• [Info « Splann ! »] Ils avalent les #déchets de l’agro : comment les #déconditionneurs risquent de semer des #microplastiques dans nos champs
    https://splann.org/deconditionneur-microplastiques-champs

    Ils sont en plein essor en Bretagne : les déconditionneurs désemballent les rebus de l’industrie agro-alimentaire. Mais en voulant trier les #biodéchets, cette technologie risque de participer à la pollution des terres agricoles aux microplastiques et, par ricochet, de devenir un problème de santé publique. L’article [Info « Splann ! »] Ils avalent les déchets de l’agro : comment les déconditionneurs risquent de semer des microplastiques dans nos champs est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #Pollutions #ademe #agriculture #agroindustrie #alimentation #biogaz #digestat #engrais #finistère #France_nature_environnement #gaspillage #inrae #locminé #méthanisation #plabennec #plastique #quévert #Saint-Nicolas-du-Tertre

  • Le symbole « micro-ondes » sur vos boîtes en plastique ne veut pas dire ce que vous croyez depuis des années
    https://sciencepost.fr/le-symbole-micro-ondes-sur-vos-boites-en-plastique-ne-veut-pas-dire-ce-q

    (...) Les spécialistes recommandent d’éviter absolument de chauffer au micro-ondes des aliments dans des contenants en plastique, les changements de température favorisant la libération de microplastiques. Verre et céramique restent les seuls matériaux qui ne posent pas ce problème : ils ne libèrent aucun produit chimique et sont toujours sûrs pour chauffer des aliments.

    Le cas des plastiques estampillés « sans BPA » mérite une attention particulière. Les contenants « BPA-free » peuvent toujours libérer d’autres substances dangereuses lors du chauffage, ce qui rend le verre ou la céramique plus sûrs. Le bisphénol A a été retiré de nombreuses formulations, mais les substituts, bisphénol S, bisphénol F, sont de plus en plus questionnés par la communauté scientifique pour des propriétés perturbateurs endocriniens similaires.

    Des autopsies réalisées en 2024 et publiées dans Nature Medicine par le Dr Matthew Campen et son équipe de l’Université du Nouveau-Mexique ont retrouvé en moyenne l’équivalent d’une cuillère à café de plastique dans un cerveau humain adulte, sept grammes de fragments polymères logés dans l’organe le plus protégé du corps. Ce chiffre était deux fois moins élevé en 2016. L’accumulation est réelle, elle est mesurée, et elle s’accélère. Chaque repas réchauffé dans un contenant plastique y contribue, à sa façon.

  • Nestlé : des révélations journalistiques au beau milieu d’un procès
    https://info.mediapart.fr/optiext/optiextension.dll?ID=U0O5TR9I2sQoGAHUpSHFJtD82UfqMna1eU4wWtBVcqjV8Wkv

    Le #procès tant attendu par les associations locales a enfin débuté lundi. Mais il a commencé par un coup de théâtre. En raison de vices de forme dans la procédure, le tribunal a décidé d’écarter les analyses de pollution réalisées par des experts indépendants, qui relevaient des taux de particules de microplastiques exorbitants : jusqu’à 1,7 million de fois supérieurs à ceux relevés dans la Seine.

    Les représentants des associations sont stupéfaits, le procureur sonné : l’accusation est vidée de sa substance. Le parquet demande un renvoi immédiat du procès, le temps de procéder à de nouvelles analyses indépendantes. Le tribunal refuse. Le procès doit commencer.
    Mais Pascale Pascariello n’est pas venue à Nancy les mains vides. Depuis quelque temps, elle travaille sur des documents internes à Nestlé qu’elle s’est procurés au cours de l’année écoulée. D’une part, une note confidentielle interne. D’autre part, des analyses du laboratoire de #Nestlé sur les #microplastiques.

    La note confidentielle de juin 2022 dont elle dispose, que la multinationale s’est bien gardée de verser à la justice, reconnaît une infraction à la législation française, et chiffre à 60 millions d’euros les conséquences financières du nettoyage des sites.

    Si Pascale Pascariello ne l’a pas publiée auparavant, c’est parce qu’elle voulait « l’étayer ». Bien sûr, la note est très forte par elle-même. Mais pour asseoir sa démonstration, la journaliste aimerait publier simultanément les chiffres du laboratoire interne. Or, « en matière d’environnement, tout est très technique, tout prête à contestation. Je veux m’assurer que les données que j’ai ont été confirmées dans la durée, qu’il ne s’agissait pas de la pollution d’un seul jour ».

    Elle n’obtient cette confirmation que le jeudi qui précède l’ouverture du procès et envoie immédiatement ses questions à Nestlé.

  • Press release: Chemical pollution driving men’s health crisis – stronger EU action needed | Health and Environment Alliance
    https://www.env-health.org/press-release-chemical-pollution-driving-mens-health-crisis-stronger-eu-

    A new report (executive summary and preface also available in DE, ES, FR, IT, NL and PL) commissioned by the Health and Environment Alliance (HEAL) warns that chemical pollution is fuelling a growing men’s health crisis in Europe. Prostate and testicular #cancers and infertility are on the rise. Mounting evidence links these trends to exposure to #phthalates, #PFAS, #pesticides and microplastics with widespread contamination across all age groups. Alarmingly exposure to these chemicals even before conception is associated with disorders in male offspring.

    #microplastiques

  • « L’étendue et la diversité des contaminations transforment la distribution d’eau potable en un inextricable casse-tête réglementaire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/26/l-etendue-et-la-diversite-des-contaminations-transforment-la-distribution-d-

    Il faudrait toujours avoir un œil sur le Journal officiel (JO) entre le 24 décembre et le 1er janvier car il s’y produit parfois de grandes choses, en particulier si elles nécessitent un peu de discrétion. C’est l’un des enseignements de la première carte interactive des contaminants de l’eau du robinet, établie et publiée le 16 octobre par les associations Générations futures et Data for Good. Celle-ci permet non seulement de constater de visu les profondes inégalités territoriales en matière d’accès à une eau potable de qualité, mais elle permet aussi d’entrevoir les premiers effets de deux actes réglementaires pris par le gouvernement d’Elisabeth Borne voilà près de trois ans, et subrepticement publiés au JO les 30 et 31 décembre 2022. Bien souvent, la #réglementation est à la loi ce que la contrebande est au commerce.

    Avant l’entrée en vigueur de ces textes (le décret n° 2022-1720 du 29 décembre 2022 et de l’arrêté du 30 décembre 2022 « modifiant l’arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine »), les métabolites de pesticides « non pertinents » (présumés sans danger) ne devaient pas excéder une concentration de 0,9 microgramme par litre (µg/l) dans l’eau distribuée. Sauf à ce que celle-ci ne soit plus conforme à la réglementation. Au-dessus de ce seuil, les collectivités disposaient d’une période de trois ans, renouvelable une fois, soit six ans au total, pour remettre l’eau distribuée en conformité avec les critères de qualité. Cette mesure de précaution reposait sur un constat simple : le classement d’un métabolite comme « non pertinent » dépend d’une procédure rudimentaire n’assurant pas, à elle seule, une preuve d’innocuité.

    Tout cela a pris fin sans publicité ni information, sans explications ni délibération, pendant les préparatifs de la Saint-Sylvestre 2022. (...)

    Question du Monde à la direction générale de la santé (DGS) : « Combien de temps un métabolite non pertinent peut-il rester au-dessus de 0,9 µg/L sans que des restrictions de consommation soient édictées ? » Réponse : « La gestion est laissée à l’appréciation des autorités locales. » Quelles instructions ont-elles été données à celles-ci ? Réponse de la #DGS : _« Ce courrier, adressé aux préfets, n’est pas public. Que peut-il bien y avoir de confidentiel là-dedans ? Lorsque la discrétion ne suffit plus, il reste le secret.

    [...]

    (...) en juin, un comité d’experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (#Anses) a classé « non pertinent » le principal métabolite du glyphosate, l’AMPA. Cette décision, dont s’est désolidarisé l’un des membres du groupe de travail, repose largement sur les données fournies par l’industrie. Mais d’autres institutions – comme le Centre international de recherche sur le cancer en 2015, ou l’Inserm en 2021 – estiment que les éléments de preuve disponibles dans la littérature scientifique penchent pour la plausibilité d’un risque, notamment génotoxique, de l’AMPA. A tout le moins, il y a donc débat.

    https://justpaste.it/9tdwd

    #eau_potable #omerta #décret #contrôle_sanitaire #pesticides #PFAS #glyphosate #santé #cancer

    • Pollution de l’eau potable : le casse-tête des pour réduire les risques
      https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2025/03/08/en-bouteille-ou-au-robinet-l-eau-rend-parano-tous-les-deux-mois-on-nous-anno

      La qualité de l’eau en bouteille ou au robinet ne va plus de soi et oblige chacun à trouver des solutions pour boire sans trembler. Mais la filtration miracle ne coule pas de source.

      De semaine en semaine, l’eau devient une source grandissante d’inquiétude pour les Français qui s’informent. Mai 2024 : les pesticides et leurs sous-produits, apprend-on, sont présents dans 97 % des stations de contrôle des eaux souterraines, et dépassent les normes dans près de 20 % d’entre elles. Novembre : les ressources hydriques sont massivement contaminées par le TFA (acide trifluoroacétique), polluant éternel issu de la dégradation d’un pesticide reconnu comme #perturbateur_endocrinien. Le même mois, trois inspections générales soulignent l’échec global de la protection de l’eau potable : pour au moins dix millions de Français, sa qualité n’est plus garantie. En décembre, bouquet final : les trois quarts des sols français sont contaminés par les #microplastiques, nouvelle menace pour les #nappes_phréatiques.

      Aussi l’appel à témoignages sur la #qualité_de_l’eau de boisson, lancé début février sur Lemonde.fr, a-t-il mesuré le désarroi de nos lecteurs, qui oscillent entre peur et colère, partageant les mêmes sentiments d’impuissance et de trahison, une semblable défiance vis-à-vis de politiques jugés inactifs. « On m’a toujours affirmé que l’eau de Paris était extrêmement surveillée, rappelle Céline Galliot, 59 ans. Mensonge, mensonge, mensonge ! Allons-y gaiement pour l’empoisonnement généralisé ! » « Tous les deux ou trois mois, on nous annonce un nouveau polluant, déplore Dominique Chalençon, retraité alsacien. La santé des Français semble bien passer derrière les affaires. Nos pauvres enfants… » « Qu’est-ce qui est moins mauvais pour ma santé ? L’eau de source avec des microplastiques ou l’eau du robinet avec du chlore et des pesticides ? », interroge, furax, Valérie Lasserre, 52 ans, consultante en stratégie.

      [...]

      (...]taper « #filtration eau » sur un moteur de recherche conduit à une autre noyade : des centaines de marques proposent leurs systèmes de filtration individuelle sur des sites alliant jargon d’ingénieurs chimistes et propos alarmistes. « Filtrabio-100 est équipé d’un dynamiseur couplant un puissant champ magnétique à un vortex », lit-on, peu éclairé.
      Des listes sans fin de polluants censément éliminés donnent des sueurs froides. D’urgence, acheter ! « En 2024, filtrer son eau du robinet n’est plus une option, c’est un devoir pour votre santé et pour notre planète », intiment, sur leur site, les créateurs des #filtres_à_eau Pureva – lancés en 2023 par deux vingtenaires martiniquais biberonnés au chlordécone, cet insecticide jadis pulvérisé dans les bananeraies. Leur système s’accroche au robinet, d’autres ressemblent à de grosses bonbonnes métallisées, ou encore à des unités centrales d’ordinateur. L’on vous parle de #microfiltration au charbon actif, d’#osmose_inverse, de cartouches à changer continuellement… Une certitude : la déco de la cuisine ouverte sera ruinée. Puis une deuxième : il va falloir payer.

