• #Sexe, #race & #colonies. La #domination des #corps du XVe siècle à nos jours

    Reposant sur plus de mille peintures, illustrations, photographies et objets répartis sur six siècles d’histoire au creuset de tous les #empires_coloniaux, depuis les conquistadors, en passant par les systèmes esclavagistes, notamment aux États-Unis, et jusqu’aux #décolonisations, ce livre s’attache à une #histoire complexe et #taboue. Une histoire dont les traces sont toujours visibles de nos jours, dans les enjeux postcoloniaux, les questions migratoires ou le métissage des identités.
    C’est le récit d’une #fascination et d’une #violence multiforme. C’est aussi la révélation de l’incroyable production d’#images qui ont fabriqué le regard exotique et les fantasmes de l’Occident. Projet inédit tant par son ambition éditoriale, que par sa volonté de rassembler les meilleurs spécialistes internationaux, l’objectif de Sexe, race & colonies est de dresser un panorama complet de ce passé oublié et ignoré, en suivant pas à pas ce long récit de la #domination_des_corps.


    https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Sexe__race___colonies-9782348036002.html
    #colonialisme #colonisation
    #esclavage #image #post-colonialisme #identité #exotisme

    • "Sexe, race & colonies", un ouvrage d’historiens qui fait débat

      L’ouvrage « Sexe, race & colonies » d’un collectif d’historiens sur l’imagerie du corps sous domination coloniale, fait à la fois référence et débat en France. L’historien Pascal Blanchard est l’invité de France 24.

      Le livre en impose par son ambition historiographique, par le nombre de photographies réunies, par l’ampleur du sujet – des siècles et des continents parcourus. « Sexe, race & colonies, la domination des corps du XVe siècle à nos jours » (éditions La Découverte) jette un regard historique et transnational sur l’accaparement des individus jusque dans leur intimité, au nom de la domination occidentale.

      Plus d’un millier de peintures et de photographies permettent de prendre la mesure du corps-à-corps entre colons et colonisés, perçus comme étant à disposition, sexualisables à l’envi. Le travail d’un collectif de 97 historiens sous la direction de Pascal Blanchard, spécialiste du fait colonial et de son imaginaire au Laboratoire communication et politique du CNRS, scrute tout le panel de cette imagerie, tour à tour fantasmagorique et tristement réelle, de la représentation érotisée des « sauvages » dès le XVe siècle jusqu’à des cartes postales dégradantes envoyés en Europe par les colons établis dans les pays du Sud aux XIXe et XXe siècles. Le phénomène ne se résume pas aux colonies françaises en Afrique, l’Empire japonais et l’Amérique ségrégationniste ont connu les mêmes logiques d’assujettissement sexuel des corps.

      Cet ouvrage donne à voir combien « l’Occident s’est arrogé un droit sur l’autre. La domination des terres s’est accompagnée d’une domination des corps. C’était un safari incroyable. L’homme blanc se sentait intouchable », explique Pascal Blanchard sur France 24. « Dès le XVe siècle, la peinture raconte l’histoire d’un paradis perdu. Ces corps nouveaux fascinent, alors même que les Occidentaux cachent le leur. Mépris et attirance se sont entrecroisés. Ce qui était un paradis pour les uns était l’enfer des autres », juge l’historien.

      Durant quatre années, le collectif a fouillé quelque 450 fonds privés et publics dans le monde, en Europe, aux États-Unis, en Asie, et s’est heurté à des obstacles. « Les musées ont refusé de nous céder les droits pour les œuvres de Gauguin qui posent énormément problème. Les héritiers de Hergé ont également mis leur veto pour utiliser des dessins de ’Tintin au Congo’. Sans compter les marques qui ont refusé que leurs publicités interraciales soient dans le livre », relate Pascal Blanchard, convaincu que le sujet dérange encore.

      « Prendre les images au sérieux »

      Peut-on décoloniser les images sans montrer les images ? L’ouvrage s’est attiré des critiques. Le collectif Cases rebelles ironise sur l’intention de ces « bonnes âmes » qui, « sous prétexte de dénoncer ou d’analyser », ne fait que « reconduire la violence en diffusant massivement des images de femmes non-blanches humiliées, agressées, dont certaines sont encore des enfants sur les clichés en question. Comme si la reproduction de ces images avait cessé d’être profondément attentatoire à leur dignité, comme si elles n’affectaient plus leurs descendant.e.s et tout.e.s les héritier.e.s – côté victimes – de cette violence coloniale. »

      Parmi les historiens qui ont participé à l’ouvrage, Christelle Taraud, spécialiste de l’histoire des femmes, du genre et des sexualités en contexte colonial, particulièrement dans les pays du Maghreb, s’explique : « Il y a assez peu d’ouvrages qui prennent au sérieux les images », affirme-t-elle lors des Rendez-vous de l’histoire organisés à Blois, le 13 octobre 2018. « Pour parler de domination coloniale, il fallait donc nous emparer de ce matériel image qui a toujours posé beaucoup de problèmes aux historiens, ou a été traité de façon illustrative, poursuit l’historienne. On voulait replacer ces images au cœur de notre propos. A partir du XIXe siècle et l’invention de la photographie, l’essentiel de la domination symbolique est passé par la domination visuelle. Et nous sommes persuadés que les stéréotypes d’hier affectent très lourdement nos sociétés contemporaines. »

      Le succès du tourisme sexuel dans les pays anciennement colonisés, le fantasme de la « beurette » supposément sensuelle, sont autant d’héritages non assumés de cette imagerie dominatrice, estime le collectif d’historiens, qui se défend d’avoir versé dans le sensationnalisme. « Les images ont une puissance, elles sont perturbantes, bouleversantes, admet Nicolas Bancel, invité de la table ronde consacrée à l’ouvrage aux Rendez-vous de l’histoire. Elles font résonner en nous des zones obscures de l’inconscient. Nous avons travaillé à ce que ce livre fasse réfléchir, qu’il permette la distance. On a particulièrement réfléchi à l’intertextualité, le rapport entre le texte et l’image. »

      Vertige et violence de la reproduction

      Précisément, cette intertextualité est l’objet de critiques. L’habillage de l’ouvrage, la typographie du mot « sexe » qui s’étale en couverture, la reproduction en grand format et sur papier glacé des photographies de personnes nues et maltraitées, la prégnance des images au détriment du texte, participent au rejet du livre.

      Ce format de publication ne se soucie pas « de la matérialité de l’objet d’histoire que l’on fabrique » et vient « contredire le projet des auteurs », écrit Philippe Artières dans Libération. Les photographies sont « crues, pornographiques et violentes », atteste la militante féministe Mélusine, qui plaide pour le « respect » envers « toutes leurs lectrices d’aujourd’hui, en particulier pour celles qui reconnaissent ces corps au leur si semblables et qui continuent de souffrir des conséquences sociales, morales et physiques de cet imaginaire sexuel raciste, qui n’a pas cessé d’exciter l’œil des spectateurs ». « On vomit parce qu’on a cru ouvrir un livre d’histoire, et qu’on se retrouve en train de feuilleter un gros beau livre porno, écrit Daniel Schneidermann. Vous savez, les beaux livres, sur les tracteurs, les peintres du Quattrocento ou les pipes en écume ? Cette fois, c’est un beau livre de viols coloniaux. » Florent Georgesco dans Le Monde admet également que « l’ensemble souffre au bout du compte de définir le sexe colonial de manière si large, sans les nuances qu’une pensée critique plus solide aurait permises, qu’il devient une réalité vague, propre à accueillir tous les sentiments. Même la fascination. »

      « On ne les appelle pas des photos érotiques », se défend Pascal Blanchard sur France 24. « On les appelle des images de la domination coloniale. Vous avez vu un homme qui presse le sein d’une femme ? C’est un safari sexuel. Et on n’a pas tout montré, les images de pédophilie n’ont pas été publiées. Si on veut comprendre comment à l’époque, à travers ces photographies, on a légitimé le droit de posséder le corps de l’autre, il faut montrer ces images. »

      Nicolas Bancel dresse un parallèle avec la réception de l’ouvrage américain « Without Sanctuary » (éditions Twin Palms Publishers, 2000), qui rend compte d’une abondante iconographie du lynchage aux États-Unis. Sur les cartes postales et sur les photographies amateur, la présence des enfants blancs dans le public, tout comme l’esthétisme des clichés, dérangent fortement. « Les premières réactions à ce livre et à ces images ont été extrêmement violentes parmi les Noirs américains, jusqu’à ce qu’ils s’en emparent », relate l’historien. De la même façon, le temps permettra aux images coloniales d’être « digérées, comprises, dépassées », estime Christelle Taraud.

      Quid du droit à l’image

      Faut-il se désoler de l’impréparation d’une société à affronter la force dérangeante de ces images, ou alors faire une place à l’émotion que suscite cet ouvrage ? La distanciation voulue par les auteurs du livre a-t-elle pris en compte, dans son champ de vision, la présence des descendants des colonisés qui vivent cette publication comme une nouvelle violence ?

      « Ces victimes sur les photographies publiées sont nôtres, elles sont de chez nous, de nos terres, de nos familles, affirme le collectif Cases rebelles. Nous ne sommes pas éloigné.e.s, pas détaché.e.s de ces corps. Aujourd’hui encore, nous portons au quotidien le poids de ces hypersexualisations violentes, de ces hyperaccessibilités au corps colonisé », rappelle le collectif qui pose la question du droit à l’image : « À la question de savoir si ces photos doivent être montrées dans l’absolu, nous répondons clairement : ne serait-ce pas d’abord aux personnes figurant sur les photos de répondre ? Les femmes, les enfants humilié.e.s, exhibé.e.s sur ces photos, ou leurs ayants droit, ont-ils donné leur autorisation ? Est-ce que quelqu’un connaît même leurs noms ? »

      Sans répondre à ces critiques – Pascal Blanchard n’a pas affronté de contradiction en public lors des Rendez-vous de l’histoire à Blois, ni honoré l’invitation de l’émission « Arrêt sur images » de débattre à plusieurs –, l’historien conclut sur France 24 : « Nous sommes en train de découvrir l’histoire de la domination masculine. C’est une longue histoire, qui n’est pas née avec #MeToo, et ne s’arrêtera pas dans les quelques mois qui viennent. C’est très complexe d’aborder l’histoire de la domination masculine parce que par définition ça nous fait peur, parce que ça bouleverse tous nos repères. »

      Le malaise face aux images serait donc le miroir d’un désarroi. Ou peut-être le signe que la distance et le respect n’ont pas encore trouvé leur place dans cette longue histoire du rapport au corps.

      https://www.france24.com/fr/20181021-sexe-race-colonies-livre-histoire-images-domination-corps-pascal-


  • All VCs Are Dicks
    https://hackernoon.com/all-vcs-are-dicks-60afff5796ee?source=rss----3a8144eabfe3---4

    A few weeks ago, I spent 45 minutes with a Venture Capitalist I’d never met before.The meeting started with the usual feeling-each-other-out type of chatter: shared contacts…recent travels…the weather.With the effortlessness only possible of “meeting professionals” we transitioned to business.First, an overview of their fund strategy (fin tech), investment stage (seed/A) and capital structure (a few funds, $100M); then, seamlessly, to my current venture. We talked high-level thesis. I demo’d our product.There was a rhythm to our conversation. We had chemistry. We were warm and comfortable; jamming.Then he leaned forward, arms crossed on the table. He paused and peered out over his glasses — and dropped this gem:“Want to know the trouble with this industry?All venture capitalists are dicks.We have (...)

    #startup #fundraising #entrepreneur #venture-capital #metoo



  • Kavanaugh, Bolsonaro et leurs copains
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2018/10/14/kavanaugh-bolsonaro-et-leurs-copains

    Le 6 octobre 2018, Brett Kavanaugh est nommé de justesse – par 51 sénateurs contre 49 – juge à la Cour suprême des États-Unis. Compte tenu du curriculum de l’intéressé, cet épisode de l’histoire nord-américaine constitue une attaque en règle contre les féministes et, en particulier, la mouvance #Metoo. La candidature de ce magistrat, soupçonné de plusieurs … Lire la suite →

    #Humeurs #dépolitisation #domination #fascisme #masculinisme #militarisation #racisme #violences


    https://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa

    • Cette lecture des faits rend compte d’une première facette de cette descente aux enfers. Ancien conseiller et soutien indéfectible du Président républicain George W. Bush, Brett Kavanaugh est un homme, jeune, blanc, riche, hétérosexuel, catholique pratiquant et se plait à en faire la démonstration. Comme son mentor, il affiche son attachement au droit de port des armes à feu, son mépris des questions écologiques, son opposition à l’avortement et son homophobie. En faisant nommer à vie son protégé à la plus haute instance judiciaire de son pays, le Président des États-Unis rend majoritaire et pour une longue durée son équipe ultraréactionnaire (ils sont maintenant cinq juges républicains non modérés sur neuf) et choie son électorat. La constitution peut désormais être défaite et orienter les lois vers davantage de libéralisme sécuritaire (extension du port d’armes, de la peine de mort), de protectionnisme (fermeture des frontières), d’impérialisme religieux, de régression des droits des homosexuels, des non Blancs et des femmes.


  • Un an après #MeToo : la condition des femmes (1/4) : « Sans oui, c’est non » : la bataille du consentement
    https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/culturesmonde-du-lundi-08-octobre-2018

    L’onde de choc #MeToo a révélé l’ampleur des cas d’agressions sexuelles révélant l’extrême banalité des « viols sans violence » opérant en pleine « zone grise ». Quels sont les impacts de #MeToo sur la définition juridique du viol ? Comment doit-on et peut-on définir les frontières du consentement ?

    « Sans oui, c’est non » : la bataille du consentement
    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-08.10.2018-ITEMA_21841965-0.mp3?track=false

    De la Chine au Japon : l’émancipation en marche
    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-09.10.2018-ITEMA_21843507-0.mp3?track=false

    De la rue à l’université : la "troisième vague" féministe
    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-10.10.2018-ITEMA_21845036-0.mp3?track=false

    De Washington à Buenos Aires : l’éternel combat de l’avortement
    à venir

    #femmes #sexisme #féminisme


  • Le #Prix_Nobel de la #paix 2018 a été décerné à #Denis_Mukwege et #Nadia_Murad, pour dénoncer les victimes de #violences_sexuelles.

    J’étais surpris que l’on récompense un homme pour son action en faveur des femmes, et une femme comme simple victime, mais comme beaucoup se sont réjoui ici de la récompense de Denis Mukwege, je n’ai rien dit.
    https://seenthis.net/messages/726904
    https://seenthis.net/messages/726918

    Et puis on apprend que Nadia Murad ne cesse de prendre Israël comme exemple et comme soutien.
    https://seenthis.net/messages/727264
    https://seenthis.net/messages/727820

    Alors on se rappelle des calculs géopolitiques du comité Nobel et on réalise que pour dénoncer les victimes de violences sexuelles, on ne prend que des cas de violences perpétrées par des Noirs et des Arabes, ce qui permet d’invisibiliser les violences faites aux femmes par de riches hommes blancs comme Harvey Weinstein, Woody Allen, Roman Polanski, Donald Trump, Bertrand Cantat, Dominique Strauss Kahn, Luc Besson, Brett Kavanaugh...

