Marseille, Lille, Paris, Nanterre, Lyon, Grenoble...). Quels ponts sont à construire, par exemple entre militants et universitaires, pour peser dans la production et l’organisation des villes ? Quelles articulations avec les collectifs qui luttent contre les démolitions de logements sociaux et la destruction du modèle du logement social ? Quelles initiatives pour défendre les communs urbains ? Quels sont nos besoins de formations et d’expertise citoyenne ? Quelles alternatives pour élaborer de nouvelles politiques urbaines municipales ou nationales favorables aux habitants des quartiers populaires ?

    #urban_matter


  • Arabie saoudite : Peine de mort demandée pour des militantes | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/220818/arabie-saoudite-peine-de-mort-demandee-pour-des-militantes

    La peine de mort a été requise contre cinq militantes des droits de l’homme en Arabie saoudite, ont annoncé Human Rights Watch (HRW) et plusieurs groupes de défense.

    RYAD (Reuters) - La peine de mort a été requise contre cinq militantes des droits de l’homme en Arabie saoudite, ont annoncé Human Rights Watch (HRW) et plusieurs groupes de défense.

    Parmi les détenues figurent Israa al Ghomgham, militante musulmane chiite de premier plan qui a rassemblé des informations sur les manifestations de masse qui ont eu lieu dans la province Orientale à partir de 2011. Elle a été arrêtée chez elle en décembre 2015 avec son mari.

    Elle pourrait être la première femme à être condamnée à la peine capitale pour son activité relative aux droits de l’homme. Elle est notamment accusée d’incitation à manifester et d’avoir apporté un soutien moral à des émeutiers.
    L’Arabie saoudite, monarchie absolue sunnite où les manifestations publiques et les partis politiques sont interdits, a adopté ces dernières années des réformes sociales et économiques de grande envergure sous la houlette du jeune prince héritier Mohamed ben Salman (MBS).

    Mais ces réformes sont accompagnées d’une répression contre les dissidents. Des dizaines de religieux, d’intellectuels et de militants ont été arrêtés cette année, dont des femmes qui avaient fait campagne pour le droit de conduire dans ce pays musulman profondément conservateur.

    Or, les femmes se sont vus récemment accorder le droit de passer leur permis de conduire.

    « Toute exécution est effroyable, mais demander la peine de mort pour des militantes comme Israa al Ghomgham, qui ne sont même pas accusées de comportement violent, est monstrueux », a déclaré mercredi Sarah Leah Whitson, directrice de HRW au Moyen-Orient.

    ALQST, un groupe saoudien de défense des droits de l’homme basé à Londres, a rapporté la décision concernant Israa al Ghomgham au début de la semaine.

    Des militantes des droits de l’homme ! Ce sont pour les droits des femmes qu’elles se battent et que les hommes vont les décapitées.

    • #merci @mad_meg de systématiquement relever la question terminologique, il reste un long chemin à faire avant de réussir à passer des droits de l’homme aux droits humains. Il se trouve qu’on s’est accroché il y a quelques mois avec un groupe de militantes (de défense des droits humains, donc) - et non pas de militants mâles pourtant, qui souhaitaient utiliser nos cartes pour leur nouveau site, et qui ont refusé de changer l’expression « Droits de l’homme » pour « Droits humains » au prétexte que c’était l’histoire, que ça venait des « Lumières » et qu’on ne s’essuit pas les pieds sur l’Histoire. Voilà aussi ce contre quoi il faut se battre. J’ajoute que jai finalement refusé de fournir la cartographie tant que l’expresion « Droits de l’homme » figurerait sur le site.

    • Merci @reka de ne pas avoir laissé passer ça. Il y a parfois des femmes qui s’arcboutent pour conserver un statut d’inférieures à toutes les autres femmes.

      Et je souligne aussi la #traduction_sexiste de médiapart avec son « militantes des droits de l’homme » d’autant que Human Rights Watch a fait un communiqué en anglais.

      https://www.hrw.org/news/2018/08/21/saudi-prosecution-seeks-death-penalty-female-activist

      (Beirut) – Saudi Arabia’s Public Prosecution is seeking the death penalty against five Eastern Province activists, including female human rights activist Israa al-Ghomgham, Human Rights Watch said today. The activists, along with one other person not facing execution, are being tried in the country’s terrorism tribunal on charges solely related to their peaceful activism.

      The Public Prosecution, which reports directly to the king, accused the detained activists of several charges that do not resemble recognizable crimes, including “participating in protests in the Qatif region,” “incitement to protest,” “chanting slogans hostile to the regime,” “attempting to inflame public opinion,” “filming protests and publishing on social media,” and “providing moral support to rioters.” It called for their execution based on the Islamic law principle of ta’zir, in which the judge has discretion over the definition of what constitutes a crime and over the sentence. Authorities have held all six activists in pretrial detention and without legal representation for over two years. Their next court date has been scheduled for October 28, 2018.

      Attention, comme je le soulignais dans un autre seen, la traduction Gogll ne traduit pas le féminin correctement. N’empêche, l’algorithme utilise bien l’expression « droits humains ».

      #Israa_Al-Ghomgham
      #Samar_Badawi
      #Nassima_Al-Sadah
      #Loujain_al-Hathloul
      #Aziza_al-Yousef
      #Eman_al-Nafjan
      #Nouf_Abdelaziz
      #Mayaa_al-Zahrani
      #Hatoon_al-Fassi
      #Amal_al-Harbi

    • Moi aussi, j’essaie d’utiliser systématiquement cette expression. Dans ma trad pour le Nicaragua, je l’ai utilisée partout sauf pour le nom en français de la commission ad hoc à l’Onu mais ça pique les yeux. Je me suis aussi posé la question de « défenderesses » des droits humains pour defendoras (ou femmes qui défendent, ou un néologisme féministe ?) et j’ai plutôt choisi les paraphrases. Je n’aime pas cette expression ampoulée, qui fait passer pour une bizarrerie le fait que des femmes défendent quelque chose. Vous en pensez quoi, de cette expression visiblement historique elle aussi ?

    • Oui, l’euphonie tient à l’habitude. Mais défenderesse me déplaît parce que je ne comprends pas pourquoi l’usage n’a pas gardé défenseuse, plus simple, plus évident, plus symétrique avec la forme masculine. Le suffixe -esse est long, il m’évoque la manière dont il faut se déguiser pour sortir alors qu’on pourrait mettre des fringues à la con comme les gars. J’ai donc pris l’option paraphrase, comme @reka.

    • Je comprend pas ce qui t’empeiche de dire « Défenseuse » si le suffixe en -esse te va pas et que tu aime « défenseuse ». Pas de problème avec la paraphrase non plus. Les suffixes en esse ont un coté ancien régime - noblesse, papesse, philosophesse, peintresse, comptesse...
      Le dictionnaire cordiale accepte defenseuse :
      https://www.universalis.fr/dictionnaire/defenseuse
      wikipédia dit que le dictionnaire de l’AF ne reconnait pas défenseuse, mais c’est une raison de plus pour s’en servir. L’AF choisissant toujours le mot ou la tournure qui va exprimer haine ou/et mépris des femmes et tout ce qui est féminin de près ou de loin.

      Sinon pour revenir à ces millitantes qui risquent la peine de mort. Je me disait qu’au moins le féminin était conservé à « militante » car il y a 5 femmes, sinon le féminin aurais disparu. Sur le e-monde en fait elles disparaissent.
      https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/08/23/riyad-requiert-la-peine-de-mort-pour-cinq-militants-des-droits-de-l-homme_53

      Riyad requiert la peine de mort pour cinq militants des droits de l’homme

      Parmi eux, Israa Al-Ghomgham pourrait devenir la première femme condamnée à la peine capitale pour son engagement en faveur des libertés.

      Et pour illustré ceci une photo de 5 hommes et Israa Al-Ghomgham enfant.

      Du coup c’est curieux de parler de 5 millitantes chez médiapart. D’autre part j’ai pas vu l’usage du mot féminisme, seulement « militante pour les droits de l’homme » ou « pour la liberté » en anglais les journaux vont jusqu’a osé dire parfois « militante pour les liberté des femmes » mais le mot féminisme est proscrit.

    • Merci @mad_meg, je n’avais pas fait de recherche sur défenseuse et j’en étais restée au refus de mon correcteur d’ortho. L’AF, vu que c’est pas des philologues (il y a même un biologiste qui n’a publié qu’en anglais), ils peuvent se branler la nouille avec leur dictionnaire débile qui sort une fois par siècle.

      #écriture_incluse et #invisibilisation
      C’est pas pour des raisons fantaisistes qu’on se bat pour que les femmes apparaissent dans le discours, c’est pour qu’elles apparaissent dans la réalité !


  • D’un coté #Macron en plein selfie à l’Elysée avec son grand pote saoudien, le jeune prince « moderne et féministe » #Mohamed_Bin_Salman, à qui la France vend des armes et qu’elle soutient contre vents et marées dans la région. Brutal et orgueilleux, il est en quelque sorte le Jupiter de la péninsule arabique.

    De l’autre #Asra-al-Ghangam, militante pour les #droits_des_femmes et la libération des prisonniers politiques en Arabie Saoudite, arrêtée en 2015 avec son mari. Elle a été exécutée, décapitée au sabre, hier matin. Avant de mourir elle aurait déclaré à ses bourreaux : « Je n’ai tué personne ».

    https://www.facebook.com/nadjil.kallisto/posts/701682903498898
    #Arabie_saoudite #France #armes #armement #féminisme #femmes #décapitation #militantisme #résistance
    cc @reka

    • En tout cas d’après https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/en-arabie-saoudite-une-activiste-chiite-risque-la-peine-de-mort-10174, ce n’est pas Esra al-Ghamgam sur la photo mais Samar Badawi
      La vidéo qui circule date de 2015

      Elle serait encore en vie

      http://article19.ma/accueil/archives/97947

      https://twitter.com/ali_adubisi/status/1031146505611161600 13:50 - 19 août 2018

      علي الدبيسي
      @ali_adubisi

      في قضية #إسراء_الغمغام، الحكم لم يصدر بعد والذي حصل هو بدء المحاكمة بالجلسة ١ في ٦/٨/٢٠١٨ وطالبت النيابة العامة بإصدار حكم الإعدام.
      الجلسة ٢ ستعقد في ٢٨/١٠/٢٠١٨ وأقترح دعوة جماهيرية واسعة حول العالم لتظاهرات قبل الجلسة، تضامناً معها ودفاعا عن حقها في الحرية والحياة.
      حياتها أمانة.

      European Saudi Organization for Human Rights Director رئيس المنظمة الأوروبية السعودية لحقوق الإنسان ali.adubisi@esohr.org

    • C’est assez intéressant :

      cette info arrive sur FB formatée dans un style assez spectaculaire pour ne pas dire putassier (l’image de macron et du prince en vis à vis de la photo d’une femme supposée être Israa al-Ghamgham (que le post dit avoir été décapitée) et qui est en fait selon « middleeasteye.net » Samar Badawi, une autre militante saoudienne. Par ailleurs une vidéo circule prétendant être l’execution de cette militante et qui en fait s’avère être une autre décapitation qui date de 2015. Tout le monde a été profondément ému au point de signaler ce post FB sans penser à vérifier. C’est peut-être vrai, peut-être pas, mais une journée complète de recherche n’a rien donné de vraiment probant.

      Comme nous nous intéressons à la situation des droits humains en Arabie saoudite, nous avons aussi été très bouleversé, d’autant plus qu’il y a cette incertitude.

      Ce type de dissémination de l’info me fait peur et me fait penser que nous restons très fragiles face à ce qui nous arrive par différents canaux. D’où l’importance des débats et des partages, et des recherches communes sur seenthis pour tenter de déconstruire cet invraissemblable magma.

    • Saudi Prosecution Seeks Death Penalty for Female Activist

      Saudi Arabia’s Public Prosecution is seeking the death penalty against five Eastern Province activists, including female human rights activist #Israa_al-Ghomgham, Human Rights Watch said today. The activists, along with one other person not facing execution, are being tried in the country’s terrorism tribunal on charges solely related to their peaceful activism.

      The Public Prosecution, which reports directly to the king, accused the detained activists of several charges that do not resemble recognizable crimes, including “participating in protests in the Qatif region,” “incitement to protest,” “chanting slogans hostile to the regime,” “attempting to inflame public opinion,” “filming protests and publishing on social media,” and “providing moral support to rioters.” It called for their execution based on the Islamic law principle of ta’zir, in which the judge has discretion over the definition of what constitutes a crime and over the sentence. Authorities have held all six activists in pretrial detention and without legal representation for over two years. Their next court date has been scheduled for October 28, 2018.

      “Any execution is appalling, but seeking the death penalty for activists like Israa al-Ghomgham, who are not even accused of violent behavior, is monstrous,” said Sarah Leah Whitson, Middle East director at Human Rights Watch. “Every day, the Saudi monarchy’s unrestrained despotism makes it harder for its public relations teams to spin the fairy tale of ‘reform’ to allies and international business.”

      Al-Ghomgham is a Shia activist well known for participating in and documenting mass demonstrations in the Eastern Province that began in early 2011, calling for an end to the systematic discrimination that Saudi Shia citizens face in the majority-Sunni country. Authorities arrested al-Ghomgham and her husband in a night raid on their home on December 6, 2015 and have held them in Dammam’s al-Mabahith prison ever since.

      Saudi activists told Human Rights Watch that the Public Prosecution’s recent demand makes al-Ghomgham the first female activist to possibly face the death penalty for her human rights-related work, which sets a dangerous precedent for other women activists currently behind bars.

      Saudi Arabia’s Specialized Criminal Court (SCC), set up in 2008 to try terrorism cases, has since been increasingly used to prosecute peaceful dissidents. The court is notorious for its violations of fair trial standards and has previously sentenced other Shia activists to death on politically motivated charges. The court sentenced a prominent Shia cleric, Nimr al-Nimr, and seven other men to death for their role in the 2011 Eastern Province demonstrations in 2014 and another 14 people in 2016 for participating in the protests. Saudi authorities executed al-Nimr and at least three other Shia men on January 2, 2016 when they carried out the largest mass execution since 1980, putting 47 men to death.

      International standards, including the Arab Charter on Human Rights, ratified by Saudi Arabia, require countries that retain the death penalty to use it only for the “most serious crimes,” and in exceptional circumstances. Human Rights Watch opposes capital punishment in all countries and under all circumstances. Capital punishment is unique in its cruelty and finality, and it is inevitably and universally plagued with arbitrariness, prejudice, and error.

      A recent crackdown on women’s rights activists in Saudi Arabia has led to the arrest of at least 13 women under the pretext of maintaining national security. While some have since been released, others remain detained without charge. They are: Loujain al-Hathloul, Aziza al-Yousef, Eman al-Nafjan, Nouf Abdelaziz, Mayaa al-Zahrani, Hatoon al-Fassi, Samar Badawi, Nassema al-Sadah, and Amal al-Harbi. Authorities have accused several of them of serious crimes and local media outlets carried out an unprecedented campaign against them, labeling them “traitors.

      “If the Crown Prince is truly serious about reform, he should immediately step in to ensure no activist is unjustly detained for his or her human rights work,” added Whitson.

      https://www.hrw.org/news/2018/08/21/saudi-prosecution-seeks-death-penalty-female-activist

    • L’algorithme de Google a encore des progrès à faire pour savoir utiliser correctement le féminin …

      A recent crackdown on women’s rights activists in Saudi Arabia has led to the arrest of at least 13 women under the pretext of maintaining national security. While some have since been released, others remain detained without charge. They are: Loujain al-Hathloul, Aziza al-Yousef, Eman al-Nafjan, Nouf Abdelaziz, Mayaa al-Zahrani, Hatoon al-Fassi, Samar Badawi, Nassema al-Sadah, and Amal al-Harbi. Authorities have accused several of them of serious crimes and local media outlets carried out an unprecedented campaign against them, labeling them “traitors.

      est traduit par

      Une récente répression contre les militantes des droits des femmes en Arabie saoudite a conduit à l’arrestation d’au moins 13 femmes sous prétexte de maintenir la sécurité nationale.

      En utilisant « militantes des droits des femmes » sont invibilisés les hommes « militants des droits des femmes ». A la phrase suivante, les femmes redeviennent des hommes …

      Alors que certains ont depuis été libérés, d’autres sont toujours détenus sans inculpation. Les autorités ont accusé plusieurs d’entre eux de crimes graves et les médias locaux ont mené une campagne sans précédent contre eux, les qualifiant de « traîtres ».


    • Passionnant, #merci !

      Géolinguistique.
      La Chine est depuis cette année la première puissance économique de la planète, passant devant les Etats-Unis. Elle est également, le fait est connu au moins depuis Jacques Dutronc, la première puissance démographique de la planète. Et donc également, grâce au mandarin, la première puissance linguistique de la planète en nombre de locuteurs natifs.

      D’une certaine manière, Google est également la première puissance linguistique de la planète. Le « volume » du matériau linguistique capté, collecté, traité et analysé chaque jour par le moteur de recherche depuis désormais 20 ans est sans aucun équivalent tant dans l’aspect quantitatif (volumétrie pure des données linguistiques) que dans l’aspect « qualitatif » renvoyant au nombre de langues analysées et au niveau de service proposé pour chacune (de la traduction à la volée en passant par la consultation de textes rares et l’ensemble des services « vocaux » nécessitant une compréhension minimale de la langue concernée).

      C’est donc un affrontement de nature géo-linguistique qui fait tout l’intérêt des rapports entre Google et la Chine, entre la libellule et la muraille.

      Et ce que définit la langue est d’abord un rapport au territoire. Un passe-muraille.

    • Dystopy, is what we need my friend.
      […]
      Il me semble que nous sommes aujourd’hui à la phase d’après. Celle où les gens ont cliqué sur suffisamment de publicités et ont, ce faisant, accepté suffisamment de technologies de traçage actif ou passif pour que les conditions d’existence d’une forme de pouvoir autoritaire soient réunies et surtout pour qu’elle soient en passe d’être acceptées comme naturelles ou, pire, comme légitimes.

      La question essentielle se déplace donc : il ne s’agit plus de savoir si nous acceptons ou si nous refusons ce traçage publicitaire (débat permis et en partie résolu par le RGPD) ; il s’agit de savoir si nous acceptons ou si nous refusons cette forme de néo-fascisme documentaire propre au totalitarisme littéral des plateformes et le cadre économico-politique qui est sa condition d’existence première.

    • rien que les intertitres…

      Géolocaliser et punir.
      […]
      Police partout, politique nulle part.
      […]
      Ce qui me semble le plus frappant dans cette histoire, finalement, c’est l’absence totale de réflexion et de prise de position politique (autre que celle visible de quelques dîners mondains ou celle, invisible, de formes aussi classiques que perverses de lobbying). Croire que les états n’ont pas à se mêler de la stratégie d’entreprises comme Google, Facebook ou Amazon au motif que nous ne serions, justement, pas en Chine ou dans un pays communiste est aujourd’hui le triple aveu d’un dépassement, d’une impuissance et d’une incapacité à penser ce qui se joue réellement à l’échelle politique.

      Et en même temps ... imaginer que des états, que nos états actuels, gouvernés par des bouffons narcissiques de la finance ou par des clowns égocentriques ivres de leur nationalisme, imaginer que ces états puissent aujourd’hui se mêler du projet politique de ces mêmes firmes n’apparaît pas davantage comme une solution souhaitable.

    • “Our findings suggest that censorship in China is effective not only because the regime makes it difficult to access sensitive information, but also because it fosters an environment in which citizens do not demand such information in the first place,” the scholars wrote."

