• Minneapolis : les images des manifestations contre l’ICE après qu’un agent a tiré sur un Vénézuélien
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    Minneapolis : les images des manifestations contre l’ICE après qu’un agent a tiré sur un Vénézuélien
    vidéo Un agent de la police fédérale de l’immigration américaine (ICE) a tiré dans la jambe d’un Vénézuélien, mercredi 14 janvier, à Minneapolis, une semaine après qu’une femme, Renee Good, a été abattue dans la même ville par un agent de l’ICE.
    Par Juliette Prigent et Elie-Sara Couttet
    « J’ai vu des agissements de la part de l’ICE qui sont révoltants et intolérables », a affirmé le maire de Minneapolis, Jacob Frey, après qu’un agent de la police fédérale de l’immigration américaine (ICE) a tiré dans la jambe d’un Vénézuélien, mercredi 14 janvier. Cela s’est déroulé à Minneapolis, dans le Minnesota, ont annoncé les autorités municipales, une semaine après qu’une femme, Renee Good, a été abattue dans la même ville par un agent de l’ICE.Ce tir a donné lieu à une nouvelle manifestation contre les actions des agents de l’ICE, qui s’intensifient dans la ville, attroupement vite dispersé par l’utilisation de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes par des agents équipés de masques à gaz et de casques.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#politiquemigratoire#ICE#expulsion#venezuela#sante#mortalite

  • Le Mexique demande aux Etats-Unis de faire la lumière sur la mort d’un de ses ressortissants détenu par l’ICE
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/16/le-mexique-demande-aux-etats-unis-de-faire-la-lumiere-sur-la-mort-d-un-de-se

    Le Mexique demande aux Etats-Unis de faire la lumière sur la mort d’un de ses ressortissants détenu par l’ICE
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement mexicain veut comprendre comment l’un de ses ressortissants a pu trouver la mort entre les mains de la police de l’immigration américaine (Immigration and Customs Enforcement, ICE) dans l’Etat de Géorgie, dans le sud des Etats-Unis. Jeudi 15 janvier, le consulat du Mexique à Atlanta a exigé de Washington « que les circonstances des faits soient éclaircies », a annoncé dans un communiqué le ministère des affaires étrangères. Le consulat a dit apporter sa collaboration à l’enquête.Selon le gouvernement mexicain, cette mort suspecte aurait eu lieu mercredi. Les autorités américaines n’ont fait aucun commentaire dans un premier temps. Au moins quatre personnes sont mortes alors qu’elles étaient détenues par l’ICE depuis le début de l’année 2026, et au moins 30 en 2025, l’année la plus meurtrière depuis la création de cette police en 2004, selon des statistiques officielles.
    La mort d’une Américaine de 37 ans, Renee Nicole Good, tuée par un agent de l’ICE à Minneapolis le 7 janvier, a provoqué de vives tensions et des manifestations dans cette ville de l’Etat du Minnesota. Mercredi, un Vénézuélien a été blessé par balle par l’ICE.Donald Trump a menacé, jeudi, d’invoquer une loi d’exception qui lui permettrait de déployer l’armée à Minneapolis, après une soirée de heurts entre forces de l’ordre et manifestants.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#mexique#ICE#politiquemigratoire#sante#droit#mortalite#dentention

  • « Des années de tracas et d’angoisse » : un an après la circulaire Retailleau, la régularisation toujours plus difficile pour les sans-papiers - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69249/des-annees-de-tracas-et-dangoisse-un-an-apres-la-circulaire-retailleau

    « Des années de tracas et d’angoisse » : un an après la circulaire Retailleau, la régularisation toujours plus difficile pour les sans-papiers
    Par Romain Philips Publié le : 15/01/2026 Dernière modification : 16/01/2026
    Un an après la circulaire Retailleau, pierre angulaire du durcissement de la politique de régularisation initiée par l’ex-ministre de l’Intérieur, les sans-papiers en France peinent toujours plus à se faire régulariser. Conséquence : le nombre de régularisations a baissé de 42% au cours des neuf premiers mois de l’année 2025. Emmitouflé dans sa doudoune kaki, Ladji, 38 ans, croise les doigts. Il espère que cette fois ci, sa demande de titre de séjour déposée le 7 octobre sera la bonne. Ce Congolais arrivé en France en 2016 avait fait une première demande qui n’a pas abouti car son dossier « a été perdu », explique-t-il amèrement, lui qui a déboursé quelque 700 euros de frais d’avocat pour chaque demande.
    Vivant en France depuis de nombreuses années, il dispose d’un CDI en tant que plongeur à Paris et parle un français impeccable. Il pense donc bien remplir tous les critères. « J’ai scrupuleusement conservé toutes mes fiches de paie, mes justificatifs... L’administration peut te refuser ton dossier pour une petite pièce manquante donc je garde absolument tout », raconte-t-il. Son dossier est maintenant déposé. « Mon avocat m’a dit que ça allait surement prendre plus d’un an, je patiente ». Mais malgré tous ces atouts, Ladji affiche un sourire de façade, conscient que l’obtention du titre de séjour peut être une gageure, « surtout aujourd’hui ».
    Depuis un an, le 23 janvier 2025, via une circulaire portant son nom, l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a opéré un durcissement de la politique de régularisation en France. Dorénavant, pour prétendre à l’admission exceptionnelle au séjour (AES), un étranger en situation irrégulière en France devra faire état de sept ans de présence sur le territoire, d’une certification de maîtrise du français et ne jamais avoir reçu une OQTF (obligation de quitter le territoire français). « Cette nouvelle circulaire rappelle que la régularisation (…) doit rester exceptionnelle », indique le document. D’autre part, la loi immigration de 2024 a instauré la régularisation des travailleurs employés dans des métiers dits « en tension ». Le texte facilite les procédures pour les salariés d’environ 80 secteurs en manque de main-d’œuvre et doit permettre aux étrangers de prétendre à un titre de séjour s’ils justifient de 12 mois de bulletins de salaire au cours de 24 derniers mois et trois ans de résidence en France.
    C’est ce point qui inquiète Ladji. « Malheureusement, le métier de plongeur ne fait pas partie de la liste », avise-t-il. Son expérience précédente, un CDI dans une entreprise de nettoyage, ne l’aidera pas non plus. Seul le métier d’aides ménagères à domicile est considéré comme en tension dans le secteur du nettoyage en Ile-de-France. « J’ai quand même des mois et des mois de travail en France et une présence sur le territoire depuis de longues années. Je pense que je mérite ce titre de séjour mais on n’est jamais sûr », estime-t-il. Un doute confirmé par les dernières données officielles. Selon le ministère de l’Intérieur, le nombre de régularisation de sans-papiers a baissé de 42% au cours des neuf premiers mois de l’année 2025. La baisse atteint 54% en ce qui concerne les régularisations par le travail. Seuls 666 titres de séjour ont été octroyés au motif des « métiers en tension » au cours des neuf premiers mois de l’année. « Ce qu’on peut dire, c’est que les directives de Bruno Retailleau à ses préfets ont rencontré, dans la plupart des cas, des oreilles très attentives », analyse Jean-Albert Guidou, membre du pôle confédéral « Travailleurs migrants » de la CGT, qui estime que cette baisse « est une conséquence directe de la circulaire Retailleau ».
    « Ces derniers temps, nous ne constatons que des régressions », commente à son tour Koundenecoun Diallo, un délégué de la Coordination des sans-papiers de Paris (CSP75). Il dénonce la politique initiée par Bruno Retailleau comme « catastrophique pour les sans-papiers ». Il cite notamment la phrase de la circulaire de janvier qui intime aux préfets d’assortir « systématiquement » d’une OQTF les refus de titres de séjour. « C’est ce que, nous, on appelle les ’OQTF à vie’ », tance Jean-Albert Guidou. La loi immigration de 2024 a portée la durée de validité d’une OQTF à trois ans, au lieu d’un an auparavant. « Mais dans les faits maintenant, si vous avez eu une OQTF 10 ans plus tôt, aujourd’hui, ça peut être un motif de rejet de la demande si vous ne prouvez pas que vous l’avez exécutée, et ce même si l’OQTF a expiré », s’insurge le syndicaliste. C’est ce qui effraie Edwige. Depuis son arrivée en France il y a quatre ans, la Congolaise a déjà fait une demande qui s’est clôturée par un refus et la délivrance d’une OQTF. Et maintenant, elle craint de ne plus jamais pouvoir régulariser sa situation. En CDI dans une entreprise de nettoyage, la femme de 41 ans attend le mois de mars pour déposer sa demande. « J’aurais à ce moment-là 24 fiches de paie consécutives », se rassure-t-elle.
    Mais la trace de cette OQTF plane comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. « J’ai peur de rester une sans-papiers pour toujours », concède-t-elle. Avec émotion, elle regrette d’être forcée à cette existence discrète. « Je me sens humiliée, pas considérée. Les sans-papiers, on n’est personne. On n’a pas le droit de voyager, d’avoir un logement, des droits… C’est comme si on n’avait pas de vie. Ça me fait de la peine d’être dans cette situation. Ça me rend malheureuse », regrette Edwige. Ladji partage les mêmes frustrations. « Je n’en peux plus. La vie est dure quand on est sans-papiers », souffle-t-il. « Etre sans-papiers, c’est un poids qui occupe toujours un coin de ton cerveau. Ça t’empêche de dormir. C’est des années de tracas et d’angoisse ».
    Le durcissement à l’œuvre sème également le trouble chez les étrangers qui ont obtenu leur carte de séjour. « Le renouvellement est aussi un véritable problème », avance Koundenecoun. « J’ai rencontré beaucoup de gens qui pouvaient être là depuis 20 ans, qui étaient totalement intégrés et avaient des boulots fixes mais qui se sont vont refusés le renouvellement », complète Jean-Albert Guidou. Et d’ajouter : « Et là, c’est la dégringolade absolue », évoquant pêle-mêle les déboires qui s’enchainent comme la perte du salaire, des allocations, voire même du logement. Tout cela s’ajoute aux problèmes déjà inerrants aux préfectures, à savoir le manque de moyens, la numérisation des procédures et le temps de traitement des dossiers qui s’allonge. Ce mercredi de janvier par exemple, la CGT a reçu une date de rendez-vous en préfecture pour une travailleuse dont elle gère la demande de renouvellement d’un titre de séjour qui expirait en octobre. « C’est en mars 2026 alors qu’on a déposé le dossier en août 2025, donc cette dame va passer des mois sans-papiers et risque de tout perdre », s’insurge le syndicaliste. Ainsi, dans les préfectures de France, les dossiers s’empilent. En Seine-Saint-Denis, département de France qui accueille le plus d’étrangers, « ils sont en train de finir de traiter les dossiers déposés fin 2022 », conclut Jean-Albert Guidou.

    #Covid-19#migration#migrant#france#politiquemigratoire#regularisation#droit#sante#prefecture

  • Libye : 21 corps de migrants découverts dans une fosse commune - InfoMigrants
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    Libye : 21 corps de migrants découverts dans une fosse commune
    Par La rédaction Publié le : 15/01/2026
    Vingt-et-un corps de migrants ont été retrouvés dans un charnier à Ajdabiya, dans le nord-est de la Libye, selon des médias locaux citant une source gouvernementale. Les victimes étaient retenues dans une ferme de la région transformée en « lieu de détention pour migrants clandestins ».L’Agence de sécurité intérieure (ASI) d’Ajdabiya, dans le nord-est de la Libye, a fait état mercredi 14 janvier dans la soirée de la « découverte d’une fosse commune contenant les corps de 21 personnes de diverses nationalités africaines », a indiqué la chaîne de télévision libyenne al-Masar. Selon ce média, loyal à l’homme fort de l’est libyen Khalifa Haftar, « une enquête a permis d’identifier un suspect de ces homicides, un ressortissant libyen aux antécédents judiciaires, arrêté lors d’un raid mené dans une ferme » ayant servi de « lieu de détention pour migrants clandestins ».
    Des photos et une vidéo - qui n’ont pu être authentifiées - ont fait le tour des réseaux sociaux et des médias locaux, montrant des corps entassés et plus d’une dizaine de sacs mortuaires alignés sur le sol. Dans cette « ferme », des migrants « dans un état critique » - certains présentaient des blessures par balle - ont été secourus et hospitalisés après avoir signalé l’emplacement du charnier aux autorités, d’après les médias dont aussi la chaîne indépendante Al Wasat.
    Des équipes médico-légales ont été déployées sur place pour exhumer les corps, identifier les victimes, et recueillir des preuves des sévices subis. Ce n’est pas la première fois que des fosses communes sont découvertes en Libye. En juin 2025, plus de 80 corps, dont certains carbonisés, avaient été découverts dans le quartier d’Abu Salim, dans la banlieue de Tripoli, en Libye. Selon le Haut-commissariat aux Nations Unies, des instruments suspects de torture et de maltraitance ont été découverts sur place. L’ONU avait alors demandé que ces sites soient scellés pour permettre des enquêtes médico-légales. En février 2025, près d’une centaine de corps avaient été retrouvés pendant plusieurs jours dans les régions désertiques de Jikharra et de Kufra, dans le sud-est libyen. Une enquête avait permis d’identifier l’existence d’une « bande dont les membres séquestraient des migrants irréguliers, les torturaient et les soumettaient à des traitements cruels, dégradants et inhumains », avait expliqué le bureau du procureur général libyen.
    « Les migrants et les demandeurs d’asile, y compris les enfants, continuent d’être victimes de graves violations des droits de l’Homme en Libye […] La découverte alarmante et tragique de charniers à la suite de raids sur des sites de trafic d’êtres humains met en lumière le grave danger auquel sont confrontés les migrants en Libye », avait alors déploré la sous-secrétaire générale de l’ONU pour les Affaires politiques Rosemary DiCarlo lors d’un discours devant le conseil de sécurité des Nations unies. En mars 2024, une fosse contenant « au moins 65 corps de migrants » avait été découverte dans la zone désertique d’Al Shwayrif, dans le sud-ouest de la Libye, avait rapporté l’OIM. Les migrants avaient probablement péri alors qu’ils traversaient le désert pour rejoindre les côtes du nord du pays.
    En Libye, les exilés sont des proies faciles. Interpellés dans les rues par les autorités ou enlevés par des milices, ils sont envoyés dans des prisons officielles ou non et y subissent toutes sortes de tortures. Lors des sévices, les bourreaux appellent les familles des exilés afin qu’ils payent pour leur libération. Ces dernières années, InfoMigrants a récolté des dizaines de témoignages de Subsahariens rapportant les violences subies dans les centres de détention du pays.

