• 1700 rivières sous pression : la carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France

    Alors que la France va à nouveau rater en 2027 l’objectif européen de bon état de ses cours d’eau, une enquête de Mediacités et Reporterre permet de visualiser pour la première fois l’ampleur de la pression exercée par les #micropolluants sur le territoire.

    Elles courent tantôt à travers champs, tantôt à travers bois. Sur 16 kilomètres, les eaux tranquilles de la Launette longent un château du XVIIIe siècle, une abbaye royale et même le tombeau de Jean‐Jacques Rousseau. Mais la carte postale ne montre pas tout. Elle masque les nombreuses substances invisibles que charrie la petite rivière de l’Oise. #PFOS, #diflufénicanil et autres #pesticides, et même un médicament : entre 2022 et 2024, la station de surveillance installée sur ce cours d’eau a relevé 16 molécules au‐dessus des seuils de risque européens et français en vigueur. La Launette est un cas d’école, elle arrive en tête de notre classement des rivières subissant la plus forte pression des micropolluants.

    Ce triste palmarès est le fruit de plusieurs mois d’enquête et d’une plongée dans les millions de données des agences de l’eau. Mediacités et le média de l’écologie Reporterre se sont associés aux collectifs We Report et Mémoire Vive pour produire une carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France. Établie à partir des données publiques des stations de surveillance [consulter notre méthodologie], notre carte montre les dépassements annuels des seuils de risque par famille de substance et par micropolluant entre 2022 et 2024.

    Le constat est inquiétant. Pesticides, métaux et autres #produits_chimiques toxiques voyagent allègrement dans nos rivières : 1 691 cours d’eau en France ont enregistré au moins un dépassement pour un polluant sur la période étudiée. Soit les trois quarts des rivières pour lesquelles une mesure est disponible.

    Cette pollution est nationale : près de huit stations sur dix mesurant ces substances sur les cours d’eau en France présentent au moins un dépassement. Elle est aussi multiple : sur les 189 substances retenues dans notre enquête, 79 dépassent la valeur seuil au moins une fois. Notre analyse, qui porte sur les moyennes annuelles, permet de mettre en évidences les pollutions chroniques et le cumul des pressions toxiques exercés sur les cours d’eau. Avec le risque d’un« effet cocktail  » [lire plus bas], qui pèse de plus en plus sur l’avenir de nos rivières.

    Rendez‐vous manqué

    Un bilan «  très mauvais  », lâche la députée écologiste Julie Ozenne, co‐rapporteure d’une mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’état des cours d’eau en France. «  On n’atteindra jamais les objectifs qu’on s’était fixés avec l’Europe  », constate‐t‐elle. Depuis la mise en place de la #directive_cadre_sur_l’eau (#DCE) en 2000, le cadre de référence pour tous les pays de l’Union européenne, Bruxelles a fixé un calendrier à ses États membres pour restaurer le «  bon état  » de leurs cours d’eau. L’objectif, ambitieux, était initialement fixé pour 2015 avant d’être maintes fois repoussé. En 2027, date de la prochaine échéance, le rendez‐vous sera encore raté pour la plupart des pays européens. Contacté, le ministère de la Transition écologique n’a pas répondu à nos questions.

    En France, l’état des cours d’eau a même régressé dans plusieurs bassins depuis 2019. Pour le seul bassin Loire‐Bretagne, 21 % des cours d’eau présentent un bon état écologique, trois fois moins que l’objectif initialement fixé pour 2027. Un tiers de ses rivières ne sont pas en bon état chimique. Certes, l’urbanisation, qui altère fortement la morphologie des cours d’eau, est l’une des principales causes du mauvais état écologique des cours d’eau. Les nitrates, issus principalement des engrais agricoles, contribuent aussi fortement à cette dégradation.

    Mais l’impact de la #pollution_chimique reste très important sur l’état de nos rivières. Surtout pour les petits cours d’eau, dont le faible débit ne permet pas de diluer les polluants. À l’image de la Launette. «  Le problème, c’est que dès sa source, là où ce n’est encore qu’un tout petit petit cours d’eau, il y a déjà le gros de la pollution qui arrive  », explique Clara Morvan, directrice technique du syndicat de rivières local. «  Tout le pluvial va dans la rivière  », et avec ce ruissellement, «  beaucoup de choses arrivent, comme les #hydrocarbures_aromatiques_polycycliques (#HAP) ou les pesticides  ».

    HAP, métaux, #métalloïdes et #minéraux, pesticides, substances industrielles et #médicaments : notre carte de France offre un aperçu des molécules dépassant le plus souvent les seuils applicables, que nous avons classées par grandes familles.

    #Métaux_lourds : des #mines aux #engrais

    #Arsenic, #cuivre, #zinc… Les métaux et métalloïdes arrivent largement en tête de notre classement par substance. Tout sauf une surprise : en 2021, une vaste étude menée par Santé publique France montrait que la quasi‐totalité de la population française est exposée à ces métaux, essentiellement via l’#alimentation. Naturellement présentes dans la nature – on parle alors de fond géochimique – ces substances proviennent aussi largement des activités humaines : activité minière [lire par ailleurs notre enquête sur le retour des mines de cuivre dans le Beaujolais] ou encore utilisation agricole. Elles peuvent avoir des effets néfastes sur la #santé, notamment sur les reins, les os, le système cardiovasculaire ou favoriser certains types de cancer. A l’image de l’arsenic, de loin celle qui affiche le plus de dépassements dans notre jeu de données (3082 dépassements, plus de 60 % des mesures pour ce polluant).

    Très médiatisé ces derniers mois, après la parution en mars 2026 d’une étude de l’Anses mettant en évidence une «  imprégnation forte et croissante  » de la population française, le #cadmium apparaît également dans nos données, avec un taux de dépassement proche de 1 %. Ce métal lourd est cancérogène et augmente les risques d’#ostéoporose. Il est notamment présent dans les #engrais_phosphatés utilisés par les agriculteurs. Début juin, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi abaissant les teneurs en cadmium dans ces engrais.

    #Hydrocarbures : des cheminées aux rivières

    Notre carte met aussi en évidence l’omniprésence des substances de la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces composés organiques sont des polluants persistants, toxiques pour les humains et s’accumulant dans les tissus vivants. Ils sont issus principalement des opérations de combustion, d’usines ou de particuliers, comme le chauffage au bois.

    Selon Marina Coquery, directrice de recherche en chimie environnementale à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), les HAP ont comme particularité d’être émis parfois à une grande distance des cours d’eau. «  Ce sont des apports atmosphériques diffus, souvent urbains, qui vont être redéposés par temps de pluie sur des surfaces imperméabilisées et ruisseler jusqu’aux cours d’eau  », explique la scientifique.

    Parmi la centaine de molécules de cette famille, le benzo(a)pyrène apparaît le plus fréquemment sur notre carte, avec 1181 dépassements (30 % des mesures pour ce polluant). Le #benzo(a)pyrène a été classé comme cancérogène certain pour l’homme par le Centre international de recherche sur le #cancer.

    Pesticides : champ libre pour le #diflufénicanil

    Avec son «  sentier ludique  » parcourant la forêt dans le site naturel sensible des Deux Vallons, à quelques kilomètres au nord de Lyon, le ruisseau des Échets a de quoi séduire les familles en quête de fraîcheur. Ce petit cours d’eau, qui se jette dans la Saône, est pourtant l’un des plus pollués de la région. Métazachlore, nicosulfuron, cyprodinil… Son contenu offre un petit catalogue des #fongicides et #herbicides utilisés par les agriculteurs locaux. Au total, neuf substances ont dépassé les seuils sur au moins une année dans la station de Fleurieu‐sur‐Saône.

    Ces dépassements ne sont que la face visible d’une pollution plus large : entre 2022 et 2024, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée a identifié plus d’une centaine de pesticides dans le ruisseau. «  C’est un petit cours d’eau situé dans une zone agricole où les cultures dominantes sont les céréales et le maraîchage. Pour le #maraîchage en particulier, de nombreux traitements phytosanitaires sont appliqués  », explique Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service données techniques de l’agence. Sollicitée, la métropole de Lyon précise que ce ruisseau peut être asséché les deux tiers du temps certaines années, entraînant une faible dilution et une concentration des polluants.

    Sur les dix molécules les plus souvent au‐dessus des seuils sur notre carte, 4 sont des pesticides. Parmi les produits phytosanitaires à surnager, le #diflufénicanil, aussi connu sous le nom de #Diflufenican, se démarque avec plus de 765 dépassements, soit 16 % des mesures au‐dessus des seuils. Cet herbicide, considéré comme «  très toxique pour les organismes aquatiques  », est utilisé pour le désherbage dans les grandes cultures céréalières, notamment de #colza.

    Le diflufénicanil a la particularité de faire partie également de la famille des #PFAS [lire plus bas], comme une trentaine d’autres produits autorisés en France. Déjà interdit depuis 2018 en République tchèque, le diflufénicanil a été intégré à une liste de substances actives présentes dans 23 pesticides interdits en juillet 2025 par l’Agence de protection de l’environnement du Danemark. La même année, lors de l’examen de la loi Duplomb, des députés écologistes avaient défendu un amendement pour interdire le diflufénicanil à la vente. Sans succès.

    «  Dans notre bassin, le diflufénicanil est la principale cause de déclassement de masses d’eau par des pesticides  », indique Luc Pereira‐Ramos, à l’agence de l’eau Seine‐Normandie. «  On observe une hausse des ventes de diflufénicanil à partir de 2022. Au fur et à mesure des interdictions ou limitations de certains pesticides, les agriculteurs se reportent sur des molécules encore autorisées  », analyse‐t‐il.