      Latour, un peu plus loin, très bonne citation :

      Des questions liées : subsistance, visualisation, protection et défense. Mais supposez que vous n’ayez aucune idée précise de ce qui vous permet de subsister, ou une idée tellement abstraite que vous restiez suspendu en l’air, pratiquement hors sol, quand je vous pose la question : « Qui êtes-vous, que voulez-vous, où habitez-vous ? » Eh bien, je prétends que n’ayant pas de monde concret à décrire, vous êtes devenus incapables de définir vos « intérêts » et qu’ainsi, vous ne pourrez plus articuler aucune position politique vaguement défendable. Je prétends que la situation actuelle de retour général à l’Etat-nation derrière des murs vient directement de cette totale impossibilité de préciser quels intérêts on défend. Comment avoir des intérêts si vous ne pouvez pas décrire votre monde ?


  • Quelques #graffitis vus au #Cambodge, et plus précisément sur la #montagne #Bokor (sur lequel je ferai probablement un post dans les prochains jours, car l’histoire est fort intéressante) :


    #toblerone

    Quelqu’un reconnaît l’identité de ces personnes qui ont été dessinées sur ce graffiti ?

    #Kampot #Cambodge #graffiti #art_de_rue #street-art
    cc @reka


  • Petite note sur la #religion au #Cambodge.

    J’ai l’impression que cette année il y a plus de femmes voilées dans les rues au Cambodge par rapport au nombre que j’ai pu voir l’année passée. Et pour la première fois j’ai vu quelques (rares) fammes avec un voile leur couvrant aussi la bouche et le cou. Ce n’est qu’une impression, peut-être sans valeur.
    Je l’ai surtout remarqué dans la région de #Kratie et #Sen_Monorom...

    Si mes impressions n’ont probablement aucune valeur objective, cette photo prise sur la route entre Sen Monorom et Phnom Penh montre qu’il y a des investissements qui arrivent de l’extérieur...
    Difficile à voir, mais il y a sur le bandeau noir au-dessous du toit du portique le drapeau du #Koweït...

    Voici la répartition des différentes religions au Cambodge, selon wiki :


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cambodge#Religions

    #islam #musulmans

    • Bon, le drapeau de gauche c’est celui… du Cambodge…

      Sur l’islam, point d’entrée WP
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_au_Cambodge

      article de 2006
      Les Chams, le visage de l’islam au Cambodge
      https://www.saphirnews.com/Les-Chams-le-visage-de-l-islam-au-Cambodge_a3645.html

      Une communauté musulmane peu connue peuple depuis cinq siècles le royaume khmer. Répartis en 372 villages, les Chams et les Chveas, musulmans du Cambodge, représentent 4 % de la population du petit pays bouddhique, soit un demi-million de personnes. Malgré leur implantation très ancienne, ils n’échappent pas aux problèmes contemporains de l’islam minoritaire.

      Une minorité dans la minorité

      The Cham Imam Sann - A Threatened Tribe of Islam - Cambodian Village Scholars Fund
      https://cambodianscholars.org/the-cham-people/the-cham-imam-sann-a-threatened-tribe-of-islam

      On the occasion of Imam San’s birthday each October, the sect that emerged from his early followers gathers in the former royal city of Udong, about 30 kilometers outside of the present capital of Phnom Penh, to honor his memory through prayer and offerings. The colorful mawlut ceremony reaffirms the sect’s privileged heritage and its continued isolation from the rest of the country’s Islamic community, which is dominated by a group known as the Cham.

      The Imam San followers are the only group to remain outside the domain of the Mufti, the government-sanctioned leader of Islam in Cambodia – a status that was renewed by the government in 1988. Successive Imam San leaders, or Ong Khnuur, have held the prestigious title of Okhna, originally bestowed by the palace.

      Cambodia’s estimated 37,000 Imam San followers live in only a few dozen villages spread throughout the country. Geography has reinforced the sect’s isolation, and the mawlut has become an increasingly important opportunity to forge friendships and – more essential to the survival of the community – marriages.

      Financement issu du Golfe. Note : il est évident que pour les « vrais croyants » les islams de la périphérie asiatique sont assez largement hérétiques (voire nettement plus que ça si on est salafiste… (d’ailleurs l’un des articles mentionne la (très) mauvaise opinion émise par un salafiste de Phnom Penh…)) cf. la discussion avec @aude_v sur l’islam malaisien. Par exemple (on tombe très facilement sur eux) the Revival of Islamic Heritage Society (article de 2010)

      Kuwaiti-Funded Cambodian Charity Denies Terror Links - The Cambodia Daily
      https://www.cambodiadaily.com/news/kuwaiti-funded-cambodian-charity-denies-terror-links-68910

      The Cambodian director of a lo­cal Islamic NGO funded by a Ku­wait charity that is on a US watch list for bankrolling al-Qaida denied any links to the international terror group yesterday.

      I would like to clarify that my or­ganization has done everything for the sake of the children and is not involved in terrorism,” said Sos Mo­hammat, director of the Good Sour­ces Cambodia Organization, which runs 10 orphanages.

      He added that the Kuwait charity that funds his organization, Revival of Islamic Heritage Society, has been cleared of links to terrorism by the Kuwaiti government.

      article de 2016, inauguration d’une école islamique pour filles

      KUNA : Foundation stone laid for expansion of Kuwait Islamic Institute in Cambodia - Human - 07/04/2016
      https://www.kuna.net.kw/ArticleDetails.aspx?id=2496639&language=en


      Charge d’Affaires in Cambodia Mutib Al-Usaimi participates in laying the foundation stone for expansion project of Kuwait Islamic Institute for Girls in Cambodia

      Charge d’Affaires of Kuwait’s embassy in Cambodia Mutib Al-Usaimi has taken part in a ceremony held to lay the foundation stone of the second expansion project at the Kuwait Islamic Institute for Girls in the East Asian Kingdom.
      The ceremony was attended by deputy governor of the Tboung Khmum province where the Institute is located, and deputy head of the Southeast Asia Commission at the Kuwait- based Society of the Revival of Islamic Heritage, Ahmad Humoud Al-Jassar, a statement by the Kuwaiti embassy said on Thursday.
      Addressing the ceremony, Al-Usaimi reiterated Kuwait’s keenness on continuing support to all charity and humanitarian projects in Cambodia. He also appreciated efforts by the Society of the Revival of Islamic Heritage, in collaboration with Manabaa Al-Khair Charity, implementing and supervising various projects nationwide.

      infos (peu détaillées) d’une agence de voyages qui propose un circuit spécialisé

      Orphanage Center | Cambodian Muslim Tour
      http://www.cambodianmuslimtour.com/article/muslims-event-and-charity/orphanage-cener.html

      In addition, our Islamic center or Orphnage Center have built and opened too. There are more than 10 orphanage centers that have made in Cambodia such as in Kampot, Kampong som( Sihanoukville), Kampong CHam, Kandal and Phnom Penh city.
      […]
      CAMTOUR would like to apoligize for less information about these Centers and we will update information about these orphanage centers with full detail address and information.

    • Ah, les Cham ! Je n’y pensais pas en lisant le billet, je pensais spontanément à des conversions. Ce sont des Austronésien·nes qui ont tenu un ancien État, le Champa, au sud de l’actuel Vietnam et au Cambodge. Il s’est indianisé en même temps que le reste de l’Asie du SE puis converti à l’islam comme le sud des Philippines, l’archipel malais et la péninsule. Le Champa avait comme capitale Indrapura et s’est fait grignoter par l’avancée au sud du Vietnam (et peut-être de l’autre côté par les Thaïs qui ont grignoté le royaume khmer). Le cham est enseigné à l’Inalco et parlé par 200 000 personnes au Vietnam, peut-être autant au Cambodge si on suppute que les musulman·es du pays sont des Cham.

      Je crois, @touti, que s’il n’y a pas d’athées au Cambodge c’est parce que c’est interdit... En Indonésie, il n’y a le choix qu’entre cinq religions : islam, bouddhisme, hindouisme, catholicisme et « christianisme » (protestant). L’animisme n’est pas reconnu et les athées sont assimilé·es à des communistes. Il est imaginable que la situation soit sensiblement pareille au Cambodge et que les « others » soient animistes.

      PS : Et évidemment, les femmes musulmanes dans la région n’ont jamais porté le voile que pendant la prière. Ça change sous l’influence du pognon des pays arabes, certes, mais aussi des dynamiques propres : islam campagnard mélangé et autochtone contre islam importé par les classes aisées qui apprennent l’arabe et font le pèlerinage, le tout par souci de distinction - la pratique explose depuis le début du XXe -, imposant aux autres une certaine orthodoxie.

    • Bon, visiblement, tout cela n’est pas clair, mais je vais ajouter mes constatations sur la Thaïlande qui datent d’il y a cinq ans. Je n’ai jamais mis les pieds dans le Sud où vivent la plupart des Malais mais j’ai par contre bossé quelques années sur Thanon Krung Thep Kritha où vivent pas mal de musulmans à Bangkok. Ça donne un petit quartier calme majoritairement musulman et très accueillant. Les quelques mosquées des environs étaient presque toutes en travaux et en très bon état. De ce que j’ai pu comprendre concernant la pratique religieuse, il y avait des Imams étranger (un Marocain et un d’un pays du Golfe Arabe si mes souvenirs sont bons) et si les femmes portent des voiles de couleur comme ça se fait en Asie du Sud-Est, on voyait pas mal de voiles noirs aux alentours des mosquées. Une connaissance qui enseignait à la base l’anglais dans le publique s’était récemment reconverti en traducteur Arabe-Thaï. Manifestement un changement était en marche mais j’ignore dans quelle direction. Je tiens à dire que la famille que je connaissais le mieux avait quand même la volonté d’une pratique séculaire. Les parents ne fréquentaient pas les mosquées, le mari laissait sa femme seule au magasin y compris avec des étrangers et il avait écrit une thèse sur la pratique de l’Islam en Thaïlande depuis le Royaume d’Ayuthaya jusqu’à nos jours. Je suis curieux d’y retourner un jour pour voir ce que tout ça est devenu.


  • Fedir Tetyanych. Canon Fripulia

    PinchukArtCentre - Research platform

    http://pinchukartcentre.org/exhibitions/doslidnitska-platforma_-kanon-fripulya

    J’ai découvert cet artiste à Kiev en juillet 2017, original et incertain avec ses approches « cosmologiques » qu’on retrouve chez certains artistes soviétiques (exposés en 2015 et 2016 au musée Garage à Moscou, j’ai ça dans mes archives, ça viendra sans doute bientôt ici). En plus j’aime bien le titre qui me fait penser à « fripouille ».


    Cliché : Ph. R, 2017


    Cliché : PinchukArtCentre © 2017. Photographed by Sergey Illin.

    The exhibition “Fedir Tetyanych. Canon Fripulia” is focused on one of the sides of the multifaceted creative work of artist Fedir Tetyanych whose artistic practice encompassed painting, drawing, sculpture, text, performance etc.

    Being part of the Union of Artists, Tetyanych was involved in carrying out official orders for monumental order, but at the same time, his personality, behaviour and artistic practice were an alternative to the official Soviet culture. Tetyanych was among the pioneers of the performance genre in the Ukrainian art: he is mostly famous for his odd-looking costumes and objects of trash and found materials. The artist used oftentimes foil or cans or other materials for his costumes that produced a certain sound when in motion. He put those costumes on in public spaces, including the premises of the Union of Artists, which gave him the reputation of a town freak who was proclaiming his own “eternity” and “infinity”: “I am Boundlessness”. These are the categories of eternity, infinity, and boundlessness served as the base for his philosophical and artistic doctrine: Fripulia.

    #art #kiev #ukraine #cosmologie #Fedir_Tetyanych

    • #merci
      j’ai déjà vu le « bonhomme cosmique », mais je ne me rappelle plus où ; dans une compil’ d’art soviétique, sans doute, mais laquelle ?

      – ton lien vers le Pintchuk Art Center ne marche pas (peut-être parce qu’il est noté en ukrainien… [ua], le même en anglais [en] fonctionne (en tous cas, chez moi)
      http://pinchukartcentre.org/en/exhibitions/doslidnitska-platforma_-kanon-fripulya

      Sur Tetianitch / Fripulia / Freepulia (au p’tit bonheur des transcriptions…) la recherche de référence tourne au comique (ce qui ne lui aurait pas forcément déplu).

      WP[en]


      la fiche est non seulement avec des infos fausses (la date de décès est 2007, pas 2017) mais elle truffée – plus d’un par ligne – de [référence nécessaire], de plus les liens en « source » ont l’air bizarre, voire dangereux,…
      https://en.wikipedia.org/wiki/Feodosiy_Tetianych

      WP[ru]
      est sobre…
      Тетянич, Феодосий Константинович — Википедия
      https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A2%D0%B5%D1%82%D1%8F%D0%BD%D0%B8%D1%87,_%D0%A4%D0%B5%D0%BE%D0%B4%D

      Феодосий (Фёдор) Константинович Тетянич, также — Фрипулья (17.02.1942, Княжичи, УССР, СССР — 18.02.2007, Киев, Украина) — украинский перформер. В 1990-2000х годах проводил творческие акции на Майдане Независимости и на Андреевском спуске в городе Киев.

      Биография
      Фёдор родился в 1942 году в оккупированном Киеве, когда отец был на фронте. Выпускник Киевского государственного художественного института (1966). Работал на Киевском комбинате монументально-декоративного искусства. Член Национального союза художников Украины (1973). Умер 18 февраля 2007 года и похоронен на Лесном кладбище.

      WP[uk]
      l’ukrainien, quant à lui, est détaillé mais avec des doublons et un verbiage bigot ahurissant…

      Тетянич Феодосій Констянтинович — Вікіпедія
      https://uk.wikipedia.org/wiki/%D0%A2%D0%B5%D1%82%D1%8F%D0%BD%D0%B8%D1%87_%D0%A4%D0%B5%D0%BE%D0%B4%D0

      sur sa biographie…

      З вірою в Бога, основами православ’я і богослужіння познайомився вдома, як і більшість сільських дітей з його оточення змалку разом з батьками хоча б інколи читав вранішні і вечірні молитви, часом відвідував храми і монастирі Києва і області. З іншого боку теж змалечку зазнав впливу радянського матеріалістичного світогляду і риторики (чимало родичів були партійні, пов’язані з наукою і технікою, зокрема питаннями механізації сільського господарства, в тому числі рідний дядько і активний співбесідник Федора-Феодосія, Микола Михайлович Гончаренко), пов’язаних з питаннями суспільної справедливості, народовладдя, соціалізму і комунізму, прогресу і віри у Світле Майбутнє, що однозначно зіграло свою роль у його зацікавленні історією, філософією, технікою, екологією, питаннями перебудови/розвалу Радянського Союзу, незалежності України, глобалізації і майбутнього життя людства на планеті Земля і у Всесвіті, які він досліджував і вирішував протягом свого непростого, повного випробувань і спокус, але плідного на різні творчі звершення життя, життя гідного нащадка простих воїнів Христових Подніпров’я з діда-прадіда.

      sur son décès…

      Блаженний Феодосій відійшов у Вічність, у Небесний Єрусалим , у далекі степи вільної України і потаємні ліси святої Русі, до Бога і родини, до батьків і друзів, туди де діди-прадіди з праведниками і святими спочивають, у Життя Вічне, Безмежжя Благодатне, яке він усім проповідував своїми життям, творчістю і особистим прикладом подвижництва (во славу дідів-прадідів, усіх добрих людей і усіх богів і святих, в т.ч. Бога всіх богів, Діда всіх дідів і Творця всіх творців, Козака над козаками і Художника над усі художники, Царя царів і Владики Безмежжя Благодатного, Христа християн, Творця і Вседержителя Всесвіту, во славу Животворчої Святої Троїці - Живої Єдності Всієї Нескінченності в його термінології і на радість усім людям) у день пам’яті свого небесного заступника і покровителя, великого святого і чудотворця для людей вільної України і святої Русі - преподобного Феодосія Чернігівського, 18 лютого 2007 року, на наступний день після свого дня народження на 66 році життя, у Києві, знаходячись на лікарняному ліжку. Цьому передувала серйозна хвороба, яку переносив мужньо і з посмішкою, як і належить справжньому, красному козаку.

      Sur Fripulia / Freepulia

      Під впливом радянської дійсності перейшов від зацікавлення соцреалізмом до історії України (історична, козацька тематика), а потім сюрреалізмом (Сікейрос) і авангардом. Відстоюючи свої погляди, змушений був вступити в конфлікт оточенням, а також з представниками партійної і державної еліти. Саме на цей час припадає його двотижневе перебування у лікарні з нервовим розладом.

      Важливе місце у його світогляді і філософському вченні відведено поняттю « Фріпулья ». Поява слова пов’язана з творчою кризою і непростим життєвим періодом, повним розчарувань і випробувань у кінці 1970-х, який закінчився тим, що митцеві наснився сон, який він зашифрував у слові Фрiпулья (одна з версій, яку він сам пропонував як розшифровку : ФедіР-крИстал-ПУЛЬсар-Я), маючи на увазі Безмежжя.

      Його друг і соратник Володимир Євтушевський запропонував дещо іншу, свою власну розшифровку — як « free » (вільний, свобода) і « пульсація », тобто в деякому сенсі Free Pulsation, Вільна Пульсація, « вільне життя », « Безкінечне Буття », « Безкінечний Всесвіт », « царство Боже ». Федір згодом прийняв це трактування.



  • @seenthis #seenthis_bug il y a un problème technique à résoudre pour les seens ayant des suites VRAIMENT très longues. C’est surtout le cas pour plusieurs compilations de @cdb_77 qui font littéralement planter Seenthis et qui empêchent désormais complètement de faire des recherches dans de nombreux cas. Ce qui est assez problématique pour un outil qu’on veut « base de connaissances ».

    En effet, ces compilations sont tellement longues, que du coup de nombreux mots sont inclus dedans, et donc elles sortent presque toujours quand on fait des recherches autour de la politique mais même sur d’autres sujets, car les 2 ou 3 mots que l’on cherche sont toujours dedans.

    Or les listes de seens (résultats, tags, etc) chargent TOUS les contenus entiers, puis les masquent seulement en javascript une fois que c’est fini de charger.

    Les pages de ces compilations déjà seules mettent très longtemps à se charger et s’afficher. Mais alors dans un résultat de recherche avec encore d’autres seens mélangés, parfois longs aussi… Et pour peu qu’il y ait plusieurs compilations de @cdb_77 dans la même liste… (peut-être de @sinehebdo aussi, même si pour l’instant j’ai l’impression que pas encore aussi longues).

    Bref, évidemment la solution n’est pas de demander aux gens d’arrêter de faire des compilations. :D

    Donc il faudrait :
    1) dans toutes les listes, arrêter de tout charger, seulement les X premiers commentaires, et ne charger tout que dynamiquement quand on clique sur le bouton « Voir tous les commentaires ».
    2) même dans les pages seules, je pense qu’au delà d’un certain nombre (plus élevé que dans les listes), il faudrait ne pas tout charger et ne charger le reste qu’après un bouton, ou bien magiquement au défilement, au fur et à mesure (ce serait sûrement le mieux pour les pages dédiées de seens).

    Voilà, je mets ça là car ça concerne tout le monde, mais oui @b_b @arno @fil il faudrait que je fasse aussi un ticket en parallèle. :)

    • Chèr·es tou·tes,

      en effet, mes compilations sont longues et je me rends compte qu’elles sont parfois très longues à charger aussi... et c’est en effet peu pratique parfois...
      J’ai commencé à faire des métalistes comme suggéré par @sinehebdo. Ceci dit, les métalistes contiennent des liens pour des longues compilations.