    #Covid-19#migrant#migration#libye#subsaharien#mortalite#sante#routemigratoire#migrationirreguliere

  • Le Japon s’enfonce dans la crise démographique
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/15/le-japon-s-enfonce-dans-la-crise-demographique_6662411_3234.html

    Le Japon s’enfonce dans la crise démographique
    L’archipel nippon devrait enregistrer le plus faible niveau du nombre de naissances depuis 1899. Le déclin démographique s’accélère, lourd de conséquences pour l’économie. Le gouvernement reste hostile à toute ouverture à l’immigration.
    Par Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)
    Les années passent et se ressemblent pour la démographie japonaise. En 2025, le nombre de naissances ne devrait pas dépasser 667 542, selon les estimations de plusieurs démographes du pays se basant sur les dix premiers mois de 2025, notamment publiées par le quotidien Asahi du 23 décembre. Il s’agit du chiffre le plus bas depuis la création de l’appareil statistique, en 1899, et il est nettement inférieur aux 749 000 naissances que l’Institut national de recherche sur la population et la sécurité sociale (IPSS) attendait pour 2025 dans ses prévisions de 2023. Pour la dixième année de suite, l’Archipel enregistre un record à la baisse du nombre de naissances.
    Selon le ministère de la gestion publique, le Japon comptait 124,3 millions d’habitants au 1er janvier 2025, étrangers compris. Ce chiffre ne devrait pas dépasser 87 millions en 2070. Avec des conséquences sur la structure démographique : 29,4 % de la population a plus de 65 ans. Cette part devrait atteindre 34,8 % en 2040. « Le plus grand défi du Japon est le déclin de la population », a reconnu la première ministre nationaliste, Sanae Takaichi, lors de sa prise de fonctions, fin octobre 2025. « Nous prendrons des mesures pour créer une société où chacun pourra continuer à vivre dans la région de son choix », a-t-elle promis.
    En novembre, son gouvernement a créé un « quartier général » chargé de la stratégie démographique, placé directement sous son autorité. Il réunira plusieurs ministres et veillera à harmoniser les politiques liées à la baisse des naissances, au soutien aux familles et à la revitalisation des régions, dans le but de stabiliser la population à 80 millions d’habitants en 2100.
    En 2023, le gouvernement avait déjà lancé le programme « Stratégie pour l’avenir des enfants » doté de 3 600 milliards de yens (19,6 milliards d’euros) par an pour lutter contre la baisse du taux de natalité, en accordant un soutien financier à l’éducation des enfants et en augmentant les allocations familiales, les prestations pour le congé parental, ou encore en accordant la gratuité de l’école jusqu’au lycée.
    Mais ces mesures ne s’attaquent en rien à l’un des freins à la natalité : la précarité du travail. « Beaucoup de ceux qui sont en emploi précaire hésitent à se marier ou à avoir des enfants, souligne ainsi le quotidien conservateur Yomiuri, dans son éditorial du 3 novembre 2025. Il faut aussi garantir aux travailleurs des perspectives de revenus stables, car les emplois à durée indéterminée ne concernent qu’à peine plus de 60 % de la main-d’œuvre. Les entreprises doivent faire des efforts pour sécuriser les emplois. »
    Pour les entreprises, la baisse de la population se traduit déjà par une pénurie de main-d’œuvre criante, particulièrement dans les services et l’industrie. En novembre, les statistiques indiquaient qu’il y avait, dans le pays, 120 postes disponibles pour 100 demandeurs d’emploi. Pour remédier à ce manque, le gouvernement mène une politique de visas spécifiques depuis les années 1990, pour attirer des travailleurs étrangers. En juin 2025, ces derniers étaient 3,95 millions dans l’Archipel, soit 3 % de la population. Ce chiffre pourrait dépasser les 10 % d’ici à 2070, si la tendance se poursuit.Mais rien n’est moins sûr, au regard de la montée du sentiment xénophobe dans le pays. L’administration Takaichi, ultraconservatrice, est déterminée à durcir les conditions d’immigration. Fin décembre, elle a ainsi annoncé un resserrement des conditions d’accès aux visas de résidents permanents.
    Obtenir la nationalité japonaise sera aussi plus difficile : il faudra désormais faire preuve de « dix ans ou plus » de résidence au Japon, contre « cinq ans ou plus » auparavant. Le visa d’ingénieur/spécialiste en sciences humaines/services internationaux sera, entre autres, révisé pour empêcher les titulaires de ce visa d’exercer des emplois qui ne nécessitent pas de compétences particulières. La lutte contre les étrangers en situation irrégulière – environ 70 000 – sera également intensifiée.Pour le reste, tout porte à croire que la tendance au déclin démographique va se poursuivre en 2026. Les experts s’inquiètent même du fait que 2026 est l’année du Cheval de feu, selon l’astrologie chinoise. Pendant la période Edo (1603-1868), une croyance disait que les femmes nées durant une année du Cheval de feu – celles-ci reviennent tous les soixante ans – avaient un tempérament « colérique », « têtu » et « rebelle ». Historiquement, cette superstition s’est traduite par une baisse des naissances ces années-là. La dernière fois, en 1966, le nombre de nouveau-nés avait ainsi plongé de 25 %. « Cette croyance ancrée dans la pensée patriarcale d’il y a plus d’un siècle ne devrait toutefois pas avoir d’incidence cette fois », veut toutefois croire Toru Kikkawa, de l’université d’Osaka et auteur de Hinoeuma, 2026, dou naru ? (« année du cheval de feu, que va-t-il se passer en 2026 ? », 2025, Kobunsha, non traduit).

    #Covid-19#migrant#migration#japon#natalite#immigration#economie#vieillissement#politiquemigratoire#xenophobie#sante

  • Au Royaume-Uni, le gouvernement renonce à une carte d’identité obligatoire pour travailler - InfoMigrants
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    Au Royaume-Uni, le gouvernement renonce à une carte d’identité obligatoire pour travailler
    Par RFI Publié le : 15/01/2026
    Le gouvernement britannique a annoncé, mercredi 14 janvier, l’abandon de son projet visant à instaurer une carte d’identité obligatoire pour travailler au Royaume-Uni. Initialement, c’était une mesure présentée comme un moyen de lutter contre l’immigration illégale. En septembre dernier, le Premier ministre Keir Starmer avait affirmé qu’une carte d’identité numérique obligatoire pour les ressortissants britanniques comme pour les résidents étrangers rendrait « le travail illégal plus difficile » dans le pays. « Nous devons savoir qui se trouve dans notre pays », avait-il déclaré. Cette proposition constituait une petite révolution dans un pays historiquement réticent aux contrôles d’identité et où il n’existe pas de carte d’identité nationale. Le projet avait suscité une vive inquiétude et alimenté un flot de désinformation provenant notamment de l’extrême droite.
    Mercredi 14 janvier, l’exécutif est donc revenu sur cette initiative. Interrogée sur la BBC, la ministre des Finances Rachel Reeves a assuré qu’il serait toujours obligatoire de disposer d’un document d’identité numérique pour travailler au Royaume-Uni, tout en reconnaissant l’abandon de l’idée d’un document unique.
    « La question est maintenant de savoir s’il doit s’agir d’un seul document d’identité, d’une carte d’identité numérique, ou s’il peut s’agir d’un visa électronique ou d’un passeport électronique », a-t-elle expliqué, soulignant la souplesse du gouvernement quant à la forme que prendra cette obligation. Cette décision a immédiatement suscité des réactions politiques. « Bon débarras », a lancé sur le réseau X la cheffe de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch, qualifiant la mesure abandonnée de « très mauvaise politique ». Le dirigeant du parti anti-immigration Reform UK, Nigel Farage, a de son côté salué « une victoire pour la liberté individuelle contre un gouvernement autoritaire et effroyable ».
    Selon le quotidien The Times, il s’agit du treizième revirement du gouvernement travailliste depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024. L’exécutif de Keir Starmer a déjà dû renoncer à plusieurs réformes ces derniers mois, notamment à son projet de réduction des prestations d’invalidité et de maladie, abandonné début juillet après une fronde au sein de sa majorité. La question de la création d’une carte d’identité fait débat depuis des années au Royaume-Uni. Une tentative similaire avait déjà été menée au début des années 2000 sous le gouvernement travailliste de Tony Blair. La loi, votée en 2006, avait finalement été abrogée en 2011 par le gouvernement conservateur qui lui a succédé.

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#economie#politiquemigratoire#droit#sante

  • Le Portugal va verser 8,4 millions d’euros à l’UE pour ne pas accueillir de migrants venant d’autres États membres - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69220/le-portugal-va-verser-84-millions-deuros-a-lue-pour-ne-pas-accueillir-

    Le Portugal va verser 8,4 millions d’euros à l’UE pour ne pas accueillir de migrants venant d’autres États membres
    Par Julia Dumont Publié le : 14/01/2026
    Le Portugal devait accueillir 420 demandeurs d’asile se trouvant dans d’autres États membres de l’Union européenne mais Lisbonne a préféré payer les 8,4 millions d’euros prévus par le Pacte asile et migration en cas de refus. C’est ce que prévoit le Pacte européen sur l’asile et la migration : les États membres de l’Union européenne (UE) doivent se répartir un certain nombre de migrants se trouvant dans les pays de première arrivée. Si un État refuse, il doit s’acquitter d’une « contribution calculée à partir d’une clé de répartition fondée à moitié sur le PIB et à moitié sur la taille de la population ». Autre option : en cas de refus de relocalisation, les pays peuvent participer à des mesures de solidarité (déploiement de personnel, aide logistique et financière à d’autres pays…). En décembre dernier, le Portugal a décidé de refuser d’accueillir les 420 demandeurs d’asile qui lui revenaient et a dû payer 8,4 millions d’euros en compensation. C’est le média portugais Expresso qui a révélé le montant, depuis inscrit au Journal officiel de l’UE. La décision a été annoncée par le ministre António Leitão Amaro lors d’une conférence de presse. Il l’avait justifiée en affirmant que le Portugal ne disposait pas des capacités d’accueil nécessaires pour les exilés, rappelle le média Diario de Noticias. « Nous n’étions pas les seuls, de nombreux pays ont également opté pour la méthode de compensation financière », avait-il ajouté. Le ministre a également fait valoir à Bruxelles que le pays « subit également des pressions migratoires » et que la Commission européenne n’a pas tenu compte de « la réalité récente des migrations et de l’asile au Portugal ».
    En vertu du Pacte asile et migration adopté en 2024, en 2026, les États membres de l’UE doivent se répartir environ 30 000 migrants arrivés dans quatre pays de première arrivée (Italie, Espagne, Grèce et Chypre). Le Portugal devait accueillir 2% de ces personnes, soit 420 migrants. Le nouveau Pacte asile et migration doit entrer en vigueur d’ici la mi-juin 2026. Celui-ci vise à répartir plus équitablement la prise en charge des demandeurs d’asile sur le sol européen afin d’éviter que les pays en première ligne, considérés par Bruxelles comme étant sous « pression migratoire », ne supportent plus à eux seuls la gestion des demandes.
    Le Pacte a fixé un seuil minimal de 30 000 relocalisations chaque année. Mathématiquement, cela revient à un peu plus de 1 000 migrants par pays. « D’un point de vue logistique, c’est assez facile de prendre 1 000 personnes à un autre pays : tu envoies des bus, des avions », soutenait un diplomate européen à l’AFP fin septembre 2025. Mais « c’est politiquement que c’est très compliqué ». Six pays pourront être exemptés de leur devoir de solidarité ou demander une baisse de leur contribution « en raison des pressions cumulées des cinq dernières années ». Ces six pays dits « à situation migratoire significative » sont la Bulgarie, la République tchèque, l’Estonie, la Croatie, l’Autriche et la Pologne.

    #Covid-19#migrant#migration#portugal#ue#pacteasile#pressionmigratoire#politiquemigratoire#sante#asile

