• Le conducteur de SUV qui a écrasé le cycliste Paul Varry sera jugé pour meurtre
    https://reporterre.net/Le-conducteur-de-SUV-qui-a-ecrase-le-cycliste-Paul-Varry-sera-juge-pour-

    « Il ne pouvait ignorer » qu’en accélérant vers le cycliste, sans chercher à l’éviter, avec sa voiture de « plus de 2 tonnes », il « allait causer la mort du jeune homme », estime-t-elle.

    La « majorité des témoins oculaires » ont « eu le sentiment », au regard de la « manière » dont le véhicule « a tourné ses roues puis brutalement foncé » vers la victime, que le conducteur avait agi « de manière intentionnelle », rapporte la juge d’instruction. Elle note par ailleurs qu’Ariel M. n’a exprimé devant l’expert qu’une « empathie modeste » vis-à-vis de Paul Varry. Militant pro-mobilités douces au sein de l’association « Paris en Selle », ce dernier avait 27 ans lorsqu’il est mort sous ses roues.

    • Si c’était dans le Parisien, peut-être. Mais dans un article de Reporterre, je pencherais exactement pour le contraire : sous leur plume ça doit renforcer le sentiment de proximité avec la victime (l’un de nôtres en quelque sorte).

    • Sinon, il y a eu plainte pour apologie de terrorisme contre le vieux chanteur qui disait à la téloche que quand il voyait un cycliste dans Paris, il avait envie de l’écraser, ou bien ?

      Ces automobilistes qui tentent de faire régner leur suprématie sur les piétons, les cyclistes, les femmes au volant et tout autre conducteur d’engin pas assez zélé à les laisser passer, par l’usage déchaîné de leur road rage, on les met dans la catégorie « terroristes », ou bien dans la catégorie des bestiaux qu’il faut castrer ?

  • Israeli police kill two young Palestinian boys and their parents in West Bank | West Bank | The Guardian

    https://www.theguardian.com/world/2026/mar/15/israeli-police-kill-two-young-palestinian-boys-and-their-parents-in-wes

    Israeli police kill two young Palestinian boys and their parents in West Bank

    Mother, father and brothers aged five and seven shot in the head as they returned from Ramadan shopping trip
    Emma Graham-Harrison and Sufian Taha in Jerusalem
    Sun 15 Mar 2026 20.20 CET
    Prefer the Guardian on Google

    Israeli police have killed two young Palestinian brothers and their parents in the occupied West Bank, shooting all four in the head and face as the family returned from a Ramadan shopping trip.

    Mohammed, five, Othman, seven, who was blind and had special needs, their mother, Waad Bani Odeh, 35, and father, Ali Bani Odeh, 37, were driving through their home town of Tamoun late on Saturday when Israeli forces opened fire.

    #palestine #cisjordanie #meurtre #impunité #colonisation

  • Où sont Maisy et Shannon ?
    https://www.visionscarto.net/ou-sont-maisy-et-shannon

    En septembre 2008 à Maniwaki (Québec), Shannon Alexander et Maisy Odjick, deux adolescentes anishnabées de 16 et 17 ans disparaissent sans laisser de traces. Elles n’ont à ce jour jamais été retrouvées. En 2011, Emmanuelle Walter découvre, via un communiqué des Nations unies, la surreprésentation des femmes autochtones du Canada parmi les victimes de meurtres, phénomène dont il n’est à l’époque jamais question au Québec et peu au Canada anglais. Plus tard, elle décide de s’appuyer sur la (…) Billets

    #Billets_

  • #Permis_de_tuer

    Alors que la #loi_Cazeneuve va bientôt sur ses 10 ans et que le nombre de personnes tuées des mains de la #police ( 43 personnes cette année, et 71 en 2024) et des matons ne cesse d’augmenter, on a pris le temps de réaliser 1h de fanzine radiophonique pour en découdre avec les #crimes_d’État. On a donc fait chauffer les micros, rouvert les cartons des archives des #luttes contre les violences policières et pénitentiaires pour concocter cette heure de radio, dans laquelle tu pourras entendre :

    - Des #Forums_justice de #Vénissieux et #Vaulx-en-Velin à la place Vendôme : aux origines de la lutte contre les violences policières et racistes (1982-84)
    - Entretien avec Fatiha, mère d’Adam, tué par la police avec son ami Raihane à Vénissieux en 2022
    - « Abolir la police », des pancartes aux livres, petit inventaire de la critique de la police
    - La construction de l’#impunité : entretien avec #Flagrant_Déni
    - Les luttes contre les violences policières : du #Mouvement_Immigration_Banlieue au #Réseau_Entraide_Vérité_et_Justice

    Et pêle-mêle, divers enregistrements faits à Lyon pendant des rassos et manifs contre les violences d’Etat ces six dernières années et des archives de Minuit Décosu où l’on peut entendre #Farid_El_Yamni, #Awa_Gueye, #Najet_Kouaki et #Naguib_Allam.

    L’émission s’écoute sur notre audioblog, ici, et un peu partout en podcast. Bonne écoute !

    https://cric-grenoble.info/analyses/article/permis-de-tuer-une-emission-de-minuit-decousu-4947

    #podcast #audio
    #violences_policières #résistance #violences_pénitentiaires #meurtres #décès #archive
    ping @karine4

  • „Es kam die dritte Brandleiche in zwei Wochen“ : Rechtsmediziner Michael Tsokos sagt im Prozess gegen Berliner Palliativarzt aus
    https://www.tagesspiegel.de/berlin/es-kam-die-dritte-brandleiche-in-zwei-wochen-rechtsmediziner-michael-ts

    De mauvaises nouvelles pour notre Doctor Death du jour - il y aura d’autres exhumations. Des médecins assassins il y en a partout et toujours, mais en général on ne le les attrape pas. Ce spécimen a merdé. Il a sans doute agi par passion. L’ordinaire tortionnaire en blouse blanche tue froidement par cupidité ou ambition et selon sa déontologie. Ensuite il publie ses résultats sans vergogne.

    16.12.2025 von Kerstin Gehrke - Ungewöhnlich viele Brandleichen in zwei Wochen – das wunderte Professor Michael Tsokos, Deutschlands wohl bekanntesten Rechtsmediziner. Am Montag sagte er im Mordprozess gegen einen Palliativarzt aus.

    Der Rechtsmediziner wunderte sich vor den Sommerferien 2024. „Es kam die dritte Brandleiche in ein oder zwei Wochen.“ Das sei für Berlin viel, sagte Michael Tsokos nun im Prozess gegen Palliativarzt Johannes M. wegen Mordes in 15 Fällen. Am 22. Prozesstag wurde der Professor für Rechtsmedizin, international anerkannter Forensik-Experte und erfolgreicher Autor, als Gutachter befragt.

    Erstmals ging es in der seit fünf Monaten laufenden Verhandlung um eine Exhumierung. Tsokos war dabei, als am 28. Oktober 2024 auf einem Friedhof in Gatow der Leichnam einer Frau ausgegraben wurde. Kadiatou D. war gerade einmal 25 Jahre alt, als sie am 22. September 2021 starb. In den letzten drei Monaten ihres Lebens soll sie von Johannes M. betreut worden sein. Wöchentlich sei er zur Visite in der Wohnung in Britz gewesen, wo sie mit ihrer Mutter gelebt hatte.

    Die 25-Jährige soll laut Anklage das erste Opfer des mutmaßlichen Serienmörders gewesen sein. Als Mitarbeiter eines Pflegedienstes begleitete Johannes M. schwerstkranke Menschen, um deren Schmerzen zu lindern. Doch zwischen 2021 und Juli 2024 soll er sich als „Herr über Leben und Tod“ geriert haben.

    Zwölf Frauen und drei Männer, 25 bis 94 Jahre alt, soll er jeweils mit einem tödlichen Medikamenten-Gemisch aus einem Narkoseeinleitungsmittel und einem Muskelrelaxans ermordet haben. Die Mixtur habe schnell zum Atemstillstand geführt. Bei mehreren Taten habe er Feuer gelegt, um Spuren zu verwischen. Bislang schweigt der 41-Jährige zu den Vorwürfen.

    Als sich der Verdacht gegen ihn erhärtete, wurden immer mehr Exhumierungen angeordnet. Von 15 war die Rede, als der Prozess begann. Doch es könnten noch viel mehr werden. Die Ermittlungen sind längst nicht abgeschlossen.

    Rund drei Jahre nach dem Tod der 25-Jährigen kam es zur Obduktion im Landesinstitut für gerichtliche und soziale Medizin Berlin unter Leitung von Tsokos. Der Experte schilderte im Prozess nun Details. Die Mumifizierung sei nach drei Jahren im Erdgrab „weit fortgeschritten“ gewesen. Die Obduktion habe nicht zur Klärung der Todesursache geführt, so der Rechtsmediziner. Sie habe sich erst aus der veranlassten chemisch-toxikologischen Untersuchung ergeben.

    Rückstände von Medikamenten wurden gefunden – neun Substanzen, so Tsokos. Darunter ein Muskelrelaxans, das ambulant überhaupt nicht verabreicht werde. Er zitierte das Fazit von Toxikologen: „Der Medikamentencocktail ist die Todesursache.“

    Ein Toxikologe hatte im Fall eines anderen Opfers vor Gericht erklärt, das Medikament zur Muskelentspannung werde als Teil einer Anästhesie eingesetzt und sorge für eine Lähmung der Muskelgruppen, der Einsatz erfolge nur bei gleichzeitiger Beatmung.

    Tsokos, der Hunderttausende Follower in den sozialen Medien hat und aus dem Fernsehen bekannt ist, soll im Mordprozess gegen den promovierten Mediziner zu einem späteren Zeitpunkt zu weiteren Fällen befragt werden. Der Prozess war zunächst bis Ende Januar terminiert. Inzwischen gibt es weitere Verhandlungstage bis zum 4. Mai 2026.

    #Allemagne #Berlin #meurtre #médecin #iatrocratie #justice

  • Un très bon article qui donne envie de lire le livre.

    En décembre 2018, je sors du procès de Denis Mannechez émotionnellement essoré, mais intellectuellement frustré. Je savais dès le départ que le premier dossier, celui des incestes et violences commis par le père sur ses enfants, ne serait pas rouvert, puisqu’il s’agissait, cette fois-ci, de juger un double homicide, mais il me semblait impossible de comprendre ce résultat final, celui du féminicide d’un père sur sa fille, sans revenir sur tout ce qui y a conduit. Je me doutais bien que le procès d’Amiens qui, en 2012, avait abouti à ce qu’une cour d’assises décide de laisser un père ayant violé ses filles repartir vivre conjugalement avec l’une d’elles et leur enfant commun, n’avait pas surgi de nulle part. C’est une vérité judiciaire qui avait été lentement composée au fil des années, et je voulais comprendre comment cela avait été possible. Pour moi, il y avait un sujet de société important à traiter, qui justifie qu’un journaliste se lance dans un travail d’ampleur, même des années après.

    https://www.actu-juridique.fr/droit-penal/violences-sexuelles/julien-mucchielli-les-acteurs-judiciaires-vont-devoir-faire-leffort-d

    #inceste #justice #climat_incestuel #Dorothée_Dussy #meurtre #emprise #responsabilité_société

    • Un premier procès en 2011-2012 avait condamné Denis Mannechez et sa femme pour viols sur leurs deux filles aînées, Virginie et Betty. Le couple était ressorti libre du tribunal, ayant déjà purgé sa peine en détention provisoire, après que leurs avocats en concorde avec la partie civile eurent plaidé la thèse de l’« inceste heureux ». Denis Mannechez était alors reparti vivre avec sa fille Virginie, fille avec laquelle il vivait maritalement depuis les années 2000, et dont il a eu un fils en 2002.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Denis_Mannechez

  • Bangladesh : l’ex-Première ministre Sheikh Hasina condamnée à mort pour la répression d’émeutes
    https://www.france24.com/fr/asie-pacifique/20251117-bangladesh-ex-premi%C3%A8re-ministre-sheikh-hasina-condamn%C3%A9e

    La justice du Bangladesh a condamné lundi à mort l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina. Un verdict qui tombe au terme d’un procès de plusieurs mois, où cette dernière a été reconnue coupable d’avoir ordonné une répression meurtrière à la suite d’un soulèvement étudiant l’an dernier.

    L’ex-Première ministre en exil du Bangladesh Sheikh Hasina, 78 ans, a été condamnée à mort, lundi 17 novembre, par la justice de son pays. Le motif de ce verdict : avoir ordonné la répression meurtrière des manifestations qui ont causé sa chute pendant l’été 2024.

    « Tous les éléments (...) constitutifs du crime contre l’humanité sont réunis », a déclaré le juge du tribunal de la capitale Dacca Golam Mortuza Mozumder en rendant son verdict, « nous avons décidé de lui infliger une seule peine, la peine de mort ».

    En Inde depuis sa fuite en hélicoptère, la « bégum de fer » était jugée en son absence depuis le mois de juin par un tribunal de Dacca. Elle a toujours nié les accusations portées contre elle.

    Au terme du procès, les juges l’ont reconnu coupable de plusieurs chefs d’inculpation relevant du crime contre l’humanité, notamment d’avoir incité aux meurtres et d’avoir ordonné des meurtres, selon le verdict.

    En juillet et août 2024, les manifestations antigouvernementales qui l’ont contrainte à quitter le pays après 15 ans au pouvoir ont fait au moins 1 400 morts, selon l’ONU, pour la plupart des civils.

    Dans un pays sous fortes tensions politiques déjà tourné vers les élections législatives prévues dans trois mois, sa décision était très attendue.
    Des policiers déployés autour du tribunal

    La police de la capitale a été placée en alerte et déployée en nombre pour procéder à des contrôles stricts autour du tribunal et dans tous les points névralgiques de la ville, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    « Nous espérons que le tribunal exercera prudence et sagesse, que justice sera faite et que cette décision marquera la fin des crimes contre l’humanité et servira d’exemple », avait souhaité la semaine dernière le procureur en charge du dossier, Tajul Islam.

    Au terme des débats, le représentant de l’accusation avait réclamé le mois dernier, sans surprise, la condamnation de Sheikh Hasina à la peine capitale."Pour un simple meurtre, la peine de mort est la règle. Pour 1 400 meurtres, elle la mérite 1 400 fois", avait-il déclaré devant les juges. « Elle est une criminelle endurcie et n’a fait preuve d’aucun remord pour sa brutalité ».

    Jusque-là silencieuse, Sheikh Hasina a pris la parole en octobre auprès de plusieurs médias étrangers, dont l’AFP, pour rejeter la « totalité » des charges à ses yeux « infondées » retenues contre elle.

    Les enregistrements produits par l’accusation suggérant qu’elle avait autorisé le recours aux « armes létales » contre la contestation ont été « sortis de leur contexte », a jugé l’ex-Première ministre. « Un verdict de culpabilité est préétabli, malheureusement », a-t-elle poursuivi, « il s’agit clairement d’une procédure à motivation politique ».
    Meurtres, enlèvements et séquestrations

    Victorieuse des élections législatives, largement considérées comme frauduleuses début 2024, son parti, la Ligue Awami, a été interdit par le gouvernement provisoire du prix Nobel de la paix Muhammad Yunus.

    Dans l’opposition sous le règne de Sheikh Hasina, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) est considéré comme le grand favori du prochain scrutin.

    Interrogée par l’AFP sur un éventuel retour en politique, l’ex-Première ministre a botté en touche en assurant que sa « priorité est le bien-être et la stabilité » du pays.

    Le tribunal a également condamné à mort lundi l’ancien ministre de l’Intérieur, Asaduzzaman Khan Kamal, lui aussi en fuite. L’ex-chef de la police, Chowdhury Abdullah Al Mamun, en détention et qui a plaidé coupable, s’est vu lui infliger une peine de cinq ans d’emprisonnement.

    Le parcours judiciaire de Sheikh Hasina ne se limite pas à ce procès. Elle fait également l’objet de multiples plaintes pour les multiples meurtres, enlèvements et séquestrations dont l’ont accusé, tout au long de ses mandats, ses adversaires politiques et les ONG.

    Une commission d’enquête a récemment chiffré à plus de 250 le nombre de disparitions d’opposants ordonnées par son gouvernement.

  • A Mayotte, la police aux frontières provoque des naufrages de bateaux et la mort de migrants venus des Comores
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/16/a-mayotte-si-dix-personnes-meurent-en-mer-il-n-y-a-pas-de-sujet-la-police-au

    Extrait d’une vidéo de communication montrant un entraînement de la police, diffusée en décembre 2024 sur le compte LinkedIn du directeur territorial de la police nationale à Mayotte. Patrick Longuet / LinkedIn

    https://assets-decodeurs.lemonde.fr/redacweb/2509-mayotte/linkedin.mp4

    Il est environ 4 heures du matin, ce 15 juillet, quand Zoubert (les personnes citées par leur prénom ont souhaité conserver leur anonymat) approche la côte ciselée de Sada, dans le sud-ouest de Mayotte. Parti dix heures plus tôt de l’île de Ndzouani (anciennement Anjouan), aux Comores, l’homme de 25 ans a pris place dans un kwassa-kwassa, un bateau de pêche de moins de 10 mètres de long, pour rejoindre l’archipel français de l’océan Indien. Zoubert y a grandi et veut y retrouver sa mère. Il a fait route sans encombre jusqu’à l’entrée du lagon, par-delà la barrière de corail, l’ultime étape d’une traversée de près de 70 kilomètres, empruntée chaque année par des milliers de candidats à l’exil.