      Si je fais des compilations si longues, c’est que c’est pratique pour moi, notamment pour envoyer des liens à mes étudiant·es ou des personnes avec qui je partage des informations.
      Et ce n’est pas toujours facile de savoir quand un nouveau thème émerge, et du coup, il faut couper la liste... (selon une modalité « autre » pour moi, et pas par année, si ce n’est pour les statistiques, où j’essaie en effet de découper par année).

      Organiser une archive et savoir comment la couper, c’est pas évident, quand les informations sont journalières et les choses changent rapidement et qu’on veut garder un lieu où les stocker ensemble...
      (suggestions bienvenues, évidemment)

      J’essaie comme mieux je peux avec en tête mes finalités d’archivage et partage... pour une lutte politique, au final :-)

      Si de mon côté je peux faire quelque chose, merci de me le dire. Je peux réfléchir à raccourcir des listes, mais pas évident...

      Dans tous les cas, #merci seenthis d’exister.

      Et désolée de faire buguer seenthis ! Et ainsi énerver des utilisateur·trices




  • L’affaire Benalla gonflée sur Twitter par « la communauté russophile » ? par Lynda Zerouk | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/laffaire-benalla-gonflee-sur-twitter-par-la-communaute-russophile

    Selon une enquête de l’ONG européenne EU Disinfo Lab, l’affaire Benalla a été amplifiée sur Twitter notamment par des « comptes russophiles ». 2 600 comptes « suractifs » auraient tweeté près de 44 % du contenu sur le sujet, avance l’association. Sans jamais préciser s’il s’agit de bots et de compte créés pour l’occasion, l’enquête présente plusieurs limites.

    Les ONG, c’est bon, mangez-en, surtout quand vous avez besoin de faire passer un vrai scandale d’état pour un truc téléguidé par les klingons.

    • On le sait, l’affaire Benalla a fait un carton sur Twitter. Dès les premières révélations du "Monde "sur l’ex-collaborateur du chef de l’Etat, mis en examen pour violence en réunion (notre dossier est à lire ici), on a vu une multiplication de tweets se répandre sur le réseau social. Avec chaque jour une occurrence #Benalla, #affaireBenalla ou encore #Elysée se retrouvant en tête des mots-clés les plus commentés. Un buzz attendu sur un scandale impliquant les plus hautes autorités de l’Etat. Mais un buzz suspect de manipulation, à en croire les analystes de EU Disinfo Lab.

      Cette ONG européenne basée à Bruxelles est spécialisée dans l’étude de phénomènes d’amplification et de désinformation. Elle est actuellement ""financée exclusivement par Twitter à hauteur de 100 000 euros alloués au cours de l’année 2017"". Et compte parmi ses partenaires l’Union européenne, auprès de qui elle envisage de formuler prochainement une demande de financements pour les années à venir.

      Créée en 2017, cette ONG s’est très vite fait connaître dans la presse, en menant notamment un travail visant ""à démystifier plusieurs campagnes de désinformation"", ""comme Emmanuel Macron ""ayant un compte off-shore aux Bahamas""", "et" "plus particulièrement, #MacronLeaks"", comme on peut le lire sur son site.

      Cette fois, Eu Disinfo Lab a mené une enquête à partir de l’API Twitter, une extraction de données accessible au public. Il ressortirait de cette étude que l’affaire Benalla a été amplifiée ""par un gonflage numérique"", comme l’a repris, entre autres, le site de BFMTV.
      BFm

      Que révèle exactement cette enquête ? ""Nous avons été alertés par le volume de tweets en lien avec l’affaire Benalla, c’est ce qui nous a conduits à pousser les investigations", explique à "Arrêt sur Images", Alexandre Alaphilippe, directeur exécutif de l’ONG." D’après nos premiers résultats, 4 millions de tweets au total ont été postés autour de cette affaire, score nettement supérieur à celui du ""#BalanceTonPorc qui a enregistré, lui, 770 000 tweets, pour un même nombre d’auteurs, soit 245 000 comptes actifs dans les deux cas.""

      L’enquête révèle également que 1% des comptes actifs autour de l’affaire Benalla, soit environ 2 600 comptes, sont à l’origine de 44 % des messages postés sur Twitter. Autrement dit, ""ces comptes ont produit 1,7 millions de tweets sur un total de 4 millions qui ont parlé du sujet "", souligne Alaphilippe.
      "La communauté russophile" très active ?

      La capacité de cette proportion d’internautes à produire ""300 tweets par semaine en moyenne"" autour de l’affaire Benalla a interpellé les analystes de Bruxelles. Notons toutefois que ces ces 300 tweets hebdomadaires représentent en moyenne 40 posts par jour. Est-ce forcément une activité anormale ou suspecte ? Cependant, EU Disinfo Lab a cherché à savoir si ces 2 600 comptes frénétiques avaient déjà été repérés dans d’autres opérations de propagation. ""On s’est rendu compte que pour 27 % d’entre eux, il y avait des correspondances avec la communauté russophile"", nous confie le directeur exécutif.

      Qui compose cette communauté russophile et comment a-elle été identifiée par cette ONG ? ""Elle est constituée d’internautes qui ont une sympathie pour RT (Russia Today) ou encore Sputnik, c’est à dire qui ont tendance à tweeter ou retweeter ces deux médias ", "précise Alaphilippe. ""Cela ne veut pas dire qu’ils sont russes," poursuit-il. "Mais qu’il y a des accointances en matière de narratifs avec ces médias"". Si le délégué exécutif semble redoubler de précautions sémantiques pour ne pas qualifier ces comptes de ""pro-russes"", on s’aperçoit que sur son compte Twitter, EU Desinfo Lab France ne s’en prive pas. ""Nos experts notent une corrélation de 27 % avec des comptes pro-russes déjà repérés en France"", exprime clairement l’ONG.

      ProRusse
      Eu disinfo lab accuse les comptes pro-russes
      répartition de l’influence pro russe sur twitter - avril 2017


      Capture d’écran

      Eu Disinfo Lab a pu cartographier ""cet écosystème russophile"" lors d’une enquête menée trois mois avant l’élection présidentielle de 2017. Durant cette période, l’association a analysé l’influence des médias russes sur Twitter, ce qui lui a permis d’identifier les comptes ayant une tendance à propager des contenus de "RT "et "Sputnik". Revenant sur cette enquête, Alaphilippe, emploie cette fois plus volontiers le terme "pro-russe". ""On avait démontré que les narratives pro-russes se propageaient mieux au sein de ce réseau, scindé en trois communautés, l’une autour du candidat à l’élection François Asselineau, un autre autour de Marine Le Pen et la dernière supportait le candidat François Fillon"", détaille-t-il.

      On peut observer sur le visuel ci-dessous la répartition de ""l’influence pro-russe"" en amont de la présidentielle française. ""Nous avions notamment remarqué que la communauté de François Asselineau est la plus isolée et la plus complotiste via les liens qu’elle partage"", analyse le directeur exécutif .

      Les limites de l’enquête

      Reste à savoir à partir de combien de tweets et retweets de "RT" et/ou de "Sputnik", un compte peut être considéré comme diffusant des récits pro-russes. Interrogé sur ce point, Alaphilippe explique que les analystes ""repèrent dans un premier temps les profils qui ont retweeté plus de 10 fois un contenu RT ou Sputnik durant une période de deux mois"". ""Ensuite nous observons les interactions qu’il peut y avoir entre les comptes qui partagent ces contenus", poursuit-il. "Si des utilisateurs n’ont aucun lien avec le réseau, ils sont éliminés, parce que hors communauté.""

      Peut-on avancer pour autant que ces 2600 comptes, parmi lesquels 27 % ont été identifiés ""russophiles"" sont à l’origine d’un ""gonflage numérique"" délibéré ? ""Il y a un phénomène de surreprésentation, il y a donc forcément un gonflage, "répond, catégorique, le directeur exécutif." A titre de comparaison, on est dans une opération encore plus forte que Je suis Charlie." "Or si ces comptes les plus actifs ont produit 1,7 million de tweets sur le sujet sur un total de 4 millions, les 2,3 millions restants devraient alors suffire à mesurer l’incroyable audience qu’a suscité cette affaire. Mais l’enquête se concentre sur les comptes les plus actifs.

      Alors que sait-on exactement de ces 2600 comptes ? Sont-ils apparus récemment ? Y a-t-il parmi eux des comptes-robots ? Si oui, quelle est la proportion ? Autant de questions auxquelles EU Disinfo Lab n’est pas en mesure d’apporter de réponse dans l’immédiat. Une enquête plus approfondie est en cours. ""On se concentre désormais sur ces 2 600 comptes suractifs, pour déterminer pourquoi ils ont été actifs sur ce sujet, quels sont les pics de publication et la part éventuel de bots"", indique Alaphilippe avant de conclure : """ces derniers résultats nous permettront d’établir s’il s’agit d’un gonflage lié à l’affaire, ou plus organisé."" "En réalité, tant que les résultats de cette seconde phase de l’enquête ne sont pas connus, il est difficile de conclure à un"gonflage numérique" tout court." "
      La riposte de RT France

      De son côté, dans la soirée du jeudi 3 août 2018, "RT France" a vivement critiqué l’enquête de EU Disinfo France. ""Décidément, l’influence russe supposée se retrouve partout"", écrit "Russia Today", qui qualifie la méthodologie employée par cette ""ONG pro européenne" "de""subjective"".

      Pour expliquer combien la portée de l’affaire Benalla a dépassé le twittosphère, "RT "revient longuement sur la couverture médiatique de grande ampleur de la presse et des chaînes de télévision françaises qui ont battu des records d’audience. En conclusion, "Russia Today" rappelle également que" ""la page Facebook du "Monde" a """"enregistré une augmentation de 67% de ses interactions sur ses contenus relatifs à l’affaire Benalla. "De là à conclure que ""Le Monde"" alimenterait « l’écosystème russophile »...", ""ironise le média russe. La question d’un ""gonflage numérique"" reste en effet en suspens. Les derniers résultats de l’enquête de Eu Disinfo Lab devraient être connus courant de la semaine prochaine.""

    • "Il y a un phénomène de surreprésentation, il y a donc forcément un gonflage,"répond, catégorique, le directeur exécutif.

      Euh, sérieux ? Si je reformule :
      • 27% (soit 700) des 1% « sur-actifs » (les 2600 qui ont émis 1,7 M de tweets) sont « russophiles », identifiés à l’occasion de la campagne présidentielle française de 2017, parce qu’ils ont RT (retweeté) plus de 10 fois en 2 mois un message RT (Russia Today) ou Sputnik ; au passage, on ne sait pas combien ces 700 représentent de tweets,
      • il y a «  surreprésentation  ». De qui ? des 1,7 M de tweets dans les 4 M (émis par le 1% (2600)) ou des 700 parmi les 2600 ?
      • surreprésentation DONC gonflage
      EUH ?

      Que des gens a priori peu macron-philes retweetent à tour de bras des infos défavorables au héros, ça ne peut qu’être une manipulation ou un complot… Qu’en plus, ils pèchent leurs infos les uns chez les autres, c’est forcément qu’ils forment un réseau, forcément organisé, voire supervisé par le centre occulte pro-Kremlin.

      Vu les éléments dont on dispose, il semblerait qu’on puisse assez facilement reformuler l’ensemble de ce blabla en :
      Aujourd’hui, RIEN !
      ou encore,
      quand des opposants sont dans une #bulle_de_filtres, c’est forcément qu’il y a #complot

      #encore_un_coup_des_Russes

      L’enquête continue sur les 2600…

      PS : le beau graphique, c’est les Russkofs et l’élection présidentielle de 2017…
      Comment ils s’appellent déjà ? ah oui EU Disinfo Lab …
      en français, ça doit être #désinformation.

    • De rien ! C’est quand même assez étonnant à observer, la façon dont ce chercheur représente lui-même ce qu’il prétend dénoncer, à savoir la création de toutes pièces d’un #bruit_médiatique à des fins politiques. Et les médias sont ravis de tomber dans le panneau, tout fascinés qu’ils sont par cette fumeuse application du #big_data aux #réseaux_sociaux et ravis des belles infographies qu’on leur sert clés en main.

    • EU Disinfo Lab sort « l’étude » sur le sujet
      http://disinfo.eu/2018/08/08/08-08-2018-affaire-benalla-les-ressorts-dun-hyperactivisme-sur-twitter

      Rien de nouveau (si ce n’est des graphiques illisibles), c’est surtout la compilation en un seul endroit des différents tweets.

      À aucun moment un travail minimum d’analyse. Seul exemple que je retiendrai (dans le chapitre Analyse (si, si !)) :

      D’un point de vue macroscopique, quelle est la nature de ces comptes ?
      Premièrement, nous pouvons dire, sur base de leur date de création, qu’ils ont été ouverts dans un contexte plus que politique :

      En effet, nous observons d’importants pics de création de comptes Twitter pendant les périodes d’élections présidentielles : 2012 et 2017. Sans surprise ici, les périodes électorales incitent des utilisateurs à s’engager dans les campagnes en ligne.

      Sans surprise, en effet…

      Et donc, en l’espèce ? En quoi, ces comptes-là sont-ils différents d’autres comptes « politiques » ? J’ai comme l’idée que les comptes pro-En Marche ont dû être créés l’année de la présidentielle de 2017, mais je n’ai pas été voir, il faudrait (!) que je vérifie… Il doit forcément y avoir des réseaux occultes derrière ça. Il faut que je continue l’analyse…

      Je dois dire que j’admire les gens (Les Crises, p. ex.) qui ont le courage de démonter ce genre de choses.

    • L’enquête des #Décodeurs Léa Sanchez et Samuel Laurent, sans vraiment remettre en cause la "méthode", conclue ainsi :

      L’impossible quête des « bots russes » de l’affaire Benalla
      https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/08/08/l-impossible-quete-des-bots-russes-de-l-affaire-benalla_5340540_4355770.html

      Les deux études d’EU Disinfo Lab et de Damien Liccia concluent finalement dans le même sens : sans infirmer catégoriquement la présence de « bots », ceux-ci n’auront de toute façon joué qu’un rôle mineur dans cette polémique.

      De fait, s’il est celui des journalistes, des communicants ou des politiques, Twitter n’est pas, contrairement à Facebook, un réseau de masse. S’il peut être efficace d’y utiliser des méthodes artificielles pour faire exister médiatiquement un sujet dont on craint qu’il ne le soit pas, il est moins aisé de comprendre l’intérêt de tenter d’y « gonfler » une affaire qui fait déjà l’ouverture des journaux télévisés et les couvertures des quotidiens et revues périodiques, comme ce fut le cas de l’affaire Benalla.

      Ouf ! Samuel Laurent peut continuer à décoder tranquille : il reste encore un petit espace pour les bots (russes). C’est, de toutes façons, ce que choisiront d’en retenir celles et ceux qui citeront " l’étude ".

      Et les médias de masse, ça reste le JT (5 millions pour TF1,…) et… les quotidiens (dont certain est plus #de_référence que d’autres ;-)

    • Si tu fais partie du #listing des 3393 comptes Twitter fichés par #Disinfo (ou si tu te demandes) voici un lien pour vérifier & savoir comment porter plainte (la #CNIL a confirmé s’emparer de l’affaire)
      https://mensuel.framapad.org/p/fichier_bot_russe_03

      (moi je fais juste partie des 55000 comptes recensés mais pas comme « hyperactifs » avec seulement 81 tweets, je crois que le fichage commence entre 200 et 300 tweets)


  • For these underprivileged young women in France, rugby provides strength, resilience and empowerment
    https://www.washingtonpost.com/news/in-sight/wp/2018/08/01/for-these-underprivileged-french-young-women-rugby-provides-strength

    Camilo Leon-Quijano is a Colombian-born photographer based in Paris. He is also a PhD Fellow in Sociology and a lecturer at the Gender Studies department of the EHESS of Paris (School for Advanced Studies in the Social Sciences). Leon-Quijano uses photography as a way to understand urban spaces. In Sight is sharing a project he did on the women rugby players in a suburb north of Paris. He told In Sight the following about the project:

    In January 2017, I started following a group of #rugby players from the #Chantereine High School of #Sarcelles, a stigmatized “banlieue” in the north of Paris. Banlieue is a French word to designate a suburb. The banlieues are often socially and politically dismissed by the state. Sarcelles is one of the most impoverished and stigmatized cities in the country, and a significant part of its population has an immigrant background.


    The team trains in the mud on the “Nelson Mandela” rugby field in Sarcelles. (Camilo Leon-Quijano)
    #photographie


  • Un épisode de #soviétisme qui va beaucoup plaire à @simplicissimus - perso, je ne connaissais pas

    Via @sovietvisual sur Twitter

    Soviet aero-sled based on the “Pobeda”, car. It was designed in 1959 by engineer I. Kamov, famous for his helicopters. The vehicle was widely used for mail delivery and passenger transportation in remote Siberian regions.

    #transport #automobile


  • A Day Before Laos Dam Failed, Builders Saw Trouble - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/07/26/world/asia/laos-dam-collapse.html?rref=collection%2Fsectioncollection%2Fworld&action=c

    The day before this week’s catastrophic dam failure in Laos, the companies building the dam knew that it was deteriorating, and one of them saw a potential trouble sign three days in advance. Yet many people living downstream received no warning of the deadly flood that was about to sweep away villages, farms, livestock and people.

    The companies said they had warned Laotian officials of the danger, and some villages were evacuated, but the dam’s collapse killed at least 27 people — many more are still missing — and displaced at least 6,600 others in Laos.

    Xe-Pian Xe-Namnoy Power Company, a joint venture of two South Korean firms, one from Thailand and a state-owned Laotian firm, is building the hydroelectric project, which includes several dams.

    #barrage #Laos #rupture_de_barrage

    • #merci @aude_v et @odilon

      Je copie-colle ici le texte intégral pour ne pas le perdre, car je partiellement accès au contenu du NYT (je vais aussi l’ajouter au fil de discussion sur les barrages au Laos :

      The day before this week’s catastrophic dam failure in Laos, the companies building the dam knew that it was deteriorating, and one of them saw a potential trouble sign three days in advance. Yet many people living downstream received no warning of the deadly flood that was about to sweep away villages, farms, livestock and people.

      The companies said they had warned Laotian officials of the danger, and some villages were evacuated, but the dam’s collapse killed at least 27 people — many more are still missing — and displaced at least 6,600 others in Laos. On Thursday, state media in Cambodia reported that as many as 25,000 more people in that country were being evacuated from the northern border province of Stung Treng, as the flood surge made its way south.

      Now, as rescue workers scramble to find missing villagers and care for others in makeshift shelters, questions are mounting about the speed of the one-party state’s response, the quality of the companies’ work, and whether they could have done more to prevent the accident or alert people to the peril.

      Xe-Pian Xe-Namnoy Power Company, a joint venture of two South Korean firms, one from Thailand and a state-owned Laotian firm, is building the hydroelectric project, which includes several dams.

      The state-controlled Lao News Agency initially reported that 5 billion cubic meters of water had spilled over the dam, but later quietly revised that number downward to half a billion cubic meters, or roughly 17.7 billion cubic feet, of water. Even the lower volume would be enough to cover an area the size of Manhattan in water 28 feet deep.

      Accounts given by the two South Korean companies differ in several details, and do not answer the crucial question: When did they know, or should they have known, that the dam might be headed toward collapse?