  • Irlande : les réfugiés statutaires devront attendre 3 ans pour demander le regroupement familial - InfoMigrants
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    Irlande : les réfugiés statutaires devront attendre 3 ans pour demander le regroupement familial
    Par La rédaction Publié le : 14/01/2026
    En Irlande, les personnes ayant obtenu la protection internationale devront attendre trois ans avant de pouvoir faire venir leur conjoint et leurs enfants, en vertu d’un durcissement prévu des règles du regroupement familial. Si le texte est adopté sans modification par le parlement, le délai de trois ans entrera en vigueur avec le reste de la loi à la mi-2026.
    Tour de vis attendu du gouvernement irlandais. En novembre dernier, le gouvernement avait annoncé qu’il allait durcir les règles relatives au regroupement familial pour les réfugiés, en limitant la possibilité de faire venir leurs proches dans le pays. C’est désormais chose faite : ils devront patienter pendant trois ans avant de faire venir leur conjoint et leurs enfants.Si le texte est adopté sans modification par le parlement, ce délai de trois ans entrera en vigueur avec le reste de la loi à la mi-2026. « Cette proposition est cruelle », a déclaré le porte-parole du Parti travailliste pour la justice, Alan Kelly, ajoutant que cette mesure allait « directement à l’encontre de tout ce que nous devrions défendre en tant que pays ».
    Cette réforme controversé a été portée par le ministre de la Justice, des Affaires intérieures et des Migrations, Jim O’Callaghan, et s’inscrit dans le projet de loi sur la protection internationale 2025. Elle a été présentée mardi 13 janvier au cabinet. La principale justification pour cette nouvelle législation : réduire la croissance « extrêmement forte » de la population irlandaise, qui met « sous pression » les capacités d’hébergement et les services publics, rapporte Jim O’Callaghan. « Notre population a augmenté l’année dernière de 1,6 %, ce qui est sept fois la moyenne dans l’Union européenne », a-t-il déclaré le 24 novembre 2025.
    Selon la presse irlandaise, ces réformes en matière d’immigration pourraient également obliger les demandeurs d’asile à payer jusqu’à 1 000 euros par mois pour vivre dans des tentes. Pour faire venir leurs proches, les réfugiés statutaires devront aussi prouver qu’ils touchent un revenu suffisamment élevé, qu’ils disposent d’un logement pour subvenir à leurs besoins et qu’ils ne perçoivent pas de prestations sociales ou de dettes envers l’État. L’Irlande a longtemps été un pays d’émigration, mais voit désormais sa population augmenter. En avril 2025, elle comptait 5,46 millions d’habitants, avec une immigration nette de 59 700 personnes.
    L’Irlande propose entre 2 500 et 10 000 euros aux migrants qui abandonnent leur demande d’asile et acceptent de rentrer chez eux
    Le ministère irlandais de la Justice justifie aussi cette décision par un nombre record de demandes d’asile — plus de 18 000 en 2025 — et une pénurie aiguë de logements financés par l’État.Depuis 2022, le nombre de personnes qui demandent une protection en Irlande n’a cessé d’augmenter : cette année-là, on comptait 11 598 dossiers déposés, ce qui constituait déjà un record. En 2023, Dublin a enregistré 13 264 demandes, et 18 651 l’année suivante.
    En 2024, d’après les chiffres des autorités, plus de 3 000 migrants dormaient dans la rue. Dix fois plus que l’année d’avant. Le passage par la rue est devenu une étape incontournable pour ces exilés en attente d’une protection, avait constaté InfoMigrants lors d’un reportage dans la capitale.
    Les autres mesures présentées par le gouvernement dans le projet de loi vise toutes à introduire des réformes en matière d’immigration dans le cadre du Pacte asile et migration qui entrera en vigueur en juin de cette année. Voici les principales mesures : Les bénéficiaires d’une protection internationale devront avoir vécu en Irlande pendant cinq ans avant de pouvoir prétendre à la nationalité irlandaise, au lieu de trois ans actuellement. Un critère d’éligibilité pour demander la citoyenneté est rajouté : les personnes ne doivent pas percevoir depuis longtemps certaines aides sociales et ne doivent pas « avoir de dette envers l’État pendant une période définie précédant leur demande ». « Mon intention ici n’est pas d’exclure toute personne ayant déjà reçu une aide sociale de l’État, mais je pense qu’il est raisonnable d’attendre d’une personne qui souhaite obtenir la citoyenneté qu’elle ait contribué au pays », avait estimé Jim O’Callaghan dans un communiqué du ministère. Les demandeurs d’asile qui ont un emploi devront aussi désormais contribuer financièrement à leur logement fourni par l’État. Cette contribution variera de 10 % à 40 % de leur revenu hebdomadaire, ce qui correspond à une somme allant de 15 € à 238 € à verser à l’État par semaine.Le gouvernement aura le pouvoir de révoquer le statut de réfugié d’une personne si celle-ci est jugée « dangereuse pour la sécurité de l’État », ou condamnée pour un crime grave. Les autorités envisagent également de limiter le nombre de visas étudiants.
    L’hostilité envers les migrants se fait de plus en plus visible dans le pays : comme au Royaume-Uni, des centres d’accueil pour demandeurs d’asile ont été pris pour cible ces derniers mois. Le 31 octobre 2025, en début de soirée, des « objets pyrotechniques ont été lancés » sur un centre de Drogheda, une ville au nord de Dublin.
    Plusieurs dizaines de personnes ont aussi été arrêtées en octobre lors de plusieurs manifestations, certaines violentes, devant un hôtel accueillant des migrants dans le sud-ouest de Dublin.

    #Covid-19#migrant#migration#irlande#asile#regroupementfamilial#politiquemigratoire#sante#droit

  • Les Etats-Unis suppriment le statut protégeant les immigrants somaliens ; les personnes concernées sommées de quitter le pays « avant le 17 mars »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/13/les-etats-unis-suppriment-le-statut-protegeant-les-immigrants-somaliens-les-

    Les Etats-Unis suppriment le statut protégeant les immigrants somaliens ; les personnes concernées sommées de quitter le pays « avant le 17 mars »
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement américain a annoncé mardi 13 janvier la suppression du statut protégeant les immigrants somaliens. Cette mesure est prise dans le cadre d’une vaste campagne contre cette communauté au cœur d’un scandale de fraude dans l’Etat du Minnesota, où la police fédérale de l’immigration intensifie ses opérations. « Les ressortissants somaliens bénéficiant d’un statut de protection temporaire sont désormais tenus de quitter les Etats-Unis avant le 17 mars », précisent les services fédéraux de l’immigration sur X. « Notre message est clair. Retournez dans votre pays ou nous vous y renverrons nous-mêmes », ajoute le ministère de la sécurité intérieure (DHS) sur le même réseau social.
    Près de 4 000 personnes sont concernées par la suppression de ce statut, selon les chiffres des services fédéraux de l’immigration. Depuis plusieurs semaines, l’administration Trump s’est saisie d’une vaste affaire de fraude aux aides publiques éclaboussant la communauté somalienne du Minnesota – la plus importante du pays, avec environ 80 000 membres – pour s’en prendre à elle et durcir sa politique migratoire. Des opérations d’envergure de la police fédérale de l’immigration, l’ICE, sont menées dans cet Etat du Nord, particulièrement à Minneapolis, sa plus grande ville. Elles ont donné lieu à quelque 2 000 arrestations.
    Le 7 janvier, une Américaine de 37 ans, Renee Nicole Good, a été abattue par un agent de l’ICE alors qu’elle participait à une action contre une de ces opérations. Donald Trump a immédiatement défendu la thèse de la légitime défense du policier. Une version fermement contestée, en particulier par l’opposition locale démocrate, vidéos à l’appui. Cette mort a déclenché d’importantes manifestations à travers le pays. Plusieurs procureurs fédéraux du Minnesota ont démissionné contre la volonté du ministère de la justice d’enquêter sur la veuve de Mme Good, rapportent plusieurs médias américains, mardi. L’État et la ville de Minneapolis ont, par ailleurs, annoncé, lundi, poursuivre en justice l’administration Trump pour ces opérations anti-immigration. L’Illinois, autre État démocrate ciblé, à Chicago notamment, a lancé une procédure similaire.
    En novembre, Donald Trump avait annoncé sur les réseaux sociaux « mettre fin » au statut de protection temporaire, accordé aux ressortissants de pays touchés par des conflits armés ou des catastrophes naturelles, dont bénéficiaient les Somaliens. « La situation en Somalie s’est améliorée », a argué la ministre de la sécurité intérieure, Kristi Noem, dans un communiqué mardi, pour justifier cette décision. « Permettre aux ressortissants somaliens de rester temporairement aux Etats-Unis est contraire à nos intérêts nationaux », a-t-elle ajouté. Située dans la Corne de l’Afrique, la Somalie, ravagée par la guerre depuis près de trente-cinq ans, est régulièrement classée parmi les pays les moins avancés du monde par les Nations unies. Le département d’Etat américain enjoint de « ne pas voyager » dans ce pays en raison des risques de terrorisme, d’enlèvements et de crimes violents. Mardi, Donald Trump s’en est aussi pris, sur son réseau Truth Social, aux dirigeants démocrates du Minnesota qu’il accuse d’utiliser « les troubles que provoquent les anarchistes et les agitateurs professionnels » dans l’État pour « détourner l’attention » de l’affaire de détournement de fonds publics qui le touche. « N’AIE PAS PEUR, GRAND PEUPLE DU MINNESOTA, LE JOUR DU JUGEMENT ET DE LA VENGEANCE ARRIVE ! », a-t-il écrit.
    Cette affaire aux ramifications multiples, rendue publique dès 2022, a débouché sur l’inculpation de 98 personnes, « dont 85 d’origine somalienne, » a fait savoir la ministre de la justice, Pam Bondi, fin décembre. Dans le dossier principal, plus de 300 millions de dollars ont été détournés par des suspects qui ont obtenu des subventions pour distribuer à des enfants des repas gratuits, jamais servis dans la plupart des cas. A la fin du mois de décembre, plus de 60 personnes avaient été reconnues coupables. Des élus républicains et le procureur fédéral chargé du dossier soupçonnent les autorités locales d’avoir fermé les yeux sur de nombreuses alertes. Le gouverneur Tim Walz, colistier de Kamala Harris lors de l’élection présidentielle de 2024, rejette cette accusation

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#somalie#politiquemigratoire#visas#protection#retour#sante

  • La France interdit de territoire dix militants d’extrême droite britanniques pour des actions contre des migrants
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/14/la-france-interdit-de-territoire-dix-militants-d-extreme-droite-britanniques

    La France interdit de territoire dix militants d’extrême droite britanniques pour des actions contre des migrants
    Le Monde avec AFP
    Dix militants d’extrême droite se livrant notamment à des actions sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais contre des migrants qui souhaitaient rejoindre le Royaume-Uni ont été interdits de territoire, a annoncé, mercredi 14 janvier, le ministère de l’intérieur. L’attention des services du ministère a été appelée « à plusieurs reprises, et par différents acteurs, sur la présence d’activistes d’extrême droite », du mouvement Raise the Colours, se livrant à des actions de destruction de small boats, précise le ministère.
    Ces actions sont « de nature à occasionner de graves troubles à l’ordre public », a-t-il justifié. Il explique avoir pris mardi en conséquence des mesures d’interdiction administrative du territoire à l’encontre de dix ressortissants britanniques, « identifiés comme militants au sein du mouvement ». « Dès lors, l’entrée et le séjour en France leur sont interdits », écrit-il. La justice française avait ouvert une enquête préliminaire pour « violences aggravées » commises sur des migrants dans la nuit du 9 au 10 septembre à Grand-Fort-Philippe, près de Dunkerque, à la suite du signalement par une association.
    Dans la nuit du 9 au 10 septembre, quatre hommes arborant des drapeaux anglais et du Royaume-Uni ont agressé verbalement et physiquement un groupe de migrants à Grand-Fort-Philippe, en leur disant qu’ils n’étaient pas les bienvenus en Angleterre et en volant certaines de leurs affaires, avait rapporté à l’Agence France-Presse Félicie Penneron, coordinatrice d’Utopia 56 près de Dunkerque.
    En 2025, 41 472 migrants ont réussi à traverser la Manche au départ de la France sur de petites embarcations pour rejoindre la Grande-Bretagne. Il s’agit du nombre le plus élevé après le record enregistré en 2022. Un accord a été signé cet été entre les deux pays pour tenter de mettre fin aux traversées en small boats alors que le premier ministre britannique est confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK. L’accord prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de petites embarcations au Royaume-Uni, en échange de l’accueil par le pays de migrants se trouvant en France, sur le principe du « un pour un ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#politiquemigratoire#extremedroite#manche#migrationirreguliere#sante#droit

  • Les Etats-Unis gèlent les procédures de visas d’immigrants pour les ressortissants de 75 pays
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/14/les-etats-unis-gelent-les-procedures-de-visas-pour-les-ressortissants-de-75-

    Les Etats-Unis gèlent les procédures de visas d’immigrants pour les ressortissants de 75 pays
    Le Monde avec AFP
    Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi 14 janvier, le gel de toutes les procédures de visas destinés aux personnes qui envisagent d’y résider de manière permanente pour 75 pays, dans le cadre de la lutte contre l’immigration lancée par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.« L’administration Trump met fin aux abus du système d’immigration américain par ceux qui cherchent à s’enrichir aux dépens du peuple américain », a déclaré Tommy Pigott, porte-parole du département d’Etat. « Le traitement des visas d’immigrants provenant de ces 75 pays sera suspendu pendant que le département d’Etat réévalue les procédures d’immigration afin d’empêcher l’entrée de ressortissants étrangers qui pourraient bénéficier de l’aide sociale et des prestations publiques », a-t-il ajouté dans un courriel.
    Auparavant, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, avait repartagé sur le réseau social X un article publié sur le site internet de la chaîne Fox News. Selon cette dernière, la mesure s’applique aux visas d’immigration et concerne entre autres les demandes de ressortissants de Somalie, de Russie, d’Afghanistan, du Brésil, d’Iran, d’Irak, d’Egypte, du Nigeria, de Thaïlande et du Yémen. Le département d’Etat n’a pas immédiatement publié la liste complète des pays concernés. Le gel débutera le 21 janvier sans date de fin précise, a précisé un responsable américain sous le couvert de l’anonymat.
    Le président américain ne fait pas mystère de sa volonté de réduire l’immigration des personnes qui ne sont pas d’origine européenne. Il a qualifié les Somaliens de « déchets » qui devraient « retourner d’où ils viennent » et s’est dit ouvert à l’idée que des Scandinaves s’installent aux Etats-Unis. Le département d’Etat a déclaré lundi avoir révoqué plus de 100 000 visas depuis le retour de Donald Trump, un record en un an. Le mois dernier, le ministère de la sécurité intérieure a déclaré que l’administration Trump avait expulsé plus de 605 000 personnes et que 2,5 millions d’autres étaient parties de leur propre chef. Cette dernière mesure n’affecte pas les visas de tourisme ou d’affaires, ni donc les supporteurs désireux de se rendre à la Coupe du monde de football l’été prochain aux Etats-Unis, bien que l’administration Trump se soit engagée à vérifier l’historique des réseaux sociaux de tous les demandeurs.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#somalie#visas#politiquemigratoire#expulsion#immigration#sante

  • En France, 2 milliards d’euros de budget pour lutter contre l’immigration illégale en 2026, où ira cet argent ? - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69172/en-france-2-milliards-deuros-de-budget-pour-lutter-contre-limmigration

