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    Régularisations en Mauritanie : des migrants pointent la lenteur de traitement d’une demande de séjour
    Par RFI Publié le : 16/10/2026
    En Mauritanie, depuis 2022, les autorités exigent une carte de séjour pour tous les migrants de nationalité étrangère. Mais obtenir cette carte relève du parcours du combattant. Le 12 octobre, lors du lancement de deux réseaux de maires – l’un chargé de la migration et de l’asile, l’autre de la citoyenneté et de la cohésion sociale – les autorités ont affirmé que 136 000 étrangers ayant 85 nationalités différentes ont déjà été régularisés depuis 2022. Mais certains peinent toujours à obtenir cette carte.
    En Mauritanie, tout migrant doit posséder une carte de séjour. C’est la règle imposée par les autorités depuis 2022, pour mieux contrôler la migration. Le 12 octobre, lors du lancement de deux réseaux de maires – l’un chargé de la migration et de l’asile, l’autre de la citoyenneté et de la cohésion sociale – les autorités ont affirmé que 136 000 étrangers ayant 85 nationalités différentes ont déjà été régularisés depuis 2022. Mais certains peinent toujours à obtenir cette carte. Ibrahima vit à Nouakchott depuis 2020, il a fini par obtenir ses papiers, mais au prix de longues démarches. « Au début, c’était très difficile d’aller travailler, de circuler librement, sans la carte de séjour », explique-t-il. Depuis que j’ai ma carte, je peux aller travailler, circuler librement, sans problème, sans avoir peur d’être arrêté par la police. Maintenant, ce qui est compliqué, c’est le temps de traitement. Parfois, ça prend plus de trois à quatre mois avant de l’obtenir."
    Pour Kalidou, arrivé il y a trois mois à peine, l’attente continue. Il n’a toujours pas reçu sa carte. « C’est long, Si, tout simplement, on avait la possibilité de déposer la demande durant plusieurs jours de la semaine. Mais on nous octroie une seule journée dans la semaine - le samedi - alors qu’il y a beaucoup de migrants. Et les samedis, si tout le monde vient, ça va être compliqué, parce que si on pouvait le faire les lundis, mardis, mercredis, bref les cinq jours de la semaine, ça nous faciliterait la tâche », raconte-t-il. Face à ces difficultés, le gouvernement assure vouloir faciliter les voies légales. Le ministre délégué a annoncé l’ouverture de 29 nouveaux points de passage frontaliers, portant le total à 82 dans tout le pays, pour limiter le recours aux voies informelles.

    #Covid-19#migrant#migration#mauritanie#titredesejour#droit#sante

  • Plus de 4 400 enfants morts sur les routes migratoires en dix ans, selon l’OIM - InfoMigrants
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    Plus de 4 400 enfants morts sur les routes migratoires en dix ans, selon l’OIM
    Par La rédaction Publié le : 15/10/2026
    Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 4 400 enfants sont morts sur les routes migratoires entre 2014 et 2025. En ce qui concerne l’Europe, la frontière avec la Biélorussie est celle avec la plus grande proportion d’enfants parmi les exilés décédés. Ces données sont cependant à prendre avec précaution : il s’agit d’une estimation a minima, tant le recensement des migrants décédés, a fortiori de leur âge, est lacunaire. Au moins 4 414 enfants sont décédés sur les routes migratoires entre 2014 et 2025, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Sur les 81 000 décès et disparitions recensés sur cette période dans sa base de données Missing migrants project (Projet migrants disparus), l’OIM compte donc 5,5% d’enfants. La route migratoire avec la plus grande proportion d’enfants parmi les migrants retrouvés décédés est la frontière entre la Biélorussie et l’Union européenne (UE) : 28%, soit près d’un tiers des personnes décédées. On retrouve ensuite, entre autres, le passage entre la Syrie et la Turquie (23%), l’est de la Méditerranée (21%), puis, la Manche (14%), détaille le rapport consacré à ce sujet paru mercredi 14 octobre.
    « Les enfants effectuent des voyages difficiles et dangereux sans la protection d’un parent ou d’un tuteur », a déclaré Amy Pope, directrice générale de l’OIM. "Ils sont exposés à la violence et à l’exploitation lorsque les voies de migration sûres et régulières sont limitées et qu’ils doivent s’en remettre aux passeurs. Aucun enfant ne devrait avoir à affronter seul ces risques." Ces données sur les enfants morts sur les routes migratoires doivent être prises avec prudence : elles sont une estimation a minima. « Malgré les progrès réalisés dans le recensement global des décès de migrants, les décès d’enfants survenant au cours de la migration restent souvent non signalés et largement invisibles », expose l’OIM dans son rapport.
    D’abord, parce que certaines routes migratoires particulièrement mortifères cachent probablement un nombre bien supérieur de décès. Par exemple, alors que les mineurs représentent 19% des arrivées en Italie et à Malte en 2024, ils ne représentent que 2% des noyades recensées en Méditerranée centrale.
    « La peur des survivants, l’implication de réseaux criminels et les difficultés liées à la récupération des corps - en particulier en mer - font que d’innombrables décès restent non recensés », rappelle l’OIM.
    Autre facteur de sous-estimation : les adolescents de 15 à 18 ans sont susceptibles de ne pas être enregistrés comme des enfants : leurs corps sont moins facilement identifiables comme tels, tant qu’une analyse poussée effectuée par un médecin légiste n’est pas faite. Sur les plus de 44 000 décès d’exilés recensés dans la base de données du Missing migrants project, plus de la moitié n’ont pas d’information sur l’âge du défunt. Les cas de noyade concernent la majorité de ces morts sans âge : 36 626 personnes. Or, les naufrages sont « particulièrement préoccupants » en ce qui concerne de potentielles morts d’enfants non recensées, indique le rapport. Car, sur les bateaux les plus gros, « des témoignages indiquent que les enfants sont souvent retenus sous le pont pendant la traversée, ce qui les rend plus vulnérables à des dangers tels que les émanations toxiques et augmente leur risque d’être piégés et incapables de s’échapper en cas de naufrage ».
    Il existe donc une grande inconnue quant au nombre de corps non-identifiés par les autorités, non classifiés comme « migrants », enterrés sans nom et avec un âge approximatif dans les cimetières européens. « À l’heure actuelle, très peu d’actes de décès dans le monde classent les défunts comme migrants », rappelle l’OIM. Certains travaux ont tenté de mieux les archiver, comme celui de l’Université libre d’Amsterdam sur la frontière espagnole prolongé par le Comité international de la Croix-Rouge avec le rapport
    Sur les 4 414 décès d’enfants migrants recensés dans le monde au cours de la dernière décennie par l’OIM, seuls 820 proviennent de sources officielles, c’est-à-dire avec un véritable acte de décès correspondant. Pour améliorer le recensement des enfants morts sur les routes migratoires, l’OIM recommande d’améliorer la coopération autour du recensement des exilés morts entre les différentes institutions : forces de l’ordre, médecins légistes, ONG... Ou encore, de se replonger dans les archives. C’est-à-dire : explorer les registres de mortalité existants afin de les classifier selon leur statut migratoire. Sur les 31 000 enfants ayant rejoint l’Europe par des routes migratoires en 2025, pas moins de 20 000 sont arrivés sans parent ni tuteur, selon de nouvelles données de l’Unicef, la branche des Nations unies dédiée aux droits des enfants. Les arrivées totales d’enfants par voie maritime et terrestre en Bulgarie, à Chypre, en Espagne, en Grèce, en Italie et à Malte ont diminué de 25% par rapport à 2024, souligne le communiqué de l’OIM paru à ce sujet le 7 octobre. Parmi les enfants arrivés, 78% étaient des garçons et 22% des filles.
    Cependant, la part des mineurs non accompagnés augmente. En 2025, 67% des enfants arrivent seuls, contre 51% un an plus tôt, retrace l’ONU. Les proportions les plus élevées de mineurs isolés ont été observées en Italie et en Espagne, où 86% des enfants sont arrivés seuls. Dans le cadre du recueil de ces données, l’OIM a interrogé plus de 4 600 adolescents et jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans le long des routes de la Méditerranée, de l’Atlantique ouest-africain et des Balkans occidentaux. Près de la moitié de ces jeunes interrogés ont signalé avoir subi des violences physiques, rapporte l’OIM. Sur la route de la Méditerranée centrale, 28% ont déclaré avoir été retenus contre leur gré et 17% avoir été contraints de travailler, avec des abus le plus fréquemment commis en Libye.

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  • Douze corps repêchés après un naufrage au large de la Gambie - InfoMigrants
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    Douze corps repêchés après un naufrage au large de la Gambie
    Par La rédaction Publié le : 16/10/2026
    Au moins 12 corps ont été repêchés au large des côtes gambiennes, près de Jinack Kajata, après le naufrage d’une embarcation de migrants qui tentaient de rejoindre les Canaries via l’océan Atlantique. Les départs depuis ce pays d’Afrique de l’ouest se multiplient alors que les contrôles se sont renforcés plus au nord.
    Douze corps ont été repêchés après le naufrage d’une embarcation transportant des migrants au large des côtes gambiennes, a annoncé jeudi 15 octobre la Société de la Croix-Rouge de la Gambie (GRCS) sur son compte Facebook.
    « Le nombre de personnes disparues reste incertain et de nouvelles informations sont attendues à mesure que les opérations de secours se poursuivent », a précisé l’organisation dans un communiqué. « Derrière chaque chiffre se cache une vie humaine, une famille et une communauté confrontées à la perte et à l’incertitude. La Croix-Rouge gambienne exprime sa solidarité envers toutes les personnes touchées et réaffirme son engagement à préserver la dignité humaine et à soulager la souffrance humaine, où qu’elle se trouve. »
    Le nombre total de personnes qui se trouvaient à bord de l’embarcation n’a pas encore été confirmé par les autorités, a ajouté la même source. Des volontaires de la Croix-Rouge ont été mobilisés pour assurer la prise en charge digne des dépouilles et apporter un soutien psychologique aux familles et aux communautés affectées, a indiqué la GRCS.
    Le départ de l’embarcation a eu lieu au niveau de la localité de Jinack Kajata, dans la région de North Bank, l’une des cinq subdivisions de la Gambie située au nord-ouest du pays. Ce n’est pas la première fois que des drames sont recensés sur la route atlantique au large de la Gambie. Une embarcation avec à son bord 153 personnes a été portée disparue en juillet 2026. Ces 153 migrants avaient quitté la ville gambienne de Bafuloto le 27 juin selon Alarm Phone, qui a alors alerté les autorités de la région et exigé des recherches. De leur côté, les autorités gambiennes ont affirmé n’avoir aucune trace de l’embarcation.
    En janvier 2026, idem. Une pirogue qui transportait entre 200 et 300 personnes parties de Gambie, en route vers les îles Canaries, avait également été portée disparue après plus d’un mois sans nouvelles.
    Jinack Kajata, nouveau point de départ des pirogues/ Ce drame du 15 octobre intervient aussi moins d’un an après un autre naufrage au large de la même localité de Jinack Kajata, en décembre 2025, qui avait fait plus de 44 morts et quelque 100 disparus. Située sur une île à proximité de l’océan Atlantique, cette localité de Jinack Kajata est devenue, selon des habitants, un point de départ de pirogues transportant des migrants vers les îles Canaries espagnoles, au terme d’une traversée particulièrement périlleuse. Le renforcement récent des contrôles en mer au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a poussé les départs de pirogues depuis les côtes de Gambie, de Guinée-Bissau ou de Guinée. Sauf qu’en prenant la mer depuis ces pays pour tenter de rallier les Canaries, les exilés prennent encore plus de risques. « La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », précisait la chercheuse Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines, à InfoMigrants fin septembre.
    Des arrivées en baisse mais une route toujours aussi meurtrière
    Les arrivées aux Canaries en provenance des quatre principaux pays d’origine d’Afrique de l’Ouest (Mali, Sénégal, Guinée et Gambie) ont chuté de 59 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025, selon de nouvelles données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Environ 4 500 personnes originaires de ces quatre pays ont été enregistrées en Europe au cours du premier semestre 2026 après être arrivées via l’Atlantique.
    Selon l’OIM, les données concernant la route atlantique ouest-africaine « montrent que, malgré une baisse considérable des arrivées aux îles Canaries depuis le pic de 2024 (une diminution de 62 % entre 2024 et 2025), le nombre de décès et de disparitions enregistrés est resté globalement stable, diminuant de 4 % entre 2024 et 2025 (de 1 215 à 1 172). Ce constat souligne combien cette route est devenue beaucoup plus dangereuse pour les migrants. »

