• Découvrez les #Enquêtes_publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en septembre 2026
    https://splann.org/enquetes-publiques-septembre-2026

    Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de « Splann ! » met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne. L’article Découvrez les #enquêtes_publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en septembre 2026 est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #agriculture #arzon #assainissement #audierne #Bourg-Blanc #breal-sous-montfort #bretagne_romantique #carquefou #consultations_publiques #deniveau #dessalement #dinard #douarnenez #eau #élevage #élevage_avicole #élevage_bovin #éolien #éoliennes #erdeven #guichen #industrie #la_motte #landunvez #loctudy #méthanisation #morlaix #musoir #plan_local_d'urbanisme #plouguenast-langast #porcherie #pornichet #port #saint_malo #saint-brandan #saint-nazaire #Saint-Thégonnec_Loc-Éguiner #station_d'épuration #tinténiac #urbanisme #vallet

  • Le Faiseur de nuages

    Au cœur de l’Afrique, au #Burkina_Faso, se trouve la région du #Yatenga où se croisent #Touaregs, #Mossis et #Peuls. Il y souffle des vents chauds venus du désert, qui assèchent les récoltes, tarissent les cours d’#eau et font fuir les locaux. C’est ici que Poko aime écouter les histoires de sagesse de son père #Yacouba_Sawadogo (cela veut dire « ceux qui font les nuages » en langue mossi). Aujourd’hui, il raconte sa jeunesse : à 20 ans, il décide de percer le secret du sol pour arrêter la #désertification de sa région. Yacouba demande conseils à ses aïeux et réhabilite les #techniques_ancestrales. Son travail minutieux porte ses fruits ! Après des années d’effort, quinze hectares de forêt font rempart à l’avancée du désert et Yacouba remporte en 2018 le Prix Nobel alternatif. Une poignante ode à la #biodiversité se dessine à travers les mots de Damien Deville et les couleurs chatoyantes de Magali Attiogbé.

    https://www.page-educ.fr/livre/le-faiseur-de-nuages
    #livre #BD #bande-dessinée #bande_dessinée

    • L’homme qui arrêta le désert

      Depuis le Burkina Faso, aux confins des dunes sahariennes, une voix inspirante s’élève : celle de Yacouba Sawadogo. Lauréat du Right Livelihood Award, prix Nobel alternatif, il consacre sa vie à planter des #arbres aux portes du désert.
      Alors que tout semblait perdu, qu’au début des années 1980, une grande #sécheresse décimait les troupeaux et contraignait les familles à l’exil, Yacouba a fait le choix de retourner à la terre. En réinventant la #méthode_ancestrale du #zaï, en renouant avec les héritages de sa propre lignée familiale, les « #faiseurs_de_pluie », et en défrichant les chemins d’une quête spirituelle, il a ressuscité la vie. Les familles se sont réinstallées, les champs ont retrouvé leur fertilité, et l’antilope, le hérisson et l’oiseau ont repris leurs quartiers : le village de #Yacouba est redevenu un monde de relations, une oasis verdoyante, une terre de poésie et de partage.
      Raconter l’oeuvre de Yacouba Sawadogo, c’est faire découvrir la philosophie d’un homme devenu, au fil des années, le coeur battant de tout un peuple. À l’heure où les territoires tremblent, où le changement climatique menace les écosystèmes, où l’humanité érige plus de murs qu’elle ne construit de ponts, nous avons besoin de ces voix qui font briller les lumières de notre temps.

      https://www.librairiealbinmichel.fr/livre/9791030103977-l-homme-qui-arreta-le-desert-damien-deville-yacou

  • Meta’s $17 Billion Settlement is a Bad Deal for Teens and All Social Media Users
    https://www.eff.org/deeplinks/2026/09/metas-17-billion-settlement-bad-deal-teens-and-all-social-media-users

    Meta’s settlement with 52 state attorneys general is a bad deal for all internet users, and especially for #teens. That’s what we said the day the settlement was announced.

    In this post, we go through the Settlement’s provisions in detail and explain why that is so, including how:

    – The Settlement embeds age assurance technology and age-gates into Meta’s social media products and requires all users—minors and adults—to undergo a rights-threatening age estimation process
    – The Settlement places severe restrictions on Teens that can only be modified by the Teens’ parents and only then in exchange for giving their parents a ton of information about their online community and usage;
    – The #Settlement seems to empower the attorneys general to enforce Meta’s content restriction on “age inappropriate content,” categories that Meta itself has had trouble administering without excluding information about sexuality, sexual and reproductive healthcare, and abortion medication;
    – The Settlement actually requires #Meta to collect, analyze, and retain more information about its Teen users—when the pressure should have been on Meta to diminish its surveillance capitalism.

    #eff #ai #ia #age_verification #age_checking

    Addiction aux plateformes de Meta : un accord à 18 milliards de dollars pour solder le procès - Next
    https://seenthis.net/messages/1187860

  • Olivier Ertzscheid : « Les plateformes comme Meta ne modifient leurs comportements que sous la contrainte » | Alternatives économiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/olivier-ertzscheid-les-plateformes-comme-meta-ne-modifient-

    Allons-nous parvenir à une forme de responsabilisation des réseaux sociaux ? Olivier Ertzscheid, enseignant chercheur en sciences de l’information à l’Université de Nantes et notamment auteur de l’ouvrage Le monde selon Zuckerberg (Editions C & F, 2020), analyse la portée de cet accord.

    Ce qui se passe aux Etats-Unis devrait, je l’espère, inspirer une mise en action de l’Europe sur ce sujet pour effectivement l’élargir à d’autres pays et d’autres plateformes.

    En France, nous en sommes encore à nous poser la question de l’interdiction du téléphone portable à l’école. Outre le caractère difficilement opérant d’un tel bannissement, la réponse nous est donnée par le procès états-unien : ce sont les plateformes qui sont responsables des contenus qu’elles diffusent, de la toxicité de certains et du caractère addictif. Elles doivent adapter leurs services à l’âge des utilisateurs en les interrompant pendant certaines heures et en cassant les chaînes de viralité.

    La question de l’élargissement à l’ensemble des utilisateurs peut être également posée. Si les plateformes généralisaient ces engagements pour tous, l’impact sur le modèle économique serait cette fois-ci considérable.

    Vous expliquez que le modèle économique est l’une des principales causes des effets toxiques des grands réseaux sociaux, mais quelles sont les alternatives possibles ?

    L’un des points avancés est l’interopérabilité des plateformes, c’est-à-dire que chacun puisse choisir le réseau social qu’il préfère selon sa logique éditoriale et qu’il puisse être compatible avec d’autres réseaux sociaux. L’autre alternative serait que des réseaux soient opérés par la puissance publique ou des acteurs non marchands, qui adopteraient un autre modèle économique.

    #Meta #Procès #Olivier_Ertzscheid #Economie_numérique

  • Lunettes connectées : souriez, vous êtes doxxées
    https://www.arretsurimages.net/chroniques/clic-gauche/lunettes-connectees-souriez-vous-etes-doxxees

    Dix ans après la fronde anti-Google Glass, les lunettes connectées seraient en train de se démocratiser. En partie grâce aux efforts de #Meta et de ses #Ray-Ban, qui compte bien transposer son métavers raté dans l’espace public - au prix du harcèlement, du doxxing et de la surveillance de tous par tous.

    C’est, dixit Le Parisien, le « succès éblouissant » de l’été, et son dossier high-tech de la semaine. Oyez, oyez, mesdames et messieurs, et venez admirer, dans les pages du quotidien, l’ode aux lunettes connectées, cette technologie qui, après des années de tâtonnements, est enfin parvenue à maturité, à l’image des 7 millions de paires de Ray-Ban Meta vendues en 2025 dans le monde (soit la moitié du marché).

    Par #Thibault_Prévost

  • #cantautori tarallucci e vino #2
    https://radioblackout.org/podcast/cantautori-tarallucci-e-vino-2

    Seconda puntata agostana dedicata a cantautrici/autori e interpreti della canzone italiana più o meno leggera. Questa la nostra scelta per stasera: 01 – Luigi Tenco – La ballata della moda 02 – Domenico Modugno – Amara terra mia 03 – Nino Ferrer – Viva la campagna 04 – Sergio Endrigo – Lontano dagli occhi 05 […]

    #metix_flow
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/08/metix-flow-28-agosto-2026.mp3

  • Addiction aux plateformes de Meta : un accord à 18 milliards de dollars pour solder le procès - Next
    https://next.ink/253264/addiction-aux-plateformes-de-meta-un-accord-a-18-milliards-de-dollars-pour-sol

    #Meta a accepté de verser 18 #milliards de dollars pour mettre fin aux plaintes de quatre États américains l’accusant d’avoir rendu #Facebook et #Instagram addictifs pour les #mineurs.

    (...)

    La somme annoncée est très loin des calculs apocalyptiques de Meta : l’entreprise avait en effet affirmé que les 4 États (California, Colorado, Kentucky et New Jersey) cherchaient à obtenir jusqu’à 1 400 milliards de dollars en pénalités. Ces mêmes États avaient chiffré le montant autour des 200 milliards.

    (...)

    #argent_magique

  • L’IA dans les formations supérieures : beaucoup d’effets délétères et peu d’apports positifs

    D’après l’enquête IA et enseignement supérieur réalisée par le MESR en juin 2025 (https://mission-ia-sup.forge.apps.education.fr), les usages pédagogiques de l’IAG (Intelligence Artificielle Générative) largement dominants dans les universités sont de l’aide à la rédaction (44% des usages pour les enseignant·es et 62% pour les étudiant·es) et la recherche d’information (75% pour les étudiant·es). En termes d’outils d’IA souhaités, la recherche d’information arrive en rang 1 avec 60% des étudiant·es, à quoi s’ajoutent 50% de recherche de sources diversifiées (rang 4) et 50% de vérification d’informations (rang 2). Le rang 3 est occupé par l’assistance à la rédaction. Il n’y a donc pour l’instant aucun doute sur les usages actuels de l’IA et leur avenir proche par les étudiant·es. Pour les enseignant·es il s’agit surtout d’aides à l’évaluation (les 5 premiers rangs, supérieurs à 50%).