    Même en cas de durcissement de la réglementation, l’herbicide se maintiendrait dans les cours d’eau pendant de nombreuses années, rappelle le scientifique. «  Ce n’est pas parce qu’on interdit une molécule qu’elle disparaît rapidement des milieux. L’#atrazine est interdit depuis près de vingt‐cinq ans et on commence seulement à observer une décrue  », souligne‐t‐il.

    Et d’autres molécules prennent la place des anciennes. Après l’interdiction de l’atrazine, les agriculteurs se sont notamment tournés vers le #S‑Métolachlore. Utilisé pour le #désherbage du #maïs, il est devenu en quinze ans l’un des plus prisés en France. Cette substance figure également en bonne place dans notre classement, avec 115 dépassements des seuils (6 % des mesures). Cet herbicide est interdit à la vente depuis 2023, mais son utilisation a été autorisée jusqu’en 2024, le temps d’écouler les stocks.

    Un autre pesticide tient une place importante dans nos données : le #chlordécone. Nous comptons 36 dépassements de cet #insecticide particulièrement utilisé dans les bananeraies jusqu’au début des années 1990, tous situés dans le département de La Martinique. Face à une absence de mesures exploitables, nous n’avons pas pu visualiser les données de la Guadeloupe, de la Guyane et de Mayotte.

    Substances chimiques industrielles : l’invasion du #PFOS

    C’est tout le paradoxe des PFAS : alors que cette famille de milliers de polluants dits «  éternels  » est devenue l’un des sujets d’inquiétude majeur de ces dernières années, seulement 6 de ces composés font l’objet d’une surveillance dans les eaux de surfaces. Un chiffre qui passera à 25 à partir de fin 2027, en application de la révision de la directive cadre sur l’eau décidée par l’Union européenne.

    Parmi les substances chimiques industrielles suivies sur le terrain, le PFOS arrive largement en tête. Dans notre base de données, il dépasse le plafond retenu presque une fois toutes les trois mesures (1 128 dépassements de seuil sur 3 580 mesures, soit 31,5 %). Pour le seul bassin Rhône‐Méditerranée‐Corse, le PFOS est responsable du déclassement de 143 stations, soit 62 % des stations en mauvais état chimique.

    «  Cela ne m’étonne vraiment pas. Le PFOS est un composé emblématique de la famille des PFAS, parce qu’il a été très largement utilisé, plus que d’autres et pendant longtemps. C’est aussi le produit de transformation de plein d’autres PFAS  », détaille Pierre Labadie, chercheur en chimie de l’environnement au CNRS.

    Selon le spécialiste, la présence de cette molécule, «  l’un des PFAS avec le potentiel de bioaccumulation le plus élevé  », est plus marqué à proximité de sources de pollutions industrielles, mais aussi domestiques, par exemple des stations d’assainissement. «  Cela veut dire que dans les produits du quotidien qu’on a utilisés pendant des décennies, il y avait du PFOS  », explique‐t‐il. Depuis 2023, le PFOS est classé comme cancérogène probable pour l’humain.

    Médicaments : une épidémie encore mal mesurée

    Dernière famille de polluants recensée sur notre carte, les résidus de médicaments proviennent très majoritairement des rejets des stations de traitement des eaux usées urbaines qui ne sont pas conçues pour les traiter. Antidiabétiques, anti‐inflammatoires, analgésiques, anxiolytiques… les médicaments consommés par les Français font partie des substances «  d’intérêt émergent  » mesurés depuis quelques années seulement par les organismes de surveillance.

    Mais bon nombre de ces molécules ne disposent pas de seuil de quantification exploitables. Parmi celles qui en possède un, le Diclofénac, un anti‐inflammatoire, affiche un taux de dépassement de 2,7 % sur notre carte. La toxicité du Diclofénac a été démontrée, notamment sur les reins des truites, mais les effets des résidus médicamenteux sur l’environnement restent mal mesurés.

    «  Les médicaments, on arrive tout doucement dessus, explique Luc Pereira‐Ramos, pour l’agence Seine‐Normandie. On en cherche depuis une dizaine d’années seulement. Il est clair que nous allons augmenter le nombre de substances recherchées au fur et à mesure.  »
    Effet cocktail

    D’autant que les seuils de risque ne concernent aujourd’hui que quelques centaines de molécules, alors que plus de 110 000 substances sont enregistrées au titre de la réglementation chimique européenne. «  C’est la face immergée de l’iceberg  », explique Pierre‐François Staub, chargé de mission Pollution des écosystèmes et métrologie à l’Office français de la biodiversité (OFB).

    L’autre écueil du cadre de surveillance actuel, c’est de ne pas considérer l’impact toxique du cumul de molécules. «  On minimise l’évaluation du risque à travers l’approche substance par substance  », précise Pierre‐François Staub. On parle d’effet de mélange lorsque l’effet de deux molécules s’additionne, et «  d’#effet_cocktail  » lorsqu’elles interagissent entre elles et que leur #toxicité est amplifiée. «  Il y a de gros débats actuellement pour faire entrer cette notion dans la définition des #seuils, explique Arnaud Chaumot, directeur de recherche au laboratoire d’écotoxicologie de l’Inrae. Mais c’est très difficile à modéliser. On a parfois des mélanges très diversifiés et on ne peut pas regarder toutes les interactions entre toutes les molécules, la possibilité de combinaison est folle.  »

    Cette pression toxique cumulée pèse sur tous les écosystèmes, mais aussi sur l’#eau_potable. En France, environ un tiers des volumes d’eau prélevée pour la potabilisation vient des eaux de surface. Et même lorsque le captage se trouve en nappe souterraine, la qualité de l’eau peut être impactée par la pollution des rivières. «  Cela implique des traitements de plus en plus coûteux pour l’eau potable, pointe Marina Coquery. Et cela crée des inégalités, car les grandes villes ont la chance de pouvoir se les payer, mais pour les petites agglomérations, c’est plus difficile.  » En France, des captages d’eau potable ferment chaque année à cause d’une pollution diffuse. «  L’#eau est un bien commun, il faut la gérer comme tel  », estime la chercheuse.

    Sur la Launette, c’est bien la philosophie qui motive tous les travaux lancés par le syndicat mixte qui gère la rivière. «  Il y a encore une trentaine d’années, elle était dans un état encore pire qu’aujourd’hui parce que toutes les stations d’épuration des eaux usées n’étaient pas aux normes et rejetaient directement dans la rivière, mais de gros efforts ont été faits  », positive Clara Morvan.

    Pourtant, une autre épée de Damoclès menace tous les efforts pour la protection des rivières : le réchauffement climatique. La succession des années sèches affaiblit les débits des cours d’eau, et donc leur capacité de dilution, comme l’explique Marina Coquery. «  A l’autre extrême, on va avoir des crues beaucoup plus intenses, irrégulières et fréquentes  » et donc une hausse des polluants amenés par la pluie.

    «  Chaque progrès obtenu sert d’abord à compenser les effets climatiques, démographiques et économiques à l’œuvre  », analyse Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service des données techniques pour l’agence de l’eau Rhône‐Méditerranée‐Corse : «  Nous avançons sur un tapis roulant qui recule  ».

    https://www.mediacites.fr/enquete/national/2026/06/29/1700-rivieres-sous-pression-la-carte-inedite-de-la-pollution-chimique-des
    #rivières #France #pollution #pollution_chimique #cours_d'eau #visualisation #cartographie #changement_climatique

  • Southammer Fest: il #metal protagonista a #Castel_Volturno
    https://informareonline.com/southammer-fest-il-metal-protagonista-a-castel-volturno

    Il Southammer Fest si conferma come uno degli appuntamenti più attesi dagli appassionati della #musica metal. Proponendo una line-up capace di rappresentare alcune delle migliori espressioni della scena contemporanea. L’edizione 2026 alterna band emergenti e affermate, accompagnando il pubblico dal pomeriggio alla mezzanotte con un crescendo di intensità musicale e spettacolo. Southammer: un viaggio attraverso […] L’articolo Southammer Fest: il metal protagonista a Castel Volturno proviene da Informareonline, scritto da Claude Savarese

    #Approfondimenti #castelvolturno

  • Stil: KI erkennt Menschen am Tanzen · Dlf Nova
    https://www.deutschlandfunknova.de/beitrag/stil-ki-erkennt-menschen-am-tanzen

    21. Januar 2020

    Eine Studie zeigt: Künstliche Intelligenz kann Menschen an ihren Tanzbewegungen erkennen. Nur bei einem Musikgenre klappt das nicht.

    Ursprünglich haben Forschende der Universität Jyväskylä aus Finnland eine Künstliche Intelligenz darauf trainieren wollen, aus Bewegungsmustern von Tanzenden das Musikgenre abzuleiten. Wie Emily Carlson, Pasi Saari, Birgitta Burger und Petri Toiviainen im Journal of New Music Research schreiben, hat das in einem Versuch mit 73 Tanzenden aber nur bei rund 30 Prozent geklappt.

    Stattdessen ist der Software gelungen - für das Team völlig überraschend - die Teilnehmenden an ihren Bewegungsmustern beim Tanzen zu erkennen. Das hat mit einer Wahrscheinlichkeit von 94 Prozent geklappt. Egal zu welcher Art von Musik die Menschen tanzen, offenbar bewegen sie sich immer in einer für sie typischen, wiedererkennbaren Weise.
    Individuelle Bewegungen

    Deutschlandfunk-Nova-Reporterin Ina Plodroch hat sich bei Tanzenden umgehört, die zwar nicht an der Untersuchung teilgenommen aber eigentlich alle ihre eigene Tanzbewegungen haben. Außerdem hat sie mit Joana Tischkau gesprochen. Sie ist Tanzprofi und sagt, dass sie selbst auch die typischen Bewegungen von Individuen erkennen kann.