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  • Mboro-Sur-Mer : 53 migrants secourus après la panne de moteur de leur embarcation | Seneweb
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    Mboro-Sur-Mer : 53 migrants secourus après la panne de moteur de leur embarcation
    Auteur : Cheikh CAMARA, Correspondant à Thiès
    Ce jeudi 15 octobre 2026, à l’aube, au large du village des pêcheurs de Mboro-sur-Mer, dans la commune de Darou Khoudoss (département de Tivaouane), une opération de secours a permis de porter assistance à cinquante-trois candidats à l’émigration irrégulière, dont 52 Sénégalais et un Malien. Leur embarcation se serait retrouvée en difficulté après une panne de son unique moteur.
    Des sources renseignent que l’incident se serait produit vers 4 heures du matin, à 200 mètres environ du nouveau quai de pêche de la zone. La pirogue transportant les migrants était immobilisée du fait d’une panne de son unique moteur. La gendarmerie, les sapeurs-pompiers de Tivaouane ainsi que des pêcheurs ont été mobilisés pour les besoins de l’intervention.Les 53 personnes secourues ont été conduites à la brigade de gendarmerie de Mboro. Les mêmes sources rapportent que certains occupants auraient pris la fuite après leur débarquement. À ce stade, aucun en vie humaine n’a heureusement été signalée. Une enquête est en cours

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  • Au Danemark, le parcours semé d’embûches des candidats à la naturalisation
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    Au Danemark, le parcours semé d’embûches des candidats à la naturalisation
    Depuis juin 2025 et le report du vote au Parlement de la loi d’octroi de la nationalité, des milliers de personnes d’origine étrangère attendent que leur dossier soit examiné. Dans le même temps, les députés se préparent à en restreindre encore les conditions d’accès.
    Par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède)
    Josephine Senyondwa n’ose toujours pas y croire. Née en 2004, d’une mère et d’un père ougandais, à l’hôpital de Glostrup, près de Copenhague, la jeune femme a commencé les démarches pour acquérir la nationalité danoise il y a cinq ans. Ses parents n’étant pas citoyens danois, elle a d’abord dû demander un permis de séjour permanent à sa majorité. Puis elle a rempli un long dossier en vue de sa naturalisation. Après avoir décroché une dérogation pour avoir le droit d’étudier au lieu de travailler, passé un test de culture générale et signé une déclaration de loyauté et de fidélité au royaume scandinave, Josephine Senyondwa pensait être près du but. A l’été 2025, un courrier l’avait d’ailleurs informée que son nom figurerait bien sur le projet de loi d’octroi de la nationalité, qui devait être présenté au Parlement au cours des mois suivants. Mais depuis, plus rien. Elle attend.
    Le Danemark est l’un des seuls pays au monde où l’accès à la citoyenneté requiert un vote des députés. Jusqu’à peu, deux fois par an, le gouvernement soumettait à leur vote une liste des noms de tous ceux qui répondent aux critères très restrictifs prévus par la législation danoise. Une fois le texte débattu, puis adopté, les futurs citoyens danois doivent encore participer à une cérémonie de prestation de serment dans leur commune et serrer la main du maire ou de l’un de ses adjoints « sans gant, paume contre paume », précise la loi. Chaque année, 4 000 personnes environ obtenaient ainsi la nationalité danoise – soit deux fois moins qu’en France, en proportion de la population des deux pays. Les conditions y sont tellement strictes qu’il fallait compter dix-sept ans en moyenne entre l’arrivée dans le royaume et la naturalisation en 2022.
    Mais les élus n’ont plus été consultés depuis juin 2025, ce qui a pour conséquence d’allonger encore les délais. Dirigé par les sociaux-démocrates, le gouvernement a d’abord annulé le vote prévu à l’automne 2025, en raison de la présidence du Conseil de l’Union européenne assurée par Copenhague au second semestre 2025. Le 22 janvier 2026, le ministre de l’immigration, Rasmus Stoklund, a fini par présenter un nouveau projet de loi, où figuraient 2 055 noms, dont celui de Josephine Senyondwa. La jeune femme, qui fait des études d’ingénierie agroalimentaire à l’Université technique du Danemark, dit avoir ressenti « un énorme soulagement ».
    Sauf que, le 26 février, la première ministre sociale-démocrate, Mette Frederiksen, convoquait des élections législatives annoncées pour le 24 mars, avec pour effet de suspendre l’examen du texte. Josephine Senyondwa l’a appris sur les réseaux sociaux : « Je me souviens avoir lu ce message et m’être sentie très triste. J’ai beaucoup pleuré. J’étais frustrée et effrayée. » Elle ajoute avoir « perdu confiance » dans le système et les responsables politiques.
    Si la jeune femme continue alors de répondre aux critères, elle sait qu’elle n’a pas le droit à la moindre erreur : un changement de sa situation pourrait la faire revenir à la case départ. Deux de ses trois frères et sœurs, nés au Danemark comme elle, ont échoué à obtenir la nationalité. Selon l’office national des statistiques, 20 000 jeunes de plus de 20 ans, qui ont grandi dans le pays, n’ont toujours pas la citoyenneté.
    Finalement, après des mois d’incertitude, le nouveau ministre de l’immigration, Morten Bodskov, a annoncé début octobre que le projet de loi, celui qui avait donc été présenté en janvier 2026, serait de nouveau soumis aux députés début 2027. « Techniquement, le texte devrait être adopté en juin et je devrais pouvoir être naturalisée à la fin de l’été ou au début de l’automne, après avoir participé à la cérémonie de prestation de serment, soit avant d’avoir terminé mes études », calcule Josephine Senyondwa.
    Mais elle se méfie, d’autant que les sociaux-démocrates, à la tête d’une coalition gouvernementale de centre gauche, et l’opposition de droite et d’extrême droite veulent encore restreindre l’accès à la nationalité. Nommé en septembre 2025, un comité d’experts, qui devrait rendre ses conclusions en fin d’année, étudie la possibilité de mettre en place un système de filtrage, afin de « détecter d’éventuelles opinions antidémocratiques » chez les candidats. Le Parti libéral a, pour sa part, proposé de rendre la citoyenneté danoise conditionnelle pendant les cinq premières années.
    Morten Bodskov a laissé entendre que les réformes envisagées ne s’appliqueraient pas aux 2 055 personnes et à leurs 1 120 enfants mineurs dont les noms devraient figurer dans le projet de loi. Depuis, l’opposition de droite et d’extrême droite ne décolère pas, accusant les sociaux-démocrates d’avoir « renoncé » à mener une politique migratoire restrictive. « C’est une véritable bombe qui nous attend », a réagi Inger Stojberg, la patronne des Démocrates du Danemark (extrême droite), qui assure que « des terroristes » pourraient figurer sur la liste.Prudente dans ses propos, consciente qu’ils pourraient être un jour retournés contre elle, Josephine Senyondwa dénonce un discours qui « joue sur la peur » et occulte le fait que de nombreux candidats, comme elle, « sont nés et ont grandi au Danemark, y font des études et y travaillent, et considèrent le pays comme le leur ».
    Député de la Liste de l’unité (Gauche écologiste), qui soutient le gouvernement mais réclame un assouplissement des règles, Peder Hvelplund s’agace de voir la question de la nationalité transformée en « un véritable champ de bataille par les partis politiques, qui ne cessent de vouloir rendre l’accès à la citoyenneté de plus en plus difficile et de stigmatiser les musulmans accusés d’être à l’origine de tous les problèmes ».Car c’est bien ce groupe en particulier, inscrit dans la catégorie « Menap (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Pakistan) et Turquie » dans le projet de loi, qui est visé par la procédure d’« examen des valeurs » à l’étude. Chercheuse à l’Institut des droits de l’homme à Copenhague, Eva Ersboll a du mal à voir « comment ce projet pourra être appliqué au regard des obligations internationales » du pays, alors qu’au moins 16 000 personnes attendent que leur demande de naturalisation soit traitée. La juriste rappelle par ailleurs que, pour chaque retard supplémentaire, des jeunes qui auraient pu obtenir automatiquement la naturalisation avec leurs parents risquent de devenir majeurs et devront reprendre toute la procédure. « C’est très dommageable pour l’intégration, car les gens ont le sentiment que nous avons des citoyens de différentes classes », estime Peder Hvelplund. En attendant de pouvoir troquer son « passeport gris d’Alien » (un document attribué aux étrangers – alien en anglais – ne pouvant pas obtenir le passeport de leur pays d’origine) contre un passeport bordeaux danois, Josephine Senyondwa milite au sein de l’association Unge for Statsborgerskab (Jeunes pour la citoyenneté), qui lui a permis de se rendre compte qu’elle n’était pas une exception. Un soulagement : « Longtemps, dit-elle, j’ai cru que c’était moi le problème. »

    #Covid-19#migrant#migration#danemark#naturalisation#droit#nationalite#politiquemigratoire#sante

  • Ceuta : des ONG accusent l’armée espagnole de « cruauté » à l’égard des migrants et dénoncent le non-respect de leurs droits fondamentaux
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    Ceuta : des ONG accusent l’armée espagnole de « cruauté » à l’égard des migrants et dénoncent le non-respect de leurs droits fondamentaux
    Par Guillaume Delacroix (Ceuta [Espagne], envoyé spécial)
    Au lendemain de la visite inédite du roi Felipe VI et de la reine Letizia à Ceuta, ville autonome espagnole sur la rive africaine du détroit de Gibraltar, Abdelah Mustafa ne cachait pas son dépit, mercredi 14 octobre. « Ils sont venus dire que Ceuta est espagnole, mais ils n’ont rien vu de ce qui se passe réellement sur le terrain », note cet homme de 26 ans, dont la famille vit ici depuis six générations. Il préside l’association des habitants de Sidi Embarek, l’un des plus grands quartiers musulmans de la cité, et, depuis deux mois et demi, en raison de la crise humanitaire consécutive à l’arrivée de dizaines de milliers de gens en provenance du Maroc, il se consacre pleinement à venir en aide aux migrants restés sur place.
    Il est difficile de repérer les centres d’hébergement d’urgence qui les accueillent, tant les ouvertures et les fermetures se succèdent à un rythme soutenu. « Les autorités appliquent une tactique de déplacement visant à pousser ces gens à repartir d’eux-mêmes au Maroc », affirme Abdelah Mustafa. Avec ses voisins, celui-ci essaie d’obtenir des autorités qu’elles s’occupent des migrants dans le respect des lois, ce qui est loin d’être le cas.Mardi, au moment précis où les monarques espagnols étaient applaudis par une foule en liesse, Amnesty International a accusé les pouvoirs publics espagnols de « violations des droits fondamentaux des étrangers à Ceuta » et exprimé son « inquiétude face à l’opacité entourant les retours prétendument volontaires qui se sont succédé [avant l’arrivée du roi et de la reine] ».
    L’organisation a aussi annoncé qu’avec sept autres ONG elle venait de saisir le défenseur du peuple espagnol, autorité indépendante auprès de qui elle a émis « de sérieux doutes quant au respect des obligations de l’Espagne en matière de droit d’asile, de protection juridictionnelle effective et de principe de non-refoulement ». Si les ONG alertent, c’est que « de nombreux migrants ne sont pas dûment informés de leurs droits », précise Ramses Mohamed Azumik, un Espagnol de Ceuta qui travaille pour Elin, l’une des associations signataires de la saisine : « Nous savons qu’en évacuant les plages pour faire place nette avant la visite royale, la police a dit aux migrants qu’en restant à Ceuta ils risquaient d’être expulsés pour cinq ans minimum. Or, la réalité est plus complexe. »
    Ramses Mohamed Azumik est particulièrement préoccupé par l’« abandon institutionnel » dont sont victimes enfants, femmes victimes de violences et personnes LGBT+, qui vivent dans la rue sans aucune prise en charge. Quant aux personnes originaires de pays en conflit ou ayant de forts besoins de protection internationale, comme le Soudan, le Yémen, le Sénégal ou le Tchad, « elles sont peu à peu refoulées vers le Maroc, pays de transit, sans avoir été informées au préalable sur leur droit à la demande d’asile », ajoute-t-il.
    Les Marocains, quant à eux, s’ils acceptent d’entrer dans un centre de séjour temporaire, sont identifiés et enregistrés, ce qui déclenche automatiquement la procédure de renvoi. Sauf circonstances particulières, l’asile ne peut en effet que leur être refusé, le Maroc étant considéré par l’Union européenne comme un « pays d’origine sûr », et ce, depuis juin.
    il y a par ailleurs d’autres risques à demeurer à Ceuta, insistent les ONG. « Depuis fin juillet, nous ne cessons de dénoncer les violences policières et militaires dont sont victimes les migrants, violences verbales, physiques et psychologiques », s’emporte Francesca Fusaro, coordinatrice du collectif No Name Kitchen, autre signataire de la saisine du défenseur du peuple, qui distribue des repas chauds dans la rue.Dans un rapport publié le 30 septembre, Amnesty International accuse l’armée espagnole de « tortures et [d’]actes de cruauté, inhumains et dégradants ». Fondé sur une enquête de terrain menée mi-septembre, le document énumère des exemples de maltraitance. Il rapporte aussi les propos d’un militaire avouant avoir « reçu des ordres » pour faire en sorte que les migrants « ne se sentent pas à l’aise » à Ceuta.« Beaucoup ont vu leur téléphone et leur argent saisis par des hommes en uniforme. Certains ont reçu des coups aux jambes et à la tête, d’autres ont été traînés au sol », rapporte Ahmed Endef Dal, président de l’association des habitants de Principe Alfonso, banlieue « chaude » où se côtoient une église et une mosquée. « A la moindre bagarre, c’est direction le Maroc. Dans les centres d’accueil, on fait signer des ordres d’expulsion, sous la menace, à des gens qui ne savent même pas lire notre alphabet », s’insurge ce bénévole, espagnol de quatrième génération.
    Près de l’ancienne prison de la Reina, Akram, 22 ans, séjourne dans un centre de 12 tentes et seulement 37 toilettes pour plus de 800 personnes. « On est entassés les uns contre les autres, et la nourriture qu’on nous distribue est tellement mauvaise qu’on tombe régulièrement malade », raconte-t-il, en faisant signe à Moussa (tous deux n’ont pas souhaité donner leur nom), un gaillard de 26 ans arrivé du Mali, pour qu’il montre son épaule gauche blessée. « Les soldats frappent tout le monde, ils nous donnent des coups de pied dans l’entrejambe, et parfois, la nuit, ils nous aspergent de gaz lacrymogènes pour nous épuiser », rapporte Moussa. Amnesty International, qui « reconnaît les difficultés du travail des forces de l’ordre », demande aux autorités un plan d’urgence afin que soit respectée la « dignité » des migrants.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#ceuta#crisemigratoire#sante#droit