      [...]

      Dorénavant, il faudrait donc se débrouiller seul, s’offrir le luxe d’une eau saine, se fier à des entreprises privées dont on ne comprend guère le propos et redoute l’appât du gain… (...)

      (...) l’avenir s’annonce radieux pour les marchands d’osmoseurs

      https://justpaste.it/b1zqm

      Peut-on traiter efficacement son eau du robinet ?
      https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2025/03/07/peut-on-traiter-efficacement-son-eau-du-robinet_6576876_4497916.html

      Des graines de Moringa à l’osmose inverse, en passant par les filtres au charbon actif, plusieurs systèmes permettent d’éliminer certaines molécules, pour des efficacités et des coûts disparates.

      https://justpaste.it/9sk8s

      (un article pour propriétaires, façon Le Monde)

      #or_bleu #eau_en_bouteille #nanoplastiques #contaminations_bactériologiques #consommation #filtres_au_charbon_actif

    • Eau de pluie récupérée, filtrée, potabilisée : la ruée des particuliers sur l’or bleu
      https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2024/01/20/eau-de-pluie-recuperee-filtree-potabilisee-la-ruee-des-particuliers-sur-l-or

      Les sécheresses à répétition, avec leur cortège d’interdictions, et les alertes sur la pollution des nappes phréatiques persuadent de plus en plus de Français d’équiper leur maison pour récupérer l’eau de pluie, voire la rendre potable pour la consommer. Une installation vertueuse, mais coûteuse et techniquement délicate.

      Chaque Français consomme en moyenne 148 litres d’eau potable par personne et par jour, renseigne le C.I.eau, contre 106 litres en 1975. Des flots et des flots consacrés à l’hygiène, au nettoyage (pour 93 %), bien peu à la boisson ou à la cuisine (7 %). « Les besoins en eau des ménages peuvent être couverts quasiment à moitié par l’eau de pluie », jauge Bertrand Gonthiez, expert en gestion des eaux pluviales, auteur de Récupérer et utiliser l’eau de pluie (Eyrolles, 2007, 4e édition). « Ces dernières années, note-t-il, suite aux #sécheresses sévères, des particuliers en nombre grandissant ont souhaité réutiliser l’eau de pluie, au jardin d’abord, puis dans leur maison. Ils anticipent l’avenir. L’eau de pluie est disponible, pourquoi ne pas l’utiliser ? »

      [...]

      Bref, résume l’ingénieur Bertrand Gonthiez, « l’autonomie peut faire rêver, mais elle n’est pas à la portée de tout le monde ». Charge aux détenteurs d’installations autonomes, selon lui, d’exercer « une surveillance régulière, extrêmement rigoureuse, avec des analyses périodiques de l’eau par un laboratoire agréé », de changer régulièrement les filtres – ce qui coûte –, d’investir dans une citerne enterrée, de ne surtout pas se contenter des cuves en plastique exposées à la lumière et à la chaleur, complète Rémi Richart, et de « bien différencier l’eau récupérée de l’eau du réseau ». « Ce qui est simple dans une maison neuve, mais compliqué dans une vieille maison. Le danger, c’est que souvent les gens lancés dans l’autonomie n’ont pas beaucoup d’argent. » Pour trinquer à l’eau de récupération, il faut pouvoir se payer le champagne…

      https://justpaste.it/cukgt

      #eau_de_pluie #récupération_d'eau_de_pluie #cuves #potabilisation

  • Les #microplastiques, une #menace invisible pour l’#environnement

    Les microplastiques, particules inférieures à quelques millimètres, se sont répandus sur l’ensemble de la planète. En tant que #déchets presque invisibles menaçant les écosystèmes et s’affranchissant des frontières, ils constituent un nouveau #problème_public mondial dont la résolution s’avère très délicate.

    https://shs.cairn.info/article/CAFR_414_0078?lang=fr&ID_ARTICLE=CAFR_414_0078
    #invisibilité

  • « Présenté comme la panacée, le recyclage du plastique est une bombe à retardement »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/08/21/presente-comme-la-panacee-le-recyclage-du-plastique-est-une-bombe-a-retardem

    Présenté comme la panacée, le #recyclage se révèle aujourd’hui de moins en moins vertueux, tant du fait de son bilan carbone que des #microplastiques qu’il génère, de la dégradation des polymères traités et incorporés dans de nouveaux produits. Une bombe à retardement contribuant à intégrer des #plastiques transformés et devenus non recyclables du fait de leur transformation dans une myriade de matériaux et produits de la vie courante, de la conduite d’eau au vêtement en polaire, en passant par les revêtements de sol ou les garnitures de voiture. Une tendance encouragée par l’obligation d’incorporer des #plastiques_recyclés dans la fabrication de nouveaux produits désormais inscrite dans la loi.

    En France, et depuis plus d’une décennie, des rapports, avis et autres propositions se sont succédé, prônant une réforme structurelle des éco-organismes et en particulier de leur gouvernance, actuellement assurée par des industriels, l’intérêt général restant ici en conflit avec de puissants intérêts économiques, le plus souvent étrangers. C’est ainsi que, impuissante, la France continuera à voir se déverser sur son territoire des millions de tonnes de jouets, emballages, meubles de jardin, ustensiles, vêtements et autres, qui répandront des milliards de microplastiques et finiront au mieux dans des incinérateurs, au pire dans des centres d’enfouissement, quand cela ne sera pas dans la nature.

    https://archive.ph/LBmA7

    #écologie_capitaliste

  • Les eaux #Contrex et #Hépar contaminées aux #microplastiques par les #décharges_sauvages de #Nestlé

    Les conclusions de l’enquête de l’Office français de la biodiversité que Mediapart publie révèlent que les eaux de Contrex et Hépar contiennent des taux de microplastiques « exorbitants » en raison de #décharges laissées à l’abandon par Nestlé qui ont pollué les sources d’eau. Un réel danger pour la #santé.

    Le plastique ne pollue pas seulement le fond des océans. Mais il contamine aussi les eaux vendues sous l’étiquette « minérales naturelles ».

    La cause ? Les bouteilles de plastique amoncelées sauvagement et laissées à l’abandon par Nestlé, près de ses propres forages, ont pollué les sols et les eaux alentour. C’est ce que révèle le rapport d’enquête remis à la justice, le 8 janvier 2025, par l’Office français de la biodiversité (OFB) dont Mediapart publie des extraits. Alors qu’à Genève (Suisse), plusieurs États et industriels, dont une lobbyiste représentant Nestlé, tentent déjà d’exclure les bouteilles de la liste des produits en plastiques à réglementer.

    En effet, selon les conclusions de l’OFB, dans certains #forages utilisés pour les eaux Hépar et Contrex de Nestlé, les taux de microplastiques, toxiques pour l’organisme, sont 5 à près de 3 000 fois supérieurs aux taux habituellement relevés dans des #nappes_phréatiques et des sources d’eau destinées à la consommation humaine.

    Contacté, Nestlé assure « qu’aucune pollution n’est avérée aux termes des analyses environnementales partagées avec les autorités. Toutes nos eaux peuvent être bues en toute sécurité ». C’est pourtant une tout autre réalité qu’attestent les éléments que Mediapart publie.

    À l’issue de plus de trois ans d’#enquête_préliminaire ouverte en 2021 par le pôle régional environnement du parquet de Nancy (Meurthe-et-Moselle) et confiée conjointement à l’OFB et aux gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’#environnement et à la #santé_publique (Oclaesp), comme déjà annoncé (ici et là), Nestlé sera jugée du 24 au 28 novembre, devant le tribunal correctionnel.

    Abandonnées dans la nature

    La multinationale est poursuivie pour avoir de 2016 à 2024 « géré irrégulièrement », « stocké de manière occulte et dissimulée » des déchets et de les avoir « abandonné[s] illégalement », ce qui a provoqué « une dégradation substantielle de l’environnement […] libérant des microplastiques ». Il lui est également reproché d’avoir « laissé s’écouler […] dans les eaux superficielles et souterraines […] des particules de microplastiques, mesurées à des concentrations de plusieurs millions de fois supérieures aux données scientifiques connues ».

    Nestlé a autour de ses usines d’embouteillage, dans les #Vosges, laissé se désagréger, en pleine nature et de façon tout à fait illégale, plus de 400 000 m3 de déchets, essentiellement des #bouteilles en plastique et en verre, parfois mêlées à des plaques d’amiante. Sur la décharge sauvage de #Contrexéville, surnommée par les salariés du groupe et les riverains « le volcan », les enquêteurs ont estimé les déchets à 346 000 m3 dont 250 000 m3 d’enfouissement de plastiques, soit l’équivalent de 66 piscines olympiques.

    Les éléments du dossier que Mediapart a pu consulter révèlent des taux de pollution de microplastiques qualifiés d’« exorbitants » par le magistrat chargé de l’enquête préliminaire. Dans son réquisitoire rendu le 26 mai 2025, cinglant pour Nestlé, le parquet dénonce le « #cynisme » de la multinationale dont « l’attitude désinvolte [...] impose une condamnation dissuasive ».

    Depuis sa connaissance des déchets plastiques sous terre, « avec l’arsenal de pléthore d’ingénieurs-conseils, de juristes spécialisés, d’hydrogéologues, Nestlé disposait des moyens financiers, techniques et juridiques pour ne pas commettre ces infractions ou les régulariser dès 2015 ».

    Mais l’entreprise « a choisi de se dérober derrière les silences de l’administration », en particulier les services de la préfecture qui n’ont pas rempli leur mission de contrôle.

    « S’il est connu que les activités humaines ont répandu des microplastiques dans les espaces naturels et qu’aucune partie des terres et des océans n’est plus épargnée par ces pollutions, une analyse chiffrée illustre que les proportions sont incommensurables s’agissant de l’introduction de microplastiques dans les sols vosgiens par Nestlé aux lieux des décharges, sur les terres et les eaux situées en aval », conclut-il.

    En rachetant en 1992 les usines de #Vittel et Contrexéville, Nestlé a hérité de ces #décharges_sauvages. Impossible d’en ignorer la présence, dont les enquêteurs relèvent que l’une d’elles équivaut à la hauteur d’un immeuble de six étages et une autre affiche une superficie de plus d’un hectare.

    Nestlé savait, comme l’a confirmé l’actuelle présidente de Nestlé France, Sophie Dubois, devant les députés, lors de son audition, le 22 avril 2021, dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire portant sur la mainmise sur les ressources en eaux par le privé : « Les représentants de #Nestlé_Waters ont bien eu connaissance de ces décharges dès 2014, mais n’en ont informé l’État qu’en 2021. »

    La #multinationale s’était alors simplement contentée de confier à ses experts l’analyse de ces décharges, sans pour autant procéder à sa #dépollution. Tous les prélèvements des sols et des eaux, faits à différents niveaux de profondeurs, témoignent de pollution massive en microplastiques. À Contrexéville, les enquêteurs relèvent que « sur le lieu de prélèvement d’un puits massif, les particules de microplastiques sont de 28 000 à 1,7 million de fois supérieure [au taux relevé] dans la Seine ». Dans un autre, il est de 9 millions de fois supérieur à celui de la Seine.

    Ils ont également retrouvé des #métaux_lourds et des éléments non métalliques dans les eaux superficielles « dans des concentrations dix fois supérieures aux valeurs de l’OMS [Organisation mondiale de la santé - ndlr] justifiant la pollution des eaux relevée (nickel, cuivre, zinc, manganèse, cyanure, nitrates) ».