    #racisme

    • on ne prend que des cas de violences perpétrées par des Noirs et des Arabes, ce qui permet d’invisibiliser les violences faites aux femmes par de riches hommes blancs comme Harvey Weinstein, Woody Allen, Roman Polanski, Donald Trump, Bertrand Cantat, Dominique Strauss Kahn, Luc Besson, Brett Kavanaugh...

      @sinehebdo Depuis l’affaire Weinstein il n’y a pas une semaine sans que les médias occidentaux ne parlent des violences sexuelles perpétrés dans ces même pays occidentaux par des hommes blancs (l’affaire Polanski reprise aussi très régulièrement et actions contre Cantat ) alors que par ailleurs, absolument rien dans les médias sur les viols en RDC (juste quelques travaux universitaires sur le viol comme arme de guerre) et tu parles d’invisibiliser les violences faites aux femmes par de riches hommes blancs ?

    • Depuis un an, ces violences-là, perpétrées par des mecs (ajoutons Claude Lanzmann, tiens) qui jouissent d’un statut social élevé et maltraitent les femmes qui leur sont plus ou moins proches, a donné un autre visage aux violences alors que le patriarcat s’acharnait à dire que le viol, c’est dans de sombres allées par des inconnus ou les violences conjugales, des ouvriers alcooliques. Ça nous change et c’est important, de dire que les femmes sont plus en danger chez elles que dans un parking mal éclairé ! Je pense que c’est un moment, qu’il est utile mais qu’en effet il faudra remettre le projecteur sur tous les autres types de violences. Un papier récent signale la prévalence du suicide pour les femmes indiennes, @odilon tu nous rappelles le viol comme arme de guerre (y’a pas qu’en Bosnie). Essayons de n’oublier personne ! Et ma pensée du jour va aux femmes, en Amérique latine ou du Nord, qui sont privées de la liberté d’avorter et qui subissent plus que les autres le backlash conservateur, voire fasciste, du continent.

      Et le Alain, on est quelques-unes à l’avoir bloqué parce qu’il ne prend pas tes pincettes, @sinehebdo, pour donner son avis. Il a gentiment éclairé de son ignorance les questions que les féministes d’ici ont bien documentées et discutées, avec l’intelligence dont vous pouvez admirer un exemple ici et sans jamais bouger sa couille d’un millimètre devant les arguments de meufs féministes. L’exemple du macho de merde qui prolifère sur Twitter (mais qui, je l’espère, trouve ici contradiction et portes closes, et pas que des femmes qu’il prend de haut).

    • @odilon , désolé, je ne parlais pas (et je ne voulais pas) d’invisibiliser les victimes racisées (Nafissatou Diallo en sait quelque chose, mais aussi les enfants violés par les soldats de l’armée française en Centrafrique), mais de la tentative d’invisibiliser les #grands_hommes prédateurs sexuels occidentaux, et de perpétuer l’idée qu’il n’y a que les Noirs et les Arabes qui sont violents et sexistes (là bas comme ici).

      En d’autres termes, je ne conteste pas à Denis Mukwege d’avoir mérité son prix, mais vu qu’il y avait une troisième place sur le podium, une organisation comme #metoo qui dénonce le sexisme aux Etats-Unis (par exemple) aurait peut-être pu partager ce prix...

    • Brave Alain, pourquoi as-tu besoin de corriger tout le monde, de ne jamais céder d’un pouce, de te présenter comme le super féministe qui apporte ses lumières et le spectacle de sa méritante position anti-sexiste chaque fois qu’il est question de féminisme alors que tu ne connais rien ou si peu sur le sujet et que tu n’accordes aucun crédit à une femme dans une conversation ? Pourquoi ce besoin de remettre ton ordre chaque fois qu’il te semble menacé ?

      Un début de réponse ici : http://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-profeminisme-toxique.

      #misandrie et si ça te fait plaisir, d’imaginer que je n’ai aucun ami ou amant sur ce réseau (ah ah !), que je hais les hommes et que #misogynie s’écrit avec deux y...

    • Harvey Weinstein, Woody Allen, Roman Polanski, Donald Trump, Bertrand Cantat, Dominique Strauss Kahn, Luc Besson, Brett Kavanaugh

      Ce sont tous des hommes blancs en position de pouvoir (politique, économique, prestige) qui ont fait violence à des femmes et ont été défendus avec plus ou moins de mauvaise foi. Parmi ces violences, il y a des viols, des abus sur mineures, des violences conjugales... Mais toujours il y a eu le dénigrement des victimes, le déni des faits ou de leur gravité, etc.

      Marie Trintignant, elle avait mauvais caractère, ce n’est qu’un accident, il ne faut pas voir une intention de faire mal. Dans le refus de voir un grand type costaud se mettre sur la gueule avec une femme petite et nier la responsabilité de cette exploitation de sa vulnérabilité physique, il y a un air connu avec les autres cas de violences.

      Les Espagnol·es parlent de violence de genre pour ces violences que les hommes font aux femmes parce qu’elles sont femmes, parce qu’ils croient pouvoir les violer, les frapper, etc. Violences qu’ils ne feraient pas à d’autres hommes. Par exemple, les hommes sont plus menacés dans la rue par la violence d’inconnus alors que les femmes sont plus menacées par la violence de leurs proches. Cette violence a un caractère genré et c’était l’objet du post avant qu’Alain vienne expliquer la vie à tout le monde...

    • Question : qui auriez-vous récompensé comme personnalité ou organisation symbolique de la lutte contre les violences faites aux femmes en occident ?

      Harvey Weinstein, Woody Allen, Roman Polanski, Donald Trump, Bertrand Cantat, Dominique Strauss Kahn, Luc Besson, Claude Lanzmann, Brett Kavanaugh... et j’en oublie un : Jean-Claude Arnault !

      (...) la légitimité même de l’académie suédoise qui est en cause et sa gestion d’une crise historique, qui a débuté en novembre 2017, en plein mouvement #metoo. Dix-huit femmes accusaient le mari d’une des académiciennes de viols et d’agressions sexuelles. Un Français, Jean-Claude Arnault, 71 ans, directeur d’un lieu d’expositions culturelles dans la capitale du royaume. Un audit, mené par un cabinet d’avocats, a depuis révélé que l’académie lui versait de généreuses subventions. Le parquet financier a ouvert une enquête.

      Le prix Nobel de littérature en 2018 reporté d’un an
      Anne-Françoise Hivert, Le Monde, le 4 mai 2018
      https://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2018/05/04/l-academie-suedoise-ne-decernera-pas-de-prix-nobel-de-litterature-en ?

      A la place, le prix nobel alternatif de littérature a été décerné à la Guadeloupéenne Maryse Condé :

      Maryse Condé remporte le Nobel « alternatif » de littérature
      La Libre Belgique, le 12 octobre 2018
      https://seenthis.net/messages/728549


  • Bumble, l’application de rencontres dopée par #metoo
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/10/06/bumble-l-application-de-rencontres-dopee-par-metoo_5365635_3234.html

    Le mouvement antiharcèlement a fait de la plate-forme de rencontres féministe un phénomène de société. Lancée fin 2014 par Whitney Wolfe Herd, elle est passée depuis 2017 de 22 à 40 millions d’inscrits.

    Whitney Wolfe Herd n’est pas de celles qui font des concessions à la « bro » culture, la culture macho des programmeurs de la Silicon Valley. Ni tee-shirt ni tennis bariolées : quand elle arrive sur la scène de la conférence TechCrunch Disrupt, ce matin de septembre à San Francisco (Californie), elle est vêtue d’un tailleur fluide d’un bleu classique et chaussée de talons hauts. Imaginez Inès de La Fressange dans une convention de start-upeurs.

    A 29 ans, Whitney Wolfe « pèse » 230 millions de dollars (environ 200 millions d’euros), selon Forbes. Elle a cofondé Tinder, l’application de rencontres en ligne, en 2012, avant de claquer la porte, deux ans plus tard, et de poursuivre ses anciens camarades pour harcèlement sexuel. Fin 2014, elle a lancé Bumble, une plate-forme concurrente mais d’orientation féministe. « J’avais remarqué que beaucoup de femmes étaient en attente vis-à-vis des hommes, explique-t-elle. En attente d’un message, d’une proposition. Du premier pas. » Bumble a renversé l’équation.

    Etre traité avec « respect et gentillesse »

    Dans un secteur en pleine expansion (un mariage sur trois aux Etats-Unis commence par une rencontre en ligne), Bumble a réussi à se distinguer en donnant le pouvoir aux femmes. En bouleversant « les normes hétérosexuelles dépassées », précise le site français. Le principe est le même que pour Tinder : on fait son marché en éliminant – ou en conservant –, d’un swipe (« glissement ») à droite ou à gauche, les photos des partenaires potentiels.

    Mais sur Bumble, seules les femmes ont l’initiative pour engager le dialogue. Si un homme pour qui elles ont « voté » les a aussi gratifiées d’un « like », elles ont vingt-quatre heures pour entrer en contact. L’application est gratuite (sauf le service premium pour celles qui ont raté ce délai ou qui, saisies d’un regret, veulent réactiver des connexions qui ont expiré).

    Le succès a été immédiat, dans un marché pourtant très concurrentiel. Au début, la plate-forme était installée dans un appartement loué par Whitney Wolfe à Austin (Texas). « La salle de conférence était disposée autour de la baignoire », raconte-t-elle. L’attrait, pour les femmes, vient du fait que Bumble débarrasse le dating en ligne des manifestations de « toxicité masculine », selon l’expression des féministes : les commentaires vulgaires, les gros plans sur pénis, qui découragent les intéressées sur la plupart des autres applis.

    Sur Bumble, tout le monde doit être traité avec « respect et gentillesse ». Pas de contenus érotiques ou de photos en maillot, sauf devant une plage ou une piscine. Et pas d’armes à feu non plus sur les profils, depuis la fusillade qui a fait dix-sept morts, le 14 février, au lycée de Parkland, en Floride.

    BUMBLE SE VOIT COMME UNE RUCHE QUI AMBITIONNE DE « REDONNER UNE PLACE DE POUVOIR À LA FEMME », TOUT EN « RÉPARANT LES DÉSÉQUILIBRES HOMMES-FEMMES »

    Mais c’est le mouvement antiharcèlement #metoo, en 2017, qui a fait de Bumble un phénomène de société. En un an, le site est passé de 22 millions d’inscrits à 40 millions, la croissance la plus rapide jamais constatée dans le secteur. Et, phénomène rare parmi les start-up, il dégage des bénéfices.

    Whitney Wolfe se défend de tout opportunisme. « Il n’y a pas un moment où on s’est dit qu’il fallait être en phase avec un mouvement culturel, affirme-t-elle. C’est notre identité, notre voix authentique, et ça l’était avant #metoo. » Bumble se voit comme une ruche. Sa couleur emblématique est le jaune, celui des abeilles (Bumble vient de bumblebee, « bourdon » en anglais). Et ambitionne de « redonner une place de pouvoir à la femme », décrit Whitney Wolfe, cela tout en « réparant les déséquilibres hommes-femmes ».

    « L’Internet a démocratisé la misogynie »

    L’égérie du dating en ligne a grandi à Salt Lake City (Utah), où son père était promoteur immobilier. Quand elle était en CM1, ses parents ont pris un congé sabbatique d’un an en France. Des années plus tard, elle a passé un semestre à la Sorbonne, dans le cadre des études à l’étranger offertes par son université, la Southern Methodist de Dallas (Texas). Elle adore la France. Avant Bumble, elle avait envisagé d’appeler son application Merci.

    Chez Tinder, elle était vice-présidente chargée du marketing, mais les relations se sont détériorées en juin 2014, quand elle a accusé un autre des fondateurs, Justin Mateen – son ancien petit ami – de harcèlement. Il a fallu qu’elle porte plainte et montre les textos insultants du personnage pour être prise au sérieux. Justin Mateen a été suspendu, puis écarté de la compagnie. Le procès a été réglé à l’amiable, au prix d’une compensation de 1 million de dollars pour la plaignante.

    Whitney Wolfe ne dit pas grand-chose du contentieux avec Tinder, du procès et du harcèlement en ligne qu’elle a subi, sinon qu’ils lui ont coûté très cher au niveau de l’estime de soi. Dans un article pour le magazine Harper’s Bazaar, elle explique qu’elle ne pouvait plus se regarder dans la glace, qu’elle buvait trop, déprimait, ne dormait plus. « A 24 ans, j’avais l’impression que j’étais finie. » De cet incident, elle a tiré une conclusion amère : « Pour le dire simplement : l’Internet a démocratisé la misogynie. »

    La jeune femme est rapidement retombée sur ses pieds après avoir rencontré l’entrepreneur russe Andreï Andreev, le propriétaire de Badoo, une autre application de rencontres, populaire dans le monde entier. Badoo est aujourd’hui l’actionnaire principal de Bumble.

    Entre-temps, Whitney Wolfe a épousé (sur la côte amalfitaine) Michael Herd, l’héritier d’une fortune pétrolière du Texas – elle dont le premier travail, à la sortie de l’université, fut de lancer une ligne de sacs en bambou au profit des victimes de la marée noire de BP dans le golfe du Mexique, en 2010.

    La guerre avec Tinder n’a jamais vraiment cessé. A deux reprises, le groupe Match, qui possède la plate-forme, a essayé de racheter Bumble, d’abord pour 450 millions de dollars, puis pour 1 milliard. Ne pouvant y parvenir, il a porté plainte pour vol de propriété intellectuelle. « C’est ce qu’on appelle du bullying [« harcèlement »] », a réagi la direction de Bumble, dans une lettre ouverte. La société a une politique radicale contre les mauvais joueurs, rappelle le texte : « swipe left » – ou l’élimination sans même un regard.

    Réseau social des « relations saines »

    Bumble a aussi déposé une contre-plainte, réclamant 400 millions de dollars de dommages et intérêts. Et le 24 septembre, Whitney Wolfe a annoncé que, faute d’arrangement à l’amiable, le divorce irait jusqu’au procès.

    Selon elle, le groupe Match, qui possède aussi OkCupid et Plenty of Fish, se sent menacé dans son quasi-monopole par les 100 % de croissance enregistrés en un an par Bumble. Si Tinder reste nettement plus gros (50 millions d’utilisateurs, pour un chiffre d’affaires de 400 millions de dollars en 2017), Bumble a affiché 200 millions de dollars de revenus en 2017 et rattrape son concurrent en matière d’abonnés payants : plus de 2 millions, contre 3,8 millions pour Tinder.