  • Libye : l’Union européenne étend sa coopération migratoire à l’est du pays - InfoMigrants
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    Libye : l’Union européenne étend sa coopération migratoire à l’est du pays
    Par La rédaction Publié le : 14/10/2026
    L’Union européenne a décidé d’étendre sa coopération migratoire dans l’est de la Libye en allouant 25 millions d’euros aux autorités de cette région. Cette nouvelle enveloppe servira notamment à ouvrir un centre de coordination de sauvetage maritime (MRCC) à Benghazi pour intercepter les canots de migrants en route vers les côtes européennes.
    Dans une lettre envoyée aux dirigeants de l’Union européenne (UE), la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 25 millions d’euros destinée aux autorités de l’est de la Libye, indique mardi 13 octobre l’agence de presse Reuters.Cette aide financière vise à soutenir la gestion des frontières, la recherche d’embarcations de migrants en mer et la lutte contre la contrebande dans l’est libyen dirigé par le général Khalifa.
    « La Libye reste le premier pays de départ pour les traversées illégales vers l’UE », a écrit Ursula von der Leyen, décrivant une prochaine réunion UE-Libye comme un moyen de maintenir la coopération.
    Depuis l’an dernier, la route de Tobrouk qui relie cette ville de l’est libyen à la Crète s’est considérablement développée et la petite île grecque a connu une hausse de 200% des arrivées en 2025 par rapport à 2024.Et la tendance semble se confirmer cette année : depuis janvier, plus de 16 000 personnes ont débarqué en Crète après être parties de l’est libyen à bord d’embarcations de fortune, selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Sur l’ensemble de 2025, les autorités avaient comptabilisé 18 000 arrivées de migrants.
    La somme allouée par l’UE servira notamment à financer l’ouverture d’un centre de coordination de sauvetage maritime (MRCC) à Benghazi, dans l’est de la Libye. En juillet, l’UE avait en effet accepté la création d’une telle structure dans la région. « Nous avons finalisé les procédures pour établir [ce] centre (...) dans le cadre de l’opération IRINI, avec un financement de l’Italie et de Malte », avait à l’époque déclaré l’ambassadeur de l’UE en Libye, Nicola Orlando sur X.En janvier, le quotidien allemand Neues Deutschland (ND) avait révélé que des discussions étaient en cours entre la Commission et les autorités de l’est libyen pour l’ouverture d’un MRCC à Benghazi. Une information confirmée à InfoMigrants par un porte-parole de l’institution européenne. « Comme nous l’avons maintes fois affirmé, la Commission est déterminée à travailler et à coopérer avec tous les acteurs clés en Libye pour relever les défis communs, notamment la gestion des migrations », avait déclaré cette source.
    Le MRCC de Benghazi devrait fonctionner sur le même modèle que celui de Tripoli. Depuis un accord signé entre l’UE et Tripoli en 2017, les gardes-côtes libyens de l’ouest sont chargés de la coordination des sauvetages au large de leurs côtes. En clair, ils sont chargés d’intercepter les canots de migrants en Méditerranée avant qu’ils n’atteignent les rives européennes. Depuis cette date, au moins 700 millions d’euros ont été alloués aux autorités de l’ouest par l’Union européenne pour la gestion de la migration dans le pays.Dans sa lettre envoyée aux dirigeants européens, Ursula von der Leyen a aussi déclaré que l’Union et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) soutenaient les « retours volontaires » de la Libye vers les pays d’origine. « Nous sommes également concentrés sur la réduction du nombre de migrants arrivant en Libye avec l’intention unique de pénétrer illégalement dans l’UE », a-t-elle affirmé.En juin dernier, Amnesty International avait, une nouvelle fois, dénoncé la coopération migratoire entre l’UE et la Libye, alors que la répression contre les migrants dans le pays s’est intensifiée cet été et que les États membres ne reconnaissent pas le gouvernement de l’est libyen.
    Les autorités libyennes, à l’ouest comme à l’est, « mènent une campagne d’une intensité croissante, alimentée par un discours xénophobe, d’arrestations de masse, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives illégales (…) visant les personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes », avait affirmé l’ONG.
    « Étendre cette coopération aux groupes armés basés dans l’est du pays, connus pour commettre des crimes de guerre (...) en toute impunité, reflète un mépris choquant non seulement pour le droit international mais également pour la vie et la dignité humaines », avait tancé Diana Eltahawy, directrice adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International. Cette dernière exhorte les États membres de l’UE à « mettre un terme à leur complicité dans les crimes de droit international [en Libye] et suspendre leurs politiques visant à retenir les personnes réfugiées en Libye, à cause desquelles ces personnes sont prises au piège dans des cycles de violence ».

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  • Migration ouest-africaine : Moins nombreux à arriver, plus nombreux à mourir | Seneweb
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    Migration ouest-africaine : Moins nombreux à arriver, plus nombreux à mourir
    Auteur : Mactar Ndiaye
    Les arrivées par mer en Europe depuis l’Afrique de l’Ouest ont reculé de près de 60% au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025, selon l’Organisation internationale pour les migrations.D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), seules 4 566 personnes originaires du Mali, du Sénégal, de Guinée et de Gambie ont été enregistrées à leur arrivée en Europe entre janvier et juin 2026. La voie atlantique reste leur principale porte d’accès avec 83% des arrivées.
    Un chiffre qui masque une réalité plus sombre. Le renforcement des contrôles au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal repousse les départs plus au sud, depuis la Gambie, la Guinée et la Guinée-Bissau. Des points de départ beaucoup plus éloignés des îles Canaries, ce qui allonge mécaniquement la traversée de 750 km supplémentaires, pour atteindre jusqu’à 2 200 km en pleine mer.Des trajets plus longs signifient plus de jours en mer, dans des zones côtières isolées et moins surveillées, avec plus de risques de panne, de déshydratation et de naufrage.Conséquence : l’itinéraire est devenu beaucoup plus dangereux. Sur l’axe des Canaries, les arrivées ont chuté de 62% entre 2024 et 2025, mais le nombre de morts n’a baissé que de 4%, avec 1 172 morts recensés en 2025.Parallèlement, les Ouest-Africains représentent une part croissante des arrivées sur les autres passages : 21,9% en Méditerranée occidentale et 10,5% en Méditerranée centrale.
    Pour l’OIM, ce constat appelle une réponse coordonnée. « Une baisse du nombre d’arrivées à un endroit donné ne signifie pas que les pressions ont disparu, elles se déplacent simplement », souligne l’organisation, qui appelle à renforcer la coopération et les voies de migration sûres et régulières.Mactar Ndiaye

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  • Crète : près de 300 migrants secourus en mer lors de deux opérations de sauvetage - InfoMigrants
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    Crète : près de 300 migrants secourus en mer lors de deux opérations de sauvetage
    Par La rédaction Publié le : 13/10/2026
    Les gardes-côtes grecs ont procédé à deux sauvetages, l’un de 118 personnes, l’autre de 181 personnes, mardi 13 octobre. Ils ont été appuyés par Frontex dans l’une des opérations. Les 299 rescapés ont tous été débarqués au port le plus proche : Ierápetra, la ville la plus au sud du continent européen.Les opérations de sauvetage s’enchaînent, en ce début de semaine, au sud de l’île grecque de Crète. Près de 300 personnes migrantes ont été secourues, lors de deux opérations distinctes.
    Mardi matin, à l’aube, un patrouilleur des gardes-côtes grecs a secouru pas moins de 118 personnes migrantes. Les exilés se trouvaient à bord de deux petites embarcations, ont indiqué les autorités.Leurs embarcations avaient été repérées par deux navires de passage, à 45 miles nautiques (près de 80 kilomètres) au sud-est d’Ierápetra, rapporte le média local Ekathimerini. Cette ville, située sur la côte sud de la Crète, est la plus méridionale d’Europe. Elle fait face à la Libye.
    Le sauvetage a été opéré sous la coordination du Centre unifié de coordination de recherche et de sauvetage (EKSED). Après avoir été secourus, les 118 personnes ont été transportées jusqu’au port de cette ville, l’une des plus importantes de Crète.Dans la même zone, une seconde opération a permis de secourir 181 personnes migrantes. Celles-ci ont été repérées alors qu’elles se trouvaient réparties dans trois embarcations, à environ 38 miles nautiques (70 kilomètres) au sud-est d’Ierápetra. Selon plusieurs médias grecs, un avion de Frontex et deux navires de passage ont participé à l’opération. Là encore, les migrants secourus ont été acheminés en toute sécurité vers le port d’Ierápetra.
    Il y a une semaine jour pour jour, quatre opérations de sauvetage avaient déjà été menées au sud de la Crète, du 5 octobre soir au 6 octobre. Au total, 195 migrants ont été secourus, a rapporté le média grec EPT News.La Crète est devenue la principale voie d’accès pour les migrants originaires du Moyen-Orient, du sous-continent indien et d’Afrique qui se dirigent vers la Grèce. Cette année, plus de 16 000 personnes ont débarqué sur l’île après être parties de l’est libyen à bord d’embarcations de fortune fournies par des réseaux de passeurs – sur un total de près de 29 000 arrivées à l’échelle nationale, selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).
    Ces arrivées mettent sous pression les structures d’accueil locales, comme le centre surchargé d’hébergement temporaire crétois d’Agia Chania ainsi que les services d’urgence en Crète, mal adaptés à ce contexte migratoire. S’agissant d’Ierápetra, le transfert de 160 personnes vers Héraklion a été planifié afin de désengorger temporairement le centre qui s’y trouve, rapporte le média grec Libre.
    Dans ce contexte, le gouvernement grec avait annoncé début février qu’il allait ouvrir trois centres d’accueil sur l’île. Mais pour l’heure, le projet est en suspens. La mairie d’Héraklion, justement, où l’un de ces trois nouveaux centres doit ouvrir, freine des quatre fers. Une rencontre a eu lieu entre l’édile et le ministre en charge des Migrations début septembre à Athènes pour faire avancer le dossier, qui comporte de nombreuses incertitudes

    #Covid-19#migrant#migration#sante#grece#crete#routemigratoire#migrationirreguliere#HCR#frontex