    „Manchmal, wenn ich jemanden im Studio treffe, brauche ich zwei, drei Minuten, dann erkenne ich die Person, auch wenn ich nie mit ihr geredet habe.“

    Reut Shemesh, Tänzerin

    Die Tanzspezialistin Joanna Tischkau weist darauf hin, dass beispielsweise Hip-Hop eine ganz bestimmte Grundlage hat – wegen des Basses. Tanzende wären relativ locker und würden die Knie immer leicht beugen, wenn sie zu Hip Hop tanzen.

    „Hip-Hop hat eine bestimmte Grundlage und die ist erst einmal diesem Bass geschuldet. Man hat immer so leicht Beugung in den Knien. Man ist relativ locker.“

    Joanna Tischkau, Choreografin, Performerin, Tänzerin, Performance-Kollektiv SheShePop

    Die Forschenden aus Finnland ermitteln hingegen Bewegungsmuster. Sie haben motorische Fingerabdrücke erfasst, unabhängig davon, zu welchen Genres die Studienteilnehmer getanzt haben.

    Bei einer Musikrichtung hatte sie allerdings ein Problem: Zu Metal haben ihre Versuchspersonen so ähnlich getanzt, dass die Künstliche Intelligenz die einzelnen Tänzer nicht wieder erkannt hat. Headbanging ist halt wenig individuell.

    #intelligence_artificielle #danse #metal #musique

  • Seule la #Nationalisation peut sauver la sidérurgie européenne
    https://lvsl.fr/seule-la-nationalisation-peut-sauver-la-siderurgie-europeenne

    Dépendants d’une énergie toujours plus chère, les producteurs d’acier européens sont de moins en moins rentables et les fermetures de site se multiplient. La préservation des emplois et la transition écologique du secteur ne pourront passer que par une reprise en main par l’Etat, à travers la nationalisation.

    #Économie #acier #aciérie #Arcellor_Mittal #Décarbonation #hauts-fourneaux #hydrogène_vert #métallurgie #ThyssenKrupp

  • Puntata del 24/03/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-24-03-2026

    Il primo approfondimento lo abbiamo fatto in compagnia di Marco Ricci, #Flaica_Cub_Terni, sullo #sciopero proclamato da* lavorat* della Dussmann dell’azienda ospedaliera ternana previsto per il 3/04/2026.Con l’aiuto del nostro ospite abbiamo: elencato le prospettive di lotta focalizzato le condizioni di lavoro nel territorio analizzato le motivazioni che hanno portato allo sciopero con un […]

    #CASSINO #CCNL_Multiservizi #Comitato_Europeo_dei_Diritti_Sociali #Commissione_di_Garanzia_del_diritto_di_Sciopero #dusmann #FMLU_CUB_di_Frosinone #lavoratori_essenziali #legge_146/1990 #limitazioni_diritto_di_sciopero #logistica #metalmeccanici #operai #SiCobas_piacenza #Stellantis #Umbria
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/03/F_m_24_03_Marco-Flaica-CUB-Terni-su-sciopero-Dusmann.mp3

  • trigger point 26-02-26
    https://radioblackout.org/podcast/trigger-point-26-02-26

    TRACKLIST LINTD – gone too soon DJ DEATHDEFY – master of reality MB93 – EPISTROPHY Slikback – ALONE Pol Cartier – chasm John T. Gast – Going In Klpflrtpr – Gaman LINTD – I’m not sure DJ DEATHDEFY – Be There For You P3RY – RAGE CONNOISSEUR P3RY – ADRENALINE feat. B4MBA Gargantuan Grief – […]

    #artigianato #Bass #industrial #metal #obscure
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/trggrpnt_39_260226.mp3

  • AI Is Inventing Academic Papers That Don’t Exist — And They’re Being Cited in Real Journals

    The proliferation of references to fake articles threatens to undermine the legitimacy of institutional research across the board.

    As the fall semester came to a close, Andrew Heiss, an assistant professor in the Department of Public Management and Policy at the Andrew Young School of Policy Studies at Georgia State University, was grading coursework from his students when he noticed something alarming.

    As is typical for educators these days, Heiss was following up on citations in papers to make sure that they led to real sources — and weren’t fake references supplied by an AI chatbot. Naturally, he caught some of his pupils using generative artificial intelligence to cheat: not only can the bots help write the text, they can supply alleged supporting evidence if asked to back up claims, attributing findings to previously published articles. But, as with attorneys who have been caught generating briefs with AI because a model offered false legal precedents, students can end up with plausible-sounding footnotes pointing to academic articles and journals that don’t exist.

    That in itself wasn’t unusual, however. What Heiss came to realize in the course of vetting these papers was that AI-generated citations have now infested the world of professional scholarship, too. Each time he attempted to track down a bogus source in Google Scholar, he saw that dozens of other published articles had relied on findings from slight variations of the same made-up studies and journals.

    “There have been lots of AI-generated articles, and those typically get noticed and retracted quickly,” Heiss tells Rolling Stone. He mentions a paper retracted earlier this month, which discussed the potential to improve autism diagnoses with an AI model and included a nonsensical infographic that was itself created with a text-to-image model. “But this hallucinated journal issue is slightly different,” he says.

    That’s because articles which include references to nonexistent research material — the papers that don’t get flagged and retracted for this use of AI, that is — are themselves being cited in other papers, which effectively launders their erroneous citations. This leads to students and academics (and any large language models they may ask for help) identifying those “sources” as reliable without ever confirming their veracity. The more these false citations are unquestioningly repeated from one article to the next, the more the illusion of their authenticity is reinforced. Fake citations have turned into a nightmare for research librarians, who by some estimates are wasting up to 15 percent of their work hours responding to requests for nonexistent records that ChatGPT or Google Gemini alluded to.

    Heiss also noticed that the AI-generated notes could be convincing to a reader because they included the names of living academics and titles that closely resemble existing literature. In some cases, he found, the citation led him to an actual author, yet the heading of the article and the journal were both fabricated — they just sounded similar to work the author has published in the past and a real periodical that covers such topics. “The AI-generated things get propagated into other real things, so students see them cited in real things and assume they’re real, and get confused as to why they lose points for using fake sources when other real sources use them,” he says. “Everything looks real and above-board.”

    Since LLMs have become commonplace tools, academics have warned that they threaten to undermine our grasp on data by flooding the zone with fraudulent content. The psychologist and cognitive scientist Iris van Rooij has argued that the emergence of AI “slop” across scholarly resources portends nothing less than “the destruction of knowledge.” In July, she and others in related fields signed an open letter calling on universities to resist the hype and marketing in order to “safeguard higher education, critical thinking, expertise, academic freedom, and scientific integrity.” The authors claimed that schools have “coerced” faculty into using AI or allowing it in their classes, and they asked for a more rigorous, comprehensive analysis of whether it can have any useful role in education at all.

    Anthony Moser, a software engineer and technologist, was among those who foresaw how chatbots could eventually hollow out educational institutions. “I’m imagining an instructor somewhere making a syllabus with ChatGPT, assigning reading from books that don’t exist,” he wrote in a post on Bluesky in 2023, less than a year after the AI model first came out. “But the students don’t notice, because they are asking ChatGPT to summarize the book or write the essay.” This month, Moser reshared that post, commenting: “I wish it had taken longer for this to become literally true.”

    Moser tells Rolling Stone that to even claim LLMs “hallucinate” fictional publications misunderstands the threat they pose to our comprehension of the world, because the term “implies that it’s different from the normal, correct perception of reality.” But the chatbots are “always hallucinating,” he says. “It’s not a malfunction. A predictive model predicts some text, and maybe it’s accurate, maybe it isn’t, but the process is the same either way. To put it another way: LLMs are structurally indifferent to truth.”

    “LLMs are pernicious because they’re essentially polluting the information ecosystem upstream,” Moser adds. “Nonexistent citations show up in research that’s sloppy or dishonest, and from there get into other papers and articles that cite them, and papers that cite those, and then it’s in the water,” he says, likening this content to like harmful, long-lasting chemicals: “hard to trace and hard to filter out, even when you’re trying to avoid it.” Moser calls the problem “the entirely foreseeable outcome of deliberate choices,” with those who raised objections “ignored or overruled.”

    But AI can’t take all the blame. “Bad research isn’t new,” Moser points out. “LLMs have amplified the problem dramatically, but there was already tremendous pressure to publish and produce, and there were many bad papers using questionable or fake data, because higher education has been organized around the production of knowledge-shaped objects, measured in citations, conferences, and grants.”

    Craig Callender, a philosophy professor at the University of California San Diego and president of the Philosophy of Science Association, agrees with that assessment, observing that “the appearance of legitimacy to non-existent journals is like the logical end product of existing trends.” There are already journals, he explains, that accept spurious articles for profit, or biased ghost-written research meant to benefit the industry that produced it. “The ‘swamp’ in scientific publishing is growing,” he says. “Many practices make existing journals [or] articles that aren’t legitimate look legitimate. So the next step to non-existent journals is horrifying but not too surprising.”

    Adding AI to the mix means that “swamp” is growing fast, Callender says. “For instance, all of this gets compounded in a nearly irreversible way with AI-assisted Google searches. These searches will only reinforce the appearance that these journals exist, just as they currently reinforce a lot of disinformation.”

    All of which contributes to a feeling among researchers that they’re being buried in an avalanche of slop, with limited capacity to sift through it. “It’s been incredibly disheartening for faculty, I think fairly universally, especially as fake content gets accidentally enshrined in public research databases,” says Heiss. “It’s hard to work back up the citation chain to see where claims originated.”