    En France, 2 milliards d’euros de budget pour lutter contre l’immigration illégale en 2026, où ira cet argent ?
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 13/01/2026
    Au mois de décembre, le Sénat a voté son projet de loi de finances pour 2026, avec des crédits en hausse de 80 millions par rapport à l’année dernière pour lutter contre l’immigration illégale. L’enveloppe atteindra 2,16 milliards d’euros en 2026. Pour le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, cet argent est indispensable à la construction de nouveaux centres de rétention (CRA), au bon fonctionnement de l’ANEF et à la mise en œuvre du Pacte asile et migration. Le budget dédié à l’immigration en 2026 devrait augmenter de 80 millions d’euros pour atteindre 2,16 milliards d’euros, a indiqué le 8 décembre au Sénat le ministre de l’Intérieur. Comment sera utilisé cet argent ? InfoMigrants fait le point.
    Entendu devant la commission des finances du Sénat, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a justifié l’augmentation de cette enveloppe. Premièrement, cette hausse de moyens servira à financer deux nouveaux centres de rétention (CRA) pour les étrangers en situation irrégulière.Le ministère de l’Intérieur prévoit non seulement de finaliser la construction du CRA de Dunkerque, dans le nord de la France, mais aussi de construire un nouveau à Bordeaux en 2026. « Nous prévoyons [aussi] la création de 52 places [supplémentaires] dans le CRA de Rennes et celle de 28 places dans celui de Metz » a ajouté Laurent Nuñez « pour atteindre [au total] 2 299 places en 2026 ».Une annonce qui n’est pas nouvelle : l’ancien ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait déjà annoncé en octobre 2023 la création du nouveau CRA de Dunkerque - et l’augmentation des places en rétention qui devait passer de 1 869 lits (à l’époque) à 3 000 lits en 2027.Laurent Nuñez compte mener à bien le projet de l’ex chef de la place Beauvau. « [Cette hausse des financements] permettra d’accompagner la mise en œuvre] de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, ainsi que la réalisation du plan visant à créer 3 000 places dans les CRA ».
    Pour le Sénat - majoritairement à droite -, ces annonces sont les bienvenues à l’heure où l’institution juge le nombre d’expulsions encore trop faible en France et où la politique d’éloignements forcés est « toujours en recherche d’efficacité », peut-on lire dans son rapport de novembre 2025. « Seuls 12 856 retours forcés ont été exécutés en 2024, soit plus de 30 % de moins qu’en 2019. Si le taux d’exécution des obligations de quitter le territoire français (OQTF) a progressé à partir de 2024, atteignant 11,4 % cette année-là et 10,6 % pour l’heure en 2025, ce niveau est toujours extrêmement faible », notent les sénateurs. Dans son dernier rapport de 2024, l’association La Cimade rappelle que l’écrasante majorité des retenus sont maghrébins, ils constituent le trio de tête des nationalités : un peu plus de 5 000 Algériens, 1 900 Tunisiens et 1 700 Marocains sont passés par des CRA en 2024. Des chiffres loin devant les autres nationalités : 700 Roumains, 450 Albanais, 350 Guinéens, 300 Afghans ou encore 300 Ivoiriens. Devant le Sénat, Laurent Nuñez a déclaré avoir « bon espoir » de voir le plan de création « de 3 000 places en CRA aboutir ». Mais avec un objectif désormais repoussé à 2029. « En 2027, nous créerons le CRA de Dijon, qui comptera 140 places et nous permettra d’atteindre 2 439 places. En 2028, les CRA de Nantes, de Béziers, d’Oissel et du Mesnil-Amelot permettront d’atteindre 2 923 places. L’ouverture du CRA d’Aix-Luynes, avec ses 140 places, nous permettra d’atteindre 3 063 places en 2029 », a-t-il détaillé.
    Deuxièmement, cette hausse budgétaire de 80 millions d’euros devrait aussi permettre « d’accompagner la mise en œuvre du pacte européen sur la migration et l’asile » qui prévoit de durcir la lutte contre l’immigration illégale en augmentant les expulsions, a détaillé le ministre de l’Intérieur."Des crédits sont prévus pour 2026, afin de couvrir des dépenses d’investissement supplémentaires [...] notamment liées à l’adaptation des systèmes d’information, à l’acquisition de nouveaux équipements, à la formation des agents concernés par les nouvelles procédures". L’objectif de la France - et de l’Union européenne (UE) - avec ce nouveau traité est de remédier aux failles de la politique d’asile européenne actuelle, en renforçant les contrôles aux frontières - pour décourager les entrées irrégulières et inciter à une immigration légale. Les ministres de l’Intérieur des États membres de l’UE ont donné, au mois de décembre, leur feu vert à un nouveau durcissement de la politique migratoire. Ils ont notamment validé la création de centres de retour en dehors des frontières de l’UE pour y envoyer les migrants dont la demande d’asile a été rejetée. Ces mesures doivent encore passer devant le Parlement en mars 2026.
    « La dernière grande priorité » de ce budget « est la poursuite du déploiement des grands programmes numériques, en particulier de l’administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), qui doit être sécurisée pour faciliter le travail des agents et améliorer l’accueil des usagers », a encore expliqué Laurent Nuñez. « L’Anef [...] bénéficie de 82 millions d’euros, huit de plus par rapport à 2025. Nous moderniserons le service public des usagers. Nous corrigeons la vulnérabilité des titres et améliorons les contrôles, en ciblant les filières d’immigration clandestine. Ce budget traduit pleinement la politique migratoire du gouvernement, dans la continuité de mes prédécesseurs, conjuguant humanité et fermeté », s’est défendu le ministre.
    Ce programme est largement critiqué par les associations d’aide aux étrangers. L’ANEF doit permettre de dématérialiser les démarches administratives liées à l’immigration en France. Passer par cette plateforme est une étape nécessaire pour une majorité de démarches administratives. Mais entre les bugs informatiques, les blocages administratifs et l’absence de réponse humaine, l’utilisation de l’ANEF vire souvent au cauchemar pour les personnes étrangères en France qui cherchent à renouveler leurs titres de séjour pour rester en règle sur le sol français. Dix associations françaises avaient saisi fin mars 2025 le Conseil d’État pour dénoncer les bugs « massifs et récurrents » de l’ANEF. « Les dysfonctionnements kafkaïens de la plateforme numérique des demandes de titres de séjour, signalés à maintes reprises aux pouvoirs publics, entravent l’accès des personnes étrangères au marché du travail, aggravent leur précarisation et pénalisent lourdement les associations et les entreprises qui les accompagnent ou les emploient », dénonçaient dans un communiqué les dix associations.
    À gauche, les mesures énoncées par Laurent Nuñez n’ont pas convaincu. Le sénateur communiste de Paris, Ian Brossat, a estimé que ce budget « prolonge[ait] des orientations anciennes, inefficaces et coûteuses en plus d’être brutales : dégrader les conditions d’accueil et privilégier la répression [...] Vous traitez la politique migratoire comme un tableau Excel. » D’autres élus ont d’ailleurs regretté la stagnation des crédits alloués à la formation linguistique pour étrangers alors que depuis le 1er janvier 2026, il est obligatoire d’avoir un niveau linguistique A2 pour obtenir ou renouveler son titre de séjour pluriannuel. « 40 % d’étrangers en plus sont concernés par ces formations [linguistiques]. Est-ce une volonté délibérée de freiner leur intégration, en les cantonnant à des formations en ligne low cost ? », a demandé la sénatrice de la Seine-Saint-Denis Corinne Narassiguin.
    Interrogé sur une proposition de loi, adoptée au Sénat en mai dernier, visant à retirer aux associations présentes dans les CRA leur mission de conseil juridique auprès des étrangers retenus, Laurent Nuñez, a par ailleurs indiqué qu’il « pousser(ait) cette proposition » si elle est inscrite en débat à l’Assemblée nationale. S’il est adopté, le texte prévoit que les associations seront remplacées par les agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), un organisme placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Aujourd’hui, cinq associations comme La Cimade, France terre d’asile ou encore Solidarité Mayotte interviennent dans les 25 centres de rétention administrative français. Chaque année, elles portent conseil à près de 40 000 étrangers en situation irrégulière. « Il y a effectivement des structures associatives qui ne font plus de l’assistance juridique mais qui déposent des recours très systématiquement », a déploré le ministre, précisant qu’il ne s’exprimait pas « au nom du gouvernement », mais à « titre personnel ». « Je la pousserai, à un moment il faut savoir dire stop [...] il y a d’autres structures qui sont tout à fait capables d’assurer une assistance juridique qui soit réelle, performante et qui ne se traduise pas par des recours systématiques qui viennent en obérer nos capacités d’action », a-t-il estimé. Les associations concernées avaient dénoncé, au moment du vote au Sénat, « un coup fatal à l’exercice des droits des personnes privées de liberté et à la transparence démocratique ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#politiquemigratoire#CR##droit#sante#OQTF#ANEF#OFII

  • Royaume-Uni : record d’arrestations pour travail illégal depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement travailliste - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69174/royaumeuni--record-darrestations-pour-travail-illegal-depuis-larrivee-

    Plus de 12 000 personnes ont été interpellées pour travail illégal au Royaume-Uni ces 18 derniers mois (illustration). Crédit : Picture alliance
    La rédaction Publié le : 13/01/2026
    Bar à ongles, sociétés de lavage de voiture, restaurants, barbiers… Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement travailliste en juillet 2024, les autorités britanniques ont mené plus de 17 400 raids dans des entreprises du pays employant des personnes sans-papiers. Un chiffre jamais atteint au Royaume-Uni.Le 1er mai 2025, trois travailleurs vietnamiens en situation irrégulière ont été interpellés dans un bar à ongles de Belfast, en Irlande du nord. Le 28 juin, quatre personnes, originaires de Roumanie, d’Éthiopie et de Jordanie, ont été arrêtées à Bangor, au Pays de Galles, pour travail illégal dans une société de lavage de voiture. Le 25 octobre, ce sont trois travailleurs chinois sans-papiers qui ont été appréhendés dans un restaurant asiatique de Londres.Ces arrestations se sont multipliées ces dix-huit derniers mois au Royaume-Uni. Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement travailliste de Keir Starmer en juillet 2024, plus de 17 400 raids ont été menés et 12 300 arrestations ont été effectuées, a indiqué le gouvernement britannique dans un communiqué publié lundi 12 janvier.
    Les entreprises visées sont principalement des bars à ongles, des sociétés de lavage de voiture, des barbiers, des entreprises du secteur de la construction et de la restauration, ou encore des services de livraison.Ainsi, les descentes de police enregistrent une hausse de 77 % sur 18 mois ; et les arrestations, une augmentation de 83 %.Londres, les West Midlands et le Sud-Ouest ont vu le plus grand nombre d’arrestations. Plus de 2 100 interpellations ont eu lieu à Londres durant cette période, soit une hausse de 47 %."Les arrestations pour travail illégal et les raids ont atteint le plus haut niveau de l’histoire du Royaume-Uni", s’est félicité le gouvernement.Sur le total des 12 300 arrestations, 1 726 personnes ont été expulsées vers leur pays d’origine."Il n’y a pas de place pour le travail illégal dans notre société. (…) Je ne reculerai devant rien pour rétablir l’ordre et le contrôle de nos frontières", a insisté la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.
    Cette hausse des arrestations s’inscrit dans le cadre de l’application de la nouvelle loi sur l’immigration, qui a augmenté de 5 millions d’euros le financement pour arrêter, détenir et éloigner les personnes travaillant illégalement au Royaume-Uni. Des contrôles plus stricts du droit au travail ont également été introduits, de sorte que les travailleurs occasionnels, temporaires ou sous-traités sont obligés de prouver leur statut administratif."La répression du travail illégal s’appuie sur les efforts de ce gouvernement pour rétablir l’ordre dans le système d’immigration et mettre fin à l’appât du travail illégal que les gangs utilisent pour vendre des places sur de petits bateaux", peut-on encore lire dans le communiqué.
    Avec sa nouvelle loi, le gouvernement veut ainsi rendre « moins attrayant » le Royaume-Uni pour les migrants. Beaucoup d’entre eux, qui attendent dans le nord de la France en espérant traverser la Manche, pensent en effet qu’il est plus facile de travailler au Royaume-Uni sans-papiers.Or travailler en situation irrégulière dans le pays n’est pas sans risque, car c’est passible de prison, mais aussi car les personnes sans papiers sur le territoire britannique sont des proies faciles pour des patrons peu scrupuleux qui sous-paient leurs salariés, ne respectent pas les conditions de sécurité au travail ou vont jusqu’à confisquer les passeports de leurs employés.Les stations de lavage de voiture à la main « Car Wash », que l’on retrouve en bordure des routes ou dans les parkings des supermarchés britanniques, sont fréquemment pointées du doigt par les ONG anglaises. Des salariés étrangers, souvent sans papiers, y travaillent jusqu’à 12 heures par jour pour un salaire quotidien de 40 pounds (44 euros), révélait en 2018 un rapport conjoint de l’Université de Nottingham et du Bureau du Commissaire indépendant à la lutte contre l’esclavage.
    Sous pression dans son pays, le Premier ministre Keir Starmer est devancé dans les sondages par le parti anti-immigration Reform UK qui caracole dans les intentions de vote. Malgré la multiplication des mesures pour enrayer les traversées de la Manche depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement à l’été 2024, les départs depuis les côtes françaises ont explosé en 2025.Cette année-là, 41 472 personnes ont rejoint les rives anglaises après avoir entrepris la périlleuse traversée, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45 774 enregistré en 2022, selon les données du ministère britannique de l’Intérieur.