      On Friday, engineers noticed a depression, or “settlement,” about four inches deep in the center of the dam, Korea Western Power, one of the companies, said in a report to South Korea’s Parliament.

      A company official told lawmakers — one of whom released the report on Thursday — that such sinking was common with the kind of heavy rainfall the region was experiencing, so the engineers decided to monitor it rather than take action.

      On Sunday, engineers found 10 “fractured settlements” on the top of the dam and set out to repair them, but they could not get the necessary repair equipment to the scene until Monday afternoon, when it was too late, the company’s report said.

      SK Engineering & Construction of South Korea, the main builder of the project, said on Thursday that it had discovered at 9 p.m. on Sunday that part of the dam’s top was missing.

      In a statement, the company said it had “immediately” reported the damage to the local authorities and evacuations of the nearest villages began, but it did not alert the provincial government until noon the next day that the dam might deteriorate further.

      By 11 a.m. on Monday, Korea Western Power said, there was a depression more than three feet deep in the top of the dam.

      On Monday, the joint venture sent a written notice to provincial officials, which has been seen by The New York Times, warning that Saddle Dam D was in a “very dangerous condition now due to heavy rainfall,” and that villagers downstream should be told to “evacuate to high level position to avoid unfortunate accident by heavy water flow.”

      By Monday afternoon or early evening, the dam was crumbling further and water was pouring through. SK said it received the first report of a village flooding at 1:30 a.m. Tuesday.

      Both South Korean companies mentioned heavy rains in their descriptions of the disaster. But Ian Baird, a geography professor at the University of Wisconsin, Madison, who specializes in Laos and has studied the hydropower project, said he believed the problem was either faulty construction or a decision to store too much water in the dam’s reservoir at a time when heavy rain should have been expected.

      “When at the end of July do we not get rain in this part of the world?” he asked.

      The companies are “trying to play this out as a natural disaster that wasn’t their fault,” he said. “I don’t believe that for a second.”

      Xe-Pian Xe-Namnoy Power Company could not be reached by telephone on Thursday.

      The United Nations has said that eight villages were affected by the flooding. Experts and displaced villagers said in interviews this week that the number could be 11 or more. Some were probably in an area that is extremely isolated in the rainy season, even without a major flood event, Professor Baird said.

      “I’m sure there are still lots of people who nobody has reached yet,” Professor Baird said. Some people might have scrambled to higher ground, but it would depend on when they were notified of the threat.

      A day after the accident, the United Nations reported that 14 bridges had been damaged in Laos and at least 1,494 people there had been evacuated to emergency shelters. It said helicopters and boats were the only means of transportation in the affected areas of Attapeu Province, where rates of child malnutrition are among the highest in the country.

      On Thursday, a reporter who traveled into the affected area — a three-hour drive on bumpy roads from Attapeu Town — saw military personnel and volunteers from several countries steering boats through the floodwaters in a grim search for bodies. Some people there were beginning to return to villages that had been underwater earlier in the week, only to find that all their possessions had been destroyed.

      Octavian Bivol, the Unicef representative in Laos, said on Thursday that while the agency was providing the Laotian authorities with soap, jerrycans and other supplies to assist the equivalent of 1,500 households, the primary challenge was that so many of the flood victims were so isolated.

      At least some of the affected villages had no warning of the lethal threat racing toward them.

      Silam, a 25-year-old woman from southern Laos with two children, said in an interview that she had escaped the floods on Monday night after receiving a phone call not from the government, but from one of her relatives who was in a nearby rice paddy.

      The relative told her to leave the house and move to higher ground “because the water was coming,” she recalled, speaking in a shelter in the southern town of Paksong on Wednesday evening. “I was so scared.”

      Bruce Shoemaker, an independent expert on hydropower in Laos, said that the dam was already “a slow-moving humanitarian and ecological disaster” even before the accident on Monday, in part because all the water diversion was a severe threat to downstream fisheries, the main source of protein for local people.

      “The big thing is there’s a very poor regulatory environment in Laos,” said Mr. Shoemaker, a co-editor of the book “Dead in the Water: Global Lessons from the World Bank’s Model Hydropower Project in Laos.”

      “Private companies get these concessions and there’s very little oversight of how they’re implementing it,” he added, “and that is pervasive throughout the hydropower sector.”


      https://www.nytimes.com/2018/07/26/world/asia/laos-dam-collapse.html?rref=collection%2Fsectioncollection%2Fworld&action=c


  • Une jolie chanson
    qui questionne un peu, par ricochets, en ces temps où le port d’un uniforme ou de ses insignes peut donner l’illusion qu’il existe une violence qui serait légitime…

    Le post de @odilon ce matin m’a mis une chanson de Degenhardt en tête : https://www.youtube.com/watch?v=qWyLqKz94Y8


    L’avocat Franz Josef Degenhardt (1931-2011) est un grand chansonnier politique des années 1970 en Allemagne.
    Traduction contractée rapide :
    Viens, chante nous une jolie chanson, un peu macabre, mais pas trop qu’on se sente bien après
    Alors, mettez vous à l’aise, voici une jolie chanson légère qui masse le cœur
    Dans la brousse près de Quang Ngai, un enfant brûlé a trouvé la main pleine de bagues d’un général. Il a échangé les pierres contre une vieille barque calcinée et trouée
    Mais rien ne bouche mieux une fuite que de la cendre et un peu de sang.
    Et personne ne sait aussi bien qu’un enfant brûlé se faire une voile avec une chemise kaki. Et personne ne sait ou sont passées les fleurs
    Alors l’enfant met les voiles pour ce pays où la terre ne sent jamais le brûlé, où tous les jours, on distribue des poignées de riz, où la peau, les cheveux, le vent et l’eau ne sont pas brûlants, où les voiles blanches se gonflent sur des barques fleuries et le vent chante doucement sa chanson
    Il deviendra peut-être un homme fort et connu, qui obtiendra ce qu’il voudra : des enfants bien nourris, qui ont encore leurs mains, une rizière, un buffle, un chien qui s’en prend à ceux qui jouent avec le feu
    Ainsi vogue la barque, ainsi rêve l’enfant, quand pensez-vous qu’ils arriveront ? Quand derrière la lune explosera une étoile, quand l’air vert ne pourra être que de la lumière d’arc en ciel, alors avec tout son équipage il arrivera à bon port
    N’était-ce pas une jolie chanson…

    Ce n’est que plus tard que j’ai compris le rapport entre cette chanson et ces femmes et hommes de la société civile portraiturées par globalwitness : le courage et le libre-arbitre individuels.
    Dans la région de Quang Ngai a eu lieu (entre autres) en 1968, pendant la guerre du Viêt Nam, le massacre de Mỹ Lai : environ 500 civils ont été massacrés par l’armée nord-américaine. Il s’est trouvé trois soldats (Thompson, Andreotta et Colburn) pour tenter de sauver des gens, ils ont été méprisés pendant trente ans et ce crime de guerre a longtemps été nié par l’armée. Il a cependant joué dans la prise de conscience par l’opinion publique nord-américaine de la véritable nature de cette guerre.

    #courage #libre-arbitre

    Ein schönes Lied

    Komm, sing uns mal ein schönes Lied,
    komm, sing uns mal ein schönes Lied,
    eines, wo man sich so richtig gut nach fühlt,
    eins, das nicht in Schmutzgefühlen wühlt,
    wohl makaber, aber unterkühlt,
    vertraut, verspielt,
    verspielt, vertraut
    und nicht zu laut.

    Nun gut : Hier ist ein schönes Lied,
    eines, das euch in den Halsspeck geht.
    Schließt die Augen halb, und dreht die Lampen klein,
    schmaucht’s Pfeifchen und gießt Gin und Tonic ein.
    Macht auf Tief sinn, decket Bein mit Bein,
    zum Scherz und Schein
    und Schein und Scherz,
    massiert das Herz.

    Im Busch, nah bei Quang Ngai, fand
    ein gebranntes Kind die Hand
    eines Generals mit Ringen, gold und schwer.
    Die Steine biß es raus und kroch zum Meer.
    Und für ein altes Boot gab es sie her.
    ’s war leck und leer
    und leer und leck,
    verkohlt das Deck.

    Doch nichts verstopft ein Leck so gut
    wie Asche und ein bißchen Blut.
    Und niemand weiß so viel wie ein gebranntes Kind.
    Als Segel hängt ein Khakihemd im Wind,
    der auch nicht weiß, wo jene Blumen sind,
    gepflückt geschwind,
    geschwind gepflückt.
    Im Traum entrückt,

    da treibt das Kind zu jenem Land,
    da riecht die Erde nie verbrannt,
    und jeden Tag, da gibt es viele Hände Reis.
    Haut und Haar und Wind und Wasser sind nicht heiß.
    Auf Blumenbooten blähen Segel weiß,
    weht lind und leis
    und leis und lind
    ein Lied im Wind.

    Und wird vielleicht ein starker Mann,
    der, was er will, auch haben kann :
    viele Kinder, dick, mit Händen und gesund,
    ein Reisfeld, einen Büffel, einen Hund,
    der jeden, der mit Feuer spielt, reißt und
    bekannt und bunt,
    bunt und bekannt
    ist in dem Land.

    So treibt das Boot, so träumt das Kind.
    Was meint ihr, wann sie drüben sind ?
    Dann, wenn hinterm Mond ein Stern zerplatzt ist, dann,
    wenn grüne Luft nichts weiter sein kann
    als Regenbogenlicht, dann kommt es an
    mit Maus und Mann
    und Mann und Maus
    das Boot zu Haus.

    Nun, war das nicht ein schönes Lied,
    nun, war das nicht ein schönes Lied ?
    Eines, wo man sich so richtig gut nach fühlt ?
    Eins, das nicht in Schmutzgefühlen wühlt ?
    Wohl makaber, aber unterkühlt,
    vertraut, verspielt,
    verspielt, vertraut
    und nicht zu laut ?

    • #merci #vielen_Dank @nepthys !

      pour les textes dans une langue pas universellement (!) compréhensible et pour aider à leur compréhension (au filtre d’une traduction automatique parfois défaillante), tu peux les mettre en « citation »,
      – soit à la main, en le sélectionnant dans le rectangle où tu édites le texte et en utilisant le bouton « citation » qui est situé au dessus et à droite de ce même rectangle,
      – soit, encore plus simple, en le sélectionnant dans le lien original (ici, j’imagine qu’il s’agit de la page YT où un commentaire reproduisait les paroles de la chanson) et en utilisant le « bookmarklet » que tu auras précédemment fait glisser dans la barre de favoris de ton navigateur comme cela est suggéré en haut à droite de la page ST (en dessous du pavé « à lire » et au dessus des derniers commentaires)

      da treibt das Kind zu jenem Land,
      da riecht die Erde nie verbrannt,
      und jeden Tag, da gibt es viele Hände Reis.

      #auf_deutsch



  • Editoria — Building a Book in a Browser
    https://www.pagedmedia.org/editoria-building-a-book-in-a-browser

    Paginated outputs remain important to scholarly communications, and are still critical for books like monographs. Even in today’s increasingly digital discovery landscape, many readers of long-form content continue to prefer print, and the ability to cite page numbers continues to be critical to creating good old-fashioned tools like a book index. But producing paginated books from HTML source files that could also be used for generating other types of digital files has always been a challenge, as Nellie McKesson notes in her recent blog post on Hederis.

    So, a couple of years ago, the University of California Press and the California Digital Library partnered with Coko to begin an ambitious project to develop a workflow application that would allow books to be built in a browser using entirely open source technologies. Editoria is not the first open source, browser-based book production system that has ever been attempted, but it’s (at least to our knowledge) the first that has attempted to replicate the rigorous production editing process and workflow, which includes styling, copyediting, author review, and proofreading, in a browser-based application.

    We borrowed the idea of single-source publishing using HTML source from predecessor applications like Adam Hyde’s Booktype, O’Reilly’s Atlas, and Hugh McGuire’s Pressbooks, all of which use some form of PDF rendering engine (often proprietary) to output beautiful, paginated books in addition to EPUBs and other HTML or XML-based files. Then, we’ve tried to stand on the shoulders of those applications by building in a greater degree of workflow support. It’s an ambitious project, and supporting paginated outputs from a single HTML-based source file, has been a non-trivial aspect of the system’s development.

    https://editoria.pub
    https://coko.foundation

    #publications_hybrides #prepostprint #web2print #digital-first_publishing



  • Barrages hydroélectriques au #Laos

    Pour l’instant, petit compte-rendu sans images (car très lent à charger ici au Laos) et sans trop d’investigation. Je vous fais part ici de ce que j’ai vu ces jours-ci au Laos, et plus précisément entre Muang Khua et Nong Khiaw et entre Nong Khiaw et Luang Prabang, le long du fleuve Nam Ou.

    Avant d’arriver dans la région, on a pensé prendre le bateau de Muang Khua à Luang Prabang. Arrivés à Muang Khua depuis Dien Bien Phu (Vietnam) on nous dit que c’est impossible, alors que c’était pourtant indiqué sur les panneaux à destination des touristes... On nous parle de barrage hydroélectrique et on nous dit qu’on peut arriver uniquement jusqu’à Nong Khiaw.
    On prend donc le bateau jusqu’à Nong Khiaw et à 3/4 du parcours on nous indique de sortir du bateau pour prendre un tuc-tuc. Un barrage est en train d’être construit et on ne peut donc pas passer. Sur le bateau, il y a aussi un guide touristique qui habite la région et qui nous explique que le barrage est construit par les chinois pour alimenter en courant électrique un train à grande vitesse qui est en train d’être construit. Les travaux du barrage ont commencé il y a environ 2 ans et qu’il sera mis en fonction dans 2 ans. A la fin de cette année, les populations locales seront déplacées. Je suis loin du guide, c’est donc un peu difficile pour moi de discuter avec lui, mais il parle de 500 personnes déplacées environ dans les alentours de son village (il faut calculer que c’est une région très reculée du Laos, et la densité de population est très basse). Les gens sont déplacées d’environ 2 km et ils ne sont pas très contents de partir, malgré les (petites) compensations financières.
    Il m’explique aussi que les travailleurs sont à la fois laotiens et chinois.

    On dort à Nong Khiaw et on prend le jour suivant un bus pour rejoindre Luang Prabang.
    Et là, à la moitié du parcours, on découvre pourquoi on ne peut plus descendre la rivière en bateau... autre barrage !
    On voit, avant le barrage en construction, des maisons où l’on a peint au spray des chiffres... « 4,5x2 » par exemple ou « H124 »... et puis quelques maisons détruites. Les signaux sont clairs : toutes les maisons du village vont être détruites... On comprend avoir raison quand on voit, quelques centaines de mètres plus en bas le chantier du barrage hydroélectrique.
    Et là on y voit aussi une publicité du train à grand vitesse qui sera construit... il reliera très probablement le Laos à la Chine et permettra à la Chine d’avoir accès aux ressources de ce pays. La région est riche en #matières_premières, dixit @albertocampiphoto.
    Depuis là, plein de panneaux en chinois longent la route, des panneaux d’entrepôts, de petites usines, des panneaux qui disent « land for sale » ou « house for rent »...

    La rivière ne sera ainsi probablement plus du tout navigable dans quelques années. Ou seulement en petits morceaux, mais surtout, les laotiens de la région seront dépouillés de leurs ressources. Sic.

    J’espère pouvoir ajouter des photos bientôt...

    Si des seenthisiens trouvent plus d’informations là-dessus... on pourra compléter ce compte-rendu basé uniquement sur une courte visite dans la région.

    #électricité #Chine #train_à_grand_vitesse #néo-colonialisme #transport_ferroviaire #ressources #eau #électricité #IDPs #déplacés_internes #extractivisme

    cc @reka @fil @simplicissimus

    • Laos’ Nam Ou cascade hydropower project starts electricity generation

      The first turbine of Laos’ Nam Ou cascade hydropower project, which is constructed by Power Construction Corporation of China, officially began electricity generation Sunday.

      The cascade hydropower station, completed four months ahead of the scheduled plan, is among a drainage basin hydropower development plan fully carried out by a Chinese enterprise.

      Lao Deputy Prime Minister Somsavat Lengsavad attended the inaugural ceremony held Sunday in Lao northern Luang Prabang province, and pressed the start button for electricity generation.

      Addressing the ceremony, Lao Minister of Energy and Mines Khammany Inthilath said the Nam Ou hydropower project has an important role in regulating seasonal drought in the Nam Ou river basin, ensuring downstream irrigation for plantation and reducing soil erosion.

      General Manager of Power Construction Corporation of China Sun Hongshui said his corporation will continue to fulfill the corporate social responsibilities, contributing to socio-economic development of Laos.

      Nam Ou river is a branch of Mekong river in Laos. Nam Ou drainage basin hydropower development plan is a seven-dam cascade project with total installed capacity of 1,272 MW and annual generating capacity of some 5,000 GWh.

      http://www.xinhuanet.com/english/2015-11/30/c_134866619.htm

    • The Nam Ao Dam collapse: a preview of things to come?

      The Yellow River is to China what the Mekong is to Southeast Asia: both the origin and the prop of civilisation, providing water and agricultural land to nurture a growing society. While the Mekong is thought of with affection and gratitude as the “Mother of Waters”, however, the Yellow River has always been feared and distrusted. A quick glance at the ancient maps provides the reason: viewed as a historical time-lapse, the river flails wildly across the landscape like a dropped fire-hose, as the vast quantities of loess silt that it carries gradually raise the level of its bed and force it to change direction in order to find new outlets. According to a traditional saying, the Yellow River “bursts its banks twice every three years, and changes course once a century”.

      The result is that large-scale water-management techniques have come to form a key pillar of Chinese government. Indeed, many historians see hydrology as being the key to the formation and endurance of China’s monolithic bureaucracy. Yu the Great, the semi-legendary founder of the Xia dynasty was promoted to leadership after developing new methods for diverting the water into irrigation and successfully organising local populations to deal with large-scale flooding of the Yellow River around 1920 BCE.

      The high stakes involved in flood control ensured that it would persist as both a curse and a source of temptation for political leaders. While disaster could arrive at any moment, the successful execution of grandiose water-management projects also constituted proof par excellence of a sovereign’s capacity to rule. This trend did not cease with the end of imperial rule. If anything, it was accentuated by the arrival of modern technology. From Mao Zedong onwards, generations of Communist Party leaders have been fascinated by the prospect of constructing dams, diverting rivers and irrigating deserts, often in the face of overwhelming practical considerations. According to one well-known story, Mao Zedong was only persuaded that plans for an early iteration of the Three Gorges project were a disaster waiting to happen when Li Siguang, Minister for Geology at the time, threatened to kill himself rather than see the project go ahead. (The dam was finally completed in 2012, and remains the object of strident criticism.)

      If the Chinese government confined its eternal optimism regarding the long-term prospects of large-scale water-management enterprises to rivers situated entirely within its own territory, this would – while interesting - not be an issue suitable for coverage by this blog. Currently, however, the state has plans to divert around 200 billion cubic meters of water annually from the headwaters of the Mekong, the Brahmaputra and the Salween Rivers towards northwestern provinces suffering from perennial drought, irking the Indian government in particular. In addition to this, a chain of seven dams has been constructed along the Chinese stretch of the Mekong (known as the Lancang), with an eighth having been canceled following complaints from downstream nations.

      Inspired partially by Chinese experience, other Mekong basin countries have also begun construction, hoping to profit from a cheap source of hydropower on their doorstep. Laos, with the greatest geographical potential to benefit, has 23 hydropower projects in operation, 22 under construction, 43 planned and 20 more proposed. Vietnam has 10 in operation, one planned and another proposed. Thailand has five in operation and seven more planned. Cambodia has two under construction and 12 planned, while Myanmar has seven planned.