  • A Ceuta, les migrants ont opportunément disparu du paysage pour la visite du roi Felipe VI et de la reine Letizia
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    A Ceuta, les migrants ont opportunément disparu du paysage pour la visite du roi Felipe VI et de la reine Letizia
    Les souverains effectuent une visite inédite, mardi 13 octobre, dans la ville autonome espagnole d’Afrique du Nord où les immigrés ayant déferlé du Maroc fin juillet sont encore des milliers à dormir à la belle étoile ou dans des centres d’accueil d’urgence.
    Par Guillaume Delacroix (Ceuta [Espagne], envoyé spécial)
    Comme par magie, les migrants de Ceuta ont déserté les plages. Lundi 12 octobre, il ne restait presque plus aucune trace des milliers de gens qui ont occupé durant dix semaines le littoral de la ville autonome espagnole d’Afrique du Nord. A la veille de la visite historique du roi Felipe VI et de la reine Letizia sur la côte sud du détroit de Gibraltar, seuls quelques dizaines de Maghrébins déambulaient nonchalamment le long de la route. D’autres, juchés au sommet des grands blocs de béton qui protègent des vagues les 83 000 habitants de la cité, observaient en silence la Méditerranée et à l’horizon, la silhouette de la péninsule Ibérique, symbole d’un rêve inaccessible : l’Union européenne.
    Les souverains espagnols auront sans doute l’impression d’un retour à la normale, deux mois et demi après l’afflux soudain d’environ 72 000 personnes en provenance du Maroc voisin, les 30 et 31 juillet. Ces derniers jours, les forces de l’ordre se sont efforcées de faire le ménage. Dimanche 11 octobre, policiers, militaires et Guardia civil (la gendarmerie), soit 350 agents au total, ont procédé à une ultime évacuation de l’esplanade du Guano, un terre-plein occupé jusqu’alors par 500 migrants, à l’extrémité ouest de la plage du Trampolin où des milliers d’autres Marocains, Tunisiens, Algériens et Subsahariens s’étaient construit des abris de fortune à l’aide de bambous, cartons et bâches en plastique.
    Les bulldozers ont déblayé les dernières ordures, pendant qu’étaient démontées les rares cabines sanitaires aux conditions d’hygiène épouvantable qui avaient été installées en catastrophe. Les petits commerces improvisés au sol, produits alimentaires, vêtements, cigarettes, se sont volatilisés. Seuls traînent encore quelques bouteilles vides et papiers gras sur le talus qui borde la route menant au poste-frontière de Benzu, en direction de Tanger.
    Sur la plage attenante, le sable a été savamment ratissé. Les opérations d’évacuation avaient commencé le 27 septembre, aux abords de l’usine de dessalement d’eau de mer. Deux jours plus tard, c’était la plage de Benitez, mitoyenne du bâtiment côté est, qui était vidée de ses occupants.
    Les 4 et 5 octobre, ceux qui campaient au Trampolin, de l’autre côté de l’usine, ont été à leur tour délogés. Certains ont trouvé place dans le centre d’accueil ouvert le 18 septembre sur le port, une infrastructure dissimulée derrière une rangée de concessionnaires automobiles. D’autres se sont retrouvés dans un campement monté à la va-vite début octobre, sur un terrain militaire qui surplombe la plage de Benitez. Une dizaine de longues tentes blanches, invisibles depuis la route, sont cachées derrière de hautes clôtures en tissu vert.
    Chaque fois se rejoue la même partie de cache-cache. Les migrants montent dans des autobus et sont conduits jusqu’à Tarajal, le poste-frontière sud de Ceuta, là où tout a commencé. La police leur propose alors une alternative : se rendre dans le centre d’accueil temporaire pour étrangers qui se trouve à cet endroit, afin d’être identifiés puis emmenés dans l’un des dix centres d’hébergement d’urgence ou dans les 20 abris pour mineurs, qui disposent de respectivement 7 400 et 2 800 lits, et où il resterait des places disponibles, ou bien prendre immédiatement le chemin du Maroc, à pied.
    Chaque jour, raconte Mohsin, un chauffeur de taxi garé devant les barrières de la frontière (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille), entre 100 et 200 migrants s’en vont, résignés. « On se demande pourquoi ils ne sont pas repartis plus tôt », observe ce natif de Ceuta de nationalité espagnole, dont les grands-parents maternels, des Marocains, vivent à Tétouan. « On dirait que les choses sont en train de se calmer, la situation semble enfin sous contrôle », ajoute-t-il, visiblement soulagé.
    Les candidats au départ n’empruntent pas le trottoir utilisé matin et soir par la main-d’œuvre marocaine qui vient travailler légalement à Ceuta. Ils passent au bord de l’eau, le long des grilles, à hauteur de la digue qu’ils avaient contourné à la nage, fin juillet, sous l’œil des caméras du monde entier. Selon Angel Victor Torres, ministre de la politique territoriale espagnol, chargé de gérer la crise, 12 000 migrants au total auraient quitté Ceuta depuis début août, 11 500 « volontairement », 500 sous procédure d’expulsion. Si, comme l’affirme le gouvernement de Pedro Sanchez, 80 % au moins de tous ceux arrivés fin juillet avaient rebroussé chemin dans les trois jours suivants, soit pas loin de 60 000, il ne devrait donc théoriquement plus en rester beaucoup aujourd’hui.
    Or, ce n’est pas du tout le cas. En plus des milliers de migrants toujours logés dans les centres d’hébergement d’urgence, reconnaissables au bracelet vert de la Croix-Rouge à leur poignet, des centaines d’autres, sans bracelet, emplissent les rues de quartiers où il est peu probable que le roi et la reine iront se promener mardi. Au cœur d’El Principe, quartier périphérique musulman, les rues sont remplies de migrants, tout comme à Los Rosales, aux abords de la mosquée Sidi Embarek. La plupart logent chez l’habitant, pour 10 euros la nuit.
    Dans la zone industrielle de Tarajal, certains dorment dans des entrepôts, d’autres à la belle étoile. Devant le poste-frontière, Walid et Amin, deux adolescents de 17 ans, disent être « épuisés de vivre dans la rue ». Ils sont affamés, comme en témoignent leur visage émacié. Lundi, l’un a dû se contenter d’une orange, l’autre d’une boisson gazeuse. Ils n’imaginent pas rentrer chez eux, à Tanger, mais ils se demandent s’ils ne vont pas finir par craquer.

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  • Restriction des visas pour les ressortissants russes : de nouvelles mesures en discussion au sein de l’UE
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    Restriction des visas pour les ressortissants russes : de nouvelles mesures en discussion au sein de l’UE
    De plus en plus d’Etats membres de l’Union appellent à limiter la liberté d’entrer et de circuler des citoyens russes sur le territoire européen. Parmi eux, la France, jusque-là plutôt réticente à une restriction de l’accès à l’espace Schengen.
    Par Philippe Jacqué (Bruxelles, bureau européen) et Benjamin Quénelle
    « Nous allons acter aujourd’hui le principe d’une restriction de l’accès des anciens combattants sur le front ukrainien au territoire de l’Union européenne. » Lundi 12 octobre, à son arrivée au conseil des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie française, a fait une ouverture auprès de ses alliés européens. La France, particulièrement attachée à la délivrance de visas aux ressortissants russes, est désormais prête à évoluer sur cette question.
    De nombreux Etats membres, dont l’Allemagne, le Danemark ou les pays baltes, appellent à une limitation de la liberté des Russes d’entrer et de circuler au sein de l’UE. La multiplication des tentatives de sabotages ou d’attentats sur le territoire européen ces derniers mois les force à réagir. Trois types de restrictions sont en discussion : encadrer plus drastiquement la délivrance des visas touristiques, empêcher l’entrée des vétérans russes de la guerre en Ukraine sur le territoire européen et limiter la circulation des diplomates russes envoyés dans des Etats membres hors de leur pays d’affectation.
    « Tant que la Russie poursuivra son invasion, aucun visa touristique ne devrait être délivré aux citoyens russes, juge Elina Valtonen, la ministre des affaires étrangères finlandaise. Il n’est pas normal que des Russes puissent se rendre en Europe pour profiter du mode de vie et des libertés qui y règnent alors que leur pays bombarde les foyers des Ukrainiens. La délivrance de visas aux Russes pour des voyages non essentiels a déjà été interdite par une résolution gouvernementale en Finlande dès 2022. La même mesure doit enfin être prise au niveau de l’UE. » Une position soutenue par son homologue lituanien, Kestutis Budrys : « Nous ne pouvons plus l’autoriser. »
    Après avoir suspendu l’accord de facilitation des visas dès 2022, l’Union européenne a progressivement resserré les conditions d’accès des Russes à l’espace Schengen. Néanmoins, 623 000 ont encore pu bénéficier de visas d’entrée en 2025, en progression de 10 % par rapport à l’année précédente. Sur ce chiffre, près de 480 000 avaient obtenu un visa touristique. Parmi les premiers pourvoyeurs de visas, on compte la France (avec plus de 170 000 en 2025), l’Italie (environ 150 000), l’Espagne (environ 100 000) et la Grèce (59 000).
    En novembre 2025, les Européens s’étaient entendus pour mettre un terme à l’octroi de visas « multi-entrées ». Depuis, selon le ministère des affaires étrangères français, « le volume de visas délivrés par la France à des ressortissants russes en 2025 ne représente que 35 % du volume de visas délivrés en 2019, avant la pandémie de Covid-19 et le déclenchement de la guerre d’agression de la Russie en Ukraine. »
    Alors que la Commission doit proposer, début 2027, des critères plus stricts pour la délivrance de visas aux Russes, le gouvernement français ouvre la porte à une telle évolution. Jusqu’à présent, avec l’Italie notamment, il s’opposait systématiquement à une restriction des visas pour les ressortissants russes, avec toujours le même argument : il faut conserver le lien avec les citoyens russes, éviter de les mettre sous cloche et ne pas les pénaliser pour la politique de leur gouvernement. En particulier, pour les opposants à la guerre. Cependant, l’argument ne tient plus. En août, la tentative d’attentat contre l’aéroport de Leipzig (Allemagne) a produit un basculement.
    Selon l’Allemagne, l’un des suspects de cette opération, de nationalité biélorusse et russe, est entré dans l’espace Schengen grâce à un visa touristique délivré par l’Italie. Si, en France, le ministère de l’intérieur était déjà favorable à davantage de restriction de visas pour les Russes afin de préserver la sécurité du territoire, le ministère des affaires étrangères se montrait plus réservé. « Depuis Leipzig, les discussions entre Européens évoluent, mais ce n’est pas encore totalement mûr », précise un diplomate européen.
    Au-delà de l’attentat de Leipzig, il y a eu d’autres cas problématiques, à l’image du visa européen délivré à Mikhaïl Zvintchouk, 35 ans, une figure de la blogosphère « Z », du nom des internautes proguerre qui relaient depuis le début de l’invasion de l’Ukraine la propagande ultranationaliste russe. Le fondateur de Rybar, une chaîne Telegram qui réunit 1,5 million d’abonnés, a été interpellé par la police du Monténégro le 7 octobre pour suspicion de tentative de déstabilisation du pays.
    Avec quatre autres citoyens russes, dont son épouse, il a été expulsé deux jours plus tard vers Moscou pour des questions de « sécurité nationale et intérieure ». Mikhaïl Zvintchouk, également ancien officier russe figurant sur la liste des sanctions européennes depuis août 2023, était arrivé à Sarajevo le 2 octobre, en provenance de Memmingen (Bavière), en Allemagne, selon le média bosnien Detektor.« Il est tout à fait incompréhensible qu’il ait pu obtenir un visa, alors qu’il est visé par des sanctions de la part de l’UE, des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Qui plus est, il a transité par l’Allemagne pour se rendre au Monténégro, ce qui soulève également des questions », s’étonne Ivan Philippov, journaliste russe en exil, spécialiste de la blogosphère Z.
    Au-delà, les Européens veulent également durcir le régime de circulation des diplomates affectés par Moscou dans les pays européens, de nombreux titulaires russes de passeport diplomatique étant soupçonnés d’être des officiers de renseignement. Ils doivent aujourd’hui notifier tout déplacement hors de leur pays d’affectation. Les partisans d’un durcissement veulent les soumettre à une double autorisation : celle du pays d’accréditation et celle du pays de destination

    #Covid-19#migrant#migration#russie#UE#visas#guerre#ukraine#politiquemigratoire#asile#sante