    Vide réglementaire autour des microplastiques

    Par son #inaction, Nestlé a ainsi non seulement pollué les sols mais aussi les eaux. Et cela de façon presque irrémédiable. Compte tenu des taux « incommensurables de microplastiques » et « eu égard à leurs composants polymères issus de la pétrochimie (#PE, #PET, #PA) », les enquêteurs alertent « sur leurs effets nuisibles sur la santé humaine ».

    Et les conséquences sont déjà dramatiques : la « dégradation substantielle en ce qu’ils sont fragmentés en micro voire #nanoplastiques, imprégnés et diffusés dans les sols et les réseaux d’#eaux_souterraines, de sorte qu’aucune dépollution n’est envisageable ».

    Les microplastiques, particules entre 5 millimètres et 1 micromètre (soit 70 fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu), résultant de la dégradation du plastique et auxquels s’ajoutent souvent des additifs ou autres substances telles que des métaux lourds, polluent non seulement l’environnement mais contaminent également le corps humain. Aucune interdiction ni seuil réglementaire n’existent à ce jour pour ces polluants.

    Interrogée, la Direction générale de la santé (DGS) déclare, auprès de Mediapart, que les microplastiques et nanoplastiques qui représentent un « risque pour la santé » doivent figurer sur une « liste de vigilance », dressée au niveau européen, « car ils sont susceptibles d’être présents dans les eaux destinées à la consommation humaine ».

    Mais c’est encore loin d’être le cas, car il faut déjà que les pays européens s’accordent sur une méthode analytique des micro et nanoplastiques, commune à l’ensemble des États. Ce qui est « en cours de validation », affirme la DGS sans davantage de précision.

    Une fois actés, « les microplastiques pourront être ajoutés à la liste des paramètres soumis au mécanisme de vigilance et la Commission européenne devra définir une valeur sanitaire associée. Ainsi, le ministère chargé de la santé s’attachera à faire évoluer la réglementation française pour protéger les consommateurs ».

    Malgré ce vide réglementaire actuel, les agents de l’OFB alertent, dans leurs conclusions, sur les dangers des concentrations anormales en microplastiques, découvertes dans les eaux de Nestlé destinées à être consommées. Ils se sont invités à l’intérieur même de l’usine pour effectuer, en présence de salariés de la multinationale et des gendarmes de l’#Oclaesp, des prélèvements à la sortie des #forages où arrivent, sans traitement, les eaux ensuite embouteillées sous les marques Contrex et Hépar.

    Les taux de microplastiques y sont respectivement de 515 (Contrex) et 2 096 (Hépar) microplastiques par litre (mp/L). Les agents de l’OFB ont comparé ces taux aux concentrations en microplastiques retrouvées dans le cadre de deux études scientifiques et selon les mêmes méthodes de prélèvements.

    La première dans différents lacs, fleuves et rivières dans le monde et la seconde dans la Seine, autour de Paris. Ils concluent que la contamination est pour Hépar, 51 000 à 328 000 fois supérieure et pour Contrex, 200 000 à 1,3 million de fois supérieure aux taux retrouvés dans le monde et dans la Seine.

    Signe du flou que laisse l’absence de réglementation sur ces polluants et la disparité des protocoles de prélèvements, selon deux autres études publiées en 2024 (ici et là), les moyennes retrouvées dans les nappes phréatiques sont comprises au niveau mondial entre 1 et 100 microplastiques par litre et en France entre 0,71 et 106,7 microplastiques par litre. Les taux retrouvés dans les eaux vendues par Nestlé restent, dans ce cas, de 5 à 2 952 fois supérieurs.

    Par ailleurs, ainsi que nous l’a précisé une source proche de l’enquête, les prélèvements faits dans le cadre de la procédure judiciaire ne concernent que les microplastiques, les techniques visant à quantifier les nanoplastiques étant trop onéreuses.

    « Ce qui est d’autant plus inquiétant car l’enquête est approfondie et d’ampleur mais elle ne montre que la face visible de l’iceberg. Les nanoplastiques sont évidemment présents du fait de la dégradation des déchets et par leur taille peuvent être d’autant plus dangereux », nous a confié cette source.

    Ces particules de microplastiques retrouvées à la sortie des forages utilisés pour les eaux Hépar et Contrex ne proviennent pas du plastique des bouteilles dans lesquelles l’eau est stockée, les prélèvements ayant été faits avant que l’eau ne soit embouteillée. Plusieurs études ont révélé que les eaux en bouteilles contenaient davantage de microplastiques mais à des taux bien inférieurs à ceux que les agents de l’OFB ont pu retrouver à la sortie des forages de Nestlé. Ce sont donc les décharges de plastiques qui en sont l’origine.

    C’est aussi ce que rapporte Nestlé dans une note confidentielle datée de juin 2022 que Mediapart a pu se procurer. Les « décharges de déchets industriels et de bouteilles en plastique » représentent un risque « réputationnel et financier » et peuvent également avoir « un impact sur la qualité des eaux », soulignait ce document.

    Au cours de leurs investigations, les agents de l’OFB se sont également interrogés sur le recours aux traitements interdits, en particulier des #microfiltrations, qui auraient permis à la firme de dissimuler cette pollution. Au cours des auditions, le directeur du site, #Luc_Debrun prétend que la présence de certains microplastiques (#polypropylène et #polyamide) dans les prélèvements des eaux Contrex et Hépar proviendrait du « scotch des scellés ».

    Des risques pour la santé de plus en plus clairs

    Il a certainement omis de préciser aux enquêteurs que ce type de microplastiques est utilisé dans les traitements des #eaux_par_filtration, procédés interdits pour lesquels Nestlé fait également l’objet de poursuites judiciaires et qui ont été à l’origine du scandale.

    « Depuis cinq ans, on étudie leur impact sur la santé », précise Mathilde Body-Malapel, chercheuse à l’université de Lille et à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Le déclic a été « la découverte dans les selles et le sang de l’homme de microplastiques, un constat décisif dans la prise de conscience de l’éventuelle dangerosité de ces molécules pour l’homme ». La forte mobilisation de la communauté scientifique a permis de faire, depuis cinq ans, des « avancées phénoménales sur les #risques des microplastiques sur la santé ».

    « Nous sommes d’autant plus mobilisés que les premiers résultats des recherches démontrent la #nocivité des microplastiques, précise la scientifique, spécialiste en immunotoxicologie. On a des preuves chez l’homme et chez la souris que les microplastiques pourraient augmenter le #risque_cardiovasculaire. »

    Mathilde Body-Malapel qui mène, avec son équipe, des études sur l’impact sur la santé de ces micro et nanoparticules a observé « chez la souris, des effets nocifs sur le système de défense de l’intestin et sur le foie », après avoir mis dans la nourriture des rongeurs de petites quantités de microplastiques.

    « Nos premières constatations portaient sur le #polyéthylène, l’un des plus fréquemment utilisés, notamment dans les #emballages, les #sacs_plastique, ou les bâches agricoles. Nous sommes également en train d’observer des effets toxiques sur le système digestif avec d’autres types de microplastiques, par exemple du #polyvinylchloride (#PVC) ou du #polypropylène », dévoile la chercheuse.

    Bien que « la multitude de molécules différentes rende l’étude de leur impact plus difficile et plus longue », aujourd’hui, « certains travaux scientifiques, solides, commencent à apporter la preuve que ces microparticules peuvent influencer le risque de certaines maladies cancéreuses, inflammatoires ou immunitaires », conclut Mathilde Body-Malapel.

    « Lorsque des microplastiques ont été retrouvés dans certains organes chez l’être humain, dont l’appareil digestif, le cerveau, à ce moment-là on s’est dit “la problématique prend une autre dimension” », prolonge Guillaume Duflos, docteur en biochimie à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

    Dès 2016, le directeur de recherche a initié plusieurs axes de recherche, en particulier sur les niveaux de #contamination des #aliments par les microplastiques. « Nous avons bien avancé sur les #boissons. Concernant l’eau, les études montrent globalement moins de microplastiques dans l’eau du réseau, donc du robinet, que dans l’eau des bouteilles. »

    Le deuxième axe de recherche « porte sur les impacts sur la santé avec les premiers constats faits par Mathilde Body-Malapel, avec qui nous collaborons sur des projets de recherche, notamment en étudiant l’impact des microplastiques sur le #système_digestif ». Troisième champ de recherche, les #additifs : « Il s’agit notamment des #retardateurs_de_flamme, des #colorants ou des métaux lourds, dont la #dangerosité pour certains reste encore peu connue. »

    Bien que récente, la mobilisation des chercheurs a déjà permis de « franchir des étapes importantes comme la normalisation d’une méthode de dosage des microplastiques notamment dans les eaux de boisson au niveau national et bientôt au niveau international. Ce qui va permettre dans un premier temps de comparer nos travaux de recherches ».

    Avec comme espoir, notamment, de contribuer à « définir des #seuils de référence de microplastiques à ne pas dépasser dans les aliments, dans le but de protéger au mieux les consommateurs ».

    https://www.mediapart.fr/journal/france/090825/les-eaux-contrex-et-hepar-contaminees-aux-microplastiques-par-les-decharge
    #plastique #microplastique #eau_en_bouteille #eau #contamination

  • Des taux « incommensurables » de microplastiques retrouvés dans les eaux Contrex et Hépar, révèle Mediapart
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/08/09/des-taux-incommensurables-de-microplastiques-retrouves-dans-les-eaux-contrex

    Nestlé Waters est poursuivi pour avoir stocké des déchets et maintenu quatre décharges sauvages dans les Vosges. Le procès se tiendra du 24 au 28 novembre.

    [...]

    « Toutes les analyses réalisées par des laboratoires accrédités pour la recherche de microplastiques contredisent l’hypothèse de la présence d’une pollution microplastique dans nos forages, a réagi #Nestlé Waters, dans la soirée, auprès de l’Agence France-Presse (AFP). Toutes nos eaux peuvent être bues en toute sécurité. »

    Nestlé Waters est poursuivi pour avoir stocké des déchets et maintenu quatre décharges sauvages à Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-Les-Parey et Crainvilliers, représentant un volume cumulé de 473 700 mètres cubes, l’équivalent de 126 piscines olympiques.

    « Une analyse chiffrée illustre que les proportions sont incommensurables s’agissant de l’introduction de microplastiques dans les sols vosgiens par Nestlé aux lieux des décharges, sur les terres et les eaux situées en aval », indique le magistrat chargé de l’enquête, selon Mediapart, alertant sur « leurs effets nuisibles sur la santé humaine ».

    Les taux de microplastiques sont de 515 particules de microplastique par litre (mp/L) pour #Contrex, et 2 096 pour #Hépar, soit des concentrations 51 000 à 1,3 million de fois supérieures à celles retrouvées dans des lacs, fleuves et rivières par deux études sur lesquelles s’appuient les enquêteurs. Et de 5 à 2 952 fois supérieurs aux taux moyens dans les nappes phréatiques du monde, selon d’autres études.

    edit l’article détaillé de Mediapart
    https://seenthis.net/messages/1129593

    #microplastiques #nanoplastiques #eau

  • Près de 50% des #microplastiques présents dans les océans viennent de nos #voitures, et l’électrique n’y changera rien

    Chaque trajet en #voiture libère des #fragments invisibles qui s’accumulent dans l’air, les sols et les milieux aquatiques. Ces #résidus, issus du simple #frottement des roues sur l’#asphalte, participent à une #pollution_plastique insidieuse dont les effets commencent à peine à être mesurés.