      Furthermore, it has to be recognised that the construction undertaken so far has been relatively successful. This is no doubt due in part to the benign nature of the Mekong and her tributaries – being far more forgiving of human blunders than the Yellow River - but also due to better and more responsive administrative positions taken by the countries concerned. China, keen to promote regional cooperation and integration, has taken a softly-softly approach foreign critics that it rarely adopts with domestic malcontents. The government has shared much of its data with the Mekong River Commission, and modified or even canceled several Lancang cascade projects in response to social and environmental concerns.

      However, the projects are not entirely without consequences: severe effects on the river’s seasonal volume have been observed in Thailand, as well as changes in fish migration patterns and downstream erosion. Moreover, the likely effects of the Mekong dam projects on the Tonle Sap wetlands are largely unknown; a similar project in the Florida Everglades successfully reduced flooding risks but also devastated the natural environment.

      While these uncertainties are not a reason in themselves to abandon construction altogether, they nevertheless underline the fact that 4000 years’ experience notwithstanding, even Chinese experts still have great difficulty forecasting the precise effects that their interventions will have. While the Mekong states will be playing the game on a much lower difficulty setting, there have nevertheless been signs of serious strategic and operational problems with their projects.

      To take one example, the planned Xayaburi Dam, 350km North of Vientiane was announced as a joint regional exercise in the context of the Mekong River Commission, with Laos, Cambodia, Thailand and Vietnam establishing the plans via a joint decision-making project. However, the goodwill soon degenerated. In 2011 Laos decided to push ahead with construction despite reservations on the part of the other parties, Cambodia threatening an international court case, and work rapidly stalling after complaints by locals and environmental groups. According to NGOs, the dam will seriously affect or wipe out the livelihoods of around 200,000 people, reduce biodiversity downstream, and pose a threat to agriculture. Moreover, experts have raised concerns that the methods proposed for evacuating silt and allowing fish migration have never been tested in similar conditions.

      However, the problems with hydropower in the Mekong basin are not limited to gradual economic and environmental change. As the dramatic footage of the collapsing Nam Ao Dam showed this month, the results of unexpectedly heavy rainfall and shoddy construction work can be sudden and catastrophic for those living downstream.

      In China the Yellow River is described as a “hanging river”. This refers to the fact that one of the traditional water-management techniques involved building up the banks of the river as the silt levels increased, to a point at which the riverbed was well above ground-level in some areas. However, it also reflected a common perception of the river as a sword hanging over the heads of those who lived on its massive floodplains. The dash for hydropower and the construction of vast chains of dams along the Mekong and its tributaries runs the risk of creating a new hanging river in Southeast Asia. While this seems to be a phenomenon that local governments are willing to live with in return for cheap energy, it will come at a cost of perpetual nervousness.

      https://www.mekongresearch.org/blog/2017/10/2/the-nam-ao-dam-collapse-a-preview-of-things-to-come

    • Second phase of 1,156-MW Nam Ou hydro project kicks off in Laos

      An opening ceremony was held April 28 to kick off the second phase of construction of Laos’ 1,156-MW Nam Ou River Basin Hydropower Project, according to Vientiane Times.

      During the first phase, construction was completed on the Nam Ou 2, Nam Ou 5 and Nam Ou 6 plants. The first unit began generating electricity in November 2015, according to owner and developer Sinohydro. Together they have a total capacity of 540 MW and annual electricity output of 2,092 million kWh. Construction on these facilities began in October 2012. The second phase involves building the Nam Ou 1, Nam Ou 3, Nam Ou 4 and Nam Ou 7 projects.

      The project is on the Nam Ou River in the provinces of Phongsaly and Luang Prabang. In total it will feature seven dams and powerhouses with a projected capacity of 1,156 MW and annual energy output of 5,017 GWh. Total cost is expected to be US$2.8 billion, and work on the second phase is estimated to be complete in 2020.

      After a 29-year concession period, which as best we can determine begins after all the facilities begin commercial operation, the project will be handed over to the government.

      At a ceremony for official operation of the first phase facilities, Lao Minister of Energy and Mines Khammany Inthilath said, “The Nam Ou hydropower project will play an important role in regulating seasonal drought in the Nam Ou river basin, ensuring downstream irrigation for plantations and reducing soil erosion.”

      Sinohydro is developing the projects as a joint venture with EDL, with Sinohydro having 85% ownership. Powerchina Resources Ltd. is a contractor on the projects.

      https://www.hydroworld.com/articles/2016/05/second-phase-of-1-156-mw-nam-ou-hydro-project-kicks-off-in-laos.html

    • Un train dans la jungle en Asie du Sud-Est
      https://www.ouest-france.fr/monde/laos/un-train-dans-la-jungle-en-asie-du-sud-est-5658260

      417 km de voie ferrée à travers une végétation ultra-dense, 53 tunnels creusés dans la roche, 167 ponts sur le fleuve Mékong...L’ouvrage, mené par des entreprises chinoises en collaboration avec le gouvernement laotien, est destiné à rallier la ville de Kunming, au Sud de la Chine, à Vientiane, la capitale du Laos, en traversant toute la moitié Nord du pays. Débutés l’année dernière, les travaux en seraient à 20% de leur réalisation, selon le gouvernement laotien, et la ligne devrait ouvrir en décembre 2021. Et ce n’est qu’une portion d’un vaste tracé de plus de 3000 km, qui ralliera Kunming à Singapour, via la Thaïlande et la Malaysie, d’ici 2026.

      Dans la campagne du Laos, petit pays enclavé entre la Thaïlande et le Cambodge, le train du futur suscite beaucoup d’espoir : “On se développe enfin, estime Pi Praewa, patronne d’une petite épicerie à proximité du chantier. On va pouvoir se déplacer plus vite, exporter des produits.” Aujourd’hui il faut une vingtaine d’heures pour se rendre en voiture de la capitale à la frontière chinoise. Le train devrait réduire ce trajet à environ 3 heures.

      Avec leur cuisinières
      Mais pour l’instant, les bénéfices pour la population locale sont limités. Les grandes entreprises de construction ont amené avec elles leurs propres ouvriers, et dans leur sillage une foule de petits commerçants chinois : restaurateurs, vendeurs de pneus, d’articles de bricolage...qui vivent en quasi-autarcie. “Ils n’achètent pas grand-chose, soupire une femme qui tient une échoppe de nouilles en face du chantier de la gare centrale. Ils sont venus avec leurs propres cuisinières. Enfin si, parfois ils m’achètent de l’eau. “
      Les travaux ont aussi donné lieu à des expulsions forcées de milliers de villageois. Des indemnisations ont été promises, mais toujours pas versées. Particulièrement choquant pour les habitants, des temples bouddhistes ont été détruits et des moines chassés.

      Le train contre l’isolement
      La Chine apporte la destruction, estime Luang Puu, un religieux relocalisé dans une cabane vétuste sur le bord de la route. Le peuple laotien risque d’y perdre sa culture.” Plus on va dans le Nord, plus se multiplient les panneaux, les affiches, les menus de restaurant rédigés en caractères chinois. “Désormais, certaines minorités ethniques des montagnes parlent mieux mandarin que lao”, raconte Phon Pakson, chauffeur de bus dans la région de Luang Namtha, au Nord du pays.

      Tout autour du tracé, des investisseurs chinois ont commencé à racheter massivement les terres afin d’y construire des usines ou des grandes plantations (bananes, hévéa...) : c’est d’abord eux qui tireront profit des nouvelles possibilités d’exportation. “On n’a pas vraiment le choix, soupire le patron d’une chaîne d’hôtels à Luang Prabang. Tous seuls, on n’a pas les moyens de construire ce train. Toute l’Asie du Sud Est s’équipe : soit on prend les capitaux chinois et on avance, soit on reste isolés, au Moyen Age.” Sur les 5 milliards d’euros de coût du projet, 70% sont financés par la Chine et 30% par le Laos, qui emprunte à des banques chinoises.

      intégralité de l’article (il y a aussi une vidéo de 2 minutes qui reprend le contenu de l’article)

    • Le fragile Laos menacé par une cinquantaine de barrages – Le Monde (7/03/18) #paywall
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/03/07/le-fragile-laos-menace-par-une-cinquantaine-de-barrages_5266723_3244.html

      Financés majoritairement par la Chine, les ouvrages mettent en péril la pêche et les villages dans un des pays les plus pauvres d’Asie.

    • Les paradis perdus de la rivière Nam Ou | 360 Degrés
      https://blog.amica-travel.com/riviere-nam-ou


      Muang Khua

      Les paradis perdus de la rivière Nam Ou

      (parmi les différents articles ou blogs touristiques)

      Il est malheureusement plus possible depuis Nong Khiaw de se rendre à Luang Prabang en navigant sur la Nam Ou à cause de la construction de nombreux barrages hydroélectriques. Le trajet routier, de trois heures, est tout de même agréable avec de très belles portions de route.
      Possibilité en chemin de s’arrêter visiter les fameuses grottes de Pak Ou. Celles-ci se situe d’ailleurs à l’embouchure de la Nam Ou et du Mékong. En descendant ce dernier en bateau, vous arrivez à Luang Prabang.

    • Quelques références de fond (ne nécessitant pas un débit trop important…)

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrages_chinois_sur_le_Mékong
      suivi de
      Le point de vue chinois sur les enjeux des barrages chinois sur le Mékong (2014)
      http://journals.openedition.org/espacepolitique/3268

      Reste à savoir si l’évolution de la consommation énergétique nationale et les effets réels des barrages sur l’environnement régional vont donner raison aux autorités chinoises ou au contraire rendre leur position intenable, et ce dans un avenir qui pourrait être relativement proche.

      (fin du résumé)

      Les grands aménagements hydroélectriques du Laos au cœur du bassin du Mékong (2015)
      http://journals.openedition.org/bagf/609

      Résumé
      Pour sortir sa population de la pauvreté et s’engager dans le développement économique, le Laos a entrepris une politique de construction de grands barrages hydroélectriques, avec l’encouragement des institutions internationales cherchant à favoriser l’intégration régionale de cet État communiste. Dans cette voie, il a trouvé un partenaire enthousiaste, culturellement proche : la Thaïlande, qui finance et construit les plus grands barrages, et est le principal acheteur de l’électricité laotienne. Cependant, en négligeant l’avis de ses alliés politiques, le Viêt Nam et le Cambodge, sur les conséquences environnementales de ces barrages, il contribue à faire ressurgir d’anciennes fractures géopolitiques.

    • Tiens, j’en profite pour découvrir le compte-rendu de la reconnaissance du Sesan (affluent du Mékong à Krong Stœng Trêng) en mai 1882 par mon arrière-grand-père …

      Reconnaissance dans le Cambodge et le Laos, Excursions et reconnaissances, 1882, n° 12, p. 536.
      https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57479551/f116.image
      la numérisation de la carte en encart est très peu lisible.

      Nous essayons en vain de le [un mandarin laotien à Banelome (?)] persuader doucement : « Les Français veulent aller partout s’écrie-t-il ; vous ne passerez pas ici ; car si vous passiez, d’autres vous suivraient et nous ne serions plus les maîtres » et aussitôt il donne l’ordre de nous refuser l’eau et les vivres frais.

    • J’avais remonté la rivière Ou (Nam Ou) en 2013 et nous avions dû faire un morceau à pattes à cause du courant trop fort. Il s’agissait de rejoindre Muang Ngoi, un village en voie de touristification qui attendait avec un peu d’angoisse l’élec 24/24 et la route. En attendant, le courant était coupé à 22h et les panneaux avertissaient que les touristes devaient la mettre en sourdine, il y avait des habitant·es qui se couchaient tôt. J’imagine maintenant, les touristes qui ont pris le dessus et certain·es qui rêvassent à ce que ce village a pu être. J’y étais en pleine transition, appelée par une notice du Lonely Planet. Triste d’apprendre que la Ou est saccagée par l’industrie.

      Pour le reste, ton histoire m’évoque le Sarawak Corridor of Renewable Energy (SCORE), un projet sino-malaisien de treize barrages dont un a déjà été abandonné suite à une grosse mobilisation.
      http://blog.ecologie-malaisie.eu/post/Barrage-inutile-menace-la-survie
      Il n’y a pas de demande d’élec localement, pas qui justifie de tels investissements et de telles nuisances envi. Peut-être qu’après les barrages, les entreprises chinoises qui ont proposé ce projet (pas très forts en calcul, leurs devis explosent et c’est les budgets publics qui payent) viendront construire des usines d’alu ou autres, très gourmandes en élec, et en élec bon marché parce qu’on ne sait pas quoi en faire. Tout ça sent la corruption, le ponte local Taib Mahmud (?) se comporte comme un roi, il a laissé le siège à son dauphin mais rien n’a encore changé là-bas. Au niveau fédéral, Najib Razak, qui fait la même chose (énorme fortune suite à son mandat, partenariats avec des entreprises chinoises dont on peine à comprendre l’intérêt pour le pays) s’est fait dégager en mai.

    • Aujourd’hui, en bus de Luang Prabang et Phonsavan... on a vu beaucoup, beaucoup, beaucoup de pluie... quelques glissements de terrain, quelques rivières bien fâchées, quelques rizières inondées et surtout un paysage qui est en train d’être complètement défiguré par les travaux pour le fameux train à grande vitesse.
      Surtout entre Luang Prabang et Phoukhoun... des chantiers et des panneaux en mandarin entre montagnes et vallées...
       :-(
      Là aussi, les photos pour l’instant, impossible à charger depuis cet endroit un peu perdu dans les montagnes laotiennes... Elles suivront, si je n’oublierai pas. Elles ne sont pas super, car prises depuis le bus, mais ça donner une petite idée... RV bientôt.

    • Voici quelques images le long du trajet Luang - Prabang, qu’on a fait en bus (car impossible désormais de le faire en bateau).
      Photos de mauvaise qualité, mais on peut en déduire quelques information...

      C’est un des dizaines de chantiers du train à grande vitesse + quelques images d’enseignes en mandarin :

    • Chèr·es seenthisien·nes,

      petite mise à jour.
      C’est la saison des pluies par ici, du coup, pas mal de flotte tombe très souvent du ciel, et avec un débit parfois pas mal impressionnant. Avant de faire le trajet Luang Prabang - Phonsavan il a plu 3 jours de suite assez fortement.
      Du coup, quand on a vu des champs inondés, on s’est dits que c’était dû aux précipitations importantes tombées les jours auparavant.
      En réalité, on a découvert aujourd’hui que la cause des inondations était bien autre. C’est un guide qui nous a amenés ce matin à la gare des bus qui nous en a informés : c’est le barrage qui s’est cassé...
      Un barrage construit à environ 30 km de Phonsavan et qui apparemment avait déjà connu les mêmes problèmes il y a deux ans, avec son lot d’inondations...

      Voici quelques images de routes inondées à quelques km de Phonsavan, mais évidemment, ça a eu énormément de conséquences importantes pour les champs et les rizières :

    • Aujourd’hui, nous avons fait le trajet Phonsavan - Paksan... la première partie dans un paysage de montagne magnifique, avec encore pas mal de forêt, des vallées impressionnantes, et une rivière torrentielle, le #Nam_Ngiap, mais hélas, elle aussi est en train d’être défigurée par la construction de barrages par main des Chinois...

      Voici quelques images prises depuis le bus (sleeping bus, please !), donc qualité médiocre...
      Et si quelqu’un est en mesure de lire le mandarin...


      Panneau vu à Paksan :

      (vous l’aurez noté, ce soir aussi la connexion n’est pas si mauvaise...)

    • Effondrement d’un barrage au Laos, des centaines de personnes portées disparues
      https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/07/24/effondrement-d-un-barrage-au-laos-des-centaines-de-personnes-portees-disparu

      Le barrage, situé dans la province d’Attapeu (Sud-Est), non loin de la frontière vietnamienne, s’est effondré lundi soir, libérant 5 milliards de mètres cubes d’eau et faisant « plusieurs morts et des centaines de disparus », a précisé l’agence de presse officielle du régime communiste. « Plusieurs maisons ont aussi été détruites » dans la catastrophe, d’après l’agence.

      Plusieurs dizaines de barrages sont actuellement en construction au Laos, qui exporte la majeure partie de son énergie hydroélectrique vers les pays voisins, notamment en Thaïlande.

    • Nous sommes à 115 km du lieu de la catastrophe. Tout le monde en parle ici... nous allons bien, mais c’est impressionnant.

      Le barrage cassé dont je vous ai parlé hier c’était un autre, beaucoup plus petit.

      La digue qui a cédé semble être construite non pas par les chinois, mais par un consortium thailandais, sud-coréen et laotien. Elle est encore en partie en construction et l’électricité exportée vers la Thaïlande.

    • Une lettre qui date de 2013 adressée par l’ONG International Rivers aux développeurs du barrage...
      Letter to the Developers of the #XePian -Xe Namnoy Dam
      Dear Mr. Yong Soo Na,

      I am writing on behalf of International Rivers to raise specific questions and concerns about the Xe Pian-Xe Namnoy Hydropower Project. These concerns are based on discussions held during the past month with villagers near the Nam Kong, Houay Makchan and Xe Pian and Xe Namnoy rivers and Sekong River in Champasak and Attapeu, respectively. According to our recent correspondence with the Investment Specialist of the Asian Development Bank, Ms. Uy, it was suggested that PNPC, as the project developer, would be best positioned to answer questions from International Rivers.
      We understand that initial environmental and social impact assessments have been completed and that further studies and village surveys are underway. International Rivers’ site visit also confirmed that some SK Construction and Engineering Company camp sites are in the process of being set up in surrounding villages. As a result, village headmen in many of the above areas have expressed a sense of anxiety to us about the Xe Pian-Xe Namnoy Hydropower Project moving ahead without them yet being told of the full expected impact on their housing, agricultural land, surrounding forests, and diverse fish populations. They described to us the stresses that were caused by the relocation that they had to undergo in the late 1990s as a result of the original preparations for the Xe Pian-Xe Namnoy and Houay Ho dams.
      In the resettlement zone, we saw first-hand that people continue to struggle to cope with a lack of access to sufficient food, water, and land. For example, there is only one functioning gravity-fed water pump serving the population during the dry season, and there is no access to functioning latrines. In addition, families have found that the shallow soil around their homes is inappropriate for growing vegetables, fruits or staple crops, and consistently attest to going hungry. Now, they all report apprehensions about PNPC’s plans when they do not know the full impacts or mitigation measures that will be taken to support any project-induced losses.
      Following this field mission, I am requesting the following clarifications:

      Can you please outline specific timelines for the construction of each dam to be built for the PNPC Project?

      Can you please provide the timelines for completion of the EIA, SIA and RAP? Are you able to confirm whether all of these documents will be made available publicly as per the national laws and policies of Lao PDR1, and if so, when? Furthermore, can you clarify whether the projects’ transboundary impacts been assessed as the PNPC project will impact the Sekong River, which is shared with Cambodia?

      What are the processes and corresponding timelines in affected villages that PNPC intends to follow to clearly discuss the full scope of the impacts expected and livelihood restoration measures in a language which is accessible to the Nya Heun, Oi, Laven and other affected communities?

      Given that people in the consolidated resettlement zone near the Nam Kong still typically depend on the land along the Xe Pian and Xe Namnoy rivers, and report paying large sums of money to be recognized as title-owners, can you please clarify whether they will be compensated for project-induced losses of land, and whether that compensation will be land-for-land, as required under the provisions of the 2005 Prime Minister’s Decree On the Compensation and Resettlement of the Development Project(Part III, Art. 6.2)?