  • Ceuta : démantèlement du dernier camp de migrants avant l’arrivée du roi d’Espagne - InfoMigrants
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    Ceuta : démantèlement du dernier camp de migrants avant l’arrivée du roi d’Espagne
    Par La rédaction Publié le : 12/10/2026
    Dimanche, le dernier grand camp de migrants de Ceuta a été démantelé. Une opération qui a eu lieu deux jours avant une visite très attendue du roi espagnol Felipe VI et de la reine Letizia.
    Dimanche 11 octobre, aux alentours de 8 heures, des dizaines de policiers accompagnés de soldats ont procédé au démantèlement du dernier camp de migrants de Ceuta situé sur l’esplanade d’El Guano. Ici, des centaines de migrants campaient dans des abris de fortune après le démantèlement d’autres campements sur les plages voisines.
    Plus de 350 policiers étaient mobilisés, a indiqué le ministère de l’Intérieur espagnol dans un communiqué. Les migrants – dont de nombreux mineurs, selon El Faro de Ceuta – ont été embarqués dans des bus et conduits vers des centres d’accueil. Certains ont fui vers les collines voisines pour éviter de monter dans les bus.
    Un véhicule anti-émeute de la police circule tandis que les forces de l’ordre évacuent un campement de migrants sur la plage d’El Trampolin, dans l’enclave espagnole de Ceuta, le 5 octobre 2026.
    Dans le même temps, des équipes de nettoyage ont été déployées sur ce lieu de vie créé à la suite de l’afflux massif de plus de 70 000 migrants dans l’enclave fin juillet. Car même si la grande majorité des migrants arrivés ces deux jours sont rapidement retournés au Maroc, des milliers étaient restés et vivaient depuis sur les plages de Ceuta.
    Visite royaleCette opération n’est d’ailleurs pas la première. Auparavant, les campements de l’usine de dessalement ont été évacués – le 27 septembre dernier – ainsi que ceux de la plage de Benítez – le 29 septembre – et ceux de la plage de Trampolín, en deux phases, les 4 et 5 octobre 2026, rappelle le journal local.
    Les évacuations interviennent ces dernières semaines alors que l’enclave se prépare à une visite importante. Les souverains espagnols, le roi Felipe VI et la reine Letizia, doivent se rendre à Ceuta mardi, lors d’un déplacement coordonné avec le gouvernement.Cette visite royale, qui doit être suivie mercredi d’un déplacement à Melilla, sera la première d’un monarque espagnol dans les deux villes depuis le voyage du roi Juan Carlos en novembre 2007, qui avait provoqué une crise diplomatique avec le Maroc.Toujours selon la presse locale, il n’y a donc plus de camp sur les plages de Ceuta. En revanche, quelques dizaines d’abris subsistent dans des entrepôts près de la frontière avec le Maroc, selon El Faro de Ceuta, qui précise que des « familles et des enfants » vivent dans ces rues

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#ceuta#crisemigratoire#sante#camp#droit

  • Migrants et travailleurs agricoles saisonniers en France, comment ont-ils vécu cette expérience ? - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/74143/migrants-et-travailleurs-agricoles-saisonniers-en-france-comment-ontil

    Migrants et travailleurs agricoles saisonniers en France, comment ont-ils vécu cette expérience ?
    Par RFI Publié le : 12/10/2026
    Certains étaient des étudiants, d’autres des enseignants ou encore des comptables dans leur pays d’origine. Une fois arrivés en France, ils se sont retrouvés dans les travaux agricoles saisonniers. Quelles conditions de travail ont-ils rencontrées ? Pourquoi ont-ils accepté ces emplois ? Et comment ont-ils vécu cette expérience. RFI s‘est entretenue avec ces anciens travailleurs agricoles.
    69 - FRANCE [Dossier 1/2] _Enrobé Migrants d’origine subsaharienne dans les travaux agricoles en France -
    Arrivés en France, beaucoup d’entre eux s’engagent dans les travaux agricoles saisonniers, le temps de trouver un emploi ou pour financer leurs études. Djibril Djire, âgé d’une quarantaine d’années est originaire du Sénégal. Il fait partie de ces anciens travailleurs saisonniers : « Je suis arrivé en France en 2010. Pendant les vacances, on travaille tous les jours dans les champs. Quand on est étudiant et qu’on n’a pas un autre travail, cela nous permet de payer au moins les frais d’inscription. Parmi nous, il n’y avait pas que des étudiants, il y avait aussi des pères et des mères de famille ».
    Mamadou Diedhiou, qui est actuellement informaticien a fait les vendanges en France. Il déplore les conditions de travail de ces migrants saisonniers dans les exploitations agricole : « Pour moi, ce n’est pas un travail humain parce que c’est comme si on était chronométrés. Ce sont des conditions qui restent dures et au-delà de cet aspect, je vois une certaine condescendance et un certain mépris de la part des propriétaires. Pour moi, ce ne sont pas des conditions de travail dignes ».En France, le nombre d’ouvriers agricoles étrangers représente plus d’un tiers de la main d’œuvre agricole. En 2024, leur nombre était estimé à 250 000 provenant majoritairement d’Europe de l’Est, du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.

    #Covid-19#migrant#migration#france#economie#agriculture#travailleurmigrant#saisonnier#droit#sante

  • 568 migrants secourus en une journée dans trois pirogues en provenance du Sénégal et de la Gambie | Seneweb
    ▻https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/568-migrants-secourus-en-une-journee-dans-trois-pirogues-en-provenance-du-s

    568 migrants secourus en une journée dans trois pirogues en provenance du Sénégal et de la Gambie
    Auteur : Ablaye Gadiaga SARR
    La pression migratoire se poursuit sur la route atlantique vers les îles Canaries. Ce dimanche 11 octobre 2026, trois pirogues transportant au total 568 migrants ont été secourues et ont atteint l’archipel espagnol. Deux embarcations sont parties de la Gambie et la troisième du Sénégal.
    La première pirogue, en provenance du Sénégal, transportait 220 personnes, dont 7 femmes et 8 mineurs. Secourus par les garde-côtes espagnols, les passagers ont été transférés sur l’île d’El Hierro. Tous se portent bien. Le même jour, une deuxième embarcation partie de la Gambie, avec 136 personnes à bord, a également été secourue. Parmi les passagers figuraient 12 femmes et 18 mineurs. Là encore, tous les occupants sont sains et saufs.Une troisième pirogue en provenance de la Gambie, transportant 212 personnes, a également été secourue avant de débarquer aux Canaries.Au total, 568 migrants ont débarqué sur l’archipel espagnol en une seule journée. On ne compte aucun décès ni blessé

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#elhierro#canaries#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#gambie

  • Bargny : Un projet d’émigration irrégulière démantelé, 14 candidats et 3 présumés passeurs interpellés | Seneweb
    ▻https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/bargny-un-projet-demigration-irreguliere-demantele-14-candidats-et-3-presum

    Bargny : Un projet d’émigration irrégulière démantelé, 14 candidats et 3 présumés passeurs interpellés
    Auteur : Mor Mbaye Cissé
    Une opération menée dans la nuit du samedi 10 octobre 2026 par le poste de police de Bargny a permis de faire échouer une tentative d’embarquement clandestin de migrants. Le coup de filet a conduit à l’interpellation de quatorze candidats à l’émigration irrégulière, du cerveau présumé de l’opération et de deux de ses complices.
    Tout a commencé le samedi 10 octobre 2026, aux environs de 00 h 30 min, lorsque le poste de police de Bargny a été avisé par le commissariat central de Rufisque de l’imminence d’un embarquement clandestin. Le projet prévoyait le transfert de migrants à bord de petites pirogues depuis la plage de Bargny Guedj vers une embarcation de grande capacité positionnée en haute mer.
    Dépechés immédiatement sur les lieux, les éléments de la Brigade de recherches du poste de Bargny ont surpris les suspects et procédé à l’interpellation de quatorze (14) candidats à l’émigration irrégulière. Sur place, les forces de l’ordre ont également appréhendé le principal organisateur présumé, M. CISS, dit A., âgé de 51 ans.
    Lors de sa fouille corporelle, les enquêteurs ont découvert sur M. CISS la somme d’un million soixante-dix-neuf mille (1 079 000) francs CFA, représentant l’argent collecté auprès des candidats. L’organisateur présumé a été intercepté à bord d’un véhicule de marque Peugeot 207 appartenant à A. DIALLO. Selon les premiers éléments de l’enquête, ce véhicule servait à acheminer les migrants depuis leur maison d’accueil jusqu’au rivage.Entendu sommairement sur les faits, M. CISS a déclaré agir en collaboration avec un certain T., domicilié à Bargny, pour la logistique de cette expédition.
    Les 14 candidats interpellés, tous de nationalité sénégalaise et de sexe masculin, sont âgés de 19 à 53 ans. Originaires et résidant dans les localités de Médina Yoro Foula et de Vélingara, ils ont affirmé avoir versé chacun entre 400 000 et 500 000 francs CFA pour participer à ce voyage.
    La poursuite des investigations et l’exploitation du téléphone portable de M. CISS ont rapidement mené les policiers vers d’autres complices. L’opération a permis l’interpellation de A. DIALLO, âgé de 37 ans, chauffeur de taxi-bagages domicilié à Yarakh-Ferraille, et de O. SOW, âgé de 23 ans , pompiste domicilié à Keur Massar.
    Les deux hommes ont été interceptés à la station-service Star Oil de Bargny, située sur la route nationale, à bord d’un véhicule Renault Master. La fouille de ce camion a mis au jour trente (30) bidons de carburant. Interrogés sur l’usage de ce stock, A. DIALLO et O. SOW ont reconnu que ce carburant était destiné au ravitaillement de la pirogue devant effectuer la traversée organisée par M. CISS.
    À la suite de ces révélations :
    M. CISS a été placé en garde à vue pour des faits présumés de trafic de migrants.
    A. DIALLO et O. SOW ont également été placés en garde à vue pour complicité de trafic de migrants.
    Le nommé T., domicilié à Bargny et désigné comme complice présumé, est activement recherché par les services de sécurité.
    La somme de 1 079 000 francs CFA, les deux véhicules (Peugeot 207 et Renault Master) ainsi que les 30 bidons de carburant ont été saisis et placés sous scellés pour les besoins de la procédure.
    Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Rufisque, Cheikh Diakhoumpa, a été informé de l’évolution de l’affaire. L’enquête se poursuit afin de déterminer toutes les ramifications de ce réseau.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#migrationirreguliere#sante#droit#bargny#rufisque

  • Au large de Djibouti, au moins 139 migrants meurent dans le naufrage de leur embarcation
    ▻https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/10/11/au-large-de-djibouti-au-moins-139-migrants-meurent-dans-le-naufrage-d-une-em

    Au large de Djibouti, au moins 139 migrants meurent dans le naufrage de leur embarcation
    Le bateau de fortune transportait 305 personnes de Djibouti vers le Yémen, selon les survivants du naufrage cités par l’Organisation internationale pour les migrations.
    Le Monde avec AFP
    Au moins 139 personnes ont péri, et 84 autres sont portées disparues, en raison du naufrage d’une embarcation de fortune dans la nuit du 8 au 9 octobre, au large de Djibouti, a fait savoir l’Organisation des Nations unies (ONU), dimanche 11 octobre.
    Un précédent bilan faisait état de 109 morts, mais l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait savoir, plus tard dans la journée, que 30 corps supplémentaires avaient été découverts, ajoutant que « les opérations de recherche se poursuivent ».
    L’embarcation, qui transportait 305 personnes de Djibouti vers le Yémen, a chaviré au nord de la ville d’Obock, selon l’OIM, dont les équipes sont sur le terrain aux côtés des autorités locales pour fournir une aide d’urgence. « Cette tragédie nous rappelle brutalement les dangers auxquels sont exposés les migrants le long de cette route migratoire » qu’ils empruntent dans l’espoir de trouver de meilleures « perspectives économiques », a déclaré Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM à Djibouti.
    Parmi les corps retrouvés figurent 15 enfants. Plus de 80 personnes ont survécu au naufrage, toutes de nationalité éthiopienne, selon l’OIM.
    « Chaque année, des dizaines de milliers de migrants originaires de la Corne de l’Afrique transitent par Djibouti et traversent le détroit de Bab Al-Mandab pour rejoindre le Yémen, dans l’espoir d’atteindre les pays du Golfe à la recherche de sécurité, de stabilité et d’emploi », explique l’OIM. « La pauvreté, l’insécurité et les conséquences croissantes du changement climatique poussent nombre d’entre eux à entreprendre ce périple, malgré l’instabilité grandissante qui règne au Moyen-Orient », insiste-t-elle.
    Depuis le 10 septembre, l’OIM a recensé plus de 20 000 arrivées en provenance d’Ethiopie à Djibouti. Entre le 1er janvier et le 1er octobre 2026, l’organisation a comptabilisé environ 178 000 arrivées en provenance d’Ethiopie.« La majorité des personnes effectuant ces déplacements sont de nationalité éthiopienne ou somalienne », avait expliqué un porte-parole de l’OIM, Kennedy Omondi Okoth, à l’Agence France-Presse, cette semaine. « Ces voyages périlleux (…) sont principalement entrepris par des migrants en quête désespérée de perspectives économiques dans les pays du Golfe, Djibouti constituant pour eux un pays de transit. Toutefois, en raison des risques liés à ces trajets, beaucoup se retrouvent bloqués dans le pays », avait-il déclaré. L’OIM appelle à renforcer les financements pour les opérations de sauvetage et l’aide d’urgence à Djibouti, ainsi qu’à développer des voies de migration sûres. En 2025, plus de 900 migrants sont morts ou portés disparus sur la « route de l’Est », qui relie la Corne de l’Afrique au Yémen en passant par Djibouti, avant de se poursuivre vers d’autres destinations.