    Whitney Wolfe a confiance. Diplômée de marketing, elle a le don de sentir son époque. Bumble se veut aussi désormais le réseau social des « relations saines », à l’inverse des plates-formes qui encouragent les comparaisons dévalorisantes.

    Outre le dating, Bumble propose des rencontres amicales (Bumble BFF, pour Best Friend Forever, l’acronyme qu’aiment à partager les ados) ou du réseautage professionnel (Bumble Bizz). Le but est de promouvoir les bonnes conduites. « La plupart des plates-formes hésitent à en faire autant. Elles ont peur de perdre leurs usagers », note la créatrice.

    « Believe Women »

    Et comme il se doit, Bumble est à la pointe du mouvement Time Well Spent (« le temps bien employé »), qui voit dorénavant les plates-formes appeler elles-mêmes les consommateurs à passer moins de temps en ligne. « Nous sommes en partie responsables de cette épidémie d’obsession pour les réseaux sociaux », reconnaît Whitney Wolfe.

    Bumble vient ainsi de lancer Snooze, ou mode « veille », pour encourager les usagers à se « préoccuper de leur santé mentale ». Les princes charmants devront attendre le retour de l’éventuelle partenaire (ils sont avertis qu’elle fait une pause technologique).

    Whitney Wolfe a elle-même suivi une cure de digital detox (« désintoxication numérique ») de trois semaines. Cela a été dur, explique-t-elle aux technophages de TechCrunch. Une crise de manque pendant quarante-huit heures. « J’étais paniquée, anxieuse. Puis j’ai réappris à être humaine. Un formidable sentiment de libération. »

    La jeune femme est sortie de sa cure à temps pour partager le désespoir de millions d’Américaines devant les auditions du juge Brett Kavanaugh au Sénat. Au lendemain du témoignage de Christine Blasey Ford, l’universitaire qui accuse le candidat à la Cour suprême de l’avoir agressée sexuellement en 1982 – traumatisme qui, dit-elle, l’a accompagnée toute sa vie –, Bumble a publié une pleine page de publicité dans le New York Times. Toute jaune, avec ces seuls mots : « Believe Women ». Ecoutez les femmes et, surtout, « croyez-les ». Whitney Wolfe a également annoncé qu’elle donnait 25 000 dollars au réseau national de lutte contre le viol, l’inceste et les agressions sexuelles (Rainn).

    Accessoirement, Bumble prépare une possible introduction en Bourse. La nouvelle porte-drapeau de l’empathie en ligne fait le pari qu’« éradiquer la misogynie » est une valeur en hausse dans la société américaine, y compris à Wall Street.

    • Mouais, n’empêche que okcupid, qui appartient au gros groupe (je ne savais pas pour ce monopole), il n’est pas basé du tout sur ce zapping consommateur, où on élimine les gens uniquement sur leur apparence physique. Et c’est connu pour être le plus ouvert je crois, avec toujours des choix multiples et plein d’options (tu peux dire que tu es queer, asexuel⋅le, polyamoureux et moult autre).
      Bref Bumble ça a l’air d’être Tinder mais avec quelques restrictions de politesse, donc quand même de la merde.

      (Oui je connais un peu. :p)


  • « On se comportait comme des porcs » : un an après #MeToo, des hommes racontent comment ils ont changé leur comportement
    https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/affaire-harvey-weinstein/on-se-comportait-comme-des-porcs-un-an-apres-metoo-des-hommes-racontent

    Pour le sociologue Eric Fassin, cette impression d’être pointé du doigt n’est pas étonnante, car le mouvement « a amené les hommes à se poser des questions sur ce qui relevait jusque-là de l’évidence » et « à questionner leurs propres privilèges ».

    Or, le privilège du privilégié, c’est de ne pas penser à ses privilèges.Eric Fassin, sociologue spécialiste des études de genreà franceinfo

    « Ce que révèle ce mouvement, ce n’est pas simplement qu’il y a des hommes violents, mais que la norme favorise de telles pratiques, poursuit le sociologue. Or, si la norme est problématique, il est compliqué de se dire qu’on n’est pas concerné. »


  • https://www.franceculture.fr/emissions/le-reveil-culturel/emma

    Un an après Me Too, avec Emma, illustratrice, féministe, révolutionnaire et revendiquant le mot « autrice », pour la parution du troisième tome de sa BD La charge émotionnelle et autres trucs invisibles, paru aux éditions Massot.

    https://emmaclit.com/mes-parutions

    https://lecturesdefemmes.tumblr.com/tagged/emma


    #MeToo #bande_dessinée


  • Retrouve ton porc

    Six ans après, Anouk confronte un garçon qui s’était mal conduit avec elle. Entre temps, le mouvement #MeToo est passé par là et Damien a beaucoup réfléchi à son attitude envers les femmes. Anouk Perry réussit LE #podcast emblématique de 2018 !

    https://www.arteradio.com/son/61660257/retrouve_ton_porc

    #sexisme #femmes #culture_du_viol #Arte_Radio


  • Eugénie Bastié : « Après #MeToo, il y a un climat détestable de suspicion généralisée entre les sexes »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-24-septembre-2018


    #backlash
    Odile Fillod partage :

    Hier matin, Eugénie Bastié était invitée sur France Inter pour parler du livre dans lequel elle fustige le mouvement #MeToo. Cette catholique conservatrice revendiquée, dont le militantisme suit consciencieusement le chemin tracé par le Vatican (anti-féministe, anti-"theorie du genre", anti-ABCD de l’égalité, pour une « écologie intégrale », etc), lancée dans l’arène médiatique en 2013 par le magazine Causeur, avait signé en avril dans ce dernier un vibrant appel : « Peggy Sastre, contre #balancetonporc, que nos luttes convergent ! ». En l’occurrence, leur point de convergence fondamental est ce qui motivait la tribune de Peggy Sastre & co : la croyance en une asymétrie naturelle du désir avec, en gros, d’un côté les hommes animés d’une pulsion sexuelle « par nature offensive et sauvage » se déclenchant à la vue du corps des femmes, et de l’autre les femmes animées du désir d’être désirées, attendant qu’un homme manifeste leur désir pour elles (c’est pourquoi il faudrait défendre la « liberté d’importuner » des hommes, qui serait « indispensable à la liberté sexuelle »). Bastié ne fait comme tant d’autres qu’afficher sans le savoir la pauvreté de sa propre sexualité, que son ignorance de la réalité biologique lui permet de prendre pour une généralité. Je la plains sincèrement de n’avoir jamais connu « l’équivalent de l’érection intempestive »... Verbatim d’un extrait de son itw :
    Léa Salamé : « Je comprends pas en quoi c’est incompatible de vouloir à la fois une liberté sexuelle et une sécurité sexuelle. Pourquoi c’est incompatible ? »
    Eugénie Bastié : « Moi, ce qui m’a marqué dans le discours de Natalie Portman, c’est cette idée... Enfin, c’est un peu son... Comment dire... Quand elle dit faisons la révolution du désir, je veux désirer, je veux afficher mon désir et en même temps que ce désir, finalement, ne suscite rien chez l’autre, et que ce désir ne... enfin... C’est la dimension complètement narcissique de cette... de cette.... de cette injonction. Finalement l’autre ne compte pas, il n’y a que ’moi moi moi’ qui expose mon désir, sans me soucier des conséquences que ça peut avoir sur l’autre. Et je pense, c’est ce que j’essaie d’expliquer dans le livre, qu’il y a une asymétrie du désir masculin et féminin et qu’en effet, la manière dont les hommes désirent et regardent le corps de la femme n’est pas la même que la manière dont les femmes désirent et regardent le corps des hommes. »
    Léa Salamé : « Pourquoi ? »
    Eugénie Bastié : « Parce que, il y a une asymétrie du désir. Par exemple, il n’y a pas l’équivalent de l’érection intempestive chez les femmes. Elle existe chez les hommes. [...] Non mais je veux dire, le corps des femmes affecte le regard des hommes, c’est une donnée. La question, c’est... évidemment, il faut empêcher ce regard, qui peut être concupiscent, de devenir un acte d’agression, c’est tout le travail de la civilisation, mais je pense qu’on peut pas effacer cette asymétrie radicale, au départ. »
    A écouter sur

    • Rappelons que la croyance affichée par Eugénie Bastié en une asymétrie naturelle fondamentale entre femmes et hommes en matière de désir sexuel (voir mon post précédent), avec les conséquences qu’elle en tire, est malheureusement largement partagée.
      Pour Bastié, cette « asymétrie radicale » a notamment pour conséquence la nécessité d’un côté d’apprendre aux hommes à « civiliser » la présumée concupiscence naturelle envahissante les poussant volontiers à l’agression, et d’autre part d’apprendre aux femmes à « se soucier des conséquences sur l’autre » - en clair, apprendre aux femmes à être pudiques, et à défaut leur faire comprendre qu’il est de leur responsabilité de soulager les hommes de l’excitation qu’elles ont causé chez eux, ou tout au moins leur apprendre à accepter sans « se victimiser » les initiatives que cela déclenche chez eux (d’ailleurs, « une main aux fesses n’a jamais tué personne », rappelle-t-elle si finement et si utilement).
      Pour Franck Ramus, membre du Conseil Scientifique de l’Education (on en frémit, mais ce n’est heureusement pas au titre de ses opinions sur ce sujet-là qu’il a été sollicité), c’est à peu près la même chose. Partant du principe que « les garçons et les filles ont des prédispositions différentes (en particulier en ce qui concerne la sexualité et la violence) », il appelle à fournir « aux hommes et aux femmes une éducation spécifique à ce sujet et en partie différenciée » : « Par exemple, éduquer les hommes 1) à mieux connaître leurs désirs sexuels, les conditions qui les déclenchent, les conséquences possibles, et les moyens de les gérer efficacement ; 2) à mieux connaître les biais cognitifs qui peuvent les conduire à mal interpréter les signaux des femmes ; et 3) les instruire de manière très explicite sur le fait qu’aucune pulsion sexuelle ne peut justifier de passer outre un consentement [...]. Symétriquement, éduquer les femmes d’une part sur les désirs sexuels des hommes et les conditions qui les déclenchent, d’autre part sur les signaux qu’elles émettent (volontairement ou pas) et la manière dont ils peuvent être interprétés (à tort ou à raison) par les hommes [...] »

      http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/ecueils-debat-differences-cognitives-cerebrales-sexes
      #victimes_bashing

    • J’ai le droit d’inventer le tag #érection_intempestive ? :-)))

      Ce qui est très frustrant quand on donne la parole à certain·e·s, c’est qu’on se dit qu’on devrait tous passer un permis d’émettre des pensées complexes et ne pouvoir parler dans le poste qu’à la condition d’avoir son permis. Et on pourrait même instituer un permis à point... comme ça, les Zemmour et cie pourraient enfin être dispensés de s’exprimer...

    • Les pauvres, en effet ! Le seul truc rassurant, c’est que Bastié a l’air gêné aux entournures, cette pauvre jeune femme qui attend qu’on la regarde pour désirer quelqu’un. J’aurais envie de lui prêter mon vibro (je l’ai très très peu utilisé, c’est pour ça que j’en parle à l’aise) pour lui faire découvrir que les meufs aussi, ça peut être on-off ! Et encore moins besoin d’être amoureuse. Merde, y’a une femme sur deux qui ne se masturbe pas, il y a encore plus de femmes qui ignorent être dotées d’un clitoris que d’hommes qui savent où c’est, c’est la misère ! Et c’est une misère qui est organisée pour mettre à disposition les femmes aux hommes. Alors leur nature humaine à deux balles... qu’ils s’en fassent des boules de geisha !


  • McDonald’s Workers Are Striking Against Sexual Harassment — Tying #MeToo to Their Labor Struggle
    https://theintercept.com/2018/09/18/mcdonalds-strike-sexual-harassment-me-too

    When Kimberly Lawson was first sexually harassed while working at McDonald’s in Kansas City, she did exactly what she was supposed to do. A co-worker, she said, had hit on her “constantly,” made lewd comments, and touched her inappropriately. “I filed a complaint, but nothing was done,” said the 25-year-old single mother of one. “He kept working on the same shifts as me.” When Lawson’s shift manager also began tormenting her with verbal sexual remarks, she didn’t even bother filing a complaint. (...)

    #McDonald's #harcèlement #travail


  • Des employés américains de McDonald’s en grève pour dénoncer le harcèlement sexuel AFP - 19 Septembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_des-employes-americains-de-mcdonald-s-en-greve-pour-denoncer-le-harcelem

    Des employés de McDonald’s dans dix villes américaines se sont mis en grève mardi pour protester, dans la lignée du mouvement #MeToo, contre le manque d’efforts faits par l’entreprise pour défendre ses employés contre le harcèlement sexuel.

    Ces salariés, qui occupent des emplois très souvent précaires, reprochent au géant de la restauration rapide de ne pas faire assez pour les protéger contre les attouchements ou les commentaires déplacés. 

    « Je suis en grève et je suis ici aujourd’hui pour demander un changement », a expliqué Theresa Cervantes, qui dénonce le harcèlement des managers sur les employés. 

    Cette jeune femme de 20 ans manifestait avec des dizaines d’autres employés, pour la plupart des femmes, devant le siège social de l’entreprise, à Chicago. 

    « Le harcèlement sexuel est un problème universel. C’est une maladie », a-t-elle appuyé.


    Des manifestants sont également descendus dans la rue dans des villes comme Kansas City ou Saint-Louis.

    Ce mouvement social intervient quatre mois après que plusieurs employées ont porté plainte contre l’entreprise devant l’EEOC, l’agence fédérale chargée de promouvoir l’égalité dans le monde du travail.

    « Nous ne pouvons plus accepter qu’un travailleur sur deux subisse de la violence sous la supervision » de McDonald’s, a déclaré Karla Altmayer, organisatrice de la manifestation à Chicago. 

    La chaîne de restauration rapide a affirmé dans un communiqué disposer de « politiques, procédures et formations strictes » pour prévenir le harcèlement sexuel.

    Elle a souligné avoir également embauché des experts en matière de prévention et de réaction « pour faire évoluer nos politiques afin que quiconque travaillant pour McDonald’s le fasse dans un environnement sûr chaque jour ».

     #mcdonald’s #harcèlement #sexisme #femmes #harcèlement_sexuel #culture_du_viol #travail #violence #metoo #violences_sexuelles #discrimination #mcdonald's #multinationale #USA


  • En dix ans, le nombre de personnes condamnées pour viol a chuté de 40 %
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/09/14/en-dix-ans-le-nombre-de-personnes-condamnees-pour-viol-a-chute-de-40_5354839

    Le nombre de plaintes pour viol et agression sexuelle augmente, mais, depuis l’affaire d’Outreau, les exigences en matière de preuves sont plus fortes

    Le constat a de quoi surprendre. Le nombre de condamnations pour viol par la justice française a chuté de quelque 40 % en dix ans, selon le service statistiques de la chancellerie. De 1 652 condamnations par les cours d’assises pour ce crime en 2007, dont 1 350 pour viol aggravé, on est tombé à 1 003 condamnations en 2016, dont 851 pour viol aggravé, selon des données publiées le 6 septembre, sans la moindre explication.