    L’arrivée est imminente pour lui et les 26 passagers de l’embarcation. Un kilomètre à peine les sépare du rivage. Mais c’est compter sans la vigilance des autorités françaises, occupées à surveiller les eaux du lagon. Zoubert et trois autres occupants du kwassa rapportent avoir alors été victimes d’un abordage violent. Selon leur récit, un bateau de la police aux frontières (PAF) serait volontairement entré en collision avec le leur, provoquant la chute à l’eau de plusieurs personnes, le tout sans sommation ni avertissement. « Les policiers devaient nous sauver, pas nous tuer », dénonce Zoubert, qui dit avoir vu une adolescente et un vieil homme se noyer.

    Sollicité, le parquet de Mamoudzou, chef-lieu du département, confirme la mort d’une jeune femme et d’une personne âgée. Mais, d’après les données publiques compilées par le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Sud océan Indien, responsable de la coordination des secours, sept autres personnes, outre les deux corps récupérés, auraient disparu en mer.

    • L’URL est plus explicite sur le titre

      a-mayotte-si-dix-personnes-meurent-en-mer-il-n-y-a-pas-de-sujet-la-police-aux-frontieres-accusee-de-provoquer-des-naufrages-de-bateaux-de-migrants_6641347_3224.html

      #france_2025

    • L’information a été remontée aux autorités quelques heures après le naufrage. Interrogé sur ces bilans pour le moins différents, le parquet n’a pas donné suite.

      Les témoignages de rescapés confirment pourtant l’ampleur du drame. Celui d’Ahamada, par exemple. Cet homme de 24 ans voyageait avec son neveu et sa nièce. Il affirme avoir vu le petit garçon de 4 ans, dont il avait la responsabilité, tomber dans l’eau à la suite du choc puis couler sans qu’il ait pu lui porter assistance. « C’est vraiment ignoble, insiste-t-il. Ils sont arrivés par l’arrière. Notre pilote a cru qu’il pouvait encore s’enfuir car nous n’étions pas loin de la plage. C’est à ce moment-là qu’ils nous sont rentrés dedans. S’ils nous avaient laissés [accoster], ils auraient pu nous interpeller sans tuer des gens. »

      Un autre élément a surpris Zoubert ce jour-là. D’après lui, il n’y avait que deux policiers à bord de la vedette, en l’occurrence le Murène, un semi-rigide de 12 mètres de long, propulsé par deux moteurs de 300 chevaux, capable de monter à une vitesse de plus de 40 nœuds. « Après nous avoir heurtés, ils ont fait marche arrière jusqu’à une distance de 30 mètres et ils nous ont regardés, se souvient-il. L’embarcation s’est déchirée, tout le monde est tombé à l’eau. Et ils sont restés entre dix et quinze secondes sans réagir. »

      Sadik, un Comorien de 22 ans, se rappelle lui aussi n’avoir vu que deux policiers, « un homme et une femme » ; « des Blancs », d’après lui. Selon nos informations, les vedettes utilisées par la PAF embarquent toujours au moins trois personnes en journée, quatre la nuit. « Quelle organisation peut-on avoir à deux ?, s’interroge un militaire de la gendarmerie maritime, sous le couvert de l’anonymat. Par nuit noire, si le pilote regarde l’écran radar, il ne regarde pas la mer. Et si ça se passe mal, ils ne peuvent pas grand-chose. » Interrogé sur ce point précis, le parquet n’a pas donné suite.
      Surveillance jour et nuit

      Une information judiciaire a été ouverte pour « homicides et blessures involontaires aggravées ». Un homme présent à bord du kwassa a été mis en examen pour « aide à l’immigration irrégulière aggravée ». Le 16 juillet, le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, a dénoncé lors d’une conférence de presse « l’attitude des filières d’immigration clandestine, qui sont les premières responsables de ce drame ».

      Ainsi va la vie de Mayotte… A 8 000 kilomètres de l’Hexagone, c’est aujourd’hui la frontière française la plus exposée à l’immigration irrégulière. Entre 100 000 et 200 000 personnes sans papiers se trouveraient sur l’archipel. En 2024, plus de 22 000 hommes et femmes, mais aussi enfants, ont été placés dans le centre de rétention de Petite-Terre, en vue d’être expulsés, la plupart vers les îles comoriennes voisines, qu’ils avaient quittées, eux aussi, à bord de kwassa.

      Face à ce phénomène, la France a installé un réseau de radars maritimes sur tous les pourtours du lagon. Surtout, huit puissants semi-rigides de la gendarmerie et de la PAF, appelés des « intercepteurs », sont chargés de surveiller nuit et jour les eaux territoriales. En 2024, 493 embarcations, transportant 6 764 personnes, ont ainsi été interceptées en mer selon des chiffres de la préfecture. L’année précédente, 661 kwassa avaient été interceptés.

      « Notre objectif est de porter assistance, de mettre les passagers à l’abri à terre et, après, on entre dans le canevas habituel de la procédure administrative », affirme un haut gradé de la gendarmerie nationale, désireux de rester anonyme. « On ne fait que porter secours, assure, à son tour, le préfet François-Xavier Bieuville, interrogé en juin. Ce n’est pas pertinent de mettre en danger les personnes qui sont sur un bateau. »

      Le récit du naufrage du 15 juillet partagé par Zoubert et trois autres passagers ne correspond pas à cette présentation… Et cette affaire n’a rien d’un cas isolé. Au terme de près d’un an d’enquête, Le Monde, ses partenaires du média d’investigation Lighthouse Reports et de plusieurs médias – français, britannique et allemand – ont recueilli une vingtaine de témoignages similaires et eu accès à diverses enquêtes judiciaires et administratives à même de documenter la récurrence d’interventions dangereuses au large de Mayotte. Des cadres du ministère de l’intérieur confirment le recours à ces pratiques d’interception agressives.

      Alors que, dans la Manche, le gouvernement français a annoncé, cet été, un changement de doctrine d’intervention pour autoriser l’arraisonnement en mer des bateaux de migrants en route vers le Royaume-Uni – jusque-là prohibée au bénéfice du secours en mer –, cette enquête révèle les risques inhérents à de telles manœuvres et leurs conséquences mortelles à Mayotte, où elles sont mises en œuvre, loin des regards, depuis au moins une vingtaine d’années.
      Interceptions dangereuses

      D’après les données publiques du Cross Sud océan Indien, au moins 477 migrants sont morts ou ont disparu dans les eaux territoriales françaises autour de Mayotte depuis 2010. Un bilan issu de 860 opérations d’assistance en mer coordonnées par le Cross sur la période auprès d’embarcations de migrants, et dans lequel les circonstances entourant les drames ne sont pas précisées.

      Avec une moyenne de 30 morts par an, ce bilan traduit néanmoins la dangerosité inhérente aux trajets effectués en kwassa. D’après notre décompte, fondé sur des données publiques ainsi que des dossiers judiciaires, au moins 24 personnes ont péri dans le lagon, entre 2007 et 2025, à la suite d’une interception. Sollicités pour réagir aux éléments réunis dans cette enquête, le ministère de l’intérieur, la préfecture et le parquet de Mamoudzou n’ont pas donné suite.

      « A Mayotte, on a une posture beaucoup plus agressive que dans la Manche, reconnaît pourtant un cadre du secrétariat d’Etat à la mer, lui aussi soucieux de demeurer anonyme. Mayotte est soumise à des flux migratoires permanents qui déstabilisent l’île. Nécessité fait loi. C’est un peu cynique mais c’est comme ça. Et puis, le risque médiatique et politique est sans commune mesure. A Mayotte, si dix personnes meurent, il n’y a pas de sujet. »

      Le souvenir de ces événements tragiques reste confiné au cœur des bidonvilles, dans la mémoire de leurs habitants. Il suffit d’interroger les Comoriens présents sur l’île pour que les récits d’interceptions dangereuses affluent. Youssouf, 25 ans et en situation irrégulière, a effectué une traversée sept fois des Comores vers Mayotte entre 2013 et 2024, au gré des expulsions dont il a fait l’objet. La dernière fois, il a « cru mourir ». Le semi-rigide de la police « tournait autour [d’eux] et faisait des vagues », se souvient-il. Le kwassa est percuté. Une personne tombe à l’eau, avant d’être récupérée, saine et sauve.

      Nishka, un autre Comorien établi dans le sud de l’île de Grande-Terre, raconte avoir subi une tentative d’interception en 2023. « Le bateau de la police a fait des vagues, puis on a chaviré, dit-il. On était tout près de la plage. J’ai nagé jusqu’à la terre, je me suis caché. Je ne sais pas s’il y a eu des morts. » Abdellah, 24 ans, du quartier de Tsoundzou, à Mamoudzou, explique, pour sa part, comment une vedette de la police a tourné plusieurs fois autour du kwassa qui l’amenait vers Mayotte, une nuit de novembre 2021. « De l’eau est entrée dans le bateau. On était pétrifiés, des gens se pissaient dessus. »

      « J’ai vu des choses que je ne pensais jamais voir, confie encore Mohammed. C’est gravé dans ma mémoire. » De 2019 à 2023, ce trentenaire a œuvré comme passeur entre Ndzouani et Mayotte, avant de raccrocher. Fin 2022, il participe à une escouade de trois kwassa partis de Ndzouani. Ces derniers sont à l’entrée du lagon quand une vedette de la PAF entreprend de stopper l’un d’eux, soulevant des vagues jusqu’à provoquer son naufrage. Mohammed et ses passagers sont témoins de la scène avant de poursuivre leur route. Impossible, pour lui, de dire ce qu’il est advenu des naufragés.
      « Une formation de trois semaines, au mieux »

      Au cours de notre enquête, six fonctionnaires, issus des ministères de l’intérieur et des armées, en poste entre 2008 et 2024 à Mayotte, ont reconnu, tout en exigeant l’anonymat, le recours routinier à des pratiques dangereuses. Un haut gradé de la gendarmerie admet ainsi que les intercepteurs « coupent la route » des kwassa et vont jusqu’à « taper leur proue ». « C’est pour qu’ils s’arrêtent parce qu’ils sont en danger », justifie un gendarme en évoquant la manière dont ses collègues ont pris l’habitude de « créer une vague artificielle, en faisant des mouvements en S, pour alourdir [d’eau] le kwassa », quitte à prendre le risque qu’il chavire. « Cela représente 0,05 % des cas », minimise un autre gendarme, établi pendant dix ans à Mayotte.

      « Quand on navigue à 45 nœuds [83 kilomètres à l’heure], la nuit, une route d’interception devient nécessairement une route de collision », considère pourtant un autre militaire. Un point de vue partagé par un cadre des affaires maritimes, en poste pendant près de quinze ans à Mayotte, selon lequel la police ne peut que se mettre hors la loi : « Il faut aller vite, monter jusqu’à l’écho [l’endroit où le kwassa a été repéré par le radar], éteindre les feux, ce qui est contraire au règlement international de l’abordage en mer. » Le fonctionnaire fustige, par ailleurs, l’absence de « culture maritime » chez certaines unités de la PAF : « Ils suivent une formation de trois semaines, au mieux, et après ils partent en compagnonnage sur les intercepteurs. »

      Dans les bilans officiels, rien ne transparaît de la récurrence d’accidents. « La plupart du temps, ça se passe bien. On a quelques refus d’obtempérer », témoigne ainsi le maréchal des logis chef Moudri, interrogé lors d’une patrouille de la gendarmerie maritime, au mois de juin. « A Mayotte, il y a très peu de morts », soutient Jean-François Carenco, ministre délégué chargé des outre-mer de 2022 à 2023.

      « L’accidentologie est quasi nulle autour des interceptions, les forces de l’ordre ont l’habitude et le souci d’assurer la sécurité en mer, insiste un magistrat ayant officié plusieurs années dans l’archipel. A chaque fois qu’un accident arrive, c’est le kwassa qui vient volontairement percuter le navire de police ou de gendarmerie dans une démarche de refus d’obtempérer. » L’un de ses collègues magistrats a une autre interprétation : « Personne n’enquête véritablement, se lamente-t-il. La seule autorité qui pourrait prendre des suites à ce sujet, ce serait le parquet. Et il ne le fait pas. »

      Farid Djassadi, un Comorien de 31 ans, ne comprend pas pourquoi les policiers ayant percuté le kwassa sur lequel il avait embarqué le 10 novembre 2019 ne sont pas inquiétés par la justice. Voilà bientôt six ans qu’une instruction a été ouverte pour blessures involontaires, au lendemain de l’accident dont il a été victime. Ses jambes ont été broyées et déchiquetées par les hélices d’un semi-rigide de la PAF. Seul le conducteur du kwassa a été mis en examen pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier » et « refus d’obtempérer ».

      Farid Djassadi voulait rejoindre Mayotte pour améliorer son sort, celui de son épouse et de ses trois enfants. Ce soir-là, à la nuit tombée, le kwassa approche de l’îlot Mtsamboro, au nord-ouest de Mayotte. Les dix-huit passagers aperçoivent un intercepteur de la PAF, le Makini, à l’entrée du lagon. En dépit des sommations des policiers, « le pilote du kwassa ne voulait pas s’arrêter, on n’était pas loin des côtes mahoraises », se souvient Farid Djassadi. A l’entendre, la vedette de la police a alors percuté « plusieurs fois » le kwassa sur le côté. « Les policiers criaient : “Arrêtez-vous !”, “Eteignez le moteur !” J’ai voulu me déplacer et je me suis mis debout. Le bateau de la police a percuté par le côté le kwassa et je suis tombé à l’eau. »

      Dans un procès-verbal transmis au magistrat instructeur en décembre 2019, les gendarmes, saisis de l’enquête, évoquent les « mouvements de vague » provoqués par les policiers « afin d’obliger le pilote du kwassa à stopper les machines ». « La victime, pensant que les deux bateaux vont se heurter à hauteur de la position qu’elle occupe, se lève et est déséquilibrée par la vague entrant dans le kwassa, écrivent-ils. La victime passe par-dessus bord. »

      Alors qu’il est à l’eau, la vedette de police lui passe dessus, le blessant aux jambes. Six autres passagers confirment ces circonstances lors de leurs auditions. L’enquête révélera en outre que le permis de navigation du Makini avait expiré depuis février 2018 et qu’aucun des quatre policiers membres d’équipage n’avait le brevet de capitaine 200, pourtant indispensable pour conduire une embarcation si puissante.

      A l’hôpital de Mamoudzou, Farid Djassadi est amputé des deux jambes. Une plaie s’étend aussi du haut de son crâne jusqu’à son arcade sourcilière gauche, nécessitant une greffe de peau. « Moralement, ça ne va pas », dit-il pudiquement, six ans après les faits. En situation irrégulière à Mayotte, il souffre de douleurs chroniques. Il n’a pas revu ses enfants restés aux Comores et leur mère est morte. Il espère une réparation qui ne vient pas.
      « Tous feux éteints »

      Ce n’est pas la première fois que le Makini est mis en cause dans une collision tragique. Quelques mois avant l’accident de Farid Djassadi, la même vedette de la PAF avait été impliquée dans le naufrage d’un autre kwassa. Deux passagers avaient alors péri noyés : Nousroi S., âgée d’une dizaine d’années, et Ali S., un trentenaire. Une troisième personne avait été portée disparue.

      Si les policiers ont nié avoir percuté le kwassa et mettent en cause les manœuvres dangereuses du passeur, plusieurs rescapés ont livré, lors de leurs auditions, des récits bien différents. Ainsi, une jeune fille, Soumaila M., a déclaré que c’est « la vedette de la PAF [qui] était à l’origine de la collision avec [la] barque alors que le pilote tentait d’échapper à l’interception ».

      Dans son ordonnance de renvoi du passeur devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou du 31 août 2020, le juge d’instruction mentionne l’hypothèse selon laquelle « la vedette d’interception [a] percuté le kwassa à l’arrière ». Mais il l’écarte de ses conclusions, considérant que la « trace » repérée à l’avant de la vedette de police pouvait seulement « correspondre à la mise à couple des deux bateaux ». « Ce sont bien les manœuvres d’évitement du kwassa constituées par les accélérations et virements soudains de bord qui provoquent l’entrée d’eau et le naufrage », affirme le magistrat.

      Depuis, le pilote a été condamné à cinq ans de prison. Dans son ordonnance, le magistrat instructeur regrettait néanmoins qu’il « n’existe à ce jour, au sein de la police, tant au plan local que national, aucune directive écrite portant doctrine d’emploi sur la question – que l’on peut pourtant estimer essentielle – de l’interception en mer ».

      Les interrogations sur ce sujet sont anciennes. En 2008, la Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNCDS, l’actuel Défenseur des droits) s’inquiétait déjà des méthodes des policiers en mer après une collision ayant entraîné la mort d’une mère et de son enfant, ainsi que huit disparitions, dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007 : entre 30 et 40 personnes avaient pris place sur un kwassa. Dans le lagon, une vedette de la PAF les détecte à la jumelle et décide de s’approcher par l’arrière, feux éteints, « pour ne pas être repérée ». Une pratique habituelle, diront les fonctionnaires à la CNCDS. En pleine nuit, ils percutent l’embarcation surchargée, provoquant la chute à l’eau de ses occupants.

      Dans son avis, la Commission condamne la technique employée de « recherche à la dérive tous feux éteints », contraire aux règles internationales de navigation. Elle « recommande instamment de ne plus recourir à des méthodes qui aboutissent à la mise en danger d’êtres humains, notamment de femmes et d’enfants, dans des conditions susceptibles de caractériser le délit d’homicide involontaire ». Un vœu resté sans effet.