    #Covid-19#migrant#migration#djibouti#OIM#ethiopie#yemen#sante#mortalite#routemigratoire#migrationirreguliere

  • Est-il vrai qu’autrefois les migrations n’étaient pas aussi nombreuses ?
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=R39EikLlXR4

    La migration apparaît aujourd’hui comme un phénomène sans précédent. Pourtant, un regard sur l’histoire le montre : l’Homme s’est toujours déplacé, et ce dans une plus grande mesure que nous ne le pensons souvent. Depuis Homo sapiens et Néandertal aux légionnaires romains, des vagues d’émigration vers l’Amérique du Nord et de la Partition des Indes au programme Bracero aux États-Unis, un voyage au cœur de l’un des débats de société les plus controversés du moment.

    #mythe #migrations #réfugiés #préjugés #migration_de_masse #histoire #frontières #homo_sapiens #archéologie #mouvement #mobilité #homo_migrans #nomadisme #sédentarité #émigration_européenne #Etats-nations #symboles #identité #frontières_nationales #altérité #migration_forcée #Huguenots #déportation #expulsion #traite_des_esclaves #Inde #sous-continent_indien #Radcliffe #Cyril_Radcliffe #religion #Pakistan #mémoire #silence #Allemagne #travailleurs_immigrés #Etats-Unis #braceros #racisme #wetbacks #3% #eurocentrisme #ressources_pédagogiques #vidéo #film

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    #Ligne_Radcliffe

    La ligne Radcliffe est la ligne de partition entre les dominions de l’Inde (ou « Union indienne ») et du Pakistan (ce dernier incorporant alors l’actuel Bangladesh, qui formait alors une province pakistanaise sous le nom de Bengale oriental) qui deviendra, à l’indépendance de ces deux pays le 15 août 1947, leur frontière commune.

    Son tracé, qui inclut donc les actuelles frontières indo-pakistanaise et indo-bangladaise (créant de nombreuses enclaves indo-bangladaises), a été déterminé par une commission frontalière présidée par Sir Cyril Radcliffe (assisté de deux hindous et de deux musulmans) et dont la tâche était de décider d’une répartition équitable des habitants et territoires entre les deux futurs États.

    ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_Radcliffe

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    #Programme_Bracero
    Le programme Bracero représente une série de lois du

    travail aux États-Unis entre 1942 et 1964 octroyant un nombre limité de permis de travail temporaires à des ouvriers mexicains car la Seconde Guerre mondiale entraînait un besoin en bras supplémentaires (dans l’agriculture mais aussi le ferroviaire).

    Le terme bracero est dérivé de l’espagnol « brazo » signifiant « bras », pour désigner celui qui vit de sa force de travail. Depuis, il désigne des travailleurs originaires du #Mexique ayant migré en Californie pour y travailler dans les champs ou les usines, souvent en situation de semi-clandestinité[1]. Le terme est proche de « wetback » (« dos mouillé »), qui caractérise les migrants traversant la frontière par le Rio Grande.

    Par extension, ce terme peut faire référence à un coupeur de canne haïtien travaillant dans un batey de République dominicaine.

    ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_Bracero

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  • Départ clandestin déjoué en Gambie : 11 Sénégalais parmi les 58 personnes interceptées | Seneweb
    ▻https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/depart-clandestin-dejoue-en-gambie-11-senegalais-parmi-les-58-personnes-int

    Départ clandestin déjoué en Gambie : 11 Sénégalais parmi les 58 personnes interceptées
    Auteur : Ablaye Gadiaga Sarr
    Une tentative d’émigration clandestine par voie maritime a été déjouée en Gambie. Ainsi, le jeudi 8 octobre 2026, la police de l’immigration gambienne (GID) a intercepté 58 candidats au départ à Brufut, localité côtière.Selon les informations reçues, le groupe comptait 38 Gambiens, 11 Sénégalais et 9 Guinéens. Parmi eux figuraient 40 hommes, 7 femmes et 10 mineurs. Deux passeurs ont également été arrêtés

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#gambie#routemigratoire#atlantique#migrationirreguliere#guinee#sante

  • Italie : deux fois plus d’arrivées de migrants en Sardaigne cette année - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/74132/italie--deux-fois-plus-darrivees-de-migrants-en-sardaigne-cette-annee

    Italie : deux fois plus d’arrivées de migrants en Sardaigne cette année
    Par Leslie Carretero Publié le : 09/10/2026
    Depuis janvier, environ 3 200 migrants sont arrivés en Sardaigne, contre près de 1 400 sur l’ensemble de l’année 2025. Soit une augmentation de 125%. Les autorités locales disent redouter que l’île italienne devienne « un nouveau Lampedusa » et réclament l’aide du gouvernement central à Rome.
    Jeudi 8 octobre, 51 exilés sont arrivés en Sardaigne à bord de quatre embarcations. Mardi, 114 migrants avaient déjà débarqué en une seule journée sur cette île italienne située sous la Corse. Parmi eux, un groupe de sept personnes, dont quatre enfants, auraient été forcées de sauter dans l’eau par des passeurs, qui craignaient l’arrivée de la police, a indiqué l’agence de presse italienne Ansa.
    Ces débarquements sont de plus en plus fréquents sur l’île : depuis janvier, 3 200 exilés sont arrivés dans cette région italienne, contre 1 400 sur l’ensemble de l’année 2025, selon l’agence de presse Agenzia Nova. Soit une hausse de 125%.Les migrants arrivant en Sardaigne partent de l’est de l’Algérie, notamment de la ville d’Annaba, et parcourent plus de 250 km pendant huit à dix heures de navigation - quand la mer est calme - à bord de canots pneumatiques de cinq ou six mètres. La majorité des exilés sont originaires d’Algérie, d’après la presse locale, mais on compte aussi de plus en plus de Tunisiens, d’Égyptiens et de personnes originaires d’Afrique subsaharienne.
    Signe d’une augmentation des tentatives de traversée vers la Sardaigne, les autorités italiennes ont annoncé début août avoir arrêté huit hommes soupçonnés d’appartenir à un réseau de passeurs opérant entre l’Algérie, la Sardaigne et la France.
    Les accusés sont soupçonnés d’avoir fait payer environ 2 500 euros par personne des traversées qui concernaient à chaque fois entre 10 et 12 migrants. Celles-ci étaient ensuite effectuées à bord de « Phantom », une référence bien connue de bateaux semi-rigides très rapides. Au moins 50 à 60 migrants - principalement des Algériens et Tunisiens - auraient donc rejoint l’Italie via cette organisation.
    Selon un communiqué de la police, le groupe criminel prévoyait d’élargir ses activités afin d’ouvrir une « nouvelle route de trafic d’êtres humains, plus rentable », entre l’île tunisienne de La Galite et les côtes sardes.
    La hausse des arrivées en Sardaigne provoque la saturation du centre d’accueil de Monastir, petite ville de 4 600 habitants, située dans le sud, à une trentaine de kilomètres de la capitale de l’île, Cagliari. Cet été, 800 exilés étaient hébergés dans la structure, d’une capacité de 300 places."Les débarquements sont en constante augmentation et le flux de migrants nécessite plus d’attention, d’information et une gestion plus structurée", a déclaré cette semaine Paolo Dessì, maire de Sant’Anna Arresi de la province de Sulcis, dans le sud-est de la Sardaigne, cité par le média Cagliari Today. « Il est nécessaire de fournir dès que possible des outils, du personnel et des ressources adéquats pour faire face au phénomène de manière ordonnée et efficace », a insisté l’édile.
    Depuis plusieurs semaines, les autorités locales, qui craignent de devenir « un nouveau Lampedusa » réclament l’aide du gouvernement central à Rome.Si elle semble prendre de l’ampleur cette année, la route qui mène de l’Algérie à la Sardaigne n’est pas nouvelle.En 2020, un centre de rétention avait ouvert à Macomer, dans le centre de l’île, d’une capacité de 100 places, dans le but de dissuader les arrivées de migrants. Avant cette date, les exilés qui débarquaient en Sardaigne étaient envoyés dans le centre d’accueil de Monastir, où les autorités procédaient à leur identification et vérifiaient leur état de santé. Les migrants non éligibles à l’asile recevaient ensuite une obligation de quitter le territoire italien sous sept jours mais la plupart arrivaient à rejoindre le continent italien et ainsi atteindre d’autres pays européens.
    Depuis l’ouverture du site de Macomer, les migrants qui ne peuvent bénéficier de l’asile sont enregistrés à Monastir et transférés au centre de rétention avant leur rapatriement dans leur pays d’origine – le plus souvent l’Algérie.Les autorités espéraient alors que l’ouverture de cette nouvelle structure découragerait les futurs migrants de se rendre en Sardaigne. « Le bouche à oreille chez les étrangers qui tentent ce type d’entrée en Italie est très rapide : sachant qu’ils n’ont plus la possibilité de circuler librement sur le territoire, les Algériens choisiront d’abandonner la route de la Sardaigne », avait, à l’époque, déclaré Mauro Aresu, secrétaire régional du syndicat des policiers, cité par le média en ligne Sardinia Post.
    Mais le renforcement des contrôles au Maroc et le peu de surveillance au large de l’Algérie ont poussé les exilés à trouver de nouvelles voies d’entrée en Europe, notamment au départ de l’Algérie. Une autre route s’est aussi considérablement développée depuis l’an dernier : celle menant des côtes algériennes aux Baléares.
    Cet itinéraire est devenu en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’association Caminando Fronteras. Le nombre d’arrivées cette année aux Baléares frôle même celui enregistré aux Canaries, route historique vers l’Espagne qui connaît cependant une importante baisse de fréquentation depuis l’année dernière.
    Depuis janvier, 6 408 personnes ont débarqué aux Baléares - un chiffre stable par rapport à l’an dernier à la même période avec 5 844 arrivées, alors que les Canaries recensent 7 133 arrivées depuis le début de l’année (en baisse de 44%), selon les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur.