    La libération de la parole sur ces infractions, alors que la police estime pourtant que seule une victime de viol sur dix porte plainte, serait-elle une vue de l’esprit ? Ou la justice serait-elle sourde aux appels des gardes des sceaux successifs à une répression plus sévère de ce fléau ?

    Le contraste apparaît saisissant comparé avec l’évolution rigoureusement inverse du nombre de plaintes pour viol enregistrées par la police ou la gendarmerie : 14 130 personnes se sont déclarées victimes de tels faits en 2016, soit 40 % de plus en dix ans (un pourcentage calculé par nos soins à prendre avec précaution puisque la méthode de comptage du ministère de l’intérieur a changé au cours de la période).

    Aucun des magistrats contactés, au siège comme au parquet, pour réagir à ces chiffres-chocs ne semblait avoir conscience d’une baisse nationale du nombre de sanctions pour ce crime, et encore moins de son ampleur. Cette tendance n’a rien d’un accident statistique, elle frappe par sa régularité sur la période. Le phénomène aurait une origine multifactorielle.

    Tendance contre-intuitive

    Il serait tentant d’y voir la marque de la « correctionnalisation » dont les parquets et les juges d’instruction usent depuis quelques années. En déqualifiant des faits de viols – un crime – en agression sexuelle – un délit –, les magistrats orientent la procédure vers les juges professionnels du tribunal correctionnel, réputés moins sensibles au doute que les jurés d’assises, lorsque le dossier ou la personnalité de la victime comporte des fragilités. Ce circuit est parfois aussi choisi pour accélérer tout simplement la survenue du procès, en évitant les cours d’assises totalement débordées.

    LA PEINE PRONONCÉE POUR UN VIOL EST EN MOYENNE DE 9,6 ANNÉES DE PRISON FERME

    Or, le nombre de condamnations judiciaires pour agressions sexuelles, y compris, donc, les viols « correctionnalisés », a lui aussi chuté en dix ans, certes dans une proportion moindre : moins 20 %, à 4 602 condamnations. Cette tendance concerne également les atteintes sexuelles sur mineurs, dont on relève 332 condamnations en 2016, soit 24 % de moins en une décennie.

    Pour autant, on ne peut pas parler d’un accès de clémence de la justice puisque, dans le même temps, « on constate un alourdissement des peines prononcées au cours du temps, qui concerne aussi bien les viols que les agressions sexuelles », notent les statisticiens de la chancellerie. La peine prononcée pour un viol est en moyenne de 9,6 années de prison ferme. Dans les cas de récidive, relativement peu nombreux puisque seuls 6 % des condamnés avaient déjà un casier judiciaire avec une condamnation pour violences sexuelles, le quantum moyen de la peine est de 15,7 ans ferme.

    Au ministère de la justice, on invoque plusieurs facteurs pour expliquer cette tendance contre-intuitive. D’abord l’engorgement de la justice. En bout de chaîne, les dossiers de viols en attente de procès devant les cours d’assises s’accumuleraient (mais aucun chiffre n’est disponible), avec autant d’éventuelles condamnations reportées dans le temps. En amont, la durée des informations judiciaires s’allonge, sous le double effet de l’encombrement des cabinets de juges d’instruction et du recours croissant aux techniques scientifiques d’enquête, comme les analyses ADN.

    Enfin, l’allongement, en 2004, du délai de prescription des viols et agressions sexuelles sur mineurs à vingt ans, à compter de leur majorité de la victime, a sans doute contribué à faire émerger des plaintes pour des faits anciens, que la justice met davantage de temps à démêler.

    « L’aveu survalorisé »

    Mais Youssef Badr, porte-parole de la chancellerie, observe un « effet Outreau » : les années 1990 et le début des années 2000 avaient été marquées par une forte progression du nombre de condamnations. L’opinion publique, elle, était sidérée par le nombre de victimes dans l’affaire du « violeur et tueur de l’Est parisien », Guy Georges, dans le scandale Marc Dutroux en Belgique, et surtout dans l’affaire d’Outreau, dans laquelle dix personnes seront condamnées en première instance à de la prison ferme pour pédophilie. Mais en décembre 2005, l’acquittement général en appel avait clos cinq années de feuilleton médiatico-judiciaire.

    A partir de 2005, la chancellerie constate une diminution du nombre d’affaires nouvelles pour infractions sexuelles sur mineurs, alors que celles sur les majeurs augmentent, mais surtout une augmentation importante du nombre d’affaires non poursuivables concernant les mineurs. Les magistrats seraient ainsi sensibles aux émotions du moment, de l’opinion et des médias. Finalement, il y a moins de condamnations pour viol en 2016 qu’en 1994 !

    Selon M. Badr, l’affaire d’Outreau a « contribué à renforcer les exigences probatoires dans les enquêtes dans lesquelles les paroles de la victime et de l’auteur s’opposent. Cet effet s’est ressenti sur les infractions de viols, d’agressions sexuelles et d’atteintes sexuelles sur mineurs, avec un plus grand nombre d’acquittements et de relaxes ».

    L’échec de la justice à appréhender de façon sereine ce type de criminalité qui, souvent, a lieu dans le huis clos familial est « sans doute lié à la tradition judiciaire et policière française qui a survalorisé l’aveu », explique un magistrat chercheur qui préfère rester anonyme. « Et quand il n’y a plus d’aveu, il n’y a plus rien dans le dossier ! »

    Déperdition statistique

    D’une manière générale, le décalage entre le nombre de plaintes et le nombre de condamnations s’explique par l’importance des classements sans suite décidés par les parquets. Selon une étude publiée en mars par le ministère de la justice sur les « décisions du parquet et de l’instruction », 73 % des personnes mises en cause dans des affaires de violences sexuelles (viols, agressions sexuelles, harcèlement) bénéficient d’un classement sans suite. Le plus souvent, en raison de preuves insuffisantes pour caractériser l’infraction, de la question du consentement difficile à dénouer dans les affaires conjugales, etc.

    Le classement sans suite est parfois justifié par les souvenirs imprécis de la victime en raison de son état au moment des faits. Un motif qui inquiète les parquets, alors que les agressions à l’égard de personnes alcoolisées ou droguées semblent constituer un phénomène en développement. La déperdition statistique se poursuit au fil de la procédure. Un tiers des auteurs présumés qui ont franchi le premier tamis du parquet et ont été mis en examen par un juge d’instruction bénéficient d’un non-lieu total à l’issue de l’information judiciaire.

    Il est trop tôt pour savoir si l’affaire Weinstein et l’émotion provoquée par l’ampleur du mouvement #metoo et #balancetonporc de fin 2017 se traduiront par une nouvelle inversion de la courbe des condamnations à partir de 2018.

    Les chiffres de la violence sexuelle en France

    Près de neuf personnes sont violées chaque heure en France, soit 206 viols par jour.

    Le nombre de viols serait ainsi de 75 000 par an, dont seulement 16 400 ont été déclarés en 2017 (+ 12% par rapport à 2016). Une hausse notable liée à l’affaire Weinstein et à la campagne de dénonciation des violences sexuelles qui a suivi.

    78 197 personnes étaient inscrites au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV) au 31 mars 2018.

    Il y a eu 5,6% de récidives des crimes sexuels en 2016, contre 5,3% en 2015.

    1 012 personnes ont été condamnées pour viol en 2017.

    7 249 personnes étaient détenues pour viol ou délit sexuel au 1er janvier 2015 (soit 12,8% des détenus condamnés).

    90 % des violeurs ne présentent aucune pathologie mentale et 90 % des condamnés sont issus de classes populaires, selon Amnesty international.

    Sources : Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP, ministère de la justice) et Collectif féministe contre le viol (CFCV)


  • In Uganda’s Refugee Camps, South Sudanese Children Seek the Families They’ve Lost

    On a pale dirt road in the Palorinya refugee camp in northern Uganda, Raida Ijo clung to her 16-year-old son, Charles Abu. They sobbed quietly into each other’s shoulder. They had been separated for 19 months, since the day that fighting broke out between rebels and government troops in their village in South Sudan.

    Charles was halfway through a math class in their village, Andasire, in South Sudan’s Central Equatoria state, when the shooting started. He ran for the bush, and after a sleepless night in hiding, set off for the Ugandan border with his younger brother, Seme, 14.

    Their mother, Mrs. Ijo, feeling unwell, had checked herself into a hospital that morning. The boys knew that to try to find her would be too dangerous.

    The two brothers are among 17,600 minors who have crossed the border into Uganda without their parents since the outbreak of South Sudan’s civil war in 2013, according to the United Nations refugee agency. Over the last year, the pace of the conflict and the flow of refugees have slowed, but aid workers say it will take years to reunite splintered families.

    “When it’s already tough just to survive, and you don’t even know if your loved ones are alive, that adds a lot to the burden,” said Joane Holliger, a delegate of the International Committee of the Red Cross to a program in Uganda, Restoring Family Links. “There are a lot of protection concerns for unaccompanied children — child labor, teenage pregnancy, prostitution, child-headed families — so the quicker we can trace their parents, the better.”

    Over the last two years, 433 unaccompanied minors have been reunited with their parents in Uganda. Worldwide, the International Committee of the Red Cross has opened 99,342 cases as it tries to reunite families.

    In Uganda, the bulk of the work is done by Red Cross volunteers, called tracers, who work weekdays hoping to find missing family members in their allocated section of the camp.

    Agustin Soroba, 27, who was himself separated from his family for five months after being kidnapped, beaten and pressed into labor as an ammunition porter by South Sudanese soldiers, has been working as a tracer since February 2017.

    His area of operation is a series of blocks in Bidi Bidi camp — now Africa’s largest with around 280,000 refugees. On a recent Wednesday, he was doing the rounds of unaccompanied children in his area whose cases were still in progress, and checking on families who had been reunified.

    One visit was to a small mud-built home where Margaret Sitima, 18, has been waiting for over a year to reconnect with her mother, last seen on her way to the hospital in the Ugandan town of Arua, after being badly beaten by soldiers on her journey out of South Sudan.

    Mr. Soroba pressed her for any more details she might have, and told her he would try his best.

    His colleagues urge people to report missing family members. They also hang posters of the missing and run a hotline that allows refugees to phone separated family members.

    One old man called his wife — the first time they had spoken in 14 months — to let her know that he was in Bidi Bidi and that he missed her. A woman in a yellow T-shirt called relatives in South Sudan with the news that her son had been sick but was recovering.

    Many of the unaccompanied children have witnessed extreme violence, adding urgency to the challenge of reunifying them with their families.

    “Many of them are extremely disturbed,” said Richard Talish, 33, an employee of the World Vision charity, who runs a safe space for children in Bidi Bidi camp. “We try to keep them busy, so they’re not always thinking about the past.”

    Mr. Talish said that in art sessions, many children draw scenes of violence.

    Tracing can take time. The Abu brothers’ case illustrates the obstacles to reuniting families split by South Sudan’s war. The boys had no idea of their mother’s whereabouts and whether she was alive. They said their mother did not know her age and could not spell her name, making it harder to locate her. Like many rural South Sudanese, she has never owned a mobile phone or a Facebook account.
    Image

    When one of South Sudan’s three cellphone networks was taken offline in March over unpaid license fees, thousands lost their only means of contact.

    The tracing challenges are exacerbated by the lack of access to a centralized database of refugees in Uganda. A combination of confusion and corruption during refugee registrations, in the early months of the crisis, produced incomplete or erroneous records. Some refugees were registered more than once; others, not at all. Names were misspelled. Some records do not list a specific location within the camps, which sprawl for nearly 100 square miles of northern Uganda scrubland.

    Uganda is carrying out biometric registrations to clarify the number of refugees, following a scandal over inflated figures. Several government officials were suspended.

    Until their parents have been located, unaccompanied children live with foster families in the camps. Some are connected by charitable organizations, such as World Vision, which runs a database of potential foster caregivers, who must be matched by ethnicity and language with the child. Other children live with families they encountered on the road, or at reception areas near the border. Extended families and clans try to fill the gap.

    Florence Knight, 14, was one of six unaccompanied children taken in by a passing refugee family who found them hiding by the roadside near the burning remains of the truck that had taken them toward the border. The vehicle had been ambushed and most of its occupants killed.

    “They’re like my own children now,” said Ms. Knight’s new foster mother, Betty Leila, 32, who now has 13 children, stepchildren or foster children. Many cry at night because of bad dreams.

    A few blocks away, another teenage girl, Betty Abau, is living with a family who found her crying and alone beside a river on their journey to the Ugandan border. She looked down at the floor, wringing her hands as she talked. She had been at school when violence erupted and forced her to flee without her parents.

    “I don’t know if they are alive or dead,” said Ms. Abau.

    She said she had provided all the details she could recall to a tracing officer over a year ago, but had not received any updates. According to Lilias Diria, 32, Betty’s new foster mother, she is one of six unaccompanied children living just in this cluster of half a dozen homes.

    The breakthrough in the Abu brothers’ case finally came after a tip from a man who had recognized one of their relatives in the Palorinya camp, a scattered settlement of 180,000 refugees. Red Cross representatives asked the prime minister’s office — which oversees the refugee program in partnership with the United Nations refugee agency — to run a check for their mother. The search revealed nine people with similar names. A Red Cross tracer then set out to locate each woman, one by one, and found the correct Raida Ijo on the fifth attempt.
    EDITORS’ PICKS
    What Happens to #MeToo When a Feminist Is the Accused?
    The Scientist Who Scrambled Darwin’s Tree of Life
    Beto O’Rourke Dreams of One Texas. Ted Cruz Sees Another Clearly.

    On June 29, more than a year and a half after they last saw their mother, the boys packed their few possessions — clothes, cooking pots, jerrycans, a single rolled-up mattress, three live rabbits — into a Red Cross vehicle and set off on the two-hour drive from their foster home in Rhino camp, to their mother’s ramshackle shelter of sticks, mud and thatch in Palorinya.

    “For a mother not to know where her children are is so hard,” said an overjoyed Mrs. Ijo, who had spent days sitting in an open sided tarpaulin shelter worrying about her missing sons since fleeing to Uganda during a second round of violence in February 2017. “They came from my body. I brought them up. I love them. I didn’t know if I would ever see them again.”

    https://www.nytimes.com/2018/08/09/world/africa/south-sudan-refugee-children-uganda.html


  • Fascist white feminism is exploiting fears about sexual violence to push racist agendas

    Sexual violence and child sexual abuse is a growing focus in racist and anti-immigrant rhetoric across Europe. Following the arrest of ex-#English_Defence_League (#EDL) leader #Tommy_Robinson after he broadcast live outside a child grooming trial in Leeds, in June 2018 another “#Free_Tommy” march took place, supported by a far-right campaign group called #120_decibels (#120dB). The group are named after the volume of a rape alarm, use sexual violence against women as a political tool to assert their nationalist, racist agenda across Europe and the UK.