    Of course, many aren’t even trying to do that — which is why the phony stuff has been so widely disseminated. It’s almost as if the uncritical and naive adoption of AI has made us more credulous and sapped our critical thinking at the precise moment we should be on guard against its evolving harms. In fact, someone may be toiling away on a (real) study of that phenomenon right now.

    https://www.rollingstone.com/culture/culture-features/ai-chatbot-journal-research-fake-citations-1235485484
    #IA #AI #intelligence_artificielle #édition_scientifique #science #ESR #université #citations #chatbot #références #faux #erreurs

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    ajouté à la #métaliste sur la #publication_scientifique*:
    https://seenthis.net/messages/1036396

  • Un grand pas de plus vers la science ouverte

    A partir du 1er janvier 2026, le #CNRS coupera l’accès à l’une des plus importantes bases bibliométriques commerciales : le #Web_of_Science de #Clarivate_Analytics ainsi que les #Core_Collection et #Journal_Citation_Reports.

    https://journals.openedition.org/cybergeo/42519

    #science_ouverte #édition_scientifique #revues_prédatrices #résistance #WOS #Elsevier #Scopus #ESR #science #recherche #publications_scientifiques

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    ajouté à la #métaliste sur la #publication_scientifique* :
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  • The fall of a prolific science journal exposes the billion-dollar profits of scientific publishing

    One of the 15 publications that put out the most studies globally has been expelled from the indexing system for irregularities. Its publisher, #Elsevier, has a 38% profit margin that reached $1.5 billion in 2024

    With humanity terrified by the deadly second wave of the coronavirus, in the fall of 2020, a scientific journal published a study with a solution: jade amulets from traditional Chinese medicine could prevent COVID-19. The proposal was outlandish, but the editor-in-chief of the weekly, Spanish chemist Damià Barceló, defended its quality controls. That journal, Science of the Total Environment — one of the 15 that publishes the most studies worldwide — has just been expelled from the group of reputable publications by one of the leading evaluation companies, after dozens of irregular articles were discovered. The scandal exposes the windfall profits of scientific publishers, who in recent years have amassed billions of dollars in earnings from public funds earmarked for science.

    Damià Barceló, 71, took over as editor of the journal in 2012. In just two years, he doubled the number of studies published. In a decade, he increased the number tenfold, with the journal reaching nearly 10,000 articles annually. As the number of articles increased, the quality declined, because there was a perverse incentive to accept mediocre work: to publish research open access in the journal, a scientist has to pay $4,150 plus taxes.

    Emilio Delgado, professor of documentation at the University of Granada in Spain, explains it this way: “It’s clearly an open-door journal that takes almost anything. It’s what I call a mega-journal, that is, a mega-business.” The publication belongs to the Dutch publishing giant Elsevier, which dominates the world of science publishing, with a 17% share of the global market. Its 3,000 journals published 720,000 studies last year. Swedish businessman Erik Engstrom, CEO of RELX (the multinational that owns Elsevier), earned more than €15 million ($17.4 million) in 2024 between his salary and other compensation.

    Delgado and his colleague Alberto Martín analyzed the unusual behavior of the mega-journal at the request of EL PAÍS. Of all the studies published in Science of the Total Environment, 40% are by Chinese authors and 8% are by Spanish authors — percentages that are double the usual ratio in the subject area. The third institution that publishes the most articles in this journal, after two Chinese organizations, is the Spanish National Research Council (CSIC), Spain’s largest scientific organization, where Barceló himself worked until his retirement last year. “With these patterns, one might consider the possibility of publication fraud, but this is speculation,” says Delgado.

    The scientific system operates in a controversial way. Researchers’ funding and promotions depend largely on the number of studies they publish in journals, which are validated by a handful of private companies. One of these companies, the London-based multinational Clarivate, removed Science of the Total Environment from its database on November 18. “The journal was removed because it no longer meets our publicly available quality criteria,” explained a spokesperson, who declined to offer further details.

    In theory, the quality of scientific journals is safeguarded by anonymous experts who voluntarily review manuscripts to determine whether they should be published. In Science of the Total Environment, this system was allegedly compromised. The publisher Elsevier itself has retracted some 50 studies published by the Brazilian biologist Guilherme Malafaia, after discovering that his work had been “reviewed” through fake peer reviews signed with the names of real scientists without their consent — as was the case with an article on coronavirus in fish and another on the toxicity of a herbicide in turtles. Malafaia and Barceló are co-authors on several studies on microplastic pollution, but these shared investigations have not yet been retracted.

    The four major scientific publishers — Elsevier, Springer Nature, Wiley, and Taylor & Francis — earned more than $7 billion in 2024, with profit margins unimaginable in almost any other industry, exceeding 30%, according to a new analysis led by British anthropologist Dan Brockington of the Autonomous University of Barcelona. This collective windfall is explained by the “publish or perish” system — which rewards improbably prolific scientists who produce a study every two days — as well as a shift in the industry’s business model. Previously, readers paid subscription fees to access quality journals. Now, amid the push for open access to science, it is the authors themselves who must pay to have their research published so that others can read it for free. This perverse incentive — whereby both scientists and journals earn more the more they publish, regardless of quality — has fueled a flood of millions of low-quality studies.

    Elsevier is the publisher that publishes the most studies and earns the most, with a 38% profit margin ($1.5 billion in 2024), according to the analysis by Brockington and his colleagues. The researchers call for efforts to “dismantle the system” that sees billions of dollars of public money being spent on publishing empty studies for the exclusive benefit of private companies. According to their calculations, Elsevier, Springer Nature, Wiley, and Taylor & Francis have received more than $14 billion in profits over the last six years. Among the co-authors of the analysis is the Spanish engineer Pablo Gómez Barreiro, from the Royal Botanic Gardens, Kew, in southern England.

    An Elsevier spokesperson defended the company’s actions. “We uphold the highest standards of rigor and ethics in our publishing to protect the quality and integrity of research,” they stated. The publisher conducted an initial investigation that resulted in dozens of retractions in Science of the Total Environment, officially due to the fraudulent peer review of articles. “We are now undertaking a broader investigation focused on conflicts of interest, as well as reviewing papers flagged for other potential indicators of misconduct,” the spokesperson added. The publisher intends to “fully rehabilitate” the journal.

    Damià Barceló is a hyper-prolific scientist, one of those who publishes a new study every five days or even less. He has authored some 1,800 papers in his lifetime, more than 200 of them in Science of the Total Environment, his own journal. His name appears numerous times as editor of his own studies, such as one on drugs in wastewater in Mexico and another on chemical pollution in the Ebro and Guadalquivir rivers in Spain.

    The Elsevier spokesperson explained that Barceló “stepped down” as editor-in-chief in March 2025. “This change was part of a broader effort to strengthen the journal’s governance and address concerns raised,” the spokesperson stated. Elsevier maintains that the “systemic problems” that led to the expulsion of Science of the Total Environment “cannot be attributed to any single individual.” EL PAÍS requested a comment from Barceló, both via his personal WhatsApp and the email address associated with his current position as honorary professor at the University of Almería, but did not receive a response.

    Barceló’s prolific output helped him enter the Highly Cited Researchers list, a ranking compiled by the multinational Clarivate that includes some 7,000 researchers worldwide. The more highly-cited researchers a university has, the higher it ranks in the influential Shanghai Ranking, which designates the supposedly best academic institutions in the world. An investigation by EL PAÍS revealed in 2023 that Saudi Arabia offered bribes of up to €70,000 ($81,000) a year to highly-cited scientists to falsify their affiliations in Clarivate’s database, claiming they worked at an Arab university in order to boost those institutions in the ranking.

    Damià Barceló had been listed as a professor at Saudi Arabia’s King Saud University since 2016, despite his primary role being director of the Catalan Institute for Water Research in Girona, Spain. Barceló told this newspaper at the time that he had not been receiving the €70,000 annual salary. In 2013, the Spanish chemist received a $133,000 award from Saudi King Salman bin Abdulaziz for his research on water contaminants.

    Spanish universities, like those in other countries, have become places where producing research papers is prioritized above all else, almost like a large-scale factory farm that churns out studies, according to Emilio Delgado and Alberto Martín, bibliometrics experts at the University of Granada. Professors with completely inflated CVs have risen to full professorships or even rectors. Spurred by various international manifestos, the National Agency for Quality Assessment and Accreditation (ANECA) —the Spanish agency that decides whether a university professor can be promoted or deserves salary increases — has changed its criteria to stop evaluating scientists based on sheer volume.

    The president of the Spanish Research Ethics Committee, Dr. Jordi Camí, has called for further action. “We must clean up this mess,” he proclaimed at a conference in Barcelona on November 6. In his opinion, “we must continue to introduce measures to discourage, almost penalize, publishing for the sake of publishing.”

    https://english.elpais.com/science-tech/2025-11-28/the-fall-of-a-prolific-science-journal-exposes-the-billion-dollar-pr
    #recherche #édition_scientifique #revues_scientifiques #science

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  • Puntata del 09/12/2025@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-09-12-2025

    Il primo approfondimento della serata lo abbiamo fatto in compagnia di Rocco di CO.L.P.O., collettivo che si occupa di auto difesa sui posti di lavoro, con uno sportello di consulenza settimanale aperto a Barriera di Milano a #torino. Ed è proprio dal loro lavoro di raccolta di testimonianze sul territorio che arriva questa storia, come […]

    #AeG_riscossioni #Boicottaggio_Israele #ccnl_metalmeccanici #Colpo_Torino #cottimo #EX_ILVA #Genova #inchiesta #InfoAut #Israele #metalmeccanici #presidio #sfruttamento #smat #Watertech
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/12/F_m_09_12_Rocco-di-Colpo-racconta-vertenza-SMAT-invito-presidio-11-di

  • Puntata del 02/12/2025@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-02-12-2025

    Il primo argomento della puntata è stato quello del rinnovo del Contratto Collettivo Nazionale Lavoro #Telecomunicazioni, per analizzarlo abbiamo intervistato Diego del sindacato #cub che lavora per Fibercoop. Il contratto di fatto non è stato ancora firmato, ma qualche giorno fa è uscita una bozza di ipotesi di accordo tra le associazioni di categoria e […]

    #blocchi_stradali #call_center #ccnl_tlc #EX_ILVA #FIOM_Genova #Genova #lotte_operaie #maschera #metalmeccanici #milano #operai #sciopero #Stefano_Bonazzi #Teatro_Scala #tribunale_del_lavoro #vittoria
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/12/F_m_02_12_Diego-CUB-Fibercoop-su-bozza-nuovo-ccnl-tlc.mp3

    • Je connais pas les agriculteurs mais par contre Matt Pike avec High on Fire que j’ai vu il y a plusieurs années à l’Olympic à Nantes.


