• https://theconversation.com/methode-miyawaki-pourquoi-les-microforets-ne-sont-pas-vraiment-des-

      Concrètement, il s’agit de restaurer un « écosystème forestier » en plantant de jeunes arbres très serrés (3 au m² en moyenne) et en privilégiant des espèces locales. La technique peut s’appliquer en ville, mais pas que. Ses promoteurs mettent en avant la croissance rapide des arbres et la restauration d’un « écosystème forestier » en quelques années, sans intervention humaine au-delà de la plantation. L’idée est séduisante et la rhétorique évocatrice, mais est-ce la panacée pour autant ?

      Oui, une microforêt pousse vite, haut et (presque) sans entretien : c’est un gros avantage. Mais si elle pousse si haut si vite, c’est que les arbres cherchent tous à accéder le plus rapidement possible à la lumière, à l’eau et aux nutriments, avant que leurs voisins n’accaparent ces ressources.

      Comme le chantait si bien ce groupe venu du Nord, « The winner takes it all » : premier arrivé, premier servi ! En écologie, on appelle ce phénomène la compétition. C’est naturel, il n’y a pas lieu de s’en offusquer. Mais cela a une conséquence immédiate : c’est l’hécatombe.
      Une des rares études menées en Europe sur l’efficacité de la « méthode de Miyawaki » fait état de 61 à 84 % de mortalité des arbres 12 ans après la plantation. Ce n’est pas un problème en soi, cela signifie seulement que toutes les jeunes pousses plantées dans une métropole ne donneront pas, à terme, des arbres. La nuance est de taille.

      https://www.sfecologie.org/regard/regards-3-mouquet

      Transcendant les questions éthiques associées à l’impact de l’homme sur la nature, notre société a trouvé dans cette notion de « service » une rationalisation quasi économique du concept de diversité biologique. Au delà des limites et des dérives d’une simple approche comptable de la diversité (et qui seront discutées dans un autre regard), il y a un vrai raisonnement liant diversité et fonctionnement des écosystèmes. Raisonnement souvent méconnu voir inconnu de ceux-là même qui en défendent l’importance pour notre société ! Ce regard donc, pour, indépendamment du débat sur l’économie de la biodiversité, mieux expliquer les mécanismes biologiques qui lient la diversité des espèces (ou diversité spécifique) au fonctionnement des écosystèmes.

    • 12 ans de recul c’est peu pour se prononcer sur la validité de la méthode.
      Certes la densité de plantation de la méthode Miyawaki peut paraitre excessive et inutile (80% de perte) mais pendant leur durée de vie les végétaux ne font pas que se concurrencer ils assurent aussi la couverture du sol, le maintien de l’humidité, un abri pour la faune et un apport d’humus lors de leur décomposition.
      Pour donner la mesure, La densité d’un semis naturel est de 100 plants/m2 (100 000/ha) la densité finale (+ 150 ans) de nos forets cultivées (futaies) est de 100 plants à l’hectare (un arbre tous les 10 metres). Le taux de survie est donc de 0,1% mais sur des parcelles expérimentales laissées volontairement sans interventions humaines, au bout d’un siècle il reste parfois un seul arbre/hectare, car la nature s’en fout du rendement !
      Finalement comme toujours la nature fait mieux avec moins de dépense d’énergie et l’humain avec sa logique comptable veut surtout faire « plus vite ».

  • Nantes : ils font pousser des #micro-forêts 100 fois plus riches en biodiversité
    https://mrmondialisation.org/nantes-ils-font-pousser-des-micro-forets-100-fois-plus-riches-en-b

    À une dizaine de kilomètres de Nantes, aux Sorinières, l’abbaye de Villeneuve abrite depuis peu la première micro-forêt native de la métropole. À l’entrée, derrière le mur d’enceinte, 600 tiges pointent le bout du nez à travers le paillage. Hautes de quelques centimètres, elles s’étalent sur quelques malheureux 200 m2. Ça, une forêt ? On pourrait en rire, en effet. Pourtant, d’ici deux ans, ces jeunes pousses de chênes sessiles, de frênes, de bourdaines, d’hêtres, d’aulnes, de bouleaux pubescents, d’érables, et tant d’autres essences locales atteindront les deux mètres. Dans trois ans, ce sera une forêt autonome. Et son potentiel dépassera de loin les forêts plus classiques, consacrées à la sylviculture industrielle, où les arbres sont plantés en monoculture, en rangs d’oignons, avec beaucoup d’espacement, de manière à pousser droit pour les besoins des consommateurs. Ici, c’est plus sauvage, plus dense, plus libre, plus résilient… et nettement plus performant. « Ce n’est pas une forêt de production, mais de transmission : nous voulons léguer ces forêts aux générations futures », clament Stéphanie Saliou et Jim Bouchet, qui ont fondé l’association Minibigforest.