    #Covid-19#migration#migrant#royaume-uni#economie#migrationirreguliere#politiquemigratoire#sante

  • Route des Canaries : près de 800 migrants interceptés en Gambie - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69147/route-des-canaries--pres-de-800-migrants-interceptes-en-gambie

    Route des Canaries : près de 800 migrants interceptés en Gambie
    Par La rédaction Publié le : 12/01/2026
    Ces derniers jours, les autorités gambiennes ont intercepté, lors de trois opérations, 782 migrants dans leur tentative de rejoindre clandestinement l’archipel espagnol des Canaries, a annoncé vendredi le ministère de l’Intérieur. Depuis plusieurs mois, les départs depuis la Gambie se sont multipliés face au renforcement des contrôles côtiers au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie.
    Les autorités gambiennes se mobilisent contre l’immigration irrégulière. Ces derniers jours, les policiers ont procédé à « l’interception de 782 migrants et à l’arrestation de quatre organisateurs » de traversées vers les Canaries, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué publié vendredi 9 janvier.
    Parmi les personnes interceptées, puis remises en liberté sous caution, figurent 233 ressortissants du Sénégal, 197 de Gambie, 176 de Guinée et 148 du Mali, peut-on lire dans le communiqué.Ces exilés ont été interpellés lors de « trois opérations (...) à travers plusieurs localités du pays », a précisé à l’AFP Simon Lowe, porte-parole du Département de l’immigration en Gambie.
    Ces opérations ont débuté le 3 janvier, après qu’au moins 39 personnes sont mortes dans le naufrage de leur embarcation au large de la Gambie dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Cent-douze migrants ont été secourus, dont 23 sont hospitalisés, mais des dizaines d’autres sont toujours portés disparus.Le naufrage de ce bateau, qui transportait plus de 200 personnes, a ému ce pays ouest-africain d’où de nombreux exilés essayent d’atteindre les Canaries espagnoles par la périlleuse route de l’Atlantique.
    Ces derniers mois, les départs depuis la Gambie se sont multipliés face au renforcement des contrôles côtiers au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie. Plus de 1 500 km séparent les côtes gambiennes des îles Canaries, rendant la traversée bien plus dangereuse."La distance est importante – il faut entre quatre et sept jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger", expliquait Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines fin septembre à InfoMigrants.
    Dans ce contexte, les autorités gambiennes ont décidé de durcir leurs contrôles. « Le gouvernement gambien observe avec une profonde inquiétude une augmentation rapide du nombre de personnes tentant de rejoindre l’Europe par la mer en utilisant la Gambie comme base de départ », a déploré le ministère de l’Intérieur. Cette situation a déclenché « l’activation d’équipes d’opération spéciale pour y répondre de manière décisive », en procédant à des arrestations début janvier.
    Une embarcation partie le 5 décembre des côtes gambiennes, avec au moins 200 migrants à bord, a disparu depuis plus d’un mois dans l’Atlantique. L’absence de nouvelles des passagers de la pirogue a été signalée par des familles comptant des proches à bord, a affirmé vendredi 9 janvier à l’AFP Mamadou Guèye Thioune, membre d’un Comité gouvernemental sénégalais de lutte contre la migration irrégulière. De nombreux migrants ouest-africains se trouvaient dans l’embarcation, a-t-il ajouté, citant ces familles.Une autre pirogue transportant plus de 190 migrants, dont on était sans nouvelles depuis son départ des côtes du nord de la Gambie le 17 novembre, a fait naufrage, selon la Fondation Ebrima sur la situation des migrants.
    Et enfin samedi 10 janvier, les autorités sénégalaises ont secouru 61 exilés en détresse en mer, selon la presse locale. Leur embarcation était partie de Gambie une semaine plus tôt avec 200 exilés à bord. Un seul corps a été retrouvé par la police, ce qui laisse présager des dizaines de disparus.

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  • En Gambie, le « backway », la migration en pirogue vers les Canaries, souvent mortelle
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/01/13/en-gambie-le-backway-la-migration-en-pirogue-vers-les-canaries-souvent-morte

    En Gambie, le « backway », la migration en pirogue vers les Canaries, souvent mortelle
    par Jules Crétois (Banjul, envoyé spécial)
    Plus d’un mois après son départ, une pirogue partie de Gambie pour rallier les îles espagnoles des Canaries, avec environ 300 personnes à son bord, originaires de différents pays d’Afrique de l’Ouest, est introuvable. L’embarcation avait quitté le village côtier de Jinack le 5 décembre 2025. Le 6 décembre, elle était au large de Joal-Fadiouth, au Sénégal. Depuis, aucune nouvelle. Les acteurs de la société civile, en Gambie et au Sénégal notamment, s’alarment.
    " La traversée vers les Canaries est censée durer une semaine. Ils n’ont pas pris la mer par bon temps… C’est très inquiétant », soupire Saliou Diouf, président de l’association locale sénégalaise Boza Fii, engagée dans l’aide aux migrants. Le responsable associatif connaît certains des passagers, originaires de la région côtière du Sine Saloum, au Sénégal. « Je sais qu’il y a une mère de famille sénégalaise sur le bateau. Il y a aussi un couple parti avec leur enfant », détaille-t-il.
    Depuis plusieurs mois, les contrôles réguliers au large de la Mauritanie et du Sénégal ont poussé les candidats à la migration à partir des côtes gambiennes et guinéennes. Mais en se déplaçant toujours plus loin vers le sud, la traversée pour rejoindre l’Europe via les îles espagnoles situées dans l’Atlantique, au large du Maroc, est toujours plus périlleuse.Depuis le mois de décembre, les incidents se succèdent. Le 1er janvier, au moins 39 personnes ont trouvé la mort dans un naufrage survenu au large de Jinack. Le 8 janvier, les autorités gambiennes ont annoncé avoir sauvé 112 migrants originaires de Gambie, de Guinée, du Sénégal et d’autres pays africains. En 2025, 1 906 personnes sont mortes durant la traversée des côtes africaines vers les Îles Canaries, parmi lesquelles 160 étaient parties de Gambie, selon l’ONG Caminando Fronteras.
    Depuis plusieurs semaines, Jinack, logé dans un réseau de petites îles et presqu’îles dans la mangrove, est devenu un point de départ particulièrement prisé. La coutume interdit l’entrée de policiers en uniforme dans la communauté, ce qui complique les opérations des forces de l’ordre. « Nous avons perdu des fils dans les traversées ! Le village et ses abords connaissent un afflux de migrants. La situation est difficile et, en plus, on nous accuse dans les médias, et parfois jusqu’à certains policiers, d’être complices des départs », s’insurge un habitant du village, sous couvert d’anonymat.
    Depuis plusieurs jours, en Gambie, tout le monde a l’expression « backway » (« en arrière », en anglais) à la bouche. Elle désigne le voyage en pirogue vers ce que beaucoup de jeunes appellent « Babylone » : l’Europe. Sur le réseau social TikTok, « Ebrima Migrants », de son vrai nom Ebrima Drammeh, lui-même un jeune survivant de la migration irrégulière, cumule des centaines de milliers de likes en alertant sur les dangers de la traversée, à l’appui sa propre expérience.
    En décembre 2025, il contestait des déclarations du ministre de l’information gambien, Ismaila Ceesay, selon lesquelles l’attention médiatique sur le backway a enflé davantage que le nombre de départs. Lors d’un meeting politique, le 5 janvier, le président gambien, Adama Barrow, a de son côté mis en cause les familles qui financent le voyage à leurs enfants, suscitant des critiques de l’opposition.
    Le 9 janvier, le gouvernement gambien a annoncé lancer l’opération « Zero Departure » (« zéro départ », en anglais). « Une force spéciale a été déployée dans les régions pour perturber et démanteler les réseaux de trafic d’êtres humains », ont annoncé les autorités, qui reçoivent, au nom de cette lutte contre l’émigration illégale, des financements européens. Sur la première semaine de janvier 2026, Banjul a annoncé l’arrestation de 782 candidats au départ. « Cette pirogue disparue, dont on espère qu’elle n’a pas chaviré, illustre encore une fois les limites d’une approche purement sécuritaire et répressive », soupire Saliou Diouf. « Les contrôles se durcissent dans un pays, les migrants se dirigent vers un autre. Il faut maintenant penser en termes de sauvetage, pas d’arrestations », plaide l’activiste sénégalais.

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  • Aux Etats-Unis, le dilemme des migrants vénézuéliens
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/12/aux-etats-unis-le-dilemme-des-migrants-venezueliens_6661433_3210.html

    Aux Etats-Unis, le dilemme des migrants vénézuéliens
    Par Corine Lesnes (Denver (Colorado), envoyée spéciale )
    Publié aujourd’hui à 05h28, modifié à 09h45
    Après s’être réjouis de l’enlèvement de Nicolas Maduro, les demandeurs d’asile vénézuéliens s’interrogent. A Denver, dans le Colorado, où ils sont plusieurs dizaines de milliers, ils craignent de perdre sur tous les tableaux, si jamais ils étaient renvoyés dans leur pays alors que les chavistes sont toujours au pouvoir.
    Il a beau être costaud, aguerri, les mains noircies par les pneus de camion qu’il œuvre à déjanter, José, migrant vénézuélien fraîchement arrivé à Denver (Colorado), a l’œil humide quand il revient sur la matinée du 3 janvier, lorsqu’il a appris la capture de Nicolas Maduro. « On attendait ça depuis tellement longtemps. »
    L’ouvrier (dont le nom a été changé à sa demande) a quitté Caracas il y a dix ans. Comme la plupart des exilés, il est passé par une multitude de pays, de l’Equateur à la Colombie, avant de tenter sa chance aux Etats-Unis. Au Nebraska, d’abord, et maintenant dans le Colorado. Les services de l’immigration lui ont donné rendez-vous en mai 2027 en Floride, selon une logique bureaucratique que seul un algorithme peut probablement décrypter.
    Ce mercredi 7 janvier, quatre pneus attendent d’être dépecés devant le deux-pièces en rez-de-chaussée qu’il partage avec trois amis et un bébé dans la banlieue de Denver. Daniela, une ancienne ingénieure chimiste de 36 ans, est chargée du dégonflage, quand la petite, âgée de trois mois, lui en laisse le temps. José et Roberto découpent le caoutchouc à la scie circulaire. Chaque jante leur rapporte 40 dollars (34 euros). Tous se sont improvisé ferrailleurs, en attente de l’examen de leur demande d’asile, pour ceux d’entre eux qui ont pensé à la déposer dans les délais.
    L’appartement est situé dans un complexe des années 1970, dont le propriétaire n’est pas plus regardant qu’un motel sur les critères de location. L’intérieur est un capharnaüm de couvertures, de meubles de récupération et d’outils attendant de remplir leur office. La souffleuse à neige est parquée dans le salon ; les pelles, devant la porte. Cette année, la neige est en retard à Denver ; les migrants sont privés de l’un des petits boulots qu’ils peuvent assurer sans permis de travail.
    La chute de Maduro a enthousiasmé les apprentis ferrailleurs, mais, vu la tournure des événements, ils sont encore loin de prendre le chemin du retour. « Rien n’a changé. C’est la même équipe qui est au pouvoir », rejette Roberto, qui tenait une épicerie dans la région de Valencia, à 160 kilomètres à l’ouest de Caracas. « On en a pour des années. » Les migrants ont eu des nouvelles du pays par leurs familles. D’où il ressort qu’il ne fait pas bon descendre dans la rue pour se réjouir du départ du dictateur. « Tout le monde a peur, tout le monde retient son souffle », dit Carmen, l’épouse de Roberto, ancienne technicienne dans un service hospitalier de cardiologie.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Venezuela : à Caracas, malgré la libération de prisonniers, des doutes sur une réelle volonté d’ouverture démocratiqueA mots couverts, les familles au pays parlent de tension, d’arrestations, de couvre-feu. « Maduro était juste une marionnette, assure Raymondo, un autre migrant qui souhaite taire son identité. Diosdado Cabello [le ministre de l’intérieur] est toujours là. » Considéré comme l’homme fort du régime, Cabello est le patron des colectivos, les groupes paramilitaires restés fidèles au régime. « Maduro, ce n’était rien. Il y en a d’autres qui sont bien pires », appuie Carlos Barrios, 34 ans, ancien sergent de l’armée vénézuélienne, qui a préféré déserter en 2022 plutôt que de réprimer par la force des manifestations pacifiques. « Il y a un risque de guerre civile. »
    Pour les exilés vénézuéliens, la fête a été de courte durée. Herberth Socas, 32 ans, dentiste dans une ville située à trois heures de Caracas, a quitté son pays en 2020 après des « problèmes » avec le gouvernement. Aux Etats-Unis, il a demandé l’asile, a repris ses études pour faire homologuer son diplôme et travaille comme assistant dans un cabinet dentaire de Denver. Il a bondi de joie à la nouvelle de la chute de Maduro, pressé de voir de « nouvelles idées » s’emparer du pays après vingt-six ans de régime autoritaire.
    Une semaine plus tard, il est plus circonspect. Il regrette que Donald Trump ait écarté la possibilité de tenir rapidement des élections. D’après la Constitution vénézuélienne, souligne-t-il, si le président est dans l’incapacité de gouverner, des élections doivent se tenir dans les six mois. « Comment allons-nous reconstruire le pays sans élections ? » Pour autant, le jeune dentiste n’en veut pas au président américain de chercher à s’emparer du pétrole vénézuélien. « Les Chinois ne faisaient pas autre chose », souligne-t-il.
    Sur les quelque 8 millions de personnes qui ont, selon l’ONU, fui le Venezuela depuis 2014, 1 million d’entre elles ont fini par rejoindre les Etats-Unis. La diaspora s’est d’abord installée en Floride. « A Miami, les exilés sont arrivés il y a longtemps, sous Hugo Chavez. Ils sont plutôt riches et conservateurs, explique Violeta Chapin, professeure de droit de l’immigration à l’université du Colorado. A Denver, les migrants sont arrivés plus récemment. Ce sont des gens plus pauvres qui ont terriblement souffert sous Maduro. » Ceux-là sont tentés de rentrer, explique-t-elle. « Ils n’ont pas envie de vivre ici, il fait froid, personne ne parle espagnol et le président actuel est vraiment méchant. » Mais retourner au Venezuela pourrait se révéler périlleux. « Il y a encore des centaines de milliers de gens qui soutiennent le régime ou le préfèrent en tout cas aux Américains. »
    En 2023-2024, la capitale du Colorado, bastion démocrate de 710 000 habitants, a été débordée par un afflux de réfugiés, quelque 40 000, principalement vénézuéliens, envoyés par bus par les gouverneurs républicains du Texas et de Floride. Depuis, certains ont profité de l’offre du département de la sécurité intérieure (une prime de 1 000 dollars, portée à 3 000 dollars en décembre 2025) pour quitter volontairement le pays. Selon des estimations basées sur les achats de titres de transport, la moitié sont restés.
    Les défenseurs des migrants craignent que l’administration Trump ne profite du changement de président, à défaut de régime, pour débouter les milliers de demandeurs d’asile en attente. « Le gouvernement pourrait prendre argument de ce que les circonstances ont changé et que la peur de la violence politique n’est plus fondée », relève l’avocat Hans Meyer, spécialisé dans les questions d’immigration, interrogé par la chaîne locale 9News. Avant même le durcissement des relations avec Caracas, Donald Trump avait annulé le TPS, le statut de protection temporaire accordé aux Vénézuéliens par l’administration Biden. Plusieurs centaines de milliers d’exilés sont face au dilemme : partir ou rester, dans l’illégalité.
    Ce mardi 6 janvier, dans une église dont l’association Hope Has No Borders (« l’espoir n’a pas de frontières »), qui a organisé la réunion, demande de taire le nom, l’inquiétude est perceptible parmi la trentaine de réfugiés venus demander conseil. Les migrants ont peur de perdre sur tous les tableaux. « Les chavistes sont toujours au pouvoir et on va être expulsés », craint Sabrina, une jeune femme vêtue d’un sweat-shirt Hello Kitty.
    L’association a été fondée en 2024 par des mères du quartier résidentiel de Highlands, de l’autre côté de la South Platte, la rivière qui traverse Denver. Les moms ne sont pas des juristes, souligne Jenifer Kettering, l’une des bénévoles. Mais elles débroussaillent le terrain pour les migrants, remplissent les demandes d’asile, les dossiers d’obtention de passeports pour les nouveau-nés, les « demandes de révision de l’horloge » qui détermine le délai d’éligibilité du requérant et autres formulaires abscons même pour ceux dont l’anglais est la langue maternelle. « Tout est fait pour les amener à devenir clandestins, déplore Andrea Ryall, la fondatrice de l’association. On voit que le système n’a pas été conçu par des moms, ironise-t-elle. Les formalités seraient réglées en une semaine. »
    L’association a aidé plus de 1 000 personnes à déposer des demandes d’asile. Mais, depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, l’étau s’est resserré sur les candidats. Le délai pour solliciter un permis de travail a été étendu à cent cinquante jours et le coût porté de 0 à 560 dollars. La validité de l’autorisation était de cinq ans. Le gouvernement l’a ramenée à dix-huit mois.
    Denver est l’une des principales villes « sanctuaires » du pays. Le président américain en a fait l’une des cibles de sa vindicte antidémocrate. Pendant sa campagne électorale, en 2024, il avait profité d’une vidéo montrant une attaque commise par six malfaiteurs armés dans un immeuble d’Aurora, dans la banlieue est de la ville, pour propager l’idée d’une « occupation » de quartiers entiers par le gang vénézuélien Tren de Aragua. Trois semaines avant l’élection, il était venu sur place pour annoncer la prochaine « libération » de la localité.
    Après son arrivée à la Maison Blanche, il a baptisé les premières interventions de l’ICE, la police de l’immigration, « Opération Aurora ». Et le 3 janvier, il a fait de la prétendue invasion de la ville l’un des motifs de la capture de Nicolas Maduro, accusant le dirigeant vénézuélien d’avoir envoyé « des gangs sanguinaires comme Tren de Aragua dans le Colorado » et « dans tout le pays ». Mais, selon la presse locale, rien dans les poursuites criminelles ouvertes à Denver n’a permis, à ce jour, d’établir un lien entre le gang et l’ancien homme fort de Caracas, inculpé par la justice fédérale à New York.
    Ville-champignon, entre Denver et son aéroport, Aurora compte 400 000 habitants, dont un sur cinq est né hors des Etats-Unis. Depuis quatre mois, Raymondo, 28 ans, et Lucila, 25 ans, arrivés du Venezuela en avril 2024, ont pris leurs quartiers en lisière de la ville. Nous les avions rencontrés en février 2025, leur voiture avait mauvaise mine, emboutie à un feu rouge par « une Américaine » qui « n’avait pas voulu payer la réparation ». Donald Trump venait de s’installer au pouvoir, ils n’étaient pas rassurés sur leur sort.
    Un quartier de Denver (Colorado), où vivent des Vénézuéliens, le 7 janvier 2026.
    Près d’un an plus tard, malgré les rafles, malgré le gel des aides fédérales aux associations de défense des migrants, ils sont toujours là, toujours sur la corde, encore plus raide. Une résilience que Raymondo attribue à la providence divine et l’aide de bons samaritains américains. Lucila se réjouit du fait d’être à deux. Nombre de compatriotes sont repartis. « Ils se sentaient trop isolés », note la jeune femme.A un carrefour où ils lavaient les pare-brise, ils ont rencontré « Bob », un automobiliste qui leur a proposé des travaux de construction dans l’une de ses propriétés. L’Américain les a pris en sympathie. Il les héberge maintenant, en échange d’un loyer réduit, dans un appartement récent, l’un des milliers de logements qui ont poussé ces dernières années dans les environs de l’aéroport. On ne peut pas rêver meilleure « planque ». Chez Lucila et Raymondo, il n’y a rien dans le frigidaire, mais une cuisine tout équipée comme les aime la classe moyenne. « On préfère être au milieu des Américains », décrit le migrant.
    La voiture n’a jamais été réparée. Le couple sort le moins possible. Pour eux, c’est un nouveau confinement, mais sans pandémie. Plutôt que de risquer d’être arrêtés, ils ne se sont pas présentés à leur convocation devant le juge de l’immigration. L’une de leurs sources de revenus est DoorDash, l’application de livraison de repas et de courses. Un compatriote qui a des papiers en règle leur loue voiture et code d’accès à la plateforme pour 350 dollars par semaine. Avant, ils arrivaient à engranger 400 dollars hebdomadaires de commissions et de pourboires. Avec le ralentissement de la consommation aux Etats-Unis, les livraisons diminuent, comme les revenus. Depuis la chute de Nicolas Maduro, Raymondo se prend à rêver. « Trump devrait faire du Venezuela le 51ᵉ Etat américain et nous donner nos papiers. On pourrait rester ici en toute légalité. »