    Sur les routes du monde entier, des milliards de véhicules roulent chaque jour sans que personne ne remarque la #poussière noire qu’ils laissent dans leur sillage. À mesure que les #pneus s’usent, ils libèrent de minuscules fragments qui échappent à l’œil mais non à l’environnement. Portées par le vent, lessivées par la pluie, ces particules d’usure des pneus s’accumulent dans les #eaux_pluviales, se déposent sur les fonds marins ou flottent dans l’air que l’on respire. Leur présence silencieuse façonne désormais une forme de #pollution omniprésente, dont les effets sur les écosystèmes marins et la #santé humaine ne cessent d’inquiéter les chercheurs.

    Ces #microdéchets qui envahissent l’#environnement sans qu’on les voie

    À chaque rotation de roue, les pneus s’effritent, laissant derrière eux un flux constant de résidus invisibles à l’œil nu. Ces particules, bien que microscopiques, composent une part essentielle de la pollution plastique mondiale. D’après une estimation relayée par la revue Regional Studies in Marine Science, près de 2,26 millions de tonnes de ces particules seraient libérées chaque année par le trafic routier à l’échelle mondiale, représentant environ 28% des microplastiques présents dans l’environnement.

    Contrairement aux bouteilles ou aux sacs en plastique, ces déchets-là ne s’accumulent pas en surface. Ils s’infiltrent. D’abord piégés dans les fossés ou les grilles d’égout, ils rejoignent les rivières, puis les océans, portés par les eaux de pluie et le #ruissellement urbain. Des analyses réalisées à Oxford, dans le Mississippi, ont ainsi permis d’identifier plus de 30 000 particules d’usure dans seulement 24 litres d’eau pluviale.

    Cette pollution, d’autant plus insidieuse qu’elle est difficile à quantifier, a aussi une forme aérienne. Dans certaines zones très fréquentées, des composés issus des pneus se retrouvent en suspension dans l’#air, exposant les populations riveraines à une #inhalation quotidienne. Une étude chinoise récente y a détecté des traces de #6PPD-quinone, un composé toxique issu des antioxydants utilisés dans les pneus, dans les urines d’adultes et d’enfants.

    Les particules d’usure des pneus s’accumulent jusque dans les profondeurs marines

    Loin de s’arrêter à la surface des eaux, les particules d’usure s’infiltrent jusqu’aux strates les plus profondes des milieux marins. Une équipe de chercheurs en chimie environnementale a récemment mené une campagne d’échantillonnage dans les fjords suédois, croisant les relevés atmosphériques, ceux de la surface microlaire et de l’eau sous-jacente. Leurs résultats, publiés dans Environmental Science & Technology, révèlent une présence systématique de particules de pneus dans la #mer, avec une concentration particulièrement marquée dans la fine pellicule organique qui recouvre la surface des océans.

    Ce film, appelé #microcouche_de_surface_marine, agit comme une interface entre l’air et l’eau. Il concentre les microplastiques transportés par le vent ou la pluie, et constitue une porte d’entrée idéale vers les chaînes alimentaires marines. Des fragments issus des pneus, souvent enrichis en zinc, plomb, et autres #métaux_lourds, s’y retrouvent piégés puis ingérés par le #plancton, les #mollusques, les #poissons ou les #crustacés.

    Cette pollution diffuse peut même affecter le cycle du carbone marin. Des transformations chimiques, favorisées par les UV et le sel, modifient la composition des résidus et amplifient leur #toxicité. En Amérique du Nord, plusieurs populations de saumons coho ont vu leur taux de mortalité dépasser 50% lors de leur remontée des rivières, en lien direct avec l’exposition à ces contaminants. Ces observations pointent du doigt la dangerosité du 6PPD-quinone pour de nombreuses espèces aquatiques.

    Une pollution sournoise que la science tente d’enrayer

    Face à l’ampleur de cette menace, des solutions émergent pour limiter la dispersion des particules avant qu’elles n’atteignent les milieux naturels. Des chercheurs de l’université du Mississippi ont mis au point un système de filtration à base de biochar et de copeaux de bois, des matériaux issus de déchets agricoles. Installés dans des chaussettes filtrantes placées en sortie de caniveaux, ces dispositifs retiennent jusqu’à 90% des particules d’usure lors des épisodes pluvieux.

    Le potentiel de cette approche réside dans sa simplicité et son faible coût, mais sa généralisation nécessitera des études à grande échelle pour évaluer sa durabilité dans des zones à fort trafic. D’autant que, comme le souligne l’Interstate Technology and Regulatory Council, aucune alternative véritablement efficace au #6PPD n’est aujourd’hui disponible sur le marché, malgré la reconnaissance croissante de ses effets nocifs.

    En parallèle, la recherche s’attèle à mieux comprendre les mécanismes de transport et de transformation de ces particules. L’absence de normes standardisées pour détecter et mesurer ces contaminants complique toute action coordonnée à l’échelle mondiale. Dans les pays en développement, les données sont encore trop rares pour évaluer correctement l’impact de cette pollution émergente.

    Ainsi, malgré leur invisibilité apparente, les particules d’usure des pneus tracent un sillage durable dans notre environnement. À mesure que les connaissances progressent, elles soulignent l’urgence d’intégrer cette pollution méconnue dans les politiques de transition écologique.

    https://www.science-et-vie.com/nature-et-environnement/pres-de-50-des-microplastiques-presents-dans-les-oceans-viennent-de-
    #plastique #abrasion

  • Nous respirons jusqu’à 71 000 #microplastiques par jour

    Les microplastiques sont partout, jusque dans l’air que nous respirons. Et dans des proportions peut-être bien supérieures à ce que l’on croyait. Dans une étude publiée le 30 juillet dans la revue étasunienne Plos One (https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0328011), une équipe de chercheurs de l’université de Toulouse estime qu’un adulte peut respirer jusqu’à 71 200 particules de plastique par jour, dont 90 % (68 000) mesurent entre 1 et 10 micromètres.

    Plus fines qu’un grain de poussière, ces particules peuvent pénétrer profondément dans les #poumons et provoquer des #inflammations et #irritations. L’étude conclut que l’exposition aux microparticules de plastique dans l’air pourrait être jusqu’à 100 fois plus importante que celle estimée dans les précédentes études sur le sujet.

    Les chercheurs sont parvenus à ces conclusions en effectuant seize prélèvements d’air dans leurs #appartements et leurs #voitures. Dans les appartements, l’air a été prélevé fenêtres fermées, à environ 1,65 m de hauteur dans les salons et à 0,5 m de hauteur dans les chambres (les hauteurs moyennes d’inhalation durant la journée et la nuit). Les voitures étaient à la fois des modèles neufs et anciens, toutes dotées de sièges en polyester. Les prélèvements ont été faits pendant qu’elles roulaient.

    Dégradation des #tapis et #rideaux

    Pour analyser ces prélèvements, les chercheurs ont recouru à la spectroscopie Raman, une technique permettant d’identifier des particules de plus petite taille (jusqu’à 1 micromètre) que dans la plupart des études.

    Dans un entretien pour Plos One, l’une des autrices de cette étude, Nadiia Yakovenko, explique avoir été « surprise » et « inquiète » de retrouver autant de microplastiques dans des environnements considérés comme « sûrs et familiers ». Ces substances proviennent, dans nos maisons, de la dégradation d’#objets_en_plastique, des tapis, des rideaux, ou de la #peinture. Dans les voitures, ils viennent des tableaux de bord, des fauteuils et des tapis. La ventilation limitée dans ces espaces confinés les concentre.

    La doctorante dit espérer que leurs résultats — qui doivent être confirmés par d’autres études sur le sujet — « sensibiliseront » à la #pollution_de_l’air par les microplastiques. « Les microplastiques contiennent des #additifs toxiques, tels que le #bisphénol_A et les #phtalates, qui peuvent atteindre notre #circulation_sanguine. Bien que les recherches soient encore en cours, on craint qu’une exposition à long terme aux microplastiques et à leurs additifs puisse contribuer à des problèmes respiratoires, perturber le fonctionnement endocrinien et augmenter le risque de troubles du neurodéveloppement, de malformations congénitales, d’infertilité, de maladies cardiovasculaires et de cancers », souligne-t-elle.

    https://reporterre.net/Nous-respirons-jusqu-a-71-000-microplastiques-par-jour
    #air #qualité_de_l'air #plastique

  • La découverte d’un caoutchouc inusable ou presque
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/06/13/la-decouverte-d-un-caoutchouc-inusable-ou-presque_6612726_1650684.html

    Les pneus automobiles, dont l’usure rejette chaque année 6 millions de tonnes de particules dans l’environnement, font de cet objet du quotidien la deuxième source mondiale de #microplastiques primaires après les fibres textiles issues de la pétrochimie. Une équipe de l’université John Paulson School of Engineering and Applied Sciences de Harvard (Cambridge, Massachusetts) s’est attaquée à ce fléau en concevant une nouvelle matière, appelée « tanglemer », dix fois plus résistante aux fissures qu’un caoutchouc naturel classique.

    Pour transformer le latex visqueux en un matériau solide, ces chercheurs ont imaginé une méthode douce, sans soufre ni chaleur intense, contrairement au procédé de vulcanisation inventé au XIXe siècle par l’Américain Charles Goodyear. Cette nouvelle approche préserve les longues chaînes polymères de la sève d’hévéa au lieu de les fragmenter et les fragiliser.

    https://archive.ph/xySWf

    • Mais il y a bien longtemps que les pneus ne sont plus fabriqués avec du latex naturel.
      Du coup ça permettrait de revenir à l’hévéa à la place du pétrole ? Si oui alors les forets primaires n’en ont plus pour longtemps.
      Ce qui est décrit là c’est la résistance à la déchirure (crevaison) , mais l’usure par frottement (sur les gravillons de l’asphalte) c’est autre chose non ?
      C’est surement une découverte intéressante mais l’exemple du pneu choisi par Le Monde n’est sans doute pas le plus pertinent pour en illustrer l’intéret.

    • en effet, des pneus bio, y en a pas pour tout le monde, sinon, les camions ne rouleraient plus. le tanglemer est supposé être plus résistant que le caoutchouc, les micro plastiques, c’est au moins pour partie des micro cassures

      A Paris, le chercheur François Lequeux, Grand Prix Michelin de l’Académie des sciences [wtf] et ancien directeur scientifique de l’Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris (ESPCI), estime ce travail très intéressant. « Lorsqu’une fracture se propage dans un caoutchouc, les chaînes polymériques sont étirées et peuvent cristalliser, ce qui rend le matériau très robuste. Ce mécanisme magique [...] de la nature, spécifique aux caoutchoucs naturels et presque autoréparant, explique pourquoi ce sont encore des #pneus en caoutchouc naturel qui équipent les gros #camions ou les #avions », précise ce spécialiste de la matière molle.

      en revanche, je les voit pas vendre des pneus qui s’usent moins, sinon, les bagneules rouleraient 800 000 bornes

      #caoutchouc #polymères #tanglemer

  • Benoît Ferrari, des rivières et des gommes

    Les #particules issues de l’#abrasion des #pneus représentent 90% des #microplastiques rejetés dans l’environnement en Suisse. Benoît Ferrari cherche à évaluer la #dangerosité de cette #pollution pour l’#environnement.