      Par Raphaëlle Aubert, Maud Jullien (Mayotte, Lighthouse Reports), Julia Pascual (Mayotte), Jack Sapoch (motion design Lighthouse Reports) et Tomas Statius (Mayotte, Lighthouse Reports)
      Publié aujourd’hui à 06h55, modifié à 15h08

  • Rahma A. : War es ein rassistisch motivierter Femizid in Hannover ?
    https://www.nd-aktuell.de/artikel/1192558.getoetete-algerierin-rahma-a-war-es-ein-rassistisch-motivierter-f

    Getötete Algerierin – Rahma A. : War es ein rassistisch motivierter Femizid in Hannover ? Foto : Privat/ X

    Le meurte d’une jeune algérienne pour des raisons apparamment misogynes et xénophobes ne suscite pas l’attention qu’il mérite.

    15.7.2025 von Matthias Monroy - Der Fall der erstochenen Rahma A. löst international Reaktionen aus

    Die Nachricht vom gewaltsamen Tod der 26-jährigen Rahma A. hat über Hannover hinaus Entsetzen ausgelöst. Die junge Algerierin wurde am Morgen des 4. Juli im Treppenhaus ihres Wohnhauses in Arnum südlich von Hannover erstochen – mutmaßlich von einem Nachbarn, einem 31-jährigen Deutschen, der seither in Untersuchungshaft sitzt. Laut Obduktion starb A. durch mehrere Messerstiche, einer davon traf ihr Herz.

    Anwohner*innen berichten, der Tatverdächtige habe bereits zuvor versucht, sich Zutritt zu Rahmas Wohnung zu verschaffen. Der Mann habe sie mehrfach wegen ihres Hidschabs und ihrer Herkunft beleidigt und bedrängt, berichtete ihre Mutter dem Sender Al-Araby TV. Nach Angaben der Staatsanwaltschaft war der mutmaßliche Täter nicht vorbestraft.

    Rahma A. lebte Berichten zufolge seit zwei Jahren in Deutschland, arbeitete in einem hannoverschen Krankenhaus und wollte eine Ausbildung zur Pflegekraft beginnen. Die Belegschaft ihres Arbeitgebers im KRH Klinikum Siloah zeigte sich über die Tat bestürzt und sammelte Spenden für ihre Familie.

    Am Donnerstagabend versammelten sich über 100 Menschen in Hannovers Innenstadt zu einer Mahnwache, organisiert vom Netzwerk gegen Femizide. Zuvor wurde in einer Moschee für Rahma A. gebetet – auch der algerische Botschafter nahm daran teil. In Arnum fand eine weitere Kundgebung statt, bei der Teilnehmende vor zunehmender Islamfeindlichkeit warnten. »Wenn der Täter ein Muslim und das Opfer deutsch gewesen wäre, würden alle Medien darüber berichten«, zitiert das in London ansässige Internetmagazin »The New Arab« eine Demonstrantin.

    In der algerischen Community in Deutschland und im Ausland sorgt der Fall für Wut und politische Forderungen. Wie »The New Arab« berichtet, werfen Aktivist*innen und Angehörige den Behörden vor, die Tat nicht ausreichend als möglicherweise rassistisch motivierten Femizid zu untersuchen. Rahma A. habe sich schon Wochen vor der Tat unsicher gefühlt.

    Auch Vertreterinnen der algerischen Regierung meldeten sich zu Wort: Der algerische Staatssekretär für im Ausland lebende Staatsbürger*innen nannte die Tat ein »abscheuliches Verbrechen« und forderte von Deutschland besseren Schutz. Die algerische Botschaft in Deutschland kündigte an, die Überführung des Leichnams nach Oran zu organisieren, wo Rahma A. beigesetzt werden soll.

    #Allemagne #fémicide #xénophobie #racisme #meurtre

  • Deutschland, Morde 1950 bis 2015
    https://www.kriminalpolizei.de/ausgaben/2017/maerz/detailansicht-maerz/artikel/morde-1950-bis-2015.html

    Le nombre de meurtres en baisse depuis 1993. Vous pouvez rentrer, il n’y a plus de danger.

    Tabelle 1: Vollendete Fälle Morde und Totschläge 1953-2015

    Anmerkungen: Vollendete Fälle Mord und Totschlag (ab 1999 durch Gesetzesänderung inklusive Kindestötungen); 1950-1990 nur Westdeutschland und Westberlin; ab 1991 Gesamtdeutschland (1991 und 1992 unvollständig). 1992-1998 tritt Überhöhung durch Hereinnahme der 421 DDR-Grenztoten in die Polizeiliche Kriminalstatistik auf, die die Fälle 1993-1997 jährlich um ca. 80 erhöhen.

    Quelle: 1953-1989 aus PKS 1989, 194, z.T. mit PKS Jahresbänden gegenkontrolliert. 1990-2015 PKS laufende Jahrgänge, PKS Schlüssel 100 + 200, später 010000 + 020000, Tabelle Mord und Totschlag, Häufigkeitszahlen in den Ländern, vollendete Fälle. 2006 ist die Angabe in dieser Tabelle mit 804 falsch, ebenso falsch ist für 2011 die Angabe 586. Richtig wären nach der Tabelle Anteil der Versuchshandlungen bzw. des Tabellenanhangs 727 bzw. 614. Für graphische Zeitreihen benutzt das BKA im Jahrbuch bis PKS 2015

    #Allemagne #meurtres #statistique

  • Prozess gegen Palliativarzt wegen 15-fachen Mordes : Einblick in die Verhandlung am Moabiter Gericht
    https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/palliativarzt-in-berlin-wegen-15-fachen-mordes-vor-gerichts-er-geri

    A Berlin commence le procès contre un médecin accusé d’au moins 15 meurtres de patients. La police est en train d’enquêter plus de 70 d’autres morts suspectes de patients du médecin.

    14.7.2025 von Katrin Bischoff - Der 40-jährige Johannes M. soll schwerstkranken Patienten einen tödlichen Medikamentenmix gespritzt haben. Am ersten Verhandlungstag schweigt er.

    Der Saal 700 des Moabiter Kriminalgerichts atmet Geschichte. Hier wurde der Hauptmann von Köpenick ebenso verurteilt wie Erich Honecker, Erich Mielke oder der Tiergartenmörder. Und auch dieser Mann, der seit Montag auf der Anklagebank des holzgetäfelten Saals sitzt, könnte in die Annalen eingehen: Johannes M., 1984 in Frankfurt am Main geboren, promovierter Mediziner, Palliativarzt, verheiratet, Vater eines Kindes und, glaubt man dem Staatsanwalt, ein 15-facher Mörder.

    Das Interesse an diesem Prozess ist riesig – wohl auch, weil es sich dabei um den „größten Fall der bundesrepublikanischen Justizgeschichte“ handeln würde, wie es ein Anwalt der Nebenklage vor Prozessbeginn ausdrückt. Wohl noch nie stand ein Arzt in der Nachkriegszeit unter dem Verdacht, so viele Menschen umgebracht zu haben.

    Sieben Kamerateams sind vor Ort, Dutzende Medienvertreter, die Zuschauersitze sind bis zum letzten Platz gefüllt. Johannes M. ist ein mittelgroßer Mann mit blonden Locken, hellen Augen und vollen Lippen. Er trägt an diesem ersten Verhandlungstag ein weißes Hemd zum schwarzen Anzug.

    Berliner Palliativarzt unter Mordverdacht: Wollte Johannes M. überführt werden?

    Von Katrin Bischoff, Christian Schwager

    06.12.2024

    Laut und deutlich spricht er, als er von der Vorsitzenden Richterin Sylvia Busch nach seinen Personalien gefragt wird. Selbstbewusst, könnte man meinen. Der 40-Jährige sitzt hinter Panzerglas und drei Verteidigern. Ihm gegenüber haben acht Anwälte Platz genommen, die 13 Familienangehörige der mutmaßlichen Opfer vertreten. Drei der Nebenkläger sind an diesem Tag persönlich erschienen. Für die Hinterbliebenen sei es immens wichtig, aufzuklären, wie es zu der Serie habe kommen können, sagt einer der Anwälte.

    Johannes M. sitzt seit dem 5. August vorigen Jahres in Untersuchungshaft. Zwischen dem 22. September 2021 und dem 24. Juli 2024 soll er in 15 Fällen schwerstkranke Menschen, denen er als Palliativarzt eines Pflegedienstes auf dem letzten Abschnitt ihres Lebens die Angst vor dem Tod und die Schmerzen nehmen sollte, aus niedrigen Beweggründen und heimtückisch getötet haben.

    Die zwölf Frauen und drei Männer im Alter von 25 bis 87 Jahren starben laut Anklage bei Hausbesuchen, ein Patient in einem Hospiz in Köpenick. Unter dem Vorwand der ärztlichen Fürsorge habe er seine Patientinnen und Patienten zu Hause aufgesucht und dabei die zu diesem Zeitpunkt bereits vorliegende Tötungsabsicht verheimlicht, sagt Staatsanwalt Philipp Meyhöfer in seiner Anklage.
    Sein erstes mutmaßliches Opfer war erst 25 Jahre alt

    Arglos sollen die alleinlebenden Patienten Johannes M. die Tür geöffnet haben. In allen Fällen soll der Arzt ohne Wissen der Schwerstkranken und ohne deren Einwilligung zunächst ein Narkoseeinleitungsmittel und dann ein Muskelrelaxans gespritzt haben, das jeweils in wenigen Minuten zur Lähmung der Atemmuskulatur, dann zum Atemstillstand und schließlich Tod geführt hat. Mit den Taten habe sich Johannes M. „aus eigensüchtigen Motiven als Herr über Leben und Tod“ geriert, sagt Meyhöfer.

    Das erste Opfer des Mediziners war laut Anklage die 25-jährige Kadiatou D., die Johannes M. am 22. September 2021 umgebracht haben soll. Sie und ihre Mutter waren vor Jahren aus Guinea nach Deutschland gekommen, um die Krebserkrankung von Kadiatou D. behandeln zu lassen. Ihre Mutter sitzt an diesem ersten Verhandlungstag weinend auf der Seite der Nebenkläger. Die Leiche der jungen Frau soll, wie viele andere Opfer auch, exhumiert worden sein. Bei der Untersuchung wurde ein tödlicher Medikamentencocktail im Gewebe gefunden.

    Das Interesse der Medien an dem Prozess ist riesig.

    Das Interesse der Medien an dem Prozess ist riesig.Pressefoto Wagner

    Die letzte Patientin, die 72-jährige Gisela B., starb am 24. Juli 2024. Zudem soll Johannes M. in einigen Fällen Feuer in den Wohnungen der getöteten Patienten gelegt haben, um seine Spuren zu verwischen. Mit ihrer Anklage strebt die Staatsanwaltschaft nicht nur eine lebenslange Freiheitsstrafe, sondern auch die Anerkennung der besonderen Schwere der Schuld und ein Berufsverbot als Mediziner an.

    Die mutmaßliche Mordserie blieb lange Zeit unentdeckt. Auf die Spur des Angeklagten kamen die Ermittler erst, nachdem der Pflegedienst in Tempelhof, für den der Angeklagte gearbeitet hatte, Ende Juli vorigen Jahres misstrauisch geworden war: Innerhalb von zwei Wochen waren vier Patienten gestorben, und es hatte in ihren Wohnungen gebrannt.

    Berliner Palliativarzt soll aus Mordlust Patienten getötet haben: Haftbefehl auf zehn Morde erweitert

    Von Katrin Bischoff

    11.02.2025

    Johannes M. hat während der Ermittlungen zu den Vorwürfen geschwiegen. Und auch im Gerichtssaal sagt er kein Wort dazu. „Unser Mandant wird zunächst keine Erklärung abgeben“, sagt Verteidiger Christoph Stoll kurz. Dann wird bekannt, dass die Schwester des Angeklagten im Saal sitzt. Sie hatte beantragt, als Zuhörerin an einem Verhandlungstag anwesend sein zu können, und erklärt, von ihrem Zeugnisverweigerungsrecht Gebrauch zu machen.

    Der Angeklagte ließ sich für Fotos und Filmaufnahmen nicht vorführen. Er wird von Klaudia Dawidowicz, Ria Halbritter und Christoph Stoll (v.l.n.r.) verteidigt.

    Der Angeklagte ließ sich für Fotos und Filmaufnahmen nicht vorführen. Er wird von Klaudia Dawidowicz, Ria Halbritter und Christoph Stoll (v.l.n.r.) verteidigt.Pressefoto Wagner

    Erste Zeugen werden erst am nächsten Verhandlungstag gehört. Vermutlich wird es weitere Anklagen gegen den Palliativarzt geben. Die Ermittler der Sonderkommission „Pfanne“, so genannt wegen der angestellten Herdplatten in den Brandwohnungen, gehen derzeit weitere Patientenakten durch. Noch immer gebe es in 72 Fällen einen Anfangsverdacht, heißt es.

    Darunter soll auch die in Polen lebende Schwiegermutter des Mediziners sein, die an Krebs erkrankt war. Sie starb nach Informationen des Magazins Stern und des Fernsehsenders RTL während eines Besuchs von Johannes M. und seiner Frau Anfang vorigen Jahres. Später soll der Arzt in seinem Team erzählt haben, dass sie totgespritzt worden sei.

    Können dem Angeklagten die Vorwürfe in den bisher geplanten 35 Verhandlungstagen nachgewiesen werden, dann mutet die 117-Seiten-Dissertation von Johannes M. unter dem Titel „Tötungsdelikte in Frankfurt am Main – ein Überblick von 1945 bis 2008“ wie eine Vorlage an. Sie beginnt mit der Frage: „Warum töten Menschen?“ Auf Seite 58 verweist der Autor auf ein „Dunkelfeld bei Tötungen an älteren Menschen, da Tötungen bei pflegebedürftigen Menschen nicht leicht nachzuweisen sind“.

    Tötungsdelikte in Frankfurt am Main : ein Überblick von 1945 bis 2008
    https://www.deutsche-digitale-bibliothek.de/item/CZNA5ZTWPTTSJTROREF5KNCVINQC44IA

    Standort
    Deutsche Nationalbibliothek Frankfurt am Main

    Maße
    21 cm

    Umfang
    117 S.

    Sprache
    Deutsch

    Anmerkungen
    Ill., graph. Darst.
    Frankfurt (Main), Univ., Diss., 2013

    Klassifikation
    Medizin, Gesundheit
    Soziale Probleme, Sozialdienste, Versicherungen

    Urheber
    Moore, Johannes

    Inhaltsverzeichnis
    https://d-nb.info/1032360852/04

    Rechteinformation
    Bei diesem Objekt liegt nur das Inhaltsverzeichnis digital vor. Der Zugriff darauf ist unbeschränkt möglich.

    Letzte Aktualisierung
    11.06.2025, 14:20 MESZ

    DNB, Katalog der Deutschen Nationalbibliothek
    https://portal.dnb.de/opac.htm?method=simpleSearch&cqlMode=true&query=idn%3D1032360852

    Link zu diesem Datensatz https://d-nb.info/1032360852
    Art des Inhalts Hochschulschrift
    Titel Tötungsdelikte in Frankfurt am Main : ein Überblick von 1945 bis 2008 / vorgelegt von Johannes Moore
    Person(en) Moore, Johannes (Verfasser)
    Zeitliche Einordnung Erscheinungsdatum: 2012
    Umfang/Format 117 S. : Ill., graph. Darst. ; 21 cm + 1 CD-R
    Hochschulschrift Frankfurt (Main), Univ., Diss., 2013
    Sprache(n) Deutsch (ger)
    Sachgruppe(n) 610 Medizin, Gesundheit ; 360 Soziale Probleme, Sozialdienste, Versicherungen
    Weiterführende Informationen Inhaltsverzeichnis

    Frankfurt Signatur: 2013 CRA 4544
    entliehen
    Vormerken in Frankfurt
    Leipzig Signatur: 2013 A 24407 u. CD
    Bereitstellung in Leipzig

    ##Berlin #meurtre #iatrocratie #euthanasie

  • Hellfest 2025 : bienvenue à ceux qui aiment buter du PD
    https://unidivers.fr/hellfest-crime-homosexuel

    Il y a des enfers qu’on choisit. Et d’autres qu’on impose. Quand le #Hellfest 2025 programme Bård « Faust » Eithun, batteur du groupe Emperor, le festival ne rend pas hommage à l’esprit de révolte, ni à la liberté d’expression. Il banalise un #meurtre_homophobe. Il valide l’effacement d’une victime. Il transforme une scène en tribune, une batterie en pierre tombale.

    Un meurtre, 37 coups de couteau, et pas une once de remords

    Petit rappel des faits. En 1992, à Lillehammer, en Norvège, Bård « Faust » Eithun poignarde à mort un homme, Magne Andreassen, dont la singularité était de préférer partager ses sentiments et ses nuits avec une personne du même sexe. Trente-sept coups de couteau. À l’époque, le jeune homme de 18 ans est déjà une figure de la scène #black_metal naissante. Celui qui aurait pu aussi bien se surnommer Voldemort était proche du groupe Emperor, dont l’un des musiciens a été condamné à de l’emprisonnement pour incendie d’églises tandis que le chanteur du groupe en a toujours fait l’apologie.

    Bård G. Eithun dit Faust purge neuf ans et demi de prison sur les quatorze prononcés. Depuis sa libération, il remonte régulièrement sur scène avec le groupe Emperor, sans jamais avoir exprimé publiquement de remord ni participé à un quelconque travail de mémoire ou de réparation. Et pourtant, après un première programmation en 2014, il est de nouveau programmé au Hellfest cette année. Comme la fois précédente. Tranquillement. Comme si de rien n’était. Comme si son histoire n’était qu’une parenthèse marginale, un folklore noir au service du storytelling extrême.