    #COvid-19#migrant#migration#italie#sardaigne#routemigratoire#mediterranee#migrationirreguliere#sante

  • Politique migratoire : « Aux immenses transformations sociales à venir devra répondre une ambitieuse politique de l’hospitalité »
    ▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/10/09/aux-immenses-transformations-sociales-a-venir-devra-repondre-une-ambitieuse-

    Politique migratoire : « Aux immenses transformations sociales à venir devra répondre une ambitieuse politique de l’hospitalité »
    Tribune
    Sébastien Thiéry, Docteur en sciences politiques et activiste
    En matière de politique migratoire, l’extrême droite promet un regain de violence : en réponse à la « crise migratoire », et à une « submersion » fatale, il faudra de la police au centuple. A gauche, l’on crie alors à l’instrumentalisation par la peur et l’on finit par condamner les mots eux-mêmes : au sujet des migrations, tout synonyme de « catastrophe » est désormais proscrit, surtout en période électorale. Cette police de la langue se veut stratégique : il s’agit de ne pas faire le jeu, anxiogène, de l’extrême droite. Elle est inefficace : l’extrême droite déroule son discours, et gagne.
    Cette police de la langue s’arme d’une prétention à la raison. Pour « dépassionner » le débat, l’histoire est convoquée pour prouver que « de tout temps » nous avons migré. C’est comme détourner le regard du changement climatique au motif que le climat a toujours changé. Les chiffres doivent enfoncer le clou : « ils ne sont pas si nombreux », faut-il répéter. En plus d’être scabreux, ce comptage aveugle : pointer le dernier nombre de passages de la frontière, c’est répondre par la météo à la question du climat. Ces discours sont tenus pour faire taire, non pour faire voir.
    Les migrations contemporaines ne sont pas organisées par des « islamo-gauchistes » fomentant le « grand remplacement » et la ruine de l’Europe. Elles ne sont pas davantage une lubie de milliardaires cyniques et néo-fascistes réunis. Ces deux récits fabriquent une même irresponsabilité. Pour les uns, il suffirait d’enfermer les « migrationnistes » et de dresser des frontières de plus ; pour les autres, il suffirait de casser la propagande xénophobe et d’ouvrir des abris supplémentaires. Une fois l’opposant réduit au silence, cela serait donc réglé d’un simple geste, de violence ou de clémence.
    Il en est des migrations comme du climat : un déni empêche de saisir l’ampleur du bouleversement en cours. Un « migratoscepticisme » s’enracine particulièrement à gauche, où l’on combat pourtant le climatoscepticisme, et où l’on devrait savoir et faire savoir que le choc climatique annonce bien un choc migratoire.
    Il est alors urgent d’user de tous les synonymes du mot « catastrophe » pour, d’abord, faire entendre combien nos mers et nos rivages sont jonchés de cadavres. Il est urgent, et rationnel, d’alerter sur le nombre de personnes migrantes en citant, par exemple, les équipes de l’association SOS Méditerranée, qui parlent bien de sauvetage de masse. Il est urgent d’affirmer que cela est donc bien massif et s’aggrave, en prenant enfin la mesure, avec une extrême inquiétude, des millions de déplacés au Soudan, en République démocratique du Congo, en Somalie, au Tchad, en Ethiopie, au Liban, en Palestine, en Syrie, en Jordanie, en Afghanistan, en Birmanie, au Bangladesh, au Népal, et tout autour, et plus encore demain.
    Il est aussi urgent d’assumer ce que l’art politique exige : voir venir, sans attendre que l’actualité nous y expose, trop tard. Il manque aux migrations un organisme qui lui soit consacré, à l’image du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), mais des études prospectives existent. La Banque mondiale prédit d’ici à 2050 des centaines de millions de déplacés supplémentaires. Dès 2007, le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés [2005-2015], Antonio Guterres [devenu depuis secrétaire général des Nations unies], annonçait que ce siècle serait celui du « déplacement humain ». En 2008, dans leur exposition « Terre natale » à la Fondation Cartier, à Paris, [le philosophe] Paul Virilio et [le photographe] Raymond Depardon prédisaient « une offensive migratoire sans précédent ».
    Dans son ouvrage Le Futurisme de l’instant (Galilée, 2009), Paul Virilio prolongeait la démonstration en annonçant un effondrement des conditions d’habitabilité et, de facto, des migrations « sans précédent », tel un processus « de repeuplement du globe terrestre ». Cet été, 60 000 personnes fuyaient l’invivable au Maroc et 220 000 fuyaient les grands feux en Gironde, toutes chassées par la violence d’un monde ressemblant à celui modélisé, il y a vingt ans, par Virilio et Depardon.
    Il ne s’agit plus de savoir combien de personnes migreront, mais comment vivre dans un monde dans lequel nous devenons toutes et tous, à des degrés divers, des déplacés. Les exodes sont et resteront régionaux davantage que mondiaux, et les destins seront bien différents entre Ceuta ou le Cap-Ferret. Mais, ici comme ailleurs, nous fuyons et fuirons l’inhabitable, en quête de territoires refuges, et d’une tout autre politique de soin et de bienveillance. Qui ne peut plus s’entendre comme « politique migratoire » de gestion de flux, plus ou moins ferme. Au bouleversement en cours, et aux immenses transformations sociales à venir, il faudra répondre par une ambitieuse politique de l’hospitalité.
    Depuis des années, en haute mer comme sur les rivages, des collectifs esquissent cette politique encore manquante en créant des lieux, des outils, des langues, de l’économie, des devenirs. Il est temps de considérer l’hospitalité non seulement comme une disposition morale, mais comme un faisceau de compétences précises, à transmettre : pratiquer l’inconditionnalité de l’accueil ne consiste pas à laisser faire, mais exige une multitude de savoir-faire dans les domaines de la santé, du droit, de l’économie, de l’architecture, du design, des langues, etc. Il est alors temps de sortir ces refuges maritimes et terrestres de leur statut d’exceptions humanitaires, et de bâtir, dans leur sillage, des infrastructures d’accueil de toute beauté, à même de consolider ces pratiques qui font tenir notre humanité. Il est temps de relever au présent les traces, éparses mais vivaces, d’un avenir désirable, et de nous organiser pour le faire advenir.
    Un travail colossal reste donc à faire, culturel et juridique, sanitaire et social, architectural et urbain, en suivant les actes d’une société civile qui, sans attendre, a ouvert le chantier. Car celles et ceux qui font aujourd’hui l’hospitalité ne sont pas des criminels, mais des chercheurs : leurs gestes techniques et sensibles – sauver, soigner, soutenir, réconforter, encourager, orienter, outiller, accompagner, co-construire – lèvent ce dont l’avenir pourrait être fait. Voilà qui devrait inspirer les missions d’un grand ministère de l’hospitalité, institution majeure d’une politique de gauche pour le XXIe siècle, malheureusement encore inarticulée.
    Sébastien Thiéry, docteur en sciences politiques, est activiste, artiste, ancien pensionnaire de la Villa Médicis- Académie de France à Rome, coordinateur des actions du Pôle d’exploration des ressources urbaines et co-concepteur du « Navire-Avenir », premier bateau de sauvetage en mer européen

    #Covid-19#migrant#migration#climat#politiquemigratoire#hospitalite#crisemigratoire#droit#sante

  • Des centaines de Britanniques, installés depuis des années, sont priés de quitter la Suède
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/09/des-centaines-de-britanniques-installes-depuis-des-annees-sont-pries-de-quit

    Des centaines de Britanniques, installés depuis des années, sont priés de quitter la Suède
    Sur les 14 200 ressortissants britanniques ayant demandé le statut de résident après le Brexit, près de 4 000 ont été déboutés, soit un peu plus de 27 %, contre 7,6 % en France. Une politique restrictive que les partis de centre gauche, vainqueurs des législatives, ont promis d’assouplir.
    Par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
    Agé de 74 ans, souffrant d’Alzheimer, Horace Mason, citoyen britannique, a reçu mi-août une obligation de quitter le territoire suédois, vingt-cinq ans après son installation dans le pays nordique. Il n’est pas le seul : début juillet, Joyce Thomas, 78 ans, avait été priée de faire ses valises et de rentrer au Royaume-Uni, même si elle vivait en Suède depuis vingt et un ans, que son mari, mort en 2023, y est enterré, et que son fils et ses petits-enfants y habitent. Ancien employé de la Banque mondiale, Martin Gambrill, âgé de 63 ans et marié à une Suédoise, n’a pas eu plus de chance : arrivé il y a cinq ans, sa demande de permis de séjour en Suède vient aussi d’être rejetée.
    Depuis le début de l’été, les nombreux témoignages de ces Anglais forcés de quitter la Suède créent l’émoi. Relatés par les médias britanniques et suédois, leurs parcours semés d’embûches illustrent le durcissement de la politique migratoire du royaume. Si les migrants originaires de pays tiers en sont les premières victimes, les Anglais frappés par les restrictions post-Brexit n’échappent pas au tour de vis. Selon les chiffres des services de l’immigration à Stockholm, 458 ressortissants britanniques ont déjà été expulsés. D’après la commission européenne, ils seraient 2 500 à avoir reçu une obligation de quitter le territoire sur un peu plus de 14 000 ayant déposé une demande de titre de séjour, depuis l’entrée en vigueur de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), en janvier 2020. « Il est difficile d’avoir des statistiques exactes, mais quand on compare avec les autres pays, les rejets comme les expulsions sont plus élevés ici qu’ailleurs », assure David Milstead, porte-parole de l’organisation British in Sweden, qui représente les ressortissants britanniques en Suède.
    Cette singularité s’explique de plusieurs manières. D’une part, la Suède, comme la moitié des pays européens dont la France, a exigé que les citoyens britanniques vivant dans le pays fassent une demande de titre de séjour après l’entrée en vigueur de l’accord. La date limite avait été fixée au 31 décembre 2021. Mais alors que le Danemark ou les Pays-Bas, par exemple, ont informé directement les personnes concernées, Stockholm s’est abstenu. A l’époque déjà, le journal en ligne et en anglais The Local, s’adressant aux expatriés, avait alerté, critiquant le manque d’information.
    Or, dès le départ, alors que les autorités ailleurs faisaient preuve de souplesse, la Suède s’est distinguée, en déboutant les candidats, y compris ceux qui avaient déposé une demande dans les temps. C’est le cas, par exemple, de Horace Mason, qui vit pourtant dans un établissement spécialisé pour les personnes souffrant d’Alzheimer. Stockholm a estimé qu’il « n’avait pas fourni de documents prouvant qu’il remplissait les conditions requises pour bénéficier du droit de séjour ».
    Ses proches ont fait appel, en vain. « Après avoir mis en balance l’intérêt de l’Etat en matière d’immigration réglementée et les éléments qui ont été mis en évidence concernant la vie privée de Horace Mason et son adaptation à la Suède, le tribunal des affaires d’immigration conclut, tout bien considéré, que son expulsion semble proportionnée », rapporte le journal The Guardian, qui cite son dossier. Il y a aussi les cas de tous ceux qui ont manqué la date limite. Joyce Thomas en fait partie : ce n’est qu’en 2022, au retour d’un voyage au Royaume-Uni, qu’elle et son mari, décédé l’année suivante, ont découvert qu’ils auraient dû faire une demande de permis de séjour après le Brexit. La police des frontières les a laissés entrer. Mais la demande de Mme Thomas a été rejetée en 2024. Comme pour beaucoup dans sa situation, les services de l’immigration ont estimé qu’elle n’avait pas de « motifs raisonnables » justifiant le dépôt tardif de son dossier.
    D’autres, comme John Sellers, 38 ans, dont vingt-quatre passés en Suède, se sont trompés dans la procédure, payant leur erreur au prix fort. Au lieu de demander un permis de séjour, cet enseignant remplaçant, marié à une Suédoise, a tenté d’obtenir la naturalisation. Comme il ne pouvait pas présenter de permis de séjour valide, elle lui a été refusée, et il a été expulsé en janvier, après avoir épuisé tous les recours.Selon le dernier rapport annuel de la Commission européenne sur la mise en œuvre de l’accord de retrait, publié en novembre 2025, près de 4 000 Britanniques ont été déboutés sur les 14 200 ayant demandé le statut de résident en Suède après le Brexit, soit un peu plus de 27 % : un taux trois fois supérieur à n’importe quel autre Etat membre de l’UE. La France, par exemple, n’a rejeté que 7,6 % des demandes, tandis que le Danemark, doté d’une des politiques migratoires les plus restrictives d’Europe, n’en a refusé que 6,2 %. D’après David Mistead, Londres s’est plaint du traitement réservé à ses ressortissants en Suède, sans aller pour le moment jusqu’à provoquer une crise diplomatique entre les deux pays. Le sort des Britanniques a également été discuté pendant la campagne électorale dans le pays nordique, où l’opposition sortante de centre gauche a dénoncé un nouvel exemple des dérives de la politique migratoire menée par la droite et l’extrême droite.
    Vainqueurs des élections, le 13 septembre, les sociaux-démocrates, le Parti de gauche, les centristes et les Verts ont promis de trouver une solution. Mais il faudra d’abord que les quatre formations politiques parviennent à négocier un accord de coalition, ce qui semble compliqué pour le moment

    #Covid-19#migration#migrant#suede#royaumeuni#brexit#expulsion#politiquemigratoire#sante#droit