    Réaliser soi-même la recherche d’information et de rédaction est essentiel dans une formation supérieure

    Or ces usages touchent au coeur même des activités d’#apprentissage, fondé, dans le supérieur, sur des méthodes rigoureuses issues de la #recherche_scientifique (Voir aussi : https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/digital/lia-generative-bouleverse-t-elle-les-pratiques-pedagogiques). Il est crucial d’apprendre à chercher et identifier les #sources, les vérifier, les comparer, les valider. Les étudiant·es demandent la plupart du temps à l’IAG de faire ce travail à leur place, n’apprenant donc pas à le faire. Pire : l’IAG est un intermédiaire qui masque les sources, d’autant que les outils d’IA gratuits qu’utilisent les étudiant·es offrent des possibilités limitées. On voit ainsi souvent des #bibliographies fictives, où une IA a associé des noms d’auteurs et d’autrices réels avec des titres d’ouvrages réels ou probables chez des éditions vraisemblables sauf que ces ouvrages n’existent pas : l’IAG a combiné des éléments probables. Exemple vécu : dans une #bibliographie de 25 titres d’un projet de mémoire de master en juin 2025, 23 étaient inventés.

    Même chose pour la #rédaction. Rédiger, ce n’est pas seulement livrer un produit fini, c’est surtout un processus à fonction cognitive qui concrétise la #pensée dans un #discours_organisé, et renvoie à la personne qui écrit son propre #discours à lire, la pousse à s’interroger sur les #termes justes et les #formulations nuancées. Quand on fait produire un texte à une #IAG, cette activité disparaît. On a du mal à identifier quels textes déjà disponibles en ligne l’IAG a pillés, mélangés, vidés de leurs spécificités, et donc à vérifier leur #cohérence et leur #validité. Or l’apprentissage de méthodes à usage autonome, c’est l’objectif majeur d’une formation supérieure. Et quand on utilise une IAG « seulement » pour « améliorer » la forme d’un texte, ce qu’elle sait plutôt bien faire, on court plusieurs #risques qui ne valent pas la #surconsommation_énergétique : perdre en cohérence entre le discours et la pensée qui l’a produit, donner la primauté à la forme sur le fond, uniformiser les modalités d’expression par l’application de #modèles_automatisés... L’une des constatations de l’enquête de 2025, c’est que « l’usage direct et sans encadrement d’une IAG est néfaste sur les apprentissages » (p.24).

    Cela ne signifie pas qu’aucun usage pédagogique pertinent ne puisse être fait d’une IAG, selon les domaines et de manière tutorée, notamment dans les domaines où l’IA fournit une #aide_technique de beaucoup plus haut niveau que ce que faisaient déjà des outils informatiques comme, par exemple, des tableurs ou des visions augmentées (télescopes ou microscopes). Mais, dès lors qu’il s’agit de contenus produits par la #pensée_humaine et utiles pour son développement, de domaines de connaissances où les textes occupent une place importante pour contextualiser dans la complexité du monde et produire prioritairement du #sens, la délégation à une machine crée davantage de manques qu’elle ne viendrait en combler.

    Exemple d’une soutenance de master

    Lors d’une soutenance de Master en Esthétique et Théorie des arts, sur l’insistance du jury, le candidat a admis avoir fait usage de l’IAG pour rédiger son mémoire. Le mémoire de 180 pages était rédigé sans la moindre erreur orthographique. Au niveau formel, rien à redire. Mais l’IAG compile, elle ne pense pas. Elle a en effet combiné des éléments probables d’information sans jamais attiser le désir de les vérifier, en entretenant l’#illusion_de_la_vérité. Elle a conduit à asséner des #généralités dont pas une ne pouvait résister à l’#esprit_critique. Pourtant, il n’y a que sur les pires chaînes de télévision que la compilation d’éléments information est donnée comme équivalente à un #argumentaire bien ficelé.

    Ainsi, pour développer et mettre en travail le concept d’habitus de P. Bourdieu, pourtant l’un des plus travaillés au monde, l’IA a proposé un falot manuel de sociologie pour débutant·es. Lorsque G. Bataille est cité, la référence de l’ouvrage ne comporte pas de numéro de page, l’IAG ne s’embarrassant pas de ces détails. Il fut donc impossible de vérifier s’il parlait effectivement (en 1957) de « ruptures des frontières corporelles dans la danse », ce qui serait très étonnant. L’IAG aura transformé la moindre idée porteuse de sens en #discours_indigent. Avec elle, la pensée propre à l’étudiant et son potentiel à problématiser ont cédé la place à la #banalité.

    Que faudrait-il changer face aux usages risqués de l’IA côté enseignement ? (Voir aussi : UNESCO, 2023, Guide pour l’IA générative dans l’éducation et la recherche : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000389901)

    Malgré tout cela, il semble déjà difficile d’empêcher l’usage de l’AI par les étudiant·es.

    Auparavant, on était bien souvent dans une forme de dispositifs d’apprentissage implicites, avec des « raccourcis » grossiers dans la pertinence des évaluations (au risque d’ailleurs d’entraîner l’échec de tous les étudiant·es différent·es de la norme, sans les codes, etc.). La faute à la (non ?) formation à la pédagogie des enseignant·es du supérieur, mais aussi au manque de moyens. Également au déficit, dans l’évaluation de la carrière des E-C, de reconnaissance de l’expertise en enseignement, face à l’importance accordée aux activités de recherche.

    Si on veut garder un niveau d’apprentissage sérieux, relatif à ce qui peut s’ancrer durablement dans l’esprit de nos étudiant·es, on est donc face à la nécessité d’adapter nos #méthodes_pédagogiques. Le remède n’est pas forcément inaccessible. On doit s’assurer en détail que les étudiant·es travaillent pour de bon l’élaboration progressive d’une maîtrise des diverses #compétences et de leur articulation. On est donc forcés de faire une mesure plus fine de l’authenticité, des progressions dans le temps, plutôt que la simple #évaluation d’un résultat final. Tout cela va avoir un coût humain et logistique : organiser par exemple beaucoup plus de soutenances à l’oral, en présentiel et synchrone. Et devoir préciser et vérifier à chaque étape si l’IAG est acceptée ou non. Et si oui comment elle est utilisée...

    Il faudrait en somme mieux appliquer les pratiques adéquates standards de la pédagogie, comme l’alignement des dispositifs d’évaluation, par exemple. Tout cela requiert beaucoup d’efforts de la part des enseignant·es, et de moyens, des formations, un taux d’encadrement nettement plus massif. Il faut remettre plus d’humain dans la boucle. Hélas, ce n’est pas la tendance politique du moment. L’IAG porte la promesse magique de la #productivité — et il n’y a pas ou que peu d’alternatives puisque le marché en fourgue partout dans nos appareils et nos logiciels. Pourtant, si on veut former à l’#effort dans un monde de facilité, ça va coûter plus cher.

    https://cgt.fercsup.net/l-echo-du-sup/echo-du-sup-numero-11-juin-2026-l-ia-dans-l-esr-ou-l-esr-dans-l-ia/article/l-ia-dans-les-formations-superieures-beaucoup-d-effets-deleteres-et-peu
    #IA #AI #intelligence_artificielle #ESR #enseignement_supérieur #université #facs #pédagogie #à_lire

    • L’IA générative bouleverse-t-elle les pratiques pédagogiques ?

      En bref

      – Rendu public par OpenAI en 2023, GPT-4 a atteint des niveaux de performance comparables à ceux d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de rédaction académique.
      – Les #modèles_de_langage modifient la manière dont les étudiants mobilisent leur raisonnement et leur capacité analytique, ce qui peut mener à une fragilisation de leur plasticité cérébrale et de leur densification des réseaux neuronaux.
      – Lorsque assisté par l’IA, l’acquisition des connaissances peut être affaiblie dès qu’elle remplace systématiquement l’#effort_intellectuel : les productions écrites, le #travail_autonome et les modalités d’évaluation.
      – De nombreuses questions sur l’équilibre entre assistance algorithmique et #effort_cognitif humain sont soulevées, d’autant par la rapide évolution des modèles d’IA.
      – Des cadres commencent à émerger où l’IA n’est ni absente ni centrale, mais intégrée de manière différenciée selon les objectifs cognitifs poursuivis.

      **

      L’irruption de l’intelligence artificielle générative dans les systèmes éducatifs marque un tournant technologique. Contrairement aux plateformes d’apprentissage en ligne ou aux outils d’assistance pédagogique des années 2000 et 2010, les modèles de langage de grande taille produisent désormais des raisonnements structurés, synthétisent des corpus complexes et interagissent avec les apprenants de manière adaptative.

      GPT‑4, rendu public par OpenAI en 2023, a atteint des niveaux de performance comparables à ceux d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de rédaction académique1. D’autres architectures comme Claude d’Anthropic ou LLaMA de Meta confirment cette dynamique tout en explorant des stratégies de gouvernance des sorties génératives et de réduction des biais2.

      Ces avancées offrent de nouvelles opportunités pour personnaliser les parcours, renforcer le tutorat individualisé et élargir l’accès aux ressources pédagogiques. Elles soulèvent toutefois des interrogations sur les fréquences d’utilisations (voir figure 1) et les conditions cognitives de l’apprentissage assisté par IA, car certaines dimensions de l’acquisition des connaissances peuvent être fragilisées lorsque cette technologie remplace systématiquement l’effort intellectuel3.

      Ces enjeux touchent directement des dispositifs clés de l’enseignement supérieur, tels que la production écrite, le travail autonome et les modalités d’évaluation. De plus, ces transformations appellent une approche combinant recherche académique et observation des pratiques pédagogiques.
      L’effort cognitif à l’épreuve des modèles génératifs

      Les modèles de langage de grande taille modifient la manière dont les étudiants mobilisent leur raisonnement et leur capacité analytique. GPT‑4, par exemple, atteint des performances comparables à celles d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de synthèse textuelle5. Cette portée soulève des questions sur l’équilibre entre assistance algorithmique et effort cognitif humain.

      « Le problème, dans le champ éducatif, apparaît lorsque l’étudiant utilise systématiquement l’IA pour réaliser un exposé, un mémoire, une dissertation ou même pour apprendre une notion » affirme Michel Barabel, maître de conférences à l’Université Paris-Est dont les travaux portent sur la transformation des organisations, en particulier la gestion des compétences, la formation professionnelle et les cultures apprenantes. La sous-traitance systématique peut nuire au développement de capacités cognitives essentielles. « Les travaux de recherche montrent que dans ce cas, le coût de l’effort cognitif augmente rapidement et que faire seul devient de plus en plus difficile ».