    La transgression à géométrie variable

    Dans un monde où la moindre maladresse s’échange contre des torrents de dénonciation, comment expliquer ce silence autour d’un acte aussi radicalement violent  ? Faudrait-il rappeler que si Bård « Faust » Eithun avait tué un policier ou une célébrité, son retour sur scène aurait été impossible  ? Mais tuer un homosexuel dans un parc la nuit… est-ce encore considéré comme un fait suffisamment grave pour empêcher de taper sur des fûts, dix puis vingt ans plus tard, dans un champ de Loire-Atlantique  ?

    la suite... par Nicolas Roberti sur Unidivers.fr

  • « Das Böse beginnt dann, wenn der Mensch sich nicht in andere hineinfühlt »
    https://www.deutschlandfunkkultur.de/das-boese-beginnt-dann-wenn-der-mensch-sich-nicht-in-andere-10

    Tous les hommes sont capables de tuer ou faire souffrir d’autres personnes. Tant qu’on leur permet de vivre une vie agréabke sans trop de contraintes, seulement une infime minorité ressentira le besoin de se comporter en tortionnaire. Si par contre on expose systématiquement les humains à l’injustice, à la peinurie et à la cruauté ils pencheront vers leur côté obscur et se montreront les êtres inhumains qu’ils auront appris de l’être.

    S’ils vivent alors comme membres d’un groupe dominateur comme les riches d’aujourd’hui, les élites des empires chinois, romain, britannique, état-unien ou celui qui n’exista pendant mille ans que dans la folle imagination de ses organisateurs, on en transforme la majorité en tueurs par nécessité pleins de bonne conscience. Les autres couches populaires et populations des pays dominés les suivront en accomplissant le dur labeur de clouer á la croix, d’étouffer dans le sang ou de préparer les chambres à gaz.

    Je les ai encore rencontré dans leur habitat naturel les tueur de la guerre du Vietnam et les collaborateurs des assassins nazis. Ce sont des gens normaux à peine déformés par les actes inhumains qu’ils omt commis ou dont ils ont été les témoins plus ou moins impliqués.

    Là en Allemagne on est en train de préparer la transformation de la majorité en tueurs. Prenez garde de ne pas les rencontrer lors ce qu’on leur aura donné l’ordre de défendre leur suprématie en matant les inférieurs.

    Ce psychologue autrichien donne son avis à propos de la genèse des tueurs.

    4.2.2012 von Ulrike Timm - Reinhard Haller im Gespräch mit Ulrike Timm

    Menschen, denen das Einfühlungsvermögen in andere fehle, könnten diese auch quälen, vergewaltigen und töten, sagt der österreichische Gerichtspsychiater Reinhard Haller. Er glaubt, dass derzeit weltweit 120 bis 150 extrem gefährliche Sexualmörder auf freiem Fuß seien.

    Ulrike Timm: Dem abgrundtief Bösen widmen wir uns in dieser Woche im Radiofeuilleton und versuchen, uns aus verschiedensten Perspektiven Menschen, Denkrichtungen, Taten zu nähern, die man eigentlich nicht verstehen kann. Und damit wir uns auf der Suche nach dem Bösen nicht gleich philosophisch verheddern, haben wir jetzt einen Mann eingeladen, der täglich ganz konkret in Abgründe schaut, Reinhard Haller.

    Er widmet sich als Gerichtspsychiater und Neurologe Schwerstverbrechern, die bestialisch morden und quälen, die aber oft von den eigenen Taten ganz seltsam unberührt bleiben. Stehen die nun für das Böse? Herr Haller, schönen guten Tag!

    Reinhard Haller: Grüß Gott!

    Timm: Herr Haller, einer Ihrer prominentesten Fälle, das war der berühmte Jack Unterweger, ein Prostituiertenmörder, der im Gefängnis dann zum viel umjubelten Knastpoeten avancierte, fast verehrt wurde. Er kam heraus, wurde als charmanter Partylöwe herumgereicht, das vorbildliche Beispiel für Resozialisierung nach schlimmer Tat. Und dann mordete Jack Unterweger wieder. Im gleichen Milieu als Autor und Journalist sozusagen auf Recherche. Man kann es wirklich kaum glauben. 1994 dann wurde Jack Unterweger zum zweiten Mal verurteilt wegen neunfachen Mordes. Nach der Urteilsverkündung erhängte er sich mit dem gleichen Knoten, mit dem auch seine Opfer stranguliert wurden. Herr Haller, wie hat dieser Mann, wie hat dieser Mensch auf Sie gewirkt?

    Haller: Vom ersten Eindruck her war er nicht unsympathisch. Er war eher so der hilflose Junge. Er war recht intelligent, er war hilfsbedürftig. Er hat diesen Eindruck vermittelt, als ob von einem etwas erwartet, als ob er etwas braucht. Er hat vor allem auf Frauen einen sehr starken Eindruck gemacht. Mir hat er einmal gesagt, dass er in den zirka zwei Jahren, die er in Freiheit war, mit 151 Frauen geschlafen hat. Es war auch nach seiner Verhaftung so, dass sich sehr viele Frauen um ihn gekümmert haben, ihm ihre Partnerschaft, ihre Eheschließung, ihre Liebe, Geld und so weiter angeboten haben. Also man hat bei ihm besonders signifikant zwei Dinge gesehen: Zunächst einmal den Charme des Psychopathen, also das heißt, das Böse kommt oft in der Gestalt des Verführerischen daher. Und auf der anderen Seite auch das Verbrechen und psychische Störung einen enormen Anziehungseffekt auf jeden von uns haben.

    Timm: Also der liebenswerte Mann, der zwanghaft mordet?

    Haller: Das kann man ein Stück weit schon sagen. Allerdings sind die Gefühle dieser Menschen sehr oberflächlich. Das heißt, sie sind wahrscheinlich ein Stück weit gespielt. Sie sind nicht echt, es fehlt der Tiefgang. Es fehlt diesen Menschen im Prinzip das Einfühlungsvermögen in andere. Deswegen können sie sie auch quälen, vergewaltigen und töten.

    Timm: Wie hat denn Jack Unterweger das geschafft, alles so vollendet zu täuschen?

    Haller: Ich denke, er war zunächst einmal sehr intelligent. Er war ein Mensch, der aus der Sekunde heraus lügen konnte. Er war ein glänzender Naturpsychologe, das heißt er hat kein theoretisches Wissen gehabt, aber es war ihm möglich, sich sofort auf Menschen und auf Situationen einzustellen, vorauszudenken. Und damit hat er es zunächst einmal geschafft bei dem ersten Mord, bei dem es sich um eine bestialische Sexualtötung gehandelt hat – er hat ein 18-jähriges Mädchen mit einer Stahlrute durch den winterkalten Wald getrieben und dann mit ihrem Büstenhalter stranguliert – den zu verkaufen als eine Art Notwehr, als eine Art Totschlag.

    Also er hat allen Menschen dann nachher verkündet, da war nichts Böses dahinter, sondern ich habe mich im Prinzip nur gewehrt. Er hat dann in Haft gelernt, zu lesen und zu schreiben, er war ja bis dahin fast analphabetisch. Er hat dann einen Dichter beziehungsweise dessen Werke kennengelernt namens Peter Handke und hat also, ganz Narziss, wie er war, gesagt, das kann ich auch, und hat begonnen zu schreiben: über seine Taten und damit hat er sehr viele beeindruckt. Die sich dann für seine Freilassung eingesetzt haben. Sie haben gesagt: Wenn jemand so über seine Taten schreibt, dann hat er gesühnt, dann ist er geläutert. Dann muss das ein guter Mensch sein.

    Und er war dann draußen, sozusagen in der freien Gesellschaft ohne jegliche Sicherung. War Partylöwe, war Gast in Talkshows, war auch Reporter und hat, als dann in Österreich viele Prostituiertentötungen eingetreten sind, sogar im Prostituiertenmilieu Recherchen gemacht. Er hat die Ermittler befragt. Er ist zum höchsten Beamten der Republik gegangen und hat gesagt: Welch Skandal! Sie haben den Hurenmörder immer noch nicht erwischt. Dabei war er es selbst.

    Timm: Sie haben viele Psychopathen begutachtet, viele Mörder und Triebtäter, unter anderem auch Josef Fritzl, der seine Tochter 24 Jahre lang versteckt hat, eingesperrt hat, sieben Kinder mit ihr gezeugt. Gibt es eigentlich etwas, was allen Psychopathen gemeinsam ist?

    Haller: Wenn man sagt, es sind alles Narzissten, dann trifft man damit wahrscheinlich die Realität am nächsten. Und in den meisten Fällen ist das ein gemeinsamer Zug. Und es geht allen um Machtausübung. Das sagen ja die Psychologen immer, wenn man sie nach dem Profil eines großen Straftäters fragt. Aber damit haben sie meistens recht. Worum geht es hier? Wir alle haben in uns narzisstische Anteile, die aber eher gutmütig, harmlos sind. Also ich hab eine schöne Uhr, einen tollen Wagen, eine noch schönere Freundin und dergleichen. Das ist vielleicht lästig und eitel, aber es ist noch nicht gestört und nicht krank.

    Der bösartige, der gefährliche Narzisst, mit dem wir es in der Kriminologie zu tun haben, hingegen bleibt durchschnittlich. Es ist die berühmte graue Maus von nebenan, der man das nie zugetraut hätte. Innerlich hat er furchtbare Fantasien und er dreht dann sozusagen den Spieß um, das heißt, er erniedrigt andere, er wird zum Herrscher über sie, und dadurch ist er gleichsam als Einäugiger König unter Blinden. Und diese Form des umgekehrten Narzissmus, das ist das tatsächlich Gefährliche. Diese Menschen wollen einfach jemand anderen vollkommen beherrschen, sie weiden sich an der Todesangst und haben eine große Intelligenz und eine gute Logistik – Unterweger war also beispielsweise auch ein sehr intelligenter Mann. Und dementsprechend sind sie nicht einfach zu ergreifen. Es laufen zur Beunruhigung der Hörer, fürchte ich, weltweit zwischen 120 und 150 extrem gefährliche Sexualmörder frei herum.

    Timm: Sagt uns Reinhard Haller, Gerichtspsychiater aus Österreich im Radiofeuilleton von Deutschlandradio Kultur. Und wir sprechen über das abgrundtief Böse. Ist Ihnen denn in den Psychopathen, die sie begutachtet haben, das unerklärlich Böse begegnet? Wie würden Sie das persönlich sehen?

    Haller: Das muss ich bejahen. Weil, es ist folgendermaßen: Wir dürfen nicht von vornherein sagen, wenn eine schreckliche Tat passiert, dann muss das gleichzeitig auch ein abnormer, ein psychopathischer Mensch sein. Wir haben zwar diese Tendenz, denken Sie zurück beispielsweise an den 11.9.2001. Wenn so ein furchtbares Verbrechen passiert, dann rufen wir alle, das sind irre Straftäter, das sind fanatische Menschen, das sind geisteskranke Terroristen und so weiter.

    Also wir bedienen das gesamte psychiatrische Repertoire – und das ist falsch. Denn das Böse kann auch aus einem ganz normalen Menschen kommen. Und man sieht manchmal auch diese Taten, wo es nicht einmal ein erkennbares Motiv gibt. In der Regel kann man sagen: Es spielt sich ab im zwischenmenschlichen Bereich, es geht, wie ein alter Kriminologe mal gesagt hat, meistens um Sperma und oder Geld. Also um Beziehungen, Sexualität und um Eigentumserwerb.

    Aber in seltenen Fällen geschieht das Töten einfach um des Tötens willen, und das ist dann wirklich das Böse. Also wenn beispielsweise ein paar Jugendliche in Tessin in Ostdeutschland vor ein paar Jahren gesagt haben, wir wollen einfach mal wissen, wie es ist, Menschen umzubringen, Menschen zu töten, dann muss man schon sagen, dann kommt das dem, was wir als das Böse bezeichnen, sehr, sehr nahe.

    Timm: Wenn ganz normale Menschen dann auch töten können – haben Sie denn im Laufe Ihrer Arbeit eine Erklärung gefunden, sind ihr nahe gekommen, warum Menschen morden und vergewaltigen?

    Haller: Wir gehen davon aus, dass in jedem Menschen drinnen das Böse genauso steckt wie das Gute. Das Gute ist ja gar nicht möglich, wenn es den Schatten dazu nicht auch gibt. Und die Psychologen, die streiten sich im Wesentlichen mit zwei Theorien. Die einen besagen, der Mensch kommt als unschuldiges Wesen auf die Welt und wird erst durch die Erziehung und die Umwelt und so weiter zu einem Bösen, zu einem Straftäter unter Umständen.

    Die anderen hingegen sagen, und ich bekenne mich auch hierher dazu, dass der Mensch an sich als universell kriminelles Wesen auf die Welt kommt, aber durch die Erziehung sozialisiert wird und dann sich in der Regel normal verhält. Aber wenn wir ehrlich sind, deuten wir ja auch an, dass wir das Böse in uns drinnen spüren. Also wir sagen beispielsweise, wenn wir in Streit geraten mit jemandem: Du wirst mich noch kennenlernen. Damit meinen wir: Es ist in mir drinnen ein anderer Teil als der, den man kennt, und das ist ein böser Teil.

    Oder nehmen Sie das Beispiel, dass in unserer Nachbarschaft ein schweres Verbrechen passiert, ein Sexualdelikt oder dergleichen. Was läuft dann ab? Dann sagen zunächst alle in der Umgebung: Das hätte ich mir nie gedacht, so ein netter Mensch, das hätte ich ihm nicht zugetraut. Dann schlafen wir ein, zwei Nächte drüber und dann sagen wir: Irgendwie komisch ist der mir immer schon vorgekommen. Wie der so dreingeschaut hat und so weiter, was der für ein Gesicht gehabt hat. Dann schlafen wir noch eine Nacht, und dann sagen wir: Ich hab es immer schon gewusst, der geborene Verbrecher.

    Was läuft mit dieser Projektion ab? Dass wir auch in uns selbst drinnen das Böse vermuten und uns sehr viel zutrauen. Und es wahrscheinlich auch in bestimmten Situationen nicht im Griff haben. Wir können sagen: Der Mensch ist normalerweise gut und sozial verträglich, aber bestimmte Situationen, und die sind wirklich von Interesse, lassen in ihm das Böse sozusagen heraus. Persönlich glaube ich, das Böse beginnt dann, wenn der Mensch sich nicht in andere hineinfühlt.

    Jemandem ins Gesicht zu schauen, heißt, ihn nicht töten zu können, lautet ein berühmtes Philosophenwort. Wenn man den anderen entmenschlicht, das ist immer passiert, wenn es um lebensunwertes Leben, um geborene Verbrecher, um unnütze Esser und so weiter gegangen ist. Wenn sehr viel Macht eingesetzt wird, also wenn die Machtverhältnisse ganz einseitig sind, und wenn man den Moralinstinkt, der in jedem Menschen irgendwo vorhanden ist, in allen Kulturen weiß man, Töten ist nicht in Ordnung. Das ist ein Verbrechen. Wenn der übersprungen wird, dann, glaube ich, dann können wir sagen, ist das Böse ganz besonders nahe.

    Und es kommt noch ein Faktor hinzu, das ist die Autorisierung des Bösen. Also dass vollkommen normale Menschen zu schrecklichen KZ-Wärtern oder zu Mitgliedern eines Erschießungskommandos bei Massenerschießungen geworden sind, die daneben liebevolle Familienväter und fürsorgliche Söhne und so weiter sind, unter dieser Autorisierung des Bösen kommt aus ihnen etwas heraus, was sie wahrscheinlich selbst nie vermutet hätten.

    Timm: Das war der Gerichtspsychiater Reinhard Haller. Zum Auftakt unserer Reihe hier im Radiofeuilleton, „Das Böse“, die wir heute Nachmittag fortsetzen im Gespräch mit dem Neurowissenschaftler Niels Birbaumer, und dann geht es um die Frage, ob man das Böse im Hirn des Menschen womöglich lokalisieren kann.

    Äußerungen unserer Gesprächspartner geben deren eigene Auffassungen wieder. Deutschlandradio macht sich Äußerungen seiner Gesprächspartner in Interviews und Diskussionen nicht zu eigen.

    #guerre #meurtres #psychologie #histoire #militaire #Allemagne #empire_romain #nazis

  • "Il n’y a rien de moins volontaire qu’un ’retour volontaire’" : des chercheurs dénoncent des politiques d’expulsion déguisée

    Les « #retours_volontaires » de migrants se multiplient ces derniers mois depuis des pays comme la #Tunisie ou la #Libye. Mais ces #rapatriements chapeautés par l’#ONU sont perçus par les chercheurs comme des #expulsions_déguisées, « la seule alternative possible » pour des migrants résignés, victimes de racisme et d’exactions.

    « Il n’y a rien de moins volontaire que les ’retours volontaires », ont décrypté des chercheurs face à la forte hausse de demandes de rapatriement de migrants, « acculés » aux frontières sud de l’Europe.

    « C’est très dur ici. C’est compliqué », confie Mac*, un Guinéen de 24 ans, rencontré il y a quelques semaines par l’AFP lors de l’évacuation de camps de fortune à El Amra, près de #Sfax, dans le centre-est de la Tunisie. Comme de nombreux migrants, las, le jeune homme s’est inscrit auprès de l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM) pour bénéficier d’un accompagnement afin de rentrer chez lui.