    Quand on pense pollution automobile, on songe, d’abord et surtout, aux gaz d’échappement et à leurs conséquences néfastes sur le climat de la planète. Mais on oublie souvent que même la plus « verte » des voitures est équipée de pneus et qu’en roulant, ceux-ci libèrent dans la nature une quantité impressionnante de #particules_fines composées non seulement de caoutchouc mais aussi de nombreux additifs et autres #produits_chimiques au potentiel toxique élevé. Selon le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa), l’abrasion des pneus représenterait ainsi une part estimée à 90% des microplastiques rejetés dans l’environnement en Suisse, chaque habitant-e du pays produisant en moyenne 1,4 kg d’usure de pneu par an. Mieux comprendre les mécanismes de cette pollution insidieuse, évaluer précisément sa dangerosité et tenter d’en juguler les effets, c’est l’objectif que poursuit Benoît Ferrari au sein du Centre suisse d’écotoxicologie appliquée (Centre Ecotox). Ancien du Département F.-A. Forel des sciences de l’environnement et de l’eau, le chercheur était de retour à Genève dans le cadre d’une conférence – « Plastiques dans le Léman. Overdose ? » – donnée au Campus Biotech. Entretien.

    Campus : Comme toutes les particules fines, celles libérées par l’usure des pneus sont difficiles à détecter. Comment a-t-on pris conscience de l’ampleur du problème ?
    Benoît Ferrari : L’intérêt des chercheurs à travailler sur le possible impact des résidus de pneus sur l’environnement a été grandement stimulé par un article paru dans la revue Science à la fin de l’année 2020. Il se trouve que depuis les années 1980, le saumon argenté (ou coho) est régulièrement victime d’hécatombes dans certains cours d’eau du nord-ouest des États-Unis. Or, après une dizaine d’années de recherche, les auteurs de cet article sont parvenus à démontrer que la cause première de ces pics de mortalité était une substance chimique appelée #6PPD-quinone, une molécule produite par l’oxydation d’un anti-ozonant utilisé dans la production des pneus afin de ralentir leur vieillissement.

    Comment expliquer que le saumon kéta, par exemple, qui fréquente pourtant les mêmes rivières, ne soit pas touché par cette pollution ?
    La question n’est pas définitivement tranchée. Il y a beaucoup de recherches en cours sur le sujet. Le comportement bizarre des saumons argentés avant qu’ils ne meurent semble indiquer que la 6PPD-quinone s’attaque au système nerveux. En laboratoire, il a d’ailleurs été démontré que lorsqu’on expose des cellules du cerveau d’une truite arc-en-ciel, qui fait également partie de la famille des salmonidés, à cette substance, on constate des toxicités aiguës, même à des niveaux de pollution extrêmement faibles alors que l’impact est quasiment nul sur les cellules intestinales ou des cellules de branchies.

    Face à ces révélations, l’industrie du pneu a-t-elle tenté de réfuter la mise en cause de la 6PPD-quinone ou d’allumer des contre-feux, à l’image de ce qu’ont pu faire les fabricants de tabac ou de produits phytosanitaires par le passé ?
    Je dirais qu’il y a eu une prise de conscience réelle et une volonté sincère de faire avancer les choses. Depuis, les fabricants font des efforts importants pour innover tant sur le matériau lui-même que sur les #additifs utilisés. Le Tyre Industry Project, qui est un consortium regroupant les dix acteurs les plus importants du secteur, contribue par ailleurs au financement de nombreux laboratoires de recherche indépendants travaillant sur le sujet, dont celui du Centre Ecotox.

    Comment les particules de pneus se propagent-elles dans l’environnement ?
    Quand un véhicule est en mouvement, le contact entre le pneu et le sol génère une #friction qui arrache à la surface du pneu de petites particules. Les plus légères peuvent rester en suspension dans l’air et être disséminées par le vent. Les autres se déposent sur l’asphalte où elles sont susceptibles de se mélanger à toutes sortes d’éléments : poussières, fragments d’asphalte, résidus d’huile, gaz d’échappement, produits du freinage et autres déchets divers. En cas de fortes averses, ces particules de nature très hétérogène vont être entraînées soit dans les assainissements qui se trouvent sur le bord des routes et éventuellement vers des stations d’épuration, soit directement dans les sols et les cours d’eau.

    Quels sont les objectifs du projet que vous menez depuis 2019 au sein du Centre Ecotox, en collaboration avec l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies aquatiques (Eawag) et l’EPFL ?
    Quand vous observez une particule issue de l’usure de pneus au microscope électronique, vous voyez une sorte de boudin de caoutchouc flanqué de nombreuses incrustations liées à ce que la particule a récupéré lors de la friction sur la route. C’est assez joli à regarder, mais on ne sait pas toujours à quoi on a affaire. Et déterminer exactement la composition de ces particules et leurs effets sur l’environnement est un défi de taille.

    Pourquoi ?
    Étant donné leur taille, il est très difficile de récolter ces particules in situ. En laboratoire, nous travaillons donc sur des sortes de proxys fabriqués artificiellement à partir de différentes marques de pneus de voitures, de poids lourds de motos ou autres véhicules légers. Pour y parvenir, la couche supérieure de la bande de roulement est découpée en petits morceaux de 1 cm3 à l’aide de ciseaux industriels et d’une machine à jet d’eau, puis broyée par cryogénie afin d’obtenir des particules proches de ce qu’on peut retrouver dans l’environnement. Aujourd’hui, on dispose de mélanges spécifiques au continent européen et au continent américain.

    Quelle est l’étape suivante ?
    Afin d’évaluer la dangerosité potentielle de ce type de pollution, nous cherchons à reconstituer le comportement de ces particules une fois qu’elles se retrouvent dans l’environnement. L’idée est de comprendre comment elles évoluent au contact de l’air, de l’eau ou d’autres substances chimiques, ce qui se produit lorsqu’elles sont ingérées par des organismes et comment ces substances se transmettent d’une espèce à l’autre tout au long de la chaîne alimentaire. Est-ce que la #contamination est directe ou est-ce que certaines substances contenues dans ces particules sont libérées par la digestion avant d’être accumulées par les organismes et transmises à d’autres espèces ?

    Comment procédez-vous pour y parvenir ?
    Nous testons aussi bien les micro-organismes qui constituent le biofilm que des invertébrés comme les larves d’insectes et les gastéropodes ou différentes espèces de poissons. Un des aspects novateurs de ce projet tient d’ailleurs au fait que plutôt que de sacrifier des poissons extraits du milieu naturel pour réaliser nos expérimentations, nous travaillons sur des cultures cellulaires de différents types de tissus que nous exposons à nos échantillons de particules de pneu.

    Avec quels résultats ?
    On observe effectivement un certain nombre d’effets, mais à l’heure actuelle, il est encore trop tôt pour trancher définitivement la question de la dangerosité de ces particules de pneu pour l’environnement et, par extension, pour l’être humain. Notamment parce que les effets observés correspondent à des concentrations de particules qui sont supérieures à ce qu’on pourrait trouver dans la nature. Nous avons donc encore besoin d’accumuler un certain nombre de données avant de pouvoir préciser nos conclusions.

    A-t-on une idée précise du degré de contamination d’un lac comme le Léman par ces particules de pneus ?
    Là encore, nous manquons de données pour avoir une idée claire de la situation. Mais la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (Cipel) procède tous les dix ans à une campagne d’échantillonnage visant à dresser un état des lieux de la contamination des sédiments. Dans le cadre de notre projet, nous allons profiter de la prochaine campagne de mesures, qui est imminente, pour quantifier le niveau de concentration des particules d’usure de pneus et des différentes substances caractéristiques de celles-ci dans le Léman et nous devrions avoir une réponse d’ici à la fin de l’année. On sait par ailleurs que les concentrations mesurées de ces substances relarguées par les particules près des déversoirs d’orage ou des conduites qui drainent les eaux de pluie peuvent atteindre quelques centaines de nanogrammes par litre au moment d’événements pluvieux, ce qui n’est pas négligeable. On en retrouve également à des concentrations de l’ordre de quelques centaines de nanogramme spar gramme dans les sédiments de surface. Par ailleurs, des concentrations élevées de particules de l’ordre du gramme par kilogramme, ont été relevées dans certains sols proches des routes. Ces niveaux de concentration requièrent toute notre attention.

    De ce point de vue, le développement des #voitures_électriques n’est pas forcément une bonne nouvelle dans la mesure où elles sont globalement plus lourdes que les véhicules équipés d’un moteur à explosion...
    Le #poids est en effet un facteur qui augmente l’usure des pneus. Mais ce n’est pas le seul. La largeur des pneus a aussi un impact, de même que la manière de conduire. Une vitesse excessive, une conduite agressive ou des freinages brusques sont aussi des éléments qui favorisent le relâchement de particules de pneus dans l’environnement.

    Est-il imaginable de développer des pneus qui soient moins toxiques du point de vue écologique ?
    L’équation n’est pas simple à résoudre dans la mesure où les contraintes sont importantes. Pour remplir sa fonction d’un point de vue sécuritaire, le pneu d’un véhicule doit, d’une part, être assez solide pour résister au poids de celui-ci, qui a plutôt tendance à augmenter. D’autre part, pour accrocher à l’asphalte, il est impératif que le pneu exerce une certaine friction sur la route. Cela étant, il y a sans doute une marge de progression importante sur la qualité du matériau lui-même et sur les additifs utilisés actuellement dans le processus de fabrication.

    Existe-t-il d’autres leviers pour tenter de juguler le problème ?
    Sur le plan technique, on commence à voir apparaître des systèmes qui permettent de piéger les particules au moment où elles se détachent du pneu. Le principe consiste à fixer sur le châssis du véhicule un appareil capable de suivre la trajectoire probable des particules et de les capter à l’aide d’un dispositif électromagnétique, un peu à la manière d’un papier tue-mouches. C’est une solution intéressante mais qui, pour l’heure, est encore en phase de test.

    Faudrait-il une législation plus sévère en la matière ?
    On peut en effet adapter la législation pour réglementer l’usage de certains additifs comme cela a été fait pour la 6PPD dans certaines régions des États-Unis. Il est aussi envisageable d’exiger une plus grande transparence sur les éléments qui entrent dans la fabrication des pneus, ce qui a d’ailleurs été évoqué récemment au sein de l’Union européenne. C’est un bon moyen pour pousser les fabricants à anticiper des problèmes dans le futur et donc à améliorer les procédures. Mais il y a aussi probablement un effort à faire en matière d’assainissement des routes.

    C’est-à-dire ?
    Au-delà du problème lié aux particules de pneus, les routes drainent une quantité considérable de polluants. Plusieurs solutions sont envisageables pour en réduire l’impact sur l’environnement. En Suisse, certains cantons travaillent par exemple sur de nouveaux types d’asphalte capables de récupérer directement les eaux de pluie par absorption. Le système d’évacuation et de traitement des eaux de chaussée (Setec) dont nous disposons actuellement peut par ailleurs sans doute être optimisé afin de mieux récupérer les eaux de pluie. Enfin, dans un pays qui se targue de disposer de stations d’épuration très opérationnelles, on ne sait pas encore exactement dans quelle mesure ces installations sont capables de bloquer ou de diminuer l’impact de ce type de microparticules. Heureusement, il y a de nombreux travaux de recherche en cours sur la question, ce qui devrait permettre d’y voir plus clair dans un avenir proche.

    https://www.unige.ch/campus/161/invite

  • #Microplastiques : de premières études laissent craindre un impact inquiétant sur notre organisme

    Des chercheurs ont observé des troubles du comportement chez des animaux exposés aux microplastiques. Chez l’humain, leur présence dans le #cerveau soulève de plus en plus de questions.

    Les microplastiques sont partout. Ces minuscules particules, mesurant moins de 5 millimètres de diamètre, sont invisibles à l’œil nu et proviennent de la dégradation d’objets en plastique plus volumineux, comme les sacs ou les bouteilles. Avec le temps, ces déchets se fragmentent et se dispersent dans l’ensemble de notre environnement.