      Les cadres théoriques de la psychologie cognitive permettent d’éclairer ce phénomène. Les distinctions de Daniel Kahneman entre le cerveau de type 1, analytique et paresseux, et le cerveau de type 2, créatif et mobilisé dans la résolution de situations inédites, servent de référence. Barabel observe que « la grande promesse de l’IA est précisément de sous-traiter les tâches relevant du cerveau de type 1, simples et répétitives, afin de libérer du temps pour des activités de type 2 ». Son usage répété dans des tâches fondamentales du type 1 peut ainsi limiter la densification des réseaux neuronaux nécessaires à la créativité et à la pensée critique.

      Une comparaison avec d’autres usages technologiques illustre ce risque. « Cette dépendance pose une question centrale, celle d’un appauvrissement progressif des capacités cognitives », explique Barabel, faisant référence à des exemples observés dans d’autres contextes, comme la navigation des chauffeurs de taxi londoniens devenue dépendante du GPS. Les travaux en neurosciences montrent que l’apprentissage reposant sur un engagement cognitif actif favorise la plasticité cérébrale et la densification des réseaux neuronaux, tandis qu’une réduction durable de l’effort analytique limite ces mécanismes et fragilise la mobilisation des compétences dans des situations complexes6. « Or, on sait qu’il est très difficile de faire émerger une créativité authentique sans ce socle d’effort cognitif préalable », ajoute l’expert.

      Cette réflexion sur l’effort cognitif souligne que les effets de l’IA générative dépendent moins de la technologie que des modalités d’usage. L’usage réfléchi et régulé peut soutenir la créativité et la productivité, tandis qu’un usage passif peut compromettre le développement de compétences intellectuelles essentielles.
      Des recours pédagogiques en recomposition progressive

      La diffusion rapide des outils d’IA générative a rendu visibles des usages déjà largement installés chez les étudiants, souvent en dehors de tout cadre institutionnel. Plusieurs travaux montrent que ces outils sont mobilisés pour rédiger des exposés, structurer des mémoires ou préparer des évaluations, sans que les dispositifs pédagogiques aient été conçus pour en tenir compte7. Cette situation a conduit certains établissements à repenser non pas seulement la régulation, mais la nature même des activités proposées.

      D’après Michel Barabel, « la question ne peut se réduire à une opposition entre autorisation et interdiction. Le problème ne doit pas être posé en ces termes ». Il stipule que l’IA combine des potentialités pédagogiques fortes et des limites réelles. Dans les dispositifs qu’il observe, l’enjeu consiste à distinguer plusieurs formes d’activités selon le rôle attribué à la machine. « Certaines activités peuvent être totalement confiées à l’IA sans régulation particulière », notamment lorsqu’il s’agit de procédures ou d’aide méthodologique, tandis que d’autres doivent rester exclusivement humaines. « L’usage de l’IA y est interdit afin de préserver la relation pédagogique, le travail du cerveau de type 1 et la créativité et l’esprit critique ».

      Cette différenciation se traduit concrètement par des dispositifs de transparence. « À Sciences Po et à l’IAE Paris-Est, les étudiants doivent expliciter leur usage de l’IA dans une annexe dédiée. Nous autorisons son exploitation, mais nous imposons une annexe IA dans tous les travaux », précise Barabel. Cette exigence permet de déplacer l’évaluation du seul résultat vers le processus intellectuel mobilisé. « Le nouveau plagiat, pour nous, n’est pas d’utiliser l’IA, mais de l’utiliser sans le déclarer », ajoute-t-il.

      Les modalités d’évaluation ont également été ajustées pour tenir compte de ces pratiques. Barabel observe qu’« un exposé à rendre pour la semaine suivante a aujourd’hui une probabilité très élevée d’être produit à 60, 70, voire 90 % à l’aide de l’IA ». Dans ce contexte, « là où l’écrit pesait auparavant davantage, l’oral est désormais majoritaire », afin de vérifier la compréhension, l’appropriation des concepts et la faculté de l’étudiant à défendre son raisonnement.

      Entre délégation, assistance et augmentation, les applications pédagogiques se structurent ainsi autour d’un principe d’articulation. « Il existe des situations où l’IA assiste l’étudiant », note Barabel, tandis que dans d’autres configurations, « l’étudiant produit une première version et l’IA l’aide à l’améliorer par questionnement et suggestions ». Ces expérimentations dessinent progressivement un cadre où cette technologie n’est ni absente ni centrale, mais intégrée de manière différenciée selon les objectifs cognitifs poursuivis.
      Entre promesses d’augmentation et risques de fragmentation

      Les limites actuelles de l’IA générative en contexte éducatif tiennent moins à ses performances techniques qu’aux effets systémiques qu’elle induit sur les trajectoires d’apprentissage. Les bénéfices cognitifs observés dépendent fortement des conditions d’emploi, avec des résultats parfois contradictoires selon les protocoles expérimentaux[8]. Michel Barabel invite ainsi à la prudence dans l’interprétation des premières données disponibles. « Certaines études, notamment du MIT, ont montré une baisse rapide de certaines capacités cognitives, mais sur des échantillons très réduits et avec des protocoles discutables », rappelle-t-il, tout en notant que d’autres travaux mettent en évidence des effets positifs sur certaines compétences.

      Cette hétérogénéité des résultats renvoie à une question centrale, celle de l’intensité et surtout de la nature des utilisations. « Il pas certain qu’il existe un seuil universel », précise Barabel, en soulignant que « le problème réside davantage dans l’organisation des activités que dans le volume d’interaction avec l’IA ». Il propose un équilibre théorique dans lequel « le 100 % humain devrait représenter au moins 20 % des activités », afin de préserver les fonctions cognitives fondamentales liées à l’effort, à la réflexion autonome et à la construction du jugement.

      Au-delà des effets individuels, les chercheurs s’inquiètent de dynamiques d’inégalités susceptibles d’être amplifiées par les systèmes intelligents. Les écarts d’accès aux versions les plus performantes des modèles, souvent conditionnés par des abonnements payants, constituent un premier facteur de différenciation[9]. Barabel met en évidence le fait que « le capital économique des familles pourrait conditionner l’accès à des IA plus performantes, utilisées dans un cadre privé », créant un avantage cumulatif pour certains étudiants. À cela s’ajoutent les disparités institutionnelles. « Certains établissements disposent des moyens financiers et pédagogiques pour déployer des IA, former les enseignants et mettre en place des chartes éthiques. D’autres non ».

      Ces écarts matériels se doublent d’inégalités culturelles et cognitives. « Le risque majeur est alors l’accroissement des écarts entre étudiants », pointe Barabel, distinguant ceux qui utilisent l’IA de manière stratégique, ceux qui en font un usage mécanique et ceux qui réinvestissent le temps libéré dans des activités à forte valeur cognitive. Les recherches en sociologie de l’éducation montrent que ces mécanismes d’appropriation différenciée jouent un rôle déterminant dans la reproduction ou la transformation des hiérarchies scolaires8.

      Enfin, la rapidité d’évolution des technologies pose un défi structurel aux institutions éducatives. « Ce que nous disons aujourd’hui peut être remis en cause dans quelques mois par une nouvelle génération d’IA », signale Barabel. Cette instabilité technologique interroge la capacité des systèmes éducatifs à articuler innovation, équité et développement des compétences humaines fondamentales, dans un contexte où la production et la transmission des savoirs sont elles-mêmes en profonde recomposition.

      https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/digital/lia-generative-bouleverse-t-elle-les-pratiques-pedagogiques

    • Le plus grand danger de l’IA à l’université n’est pas la triche, c’est l’érosion de l’apprentissage lui‑même

      L’intelligence artificielle promet de « libérer du temps » et d’optimiser l’apprentissage. Mais en déléguant aux machines les tâches qui formaient étudiants et jeunes chercheurs, les universités risquent d’éroder les conditions mêmes de l’expertise.

      Dans le débat public sur l’intelligence artificielle (IA) à l’université, une inquiétude revient en boucle : la tricherie. Les étudiants vont-ils confier leurs #dissertations à des #chatbots ? Les enseignants sauront-ils les démasquer ? Faut-il interdire ces outils sur les campus, ou au contraire les intégrer aux pratiques pédagogiques ?

      Ces questions sont légitimes. Mais à force de réduire le sujet à la #fraude_académique, on passe à côté de l’essentiel : une transformation beaucoup plus profonde est déjà à l’œuvre, qui dépasse largement les seuls comportements des étudiants – et même le cadre de la salle de classe.

      Les universités déploient désormais l’IA dans de nombreux aspects de leur fonctionnement. Certaines applications restent largement invisibles : des systèmes qui aident à répartir les ressources, à repérer les étudiants « à risque », à optimiser les emplois du temps ou à automatiser des décisions administratives routinières.

      D’autres usages sont, eux, beaucoup plus visibles. Les étudiants s’appuient sur des outils d’IA pour résumer des cours et réviser. Les enseignants les utilisent pour élaborer des sujets d’évaluation, préparer des syllabus. Les chercheurs s’en servent pour écrire du code, passer en revue la littérature scientifique ou condenser en quelques minutes des tâches fastidieuses qui prenaient auparavant des heures.

      On peut bien sûr utiliser l’IA pour tricher ou se soustraire à un devoir. Mais la multiplication de ses usages dans l’enseignement supérieur – et les bouleversements qu’ils annoncent – posent une question bien plus fondamentale : à mesure que les machines deviennent capables d’assumer une part croissante du travail de recherche et d’apprentissage, que devient l’université ? À quoi sert-elle encore ?

      Depuis huit ans, nous étudions les implications morales d’un recours massif à l’IA dans le cadre d’un projet de recherche conjoint entre le Applied Ethics Center at UMass Boston et l’Institute for Ethics and Emerging Technologies. Dans un livre blanc récent, nous soutenons qu’à mesure que les systèmes d’IA gagnent en autonomie, les enjeux éthiques de leur utilisation dans l’enseignement supérieur s’intensifient – tout comme les conséquences potentielles qui en découlent.

      À mesure que ces technologies deviennent plus performantes dans la production de travaux intellectuels – concevoir des cours, rédiger des articles, proposer des protocoles expérimentaux ou résumer des textes complexes – elles ne se contentent pas d’accroître la productivité des universités. Elles risquent aussi de vider de sa substance l’écosystème d’apprentissage et de mentorat sur lequel ces institutions sont fondées – et dont elles dépendent pour exister.
      IA non autonomes

      On peut distinguer trois types de systèmes d’IA et leurs effets respectifs sur la vie universitaire.

      Des logiciels alimentés par l’IA sont déjà utilisés dans l’enseignement supérieur pour l’examen des candidatures, les achats, l’accompagnement pédagogique des étudiants ou encore l’évaluation des risques institutionnels.