      Y’avait pas grand monde ce soir là, 1/4 de la salle pas plus. Je ne connaissais pas, tombé sous le charme direct.
      https://seenthis.net/messages/893507

      Sleep’s Holy Mountain - Earache Records
      https://sleep-band.bandcamp.com/album/sleeps-holy-mountain-full-dynamic-range-edition

      Chez Third Man Records un looooong spliff de + d’une heure
      https://sleep.bandcamp.com/album/dopesmoker


      #doom #metal #sludge

    • The Spiritual Sound | Agriculture. présentation sur leur Bandcamp
      https://agriculturemusic.bandcamp.com

      Tout au long de sa durée, The Spiritual Sound trace un arc narratif à travers les extrêmes : une catharsis brûlante et fracassante sur la face A ; un courant sous-jacent lent et dévotionnel sur la face B . L’album est en grande partie une fusion des visions de ses deux principaux auteurs-compositeurs, Dan Meyer et Leah Levinson : des voix distinctes, profondément complémentaires.

      Dan écrit comme quelqu’un qui cherche à atteindre le divin à travers le bruit, en s’inspirant du bouddhisme zen, de l’effondrement historique et du chagrin extatique. Les chansons de Leah sont différentes : ancrées dans l’histoire queer et la littérature de l’époque du sida, au milieu du brouillard étouffant du présent, elles portent le poids de la survie comme un rituel quotidien. Ses textes interrogent la manière d’honorer la communauté queer et la lutte collective sans en faire une marque identitaire ou un mythe personnel : comment rester honnête, comment rester présent. Bien que distinctes, leurs voix convergent dans une grammaire spirituelle singulière, qui définit la totalité de The Spiritual Sound , non pas comme des parties séparées, mais comme une expression unifiée.

      La formation d’Agriculture reflète cette dualité. Ce qui a commencé comme une collaboration informelle entre Kern Haug et Dan Meyer sur la scène noise de Los Angeles s’est transformé en une quête commune du sublime à travers la musique heavy. Avec l’arrivée de Richard Chowenhill et Leah Levinson, le projet s’est consolidé pour prendre la forme actuelle du groupe. Les bases extatiques du black metal ont été posées en 2022 avec The Circle Chant , puis élargies pour devenir quelque chose de plus précis et de plus ambitieux sur leur album éponyme de 2023, avant d’être approfondies avec Living Is Easy en 2024, un album qui allie intensité dévotionnelle et lourdeur rayonnante.

      Le processus d’écriture d’Agriculture repose sur le démantèlement et la révision de soi. Dan et Leah apportent des chansons au groupe, qui les démonte et les reconstruit collectivement : elles sont remodelées à travers les conflits, les répétitions et une confiance profonde. Richard ajoute des mélodies et des solos à la guitare, et Kern construit des rythmes parfois familiers, mais souvent non conventionnels. Enfin, avec Richard à la production, la forme finale de chaque chanson est réalisée grâce à un travail collaboratif intense en studio. Bien que ce processus soit long et frustrant pour l’ego, il permet au groupe de trouver l’esprit des chansons non pas par l’inspiration, mais par la persévérance.

      Pourtant, même dans ses moments les plus ambitieux, The Spiritual Sound reste ancré dans l’ordinaire et dans les relations quotidiennes entre les personnes qui l’ont créé. Des snacks achetés à la station-service. Des blagues entre potes. Dormir par terre. Jouer dans des salles qui sentent le moisi. L’esprit ici n’est pas abstrait, il est vivant. C’est une #musique_spirituelle qui commence avec un équipement imparfait et un van de tournée qui a fait son temps.

      Agriculture n’offre pas le salut. The Spiritual Sound n’est pas une carte pour sortir du feu. Ce qu’il offre à la place, c’est la présence : une confrontation avec l’instant présent, aussi insupportable ou divin soit-il. Il insiste sur le fait que le sens est toujours possible, même dans un monde déterminé à tout réduire à du contenu, et où la souffrance elle-même peut conduire à la guérison. Comme le dit le proverbe bouddhiste, « la seule issue est à l’intérieur ».

      Lorsque l’empereur de Chine a demandé au fondateur du zen chinois, Bodhidharma, « Quel est le vrai sens de la vérité sacrée ? », celui-ci a répondu : « Le vide infini. Rien de sacré. » Ce n’est pas de la musique d’ambiance. Ce n’est pas pour créer une atmosphère. Le son spirituel est une musique qui interroge.

    • Croire au black metal
      https://audimat-editions.fr/catalogue/black-metal

      Qui a encore peur du black metal ? Pendant que Kanye West récupère l’esthétique de Burzum pour son merch, Varg Vikernes fait des vidéos complotistes dans son van. Alors qu’il a été le genre-repoussoir par excellence, il apparaît aujourd’hui édulcoré, grandiloquent ou problématique. Continuer à porter le genre, en lui insufflant un vent transgressif nouveau, est alors un acte de foi. Sans fausse pudeur sur les obsessions fondamentales du genre (satanisme, suicide, destruction, etc.), ce recueil puise dans les forces levées par des groupes comme Mayhem, Darkthrone et leurs disciples pour proposer une vision critique de ce que signifie croire au #black_metal aujourd’hui.

  • Annihilation Day | TORSO
    https://hereliestorso.bandcamp.com/album/annihilation-day

    Have You Ever Tasted Blood ?
    https://www.apfrecords.co.uk/bands/torso

    Annihilation Day est le premier album conceptuel de TORSO . Se déroulant le 1er janvier 1984, il raconte l’histoire tordue d’un campus universitaire d’une petite ville envahi par un fou évadé et ancien étudiant le soir du bal de promo. Le destin de la ville repose entre les mains de deux filles, Rita et Christine... et c’est le chaos total !

    Annihilation Day met en vedette un large éventail de chanteurs invités, dont Sam Marsh (Jacobs Mouse, Machismos), Paul Waller (OHHMS) et Thomas House (Charlottefield, Sweet Williams), tous considérés comme des figures cultes dans le monde de l’indie, du noise rock et du sludge depuis le début des années 90, ajoutant une touche encore plus déjantée à l’ensemble.

    Avec un pied dans un magasin de vidéos hanté et l’autre dans une fosse de mosh, TORSO continue de se forger une place unique dans l’underground, avec un mélange sanglant de nostalgie, de bruit et de nihilisme.


    APF Records Manchester. UK
    https://apfrecords.bandcamp.com
    le bandcamp friday c’est jusquà minuit
    https://daily.bandcamp.com/features/bandcamp-fridays
    #metal #trash #sludge #doom #musique

  • La #fraude aux #publications_scientifiques s’industrialise, alerte une étude américaine

    Dans un article publié lundi 4 août dans « PNAS », la revue de l’Académie nationale des sciences des Etats-Unis, des mathématiciens et des biologistes ont recensé des #pratiques_frauduleuses grandissantes dans les revues de recherche.

    C’est une étude en forme de cri d’alarme qu’une équipe pluridisciplinaire de chercheurs a publiée lundi 4 août dans PNAS, la revue de l’Académie nationale des sciences des Etats-Unis. « La #fraude_scientifique se développe beaucoup plus vite que la production scientifique dans son ensemble », lit-on dans cet article dont le premier auteur, Reese Richardson, est chercheur en biologie computationnelle à l’université Northwestern, dans l’Illinois.

    Pour cet imposant travail, ces mathématiciens et autres biologistes ont, par exemple, passé au crible 276 956 articles publiés entre 2006 et fin 2023 dans PLOS One, une revue en ligne à comité de lecture, et ont suivi 134 983 auteurs et 18 329 éditeurs relecteurs ayant validé ces articles. Cette revue américaine a été choisie non pas en raison de suspicions spécifiques, mais parce que les métadonnées associées aux articles qu’elle publie sont transparentes et exploitables.

    Qu’ont-ils constaté ? Que certains filtres censés garantir le processus de #relecture_par_les_pairs, principe au cœur de la confiance dans l’édition scientifique, étaient défectueux. Ou pire encore, étaient gagnés par des pratiques frauduleuses.

    Des résultats aberrants

    L’étude mentionne ainsi 45 éditeurs de PLOS One qui avaient un taux anormalement élevé de publications qu’ils avaient acceptées et qui ont été ultérieurement rétractées ou critiquées sur PubPeer, le site de référence en matière d’évaluation par les pairs après parution. Ces éditeurs (0,25 % de l’ensemble des éditeurs de la revue) « ont édité 1,3 % de tous les articles publiés dans PLOS One, mais 30,2 % des articles rétractés ». Information aggravante, plus de la moitié d’entre eux sont également auteurs d’articles publiés par PLOS One qui ont été ultérieurement rétractés. La #rétractation d’un article est le plus souvent motivée par les fautes professionnelles des auteurs (comme des données falsifiées ou le plagiat), ou les fautes des éditeurs, telles que l’absence de contrôle qualité minimal des travaux soumis.