    Selon le magazine en ligne New Scientist (https://www.newscientist.com/article/mg26635421-000-what-are-microplastics-doing-to-your-brain-were-startin), nous consommons environ 52.000 particules de microplastique par an ; 121.000 si l’on inclut celles que nous inhalons. On retrouve ainsi ces petits fragments dans les reins, le foie et d’autres organes humains. Les scientifiques ont récemment découvert que notre cerveau n’était pas protégé par la barrière hémato-encéphalique, qui l’isole du reste de l’organisme, et que des particules étrangères pouvaient y être retrouvées.

    Tamara Galloway, écotoxicologue à l’Université d’Exeter au Royaume-Uni, explique que l’on ne sait pas encore précisément si les microplastiques peuvent perturber notre cerveau, ni comment s’illustreraient ces perturbations. Elle estime cependant que leurs effets sur les humains pourraient être graves. Ce sont principalement les recherches menées sur les animaux qui nous permettent, pour l’heure, de mieux comprendre les effets des microplastiques sur le cerveau et le comportement.

    L’exemple le plus marquant est celui du bernard-l’ermite. Le chercheur Andrew Crump, du Royal Veterinary College de Londres, a exposé ces crustacés à deux environnements : l’un contenant de l’eau propre, l’autre de l’eau polluée par des fragments microscopiques de polyéthylène, un plastique très répandu dans les emballages. Après cinq jours, chaque bernard-l’ermite devait choisir entre deux coquilles : l’une plus petite, l’autre plus grande que celle qu’il occupait. Résultat, les individus exposés aux microplastiques semblaient confus et optaient plus fréquemment pour la coquille la moins adaptée. De quoi suggérer que ces particules altèrent potentiellement leur faculté à prendre des décisions essentielles à leur survie.

    Des indices alarmants

    Malheureusement, le nombre de particules de microplastiques présentes dans notre environnement est en pleine explosion. Matthew Campen, chercheur à l’Université du Nouveau-Mexique, affirme que les cerveaux de personnes décédées en 2024 contenaient environ 50% de microplastiques en plus que ceux de personnes mortes en 2016. Aujourd’hui, on retrouve en moyenne 7 grammes de plastique par cerveau, soit « l’équivalent de quelques bouchons de bouteille d’eau », souligne le média.

    Malgré les restrictions expérimentales (il est compliqué de disséquer des cerveaux d’humains encore en vie), il existe quelques indices d’effets néfastes chez des personnes vivantes. Une étude publiée dans la revue scientifique Sage Journals (https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.3233/JAD-240746) a révélé que les chinois de 60 ans et plus, affirmant être fortement exposés aux microplastiques (notamment en utilisant de la vaisselle en #plastique et en buvant régulièrement de l’#eau_en_bouteille) présentaient un risque accru de #troubles_cognitifs légers.

    Ces résultats soulèvent des préoccupations quant aux effets neurologiques potentiels des microplastiques chez l’humain, bien que des études plus approfondies soient nécessaires pour établir d’éventuels liens supplémentaires.

    En attendant d’en savoir plus, certains gestes simples permettent de limiter notre exposition quotidienne. Cela passe par l’utilisation de contenants en verre ou en céramique, le choix de produits issus de l’agriculture biologique et la préférence pour les aliments non emballés.

    https://www.slate.fr/sciences/microplastiques-pollution-organisme-corps-humain-environnement-probleme-sante-
    #microplastique #santé

  • Des additifs de pneus retrouvés sur les fruits et légumes consommés en Suisse - rts.ch - Santé
    https://www.rts.ch/info/sante/2025/article/des-additifs-de-pneus-retrouves-sur-les-fruits-et-legumes-consommes-en-suisse-28

    Des traces d’additifs typiquement utilisés dans la fabrication de pneus ont été détectées dans toutes les catégories de fruits et légumes les plus couramment consommés en Suisse, selon l’étude de l’EPFL et de l’OSAV parue dans le Journal of Hazardous Materials.

    Et ce, peu importe la provenance des fruits et légumes et qu’ils soient bio ou pas : « Le régime alimentaire étant globalement le même dans toute l’Europe de l’Ouest, on peut imaginer que ces chiffres sont représentatifs de l’exposition à ces particules dans les pays voisins », indique Florian Breider.

    (...)

    Seules des études sur des rongeurs ont permis d’établir à ce jour la toxicité des additifs de pneus sur les mammifères, en particulier la DPG, la 6PPD et la 6PPD-quinone. Avec comme résultats une baisse de la fertilité des mâles et la survenue d’effets neurotoxiques et neuro-inflammatoires. Le seuil critique pour l’être humain n’est lui pas encore connu.

    Selon une étude de 2017, environ 6 millions de tonnes de ces additifs sont relâchés dans l’environnement chaque année. Une autre analyse effectuée en 2023 relève que l’exposition n’épargne pas les zones rurales, car la fréquence du trafic routier n’est pas significative (lire encadré).

    Une étude en cours de l’EPFL a même montré qu’on retrouvait ces composants dans les lacs alpins. L’exposition peut donc être comparée à celles d’autres micropolluants.

    #microplastiques #pneus #alimentation

    • Les pneus de voiture empoisonnent les saumons et peut-être aussi les humains | National Geographic -
      https://www.nationalgeographic.fr/animaux/environnement-pollution-toxine-les-pneus-de-voiture-empoisonnent-

      Durant des décennies, les chercheurs suspectaient qu’un étrange produit chimique présent dans les fleuves de l’État de Washington, dans le nord-ouest des États-Unis, était à l’origine de la mort d’un nombre invraisemblable de saumons argentés, que l’on retrouvait échoués sur les berges après de fortes pluies, leur ventre encore plein d’œufs. En 2020, après des années d’une obsession digne de Marie Curie, une équipe de scientifiques a finalement été en mesure d’identifier l’agent chimique mortel dans des échantillons d’eau de pluie : la #6PPD-quinone. Son parent chimique, ont-ils confirmé, est virtuellement présent dans tous les #pneus du monde.

      (...)

      Aujourd’hui, une personne sème chaque année derrière elle au moins 2,5 kilogrammes de minuscules particules de pneu aux États-Unis, selon des chiffres publiés par l’Agence de protection environnementale de Californie. Ces particules transportent le #6PPD dans l’air pollué proche du sol, où il s’accroche à deux atomes d’hydrogène et un atome d’oxygène pour se transformer en quinone.

    • 6PPD - Wikipedia
      https://en.wikipedia.org/wiki/6PPD

      6PPD is an organic chemical widely used as stabilising additive (or antidegradant) in rubbers (...) It is mobile within the rubber and slowly migrates to the surface via blooming. On the surface it forms a “scavenger-protective film” that reacts with the ozone more quickly than the ozone can react with the rubber. (...) Despite 6PPD being used in tires since the mid 1970s, its transformation to quinones was first recognized in 2020.

  • Microplastiques : une pollution invisible mais massive dans tous les fleuves européens
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/04/07/microplastiques-une-pollution-invisible-mais-massive-dans-tous-les-fleuves-e


    Bactéries sur du microplastique récolté par les équipes de la mission Tara Microplastiques. LABORATOIRE SOFTMAT/CNRS

    Deuxième résultat qui a sidéré les chercheurs, la concentration « alarmante » de « petits » microplastiques dans les fleuves européens [les « grands » microplastiques mesurent entre 500 micromètres et 5 mm, les « petits » microplastiques entre 25 micromètres et 500 micromètres] : jusqu’à une centaine de microgrammes par mètre cube, soit jusqu’à 1 000 fois plus importante en nombre et masse que les « grands » #microplastiques. Très peu étudiés, ces « petits » microplastiques préoccupent les scientifiques, car ils sont encore plus susceptibles d’être ingérés à tous les échelons de la #chaîne_alimentaire, du microzooplancton aux poissons. Pour les mesurer, il a fallu développer une nouvelle technologie alliant spectrométrie de masse et pyrolyse : « un saut technologique qui nous permet de voir l’invisible », explique Alexandra Ter Halle, directrice de recherche au CNRS et une des meilleures spécialistes mondiales des microplastiques. Cette découverte doit conduire les scientifiques à investir « à fond » ce nouveau champ de recherche, selon M. Ghiglione.

    [...]
    Quels sont les effets de cette dispersion ? Les microplastiques charriés par les fleuves fonctionnent comme des radeaux pour les micro-organismes qui vont s’y accrocher et s’y développer. Ces micro-organismes peuvent être pathogènes. Pour la première fois, les chercheurs ont réussi à identifier une #bactérie particulièrement virulente pour l’homme sur des particules plastiques : Shewanella putrefaciens.

    Cette bactérie est responsable de bactériémies, d’otites, d’infections des tissus mous ou encore de péritonites. Elle a été identifiée dans la Loire, et les analyses ont démontré qu’elle conservait sa virulence sur le plastique. « Ce résultat pose la question de la dispersion de #maladies sur de grandes distances par les plastiques, commente M. Ghiglione. La dissémination de ces pathogènes dans l’environnement est démontrée, le danger existe, il reste désormais à quantifier le risque pour l’homme par d’autres études. »

    Outre les bactéries, les #microplastiques fonctionnent aussi comme des « éponges » à polluants. En exposant des moules – qui sont de redoutables filtres à pollution – à des granulés de plastique retrouvés sur des berges, les chercheurs ont mis en évidence que les particules de plastique pouvaient capter et relarguer des produits chimiques toxiques comme des métaux lourds, des hydrocarbures ou des pesticides en plus des additifs – on en recense plus de 16 000 – qui entrent dans leur composition. Pour les chercheurs, la toxicité des plastiques ne se limite donc pas à leur composition chimique intrinsèque, mais doit aussi prendre en compte le « #cocktail_chimique » que le plastique capte telle une éponge.

    « Ces résultats démontrent que la seule solution pour lutter contre cette #pollution catastrophique, ce n’est pas d’améliorer le recyclage, qui ne fonctionne pas, mais de réduire la production de #plastique », rappelle M. Ghiglione. Les négociations autour d’un futur traité international sur la #pollution_plastique achoppent précisément sur ce point. Estimée à 460 millions de tonnes par an, la production mondiale de plastique devrait tripler d’ici à 2060. A cet horizon, si on ne ferme pas le robinet, ce sera l’équivalent de trois camions-poubelles remplis de plastique qui se déversera chaque minute dans les océans [soit trois plus qu’actuellement].

    edit article entier trouvé là https://archive.ph/6prtx

  • Les #sols sont largement pollués par les #microplastiques

    Une étude de l’Ademe publiée le 26 décembre fait état d’une présence massive de microplastiques dans les sols, en particulier agricoles. Une pollution en grande partie due à un tri des déchets défaillant, d’après ces travaux inédits en France.

    C’est une première du genre. Si jusqu’ici la #contamination des eaux et des océans par les plastiques, objet de nombreuses recherches, était connue, celle des sols l’est beaucoup moins. Jeudi 26 décembre, l’Ademe est venue combler ce manque en publiant une étude sur la présence de microplastiques sous nos pieds. Le résultat n’est pas beau à voir : les trois quarts des sols examinés par l’Agence de la transition écologique sont contaminés par des produits issus de la dégradation de matières plastiques.

    Pour arriver à ce résultat, l’Ademe a examiné 33 sols différents, parmi lesquels 29 sols agricoles (grandes cultures, prairies, vignes, vergers), et 4 sols forestiers. Elle y a détecté, pour 76 % d’entre eux, des microplastiques d’une taille comprise entre 0,3 et 5 mm. Autrement dit, certains sont invisibles à l’œil nu, mais un kilo de sol sec contient en moyenne 15 particules de microplastiques, selon l’étude. La plupart de ces résidus appartenant au polyéthylène, la matière plastique la plus commune.