      On parle ici de systèmes « non autonomes » : ils automatisent certaines tâches, mais un humain reste « dans la boucle » et les utilise comme de simples outils.

      Ces technologies peuvent faire peser un risque sur la vie privée et la sécurité des données des étudiants. Elles peuvent aussi être biaisées. Et elles manquent souvent de transparence, ce qui rend difficile l’identification de l’origine de ces problèmes. Qui a accès aux données ? Comment sont calculés les « indices prédictifs de décrochage ou d’échec » ? Comment éviter que ces systèmes ne reproduisent des inégalités ou ne traitent certains étudiants comme de simples cas problématiques à gérer ?

      Ces questions sont sérieuses. Mais, au moins dans le champ de l’informatique, elles ne sont pas fondamentalement nouvelles. Les universités disposent en général de services de conformité, de comités d’éthique de la recherche et de mécanismes de gouvernance pensés pour anticiper ou limiter ces risques – même si, dans les faits, ils n’atteignent pas toujours pleinement ces objectifs.
      IA hybrides

      Les systèmes hybrides regroupent toute une gamme d’outils, parmi lesquels des bots conversationnels assistés par l’IA, des dispositifs de feedback personnalisé ou encore des aides automatisées à l’écriture. Ils reposent souvent sur des technologies d’IA générative, notamment sur de grands modèles de langage, les LLM. Si les utilisateurs humains fixent les objectifs généraux, les étapes intermédiaires que le système mobilise pour les atteindre ne sont, elles, généralement pas spécifiées.

      Ces systèmes hybrides façonnent de plus en plus le travail académique au quotidien. Les étudiants les utilisent comme compagnons d’écriture, tuteurs, partenaires de réflexion ou outils d’explication à la demande. Les enseignants s’en servent pour élaborer des grilles d’évaluation, préparer des cours ou concevoir des plans de syllabus. Les chercheurs les mobilisent pour résumer des articles, commenter des versions préliminaires, imaginer des protocoles expérimentaux ou générer du code.

      C’est ici que le débat sur la « tricherie » trouve véritablement sa place. Alors qu’étudiants et enseignants s’appuient de plus en plus sur ces outils pour se faire aider, il est légitime de s’interroger sur les formes d’apprentissage qui risquent de se perdre en chemin. Mais les systèmes hybrides soulèvent aussi des questions éthiques plus complexes.

      L’une d’elles concerne la transparence. Les chatbots d’IA proposent des interfaces en langage naturel qui rendent difficile de savoir si l’on échange avec un humain ou avec un agent automatisé. Cette ambiguïté peut être déstabilisante et source de distraction. Un étudiant qui révise pour un examen doit pouvoir savoir s’il s’adresse à son chargé de travaux dirigés ou à un robot. De même, un étudiant qui lit les commentaires sur son mémoire doit pouvoir identifier clairement s’ils proviennent de son enseignant.

      Tout manque de transparence dans ces situations risque d’aliéner les personnes concernées et de déplacer l’attention des interactions académiques : au lieu de se concentrer sur l’apprentissage, on se focalise sur les outils ou la technologie qui le médiatisent. Des chercheurs de l’Université de Pittsburgh ont montré que ces dynamiques suscitent chez les étudiants des sentiments d’incertitude, d’anxiété et de méfiance. Des effets loin d’être anodins.

      Une deuxième question éthique touche à la responsabilité et au crédit intellectuel. Si un enseignant utilise l’IA pour rédiger un sujet et qu’un étudiant s’appuie lui aussi sur l’IA pour produire sa réponse, qui évalue qui – et qu’est-ce qui est réellement évalué ? Si les retours sont en partie générés par une machine, qui est responsable lorsqu’ils induisent en erreur, découragent ou intègrent des présupposés invisibles ? Et lorsque l’IA contribue de manière substantielle à une synthèse de recherche ou à la rédaction d’un article, les universités devront établir des normes plus claires en matière d’autorat et de responsabilité – pas seulement pour les étudiants, mais aussi pour les enseignants-chercheurs.

      Enfin se pose la question cruciale de la « décharge cognitive ». L’IA peut réduire les tâches fastidieuses, et cela n’a rien de problématique en soi. Mais elle peut aussi détourner les utilisateurs des étapes de l’apprentissage qui construisent réellement les compétences : formuler des idées, traverser des moments de confusion, retravailler un brouillon maladroit, apprendre à repérer ses propres erreurs.
      Agents autonomes

      Les transformations les plus profondes pourraient venir de systèmes qui ressemblent moins à des assistants qu’à de véritables agents. Si les technologies pleinement autonomes relèvent encore en partie de l’aspiration, l’idée d’un « chercheur en boîte » – un système d’IA agentique capable de mener des études de manière indépendante – devient de plus en plus crédible.

      Ces outils dits agentiques sont présentés comme susceptibles de « libérer du temps » pour des activités mobilisant davantage des capacités humaines, comme l’empathie ou la résolution de problèmes. Dans l’enseignement, cela pourrait signifier que les enseignants continuent d’assurer les cours au sens formel, mais que la majeure partie du travail pédagogique quotidien soit déléguée à des systèmes optimisés pour l’efficacité et le passage à l’échelle. En recherche, l’avenir semble appartenir aux systèmes capables d’automatiser toujours davantage le cycle scientifique. Dans certains domaines, cela prend déjà la forme de laboratoires robotisés fonctionnant en continu, capables d’automatiser une grande partie des expérimentations et même de sélectionner de nouveaux tests à partir des résultats précédents.

      À première vue, cela peut sembler être un gain intéressant de productivité. Mais les universités ne sont pas des usines à produire de l’information : ce sont des communautés de pratique. Elles reposent sur un vivier de doctorants et de jeunes chercheurs qui apprennent à enseigner et à faire de la recherche en participant eux-mêmes à ces activités. Si des agents autonomes absorbent une part croissante des tâches « routinières » qui constituaient historiquement des portes d’entrée dans la carrière académique, l’université pourra continuer à produire des cours et des publications – tout en fragilisant silencieusement les structures d’apprentissage qui permettent, dans la durée, de former l’expertise.

      La même dynamique touche les étudiants de premier cycle, sous une forme différente. Lorsque des systèmes d’IA peuvent fournir à la demande des explications, des brouillons, des solutions ou des plans de révision, la tentation est grande de déléguer les aspects les plus exigeants de l’apprentissage. Pour l’industrie qui promeut l’IA dans les universités, ce type d’effort peut apparaître comme « inefficace » – et l’on pourrait penser que les étudiants gagneraient à laisser la machine s’en charger. Mais c’est précisément dans cette confrontation à la difficulté que se construit une compréhension durable. La psychologie cognitive a montré que les étudiants progressent intellectuellement en rédigeant, en révisant, en échouant, en recommençant, en affrontant la confusion et en retravaillant des arguments faibles. C’est cela, apprendre à apprendre.

      Pris ensemble, ces évolutions suggèrent que le principal risque lié à l’automatisation dans l’enseignement supérieur ne réside pas seulement dans le remplacement de certaines tâches par des machines, mais dans l’érosion plus profonde de l’écosystème de pratiques qui, depuis longtemps, soutient l’enseignement, la recherche et l’apprentissage.
      Un tournant risqué

      À quoi servent les universités dans un monde où le travail intellectuel est de plus en plus automatisé ?

      Une première réponse consiste à voir l’université avant tout comme une machine à produire des diplômes et des connaissances. Dans cette logique, la question centrale devient celle des résultats : les étudiants obtiennent-ils leurs diplômes ? Des articles sont-ils produits ? Fait-on des découvertes ? Si des systèmes autonomes peuvent générer ces résultats plus efficacement, alors l’institution a toutes les raisons de les adopter.

      Mais une autre réponse considère l’université comme bien davantage qu’une simple machine à produire des résultats. Elle reconnaît que la valeur de l’enseignement supérieur réside en partie dans l’écosystème lui-même : le continuum d’opportunités grâce auquel les novices deviennent experts, les structures de mentorat au sein desquelles se forment le jugement et le sens des responsabilités, et une conception pédagogique qui valorise l’effort et la confrontation à la difficulté plutôt que leur élimination au nom de l’efficacité.

      Dans cette perspective, l’enjeu n’est pas seulement de savoir si des connaissances et des diplômes sont produits, mais comment ils le sont – et quels types de personnes, de compétences et de communautés se construisent au passage. L’université y apparaît comme un écosystème dont la mission est, ni plus ni moins, de former durablement l’expertise et le discernement humains.

      Dans un monde où le travail intellectuel est lui-même de plus en plus automatisé, les universités doivent, selon nous, s’interroger sur ce qu’elles doivent à leurs étudiants, à leurs jeunes chercheurs et à la société qu’elles servent. Les réponses à ces questions détermineront non seulement la manière dont l’IA sera intégrée, mais aussi ce que deviendra l’université contemporaine.

      https://theconversation.com/le-plus-grand-danger-de-lia-a-luniversite-nest-pas-la-triche-cest-l
      #tricherie

  • Une pétition veut interdire les lunettes connectées en Suisse
    https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/une-petition-veut-interdire-les-lunettes-connectees-en-suisse-29332380.html

    Une pétition demande au Conseil fédéral d’interdire la vente des lunettes connectées. En deux jours, elle a déjà récolté plus de 10’000 signatures. Les pétitionnaires soulignent le risque d’être filmé ou enregistré à son insu.

    « Pas de joujou pour les stalkers ». Le slogan donne le ton. Les pétitionnaires craignent que ces lunettes ne deviennent l’outil rêvé des voyeurs.

    Les abus existent déjà. En Allemagne, des femmes ont été filmées contre leur gré, avant de retrouver les images sur les réseaux sociaux. Les enfants sont aussi au centre des inquiétudes, notamment dans les piscines et les vestiaires.

  • Yvette Roudy, ancienne ministre des « Droits de la femme » de Mitterrand est morte à l’âge de 97 ans - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/politique/assemblee-nationale/yvette-roudy-ancienne-ministre-des-droits-de-la-femme-de-mitterrand-est-mor

    La cause des femmes aura été, jusqu’au bout, sa boussole. Yvette Roudy s’est éteinte ce mardi 18 août à l’âge de 97 ans. En 1981, cette socialiste normande est nommée par François Mitterrand à la tête du premier ministère de l’histoire française consacré aux Droits de la femme (1981-1986).