    Développés depuis 1979, les programmes d’#aide_aux_retours_volontaires (#ARV), soutenus par l’OIM n’ont jamais eu autant de succès en Tunisie, Libye ou encore en #Algérie, points de passage pour les migrants originaires d’Afrique subsaharienne qui tentent de rejoindre l’Europe.

    « La seule #alternative possible »

    En 2024, 7 250 migrants présents sur le sol tunisien, principalement originaires de Gambie, Burkina Faso et Guinée ont bénéficié de l’ARV, soit une augmentation de 1 000 % entre 2018 et 2024. En Algérie, ils étaient 7 834 (+ 600% sur la même période 2018/2024) et 16 207 en Libye (+ 65%) à être retournés dans leur pays par le biais de l’ARV, selon l’OIM. Outre le voyage, certaines de ces personnes en situation illégale peuvent bénéficier d’une aide financière pour se réinstaller dans leur pays.

    « Il n’y a rien de moins volontaire, que les ’retours volontaires », alerte Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, évoquant des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom.

    En Tunisie et en Libye, les #conditions_de_vie sont délétères pour les Africains subsahariens, victimes de #racisme, d’#exactions, de #kidnapping, d’abandons dans le désert, voire de #meurtres. La plupart peinent à se loger, vivent dans des #campements insalubres, avec un accès limité voire inexistant aux soins. La rédaction d’InfoMigrants a déjà reçu de nombreux témoignages de migrants racontant leur calvaire.

    Ces « retours volontaires » s’inscrivent alors dans un « processus de #vulnérabilité accrue », explique de son côté Ahlam Chemlali, chercheuse en migration à l’Institut danois pour les études internationales (DIIS), interrogée par l’AFP. Leur situation est devenue « de plus en plus précaire et dangereuse » et « pour beaucoup, le programme de ’retour volontaire’ est devenu la seule alternative possible ».

    Selon les textes internationaux, les participants au programme ne doivent pourtant subir « ni pressions physiques ou psychologiques » et avoir accès à des informations « objectives et fiables » sur lesquelles fonder leur décision de partir.

    L’OIM se défend d’expulsions déguisées

    Accusée de prêter main forte aux politiques d’expulsion des migrants, l’OIM s’en défend et assure intervenir seulement une fois qu’une personne a donné son consentement éclairé pour recevoir de l’aide.

    Pour l’agence de l’ONU, « mieux vaut ça que rien et que les migrants risquent leur vie en traversant la mer », décrypte Jean-Pierre Cassarino qui rappelle que l’OIM est financé « rubis sur l’ongle par l’Union européenne ».

    Ces programmes de « retours volontaires » s’inscrivent dans une politique d’#externalisation du contrôle des frontières par l’Union européenne (UE) qui exerce une forte pression sur ces pays tiers, en échange de contreparties, afin qu’ils gèrent la migration en son nom, observent les deux chercheurs.

    A l’été 2023, l’UE et la Tunisie ont conclu un « #partenariat » prévoyant une aide de 105 millions d’euros pour lutter contre l’immigration irrégulière, incluant le financement du « retour volontaire » de 6 000 migrants irréguliers.

    Pourtant, sur le long terme, les « retours volontaires » sont sans effet, expliquent les deux spécialistes. Beaucoup de migrants tentent à nouveau le voyage car ils n’ont pas tous un endroit sûr ou vivre et ont fui des conflits, des persécutions ou des difficultés économiques, pointent-ils.

    « Le désespoir est si fort qu’il vont réessayer », rappelle Jean-Pierre Cassarino.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64924/il-ny-a-rien-de-moins-volontaire-quun-retour-volontaire--des-chercheur

    #expulsions #inefficacité #efficacité #IOM

  • Les #parcs africains ou l’histoire d’un #colonialisme_vert

    Derrière le mythe d’une Afrique #sauvage et fascinante se cache une histoire méconnue : celle de la mise sous cloche de la #nature au mépris des populations, orchestrée par des experts occidentaux. L’historien #Guillaume_Blanc raconte.

    Vous avez longuement enquêté sur les politiques de #protection_de_la_nature mises en place en #Afrique depuis la fin du XIXe siècle. Comment, dans l’esprit des experts occidentaux de la conservation de la nature, a germé cette idée que le continent africain constituait le dernier éden sauvage de la planète, qu’il s’agissait de préserver à tout prix ?

    Guillaume Blanc1 Mon enquête historique s’appuie en effet sur plus de 130 000 pages de documents issus de 8 fonds d’archives répartis entre l’Europe et l’Afrique. Pour comprendre ce mythe de la nature sauvage, il faut se mettre à la place des #botanistes et des #forestiers qui partent tenter l’aventure dans les #colonies à la fin du XIXe siècle, et laissent derrière eux une Europe radicalement transformée par l’industrialisation et l’urbanisation. En arrivant en Afrique, ils sont persuadés d’y retrouver la nature qu’ils ont perdue chez eux.

    Cette vision est en outre soutenue par un ensemble d’œuvres relayées par la grande presse. C’est par exemple #Winston_Churchill qui, en 1907, publie Mon voyage en Afrique, dans lequel il décrit le continent africain comme un « vaste jardin naturel » malheureusement peuplé d’« êtres malhabiles ». Dans les années 1930, c’est ensuite #Ernest_Hemingway qui évoque, dans Les Neiges du Kilimandjaro, un continent où les #big_five – ces mammifères emblématiques de l’Afrique que sont le #lion, le #léopard, l’#éléphant, le #rhinocéros noir et le #buffle – régneraient en maîtres. Depuis, le #mythe de cette Afrique édénique a perduré à travers les reportages du #National_Geographic et de la BBC ou, plus récemment, avec la sortie du célèbre film d’animation #Le_Roi_Lion.

    Qui sont les principaux acteurs des politiques de protection de la nature en Afrique, depuis les premières réserves de faune sauvage jusqu’à la création des parcs nationaux ?
    G. B. En Afrique, la création des #réserves_de_chasse à la fin du XIXe siècle par les colonisateurs européens vise surtout à protéger le commerce des troupeaux d’éléphants, déjà largement décimés par la #chasse. À partir des années 1940, ces #réserves deviennent ensuite des espaces dédiés presque exclusivement à la contemplation de la #faune_sauvage – une évolution qui témoigne d’une prise de conscience de l’opinion publique, qui considère comme immoral le massacre de la grande #faune.

    Les principaux acteurs de cette transformation sont des écologues administrateurs, à l’image de #Julian_Huxley, le tout premier directeur de l’#Unesco, nommé en 1946. On peut également citer #Edgar_Worthington, qui fut directeur scientifique adjoint du #Nature_Conservancy (une orga­ni­sa­tion gouvernementale britannique), ou l’ornithologue #Edward_Max_Nicholson, l’un des fondateurs du #World_Wildlife_Fund, le fameux #WWF. À partir des années 1950, ces scientifiques issus de l’administration impériale britannique vont s’efforcer de mettre la #science au service du gouvernement, de la nature et des hommes.

    À l’époque coloniale, la nature africaine semble toutefois moins menacée qu’elle ne l’est aujourd’hui. N’y a-t-il pas comme une forme de contradiction de la part des experts de la conservation à vouloir présenter ce continent comme le dernier éden sauvage sur Terre et, dans le même temps, à alerter sur le risque d’extinction de certaines espèces ?
    G. B. Si on prend l’exemple des éléphants, ce sont tout de même 65 000 animaux qui sont abattus chaque année à la fin du XIXe siècle en Afrique de l’Est pour alimenter le commerce de l’#ivoire. À cette époque, les administrateurs coloniaux sont pourtant incapables de réaliser que le massacre auquel ils assistent relève de leur propre responsabilité. Car, tout autour des espaces de protection qu’ils mettent en place pour protéger la nature, la destruction des #ressources_naturelles se poursuit – ce sont les #plantations de #cacao en #Côte_d’Ivoire qui empiètent toujours plus sur la #forêt_tropicale, ou le développement à grande échelle de la culture du #café en #Tanzanie et au #Kenya.

    À mesure que ce #capitalisme_extractiviste s’intensifie, la protection de la faune et de la flore se renforce via la multiplication des #zones_protégées. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ceux qui entendent préserver la nature en établissant des réserves de chasse, puis des parcs nationaux, sont aussi ceux qui la détruisent en dehors de ces espaces de protection.

    Une initiative baptisée « #Projet_spécial_africain » illustre bien cette vision de la nature africaine. En quoi consiste cette grande #mission_écologique, largement promue par les experts internationaux de la conservation ?
    G. B. Le Projet spécial africain est lancé à Varsovie en 1960 par l’#Union_internationale_pour_la_conservation_de_la_nature (#UICN), sous l’égide des Nations unies. En septembre 1961, une grande conférence internationale est organisée à Arusha, en Tanzanie, afin de promouvoir les programmes de conservation auprès des dirigeants africains arrivés au pouvoir après les indépendances. Elle réunit une centaine d’experts occidentaux ainsi qu’une trentaine de dirigeants africains.

    D’un commun accord, ces derniers déclarent vouloir poursuivre les efforts accomplis par les colons européens dans les parcs nationaux africains qui ont vu le jour depuis la fin des années 1920. Pour, je cite, « aider les gouvernements africains à s’aider eux-mêmes », des experts internationaux sont alors envoyés en Afrique. Le Projet spécial africain, qui se poursuivra jusqu’à la fin des années 1970, prend donc la forme d’une alliance entre les dirigeants africains et les experts internationaux.

    Dans le livre que vous avez publié il y a peu, La Nature des hommes, vous rappelez que les institutions internationales ont fortement incité les pays africains à exclure leurs populations des territoires de ce qui allait devenir les parcs nationaux…
    G. B. Parmi les institutions impliquées, il y a, d’un côté, les agences des Nations unies comme l’Unesco et la FAO, mais aussi des organisations non gouvernementales comme l’UICN, le WWF ou la Fauna & Flora International (FFI). Ces deux grandes catégories d’institutions ont tout d’abord servi de machine à reconvertir les administrateurs coloniaux en experts internationaux de la conservation. Ce sont elles qui vont ensuite imposer les mesures conservationnistes à l’intérieur des parcs.

    La FAO va, par exemple, conditionner son aide au Kenya, à l’Éthiopie ou à la Tanzanie pour l’achat de matériel agricole à l’acceptation des règles édictées par l’Unesco – à savoir que soient expulsées les populations qui vivent dans les parcs pour préserver les grands mammifères. C’est donc un véritable système international qui se met en place, dans lequel les agences des Nations unies vont avoir recours à des experts qu’elles vont mandater auprès de l’UICN, du WWF ou de la #FFI.

    Dans les années qui suivent la #décolonisation, les dirigeants africains participent eux aussi à cette #mythification d’un continent foisonnant de vie, car préservé des activités humaines. Quelle est leur part de responsabilité dans la construction de cet #imaginaire ?
    G. B. S’ils n’ont pas choisi ce cadre culturel imposé par les experts internationaux de la conservation, selon lequel l’Afrique serait le dernier refuge mondial de la faune sauvage, ils savent en revanche le mettre au service de leurs propres intérêts. Au #Congo, rebaptisé Zaïre en 1971 par le président Mobutu, ce dernier explique lors d’une conférence de l’UICN qui se tient à Kinshasa que son pays a créé bien plus de parcs que le colonisateur belge qui l’a précédé.

    En 1970, soit près de 10 ans après son indépendance, la Tanzanie a de son côté quadruplé son budget dédié aux parcs nationaux, sous l’impulsion de son Premier ministre #Julius_Nyerere, bien conscient que le parc national représente une véritable #opportunité_économique. Si Julius Nyerere n’envisage pas de « passer (s)es vacances à regarder des crocodiles barboter dans l’eau », comme il l’explique lui-même dans la presse tanzanienne, il assure que les Occidentaux sont prêts à dépenser des millions de dollars pour observer la faune exceptionnelle de son pays. Julius Nyerere entend alors faire de la nature la plus grande ressource économique de la Tanzanie.

    Certains responsables politiques africains mettent aussi à profit le statut de parc national pour contrôler une partie de leur population…
    G. B. Pour une nation comme l’Éthiopie d’#Hailé_Sélassié, la mise en parc de la nature donne la #légitimité et les moyens financiers pour aller planter le drapeau national dans des territoires qui échappent à son contrôle. Lorsque l’UICN et le WWF suggèrent à l’empereur d’Éthiopie de mettre en parc différentes régions de son pays, il choisit ainsi le #Simien, dans le Nord, une zone de maquis contestant le pouvoir central d’Addis-Abeba, l’#Awash, dans l’Est, qui regroupe des semi-nomades vivant avec leurs propres organisations politiques, et la #vallée_de_l’Omo, dans le Sud, où des populations circulent librement entre l’Éthiopie et le Kenya sans reconnaître les frontières nationales.

    En Afrique, la mise sous protection de la nature sauvage se traduit souvent par l’#expulsion des peuples qui vivent dans les zones visées. Quelles sont les conséquences pour ces hommes et ces femmes ?
    G. B. Ce #déplacement_forcé s’apparente à un véritable tremblement de terre, pour reprendre l’expression du sociologue américain Michael Cernes, qui a suivi les projets de #déplacement_de_populations menés par les Nations unies. Pour les personnes concernées, c’est la double peine, puisqu’en étant expulsées, elles sont directement impactées par la création des parcs nationaux, sans en tirer ensuite le moindre bénéfice. Une fois réinstallées, elles perdent en effet leurs réseaux d’entraide pour l’alimentation et les échanges socio-économiques.

    Sur le plan environnemental, c’est aussi une catastrophe pour le territoire d’accueil de ces expulsés. Car, là où la terre était en mesure de supporter une certaine densité de bétail et un certain niveau d’extraction des ressources naturelles, la #surpopulation et la #surexploitation de l’#environnement dont parlent les experts de la conservation deviennent réalité. Dans une étude publiée en 20012, deux chercheurs américain et mozambicain ont tenté d’évaluer le nombre de ces expulsés pour l’ensemble des parcs nationaux d’Afrique. En tenant compte des lacunes statistiques des archives historiques à ce sujet, les chercheurs ont estimé qu’entre 1 et 14 millions de personnes avaient été contraintes de quitter ces espaces de conservation au cours du XXe siècle.

    Depuis la fin des années 1990, les politiques globales de la #conservation_de_la_nature s’efforcent d’associer les populations qui vivent dans ou à côté des #aires_protégées. Comment se matérialise cette nouvelle philosophie de la conservation pour les populations ?
    G. B. Cette nouvelle doctrine se traduit de différentes manières. Si l’on prend l’exemple de l’#Ouganda, la population va désormais pouvoir bénéficier des revenus du #tourisme lié aux parcs nationaux. Mais ceux qui tirent réellement profit de cette ouverture des politiques globales de conservation sont souvent des citadins qui acceptent de devenir entrepreneurs ou guides touristiques. Les habitants des parcs n’ont pour leur part aucun droit de regard sur la gestion de ces espaces protégés et continuent de s’y opposer, parfois avec virulence.

    En associant les populations qui vivent dans ou à proximité des parcs à la gestion de la grande faune qu’ils abritent, la conservation communautaire les incite à attribuer une valeur monétaire à ces animaux. C’est ce qui s’est produit en #Namibie. Plus un mammifère est prisé des touristes, comme l’éléphant ou le lion, plus sa valeur pécuniaire augmente et, avec elle, le niveau de protection que lui accorde la population. Mais quid d’une pandémie comme le Covid-19, provoquant l’arrêt de toute activité touristique pendant deux ans ? Eh bien, la faune n’est plus protégée, puisqu’elle n’a plus aucune valeur. Parce qu’il nie la singularité des sociétés auxquelles il prétend vouloir s’adapter, le modèle de la #conservation_communautaire, qui prétend associer les #populations_locales, se révèle donc souvent inefficace.

    Des mesures destinées à exclure les humains des espaces naturels protégés continuent-elles d’être prises par certains gouvernements africains ?
    G. B. De telles décisions restent malheureusement d’actualité. Les travaux de l’association Survival International l’ont très bien documenté au #Cameroun, en #République_démocratique_du_Congo ou en Tanzanie. En Éthiopie, dans le #parc_du_Simien, où je me suis rendu à plusieurs reprises, les dernières #expulsions datent de 2016. Cette année-là, plus de 2 500 villageois ont été expulsés de force à 35 km du parc. Dans les années 2010, le géographe américain Roderick Neumann a pour sa part recensé jusqu’à 800 #meurtres liés à la politique de « #shoot_on_sight (tir à vue) » appliquée dans plusieurs parcs nationaux d’Afrique de l’Est. Selon cette doctrine, toute personne qui se trouve à l’intérieur du parc est soupçonnée de #braconnage et peut donc être abattue par les éco-gardes. Dans des pays où le braconnage n’est pourtant pas passible de peine de mort, de simples chasseurs de petit gibier sont ainsi exécutés sans sommation.

    En Europe, les règles de fonctionnement des parcs nationaux diffèrent de celles qui s’appliquent aux espaces de protection africains. Si on prend l’exemple du parc national des Cévennes, l’agriculture traditionnelle et le pastoralisme n’y sont pas prohibés, mais valorisés en tant qu’éléments de la culture locale. Comment expliquer ce « deux poids, deux mesures » dans la façon d’appréhender les espaces de protection de la nature en Europe et en Afrique ?
    G. B. Le parc national des Cévennes, créé en 1970, abrite plus de 70 % du site des Causses et Cévennes, inscrit sur la liste du Patrimoine mondial depuis 2011. Or la valeur universelle exceptionnelle qui conditionne un tel classement est, selon l’Unesco, « l’agropastoralisme, une tradition qui a façonné le paysage cévenol ». C’est d’ailleurs à l’appui de cet argumentaire que l’État français alloue des subventions au parc pour que la transhumance des bergers s’effectue à pied et non pas en camions, ou bien encore qu’il finance la rénovation des toitures et des murs de bergeries à partir de matériaux dits « traditionnels ».