    « Nous avons été surpris par la quantité de microplastiques, témoigne auprès de Mediapart Roland Marion, directeur de l’économie circulaire à l’Ademe. Nous nous doutions que ces particules étaient présentes dans les sols mais aucune étude quantifiée avec ce niveau de détail n’avait été faite auparavant et l’on ne pensait pas que le pourcentage de sol touché serait aussi élevé. »

    Pour l’Ademe, la nouvelle est à prendre au sérieux, et il va falloir poursuivre les travaux au-delà de cette première étude, qui ne porte que sur 33 échantillons. Car ce qui est en jeu, c’est une pratique qui se voulait écologique : le #tri et le #recyclage des déchets – les #biodéchets, issus de la décomposition des aliments, permettant de remplacer les engrais chimiques dans les champs agricoles. Or ce tri est mal fait, et ces fertilisants à base de matières naturelles contiennent des tas de #résidus issus de la dégradation d’#emballages plastiques. L’agence a analysé 167 échantillons de matières organiques ; 166 d’entre eux comprenaient des microplastiques.

    « Notre étude pointe les pratiques de collecte et de tri des déchets, poursuit Roland Marion. Il y a, en amont, un tri qui peut être mal réalisé dans les foyers. Il faut comprendre que ce que l’on fait chez nous a un impact sur ce qui est épandu dans les champs... Mais il y a aussi des outils industriels défectueux. Ils sont censés séparer les biodéchets du reste, mais le plastique passe malgré tout. C’est le cas notamment des #TMB [#tri_mécano-biologique, ndlr], on en compte une quarantaine sur le territoire. »

    Les défauts de cette technologie sont connus, et les produits organiques issus de ce tri ne pourront plus être épandus sur les sols agricoles à partir de 2027. Au vu des résultats de son étude, cependant, l’Ademe préconise de cesser cet usage dès à présent. « On peut recycler ces déchets autrement, par exemple en les mettant dans un méthaniseur, pour produire du gaz », précise Roland Marion.

    Le tri des déchets et le #paillage en cause

    Autre technologie à l’origine de la pollution des sols : le « paillage » à base de films plastiques. Ces grandes bâches, utilisées en agriculture pour recouvrir les sols afin d’y retenir chaleur et humidité et empêcher les « mauvaises herbes », entraînent elle aussi une infiltration de produits plastiques dans les parcelles. « Bien que les films soient retirés des sols en fin de cultures, les fragments de films au #polyéthylène ont été retrouvés sans les huit sous-parcelles d’essai, écrit l’Ademe. Des fragments de films biodégradables ont également été retrouvés au moins cinq ans après la fin des paillages. »

    Le plastique n’est pourtant pas indispensable dans cette technique de couverture des sols qui présente l’avantage de se passer de produits chimiques. Le paillage peut en effet se faire avec de la matière végétale (terreau de feuilles mortes, paille, copeaux de bois, chanvre…). « Les toiles ou bâches plastiques utilisées comme paillage sont nocives pour la vie des sols et la biodiversité, lit-on sur le site de l’Office français pour la biodiversité (OFB). Au bout d’un certain temps, le soleil et la pluie dégradent ce plastique en micro et nanoparticules, qui vont contaminer durablement les sols et l’eau. Il est absolument nécessaire d’éviter d’utiliser ce type de paillage. Même les paillages en #bioplastiques sont à écarter : certains sont biodégradables, mais pas tous. De plus, leur recyclage est très difficile voire impossible. »

    L’alternative est donc toute trouvée, et elle est en réalité déjà pratiquée par de nombreuses personnes. À quand des mesures du ministère de l’agriculture pour réduire cet usage du plastique dans les champs ?

    Ces bâches sont « une vraie catastrophe », souligne Marc-André Selosse, biologiste spécialiste des sols. « On sait qu’on ne peut pas éliminer le plastique, une fois qu’il est là, il est là pour toujours… Donc il faut tout faire pour ne pas l’introduire. »

    Le chercheur rattaché au Museum national d’histoire naturelle, « seulement à moitié étonné par l’étude de l’Ademe », reconnaît que les effets du plastique sur les sols sont encore mal connus. « Mais il a un effet sur la #biodiversité, c’est certain, puisqu’il est absorbé par toute la faune qui vit sous nos pieds. Or c’est un cancérogène et un #perturbateur_endocrinien. C’est donc une pression de plus, qui s’ajoute à tout ce que les animaux des sols subissent déjà avec les pesticides, le labour, le changement climatique… Cela commence à faire beaucoup ! »

    Et pour ne rien arranger, l’intrusion du plastique dans les sols les rend plus hydrophobes ; autrement dit cela réduit leur capacité à retenir l’eau. « Or il nous faut de l’eau dans les sols pour nos étés secs... », rappelle le scientifique.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/261224/les-sols-sont-largement-pollues-par-les-microplastiques
    #plastiques #pollution #France #statistiques #chiffres

  • Consommation : attention à l’utilisation du #film_alimentaire

    Le film alimentaire est très souvent utilisé pour recouvrir des aliments qu’ils soient cuisinés ou frais. Mais attention, il ne doit pas être utilisé avec tous les aliments et pas n’importe comment.

    Pour couvrir le reste d’un gratin, emballer un sandwich ou réchauffer un plat au micro-ondes : chaque année en France, on utilise 1,2 milliard de mètres de film alimentaire, d’après la Fondation GoodPlanet. Ça fait beaucoup de #plastique, avec les ravages que l’on sait pour l’environnement et ça n’est pas anodin pour la #santé, non plus.

    En lisant ce qui est indiqué sur un rouleau de film alimentaire : « ce film convient à tous les aliments, excepté les graisses et les huiles animales, les produits conservés en milieu gras, les fruits à coque, en pâte ou en crème et les sauces à caractère gras comme les mayonnaises, crèmes pour salades et autres mélanges, notamment à base de noix de coco », vous éliminez beaucoup d’aliments ! Pas de fromage, pas de saumon, pas de pâte à tarte… rien qui contienne du #gras, tout simplement parce que le plastique utilisé est susceptible de libérer des #substances_chimiques, notamment de la famille des phtalates, qui peuvent perturber le bon fonctionnement de nos #hormones. Or ces #phtalates adorent le gras ! Donc les aliments qui en contiennent sont les plus contaminés. Ça ne veut pas dire que nous ne pouvons pas utiliser de film plastique pour les conserver : il faut juste éviter le #contact_direct avec les #aliments.

    Des #précautions à prendre

    Certains films sont voués à la cuisson, là aussi, en évitant tout contact direct avec l’aliment, si possible. Certains emballages le précisent, d’ailleurs. On filme donc le récipient et on peut faire quelques trous à la fourchette avant de lancer le micro-ondes. Pas de four traditionnel, ni de cuisson à l’eau bouillante. On voit, comme ça, des recettes qui consistent à enrouler un ballotin de volaille dans du film alimentaire, avant de le plonger dans l’eau bouillante. Ce n’est absolument pas fait pour !

    Certains indiquent qu’ils sont sans #parabène, sans phtalate, sans #bisphénol_A, mais ne précisent pas ce qu’ils contiennent. Nous avons tenté de le savoir, auprès d’un fabriquant, mais nous n’avons pas obtenu de réponse. Quoiqu’il arrive, cela reste du plastique et quand il chauffe au contact d’un aliment, il peut s’y infiltrer et se retrouver dans notre organisme, au bout du compte. Cette pollution de l’organisme aux #microplastiques inquiète beaucoup les scientifiques, notamment sur les risques de #cancer. Nous vous proposons de revenir aux classiques : l’inox, le verre, la poterie, une assiette en guise de couvercle et le tour est joué.

    https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/ca-nous-arrive-tous-les-jours/consommation-attention-a-l-utilisation-du-film-alimentaire-3192402
    #alimentation

    • « une assiette en guise de couvercle » … bof, il y a quand même plus étanche. Je n’utilise quasiment plus de plastique jetable, mais il faut quand même des systèmes qui marchent, sinon arrive un moment où tu en peux plus d’avoir des trucs qui moisissent, et tu baisses les bras

  • Microplastics in the Olfactory Bulb of the Human Brain | Environmental Health | JAMA Network Open | JAMA Network
    https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2823787

    Question Can microplastics reach the olfactory bulb in the human brain?

    Findings This case series analyzed the olfactory bulbs of 15 deceased individuals via micro-Fourier transform infrared spectroscopy and detected the presence of microplastics in the olfactory bulbs of 8 individuals. The predominant shapes were particles and fibers, with polypropylene being the most common polymer.

    Meaning The presence of microplastics in the human olfactory bulb suggests the olfactory pathway as a potential entry route for microplastics into the brain, highlighting the need for further research on their neurotoxic effects and implications for human health.

    #microplastiques #cerveau #santé

  • Rising rates of cancer in young people prompts hunt for environmental culprit
    https://archive.ph/2024.08.07-041555/https://www.ft.com/content/491d7760-c329-4f57-9509-0da36bc9e7de

    The idea of #cancer as predominantly a disease of old age is beginning to creak. An analysis last year showed that, in the G20 group of industrialised nations, rates of several cancers are rising faster among the young than among the old. 

    Now, scientists at the American Cancer Society have confirmed the trend across a wider range of cancers, with statistics broadly suggesting that a Gen X or Millennial is more likely to develop certain types of the disease than her Baby-boomer parents. Half of the 34 types studied showed a “birth cohort effect”, meaning they are increasingly common among successively younger cohorts.

    […]

    Bafflingly, many of the new clinic’s young patients are in good shape, exercise regularly and eat healthily. That is prompting a hunt for environmental carcinogens capable of affecting entire generations. Last year, New Zealand researchers showed that microplastics, now found everywhere and ingested from infancy onwards, could disrupt the gut lining. The prevalence of microplastic pollution since the 1960s — the tiny plastic particles come from consumer products and the breakdown of industrial waste — has the right timeline and might explain the compounding effect between generations, but it needs further investigation.

    #microplastiques #cancer #jeunes

    Source:
    Differences in cancer rates among adults born between 1920 and 1990 in the USA: an analysis of population-based cancer registry data - The Lancet Public Health
    https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(24)00156-7/fulltext
    https://www.thelancet.com/cms/asset/7e57a199-90a6-4451-b369-61f85bfca303/gr1.jpg

  • Nos #vêtements génèrent des #microplastiques qui polluent le #fleuve #Saint-Laurent

    Les microplastiques les plus abondants dans le #fleuve_Saint-Laurent sont les #fibres_textiles de #polyester. Lorsqu’on lave une veste en tissu polaire, de minuscules fibres de plastique s’échappent vers les écosystèmes aquatiques.

    Valérie S. Langlois est professeure titulaire et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicogénomique et perturbation endocrinienne à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) ; Julien Gigault est professeur et chercheur en chimie à l’Université Laval ; Raphaël Lavoie est chercheur scientifique à Environnement et Changement climatique Canada et professeur associé à l’INRS et To Tuan Anh est technicien à l’INRS.

    Nos vêtements sont faits principalement de… matière plastique. Contrairement au coton, qui provient d’une plante, le polyester et le fameux spandex ou lycra — qui rendent les vêtements plus extensibles — ne poussent pas dans la nature. Ce sont des matières artificielles conçues à partir de plastique qui sont utilisées dans la production de textiles synthétiques.

    Lorsqu’on les lave, de minuscules fibres de plastique se détachent de nos vêtements puis passent dans les canalisations. Une fois arrivées à la station d’épuration des eaux usées, elles déjouent le processus d’élimination en raison de leur taille microscopique (d’où leur nom, les microplastiques) et se retrouvent dans nos écosystèmes aquatiques.