      Will PNPC commit to supporting Ban Nam Hanh and Ban Thong Yao, two villages within the resettlement zone in Champasak that function under the same headman as Ban Latsasin? Villagers from the entire resettlement zone are confused because they understand that everyone – including those from Ban Nam Hanh and Ban Thong Yao — were brought to the resettlement zone in anticipation of the impacts of both the Houay Ho and Xe Pian-Xe Namnoy dams. However, they that the populations from these two villages are currently excluded from those identified by PNPC to receive support and compensation, having been specifically differentiated from everyone else for unknown reasons. As you may be aware, people from surrounding villages outside of Ban Nam Hanh and Ban Thong Yao have now promised to wait until compensation is negotiated for everyone. Clarification is therefore requested on whether your company will include the families of Ban Nam Hanh and Ban Thong Yao in all supportive measures to be taken.

      What infrastructure will be offered to residents in the resettlement zone – such as latrines, pumps, electricity – given that their population has grown since they first moved there over ten years ago in anticipation of the project?

      Can you provide a list of additional villages your company intends to move, with corresponding timelines, and specific details about where people will be expected to resettle?

      Does PNPC expect that villagers in Ban Langao Keng, Ban Langao Tai, Ban Khem Xang, or Ban Champao in Attapeu Province will lose paddy land or other assets? If so, how will these losses be communicated to them? How does PNPC intend to compensate people so that they will be able to recover from such losses?

      How does PNPC intend to compensate all villagers for the loss of fisheries they will experience as a result of the project, as per the requirements set out in “General Provisions” of the 2005 Prime Minister’s Decree On the Compensation and Resettlement of the Development Project, to “at least achieve full restoration of living standards to pre-project level”?

      Given the urgency of the matters at hand as described by villagers to be affected by PNPC project development, we appreciate hearing from you in a timely manner. I can be reached by email at tlee@internationalrivers.org or alternatively, by mail.

      https://www.internationalrivers.org/resources/letter-to-the-developers-of-the-xe-pian-xe-namnoy-dam-7896

    • #Film #documentaire:
      #Xayaburi and Pöyry: What Lies Behind

      The documentary film provides critical perspectives on the decision-making, scientific studies and planning of the Xayaburi dam being built in Lao PDR. It highlights the role of the Finnish company #Pöyry who did the study used by Laos to justify the project. Xayaburi is the first dam being built on the main stream of the Lower Mekong River. Since its inception, the dam has proved controversial for many social and ecological reasons but most importantly for its potential effects on the wild capture fisheries of the Mekong River that thousands of people depend upon for food, trade and livelihoods. Pöyry was hired by Laos in May 2011 to evaluate the project’s compliance with the requirements of the Mekong River Commission (MRC). Pöyry downplayed the project’s environmental and social impacts. Although identifying that over 40 additional studies were still needed to understand the project’s impacts, Pöyry recommended that construction continue. In November 2012, Pöyry was appointed the Lao government’s chief engineer for the project. The film interviews a range of local people and fishers, the region’s leading scientists, civil society representatives, and the media to explore the dubious politics, bad science and conflict of interest behind engineering the Xayaburi dam.

      https://www.youtube.com/watch?v=vSKZTYIY-ho&t=1s

    • In Laos, a Boom, and Then, ‘The Water Is Coming!’

      Petchinda Chantamart first heard what sounded like a bomb going off a few miles away. Then came a curious noise, like a strong wind.

      She knew instinctively what it meant: One of the new dams under construction near her village in southern Laos had failed. She began banging on her neighbors’ doors, she recounted, urging them to flee to higher ground.

      “The water is coming!” Ms. Chantamart roared.

      Within a half-hour, the water in her village, Xay Done Khong, was more than 30 feet deep, and rising.

      Ms. Chantamart, 35, and many of her neighbors escaped the deadly flood. But others were not so lucky when an auxiliary dam, part of the billion-dollar Xe-Pian Xe-Namnoy hydroelectric project, failed Monday evening amid heavy rains, sending more than 170 billion cubic feet of water rushing downstream.

      At a news conference on Wednesday, the prime minister, Thongloun Sisoulith, said that 131 people were still missing and more than 3,000 were homeless. Many had been rescued from rooftops and trees after villages and farmland were flooded.

      At least 26 people have been reported killed.

      “A second step for us will be to recover and identify the deceased, but for now, we hurry to find those who are still alive in the area,” Bounhom Phommasane, the governor of the district of Sanamxay, told The Vientiane Times.

      Ms. Chantamart said that hundreds of people from her village had escaped, but that 15 people were still missing, nine of them children. She had been unable to reach their homes on Monday because the floodwaters had climbed too high.

      “I’m very worried about them, from the bottom of my heart,” she said.

      After she and hundreds of others scrambled to higher ground on Monday, soldiers and local officials moved them to the town of Paksong, west of the dam site, to take refuge in an empty warehouse normally used to store coffee.

      Video posted by the Thai News Agency showed vast quantities of water cascading over what appeared to be the diminished structure of the dam, known as Saddle Dam D.

      The official Lao News Agency reported that the dam had collapsed. The main builder of the hydropower project, SK Engineering & Construction of South Korea, said it would investigate whether the dam had collapsed or overflowed because of heavy rains.

      International Rivers, an advocacy group that has opposed the rapid growth of hydropower dams in Laos, said in a statement posted online that the auxiliary dam had collapsed as flooding from heavy monsoon rains caused it to overflow on Monday night.

      The group, which seeks to protect rivers around the world, said the disaster showed that many dams were not designed to handle extreme weather events like the rains on Monday.

      “Unpredictable and extreme weather events are becoming more frequent due to climate change, posing grave safety concerns to millions who live downstream of dams,” International Rivers said.

      People living below the dam had only a few hours’ warning to evacuate before it failed, according to the group.

      “Communities were not given sufficient advanced warning to ensure their safety and that of their families,” the statement said. “This event raises major questions about dam standards and dam safety in Laos, including their appropriateness to deal with weather conditions and risks.”

      Seven villages in Sanamxay, which is in Attapeu Province, were flooded and more than 6,000 people were displaced by the dam’s failure, officials said.

      The disaster cleanup may be further complicated by old American bombs and other explosives buried in the area, a legacy of the Vietnam War era that has haunted Laos for decades.

      Attapeu Province, which borders Vietnam and Cambodia, is heavily contaminated with what disarmament experts call unexploded ordnance, which can detonate on unsuspecting civilians even after decades of lurking undisturbed. The flooding could make the ordnance harder for decontamination teams to find.

      “There is immediate concern for the safety of personnel from survey, clearance and survivor assistance programs who may have been in the impacted area at the time,” said Mark Hiznay, the associate arms director at Human Rights Watch’s Washington office.

      The Xe-Pian Xe-Namnoy is one of 70 hydropower plants that are planned, underway or have been built in Laos, most of them owned and operated by private companies, International Rivers said.

      The project consists of major dams on three tributaries of the giant Mekong River as well as several smaller auxiliary dams, or saddle dams, including the one that failed.

      South Korea and Thailand were mobilizing emergency assistance. Companies from both countries are involved in building and financing the Xe-Pian Xe-Namnoy project, which was supposed to provide 90 percent of its electricity to Thailand once it began operating.

      President Moon Jae-in of South Korea instructed his government on Wednesday to dispatch a rescue and emergency relief team to Laos.

      “The investigation is still underway to find out the causes of the dam incident, but our government should waste no time in actively participating in the rescue and relief operations at the scene because our own businesses are involved in the construction,” Mr. Moon said, according to his office.

      Repeated phone calls to the spokesman’s office at SK Engineering & Construction’s headquarters in Seoul went unanswered on Wednesday.

      Korea Western Power Company, which has a contract to operate the power plant when it is completed, said its officials and workers from SK Engineering & Construction in Laos had joined the rescue and relief efforts. SK deployed one helicopter and 11 boats, and Korea Western Power sent two boats and its local medical staff.

      On Wednesday evening, a heavy rain was falling on the corrugated roof of the makeshift shelter in Paksong where a few hundred people had found shelter.

      The sky, cloudy in the afternoon, had turned as murky as gauze. A few ambulances streaked by in the gathering dusk, leaving smudgy trails of red and blue lights in their wake.

      Inside, adults and children were milling around in sandals and soiled clothes, eating sticky rice from plastic foam bowls. Some sat on blue-and-orange tarps that had been spread on the concrete floor, and many looked on with vacant stares.

      A makeshift canteen, with steaming pots of sticky rice, had been set up in the warehouse’s covered parking lot.

      Ms. Chantamart said she had little hope that anything was left of her home or her village.

      “Every single house, gone,” she said.

      Ms. Chantamart said she was not sure whom to hold responsible for the flood. But she said the government and the company behind the dam should take more action to help the victims.

      “People here are shocked, scared and sorry for each other because of our loss,” she said, as children in soiled sweatshirts crowded around her.

      About 70 percent of the people in her village were from minority ethnic groups, she said. Most grew rice and coffee. Occasionally, they found work as day laborers.

      Khamla Souvannasy, an official from Paksong, said the local authorities were struggling to support the hundreds of people who had gathered at the warehouse.

      “The weather is an obstacle,” he said as a bout of particularly heavy rain lashed the warehouse’s roof. “We’re still looking for mattresses.”

      He added: “The disaster came so quickly. There’s no way to be prepared for that, but we’ll just keep working and working.”

      “Everyone here lost everything — animals, our houses,” said Den Even Den, a farmer from Xay Done Khong. “All we have left is our lives.”


      https://www.nytimes.com/2018/07/25/world/asia/laos-dam-collapse-rescue.html?hp&action=click&pgtype=Homepage&clickSource=s

    • Et une analyse de l’@observatoiremultinat sur le barrage de #Xayaburi (article qui date de 2012 et que je mets ici pour archivage) :

      La #Compagnie_nationale_du_Rhône impliquée dans le barrage controversé de Xayaburi au Laos

      Depuis plusieurs mois, le projet de barrage de Xayaburi sur le Mékong envenime les relations entre le Laos et ses voisins, et suscite l’inquiétude de l’opinion publique internationale. En cause, l’impact potentiel de ce barrage sur les équilibres écologiques du fleuve, et sur la sécurité alimentaire de millions de personnes en amont et en aval. La Compagnie nationale du Rhône, entreprise parapublique contrôlée par GDF-Suez, n’a pas hésité à s’inviter dans la controverse en cautionnant le projet. Une affaire qui, au-delà de la controverse sur le projet de Xayaburi lui-même, pose la question de la responsabilisation des firmes de conseil et de consulting impliquées dans de grands ouvrages d’ingénierie.

      Le mégaprojet de Xayaburi, voulu par le gouvernement laotien et des intérêts industriels thaïlandais, alimente les craintes des États d’aval – Cambodge et Vietnam principalement – ainsi que des communautés riveraines du fleuve. Le barrage risque d’altérer profondément le débit et la sédimentation du Mékong, détruisant de nombreux habitats de poissons et bloquant leur migration. Ce qui pourrait avoir pour conséquence de dévaster les riches pêcheries du fleuve, qui assurent la sécurité alimentaire des populations locales. Pas moins de 60 millions de personnes, tout au long du fleuve, pourraient être directement affectées dans leurs moyens de subsistance. Les richesses du fleuve représentent la grande majorité des apports en protéines des communautés riveraines, et permettent qu’ils soient relativement bien nourris eu égard au niveau de pauvreté qui est le leur.

      En outre, de nombreux observateurs craignent que le barrage de Xayaburi – le premier planifié sur le cours principal du Mékong dans tout son bassin inférieur [1] – ne soit que l’avant-coureur d’une déferlante de nouveaux projets, dont l’impact cumulé sur l’hydrologie et l’écologie du fleuve risque de s’avérer particulièrement destructeur. Au moins dix autres ouvrages hydroélectriques sont actuellement envisagés.

      Et ce alors que, d’ores et déjà, la Chine construit une série de barrages sur le cours supérieur du fleuve, qui suscitent eux-mêmes la controverse et nourrissent les peurs, justifiées ou non, des populations aval. Ces constructions avaient notamment été mises en accusation lors de l’épisode de sécheresse qui avait frappé la région au cours du printemps 2010. La Chine a d’ailleurs annoncé en septembre 2012 que son plus important projet sur le Mékong supérieur, le barrage de Nuozhadu, avait commencé à générer de l’électricité.
      Un enjeu international

      Le gouvernement laotien compte sur le déploiement tous azimuts de l’hydroélectricité pour accélérer le développement du pays [2]. Les grands barrages construits ou projetés incluent celui de Nam Theun 2, opéré par EDF. L’électricité qui serait produite par le barrage de Xayaburi est destinée à l’approvisionnement des industries thaïlandaises (lesquelles produisent pour les grands groupes multinationaux), via l’Agence nationale d’approvisionnement en électricité [3]. C’est d’ailleurs une société thaïlandaise, Ch. Karnchang Plc, qui supervise la construction de l’ouvrage, et des banques thaïlandaises qui le financent.

      Scientifiques et ONG locales et internationales (pour partie réunies au sein de la coalition « Save the Mekong » [4]) sont montées au créneau pour soutenir les protestations des pays d’aval et des communautés riveraines. Les grands titres de la presse internationale se sont saisis de l’affaire, qui s’inscrit dans un jeu complexe d’alliances et de rivalités au niveau sous-régional et international. Même Hilary Clinton s’en est mêlée lors de sa visite dans la région en juillet 2012, en appelant à un moratoire sur les projets de barrage dans tout le bassin inférieur du fleuve.

      Le Laos et les promoteurs du projet soutiennent qu’il ne s’agira que d’un barrage « au fil de l’eau », sans retenue, et que son impact sera donc minime. Pour leur part, les critiques du barrage ont estimé que celui-ci créera tout de même un réservoir en amont sur 100 kilomètres et représentera un obstacle majeur pour les poissons et pour les sédiments, lesquels transportent des nutriments et protègent les rives du fleuve et le delta de l’érosion. 50% des sédiments qui atteignent actuellement le delta du Mékong au Vietnam sont libérés en amont de Xayaburi.

      En 2011, le projet de barrage de Xayaburi a été soumis à la Commission du Mékong, qui regroupe les pays riverains du fleuve, Vietnam, Laos, Cambodge et Thaïlande [5]. Selon les termes du Traité de gestion du Mékong signé en 1995, l’accord des pays riverains est nécessaire pour que le projet puisse être mené à bien. Xayaburi est le premier projet de barrage à être soumis au processus de coopération transfrontalière imaginé alors. C’est donc un test important qui déterminera dans une large mesure l’avenir des développements hydroélectriques sur le Mékong.

      Sous la pression du Vietnam et du Cambodge (et dans une moindre mesure de la Thaïlande, malgré l’implication de ses propres entreprises), la Commission du Mékong s’est mise d’accord pour repousser sa décision finale sur Xayaburi en attendant que soit réalisée une étude systématique de l’impact transfrontalier du barrage [6]. Une évaluation environnementale stratégique réalisée sous l’égide de la Commission du Mékong (portant sur onze projets de barrage sur le bassin inférieur du fleuve) envisageait d’ailleurs que cette phase d’études dure pas moins de dix ans, au vu de l’ampleur des risques potentiellement induits pour la biodiversité, les communautés locales et leurs activités économiques.
      Le Laos souffle le chaud et le froid

      Depuis lors, c’est à un véritable jeu de chat et de souris que se livre le Laos. À intervalles réguliers, de nouvelles informations remontent du terrain selon lesquelles les travaux se poursuivraient à un rythme soutenu. À chaque fois, les autorités laotiennes assurent qu’il n’en est rien et qu’ils attendent les résultats des études d’impact et l’assentiment de la Commission du Mékong avant de relancer le projet de Xayaburi. Jusqu’au rebondissement suivant…

      Il s’agirait de travaux préparatoires de dragage et d’élargissement du fleuve, préalables au lancement de la construction du barrage proprement dite, mais dont les conséquences en termes de sédimentation et de risques pour les populations de poisson sont tout aussi graves. La construction de routes d’accès et le déplacement des populations se poursuivraient également selon International Rivers.

      Le Laos est accusé de chercher à mettre ses voisins devant le fait accompli, et de limiter la discussion à la mitigation des impacts du barrage plutôt qu’à la validité du projet en lui-même. Le Cambodge, quant à lui, menace désormais de poursuivre son voisin devant la justice internationale s’il ne respecte pas ses engagements.
      Entrent en scène des ingénieurs finlandais et français pour cautionner le projet

      C’est dans ce contexte que le gouvernement laotien, sans consulter ses partenaires de la Commission du Mékong, a fait appel, tout d’abord, à la société multinationale d’origine finlandaise Pöyry, un géant du consulting que la Banque mondiale vient d’inscrire sur sa liste noire pour une affaire de corruption et qui est impliquée avec la même firme thaïlandaise dans un autre projet de barrage au Laos, Nam Ngum 2 [7].

      La firme finlandaise s’est empressée de fournir aux autorités laotiennes les munitions dont elles avaient besoin. Pöyry admet dans son évaluation que les incertitudes sur l’impact réel du barrage en termes de sédiments et de migration des poissons sont considérables, du fait notamment de l’absence d’informations scientifiques fiables sur l’état « naturel » du fleuve, mais n’en donne pas moins son feu vert total à la poursuite du projet. Les experts de Pöyry suggèrent que les informations requises sur l’état naturel du fleuve pourraient être collectées au cours même de la construction du barrage (!) et que certaines technologies mises en œuvre ailleurs pour le passage des poissons (technologies pourtant jamais testées sur le Mékong, dont la biodiversité est bien plus riche et les populations de poissons bien plus nombreuses qu’ailleurs) suffiraient probablement à assurer l’objectif de 95% de passage inscrit dans le Traité de gestion du Mékong…

      Surtout, et sans avoir jamais pris contact avec les autres parties prenantes de la controverse, Pöyry conclut que le Laos a déjà respecté toutes ses obligations vis-à-vis de la Commission du Mékong (bien que les travaux aient été initiés avant toute amorce de consultation), et qu’il est dès lors en droit de procéder unilatéralement à la construction de ce barrage. Le gouvernement laotien et les industriels thaïlandais impliqués dans le projet n’ont pas manqué de se prévaloir aussitôt de cette étude pour finaliser leurs contrats et justifier la poursuite des travaux.

      L’expertise effectuée par la Compagnie nationale du Rhône – entièrement depuis la France, sans visite de terrain – visait à évaluer et valider les conclusions de Pöyry en ce qui concerne les questions d’hydrologie, de navigabilité et de sédiments – soit une portion encore plus restreinte des questions soulevées par la Commission du Mékong. Dans son rapport [8], la CNR valide dans leur ensemble les conclusions de Pöyry quant à l’innocuité du projet de barrage de Xayaburi. Elle en remet une couche dans la minimisation des impacts sur le transport des sédiments, tout en faisant la promotion d’une de ses technologies « maison » pour régler le problème … moyennant bien sûr des études supplémentaires.