    En revanche, dans le parc éthiopien du Simien, la valeur universelle exceptionnelle qui a justifié le classement de ce territoire par l’Unesco est « ses #paysages spectaculaires ». Mais si les #montagnes du Simien ont été classées « en péril3 » et les populations qui y vivaient ont été expulsées, c’est, selon les archives de cette même organisation internationale, parce que « l’#agropastoralisme menace la valeur du bien ».

    À travers ces deux exemples, on comprend que l’appréciation des rapports homme-nature n’est pas univoque en matière de conservation : il y a une lecture selon laquelle, en Europe, l’homme façonne la nature, et une lecture selon laquelle, en Afrique, il la dégrade. En vertu de ce dualisme, les activités agropastorales relèvent ainsi d’une #tradition à protéger en Europe, et d’une pratique destructrice à éliminer en Afrique.

    https://lejournal.cnrs.fr/articles/parcs-Afrique-colonialisme-histoire-nature-faune
    #colonialisme #animaux #ingénierie_démographique

    • La nature des hommes. Une mission écologique pour « sauver » l’Afrique

      Pendant la colonisation, pour sauver en Afrique la nature déjà disparue en Europe, les colons créent des parcs en expulsant brutalement ceux qui cultivent la terre. Et au lendemain des indépendances, avec l’Unesco ou le WWF, les dirigeants africains « protègent » la même nature, une nature que le monde entier veut vierge, sauvage, sans hommes.
      Les suites de cette histoire sont connues : des millions de paysans africains expulsés et violentés, aujourd’hui encore. Mais comment a-t-elle pu advenir ? Qui a bien pu organiser cette continuité entre le temps des colonies et le temps des indépendances ? Guillaume Blanc répond à ces questions en plongeant le lecteur au cœur d’une étrange mission écologique mondiale, lancée en 1961 : le « Projet spécial africain ».
      L’auteur raconte l’histoire de ce Projet, mais, plutôt que de suivre un seul fil narratif, il redonne vie à quatre mondes, que l’on découvre l’un après l’autre : le monde des experts-gentlemen qui pensent l’Afrique comme le dernier refuge naturel du monde ; celui des colons d’Afrique de l’Est qui se reconvertissent en experts internationaux ; celui des dirigeants africains qui entendent contrôler leurs peuples tout en satisfaisant les exigences de leurs partenaires occidentaux ; celui, enfin, de paysans auxquels il est demandé de s’adapter ou de disparaître. Ces hommes ne parlent pas de la même nature, mais, pas à pas, leurs mondes se rapprochent, et ils se rencontrent, pour de bon. Ici naît la violence. Car c’est la nature des hommes que d’échanger, pour le meilleur et pour le pire.

      https://www.editionsladecouverte.fr/la_nature_des_hommes-9782348081750
      #livre

  • Un rapport identifie les freins au développement du #vélo en #France

    Six mois après la mort d’un cycliste à Paris, écrasé intentionnellement par un conducteur de SUV, le #rapport commandé par le ministère des transports fait quarante propositions pour améliorer la #cohabitation entre les différents types d’usagers de la route.

    Commandé au lendemain de la mort de Paul Varry, ce cycliste écrasé délibérément par un conducteur de SUV en plein Paris, le rapport d’Emmanuel Barbe, ancien délégué interministériel à la sécurité routière, publié lundi 28 avril, devait faire des propositions pour un meilleur « #partage_de_la_route ».

    Alors que les nouvelles mobilités (vélos, trottinettes…) se sont fortement développées ces dernières années, venant concurrencer l’espace de la #voiture en #ville, le rapport fait une quarantaine de propositions pour rendre cette cohabitation moins conflictuelle. Et pour continuer d’encourager ces pratiques écologiques et bonnes pour la santé.

    De marginale, la pratique du vélo s’est généralisée dans les grandes villes, avec un nouveau cap franchi à la suite de l’émergence du covid, relève le rapport. En France, 25 % des personnes interrogées se déclarent cyclistes réguliers (elles pratiquent au moins une fois par semaine) et 32 % cyclistes occasionnels. De 15 000 kilomètres en 2010, le réseau des pistes cyclables en France est passé à 57 000 en 2022. Une densification particulièrement visible dans les grandes métropoles : à Lyon, le trafic vélo a été multiplié par six depuis vingt ans. À Paris, le volume de pistes cyclables est passé de 4,3 kilomètres en 1995 à plus de 1 000 kilomètres en 2021.

    Encouragé par un #plan_vélo en 2017 et par une #loi_d’orientation_des_mobilités (LOM) deux ans plus tard, cet essor n’empêche pas la France d’accuser malgré tout un retard certain par rapport à la moyenne de l’Union européenne (UE), puisque la part modale du vélo est de 3 %, contre 8 % à l’échelle européenne.

    Alors que « 53 % des déplacements domicile-travail effectués en voiture sont inférieurs à deux kilomètres », le potentiel de développement de ces mobilités alternatives reste énorme.

    La #dangerosité perçue de ce moyen de transport demeure un #frein important. Les cyclistes représentent 7 % des 3 190 personnes décédées dans un accident de la circulation en 2024. Les victimes sont majoritairement des hommes, plutôt âgés et hors agglomération.

    Les associations auditionnées par le rapporteur décrivent une augmentation des « #violences_motorisées » à l’égard des cyclistes, qui résultent selon elles d’un « cadre qui tolère encore trop souvent des comportements agressifs, menaçants ou dangereux au quotidien sur les routes ». Des réactions qui « sont aussi le fruit de décennies d’aménagements routiers dangereux, dont la conception influence directement la #sécurité et les comportements des usagers ».

    Le poids des #représentations

    Le rapport préconise que ces #violences soient désormais intégrées dans l’enquête dite de « #victimation », du service statistique ministériel de sécurité intérieure (SSMSI).

    Le texte souligne néanmoins que les #tensions sont généralisées dans le partage de la #voirie puisque les piétons, eux, concentrent leurs récriminations sur les cyclistes plus encore que sur les automobilistes.

    L’un des intérêts du rapport est de revenir sur la dimension culturelle très forte de ces conflits d’usage. Ainsi, le fait de « percevoir le véhicule comme une extension de sa personne (“je suis garé là”) » explique la réaction agressive engendrée par la perception d’une #menace contre son véhicule. On y apprend aussi le « lien entre le nombre de #stickers ou de marqueurs identifiant le #territoire_d’origine sur la voiture et la probabilité de la survenue d’un épisode de “#rage de la route” ».

    Avec un #imaginaire automobile construit autour des notions de « #liberté_individuelle, de #puissance, d’#émancipation », nourri par une imagerie publicitaire présentant un conducteur ou une conductrice seule dans un paysage bucolique, le #partage_de_la_route avec les cyclistes est naturellement vécu comme une #entrave.

    Le rapport propose sur ce point que le ministère des transports saisisse l’Autorité de régulation des professionnels de la #publicité (ARPP), afin que les publicités pour les voitures correspondent plus à la réalité de la présence de différents types d’usagers de la route.

    Le rapport n’élude pas non plus la dimension classiste et genrée qui se joue dans l’opposition entre #cyclistes et #automobilistes.

    L’#agressivité de certains automobilistes contre les cyclistes « bobos » des villes n’est pas sans fondements sociologiques. « Cette vision du #conflit_des_mobilités comme une “#lutte_des_classes larvée” remonte aux années 2000. Elle reflète, en la caricaturant, une dynamique réelle : le retour du vélo dans les grandes villes à partir des années 1990 s’est en effet traduit par une “inversion des pratiques entre cols-bleus et blancs” (en Île-de-France, les cadres sont passés de 1 % des usagers du vélo en 1976 à 22 % en 2010) », pointe le rapport.

    Ainsi, « la fréquence d’utilisation du vélo tend à augmenter avec le revenu mensuel du foyer, le recours à l’automobile pour les déplacements domicile-travail est beaucoup plus présent chez les ouvriers qualifiés que chez les cadres », ces derniers habitant toujours plus en centre-ville qu’en périphérie.

    Les biais de genre sont aussi très importants, avec des #hommes responsables de 83 % des accidents mortels sur la route en 2023. Mais des hommes qui continuent de toujours mieux réussir l’épreuve du permis de conduire, les femmes étant pénalisées par leur plus grande « aversion au risque ». Le rapport émet une série de recommandations pour que le permis de conduire intègre plus les questions de cohabitation sur la route, mais valorise également les comportements prudents.

    Un cadre légal inégalement respecté

    Le sentiment très largement partagé que les cyclistes s’affranchissent du respect du Code de la route (feux rouges grillés, rue prise à contresens, etc.) sans être verbalisés accroît aussi le ressentiment des automobilistes, admet le rapporteur au terme de ses six mois d’auditions. Pour y remédier, le rapport prône un renforcement des contrôles des cyclistes mais également des #amendes minorées, puisque la dangerosité pour les tiers de ces #infractions est assez faible.

    Enfin, le manque d’#infrastructures sécurisées est bien identifié comme un frein essentiel au développement du vélo. À cet égard, le rapport préconise de remettre les crédits supprimés au plan vélo – 2 milliards initialement prévus sur la période 2023-2027 –, qui avait montré de réels résultats depuis son lancement : « 14 000 kilomètres de pistes cyclables ont été construits entre 2017 et 2023 (+ 40 %) et leur fréquentation a augmenté de 57 % sur la même période. »

    Cette saignée budgétaire (20 % des sommes prévues initialement ont été débloquées en 2025) devrait selon le rapport avoir peu d’impact sur les grandes métropoles, mais « ralentira voire mettra un terme au développement d’#infrastructures_cyclables en milieu périurbain et rural, là où le financement de l’État constitue à la fois une légitimation politique et un effet de levier décisif ».

    Le rapporteur insiste aussi sur le fait que l’État ne s’est jamais beaucoup attaché à faire respecter les obligations légales de création d’#itinéraires_cyclables en vigueur depuis 1998. « Jusqu’à présent, c’est la volonté politique des exécutifs locaux qui a prévalu sur l’obligation légale. La situation contrastée des deux plus grandes villes universitaires du Grand Est que sont Strasbourg et Nancy, visitées durant cette mission, en est l’illustration : la première dispose d’une infrastructure cyclable omniprésente quand la seconde ne commence réellement à la développer que depuis 2021 », décrit-il. Le rapporteur demande donc que les villes en infraction soient plus systématiquement sanctionnées.

    Pour créer un environnement plus favorable au vélo, le rapport préconise de créer des « #zones_30 » dans chaque agglomération tant la limitation de la #vitesse en ville a prouvé son efficacité en matière de réduction des accidents, mais aussi du #bruit et de la #pollution en ville.

    Dans un communiqué, le ministère des transports a indiqué qu’il étudierait « attentivement les mesures proposées » et qu’un travail interministériel allait être lancé pour « définir les modalités de leur mise en œuvre ».

    https://www.mediapart.fr/journal/france/290425/un-rapport-identifie-les-freins-au-developpement-du-velo-en-france
    #mobilité #mobilité_douce #statistiques #chiffres #publicité #genre #classe_sociale

  • *Mort du cycliste Paul Varry* à Paris : « Chacun doit se respecter et montrer un peu plus de courtoisie et d’attention à l’autre », estime Emmanuel Barbe, auteur d’un rapport après le drame
    https://www.francetvinfo.fr/societe/securite-routiere/mort-du-cycliste-paul-varry-a-paris-chacun-doit-se-respecter-et-montrer

    (...)

    Pourquoi proposez-vous de *plus réprimer les cyclistes* qui commettent des infractions au Code de la route ?

    (...)

    #blame_the_victim #paul_varry #vélo #meurtre

  • Humanitarian agencies reject IDF claim Gaza medic killings caused by ‘professional failures’

    The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2025/apr/21/humanitarian-agencies-reject-idf-claim-gaza-medic-killings-caused-by-pr

    Humanitarian agencies reject IDF claim Gaza medic killings caused by ‘professional failures’

    UN, Palestinian Red Crescent and civil defence service condemn lack of accountability after Israeli investigation
    Bethan McKernan in Jerusalem
    Mon 21 Apr 2025

    The UN’s humanitarian agency, the Palestine Red Crescent Society (PRCS) and Gaza’s civil defence service have rejected the findings of an Israeli military investigation that concluded the killings of 15 Palestinian medics and rescue workers in Rafah last month were caused by “professional failures”.

    Eight PRCS paramedics, six members of the civil defence rescue agency and one employee of Unrwa, the UN agency for Palestinian refugees, were carrying out two rescue missions when they were shot and killed by Israeli troops in southern Gaza in the early hours of 23 March.

    #Gaza
    #Palestine
    #meurtres
    #Israël

  • La pseudo-science qui exonérait les violences policières
    https://laviedesidees.fr/Beliso-De-Jesus-Excited-Delirium

    Le « délirium agité » est un diagnostic fabriqué de toutes pièces pour absoudre les officiers de #police du meurtre d’hommes noirs et latinos placés sous leur responsabilité. Tout un réseau de médecins légistes, de forces de l’ordre et d’entreprises privées ont soutenu cette pseudo-science.

    #International #justice #racisme #CASBS

    • #racisme #sexisme #viols #meurtres #Taser #George_Floyd

      Excited Delirium fait partie d’un champ de recherche en plein essor aux États-Unis, qui analyse comment le savoir médical peut contribuer à la pathologisation et à la criminalisation des corps racialisés (par exemple, Conviction. The Making and Unmaking of the Violent Brain d’Oliver Rollin, Stanford University Press, 2021, The Protest Psychosis. How Schizophrenia Became a Black Disease, de Jonathan Metzl, Beacon Press, 2011). Les recherches futures pourraient se pencher sur les circulations internationales de cette science et sur le rôle des organisations internationales dans la légitimation et la diffusion du laboratoire racial.

  • Italie : peut-on faire #justice sur les #crimes contre les migrants ?

    Les #procès contre les #passeurs de migrants se sont récemment multipliés en Italie. Mais les suspects ne sont souvent accusés que d’être des passeurs. Les charges d’#enlèvement, d’#assassinat, d’#extorsion ou de #violence_sexuelle ne s’appliquent pratiquement jamais. Les principaux trafiquants ne sont généralement pas arrêtés, ni inculpés. Ceux qui le sont relèvent du « menu fretin ». Que révèlent ces procès sur les crimes commis contre les migrants entre l’Afrique et l’Europe ?

    En octobre 2022, #Ghebremedin_Temeschen_Ghebru, un ressortissant érythréen aujourd’hui âgé de 37 ans, a été arrêté par #Interpol à l’aéroport international d’Addis-Abeba, alors qu’il embarquait sur un vol à destination de l’Australie. Il a été extradé vers l’Italie, accusé d’être un membre d’une organisation criminelle de #trafic_de_migrants. Il a été notamment accusé d’être un « #hawaladar ». Le #hawala est un système de transfert d’argent informel et non tracé, par lequel, dans ce cas, les paiements effectués par les parents des personnes kidnappées sont envoyés aux trafiquants, puis à leurs divers intermédiaires tout au long du voyage vers l’Europe.

    Cette affaire et celle d’un autre trafiquant présumé originaire d’Érythrée, connu sous le nom de #Welid, extradé aux Pays-Bas une semaine seulement avant Ghebru, ont été résolues grâce à une équipe conjointe de coopération internationale, mise en place en 2018 et impliquant les autorités judiciaires et policières d’Italie et des Pays-Bas, ainsi que celles du Royaume-Uni, de l’Espagne, d’#Europol et, depuis 2022, de la #Cour_pénale_internationale (#CPI). L’équipe se concentre sur la lutte contre la traite des êtres humains et les crimes contre les migrants en #Libye.

    Le procès de Ghebru a débuté en 2023 et se déroule devant la Cour d’assises de Catane, où les premières victimes de son réseau organisé présumé ont été débarquées. L’accusé a été libéré de prison après le premier ré-interrogatoire, qui n’a trouvé aucun motif pour le #crime_d’association, à savoir la participation à une association, organisation ou bande criminelle, sur lesquels les mesures préventives étaient basées. Ghebru est donc retourné en Australie, où il vit et travaille, explique son avocat Michele Calantropo à Justice Info.

    Au cours des deux dernières années, le tribunal a entendu deux témoins à charge. Le prévenu devait comparaîtra ce 3 mars mais, n’ayant pu obtenir de visa, l’audience a été reportée. La défense prévoit de faire comparaître une dizaine de témoins. Calantropo estime que le procès se terminera en 2025. Le bureau du procureur a refusé de commenter ce dossier.

    « Il n’est pas coupable de tous les crimes », assure Calantropo. En 2017, au moment des écoutes téléphoniques sur lesquelles se base l’affaire, l’accusé a séjourné à Dubaï pendant quatre mois, où il « travaillait comme consultant et comptable pour une société d’import-export, discutant avec des clients et des fournisseurs sur les paiements de fournitures, il n’y a pas un seul contact avec les trafiquants », affirme l’avocat. Calantropo ajoute qu’il a déposé tous les documents de la chambre de commerce de Dubaï concernant la société pour laquelle travaillait Ghebru et que nombre de ses témoins témoigneront également à ce sujet.