  • New York : l’ICE, la police de l’immigration, tire sur une voiture, un enfant de 5 ans sur la banquette arrière
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    New York : l’ICE, la police de l’immigration, tire sur une voiture, un enfant de 5 ans sur la banquette arrière
    vidéo Dans cette ville, il s’agit des premiers coups de feu impliquant la police de l’immigration. Le maire, Zohran Mamdani, a dénoncé « une situation d’une gravité exceptionnelle », et a appelé à « abolir l’ICE ».
    Par Service vidéo du Monde (avec AFP et Reuters)
    Publié aujourd’hui à 16h35, modifié à 16h38
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    Des agents de l’ICE, la police de l’immigration américaine, ont ouvert le feu, jeudi 8 octobre, sur le conducteur d’une voiture dans le Bronx, à New York. Un enfant de cinq ans se trouvait sur le siège arrière du véhicule au moment des tirs.Les faits se sont déroulés en milieu d’après midi dans le quartier de Marble Hill, à la limite entre le Bronx et Manhattan, le long de la Harlem River. Dans des vidéos capturées par des témoins, on peut notamment voir un homme interpellé, au sol, à côté d’un SUV gris.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#ICE#immigration#sante#violence

  • En Pologne, l’instrumentalisation des peurs nourrit les ressentiments à l’égard des réfugiés ukrainiens
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    En Pologne, l’instrumentalisation des peurs nourrit les ressentiments à l’égard des réfugiés ukrainiens
    Les agressions contre les Ukrainsiens se sont multipliées en Pologne, au cours de l’été, sur fond de peur des migrants et de manipulation russe.
    Par Florent Georgesco (Varsovie, correspondant régional)
    Les agressions à l’encontre de réfugiés ukrainiens, en progression continue en 2026 en Pologne, ont connu un pic durant l’été. En juillet, à Legnica, deux filles de 13 ans et un garçon également mineur ont été violentés par une femme, parce qu’ils parlaient ukrainien sur un terrain de sport. En août, un frère et une sœur également adolescents ont été frappés par deux adultes sur une aire de jeux de Bydgoszcz pour le même motif. A la fin de juillet, c’est un couple de jeunes gens, qui se sont fait rouer de coups à Wroclaw par un groupe d’hommes qui n’avaient rien d’autre à leur reprocher que leur nationalité.
    Souvent filmées, ces agressions, parmi beaucoup d’autres, physiques et verbales, ont contribué à mettre en évidence l’hostilité croissante des Polonais à l’égard des près de 1 million et demi d’Ukrainiens installés dans le pays – dont un peu plus de 950 000 sont accueillis au titre de réfugiés, selon Eurostat. Au point que, comme le racontait le quotidien Wyborcza au début de juillet, les femmes ukrainiennes ont commencé à affluer dans les cours d’autodéfense. « Pas un jour ne passe sans qu’on me dise de retourner en Ukraine », témoignait l’une d’elles. « Je ne me sens plus en sécurité. Je dois me défendre moi-même », lançait une autre.
    Les sujets de tension sont de différents ordres, allant des conflits mémoriels entre les deux pays autour des massacres de Polonais commis par des Ukrainiens pendant la seconde guerre mondiale à la crise qu’avait suscitée, en 2023, l’afflux de céréales ukrainiennes sur le marché polonais – crise résorbée par l’instauration de quotas d’importation au niveau européen –, en passant par l’instrumentalisation de ces questions par certains politiques et par la Russie. Cependant, cette hostilité est, à certains égards, paradoxale. C’est ce que rappelle Myroslava Keryk, la directrice de la Maison ukrainienne, à Varsovie : « Les Ukrainiens sont installés depuis longtemps en Pologne. Nous étions autour de 300 000 quand la Maison a été créée, en 2004, et près de 900 000 en 2021. Donc, quand le flux de réfugiés est arrivé, après le déclenchement de l’invasion à grande échelle, les liens étaient déjà profonds et étroits. Et, globalement, ça se passait bien, et ça a continué. »
    Elle cite une enquête publiée par le Centre polonais de recherche sur l’opinion publique, le 20 août, selon laquelle 63 % des Polonais accepteraient un ou une Ukrainienne comme gendre ou belle-fille, ou 55 % comme supérieur hiérarchique. Mais ces chiffres sont en baisse depuis 2023, signe, selon Myroslava Keryk, que certains discours incendiaires, à droite et à l’extrême droite, ont contribué à dégrader la situation. « On voit que, à l’échelle de la vie des gens, la perception reste majoritairement bonne, remarque-t-elle. Mais ces discours ont installé une réalité parallèle. »
    La « guerre cognitive » menée par Moscou a, elle aussi, participé de ce mouvement, note Edwin Bendyk, journaliste et politologue, président du conseil d’administration de la Fondation de défense de la démocratie Stefan-Batory. « Les Russes attaquent la société polonaise à différents niveaux, par la peur que suscite une guerre si proche de nous, à notre frontière, aussi bien que par les incursions de drones ou les sabotages, comme par la désinformation », décrit-il. Cette désinformation porte régulièrement sur les réfugiés ukrainiens. Par le biais de faux comptes sur les réseaux sociaux, de faux sites Internet ou d’images produites par l’intelligence artificielle, elle tente de faire croire à l’opinion polonaise que ce sont les agressions commises par les Ukrainiens qui se multiplient. Comme lorsque, à la fin de juillet, des photos d’un homme menotté, censé représenter un Ukrainien arrêté après avoir violé et torturé une Polonaise, se sont mises à circuler à grande échelle, avant que la police en démente formellement la véracité.
    En 2022, l’élan de solidarité politique et sociale des Polonais envers les réfugiés ukrainiens a d’abord été massif, même de la part du parti Droit et justice (PiS) – au pouvoir entre 2015 et 2023 –, pourtant à la pointe dans la lutte contre l’immigration. Mais, bien que, depuis, le soutien militaire et diplomatique à Kiev n’ait jamais faibli, les élections législatives de 2023 et la présidentielle de 2025 ont vu, chez les politiques de droite et d’extrême droite, « une recrudescence des discours xénophobes, généralement construits autour de l’idée que les réfugiés ukrainiens représenteraient un poids économique insupportable », remarque Edwin Bendyk.
    Il ajoute que l’afflux de réfugiés qui a suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie, même s’il a été en partie compensé par le retour dans leur pays de nombreux hommes ukrainiens ayant choisi d’aller se battre, a créé une situation propice à ce genre de manipulation.
    Le nouveau président de la République, Karol Nawrocki, proche du PiS, répète ainsi qu’il faudrait réserver l’allocation d’aide aux réfugiés aux Ukrainiens qui travaillent. De manière plus directe, le député et ancien vice-ministre Janusz Kowalski, membre du PiS, a déclaré au début de juillet : « Les Ukrainiens pillent le budget polonais, et ensuite ils partent en vacances. Qu’ils y restent ! » Un discours encore amplifié à l’extrême droite par les partis Confédération Liberté et indépendance et Confédération de la couronne polonaise.« Toutes les études montrent que, loin de profiter du système, les Ukrainiens apportent beaucoup à l’économie polonaise », corrige Edwin Bendyk. C’est le cas, en particulier, du rapport publié le 1er octobre par le think tank Deloitte et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui estime l’apport des réfugiés ukrainiens à 2,4 points de produit intérieur brut (PIB) polonais, et relève que la part des revenus des ménages réfugiés provenant du travail est de 87 %.
    La confrontation des chiffres et des déclarations politiques montrent que les causes de la recrudescence des attaques contre les réfugiés sont en partie artificielles, jugent Myroslava Keryk comme Edwin Bendyk. Ce que les politiques ont contribué à créer, pourront-ils pour autant le défaire ? Edwin Bendyk l’espère, qui note qu’un « apaisement » s’est produit en septembre, avec beaucoup moins de cas d’agressions recensés. Il y voit la conséquence d’une forme de « prise de conscience » de la part de la majorité de centre droit.
    Le premier ministre, Donald Tusk, « a lui aussi longtemps joué avec les peurs des Polonais. Bien sûr, il n’a rien fait pour accroître l’hostilité. Mais il sentait que les arguments de la droite prenaient, et il a voulu se montrer ferme, notamment en durcissant les conditions d’accueil des réfugiés », rappelle le journaliste. Mais la multiplication des agressions durant l’été a changé la donne, estime-t-il. « Je crois qu’il s’est rendu compte qu’on courait à la catastrophe. Depuis lors, lui et ses ministres sont beaucoup plus stricts dans leurs discours, de même qu’ils ont incité la police à agir plus fortement, ce qui a payé », conclut Edwin Bendyk, qui se montre toutefois d’un optimisme très relatif pour la suite.La campagne des élections législatives de l’automne 2027 est déjà engagée, avec d’autant plus d’intensité, et de risques de débordements verbaux, que, selon beaucoup de sondages, le PiS pourrait l’emporter, allié avec l’extrême droite.

    #Covid-19#migration#migrant#pologne#ukraine#asile#refugie#election#sante

  • « Une erreur administrative impardonnable » : le corps d’un disparu de la Manche inhumé sous X malgré les signalements de son fils | Mediapart
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/international/091026/une-erreur-administrative-impardonnable-le-corps-d-un-disparu-de-la-manche


    « Cela n’a visiblement pas dérangé les autorités françaises d’enterrer mon père sans faire de recherches sur son identité. »

    (...)

    Osama reste marqué par la disparition de son père. « Je ne vais pas bien », reconnaît le jeune Syrien, qui, après plusieurs mois de recherches vaines en France, a pensé trouver asile en Allemagne. Sa demande a cependant été rejetée au printemps 2025. Sans papiers, menacé d’expulsion, il vit désormais en sursis, hébergé chez des amis. S’il venait en France pour se recueillir au cimetière de Quend, il risquerait d’être arrêté, voire de faire l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

    #FNAEG #migration

  • Méditerranée : une centaine de migrants secourus par l’Ocean Viking dont plusieurs enfants - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/74103/mediterranee--une-centaine-de-migrants-secourus-par-locean-viking-dont

    Méditerranée : une centaine de migrants secourus par l’Ocean Viking dont plusieurs enfants
    Par La rédaction Publié le : 08/10/2026
    Le navire humanitaire affrété par l’ONG SOS Méditerranée a porté secours dans la nuit de mardi à mercredi à 101 migrants, dont plusieurs enfants, au cours de deux opérations. Une femme enceinte a été évacuée pour raisons médicales vers Lampedusa à bord d’un patrouilleur des gardes-côtes italiens, accompagnée de son mari.
    Dans la nuit du mardi 6 octobre au mercredi 7 octobre, 101 migrants ont été secourus lors de deux opérations de sauvetage menées par l’Ocean Viking, le navire humanitaire de l’ONG SOS Méditerranée."Le premier sauvetage s’est déroulé [...] dans la zone de recherche et de sauvetage libyenne, à la suite d’une alerte d’Alarm Phone", précise l’ONG sur X. Un appel de détresse a aussi été diffusé par l’Osprey 2, un avion de Frontex. Soixante personnes se trouvaient à bord de l’embarcation pneumatique : « 27 hommes, 21 femmes dont cinq enceintes et 12 enfants, dont quatre âgés de un à quatre ans ». Selon l’Ocean viking, ces migrants ont passé deux jours en mer, sans eau ni nourriture.
    « Beaucoup présentent des brûlures causées par le carburant ». Le mélange de l’eau de mer avec l’essence provoque une réaction chimique et cause de grave brûlures. Les victimes sont généralement les femmes et les enfants placés au centre des canots, au sol, près du carburant.Une femme enceinte a également été évacuée « pour raisons médicales » vers Lampedusa à bord d’un patrouilleur des gardes-côtes italiens, accompagnée de son mari.
    Le deuxième sauvetage a eu lieu tôt mercredi matin dans la zone de recherche et de sauvetage maltaise. « Alarm Phone a alerté qu’une autre embarcation, partiellement dégonflée, était en détresse avec 41 personnes à bord : 18 hommes, sept femmes et 16 mineurs non accompagnés. Elles aussi disent avoir passé deux jours en mer sans eau ni nourriture », écrit l’ONG.Le navire humanitaire doit désormais rejoindre le port de Naples pour débarquer les rescapés. « Un long trajet qui aggrave inutilement la condition fragile des personnes secourues, en particulier celle des femmes enceintes ».
    La cause de ce long trajet : le décret Piantedosi qui avait introduit en 2022 une série de mesures pour régir les activités des navires de sauvetage en Méditerranée. Et en premier lieu, celle qui oblige les ONG à se rendre « sans délai » au port de débarquement assigné par les autorités italiennes juste après un premier sauvetage. Impossible donc pour les bateaux de procéder à une autre opération de secours - sauf accord exceptionnel de Rome.

    #Covid-19#migrant#migration#mediterranee#routemigratoire#migrationirreguliere#humanitaire#sante#italie#frontex