    La nouvelle présidence envoie ainsi valdinguer le précédent intitulé – secrétariat d’État à la Condition féminine et à la famille – et ses relents gaullo-giscardiens très « vieille France ». À ce poste, Yvette Roudy marque de son empreinte plusieurs textes majeurs, parmi lesquels la loi sur l’égalité professionnelle de 1983 (dite loi Roudy), le remboursement partiel de l’IVG et l’instauration du 8 mars comme Journée des droits des femmes.

    À l’époque, l’entrée au gouvernement de cette féministe, signataire en 1971 du « Manifeste des 343 salopes », signe un changement de perspective. Mais pour Yvette Roudy, rien n’est allé de soi : la jeune fille, née Saldou en 1929 à Pessac, en Gironde, grandit dans un milieu ouvrier et perd sa mère à l’âge de 12 ans. À 17 ans, elle se retrouve contrainte de travailler comme dactylographe dans une conserverie de poisson.

    Son père lui refuse le droit de poursuivre ses études après l’obtention de son certificat. « En vérité, c’est grâce à lui que je suis devenue féministe, je crois ! » dira Yvette Roudy des années plus tard. Malgré cette chape de plomb d’une famille fidèle à la France conservatrice des années 1950, la jeune femme refuse de renoncer à une carrière professionnelle. En Écosse, où elle vit un temps avec son mari, elle prend des cours par correspondance pour passer son baccalauréat.
    À l’origine du « Manifeste pour la parité »

    De retour en France en 1955, le couple Roudy s’installe Paris et Yvette passe l’épreuve. C’est là qu’elle rencontre l’écrivaine Colette Audry, ancienne résistante et vice-présidente du Mouvement démocratique féminin (MDF). Elle y adhère et traduit même la Femme mystifiée, l’ouvrage de la célèbre féministe américaine Betty Friedan. En 1973, elle rend donc public son avortement en figurant parmi les 343 signataires du manifeste de Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir, dans une société où l’avortement, toujours considéré comme un crime, est puni par la loi.

    Au PS, elle soutient François Mitterrand, détonne en faisant le lien entre féminisme et socialisme, sans toutefois remettre en cause le système capitaliste, dont elle s’accommode. « Seulement, le socialisme a été conçu, théorisé, élaboré par des hommes qui sont naturellement imprégnés de toute une idéologie patriarcale », nuançait-elle.

    Députée européenne (1979-1981), elle est à l’origine de la publication dans l’Express du « Manifeste pour la parité », cosigné notamment par Simone Veil, visant à établir une parité stricte dans les partis politiques, à l’Assemblée et au gouvernement. Sur le front économique, elle donne son nom, en 1983, à la première loi sur l’égalité professionnelle. Le but ? Limiter un certain nombre de disparités de genre (écarts de salaires, temps partiel occupé majoritairement par des femmes, omniprésence des hommes aux postes à responsabilité). Le texte veut aussi offrir aux syndicats la possibilité de négocier au sein de chaque entreprise des « plans d’égalité ». Dans le sillage de son engagement pour l’IVG, en 1981, elle propose le remboursement total de cette dernière par la Sécurité sociale.

    Mais la ministre des Droits de la femme se heurte vite au machisme : « J’ai failli y laisser ma peau », confiait-elle à l’Humanité, en 2019. François Mitterrand s’y oppose dans un premier temps. Elle essuie une pluie de critiques, venues de tous les horizons. « Qu’ils soient religieux, politiques, de droite ou même de gauche. Je les entends encore : ”Ce n’est pas à l’État de payer pour leurs erreurs (celles des femmes) !”, ”L’avortement ne doit pas devenir un moyen de contraception !”, ”Si on rembourse tout, les femmes ne seront jamais responsables d’elles-mêmes !” (…) Inutile de préciser que jamais, dans ces débats, n’étaient évoqués la masculinité, le refus des hommes de se protéger, le préservatif et ses possibles défaillances », retraçait-elle en 2020 dans son ouvrage Lutter toujours (Robert Laffont).
    « Il y a aujourd’hui un mouvement social très hostile au féminisme »

    Yvette Roudy va défier cette misogynie et maintenir la pression sur François Mitterrand. Pour elle, le remboursement total de l’IVG est une question de justice sociale. Les femmes précaires n’ont pas les moyens de payer un médecin, ni de faire des kilomètres en voiture ou en train pour trouver un hôpital pratiquant cet acte médical. Sensible à cet argument, l’ancien président de la République finira par accepter un remboursement de l’avortement à hauteur de 75 % par la Sécurité sociale. En 1982, les députés socialistes et communistes permettent l’adoption du texte.

    Yvette Roudy remporte une bataille, mais pas la guerre. En 1983, après un nouveau déferlement de haine misogyne à son encontre, elle échoue à faire adopter son projet de loi antisexiste qui concerne la représentation des femmes dans la publicité. Surtout, la loi non contraignante de 1983 sur l’égalité professionnelle est loin d’avoir supprimé les écarts salariaux entre les femmes et les hommes. L’une de ses dispositions phares, le rapport sur l’égalité hommes-femmes obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés, a même été supprimée… Sous François Hollande.

    « Il faut que les femmes se mobilisent (pour l’égalité salariale), déclarait-elle dans nos colonnes en 1999. Qu’elles entreprennent des actions auprès du gouvernement comme savent le faire les agriculteurs et les chasseurs. Les Françaises sont trop gentilles. En politique, ce sont les rapports de force qui comptent. »
    « Le remboursement de l’IVG, la parité, l’égalité pro c’est elle »

    Sur la parité, la situation a évolué dans le bon sens, mais des freins structurels persistent : les partis politiques, de gauche et surtout de droite, continuent d’investir des candidates dans des circonscriptions ingagnables. De #MeToo, qu’elle soutenait, au retour de bâton sexiste, Yvette Roudy était consciente que la lutte devait se mener tous les jours, sur tous les fronts. Dans l’Humanité, en 2019, la socialiste passait le témoin : « Il y a aujourd’hui un mouvement social très hostile au féminisme, mais j’ai fait ma part, je me suis battue, je laisse les nouvelles féministes faire le travail. »

    Plus récemment, en 2019, Yvette Roudy, se revendiquant du féminisme universaliste, s’est distinguée par ses positions controversées sur le voile dont elle souhaitait interdire le port. « Elle n’existe plus la gauche, déclarait-elle dans un entretien accordé au Point. En ce qui concerne la laïcité, il est clair que la gauche n’a pas les idées claires sur ce sujet. Elle n’écoute pas les vraies féministes, qui pourraient lui expliquer que le voile représente un grand recul et qu’il ne faut pas être dupe ».

    À l’annonce de son décès, l’Assemblée des femmes, association qu’elle a elle-même créée, dont l’objectif est d’inscrire la parité dans la Constitution et les institutions, a salué « une très grande femme politique » : « le remboursement de l’IVG, la parité, l’égalité pro c’est elle ». « Dans un univers masculin et misogyne, déterminée et habile, elle a imposé ses combats. Son dernier livre s’intitulait « lutter toujours ». C’est ce que nous ferons, avec l’Assemblée des femmes qu’elle a créé et que j’ai l’honneur de présider aujourd’hui », a réagi Laurence Rossignol, sénatrice socialiste du Val-de-Marne.

    « Féministe, socialiste, femme de convictions et de combats, elle n’a jamais cessé de défendre ses idées, a salué l’ancien président de la République, François Hollande. Je salue sa mémoire et adresse mes pensées à sa famille et à ses proches ».

    Le fondateur de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui aussi fait part de sa « tristesse ». « Puisse sa mémoire rester vivante comme symbole des militantes qui ont assuré l’éveil à la conscience féministe de nombre de femmes par son exemple et de nombre d’hommes par ses interventions », a-t-il communiqué sur X.

    Najat Vallaud-Belkacem, ex-ministre socialiste, a aussi présenté ses « condoléances à ses proches et à tous ceux qui l’ont aimée » : « J’en faisais partie et n’ai jamais rien oublié des combats qu’elle a menés et des portes qu’elle a ouvertes pour toutes les autres ».

  • De ce côté-ci de l’Éden : Marx et la critique du religionnisme, par Ernst Lohoff - Palim Psao
    https://www.palim-psao.fr/2026/08/de-ce-cote-ci-de-l-eden-marx-et-la-critique-du-religionnisme-par-ernst-lo

    Le reproche de « faire abstraction du cours de l’histoire » n’est pas fortuit ici, et il ne vise pas uniquement Feuerbach et son argumentation ouvertement anthropologique ; il renvoie bien davantage à la différence fondamentale entre la critique de la religion dans son ensemble, animée par l’esprit des Lumières, et la perspective sous laquelle la théorie marxiste appréhende les phénomènes religieux. La critique de la religion, avant comme après Marx, a toujours fait découler le besoin de recourir à une instance surnaturelle de la conditio humana. Cela implique tout d’abord une déshistoricisation, dans la mesure où l’on attribuait au religieux une source inépuisable. La critique classique de la religion misait sur le progrès de « la raison » et espérait que celle-ci dissuaderait de plus en plus les hommes, à l’avenir, de céder à leurs penchants religieux irrationnels ; elle n’envisageait toutefois pas la disparition de ces penchants. Il en va autrement chez Marx : en déplaçant l’origine du besoin religieux de l’individu vers l’ensemble des rapports sociaux, la croyance en « l’Éternel » devient en principe un phénomène éphémère. Elle est apparue au cours de l’évolution sociale et peut donc également perdre son objet et se dissoudre. Mais ce n’est en aucun cas tout. Si l’on prend au sérieux l’approche marxiste, on constate qu’elle jette également sur l’histoire interne du religieux un éclairage radicalement différent de celui de la critique classique de la religion.

    […]

    Si l’on s’en tient, en revanche, à la critique marxiste de la « trinité impie » du fétichisme de la marchandise, de l’argent et du capital, alors la métaphysique descend du ciel de l’esprit pour s’incarner dans les choses, et c’est précisément pour cette raison que le capitalisme doit être surmonté. Sous le capitalisme, le produit du travail humain se transforme, de manière absurde, en une « chose très alambiquée, pleine de subtilités métaphysiques et de caprices théologiques » (MEW 23, p. 85), tandis que les êtres humains, en contrepartie, se transforment en « masques économiques », en « personnifications des rapports économiques » (MEW 23, p. 100).