    « Statistiquement parlant, nous ne pouvons pas dire si PLOS One est plus ou moins exposé à des risques que d’autres revues, précise Thomas Stoeger, enseignant-chercheur en biologie moléculaire et coauteur de l’article. Mais, ce qui se passe avec PLOS One est alarmant, car cela montre que même les revues basées aux Etats-Unis, et celles dans lesquelles nous publions nous-mêmes, peuvent être touchées. » La direction de PLOS One dit aujourd’hui que ces éditeurs ont depuis été renvoyés et que ses procédures de contrôle ont été renforcées.

    Dans un second volet de l’étude, les chercheurs se sont intéressés aux #images (graphiques ou photos d’expériences) dupliquées, qui sont souvent la signature d’usines à articles, ou « paper mills » (littéralement : « moulins à papiers »). En se servant des cas signalés sur PubPeer, ils observent d’abord que « bien que la duplication d’images implique que ces études ne se sont pas déroulées comme prévu, seulement 34,1 % d’entre elles ont été retirées ». Mais surtout, ils ont constaté, en reliant les études partageant un même schéma, qu’elles étaient souvent publiées dans un laps de temps court et par des éditeurs voisins. Bref, que c’était organisé.

    Ce que révèle l’étude des articles considérés comme suspects provenant de « #paper_mills », identifiés grâce à des contenus communs, est une forme d’#industrialisation_de_la_fraude. « Ces schémas anormaux concordent avec un mode opératoire dans lequel les usines à articles coopèrent avec des intermédiaires (…) qui contrôlent au moins certaines des décisions prises par les revues ciblées et peuvent garantir la publication simultanée de lots d’articles frauduleux dans une seule revue », écrivent les auteurs. Et lorsqu’une de ces revues dites « prédatrices », car non regardantes sur les articles qui lui sont soumis, est désindexée par des agrégateurs, ces courtiers en articles falsifiés se reportent sur une autre.

    Ce phénomène, que les auteurs appellent le « #journal_hopping » (« saut d’une revue à l’autre »), provoque parfois des résultats aberrants. Plusieurs titres indexés par l’Association pour la recherche et le développement universitaires (ARDA) ont été ainsi pris, pourrait-on dire, en flagrant délit, en publiant par exemple un article sur la torréfaction des noisettes dans une revue spécialisée sur le sida, ou un article sur la détection des logiciels malveillants dans une revue sur l’éducation spécialisée.

    Autre type de fraude à la qualité de la production scientifique : la publication d’articles issus de conférences pourtant labellisées. Là encore, un défaut de contrôle et des complicités sont évoqués par les auteurs, qui citent en exemple les conférences organisées par l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (IEEE). Plusieurs centaines de conférences tenues dans ce cadre depuis 2003 ont eu un nombre anormalement élevé de leurs publications rétractées.

    Des mesures correctives timides et tardives

    Pris dans son ensemble, le phénomène de fraude reste marginal dans l’univers de l’édition scientifique. Mais la tendance est alarmante : « Le nombre d’articles rétractés et d’articles commentés par PubPeer double respectivement tous les 3,3 et 3,6 ans, tandis que le nombre total de publications double tous les quinze ans. Et les articles suspectés d’être issus d’usines à papier doublent tous les 1,5 an. » En outre, les pratiques frauduleuses ne sont plus le cas de chercheurs isolés, mais de systèmes bien huilés : « De larges groupes de relecteurs et d’auteurs semblent avoir coopéré pour faciliter la fraude à la publication. Des réseaux d’articles frauduleux liés suggèrent une production à l’échelle industrielle. Les organisations vendent des services de fraude contractuelle. »

    Face à cela, les mesures correctives ou punitives s’avèrent trop timides, sinon trop tardives. Seuls 28 % des articles identifiés dans cette étude comme étant issus d’usines à papiers ont été rétractés. Ce qui compromet la #qualité des #archives_scientifiques. L’une des explications avancées au développement de cette fraude est l’inégalité entre chercheurs pour l’accès aux financements. Or la #concurrence et l’#incertitude propre au travail de chercheur y contribuent. « Pourquoi risquer l’échec, mettant en péril sa #carrière, alors que, moyennant une somme relativement modique, on peut facilement obtenir des publications et des citations qui nécessiteraient autrement un travail considérable ? », interroge cette étude. De fait, le nombre d’articles publiés reste l’étalon. Pour David Sanders (Université Purdue, Indiana), qui n’a pas participé à l’étude, l’une des causes du mal est l’inflation du nombre d’articles, « ce qui empêche que des contrôles appropriés par les pairs puissent être mis en place ».

    « A notre avis, la gravité de la situation exige une action urgente », écrivent en conclusion ces chercheurs. Ils déplorent que le travail de lutte contre ces fraudes reste trop souvent l’œuvre d’un petit nombre de bénévoles isolés.

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/08/10/la-fraude-aux-publications-scientifiques-s-industrialise-alerte-une-etude-am
    #édition_scientifique #recherche #revues_scientifiques #peer_review

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    https://seenthis.net/messages/1036396

    • The entities enabling scientific fraud at scale are large, resilient, and growing rapidly

      Significance
      Numerous recent scientific and journalistic investigations demonstrate that systematic scientific fraud is a growing threat to the scientific enterprise. In large measure this has been attributed to organizations known as research paper mills. We uncover footprints of activities connected to scientific fraud that extend beyond the production of fake papers to brokerage roles in a widespread network of editors and authors who cooperate to achieve the publication of scientific papers that escape traditional peer-review standards. Our analysis reveals insights into how such organizations are structured and how they operate.
      Abstract
      Science is characterized by collaboration and cooperation, but also by uncertainty, competition, and inequality. While there has always been some concern that these pressures may compel some to defect from the scientific research ethos—i.e., fail to make genuine contributions to the production of knowledge or to the training of an expert workforce—the focus has largely been on the actions of lone individuals. Recently, however, reports of coordinated scientific fraud activities have increased. Some suggest that the ease of communication provided by the internet and open-access publishing have created the conditions for the emergence of entities—paper mills (i.e., sellers of mass-produced low quality and fabricated research), brokers (i.e., conduits between producers and publishers of fraudulent research), predatory journals, who do not conduct any quality controls on submissions—that facilitate systematic scientific fraud. Here, we demonstrate through case studies that i) individuals have cooperated to publish papers that were eventually retracted in a number of journals, ii) brokers have enabled publication in targeted journals at scale, and iii), within a field of science, not all subfields are equally targeted for scientific fraud. Our results reveal some of the strategies that enable the entities promoting scientific fraud to evade interventions. Our final analysis suggests that this ability to evade interventions is enabling the number of fraudulent publications to grow at a rate far outpacing that of legitimate science.

      https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2420092122

  • Ces « bibliothèques de l’ombre » où les scientifiques du monde entier partagent gratuitement des articles

    « Un monde de pirates » (2/5). Les sites sur lesquels les #articles_scientifiques sont mis à disposition, en toute illégalité, sont très populaires au sein de la communauté universitaire. Rapides, efficaces, ils incarnent l’utopie d’un savoir accessible à tous.

    Le message, posté sur le site #Sci-Hub, est signé d’une dermatologue tunisienne : « Je veux vous remercier de permettre aux médecins d’accéder à la recherche scientifique médicale gratuitement, surtout dans les pays en développement. » « L’aide que vous avez apportée aux autres est inestimable, je ne doute pas que vous ayez sauvé des vies », surenchérit une chirurgienne galloise. Un interne turc en orthopédie, lui, ne s’encombre pas de périphrases : « Vous méritez un p***** de prix Nobel ! »
    La bénéficiaire de cette effusion de gratitude est une informaticienne kazakhe : #Alexandra_Elbakyan, fondatrice de Sci-Hub, un site de #piratage_scientifique ou, en termes plus policés, une « #bibliothèque_de_l’ombre », qui met à disposition des millions d’articles scientifiques sans le moindre frais. D’où le surnom de la jeune femme : la « Robin des Bois de la science ».

    Cet outil, Alexandra Elbakyan a commencé à l’élaborer pour son usage personnel, en 2011. Alors étudiante en neurosciences, elle bloque sur la rédaction de son mémoire, incapable de s’acquitter des 30 ou 40 dollars qu’exigent les #revues pour donner accès à chacun de leurs articles. C’est l’acte de naissance de Sci-Hub, nouvelle planète dans une galaxie où orbitent alors déjà d’autres « bibliothèques », telles que les sites russes #Z-Library et #LibGen – plus variés, ces derniers diffusent aussi des copies, à l’identique, de livres scientifiques ou de fiction. L’économiste hongrois Balazs Bodo, chercheur à l’université d’Amsterdam, y voit l’héritage du #samizdat soviétique, un système de #diffusion clandestin d’ouvrages interdits ou introuvables, souvent rendu possible, déjà, par des universitaires grâce à leur accès privilégié aux textes.

    Ces samizdats modernes s’épanouissent bien loin des frontières de l’ex-URSS. Leurs adresses s’échangent sur les campus américains comme s’échangeaient déjà les photocopies ou, par modem, les fichiers informatiques. Les étudiants – proverbialement fauchés – comme les chercheurs sont séduits par la gratuité de ces plateformes, entièrement financées par les dons des usagers les plus enthousiastes. « C’était impossible de s’acheter autant de manuels », se souvient Jason (un nom d’emprunt car il souhaite demeurer anonyme), un utilisateur américain de ces bibliothèques depuis son master de sociologie, dans les années 2000. Au téléphone, ce quadragénaire souligne les prix prohibitifs des manuels aux Etats-Unis, où ils peuvent dépasser 100 dollars l’unité.