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#politiquemigratoire#venezuela#immigration#expulsion#sante

  • Mamadou Niang, l’étudiant sénégalais en sciences politiques qui a ému TikTok pour avoir été discriminé
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/01/11/mamad-l-etudiant-senegalais-en-sciences-politiques-qui-a-fait-pleurer-tiktok

    Mamadou Niang, l’étudiant sénégalais en sciences politiques qui a ému TikTok pour avoir été discriminé
    Par Charlotte Bozonnet
    Il y a trois mois, la vidéo le montrant en pleurs sur TikTok avait ému des millions de gens. Mamadou Niang, étudiant en master 1 à l’Institut d’études politiques (IEP) de Fontainebleau, y mettait ses tripes sur la table, comme on dit. Il venait d’être renvoyé d’un entretien de stage dans une administration française, qui n’aurait pourtant dû être qu’une formalité. La personne chargée du recrutement lui avait assuré que son CV collait parfaitement à la fiche de poste. Sauf qu’au moment d’entrer dans les locaux, la présentation de sa carte de séjour avait tout fait capoter. De retour chez lui, en colère, triste et humilié, le jeune homme avait laissé éclater sa détresse devant la caméra de son smartphone, sans se douter de l’écho que celle-ci aurait.
    Vingt-sept millions de vues cumulées à ce jour ! Des messages de soutien qui ont afflué du monde entier, d’anonymes comme de stars. De nombreuses propositions de stages envoyées par des chefs d’entreprise, des parlementaires, des institutions. « Je ne m’attendais pas à ce carton. Je voulais juste savoir si d’autres avaient vécu la même chose. J’étais tellement dégoûté ! A aucun moment, dans l’annonce, il était dit qu’il fallait être Français », explique aujourd’hui Mamad – son pseudo TikTok – au téléphone. Son émotion a certainement joué dans le succès de la vidéo, « mais je crois aussi que beaucoup de gens se sont retrouvés dans ce que je vivais, dans cette rage de réussir », ajoute le jeune homme.
    L’étudiant de 22 ans, était appelé à une tout autre vie que celle d’étudiant en troisième cycle à Paris. Il a grandi dans un village de la région de Matam, à l’extrême est du Sénégal, près de la frontière mauritanienne, au sein d’une famille pauvre qui gagnait sa vie de petits commerces et du travail de la terre. De la fratrie de cinq frères et sœurs, Mamadou est le premier à avoir passé son baccalauréat. Le bon élève a ensuite pu intégrer une classe prépa à l’université de Saint-Louis, à plusieurs heures de mauvaise route de Matam.
    C’est là qu’il a fait ses demandes pour partir étudier en France, « un rêve d’aller étudier à l’étranger » qu’il partageait avec son père. Son excellent dossier scolaire lui vaut d’être accepté dans cinq universités. Il choisit une licence de sciences politiques à l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, là où il a le plus de chances de trouver un logement. Il finance son départ avec l’argent de bourses obtenues au Sénégal, de petits boulots occasionnels et la vente des bijoux en or de sa mère. Il arrive à Paris en août 2022. Un aboutissement auquel son père, décédé l’année précédente, n’aura pas pu assister.
    Commence alors un long parcours, éprouvant, commun à de nombreux étudiants étrangers. Mamad est hébergé dans le salon d’une connaissance à une heure et demie de transport de sa fac. Il bataille avec les démarches administratives : obtenir une carte vitale, une carte de transport, ouvrir un compte bancaire, acheter une carte SIM, finaliser son inscription à la fac. On découvre tout « comme si on était un nouveau-né », avoue-t-il. L’argent part très vite : 50 euros pour valider le visa, 90 euros pour la contribution de vie étudiante. Heureusement, l’université l’exonère des frais d’inscription élevés appliqués aux étudiants étrangers depuis quelques années. Il paie le tarif classique : 170 euros l’année pour la licence, 250 euros pour le master. A l’université, il faut se mettre à niveau sur l’actualité et l’histoire française, ses institutions. Là aussi, un nouveau départ. Il lui faut attendre trois mois pour être en règle et pouvoir travailler à côté de ses études dans un fast-food. Avec son premier salaire (environ 700 euros par mois), il paie la caution d’un appartement dans une résidence sociale : 22 mètres carrés pour 460 euros par mois. Pendant deux mois, il ne mange que grâce aux distributions alimentaires de l’association Linkee, aujourd’hui menacée de fermeture par la baisse des subventions publiques. « J’allais chercher mon panier de nourriture tous les jeudis », se souvient-il.
    Sa situation s’améliore un peu quand il commence à recevoir les aides personnelles au logement (APL). Chaque mois, il envoie l’équivalent de 100 000 francs CFA (environ 150 euros) à sa mère et à ses sœurs restées à Matam. En troisième année de licence, il est commis de cuisine dans un hôtel du 16e arrondissement de Paris très tôt le matin. Le rythme est dur, mais il n’a « jamais pensé à baisser les bras, [il sait qu’il est là pour quelque chose], que toute [la] famille compte sur [lui] ». Ironie du sort, il effectue son stage de licence à la préfecture de Seine-Saint-Denis, de janvier à juin 2025, malgré quelques tracas avec son titre de séjour. Il y enchaînera un CDD de six mois à temps partiel. Son dossier lui permet de décrocher plusieurs masters. Il choisit le M1 en audit interne des collectivités publiques à l’IEP de Fontainebleau. Il se dit que les enjeux sont forts pour lutter contre le détournement et la corruption qui appauvrissent les Etats africains. L’école l’autorise à concentrer ses cours en début de semaine de 9 heures à 21 heures pour pouvoir travailler les jours suivants. Ses revenus augmentent à 900 euros par mois environ. Il peut s’acheter des vêtements, des chaussures, un nouveau téléphone – « reconditionné », précise-t-il.
    Mamad sait que pour valider son master, il va devoir trouver un stage ou une alternance, alors il s’y prend très tôt, dès le mois de septembre 2025, quand ses camarades de promo n’y songent même pas encore. En octobre, il est rappelé par une administration que son profil intéresse. L’annonce précise que le permis de conduire est obligatoire, alors il utilise ses économies – 2 000 euros – pour le passer en accéléré. Le jour J, il met une chemise, une cravate et se présente à 9 heures comme convenu à l’entretien. La suite de l’histoire, il l’a racontée sur TikTok. Il ne dépassera même pas le hall d’accueil. On lui demande de partir. Il est gêné, « tout le monde me regardait », se remémore-t-il.
    Aujourd’hui, Mamadou Niang va bien. Il vient de commencer une alternance comme auditeur interne dans une entreprise à Nice, « dans mon domaine d’études, et c’est moi qui l’ai trouvé, sur la base de mon CV », remarque-t-il. Il y tenait beaucoup. Il ne garde pas de rancœur : « Cet épisode a été très positif pour moi, ça m’a ouvert beaucoup de portes, constitué un gros réseau. Je sais qu’aujourd’hui, si j’ai besoin, je trouverai de l’aide ». Le bouche-à-oreille lui a permis de trouver un logement dans une résidence à Nice. « Je suis fier de mon parcours et je vais continuer, je veux finir mes études, travailler quelques années ici et repartir au Sénégal », explique-t-il.

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  • Thiaroye : 59 candidats à l’émigration secourus, une femme d... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/thiaroye-59-candidats-a-lemigration-secourus-une-femme-decede-et-un-enfant-

    Thiaroye : 59 candidats à l’émigration secourus, une femme décède et un enfant de 3 ans rescapé
    Auteur : Ablaye Gadiaga Sarr
    Ce samedi 10 janvier 2026, aux environs de 6 heures du matin, la Brigade territoriale de Thiaroye est intervenue à la suite d’une alerte signalant une pirogue en détresse sur la plage de Thiaroye. À leur arrivée, les gendarmes ont découvert 59 personnes épuisées et en détresse. Parmi elles se trouvaient un enfant de 3 ans et une femme de nationalité ghanéenne, malheureusement décédée. Les candidats, secourus par la gendarmerie, avaient embarqué depuis la Gambie dans le but de rejoindre l’Espagne par voie maritime. Ils ont ensuite été mis à la disposition des services compétents.

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  • Qui a tué #Blessing_Matthew ? Une contre-enquête citoyenne

    Comment des habitants d’une région frontalière réagissent-ils à la mort d’une jeune migrante dans leur rivière ? Le destin tragique de Blessing Matthew, une jeune Nigériane qui tentait de traverser les Alpes, reste un traumatisme pour certains locaux, qui mènent une contre-enquête depuis sept ans.

    On ne connaît pas grand-chose de l’histoire de Blessing Matthew.

    De toutes celles et ceux que vous allez rencontrer dans ce reportage, personne de l’a connue. Personne n’a entendu le son de sa voix. On ne sait même pas vraiment son âge, peut-être 21 ans.

    Mais on sait que Blessing Matthew est morte, le 7 mai 2018, noyée dans la Durance, alors qu’elle tentait de passer à pied la frontière entre l’Italie et la France.

    On sait aussi, que c’est le Nigéria qu’elle avait fui. Qu’elle a pris un bateau d’abord comme tant d’autres, et risqué sa vie, déjà à ce moment-là. Et puis qu’elle a tenté la route de la montagne.

    Son corps a été retrouvé à un barrage, tout près du village de la Vachette. C’est à 3 km de Briançon, dans les Hautes-Alpes.

    Ce qu’on sait aussi c’est qu’elle courait : elle était prise en chasse par la gendarmerie mobile, et elle est tombée dans la Durance. Que s’est-il vraiment passé ? Est-ce que quelqu’un a essayé de la sauver ? Les circonstances de sa mort interrogent toujours des années après.