    La perspective émancipatrice change ainsi de manière décisive par rapport aux propos du jeune Marx. La libération sous le signe de la critique du fétichisme ne peut signifier que l’élimination de cet état aberrant de domination réifiée. Les êtres humains se libèrent en dépouillant les produits de leurs mains de leur caractère suprasensible et en les transformant en simples choses sensibles. Pour cela, ils doivent réorienter leurs rapports sociaux et en venir à interagir en tant qu’individus sociaux, plutôt qu’en tant qu’individus isolés. Mais il s’agit là d’un programme tout à fait différent de celui de la réalisation d’une quelconque « essence générique ». Du point de vue de la critique du fétichisme, penser l’émancipation, c’est penser de manière antimétaphysique. Le rêve communiste, c’est le rêve de la fin du cauchemar de la métaphysique-réelle de la domination réifiée, le rêve d’un « ici-bas » strictement terrestre.

    […]

    La pensée dominante tient avant tout à éviter de s’interroger sur le lien intrinsèque entre l’émergence d’un nouveau militantisme religieux épris d’apocalypse et les formes spécifiques de folie propres à la subjectivité postmoderne. Le moyen le plus simple d’y parvenir consiste toutefois à déclarer que les fanatiques néoreligieux d’obédience évangélique, islamiste ou hindouiste sont, dans leur manière de penser et de ressentir, de véritables fossiles vivants. Marx insiste, en revanche, sur le fait que même la pensée à connotation religieuse doit s’expliquer à partir du contexte des rapports sociaux dans lesquels elle s’inscrit, et en aucun cas de manière transhistorique. À cet égard, son approche offre une contre-perspective au discours dominant, qui archaïse les formes les plus effrayantes de la subjectivité moderne et s’en sert ainsi pour présenter sous un jour favorable le mode de vie et le système économique en vigueur.

    […]

    La nouvelle religiosité, quant à elle, ne revient en aucune manière sur ce transfert de la toute-puissance divine. La variante individualiste de la néoreligiosité, l’ésotérisme, est déjà révélatrice à cet égard. Les adeptes de l’ésotérisme agissent comme de prétendus « super-individus ». Il ne leur suffit pas de s’emparer du monde avec leurs facultés intellectuelles limitées et leur pouvoir d’achat restreint ; ils veulent également mobiliser des forces spirituelles à des fins personnelles. En conséquence, non seulement ils commandent sur Amazon comme tout un chacun, mais ils ne jurent que par les « commandes passées auprès de l’Univers », sans frais de port, qui, selon le texte de présentation du livre du même nom, livrent « le partenaire de rêve, l’emploi de rêve ou l’appartement de rêve et bien plus encore » franco domicile ‒ à condition de maîtriser la bonne technique de visualisation. De même, les courants fondamentalistes ne rétablissent en aucun cas l’ancienne croyance en l’insondabilité de la volonté divine ; au contraire, Dieu est mis au service des prétentions à la toute-puissance des communautés fondamentalistes. À cet égard, les « religionismes » de notre époque sont bien plus proches des religions classiques de ce monde que sont le socialisme et le nationalisme que de la religiosité prémoderne à laquelle ils se réfèrent officiellement.

    #Ernst_Lohoff #Karl_Marx #Ludwig_Feuerbach #religion #religionisme #critique_de_la_religion #philosophie #métaphysique #histoire #matérialisme

  • Courts Find Platforms Addictive and Dangerous by Design
    https://techpolicy.press/courts-find-platforms-addictive-and-dangerous-by-design

    In a landmark ruling last Thursday, a New Mexico judge not only ordered #Meta to pay an additional fine of more than half a billion dollars in a case about teen mental health and child exploitation but also imposed a slew of safety measures aimed at mitigating harmful design features that could have repercussions for child safety everywhere. The fine—in what appears to be the first case in which a #platform has been determined to be a “public nuisance”—will not go to the state’s coffers, but to therapists, screening, and treatment for the teenagers New Mexico says Instagram already hurt. Courts tend to write remedies like that when they’ve decided the harm wasn’t an accident but rather part of a company’s business plan.

    While Meta says it will appeal, the ruling could set a precedent with consequences not only for the parent company of Instagram and #Facebook but also for other social media companies. Especially since this is only one of many cases that 41 state attorney generals have filed against Meta for addiction and harm, and a #California district court denied a preliminary injunction sought by #Meta, #Google, and #TikTok on #First_Amendment grounds to prevent enforcement of the state’s Protecting Our Kids from Social Media Addiction Act.

  • Pourquoi les canicules se répètent-elles en France ? Les questions suscitées par une succession inédite de vagues de chaleur
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/08/14/pourquoi-les-canicules-se-repetent-elles-en-france-les-questions-posees-par-

    La récurrence de ces situations de « blocage », où un anticyclone stationne pendant une longue période sur une zone et y entrave l’arrivée des vents d’ouest, est au centre de nombreux travaux. Parmi d’autres, une étude conduite en 2025 par les climatologues Michael Mann et Xueke Li (université de Pennsylvanie) a mis en évidence les liens entre l’installation de ces « dômes de chaleur » et la déstabilisation du courant-jet (ou jet-stream) de l’hémisphère Nord – un « fleuve d’air » qui souffle d’ouest en est à une dizaine de kilomètres d’altitude, et qui sépare les masses d’air froid des hautes latitudes à celles, plus chaudes, des zones tempérées.

    Or le réchauffement plus rapide de l’Arctique contribue à « détendre » ce courant-jet, qui forme alors de grands méandres. Sous certaines conditions, ces ondulations peuvent devenir stationnaires et stagner au-dessus de l’Europe ou de l’Amérique du Nord, favorisant l’installation d’un anticyclone de blocage. Et les calamités qui vont avec. Pour Michael Mann, « de nombreux événements météorologiques estivaux parmi les plus persistants et extrêmes, mais pas tous, sont de cette nature ». Or, ajoute le chercheur américain, « les modèles actuels ne parviennent pas à capturer correctement ce genre d’événements ».

    D’autres équipes associent ces « ondulations » du courant-jet de l’hémisphère Nord à la présence d’une anomalie froide de l’Atlantique, en mer du Labrador, l’une des seules zones de la planète qui se refroidit malgré le réchauffement. L’interprétation de ce cold blob (bulle froide) est discutée. Pour certains chercheurs, c’est le signe d’un ralentissement du système de #courants_marins de l’Atlantique nord, qui transfère d’immenses quantités de chaleur du golfe du Mexique vers le nord de l’Europe de l’Ouest. Avec l’affaiblissement de ces courants – attendu dans un monde plus chaud –, la température des eaux au sud-est de l’Islande serait engagée dans une baisse tendancielle. Or, dit le climatologue Stefan Rahmstorf, « des études ont mis en évidence une forte corrélation entre ce cold blob de l’#Atlantique et les fortes chaleurs estivales en Europe ». « Compte tenu de ce lien, ajoute-t-il, on peut s’attendre à ce que l’#Europe continue de connaître des #vagues_de_chaleur plus fréquentes que les autres régions terrestres des latitudes moyennes. »

    Dans un célèbre article publié en 1987, par la revue Nature, le grand géophysicien et océanographe Wallace Broecker (1931-2019), de l’université Columbia, alertait ses pairs d’une sous-estimation des liens entre le climat et l’océan, montrant que les perturbations des courants marins pouvaient être associées à des changements du climat « abrupts plutôt que graduels ».

    https://justpaste.it/g7k98

    #climat #changement_climatique #océans #canicules #dômes_de_chaleur #jet_stream #anticyclone_de_blocage #cold_blob

  • Dans les méandres de l’affaire Epstein
    https://www.youtube.com/watch?v=kCFWDyMnHJ0&t=83s

    Comment l’équipe de « Mediapart » s’est-elle saisie des documents Epstein et a-t-elle enquêté sur les ramifications en France du réseau construit au fil des années par le financier états-unien ? Discussion avec trois journalistes qui ont travaillé sur ces pièces, lors du Mediapart Festival le 6 juin.

    Le 30 janvier 2026, en fin de journée, le département de la justice des États-Unis publiait trois millions de documents du dossier Epstein, ce criminel sexuel new-yorkais qui s’est suicidé en prison en 2019. À 18 h 36, François Bougon, journaliste au service international de Mediapart, envoyait l’article du New York Times relayant l’annonce à toute l’équipe par mail, assorti d’un ironique « Bon week-end ! ».

    Comment l’équipe de Mediapart a-t-elle travaillé sur ce flot de documents et sur les ramifications en France du réseau construit au fil des années par le financier états-unien ?

    Témoignages de victimes de #violences_sexuelles, révélations sur les rabatteurs du milliardaire, sur les intenses liens financiers d’Epstein avec la famille Lang, sur les échanges de messages graveleux du milliardaire avec un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, sur la proximité du financier avec l’agent de mannequins français Jean-Luc Brunel ou encore sur la constellation d’anti-#MeToo, dont Jeffrey Epstein était une des étoiles noires…

    Au fil des semaines, Mediapart a travaillé sur ces millions de files pour vérifier, recouper, approfondir les pistes transparaissant dans la correspondance du milliardaire.

    Discussion avec trois journalistes de Mediapart qui ont travaillé sur ces documents : Fabrice Arfi, François Bougon et Marine Turchi.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/280726/dans-les-meandres-de-l-affaire-epstein

    #affaire_Epstein #Epstein #Jeffrey_Epstein #VSS #Jack_Lang

  • Sans titre
    https://radioblackout.org/podcast/113976

    Puntata musicale dedicata stranamente a #cantautori e cantautrici nonchè interpreti italiane. Senza un senso logico, senza un periodo particolare. Mai fatto prima a #metix_flow, mai dato così tanto spazio alla musica cantautorale italiana. Potevamo però preparare una play list del genere scegliendo i brani più noti? No. Solo brani meno scontati. 01 – Francesco […]

    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/08/metix-flow-7-agosto-2026.mp3

  • Pour la rupture écologique : écorégions, le projet radical de Mélenchon | Claire Lejeune, Julien Théry
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/pour-la-rupture-ecologique-ecoregions-le-projet-radical-de-melenchon-clair

    Pour rompre avec la logique suicidaire du productivisme, LFI propose un nouveau découpage régional conditionné par l’objectif de la transition écologique. Les éco-régions seront définies en relation avec les équilibres environnementaux

    #Écologie #Politique

    • à 21’

      On n’a pas encore tranché le sujet de la cartographie à ce stade. Et donc la carte qui a été présentée par Jean-Luc Mélenchon, c’est une des hypothèses possibles. Mais il pourrait aussi y avoir une cartographie qui suive les bassins versants de rivières, et donc ça correspondrait davantage à 23-24 écorégions qu’à 13...