    Equipe de bénévoles

    Soucieux de rendre une partie de l’aide qu’il a reçue de la communauté, Jason est devenu, pendant la pandémie de Covid-19, le modérateur d’un forum où se coordonnent les #bénévoles. Comme lui, ceux-ci ont été séduits par la dimension politique du projet – mais aussi par l’image romantique du « #pirate_du_savoir », vent debout contre la #privatisation de la #science. Une mythologie flibustière qui motive étudiants et chercheurs à user de leurs accès privilégiés aux réseaux universitaires pour aider d’autres usagers en manque d’une référence.

    Sur ce forum, Jason et les siens trient et approuvent les ouvrages numériques, quitte à retoquer les éventuels trolls qui soumettent de faux livres, derrière la couverture desquelles on ne trouve qu’une publicité incitant à acheter l’œuvre originale. Ils corrigent ensuite ce qui doit l’être. Titre, auteur, image de couverture : les articles et livres ont besoin d’une sorte de « mise en beauté » avant d’être mis à disposition du public. A leur manière, ces bénévoles férus d’informatique effectuent un travail de bibliothécaire : curation, étiquetage… « Cela nécessite beaucoup de travail manuel et il n’y a jamais assez de bénévoles », confirme Jason. Il faut dire qu’il n’est pas évident, pour un aspirant « bibliothécaire de l’ombre », de savoir comment se rendre utile, les équipes responsables des sites ne brillant pas par leur transparence.

    Car… chut ! Comme dans une authentique bibliothèque, on est prié de ne pas faire de bruit. Pas tant pour ne pas déranger les autres lecteurs que parce que le partage d’articles est illégal, et qu’il est risqué de s’impliquer dans la gestion du site. Les échanges informels sur les réseaux sociaux restent anonymes, quand ils n’ont pas plutôt lieu sur des groupes privés, fonctionnant par cooptation.
    Ces précautions ne sont pas superflues. Depuis une dizaine d’années, la guerre est déclarée entre les « bibliothèques » et les puissants groupes d’édition scientifique, à commencer par les géants américains #Elsevier et #Springer. Propriétaires légaux des #articles_scientifiques, ils ont peu à peu obtenu le blocage des sites pirates dans plusieurs pays. Alexandra Elbakyan elle-même a été contrainte de prendre ses distances avec Sci-Hub : en 2021, en raison d’un procès l’opposant à Elsevier en Inde, elle a préféré geler le site, qui demeure accessible mais n’est plus alimenté. Visée par une enquête du FBI, elle vit dans la clandestinité, dans le nord de la Russie.

    La Z-Library est logée à la même enseigne. Ses domaines ont été saisis par la justice américaine en 2022. Deux individus, russes, accusés d’être impliqués dans la création du site, ont été arrêtés en Argentine et se sont depuis évadés. Un événement qui a conduit la Z-Library à revoir les mesures de sécurité de son équipe composée, selon l’un de ses porte-parole sollicité par Le Monde, de « dizaines de spécialistes » en informatique.

    Modèle asymétrique

    #Menaces, #fermetures, #condamnations… Dans le domaine des #publications_scientifiques, la lutte contre le #piratage a ceci de particulier que les auteurs, qui pourraient légitimement se sentir lésés, ne se pressent pas pour se ranger du côté de la loi. Beaucoup d’entre eux estiment que le très profitable modèle économique des principaux éditeurs est particulièrement asymétrique, pour ne pas dire injuste : à leurs yeux, les éditeurs privatisent la science en exploitant le travail des chercheurs, qui ne sont pas rémunérés en retour pour leur publication ou évaluation d’études.

    Dans ce contexte, les pirates suscitent plus souvent l’admiration que la réprobation. D’autant que leur histoire reste marquée par la mort brutale d’#Aaron_Swartz, militant révéré de l’#open_access (accès libre). Visé par des poursuites judiciaires du FBI pour avoir téléchargé des centaines de milliers d’articles scientifiques, cet Américain de 26 ans s’est suicidé en 2013. Dans son « manifeste de l’Open Access Guerilla », il incitait étudiants, bibliothécaires et chercheurs à partager leurs ressources, leurs mots de passe, leurs fichiers. « Vous avez la possibilité de participer à ce banquet de la connaissance alors que le reste du monde en est exclu », insistait-il.

    Pour l’heure, les fermetures de plateformes pirates sont rarement définitives. La bataille que leur livrent les éditeurs s’apparente davantage à un jeu du chat et de la souris, les sites bloqués ne tardant pas à refaire surface, à l’identique, à une autre adresse. La crainte de les voir disparaître pour de bon mobilise tout de même de nombreux internautes, à l’image de « #Shrine », un universitaire qui ne donne ni son nom ni son âge, mais explique au Monde que, pour lui, ces bibliothèques sont des « ONG de la piraterie ».

    En 2020, il lance un appel à l’aide sur Reddit, plateforme communautaire et plus gros forum en ligne du monde. Reprenant en préambule le mot d’ordre d’Aaron Swartz, il propose un projet d’hébergement « pair à pair », c’est-à-dire décentralisé, des sites comme Sci-Hub : dans la mesure où leur contenu sera désormais hébergé sur les ordinateurs de centaines de volontaires, il sera impossible de le supprimer en faisant simplement saisir, par la justice, quelques ordinateurs. « Shrine » affirme avoir alors vu se mettre en mouvement « une colonie de fourmis : des gens du monde entier, décidés à protéger ces fichiers, malgré les risques encourus et sans en tirer le moindre profit ».

    Cette « colonie » a essaimé. Ainsi, un projet de mégabibliothèque baptisé « #Anna’s_Archive » a pour objet, depuis 2022, de constituer une copie complète des collections numériques de ses homologues. Ses promoteurs – évidemment non identifiés – entendent ainsi éviter la disparition du contenu de ces plateformes si elles venaient à fermer. Résultat : 50 millions de livres et le double d’articles scientifiques sont conservés dans « Anna’s Archive ».

    https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2025/08/11/les-bibliotheques-de-l-ombre-a-la-pointe-du-piratage-scientifique_6628300_34
    #édition_scientifique #résistance #recherche #ESR

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    ajouté à la #métaliste sur la #publication_scientifique* :
    https://seenthis.net/messages/1036396

  • #Elsevier parent company reports 10% rise in profit, to £3.2bn

    Scientific arm of #Relx reports adjusted operating profit of £1.17 billion in 2024

    Relx, the parent company of academic publishing giant Elsevier, has reported a 10 per cent underlying growth in its adjusted operating profit for 2024, reaching just under £3.2 billion from revenues of £9.43bn.

    Within this, the scientific, technical and medical arm of the company—which includes its publishing business—had an adjusted operating profit of £1.17bn, with underlying growth of five per cent.

    This arm had revenue of £3.05bn, giving it an adjusted operating margin of 38.4 per cent, the company reported on 13 February.

    Relx said its primary research business “continued to be driven by volume growth, with article submissions growing very strongly across the portfolio, particularly in pay-to-publish”.

    Its financial results come amid concern among some politicians and research organisations about money being spent on publishing by publicly funded research. Last month, 10 European research organisations announced they would help to fund broader use of the EU’s free-to-publish publishing platform, Open Research Europe.

    Meanwhile, in the UK, Research Professional News has reported that the universities of Sheffield, Surrey and York have opted out of the sector-wide “big deal” with Elsevier, amid a bleak outlook on university finances and concerns over slow progress to fully open access publishing. An Elsevier spokesperson previously told RPN that Sheffield, York and Surrey “have all signed individual agreements [with the company] or are in discussions with us to continue access to Elsevier-published journals”.

    Publishing evolution a risk

    Among the risks Relx set out for investors, it said one was “evolution” in the scholarly publishing landscape.

    The open access publishing model “now represents a significant and growing portion of the volume of primary research that we publish”, it said, adding that “rapid changes in customer choice, regulation or technologies in this area could impact the revenue mix and growth”

    Relx added: “Maintaining research integrity requires us to manage risks around fraud in research papers in the context of evolving technologies.” It said that it operates “in highly competitive and dynamic markets”, which are affected by developments in technologies like artificial intelligence.

    More growth expected

    The company said it expects “good underlying revenue growth” in 2025, with growth in adjusted operating profit being slightly higher than the revenue growth.

    Chief executive officer Erik Engstrom said: “Our improving long-term growth trajectory continues to be driven by the ongoing shift in business mix towards higher growth analytics and decision tools that deliver enhanced value to our customers across market segments.”

    https://www.researchprofessionalnews.com/rr-news-world-2025-2-elsevier-parent-company-reports-10-ri
    #profit #édition_scientifique #publications_scientifiques #business #ESR #recherche

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    ajouté à la #métaliste sur la #publication_scientifique* :
    https://seenthis.net/messages/1036396

  • Comment TikTok a changé la manière de concevoir des clips de musique
    https://www.ladn.eu/media-mutants/comment-tiktok-a-change-la-maniere-de-concevoir-des-clips-de-musique

    Exit les clips sur MTV... TikTok a forcé les artistes à changer la manière de faire des images.

    « Si je n’avais pas TikTok, je ne découvrirais jamais de musiques. Mon algorithme connaît mes goûts mieux que moi et plus besoin de clip à 2 millions d’euros pour me donner envie d’écouter. Ce qui marche, c’est que l’artiste me fasse sentir qu’il est humain, comme moi quoi… »

    C’est ce qu’explique Nicolas, 25 ans, à la sortie d’un concert de Eartheater qu’il a découverte sur TikTok. Mi-artiste de musique électronique, mi-créature extraterrestre, Eartheater n’est pas franchement « comme nous ». Mais ce qui plaît à Nicolas, c’est cette nouvelle forme d’art instantanée qu’elle met en scène sur la plateforme vidéo. Cette force, qu’elle partage avec d’autres artistes, est de créer une iconographie visuelle avec les moyens du bord et une intimité avec le public. Et ce, 7 fois par semaine, à travers des vidéos en 16:9.