    Il y a bien eu une enquête, et après plusieurs recours, la justice a clos le dossier en 2022 : pas de crime, ni d’imprudence caractérisée des gendarmes.

    Mais des citoyens engagés de la région, réunis dans le collectif « Tous Migrants », ne veulent pas se résoudre à cette conclusion. Avec des chercheurs de « Border Forensics », ils persistent dans leur contre-enquête, et ils continuent, sept ans après, de récolter preuves et témoignages.

    Pour eux c’est une manière de rendre son histoire à cette jeune femme, morte dans leurs montagnes. A elle et à tous ceux qui risquent encore leur vie sur les chemins des Alpes.

    Le reportage commence au cimetière de Prelles, à 7 km de Briançon, sur la tombe de Blessing.

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/interception/interception-du-dimanche-11-janvier-2026-3709838
    #podcast #audio #mourir_aux_frontières #frontière_sud-alpine #migrations #frontières #Hautes-Alpes #Briançonnais #vérité #contre-enquête #Tous_Migrants #morts_aux_frontières #Durance #Agnès_Antoine #Michel_Rousseau

  • Tatort #Libyen - Folter von Geflüchteten als Geschäftsmodell
    https://www.deutschlandfunk.de/fluechtlinge-gefluechtete-menschenhandel-gewalt-folter-100.html

    In den Niederlanden ist ein mutmaßlicher Menschenhändler angeklagt. Er soll in Libyen Geflüchtete gefoltert und Lösegeld erpresst haben. Der Fall zeigt, wie Folter zum Geschäftsmodell wurde und welche Rolle die Flüchtlingspolitik Europas dabei spielt.

    #Migration #podcast

  • Route des Canaries : au moins 200 migrants disparus depuis un mois dans l’Atlantique - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69137/route-des-canaries--au-moins-200-migrants-disparus-depuis-un-mois-dans

    Route des Canaries : au moins 200 migrants disparus depuis un mois dans l’Atlantique
    Par La rédaction Publié le : 09/01/2026
    Entre 200 et 300 migrants, selon les sources, ont disparu depuis un peu plus d’un mois dans l’Atlantique alors que leur pirogue surchargée, partie de Gambie, tentait de rejoindre l’archipel espagnol des Canaries. Les exilés sont originaires du Sénégal, de Gambie, du Mali et de Guinée.
    L’inquiétude grandit dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest. Depuis plus d’un mois, de nombreuses familles sont sans nouvelles de leurs proches partis vers l’archipel espagnol des Canaries. La pirogue a quitté le 5 décembre la localité gambienne de Djinack (nord) avec quelque « 300 personnes à bord dont des Sénégalais, des Gambiens, des Maliens et des Guinéens », a affirmé vendredi 9 janvier à l’AFP Omar Diop, un porte-parole de l’association Boza Fii, basée au Sénégal, et engagée dans l’aide aux personnes migrantes et aux familles de disparus de la migration. « Nous avons eu l’information sur le départ de la pirogue le 27 décembre et avons lancé les recherches » en informant des acteurs qui secourent en mer les personnes migrantes en détresse, a déclaré Omar Diop.
    L’embarcation transporte « plus de 200 personnes » qui tentaient de rejoindre l’Espagne, a indiqué de son côté à l’AFP Cheikh Mamour Bâ, un habitant du village de pêcheurs de Fass-Boye, dans l’ouest du Sénégal. Nombre de passagers de la pirogue, dont « une femme trentenaire, mère de six enfants », sont originaires selon lui de villages voisins de Fass-Boye. L’absence de nouvelles des passagers de la pirogue a été signalée par des familles comptant des proches à bord, a précisé Mamadou Guèye Thioune, membre d’un Comité gouvernemental sénégalais de lutte contre la migration irrégulière. De nombreux migrants ouest-africains se trouvaient dans l’embarcation, a-t-il ajouté, citant ces familles. La semaine dernière, un autre drame s’est joué dans la même zone. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, une embarcation de plus de 200 personnes a chaviré au large de Jinack, dans la région frontalière du Sénégal de North Bank, en Gambie. Au moins 39 migrants sont morts dans ce naufrage, selon le dernier bilan donné mardi 6 janvier par le gouvernement gambien. Quelques heures après le drame, seuls sept corps avaient été repêchés. Centre-douze personnes ont été secourues, dont 23 sont hospitalisées, mais des dizaines d’autres sont toujours portées disparues. Ces derniers mois, les départs depuis la Gambie se sont multipliés face au renforcement des contrôles côtiers au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie. Plus de 1 500 km séparent les côtes gambiennes des îles Canaries, rendant la traversée bien plus dangereuse. « La distance est importante – il faut entre quatre et sept jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », expliquait Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines fin septembre à InfoMigrants. Il n’est pas rare que des embarcations dérivent à des milliers de kilomètres des côtes ouest-africaines. En juin 2025, une pirogue avec 14 cadavres de migrants africains a été retrouvée au large du Venezuela, à 5 000 km des rives africaines. En mai, les restes de 11 corps et une pirogue en bois ont été découverts sur la côte de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, aux Caraïbes, par la police locale. Plus tôt, en janvier 2025, c’est un canot avec à son bord 19 corps en état de décomposition avancée qui a été retrouvé par les autorités de Saint-Kitts-et-Nevis, le plus petit État des Caraïbes. Des embarcations - de migrants comme de pêcheurs - parties du nord de l’Afrique de l’Ouest sont régulièrement emportées par le courant en direction des Caraïbes, ne laissant aucune chance de survie aux migrants à bord.
    En 2025, 1 906 personnes ont perdu la vie dans l’Atlantique sur la route des Canaries, selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras. La grande majorité était partie de Mauritanie. L’année précédente, Caminando Fronteras avait dénombré 9 757 migrants décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là). Une baisse notamment due à la chute des arrivées aux Canaries en 2025.

    #Covid-19#migrant#migration#gambie#senegal#guinee#mauritanie#atlantique#sante#mortalite#routemigratoire#migrationirreguliere#djinack

  • Les demandes d’asile en Suède ont baissé de 30% sur un an - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69128/les-demandes-dasile-en-suede-ont-baisse-de-30-sur-un-an

    Les demandes d’asile en Suède ont baissé de 30% sur un an
    Par La rédaction Publié le : 09/01/2026
    En 2025, le nombre de demandeurs d’asile en Suède « a continué de baisser. C’est une baisse importante [...] de 30% en seulement un an », a déclaré vendredi le ministre suédois des Migrations Johan Forssell. La Suède a durci sa politique migratoire ces dernières années, restreignant le regroupement familial et œuvrant pour l’expulsion de migrants en situation irrégulière.
    Les demandes d’asile en Suède ont baissé de 30% sur un an, a déclaré vendredi 9 janvier le ministre suédois des Migrations, à moins d’un an des élections législatives dans le pays. Précisément, le nombre de demandeurs d’asile enregistrés était de 6 735 en 2025, contre 9 645 l’année précédente. L’immigration liée à l’asile reste à son niveau le plus bas depuis 40 ans. « Le rythme a été très soutenu », a-t-il affirmé. « En 2025, le nombre de demandeurs d’asile en Suède a continué de baisser. C’est une baisse importante (...) de 30% en seulement un an ».
    Johan Forssell a énuméré, lors d’une conférence de presse, les réformes entreprises depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur soutenu par le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD), toutes destinées à restreindre l’immigration : durcissement des conditions d’obtention de la citoyenneté et du regroupement familial et surtout forte augmentation de l’aide financière au retour des migrants dans leur pays d’origine,
    8 000 « retours volontaires » en 2025
    Depuis le 1er janvier 2026, en effet, la contribution de l’aide financière au retour peut atteindre 30 000 euros - contre 2 300 euros auparavant. À Stockholm, le social-démocrate Alexander Ojanne, adjoint au maire, dénonce un dispositif contreproductif. « On va perdre une main-d’œuvre qualifiée dont nous avons besoin. Nous avons un gouvernement incroyablement peu sérieux. Et surtout un gouvernement mal informé. Ils sont aveuglés par leur idéologie ».
    Pour Johan Forssell, c’est au contraire, une victoire. Un peu plus de 8 000 personnes ont quitté la Suède pour rejoindre leur pays d’origine en 2025. « Si je fais le bilan du mandat jusqu’à présent [entre 2022 et 2025], on constate que le nombre [de demandes d’asile] a diminué de près de 60% et que, dans le même temps, les retours ont augmenté de 60% », a-t-il ajouté.
    Le pays a accordé 79 684 permis de séjour au total en 2025, dont 6% pour des motifs liés à l’asile (4 700), selon des chiffres de l’Office national des migrations. C’est moins qu’en 2024, où un total de 82 857 permis avaient été octroyés, dont 6 250 permis de séjour pour l’asile. Plusieurs chantiers de réformes sont en cours pour l’année à venir, et le gouvernement entend avancer rapidement avant la tenue des élections législatives le 13 septembre 2026. Le gouvernement examine actuellement la possibilité de révoquer la citoyenneté suédoise des citoyens binationaux sous certaines conditions (condamnés pour crime, appartenance à un gang...). En avril dernier, les autorités avaient aussi fait part de leur volonté d’introduire dans la législation un critère de « conduite honnête » aux migrants, sous peine de voir révoquer ou refuser leur titre de séjour.
    En janvier dernier, le pays scandinave a annoncé le durcissement de l’obtention de la citoyenneté. Concrètement, pour devenir suédois, un étranger devra avoir vécu huit ans en Suède - contre cinq ans auparavant -, passé un test de connaissances de la société et des valeurs suédoises, et réussi un examen de langue. Une autre proposition avait suscité un tollé dans le pays en mai 2024 : la coalition au pouvoir avait proposé une loi visant à obliger les travailleurs du secteur public à dénoncer aux autorités les personnes sans-papiers avec lesquelles ils sont en contact. La mesure, jugée raciste et discriminatoire, s’était cependant heurtée à une très forte opposition au sein des services publics, qui avait appelé à la « désobéissance civile ». Après l’Allemagne, la Suède a été le deuxième pays au sein de l’Union européenne à avoir accueilli le plus grand nombre de Syriens fuyant la guerre civile en 2015 et 2016. Sur les 163 000 demandeurs d’asile en 2015, plus de 50 000 venaient de Syrie, selon les chiffres de l’autorité suédoise de statistiques SCB.

    #Covid-19#migrant#migration#suede#asile#citoyennete#reourvolontaire#politiquemigratoire#expulsion#regroupementfamilial

  • Partie de Gambie pour l’Espagne, une pirogue avec plusieurs centaines de personnes embarquées à son bord portée disparue depuis plus d’un mois
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/01/09/partie-de-gambie-pour-l-espagne-une-pirogue-avec-plusieurs-centaines-de-pers

    Partie de Gambie pour l’Espagne, une pirogue avec plusieurs centaines de personnes embarquées à son bord portée disparue depuis plus d’un mois
    L’embarcation a quitté le 5 décembre la localité gambienne de Djinack. Du fait du renforcement des contrôles en mer, les départs vers l’Europe se font de plus en plus au sud de la côte ouest-africaine.
    Le Monde avec AFP
    Plusieurs centaines de migrants qui ont embarqué il y a plus d’un mois dans une pirogue partie des côtes de Gambie pour tenter de rejoindre l’Espagne, n’ont pas donné signe de vie depuis lors, a appris l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 9 janvier. Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années la migration clandestine, partent des côtes de leurs pays en empruntant la périlleuse route de l’Atlantique pour gagner l’Europe, principalement via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes. Le renforcement récent des contrôles en mer au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a conduit les départs des pirogues clandestines vers les Canaries à se déplacer vers le sud, notamment des côtes de Gambie et de Guinée à Conakry, rallongeant encore plus le temps passé en mer et ses dangers.
    La pirogue n’ayant plus donné de nouvelles depuis plus d’un mois a quitté le 5 décembre la localité gambienne de Djinack (Nord) avec quelque « 300 personnes à bord dont des Sénégalais, des Gambiens, des Maliens et des Guinéens », a affirmé vendredi à l’AFP Omar Diop, un porte-parole de l’association Boza Fii, basée au Sénégal et engagée dans l’aide aux personnes migrantes et aux familles de disparus de la migration. « Nous avons eu l’information sur le départ de la pirogue le 27 décembre et avons lancé les recherches » en informant des acteurs qui secourent en mer les personnes migrantes en détresse, a déclaré M. Diop.
    L’embarcation transporte « plus de 200 personnes » qui tentaient de rejoindre l’Espagne, selon Cheikh Mamour Bâ, un habitant du village de pêcheurs de Fass-Boye, dans l’ouest du Sénégal. Nombre de passagers de la pirogue, dont « une femme trentenaire, mère de six enfants », sont originaires selon lui de villages voisins de Fass-Boye.
    L’absence de nouvelles des passagers de la pirogue a été signalée par des familles comptant des proches à bord, a déclaré Mamadou Guèye Thioune, membre d’un comité gouvernemental sénégalais de lutte contre la migration irrégulière. De nombreux migrants ouest-africains se trouvaient dans l’embarcation, a-t-il ajouté, citant ces familles.