    Heavily promoted by the now-crumbling #Generation_Identity, an alt-right group whose “core belief is that ‘white identity’ is under attack”, #120dB claim that sexual violence is “imported violence” perpetrated by “criminal migrants”. This racialisation of sexual violence is dangerous. Instead of tackling all gender-based violence, regardless of the perpetrator’s nationality, immigration status or race, narratives such as those reproduced by #120dB co-opt violence against women for a racist agenda. The impact of this is that already marginalised communities are criminalised, victims and survivors are unsupported, and abuse goes unchallenged, as it is obfuscated by racism.

    In their YouTube videos, #120dB labels migrants as “criminal migrants…from archaic societies” who are responsible for “migrant sex crimes”. This #racialisation feeds into racist tropes – that migrant men are from “backward” cultures and are inherently “sexually dangerous”. This language obscures the prevalence of sexual violence across society, which occurs as a cause and consequence of gender inequality. The blanket stereotyping of all non-white men is dangerous and has contributed to racist attacks perpetrated in order to “avenge” white women.

    For example, in February 2018, the murder of 18-year-old Italian #Pamela_Mastropietro by a Nigerian man became a focal point for anti-immigration hatred, and was used to promote #120dB’s messages. A few days after Mastropietro’s death, a gunman went on a shooting rampage in #Marcerata, Italy, injuring six African migrants – five men and one woman. Far-right extremist #Luca_Traini was arrested in connection with the attack. The timing of these incidents show how anti-immigration rhetoric gives the green light to racist violence. Speaking at the time of the shooting, Macerata’s mayor said that the shooting rampage “could be ascribable to the campaign of racial hatred that began after Mastropietro’s death.

    The Italian far-right Lega Nord (Northern League) party also used Mastropietro’s killing to push their anti-immigration agenda. The continued ramifications of their anti-migrant rhetoric were evident in the killing of #Soumaila_Sacko in June 2018. #Sacko, a 29-year-old Malian man and Unione Sindacale di Base (USB) trade union activist was shot dead in Calabria, Italy by a white man. The USB trade union attributed Sacko’s death to interior minister Matteo Salvini’s vow to “send home” thousands of migrants. As Hsiao-Hung Pai wrote for OpenDemocracy: “No one could ignore the fact that Sacko was murdered just hours after Salvini was sworn in as the country’s deputy prime minister and interior minister, the man who had built a political career on inciting racial hatred”.

    This narrative of #victimisation is not new. At a Generation Identity rally in Telford, UK, where it was revealed in March 2018 that up to 1,000 children may have suffered abuse and exploitation, a male speaker called the Midlands town “the epicentre for one of the worst crimes committed against the English nation”. He told the crowd:

    “We fight for the dignity, self-respect and honour of the women of the West.

    We are talking about our sisters, our mothers, our girlfriends and our wives.”

    Here, women have no agency and are depicted only in their relation to men, as sisters, mothers and wives. This type of rhetoric reinforced by #120dB in their video, where they state: “we are the daughters of Europa…mothers, women, sisters”. Their campaign is not about the experience of victims but instead centres on competing masculinities, whereby the bodies of women become a battleground of “honour”. By arguing that violence against women is caused by immigration, and that therefore “closing our borders is the first solution”, women are used to serve this nationalistic ideology, whereby the body, and in turn the nation, is under siege.

    It is notable that the women presented as in need of protection are uniformly white. Calling itself “the true #MeToo Movement”, 120 db co-opts a campaign that strives to include all women’s experiences into one that focuses on white women alone.

    Despite the fact that a third of victims in the Telford child abuse cases were of black, Asian and minority ethnic background, Generation Identity framed the exploitation as an attack on “the English working classes”, where “the vast majority of [victims] were of English descent.” Using false statistics erases women and girls of colour and leaves them unsupported, suggesting that only violence against white women should be challenged. This is particularly dangerous considering that Europe has seen a sharp increase in Islamophobic attacks: last month a 19-year-old Muslim woman was brutally assaulted by two men in Belgium, who took off her headscarf, tore apart her shirt and used a sharp object to cut a cross into her body.

    This skewing of statistics to suit racist agendas is not new: the same tactic was used after the exposure of the Rotherham child exploitation scandal. The fact that Asian girls were among those who had been abused was lost in reporting, the pinnacle of which was an article written by Sarah Champion in The Sun headlined: “British Pakistani men ARE raping and exploiting white girls…and it’s time we faced up to it.” As Just Yorkshire, a project promoting racial justice and human rights documented in their impact report of Champion’s comments: “The issue was no longer one of vulnerable young girls, white and Asian, being horrendously exploited by men who set out to groom and abuse them, but one of the entire nation being under threat by an alien force.” In these cases, sexual violence is portrayed as a civilisational threat of the violent immigrant man, rather than as gender-based violence which is caused by patriarchy and male dominance worldwide.

    We urgently need an anti-racist, anti-fascist feminism that strikes back at both sexual abuse and racism, in order to resist this toxic nationalistic “feminism”.

    As #MeToo gains prominence, we must be aware of the potential dangers of hashtag activism, which is easily co-opted by the far-right to normalise hatred. By building a feminist movement that is proactively anti-racist, and which centres the voices of women and girls of colour, we can build a feminist movement that is for all.

    http://nu.gal-dem.com/fascist-feminism-exploiting-fears-sexual-violence-racist-agenda
    #intersectionnalité #féminisme #fascisme #racisme #xénophobie #viols #violences_sexuelles #génération_identitaire
    cc @marty @daphne @mathieup


  • South Korean women fear acid attacks in backlash over rights protests
    https://www.telegraph.co.uk/news/2018/09/02/south-korean-women-fear-acid-attacks-backlash-rights-protests/?WT.mc_id=tmg_share_tw

    The organisers of the largest women’s rights protests South Korea has ever witnessed say they have been forced to hide their identities after threats of acid attacks and the risk of losing their jobs in a backlash against an unprecedented wave of female-led activism.

    In a rare interview, the group, which calls itself ‘Women’s March For Justice’, told The Telegraph that “we are ridiculed and even fired from our jobs because we speak out … women can only survive by maintaining their anonymity because Korean society is run by men.”

    The traditionally conservative society of Asia’s fourth largest economy has seen snowballing protests against sexist behaviour since the start of the year after a female public prosecutor went public with allegations of workplace sexual harassment, adding a Korean voice to the global #MeToo movement.

    “On the day of the protest there were men who were live streaming the event on the internet by shooting videos of the protestors’ faces … There were people on the internet claiming that they will attack the protests with acid, and these men formed an online live chat groups to organise themselves,” said the group behind the event.

    “There was even a case where a man followed a protester to the house screaming why she was taking part in such protests.”


  • Cette manie de coller des étiquettes sur tout le monde, beaucoup trop à droite, trop libéral, trop directrice...
    Si je vous ai bloqué, ce n’est pas, par malhonnêté. D’abord, c’est mon droit. Je ne supporte pas l’intolérance, je ne supporte pas non plus le #féminisme_de_la_troisième_vague qui tire sur tout ce qui n’est pas d’accord avec elles.
    Juger les autres parce qu’elles ne parlent pas comme vous, n’utilisent pas les mêmes terminologies #féministes, n’aident pas la cause.
    Tu me demandes la nuance ?
    Je suis pour défendre les intérêts spécifiques des femmes avec les hommes plutôt que contre eux, et en faisant passer le réel avant l’idéologie. Certaines y arrivent très bien, même en ayant vécu des situations pénibles, je suis fière d’en faire partie.
    Le féminisme victimaire, paranoïaque, obsédé par la théorie du genre et sa lecture patriarcale de la société, profondément sexiste. NON MERCI ! Avec ce #féminisme, il n’y a plus de revendications d’une place égalitaire dans notre société, vous choisissez de déshumaniser, d’intimider et d’abuser des hommes en raison de vos propres insécurités.
    Donc en tant que femme, je ne me reconnais pas du tout dans ces discours. Je dois être d’une autre génération ou anti féministe... et donc, forcement avec vos opinions voués aux gémonies.
    Ce sera ma dernière intervention, je n’ai plus de temps à perdre avec ces débats stériles et stupides. @touti @mad_meg

    • Tes propos témoignent de beaucoup d’ignorance et de peu d’empathie envers les victimes de violence. J’ai des camarades féministes dans tous les milieux, des qui s’ostracisent mutuellement parce que les débats vont en effet beaucoup trop loin et que la reconnaissance de ce que les unes et les autres ont à apporter n’est pas au rdv. La tolérance, je pratique. Mais ce que tu colportes comme clichés anti-féministes et ton incapacité à prendre en considération des arguments (même s’ils te sont exprimés sans égard, ce que je regrette, ils sont quand même beaucoup plus valables que ton propos), c’est assez désespérant.

    • Chère @aude_v, je vais te répondre et contrairement à toi puisque tu l’as signalé dans ton message chez @mad_meg je ne vais pas te bloquer parce que j’apprécie tes interventions.
      Bien que cela me laisse indifférente, je ne suis pas d’accord qu’on me classe comme une personne ignorante, avec peu d’empathie, immature pour certaines...D’abord, on ne se connait pas.
      Je peux le dire ici, j’ai utilisé le hashtag #MeToo comme une grosse partie de mon réseau. Nous avons toutes (moi y compris) été émues par cet élan des victimes cloîtrées dans le silence depuis trop longtemps et effrayées aussi du nombre d’amies proches ou lointaines qui comme moi avaient traversé des épreuves similaires sans que le sujet n’ait jamais été abordé entre nous. Je déplore aujourd’hui ce que ce mouvement est devenu. Je ne vais pas rentrer dans les aspects négatifs ici, j’imagine que tout le monde sait de quoi je parle concernant les dérives comme les amalgames abusifs, les dénonciations calomnieuses, etc. Donc, le concept de Culture du viol, au sens large, pour moi, n’a rien de théorique.
      Cela dit, ces dernières années un #féminisme est apparu qui au lieu de désigner celles et ceux qui veulent l’#égalité homme-femme, s’est mis à être employé pour parler avec les plus #radicales.
      Je n’aime pas l’intolérance comme je n’aime pas non plus les féministes qui disent aux autres femmes ce qu’elles doivent croire et supporter. Dans mon entourage, malheureusement c’est arrivé. Je n’accepte pas qu’on me dise comment être féministe. Chaque #femme possède le droit de faire ses propres choix.
      Car on ne “devient” pas #féministe. Le féministe c’est un courant idéologique, dont on adhère aux concepts ou on n’y adhère pas.
      Hélas, les gens deviennent très rapidement dogmatiques, et pour eux il n’y a qu’un seul courant de pensée valable. Tous ceux qui n’y adhéreraient pas seraient bêtes. Il n’y aurait selon eux que le mal et le bien, que le noir et le blanc, pourtant, dans mon monde, je constate qu’il y a une myriade de gris et je ne vois pas pourquoi on devrait les stigmatiser.
      Quel est mon type de féminisme ?
      Ma vision subjective : j’attends un féminisme qui se construise davantage "en alliance avec les #hommes." Un féminisme qui ne vise pas à dominer l’homme, en tout cas pas à ce que les femmes dominent les hommes. En revanche, il invite les hommes à se dominer eux-mêmes au lieu de chercher à dominer les femmes. Il traite les hommes en adultes capables de se maîtriser et de réfléchir à leur mode de pensée et d’action, et non en grands enfants en butte à leurs caprices. Il revendique pour les femmes la même responsabilité.
      Merci de m’avoir lu. :-)


  • The FBI Used the #MeToo Moment to Pressure an Environmental Activist Into Becoming an Informant
    https://theintercept.com/2018/09/01/metoo-fbi-informant-environmental-activism-rod-coronado

    Julie Henry was jogging when she got the call from the FBI. She didn’t recognize the number, which had a Washington state area code, but she answered anyway. The FBI agent identified herself as Kera O’Reilly, and said that Henry wasn’t in any trouble. O’Reilly was there to help. The phone call, which Henry received on February 22, 2018, brought her back to an internal conflict that she thought she’d finished wrestling with two years earlier. O’Reilly wanted to talk to Henry about her online (...)

    #FBI #activisme #surveillance #discrimination #harcèlement #MeToo

    ###MeToo


  • Comme je suis bloqué par jonkheer depuis fort longtemps je peu pas commenter les commentaires sur ses blagues sur les dyslexiques et les viols alors je le fait ici .
    https://seenthis.net/messages/718631
    Je remet le commentaire qui me fait réagir ;

    Marie-Lou Chatel :
    Risible, avec tout ce qu’il ingurgite par jour en vin et alcool, il y a longtemps que le kiki est rikiki, avec la langue peut-être...C’est tout de même saisissant toutes ces femmes qui soudain se souviennent avoir été violées par des hommes toujours (très) riches - et donc solvables - et célèbres ...Bon ! Je retourne à mes occupations.... :-))

    @marie_lou Le viol c’est pas obligatoirement avec un penis, le définition légale parle de « tout acte de pénétration » ca veut dire qu’un doigt, un objet suffit et que Depardieu puisse bander ou pas c’est pas le problème.
    Pour tes soupçons de mensonges de la part des accusatrices, est-ce que tu connait des noms de victimes de viol qui se sont enrichie en France en passant par les tribunaux ? On est pas aux USA, il y a pas des millions en dommages et intérêts, seulement éventuellement une condamnation de l’agresseur (très très rare entre 2 et 5% des plaintes https://www.bastamag.net/En-France-moins-de-2-des-affaires-de-viols-aboutissent-a-une-condamnation- ) et une humiliation publique de la victime y compris par tes soins.

    Avec le peu d’info qu’on a dans les journeaux, spontanément tu blâme la plaingante et tu innocente l’accusé. Sans aucun élément, tu prend parti non seulement contre une femme dont tu ignore tout, mais tu en profite pour jetter le discredit sur les femmes qui dénoncent des agressions contre des hommes puissants (« toutes ces femmes qui soudain ... »). Je te conseil de lire sur le stress post-traumatique pour que tu comprenne ce qui provoque ces plaintes « soudaines » et parfois longtemps après les faits. https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/Articles-Dr-MSalmona/2018-l-amnesie-traumatique.pdf

    Pour ta remarque tu la richesse des accusés, c’est un peu normal que seuls les cas d’hommes riches et puissants soient médiatisé, les 150000 agressions sexuelles par an commises en France ne sont pas toutes l’objet d’une médiatisation. La presse ne s’interesse qu’aux cas impliquant des célébrités.