      Claire Lejeune est en charge du dossier à LFI

    • Pourquoi Jean-Luc Mélenchon et LFI proposent de « restructurer les régions françaises autour des fleuves » – franceinfo
      https://www.franceinfo.fr/environnement/actions-ecologiques/jean-luc-melenchon-et-lfi-veulent-restructurer-les-regions-autour-des-fle

      Dans le projet imaginé par le binôme, les limites des nouvelles collectivités seraient calquées sur celles des 24 sous-bassins qui structurent la métropole. « Les fleuves, les rivières et les affluents déterminent des formes de paysage et des géologies spécifiques. Mais aussi différents types d’organisation de l’activité et de l’installation humaine, justifie Claire Lejeune. Ça donne donc une cohérence en termes de protection des rivières et des fleuves tout le long de leurs tracés. »

    • Hello ! ah non, je n’ai pas suivi ni étudié leur projet, mais il faudrait que je le fasse et que je confronte leurs idées avec mon petit background de géographie régionale. J’ai passé les 5 années de mes études de géo avec des géographes qui discutaient de la taille pertinent et des paramètres qui faisait une région la plus gouvernable. Et on a fait plu d’une analyse multifactorielle :-) sur cette question, en fait complètement fascinante et qui me donne une idée pour un billet visionscarto d’ailleurs.

      Merci pour l’inspiration !

    • J’essaie de mettre ci-dessous quelques idées, un peu en vrac (veuillez en excuser) et rapidement...

      L’origine de cette idée est intéressante. Le concept de #biorégion (pensé comme #bassin_versant) est né aux Etats-Unis à la fin des années 1970 sous la plume de #Peter_Berg et #Raymond_Dasmann. C’est le texte fondateur du #biorégionalisme (aujourd’hui très à la mode en Italie, par ailleurs, voir notamment #Alberto_Magnaghi) :
      https://cascadiaunderground.org/reinhabiting-california

      Le mouvement biorégionaliste se rattache à la #deep_ecology, qui a connu des dérives racistes... en effet, on tombe vite dans « tout ce qui est de la biorégion est bon, tout ce qui vient de l’extérieur est mauvais », pour la faune et la flore, mais aussi pour les êtres humains.

      Personnellement, je ne pense pas que la solution est dans les « bonnes frontières », je ne pense pas que les « bonnes frontières » existent, les découpages sont toujours arbitraires, toujours « artificiels », la question est politique, et ce qui doit guider c’est le projet commun à l’intérieur du découpage choisi et en lien (de manière non coloniale, non violente, non extractiviste, etc.) avec les autres territoires.

      Des chercheureuses ont fait des analyses critiques intéressantes du concept.

      Meredith fait une critique en 6 points du biorégionalisme, dont le danger des dérives fascistes :

      The micro-regional focus of bioregionalism is a small unit of physical space, typically a watershed region. In bioregional discourse, natural systems become metaphors for cultural coherence. However, when we look for laws embedded in the natural world, those that are found do not then reveal themselves as principles which apply to systems of culture. Further, within most individuals, the sense of regional identity spans several scales because our past narratives and present affiliations span several localities. Humans are not immersed in singular niches, nor is the bioregionalist an existential, primordial localist, for his or her choice has been crafted.

      https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13668790500115755

      Olsen en a également fait une critique dans un autre article scientifique :
      The Perils of Rootedness : On Bioregionalism and Right Wing Ecology in Germany

      https://www.jstor.org/stable/43324334

      Sur les #frontières_artificielles (en Afrique) l’édifiante analyse de #Camille_Lefebvre :
      https://seenthis.net/messages/868129#message868130

      Et aussi cet autre article édifiant de Gonon et Lasserre :
      Une critique de la notion de frontières artificielles à travers le cas de l’Asie centrale

      Depuis la disparition de l’URSS, en 1991, l’Asie centrale est partagée entre cinq États. Complexes, ses frontières sont passées brutalement du statut de frontières intérieures à celui de frontières internationales. Certains auteurs n’hésitent pas à recourir à la catégorie de « frontière artificielle » pour les décrire. Pourtant, ce concept est fort réducteur et contestable, tout autant que celui de « frontière naturelle » : tous les deux renvoient à des représentations très idéologiques des frontières étudiées. Par ailleurs, l’histoire des tracés témoigne des préoccupations qui ont présidé au découpage de l’Asie centrale à l’époque soviétique : elle révèle des critères de gestion qui ne font pas des frontières de l’Asie centrale des tracés ontologiquement différents des autres frontières du monde. Les États nouvellement indépendants d’Asie centrale ont, certes, hérité de frontières complexes, mais la question de leur gestion pacifique relève beaucoup plus des volontés politiques des gouvernements que d’une prétendue nature artificielle des tracés.

      https://www.erudit.org/fr/revues/cgq/2003-v47-n132-cgq720/008090ar

      >> En gros, je pense que c’est une illusion et une idée simpliste celle de croire qu’on peut résoudre les problèmes écologiques (mais également sociaux et politiques) juste en déplaçant les frontières.

      #écorégions

    • Une réponse plus structurée de #Frédéric_Giraut :

      Le géographe Frédéric Giraut réagit aux « écorégions » promues par Jean-Luc Mélenchon : « Le biorégionalisme ne peut penser la question urbaine et migratoire autrement qu’en termes négatifs »

      La proposition du candidat « insoumis » à l’élection présidentielle de redessiner la carte de France autour de 13 nouvelles zones s’inscrit dans une tradition de pensée qui fait primer les données naturelles et de supposés héritages culturels sur les réalités sociales et économiques, estime le géographe dans une tribune au « Monde ».

      La proposition de revoir le gabarit et la taille moyenne des régions françaises n’apparaît pas comme exaltante pour une campagne électorale présidentielle, sauf à la lier à une philosophie du rapport à l’#environnement. C’est ce que propose Jean-Luc Mélenchon en s’inscrivant dans un courant idéologique états-unien, celui du biorégionalisme.
      En effet, c’est dans le contexte américain, c’est-à-dire d’une société de pionniers, qu’a été formalisé dans les années 1970 ce courant de réforme radicale et utopiste, antimoderne et anti-urbain. Il propose de substituer au découpage en Etats fédérés, largement fondé sur des blocs géométriques constitués au fur et à mesure de la conquête, un découpage naturel censé être également plus proche des cadres de peuplement amérindiens.
      Il s’agit, autrement dit, de retrouver une logique territoriale organique pour effacer le cadre abstrait imposé par la colonisation, et fonder une société régionale solidaire, en harmonie avec les cadres de vie à préserver. La figure la plus fameuse d’une telle écorégion est la #Cascadia, qui réunirait des espaces de la côte Pacifique jusqu’au cœur des Rocheuses à cheval sur la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. C’est donc aussi le cadre national qui est remis en cause dans une sorte de panaméricanisme de petites éco-nations.

      Ce courant de pensée utopiste, jamais repris par les grands partis, postule l’#autarcie comme idéal social et environnemental. Il a certainement le mérite de pousser à prendre en compte les #bassins_versants [ensembles naturels drainés par un fleuve ou une rivière avec les crêtes ou les lignes de partage des eaux comme frontières] et les massifs comme des entités incontournables pour une gestion environnementale, au-delà du seul aménagement des fleuves par les grands travaux, et de mettre en débat les logiques productivistes, extractivistes et fonctionnalistes. Mais il ne peut penser la question urbaine et migratoire autrement qu’en termes négatifs. C’est bien là sa limite fondamentale, y compris pour les projets politiques transformateurs, décoloniaux et écologistes.

      En Europe, la #régionalisation, ou division des territoires en régions, a combiné références historiques héritées et aires de polarisation des grandes villes, ceci aussi bien dans les systèmes fédéraux, régionalistes que centralisés. Le biorégionalisme reste cantonné aux questions de gestion des ressources naturelles, avec notamment les agences de l’eau françaises (ex-agences de bassins) qui constituent un modèle et se déclinent au niveau local en périmètres de contrats de rivière ou de milieu.

      Mais vouloir faire du bassin versant l’alpha et l’oméga de l’#organisation_territoriale régionale promeut cette figure « naturelle » hors de sa fonction actuelle. Elle devient alors une alternative radicale à l’organisation territoriale fondée sur des solidarités historiques et culturelles et sur des réalités fonctionnelles (emplois, transports, échanges économiques, fournitures de grands équipements) autour de #métropoles étendues et polarisantes. Ce deuxième point était au centre de la définition initiale des périmètres de régions françaises.
      Les « #métropoles_d’équilibre », dotées de grands équipements aux grandes heures de l’#aménagement_du_territoire, trônaient alors au cœur de régions polarisées, dont les dénominations ne s’interdisaient plus des références aux provinces historiques. L’agrandissement-fusion des régions en 2016 a éloigné le lien systématique à la métropole chef-lieu, mais le cadre de référence reste celui des solidarités historiques qui ont pu construire des bassins économiques couplé aux logiques métropolitaines.

      Dès lors, quel serait l’enjeu de refonder un découpage régional sur le principe biorégional ? Changer d’échelle pour concevoir la #transition_écologique impérative ? Mais cela est plus une question de changement institutionnel que de découpage, et nécessiterait plutôt d’instaurer des sortes de puissantes régions-Länder sur le modèle allemand ou régions-generalidades sur le modèle espagnol. Ceci en supprimant les départements et en instaurant une tutelle sur les municipalités. Ce n’est pas dans le projet mélenchonien.

      La #coopération_métropolitaine dans le viseur

      S’agit-il de mettre les logiques environnementales au cœur des politiques publiques ? Mais la question centrale est la question énergétique et, sauf à croire que l’on reviendra à l’âge des grands travaux hydrauliques et nucléaires de la source à l’embouchure des fleuves comme priorité d’aménagement, les enjeux sont avant tout métropolitains, qu’il s’agisse du logement et des systèmes de mobilités décarbonées.

      Or, dans le découpage esquissé en écorégions, les cadres départementaux subsistent et des espaces métropolitains sont éclatés entre plusieurs régions, comme la métropole lyonnaise et la partie française de l’aire genevoise notamment, ou restent coupés de leur arrière-pays comme Nantes, ou encore sont dissous dans un gigantesque ensemble comme la région parisienne rattachée aux confins normands bien éloignés de la Seine.

      Outre ces aspects liés au découpage, une telle réforme attaquerait avant tout l’idée de gouvernement métropolitain, qui a déjà tant de mal à exister en France. La proposition mélenchonienne rejoint, par cet aspect, la vision territoriale de la droite et de l’extrême droite, qui ont également la coopération métropolitaine dans le viseur. Ceci pour des raisons très différentes : promotion de clubs de communes nanties, refus des solidarités dans l’allocation des ressources et de la localisation des équipements, et plus fondamentalement croyance dans l’idéologie de la fragmentation concurrentielle des aires urbaines par « communautés d’intérêts » avec recours massif aux services privés à la carte.