    Nous avons récemment mené une évaluation des microplastiques présents dans les eaux du fleuve Saint-Laurent et de son estuaire. Nous avons constaté que les microplastiques les plus abondants étaient les fibres textiles de polyester.

    Ailleurs dans le monde, on trouve des résultats similaires. Dans la mer Caspienne, par exemple, les fibres textiles étaient également le type de microplastiques le plus retrouvé dans le système digestif des poissons.

    Dans cet article, nous proposons de brosser un portrait de cette situation préoccupante.
    Pleins feux sur les microplastiques

    Les microplastiques (dont la taille varie entre l’épaisseur d’un cheveu et celle d’un cure-dent) ont été détectés partout sur la planète, notamment dans l’eau, les sédiments, le sol, l’air, les animaux et même dans les nuages et le sang humain.

    À l’échelle mondiale, on estime que près de 110 millions de tonnes de plastiques se sont accumulées dans les rivières au fil du temps, dont 12 % seraient des microplastiques et 88 % des macroplastiques (dont la taille est supérieure à l’épaisseur dudit cure-dent).

    Les microplastiques sont reconnus comme étant les produits de la dégradation des macroplastiques. On peut par exemple penser aux particules d’abrasion des pneus, aux bouteilles de plastique ou aux fibres de lavage des textiles.

    Conséquence ? Une proportion substantielle des macroplastiques d’aujourd’hui se dégradera et se transformera en microplastiques de demain.

    Les effets néfastes de l’exposition aux microplastiques sur la santé des organismes vivants ont été largement documentés. Chez l’humain, cette exposition a été associée à une perturbation des cellules, à des troubles du métabolisme, à une réponse du système immunitaire et à des effets négatifs sur la reproduction et le développement.

    L’éventail des effets répertoriés des microplastiques sur la santé n’est probablement que la pointe de l’iceberg, alors que les efforts de recherche mondiaux se poursuivent pour étudier diverses espèces.
    Des microplastiques pour souper ?

    Les microplastiques peuvent, entre autres, s’accumuler dans les poissons que l’on pêche et que l’on élève en aquaculture. Vous aurez donc deviné qu’ils finissent par se retrouver… dans nos assiettes.

    Une étude récente a démontré la présence de microplastiques de type fibres textiles synthétiques dans la chair de poissons commerciaux destinés à l’alimentation humaine. La quantité de microplastiques était également plus grande dans les poissons carnivores, c’est-à-dire ceux qui se nourrissent d’autres poissons.

    Consommer des poissons herbivores tels que le tilapia, plutôt que des poissons carnivores comme le thon, le saumon et la truite, pourrait ainsi diminuer la quantité de microplastiques dans nos repas.

    Le fleuve Saint-Laurent et son estuaire

    Le fleuve et son estuaire drainent environ 25 % de l’eau douce mondiale. Et plus de 45 millions de personnes vivent à proximité.

    En voguant sur le fleuve, la contamination par les microplastiques peut finir par atteindre l’océan Atlantique.

    Cette situation est particulièrement préoccupante. Pourquoi ? D’une part, parce qu’elle contribue à prédire de futures charges de microplastiques dans les eaux marines. Et de l’autre, parce que le fleuve abrite plusieurs millions d’animaux, d’invertébrés et de plantes.

    Dans notre étude, nous avons évalué la portion de microplastiques qui flottent dans les 40 premiers centimètres sous la surface de l’eau à 11 sites distincts du fleuve et de l’estuaire du Saint-Laurent.

    Nos résultats sont sans équivoque : les microplastiques sont présents à tous les sites d’échantillonnage. Les catégories de microplastiques les plus abondantes étaient les fibres textiles, suivies par les fragments (provenant par exemple de sacs de plastique) et les sphères (provenant entre autres des produits cosmétiques).

    Une analyse plus approfondie a permis de déterminer que les matériaux prédominants étaient le polyester, le polyéthylène, le polypropylène, le nylon et le polystyrène.

    Ces données offrent de précieuses informations quant à la répartition et au comportement des microplastiques afin de mieux préserver et gérer nos ressources en eau douce.

    Robert Charlebois chantait « Il faut laver l’eau, laver l’eau, laver l’eau »

    Poly-Mer — une petite entreprise québécoise — a conçu un filet qui s’attache derrière un canot ou un kayak afin de récolter les microplastiques qui flottent à la surface.

    En collaboration avec Stratégies Saint-Laurent — un OSBL québécois qui vise à favoriser l’implication des collectivités riveraines dans la protection, la réhabilitation et la mise en valeur du Saint-Laurent —, nous avons testé le filet de Poly-Mer et démontré qu’il pouvait bel et bien aider à filtrer les microplastiques dans l’eau.

    À hauteur d’un seul humain, d’une seule ville, que puis-je faire ?

    L’accord de Kunming-Montréal sur la biodiversité signé en 2022 (aussi connu sous le nom de COP15) a reconnu une fois de plus l’importance de travailler ensemble vers l’élimination de la pollution par le plastique planétaire.

    Et si on réduisait notre consommation de la matière plastique ? La question « en a-t-on vraiment besoin ? » n’a jamais été aussi pertinente qu’aujourd’hui, tant pour le portefeuille que pour l’environnement.

    Par exemple, la gestion municipale du compost domestique devrait éviter à tout prix l’utilisation de sacs de plastique. En effet, même les sacs étiquetés comme étant biodégradables ne se décomposent pas complètement. Il vaut mieux mettre les rebuts alimentaires directement dans notre bac de compost et le laver régulièrement.

    L’élimination appropriée des plastiques à la source est essentielle, tout comme l’investissement dans des technologies de traitement des eaux usées capables de retirer les microplastiques.

    https://theconversation.com/nos-vetements-generent-des-microplastiques-qui-polluent-le-fleuve-s

    #industrie_textile #textile #habits #mode #pollution #eau #pollution_de_l'eau #Canada #plastique

  • Les bernard-l’ermite déménagent dans des déchets plastiques… et intriguent les scientifiques
    https://theconversation.com/les-bernard-lermite-demenagent-dans-des-dechets-plastiques-et-intri

    Un autre facteur qui limite le choix de la coquille est la disponibilité de coquilles appropriées. Or, pour une raison encore inconnue, une partie des bernard-l’ermite terrestres choisissent d’occuper des objets en plastique plutôt que des coquilles naturelles, comme le montre cette dernière étude.

  • Autour des microplastiques et du sens des priorités de celleux qui nous gouvernent...

    35 % des #microplastiques primaires proviennent du lavage des #vêtements_synthétiques
    28 % des #microplastiques_primaires proviennent du frottement des #pneus lors de la conduite

    Mais on va interdire les paillettes (https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/01/07/pourquoi-les-paillettes-sont-en-voie-d-etre-interdites-dans-l-union-europeen). Le sens des priorités...
    https://eldritch.cafe/@ralocycleuse/111713256302292054

    Pourquoi les #paillettes sont en voie d’être interdites dans l’Union européenne

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/01/07/pourquoi-les-paillettes-sont-en-voie-d-etre-interdites-dans-l-union-europeen

    #transports #industrie_textile #interdiction

    • Microplastiques : sources, impact et solutions

      D’où viennent les microplastiques et quel impact ont-ils ? Apprenez-en plus sur les microplastiques et découvrez les solutions sur lesquelles travaille le Parlement européen.

      Que sont les microplastiques et d’où viennent-ils ?

      Les microplastiques sont de minuscules morceaux de #plastique qui mesurent généralement moins de 5 millimètres. Ils peuvent être divisés en deux catégories en fonction de la source dont ils proviennent.

      Les microplastiques primaires

      - Ils sont directement rejetés dans l’environnement sous forme de petites particules
      - On estime qu’ils représentent entre 15 et 31 % des microplastiques présents dans les océans
      - 35 % des microplastiques primaires proviennent du lavage des #vêtements_synthétiques
      – 28 % des microplastiques primaires proviennent du frottement des pneus lors de la conduite
      – 2 % proviennent des #produits_de_soin dans lesquels ils sont ajoutés volontairement (par exemple dans les #gommages)

      Les #microplastiques_secondaires

      – Proviennent de la #dégradation_d’objets en plastique plus grands tels que les #sacs_en_plastique, les #bouteilles, les filets de pêche
      – Représentent entre 69 et 81 % des microplastiques retrouvés dans les océans

      Microplastiques : quel impact ont-ils ?

      On retrouve de plus en plus de microplastiques dans les océans. Les Nations Unies ont déclaré en 2017 que l’océan contenait 51 trillons de particules, 500 fois plus que le nombre d’étoiles dans la galaxie.

      Les microplastiques présents dans l’océan peuvent être ingérés par les espèces marines et donc, se retrouver dans la chaîne alimentaire. Des microplastiques ont en effet été retrouvés dans des produits alimentaires comme la bière, le miel ou encore l’eau du robinet.

      Leur impact sur la santé humaine n’est pas encore connu mais les plastiques contiennent souvent des additifs tels que des stabilisants ou des agents ignifuges qui peuvent être nuisibles pour les humains ou pour les animaux qui les ingèrent.

      Sur quelles solutions l’Union européenne travaille-t-elle ?

      En septembre, les députés européens ont approuvé la stratégie plastiques qui a pour objectif d’augmenter le taux de recyclage des déchets plastiques dans l’UE. De plus, les députés ont appelé la Commission à introduire une interdiction à l’échelle européenne de tous les microplastiques ajoutés volontairement dans les produits cosmétiques et dans les détergents d’ici 2020 et à prendre des mesures pour minimiser les rejets de microplastiques provenant des textiles, des pneus, des peintures et des filtres à cigarette.

      En octobre, le Parlement a introduit une interdiction des plastiques à usage unique les plus retrouvés dans les océans et pour lesquels des alternatives plus écologiques existent. Les députés ont ajouté les plastiques oxodégradables à la liste des produits à interdire. Ces plastiques oxodégradables sont des plastiques conventionnels qui se brisent facilement en petites particules à cause des additifs qu’ils contiennent et contribuent à la pollution des océans.

      En 2015, le Parlement a voté en faveur de la réduction de l’utilisation des sacs en plastique dans l’Union européenne.

      https://www.europarl.europa.eu/news/fr/headlines/society/20181116STO19217/microplastiques-sources-impact-et-solutions

  • Des #microplastiques ont été retrouvés dans… les #nuages, faut-il s’en inquiéter ? - Edition du soir Ouest-France - 29/09/2023
    https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2023-09-29/des-microplastiques-ont-ete-retrouves-dans-les-nuages-faut-il-s-en-inqu

    Au niveau environnemental, c’est une très mauvaise nouvelle. L’auteur principal de l’étude, Hiroshi Okochi, professeur à l’école de Sciences créatives et d’ingénierie de l’Université Waseda de Tokyo, insiste dans un communiqué : « Si on ne s’attaque pas de façon proactive au problème de la #pollution #plastique de l’#air, des changements dans le #climat et des risques écologiques pourraient devenir une réalité, causant des dommages environnementaux graves et irréversibles à l’avenir ».

    Il explique le processus : lorsque les microplastiques passent au-dessus de l’atmosphère, ils sont alors exposés aux ultraviolets du soleil. Ils se dégradent, et relâchent des gaz à effet de serre, ce qui contribue alors au changement climatique.

    Source :
    Airborne hydrophilic microplastics in cloud water at high altitudes and their role in cloud formation | Environmental Chemistry Letters
    https://link.springer.com/article/10.1007/s10311-023-01626-x