    Sur les fausses accusations , Les études sur les fausses accusations faites en Angleterre, disent qu’il y en a autour de 2% à 8% des plaintes, c’est très peu mais ca en fait quant même un peu.
    Par contre se servir de ces cas minoritaires pour traiter de menteuses cupides les 95% des victimes c’est pas une démarche neutre, c’est une démarche qui perpétue les intérêts des violeurs et agresseurs sexuels. Même si c’etait plus que 5%, mettons 20%, ca reste de toute façon minoritaire vu la galère de porter plainte (va voire paye ta police pour les témoignages de comment les flics traitent les femmes qui viennent porter plainte https://seenthis.net/messages/716099 ), partir du principe que les victimes sont des maitresses chanteuses ca reste l’expression d’un parti pris pro-violeurs.

    Ici un article fait le point sur la culture du viol
    https://seenthis.net/messages/523508

    1) Qu’est-ce que la culture du viol ?
    La culture du viol est un concept féministe utilisé pour caractériser une société (la nôtre) où le viol, l’agression sexuelle et le harcèlement sexuel sont banalisé.e.s, voire encouragé.e.s. Une telle société crée un climat propice au contrôle du corps des femmes par les hommes. Voici certains de ses présupposés et conséquences :

    · Le viol est fréquent et banalisé, et ce, même si on prétend que le viol est un crime grave (double discours)

    · Les victimes de viol sont blâmées (victim blaming)

    · Les victimes de viol ne sont pas crues

    · Les stéréotypes sur le viol sont très présents

    · Le système exige des victimes de viol qu’elles rapportent le crime, tout en leur fournissant un processus hostile

    · Le viol est encouragé subtilement (ou pas) dans la culture populaire

    · Les violeurs sont glorifiés, ou du moins excusés (notamment, en raison de leur statut)

    · L’habillement et la présentation des femmes et des petites filles est contrôlé

    · Un sentiment d’insécurité est cultivé chez les femmes relativement aux inconnus et au monde extérieur (malgré que 80% des agresseurs soient connus de leur victime)

    · Les femmes ont la responsabilité de prévenir le viol

    · Beaucoup, beaucoup de personnes ignorent ce que signifie le consentement...

    #culture_du_viol #sexisme #vitctime_blaming

    • Sur les fausses allégations voire ceci :

      Alors, comprenez : je suis fais partie des statistiques de “fausses accusations de viol”. Lorsqu’ils ont écrit leurs rapports et ont envoyé les nombres au département de la justice pour compiler les informations, j’y suis inscrite comme une menteuse, une fausse accusation, même si aucune plainte n’a été portée à mon égard. (Je ne sais pas si c’est parce qu’ils ne pensaient pas pouvoir me faire un procès, ou parce qu’ils ne voulaient pas faire un procès à une fille de flic.) Et vous savez quoi ? Je ne suis pas la seule. C’est horrifiant, le nombre de femmes que j’ai rencontrées en groupes d’entraide et à des réunions d’activistes qui partagent des expériences très similaires. Elles aussi, elles sont des statistiques de fausses accusations de viol. Nous avons toutes été violées.
      Alors gardez cela en tête, lorsque vous citez le nombre de 6-8%, les statistiques de “fausses accusations”. Je sais qu’on doit se fier aux informations qu’on a, et j’utilise aussi cette statistique lorsque je discute de ça. Mais je me souviens toujours que ce nombre n’est certainement pas une représentation exacte. (Peut-être qu’elle devrait toujours être accompagnée d’un astérisque ?)
      S’il vous plaît, souvenez-vous de mon histoire lorsque vous voyez des statistiques de “fausses accusations de viol”. Souvenez-vous de mon amie, qui a avoué une fausse accusation dans le but de garder ses prestations d’ancien combattant après avoir été réformée (le bon pote de son violeur et supérieur direct a traité l’affaire ; un acquittement était inévitable). Souvenez-vous de cette femme d’âge moyen que j’ai rencontrée, encore traumatisée, qui, adolescente, s’est rétractée lorsque son violeur (et beau-père) a menacé de tuer sa famille. Et les nombreuses, nombreuses autres, toutes inconnues, toutes oubliées - même dans les strictes statistiques, qui sont souvent le seul testament de nos expériences. Au lieu de cela, nos histoires, nos traumatismes, sont utilisés pour stigmatiser et traumatiser davantage les nouvelles victimes. Ça me rend malade de savoir que les masculinistes peuvent prendre nos nombres et les utiliser pour justifier leur “ces salopes mentent, comme d’hab”. Je ne peux pas trouver les mots tant c’est dévastateur.

      http://prenezcecouteau.tumblr.com/post/104337680803/alors-comprenez

      et le texte de Crèpe Georgette
      http://www.crepegeorgette.com/2014/10/13/fausses-allegations-viol

      La réalité autour des fausses accusations de viol

      En Angleterre, un rapport du Crown Prosecution Service relève qu’il y a eu 5651 procès engagés pour viol déposées entre 2011 et 2012 et 35 pour de fausses allégations de viol. Il y a eu au départ 121 personnes accusées de fausses accusations et sur ces 121 personnes, 35 ont été poursuivies. On constate que face à l’important nombre de personnes poursuivies pour viol, seul un très petit nombre de personnes est poursuivie pour avoir menti.La plupart des cas où les personnes étaient poursuivies pour avoir menti étaient des personnes très jeunes souvent vulnérables : 8% avaient moins de 16 ans. 13%entre 16 et 17 ans et 30% entre 18 et 21 ans.
      Le British Home Office sponsorisa une enquête sur les 348 cas de viol durant les 3 premiers mois de 1985. 8.3% furent déterminés comme faux.
      Une autre étude menée en 2005 souligna que 8% des accusations étaient fausses. les chercheurs remarquèrent que de nombreux préjugés de la part des policiers les avaient amenés à classer des affaires (victime ivre ou droguée, malade mentale etc). En retravaillant sur les cas, ils tombèrent à 2.5% de fausses déclarations.
      Une étude américaine de 2008 révisée en 2013 tend à démontrer qu’il y aurait entre 2 et 8% de fausses allégations. Sur les 2059 cas collectés par les services de police et de justice, 7% (240 cas) étaient faux.
      Une étude de 2010 menée auprès d’une université américaine en étudiant les archives de la police de l’université sur 10 ans, entre 1998 et 2007 révèlent que 5.9% des accusations étaient fausses.
      Une étude australienne a été menée sur 850 cas de viol : 2.1% étaient faux.
      Une étude menée par Theilade et Thomsen en 1986 à l’Institut de médecine légale de Copenhague entre 1981 et 1985 montrent qu’on oscille entre 1.5% et 10% de fausses déclarations.

      Une enquête, constatée rapportée, menée par Eugène Kanin en 1994 a étudié les plaintes pour viol dans une ville du midwest américain ; sur 109 étudiés, 40% seraient faux. De nombreuses études contradictoires ont montré que seuls les policiers avaient jugé de la véracité des témoignages sans que Kanin réétudie leurs critères pour classer une affaire. La proposition de faire passer les victimes au polygraphe peut, aussi, les intimider et les pousser à se rétracter. Kanin le dit lui même « Rape recantations could be the result of the complainants’ desire to avoid a “second assault” at the hands of the police. » (la rétractation peut être dû au désir de la plaignante d’éviter “un deuxième viol” de la part de la police).

      Des accusations de viol ont été jugées fausses car la victime était soûle ou droguée, avait tardé à porter plainte, avait omis des détails, ou était mentalement déficiente ou souffrait d’une maladie mentale. La sexualité de la victime, son passé avec celui qu’elle accuse sont aussi des éléments à charge pour dire qu’une accusation est fausse. Un manque de preuve peut aussi servir à déclarer qu’il y a eu mensonge.

      Une fausse accusation n’est pas le fait de ne pouvoir prouver qu’il y a eu viol. Une fausse accusation de viol sera avérée si et seulement on peut prouver qu’il n’y a pas eu viol.

    • @mad_meg Je n’ai pas de leçons à recevoir de toi.
      « Je crois qu’on a le droit de rire de tout. Mais rire avec tout le monde, ça, peut-être pas. Le rire est un exutoire et je ne comprends pas qu’on dise qu’il ne faut pas rire de ce qui fait mal . Ça fait moins mal quand on en a ri. » Pierre Desproges.

    • @mad_meg merci de nous amener à réfléchir sur notre soumission commune (les hommes comme les femmes) à la #culture_du_viol. Ces principes éducatifs de merde nous ont été si profondément entrés dans la chair que même des jeunes femmes peuvent ne pas se rendre compte qu’elles participent à glorifier les prédateurs sexuels et à humilier les victimes de viol.

      @marie_lou, je ne te connais pas, mais le fait de tenir de tels propos témoigne d’une certaine immaturité, en tout cas j’espère que tu es jeune ! Je vais donc y aller mollo pour que tu puisses relire sans animosité ce qu’a écrit @mad_meg et peut-être les propos que nous avons sur seenthis, sur le tag #féminisme. Ne rejette pas ces propositions en pensant que tu as de meilleures occupations, il me semble que c’est d’abord à toi que cela va servir et pendant longtemps :)

    • Bien bien, j’ai fait un gros effort, je me suis farcie Badinter :)
      Pauvre Elisabeth Badinter qui nage en pleine confusion, elle se pose en experte du harcèlement sexuel lorsqu’on lui parle des mouvements #metoo & Co, fait cet amalgame curieux et le dénonce dans le même temps, faudrait savoir de quoi on parle effectivement. Elle distribue les bons points, ce qu’il faut ou pas faire, mais surtout ne pas dénoncer, c’est mal, juste témoigner ça va suffire (scandaleux quand on connait les difficultés à porter plainte pour viol). Peu après elle hiérarchise le harcèlement en 3 catégories de lieu (public/travail/intime) comme si celui de la sphère intime n’était pas le plus dangereux pour les femmes. Comme si elle ne considère à aucun moment le sexisme comme systémique, elle tient un discours où “chaque femme est différente, chaque homme est différent” ce qui évite d’évoquer la #culture_du_viol ou le #patriarcat.
      Et pour finir, voila le #backslash avec le #blame_the_victim soit l’accusation du “discours victimiste des victimes” et descente direct vers “Les femmes ne sont pas des anges … les femmes sont aussi des harceleuses” « j’ai même entendu des femmes qui se plaignent de leur patronne. »

      Elle n’a pas l’excuse de l’âge, parce qu’après tout, elle a toujours tenu ce discours accusateur contre les femmes (capture d’écran au-dessus) . Ici encore elle veut diviser les femmes. C’est très symptomatique que le terme “les femmes” l’irrite alors que pour beaucoup de féministes c’est le terme “la femme” qui est insupportable.
      Cette distinction individualistes entre les femmes qu’elle voudrait effectuer “car certaines femmes aiment se faire siffler dans la rue” lui permet d’éviter de parler du soutien du capitalisme au patriarcat, du système d’asservissement dans lequel LES femmes sont maintenues. Elle est même incapable de considérer si il faut ou non légiférer sur une question féministe et répond qu’elle ne sait pas, comme si encore une fois la réponse ne devait surtout pas venir du politique.

      Je ne sais sincèrement pas comment on peut l’écouter en trouvant constructif ce qu’elle dit, à part en rideau de soutien au patriarcat.

    • T’est bien courageuse @touti , @Marie-Lou n’a probablement lu aucun lien que j’ai fournis.

      @marie_lou Si tu m’interpelle et que tu me propose de débattre c’est pas possible que tu me bloque par ailleurs. https://seenthis.net/messages/719014
      Quand je suis bloqué je ne peu pas te répondre. J’ai pas spécialement envie de débattre avec toi, j’ai du travail et c’est pas interessant ce que tu dit sur la bite de Depardieu ou sur la vénalité des femmes. Je réagit seulement à tes propos misogynes et anti-féministes car ca me heurte en tant que femme. Je te bloque pas aujourd’hui au cas ou tu veuille répondre encore ici, mais je vais bientôt faire comme toi tu l’a deja fait.
      Sur ce bonne journée

    • Même chose que @mad_meg ! @marie_lou tu fais semblant de vouloir débattre avec moi et dans le même temps tu me bloques ? J’en conclus que tu es incapable de défendre les propos que tu tiens et qu’il vaut mieux que tu t’isoles pour t’en rendre compte par toi même.

    • Cette manie de coller des étiquettes sur tout le monde, beaucoup trop à droite, trop libéral, trop directrice...
      Si je vous ai bloqué, ce n’est pas, par malhonnêté. D’abord, c’est mon droit. Je ne supporte pas l’intolérance, je ne supporte pas non plus le féminisme de la troisième vague qui tire sur tout ce qui n’est pas d’accord avec elles.
      Juger les autres parce qu’elles ne parlent pas comme vous, n’utilisent pas les mêmes terminologies féministes, n’aident pas la cause.
      @mad_meg Tu me demandes la nuance ?
      Je suis pour défendre les intérêts spécifiques des femmes avec les hommes plutôt que contre eux, et en faisant passer le réel avant l’idéologie. Certaines y arrivent très bien, même en ayant vécu des situations pénibles, je suis fière d’en faire partie.
      Le féminisme victimaire, paranoïaque, obsédé par la théorie du genre et sa lecture patriarcale de la société, profondément sexiste. NON MERCI ! Avec ce féminisme, il n’y a plus de revendications d’une place égalitaire dans notre société, vous choisissez de déshumaniser, d’intimider et d’abuser des hommes en raison de vos propres insécurités.
      Donc en tant que femme, je ne me reconnais pas du tout dans ces discours. Je dois être d’une autre génération ou anti féministe... et donc, forcement voué aux gémonies.
      Ce sera ma dernière intervention, je n’ai plus de temps à perdre avec ces débats stériles et stupides. @touti

    • @marie_lou tu es gentille de faire la démonstration que tu te prends les pieds dans ton propre tapis. Tu apparais maintenant comme une gamine inculte et fière d’être aussi une conservatrice acariâtre. Revendiquer d’être antiféministe, hihi, excellent. Bon vent :)

    • Le seen à l’origine de cette discussion a été supprimé par @philippe_de_jonckheere et il explique pourquoi il l’a supprimé
      https://seenthis.net/messages/718977
      Pour la fonction du bloquer/débloquer sur Seenthis, indispensable à bon escient, pour ne pas se laisser submerger où couper court à la conversation et aussi censurer. J’en ai bloqué 2 ou 3 pour la première raison ou ne plus les suivre, ce qui est plus soft. Bloqué @touti (et réciproquement) une fois pour des broutilles. Merci @touti d’avoir résumé l’extrait de La Grande Librairie proposé par @marie_lou , j’ai essayé de me le fader au réveil et je suis un peu plus convaincu que madame Badinter est une #philosophe_sénile.
      Le flot de @mad_meg et ses nombreux seen sur le viol, le féminisme, les violences sexistes, le mégérisme... peut paraître rébarbatif pour certains·es mais pour un mec comme moi il est roboratif et m’évite de penser avec ma bite. J’ai bien quelques copines et des échanges avec elles au sujet de toute cette violence mais c’est plus construit avec @mad_meg et pertinent car je peux lire, relire, réfléchir et admirer ses dessins qui parlent beaucoup aussi.
      Merci mesdames et merci @seenthis

      https://www.heyheyhey.fr/fr/events

    • Merci @vanderling j’avais pas vu la réponse sur la dyslexie. J’ai pas mon mot à dire vu que je suis bloqué et de toute façon c’est comme je disait des le début : c’est le commentaire misogyne de Marie lou qui m’a fait réagir et j’ai expliqué longuement pourquoi. J’ai pas demander la censure du message d’origine et j’ai copié la partie sur laquelle je réagissait et j’ai bien fait vu que l’histoire a été ré-écrite. Sinon je pense que ça serait bien d’en rester là. Je vais bloqué Marie lou vu qu’elle a pu répondre et que je vais éviter de la lire dirénavant.
      Bonne fin de journée

    • Moi aussi j’ai bloqué @marie_lou, dont j’appréciais plutôt les interventions jusqu’alors. Comme j’ai bloqué Alain et sa pitié pour la « misère sexuelle » qui force à baiser des femmes pauvres qui acceptent pour de l’argent.