      A d’autres échelles, on sait la pensée de Jean-Luc Mélenchon adepte de concepts « réalistes », qui expliquent les logiques géopolitiques par les seuls rapports de force et les supposées légitimités culturelles de grandes puissances. Particulièrement celui de « zone tampon légitime » pour certains impérialismes, à condition qu’ils s’appuient sur l’argument de la proximité culturelle et historique.

      Ainsi, le Donbass et une bonne partie des pays baltes pour la Russie ou Taïwan pour la Chine, et leurs millions de citoyens, pourraient légitimement basculer dans les pires dictatures en exercice à l’issue de « conférences des frontières ». Celles-ci étant forcément dominées par ces mêmes concepts réalistes censés fonder les principes de légitimité indépendamment du droit international et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. On pense alors aux funestes expériences qui constituent les modèles : Berlin (1885), Yalta (1945) ou récemment Dayton pour la Bosnie-Herzégovine (1995) et ses déplacements de population.

      La campagne sera territoriale à toutes les échelles, et certaines convergences paradoxales sont à noter. A la social-démocratie maintenant de décliner son projet territorial et environnemental loin des facilités simplificatrices qui pourraient dissoudre les rares cadres métropolitains de redistribution et de planification de la transition, et loin du fantasme mortifère des zones tampons impérialistes légitimes.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/22/le-geographe-frederic-giraut-reagit-aux-ecoregions-promues-par-jean-luc-mele

    • Je ne suis pas sur qu’une fois au pouvoir, ils veuillent le faire.

      Et si j’ai bien compris, c’est pas un découpage uniquement selon les bassins versants (t’as vu la gueule des formes que ca fait), ca prend en compte plus de critères (comme les bonnes vieilles distances aux sous préfectures, mais de nos jours, on s’en fout. Et puis on accepte que les gens fassent 200km pour un hôpital, alors ... (troll) ).
      C’est plus dans le cadre d’une grande décentralisation. Si des régions doivent s’auto gérer, alors autant de pas leurs donner de contraintes trop artificielles.
      Déjà, ils veulent garder les départements (pas vu d’avis contraire). Or les départements de Napoléon ont souvent leurs limites sur les courts d’eau, donc ca contredit la création de zone par bassin versant.

      Je suis surpris que ca prenne une tournure fasciste directement. A croire que tout peut devenir fasciste quand c’est utilisé par des fascistes. Limite vs frontière...

      Mais je pense qu’ils vont dérouler tout le programme de la FI au fil des mois avant les elections, surtout pour montrer qu’ils ont bossé.
      Et ils commencent par les sujets sûrement les moins névralgiques. Y’en a au moins 40... on a le temps.
      https://melenchon2027.fr/livrets-2022

    • Pour moi l’objectif 1 de ce projet, c’est de faire rallier EELV rapidement pour enfoncer le clou de « la gauche c’est nous et c’est nous qu’on a une dynamique de rassemblement », pour le vote utile y compris législatives. Objectif électoral à court terme.

      L’objectif 2, c’est de faire sauter les baronnies LR et PS et que LFI (+ verts) gagnent une poignée de régions. C’est un projet qui va pousser encore plus le PS à s’allier avec LR pour les achever. Une telle refonte entraînerait au passage le rebrassage de gouvernance des agences de l’eau, ARS, CA d’hôpitaux, chambres consulaires, PNR, ONF, etc... Sans compter que la redéfinition des compétences régionales entraîne un redispatching de compétences sur les autres échelons (départements : lycées, formation et développement économique par ex...). Objectif électoral à moyen et long terme.

      Le reste c’est les objectifs tertiaires, mais de façade (résilience et régénération, air, santé...) Objectifs politiques. Mise en œuvre et efficacité pas garantie, c’est un euphémisme.

      M’enfin dans le contexte de verrouillage socio technique et politico économique dans lequel nous baignons et qui nous mène à l’extinction, je trouve ça sympa des gens qui veulent faire (un peu) bouger les lignes du business as usual. Pas de quoi sauter au plafond, mais sympa.

    • Écorégions : pourquoi Mélenchon veut redécouper la France

      https://reporterre.net/Ecoregions-pourquoi-Melenchon-veut-redecouper-la-France

      Le principe posé, à quoi ressembleraient exactement ces écorégions ? S’il est encore trop tôt pour le savoir précisément, le député LFI Gabriel Amard, copilote du projet, donne quelques précisions : « Il y en aurait 22, 24, peut-être plus, le découpage n’est pas encore arrêté, c’est en réflexion. En attendant, il ne faut pas se figer sur la cartographie. »

      Pour ça, c’est raté. Lors de la conférence de presse consacrée aux écorégions début juillet, une carte faisant apparaître treize régions [1] structurées selon les grands bassins hydrographiques a été affichée. Présentée comme une simple illustration et non comme une version définitive, elle a laissé penser qu’un premier tracé était déjà esquissé.

  • American Hardcore#1 – La west coast.
    https://radioblackout.org/podcast/american-hardcore1-la-west-coast

    Prima puntata dedicata all’Hardcore punk statunitense dei primi anni ’80. Ci siamo concentrati sulla California, salvo una piccola incursione in Texas. Questa la nostra scelta musicale: 01 – Adolescents – Amoeba 02 – Adolescents – I Hate Children 03 – Channel 3 – Catholic boy 04 – Modern Warfare – One for all 05 – […]

    #american_punk_hc #metix_flow
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/08/metix-flow-31-luglio-2026.mp3

  • MASCULINITÉS : L’HOMME DÉCONSTRUIT EST-IL UNE IMPOSTURE ? - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=EAR71RQes5o

    Depuis #Metoo et la libération de la parole, des thèmes longtemps portés seulement par les féministes ont réussi à se faire un chemin dans nos débats nationaux et dans nos remises en question intimes. Ainsi, la société et les hommes en première ligne, pourraient peut-être changer.

    Avec
    🎙️Laura Verquere, chercheuse en sciences de l’information et de la communication, à Sorbonne Université. Spécialisée sur les « nouveaux pères », le féminisme et les masculinités.

    00:00:00 Introduction : l’homme déconstruit est-il une imposture ?
    00:01:21 Javier Bardem à Cannes : incarne-t-il le « nouvel homme » de 2026 ?
    00:04:52 La thèse du livre : « tout changer pour que rien ne change »
    00:07:04 Qu’est-ce que la masculinité hégémonique — et pourquoi elle se réadapte
    00:08:06 Masculinisme : une idéologie plus ordinaire qu’on ne croit
    00:10:39 Archive Magnolia (1999) : la masculinité en crise, déjà
    00:13:17 Masculinités progressistes et réactionnaires : deux faces d’une même pièce
    00:19:28 L’influenceur « parentalité positive » : le changement comme capital symbolique
    00:23:15 Ce que serait un vrai changement — « une texture, pas une révolution »

  • AI Companies Are Trying to Hide a Staggering Amount of Debt
    https://futurism.com/artificial-intelligence/ai-companies-hide-debt-off-balance-sheet

    #AI companies are pouring untold billions of dollars into enormous #datacenters in their efforts to sustain increasingly complex and resource-intensive AI models.

    It’s an extremely costly undertaking built on seemingly bottomless hype — and a mountain of #debt. As Japanese financial newspaper Nikkei Asia found in a recent investigation, just five US tech giants — #Alphabet, #Microsoft, #Amazon, #Meta, and #Oracle — are hiding an estimated $1.65 trillion in debt that doesn’t appear on balance sheets. That’s even more than the $1.35 trillion in debt the five companies officially reported in their financial data for the most recent quarter.

    Meta alone has amassed around $420 billion in off-balance-sheet debt, according to Nikkei, highlighting how precarious the AI industry’s steep investment in AI has become, and inspiring comparisons to energy company Enron, which collapsed in spectacular fashion in 2001 because of similar debts hidden behind shell companies. Like Enron, they’re using special purpose vehicles, or off-balance sheet arrangements such as legally distinct subsidiaries, as a way to make their financial reporting look healthier than it actually is — often a glaring sign that something is deeply amiss behind the scenes.

  • « J’ai réussi à défendre ma dignité personnelle » : une femme remporte une rare victoire judiciaire dans le cadre du mouvement #MeToo en Chine

    Une ancienne stagiaire et employée s’est vu accorder 5 000 yuans (554 £) de dommages-intérêts pour préjudice moral après que le tribunal a conclu que son ancien responsable l’avait harcelée

    Une femme en Chine a remporté une victoire judiciaire exceptionnelle dans une affaire de harcèlement sexuel sur le lieu de travail.

    Cette femme, ancienne stagiaire puis employée de « Beijing Grassland Alliance », une ONG environnementale, s’est vu accorder 5 000 yuans (554 £) de dommages-intérêts pour préjudice moral, à verser par son ancien responsable, dont le tribunal a jugé qu’il l’avait harcelée sexuellement. Ce dernier a également été condamné à lui adresser des excuses par écrit.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/26/jai-reussi-a-defendre-ma-dignite-personnelle-u

    #feminisme #chine

  • AI tech companies have ‘hidden debt’ worth around $1.65 trillion, report claims — amount is 122% of debt reflected on the balance sheets of #Alphabet, #Amazon, #Meta, #Microsoft, and #Oracle
    https://www.tomshardware.com/tech-industry/big-tech/ai-tech-companies-have-hidden-debt-worth-around-usd1-65-trillion-repor

    Five U.S. tech giants heavily invested in #AI and its related infrastructure reportedly have an estimated $1.65 #trillion in hidden #debt, with the figures annotated in their quarterly financial statements instead of being listed in their balance sheets. According to Nikkei Asia, this is higher than the $1.35 trillion officially listed, meaning investors could be caught unaware once the hidden figures come to light.

  • Genova non è stata una parentesi
    https://radioblackout.org/podcast/genova-non-e-stata-una-parentesi

    Dedichiamo la puntata ai 25 anni dai tre giorni di #genova_2001. Il nosro intento non è quello di una cronistoria, ma piuttosto di provare ad unire i puntini per capire l’eredità di quel momento storico che ha rappresentato uno dei momenti di rottura più incisivi nel panorama politico repressivo. Lo spettro dei blackblock e […]

    #metix_flow #repressione
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/07/metix-flow-17-luglio-2026.mp3