      Tout comme l’étude finlandaise auparavant, ce nouveau rapport ne se fonde sur aucune donnée précise relative à l’état « naturel » du fleuve avant le projet – de fait, ces données, dont la collecte avait été exigée en 2011 par le Vietnam et le Cambodge, n’existent tout simplement pas, et il sera à jamais impossible de les récolter vu que les travaux ont commencé. Les ONG qui s’opposent au projet ont alors beau jeu de souligner que l’ignorance délibérément entretenue sur la condition originelle du fleuve est le meilleur moyen de prétendre ensuite que les impacts environnementaux seront minimaux, comme le font les expertises de Pöyry et de la CNR.
      De la responsabilité des consultants en ingénierie

      Au final, l’affaire a également ceci d’intéressant qu’elle illustre l’importance, souvent négligée, de la responsabilité des diverses sociétés de consulting et conseil en ingénierie dans la conception et la mise en œuvre de grands aménagements destructeurs. Si elles sont jamais mises en cause, les sociétés comme Pöyry s’empressent de faire valoir qu’elles sont « seulement des consultants ». Mais en l’occurrence, elles contribuent activement à légitimer un projet potentiellement destructeur pour l’environnement et les communautés locales, et cautionnent la tentative du Laos de miner le cadre multilatéral de gestion du fleuve et de se dédouaner de toute obligation de responsabilité, d’information, et de consultation en mettant pays voisins et communautés riveraines devant le fait accompli.

      C’est d’ailleurs ce qui a conduit un groupe d’ONG finlandaises et internationales, dont la coalition Siemenpuu Foundation et la branche finlandaise des Amis de la Terre, à initier au printemps 2012 une procédure contre Pöyry pour non-respect des principes directeurs de l’OCDE sur la responsabilité des entreprises transnationales . Il s’agit de l’un des premiers exemples de mise en cause, dans le cadre de ces principes directeurs, du « greenwashing » délibéré d’un grand projet par une société de consultants.

      Quoi qu’il advienne de cette procédure, le rôle joué dans cette affaire – d’une manière qui semble plus que consentante - par Pöyry et dans une moindre mesure par la CNR justifie que soit mise en cause leur responsabilité, qui tient à la fois de la responsabilité de l’expert et de celle du fournisseur. L’étonnant manque de rigueur de ces études au regard des conclusions que l’on veut en tirer et des décisions qu’elles servent à justifier, la supercherie consistant à cautionner une ignorance scientifique délibérée sur l’état originel du fleuve afin d’éviter de mettre en lumière aucun impact et aucun risque, l’intérêt que ces firmes ont à sanctionner un projet pour continuer à vendre au Laos leur propre expertise et leurs propres solutions… - autant d’éléments qui devraient suffire à empêcher de légitimer le barrage de Xayaburi sur la base de leurs rapports.

      Sans doute inquiétée part la procédure contre Pöyry (qui n’a pas manqué de se prévaloir de la validation de la CNR), cette dernière s’est fendue d’un communiqué de presse début août 2012 visant à « clarifier » le cadre et les conclusions de la mission qu’elle avait effectuée pour le gouvernement du Laos. La CNR y rappelle notamment n’avoir jamais étudié – contrairement à ce que suggérait ce dernier – les questions de migrations de poissons, ni aucun aspect environnemental à part l’hydrologie, la navigation et le transport de sédiment. Le communiqué admet également que le Laos est toujours soumis à ses obligations de partie du Traité de gestion du Mékong. Enfin, il note que la question de l’impact du barrage sur le transport de sédiments en aval reste non résolue en pratique – la CNR « se tenant à disposition » du gouvernement laotien pour améliorer le projet…
      La Compagnie nationale du Rhône

      La Compagnie nationale du Rhône (CNR) a été créée dans les années 1930 pour gérer les installations hydroélectriques tout au long du cours du Rhône, ainsi que la navigabilité du fleuve. Elle est aujourd’hui le second producteur d’électricité en France après EDF, et détient en outre des parcs éoliens sur tout le territoire français. Détenue majoritairement par des actionnaires publics (Caisse des dépôts et consignations et diverses collectivités locales ), elle est considérée (notamment par la Commission européenne) comme étant de fait sous contrôle de GDF-Suez, qui détient 49,97% des parts. Son président actuel est Yves de Gaulle, petit-fils du général, nommé en 2011 par Nicolas Sarkozy. L’évaluation de l’impact du barrage de Xayaburi a été effectuée par son département CNR Ingénierie, impliqué dans toute une série de projets hydroélectriques ou hydrauliques tout autour de la planète .

      http://multinationales.org/La-Compagnie-nationale-du-Rhone
      #France

    • Article publié sur le site de l’@observatoiremultinat en 2013, pas centré sur le Laos, mais sur l’implication de Alstom dans la construction de barrages un peu partout dans le monde...

      #Alstom : un groupe français au coeur de nombreux barrages controversés

      Fournisseur de turbines, Alstom joue un rôle majeur dans le marché mondial de l’hydroélectrique. À ce titre, le groupe a été activement impliqué dans toute une série de grands projets controversés, depuis le barrage des Trois Gorges en Chine à celui de Belo Monte aujourd’hui. Alstom peut-elle continuer à dénier toute responsabilité quant à l’impact environnemental de ces mégabarrages, et quant aux atteintes aux droits humains qu’ils occasionnent ?

      Les barrages hydroélectrique constituent l’un des domaines d’activités phares d’un groupe investi dans de multiples secteurs, depuis le nucléaire jusqu’au transport urbain. Alstom n’intervient pas directement en tant que constructeur de barrages, mais vend ses turbines, ses générateurs, et ses services de conception et de maintenance. Sur son site, le conglomérat français se vante d’avoir équipé un quart de la capacité hydroélectrique installée dans le monde au cours des 100 dernières années. Il rappelle fièrement que les plus grands barrages au monde ont tous (à des degrés divers) mis à contribution ses équipements et son expertise : les Trois Gorges en Chine (d’une capacité de 22 500 MW), Itaipu et Tucuruí au Brésil (14 000 et 8 400 MW respectivement), Guri au Venezuela (10 200 MW), et ainsi de suite. Une liste à laquelle s’ajouteront bientôt le barrage de Belo Monte en Amazonie brésilienne (11 200 MW), celui de Xiangjiaba en Chine (8 000 MW) et quelques autres.

      Le problème est que les grands barrages sont associés à toute une série d’impacts très problématiques sur le plan environnemental, social, politique et financier. Ils entraînent aussi souvent des violations des droits humains. Les chantiers et la création de retenues d’eau artificielles sont cause de déforestation et de perte de biodiversité. Les grands barrages modifient en profondeur l’hydrologie des fleuves où ils sont implantés, ce qui peut avoir des répercussions très importantes sur les moyens de subsistance des populations locales (poisson, érosion, fertilité des sols). Ils sont aussi l’occasion de déplacements de population qui peuvent se chiffrer en centaines de milliers (presque deux millions pour le barrage des Trois Gorges), avec des compensations souvent inadéquates (lorsqu’elles existent). Les gouvernements tendent d’ailleurs à choisir des sites habités par des populations historiquement marginales ou discriminées, notamment des peuples indigènes. Ces grands projets sont aussi une source de flux financiers importants, dont les intérêts économiques et politiques locaux sont très souvent tentés de se réserver une partie. Enfin, les grands barrages situés sur des fleuves transfrontaliers sont source de tensions internationales. On l’a vu encore récemment avec la décision de l’Éthiopie de se lancer unilatéralement dans la construction du barrage Grand Renaissance sur le Nil bleu – un autre contrat fièrement affiché par Alstom – malgré les craintes de l’Égypte, qui dépend quasi exclusivement du fleuve pour son approvisionnement en eau potable.

      Études d’impact environnemental délibérément minimalistes, résistances des populations locales, corruption [1], voire violations flagrantes des droits humains (comme à Merowe au Soudan) – autant de problèmes qui concernent aussi les barrages dans lesquels Alstom choisit de s’impliquer.

      Le mégabarrage prévu à Belo Monte entraînera ainsi le déplacement d’entre 20 000 et 40 000 personnes et la submersion d’au moins 668 kilomètres carrés, dont 400 kilomètres carrés de forêt primaire abritant une biodiversité unique (et bien davantage si, comme le craignent les opposants, la construction d’un second barrage s’avère nécessaire pour assurer la viabilité du premier). À cela s’ajoutent les conséquences indirectes du barrage, qui détournera 80% du débit du fleuve et entraînera l’assèchement partiel ou total d’une boucle du fleuve où vivent de nombreuses tribus indigènes. Leurs moyens de subsistance traditionnels s’en trouveront fortement compromis, sans parler des bouleversements sociaux que ne manquera pas d’occasionner un chantier de cette ampleur. Ceci explique la volonté de résistance affichée par les peuples indigènes de la zone, qui ne fait d’ailleurs que répondre à l’approche répressive privilégiée d’emblée par le gouvernement brésilien. Le tout pour un bénéfice économique bien incertain, puisque le projet est porté à bout de bras par les financeurs publics brésiliens et que, malgré sa capacité théorique de 11 200 MW, le barrage ne pourra générer la plupart du temps qu’entre 1000 et 4000 MW.

      Dans les documents de communication d’Alstom, on chercherait en vain ne serait-ce qu’une simple mention de ces problèmes, que ce soit à propos de Belo Monte ou de n’importe quel autre projet. C’est une approche purement technocratique et ingénieuriale qui y prévaut : Alstom offre ses services et ses équipements pour optimiser la valeur des projets, et semble se laver les mains du reste. Selon les termes mêmes de Patrick Kron, PDG du groupe, dans une réponse assez peu amène aux critiques de son implication dans Belo Monte : « Pour notre part, une fois la décision prise [par les gouvernements], nous proposons les équipements les plus adaptés pour produire l’électricité dans les meilleures conditions de sécurité, de protection de l’environnement et d’efficacité économique. »

      Évidemment, aucune forme de génération d’électricité n’est sans impact, et les barrages présentent aussi de nombreux avantages. Dans les pays industrialisés, ils permettent de stocker l’énergie, offrant un complément indispensable aux énergies solaire et éolienne (et une alternative au nucléaire). Dans les pays du Sud, ils peuvent favoriser l’accès à l’électricité (lorsqu’ils sont conçus dans le cadre d’une véritable démarche de développement national et non pour alimenter en énergie les mines et usines des multinationales). Enfin, ils offrent une alternative potentiellement moins émettrice de gaz à effet de serre que les centrales thermiques fonctionnant au charbon ou au gaz (quoique de plus en plus d’études scientifiques suggèrent que les barrages émettent en réalité de fortes quantités de méthane, notamment en zone tropicale).

      En tout état de cause, pour des ouvrages dont l’impact est si considérable et potentiellement si dramatique, la moindre des choses serait de s’assurer que les avantages et les inconvénients sont pesés de manière transparente et démocratique, et que tout est fait pour minimiser les impacts négatifs. Dans la réalité, force est de constater que c’est l’autoritarisme qui est de règle dans ce domaine, et que les élites politiques et économiques se réservent le droit de décider seules ce qui est bon pour leur pays, sans toujours attacher beaucoup d’importance aux véritables intérêts de la population.

      Les grands barrages avaient connu leur première heure de gloire dans les années 1960 et 1970, dans le cadre des politiques de développement du « Tiers-monde ». Du fait de la contestation qu’ils ont suscité et de leurs impacts problématiques, ce genre de projet était peu à peu passé de mode au cours des années 1980, et des normes plus rigoureuses avaient été élaborées. Le changement climatique et l’essor des pays émergents sont venus changer radicalement la donne. Chine, Brésil et Inde ont relancé la construction de grands barrages en vue de satisfaire leurs besoins énergétiques tout en limitant leurs émissions de gaz à effet de serre.

      Pour Alstom, cette relance était synonyme de nouvelles opportunités commerciales, et le groupe n’a pas hésité à encourager le mouvement, sans apparemment se poser trop de questions sur les conséquences sociales, environnementales ou politiques de ces nouveaux projets. Une stratégie à laquelle le groupe français ne semble pas prêt de renoncer, puisqu’il vient d’inaugurer une usine flambant neuve de turbines hydroélectriques à Tianjin en Chine, avec pour cible explicite les mégabarrages appelés à se multiplier dans les prochaines années sur le Mékong, le Salouen et l’Irrawaddy.
      L’Amazonie envahie par les grands barrages

      Un tel engagement apparemment si inconditionnel est-il tenable, et finira-t-il par rattraper Alstom ? De manière assez inhabituelle pour lui, le groupe s’est trouvé la cible directe de campagnes citoyennes du fait de son engagement dans le barrage de Belo Monte. Le combat des écologistes et des peuples indigènes de la zone a été très bien relayé par les médias mondiaux en raison du soutien qui leur a été apporté par plusieurs vedettes anglo-saxonnes. Début 2011, trois leaders indigènes ont fait le déplacement en France pour dénoncer l’implication d’Alstom (et de GDF Suez) dans les grands barrages amazoniens. En novembre 2012, le très emblématique chef Raoni, de la tribu des kapayo, rencontrait le président de la République François Hollande à l’Élysée pour plaider la cause des opposants à Belo Monte. Suite à une mission sur place en juin 2013, Eva Joly et d’autres députées européennes EELV sont également montées au créneau : « En tant que parlementaires européens, nous ne pouvons ignorer ce qui s’y passe. Parce que la catastrophe écologique nous concerne directement, mais aussi et surtout parce nous sommes impliqués dans ce non-sens par la voie d’entreprises européennes comme Alstom ou GDF Suez, qui participent à la conception et à la construction de ce projet malgré les principes de l’Union européenne en termes de responsabilité sociale et environnementale. »

      Les multiples procédures judiciaires intentées au Brésil même et à l’étranger contre le barrage de Belo Monte ne semblent pas déranger le groupe français, dont le code éthique garantit pourtant le « respect des lois, des réglementations et autres obligations en vigueur, quel que soit le pays où l’entreprise est établie ». Le fait que le Brésil ait été épinglé par la Commission inter-américaine des droits de l’homme, entre autres, pour ne pas avoir respecté la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur les droits des peuples indigènes paraît également en contradiction avec la charte de développement durable du groupe, qui affirme : « Les fournisseurs et sous-traitants d’Alstom doivent se conformer à la Déclaration universelle des droits de l’homme, aux Conventions fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail, aux principes directeurs de l’Organisation de coopération et de développement économique [...] ainsi qu’à toute autre convention ou réglementation internationale, nationale et locale applicable à leurs activités dans les pays où ils interviennent. »

      Au-delà de Belo Monte, Alstom est également impliquée, entre autres, dans le complexe du Rio Madeira, à l’autre bout de l’Amazonie. On y retrouve les mêmes problèmes qu’à Belo Monte : études d’impact tronquées et contestées, passage en force de l’administration et batailles judiciaires, résistance des peuples indigènes, chantiers colossaux occasionnant d’importants bouleversements sociaux (et, en l’occurrence, des émeutes ouvrières). Dans toute l’Amazonie, le développement des grands barrages a eu pour résultat d’attiser les tensions entre indigènes et gouvernement. Alstom, pour sa part, se contente de reprendre l’argumentaire du gouvernement brésilien sur les bienfaits des barrages amazoniens en termes d’accès à l’électricité, de réduction et de croissance économique. Le groupe se prépare à équiper la prochaine génération de mégabarrages amazoniens, qui cibleront cette fois d’autres affluents de l’Amazone, le Teles Pires et le Tapajós.

      La réponse habituelle d’Alstom à ceux qui l’interpellent sur son implication directe dans ces mégaprojets amazoniens est de faire valoir que le groupe n’intervient que comme fournisseur de turbines, sans participer directement pas aux décisions. Quand bien même cela suffirait à dédouaner l’entreprise française de toute responsabilité quant aux violations de droits humains occasionnées par les barrages, il semble bien qu’en fait, la réalité soit moins claire. Selon la presse brésilienne, Alstom a joué un rôle actif dans la phase de montage financier du projet, alors que l’autorisation administrative n’était pas encore validée. Il s’agissait aussi pour l’entreprise de capter une partie des aides et financements publics débloqués par l’État brésilien pour s’assurer que le projet verrait bien le jour. International Rivers, ONG internationale critique des grands barrages, estime ainsi que l’offre de turbines d’Alstom était financée à hauteur de 30% par les deniers publics brésiliens, sous forme de crédit d’impôts.

      De la même manière, le groupe français a été impliqué dès le départ dans la conception du complexe du Rio Madeira aux côtés d’Odebrecht, le géant brésilien du BTP – et bien avant que GDF Suez soit finalement retenu pour construire et opérer le barrage de Jirau. Alstom souhaitait faire de ces deux barrages un test et une vitrine pour ses nouvelles turbines bulbe. L’entreprise française avait même signé un contrat d’exclusivité avec Odebrecht avant même que les appels d’offre ne soient lancé (contrat d’une légalité douteuse auquel les deux parties ont finalement fini par renoncer).
      De la Chine à l’Afrique

      L’engagement d’Alstom dans le barrage des Trois Gorges en Chine, au milieu des années 1990, aura marqué un tournant décisif pour le groupe et pour l’industrie mondiale des grands barrages en général. L’entreprise française, appuyée par la diplomatie économique française et par BNP Paribas [2], a fourni 14 des 32 turboalternateurs du mégabarrage, initié en 1994, mais qui n’a pas fonctionné à pleine capacité avant 2012. Le barrage des Trois Gorges a toujours été très contesté, y compris au sein des milieux dirigeants chinois. Il a entraîné des déplacements de population à une échelle massive, submergé 13 villes, 4500 villages et plusieurs centaines de sites archéologiques, dont certains d’une valeur inestimable. Ses impacts de long terme sur les grands équilibres écologiques du bassin du Yangtze en amont et en aval suscitent toujours une grande inquiétude.

      Le gouvernement chinois n’avait pas manqué de poser ses conditions à la participation d’Alstom et des industriels occidentaux : ils devaient partager leur expertise et leur technologie avec leurs partenaires chinois. Selon Peter Bosshard, directeur d’International Rivers, ce transfert de technologie a joué un rôle catalyseur dans le développement de l’industrie hydroélectrique chinoise. Il a permis l’émergence d’un certain nombre d’entreprises chinoises spécialisées dans la construction de grands barrages (Three Gorges Corporation, Sinohydro, etc.), ainsi que de deux fabricants de turbines, Dongfang et Harbin. Soutenues par les banques publiques chinoises, ces firmes ont ensuite étendu leurs activités au niveau international, principalement en Afrique et en Asie du Sud-est, contribuant au renouveau mondial des grands barrages. L’arrivée des acteurs chinois s’est aussi accompagnée, au moins dans un premier temps, d’un certain relâchement des exigences sociales et environnementales qui s’était imposées au fil du temps à l’industrie hydroélectrique.