    #Covid-19#migrant#migration#routemigratoire#gambie#senegal#mauritanie#atlantique#sante#mortalite#migrationirreguilere#fass-boye#guinee

  • Aux Etats-Unis, la mort de Renee Good ravive le débat sur les opérations de la police de l’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/09/aux-etats-unis-la-mort-de-renee-good-ravive-le-debat-sur-les-operations-de-l

    Aux Etats-Unis, la mort de Renee Good ravive le débat sur les opérations de la police de l’immigration
    Par Nicolas Chapuis (New York, correspondant)
    A nouveau, les Etats-Unis sont secoués par les vidéos glaçantes d’une intervention meurtrière des forces de l’ordre. La mort de Renee Good, citoyenne américaine de 37 ans, mère de trois enfants, abattue mercredi 7 janvier par un agent de l’ICE, la police de l’immigration, dans une rue de Minneapolis (Minnesota), a déclenché une vague de protestations à travers le pays.Sur les images filmées par des passants, on voit le SUV de Renee Good en travers d’une rue enneigée, dans un quartier résidentiel. Un véhicule de l’ICE arrive à proximité, des agents cagoulés et armés en sortent. Ils crient à la femme de descendre : « Sors de ta putain de voiture ! » Un officier tente d’ouvrir la portière de la conductrice, qui fait une courte marche arrière, avant de repasser la marche avant en tournant le volant, manifestement pour partir. Un agent situé devant le véhicule tire alors une première fois à travers le pare-brise, avant de tirer deux autres fois dans la vitre côté conductrice alors que la voiture passe à côté de lui. Elle s’encastre alors quelques mètres plus loin dans une autre voiture garée.
    Une analyse visuelle réalisée par The New York Times montre que, au moment des tirs, l’officier n’est pas sur la trajectoire du véhicule, qui a tourné ses roues. Dans les secondes qui suivent le drame, les agents appellent les secours au téléphone, mais ne se précipitent pas pour porter assistance à Renee Good. Un homme, qui s’identifie comme médecin et demande à aller vérifier son pouls, est empêché d’intervenir.
    Voilà pour les faits connus. Le reste est une affaire d’interprétation, dans une Amérique coupée en deux. L’administration Trump voit dans la tentative de fuite de Renee Good « un acte de terrorisme de l’intérieur », selon les termes de Kristi Noem, la secrétaire à la sécurité intérieure. Elle justifie les tirs de l’agent, qui aurait agi, selon elle, en situation de légitime défense. Les responsables démocrates ont qualifié cette description de « ridicule », selon les termes du maire de Minneapolis, Jacob Frey : « La façon dont l’ICE se comporte est irresponsable, non seulement dans cet incident, mais aussi dans de nombreux autres cas. » Les autorités de l’Etat du Minnesota se sont émues, jeudi, que les enquêteurs de Minneapolis aient été immédiatement écartés des investigations, laissant le champ libre aux agents fédéraux.
    La police de l’immigration a ouvert le feu à quatorze reprises ces derniers mois, causant quatre morts, selon les chiffres de The Trace, un collectif journalistique, spécialisé dans les violences par arme à feu. Mais la mort de Renee Good suscite un écho différent, pour trois raisons. D’abord à cause du profil de la victime, une Américaine trentenaire, blanche, originaire du Colorado, mère de trois enfants, qui écrivait de la poésie. Bien loin de la communication de l’ICE qui prétend pourchasser « le pire du pire », publiant régulièrement des photos d’individus étrangers arrêtés, à la mine patibulaire, dotés d’un casier judiciaire interminable. Ensuite à cause des vidéos de la scène, dont la diffusion instantanée sur les réseaux a généré une immense émotion à travers le pays. Et enfin parce que les coups de feu ont eu lieu à quelques rues de l’endroit où George Floyd a été tué en 2020 par un policier de Minneapolis, provoquant l’un des plus grands mouvements sociaux du pays depuis les années 1960.
    Les autorités craignent un embrasement, alors que l’ICE et ses agents masqués sont devenus le symbole de la politique répressive de l’administration Trump en matière d’immigration. Une large foule s’est rassemblée à Minneapolis, mercredi soir et à nouveau jeudi matin, pour protester contre les opérations anti-immigration, conduisant à quelques échauffourées avec les forces de l’ordre. Les responsables démocrates au Minnesota ont appelé les manifestants au calme. A travers le pays, d’autres rassemblements ont eu lieu.
    Jeudi, deux personnes ont été blessées par des tirs d’une autre unité fédérale, la police des frontières, lors d’un contrôle mené à Portland (Oregon), une autre ville démocrate dans le viseur de l’administration Trump. Kristi Noem a assuré qu’elles avaient essayé de renverser les agents avec leur voiture, un scénario similaire à celui invoqué à Minneapolis. Elle les accuse, par ailleurs, d’être liées au gang vénézuélien Tren de Aragua.
    L’affaire de Minneapolis, qui a remplacé le Venezuela en une de la presse américaine, n’est pas prise à la légère par la Maison Blanche. Interrogé par des journalistes du New York Times dans le bureau Ovale, mercredi, Donald Trump a regardé la séquence vidéo avec eux, s’en tenant à la version de la légitime défense, estimant que Renee Good « s’est comportée horriblement ». Confronté aux images au ralenti, il n’a pas changé d’avis mais a déclaré : « C’est une scène terrible. Je pense que c’est horrible à regarder. Non, je déteste voir ça. »
    Signe de l’importance accordée aux événements, J. D. Vance, le vice-président, qui avait été relativement absent de la séquence sur le Venezuela, s’est rendu en salle de presse pour répondre aux questions des journalistes, jeudi. Il a apporté un soutien total à l’ICE. Il a également défendu l’officier qui a ouvert le feu. Celui-ci avait été blessé au bras il y a six mois, après avoir été traîné sur plusieurs dizaines de mètres par un véhicule. Critiquant la couverture journalistique, « une honte absolue », J. D. Vance a assuré que Renee Good avait tenté de « renverser » l’agent de l’ICE, ce que ne confirment pas les vidéos. La mère de famille, qui venait juste de déposer sa fille de 6 ans à l’école, aurait été victime d’un « lavage de cerveau » par « l’idéologie de l’aile gauche », a-t-il assuré. « Pour en arriver à ce point, vous devez être radicalisée d’une façon très triste. » Renee Good appartenait à une association d’« observateurs légaux » de l’ICE, des groupes de citoyens qui documentent les activités de la police de l’immigration.
    J. D. Vance a tenté, lors de sa conférence de presse, de rediriger l’attention sur le gigantesque scandale de fraude sociale dans le Minnesota, indirectement à l’origine de cette histoire. Près d’une centaine de personnes, principalement issues de la communauté somalienne de la ville, ont été interpellées ces derniers mois, dans ce qui apparaît comme un détournement massif d’aides publiques, notamment pendant la période du Covid-19. Les sommes évoquées se chiffrent en centaines de millions de dollars. En décembre 2025, la Maison Blanche avait décidé de déployer la police de l’immigration sur place avec pour consigne de cibler la communauté somalienne, contre laquelle Donald Trump a multiplié les propos ouvertement xénophobes. Au total, plus de 2 000 personnes issues des différentes agences fédérales chargées des frontières ont été mobilisées, soit la plus grosse opération en cours à l’intérieur du pays. Peu importe que, dans leur immense majorité, les 80 000 membres de cette diaspora présents de manière légale au Minnesota n’aient rien à voir avec ce scandale, ou que plus de 80 % d’entre eux aient la nationalité américaine, ce qui les place normalement hors des radars de l’ICE. Aux yeux des républicains, le scandale au Minnesota est emblématique des dérives de la politique d’accueil dans les Etats démocrates, alors que l’administration Trump défend une limitation drastique sur l’immigration. J. D. Vance a annoncé, jeudi, la création d’un nouveau poste de procureur général au sein du ministère de la justice chargé de lutter contre la fraude sociale, et qui se concentrera dans un premier temps sur le Minnesota.
    La gestion de l’affaire par Tim Walz, le gouverneur de l’Etat, ancien candidat à la vice-présidence aux côtés de Kamala Harris, fait également l’objet de nombreuses critiques. Les républicains en avaient fait l’une de leurs cibles favorites ces dernières semaines, avec une large couverture de la fraude sur les chaînes d’information conservatrices. Pressé de toutes parts, Tim Walz, auquel on prêtait pourtant des ambitions présidentielles, a annoncé qu’il ne se représenterait pas l’année prochaine au poste de gouverneur. Ces derniers temps, il n’avait eu de cesse d’avertir que le déploiement de l’ICE allait conduire à des incidents. La mort de Renee Good était « totalement prévisible, totalement évitable », s’est-il désolé, mercredi, lors d’une conférence de presse. Les écoles publiques ont été fermées jusqu’au week-end et le gouverneur a mobilisé la garde nationale, en cas de dégradation de la situation. Il a appelé au départ des troupes fédérales : « Vous en avez fait assez. » l’administration Trump a, au contraire, l’intention de renforcer les rangs : 100 agents des douanes déployés à Chicago (Illinois) et à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) vont être redirigés vers le Minnesota.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#ICE#politiquemigratoire#violence#sante#mortalite#expulsion

  • Les « ressortissants africains sont les bienvenus » en Mauritanie, affirme le Premier ministre mauritanien à Dakar - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69116/les-ressortissants-africains-sont-les-bienvenus-en-mauritanie-affirme-

    Les « ressortissants africains sont les bienvenus » en Mauritanie, affirme le Premier ministre mauritanien à Dakar
    Par La rédaction Publié le : 09/01/2026
    Alors que la Mauritanie est vivement critiquée par les associations des droits de l’Homme pour son traitement des migrants, Nouakchott, par la voix de son Premier ministre Moctar Ould Diay a affirmé jeudi que « tous les ressortissants du continent africain étaient les bienvenus » dans son pays. Une déclaration faite lors d’une visite officielle de deux jours au Sénégal, le 8 et 9 janvier.
    Le Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Diay, a affirmé jeudi 8 janvier que « tous les ressortissants du continent africain et de la sous-région » étaient « les bienvenus en Mauritanie ». Le chef de gouvernement s’exprimait en réponse à une question d’une journaliste lors d’une conférence de presse au Sénégal, où il effectue une visite officielle de deux jours.
    La Mauritanie est vivement critiquée par les associations des droits de l’Homme pour son traitement des migrants. Mais Moctar Ould Diay se défend de toute maltraitance. La « gestion de la migration et de l’entrée à nos frontières » est menée de manière « normale et classique », a-t-il martelé depuis Dakar.Pays majoritairement désertique d’Afrique de l’Ouest, situé sur la côte atlantique, la Mauritanie est devenue ces dernières années le principal point de départ pour des milliers de migrants venus de tout le continent, qui tentent désespérément de rejoindre l’Europe clandestinement par l’Atlantique en quête d’une vie meilleure. En 2024, selon les données de l’Organisation internationale des migrations (OIM), il y avait environ 200 000 migrants en Mauritanie.
    Pressée par l’Union européenne - avec qui Nouakchott a signé un accord migratoire en 2024 - la Mauritanie a donc décidé l’année dernière de durcir sa politique migratoire. Début 2025, une vaste campagne d’arrestations et de refoulements de migrants en situation irrégulière avait été lancé dans le pays. Un « climat de peur » s’était installé sur le territoire. « Les gens se cachent », avait déclaré à InfoMigrants Abdoulaye Diallo, président de l’association Ensemble pour un avenir meilleur.Les migrants arrêtés étaient généralement renvoyés aux frontières avec le Mali ou avec le Sénégal - vers la ville frontalière de Rosso notamment. « C’est tous les jours qu’il y a des refoulements », avait continué Abdoulaye Diallo. « La police arrête même des gens dans leurs maisons, des hommes lorsqu’ils vont au travail... Les refoulements ne touchent plus seulement les migrants [en route vers l’Europe] mais tout le monde ».
    Nouakchott, de son côté, avait évoqué des actes de « routine » visant à lutter contre les réseaux de trafic de migrants. En quatre mois, de janvier à avril 2025, le pays a affirmé avoir démantelé 88 réseaux de passeurs. Et intercepter plus de 30 000 migrants. Selon Mohamed Salem Ould Merzoug, le ministre mauritanien des Affaires étrangères interrogé par RFI au mois de mars, « il n’y a pas, à proprement parler, de mesures particulières enclenchées ». « Notre politique vis-à-vis de la migration irrégulière est restée la même : appliquer la règle de droit et être très ferme, par rapport aux réseaux de migrants irréguliers en particulier ».
    Mais les critiques n’ont cessé de pleuvoir. Dans un rapport publié en août dernier, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé les autorités mauritaniennes d’avoir commis de « graves violations des droits humains ». En septembre, le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme des migrants avait exhorté les autorités mauritaniennes à « mieux aligner les pratiques dans le pays sur les normes internationales en matière de droits humains » concernant les migrants.Selon l’OIM, face à ce climat délétère, près de 2 000 exilés, majoritairement guinéens, ont demandé un « retour volontaire » en 2025 pour être ramenés dans leur pays. Le double par rapport à toute l’année 2024. « Les conditions sécuritaires deviennent trop difficiles. Les contrôles ne s’arrêtent jamais », avait raconté en octobre une source anonyme à InfoMigrants pour expliquer cette hausse de rapatriements.
    L’hiver dernier, le gouvernement sénégalais s’était même dit « indigné » par les traitements subis par ses ressortissants en Mauritanie. Yacine Fall, la ministre des Affaires étrangères avait déclaré « regretter les conditions d’arrestations et d’expulsions des Sénégalais depuis la Mauritanie » [...] Bien sûr, chaque pays a ses lois mais on doit respecter" les droits des personnes et « ne pas maltraiter comme on l’a vu récemment ».
    Mais en ce début d’année 2026, le ton est redevenu plus cordial entre les deux pays. Moctar Ould Diay et son homologue sénégalais Ousmane Sonko ont répondu côte à côte aux questions des journalistes à Dakar. Ousmane Sonko a même « salué » les efforts menés ces derniers mois par Nouakchott à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie qui ont permis la « régularisation de 28 000 Sénégalais ». « On est passé de 2 000 et quelques à 28 000 Sénégalais régularisés en Mauritanie » depuis l’entrée en vigueur d’un accord le 1er juillet dernier, a-t-il souligné. « La vraie question, aujourd’hui », a-t-il continué « c’est le nombre d’Africains expulsés d’Europe et le nombre de visas refusés chaque année. Même aller et revenir est devenu presque impossible, y compris pour les élites », a-t-il conclu avec fermeté. La Mauritanie et la Sénégal ont conclu le 2 juin dernier deux accords portant sur l’immigration : l’un sur la lutte contre l’immigration clandestine, l’autre sur les conditions de séjour. Dans ce texte, Nouakchott et Dakar s’étaient notamment engagés « à lever tout obstacle à la libre circulation des ressortissants » de chacun des deux pays. « Pour tout séjour au-delà de trois mois, les Sénégalais comme les Mauritaniens ont désormais l’obligation de demander une carte de séjour. Mais cette carte pourra être accordée même en l’absence de contrat de travail ou de justificatif de revenu pour une durée d’un an. Ensuite, seulement, il faudra justifier de revenus pour la renouveler », avait expliqué RFI lors de la signature.

    #Covid-19#migrant#migration#mauritanie#senegal#expulsion#migrationirreguliere#regularisation#politiquemigratoire#sante#cartedesejour