    Une série d’affaires : les opérations « #Glauco »

    Le procès en cours n’est que le dernier d’une opération beaucoup plus vaste, connue sous le nom de « Glauco ». Tout a commencé avec le tragique naufrage de 2013 lors duquel 300 migrants ont trouvé la mort au large de l’île italienne de Lampedusa. L’enquête criminelle qui en a résulté a abouti à la condamnation de six passeurs et à l’émission de mandats d’arrêt européens et internationaux à l’encontre d’autres membres du réseau criminel qui opérait en Érythrée, en Éthiopie, en Libye et dans de nombreux pays européens. Dirigée par l’équipe de la direction antimafia du parquet de Palerme, cette opération a donné lieu à trois autres séries d’#arrestations au cours des années suivantes. La dernière en date a été l’opération « Glauco 4 », en 2020, au cours de laquelle une douzaine d’autres personnes ont été appréhendées dans plusieurs villes d’Italie.

    Les hommes arrêtés ont été accusés de traite et de trafic de migrants depuis des pays africains vers des centres de détention libyens, puis vers l’Italie et leur destination finale. Les migrants souhaitent rarement rester en Italie et espèrent se rendre dans des pays d’Europe du Nord, comme la Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Les hommes sont soupçonnés d’avoir géré des #transferts_d’argent vers des comptes à Dubaï dans le cadre du système hawala, par le biais de Postepay, Moneygram ou Western Union.

    Dans les documents officiels, Ghebru est également mentionné comme faisant partie, et soupçonné de diriger, le même réseau international, mais au moment des arrestations, il était toujours en fuite. Le procureur qui travaille sur cette enquête a confirmé les faits lors d’une précédente interview avec Justice Info, mais a préféré ne pas faire de commentaires à ce stade : avec d’autres membres de l’équipe antimafia de Palerme, il a été placé sous protection policière depuis l’automne dernier, après avoir reçu des milliers de menaces pour avoir inculpé l’actuel vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, d’enlèvement et de manquement à son devoir pour son refus de laisser accoster en Italie un bateau de sauvetage de migrants de l’ONG Open Arms, avec 147 personnes à bord, en 2019. Salvini, qui était ministre de l’Intérieur au moment des faits, a été acquitté en décembre 2024.

    À ses débuts, le procès des personnes arrêtées lors de l’opération « Glauco » a semblé présager des grandes lignes de celui de Ghebru. Le premier ré-interrogatoire n’a trouvé aucun motif pour le crime de participation à une association criminelle, et la plupart des hommes ont pu être libérés pendant que la procédure se poursuivait devant la cour d’assises de Catane. Sur les 14 personnes arrêtées, selon les médias italiens à l’époque, deux ont fait l’objet d’une procédure distincte. Ils ont opté pour un procès abrégé, procédure où il n’y a pas de présentation de preuves mais où le juge étudie le dossier et prononce une peine plus rapide et réduite.

    Parmi les 12 personnes restantes, il y avait dix Erythréens, un Ethiopien et un Soudanais. Le 5 décembre 2023, les juges ont déclaré sept hommes coupables en première instance et ont acquitté les trois autres. Les peines ont été fortement réduites, passant de plusieurs années requises par l’accusation, à une fourchette de 10 à 18 mois. Selon le verdict, trois d’entre eux ont été condamnés uniquement pour les délits liés à l’hawala, deux pour délits financiers et trafic et deux autres pour trafic. Les avocats de la défense ont fait appel et le verdict en appel est attendu pour le 6 mars 2025. Il n’y a pas de victimes dans cette affaire.

    Giuseppina Massaiu s’occupe de la défense de trois de ces hommes. Elle explique à Justice Info que ses clients ne sont pas coupables et qu’ils ont toujours rejeté le chef d’accusation de trafic de migrants : « Ils le considèrent comme diffamatoire », ajoute-t-elle. Selon elle, l’accusation n’a pas pris en compte le fait que toute aide, pour entrer en Italie ou pour transférer de l’argent, peut être apportée par solidarité, « la solidarité envers un parent, une connaissance, quelqu’un de la même région ». « Ce devoir social est culturellement très présent dans leur communauté. Par exemple, il y a des cas de migrants qui arrivent en Italie sans papiers ni argent et qui ont besoin de recevoir des virements de leur famille. Et dans le cas des migrants enlevés et détenus par des trafiquants libyens, ce sont les membres de la famille qui paient car, sinon, leurs proches resteraient indéfiniment dans les centres de détention libyens. » L’enquête qui a conduit aux arrestations de « Glauco 4 », puis à l’#extradition de Ghebru, s’est appuyée sur des écoutes téléphoniques, ce que les deux avocats de la défense ont contesté. « De cette manière, les accusations restent assez superficielles », affirme Massaiu.

    Poursuivre du « menu fretin » ?

    Au cours de la dernière décennie, l’Italie a connu peu de procès pour des #crimes contre les migrants qualifiés de #traite_d’êtres humains, d’enlèvements, de violence et extorsion dans les prisons libyennes. Le plus célèbre est le verdict prononcé en 2017 à l’encontre d’#Osman_Matammud, un ressortissant somalien reconnu coupable d’enlèvement à des fins d’#extorsion, de #meurtres et de #violences_sexuelles commises lors de la gestion de « camps de transit » en Libye. Mais la grande majorité des personnes jugées sont accusées du seul trafic de migrants.

    « La tendance est que les trafiquants les plus importants ne sont pas ciblés, ce qui amène les autorités à s’en prendre aux plus petits, car il est difficile de mener des enquêtes dans d’autres pays », note Stefano Zirulia, professeur de droit pénal à l’université de Milan. « Pour montrer au public qu’elles font quelque chose, et parce qu’elles se concentrent principalement sur le territoire et les eaux italiens, les autorités appliquent les lois italiennes, qui sont très strictes et peuvent même être appliquées à ces individus qui n’ont rien fait ou presque. » Zirulia explique que s’il existe un crime distinct de traite d’êtres humains, qui est plus complexe et exige un objectif d’exploitation, en Italie le trafic de migrants est codifié dans l’article 12 de la loi consolidée sur l’immigration, qui « exige seulement de commettre des actes visant à faciliter l’entrée d’un étranger sans papiers ».

    À la suite de l’adoption par l’Union européenne, en 2002, du « #Pacte_sur_les_facilitateurs », à la suite des attentats du 11 septembre 2001, rappelle Zirulia, tous les pays européens ont dû « criminaliser toute forme d’aide à l’entrée irrégulière ». Depuis lors, l’Italie a vu les gouvernements se succéder pour alourdir les peines afin de donner l’impression de s’attaquer aux trafiquants, ce qui a conduit le pays à avoir certaines des peines les plus sévères pour le trafic, selon Zirulia, qui peuvent aller jusqu’à plus de 20 ans de prison. Selon Zirulia, « la #criminalisation généralisée du trafic, telle qu’elle est pratiquée, risque de mettre en péril les #droits_fondamentaux des migrants : le #droit_à_la_vie lorsqu’ils sont en danger et doivent être secourus, et le droit de demander l’asile ».

    Un large éventail d’actes peut tomber sous le coup de cette loi. « Tout ce qui se passe en Libye peut également entrer dans cette définition et, d’autre part, les personnes qui sont elles-mêmes victimes d’un trafic illicite tombent également sous le coup de cette loi. Parfois, ce sont les migrants qui dirigent le bateau dans la dernière ligne droite parce que, tout simplement, ils ont été placés là et qu’il n’y a personne d’autre qui sache le faire, ou ils utilisent un GPS », explique Maria Crippa, chercheuse postdoctorale au département de droit “Cesare Beccaria” de l’université de Milan. La procédure habituelle, explique-t-elle, consiste pour la police à recueillir les déclarations des migrants lors de leur débarquement et à leur demander qui les a amenés là. « Ce n’est pas toujours facile de comprendre si les personnes qu’ils désignent sont affiliées à une organisation ou si elles sont aussi des victimes. »

    Selon un rapport compilé par le collectif Arci Porco Rosso, en 2024, 106 migrants ont été arrêtés pour trafic, soit un pour 600 arrivées. La majorité a été arrêtée juste après le débarquement. Plusieurs ONG qui assistent les migrants en mer ont également été accusées de trafic au fil des ans.

    « En Italie, nous n’avons pas de pouvoir discrétionnaire : si le procureur dispose d’informations, il doit engager des poursuites. Mais dans la pratique, il est possible de choisir les chefs d’accusation à retenir », note Crippa, ajoutant que la grande majorité des affaires vont devant la justice pour trafic de migrants et pour crime d’association, à savoir la participation à organisation criminelle. Ces principes permettent aux autorités d’appliquer plus facilement les lois italiennes à des actes commis à l’étranger et, en cas de verdict de culpabilité, ils peuvent également montrer la dimension plus large du crime.

    Toutefois, cette stratégie d’application de l’article sur le trafic « a des conséquences sur les personnes inculpées, c’est-à-dire le menu fretin ou les victimes elles-mêmes, et sur les faits qui leur sont reprochés », souligne Crippa. « Par conséquent, les condamnations sont, dans la majorité des cas, prononcées pour complicité, et tout l’aspect lié à la traite des êtres humains et aux crimes contre la personne est perdu. » Alors que la traite des êtres humains est un crime contre la personne, le trafic est légalement considéré comme un crime contre l’intégrité des frontières du pays, rappelle Crippa.

    Pour Stella Arena, avocate de l’Association italienne pour les études juridiques sur l’immigration, avec cette #loi, « le procès pénal est devenu un moyen de contrôler les flux migratoires ».

    Pas de coopération avec la Libye

    En Italie, aucune condamnation n’a encore été prononcée à l’encontre de ressortissants libyens pour des crimes commis contre des migrants. « Il y a un problème de responsabilité pour ceux qui sont au sommet du système, qui sont typiquement libyens », explique Crippa. Elle ajoute que le problème est que les autorités italiennes ne peuvent pas se rendre physiquement à Tripoli pour arrêter ces personnes, leur seul moyen étant d’émettre un mandat d’arrêt international et de compter sur les Libyens pour faire le reste. « Tant que cette situation politique se poursuit en Libye, il est clair qu’un accord, ne serait-ce que pour rassembler des preuves, n’est pas possible, alors imaginez pour une demande d’extradition. » Une option serait d’arrêter un suspect dans un pays tiers qui l’extraderait, mais aucune information publique ne permet de savoir si l’Italie a émis des mandats d’arrêt internationaux contre des Libyens.

    Le débat national sur les crimes contre les migrants s’est intensifié après qu’Osama Najim, un criminel de guerre libyen présumé recherché par la CPI, a été arrêté par la police italienne le 19 janvier 2025, avant d’être relâché et renvoyé à Tripoli deux jours plus tard par le gouvernement, en violation de son obligation de coopérer avec la Cour basée à La Haye. Son arrestation et sa libération ont également suscité un débat sur les liens étroits entre Rome et Tripoli. « Nous l’avons vu avec l’affaire Najim, il n’y a pas de réelle volonté d’agir pour stopper les réseaux d’exploitation de la migration », estime Zirulia. Selon lui, les réseaux de trafic de migrants, contrairement à l’organisation verticale de la mafia, sont le plus souvent organisés horizontalement et peuvent être étroitement liés aux appareils d’État. « C’est donc très difficile de réfléchir à la manière de démanteler sa direction. Ce n’est peut-être pas la bonne question, mais nous devons certainement nous demander ce que nous pouvons faire pour cibler les individus qui ont un pouvoir de décision. »

    Au manque de volonté politique et à la difficile coopération avec la Libye s’ajoute un autre obstacle : une vieille lacune de la loi italienne en matière de crimes internationaux. Rome n’a toujours pas intégré l’ensemble des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans son code pénal et ne peut donc pas exercer de compétence universelle. En conséquence, « elle perd tout l’aspect des crimes contre l’humanité, de sorte que l’interrelation concernant l’utilisation des migrants comme ressource économique par les milices, comme marchandises à échanger, comme ressource pour maintenir le pouvoir militaire, n’est plus prise en compte », déplore Crippa.

    Omer Shatz, directeur juridique de l’ONG Front-Lex, affirme que la responsabilité des crimes commis contre les migrants ne devrait pas concerner uniquement les trafiquants et les autorités libyennes. Depuis des décennies, les gouvernements italiens ont signé des accords avec leurs homologues de Tripoli, qui incluent le contrôle libyen des flux migratoires. Shatz affirme que les autorités italiennes et européennes, y compris l’agence européenne des frontières Frontex, sont également responsables de l’interception de plus en plus fréquente des bateaux de migrants par des gardes libyens ou tunisiens, et donc de « l’alimentation du commerce du viol, de la torture, de l’extorsion et de la rançon que les familles paient » pour libérer leurs proches des centres de détention en Libye.

    L’avocat international critique le fait que la CPI ait rejoint l’équipe conjointe en 2022, laissant apparemment les poursuites de ces crimes aux mêmes autorités nationales, y compris italiennes, qui n’ont pas les moyens d’aller plus haut dans la chaîne de décision. Alors que la CPI a inclus les crimes contre les migrants dans son enquête sur la Libye, Shatz pense que les autorités italiennes et européennes devraient également faire l’objet d’une enquête en tant que coauteurs des crimes. « Ce sont les acteurs les plus responsables, et c’est pour eux que la CPI a été créée. »

    https://www.justiceinfo.net/fr/142227-italie-peut-on-faire-justice-crimes-contre-migrants.html
    #migrations #réfugiés #3_octobre_2013 #opération_Glauco

  • Self-immolations of Tibetans, an interview with Thierry Dodin
    https://info-buddhism.com/Self-Immolation-Buddhism_Dodin.html

    Thích Quảng Đức in the full photo of his self-immolation, during which he remained perfectly still. It was a Pulitzer Prize-winning photograph by Malcolm Browne .

    In principle even killing another sentient being can be a positive karmic action or an act of love or compassion, if it happens with the right motivation and the right possible knowledge of the situation, as well as under the right conditions. Nothing is unthinkable in Buddhism—that’s the beauty of it.

    #bouddhisme #meurtre #suicide #martyres
    #religion

  • Berliner Palliativarzt unter Mordverdacht : Hat Johannes M. mindestens acht Menschen ermordet ?
    https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/berliner-palliativarzt-unter-mordverdacht-hat-johannes-m-mindestens

    Il.y a des médecins qui ont leur propre définition du rôle du médecin.

    6.12.2024 von Katrin Bischoff, Christian Schwager - Der Mediziner sitzt seit August in Untersuchungshaft und schweigt. Mittlerweile soll die eigens gegründete Ermittlungsgruppe 40 weitere Fälle prüfen.

    An dem Mietshaus in der Niemetzstraße in Neukölln deutet nichts mehr auf das Feuer hin, das vor rund einem halben Jahr in der ersten Etage direkt über einem Späti ausgebrochen war. Die beigefarbene Fassade des viergeschossigen Altbaus, der unweit der Sonnenallee steht, ist nicht verrußt. Die heruntergelassenen Rollos der Spätverkaufsstelle leuchten in frischem Weiß. Nur die Fenster der Einzimmerwohnung sind noch immer von innen mit grauer Folie abgeklebt. Dort hat es gebrannt.

    Anwohner hatten am Mittag des 11. Juni den Rauch bemerkt, der aus den Fenstern quoll. Sie alarmierten die Rettungskräfte. Die Feuerwehr evakuierte das Haus und barg in der Brandwohnung die 87 Jahre alte Mieterin. Die Seniorin konnte zunächst wiederbelebt werden, sie starb jedoch in einem Krankenhaus. Wie es schien, war das Feuer in der Küche ausgebrochen.

    Damals hieß es in einer Meldung der Polizei, die Ermittlungen wegen des Verdachts der schweren Brandstiftung habe ein Brandkommissariat des Landeskriminalamtes übernommen. Der Tod der alten Dame schien tragisch, er war in den Medien nicht mehr als eine Meldung. Das hat sich geändert. Denn die Frau starb offenbar nicht durch das Feuer oder den Rauch. Die schwer kranke Seniorin starb vermutlich durch die Hand eines Arztes.

    Mit dem Tod der hochbetagten Seniorin befasst sich mittlerweile eine eigens gegründete Ermittlergruppe der Berliner Mordkommissionen. Im Fokus ihrer Arbeit steht ein in der Hauptstadt praktizierender 40 Jahre alter Palliativmediziner: der Arzt Johannes M.

    Der Verdacht, den die Fahnder gegen ihn hegen, ist ebenso ungeheuerlich wie unglaublich: Nicht nur die 87-jährige Frau soll der promovierte Mediziner in den vergangenen Jahren in Berlin getötet und danach einen Brand gelegt haben. Johannes M. steht im Verdacht, mindestens acht schwer kranke alte Menschen im Alter von 61 bis 94 Jahren ermordet zu haben. Zunächst war von vier mutmaßlichen Tötungsdelikten die Rede.

    Und die Ermittler durchforsten gerade noch neue Patientenakten auf der Suche nach weiteren mutmaßlichen Opfern des Mediziners. Unbestätigten Angaben zufolge sollen derzeit noch 40 andere Todesfälle untersucht werden. Bestätigt sich der Verdacht, dann könnte es sich bei Johannes M. um einen der schlimmsten deutschen Serienmörder handeln.

    Handelte Johannes M. aus Mordlust?