      Du point de vue d’Alstom, cet arrangement avait un double avantage. Le premier était de s’installer sur le marché hydroélectrique chinois, le plus important au monde, où le groupe déclare aujourd’hui détenir 20% des parts de marché, derrière Dongfang et Harbin. Le groupe français a vendu ses turbines à toute une série de projets, dont le plus significatif à ce jour est celui de Xiangjaba, en amont des Trois Gorges (8000 MW). Alstom lui a fourni quatre unités hydroélectriques de 800 MW, les plus puissantes jamais construites à ce jour. Le second avantage était de pouvoir accompagner les firmes chinoises dans leur expansion internationale. Alstom a profité de son association avec les Chinois pour participer à une multitude de nouveaux projets, depuis le Vietnam (barrage de Lai Chau, 1200 MW, avec Hydrochina Zhongnan Engineering Corp) et la Malaisie (barrage de Bakun 2400 MW avec Sinohydro) jusqu’au Ghana (barrage de Bui, 400 MW, construit par Sinohydro)

      C’est dans ce contexte qu’il faut replacer l’ouverture en fanfare de la nouvelle usine de Tianjin. De l’aveu même de l’entreprise, plus de la moitié de la production de l’usine de Tianjin sera destinée à l’exportation hors de Chine, principalement vers l’Asie du Sud-est et, dans une moindre mesure, l’Afrique. Relativement épargnés à ce jour en raison de décennies de conflits ou d’isolement politique, le Mékong, la Salouen et l’Irrawaddy font aujourd’hui l’objet d’une véritable course aux projets hydroélectriques. Pas moins de douze mégabarrages sont ainsi prévus sur le Mékong, sans que leur impact cumulé sur les écosystèmes du fleuve (et en particulier sur les ressources en poisson, essentielles à la sécurité alimentaire de dizaines de millions de personnes) ait été vraiment étudié. Au contraire, malgré l’existence d’un organisme de gestion conjointe du fleuve entre nations riveraines (Laos, Cambodge, Thaïlande et Viernam), chaque pays lance ses projets de son côté, suscitant des tensions diplomatiques. À cela s’ajoute les enjeux de droits humains dans une région parsemée d’une multitude de communautés ethniques, parfois en situation de conflit armé avec les gouvernements nationaux. Alstom déclare cibler notamment le développement hydroélectrique de la Birmanie (Myanmar), nouvel eldorado des grandes multinationales, même si les ONG estiment que les enjeux de droits humains sont loin d’y être résolus.

      De quoi alimenter les inquiétudes alors qu’une bonne partie des projets issus de cette nouvelle stratégie d’Alstom s’est déjà retrouvée sous le feu des critiques des écologistes, des communautés locales et autres. Le barrage de Bakun, dans le Sarawak en Malaisie, a été inclus en 2005 par l’ONG Transparence international dans ses « Monuments globaux de corruption » et fait l’objet d’une vive résistance des populations indigènes locales, relayée par une campagne internationale de soutien. Le barrage de Bui, au Ghana, a entraîné la submersion d’une partie d’un Parc national et la mise en danger de l’habitat de l’hippopotame noir, une espèce menacée. Les études d’impact environnemental n’ont jamais été publiées, et les résidents locaux accusent les autorités de ne pas avoir tenu leurs promesses de compensation.

      Le cas le plus problématique est toutefois celui du barrage de Merowe au Soudan (1250 MW), construit sur la quatrième cataracte du Nil entre 2003 et 2009. Les bailleurs de fonds occidentaux avaient refusé de s’engager dans le projet en raison des risques d’atteintes aux droits humains, vide qui a été comblé par la China Export Import (Exim) Bank. Malgré les pressions de la société civile, deux entreprises européennes, Lahmeyer (Allemagne) et Alstom, ont accepté de s’engager et ont tenu bon contre vents et marées. L’étude d’impact environnemental a été tenue secrète et, quand elle a été finalement « fuitée » en 2007, sévèrement critiquée pour ses insuffisances. Un reportage sur les lieux de l’Inter Press Service en 2011 confirme des répercussions importantes à court terme sur les stocks de poisson et la perte de terres fertiles, et beaucoup d’incertitudes à long terme. Pire encore peut-être, le barrage de Merowe a entraîné le déplacement forcé de 50 000 personnes, dans des conditions parfois très violentes, et la submersion de sites historiques de la Nubie antique. Dès 2007, Miloon Kothari, Rapporteur spécial de l’ONU sur le logement décent, avait exprimé ses « sérieuses inquiétudes ». Les résidents locaux ne voulaient pas quitter la zone pour gagner les terres arides qui leur avaient été assignées par le gouvernement soudanais, malgré les promesses initiales. Ce dernier aurait envoyé des milices armées en avril 2006 pour intimider les habitants, avec trois morts à la clé[Voir ce reportage vidéo d’Al Jazeera (en arabe).]]. En juillet-août 2008, les autorités soudanaises et les opérateurs du barrage ont commencé à retenir l’eau et submerger les villages alentour, sans les avoir prévenu, pour les forcer au départ. Le gouvernement soudanais a fermé la zone aux organisations humanitaires.

      Réponse de Patrick Kron aux critiques ? « Merowe triplera presque la capacité de génération d’électricité du Soudan. (…) À notre connaissance, des programmes sont en place pour atténuer l’impact social et environnemental de ce projet. » L’entreprise Lahmeyer, de son côté, est poursuivie devant la justice allemande par l’European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) pour son implication dans le barrage et dans les atteintes aux droits humains qu’il a occasionné. Ces poursuites ciblent deux employés accusés d’être responsables de la submersion soudaine des villages environnants.

      L’implication récente d’Alstom dans le projet de barrage de Grand Renaissance en Éthiopie paraît indiquer que le groupe n’a pas l’intention de s’arrêter en si bonne voie. Profitant de la crise politique que connaissait l’Égypte, le gouvernement éthiopien a lancé dans la précipitation le chantier de ce barrage, dont la plupart des bailleurs internationaux se sont tenus à l’écart. Un panel d’experts internationaux vient de conclure que le barrage présentait des faiblesses structurelles et que l’étude d’impact sur l’aval du fleuve présentée par l’Éthiopie était insuffisante.
      Quelle responsabilité pour Alstom ?

      Le groupe français commence à être rattrapé par la réalité. En Inde, le mouvement paysan KMSS (Krishnak Mukti Sangram Samiti) et les populations locales opposées au mégabarrage de Lower Subansiri (2000 MW), à la frontière de l’Assam et de l’Arunachal Pradesh, ont ainsi réussi à bloquer pendant plusieurs semaines la livraison des turbines d’Alstom. Ce projet s’inscrit dans une véritable course à la construction de grands barrages dans le Nord-Est de l’Inde, au bénéfice non des populations locales (souvent indigènes), mais du centre du pays. L’impact cumulé de ces barrages dans une région fragile sismiquement et écologiquement n’a jamais été évalué.

      S’y ajoutent les campagnes, souvent efficaces, ciblant les investisseurs et bailleurs européens. Elles ont par exemple contraint Alstom et la plupart des autres firmes européennes à se retirer du projet d’Ilisu en Turquie, suite au retrait des agences de crédit à l’exportation suisse, autrichienne et allemande. En Norvège, le puissant fond de pension communal a décidé de se désengager d’Alstom en raison de son implication dans le projet de Merowe, et les ONG du pays s’efforcent – sans succès jusqu’à présent – de convaincre le fonds de pension des fonctionnaires gouvernementaux d’en faire de même. En France, pour des projets comme les Trois Gorges et Lower Subansiri, Alstom a bénéficié du soutien actif de la Coface.

      En matière de responsabilité sociale des entreprises, Alstom est plus connu pour son implication dans des affaires de corruption ou encore dans les colonies illégales en Palestine (une implication pour laquelle l’entreprise a été mise sur la liste noire de plusieurs investisseurs institutionnels). L’entreprise pourra-t-elle continuer longtemps à se défausser de toute responsabilité à l’égard des impacts sociaux et environnementaux des grands barrages dans lesquels elle est impliquée ? Comme le souligne encore Peter Bosshard, « tous les acteurs principaux de projets se chiffrant en milliards de dollars partagent la responsabilité de leurs conséquences, y compris leur impact social et environnemental. Les gouvernements ont la responsabilité principale, mais les fournisseurs d’équipements qui apporte le moteur du projet (et une technologie que seule une poignée de firmes maîtrise) ne peuvent pas s’absoudre de leur part de responsabilité. »

      http://multinationales.org/Alstom-un-groupe-francais-au-coeur

      Je signale ici surtout pour ce passage :

      Malgré l’existence d’un organisme de gestion conjointe du fleuve entre nations riveraines (Laos, Cambodge, Thaïlande et Viernam), chaque pays lance ses projets de son côté, suscitant des tensions diplomatiques. À cela s’ajoute les enjeux de droits humains dans une région parsemée d’une multitude de communautés ethniques, parfois en situation de conflit armé avec les gouvernements nationaux. Alstom déclare cibler notamment le développement hydroélectrique de la Birmanie (Myanmar), nouvel eldorado des grandes multinationales, même si les ONG estiment que les enjeux de droits humains sont loin d’y être résolus.

    • https://seenthis.net/messages/711027

      Il est question aussi de rétention d’information plus efficace que la rétention d’eau puisque les ingés ont vu la rupture arriver mais les populations n’ont pas été évacuées. Il est aussi question de la régularité de ce genre d’événement, comme s’il était acceptable de construire des ouvrages défectueux dans des pays aussi pauvres, dont on pique au passage une des ressources en saccagent l’environnement.

    • A Day Before Laos Dam Failed, Builders Saw Trouble

      The day before this week’s catastrophic dam failure in Laos, the companies building the dam knew that it was deteriorating, and one of them saw a potential trouble sign three days in advance. Yet many people living downstream received no warning of the deadly flood that was about to sweep away villages, farms, livestock and people.

      The companies said they had warned Laotian officials of the danger, and some villages were evacuated, but the dam’s collapse killed at least 27 people — many more are still missing — and displaced at least 6,600 others in Laos. On Thursday, state media in Cambodia reported that as many as 25,000 more people in that country were being evacuated from the northern border province of Stung Treng, as the flood surge made its way south.

      Now, as rescue workers scramble to find missing villagers and care for others in makeshift shelters, questions are mounting about the speed of the one-party state’s response, the quality of the companies’ work, and whether they could have done more to prevent the accident or alert people to the peril.

      Xe-Pian Xe-Namnoy Power Company, a joint venture of two South Korean firms, one from Thailand and a state-owned Laotian firm, is building the hydroelectric project, which includes several dams.

      The state-controlled Lao News Agency initially reported that 5 billion cubic meters of water had spilled over the dam, but later quietly revised that number downward to half a billion cubic meters, or roughly 17.7 billion cubic feet, of water. Even the lower volume would be enough to cover an area the size of Manhattan in water 28 feet deep.

      Accounts given by the two South Korean companies differ in several details, and do not answer the crucial question: When did they know, or should they have known, that the dam might be headed toward collapse?

      On Friday, engineers noticed a depression, or “settlement,” about four inches deep in the center of the dam, Korea Western Power, one of the companies, said in a report to South Korea’s Parliament.

      A company official told lawmakers — one of whom released the report on Thursday — that such sinking was common with the kind of heavy rainfall the region was experiencing, so the engineers decided to monitor it rather than take action.

      On Sunday, engineers found 10 “fractured settlements” on the top of the dam and set out to repair them, but they could not get the necessary repair equipment to the scene until Monday afternoon, when it was too late, the company’s report said.

      SK Engineering & Construction of South Korea, the main builder of the project, said on Thursday that it had discovered at 9 p.m. on Sunday that part of the dam’s top was missing.

      In a statement, the company said it had “immediately” reported the damage to the local authorities and evacuations of the nearest villages began, but it did not alert the provincial government until noon the next day that the dam might deteriorate further.

      By 11 a.m. on Monday, Korea Western Power said, there was a depression more than three feet deep in the top of the dam.

      On Monday, the joint venture sent a written notice to provincial officials, which has been seen by The New York Times, warning that Saddle Dam D was in a “very dangerous condition now due to heavy rainfall,” and that villagers downstream should be told to “evacuate to high level position to avoid unfortunate accident by heavy water flow.”

      By Monday afternoon or early evening, the dam was crumbling further and water was pouring through. SK said it received the first report of a village flooding at 1:30 a.m. Tuesday.

      Both South Korean companies mentioned heavy rains in their descriptions of the disaster. But Ian Baird, a geography professor at the University of Wisconsin, Madison, who specializes in Laos and has studied the hydropower project, said he believed the problem was either faulty construction or a decision to store too much water in the dam’s reservoir at a time when heavy rain should have been expected.

      “When at the end of July do we not get rain in this part of the world?” he asked.

      The companies are “trying to play this out as a natural disaster that wasn’t their fault,” he said. “I don’t believe that for a second.”

      Xe-Pian Xe-Namnoy Power Company could not be reached by telephone on Thursday.

      The United Nations has said that eight villages were affected by the flooding. Experts and displaced villagers said in interviews this week that the number could be 11 or more. Some were probably in an area that is extremely isolated in the rainy season, even without a major flood event, Professor Baird said.

      “I’m sure there are still lots of people who nobody has reached yet,” Professor Baird said. Some people might have scrambled to higher ground, but it would depend on when they were notified of the threat.

      A day after the accident, the United Nations reported that 14 bridges had been damaged in Laos and at least 1,494 people there had been evacuated to emergency shelters. It said helicopters and boats were the only means of transportation in the affected areas of Attapeu Province, where rates of child malnutrition are among the highest in the country.

      On Thursday, a reporter who traveled into the affected area — a three-hour drive on bumpy roads from Attapeu Town — saw military personnel and volunteers from several countries steering boats through the floodwaters in a grim search for bodies. Some people there were beginning to return to villages that had been underwater earlier in the week, only to find that all their possessions had been destroyed.

      Octavian Bivol, the Unicef representative in Laos, said on Thursday that while the agency was providing the Laotian authorities with soap, jerrycans and other supplies to assist the equivalent of 1,500 households, the primary challenge was that so many of the flood victims were so isolated.

      At least some of the affected villages had no warning of the lethal threat racing toward them.

      Silam, a 25-year-old woman from southern Laos with two children, said in an interview that she had escaped the floods on Monday night after receiving a phone call not from the government, but from one of her relatives who was in a nearby rice paddy.

      The relative told her to leave the house and move to higher ground “because the water was coming,” she recalled, speaking in a shelter in the southern town of Paksong on Wednesday evening. “I was so scared.”

      Bruce Shoemaker, an independent expert on hydropower in Laos, said that the dam was already “a slow-moving humanitarian and ecological disaster” even before the accident on Monday, in part because all the water diversion was a severe threat to downstream fisheries, the main source of protein for local people.

      “The big thing is there’s a very poor regulatory environment in Laos,” said Mr. Shoemaker, a co-editor of the book “Dead in the Water: Global Lessons from the World Bank’s Model Hydropower Project in Laos.”

      “Private companies get these concessions and there’s very little oversight of how they’re implementing it,” he added, “and that is pervasive throughout the hydropower sector.”


      https://www.nytimes.com/2018/07/26/world/asia/laos-dam-collapse.html?rref=collection%2Fsectioncollection%2Fworld&action=c

    • Le Laos, « batterie de l’Asie du Sud-Est » en court-circuit

      Le Laos est connu pour ses éléphants, ses forêts tropicales et ses nombreux cours d’eau qui façonnent un paysage luxuriant. Ou façonnaient. Car depuis que le pays s’est ouvert au libre marché dans les années 1990, le paysage laotien a été défiguré par des dizaines de projets de barrages hydroélectriques. À tel point que le pays est désormais surnommé « la batterie du Sud-Est asiatique ».

      Les associations environnementales ont déjà alerté à plusieurs reprises sur les conséquences écologiques et humaines de ces projets faramineux. Des avertissements qui n’ont pas trouvé d’écho. Mais qui paraissent pourtant fondés, comme le démontre, lundi 23 juillet, l’effondrement d’un barrage hydroélectrique en construction dans la province d’Attapeu, qui laisse derrière lui plusieurs centaines de morts et disparus, et des villages entiers dévastés.

      Les envoyés spéciaux de Mediapart se sont rendus sur place deux jours après la catastrophe, mercredi 25 juillet. Pour témoigner, en images, des conséquences de cette politique de développement irresponsable.


      https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/le-laos-batterie-de-lasie-du-sud-est-en-court-circuit

      Photos d’@albertocampiphoto

    • Information reçue d’un chauffeur de tuc-tuc à Kratje, au Cambodge (pas vérifiée) : le Cambodge aurait rendu au Laos 30 cadavres de personnes retrouvées mortes dans le Mekong suite à l’inondation.

    • Laos. Nonostante il crollo di una diga, proseguono i progetti idroelettrici

      A luglio è crollata una diga per le forti piogge, uccidendo decine di persone in Laos. Ma proseguono i lavori per costruirne molte altre, nonostante i timori della popolazione.
      Nel mese di luglio il Laos è stato scosso dal crollo di una diga, che è costato la vita a decine di persone e ha letteralmente distrutto interi villaggi. Nonostante le promesse e le rassicurazioni del governo, però, i progetti per le nuove centrali idroelettriche vanno avanti. Compresi quelli per due maxi-impianti che, dopo questo grave precedente, non possono non destare preoccupazioni nella popolazione. Lo sottolinea il quotidiano Guardian.

      Il tragico (e parziale) bilancio del crollo di luglio
      Nella notte tra il 23 e il 24 luglio, nella provincia di Attapeu, una diga idroelettrica ancora in costruzione è crollata a seguito delle forti piogge, allagando diversi villaggi e costringendo seimila persone ad abbandonare le loro case. Le vittime accertate sono almeno 35, ma si contano ancora centinaia di dispersi. Secondo la Croce Rossa Internazionale, sono migliaia le persone che vivono tuttora in sistemazioni precarie.

      A distanza di oltre un mese, le notizie in merito sono ancora frammentarie e le autorità laotiane hanno ricevuto parecchie critiche, prima per le difficoltà nella gestione dell’emergenza e poi per il risarcimento offerto ai familiari, pari a meno di 200 dollari per ogni persona che ha perso la vita. A fine agosto è arrivato un carico di aiuti umanitari da parte della Russia.

      I lavori per due enormi dighe vanno avanti, nonostante tutto
      A inizio di agosto, il primo ministro laotiano Thongloun Sisoulith aveva ordinato di bloccare tutti i futuri progetti di centrali idroelettriche e di avviare un esame approfondito di tutti quelli in corso. Soltanto 24 ore dopo quest’annuncio, tuttavia, è iniziato il processo di consultazione per la diga Pak Lay nella provincia di Xayaburi (o Sainyabuli), nella zona nord-occidentale del paese asiatico, al confine con la Thailandia. Si tratta di un grande passo avanti per la costruzione di questa nuova diga, che sarà la quarta per dimensioni sul fiume Mekong.

      Secondo la Mekong River Commission, prosegue indisturbato anche l’iter per la diga Pak Beng, che produrrà 912 megawatt di energia e richiederà un investimento di circa 2,4 miliardi di dollari. Il progetto ha già superato la fase di consultazione e sta aspettando il via libera dalle autorità delle quattro nazioni coinvolte (oltre al Laos, anche Thailandia, Cambogia e Vietnam).

      Entrambi i progetti, Pak Lay e Pak Beng, sono finanziati da alcune imprese cinesi e hanno riscosso vibranti proteste da parte degli ambientalisti e delle comunità locali. Secondo alcune indiscrezioni, non sarebbero nemmeno stati sottoposti ai controlli promessi dalle autorità. Le stime dicono che, se verranno completati, costringeranno migliaia di famiglie a trasferirsi (circa 1000 famiglie il primo e 6.700 il secondo).

      Secondo la Mekong River Commission, prosegue indisturbato anche l’iter per la diga Pak Beng, che produrrà 912 megawatt di energia e richiederà un investimento di circa 2,4 miliardi di dollari. Il progetto ha già superato la fase di consultazione e sta aspettando il via libera dalle autorità delle quattro nazioni coinvolte (oltre al Laos, anche Thailandia, Cambogia e Vietnam).

      Entrambi i progetti, Pak Lay e Pak Beng, sono finanziati da alcune imprese cinesi e hanno riscosso vibranti proteste da parte degli ambientalisti e delle comunità locali. Secondo alcune indiscrezioni, non sarebbero nemmeno stati sottoposti ai controlli promessi dalle autorità. Le stime dicono che, se verranno completati, costringeranno migliaia di famiglie a trasferirsi (circa 1000 famiglie il primo e 6.700 il secondo).

      https://www.lifegate.it/persone/news/laos-dighe-idroelettrico