    @iameartheater

    ‘Lucky’ out today w me and Varg #eartheater #draingang #lucky #trinityvigorsky #crazyates #covergirl #metal #doom #trinity #earth #tears #behemoth #messenoire
    ♬ original sound - Eartheater

    TikTok kills the clip star

    En août 1981, la chaîne MTV diffusait sa première vidéo sur le câble : The Buggles, Video Killed the Radio Star. L’ère des vidéos musicales commençait et nous passions d’auditeurs à spectateurs de musique. Aujourd’hui, le clip de cinq minutes à l’esthétique léchée et aux budgets faramineux (7 millions de dollars pour Scream de Michael Jackson) est devenu anachronique. Cette pièce maîtresse de l’industrie musicale laisse la place aux micro-contenus musicaux sur TikTok et Instagram, qui définissent les contours de la promotion par l’image

    #Musique #Vidéo #Clip #TikTok

  • Les « #minerais_de_sang » du #numérique, clé de la guerre en #RDC

    Au Congo, le mouvement armé #M23 soutenu par le Rwanda s’est emparé de la ville de Goma, capitale d’une province riche en #minerais_stratégiques. Indispensables aux #smartphones, ils alimentent ce #conflit meurtrier et écocidaire.

    C’est un tournant dans la guerre qui ravage l’est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis trente ans. Dimanche 26 janvier, des combattants du #Mouvement_du_23_mars (M23), un #groupe_armé antigouvernemental, appuyés par 3 000 à 4 000 soldats rwandais, sont entrés dans Goma, la capitale de la province du #Nord-Kivu où vivent un million de personnes.

    Au cœur de ce conflit, les « minerais de sang » — #coltan, #nickel, #étain et #or — indispensables à la fabrication des équipements électroniques et notamment des smartphones. Reporterre fait le point avec #Fabien_Lebrun, chercheur en sociologie et auteur de Barbarie numérique. Une autre histoire du monde connecté (L’Échappée, octobre 2024).

    Reporterre — Quel est le lien entre le conflit à l’est de la RDC et les minerais utilisés pour fabriquer nos smartphones ?

    Fabien Lebrun — Au cœur de cette guerre se trouvent les minerais de sang, aussi appelés #minerais_de_conflits : le coltan, le nickel, l’étain et l’or. Le coltan est transformé en #tantale, indispensable à la fabrication des #condensateurs pour smartphones : sans ce #métal très résistant à la chaleur et à la corrosion qui permet la miniaturisation des composants, les téléphones chaufferaient tellement qu’ils pourraient prendre feu. Or, les deux tiers des réserves mondiales de coltan se trouvent dans et à l’est du Congo. L’Afrique des Grands Lacs — Congo et #Rwanda confondus — en assure la moitié de la production mondiale.

    L’est du Congo est également riche en #cassitérite, dont provient l’étain indispensable pour les soudures des circuits électroniques ; en #wolfram, ou #tungstène, qu’on retrouve dans les vibreurs et les haut-parleurs des téléphones portables ; et en or, dont l’industrie numérique siphonne 10 % de l’extraction mondiale pour la fabrication de ses #cartes_mères et ses circuits imprimés. Depuis la première guerre de 1996, ces minerais occupent une place dans ce qu’on peut appeler une #économie_de_guerre, une économie militarisée qui perdure à ce jour.

    Depuis avril dernier, les rebelles du M23 contrôlent la zone minière de #Rubaya, qui fournit 15 % du coltan mondial. Quel intérêt stratégique y trouvent-ils ?

    En contrôlant administrativement la zone, le M23 peut élaborer tout un système de #taxes et ainsi financer le conflit. D’après un rapport de l’ONU, le groupe exporte désormais 120 tonnes de coltan par mois et les taxes qu’il prélève sur la production lui assurent un revenu d’environ 800 000 dollars mensuels. D’un point de vue économique et financier, les intérêts sont importants.

    Le M23 est soutenu par l’armée rwandaise. Depuis plusieurs années, le président de la RDC Félix Tshisekedi accuse le Rwanda de convoiter ses #ressources en #minerai. Quel rôle ont ces ressources dans l’aggravation des tensions géopolitiques dans la région ?

    Ces #métaux sont, si ce n’est la principale cause, au moins un déterminant important dans l’#instabilité de la #région_des_Grands_Lacs. L’exploitation et la commercialisation de ces minerais de sang structurent l’#économie, l’#industrie et la #politique de la région. Elles produisent une rente qui enrichit les #élites et favorise la #corruption.

    On parle beaucoup du Rwanda, plaque tournante pour ces minerais indispensables aux équipements électroniques, mais l’Ouganda et dans une moindre mesure le Burundi sont aussi dans le coup. L’État congolais lui-même est en partie responsable de la situation : 2 000 kilomètres séparent Goma de la capitale, Kinshasa, et les institutions étatiques y sont absentes.

    Quelles sont les conséquences humaines et écologiques de l’#industrie_minière pour les habitants du Nord-Kivu ?

    Depuis le milieu des années 1990, début de la révolution numérique, le coût humain et écologique de ce conflit autour des minerais de sang est démentiel. Avant même le regain de #violence des trois dernières semaines, les analystes parlaient de plusieurs millions de #morts, de 7 millions de #déplacés dans des conditions terribles et de 4 millions de réfugiés qui ont fui le Congo. Près de 30 millions de Congolais sont en situation de #malnutrition aiguë.

    Au-delà du conflit, le bilan écologique est dévastateur. Les terres du Nord-Kivu, fertiles et qui auraient pu bénéficier à l’agriculture locale, ont été saccagées par les activités minières. L’#air est pollué d’effluves toxiques.

    « À certains endroits, il n’y a plus de vie aquatique »

    L’industrie minière est aussi en partie responsable de la destruction de la #forêt du bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical mondial crucial dans la lutte contre le changement climatique. Les espèces en voie d’extinction qui y vivent — gorilles des montagnes, bonobos, rhinocéros — sont massacrés par les groupes armés qui contrôlent les activités minières.

    Mais la première victime de l’extractivisme est l’#eau, comme l’explique l’ingénieure à SystExt Aurore Stéphant. Cela se vérifie au Congo, avec des centaines de kilomètres de cours d’eau contaminés aux #métaux_lourds — plomb, cadmium, etc. Le fleuve Congo est touché, ainsi que les #nappes_phréatiques. À certains endroits, il n’y a plus de #vie_aquatique.

    L’appétit des États occidentaux et des #multinationales de la tech pour ces ressources n’est pas étranger à ce désastre…

    Cela fait des décennies que la #responsabilité de l’#industrie_numérique dans la déstabilisation de la RDC est pointée du doigt. Mi-décembre, le président de la RDC a porté #plainte contre #Apple pour recel de #crime_de_guerre, blanchiment de faux et #tromperie des consommateurs.

    Déjà, en 2019, l’organisation internationale Right Advocates avait lancé une action collective contre Apple, #Microsoft, #Tesla, #Google et #Dell, qu’elle accusait de profiter du #travail_d’enfants dans les mines de cobalt congolaises. Malheureusement, la plainte n’avait pas abouti.

    « La production de masse de la #Playstation 2 de #Sony avait entraîné une ruée vers les activités minières »

    En 2016, Amnesty International et Afrewatch accusaient de grandes marques électroniques comme Apple, #Samsung et Sony d’acheter du cobalt à des négociants s’approvisionnant dans des mines où travaillent des enfants.

    En 2000, la flambée des prix du coltan, alimentée par la production de masse de la Playstation 2 de Sony, avait entraîné une ruée vers les activités minières à l’est de la RDC avec des conséquences très néfastes pour les communautés.

    Or, les États appuient bien souvent ces multinationales. En février, Bruxelles et Kigali signaient un accord pour un approvisionnement « durable » de l’Union européenne en minerais critiques. Alors qu’on sait très bien que 90 % des minerais de sang qui sortent du Rwanda proviennent du Congo !

    Peut-on parler de #néocolonialisme ?

    L’extractivisme est la pratique coloniale historique par excellence. Dès le XVIᵉ siècle, les conquistadors ont pillé l’or et l’argent des Amérindiens, qu’ils ont exterminés. Cet épisode a été un tournant pour l’enrichissement des États occidentaux et la naissance du capitalisme et de la mondialisation.

    Les activités minières, polluantes, génératrices de conflits sociaux, d’usages des terres et de l’eau, étaient sorties de nos imaginaires. Mais depuis trente ans, on assiste à un regain de l’extractivisme pour alimenter la #révolution_numérique.

    Il est évident que l’accord qui permet à l’Union européenne de piller la RDC en passant par le Rwanda est typiquement néocolonial. De même que la #mainmise de la #Chine sur le cobalt et le #cuivre congolais. On pourrait parler de #technocolonialisme.

    Que faudrait-il faire pour aider la région du Nord-Kivu à s’apaiser ?

    Nous ne pourrons pas diminuer la pression minière dans la région des Grands Lacs sans décroissance minérale et métallique. Pour être solidaires avec les Suds, il faudra forcément acheter moins et favoriser des appareils plus durables et mieux réparables.

    Réduire notre demande en métaux rares va aussi impliquer d’avoir des outils moins rapides, moins performants. C’est tout notre quotidien numérique et la numérisation à marche forcée qui sont à revoir.

    https://reporterre.net/Les-minerais-de-sang-du-numerique-cle-de-la-guerre-en-RDC
    #République_démocratique_du_congo #Congo #extractivisme #minerais #pollution