      Je suis moi aussi inquiète de voir les camarades féministes de moins en moins tolérantes envers leurs camarades mais il ne s’agit pas de ça. Ça, c’est de l’anti-féminisme et Badinter est une femme malhonnête qui n’a pas l’excuse de l’ignorance. @touti et @mad_meg sont politiquement bien plus proches de la deuxième vague (la troisième est plus queer, plus libérale et plus attachée aux représentations qu’aux droits effectifs). Ne pas avoir la culture politique qui permet de la comprendre, pas grave mais se moquer des victimes et colporter des propos malveillants sur elles, ça ne passe pas. Les deux fois ou j’ai été agressée, c’est avec les mains, j’ai été pelotée, je n’ai pas su comment réagir (à 15 ans comme à 39). Ces agressions ne sont pas très graves mais elles m’ont laissé le goût d’être une chose à la merci d’un autre et je n’ose pas penser aux femmes qui ont connu pire. C’est vraiment indécent, de se moquer d’elles. Et ça témoigne d’une grande ignorance pour ces questions.

      Merci @mad_meg pour ta petite synthèse (on n’est pas bonnes copines, j’ai déjà quitté Seenthis parce que tu m’as accusée de victim blaming au sujet d’une complice de harcèlement, si tu veux je t’envoie l’intégralité du récit maintenant qu’il est prêt), +1 avec @vanderling au sujet de ce que vous apportez, @touti et toi.

    • Mouai si je t’évite dans la vie c’est en lien avec cette faculté fabuleuse que tu as de faire semblant de soutenir quelqu’un tout en lui savonnant la planche en réalité. Ici tu dit me soutenir en apparence au moment où j’avais demandé qu’on en reste là et qu’on passe à autre chose, mais en fait tu dit surtout que je t’ai traiter de menteuse et que ceci aurais provoqué ton départ. Si c’était vrai, ce que je conteste, je n’ai fait que te dire que c’était hors sujet vu que le fait d’avoir été agresseurs un jour ou complice d’agresseur ne rend pas immunusé contre les violences sexuelles, et c’est ton choix d’avoir supprimé ton compte plutôt que me bloquer si j’ai été si horrible Avec toi.
      Sur ce je vais faire des trucs loin d’ici j’ai trop la gerbe.

    • Je ne te descends pas tout en faisant ton éloge de manière malsaine, @mad_meg, je te dis ce que je pense de toi et de ton attitude ici et elle est ambivalente : tu apportes plein de trucs super intéressants (pour les personnes qui connaissent les sujets comme pour les autres), tu fais réfléchir plein de monde, tu rappelles et fais respecter des trucs de base de manière claire (à défaut d’être aimable) et en même temps, c’est des fois compliqué de causer avec toi.

      Je ne me voyais pas te bloquer comme je bloque non pas les gens qui me font du mal mais les gens que je trouve toxiques pour la qualité de la discussion sur le réseau (les trolls, les gens méprisants et pas dans le dialogue, les gens qui portent des valeurs ou des opinions opposées aux droits humains de base). Ce qui n’est pas ton cas, même si tu fais beaucoup de victimes ici (dont des que je ne pleure pas).

      Alors oui, c’est peut-être pas dans chaque mail qui cause de votre héroïne qu’il faut que je rappelle qu’elle m’a « accusée de viol », c’est à dire « accusée d’avoir été violée » (ce qui n’est pas vrai, je le dis pour les inquièt·es) mais le terme dans lesquels elle le faisait étaient quasiment les termes de son interlocutrice aussi dégueulasse qu’elle et qui était traitée de monstre par vous, les gens que j’appréciais et qui sembliez ignorer (dans les deux sens du terme) ce que je vivais. Non, ce n’était peut-être pas le mauvais endroit. Et oui, il arrive que les personnes qui manquent de reconnaissance pour les torts qu’elles ont subis ne causent pas pile au bon endroit au bon moment mais on peut leur exprimer ça d’une manière qui ne leur donne pas envie de s’enfermer et de quitter un réseau social où elles se sentent, le reste du temps, plutôt bien accompagnées et respectées.

    • Je m’excuse j’ai clairement merdé hier et je conteste pas ce que tu dit. Ok j’ai été à l’origine de ton départ et je t’ai pas assez reconnu en tant que victime. Désolé de t’avoir bléssé encore une fois, je ai été déguelasse de m’enervé comme ca. Maintenant que ma colère est retombé je me rend compte que tu as bien fait de dire ca.
      Sur ce je vais continuer a rester loin d’ici, sans supprimer mon compte.


  • A Queer Money
    https://vacarme.org/article3180.html

    Dans l’affaire Ronell/Reitman qui défraie la chronique aussi bien en France aujourd’hui qu’aux États-Unis, on aura voulu voir un entrecroisement ou un chiasme entre #MeToo défendu par les féministes et la mise en cause d’une féministe accusée de harcèlement sexuel. Mais le leurre de cet entrecroisement est aussi flagrant que celui de la fausse monnaie qui circule comme vraie. Dans le conte de Baudelaire La fausse monnaie, traduit en anglais par The Counterfeit Money - mais on dit aussi bien aux (...)

    #Autour_d'Avital_Ronell

    / #Avital_Ronell


  • Tennis : le président de la Fédération française « n’acceptera plus » la combinaison de Serena Williams, qui le défend face aux critiques

    https://www.francetvinfo.fr/sports/tennis/roland-garros/tennis-le-president-de-la-federation-francaise-n-acceptera-plus-la-comb

    Bernard Giudicelli justifie son point de vue par une volonté de défendre la beauté du sport. « Si je fais passer une émotion avec quelque chose qui est beau dans un endroit qui est beau, l’émotion est magnifiée », affirme-t-il.

    En enfilant cette combinaison noire, Serena Williams n’était toutefois pas uniquement préoccupée par son style : cette tenue, conçue par la marque Nike après deux ans de recherche et de design, permet à la championne américaine d’éviter les caillots sanguins. Depuis 2003, Serena Williams a en effet souffert de plusieurs embolies pulmonaires, dont une a failli lui coûter la vie après la naissance de sa fille Alexis Olympia Junior, le 1er septembre 2017.

    Certaines stars se sont également mobilisées pour défendre la tenue de Serena Williams. « Le besoin des hommes de contrôler les femmes atteint ici un niveau mesquin, a ajouté l’actrice américaine Elizabeth Banks sur Twitter. Serena Williams est la plus grande joueuse de tous les temps. C’est le jeu qui la respecte. » Et l’ancien tennisman Andy Rodick d’ajouter : « C’est tellement stupide et irréfléchi que ça fait mal. Parfois, ce serait sympa si le sport sortait de ses mauvaises habitudes. »

    Même l’équipementier de la championne et designer de la combinaison, Nike, a répondu à Bernard Giudicelli sur Twitter. « Vous pouvez enlever son costume à une super-héroïne, mais vous ne pourrez jamais lui enlever ses superpouvoirs. »

    • http://www.liberation.fr/france/2018/08/26/la-combi-de-serena-williams-a-roland-garros-le-bas-blesse_1674567

      Enfin une bonne nouvelle pour les partisans de l’ancien monde catastrophés par la vague #MeToo et le renouveau féministe collatéral : Bernard Giudicelli veille au grain. Dans un entretien accordé à Tennis Magazine, le président de la Fédération française de tennis (FFT) a annoncé que Serena Williams ne pourra plus jouer à Roland-Garros vêtue de la spectaculaire combinaison-pantalon noire, fuselée, qu’elle arborait en mai sur la terre battue. Argument de Giudicelli, qui entend instaurer un nouveau dress code dans le tournoi français à partir de 2020 : « Je crois qu’on est parfois allé trop loin. La combinaison de Serena cette année, par exemple, ça ne sera plus accepté. Il faut respecter le jeu et l’endroit. Tout le monde a envie de profiter de cet écrin. Si je fais passer une émotion avec quelque chose qui est beau dans un endroit qui est beau, l’émotion est magnifiée. » Concrètement : les joueuses doivent jouer en robe ou jupe, sinon c’est moche pour l’image de Roland-Garros et du tennis.

      Tornade américaine

      Quelle fatigue. Il va donc falloir rappeler au moins deux choses à Bernard Giudicelli. 1/ Qu’une joueuse de tennis, comme toute femme, n’est pas une plante verte, un élément de décorum. 2/ Qu’un tournoi de tennis n’est pas une fashion week mais une compétition, et les sportifs ne sont pas des mannequins mais des athlètes dont on attend qu’ils atteignent la plus haute marche du podium en faisant la différence par leur force, leur vélocité, leur agilité, leur souplesse, leur précision, leur acuité, leur résistance. Des qualités que Serena Williams incarne depuis vingt ans, avec 39 titres de grand chelem dans sa besace, ce qui fait d’elle une des plus grandes joueuses de tous les temps. Sachant que Serena y met la manière : explosivité, fougue, panache, son jeu d’attaquante est un régal. Bilan, la tornade américaine a réconcilié plus d’un spectateur avec le tennis féminin lassé par les interminables échanges du fond du court. D’ailleurs, à la place de Serena Williams, on aurait illico répondu à Bernard Giudicelli : ok, alors ce sera sans moi. Car Roland-Garros sans Serena, c’est morne plaine, le tournoi a bien plus à perdre de son absence que l’inverse.

      « Super-pouvoirs »

      Mais non. Serena, en plus, a la classe. C’est Nike, son équipementier qui a d’abord répondu, avec humour, par un tweet figurant la joueuse (vêtue de la combinaison), avec ce message : « Vous pouvez retirer le costume du super-héros mais vous ne pourrez jamais lui enlever ses super-pouvoirs. » Et tandis que la polémique enflait et que Giudicelli en prenait logiquement plein la raquette sur les réseaux sociaux, la Queen des courts a habilement déclaré ceci : « Je ne sais pas exactement ce qu’il a semblé dire ou n’a pas semblé dire. Mais on en a déjà parlé. Nous avons une excellente relation. […] Je suis sûre qu’on va parvenir à un accord et que tout sera ok. Ce n’est pas quelque chose de grave, tout va bien. »

      Serena Williams aurait pourtant pu laminer Giudicelli avec un argument massue : la fameuse combinaison (que personnellement on trouve très réussie, seyante, et rock comparée aux sempiternelles jupettes de fifilles), favorise la circulation sanguine. Or, Serena Williams a souffert par le passé d’embolies pulmonaires liées à des caillots dans le sang. La naissance de sa fille, en septembre 2017, a d’ailleurs été compliquée par des « problèmes de caillots de sang ». Ce qui ne l’a pas empêchée de reprendre, à 36 ans, le chemin des courts quatre mois plus tard… Respect. A l’inverse, Bernard Giudicelli, qui n’est pas revenu sur ses propos à l’heure où on écrit ces lignes, s’avère bien « out » sur ce coup-là. Et c’est l’image de son fameux « écrin » qui en pâtit.
      Sabrina Champenois


  • Gala, la muse de Salvador Dali, « à l’heure de #metoo »
    https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/08/24/gala-la-muse-de-salvador-dali-a-l-heure-de-metoo_5345571_3214.html

    Le Musée national d’art de Catalogne (MNAC), à Barcelone, dédie ces jours-ci une exposition à Gala, l’épouse et la muse de Salvador Dali. En jetant une lumière nouvelle sur son parcours personnel et artistique, il se pose la question de savoir si cette femme mystérieuse et ambitieuse qui déchaîna tant de passions a été injustement traitée par l’histoire.

    « Oui, sans aucun doute » assure, catégorique, Estrella de Diego, commissaire de l’exposition et professeur d’histoire de l’art à l’Académie des Beaux-Arts de San Fernando, à Madrid. « Nous en avons gardé l’image de ses contemporains, pas toujours flatteuse, alors qu’elle était un personnage beaucoup plus complexe et beaucoup plus intéressant », explique Mme de Diego.

    L’historienne, qui s’est donné pour mission « de sauver les femmes artistes victimes des préjugés du passé » étudie le personnage de Gala depuis presque vingt ans. La date de l’exposition, fixée depuis longtemps, est plutôt bien tombée : « C’est un peu Gala à l’heure de #metoo » dit-elle en souriant.
    Haine tenace

    Pas facile pourtant de lutter contre les images laissées par le temps. Luis Buñuel et André Breton ne supportaient pas Gala. Ils l’accusaient de leur avoir volé leur ami. La sœur de Dali, Anna María, lui vouait une haine tenace. La collectionneuse Peggy Guggenheim la considérait « jolie mais trop artificielle pour être agréable ». Quand à Coco Chanel, dont Gala était une fidèle cliente, elle disait du couple qu’il ressemblait « à des petits oiseaux qui se racontaient des histoires obscènes ».

    Je comprend pas le rapport avec #metoo je présume que c’est utilisé ici pour ne pas dire le mot féminisme. Ca fait 20 ans que cette historienne bosse sur ce sujet, que viens faire #metoo dans cette histoire ?
    #historicisation #femmes #légende_noir #paywall (si une personne peut le franchir et me faire profiter du txt ca serait super)


  • https://www.bbc.com/news/world-43006952

    Muslim women are using #MosqueMeToo to share their experiences of sexual harassment during the Hajj pilgrimage and other religious settings.

    #MosqueMeToo #MeToo #islam

    Via https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/mosquemetoo-des-musulmanes-denoncent-le-harcelement-et-les-agressions-s.

    N.B. : Je viens de constater seulement la différence de dates entre les deux publications. Le sujet revient sur le tapis à cause de la résurgence du hashtag #MosqueMeToo sur Twitter.