    Auch das Motiv für die mutmaßlichen Morde ist unfassbar. „Der Arzt steht im Verdacht, aus Mordlust getötet zu haben“, sagt Sebastian Büchner, der Sprecher der Berliner Staatsanwaltschaft. Ein solches Mordmerkmal, Menschen lediglich aus Interesse am Töten umzubringen, sei sehr selten. „Ich habe das in den zweieinhalb Jahren, in denen ich Sprecher der Behörde bin, noch nicht erlebt“, sagt Büchner. Wie viele weitere Fälle gerade untersucht werden, will er nicht sagen. Nur so viel: „Wir arbeiten uns rückwärts vor.“

    Wer ist dieser Mann, dem die Schwerkranken in ihren letzten Lebensmonaten vertrauten, der ihnen die Angst vor dem Tod und die Schmerzen nehmen sollte, nicht aber das Leben? In den Boulevardmedien kursiert ein ungepixeltes Foto von dem – wie er dort genannt wird – „Killer-Arzt“. Es zeigt einen Mann mit sehr hellen Augen, blonden Locken und vollen Lippen.

    Bekannt ist, dass M. in Frankfurt am Main studiert und am Institut für Rechtsmedizin promoviert hat. Im Jahr 2012 erschien seine Dissertation zum Thema „Tötungsdelikte in Frankfurt am Main: ein Überblick von 1945 bis 2008“. 117 Seiten lang ist diese Doktorarbeit, unter dem Punkt 4.9.2 schrieb Johannes M. ein Kapitel über „Tötungsdelikte an alten Menschen“.

    Auf verschiedenen Medizinerseiten im Internet ist davon die Rede, dass er Facharzt für Strahlentherapie sei. An mehreren Kliniken arbeitete er als Arzt, bekam dort von Krebspatienten oder deren Angehörigen gute Bewertungen. So ist zu lesen, dass sich Johannes M. „hervorragend und erfolgreich“ um einen Familienangehörigen des Rezensenten gekümmert habe.

    Weitere Stationen seiner Arbeit folgten in Köln. Vor vier Jahren zog Johannes M. nach Berlin, arbeitete unter anderem in einem Palliativteam in Tempelhof und für einen in Kreuzberg ansässigen Pflegedienst. Der wurde schließlich wegen vier Todesfällen unter seinen Patienten innerhalb kürzester Zeit misstrauisch und brachte die Ermittlungen ins Rollen. Johannes M. wurde festgenommen. Seit dem 6. August sitzt der Mediziner in Untersuchungshaft – und schweigt seitdem zu den Vorwürfen.

    Nach dem jetzigen Stand der Ermittlungen soll der Arzt erstmals im Juni 2022 einen Menschen getötet haben. Eine 70 Jahre alte Patientin starb in ihrer Wohnung in der Götzstraße in Tempelhof durch einen tödlichen Medikamentencocktail, den M. ihr gereicht haben soll.

    Palliativstationen bieten schwer kranken Menschen in ihrer letzten Lebensphase Betreuung und Linderung von Schmerzen, doch der Fall Johannes M. erschüttert das Vertrauen in diese wichtige Arbeit.

    Palliativstationen bieten schwer kranken Menschen in ihrer letzten Lebensphase Betreuung und Linderung von Schmerzen, doch der Fall Johannes M. erschüttert das Vertrauen in diese wichtige Arbeit.imago
    Tatort Niemetzstraße: 87-Jährige stirbt, Wohnung brennt

    Ende Januar dieses Jahres wurde ein 70 Jahre alter Mann in seiner Wohnung in der Dieselstraße in Neukölln wohl ebenfalls durch einen Medikamentenmix getötet. Johannes M. steht zudem im Verdacht, Anfang April eine 61 Jahre alte Frau in deren Wohnung in der Ebersstraße in Schöneberg umgebracht zu haben – auch hier soll ein tödlicher Medikamentencocktail ursächlich gewesen sein. Drei Wochen später starb ein 83 Jahre alter Mann im Zimmer eines Hospizes der DRK-Kliniken Köpenick auf dieselbe Weise.

    Der nächste Tatort war in der Niemetzstraße, wo Johannes M. die 87-jährige Frau getötet und dann, zur Verdeckung der Tat, Feuer gelegt haben soll. Anfang Juli starb eine 76-Jährige in ihrer Wohnung im Michael-Bohnen-Ring in Neukölln mutmaßlich durch die Hand des Arztes. Auch dort soll M. versucht habe, Feuer zu legen. Ohne Erfolg, die Flammen erloschen.

    Eine Woche später soll der Arzt eine 94-jährige Seniorin in der Silbersteinstraße in Neukölln ermordet und anschließend ihre Küche in Brand gesetzt haben. Neun Tage später schlug der mutmaßliche Mörder nach derzeitigen Ermittlungsstand offenbar das letzte Mal zu: Am 24. Juli soll er eine 72-jährige Rentnerin in der Neuen Krugallee in Plänterwald umgebracht und dort anschließend Feuer gelegt haben.

    Mediziner, die sich als Palliativärzte um schwer kranke Menschen kümmern, zeigen sich von den mutmaßlichen Morden schockiert. „Wir alle, und so auch ich, waren zutiefst erschüttert und können es im Grunde bis heute nicht glauben, dass so etwas möglich sein konnte – wenn die Vorwürfe der Staatsanwaltschaft zutreffen sollten“, sagt Thomas Schindler, der Vorstandsvorsitzende des gemeinnützigen Vereins Home Care Berlin, der schwer kranke Menschen in ihrer letzten Lebenszeit betreut und berät.

    Er kenne Johannes M. nicht persönlich, erklärt Schindler. Jedoch habe er in den vergangenen Jahren von mehreren Menschen, die mit ihm zusammengearbeitet hätten, gehört, dass er ein sehr freundlicher Arzt sei, der sich Zeit für seine Patientinnen und Patienten und auch für deren Angehörige nehme. „Er soll seine Arbeit sehr fürsorglich ausgeübt haben.“

    Schindler schließt, wenn die Vorwürfe zutreffen sollten, einen Imageschaden nicht aus. Nachrichten, die nahelegen, ein Palliativarzt könne Menschen töten, seien natürlich erschreckend. „Vertrauen ist das wichtigste Gut, mit dem wir unsere Beziehungen zu den kranken Menschen gestalten. Wenn das zerstört wird, wird Hilfestellung umso schwieriger“, erklärt er.
    Experte Karl Beine: Auffälligkeiten im Lebenslauf von Johannes M.

    Nach seinen Worten haben in Berlin etwa 400 Ärztinnen und Ärzte die Zusatzbezeichnung „Palliativmedizin“. Jedoch nur ein Teil von ihnen sei auch schwerpunktmäßig in der Palliativversorgung tätig – etwa zu gleichen Teilen in Krankenhäusern und im ambulanten Sektor. In der Spezialisierten Ambulanten Palliativversorgung (SAPV) in Berlin arbeiten etwa 80 Ärztinnen und Ärzte – allerdings nicht alle mit einer vollen Stelle.

    Karl Beine forscht zum Thema Gewalt in der Medizin und Pflege. Der Professor der Universität Witten-Herdecke hat in der Vergangenheit etliche Tötungsserien untersucht. Zuletzt verfolgte er den Prozess um den Charité-Kardiologen Gunther S., gegen den im April wegen des Todes zweier Patienten eine Freiheitsstrafe von vier Jahren verhängt wurde. Zum Fall des Berliner Palliativmediziners möchte Beine aus der Ferne kein Urteil abgeben. „Allerdings gibt es äußere Phänomene, die Fragen aufwerfen“, sagt der Facharzt für Psychiatrie und Psychotherapie.

    Da sei der Lebenslauf des 40-Jährigen. „Er hat als approbierter Arzt verschiedene Facharztweiterbildungen durchlaufen“, sagt Beine. „Es ist ungewöhnlich, dass er mit dieser Qualifikation für Palliativdienste arbeitete.“ Ebenso auffällig seien die Wechsel der Arbeitsstellen in Frankfurt, Köln und Berlin. „Das alles kann natürlich auch persönliche Gründe haben.“ Die Arbeitgeber des vielseitig ausgebildeten Mediziners jedenfalls schienen nicht misstrauisch geworden zu sein.

    Es gibt eine weitere Besonderheit im mutmaßlichen Vorgehen des Arztes Johannes M.: In fünf Fällen setzte er offenbar die Wohnung seiner Patienten in Brand. Möglicherweise, um Spuren zu vernichten, möglicherweise aber auch aus einem anderen Grund. Vielleicht wollte Johannes M. gestoppt werden.

    „Bei den bisher abgeurteilten Tötungsserien war zu beobachten, dass die Hemmschwelle mit der Zeit gesunken ist. Die Täter haben am Ende diskrete und manchmal auch weniger diskrete Hinweise auf das gegeben, was sie tun“, erklärt Beine. Durch Bemerkungen wie: „Warte mal, bis 3 Uhr hat er es geschafft. Das Häppchen schaffe ich noch.“ Oder sehr viel direkter: „Ich bin wieder einen für euch losgeworden.“ Mitunter, sagt Beine, sei das Bestreben der Täter zu erkennen gewesen, sich aus ihrer Situation zu befreien. „Ob das im aktuellen Fall so gewesen ist, weiß ich natürlich nicht.“

    Fest steht für den Experten, dass Personalknappheit in Medizin und Pflege zu Stress, Hektik und weniger Achtsamkeit führen und die Wahrscheinlichkeit erhöhen, dass Taten unentdeckt bleiben. Schon jetzt sei davon auszugehen, dass das Dunkelfeld bei Gewalttaten im Krankenhaus, in der stationären und ambulanten Pflege größer ausfalle als in anderen Bereichen. „Deswegen ist Aufklärung wichtig.“ Ebenso wie der kollegiale Austausch. Was dagegen nicht passieren dürfe: „Dass auch in dem aktuellen Fall eine Welle der Empörung durch das Land schwappt, und danach geht die Gesellschaft wieder zur Tagesordnung über.“ So war es bisher immer.

    Die Zufahrt zum Hauptgebäude vom Josef-Hospital im Stadtteil Deichhorst in Niedersachsen. Die Staatsanwaltschaft hat den ehemaligen Pfleger Niels Högel wegen Mordes an 100 Patienten an den Kliniken in Delmenhorst und Oldenburg angeklagt.

    Die Zufahrt zum Hauptgebäude vom Josef-Hospital im Stadtteil Deichhorst in Niedersachsen. Die Staatsanwaltschaft hat den ehemaligen Pfleger Niels Högel wegen Mordes an 100 Patienten an den Kliniken in Delmenhorst und Oldenburg angeklagt.Christian Dittrich/dpa
    Krankenpfleger Niels Högel beging 85 Morde

    In der Vergangenheit sorgten immer wieder gewaltsame Todesfälle in Pflegeeinrichtungen und Kliniken für Schlagzeilen. Für die längste Mordserie der deutschen Nachkriegsgeschichte, die bisher bekannt wurde, war der Krankenpfleger Niels Högel verantwortlich. Ihm konnten in Niedersachsen 85 Morde nachgewiesen werden. Dafür wurde er 2019 zu lebenslanger Freiheitsstrafe verurteilt.

    In Berlin wurde der Fall der Krankenschwester Irene B. bekannt, die 2005 und 2006 auf einer kardiologischen Station der Charité fünf Menschen tötete.

    Es ist unklar, wann die Ermittlungen gegen den Palliativarzt Johannes M. abgeschlossen sein werden. Es wird wohl noch Wochen oder gar Monate dauern. Sebastian Büchner, der Sprecher der Staatsanwaltschaft, geht davon aus, dass im ersten Quartal des nächsten Jahres eine „verfahrensabschließende Entscheidung“ der Staatsanwaltschaft getroffen wird.

    #iatrocratie #meurtre #sélection

  • Disabled people can no longer trust parliament or MPs - as Assisted Dying Bill is passed
    https://www.thecanary.co/editorial/2024/11/29/assisted-dying-bill-passed

    Le parlement du Royaum Uni vient de légaliser l’euthanasie sous l’appellation trompeuse de « assisted dying ». Dans les hôpitaux du pays le coût des soins palliatifs est pris en charge à 30% alors que l’acte de tuer un patient le sera à part entière.

    C’est une victoire déprimante pour les praticiens du triage social. A Auschwitz le terme franc pour la procédure fut « sélection ».

    29.11.2024 - Kim Leadbeater’s Assisted Dying Bill has passed through parliament at its second reading – despite vigorous campaigning from chronically ill and disabled people against it.
    Assisted Dying Bill: politicians vote for state-sanctioned culling

    On Friday 29 November, large numbers of anti-Assisted Dying campaigners came to parliament; more than groups like Dignity in Dying had organised:

    Assisted Dying Bill

    People were vocal about their opposition:

    assisted dying bill

    However, in the face of Dignity in Dying’s campaign, it wasn’t enough. As the Canary has documented, the group has had huge financial backing from right-wing trusts, offshore donors, and pro-euthanasia advocates.

    Moreover, the group has direct links to Keir Starmer’s government – which may well have helped influence the vote. Even some left-wing MPs like John McDonnell – historically supportive of groups like Disabled People Against Cuts (DPAC), which had spearheaded campaigning against the bill, reportedly voted for it.

    However, during the Assisted Dying Bill debate one of the most powerful speeches came from a veteran Labour MP.
    Discrimination is rife against disabled people

    During the debate, Diane Abbott gave a powerful speech in Parliament objecting to the current form of the Assisted Dying Bill. The bill is intended to give terminally ill people the right to die when they choose. However, as the Canary has previously reported, there are serious concerns that the bill relies on the state ensuring disabled people are not coerced into dying:

    Of course people should be allowed agency over when, where, and how their lives end. But the UK state, and society, cannot be trusted to endorse and carry it out on their behalf.

    Risk tens of thousands of people’s lives every year in the future? Or alleviate at most a thousand people’s suffering in the immediacy? This is a choice we shouldn’t have to debate, and a choice MPs shouldn’t have to make.

    But those are the positions the Assisted Dying bill has forced us into.

    Now, Diane Abbott is speaking out to make the same points:

    David Cameron is wrong. Discrimination is a fact across society for poor people, disabled people, Black people and Asian people. This includes both the health and the judicial systems. The assisted suicide bill offers no safeguards against it. https://t.co/kYl3E58aAu

    — Diane Abbott (@HackneyAbbott) November 28, 2024

    Assisted living

    One of the key points Abbott has made is that the UK needs to become better at assisting people to live before it turns to assisting people to die:

    Diane Abbott: I represent many vulnerable people. I will not be voting for this bill.

    — Yuan Yi Zhu (@yuanyi_z) November 29, 2024

    Abbott explained why she wouldn’t vote for the bill, saying:

    I am not against assisted dying in any circumstances. If this bill passes, we will have the NHS as a fully funded – 100% – suicide service, but palliative care will only be funded at 30% at best. The former Member for Dunfermline, Gordon Brown, has said recently we need to show we can be better at assisted living before deciding whether to legislate on ways to die.

    Abbott continued:

    I represent very many vulnerable people in marginalised communities. I cannot vote for a bill where I have doubts about whether they will be protected.

    She concluded:

    We can come back, we can have a commission, we can pass a better bill, but I will not be voting for this bill this morning.

    Earlier this week, Disabled People Against Cuts (DPAC), on behalf of a coalition of Deaf and Disabled People’s Organisations (DDPOs) made the salient point that the current bill is not accessible for deaf and disabled people. Disabled people are much more likely to be impacted by the consequences of this bill potentially passing. It would be a travesty if disabled communities weren’t given the time and space necessary to be involved in consultations for the bill.
    Coercion will happen – make no mistake

    Another central part of the objections to this bill are around coercion:

    “Coercion is something that you will have no material evidence of, and that you cannot see.” 👏🏼 pic.twitter.com/zQCJR94UjF

    — Fleur Elizabeth (@fleurmeston) November 29, 2024

    Better Way, who oppose assisted suicide, shared more of Abbott’s words:

    Diane Abbott says that a handful of people will “feel that they should not be taking up a hospital bed”. And she notes that “coercion in the family context can be not about what you say, but about what you don’t say”.

    — Better Way (@betterwayUK) November 29, 2024

    As Abbott argues, coercion is unlikely to be something that can be evidenced to the state or to courts. How exactly the bill allows for the possibility of coercion – a serious factor in the context of assisted dying – must be examined further.

    In fact, a report from Better Way argues that assisted dying cannot ever be a safe practice:

    Allowing this practice would give rise to profound injustices. Injustices that affect disabled people, people facing poverty, people who are isolated and lonely, and many others. No amount of legal drafting could rule out citizens electing to end their lives because they lack sufficient support to go on living. This, in itself, should prevent a change in the law.

    Yet still, MPs voted the bill through. It received 330 yes votes compared to 275 noes – a majority of 55.
    The Assisted Dying Bill: a shameful day for the UK

    Campaigners outside parliament tried to reassure disabled people that the fight against the Assisted Dying Bill wasn’t over. It has more stages to go through and can still potentially be stopped.

    That was cold comfort to many chronically ill and disabled people who the Canary spoke to outside parliament. Many were visibly distressed after what has been not only a physically and emotionally draining campaign – but decades of abuse at the hands of a state which has now turned on them once again.

    Britain has systemically demeaned, abused, and stigmatised chronically ill and disabled people for decades. Parliament, and the MPs who voted for the Assisted Dying Bill, have now compounded that further. All of them will have blood on their hands in the future.

    Cries of shame rang out from chronically ill and disabled people outside parliament as the vote passed – and they were right.

    The passing of the Assisted Dying Bill is a shameful day for the UK. A stain on the MPs who just voted for further persecution of chronically ill and disabled people.

    #iatrocratie #euthanasie #meurtre