  • Queer attitude et incrimination.
    https://vacarme.org/article3177.html

    L’affaire Ronell/Reitman fait symptôme d’une difficulté à faire tenir ensemble police des mœurs et subversion de l’ordre patriarcal. Car la question du fameux Title IX, de son usage et mésusage, est aussi celle de sa dérive. En 1972, il s’agit de lutter contre des discriminations dues au sexe, à savoir l’interdiction faite aux femmes de pouvoir avoir les mêmes activités physiques, sportives, intellectuelles que les hommes. Aujourd’hui il semble être le point d’appui des plaintes pour abus de pouvoir (...)

    #Autour_d'Avital_Ronell

    / #Avital_Ronell

    • Je regroupe mes réaction aux 3 textes sur l’affaire Ronell proposé par vacarme ici :

      –----
      https://vacarme.org/article3176.html

      Dans le cas présent, il faut mettre en balance une femme de cœur, unanimement reconnue pour sa force et sa générosité, et un étudiant qui n’a pas réussi à obtenir la place qu’il souhaitait – à tort ou à raison – dans le monde redoutablement concurrent des chercheurs américains.

      Ca fait mal au coeur de voire le #victime_blaming utilisé par Nathalie Koble (même si je sais pas qui elle est, elle semble se revendiqué féministe).

      En l’occurrence, confondre sans discernement harcèlement – dans un cadre professionnel – et vie privée – hors de ce cadre - relève à la fois du lynchage et de l’atteinte aux droits de l’homme et de la femme : ira-t-on reprocher à une femme libre toute une vie intime, librement consentie, et ses affinités intellectuelles comme une opprobre, parce qu’elle est en procès avec un étudiant ? N’est-on pas là en train de confondre la liberté du consentement et le harcèlement pour verser dans un faux moralisme, puisqu’il ne prend les visages du puritanisme que pour n’être au fond que le prétexte à l’exposition la plus dégradante possible de l’intégrité d’une femme ?

      Elle est peut être féministe mais elle semble avoir raté l’idée que le privé est politique. Ce discours me semble malhonnete. Elle utilise exactement les technique de protection des dominant·es.
      – l’agresseur·e présumé est quelqu’un de respectable.
      – la personne qui dénonce l’agression est blamé (accusé de mentir pour chantage, vengeance, cupidité, ou par regrets pudibonds...)
      – C’est de la séduction mal comprise - drague un peu lourde
      – C’est une affaire privé -
      – C’est pas du vrai harcelement car la victime un homme et l’accusée une femme.

      Sinon sur ce texte, il est ecrit au masculin, avec l’expression « La femme » et « l’homme » qui témoigne d’une vision essentialiste. Du coup Nathalie Koble elle me semble modérément féministe mais ca me rassure pas pour autant. J’ai pas encor lu les autres textes de vacarme sur ce sujet mais j’espère qu’il n’y a pas que ce type de discours nauséabond.

      –------
      https://vacarme.org/article3177.html

      Car le projet d’une femme queer est d’agir en refusant les assignations normatives et les rapports de domination. Or chacun sait que quand un être domine, il n’est plus libre, et que la liberté ne consiste pas à dominer mais bien à refuser tout rapport de domination, qu’on soit dominant ou dominé socialement. D’où cette difficulté structurelle pour la liberté humaine du consentement des dominés ou de leur servitude volontaire ou de leur capacité à récupérer un statut victimaire, quand ils ont simplement renoncé à leur liberté. Pour un étudiant est-ce si impossible de dire non à son professeur ?

      Celui là est plus tordu. J’ai l’impression que là l’idée c’est qu’elle fesait de la poésie surréaliste ou une expérience BDSM queer et du coup c’est pas que agression. Elle est queer alors elle peu pas harcelé. Et la victime n’avait qu’a se défendre -

      Le final c’est le ponpon :

      Non l’affaire Ronell/Reitman n’est pas symétrique des affaires #MeToo. Et l’on peut s’étonner malgré tout de la célérité à sanctionner une femme quand tant d’hommes ne sont jamais inquiétés.

      Je suis pas d’accord sur ce deux poids deux mesures. Les harceleuses, agresseuses, violeuses... doivent etre dénoncé autant que les hommes qui commettent ces actes. Ni plus ni moins.

      #metoo dénonce le harcelement sexuel sur le lieu de travail. Entre collègues, dans la hiérarchie, vis à vis de client·es... Dès le début il y a eu des hommes victimes. Dans le travail les discriminations font que la position de pouvoir est plutot aux hommes, mais il y a des femmes qui ont du pouvoir et peuvent l’utiliser pour harceler. c’est pas possible de donner une autorisation de harcelé aux dominé·es (ni à personne !).

      Simone de Beauvoir avait été renvoyé de son poste d’enseignante pour avoir couché avec des élèves, ca lui vaut le titre de #grand_homme dans mes archives.

      –-----

      Le dernier :
      https://vacarme.org/article3175.html

      À titre personnel, mais peut-être parce que je suis viriliste, j’aurais tendance à penser que les femmes professeurs sont davantage en droit que les hommes professeurs à se sentir a priori protégées d’accusations de harcèlement sexuel et de contact sexuel : même en position d’autorité, elles ne bénéficient pas de cette menace constante de pouvoir pénétrer l’autre ou de le faire bander sans son consentement — à moins d’être sacrément équipée de prothèses technologiques et de breuvages magiques, ce qui est assez rare et compliqué (en d’autres termes, il me semble qu’il faudrait toujours tenir compte d’une inégalité de genre irréductible dans les affaires de harcèlement sexuel).

      Lui c’est le grand portnawak, le penis est donc un « genre » à ses yeux et il y a pas moyen pour une femme de commettre des violences sexuelles. Le vrai viol c’est avec un penis et sans penis pas de violence sexuelle possible.
      Les agressions sexuelles commises par des femmes ne sont pas de bourdes. Et parlé de bourde au sujet d’une femme ca me semble connoté sexiste. Ca me rappel les attaques sexistes contre S.Royal.
      –--------

      Je trouve tout ca malhonnete. Ces 3 textes utilisent quantité d’arguments qui sont justement ceux utilisé habituellement par les masculinistes. En fait ces trois personnes sont surtout 3 universitaires de pouvoir qui veulent garder leur droit à harceler les étudant·es et qui défendent ce droit à travers cette affaire.

    • J’avais raté celui là ! merci @marielle

      Voilà deux personnes qui flirtent (on efface ici toutes attributions de genre, toujours douteuses et modifiables). Deux adultes, en pleine possession de leurs droits et de leurs consciences. L’un est le professeur de l’autre et l’autre, par conséquent, son étudiant. Ils flirtent c’est-à-dire s’amadouent, se donnent de gentils noms, en paroles et en mails, se caressent un peu. Sur le plan du sexe et du sentiment ça ne va pas plus loin.

      C’etait pas un flirt puisque l’une des deux parties a porter plainte. On retrouve la thèse complotiste, la mise en cause de la victime, la négation du rapport hierarchique. C’est un peu moins bourrin que les autres car il y a un peu de contexte et de perspective dans celui là. Je vais pas y passer la journée, les profs qui flirts avec leurs etudiant·es sont en faute et celleux qui les harcelent sont bien sur encore plus et cela qu’illes soient queer ou pas.

    • @mad_meg,

      L’agression sexuelle est bien un rapport de domination structurel des hommes sur les femmes et non l’inverse. À ce titre le consentement ou non-consentement des dominés hommes ne peut quoiqu’on en dise, sinon avoir la même légitimité à être entendu, du moins être soumis à la même interprétation que celui des dominées femmes.
      De même que nous ne considérons pas qu’il est légitime dans les sociétés occidentales de parler de racisme anti-blanc quand structurellement les blancs dominent, de même il faut trouver d’autres lunettes pour comprendre l’accusation de harcèlement et d’abus sexuel d’un homme gay à l’égard d’une femme lesbienne queer.

      (#Sophie_Wahnich)

      J’ai déjà été accusée de « harcèlement » par un amant qui me gardait sous le coude au cas où et à qui je demandais d’être plus explicite sur la suite. « Reloue » aurait déjà été peu élégant, alors « harcèlement » était vraiment hors de propos. Depuis, je sais que les mecs se défendent bien plus facilement que les meufs et que pour en mettre un dans le même désarroi que les femmes vivent quand elles sont harcelées, il faut se lever tôt. Non, c’est pas les mêmes relations, c’est pas la même violence, sauf à multiplier les rapports de domination pour renverser le handicap fondamental d’être une meuf qui n’a pas appris à dire non avec autant d’assurance qu’un gars : race, âge, position sociale, rapport hiérarchique. Ce qui est peut-être le cas ici, j’en sais rien.

      Je n’ai toujours pas compris de quoi il était question, ça mouline grave mais sans explications terre à terre ou rappel des faits.

    • Bien d’accord sur le manque de contexte. Le figaro à l’air d’en parlé sous #paywall : http://www.lefigaro.fr/international/2018/08/22/01003-20180822ARTFIG00215-metoo-une-universitaire-feministe-reconnue-coupab
      –------

      Non, c’est pas les mêmes relations, c’est pas la même violence, sauf à multiplier les rapports de domination pour renverser le handicap fondamental d’être une meuf qui n’a pas appris à dire non avec autant d’assurance qu’un gars : race, âge, position sociale, rapport hiérarchique. Ce qui est peut-être le cas ici, j’en sais rien.

      Ici on sais que c’était sa directrice de thèse et cette position de domination est évacué et niée par tou·tes les universitaires pro Ronell publié par Vacarme.

    • Plusieurs texte là dessus dans libé aujourd’hui dont un qui donne un peu le contexte.
      http://www.liberation.fr/debats/2018/08/24/l-excentrique-philosophe-avital-ronell-suspendue-de-l-universite-de-new-y

      Selon le New York Times, qui a sorti l’affaire mi-août, Nimrod Reitman, aujourd’hui âgé de 34 ans quand Ronell en a 66, lui reproche de lui avoir envoyé pendant trois ans des mails déplacés, mais aussi d’avoir eu des gestes à connotation sexuelle à plusieurs reprises. Reitman raconte ainsi une journée de 2012, à Paris, où la philosophe l’avait invité à l’accompagner. Elle lui aurait demandé de lui lire des poésies, dans sa chambre, pendant qu’elle faisait la sieste. Puis l’aurait invité dans son lit, lui aurait touché la poitrine, l’aurait embrassé. Reitman explique ne pas avoir osé réagir par peur de représailles sur son avenir universitaire. Dès le lendemain, il lui aurait pourtant dit son désaccord et sa gêne. Mais la situation se serait répétée à plusieurs reprises. Avital Ronell, elle, dément catégoriquement tout contact sexuel. Quant à ses mails : « Nos communications étaient entre deux adultes, un homme gay et une femme queer, qui partagent un héritage israélien, aussi bien qu’un penchant pour une communication imagée et familière, née de sensibilités et d’un contexte académique communs », a-t-elle déclaré au New York Times.
      Excentricité

      Au terme d’une enquête de onze mois, l’université a conclu que Ronell s’était bien livrée à du harcèlement sexuel et que son comportement avait été « suffisamment envahissant pour altérer les termes et les conditions de l’environnement d’apprentissage de M. Reitman ». Elle a en revanche rejeté les accusations d’agression sexuelle, estimant qu’elle n’avait pas de preuve.

      Au printemps, plusieurs dizaines d’intellectuels et de professeurs d’université avaient signé un texte de soutien, initié par Judith Butler, la grande figure des études de genre, destiné à l’Université de New York, pour plaider la cause de la philosophe lors de l’enquête interne de la fac. Le courrier confidentiel a fuité sur un blog - sans doute était-ce aussi l’occasion de porter un coup aux études de genre et au poststructuralisme. Très malhabile, le texte reprenait les arguments classiques de la défense des hommes harceleurs…

      ...

      Le véritable « abus fait du Title IX » n’est pas là pour l’historienne Joan Scott, qui a signé elle aussi la lettre de soutien à Ronell : « Le Title IX est récemment devenu uniquement centré sur le harcèlement sexuel, a-t-elle expliqué dans un mail à Libération. Depuis 1972, les universités confrontées à une plainte dans le cadre du Title IX ont répondu de manière diverse au fil des ans : elles ont protégé leurs éminents universitaires, choisissant d’ignorer les plaintes d’étudiants ; elles ont protégé leurs athlètes et tous ceux qu’elles considéraient comme vitaux pour leurs programmes ; elles ont parfois puni les accusés après une prudente investigation. Mais plus récemment, la réponse la plus typique est de considérer une plainte comme prouvée, sans trop d’efforts pour examiner les faits afin d’agir vite et de punir l’accusé. […] Au lieu d’un jury composé de ses pairs, l’accusé fait face à des équipes d’avocats décidés à protéger l’université de coûteuses poursuites en justice ou de la perte de fonds fédéraux. […] C’est ce qui s’est passé dans le cas Ronell. » Ce qui ne suffira peut-être pas : Nimrod Reitman réfléchit à porter plainte, cette fois en justice, contre Avital Ronell et l’Université de New York.

    • Aux Etats-Unis, l’affaire de la professeure Avital Ronell questionne #MeToo
      https://www.mediapart.fr/journal/international/280818/aux-etats-unis-l-affaire-de-la-professeure-avital-ronell-questionne-metoo

      Le pouvoir. Pour Corey Robin, figure de la gauche intellectuelle américaine, voilà bien la question centrale. « La question qui hante tous ces échanges est celle du pouvoir, écrit-il. Voilà un doctorant qui essaie de faire son chemin dans une institution où tout dépend d’un bon, ou d’un mauvais mot, de son superviseur. (...) Je ne doute pas que Ronell ait pu croire, parfois, que le langage qu’elle utilisait était partagé. Ceux qui sont en position de pouvoir, et qui abusent de ce pouvoir, le croient souvent. »

      « Ce qui me frappe dans cette histoire, c’est moins la dimension sexuelle que cette demande incessante, et fatigante, que Ronell exigeait de son élève, juge Claire Potter, professeur d’histoire à la New School de New York. Lorsque vous êtes professeur, vous devez penser aux barrières. Des amitiés fortes ne sont pas exclues. Mais il doit y avoir des barrières claires dans l’intimité. »

      Professeur à l’institut de French Studies de NYU, le sociologue Frédéric Viguier est frappé par la dimension générationnelle de la polémique, qui révèle les profondes disparités de condition dans l’université américaine, système hyperconcurrentiel et privé où des « stars » très bien payées dans les meilleures universités, souvent des centaines de milliers de dollars par an, disposent d’un pouvoir exorbitant sur des doctorants dont elles peuvent accélérer, ou entraver, les carrières.

      https://justpaste.it/5h1k4

    • Je vois. Évidemment que le système de compagnonnage qui a cours à l’université est super dangereux et que le premier boulot de profs féministes, c’est de ne pas abuser de la vulnérabilité de leurs élèves comme de gros cochons de mandarins.

    • Et le tout s’inscrit dans un contexte où les féministes ont montré que les violences sexuelles étaient un problème structurel là où on voulait entendre qu’il s’agissait de monstruosités. Le backlash, c’est de montrer que les femmes aussi sont prédatrices : Asia Argento, etc.